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If you are not located in the United States, you'll have -to check the laws of the country where you are located before using this ebook. - -Title: Chronique de 1831 à 1862, Tome 4 (de 4) - -Author: Dorothée de Dino - -Editor: Marie Dorothea Radziwill - -Release Date: November 13, 2016 [EBook #53523] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK CHRONIQUE DE 1831-1862, TOME 4 *** - - - - -Produced by Clarity, Hélene de Mink, and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -book was produced from scanned images of public domain -material from the Google Books project.) - - - - - - - -Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le -typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été conservée et -n'a pas été harmonisée. - -L'accent aigu sur la lettre n ou N a été transcrit comme ['n] ou [N']. - - - - - CHRONIQUE - - DE - - 1831 A 1862 - - - - - [Illustration: Portrait de la Duchesse de Talleyrand et de Sagan] - - Héliog Ducourtioux Imp Routy - DUCHESSE DE TALLEYRAND ET DE SAGAN - 1850 - Plon-Nourrit & Cie Edit.] - - - - - DUCHESSE DE DINO - (PUIS DUCHESSE DE TALLEYRAND ET DE SAGAN) - - - CHRONIQUE - - DE - - 1831 A 1862 - - _Publiée avec des annotations et un Index biographique_ - - PAR - LA PRINCESSE RADZIWILL - NÉE CASTELLANE - - IV - 1851-1862 - - _Avec un portrait et deux fac-similés d'autographes_ - - Troisième édition - - - PARIS - LIBRAIRIE PLON - PLON-NOURRIT ET Cie, IMPRIMEURS-ÉDITEURS - 8, RUE GARANCIÈRE--6e - - 1910 - - - - -Droits de reproduction et de traduction réservés pour tous pays. - -Copyright 1910 by Plon-Nourrit et Cie. - - - - -DUCHESSE DE DINO - -CHRONIQUE - - - - -1851 - -_Sagan, 1er janvier 1851._--Cette date fait naître plus de pensées -sérieuses et graves qu'elle ne permet d'espérance et qu'elle n'offre de -joies. Que nous donnera cette année que nous inscrivons aujourd'hui pour -la première fois? Que de mystères elle renferme! - - -_Sagan, 7 janvier 1851._--Je pars dans quelques heures pour Berlin où la -grippe règne épidémiquement. D'après les derniers relevés, soixante mille -personnes en étaient atteintes. Cette vilaine _grippade_, partout où elle -a régné, a été le précurseur du choléra. Ainsi, il se pourrait bien que -ce grand moissonneur se réveille sur nouveaux frais pour une nouvelle -récolte. A la garde de Dieu! - -Je pense trouver Berlin fort à la paix pour ce qui regarde l'est de -l'Europe. C'est pour l'instant le principal. Quant à Dresde, je ne crois -pas qu'on y parvienne à résoudre promptement toutes les questions -pendantes. L'équilibre est bien difficile à retrouver, après de si -formidables secousses. - - -_Berlin, 9 janvier 1851._--Le Cabinet Manteuffel a eu la majorité dans -les deux Chambres, pour empêcher la reprise de la discussion de -l'Adresse[1]. Tous les ministres, à cette occasion, ont fort bien parlé, -déclarant qu'ils étaient décidés à briser sans retour avec la révolution. - - [1] La Commission pour rédiger l'Adresse en réponse au Discours - du Trône venait d'être nommée par la Chambre, lorsque M. de - Manteuffel monta à la tribune et donna lecture du décret royal de - prorogation de la Chambre au 3 janvier 1851. Ce jour-là, le - Bureau de la Chambre venant d'être de nouveau nommé, l'extrême - droite, unie au Ministère, déclara qu'il n'y avait plus lieu de - discuter une Adresse, la situation politique étant changée. - -Je ne sais pas encore grand'chose, n'ayant vu que la Mission anglaise. A -tout prendre, j'ai cependant aperçu que si les gens sages sont satisfaits -de la paix, chacun se sent plus ou moins humilié des reculades -nécessaires; on reste abattu et sérieux. M. de Manteuffel, que j'ai -rencontré sortant de la Chambre, et qui a arrêté ma voiture, m'a dit -qu'il était fort préoccupé des nouvelles de France; que Hatzfeldt, dans -ses dépêches, le préparait à de nouvelles crises. - - - _Berlin, 11 janvier 1851._--On est assez sérieux ici, socialement. - Hier cependant il y a eu un joli concert à Charlottenburg, et les - physionomies étaient assez ouvertes. M. de Manteuffel est retourné - à Dresde, pour y passer quarante-huit heures et prendre congé du - prince Schwarzenberg qui repart définitivement pour Vienne. - Dresde marche clopin-clopant; cependant, on y cherche, et on croit - y trouver une solution. Il est question, mais vaguement encore, - d'envoyer le comte d'Arnim-Heinrichsdorf à Vienne. - -On se montre, ici, très préoccupé des destinées de la France et de l'état -critique qui s'y révèle de plus en plus. M. de Persigny a laissé un -triste renom. On est satisfait de son successeur, qui a une chétive mine, -mais qui est poli et sans jactance[2]. - - [2] Ce successeur fut M. Armand Lefebvre, qui arriva à Berlin le - 20 novembre 1850 et y demeura jusqu'en février 1852. - -Humboldt se porte étonnamment bien, mais sa politique est, à mes yeux, -moins belle que sa mine. - - -_Berlin, 15 janvier 1851._--Les agitations politiques parisiennes -préoccupent ici[3], mais cependant l'attention du public est toujours -principalement tournée vers Dresde d'où il paraît que le baron de -Manteuffel est revenu de bonne humeur, il y a deux jours. Hier au soir, -ses salons étaient remplis. J'y ai paru un instant, tout le parti -conservateur s'étant promis de s'y rendre. - - [3] Les sourdes menées bonapartistes amenaient à tout instant des - conflits, des dissentiments qui entretenaient l'agitation - publique; à une revue à Satory, Edgar Ney ayant engagé plusieurs - régiments à crier: «Vive l'Empereur!», le général Changarnier - avait répondu par un ordre du jour où il défendait à ses troupes - de faire entendre aucun cri politique. Le général Changarnier fut - bientôt destitué et, le 3 janvier, le Ministère, ne rencontrant - ni sympathie ni respect dans la Chambre, donna sa démission. - -M. Thiers est aux pieds de Mme de Seebach, disant qu'elle n'est pas -jolie, mais qu'elle a de l'élégance dans l'esprit. On dit aussi qu'il -écrit souvent à la Reine des Pays-Bas, et que ces commerces féminins le -consolent des mécomptes de son ambition. - - -_Berlin, 17 janvier 1851._--J'ai vu hier la Reine, qui était venue de -Potsdam pour voir la nouvelle chapelle que le Roi a fait construire dans -le Château, et où on a fait le premier essai de la musique qui y sera -exécutée demain à la fête des Ordres[4]. Cette chapelle, dans le style -byzantin, est grande et vraiment très belle; les proportions en sont -vastes, la coupole surtout imposante. La musique y fait un fort bel -effet. - - [4] Frédéric Ier s'était fait couronner Roi de Prusse le 17 - janvier 1701 et avait institué, le lendemain, l'Ordre de l'Aigle - noir. Il ordonna que, pour perpétuer le souvenir de son - couronnement et de la fondation de cet Ordre, cette fête fût - célébrée chaque année. Cette tradition est pieusement conservée à - la Cour de Berlin sous le nom de _fête des Ordres_. - -La seconde Chambre paraît pousser le Cabinet à la dissolution, en le -taquinant et l'entravant sans cesse. - -La première Chambre est aussi ministérielle que la seconde l'est peu. - - -_Berlin, 19 janvier 1851._--Je vois avec peine qu'en France le gâchis est -à son comble; c'est le nivellement le plus complet. Pas un nom, pas une -individualité qui ressorte et qui se détache sur ce fond boueux. - -Ma vie ici est sans chocs, sans contrariétés, mais aussi sans grand -intérêt, et les journées effiloquées par mille petites obligations -sociales me laissent l'âme assez vide. Il n'y a ni grandes fêtes, ni -grandes fatigues, mais une mauvaise coupe d'heures, et une série de -petits devoirs auxquels on ne peut se refuser, qui heurtent ma paresse et -effarouchent ma sauvagerie, deux dispositions qui vont fort en -augmentant. - - -_Berlin, 23 janvier 1851._--M. de Radowitz est revenu avant-hier -d'Angleterre, ce qui fait naître bien des inquiétudes, et aussi bien des -espérances, et jette, de toutes parts, une certaine agitation dans les -esprits surtout, le Roi ayant dit tout haut, à table, qu'il l'avait -appelé auprès de lui. - - -_Berlin, 25 janvier 1851._--Avant-hier, à un grand dîner chez Prokesch, -le ministre d'Autriche, on m'a assuré qu'à Dresde tout allait bien entre -la Prusse et l'Autriche, mais que les petites puissances leur donnaient -beaucoup de fil à retordre. En attendant, il y a tous les jours ici des -revues pour inspecter les régiments de la Landwehr, qui rentrent dans -leurs foyers; cependant, le désarmement ne va pas aussi vite que le -voudrait le ministre des Finances, et que les populations le demandent. - - -_Berlin, 1er février 1851._--J'ai dîné avant-hier à Charlottenburg, -avec le comte de Sponneck, danois arrivant de Vienne et s'arrêtant ici -pour y terminer l'interminable question danoise. - -Quelqu'un de fort avant dans la haute diplomatie me disait hier que, -depuis que Schwarzenberg avait écarté Schmerling du Cabinet de Vienne, -il s'y était grandement fortifié et avait éliminé un dangereux intrigant. -Ce n'est pas un autrichien qui m'a tenu ce langage. - - -_Berlin, 5 février 1851._--L'Archiduc Léopold est venu, de Hambourg, -faire une pointe ici. Il y est arrivé hier; je l'ai vu le soir, en petit -comité, chez le ministre d'Autriche. Il est grand, beau, gai, naturel, -aimable, avec cette rondeur et cette bonhomie autrichienne qui a de la -grâce. Il m'a beaucoup plu. Aujourd'hui, il y a parade en son honneur à -Potsdam, demain ici. Il repartira le 8, je crois, pour son corps d'armée. - - -_Berlin, 7 février 1851._--A la Cour, avant-hier, tout avait fort bel -air; les femmes en grand habit; le cercle suivi d'un superbe concert -exécuté dans la grande salle blanche. Le Roi portait le cordon de -Saint-Étienne, en l'honneur de l'Archiduc. - -Hier matin, pour le même objet, grande parade. Le soir, grande soirée -chez le ministre d'Autriche, où tous les Princes, par exception, se sont -rendus, sauf le Prince de Prusse. - -Le Roi, après la parade d'hier, a porté, lui-même, le grand cordon de -l'Aigle noir à l'Archiduc. Pendant la parade, il a fait jouer l'air -national autrichien. Que tout cela est étrange par la rapidité des -changements de scènes, sans transition! Ce qui est triste, c'est qu'il -n'y a là aucune garantie contre un changement également rapide en sens -contraire. - - -_Berlin, 23 février 1851._--Les nouvelles de Dresde ne semblent pas très -rassurantes; les petites puissances se montrent toujours difficultueuses, -récalcitrantes; les grandes puissances qui pourraient, qui devraient -s'entendre pour les soumettre, se combattent par des rivalités hors de -saison. - -La France proteste contre l'incorporation des provinces -lombardo-vénitiennes; la Prusse veut ravoir Neuchâtel; Mazzini agite -l'Italie et aiguise partout des poignards; ses émissaires arrivent même -dans le Nord, et la police prussienne commence à avoir l'éveil sur leur -présence ici, mais cette police est d'une maladresse proverbiale. Le -Hanovre se met aussi à faire son petit bout de libéralisme, intempestif, -incommode, déplorable, et cela parce que le vieux Roi baisse visiblement, -que son ministre principal est actuellement M. de Münchhausen, qui a des -tendances pour le parti de Gotha[5] et qui est soutenu par la -toute-puissance de la comtesse de Grote, dont il est le gendre. Les -intrigues Bunsen-Cobourg-Gotha brochent sur le tout. Le Prince Albert, -qui voit son frère sans enfants, vise à l'agrandissement du duché de -Cobourg et à la formation d'une espèce de royaume de Thuringe pour son -second fils, et il s'agite, à cet effet, par tout moyen. - - [5] L'Assemblée nationale de Francfort ayant complètement échoué - dans son œuvre, Gagern, qui n'avait pas renoncé à régler les - affaires de l'Allemagne, invita les députés à se réunir à Gotha - pour y délibérer sur l'ébauche d'une Constitution, ayant pour - point de départ la réunion de l'Allemagne sous la prépondérance - de la Prusse, à l'exclusion de l'Autriche. Cent trente députés - environ se rendirent à cet appel. Les disputes furent tris vives - au sein de cette Assemblée, qui fut promptement l'objet des - attaques et des moqueries du pays. On appelait ses membres _die - Gothaer_ ou _le parti Gotha_. - -La Reine Victoria a invité le Prince et la Princesse de Prusse à venir à -Londres pendant la fameuse _Exhibition_[6]. - - [6] La première exposition universelle. C'est le Prince Albert, - mari de la Reine d'Angleterre, qui en était l'instigateur. - - -_Sagan, 1er mars 1851._--Me voici rentrée dans mon silencieux séjour, -qui m'a souri à travers le neigeux linceul qui le recouvre. Je m'étais -couchée tard, avant-hier, à Berlin, ayant été au bal donné par mes amis -les Radziwill. J'avais eu, à la veille d'un départ, grande envie de m'en -dispenser, mais ils tenaient à ma présence, surtout au souper, afin de me -placer à côté du Roi, qu'on prétend que je fais causer, et que je -divertis plus qu'une autre. Je ne le pense pas, car je me trouve on ne -saurait moins divertissante, mais enfin j'ai voulu être agréable à de -bons et excellents amis d'enfance, et je suis restée. A ce bal, le -ministre Manteuffel est venu dire au Roi qu'il venait de recevoir par -télégraphe la nouvelle que lord Stanley avait accepté le Ministère, et -qu'il allait dissoudre la Chambre des Communes. A l'examen, il s'est -trouvé que cette nouvelle venait, non pas de Londres, mais de Paris, et -par voie télégraphique il est vrai, mais adressée à une maison de -commerce; les Westmorland la mettaient donc en doute. La grande affaire -de l'Europe entière, c'est la retraite de lord Palmerston; si elle ne se -vérifie pas, on n'aura rien gagné[7]. - - [7] Le 22 février 1851, le Cabinet de lord John Russell, dont - lord Palmerston faisait partie, se sentant faible et prévoyant de - grandes difficultés financières, avait déposé sa démission entre - les mains de la Reine, au sujet de la discussion du budget. La - Reine voulut alors confier le Ministère à lord Stanley, mais sur - les instances du duc de Wellington, elle décida lord J. Russell à - garder ses fonctions. Le 3 mars suivant, lord J. Russell annonça - donc, à la Chambre des Communes, que le Ministère whig conservait - le pouvoir. - - -_Sagan, 7 mars 1851._--Les tristes prévisions que j'entends faire sur -l'état politique du monde me préoccupent d'autant plus que je voudrais -fort, du mois de mai prochain en un an, voir la France, l'Allemagne et -l'Italie se maintenir sans nouvelles explosions. Mais quelle -outrecuidance que de jeter ses regards et de pousser ses exigences aussi -loin! Hélas! Possédons-nous seulement le lendemain? - - -_Sagan, 9 mars 1851._--Je vois avec douleur lord Palmerston reprendre sa -place. Lors même qu'il n'y resterait pas longtemps, il aurait toujours le -loisir d'y faire du mal, surtout d'en faire au Continent déjà si malade; -il faut, hélas! si peu de jours pour faire un mal incalculable! - - -_Sagan, 19 mars 1851._--J'ai reçu hier une lettre de Mme Alfred de -Chabannes qui habite Versailles, mais dont le mari est à Claremont. Elle -est dévouée à la Maison d'Orléans, mais comme elle est sensée et -éclairée, elle juge sans aveuglement, et j'ai été frappée de trouver ce -qui suit dans sa lettre: «Mes amis de Claremont vont dans l'abîme. Quel -horrible article dans _l'Indépendance belge_, en réponse à la lettre si -digne du Comte de Chambord[8]. - - [8] A la suite de la réunion de Wiesbaden, il fut publié, au nom - du Prince prétendant, un manifeste, signé par M. de Barthélémy, - où le système de l'appel au consentement de la nation était - absolument rejeté comme étant la négation du principe de - l'hérédité monarchique. C'est à cette lettre que _l'Indépendance - belge_ répondit, le 13 mars 1851, par un article non signé, des - plus injurieux pour la Royauté. - -«Je suis au désespoir. Nos bonnes têtes, les conservateurs habiles, -passent aux légitimistes, les brouillons, tels que Thiers et autres, aux -républicains modérés. Ma chère Duchesse d'Orléans sert de prétexte à ces -derniers; ils la trompent; leur plan est d'avoir Mgr le prince de -Joinville pour président de la République, et c'est là le vrai but de la -proposition Creton[9]; c'est l'anguille sous roche que Berryer a devinée. -Les douleurs de cette pauvre Duchesse d'Orléans sont les miennes; elle -maigrit, elle change; ils la tueront à force de tracas. Elle va retourner -à Eisnach; la Reine sa belle-mère se rendra en Belgique; les Aumale et -Joinville à Naples, les Nemours en Autriche.» - - [9] La proposition Creton, relative au rappel des lois d'exil - contre les Bourbons et les d'Orléans, avait été amenée le 1er - mars à la Chambre. Ce rappel n'aurait pu être obtenu que par - l'accord des deux branches qui n'avait pas encore été rendu - possible. Les légitimistes acceptaient ces lois d'exil, car ils - étaient désireux de les maintenir pour le compte des orléanistes; - M. Berryer, au nom de leur parti, proposa d'ajourner la - proposition Creton au 1er septembre. Toute la Montagne vota - avec les orléanistes et M. Berryer, avec les légitimistes, - continua de faire campagne pour le triomphe de l'idée - monarchique, sans favoriser les menées de l'Élysée. - -Dans une lettre que j'ai reçue du marquis de Dalmatie, il me répète à peu -près les mêmes choses, disant que Thiers, honni, conspué par tous les -partis, impopulaire partout, n'en reste pas moins le plus actif et le -plus habile instrument du mal. Il déplore, non moins que ma cousine de -Chabannes, qu'à Claremont on soit aussi complètement la dupe de Thiers, -qui règne absolument sur les esprits de cette pauvre famille. Le Marquis -en revient au reproche qui devient bien général contre la Duchesse -d'Orléans, celui de ne faire que de la politique personnelle; répétant -qu'elle ne voudra jamais de la fusion, qu'elle se complaît dans le rôle -de chef de parti, rôle que la fusion ferait cesser. Quant à ses -beaux-frères, M. Guizot dit d'eux que ce sont d'excellents -fonctionnaires, mais pas des Princes. Les légitimistes, ajoute le -Marquis, qui avaient fait de grandes avances, qui se berçaient de -l'espoir de toucher à la fusion, ont été tout à coup réveillés de leur -rêve, quand on est venu leur demander, un peu trop naïvement, de jouer le -rôle de dupes, et, après leur avoir refusé toute garantie, leur dire: -«Remettez-vous-en à la loyauté de M. Thiers», qui, au même moment, était -en intrigue avec la Montagne. La bonhomie des légitimistes ne pouvait -aller jusque-là. Thiers a alors fait croire à Claremont que les -légitimistes s'étaient indignement conduits et que l'honneur exigeait que -les Princes d'Orléans rompissent tous les fils avec Frohsdorf; ils ont -donné dans le panneau, et leurs dernières lettres détruisent toute -espérance de fusion. Ils s'enveloppent, disent-ils, dans leur dignité, et -ils congédient leurs troupes. - -Pour cela, il n'ont pas grand'chose à faire. - - -_Sagan, 21 mars 1851._--J'ai reçu une lettre de M. Molé, la plus -coquette, la plus cajolante, la plus complimenteuse, la plus flatteuse, -la plus tendre, la plus admiratrice qui se puisse imaginer. C'est à -l'occasion du mariage de sa petite-fille, Mlle de Champlâtreux, avec le -fils aîné du duc de Noailles, qu'il rompt un long silence, disons mieux, -un profond oubli. Il y a deux pages sur ce mariage, une sur la politique, -une autre tout imprégnée des échos du passé, de sa jeunesse, de la -mienne, _quoiqu'elles ne se soient jamais confondues_, mais elles se sont -envisagées, elles ont suivi deux routes parallèles, qui, par cela même -n'ont pu se toucher, en étant, cependant, bien rapprochées. - - -_Sagan, 14 avril 1851._--Les gazettes apportent aujourd'hui la nomination -du nouveau Ministère français, et, en même temps, je trouve dans -_l'Indépendance belge_ un long article à la louange de l'énergie et de -l'habileté du nouveau Ministre de l'intérieur, M. Léon Faucher, qui -serait, dit-on, l'âme et le véritable chef du nouveau Cabinet. Si telle -est, en effet, l'importance du personnage, il faut espérer qu'une main -ferme arrêtera, momentanément du moins, le torrent socialiste, et qu'il y -aura sursis aux explosions jusqu'en 1852[10]. - - [10] Le Cabinet français du 14 avril était ainsi composé: M. - Baroche aux Affaires étrangères; M. de Chasseloup-Laubat à la - Marine; M. Léon Faucher à l'Intérieur; M. Rouher à la Justice; M. - Buffet à l'Agriculture et au Commerce; M. de Crouseilhes à - l'Instruction publique; M. Fould aux Finances; le maréchal Randon - à la Guerre. - - -_Sagan, 16 avril 1851._--J'ai reçu, hier, plusieurs lettres de Paris, -une, entre autres, de M. de Barante, qui représente la France comme fort -malade, à la vérité, mais qui ne croit à aucune explosion prochaine, et -qui semble ne prévoir de conflit sérieux que pour 1852. Il ajoute que -c'est l'opinion des faiseurs de toutes les nuances; mais les faiseurs -sont sujets à illusion, preuve le 24 février 1848. - -_L'Indépendance belge_ continue à prôner les mesures énergiques prises -dès le début par M. Léon Faucher contre les socialistes. Dieu veuille -qu'elles soient efficaces! - - -_Sagan, 20 avril 1851. Jour de Pâques._--Un beau soleil éclaire la fête -de la Résurrection. Que ne peut-il rajeunir ce vieux monde politique, -comme il ravive la nature! Car, quant à l'âme, il ne dépend que d'elle de -se raviver et de s'embellir; il lui faut, à la vérité, plus d'un effort -pour y parvenir; souvent une santé éprouvée suffit pour paralyser la -meilleure volonté; je m'en aperçois sans cesse à moi-même, qui, depuis -deux jours spécialement, suis reprise d'à peu près toutes mes misères de -l'année passée. Mon voyage de France pèse sur moi; pourtant, il faut y -avoir été une dernière fois avant de mourir. La première communion de ma -petite-fille Marie[11] est une circonstance spéciale. Je voudrais parler -à mes hommes d'affaires, voir mes petits-enfants que je ne connais, ou -pas du tout, ou que peu, visiter le tombeau de mon oncle[12] avant de -prendre place dans le mien, serrer la main de deux ou trois personnes qui -m'ont conservé bon souvenir, et puis en avoir fini. Mais je m'arrête, je -suis en sombre disposition. - - [11]: Marie de Castellane. - - [12]: Le prince de Talleyrand à Valençay. - - -_Sagan, 6 mai 1851._--Je n'entreprendrai pas mon voyage _in good -condition_ ni _in good spirits_. Je ne sais trop où je vais, je me -sentirai seule et _destitude_[13]. Comme ce n'est ni par légèreté, ni par -goût de changement ou futilité, mais bien pour accomplir un devoir de -haute convenance, que je m'engage dans cette route, je veux espérer -qu'elle ne me sera pas fatale. - - [13]: De l'anglais: ni avec entrain, ni en bonne humeur: je me - sentirai seule et délaissée. - -Voilà la correspondance Mirabeau-La Marck livrée au public[14]. Je suis -on ne saurait plus curieuse du livre et des articles qu'il provoquera -dans les journaux et revues. - - [14] Le comte de La Marck ayant légué sa correspondance avec - Mirabeau à M. de Bacourt, celui-ci la publia en 1851, en la - faisant précéder d'une préface historique qui fut assez - remarquée. - - -_Hanovre, 15 mai 1851._--J'ai fait tout ce que je m'étais proposé de -faire à Berlin et à Potsdam, où l'indisposition de la Reine et le voyage -à Varsovie occupaient tous les esprits[15]. Il est question d'une visite -de l'Empereur de Russie à Olmütz, d'y réunir les trois potentats du Nord. -On espère les Majestés russes à Berlin, pour l'inauguration, fixée au 31 -mai prochain, du beau monument de Frédéric le Grand[16]. Ici, à Hanovre, -on est redevenu fort prussien, depuis la course que le vieux Roi a faite -à Schwerin et à Charlottenburg. - - [15] Le 17 mai, le Roi de Prusse se rendit à Varsovie, où il se - rencontra avec l'Empereur et l'Impératrice de Russie. Le 26, les - deux souverains partirent ensemble jusqu'à Oderberg; le Roi se - dirigea alors sur Breslau, tandis que l'Empereur Nicolas allait à - Olmütz, où il conféra avec l'Empereur d'Autriche. C'est là que M. - de Manteuffel, qui venait de remplacer M. de Radowitz comme - premier ministre, se rendit pour déclarer au prince Schwarzenberg - que la Prusse accordait à l'Autriche la présidence de la Diète - germanique de Francfort, humiliation qui amena Sadowa quinze ans - plus tard. - - [16] Les Majestés russes n'assistèrent pas à cette inauguration. - - -_Bruxelles, 16 mai 1851._--Arrivée hier soir ici, je viens de recevoir -une très gracieuse lettre de la Reine Marie-Amélie, qui m'annonce que le -Roi Léopold, voulant profiter aussi de ma présence, m'engage à dîner -demain à Laeken, mais que je devrais arriver une heure avant, pour -qu'elle puisse me voir seule. - -J'irai dans la matinée, aujourd'hui, voir les Metternich. - -_Paris, 19 mai 1851._--Me voici dans Babylone. J'y suis arrivée hier à -cinq heures du soir. A Laeken, j'ai été touchée de l'accueil qui m'a été -fait par belle-mère et gendre; mais j'ai été effrayée du changement du -prince de Joinville, complètement sourd, courbé, voûté, grisonnant, -abattu, silencieux, sauvage. Il me semble que si on le voyait ainsi en -France, il n'y paraîtrait redoutable à personne. - - -_Paris, 23 mai 1851._--Je voudrais pouvoir écrire longuement, mais on -sait ce que c'est qu'un vol à travers Paris. J'y suis traquée, abîmée, et -cependant je ne le quitterai que le 31, et cela sur le désir de l'évêque -d'Orléans[17], que j'ai vu longuement hier. Il veut faire route avec -Pauline et moi; il veut me montrer lui-même l'établissement de la -Chapelle[18] où sont mes petits-fils; il veut que je dîne à l'Évêché; -bref, il veut de si bonne grâce qu'il n'y a pas moyen de s'y refuser sans -en avoir une très mauvaise. - - [17] Mgr Dupanloup. - - [18] Les évêques d'Orléans possèdent, à quelques kilomètres de la - ville épiscopale, une jolie maison de campagne au bord de la - Loire et près du petit bourg de la Chapelle Saint-Mesmin. Ils y - ont établi un petit séminaire. L'abbé Dupanloup, quand il prit - possession de l'évêché d'Orléans, s'occupa beaucoup de cet - établissement d'éducation, et réussit à y élever les études à un - point remarquable. - -J'ai fait la connaissance de M. de Falloux, qui a parfaitement répondu à -l'idée que je m'en étais faite, et c'est une chose qui, en bien ou en -mal, se rencontre fort rarement. J'ai vu bien d'autre monde encore; mais -l'intérêt qu'offre la curiosité satisfaite me manque complètement, car je -n'ai plus aucune curiosité, du moins celle des personnes, et le temps me -manque pour satisfaire celle des choses. J'ai été cependant avec la -maréchale d'Albuféra assister à une représentation d'_Adrienne -Lecouvreur_ à la Comédie-Française, mais cela m'a fait veiller, car tout -se passe bien tardivement ici; on y dîne aussi très tard, et cela ne me -va pas du tout. - -Je n'ai point encore vu la princesse de Lieven, malgré deux essais -réciproques; mais il me faudra aujourd'hui passer sous les fourches -caudines. - - -_Paris, 25 mai 1851._--L'horizon politique s'obscurcit sur nouveaux -frais. Les _Burgraves_ croient à des éruptions volcaniques pour le mois -de juin. Est-ce du 15 au 20, ou du 20 au 30 que la bombe éclatera? Voilà -où on en est. - -Une espèce de Jacquerie a commencé en Berry aux environs du château du -duc de Mortemart[19]. On y met le Château en état de défense. - - [19] A Meillan, dans le Cher. - - -_Paris, 27 mai 1851._--M. de Falloux viendra assister à Marmoutiers à la -première Communion de Marie[20]. Il paraît qu'il m'a prise à gré; c'est -on ne saurait plus réciproque. Je lui sais d'ailleurs bien bon gré de -m'avoir offert quelqu'un à _estimer au complet_. Lui, l'Évêque et le cher -Chatelain sont ici les êtres avec lesquels je me plais, sans oublier -cependant le doux et aimable Barante. - - [20] Marie de Castellane fit sa première Communion le 22 juin - 1851 dans le couvent des Dames du Sacré-Cœur, établi à deux - kilomètres de Tours, dans l'ancienne abbaye des Bénédictins, - fondée en 371 par saint Martin, évêque de Tours. - - -_Paris, 31 mai 1851._--Hier, à dîner, chez M. Molé, on parlait de votre -livre[21], dont, en tout, on parle beaucoup, pour louer le rôle que vous -avez dans cette publication, ainsi que la manière dont vous l'avez saisi -et rempli. Celui que vous donnez à M. d'Arenberg et le jour sous lequel -vous l'avez placé l'ont fort grandi aux yeux de tous. Quant à Mirabeau, -il me semble diminué, amoindri dans l'opinion qu'on avait de ses -ressources d'habileté, sans se relever du mépris qu'inspirait son -caractère. - - [21] Extrait de lettre. La correspondance Mirabeau-La Marcq - venait d'être livrée au public par M. de Bacourt. - -J'ai dîné avant-hier chez Mme de Lieven. J'ai eu la satisfaction qu'elle -m'a trouvée stupide et qu'elle me l'a dit assez clairement pour me faire -espérer qu'elle le dirait et répéterait dans ses _lettres vertes_, si -fort en circulation dans toute l'Europe[22]. Du reste, tout s'est passé -très poliment entre nous. Seulement, elle a voulu me _produire_ à son -_Club_ du dimanche[23], à quoi je me suis absolument refusée, mais sous -des prétextes plausibles et qui n'avaient rien de désobligeant. - - [22] Mme de Lieven, qui souffrait des yeux, avait adopté pour - écrire un papier vert qui frappait plus dans un temps où ce genre - était à peu près inconnu. - - [23] A Paris, la Princesse recevait tous les dimanches soirs. - -Je pars ce soir. Je passerai la journée de demain à Orléans, et -après-demain j'irai à Valençay. - - -_Valençay, 3 juin 1851._--Je me sens fort tristement émue ici, par ce qui -est resté, par ce qui a été déplacé, par les ressemblances, par les -différences... - - -_Valençay, 5 juin 1851._--Mme de Hatzfeldt est arrivée ici seule[24], son -mari ayant été retenu à Paris par l'intempestive éloquence du Président -au banquet de Dijon. A cette occasion, on m'écrit de Paris ce qui suit: -«L'incartade du Président à Dijon assombrit encore notre horizon. Elle -remet tout en question et la discorde éclate plus violente que jamais. La -dégradation du gouvernement, obligé de nier et de se rétracter, est à son -comble et ne profite cependant à personne. Je ne crois pas la -tranquillité matérielle en jeu pour le moment, mais le chaos de 1852, -l'œil seul de Dieu peut le percer.» - - [24] Mlle Pauline de Castellane, fille du Maréchal, avait épousé - le comte de Hatzfeldt, ministre de Prusse à Paris. Devenue veuve, - elle épousa en secondes noces, en 1851, le duc de Valençay, fils - aîné de l'auteur de la _Chronique_. - - -_Rochecotte, 14 juin 1851._--Je suis arrivée ici hier dans la soirée, ce -qui n'a pas laissé de m'émouvoir. On inflige de grands supplices, soit au -cœur, soit à la conscience, par cette vie rétrospective que je mène -depuis près d'un mois; je veux espérer qu'elle est salutaire à l'âme. - - -_Le Mans, 20 juin 1851._--M. de Falloux est arrivé avant-hier à -Rochecotte. Il nous a apporté les lettres familières du comte Joseph de -Maistre, qui viennent de paraître, et nous en a lu quelques-unes, qui -sont dignes de ce grand penseur et de cet écrivain si original. - -Les deux premiers volumes de l'_Histoire de la Convention_ par Barante se -publient ces jours-ci. Il est heureux que cette terrible époque soit -traitée par un _honnête_ homme. - - -_Paris, 27 juin 1851._--Je pars demain pour Bruxelles; je serai, Dieu -aidant, à Bade le 1er juillet. - - - Il y eut ici une interruption dans la correspondance, qui ne - reprit qu'après le séjour de Bade. - - -_Wurtzburg, 11 août 1851._--Nous sommes arrivées ici sans encombre. Hier -au soir, nous nous sommes fait conduire au vieux Château de Heidelberg. -Le soleil s'est couché pittoresquement derrière les ruines; l'air, la -couleur, le paysage, tout était beau. - -Aujourd'hui, j'ai beaucoup lu: j'ai fini les deux volumes de M. de -Maistre; je les ai lus crayon en main. Il se trouve dans cette -correspondance des lettres de M. de Bonald que je préfère à celles de M. -de Maistre; aussi élevées, elles sont plus simples, plus serrées, et plus -_françaises_ en fait de style. Cependant, je suis assez sous le charme de -M. de Maistre, quand il est sérieux; je ne l'aime guère quand il -plaisante, quoique l'esprit ne manque jamais, seulement ses ailes ont -quelquefois du plomb dans leurs plumes. M. de Maistre, le fils, a eu une -heureuse et _vengeresse_ idée en publiant les lettres de l'abbé de -Lamennais et de M. de Lamartine adressées à son père, et qui, par la -différence du point de départ, font encore mieux ressortir l'infamie du -point d'arrivée. - - -_Bamberg, 17 août 1851._--Les journaux qui nous ont été prêtés ici à -l'auberge disent que décidément le prince de Joinville accepte toutes les -candidatures: députation, présidence, tout lui convient; il se prête à -tout. Il ne manquait que cet abaissement de plus pour assurer le progrès -des rouges, car les légitimistes, auxquels à Claremont on a refusé la -fusion, préféreront voter pour les candidats de la Montagne, à voir -revenir un Orléans sans un Bourbon, et les bonapartistes en feront -autant. Il paraît qu'un manifeste fort travaillé du prince de Joinville -va être lancé dans le public. En attendant que je le lise, j'ai lu -aujourd'hui le petit volume de la comtesse Hahn, intitulé _De Babylone à -Jérusalem_. Il est intéressant, surtout pour qui connaît ses précédents -ouvrages, pour qui la connaît elle-même. Il est d'ailleurs intéressant -pour la foi; il est écrit avec verve et talent; il répond aux objections -courantes des gens du monde ignorants contre le catholicisme; mais je ne -suis pas bien sûre que sa conversion, du reste fort sincère, lui ait fait -rencontrer en chemin l'_humilité_; je serais un peu tentée d'en douter; -il faut bien qu'elle parle d'elle puisqu'il s'agit de son voyage -spirituel, mais il y a façon de le faire; puis, tout en abjurant tous ses -écrits précédents, tout en répétant qu'elle n'en sait plus une ligne, -qu'elle a tout oublié, elle se cite elle-même sans cesse... Ce petit -livre peut avoir une utilité réelle pour les autres; c'est donc une -œuvre méritoire; mais lui sera-t-il utile à elle? Il me semble que si -j'étais son confesseur, je dirais que non; mais, comme je n'ai point ce -difficile honneur, je n'ai point à me faire une opinion à cet égard. - - -_Taunenfeld, près Lœbichau, 20 août 1851._--J'écris d'un pavillon, à une -lieue de Lœbichau, que j'ai habité dans mon enfance, qui m'appartenait, -dont la situation est fraîche et jolie, et où ma sœur s'est établie -pendant qu'elle fait faire des réparations urgentes à Lœbichau. Je vais -aller tout à l'heure, dans la partie sombre du parc, où un tertre de -gazon sans clôture et une croix de fer indiquent le lieu de repos de -notre mère et de notre sœur Pauline[25]. Je n'aime pas cette façon -presque païenne, du moins peu catholique, de déposer des restes chéris. -Encore est-il trop heureux que la croix s'y trouve! Mais ce bois ouvert, -ces allées tournantes, ces massifs de fleurs jardinières, tout cela m'est -parfaitement antipathique. J'aime une certaine austérité recueillie (qui -n'ait rien de trop lugubre) pour les tombeaux; mais, avant tout, une -défense sûre contre toute profanation, une barrière qu'il faille ouvrir, -un verrou à tirer, une cloche à sonner. Ce n'est pas le hasard d'une -promenade, peut-être joyeuse, qui doit nous conduire auprès de ceux qui -nous ont quittés pour nous attendre ailleurs. Il faut savoir qu'on va à -eux, il faut le vouloir, et y arriver dans une certaine disposition de -l'esprit, du cœur, de l'âme... - - [25] La duchesse de Courlande et la princesse de Hohenzollern. - -J'ai reçu une lettre de Paris, de ma cousine Mme Alfred de Chabannes, -dans laquelle il y a le passage suivant: - -«Ici, la situation politique devient _honteuse_ pour ma couleur. La -candidature du prince de Joinville a reçu son adhésion, s'appuyant sur -les républicains avancés. Je doute qu'on sache le fond de cette intrigue -à Claremont; même, j'en suis sûre, le _Journal des Débats_ qui nous était -favorable ne suivra pas cette ligne désastreuse. Si, du moins, Mme la -Duchesse d'Orléans voulait comprendre tout ce qui se passe, et qu'elle -restât en Allemagne au lieu de n'y faire qu'une course. Thiers est au -fond de toute cette détestable intrigue; il joue la Princesse et cela -depuis longtemps. Il jouera de même le prince de Joinville, pour -consolider la République à son profit personnel. Il est bien douloureux -de voir ceux qu'on aime lancés à pleines voiles sur une semblable mer, -celle des révolutions. J'en suis au désespoir.» - - -_Sagan, 8 septembre 1851._--J'attends aujourd'hui le Roi pour dîner, et -demain dans l'après-midi, il continuera sa route. Heureusement que la -pluie diluvienne d'hier a cessé et que, pour l'instant, le soleil luit et -le ciel est pur. - - -_Sagan, 10 septembre 1851._--Le temps n'est pas beau ici; cependant, il -n'est pas tombé une goutte de pluie pendant le temps que le Roi a bien -voulu y rester. Seulement, s'il faisait clair, il faisait froid. Mais -cela n'a pas empêché le Roi de vouloir se promener à pied, en phaéton, de -vouloir tout regarder, de s'amuser des progrès qu'il remarque entre -chacun de ses voyages. Il était de la meilleure humeur du monde, content -de tout, gracieux, en train, drôle; bref, tout à fait entraînant comme il -sait l'être; pour moi, plus affectueux que jamais. En m'embrassant à -l'adieu, il a passé à mon bras un petit bracelet fort simple et d'autant -meilleur goût, sur lequel se trouve gravé: _Donné par l'amitié_. Un petit -médaillon s'y trouve accroché, contenant, sous de l'émail bleu, des -cheveux de la Reine. Quel dommage que cet aimable homme soit... Roi! - -Il avait dans sa suite, très nombreuse, un officier autrichien, le baron -de Hammerstein, qui lui avait été assigné pour l'accompagner dans les -États autrichiens et auquel il a fait la politesse de l'inviter à le -suivre jusqu'à Berlin. - -J'ai lieu de croire que le Roi a été content de son passage par -l'Autriche, et que la satisfaction a été réciproque à l'entrevue -d'Ischl[26]. - - [26] Le Roi et la Reine de Prusse étaient arrivés à Ischl le 31 - août et s'y étaient rencontrés avec l'Empereur d'Autriche. Le - prince Schwarzenberg et M. de Manteuffel assistèrent à cette - entrevue. - - -_Sagan, 20 septembre 1851._--Voilà la duchesse de Maillé morte; voilà la -vicomtesse de Noailles morte. Ces deux dames n'avaient que quelques -années de plus que moi. Toutes deux bien douées, encore à l'âge où l'on -peut se croire un certain sursis; l'une portant avec courage de grands -désastres, l'autre jouissant d'une très belle existence. Rien n'y fait, -rien n'abrite le bonheur, ni l'infortune; si j'avais quelque chose à -apprendre sur ce grave chapitre, ces deux événements me frapperaient -encore plus, mais, en vérité, _je suis bien habile sur le néant_. -Disons-nous, au milieu de tout ce qui périt et de cette banqueroute -absolue qui est la vie, que l'affection, celle que nous ressentons -nous-mêmes, encore plus que celle que nous pouvons inspirer, est un bien, -un trésor, qu'il nous est accordé d'emporter dans le grand _par-delà_. -Quoi de plus beau, en effet, que de se sentir encore, au couchant de la -vie, la faculté d'aimer, de croire et par conséquent d'espérer. - - -_Sagan, 1er octobre 1851._--Non, je ne crois pas que l'âme la mieux -préparée, la plus détachée des choses d'ici-bas, soit pour cela obligée -d'éteindre tous les besoins du cœur. Je crois au contraire que rien -n'est plus doux, plus tendre, plus dévoué que l'âme détachée, parce -qu'elle ne doit être détachée que de l'égoïsme personnel; par conséquent, -elle doit se faire toute à tous, aimer mieux, aimer avec une abnégation -plus parfaite. - -Sainte Thérèse dit que la grande punition infligée à Lucifer était de ne -plus pouvoir aimer. Il y a des dévots secs, arides, impitoyables, -orgueilleux; ou bien il y a des ascétiques qui, ermites dans une grotte -sauvage, ont rompu tout commerce avec les hommes. Mais ces ermites -eux-mêmes se sont mis à aimer les oiseaux, à nourrir les hôtes des bois, -à aimer la nature et les créatures ailées ou sauvages, et à les -apprivoiser, tant l'homme a besoin d'aimer. Nous ne serons jamais des -dévots desséchés, ni des habitants du désert. Nous serons tout simplement -des chrétiens dociles, humbles, ne craignant pas la mort, résignés à -vivre, aimant ceux qui sont doux et honorables à aimer, et attendant en -charité, paix et confiance que Dieu nous appelle et nous juge dans sa -miséricorde. C'est là, je crois, le vrai travail chrétien. Le -_desséchement_ est un piège du démon; _le détachement de soi et non pas -des autres_, c'est là l'œuvre de Dieu. - -Voilà mon petit traité. A mon sens, on peut parvenir à résoudre le -problème sans arriver à la démence de Pascal. Cruelle solution qu'un Dieu -de bonté et d'équité ne saurait préparer à notre faiblesse! - - -_Sagan, 7 octobre 1851._--Le duc de Noailles finit une lettre, en réponse -à mon compliment de condoléance sur la mort de la Vicomtesse, par ces -mots: «Tout le monde ici est triste, l'Élysée est triste, les -fusionnistes et les légitimistes sont tristes, les orléanistes ne sont -pas gais; la confusion est au comble, les divisions sans bornes et la -prévision impossible.» - -J'ai reçu hier la visite d'une belle dame, ou, du moins, d'une jadis -belle dame parisienne, légitimiste de tout temps, enfin, de la marquise -de La Roche-Lambert, née de Bruges, tante d'un des élèves de notre -collège de Sagan. Elle revenait de Frohsdorf et retournait en France. -Elle a voulu voir son neveu en passant et a cru devoir me remercier de -l'intérêt que j'ai témoigné à cet enfant. Elle a déjeuné chez moi. Une de -ses raisons, m'a-t-elle dit, pour demander à me voir, a été de me -rapporter des paroles de Mme la Dauphine. Celle-ci lui ayant demandé -quelle route elle prendrait pour retourner en France, Mme de La -Roche-Lambert lui a répondu qu'elle passerait par Sagan embrasser son -neveu et qu'elle me verrait en passant. Sur cela, Mme la Dauphine aurait -répondu: «Ah! Dorothée. J'ai toujours eu du faible pour elle, car je l'ai -connue bien jeune à Mittau, avant son mariage. Dites-lui que je me -souviens d'elle, avec intérêt.» J'avoue que j'ai été fort touchée, mais -fort étonnée de ces paroles, qui, du reste, me sont fort précieuses. M. -de Falloux et le duc de Noailles m'avaient, à la vérité, répété que -j'étais en fort bonne odeur à Frohsdorf, mais je pensais que c'était tout -au plus chez la seconde génération. - - -_Berlin, 13 octobre 1851._--Je suis arrivée avant-hier soir ici. Hier, -j'ai fait ma cour à Mme la Princesse de Prusse. J'ai vu Humboldt, -Prokesch et d'autres encore. De nouvelles, je n'en entends pas. Je crois -qu'il n'y a rien à savoir pour le moment. On dit M. de Manteuffel -s'affermissant dans le pays et auprès du Roi, content des différentes -Diètes provinciales; mais à tout prendre, on sommeille. Espérons que ce -sommeil est un véritable repos d'où ressortiront le calme et l'équilibre. -Cela dépend de la France: je vois tous les regards se porter vers elle -avec anxiété. - - -_Sagan, 20 octobre 1851._--Me voici rentrée depuis hier dans ma cellule. -J'ai eu très froid en route, mais le ciel était pur, et le soleil -reflétait ces joyeux rayons sur ces teintes chaudes et variées de -l'automne, qui me plaisent tout particulièrement. Je vais maintenant me -caser ici pour de bon. Je n'ai plus de courses à faire; je ne m'attends -plus à des visites dans cette saison avancée; je vais me mettre à lire, à -peindre, à broder, à écrire, à gouverner ma maison et mes établissements -de charité, à faire planter, bref, à remplir mes journées le moins mal -possible, c'est-à-dire le plus utilement pour mon âme et pour le -bien-être de mes entours. - - -_Sagan, 24 octobre 1851._--La mort de Mme la Dauphine[27] est un -événement qui ne saurait passer inaperçu. Les grandes infortunes, -toujours portées avec la plus noble et la plus simple dignité, lui -assignent une place tout à part dans notre déplorable histoire -contemporaine. Il ne lui a manqué qu'un peu de charme et de grâce, pour -la mettre au-dessus des plus grandes victimes de tous les siècles. - - [27] La duchesse d'Angoulême était morte à Frohsdorf le 19 - octobre 1851. - - -_Sagan, 5 novembre 1851._--Le Roi de Hanovre est au plus mal. Cette mort -ne sera pas un petit événement à travers les difficultés allemandes, ce -fils aveugle et les intrigues anglaises. - - -_Sagan, 12 novembre 1851._--Il me revient qu'on est très blessé à -Frohsdorf: 1º de la brièveté du deuil pris à Claremont pour Mme la -Dauphine; 2º de ce qu'on n'ait pas écrit au Comte de Chambord, à -l'occasion de la mort de son illustre tante, à lui qui avait écrit lors -de la mort de Louis-Philippe; 3º de ce qu'on s'est borné à un message -verbal de condoléance, confié au duc de Montmorency, sans même le charger -d'aller à Frohsdorf, mais seulement de le transmettre à quelque chef -légitimiste présent à Paris. J'avoue que je ne puis blâmer le -ressentiment que l'on éprouve de cette façon si peu sympathique, si peu -respectueuse envers le malheur des _aînés_. - - -_Sagan, 14 novembre 1851._--J'ai achevé hier la lecture des _Souvenirs_ -du chancelier de Müller, de Weimar. C'est celui dont M. de Talleyrand -parle dans son morceau sur l'entrevue d'Erfurt. Dans ces _Souvenirs_, il -est sans cesse question de mon oncle, avec une grande vérité de détails -et une justice rare qui m'a fait plaisir. Le tout est un petit volume pas -du tout difficile à comprendre, simplement écrit, bien pensé, clairement -exprimé, et donnant un tableau parfaitement exact de l'Allemagne sous -l'Empire. Ce M. de Müller n'a rien de commun avec l'historien Jean de -Müller. - - -_Sagan, 16 novembre 1851._--Le Roi de Hanovre s'éteindra sous peu, s'il -ne l'est déjà. On se querellera sur la tutelle. Ce sera un point en -litige de plus, du provisoire en herbe, vice inhérent à un siècle tout à -la fois paresseux et inquiet[28]. Et la France? si ardente et si molle, -si agitée et si insouciante? Contrastes merveilleux et déplorables que ne -simplifieront pas messieurs les Burgraves. Ils me font l'effet de momies -en service extraordinaire[29]. - - [28] Il n'y eut ni régence ni tutelle en Hanovre, Georges V - succéda à son père malgré sa cécité, le Roi Ernest-Auguste ayant, - dès 1843, tranché la question, en établissant que les actes - présentés à la signature du futur monarque seraient lus en - présence de douze témoins et contresignés par le secrétaire de ce - comité. - - [29] On appelait du nom de _Burgraves_ quelques politiques - rétrogrades, membres de la Commission de l'Assemblée législative - chargée de préparer la loi du suffrage restreint, dite loi du 31 - mai. La plupart étaient des chefs d'anciens partis monarchiques - comme Thiers, Molé, Broglie. Les républicains les regardaient - comme des politiques usés et impuissants. - - -_Sagan, 17 novembre 1851._--Je nie que ce que vous appelez[30] _ma haute -raison_ n'ait pas besoin des enseignements de la mort. Qui de nous peut -se croire assez détaché pour n'en avoir nul besoin? Pour ma part, j'en -suis fort nécessiteuse au contraire, et j'espère que ma pauvre âme en -tirera profit. Toutes les lectures, les méditations n'approchent pas, -dans l'impression qu'elles produisent, du spectacle réel. Il est bien -grave et plein de révélations. D'ailleurs, je ne me fais aucune illusion -sur l'état de ma santé, et je la crois assez profondément ébranlée pour, -peu à peu, _chausser mes sandales_. C'est un bon emploi de solitude. J'ai -trouvé, il y a quelque temps, dans le prophète Osée, un passage que je -pourrais à bon droit fixer sur la porte de cette maison-ci: «Je l'ai -conduit dans la solitude, et là lui ai parlé au cœur.» - - [30] Extrait de lettre. - -Je suis enchantée que Mgr Dupanloup veuille vous faire voir ses matériaux -sur M. de Talleyrand[31]. Je crois que plus on fouillera, plus on -recueillera sur son compte, et plus on découvrira de contrastes. Telle -est la condition de presque tous les hommes qui, avec une bonne nature et -des facultés distinguées, ont été jetés dans un monde corrompu, _dans une -position fausse_, et dans les orages révolutionnaires. L'essentiel est de -montrer l'excellent de la nature primitive, et, tout en reconnaissant les -graves erreurs, de prouver qu'elles n'ont jamais été jusqu'à la -_cruauté_ ni jusqu'à la _bassesse_. Quelque distrait que soit le public -par les grands tremblements de terre actuels, il reviendra un temps où la -curiosité, l'intérêt se réveilleront pour un passé plein d'enseignements. -On y cherchera la vérité. Elle est si souvent dénaturée, si difficile à -retrouver que ceux qui travaillent à la dégager de ses nuages seront des -bienfaiteurs de l'avenir. - - [31] Intéressé par le caractère si complexe de M. de Talleyrand, - qu'il avait pu suivre de près, l'abbé Dupanloup, devenu évêque - d'Orléans, avait passé de longues années à recueillir une série - d'actes publics ou privés, concernant les diverses périodes de la - vie du Prince. Cette collection de lettres et de documents forme - quatorze volumes: Mgr Dupanloup y a joint un récit des derniers - moments du Prince de Talleyrand dont il a été déjà question dans - le deuxième volume de la _Chronique_. Tous ces papiers et - manuscrits se trouvent à l'heure actuelle dans la possession de - M. Bernard de Lacombe, Mgr Dupanloup les ayant légués à son père, - M. Hilaire de Lacombe. - - -_Sagan, 1er décembre 1851._--Nous voici au début du dernier mois d'une -année, qui, à travers plus d'une épreuve, sera peut-être regrettable en -comparaison de cette date 1852 qui semble devoir résoudre bien des -problèmes. Ces solutions seront-elles _lumineuses_? je ne le crois pas; -_sanglantes_? j'en doute; _boueuses_? je voudrais presque en répondre. Si -telle est la destinée politique de la vieille Europe, tâchons du moins -que, dans la vie intime, tout soit clarté, douceur, paix et confiance; -cela peut se conserver à travers tous les orages, toutes les -catastrophes, et c'est à cela qu'il faut s'attacher avec persévérance et -fermeté. - - -_Sagan, 4 décembre 1851._--Les nouvelles télégraphiques de Paris me -jettent depuis hier dans une grande agitation[32]. Je ne m'étendrai pas -ici sur les réflexions, prévisions, qui se pressent en foule dans -l'esprit de tous à de pareilles extrémités. L'année 1851 n'a pas voulu -laisser à son héritière le soin de justifier les prédictions qui s'y -attachaient; elle s'est chargée de la déflorer. - - [32] Dans la nuit du 1er au 2 décembre, le Prince Louis - Bonaparte, ayant fait garder à vue le président de l'Assemblée, - avait fait arrêter les principaux chefs des partis républicain et - monarchistes, puis, par deux proclamations, déclaré l'Assemblée - dissoute et le suffrage universel rétabli. Il procéda ensuite à - un plébiscite qui lui donna la Présidence pour dix ans. La force - armée et les commissions mixtes ayant fait justice des - récalcitrants, ce coup d'État, préparé avec l'énergique concours - de M. de Morny, du général de Saint-Arnaud et du préfet de - police, M. de Maupas, triompha de toutes les résistances. - - -_Sagan, 6 décembre 1851._--Les projets me semblent plus jetés au hasard -que jamais par le coup de tonnerre parti de France. On m'écrit de Berlin -que l'on s'y attend à ce que le Président, pour _distraire les rouges_, -voudra les jeter hors des frontières par une guerre étrangère. J'avoue -que je n'y crois pas pour l'instant. Il a trop de difficultés -intérieures, qui réclament d'autres remèdes qu'une guerre étrangère; -pendant qu'il porterait ses troupes contre le dehors, le pays resterait -livré aux démagogues, et c'est ce qu'il ne saurait, ce me semble, -risquer. Il doit être uniquement occupé du résultat de ce _suffrage -universel_ dont il évoque l'épreuve dans ce mois-ci. C'est là aussi ce -qui doit occuper l'Europe entière, car si les rouges triomphent en -France, leur sanglant succès sera assuré, ou du moins tenté partout, et -partout probable. Je n'ai aucune nouvelle directe de France depuis la -crise du 2. Mme la Duchesse d'Orléans comprendra-t-elle enfin, hélas! -après coup, le guêpier dans lequel l'héroïque Thiers et consorts l'ont -fait tomber? La fusion, qui aurait pu sauver les principes et la -civilisation entière, est maintenant hors de propos. M. Thiers à -Vincennes, le douteux Changarnier sous les verrous, la candidature -Joinville couverte de ridicule, Mme la Duchesse d'Orléans reste la grande -coupable aux yeux de l'Europe[33]. Et voilà où conduisent l'esprit faux -chez tous et l'ambition _personnelle_ chez les femmes, à qui il n'est -permis d'en avoir que pour autrui. Mais à quoi servent toutes ces -réflexions? Hélas! à rien, qu'à reconnaître une fois de plus le profond -aveuglement de l'humanité. - - - [33] M. Thiers, qui croyait la branche aînée des Bourbons frappée - d'une impopularité irrémédiable, avait approuvé et appuyé avec - énergie l'opposition faite par la Duchesse d'Orléans à un accord - entre la branche aînée et la branche cadette. Regardée comme le - principal obstacle d'une si désirable réconciliation, les - partisans de la fusion accusaient la Princesse d'avoir, par ses - fautes, contribué plus que toute autre chose à ramener l'Empire - au pouvoir. Ils avaient aussi trop mis leurs espérances dans le - général Changarnier qui, loyal mais présomptueux, jouait serré - les légitimistes et les orléanistes les uns contre les autres, ne - donnant aucun signe de ses intentions réelles, mais ne voulant, - dans le fond de sa pensée, que poser la couronne sur la tête qui - devait la porter, en tenant à la poser lui-même. Son attitude - énigmatique l'avait rendu suspect aux yeux de plusieurs. - - -_Sagan, 9 décembre 1851._--Mme d'Albuféra me mande que rien n'égale les -fureurs de Mme Dosne[34]. On ne relâche pas en masse les députés faits -prisonniers le 2, mais tantôt l'un, tantôt l'autre, les orléanistes et -les montagnards les derniers. Le carnage a été très grand à Paris. Si le -Président comprend bien sa mission, il terrassera les rouges. C'est le -meilleur, le seul moyen pour se perpétuer au pouvoir, car il gagnerait -ainsi la reconnaissance de toute l'Europe. On me mande de Vienne qu'on y -est très favorable au Président, surtout, je pense, aux mesures -énergiques de son coup d'État. Il me paraît que Thiers, en cage, est -plutôt l'objet du ridicule qu'il n'a la gloire du martyre. - - [34] A cause de l'arrestation de M. Thiers. - - -_Sagan, 11 décembre 1851._--Les nouvelles de Paris m'intéressent. Voilà -les mesures de déportation qui prennent rang dans toutes celles que le -coup d'État a enfantées. Il ne s'agit ni de l'exalter, ni de le -stigmatiser pour le moment. Il s'agit d'en observer les conséquences, et, -si elles tournent à l'ordre, à la conservation, si l'anarchie est -terrassée, si les _intérêts matériels_ de la société sont sauvés, il -faudra bien chanter le _Te Deum_. Mais quand tout cela origine d'une -dictature militaire, sans l'appui d'un principe, d'une tradition, sans le -prestige d'une gloire personnelle, sans dynastie, sans entourage, on se -demande où est l'avenir, et tous les calculs humains restent sans base. -On en est donc réduit à ces intérêts matériels dont je parlais tout à -l'heure, et qui, momentanément, semblent protégés. Le commerce, le -crédit, la valeur des propriétés, tout cela peut avoir et aura -probablement une résurrection, dont il faut jouir avec reconnaissance, -avec prudence, et surtout sans aveuglement. - - -_Sagan, 13 décembre 1851._--J'ai eu hier une lettre de Paris, qui me dit -que l'état des provinces est assez mauvais; que, dans le centre de la -France surtout, il y a eu bien plus d'horreurs commises qu'on ne le dit. -Rien ne peut mieux servir le Président, car sa seule force est dans la -terreur que causent les rouges, mais cette force est réelle et augmente -en raison de ce que ceux-ci démasquent leurs infâmes projets. On me dit -aussi qu'il est fort question d'envoyer à la Martinique les généraux -prisonniers à Ham[35]. On n'y va pas de main morte! Du reste, -Changarnier, avec son système de bascule, ses finasseries et tromperies -entre Frohsdorf et Claremont, n'a que ce qu'il mérite. - - [35] Les généraux Le Flô, Changarnier, Lamoricière et Bedeau. - - -_Sagan, 15 décembre 1851._--Je trouve qu'on donne trop d'importance à M. -Thiers. En Allemagne, il eût été sans inconvénient, car on lui eût fait -partout assez mauvais accueil, mais à Claremont, il sera très nuisible, à -moins que les derniers événements n'aient fait ouvrir les yeux sur le -fallacieux de ses avis, et le danger de ses directions. Mais les esprits -faux se refusent à la lumière, et je n'en connais pas de moins juste que -celui de Mme la Duchesse d'Orléans. - - -_Sagan, 17 décembre 1851._--J'ai reçu une lettre de mon fils Alexandre, -qui avait vu M. de Falloux à son passage par Orléans, se rendant en Anjou -après sa sortie de prison à Paris[36]. - - [36] M. de Falloux, ainsi que le duc de Luynes, le comte de - Rességuier et bien d'autres, avait été emprisonné au - Mont-Valérien, lors du coup d'État du 2 décembre. - -Mme d'Albuféra me mande que rien n'égale la division des familles: les -plus proches s'invectivent, d'anciens amis se brouillent, il n'y a plus -de salon possible. Elle me mande aussi, comme un fait certain, que les -brigands ont saccagé un couvent de femmes en Nivernais. - -Les embarras financiers de la France pourraient bien devenir le nœud -gordien de la destinée du Président. Tout est énigme en ce moment, et la -solution n'a pas plus de vraisemblance pour une chose que pour une autre. -Le point essentiel reste l'extermination des rouges, car ils ruineraient -le pays tout autant, plus même, en y joignant les incendies, les pillages -et les massacres. Puisse le Président les extirper. Parfois, la crainte -du contraire me prend, car c'est une hydre à cent têtes qu'il s'agit -d'abattre. - - -_Sagan, 18 décembre 1851._--J'ai reçu une lettre du duc de Noailles dont -je vais faire quelques extraits: «Au fond, et en prenant l'ensemble de la -situation, l'état de l'Assemblée, la division des partis, l'impossibilité -de la fusion, l'épouvantable organisation du socialisme et des sociétés -secrètes, l'imminence du péril en 1852, l'événement qui s'est accompli -est heureux. C'est ainsi que le sentent tous les esprits réfléchis et -sensés, c'est ainsi que je l'ai senti du premier moment. Il a été -accompli avec une habileté, un ensemble, et dans des proportions qui le -rendent véritablement prodigieux; le 18 brumaire n'est qu'un petit garçon -auprès du 2 décembre. Cet événement, heureux pour le présent, n'est même -pas malheureux pour l'avenir: à mes yeux, l'orléanisme a été à peu près -tué avec la République, et la légitimité est l'héritière directe de la -phase actuelle; seulement, on ne sait pas quand la succession -s'ouvrira... Cela sera-t-il court? - -«Cela pourra être long. Il reste certain que le despotisme militaire -pouvait seul nous tirer de l'état où nous étions, et des dangers que nous -courions. Il faut que ce despotisme dure encore, car le mal est immense -et profond; ce qui se passe dans les provinces le fait bien voir! Il faut -que l'œuvre entreprise s'accomplisse, c'est ce que je ne me lasse pas de -répéter et de faire arriver à ceux qui gouvernent, par les voies qui me -sont ouvertes. Il faut déraciner le socialisme et les sociétés secrètes; -il faut en briser tous les cadres, enlever dans chaque département -l'état-major de ces sociétés, frapper sur tous les chefs aux différents -degrés, terrifier les autres, leur montrer leur impuissance et les -décourager à jamais! On me dit que telle est, en effet, l'intention. - -«Je crois que le Président aura un grand nombre de voix; les légitimistes -et conservateurs voteront pour lui ou s'abstiendront. - -«Les princes d'Orléans, et surtout la Duchesse, sont atterrés; ils -étaient dans la plus complète illusion, surtout sur les sentiments de -l'armée. La Duchesse était convaincue qu'elle serait au premier jour aux -Tuileries. On avait saisi, il y a six semaines (par le moyen d'un -domestique), une lettre de M. Roger du Nord à la Duchesse d'Orléans, où -il lui disait que tout était prêt, que Thiers assurait que dans un mois -tout serait fini, et qu'on était sûr de Changarnier (qui, en même temps, -par parenthèse, se promettait à nous). Le Président a cette lettre. - -«La vie du Président est fort menacée; il s'attend à être tué; il -s'occupe de former d'avance une espèce de gouvernement militaire pour le -cas de cet événement, qui serait bien malheureux pour tout le monde dans -le moment actuel. - -«Il y a, dans les actes du Président, depuis le 2 décembre, une douceur -et des égards très marqués pour le parti légitimiste. Nous verrons la -suite de ces grands événements; c'est le premier pas de fait pour -remonter l'échelle sociale.» - - -_Sagan, 28 décembre 1851._--Les journaux apportent des nouvelles -d'Angleterre: la démission donnée et acceptée de lord Palmerston. C'est -un soulagement universel, et qui déroutera la démagogie autant, pour le -moins, que les coups d'État du Président. Mes vieilles rancunes et mes -indignations subséquentes saluent cette chute ministérielle à cris de -joie. Pourvu qu'elle soit définitive, et que ce méchant brandon soit -éteint pour de bon! Hélas! Cette chute a été tardive: le mal s'est fait -trop longtemps pour n'avoir pas creusé profondément; mais enfin, il vaut -mieux un arrêt tardif qu'une durée indéfinie. - - - - -1852 - - -_Sagan, 1er janvier 1852._--Bon an! Puisse Dieu fermer toutes les -plaies du passé, faciliter le présent et garantir l'avenir, car que sont -tous nos efforts sans la grâce? - - -_Sagan, 5 janvier 1852._--Si lord Palmerston s'est retiré du Cabinet, il -ne l'est pas de la politique, et je ne tiens pas le monstre pour accablé. -Mais du moins cette retraite aura-t-elle eu le mérite de calmer bien des -susceptibilités continentales, de donner une certaine satisfaction à de -justes griefs et de décourager moralement les démagogues d'Italie et de -Suisse. On finit par se conduire en politique comme dans la vie privée, -c'est-à-dire, à se contenter des plus petits acomptes que de mauvais -débiteurs vous apportent. Mais je ne me fais aucune illusion, et je ne -crois encore à aucune durée, à aucun équilibre fixe nulle part. Le -Président a beau rétablir les aigles impériales et faire remeubler les -Tuileries, il n'en est, pour cela, pas plus définitivement établi que -l'Europe n'est sauvée. Depuis 1793, le plus long régime en France n'a pas -duré dix-huit ans accomplis. - - -_Sagan, 13 janvier 1852._--D'après ce qu'on m'écrit, Paris doit être -vraiment fort curieux en ce moment. Il paraît que Mme de Lieven y tient -salon comme par le passé, qu'elle n'arbore aucun drapeau, et que son -salon reste terrain neutre pour tous. Il me semble difficile cependant -qu'il ne se soit pas modifié. J'y ai vu au printemps dernier Molé, -Berryer, Falloux, Changarnier, etc., qui sont tous ou boudeurs ou -éparpillés. - - -_Berlin, 20 janvier 1852._--Je suis ici depuis trois jours. La Reine, -avec laquelle j'ai eu l'honneur de causer hier, m'a dit que la -Grande-Duchesse Stéphanie allait à Paris; puis, elle m'a paru regretter -que lady Douglas, à laquelle elle s'intéresse beaucoup, ait pris une -attitude secondaire auprès de la princesse Mathilde, qui n'est pas en -trop bonne odeur ici. - -Le ministre de Russie, avec lequel j'ai dîné hier, m'a raconté que le -Président se plaignait du salon de Mme de Lieven comme lui étant fort -hostile, et que la princesse Mathilde en avait fait une scène au jeune -d'Oubril. - - -_Berlin, 22 janvier 1852._--La Cour a commencé hier la série des fêtes -qu'elle compte donner deux fois par semaine jusqu'au Carême. Hier, -c'était un très beau concert dans la salle Blanche, qui s'y prête si -bien, les femmes en grand habit, le tout très noble; les chœurs du -_Prophète_, dirigés par Meyerbeer, d'un grand effet. - - -_Berlin, 26 janvier 1852._--Les dernières nouvelles de France ne -plaisent pas ici. Les mesures de rigueur prises contre la famille -d'Orléans et l'avènement, à cette occasion, de Persigny au Ministère -semblent des fautes graves, dans l'intérêt même du Président[37]. - - [37] Le 22 janvier, le Prince-Président avait fait publier le - fameux décret qui confisquait les biens de la famille d'Orléans. - Ce décret, appelé _le premier vol de l'aigle_, ne fut pas sans - rencontrer quelque désapprobation dans l'entourage même du chef - de l'État. M. de Morny et M. Fould refusèrent de le signer et, - après deux jours de discussion, donnèrent leur démission. M. de - Persigny remplaça alors M. de Morny à l'Intérieur. - - -_Berlin, 28 janvier 1852._--Hier au soir, on a représenté des tableaux -vivants chez M. de Manteuffel. Toute la Cour s'y trouvait et le Roi m'a -fait l'honneur de me dire qu'il venait d'apprendre, par dépêche -télégraphique, que le ministre de France ici, M. Lefebvre, était rappelé -pour faire partie du Conseil d'État. Son successeur n'est point encore -connu. On est fâché, ici, du rappel du petit homme; il s'est tenu -tranquille, il n'a été ni importun, ni désagréable à personne, et -l'inconnu est rarement rassurant. Le successeur, quel qu'il soit, -trouvera d'ailleurs une fort mauvaise disposition, provoquée par les -mesures Persigny, qui sont autant de fautes et de vilenies. M. de -Manteuffel m'a assuré savoir par voie certaine que M. de Morny ne s'était -pas retiré devant la mesure anti-orléaniste, mais parce que son ton de -maire du palais était devenu insupportable au Président. En attendant, M. -de Morny se donne les airs d'être la victime chevaleresque de Persigny. - - -_Berlin, 30 janvier 1852._--Je suppose que la Grande-Duchesse Stéphanie -sera peinée des derniers actes de son neveu et qu'elle les désapprouvera -complètement. J'aurais compris que le Prince-Président obligeât les -Princes d'Orléans à tout vendre dans le délai d'un an; mais la -confiscation! Berryer a proposé de plaider pour les Princes, dans cette -question: c'est habile et de bon goût. Malheureusement, il paraît que le -récri contre cette spoliation ne s'élève que dans les salons, mais que -les masses inférieures trouvent la mesure d'autant meilleure qu'on dit -vouloir leur en appliquer les bénéfices matériels. Quelle confusion dans -ce triste monde plus ou moins partout! Quelle en sera l'issue ou plutôt -quelle en sera la fin? Vivrons-nous assez pour y atteindre? Je ne le -pense pas, pour ma génération du moins. - - -_Berlin, 3 février 1852._--Mes lettres de Paris font une triste peinture -des salons. Ainsi, il n'y en a pas d'ouvert dans la société française, -excepté celui de M. Molé, devenu légitimiste pur. Depuis les décrets de -confiscation des biens d'Orléans, la princesse de Lieven ne sait plus -quel drapeau déployer, ni quel langage tenir. Il paraît, du reste, que le -décret a été modifié pour le caveau de Dreux, rendu à ceux qui y ont -versé tant de larmes, mais si on rend ainsi les morts aux vivants, on -réduit ceux-ci à une gêne extrême, qui gâtera singulièrement leur -existence. En attendant, Jérôme Napoléon est nommé Président du Sénat, -avec deux cent mille francs de traitement, le Luxembourg pour palais -d'hiver, et le château de Meudon pour résidence d'été. Chaque ministre a -cent mille francs d'appointements. - -Au bal des Tuileries, il y a eu querelle de préséance, _dans la famille -impériale_, la princesse Mathilde furieuse du pas accordé à la marquise -de Douglas. Le sang corse n'est pas assez refroidi pour que, pendant la -durée du _règne_, il n'y ait pas quelque _vendetta_ à redouter. - -M. Nothomb m'a dit que le Roi des Belges avait formellement protesté -contre la spoliation de l'héritage maternel de ses enfants. - - -_Berlin, 6 février 1852._--Une dépêche télégraphique a apporté hier la -nouvelle qu'on avait tiré sur la Reine d'Espagne, et qu'elle avait été -blessée[38]. En même temps, M. de Manteuffel disait que tous les rouges -expulsés de France s'étaient concentrés en Espagne et en Italie, que les -meurtres s'y multipliaient et que tous les gouvernements étaient avertis -qu'il existait un vaste complot pour tuer tous les souverains. J'ai su -d'ailleurs, par une excellente source, qu'il y a eu déjà deux tentatives -contre la vie du Prince-Président, et que l'un des assassins était un -soldat. A chaque fois, on les a fusillés sur-le-champ, et on n'en a pas -fait mention dans le public. C'est assurément le plus court, le plus sûr -et le plus habile. - - [38] Le 2 février, six semaines après la naissance de sa fille - aînée, la Reine Isabelle se rendait, pour la cérémonie de ses - relevailles, à l'église d'Antocha, quand un prêtre du nom de - Martin Merimo se précipita sur elle, lui porta vivement un coup - de couteau dans le côté droit, au-dessous de la hanche, et avec - tant de force que la lame coupa une baleine de son corset, et fit - une blessure d'à peu près dix pouces de profondeur. L'assassin - était un ancien moine connu pour son exaltation démagogique. Il - avait autrefois déjà menacé les jours de Ferdinand VII. Frappé - alors d'exil, il avait passé plusieurs années en France et en - Belgique et, depuis huit ans, il avait été autorisé à rentrer en - Espagne. Condamné cinq jours après sa tentative d'assassinat sur - la Reine, il dut subir la peine du _garote_ et fut exécuté le 7 - février. - -Quand on regarde l'Europe, on se dit plus que jamais que tout projet est -insensé et qu'entre les chances habituelles de la vie humaine, il y a, -moins que jamais, un lendemain à la veille. - -Pourquoi serait-ce lord Normanby qui serait la vraie cause du renvoi de -lord Palmerston[39]? On dit que lord Normanby cherche à être gouverneur -des Indes. - - [39] Après le coup d'État du 2 décembre, lord Palmerston, alors - ministre des Affaires étrangères, avait envoyé à lord Normanby, - représentant de l'Angleterre à Paris, une dépêche officielle où - il lui prescrivait de continuer comme par le passé les relations - avec le Gouvernement français, la Reine ne voulant point paraître - intervenir en rien dans les affaires intérieures de la France. - Mais, sans consulter ses collègues, et dans une conversation avec - l'ambassadeur de France à Londres, le comte Walewski (qui la - rapporta immédiatement à Paris), lord Palmerston exprima sa - satisfaction du coup d'État. Cette contradiction entre les - instructions officielles et le langage de son ministre direct mit - lord Normanby dans une situation embarrassante. Il écrivit à lord - John Russell, président du Conseil, pour s'en plaindre. Lord John - Russell demanda des explications à lord Palmerston, qui garda - d'abord le silence et donna ensuite une réponse qui ne parut pas - suffisante. Le Président du Conseil demanda alors à lord - Palmerston sa démission et le remplaça au portefeuille de - l'Extérieur par lord Granville. - -J'ai une lettre intéressante, qui dit ceci: «A Londres, personne ne -prévoit encore quelle sera l'issue des premiers débats du Parlement. Lord -John Russell se montre fort assuré de pouvoir se maintenir; lord -Granville de même; lord Palmerston se montre calme et silencieux, mais -lady Palmerston est furieuse; elle lui reproche _son calme_, qu'elle -excuse cependant en disant que cela tient à son _angélique_ caractère, -qu'il est incapable d'aigreur, ni de rancune. - -«La Reine d'Angleterre est furieuse contre Louis-Napoléon et ses décrets -de spoliation.» - - -_Berlin, 8 février 1852._--Une lettre de Paris me dit ceci: «L'ennui et -la curiosité de Mme de Lieven sont satisfaits par l'étrangeté du temps -actuel; elle est drôle à entendre parler sur le règne de M. Guizot, qui -n'en reste pas moins attaché à son char et qui avale des couleuvres en -plus grand nombre que la nature n'a pu en produire; il se dédommagera à -l'Académie demain; c'est là le cimetière des beaux esprits du jour[40].» - - [40] Allusion au discours que M. Guizot prononça le 5 février - 1852, jour où le comte de Montalembert fut reçu à l'Académie - française. - - -_Berlin, 14 février 1852._--Voici l'extrait d'une lettre que j'ai reçue, -et qui a quelque valeur sur les questions anglaises: «J'espère que vous -avez lu les débats de notre Parlement. Vous serez satisfaite de voir que -lord John a tellement mis lord Palmerston dans son tort. Palmerston a -manqué son essai de justification et le déplaisir qu'il a causé à la -Reine est devenu bien patent. Sa carrière avec les Whigs est finie à tout -jamais. Il paraît que le parti radical est aussi dégoûté de lui, à cause -de l'approbation qu'il a exprimée des œuvres despotiques de -Louis-Napoléon. L'impression générale de la Chambre était évidemment -contre lui; son discours a été pâle, son attitude embarrassée. - -«La déclaration de lord Derby de ne vouloir rien céder sur le -protectionnisme empêchera toute coalition avec les Peelistes et laisse -l'opposition tout aussi divisée que l'année passée, ce qui donnera une -espèce de force factice aux ministres actuels.» - - -_Sagan, 23 février 1852._--Je suis rentrée dans ma retraite, qui est -toute ornée de glaçons. J'aime Sagan, malgré tous ses défauts, sur -lesquels je ne m'aveugle nullement; il m'a coûté trop d'efforts, trop de -sacrifices, pour ne pas avoir, par cela même, acquis du prix à mes yeux. -Puis, j'y ai fait quelque bien, ranimé la contrée, donné de la vie, du -mouvement à la population; ma surabondante activité y a trouvé pâture. -J'ai quelques motifs de croire que j'y suis bien vue, et qu'on y redoute -ma mort comme la fin du monde, c'est-à-dire, comme la fin de ce petit -point, presque imperceptible, du monde. D'ailleurs, j'y ai traversé toute -une vie de l'âme, orages, luttes, secousses; j'y ai ensuite trouvé calme, -méditation, recueillement. La Providence, en m'y conduisant par mille -voies bien détournées, a fait encore preuve, là, de son admirable -habileté, patience et miséricorde. Il est juste que ce soit là aussi que -je lui paye le plus volontiers le tribut de ma reconnaissance. - -Il n'y a pas d'amertume dans mes paroles; pour de la tristesse, c'est -autre chose! Comment n'en éprouverais-je pas là? et ailleurs? et partout? -J'ai eu mari sans vie domestique; j'ai des enfants sans vie matérielle; -j'ai quelques rares amis dont je suis séparée; j'ai eu des guides et des -protecteurs, ils ne sont plus sur la terre; ma santé n'est plus ce -qu'elle a été; mes souvenirs sont souvent fort amers, comme le sont tous -ceux dans lesquels on ne peut fouiller sans buter à chaque pas contre une -erreur, une folie, une déception. J'ai fait, en grand, en petit, en -autrui et surtout en moi-même les plus tristes expériences. Voilà de quoi -justifier toutes les tristesses. Les miennes sont fréquentes, je dirai -même constantes au fond de l'âme, point apparentes dans le monde, moins -comprimées dans la solitude; et voilà pourquoi je leur appartiens sans -partage à Sagan. Et cependant, en y regardant bien, je trouve que si j'ai -autre part plus de distractions, j'ai, à Sagan, plus de consolations. J'y -ai mes pauvres; c'est si bon à aimer, à soigner, précisément parce que -les individus n'entrent pour rien dans l'intérêt qu'ils inspirent. On ne -voit ni leurs défauts, ni leurs qualités, on ne voit en eux que les -membres souffrants de Celui qui s'est immolé pour nos péchés. Plus les -péchés ont été multipliés, et plus il est doux et consolant de soigner -notre Sauveur dans les plaies et misères de ceux que la Providence place -sous nos yeux. - -Il me semble que je viens de montrer mon âme dans tous ses replis, toute -pleine à la fois des meurtrissures que je dois à Satan et des -miséricordes que je dois à Dieu. - - -_Sagan, 29 février 1852._--Je continue à bien m'arranger de ma solitude, -qui me permet de causer sans distractions avec mon curé, sans -interruptions avec mon médecin. D'ailleurs, on a beau ne pas se plaire -dans le monde, en reconnaître le vide et l'illusion, il nous atteint, -quoi qu'on en ait. Il agite l'esprit, il trouble la paix, il obscurcit -l'âme, il la fatigue, il l'épuise; on y perd le gouvernement de soi-même -par mille pauvretés qu'on méprise, et cependant auxquelles on cède. Bref, -on ne reprend tout son équilibre que dans une certaine réclusion, qui, -pour être salutaire, doit, pendant quelque peu de jours du moins, être -absolue. On en sort, et plus douce, et plus armée, plus paisible et plus -forte, plus aimable dans le service des autres, et, cependant, -s'appartenant davantage à soi-même. Voilà ce que je demande à ma -solitude; je voudrais être sûre de l'avoir trouvé. - - -_Sagan, 13 mars 1852._--L'incendie du château à Varsovie donnera de -l'humeur à Saint-Pétersbourg[41]. Une chose qui ne laisse pas d'être -extraordinaire et, par conséquent, remarquée, c'est ce voyage des jeunes -Grands-Ducs de Russie, se rendant, par Vienne (où on leur prépare de -grandes fêtes), à Venise, en passant par Breslau et Dresde, et évitant -Berlin, dont ils ne passent qu'à si extrêmement petite distance, et où se -trouve, comme Roi, leur propre oncle! - - [41] Le palais habité par le général-gouverneur de Varsovie fut, - par suite d'un accident, la proie des flammes dans la nuit du 22 - février/6 mars 1852. A force d'efforts on put, pourtant, en - sauver une partie, ainsi que les archives. Cet ancien palais de - la famille Radziwill avait été vendu en 1821 au gouvernement du - Royaume de Pologne. - - -_Sagan, 4 avril 1852._--Je suis décidée à essayer de passer l'hiver -prochain dans le Midi. Je veux choisir un lieu où ma fille Pauline puisse -venir me rejoindre. J'ai donc arrêté ma pensée sur Nice, que je connais, -où j'ai déjà fait deux séjours agréables, où on vit à bon marché, sans -devoirs de Cour. Le climat, pour qui n'a pas mal à la poitrine, est -excellent, les environs charmants, la mer superbe, les promenades -faciles. Veut-on vivre en ermite? on le peut. Veut-on voir du monde? on y -trouve des échantillons des différents pays de l'Europe, parmi lesquels -on peut choisir. Dans une secousse politique on peut ou s'embarquer -immédiatement, ou passer en une demi-heure en France. Mon intention est -d'être à Nice le 1er novembre pour y rester cinq mois consécutifs. -C'est bien hardi de plonger si avant dans l'avenir, mais j'avoue que je -me suis attachée à ce projet, qu'il me serait pénible d'y renoncer et que -je demande à Dieu de le bénir. - - -_Sagan, 8 avril 1852._--La mort du prince Félix Schwarzenberg est un -événement bien grave pour le jeune Empereur, pour tous les intérêts -autrichiens, et, à mon avis, pour l'Europe entière, car tout ce qui -affaiblit le principe conservateur est fatal, et, assurément, il était un -habile et courageux champion dans la lutte contre le mauvais principe. - - -_Sagan, 13 avril 1852._--On sera fort content à Saint-Pétersbourg du -choix de Buol pour remplacer le prince Schwarzenberg; très mécontent à -Berlin, où sa raideur est, depuis les conférences de Dresde, fort -redoutée. Windisch-Graetz, que j'aime personnellement beaucoup, n'eût pas -convenu à ce poste; ce n'est pas un personnage politique, et, excepté une -petite coterie de famille, tout le monde le juge ainsi. Il paraît que le -prince Schwarzenberg, _qui savait que ses jours étaient comptés_, a -souvent parlé à l'Empereur des éventualités après sa mort, et que c'est -lui qui a désigné Buol pour les Affaires étrangères, Kübeck pour la -présidence du Conseil. - - -_Vienne, 11 mai 1852._--Je suis arrivée à Vienne hier, vers huit heures -du soir, après quinze heures de chemin de fer qui m'ont paru un peu -longues, malgré un beau soleil, qui avait toutes les grâces de la -nouveauté et tout le mérite de l'à-propos. A Brünn, où on s'arrête une -demi-heure, j'ai aperçu le Spielberg, rendu célèbre par Silvio Pellico. -Il domine de fort près la ville et comme on lui a donné, à l'extérieur, -un badigeonnage _rose_, on peut de loin se faire illusion sur le _noir_ -de l'intérieur. Aussitôt après mon arrivée ici, j'ai vu ma sœur. Plus -tard, on m'a raconté qu'il n'était question que de la belle revue du -matin: trente mille hommes de troupes superbes ont été montrées à -l'Empereur de Russie. Le jeune Empereur d'Autriche a commandé lui-même -toute la revue. Il doit y avoir ce matin des exercices à feu; après -dîner, promenade élégante de tout le beau monde au Prater où les deux -Empereurs se montreront ensemble[42]. - - [42] Cette entrevue des deux souverains n'avait d'autre but, pour - l'Empereur Nicolas, que de rendre à l'Empereur d'Autriche, dans - sa capitale, les deux visites que le Monarque lui avait faites à - Varsovie. - -L'Empereur Nicolas est allé, en personne, voir Jellachich et le prince -Windisch-Graetz; ce dernier lui a présenté ses cinq fils, tous les cinq -dans l'armée. - - -_Vienne, 15 mai 1852._--Avant-hier, j'ai eu mon audience chez Mme -l'Archiduchesse Sophie, très longue, très gracieuse, très _intéressante_. - -Le comte de Nesselrode avait désiré me voir; nous avons pris rendez-vous -dans le cabinet de Mme de Meyendorff; autre conversation fort -intéressante dont j'espère ne pas perdre le souvenir. - -J'ai aussi été chez la Princesse Amélie de Suède, qui m'a beaucoup -questionnée sur sa nièce Caroline[43]. J'en ai dit tout le bien que j'en -pense. - - [43] La Princesse Royale de Saxe. - -J'ai passé une heure entre le prince de Metternich et sa femme, car -celle-ci ne permet jamais de voir le premier seul. Je pourrais rendre mon -récit bien plus intéressant, mais sous de certains courants d'air la -plume se paralyse. - - -_Vienne, 17 mai 1852._--C'est aujourd'hui l'anniversaire de la mort de M. -de Talleyrand. Ce jour rappelle de grandes épreuves, de grandes -consolations, des larmes de regret et d'espérance. - -M. et Mme de Metternich ayant mis une insistance particulière à ce que je -dînasse chez eux, j'y ai dîné hier. Il a été question de M. de -Talleyrand; et, à cette occasion, M. de Metternich s'est fort bien -expliqué sur mon oncle. Il a dit et répété que, sans avoir toujours été -de son avis, sans avoir approuvé tous les actes de son existence, il -l'avait toujours trouvé d'une grande douceur, d'un grand agrément dans -le commerce; plein de véritable et naturelle bienveillance, incapable -d'une noirceur, encore moins d'une cruauté; sans fiel, sans rancune, -fidèle à ses amis, fidèle à sa patrie, bon Français et incapable de -trahir, pour un vil intérêt, ceux de la France. M. de Metternich s'est -tout autrement exprimé sur M. de Chateaubriand, dont il a fait un -portrait affreux, et qui m'a semblé parfaitement ressemblant. - -Les nouvelles de Berlin ne sont pas bonnes; les crises ministérielles et -parlementaires sont imminentes; la position de Manteuffel intolérable; -Gerbach, l'aide de camp, donne sa démission; le comte de Stolberg est -abreuvé de chagrin; le Prince de Prusse _antinobiliaire_; l'Impératrice -de Russie inquiète, agitée, désolée; l'Empereur Nicolas qui, de Myslowitz -à Cosel, a été tellement de glace que le Roi de Prusse a fait semblant de -s'endormir parce qu'il n'y avait plus moyen d'y tenir; l'Empereur, -dis-je, a dû arriver hier à Potsdam, et Nesselrode également. On s'attend -à être, pendant les six jours que durera cette visite, dans l'eau -bouillante. L'Empereur Nicolas a dit ici, au moment de son départ, à tout -son entourage russe qu'il a rassemblé _ad hoc_: «_Messieurs, je vous -défends, sous peine de ma disgrâce, de mettre le pied dans cette infâme -ville de Berlin, pendant mon séjour à Potsdam._» L'Empereur, qui souffre -du foie, et qui a des vomissements de bile à chaque émotion désagréable, -a dit ici à quelqu'un de qui je le tiens sans intermédiaire: «_Vous -verrez que mes vomissements me reprendront à Potsdam, et que j'y tomberai -malade._» Ici sa disposition a été toute différente; il n'y a eu que -tendresses et effusions paternelles entre le Czar et le jeune Empereur. - - -_Sagan, 22 mai 1852._--Me voici rentrée dans mes foyers. - -On me mande de Berlin que l'Empereur de Russie a concentré toutes ses -tendresses fraternelles sur la Reine de Prusse, qui, du reste, les mérite -parfaitement. Il paraîtrait, néanmoins, que les sollicitations et les -palpitations ravivées de l'Impératrice ont obtenu que son auguste époux -se rendit à Berlin pour des manœuvres, l'Opéra, et un grand dîner au -Château. - - -_Sagan, 26 mai 1852._--J'ai reçu une invitation officielle pour assister -à l'ouverture du _Palais de Cristal_ de Breslau, qui a lieu après-demain. -Je voudrais pouvoir m'y rendre, afin d'y voir en lumière les industries -saganaises, auxquelles on a accordé des places excellentes, dans l'idée -de m'allécher. Le Roi et la Reine ne s'y rendront que le 9 ou le 10 du -mois prochain, et coucheront probablement ici le 8. - - -_Sagan, 30 mai 1852._--C'est le 8 juin que m'arrive le flot royal; le 9 -on va à Breslau, dont je suis revenue hier, très satisfaite de ce qu'une -province si peu en renom de civilisation ait produit de belles et bonnes -choses; le tout arrangé de fort bon goût, avec intelligence et une sorte -de grandeur, eu égard à notre position géographique, à nos rares -débouchés et à la misère des temps. - -Mon pauvre Cardinal est bien malade, il s'est réfugié à la campagne; il -paraît que le coup que lui a porté l'animal furieux qui l'a terrassé -l'automne dernier est la cause, longtemps cachée, de ses souffrances -actuelles[44]. - - [44] Mgr Diepenbrock, Prince-évêque de Breslau, mourut le 19 - janvier 1853. Deux années auparavant, Son Éminence avait été - poursuivie et attaquée, dans la montagne du Johannisberg, par une - vache furieuse, excitée par la vue de la soutane rouge du - Cardinal, qui ne se remit jamais de cet accident. - -L'Empereur de Russie a failli périr par un accident de chemin de fer -entre Myslowitz et Varsovie. Le train a déraillé sur territoire russe; -plusieurs personnes de la suite ont été blessées, mais l'Empereur est -sain et sauf. - -Le 26 au soir, à la fête donnée au Babelsberg pour l'anniversaire qu'on -célébrait ce jour-là, un orage, une trombe d'eau, des éclairs furieux ont -fondu sur tous les augustes promeneurs, tout au travers d'une course en -voitures ouvertes; la foudre est tombée deux fois devant celle où se -trouvait l'Impératrice, elle en a eu des défaillances; bref, on m'écrit -que le tout a été ce qu'on peut imaginer de plus déplorable. - - -_Sagan, 10 juin 1852._--Avant-hier, Leurs Majestés, accompagnées de Mme -la Grande-Duchesse douairière de Mecklembourg-Schwerin, sont arrivées ici -à deux heures de l'après-midi. J'avais été à leur rencontre. Après un peu -de repos et une grande toilette, long dîner, conversation après le café, -toilette de promenade, thé pris dans le haut du parc, sous une tente -dressée exprès et fort ornée. Après quoi, longue tournée dans le parc, en -totalité illuminé, mi-partie en ballons de couleurs, mi-partie en -lampions brillants; chaque dix minutes des feux de Bengale colorés. Des -bandes de musique sur l'eau dans des bateaux illuminés, des chants, des -fusées; bref, c'était très beau, je dois en convenir. L'église de -Sainte-Croix s'est produite dans une mer de feux rouges; le temps -superbe, plus de huit mille personnes circulant librement partout, foule -tranquille et respectueuse, et cependant faisant entendre de _bons_ cris. -Toute la caravane royale dans huit voitures à moi, parcourant au pas -toute cette étendue. On est rentré souper au milieu des livres et des -gravures; après quoi, toute la ville, les corporations diverses, -bannières flottantes, transparents allégoriques, se sont placées sur la -place du Château en _Fakel-Zug_[45]. Le Roi s'est fait présenter tous mes -petits protégés du gymnase. La bonne humeur, la bonne grâce ont été -parfaites. La Reine surtout, avant tout, par-dessus tout, d'une gaieté, -bonté, abandon de conversation comme je ne me doutais pas qu'elle pût -être. - - [45] Cortège accompagné de torches enflammées. - - -_Sagan, 16 juin 1852._--C'est le Prince de Hesse, ex-gendre de l'Empereur -Nicolas, qui épouse la Princesse Anna de Prusse. Elle devra vivre à -Cassel dans les plus désagréables relations de famille, avec un mari qui -ne semble pas rassurant. Il doit hériter de l'Électorat, ce qui suffit à -le rendre odieux à l'Électeur actuel qui est un très méchant homme. Il a -négocié partout pour que ses enfants morganatiques fussent reconnus ses -successeurs, mais partout il a échoué. L'avenir de la Princesse Anna fait -naître bien des appréhensions; mais elle a beaucoup d'esprit, beaucoup de -volonté, cela aide. - -J'ai lu l'article de Cousin sur Mme de Longueville dans la _Revue des -Deux Mondes_, et j'en ai été ravie. Il m'est venu à la pensée que des -allures chrétiennes avaient échappé au voltairien[46], tant il est vrai -qu'il n'y a pas moyen de rester profane quand on touche au _grand -siècle_. Aussi, je voudrais m'y plonger et délaisser toute autre lecture. - - [46] Victor Cousin, le père de l'éclectisme, après avoir erré - plus de quarante ans sur tous les grands chemins de la pensée, - sans dresser sa tente nulle part, finit par renoncer à la - philosophie pour se donner à la littérature et à l'érudition, - disant qu'après tout, la philosophie se réduisait à la morale. - Or, d'après lui, la morale ne différait pas de la religion, et la - religion, c'était le christianisme. Le voltairien s'était ainsi - créé une religion intellectuelle, qui explique l'esprit de ses - derniers ouvrages sur le dix-septième siècle. - - -_Günthersdorf, 18 juin 1852._--Humboldt m'a prêté un livre que j'ai lu -hier: _L'Orléanisme, c'est la révolution_. On dit qu'il fait effet, et je -le crois. Ce n'est pas qu'on ne puisse en partie le controverser, mais il -y a des faits, des rapprochements, des résultats habilement et clairement -établis, impossibles à nier. Puis il y a, à la suite, des pièces, -lithographiées sur originaux, frappantes. Je regrette, pour la pauvre -Reine Marie-Amélie, que l'amertume ne lui en soit pas épargnée. - - -_Lœbichau, 30 juin 1852._--Je suis auprès de ma sœur. Elle est fort -triste et moi très abattue; à nous deux, nous ne nous sommes pas -importunes, parce que nous ne contrastons pas dans nos dispositions -d'âme. Les mille et une souvenances d'enfance et de jeunesse ensevelies -dans les tombeaux, et qui, ici, semblent nous faire appel, ne laissent -pas que de mettre les cordes les plus sensibles en jeu. Ma sœur et moi -nous nous sentons sur la pente rapide qui nous conduit là où reposent -ceux qui remplissaient jadis brillamment des lieux devenus si solitaires. -Les vieux serviteurs qui restent gardiens de ces déserts en font encore -plus apercevoir le vide, ou, pour mieux dire, la vétusté. - - -_Carlsbad, 4 juillet 1852._--Mme Alfred de Chabannes m'écrit de -Versailles: «La position de Mme la Duchesse d'Orléans en Suisse deviendra -affreuse. Ses beaux-frères négocient maintenant avec le Comte de -Chambord, qui, dégoûté et blessé, demande des garanties. Les jeunes -Princes ne consultent plus leur belle-sœur; elle sera forcée de les -suivre plus tard, en attendant, elle se place dans un vrai guêpier. Le -duc de Montpensier, arrivant d'Espagne, est le plus spirituel et le plus -actif; il a fait changer les voies; c'est lui qui mène mère, et frères, -et sœur; aussi Mme la Duchesse d'Orléans ne l'aime-t-elle guère.» - - -_Carlsbad, 14 juillet 1852._--M. de Flavigny, venant de Paris, et qui a -passé vingt-quatre heures ici, dit que la santé du Président inquiète ses -amis. Il a, dit-on, un tempérament épuisé, et parfois, des somnolences -étranges. - -Changarnier et Lamoricière, qui ont vu la Duchesse d'Orléans en Belgique, -lui ont, à ce qu'il paraîtrait, fortement parlé pour la fusion. Je -suppose qu'en Suisse elle entendra d'autres sons qui lui paraîtront plus -harmonieux. - - -_Carlsbad, 18 juillet 1852._--Voici deux faits dont l'exactitude m'est -certifiée. Le Gouvernement français a trouvé très mauvais les honneurs -rendus sur le territoire belge à Mme la Duchesse d'Orléans; il en a fait -porter plainte, et on s'est confondu en excuses, disant que le maire de -Liège entre autres avait agi sans ordres. En outre, l'Ambassadeur de -France à Londres a reçu ordre de ne point se rendre à l'audience -diplomatique que la Duchesse de Montpensier a donnée comme Infante -d'Espagne au Corps diplomatique de Londres. L'Ambassadeur d'Espagne a -fort ressenti ce procédé, et a déclaré qu'il ne mettrait plus le pied à -l'Ambassade de France. - - -_Teplitz, 2 août 1852._--La comtesse de Hahn-Hahn m'a écrit une lettre -inattendue, dans laquelle elle m'annonce se dépouiller de tout ce qu'elle -possède. Elle donne toute sa fortune à l'établissement du couvent du -Bon-Pasteur, à Mayence, dans lequel elle prendra le voile[47]. Mais cette -fortune ne suffit pas; elle quête pour achever cette œuvre, et elle -commence par moi. Cette lettre figurera dans ma collection -d'autographes, et c'est ce que j'en aime le mieux. - - [47] La comtesse de Hahn-Hahn prit en effet le voile en novembre - 1852. - -J'ai reçu aussi une lettre de la comtesse Mollien. Elle est en -Angleterre, auprès de la Reine Marie-Amélie, et fait des tournées -intéressantes avec cette Reine douée d'une force physique extraordinaire -et d'une activité que le malheur ne peut détruire. - -Le duc d'Aumale a acheté une propriété en Angleterre; je crois que c'est -la maison que ses parents habitaient jadis à Twickenham. Il s'y établira -à l'automne avec sa belle-mère[48], qui est venue rejoindre sa fille. Le -prince de Joinville partira à l'automne avec femme et enfants pour -l'Espagne; peut-être sa mère sera-t-elle du voyage. Les Nemours restent à -Claremont. On paraît être là fort ignorant des projets de Mme la Duchesse -d'Orléans. - - [48] La Princesse de Salerne. Elle était fille de François II, - Empereur d'Autriche. - - -_Teplitz, 10 août 1852._--Sans nier l'incontestable talent de Mlle -Rachel, qui est maintenant à Bade, sa belle prononciation, sa physionomie -expressive, ses gestes gracieux, ses inspirations heureuses, je dois dire -qu'_elle ne ma jamais entraînée_. Elle est trop étudiée; tout est calculé -à l'avance, minutieusement calculé; et la preuve, c'est qu'elle joue -chaque rôle toujours de la même manière; même geste, même intonation, -même accent, même cri placé au même instant. C'est une page _notée_, et -c'est là aussi ce qui fait qu'à la seconde ou troisième fois qu'on l'a -vue dans le même rôle, elle paraît extrêmement monotone. Mais ce sont de -ces aveux qu'il ne faut faire qu'à huis clos. Quant à la comédie, dans -laquelle je l'ai vue aussi s'essayer, elle m'a déplu; elle y est sèche et -trop risquée à la fois, à cent pieds au-dessous de Mlle Mars, dont la -grâce, le bon goût et les nuances fines étaient si remarquables. - - -_Teplitz, 18 août 1852._--La rentrée de l'Empereur d'Autriche à Vienne a -été quelque chose de merveilleux[49]. La Capitale a voulu effacer, par -cette réception, les mauvais souvenirs de 1848, et ne pas rester en -arrière des ovations de la Hongrie. Au débarcadère, il y avait soixante -mille personnes rassemblées autour de l'estrade préparée où le Corps -municipal a harangué l'Empereur. Toutes les corporations ont fait haie -jusqu'à l'église Saint-Étienne; les maisons étaient pavoisées, les -fenêtres se payaient jusqu'à cent francs chacune; les dames qui les -occupaient étaient en brillantes toilettes. Sur la place Saint-Étienne, -le Métropolitain, croix en tête, harangua Sa Majesté, entourée non -seulement de tout le clergé régulier de la ville, mais encore de toutes -les communautés religieuses, si nombreuses à Vienne. _Te Deum_ ensuite -dans la cathédrale. Il faisait obscur quand on est sorti, car il était -déjà six heures du soir quand l'Empereur était arrivé au débarcadère. En -sortant de l'église, il a trouvé Vienne _nageant_ dans la lumière, de -toutes les tours des différentes églises, des feux de Bengale. Tous les -édifices publics et privés illuminés _a giorno_, devises, transparents, -cris, vivats, applaudissements, rien n'y a manqué. Le jeune Empereur a -passé deux heures à se promener, en calèche découverte, dans les rues, -toujours au pas, à cause de la foule qui se pressait autour de la -voiture. - - [49] L'Empereur François-Joseph était rentré solennellement dans - sa bonne ville de Vienne le 14 août 1852, après avoir fait en - Hongrie une grande tournée, qui avait achevé la pacification de - son Empire, dont les Madgyars avaient été sur le point de se - détacher par la révolution de 1849. - - -_Sagan, 2 septembre 1852._--J'ai quitté Teplitz, à tout prendre, contente -de l'effet des bains et douches, et satisfaite du repos et de l'air doux -et léger de cet agréable lieu. Je suis rentrée hier dans mon _home_ où -j'ai trouvé tout en bon ordre. - -On m'écrit que le Président donne à Saint-Cloud des fêtes à la Louis XIV. -Il y a des loteries de bijoux pour les dames, où la princesse Schœnbourg -a gagné une bague en pierreries valant cinq cents francs. Je ne sais si, -à sa place, cela me plairait. - - -_Sagan, 18 septembre 1852._--La mort du duc de Wellington m'a saisie -péniblement. Je lui étais restée fort reconnaissante de son fidèle -souvenir pour mon oncle, et de sa constante bienveillance pour moi. Comme -notre misérable époque va s'appauvrissant! Les derniers astres -s'évanouissent, pour rendre les ténèbres de plus en plus profondes. - - -_Sagan, 26 septembre 1852._--La France va donc devenir _impériale_. Mme -la Duchesse d'Orléans l'aura bien voulu, et j'avais bien raison de lui -dire à Eisenach: «_Madame, vous jouez le jeu du Président._» Du reste, -cette France, si près l'année dernière d'entendre crier: _Vive la -République démocratique et sociale_, s'égosille à présent, par terreur, à -crier: _Vive l'Empereur!_ Du moins, si Louis-Napoléon étouffe le monstre -du socialisme, il faudra reconnaître en lui, une fois de plus, le doigt -sauveur de la Providence[50]. - - [50] Quelque temps après la session législative, le - Prince-Président se mit à visiter une partie de la France. Le 20 - septembre, il inaugurait à Lyon une statue de Napoléon Ier, se - rendait ensuite à Marseille, à Bordeaux où il prononçait dans un - discours ces paroles célèbres: _l'Empire, c'est la paix_. A son - retour à Paris, il fut accueilli aux cris de _Vive l'Empereur_; - des députations se rendirent auprès de lui, lui demandant de - céder aux vœux du peuple, en reprenant la couronne du fondateur - de sa dynastie. Cédant à cette pression de l'opinion publique, il - consulta le Sénat qui s'empressa de répondre à cet appel en - proclamant l'Empire, par quatre-vingt-six voix sur - quatre-vingt-sept votants, le 7 novembre 1852, et son - sénatus-consulte fut soumis à la ratification du peuple. Un an - après le coup d'État, Louis Bonaparte était proclamé Empereur - sous le nom de Napoléon III, à Saint-Cloud, en présence du Sénat - et du Corps législatif. - - -_Nuremberg, 19 octobre 1852._--Après avoir passé quelques jours à -Potsdam, j'en suis partie le 17 après-midi pour aller coucher à Leipzig, -et hier j'ai fait, en quinze pénibles heures de chemin de fer, le long et -ennuyeux trajet de Leipzig ici, par une gelée blanche qui ne s'est pas -même évanouie devant un tardif et pâle soleil. La jolie et intéressante -contrée s'apercevait à peine à travers les fenêtres ternies. Je resterai -aujourd'hui ici pour rafraîchir mes souvenirs de Nuremberg. Demain, je -compte être à Munich, puis me diriger sur Nice. - - - - -1853 - - -_Nice, 5 janvier 1853._--Je trouve, dans une lettre de Paris, de Mme -Louis de Talleyrand, une phrase qui me paraît juste: «On respire ici sous -l'oppression, tant l'anarchie a fatigué, mais on en prévoit le retour, et -la tristesse domine, au fond, tous les esprits non officiels.» - -J'ai achevé les _Mémoires_ de Cosnac. Si des deux volumes on en faisait -un seul, il pourrait être des plus piquants, car il s'y trouve quelques -coins de coulisses qui n'étaient point encore venus jusqu'à nous. Puis -l'auteur était évidemment un esprit fin, prompt, vif, original, hardi, -libre d'allures, par hauteur plus que par licence, ce qui le plaçait -presque au niveau de ceux de qui dépendait sa fortune. La charmante -Henriette d'Angleterre y paraît sous le jour le plus touchant[51]. - - [51] Cosnac, nommé évêque de Valence par le cardinal Mazarin et - appelé plus tard à l'archevêché d'Aix, fut aumônier de - _Monsieur_, frère de Louis XIV. Il joua un rôle actif lors de - l'Assemblée du Clergé en 1682, et il laissa des _Mémoires_ qui ne - furent publiés qu'en 1852, par le comte Jules de Cosnac, pour la - Société de l'Histoire de France. - -Mes lettres de Berlin disent que, pour la politique générale, le voyage -de l'Empereur d'Autriche y a fait merveille, mais que pour la question -douanière elle n'a pas fait un pas. La cuisine parlementaire qui se fait -en ce moment à Berlin y cause une grande agitation; on en est ému et -inquiet. - - -_Nice, 8 janvier 1853._--Dans _l'Indépendance_ du 3 janvier se trouve la -liste officielle des sénateurs: Mouchy, La Rochejaquelein et Pastoret -étonnent! La Maison Impériale y est aussi; du moins, est-elle toute prise -dans les sommités bonapartistes, il n'y a rien à y reprendre. - -Mon fils Alexandre[52], qui est arrivé hier, et la poste m'ont apporté de -Paris une quantité de lettres, dont je vais donner quelques extraits: 1º -«Ici on se querelle, on se boude, l'hiver est triste; notre pauvre -société française n'existe plus; il n'y a plus un salon possible; chacun -vit dans son coin. Vous aurez vu les noms des grandes et premières -charges avec leurs énormes cumulants, traitements, dans les gazettes. -Voici ceux des chambellans: MM. de Flamarens, d'Arjuzon, de Quitry, -Walsch, de Belmont, et quelques autres encore que j'oublie en ce moment. -Chaque chambellan aura un traitement de dix mille francs. Il n'y aura -plus de Clichy pour les sénateurs, leur prison sera le Luxembourg.» - - [52] Le duc de Dino. - -2º «Vous aurez vu les grandes charges de la Maison Impériale. Elles ont -amené la démission de sénateur du prince de Wagram, qui s'attendait à -être Grand-Veneur, son père l'ayant été sous l'Empire, et le fils -connaissant mieux que personne la vénerie. - -«La société est intenable. L'aigreur réciproque de chaque fraction, à son -comble, l'anathème contre MM. de Pastoret et de La Rochejaquelein presque -unanime. - -«M. Molé est revenu accablé et dérouté de Champlâtreux. - -«Depuis que les journaux n'osent plus rien dire, les faux bruits nous -inondent: je ne vous donne donc pas pour certain que c'est le duc de -Guiche qui ira à Berlin remplacer M. de Varennes, M. de Béarn allant à -Bruxelles, ce qui mécontente les Broglie.» - -3º «Les lettres de créance du ministre de Prusse ont tardé à arriver -jusqu'il y a six jours. On en était de bien mauvaise humeur ici, et on le -montrait d'une façon bien gauche. Les lettres envoyées à M. de Kisseleff -ne contenaient pas les mots: _Monsieur mon frère_, tandis que celles de -l'Autriche et de la Prusse les portaient. L'ordre était donné aux -ministres de ces deux Puissances de ne remettre leurs lettres que si -celles de Russie étaient acceptées, et on ne voulait pas les recevoir. -Cependant, tout s'est arrangé, Kisseleff vient de remettre les siennes, -les autres le seront demain.» - -4º «Rien ne peut vous donner une idée de ce qu'a été le séjour de la -_Cour Impériale_ à Compiègne. Entre autres, on y a joué des charades en -action. Sur le mot _curé_, par exemple, les dames, à quatre pattes, -faisaient les chiens, etc. - -«L'Empereur est décidément fort amoureux d'une Espagnole, Mlle de -Montijo. Il lui a montré la couronne impériale préparée pour -l'Impératrice. On dit ce joyau splendide. Pour le faire valoir, -l'Empereur a voulu que la belle Espagnole l'essayât, à quoi elle s'est -prêtée sans difficulté, accueillant même ce que cet augure pouvait avoir -de personnel pour son avenir. - -«Il paraît que les trois Cours du Nord reconnaissent le fait impérial, -mais non comme provenant d'un droit hérité, ni même transmissible par -héritage: _Napoléon élu Empereur par la nation_, voilà tout. -Louis-Napoléon a reçu officieusement communication de cette rédaction à -Compiègne; ayant au premier moment comprimé l'impression qu'elle lui -faisait, le soir l'effet a éclaté par de violentes attaques de nerfs et -de colère, pendant lesquelles il menaçait de faire immédiatement entrer -l'armée française en Belgique. On a fait chercher au plus vite les -Ministres pour le calmer. Ils y sont parvenus avec peine. C'est là le -vrai de cette indisposition qui l'a retenu à Compiègne, au delà du -premier terme fixé pour la durée de ce séjour.» - - -_Nice, 11 janvier 1853._--J'ai reçu hier une très affectueuse lettre de -la Reine Marie-Amélie, en réponse à une lettre de bonne année. Elle m'est -parvenue par Mme Mollien, qui était chargée de me la faire arriver. -Celle-ci me mande que Mme la Duchesse d'Orléans était allée, avec ses -enfants, passer les fêtes de Noël et du jour de l'An avec sa sainte -belle-mère; que, depuis, elle est retournée à la belle habitation qu'elle -a louée près de Plymouth; elle s'y ennuie beaucoup, à ce qu'il paraît, -et, au printemps, elle veut changer, non seulement de lieu, mais aussi -de pays. On ne sait point encore celui qu'elle choisira. - - -_Nice, 15 janvier 1853._--J'avance dans la lecture de l'histoire de Louis -XVII[53], si profondément émouvante. Il ne s'y trouve rien de nouveau en -fait de grands événements; les contours extérieurs du quadruple drame du -Temple sont connus de tout le monde; mais des détails curieux dans leur -révélation abondent et remplissent ce cadre de larmes et de sang d'une -manière habile, parce que la vérité est prise sur le fait, qu'elle se -sent partout, se reconnaît à des signes certains et met ainsi le lecteur -directement aux prises avec tous les bourreaux et toutes les victimes. -C'est une douleur et une angoisse qui saisissent à la première page du -livre et qui s'accroissent jusqu'à la dernière, sans aucune relâche. J'en -suis parfois malade, parce que la torture devient contagieuse, et -cependant je ne sais pas quitter cette agonie si barbare et si -admirablement chrétienne, et sublime jusque dans ce malheureux enfant, -qui se retrouve en mourant le petit-fils de saint Louis. Je sais bon gré -à l'auteur, M. de Beauchesne, d'avoir consacré tant de soins à cette -courte vie de dix ans, qui se trouve être celle d'un enfant, d'un homme, -d'un vieillard, d'un martyr. - - [53] M. de Beauchesne, ancien gentilhomme de la Chambre du Roi - sous la Restauration, avait publié en 1852, le fruit de longues - études et de patientes recherches sur le malheureux fils de Louis - XVI, sous le titre: _Louis XVII, sa vie, son agonie, sa mort_. - Cet ouvrage fut couronné par l'Académie française. - -Mon fils Louis[54] m'a apporté une lettre de Paris dont voici l'extrait: -«L'intérêt des derniers jours ici a roulé sur la _reconnaissance_ par les -Puissances du nouveau titre impérial de Louis-Napoléon. Cet intérêt a été -vif. Louis-Napoléon a hésité pendant quarante-huit heures à accepter les -lettres de créance. La raison politique l'a emporté; il s'est appuyé, -vis-à-vis de lui-même et vis-à-vis des autres, sur les termes aimables et -amicaux de l'Empereur de Russie, pour passer par-dessus ce qui y -manquait, et il l'a fait d'assez bonne grâce. Mais c'est un sacrifice -qu'il a fait, il ne le cache pas à certaines personnes. En gardera-t-il -rancune? C'est là la question. Je suis porté à le croire. Il y a une -chose certaine, c'est que, sans désirer la guerre positivement, et -voulant surtout que la France ne l'accuse pas de la faire par ambition -personnelle, _il ne la craint pas_; il croit qu'elle tournerait à son -avantage, et que son nom aurait, sur les bords du Rhin, l'effet qu'il a -eu dans le midi de la France. Que ce soit une illusion ou non, une -pareille conviction suffit pour tout commencer. Rien n'est prochain, -cependant cela est sûr. Il y a une autre chose certaine, c'est que c'est -une tête froide, qui travaille toujours, qui se croit sûre de ne pas se -tromper, et qui n'abandonne jamais ses desseins. La réalité, qui a -justifié ses plus chimériques espérances, donne raison d'avance à toutes -celles qu'il peut former désormais. Or, il a dans l'esprit l'idée qu'il -est appelé à faire de grandes choses pour la France, et même pour -l'Europe. Toutes ces conditions ne présentent pas une grande sécurité -pour l'avenir. - - [54] Le duc de Valençay. - -«L'intérieur est très calme; de longtemps les difficultés ne viendront -pas de là. On se rapproche peu du nouveau Gouvernement. Nous sommes -vis-à-vis de lui comme l'étranger, _nous_ ne lui disons pas: _mon frère_. - -«On songe toujours au mariage; j'y crois l'Empereur décidé, mais on ne -trouve pas de Princesse; tout a échoué; il y en a d'ailleurs fort peu. Il -serait possible qu'il s'en passât, et qu'il épousât une femme quelconque, -afin d'avoir une postérité. Cela ne grandirait pas la situation. En tout, -l'opinion s'arrête très difficilement à l'idée qu'il aura des -successeurs, et elle est surtout très hostile à Jérôme et à son fils.» - - -_Nice, 21 janvier 1853._--Les lettres reçues hier de Paris tournent -toujours autour du même sujet: le mariage de Louis-Napoléon. Je lis dans -les journaux l'étonnant discours qu'il a adressé au Sénat et aux Corps -constitués. Il faut lire cette allocution _in extenso_; le _Journal des -Débats_ donne ce texte en entier[55]. - - [55] Au mois de janvier 1853, le bureau du Sénat, celui du Corps - législatif et le Conseil d'État tout entier furent convoqués au - Palais des Tuileries, dans la salle du Trône; Napoléon III, en - uniforme de général, monta les degrés de ce trône, et, par un - discours qui fut affiché dans toute la France, annonça aux grands - Corps de l'État sa résolution d'épouser Mlle de Montijo et de la - faire Impératrice. Le mariage fut célébré quelques jours plus - tard, le 31 janvier. - -La sœur de Mme de Montijo a épousé Lesseps, autrefois Consul; voilà une -petite parenté toute gentille! _Eugénie_[56] a choisi comme témoins le -duc d'Ossuna et le marquis de Bedmar, qui ont accepté de la conduire à -l'autel. - - [56] La nouvelle Impératrice se nommait Eugénie. - -On voulait marier le fils de Jérôme avec Mlle de Wagram, mais il a reculé -devant la parenté Clary, qu'il trouve au-dessous de sa dignité. Cela -flattera le Roi de Suède[57]. Quel tohu-bohu que tout ceci! - - [57] Les Clary étaient une famille de petits négociants à - Marseille. Dans sa jeunesse, et avant les grandeurs de sa - famille, Joseph Bonaparte avait épousé Julie Clary, et leur fille - Désirée épousa Bernadotte qui devint Roi de Suède. Le fils aîné - de Berthier, prince de Neufchâtel, duc de Wagram, avait épousé - Françoise Clary, et c'est leur fille qu'il était question de - marier au prince Jérôme-Napoléon. - - -_Nice, 22 janvier 1853._--C'est décidément un mariage _d'amour_ que fait -Louis-Napoléon. On me mande que Mlle de Montijo, élevée dans une pension -de Paris, est fort belle, de grande naissance _par son père_; sa mère est -fille d'un consul anglais, ce qui explique la teinte anglaise du genre de -beauté, nullement espagnol, de la nouvelle _Impératrice_, car il n'est -pas question de formes _morganatiques_; ainsi, _point de Princesse_. J'en -suis charmée. Mais quelle charge, à l'âge et avec la santé du _sposo_, -d'avoir une femme jeune, belle et méridionale! et cela dans l'entourage -Bonaparte et l'atmosphère qui l'enveloppe. - -Voici d'autres détails que j'ai glanés dans mes lettres de Paris, qui ne -sont remplies que du mariage: Mlle de Montijo a de vingt-cinq à -vingt-sept ans; beauté hautaine avec des cheveux _auburn_ qu'elle tient -de sa mère irlandaise; elle a des allures hardies. On raconte que jouant -à cache-cache dans les saturnales de Compiègne, l'Empereur l'aurait -découverte cachée derrière le rideau d'une chambre, où, se croyant seul -avec elle, il aurait voulu l'embrasser étroitement, et qu'elle l'aurait -repoussé en disant: «Pas avant d'être Impératrice.» Une autre personne, -cachée tout auprès, prétend avoir entendu ce propos. - -Le Conseil des Ministres a été très opposé à ce mariage. Les entours -immédiats en sont très peinés. Légitimistes et orléanistes sont charmés -de cette équipée matrimoniale et de tout ce qu'elle promet. - - -_Nice, 28 janvier 1853._--J'ai eu hier une nouvelle qui me va au cœur. -Le Cardinal-Prince-Évêque de Breslau est mort à son château épiscopal de -Johannisberg le 19 de ce mois. Je m'attendais d'autant moins à une fin -aussi prochaine que j'avais reçu le 22 une lettre de son secrétaire -particulier, écrite par ses ordres, en date du 13, dans laquelle, en -m'envoyant sa bénédiction pour l'année 1853, il me remerciait de mon -constant intérêt, de mes vœux, et me faisait donner les détails -satisfaisants d'une crise salutaire, longtemps espérée en vain par les -médecins, enfin effectuée, depuis laquelle le sommeil et l'appétit se -reproduisaient sensiblement. Eh bien! six jours après, il a été enlevé à -ses amis, à l'Église! _Et à quelle époque?_ Il ne nous appartient pas de -demander à la Providence: _Pourquoi?_ mais il est permis de pleurer, de -prier, et surtout de suivre l'exemple de cette angélique patience qui ne -s'est pas démentie un instant durant de si longues et de si cruelles -souffrances. Je perds personnellement en lui un appui, une consolation à -laquelle j'attachais un prix infini. Sa bonté ne s'était jamais démentie -pour moi depuis 1845. Pendant huit années, il a toujours été un ami à la -fois sincère et indulgent, sachant faire la part de toute chose. Je -conserverai à sa mémoire la plus vive reconnaissance, et je le place dans -le ciel à côté de cet autre ami chrétien dont j'ai tant aussi éprouvé -l'indulgente affection[58]. Il me semble qu'à Rome on devra comprendre -quelle perte cette mort sera pour l'Église en Allemagne. Le goût -personnel du Roi de Prusse pour le Cardinal, l'influence réelle, souvent -magique qu'il exerçait d'autant plus sur le Monarque qu'il était lui-même -entraîné par tout ce que celui-ci a de séduisant, avaient formé un lien -direct, qui était devenu la seule étoile qui brillât encore en Prusse à -notre horizon religieux. - - [58] Allusion à Mgr de Quélen. - - -_Nice, 30 janvier 1853._--Les journaux nous ont apporté hier la -nomination de la maison de l'Impératrice Eugénie[59]. La Grande-Maîtresse -est toute naturelle, la Dame d'honneur aussi, dans une Cour qui dérive du -véritable Napoléon; mais les Dames du palais sont prises dans le plus -petit monde, et les Messieurs aussi. C'est drôle, d'y fourrer tant de -parenté et de faire avancer sa voiture, fermer une portière, ouvrir une -fenêtre, porter châles et manteaux, par des _cousins_. - - [59] Par un décret du 26 janvier 1853, l'Empereur Napoléon III - nommait, dans la maison de l'Impératrice, la princesse d'Essling, - Grande-Maîtresse; la duchesse de Bassano, Dame d'honneur; la - comtesse de Montebello, Mme Feray, la vicomtesse Lezay-Marnesia, - la baronne de Pierres, la baronne de Malaret et la marquise de - Las Marimas, Dames du palais; le comte Tascher de la Pagerie - (sénateur), Grand-Maître; le comte Charles Tascher de la Pagerie, - premier Chambellan; le vicomte Lezay-Marnesia, Chambellan; le - baron de Pierres, Écuyer. - -Un des jeux de mots de Paris est de dire que l'Impératrice sera la femme -la mieux _habillée_, parce que tout Paris l'habille. - -On dit que l'Impératrice a toute une kyrielle de prénoms; qu'on a hésité -longtemps sous lequel elle serait plus habituellement désignée, qu'on -avait flotté surtout entre _Eugénie_ et _Eudoxie_, et qu'enfin on s'était -tenu au premier, le second sentant trop le _Bas-Empire_. - - -_Nice, 1er février 1853._--La duchesse d'Albuféra m'écrit ce qui suit: -«La liste des Dames de l'Impératrice n'a été arrêtée qu'après plusieurs -refus. Celui de la duchesse de Vicence a été absolu. On trouve la liste -officielle fort terne. - -«Le couple impérial se rendra à Saint-Cloud après la cérémonie et y -passera quelques jours; les fêtes officielles recommenceront au retour. -L'amour de l'Empereur est tel que samedi 22, pendant le bal des -Tuileries, il a quitté la nombreuse compagnie pour aller passer deux -heures dans ses petits appartements, où Mlle de Montijo s'était rendue. -Son appartement coûte _un million_ d'ameublement; les plus magnifiques -cadeaux lui seront votés; la Ville de Paris lui offre un collier valant -six cent mille francs. - -«L'étiquette dans la cérémonie du mariage sera calquée sur les plus -anciennes traditions; rien n'y manquera; il y aura même de plus un dais -et le trône dans Notre-Dame, ce qui ne s'était pas pratiqué jusqu'à -présent, dit-on. - -«Vous verrez dans les journaux qu'on sème des jardins et qu'on en plante -en une nuit pour fleurir et ombrager le cortège.» - - -_Nice, 2 février 1853._--Il paraît qu'on pense, comme je le prévoyais, au -baron de Kettler pour remplacer le cardinal Diepenbrock. C'est assurément -le meilleur choix que l'on pourrait faire. M. de Kettler a beaucoup de -zèle, de fermeté; beaucoup plus d'activité corporelle que le Cardinal; il -visitera davantage son diocèse; il parlera tout aussi bien, au moins en -chaire; il a aussi un extérieur imposant; il est bien né, bien apparenté, -généralement estimé et honoré, mais il n'a pas l'onction, la grâce, la -suavité, l'élégante dignité, l'à-propos dans la conversation, le tact -aussi fin, aussi sûr; il alarme moins, et il n'exercera pas la même -séduction personnelle sur le Roi. Ils avaient servi tous les deux dans -l'armée, et M. de Kettler porte même sur son noble et austère visage une -marque de son naturel guerroyant. - - -_Nice, 4 février 1853._--J'ai reçu plusieurs lettres de Paris. Voici, en -résumé, quelques détails: à la cérémonie du mariage à Notre-Dame, la -princesse Mathilde était fort théâtralement arrangée, avec un air triste -et contrarié; l'Impératrice très belle; on dit que sa seule imperfection -est d'être plus grande, assise, qu'on ne s'y attend quand elle est -debout. Elle a dit que, sacrifiant sa liberté et sa jeunesse, elle -donnait plus qu'elle ne recevait, aussi _se laisse-t-elle adorer_. Les -Dames avaient l'air terre-à-terre, mais décent. Les décorations de -Notre-Dame splendides, mais les Cardinaux n'ayant pas grand air; c'est, -qu'excepté M. de Bonald, il n'y en avait pas un seul de bonne maison. - -Une circonstance _sûre_, mais qu'on ne publie pas pour ne pas éveiller -les superstitions, c'est qu'en rentrant de Notre-Dame par une autre route -que celle par laquelle le cortège s'y était rendu, la voiture impériale -surmontée d'une grande couronne, en passant sous la voûte du Pavillon de -l'Horloge, les chevaux entrés, elle n'a pas pu avancer. Le cocher, -surpris, a donné des coups de fouet aux chevaux, qui, alors, ont fait -tomber l'obstacle, lequel n'était ni plus ni moins que cette couronne, -trop haute pour le portail, et qui a volé en éclats! _Ominous!_[60] - - [60] Présage. - - -_Nice, 5 février 1853._--Quelqu'un arrivé de Paris ici dit que, pendant -les cérémonies du mariage impérial, la population était curieuse, mais -froide; que l'Impératrice a paru moins jolie qu'on ne s'y attendait; en -effet, il me revient qu'elle était d'une pâleur extrême, ce qui nuisait à -son éclat. Les marchands vendent énormément, sans doute, dans cette -frénésie de luxe, mais les affaires proprement dites restent assez -stagnantes, le public ne prenant encore aucune confiance, et tout -apparaissant jusqu'à présent fantasmagorie. - -On me dit ce qui suit dans une lettre de Paris arrivée hier: «M. Molé -vient d'être très malade d'une fluxion de poitrine, une saignée l'a -sauvé. La princesse Lieven languit et se traîne misérablement dans une -complaisance admiratrice et plate de _tout ce qui est_, sans compter pour -rien les turpitudes des gens qu'elle accueille avec transport, comme -porteurs de nouvelles et dépositaires du pouvoir. Elle parle de ses -anciens amis avec un dédain qui révolte; jamais la rage du succès ne -s'est montrée avec un plus incroyable cynisme.» - -On m'écrit aussi que la duchesse de Hamilton était en simple particulière -dans une tribune, à cause du grand deuil de son beau-père. Elle -paraissait fort triste, et aurait désiré un autre mariage pour le parent -qu'elle aime beaucoup. - - -_Nice, 6 février 1853._--Hier, veille de la Sainte-Dorothée, ma patronne. -Le matin, j'avais été par politesse chez la comtesse d'Orestis, à une -bataille de _confetti_ qu'elle avait arrangée dans son jardin pour la -Société russe et anglaise. Ce plaisir particulier aux Italiens, quand la -multitude passionnée y prend part dans un long espace comme le _Corso_ à -Rome, a quelque chose d'original, de fiévreux, de contagieux dont j'ai -éprouvé moi-même la frénésie; mais dans un petit jardin, avec peu de -monde, où d'ailleurs on se tapait de trop près, et, par conséquent, -beaucoup trop fort, c'était un plaisir à froid, très peu récréatif. -Aussi, au bout de trois quarts d'heure, je suis rentrée chez moi. - -Le soir, je voulais me coucher, quand, tout à coup, les portes se sont -ouvertes, et plus de vingt-cinq personnes sont entrées chez moi, avec un -déluge de bouquets, de vers, de dessins, de souvenirs de toutes sortes. -Puis, mes enfants, qui étaient dans le secret, ayant fait éclairer et -orner de fleurs la grande salle, j'y ai trouvé un concert charmant tout -organisé. Le vieux marquis de Negro avait, pour l'occasion, composé une -hymne qui a été chantée à ravir et répétée aux cris de _bis_ de la -compagnie. Tout cela a duré jusqu'à une heure du matin. J'étais exténuée -de fatigue, de reconnaissance, d'émotion. - -Mme d'Avenas écrit à ma fille que l'avant-veille de son mariage, -l'Impératrice Eugénie est allée au Sacré-Cœur de Paris où elle a passé -quelques années de son enfance. Mme d'Avenas s'y trouvait par hasard; -elle a trouvé l'Impératrice charmante, naturelle, simple, voulant revoir -tous ses souvenirs de jeunesse, et jusqu'à la sœur converse qui la -lavait. Cette visite a eu un bon retentissement dans le monde pieux. - - -_Nice, 10 février 1853._--La poste m'a apporté une lettre de la maréchale -d'Albuféra qui me dit ceci: «Les personnes qui reviennent de Saint-Cloud -parlent du bonheur dont on y jouit. Il y aura, le Mardi gras, bal -d'intimes aux Tuileries. Les toilettes sont resplendissantes; on porte -beaucoup d'or et d'argent, non seulement dans les étoffes, mais encore -dans les rubans et les fleurs. Les formes des robes restent les mêmes, -seulement on a adopté pour les robes habillées des queues de trente -centimètres; c'est un acheminement au grand habit.» - -M. de La Marmora vient de recevoir, par voie télégraphique, la nouvelle -d'un soulèvement à Milan et dans plusieurs autres villes de la Lombardie. -Les poignards mazziniens auraient joué, mais le canon autrichien l'aurait -emporté; les détails manquent[61]. - - [61] Une sanglante échauffourée avait eu lieu à Milan le 6 - février, mais le mouvement eut peu d'importance; les émeutiers ne - tinrent nulle part devant la troupe. La véritable gravité de - cette affaire fut dans ses conséquences, dans le redoublement des - rigueurs de la police autrichienne, et les malheurs qui en - résultèrent pour un grand nombre de familles, surtout après la - proclamation de Mazzini au peuple italien, et celle de Kossuth au - peuple hongrois, dont l'apparition simultanée et la ressemblance - semblaient indiquer une entente entre ces deux chefs de la - démagogie européenne. - - -_11 février 1853._--Il est arrivé tout à l'heure des lettres de Milan -disant ce qui suit: «Pendant le Carnaval, des Milanais masqués et armés -ont surpris et forcé les troupes qui gardaient le Palais. Cependant la -garnison, bientôt ralliée, a pris sa revanche et a vengé les soldats et -officiers, parmi lesquels un colonel, qui avaient été massacrés.» On dit -même que des potences sont dressées sur les places publiques. - -Je lis l'ouvrage du père Theiner sur _Clément XIV_[62]. C'est d'un grand -intérêt. Le tableau de l'époque qui en fait l'introduction est habilement -tracé. Je n'en suis que là jusqu'à présent. Le bruit que fait cet ouvrage -en prouve l'importance. C'est évidemment un livre sérieux, puisé à des -sources bien authentiques. Les Jésuites font habilement de n'y pas -répliquer et d'éviter une polémique prolongée sur ce terrain que M. -Crétineau leur a rendu le mauvais service de provoquer. On me mande que -les amis des Pères Jésuites font tous leurs efforts pour obtenir que ce -livre soit mis à l'index à Rome, mais que le Saint-Père s'y refuse. Je -crois, j'oserais même dire que je sais qu'en effet il y a de fort bonnes -raisons pour qu'il ne laisse pas toucher l'auteur, qui a puisé ses -inspirations, disons même son audace (car il y en a beaucoup dans une -telle communication), dans des encouragements supérieurs. - - [62] L'_Histoire du Pontificat de Clément XIV_, écrite d'après - des documents inédits des Archives secrètes du Vatican, par A. - Theiner, prêtre de l'Oratoire et garde-adjoint de ces Archives, - venait d'être traduite de l'allemand par Paul Geslin, et publiée - chez Firmin-Didot. C'était une réhabilitation de la mémoire de - Clément XIV pour le venger des attaques des Jésuites, et comme - une réponse à M. Crétineau-Joly, qui, partisan de l'autorité - absolue, en religion comme en politique, avait écrit une - _Histoire de la Compagnie de Jésus et de Clément XIV_, où il se - montrait très sévère pour ce Pape. - - -_13 février 1853._--M. Avigdor est venu m'assurer que les troubles de -Milan avaient cessé. Il m'a, de plus, apporté la proclamation incendiaire -de Mazzini, qui, de sa personne, paraît avoir été à Bellinzona. Le bruit -court ici qu'on aurait découvert une vaste conjuration à Bologne; que des -troubles auraient éclaté à Bologne et une révolte à Monza; on ne peut -trop encore y voir clair, et quoique je ne doute pas que la victoire -restera à l'autorité légale, je n'en suis pas moins troublée en pensant -qu'il y a un pays tellement miné et en effervescence. - -Le _Journal des Débats_ a donné deux passages relatifs à l'arrestation de -M. de Saint-Priest et à la lettre qu'il écrit à ce sujet. Tout palpite -encore sur cette pauvre terre de France, travaillée par tant de passions -diverses[63]. - - [63] Le 7 février, le général vicomte de Saint-Priest, MM. René - de Rovigo, de la Pierre, le comte de Mirabeau, de Coëtlogon et - quarante autres personnes, parmi lesquelles plusieurs Allemands - et Italiens, furent arrêtés à Paris, dans leurs domiciles - respectifs, et après une perquisition faite dans leurs papiers, - ils furent tous conduits à la prison de Mazas. Ils étaient - prévenus d'avoir fait partie d'agences secrètes, ayant pour but - d'adresser aux journaux étrangers de fausses nouvelles sur l'état - de la France et de déconsidérer le Gouvernement de Napoléon III - aux yeux de l'Europe. Parmi les personnes arrêtées se trouvait M. - Joseph Ta['n]ski, réfugié polonais, naturalisé français et - attaché depuis plusieurs années à la rédaction du _Journal des - Débats_. Le général de Saint-Priest fut remis en liberté le soir - même de son arrestation, tandis que M. Ta['n]ski n'obtint sa mise - en liberté sous caution que le 24 février. - -Voici l'extrait d'une lettre que mon fils Alexandre a reçue hier de -Paris: «A propos de Carmélites, savez-vous que M. Cousin, poussé par son -amour rétrospectif pour Mme de Longueville, va très souvent aux -Carmélites de la rue d'Enfer, et qu'il ne veut plus écrire une ligne sans -la soumettre à la Supérieure, qui est une personne du plus haut mérite, -dit-on. Elle lui envoie ses manuscrits revus et corrigés, et il se soumet -en enfant à ses décisions[64]. C'est fâcheux qu'il n'ait pas pris plus -tôt ce parti, mais on ne peut qu'applaudir à cette complète conversion. -J'ai toujours estimé les hommes qui reviennent; il faut pour cela autant -de courage que de conscience et de sincérité. - - [64] En 1853, M. Victor Cousin publia son livre sur _Mme de - Longueville_, qui ouvrait la série de ses études sur _les Femmes - et la Société du dix-septième siècle_, et esquissait tous les - personnages de la Fronde. - -«Si l'on s'est égayé à l'étranger de _notre nouvelle comète_, comme vous -l'appelez (l'Impératrice), je vous assure qu'ici les sonnets, les -pamphlets, les calembours pleuvent de tous côtés, et dans toutes classes, -comme dans tous les salons. Je trouve cela plus déplorable que risible, -car à quelque parti qu'on appartienne, il est triste de voir notre pauvre -France tombée si bas. Cette malheureuse Impératrice a été tellement -traînée dans la boue que, ne fût-ce que par charité chrétienne, je serais -portée à la défendre. Tout en faisant la part de l'excentricité de son -caractère, on s'accorde généralement sur la bonté de son cœur. Quant à -moi, elle a fait ma conquête à Notre-Dame, pas comme beauté, mais par sa -dignité et le pieux recueillement de son maintien. - -«Savez-vous aussi l'affaire de M. Veuillot avec l'abbé Gaduel? Cet homme -est incorrigible[65].» - - [65] A propos d'articles que l'abbé Gaduel, vicaire général - d'Orléans, avait fait paraître dans _l'Ami de la religion_, et - qui critiquaient philosophiquement et théologiquement un livre - recommandé par Louis Veuillot, dans son journal _l'Univers_, Mgr - Sibour, archevêque de Paris, avait condamné ce journal et en - avait interdit la lecture au clergé de son diocèse. M. Veuillot, - au lieu de discuter ces critiques, attaqua M. Gaduel dans sa - personne et se livra à de sarcastiques déclamations contre la - science et l'enseignement de la théologie. - - -_Nice, 14 février 1853._--Il est arrivé hier ici un aide de camp du Roi -de Sardaigne, qui a raconté qu'en effet Mazzini s'était avancé jusqu'à -Lugano ou Bellinzona, mais que Kossuth, moins prudent, s'était aventuré -jusqu'à Voghera. C'est par les autorités autrichiennes que le comte -Apponyi en a été averti, ainsi que du passage projeté de certains -réfugiés avec armes et munitions, qui devait s'opérer à Stradella. Sur la -demande d'Apponyi, on a envoyé des troupes pour disperser le -rassemblement, saisir les munitions, etc.; mais on est arrivé, avec ou -sans bonne volonté, trop tard à Voghera pour se saisir de Kossuth, qui -avait pris le large. - - -_Nice, 18 février 1853._--On m'écrit de Paris: «La tentative faite à -Milan prouve que les socialistes ne se tiennent pas pour battus. Aussi la -mise en liberté de quatre mille trois cents détenus, en France, a-t-elle -produit une véritable terreur dans nos provinces. J'espère encore que ce -mouvement milanais suspendra l'exécution de cet acte de clémence; ce -serait un grand bonheur. - -«On dit que les personnes qui allaient à la Cour de l'Empereur avant son -mariage devront être représentées, pour permettre d'éliminer celles qu'on -désire en écarter. - -«L'Impératrice, _jusqu'à présent_, ne décide rien par elle-même. Elle -soumet tout à l'Empereur, même la robe qu'elle doit porter; ils ne se -quittent pas; on dit l'Empereur éperdument amoureux. - -«M. de Caulaincourt, second fils de la duchesse de Vicence, épouse Mlle -de Croix; il avait été refusé plusieurs fois à cause d'un œil de verre. -La mère est enchantée de ce mariage. La jeune personne est riche, bien -née et bien élevée. La duchesse de Périgord est moins charmée du mariage -de son fils Paul: les Saint-Aignan ne donnent que 15000 francs de rente à -leur fille, dont ils retiennent 6000 francs pour frais de nourriture et -de logement. - -«Il est certain que le maréchal de Castellane avait reçu l'ordre, par le -télégraphe, d'entrer en Savoie et de s'emparer du Comté de Nice, si le -mouvement milanais n'avait pas été étouffé tout de suite, probablement -sous le même prétexte et avec la même durée qui a mené et qui fait rester -les Français à Rome.» - - -_Nice, 23 février 1853._--Que dire de cette nouvelle horreur tentée à -Vienne[66]. Je suis encore sans détails; je ne sais que ce que disent les -nouvelles télégraphiques, qui, même, ne sont pas d'accord entre elles. -Toujours est-il que ce charmant Empereur a été blessé. Dieu veuille qu'il -n'y ait pas de mauvaises suites pour ce jeune Souverain, qui annonce de -si belles qualités et dont l'Allemagne a bien grand besoin à l'heure -qu'il est. - - [66] Le 18 février, l'Empereur d'Autriche se promenait sur les - remparts de Vienne, lorsqu'il fut tout à coup arrête par un - garçon tailleur hongrois, ancien hussard. L'assassin avait dirigé - son coup de poignard vers la gorge, mais François-Joseph, ayant - aperçu l'arme levée contre lui, fit avec le bras un mouvement qui - la repoussa en arrière, au bas de la nuque. L'aide de camp de Sa - Majesté, comte O'Donnell, dégaina aussitôt et porta à l'assassin - un coup de sabre qui l'abattit à ses pieds. - - -_Nice, 25 février 1853._--J'ai reçu de Vienne, de mon beau-frère[67], -quelques lignes écrites après l'attentat contre l'Empereur. La blessure -avait énormément saigné, mais les médecins la déclaraient sans danger. -L'émotion, l'indignation, étaient générales dans toutes les classes; le -peuple s'est porté à l'Archevêché, demandant qu'un _Te Deum_ fût chanté à -l'instant à Saint-Étienne, pour rendre grâce à Dieu que le coup n'ait pas -été mortel. - - [67] Le comte Schulenbourg. - - -Un Espagnol est arrivé ici de Paris. Il est l'ami de la sœur du marquis -de Bedmar et de Mme de Toreno. Cette sœur, qui se nomme _Incarnation_ de -son nom de baptême, a épousé le beau M. Manuel, l'agent de change -élégant, héros d'assez éclatantes aventures. Mme Manuel était l'amie de -cœur de Mlle de Montijo, mais l'Empereur n'a pas voulu qu'elle fût reçue -à la Cour de l'Impératrice. Enfin, à force d'insistances, celle-ci a -obtenu de voir, le matin, en particulier, cette amie de cœur. Dans cet -entretien, il paraît que la jeune couronnée s'est jetée en pleurant dans -les bras d'_Incarnation_, disant qu'elle se sentait enfermée dans une -cage, dorée à la vérité, mais hermétiquement fermée; qu'elle n'était -maîtresse de rien, et qu'elle n'avait eu aucune liberté pour la -composition de sa maison. - -Il faut lire dans le _Journal des Débats_ du 22 de ce mois un article sur -l'ouvrage du Père Theiner par M. de Sacy. Il n'y est ni janséniste, ni -philosophe, il y est homme de discernement judicieux et impartial, -résumant parfaitement l'ouvrage, l'appréciant sans dénigrement, et -portant un jugement juste, sain, modéré, et, à mon avis, excellent sur -les Jésuites, non pas les Jésuites de l'institution ni ceux -d'aujourd'hui, mais ce qu'ils étaient au moment de leur suppression, et -ce qu'ils tentent toujours plus ou moins à redevenir. - -Le _Galignany_ du 17 février contient la réponse de Mme Tyler, seconde -femme de l'ex-Président des États-Unis, à la fameuse lettre collective -des dames anglaises[68]. Elle est plus rude que l'article que John -Lemoinne a fait à ce sujet. Il paraît que les dames américaines, au lieu -d'être flattées d'avoir été traitées en sœurs par quelques grandes dames -anglaises, sont fort blessées de leurs conseils. Mme Tyler les traite -avec une ironie sanglante et le _leading article_ du _Times_ à ce -sujet[69], que le _Galignany_ rapporte également dans la même feuille du -17, n'est pas moins désagréable pour les dames anglaises que pour celles -du Nouveau Monde. On dit les Duchesses, Marquises et Comtesses de la -Grande-Bretagne, signataires de l'Épître, très embarrassées, et aux -regrets que leur vaniteuse charité leur ait fait faire une semblable -démarche. Il est sûr qu'il est impossible d'en avoir fait une plus -ridicule. - - [68] En 1848, la publication de _la Case de l'oncle Tom_, où Mme - Becker-Stowe peignait avec autant de vivacité que de couleur les - souffrances des esclaves noirs en Amérique, provoqua en - Angleterre un mouvement d'opinion très accentué en faveur de - l'abolition de l'esclavage. Plusieurs grandes dames, réunies à - Stafford-House, sous la présidence de la duchesse de Sutherland, - rédigèrent une lettre ouverte aux dames américaines, les - engageant à faire œuvre de propagande pour l'abolition de - l'esclavage dans leur pays. Cette lettre provoqua une verte - réponse de Mme Tyler, où, en parlant de la misère et des abus de - toutes sortes qui règnent en Angleterre, elle invitait les dames - anglaises à vouloir bien s'occuper de réformer leur nation, avant - de penser à réformer les institutions américaines, qui avaient - leur raison d'être dans les conditions spéciales de cette - contrée. - - [69] Voir cet article du _Times_ aux pièces justificatives de ce - volume. - - -_Nice, 26 février 1853._--J'ai reçu hier des lettres de Paris, dans -lesquelles on me dit ce qui suit: «Les amis du Gouvernement ont regretté -encore plus que ses ennemis l'arrestation du vicomte de Saint-Priest; je -crois qu'il n'y aura, en définitive, que M. Ta['n]ski de sérieusement -atteint. Il correspondait avec plusieurs Cours étrangères, et leur -faisait passer, outre des bulletins politiques, tous les couplets, les -quatrains, les pamphlets qui pullulent sur l'Impératrice. On a trouvé -chez lui, entre autres, la minute d'une lettre de lui, adressée à lady -Holland, à Naples, remplie des lazzi que le mariage impérial a provoqués. -Walewski et Rothschild ont fait de grands efforts pour obtenir sa -liberté, mais inutilement. Ce même Ta['n]ski était aussi dans l'intimité -du prince Jérôme-Napoléon. - -«Les témoins espagnols de l'Impératrice, au mariage civil et religieux, -n'ont pas été invités depuis aux Tuileries, pas même au bal du Mardi -Gras, où il y avait trois cents personnes. Cependant, ils ont dîné hier -avec Leurs Majestés, à l'exception du marquis de Bedmar qui a fait dire -qu'il partait le matin même pour Madrid. - -«Le prince Murat n'a paru ni à la Cathédrale ni aux Tuileries; il est -resté sous sa tente, blessé de n'avoir pas eu l'_Altesse impériale_ et le -même rang que le groupe Jérôme.» - - -_Nice, 27 février 1853._--On me mande de Vienne que le jeune Empereur, -par la violence du coup qui lui a été porté, a cru dans le premier moment -avoir reçu un coup de feu et être assailli par plusieurs. Aussi tira-t-il -son sabre pour se défendre. Il put ensuite faire cent pas sans chanceler, -après lesquels il fut obligé de se laisser conduire par son aide de camp, -le comte O'Donnell. Son premier mot à celui-ci a été: «Ceci vient de -Milan», et en revoyant sa mère: «Je partage le sort de mes braves soldats -de Milan.» - -L'Archiduchesse Sophie est dans un état affreux, elle a vraiment l'aspect -de la Mère de douleur. Elle prévoit des chances de récidive dans l'avenir -et a perdu toute sécurité. - -On me mande de Paris que Cousin s'est passionné pour l'Impératrice -Eugénie, et qu'il en parle avec la même exaltation que de Mme de -Longueville. N'y a-t-il pas là de quoi faire tressaillir la poussière de -Port-Royal? - - -_Nice, 28 février 1853._--Ma sœur m'écrit de Vienne, du 21, que la vue -du jeune auguste blessé est encore trouble. - -Elle me dit aussi qu'à Milan la haute noblesse était venue, en corps et -en voitures de gala, offrir au général Gyulay ses compliments de -condoléances à l'occasion de l'attentat, et que le général leur aurait -dit, en les recevant, qu'il regrettait de devoir à une aussi douloureuse -circonstance l'honneur de faire leur connaissance. - -Il vient de paraître dans le nord de l'Italie une nouvelle proclamation -de Mazzini, qui dit qu'il ne faut pas se décourager par l'avortement de -l'insurrection de Milan, puisqu'il ne s'agit que d'attendre quelques -jours pour voir des événements plus décisifs; ce qui, d'après les dates, -coïnciderait avec l'attentat de Vienne. D'après les journaux, on devait -tenter un coup de main sur la forteresse de Bude. Toutes ces trames ont -également leurs échos dans le Grand-Duché de Posen, et dans le cœur même -de Berlin. - - -_Nice, 1er mars 1853._--Mon beau-frère Schulenbourg, qui est arrivé -hier de Vienne, nous a conté bien des particularités sur l'Autriche et la -Lombardie qu'il vient de traverser. Les dernières nouvelles -télégraphiques que Radetzky avait reçues de Vienne pendant que -Schulenbourg était à Vérone portaient que l'état cérébral du jeune -Empereur offrait de la gravité; la vue était tellement affectée que le -pauvre blessé ne pouvait pas supporter la plus petite lueur; il était -obligé de rester dans la plus parfaite obscurité, et son ouïe était -tellement surexcitée qu'il entendait distinctement tout ce qui se passait -à trois chambres de la sienne. On craignait un épanchement du sang au -cervelet. Deux minutes avant l'accident, l'Empereur avait montré au comte -O'Donnell un groupe de trois hommes à mines sinistres, en lui disant: -«Voilà des brigands.» Aussitôt que le meurtrier fut terrassé, ce groupe a -disparu. On a envoyé un prêtre hongrois à l'assassin pour remuer sa -conscience et lui faire faire des aveux; il paraissait s'y être décidé et -avoir déjà commencé. Les arrestations continuaient de tous côtés. - -Cet événement, joint aux troubles et conspirations de Milan et de -Hongrie, rapprochera beaucoup les puissances continentales de l'Empereur -Napoléon III. On veut faire cause commune et se mettre en faisceau contre -le danger commun, et notamment se montrer unis et imposants à la Suisse -et à l'Angleterre. Tout tourne au profit de Louis-Napoléon, jusqu'au -danger de l'assassinat, dont il court, avec des souverains légitimes, les -terribles chances. - -L'exaspération contre les Anglais, à Vienne, est telle, qu'au _Te Deum_ -de Saint-Étienne, lord Westmorland a pu entendre, s'il comprend -l'allemand, des paroles, dites fort haut, et des plus rudes à ses -oreilles. Le prince de Metternich, qui n'était pas rentré à la -Chancellerie d'État depuis les événements de 1848, s'y est rendu, -aussitôt après l'attentat, pour savoir par les Ministres qui étaient -réunis, des nouvelles de l'Empereur. C'est noble et bien. - - -_Nice, 3 mars 1853._--Lady Westmorland m'écrit une lettre toute -désespérée sur l'attentat contre l'Empereur, auquel elle est d'autant -plus sensible que toute la mission souffre de l'_exécration_ vouée à -l'Angleterre; je cite ses mots. On voulait faire un scandale devant la -maison habitée par les Westmorland. La police a eu beaucoup de peine à -l'empêcher, et il n'y a que la connaissance qu'on a des sentiments -personnels de lord Westmorland qui fasse qu'on les _tolère_ à Vienne, et -elle ajoute: «J'ai l'espoir que les choses sont arrivées à un point tel, -que notre Cabinet _devra_ et _pourra_ mettre fin aux menées des -abominables gens réfugiés et conspirant en Angleterre contre le repos -européen. Mais j'en serais beaucoup plus sûre si mon oncle, le duc de -Wellington, vivait encore pour élever la voix.» - -Schulenbourg a vu avec peine qu'en Saxe le public de toutes les classes -était mal satisfait du mariage du Prince Albert avec la Princesse -Carola[70]. On n'y trouve ni alliance politique utile, ni entourage de -famille brillant; on n'aime pas l'origine maternelle; puis, pas de -fortune, le jeune ménage sera tout simplement pauvre, 40000 écus de -rente à eux deux pour tout potage; c'est, dans leur position, n'avoir -rien. Du reste, la Famille Royale elle-même (mais elle seule) est très -affectueuse pour la Princesse Carola et le jeune homme éperdument -amoureux. On avait désiré qu'il épousât l'Archiduchesse Élisabeth, la -jeune veuve qui habite Brünn, mais aussitôt qu'il eut aperçu la Princesse -Carola, qui, par hasard, se trouvait à Brünn en ce moment, et quoique -l'Archiduchesse soit infiniment plus belle, il a dit à un neveu de -Schulenbourg: «Celle-ci ou aucune.» - - [70] Le Prince Royal de Saxe avait épousé, le 18 juin 1852, la - Princesse Carola Wasa, fille du Prince de Holstein-Gottorp, - Prince Wasa. - - -_Nice, 5 mars 1853._--On m'écrit de Paris ceci: «La clémence de -l'Empereur a un effet déplorable sur les provinces, où on s'alarme du -retour de ces misérables[71]. Les sociétés secrètes sont en pleine -vigueur; elles se dissimulent, mais ne se dissolvent pas; les Préfets -courageux l'écrivent, ceux qui ne veulent ni inquiéter ni déplaire se -taisent lâchement. M. de Persigny, qui s'est élevé fortement, et contre -le mariage, et contre l'amnistie, est en froid avec les Tuileries. Le -vent y est revenu à M. de Morny. On dit l'intérieur impérial assez -triste; l'épuration des dames, un peu trop gaies, est positive.» - - [71] A l'occasion de son mariage, et par un décret daté du 31 - janvier 1853, Napoléon signa une amnistie dont profitèrent plus - de trois mille individus qui avaient été l'objet de mesures - rigoureuses après les troubles de décembre 1851. - -Mes nouvelles d'Allemagne confirment la conspiration hongroise, le projet -d'assassiner l'Archiduc-Gouverneur, et à Berlin on a découvert des -trames semblables. L'émoi a été vif à Charlottenbourg. Il paraît certain -que les trois Cours du Nord feront simultanément des démarches sérieuses -pour rompre les repaires anarchiques, et rien ne pouvait mieux servir -l'Empereur Napoléon III, car avec lui on forcera la Suisse et le Piémont; -sans lui cela deviendrait difficile, et comme lui aussi est menacé des -poignards socialistes, son intérêt se trouve identique avec celui des -trois souverains, et l'entente en deviendra plus cordiale. - -Dans les Cours de l'Europe, on est devenu très indifférent pour le -rejeton de la branche aînée des Bourbons, et on est tout simplement -hostile aux d'Orléans, parce qu'on est persuadé, non sans raison, qu'avec -eux reviendrait ce détestable libéralisme bavard, qui a enfanté 1848, et -que le jugement faux et vaniteux, enfin tout ce que représentait Mme la -Duchesse d'Orléans, créerait bien plus de dangers à l'Europe que la -dictature actuelle. - - -_Nice, 8 mars 1853._--Il paraît certain que Mazzini et Saffi se sont -embarqués sur une frégate anglaise qui a longtemps côtoyé Villefranche et -toute la rivière de Gênes. - -Lord Minto se promenait l'autre jour sur l'_Acquasola_ de Gênes, bras -dessus bras dessous avec le secrétaire de Kossuth! - -La frégate a relâché à Livourne. Plusieurs _midshipmen_[72] sont -descendus dans la ville, y chantant des airs et des paroles -révolutionnaires en italien. Ils ont été arrêtés par la police -autrichienne. Le commandant de la frégate les a réclamés; on les lui a -refusés et la frégate a dû prendre le large sans eux. - - [72] De l'anglais: aspirants de marine. - - -_Nice, 13 mars 1853._--La maréchale d'Albuféra m'écrit de Paris: «Vous -désirez savoir la couleur des yeux de l'Impératrice. Ils sont bleus; mais -elle se peint les sourcils et les cils en noir, ce qui fait un contraste -avec ses cheveux blond ardent et donne beaucoup de piquant à son visage. -Tout le monde la trouve belle. On la disait grosse, mais comme elle a -valsé au bal du Mardi Gras, on ne sait plus trop que penser. Savez-vous -pourquoi l'Impératrice Eugénie est la première écuyère de France? C'est -qu'elle a sauté _la barrière du Trône_! Voilà un des lazzi avec lesquels -on se console ici.» - - -_Gênes, 18 mars 1853._--Je suis arrivée ici aujourd'hui à midi. La route -était encore fort encombrée de rochers détachés de leurs cimes par les -déluges de pluie, et ils entravaient singulièrement notre marche, malgré -les efforts des cantonniers occupés au déblayage. J'ai déjà visité les -églises de l'_Annunziata_, du _Gesù_, de _Santo-Ciro_ et de _San -Lorenzo_, l'_Albergo di poveri_ et l'_Ospedale di Santa Caterina_. Tout -cela a de l'intérêt et complète assez bien mon _giro_ génois. - - -_Alexandrie, 18 mars 1853._--Adieu le Midi, le ciel pur, la mer bleue; -adieu palmiers, myrtes, roses et oliviers! Nous avons traversé ce matin, -par une pluie froide, ou plutôt par une neige fondue, cette partie nue -et rude des Apennins. C'était fort laid et fort triste. A Bussana nous -avons pris le chemin de fer. Nous étions entassés dans un wagon avec -trois Anglais, dont l'un, Irlandais très loquace, revenant des Grandes -Indes, les deux autres revenant de Rome et de Naples. - - -_Vérone, 22 mars 1853._--Nous avions quelque espérance d'atteindre Vérone -dès hier au soir, ce qui, en effet, nous eût été facile, si nous n'avions -pas manqué de dix minutes le dernier départ du chemin de fer. Il a donc -fallu rester à Mantoue, où nous étions pitoyablement gîtés dans un -détestable petit cabaret, les auberges passables étant encombrées par les -parents de ceux qu'on juge en ce moment à Mantoue, non pas à la suite des -derniers événements de Milan, mais en conséquence de la grande -conspiration découverte en novembre dernier[73]; quatorze cents -personnes sont gravement compromises; cinq ont déjà été exécutées dans un -des forts de Mantoue. L'Empereur vient d'en gracier un grand nombre et de -commuer la peine des autres. Mais, Mantoue, cette forteresse déjà si -sérieuse et si obscure en elle-même, vue ainsi au travers des torrents -d'une pluie glaciale, et sous le voile lugubre des conspirations et des -tragédies _réelles_, dans une petite chambrette dont les vitres étaient -cassées et la cheminée était pleine, non pas de feu, mais d'une fumée -épaisse, offrait le plus triste séjour. - - [73] La paix ayant été signée après la guerre de 1848-1849, - l'Autriche, croyant rendre plus solide sa souveraineté sur ses - possessions italiennes en les frappant de terreur, leur fit - lourdement sentir le poids de son joug. Les populations de ces - provinces, de plus en plus irritées, recoururent, - malheureusement, pour le secouer, au moyen des conspirations. - Mazzini, réfugié à Londres et à l'abri de tout danger, y avait - fondé un Comité national d'où partait le mot d'ordre, et qui - centralisait les efforts des sociétés secrètes répandues en - Lombardie et en Vénétie, dans le seul but de chasser les - Autrichiens d'Italie. Pour agir plus efficacement, un Comité - révolutionnaire se constitua à Mantoue, sous la présidence d'un - prêtre fort estimé: Enrico Tazzoli. La police autrichienne fut - mise sur sa piste par l'imprudence d'un des membres du Comité - qui, pour en augmenter le nombre, admit dans son sein des - personnes appartenant aux classes les plus basses de la - population. Dès lors, le secret devint impossible à garder et les - procès commencèrent. Plusieurs exécutions en furent la suite et - enfin celle du prêtre Crioli, fusillé à Mantoue pour avoir - conseillé à des soldats autrichiens de déserter, fut le prélude - de cette _Conspiration de Mantoue_ qui eut son épilogue sur les - glacis de Belfiore. Une poésie révolutionnaire ayant été trouvée - sur une des victimes qui, sous le bâton, avoua qu'il la tenait du - prêtre Tazzoli, ce dernier fut arrêté. On trouva dans ses papiers - la liste chiffrée des noms de tous les membres du Comité - révolutionnaire, dont un traître livra la clef, ce qui permit de - les saisir et de les arrêter tous. Un long procès en fut la - suite: procès qui dura depuis janvier 1852 jusqu'au 19 mars 1853. - Les accusés étaient au nombre de cent cinquante; tous - appartenaient aux meilleures classes de la population: neuf - d'entre eux furent pendus à Belfiore à la suite de la sentence - qui en condamnait presque la moitié à mort. Les autres virent - leur peine commuée et furent envoyés aux galères. - - -_Vérone, 24 mars 1853._--L'Archiduchesse Sophie a fait un touchant cadeau -au comte O'Donnel, cet aide de camp qui était près de l'Empereur -d'Autriche au moment de l'attentat contre sa personne. Elle lui a donné -une bague très simple, contenant une grosse turquoise, qui s'ouvre, et -sous laquelle se trouve une mèche des cheveux ensanglantés de l'Empereur, -qui lui ont été coupés après l'attentat. En lui donnant cette bague, -l'Archiduchesse a dit au comte O'Donnel: «_Ce n'est pas un cadeau_ -_impérial, c'est le souvenir d'une mère reconnaissante._» - -On a fait à Vienne plusieurs bons mots, dont j'ai retenu les suivants: Le -général Haynau est mort le même jour et presque à la même heure que -l'Archevêque de Vienne, qui se nommait _Milde_ (ce qui en allemand veut -dire _douceur_). On dit donc, que malgré la férocité attribuée à Haynau, -il est mort _mit milde_[74]. Voici le second bon mot. Le général -Leiningen, en mission à Constantinople, a obtenu des Turcs de ne plus -appeler les chrétiens _des chiens_; mais à la condition expresse que, -désormais, il ne serait plus permis aux chrétiens de donner à leurs -chiens le nom de Sultan. Ceci est bien digne du théâtre des Variétés. - - [74] Avec douceur. - -Une question plus sérieuse, plus importante, c'est l'arrestation à Milan -d'un avocat, chez lequel on a saisi des papiers très explicatifs des -projets mazziniens et, entre autres, la preuve qu'à un jour _fort -prochain_, il devait éclater à Naples, Florence et Gênes, des explosions -formidables, et mieux organisées que ne l'a été la dernière échauffourée -de Milan. On a aussitôt expédié des courriers sur les différents points -menacés qui, très probablement, seront arrivés à temps pour empêcher les -bombes d'éclater. - - -_Vérone, 25 mars 1853._--Le maréchal Radetzky, m'ayant très poliment fait -exprimer ses regrets qu'un reste de grippe ne lui permit pas de venir -chez moi, j'ai été hier chez sa femme, où le Maréchal s'est rendu. -L'appartement est beau, commode et chaud, la vieille dame fort polie; -mais l'intérêt principal se fixait, naturellement, sur l'illustre -vieillard, qui complète, pour moi, la série des illustres guerriers -contemporains, que j'ai tous connus plus ou moins. Cette série commence -par Souvarow qui, à Prague, lorsque son fils cherchait à épouser ma -sœur, m'a fait sauter et gambader avec lui, quand j'avais sept à huit -ans; ses originalités, encore plus que sa gloire, l'ont fixé dans mon -souvenir. Napoléon, avec ses capitaines célèbres; Wellington, -Schwarzenberg, Blücher, et maintenant Radetzky, et d'autres encore, m'ont -été connus d'assez près, pour pouvoir conserver une impression distincte -de leur individualité; et je sais apprécier cette longue chaîne -d'illustrations contemporaines. - -Il est impossible d'avoir été plus naturellement obligeant, simple, et, -en même temps, plus aimablement communicatif que le feld-maréchal -Radetzky l'a été avec moi. Sa verdeur, son entrain, à _quatre-vingt-six_ -ans, sont une véritable merveille; mais il lui faut soigner une toux qui -est incessante depuis quelques jours. Il était parfaitement rassuré sur -les suites de la grande conspiration (qui se tramait et qui devait -éclater hier), depuis qu'en outre de l'arrestation de l'avocat Milanais, -on a aussi opéré celle d'un riche banquier de Bologne. Ici, on est obligé -de faire garder les puits des casernes par des sentinelles, pour empêcher -l'exécution du projet découvert de les empoisonner; les détails les plus -douloureusement curieux abondent. - - -_Vérone, 26 mars 1853._--J'ai eu hier la visite du général Benedeck, une -des plus brillantes célébrités des dernières campagnes d'Italie et de -Hongrie. Il est maintenant chef d'état-major du feld-maréchal Radetzky. -Sa position ici est très importante et, par le temps qui court, très -lourde. Il est doux, modeste, poli; sa conversation mesurée sans être -froide; ses blessures ont rendu sa santé délicate; il est maigre et de -taille moyenne. - -Les uns disent que l'ennui commence à régner aux Tuileries; d'autres, au -contraire, que les tendresses y sont extrêmes et que l'Impératrice est -très touchée des soins constants et charmants dont elle est l'objet. En -dehors des grandes soirées, il y en a de petites qu'on dit fort gaies. -Pour les présentations à l'Impératrice, l'étiquette ne laisse pas que -d'être sévère. Elle consiste en une simple défilade. Mme Le Hon en était -furieuse et le disait tout haut. - -J'ai reçu une lettre de Mme Mollien, désolée du bruit, qui se répandait -de tous côtés, que Mme la Duchesse d'Orléans épousait M. de Montguyon; et -elle espère que toute cette histoire est une invention. - -Voici les extraits de deux lettres: la première est de M. de Falloux, la -seconde du duc de Noailles: - -_Premier extrait_: «Je suis mal au courant des directions actuellement -prédominantes à Venise; j'ai eu le chagrin de me trouver en désaccord -avec un premier mouvement de M. le Comte de Chambord. A la suite du 2 -Décembre, j'aurais voulu que l'élite seule du parti légitimiste -représentât, en se retirant de tout, la protestation morale, mais qu'on -laissât le gros de nos amis à leurs mairies, à leurs Conseils généraux, -y fonder ou y développer les écoles religieuses, qui seules rendront la -France, à l'avenir, une nation sur laquelle on puisse régner. Une ligne -plus cassante, plus hostile a été préférée[75]. Je conçois que cela fut -bien tentant pour le Chef de la maison de Bourbon; cependant, j'ai -persisté à croire que les conseils donnés étaient _exagérés_ et -_funestes_. Quant à la fusion, M. le Comte de Chambord l'a toujours -désirée et a beaucoup témoigné ce désir. On y a mal répondu; et il a fini -par être blessé, sans cependant y renoncer ou la repousser absolument. -Les d'Orléans répètent beaucoup qu'ils ont fait de nouvelles démarches; -mais, de fait, ces démarches étaient des conditions déplacées. Voilà où -on en est aujourd'hui. C'est une situation bien dangereuse pour tout le -monde. Ce sont les Princes d'Orléans qui ont fait l'Empire; ils suivent -une ligne de conduite toute propre à fortifier cet Empire. Tant que la -France ne verra pas un grand et fort gouvernement à mettre à la place de -ce qui lui donne aujourd'hui le repos matériel, elle ne s'en dégoûtera -pas. Mais il faut craindre aussi les illusions du Comte de Chambord. Tant -qu'il n'a pas d'enfants, le principe réside bien encore en lui, avec tous -ses avantages; mais la réalité, la perpétuité de la Maison de Bourbon, -sont dans la branche cadette. Le Comte de Chambord est donc fort -paralysé, lui, dont la valeur première est l'hérédité; il ne faudrait -donc pas qu'il voulût avoir trop _rigoureusement_ raison, sans vouloir -tenir compte de l'état de démoralisation où la France est plongée, sans -réfléchir qu'une nation, dans un tel état, est accessible à tous les -coups de main. M. le Comte de Paris grandit, M. le Comte de Chambord -prend des années, l'action du temps est donc bien inégale pour les deux, -et il faudrait tout concilier, en unissant tout indissolublement. Je sais -bien que, sans nous autres légitimistes, aucun gouvernement ne durera, -mais la France est trop épuisée pour supporter de nouvelles expériences; -et si on ne lui ôte pas en commun la chance de se tromper, sa prochaine -erreur serait la dernière et la France serait en lambeaux... avant vingt -ans. Je voudrais que, des deux côtés, on fût bien persuadé de cette -vérité.» - - [75] Par ordre de M. le Comte de Chambord, les légitimistes - devaient s'abstenir de toute espèce de service dans l'État. - - -_Second extrait_: «La fusion est aussi éloignée que jamais. Le fait est -que, malgré quelques semblants, les d'Orléans n'en veulent pas, la façon -dont ils l'entendent la rendant _a priori_ impossible. Ils ne veulent -s'engager vis-à-vis du Comte de Chambord que dans le cas où la volonté -nationale se sera prononcée à son égard et lorsque le fait se sera joint -au _droit_. Quant à l'Angleterre, elle ne fera rien contre les réfugiés; -on ne pourrait l'y forcer que si la France était à la tête des autres -puissances pour l'y obliger, et c'est ce qu'elle ne fera pas. Du reste, -point de projets de guerre clairs et arrêtés; mais l'Empereur Napoléon a -dit hier, à quelqu'un, qui me l'a répété immédiatement: «_La France n'a -toute sa puissance et toute son influence que dans_ _l'action. Quand -l'Europe est en repos, les vieilles monarchies l'emportent toujours sur -elle, et il faut bien avouer que je suis né d'hier._» Ceci a été dit à -propos de la rapidité du succès de la mission du Comte de Leiningen à -Constantinople[76].» - - [76] Le Feld-Maréchal comte Leiningen avait été chargé d'une - mission diplomatique auprès de la Porte Ottomane, concernant les - différends entre les deux Gouvernements. Ayant remis au Sultan, - le 3 février, la lettre autographe de l'Empereur d'Autriche, le - comte de Leiningen était de retour le 16 février à Vienne, la - Porte ayant adhéré aux demandes et réclamations que l'Autriche - lui avait adressées par l'intermédiaire de ce diplomate. - - -_Vérone, 27 mars 1853, jour de Pâques._--Il a fait hier un joli petit -semblant de printemps dont, bien vite, j'ai profité pour aller au -_Giardino Giusti_, que j'avais envie de revoir. Les violettes y -abondaient, et nous nous sommes livrés à de fort douces illusions, sous -les cyprès séculaires égayés par le chant des oiseaux, qui tous -paraissaient en belle humeur. Nous avons gagné les terrasses supérieures, -d'où la vue était très nette, riche et variée. Nous nous sommes laissés -conduire ensuite à un théâtre antique, destiné jadis aux jeux olympiens. -Un propriétaire d'ici a acheté et fait abattre les maisons qui -encombraient ces ruines; elles paraissent avoir couvert un très grand -espace. Des pierres colossales reproduisent ce caractère de grandeur, -imprimé à tous les monuments d'une puissance en elle-même gigantesque. - - -_Vérone, 29 mars 1853._--J'ai été hier dire adieu au maréchal Radetzky, -toujours retenu par les restes de la grippe. Il a fort agréablement causé -dans son cabinet, où je l'ai trouvé, écrivant d'une main aussi ferme que -ses conceptions sont claires et lucides. Il m'a montré une belle -miniature, représentant l'Empereur François-Joseph, que l'Archiduchesse -Sophie lui a envoyée, en y joignant quelques vers des plus touchants. La -Maréchale m'a menée dans la bibliothèque, où se trouvent, sous verre, les -bâtons de maréchaux autrichien et russe; le second est fort orné de -diamants; le premier, moins brillant, est plein d'allusions, de noms, de -dates, de symboles. Le tout repose sur un piédestal en bronze, fondu dans -l'airain d'un des canons pris à Novare. - - -_Venise, 30 mars 1853._--Au bout de ce prodigieux chemin de fer, qui -traverse la lagune, pour enchaîner insolemment l'épouse de la mer à la -terre, Pierre d'Aremberg m'attendait hier, au débarcadère. Il s'est placé -dans notre gondole pour descendre avec nous le _Canal grande_, au bout -duquel est l'_Albergo Danieli_ où nous sommes descendus. Les salons sont -grands, avec la belle vue sur _Santa Maria della Salute_, _San Giorgio -Maggiore_, la _Riva degli Schiavoni_ et son bruyant mouvement: tout ce -grand et vivant tableau se perdant dans le lointain de la mer. La route -de Vérone, ici, est charmante, traversant une large vallée, bordée à -gauche par les Alpes Tyroliennes, à droite par les monts Euganéens; les -unes couvertes de neige et de glace, les autres se dessinant en pointes -aiguës sur un ciel, qui s'était enfin purifié. - - -_Venise, 31 mars 1853._--Ma cousine Emma de Chabannes[77], pour laquelle -j'avais un petit paquet, est venue me voir et me dire que sa Princesse -pensait, avec plaisir, qu'elle pourrait enfin faire ma connaissance -personnelle. La Princesse part après-demain, pour aller passer quinze -jours à Modène; j'y vais ce matin, et ensuite chez la Duchesse de Berry. - - [77] Elle était dame d'honneur de Mme la Comtesse de Chambord. - -Hier j'ai été dans la matinée, en gondole, à l'église _degli Scalzi_, la -plus riche de Venise, et à celle de _Santa Maria gloriosa dei Frari_, la -plus intéressante par ses monuments funéraires. Les Carmes déchaussés qui -soignent l'église _degli Scalzi_ sont très polis, et m'ont accueillie à -merveille. Ils m'ont montré un autographe de leur patronne, sainte -Thérèse, qu'ils conservent sous verre et qui n'est pas placé pour être vu -commodément; ensuite je suis rentrée. Il faisait un froid humide fort -déplaisant; aussi suis-je restée chez moi, tout le reste du jour, à ne -voir de Venise que ce que ma fenêtre veut bien m'offrir; à la vérité, -c'est beaucoup, beaucoup à voir, beaucoup aussi à entendre, parce que la -voix humaine, dans ses plus diverses inflexions, se charge ici de -remplacer le bruit des roues et le piaffement des chevaux. - - -_Venise, 1er avril 1853._--Il faisait positivement chaud dans la -gondole qui m'a descendue hier, à midi et demi, au _Palais Cavalli_. -L'accueil y a été fort bon, la conversation facile. Le Comte de Chambord -a une bonne figure ouverte et de la rondeur dans les manières, mais il -ne faut le voir qu'assis. Quant à la Comtesse de Chambord, elle a toutes -mes préférences: dignité, grâce, naturel, politesse bienveillante, taille -superbe, bel air, yeux intelligents, cheveux admirables, dents blanches, -sourire aimable. L'inégalité de son visage ne va pas jusqu'à la -contorsion ni à la grimace. Sa conversation est fort en harmonie avec son -extérieur; enfin, elle est ce qu'elle doit être, la position donnée; -position si touchante, si élevée, si triste, si difficile, dont la -simplicité la tire mieux que toutes les habiletés ne pourraient le faire. -Bref, elle m'a plu au delà de ce que je supposais; son mari moins, -quoique sa candeur et la loyauté répandues sur ses traits aient de -l'attrait. Il a un beau front, droit, élevé; sa conversation est bonne, -sage, mais je ne la trouve pas élevée; puis il est, ce me semble, de très -belle humeur; je ne sais pas si je n'aimerais pas mieux un nuage de -mélancolie. - -Le palais _Vendramin_ a des allures toutes différentes. Mme la Duchesse -de Berry est devenue d'une laideur suffocante: laideur, allures, gestes, -son de voix, plaisanteries, tout est commun jusqu'au vulgaire; bonne -femme au fond, mais hurluberlue dans son langage et grotesque de sa -personne. Le comte Lucchesi[78] n'est pas plus beau, mais il est poli et -se tire en maître absolu de sa très difficile position; il fait les -honneurs du palais, plus en grand maréchal qu'en époux; mais on sent la -main de fer sous le gant de velours. Les trois enfants, issus de ce -mariage (la petite fille, née à Blaye, a eu le bon esprit de mourir, il y -a longtemps), ne se sont pas montrés. - - [78] Mari de Mme la Duchesse de Berry. - -Après ces deux audiences, je suis allée au jardin botanique, créé en -1815, par ordre de l'Empereur François: j'y ai vu de fort belles plantes; -on n'est pas fâché de se retrouver par moments sur des petits carrés de -terre ferme. - -Lady Westmorland me mande ce qui suit, en date de Vienne du 28 mars: -«Lord Stratford de Redcliff a été ici, pendant quelques jours, en route -pour Constantinople. Il a eu une audience de l'Empereur et en a été très -content, ainsi que du comte Buol. Ils paraissent être tout à fait -d'accord sur les affaires de Turquie; c'est une goutte de consolation, -car, du reste, il y a une irritation et une animosité des deux côtés, qui -nous font passer de mauvais moments. Vienne est fort triste; point de -bals, un mauvais opéra et un ballet détestable.» - - -_Venise, 2 avril 1853._--J'étudie Venise de mon mieux. Je vois peu à la -fois, mais bien en conscience et avec force livres et recherches. Hier -nous avons été visiter _San Giorgio_ avec son magnifique perron, d'où la -vue est si belle. Palladio a mis tout son art dans cette église, très -correcte par conséquent, mais froide dans ses lignes, sa couleur et ses -formes; mais dix belles colonnes de marbre antique, quelques belles -figures en bronze et un ou deux souvenirs historiques lui donnent de -l'intérêt. Les tableaux s'y perdent par l'humidité de cette île, qu'on -va fortifier, et qui deviendra un point de défense formidable. L'église -des Capucins, _Il Redentore_, également du Palladio, a ses mérites et ses -défauts; ceux-ci fort augmentés par des ornements d'un goût affreux, -imaginés par les bons franciscains, qui ne sont guère artistes. Leur -sacristie contient trois Jean Bellini de _prima sorte_, et, comme -contraste, une série de _crachoirs_, d'une configuration si étrange que -je n'ai pu comprendre leur destination que par l'explication que m'en a -donnée le Père sacristain. Celui-ci a la plus belle, la plus longue et la -mieux tenue, peignée, brossée et brillante de toutes les barbes de -capucins que j'aie jamais vues. Il m'a prise en bonne part, et, au -dernier moment, il a ouvert une petite armoire contenant une figurine en -cire qu'on dit être: _il vero Ritratto del santissimo Fondatore degli -ordini mendicanti_[79]. Le fait est que c'est tellement ainsi qu'on se -représente saint François d'Assise que, pour moi du moins, je ne mets pas -en doute que ce ne soit là son véritable portrait. Enfin, je suis -rentrée, bien fatiguée. Après le dîner, je me suis assoupie, mais pas -longtemps, car le chant des gondoliers qui, en chœur, égayent leur -station au Molo, m'a fait vite ouvrir la fenêtre pour les mieux entendre. -C'était fort joli. - - [79] De l'italien: le véritable portrait du très saint Fondateur - des Ordres mendiants. - - -_Venise, 3 avril 1853._--Il y a de bien belles choses à admirer ici; mais -il y en a trop. Je ne sais comment le mois que je veux passer à Venise -suffira pour tout ce que l'un et l'autre me dit de voir. J'ai vu -d'admirables Paul Véronèse à l'Académie _delle belle arti_, où je suis -restée deux heures dans une véritable admiration. La collection n'y est -pas nombreuse, mais les chefs-d'œuvre y abondent: presque tous de cette -admirable école vénitienne qui, depuis que je sais distinguer les -tableaux, est celle qui m'a toujours satisfaite plus que toute autre. - - -_Venise, 4 avril 1853._--Hier dimanche, j'ai été faire ma prière à -l'église des Saints-Apôtres, dont on célèbre la fête le 3 avril. Il y -avait, par conséquent, grande _funzione_ dans cette église qui leur est -consacrée; beaucoup de lumière, de belles orgues, mais des voix et des -chants rappelant beaucoup trop l'opéra. L'église, en elle-même, n'est pas -intéressante; d'ailleurs, n'y étant que pour assister à la grand'messe, -je l'ai fort peu examinée. Ce qui m'a singulièrement plu et touchée, -c'est une procession passant sur la _Riva degli Schiavoni_, et portant -chaque année, au premier dimanche après Pâques, aux malades qui n'ont pu -faire leurs dévotions à l'église, leur portant, dis-je, la communion -pascale, soit dans leur palais, soit dans le taudis de leur misère. C'est -bien, c'est naturel, comme l'est toujours notre mère l'Église. - -A midi et demi, j'étais au palais _Vendramin_, où Mme la Duchesse de -Berry m'avait dit de me rendre, pour me montrer en détail ce charmant et -magnifique établissement que les arts dans leur plus belle expression, le -goût dans sa perfection, le confort dans tout son bien-être, l'histoire -dans ses traditions, et le luxe dans sa splendeur, se sont plu à -différentes époques à orner. Depuis des colonnes de jaspe sanguin, de -toutes grandeurs, provenant du temple de Diane, à Éphèse, jusqu'à une -botte de Louis XIV, sur le talon de laquelle Van der Meulen a peint une -des batailles gagnées par le Roi, depuis des tableaux _prima sorte_ de -Jean Bellini, Andrea del Sarto, etc., etc., jusqu'à des portraits du -pauvre petit Louis XVII, il y a de tout; et tout est bien ordonné, bien à -sa place, l'appartement bien distribué, des vues superbes; même un -jardin, chose si rare ici, où le manque d'arbres, de fleurs et de verdure -finit par fatiguer les yeux qui en cherchent vainement le repos et le -rafraîchissement. Je suis restée deux heures à suivre Mme la Duchesse de -Berry, et à écouter les explications très obligeantes et très -intéressantes que me donnait le comte Lucchesi; il est un cicerone -vraiment habile; je crois qu'il allège les pénibles honneurs qui lui sont -dévolus, en se plongeant dans les arts et la curiosité. - - -_Venise, 5 avril 1853._--Ma matinée d'hier a été consacrée à la basilique -de Saint-Marc, à son trésor et à l'inspection plus détaillée de la -_Piazza_ et de la _Piazzetta_. Il y aurait trop à en dire pour en -indiquer ici le détail, je me bornerai à en tracer mon impression. - -Bâtie sur le modèle de Sainte-Sophie, de Constantinople, l'Orient y a mis -son cachet particulier, de telle sorte qu'on a d'abord quelque peine à se -sentir dans une église du culte catholique romain; aussi, quoique -Saint-Marc ne soit pas à comparer comme grandeur, ni à Saint-Pierre, ni -au dôme de Milan, ni à celui de Cologne, reste-t-il digne d'être mis sur -la même ligne, parce que rien de semblable ne se trouve en Europe. Ce -n'est ni l'anéantissement qui terrasse à Saint-Pierre, ni le respect -qu'inspire Cologne, ni les élancements joyeux que provoque Milan; mais -c'est un fragment du temple de Salomon. Je voudrais pouvoir me confesser -à Saint-Pierre, prier à Cologne, chanter le _Te Deum_ à Milan, et rêver -aux Croisades à Saint-Marc. - - -_Venise, 6 avril 1853._--J'ai été visiter, hier, les ateliers de -Schiavone et de Nerli. Les artistes vivants ont trop à lutter, ici, -contre les comparaisons inatteignables qui les entourent. Schiavone -habite une partie de l'élégant palais _Foscari-Giustiniani_. Nerli, qui -est Prussien plein de talent, occupe les mansardes de l'immense palais -_Pisani_, dont les dimensions contrastent avec le délabrement des -détails. - - -_Venise, 8 avril 1853._--Hier, j'ai été au couvent des Arméniens de l'île -Saint-Lazare, que les études arméniennes de lord Byron ont rendu -particulièrement célèbre: nous y avons vu le vieux moine qui lui donnait -des leçons. C'est un bel établissement, propre, bien tenu, où on fait -poliment accueil aux étrangers. L'air y est bien meilleur qu'en ville, et -un joli jardin, dans le milieu du cloître intérieur, rappelle, par sa -végétation, ceux des villas de Nice: c'était un vrai rafraîchissement de -retrouver de la verdure et des fleurs. L'imprimerie, la bibliothèque, -l'église, la sacristie, tout nous a été ouvert et montré par un jeune -moine, fort bien élevé, parlant français et italien. - -Le duc de Lévis, qui m'avait demandé, à jour et heure fixe, un entretien, -est venu chez moi; notre conversation, qui s'est longtemps prolongée, m'a -confirmée dans la conviction que ce n'est pas d'ici que partent les -difficultés à la fusion. - - -_Venise, 9 avril 1853._--Nous avons senti une tempête que la _Bora_ nous -a envoyée de Trieste, en vraie rivale malicieuse. J'étais, le soir, au -palais _Vendramin_, et le canal montait si haut dans le _Canal Grande_ -que je suis arrivée chez Mme la Duchesse de Berry avec le mal de mer. -C'était une petite soirée en famille, où le whist, le thé et un peu de -conversation ont rempli une couple d'heures. Dans la matinée, j'avais été -faire une longue station au palais des _Doges_; j'y ai vu et revu des -merveilles artistiques, historiques, et de curieux manuscrits dans le -cabinet particulier du bibliothécaire. Le palais des _Doges_ est ma -grande préférence à Venise, car il semble que toutes les grandes ombres -puissent encore y être évoquées, au moindre mot, à chaque pas, à chaque -soupir. - - - M. de Bacourt étant venu passer un mois à Venise, la - correspondance subit alors une interruption. - - -_Berlin, 14 mai 1853._--Je suis arrivée, avant-hier à une heure après -midi, à Potsdam; j'ai été invitée pour le thé et le souper au Château. -J'y ai vu arriver le Duc et la Duchesse de Gênes: le Duc est beau et a -une sérieuse attitude. Je trouve seulement que son sérieux touche au -sombre et au taciturne, plus que son âge ne le comporte; du reste, sa -femme est si gaie, si fraîche, si ouverte, si naturelle, qu'évidemment -elle est heureuse. Elle ressemble infiniment d'extérieur à feu la Reine -des Belges[80], avec une expression plus gaie. Le Roi Léopold a fait ici -feu des quatre pieds pour être agréable. On trouve son fils par trop bien -élevé, tant il est poli, doucereux, courbé en humilité: la vraie école -paternelle. On dit qu'il serait beau si son long nez ne profilait pas une -ombre semblable à l'ombre classique du mont Athos (réflexion de Humboldt, -naturellement). Ici, le Ministère est divisé, la Famille Royale divisée, -la Cour divisée, les questions communales parlementaires et religieuses -en effervescence. Il paraît que c'est le chanoine Fœrster qui sera -Prince-Évêque de Breslau. Il est bon prêtre, homme d'esprit, grand -prédicateur, bon écrivain, actif ami des jésuites: il ne paye pas de -mine, il manque de calme, il n'est pas gentilhomme, mais il n'appartient, -en aucune façon, au clergé niveleur. Personnellement, je ne pouvais -désirer un meilleur choix. Il n'est point encore proclamé! - - [80] Princesse d'Orléans, fille du Roi Louis-Philippe. - -Le Roi et la Reine de Prusse m'ont beaucoup questionnée sur le Comte et -la Comtesse de Chambord, avec un intérêt visible et tendre. On n'a aucun -goût, aucune estime, aucune confiance pour Louis-Napoléon; mais on est -craintif, méticuleux; au fait, on a bien des motifs pour être prudent. - - -_Sagan, 18 mai 1853._--Je suis arrivée hier, ici, ravie de me retrouver -dans mon _home_, émue par l'accueil qui m'est fait par la population. - -Lady Westmorland m'écrit de Vienne que le Roi Léopold doit être, ce qu'il -est en effet, enchanté de l'accueil que l'Empereur et son Auguste Mère -lui font[81]. Lord Westmorland avait été invité à la parade et bien -traité par le chef de cette brillante et fidèle armée. Elle me dit aussi -que tout le parti révolutionnaire en Angleterre, avec lequel lord John -Russell et lord Palmerston ont été si longtemps en coquetterie, est -maintenant à couteaux tirés avec ces deux ministres, qui n'en ont pas -moins eu un vote éclatant en leur faveur. Dieu veuille que cela leur -donne la volonté de mieux faire et d'user, pour le bien du monde entier, -du pouvoir que ce vote leur donne. - - [81] Le Roi Léopold des Belges, dans le but de présenter aux - principales Cours de l'Europe son fils aîné, qui avait atteint sa - majorité, et qu'il voulait marier, et en même temps désireux - d'obtenir l'augmentation des garanties de l'indépendance de la - Belgique, ainsi que la conclusion d'un traité de commerce avec le - _Zoll-Verein_, entreprit, au mois de mai 1853, un voyage à Berlin - et à Vienne. Le Roi de Prusse, qui le reçut à Berlin avec une - grande affabilité, le retrouva peu de jours après dans la - capitale de l'Autriche, où Frédéric-Guillaume IV, accompagné de - son frère, le Prince Charles de Prusse, se rendit le 20 mai pour - y signer le traité de commerce austro-prussien. Le Roi put alors - assister aux fiançailles du Duc de Brabant avec l'Archiduchesse - Marie, fille de feu le Palatin. Ce mariage fut célébré le 23 août - suivant. - - -_Günthersdorf, 27 mai 1853._--Nous voici avec un Prince-Évêque nommé par -le Chapitre: c'est celui que j'annonçais. Le Roi ne tardera pas à -confirmer ce choix; et Rome, sans doute, le sanctionnera. Il est de -beaucoup préférable à celui de l'insignifiant Évêque de Münster ou du -curé spirituel, mais niveleur, de Ratibor. Il n'y a que l'Évêque de -Mayence, Mgr Kettler, que j'eusse préféré. - -Mes lettres de Vienne ne parlent que des ovations, tout exceptionnelles, -dont le Roi de Prusse y est entouré. C'est aimable, convenable et habile. -J'en suis charmée. Le mariage du Duc de Brabant avec l'Archiduchesse -Marie est déclaré. Elle a un caractère des plus vifs. - - -_Sagan, 5 juin 1853._--Quelqu'un qui a vu, il y a quelques jours, à -Berlin, le duc d'Ossuna, m'a dit que ce grand d'Espagne lui avait raconté -que, tout témoin qu'il était au mariage de l'Impératrice Eugénie, il -n'avait pu la voir, à son passage par Paris, dernièrement. L'Empereur la -tient sous un joug assez austère, et, du reste, elle est d'une santé fort -délicate. - -On me mande de Vienne que le Roi Léopold est plus enchanté de sa future -belle-fille que ne l'est l'épouseur. Mme de Metternich, avec sa rudesse -habituelle, dit que c'est unir un palefrenier à une religieuse, mais que -c'est le Duc de Brabant qui est la religieuse. - - -_Sagan, 9 juin 1853._--Toutes les lettres de Berlin ne cessent de parler -du ravissement du Roi de Prusse de son séjour à Vienne. L'Archiduchesse -Sophie arrive dans trois jours à Sans-Souci avec ses deux fils cadets. - - -_Sagan, 13 juin 1853._--Je ne puis m'empêcher dans mes méditations -solitaires de trouver que les événements paraissent se précipiter en -Orient. Assurément, l'Empereur de Russie est trop âgé pour agir en -étourdi, mais il ne l'est pas assez pour qu'on ne puisse lui supposer -l'ambition de vastes projets. Je m'imagine qu'à Paris, on pense souvent -qu'il faudrait compléter le 2 Décembre du dedans par un 2 Décembre du -dehors. Ce sont là deux gros nuages bien chargés d'électricité, aux deux -bouts du monde européen, qui courent au-devant l'un de l'autre. Je crois -bien qu'au centre on aimerait à dresser des paratonnerres, mais sera-ce -possible? Et si cela ne se pouvait, quelle guerre naîtrait de ce choc! Du -reste, il m'est revenu dernièrement qu'à Paris, on hésitait beaucoup -devant la guerre franchement révolutionnaire, qu'on s'y flatte même qu'en -n'entrant pas _immédiatement_ en Belgique, ni en Savoie, on pourrait -entrer en campagne d'accord avec l'Angleterre. Mais cela me paraît -terriblement _platonique_. La France, si éprise du luxe et du bien-être, -bénéficie de la paix; comment supporterait-elle d'en être sevrée, si on -ne lui offrait promptement les émotions et les dédommagements de la -conquête? D'ailleurs, le monde n'est-il pas mûr pour une crise -définitive? Les grands instruments de vitesse qui ont été si -merveilleusement prodigués à ce siècle, le sont-ils, dans les décrets de -la Providence, uniquement pour les trains de plaisir et les ballots de -coton? Ne sont-ce pas plutôt les bottes de sept lieues de la -civilisation, avide de rentrer en Orient? Tout cela semble, à mon petit -horizon solitaire, plus vraisemblable, quelque romanesque que cela -paraisse, que la prolongation d'un état de choses qui n'est lui-même que -la permanence du malaise et du péril pour tous les Gouvernements et pour -tous les peuples. - - -_Sagan, 19 juin 1853._--Je suis allée à Hansdorf[82] où Mme -l'Archiduchesse Sophie a désiré (selon l'itinéraire que lui avait tracé -le Roi de Prusse) dîner à deux heures pour arriver à Sans-Souci à l'heure -du thé. J'ai passé une heure à côté d'elle, à causer de mille choses -qu'elle traite avec facilité, agrément, abandon. Elle a paru fort -sensible à mon attention et au superbe bouquet que je lui ai apporté. -Elle a, depuis _bien, bien, bien_ des années, été toujours également -bonne pour moi, et je la trouve très aimable, animée, bienveillante et -spirituelle. - - [82] Hansdorf était alors la station du chemin de fer - d'embranchement de Berlin-Sagan. - - -_Dresde, 29 juin 1853._--Nous sommes arrivés ici, d'où la -Grande-Duchesse[83] est partie ce matin pour Weimar; sa fille Wasa est -malade à Pilnitz et est soignée par la Princesse Carola, ou pour mieux -dire, par Mme la Princesse Albert de Saxe, sa fille. J'apprends que le -jeune ménage est fort satisfait. Le public ne trouve pas du tout la -Princesse Carola jolie, mais on lui trouve l'air prévenant, -bienveillant; elle est fort polie et obligeante. La Famille Royale est -très contente d'elle, et le public, qui n'a pas vu ce mariage d'un bon -œil, se radoucit devant les jolies et bienveillantes façons de la jeune -Princesse. Comme le Prince Albert est très aimé et estimé, tout le pays -lui a fait de superbes cadeaux: les villes manufacturières, notamment, et -les villes de commerce, comme Leipzig, par exemple, qui a offert une -magnifique vaisselle. On ne sait où placer l'énorme quantité de choses -qui arrivent de toutes parts. - - [83] La Grande-Duchesse Stéphanie. - - -_Carlsbad, 3 juillet 1853._--Je suis arrivée hier dans cette fournaise. -Le dernier jour de Dresde, j'ai dîné chez les Redern avec le Prince -Albert de Prusse[84]. Redern, ministre de Prusse en Saxe a, de son -souverain, la permission d'inviter le Prince Albert chez lui, mais non -pas d'aller chez le Prince. Défense lui est faite de prendre notice -quelconque de l'épouse qui, dit-on, est en couches en ce moment; c'est un -peu bien près des noces. L'influence de la Reine de Prusse, pour empêcher -le Roi de permettre ce mariage (à condition de ne jamais voir la femme), -n'a jamais pu l'emporter sur les obsessions de la Princesse Charlotte de -Meiningen et de l'Impératrice de Russie. - - [84] Le Prince Albert de Prusse, qui vivait séparé de sa femme - depuis quelque temps, venait d'épouser, assez clandestinement, - une dame d'honneur de cette Princesse, Mlle de Rauch, qui reçut - le titre et le nom de comtesse de Hohenau. - -J'ai appris, à Dresde, que le Prince Wasa avait donné les beaux diamants -emportés de Suède à sa fille, la Princesse Carola, à l'occasion de son -mariage; mais aussi à la condition de ne pouvoir, ni les vendre, ni les -faire changer de monture; ils doivent rester dans la caisse du Prince -Albert, qui en est responsable, et la Princesse ne peut les porter qu'en -donnant chaque fois un reçu. On évalue cet écrin à quatre cent mille -écus. - - -_Carlsbad, 8 juillet 1853._--Le Grand-Duc de Saxe-Weimar est décidément -au plus mal. Voilà un deuil qui jettera du trouble dans le séjour de Mme -la Princesse de Prusse à Londres. Elle aime son père, et elle -s'inquiétera pour son frère, elle se préoccupera pour sa mère; enfin, -elle aura quelques soucis de plus à joindre à ceux qui, déjà, ne lui -manquent pas. - - -_Teplitz, 12 août 1853._--J'ai quitté Carlsbad sans regret; il me faut -maintenant conter, tant bien que mal, le peu qui arrive jusqu'à moi; et -d'abord le mariage de la jeune Mélanie de Metternich: elle épouse le -comte Pepy Zichy, un sien cousin, qu'elle a refusé deux fois, tant -qu'elle visait, avant 1848, à un prince de maison souveraine. - -On dit que la jeune Archiduchesse, future Duchesse de Brabant (ou plutôt -déjà Duchesse de Brabant, car le mariage par procuration a dû se célébrer -hier), a l'air bien triste. Je la plains et le jeune Duc de Brabant -aussi; car ce sont deux enfants qui se marient à contre-cœur tous deux. -La sensibilité paternelle ne s'en émeut guère. Le Roi Léopold fait son -chemin à pas discrets, mais sûrs, sans se soucier ni des aigreurs des -uns, ni des soupirs des autres; il a bien la figure de son rôle, bien -plus desséchée que vieillie! - -Son Ministre à Vienne, M. O'Sullivan de Grass, est tellement enflé de -joie, à ce qu'on dit, et d'orgueil d'être _ambassadeur_, et de ses -fonctions auprès de la Princesse, qu'il en aurait crevé, si cela avait -duré; mais après la cérémonie d'hier, il redevient Ministre, tout en -précédant, cependant, la Princesse à Bruxelles où le Prince Adolphe -Schwarzenberg l'accompagne. - -D'après ce qui me revient, je ne crois pas que l'entrevue du duc de -Nemours et du Comte de Chambord ait eu lieu jusqu'à présent. - - -_Teplitz, 15 août 1853._--Ma cousine de Chabannes m'écrit ce qui suit: -«Mme la Duchesse d'Orléans me paraît vraiment dans une sorte d'aberration -d'esprit, car ce qu'elle fait, en ce moment, y ressemble fort, et je lui -suis trop attachée pour ne pas en éprouver un vif chagrin. Vous savez -que, l'année dernière, tout en se montrant fort opposée au désir de tous -les siens, elle avait cependant fini par se soumettre à moitié, et à de -certaines conditions qui, du reste, tout naturellement, ont dû faire -échouer le projet de fusion entre les deux branches. Depuis un an, elle -se tenait à part avec une certaine affectation; mais maintenant, et à -l'occasion du voyage du duc de Nemours en Autriche, elle a déclaré ne -plus rien vouloir entendre, ni avec, ni sans condition, menaçant, si on -passait outre, _d'un éclat public_ et d'une séparation hautement avouée. -Les Princes et la Reine Amélie se plaignent de la nécessité de ne point -causer une division de plus, et de devoir tout sacrifier à l'union de -l'intérieur de leur groupe, exilé en Angleterre. Quelle déplorable -faiblesse et quelle étroite façon de juger une position aussi grave! Une -fois qu'elle se verrait toute seule de son bord, il faudrait bien qu'elle -se soumit. Mais enfin on est en terreur d'elle, Dieu sait pourquoi!» - -Voici maintenant l'extrait d'une lettre de l'obligeant Scarella, qui -m'écrit de Venise, après son retour d'un voyage à Rome, au sujet des -commissions artistiques qu'il veut bien surveiller pour moi à Venise; il -me dit: «J'ai eu occasion de me convaincre, hélas! à Rome, que le -vénérable Pontife Grégoire XVI a été bien négligé et même abandonné dans -sa dernière maladie! J'ai eu une longue audience de son successeur. Il a -daigné me parler avec confiance et grande tristesse. Il m'a avoué l'état -cruel de sa position actuelle, environnée de partis révolutionnaires qui -conspirent sans cesse. On parvient à grand'peine à les comprimer, mais -non à les détruire. L'esprit public est très mauvais dans les États -romains et en révolte contre le Gouvernement qui est faible et inactif, -incapable de conserver la tranquillité sans les troupes étrangères. Le -Gouvernement qui, il y a quelques années, a si légèrement encouragé la -révolution, n'a pas admis, jusqu'à présent, les moindres progrès -administratifs; ni chemins de fer, ni télégraphes, ni éclairage au gaz, -etc., etc... Ce Gouvernement misérable épuise la fortune de ses sujets, -sans qu'il en résulte de bénéfice pour lui-même. J'ai assisté à -l'élection du Général des Jésuites, le Père Beckx; il a été bien reçu du -Pape, quoique le Saint-Père n'aime pas cette Compagnie, si essentielle -cependant, et qui pourrait lui être bien utile. J'ai également assisté -_aux fonctions_ du chapeau donné aux deux Cardinaux français, et j'ai vu -l'illumination de la Girandole au Monte Pincio, substituée à celle du -Château Saint-Ange, occupé maintenant par le magasin à poudre des -Français.» - - -_Teplitz, 19 août 1853._--Il paraît qu'on porte des jugements fort divers -sur la nouvelle Duchesse de Brabant. On me dit que la Reine de Prusse en -fait un portrait flatteur; et avant-hier, Mme de Ficquelmont et sa fille -assuraient toutes deux que cette Princesse avait une tête charmante et -une expression pleine d'agrément dans les yeux; que c'était, en un mot, -une beauté de Rubens qui semblait faite exprès pour la Belgique; qu'en -outre, elle avait l'esprit prompt et ouvert, et que les maîtres qui -l'avaient instruite assuraient qu'elle avait une intelligence rapide et -une capacité rare. Maintenant, où est le vrai? - - -_Teplitz, 25 août 1853._--_L'Indépendance belge_ nous fait assister à la -marche triomphale de la Duchesse de Brabant. Elle doit être touchée de -l'accueil que lui fait le beau et riche pays qu'elle traverse, où les -souvenirs de ses ancêtres ressuscitent sous ses pas. - -On me mande qu'on en a une _humeur de chien_ aux Tuileries, ce que je -conçois à merveille; mais ce que je ne m'explique pas, c'est que le -Ministre de France à Bruxelles soit le seul du Corps diplomatique qui ne -se trouvera pas à son poste pour la cérémonie. - -J'ai eu les détails suivants sur ce qui vient de se passer à Ischl. -L'Empereur d'Autriche y est arrivé le 16 août au soir. Il a vu sa tante -et ses cousines de Bavière le 17, et on a été frappe de la façon -particulière et attentive dont il regardait sa cousine Élisabeth. Le 18, -au bal, il a dansé la première valse avec la sœur aînée; cette valse a -été courte; il a dansé la seconde avec la sœur cadette, qui a été -interminable. Plus tard, dans la figure du cotillon où on offre des -bouquets, il a traversé la salle et a offert le sien à la Princesse -Élisabeth. Le 19, il s'est renfermé, n'a vu personne, et à dîner, il -avait l'air très sérieux. Le 20, au matin, il a été avec sa mère, chez sa -tante, la Duchesse de Bavière, demander la main de sa cousine. Le _oui_ a -été dit sans beaucoup de difficultés. Aussitôt après, il a été avec la -fiancée et les deux mères à l'église. Une personne qui se trouvait dans -un coin de l'église, y entendant la messe pour son propre compte, les a -vus arriver, tous très émus, très pieux, et recueillis. (Ce n'était pas -un dimanche.) En sortant de l'église, le mariage a été déclaré et -aussitôt après, l'Empereur a été, en famille, passer le reste de la -journée dans les montagnes. Si l'Empereur avait écouté les désirs -particuliers de sa mère et de sa tante, la Reine de Prusse, il eût épousé -une de ses cousines germaines de Saxe; mais aucune ne lui a plu; il l'a -déclaré tout simplement, en disant qu'il n'était nullement pressé de se -marier, et qu'il n'épouserait qu'une Princesse qui lui plairait. C'est -donc une autre cousine germaine de Bavière qui lui a plu, et après avoir -pris vingt-quatre heures de solitude et de réflexion, il a passé outre. -Le comte de Ficquelmont, qui dînait hier chez moi, me disait que tout -cela était bien, en effet, dans le caractère du jeune Empereur: -«_Indépendant_, _réfléchi_ et _déterminé_.» Il aime et estime son jeune -Souverain, et je vois que c'est l'effet qu'il produit sur tous ceux qui -l'approchent. M. de Ficquelmont me citait aussi un mot du général russe -de Berg qui, après l'éclatante entrée de l'Empereur à Raab, disait aux -Autrichiens: «_Messieurs, je vous félicite d'avoir un Empereur aussi -brillant; mais ce qui vaut mieux, c'est que vous avez en lui non -seulement un Empereur, mais encore un maître._» - -La Princesse Élisabeth, étant cousine germaine de l'Empereur et Princesse -de Bavière de père et de mère, est tout à fait du bois dont on fait de -très véritables Impératrices. On la dit très agréable, de fort beaux -yeux, une jolie expression et une taille gracieuse. Elle n'aura seize ans -qu'au mois de décembre; le mariage ne se célébrera qu'après le jour de -l'An. Cette nouvelle alliance bavaroise pourrait bien ne pas plaire à -Berlin. La future belle-mère de l'Empereur est, à ce que j'ai lieu de -croire, la plus spirituelle princesse et la plus instruite de sa famille, -qui compte cependant plus d'une princesse distinguée; elle est originale, -retirée, ne sortant que peu de son château de Possenhofen, où elle a vécu -d'études et de dévouement à l'éducation de ses filles. - - -_Teplitz, 28 août 1853._--J'ai eu une nouvelle lettre d'Ischl dans -laquelle on me mande que, lorsque l'Empereur a parlé à Madame sa mère du -désir d'épouser la Princesse de Bavière, il l'a fait dans ces termes: -«_Si j'étais sûr qu'on ne persuadât et ne poussât pas la Princesse à -m'accepter, je voudrais lui demander moi-même si elle consent à partager -mon sort difficile, à m'aider à en porter le poids et à l'alléger._» On a -donc sondé la jeune personne en lui disant qu'elle ne devait consulter -que son cœur et ne regarder en rien à l'éclat de la situation. Elle a -répondu que ce n'était que cette position trop élevée et trop difficile -qui pourrait l'effrayer, car quant à la personne, elle s'y sentait -vivement attirée. L'Empereur, en recevant cette réponse, a dit au comte -O'Donnel: «_Je vous remercie aujourd'hui doublement de ce que vous avez -été pour moi, sur le bastion de Vienne._» Les deux mères auraient voulu -que la chose fût tenue secrète jusqu'à l'arrivée ou, au moins, jusqu'à la -réponse du Duc Maximilien, père de la Princesse, auquel personne n'avait -songé dans les premiers moments d'effusion; mais l'Empereur a dit qu'il -ne fallait pas que son bonheur fût caché et qu'il avait hâte de le -proclamer. - - -_Sagan, 3 septembre 1853._--On me mande de bonne source que le duc de -Broglie est converti à la fusion; c'est malheureusement bien tard, et il -n'a pas peu contribué, par son hérésie politique, à creuser l'abîme entre -les deux branches en fortifiant, pendant des années, l'obstination de Mme -la Duchesse d'Orléans. - -Qu'il est rare que les gens, même les plus honnêtes et les plus -distingués, fassent les choses _importantes_ à propos! - - -_Sagan, 6 septembre 1853._--Lady Westmorland me mande de Vienne ce qui -suit: «Nous voilà replongés dans les incertitudes et les négociations par -cette réponse de Constantinople. Je ne crois pas que cela empêche -l'accommodement que tous veulent, mais cela nous donnera encore beaucoup -de peine et de tracas[85].» - - [85] L'Église grecque, dans les Lieux Saints, empiétait sur - l'Église latine qui perdait ainsi tout droit. Appuyée par la - France, l'Église latine demanda que la question reçût un nouveau - règlement, et la Turquie fut appelée à en décider. La Russie, - croyant le moment venu d'imposer ses volontés, envoya à - Constantinople le maréchal Menschikoff, avec des propositions - dont elle exigeait la signature immédiate. La Turquie, voyant - l'abdication de son indépendance, les rejeta. La Russie envahit - aussitôt les Principautés danubiennes. C'était un _casus belli_. - L'Angleterre, la France et l'Autriche, dans l'espoir de maintenir - la paix, adressèrent à la Russie une note portant leurs trois - signatures. La Turquie, n'ayant pas accepté, sans modification, - le contenu de cette note, le Czar la rejeta, et le but que l'on - se proposait ne fut pas atteint. - - -On dit la jeune Impératrice jolie, et l'Empereur épris et très heureux. - - -_Sagan, 9 septembre 1853._--Voici ce que m'écrit d'Anjou M. de Falloux; -il revenait de faire une course à Paris. «On a trois politiques -distinctes à Paris: celle des agioteurs qui jetteraient volontiers le -Sultan dans le Bosphore pour cinq francs de hausse à la Bourse. M. de -Morny et M. Fould patronnent cette politique, et la font, à cette heure, -triompher _officiellement_. A l'extrémité opposée, la politique -révolutionnaire de la guerre ronge son frein, prépare ses chances, et -elle a ses représentants fort près aussi de l'oreille impériale. Entre -les deux se place la pensée suprême qui veut la guerre plus que M. Fould -et moins que M. de Persigny. - -«Louis-Napoléon cherche à faire tomber lord Aberdeen pour faire surgir -lord Palmerston; il ne croit pas à la possibilité d'une paix solide, mais -voudrait une entrée en campagne plausible, régulière et d'accord avec un -Ministère anglais renouvelé. On hésite donc et on hésitera encore quelque -temps, non pas entre la paix et la guerre, mais entre les différentes -façons d'entamer la guerre, puis, quand le parti sera pris, la France -s'éveillera avec son _deux décembre_ du dehors!» - - -_Sagan, 12 septembre 1853._--Il paraît certain que l'Empereur Nicolas -arrivera le 20 à Olmütz[86]. - - [86] L'Empereur Nicolas arriva, en effet, à Olmütz: il était - accompagné de son beau-frère, le Prince de Prusse, pour - s'entendre avec l'Autriche et la Prusse. Une longue conférence - eut lieu le 2 octobre, sous la tente impériale, entre les deux - Empereurs, le Prince de Prusse et MM. de Nesselrode et de Buol. - Les délibérations en restèrent d'abord secrètes, puis, on apprit - bientôt que le Czar avait fait savoir à la Porte Ottomane que ces - puissances ne lui donneraient qu'une garantie séparée de chacune - d'elles, et non pas une garantie collective, et qu'il n'y aurait - aucune solidarité entre les garants de l'intégrité et de - l'indépendance de la Turquie. La proposition austro-russe fut - repoussée à Londres comme à Paris, et absolument rejetée à - Constantinople. - -Lady Westmorland me mande ce qui suit de Vienne, en date du 9: «Je n'ai -plus aucune patience avec ces Turcs, qui refusent si sottement ce que -l'Empereur Nicolas acceptait de si bonne grâce; et maintenant, je crains -fort qu'il ne se redresse contre les exigences et les prétentions de la -Porte: nous attendons avec anxiété la réponse de Pétersbourg.» - -Il paraît que lord Stratford Redcliffe a joué le même rôle à -Constantinople que dans ses précédentes missions, et, que tout en tenant -un langage officiel calmant, il a beaucoup stimulé sous main, d'une part, -les arrogances de Menschikoff, et de l'autre, les résistances musulmanes. -On dit qu'il va être rappelé. - - -_Sagan, 22 septembre 1853._--Il ne se passe pas de semaine où il ne -faille placer un nouveau jalon mortuaire sur notre route; ce sont des -signets de deuil dans le triste livre de la vie, que nous ne feuilletons -pas avec assez d'attention, et dont la dernière page se clôt avant que -nous n'ayons bien reconnu la vraie signification de l'œuvre. Hier -encore, j'ai appris la mort de mon cousin, Paul de Médem. Sans doute, il -faut bénir la Providence de l'avoir tiré des ténèbres qui -s'épaississaient, de plus en plus, autour de son intelligence, pour le -placer au centre de cette lumière, qui seule ne s'éteint jamais. Mais -cette fin prématurée ne laisse pas que de fendre le cœur. - - -_Sagan, 25 septembre 1853._--Le prince Paul Esterhazy est à Vienne; il -est arrivé de Pesth avec les insignes royaux de Hongrie, et c'est lui qui -a porté la couronne à la cérémonie de l'église[87]. Voilà qui le -réhabilite complètement à la Cour et à la ville! J'en suis bien aise, car -je lui veux toutes sortes de bien. - - [87] Pour le mariage du Duc de Brabant. - - -M. de Salvandy, ayant dans un voyage à Nantes passé devant Rochecotte, -s'y est arrêté et y a fait une visite à Pauline[88], après laquelle il -m'a écrit une fort aimable lettre. Il y dit ce qui suit: «Mon impression -générale sur tout ce que nous voyons, c'est que les événements sont -destinés à se précipiter; qu'en gros, ils ressembleront à ce que nous -avons déjà vu, avec les différences qui me laissent partagé entre la -douloureuse crainte de ressemblances complètes, quant aux moyens, et -l'espérance d'issues plus indépendantes, plus dignes, et, par cela même, -plus durables. Je ne rentrerai en ville que fort tard; il s'est fait dans -le monde des vides qui me sont de grandes tristesses; je me sens dépaysé -dans la génération nouvelle qui remplit les salons: Mmes de Noailles, de -Maillé, d'Osmond, de moins; Mme de Boigne éteinte; M. Pasquier baisse à -vue d'œil; l'empreinte du temps atteint M. Molé. Je renonce à poursuivre -M. Guizot dans la lanterne, très peu magique, de Mme de Lieven. Le duc de -Noailles n'hérite pas, comme il l'aurait pu, de tant de successions -ouvertes; les Decazes sont abîmés entre la maladie, le Roi Jérôme et M. -Bixio. Il n'y a plus de Sainte-Aulaire, Mme Mollien est toute seule dans -l'appartement charmant qu'elle s'est fait; Mme de Châtenay, en perdant -Alexis de Saint-Priest, est restée seule dans le sien. Albert de Broglie, -qui a repris sa place dans le monde pour lequel il est fait, et dont son -père s'était exilé, va beaucoup chez les autres et n'a point de chez soi. -La duchesse de Mouchy plus aimable chaque jour, depuis qu'elle ne -s'abrite plus chez sa mère; la duchesse de Rauzan dont la santé se -détruit de plus en plus, sont mes seules amitiés vivantes. Mmes de -Choiseul et de Vogüé, qui recueillent l'héritage de leurs amitiés -défuntes, malgré une bonne grâce infinie, ne sont plus des centres, parce -qu'il s'y réunit trop de monde, trop de jeunesse, qu'il n'y a pas de -petits jours, que dès lors, on ne cause pas. Le salon de Mme de La Ferté -reste froid et austère comme elle. Le monde ancien est fini!» - - [88] Marquise de Castellane. - -Ce passage compose, ce me semble, un tableau assez rapide et assez vrai -de ce qu'est devenu le Paris de la _bonne compagnie_. - - -_Sagan, 4 octobre 1853._--Lady Westmorland me mande de Vienne en date du -2: «Mon mari est revenu d'Olmütz, avant-hier au soir, enchanté de son -séjour, et surtout très content de ses conversations avec l'Empereur -Nicolas, et de la modération de ses intentions pacifiques dont il a donné -des preuves incontestables. Hier donc, nous étions un peu remontés, en -espérant une solution, mais aujourd'hui, nous avons une dépêche -télégraphique de Constantinople du 25, qui annonce que le Sultan, poussé -par le Divan, s'est décidé à déclarer la guerre, malgré l'avis des quatre -représentants[89]. Dieu sait si cet événement ne fera pas peur à nos -commerçants en Angleterre, et n'arrêtera pas un peu les cris furibonds de -ces odieuses gazettes qui poussent à la guerre depuis si longtemps.» - - [89] Une dépêche avait apporté la déclaration formelle de la - guerre de la Porte à la Russie. Le texte en était d'abord parvenu - à la Légation ottomane à Vienne avec la condition que les - hostilités ne seraient ouvertes que dans le cas où la Russie - n'évacuerait pas les Principautés danubiennes dans les quatre - semaines. - - -_Sagan, 14 octobre 1853._--Voici l'extrait d'une lettre que le baron de -Humboldt m'écrit de Berlin, en date d'hier: «Pourquoi le Czar est-il venu -ici? Dans quel but? Qu'est-ce que cela lui rapporte? Je l'ai vu arriver, -figure de marbre de Paros, un peu vieillie avec de rares velléités -d'animation bienveillante; j'ai reçu trois poignées de main en trois -jours; de l'inquiétude dans le regard scrutateur et morose: en général, -de la politesse soutenue, mais glaciale. Je l'ai vu partir dans le -vestibule de Sans-Souci, couvrir aux adieux la Reine de ses baisers, -embrasser le Wachtmeister[90] puis revenir encore et embrasser la Reine. -J'ai résisté, pour ma part, à l'attendrissement. Je pense qu'il avait un -vif intérêt à faire croire aux Tuileries, à Londres et aux Dardanelles -que les trois puissances du Nord étaient plus familièrement d'accord que -jamais, de faire une politesse à notre Reine et de s'assurer de son -appui, de gagner huit à dix jours de temps pour avoir des nouvelles de -Constantinople, et de s'assurer avant tout de l'impression que les vagues -pourparlers d'Olmütz, renouvelés plus vaguement encore à Varsovie (sans -la moindre coopération de Manteuffel qui, en Cincinnatus vertueux, était -allé visiter ses choux de Lusace), avait produite à Londres. - - [90] Maréchal des logis. - - -«Il paraît que le Czar a préféré la voie de terre pour avoir la -possibilité, si quelque nouvelle importante arrivait, de retourner sur -ses pas, à Kiew et à Odessa. Au départ de l'Empereur Nicolas, il n'y -avait de Constantinople que des nouvelles du 26: ce matin, il en est -arrivé par télégraphe électrique du 2 octobre, confirmant simplement la -nouvelle que si, dans quarante jours, les troupes russes n'évacuaient -pas, ce qui, sans doute, restera paisiblement en leur possession jusqu'en -mai 1854, on ferait une déclaration de guerre, ce qui, dans le nouveau -dictionnaire diplomatique, ne dit aucunement qu'il y aura guerre. - -«Le Ministre de la guerre Bonin a été l'objet de grandes froideurs. M. de -Manteuffel a beaucoup insisté sur la neutralité de la Prusse; cependant, -le Czar est parti avec la ferme persuasion que si la guerre se faisait -effectivement, la Prusse lui viendrait en aide, et je crois qu'il ne se -trompe pas. Notre excellent Roi me paraît soucieux. - -«L'homme qui, aux Tuileries, ne parle pas, mais rumine d'autant plus, est -bien aise de la rupture des traités, de ces provinces occupées qui -semblent lui donner des droits analogues; sa haine personnelle et -politique est dirigée de plus en plus contre la Belgique. La -pusillanimité de Léopold lui fait espérer qu'en cédant le nord du Brabant -et Anvers à sa douce alliée la Hollande, il pourra occuper la Belgique -proprement dite, sans que les fureurs dynastiques de Windsor osent -pousser à la guerre ce bon peuple, qui ne veut pas voir troubler son -commerce et qui, dans l'occupation d'Anvers par la Hollande, verrait -s'évanouir toute rivalité dangereuse. On prouvera, par un manifeste, que -l'hydre de la révolution ne sera vaincue qu'autant que les libertés -belges ne serviront plus d'abominable contraste aux douceurs angéliques -du gouvernement absolu des Tuileries. - -«Radowitz est au plus mal; c'est un rétrécissement organique des -intestins, d'affreux vomissements en sont le résultat. - -«A Glienicke, on rêve noces et festins; on a jeté les yeux sur l'agréable -jeune Princesse de Dessau; le Prince Frédéric-Charles, dans sa -silencieuse chasteté, paraît peu empressé d'abandonner le culte de la -caserne.» - -La duchesse d'Albuféra m'écrit de Paris, en date du 10: «Pensez-vous que -la réunion de Varsovie aura amené quelque solution satisfaisante à -l'interminable affaire d'Orient? Chacun a bien assez à faire chez soi -pour se tenir tranquille au dehors. Nous avons ici bien des ennemis -intérieurs par la cherté du pain; il faut s'attendre à un hiver très -difficile; les quêtes et les pauvres vont pleuvoir; la Ville de Paris -fait un sacrifice de quarante-deux mille francs par jour pour tenir le -pain à un prix raisonnable. Comme elle s'est fort endettée par tous les -embellissements qu'elle fait de tous côtés, elle va nous cribler -d'impôts: voitures, chevaux, domestiques, pianos; tout ce qui est luxe va -payer. Le résultat ne sera pas ce qu'on croit: on ira à pied, on renverra -la moitié des domestiques et on ne fera plus de musique. Les fortunes de -Paris sont trop médiocres pour pouvoir faire face à tout.» - - -_Sagan, 21 octobre 1853._--Voici l'extrait d'une lettre que lady -Westmorland m'écrit de Vienne en date du 19: - -«Nous sommes dans un état de stagnation et d'attente, quant à la -politique. La déclaration de guerre de la Porte met nécessairement fin à -toutes les négociations pour empêcher la guerre. Maintenant, il faut -tâcher de _faire_ la paix; mais pour commencer cette tâche, on attend de -savoir de quelle manière l'Empereur Nicolas aura reçu la déclaration de -guerre. Je crois qu'il ne serait pas difficile d'arranger une paix, comme -il aurait été facile d'empêcher la guerre, si l'on n'avait affaire de -tous côtés qu'à des médiocrités. Celui qui me paraît avoir le plus -d'habileté, c'est Drouyn de l'Huys; Buol, comme mon cousin[91] à Londres, -sont de bonne foi, désirent le bien, ne manquent pas d'esprit, mais sont -tous deux de _seconde rate_[92] quand il s'agit de diriger une grande -affaire. - - [91] Lord Clarendon. - - [92] (De l'anglais), de second rang. - -«Nesselrode a commis des bévues incroyables; il faut que l'âge l'ait -paralysé; au fond, c'est lui qui a tout gâté en donnant raison à cet -esprit intrigant, haineux, rancuneux de Stratford Canning, qui a commencé -tout le mal par ses perfides conseils à Constantinople, et qui aurait été -désavoué et bafoué partout, si la stupide dépêche de Nesselrode n'eût -tout embrouillé de nouveau[93]. - - [93] M. de Nesselrode avait envoyé une dépêche datée du 7 - septembre, destinée à expliquer les motifs par lesquels - l'Empereur Nicolas avait rejeté les modifications, demandées par - le Sultan, au projet de note préparé par le Cabinet de Vienne. - Entre autres, il joignait à cette dépêche une note spéciale - adressée à M. de Meyendorff, alors ambassadeur de Russie à - Vienne, dans laquelle étaient discutées point par point les - modifications elles-mêmes. - -«On me paraît singulièrement tranquille à Vienne; on y est persuadé que -les hostilités ne peuvent commencer avant le printemps et que nous avons -six mois pour négocier. Je ne partage pas cette sécurité, et je m'attends -après le 24 à quelque coup de main. Une fois un coup de canon tiré, -qu'arrivera-t-il? En Angleterre, les gens raisonnables n'osent pas -résister à la presse radicale. Le Cabinet voit très bien les dangers de -cette guerre, mais il n'a pas le courage de résister aux fureurs de la -populace, qu'on a la faiblesse de prendre pour l'opinion publique; -celle-ci, dans les classes honorables, n'est rien moins que guerroyante. -Mon oncle[94] avait raison quand il prévoyait, avec douleur, l'importance -que le _Reform-Bill_ donnerait aux masses ignorantes. L'union de notre -Cabinet avec Louis-Napoléon est des plus intime; Louis-Napoléon y tient -beaucoup, il fait toutes les concessions que nous demandons.» Cela -durera-t-il? je ne m'y fie pas trop. - - [94] Le duc de Wellington. - - -_Sagan, 23 octobre 1853._--On m'écrit de Paris ce qui suit: «Je ne crois -pas à la guerre; l'Empereur Louis-Napoléon ne la désire pas et fera tout -son possible pour l'éviter. Nous avons déjà la disette ou à peu près, de -grands embarras financiers, d'immenses travaux entrepris de tous côtés. -Ce serait la ruine de la France au moment où on jouit du repos et du -bien-être qui suivent de grandes agitations. L'Angleterre n'est pas -franche, son Cabinet ne se soucie pas de tirer le canon; mais, pour se -maintenir et plaire à l'esprit public, irrité contre la Russie, il joue -un jeu dangereux qui pourrait nous entraîner plus loin qu'on ne le -compte. Quant aux Turcs, ils sont comme l'Ibrahim de Racine, indignes de -vivre et de mourir[95], et je ne m'intéresse à eux que par rapport à la -secousse européenne. - - [95] Allusion à ces vers de Racine dans sa tragédie de _Bajazet_: - - L'imbécile Ibrahim, sans craindre sa naissance, - Traîne, exempt de péril, une éternelle enfance. - Indigne également de vivre et de mourir, - On l'abandonne aux mains qui daignent le nourrir. - -«On me dit que la Grande-Duchesse Stéphanie arrive aujourd'hui à -Compiègne, où toute la Cour est réunie. Notre Impératrice est jolie, -frivole, insignifiante et stérile; son mari en est encore amoureux, mais -la dernière qualité, parmi celles que je vous ai énumérées, ne le flatte -pas.» - - -_Sagan, 8 novembre 1853._--Le nouvel évêque de Breslau[96], arrivé ici -avant-hier, est parti après le déjeuner; il avait, la veille, officié -pontificalement dans la grande église; et hier, il l'a fait dans l'église -de Sainte-Croix qui lui a plu singulièrement. Ma maison ressemblait à un -séminaire, tant il y avait de soutanes. Le Prince-Évêque a été fort -aimable pour tous, prenant intérêt aux personnes et aux choses. Durant -son séjour, nous avons eu, lui et moi, en trois fois, quatre heures de -conversation, seul à seule, fort instructives et intéressantes. Moins -prince de l'Église, moins imposant et moins homme du monde, aimable et -attrayant que son prédécesseur, il a autant d'esprit, plus de calme sur -certaines choses et plus d'activité pour d'autres, une piété égale, une -éloquence écrite et parlée analogue, et tout aussi remarquable: bref, -c'est un homme très distingué et très apostolique. - - [96] Mgr Fœrster. - - -_Sagan, 15 novembre 1853._--Lady Westmorland me mande ce qui suit: «Les -affaires me peinent et m'indignent, car, pendant que nous nous disputons -sur des formes et des mots, le sang coule et qui sait combien? Quand je -dis _nous_, je parle de nos gouvernements, car on ne peut être plus unis, -plus en confiance réciproque, plus sincèrement dévoués à faire le bien -que ne le sont les quatre qui travaillent ici; mais il y en a trois qui -n'ont pas les coudes libres, et de là vient toute la difficulté de faire -un arrangement quelconque. - -«Il paraît certain qu'on s'est battu le 3 ou le 4, et qu'il y a eu -beaucoup de morts et de blessés, mais qu'il reste fort incertain qui a eu -le dessus. Un rapport dit que les Turcs ont maintenu leur position à -Oltenitza et que les Russes se sont retirés; un autre dit que les Russes -ont fait reculer les Turcs[97].» - - [97] Le 3 novembre, les Turcs remportèrent un avantage notable - sur la rive valaque du Danube. Au nombre de douze mille hommes, - ils passèrent le fleuve entre Lurtukai et Oltenitza, maintinrent - leurs positions dans ce dernier endroit et s'y fortifièrent. Les - Russes firent de grandes pertes. - -Il paraît que le Père André Bobola qu'on vient de béatifier à Rome, et -qui a été un jésuite polonais, martyrisé par les Russes, il y a deux -cents ans, est l'objet d'une grande humeur de l'Empereur Nicolas, et -voici à quelle occasion: Une tradition ancienne rapporte que, lorsque -l'Église honorera particulièrement le Père Bobola, de grands malheurs -frapperont la Russie et que le sang y coulera. Cette tradition est fort -connue dans le Nord. L'Empereur ne l'ignore pas, et si peu qu'il a tâché -d'entraver à Rome cette béatification. Des prêtres lithuaniens, auxquels -les consulteurs des Rites ont écrit, pour avoir leurs témoignages sur les -miracles et le martyre du Bienheureux, et qui ne les ont pas refusés à -Rome, ont été déportés en Sibérie.» - - -_Sagan, 21 novembre 1853._--Le dernier ouvrage de Cousin dont j'entends -parler est un volume philosophique[98] dont le but serait de mettre -d'accord ses écrits d'autrefois avec ses pensées actuelles qui semblent, -Dieu merci, suivre un tout autre cours. Mais à quoi bon? nous perdons -tant de bonnes choses sur la route de la vie, qu'il est bien naturel de -nous défaire des mauvaises. Ne serait-il pas plus digne du vrai -philosophe chrétien d'en convenir tout simplement ou, mieux encore, de ne -pas en fatiguer le public, que cela n'intéresse guère et de continuer -l'histoire de Mme de Longueville qui charme tout le monde. - - [98] Vers la fin du règne de Louis-Philippe, M. Cousin comprit - qu'il était inutile de lutter contre l'ordre des choses. Sans - renoncer positivement au libre-penser, il se rapprocha des - doctrines plus saines et publia en 1853 un ouvrage intitulé _Du - vrai, du beau et du bien_. Il y faisait appel à la conciliation - et rêvait l'union des idées religieuses avec la liberté, en - émettant des regrets de nature à calmer les animosités, au sujet - des aberrations de sa vie passée. - -Je voudrais bien que Villemain fît enfin paraître son Grégoire VII[99], -ce serait une bien bonne lecture pour mes solitudes; mais, je crains -fort que le grand Pontife ne soit pas au bout de ses malheurs, et qu'il -ne reste encore captif. - - [99] L'histoire de Grégoire VII fut trouvée achevée dans les - papiers de M. Villemain et ne fut publiée qu'après sa mort, en - 1873. L'auteur en avait tracé le plan et rédigé une notable - partie à la fin de la Restauration, puis l'abandonna lorsque la - révolution de Juillet eut soufflé sur les entreprises du clergé, - et y revint dans les dernières années de sa vie. - -On dit que M. de Lamartine est très malade. Sa santé ne pourrait alors se -comparer qu'à sa fortune et à sa renommée. - -Je voudrais connaître quelque livre attachant qui me fasse passer les -langueurs de ma chaise longue; ce ne seront pas les trois derniers -volumes de l'histoire que M. Thiers a écrite sous l'empire de si -déplorables passions. La muse de l'ingratitude l'a déplorablement -inspiré[100]. Heureusement qu'il ne suffit pas d'avoir du talent pour -faire ou défaire des renommées; elles subsistent par elles-mêmes et -résistent aux folles apothéoses, comme aux iniques et ingrats -dénigrements. - - [100] Allusion à la façon malveillante et peu impartiale dont M. - Thiers avait parlé du prince de Talleyrand dans son grand - ouvrage: _Le Consulat et l'Empire_. - - -_Sagan, 10 décembre 1853._--Le duc de Noailles m'écrit ce qui suit de -Paris: «Je suis fort tourmenté de ce qui va se passer à Eisenach. On y a -expédié quelqu'un de Paris pour empêcher Mme la Duchesse d'Orléans de -recevoir le duc de Nemours, revenant de Frohsdorf. Je veux espérer que -l'entrevue aura eu lieu avant l'arrivée du messager. Le Comte de Chambord -et le duc de Nemours ont été ravis l'un de l'autre. Peut-être est-ce un -bonheur que la _Veuve_ se tienne en dehors; elle aurait plutôt compliqué, -entravé, rendu l'entente plus difficile; car elle n'y aurait pas été -assez naturellement, assez simplement. Tout ce qu'on lui demande, c'est -de ne rien compromettre, de ne rien gâter; qu'elle reste isolée, si elle -le veut, mais qu'elle n'intrigue pas, qu'elle reste passive; elle -arrivera plus tard à se soumettre. En attendant, les autres s'entendent -mieux tout seuls sans elle.» - - -_Sagan, 11 décembre 1853._--Des lettres que je viens de recevoir me -donnent quelques petites notions, dont voici l'extrait: «Il me paraît -qu'en ce moment l'Angleterre et la France consentent à une Conférence ou -Congrès à Vienne, où tous les Cabinets (turc et russe compris), -régleraient de concert l'affaire d'Orient, avec protocole ouvert et -s'intitulant, dès l'article premier: _Affaire européenne_. Si la Russie y -consent, on pourra y forcer les Turcs; mais la question est de savoir si -elle y consentira et si elle peut sortir de cette affaire sur un échec -moral, comme celui-là? car, dans les circonstances actuelles, c'en serait -un ... Mais si la Russie n'y consent pas, j'ai lieu de croire que -l'Autriche ne poussera pas plus loin le dévouement et la reconnaissance, -et qu'elle se séparerait alors de la Russie. Or, si l'Autriche se sépare -de cette puissance et se réunit plus ou moins activement à la France et à -l'Angleterre, la guerre générale ne serait plus possible.» - -«Les Cousins ont été contents l'un de l'autre à Frohsdorf, et les -Cousines aussi; j'ai pu jeter un regard sur des lettres qui l'attestent. -Le Comte de Chambord a été particulièrement ravi de sa cousine Clémentine -de Cobourg et a dit: «_J'ai vu enfin une princesse française._» Le duc de -Nemours, qui s'était rendu près de Mme la Duchesse d'Orléans pour lui -tout expliquer, n'a pas été reçu par elle, et elle a même empêché ses -fils de voir leur oncle. - -«Il m'est revenu que M. Thiers n'approuvait pas l'entente entre les deux -branches, mais qu'il l'acceptait, et il ajoute qu'il est persuadé qu'à sa -majorité le comte de Paris imitera l'exemple du duc de Nemours. M. -Thiers, à ce qu'on m'assure, n'aime pas la branche aînée, mais il hait, -avant tout, ce qui gouverne aujourd'hui.» - - -_Sagan, 23 décembre 1853._--Lady Westmorland me mande ceci: «Mon -impression est que lord Palmerston produira une secousse qui fera crouler -la machine[101]. Je crois que Stratford Canning, qui a fait tant de mal, -fait à présent des efforts sincères pour l'arrêter; mais je doute de son -pouvoir à calmer ce qu'il a fomenté et suscité.» - - [101] Le 18 décembre 1853, lord Palmerston, qui voulait devenir - Premier ministre, et qui n'était alors que ministre de - l'intérieur dans le Cabinet wigh-peelite, donna sa démission, en - refusant d'accepter le nouveau bill de _Réforme électorale_, - proposé par lord John Russell dans le sein du Cabinet; puis, sous - le prétexte d'une méprise qui se serait dissipée, il reprit son - portefeuille, qu'il n'avait jamais sérieusement abandonné. Ce ne - fut que le 8 février 1855 que lord Palmerston parvint à - remplacer, comme premier Lord de la Trésorerie, lord Aberdeen, à - la joie de Constantinople et à la stupeur de la Russie. - -M. de Radowitz est mort, après de longues et poignantes douleurs, d'une -maladie analogue à celle du feu Cardinal Prince-Évêque de Breslau. -Certes, je n'aimais pas l'influence politique de M. de Radowitz sur le -Roi, influence qui, à une époque donnée, a porté grand dommage à son -gouvernement; mais sa mort n'en est pas moins regrettable, aujourd'hui -qu'il n'était plus ministre. C'était, dans la vie privée, un homme des -plus honorables; ses facultés intellectuelles, sa science, sa prodigieuse -mémoire, son aptitude dans toutes les branches, excepté la politique, en -faisaient un être à part de la plus rare distinction; il y a, en ce -moment, si peu d'hommes qui s'élèvent au-dessus de la médiocrité, qu'on -ne saurait trop regretter les deux ou trois âmes qui dominent encore de -fort marécageuses vallées. La Prusse perd, en moins d'un an, deux appuis -du catholicisme, si cruellement battu en brèche par l'insidieux piétisme -protestant: le cardinal de Diepenbrock et M. de Radowitz. Ce dernier -était ferme dans sa foi, et son crédit auprès du Roi était un appui pour -ses coreligionnaires. Dieu veut nous ôter notre dernier «_chevet_», mais -pour continuer avec Bossuet, il faut ajouter: «_Puis il agit._» Espérons -donc qu'à travers tant de pertes et d'attaques, l'Église triomphera et -qu'elle se montrera d'autant plus forte, qu'elle aura moins d'appui. Le -Roi sera personnellement très affligé de la perte d'un homme avec lequel -la tournure particulière de son esprit et de son imagination trouvait une -pâture toujours abondante. - -_Sagan, 31 décembre 1853._--M. de Humboldt m'écrit ce qui suit de Berlin: -«La mort de Radowitz est un événement qui sans doute affecte le Monarque; -mais on dit qu'un mémoire de Radowitz, que le Roi lui avait demandé sur -les changements à introduire dans la Constitution, quelque temps avant sa -maladie, a été si libéral et blâmant si franchement ce que l'on fait -réactionnairement, qu'il s'en était suivi quelque froideur; cela -expliquerait le calme royal pendant la maladie et les visites rares et -tardives faites au moribond. - -«La famille Radowitz en a été très affligée et moi-même, j'en ai été très -surpris. Pour les personnes qui ont regardé l'excentricité des conseils -de Radowitz comme peu utiles auprès d'un Roi à imagination mobile (par -exemple la Reine), elles doivent trouver cette mort un accident très -commode. - -«L'homme était doué d'une puissante intelligence, d'une noble nature, -sincère, consciencieux, vertueux, mais voulant toujours l'impossible. De -formes arrogantes, offrant un mélange bizarre d'aristocratie et de -théologie, appartenant au moyen âge, fortement saupoudré du libéralisme -le plus moderne, sermonnant avec talent, mais incapable de causer, doux -et aimable dans son intérieur où il était déifié. - -«Le Roi se flatte que les éclatantes victoires remportées par les Russes -vont disposer l'Empereur, son auguste beau-frère, aux idées pacifiques; -moi, je crains, au contraire, l'engouement et le fanatisme du parti -ultra-russe, ainsi que l'influence du clergé grec; je crains aussi le -désespoir des Turcs qui leur inspirerait de fatales violences[102]. - - [102] L'amiral russe Dachinoff avait remporté, le 30 novembre, - une éclatante victoire dans la mer Noire, près de Synope, sur une - division navale turque, commandée par Osman-Pacha, qui fut fait - prisonnier et vit tous ses navires détruits. Quelques jours plus - tard, le général russe Andranikoff battait les Turcs sur terre à - Aikaizick. Ils perdirent quatre mille hommes dans ce sanglant - combat. - -«Deux mystères occupent ici la faible partie du public qui en a eu vent, -jusqu'à présent. La mission d'Albert Pourtalès à Londres et la course -rapide que Bunsen a faite pour affaires politiques, à Paris, dont il est, -du reste, déjà revenu[103]. Quel peut avoir été le but de ce voyage d'un -ministre de Prusse à Paris, si ce n'est pour disposer les Tuileries -favorablement pour Saint-Pétersbourg? mais alors, comment employer -Bunsen, la bête noire de Brunnow et de la Russie? Vous avez très bien -deviné, comme toujours, quel était le but de lord Palmerston! - - [103] Le comte Pourtalès à Londres et M. de Bunsen à Paris - avaient pour mission de s'assurer des déterminations positives - des puissances occidentales, dans le but de dessiner la part de - la Prusse à l'action commune; on espérait ainsi avoir une - influence considérable sur l'Autriche, qui, si elle devait se - ranger du côté de la Russie, se trouverait fort embarrassée par - l'hostilité de la France à l'ouest, et par sa grande rivale - allemande au nord. - -«Il est rentré plus puissant que jamais, et le mot prononcé lors de sa -retraite dans le _Moniteur officiel_ de France, prouve qu'il mettra les -fers au feu, conjointement avec _l'homme taciturne_ des Tuileries. L'idée -d'occuper la mer Noire, comme on occupe la terre ferme, de montrer les -dents sans se battre, me paraît une folie insigne[104].» - - [104] A la réception de la dépêche annonçant le combat naval de - Synope, les Gouvernements de France et d'Angleterre envoyèrent à - leurs amiraux respectifs l'ordre d'entrer immédiatement dans la - mer Noire; par suite de quoi, les vaisseaux russes se trouvèrent - bloqués à Sébastopol, et la Turquie put travailler librement à - son ravitaillement. - -Voici donc le Prince Albert qui paraît en arriver, quoiqu'un peu plus -tard, au même point que jadis son oncle Léopold: c'est-à-dire d'être -détesté en Angleterre pour ses ambitieuses influences[105]. On croit -qu'il fera une course, soit à Cobourg, soit à Lisbonne, pour se -soustraire aux avanies que lui destine le _Mob_[106]. - - [105] On faisait courir en Angleterre mille bruits absurdes sur - l'influence que le Prince Albert cherchait à prendre dans les - affaires politiques et même sur ses ambitions personnelles pour - accaparer l'autorité. La populace commençait à s'en montrer très - irritée. - - [106] De l'anglais: la populace. - - - - -1854 - - -_Sagan, 5 janvier 1854._--Lady Westmorland m'écrit de Vienne du 3: «Cette -nouvelle année s'ouvre bien tristement. Je ne vois pas de possibilité de -paix depuis la déclaration qui accompagne l'envoi des flottes dans la mer -Noire. Cette pièce est venue briser l'espoir que nous avions d'un bon -résultat aux démarches faites par les quatre Puissances réunies, et -auxquelles la réponse n'est point encore arrivée de Constantinople.» - - -_Sagan, 7 janvier 1854._--J'ai lu les cent premières pages de l'ouvrage -de Villemain intitulé: _Souvenirs historiques et littéraires_[107]. -Assurément, je suis ravie du style, des pensées, des jugements. -Seulement, comme j'ai connu M. de Narbonne, je m'avise de penser et même -de dire, tout bas, que Villemain s'est amusé à _fabriquer_ un M. de -Narbonne. Le véritable était autre. Mais à une époque où on dit et où on -croit du mal de tout le monde, même de ceux auxquels on a été le plus -redevable, on est bien aise de voir quelqu'un trompé par la louange. Du -reste, l'erreur n'est certainement pas involontaire: c'est un cadre bien -choisi et spirituellement rempli pour stigmatiser le présent qui déplaît, -à juste titre, par le contraste avec le passé. Pour ce qui regarde les -passages sur M. de Talleyrand, j'aurais voulu une impartialité moins -absolue. Le jugement est sans haine, sans aigreur, peut-être même sans -injustice; mais aussi, il est sans faveur, et fort en deçà, comme -bienveillance, de la part que M. Villemain fait à M. de Talleyrand dans -les pages si belles que l'ingratitude de Thiers lui a inspirées. -Villemain touche même à l'injustice en représentant M. de Talleyrand -comme beaucoup plus insouciant et froid pour ses amis, qu'il ne l'était -en effet. Je me souviens, du reste, fort bien que M. de Narbonne et M. de -Choiseul se plaignaient que leur ancien camarade de collège leur rendait -bien moins de services qu'à Montrond, Sainte-Foix et Cie. Certes, M. -de Talleyrand avait tort de se laisser arracher pieds et ailes par des -gens tarés; mais M. de Choiseul oubliait cinquante mille francs qu'il -devait à mon oncle, et dont celui-ci a fait généreusement remise à sa -succession; et, quant à M. de Narbonne, qu'il trouvait spirituel causeur -et aimable convive, il n'en faisait aucun cas comme homme politique, ni -même comme homme privé. M. de Talleyrand prétendait que Mme de Staël -faisait ses discours pendant son ministère de la guerre, même ses -rapports sur l'état de l'armée et des forteresses; il avait mille contes -plaisants à ce sujet. - - [107] Ce volume était la première partie des _Souvenirs - littéraires_ de M. Villemain, qui publia la seconde deux ans - après. - -M. de Narbonne a longtemps vécu des privations que s'imposaient la -généreuse abnégation et l'aveugle dévouement de la vicomtesse de Laval, -dont M. de Narbonne acceptait les sacrifices sans ménager son amie, ni -dans ses propos, ni dans ses actions. M. de Narbonne a laissé des dettes -à Vienne, que M. de Talleyrand, lors du Congrès, s'est hâté de payer pour -ne pas ébruiter des désordres qui auraient souillé la mémoire de son ami -d'enfance. Voilà ce que Villemain ignore sans doute, et qu'il n'eût pas -été à propos de citer; seulement, la froideur qu'il reproche à M. de -Talleyrand n'était pas réelle, ou s'il en éprouvait pour M. de Narbonne, -elle était motivée. - -Des trois amis, que j'ai connus d'assez près pour les juger, quoique je -fusse fort jeune encore, lors de la mort de M. de Narbonne, le plus -aimable, le plus simple, celui dont le goût était le plus fin et les -façons les plus nobles, était assurément M. de Talleyrand, et cela à -grande distance. - -M. de Choiseul qui, tout d'abord, à mon arrivée en France, quand j'avais -quinze ans, m'avait prise en amitié, prédisait à M. de Talleyrand, qui ne -s'en doutait pas, que j'avais de l'esprit et que je serais distinguée un -jour. M. de Choiseul que j'aimais et qui a passé beaucoup de temps chez -moi, à Rosny et à Paris, M. de Choiseul était le plus instruit des trois, -d'un commerce sûr, d'une conversation un peu trop abondante pour être -vive, mais toujours instructive et attachante, sans éclat, mais du goût -d'ailleurs le plus irréprochable. Celui de M. de Narbonne était souvent -fort risqué, surtout avec les jeunes femmes, il aimait les antithèses et -visait à l'effet; _il brillantait trop_. A un âge où il aurait été plus -convenable d'imiter les allures paternelles de M. de Choiseul, il -conservait celles qui jadis lui avaient valu des succès d'un autre -genre. - -Je me souviens qu'il avait pris à tâche de m'éblouir, il ne parvenait -qu'à m'embarrasser. Un jour, à un petit dîner chez ma mère, où chacun -entendait ce que disaient les autres, M. de Narbonne se mit à me faire -des compliments très directs, mais sous la forme de contre-vérités, -parlant de mes petits yeux, de mes airs à la fois gauches et féroces, -etc. Je ne comprenais pas bien, et mes dix-sept ans ne trouvaient pas de -répliques à une langue dont le dictionnaire était fermé pour moi. M. de -Talleyrand me prit en pitié, ou plutôt, bien aise de donner un coup de -patte à M. de Narbonne, il reprit tout haut: «Tais-toi, Narbonne, Mme de -Périgord est trop jeune pour te comprendre et trop allemande pour -t'apprécier.» Parler de ma jeunesse était une critique pour l'un, parler -de mon _allemanderie_ une critique pour l'autre. Il y en avait donc pour -chacun, mais même, en me laissant arracher plume de mon aile, je sus gré -à mon oncle de m'avoir délivrée de mon persécuteur. - -Les hommes de cette époque, et j'en ai encore vu et connu plus d'un, -m'ont toujours semblé mettre bien plus leur esprit dans la conversation -que dans leurs actions, leurs affaires et leurs correspondances privées. - - -_Sagan, 9 janvier 1854._--Je suis à moitié du livre de Villemain; j'y -trouve un peu trop de _conversation faite_. Il est évident que si le fond -des pensées, des opinions est exact, que, si même quelques expressions -sont originales, il est cependant impossible que _le mot à mot_ soit -textuel, car il aurait fallu que, dans le tête-à-tête de l'Empereur -Napoléon et de M. de Narbonne, ils eussent été l'un et l'autre des -sténographes. Dès lors, il y a trop de Villemain dans ces longues -citations, ce qui leur ôte de l'importance historique, quoique le style -de l'écrivain reste charmant et brillant, sage, habile et élégant; -seulement, il y a un peu trop de prévisions, _après coup_. - - -_Berlin, 15 janvier 1854._--M. de Humboldt m'a parlé avant-hier de M. de -Narbonne et de M. Villemain; il n'honore pas beaucoup la mémoire de l'un, -ni le caractère du second. - -Ici, il y a une disposition généralement soucieuse; il me semble entendre -murmurer que la neutralité sera bien difficile à conserver; et, si on la -rompt ici, ce ne sera pas au profit de l'alliance française. - -J'ai achevé la lecture de Villemain, les morceaux sur la Sorbonne et sur -M. de Feletz contiennent de jolies, de justes et bienveillantes phrases -sur M. de Talleyrand. Les allusions critiques contre Louis-Napoléon y -sont plus claires encore, un peu trop tirées par les cheveux; mais cela -m'a plu beaucoup, comme langue et comme mouvement. - -J'ai lu l'article de Cousin sur Mme de Sablé dans la _Revue des Deux -Mondes_[108]. On voit bien que Cousin n'en n'est pas rétrospectivement -amoureux, comme de Mme de Longueville; c'est pâle et froid, mais c'est -une silhouette de plus, d'un temps dont j'aime jusqu'aux découpures. -Comme Cousin garde rancune à Mme de Sablé de ne pas s'être exposée à la -petite vérole de Mme de Longueville! C'est drôle d'être si fort d'un -autre temps, quand on est tellement du sien: bourgeois et philosophe, -converti à la Fronde et à Port-Royal. - - [108] Comme suite à son premier volume sur Mme de Longueville, - Cousin fit paraître en 1854 une étude sur Mme de Sablé, - poursuivant ainsi ses publications sur les femmes de la société - du dix-septième siècle. - -Ce sont là, du reste, de bonnes conversions au moins! Il y en a de tout -aussi inattendues qui n'ont pas la même grâce, témoin MM. de La -Rochejaquelein et Pastoret[109]. - - [109] M. de La Rochejaquelein, partisan du suffrage universel, - s'était rallié au coup d'État, après avoir rompu avec les - légitimistes de la rue de Poitiers, ainsi qu'avec M. le Comte de - Chambord. M. de Pastoret, qui avait refusé en 1830 de prêter - serment à Louis-Philippe, avait trempé dans le complot des tours - de Notre-Dame, se montra sympathique au gouvernement du Prince - Louis-Napoléon, qui le nomma sénateur en 1853. - -Le maréchal Radetzky perd à peine une habitude en perdant sa femme, -habitude qui avait été vingt-cinq ans interrompue pour raisons très -multipliées[110]. - - [110] La comtesse Radetzky de Ravez était morte à Vérone, le 12 - janvier, des suites d'une fluxion de poitrine. - -On fera à Berlin les plus grands efforts pour prolonger la neutralité; -mais, si on était _absolument forcé_ d'y renoncer, je ne crois pas que ce -soit au profit de l'alliance anglo-française. On dit ici que M. de -Nesselrode est tombé sérieusement malade. Nouvelle complication. Il -paraît qu'il était fortement prononcé contre la guerre et que toute cette -affaire lui a fait faire bien du mauvais sang. - - -_Berlin, 24 janvier 1854._--On n'entend parler que de maladies et de -guerre. Quelle triste perspective! J'apprends à l'instant qu'Orloff est -attendu ici aujourd'hui. On se demande pourquoi, et on est fort -agité[111]. - - [111] L'Empereur Nicolas comprenant l'importance de l'Union des - Puissances belligérantes tentait, alors, par un vigoureux effort - de rompre l'accord de la Conférence de Vienne et de rattacher à - sa cause l'Autriche et la Prusse. Ce fut le but de la mission du - comte Orloff. La lettre autographe de son maître, dont le comte - Orloff était porteur pour l'Empereur d'Autriche, lui demandait de - prendre, conjointement avec le Roi de Prusse, vis-à-vis de lui, - l'engagement d'observer une neutralité stricte, pendant toute la - durée de la guerre; mais François-Joseph s'y refusa nettement, le - Czar ne voulant pas donner la promesse de ne pas franchir le - Danube et de ne pas troubler l'ordre et la possession - territoriale de l'Empire turc. A Berlin, l'Empereur Nicolas - voulut traiter l'affaire comme en famille. Il en chargea tout - simplement son représentant accrédité à cette Cour, le baron de - Budberg. Celui-ci se servit, en cette occasion, de l'intervention - du Ministre de la maison du Roi et non de celle du Ministre des - Affaires étrangères. M. de Manteuffel, blessé de ce procédé, - donna sa démission qui ne fut pas acceptée, et le baron de - Budberg fut éconduit moins courtoisement que ne l'eût été le - comte Orloff. - -Les gazettes de Berlin disent qu'Orloff est à Vienne; celles de Vienne -qu'il est à Berlin. C'est drôle, mais ce n'est pas risible. - -L'Autriche est très aigrie contre les Turcs qui, au lieu d'accomplir la -clause du traité conclu avec Vienne, par laquelle la Porte s'engageait à -interner en Asie les réfugiés, sujets autrichiens, les laisse tous venir -se mêler activement à la lutte sur le Danube. L'Autriche vient en -conséquence de faire marcher un corps considérable d'observation vers les -frontières ottomanes. La Russie a proposé à Vienne et ici, un traité par -lequel la neutralité de la Prusse et de l'Autriche serait reconnue pour -le moment, mais aussi par lequel la Russie, la Prusse et l'Autriche -s'engageraient à s'entr'aider réciproquement pour maintenir l'intégrité -de leurs territoires respectifs, dans le cas où cette intégrité se -trouverait violée sur un point quelconque. Cette proposition n'a reçu, -jusqu'ici, du Cabinet prussien, que des réponses évasives. - -L'Autriche, qui prévoit des attaques en Italie, pourrait s'y montrer plus -favorable; il y a, du reste, des personnes qui prétendent que les -vaisseaux anglais voudront pénétrer assez avant dans la Baltique pour -exciter des mouvements dans la Pologne russe, qui ne s'arrêteraient pas -là, et qui feraient immédiatement soulever la Pologne prussienne, ce qui -ne permettrait pas au Cabinet de Berlin de rester neutre. Tout est -compliqué et le lendemain n'appartient plus à la veille. - - -_Berlin, 1er février 1854._--Nous voici au début d'un mois qui -éclaircira l'horizon politique; mais j'ai peur que ce ne soit bien plus à -coups de canon, que par les rayons d'un joyeux soleil, que les nuages ne -se rompent. - -Orloff est bien décidément à Vienne; il y a des personnes qui croient -que, vu les réponses évasives faites ici à M. de Budberg, Orloff ne se -souciera, ni de les modifier, ni de les entendre confirmer. - -J'ai vu une lettre de Paris qui annonce que, bien décidément, Brunnow et -Kisséleff s'en vont, que Mme de Lieven est au désespoir, mais qu'elle se -dispose à suivre ce dernier à Bruxelles. On ajoute que la France et -l'Angleterre n'admettent pas que la Prusse et l'Autriche restent simples -spectatrices de la lutte; et que l'on ne tardera pas, de Paris et de -Londres, à les mettre en demeure de se prononcer en impliquant -tacitement: à bon entendeur salut; que, si on ne se réunit pas à -l'Occident pour combattre le Czar, l'Italie sera soulevée, et les -provinces rhénanes de même, par des irruptions armées auxquelles les -populations seraient fort disposées à répondre. De l'autre côté, -l'Empereur Nicolas pourrait bien faire des propositions plus ou moins -menaçantes. Il est certain que pour ici le moment est bien embarrassant -et bien gros d'éventualités. - - -_Berlin, 4 février 1854._--Le but de la mission d'Orloff à Vienne est -tenu fort secret; on en est à des conjectures; ce qui est certain, c'est -qu'elle ne mène pas à la paix entre l'Occident et l'Orient. Il est fort -douteux qu'il vienne ici. A Vienne et à Berlin, on a répondu à M. de -Bourqueney, qui voulait faire modifier cette neutralité au profit de son -gouvernement, qu'on la conserverait réelle tant qu'on ne chercherait pas -à susciter des embarras à l'Autriche en Italie; mais, qu'à la première -étincelle, la neutralité autrichienne se romprait en faveur de la Russie. - -On m'écrit de Paris qu'on y attend le Duc et la Duchesse de Brabant en -échange de la visite du prince Napoléon à Bruxelles[112]. Il paraît que -lord Palmerston pour éviter, _le cas échéant_, que la France ne fît -irruption conquérante en Belgique, aurait rapproche les deux Cours de -Laeken et des Tuileries, et négocié ces visites. Il faut convenir que si -le Duc et la Duchesse de Brabant vont aux Tuileries, _lui_, portera un -grand sacrifice à l'_intégrité_ de la Belgique, car le petit-fils de -Louis-Philippe, surtout après les décrets du 22 janvier[113], rentrant -aux Tuileries comme hôte de Louis-Napoléon, quelle tache et quelle -amertume! - - [112] Le 30 janvier 1854, le prince Napoléon fit à Bruxelles une - visite toute de courtoisie, très officielle, mais sans mission - politique spéciale. - - [113] Allusion aux décrets du 22 janvier 1852, relatifs à la - confiscation des biens de la famille d'Orléans. - - -_Berlin, 8 février 1854._--Le départ des diplomates russes est accompli à -Londres et à Paris. Orloff et Budberg n'ont rien obtenu ni à Vienne, ni -ici, mais Bourqueney et de Moustiers n'ont rien obtenu non plus. On se -tient dans la plus rigoureuse neutralité; elle coûte à la reconnaissance -de l'Empereur d'Autriche ainsi qu'aux liens de parenté de la Prusse. -Ainsi on cherchera à maintenir l'équilibre le plus longtemps que faire se -pourra. Mais, ou il faudra que l'Empereur Nicolas cède, ce dont je doute, -ou que les Puissances allemandes l'aident efficacement, ce qui est contre -leurs intérêts, ou qu'elles le combattent avec la France et l'Angleterre, -ce qui est contre leur goût; car, pour maintenir _longtemps_ cette -rigoureuse neutralité proclamée aujourd'hui, je ne crois pas que cela se -puisse. - - -_Berlin, 12 février 1854._--Le comte de Stolberg est mort, âgé de -soixante-neuf ans, plein de vie, de force, de santé et de vertu; -serviteur dévoué du Roi, père de famille excellent, ami sûr et -affectueux, _le seul_ grand seigneur dans _l'âme_ et dans les _formes_ -qui restât ici; il a fini sa vie laborieuse en chrétien, après cinq -jours d'une maladie aussi inattendue que fatale. Il s'était écorché à la -jambe à la chasse du Roi; il n'a pas soigné ce mal qui, en un rien de -temps, a amené un érésipèle; celui-ci a tourné immédiatement à la -gangrène, et tout a été fini. Le Comte était venu chez moi le samedi 4, -au soir, il était resté bien longtemps seul à seule à causer de bien des -choses qui le préoccupaient dans l'intérêt de son maître. Le dimanche 5, -il m'a écrit pour me donner un renseignement que je lui avais demandé; le -lundi, il s'est couché, et hier samedi, il est mort à l'heure même où il -devait dîner chez moi. Je suis très affectée de cette perte; il m'avait -rendu de très bons offices, son zèle pour moi augmentait en raison d'une -connaissance plus approfondie de mon caractère qui lui inspirait estime -et confiance. Tout cela est fini. Du reste, il était personnellement bien -fatigué, et dégoûté de sa tâche, que son dévouement chevaleresque pour -son maître pouvait seul lui faire supporter. Il est au repos maintenant, -repos bien mérité et que Dieu lui rendra particulièrement doux et -lumineux, car il a porté pieusement _la lourdeur et la chaleur_ du jour, -comme dit l'Écriture. - -On n'en est encore à Vienne et à Berlin qu'à la neutralité; les -affections de famille combattront longtemps encore ici une union étroite -contre la Russie; cependant, elles ne seront pas insurmontables. A -Vienne, on se prêterait plus facilement à une entente, si déjà on ne -croyait à des intrigues révolutionnaires fomentées par les Puissances -occidentales en Italie et par la mauvaise foi des Turcs qui, -contrairement aux traités, emploient des réfugiés hongrois sur le -Danube. Tout est suspens, incertitude, obscurité. - - -_Berlin, 17 février 1854._--Les femmes assistant ici aux cérémonies -funèbres, dont elles sont exclues en France, j'ai été à la bénédiction ou -lever du corps du comte de Stolberg. Un monde énorme s'était réuni à la -maison mortuaire, à commencer par le Roi et la Reine qui étaient tous -deux en larmes et suffoquant de sanglots. Les chants, la liturgie et -surtout le discours du pasteur protestant, parfaitement simple et doux, -comme l'était celui dont il avait à parler; tout l'arrangement matériel -de la grande salle où se trouvait la bière (il était sept heures du -soir), tout était en harmonie et m'a fait une impression profonde. - -Je viens de lire la lettre de Louis-Napoléon au Czar, qui est dans tous -les journaux; il ne m'appartient pas d'en discuter la justice et -l'exactitude politique, mais en tout cas, je trouve de la dernière -inconvenance de publier une lettre confidentielle, de souverain à -souverain, sans même en avoir attendu la réponse. Voilà une façon de -faire, révolutionnaire s'il en fut[114]. Il me semble de la disposition -des esprits ici, qu'il y a une confusion inimaginable, des factions et -des scissions à l'infini, et à tout prendre, un grand dégoût des formes -représentatives, auxquelles le pays n'est pas accoutumé, qui dérangent la -vie privée de chacun, blessant les uns sans satisfaire les autres. Les -Prussiens des bords du Rhin, plus rapprochés de cette forme de -gouvernement, se trouvent en opposition avec les mœurs, les coutumes et -les tendances des anciennes provinces. Il résulte de l'indifférence des -uns, des dégoûts des autres, de la vivacité de certains groupes, de -grandes aigreurs sociales et une stagnation fatale pour les intérêts de -la localité qui restent en suspens. - - [114] La diplomatie officielle et régulière étant à bout de - ressources, l'Empereur Napoléon III avait, avec l'assentiment du - Gouvernement anglais, écrit à l'Empereur Nicolas une lettre - confidentielle où il se montrait très désireux d'une conclusion - pacifique et proposant de signer, tout d'abord, un armistice, - pour reprendre ensuite le cours régulier diplomatique. A la date - du 8 février, l'Empereur Nicolas répondait négativement à cette - lettre, qui fut fort indiscrètement publiée dans les journaux; et - il la faisait suivre d'un manifeste adressé au peuple russe sur - sa mésintelligence avec la Porte Ottomane. Le Czar y évoquait le - souvenir de l'année 1812 et attestait la valeur déployée par son - peuple dans ces fastes mémorables. - -On accuse le Prince et la Princesse de Prusse d'avoir fait dévier par -leur influence la fraction Hohenlohe[115] et de l'avoir jetée à gauche -pour faire crouler M. de Westphalen, ministre de l'Intérieur, qui seul, -dans le Cabinet, appartenait à la droite pure. Le Ministre du Commerce -est un Rhénan dont les tendances sont différentes. M. de Manteuffel se -laisse ballotter et ne sait comment suffire tout à la fois aux grandes -complications extérieures et aux irritantes questions intérieures. En un -mot, il y a des tiraillements et un décousu déplorables. - - [115] Un parti, ayant à sa tête le prince Adolphe de - Hohenlohe-Ingelfingen, représentait à la Chambre prussienne la - nuance des _Conservateurs-libéraux_. Dans la session de 1854, une - proposition faite par le comte Westphalen, se rapportant à l'état - des communes pour les six provinces orientales n'ayant pu aboutir - à une solution dans la Commission constituée pour en délibérer, - des membres des divers partis libéraux, auxquels se joignirent - ceux de la fraction Hohenlohe, composèrent un nouveau projet, - modifiant la proposition du Gouvernement et demandant qu'il fût - examiné par la Commission. Cette demande, qui s'appelait _la - demande de la fraction Hohenlohe_, fut rudement attaqué par le - parti de la _Kreuzzeitung_. - -Quant à ce qui est de la politique extérieure, il me semble voir quatre -partis se dessiner très nettement. Le _parti russe_ qui aurait voulu que -les propositions Budberg-Orloff fussent acceptées, qui tremble de la -rupture plus marquée avec la Russie et qui cherche à l'empêcher par -toutes les influences de famille. Peut-être, pourrait-on personnifier ce -parti plus précisément en disant qu'il se place sous l'étendard du Prince -Charles de Prusse. - -Puis vient le _parti autrichien_ qui désire, avant tout, que les Cabinets -de Vienne et de Berlin se tiennent fermement unis dans une neutralité -armée, et également armée contre l'Ouest et l'Orient, alliance à laquelle -se rattacherait toute l'Allemagne; celle-ci se fractionnerait si -l'Autriche et la Prusse ne marchaient pas identiquement ensemble; et une -fois l'Allemagne scindée, elle deviendrait bien vite la pâture de ses -ambitieux voisins. Peut-être la Reine est-elle la personne dans laquelle -ce parti autrichien trouve le plus de sympathie. - -Le troisième parti est celui qui se sentirait disposé à une _quadruple -alliance_ et qui abandonnerait la neutralité pour arrêter d'une part, les -mouvements révolutionnaires, et de l'autre, les mouvements agressifs des -Moscovites; je ne serais pas étonnée que ce fût là le secret désir de M. -de Manteuffel, qui y trouve encore quelques obstacles dans les affections -de famille, les liens de parenté et dans la reconnaissance qu'on conserve -encore en Autriche pour les secours reçus, il y a quatre ans, en Hongrie. -M. de Manteuffel n'est pas quelqu'un qui sache donner une impulsion -marquée; il n'a pas d'ailleurs beaucoup d'usage diplomatique, il n'en -manie pas bien la langue, il se laisse trop absorber par les -ferraillements des Chambres qui, ici, n'ont en vérité d'autre importance -que celle qu'on veut bien leur donner encore, tant elles sont peu dans -les mœurs. - -Enfin, il y a un quatrième parti, le plus vif, le plus actif de tous, qui -est hautement conduit par la Cour de Coblentz[116]: c'est le _parti -anglais_ qui pousse à conclure une alliance intime avec Saint-James et -les Tuileries, sans se soucier du parti que prendrait l'Autriche, sans -s'arrêter au déchirement qui en résulterait pour l'Allemagne et la -faiblesse qui en naîtrait pour elle tout entière. Je crois avoir tracé un -tableau très vrai de ce clavier qui rend des sons assez peu harmonieux. - - [116] Le parti du Prince et de la Princesse de Prusse était ainsi - désigné. - - -_Berlin, 21 février 1854._--Dans ce pays-ci, les formes -constitutionnelles entrent plus aisément dans les esprits et les mœurs -de telle province que de telle autre. Le malheur de la Prusse est d'être -une agglomération successive de parties hétérogènes, différentes, souvent -opposées dans leurs intérêts matériels, leurs traditions, leurs -sympathies; ce qui peut convenir aux uns déplaît aux autres; ce qui est -utile à ceux-ci est nuisible à ceux-là; c'est une grande plaie à laquelle -je ne connais pas de vrai remède. Ainsi, cette manie constitutionnelle -est positivement nulle en Silésie, en Poméranie, dans la Prusse -orientale; mais elle existe entre l'Elbe et le Rhin très positivement; -aussi entre l'Elbe et la Vistule; mais entre la Sprée et la Vistule, -_non_. - - -_Berlin, 26 février 1854._--Le Roi et le Grand-Duc de -Mecklembourg-Strelitz s'étaient donné le mot pour dîner hier chez moi: en -tout, dix convives autour d'une table ronde, ce qui a permis une -conversation générale, animée et dont la politique a été soigneusement -bannie. Le Roi y a trouvé un peu de détente et de distraction; et le tout -s'est passé simplement et confortablement. A part quelques rares moments -semblables, on est généralement ici bien soucieux, bien tiraillé; on est -au moment de se rapprocher de ceux qu'on n'aime pas, auxquels on ne se -fie pas, pour se brouiller plus ou moins avec ceux qu'on estime et qu'on -aime. - -On cite un mot de M. de Metternich, qu'il aurait dit la semaine dernière: -«_Il ne nous reste plus qu'à être ingrats._» Cela rappelle le mot de -Félix Schwarzenberg qui, deux jours avant sa mort, aurait dit à quelqu'un -qui lui parlait du trop grand poids que la Russie avait acquis par les -services qu'elle avait rendus à l'Autriche: «_Nous étonnerons le monde -par notre ingratitude._» - -Il faut convenir que la politique ne supporte pas le microscope moral. - -Henri Redern, ministre de Prusse à Dresde, qui est venu faire une course -ici avec sa femme, m'a raconté que la Princesse Carola vivait fort bien -avec son mari, qu'elle était généralement fort bien vue par la Famille -Royale, par la société et par le public; mais qu'on voyait avec peine -que, probablement, elle n'aurait pas d'enfants. Cela jette un triste -voile sur cette union. Le frère du Prince Albert a la poitrine en mauvais -état, et la succession ne compte pas d'autre représentant. - - -_Berlin, 3 mars 1854._--Le manifeste russe et la réponse de l'Empereur -Nicolas à l'Empereur Louis-Napoléon ont paru hier dans les journaux -allemands. On les trouve dignes et modérés dans la forme, mais on ne -suppose pas qu'on en permettra la publication en France. - -La Reine de Grèce a écrit à la Reine de Prusse une lettre de vingt pages, -pleine de la plus vive exaltation hellénique; charmée des populations, -ravie de l'insurrection grecque qui se propage. La pauvre femme pourrait -bien se broyer dans le conflit. - -On avait répandu le bruit que l'Autriche avait accédé au traité -anglo-franco-turc. Il n'en est rien encore. Aussi de Berlin et de Vienne, -on se proclame plus que jamais neutre, mais armé, et voulant défendre de -droite et de gauche cette neutralité à laquelle le reste de l'Allemagne -se rattacherait. Cela même se pourra-t-il à la longue? - -La duchesse de Lévis, cette digne et spirituelle femme, se meurt. La -princesse de Metternich est également fort mal et a reçu, il y a deux -jours, les derniers sacrements. Bon Dieu, quelle année! Et l'abbé de -Lamennais qui meurt comme un pauvre chien aveugle! - -Les Seymour sont arrivés ici de Saint-Pétersbourg, après un affreux -voyage. On attend à chaque instant les Castelbajac. - - -_Berlin, 5 mars 1854._--On vit ici dans des agitations politiques -incroyables. On ne sait à quoi se décider, on hésite, on tergiverse, on -veut jouer au fin, on se dupe soi-même; je crains bien qu'on ne finisse -par rester fort isolé, ou bien par se soumettre de mauvaise grâce, se -laissant tirer à la remorque par l'un ou par l'autre, sans que ni les uns -ni les autres vous en sachent gré. Le pis, c'est que probablement -l'Allemagne, au lieu d'être imposante par son unité, deviendra la pâture -trop facile de ses ennemis naturels ou de ses ennemis de circonstance, -quand elle n'aura pas un ensemble compact à leur opposer. - -L'Autriche a fait parvenir ici des propositions, que même des -anti-autrichiens prononcés trouvent avantageuses, convenables[117]. -Projet d'entente intime, non pour entrer _immédiatement_ en hostilité -contre la Russie, mais pour fortifier l'Union allemande, pour entrer, à -de certaines conditions et avec de certaines garanties, en intelligence -avec les deux puissances maritimes, et posant enfin des éventualités -éloignées de rupture plus complète avec la Russie. Il semblait que le -Roi signerait tout de suite; au lieu de cela, il y a un revirement de -bord rapide et inattendu: refus de signer, appel à Francfort de M. de -Bismarck-Schœnhausen, qui est personnellement mal avec le comte Thun, -ministre d'Autriche ici. On a chargé M. de Bismarck de discuter le projet -autrichien avec M. de Thun, en écartant ainsi le Ministre des Affaires -étrangères, M. de Manteuffel, et aussi Albert de Pourtalès envoyé -dernièrement à Londres et qui était resté, jusque-là, mêlé à la -négociation. Tout cela a été avant-hier un vrai coup de théâtre, dont le -parti russe, beaucoup de généraux et force officiers triomphent; car, il -faut le dire, _l'armée_ est toute russe. En général, on ne se fie pas aux -promesses de l'Empereur des Français et l'on peut avoir raison. On n'aime -pas, dans le public, à se brouiller avec l'Empereur Nicolas, auquel on ne -peut supposer, comme à l'autre, l'envie de s'agrandir aux dépens de la -Prusse; cependant, on n'aime pas plus à être tenu à la lisière par la -Russie. - - [117] L'Autriche, invitée par les Puissances occidentales à - s'allier avec elles contre les Russes, en transmit la proposition - à la Prusse avec les modifications suivantes: «_L'Autriche ne se - croit pas appelée à s'associer aux Puissances occidentales dans - une déclaration de guerre contre la Russie, mais elle est prête à - signer une convention pour garantir l'intégrité de la Turquie - selon l'esprit du traité de 1841._» En outre, l'Autriche - maintiendrait la paix en Serbie, dans le Montenegro et en Bosnie, - laissant aux puissances de l'Occident le soin de s'occuper de la - Grèce et des provinces grecques de la Turquie. - -Le Roi est tiré à quatre par mille intrigues et par les différents partis -que j'ai signalés il y a quelque temps. Tout cela fait le plus déplorable -gâchis. Je ne vois nulle part, ni un grand courage, ni un esprit lumineux -pour prendre, en temps utile, je ne dis pas le meilleur parti, car tous -ont des inconvénients incontestables, mais celui qui présente le moins de -côtés fâcheux. Et puis l'à-propos, ce dieu rancuneux, qui ne pardonne pas -de ne pas être saisi au vol, quelle vengeance ne tirera-t-il pas de ces -oscillations? - -M. de Bismarck veut, dans la négociation avec le comte Thun, se faire -prier, tenir la dragée haute; il dit que moins on se montrera pressé, -plus on mettra à Vienne de prix à obtenir la coopération de la Prusse; -et, par conséquent, qu'il la fera payer plus cher par de nouvelles -concessions et par une prépondérance moins contestée à la Diète. Bref, il -fait le juif et traite à la manière dont Rothschild fait un emprunt. Je -ne trouve pas que ce soit la bonne et vraie manière dont un grand État -doive, à travers de grandes crises européennes, conduire une barque qui, -dirigée ainsi, pourrait bien chavirer. - -Charles de Talleyrand, qui est venu de Weimar me voir ici, raconte que -Mme la Duchesse d'Orléans avait entièrement changé d'allures; elle a -quitté l'attitude d'exilée, de veuve enveloppée de voiles lugubres. Elle -a des jours de réception, pendant lesquels, assise à une table de whist, -elle fait défiler devant elle les dames dont elle reçoit, par un signe de -tête, les révérences. A Weimar, elle paraît au spectacle en grande loge. -On la dit mal entourée, mal conseillée, fort en intrigues et en -agitations plus ou moins souterraines; elle touche très régulièrement les -trois cent mille francs que la France lui paie; elle s'est fait, soit par -la vente d'une partie de son écrin, soit par d'autres arrangements, un -revenu considérable qu'elle dépense avec assez d'évidence. - -Hier au soir, il y a eu ici un petit concert dans le salon de la Reine, -très beau comme musique. Le Roi ayant fait venir la partition du grand -_Miserere_ d'Allegri, de Rome, et l'ayant fait chercher par quelqu'un -chargé d'étudier la manière dont cet admirable morceau est exécuté à la -Chapelle Sixtine, le _Dom-Chor_ d'ici l'a chanté hier. On n'a pas même -omis la partie psalmodiée qui alterne avec le chant et donne à l'ensemble -un caractère si particulier. Des voix, des voix seules, admirablement -bien conduites, un grand ensemble, un religieux silence; mais hélas! pas -d'église, pas de cierges, pas d'encens, pas de génuflexions. Des femmes -parées et quelques pasteurs protestants me faisaient, malgré leurs -allures piétistes, l'effet de prêtres de Baal. J'étais la seule -catholique. On avait convoqué, en dehors de la Famille Royale, une -douzaine d'hommes et de femmes qu'on ne voit pas habituellement à la -Cour, parce qu'ils appartiennent _to the rather serious turn_[118]. Cela -faisait le plus singulier auditoire pour cette musique latine, toute -parfumée de l'encens de Saint-Pierre, toute colorée des feux sacrés du -Vatican! - - [118] De l'anglais: A la classe des caractères plus sérieux. - -Vieuxtemps est venu à son tour et m'a tirée de mon extase; il a cependant -le plus magnifique coup d'archet que j'aie entendu. - -J'ai vu avant-hier M. et Mme de Castelbajac revenant de -Saint-Pétersbourg. _Lui_ a parlé très librement devant moi, déplorant la -guerre, très frappé de l'enthousiasme russe, de l'impossibilité pour -l'Empereur Nicolas de reculer, assurant qu'il ne désirait pas la guerre -et que c'est le mélange de ruse, de mauvaise foi, d'intrigue et -d'insolence de l'Angleterre, qui a envenimé la plaie et l'a rendue -incurable. - -Voici l'extrait d'une lettre de lady Westmorland de Vienne, 1er mars: -«L'état des affaires publiques ne laisse pas que d'agir sur la société. -Les Russes ne viennent plus chez nous, ni chez le ministre de France. -Bourqueney _exulta et s'anima_[119] sur la gloire de son maître qui a -bien certainement joué ses cartes; car il est incontestablement, dans ce -moment, à la tête des Conseils de l'Europe. Nous le suivons à la remorque -et il entraîne ce gouvernement-ci. J'avoue que je ne puis oublier son -passé et le _nôtre_; et je me sens profondément humiliée de cette -alliance tant vantée. Le jeune Empereur a été placé dans la position la -plus difficile. Je vois qu'il a été fort blessé du refus de l'Empereur -Nicolas d'accepter les propositions qu'il lui avait recommandées si -chaleureusement; et depuis le départ d'Orloff, il paraît avoir pris son -parti et s'être résolu à se mettre du côté des alliés occidentaux[120]. - - [119] De l'italien: triomphe et s'anime. - - [120] La Russie avait envoyé à Vienne un projet de préliminaires - de paix, offrant d'évacuer les Principautés, lorsque ces - préliminaires seraient signés. La Conférence, réunie alors à - Vienne, considérant les conditions, auxquelles cet arrangement - était subordonné, absolument inacceptables, rejeta ce projet. - -«Je suis sûre qu'une fois décidé, il suivra son chemin avec droiture et -loyauté, mais il n'entraînera pas ici toutes les opinions. Les Meyendorff -sont profondément affligés: lui, avec douceur, elle, avec irritation, -surtout contre son frère[121] qui est anti-russe. - - [121] Le comte Buol. - -«La princesse de Metternich est dans un état désespéré. Le Prince est -fort ému, malgré son calme habituel si près de l'indifférence. Pendant -que j'étais ce matin chez lui, Monténégro est venu le prier d'entrer -chez la Princesse qui le désirait; et quand il y est allé, Monténégro m'a -dit que la fin s'approchait, que la respiration devenait bien pénible, la -faiblesse excessive et que cela ne pouvait durer longtemps. La Princesse -est soignée par lui, par son fils et par son gendre avec un grand -dévouement. Elle a reçu les sacrements avec beaucoup de piété; elle -connaît son danger et se montre résignée et patiente.» - - -_Berlin, 10 mars 1854._--Je pars demain pour Sagan fort ignorante des -destinées du monde et par conséquent des miennes propres. Le prince de -Hohenzollern et le général de Grœben envoyés à Paris et à Londres sont -chargés de faire reconnaître et respecter la neutralité de la -Prusse[122]. Si on me demandait si ces messieurs réussiront, je dirais, -_non_. Si on me demandait alors au profit de qui on la rompra? je -plaiderais ignorance complète. Si je crois que ce sera pour l'Occident? -je dirai que je ne le crois pas. Si alors ce sera pour le voisin -septentrional? je dirai _non_, de même. Si on me pousse pour me faire -dire si on s'entendra avec l'Autriche? je hausserai les épaules. Si on -compte alors s'isoler complètement et voir l'Allemagne se fractionner? je -répondrai: Quelles _questions_! Faut-il encore plus de négations, j'en -ai la poche pleine, mais faut-il une seule affirmation? qu'on demande -ailleurs, je n'en ai pas à mon service et les plus haut placés ne -sauraient, je crois, dire plus ou mieux. - - [122] L'esprit faible et flottant de Frédéric-Guillaume IV était - disputé par deux influences rivales: d'un côté, le parti de la - Cour, acquis à la Russie; de l'autre, les Chambres prussiennes - acquises à l'opinion libérale et parlementaire, naturellement peu - favorable à cette Puissance du nord. Le Roi, cherchant toujours à - temporiser, envoya le prince de Hohenzollern à Paris et le - général de Grœben à Londres pour donner confidentiellement des - explications sur sa politique, qui furent assez froidement - reçues, comme étant celles d'un homme à la parole duquel on - croyait peu. - -Cette hésitation, ces obscurités sont insupportables et déplorables dans -leur source et dans leurs résultats; et depuis mars 1848, je ne sache pas -un moment plus critique, plus fatal que ne le sera peut-être mars 1854. -Je ne sais si je me trompe; mais il me semble que la plus mauvaise voie, -bien prononcée, vaudrait mieux que le ballottage du moment actuel. - -Le Prince de Prusse est rétabli, c'est-à-dire qu'il sort en voiture pour -se promener. Il n'a pas reparu au Château; la Reine est venue le voir -pendant sa maladie, mais non le Roi. Il y a eu seulement, à ce que je -crois, des communications fraternelles écrites, des plus aigres de part -et d'autre[123]. Le Prince a très mauvais visage, et je le crois agité et -irrité. - - [123] Les tiraillements entre les deux frères étaient comme - étouffés par la noble attitude du Prince de Prusse, qui disait - très haut que la volonté du Roi devait faire loi. Mais personne - n'ignorait que le Prince déplorait les hésitations du Roi, sa - politique vacillante, et que, désirant un rapprochement avec les - Puissances occidentales, il se trouvait en contradiction avec la - politique conseillée à son royal frère. - -La princesse de Metternich a fait dire la messe le matin de sa mort dans -sa chambre, l'autel placé de façon à le voir de son lit; elle a expiré -sans agonie, à la fin du saint sacrifice. Son mari est, dit-on, très -affligé, ce qui n'empêche pas qu'il ne donne lui-même aux visiteurs des -détails anatomiques sur la cause du mal de sa femme. - -Je ne savais rien du châle donné par l'Impératrice de Russie à Mme de -Castelbajac; mais, j'ai remarqué la tendance du mari qui est bien plus -russe, malgré les hostilités, qu'anglaise, malgré l'entente cordiale. - - -_Sagan, 20 mars 1854._--Le Gouvernement prussien, pour faire respecter sa -neutralité aux Chambres, a besoin de trente millions d'écus qui vont se -traduire en une augmentation d'impôts qui font faire bien des -grimaces[124]. - - - [124] Le 18 mars 1854, le Ministère prussien présenta à la - seconde Chambre un projet d'emprunt de 30 millions de thalers, - accompagné d'un mémoire annonçant que la Prusse maintiendrait le - protocole de Vienne, et établissant les résolutions que le Roi se - proposait de prendre à l'égard des États de la Confédération - allemande. - -Je reste bien décidée à mon voyage du Rhin, de la Seine et de la Loire; -mais quand je lis les gazettes, que je regarde la carte européenne et que -j'écoute les échos qui ci et là m'arrivent, je me demande, non sans -hésitation, ce qui sera possible dans deux mois. - -Je lis avec une grande curiosité les pièces diplomatiques publiées à -Londres, les conversations de sir Hamilton Seymour avec le Czar, et les -réponses de lord John Russel[125]. Le Czar me paraît y jouer le rôle d'un -mauvais comédien, d'un Tartuffe politique; ses précédents ont si mal -préparé à le juger ainsi qu'il faut attendre les publications russes qui, -sans doute, suivront celles qui ont été faites à Londres pour asseoir un -jugement absolu sur ce singulier incident. Il me semble qu'il y aurait eu -folie ou stupidité à soulever la curiosité publique, comme on l'a fait -dans le _Journal de Saint-Pétersbourg_, si on n'avait provoqué par là les -publications dont retentissent les gazettes en ce moment. - - [125] Le Gouvernement anglais fit alors la publication des pièces - diplomatiques échangées en 1853 entre la Russie et l'Angleterre, - au sujet de la Turquie, dans lesquelles se trouvaient de longs - récits des conversations de l'Empereur Nicolas avec sir Hamilton - Seymour. Le Czar dissimulait mal ses ambitieux projets et, pour - arriver à son but, il représentait à l'ambassadeur d'Angleterre - la ruine certaine et imminente de la Turquie, et il semblait - avoir arrêté dans sa pensée que l'heure _pour_ sa dissolution - devait être arrivée. A cette politique, John Russel et lord - Clarendon furent aussi explicites que conséquents; ils refusèrent - ouvertement de partager cette idée fixe de l'Empereur Nicolas et - se montrèrent très décidés à prévenir une catastrophe en Turquie. - -La Princesse Charles de Prusse, qui m'avait confié, il y a vingt jours, à -Berlin, les projets de mariage de sa fille Louise, vient de m'écrire pour -me les confirmer. Le parti n'est pas riche, pas brillant, mais la bourse -généreuse du Roi comblera la lacune financière; et, quant à la jeune -Princesse, dont aucun grand Prince ne voulait, qui se mourait d'ennui, de -déplaisir, d'impatience, il est très heureux qu'en définitive elle épouse -un jeune homme de famille souveraine. Ce n'est pas, du moins, un de ces -pitoyables mariages morganatiques, trop à la mode maintenant. Le futur -est un prince Alexis de Hesse-Philippsthal, fils aîné d'une branche fort -cadette et très pauvre; il est entré au service de la Prusse, il y a six -mois. Pour lui, il a tout avantage à épouser une princesse de Prusse, -jolie, bonne enfant, nièce du Roi, pour le mari de laquelle il y aura -protection, avancement rapide, etc., etc. Je suis convaincue que le -mariage remettra la singulière santé de la Princesse, et donnera à tout -son être l'équilibre qui parfois lui manque[126]. - - [126] Une fièvre typhoïde des plus graves, dont la Princesse - Louise fut atteinte à l'âge de seize ans, l'avait laissée faible - de tête. Cette maladie causa la rupture de négociations déjà - entamées avec la Cour de Sardaigne au sujet d'un mariage projeté - avec le Duc de Gênes. - -Depuis ma dernière lettre, j'en ai reçu quelques-unes dont voici les -extraits: «_Paris, 22 mars._--L'horizon s'obscurcit de plus en plus, la -Prusse ne se dessine pas comme il y avait lieu de l'espérer; l'Autriche, -elle-même, est moins explicite qu'on ne pouvait le supposer. Nous avons -la fièvre intermittente par rapport à ces deux pays, et, en définitive, -je prévois que l'Angleterre et la France ne pourront compter que sur -elles-mêmes. On dit l'Impératrice triste, ennuyée et délaissée!» - -Extrait d'une lettre de Berlin, du 25 mars, écrite par un membre du parti -Gerlach. (Traduction.) «D'après les ouvertures et les éclaircissements -donnés par le ministre Manteuffel à la Chambre et à la Commission, il -résulte que nos efforts, et je les crois sincères, tendent à nous unir -fermement à l'Autriche et au reste de l'Allemagne (autant que les -intérêts de l'Allemagne, dans l'acception la plus étendue du mot, le -demandent), et à écarter tout ce qui pourrait nous gêner dans cette -marche. J'ignore si l'Autriche et la Russie peuvent s'entendre sur -certaines questions en discussion et sur leurs opérations respectives; -mais je n'en désespère pas encore. Si cette entente pouvait s'effectuer, -nous n'aurions alors que les inimitiés de l'Occident à redouter; et une -union complète entre l'Autriche, le reste de l'Allemagne et nous, serait -extrêmement facilitée. Nos adversaires dans les deux Chambres, et tout -d'abord dans la Commission, s'appliquent à arracher à M. de Manteuffel -les notions les plus détaillées; je ne crois pas que jusqu'à présent il -ait dit _trop_. - -«Ces messieurs déclarent, du reste, tout haut, qu'ils ne nous accorderont -l'argent demandé que si nous leur donnons, noir sur blanc, la garantie -que le gouvernement ne s'unira pas à la Russie et n'agira pas dans les -intérêts de cette puissance. Nos adversaires ne se sont pas prononcés sur -quoi devait reposer cette garantie; ils veulent traîner la question en -longueur et attendre le retour du Prince de Prusse dans lequel ils -espèrent trouver un soutien et un appui.» - -Extrait d'une lettre de M. de Humboldt, de Berlin, le 24 mars 1854: «Le -Roi s'est blessé à la joue, en faisant une de ces promenades solitaires -et nocturnes dans le parc de Charlottenbourg, qui inquiètent sous plus -d'un rapport. Il s'est blessé au visage contre une grosse branche -d'acacia. Cet accident n'aura pas de suites graves; cependant, il y a un -peu de fièvre et nécessité absolue de quelques jours de tranquillité. On -concevrait ces promenades nocturnes dans une nuit d'été, mais dans cette -saison! Goût fantastique du vague dans l'obscurité, plaisir d'imagination -cherchant sa nourriture. La veille de l'accident, nous avons eu un grand -dîner pour les anges de paix envoyés en Occident[127]. Ils en sont -revenus très moroses, car ils n'ont fait que de la bouillie pour les -chats. Le prince de Hohenzollern, le seul qui observe juste, l'avait -prédit. Malheureusement, encore aujourd'hui, on ne veut pas croire ici -combien les choses sont furieusement avancées à Paris et surtout à -Londres, d'où Palmerston, dès novembre dernier, avait envoyé à Berlin, -par le pieux Bunsen, un projet de démembrement de l'Empire russe. - - [127] Le prince de Hohenzollern-Sigmaringen à Paris, le général - de Grœben à Londres. - -«Les uns et les autres mettent leurs ennemis à la broche, avant de les -avoir expédiés dans l'autre monde. La Russie propose de faciliter -l'agonie turque, Albion propose d'écarteler la Russie; on se vaut bien en -fait de traîtrise! - -«Le pauvre Grœben a frappé à Londres par son ignorance parfaite de la -langue française. Son premier mot à lord Clarendon a été, dit-on: -«_L'Empereur de Russie, guerre veut pas._» Clarendon a fait alors la -réflexion qu'il était naturel que la Prusse, se complaisant dans une -position inexplicable, eût choisi un représentant qui ne sût pas -s'expliquer. - -«Il y a ici beaucoup d'humeur contre Bunsen; il y en a aussi à -Osborn-House, où il avait fait croire que la Prusse guerroyerait bel et -bien contre la Russie, contre cette _douce_ Russie, qui ne veut prendre -Constantinople _qu'en dépôt_. - -«L'envoi du général Lindheim au Czar excitera encore l'humeur contre -nous, à Paris et à Londres[128]. Je crois l'_homme taciturne_ des -Tuileries beaucoup plus entreprenant que ne l'est la Russie; il se -pourrait bien que le centre d'action fût déplacé et que la querelle -commençât sur la rive gauche du Rhin; on y parviendrait par quelques -détours, on n'attaquerait pas tout de suite la Belgique, mais on -attaquerait, conjointement avec la Belgique, notre Prusse rhénane. -L'Angleterre voudra-t-elle, pourra-t-elle s'y opposer? Bunsen a envoyé -ici deux de ses fils (l'aîné a épousé la fille de la prêcheuse Mme Frey). -Le Roi ne les a pas reçus. Cependant on ne rappellera pas le père, de -peur de contrarier le Prince Albert. - - [128] Les rapports du prince de Hohenzollern-Sigmaringen et du - général de Grœben à la Cour de Berlin déterminèrent le départ du - général de Lindheim pour Saint-Pétersbourg, avec une lettre - particulière pour le Czar dans laquelle le Roi faisait de - nouvelles propositions de médiation. L'Empereur Nicolas, ne - pouvant maîtriser sa colère, chargea le prince Georges de - Mecklembourg-Strélitz de porter sa réplique dans une lettre où il - disait hautement à son royal beau-frère: «que quand les - Puissances occidentales assureront l'émancipation des chrétiens - en Turquie par un traité, lui, le Czar, consentirait à évacuer - les Principautés, en même temps que les flottes combinées - évacueraient le Pont-Euxin.» - -«Vous aurez sans doute lu l'article du journal de Bethmann-Holweg dans le -numéro du 18[129]. Il est d'Albert de Pourtalès, qui raconte la véritable -cause de sa défaite. Il s'est cru le maître, tandis qu'il était berné par -M. de Manteuffel qu'il pensait détrôner. Celui-ci faisait venir en hâte -et en cachette son neveu, qui est _persona grata_, pour contre-balancer -Albert de Pourtalès.» - - [129] Dans le parti libéral en Prusse, il y avait la nuance des - _vieux Prussiens_, à la tête desquels se trouvaient - Bethmann-Holweg, Usedom, Pourtalès, Goltz. Le _Preussische - Wochenblatt_ était leur organe et avait comme rédacteur le - docteur Jasmund. On le nommait communément _le Journal de - Bethmann-Holweg_. Cette feuille se distinguait par des articles - bien écrits, critiquant avec une certaine modération les actes du - Gouvernement, mais pleins d'amertume contre le parti représenté - par la _Kreuzzeitung_. Cette feuille cessa de paraître en 1861. - - -_Sagan, 2 avril 1854._--On a eu officiellement à Vienne la _certitude_ -que Mazzini avait débarqué à Gênes cinq ou six jours avant l'attentat de -Parme[130]. Un groupe de spectateurs, en apparence bénévoles, s'est -ouvert pour donner refuge au meurtrier, qui a porté son coup en se -glissant derrière le Duc et le blessant par le côté dans le bas-ventre. -Le Duc était accompagné de deux officiers, dont l'un l'a reçu dans ses -bras, l'autre s'est précipité sur le meurtrier abrité par le groupe, qui, -en se refermant, a un instant barré, sans affectation, le chemin à -l'officier et a laissé au criminel le temps de s'évader derrière le -rideau humain qui l'abritait. Tout ceci est officiel. Il l'est de même -que de nouvelles tentatives ont été faites d'empoisonner les puits des -casernes dans le royaume lombardo-vénitien. On est obligé de placer des -sentinelles près de chacun de ces puits et de les couvrir de grands -couvercles fermés à clef. - - [130] Ferdinand-Charles III, duc de Parme, avait succombé le 27 - mars 1854, après avoir été frappé la veille par un assassin qui - lui avait porté un coup de couteau dans le ventre. - - -_Sagan, 5 avril 1854._--Lady Westmorland m'écrit de Berlin, où elle s'est -rendue de Vienne au-devant de son fils: «J'ai dîné chez la Reine. Le Roi -a paru après le dîner, plein de la plus charmante bonté pour moi, mais -avec un bien mauvais et pâle visage, la joue couverte d'emplâtres. Il m'a -parlé longtemps avec abandon; il s'imagine que la lettre que le duc -Georges de Mecklembourg-Strélitz, arrivé en courrier de Saint-Pétersbourg -ici, lui a apportée, doit aplanir toutes les difficultés. Personne ici -ne partage cette opinion. Le Prince de Prusse est venu me voir entre deux -accès de fièvre (il est menacé d'une fièvre quarte, qui n'est pas chose -indifférente sur un corps aussi mal disposé); il est très fâché de la -venue du duc Georges de Strélitz. En général, je ne vois ici que -confusion et méfiance.» - -Hélas! Lady Westmorland ne voit que trop juste; et à force d'indécisions, -de brouillards et de mauvaises finesses, on découragera l'Autriche; la -Prusse détachera d'elle les petits États, et deviendra honteusement la -proie de ses grands voisins et la pâture des révolutionnaires qui sont -partout, et qui enlacent la pauvre vieille Europe de leur brûlant réseau. - - -_Sagan, 7 avril 1854._--J'ai revu hier à la station voisine, où j'ai été -l'embrasser, lady Westmorland retournant de Berlin à Vienne. Elle -rapporte une fort triste impression du lieu qu'elle quitte. Tout y est -confusion, la plus grande gît dans la tête du Roi. Le voilà qui s'imagine -être le maître de l'Europe, empêcher la guerre à son gré; bref, ce sont -des rêves creux si étranges qu'on serait tenté de leur donner un autre -nom. Où tout cela conduira-t-il? Impossible de le prévoir. En attendant, -on perd un temps précieux, on se déconsidère de plus en plus. L'opinion -publique s'excite et l'avenir se rembrunit cruellement. - -Louis-Napoléon a dit au Prince de Hohenzollern qu'il ne s'agissait plus -de la question d'Orient, que c'étaient des billevesées; mais bien d'ôter -à la Russie sa prépondérance en Europe, dont, sans doute, il veut à son -tour la direction. Le Prince de Prusse a montré beaucoup d'inquiétude -pour les provinces rhénanes et une grande indignation contre le Roi -Léopold qui, de peur de perdre la Belgique, se lie étroitement à son -puissant voisin et se dispose à l'aider dans ses convoitises rhénanes. - -On dit M. de Manteuffel très découragé, très fatigué des irrésolutions et -des changements continuels. La lettre apportée par le duc Georges de -Mecklembourg ne dit rien que des phrases vagues, faites pour plaire à -celui à qui elle est adressée, pour ajouter du brouillard au brouillard, -pour gagner du temps, ou, pour mieux dire, en faire perdre aux autres. -Malheureusement, ce but paraît atteint. Cependant, le Préfet de police de -Berlin a dit à son maître qu'il ne pouvait pas répondre de la sûreté -publique, si le Gouvernement se rejetait du côte russe. On dit la pauvre -Reine triste et bien agitée. La santé du Roi n'est pas ce qu'elle devrait -être, et celle du Prince de Prusse est décidément très mauvaise. - - -_Sagan, 25 avril 1854._--On me mande de Vienne que le prince de -Metternich a bien pauvre mine. Il paraît que la société viennoise se -divise d'une façon très aigre et très absolue en deux camps fort -hostiles; la majorité penchant pour la Russie et blâmant le jeune -Empereur de s'allier avec, ou, du moins, de se rapprocher des Puissances -maritimes qu'on suppose pleines de traîtrise et fomentant sourdement le -mouvement révolutionnaire, pour le faire éclater à leur profit et au -détriment de la Prusse, aussitôt qu'on n'aura plus besoin d'elle pour -contenir et pour diminuer la Russie. - - -_Sagan, 8 mai 1854._--Un mot que je reçois de Berlin me dit que le Prince -de Prusse s'est brouillé d'une manière éclatante avec le Roi, ou bien le -Roi avec le Prince, tant il y a que celui-ci a dû quitter Berlin hier au -soir. - -Le renvoi de M. de Bonin, ministre de la Guerre, fait un mauvais effet; -il déplaira aux Cours occidentales et donnera de l'humeur à Vienne où, -malgré les paroles données au général de Hess et ratifiées depuis, on n'a -plus ni estime, ni confiance, ni foi en la franchise du Gouvernement -prussien, ni en sa fixité[131]. Quel état, bon Dieu! - - [131] Le parti russe de la Cour regardait le général de Bonin - comme un ennemi personnel, et multiplia ses intrigues dans les - hauts parages pour le faire sortir du ministère de la Guerre. - Comme le Prince de Prusse, M. de Bonin était également favorable - à un rapprochement avec les Puissances occidentales; aussi, sa - démission, demandée par le Roi, fit la plus fâcheuse impression - en dehors du cercle de la Cour. On se rappela l'énergie déployée - par le Ministre dans la Commission au sujet de l'emprunt, et - l'ardeur avec laquelle il sentait la nécessité de la réalisation - d'une entente plus intime entre la Prusse et l'Autriche. Cette - entente était devenue un si pressant besoin que l'Empereur - d'Autriche n'hésita pas d'envoyer alors à Berlin le général de - Hess avec des propositions formelles d'une alliance offensive et - défensive, insistant pour que la Prusse concentrât un corps - d'armée sur sa frontière. Ces négociations aboutirent à un - renouvellement formel du traité secret de 1851, par lequel la - Prusse et l'Autriche se garantissaient réciproquement leurs - États, quoique le Gouvernement prussien se fût efforcé d'écarter - toute stipulation qui pouvait l'obliger à se montrer en armes - contre la Russie. - - -_Sagan, 19 mai 1854._--La Cour de Potsdam est très préoccupée de la -scission des deux frères. Si je puis me permettre une opinion, c'est -qu'au fond le Prince de Prusse a parfaitement raison, mais que ses -conseils auraient dû rayer quelques expressions qui ont fourni des armes -contre lui. - -La mission du comte Alvensleben à Vienne est destinée à neutraliser, -autant que possible, la portée et les résultats de l'accord conclu avec -le général de Hess, et à entraver, par conséquent, la marche de -l'Autriche. On voulait surtout empêcher la levée des quatre-vingt-quinze -mille hommes; mais Alvensleben aura trouvé la chose faite[132]. Les -quatre Rois de Würtemberg, Bavière, Saxe et Hanovre, travaillés par -l'intrigue russe et les incertitudes de la Prusse, font bande à part. -Tout cela constitue le plus triste état de choses. - - [132] Le comte d'Alvensleben, qui avait refusé une mission - spéciale à Londres et était retourné dans ses terres, venait d'en - être rappelé et pressé de partir pour Vienne, afin de s'y - concerter et d'y surveiller de plus près les mesures à prendre - avec le Cabinet autrichien, après la négociation du général de - Hess à Berlin. - -On m'assure que Napoléon est dans un fort mauvais état de santé! Autre -complication. - - - Nouvelle réunion des deux correspondants, qui interrompit - l'échange de leurs lettres pendant plusieurs mois. - - -_Paris, 14 août 1854._--Je suis arrivée ici, hier. Aujourd'hui dans la -matinée, mon fils Louis[133] m'a conduite par la place Louis XV, la -terrasse du bord de l'eau, le Carrousel, la colonnade du Louvre, -Saint-Germain-l'Auxerrois et la rue de Rivoli: tout cela sans sortir de -voiture; mais j'ai vu un peu du nouveau Paris, dont beaucoup de choses -sont belles, d'autres manquées. Les bâtiments des Ministères, par -lesquels on a rétréci la grande place du Carrousel, écrasent le bâtiment -principal; le Louvre, en lui-même, vu de ce côté-là, n'a plus l'air de -rien du tout. Je regrette le grand et vaste jardin que je rêvais entre -les deux palais. - - [133] Duc de Valençay. - - -_Orléans, 16 août 1854._--Je suis descendue ici dans le petit ermitage de -Pauline, au couvent du Sacré-Cœur. Ici, du moins, je suis à l'abri du -bruit extérieur dont j'étais assourdie à Paris. J'ai eu toutes les -facilités possibles pour suivre les offices pendant la fête d'hier; ils -s'y font très bien et la musique était bonne: les jeunes voix sont les -vraies pour chanter la Sainte Vierge. La cloche sonne pour la -distribution des prix; par exception j'y suis admise; j'hérite de tous -les privilèges de Pauline, quoique je n'en mérite aucun. - - -_Rochecotte, 20 août 1854._--M'y voici, dans ce pauvre Rochecotte qui me -serre le cœur plus que je ne puis le dire[134]. Notre vie y est toute -conventuelle: chaque matin la messe, chaque soir la prière en commun, un -maigre strict, une conversation plus ou moins sainte, jamais profane; -aucun autre bruit que celui des deux garçons et de la toux de leur abbé. -Je ne demande pas mieux, je m'arrange fort bien de genres fort divers, -dès qu'ils ne choquent pas le bon sens ni le goût. Le silence est un -grand repos; le coup de cloche vaut mieux que la pendule qui n'avertit -pas tout le monde de même. La simplicité apaise et les bons propos -musellent les coups de langue impétueux. - - [134] La duchesse de Talleyrand se retrouvait pour la première - fois à Rochecotte, depuis qu'elle en avait cédé la propriété à sa - fille en 1847. - -J'applaudirai aux spectacles qui se préparent à Valençay; je crois que la -vraie bonne grâce est de revêtir la livrée des personnes chez lesquelles -on se trouve, dès qu'elle n'est pas choquante. Chez moi, je voudrais un -_mezzo-termine_ entre les deux genres, et, peut-être, cela ne serait-il -pas meilleur? Tant il y a que Pauline[135] remplit bien le cadre dans -lequel elle s'est placée, et il est rare d'y réussir aussi complètement. - - [135] Marquise de Castellane. - - -_Rochecotte, 23 août 1854._--M. de Falloux, qui est ici depuis hier, nous -quitte samedi. Je l'honore et le trouve fort aimable par le cœur et par -l'esprit: la grande ferveur de sa dévotion n'a rien d'étroit; mais quelle -santé! Il m'a raconté des choses curieuses sur M. de Persigny; il lui -reconnaît beaucoup de qualités, et il en trouve aussi à Louis-Napoléon. -Ce dernier a mandé par télégraphe M. de Persigny à Biarritz; et, malgré -une violente cholérine, il s'y est rendu avec son médecin; il en est -revenu, mais on n'a pu me dire le motif de l'appel, ni le résultat de -l'entrevue. - - -_Valençay, 10 septembre 1854._--M. de Salvandy nous est arrivé hier avec -la même verve, la même rédaction brillante, les mêmes nobles et beaux -sentiments, la même emphase, le corps grossi, alourdi, le visage ridé et -ses longs cheveux cachant péniblement sa triste infirmité[136]. - - [136] M. de Salvandy était atteint au cou d'une loupe d'un volume - considérable. Il en souffrit durant de longues années et cette - tumeur fut la cause de sa fin. - - -_Paris, 18 octobre 1854._--L'Évêque d'Orléans va passer trois mois à -Rome; il voudrait que sa réception à l'Académie française eût lieu avant -son départ; ce sera probablement le 8 novembre, et comme il tient -beaucoup que j'assiste à cette séance, je prolongerai mon séjour jusqu'à -cette époque à Paris[137]. - - [137] Dans la lutte de l'Épiscopat français contre l'enseignement - des langues anciennes, Mgr Dupanloup, s'étant prononcé avec - beaucoup de talent pour l'Université, s'était acquis un titre qui - lui ouvrit les portes de l'Académie française où il remplaça M. - Tissot, le traducteur des _Bucoliques_ de Virgile. Cette - réception eut lieu le 8 novembre 1854. - -Le duc de Noailles est venu hier, de Maintenon, pour me voir; il a dîné -chez moi avec Mme de Chabannes, Max de Hatzfeldt et mon fils Alexandre. -Il y avait dans ce petit dîner toutes les nuances d'opinions -représentées; cela ne rendait pas la conversation plus vive. Tout le -monde me paraît vieilli, attristé, ennuyé, et cela en regard d'un luxe -effréné, d'une cherté excessive, d'une avidité de jouissances matérielles -menaçante. - -Les obsèques du maréchal de Saint-Arnaud ont été affreusement arrosées -par la pluie, et c'est sur l'air des patineurs de l'opéra du _Prophète_, -joué par la musique des guides, que l'Archevêque de Paris a donné -l'absoute[138]. Toute l'époque présente est là. - - [138] Lorsque éclata la guerre d'Orient, le maréchal de - Saint-Arnaud reçut le commandement de l'armée française qui - s'embarqua du 24 au 29 avril 1854. Il débarqua avec ses troupes - le 14 septembre en Crimée; et, de concert avec les troupes - alliées, remporta la victoire de l'Alma qui leur ouvrit la route - de Sébastopol. Accablé d'une maladie mortelle, il dut remettre le - commandement de l'armée au général Canrobert, puis s'embarqua - pour la France. Il mourut pendant la traversée le 29 septembre. - Ses restes furent déposés en grande pompe à l'Hôtel des Invalides - à Paris. - - -_Sagan, 28 novembre 1854._--Je viens d'arriver ici. Tout est couvert -d'une neige épaisse, la misère extrême, les désastres infinis, les santés -compromises; les inquiétudes de guerre augmentent, les impôts -s'accroissent, les Chambres prussiennes aussi énigmatiques, dans leur -composition singulière, que douteuses dans les travaux qu'on leur -demande. Les persécutions religieuses contre les catholiques, quoique -sourdes encore, deviennent de plus en plus irritantes; je n'ai jamais vu -une époque plus compliquée, qui offre moins d'issues consolantes, tant -pour les individus que pour les masses. - - -_Sagan, 6 décembre 1854._--A Berlin la division est partout et je ne sais -ce qui est le plus envenimé et le plus embrouillé, de la politique -extérieure ou de l'état intérieur. On dit déjà que la seconde Chambre va -être dissoute. Les deux traités signés coup sur coup entre la Prusse et -l'Autriche, et entre celle-ci et les Puissances occidentales, sans se -contredire, sans s'exclure, changent cependant l'état des choses. -L'Autriche s'était, à la vérité, réservé le droit de conclure -indépendamment des traités[139], mais on ne pensait pas, à Berlin, -qu'elle ferait un si prompt usage de ce droit, qu'elle en userait sans -prévenir la Prusse, et en se bornant à lui laisser la faculté de s'y -réunir, si elle le juge convenable. On m'écrit de Berlin que rien n'égale -la colère qui y règne, si ce n'est la fureur des Russes qui s'y trouvent. -Je suis fort tentée de croire que la Prusse accédera au second traité, -mais qu'on ne lui en saura aucun gré. Quel rôle que le sien! mais on peut -bien dire: _Tu l'as voulu, George Dandin!_ - - [139] L'Autriche avait à peine conclu à Berlin le traité - d'alliance offensive et défensive négocié par le général de Hess, - que, sans en prévenir la Prusse, et profitant des droits qu'elle - s'était réservé de conclure indépendamment des traités, elle - s'était empressée de s'entendre avec les Puissances - belligérantes. _Le Moniteur de Paris_, du 4 décembre, annonçait - que le 2, à Vienne, un traité d'alliance avait été signé entre - les plénipotentiaires de la France, de l'Autriche et de la - Grande-Bretagne. - - -_Sagan, 11 décembre 1854._--C'est assurément un fort grand événement que -le traité du 2 décembre, pour le présent et pour l'avenir. Il fait entrer -l'Europe dans une nouvelle phase. C'est, il me semble, la certitude qu'il -n'y aura point de guerre allemande _révolutionnaire_, ce qui était le -grand danger des circonstances actuelles; et de l'autre, la certitude de -la paix dans un temps donné. J'imagine, néanmoins, que les Français et -les Anglais voudront prendre Sébastopol avant de la conclure. Pour -l'avenir, c'est un changement complet de la politique européenne; l'arrêt -des progrès de la Puissance russe en Orient et la perte de sa -prépondérance en Allemagne. C'est aussi, je crois, le pas donné en -Allemagne à l'Autriche sur la Prusse (qui l'aura bien voulu); c'est -enfin, si je m'en souviens bien, la réalisation des projets et de la -politique de M. de Talleyrand et la rupture du redoutable faisceau des -trois Cours du Nord, qui existait depuis trente ans. Tous ces événements, -s'ils arrivent à bonne fin, serviront admirablement l'Empereur -Louis-Napoléon. - -Pauline, ma fille, m'écrit de Rome des volumes sur l'unanimité des -Évêques à l'occasion de l'Immaculée-Conception[140]. Elle est dans un -ravissement séraphique. Je crains cependant que les Évêques aient voulu -plaire au Pape en se conformant à ses désirs, car j'en connais plus d'un -qui reculait devant une innovation inutile. Je ne sais rien de -particulier sur la manière dont Mgr l'Évêque d'Orléans a été reçu à Rome. -L'Église raisonnable sera-t-elle écoutée plus favorablement que l'Église -exagérée et agressive? Ces querelles intestines dans le clergé sont -funestes à la religion. Je crois que la querelle des Jésuites et des -Jansénistes a été pour beaucoup dans l'incrédulité du dix-huitième -siècle, comme les discordes de l'Église, du temps des Conciles de Bâle et -de Constance, ont amené la Réforme. Le Pape actuel a l'air d'être créé -pour toucher à tout, c'est-à-dire pour tout ébranler. - - [140] Désirant assister aux solennités qui se préparaient dans la - Ville Éternelle pour la proclamation du dogme de - l'Immaculée-Conception le 8 décembre, la marquise de Castellane, - emmenant sa fille avec elle, se rendit à Rome, par mer, vers la - fin de novembre; elle y séjourna jusqu'à la fin du mois d'avril - 1855. - - - - -1855 - - -_Sagan, 5 janvier 1855._--Le passage par Paris, pour se rendre à Nice, de -Mme de Lieven (qui sera à mon avis un retour définitif à Paris), me -semble avoir le retentissement d'un événement politique; les lettres et -les journaux le répètent à l'envi[141]. On dit que la voiture de M. de -Morny l'attendait à la gare du chemin de fer de Paris. C'est bien drôle, -le monde, quand il n'est pas bien laid! Je lis des articles de journaux -où cette rentrée à Paris fait conclure à des reprises de négociations -pacifiques avec la Russie. Pour mon compte, je crois que cette conjecture -n'est fondée que relativement à quelques membres du Ministère français, -mais point en ce qui regarde Louis-Napoléon. - - [141] La princesse revenait de Bruxelles où elle s'était réfugiée - après l'entrée en campagne des Puissances belligérantes. - -Je suis de plus en plus frappée des altérations profondes qui se -manifestent dans la conduite du Gouvernement anglais. On ne retrouve plus -ce grand accord, ni ces ménagements mutuels qu'entraînait si -naturellement jadis une crise extérieure. Les Ministres tirent les uns -sur les autres, les deux Chambres sur le Ministère, les journaux sur les -Ministres, sur les deux Chambres, et, ce qui me paraît sans exemple, sur -l'armée, sur les généraux en pleines opérations de guerre, et de quelle -guerre! Ne sont-ce pas là des signes infaillibles de l'avènement de la -démocratie en Angleterre! J'y vois, de mes faibles yeux, le véritable -secret de l'alliance entre la France et l'Angleterre. - -Lady Westmorland m'écrit de Vienne qu'à Londres on trouve très mauvais -qu'on permette à Mme de Lieven de venir à Paris et d'y rester. Londres -proscrivant Mme de Lieven! Ah! George IV, où es-tu? - - -_Sagan, 8 janvier 1855._--Lady Westmorland m'écrit de Vienne, en date du -4 janvier: «Nous sommes dans un moment bien critique, car la réponse -faite à la _référence_ faite à Saint-Pétersbourg, qui doit être ici avant -le 15, décidera s'il y a un espoir de paix, ou si la guerre doit devenir -_générale et éternelle_. Mon espérance pacifique s'affaiblit de plus en -plus, non par ce qui se passe ici, mais par ce qui est _la pensée -actuelle_ à Paris. Si l'Empereur Napoléon avait envie de faire la paix, -je crois que l'Angleterre ne pourrait y mettre de sérieuses entraves, -malgré nos infâmes gazettes, notre sot public et les _mischievous_[142] -diplomates. Mais il me paraît certain que l'Empereur Napoléon pousse à la -guerre plus violemment que jamais. Le petit Bourqueney est en convulsion -quand il voit une _ombre_ de négociation possible. L'état de nos armées -et l'attitude des Russes en Crimée devraient, ce me semble, nous rendre -plus _traitables_. J'avoue que je ne puis partager la sécurité de ceux -qui voient déjà Sébastopol pris, la flotte russe détruite et l'Empereur -Nicolas à genoux! - - [142] De l'anglais: pernicieux. - -«Le Duc et la Duchesse de Brabant ont eu la bonté de venir me voir, -pendant que mon mari était malade. Elle est embellie; il m'a paru qu'elle -a grandi et maigri. Ce qui est sûr, c'est qu'elle est bien mise, que sa -tournure est moins lourde et qu'elle a des manières douces et naturelles -qui plaisent. Son mari n'a pas l'air d'avoir un jour de plus que quand il -était ici, il y a vingt mois; on lui donnerait seize ans. C'est une -grande asperge avec la poitrine étroite, et sans ombre de barbe; il parle -beaucoup, ne manque pas d'esprit, mais si son corps est trop jeune, son -esprit ne l'est pas du tout; il parle non pas en homme, mais en -vieillard. Jugez s'il doit être amusant pour sa jeune femme, avec -laquelle il prend des airs de maître. Ils vont voyager en Égypte pour la -santé du mari, qui a la manie des voyages.» - - -_Sagan, 13 janvier 1855._--Je suis revenue hier de Breslau où j'ai passé -un jour plein, en grande partie avec le Prince-Évêque à causer de ce -qu'il vient de quitter à Rome et de ce qu'il trouve ici; et ce qu'il -trouve ici est grave et triste; car il n'est que trop évident que le -Gouvernement prussien, conduit par les piétistes, cherche par tous les -moyens, surtout par des voies occultes, qui n'en sont que plus -dangereuses, à saper l'Église catholique et à en paralyser les -Ministres. Ces voies occultes se trouvent même mises en jeu, à Rome, au -point que le Saint-Père, loin de redouter le _retrait_ de la Légation de -Prusse, le _désire_, tant celle-ci a fait de protestantisme et de -franc-maçonnerie au palais Cafarelli[143]. Il y aurait des volumes à -écrire sur tout ceci. - - [143] Le palais Cafarelli à Rome était la propriété du Roi de - Prusse et la résidence de la Légation auprès du Saint-Siège. - - -_Sagan, 20 janvier 1855._--Voici une lettre de lady Westmorland, en date -du 17, de Vienne: «Tous les jours, les chances de paix me paraissent -moindres, et cependant nous sommes au seul moment où elle serait -possible, car on pourrait la faire avec honneur de tous les côtés[144]. -Je crois l'Empereur de Russie sincère; il fait de grandes concessions -pour terminer une guerre qui, jusqu'à présent, n'a pas eu pour lui des -conséquences trop désastreuses. Mais l'idée seule qu'on pourrait entrer -en négociation avec l'Empereur Nicolas met Bourqueney en fureur. Il me -semble, cependant, bien difficile de refuser la négociation, quand les -conditions, qu'on a posées soi-même comme nécessaires, ont été acceptées -sous réserve. Mais le fait est que, lorsqu'on a posé les conditions, on -était convaincu qu'elles ne seraient pas acceptées. Les détails de la -Conférence du 8 ont été reçus à Londres le 9; et, aujourd'hui 17, encore -point de réponse, excepté un simple accusé de réception. C'est qu'on -attend _les ordres de Paris_ pour savoir ce que l'on doit faire. Soyez -sûre que c'est l'Empereur Napoléon qui est le maître de la situation. La -paix se ferait demain s'il le voulait; mais il ne le veut pas, il ne l'a -jamais voulu. Je ne sais quelles sont ses _arrière-pensées_; mais il en -a. Le Gouvernement anglais est trop faible et trop divisé, trop soumis au -joug de la presse pour agir selon les lois du bon sens; et puisque la -nation anglaise entière est dans un paroxysme fiévreux en faveur de -l'alliance française, il faut bien que le Cabinet cherche sa seule force -dans le soutien de la France. Voilà pourquoi je désespère de la paix. On -s'acharne à ne rien écouter, jusqu'à ce que l'on se soit rendu maître de -Sébastopol par quelque succès éclatant; mais, si on y parvient, je doute -fort qu'_alors_ la Russie soit aussi bien disposée qu'elle l'est en ce -moment à désarmer. Mais obtiendrons-nous ce succès? J'en doute. Nous -pourrons, _peut-être_, avec des sacrifices _énormes_, détruire la ville -et les vaisseaux, mais je ne crois pas qu'il soit possible de _prendre_ -et d'_occuper_ Sébastopol sans avoir pris les forts du nord, c'est-à-dire -sans un second siège plus difficile que le premier. Si on manque la -chance que les concessions actuelles de la Russie offrent en ce moment, -je ne vois plus qu'un avenir plein de périls pour le monde entier. Ici, -on désire ardemment la paix, on cherche à avancer les négociations; et, -tout en adhérant aux garanties demandées, on voudrait ne pas rendre les -choses trop difficiles pour la Russie. On serait bien aise de voir la -Prusse entrer dans l'alliance; on le désire aussi à Londres, mais la -France fera tout ce qu'elle pourra pour l'empêcher, car c'est ce qu'elle -craint _par-dessus tout_.» - - [144] Le traité du 2 décembre avait fait la plus profonde - impression à Saint-Pétersbourg. La Russie cherchait, par des - moyens détournés, d'affaiblir cette puissante coalition, afin - d'enlever au Cabinet de Vienne tout prétexte d'hostilité active. - Le prince Gortschakoff, ambassadeur de Russie, se déclara - autorisé à négocier d'une manière générale. Les plénipotentiaires - des trois Puissances alliées du 2 décembre se réunirent à Vienne - dans la journée du 28. Les explications, données de part et - d'autre, montrèrent qu'on se comprenait, et qu'on était d'accord - sur les points essentiels, mais sous réserve de l'assentiment des - Cabinets de Londres et de Paris; une base de paix était comme - posée, mais la Russie, n'ayant jamais voulu faire aucune - concession, quant au nombre des vaisseaux qu'elle pourrait avoir - dans la mer Noire, les négociations tirèrent en longueur et - n'aboutirent pas. - - -_Sagan, 23 janvier 1855._--On me mande de Paris que la Cour féminine de -l'Impératrice Eugénie, par des démissions peu regrettables, va se -recruter dans le faubourg Saint-Germain, non pas, à la vérité, dans ses -sommités, mais cependant dans le beau monde. - -On ajoute que le traité avec l'Autriche a adouci beaucoup de -récalcitrants. Il en reste cependant un petit nombre, entre autres le -côté Molé, plus fortement accentué chez Mme de La Ferté[145]. Sa cousine, -Mme de La Grange, s'était annoncée à Champlâtreux; elle a reçu, pour -réponse, de la part de l'intolérante Mme de La Ferté, _refus absolu_ de -recevoir une _personne ralliée_. Là-dessus, Mme de Flavigny, mère de _la -refusée_, écrit avec furie à son cousin M. Molé. Celui-ci répond plus -courtoisement, mais avec une merveilleuse impudence, qu'il a _toujours -été légitimiste_. Et voilà le monde et la société de Paris! Du reste, on -dit que celle de Berlin, celle de Vienne, ne sont pas plus commodes, que -partout, il y a division, aigreur, hostilité. - - [145] Fille de M. Molé. - - -_Sagan, 27 janvier 1855._--On m'écrit de Berlin que le Prince de Prusse y -est fort triste et fort peiné. On croyait, avant-hier, à la sortie de M. -de Manteuffel des affaires et à l'entrée de M. de Bismarck-Schœnhausen -aux Affaires étrangères. Cependant, il n'y avait rien de fait, rien de -décidé. Si ce bruit se vérifiait, la guerre entre l'Autriche et la -Prusse, déjà probable, deviendrait certaine; car M. de Bismarck déteste -l'Autriche, autant que moi je déteste les chats[146], et il brûle de la -combattre en brandissant une lance qui pourrait bien avoir les mêmes -proportions que celle de Don Quichotte. - - [146] La duchesse de Talleyrand avait une terreur innée des chats - qu'elle ne parvint jamais à vaincre. - -Voici une singulière anecdote dont des personnes graves m'assurent la -parfaite exactitude; la police militaire et civile en étouffent, comme de -raison, la circulation. Il y a fort peu de jours que deux sentinelles, -placées au musée de Berlin, ont vu la nuit les portes du Château s'ouvrir -et un cortège funèbre, entouré de force flambeaux, en sortir et se -diriger vers l'église qu'on nomme le _Dom_. Sur le char funèbre, se -trouvait une couronne royale, et le Prince de Prusse conduisait le deuil. -Une des sentinelles, saisie d'effroi, a perdu connaissance; l'autre a vu -entrer le cortège dans l'église. Toutes deux, lorsqu'elles ont été -relevées du poste, ont été faire leur déposition parfaitement identique, -quant aux détails, dans la bouche de l'une comme dans celle de l'autre. -Et voilà! - - -_Sagan, 5 février 1855._--Quel spectacle que celui offert par -l'Angleterre! Cette grande Angleterre quand j'y vivais! Et maintenant, -quel écroulement! Le tout au profit de lord Palmerston! Mais tout cède à -l'horreur de ce qui se passe en Crimée. Je n'ose plus lire les articles -qui en dépeignent les misères; cela me bouleverse pour l'humanité en -général, et pour ceux qui m'intéressent en particulier[147]. - - [147] L'étrange épuisement qui consumait l'armée anglaise devant - Sébastopol avait déchaîné l'opinion publique en Angleterre contre - le Ministère, qui réclamait à grands cris le relèvement de la - puissance britannique. Le 27 novembre 1854, la Reine avait - convoqué d'urgence le Parlement, pour le 12 décembre, afin de - prendre des mesures qui pousseraient la guerre avec vigueur et - accroîtraient les forces de l'armée. Lord Palmerston, le ministre - le plus populaire de l'Angleterre, reçut la mission de former un - nouveau Cabinet. Celui-ci concentra dans les mains du commandant - en chef de l'armée les forces militaires, réforma le - commissariat, organisa un service de transport, et les dons des - particuliers affluèrent en telle exubérance, qu'après avoir passé - par toutes les souffrances, par tous les dénûments de l'extrême - misère, l'armée anglaise connut toutes les abondances, et aussi - tous les dangers de l'extrême bien-être. - -_Sagan, 7 février 1855._--Humboldt, dans une longue lettre pleine de -gémissements sur les illusions que nous déplorons tous, dit ensuite: «On -a envoyé d'abord le général Wedel à Paris[148], un des innocents que l'on -flattera aux Tuileries; le dangereux Olberg l'accompagne, mais depuis, -on le fait suivre par un autre négociateur, Niebuhr[149], sous -l'apparence peu trompeuse d'un voyage de délassement. J'ai été sollicité -de lui donner des recommandations pour Guizot, Salvandy, Villemain. -Voudra-t-il pénétrer dans le temple de la rue Saint-Florentin[150]? Après -Niebuhr, il reste à envoyer Hensel, et puis le hurleur Strauss. Voilà à -quoi en est réduite la diplomatie prussienne!» - - [148] Le dissentiment, qui s'était manifesté entre l'Autriche et - la Prusse sur la question de la mobilisation, avait fait - commencer au Cabinet de Vienne des négociations avec différents - gouvernements allemands, et pour donner un point d'appui, - l'Empereur d'Autriche manifestait le désir de se placer à la tête - de l'armée fédérale. Effrayée de cet isolement, la Prusse avait - envoyé le comte de Wedel à Paris, dans l'espoir de s'entendre - directement avec les Puissances occidentales. La France devait - reconnaître à la Prusse le droit de prendre part au Congrès de - Vienne et la Prusse disposée à accéder au traité du 2 décembre. - Mais ces négociations échouèrent complètement. - - [149] M. de Niebuhr, conseiller du Cabinet du Roi, passait pour - un ami de la Russie. - - [150] Chez Mme de Lieven. - -M. de Manteuffel, m'écrit-on, d'autre part, ignorait tellement la mission -du général Wedel que, lorsque celui-ci s'est présenté au Ministère des -Affaires étrangères pour prendre connaissance des dernières -correspondances diplomatiques, le Ministre les lui a refusées, disant -qu'il ne les lui communiquerait que sur un ordre signé du Roi. Le Roi dit -aux uns, qu'il ne fera jamais la guerre aux alliés, aux autres, que -jamais il ne la fera à la Russie. - - -_Sagan, 12 février 1855._--Que dire de l'étrange discours de l'amiral -Napier, qui jette son _verdict_ contre la marine anglaise? Voilà donc -l'Angleterre déflorée de tous ses prestiges. Quel _fiasco_! Ce n'est pas -parlementairement qu'elle brille, pas plus que maritimement, ni -militairement; car il est impossible de plus laver son linge sale en -public qu'on ne l'a fait en plein Parlement[151]. Tout cela profite à -Louis-Napoléon, et je ne vois ici que _lui_ qui ait tiré avantage des -déconfitures des autres. J'en ai du chagrin pour l'Angleterre, j'y ai -passé de trop belles années pour qu'il me soit possible de rester -indifférente à ses échecs. Quelqu'un de très bien placé pour le savoir me -mande de l'Italie que le Roi de Sardaigne est dans une disposition -d'esprit fort abattue et troublée. Ayant demandé à sa mère de lui donner, -avant de mourir, sa bénédiction, la mourante la lui a refusée et n'a fini -par la lui accorder que sous condition expresse qu'il ne sanctionnerait -pas la vente des biens du clergé, et la jeune Reine aussi, après avoir -reçu les derniers sacrements, a conjuré le Roi de ne pas charger sa -conscience d'un tel péché. On croit donc que le Roi ne sanctionnera pas -cette loi spoliatrice; mais d'autre part, les Ministres et la majorité -des deux Chambres veulent forcer le consentement royal[152]. - - [151] Au retour de la campagne peu fructueuse de la Baltique, - l'amiral Napier, le cœur gonflé d'amertumes, ne respectant ni - autorité, ni discipline, ni convenance, ni lui-même, avait, après - un dîner du Lord-Maire, prononcé un discours extraordinaire dans - lequel il attaquait le Gouvernement et sir James Graham, - président de l'Amirauté. Il le déclara indigne de présider, - puisque sir James Graham s'était joint aux hommes qui l'avaient - blâmé de n'avoir pas enlevé Cronstadt et de s'être opposé à son - attaque. Il avait fallu rabattre des illusions qu'on se faisait - si légèrement au commencement des hostilités du Nord et de - l'Orient; les Anglais rendirent leurs chefs responsables des - difficultés, le langage de sir Charles Napier et la conduite de - lord John Russell abandonnant ses collègues à l'heure du danger - et travaillant ouvertement, par ses intrigues, à supplanter - l'administration dont il avait fait partie, rendirent plus - complète l'anarchie qui régnait dans les régions les plus élevées - du pouvoir. - - [152] Ce fait n'a pas été prouvé et fut même démenti. On en parla - beaucoup à Turin, à cette époque, et il est certain que le Roi - Victor-Emmanuel ne signa qu'avec une grande répugnance les lois - dont il est ici question. La mort avait frappé, en un mois, la - Reine mère, la Reine régnante et le Duc de Gênes, frère du Roi. - - -On m'écrit de Paris que c'est décidément le duc de Broglie qui succédera -à Sainte-Aulaire à l'Académie française, et un homme de lettres à M. -Ancelot. Reste le fauteuil de Baour-Lormian[153] qui, je l'espère encore, -arrivera à M. de Falloux, quoi qu'on dise que M. Thiers est vif contre -lui; son propos à ce sujet est de dire: «_Jamais je ne donnerai ma voix à -l'Immaculée Conception._» - - [153] Ce fut, en effet, en 1855 que le duc de Broglie prit - possession du fauteuil laissé vacant par la mort de - Sainte-Aulaire à l'Académie française. M. Ernest Legouvé remplaça - M. Ancelot. M. Ponsard succéda, dans la même année, à M. - Baour-Lormian. - - -_Sagan, 14 février 1855._--Voilà encore le Duc de Gênes mort. Quels -avertissements pour le Roi de Sardaigne! N'y verra-t-il pas le doigt de -Dieu? - - -_Berlin, 20 février 1855._--On m'assure qu'il est arrivé ici, il y a deux -jours, un projet de convention signé entre le général de Wedel et M. -Drouyn de L'Huys qui serait très acceptable pour la Prusse, mais qui, -naturellement, doit d'abord obtenir la sanction du Roi. Je n'ai pu -savoir, jusqu'à présent, si elle avait été donnée ou bien si on n'aura -pas cherché à allonger la courroie, au moins jusqu'au passage de lord -John Russell, qu'on attend d'ici à quelques jours[154]. - - [154] Le général de Wedel avait été chargé de négocier à Paris un - projet de traité _séparé_, pour conclure entre la Prusse et la - France, sur la base que la Prusse serait disposée à signer, le - protocole du 28 décembre, afin de prendre sa place dans la - Conférence de Vienne. Mais ces négociations n'aboutirent pas, la - Prusse cherchant toujours à conserver sa liberté d'action. - -Quelqu'un disait quand on admirait devant lui l'Empereur Napoléon III: -«_Gare aux coups de tête_.» Et, en effet, en voilà un nouveau qui se -prépare et qui, s'il s'exécute, ne le cédera en rien à celui de -Strasbourg et de Boulogne. Il est parfaitement sûr qu'il veut partir à la -fin de ce mois pour la Crimée, y faire à coups d'hommes assaut à -Sébastopol, prendre la ville et être revenu à Paris au bout de six -semaines pour l'ouverture de l'Exposition. Cette fantaisie a extrêmement -effrayé à Paris. On tâche d'en détourner l'Empereur, mais c'est fort -difficile. Le général Niel lui a mandé qu'il y avait eu plusieurs fautes -de faites dans le plan du siège, fautes réparables, et que la ville, -difficile à prendre, n'était pas cependant impossible à escalader à coups -d'hommes. - - -_Berlin, 2 mars 1855, 4 heures après midi._--Le télégraphe apporte une -immense nouvelle qui a frappé ici comme un coup de foudre la Famille -Royale. Le retentissement en sera non moins immense d'un bout de l'Europe -à l'autre[155]. La présence à Berlin de lord John Russell au moment où on -y reçoit la nouvelle de la mort de l'Empereur Nicolas ajoute encore aux -embarras de M. de Manteuffel, car le Roi ne reçoit plus personne et il -part ce soir pour Charlottenbourg. Les dernières paroles de l'Empereur -Nicolas à l'Impératrice ont été pour faire demander au Roi de Prusse de -rester le même envers la Russie, et de se souvenir des dernières paroles -du Roi son père. On m'assure qu'après avoir appris ce détail, le Roi est -allé en chercher l'écho au tombeau de Charlottenbourg. On ne croit pas -qu'il dépende du nouvel Empereur de se montrer plus facile pour les -conditions de la paix. On pense plutôt, que pour se maintenir en -possession de ce trône sanglant, il faudra qu'il se montre presque aussi -_russomane_ que l'est son frère Constantin. - - [155] L'Empereur Nicolas avait cru au prompt triomphe de ses - armes; les défaites qu'elles essuyèrent successivement en Crimée - lui portèrent un coup terrible qui abrégea ses jours. Déjà - souffrant en janvier, il commença à ressentir les atteintes de la - grippe; malgré les défenses des médecins, il voulut, un jour, - inspecter les troupes qui partaient pour la Crimée; le mal - s'aggrava et fit des progrès si rapides qu'il fut emporté - subitement le 2 mars. Cette nouvelle inattendue fut comme un coup - de foudre pour l'Europe, particulièrement pour Berlin. - - -_Berlin, 3 mars 1855._--La mort de l'Empereur Nicolas, si peu prévue, -ayant éclaté dans les vingt-quatre heures que lord John Russell a passées -ici, rien n'a pu s'éclaircir entre lui et le Cabinet prussien. A Vienne -aussi, tout va être suspendu, et probablement, il en sera de même du -voyage de l'Empereur des Français en Crimée. Mon impression du moment est -que cette mort ne facilite pas la paix. L'Impératrice veuve a montré un -grand courage, une grande force morale; mais on n'en croit pas moins -qu'elle ne puisse survivre, au delà de quelques mois, à son époux. - - -_Berlin, 6 mars 1855._--Il est arrivé ici une dépêche télégraphique de -l'Impératrice veuve de Russie, demandant au Roi que, s'il envoyait un -Prince de sa maison à Saint-Pétersbourg, ce fût le Prince Charles de -préférence. Celui-ci était déjà parti quand la dépêche est arrivée. Je -crois qu'on a caché ce fait disgracieux au Prince de Prusse, qui en -aurait été d'autant plus peiné que son bon cœur est tout entier à la -douleur de sa sœur. Quelqu'un de bien informé m'a assuré que la nouvelle -Impératrice est aussi anti-prussienne que son époux est anti-autrichien. -On suppose qu'il sera fort tiraillé entre sa femme et sa mère, chacune -exerçant un grand empire sur lui. Le télégraphe ne cesse de porter et de -reporter les plus tendres assurances entre l'oncle et le neveu. La -politique sentimentale joue ici le premier rôle, ce qui fait que la part -de la mission relative à Berlin, dont lord John Russell était chargé, ne -pouvait se placer à un moment plus inopportun; aussi est-il parti très -mécontent. Le général de Wedel a repris la route de Paris, mais je doute -que ce soit avec des instructions plus larges. On paraît convaincu, à -côte de moi, que la paix ressortira nécessairement et même promptement en -regard de ce qui vient de se passer à Saint-Pétersbourg. Le nouvel -Empereur _n'oserait_ pas faire une concession, quelle qu'elle fût, en -outre de celles accordées par son père; sans cela, il irait de sa -couronne ou du genre de sa mort. Ce qu'on espère, c'est que les Cours -alliées, croyant avoir moins à redouter du fils que du père, exigeront -moins de l'héritier que de son prédécesseur; mais qu'il faut que les -concessions viennent de Paris et de Londres, qu'elles ne peuvent venir de -Saint-Pétersbourg, à moins que la guerre, en continuant, ne finisse par -amener de grands échecs russes. - - -_Berlin, 8 mars 1855._--Hier, le général Wedel était encore ici. On -annonce son départ pour ce soir; cependant, il y a un certain parti qui -tente l'impossible pour entraver ce départ, ce qui fait qu'on ne pourra -le tenir pour certain que lorsqu'il sera effectué. Il paraît que le -général a exigé des instructions moins vagues que les premières. Les lui -donnera-t-on? - -Le prince Gortschakoff de Vienne a reçu la confirmation des instructions -de l'Empereur défunt. Le premier espoir pacifique, qui avait fait monter -les fonds publics partout, fait place à un peu de baisse aussi partout. -Cela ne veut pas dire que nous n'ayons pas fait un pas vers la paix, mais -cela prouve que ce pas est petit, très petit. - -J'ai enfin lu les discours académiques de MM. Berryer et Salvandy; et, si -j'ai trouvé le second d'un tiers trop long, le premier m'a semblé, au -rebours de ce que j'attendais, plus déclamatoire que le second. Je le -trouve un peu trop lardé de mythologie: la Colchide, Iphigénie, -Mithridate sont entassés plus que de raison quand on les concentre sur le -spirituel mais très peu poétique Alexis de Saint-Priest. - -Berryer m'a fait dire que la phrase sur M. de Talleyrand, dont il -espérait que je serais contente, lui avait été inspirée par le désir de -m'offrir un hommage[156]. - - [156] Le 25 février 1855, M. Berryer prenait place à l'Académie - française. Il y était reçu par M. de Salvandy et remplaçait - Alexis de Saint-Priest dont il avait à faire l'éloge. En parlant - des relations de M. de Saint-Priest, M. Berryer avait dit entre - autres: «De bonne heure, il fut admis dans les entretiens - familiers où M. de Talleyrand se jouait et profitait avec éclat - et finesse de ses avantages, étant d'assez grande naissance et - revêtu d'assez hautes dignités, pour ne parler ou se taire, - n'interroger ou ne répondre qu'à son moment, toujours assuré de - la victoire, comme un capitaine pouvant toujours, à son gré, - choisir le terrain du combat.» - -On m'assure d'autre part, que grâce à la présence du grand monde, la -séance a été quelque chose qu'on ne peut se figurer, que cependant le -succès de Mgr Dupanloup n'a pas été dépassé. Il paraîtrait que la -personne de Berryer a eu une plus grande ovation que son discours. Sauf -deux ou trois allusions, ce discours n'aurait pas excité les mêmes -transports que celui de l'Évêque. - -Mais les transports qui s'adressaient à la personne de Berryer ont été si -enthousiastes et si universels que l'amour-propre le plus exalté en -aurait été comblé. Les salves qui ont accueilli l'entrée de l'orateur ont -été comme un feu de mitraille. Le passage sur M. de Talleyrand a été -aussi fort senti et très goûté. M. de Salvandy a été, à son tour, traité -très favorablement par l'assemblée. Le premier soir, la reproduction des -discours avait été interdite, à cause de quelques intentions très -marquées et de quelques-uns des applaudissements décernés à Berryer. On a -dit que la princesse Mathilde, qui était présente, en avait été blessée. -Quoi qu'il en soit, dès le lendemain, l'autorisation de publier était -accordée. Restait la présentation traditionnelle au Chef du gouvernement. -Suivant l'usage, Salvandy avait écrit, le soir même de la séance -académique, au grand Chambellan. Le lendemain, M. Villemain, le -secrétaire perpétuel, reçoit une lettre de M. Berryer qui lui en -communique une qu'il avait adressée à un M. Mocquart, secrétaire des -commandements de l'Empereur, en le priant de faire valoir _ses -impossibilités_, et d'obtenir la dispense du devoir commun, en raison du -service qu'il rendit à Louis-Napoléon, il y a quinze ans. Depuis, M. -Mocquart a répondu que l'Empereur est trop haut placé pour tenir à ce que -l'usage constant soit suivi ou non; que si M. Berryer était venu, il -aurait été reçu, non comme l'adversaire d'aujourd'hui, mais comme le -défenseur d'il y a quinze ans; qu'à ce dernier titre, il était libre de -faire ce qu'il voudrait. Je ne trouve pas trop _fier_ de contracter une -obligation pour ne pas faire une révérence, et de demander à -Louis-Napoléon les moyens de rester en bons termes avec les extrêmes de -son parti à lui, Berryer. Cet incident va ajouter aux difficultés de M. -de Falloux, déjà fort menaçantes, puisque Cousin lui donne l'exclusion, -et Cousin est le maître de l'Académie; lui seul y a une volonté, des -passions, un parti-pris, enfin ce qui rend le maître. Il a voulu Odilon -Barrot à l'Académie des Sciences, soi-disant, morales et politiques. MM. -Guizot, de Broglie, Duchâtel le lui ont donné! Il a voulu M. de Broglie à -l'Académie française pour évincer M. de Falloux, en dépit des engagements -les plus solennels, et tout le monde y a consenti. Cette mode académique, -l'agitation qu'elle cause, la liberté de langage qu'elle inspire m'ont -fait souvenir plus d'une fois déjà de ce mot de Fontanes au premier -Napoléon: «Ah! Sire, laissez-moi, du moins, la république des lettres.» - -Je suis presque honteuse de m'être laissée entraîner sur le terrain -littéraire, lorsqu'on n'est préoccupé que de la scène guerrière, -politique, diplomatique et de cette _fortune providentielle_ qui semble -s'épuiser en faveur de l'hôte des Tuileries; car enfin, le voici pour le -moment sans autre compétiteur en Europe pour le goût des aventures. - -L'embaumement du corps de l'Empereur Nicolas a mal réussi, son visage -s'est trouvé si atrocement défiguré, qu'au lieu de l'exposer à découvert -sur le lit de parade, comme c'est l'usage, il a fallu le renfermer tout -de suite dans son cercueil. On peut imaginer les commentaires, les -suppositions sinistres qui en résultent. - - -_Berlin, 10 mars 1855._--Lady Westmorland me mande de Vienne en date du -7: «Depuis hier, je puis vous dire que mon âme commence à s'ouvrir aux -espérances de paix; car le prince Gortschakoff a reçu, par télégraphe, -l'ordre d'agir selon les instructions de l'Empereur défunt, avec -l'annonce que le nouvel Empereur n'y apporte aucun changement. On va donc -immédiatement commencer les conférences. Aujourd'hui, les -plénipotentiaires d'Autriche, de France et de Grande-Bretagne se sont -réunis, et mon mari est revenu très satisfait de l'accord qui a régné -entre eux. Vous savez que l'humeur de mon mari est très conciliante et -pacifique. Je suis contente aussi de lord John Russell; je l'ai trouvé -infiniment plus modéré et plus désireux de faire la paix que je n'osais -l'espérer. Mais tout est imprévu et inattendu par le temps qui court. Le -jeune Empereur d'Autriche a été très affecté de la catastrophe de -Saint-Pétersbourg, les larmes lui sillonnaient le visage, mais l'heureux -accouchement de l'Impératrice est venu les essuyer. Il ne l'a pas quittée -pendant tout le travail et s'est montré le meilleur des maris. Le baptême -a eu lieu splendidement et en grand gala. L'Empereur, avant la -cérémonie[157], avait donné audience à lord John Russel, audience dont -mon compatriote a été ravi. La Reine Victoria a été gracieuse; elle a -télégraphié à mon mari, dès qu'elle a appris l'accouchement, pour -exprimer son intérêt et ses félicitations, et ordonner qu'on lui fît -savoir par le télégraphe des nouvelles de la mère et de l'enfant. Lord -John Russell prend hautement la défense de lord Raglan, qu'on a tant -calomnié[158].» - - [157] Le 5 mars 1855, l'Impératrice d'Autriche accoucha de son - premier enfant. A l'occasion de sa naissance, l'Empereur accorda - une amnistie qui fut publiée simultanément dans toutes les - provinces de l'Empire. Cette jeune Archiduchesse mourut à l'âge - de deux ans. - - [158] Les difficultés inattendues que les troupes expéditionnaires - rencontrèrent en Crimée et les épreuves qu'elles eurent à subir - avaient, en Angleterre, dépopularisé lord Raglan en le rendant - responsable de ce que Sébastopol était entouré de murailles et de - ce qu'il y avait de la neige en Crimée. Comme sir Charles Napier, - lord Raglan était fort attaqué par l'opinion publique. - - -_Berlin, 17 mars 1855._--C'est M. de Morny qui s'est chargé d'annoncer, -avec des précautions et des ménagements infinis, à Mme de Lieven, la mort -de l'Empereur Nicolas. Elle n'a pas été autrement émue, et sa réponse a -été simplement: «Ah! alors me voilà sûre de rester tranquillement ici.» - - -_Berlin, 22 mars 1855._--Les espérances de paix paraissent se développer. -Dieu veuille leur donner accroissement et belle venue! Il paraît que -l'Empereur Napoléon n'irait pas en Orient si, d'ici à huit jours, les -conférences de Vienne avaient fait un pas _sérieux_ vers la paix; mais -que si les choses traînaient en longueur, il partirait en laissant -l'Impératrice régente; car les Muphtis s'opposent à l'arrivée d'une belle -dame avec son entourage d'amazones jeunes et jolies, que Winterhalter -peint, en ce moment, comme pendant au _Décaméron_[159]. Tout cela est -drôle! - - [159] Winterhalter, qui avait peint en 1837 le fameux tableau: - _le Décaméron_, fut choisi pour reproduire, dans le même genre - d'attitudes, l'Impératrice Eugénie entourée des dames de sa Cour. - Ce tableau, qui prit place à l'Exposition de 1855 à Paris, - fournit une ample matière aux critiques les plus mordantes. - - -_Berlin, 24 mars 1855._--Je reçois des félicitations sur le passage qui -me concerne dans le nouvel ouvrage de M. Villemain: _Souvenirs -contemporains_[160]. Je crois qu'on a mal interprété le passage sur les -_Mémoires_; il ne peut pas s'agir des miens, par la bonne raison que je -n'ai écrit que les quelques pages sur mon enfance, que vous -possédez[161]. - - [160] Ce livre, qui formait la seconde partie des _Souvenirs - historiques et littéraires_ de M. Villemain, piqua encore plus - vivement l'opinion publique que la première. Dans le chapitre - consacré au Congrès de Vienne, se trouvait un portrait aussi fin - que spirituel de l'auteur de cette _Chronique_. - - [161] Extrait de lettre à M. de Bacourt. - -M. Villemain ne peut donc parler que des Mémoires de M. Talleyrand, dont -il a entendu lire quelques morceaux par mon oncle. Mais il semble -insinuer que, soit dans les Mémoires, soit dans la correspondance de M. -de Talleyrand, j'ai été _plus_ qu'un simple secrétaire sous la dictée, et -j'en suis fâchée. Je n'ai pas eu la moindre part à la rédaction des -Mémoires, excepté dans deux passages fort courts sur le _Pape_ et sur les -_Polonais_. Et pour ce qui est de la correspondance, si j'ai été au delà -du simple metteur d'adresses, je n'ai jamais eu le mauvais goût de m'en -vanter, et je suis _sincèrement_ peinée, chaque fois que par -bienveillance pour moi ou par dénigrement de mon oncle, on cherche à me -grandir à ses dépens. Après tout, je suis fort sensible à ce que M. -Villemain, voulant à toute force _exhumer une ensevelie_, l'ait fait -d'une façon si favorable. - -M. de Forbin-Janson a fait, une fois dans sa vie, un tableau qui, dans le -temps, exposé au Salon du Louvre, a fait sensation. Il représentait en -couleurs brillantes le couronnement d'Inès de Castro après sa mort, le -Roi forçant ses courtisans à baiser la main de la morte qu'ils avaient -persécutée de son vivant. M. Villemain a fait de même; il a couronné une -morte. - -Humboldt, qui est venu me voir hier en sortant du dîner royal de -Charlottenbourg, m'a conté que le masque moulé sur l'Empereur Nicolas, -après sa mort, était arrivé et avait remué tous les cœurs et tous les -nerfs. - - -_Sagan, 7 avril 1855._--Depuis que je suis de retour, j'ai pu avancer -dans la lecture de M. Villemain, qui me paraît être bien plus un cadre à -ses impressions actuelles qu'un recueil exact des impressions -quotidiennes de l'époque qu'il décrit. Ce ne sont pas des mémoires, et -si ce sont des souvenirs, ils se ressentent trop du présent pour rendre -exactement le passé. Mais par le style et les noms propres, ce livre se -lira beaucoup et piquera la curiosité des personnes qui se rappelleront -des gens et des choses d'alors. Ils n'y trouveront probablement pas ce -qu'ils y cherchent; mais ils auront tenu en main des pages brillantes et -agréables comme passe-temps. C'est un concert harmonieux de mots, même -d'idées; mais ce n'est pas l'œuvre d'un peintre d'histoire. On aura beau -faire, notre époque ne produira plus de cardinal de Retz, ni même de Mme -de Motteville. C'est qu'à présent il y a des écrivains et des femmes -auteurs; mais la spontanéité, la naïveté, l'abandon, les choses prises -sur le fait, le premier jet sans étude, sans travail, le plaisir de se -souvenir pour son propre divertissement n'existent plus. - - -_Sagan, 12 avril 1855._--Lady Westmorland me mande, en date du 9, que les -espérances de paix pâlissent, mais qu'on attend encore la réponse à un -courrier expédié à Saint-Pétersbourg pour rompre la Conférence ou en -continuer les stériles efforts. - - -_Sagan, 20 avril 1855._--Voici l'extrait d'une lettre de lady -Westmorland, du 18 avril, de Vienne: «Depuis hier, mes espérances -renaissent un peu: la réponse de Saint-Pétersbourg est plus conciliante -qu'on ne l'espérait. Je crois qu'on pourra s'entendre, mais la nouvelle -du bombardement de Sébastopol commencé le 9, dont nous n'avons aucun -détail, nous tient dans une grande anxiété[162]. Je crains que lord John -Russell ne retourne promptement à Londres; on le veut absolument à son -poste de ministre des Colonies, et je crois qu'on a besoin de lui à la -Chambre des Communes. Cela laissera une rude besogne sur les épaules de -mon mari; mais, si nous avons l'espoir d'une bonne réussite, cela nous -soutiendra. - - [162] Les alliés avaient ouvert le 9 avril le feu de toutes leurs - batteries contre Sébastopol et une brèche y avait été pratiquée - dans la journée du 10. - -«M. Drouyn de L'Huys paraissait hier tourner vers la paix. Le petit -Bourqueney est hors de lui; toujours dans les extrêmes: monté aux nues -aujourd'hui, abattu tout de son long demain. - -«Les gazettes anglaises ne trouvent pas assez de termes pour déifier -l'Empereur Napoléon et l'Impératrice Eugénie. Une de celles qui encensent -le plus le couple impérial a, je le sais, offert ses louanges à -l'Empereur François-Joseph et au Gouvernement autrichien, moyennant une -certaine somme. Mais le comte Buol a repoussé cette offre avec un juste -dédain. Quand on songe que ce sont ces misérables gazetiers à qui on -permet de gouverner l'Angleterre et qui en effet la gouvernent!» - - -_Sagan, 3 mai 1855._--Depuis les nouvelles du 14 avril, je n'ai rien reçu -de mon fils Alexandre qui est devant Sébastopol; cela devient ancien, et -je redoute tout autant, pour lui, les affreuses maladies qui règnent -maintenant en Crimée que les boulets des assiégés; ce sont ces maladies -pestilentielles qui sont la vraie raison pour laquelle l'Empereur -Napoléon a renoncé à son voyage en Orient. Le coup de pistolet, s'il -l'eût atteint, aurait jeté le monde dans un désordre affreux; car les -éléments révolutionnaires auraient vite _partout_ repris le dessus[163]. -Je crois qu'il faut que _l'homme taciturne_ gouverne encore plusieurs -années, avant que l'équilibre européen puisse s'en passer. - - [163] Le 28 avril, l'Empereur Napoléon III montait à cheval les - Champs-Élysées, lorsqu'un Italien, nommé Pianori, lui tira un - coup de pistolet sans l'atteindre. Arrêté, il déclara qu'il avait - voulu venger la République romaine. Il fut condamné à mort et - exécuté le 14 mai suivant. - -On m'écrit de Vienne que les Conférences se sont rompues sur ce que les -Russes n'ont pas voulu céder la plus minime partie de leurs prétentions, -ce qui a mis l'Empereur d'Autriche dans un grand embarras, vu qu'il -s'était montré garant de l'extrême modération dont les plénipotentiaires -russes l'avaient assuré être les organes[164]. Le jeune Empereur, qui est -sincère et honnête, a été outré de ce manque de bonne foi qui n'était -calculé que pour gagner du temps et arrêter la marche des armées -autrichiennes. - - [164] Le 23 avril, dans la séance de la Chambre des Communes, - lord Palmerston déclarait que les Conférences étaient ajournées - indéfiniment, la Russie ayant refusé de réduire sa flotte et de - considérer le Pont-Euxin comme mer neutre. - -On dit que pendant le voyage des Majestés françaises à Londres, la Reine -Victoria a été la seule qui ait conservé aisance et dignité; que les -autres grands personnages des deux pays se montraient embarrassés, gênés, -plus ou moins gauches. L'Impératrice Eugénie a paru maladive et fatiguée. -Les cadeaux français ont été des plus magnifiques. Si le voyage -en Orient paraît abandonné, celui de Vienne ne paraît pas -invraisemblable[165]. On dit que le langage des orléanistes a été le seul -inconvenant, et ce me semble, bien absurde, après l'attentat contre -Louis-Napoléon; car l'impression générale était que, si l'attentat eût -réussi, la République aurait prévalu. Aussi les républicains sont-ils -désolés, car un attentat manqué est ce qui pouvait leur arriver de pis. - - [165] Dans le but de l'empêcher d'aller en Crimée, les Cabinets - anglais et français avaient persuadé à l'Empereur Napoléon III de - venir rendre visite à la Reine d'Angleterre. Il y alla, en effet, - passer une semaine, au mois d'avril 1855, accompagné de - l'Impératrice Eugénie. - -Mme Mollien m'écrit que la Reine Marie-Amélie est étonnamment bien de -santé, mais que la princesse de Joinville est en plein état de phtisie. - -Un des motifs qui ont décidé l'Empereur Napoléon à renoncer au voyage -d'Orient a été le refus de son cousin de l'y suivre. - - - Interruption de la correspondance jusqu'au 14 juin, les deux - correspondants s'étant retrouvés à Sagan. - - -_Carlsbad, 14 juin 1855._--Je voudrais bien que la Prusse et l'Autriche -parvinssent à s'entendre _cordialement_, et que, formant ensemble une -solide barrière, elles obligeassent l'Est et l'Ouest de l'Europe à -désarmer. Mais la méfiance est encore bien profonde. - -Si je disais que je me plais ici, je mentirais grandement; j'y suis bien -logée, mais sans verdure; j'y connais assez de monde pour en être -ennuyée. On dit qu'il ne faut pas lire, pas écrire, peu dormir, guère -manger, ne pas s'agiter, ne songer à rien, végéter le plus honnêtement -possible: c'est la plus sotte vie, et cependant on sent qu'il faut obéir, -car il est de fait qu'on n'est capable de rien. Je suis en plein -traitement, c'est-à-dire très éprouvée; il y a toujours pour moi un grain -de Crimée dans chaque verre de _Sprudel_[166], et cela ne le rend pas -plus facile à digérer. - - [166] La plus célèbre des sources à Carlsbad. - - -_Carlsbad, 24 juin 1855._--Je n'ai pas précisément à me plaindre de mes -eaux; mais je sens qu'il me faudrait du soleil en plus et la Crimée en -moins. Voilà une affaire qui semble avoir été affreuse, le 18 de ce mois, -sur les remparts de Malakoff[167]. Mon fils avait pris part à l'action -très brillante du 8, au Mamelon Vert. Il s'en est bien tiré; mais comment -se sera-t-il tiré de celle du 18, qui a été si désastreuse? - - [167] Dans la matinée du 18 juin 1855, les Français avaient - attaqué Malakoff et les Anglais le grand Redan. Cet assaut fut - rejeté sur tous les points avec des pertes immenses pour les deux - armées alliées, qui y perdirent chacune plusieurs généraux et un - grand nombre d'officiers supérieurs. - -On dit que, du côté des alliés, neuf mille hommes ont péri, que les -généraux ne s'entendent pas entre eux, que le choléra fait rage, que -l'Empereur Napoléon, saisi par les mauvaises nouvelles, est malade, que -la rente baisse, que les récoltes se perdent et que nous touchons à la -fin du monde. J'ai le cœur fort triste, fort serré, et plus de larmes -dans les yeux que de sourires sur les lèvres. - -Le 5 juillet, je partirai pour Téplitz; j'y trouverai, à ce que l'on dit, -les légitimistes français en foule. M. de Montalembert est en Angleterre; -il y voit souvent les habitants de Claremont, où on le soigne et où on le -caresse beaucoup. - - -_Carlsbad, 6 juillet 1855._--La mort de lord Raglan m'a été au cœur. -Puisqu'il devait finir dans cette affreuse Crimée, il aurait mieux valu -être tué sur la brèche que de mourir du choléra. Quelle fin, pleine -d'amertume, d'une belle et noble carrière, si brillamment commencée, si -honorablement continuée, terminée par tant d'outrages et d'injustices. A -Londres, nous l'appelions _la Perle_[168]. J'ai une lettre de lady -Westmorland, désespérée sur cette perte; c'est son fils, lord Burgersh, -qui est chargé d'escorter les restes de son oncle en Angleterre. - - [168] Lord Raglan avait soutenu avec dignité le poids du - commandement, mais le dénuement de ses soldats et les attaques de - la presse anglaise contre un état de choses, auquel il ne pouvait - remédier, l'affectèrent vivement. Atteint du choléra, il n'y - résista pas et mourut à son quartier général. - -Le discours de l'Empereur Napoléon, à l'ouverture des Chambres, est ici -depuis hier; il y fait sensation. Il semble ridicule aux Russes, -impertinent aux Autrichiens, déplacé aux Prussiens, impudent aux Anglais, -et effrayant aux Français. Personne n'en est satisfait, et chacun d'en -tirer des horoscopes plus ou moins charmants. On veut y voir de nouveaux -symptômes de guerre générale, de révolutions, de bouleversements, de fin -du monde. Sans aller jusque-là, il est certain que l'Europe a bien -mauvais visage et qu'elle est entre les mains de médecins empiriques peu -rassurants[169]. - - [169] L'Empereur Napoléon III avait convoqué les Chambres en - session extraordinaire, afin de faire un nouvel appel à leur - patriotisme, en leur demandant les moyens de continuer la lutte. - - -_Carlsbad, 11 juillet 1855._--En Angleterre, on blâmera la police d'avoir -fait son devoir à Hyde-Park en réprimant l'émeute; partout on ne songe -qu'à désarmer l'autorité et à décourager ceux qui la représentent[170]. -Quelles singulières explications que celles de lord John Russell! Quelle -étrange façon de dire: «_Comme diplomate à Vienne, j'étais pour la paix; -comme ministre à Londres, je suis pour la guerre._» Cela s'appelle être -un homme d'État, ce n'est autre chose qu'un homme de désordre. Ce petit -fauteur de la réforme vivra assez pour voir s'achever la révolution. - - [170] A propos de l'observation du dimanche et du bill dit _du - Commerce_ de lord Growenor, une démonstration populaire avait eu - lieu à Hyde-Park. La police dut arrêter la circulation des - voitures et sévir contre les personnes qui avaient voulu - intervenir. - -_Poor dear old England_[171]! - - [171] De l'anglais: pauvre chère vieille Angleterre. - -_Teplitz, 16 juillet 1855._--Je ne m'amuse pas ici, mais je trouve l'air -excellent. Ce joli pays est plus accessible qu'à Carlsbad; j'y demeure à -l'écart des indifférents; tout cela me convient assez, car, à défaut de -ce qui plaît, il faut du moins tâcher d'avoir ce qui est commode. - -J'ai fait ma cour au Comte et à la Comtesse de Chambord qui partent -après-demain; ils me traitent avec les mêmes bontés qu'à Venise, et mes -impressions sur eux restent les mêmes. On espère la Reine Marie-Amélie -avec tous ses fils à Frohsdorff au mois de septembre; elle y trouvera un -neveu fort tendrement respectueux[172]. - - [172] La Reine Marie-Amélie voulant aller passer une partie de - l'hiver en Italie, on avait parlé d'une visite à Frohsdorff, mais - la Reine se borna à un séjour à Savone, sans donner suite à ce - premier projet. - - -_Teplitz, 18 juillet 1855._--La Saint-Henri a été fêtée ici par un dîner -champêtre donné par Mme la Comtesse de Chambord; on n'y avait convié que -les Français. Hier, ils m'ont fait l'honneur de venir me dire adieu dans -la matinée; ils partent ce matin, et toute la colonie française se -disperse. Je trouve plus de fermeté et de sérieux dans la conversation du -Comte de Chambord qu'il y a deux ans, et la même dignité gracieuse dans -la Princesse. Elle m'a comblée, et le mari m'a dit au bout de mon -escalier, en se retournant encore une fois: «_Ma femme vous aime -beaucoup._» J'avoue que cela m'a fait plaisir. - - -_Brienne-le-Château, 5 août 1855._--Je suis arrivée ici hier dans la -matinée; je suis accueillie, on ne peut mieux, par la princesse Laurence -de Bauffremont, à laquelle ma visite paraît faire plaisir. Le château est -noble, parfaitement meublé et arrange; il domine trente lieues de pays, -mais d'un pays plat, plus convenable pour livrer une bataille que pour -charmer l'œil. Il n'y a guère de fleurs, pas même précisément de jardin; -mais des allées droites en charmilles, et des quinconces, à l'ancienne -mode française, se perdent dans des bois mal percés. Le tout est très -noble, très éventé, assez sec et sans charme extérieur. L'intérieur est -excellent et magnifique. - - -_Paris, 10 août 1855._--Les efforts gigantesques, qui surgissent à tous -les coins de Paris, pour exciter à des jouissances de tous genres, me -semblent indiquer un déplorable état social; je ne saurais dire l'effroi -qui s'empare de moi à voir cette population remuante, fiévreuse, -promenant sans cesse et sans relâche sa curiosité et ses passions d'une -arène à une autre. Il est évident que le précipice bordé d'or et de -fleurs est au bout, et qu'il ne tardera pas à engloutir, dans un abîme de -feu, de sang et de boue, ceux qui chantent, dansent et se grisent à -l'entrée du cratère. Ce qui se raconte des spéculations financières -auxquelles hommes et femmes, jeunesse et vieillesse participent; ce qui -se dit tout haut des mœurs, des allures, de la rupture des liens de -famille et de la morale de la génération toute prête à étrangler la -nôtre, fait frémir. J'ai une grande terreur de tout ce qui me passe sous -les yeux, et je serai bien aise de me trouver, pendant quatre jours, sous -les verrous du Sacré-Cœur d'Orléans, où je ne verrai que d'innocentes -jeunes filles et où je n'entendrai que des hymnes pieuses. - -On dit décidément que l'Impératrice Eugénie est grosse. J'ai reçu le -maréchal de Castellane qui, quoi qu'on ait dit, retourne demain à -Lyon[173]. - - [173] Le bruit s'était répandu que, sur la demande du prince - Napoléon, l'Empereur retirerait son commandement au maréchal de - Castellane. - - -_Orléans, 16 août 1855._--Je suis ici depuis le 18, et je repars demain -pour Rochecotte, après avoir vu deux fois Mgr Dupanloup à la Chapelle -Saint-Mesmin[174] et une fois au Sacré-Cœur, où toutes les dames, à -commencer par Mme d'Avenas, me gâtent à l'envi l'une de l'autre. - - [174] Maison de campagne des évêques d'Orléans que Mgr Fayet - avait eu la bonne fortune d'acquérir pour le diocèse. Elle avait - appartenu, au commencement de ce siècle, à la célèbre comédienne - Mlle de Raucourt. Mgr Dupanloup en faisait sa résidence d'été, à - proximité de laquelle se trouvait son petit séminaire, objet de - ses soins particuliers. - - -_Rochecotte, 25 août 1855._--Je ne sais aucune nouvelle, si ce n'est qu'à -Paris on trouve la Reine Victoria peu jolie et que, s'il y a curiosité, -il n'y a pas d'applaudissements[175]. Au grand Opéra _in fiochi_, le -prince Albert a bien obéi à la consigne conjugale, car, assis entre -l'Impératrice Eugénie, qui était admirablement belle, et la princesse -Mathilde, qui a de forts appas, il n'a guère parlé ni à l'une, ni à -l'autre. - - [175] Quelques jours avant la prise de Sébastopol, l'Empereur - Napoléon III eut le grand triomphe de recevoir à Paris la Reine - Victoria, accompagnée du prince Albert. Sur les conseils du - Gouvernement anglais, desireux de resserrer l'alliance entre les - deux peuples, la Reine vint à Paris pour y visiter l'Exposition - universelle. - - -_Paris, 7 octobre 1855._--Me voici dans la grande Babylone depuis -trente-six heures et parfaitement ahurie. J'ai des lettres d'Alexandre -du 25 septembre: il dit que l'assaut a coûté dix mille cinq cents morts -pour les Français seulement[176]. Paris n'est pas bien sain en ce moment; -les maladies y abondent; il y a une autre maladie, celle de la -dégringolade des fonds publics, qui paraît grave; une autre s'appelle la -cherté des subsistances; une troisième, le mouvement vif des sociétés -secrètes; une quatrième, les coquetteries du gouvernement pour les -rouges. Quant à la paix, il paraît qu'elle est encore très éloignée, et -qu'à force de succès, chèrement payés, les triomphes valent des défaites. - - [176] Le 8 septembre 1855, à midi, les Français avaient emporté - d'assaut la tour de Malakoff regardée comme la clef de Sébastopol - et, un peu plus tard, le Grand Redan. Les Russes, voyant la - solide occupation de ces deux points principaux, se déterminèrent - à évacuer la place, après avoir ruiné et fait sauter par la mine, - les défenses, les édifices et avoir coulé leurs derniers - vaisseaux. - - -_Le Bourg d'Iré (chez le comte de Falloux), 29 octobre 1855._--On ne -saurait être plus mal servi par le temps que je le suis. J'ai eu froid à -Rochecotte; ici, c'est la Sibérie. Le château est beau, noble, vaste, -d'un goût excellent, mais d'un froid! De petites cheminées pour chauffer -de grandes pièces sans tapis, ni doubles croisées. Il faut avoir dépassé -Lyon pour oser autant compter sur le soleil qui, en ce moment, a de -rigoureux caprices. J'aurais voulu voir la ferme et tout le détail de ce -bel établissement, où le goût des arts tempère l'activité de -l'agriculture, où une belle bibliothèque repose de la race bovine, et où -le gentilhomme chrétien a pu être, sans contrastes affligeants, ministre -du Président et serviteur fidèle de l'Exilé. Il n'y a, en dehors du -châtelain et de son aimable femme, personne ici que M. Albert de -Rességuier avec ses enfants et une gouvernante. J'oubliais la pauvre -petite Loyde de Falloux; cette malheureuse enfant, âgée de treize ans, a -toutes les disgrâces naturelles extérieures, beaucoup de l'intelligence -de son père; mais elle a l'air timide et amer, ce qui se conçoit à -merveille, mais ce qui est _unheimlich_[177] au possible. - - [177] Ce mot allemand, intraduisible en français, veut dire: - quelque chose de désagréable. - -L'état des yeux de M. de Falloux étant très fâcheux, on craint les -lampes, les bougies; aussi tout est-il enveloppé d'abats-jour verts, dans -ces grandes pièces boisées en chêne, tendues d'étoffes foncées, ornées de -grands tableaux d'excellents maîtres; mais le tout est lugubre! - -Ce que j'ai pu apercevoir de la contrée ne l'est pas; avec du soleil, le -pays doit être charmant; d'Angers ici, il m'a singulièrement fait -souvenir de _dear England_, de notre vieille Angleterre! - - -_Orléans, 1er novembre 1855._--J'ai visité le vieux château d'Angers, -bâti en ardoises et en tuffeau d'une force extraordinaire, d'une sombre -tristesse, jusqu'à ce que, du haut des tours décapitées, on découvre la -Mayenne et le Loir se jetant dans la Loire et courant avec elle dans la -mer. Le grand Condé disait que le château d'Angers était le plus fort de -France. Il renferme maintenant les émeutiers du mois dernier[178]. - - [178] Dans la nuit du 26 au 27 août 1855, cinq à six cents - ouvriers des ardoisières de Maine-et-Loire s'étaient emparés - d'une caserne de gendarmerie et avaient essayé de surprendre la - ville d'Angers; ils furent dispersés par la force armée et pour - la plupart faits prisonniers. Ils appartenaient à la société - secrète dite de la Marianne. - - -_Paris, 5 novembre 1855._--J'ai été hier chez la duchesse d'Istrie, j'y -ai revu mon appartement[179]. Que de souvenirs! Et je rencontre dans ce -même hôtel de la rue Saint-Florentin, qui? Thiers! devenu gros, gras, -toujours brillant de conversation, parlant industrie, exposition, le tout -très spirituellement, nullement embarrassé de me rencontrer, et en quel -lieu! venant à moi avec la main tendue pour le _shake-hand_, prenant la -mienne, la saisissant _à tout rompre_. Tout s'est passé simplement de ma -part, car il aurait été de mauvais goût d'embarrasser le salon où tout -cela se passait. - - [179] La duchesse d'Istrie habitait le premier étage de l'ancien - hôtel Talleyrand, alors en possession du baron de Rothschild, qui - en avait fait l'acquisition après la mort du prince de - Talleyrand. - - -_Lyon, 16 novembre 1855._--Lyon est affreusement froid, et je suis bien -mal dans le très mauvais hôtel de l'Europe. Il gelait à glace hier matin -quand j'ai quitté Paris. Un gros brouillard a triomphé des pâles effets -du soleil; je n'ai pas même pu jouir du joli pays qui, surtout en -Bourgogne, m'a semblé border la route. Je ne pense pas trouver un -changement de température avant Avignon, et encore gare le mistral! - - -_Nice, 22 novembre 1855._--J'ai eu très froid jusqu'à Valence et une -pluie diluvienne de Marseille à Cannes, où le temps est devenu fort -agréable et la contrée charmante. J'entends dire que Nice est encombrée -de beau monde, à peine de Russes, quelques Allemands, pas mal de -Français, innombrablement d'Anglais, plusieurs Italiens, les Sclopis -entre autres. - - -_Nice, 26 novembre 1855._--Il a fait hier une journée admirable, et vite, -je me suis promenée sur la montagne dans le jardin de la grande Villa -Gastaud, habitée il y a trois ans par le général Pepe, occupée maintenant -par lady Shelley, un peu _blue stocking_[180], un peu protectrice des -arts, etc., polie et obligeante. Dès mon arrivée, elle m'a lancé une -invitation pour les concerts qu'elle donne tous les jeudis matin. Je ne -sais ce que vaudra sa musique, mais sa maison est charmante et son jardin -ravissant; l'air le plus pur, la mer la plus bleue, le ciel le plus -resplendissant et une végétation des plus parfumées; des magnolias en -pleine terre et des violettes à en faire litière. - - [180] De l'anglais: bas bleu. - - -_Nice, 5 décembre 1855._--La mort de M. Molé laisse un vide dans les -rangs déjà si clairsemés des gens de bon goût et de grandes manières. Il -était de ceux qui m'avaient vue entrer dans le monde; je n'en connais -plus guère de cette date. - -Le duc de Noailles m'écrit qu'on s'arrangera pour que ce soit à M. Molé, -et non à M. Lacretelle, que M. de Falloux succède à l'Académie, parce -qu'il y aura plus d'harmonie et de sympathie entre un tel successeur et -un tel prédécesseur. - - - - -1856 - - -_Nice, 12 janvier 1856._--Pendant plusieurs jours les communications ont -été coupées, par mer par la tempête, par terre par le gonflement des -torrents et la rupture des ponts. Les voilà enfin rétablies, les vagues -se calment, les torrents se sèchent aussi vite qu'ils se précipitent; le -soleil fait justice de tous ces excès, et les lettres attendues arrivent -pour rendre les distances moins pénibles. - - -_Nice, 17 janvier 1856._--On m'écrit de Paris: «La partie va devenir -redoutable contre la Russie. On ne peut nier que la coalition est en -train de se former contre elle. L'Autriche est fort engagée actuellement -pour ne pas prendre les armes au moment donné. La Suède et le Danemark -s'engagent peu à peu à leur tour. La Prusse même sera obligée de s'y -joindre; elle jouerait trop gros jeu à ne pas le faire; et si plusieurs -des puissances continentales prennent part à la guerre, il leur faudra -des avantages, et si elles en ont, il en faudra à la France aussi; il -pourrait être commode de charger la Prusse d'en faire les frais.» - -Une autre lettre me dit: «On n'a pas encore perdu tout espoir de paix, la -Russie va entrer en négociation, l'Angleterre fera tout au monde pour y -mettre obstacle, mais l'Empereur Napoléon, qui la désire, mettra de la -fermeté à l'obtenir. On ne croit pas à la sincérité de la Prusse; aussi, -on va bloquer ses ports, et l'Angleterre offre de laisser la France -prendre la Belgique et les provinces rhénanes, si la France lui laisse -brûler Cronstadt et les flottes russes. L'Autriche va être obligée de -marcher avec l'Occident, sans quoi on entre en Italie et on soulève ses -provinces.» - - -_Nice, 24 février 1856._--Le morceau de M. Cousin sur Mme -d'Hautefort[181] est un _diamant_. La péroraison me plaît moins -cependant, car je trouve qu'il y a un certain manque de goût et de -simplicité à entretenir le public _des voies de Dieu en soi_; et ces -voies ont beau avoir été ouvertes par les belles converties ou -convertisseuses du dix-septième siècle, il n'en est que plus étrange de -se produire ainsi, sous les plis de leur robe de bure ou de velours, à -ses lecteurs, qui se moqueront bien plus de la vanité qui fait choisir un -pareil cadre, qu'ils ne seront édifiés de la profession de foi de -l'auteur. Ce n'est pas que je comprenne fort bien, qu'ayant recherche -cette haute société chrétienne et y ayant vécu intimement par tant de -curieuses recherches, on ne finisse par subir sa bonne et grande -influence. On a raison de la mettre en lumière, de l'honorer dans ses -écrits et de montrer par là qu'on s'est imbu de son esprit et de ses -croyances: cela déjà est utile; mais lorsqu'on veut occuper le public, -non seulement de ses écrits, mais encore de sa conscience, il faut alors -lui donner, outre de belles paroles, de grands exemples. J'attends donc -M. Cousin se couvrant, à Port-Royal-des-Champs, de la poussière des -tombeaux; se construisant, des derniers débris de cette illustre -thébaïde, une cellule sur la place même d'où M. Singlin dirigeait Mme de -Longueville, et s'y donnant la discipline du silence. - - [181] Dans cet ouvrage, M. Cousin essaie de peindre, dans toute - sa vérité, la lutte mémorable que le cardinal Mazarin eut à - soutenir, en 1643, au début de la Régence, contre _les - Importants_, les devanciers des Frondeurs. Parmi ses nombreux et - puissants adversaires, figurent deux femmes qui avaient déjà tenu - tête à Richelieu. C'étaient Mme de Chevreuse et Mme d'Hautefort - qui, dit M. Cousin, «est à peu près assurée de plaire par le pur - éclat de sa beauté, la vivacité généreuse de son esprit, la - délicatesse et la fierté de son cœur et son irréprochable - vertu.» - - -_Nice, 28 février 1856._--On dit que nous marchons vers la paix, mais que -la conclusion, quoique infaillible, sera longue à atteindre. Je crois au -travail souterrain et venimeux de lord Palmerston, et le tout me paraît -plutôt un armistice, plus ou moins prolongé, qu'une paix équilibrant -l'Europe. J'espère, du moins, que la Prusse prendra dans toutes les -négociations une part active et honorable[182]. - - [182] Le 21 février 1856 s'était ouvert à Paris, sous la - présidence du comte Walewski, un Congrès des grandes Puissances - qui avaient pris part à la guerre de Crimée, pour arrêter les - bases d'un traité. L'Autriche, quoique non belligérante, étant - directement intéressée dans la lutte, dont la rive gauche du - Danube était l'enjeu, y prit une large part par son représentant - le comte Buol, dont l'attitude raide et cassante fut souvent une - cause d'irritation parmi les négociateurs, froissés d'entendre - l'Autriche parler comme si elle avait pris _Sébastopol_; mais ce - ne fut que quand les principales clauses du traité furent - arrêtées le 18 mars par les Puissances, qu'elles admirent la - Prusse à la continuation des débats qui allaient s'engager sur la - convention des Détroits, la Prusse ayant été partie contractante - en 1841 dans l'acte relatif à la fermeture des Dardanelles et du - Bosphore. La paix fut signée le 30 mars, amenant la - neutralisation de la mer Noire et empêchant l'absorption de - l'Empire Ottoman par la Russie. Tout paraissait donc fini, mais - l'Empereur Napoléon et le comte de Cavour en avaient décidé - autrement. Le 27 mars, les plénipotentiaires sardes avaient - présenté aux Ministres des Affaires étrangères de France et - d'Angleterre une note relative aux affaires d'Italie. M. - Walewski, par ordre de son maître, proposa aux plénipotentiaires - d'ajourner leur départ pour un échange d'idées sur différents - sujets qui demandaient une solution. Les discussions restèrent - sans conclusion alors, mais grâce à la connivence des - Gouvernements de France et d'Angleterre, qui soutinrent vivement - le comte de Cavour, la situation des affaires italiennes n'en fut - pas moins traduite à la barre de l'Europe. - - -_Nice, 16 mars 1856._--L'autre jour, Thiers, en parlant de l'Empereur -Napoléon, a dit: «_Je n'aime pas le cuisinier, mais je trouve sa cuisine -excellente._» Ce propos a été rapporté à l'Empereur qui a répliqué: -«_Dites à M. Thiers que je ne le prendrai pas pour mon marmiton, car il -gâterait mes sauces._» - - -_Nice, 21 mars 1856._--Chacun paraît stupéfait et paralysé par les -tragédies de Berlin. Je ne savais que ce qu'en disent les journaux qui -savent et disent, en général, fort mal. Je suis lugubrement impressionnée -de ces scènes sanglantes qui, se mêlant aux aigreurs parlementaires et -aux intrigues de la camarilla, indiquent un état de choses -inquiétant[183]. Que trouverai-je à mon retour? Rien de bon, je le -crains. M. de Manteuffel arrivant à Paris à la onzième heure ne donne pas -grand éclat au rôle politique de son souverain. Tout est fort triste, -assez humiliant. - - [183] M. de Rochow, membre de la Chambre des Seigneurs de Prusse, - avait tué en duel M. Hinckeldey, directeur général de la police à - Berlin. Le Roi, ayant eu connaissance de ce projet de duel, avait - chargé M. Raümer, conseiller du Ministère de sa maison, de voir - les adversaires et de les réconcilier. N'ayant pas réussi dans sa - mission, celui-ci se suicida en apprenant la fatale issue de ce - duel. A la séance de la Chambre des Seigneurs, le Président, - prince de Hohenlohe, ayant simplement exprimé le regret que M. de - Rochow se trouvait empêché de s'y rendre, le point d'honneur - l'ayant forcé d'enfreindre les lois du pays, sans parler de la - mort de M. Hinckeldey, un grand mécontentement s'en était suivi - en ville. - - -_Nice, 31 mars 1856._--Je quitte Nice demain. On me comble ici de toutes -parts des plus aimables attentions; il ne tiendrait qu'à moi de me croire -adorable et regrettée; j'en rabats beaucoup, mais enfin, ce sont d'assez -doux échos; sans s'y fier entièrement, on aime le son. Et cependant, je -suis fort triste, je ne saurais trop dire pourquoi, mais je ne puis -exprimer de quel poids moral je me sens oppressée, car ma santé est -redevenue assez bonne; mais c'est l'âme, ce sont les nerfs, l'esprit, le -cœur; c'est là ce qui est en désarroi. - - -_Turin, 8 avril 1856._--J'ai fait route jusqu'ici sans accident; mais, en -dépit d'un beau soleil qui éclaire cette belle ville, je sens que je vais -vers le Nord, et ce n'est pas une sensation agréable à la peau. - -J'ai été choyée et fêtée à Gênes par les Balbi, Pallavicini et Durazzo; -et je le suis ici par les Viry, Malabria, Cortanze, Perrone, Villamarina -et un Corps diplomatique fort empressé. J'ai vu à Nervi, près de Gênes, -la Reine Marie-Amélie, très émue de la visite imprévue et spontanée du -Comte de Chambord, qu'elle n'avait pas revu depuis sa petite -enfance[184]. Ce qui eût été un événement, il y a quelques années, n'est -plus pour le moment qu'une douceur de famille; mais cette douceur en est -une grande pour une personne qui est évidemment bien près d'aller -retrouver ceux qui, sans doute, ont célébré là-haut une paix éternelle. -La Reine est guérie; mais il n'en est pas moins évident qu'elle n'offre -plus de résistance et que le moindre souffle emportera cette transparente -enveloppe d'une âme toujours également ferme et douce. Elle m'a nommé -tous ses enfants et petits-enfants, mais elle n'a pas même indiqué Mme la -Duchesse d'Orléans. Je l'ai trouvée entourée du Duc et de la Duchesse de -Nemours, de la Princesse Clémentine et de son mari. - - [184] La visite du Comte de Chambord à sa tante la Reine - Marie-Amélie avait eu lieu à Nervi les tout premiers jours - d'avril. - - -_Milan, 12 avril 1856._--J'ai oublié de mander de Turin que j'avais fait -une visite à la Duchesse de Gênes; elle a été des plus gracieuses et m'a -chargée de beaucoup de choses pour Dresde et pour Potsdam; elle m'a fait -voir ses deux gentils enfants[185], afin d'en rendre compte à leurs -grands-parents d'Allemagne; elle est la nièce favorite de la Reine de -Prusse. - - [185] La Princesse Marguerite, l'aînée de ces deux enfants, est - Reine d'Italie. - -On m'a donné à Turin les discours prononcés par le duc de Broglie et M. -Nisard à la réception du premier à l'Académie française. Je ne sais si je -dois m'en prendre à des fautes d'impression et de ponctuation; mais j'ai -trouvé dans le style du Duc des obscurités étranges, des tours de -phrases malsonnantes, et parfois des locutions du langage le plus -familier. Je ne parlerai pas de l'extrême âpreté de quelques passages peu -appropriés à un discours, dont le but principal était de louer l'homme du -monde le plus étranger à toute violence[186], chez lequel même l'aménité -et l'urbanité étaient poussées jusqu'à l'extrême. A la vérité, il -importait moins à M. de Broglie de louer Sainte-Aulaire que de paraître -_rétrospectivement_ une fois encore sur la scène politique. En un mot, il -y a quelque chose de tendu dans ce discours qui lui ôte de la grâce, du -naturel, de la simplicité; il est tout pétri de l'âcreté des doctrinaires -et il a toute leur disgrâce. M. Nisard, qui veut plaire à tout le monde, -pourrait bien ne satisfaire personne. - - [186] M. de Sainte-Aulaire. - -Il y a trois ans, les pluies de novembre m'empêchèrent d'aller voir la -Chartreuse de Pavie. Hier, le ciel étant serein, j'ai mieux rempli mon -désir de touriste et je m'en applaudis, car c'est bien beau et bien -curieux. Le goût le plus élevé, les arts divers dans leur plus belle -expression, la richesse dans sa magnificence s'y donnent la main, pour -produire l'_achevé_. Malgré l'extrême richesse de l'édifice, rendu sous -le dernier empereur d'Autriche aux Chartreux, ils n'y ont plus trouvé ni -ornements d'églises, ni vases sacrés; pillés aux différentes phases -révolutionnaires, tous les biens ruraux ont été également vendus. Il ne -leur reste qu'une petite rente fort exiguë, et les aumônes et charités -des fidèles, ce qui les expose à mourir de faim au milieu des millions -et des millions enfouis dans ce temple merveilleux. - - -_Vienne, 22 avril 1856._--Ma route de Vérone ici s'est faite sans -accident. Le passage du Semmering est surprenant de hardiesse et de -beauté, le temps était clair, mais froid[187]. La végétation est arriérée -de beaucoup, même sur celle de Vérone, et si le soleil brille, il ne -chauffe guère. - - [187] En 1854, l'Empereur François-Joseph avait inauguré une - ligne de chemin de fer qui reliait directement la ville de Vienne - à la mer Adriatique. Une Compagnie, dont M. Nathaniel de - Rothschild était un des principaux actionnaires, avait, à l'aide - de seize mille ouvriers, construit cette voie ferrée qui, tout en - serpentant la chaîne du Semmering, la traverse à plus de trois - mille pieds au-dessus du niveau de la mer. - - -_Vienne, 26 avril 1856._--J'ai eu l'honneur d'être invitée à une petite -soirée chez Mme l'Archiduchesse Sophie, où j'ai été présentée à la jeune -Impératrice: aucun de ses portraits ne lui rend justice; elle est -parfaitement jolie de visage, de taille, de jeunesse. - -M. de Buol est revenu _content_ de la paix de Paris, le comte Orloff s'en -retournera _enchanté_: telle est, je crois, la vraie nuance. - -Personne n'est plus à la mode ici que l'Empereur Napoléon: on l'admire, -on le redoute, on le considère. Il est plus puissant dans l'opinion que -ne l'était son oncle, parce qu'on n'était soumis à celui-ci que par la -peur qu'il faisait, et qu'on se confie en son neveu par la peur qu'on a -des autres. Il semble à tous un bonheur, une égide. Le prince de -Metternich en parle ainsi, et les plus grandes dames en disent autant. - -Le Prince-Évêque de Breslau est ici, fort triste de l'état catholique en -Prusse. Il dit que le métier de catholique n'y est plus possible, et je -tremble de lui voir donner sa démission, ce qui me serait un chagrin -personnel. - - -_Vienne, 2 mai 1856._--J'ai eu, hier, une audience de congé chez -l'Archiduchesse Sophie qui m'a dit que son second fils, l'Archiduc -Maximilien, prince aimable et instruit, aimant la littérature et les -arts, allait partir pour Paris, afin d'y voir _l'homme le plus -remarquable du siècle_[188]. Je crois qu'il est chargé de compliments sur -la naissance et en même temps d'assister au baptême[189]. Le comte de -Mensdorff doit l'accompagner; on dit que le choix est excellent. - - [188] L'Archiduc fut reçu à Paris avec tous les honneurs civils - et militaires. Son voyage était sans but politique, quoique le - bruit courut que ce Prince venait négocier une entrevue à Munich - entre l'Empereur, son auguste frère, et l'Empereur Napoléon. - - [189] Pendant que le Congrès était réuni à Paris, l'Impératrice - Eugénie donna le jour à un fils qui naquit aux Tuileries, le 16 - mars 1856. D'abord ondoyé, le Prince Impérial ne fut baptisé que - le 15 juin suivant, très solennellement à Notre-Dame. Le Pape Pie - IX, qui était son parrain, se fit représenter par le cardinal - Patrizi, et la Reine de Suède, sa marraine, par la - Grande-Duchesse Stéphanie de Bade. - -J'ai dîné hier chez Louise Schœnbourg avec le comte Buol, qui m'a dit -que le... Roi... de Wurtemberg allait se rendre... à Paris... De Berlin, -quelque Prince ne va-t-il pas suivre la même direction que l'Archiduc? Ce -sera une course au clocher. - - -_Berlin, 12 mai 1856._--Me voici arrivée ici, après m'être arrêtée à -Dresde. J'y ai vu deux fois la charmante Princesse Royale, heureuse et -gracieuse, son époux très aimable; il ne leur manque que d'avoir des -enfants, mais cela manque _beaucoup_. Je me suis complu dans la nouvelle -galerie de Dresde, qui fait bien mieux jouir _des perles_ qui s'y -trouvent qu'on ne pouvait le faire précédemment. - - -_Sagan, 17 mai 1856._--J'ai quitté Berlin avant-hier. J'avais dîné la -veille à Charlottenbourg, où je m'étais rencontrée avec le prince -Windisch-Graetz, qui a été reçu avec beaucoup d'honneur à Berlin[190]. La -Reine a été fort gracieuse. Le Roi a placé mon buste dans son cabinet de -travail en pendant de celui de Humboldt. - - [190] Le prince Windisch-Graetz se trouvait alors à Berlin pour - assister à des manœuvres militaires. Il n'avait aucune mission - politique. - -On est plus russe que jamais à Berlin, on y exècre l'Autriche, on n'y -aime pas la France, on y adore la Reine Victoria; mais on se défie de son -Cabinet. Manteuffel a eu toutes les peines du monde à obtenir l'Aigle -noir pour l'Empereur Napoléon. Hatzfeldt demande à grands cris -l'apparition d'un prince prussien à Paris; jusqu'à présent, je n'en -entends pas nommer. On espère à Berlin la visite de l'Empereur de Russie. -Les médecins insistent pour que le Roi aille à Marienbad; il est visible -qu'il en a grand besoin, car il est très maigri, vieilli et abattu. -Humboldt s'affaiblit visiblement. - - -_Sagan, 28 mai 1856._--Le voyage du Prince-Régent de Bade[191] à Paris -augmentera la liste princière qui se presse autour de l'Empereur -Napoléon. Il y en a une bien étendue aussi en ce moment à Potsdam: on -déloge toutes les dames d'honneur, on éparpille la Cour dans tous les -temples, kiosques et berceaux des jardins, vie idyllique, fort peu -commode pour les devoirs de la Cour. L'Empereur Alexandre, le Prince et -la Princesse Royale de Wurtemberg arrivent demain. L'Impératrice veuve de -Russie a atteint Potsdam, _vivante_; voilà le miracle qui en promet -d'autres, par exemple: d'atteindre Wildbad, d'être à Moscou au -couronnement de son fils, et à Palerme pour le 1er novembre. Tels sont -ses projets. - - [191] Le Prince Louis de Bade incapable de régner, par suite - d'une maladie mentale des plus graves, son frère cadet, le Prince - Frédéric-Guillaume, succéda en 1852 à leur père, le Grand-Duc - Charles-Léopold. Il prit d'abord le titre de Régent, et ce ne fut - qu'en 1856 qu'il s'attribua le titre de Grand-Duc, par une - patente spéciale. - -Une correspondante de Mme la Duchesse d'Orléans me disait, il y a peu de -jours, que la Duchesse est triomphante. Il y a, en effet, de quoi! Si son -fils, au 24 août[192] prochain, chante la _Parisienne_, soldat du drapeau -tricolore, il aura une belle position! Il pourra demander du service dans -les zouaves de la Garde impériale. Que tout cela est pitoyable! Se -désunir sur des mots, sur des titres, sur des nuances, quand on est -encore si loin du but! Il semblerait qu'on n'a qu'à faire ses malles pour -s'installer, les uns au pavillon de Marsan, les autres au pavillon de -Flore. Jamais on ne s'est plus appliqué à jouer le jeu de ses -adversaires et à faire prendre racine à la dynastie napoléonienne. Je me -souviendrai toujours, avec une _triste_ satisfaction, que mon dernier mot -adressé à la Duchesse d'Orléans, le jour où je la vis à Eisenach, en -1849, a été: «_Tout ce que je désire, Madame, c'est que vous ne fassiez -pas d'un Président un Empereur._» Elle a probablement oublié cet adieu, -mais je m'en souviens pour déplorer d'avoir prédit si juste. Elle aura -fait bien du mal à son fils. - - [192] Le 24 août était le jour de naissance du Comte de Paris - qui, en 1856, atteignait l'âge de dix-huit ans, par conséquent, - la majorité pour les rois de France. - - -_Téplitz, 20 août 1856._--Le bruit répété que M. de Morny refuse, tout le -long de sa route, d'épouser des princesses, tantôt en Saxe, tantôt en -Mecklembourg, et aussi de Hohenzollern, est sans doute une mauvaise -plaisanterie que font courir ses ennemis. Il me semble qu'il est assez -ridicule avec son faste et ses fracas; on prétendait qu'il avait beaucoup -de goût et de mesure. Eh bien, pas du tout[193]! Esterhazy a commencé dès -Pétersbourg à donner des fêtes et à éblouir les Moscovites par un luxe -non moins asiatique que le leur. - - [193] Le duc de Morny se rendait à Moscou comme Ambassadeur - extraordinaire, pour représenter la France au couronnement de - l'Empereur Alexandre II. Il déploya un luxe qui paraissait d'un - goût douteux à côté de celui du prince Esterhazy et de lord - Granville, le premier représentant l'Autriche, le second - l'Angleterre. - -Le maréchal Pélissier, ou pour mieux dire, le duc de Malakoff succombe -sous le poids des ovations et des honneurs[194]. Le maréchal Canrobert -pourrait en avoir un peu de jalousie, s'il ne possédait pas, à ce que -l'on dit, cette vanité naïve dont la trame est impénétrable. - - [194] Après la signature de la paix et l'évacuation de la Crimée, - le maréchal Pélissier revint en France au mois d'août 1856. Il - fut reçu avec les plus grands honneurs et un accueil enthousiaste - de la part de la population. En débarquant à Marseille, le - Maréchal trouva une lettre de l'Empereur qui lui conférait le - titre de duc de Malakoff; en outre, le Corps législatif lui vota - une dotation annuelle de cent mille francs, transmissible à sa - descendance directe de mâle en mâle. - -Il y a un peu de Pourceaugnac dans les hommes de ce temps-ci, y compris -la berline dans laquelle le Comte de Paris, M. Thiers, le Duc de Chartres -et Montguyon roulent ensemble à Hambourg et ses environs. M. Thiers est -dans le _fond_ à côté du Comte de Paris, et M. de Montguyon avec le Duc -de Chartres sur le devant[195]. - - [195] Mme la Duchesse d'Orléans était pour un mois à Hambourg où - elle avait appelé plusieurs de ses partisans. - - -_Téplitz, 21 août 1856._--Humboldt m'écrit merveille sur le mariage de ma -petite-fille Castellane avec le prince Antoine Radzivill; puis, il me dit -que la douloureuse, très gauche et un peu ridicule expédition du Prince -Adalbert de Prusse sur la côte du Maroc fait à Berlin un effet qui ne -saurait être comparé qu'à celui produit à Madrid par le désastre de la -_Grande Armada_, il y a quelques siècles[196]. - - [196] Le Prince Adalbert, grand-amiral de la flotte prussienne, à - bord de la frégate _Dantzig_, avait été attaqué sur la côte du - Maroc par les pirates du Riff. Le Prince avait reçu une balle - dans la cuisse durant le combat où il perdit sept hommes, son - lieutenant de vaisseau entre autres, et dix-sept blessés. Cette - mésaventure avait péniblement impressionné à Berlin où, par - dérision, on la compara au désastre de cette formidable flotte de - guerre, connue sous le nom de l'_invincible Armada_, équipée en - 1588 par le Roi Philippe II d'Espagne et destinée à envahir - l'Angleterre afin d'y rétablir le catholicisme. - - -_Sagan, 5 septembre 1856._--Voici une nouvelle épreuve. Mon excellent -beau-frère, frappé en quarante-huit heures de plusieurs attaques -d'apoplexie répétées qui lui ont nécessairement affaibli le corps et -l'âme jusqu'à lui ôter enfin toute connaissance, a rendu hier le dernier -soupir, à deux heures et demie de l'après-midi[197]. - - [197] Le comte Schulenbourg avait été frappé à table, pendant - qu'il dînait, le 3 septembre, d'une attaque d'apoplexie, dont il - mourut le lendemain. - - -_Berlin, 16 octobre 1856._--Le dédale d'affaires dans lequel je suis -enfoncée par suite de la mort de mon beau-frère m'a obligée à venir ici. -Des revenants de Moscou racontaient hier, à Sans-Souci, que les Granville -y ont donné les meilleurs dîners, que les équipages de M. de Morny y -primaient tous les autres; mais que c'était la fête donnée par le prince -Esterhazy qui l'avait emporté par l'élégance, l'éclat, le bon goût, _le -grand air_, sur toutes les autres fêtes, et qu'on y avait senti qu'on -était chez un grand seigneur. Le prince Esterhazy, lui-même, m'a écrit la -veille de son départ de Moscou qu'il était satisfait de son séjour, moins -encore sous les rapports mondains que par l'espérance d'avoir adouci une -partie de l'aigreur qui régnait entre les deux Cours. - - -_Sagan, 20 octobre 1856._--La Duchesse de Gênes s'est remariée à un jeune -officier qui était aide de camp de feu son mari; et cela à l'insu de tout -le monde. L'époux est fort peu intéressant, peu considérable et peu -considéré, pas beau, n'ayant que la cape et l'épée. On dit qu'on ôte à -la Duchesse la tutelle de ses enfants et qu'elle sera renvoyée en Saxe; -mais il n'y a de certain, je crois, que le fait du mariage[198]. - - [198] Devenue veuve le 10 février 1855 du Duc de Gênes, la - Duchesse avait épousé morganatiquement et secrètement, en octobre - 1856, un marquis de Rapollo qui avait été aide de camp de son - mari. - -Au mariage de la Princesse Louise de Prusse[199], il y a eu un grand -conflit de rang à la cérémonie et aux fêtes. Le Duc de Cobourg -prétendait, comme Prince régnant et Souverain, avoir le pas sur les -Altesses Royales puînées[200]. Le Roi de Prusse n'a pas accédé à cette -demande et le Duc régnant de Cobourg a dû passer après le Prince Auguste -de Wurtemberg, parce que celui-ci, neveu du Roi de Wurtemberg, a -l'Altesse Royale, tandis que le Duc de Cobourg n'a que l'Altesse Ducale, -excepté à la Cour d'Angleterre. Toute cette lutte a fort déplu; il y a eu -menace de protestation, de notes diplomatiques; puis on s'est soumis; -mais je suppose qu'on aura porté plainte à Londres. - - [199] La Princesse Louise de Prusse, fille de celui qui fut plus - tard l'Empereur Guillaume 1er, avait épousé, le 20 septembre - 1856, le Grand-Duc de Bade. - - [200] La question de l'Altesse Royale pour le Duc de - Cobourg-Gotha n'avait pas encore été acceptée ni réglée en - Prusse. - - -_Sagan, 25 novembre 1856._--On me mande de Dresde que le Roi de -Sardaigne, sur les instances du Roi de Saxe, a rendu à la Duchesse de -Gênes, sa fille, son titre, son nom, son rang, un petit apanage et une -villa pour habitation. Le petit Prince et la tutelle lui sont ôtés. - -Mes lettres de Paris disent que les Mémoires du maréchal Marmont y -excitent une indignation générale; il y dit un mal affreux de tout le -monde, femmes et hommes; et en particulier, il est atroce pour sa femme, -âgée de soixante-treize ans, dont il a dévoré une grande partie de la -fortune[201]. M. de Falloux ne sera reçu à l'Académie qu'au mois d'avril. -Mme de La Ferté, qui est à Venise, et les d'Ayen, qui sont en Sicile, ne -revenant qu'alors, veulent entendre, comme de raison, l'éloge de M. Molé. - - [201] Le maréchal Marmont avait épousé, en 1798, la fille du - banquier comte de Perrégaux qui devint sénateur, puis régent de - la Banque de France. Les _Mémoires_ du duc de Raguse ont un - cachet d'âpreté et d'amour-propre qui froissèrent bien des - personnes quand ils furent publiés en 1856. - -On dit que l'Impératrice veuve de Russie mène un train énorme à Nice et -qu'elle y dépense un million de francs par mois. - -Il y a eu des petits bals à Saint-Cloud. Au premier bal, l'Impératrice -Eugénie était mise très simplement; elle avait une robe de satin blanc, -sans garniture, avec un simple ourlet; le bruit se répandit aussitôt -qu'elle allait adopter une toilette simple pour diminuer le luxe ruineux -des femmes; les maris s'en réjouissaient fort; mais au bal suivant, les -falbalas, les dentelles, etc., ont reparu, et les maris de soupirer! - -Outre ces détails frivoles, on me mande ce qui suit: «La situation -politique est toujours tendue, le système des concessions a commencé: à -l'intérieur, par l'abandon du voyage de Fontainebleau, à l'extérieur par -mille complaisances pour l'Angleterre. La situation est encore très -forte; il suffirait de deux bonnes récoltes pour la remettre dans son -plus beau jour; mais le défilé que nous traversons offre des difficultés -qui ne deviendront pas des périls, quoi qu'en dise l'opposition, mais qui -obligent à tenir les yeux ouverts. La crise financière s'amende, dans -deux mois on croit qu'elle sera terminée.» - -Une autre lettre me dit ceci: «La princesse de Lieven s'est encore -fourvoyée dans ses tentatives d'alliance russe. Quelle intrigante! Si son -esprit est distingué dans la forme, il est bien peu clairvoyant dans le -fond. Elle a aidé à la chute de M. Guizot, elle a précipité M. de -Kisseleff, il y a trois ans, en lui faisant écrire que la guerre était -impossible; aujourd'hui, elle a compromis notre alliance anglaise par des -intrigues avec Fould et Morny.» - - -_Sagan, 2 décembre 1856._--J'apprends que l'Impératrice douairière de -Russie ne se plaît pas trop à Nice, et qu'elle se rendra en février à -Rome, avec tout ce qui voyage en fait de Grands-Ducs et de -Grandes-Duchesses moscovites. La Grande-Duchesse Hélène veut faire jouer -la comédie dans la villa qu'elle habite à Nice; mais les éléments -manquent. Beaucoup de personnes de la société niçoise s'abstiennent de -forcer la consigne impériale qui a blessé. Le Corps consulaire n'a pas -été reçu comme _tel_ et ne veut pas arriver sous un caractère privé. En -tout, on dit Nice, cette année, triste et ennuyeux à force de grandeurs. -L'Impératrice se plaint surtout... de quoi?... de la laideur de la -population, à commencer par celle du Roi de Sardaigne qu'elle trouve si -laid qu'elle dit ne pouvoir l'envisager! - -La Reine Marie-Amélie est ravie du mariage de sa petite-fille de -Belgique. Il est certain qu'on se marie mieux en s'appelant _Cobourg_ -qu'en s'appelant _Orléans_[202]. La Princesse Charlotte avait refusé le -Roi de Portugal, le Prince héréditaire de Toscane et le Prince Georges de -Saxe. Je lui sais gré d'avoir été sensible à l'élégante distinction du -jeune Archiduc qui, _malgré la lèvre de sa famille_, me rappelle le Duc -d'Orléans. Il est aimable, instruit, ayant le goût des arts et un tour -d'esprit poétique, animé, chevaleresque qui m'a toujours infiniment plu; -il a, d'ailleurs, le don de cette conversation facile, abondante, -diversifiée qui rend Madame sa mère si parfaitement agréable. - - [202] Le mariage de la Princesse Charlotte, fille du Roi des - Belges, avec l'Archiduc Maximilien d'Autriche venait d'être - décidé; mais il ne fut célébré que l'année suivante, le 27 - juillet 1857. - -Le discours royal d'ouverture des Chambres à Berlin annonce un surcroît -d'impôts qui provoquera de grands éclats aux Chambres, et de nouvelles -causes de malaise, de mécontentement dans le pays, s'il est adopté; on y -a déjà pas mal d'humeur[203]. - - [203] Le discours royal avait surtout un passage relatif aux - affaires de Neuchâtel, que le Roi se montrait disposé à traiter - comme une question de droit européen, et, sans les spécialiser, - Sa Majesté annonçait qu'une augmentation des recettes du budget - était indispensable pour pourvoir à plusieurs pressants besoins. - - -_Sagan, 16 décembre 1856._--Mon pauvre ami Salvandy va de mal en pis, -souffrant affreusement, objet de dégoût pour lui-même comme pour les -autres; il ne permet plus qu'on vienne à lui, il ne reçoit que l'évêque -d'Évreux, M. de Bonnechose, qui d'Évreux vient à Graveron pour le -consoler. Il paraît que tout se passe à la satisfaction réciproque entre -ces deux âmes. - -Il me revient que les affaires politiques, qui avaient un moment assombri -les Tuileries, s'améliorent; que le Congrès a été inventé pour cimenter -de nouveau l'alliance anglo-française[204]. - - [204] L'exécution du traité de Paris ayant soulevé quelques - difficultés de détail entre la Russie et les autres puissances - contractantes, la réunion d'une nouvelle conférence fut décidée - le 31 décembre. La première séance eut lieu à Paris au ministère - des Affaires étrangères pour arriver à mettre fin aux difficultés - qui entravaient l'exécution de l'article 20 du traité du 30 mars - précédent. Cet article comprenait la nouvelle délimitation de la - Bessarabie, la possession de la ville de Belgrade, l'évacuation - de Kars et de l'île des Serpents par les Russes. L'entente entre - les deux puissances fut faite le 8 janvier 1857. - -On croit que la France cédera sur Belgrade et les Principautés -danubiennes, en ayant l'air de suivre la majorité, et que l'Angleterre -cédera, sur la forme, en acceptant une nouvelle réunion du Congrès, que -d'abord elle ne voulait pas. La situation des personnes reste -excentrique. - -M. Walewski, brouillé avec lord Cowley et avec M. de Persigny, est tenu -éloigné des relations avec ces deux personnages, qui traitent directement -avec l'Empereur. On accuse Walewski d'avoir été trop russe. Les Russes -ont l'oreille basse pour le quart d'heure à Paris, se voyant abandonnés -par les uns et battus par les autres. - - -_Sagan, 22 décembre 1856._--M. de Salvandy est délivré de la fatigue de -vivre! Il a fini chrétiennement, ne le plaignons pas; réservons notre -pitié pour ceux qui portent le fardeau écrasant des peines journalières. -Quand on voit disparaître les êtres qui se trouvaient mêlés aux -souvenirs de notre existence, tout un monde de choses se réveille et se -dresse devant nous; c'est un anneau de la chaîne du passé qui se brise, -et combien d'anneaux sont déjà rompus de la mienne! En voyant nos -contemporains, les témoins de notre jeunesse disparaître, on se rappelle -telle circonstance, telle soirée, pleines d'émotions vives, où ils -étaient spectateurs; puis tout s'engloutit dans un tombeau ouvert avant -le nôtre. Avoir creusé le fond des choses humaines et rester de force lié -au monde est souvent une bien lourde épreuve! J'ai des jours d'épuisement -si profond, d'angoisse si vraie que le train monotone de la vie me trouve -sans force pour y faire face. La faculté de souffrir est inépuisable, -tandis que celle de jouir s'émousse de plus en plus. Quand le serrement -de cœur est arrivé à un certain point, il faut renoncer à le voir -s'épanouir jamais plus, et on s'étonne d'avoir encore des larmes ou des -soupirs pour autre chose! - - -_Sagan, 29 décembre 1856._--J'ai une lettre de Paris dans laquelle on me -parle d'une correspondance entre lord Palmerston et M. Walewski, au sujet -du violent langage du _Morning Post_ contre ce dernier. Lord Palmerston a -écrit à Walewski, dit-on, qu'il était surpris que celui-ci s'étonnât de -ce langage, qu'il paraissait avoir oublié que ce même journal était sous -son influence et sous son inspiration pendant son ambassade à Londres et -qu'alors M. Walewski l'avait employé à perdre M. Drouyn de L'Huys, ce à -quoi il avait réussi; que maintenant, ce même journal, inspiré par M. de -Persigny, suivait les mêmes traditions pour perdre M. Walewski et qu'il -n'y avait rien là qui puisse surprendre celui-ci. - -Le jeune lord Shrewsbury, récemment mort, a laissé, dans l'intérêt -catholique, la plus grande partie de sa fortune au second fils du Duc de -Norfolk actuel. The Earl Talbot, héritier du titre de Shrewsbury, soutenu -par tout le parti protestant, conteste ce testament: de là, procès qui -sera jugé au prochain Parlement[205]. - - [205] Lord Shrewsbury avait légué sa fortune au second fils du - duc de Norfolk, mais le comte Henry-Jean Chetwynd Talbot avait - hérité des titres et armes de lord Shrewsbury. Le duc de Norfolk - lui en ayant contesté le droit, la Chambre des lords fut saisie - du procès le 30 juillet 1858; sur un rapport du lord Chancelier, - les pairs d'Angleterre rendirent un jugement favorable au comte - Henry-Jean Chetwynd Talbot. - -Il y a eu dernièrement à Paris une soirée chez lady Holland, toute de -pièces de rapport. La maréchale Serrano y brillait de tout l'éclat d'une -charmante beauté, Mme Barrington de l'éclat de sa touchante pâleur; -Villemain y dissimulait sa laideur sous la vivacité de ses propos malins; -Guizot y haussait la tête plus que jamais; Thiers roulait son pétulant -embonpoint; Mme de Lottum, belle encore comme un beau soir, y parlait de -son départ pour Berlin; Mme Delmar, qui vend son bel hôtel, s'informait -si on pouvait décemment habiter rue de l'Université; la duchesse -d'Istrie, dans ses habits de deuil, semblait dire: _Je suis veuve_. Lord -Holland souriait à la beauté des femmes et lady Holland circulait dans sa -bonbonnière avec bonne grâce et belle humeur, au milieu de cinquante -crinolines. Voilà un petit tableau de genre que je mets sur le chevalet. - - - - -1857 - - -_Berlin, 9 janvier 1857._--L'assassinat de l'archevêque de Paris[206] m'a -fort émue par le fait en lui-même, comme par tout ce qui réveille en moi -le souvenir de son avant-dernier prédécesseur, qui n'a pas été tué d'un -seul coup, mais qui a succombé à une série de persécutions d'autant plus -pénibles pour lui qu'il sentait l'Église attaquée dans sa personne. - - [206] Le 4 janvier 1857, l'archevêque de Paris, Mgr Sibour, avait - été frappé d'un coup de poignard dans l'église de - Saint-Étienne-du-Mont, où il officiait, par un prêtre du diocèse - de Meaux, nommé Verger, récemment interdit et que Mgr Sibour - avait refusé de recevoir dans son clergé. Jugé et condamné à - mort, Verger fut exécuté le 30 janvier suivant. - -Je lis maintenant, après avoir achevé les lettres édifiantes, et toutes -admirables, de Mme de Maintenon, les Mémoires de l'abbé Ledieu sur -Bossuet. Décidément, je ne me sens à l'aise que dans la compagnie du -grand siècle[207]. - - [207] L'abbé Ledieu avait été, en 1684, attaché à la personne de - Bossuet en qualité de secrétaire. Quatre ans avant la mort de - l'évêque de Meaux, il se mit à écrire un journal, aussi curieux - qu'instructif, notant jour par jour, heure par heure, les faits - et gestes de son illustre maître. Ces Mémoires, qui renferment - des trésors de détails des plus intéressants, ne furent publiés - qu'en 1856 par l'abbé Guette, d'après le manuscrit autographe. - - -_Berlin, 15 janvier 1857._--On savait que M. de Morny courtisait une -jeune Américaine qu'il devait épouser; elle devait venir ici à sa -rencontre, et il la plante là pour épouser une Russe[208]. Mme Le Hon -n'est pas moins consternée que l'Américaine; une lettre formelle (qu'elle -montre) lui a signifié son arrêt. Cette lettre dit qu'en se mariant il -cédait au désir de l'Empereur et de la France! Puis il finit: «Ne me -répondez pas de lettre; seulement, par le télégraphe, le seul mot: -_J'approuve._» Les quolibets, épigrammes, bons mots pleuvent à Paris sur -les différents acteurs de cette étrange et vulgaire comédie. - - [208] En revenant du couronnement de Moscou, M. de Morny épousa à - Saint-Pétersbourg une princesse Troubetskoï, demoiselle d'honneur - de l'Impératrice, qui devint en secondes noces duchesse de Sesto. - - -_Berlin, 20 janvier 1857._--Louis-Napoléon est fort à la mode ici en ce -moment. On reconnaît bien ce qu'il y a d'humiliant à être son protégé, -mais on est bien aise de l'efficacité de cette protection; on s'en targue -à l'égard de l'Autriche, qu'on déteste, et de l'Angleterre, dont on est -mécontent. Quant aux aboyeurs imbéciles, ils vous disent tout simplement -qu'il a suffi de mobiliser l'armée pour faire céder les Suisses. Mais -maintenant que les Neuchâtelois sont mis en liberté, fera-t-on de -nouvelles conditions[209]? Ira-t-on, en ce sens, au delà de ce qu'on a -fait savoir _verbalement_ au grand protecteur. Il y a des personnes qui -le craignent, car un certain parti y pousse à force. D'un autre côté, -Hatzfeldt mande de Paris que si on ne tient pas implicitement ce qu'il a -eu la simplicité de rapporter, sans avoir rien d'écrit, le protecteur -pourrait bien s'en irriter grandement. Hübner et Cowley, dit-on, -_guettent ce joint_. Ainsi, on ne peut pas dire qu'on soit hors de la -crise; seulement, elle est dans une nouvelle phase moins guerrière, mais -non moins déplaisante. - - [209] A la suite d'une insurrection qui avait éclaté dans le - canton le 29 février 1848, Neuchâtel s'était rendu indépendant de - la Prusse en proclamant une constitution démocratique. Le Roi de - Prusse protesta et, au mois de septembre 1856, le parti - royaliste, ayant à sa tête le comte de Pourtalès, tenta un coup - de main pour rétablir la suzeraineté prussienne. Cette tentative - fut réprimée par les troupes du Conseil fédéral, qui firent - plusieurs prisonniers, et il fallut l'intervention de la France - pour obtenir leur élargissement _sans_ caution, après avoir fait - prendre au Roi de Prusse l'engagement de renoncer à son droit de - suzeraineté. Le traité du 26 février 1858 affirma définitivement - l'indépendance de Neuchâtel. - - -_Berlin, 30 janvier 1857._--La voilà donc morte cette femme dont le salon -sera regretté. Ici, on est curieux des détails de sa fin, mais on n'est -que _curieux_. Mme de Hatzfeldt, dont le mari est malade, a mandé -télégraphiquement, au ministre Manteuffel, la mort de Mme de Lieven, et -celui-ci l'a annoncé au Roi et à la Famille Royale; cela a paru _un peu -ridicule_. Malgré les dix ans que Mme de Lieven avait de plus que moi, je -la regardais comme une contemporaine; je l'ai tant pratiquée, son -souvenir se mêlait à des années qui ont été si riches et si remplies pour -moi que j'ai été émue de sa fin. Ce grand gouffre du passé se remplit si -vite qu'il n'y a presque plus place que pour moi; et même, je ne tarderai -guère à la prendre. - - -_Berlin, 1er février 1857._--On me mande de Paris que Mme de Lieven a -eu peu d'agonie, qu'elle a reçu la communion l'avant-veille de sa mort, -qu'elle connaissait et envisageait son état avec calme. On assure qu'elle -a écrit, la veille de sa mort, une lettre à M. Guizot pour lui être -remise après sa fin. M. Guizot l'avait quittée, ainsi que Paul de Lieven, -à dix heures du soir, pour revenir le lendemain matin; mais elle a expiré -à minuit et demi. Elle a laissé un testament par lequel elle demande à -être enterrée en Russie. Dès le lendemain de sa mort, M. Guizot était à -une séance à l'Académie, y lisant un morceau sur M. Biot. - - -_Berlin, 8 février 1857._--J'ai vu ici les Meyendorff accablés par la -mort de leur fils. Ils racontent que Mme de Lieven, après avoir imploré -les médecins de la tirer d'affaire, est devenue toute calme, résignée, -simple et courageuse, lorsqu'elle a vu que les secours humains étaient -inutiles. Elle a nommé le duc de Noailles et le duc de Montebello -exécuteurs testamentaires. Le premier m'a écrit qu'elle ne laissait pas -précisément des mémoires, mais beaucoup de morceaux détachés et force -correspondances. Elle a laissé huit mille livres de rente viagère à M. -Guizot, cent mille francs comptant à son neveu Benkendorff, vingt-cinq -mille francs à chacune des petites Ellice, un bijou et de l'argent à sa -demoiselle de compagnie. M. Guizot écrit des lettres sur du papier à -larges bords noirs, _papier de veuf_. Il y a des personnes qui croient au -mariage. Il a paru très affecté auprès du lit mortuaire, ce qui ne l'a -pas empêché d'aller le lendemain à une séance préparatoire de l'Académie; -c'est lui qui a écrit dans les _Débats_ l'article nécrologique. - -Les journaux anglais placés sous l'inspiration de lord Palmerston disent -du mal de Mme de Lieven, ceux de l'influence opposée en disent du bien; -les uns trop de bien, les autres trop de mal: cela se passe toujours -ainsi. - - -_Berlin, 21 février 1857._--J'ai reçu le sixième volume du duc de Raguse; -je le lis et je trouve, à part la partie militaire que je ne sais pas -apprécier, ces mémoires curieux, non pas par le sens politique, dont ils -ne portent pas le caractère, mais par l'appréciation du caractère de -Napoléon; on y voit très bien comment a grandi l'Empire et comment il -s'est écroulé. Quant au duc de Raguse lui-même, il est si content de lui -qu'on ne prend aucun intérêt à ce qui lui arrive d'heureux ou de -malheureux; comment plaindre celui qui a vécu dans la béatitude de -l'orgueil? - -On admire beaucoup le dernier discours de l'Empereur Napoléon III. Je -suppose que M. Thiers doit en admirer surtout la dernière phrase[210]. Au -fait, il est l'homme qui, sans s'en douter, a le plus servi au réveil du -bonapartisme en France: le retour des cendres de Sainte-Hélène et son -ouvrage sur le Consulat et l'Empire ont frappé les imaginations -populaires. Il ne s'est guère embarrassé de son amour de la liberté pour -louer l'esprit le plus despotique des temps modernes. - - [210] En ouvrant le 15 février la session législative de 1857, - l'Empereur Napoléon III avait prononcé un discours dans lequel il - célébrait les bienfaits de la paix qu'il était parvenu à - rétablir, l'intention de réduire les dépenses sans suspendre les - grands travaux et de diminuer certains impôts. Puis il remerciait - les députés d'avoir proclamé l'Empire pendant leur législature, - de l'avoir soutenu pendant la guerre, et résumait toute sa pensée - dans cette phrase où il faisait une si évidente allusion à M. - Thiers: «La France, sans froisser les droits de personne, a - repris dans le monde le rang qui lui convenait et peut se livrer - en toute sécurité à tout ce que produit le grand génie de la - paix. Que Dieu ne se lasse pas de la protéger et bientôt l'on - pourra dire de notre époque ce qu'un homme d'État, historien - illustre et national, a écrit du Consulat: «_La satisfaction - était partout, et quiconque n'avait pas dans le cœur les - mauvaises passions des partis était heureux du bonheur public._» - -Quelqu'un qui arrive de Paris disait ici, il y a quelques jours, que les -amis libéraux de Thiers sont aigris contre lui, qu'ils le tiennent en -suspicion, tandis que lui-même déborde de satisfaction personnelle. Quel -singulier temps! Quelle confusion! - - -_Sagan, 28 février 1857._--M. de Humboldt a eu une petite attaque -d'apoplexie, la veille de mon départ de Berlin; la tête restait libre, -mais ses jambes avaient peine à retrouver quelque mouvement. Le médecin -Schœnlein ne voyait aucun danger immédiat; mais il a dit que l'adieu -suprême ne pouvait guère tarder. - -J'ai trouvé ici plusieurs lettres qui m'y attendaient. Il y en a une -partant du camp doctrinaire ou, au moins, d'une affiliée, qui me dit: «De -l'aveu de tous nos amis, les torts, dans les malheureuses dissidences qui -ont de nouveau éclaté entre les deux branches de la Maison de Bourbon, -les torts sont, dit-on, du côté des Princes d'Orléans. Ils semblent -retomber sous le joug de leur belle-sœur. M. le Comte de Chambord vient -de répondre au duc de Nemours, et cette réponse a complètement satisfait -nos amis[211]. La rupture n'éclatera pas publiquement encore, mais je -crains bien qu'elle ne devienne inévitable.» - - [211] On trouvera la lettre de M. le Comte de Chambord au duc de - Nemours aux pièces justificatives de ce volume. - -D'autre part, on me dit que l'aigreur augmente entre les _légitimistes_ -pur sang et les orléanistes violents, et cela par l'imbroglio nouveau -résultant de la mission de M. de Jarnac envoyé à Venise par le duc de -Nemours. La réponse du Comte de Chambord a été portée à Claremont par M. -de La Ferté. Le Comte de Chambord avait reçu la lettre de son cousin sans -l'ouvrir devant M. de Jarnac, lui disant qu'il y répondrait plus tard. M. -de Jarnac s'était rendu de Venise à Gênes près de Mme la Duchesse -d'Orléans; en route, il a reçu une dépêche télégraphique du duc de -Nemours lui enjoignant de ne pas communiquer à la Duchesse d'Orléans une -copie de la lettre adressée par lui au Comte de Chambord, quoiqu'il se -rendît à Gênes dans ce but. La réponse portée par le marquis de La Ferté -dit que l'on ne peut rien faire, rien discuter, loin de la France et sans -elle. Cette réponse me plaît assez, je l'avoue. Elle est, ce me semble, -la seule raisonnable à la pression exercée par les Princes d'Orléans qui -veulent que le Comte de Chambord s'engage, dès aujourd'hui, à prendre le -drapeau tricolore, à promettre le gouvernement représentatif (bien -tentant, en effet, d'après ses beaux résultats pour les deux branches) et -le suffrage universel. Voilà ce que les d'Orléans appellent le baptême de -la légitimité. En attendant, le Comte de Paris, actuellement à Gênes, se -pâme d'aise en contemplant la garde nationale piémontaise. Quel avenir -cela promet à la France, si ce jeune homme y rentre en souverain! Nous y -reverrions un second roi-citoyen. Le Comte de Chambord a donné l'ordre à -son monde de ne publier sa réponse au duc de Nemours que si celui-ci -faisait publier sa lettre à lui. - -Il y a eu dernièrement dîner chez le ministre d'Autriche à Paris, M. de -Hübner, auquel assistaient le duc et la duchesse de Galliera, M. de -Flavigny et autres fusionnistes, et auquel se rendirent, par méprise du -jour indiqué, en outre, le général Fleury et sa femme. On peut imaginer -la figure que firent le maître de la maison, plus aplati que jamais dans -sa maigreur, d'une part, et les violents fusionnistes, de l'autre. La -grimace de la duchesse de Galliera l'enlaidissait fort. Le général Fleury -disait de son côté: «Passe pour les autres, mais pour M. de Flavigny dont -j'ai lu une lettre sollicitant une place de sénateur, c'est trop fort!» - -En vérité, quand je me représente ce que deviendrait le monde si -tourmenté par ses instincts socialistes et par ses associations secrètes -et sanguinaires, sous le règne du Comte de Paris, élevé par Madame sa -mère qui est pire encore que Mme de Genlis... quand je songe au peu que -pourrait M. le Comte de Chambord, seul, sans postérité, contre la masse -d'intrigues, de perfidies, de trahisons qui neutraliseraient, dès le -début, l'union si peu franche des deux branches, je me prends à désirer -que l'homme taciturne ne quitte pas de longtemps le terrain difficile, -dangereux sur lequel il a su se maintenir jusqu'à présent. M. de -Talleyrand disait: «_Ce ne sont pas les dupes qui manquent, ce sont les -charlatans._» Eh bien, il y a des moments où ils sont les seuls héros -possibles, comme il y a des maladies que les empiriques seuls guérissent -ou, du moins, s'ils ne guérissent pas, ils empêchent de mourir trop tôt. - - -_Sagan, 2 mars 1857._--On me mande de Vienne que l'on jette la pierre à -Marmont sur le portrait plus juste que flatteur de M. de Metternich qu'il -a mis dans ses Mémoires. On dit, avec raison, que ce n'était pas à lui, -Marmont, comblé par le vieux prince, de livrer au public un portrait -aussi peu flatté. En effet, ce n'est pas la reconnaissance qui paraît -avoir été la tendance principale de Marmont. Il y a un passage, entre -autres, dans le sixième volume, où Marmont énumère ses motifs pour ne pas -se croire des obligations envers l'Empereur Napoléon 1er, qui m'a -semblé assez vilain dans ses vulgaires détails. Du reste, voilà une -preuve de plus de l'inconvénient de publier trop vite. Quand on écrit -pour des contemporains, il faut peindre avec des nuances adoucies qui -nuisent à la vérité, et quand on veut parler selon le fond de sa pensée, -il ne faut s'adresser au public qu'après avoir mis le dernier -contemporain sous terre. - - -_Sagan, 14 mars 1857._--La faveur de M. de Morny auprès de l'Empereur -Napoléon pâlit de plus en plus; on le tiendra à Saint-Pétersbourg assez -longtemps, puis on l'engagera à continuer son _honey-moon_[212] en -Auvergne. Il n'aura pas de sitôt une situation officielle, pas même celle -de président du Corps législatif. - - [212] De l'anglais: sa lune de miel. - -J'ai reçu, hier, une lettre datée de Paris de M. de Falloux. J'ai -confiance dans les impressions de cette nature si finement et si -délicatement organisée. Voici un passage de cette lettre: «J'aurais dû -trouver ici bien des changements, et je ne vois, au contraire, que des -sentiments et des partis pris qui se tiennent imperturbablement à la même -place, aussi bien dans le sens favorable que dans le sens opposé à mes -propres vœux. Les hommes qui ont vu les derniers événements de -famille[213] tourner contre eux, n'aiment pas à s'avouer battus; ceux qui -sont parvenus à leurs fins, ou à peu près, sont effrayés de la partie qui -leur reste à jouer, et n'en semblent que plus préoccupés de chanter -victoire. En attendant, tous les résultats _immédiats_ profitent au -possesseur actuel; mais, à mesure que ses ennemis le servent mieux, ses -amis le servent plus mal, cela rétablit l'équilibre.» - - [213] De la maison de Bourbon. - - -_Sagan, 24 mars 1857._--L'Empereur Napoléon a donné tout dernièrement à -Mme de Castiglione une émeraude de cent mille francs, la plus belle qui -existe. On dit que jamais belle n'a été aussi intéressée. Ce qui fait -tourner, non pas une tête couronnée, mais toutes les têtes couronnées ou -non, à Paris, c'est un Américain nommé _Hume_ qui produit _gratis_ des -effets étranges. Il tient son principal domicile chez la princesse de -Beauveau. On assure qu'il a mis la comtesse Delphine Potocka en -communication avec Paul Delaroche, mort il y a quelques semaines. J'ai -plus d'une raison pour ne rien nier, rien contester; mais si je crois -que Dieu, dans sa miséricorde ou dans son courroux, permet de certaines -exceptions aux règles communes, dont sa sagesse nous a environnés, je -trouve qu'il y a profanation, péché à chercher spontanément, curieusement -à soulever le voile. Cela ne peut être que contraire au salut. Ce que -Dieu envoie sans notre recherche, ah! c'est différent; il y a des grâces -spéciales à ce qu'il permet, à ce qu'il autorise; mais quand c'est nous -qui prévoyons, ce n'est plus que l'amour du démon qui nous pousse. Voilà, -je le sais, une doctrine toute hypothétique, fort contestable, mais non -pas fausse; du moins, elle n'a rien dont la foi puisse s'offenser. J'ose -dire qu'elle contient du vrai plus qu'on ne pense. - -On me dit que Guizot court le monde, les salons, qu'il se mêle aux -foules, comme si de rien n'était; vraiment la sécheresse de son cœur n'a -d'égale que celle du cœur auquel il était uni. - -Ce qui est plus fâcheux pour le public, c'est que M. Cousin est assez -malade pour interrompre forcément ses études sur les femmes du -dix-septième siècle. J'en suis désolée, car je n'aime en fait de peintres -de portraits que ceux qui embellissent haut la main; s'il est évident que -M. Cousin peint trop favorablement nos grandes et belles devancières qui -nous laissent, pauvres pygmées que nous sommes, si loin derrière elles, -il nous repose, du moins, de l'esprit libellique qui est un miroir plus -infidèle encore. - -Mignet vieillit; on le dit fini. La perte de ce qui lui semblait la -liberté a brisé un esprit qu'aucune chaleur d'âme ne nourrissait. Il -avait une conviction qui lui échappe; des sentiments, non. Il paraît que -Thiers _surnage mieux_; on dit qu'il vit en assez bonne harmonie avec un -pouvoir qu'il ne veut pas servir, mais qu'il est bien aise de conseiller -dans l'occasion. Pour passer le temps, il court les ventes, les marchands -de curiosités, et il jouit des succès de son livre[214]. - - [214] _Le Consulat et l'Empire._ - - -_Sagan, 27 mars 1857._--On m'écrit de Paris de nouveaux faits encore -étranges du fameux M. Hume. Il vient d'aller chercher en Amérique sa -sœur qui possède, dit-il, à un plus haut degré que lui une puissance -électro-magnétique formidable. La duchesse de Vicence, une des plus -_incrédules_ en toute chose, _esprit fort_, a eu son mouchoir arraché de -ses mains, quelque insistance qu'elle y mît, et cela par deux mains dont -on n'apercevait pas les bras. On me cite d'autres nouvelles que je ne -répéterai pas, parce que les _croyants_ sont, en ce genre de choses, -moins _croyables_ que les _incrédules_. Baissons la tête, ne contestons -pas ce que nous ne pouvons expliquer, mais n'augmentons pas le nombre des -curieux, de peur de tomber au pouvoir du _mauvais esprit_, en sortant des -limites tracées par une sage Providence. - - -_Sagan, 2 avril 1857._--J'ai lu le discours de M. de Falloux à -l'Académie; il faut lui savoir gré d'avoir, par prudence et modération, -renoncé à l'éclat, et de s'être borné à l'élégance du style, à la -délicatesse d'expression, à la finesse d'aperçus et, en général, au plus -exquis bon goût ajouté encore à une charmante modestie[215]. - - [215] M. de Falloux fut reçu à l'Académie française le 26 mars - 1857; il y remplaçait M. Molé. Son discours fut accueilli assez - froidement par la docte Assemblée, comme par une grande partie du - public, qui s'interdisait une approbation littéraire pouvant - ressembler à un assentiment politique. - - -_Sagan, 8 avril 1857._--Il paraît qu'on s'attend, à Paris, à ce que le -Pape oblige l'évêque de Moulins[216] à donner sa démission. Il est, -hélas! à ce qu'il semble, atteint de la maladie qui a déjà frappé -plusieurs personnes de sa famille, entre autres un frère aîné, jadis -charmant homme, et mort avec la camisole de force. Mgr de Moulins -mériterait presque qu'on la lui mît, quand il fait défendre en chaire la -lecture de Bossuet comme schismatique et _protestant_. - -M. de Morny ne tardera pas à quitter la Russie; il ne fera que traverser -Paris pour aller en Écosse chez M. de Flahaut. Mme de Castiglione, dont -le règne finit, retourne en Piémont, munie de la colossale émeraude. - -A l'occasion de l'élection de M. Émile Augier à l'Académie, il s'est -manifesté une aigreur inaccoutumée parmi les quarante immortels. Les -voltairiens ont été attaquants, les catholiques véhéments, les ralliés au -gouvernement actuel exigeants, les opposants intolérants. Ce que M. de -Fontanes appelait la liberté de la république des Lettres en est aussi à -la licence, au fractionnement infini. On y voit, comme ailleurs, des -dissidents, des schismatiques, des hérétiques s'excommuniant les uns les -autres, ce qui achèvera de perdre le peu de sagesse, de bon goût, de -courtoisie qui s'était réfugié à l'Académie comme son dernier asile. - - [216] Mgr de Dreux-Brézé. - - -_Sagan, 17 avril 1857._--Dans l'audience académique que M. de Falloux a -eue aux Tuileries, et qui s'est passée très gracieusement, l'Empereur lui -a dit: «Le désordre nous avait rapprochés, je regrette que l'ordre ne -nous ait pas réunis!» Un instant après, il a ajouté: «J'espère que le -temps de votre Ministère[217] est entré pour quelque chose dans le choix -de l'Académie; j'aurai ainsi un peu contribué à votre élection, et j'en -suis charmé.» Le reste n'a été qu'un échange bienveillant de propos sur -le théâtre de l'Empire entre M. Brifaut et l'Empereur. - - [217] M. de Falloux avait été Ministre de l'Instruction publique - et des Cultes sous la Présidence. - - - _Sagan, 22 avril 1857._--La comtesse Colloredo m'écrit de Rome, en - date du 14: «Il arrive deux fois par jour des dépêches - télégraphiques qui se contredisent sur l'arrivée de la Czarine - ici. Il paraît que c'est décidément demain qu'elle apparaîtra. La - Grande-Duchesse Olga n'a voulu recevoir jusqu'à présent que les - Russes, les Ambassadeurs et les Ambassadrices; le reste du Corps - diplomatique et les dames italiennes sont ajournées. Nous avons - été reçus en particulier; elle a été fort aimable pour mon mari - qu'elle a connu à Saint-Pétersbourg, et très polie pour moi; mais - je lui ai trouvé les manières et le langage cassants; il paraît - que c'est le ton des Princesses Impériales russes. Son visage, son - regard sont très froids; elle me paraît ressembler beaucoup à feu - son père; cependant, de temps à autre, il se répand sur ce visage - régulier un ravissant, mais triste sourire. La Grande-Duchesse - Olga a été chez le Saint-Père; elle lui a baisé, non pas la mule, - mais la main. Le jour de Pâques, sous le prétexte de quelques - nuages peu effrayants, on a contremandé l'illumination de - Saint-Pierre, et, le lendemain, le feu d'artifice du Pincio. Le - dessous des cartes, c'est qu'on a voulu garder ces deux admirables - coups d'œil pour la Czarine; et cela, à la grande fureur des - dévots et des convertis. L'illumination de Saint-Pierre aura donc - lieu le _jour de Pâques grecques_, et cela pour une souveraine - schismatique! Tout ceci produit des commérages gigantesques. - Grégoire XVI, le dernier Pape, n'aurait pas remis l'illumination.» - - -_Sagan, 5 mai 1857._--On dit qu'il y a eu, à la suite d'un dîner chez la -maréchale d'Albuféra, un assaut entre la duchesse de Galliera et M. -Thiers qui doit avoir été piquant, la Duchesse soutenant la discussion -contre le grand jouteur avec une fermeté remarquable. C'était à propos -d'un article de M. de Montalembert qui a valu un avertissement au journal -qui l'a publié. Thiers soutenait qu'il n'était pas vrai que tous les -hommes politiques en France eussent changé d'opinions, que chacun avait -commis des erreurs, à commencer par Napoléon Ier et Louis-Philippe; mais -que pour les hommes sérieux, il en connaissait plus d'un qui était resté -fidèle à ses doctrines, que souvent, en France, on se distrayait en -changeant de goûts et d'occupations, mais non pas d'opinions. Puis, il a -ajouté: «Quant à moi, je n'ai plus envie de rien dire au public; aussi je -ne me plains nullement de la loi qui régit la presse; après tous ses -excès, elle n'a eu que ce qu'elle méritait; personne dans le pays ne s'y -intéresse, ne s'en soucie; parfois on regrette la liberté de la tribune -pour ce qui regarde les finances, mais à ce point de vue uniquement; et -on a maintenant une bien autre liberté que sous le premier Empire.» - -Que dire de ce langage de la part de quelqu'un qui prône la fixité des -opinions. Ne se donne-t-il pas un démenti à lui-même? - -On m'écrit ceci sur l'arrivée du Grand-Duc Constantin à Paris: «Le -Grand-Duc Constantin est arrivé hier pour notre gloire plus que pour la -sienne. S'il vient pour sonder les secrets de notre civilisation, son -séjour sera bien court, et s'il compte enlever notre alliance, je crois -qu'il se trompe[218].» - - [218] Le Grand-Duc Constantin, frère cadet de l'Empereur de - Russie et marin de profession, vint en France accompagné du - général de Totleben et d'une suite nombreuse. A la tête d'une - escadre russe, il débarqua à Toulon le 20 avril et fut reçu avec - un grand éclat dans toutes les villes de France où il s'arrêta. - Pendant les dix jours qu'il séjourna à Paris et les quatre qu'il - passa avec la Cour à Fontainebleau, on multiplia les fêtes en son - honneur. Après avoir séjourné un mois en France, le Grand-Duc - s'embarqua à Bordeaux le 21 mai sur un yacht impérial, _la Reine - Hortense_, mis à sa disposition; il visita les principaux ports - et les établissements maritimes de l'Océan et se rendit à Osborne - pour saluer la Reine d'Angleterre. Il retourna ensuite par - l'Allemagne en Russie. - -Il paraît qu'il y a une lettre singulière de feu la duchesse de Broglie à -Schlegel, publiée dans les œuvres complètes de celui-ci. Elle lui écrit -au sujet des difficultés de Schlegel sur la religion. Cette lettre est -curieuse pour ceux qui ont connu la duchesse de Broglie, à cause des -révélations sur elle-même, bien plus que par la force des raisonnement. -Elle dit par exemple: «Je sais, et par expérience, que l'âme peut -souffrir plus que tous les tourments du corps, si elle se trouve vide, -dépouillée, privée des objets qui lui plaisent et ne pouvant rien aimer -de ce qui l'entoure.» - -Quel aveu! Le plus étrange, c'est que c'est son mari et sa famille qui -viennent de faire imprimer séparément cette lettre, et qu'ils la -distribuent de tous côtés; tant les caractères imprimés portent à la tête -des doctrinaires, qu'ils ne s'embarrassent pas qu'une des leurs dise -qu'elle ne pouvait les souffrir. Les drôles de gens! La Duchesse a -évidemment souffert du manque d'affection, mais son organisation ne l'a -pas entraînée, et l'extrême froideur qui règne dans tout ce qu'elle a -écrit prouve que l'abstraction a pu lui suffire. Dieu lui a fait là une -grande grâce! L'aridité, ou du moins la sécheresse, vient quelquefois en -aide à la vertu. - -Un mot encore de Rome. L'Impératrice, et les quatre-vingts chevaux -qu'elle a réclamés, ont fait leur entrée à Rome, au milieu d'une foule -morne, effrayée de la maigreur de squelette de la Czarine. Cette robuste -mourante a été, dès le lendemain, à Saint-Pierre et y a marché d'un pas -très ferme; puis de là, elle s'est rendue à la villa Borghèse par un -temps désagréablement refroidi à la suite d'un gros orage; cela n'a pas -empêché l'Impératrice de descendre de voiture, de s'asseoir dans une -allée, de demander le nom des promeneurs et d'en faire appeler (qu'elle -ne connaissait pas) pour leur parler. Le lendemain, elle devait aller -chez le Saint-Père, le jour après à son église grecque et recevoir tous -les Russes. On ne pense pas qu'elle s'amuse à Rome pendant les trois -semaines qu'elle compte y rester; elle doit retourner par mer à Gênes, -puis par Turin et la Suisse à Wildbad. La société romaine, qui affiche -depuis quelque temps une grande insouciance pour tout ce qui est princes -et rois, ne fait rien pour la divertir. On ne parle que d'un déjeuner -offert à la Czarine par les Doria dans leur belle villa Pamphili. - - -_Sagan, 8 mai 1857._--On m'écrit encore de Rome que l'Impératrice de -Russie, en se rendant chez le Saint-Père, a demandé à celui-ci de lui -montrer tout son appartement, y compris la chambre à coucher où jamais -femme ne peut entrer. Le Saint-Père y a cependant consenti, et a mené -cette importune personne partout. Il me semble qu'il a eu grand tort, et -qu'il aurait dû tout simplement lui dire que jamais aucune personne du -sexe féminin n'y pénétrait. - -Le ciel romain est moins complaisant; car, après un hiver d'une -sécheresse remarquable, il ne cesse de pleuvoir à verse depuis que la -Czarine est présente. - - -_Sagan, 12 mai 1857._--A la fête donnée à Villeneuve-l'Étang, près -Paris, par l'Empereur Napoléon au Grand-Duc Constantin de Russie, malgré -les brodequins en gros-de-naples et les plus magnifiques dentelles, il y -a eu des parties de barre jusqu'à huit heures du soir, des courses sur -les collines où on simulait l'assaut d'un château fort; puis des -promenades sur l'eau, l'Impératrice ramant et conduisant une petite -barque! l'Empereur courant de vrais dangers sur une planche qu'on appelle -patin, sur laquelle il faut une adresse infinie pour se tenir en -équilibre, et qu'il conduit avec une dextérité remarquable. _N'est-ce pas -comme un apologue!_ La Grande-Duchesse Stéphanie était au milieu de toute -cette joie, malgré son âge et un changement qui a frappé tout le monde. -Elle est revenue à huit heures du soir à Paris en calèche découverte. - -Lord Cowley a engagé le Grand-Duc Constantin à aller en Angleterre; il se -bornera à une course à l'île de Wight. - - -_Sagan, 24 juin 1857._--Quelqu'un, de l'entourage de la Reine de Prusse, -me mande de Téplitz que le Roi comptait aller, de Marienbad, faire une -courte visite à Vienne, avant de venir prendre la Reine, à Marienbad, -pour se rendre avec elle à Sans-Souci, où on attend la Czarine veuve, le -18 juillet[219]. - - [219] Cette course à Vienne, sans motif politique, eut lieu le 8 - juillet. Le Roi était accompagné de sa sœur, la Grande-Duchesse - de Mecklembourg-Schwerin. Ce fut au retour, à Marienbad, qu'il - eut une petite attaque d'apoplexie que l'on crut pouvoir - dissimuler, mais qui fut le commencement de sa maladie, un - ramollissement du cerveau qui conduisit le Roi au tombeau - quelques années plus tard. - - -_Sagan, 31 juillet 1857._--J'entends dire de tristes choses sur la santé -du roi de Prusse. L'état moral se ressent de la dernière secousse, par -une extrême agitation. Il dit lui-même: «_Je suis à bout._» On lui -épargne les affaires; mais cela ne saurait durer ainsi, car il y a des -choses qu'il est urgent de décider; bref, c'est un état de santé qui se -remettra sans doute, mais le coup de tocsin a sonné. - - -_Günthersdorf, 17 août 1857._--On m'écrit que le jour où le feld-maréchal -Radetzky a quitté Vérone pour se rendre à Milan, où il va finir les -quelques jours qu'il lui reste à passer sur cette terre, il a été entouré -d'ovations par les indigènes; on avait tapissé les rues, toute la -population de Vérone était au débarcadère; il y a eu des _vivats_, sans -fin. C'est le seul Autrichien qui trouve franchement grâce auprès des -Italiens. Je suis bien aise qu'il ait eu ces acclamations pour dernière -joie humaine. Son successeur, l'Archiduc Maximilien, et sa jeune épouse -doivent être arrivés hier à Venise; s'ils y sont bien reçus, ils y -resteront plusieurs semaines; sinon, ils iront sans délai à Milan. - -On mande de Toscane que l'arrivée du Pape y a causé de grandes -discussions à cause du cérémonial. Le Nonce voulait que le Grand-Duc -précédât à cheval la voiture du Saint-Père à son entrée à Florence, comme -l'a fait le Duc de Modène. Après force parlementage, il a été décrété que -le Grand-Duc héréditaire et son frère iraient au-devant du Pape, jusqu'à -la frontière, et toute la famille Grand-Ducale à la station _delle tre -Maschere_, à trois heures de Florence, auberge dont Boccace fait mention -dans son _Décaméron_[220]. - - [220] Pie IX, ayant résolu de se rendre à Lorette pour y - accomplir un pieux pèlerinage, entreprit un voyage qui, pendant - quatre mois, le tint éloigné de Rome. Parti le 4 mai 1857, il ne - rentra dans sa capitale que le 5 septembre suivant. Après avoir - été prier dans la _Casa Sancta_, s'être rendu à Sinigaglia, sa - ville natale, et dans plusieurs autres villes d'Italie, le - Saint-Père fit encore visite au Duc de Modène et au Grand-Duc de - Toscane. - -Le général de Goyon prépare un grand bal superbe à Rome pour la -Saint-Napoléon; mais, hors deux vieilles centenaires et trois jeunes -femmes en couches, il n'y a pas une seule femme mobile de la société à -Rome. Qui est-ce qui dansera[221]? - - [221] Le général de Goyon avait reçu, en 1856, le commandement du - corps d'occupation que la France entretenait auprès du Pape - depuis 1850. Le général était fort bien vu par Pie IX; mais de - fréquents démêlés avec le proministre des armes pontificales, Mgr - de Mérode, rendirent petit à petit sa position difficile. Il fut - obligé de revenir en France en 1862. - - -_Günthersdorf, 26 août 1857._--Le Saint-Père a été reçu par la cour de -Toscane avec la plus antique magnificence. La population a été convenable -à l'entrée et profondément émue et touchée, à la bénédiction donnée sur -le balcon du palais Pitti. Tout le monde ou presque tout le monde des -quarante mille personnes présentes s'est mis à genoux. On dit que c'est -admirable. - - -_Sagan, 23 septembre 1857._--Je me suis rendue hier à Sorau pour me -trouver à la descente du wagon royal, afin de donner une preuve de -respectueux attachement au Roi qui se rendait à Muskau. La Reine m'a -semblé fatiguée; ses yeux ne quittaient guère le Roi que j'ai trouvé -fort affaissé, rouge, pesant dans sa marche; en cherchant à m'expliquer -son itinéraire, il embrouillait les dates que la Reine redressait. J'ai -reçu de cet abattement inaccoutumé une impression très pénible. Les -entours répétaient avec affectation que le Roi se portait à merveille. Je -voudrais le pouvoir penser. - - -_Sagan, 12 octobre 1857._--On peut imaginer quelle est la confusion des -esprits, l'agitation des uns, l'embarras des autres depuis cette nouvelle -attaque survenue au Roi de Prusse. Je verrai tout cela de plus près -demain à Berlin. D'après ce que j'entends, le mieux se soutient et je -crois à un nouveau _sursis_; mais à quelles conditions? Permettra-t-on au -Roi de s'occuper du gouvernement? ou bien songera-t-on à une abdication -ou à un état intermédiaire, et aux mains de qui? avec quelle latitude? -avec quelles entraves? L'air me semble bien chargé d'électricité[222]. - - [222] Une nouvelle attaque d'apoplexie, beaucoup plus grave que - celle de Marienbad, frappa Frédéric-Guillaume IV le 6 octobre - 1857, ce qui le força (par un décret du 23 octobre 1857) à - remettre provisoirement à son frère, le Prince de Prusse, les - rênes du gouvernement pour trois mois. Dans son manifeste, le - Prince promit de gouverner conformément à la Constitution et aux - lois, et confirma les Ministres de son frère dans leurs - fonctions. Le Cabinet se composait de MM. de Manteuffel, de - Heydt, Simon de Raümer, de Westphalen, de Massow, de Bodelschwing - et du comte de Waldersee. - -Le Prince Frédéric-Guillaume[223] est venu déjeuner ici; il a reçu de -graves nouvelles; il a causé sérieusement avec moi; toujours plein de -bons et honorables sentiments; mais il ne saurait bien naviguer que sur -une mer pacifique. - - [223] Fils unique du Prince de Prusse, monta sur le trône en 1888 - sous le nom d'Empereur Frédéric III; son règne n'eut qu'une durée - de quatre-vingt-dix-neuf jours. - - -_Berlin, 16 octobre 1857._--Le Roi n'est plus en danger de mort pour le -moment. La Reine est très contente de l'extrême délicatesse du Prince de -Prusse à son égard. Elle-même est _digne_ au possible. Je pars le cœur -oppressé et l'esprit bien inquiet pour Nice. - - -_Nice, 13 novembre 1857._--Il y a quinze jours que je suis arrivée. J'ai -repris mes leçons d'italien dans la prévision d'une semaine sainte passée -à Rome, projet bien vague encore, soumis à tout ce que l'imprévu peut -apporter d'obstacle. Je me complais dans cette chance, et je la repousse -d'autant moins que je me sens un vrai besoin de reporter mes yeux et mes -pensées sur un horizon plus large que celui dans lequel mes derniers mois -ont été renfermés. - - -_Nice, 16 novembre 1867._--Dans les lettres que je reçois de Sans-Souci, -il n'est question que des rapides progrès du Roi vers le bien moral et -physique, ainsi que des précautions extrêmes dont il est entouré. Jusqu'à -quand ces précautions s'étendront-elles? Quelle en sera la durée? De tout -ce que la Providence pouvait préparer de plus difficile pour le Prince de -Prusse, de moins heureux, de moins satisfaisant pour le pays, pour son -bien-être intérieur, pour le repos des esprits et pour le rôle à jouer à -l'extérieur, c'est ce qui, d'en haut, a été décrété à la Prusse! - -Le _dubitatif_, qui s'étend nécessairement sur toute chose, est une -situation malsaine et malséante pour chacun. - - -_Nice, 7 décembre 1857._--J'ai eu hier des lettres de Charlottenbourg. Le -Roi va très bien de santé et irait bien au moral sans une certaine -incertitude de mémoire dont il s'aperçoit, ce qui le peine et -l'impatiente; il fait de grandes promenades à pied et en voiture. Il -mange avec la Reine et sa sœur de Mecklembourg-Schwerin, qui est revenue -s'établir pour l'hiver à Charlottenbourg. Il voit quelquefois, pour un -quart d'heure, quelque habitué; mais, à tout prendre, il est assez _muré_ -encore. Les médecins redoutent toute excitation. Le Prince de Prusse se -remet de sa grippe dont plus de quatre-vingt mille personnes ont été -atteintes à Berlin. - - -_Nice, 31 décembre 1857._--Je termine cette année en meilleure santé que -je ne l'ai traversée. Cependant les nouvelles, moins satisfaisantes, de -ma fille gâtent le sommeil qui m'était revenu; les nerfs qui se calmaient -et la tête qui s'était dégagée, tout cela reprend et je suis moins bien, -en raison des moins bonnes lettres que ces derniers jours m'ont -apportées... - -On m'écrit de Berlin: «Le Roi ne pourra pas de longtemps reprendre le -gouvernement; cependant, il y a espoir qu'il finira par se remettre; -mais, pour le moment, sa tête est bien faible encore. Il a lui-même la -conviction que son état lui interdira, pour un temps indéfini, tout -travail sérieux. Il se trouve très bien remplacé par son frère, dont on -est généralement fort content. Cet intérim prolongé a des _inconvénients_ -bien graves pour la marche des affaires.» - - - - -1858 - - -_Nice, 2 janvier 1858._--J'étais préoccupée de l'état de Pauline quand, -hier, une dépêche télégraphique arrivée le soir m'a fait voir que l'état -était grave. Je pars donc ce matin; j'irai le plus vite possible. - - -_Paris, 4 janvier 1858._--Je me suis embarquée avant-hier à Nice sur un -assez mauvais bateau, mais il me faisait gagner douze heures; j'ai fait -le trajet en trente-six heures et je ne regrette pas cette hâte; car, si -j'ai un regret, c'est de ne pas être venue plus tôt, et d'avoir écouté -les dires des médecins et les conseils de mes correspondants, au lieu de -suivre mes instincts. Je trouve Pauline _très mal_; les médecins disent -que le cas n'est pas désespéré; mais il me paraît, à moi, qu'il est bien -près de l'être et que, peut-être, dans quelques jours, cette âme -séraphique aura pris son vol vers la céleste patrie. Elle a toute sa tête -et paraît fort aise de me voir[224]. - - [224] Après le mariage de sa fille et son retour d'Allemagne, la - marquise de Castellane tomba gravement malade à Paris d'une - inflammation intestinale et ne se remit que lentement de cette - atteinte sérieuse. - - -_Paris, 9 janvier 1858._--Je viens de passer de bien mauvais jours. Mes -anxiétés pour Pauline sont aggravées par neuf à douze degrés de froid! -Mais il faut louer Dieu de tout et le remercier à genoux du mieux -_notable_ qui, depuis vingt-quatre heures, s'est manifesté dans l'état de -Pauline, lorsqu'il s'agissait de rien moins que de l'extrême-onction -qu'elle demandait. - - -_Paris, 16 janvier 1858._--L'attentat d'avant-hier a ému tout Paris et -aura un retentissement en Europe[225]. Elle est bien malade partout, -cette pauvre Europe. Je vis si uniquement à l'hôtel d'Albuféra, qu'en -dehors de là, tout est ignorance pour moi[226]. - - [225] Orsini avait médité d'assassiner Napoléon III, qu'il - regardait comme la cause des malheurs de sa patrie; il s'était - associé à trois réfugiés italiens, Pieri, Rudio et Gomes. Trois - bombes fulminantes éclatèrent coup sur coup, au moment où - l'Empereur et l'Impératrice se rendaient en voiture le 14 janvier - à l'Opéra; ni l'un ni l'autre ne furent atteints, mais il y eut - cent cinquante-six personnes blessées, plus ou moins - mortellement. Rudio et Gomes furent condamnés aux travaux forcés, - les deux autres à la peine de mort. Orsini avoua tout, et en - posant sa tête sur la fatale machine, il poussa le cri de: «_Vive - l'Italie! Vive la France!_» De sa prison de Mazas, il avait - adressé à Napoléon III une lettre qui fit beaucoup de bruit et - dont voici les principaux passages: «_Les dépositions que j'ai - faites contre moi-même dans le procès politique, intenté à - l'occasion de l'attentat du 14 janvier, sont suffisantes pour - m'envoyer à la mort; près de la fin de ma carrière, je viens, - néanmoins, tenter un dernier effort pour venir en aide à - l'Italie, dont l'indépendance m'a fait, jusqu'à ce jour, tenter - tous les périls, aller au-devant de tous les sacrifices. Elle - fait l'objet de toutes mes affections, et c'est cette pensée que - je veux déposer dans ces paroles que j'adresse à Votre Majesté. - Pour maintenir l'équilibre actuel de l'Europe, il faut rendre - l'Italie indépendante ou desserrer les chaînes dans lesquelles - l'Autriche la tient en esclavage. Demandé-je pour sa délivrance - que le sang des Français soit répandu pour les Italiens? NON, je - ne vais pas jusque-là. L'Italie demande que la France - n'intervienne pas contre elle; elle demande que la France ne - permette pas à l'Allemagne d'appuyer l'Autriche dans les luttes - qui vont peut-être s'engager. Or, c'est précisément ce que Votre - Majesté peut faire si elle le veut. De votre volonté dépendent, - ou le bien-être ou les malheurs de ma patrie, la vie ou la mort - d'une nation à qui l'Europe est en grande partie redevable de sa - civilisation. Telle est la prière que, de mon cachot, j'ose - adresser à Votre Majesté, ne désespérant pas que ma faible voix - soit entendue. J'adjure Votre Majesté de rendre à ma patrie - l'indépendance que ses enfants ont perdue en 1849 par la faute - même des Français._» - - [226] La marquise de Castellane était tombée malade chez la - duchesse d'Albuféra, où elle resta des mois. - - -_Paris, 25 janvier 1858._--On dit, répète, raconte et croit tout dans la -seule maison où je suis en communication avec le monde extérieur; mais on -y dit tant de choses contradictoires que le vrai est difficile à en -extraire; cependant, avec ce que mes fils me rapportent de leurs clubs, -et ce que le duc de Noailles me dit dans les visites qu'il me fait une -demi-heure avant mon dîner, j'apprends quelques bruits. Je n'en suis pas -plus habile. Chacun voit par sa propre lunette, dont les verres me -paraissent assez obscurs; la passion, la rancune, la poltronnerie, la -bassesse ou un stupide dédain, ou bien encore l'âcreté des ambitions -déçues: tout cela fait un vilain ou du moins un stupide ensemble, dans -lequel la raison, la modération, le vrai ne trouvent guère leur place. Il -en résulte pour moi un tableau sombre et alarmant, quoique les dernières -_découvertes_ aient le mérite de mettre beaucoup de choses à nu, et de -valoir peut-être à l'Europe un _sursis_ dans le crime. - - -_Paris, 29 janvier 1858._--Je ne dirai rien du Paris social, puisque je -n'y participe pas, rien du Paris politique, puisque j'en suis plus loin -encore; reste le Paris académique, qui pourrait bien être assez épineux -et délicat à toucher; car tous les sujets vont devenir de plus en plus -scabreux. - -M. de Hatzfeldt est revenu hier de Berlin; il va avoir trois Princes -prussiens à recevoir; c'est beaucoup à la fois[227]. Il paraît que la -grande affection de la Famille Royale d'Angleterre pour l'Empereur et -l'Impératrice des Français a fait beaucoup d'impression sur les Princes -prussiens, et qu'ils arrivent déjà fort modifiés de ce qu'ils étaient en -quittant leurs propres foyers. - - [227] Le 1er février 1858, l'Empereur Napoléon et - l'Impératrice recevaient à Paris: le Prince Albert de Prusse, le - plus jeune frère du Roi, le Prince Frédéric-Charles de Prusse, - neveu du Roi, et le Prince Adalbert de Prusse, cousin du Roi. - - -_Paris, 27 février 1858._--Les Anglais qui sont ici s'accordent à dire -que le Cabinet Derby traversera la session, mais n'ira pas au delà. Lady -Westmorland me mande qu'elle trouve lord Palmerston très baissé, très -brisé et que sa chute était moins étonnante que ne l'avait été la durée -de ses victoires parlementaires[228]. La mort du Père de Ravignan est -généralement reconnue, par le bon public, comme une perte sensible; -Pauline en est attristée profondément. Le bon Père lui avait fait dire -par leur médecin commun de bien touchantes paroles. - - [228] Le 21 février, lord Palmerston tomba du pouvoir après - l'avoir tenu en main pendant trois années consécutives, et sur la - demande de la Reine, ce fut lord Derby qui reconstitua un Cabinet - dans lequel on remarquait lord Salisbury, comme Président du - Conseil, le général Peel à la Guerre, lord Malmesbury aux - Affaires étrangères et M. Disraeli, chancelier de l'Échiquier; - mais la politique de lord Salisbury n'ayant point été approuvée - par le Parlement, lord Palmerston et lord John Russell reprirent - les rênes du gouvernement en juin 1859. - -Le procès d'Orsini, la condamnation, les discours, les plaidoiries, de -nombreuses arrestations, le _meeting_ à Londres et surtout le discours -fort inattendu du général Mac-Mahon au Sénat, qui pourrait bien briser le -bâton de maréchal qu'il entrevoyait; voilà ce qui défraie le parlage des -salons. L'inquiétude morale se mêle à tout: on entend des bruits sourds, -on marche et on sent la terre trembler sous ses pieds. On s'émeut de -tout, on ne se rassure sur rien. Le doute, ce grand tourment de l'âme, -s'empare des masses comme des individus; ce qui formait le charme de la -société, la sûreté confiante, s'envole à tire-d'aile; l'on se heurte, -d'autant plus aisément et plus rudement, qu'on est plus près les uns des -autres. - - -_Paris, 3 mars 1858._--La lettre d'Orsini, dont la publication a été -permise par celui à qui elle était adressée (ce qui ne laisse pas que -d'étonner le Corps diplomatique); ce qui s'est passé au _meeting_ de -Londres[229], le discours de Félix Pyat, l'autorisation accordée aux -généraux Changarnier et Bedeau de rentrer en France[230] (autorisation -destinée à rassurer, dit-on, tout ce qui n'est pas _rouge_, ou à tenir -ces messieurs plus sous la main); puis des arrestations nombreuses, ne -portant, du reste, que sur des écarlates; voilà, avec les funérailles de -M. de Ravignan, ce qui occupe Paris depuis plusieurs jours! - - [229] Les habitants de Londres, afin de protester contre le bill - relatif aux conspirations pour assassinat, s'étaient portés en - foule à Hyde-Park pour y faire une réunion monstre; mais en - arrivant, le public trouva une affiche, annonçant que les - promoteurs du meeting y avaient renoncé à la suite du vote de la - Chambre des Communes qui avait renversé le Ministère. - - En même temps, il paraissait à Londres une brochure, _Lettre au - Parlement et à la presse_, signée: _Félix Pyat_, _Besson_ et - _Talandier_ au nom du _Comité de la commune révolutionnaire_ et en - date du 24 février 1858. Cette brochure défendait le droit à - l'assassinat et faisait l'apologie de l'attentat dans le langage - le plus passionné. - - [230] _Le Moniteur_ du 1er mars annonçait que le général - Changarnier et le général Bedeau étaient autorisés à rentrer en - France. - - -_Paris, 12 mars 1858._--La brochure parue hier, intitulée: _Napoléon III -et l'Angleterre_, qu'on croit être tracée de la main du maître, est -l'événement du jour, et les paris sont ouverts pour savoir si elle fera -un bon ou un mauvais effet de l'autre côté du détroit[231]. On dit qu'à -Vienne, l'autorisation donnée à la publication de la lettre d'Orsini a -fait un mauvais effet. - - -_Paris, 10 avril 1858._--L'infâme article signé Rigault qu'a donné, il y -a quelques jours, le voltairien _Journal des Débats_ sur les sermons du -carême, est faux dans les faits, lourd dans son ironie de mauvais goût. -Il est mal pensé, mal senti, mal dit[232]. Celui d'Albert de Broglie, sur -le Père de Ravignan, a ses parties charmantes quoiqu'il témoigne de la -gêne que lui cause le souvenir de ce séjour à Rome, pendant lequel il -avait été chargé de jouer de mauvais tours aux Pères Jésuites. Ah! si le -présent n'était pas encadré entre le passé et l'avenir, comme ce serait -plus commode de parler et d'écrire! - - [231] Cette brochure était un exposé des questions que les - derniers événements avaient fait surgir entre la France et - l'Angleterre. L'auteur, qui était, dit-on, M. de la Guéronnière, - débutait en rappelant les gages nombreux de sympathie que - l'Empereur Napoléon III avait donnés à l'Angleterre pour - maintenir les bons rapports entre les deux pays et éviter les - conflits; puis il arrive à l'attentat du 14 janvier, aux - incidents qu'il a déterminés entre les deux pays et il établit - que ces complots sont préparés, organisés, exécutés par les - réfugiés de Londres. Au moment où cette brochure paraissait, il y - avait quelques difficultés diplomatiques entre la France et - l'Angleterre, le ministre des Affaires étrangères de Londres - n'ayant pas jugé à propos de répondre à une note adressée par M. - Valewski, ministre des Affaires étrangères de France. La chute du - Cabinet britannique s'en était suivie, et lord Malmesbury, devenu - ministre, ne pouvant s'entendre avec M. de Persigny, ambassadeur - de France à Londres, celui-ci dut donner sa démission. - - [232] M. Rigault avait fait paraître dans le _Journal des Débats_ - du 6 avril un feuilleton critique et moqueur sur ce qu'il - appelait la dévotion du temps et l'éloquence religieuse. Il y - faisait trois catégories de prédicateurs, et distinguait, par les - opinions, le clergé séculier de la rive droite de la Seine de - celui de la rive gauche. - -_Paris, 14 avril 1858._--Voilà les pouvoirs du Prince de Prusse -prolongés[233]; mais cet _indéfini_ est bien fâcheux. Aussi, comme le -parti ultra-libéral relève la tête en Prusse! On achèvera, sous ce pauvre -Prince (et cela sous forme semi-légale), le peu qui survivait de 1848. -Tout va mal en Prusse, comme ici, comme partout. C'est ennuyeux -d'assister à la fin du monde; j'en trouve le spectacle fort laid! - - [233] Le Président du Conseil en Prusse, le 12 avril 1858, - annonçait aux Chambres que le Roi venait de conférer de nouveau - les pouvoirs complets, pour trois mois, à son frère le Prince de - Prusse. - - -_Paris, 22 avril 1858._--M. Guizot est venu hier chez moi et m'a forcée à -avoir une explication sur certain passage du premier volume de ses -_Mémoires_ qu'il vient de publier[234]. Alors je la lui ai accordée, et -il a passé condamnation avec une humilité qui ne lui est pas habituelle. -Il m'a, _de lui-même_, promis de rayer, dans la seconde édition, certains -mots malsonnants; il a convenu des mauvaises interprétations dont -plusieurs paroles étaient susceptibles. Enfin, il m'a dit qu'en parlant -de l'ambassade de M. de Talleyrand à Londres, il le replacerait dans sa -vraie lumière. Il m'a priée d'observer que, de tous les écrivains qui ont -parlé de M. de Talleyrand depuis sa mort, il était celui qui l'avait le -plus ménagé; mais il a aussi ajouté qu'il regrettait et qu'il me -_demandait pardon_ de ne pas m'avoir montré ce passage manuscrit, mais -que comme j'avais décliné toute communication avec lui au sujet de M. de -Talleyrand, il n'aurait pas cru qu'il serait bien venu à m'en occuper. -Bref, il a voulu être singulièrement doux. - - [234] C'était à propos de la façon dont M. Guizot avait parlé, - dans les chapitres III et IV du premier volume de ses _Mémoires_, - de M. de Talleyrand; il s'agissait d'insinuations, malveillantes - dans le fond quoique courtoises dans la forme, dont M. Guizot - avait fait usage, au sujet du rôle politique de M. de Talleyrand - pendant la Révolution, qu'il rapprochait de celui qu'il avait - rempli au Congrès de Vienne; comme aussi de celui qu'il avait - joué lors de la restauration des Bourbons. - - -_Paris, 17 mai 1858._--C'est aujourd'hui un anniversaire qui me reporte -vivement vers un temps de ma vie dont il ne me reste plus rien que ce qui -a survécu dans mon cœur et qui s'éteindra avec cette petite flamme de -l'existence qui jette encore une faible lueur sur le court sentier qui me -reste à parcourir. Je le vois sans regret s'abréger: «_Je m'ennuie des -choses de la terre_», comme dit l'_Imitation_, sans avoir, -malheureusement, une ardeur égale des choses du ciel! - -J'ai eu une intéressante lettre d'Angleterre. Le maréchal Pélissier s'y -ennuie et demande à n'y pas rester longtemps[235]. La situation actuelle -de l'Angleterre me paraît assez pauvre, sans grand danger. Le parti Tory -est bien déchu. On fait ce que l'on peut pour réconcilier lord Palmerston -et lord John Russel, et réorganiser ainsi le parti libéral[236]; mais il -est douteux qu'on y parvienne. On dit que Macaulay se meurt et qu'il est -devenu méconnaissable. - - [235] Le maréchal Pélissier avait remplacé à Londres, comme - ambassadeur de France, M. de Persigny. - - [236] Après l'attentat d'Orsini, lord Palmerston proposa un bill - pour modifier la loi sur les réfugiés. Lord John Russel parla - contre cette proposition et froissa le Premier Ministre qui se - brouilla avec lui, et le Cabinet tomba sous le blâme d'avoir - gardé le silence sur une dépêche de M. Valewski, accusant le - Gouvernement britannique de trop de tolérance pour les réfugiés. - Quelques mois après, lord Palmerston et lord John Russel se - réconcilièrent dans une entrevue chez M. Ellice et formèrent en - juin 1859 un nouveau Cabinet. - - -_Paris, 19 mai 1858._--La nouvelle de la mort de Mme la Duchesse -d'Orléans s'est répandue bien rapidement dans Paris[237]. On peut -imaginer la diversité des impressions qu'une semblable nouvelle fait -éprouver. L'intrigue protestante, très vive et très soutenue par la -défunte, est atterrée, bien des ambitions expectantes sont déroutées. Les -fusionnistes disent: «_Pourquoi pas une année plus tôt?_» Des catholiques -fervents sont en actions de grâces. J'ignore l'impression du monde -officiel. On se demande, de partout, sous quel toit, sous quelle -direction les orphelins, qui ne sont plus des enfants, vont se trouver, -se placer et s'abriter. _Il mondo va da se_[238]. L'hostilité, l'intrigue -pâlissent devant le terrible imprévu qui, parti de haut, broie, pulvérise -tout ce qui se croit capable de l'éviter ou de le diriger. - - [237] La Duchesse d'Orléans, qui habitait alors avec ses enfants - à Richmond en Angleterre, était morte le 17 mai, enlevée en très - peu de jours par une grippe inflammatoire, et sans qu'on se soit - douté autour d'elle du danger qui la menaçait. - - [238] De l'italien: le monde marche tout seul. - - -_Paris, 21 mai 1858._--Mme la Duchesse d'Orléans a laissé un testament; -il était déposé ici, chez un notaire, qui est parti hier pour le porter à -Claremont. On suppose qu'il est plus politique que privé et qu'il est le -commentaire de celui de son mari. Les gens de bon sens s'en alarment. Il -y a foule pour aller assister aux obsèques qui auront lieu demain. Dans -cette foule, toutes les nuances orléanistes, même celles entachées de -républicanisme, s'y trouvent. Il n'y a que les fusionnistes qui -s'abstiennent, comme Guizot, Duchâtel, Broglie, le duc de Montmorency. -Les orléanistes pointus sont désolés; l'intrigue du prosélytisme -protestant fort déconcertée; les catholiques pur sang en actions de -grâces. - -Le Gouvernement a fait mettre, dans _la Patrie_ d'avant-hier au soir, un -article convenable dans la forme, habile à son point de vue dans le fond. -Dans le monde officiel, les uns sont satisfaits qu'une personne, qui, -dit-on, se trouvait plus ou moins compromise dans la plupart des -complots, qui, en tout cas, était le principe vital, agissant, -persévérant d'un des prétendants, n'existe plus. Les autres croient, -qu'elle de moins, il y a plus de chances pour que la fusion se reprenne, -et y voient un danger. Tout ceci le démontre clairement. - -M. Thiers est dans les partants, et cela contre le gré de sa femme et de -sa belle-mère, quoique Mme la Duchesse d'Orléans écrivît toutes les -semaines à Mme Dosne! Il va, dit-on, pour s'emparer du comte de Paris, si -toutefois il y parvient. Voici aussi trois cent mille livres de rente, -payées jusqu'ici par la France, qui vont faire défaut. On me dit, de -bonne source, que la Reine Marie-Amélie, quoique souffrante et alitée, a -pris cette mort subite avec un grand calme. Son cœur ni sa conscience -n'ont jamais été en sympathie avec cette belle-fille ambitieuse, -intrigante et protestante. On ajoute que les beaux-frères seront -soulagés, car elle pesait sur eux de sa volonté, de son activité et de sa -persévérance obstinée dans de certaines routes. Il n'y a que ses fils qui -soient, dit-on, désespérés. Voilà ce que je recueille de divers côtés. Je -m'abstiens de toute opinion, de toute prévision. Je suis un simple écho. - - -_Paris, 25 mai 1858._--La mort de Mme la Duchesse d'Orléans est encore le -sujet de toutes les conversations. Que de déceptions dans la vie de cette -Princesse, où l'ambition a tenu une si grande place! Quel brusque -dénouement à tant de vaines aspirations! Je ne sais rien de plus triste -que de mourir ainsi, sans avoir pu se recueillir en face de l'éternité. -Je ne cherche pas à démêler quelles seront les conséquences de cette -disparition imprévue; elles pourraient être immenses; mais, dans les -temps où nous vivons, les événements tournent le plus souvent de manière -à confondre toute prévoyance humaine. - -La Reine malade, au lit, n'a reçu aucune des personnes qui s'étaient -rendues aux obsèques. Le comte de Paris et le duc de Chartres sont pour -le moment à Claremont; ils iront ensuite en Allemagne pour voir leur -grand'mère de Mecklembourg; puis ils reviendront se fixer en Angleterre, -_chez eux_, voulant témoigner de leur indépendance à tous leurs oncles. -Il reste à chacun des deux orphelins cent quatre-vingt mille livres de -rentes, qui proviennent de l'héritage de Madame Adélaïde, et d'économies -faites, depuis longtemps, au profit de celui des deux frères qui n'avait -pas la chance du trône. - -On m'a raconté que les trois Princes, oncles, tous vêtus de noir et d'une -pâleur mate, ressemblaient aux Princes de France du temps de la Ligue; le -duc de Nemours surtout était la reproduction de Henri IV. Le testament ne -contient que des dispositions pécuniaires; mais il y a un écrit en forme -de lettre qui, pour le moment, ne sera pas publié, mais qui ne rendra pas -les chances pacifiques. La Reine a été plus saisie qu'affligée. Elle ira -à St Léonard's dans peu de jours; on espère que l'air de la mer rendra -des forces à cette pauvre Niobé. Sa faiblesse est grande et ne laisse pas -que d'inquiéter. - -A l'audience que M. le comte de Paris a donnée aux différentes personnes -venues de Paris, il a dit: «_J'ai beaucoup perdu; mais l'esprit, les -conseils de ma mère_ _me guideront toujours; c'est en ce sens qu'elle -n'est pas morte._» M. de Montguyon, présent, a eu l'inconvenance de -prendre la parole et de dire comme corollaire: «Messieurs, _est-ce assez -clair?_». Sur quoi, le comte de Paris a repris: «_Oui, messieurs, ce que -je viens de vous dire, vous pouvez le répéter à tous._» C'est un de ceux -présents qui m'a raconté cette scène. - - -_Paris, 29 mai 1858._--On n'a pas fait part de Claremont à Frohsdorff, -tandis que le Comte de Chambord a écrit spontanément à la vénérable -tante, ce qui impatiente les orléanistes pointus et les républicains à -l'eau de rose, qui se donnent le triste plaisir d'inventer les plus -grandes stupidités, des impossibilités évidentes pour irriter et exciter -la crédulité merveilleuse des partis. - -Hélas! il y a des gens mal intentionnés pour tout inventer, il y a aussi -des imbéciles pour tout croire. - -On a ouvert le testament de la Duchesse d'Orléans; le grand écrit -politique avait été retiré et détruit, parce qu'il devait être refait à -Eisenach, dans le courant de l'été, avec l'aide de M. Thiers, qui devait -s'y rendre à cet effet. - -On me mande d'Angleterre ce qui suit: «Quel singulier choix que le -maréchal Pélissier comme ambassadeur! Ses goûts, ses manières dépassent -tout ce qu'on peut imaginer; tout ici l'ennuie, ce qui n'est pas -étonnant, vu qu'il paraît avoir en haine la vie de la société et la vie -politique. La politique, les femmes, la conversation lui sont totalement -antipathiques; il lui reste le jeu et la table, mais, des personnes qui -lui ont adressé la parole, aucune n'a envie de recommencer. Il n'a pas -même voulu se faire présenter aux dames du Corps diplomatique». On a de -l'humeur dans Albion, le high-life anglais est peu propre à comprendre un -soldat africain; les défauts le choquent, les qualités lui échappent. - - - Nouvelle réunion à Bade des deux correspondants. - - -_Sagan, 27 juillet 1858._--On m'écrit de Tegernsee que la santé du Roi de -Prusse se fortifie, sans apporter de changement dans l'état de -l'intelligence. - -Voici ce que je trouve dans une lettre de Londres: «On n'est préoccupé -ici que de Cherbourg et de la visite que la Reine Victoria doit y -faire[239]. Elle devait d'abord y aller avec six vaisseaux, les gens -d'esprit ont dit: «_Non, cinquante ou un seul._» Elle ira avec deux -frégates; la mer sera couverte de yachts et de steamers particuliers; les -deux Chambres du Parlement sont aussi invitées et auront leur vaisseau. -Lord Palmerston voulait y aller; mais, quand il a vu le sentiment public, -il y a renoncé.» - - [239] La Reine Victoria vint à Cherbourg pour en visiter le port; - elle fut reçue le 6 août 1858, avec autant de pompe que - d'honneurs, par l'Empereur Napoléon III et l'Impératrice Eugénie. - Un mois plus tard, la Reine vint à Potsdam et à Berlin pour y - voir sa fille mariée depuis quelques mois au Prince - Frédéric-Guillaume de Prusse. - - -_Berlin, 14 août 1858._--Il n'y a, pour ainsi dire, personne à Berlin; -chacun a pris le large ou est à Potsdam pour satisfaire sa badauderie. En -général, on n'approuve pas la visite actuelle de la Reine Victoria; on ne -la trouve pas suffisamment motivée au point de vue maternel et peu -délicate en regard du Roi. - -L'arrivée de la Reine à Potsdam a été tardive; les illuminations étaient -éteintes; il ne restait que tout juste assez de luminaire pour éclairer -l'immuable _paletot du Prince consort_[240] et la tenue, plus que -négligée, de la Mission britannique à Berlin, qui a mêlé ses redingotes -et ses cravates noires à la tenue de grand gala de la Famille Royale, des -autorités supérieures, réunies au débarcadère de Potsdam. Voilà pour le -début. - - [240] Appelé _paletot classique_ par Humboldt. - -Ici, à Berlin, on ne parle que du _shocking_ anglais et de la pose du -câble électrique entre l'Angleterre et l'Amérique. Ceci me frappe plus -que les cravates noires et les pantalons écrus. Nous avons beau être -accoutumés aux miracles électriques, ce nouvel effort reste étourdissant; -la terre deviendra trop petite pour la science et la puissance de -l'homme. - -Sir James Graham voulait aller à Hambourg; sur quoi lord John Russel lui -a écrit: «_How can you go to such a national humiliation_[241]?» Il -paraît que c'est là, en effet, le sentiment public. Pour la France, la -visite de la Reine Victoria à Cherbourg est une démonstration pacifique; -pour l'Angleterre, il me semble que c'est un principe d'humeur et -d'hostilité qu'on pourra bien ne pas oublier de sitôt. - - [241] De l'anglais: «Comment pouvez-vous aller à une telle - humiliation nationale?» - -Les médecins ont souhaité que le Roi de Prusse allât passer les mois de -septembre et d'octobre à Côme; il y avait d'abord consenti; puis il s'y -est refusé avec obstination et a résolu de revenir le plus vite possible -à Sans-Souci; il voulait même y arriver avant que la visite britannique -ne fût achevée, et la Reine a eu beaucoup de peine à l'en empêcher. Il -paraît que ce pauvre Roi, et cette malheureuse et royale garde-malade, -reviendront à Sans-Souci dans les premiers jours de septembre. Le Roi -n'est mieux que physiquement. - - -_Berlin, 17 août 1858._--La Cour est venue, hier, à Berlin, pour montrer -les différents palais à la Reine Victoria; le lunch a eu lieu chez la -Princesse Frédéric-Guillaume; personne d'autre n'y était invité que -l'_Olympe_, les Radziwill et moi. La Reine a été des plus gracieuses, se -souvenant de moi et de Pauline à Kensington-Palace, causante, rieuse, -animée, l'air gaie, tout à fait en bonne veine. Sa fille, plus grande que -sa mère, a pourtant l'air moins royal; elle plaît à son mari et paraît en -train de faire des enfants; elle remplit ainsi les deux grandes -conditions; en outre, elle a l'air ouvert et naturel. - - -_Berlin, 24 août 1858._--Voici une lettre d'Angleterre qui dit ceci: -«Nous sommes inquiets ici, même des libéraux quand ils sont modérés, lord -Grey, par exemple. On ne sait comment lutter contre le mal qui nous -trouble. Les hommes sérieux conviennent eux-mêmes que ce qui leur manque -le plus, c'est le courage de dire tout haut ce qu'ils pensent. Ils disent -que le premier qui ferait hardiment appel au bon sens national contre -l'esprit radical trouverait beaucoup d'appui; mais cet homme ne se trouve -pas.» - -On me disait hier que le Roi Léopold a eu un gros échec par le rejet de -sa loi sur les fortifications d'Anvers; c'était sa propre idée et il y -tenait fortement. Il en avait parlé à Londres, dans son dernier voyage, -comme de sa meilleure garantie contre les ambitions et les révolutions -françaises. On ne sait pas encore comment il a pris ce coup, et s'il fera -quelque chose pour revenir sur cette question[242]. Quand il est battu, -il devient encore plus silencieux que de coutume. - - [242] La majorité de la Chambre, en Belgique, se basant sur - l'avis que le projet du Gouvernement n'offrait pas assez de - stabilité, en alléguant qu'une place forte intérieure serait plus - utile, avait rejeté le projet du Gouvernement de fortifier le - port et la ville d'Anvers. Le lendemain de ce vote, le Ministère - donnait lecture à la Chambre de deux arrêtés royaux, l'un - déclarant que le Gouvernement retirait son projet; l'autre que la - session de la Chambre était close. - -On m'écrit de Paris de bonne source: «Lord Palmerston se propose, non pas -de quitter les affaires, comme le disent niaisement les gazettes, mais de -venir très prochainement ici faire une visite à l'Empereur Napoléon. Il -se flatte de reprendre bientôt son poste, voudrait se concerter sur sa -politique future avec l'Empereur, et se faire absoudre de quelques -incartades; il croit qu'un tel certificat lui serait utile pour remonter -au pouvoir. - -«Dans les dernières conférences de Paris, il s'est établi une singulière -entente cordiale entre la France et l'Angleterre; par suite, sans doute, -de l'entrevue de Cherbourg[243], M. de Hübner, étonné, a vivement -interpellé lord Cowley qui a répondu qu'il se conformait aux instructions -de son Gouvernement: «_En ce cas_, a dit M. de Hübner, _il est de mon -devoir d'instruire le mien de ce qui se passe_.» Le lendemain, Walewski a -dit, à l'ouverture de la séance, que lord Cowley, étant à Chantilly, -l'avait prié de le représenter en lui donnant ses pleins pouvoirs. Dans -le cours des entretiens que l'Empereur a eus à Plombières avec M. de -Cavour[244], l'Empereur a dit, au milieu de beaucoup d'autres choses: -«_Dans peu de temps, on sera bien surpris en Europe de mes nouveaux -rapports avec le Gouvernement anglais; on verra que l'alliance s'est -fortifiée au lieu de s'affaiblir._» - - [243] Cette Conférence, où siégeaient les plénipotentiaires de - France, d'Autriche, de la Grande-Bretagne, de Prusse, de Russie, - de Sardaigne et de Turquie, avait pour but de régler - l'organisation des Principautés danubiennes. Le 19 août, la - première partie de cette tâche étant accomplie, une convention, - arrêtée et signée, devait former un acte additionnel au traité de - Paris. La Conférence, ayant rejeté le travail de la Commission - relatif à la navigation du Danube, ce point resta encore en - suspens. - - [244] L'attentat d'Orsini fut le point de départ mystérieux de la - phase des affaires italiennes et l'origine de la guerre de 1859, - préparée, au fond, dès le Congrès de 1856. A partir de cette - époque, la situation prit une gravité singulière et un - emportement effaré sembla régner à Paris. Deux diplomaties s'y - jouaient en même temps. D'un côté, le comte Walewski s'adressait - de toutes parts pour réclamer des garanties contre le droit - d'asile; de l'autre, l'Empereur Napoléon très tourmenté, surtout - depuis la lettre qu'Orsini lui avait adressée la veille de son - exécution, trouvait que, s'il y avait des conspirateurs, la faute - était à la situation violente de l'Italie; et dans l'intimité des - Tuileries, il se disait _que tant qu'il y aurait des Autrichiens - en Italie, il y aurait des attentats à Paris_. Au mois de mai - 1858, l'Empereur Napoléon faisait écrire secrètement au comte de - Cavour une lettre contenant tout un plan d'alliance entre la - France et le Piémont, les conditions d'arrangements réciproques, - et même une proposition de mariage du prince Napoléon avec une - fille du Roi Victor-Emmanuel; et il faisait prévenir de la - possibilité d'une négociation décisive. Rien n'était pourtant - possible sans une entrevue, et comme il en fallait détourner les - soupçons, le docteur Conneau (médecin de l'Empereur) passa en - juin par Turin, sous prétexte d'un voyage de plaisir en Italie, - chargé de convenir d'une excursion, sans éclat, du comte de - Cavour à Plombières où l'Empereur devait se rendre. Le Comte s'y - achemina, en effet, sans bruit et y arrivait le 20 juillet. De - suite, l'Empereur aborda le sujet en question et se dit décidé à - appuyer la Sardaigne de toutes ses forces dans une guerre contre - l'Autriche, pourvu que la guerre fût entreprise pour une cause - non révolutionnaire, qui pût être justifiée aux yeux de la - diplomatie et de l'opinion publique en France et en Europe. Il - toucha ensuite la constitution d'un royaume italien de onze - millions d'âmes, la cession de la Savoie et de Nice à la France, - et le mariage du prince Napoléon avec la princesse Clotilde. - Durant l'automne, on sortait des conventions verbales pour la - signature d'un traité d'alliance offensive et défensive entre la - France et le Piémont; et au grand étonnement de la France mal - informée, Napoléon III, en recevant le 1er janvier 1859 le - corps diplomatique, témoignait brusquement à M. de Hübner, - ambassadeur d'Autriche, son regret que les relations fussent - _mauvaises_ entre Paris et Vienne. Ces quelques mots et ceux que - le Roi Victor-Emmanuel prononçait quelques jours après, le 10 - janvier, en ouvrant les Chambres, furent en quelque sorte - l'éclair précurseur de l'orage qui allait éclater. C'était la - première conséquence des engagements de Plombières. - -D'autre part, on me mande que la Bretagne est conquise à l'Empire, que -les légitimistes sont totalement découragés et les orléanistes furieux. - - -_Berlin, 31 août 1858._--Le Roi arrive après-demain à Sans-Souci. La -Reine demande, d'une façon expresse, qu'il n'y ait personne au -débarcadère de Potsdam, ni au perron de Sans-Souci. Il est même douteux -que le Prince de Prusse s'y trouve au premier moment. M. de Manteuffel a -dit, à un membre important du Corps diplomatique qui me l'a répété en -confidence, que l'on n'attendrait assurément pas la réunion des Chambres -pour procéder à un état de choses moins provisoire que ce qui a lieu -depuis un an. M. de Manteuffel et M. von der Heydt, s'étant bien insinués -dans l'esprit du Prince de Prusse, se croient certains de conserver leur -poste sous la Régence, ce qui fait qu'ils y poussent, tandis que -Westphalen, Raümer et Waldersee, sentant qu'ils seraient expulsés, s'y -opposent. Personne ne croit à l'abdication, que ni Roi, ni Reine -n'admettent; mais le mot de _Régence_ se prononce de plus en plus dans -les cercles élevés et dans le public. - -On dit que la Reine Victoria, en échange de la complaisance qu'elle a eue -d'aller à Cherbourg, a obtenu l'abandon de toute insistance pour le canal -de Suez. Ce qui est plus sérieux, c'est que l'Empereur Napoléon, qui a -beaucoup causé avec M. de Cavour à Plombières, lui a fait de fort belles -promesses pour l'affranchissement de l'Italie. C'est l'Empereur qui a -voulu voir M. de Cavour et lui a fait dire de venir à Plombières. Il -voulait, d'abord, que la visite fût secrète. Cavour s'y est refusé et a -demandé la publicité qui lui a été accordée. Le Comte de Chambord, -pendant sa visite à Bruxelles, a dit au Roi Léopold: «_Je ne sais pas ce -qui arrivera en France, ni quand il y arrivera quelque chose; mais il n'y -arrivera rien sans que je n'y sois et que j'en sois._» Le Roi Léopold n'a -pas manqué d'écrire ces paroles au duc d'Aumale. - -Voici deux bons mots du duc de Malakoff, un peu risqués, mais n'importe. -L'Impératrice Eugénie voulait que le mariage, avec Mlle de la Paniega, se -fît le 8 septembre[245], anniversaire de la prise de Malakoff. «Non, a -répondu le Maréchal, je l'ai pris le 8, mais je n'y suis entré que le 9.» -La comtesse Walewska, qui fait la corbeille, trouve le futur un peu -avare. Elle voulait qu'il donnât deux rivières de diamants; sur quoi il -lui a dit: «Non, une est suffisante pour s'y noyer.» - - [245] Le mariage ne fut célébré que le 2 octobre 1858. - - -_Berlin, 5 septembre 1858._--J'ai été en communication avec des revenants -de Potsdam bien informés: il n'y a ni aggravation, ni amélioration dans -l'état du Roi, _statu quo_ complet. On croit qu'une sorte d'intuition, à -moitié voilée, préoccupe, agite et a fait tenir à revenir à Sans-Souci -pour y prendre un grand parti. Seulement, la faculté d'exprimer, de -formuler sa pensée, la laisse incertaine pour les entours les plus -intimes; on suppose plus qu'on ne sait. - -Dès les premières heures du retour, la Reine a été circonvenue de -plusieurs faiseurs prêchant dans un sens, tiraillant dans l'autre, sans -laisser à cette pauvre martyre le temps de respirer. Cependant, elle ne -s'est rendue ni aux uns, ni aux autres, et il me semble qu'on atteindra -ainsi la fin du mois. Mais deux choses me paraissent résolues: un nouveau -départ pour Méran, peut-être pour Gênes après; ce départ aurait lieu dans -les premiers jours d'octobre. Avant, il y aurait une résolution -définitive de prise, en ce sens que l'état actuel se modifierait, non par -une abdication, mais par une Régence. - -On a remis au Prince de Prusse un mémoire sur les différentes formes à -donner au définitif relatif; une de ces formes s'appelle _Co-Régence_. Le -Prince a rendu ce mémoire après avoir mis en marge: «_Jamais_», ce qui -est fort sage. - -M. de Manteuffel est tout à la politique française; l'influence anglaise -est plus particulièrement dans une partie de la Famille Royale, tandis -que l'autre tourne ses regrets vers la Russie. Personne ne me semble -assez pénétré que le plus sage et le plus prévoyant serait de tendre -honnêtement la main à l'Autriche. Du reste, il faut en convenir, l'étoile -napoléonienne est, pour l'instant, resplendissante. Tout lui sourit, -depuis la Bretagne jusqu'à la Chine. Le berceau de la fidélité -monarchique a passé à d'autres amours! - -Le mariage Malakoff est fixé au 2 octobre. L'Impératrice donne, non pas -la corbeille, mais le trousseau; elle veut attacher le Maréchal à sa -fortune en le faisant son allié... Mais lui, quel vieux fou! S'affubler, -à soixante-trois ans, d'une Espagnole, belle à miracle, et qui, dit-on, a -bien de la peine à se résigner à une pareille union! - - -_Berlin, 8 septembre 1858._--On m'écrit que la duchesse Mathieu de -Montmorency a laissé douze cent mille livres de rente. En conscience, il -devrait en revenir une part à M. Cousin; les grandes dames du passé lui -doivent quelque chose. Que lui auraient-elles donné s'il avait dit, de -leur vivant, tout ce qu'il en dit aujourd'hui? La duchesse Mathieu -descend en ligne droite de la duchesse de Chevreuse (connétable de -Luynes en premières noces), qui a inspiré un des jolis articles de M. -Cousin. - -M. de Falloux me mande des confins de la Bretagne: «Les ovations -napoléoniennes de la Bretagne n'ont pas ébranlé le parti légitimiste. -Tant que l'Empereur Napoléon vivra et régnera, il pourra avoir de -semblables satisfactions; mais elles ne le feront pas vivre ni régner un -jour de plus. Ce sont des succès plus bruyants et plus brillants que -sérieux; pour quelque temps, l'apparence vaut la réalité, sans que ce -soit pourtant la même chose. Il y a dans la situation de l'Empereur -Napoléon des faiblesses que ni les rencontres royales ni les -applaudissements populaires ne peuvent guérir, et sa destinée dépend de -plus grandes causes.» - - -_Berlin, 11 septembre 1858._--Avant-hier, M. de Manteuffel a eu la -première conversation sérieuse avec la Reine, qui en est sortie -extrêmement agitée. Les médecins se taisent et haussent en silence les -épaules; les courtisans l'effrayent en lui disant que si elle prononce le -mot _Régence_ au Roi, elle peut l'exposer à une attaque subite et -mortelle. Les ministres, c'est-à-dire deux ministres, disent que _la -Régence_ est indispensable, que tous les équivalents, sans le nom, ne -suffiront pas au public, pas aux Chambres, qui tiendront d'autant plus au -nom de _Régence_ que le serment de la Constitution s'y rattache. - -Le Prince de Prusse s'enfuit aux manœuvres de Silésie, de Hanovre, de -Varsovie, pour n'avoir pas à s'expliquer. Il y a des personnes qui -disent qu'on pourrait éviter l'action des Chambres par un Conseil de -famille qui déférerait la Régence au Prince, sans que le Roi en ait, pour -ainsi dire, la connaissance et le déplaisir; mais, avec une famille si -désunie, cela n'est pas possible. La Reine, et ce qu'on commence déjà à -appeler _la vieille Cour_, voudraient une simple _délégation illimitée_, -comme durée et comme pouvoir; mais cela ne convient pas aux hommes -proprement dits _politiques_, ni au public qui veut du définitif. Puis -vient la question du voyage. La Reine est persuadée qu'il est urgent -qu'il ait lieu au début d'octobre. Mais où aller? Le Roi redoute -l'Italie; Méran, en Tyrol, n'est bon qu'en automne, horriblement triste -en hiver, et dénué de toutes ressources; Venise est trop pauvre en -promenades pédestres, qui remplissent les deux tiers des journées -royales; Gênes, trop exposé à l'air irritant de la mer et au soleil trop -vif; Rome, _impossible_ pour la Reine[246]. Il y a des voix qui s'élèvent -pour Pau; enfin, d'autres indiquent l'île de Wight, mais il y aurait pour -le Roi l'agitation d'être près de la Reine Victoria, sans la voir; car le -Roi est plus séquestré que jamais, d'après la volonté expresse des -médecins. On ne permet pas à Humboldt de le voir, ce qui est pour -celui-ci un chagrin profond et une véritable blessure. Quelqu'un, qui -voit de près, me disait que, dans son opinion, il n'y aura jamais -guérison, et que probablement il y aura déchéance, lentement -progressive, qui finira par conduire à un état d'enfance. - - [246] La Reine Élisabeth, qui était une Princesse de Bavière, - avait, sous la pression de son beau-père Frédéric-Guillaume III, - quelques années après son mariage, abjuré la religion catholique - pour entrer dans l'Église protestante. Malgré cette situation - difficile, le Roi et la Reine passèrent à Rome la plus grande - partie de l'hiver 1858-1859. - - -_Sagan, 16 septembre 1858._--Avant-hier, je suis allée à Sans-Souci, où -j'ai vu le Roi sur la terrasse, et la Reine seule dans son cabinet, si -confiante, si causante, si différente de ce qu'elle est habituellement -que j'en ai été frappée et émue. Pauvre femme! Quelle tâche, et comme -elle est noblement et simplement accomplie! Elle a abordé bien des -difficultés de sa position, et j'ai clairement vu que, si le Roi n'est -pas assez lucide pour juger par lui-même, il l'est cependant assez pour -opposer sa volonté à celle des autres, pour être _méfiant_, en un mot -pour rendre les responsabilités de toutes choses, grandes et petites, -bien difficiles. C'est ainsi qu'avant-hier tout était doute: -partira-t-on? restera-t-on? où ira-t-on? Toutes questions irrésolues -encore. La Reine désire vivement le départ et une absence prolongée; elle -se résignerait même à Rome, ce qui cependant, pour elle, ne saurait être -que pénible. Le Roi a horreur de l'idée de l'Italie. Que c'est bizarre! - -La question politique devient tellement _brûlante dans le pays_ qu'il -faudra qu'elle soit bientôt décidée, et je crois, pour ma part, à _la -Régence_, la chose appelée par son nom. Mais cette Régence, sera-t-elle -octroyée? Par qui? Dans quelle forme? Les plus intéressés n'en savaient -rien, il y a deux jours. - - -_Sagan, 27 septembre 1858._--J'ai eu une lettre de Sans-Souci, du 24, -dans laquelle on me dit que, jusqu'à ce jour, on avait inutilement -guetté un joint qui permît de porter la pensée du Roi sur l'acte devenu -si urgent. Il semblait éviter de laisser tomber un seul mot qui facilitât -une proposition à lui faire accepter; aussi était-on décidé à tout faire -d'emblée, proposition et acte à signer, le tout en un quart d'heure. -Comment cela réussira-t-il? On est dans une grande angoisse sur l'effet -moral et physique. - -J'apprends à l'instant que le voyage est décidé: d'abord pour Méran, d'où -on s'enfoncera en Italie. On doit quitter Sans-Souci le 10 ou 11 octobre. -La Reine a désiré aller passer une demi-journée à Dresde, pour consoler -sa pauvre sœur jumelle, désolée de la mort de la jeune et florissante -Archiduchesse Marguerite[247]; mais le tyrannique docteur Bœger l'a -positivement interdit. La Reine s'est soumise, mais on voit par là à quel -point _tout_ est redouté pour le Roi. - - [247] Fille du Roi de Saxe et première femme de l'Archiduc - Charles-Louis d'Autriche. Cette Princesse venait de mourir en - couches. - -La presse prussienne prend des allures si vives, et sur la Régence et sur -les élections, qu'on saisit une gazette après l'autre. - - -_Sagan, 9 octobre 1858._--Je suppose qu'aujourd'hui ou demain nous aurons -la Régence; car il paraît que le Prince de Prusse a tenu bon et -décidément qu'il emporte, non seulement le pouvoir, mais le _titre_. - - -_Sagan, 14 octobre 1858._--J'ai reçu une lettre de la Princesse Charles -de Prusse, écrite le lendemain du départ du Roi de Berlin. En voici le -résumé: «Le Roi, en partant, était mieux que la semaine précédente, qui -avait été très fâcheuse; à tout prendre, moins bien qu'avant Tegernsee. -On n'a pas voulu que la famille lui fît ses adieux à Potsdam; il a été -lui-même avec la Reine recevoir ces adieux, à Glienicke et à Babelsberg; -il était cassé et voûté; les regrets ont été très douloureux en quittant -Sans-Souci. On croit, dans la famille, qu'il sera plus facile d'empêcher -le Roi de quitter Méran que de le décider pour l'Italie. On suppose qu'il -passera tout l'hiver dans le Tyrol. - - -_Sagan, 4 novembre 1858._--Je pense que l'élaboration ministérielle à -Berlin est maintenant chose faite. MM. de Budberg et de Moustiers seront -de moins belle humeur; car c'est contre leur alliance qu'on élèverait un -drapeau anglo-austro-prussien, que le Prince de Hohenzollern-Sigmaringen -serait chargé de tenir haut et ferme. Il y a, au-dessus et au-dessous de -toutes ces combinaisons ministérielles, la question des élections. Les -démocrates s'agitent et ils ont singulièrement haussé le ton depuis la -Régence. - -Les nouvelles du Roi, depuis qu'il est à Méran, sont tellement meilleures -que la Reine se reprend à l'espérance d'un rétablissement qui, après les -changements que le Régent est en train d'opérer, ne laisserait pas que de -rendre la confusion suprême. - - -_Sagan, 11 novembre 1858._--Avant de rien préjuger sur le nouveau Cabinet -prussien, il faut le voir à l'œuvre, et quelles Chambres il aura à -gouverner[248]. Les élections se font ces jours-ci et agitent tout le -pays. On dit que le prince de Hohenzollern ne donne que son nom au -Cabinet, que M. d'Auerswald en sera l'âme et le _leader_. On s'étonne -seulement qu'on l'ait nommé ministre du Trésor, vu qu'il a mangé sa -propre fortune et celle de sa femme. - - [248] Le nouveau Ministère prussien était ainsi composé: le - prince de Hohenzollern-Sigmaringen, président du Conseil; M. - d'Auerswald, ministre d'État; M. de Schleinitz, ministre des - Affaires étrangères; le général de Bonin, ministre de la Guerre; - M. de Patow, ministre des Finances; le comte Pückler, ministre de - l'Agriculture; M. de Bethmann-Holweg, ministre des Cultes; M. de - Heydt, ministre du Commerce; M. Simons, ministre de la Justice; - M. de Flottwell, ministre de l'Intérieur. - - -_Sagan, 16 novembre 1858._--Je ne parlerai pas politique prussienne; les -élections répondent aux craintes des conservatifs comme aux espérances -des démocrates. Il y aurait présomption à vouloir tirer maintenant les -horoscopes; je m'en abstiens, malgré le peu de goût que j'ai pour la -résurrection de certains noms malsonnants qui se présentent avec bonne -chance aux élections, et pour la licence des gazettes. Tout cela rappelle -1848; mais il faut croire que le Ministère actuel saura être libéral, -sans danger pour l'État, modéré sans faiblesse, triomphant sans -entraînement. Je lui souhaite bonne chance, car je lui crois -d'excellentes intentions, mais l'enfer n'est-il pas pavé de bonnes -intentions? - - -_Sagan, 20 novembre 1858._--Je ne sais trop que penser de l'état des -choses qui a subi un si rapide changement. S'il fallait classer les -partis, je dirais que les conservatifs sont en _défiance_, les libéraux -en _confiance_, les démocrates en _espérance_; ils voient, dans la porte -qu'on a entr'ouverte, un arc de triomphe par lequel ils espèrent entrer, -pour faucher ce que 1848 a épargné. Les Ministres semblent déjà -s'effrayer un peu de leur premier début, puisque le ministre de -l'intérieur a publié une seconde circulaire pour expliquer la première, -et dire que celle-ci avait été mal comprise par le public[249]; mais ceci -est un coup d'épée dans l'eau, car l'impulsion imprudente a été donnée. -Il est bien à craindre que les élections ne s'en ressentent, et cette -reculade du Ministère l'affaiblit sans faire revenir les esprits. - - [249] Dans une allocution que le Prince-Régent de Prusse avait - adressée le 8 novembre au Ministère d'État, après la - reconstitution du Cabinet, le Prince avait dit que, s'il s'était - opéré un changement dans les conseillers de la Couronne, cela - avait eu lieu parce qu'il avait trouvé chez tous les conseillers - choisis par lui l'opinion qui était la sienne, à savoir: _qu'il - ne pouvait être question, ni maintenant, ni jamais, d'une rupture - avec le passé_, qu'il s'agissait seulement d'améliorer, là où - l'arbitraire s'était fait sentir. L'opinion s'étant fort agitée - sur ces paroles, les Ministres crurent nécessaire de les - expliquer; mais ces explications étaient enveloppées d'obscurité - et leur langage nébuleux rendait impossible d'y pénétrer. - - -_Sagan, 25 novembre 1858._--Voici les élections accomplies. Ici, on a -nommé deux députés centre droit, et le troisième centre gauche; il serait -à désirer qu'on n'eût pas fait de plus mauvais choix dans les autres -collèges électoraux du Royaume; mais les gazettes nous apportent bien des -noms malsonnants. Je ne crains pas grand'chose pour la session. Le -gouvernement n'y présentera rien qui permette la discussion; rien que -l'_urgent_. La gauche voudra jouer la modération, et les _pointus_ de -droite seront évidemment plutôt découragés. La grande bataille ne se -livrera qu'à une seconde session; même la première Chambre sera, je -crois, dans la prochaine, assez mesurée et prudente. Gouvernement, -Chambres, pays, _tutti quanti_, sont encore pour l'instant plus -ébouriffés que clairvoyants et assurés. - - -_Sagan, 7 décembre 1858._--Je ne crois pas que la panique financière soit -terminée pour de bon. L'atmosphère est bien lourde, bien chargée. Les -propos à Compiègne ont été fort guerriers, les dénégations entortillées, -insuffisantes. A Vienne, on est fort averti. Bref, je ne pense pas que je -puisse prudemment me prolonger en France, où je compte me rendre dans un -mois, au delà du début printanier, si toutefois j'y puis rester -jusque-là. Si lord Palmerston ne rentre pas au Ministère, il y aura -chance pacifique; s'il y rentre, je vois le feu aux étoupes. Les amis du -Régent l'ont mal servi en publiant son programme[250], sujet actuel d'une -controverse vive et d'une argumentation au moins inutile. Les Rois, ou du -moins les Régents, ne devraient jamais se livrer nominativement au -public. - - [250] Ce programme était tout entier dans l'allocution du - Prince-Régent au Ministère d'État, dont nous avons déjà parlé - plus haut, et qu'une indiscrétion avait fait connaître aux - gazettes qui, naturellement, l'imprimaient avec plus ou moins de - vérité. - - - - -1859 - - -_Paris, 18 janvier 1859._--J'ai vu pas mal de monde hier. - -Depuis vingt-quatre heures le vent est des plus pacifiques. Le recri du -commerce et de l'industrie, la pression de l'Angleterre, les démissions -offertes par plusieurs ministres, ont fait reculer. _On n'a rien -abandonné_, mais reconnaissant le moment défavorable, on a ajourné, au -grand déplaisir de l'Impératrice Eugénie, qui est une des plus vives pour -substituer les chances de la guerre aux dangers des assassins. On a -envoyé quelqu'un à Londres pour tout expliquer, dans le sein de la paix, -et on a transmis au prince Napoléon, au général Niel, à M. Bixio à Turin, -des recommandations d'agir avec la plus grande prudence[251]. - - [251] Le prince Napoléon, accompagné du général Niel et de M. - Bixio, était parti de Paris le 13 janvier pour Turin, où son - mariage avec la princesse Clotilde, fille du Roi Victor-Emmanuel, - fut célébré le 30 du même mois. - -Ni M. Walewski, ni la princesse Mathilde (à peu près brouillée avec son -frère) n'ont eu connaissance du mariage sarde que lorsque tout a été -convenu. - - -_Paris, 20 janvier 1859._--Le Roi Jérôme a dit, avant-hier, à une -personne qui l'a répété, qu'il n'y aurait pas de guerre cette année, tous -les nécessiteux ayant pu, par un jeu de baisse, se relever. - -A Rome, la Reine de Prusse a reçu le cardinal Antonelli. Le Roi prend de -plus en plus intérêt à ce que lui offre la Ville éternelle. Il répète -souvent avec une sorte d'agitation précipitée qu'il veut voir le Pape. -«_J'ai tant de choses à lui dire._» Ses entours en sont surpris et -embarrassés. Tout ceci n'est-il pas bien étrange? - -A un grand dîner diplomatique donné ici, il y a quelques jours, par -l'ambassadeur de Russie, M. de Kisseleff, sans qu'il y eût anniversaire -ou motif particulier, l'Ambassadeur s'est levé et a dit qu'il était sûr -de répondre au désir des convives, en portant la santé de l'Empereur des -Français. On s'est regardé et on a bu, M. de Hübner y compris. Puis, le -comte Walewski s'est levé à son tour, disant qu'il était sûr de répondre -au désir général en portant la santé de l'Empereur de Russie. Autre -échange de regards plus ou moins surpris. On ne s'explique pas cette -démonstration sans motif spécial. - - -_Paris, 23 janvier 1859._--Paris est toujours à la guerre. On parle d'un -traité offensif et défensif, signé entre la France et la Sardaigne, sans -lequel M. de Cavour ne consentirait pas au mariage de la princesse -Clotilde. Cependant ce fait qui se répète beaucoup ne m'est pas démontré. - - -_Rochecotte, 3 février 1859._--Quand j'ai quitté Paris, on était -mi-partie à la guerre, mi-partie à la paix. Ce qui paraît certain, c'est -que si la pression extérieure, qui hélas! est bien peu unie et ferme, ne -pèse pas dans la balance pacifique, c'est Pélissier qui commandera -l'armée de Paris pour y maintenir l'ordre pendant l'absence de -l'Empereur, lequel Empereur veut commander en personne l'armée des Alpes, -Canrobert celle de réserve. Les nouvelles d'Algérie, d'où on retirerait -des troupes en cas de guerre, sont qu'aussitôt l'armée diminuée, les -Arabes se révolteraient sur nouveaux frais; déjà les assassinats -recommencent depuis que le nouveau système du prince Napoléon y est -établi. Les banqueroutes se succèdent à Paris et en province. En un mot, -désarroi partout et bien des nuages à tous les horizons. - - -_Rochecotte, 8 février 1858._--Mon fils, qui a assisté à la séance du -Corps législatif, m'écrit qu'elle a été des plus froides; ni cris, ni -applaudissements, rien pour l'Impératrice. Il en a été de même à -l'arrivée à Paris de la princesse Clotilde; les hommes n'ôtaient pas même -leur chapeau. - -Le discours d'ouverture de l'Empereur ne paraît pas suffisant pour faire -croire à la paix réelle; il ne parvient pas à rétablir la confiance -profondément ébranlée. Les journaux du Gouvernement parlent d'un grand -enthousiasme que les spectateurs impartiaux nient. En attendant, les -banqueroutes vont grand train, et les armements et préparatifs de guerre -ne discontinuent pas. On reste très inquiet. - - -_Rochecotte, 14 février 1859._--Je viens de lire l'ouvrage que Mme la -comtesse d'Harcourt a publié sur Mme la Duchesse d'Orléans. Cette lecture -m'a plu. C'est un récit ému, naturel, d'une destinée brillamment et -tristement dramatique; assez de passion pour aller au delà du vrai, et -pourtant, une certaine retenue habile sur les moments délicats. C'est une -lecture très agréable où la mémoire de la Princesse est heureusement -sauvegardée et honorée, utile à son souvenir, et peut-être même à -l'avenir de ses enfants[252]. - - [252] Ce livre, qui parut au printemps de 1859, chez l'éditeur - Michel Lévy à Paris, ne portait pas le nom de son auteur. - - -_Rochecotte, 28 février 1859._--Je crois de plus en plus à la guerre. -L'Empereur Napoléon a dit à M. de Villamarina, le ministre de Sardaigne à -Paris, à l'occasion de la mission de lord Cowley à Vienne: «_Rassurez -votre maître, cette mission ne saurait aboutir._» C'est bien pour cela -qu'il y a consenti. Il paraît certain, en effet, que si l'Angleterre veut -la paix, elle n'en prend guère les moyens, car lord Cowley est chargé de -propositions qui me paraissent inadmissibles[253]. Et ce pauvre Pape? Je -ne m'étonne pas qu'aux Tuileries on se prête à évacuer Rome, car ce sera -le signal de troubles dans lesquels on puisera le prétexte qu'on cherche -depuis longtemps. A côté de ces sombres prévisions, on s'amuse, à Paris, -comme dans les jours de la plus grande quiétude. Il n'est bruit que de -bals; cinq bals costumés chez les Ministres, mille invités hier chez Mme -Duchâtel. - - [253] La guerre était imminente, mais les Puissances médiatrices, - comprenant que si elles voulaient en conjurer le fléau, elles - devaient s'interposer activement, l'Angleterre donna à lord - Cowley (alors ambassadeur de Londres à Paris), la mission de se - rendre à Vienne pour sonder les dispositions de l'Autriche et - amener la régularisation de ses rapports avec la Sardaigne; mais - tout s'évanouit, quand, le 20 mars, éclata, en pleine Europe, une - proposition de Congrès, venant de Pétersbourg (et en réalité, - répondant à un vœu secret des Tuileries), qui compliquait la - situation au lieu de la simplifier, en la faisant entrer dans une - voie sans issue. Ce Congrès ne pouvait être et ne fut qu'une - chimère. - -On me mande qu'on ne parle d'autre chose que de bals chez Mme de Boigne, -où le duc de Fezensac a lu, l'autre jour, un fragment de mémoires sur son -enfance pendant la Terreur à Méréville[254]. Là, et alors aussi, on -s'amusait. La nouvelle du 21 janvier 1793 suspendit, à Méréville, une -comédie qu'on s'apprêtait à y jouer. On dit que ces mémoires sont à la -fois naturels et piquants. - - [254] La révolution de 1848 ayant mis fin à sa carrière politique - et militaire, le duc de Fezensac avait employé ses loisirs à - écrire les souvenirs des grandes guerres de sa jeunesse dont il - fit plus tard la publication. - - -_Rochecotte, 8 mars 1859._--J'ai lu le fameux article du _Moniteur_, -ainsi que la reculade de mauvaise humeur qu'il contient[255]. Je suppose -que ce qui y a le plus contribué, c'est l'animosité de l'opinion en -France, en Angleterre, et celle qui me paraît presque exaltée en -Allemagne. Il a donc reculé (je veux dire l'Empereur Napoléon) et reculé -le premier. Cela disposera peut-être l'Autriche à faire quelques petites -concessions qui lui concilieront encore plus Londres et Berlin. Il est -vrai que, dans cet article grognon du _Moniteur_, on ne pouvait plaider -la cause de la paix dans un style plus belliqueux; il y a des gens qui -diront que le principal motif de l'article a été la nécessité de rassurer -ce pauvre Corps législatif qui montre quelques velléités de sortir de son -obéissance muette et passive. Mais l'article sera-t-il suffisant pour -rendre la sécurité? Je n'y vois qu'un sursis, c'est beaucoup, mais est-ce -assez? - - [255] Le _Moniteur_ du 4 mars contenait simplement ces mots: «_Le - Constitutionnel_ annonce que l'évacuation des États romains par - nos troupes a été ordonnée, et que le corps d'armée français a - déjà reçu l'ordre de se diriger sur Civita-Vecchia. Cette - nouvelle est au moins prématurée.» Puis le lendemain, le - _Moniteur_ publiait une déclaration démentant tour à tour les - bruits relatifs à des engagements contractés avec la Sardaigne et - assurait qu'il n'y avait que la promesse, faite par la France, de - défendre la Sardaigne contre tout acte agressif de l'Autriche, - qui n'était nullement de nature à faire redouter la guerre. - -On me parle de conversations étranges entre M. de Persigny et l'Empereur, -puis entre M. de Persigny et le marquis de Villamarina. - -On dit que M. de Persigny, qui prêche la paix, comme Pierre l'Ermite -prêchait la Croisade, somme le Piémont de dégager l'Empereur de ses -engagements. M. de Morny et M. Baroche garantissent la paix au Corps -législatif; cela suffira-t-il pour empêcher qu'il réclame contre le peu -de compte qu'on fait de lui, quand on présente à sa commission un budget -de paix, au moment où la guerre paraît près d'éclater? De tout ceci, la -Bourse se remet à monter et on peut se croire quelques mois de plus de -tranquillité. - - -_Rochecotte, 14 mars 1859._--A l'occasion de la démission du prince -Napoléon[256], on disait dans Paris, en y appliquant le titre d'une -comédie qui a fait du bruit au Théâtre-Français: _La joie fait peur_. Je -crois la guerre inévitable; mais comme on n'est prêt ni ici ni en -Piémont, qu'il faut encore trois mois pour achever tous les préparatifs -et qu'on veut pouvoir les compléter en paix, on a l'air de se prêter à -des négociations sur l'utilité desquelles on s'efforce de rassurer -secrètement M. de Cavour. J'ai bien peur qu'en Prusse on ne se fasse de -grandes illusions ainsi qu'à Londres et qu'on ne se prépare, dans un -certain délai, une grande journée des dupes. - - [256] Sur son désir, le prince Napoléon s'était déchargé du - ministère de l'Algérie et des Colonies. - - -_Rochecotte, 31 mars 1859._--Je me souviens d'un mot de Mme de Maintenon: -«Il n'y a que la mort qui termine nettement les embarras de la vie.» -Quelque embarrassé qu'on soit, la porte qui seule en tire n'est du goût -de personne. Il arrive un temps, hélas! où on n'a plus de plaisir à -vivre, tout en ayant terreur de mourir. C'est un peu mon cas. Quel être -inconséquent et impossible à satisfaire que l'être humain! - -Il y a quelques jours que la nouvelle du Congrès tranquillisait tout le -monde; depuis, on n'y a plus la même confiance. On croit qu'en le -proposant, la Russie tendait un piège, qu'elle coupait l'herbe sous les -pieds de l'Angleterre, et en France on se flattait d'un refus de -l'Autriche d'y assister. Quand on ne croit plus à la bonne foi de -personne, où placer sa confiance? - -Les uns me mandent, ce sont ceux qui se cramponnent à la paix, que le -prince Napoléon est de mauvaise humeur et Cavour mécontent; ceux qui, -surtout, prévoient la guerre, prétendent que le prince Napoléon est -rayonnant et Cavour souriant[257]. - - [257] Au moment où éclatait la proposition de Congrès, la - situation commençait à devenir critique; une scène des plus vives - avait eu lieu à Paris entre le comte Walewski et le représentant - sarde, M. de Villamarina. Le ministre des Affaires étrangères se - laissait emporter jusqu'à dire que «_l'Empereur ne ferait pas la - guerre pour favoriser les ambitions de la Sardaigne; que tout - devait être réglé par un Congrés auquel le Piémont n'avait aucun - droit de participer_». Un langage aussi acerbe était tenu à Turin - par le ministre de France, le prince de la Tour-d'Auvergne. Le - comte de Cavour se hâtait de faire face à l'orage. Il expédiait - une lettre du Roi à l'Empereur à laquelle celui-ci répondait - simplement: «_Que le comte de Cavour vienne à Paris sans plus de - retard._» Cavour était à Paris le 25 mars, où il eut des - entrevues successives avec l'Empereur et reçut aux Tuileries un - accueil cordial; mais il ne tarda pas à s'apercevoir de tout un - travail dans l'entourage de l'Empereur, qui n'avait pas seulement - pour objet le maintien de la paix (fût-ce par le sacrifice du - Piémont), mais qui tendait à l'écarter lui-même comme le - principal obstacle à la paix. M. de Cavour rentrait à Turin le - 1er avril, quand, peu de jours après, l'Autriche envoya, le 23 - avril, au Roi de Piémont un _ultimatum_ qui n'était autre que la - sommation immédiate de son désarmement, et que le moindre - sentiment de fierté lui interdisait d'accepter. Les hostilités - étant devenues imminentes, l'armée française franchit les Alpes. - -Il faudrait un baromètre bien subtil pour marquer exactement la -température parisienne, européenne, pour dire vrai; car partout, il y a -fluctuation. - -A propos de Cavour, on raconte que la veille de son départ, il aurait dit -en ricanant à Rothschild: «_Je sais fort bien que si je donnais ma -démission, les fonds monteraient de trois pour cent._»--«_Mieux que -cela_», lui a répondu le juif, assez brutalement. Israël se met à avoir -de l'esprit et presque du courage, quand il s'agit de voir des millions -s'engloutir. - -La princesse Clotilde a été au concert chez la duchesse de Hamilton. Il -ne s'y trouvait que des étrangers ou du monde officiel. Elle n'avait pas -_osé_ en inviter d'autres, quoique ses intimités se trouvent concentrées -dans le faubourg Saint-Germain. La duchesse d'Albuféra, qui était à ce -concert, me mande qu'elle a trouvé la princesse Clotilde mieux qu'elle ne -pensait d'extérieur. - - -_Paris, 8 avril 1859._--On hésite toujours ici à fixer définitivement le -lieu où se tiendra le Congrès; mais le veut-on sérieusement? Il y a bien -des habiles qui en doutent. On ne voit que pièges et duplicités partout, -notamment de la part de la Russie; la méfiance est générale. L'Empereur -Napoléon ne s'attendait pas à la dissolution du Parlement anglais; il -espérait la venue de lord Palmerston au Ministère; malgré cela, tout ce -qui est guerroyant va son train. - -Strasbourg est mis sur le pied de guerre, les régiments aguerris de -l'Algérie sont remplacés par des régiments nouveaux; les anciens seront -employés aux Alpes et sur le Rhin. Les généraux Martimprey, Trochu, Niel, -seront à la tête de l'État-Major de l'Empereur qui commandera en chef; il -y aura une armée des Alpes et une armée d'observation du Rhin; Pélissier -contenant les rouges à Paris. Le prince Napoléon sera emmené de gré ou de -force à l'armée. Voilà à quoi on s'apprête. Le Congrès ne semble à bien -des gens qu'un leurre pour épuiser l'Autriche dans une vaine attente. On -dit que M. de Cavour, en rentrant à Turin, a été un peu surpris de s'y -trouver dépassé par les cris des réfugiés, qui y deviennent chers et -importuns. - - -_Paris, 12 avril 1859._--Le rôle que joue la Russie sera dans son plus -grand développement à l'arrivée du prince Gortschakoff, qu'on attend ces -jours-ci. Le Congrès reste douteux, le lieu où il se tiendrait également -incertain; il n'y a de certain que les élégantes toilettes commandées par -les femmes des plénipotentiaires qui comptent exercer leurs séductions. -On me nomme Mme Walewska et lady Cowley. Cette dernière est revenue fort -autrichienne de Vienne, où on l'a habilement cajolée. Depuis hier, on -croit à la paix; avant-hier, c'était la guerre; je ne sais encore rien -d'aujourd'hui; demain, ce sera autre chose. C'est un va-et-vient auquel -on ne comprend plus rien; mais, ce qui est évident, c'est qu'on ne croit -plus à personne, ni aux gazettes, ni aux hommes, ni aux choses. - - -_Paris, 22 avril 1859._--On s'attend à ce que l'_ultimatum_, à bref -délai, que l'Autriche, fatiguée et poussée à bout, vient de proposer à -Turin, n'y étant pas accepté, sera suivi le lundi de Pâques des premières -hostilités. Depuis hier, toutes les troupes d'ici partent par le mont -Genèvre ou par Toulon. Paris est consterné; jamais guerre n'a trouvé -moins d'entrain dans cette France toujours si gaie au canon. La rente a -baissé hier de trois francs, on suppose qu'elle va tomber bien plus bas -encore. Si lord Derby avait voulu tenir, il y a deux mois, le langage de -son dernier discours[258], si la Prusse s'y était jointe, on aurait -alors évité probablement le terrible coup qui nous menace. - - [258] Au sujet de la réforme électorale, le Cabinet anglais ayant - eu une minorité de trente voix, le Ministère résolut de ne pas - donner sa démission, mais de dissoudre le Parlement. Lord Derby - en fit communication le 4 avril à la Chambre et fit figurer en - première ligne, dans son discours, l'intérêt qui s'attachait au - maintien de la paix; en faisant allusion à lord Palmerston et à - lord John Russel, il exprimait l'espoir que la résolution du - Ministère serait approuvée par l'opinion publique, car la nation - ne pourrait voir sans déplaisir le pouvoir passer dans les mains - des partis coalisés, qui n'ont de force que pour détruire et non - pour gouverner. - - -_Paris, 28 avril 1859._--L'Autriche a accepté la dernière proposition de -l'Angleterre, qui s'offre à être seule médiatrice et à reprendre la -négociation, au point où elle en était, avec lord Cowley, lorsque la -Russie a substitué tout à coup l'idée d'un Congrès; mais l'Empereur -Napoléon a refusé pour ne pas déplaire à la Russie. Il paraît maintenant -évident qu'il y avait eu accord secret entre la France et la Russie, dont -la rumeur blesse profondément l'Angleterre. Ainsi donc, depuis -quarante-huit heures, nouveau changement de décoration, revirement -inattendu et confusion complète. Le prince Napoléon ne veut pas partir; -il dit qu'on l'envoie dans un _coupe-gorge_ et qu'il n'a pas envie d'y -périr avec son beau-père. On dit que le sang savoyard se révolte de cette -timidité chez la princesse Clotilde; mais on dit l'Empereur Napoléon si -décidé à ne pas laisser l'aimable cousin derrière lui, qu'il pourrait -bien retarder son propre départ. Les militaires, voire même les généraux, -partent avec peu d'entrain et de tristes pressentiments. Au ministère de -la Guerre, tout est en désordre; il y a angoisse et consternation -partout, jusqu'au Corps législatif, cette pâle ombre, qui a des -velléités d'humeur. Les rapports de la police sur les sociétés secrètes -disent qu'elles sont toutes prêtes à éclater au moindre revers. L'effroi -du commerce, l'arrêt des entreprises, les sinistres figures qui -surgissent dans les faubourgs, oiseaux de mauvais augure, la terreur des -financiers, les prévisions des gens sensés, le langage démesuré des -hommes de parti, la liberté étrange des paroles, la tristesse du monde -officiel, tout cela fait de Paris, en ce moment, avec le mouvement des -troupes, les larmes des femmes et des mères, un lieu des plus -douloureusement curieux. L'entrain belliqueux, si naturel à ce pays, -n'est nulle part. Avec cela, la plupart des maréchaux infirmes, partant, -à la vérité, mais pouvant à peine se traîner. Les Russes, avant-hier -encore, fort goguenards et insolents, sont beaucoup moins hautains; ce -qui tient à l'attitude de l'Angleterre, furieuse du traité tenu longtemps -secret et qui éclate. - - -_Paris, 29 avril 1859._--Les grandes banques cherchaient encore hier, -dans les incidents de la journée, une chance de paix; mais les Anglais ne -doutaient pas de la guerre; ils croient au traité secret avec la Russie, -officieusement, mais non officiellement démenti. Albion fulmine; lord -Cowley s'exprime en termes _massifs_; la révolution de Florence et de -Parme creuse le fossé[259]; l'Autriche ne peut les tolérer, la France ne -peut les abandonner. Quel gâchis! L'Empereur Napoléon a dit avant-hier au -vieux prince Adam Czartoryski: «_Ayez patience, aussitôt que j'aurai fini -en Italie, je m'occuperai de la Pologne, car ma mission est de rétablir -toutes les nationalités._» On pourrait bien demander comme dans la -comédie: «Qui trompe-t-on ici?» Mais comment se laisser tromper? Les -rouges sont ravis et les plus sinistres figures accompagnent, jusqu'aux -barrières, les troupes qui partent sans entrain. - - [259] Le 27 avril, le Grand-Duc de Toscane, pressé par une - députation d'officiers supérieurs, qui s'étaient présentés pour - lui demander d'opter entre l'alliance avec le Piémont ou son - abdication, s'était retiré avec sa famille à Bologne. Aussitôt, - le Roi de Sardaigne avait été proclamé Dictateur de la Toscane, - pendant la durée de la guerre. Ce mouvement s'étendit - immédiatement dans les Duchés voisins, notamment dans le duché de - Modène. Une proclamation de commissaires extraordinaires, de - Massa et de Carrare, plaçait ces villes sous la protection du Roi - Victor-Emmanuel. Ce ne fut pourtant qu'au 15 juin que la Duchesse - de Parme résolut d'abandonner ses États. - - - Nouvelle réunion à Bade des deux correspondants. - - -_Dresde, 15 juin 1859._--Je suis arrivée ici avant-hier au soir. La -veille, j'avais été à la messe à Weimar dans le pauvre petit réduit -accordé aux catholiques du lieu; puis, j'ai été passer le reste de la -journée à Eltersburg, qui est vraiment un charmant séjour[260]. J'ai eu -la bonne chance de trouver ici, à l'hôtel de Saxe, le prince Paul -Esterhazy, se rendant à Londres; il m'a appris bien des choses, plus -curieuses que consolantes. Le comte Clam et le prince Édouard -Lichtenstein sont furieux contre Gyulay qui avait, pour ainsi dire, -gagné la bataille de Magenta et qui a tout perdu par sa faute, qu'il veut -rejeter sur eux[261]. - - [260] Campagne du Grand-Duc et de la Grande-Duchesse de Weimar. - - [261] Le 4 juin 1859, l'Empereur Napoléon s'était avancé sur - Magenta, sans se rendre compte des forces qu'il avait devant lui; - sa position était devenue fort critique. Le général de Mac-Mahon - se porta, par une marche rapide, en avant de Magenta, avec une - partie du second corps d'armée, sur les Autrichiens. Il parvint à - dégager les grenadiers de la Garde fort compromis, prit et reprit - sept fois le village de Magenta, fit cinq mille prisonniers et, - vers huit heures du soir, resta maître du champ de bataille. - -La comtesse Colloredo est venue s'abriter ici; elle a des nouvelles -alarmantes de Rome; les sociétés secrètes y sont puissantes, assez même -pour braver le général de Goyon et ses soldats. On s'attend à des scènes -de carnage et le Pape y est virtuellement prisonnier. Et les Légations? -Les voilà libres des Autrichiens, réclamant les Français et proclamant le -Roi de Sardaigne[262]. Ceci me semble plutôt un embarras qu'un avantage -pour l'Empereur Napoléon; car que devient sa garantie de neutralité -donnée au Pape? - - [262] Vers le 10 juin, les Autrichiens abandonnèrent la région du - Pô pour se retirer derrière l'Oglio; ils quittèrent de même - Ferrare, Ancône et les États romains, qui rejetaient l'autorité - du Pape pour s'annexer au royaume de Sardaigne. Dans la nuit du - 11 au 12 juin, les Autrichiens évacuaient Bologne, d'où le - Cardinal-Légat se retirait, laissant à la Municipalité le soin de - gouverner cette ville, qui proclamait immédiatement la dictature - du Roi Victor-Emmanuel, auquel Parme et toutes les villes de la - Lombardie s'empressaient de faire acte de soumission. - -Metternich s'est éteint sans agonie, sans maladie. Paul Esterhazy -assistait à cette mort, qui n'a été qu'un épuisement sans souffrances. Il -paraît que les quinze jours de réveil et d'action politique, auxquels il -a été appelé, ont hâté sa fin, en lui faisant dépenser, en peu de jours, -ce qui lui aurait suffi pour vivre encore un ou deux ans[263]. Esprit -éclairé, caractère modéré, grande expérience, dignité naturelle, humeur -facile, il réunissait bien des avantages rares partout, mais surtout dans -son pays et à notre époque si appauvrie. - - [263] Le prince de Metternich était mort, le 5 juin 1859, sous le - coup des émotions que lui donnèrent les défaites des Autrichiens - et la destruction des effets de sa politique en Italie. - - -_Téplitz, 18 juin 1859._--Il n'y a ici que des malades, des gens tristes, -des âmes abattues, des esprits assombris. Cependant, les habitants de -céans se remontent à la nouvelle officielle d'un échec essuyé par -Garibaldi[264] et puis de l'éloignement de Gyulay, sur l'incapacité -duquel on dit des choses incroyables. Il paraît que les généraux Clam et -Édouard Lichtenstein avaient voulu provoquer contre lui un conseil de -guerre. On se croit sûr du Tyrol allemand et de son ancienne fidélité; on -l'est moins du Tyrol italien, et les pièces de vingt francs françaises -circulent trop librement en Hongrie pour ne pas causer du souci. La -_mobilisation_ prussienne se fait avec tant de gravité lente et de -circonspection que le drame lombard sera probablement dénoué avant que la -Prusse ne se mette de la partie. - - [264] Une escarmouche d'avant-poste, à Bertoletto, où Garibaldi - avait fait construire un pont sur la Chiese, avait amené un - combat entre quelques compagnies des chasseurs des Alpes et les - avant-postes autrichiens qui avaient d'abord battu en retraite. - Les légionnaires, emportés par leur ardeur, les ayant poursuivis - jusqu'à Castelnedolo, y trouvèrent l'ennemi en masse, qui chercha - à les envelopper. S'apercevant du péril, ils durent se retirer - devant les Autrichiens qui firent sauter le pont, à peine bâti - sur la Chiese en face de Montechiari. - - -_Téplitz, 29 juin 1859._--Voici le trait principal d'une lettre que j'ai -reçue d'Angleterre: «L'esprit d'ici est triste; la cour, la haute société -sont d'un côté, le Ministère et le gros du public de l'autre. Point -d'homme qui pèse sur ce simulacre de Parlement. Qu'est-ce qu'une majorité -de treize voix et un Ministère composé d'ennemis jurés qui se sont fait -et qui se font encore mille tours? Les hommes publics de ce temps-ci sont -tombés dans le dernier décri; l'Angleterre abdique sans estime ni -confiance pour celui[265] sous lequel elle s'incline. Elle abdique par -imprévoyance, par pusillanimité, par prédominance des intérêts matériels; -dans une telle situation, elle ne pèsera que du mauvais côté!» - - [265] Lord Palmerston. - - -_Téplitz, 2 juillet 1859._--Je ne puis dissimuler que je suis bien -mécontente du rôle que joue la Prusse, bien dangereux, d'ailleurs, à tous -les points de vue. Je crains qu'il ne soit trop tard pour tout. Si la -mobilisation n'est qu'une vaine et illusoire démonstration, elle est trop -chère; elle dérange, sans profit, la vie privée de tout le monde et -mécontentera l'armée, dont on stimule l'honneur sans jamais le -satisfaire. Si on voulait réellement opposer une barrière sérieuse à -l'ennemi, il ne fallait pas lui donner le temps de battre les uns sur le -Mincio et de s'armer fortement sur le Rhin, où on aura probablement, par -cette belle combinaison, des échecs sérieux. - -En attendant, la Révolution marche à pas fermes et habiles, et nous en -avons les indices certains par les promenades des gens de mauvaise mine -qui crient la faim. Il y a eu dans ce genre de mauvaises scènes à -Kœnigsberg. Quel avenir! et qu'il eût été facile de l'éviter avec de la -bonne foi, de la netteté, de l'à-propos et une intelligence prompte des -vrais intérêts de la Prusse. Mais avec l'irrésolution d'un ministre -paresseux comme Schleinitz et un ambassadeur chimérique à Paris comme -Pourtalès, comment ne pas faire fausse route? - - -_Téplitz, 7 juillet 1859._--On me mande de Paris que l'Empereur Napoléon -voudrait y revenir, et laisser là l'Italie; mais il ne sait à qui confier -le commandement de l'armée; le maréchal Canrobert aurait été au-dessous -du médiocre à Solferino[266] et les autres savent mener les troupes, mais -manquent d'autorité. - - [266] Le maréchal Canrobert, qui commandait le 3e corps d'armée, - avait reçu l'ordre d'appuyer le général Niel; mais ne jugeant pas - prudent de prêter, tout d'abord, son appui au commandant du 4e - corps (celui de Niel) il crut plus sage de rester à surveiller - les mouvements d'une colonne détachée dont le départ de Mantoue - avait été signalé, ce qui amena entre les deux généraux d'amères - récriminations après cette bataille de Solferino, qui fut livrée - le 24 juin, les deux armées ennemies s'étant rencontrées - inopinément, entre la Chiese et le Mincio. Le fruit de cette - nouvelle victoire des armées alliées fut l'abandon par les - Autrichiens de toutes les positions préparées par eux sur la rive - droite du Mincio et amena les préliminaires de Villafranca. - -Les pièces diplomatiques mettent bien à découvert l'ambition piémontaise -et la conspiration italienne[267]. Ce langage n'a rien qui m'étonne, car -l'équilibre européen n'a évidemment plus de gardien. Les grandes -puissances ont renoncé à veiller sur l'Europe, et quand lord John Russel -et lord Palmerston _jugeront à propos d'intervenir_, cette intervention -ne suffira plus, pas plus que la note qui vient si tard, si mollement. -L'Angleterre et la Prusse se trouvent impuissantes à force d'avoir été -inactives. - -La position du Pape me fend le cœur, et un Gramont geôlier du Pape, qui -l'eût cru! - - [267] Une circulaire du comte de Cavour adressée, à la date du 14 - juin 1859, à tous les représentants de la Sardaigne auprès des - Cours étrangères, avait exposé le point de vue sous lequel il - envisageait les derniers événements accomplis. Il rappelle - d'abord que l'Autriche a refusé le Congrès proposé par la Russie, - qu'elle a envahi le Piémont et que les victoires des armées - alliées leur ont ouvert la Lombardie. Parlant ensuite des - antipathies des populations italiennes qui ont éclaté contre - l'Autriche et demandé l'annexion de leur pays au Piémont, M. de - Cavour prouve que le Roi de Sardaigne, en acceptant ce vœu - spontané de la volonté nationale, ne porte aucune atteinte aux - traités existants, puisque l'Autriche, en refusant le Congrès, - les a déchirés elle-même et a rendu les populations italiennes à - leurs droits naturels. Le but, hautement avoué par le Roi, était - l'indépendance italienne et l'exclusion de l'Autriche. - - -_Dresde, 11 juillet 1859._--Que dire de cet armistice demandé par -l'Empereur Napoléon dans une lettre autographe adressée à l'Empereur -d'Autriche? C'est le général Fleury qui est venu en parlementaire porter -cette lettre à Vérone. L'Empereur François-Joseph, après l'avoir lue, a -fait entrer M. Fleury et a passé deux heures enfermé avec lui; et c'est à -la suite de cette lettre et de cet entretien que le jeune Empereur a -_consenti_ à l'armistice. L'étrangeté, c'est que la demande soit venue du -côté du vainqueur, au moment où Kossuth et l'intrigue russe mettaient la -Hongrie en émotion[268], où les flottes françaises sont maîtresses de -l'Adriatique, où le fameux quadrilatère est cerné. - - [268] Secrètement poussé par la Russie, qui ne pardonnait pas à - l'Autriche son attitude pendant la guerre de Crimée, Kossuth - lançait les nouvelles proclamations appelant la nation madgyare - aux armes, à la lutte pour la liberté de la Hongrie et annonçait - qu'il allait reparaître sur le sol de la patrie. - -Je vois ici des personnes, intéressées à être bien informées, qui -prétendent que le typhus et la dysenterie font ravage dans le camp -français, que l'Empereur Napoléon est importuné des ambitions sardes, -inquiet du mouvement révolutionnaire de l'Italie et gêné par les -complications romaines, qu'il a envie de hâter une rentrée triomphale en -France, avant d'avoir éprouvé des revers. Tout ceci me paraît insuffisant -pour motiver une pareille démarche avant que le fameux programme soit -accompli. - -Le ministre de Prusse ici, M. de Savigny, prétend que la mobilisation -prussienne a effrayé l'Empereur. Quelle bêtise! La Prusse a eu le tort de -l'inquiéter sans avoir eu l'énergie de lui faire peur, et c'est la plus -fatale des conduites. Si j'en crois mes instincts, cet armistice tournera -contre les Prussiens. L'Empereur Napoléon et la France sont bien plus -intéressés à la ligne du Rhin qu'à l'Italie, et ce n'est pas l'Autriche, -si lâchement abandonnée, qui se mettra en mouvement pour lui venir en -aide. J'ai causé avec quelqu'un venant de Berlin, et qui m'a raconté des -choses étranges sur la débandade qui y règne, sur le Régent soumis à -quelques-uns de ses ministres. On dit que rien ne peut donner idée des -luttes qui y règnent, de l'aveuglement des uns, de la faiblesse des -autres, de la médiocrité de tous, et hélas! des flots montants de -l'esprit révolutionnaire. Auerswald, doublé du comte Schwerin (deux -parfaits jacobins), partent de l'idée qu'en faisant du libéralisme, -toutes les populations germaniques se soumettront à la Prusse et qu'elle -héritera de ses voisins, à la façon dont Victor-Emmanuel s'étend vers -Milan, Florence, Modène et Parme. - -A Berlin, on est d'une étroitesse et d'une aigreur protestantes extrêmes; -on est charmé de l'écroulement du Pape et on s'est réjoui de la scène -hideuse qui s'est passée à Milan le jour de Saint-Pierre et Saint-Paul. -Ce jour-là, on a brûlé en place publique, aux cris féroces de la -multitude, trois grandes poupées figurant le Pape, tiare en tête, le -cardinal Antonelli et le général commandant des Suisses. Les sociétés -bibliques anglaises, qui depuis longtemps travaillent l'Italie, ont en -grande partie atteint leur but. Lord John Russel ne s'en tient plus de -joie, en particulier lady John qui est une Minto enragée[269]. Bernstorff -est retourné à Londres dégoûté et effrayé du gâchis de Berlin. Pourtalès -y règne plus chimérique que jamais; malheureusement, on dit qu'il a -enlacé et aveuglé le prince de Hohenzollern. A Berlin on n'a jamais voulu -de la guerre et on attendra l'arme au bras qu'on vienne la faire. - - [269] Lady John Russell était la fille de lord Minto, connu par - ses tendances libérales et son penchant pour la cause italienne. - -On se montre inquiet de la Russie, sans l'être au fond, car on trouve que -c'est commode; du reste, la réponse anglaise aux propositions tardives -de la Prusse est plus mauvaise et plus absurde que celle de -Saint-Pétersbourg[270]; on croit même savoir que la Russie, craignant -que l'Autriche n'obtienne des dédommagements vers l'Est qui pourraient la -gêner (elle Russie), est disposée à voter pour que la Vénétie appartienne -à l'archiduc Maximilien, en faveur duquel le roi Léopold s'agite -infiniment; mais, on dit aussi que, si cela avait lieu, le pauvre Prince -ne tarderait pas à succomber aux poignards mazziniens, et que, si -l'Empereur Napoléon contrarie le mouvement antipapal, les Romagnols -deviendraient des Orsini. Quel chaos! - - [270] La Prusse s'efforçait justement d'amener les Gouvernements - anglais et russe à tenter une médiation commune auprès des - Puissances belligérantes, à laquelle, du reste, le Ministère - anglais n'avait pas adhéré lorsque, par un inexplicable - revirement d'idées, Napoléon III s'arrêta tout à coup, malgré une - suite ininterrompue de victoires. Le 6 juillet, il offre un - armistice à l'Empereur François-Joseph, alors à Vérone, avec son - armée dans une situation fort compromise. La lutte est suspendue - jusqu'au 15 août, et, le 11 juillet, Napoléon III et l'Empereur - d'Autriche avaient, à Villafranca, une entrevue qui mettait fin à - la guerre, avant que le comte de Cavour eût eu le temps - d'accourir pour détourner le Roi Victor-Emmanuel d'adhérer à ce - traité. - - -_Lœbichau, 14 juillet 1859._--Je suis chez ma sœur depuis avant-hier; -je la quitterai demain pour Berlin où je suppose que je trouverai _tutti -quanti_ un peu ébouriffés de la rapidité avec laquelle se succèdent -armistice, entrevue et préliminaires de paix. Il sera curieux d'en -connaître les conditions; car, comment l'Empereur Napoléon pourra-t-il se -départir de son fameux programme sans réveiller les héritiers d'Orsini? -Et comment l'Empereur François-Joseph, qui est bien loin encore d'être -dans une position désespérée, en acceptera-t-il toute l'étendue? Enfin, -nous ne tarderons pas à savoir le mot de l'énigme. Il sera curieux à -connaître. On murmure encore le mot de _peste_, ayant éclaté chez les -zouaves et les turcos. L'Angleterre par son action, la Prusse par ses -finasseries, la Russie malgré ses intrigues, se sont placées hors de la -conclusion de ce drame, qui ne me paraît être que le prélude d'autres -entreprises préparées dans quelque temps sur un autre théâtre. Ah! la -Prusse, la Prusse! quel rôle que le sien! On tenait encore la dragée -haute au prince Windisch-Graetz à Berlin que déjà le général Fleury -frappait en parlementaire aux portes de Vérone[271]. - - [271] Le prince Windisch-Graetz avait été envoyé à Berlin en - mission militaire pour s'y assurer de la disposition des esprits - et arrêter avec le Gouvernement la marche de trois corps d'armée, - que l'Autriche devait mettre à la disposition de la Confédération - germanique. - -Le duc de Gramont a déclaré au Pape que s'il excommuniait -Victor-Emmanuel, lui, Gramont, et le général de Goyon quitteraient Rome -et livreraient par là Pape et Cardinaux à la férocité d'une population -plus que jamais travaillée par les mazziniens. On dit Cavour de fort -mauvaise humeur[272]. On aura bien de la peine à rapproprier l'Italie, -même en parquant l'Autriche hors de la Lombardie. - - [272] En face de ce traité de Villafranca, qui n'était qu'une - cruelle déception, laissant tous les problèmes à résoudre et ne - répondant à aucune des espérances des Italiens, le comte de - Cavour refusa de contresigner cette paix, abdiqua le Ministère, - et l'âme remplie de douleur et d'agitation, remit aussitôt sa - démission au Roi, croyant le devoir à lui-même, à son honneur et - à sa politique. Il laissait le pouvoir à un Ministère formé avec - le général La Marmora, Ratazzi et le général Dabormida. - - -_Berlin, 19 juillet 1859._--J'ai eu beaucoup d'émotion, en revoyant le -Roi; malgré ses débilités qui ne guériront jamais, je l'ai cependant -trouvé infiniment moins troublé, altéré et affaissé que je ne le croyais. -Il sent parfaitement ce que son état a de pénible, mais il espère -toujours une guérison complète. La Reine ne se fait aucune illusion. -Pendant que j'étais auprès de Leurs Majestés, le télégraphe a apporté la -nouvelle de la mort de cette charmante Reine de Portugal[273]. J'en suis -restée peinée au cœur. Ce pauvre jeune Roi sera désespéré! - - [273] La Princesse Stéphanie de Hohenzollern avait épousé, en - 1858, le Roi de Portugal. - -L'Italie reste en feu, l'Europe reste méfiante. L'Empereur Napoléon est à -la fois téméraire et timide, s'engageant audacieusement et reculant -devant les embarras que son audace a fait naître, ce qui n'a d'autre -effet que d'en créer de nouveaux. L'Europe finira par se lasser, et -certes, elle n'aura pas manqué de patience. Ici on a d'autant plus -d'humeur qu'on sent le ridicule de la position qu'on s'est faite, sans -vouloir en convenir. - -On m'a dit assez de mal du Ministère actuel; tout le monde ici se -déteste; mais le mot d'ordre est la haine de l'Autriche, qu'on accuse de -n'avoir fait la paix que par malice contre la Prusse, tandis _qu'à la fin -d'août_, on serait venu, dit-on, à son secours. Ceci est merveilleux! En -attendant, on est ruiné, humilié, irrité, et la disposition des esprits -est très peu satisfaisante. - - -_Sagan, 23 juillet 1859._--Je suis arrivée ici le 20. La veille de mon -départ de Berlin, j'ai eu un long entretien avec le Prince-Régent; je -l'ai trouvé bien vieilli; il m'a fait grand'pitié. Malgré les efforts de -la presse prussienne, qui _ergote_ tant qu'elle peut, il n'en est pas -moins vrai que la position qu'on s'est faite est fausse et embarrassante. -Dieu veuille qu'elle ne devienne pas dangereuse. Le Prince-Régent rejette -toute la faute sur l'Angleterre. Comme il est très honnête homme, il faut -bien croire ce qu'il dit; mais il a de singuliers conseillers qui abusent -de sa bonne foi et de sa crédulité. Il m'a fait l'honneur de me dire que -l'argument principal, que l'Empereur Napoléon a fait valoir auprès de -l'Empereur François-Joseph, a été une note de l'Angleterre, très hostile -à l'Autriche et qui était (le Prince-Régent dit qui _semblait_ être) -écrite au nom de la Prusse comme à celui de l'Angleterre. Cette note -plaçait l'Autriche beaucoup plus mal que la France ne lui offrait de -l'être, ce qui aurait fait céder l'Empereur François-Joseph. Le -Prince-Régent se dit très irrité de ce procédé fallacieux de -l'Angleterre. - - -_Sagan, 26 juillet 1859._--Le discours de l'Empereur Napoléon aux grands -Corps de l'État[274], à mon avis, n'est pas sans habileté; mais il ne -change rien à la situation; il la laisse aussi brouillée, aussi obscure, -aussi épineuse que l'ont faite les événements. C'est, du reste, un art -comme un autre que faire des aveux pour couvrir des fautes et des -embarras, et cet art n'est pas sans effet auprès du gros public. Il en -pourrait bien être des discours comme des victoires, dont le succès est -plus grand que l'effet. Que de choses étranges n'entend-on pas? ainsi, -chacun critiquant de plus en plus cette paix dont on est toujours aussi -content. Je crois pouvoir dire avec certitude que dans leurs -conversations, l'Empereur François-Joseph a été _net_ et _résolu_; il a -abandonné sur-le-champ la Lombardie, et cela, sans la moindre hésitation, -ni objection! «_Ceci ne me regarde plus, je n'y suis plus rien; -disposez-en comme vous l'entendrez._» Mais quand l'Empereur Napoléon a -mis en avant quelques idées sur d'autres points, comme un Archiduc -souverain en Vénétie, l'abandon des Duchés au Piémont, l'Empereur -François-Joseph les a écartées sur-le-champ aussi, comme décidé plutôt à -continuer la guerre, si on insistait. «_Un membre de ma famille souverain -en Vénétie, a-t-il dit, c'est impossible! On m'en demanderait bientôt -autant pour la Hongrie, puis pour la Bohême, le Tyrol et je ne resterais -plus qu'Archiduc d'Autriche._» Sur cette réponse, que je trouve très -juste et perspicace, l'Empereur Napoléon n'a plus insisté. - - [274] Dans ce discours, l'Empereur avait dit entre autres: «Si je - me suis arrêté, ce n'est pas par lassitude ou par épuisement, ni - par abandon de la noble cause que je voulais servir, mais parce - que dans mon cœur quelque chose parlait plus haut encore: - _l'intérêt de la France_.» - -M. de Cavour a fait proposer de _racheter_ Parme à la Duchesse régente; -cela a été repoussé comme inadmissible. La plus vive, contre, a été -l'Impératrice Eugénie; on cite d'elle ce propos: «_On ne traite pas une -Princesse de la maison de Bourbon comme un prince de Monaco._» - -C'est M. de Cavour qui a fait mettre à sa place, au Ministère, M. -Rattazzi; il ne tardera pas beaucoup lui-même à y rentrer; son maître le -regrette et veut le ravoir, disant: «_On crie beaucoup contre Cavour, il -est vrai_ _qu'il brouille tout; mais c'est égal, je l'aime, c'est mon -homme._» - -La dépêche de ce pauvre M. de Schleinitz aux Cours de Londres et de -Saint-Pétersbourg[275] est une publication rétrospective destinée à -éclairer et à satisfaire l'opinion. En vérité, je ne sache rien de mieux -fait pour faire hausser les épaules! Ne concluant à rien, ne proposant -rien. Tout y est confus; on conçoit à merveille que les réponses aient -été aussi obscures que les demandes. Il dément, dans une pièce plus -récente, le projet de médiation attribué à la Prusse; Schleinitz se borne -au démenti sans oser inculper l'Angleterre; car on n'ose rien ici, où -l'Angleterre prime encore. Pour exhaler son humeur contre l'Autriche et -retrouver, s'il se peut, l'influence que par sa faute elle a perdue en -Allemagne, la Prusse se remet en coquetterie avec le parti de Gotha et -avec les débris du parlement de Francfort de 1848. Elle veut (triste -politique d'Auerswald et de Bethmann-Holweg) réveiller les passions de -1848, les protéger en espérant les diriger et inspirer, par elles, aux -petits souverains allemands le détachement de l'Autriche, ou sinon, les -livrer aux exigences révolutionnaires de leurs peuples. Triste jeu, -mauvaise politique! Le Prince Régent et le prince de Hohenzollern ne se -doutent pas du chemin que les Ministres leur font faire. - - [275] Sous le prétexte que de nombreuses erreurs se seraient - commises dans les tentatives de médiation faites par la Prusse, - le Cabinet prussien avait adressé à tous ses agents diplomatiques - en Allemagne une dépêche circulaire ayant le but de rétablir les - faits. - - -_Sagan, 11 août 1859._--Voilà le Roi de Prusse retombé dans un état qui -détruit toutes les espérances que certaines personnes s'obstinaient à -conserver[276]. - - [276] Le 10 août 1859, le Roi Frédéric-Guillaume IV avait été - frappé d'une nouvelle attaque d'apoplexie. - -Il y a des gens qui croient qu'on ne s'entendra pas à Zurich; je n'ai -jamais vu les acteurs prévoir aussi peu les chances et comprendre aussi -mal l'imbroglio de leur propre drame[277]. On m'assure que la France fait -sous main tout ce qu'elle peut pour arriver à s'emparer modestement, mais -sûrement de la Savoie: procédé bien encourageant pour la Prusse qui, en -somme, l'aura bien voulu. - - [277] Le traité de Zurich entre la France et l'Autriche ne fut - conclu que le 10 novembre 1859. Il n'était que la suite des - préliminaires de Villafranca et mettait fin à la guerre qui, - d'après la solennelle promesse de Napoléon III, devait avoir pour - résultat l'affranchissement de l'Italie entière depuis les Alpes - jusqu'à l'Adriatique. Mais en laissant tout désormais au désarroi - et à l'imprévu, les Italiens prirent alors, eux-mêmes, la - direction de leurs destinées et, déjouant les calculs, ils se - chargèrent d'interpréter cette paix par laquelle on avait cru les - enchaîner. - - -_Sagan, 26 août 1859._--J'apprends de bonne source qu'on a découvert à -Naples un complot contre le Roi; on voulait le chasser comme on a chassé -le Grand-Duc de Toscane[278]. On a les preuves de la complicité du -nouveau ministre de Sardaigne à Naples, M. de Salmour; le général -Filangieri voulait lui envoyer ses passeports; le Roi s'y est refusé. Je -me permets de trouver que le Roi a eu tort. Il n'y a pas moyen de ne pas -rester les yeux fixés sur l'Italie. Intérêt de curiosité plutôt que de -goût. Comment finira la question des anciens Princes? Elle me paraît se -compliquer de jour en jour. Le parti, qui ne veut pas d'eux, mène assez -adroitement ses affaires; des apparences tranquilles et des votes font -plus d'effet que des émeutes. Il paraît que les Mazziniens sont surtout -concentrés pour le moment en Romagne. L'Assemblée de Florence vote -l'exclusion du Grand-Duc de Toscane[279]; pendant ce temps-là, l'Empereur -Napoléon le reçoit très bien à Paris; mais on laisse Garibaldi organiser -une armée pour l'empêcher de rentrer dans ses États. Qui donc est-ce -qu'on trompe dans cet imbroglio? les Princes ou les Peuples? Quels que -soient les trompeurs ou les trompés, non seulement l'Italie, mais toute -l'Europe est bien malade. - - [278] Cavour n'avait rien fait pour précipiter l'explosion de - cette question de l'Italie méridionale qui allait naître d'une - aventure. Sa politique eût été de nouer ce qu'il appelait - «l'alliance des deux grands royaumes de la Péninsule», former - ainsi le faisceau fédératif des forces italiennes du nord et du - midi dans un intérêt d'avenir national. A l'avènement de François - II, fils d'une Princesse de Savoie, Cavour avait envoyé à Naples - le comte de Salmour avec une mission de paix, offrant amitié et - appui. Avec Rome, avec Naples, Cavour se serait prêté volontiers - aux ménagements et aux transactions. - - [279] A Florence, Modène, Bologne, Parme, l'acte de Villafranca - éclatait comme un coup de foudre. L'Autriche, à peine diminuée - d'une province, restait, aux yeux de tous, la puissance - débordante de l'Empire sur le Mincio et sur le Pô. Dès lors, la - pensée de l'annexion à la Sardaigne domina toutes ces - populations, afin de se créer le plus de forces italiennes - possible pour sortir de l'alternative, ou d'une soumission - découragée, ou du déchirement d'une résistance révolutionnaire; - cela amena le vote unanime de ces petits États vers le Piémont, - qui leur avait donné l'exemple du courage, de l'honneur - militaire, du patriotisme éprouvé, de la liberté régulière. Le 21 - août, l'Assemblée des notables, à Modène, votait la déchéance du - Duc François V et leur annexion au Piémont; celle de Florence - faisait de même; puis un décret royal annonçait que le général - Garibaldi était nommé commandant de la 2e division des Toscans, - et ce même jour, la ligue défensive de tous les États de l'Italie - était conclue. - - -_Sagan, 31 août 1859._--Voici les extraits de plusieurs lettres que j'ai -reçues de Paris, de Londres et de Nice: - - «_Paris, 25 août._ Le Gouvernement est assez troublé du chaos - italien; cependant, il espère s'en tirer. On se disait sûr, hier, - que le Roi de Sardaigne refuserait les couronnes que lui offrent - Florence, Parme et Modène. Que feraient alors les meneurs actuels - des trois duchés? La République leur est interdite. Quel Roi - iraient-ils chercher? un Leuchtenberg, le petit Robert de Parme, - le prince Napoléon? on ne sait. En tout cas, on a un moyen de les - mettre dans l'embarras; on leur dira que leurs élections et leurs - assemblées ne valent rien; qu'ils n'ont pas mis en œuvre le vrai - suffrage universel, tel qu'il a opéré en France; il faut que tout - le monde vote, les paysans comme les bourgeois. Tout sera donc à - recommencer, et l'on se flatte que soit opinion, soit lassitude, - des élections nouvelles ramèneront les anciens Princes, qu'à - Villafranca on s'est engagé à rétablir, pourvu que ces Princes - fassent (et on y compte) des concessions suffisamment libérales. - Les hommes d'affaires, la Bourse avaient hier des nouvelles bien - différentes de celles du Gouvernement. Ils croyaient que le Roi - de Sardaigne accepterait les trois petites couronnes. Il y a des - spectateurs, gens d'esprit, qui admirent la modération et - l'habileté des libéraux italiens. On dit qu'ils marchent avec - ensemble, qu'ils ont promptement étouffé le mouvement de colère - suscité en Italie par la paix de Villafranca; qu'ils se sont bien - ralliés tous à la cause piémontaise et qu'ils la feront - triompher. D'autres gens, d'esprit aussi, disent que les grands - révolutionnaires, les Mazziniens, n'acceptent rien de tout cela - et sont plus que jamais décidés à mettre ou à remettre l'Italie - en feu. L'émeute de Naples est un prélude; Bologne est un foyer - inextinguible; les Légations ne veulent décidément plus du Pape. - Le Pape ne veut, ni ne peut y renoncer; il y a là de quoi faire - échouer toutes les solutions piémontaises et françaises. Le petit - mouvement en Savoie, pour la réunion à la France, a assez troublé - le cabinet de Turin. Le général Dabormida a adressé à tous les - agents piémontais une circulaire pour repousser absolument cette - idée et démontrer l'insignifiance du mouvement en l'attribuant au - parti clérical. Il y a, dans la circulaire, plus d'humeur que - d'inquiétude. Les vrais spectateurs politiques, les connaisseurs, - sont bien plus préoccupés du nord-ouest de l'Europe que de - l'Italie: bien ou mal, Piémont ou chaos, le coup est fait en - Italie, on n'y retournera pas de sitôt. - - «L'humeur est grande ici contre la Belgique. Le maréchal de - Mac-Mahon, commandant à Lille, est la réponse aux fortifications - d'Anvers; c'est l'homme de guerre du jour. On dit que, dans - l'entrevue de Villafranca, il a été fort question de la Prusse et - que les deux Empereurs se sont confiés leurs rancunes. Je crois - savoir que les Russes sont plutôt favorables qu'hostiles à la - Prusse, et que l'amitié de l'Empereur Alexandre pour le Prince - Régent est sincère; il n'en est pas moins vrai que le mouvement - militaire de l'Allemagne, qui éclate en ce moment, importune - également à Saint-Pétersbourg et aux Tuileries, et que les deux - Cours s'entendent pour le contrarier, comme pouvant opposer une - barrière gênante à leurs ambitions.» - - «_Londres, 26 août._ Nous sommes plus que jamais ici en méfiance - et en inquiétude; rien de prochain, mais une collision très - probable et à laquelle nous nous préparons en faisant tout ce que - nous pouvons et tout ce que nous pourrons pour l'éviter.» - - «_Nice, 25 août._ Dans l'entrevue des deux Empereurs à - Villafranca, l'Empereur Napoléon a insisté pour que des quatre - places fortes, l'Empereur François-Joseph cédât au moins - Peschiera aux Piémontais, et, sur le refus persévérant de - l'Empereur d'Autriche, l'Empereur des Français a dit: «_Eh bien, - ne me répondez pas aujourd'hui sur ce point; je vous demande d'y - réfléchir jusqu'à demain. Je vais faire rédiger ce dont nous - sommes convenus; je vous l'enverrai par mon cousin, et signé de - moi, en laissant le sort de Peschiera en blanc; vous y mettrez - votre décision, mais je vous prie d'y bien penser._» De retour à - Vallegio[280], l'Empereur Napoléon, qui seul avait pris des - notes, rédigea, en effet, la convention; puis, il a appelé le Roi - Victor-Emmanuel et la lui a montrée, en lui demandant de la - signer aussi. Le Sarde s'est récrié: «_Ce n'est pas du tout là ce - que vous m'avez promis._--_Après tout, vous gagnez une belle - province_», reprit l'Empereur, ajoutant avec un sourire: «_Le - Milanais, c'est le pays des belles femmes._» Le Roi - Victor-Emmanuel a répondu: «_Je croyais que nous étions ici pour - parler sérieusement d'affaires sérieuses; je vais signer, mais - comme il me convient!_» Et il a signé: «_Je ratifie, pour ce qui - me concerne, la présente convention_», ne ratifiant ainsi que ce - qui se rapportait à la Lombardie et restant étranger à toutes les - autres dispositions ou omissions sur le reste de l'Italie. - L'Empereur Napoléon a vainement tenté d'obtenir une signature - pure et simple, elle est restée telle que je vous le dis. Le - lendemain, l'Empereur Napoléon a envoyé son cousin à Vérone en - lui recommandant d'insister fortement sur la question de - Peschiera, et de ne remettre la convention signée qu'à la - dernière extrémité, et qu'après avoir fait les derniers efforts - pour cette cession. On dit que le prince Napoléon, jaloux de se - faire bien venir à Vérone, n'a fait aucun effort, et a remis la - convention signée, en parlant à peine de Peschiera.» - - [280] Quartier général de l'Empereur Napoléon III. - - «_Paris, 26 août._ Le prince Napoléon était hier à la séance - publique de l'Académie française avec la princesse Clotilde, - _elle_, dans une tribune réservée, _lui_, dans les rangs de - l'institut, comme membre libre de l'Académie des Beaux-Arts. Le - public était très nombreux, quoique fort choisi, et aussi chaud - que le temps était brûlant. Les discours de Villemain et de - Guizot, surtout le dernier, ont été frénétiquement applaudis. - Vous les verrez dans les journaux et vous y remarquerez plus - d'une allusion qui ont été toutes vivement saisies par le - public[281].» - - [281] A la séance annuelle pour la distribution du prix Montyon, - M. Villemain avait fait le rapport sur les œuvres littéraires et - M. Guizot sur celui des œuvres de vertu, qu'il terminait par une - allusion fort éloquente sur le dévouement pour la patrie des - soldats morts dans la guerre d'Italie. - - -_Sagan, 15 septembre 1859._--Je cause un peu politique avec le comte -Haugwitz, et le fameux article du _Moniteur_ du 9 fait jaser dans ce -petit coin du monde, comme dans les capitales[282]. Je trouve cette -politique napoléonienne à la fois téméraire et embarrassée, entreprenante -et indécise, qui fait le chaos et dit ensuite à ceux qu'elle y a plongés: -«_Tirez-vous de là comme vous pourrez._» Parfois, il me vient à l'esprit -qu'on pourrait bien, sous main, jouer le jeu des Italiens, au moment où -on leur déclare qu'on s'en retire. Il est bien étrange, en tout cas, -d'entendre poser en principe, sans que l'Europe s'en émeuve, la doctrine -de la royauté élective, et cette autre: que les traités qui ont réglé les -territoires ne sont rien pour les peuples, et que le suffrage universel -peut changer, comme il lui plaît, les limites des États aussi bien que -les dynasties. La France de 1830-1848 a renversé son gouvernement -intérieur, mais elle n'a pas changé l'état territorial et le droit public -européens. Et voilà trois petits Duchés, qui prétendent à la fois faire -des révolutions et refaire la carte de l'Europe. Et l'Angleterre, -soutenant activement ces énormes prétentions et ces infimes petits pays! -Si la Prusse, la Russie et l'Autriche, au lieu de se jalouser -puérilement, prenaient en main la bonne cause et refusaient -péremptoirement de la laisser mettre en pièces par une poignée de -Florentins, de Parmesans et de Bolonais, elles remettraient l'ordre en -Europe, malgré lord Palmerston. - - [282] L'article du _Moniteur_ était un avertissement à l'Italie - contre les annexions. Il y était déclaré que la restauration des - Archiducs formait une partie importante des stipulations de - Villafranca et la condition _sine qua non_ des avantages qui - résultaient pour l'Italie d'une partie de ces stipulations. Il - énumérait ces avantages, mais repoussait l'idée de la - restauration de ces Princes par une force étrangère. Il menaçait - même d'une nouvelle guerre si les populations des Duchés - persistaient à repousser leurs souverains; car l'Autriche se - déclarerait alors comme déliée de ses engagements. L'article - finissait par ces mots: «_Que l'Italie ne s'y trompe pas: il n'y - a qu'une seule Puissance en Europe qui fasse la guerre pour une - idée; c'est la France, et la France a accompli sa tâche._» En - même temps que cette déclaration, l'organe du Ministère anglais - continuait à soutenir avec ardeur le parti de l'annexion des - Duchés au Piémont et à promettre à l'Italie le concours de - l'Angleterre. L'attention du Gouvernement français fut alors - attirée sur la Chine et _le Moniteur_ du 14 septembre annonçait - que la France et l'Angleterre se concertaient pour infliger un - châtiment aux violateurs du traité de Tien-tsin conclu en 1858. - - -_Sagan, 19 septembre 1859._--Nous voici avec un nouvel article du -_Moniteur_ provoqué par la Chine. J'ai toujours eu goût aux Chinois et je -me figure que c'est à leur tour à venir mettre l'Europe à la raison; ce -serait _tristement drôle_. En attendant, voilà l'Angleterre avec deux -chancres, l'Inde et la Chine; elle en avait déjà assez d'un. Du reste, -son indigne politique en Europe mérite bien cette expiation asiatique. -L'Empereur Napoléon rira dans sa barbe de ce nouvel affaiblissement pour -sa rivale, et le _petit_ nombre d'hommes qu'il enverra à Pékin ne -l'affaiblira pas sur la Manche. - - -_Sagan, 29 septembre 1859._--Le Saint-Père a été très blessé de -l'_ultimatum_ présenté par le duc de Gramont, qui tend à séculariser le -clergé romain et le réduire au même état qu'en France[283]. Le Pape ne -veut plus voir l'Ambassadeur. On pense à lui envoyer le cardinal Morlot -comme Ambassadeur extraordinaire. La question va en s'envenimant au -dernier point. Nous verrons le Pape à Fontainebleau. Mais, avant peu, -nous verrons aussi l'Allemagne en pleine révolution; les petits trônes -croulent sans que les plus grands inspirent confiance. Le Roi des Belges -s'imagine arrêter le courant; je crains qu'il ne se trompe. Les Congrès -sont chose illusoire, quand le vent est aux guerres révolutionnaires. - - [283] L' Empereur Napoléon III, toujours flottant, songeait de - temps en temps à tenter, contre les provinces soulevées des États - ecclésiastiques, l'effort des armes: trois fois déjà, ordres et - contre-ordres avaient été donnés à ce sujet. Le duc de Gramont, - de retour de France vers la fin d'août, eut, le 29, une entrevue - prolongée avec le Pape. L'Ambassadeur recommandait des réformes - pour le reste des États pontificaux et ajoutait que l'occupation - militaire par une division française devait expirer dans le - courant de l'année 1860. Le duc de Gramont exposait ensuite à Pie - IX qu'il devait se préparer, lui-même, une force militaire - sérieuse, en lui faisant entendre que l'Autriche n'interviendrait - pas, et que si une troisième puissance venait s'immiscer dans les - affaires d'Italie et que le Piémont voulût s'y opposer, la France - n'aurait aucun motif suffisant pour y mettre obstacle et - l'Angleterre pourrait bien appuyer directement les efforts de la - Sardaigne. - -On m'assure que la France est mal satisfaite de son Gouvernement. En -abdiquant sa liberté, elle voulait le repos, l'ordre, la facilité de se -livrer à l'industrie et au commerce; et, au lieu de cela, on lui donne -des aventures; elle se voit compromise, livrée au gré des caprices d'un -seul homme, elle se lasse du despotisme qui lui refuse les avantages sur -lesquels elle comptait. Plus l'Empereur Napoléon s'en apercevra, et -plutôt il se lancera dans de nouvelles guerres pour occuper les esprits, -à qui on donne, par là, un aliment qui ne leur convient pas, mais qui les -distrait. La France agit sur ses côtes comme si elle croyait à un péril -prochain. On fait et on projette à Toulon des travaux gigantesques; il -en est de même sur les côtes de l'Ouest. A Paris, on prépare un grand -mélodrame intitulé: _Jeanne d'Arc_; toute son histoire: Orléans, Reims, -Compiègne et le bûcher de Rouen. Ce ne sont, peut-être, que des en-cas -plutôt que des plans; mais les en-cas sont bien entraînants. - - -_Sagan, 11 octobre 1859._--La protestation de Mgr Dupanloup est belle, -éloquente et vraie; et ce qui vaut mieux encore, elle est courageuse. -Voilà donc Arras, Poitiers, Orléans, Nantes, Rennes et Pamiers, six -évêques sonnant le tocsin[284]. J'oubliais Alger. Le cardinal Morlot a -assisté, avec approbation, à un sermon prêché à Saint-Sulpice, plus -prononcé encore dans la cause papale. Tout cela n'empêche pas le -mouvement révolutionnaire de se propager et de commettre des excès qui -rappellent ceux de 1848. - - [284] En prenant connaissance de l'allocution du Saint-Père au - Consistoire du 26 septembre, dans laquelle le Pape annulait les - actes de l'Assemblée bolonaise et rappelait les censures - formulées contre les membres du Gouvernement des Légations, Mgr - Dupanloup, qui, la veille, avait publié un exposé de ses - sentiments sur les tristes circonstances où se trouvait placée - l'Église romaine, protesta hautement contre ces attentats, en - communiquant à son clergé les paroles textuelles de Pie IX. - Plusieurs évêques de France adhérèrent à cette énergique - protestation. Quelques-uns cependant le firent en montrant - confiance dans les intentions du Gouvernement français. - -Les eaux de Saint-Sauveur n'ont pas bien réussi à l'Empereur Napoléon, -qui aurait mieux fait de s'en tenir à celles de Plombières. Est-il -possible de s'être mis tant d'embarras sur les bras! Et si sa santé -continue à chanceler, comme c'est le cas depuis un mois, où en -sera-t-il, et où en sera l'Europe qu'il a jetée dans un fossé profond, -dont je ne sais qui l'en tirera? - - -_Sagan, 16 octobre 1859._--J'ai vu une lettre de Biarritz qui dit que -l'Empereur Napoléon y était triste, mécontent, agité comme un homme qui -vient d'avoir ou qui attend des mécomptes. Quand je vois des -Gouvernements tolérer des assassins, comme ceux de Parme[285], et -préparer des massacres, je suis émerveillée de tant d'aveuglement et de -coupable faiblesse. - - [285] Le 6 octobre 1859, un comte Anviti, colonel de l'ancienne - gendarmerie ducale, et connu par ses relations avec le Duc de - Parme, avait été massacré, dans les rues de Parme, par une - population furieuse. La rapidité avec laquelle ce malheureux - événement eut lieu ne permit pas à la force armée d'intervenir à - temps. - -Les adhésions épiscopales augmentent chaque jour. C'est au moins une -étoile brillante dans le ciel sombre! M. de Cavour, qui était -dernièrement à Genève, a dit, à qui voulait l'entendre, que l'Empereur -Napoléon était le plus faible et le plus irrésolu des hommes, et que -c'était là tout le secret de son machiavélisme; qu'il ne savait ni ce -qu'il voulait, ni ce qu'il faisait. - - -_Sagan, 29 octobre 1859._--Je viens d'avoir une visite de six heures du -Prince-Régent de Prusse et de son beau-frère de Weimar, venant, tous -deux, de la rencontre à Breslau avec l'Empereur de Russie[286]. Ils -étaient tous deux en belle et bonne humeur. Le Prince-Régent était très -satisfait de son entrevue avec le Czar, plus du maître que du ministre -Gortschakoff. Le Prince-Régent m'a paru n'avoir envie ni de provoquer, ni -d'avoir à faire la guerre offensive ou défensive à la France; mais il a -en lui assez de défiance pour désirer préparer des chances défensives. Il -est même désireux d'adoucir les dispositions de la Russie et les siennes -propres envers l'Autriche. Tout cela est excellent, sage et modéré; mais -il est faible, ce bon Prince. - - [286] L'Empereur Alexandre II et le Prince-Régent de Prusse se - rencontrèrent le 23 octobre à Breslau et il semble que des liens - plus intimes se nouèrent entre les Gouvernements des deux - souverains, chacun sentant l'influence considérable que leur - entente mutuelle pouvait amener sur la solution des difficultés - qui préoccupaient, à ce moment-là, la diplomatie européenne. - - -_Sagan, 3 novembre 1859._--J'avance lentement dans la lecture du livre -publié sur Mme Récamier par sa fille adoptive, Mme Lenormant[287]. Le -second volume est plus intéressant, ce me semble, que le premier, surtout -à cause de M. de Chateaubriand: l'égoïsme reste en lui bien supérieur à -la tendresse, il a évidemment plus besoin de Mme Récamier qu'il ne -l'aime. A peine trouve-t-on, par-ci par-là, quelques mouvements de cœur, -des aveux de faiblesse, presque de défaite; c'est un vaincu et il en -convient. Cependant, le vrai naturel manque à ses lettres; l'éclat, le -talent y abondent; c'est le grand écrivain drapant le pauvre amoureux. Il -y a aussi là un homme qui me touche en m'étonnant par l'excès du -désintéressement: c'est M. Ballanche. Tant d'amour et pas un désir! -donnant son âme et sa vie pour n'être pas même le premier dans l'amitié, -et en être content! C'est bien plus original et bien plus intéressant que -Mathieu de Montmorency, tout saint qu'il fût. - - [287] En 1859, Mme Lenormant, nièce et fille adoptive de Mme - Récamier, écrivit la vie de sa tante en réunissant tous les - souvenirs qui la concernaient, d'après les correspondances - laissées par la défunte. - -Il y a, dans le numéro du _Correspondant_, poursuivi à cause de l'article -de M. de Montalembert, un autre article bien spirituel de Villemain sur -cet ouvrage de Mme Récamier. Il y fait patte de velours plus que ça ne -lui appartient. - - -_Sagan, 10 novembre 1859._--Il y a peut-être du vrai dans ce qu'on dit -sur la vertu de Mme Récamier, à propos du livre publié par Mme Lenormant. -Quoi qu'il en soit, Mme Récamier avait des qualités réelles, plus réelles -que sa vertu. Elle était certainement douce, belle, égale, attachée, d'un -commerce sûr et affectueux. Du moins, c'est ainsi qu'elle est restée dans -le souvenir de ses nombreux amis, dont le nombre et la qualité prouvent -la réalité de son mérite. - -On m'écrit de Londres que les deux volumes de Mme Lenormant y font -quelque bruit; on ne lui pardonne pas ses rigueurs moqueuses envers le -duc de Wellington, et ses plaintes de ce que le duc de Devonshire lui -avait interdit, à Rome, l'entrée de la chambre de sa mère mourante[288]. -On est choqué de la déférence que lui témoignait Mme de Chateaubriand et -la duchesse Mathieu de Montmorency. Dans le public anglais, ce livre ne -tourne pas du tout au profit de M. de Chateaubriand. En effet, on l'y -retrouve égoïste, orageux, fantasque, plein de fiel sous les apparences -d'indifférence et d'une ambition vaniteuse, sous la forme affectée du -détachement et de l'ennui. Mais quel talent d'écrivain! - - [288] Mme Récamier se trouvait à Rome en même temps que le duc de - Devonshire qui, de peur que sa belle-mère, au moment de sa mort, - ne révélât le secret obscur planant sur sa naissance, séquestra - la Duchesse, en la privant de toute communication avec ses amis. - - -_Sagan, 17 novembre 1859._--La fête de Schiller a très mal tourné à -Berlin; le public a été indécent, grossier, turbulent, et quoique la -démonstration politique n'ait pas éclaté, la partie _orgie roheit_[289] a -été un mauvais indice. C'est à Berlin que la fête a été ainsi profanée; -partout ailleurs, les choses se sont passées avec des formes décentes, -mais le fond reste au profit du principe démocratique, qui a eu occasion -de s'infiltrer et les chefs de s'aboucher. - - [289] De l'allemand: _rudesse grossière_. - -M. d'Auerswald a fait de grands efforts pour engager le Prince-Régent à -assister à cette ovation qui a produit une si vilaine scène, où des -femmes ont été insultées avec un cynisme hideux. Le Régent s'est borné à -assister de loin, par une fenêtre de la maison occupée par la -_Seehandlung_; c'était moins fâcheux que d'être sur la place, mais -c'était encore beaucoup trop[290]. - - [290] Le 10 novembre 1859, la pose de la première pierre d'un - monument que la ville de Berlin élevait au poète Schiller, connu - par ses idées démocratiques, avait un peu échauffé les têtes - avancées qui voulaient en faire le motif d'une démonstration dans - ce sens. Mais des mesures habiles prises à temps par le Magistrat - de la ville empêchèrent la réunion des masses populaires et tout - se passa avec ordre, malgré les orgies grossières (_roheit_) qui - avaient précédé. Le Prince-Régent n'assista pas officiellement à - cette cérémonie, qu'il regarda simplement d'une fenêtre de la - Chambre de commerce (_Seehandlung_), institution datant de plus - d'un siècle et qui fut toujours sous la dépendance du ministère - des Finances en Prusse. - - -_Berlin, 3 décembre 1859._--Me voici à Berlin depuis avant-hier soir; j'y -suis arrivée saupoudrée de neige, qu'une forte gelée a arrêtée depuis -hier. La disposition des esprits n'est pas ce que je voudrais. La session -sera bien difficile et chacun se sent sous une calotte de plomb. Aussi le -commerce, les affaires, tout souffre, car la confiance n'est nulle part. - - -_Berlin, 20 décembre 1859._--Berlin est curieux à observer en ce moment, -mais _tristement_ curieux. M. de Moustiers, le ministre de France, a -remis hier ses lettres de rappel; il a reçu du Régent le grand cordon de -l'Aigle rouge avec diamants! Cela déplaît au ministre de Russie, Budberg. -La Russie est, en général, d'assez mauvaise humeur contre la France, -depuis le replâtrage de celle-ci avec l'Angleterre. - - -_Berlin, 27 décembre 1859._--Il faisait grand froid il y a deux jours; -depuis, le dégel a été complet et, en vingt-quatre heures, nous avons -traversé l'épreuve d'une différence de seize degrés; il y avait de quoi -jeter tout le monde sur le carreau. Le Roi est un peu plus lucide et un -peu moins débile, ce qui laisse le fond des choses au même point. - -La dernière brochure: _le Pape et le Congrès_, parue à Paris, qui fait -tomber à la renverse la diplomatie, ne laisse pas que d'agiter et -d'embarrasser, même ici; il n'y a que lord John Russell qui en -triomphe[291]. L'Empereur Napoléon sacrifie, en ce moment, à ce vilain -_petit radical_; il n'est point encore en mesure de se ruer sur Albion; -l'Allemagne y passera avant. Il me semble que l'on commence à revenir de -bien des illusions; mais il en reste encore trop, sans compter la -faiblesse, l'incertitude, les embarras intérieurs et tout ce qui garotte -et entrave le Cabinet. Cependant Schleinitz disait hier que cette -brochure mettait le Congrès en question et pourrait bien empêcher le Pape -de s'y faire représenter. Le comte de Pourtalès est parti pour Paris, -l'oreille basse et très peu _in spirits_. - - [291] Par une brochure retentissante, attribuée à l'Empereur - lui-même, et intitulée _le Pape et le Congrès_, Napoléon III - achevait de rendre ce Congrès impossible. Cet écrit servait de - texte aux interprétations les moins rassurantes pour le pouvoir - temporel du Pape quand, quelques jours après, dans une lettre du - 31 décembre 1859 à Pie IX, l'Empereur insistait personnellement - sur la nécessité qu'il y avait pour le Pape à céder aux - circonstances et à faire le sacrifice des Romagnes, où le vœu - des populations se prononçait en faveur de l'annexion à la - Sardaigne. Le Pape répondit à toutes ces menaces par l'Encyclique - du 19 janvier 1860, où il s'éleva violemment contre cette - doctrine. En France, Mgr Dupanloup fit entendre un cri - d'indignation dans un écrit intitulé: _Lettre de Mgr l'évêque - d'Orléans à un catholique sur la brochure «le Pape et le - Congrès»_, tandis que le prince Albert de Broglie faisait - entendre le sien dans un article du _Correspondant_ intitulé: _La - lettre impériale et la situation_, qui recevait aussitôt un - avertissement du Gouvernement. - - - - -1860 - - -_Berlin, 1er janvier 1860._--Voici un jour bien sérieux. Il établit -une nouvelle coupe dans notre existence; elle l'abrège, elle en marque la -décadence, mais aussi, elle nous replace sous les yeux la date des -affections qui survivent à tous les autres écroulements. - -La réponse de l'Évêque d'Orléans à la fameuse brochure _le Pape et le -Congrès_ est courageuse, elle prend l'auteur corps à corps. Mais quel -état du monde que celui où une _brochure anonyme_ suffit pour mettre -l'Europe entière en émoi! Ici, on est très agité. - - -_Berlin, 9 janvier 1860._--Le comte Karoly, ministre d'Autriche, ici, dit -tout simplement que l'Autriche est anéantie, qu'elle ne peut agir que -négativement, mais que, par son abstention, elle montrera sa répulsion -des iniquités et du manque de parole. M. de Schleinitz est très occupé et -le prince de Hohenzollern vraiment effaré, surtout des ambitions -savoyardes et niçoises de l'Empereur Napoléon. Il paraîtrait que les -trois puissances du Nord s'entendraient pour ne pas consacrer de -nouvelles délimitations territoriales; au moins, voilà le mot d'ordre -d'aujourd'hui; je ne réponds pas de demain, car on est fluctuant comme -la jeunesse. On est bien mal posé ici vis-à-vis des autres puissances de -l'Allemagne, qui se défient toutes de la Prusse. On va avoir les Chambres -qui donneront bien de l'embarras; la Chambre des Seigneurs déteste les -concessions libérales, dont le Cabinet est prodigue, et la seconde -Chambre déteste les lois de finance, très onéreuses, dont la -réorganisation de l'armée fait une nécessité. Il est évident qu'on est -trop pauvre pour avoir une grande armée, et trop mal limité pour s'en -passer. - -Quelqu'un qui doit le savoir m'a dit qu'en faisant paraître la brochure -l'Empereur Napoléon avait bien joué sa partie, son intérêt étant -d'empêcher la réunion d'un Congrès, où les projets émis dans cette -brochure n'auraient eu pour défenseurs que l'Angleterre et lui. Sans -Congrès, les choses restent comme elles sont, le temps leur donnera la -consécration d'un désir reconnu, à moins que de nouvelles révoltes -italiennes ne surviennent; alors ce serait une nouvelle guerre. - -L'Académie française se prépare, m'écrit-on, à donner un grand exemple de -courage en nommant le Père Lacordaire; cette candidature, créée par M. -Cousin, n'avait pas eu d'abord grandes chances de succès; elle en a plus -depuis la _brochure_. - -Le langage de M. Budberg sur la cour papale est assez mauvais; les Russes -abandonnent volontiers Rome pour Constantinople, à laquelle ils croient -déjà toucher du doigt. Pauvre Pape! On parle ici de lui sans foi -chrétienne, sans principe politique; on a seulement un instinct vague -que tout cela est grave. On en est sur ce point où en était une femme qui -disait à propos des revenants: «_Je n'y crois pas, mais je les crains._» - - -_Berlin, 15 janvier 1860._--J'ai reçu tout dernièrement une lettre de M. -Guizot; ce qu'il dit des choses académiques est piquant. Je copie ce -passage: «J'ai vu le Père Lacordaire et bien d'autres candidats -académiques; mes préférences sont pour le dominicain. Ce sera à moi à -faire le discours de réception et j'aurai plaisir d'esprit à parler d'un -moine[292] à l'occasion d'un républicain, car vous savez que c'est M. de -Tocqueville que nous allons remplacer. C'est le 2 février que se fera -l'élection; et cependant j'hésite encore entre le Père Lacordaire et M. -de Carné. Si c'est le premier, mon discours m'amusera bien plus; si c'est -le second, je serai plus sûr d'un choix sensé; car le jugement du -Révérend Père n'est pas _certain_ et, en vérité, nous pourrions redouter -de sa part quelque brochure contre les droits temporels du Pape. Madame -votre fille ne s'attend pas, sans doute, à cette objection de ma part; -faites-m'en honneur auprès d'elle, je vous en prie. C'est hier que j'ai -vu le Père Lacordaire, chez moi: je lui ai dit à peu près tout ce que -j'avais dans le cœur, et sur le cœur, à son sujet. Il m'a parlé avec -sincérité, abandon, dignité ouverte et naïve; mais il est bien moins -remarquable dans la conversation que dans la chaire ou dans ses livres. A -tout prendre, cependant, il m'a plu et ses chances augmentent. Il y a -une femme spirituelle et jolie qui lui cherche des voix. Elle en parlait -à Thiers, qui lui a répondu _qu'il n'avait pas goût à M. Lacordaire_. -Elle insiste. Il répond: «_Je ne me fie pas assez à l'abbé Lacordaire._» -Enfin, comme elle ne lâche pas prise, il finit par dire: «_Eh bien! -peut-être donnerai-je ma voix au Père Lacordaire._» Voilà mes anecdotes -académiques, il est plus aisé d'en écrire que de parler politique.» - - [292] M. Guizot était protestant. - - -_Berlin, 24 janvier 1860._--On dit ici que c'est le prince Napoléon qui -triomphe. Il répète beaucoup en parlant de son cousin impérial: -«_Maintenant, je le tiens._» C'est lui aussi qui est le patron d'un -affreux journal qui s'imprime à Genève, le plus subversif possible. - -La Russie est bien mécontente de la nouvelle alliance anglo-française; -mais celle-ci est-elle bien solide? La méfiance règne partout; ici on se -défie de la France, mais autant de l'Autriche; on n'est pas sûr de -pouvoir se fier à la Russie et on se demande si on peut s'appuyer sur -l'Angleterre. Tous les États en sont à peu près au même point. - - -_Berlin, 29 janvier 1860._--Il y a dans le dernier numéro du -_Correspondant_ deux articles qui font du bruit à Paris; l'un est fort -bon, et l'autre est tellement distingué que je le regarde comme une -œuvre _supérieure_ par le fond et par la forme. Ce premier article est -de M. de Falloux sur le devoir et les moyens _légaux_, à l'usage des -catholiques dans les circonstances actuelles: _très bon_. _Le_ second -est sur la lettre de l'Empereur Napoléon au Pape[293]; il est d'Albert de -Broglie et tout simplement _admirable_, sans pathos, sans véhémence, -mesure parfaite, logique serrée, argumentation puissante, ironie -incisive, grande dignité, simplicité, élévation et élégance de langage. -J'y ai pris un de ces rares plaisirs que les temps actuels n'offrent plus -guère. - - [293] Nous avons déjà parlé de cet article du prince de Broglie - intitulé: _La lettre impériale et la situation._ Sous une forme - polie, discrète, mais claire, l'Empereur Napoléon, dans cette - lettre, sommait, très respectueusement, le Pape de sacrifier ce - qu'il avait perdu, sous peine de perdre ce qu'il possédait - encore. On trouvera cette lettre aux pièces justificatives de ce - volume. - - -_Berlin, 30 janvier 1860._--Je viens d'apprendre la mort de la -Grande-Duchesse Stéphanie, qui a expiré à une heure de l'après-midi à -Nice. La Grande-Duchesse était bonne, aimable; elle était restée pure -dans les circonstances difficiles de sa jeunesse; elle était restée -fidèle, elle avait goût et confiance en moi, elle m'avait souvent -défendue; c'était une contemporaine, bien des souvenirs agréables ou -intéressants se rattachaient à elle; ses défauts, qui n'étaient que des -faiblesses, ne m'ont jamais fait souffrir. Enfin, j'ai des larmes dans -les yeux et dans le cœur pour cette mort, qui élargit les vides du passé -et les dépouillements du présent. - -Je compte partir d'ici le 10 février pour la France. - - - Ici se place une nouvelle interruption par suite de la rencontre - à Paris des deux correspondants. - - -_Paris, 12 avril 1860._--Le prince Richard de Metternich est venu hier -causer avec moi dans un fort bon sens; il m'a fait souvenir de son père -dans la façon de procéder en raisonnements et déductions. - -Il paraît que pour dissiper les aigreurs de l'Angleterre, on va lui -concéder, de la part de la France, un traité de navigation qui ébouriffe -les armateurs français, lesquels, sommés de venir ici donner des -explications, s'en sont retournés inquiets et mécontents. Commerce, -industrie, clergé et beau monde, voilà un gros fagot d'épines. - - -_Paris, 15 avril 1860._--Les suppositions, les interprétations vont leur -train et leur grand train; mais autant en emporte le vent, et ce n'est -pas la peine de s'y arrêter. L'opinion de M. de Falloux, et celle de bien -d'autres, est que M. Veuillot, dans son inexplicable mésaventure, a été -un traître et son propre espion au profit du Gouvernement d'ici. En -effet, c'est la seule façon de comprendre ce chef-d'œuvre d'imprudence -et de bêtise de la part de quelqu'un qui est spirituel et aguerri[294]. -On est beaucoup occupé de la dissolution du _Journal des Débats_, de ses -rédacteurs: MM. de Sacy et Saint-Marc Girardin se retirent, M. -Prévost-Paradol passe à _la Presse_. Le journal passe au Gouvernement, -qui l'a acheté. Les Bertin font un cas spécial de l'argent. On croit, -néanmoins, que si la subvention est forte, le nombre des abonnés -diminuera sensiblement, malgré les transitions adoucies qu'on emploiera, -pour ne pas effaroucher les lecteurs et continuer leur illusion pendant -un peu de temps encore. - - [294] Ces soupçons n'étaient pas tout à fait sans fondement, car - le journal _l'Univers_, supprimé par une ordonnance du 29 janvier - 1860, motivée par une opposition directe de ce journal contre les - droits de l'État, reparaissait par la bienveillance du - Gouvernement, quelques jours après, sous ce titre nouveau, _le - Monde_, rédigé également par M. Veuillot. - - -_Paris, 18 avril 1860._--M. Cuvillier-Fleury, qui reste au _Journal des -Débats_, disait, avant-hier soir, chez Mme Mollien, que le journal -conserverait une certaine indépendance, à quoi M. Dumont a répliqué que -c'était pour mieux servir l'Empereur en trompant le public. On est fort -aigre sur cette question des _Débats_; mais tout pâlit devant une -nouvelle brochure, parue il y a trente-six heures, et qui a fait baisser -la rente de vingt-cinq centimes. Elle a pour titre _la Coalition_. Elle -est attribuée à la même source que les autres brochures qui remplacent -les manifestes, précédant autrefois les grands chocs politiques. Je -n'entends pas parler d'autre chose. Qu'en dira l'Europe et surtout -l'Angleterre[295]? - - [295] Cette brochure, qui fut le prétexte de nombreuses - manœuvres de Bourse, était anonyme, ce qui rendit facile au - Gouvernement de la dénoncer, en la déférant à la justice. Sous le - voile des limites naturelles, cet écrit traitait assez - ouvertement l'idée, caressée par l'Empereur Napoléon, de - l'annexion à la France des provinces rhénanes. - -_Paris, 20 avril 1860._--La brochure a été désavouée; mais il y a des -esprits mal faits qui prétendent que, si elle n'est pas d'origine -directe, elle est puisée dans des inspirations puissantes. Ces gens-là -disent que la librairie Dentu n'aurait pas osé publier un pareil brandon -sans la certitude de n'être ni poursuivie, ni saisie. En quarante-huit -heures, il s'en est imprimé et vendu trois éditions; bref, les esprits -mal faits disent que c'est un ballon d'essai contenant la pensée de -Napoléon. - -Le maréchal Randon quitte, dit-on, le ministère de la Guerre, qui -rentrerait aux mains du maréchal Vaillant[296]. On assure que cette -sortie et cette rentrée déplaisent à l'armée. - - [296] Le maréchal Randon avait été fait ministre de la Guerre le - 5 mai 1859, en remplacement du maréchal Vaillant, promu major - général de l'armé alliée, lorsque les troupes françaises avaient - franchi les Alpes. - -On est très agité en Sicile qui paraît, de par l'intrigue anglaise, en -pleine combustion. Naples est menacé, M. de Cavour lui-même débordé et -l'oracle des Tuileries fort embarrassé. - -A travers ces gros et sombres nuages, les quadrilles, les déguisements, -les décors du bal du 24 de ce mois[297] préoccupent toutes les jeunes et -jolies étrangères et dames du monde officiel. - - [297] Le 24 avril eut lieu, à l'hôtel d'Albe à Paris (maison - appartenant à Mme de Montijo, mère de l'Impératrice Eugénie), un - bal qui resta célèbre dans les annales napoléoniennes, non - seulement par l'étalage de la richesse des costumes et d'un luxe - effréné, mais plus encore par le décolletage, les jupes trop - courtes des dames, leur déguisement en homme, ainsi que le manque - de convenance dans les propos qui s'y tinrent. - -J'ai dîné, avant-hier, chez la duchesse de Vicence, qui est assez -mécontente de M. Thiers, pour avoir cité de travers les Mémoires de son -mari, dans le dix-septième volume de l'_Histoire du Consulat et de -l'Empire_[298]. - - [298] Napoléon Ier, arrivé le 31 mars 1814 à quelques lieues - de Fontainebleau, avait ordonné au duc de Vicence de partir - sur-le-champ, pour aller trouver l'Empereur Alexandre Ier et - essayer de conclure la paix aux conditions de Châtillon. M. - Thiers, en rappelant cette circonstance dans le dix-septième - volume, page 624, de son ouvrage, donne un tout autre caractère à - cette mission. Il fait croire qu'elle n'avait d'autre but, dans - la pensée de l'Empereur, que de lui faire gagner deux ou trois - jours, afin de donner à l'armée le temps de le rejoindre. - - -M. Cuvillier-Fleury, qui est la dernière petite lumière du _Journal des -Débats_, y a inséré un article sur ce dix-septième volume, qu'on dit -assez piquant pour avoir irrité M. Thiers[299]. Celui-ci dit que les -Princes d'Orléans (dont il suppose M. Cuvillier-Fleury d'être l'agent) ne -lui ont jamais pardonné d'avoir dit, dans le temps où il était ministre, -qu'ils étaient des _Archiducs_. - - [299] Dans une série d'articles publiés dans le _Journal des - Débats_ sur le XVIIe volume du _Consulat et de l'Empire_, - Cuvillier-Fleury, tout en faisant ressortir l'immense succès de - l'œuvre de M. Thiers, le critiquait spirituellement en le - mettant en opposition avec lui-même. Il démontrait que, malgré - ses opinions actuelles, M. Thiers ne semblait pas admettre que - toute dictature ne fût fatalement entraînée à des excès qui la - perdent; qu'il paraissait croire qu'une autorité forte, - lorsqu'elle est indispensable, n'est pas nécessairement - malfaisante, et qu'il admettait même qu'un despotisme qui vient à - propos peut être sage. - -Le _Journal des Débats_ a perdu dans les dernières semaines trois mille -abonnés! - -Je lis maintenant les deux derniers volumes du _Port-Royal_ de M. de -Sainte-Beuve[300]. C'est une bonne lecture qui reporte vers d'autres -temps. Le nôtre est de plus en plus déplorable à tous les points de vue. - - [300] Ce livre est l'œuvre la plus complète et la plus sérieuse - que Sainte-Beuve ait jamais faite. Elle occupa vingt-deux ans de - sa vie, et l'histoire de ce couvent si attaqué, si défendu, - devint, sous sa plume, une histoire littéraire du siècle de Louis - XIV. - - -_Paris, 23 avril 1860._--Le général Ortega fusillé et le comte de -Montemolin arrêté maladroitement en Espagne, c'est de cela qu'on jase -ici[301]. Ce qui est plus curieux, c'est que lord Cowley a eu, la veille -de son départ pour Londres, une conversation orageuse avec l'Empereur -Napoléon, qui a dit: «_Il faut que l'Angleterre choisisse entre une -alliance franche et cordiale, sérieuse, ou la guerre. Je suis à bout de -ma patience._» Nous sommes donc à la veille d'une tempête générale ou -d'un aplatissement universel[302]. On ne croit plus au changement -immédiat du ministre de la Guerre. - - [301] Le général Ortega, capitaine général des îles Baléares, - chef apparent d'une nouvelle tentative d'insurrection carliste, - qui venait d'avorter en Espagne, fut fusillé le 18 avril 1860. Le - comte de Montemolin et son frère, arrêtés en même temps, - recouvrèrent promptement leur liberté en renonçant à leurs droits - au trône par une lettre écrite en langue espagnole, adressée à la - Reine Isabelle II, datée de Tortosa le 12 avril 1860. - - [302] L'Empereur Napoléon III était très irrité contre - l'Angleterre, qui protestait avec vigueur contre l'annexion de - Nice et de la Savoie à la France. Lord Cowley avait eu, à ce - sujet, des entretiens peu amicaux avec M. Walewski, ensuite avec - M. Thouvenel, et échangeait sur ce point une correspondance - confidentielle avec lord John Russel, ministre des Affaires - étrangères. Dans un discours très violent contre l'Empereur - Napoléon, prononcé par le chef du Foreign-Office à la Chambre des - Communes le 25 mars, le noble Lord avait déclaré que l'Angleterre - ne pouvait sacrifier pour la France l'alliance du reste de - l'Europe. Tous ces symptômes de mécontentement entretenaient - l'opinion publique dans la croyance d'une guerre prochaine avec - l'Angleterre. - - -_Paris, 27 avril 1860._--Si seulement on avait un peu de soleil pour se -réconforter; mais l'obscurité est partout; au ciel, dans les esprits et -sur la terre. Encore si les âmes étaient éclairées! Il n'y a plus ici -d'autre clarté que celle des feux électriques qui ont éclairé le palais -d'Albe d'une étrange magie à la fête d'avant-hier. Cependant, le clair de -lune, tant annoncé, a été supprimé, car Diane[303] n'a paru qu'en domino. -Le carquois en diamants, les flèches en diamants, _le Régent_ devenu -centre d'un croissant, tout cela a été tristement, et non sans larmes, -replacé au trésor de la Couronne. Un article du _Times_ en a été cause. -La police avait eu aussi de sinistres rapports qui avaient fait tripler -les précautions. Aussi, les vives instances de Mme Walewska, pour que la -fête fût répétée demain, ont été repoussées par un _non_ fort sec, répété -trois fois par l'Empereur Napoléon. - - [303] L'Impératrice Eugénie. - -Le comte de Montemolin et son frère n'ont pas été arrêtés par un zèle -maladroit, mais bien pour ôter à ceux qui avaient exécuté cette -entreprise tout prétexte d'y revenir. - -On parle d'explications vives en plein bal avec l'Ambassadeur -d'Espagne[304]. Il paraît qu'on voulait ôter à la Reine Isabelle toute -liberté de secourir le Pape; on est aussi fort importuné, ici, de -l'attitude du duc de Montpensier et de la jeune gloire du comte -d'Eu[305]. L'Angleterre arme à outrance; l'Europe n'est plus dupe; mais -personne ne songe, à ce qu'il paraît, à autre chose qu'à sa défensive. - - [304] M. Mon était alors Ambassadeur d'Espagne à Paris. - - [305] Le duc de Montpensier s'était définitivement fixé à Séville - et y intriguait sourdement, malgré tous les honneurs dont l'avait - comblé sa belle-sœur, la Reine Isabelle. Le comte d'Eu, fils du - duc de Nemours, enseigne dans le régiment des chasseurs à cheval - espagnols (Albuféra), faisait avec éclat ses premières armes au - Maroc, à cette époque-là en guerre avec l'Espagne. - - -_Paris, 30 avril 1860._--L'Ambassadeur d'Espagne a reçu, hier, de Madrid, -un télégramme qui lui annonce que le comte de Montemolin et son frère, -l'Infant don Juan, ont adressé des lettres autographes à la Reine -Isabelle, dans lesquelles ils déclarent renoncer à tous leurs droits à la -couronne d'Espagne. C'était bien la peine de se faire fusiller, comme -Ortega, pour de pareils gens! - -M. Thiers est encore plus furieux contre le second article de M. -Cuvillier-Fleury, dans le _Journal des Débats_, que contre le premier. On -assure, que sans Mmes Dosne et Thiers, l'historien _national_ serait déjà -aux Tuileries où il me paraît très digne de figurer. - -La duchesse de Galliera a été en Angleterre pour négocier le mariage du -Comte de Paris avec la fille de la Duchesse de Parme; elle a échoué! - -La question d'Orient est entamée; la Russie est aux pieds de la France, -l'Autriche très plate, la guerre contre l'Angleterre presque décidée. Je -crois que l'Angleterre aurait tort de compter sur ses alliés du -continent. - - -_Rochecotte, 15 mai 1860._--La nouvelle qui courait à Paris, le 12, du -débarquement de Garibaldi en Calabre est prématurée. Il a touché -Livourne, est allé à terre, a pris là huit cents hommes de plus, s'est -embarqué en disant qu'il n'avait point de parti pris sur son lieu de -débarquement[306]. Voici le partage des rôles. _Le Roi Victor-Emmanuel -avoue Garibaldi; M. de Cavour le désavoue; l'Empereur Napoléon désavoue -M. de Cavour et Garibaldi et le Roi!_ Si Garibaldi n'est pas pris et -pendu par les bâtiments du Roi de Naples, toute l'Italie sera de nouveau -en feu dans un mois. - - [306] Garibaldi quitta Gênes dans la nuit du 5 au 6 mai 1860, sur - un bateau de plaisance qui lui appartenait, et rallia le bateau - expéditionnaire qui, ayant prit une patente pour Malte, était - sorti du port deux jours avant et se tenait au large. Après avoir - abordé ce navire, Garibaldi fit route sur la Sicile, au lieu de - se diriger sur Malte, suivi de plusieurs autres bâtiments chargés - d'hommes et de munitions, qui le rejoignirent dans cette - direction. Ils débarquèrent le 11 mai à Marsala et entrèrent dans - Palerme le 27, après avoir bombardé cette ville pendant quelques - heures. C'est ce qu'on a appelé _l'expédition des Mille_. - -J'ai une lettre d'Angleterre dans laquelle on me dit que lord Palmerston -ne veut plus qu'on le croie impérialiste, et dit tout haut les raisons de -son éloignement. Il parle aussi de l'avenir qu'il prévoit et des -difficultés que rencontrerait l'Angleterre pour renouer de fortes -alliances sur le continent. Il dit que, ni à Vienne, ni à Berlin, ni à -Saint-Pétersbourg, il n'y a plus de Gouvernement, personne en état de -prendre une initiative, une résolution et de l'accomplir, qu'il faut -attendre une forte crise qui poussera tout le monde. Il me semble que ce -qu'il dit des autres Cabinets s'appliquerait bien aussi à celui de -l'Angleterre! - - - Nouvelle réunion à Bade des deux correspondants. - - -_Berlin, 17 juin 1860._--Je suis arrivée ici par un temps hideux. -Aujourd'hui, un pâle soleil éclaire les rues désertes de Berlin. En -route, à Bruchsal, j'ai rencontré les Rois de Saxe et de Hanovre; ils -m'ont fait l'effet de moutons menés à la boucherie; car cette entrevue à -Bade des Souverains allemands avec l'Empereur Napoléon pourrait n'être -que cela[307]. - - [307] Dans les premiers jours de juin 1860, le Ministre de France - à Berlin, le prince de la Tour d'Auvergne, fit savoir au baron de - Schleinitz, ministre des Affaires étrangères en Prusse, que - l'Empereur Napoléon, ayant appris que le Prince-Régent allait se - rendre à Bade, désirait aussi s'y rendre, car il considérait une - entrevue avec ce Prince comme le meilleur moyen de rassurer - l'Allemagne sur la stabilité de la paix. Soupçonnant que cette - demande cachait un secret désir d'obtenir un agrandissement du - côté du Rhin et l'espoir de disloquer la Ligue germanique, le - Prince-Régent accepta la proposition de l'Empereur, qui vint à - Bade du 15 au 17 juin; mais, auparavant, il faisait adresser une - communication confidentielle à toutes les Cours allemandes, les - invitant à venir à Bade assister à cette visite. Tous les Princes - s'y trouvèrent, jusqu'au Roi de Hanovre, aveugle, au grand - désappointement de Napoléon III, qui avait compté sur un - tête-à-tête avec le Prince de Prusse. - -J'ai trouvé ici des lettres d'un peu partout: en voici les extraits: _De -Paris_: «L'Empereur Napoléon, en revenant de Lyon[308], a dit à son -secrétaire, M. Mocquard: «_Il faut se tenir tranquille pour le moment, et -tranquilliser les autres: toutes ces alarmes gâtent le présent et nuisent -à l'avenir._» Des instructions ont été données aux journaux du -Gouvernement pour mettre une sourdine et surtout pour caresser -l'Allemagne. Le manifeste de Mazzini[309] est aussi pour quelque chose -dans ce _temps d'arrêt_. Il revient de tous côtés que les -révolutionnaires illimités sont de plus en plus les maîtres en l'Italie. -On s'attend à voir Garibaldi passer de Sicile sur le continent. Il ira -prendre Messine à Naples.» - - [308] L'Empereur et l'Impératrice s'étaient rendus à Lyon pour y - rencontrer l'Impératrice mère de Russie. - - [309] Le rôle que Mazzini remplit alors en Italie fut assez - secondaire. Il essaya, sans succès, par diverses tentatives, de - faire tourner au profit de la démocratie républicaine l'élan - irrésistible qui poussait le pays tout entier à reconnaître son - unité; il venait de publier, dans ce but, son manifeste intitulé: - _Ni apostat, ni rebelle_, où il proclamait qu'entre le programme - de Cavour et celui de Garibaldi, il choisissait le second, et - que, sans Rome ni Venise, il n'y avait point d'Italie. - - -_De Vienne_: «L'Empereur François-Joseph est dans un grand découragement, -non seulement à cause de ses revers, mais parce qu'il a, dit-il, fait -fausse route, sur la foi du prince Félix Schwarzenberg, qui l'a lancé -dans le système de l'unité politique et administrative de l'Empire. Il -essaye d'en revenir sans grande vigueur et sans espoir.» - -J'ai aussi trouvé ici le nouveau livre de l'évêque d'Orléans sur _la -Souveraineté du Pape_. J'ai passé ma soirée d'hier à le parcourir; il m'a -semblé plein de talent, d'esprit et de courage, écrit avec une sincère -intention d'être de son temps et d'en être bien compris, en lui disant -ses vérités. C'est grand dommage qu'il se laisse aller à une polémique de -détail et de routine. J'aurais cru qu'il eût été plus habile de ne -s'attacher qu'à une ou deux idées simples, et à les mettre et remettre -incessamment en lumière. L'Évêque remue trop de choses secondaires, ce -qui obscurcit les grandes[310]. Du reste, je juge un peu à la légère, car -je n'ai _pas_ lu, je n'ai que parcouru. - - [310] Ce livre est un ouvrage de circonstance trop détaillé, mais - formant un exposé complet au point de vue de l'exercice de la - puissance spirituelle, de l'origine, de la durée et de la - nécessité du pouvoir temporel. - - -_Berlin, 19 juin 1860._--Lady Westmorland m'écrit de Londres: «Le roi -Léopold de Belgique est venu me faire une longue visite fort aimable. -Cela fait du bien de causer avec quelqu'un qui conserve encore nos -traditions. Il désapprouve et craint extrêmement l'entrevue de Bade.» - -On m'écrit de Paris sous la date du 16 juin: «La réunion de Bade est -décidément prise ici pour une promesse d'été pacifique, peut-être même -d'un peu de désarmement. Ce n'est pas un retour de confiance, c'est une -suspension de méfiance. On ajourne ses inquiétudes en les gardant. Le -monde officiel tient deux langages: aux uns il promet la paix, aux autres -il dit: «N'ayez pas peur, rien n'est abandonné; la France reprendra ce -que l'Empire lui avait donné; les propositions de Francfort en 1813; -_c'est là votre minimum_.» - -«N'êtes-vous pas frappée de lord John Russel abandonnant le bill de -Réforme? Voilà deux fois en trois semaines que le bon sens anglais se -retrouve et fait la loi au Cabinet: ce n'est encore, j'en conviens, que -sur des questions intérieures. L'esprit public est toujours échauffé en -Angleterre sur les affaires d'Italie. Garibaldi y est populaire; mais -quand le mouvement révolutionnaire fera des Garibaldi ailleurs, -volontaires ou entraînés, le bon sens anglais se ravivera. Les hommes -manquent là, à la bonne cause, plus que le public.» - - -_Sagan, 22 juin 1860._--Une personne ayant des relations en Sicile -m'écrit que, si on y laissait les votes libres, cette belle île se -choisirait pour souverain le duc d'Aumale dont la femme est Sicilienne. -Comme de raison, l'Empereur Napoléon ne le souffrira pas. - -On m'écrit de Paris qu'il est fortement question, dans le monde -législatif, d'établir un impôt nouveau, consistant à donner une part -d'enfant à l'État dans les successions; c'est du socialisme pur. - - -_Sagan, 25 juin 1860._--Je suis parvenue à savoir quel était le langage -que l'Empereur Napoléon se proposait de tenir au Prince-Régent de Prusse -lorsqu'il s'est rendu à Bade. A-t-il réellement suivi ce programme? J'en -doute, vu la différence du terrain qui a été autre qu'il ne s'y -attendait. Voici donc en résumé ce qu'il comptait dire au Régent: «Force -protestations pacifiques, au travers desquelles l'Empereur Napoléon -aurait demandé au Prince-Régent de le laisser en finir avec l'Autriche. -Il voulait lui dire qu'il n'y avait pas moyen d'en rester où l'on en est; -qu'il fallait que la Hongrie fût satisfaite, la Vénétie délivrée; que le -repos de l'Europe et la sécurité de l'Allemagne n'était qu'au prix de -l'entière défaite de l'Autriche. Que la Prusse devait donc le laisser -faire, lui Napoléon; et qu'elle aurait part à l'héritage. Que l'Empereur -Napoléon ne pensait pas à la ligne du Rhin proprement dite, qu'il ne -voulait rien enlever à la _véritable nationalité_ allemande, que la ligne -de la _Meuse_ lui suffisait, que celle-là ne rendrait à la France que des -populations françaises, ou à peu près, que la Prusse y gagnerait une -extension des provinces rhénanes vers l'Ouest; sans parler de ce qui -pourrait lui échoir en Allemagne, même à l'Est et au Nord; quel intérêt -la Prusse aurait-elle à l'existence de la Belgique? La Belgique est un -État factice, incapable de se protéger lui-même, et qui, toujours en -question, tiendra en trouble ses voisins. Que pour en finir avec les -révolutions, il fallait faire partout de grands États: que l'Italie -devait redevenir _l'empire romain_, que l'Allemagne devait devenir -_l'empire prussien_; que les petites populations françaises, de langue et -de mœurs, qui longent les frontières de la France: la Belgique, le -canton de Vaud, ceux de Neufchâtel et de Genève, devaient rentrer dans -_l'empire français_. Qu'alors les nationalités seraient satisfaites, les -ambitions aussi; que les imaginations auraient de l'espace. Que ce qui -faisait les révolutions étaient les petits qui voulaient devenir grands; -que du jour où il n'y aurait plus que des grands, en petit nombre, mais -unis entre eux, on aurait bon marché des révolutionnaires. Que les grands -empires, c'est la paix!» - -C'est là ce qui est au fond du personnage. - -On me mande de Londres que lord Palmerston se prépare à la lutte, qu'il -est rentré dans la confiance de la Reine et du prince Albert, et en -quasi-intelligence avec les Tories; que les questions intérieures -anglaises seront mises à l'écart, qu'on ne s'occupera plus de réprimer en -Europe les ambitions françaises et qu'on espère que la Prusse ne se -laissera pas leurrer par l'Empereur Napoléon. - - -_Sagan, 28 juin 1860._--On m'écrit de Londres: «Les nouvelles que l'on -reçoit ici de Bade sont bonnes. L'Empereur Napoléon avait cru apparemment -qu'il y avait moyen de s'entendre avec la Prusse. Il a fourni à la Prusse -une occasion excellente pour s'entendre avec toutes les cours -d'Allemagne. Le Prince-Régent en a profité avec adresse, et il résulte de -la conférence de Bade, que toutes les cours d'Allemagne, y compris, -dit-on, celle d'Autriche, sont arrivées à s'entendre beaucoup mieux -qu'elles n'ont fait depuis longtemps. Il serait curieux que le résultat -de la politique impériale eût été de consolider les nationalités -italiennes et allemandes dans un esprit d'opposition à la France.» - - -_Sagan, 5 juillet 1860._--Voici les extraits de mes lettres reçues de -Paris: - -_Paris, 1er juillet_: «Nous avons été très occupés de la rencontre des -souverains à Bade. Plusieurs personnes bien informées disent que -l'Empereur Napoléon a été très peu content de son séjour à Bade, et très -mécontent, depuis son retour, du langage que les journaux prêtent au -Prince-Régent de Prusse. - -«La situation du Roi de Naples devient de jour en jour plus mauvaise, ce -n'est plus Victor-Emmanuel qui sera roi d'Italie, c'est la révolution -sous le nom de Garibaldi. A quelle frontière s'arrêtera-t-elle? -L'Empereur commence à s'en alarmer. Le prince Napoléon est irrité que -l'Empereur ne soit pas venu en personne à la cérémonie des obsèques de -son père[311]. Le roi Jérôme allait régulièrement à la messe et s'était -confessé cet hiver: ceci est certain; il a fini très régulièrement, -malgré les impiétés de son fils. - - [311] Le prince Jérôme-Napoléon Bonaparte, le plus jeune et le - dernier survivant des frères de Napoléon Ier, qui avait été - Roi de Westphalie, était mort à Paris, dans sa soixante-seizième - année. Ses funérailles eurent lieu en grande pompe, le 3 juillet - 1860, aux Invalides. L'Empereur Napoléon III s'y fit représenter - par le duc de Malakoff. - -«Prévost-Paradol fera son temps de prison dans une maison de santé à -Passy[312]. La _Presse_, dans laquelle il écrivait, après avoir quitté -les _Débats_, a rompu son engagement avec lui; il se trouve avec une -femme folle et sans moyen d'existence.» - - [312] M. Prévost-Paradol, qui, en 1860, figurait parmi les - collaborateurs du _Journal des Débats_, avait publié une brochure - intitulée: _Les anciens partis_. Cette publication lui valut - d'être traduit en police correctionnelle, comme ayant voulu - exciter à la haine et au mépris du Gouvernement. M. - Prévost-Paradol fut condamné à un mois de prison et à mille - francs d'amende. Cette condamnation eut un tel retentissement - qu'elle rendit M. Prévost-Paradol presque populaire. - -Autre lettre du 1er juillet de Paris. «Le roi Jérôme a demandé que son -corps ne fût pas déposé à Saint-Denis, disant que, quand les Bourbons -reviendraient, ils ne manqueraient pas de le jeter dehors. Son fils a -tenu à l'exécution de sa dernière volonté, ce qui a contrarié l'Empereur, -car il voulait amuser les Parisiens en faisant promener, sur les -boulevards, les cendres du grand homme et celles de Jérôme. - -«Les affaires de Rome sont fort tristes: Mme de Lamoricière en est -revenue _navrée_; le feu de paille s'est vite éteint: point d'officiers, -point d'argent et partout des résistances. Le Saint-Père, résigné à la -façon des martyrs, et trouvant qu'il est peu digne à lui de se défendre. -Il a peut-être raison. - -«L'entrevue de Bade est prise comme un échec pour le mystificateur -habituel; il va s'en consoler à Nice, en Savoie, en Algérie. Il voit que -tout lui échappe; sa politique devient plus tortueuse, plus hésitante, -plus mensongère que jamais. Le roi de Wurtemberg paraît lui avoir parlé -ouvertement de cet étrange système de brochures; il l'a dit à ses -Ministres auxquels, depuis son retour, il paraît triste et soucieux.» - -Autre lettre du 2 juillet de Paris: «Je sais de façon certaine, et -j'avoue que je m'en étonne, que l'Empereur Napoléon a trouvé que, des -souverains réunis à Bade, celui qui avait le plus d'esprit, c'était le -Roi de Hanovre, après lui, le Roi de Saxe, que le reste n'était que des -médiocrités. - -«Le _sursis_ est positif. L'Empereur a dit à des commerçants que nous -n'aurions pas de guerre _cette année-ci_, ce qui ne les a guère rassurés; -car, qu'est-ce qu'une année pour des affaires commerciales?» - - -_Günthersdorf, 10 juillet 1860._--Quarante-huit heures avant la mort de -son père, le prince Napoléon a voulu faire vendre publiquement ses -chevaux. L'Empereur l'en a empêché. Le jour même du décès, il a renvoyé -la maison militaire de son père et il en a donné avis au Ministre de la -Guerre. Le Ministre a répondu que la maison resterait jusqu'à ce qu'il en -eût été référé à l'Empereur. - -L'Empereur, immédiatement après la mort du roi Jérôme, a fait mettre les -scellés sur ses papiers et en a pris possession depuis. - -Le prince Napoléon a aussi empêché le fils et le petit-fils de -Jérôme[313] d'arriver au lit de mort du mourant et de lui dire un dernier -adieu. - - [313] Il s'agit ici du fils issu du mariage légal et légitime que - Jérôme avait contracté à Baltimore, en 1803, avec Élisa Paterson. - Ce mariage, non reconnu par Napoléon, fut arbitrairement cassé en - 1805; mais Élisa Paterson défendit ses droits toute sa vie, et - ceux de son fils, avec une énergie singulière. Son fils se fixa à - Baltimore et épousa dans cette ville, en 1829, Mlle Suzanne Gay - dont il eut un fils qui vint s'établir à Paris où, grâce à la - princesse Mathilde dont il avait su conquérir l'amitié, il entra - dans le régiment des Guides, dont il fut un brillant officier. - Pendant le siège de Paris, il se distingua et conquit les galons - de colonel. Après la guerre de 1870, il se fixa à Boston et - mourut en 1893. - -Je ne puis me calmer sur l'histoire du comte de Montemolin: la bêtise au -commencement, la lâcheté au milieu, la déloyauté à la fois. Quel mal de -semblables aventures ne font-elles pas à la légitimité[314]! - - [314] Vers le 1er juillet 1860, un document accompagné d'une - lettre fut adressé par le comte de Montemolin à la Reine Isabelle - II. Ces deux écrits expliquaient la renonciation passée et une - rétractation présente: «_Considérant_, disait Don Carlos, _que - l'acte de Tortosa du 23 avril est le résultat de circonstances - exceptionnelles; écrit dans une prison et au moment où toute - communication nous était interdite, il ne remplit aucune des - conditions qu'exigeait sa validité; que, par conséquent, il est - nul et illégal et ne saurait être ratifié. Attendu l'avis de - jurisconsultes compétents, nous le déclarons nul et non avenu et - le rétractons_.» - - -_Günthersdorf, 13 juillet 1860._--Une personne, qui a occasion de savoir -ce que pense et ce que dit _tout bas_ le ministre de Sardaigne à Paris, -M. Nigra, sur les affaires d'Italie, me mande que, selon lui, la Russie -et la Prusse sont presque aussi mécontentes que l'Autriche de ce qui se -passe en Italie. L'Angleterre, tout en se tenant en dehors, verrait sans -déplaisir que les trois États du Nord se rapprochassent pour une cause -quelconque, même pour une cause qui n'aurait pas sa sympathie. La France -seule est vraiment favorable à l'Italie. La France laissera tout faire en -Italie, sauf l'expropriation de la _ville_ de Rome contre le Pape. -Seulement, elle ne reconnaîtra, quant à présent, aucun des changements de -territoire à opérer. Maintenant que tous les renforts destinés à -Garibaldi sont partis de Gênes, elle conseille au roi Victor-Emmanuel -d'arrêter quelque petite expédition en retard pour prouver la -non-complicité du Piémont et calmer un peu le Nord. Quant au roi -Victor-Emmanuel, à Cavour et à Garibaldi, ils sont parfaitement résolus à -parachever leur œuvre, et à amener la Sicile, puis Naples, puis les -Marches, puis le reste des États romains, sans se soucier du Roi de -Naples, de sa constitution et de ses propositions d'alliance. On me dit -d'ailleurs que, si le Roi de Naples était un peu capable, sa partie -serait beaucoup moins mauvaise qu'elle n'en a l'air, car Garibaldi est, à -ce qu'il paraît, fort mal à l'aise et grandement embarrassé en Sicile. - - -_Günthersdorf, 18 juillet 1860._--On se demande, à Paris, ce qu'on fera -du million qui formait la dotation du roi Jérôme. Les indépendants et les -économes le réclament pour le Trésor; les prudents veulent qu'on s'en -serve pour augmenter la dotation du prince Napoléon et de la princesse -Clotilde qui n'ont, l'un qu'un million, l'autre que deux cent mille -francs de douaire assuré. - -Il paraît que l'Empereur Napoléon se refroidit un peu dans son goût pour -le libre échange: les souffrances et les plaintes de l'industrie le -préoccupent, ou il y a moins d'empressement à plaire au delà de la -Manche. - - - Nouvelle réunion des deux correspondants à Günthersdorf. - - -_Sagan, 26 août 1860._--Voici les extraits des lettres qui me sont -parvenues: - -_De Paris, 20 août._ «Lamoricière est assez content à Rome. Sans illusion -et sans charlatanisme, sa petite armée se forme; il aura dans deux mois -vingt mille hommes de vraies troupes, et de quoi les payer pendant deux -ans; car l'emprunt romain est couvert, pas beaucoup au delà, mais -réellement couvert; c'est en France qu'il a le moins réussi. Les soldats -de Lamoricière sont presque tous des Allemands, des Irlandais ou des -Belges. La plupart des petits gentilshommes français, qui y étaient -allés, n'y sont pas restés. Lamoricière a fait de son mieux pour s'en -débarrasser. Ils avaient toutes sortes de fantaisies: les uns ne -voulaient pas saluer les officiers français dans les rues de Rome; les -autres demandaient des uniformes particuliers. D'honnêtes hobereaux -écrivaient au général pour le conjurer de veiller aux mœurs de leur -fils, ce qui le faisait un peu jurer et dire: «Je ne fonde pas un -couvent; ils pécheront, puis ils se confesseront; puis ils repécheront et -se reconfesseront.» - -«Si Garibaldi, après avoir renversé le Roi de Naples, envahit et veut -soulever les Marches, Lamoricière les défendra. Il n'essaiera pas de -défendre Rome, si l'armée française s'en va. Il emmènera le Pape -ailleurs, à Ancône, probablement. Le Pape répugne extrêmement à quitter -Rome, quelle que soit l'extrémité à laquelle on le réduise; on se promet -pourtant à l'y décider, s'il le faut. Il est toujours à merveille pour -Lamoricière, qui est assez bien avec le cardinal Antonelli; rien -qu'_assez bien_. - -«On regarde le rappel un peu déguisé du général de Goyon comme un -commencement d'abandon. On a fortement essayé, dans ces derniers temps, -d'obtenir du Pape quelque grande mesure, quelques concessions éclatantes, -le pendant de la constitution du Roi de Naples; on dit que M. de Cadore, -qui remplace par intérim le duc de Gramont, a passé à ce sujet une note -très hautaine, qui a irrité le Pape et lui a suggéré un refus absolu. On -ne doute guère de la chute du Roi de Naples. Et Garibaldi partira de là -pour Venise, comme il est parti de Gênes pour Palerme, et de Palerme pour -Naples. La réception pourrait être différente!» - - -_Sagan, 30 septembre 1860._--On m'écrit que l'Impératrice Eugénie est -fort souffrante; elle a attrapé un gros rhume à Lyon; cependant, elle -veut continuer le voyage pour Alger[315]. - - [315] Le 23 août 1860, l'Empereur Napoléon et l'Impératrice - Eugénie entreprirent un voyage qui dura plus d'un mois, leur fit - visiter Lyon d'abord, puis les nouvelles provinces annexées de la - Savoie et de Nice. A leur passage par Chambéry, ils furent - salués, au nom du Roi Victor-Emmanuel, par le ministre de - l'Intérieur Farini et le général Cialdini, porteur d'une lettre - autographe du Roi de Sardaigne à l'Empereur. Revenant ensuite à - travers le Dauphiné, la Provence et Nice, ils s'embarquèrent pour - la Corse; de là, ils allèrent en Algérie et ne revinrent que le - 24 septembre à Saint-Cloud. - - -La réunion probable de Varsovie, le toast de l'Empereur de Russie le jour -de la fête de l'Empereur d'Autriche[316], le peu de foi qu'on attache au -discours de Persigny[317], tout cela surprend à Paris, où l'on se croyait -surtout avoir plus d'action sur la Russie. - - [316] Au banquet donné à Saint-Pétersbourg par l'Empereur - Alexandre II pour le jour de la naissance de l'Empereur - François-Joseph, le Czar avait dit dans son toast: «_A mon cher - frère l'Empereur d'Autriche_.» Ces paroles furent commentées par - les journaux allemands qui les rapprochèrent des conférences - prolongées que M. de Rechberg avait alors à Vienne avec - l'Ambassadeur de Russie, M. de Bolovine, depuis son retour de - Teplitz; il s'établit ainsi la croyance d'une prochaine rencontre - du Prince-Régent, de l'Empereur d'Autriche et de l'Empereur de - Russie. Les trois souverains du Nord se rencontrèrent, en effet, - le 23 octobre à Varsovie et tombèrent d'accord pour repousser - toute proposition d'un Congrès sur la question italienne. - - [317] A l'ouverture du Conseil général du département de la Loire - dont M. de Persigny était président, celui-ci prononça un - discours où l'intention de tranquilliser l'opinion publique était - visible. M. de Persigny tendait à prouver que, malgré les guerres - d'Italie et de Crimée, la parole de l'Empereur à Bordeaux: - «_L'Empire, c'est la paix!_» était restée inattaquable, que le - nouvel Empire n'acceptait la succession du premier Empire que - sous bénéfice d'inventaire; qu'il répudiait l'héritage des luttes - et des vengeances pour entrer dans des rapports de paix et de - concorde avec toutes les Puissances et que son programme était - fidèlement suivi. - -On me mande: «Je viens de voir le général prince de Holstein. Il revient -de Danemark et de Berlin. Il dit que le Prince-Régent de Prusse lui a -donné la commission de dire au Roi de Danemark, pour le désillusionner -sur le compte de l'Empereur Napoléon, que celui-ci avait offert à la -Prusse de lui garantir le Holstein et le Schleswig, si elle entrait dans -ses vues par rapport au Rhin.» - - -_Sagan, 6 septembre 1860._--Je reçois une lettre de Paris dans laquelle -je trouve ceci: «Avant de partir pour la Savoie, l'Empereur Napoléon a -envoyé chercher le prince de Metternich et lui a dit: «Surtout -gardez-vous de recommencer la faute du Tessin; attendez l'attaque des -Piémontais. Quand elle viendra, respectez les stipulations de -Villafranca, et faites, du reste, sur le Piémont, la Toscane, Parme, -Modène, ce que vous voudrez. Je vous livre les agresseurs et ce que je -n'ai pas reconnu.» Mais en même temps que Napoléon tenait ce langage au -prince de Metternich, il a dit à l'ambassadeur de Sardaigne: «Tenez-vous -prêts, complétez votre armée, troupes et matériel, je vous y aiderai.» -Toujours de la fourberie, Dieu veuille qu'on n'en soit la dupe nulle -part!» - - -_Sagan, 9 septembre 1860._--La mort du vieux Grand-Duc de -Mecklembourg-Strélitz[318], que je regrette personnellement, m'est même -très sensible. Il m'a comblée de constantes bontés. Pendant sa dernière -maladie, il me faisait donner de ses nouvelles par la Grande-Duchesse, et -depuis sa mort, sa veuve m'a fait écrire des paroles bien touchantes, -dont il l'a chargée pour moi. Il avait de l'esprit, des goûts fins et -délicats, des sentiments élevés, des manières exquises, de cette belle -politesse perdue, hélas! Il en conservait avec soin la tradition; c'était -un ami fidèle et sûr; bref, c'était le dernier d'un meilleur temps. - - [318] Frère de la Reine Louise de Prusse. - -Voici un passage d'une lettre de Paris, du 7: «Malgré ce qu'en disent les -gazettes, tenez pour certain que le couple impérial a été très froidement -reçu en Savoie, pays catholique et conservateur, qu'on inonde de -fonctionnaires révolutionnaires. L'Empereur vit au jour le jour, -manœuvrant entre les sociétés secrètes qui menacent de le poignarder -s'il abandonne leur cause, et l'ordre qu'il ne veut pas se mettre à dos -dans la personne de la coalition; position difficile à maintenir à la -longue.» - - -_Sagan, 11 septembre 1860._--Il y a quelques jours, le _Journal des -Débats_[319] donnait, d'après l'_Opinione_, un article sur le principe de -non-intervention à propos du général Lamoricière. On somme le Pape de -congédier Lamoricière et ses troupes, parce que leur présence est une -_intervention étrangère_ en Italie et menace ses voisins. L'intérêt de la -paix en Italie exige que le Pape renonce à se défendre. Je ne crois pas -que le mélange de mensonge et d'audace, d'hypocrisie et d'arrogance, de -fourberie et d'effronterie qui caractérise la politique révolutionnaire, -ait jamais été poussé plus loin. Je suis convaincue que si Lamoricière -n'avait à combattre que Garibaldi, il le battrait bel et bien, mais pris -entre deux feux, entre le brigand venant de Naples, et les Piémontais -venant de l'autre côté, comment résister? - - [319] Le _Journal des Débats_ du 7 septembre 1860 disait: «On lit - dans l'_Opinion_ de Turin du 4 septembre: «Notre Parlement ne - peut pas dévier d'une politique qui a produit de bons fruits, - pour courir des aventures qui susciteraient contre lui toute - l'Europe. Si jamais une autre politique devait prévaloir, si la - force des événements contraignait le Gouvernement du Roi à - prendre une autre attitude, le Ministère actuel n'y pourrait pas - souscrire et accepter la responsabilité d'une situation qu'il ne - pourrait pas dominer. Nous croyons que le parti libéral, qui a - soutenu et soutient encore le Cabinet, est de cet avis et qu'en - Italie on est assez sage pour éviter de nouvelles complications. - En tout cas, le Ministère ne voudrait pas être responsable - d'événements qui amèneraient une guerre entre la France et - l'Autriche. Nous ignorons qui aurait le courage de s'exposer à - une telle responsabilité. Assurément, il n'aurait pas à compter - sur l'appui du Parlement qui, s'il est prêt à tout sacrifier pour - la défense de la patrie, ne le fera qu'à la condition que le - Gouvernement ne se laissera pas enlever la direction de la chose - publique, et qu'au contraire, il dirigera le mouvement tendant à - l'indépendance italienne.» - -Voici deux extraits de lettres qui auront, du moins, quelque intérêt -rétrospectif: - - «_Turin, 3 septembre_: Cavour, ce joueur intrépide et - heureux, qui a successivement battu deux Empereurs et - un Pape, va jouer tout ce qu'il a gagné contre un autre - joueur, qui est terriblement en veine dans ce moment: - Garibaldi. La partie est engagée à l'heure qu'il est. Il s'agit - de souffler à Garibaldi Naples et les États du Pape, de lui - faire mettre son grand sabre dans le fourreau et de renvoyer - _Cincinnatus_ à sa charrue: rude besogne! Mais si - Cavour a l'Empereur Napoléon comme partenaire (ce qui - est plus que probable), on peut parier pour lui. - - «Le gouvernement piémontais _veut_ être à Naples _avant_ - Garibaldi, ou tout au moins en même temps que lui. Ce - n'est pas Garibaldi qui aura l'honneur de battre les croisés - et de tracer les limites de l'oasis papale. Ce sera le général - Cialdini, si ce n'est le roi Victor-Emmanuel en personne. - Farini et Cialdini ne sont allés à Chambéry que pour - demander à l'Empereur Napoléon carte blanche et lui soumettre - le plan de campagne.» - - «_Rome, 31 août_: Lamoricière se croit certain de - battre Garibaldi. Le général de Goyon partageait ce sentiment. - Dans l'armée du général de Lamoricière, personne - ne doute d'une victoire complète. Garibaldi n'a rencontré - aucun obstacle sérieux; ce sont les trahisons qui ont fait - sa fortune: ses plans de campagne se bornent à profiter - des intelligences que les sociétés secrètes lui ont procurées - et à faire jouer la mine de trahison. - - «Lamoricière a vingt mille hommes parfaitement sûrs, - en laissant de côté les Italiens[320].» - - [320] La convention de Villafranca rencontrait tous les jours des - obstacles plus sérieux; l'annexion de Nice et de la Savoie ajouta - encore aux difficultés, quand il se fut agi de la réaliser, et - elle jeta en Italie une nouvelle cause de haine contre la France - qui, dès lors, la vit s'échapper définitivement de son influence. - Le Gouvernement sarde était embarrassé entre les excitations du - patriotisme et les remontrances de l'Empereur Napoléon; mais M. - de Cavour se tenait prêt à jouer cette terrible partie, qui - devait le mener à recevoir d'un seul coup le complément inespéré - de son œuvre. Craignant les emportements de Garibaldi, il le - suit vigilant, le couvrant seulement, en parvenant à paralyser la - diplomatie qui regarde faire. Garibaldi, le cœur ulcéré par le - ressentiment de la cession de Nice, fut facilement gagné à - l'insurrection de Sicile qui, depuis quelque temps, tenait - l'Italie en éveil. Il était parti à la dérobée par un soir de mai - du golfe de Gênes avec mille à onze cents volontaires et ses deux - navires: le _Piemonte_ et le _Lombarda_. A travers les croisières - napolitaines, il débarquait le 11 mai à Marsala et, après un - sanglant combat à Calatafini, avec les troupes royales, entrait - dans Palerme et disposait de la Sicile. Devenu ainsi en peu de - jours dictateur victorieux, il passe au mois d'août le détroit de - Messine, alla à Naples le 7 septembre, réduisant le Gouvernement - napolitain à des conditions de libéralisme trop tardives. Cavour, - qui voulait constituer l'Italie sans se laisser dominer par la - révolution, accepter l'unité dans ce qu'elle avait de réalisable - et marcher sur cette révolution pour l'arrêter et l'empêcher de - compromettre la cause nationale, sentit que le moment critique - était arrivé et il se décida à l'intervention. Considérer la - révolution de Naples comme un fait accompli avant même que - François II eût livré sa dernière bataille, pénétrer dans les - Marches jusqu'à la frontière napolitaine pour empêcher Garibaldi - de se jeter sur Rome, tel est l'acte auquel il se résolut. A - Rome, toutes les fantaisies belliqueuses s'agitaient pour - reconquérir les Romagnes; on y avait décidé la formation d'une - armée pontificale dans la prévision du départ de la garnison - française, qui semblait prochain: et le général Lamoricière en - avait pris le commandement, par un ordre du jour, où il annonçait - qu'_il était venu pour combattre la révolution, ce nouvel - «islamisme»_. Le Gouvernement sarde, voyant une menace pour la - sécurité de l'Italie dans cette agglomération d'étrangers armés à - Rome, dans le but avoué de reconquérir les provinces pontificales - détachées des États de l'Église, Cavour saisit ce prétexte en - envoyant, le 7 septembre 1860, au cardinal Antonelli la sommation - de désarmer; puis, voulant devancer Garibaldi qui arrivait à - Naples, deux corps d'armée sardes, sous les ordres des généraux - Fanti et Cialdini, s'avancèrent alors par le territoire - pontifical et en dix-huit jours occupèrent les places de Pesaro, - Urbino, Perugio, Spoleto, rencontrèrent Lamoricière à - _Castelfidardo_, où sa petite armée fut anéantie, et s'emparèrent - d'Ancône que Lamoricière avait gagné rapidement avec quelques - fidèles, après sa défaite. Pris par terre et par mer, Lamoricière - serait contraint de capituler. La question des Marches ainsi - tranchée, l'armée piémontaise, dont Victor-Emmanuel prit alors le - commandement, gagna la frontière napolitaine où François II avait - arrêté Garibaldi sur le _Vulturne_. Mais Cialdini battit l'armée - napolitaine à Issernia et Sesso; François II, après avoir - vainement réclamé la protection des escadres française et - anglaise, quittait Naples pour se réfugier à Gaëte; Capoue se - rendait le 2 novembre et le Roi Victor-Emmanuel faisait son - entrée à Naples le 7 du même mois. - - -_Sagan, 14 septembre 1860._--Je prévois que _l'ère_ des monarchies est -finie partout; ce qui nous livre d'abord à l'anarchie, puis au despotisme -et à la tyrannie, à toutes les horreurs de la dissolution complète de -l'état social. Le monde finira, sans doute, par reprendre son niveau, -mais quand? à quelles conditions? après quelle traversée? Nous n'y serons -plus, la tourmente nous aura engloutis bien avant. Si ce n'était la foi -en Dieu, on ne saurait où reposer sa pensée. La proclamation de -Victor-Emmanuel a été suivie sans retard de l'entrée de Cialdini et de la -prise de Pesaro[321]. - - [321] Cette proclamation du Roi, datée de Turin du 11 septembre, - était une réponse indirecte à l'ordre du jour de Lamoricière; la - voici: - - »Soldats! Vous entrez dans les marches de l'Ombrie pour restaurer - l'ordre civil dans les villes désolées, pour donner aux peuples - la liberté d'exprimer leurs propres vœux. Vous n'avez pas à - combattre des armées puissantes, mais seulement à délivrer de - malheureuses provinces italiennes de la présence de compagnies - d'aventuriers étrangers. Vous n'allez pas venger des injures - faites à moi ou à l'Italie, mais bien empêcher que les haines - populaires se déchaînent contre les oppresseurs. Vous - enseignerez, par votre exemple, le pardon des offenses et la - tolérance chrétienne à ceux qui comparent l'amour de la nation - italienne à l'islamisme. En paix avec toutes les grandes - puissances, éloigné de toute provocation, j'entends faire - disparaître du centre de l'Italie une cause continuelle de - troubles et de discordes, je veux respecter le siège du Chef de - l'Église, à qui je suis toujours prêt à donner, d'accord avec les - Puissances alliées et amies toutes garanties d'indépendance et de - sécurité, que ses aveugles conseillers ont espéré en vain du - fanatisme de la secte méchante qui conspire contre mon autorité - et contre la liberté de la nation. Soldats, on m'accuse - d'ambition; oui, j'ai celle de restaurer les principes d'ordre - moral en Italie et de préserver l'Europe des dangers continuels - de révolution et de guerre.» (Copié textuellement dans le - _Journal des Débats_ du 13 septembre 1860.) - - -_Sagan, 18 septembre 1860._--Comment la Prusse n'a-t-elle pas pris les -devants pour rappeler son Ministre de Turin et s'est-elle laissée -devancer par la France, sans même l'imiter jusqu'à présent? Car enfin, le -Pape étant souverain temporel, il ne s'agit pas pour la Prusse -protestante d'une question religieuse, mais d'une question de principe -qui s'applique au droit des gens universel! Quant au rappel de Charles de -Talleyrand, ce n'est qu'une nouvelle scène de cette longue comédie; mais, -du moins, c'est de la comédie bien jouée[322]. Et comme le parterre est -plein de dupes, qui ne savent pas regarder dans la coulisse, il s'y -trouve encore d'imbéciles claqueurs. - - [322] La Russie et la Prusse rappelèrent leurs Ministres de - Turin; mais Cavour eut l'habileté de ne pas prendre trop au - sérieux cette rupture, surtout avec la Prusse, qu'il ne cessait - de flatter dans ses ambitions secrètes, et dès le mois de - janvier, au moment où le Prince-Régent devait ceindre la - couronne, il envoyait le général la Marmora avec une mission - particulière à Berlin. La France rappela de Turin M. de - Talleyrand, sans donner au fond à ce rappel la forme d'une - véritable rupture diplomatique. - -Les renforts envoyés à Rome me semblent surtout destinés à y garder le -Pape prisonnier, sous le prétexte de le protéger, car l'Empereur Napoléon -ne se soucie pas de la pitié poétique qu'exciterait un Pape _pèlerin_. -Quelque pervertie que soit l'Europe, il y aurait encore un certain cri -dont l'Empereur Napoléon ne se soucie pas d'entendre l'écho. - -A propos de politique, la brochure la plus remarquable qui ait paru, au -milieu de ce tas de niaiseries et d'absurdités, est _la Politique -anglaise_. Elle émane de l'Empereur Napoléon, mais elle est rédigée par -Mocquard. La Prusse y est traitée de _parvenue_, l'Autriche de _perfide -agonisante_, l'Angleterre de _folle égarée_; la Russie est seule ménagée; -le reste de l'Europe agriffée ou méprisée, et la France vantée dans un -style d'apothéose. Le tout est bien écrit et le sophisme habilement -manié. - - -_Sagan, 24 septembre 1860._--J'ai reçu les douloureuses nouvelles -d'Italie[323]. Je gémis sur les héroïques victimes; je me sens -alternativement consternée, découragée, indignée. Je tremble pour le -Saint-Père; je crains qu'il ne se laisse enjôler par le général de Goyon -qui, probablement, est dupe lui-même de son maître fallacieux. Le piège -est cependant facile à découvrir, mais les âmes essentiellement candides -ont de déplorables aveuglements; en vérité, dans tel moment donné, il -vaut mieux être moins pur et moins avisé. - - [323] Allusion à la bataille de Castelfidardo qui avait été - livrée le 18 septembre 1860. Par une marche forcée, Cialdini - était parvenu à devancer Lamoricière qui réunissait ses troupes à - Foligno, et en occupant les hauteurs d'Orsino et de - Castelfidardo, il ferma le chemin d'Ancône aux troupes - pontificales. Lamoricière voulut s'ouvrir un passage, attaqua les - positions de l'armée piémontaise, qui le repoussa impétueusement - et mit en déroute la petite armée du Pape. - -A la quantité de dupes dont je vois le monde grossir chaque jour, je me -dis qu'il faut que la duperie ait bien des charmes. Quant à moi, je ne -sais rien de plus humiliant. - - -_Sagan, 26 septembre 1860._--M. de Falloux m'écrit une lettre que voici: -«Le Père Lacordaire travaille à son discours pour l'Académie. Je crains -bien que ce discours ne contienne pas tout ce que nous voudrions y -trouver sur la question italienne; mais, malgré la douleur dont je me -sens opprimé en voyant se préparer dans les États romains une seconde -édition de la guerre du _Sonderbund_ de 1847, je suis disposé à pardonner -toutes les incartades de mon éloquent confrère, en songeant qu'elles -n'auront, du moins, rien de commun avec l'incomparable bassesse des -harangues épiscopales, dont la lecture me fait rougir depuis un mois. - -«Le Pape, déplorablement induit en erreur, a accepté, et accepte encore -la comédie dont il est le jouet. Sa politique est essentiellement timide, -expectante, prête à subir _presque_ tout, de peur de _tout_ perdre.. Il -semble qu'il ait perdu l'indépendance et la confiance en soi, qui fait -les trois quarts de la force de tous les pouvoirs temporels et -spirituels. Il lui restait, cependant, encore un grand empire, mais il -le croit plus battu et plus faible qu'il ne l'est en effet. On s'arrange -plus volontiers du martyre que de la lutte. - -«Je suis navré de la mort de Pimodan, et triste pour Lamoricière; mais il -a attaqué bravement et succombé devant des forces trop supérieures. Il -essaie de tenir dans Ancône. Le malheur sera, hélas! complet, mais -l'honneur sera sauf, du moins l'honneur personnel.» - - -_Sagan, 2 octobre 1860._--La Princesse Charles de Prusse, qui a passé -trois jours chez moi, m'a parlé des Grandes-Duchesses de Russie: Hélène -et Marie, Duchesse de Leuchtenberg. La dernière est toute garibaldienne, -furieuse de l'entrevue de Varsovie[324], indignée de tout rapprochement -avec l'Autriche. La Grande-Duchesse Hélène, moins véhémente dans ses -discours, est, au fond, assez dans les mêmes errements. - - [324] Dans cette ville, mal choisie pour y conférer sur - l'indépendance des nations, les souverains du Nord eurent une - nouvelle entrevue en octobre 1860. On croyait généralement que - les délibérations qui s'y tiendraient feraient entrer les - affaires d'Italie dans une nouvelle phase; mais l'Autriche ne put - obtenir de la Russie ni de la Prusse l'appui et les - encouragements sur lesquels elle avait compté pour lui assurer la - possession de la Vénétie. - -La reddition d'Ancône, après une lutte énergique et sanglante, me -contriste profondément sans m'étonner. Ce qui m'étonne et me contriste, -c'est de voir le Saint-Père jouer le jeu de la France en restant à Rome; -il n'y gagnera rien au temporel et il perdra beaucoup au spirituel. De -Vienne et de Berlin, on agit diplomatiquement pour faire rester le Pape -à Rome; c'est d'une bien courte vue et c'est perdre l'occasion très belle -de créer un embarras à Napoléon. - -Je suis ravie de l'article du _Correspondant_: «la Question romaine», par -M. de Falloux. Rien d'aussi complet, ni d'aussi _hardi_ n'avait encore -été écrit. Il y a mis son caractère et plus de talent qu'il n'a coutume -d'en avoir. Le poursuivra-t-on? c'est bien difficile. Il a fait là une -action réellement méritoire et peut-être efficace, autant que quelque -chose peut être efficace aujourd'hui. - -Le baron de Talleyrand est à Bade. Il ne m'a pas écrit; mais, dans une -lettre que j'ai reçue de Paris, il y a le passage suivant: «L'Empereur -est mécontent du baron de Talleyrand, disant qu'il l'a mal servi. C'est -ce que l'Empereur a dit à M. de Cadore, lorsque celui-ci est venu -apporter les conditions du Pape. Il n'y a rien à gagner de servir un -Gouvernement si faux et si perfide, qui livre ses agents pour masquer ses -fourberies.» - -Dans une autre lettre, il est dit: «Vous ne pouvez vous imaginer la -fureur des classes élevées. Au cercle de l'Union on voudrait mettre le -duc de Gramont en pièces. C'est qu'en effet, il a été exécrable et que -par de fausses assurances (qu'il savait fausses) il a été cause de la -perte de Lamoricière et de la mort de Pimodan.» - -On m'écrit aussi de Paris, le 5 octobre: «Je trouve ici les esprits très -aigris, amers. L'envahissement de l'Ombrie et des Marches jette le clergé -et les catholiques dans les dernières fureurs. La défaite de Lamoricière -met les légitimistes en rage. Les personnes sensées demandent où on nous -conduit avec de telles violences, un tel renversement du droit public. Le -gouvernement perd du terrain chaque jour; il voudrait reculer et ne sait -comment s'y prendre. La Russie s'oppose à la chute du Roi de Naples, ce -qui fait qu'on voudrait arrêter ou contenir _quelque peu_ -Victor-Emmanuel. Les embarras de l'Empereur Napoléon sont bien grands, -bien graves; en sortira-t-il en conservant sa couronne? Ici, la défiance -est à son comble; l'Empereur a des ennemis puissants, nombreux, -implacables à l'intérieur comme à l'extérieur. - -«La mort de M. de Pimodan cause des regrets _irrités_, car le duc de -Gramont avait _promis_ le concours des troupes françaises _en cas -d'attaque_. On crie à la trahison, au mensonge. Vous n'avez pas idée des -clameurs. Ce matin, il y a un service à Notre-Dame pour les victimes de -ce cruel combat. L'autorité voulait en refuser la permission; il a fallu -céder devant la violence de l'opinion générale. - -«On n'a pas osé supprimer _le Correspondant_, malgré le courageux article -de M. de Falloux et les pages écrasantes de M. Cochin, pas davantage -sévir contre la chronique de la _Revue des Deux Mondes_. L'attitude a -bien changé et on sent la crainte au lieu de l'arrogance confiante.» - - -_Sagan, 8 octobre 1860._--On me mande de Vienne qu'on regarde l'entrevue -de Varsovie comme annulée d'avance par toutes les adroites menées qui ont -été mises en jeu par la diplomatie française d'une part, et par MM. -Gortschakoff et de Kisseleff de l'autre; les craintes pour l'avenir n'ont -plus de bornes. - - -_Sagan, 12 octobre 1860._--Une amie de M. de Falloux me mande que M. -Billault avait proposé à l'Empereur Napoléon de poursuivre l'article ou -de supprimer _le Correspondant_. «Non, a dit l'Empereur, il y a déjà bien -assez d'émotion; plus tard, nous verrons.» - -On m'écrit aussi ici: «Il manque à la politique anglaise, en ce moment, -d'oser se montrer telle qu'elle a envie d'être et qu'elle essaie de -devenir. Les Anglais se préparent timidement à des transformations qu'ils -n'osent pas avouer; ils cherchent à se rapprocher de l'Espagne. C'est un -propos étourdi de l'Empereur Napoléon qui a reporté l'attention de -Londres sur Madrid. A Chambéry, l'Empereur Napoléon a dit aux envoyés -piémontais: «Quant à Naples, faites ce que vous voudrez; les Bourbons et -moi, cela ne peut aller nulle part.» Le grand Empereur disait cela aussi, -et il ne s'en est pas bien trouvé. - -L'Empereur Napoléon a bien tort de s'alarmer de l'entrevue de Varsovie; -la présence de Gortschakoff et de Kisseleff, et les natures données des -principaux personnages me semblent des garanties suffisantes pour qu'il -puisse dormir, non pas du sommeil du _juste_, mais de celui du fourbe -satisfait. - - -_Sagan, 13 octobre 1860._--Voici l'extrait d'une lettre de Paris du 11 -octobre: «Les classes élevées sont arrivées au dernier degré de -l'exaspération; la bourgeoisie est très blessée et mécontente des -affaires du Pape; les masses ignorantes et impies restent indifférentes; -les républicains applaudissent, et l'armée semble une _chose_ plutôt -qu'une réunion d'hommes. Ce qui est assez grave, c'est l'aigreur et la -désaffection des bonapartistes, qui trouvent qu'on perd leur cause. Les -aides de camp, en plein salon de service, s'insurgent contre une telle -manière de gouverner; ils vont même jusqu'à refuser à l'Empereur Napoléon -le véritable esprit politique. Ils n'ont pas tort. Les Ministres sont aux -abois et ne savent plus comment se tirer d'embarras inextricables et -croissants. L'Empereur, de son côté, se plaint de ses Ministres qu'il -accuse de le mal servir. M. Thouvenel disait, avant-hier, à un de ses -amis: «Que puis-je faire ici? J'ignore les plans politiques de -l'Empereur: je marche dans les ténèbres, sans but, sans plan, avançant, -reculant à travers une politique double et jamais expliquée.» - -«On ne fera pas de procès à M. de Falloux; on veut adoucir les -catholiques, afin d'éviter le départ du Pape de Rome. Là, il y a -discussion entre M. de Mérode qui opine et insiste pour le départ, et le -cardinal Antonelli qui veut le _statu quo_. Il nous aurait fallu une -démission éclatante de l'Archevêque de Paris, une encyclique écrasante de -Rome concluant au départ. Les laïques ne suffisent plus à la lutte; c'est -aux sommités à se prononcer et à agir. Dans les cercles et les clubs de -bonne compagnie, on écume contre M. de Gramont. Croyez-moi, l'Empereur -Napoléon couve quelque surprise inattendue. Il veut bouleverser l'Europe -de fond en comble. La faiblesse de l'Europe étonne; elle laissera donc -tout faire.» - - -_Sagan, 21 octobre 1860._--On m'écrit d'Italie, qu'à Rome, il y a eu, -ainsi qu'à Paris, un monde énorme aux obsèques du pauvre général de -Pimodan; mais pas un des Princes romains. - -Je reçois un billet de Paris, ainsi conçu, du 19 octobre: «Le parti -révolutionnaire l'emporte; les liens qui enchaînent aux Mazziniens ne -peuvent être rompus. On vient de signer un nouveau traité avec le -Piémont, par lequel on s'engage à le soutenir par les armes dans -l'attaque contre la Vénétie[325]. On compte soulever en même temps _plus -d'une nationalité_. Ici, on espère pêcher en eau trouble et profiter des -nouvelles trahisons qui vont éclater.» - - [325] L'Autriche, inquiète et troublée de voir que l'Italie avait - su se constituer en nation, en se dégageant de l'absolutisme - monarchique sans tomber dans le despotisme révolutionnaire, - multipliait les efforts pour obtenir une garantie en cas - d'attaque de la Vénétie. Vers la fin de septembre 1860, elle fit - demander à Paris par le prince de Metternich et M. de Hübner si, - devant la formation du royaume d'Italie, la France et le Piémont - ne pourraient pas garantir à l'Autriche la possession de la - Vénétie, vu que la situation n'était plus la même qu'au traité de - Zurich et qu'un nouveau traité, ratifié par le Parlement - piémontais, lui paraissait nécessaire. L'Empereur Napoléon se - borna à inviter l'Autriche à faire cette proposition au Piémont, - sans dissimuler à ses deux envoyés que l'acceptation d'une - pareille proposition lui paraissait bien difficile. Cette réponse - avait fait croire à l'existence d'un nouveau traité avec le - Piémont au sujet de la Vénétie, qui était sans fondement. - -Outre ce billet, écrit évidemment à la hâte, j'ai une lettre qui, moins -palpitante d'actualité, a cependant quelque intérêt. En voici les -principaux passages: «L'Empereur est sombre, perplexe. Il voudrait la -fédération au lieu de l'union italienne; mais il ne sait comment enrayer -le mouvement actuel. Il a des engagements qui pèsent sur lui, sans -compter la peur incessante des poignards. Quand il a vu que les -Puissances du Nord n'ont pas suivi l'exemple qu'il a donné, en rappelant -le baron de Talleyrand, il a reproché vivement à M. Thouvenel de lui -avoir fait jouer cette _comédie_. Thouvenel ne sait plus comment se tirer -d'un labyrinthe et d'un filet frauduleux, dont il commence à avoir honte -et dégoût. Tenez pour certain qu'à Chambéry, la réponse donnée par -l'Empereur Napoléon à Cialdini et à Fanti a été: «Allez de l'avant, mais -faites vite, et que tout soit terminé avant l'entrevue de Varsovie.» - -«Le Ministre de Prusse ici ne voit rien[326], ne pénètre rien; je doute -qu'il fasse voir plus clair à sa Cour qu'il n'y voit lui-même. Le Nonce -du Pape est parti; le Saint-Père quittera Rome. Tout cela aurait dû être -fait il y a des mois. Et Varsovie? on a bien tort si l'on ne s'y inquiète -que de la Hongrie. _Toutes les Polognes_ sont travaillées par des -émissaires français; c'est d'ici qu'on y prépare le soulèvement. Je suis -parfois à me demander si vous n'êtes pas bien près d'une frontière prête -à s'enflammer.» - - [326] Le comte Albert Pourtalès était alors Ministre de Prusse à - Paris. - - -_Sagan, 23 octobre 1860._--Voici une lettre de M. Guizot, datée du -Val-Richer le 18 octobre: «J'avais à dîner hier un de mes voisins dont je -veux, madame, vous parler; moins de lui, cependant, que de deux jeunes -cousins de sa femme, qu'il m'a amenés. Ils étaient dans le bataillon -franco-belge sous les ordres de Lamoricière. L'un d'eux a vu et lu de -_ses propres yeux_ la lettre du duc de Gramont au général Lamoricière, -lui annonçant que les Français empêcheraient les Piémontais d'entrer dans -les Marches. Elle est arrivée au Général à Spolète. Le duc de Gramont -avait aussi écrit au consul de France à Ancône, qui est venu apporter au -Général la même promesse. C'est de cette seconde lettre que le _Moniteur_ -s'est servi pour cacher la première. M. de Lamoricière a eu tort de se -confier à l'une et à l'autre; mais je sais bien quel nom je donnerais, si -je voulais, à l'Ambassadeur qui les a écrites. - -«A Castelfidardo, Lamoricière a fait l'impossible pour mener au feu son -corps d'Allemands et d'Italiens, il les a harangués, il s'est mis à leur -tête, il s'est de sa personne porté en avant; ils n'ont pas suivi, le -grand nombre de l'armée piémontaise les avait terrifiés. Le bataillon -franco-belge seul a donné. C'est alors que Lamoricière s'est décidé à -tout tenter pour aller se jeter dans Ancône et s'y défendre encore. Il y -est arrivé seul avec deux officiers. Quelques bataillons épars l'y ont -rejoint ensuite. Le général Cialdini a invité à dîner M. de -Bourbon-Chalus, son prisonnier. Celui-ci, pour lui expliquer leur -tranquille attente, a parlé de la lettre du duc de Gramont. Cialdini a -ri: «_Je savais mieux que votre Ambassadeur ce que voulait Napoléon; je -l'avais vu à Chambéry et il m'avait dit: Allez, allez, seulement, -dépêchez-vous; il faut que ce soit fini avant la réunion de Varsovie._» - -«Que pensez-vous, madame, que fera ou qu'a déjà fait Varsovie? Tout le -monde attend; les badauds comme les gens d'esprit; les indifférents comme -les plus zélés. Espérons le retrait motivé des agents diplomatiques; la -déclaration qu'on ne reconnaîtra rien de ce qui se fait ou se fera en -Italie, en dehors de Villafranca, de Zurich et quelque engagement envers -l'Autriche pour l'avenir. Si on ne fait pas ces trois choses, la réunion -sera plus que vaine, elle sera ridicule.» - - -_Sagan, 25 octobre 1860._--Je copie une lettre de Paris du 23: «Nous -sommes ici dans l'huile bouillante; les troupes sont en marche vers le -Midi; avant trois mois Venise n'appartiendra plus aux Autrichiens; mais -que de flots de sang pour en arriver là! - -«L'attaque se fera par les Piémontais, appelés par la révolution -intérieure de l'État de Venise; nous irons à leur secours. La Sardaigne -et l'île d'Elbe en seront la récompense. On croit aux Tuileries n'avoir -d'autres ennemis à combattre que l'Autriche; on endort la Russie par -l'appât de Constantinople; on laissera dire l'Angleterre et on sait bien -que la Prusse ne marchera pas sans les Anglais: ils sont si favorables à -l'indépendance italienne qu'il est permis de douter qu'ils empêcheront -l'écrasement des Autrichiens à Venise. - -«M. de Hübner, porteur d'une lettre de l'Empereur Napoléon, a reçu en -échange de bonnes paroles, qu'il a la naïveté étrange de prendre au -sérieux, au pied de la lettre. - -«Le Pape est prisonnier ou peu s'en faut; nous le verrons à -Fontainebleau, ou, du moins, en France, sous bonne escorte. Il y aurait -mille détails curieux à vous conter, mais ils disparaissent dans le grand -drame de l'Italie et de l'Europe; car c'est l'Europe entière qui est en -jeu: qu'on ne s'y trompe pas. Avec cela, les bonapartistes sont inquiets, -car ils se sentent débordés. C'est la révolution qui nous gouverne. -L'armée du Roi de Naples s'épuise, il ne tiendra pas longtemps[327]. La -_Gazette de Lyon_ a été supprimée; elle a paru le jour de la suppression, -avant l'avis officiel, avec un article des plus violents, et une espèce -d'adresse aux catholiques d'Angleterre, qui viennent de voter une épée -d'honneur au général de Lamoricière: «_Jouissez de la liberté de votre -pays_, disait-il, _nous l'admirons, nous vous l'envions, car nous -gémissions sous le poids de l'oppression et de la tyrannie_.» Ils étaient -supprimés et ils cassaient les vitres. C'est du reste, ou pour dire plus -juste, c'était un journal sérieux, très goûté par la ville de Lyon qu'on -a blessée au cœur en le frappant.» - - [327] François II, trahi par les soldats de sa propre garde, ne - recevant de secours de nulle part, quittait Naples le 6 septembre - à l'approche de Garibaldi. Il prit d'abord position, avec ce qui - lui restait de troupes, près de Capoue, où il livra le 1er - octobre un combat, sur le _Vulturne_, qui resta indécis. Il - essaya de prolonger la lutte en se réfugiant dans la forteresse - de Gaëte; là, suivi par la Reine et le Corps diplomatique, ce - jeune Souverain s'illustra d'un dernier effort de virilité. - Garibaldi en commença le siège au mois de novembre 1860, mais - empêché par l'escadre française, du côté de la mer, dans ses - opérations militaires, ce siège marcha lentement et le drapeau - bourbonien resta planté sur le rocher de Gaëte jusqu'au 13 - février 1861. Après une courageuse défense. François II signa une - capitulation et arriva à Rome avec la Reine le 15 février sur un - bâtiment français. Le 25 septembre 1860, le Roi de Naples avait - adressé un mémorandum à la diplomatie étrangère pour protester - contre l'invasion de ses États et l'inaction des puissances - européennes. - - -_Sagan, 5 novembre 1860._--La Princesse Charles de Prusse m'écrit de -Berlin ce qui suit, à l'occasion de la mort de l'Impératrice mère de -Russie[328]: «Le Prince-Régent est véritablement accablé de douleur et -fait pitié à voir. Je suis accourue de Glienicke pour le voir, et je -m'établis quinze jours plus tôt que je ne le voulais en ville, pour être -plus près de mon excellent beau-frère, et donner plus exactement de ses -nouvelles à ma sœur. Mon mari n'est pas moins désolé que le Régent; -chacun des deux frères l'est à la façon de son caractère. Quant au -Régent, il a positivement perdu la personne qu'il aimait le mieux, et -dont l'affection le consolait de beaucoup de choses pénibles. Le Roi -n'apprendra jamais la mort de sa sœur; la Reine ne porte pas le deuil -pour ne pas effrayer le Roi qui, du reste, est de plus en plus -silencieux, et de moins en moins lucide!» - - [328] L'Impératrice mère de Russie était morte le 1er novembre - à Saint-Pétersbourg. - -L'Impératrice d'Autriche est attaquée du larynx; on en est inquiet à -Vienne. Elle se rend à Madère et sera au moins onze jours en mer pour -l'atteindre. Les enfants restent à Vienne. Cette absence, cette -séparation, dans les circonstances actuelles, a quelque chose de -sinistre. - - -_Sagan, 9 novembre 1860._--Il paraît que l'Impératrice mère de Russie est -morte en chrétienne, de la façon la plus édifiante, la plus touchante. -C'est un grand réveil à la nature que le glas de la mort. - -Le pauvre Empereur d'Autriche fait grande pitié. Il est revenu très morne -de Varsovie, regrettant d'y avoir été, blessé du mauvais esprit des -Hongrois qui se laissent exciter par Kossuth et Cie; et enfin, ce qui -l'achèvera, ce sera le départ de l'Impératrice. Il a demandé une frégate -à l'Angleterre, afin d'être en sûreté sur le voyage de sa femme. Il y a, -du reste, à Vienne, des personnes pour dire que l'état de l'Impératrice -n'est pas grave, qu'elle l'exagère, et qu'elle a agi sur les médecins -pour se faire ordonner le Midi. En tout cas, l'Impératrice a un bel -exemple dans la conduite de sa sœur cadette, la Reine de Naples, dont -tout Gaëte est édifié. Courage, dévouement, dignité, énergie: tout est -réuni dans cette jeune et malheureuse Reine. - - -_Sagan, 23 novembre 1860._--On m'écrit de Vienne que c'est la comtesse -Sophie Esterhazy (la Grande-Maîtresse) qui, la première, a donné l'éveil -sur l'état de l'Impératrice; qu'à la première consultation, celle-ci a -avoué aux médecins qu'elle se sentait malade et faible tout l'été, et -qu'elle avait alors redoublé les bains froids et l'exercice du cheval, -dans la pensée de se fortifier. Avant son départ de Vienne, les -évanouissements étaient fréquents. Elle n'a pas voulu aller au Caire, -s'imaginant que ce projet venait de sa belle-mère, ce qui n'est pas le -cas. - -Tout va décidément mieux en Hongrie; mais le pays demande à grands cris -pour Palatin, l'Archiduc Maximilien, celui qui a été à Milan. Il parle -parfaitement le hongrois; on ne doute pas qu'il ne soit nommé. Ceux qui -sont mécontents en Hongrie et qui font du bruit, c'est la folle jeunesse; -car, tout ce qui est âgé et raisonnable comprend combien leur position -est admirable et avantageuse[329]. - - [329] L'Empereur d'Autriche venait de donner une nouvelle - constitution à ses peuples; mais les Hongrois, qui croyaient au - rétablissement pur et simple de leur ancienne constitution, se - montrèrent fort mécontents et traduisirent ce mécontentement par - des tumultes que la force armée dut réprimer. - - -_Sagan, 5 décembre 1860._--On m'écrit de Dresde: «Le jeune Grand-Duc de -Toscane passe l'hiver à Dresde. On lui a donné le petit palais à la -Ostra-Allée, où il a un petit établissement modeste, mais honorable. -C'est par milliers que la famille grand-ducale de Toscane peut compter -des adhérents fidèles dans leur pays, et qui sont en relations -permanentes avec les Princes exilés; mais à quoi cela leur sert-il? Le -vieux ménage grand-ducal est dans un affreux village, près de Carlsbad, -d'où la Grande-Duchesse, née princesse de Naples, ne veut pas sortir. Sa -mélancolie noire inquiète pour la santé de l'âme; mais il y a bien de -quoi perdre l'esprit!» - -On m'écrit de Paris: «Murat lance une nouvelle protestation[330]; soyez -sûre que d'ici on cherchera à l'implanter à Naples, au jour inévitable -de la brouillerie avec l'Angleterre. Les ministres actuels d'ici disent à -leurs intimes qu'ils sont victimes du parti de la guerre. En attendant, -les Anglais sont nos dupes et livrés à la joie de voir tomber le Pape; -ils ne sentent pas qu'on se tournera contre eux plus tôt qu'ils ne le -pensent. - - [330] Après la chute des Bourbons de Naples, Murat écrivit, - d'abord dans une lettre, qu'il déclinait toute initiative dans la - revendication du trône autrefois occupé par son père; mais en - mars 1861, après la chute de Gaëte, il revenait sur cette - première résolution et lançait, dans une sorte de manifeste, ses - prétentions au trône: prétentions que le Gouvernement français - déclara ne vouloir encourager en rien, dans une note officielle. - -«Imaginez qu'il y a des niais des vieux partis pour croire au retour -d'institutions libres et régulières... sous Napoléon III, tandis qu'il ne -faut s'attendre qu'à des pièges, des trappes et des fourberies. - -«L'Impératrice Eugénie verra la Reine d'Angleterre à Londres, d'où elle -rentrera en France par La Haye où elle veut faire visite à la Reine de -Hollande. La nomination du général Pélissier à Alger est faite en vue de -la guerre générale.» - -Dans une autre lettre de Paris, on me dit: «Les libertés accordées sont -si peu de chose, qu'il n'y faut voir qu'une concession à la révolution; -on cherchera à en éluder les conséquences, à moins qu'elles ne soient -utiles contre le clergé et les vieux partis[331].» - - [331] Le _Moniteur_ venait d'annoncer que, par un décret donné le - 24 novembre 1860, l'Empereur, voulant accorder aux grands Corps - de l'État une participation plus directe à la politique générale, - avait ordonné que le Sénat et le Corps législatif voteraient - dorénavant tous les ans à l'ouverture de la session une Adresse, - en réponse à son discours du trône. - - -_Sagan, 7 décembre 1860._--M. Guizot qui a été appelé à assister au -mariage de la fille de Cuvillier-Fleury[332], beau-frère de M. Thouvenel, -ministre des Affaires étrangères, me mande ce qui suit: «Je viens de -passer une heure avec M. Thouvenel; il est dans la bonne voie et il veut -qu'on le sache. Quand il s'afflige de la situation, il ajoute: «_Ce n'est -pas de moi qu'il s'agit, car, après tout, si une situation ne convient -pas, on en sort quand on veut._» Il est convaincu que ce qui s'est fait -en Italie ne tiendra pas; cela est déjà évident pour Naples, probable -pour Florence. A Bologne et dans les Marches on est mécontent; les -impôts, la souscription et les Piémontais y déplaisent beaucoup; Rome -paraît la grande question insoluble. Thouvenel est très inquiet du -printemps. Pourtant la guerre est bien difficile aux Piémontais, car pour -garder Naples, il faut qu'ils y laissent trente à quarante mille hommes; -que leur restera-t-il pour attaquer la Vénétie? Il ne m'a pas paru que -cette extrême difficulté de la guerre diminuât son inquiétude. Je doute -qu'il reste à son poste jusque-là. Il me paraît que l'Empereur aimerait -assez à rester neutre, si la guerre se rengage en Italie au printemps; -mais il n'y est pas décidé et le prince Napoléon, qui a plus d'influence -que jamais, est décidé contre. Si on veut rester neutre ou se mettre -derrière le Corps législatif pour qu'il fasse une Adresse pacifique, on -aura l'air de céder au vœu du pays. Si, au contraire, on prend le parti -de la guerre, on se promet de trouver quelque moyen de la faire éclater -inopinément par la faute des adversaires, comme en 1859, de telle sorte -qu'on n'en réponde pas et qu'on y soit forcé, auquel cas le Corps -législatif et le pays se résigneront à la nécessité et voteront ce qu'il -faudra. - - [332] Mme Victor Tiby. - -«Au dedans, on a en tête toutes sortes de projets _semi-socialistes_; on -veut faire des coups de main sur les successions, sur les compagnies de -chemin de fer, sur les sociétés d'assurance..., etc..., etc... Le nouveau -Ministre des Finances est un homme jeune, spirituel, entreprenant, qui -aime les nouveautés et qui, par là, a fait son chemin auprès du maître. -Si on entre dans cette voie, la France sera soumise, au dedans, au même -trouble, au même gâchis où elle est au dehors. Tout est possible, y -compris l'impossible. M. Fould a été très opposé aux petites coquetteries -libérales, disant que «_c'était trop ou trop peu_»[333]. L'Empereur -Napoléon a fait de grands efforts pour le garder; il a tout refusé; le -ministère des Finances, le titre d'archi-trésorier, les Affaires -étrangères, l'ambassade de Londres: tout. - - [333] M. Fould quitta le Ministère à cause du décret du 24 - novembre. - -«Le mécontentement de l'Impératrice contre lui est venu de deux sources. -Quand le duc d'Albe est venu lui parler des obsèques de sa femme, Fould -lui a répondu: «_Cela regarde les pompes funèbres._» L'Impératrice a -voulu vendre quelques diamants pour le denier de Saint-Pierre. Fould l'a -su et en a prévenu l'Empereur!» - - -_Berlin, 17 décembre 1860._--La lecture du journal me donne un nouvel -accès d'indignation et de mépris contre les grands gouvernements. Voilà -l'Angleterre, la Russie et la France qui engagent, dit-on, le Roi de -Naples à céder et à ne pas pousser plus loin une résistance inutile. -Inutile! quelle bêtise! quel abaissement! Ce qui fait précisément -l'utilité, comme la dignité, de la résistance de ce Roi, c'est qu'il l'a -tentée et qu'il y résiste à tout risque, et contre toute chance. Il -défend son droit et fait son devoir, quoi qu'il puisse advenir. Je ne -sais s'il se rendra aux instances de ces grands souverains; mais s'il ne -se rendait pas, s'il était tué sur la brèche de Gaëte, il serait mille -fois plus _utile_ à la royauté, en général, et à celle de sa maison qu'il -ne le sera s'il cède. Il aurait, avec le temps, la plus grande des -utilités, celle de la protestation et de l'exemple jusqu'au bout. Il est -vrai que ce sont là des forces morales dont notre temps semble avoir -perdu l'intelligence. Je suis peut-être exagérée, eh bien! il me semble, -dans mon outrecuidance, que j'ai tout simplement un bon sens un peu moins -humble et la vue un peu plus longue que ceux qui sont prosternés devant -la force matérielle du moment. N'ai-je pas aussi raison de m'inquiéter du -mouvement révolutionnaire de l'Allemagne? Je suis, du reste je l'avoue, -plus inquiète des Princes que des rouges. Je persiste à croire qu'avec un -peu de prévoyance et point de peur, on viendrait à bout de ces démons, -mais on a de la peur et pas de prévoyance! - - -_Berlin, 29 décembre 1860._--Nous voici achevant une triste année. Il y a -longtemps que je déteste le jour de l'An qui, avec son changement de -chiffre, ne permet aucune illusion. Point de temps d'arrêt dans le chemin -qui conduit au dernier terme; on croit à peine marcher, et voilà une -étape de passée. Que rencontrera-t-on sur la route qui reste à -parcourir? Personne ne saurait le prévoir. L'ennui, le manque d'intérêt, -de but, forment une plaie qui, pour n'être pas saignante, en apparence, -n'en est pas moins profonde; on n'en guérit point, et je ne sors du -découragement et de l'ennui que par des sujets d'impatience et -d'irritation. - - - - -1861 - - -_Berlin, 2 janvier 1861._--On m'a réveillée en me disant que le Roi était -mort. C'est la nuit dernière, à minuit quarante minutes, que cette pauvre -âme, renfermée dans une si triste enveloppe, s'est envolée dans de -meilleures régions. On peut imaginer ce qu'a été Sans-Souci pendant cette -agonie; je n'en sais point les détails, car personne n'est encore revenu -de ce triste lieu[334]. Dieu veuille que la couronne n'ensanglante pas le -front de celui qui la porte avec un regret sincère et touchant. Je -m'attends pour lui à de cruels embarras, à de fâcheuses complications et -à des Chambres les plus incommodes, avec les ministres les plus -maladroits; enfin un gouvernement faible et intimidé. - - [334] Le Roi Frédéric-Guillaume IV mourut à Sans-Souci dans la - nuit du 1er au 2 janvier 1861. - - -_Berlin, 8 janvier 1861._--Ah! quelle foule, quelle tuerie, quel désordre -que l'enterrement du Roi à Potsdam, auquel j'ai assisté hier! - -La cérémonie, en elle-même, n'était pas ce que j'aurais voulu qu'elle -fût. L'église n'était pas tendue de noir. La double rangée de vitres -blanches laissait entrer, en plein, un soleil qui éclairait dix-sept -degrés de froid; l'éclat de ses rayons éteignait celui des cierges placés -autour du catafalque, qu'on n'avait pas assez exhaussé pour être -imposant. Je ne puis juger du cortège, puisque j'étais dans l'intérieur -de l'église sans pelisse; c'est ainsi que nous avons attendu deux heures; -car la cérémonie n'a commencé qu'à une heure au lieu de onze heures. Le -nouveau Roi pleurait à sangloter et n'était occupé que de la Reine veuve -qui s'appuyait sur lui. - - -_Berlin, 10 janvier 1861._--Par son testament, le Roi a laissé à sa veuve -Sans-Souci et Stolzenfels; puis ses logements habituels dans les châteaux -de Charlottenbourg, Berlin et Potsdam. En outre, toutes les pierreries -personnelles du Roi, ainsi que les pierres gravées, tous les objets -d'art, tableaux, marbres, bronzes, gravures, tout, tout, et un revenu -considérable. Il laisse le vilain petit château de Paretz (c'est près de -Potsdam) au Prince Royal; aucun autre legs; pas un mot, pas un souvenir; -aucune autre personne nommée, pas même les plus proches. - -Le Roi actuel a pris toute la maison militaire du défunt et l'a ajoutée à -la sienne, ce qui en fait une _vraie légion_. Chose singulière! il a -ordonné que les aides de camp du feu Roi feraient, pendant toute la durée -du deuil, le service à Sans-Souci, auprès de la veuve, comme si le défunt -vivait encore. - - -_Berlin, 10 janvier 1861._--Hier a eu lieu la bénédiction solennelle des -drapeaux. C'était une très belle et très imposante cérémonie, sous les -bras étendus de Frédéric le Grand, au pied de sa statue, et devant le -palais du Roi actuel. Les troupes se sont développées, les évolutions se -sont faites avec la plus grande précision. Le jeu des drapeaux, -s'abaissant et se relevant à la voix du pasteur, saluant le Roi dont la -prestance se distinguait entre tous; les chants religieux, les _vivats_ -de la foule, toutes les Princesses en blanc sur le balcon et aux fenêtres -du palais, tout cela faisait merveille; le soleil seul a manqué; il n'a -pas daigné nous accorder le plus léger sourire; cependant, il ne neigeait -pas, le brouillard était léger et la gelée imperceptible. _Le blanc_ -avait été mis exprès par ordre du Roi qui avait voulu faire cette -politesse à l'armée. La Reine avait sa bonne grâce accoutumée. Le tout a -duré trois heures. - - -_Berlin, 22 janvier 1861._--La session des Chambres débute assez -orageusement, du moins à celle des Députés; Vincke y règne; il est -insolent, exigeant, il malmène les Ministres et ne sera satisfait que -lorsqu'il sera président du Conseil à la place du prince de Hohenzollern. -Celui-ci est malade, de mauvaise humeur, fatigué, ahuri, trouvant le Roi -nerveux et démonté, la Reine impatiente, le Ministère désuni, la Chambre -haute méfiante, la Chambre basse arrogante et hostile; au dedans, le pays -inquiet et marchant sans boussole, car le pilote n'est nulle part; au -dehors, des complications qui lui semblent inextricables. - -Le Roi a de l'humeur contre tous et chacun, excepté contre le général de -Manteuffel, qui, pour le moment, a le plus de crédit sur lui; il y a bien -du monde pour s'en inquiéter. Le Ministère, du moins le comte Schwerin -(ministre de l'Intérieur), qui est le doctrinaire le plus maladroit -possible, commence à découvrir qu'il a été à la dérive; il voudrait -s'arrêter, mais Vincke et consorts crient _haro_. Le ministre de la -Guerre est du parti de _la Croix_. Chacun se méfie d'Auerswald dont le -rôle _d'anguille_ ne réussit auprès de personne. Le ministre des -Finances, Patow, assez habile financier, déteste la noblesse et voudrait -qu'elle portât le poids du jour. - - -_Berlin, 26 janvier 1861._--On croit ici que le branle-bas de l'Allemagne -(de par la France) est ajourné d'un an, au moins; que Garibaldi a renoncé -à attaquer la Vénétie au printemps, qu'il a ajourné la révolution de -Hongrie et des contrées slaves, et qu'on a fait prendre patience à -l'Italie, en lui livrant Rome qui va être dévorée au premier jour, sans -que cela fasse rien à ce gouvernement protestant (comme si ce n'était pas -autant une question monarchique que religieuse). Socialement, l'hiver est -et restera encore longtemps fort sérieux, pour ainsi dire nul; mais si -les esprits sont assombris, je trouve les cœurs froids, comme les corps. -On voit s'accomplir d'abominables et indignes actions comme on verrait -sur la scène jouer un grand drame. Après la lecture de son journal du -matin, on va patiner gaiement sur le canal de Thiergarten, et se coucher -paisiblement après le journal du soir, sans se soucier des malheurs de -tant d'êtres semblables à nous. Avec cela, la misère est grande; que de -gens morts de froid et de faim! - -J'ai une lettre de Paris qui me dit ceci: «Voici le probable sur le -royaume de Naples. On croit que ce royaume, tel que l'avait Murat, sera -donné au jeune Murat que vous avez vu à Berlin[335]; que l'Angleterre y -consentira, à condition de prendre la Sicile; mais le Roi François II, -lorsqu'il sera forcé de quitter Gaëte[336], pourrait bien se rendre en -Sicile, où ses partisans deviennent chaque jour plus nombreux. Ces deux -chances ont été admises par M. Thouvenel devant son beau-frère, de qui je -le tiens[337].» - - [335] Le prince Joachim Murat, accompagné de deux officiers - d'ordonnance, fut envoyé à Berlin vers le 10 janvier pour - complimenter le Roi Guillaume Ier sur son avènement au trône, - au nom de Napoléon III. - - [336] Le Roi était enfermé dans Gaëte qui n'avait pas encore - capitulé. - - [337] M. Cuvillier-Fleury, qui avait épousé en 1840 Mlle - Thouvenel, sœur du futur ministre des Affaires étrangères de - l'Empire. - -Le duc de Noailles m'écrit à la date du 23 janvier: «Nous avons demain -notre belle séance académique, Guizot et Lacordaire. Les discours sont -beaux, je les connais: celui du dominicain, très académique; il ne sort -pas de son sujet _Tocqueville_, et ne fait aucune excursion, ni -politique, ni religieuse, se complaisant assez dans la démocratie qui est -forcément son sujet, et aussi son penchant; mais tout cela dit avec -beaucoup d'art. - -«Guizot est fort beau, le début un peu brusque. Il dit au Père Lacordaire -(en termes académiques) qu'il l'aurait probablement fait brûler il y a -trois cents ans; mais il le traite très bien; aussi, en sortant de la -Commission, le Père lui a dit: «_Ce ne sont pas des remerciements que je -vous dois, c'est de la reconnaissance._» - - -_Berlin, 1er février 1861._--La Cour de condoléance a eu très bel air -hier. Le Roi s'est enfin décidé à assister la Reine de sa présence, et je -pense qu'en définitive, il n'y aura pas eu de regret; car la Reine avait -l'air très royal sous le dais et ses gestes étaient des plus nobles et -des plus gracieux. - -Il y a un mot de M. de Montalembert sur les défenseurs de Gaëte: «_Au -moins, nous pouvons dire comme dans les contes de fée: il y avait un roi -et une reine._» - - -_Berlin, 22 février 1861._--Les documents diplomatiques que nous -apportent les journaux français[338] me font, en ce qui regarde l'Italie, -l'effet d'être des chefs-d'œuvre _d'embarras_; on voit nager entre deux -courants; on fait, puis on regrette; on essaie de mettre les apparences -d'un côté, quand les réalités sont de l'autre; les brochures sont tantôt -le supplément, tantôt le démenti des dépêches. Que sortira-t-il de cette -confusion? probablement une nouvelle poussée révolutionnaire à la suite -de laquelle on se mettra, tout en la reniant. Nous verrons le Corps -législatif chercher à dire quelque chose qui ait l'air rassurant et qui, -au fond, ne fasse obstacle à rien; et si le Sénat était plus net, j'en -serais fort surprise. - - [338] Le Gouvernement français venait de faire distribuer au - Sénat et au Corps législatif un volume de deux cent soixante - pages, grand _in-quarto_, contenant des documents diplomatiques - rangés sous les sept titres suivants: 1º Annexion de l'Italie - centrale; 2º Question de Nice et de la Savoie; 3º Affaires de - Rome; 4º Affaires de l'Italie méridionale; 5º Entrevue de - Varsovie; 6º Affaire de Syrie; 7º Expédition de Chine. - - -_Berlin, 6 mars 1861._--C'est aujourd'hui qu'a lieu, au grand Palais de -Berlin, la cérémonie de la remise au Roi des insignes de l'ordre de la -Jarretière que vient de lui envoyer la Reine d'Angleterre, par une -députation à la tête de laquelle on trouve lord Breadalbane. Par miracle, -il me survient un peu de curiosité; je la croyais morte et enterrée. Eh -bien! pas du tout, voilà que j'ai grande envie de voir cette cérémonie -qu'on dit être fort originale, surtout à une époque où les hérauts -d'armes n'auront plus guère à proclamer que des déchéances de monarques -et de monarchies. - -Mes dernières nouvelles de ma fille Pauline[339] sont meilleures; elle -avait subi une violente migraine dont elle se remettait; et si la -Touraine n'avait pas les allures exceptionnelles du Nord, elle serait -dans l'état auquel sa douce résignation l'a habituée depuis trois ou -quatre années. Elle attendait, avec une grande impatience, ou plutôt avec -un grand désir, l'évêque d'Orléans, la duchesse Hamilton et la princesse -de Wittgenstein. Pauline ne s'impatiente plus quand elle n'a pas ce dont, -cependant, elle jouit avec vivacité quand elle le possède. C'est vraiment -une créature essentiellement soumise, et sereine au milieu des -imperfections et des mécomptes de sa destinée. - - [339] Marquise de Castellane. - -Il est difficile de rencontrer une piété plus efficace: quand le présent -ne la satisfait pas, ou l'attriste, elle entre dans l'éternité, comme une -autre entre dans sa chambre pour se reposer. Elle voit plus clair au delà -de ce monde que dans ce monde. Ma nature est bien moins sérieuse, plus -exigeante, l'avenir est pour moi, à la fois certain et obscur. J'y crois, -mais je n'y vois pas. - -Ici, le Roi et la Reine sont très ébouriffés du prince Napoléon[340]. Je -prétends que ce discours est une _brochure parlante_, et je regrette -qu'il y ait ici des personnes pour soutenir que l'Empereur en est irrité! -En tout cas, Persigny, Piétri et Billault en sont fort satisfaits. Le -général de Bonin, qui est revenu de Turin et de Paris, a dit à -Schleinitz, qui me l'a raconté hier au soir, qu'il avait été frappé à -Paris de la fermentation des esprits, et en Italie, du mécontentement et -des hostilités des villes entre elles. M. de Schleinitz a évidemment un -faible pour M. de Cavour, qu'il vante à toute occasion, disant par -exemple hier: «Cavour a raison d'aller son train; car enfin, il faudra -bien que nous finissions par reconnaître _le roi d'Italie_.» Schleinitz -m'a étonné aussi par son admiration, non pour les doctrines du prince -Napoléon, mais pour son grand talent oratoire. Conçoit-on que des cinq -cardinaux présents à ce discours, aucun n'ait quitté la séance? Il me -semble qu'ils auraient dû spontanément se lever et s'en aller en disant -le pourquoi. - - [340] En réponse à un discours de M. de La Rochejaquelein, le - prince Napoléon prit la parole au Sénat le 1er mars 1861, pour - faire une charge à fond contre le pouvoir temporel du Pape et - attaquer, dans le langage le plus véhément, le parti légitimiste - et clérical français, ainsi que les mandements des évêques qui en - avaient pris la défense. L'Empereur Napoléon ne blâma pas trop ce - discours; il ne se montra qu'irrité de la violence des paroles. - -Et le cardinal Morlot ayant trois démissions à donner (je ne parle pas de -celle de l'Archevêque de Paris) et qui n'en offre aucune[341]! - - [341] Le cardinal Morlot, archevêque de Paris, était encore: - sénateur, grand-aumônier et membre du Conseil privé. Il ne voulut - pas se démettre des charges indépendantes de son administration - diocésaine, «craignant, disait-il, qu'en faisant un acte - d'opposition au Gouvernement, l'Empereur n'en fût que plus - fortifié dans sa pensée.» - - -_Berlin, 10 mars 1861._--La cérémonie de la remise de la Jarretière s'est -très bien passée; elle avait très bel air. Le Roi rajeuni, la Reine fort -à son avantage. Le tout a fort bien réussi et a fait un peu diversion au -lugubre du deuil et à la lourdeur générale de l'atmosphère de Berlin. Le -Roi s'en est évidemment amusé; et depuis, je le trouve _in better -spirits_[342], quoique les événements de Varsovie lui trottent dans la -tête, et certes avec raison[343]. Les Ministres en montrent leur -inquiétude et le prince de Hohenzollern ne cache pas assez l'ennui et le -découragement qui s'emparent de lui. - - [342] De l'anglais: mieux disposé. - - [343] La date du 25 février donna le signal d'une insurrection - qui marqua douloureusement dans les annales de la Pologne. Une - manifestation pacifique de la population de Varsovie avait été - arrêtée dans les esprits pour l'anniversaire de la bataille de - Grochow livrée en 1831. On devait prier pour les morts. Le - mauvais état du pont de la Vistule ne permettant pas de se rendre - au champ de bataille, c'est sur la place du Vieux-Marché que les - citoyens se réunirent. Le 25, à cinq heures du soir, une - procession de trente mille personnes se mit en branle, entonnant - l'hymne national de la Pologne, _Dieu saint, Dieu immortel_. Le - colonel Trépow, effrayé de l'importance de cette démonstration, - fit charger au sabre cette foule. Les morts et les blessés furent - nombreux, et les événements se précipitant ainsi, amenèrent un - véritable état de guerre, avec lequel la Russie dut lutter plus - de deux ans, et qui finit par attirer des malheurs irréparables - sur le pays. Le nom de nationalité n'avait pu retentir depuis un - an en Europe, sans que la Pologne s'étonnât d'être oubliée et ne - fût tentée de rappeler au monde que, parmi les nations dont on - faisait tant de bruit, elle était la seule dont on ne parlât - point, quoiqu'elle fût une des plus malheureuses. - - -_Berlin, 23 mars 1861._--Le concert à la Cour a été hier excellent; le -Palais, les toilettes et les humeurs étaient en meilleures dispositions -que depuis longtemps. C'était l'anniversaire de la naissance du Roi. Il y -a eu _partiellement_ d'assez belles nominations. Les rues étaient pleines -d'un peuple qui, au milieu des _hurras!_ faisait entendre d'assez mauvais -cris. Des sifflets nous accueillaient autant que des _vivats_. La foule -était immense, à peine si on pouvait, au pas, arriver jusqu'au Palais. -J'étais glacée, non par le froid, car il faisait doux, mais par ces -clameurs rugissantes. On s'est bien gardé d'en faire part à Leurs -Majestés, qui ont pu prendre les mugissements pour des cris d'allégresse; -certes, tous n'étaient pas de mauvais cris; il y en avait d'excellents, -mais bien mélangés. - - -_Berlin, 12 avril 1861._--Voici des extraits de lettres que je viens de -recevoir de Paris: «Je ne sais ce qu'on dit à Berlin des débats qui -viennent de finir dans nos deux corps politiques; ici, on en est frappé, -on les trouve avec raison fort importants, non pas pour le présent, mais -pour l'avenir. Dans le présent, il peut y avoir dans le courant des -événements, des délais, des temps d'arrêt, mais nous suivrons la même -pente jusqu'au bout. Je le répète, pour l'avenir, c'est différent, car il -y a, en France, trois classes d'intérêts puissants, tous trois nationaux, -quoique de nature diverse et à divers degrés, et tous trois mécontents, -froissés, irrités: les intérêts catholiques, les intérêts libéraux et les -intérêts industriels. Eh bien, ces trois classes d'intérêts se sont -rapprochées et concertées dans leurs mécontentements mutuels; et plus la -situation actuelle durera et empirera, plus elles se rapprocheront, se -concerteront et uniront leurs forces comme leurs causes. Il peut sortir -de là, si on sait les saisir, des chances très favorables pour la bonne -cause, religieuse et politique; saura-t-on les saisir?» - -Autre lettre: «Ces jours derniers, la duchesse de Hamilton, sincèrement -et vivement catholique et qui a longtemps vécu dans l'intimité de -l'Empereur Napoléon, est allée le voir le matin, en tête à tête, et lui a -parlé avec tristesse de ce qui se passe: «Que voulez-vous que je fasse? -lui a-t-il dit, attristé lui-même. Il n'y a pas moyen de rétrograder, de -s'arrêter! Je l'ai essayé à Villafranca, je n'ai pas réussi. Les sociétés -secrètes ne le souffriraient pas et je ne puis rien contre elles; je -serai renversé, j'en suis sûr, il faut donc aller en avant.» - -«La Duchesse a été, de chez l'Empereur, chez l'Impératrice; et bien loin -de trouver là la femme de Pilate, elle a trouvé encore plus de vivacité, -de colère contre la soi-disant ingratitude du clergé, encore plus -d'entraînement vers la pente fatale, malgré un grand fond d'inquiétude.» - - -_Sagan, 3 mai 1861._--Quand j'ai quitté Berlin, il y a quelques jours, -rien n'était encore décidé pour les fêtes du mois de juin[344]. - -Le Roi veut aller faire prêter le serment des Etats provinciaux dans les -villes de Kœnigsberg, Breslau, Cologne. Le Ministère dit que c'est une -cérémonie du temps passé et qui ne va plus à la Constitution actuelle. On -a de plus représenté au Roi que ce serait très onéreux pour les provinces -et que ce n'est pas lorsqu'on demande de grands sacrifices pour l'armée, -qu'il faut en demander encore pour des dépenses sans un but réel et -important. On propose au Roi de se promener dans les provinces et d'y -donner des fêtes _à son compte_. Mais la liste civile est extrêmement -obérée. - - [344] Il était alors question de fixer le couronnement du Roi de - Prusse au mois de juin. Il n'eut lieu qu'au mois d'octobre. - - -_Sagan, 8 juin 1861._--On me dit que le couronnement, même à Kœnigsberg, -devient douteux; que Berlin l'est infiniment; que le prince de -Hohenzollern, fort souffrant, va partir sur l'ordre des médecins pour -Dusseldorf, et qu'il serait question pour lui de pays chauds pour l'hiver -prochain! On me dit aussi qu'à la séance de clôture des Chambres -prussiennes, le Roi a été peu et froidement applaudi; puis que les -députés, qui avaient encore quelque besogne à terminer, ont été choqués -d'être clos _ex abrupto_. - -L'émotion causée à Berlin par le duel Manteuffel[345] et par la -nomination de M. de Winter, faisant déjà les fonctions de chef de la -police, dure encore. Les succès du Cabinet (si succès il y a) sont bien -minimes et payés bien cher. En tout cas, il n'a pas gagné en -considération et l'opposition, je ne dis pas libérale, mais pleinement -démocratique se découvre et s'affermit de plus en plus. On la rencontre à -chaque pas, et c'est encore plus visible en province qu'à Berlin. - - [345] M. de Manteuffel, chef du Cabinet militaire du Roi, s'était - battu en duel, le 30 mai, à Potsdam, avec M. Twesten, auteur - d'une brochure intitulée _Comment nous tirer d'affaire?_ qui - contenait des attaques assez vives contre le Cabinet militaire. - M. Twesten eut le bras droit brisé par une balle, et un jugement - ayant condamné le général de Manteuffel à trois mois de prison - dans une forteresse, il se rendit à Magdebourg pour se constituer - prisonnier. - -Voilà donc M. de Cavour mort! Mme de Sévigné disait à la mort de M. de -Seignelay: «_C'est la splendeur qui est morte._» Ne pourrait-on pas dire -aujourd'hui: «_C'est le succès qui est mort!_» Il y a cependant des gens -qui prétendent que les mécomptes et les ennuis avaient commencé pour lui. -Mais aujourd'hui, sa mort ne laisse-t-elle pas le champ libre à Mazzini, -à Garibaldi, et du _rose_ n'allons-nous pas passer au _rouge_? La -conflagration ne sera-t-elle pas précipitée d'une part, et de l'autre, -l'Empereur Napoléon ne se croira-t-il pas plus dégagé envers le Piémont? - - -_Günthersdorf, 15 juin 1861._--J'ai reçu, avant-hier, une lettre de la -Reine de Prusse qui a la bonté de m'annoncer que la _Huldigung_[346] est -remise décidément au 4 octobre, qu'elle se fera à Kœnigsberg, et -l'entrée solennelle à Berlin, le 17. Malgré les prétextes officiels que -l'on donne à ce retard, la vraie raison, c'est la divergence, entre le -Roi et ses Ministres, sur la forme à observer pour cette _Huldigung_. On -m'a écrit que le prince de Hohenzollern ne voulait rester dans sa -position ministérielle qu'à de certaines conditions, mais on ne me dit -pas lesquelles. - - [346] C'est-à-dire _l'hommage de toute la nation_ (couronnement). - - -_Sagan, 24 juin 1861._--Je suis, non seulement fort ébranlée, mais encore -toute meurtrie et contusionnée, à la suite d'un gros accident qui m'a -atteinte entre Günthersdorf et ici, et cela en rase campagne, loin de -toute habitation, et, par conséquent, loin de tout secours et de tout -abri. Un orage violent, un ouragan turbulent, une grêle monstrueuse (sans -exagération, les grêlons étaient gros comme des billes de billard), tout -cela a fondu sur nous avec furie. Les chevaux, il y en avait quatre à ma -voiture, ont perdu leur pauvre cervelle; ils sont devenus comme fous, et -se sont jetés dans le fossé bordant la chaussée. Sans le piqueur, qui -précédait et qui n'a pas perdu la tête, nous étions perdus. Il a coupé -les traits, mais déjà les roues de devant glissaient dans le fossé; il a -fallu descendre pour qu'on puisse retirer et relever la voiture. Pendant -que cela se faisait, et qu'on courait après les chevaux, nous, -c'est-à-dire moi et mes deux femmes de chambre, nous avons été exposées -aux coups frappés par les grêlons, sur la tête, sur toutes nos personnes. - -Rentrées enfin dans la voiture, il nous a fallu y rester avec des -vêtements ruisselants d'eau bourbeuse jusqu'ici, c'est-à-dire pendant -une heure et demie. Nous n'avions rien pour changer. Les cochers, les -domestiques, les chevaux, tout saignants des coups de la grêle, enflés, -méconnaissables. Nous avons tous des bosses à la tête et le corps tout -marbré de taches bleues et noires. Ce long séjour dans des vêtements -mouillés nous a fait mal à tous[347]. - - [347] Depuis cet accident, la duchesse de Talleyrand ne retrouva - plus la santé. A partir de cette époque, elle fut atteinte par - cette maladie douloureuse, qu'elle supporta avec une patience - exemplaire, pendant quatorze mois, et qui la conduisit - graduellement au tombeau. - - -_Sagan, 27 juin 1861._--J'ai eu hier une lettre du prince de -Hohenzollern, qui me semble assez sombre sur les destinées du Ministère -qu'il préside. - -Voilà donc la reconnaissance du Royaume d'Italie au _Moniteur_ français -avec des réserves qui garantissent le Pape, comme le traité de Zurich a -garanti _tous les Princes italiens_[348]. Le répit que la France comptait -s'accorder pendant quelques mois du côté de l'Orient, en sacrifiant à -l'Angleterre son ancien protectorat en Turquie, va probablement faire -place à de nouvelles complications par suite de la mort du Sultan[349]. - - [348] Le _Moniteur_ du 26 juin 1861 annonçait ainsi la - reconnaissance du Royaume d'Italie: «_L'Empereur a reconnu le Roi - Victor-Emmanuel comme Roi d'Italie. En notifiant cette - détermination au Cabinet de Turin, le Gouvernement de Sa Majesté - a déclaré qu'il déclinait d'avance toute solidarité dans les - entreprises de nature à troubler la paix de l'Europe, et que les - troupes françaises continueraient d'occuper Rome, tant que les - intérêts qui les y ont amenées ne seront pas couverts par des - garanties suffisantes._» - - [349] Le Sultan Abdul-Medjid venait de mourir à l'âge de - trente-huit ans. Sous son règne, des luttes sanglantes ayant - éclaté en 1860, entre les Druses et les Maronites dans le Liban, - la France, qui s'attribuait le protectorat sur les chrétiens de - ces contrées, intervint dans la querelle. Le général - d'Hautpoul-Beaufort débarqua avec des troupes à Beyrouth; il - s'ensuivit une occupation du pays par les Français, qui ne finit - qu'à la suite des réclamations de la Turquie, appuyées par - l'Angleterre. Une nouvelle organisation du Liban fut décidée dans - une Conférence des Puissances européennes, où il fut déterminé - que le Liban dépendrait directement de la Porte, tout en ayant un - chef chrétien pris dans celle des Églises chrétiennes qui - comptait le plus d'adhérents. - -Les nouvelles de Russie ne sont guère bonnes, la révolte des paysans y -continue; il paraîtrait aussi qu'à Saint-Pétersbourg le bonapartisme est -moins de mode; mais ce qui paraît assez certain, c'est l'entrevue du Roi -de Prusse avec l'Empereur Napoléon au camp de Châlons[350]. - - [350] Le Roi de Prusse devant rendre à l'Empereur Napoléon la - visite que celui-ci lui avait faite à Bade, il avait d'abord été - question du camp de Châlons comme lieu de rendez-vous; mais la - rencontre n'eut lieu que plus tard, le 7 octobre, à Compiègne. - - -_Téplitz, 17 juillet 1861._--L'attentat contre le Roi de Prusse à Bade -m'a bouleversée[351]; je l'ai su, le 14 au soir assez tard, par le Prince -Adalbert de Prusse, ici mon voisin. L'émotion a été chaude, car il y a -force Prussiens céans. Les églises retentissaient hier d'un _Te Deum_. - -On me mande confidentiellement de Berlin que M. de Bernstorff remplace M. -de Schleinitz comme ministre des Affaires étrangères, et que celui-ci -devient ministre de la Maison du Roi. Le prince de Hohenzollern aurait -demandé ce changement comme condition pour rester chef du Cabinet, et -Bernstorff aurait fait la condition de n'avoir de chef que le prince de -Hohenzollern, ne voulant en aucune façon d'Auerswald comme intermédiaire -entre le Roi et lui. - - [351] Le 14 juillet, le Roi de Prusse faillit être victime à Bade - d'un attentat. Un jeune homme de vingt et un ans, nommé Becker, - étudiant à Leipzig, s'était approché de Guillaume 1er à la - promenade, et lui lâcha un coup de pistolet à bout portant. La - balle dévia et ne fit qu'effleurer l'épaule du Roi. Arrêté - immédiatement, l'auteur de cet attentat déclara que son but avait - été de délivrer l'Allemagne d'un Prince qui ne la poussait pas, - avec une énergie assez active, dans les voies de l'unité. Becker - fut condamné à vingt ans de réclusion, et, pour sa vie, sous la - surveillance de la police. - - -_Téplitz, 21 juillet 1861._--L'autre jour, M. Dupin parlant du mandement -de Mgr Pie, évêque de Poitiers, a dit: «Mgr de Poitiers se trompe; il a -grandement tort de comparer l'Empereur à Pilate. Pilate s'est lavé les -mains, _et l'Empereur se les frotte_[352].» - - [352] M. de la Guéronière ayant fait paraître une brochure - intitulée: _Rome, la France et l'Italie_, Mgr Pie, évêque de - Poitiers, la réfuta par un mandement où il comparait le chef de - l'État à Pilate, «_qui pouvait tout empêcher et qui laisse tout - faire_.» M. de Persigny, ministre de l'Intérieur, croyant voir - une offense à la personne de l'Empereur Napoléon et une - contravention aux lois de l'Empire, déféra Mgr Pie au Conseil - d'État et le mandement fut annulé. - - -_Sagan, 30 septembre 1861._--Je me sens dans le plus déplorable état de -santé. Mes souffrances n'ont pas cessé depuis mon retour ici; elles -augmentent chaque jour et ma patience est bien éprouvée. - -Voici ce qu'on m'écrit de Paris: «On dit le Pape de nouveau malade, assez -malade pour qu'on s'occupe beaucoup de l'avenir après lui. On se promet, -s'il meurt, un grand mouvement populaire dans Rome, une explosion de -suffrage universel, un plébiscite qui demanderait l'abolition formelle -du pouvoir temporel. Il y a des gens qui se flattent que cet élan -révolutionnaire dominerait assez les Cardinaux pour déterminer l'élection -d'un Pape qui abdiquerait le trône en y montant. Les mieux informés -disent que la très grande majorité des Cardinaux tiendrait bon et irait -tenir le conclave ailleurs, s'ils ne pouvaient élire le Pape à Rome avec -liberté.» - -On me dit que le Cabinet anglais a grande envie de reconnaître sans délai -les _États désunis_ d'Amérique et qu'il travaille à faire prendre au -Gouvernement français la même résolution. Ce serait une bien prompte et -bien docile abdication de la politique française que de consentir si vite -à proclamer la chute de la seule puissance qui inquiète et gêne sur mer -la domination de l'Angleterre. Du reste, les correspondances américaines -donnent lieu de croire que les États du Nord sont passionnément résolus à -soutenir la lutte, en se flattant qu'elle se terminera par leur victoire. -Quoi qu'il arrive, ce château de cartes républicain est bien près de -tomber, et le vainqueur, quel qu'il soit, changera profondément ce -gouvernement incapable de supporter toute forte épreuve[353]. - - [353] La guerre d'Amérique, appelée aussi guerre de la - _Sécession_, dura de 1861 à 1865. La question de _l'esclavage_ - avait divisé la république en deux camps; le Sud travaillant - depuis longtemps à le propager dans l'Union, au risque de briser - avec le Nord. En 1860, une élection présidentielle, dans laquelle - le candidat _abolitionniste_ Lincoln l'emporta sur le candidat - _esclavagiste_ Breckinridge, fut le prétexte dont le Sud s'empara - pour rompre avec l'_Union_. Les hostilités commencèrent et, - pendant quatre ans, les deux armées se battirent héroïquement - avec des alternatives de revers et de succès; la lutte finit par - la prise de Richmond en Virginie, où le général Lee, qui - commandait les forces du Sud, fut contraint de capituler devant - le général Grant, chef des troupes du Nord. La question de - l'esclavage fut ainsi terminée. - - -_Sagan, 4 octobre 1861._--Je suis charmée d'apprendre que les Gazettes se -sont trompées en annonçant que le Roi de Prusse emmènerait des -_ministres_ à Compiègne. Le contraire est bien plus prudent et -convenable. Je ne doute pas de la présence de l'Impératrice Eugénie et de -quelques jolies dames. D'après ce qui me revient, les efforts du Roi pour -rassurer les Cabinets allemands sur cette visite en France n'ont pas -toute l'efficacité désirable. La méfiance est extrême. Certes, elle est -injuste en regard des intentions du Roi _en y allant_. - - -_Sagan, 6 octobre 1861._--Il y a de mauvais symptômes dans l'esprit -démocratique, si absurdement encouragé par le Ministère prussien, qui est -incapable, terriblement court et borné dans ses vues. Nous voici, ayant -la _Turner-Fest_ dans toutes les petites villes avec de fort mauvais -discours, de fort mauvais drapeaux, etc... etc... Les villes s'endettent -pour ces dangereuses fêtes, et quand on demande ce qui se fera pour fêter -le couronnement, on répond qu'on n'a pas d'argent. La _Huldigung_ ne -convenait pas au système constitutionnel et la _Krœnung_ ne plaît pas à -l'esprit démocratique; cela leur paraît trop royal, trop aristocratique; -bref, on ne satisfait plus personne. Mais que le Ministère est coupable -d'avoir encouragé le _Turner-Verein_, le _Sænger-Verein_, le -_Schützen-Verein_ et surtout le _National-Verein_[354]. Il faut vouloir -être aveugle pour n'en pas connaître le danger qui saute aux yeux des -moins clairvoyants. C'est quand on habite la province ou la campagne -qu'on discerne les ravages de ces associations. - - [354] La Huldigung veut dire l'_hommage_; la Krœnung, le - _couronnement_, le Turner-Verein, _une société de gymnastique_; - le Sænger-Verein, _une société orphéonique_; le Schützen-Verein, - _la société des tireurs_; le National-Verein, _la société des - patriotes_. Toutes ces sociétés cachaient, sous le prétexte de se - réunir pour s'amuser, le but de s'occuper de ce qui se passait - dans l'État, et les meneurs en profitaient pour échauffer les - têtes selon leurs idées politiques plus ou moins avancées. - - -_Sagan, 10 octobre 1861._--Une lettre de Berlin que je viens de recevoir -me dit ceci: «M. d'Abzac est ici, envoyé par le duc de Magenta, pour -organiser sa maison; on envoie de Paris des masses d'ouvriers pour -construire à la hâte toute une grande salle dons le jardin de l'ambassade -de France. On envoie aussi trente-huit domestiques et dix-huit chevaux. -Le Maréchal aura une suite de treize personnes. Lord Clarendon a loué -tout le premier de l'hôtel Royal qu'on décore magnifiquement. Je ne sais -encore rien du duc d'Ossuna, sinon qu'il est ici[355]. - - [355] La question de préséance entre les diverses ambassades - extraordinaires venues à Kœnigsberg et à Berlin pour le - couronnement du Roi de Prusse fut réglée par la date de l'arrivée - de chacune d'elles. Suivant cette règle, les Ambassadeurs prirent - rang dans l'ordre suivant: pour l'Espagne, le duc d'Ossuna; pour - l'Italie, le général della Rocca; pour l'Angleterre, lord - Clarendon; pour la France, le duc de Magenta. L'Autriche, la - Russie, la Belgique se firent représenter par des membres de - familles royales et impériales. Le duc de Magenta se fit - remarquer par la richesse de ses équipages et par une fort belle - fête, qu'il donna dans la maison de l'ambassade de France à - Berlin. - -«La grande voiture dans laquelle la Reine fera son entrée est très belle -dans son antiquité; on vient de la redorer à neuf. L'intérieur est -doublé de satin blanc tout brodé d'aigles d'or; les harnais sont en cuir -vert avec des dessins rouge et or. Ils seront mis sur huit beaux chevaux -noirs. Le manteau de couronnement de la Reine est de toute magnificence, -en velours rouge, tout doublé d'hermine et brodé d'aigles d'or.» - - -_Sagan, 14 octobre 1861._--Voici la copie d'une lettre écrite par une -personne toute napoléonienne, qui contient un récit de la visite du Roi -de Prusse à Compiègne: c'est _l'impression française_: - -«_Paris, 10 octobre 1861._--Comme j'en avais le sentiment, tout a -parfaitement réussi à Compiègne, et les choses se sont passées comme vous -aviez toujours prévu qu'elles se passeraient, si le Roi de Prusse venait -en France. Il n'a pas caché son impression, qui a été franchement -favorable. Ce qu'il y a d'amusant, c'est que le bon général de Manteuffel -l'a très décidément partagée. Il est impossible de voir une réussite plus -complète; cela me revient de tous les côtés. Le premier soir, il y avait -un peu de gêne et de froideur dans le salon. Tout le monde se tenait à -l'écart: l'Empereur, l'Impératrice, le Roi assis loin de tout le monde. - -«Le maintien de l'Impératrice a été parfait et sans un moment d'oubli -pendant tout le séjour du Roi. Le lendemain, chasse à tir où le Roi s'est -amusé, et superbe promenade dans la forêt terminée par Pierrefonds, où on -a goûté. Le théâtre français, un peu long, car il faisait affreusement -chaud. Le lendemain, petite revue improvisée sur la pelouse, devant le -château. L'Impératrice est venue rejoindre à pied, jolie comme on ne -l'avait pas vue depuis longtemps. Le Roi de Prusse l'a abordée en lui -baisant la main de si bon air, et elle a répondu à la politesse en -s'inclinant d'une manière si noble et si digne, que cela a ravi les -troupes qui ont tout de suite pris le Roi en amitié. On ne parlait que de -cela dans les cafés de Compiègne. Notre Impératrice a repris cette belle -politesse espagnole qu'elle sait si bien trouver quand elle veut. - -«Dans cette réception, il n'y a rien eu de trop comme empressement, ni de -trop peu. La suite allemande a été charmée de la dignité générale de -l'attitude, chacun a bien joué son rôle; et, comme des deux côtés on -s'apercevait de la bonne impression qu'on se faisait réciproquement, cela -allait toujours mieux. Les grâces de cordon, ordres..., etc... ont été -faites de la manière la plus aimable par le Roi à Edgar Ney, à qui il -donnait plus qu'il ne pouvait prétendre (pour réparer ce qui s'était -passé à Bade), il lui dit: _Je vous la donne avec plaisir, parce que je -sais que vous êtes l'ami de l'Empereur!_ En allant dans les rangs de la -troupe, le Roi a dit qu'il ne reconnaissait plus la cavalerie française; -qu'autrefois, les hommes avaient la jambe roulante et qu'à présent, ils -sont admirablement à cheval et ont des chevaux superbes. - -«Le Roi a trouvé le petit Prince Impérial très gentil; il a aussi admiré -fort le joli visage de Mme de Galliffet. Quant à l'Impératrice, elle n'a -pas manqué son effet habituel; il la trouve délicieuse. Pour moi, qui -aime profondément l'Empereur et l'Impératrice, je suis enchantée de la -manière dont tout cela a tourné et du genre sérieux de cette réussite, -qui a été plus loin qu'on ne pouvait l'espérer.» - - -_Sagan, 19 octobre 1861._--Il m'est revenu quelques particularités -_allemandes_ sur l'entrevue de Compiègne que j'ai motif de croire -exactes. Les deux souverains ont eu deux entretiens; un petit à la -chasse, un plus long dans l'appartement du Roi, où l'Empereur est allé le -chercher, tout à la fois, avec empressement et réserve. Il n'a pas parlé -du tout des affaires d'Allemagne. Sur l'Italie, il a trouvé naturel, et -même bon, que le Roi n'ait pas reconnu le nouveau royaume, dont l'avenir -est fort douteux et sur lequel il a fait lui-même des réserves. Il a très -bien parlé de la légitimité, principe excellent dont les revers sont des -échecs pour tous les gouvernements. En tout, langage très conservateur. -La tentative délicate a porté sur l'Angleterre. Il s'est montré à la fois -très ami de l'alliance anglaise et très préoccupé de ses difficultés, de -ses exigences. Il a fort approuvé la Prusse de devenir une puissance -maritime; c'est bon pour elle, pour la France, pour l'Europe; mais -l'Angleterre le souffrira-t-elle? Il avait bien envie de savoir jusqu'où -allait l'intimité entre Berlin et Londres, et envie aussi de l'intimité -entre Berlin et Paris, et que cette intimité-ci fût indépendante de -l'autre. Le Roi dit avoir été réservé, négatif par son silence. On dit -aussi qu'à propos du traité de commerce, qui se négocie entre la France -et le Zollverein, l'Empereur ayant témoigné le désir d'une réduction des -droits allemands sur les vins et les soieries de France, le Roi a -répondu: «_Mais ce sont aussi des productions des provinces rhénanes, et -j'ai à cœur de ne pas les mécontenter._» - - -_Sagan, 21 octobre 1861._--Voici l'extrait d'une lettre que m'a écrite de -Kœnigsberg un personnage important du parti catholique conservateur et -monarchique. L'Aigle noir, donné à la Reine, est quelque chose de tout -nouveau, et par conséquent de tout à fait exceptionnel, qui doit lui -avoir fait plaisir: - -«_Kœnigsberg, 19 octobre 1861._--La fête d'hier s'est passée aussi bien -que nous pouvions le désirer. Son effet, son ordonnance, la manière dont -elle a été exécutée, ont surpassé mon attente. Il n'était pas facile -d'organiser un acte pareil, auquel il manquait et traditions et -précédents. Le tout a été digne de son caractère symbolique, comme un -acte d'invocation à la protection de Dieu, et comme un acte politique et -monarchique. Il ne manquait que l'onction, que les bénédictions, que -l'Église à laquelle nous appartenons y aurait apportées. Sans cela tout a -été digne et convenable. Le Roi et la Reine ont eu belle et noble tenue, -s'inclinant humblement devant le Tout-Puissant, duquel ils ont pris en -fief leur couronne, et se relevant avec dignité en le proclamant à leurs -peuples. - -«Le plus beau temps a favorisé la cérémonie; la tenue du public n'a rien -laissé à désirer et a fait la meilleure impression aux étrangers. Lord -Clarendon m'a dit qu'il en avait été frappé. - -«Un silence, un ordre respectueux et un élan vibrant lorsque le moment -d'une démonstration est venu. Le Roi a très bien parlé dans les diverses -occasions, simplement, mais appuyant fortement sur le principe -monarchique, qu'il était appelé à conserver intact à sa dynastie. Entre -les allocutions qui lui ont été adressées, celle du Cardinal archevêque -de Cologne[356], qui a parlé au nom de notre clergé, a été généralement -reconnue comme la plus remarquable; elle était apostolique, marquée par -la grâce du Saint-Esprit; ce qu'il a dit des affaires de ce monde était -vrai, noble, en un mot chrétien. Le tout s'est passé sans la moindre -dissonance. La partie libérale du Ministère a dû pâtir des paroles du -Roi; elles ne cadraient pas avec leurs principes; les plus conservatifs -n'auraient pas pu les désirer autres. Les Ministres ont dissimulé les -couleuvres qu'ils ont été obligés d'avaler; nous verrons s'ils se -rattraperont.» - - [356] L'Archevêque de Cologne était Mgr Jean Geissel. - - -_Sagan, 26 octobre 1861._--Voici des extraits de diverses lettres de -Berlin: «L'entrée à Berlin, quoique favorisée par un temps magnifique, -une foule empressée et démonstrative, a été loin de m'impressionner -autant que Kœnigsberg. A Berlin, les couleurs allemandes dominaient, à -Kœnigsberg les couleurs prussiennes excluaient presque les autres. A -Berlin, un bon tiers des ouvriers avait arboré une médaille en carton, -portant la lettre _V. der Handwerken Verein_, espèce de société comme -celle de la _Marianne_, en France, tolérée tacitement par le ministre de -l'Intérieur, comte de Schwerin, et qui compte à Berlin vingt mille -adhérents, menés par des démocrates rouges. Une des vraies raisons de -l'opposition contre le président de la police Zedlitz vient de la guerre -qu'il voulait faire à cette dangereuse association. - -«Un doux contraste à ces dissonances étaient des tribunes, placées à cinq -cents pas les unes des autres, remplies de jeunes filles vêtues en -mousseline blanche et couronnées de fleurs; leur air pur, enjoué et -innocent, faisait du bien à voir. La Cour et ce qui y tenait faisait très -bon effet; les équipages étaient très beaux; le Roi, entouré des Princes -de sa Maison, précédé par les généraux de son armée, avait grande mine; -la Reine et la Princesse Royale, dans une voiture dorée et à glaces, -étaient rayonnantes d'affabilité.» - -Autre lettre: «Au grand concert gala, il y avait trop de foule, et pas -même une glace ou un verre d'orgeat; mais des toilettes magnifiques. La -Reine est superbe; elle est _enfin_ couverte des diamants de la couronne, -et portant admirablement, à toutes les fêtes, le grand diadème; mais elle -est bien fatiguée, ses traits s'en ressentent. La maréchale de Mac-Mahon -est élégante, mais pas richement vêtue; des toilettes de Longchamps, mais -non pas de Cour. Elle n'a pas l'air distingué. - -«L'Infante de Portugal, princesse de Hohenzollern, ressemble à la -duchesse de Nemours; elle est bien belle, elle a l'air d'avoir plus de -seize ans; son mari est plus petit qu'elle. La princesse Putbus avait -imaginé de profaner ses jolis cheveux blonds en les poudrant d'une poudre -d'or, qui retombait en pluie jaune sur son front et son cou. Elle avait -piqué dans ses cheveux une plume si hardie, si droite, si menaçante que, -voyant l'étonnement qu'elle causait, elle a voulu faire disparaître cette -fatale plume; mais elle était si bien ajustée qu'elle n'a pu venir à bout -de l'arracher; alors, elle s'est adressée à Antoine Radziwill en le -priant de couper cette plume maudite avec son sabre: ce qui fut dit, fut -fait.» - -Autre lettre: «Ce matin a eu lieu la consécration de l'église catholique -de Saint-Michel[357]. Le Roi et la Reine devaient s'y rendre; mais au -dernier moment, les protestants ont tellement tourmenté le Roi, qu'il a -fait dire par le Prince Royal au Prince-Évêque de Breslau, qu'il était -enrhumé et ne pouvait aller à l'église. Le soir, il était au bal! - - [357] L'église de Saint-Michel est l'église catholique de la - garnison de Berlin. - -On dit que la cérémonie a été très imposante, le curé a fait un beau -discours et le Prince-Évêque, au _Te Deum_, a prononcé un discours -sublime. Tout le Corps diplomatique catholique s'y trouvait. Le -Prince-Évêque était revêtu d'un magnifique ornement: cadeau que la -nouvelle église a reçu du Saint-Père.» - - -_Sagan, 2 novembre 1861._--Le Roi et la Reine viennent décidément chez -moi dans quelques jours[358]. La Grande-Duchesse de Bade aura été bien -satisfaite du couronnement qui a été, en effet, une belle décoration; je -ne puis m'empêcher d'y voir le chant du cygne des monarchies[359]. Dieu -veuille que je n'aie pas le sens commun et que je ne voie si noir qu'à -cause de ma lunette de malade! - - [358] En revenant de Breslau, où les Majestés Prussiennes - allèrent, après les fêtes de Berlin, recevoir l'hommage de la - province de Silésie, le Roi et la Reine s'arrêtèrent pendant un - jour à Sagan, afin d'y voir pour la dernière fois la duchesse de - Talleyrand et de Sagan déjà fort malade. - - [359] Le couronnement du Roi de Prusse avait eu lieu le 18 - octobre 1861 à Kœnigsberg. Avant comme après son couronnement, - le Roi, en répondant aux différents discours qui lui furent - adressés à cette occasion, avait mis une certaine affectation - (même marquée) à dire qu'il ne tenait sa couronne que de Dieu, - que la royauté était une grâce de Dieu, et que, dans cette grâce, - résidait la sainteté de la couronne qui était inviolable. Ce - langage indigna le parti libéral européen. Il trouva que le Roi - semblait ainsi établir une lutte entre la royauté de droit divin - et celle fondée par la souveraineté du peuple, comme sur une - élection primitive, et ce parti trouva dans les paroles royales - une pâture à de vaines querelles. Elles provoquèrent ensuite des - discussions fort longues qui s'élevèrent de toutes parts. - - - Ici nouvelle interruption de la correspondance qui ne reprit - qu'au mois de mars 1862, M. de Bacourt s'étant rendu à Sagan, où - il passa tout l'hiver auprès de la malade. - - - - -1862 - - -_Sagan, 11 mars 1862._--J'ai lu hier les journaux, et pour ne pas tomber -de plein saut dans l'ignorance des choses de ce monde, j'y ai mis plus -d'attention que de coutume. Je ne réponds cependant pas d'y avoir plongé -très intelligemment; aussi n'y ai-je été frappée que de la liberté de -langage de MM. de Pierres, Picard et Jules Favre; ils n'ont épargné -aucune critique sur le gouvernement intérieur de la France et ses -fallacieuses promesses. Cela rappelait le temps passé, et sans changer -actuellement les votes, cela ne peut manquer de déplaire beaucoup et de -gêner pas mal en haut lieu, disons mieux: _en très bas lieu_. - - -_Sagan, 12 mars 1862._--On m'écrit ce qui suit de Paris: «Les discussions -dans les deux Chambres ont été chaudes. Pour Palikao, l'affaire a été -désagréable. L'Empereur aura pu juger ce que c'est que l'opinion -publique. En retirant la proposition, il a bien fait, mais en demandant -une somme pour récompenser les grands services, il a fait une faute -énorme[360]. Le général Fleury est le coupable de toute cette affaire. -C'est lui qui a inventé le général Montauban; puis il a poussé à ce qu'on -lui donnât un titre et une dotation.» - - [360] Le Gouvernement avait demandé une dotation annuelle de - cinquante mille francs pour le général Cousin-Montauban, comte de - Palikao, qui avait commandé les troupes françaises en Chine. La - Commission chargée de cette demande avait conclu au rejet, le 28 - février 1862; mais le Corps législatif ne se prononça pas le même - jour et remit la discussion à plus tard. Craignant un refus de la - Chambre, l'Empereur écrivit, le 4 mars, au président du Corps - législatif qu'il y avait eu malentendu et qu'il présentait un - nouveau projet, soumettant à la Chambre l'appréciation d'un - principe général qui permettrait d'assurer, dans de justes - limites, à toutes les actions d'éclat, depuis le maréchal - jusqu'au soldat, des récompenses dignes de la grandeur du pays. - -Voilà donc la Chambre prussienne dissoute; j'ai bien peur que les mêmes -Ministres, incapables d'agir sur l'opinion publique, n'obtiennent une -Chambre pire que celle qu'on renvoie[361]. Le monde est au moins aussi -malade que moi. - - [361] La Chambre prussienne fut dissoute le 10 mars. Le - Ministère, ayant été battu dans la discussion du budget, avait - d'abord donné en bloc sa démission. Elle ne fut pas acceptée de - suite par le Roi; mais peu à peu les Ministres furent relevés - l'un après l'autre. - - -_Sagan, 14 mars 1862._--M. Guizot m'écrit de Paris: «Il y a un peu de -réveil dans les esprits; mais dans tout cela la médiocrité des hommes -égale la gravité des situations; agresseurs ou défenseurs, conspirateurs -ou fonctionnaires, tous paraissent petits ou ternes, quelque grandes que -soient les choses auxquelles ils touchent. Les Anglais qui sont à Paris -disent tous que les tories reprennent de l'ascendant, qu'ils pourraient, -s'ils voulaient, dès aujourd'hui renverser le Cabinet, mais qu'il y a -dissentiment à ce sujet entre lord Derby et son fils, lord Stanley, le -fils étant plus pressé que le père. - -Nous sommes un peu inquiets de ce qui se passe en Prusse. Les pessimistes -disent qu'elle est, au fond, plus malade que l'Autriche; j'espère -qu'elles ne le sont définitivement ni l'une ni l'autre; je craindrais -bien plus la révolution en Allemagne qu'en Italie.» - -Un ami de M. de Falloux m'écrit aussi: «En quittant Paris, M. de Falloux -s'est rendu en Bretagne pour des affaires de famille toutes personnelles. -En arrivant à Rennes, il a trouvé au débarcadère deux amis de -l'Archevêque pour excuser le prélat de ne pouvoir le recevoir, à cause de -dépêches télégraphiques, parties du ministère, pour lui ôter la liberté -de voir M. de Falloux, qu'on signale voyageant en Bretagne dans un but -politique. Le pauvre prélat était, disaient ses amis, honteux et désolé, -mais trop faible pour ne pas fléchir. Si un fait pareil était porté à la -tribune comme spécimen de la liberté dont nous jouissons, les Ministres -sans portefeuille auraient beau jeu pour _nier_ audacieusement; car c'est -là tout leur savoir-faire! Opprimer en criant: _Vivent les principes de -1789!_ - -«L'Archevêque de Tours vient de traverser Paris en revenant de Rome; il -m'a rapporté une bonne impression. Tous les cardinaux, ainsi que le -Saint-Père, lui ont paru très fermes, très résolus, mais sans illusions -sur l'issue finale qu'une politique hypocrite leur prépare.» - - -_Sagan, 18 mars 1861._--Voici un petit extrait d'une de mes lettres -d'hier: «L'Archevêque de Tours est revenu rapportant d'excellentes -impressions de Rome et du Sacré-Collège, qui l'ont accueilli avec une -distinction toute particulière. Plus de vingt Cardinaux sont allés le -visiter et tous ont annoncé fermeté et résolution dans les épreuves que -chacun entrevoit comme très prochaines. Le Saint-Père est préparé à tout -et ne songe qu'à sauver l'honneur. L'Archevêque et son compagnon de -voyage ont refusé les invitations à dîner du duc de Gramont et du général -de Goyon. Dès l'arrivée des prélats à Paris, revenant de Rome, ils ont eu -la visite d'un employé supérieur du ministère des Cultes, pour leur -reprocher, _officiellement_, _l'inconvenance_ de ce refus, ajoutant que -la seule chose à faire, pour la réparer, était d'aller faire leur cour -aux Tuileries et une visite au Ministre. «_Ni l'un ni l'autre_, a répondu -le pieux prélat de Tours.»--«Mais prenez-y garde, a-t-on répliqué, une -telle attitude indisposera le Gouvernement contre vous, et l'œuvre de -saint Martin en souffrira.»--«_A Dieu ne plaise_, a repris l'Archevêque, -_que je sacrifie jamais saint Pierre à saint Martin; ce dernier ne me le -pardonnerait pas_[362].» - - [362] A l'aide de subsides et de quêtes, l'Archevêque de Tours, - avec l'autorisation gouvernementale, avait entrepris de relever - l'antique basilique de Saint-Martin, presque entièrement disparue - sous les profanations des guerres de religion du seizième siècle - et les destructions causées par la grande Révolution. - -Si, dès le début, le haut clergé de France avait en une attitude aussi -nette et aussi digne, bien des disgrâces eussent été épargnées, et à -l'Église, et à l'honneur de la France. - -C'est aujourd'hui un anniversaire qui pourrait bien ne pas passer -inaperçu à Berlin: 18 mars! Il y a quatorze ans qu'il s'est livré une -bataille, qui, gagnée, a été reperdue pour le présent et pour l'avenir; -le tout en douze heures de temps. Je m'inquiète des manifestations qui -pourraient avoir lieu le 22, au jour de naissance du Roi. L'année -dernière, à cette date, Berlin était des plus _unheimlich_[363] et il ne -faisait pas bon d'y circuler avec des livrées et des armoiries. Et depuis -lors, on a été également faible et imprudent. Les Ministres laissent tout -aller à la dérive, et le Roi _improvise_ un peu trop, il me semble! Je -voudrais espérer que tout s'apaisera et rentrera dans le calme; mais nous -sommes tous sous _le réseau des sociétés secrètes_; elles sont bien -actives et on en trouve la trace à chaque pas. - - [363] De l'allemand: très désagréable. - -On me mande de Berlin que la crise ministérielle préoccupe tous les -esprits; il paraît que le changement ne sera pas partiel; on ignore -encore quelle est la partie qui s'en ira. M. de Bernstorff doit avoir dit -que, depuis qu'il est au Ministère, il n'a éprouvé qu'amertume et -ingratitude, et qu'entre son poste de Londres et celui de Berlin, il y a -toute la distance du ciel à l'enfer[364]. - - [364] M. de Bernstorff, ministre de Prusse à Londres, avait été - appelé par le Roi pour remplacer M. de Schleinitz comme ministre - des Affaires étrangères; M. von der Heydt avait pris le - portefeuille des Finances, en gardant provisoirement celui du - Commerce; le comte d'Itzenplitz, celui de l'Agriculture; M. von - Mühler, les Cultes; le comte Lippe, la Justice; M. de Jagow, - l'Intérieur. - - -_Sagan, 19 mars 1862._--Le journal d'hier m'apporte la composition du -nouveau Ministère prussien qui aura, du moins, le mérite de -l'homogénéité. Dieu veuille que ce ne soit pas le seul. - -De Vienne, on m'écrit de tristes nouvelles. Le général Schlic est mort, -le prince Windisch-Graetz a été administré, le comte Walmoden expirant et -le pauvre Zedlitz aussi. Toute une génération du bon temps disparue. - - -_Sagan, 20 mars 1862._--Ma cousine de Chabannes m'écrit, de Claremont, -que la Reine Marie-Amélie se porte parfaitement bien, mais qu'elle est -inquiète du Roi des Belges, qui se fait faire des opérations successives -de la pierre, qui l'éprouvent et l'épuisent. Le duc de Brabant, en -passant dernièrement par Claremont, y a fait la plus triste impression; -il est fort menacé de la poitrine. La princesse de Joinville souffre -beaucoup du foie. - - -_Sagan, 24 mars 1862._--J'ai eu hier la visite de mon voisin silésien, le -comte de Rittberg, arrivant de Berlin. Voici le résumé de ses dires. Il -n'a pas accepté, _lui_, le Ministère qui lui a été proposé, parce qu'il -se sent fatigué corporellement, que sa femme est inquiète de lui et -qu'elle a insisté pour qu'il refusât. Je crois que ce qu'il souhaiterait -serait de remplacer le prince de Hohenlohe à la présidence de la Chambre -des seigneurs. Il dit du bien des nouveaux Ministres qu'il connaît; il -les dit très honnêtes, sincèrement dévoués au Roi, n'appartenant pas au -parti de _la Croix_, comme le parti démocratique se plaît à les -représenter. Il les dit capables, chacun dans sa spécialité; il craint -seulement que le talent parlementaire leur fasse défaut. Il ajoute que si -le Roi avait fait, il y a six mois, ce qu'il vient de faire maintenant, -il y aurait d'assez bonnes élections, tandis qu'aux mauvaises élections -de décembre dernier, nous en verrons succéder, très probablement, de -détestables au mois de mai. Il regrette qu'on se soit tant hâté de -dissoudre la Chambre; il en accuse les Ministres sortants, qui, ayant -jugé qu'ils seraient battus sur toutes les questions, ne s'étaient pas -souciés d'en avoir la honte; que d'ailleurs, la désunion dans le Cabinet -rendait tout impossible. Il est surtout fort irrité contre le comte -Schwerin et M. d'Auerswald; il voit dans l'esprit borné et doctrinaire du -premier, dans les expédients souvent peu loyaux dont le second leurrait -le Roi, les deux principales causes des grandes difficultés du moment. Il -désire vivement qu'Auerswald ne reste pas à Berlin, car il craint ses -intrigues à la sourdine. - -J'ai eu hier une lettre de Paris: «On va nous retirer les petites -libertés qui nous ont été données le 24 novembre. La discussion des -Chambres prouve que le Gouvernement ne peut supporter le contrôle et les -observations motivées. Le discours du député de Rouen a produit un effet -immense; on a bien sapé M. de Persigny; il n'en reste pas moins[365]. Il -coûte cher à l'Empereur; il a quinze cent mille francs de dettes. -Dernièrement, l'Empereur lui reprochait d'être resté trois jours sans -paraître à l'hôtel de son ministère. «Auriez-vous préféré, a-t-il -répondu, que je fusse arrêté? J'avais signé un billet de trois cent mille -francs et je serais à Sainte-Pélagie si je ne m'étais pas caché.» -L'Empereur fit chercher la somme et la lui remit. - - [365] Dans la discussion de l'Adresse, accordée au Corps - législatif depuis le décret du 24 novembre 1860, on attaquait - alors le traité de commerce avec l'Angleterre, et le député de la - Seine-Inférieure, M. Pouyer-Quertier, qui était protectionniste, - le combattait avec beaucoup de violence. - - - - - _La première et la dernière lettre adressées par la duchesse de - Dino et de Talleyrand à sa petite fille, la princesse Radziwill, - née Castellane._ - -I - -Sagan, 3 janvier 1859. - -Ma chère Marie, je te remercie de ta lettre du 20 décembre et des bons -souhaits qu'elle contient pour moi; qui, de mon côté, prie Dieu avec -ferveur pour ta santé et le développement de ton âme et de ton -intelligence. Tu es en bonnes mains, en bon air[366], et les fréquentes -visites de ta chère maman[367] et d'Antoine[368] te procurent de douces -distractions! J'espère aussi que nous ne tarderons pas à nous revoir, ma -chère Minette, et que nous nous aimerons encore plus après nous être -embrassées en réalité. En attendant je t'envoie de loin mes baisers et -mes bénédictions. - - D. Duchesse DE SAGAN TAL. - - [366] Marie de Castellane était alors à Marmoutiers au couvent du - Sacré-Cœur. - - [367] La marquise de Castellane. - - [368] Antoine de Castellane, alors âgé de 5 ans. - - -II - -Sagan, 31 août 1862. - - MA CHÈRE FILLETTE, - -Merci des intéressants détails sur la petite visite de notre Saint -Évêque[369]. Il a eu la grande bonté de m'écrire lui-même quelques lignes -du cher asyle[370]! - - [369] Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans. - - [370] Rochecotte. - -Je ne m'étonne pas du succès de Georges[371] auprès de lui, car il est de -la sphère des anges! - - [371] Fils aîné de la princesse Radziwill, alors âgé du 2 ans. - -Je suis ravie que tu puisses retrouver ton mari ici. Tu sais que vous -êtes mes CHERS _enfants_. - -Ton beau-père s'est annoncé pour ce soir. Ton oncle Dino et -Élisabeth[372], à l'improviste pour cette nuit. Probablement un article -stupide des journaux de Berlin, par lequel il m'aura cru à toute -extrémité, aura réveillé son inquiétude et hâté son arrivée. Enfin -Louis[373] s'annonce pour demain ou après-demain. Je vais être -terriblement envahie. Je voudrais que M. de Bacourt[374] vînt m'abriter. - - [372] Alexandre, duc de Dino et sa fille Élisabeth, plus tard - comtesse Oppersdorff. - - [373] Duc de Valençay. - - [374] Correspondant de la Chronique. - -Boson[375], Jeanne[376] et Adalbert[377] viennent aussi me menacer! - - [375] Prince de Sagan. - - [376] Princesse de Sagan, née Seillière. - - [377] Second fils du duc de Valençay. - -Certes, je ne manque pas de cœur pour mes enfants; mais je manque de -force pour écouter, pour entendre, pour parler, pour répondre; dès que -j'ai fait le plus petit effort, les vomissements reprennent et la -transpiration m'inondent! Adieu, ma chère fille, j'ai pour toi et pour -Dear Rochecotte une affection toute exceptionnelle. - -_P.-S._--Toi et ton mari ne me gênent ni en santé ni en maladie et quant -à ton frère, il serait aussi le très bien venu. Tu sais que je _te_ dis -_vrai_. - -[Illustration: extrait lettre] - -[Illustration: signature] - -[Illustration: extrait lettre] - -[Illustration: extrait lettre] - - -_Sagan, 2 avril 1862._--On me mande que la plupart des évêques de France -répondront à l'appel qui leur a été fait de Rome pour les martyrs -japonais[378]; qu'ils partiront en avertissant le Gouvernement, mais sans -demander de permission, et que l'Empereur n'en sera pas trop mécontent. -Cette question romaine l'embarrasse tellement qu'il en est, dit-on, -encore plus attristé qu'irrité. M. de Lavalette se défend d'être mal avec -le Pape[379], c'est avec M. de Goyon qu'il ne peut vivre. - - [378] Le Pape avait invité tous les évêques du monde catholique à - se rendre à Rome, le jour de la Pentecôte (8 juin 1862), pour - assister à la fête de la solennelle canonisation de vingt-cinq - martyrs qui, en 1594, avaient versé leur sang pour la foi à - Nagasaki, au Japon, et avaient déjà été béatifiés en 1627. Plus - de trois cents évêques se rendirent à l'appel de Pie IX. - - [379] Au mois d'août 1861, M. de Lavalette, qui était Ambassadeur - à Constantinople au moment des massacres du Liban, fut envoyé à - Rome pour y remplacer M. de Gramont, comme Ambassadeur auprès du - Pape. - -La Reine Marie-Amélie va passer un mois à Holland-House pour être plus -près de la grande Exposition dont elle est curieuse. Être encore -curieuse, à son âge, et après avoir été _crucifiée_! c'est merveilleux et -enviable! - -Le prince Windisch-Graetz laisse six enfants et très peu de fortune; il -avait de gros traitements qui finissent avec lui; sa fille, veuve, sans -enfants, âgée de vingt-six ans, qui, depuis son veuvage s'était consacrée -à son père, est particulièrement à plaindre. Les journaux allemands ont -donné un récit touchant des obsèques qui ont eu lieu à Vienne et à -Prague; et surtout, de ce qui s'est passé dans cette dernière ville au -haut du _Hradchin_, où le cardinal Schwarzenberg, beau-frère du défunt, a -béni le corps, et d'où les salves de deuil ont retenti du même point, -juste d'où l'illustre mort a tenu la ville en échec, lorsqu'il a sauvé à -son maître la couronne de Bohême, en 1848. Naturellement, le cortège -aurait dû traverser le bas de la ville pour prendre la route de Tachau, -où se trouve le caveau de famille; mais l'Empereur a donne l'ordre que le -cortège traversât toute la ville, montât au haut du _Hradchin_ où se -trouve la Cathédrale, fît halte à la porte de l'église et y reçût les -honneurs militaires. Le concours de monde de tous les genres paraît avoir -été énorme, et le recueillement touchant et honorable. - - -_Sagan, 1er mai 1802._--Voici le joli mois arrivé tout plein de -soleil, de verdure et de parfums. Eh bien! tout cela me semble une -dérision, car ce soleil n'éclaire pour moi que des souffrances qui -augmentent à chaque instant de cruauté. Je n'ai pour ainsi dire plus un -moment de vrai répit. Cependant voici deux jours que je suis sortie; mais -hier, après une tournée d'une demi-heure dans le parc, je suis rentrée -pour être torturée avec une rage incessante qui vient de me ressaisir. - - - Ici s'arrête la _Chronique_. La maladie de celle qui l'écrivit - allait chaque jour s'aggravant; les eaux d'Ems, pas plus que - celles du Schlangenbad qu'elle prit ensuite, n'apportèrent aucune - amélioration à son état. Elle avait hâte de retourner à Sagan - pour y mourir, comme elle le répétait sans cesse. - - En effet, elle atteignit Sagan le 3 août, et expira le 19 - septembre 1862. - - -FIN - - - - -PIÈCES JUSTIFICATIVES - - -I - -_Article du_ Times _donné par le_ Galignany _du 17 février 1853_. - -L'adresse aux dames américaines, partie de Stafford-House, a reçu -l'accueil auquel nous nous attendions. Les dames du monde de l'État de -Virginie qui, à l'exemple de leurs mères, ont toujours eu des esclaves, -se soulèvent maintenant à l'unanimité contre cette ingérence dans ce -qu'elles considèrent comme un privilège séculaire. - -Par l'organe d'un journal de la Virginie, le _Richmond-Enquirer_, ces -dames en appellent à Mme Julia Gardiner Tyler (l'ex-présidente Tyler, -comme on l'appelle officiellement), qui, élevée par ses alliances, ses -talents, sa naissance, son mariage avec l'ex-président, et enfin, par son -long séjour dans une plantation de Virginie comme maîtresse d'une colonie -d'esclaves, était le digne champion de l'esclavage considéré comme -_institution sociale_. - -Appelée par un pareil devoir, l'illustre citoyenne prit la plume et ne -l'a quittée qu'après avoir fait justice sommaire de la Duchesse (de -Sutherland) et de ses amis. - -Notre correspondant de New-York, qui est, certes, fort américain, ne -s'est pas rendu compte, comme il aurait dû le faire, de l'importance à -donner à cette rivalité de dames en colère, se battant aux yeux du monde -pour leurs compatriotes. Nous ne doutons point que, malgré les huit -années passées à la tête d'une plantation, Mme Tyler ne soit encore -jeune, belle, intelligente et charmeuse, comme le décrit le _New-York -Herald_; mais décidément, on peut dire qu'elle est agressive et bavarde. -Elle voudrait que la doctrine de Monrœ fût appliquée, non seulement au -territoire, mais aussi aux institutions de l'Amérique du Nord; et elle se -venge de la Duchesse, en énumérant soigneusement toutes les allusions -déplaisantes pour les institutions anglaises que lui fournissent son -intelligence, sa mémoire et ses amis. Au fait, en allant au fond des -choses, nous y trouvons pour les neuf dixièmes des redites; comme la -presse anglaise semble prendre un soin tout particulier de mettre les -étrangers au courant de nos défauts, la tâche de cette dame était facile, -et l'intérêt pour le lecteur anglais en reste minime. - -En disant que la réponse de Mme Julia Tyler contient des redites et des -contradictions, nous devons ajouter que le même jugement peut s'appliquer -à la Duchesse. On n'aurait jamais dû publier une lettre ouverte, capable -de provoquer une semblable réponse, et, d'autre part, quand une semblable -publication a été faite et que le bon sens du pays où elle a eu lieu la -désapprouve, les personnes auxquelles elle était adressée auraient donné -une preuve de tact en ne la relevant pas. - -Il faut dire à l'honneur des dames américaines qu'aucune d'entre elles -n'a répondu, à l'exception de la propriétaire d'une plantation de tabac, -seule capable, peut-être, de manier la plume avec autant de férocité. -Elle ne nous fait grâce sur aucun point: l'Islande, la corruption de la -métropole, le _Dun robin Estate_, l'ancien commerce des esclaves, les -diamants de la duchesse de Sutherland, notre journalisme, notre impôt des -pauvres, nos souscriptions de bienfaisance, notre reine, nos évêques, nos -hommes d'État, nos importations de coton et nos larmes de crocodile, -_tout_, tout est successivement attaqué avec autant d'adresse que -d'âpreté, tout et tous ont leur part. - -Nous en sommes redevables à une petite coterie de femmes philanthropes, -que les souffrances de _l'oncle Tom_ et de ses compagnons héroïques -touchèrent au point de leur faire oublier que ces types, modèles de -toutes les vertus, étaient le fruit du système qu'elles blâmaient. - -Notre métier de journaliste nous met en contact si intime avec la -fragilité de notre édifice social, que nous hésitons à lancer des -pierres que nos adversaires pourraient trop facilement nous rejeter. - -La témérité de l'appel Sutherland prouve que les belles plaignantes ne -connaissent aucunement les maux existant beaucoup plus près d'elles, -qu'il aurait été peut-être de leur devoir de connaître et de secourir. -Cependant, nous ne saurions subir les verges de Mme Julie sans réagir; -nous ne saurions tolérer que l'ex-présidente Tyler écrive, comme si -l'Angleterre n'avait jamais rien fait, rien souffert, rien payé pour la -cause de l'abolition de l'esclavage. Nous ne saurions admettre que rien -n'ait changé chez nous, depuis le temps où la Reine Anne partageait, avec -le Roi d'Espagne, le gain produit par la traite des nègres, et que nos -hommes d'État, nos législateurs, nos prélats, nos pairesses, soient ce -qu'ils étaient encore il y a deux cents ans. Pour appuyer son -raisonnement, la belle Julie attribue le procès Wilberforce et Clarkson à -des causes que jamais le lutteur n'aurait imaginées. Selon elle, il -serait dû à l'envie que nous éprouvons pour les États-Unis, au désir de -nous venger du succès de leur récolte, la douleur d'y avoir perdu un -marché (que d'ailleurs nous n'avons pas perdu), au dessein infâme de -semer la discorde entre les États du Nord et du Sud, et à d'autres motifs -semblables qui pourront paraître évidents à une certaine classe de -femmes, mais qui paraissent absurdes à tout homme de bon sens. - -Nous voudrions encore prier la belle lutteuse de Sherwood-Forest de jeter -un regard sur l'espace occupé sur la carte par son pays, baigné, comme -elle le dit, par deux Océans, et de le comparer à celui qu'occupent les -Iles-Britanniques; elle verrait qu'on peut nous excuser, si nous avons -plus de peine à nourrir une population de trente millions, que les -Américains pour en nourrir une de vingt-six. Elle aurait beaucoup mieux -fait, pour avoir raison, si, en défendant les institutions de son pays -contre toute ingérence anglaise, elle ne se fût pas mêlée de nos -affaires; mais, elle se mêle de nos institutions et perd, en les -attaquant, le terrain gagné en défendant celles de son pays, justifiant -presque, ainsi, l'intervention des philanthropes de Stafford-House. Les -institutions monarchiques et aristocratiques, dont elle parle, durent -depuis dix siècles et nous ne pourrions, même en le voulant, nous en -débarrasser aisément. D'ailleurs, il est incontestable qu'elles ont -beaucoup contribué à la formation du caractère de notre race, dont les -États-Unis eux-mêmes sont le plus éclatant résultat. - -Nous avons encore à régler avec Mme Tyler une petite affaire pour notre -propre compte. Quel droit a-t-elle de dire que la lettre de -Stafford-House a eu son origine dans les journaux? Nous n'en avons rien -su, jusqu'à ce qu'elle fut approuvée par le conclave et couverte de -nombreuses signatures. Il nous est fort pénible d'avoir été crus les -complices de cette singulière affaire. Quant aux éloges patriotiques, -dont Mme Tyler a enjolivé sa réplique, nous sommes enchantés de pouvoir -en reconnaître l'exactitude; nous apprécions, selon leur mérite, le -territoire des fleuves, les deux Océans, le sol, les ports, la -population, l'esprit d'entreprise, la politique, le coton, le riz et le -tabac des États-Unis, et quoique nous en ayons souvent entendu parler, -nous sommes enchantés qu'une belle dame vienne nous les rappeler; mais -nous ne comprenons pas comment toutes ces belles choses puissent nous -empêcher de prendre des mesures pour l'abolition complète de l'esclavage. - - -II - -NOUVELLES DISSIDENCES ENTRE LES PRINCES D'ORLÉANS ET LE COMTE DE CHAMBORD - -_Lettre du comte de Chambord au duc de Nemours._ - - 5 février 1857. - - MON COUSIN, - -J'ai lu votre lettre avec un profond sentiment de tristesse et de regret. -J'aimais à penser que nous avions compris de la même manière la -réconciliation accomplie entre nous, il y a bientôt quatre ans. Ce -rétablissement de nos rapports politiques et de famille, en même temps -qu'il plaisait à mon cœur, semblait à ma raison un gage de salut pour la -France et une des plus fermes garanties de son avenir. Pour justifier mon -espérance, pour rendre notre union efficace et digne tout ensemble, il -ne fallait que deux choses qui étaient bien faciles: rester de part et -d'autre également convaincus de la nécessité d'être unis, mais vouer une -confiance inébranlable en nos mutuels sentiments. - -Je n'ai pas douté de votre dévouement aux principes monarchiques; -personne ne peut mettre en question mon attachement à la France, mon -respect de sa gloire, mon désir de sa grandeur et de sa liberté. Ma -sympathique reconnaissance est acquise à tout ce qui s'est fait par elle, -à toutes les époques, de bien, d'utile et de grand. Ainsi que je n'ai -cessé de le dire, j'ai toujours cru, et je crois toujours à -l'inopportunité de régler, dès aujourd'hui, et avant le moment où la -Providence m'en imposerait le devoir, des questions que résoudront les -intérêts et les vœux de notre patrie. Ce n'est pas loin de la France et -sans la France, qu'on peut disposer d'elle. - -Je n'en conserve pas moins ma conviction profonde, que c'est dans l'union -de notre maison, et dans les efforts communs de tous les défenseurs des -institutions monarchiques que la France trouvera un jour son salut. Les -plus douloureuses épreuves n'ébranlent pas ma foi. - - -III - -_Lettre adressée par l'Empereur Napoléon III au Pape Pie IX le 31 -décembre 1859._ - - TRÈS SAINT-PÈRE, - -La lettre que Votre Sainteté a bien voulu m'écrire le 2 décembre m'a -vivement touché, et je répondrai avec une entière franchise à l'appel -fait à ma loyauté. - -Une de mes préoccupations, avant comme après la guerre, a été la -situation des États de l'Église, et certes, parmi les raisons puissantes -qui m'ont engagé à faire si promptement la paix, il faut compter la -crainte de voir la révolution prendre tous les jours de plus grandes -proportions. Les faits ont une logique inexorable, et, malgré mon -dévouement au Saint-Siège, malgré la présence de mes troupes à Rome, je -ne pouvais échapper à une certaine solidarité avec les effets du -mouvement national, provoqué par la lutte contre l'Autriche. - -La paix une fois conclue, je m'empressai d'écrire à Votre Sainteté pour -lui soumettre les idées les plus propres, suivant moi, à avancer la -pacification des Romagnes, et je crois encore que si, dès cette époque, -Votre Sainteté eût consenti à une séparation administrative de ces -provinces et à la nomination d'un gouvernement laïque, elles seraient -rentrées sous son autorité. - -Malheureusement, cela n'a pas eu lieu, et je me suis trouvé impuissant à -arrêter l'établissement du nouveau régime. Mes efforts n'ont abouti qu'à -empêcher l'insurrection de s'étendre, et la démission de Garibaldi a -préservé les Marches d'Ancône d'une invasion certaine. - -Aujourd'hui le Congrès va se réunir. Les puissances ne sauraient -méconnaître les droits incontestables du Saint-Siège sur les Légations. -Néanmoins, il est probable qu'elles seront d'avis de ne pas recourir à la -violence pour les soumettre; car si cette soumission était obtenue à -l'aide des forces étrangères, il faudrait encore occuper les Légations -militairement pendant longtemps. Cette occupation entretiendrait les -haines et les rancunes d'une grande portion du peuple italien, comme la -jalousie des grandes puissances; ce serait donc perpétuer un état -d'irritation, de malaise et de crainte. - -Que reste-t-il donc à faire? car enfin, cette incertitude ne peut pas -durer longtemps. Après un examen sérieux des difficultés et des dangers -que présentaient les diverses combinaisons, je le dis avec un regret -sincère, et quelque pénible que soit la solution, ce qui me paraîtrait le -plus conforme aux intérêts du Saint-Siège, ce serait de faire le -sacrifice des provinces révoltées. Si le Saint-Père, pour le repos de -l'Europe, renonçait à ces provinces qui, depuis cinquante ans, suscitent -tant d'embarras à son gouvernement, et qu'en échange, il demandât aux -puissances de lui garantir la possession du reste, je ne doute pas du -retour immédiat de l'ordre. Alors, le Saint-Père assurerait, à l'Italie -reconnaissante, la paix pendant de longues années, et au Saint-Siège, la -possession paisible des États de l'Église. - -Votre Sainteté, j'aime à le croire, ne se méprendra pas sur les -sentiments qui m'animent; elle comprendra la difficulté de ma situation; -elle interprétera avec bienveillance la franchise de mon langage, en se -souvenant de tout ce que j'ai fait pour la religion catholique et pour -son auguste chef. - -J'ai exprimé, sans réserve, toute ma pensée et je l'ai cru indispensable -avant le Congrès. Mais je prie Votre Sainteté, quelle que soit sa -décision, de croire qu'elle ne changera en rien la ligne de conduite que -j'ai toujours tenue à son égard. - -En remerciant Votre Sainteté de la bénédiction apostolique qu'elle a -envoyée à l'Impératrice, au Prince Impérial et à moi, je lui renouvelle -l'assurance de ma profonde vénération. - -De Votre Sainteté, votre dévot fils, - - NAPOLÉON. - Palais des Tuileries, le 31 décembre 1859. - -Cette pièce est tirée du _Journal des Débats_ du 12 janvier 1860. - - - - -INDEX BIOGRAPHIQUE - -DES NOMS DES PERSONNAGES MENTIONNÉS DANS CETTE CHRONIQUE - - (Les noms suivis d'un astérisque sont ceux qui ont été déjà - donnés, avec plus de détails, dans l'index biographique du tome - I; ceux qui sont suivis de deux astérisques ont été donnés dans - le tome II, et ceux qui sont suivis de trois astérisques sont - donnés dans le tome III.) - - -A - - ABERDEEN (lord), 1784-1860 *. Diplomate et homme d'État anglais. - - ABZAC (le marquis D'), 1822-1905. Venance d'Abzac, général de - brigade en France, fut, durant de longues années, premier aide de - camp du maréchal de Mac-Mahon. Le général d'Abzac fut promu - officier de la Légion d'honneur en 1859, et commandeur en 1873. - Il avait épousé Mlle Dorothée de Lazareff. - - ADÉLAÏDE D'ORLÉANS (Madame), 1777-1847. Sœur cadette du Roi - Louis-Philippe. - - ALBE (le duc D'), 1821-1881. Luis duc d'Albe avait épousé, en - 1844, la comtesse de Montijo, sœur aînée de l'Impératrice - Eugénie. - - ALBUFÉRA (la duchesse D') **, 1791-1884. Née de Saint-Joseph. - - ALEXANDRE II (l'Empereur de Russie), **, 1818-1881. - - ALLEGRI (Grégoire), 1587-1640. Compositeur de musique sacrée. - Allegri doit surtout sa réputation à un _Miserere_ qu'on chante - régulièrement le samedi saint dans la chapelle Sixtine, à Rome. - - ALWENSLEBEN (le comte Albert D') ***, 1794-1858, ministre d'État - en Prusse. - - ALWENSLEBEN (le comte Gustave D'), 1803-1881. Entré, en 1821, - dans l'armée prussienne, le comte Alwensleben fit, avec le prince - de Prusse, la campagne en 1848 contre les insurgés dans le - grand-duché de Bade. Lieutenant-général depuis 1863, Alwensleben - prit part à la guerre de 1870-1871, et se retira du service en - 1872. - - ANCELOT (Jacques-Arsène-François-Polycarpe), 1794-1854. - Littérateur français, auteur dramatique. Ancelot remplaça M. de - Bonald à l'Académie française. - - ANDREA DEL SARTO, 1488-1530. Le vrai nom de ce célèbre peintre - florentin était Andrea Vannucchi. - - ANTONELLI (le cardinal), 1806-1876. Premier ministre du Pape Pie - IX. Le Pape Grégoire XVI fit Antonelli prélat et assesseur au - tribunal supérieur. Successivement délégué à Orvieto, à Viterbe, - à Macerata, Antonelli devint, en 1841, sous-secrétaire d'État au - ministère de l'Intérieur, grand trésorier en 1845, cardinal en - 1847; puis ministre des Finances et président de la consulte - d'État. En 1848, le cardinal Antonelli fit partie de la - commission qui rédigea le statut libéral de mars. Devenu l'un des - conseillers les plus influents auprès du Pape Pie IX, le Cardinal - conseilla la fuite à ce Pontife, après le meurtre du comte Rossi, - en 1848. Lors de la rentrée du Pape Pie IX, à Rome, le cardinal - Antonelli fut nommé secrétaire d'État des Affaires étrangères, - poste qu'il occupa jusqu'à sa mort. - - APPONYI (le comte Rodolphe), 1812-1876. Diplomate autrichien: - attaché très jeune à l'ambassade d'Autriche à Paris, il passa à - celle de Saint-Pétersbourg où il épousa, en 1840, la fille du - comte Alexandre Benkendorff (nièce de la princesse Lieven). - Devenu ministre à Carlsruhe, puis à Turin et à Munich, le comte - Apponyi fut nommé ambassadeur à Londres et ensuite à Paris. Il - mourut à Venise. - - AQUILA (le comte D'), 1824-1897. Louis, prince de Bourbon, fils - du second mariage de François Ier, Roi de Naples, et de - l'Infante Isabelle d'Espagne, épousa, en 1844, à Rio-Janeiro, une - princesse de Bragance, fille de Pierre Ier, Empereur du - Brésil. Le comte d'Aquila était grand-amiral brésilien et - chevalier de la Toison d'or. - - ARENBERG (le prince Pierre D'), 1790-1877. - - ARENBERG (Auguste-Marie-Raymond D'), 1753-1832. Prit le titre de - comte de la Marck à la mort de son grand-père maternel, et c'est - sous ce nom qu'il figure aux États généraux de 1789. Le comte de - la Marck s'y déclara d'abord en faveur du Tiers État; mais il se - rapprocha bientôt de la Cour, se lia d'amitié avec Mirabeau et - devint l'intermédiaire de ses relations avec la Famille Royale. - Mirabeau mourut entre ses bras et le nomma son exécuteur - testamentaire. - - ARJUZON (le comte D'), 1800-1874. Gentilhomme de la chambre du - Roi Charles X, le comte d'Arjuzon débuta dans la carrière - politique comme conseiller général du canton de Montfort, dans - l'Eure. Député au Corps législatif sous le second Empire, il - s'associa à tous les actes du règne de Napoléon III, et devint - chambellan de l'Empereur, qui le fit officier de la Légion - d'honneur en 1861. - - ARNIM-HEINRICHSDORFF (le comte Henri D'), 1791-1859. Diplomate et - homme d'État prussien. - - AUERSWALD (M.-Rodolphe D'), 1795-1886. Homme d'État prussien. - Élevé avec le prince Guillaume de Prusse (le futur Empereur - d'Allemagne), Auerswald commença par la carrière des armes. Il - s'en retira en 1820, pour occuper, en province, plusieurs postes - administratifs. Après la révolution de 1848, Auerswald fut chargé - de présider le nouveau ministère - Hansemann-Kühlwetter-Schreckenstein. Élu ensuite député, il - siégea dans les rangs de la droite. En 1858, le Prince-Régent - appela Auerswald à faire partie du ministère _de la nouvelle - ère_, comme ministre sans portefeuille. Auerswald entreprit alors - la réorganisation de l'armée, qui fut cause d'un conflit avec la - Chambre prussienne, dura des années et fut la raison de la chute - du ministère libéral en 1862. M. de Bismarck le remplaça alors à - la tête des affaires. - - AUGIER (Émile), 1820-1889. Poète dramatique français, membre de - l'Académie, où, en 1858, il remplaça M. de Salvandy, Augier fut - nommé sénateur par décret impérial en 1870, pour services rendus - par ses productions littéraires. - - AUGUSTENBOURG (le duc D'), 1798-1869. Chrétien, duc - d'Augustenbourg, habitait en Silésie la terre de Primkenau, dans - les environs de Sagan. - - AUMALE (le duc D') **, 1822-1893. Henri d'Orléans, quatrième fils - du Roi Louis-Philippe. - - AUTRICHE (l'archiduc Léopold D'), 1823-1893. Ce prince était fils - de l'archiduc Regnier, qui fut vice-Roi du royaume de Lombardie, - et de la princesse de Savoie-Carignan, sœur du Roi - Charles-Albert de Sardaigne. - - AUTRICHE (l'archiduchesse Élisabeth D') ***, 1831-1903. Cette - princesse était fille du palatin de Hongrie. - - AUTRICHE (l'archiduc Regnier D'), 1783-1853. Vice-Roi du royaume - lombardo-vénitien, époux de la princesse Élisabeth de - Savoie-Carignan, sœur du Roi Charles-Albert de Sardaigne. - - AUTRICHE (l'archiduchesse Marie-Henriette D'), 1836-1902. Cette - princesse épousa, en 1853, le duc de Brabant qui, en 1865, monta - sur le trône de Belgique, sous le nom de Léopold II. - - AUTRICHE (l'impératrice Élisabeth D'), 1837-1898. Duchesse en - Bavière, épousa, en 1854, François-Joseph, Empereur d'Autriche. - Elle mourut à Genève, assassinée par un anarchiste. - - AUTRICHE (l'archiduc Étienne D'), 1817-1867. - Étienne-François-Victor, propriétaire de la seigneurie de - Halzappel-Schaumbourg; palatin de Hongrie, propre frère de - l'archiduchesse Henriette, qui épousa le Roi des Belges. - - AUTRICHE (l'archiduchesse Marguerite D'), 1840-1858. Cette - princesse, fille du Roi de Saxe, avait épousé, en 1856, - l'archiduc Charles-Louis, frère de l'Empereur François-Joseph - Ier. - - AUTRICHE (l'archiduc Maximilien D'), 1832-1867. Second frère de - l'Empereur François-Joseph Ier, servit d'abord comme - vice-amiral dans la marine autrichienne et fut quelque temps - gouverneur du royaume lombardo-vénitien. A la suite de - l'expédition française du Mexique en 1864, Maximilien fut - proclamé Empereur, par l'assemblée des notables de ce pays; après - avoir tenté en vain d'y organiser un gouvernement monarchique - régulier, et abandonné par Napoléon III, il fut pris à Queretaro - et fusillé en 1867. - - AVENAS (Mme Aimée D'). Religieuse du Sacré-Cœur. Mme d'Avenas - était d'une famille originaire de Lyon. Elle avait dirigé les - études des pensionnats confiés aux soins spéciaux des dames de - l'ordre du Sacré-Cœur, et avait été chargée, par ses - supérieures, de fonder la maison d'Orléans. Quand la maladie vint - l'atteindre, Mme d'Avenas fut envoyée à Bruxelles où elle mourut, - vers l'année 1865, dans une maison de son ordre. - - AVIGDOR (Jules). Député de Nice où il possédait de belles - maisons, M. Avigdor avait fondé à Turin le journal _la Voix de - l'Italie_. Il eut un duel avec M. de Cavour à propos d'un article - sur la question des impôts, où M. Avigdor attaquait le - _Risorgimento_, dans des termes qui mettaient en doute l'honneur - et la délicatesse de son rédacteur, le comte de Cavour. - - AYEN (le duc D'), 1826-1895. Jules, duc d'Ayen, prit le titre de - duc de Noailles, en 1887, à la mort de son père. En 1851 il avait - épousé Mlle de Champlâtreux, petite-fille de M. Molé. - - AYEN (la duchesse D'), née en 1831. Clotilde de La - Ferté-Meun-Molé de Champlâtreux, mariée au duc d'Ayen, en 1851, - qui devint duc de Noailles, en 1887, à la mort de son père. - - -B - - BADE (la grande-duchesse Stéphanie DE) **, 1789-1860. Née de - Beauharnais. - - BADE (la grande-duchesse Louise DE), née en 1838. Fille de - l'Empereur Guillaume Ier et de l'Impératrice Augusta. Cette - princesse, aussi charmante que distinguée, épousa, en 1856, le - grand-duc de Bade. - - BALBI-SENAREGA (le marquis James DE), né en 1800. Mort en 1878. - - BALBI (la marquise DE), née en 1800. Morte en 1862. Épouse du - marquis James de Balbi-Senarega. - - BALLANCHE (Pierre-Simon) ***, 1776-1847. Membre de l'Académie - française. - - BAOUR-LORMIAN (Pierre-Marie-François-Louis), 1770-1854. Poète et - auteur dramatique français. Il entra à l'Académie en 1815, pour y - remplacer le chevalier de Boufflers. - - BARANTE (le baron DE) *, 1782-1866. Diplomate et historien - français. - - BAROCHE (M.), 1802-1870. Baroche fit toute sa carrière au - barreau; en 1850, il fut nommé ministre de l'Intérieur, après le - coup d'État, et en juin 1863, ministre de la Justice. En 1864, M. - Baroche fut nommé sénateur. - - BARROT (Odilon) *, 1791-1873. Homme politique français. - - BAUFFREMONT (la princesse Laurence DE) **, 1802-1862, née - Montmorency. - - BAVIÈRE (le duc Maximilien en), 1808-1888. Père de l'Impératrice - d'Autriche, de la Reine de Naples, de la duchesse d'Alençon, et - de plusieurs autres enfants. - - BAVIÈRE (la duchesse en), 1808-1892. Née princesse de Bavière. - Elle épousa, en 1828, le duc Maximilien en Bavière. - - BÉARN (le prince DE), 1802-1871. Louis-Hector de Galard, comte de - Brassac, comte et prince de Béarn, était fils de Pauline de - Tourzel, celle qui avait partagé la captivité de Louis XVI et de - la Famille Royale au Temple. Officier d'état-major, le prince de - Béarn fut chargé de suivre, à la suite de l'armée russe, les - opérations de la guerre contre les Turcs, en 1828. De retour en - France, il entra dans la diplomatie où il occupa les différents - postes et fut fait sénateur en 1854. - - BEAUCHESNE (M. DE). 1804-1873. Ancien gentilhomme de la chambre - du Roi, sous la Restauration, fut nommé, en 1825, chef au cabinet - des Beaux-Arts et, en 1830, devint chef de section aux Archives. - Son principal ouvrage a pour sujet: _Louis XVII, sa vie, son - agonie, sa mort_, ouvrage couronné par l'Académie. - - BEAUVAU-CRAON (la princesse DE), 1824-1862, Marie d'Aubusson de - la Feuillade épousa, en 1840, le prince de Beauvau-Craon. - - BECKX (Pierre-Jean), 1795-1891. Général des Jésuites. Originaire - de Belgique, Beckx entra dans l'ordre des Jésuites dont il fut - nommé général en 1853. Son habileté et sa fermeté contribuèrent - puissamment aux succès obtenus par les Jésuites dans les divers - pays de l'Europe. Lors de la suppression à Rome des couvents de - son ordre, le Père Beckx se retira à _Fiesole_ d'où il ne cessa - d'inspirer le journal la _Civita Catolica_. - - BEDEAU (le général), 1804-1863. Le général se distingua dans - toutes les guerres d'Afrique et fut exilé lors du coup d'État du - 2 décembre. - - BEDMAR (le marquis DE), 1821-1883. Député aux Cortès, plus tard - sénateur et conseiller d'État en Espagne, le marquis de Bedmar - fut nommé, par le Roi Alphonse XII, ambassadeur à - Saint-Pétersbourg. En 1853, il fut témoin de la fille du comte de - Montijo, lorsqu'elle épousa Napoléon III et devint l'Impératrice - Eugénie. - - BELGES (le Roi Léopold des) *. 1790-1865. Léopold Ier, prince - de Cobourg. - - BELGES (la Reine Louise des) *, 1812-1850, née princesse - d'Orléans, première femme de Léopold Ier. - - BELGIOJOSO (la princesse DE) *, 1808-1868. Née Christine - Trivulzio. - - BELMONT (le marquis DE), 1804-1857. Chambellan de l'Empereur - Napoléon III et chevalier de la Légion d'honneur, M. de Belmont - fut nommé député au Corps législatif comme candidat officiel et - donna son approbation à tous les actes du gouvernement impérial. - - BELLINI (Jean), mort vers 1516. Peintre vénitien. - - BENEDEK (L. DE), 1804-1878. Général autrichien. Il se distingua - dans la campagne de 1848 contre le Piémont, sous les ordres de - Radetsky, et dans la guerre de Hongrie en 1849; mais il fut battu - par l'armée prussienne en 1866. - - BENKENDORFF (le comte Constantin DE), 1817-1858. Aide de camp - général de l'Empereur de Russie, neveu de la princesse de Lieven, - le comte de Benkendorff épousa, en 1848, la princesse Louise de - Croy. - - BERESFORD (le vicomte DE), 1770-1854. William Carr, général - anglais. Après avoir servi en Amérique, aux Indes, en Égypte, en - Irlande, il fut appelé en Portugal où il devint généralissime de - l'armée portugaise. Beresford battit le général Soult à Albuféra - et commanda un corps d'armée sous Wellington. En 1814, il entra à - Bordeaux avec le duc d'Angoulême et, bientôt après, fut appelé à - la Chambre des lords en récompense de ses services. - - BERG (le comte), 1790-1874, général russe, appartenant à une - famille livonienne. Le comte Frédéric-Guillaume Berg commença sa - carrière militaire par la guerre de 1812; prit part ensuite à - toutes les guerres que fit la Russie avec l'étranger, et - contribua beaucoup à soumettre l'insurrection de Pologne en 1830. - Le comte Berg fut de nouveau envoyé à Varsovie en 1863. Il s'y - associa aux sévérités excessives mises en vigueur pour dompter ce - malheureux pays dont il prit le commandement général. En 1829, le - comte Berg avait épousé en Italie la comtesse Cicogna qui sut, - par sa bonté, conquérir toutes les sympathies en Pologne. - - BERNSTORFF (le comte Albert DE) ***, 1809-1873. Homme d'État - prussien. - - BERTIN (Armand), fils de Bertin l'aîné. C'est à lui que revient - principalement l'honneur d'avoir fait tenir au journal des - _Débats_ le rôle prépondérant qu'il a rempli dans le journalisme - français. - - BERRY (la duchesse DE) *, 1798-1870. Princesse des Deux-Siciles. - - BERRYER (Antoine) *, 1790-1868. Avocat français. - - BETHMANN-HOLWEG (Maurice-Auguste DE) ***, 1795-1877. - Jurisconsulte allemand. - - BILLAULT (M.), 1805-1863. D'abord avocat, puis député et - sous-secrétaire d'État en 1840, M. Billault devint président du - Corps législatif sous le second Empire; deux fois ministre de - l'Intérieur; puis, en 1860, ministre sans portefeuille. Durant - cette période, il soutint la politique impériale avec beaucoup de - talent. - - BIOT (Édouard-Constant), 1803-1850. Fils du célèbre astronome, - membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1847, - Biot fut un des premiers en France à démontrer les avantages des - chemins de fer, et s'adonna aux recherches historiques. - - BISMARCK-SCHOENHAUSEN (le prince DE), 1815-1898. Ministre de - Guillaume Ier, roi de Prusse, et son collaborateur pour la - reconstruction de l'Empire d'Allemagne. - - BIXIO (Jacques-Alexandre), 1808-1865. Savant et homme politique - français, quoique né en Italie à Chiavari. Venu jeune en France, - Bixio y fit ses études. En 1831, il fonda, avec M. Buloz, _la - Revue des Deux Mondes_. Lors de la révolution italienne, Bixio - fut nommé ambassadeur extraordinaire à la cour de Turin. Élu plus - tard député, il accepta le portefeuille de l'Agriculture en 1868. - - BLUCHER DE WAHLSTADT (le prince DE), 1742-1819. Général des - armées prussiennes, dont il prit le commandement en 1813. Blücher - entra un des premiers en France en 1814; il décida, en 1815, le - gain de la bataille de Waterloo et fut toujours un ennemi - implacable des Français. - - BOBOLA (le Père André), 1590-1657. Issu d'une des plus anciennes - familles de la Pologne, André Bobola se fit prêtre et entra dans - la société de Jésus en 1611. Pendant les guerres de la Pologne - contre les Suédois et les Russes, Bobola prêcha, avec tant de - ferveur, contre le schisme orthodoxe, que les Russes l'appelèrent - _voleur d'âmes_. Bobola dut s'enfuir d'une maison de son ordre, - dont il était supérieur, à Bobrusk, devant les Cosaques qui le - poursuivirent à Pinsk et à Ianow où il fut tué par eux le 16 mai - 1657, après le plus affreux martyre. - - BOEGER (le docteur), 1813-1875. Auguste Bœger, médecin militaire - prussien, soigna le roi Frédéric-Guillaume IV pendant les quatre - années que dura la maladie qui finit par l'emporter. - - BOIGNE (la comtesse DE) *. 1780-1866. Née Adèle d'Osmond. - - BOISGELIN (Marguerite DE), née Mlle Lepelletier de Morfontaine. - Elle était la sœur de la comtesse Ernest de Talleyrand. Le fils - de Mme de Boisgelin épousa Mlle Duclère, dont le père (Belge) - avait été l'homme d'affaires des Rohan d'Autriche. Par sa mère, - Mme de Boisgelin était la petite-fille de Lepelletier de - Saint-Fargeau. - - BONNECHOSE (le cardinal DE), 1800-1883. Mgr de Bonnechose fut - nommé archevêque de Rouen en 1858 et reçut le chapeau de cardinal - en 1863. - - BONALD (le cardinal DE), 1787-1870. Entré dans les ordres en - 1811, M. de Bonald fut promu en 1839 à l'archevêché de Lyon et - créé cardinal en 1841. - - BONAPARTE (Jérôme) *, 1784-1860. Roi de Westphalie. - - BONAPARTE (le prince Jérôme-Napoléon), 1822-1891. Fils du Roi de - Westphalie et de sa seconde femme la princesse Catherine de - Würtemberg. Ce prince épousa lui-même la princesse Clotilde de - Savoie, fille du Roi Victor-Emmanuel II, de Sardaigne. - - BONIN (Édouard DE) ***, 1793-1863. Général prussien, qui, en - 1852, devint ministre de la Guerre. - - BOURBON-CHALUS (le comte DE), frère cadet du comte de - Bourbon-Busset, commandant du corps des guides de Lamoricière, - avec le grade de lieutenant dans l'armée pontificale. - - BOURQUENEY (le baron, puis comte DE) *, 1800-1869. Diplomate - français, ambassadeur et sénateur. - - BOYEN (le général DE), mort en 1886. Hermann de Boyen avait été - aide de camp du prince de Prusse durant de longues années et - devint plus tard général d'infanterie. En 1850, M. de Boyen - épousa la princesse Fanny de Biron-Courlande. - - BRABANT (le duc DE), 1835-1909. Fils aîné du Roi des Belges, - Léopold Ier, et de la princesse Louise d'Orléans, fille aînée - du Roi Louis-Philippe. Ce prince monta sur le trône de Belgique, - en 1865, à la mort de son père. Il avait épousé, en 1853, - l'archiduchesse Marie-Henriette d'Autriche. - - BRABANT (la duchesse DE), 1836-1902. Marie-Henriette, - archiduchesse d'Autriche, épousa, en 1853, le duc de Brabant, qui - monta sur le trône de Belgique en 1865. - - BRASSIER DE SAINT-SIMON (le comte DE), 1798-1872. Diplomate - prussien. Le comte Brassier de Saint-Simon occupa le poste de - Constantinople jusqu'en 1869, et fut alors transféré à Turin, - puis à Florence, lorsque la capitale du royaume d'Italie y fut - transportée. Il mourut à son poste. - - BREADALBANE (le marquis DE), 1796-1862. John, marquis de - Breadalbane fut chargé par la Reine Victoria d'Angleterre, en - 1861, de remettre solennellement l'ordre de la Jarretière au Roi - de Prusse qui venait de monter sur le trône. - - BRIFAUT (Charles) ***, 1787-1867. Poète et littérateur français. - - BROGLIE (le duc Victor DE) *, 1785-1870. Ministre en France sous - le Roi Louis-Philippe. - - BROGLIE (la duchesse DE) *, 1797-1840. Fille de Mme de Staël. - - BROGLIE (le prince Albert DE), 1821-1901. Fils aîné du duc Victor - de Broglie, le prince Albert devint duc en 1870, à la mort de son - père. Écrivain très distingué, il fut élu à l'Académie française - dès 1863. Durant la présidence du maréchal de Mac-Mahon, le duc - de Broglie fut chef de son cabinet. - - BRUNNOW (le baron) ***, 1796-1875. Diplomate russe. - - BRYAS (Mme DE), 1790-1866. Marie-Thérèse d'Hunolstein, fille du - comte d'Hunolstein, maréchal de camp et député de la Moselle en - 1815. - - BUDBERG (le baron André DE), 1820-1881. Diplomate russe; fils du - général de Budberg qui fut gouverneur de Saint-Pétersbourg. En - 1846, le baron André commença sa carrière diplomatique, et devint - en 1851 ministre plénipotentiaire à Berlin. En 1862, il fut nommé - ambassadeur à Paris. Après avoir donné sa démission en 1868, M. - de Budberg rentra à Saint-Pétersbourg où il devint membre du - Conseil de l'Empire. - - BUOL-SCHAUENSTEIN (le comte DE) **, 1797-1865. Diplomate - autrichien. - - BULOW (Mme DE), 1802-1889. Fille de Guillaume de Humboldt, elle - avait épousé le baron Henri de Bülow, diplomate prussien. - - BUNSEN (le chevalier DE) ***, 1791-1860. Diplomate allemand. - - BURGHERSH (lord), né en 1824. Ernest Fitzroy-Neville, lord - Burghersh, fils aîné de lord Westmorland. Officier dans la garde - écossaise. - - BYRON (lord) **, 1788-1824. Célèbre poète anglais. - -C - - CADORE (le marquis DE), 1827-1882. Le marquis de Cadore servit - d'abord dans la marine et entra plus tard dans la diplomatie. Il - fut pendant quelque temps chargé d'affaires à Rome, puis ministre - de France à Bade et à Munich. Le marquis de Cadore avait épousé, - en 1854, la fille du marquis de Bonneval. Il devint duc en 1870 à - la mort de son père. - - CANROBERT (le maréchal), 1809-1895. François-Certain Canrobert - fit toute la première partie de sa carrière militaire en Afrique. - Lorsque la guerre contre la Russie éclata, en 1854, Canrobert - prit le commandement de la première division de l'armée d'Orient - et, deux jours après la bataille de l'Alma, le maréchal de - Saint-Arnaud, qui se mourait, lui remit le commandement en chef - des forces réunies en Crimée. Se trouvant dans une position - embarrassante, et en s'entendant pas avec lord Raglan, qui - commandait les troupes anglaises, Canrobert résigna son - commandement en chef en mai 1855 et le remit entre les mains du - général Pélissier, reprenant sa place à la tête du 1er corps. - Napoléon III le nomma maréchal de France en 1856. Canrobert prit - encore part aux guerres d'Italie et d'Allemagne. - - CARAMAN (la marquise DE), née Gallard de Béarn. - - CARNÉ (le comte Joseph DE) ***, 1804-1876. Membre de l'Académie - française. - - CAROLA (la princesse), 1833-1907. Caroline, princesse de - Holstein-Gottorp-Wasa, épousa, en 1853, le Prince Royal de Saxe - qui monta sur le trône en 1873. Le prince Gustave de Wasa, père - de la princesse Carola, avait épousé la princesse Louise de Bade. - Il servait militairement en Autriche. - - CASTELBAJAC (le marquis DE), 1787-1864. Général français qui, - après avoir fait les guerres du premier Empire, fut mis à la - retraite. Napoléon III l'en retira et lui confia d'importantes - missions, entre autres celle d'ambassadeur de France à - Saint-Pétersbourg, où M. de Castelbajac resta de 1849 à 1854, - époque de la déclaration de guerre de Crimée. Il était sénateur. - - CASTELBAJAC (la marquise DE), née en 1799. Sophie de La - Rochefoucauld-Liancourt, mariée, en 1824, au marquis de - Castelbajac, lieutenant-général. - - CASTELLANE (le comte DE), 1788-1862. - Esprit-Victor-Élisabeth-Boniface de Castellane, fils unique du - marquis de Castellane-Novéjean et d'Adélaïde-Louise-Guyonne de - Rohan-Chabot de Jarnac: descendant d'une famille des anciens - barons de Provence, indépendante sous les rois d'Arles, et dont - le faste avait popularisé le vieil adage du Roi René: - _Dissolution des Castellane_, Boni de Castellane entra au service - militaire en 1804; prit part aux campagnes d'Italie, d'Espagne - et de Russie. Il fut créé colonel-major au 1er régiment des - gardes d'honneur en 1813, qu'il commanda jusqu'à la fin du - premier Empire. Colonel du 5e régiment de hussards en 1815, - maréchal de camp en 1822, le comte de Castellane devint - lieutenant-général à la suite du siège d'Anvers en 1833, et - commanda de 1837 à 1847 la division militaire de Perpignan. Mis à - la retraite en 1848, il fut rappelé à l'activité dès 1849 par - Louis-Napoléon. Placé à la tête de l'armée de Lyon qu'il commanda - jusqu'à sa mort, le comte de Castellane empêcha par sa vigoureuse - attitude toute insurrection républicaine. Après le 2 Décembre, il - reçut, en 1852, le bâton de maréchal de France. - - CASTIGLIONE (la comtesse DE), 1830-1899. La comtesse de - Castiglione était fille du marquis Oldoini, qui était issu d'une - bonne famille de Toscane, servit dans la diplomatie et fut - longtemps ministre du Roi d'Italie à la cour de Portugal. Sa - fille épousa, en 1849, le comte François Verasis de Castiglione, - écuyer du Roi d'Italie, dont elle devint veuve en 1867. Célèbre - par sa beauté, la comtesse de Castiglione vivait à Paris, séparée - de son mari. Elle exerça sur Napoléon III une certaine influence - dont M. de Cavour sut se servir dans la période décisive de 1855 - à 1859. Après la chute du deuxième Empire, la comtesse de - Castiglione disparut, n'ayant d'autres ressources qu'une petite - pension que lui donnaient d'anciens amis, entre autres M. de - Cassagnac. Son fils unique mourut à vingt-cinq ans, à Madrid, où - il était attaché à la légation du Roi d'Italie. - - CAULAINCOURT (le marquis DE), 1819-1865. Hervé-Anna-Olivier de - Caulaincourt, second fils du duc et de la duchesse de Vicence. - - CAVOUR (le comte DE). 1810-1861. Servi par une intelligence - merveilleuse, le comte de Cavour fut un grand patriote et le - véritable fondateur de l'unité italienne. Issu d'une très - ancienne famille piémontaise, Camille Beuso de Cavour servit - d'abord dans l'armée, puis devint journaliste, fonda le - _Risorgimento_ en 1847, devint député en 1849, ministre du - Commerce, des Finances en 1850 et enfin président du Conseil. - Cavour inaugura en Piémont une politique libérale à l'intérieur, - entreprenante à l'extérieur, qui amena la guerre avec l'Autriche, - en 1859, l'alliance avec la France et l'érection du royaume de - Sardaigne en royaume d'Italie. Cavour mourut au moment où il - essayait de donner Rome pour capitale à l'Italie, voulant - établir, comme il disait lui-même, _l'Église libre dans l'État - libre_. - - CHABANNES (la comtesse Alfred DE) ***. 1802-1891. Née miss - Ellice. - - CHABANNES (Mlle Emma DE). Chanoinesse et dame d'honneur de Mme la - comtesse de Chambord. Elle était la sœur du marquis Frédéric de - Chabannes-Curton et de La Palice. - - CHAMBORD (le comte DE), 1820-1883, titre pris, plus tard, par le - duc de Bordeaux *. - - CHAMBORD (la comtesse DE), 1817-1885. Marie-Thérèse-Béatrice, - archiduchesse d'Autriche-Este; fille de François IV, duc de - Modène, mariée en 1846 au duc de Bordeaux, comte de Chambord. - - CHAMPLATREUX (Mlle DE), né en 1831. Clotilde de la - Ferté-Meun-Molé de Champlâtreux épousa, en 1851, le duc d'Ayen - qui devint duc de Noailles, en 1851, à la mort de son père. Mlle - de Champlâtreux était la petite-fille de M. Molé. - - CHANGARNIER (le général) ***, 1793-1877. Général et homme - politique. - - CHARTRES (Robert d'Orléans, duc DE) ***, né en 1840. Second fils - du duc d'Orléans. - - CHASTENAY (Mme DE). 1779-1863. Née Laguiche, fille du marquis de - Laguiche et de Mlle de Clermont-Montoison. Mme de Chastenay - recevait beaucoup, elle avait un salon très agréable dans la - maison devenue maintenant le Cercle de la rue Royale, à Paris. - - CHATELAIN (Auguste-Henri). 1801-1882. Notaire à Paris et homme de - confiance de toute la famille Talleyrand et Castellane. M. de - Bacourt lui légua, avec M. Paul Andral, la propriété des Mémoires - du prince de Talleyrand. - - CHATEAUBRIAND (le vicomte DE) *, 1768-1848. Illustre écrivain - français. - - CHEVREUSE (la duchesse DE), 1600-1679. Marie de Rohan-Montbazon, - fille d'Hercule de Rohan, gouverneur de Paris sous Henri IV, - épousa, en 1617, Charles-Albert, duc de Luynes, cet heureux - favori de Louis XIII. Devenue veuve en 1621, elle se remaria, en - 1622, à Claude de Lorraine, fils de Henri de Guise, et fut cette - duchesse de Chevreuse qui joua un rôle important pendant la - Fronde et dans les complots contre Richelieu et contre Mazarin. - - CHEVREUSE (le duc DE), 1823-1854. Honoré d'Albert, duc de - Chevreuse, avait épousé, en 1843, Valentine, fille du vicomte - Jules de Contades. Il mourut avant son père et ne porta jamais le - titre de duc de Luynes. - - CHOISEUL-GOUFFIER (le comte DE), 1752-1817. - Marie-Gabriel-Florent-Auguste, diplomate français. Ambassadeur à - Constantinople, d'où il se retira en Russie pendant la tourmente - révolutionnaire, et ne revint en France qu'en 1802. Sous la - Restauration, M. de Choiseul-Gouffier fut nommé ministre d'État - et pair de France. - - CHOISEUL-GOUFFIER (la comtesse DE). Née La Vauguyon, sœur de la - duchesse de Bauffremont, survécut à son mari le comte de - Choiseul-Gouffier qui avait été ambassadeur à Constantinople. - - CIALDINI (le général), duc de Gaëte, 1812-1892. Lancé dans le - mouvement libéral en 1831, Henri Cialdini dut quitter l'Italie. - Il s'engagea dans la légion d'Oporto, au service du Roi dom Pedro - de Portugal, passa ensuite en Espagne, combattit les Carlistes et - obtint le grade de lieutenant-colonel. Revenu en Italie en 1848, - Cialdini fit la campagne de 1849 contre les Autrichiens. Il y - fut gravement blessé et, après Novare, fit partie de l'armée - piémontaise régulière. En Crimée, il commanda la 111e brigade et - devint, en 1859, aide de camp du Roi et général de division. En - 1860, Cialdini reçut l'ordre d'entrer, avec les troupes sardes, - dans les États Pontificaux; il battit Lamoricière à Castelfidardo - et fut chargé du siège de Gaëte. Envoyé à Naples, en 1861, comme - lieutenant général du Roi, il arrêta la marche de Garibaldi à - Aspromonte, commanda un corps d'armée en 1866, devint président - du Conseil en 1867 et ambassadeur à Paris en 1876. - - CLAM-GALLAS (le comte Édouard DE) **, 1805-1891. Général - autrichien. - - CLAM-MARTINIEZ (la comtesse DE), 1833. Fille du prince Hugo de - Salm-Krautheim, elle épousa, en 1851, le comte Henri de - Clam-Martiniez. - - CLARENDON (lord) *, 1800-1870. Diplomate anglais. - - CLÉMENTINE (la princesse) **, 1817-1907. Fille du Roi - Louis-Philippe. - - CLÉMENT XIV (le Pape), 1704-1774. Laurent Ganganelli fut d'abord - franciscain. Élevé au Pontificat en 1769, dans les circonstances - les plus difficiles, ce Pape parvint à rétablir la paix. Après un - examen des plus minutieux. Clément XIV abolit l'ordre des - Jésuites, ce qui fut un des grands actes de son pontificat. - - CLOTILDE (la princesse), née en 1843. La princesse Clotilde de - Savoie, fille du Roi Victor-Emmanuel II et de l'archiduchesse - Adélaïde d'Autriche, épousa, en 1859, le prince Jérôme-Napoléon. - Ce mariage fut le gage de l'alliance franco-sarde. - - COBOURG (le duc Ernest II de Saxe) ***, 1818-1893. - - COBOURG (le prince Albert de Saxe) ***, 1819-1861. Époux de la - Reine Victoria d'Angleterre. - - COCHIN (Augustin), 1823-1872. Administrateur et publiciste - français, Cochin faisait partie d'une foule de Sociétés - philanthropiques. En 1853, il devint maire de Paris; et, après la - guerre de 1870, M. Thiers le nomma préfet de Versailles, où il - mourut. On a de lui beaucoup d'écrits, relatifs aux questions de - charité sociale, et beaucoup d'ouvrages sur l'économie politique. - - COLLOREDO (la comtesse DE) ***, née Séveríne Potocka, en - premières noces Mme Sabanska. - - CONDÉ (le prince DE), dit _le grand Condé_. 1621-1686. Il - s'illustra par des victoires brillantes qui furent couronnées, en - 1648, par le traité de Westphalie. Après s'être jeté, d'une façon - regrettable, dans les intrigues de la Fronde, le prince fut - rétabli dans son commandement et prit une part glorieuse aux - guerres de Flandre et de Franche-Comté. Le grand Condé mourut à - Chantilly. Bossuet prononça son oraison funèbre. - - COSNAC (Daniel DE), 1630-1708. Prélat français, attaché dans sa - jeunesse au prince de Conti, frère du Grand Condé, Cosnac fut - mêlé de bonne heure à beaucoup d'intrigues de cour, et rendit - des services à Mazarin, qui pour l'en récompenser lui donna - l'évêché de Valence, quoiqu'il n'eût que vingt-quatre ans. Devenu - ensuite aumônier de Monsieur, frère de Louis XIV, Cosnac ne - réussit pas auprès de ce Prince et s'attira une disgrâce. Il - reparut à la Cour, lors de l'assemblée du clergé, en 1682, il y - joua un rôle actif et fut nommé, en 1687, archevêque d'Aix. - - COUSIN (Victor) *, 1792-1867. Philosophe et écrivain français. - - COWLEY (lady). Olivia-Cecilia-Fitzgerald de Ros épousa, en 1833, - lord Cowley. - - COWLEY (lord) ***, 1804-1884. Diplomate anglais, neveu du duc de - Wellington, longtemps ambassadeur à Paris. - - CRÉTINEAU-JOLY (Jacques), 1803-1875. Littérateur français. Après - avoir terminé ses études au séminaire de Saint-Sulpice, - Crétineau-Joly y fut chargé, à dix-neuf ans, d'une classe de - philosophie. Il voyagea ensuite en Suisse et en Allemagne et - publia plusieurs ouvrages historiques qui eurent beaucoup de - retentissement. - - CRETON (Nicolas-Joseph), 1798-1864. Homme politique et - jurisconsulte français. - - CROIX (Mlle Marguerite DE), née en 1832, épousa, en 1853, le - marquis de Caulaincourt, second fils du duc et de la duchesse de - Vicence. - - CUVILLIER-FLEURY (Alfred) **, 1802-1887. Littérateur français, - précepteur du duc d'Aumale. - - CZARTORYSKI (le prince Adam) *, 1770-1861. Ancien ministre des - Affaires étrangères d'Alexandre 1er de Russie. - -D - - DABORMIDA (le général), 1799-1865. Le chevalier Giuseppe - Dabormida, major général dans l'armée sarde, député à la première - législature, ministre de la Guerre et de la Marine en 1848; - ministre des Affaires étrangères en 1852, donna alors sa - démission, parce que le traité conclu par le Piémont avec la - France et l'Angleterre ne contenait aucun article qui défendit - les droits des émigrés lombards dont l'Autriche avait confisqué - les biens. Dabormida fut de nouveau ministre des Affaires - étrangères en 1859. - - DALMATIE (le marquis DE) ***, 1807-1857. Fils du maréchal Soult. - - DECAZES (Élie, duc), 1780-1860. Homme d'État français, ministre - sous Louis XVIII. - - DELAROCHE (Paul), 1797-1856. Peintre français, se consacra - surtout aux tableaux historiques. Il épousa une fille d'Horace - Vernet qui était d'une beauté remarquable. - - DELMAR (la baronne DE), née miss Rumbold, épousa le baron de - Delmar, qui était originaire de Prusse. Il possédait une grosse - fortune et habitait toujours Paris avec sa femme. - - DENTU (Édouard-Henri-Justin), 1830-1874. Éditeur français. Il - avait la spécialité de la vente des brochures politiques et des - écrits de circonstance auxquels les événements du second Empire - furent particulièrement favorables. - - DERBY (lord) *, 1799-1869. Edward-Geoffroy Stanley, prit le titre - de comte de Derby en 1851. Homme d'État anglais. - - DESSAU (la princesse Marie-Anne d'Anhalt), 1837-1906. Elle - épousa, en 1854, le prince Frédéric-Charles de Prusse, dont elle - devint veuve en 1885. - - DEVONSHIRE (le duc DE) *, 1802-1871. William, duc de Devonshire, - descendant de l'ancienne famille de Cavendish. - - DIEPENBROCK (le cardinal DE). 1798-1853. Le vicomte Melchior de - Diepenbrock suivit d'abord la carrière des armes, et ce ne fut - qu'après 1815 qu'il se décida à embrasser la carrière - ecclésiastique. Appelé au siège épiscopal de Breslau en 1845, - malgré la résistance du gouvernement prussien qui ne lui - pardonnait pas ses sympathies en faveur de la Pologne, il reçut - de Pie IX le chapeau de cardinal. Diepenbrock était un - prédicateur remarquable. - - DOHNA (le comte Fabian), 1802-1871. Seigneur de Kunzendorf, - Landrat du cercle de Sagan. En 1829, il avait épousé Mlle Marie - de Steinach. - - DOHNA (la comtesse Marie) **, 1805-1893, née Mlle de Steinach. - - DON JUAN (l'Infant), 1822-1887. Frère du comte de Montemolin, - second fils de Don Carlos (Charles V). En 1847, l'Infant Don Juan - épousa l'archiduchesse Marie-Béatrice d'Autriche-Este. - - DORIA-PAMPHILY-LANDI (le prince), 1813-1876. Le prince Doria - avait épousé la fille de John Talbot, sœur de la princesse - Borghèse. - - DORIA-PAMPHILY-LANDI (la princesse), 1815-1858. Lady Mary Talbot, - fille de John Talbot, comte de Shrewsbury, épouse du prince - Doria-Pamphily. Elle était sœur de la première femme du prince - Marc-Antoine Borghèse. - - DOSNE (Mme) *, née en 1788 Mlle Matheron, belle-mère de M. - Thiers. - - DOUGLAS (lady), 1817-1887, plus tard duchesse de Hamilton **, née - princesse Marie de Bade. - - DREUX-BRÉZÉ (le marquis DE), 1797-1845, officier français. Il fut - un des chefs les plus ardents de l'opposition légitimiste. - - DROUYN DE L'HUYS (M.), 1806-1881. Diplomate et homme d'État - français, ministre des Affaires étrangères sous le second Empire. - - DUCHATEL (le comte), 1803-1867. Charles-Marie, comte Duchâtel, - fut député et ministre dans plusieurs cabinets sous le règne de - Louis-Philippe, où il joua un rôle très important dans les - affaires intérieures de la France. Depuis la révolution de 1848, - le comte Duchâtel ne s'occupa plus de politique. Il était membre - de l'Académie des sciences morales et politiques et aussi membre - libre de l'Académie des beaux-arts. - - DUCHATEL (la comtesse) ***. Mlle Églé, fille de M. Paulé. - - DUMONT (Auguste), 1816-1887. Homme politique français, gendre de - l'imprimeur Boulé. - - DUPANLOUP (Mgr) **, 1802-1878. Félix-Philibert, évêque d'Orléans - depuis 1849 et membre de l'Académie française depuis 1854. - - DUPIN (André-Marie-J.-J.) *, 1783-1865, dit _Dupin l'aîné_. - - DURAZZO (le marquis DE), 1781-1855. Giacomo-Philippo de Durazzo. - - DURAZZO (la marquise DE), née en 1803. Thérèse Spinola, marquise - de Durazzo. - - -E - - ELLICE (les deux misses). Filles de l'honorable Édouard Ellice et - de son mariage avec la fille aînée de Charles, comte de Grey. - - ESTERHAZY (le prince Paul) *, 1786-1866. Diplomate autrichien. - - ESTERHAZY (la comtesse), 1798-1869. La princesse Sophie - Lichtenstein épousa, en 1817, le comte Vincent Esterházy dont - elle devint veuve en 1835. Au moment du mariage de l'Empereur - François-Joseph Ier avec la princesse Élisabeth de Bavière, la - comtesse Esterházy fut nommée grande-maîtresse de cour de la - jeune Impératrice d'Autriche. - - EU (le comte D') **, né en 1842. Gaston d'Orléans, fils aîné du - duc de Nemours. - - EUGÉNIE (l'Impératrice), née en 1826. Eugénie de Montijo, fille - du comte Cyprien de Montijo, duc de Penaranda. Célèbre par sa - beauté, Mlle de Montijo épousa, en 1853, l'Empereur Napoléon III. - - -F - - FALLOUX (le comte Alfred DE) ***, 1811-1885. Homme politique - français, grand ami de la famille Castellane. - - FALLOUX (Mlle Loyde DE), 1842-1881. Fille du comte et de la - comtesse Alfred de Falloux. Infirme, elle ne s'est jamais mariée. - - FANTI (le général), 1810-1865. Né dans le duché de Modène, Fanti - prit une part active, en 1831, dans le mouvement contre le - grand-duc de ce pays. Réfugié en Espagne en 1835, il y combattit - contre don Carlos. En 1848, à la nouvelle du soulèvement de - l'Italie, Fanti accourut en Lombardie, où le Roi Charles-Albert - lui donna un commandement. Il commanda la 2e brigade en Crimée, - la 2e division en 1859, comme lieutenant-général, et, en 1860, - devint ministre de la Guerre, puis sénateur. En 1862, il était - commandant du 5e département militaire. - - FARINI (Louis-Charles), 1812-1866. Né dans les États Pontificaux, - Farini fut d'abord médecin. Très mêlé aux agitations libérales en - Italie, il devint sous-secrétaire d'État au ministère de - l'Intérieur, à Turin, en 1847; puis député en 1848, et ministre - de l'Instruction publique en 1850. Farini exerça les fonctions de - dictateur à Modène en 1859. En octobre 1860, il fut envoyé à - Naples en qualité de lieutenant du Roi et de commissaire - extraordinaire. En 1861, Farini devint ministre d'État, et, en - 1862, président du Conseil. - - FAVRE (Jules), 1809-1880. Avocat et homme politique français, - connu par ses opinions républicaines. Élu député, Jules Favre - fit à l'Empire une opposition très vive, et, en 1870, en proposa - la déchéance. Nommé alors membre du gouvernement de la Défense - nationale, il conduisit, avec plus de zèle que d'habileté, les - négociations avec l'Allemagne, à la suite de la guerre. Jules - Favre était membre de l'Académie française. - - FAUCHER (Léon), 1803-1854. Économiste et homme d'État français. - En 1851, Léon Faucher devint ministre de l'Intérieur, mais, au - lendemain du coup d'État, il donna sa démission. Membre de - l'Académie des sciences morales et politiques, Faucher fit de - grands travaux sur les finances et l'économie politique avec ses - amis Michel Chevalier et Louis Wolowski. - - FELETZ (Charles-Dorimond DE), 1767-1850. Aimable causeur, - critique spirituel, Feletz fut pendant quelque temps attaché à la - rédaction du journal des _Débats_. Conservateur de la - bibliothèque Mazarine, membre de l'Académie française, il prit - une part active aux travaux de cette compagnie. - - FEZENSAC (le duc DE), 1784-1867. Raimon-Émery-Philippe de - Montesquiou-Fezensac, général, pair de France, fit les guerres du - premier Empire, se rallia au gouvernement de Louis-Philippe et ne - prit sa retraite qu'après la révolution de 1848. Le duc de - Fezensac employa ses loisirs à écrire ses souvenirs militaires. - - FICQUELMONT (le comte Charles DE) **, 1777-1875. Diplomate et - homme d'État autrichien. - - FICQUELMONT (la comtesse DE). Dolly de Tysenhaus: famille - d'origine russe. - - FILANGIERI (le général), 1783-1867. Charles Filangieri, général - napolitain, mais ayant été élevé en France, où il avait fait ses - premières armes dans l'armée française sous Napoléon Ier. - Filangieri fut toujours jaloux du rôle joué dans son pays par le - général Pepe. En 1848, il commanda l'expédition destinée à - soumettre la Sicile, ce qui lui réussit pleinement et le fit - nommer Vice-Roi de l'île. Appelé, en 1857, par François II à son - avènement, au poste de premier ministre, Filangieri ne sut pas - réaliser les espérances que l'on avait fondées sur lui pour - sauver la Monarchie. - - FLAHAUT (le général comte DE) *, 1785-1870. Aide de camp de - Napoléon Ier, diplomate français. - - FLAMARENS (le comte Grossoles DE), 1806-1879. Il entra d'abord - dans la carrière diplomatique: en 1848, Flamarens soutint - vivement l'élection du prince Louis-Napoléon à la présidence de - la République, dans le département du Gers. Créé sénateur en - 1854, le comte de Flamarens devint chambellan honoraire de - l'Empereur Napoléon III en 1864. - - FLAVIGNY (le comte DE), 1799-1873. Maurice de Flavigny avait, - dans sa jeunesse, rempli les fonctions de secrétaire auprès de M. - de Polignac. Il fit partie de la Chambre des Pairs et plus tard, - sous le second Empire, fut, pendant de longues années, député du - département d'Indre-et-Loire. - - FLAVIGNY (la comtesse DE), née en 1811. Mathilde de - Montesquiou-Fezensac épousa le comte Maurice de Flavigny. Elle a - publié plusieurs livres de prières fort estimés, et pendant le - siège de Paris, la comtesse prit la direction du Comité des dames - qui firent le service des ambulances. - - FLEURY (le comte Émile-Félix), 1815-1884. Général français, - sénateur et premier écuyer de Napoléon III. - - FLEURY (la comtesse), 1835-1890, née Calley de Saint-Paul, sœur - de la duchesse d'Isly; elle avait épousé le comte Fleury, grand - écuyer à la cour de Napoléon III. - - FOERSTER (Henri), 1799-1881. Chanoine du diocèse de Breslau: - Henri Fœrster fut sacré évêque en 1853 et prit alors possession - du trône épiscopal de Breslau. Ayant fait opposition en 1875 aux - lois de mai en Prusse, Mgr Fœrster fut exilé et dut se réfugier - dans sa résidence de Johannisberg, en Silésie autrichienne, qui - faisait aussi partie de son diocèse. - - FONTANES (Louis DE) **, 1757-1821. Grand-maître de l'Université - et sénateur sous le premier Empire. - - FORBIN-JANSON (le comte DE), 1777-1841. Louis-Auguste de Forbin, - peintre et archéologue français, avait commencé par la carrière - des armes. Il fut, pendant quelque temps, chambellan de la - princesse Pauline Borghèse, et à l'époque de la Restauration, M. - de Forbin fut nommé directeur des musées royaux. Il conserva ce - poste sous Louis-Philippe. - - FOULD (Achille), 1800-1867. Membre de la Constituante en 1848, - Achille Fould fut ministre des Finances d'abord en 1849 sous la - Présidence et ensuite en 1852, après le coup d'État. De 1853 à - 1857, il fut ministre de la maison de Napoléon III; devint - sénateur et membre de l'Académie des beaux-arts. - - FOULD (Bénédict), 1792-1858. Fils d'un banquier israélite qui - avait fondé l'importante maison de banque Fould-Oppenheim et - Cie. Bénédict Fould fut député en 1834 et chevalier de la - Légion d'honneur depuis 1843. - - FRANÇOIS II D'AUTRICHE (l'Empereur), 1768-1835. Son règne fut - marqué par les luttes contre Napoléon Ier. - - FRANÇOIS-JOSEPH Ier D'AUTRICHE, né en 1830. Monta sur le trône - en 1848. - - FRANÇOIS II, ROI DE NAPLES, 1836-1894. Dernier Roi des - Deux-Siciles. Monté sur le trône en 1859, après avoir épousé la - princesse Sophie de Bavière, il vit, en 1860, Garibaldi (avec les - mille) débarquer d'abord à Marsala, et entrer ensuite à Naples. - Ayant accordé une Constitution à ses sujets, François II se - réfugia à Gaëte, où, après une courageuse défense, la place fut - obligée de capituler en 1861. François II se retira alors à Paris - où il passa les dernières années de sa vie. - - FREY (Mrs Elizabeth) ***, 1780-1865. Toute sa vie fut consacrée - aux œuvres de piété et de bienfaisance. - -G - - GADUEL (l'abbé), 1811-1888. Jean-Pierre-Laurent Gaduel, chanoine - théologal d'Orléans, très attaché à la personne de Mgr Dupanloup, - dont il partagea les travaux. L'abbé Gaduel a laissé plusieurs - ouvrages de piété. - - GALLIFFET (la marquise DE), morte en 1901, née Laffite. - - GALLIERA (le duc DE), 1803-1876. Rafaële Ferrari, financier - italien, établi à Paris, avait hérité de son père une immense - fortune. A partir de 1850, le duc de Galliera s'intéressa dans - presque toutes les affaires de l'Europe, spécialement dans les - entreprises des chemins de fer français. En 1874, il donna à - Gênes, sa ville natale, une somme de vingt millions, destinée à - l'amélioration du port. - - GALLIERA (la duchesse DE) ***, 1812-1888. Marie, fille aînée du - marquis de Brignole-Sale. - - GARIBALDI (Joseph), 1807-1882. Patriote italien. Après avoir mené - une vie d'aventures, il combattit, pour l'unification de - l'Italie, contre les Autrichiens, contre le royaume de Naples et - contre le pouvoir pontifical. - - GEORGE IV D'ANGLETERRE (le Roi) *, 1762-1830. Régent en 1810, il - monta sur le trône en 1820. - - GÊNES (le duc DE), 1822-1855. Second fils du Roi Charles-Albert - de Sardaigne. Prince plein de bravoure et de brillantes qualités, - s'était fort distingué dans la guerre du Piémont contre - l'Autriche, 1848-1849. En 1850, le duc de Gênes épousa à Dresde - la princesse Élisabeth de Saxe. - - GÊNES (la duchesse DE), née en 1830. Élisabeth, princesse de - Saxe, épousa le duc de Gênes en 1850. Devenue veuve en 1855, la - duchesse de Gênes se remaria morganatiquement en 1856, à Stresa, - avec le marquis Rampallo, qui mourut lui-même en 1882. - - GENLIS (Mme DE), 1746-1830. Félicité Ducrest de Saint-Aubin, - épousa à l'âge de quinze ans le comte de Genlis. Elle fut - l'institutrice des enfants du duc d'Orléans. - - GERLACH (le général Léopold DE) ***, 1790-1861. Ancien aide de - camp du prince de Prusse, puis général aide de camp du Roi - Frédéric-Guillaume IV. - - GERLACH (M. Ernest-Louis DE), 1795-1871. Homme politique - prussien. Après les événements de 1848, Gerlach devint le chef - des réactionnaires et du parti de la _Croix_ penchant du côté des - piétistes. Devenu directeur de la _Nouvelle Gazette de Prusse_, - il acquit une influence considérable sur l'esprit du Roi - Frédéric-Guillaume IV. En 1850, Gerlach fit partie du congrès - d'Erfurth. - - GONTAUT-BIRON (la comtesse Charles DE), 1794-1869. Adèle de - Rohan-Chabot, fille du duc de Rohan et de Mlle de Montmorency, - avait épousé en 1812 le comte Charles de Gontaut-Biron. - - GORTSCHAKOFF (le prince), 1798-1883. Il commença sa carrière - diplomatique aux congrès de Laybach et de Vérone. Devenu - secrétaire d'ambassade en 1824, puis chargé d'affaires, il arriva - au poste de Stuttgard, où il négocia le mariage de la - grande-duchesse Olga de Russie avec le Prince Royal de - Würtemberg. Gortschakoff fut alors nommé conseiller intime et, - après avoir été ambassadeur à Vienne, fut appelé à remplacer le - comte de Nesselrode aux Affaires étrangères. En 1863, il fut - élevé à la dignité de Chancelier de l'Empire de Russie. - - GOYON (le général DE), 1802-1870. Sorti en 1821 de l'école de - Saint-Cyr, le comte de Goyon suivit tous les grades et devint en - 1853 général de division. Nommé aide de camp de Napoléon III, - Goyon fut appelé, en 1859, au commandement du corps d'occupation - de Rome. En 1862, il devint sénateur et en 1867 il fut placé à la - tête du 6e corps d'armée à Toulouse. - - GRAHAM (sir James) *, 1792-1861. Homme politique anglais. - - GRAMONT (le duc DE), 1819-1880. Connu d'abord sous le nom de duc - de Guiche **, diplomate français. - - GRANVILLE (lord) *, 1815-1891. Diplomate anglais, connu d'abord - sous le nom de George Leveson ***. - - GRANVILLE (lady). Fille du duc de Dalberg, elle avait épousé en - premières noces lord Acton, dont elle eut un fils. - - GRÈCE (la Reine Amélie DE) ***, 1818-1867. Fille du grand-duc - d'Oldenbourg. - - GRÉGOIRE VII (le Pape) **, 1015-1085. Hildebrand fut élu au - pontificat en 1073. - - GRÉGOIRE XVI (le Pape), 1765-1846. Mauro Cappellari, abbé de - l'ordre des Camaldules, fut élevé en 1831 au trône pontifical. Le - 28 décembre 1842, le Pape Grégoire XVI reçut la marquise de - Castellane (Pauline de Périgord) en audience spéciale. Sa - Sainteté, prenant alors sur son bureau des papiers qui y étaient - rangés, lui demanda si elle les reconnaissait. C'était _la - rétractation_ signée par le prince de Talleyrand, le matin du - jour de sa mort, et la lettre qui l'accompagnait. «_Ces papiers - ne quittent pas ma table_, lui dit le Pape, _ils m'ont apporté la - plus vive consolation que j'aie ressentie depuis mon - pontificat_.» - - GREY (lord), né en 1825. George Grey fut écuyer du prince de - Galles et capitaine aux grenadiers-gardes en Angleterre. - - GRIESHEIM (le général DE), 1798-1854. Charles-Gustave de - Griesheim était commandant des forteresses de Coblence et - d'Ehrenbreitstein, dans la Prusse rhénane. Il fit, pendant - quelque temps, partie de l'état-major du prince de Prusse et - mourut à Coblence. - - GRŒBEN (le général DE) ***, 1788-1876. Le comte Charles de - Grœben était aide de camp du Roi Frédéric-Guillaume IV. - - GROTE (la comtesse DE) ***, 1799-1876. Première dame à la cour du - Roi de Hanovre. - - GUIZOT (François-Pierre-Guillaume) *, 1767-1874. Homme d'État - français. - - GYULAY (le général), 1798-1868. Le comte François Gyulay, - feld-maréchal autrichien, suivit, depuis sa jeunesse, la carrière - des armes. Il fut investi en 1847 du commandement militaire de - Trieste et contribua alors puissamment à sauver la marine de - l'Autriche pendant la révolution italienne de 1848 à 1849. En - 1859, lorsque la guerre éclata, Gyulay reçut le commandement du - IIe corps, avec l'ordre d'envahir le Piémont. Il s'avança vers - le Tessin, mais l'arrivée de l'armée française en Italie le força - à se replier. Battu à Montebello, Gyulay subit à Magenta une - défaite complète qui le fit reculer sur Milan. - - GUICHE (Duc DE), 1819-1880. Voir à DUC DE GRAMONT. - - -H - - HAHN-HAHN (la comtesse Ida DE), 1805-1880. Fille du comte Charles - de Hahn, épousa en 1826 son cousin, le comte - Frédéric-Guillaume-Adolphe de Hahn-Hahn, dont elle se sépara en - 1829. La comtesse Ida voyagea alors pendant plusieurs années, se - fit catholique en 1850, fonda un couvent à Mayence où elle vécut - et mourut. La comtesse de Hahn-Hahn est l'auteur de plusieurs - livres religieux. - - HAMMERSTEIN (le baron Gustave DE), 1817-1875. Général distingué - de l'armée autrichienne, chambellan à la cour de l'Empereur - François-Joseph, le baron de Hammerstein fut employé dans - plusieurs missions hors de son pays, et il dut, entre autres, - accompagner en 1851 le Roi de Prusse à l'entrevue d'Ischl. - - HAMILTON (la duchesse DE) **, 1817-1887. Princesse Marie de Bade. - - HANOVRE (le Roi Ernest DE) ***, 1771-1851. D'abord duc de - Cumberland, il monta sur le trône de Hanovre en 1837. - - HARCOURT (la comtesse D'), morte en 1893. Née de Sainte-Aulaire, - la comtesse d'Harcourt écrivit un livre très intéressant sur la - duchesse d'Orléans. - - HAUGWITZ (le comte Eugène DE) ***, 1777-1867. Feld-maréchal - autrichien. - - HAUSSONVILLE (le comte D'), 1809-1884. Othenin de Cléron, comte - d'Haussonville. Homme politique et historien français. Ses - ouvrages le firent élire à l'Académie française. Après 1870, le - comte d'Haussonville fut un des plus actifs fondateurs de la - _Société de protection des Alsaciens-Lorrains_. Il fut élu - sénateur après avoir été député de Seine-et-Marne à l'Assemblée - nationale de 1871. En 1836, le comte d'Haussonville avait épousé - la sœur du duc Albert de Broglie. - - HATZFELDT (le comte Max DE) ***, 1813-1859. Diplomate prussien. - - HATZFELDT (la comtesse Max DE), 1823-1895. Mlle Pauline de - Castellane épousa en 1844, à Paris, le comte Max de Hatzfeldt, - qui fut pendant de longues années ministre de Prusse à Paris. - Devenue veuve en 1859, elle épousa en 1861 le duc de Valençay, - plus tard duc de Talleyrand et de Sagan. - - HAUTEFORT (Marie DE), 1616-1691. Duchesse de Schomberg. Dame - d'atour de la Reine Anne d'Autriche. Elle avait été élevée par sa - grand'mère, Mme de la Flotte-Hauterive. Mlle de Hautefort était - une des dames les plus distinguées du dix-septième siècle. Louis - XIII avait de l'amitié pour elle, mais Richelieu l'éloigna de la - cour pour avoir pris part à quelques intrigues contre ce - ministre, et son opposition envers Mazarin lui fit subir une - nouvelle disgrâce. - - HAYNAU (le baron Jules-Jacques DE) ***, 1786-1853. Militaire au - service de l'Autriche. - - HENRIETTE D'ANGLETERRE (la Reine), 1609-1669. Henriette-Marie de - France, fille du Roi Henri IV et de Marie de Médicis, épousa en - 1625 le Roi Charles Ier d'Angleterre. Son oraison funèbre fut - prononcée par Bossuet. - - HENSEL (Guillaume) ***, 1794-1861. Peintre, dessinateur très - répandu dans la société berlinoise. - - HESS (le général, baron DE) ***, 1788-1863. Militaire au service - de l'Autriche. - - HESSE (le landgrave Frédéric DE), 1828-1884. Ce prince avait - épousé en premières noces une grande-duchesse de Russie, fille de - l'Empereur Nicolas Ier, et en deuxièmes noces, il se remaria - en 1853 avec la princesse Anna de Prusse, fille du prince - Charles. - - HESSE-CASSEL (l'électeur Guillaume DE) ***, 1777-1847. - - HESSE-PHILIPPSTHAL-BARCHFELD (le landgrave Alexis DE), né en - 1829. Marié en 1854 avec la princesse Louise de Prusse, fille du - prince Charles. - - HEYDT (Auguste VON DER), 1801-1874. Homme d'État prussien. - Directeur de la banque prussienne à Berlin en 1851, puis ministre - de l'intérieur et du commerce. Sous le ministère Auerswald, von - der Heydt prit le portefeuille des Finances; mais, en 1862, - lorsque Bismarck arriva au pouvoir, il se retira dans la vie - privée pour reparaître un moment aux Finances en 1866. - - HOHENZOLLERN-SIGMARINGEN (le prince Antoine DE), 1811-1885. Chef - de la branche aînée de la maison de Hohenzollern. Catholique, - général d'infanterie dans l'armée prussienne. En 1858, le prince - de Hohenzollern fut placé, avec le titre de ministre président, à - la tête du cabinet libéral prussien et devint ensuite gouverneur - militaire des provinces du Rhin et de la Westphalie. - - HOHENZOLLERN (la princesse DE), née en 1845. Antonia, infante de - Portugal, épousa à Lisbonne en 1861 le prince Léopold de - Hohenzollern-Sigmaringen qui devint en 1885, à la mort de son - père, chef de cette ligne princière. - - HOHENLOHE-INGELFINGEN (le prince Adolphe DE), 1797-1873. Général - de cavalerie au service de Prusse, membre du conseil d'État et - membre héréditaire de la Chambre des Seigneurs, dont il fut le - président durant de longues années. - - HOHENLOHE-INGELFINGEN (le prince Kraft DE), 1827-1892. Général - d'artillerie dans l'armée prussienne. Au commencement du règne de - Guillaume Ier, le prince Kraft de Hohenlohe fut durant - quelque temps son aide de camp. - - HOLLAND (lord), 1802-1859. Henry-Édouard, quatrième lord Holland, - diplomate anglais, fut plusieurs années ministre d'Angleterre à - Florence. Il avait épousé la fille du comte de Coventry. Lord - Holland mourut sans laisser d'enfants et en lui s'éteignit le - titre fondé par le Roi Georges III en faveur de Stephen Fox, le - célèbre rival du premier Pitt. - - HOLLAND (lady Maria-Augusta) ***, 1812-1890. Fille du comte de - Coventry. - - HOLLANDE (la Reine DE), 1818-1877. La princesse Sophie, fille du - premier Roi de Würtemberg, épousa en 1839 Guillaume III, Roi de - Hollande. Elle fut très liée d'amitié avec l'Empereur Napoléon - III. - - HOLSTEIN (le général, prince DE), 1810-1871. Général au service - prussien, gouverneur de Mayence. - - HÜBNER (le comte DE) **, 1811-1892. Diplomate autrichien. - - HUMBOLDT (Alexandre DE) **, 1769-1858. Grand naturaliste et - savant allemand. - - HUME. Spirite venu d'Amérique à Paris en 1857 où il a fait - beaucoup parler de lui. - - HUNIADY (la comtesse Julie DE), née en 1831. Fille du comte - François Huniady, chambellan de l'Empereur d'Autriche, elle - épousa en 1853 le prince Michel Obrenowitch de Serbie. - - -I - - IMPÉRIAL (le Prince), 1856-1879. - Eugène-Louis-Jean-Joseph-Napoléon, fils unique de l'Empereur - Napoléon III et de l'Impératrice Eugénie, mort au Zoulouland où - il fut tué à l'ennemi le 1er juin 1879. - - INÈS DE CASTRO. Femme célèbre par sa beauté et ses malheurs, - assassinée en 1355. Elle avait épousé l'infant Pierre de - Portugal. - - ISABELLE II. Reine d'Espagne *, 1830-1904. Succéda à son père le - Roi Ferdinand VII. - - ISTRIE (la duchesse D') ***. Née la Grange, elle avait épousé le - maréchal Bessières. - - -J - - JARNAC (Philippe de Chabot, comte DE), **, 1815-1875. Diplomate - français. - - JELLACHICH DE BUZIM (le général DE) ***, 1801-1859. Ban de - Croatie. - - JOINVILLE (le prince DE) **, 1818-1900. François d'Orléans, fils - du Roi Louis-Philippe. - - JOINVILLE (la princesse DE) ***, 1824-1898. Fille de l'Empereur - du Brésil. - - -K - - KALERGIS (Mme), 1823-1874. Marie, fille du comte Frédéric-Charles - de Nesselrode, épousa, en 1839, M. Jean de Kalergis qui était - d'origine grecque. Devenue veuve en 1863, Mme Kalergis se remaria - avec M. Serge Muchanow, colonel russe, qui avait été maître de la - police à Varsovie. Élève de Chopin, elle charmait tout le monde - par son beau talent sur le piano. - - KANITZ (le comte Rodolphe), 1822-1902. Aide de camp du Roi - Guillaume Ier de Prusse et plus tard général. Il avait épousé - la comtesse Louise Schwerin, dame d'honneur de l'Impératrice - Augusta d'Allemagne. - - KAROLYI (le comte Louis), 1825-1889. Diplomate autrichien. Après - avoir occupé plusieurs postes en Europe, le comte Louis Karolyi - prit part, après la guerre d'Italie, à la conférence de Zurich, - puis il fut nommé ministre à Berlin où il resta jusqu'à la - rupture entre l'Autriche et la Prusse en 1866. En 1871, le comte - Karolyi revint à Berlin comme ambassadeur; il y assista au - Congrès en 1878 et fut nommé ensuite ambassadeur à Londres où il - conserva ce poste jusqu'en 1888. - - KELLER (le comte Alexandre DE), 1801-1879. Maréchal de cour du - Roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse. En 1838, il avait épousé une - comtesse Stolberg. - - KETTLER (le baron DE), 1811-1877. Guillaume-Emmanuel de Kettler, - né à Münster. Après avoir servi quelque temps dans - l'administration, le baron de Kettler entra dans les ordres en - 1846. Il était membre du parlement de Francfort en 1848, et en - 1850, il fut appelé à l'évêché de Mayence. Dès lors, Mgr Kettler - eut une grande autorité dans l'épiscopat allemand. - - KISSÉLEFF (le comte Nicolas) ***. Mort en 1869. Diplomate russe. - - KISSÉLEFF (le général, comte DE), 1788-1872. Ayant pris part aux - guerres du commencement du dix-neuvième siècle, Kisséleff fut - nommé aide de camp de l'Empereur Alexandre Ier et suivit ce - souverain au congrès de Vienne. En 1828, Kisséleff fit la - campagne contre les Turcs et fut envoyé de 1829 à 1834 dans les - principautés de la Valachie et de la Moldavie, occupées alors par - les troupes russes, où il exerça un pouvoir dictatorial. Nommé - plénipotentiaire au congrès de Paris en 1856, et ensuite - ambassadeur à la cour de Napoléon III, le comte de Kisséleff y - garda ses fonctions jusqu'en 1862. - - KOSSUTH (Louis) ***, 1802-1894. Chef de la révolution hongroise - en 1848. - - KUBECK DE KÜBAU (Charles-Frédéric) ***, 1780-1855. Homme d'État - autrichien. - - -L - - LACORDAIRE (Henri) **, 1802-1861. Célèbre prédicateur dominicain - français. - - LACRETELLE (Charles) dit _le Jeune_, 1766-1855. Historien - français. Lacretelle fit paraître plusieurs ouvrages historiques - qui eurent de suite une certaine réputation et le firent nommer, - en 1809, professeur d'histoire à la Faculté de Paris. Il y resta - jusqu'en 1853. Lacretelle fut admis à l'Académie française et - Louis XVIII l'anoblit pendant son règne. - - LA MARMORA (le général Alphonse, marquis DE), 1804-1878. En 1823, - Alphonse de la Marmora sortit de l'Académie militaire de Turin - comme lieutenant d'artillerie; il se distingua à la bataille de - Pastrengo en 1848 et délivra Charles-Albert le 5 août de la même - année, lorsque sa vie était menacée à Milan, dans le palais - Greppi où la foule exaspérée l'avait assiégé. Nommé général en - 1848, Alphonse de La Marmora fut à deux reprises ministre de la - Guerre. A la tête de la division piémontaise en Crimée, il y - remporta une victoire à la Tchernaïa qui lui donna une belle - auréole militaire. Président du cabinet de 1864 à 1866. La - Marmora conclut l'alliance italo-prussienne en 1866, grâce à - laquelle Venise fut rendue à l'Italie. - - LAMARTINE (Alphonse DE) **, 1790-1869. Poète et homme politique - français. - - LAMORICIÈRE (le général DE), 1806-1865. Envoyé tout jeune - officier en Algérie, Lamoricière s'y distingua aussitôt et fut - grièvement blessé au siège de Constantine en 1837. Devenu général - en 1848, Lamoricière devint ministre de la guerre sous la - présidence du général Cavaignac; il fut arrêté au coup d'État et - ne rentra en France qu'en 1857. Appelé à organiser l'armée - pontificale, Lamoricière fut battu à Castelfidardo le 18 - septembre 1860 par le général Cialdini, et dut capituler à - Ancône. - - LAMORICIÈRE (Mme DE). Amélie Gaillard de Ferré d'Auberville - épousa en 1847 le général de Lamoricière, auquel elle survécut et - dont elle eut deux filles. - - LAMBRUSCHINI (le cardinal Louis), 1776-1854. Archevêque de Gênes, - nonce à Paris en 1832, Lambruschini devint en 1836 secrétaire - d'État sous le Pape Grégoire XVI. Il suivit le Pape Pie IX à - Gaëte après les événements de 1848. - - LA FERRONNAYS (les). Le nom patronymique des La Ferronnays est - Ferron. Les Ferron sont de très ancienne noblesse bretonne. Les - plus vieux documents qui les concernent remontent à 1160. - - LA FERTÉ (le comte Hubert DE) ***, 1806-1872. Dévoué serviteur du - comte de Chambord. - - LA FERTÉ (la comtesse DE). Elle était la fille du comte Molé. - - LA GRANGE (la marquise DE), née Flavigny. Son mari, Gustave - Lelièvre, marquis de La Grange, était fils de Mlle de Beauvau: il - était attaché comme écuyer à la cour de l'Impératrice Eugénie. - - LA REDORTE (la comtesse DE) ***, morte en 1885. Louise Suchet, - fille du maréchal d'Albuféra. - - LA ROCHEJAQUELEIN (Auguste du Vergier, comte DE) ***, 1784-1868. - Officier français. - - LA ROCHEJAQUELEIN (Georges, marquis DE) ***, 1805-1867. Sénateur - sous le second Empire. - - LA ROCHELAMBERT (la marquise DE), 1801-1893. Elle était née - Bruges et survécut longtemps à son mari, qui avait été sénateur - sous le second Empire. Mme de La Rochelambert avait habité - longtemps Berlin dans sa jeunesse. - - LAMENNAIS (l'abbé DE) *, 1782-1854, philosophe et théologien - français, révolutionnaire, condamné en Cour de Rome. - - LAVAL (la vicomtesse DE), 1745-1838. Née Tavernier de Boullongne, - grande amie du prince de Talleyrand. - - LA VALETTE (le marquis DE), 1806-1881. Diplomate français; ayant - une grande connaissance de l'Orient où il avait occupé deux fois - le poste de Constantinople. En 1861, le marquis de La Valette - passa au poste de Rome; puis, en 1868, il devint ministre des - Affaires étrangères. Il avait épousé en premières noces Mme - Welles et en secondes noces une fille du comte de Flahaut. - - LEDIEU (François). Ecclésiastique né à Péronne, mort en 1713 à - Paris. Attaché à la personne de Bossuet en qualité de secrétaire, - Ledieu écrivit un journal où il notait les faits et gestes de son - auguste maître. En 1856, l'abbé Guettie publia ce journal. - - LEFEBVRE (Armand-Édouard), 1807-1864. Diplomate français. Sous le - second Empire, en 1852, Lefebvre devint directeur des affaires - politiques au ministère des Affaires étrangères. - - LEHON (la comtesse) ***, morte en 1880. Née Mathilde de - Mosselmann. - - LEHON (Mlle Louise), née en 1838. Fille du comte et de la - comtesse Lehon, Mlle Louise épousa, en 1856, à Paris, le prince - Stanislas-Auguste Poniatowski et de Monte-Rotondo. - - LEININGEN (le comte DE), 1794-1869. Charles-Théodore, comte de - Leiningen, major-général au service badois. Il avait épousé en - 1822 la comtesse Westerholt de Gysenberg, dont il devint veuf en - 1852. - - LEMOINNE (John), 1815-1893. Publiciste français, membre de - l'Académie française. Les langues française et anglaise lui - étaient aussi familières l'une que l'autre, avantage dont le - directeur du _Journal des Débats_ sut profiter en lui confiant, - en 1840, la correspondance anglaise de son journal, auquel M. - Lemoinne n'a jamais cessé d'appartenir. Il en devint plus tard le - rédacteur en chef. - - LENORMANT (Mme), 1817-1893. Mlle Amélie Cyvoct, nièce de Mme - Récamier, mariée en 1836 à Charles Lenormant, archéologue et - historien distingué, membre de l'Institut. On doit à Mme - Lenormant la publication des souvenirs et correspondances de Mme - Récamier, ainsi que des études sur Chateaubriand, Mme de Staël et - Benjamin Constant. - - LESSEPS (le vicomte Ferdinand DE), 1805-1894. Employé durant de - longues années dans la carrière des consulats, M. de Lesseps - occupa longtemps le poste de Barcelone. Il conçut l'idée du - percement de l'isthme de Suez et c'est à lui qu'on doit le canal. - Il fut élu membre de l'Académie française en 1884. - - LEUCHTENBERG (la duchesse DE), 1819-1876. Marie Nicolaïewna, - grande-duchesse de Russie, fille de l'Empereur Nicolas Ier, - mariée en 1839 au duc Max de Leuchtenberg, dont elle devint veuve - en 1852. La grande-duchesse Marie se remaria morganatiquement en - 1856 avec le comte Grégoire Strogonoff. - - LÉVIS (le duc DE), 1794-1863. Gaston-François-Christophe, duc de - Ventadour et de Lévis, avait reçu sous le premier Empire un - brevet de sous-lieutenant. Devenu en 1814 aide de camp du duc - d'Angoulême, il prit part en 1823 à la guerre d'Espagne et aussi - à l'expédition de Corée. Nommé, à son retour, officier de la - Légion d'honneur, le duc de Lévis fut appelé, dans les derniers - jours de la Restauration, à succéder, comme pair de France, à son - père mort en 1830. Il refusa de siéger pour rester fidèle à la - branche aînée, qu'il accompagna dans l'exil en Écosse et en - Allemagne. Le duc de Lévis fut un des principaux conseillers du - comte de Chambord et mourut à Venise auprès de ce prince. - - LÉVIS (la duchesse DE), morte en 1854. Mlle d'Aubusson de la - Feuillade épousa en 1831 le duc de Ventadour et de Lévis, dont - elle n'eut pas d'enfants. - - LICHTENSTEIN (le prince Édouard), 1809-1866. Feld-maréchal - autrichien, marié en 1839 à Honorine Choloniewska, veuve - Kownacka. - - LIEGNITZ (la princesse DE) **, 1800-1873. Née comtesse Harrach; - épouse morganatique du Roi Frédéric-Guillaume III. - - LIEVEN (la princesse DE) *, 1784-1857. Née Dorothée de - Benkendorff. - - LIEVEN (le prince Paul DE), mort en 1881 à Téplitz. Il était - grand-maître de la cour en Russie. - - LINDHEIM (le général DE), 1791-1862. Général prussien; aide de - camp général du Roi Frédéric-Guillaume IV. En 1859, le général de - Lindheim fut nommé commandant du corps d'armée de Silésie. - - LITTA (le duc), 1825-1891. Giulio-Litta-Visconti-Arese, épousa en - 1855 Mlle Eugénie Attendolo-Bologuni, qui était née en 1837. - - LOË (le général, baron DE), 1828-1908. Le baron Walter de Loë - était jeune officier dans le régiment des hussards à Bonn, quand - il fut nommé aide de camp du prince de Prusse (plus tard le Roi - Guillaume Ier). M. de Loë fut envoyé à Paris comme attaché - militaire de 1862 à 1867, puis il commanda le 7e régiment de - hussards en 1873, et devint ensuite général. Après avoir commandé - plus tard la 5e division, il reçut le commandement du 8e corps - d'armée à Coblence. - - LONGUEVILLE (Mme DE), 1619-1679. Anne-Geneviève de Bourbon-Condé, - duchesse de Longueville, sœur du grand Condé et du prince de - Conti. Une des héroïnes de la _Fronde_. - - LOUIS XVII (Louis-Charles de France), 1785-1795. Deuxième fils du - Roi Louis XVI et de Marie-Antoinette. Devenu dauphin à la mort de - son frère aîné en 1789, ce prince suivit partout sa famille et - fut enfermé au Temple où il mourut sous les mauvais traitements - dont il fut la douloureuse victime. - - LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE, 1808-1872. Plus tard l'Empereur - Napoléon III. - - LOUIS-PHILIPPE Ier *, 1773-1849. Roi des Français. - - LOTTUM (la comtesse DE) ***, 1809-1894. Clotilde, fille aînée du - prince de Putbus. - - LUCCHESI-PALLI (le comte Hector DE), 1805-1864. Diplomate - italien, époux morganatique de la duchesse de Berry. - Lucchesi-Palli appartenait à une famille qui tient par ses - origines aux ducs de Bénévent. Fils du grand Chancelier des - Deux-Siciles, le comte suivit la carrière diplomatique. Son - gouvernement lui ayant confié une mission pour celui de La Haye, - il se rendait à ce poste, lorsqu'il fit à Massa la rencontre de - la duchesse de Berry qui était sur le point de rentrer en France - pour y donner l'ordre du soulèvement en Vendée. Éprise du - diplomate italien, la duchesse de Berry contracta avec lui un - mariage secret qu'elle ne déclara publiquement que lorsqu'elle - fut prisonnière au château de Blaye. - - LUYNES (le connétable DE), 1578-1621. Favori de Louis XIII qui le - couvrit d'honneurs et le fit connétable de France. Il avait - épousé la fille du duc de Montbazon. - - -M - - MAC-MAHON (le maréchal DE), 1808-1893. S'était fort distingué en - Algérie et en Crimée; il fut créé maréchal de France et duc de - Magenta, en 1859, en Italie, après la bataille de ce nom. - Mac-Mahon fut président de la troisième République française de - 1873 à 1879. - - MAC-MAHON (la maréchale DE), 1834-1900. Élisabeth de La Croix de - Castries, mariée en 1854 à Maurice de Mac-Mahon, plus tard duc de - Magenta. - - MACAULEY (lord) ***, 1800-1859. Historien anglais. - - MAILLÉ (la duchesse DE), morte en 1853. Blanche-Joséphine Le - Bascle d'Argenteuil, épouse de Charles-François-Armand, duc de - Maillé, dont elle était la seconde femme. La duchesse de Maillé - devint veuve en 1837. - - MAILLÉ (la duchesse DE), 1827-1899. Seconde fille du marquis - d'Osmond, épousa en 1845 Jacquelin, duc de Maillé. - - MAINTENON (la marquise DE) *, 1635-1719. Françoise d'Aubigné. - - MAISTRE (le comte Joseph DE), 1753-1821. Piémontais, célèbre par - son esprit philosophique chrétien et les grands services qu'il - rendit à sa patrie, dans les différents emplois que lui donna le - Roi Charles IV de Sardaigne. Son ambassade à Saint-Pétersbourg - dura quatorze ans. Il a laissé des ouvrages fort remarquables. - - MAISTRE (le comte Rodolphe DE) ***, 1789-1865. Gouverneur de - Nice. - - MALMESBURY (lord), 1807-1889. James Howard Harris. Homme d'État - anglais. Il appartenait au parti torie et fit partie du cabinet - de lord Derby en 1852, comme ministre des Affaires étrangères. - Lié d'amitié depuis 1839 avec le prince Louis-Napoléon Bonaparte, - alors réfugié en Angleterre, lord Malmesbury mit le plus grand - empressement à faire reconnaître, par l'Angleterre, Napoléon III - lorsqu'il devint Empereur. - - MANTEUFFEL (le baron Othon DE) ***, 1805-1879. Ministre et homme - d'État prussien. - - MANTEUFFEL (le général DE), 1805-1885. Edwin-Hans-Charles, baron - de Manteuffel, général prussien, fut employé dans plusieurs - missions diplomatiques. Aide de camp général de l'Empereur - Guillaume Ier, le général de Manteuffel a joui d'un grand - crédit auprès de ce prince. - - MANUEL (Mme). Anna-Maria del Consuelo, Espagnole de naissance, - sœur du marquis de Bedmar, elle porta le titre de comtesse de - Gramedo, qui appartenait à sa famille. Elle épousa M. Manuel, - agent de change en France. - - MANUEL (Jacques-André), 1791-1857. Homme politique français. - Après avoir commencé par la carrière militaire, Manuel quitta les - armes à la suite de la chute du premier Empire et fonda une - banque à Nevers, sa ville natale. En 1839, Manuel fut élu député; - il siégea à la Constituante de 1848, puis à l'Assemblée - législative. Après le coup d'État du 2 décembre, il fut appelé au - Sénat. - - MARIE-AMÉLIE (la Reine) *, 1782-1866. Épouse du Roi - Louis-Philippe. - - MARIE-CHRISTINE (la Reine) ***, 1806-1878. Reine d'Espagne. - - MARMONT (le maréchal) ***, 1774-1852. Duc de Raguse. - - MARS (Mlle) ***, 1778-1847. Célèbre actrice française. - - MARTIMPREY (le général DE), 1808-1883. Édouard-Charles de - Martimprey, ancien élève de Saint-Cyr, fit de nombreuses - campagnes en Afrique. Colonel en 1848, général en 1852. - Martimprey devint chef d'état-major pendant les guerres de Crimée - et d'Italie, puis gouverneur de l'Algérie, et, à la fin, - gouverneur des Invalides à Paris. - - MASAMILLO, 1622-1647. Pêcheur napolitain, il se mit à la tête des - Napolitains révoltés contre l'Espagne, et fut assassiné. - - MATHILDE (la princesse) **, 1820-1904. Fille de Jérôme Bonaparte. - Portait d'abord le nom de Mlle de Montfort. - - MAZZINI (Giuseppe), 1808-1872. Patriote italien, né à Gênes. - Fondateur d'une société secrète: _la Jeune Italie_, Mazzini ne - cessa de conspirer soit en Italie, soit en Suisse, soit en - Angleterre. En 1848, il fit partie du triumvirat romain. - - MECKLEMBOURG-SCHWERIN (la grande-duchesse DE), 1803-1892. Cette - princesse, fille du Roi Frédéric-Guillaume III, avait épousé en - 1823 le grand-duc Paul-Frédéric de Mecklembourg-Schwerin dont - elle devint veuve en 1842. - - MECKLEMBOURG-STRELITZ (le grand-duc DE), 1779-1860. Frère de la - Reine Louise de Prusse. - - MECKLEMBOURG-STRELITZ (le duc Georges DE) ***, 1819-1904. Prince - héréditaire. - - MECKLEMBOURG-STRELITZ (la duchesse Caroline DE), 1821-1876. Fille - du grand-duc Georges de Mecklembourg-Strelitz, mariée en 1841 à - Frédéric VII, alors Prince Royal de Danemark, dont cette - Princesse divorça en 1846. - - MECKLEMBOURG-STRELITZ (le duc Georges DE), 1824-1871. Épousa en - 1851 la grande-duchesse Catherine Michaïlowna de Russie, quitta - l'Allemagne et s'établit à Saint-Pétersbourg après s'être engagé - au service russe. - - MEDEM (le comte Paul DE) *, 1800-1854. Diplomate russe. - - MENSCHIKOFF (le prince Alexandre-Sergewitch), 1789-1869. Amiral - et homme d'État russe. En 1853, Menschikoff fut envoyé en - Turquie, en qualité d'ambassadeur extraordinaire, pour exiger du - gouvernement ottoman qu'il reconnût à la Russie le droit de - protectorat sur les populations de religion grecque, habitant sur - son territoire. N'ayant pas réussi, Menschikoff quitta - brusquement Constantinople, et la guerre d'Orient éclata peu - après. Nommé alors gouverneur de la Crimée, il contribua, par ses - mesures, à l'anéantissement d'une partie de la flotte russe à - Sinope. - - MENSDORFF-POUILLY (le comte Alexandre DE), 1813-1871. Général - autrichien. En 1859, il fut promu au grade de feld-maréchal. - - MÉRIMÉE (Prosper), 1803-1870. Romancier et érudit français. Une - excursion qu'il fit en Espagne, vers 1840, lui donna l'occasion - de se lier avec Mme de Montijo (mère de l'Impératrice Eugénie) et - ces relations lui valurent d'être reçu aux Tuileries, sous le - second Empire, sur le pied d'une familière intimité. En 1844, - Mérimée entra à l'Académie, et en 1853 il fut fait sénateur. - - MÉRODE (Mgr DE), 1802-1874. Après avoir été officier dans l'armée - belge, M. de Mérode entra dans les ordres. Il devint camérier du - Pape Pie IX et fut nommé en 1860 ministre des armes. Mgr de - Mérode fut l'inspirateur de l'organisation de l'armée - pontificale, commandée par le général de Lamoricière. - Démissionnaire en 1865, Mgr de Mérode fut créé archevêque de - Métylène en 1866. - - MÉRODE (la comtesse Werner DE), 1823-1901. Thérèse de Mérode - épousa en 1843 son cousin le comte Werner de Mérode. - - METTERNICH (le prince DE) *, 1773-1859. Diplomate et homme d'État - autrichien. - - METTERNICH (la princesse Mélanie DE) **, 1805-1854. Fille du - comte Zichy-Ferraris, troisième femme du prince de Metternich. - - METTERNICH-WINNEBOURG (le prince Richard DE), 1829-1895. Fils du - célèbre chancelier d'Autriche et de sa seconde femme, née - comtesse de Beilstein, occupa d'abord le poste de ministre - d'Autriche à Dresde en 1856 et fut nommé ambassadeur à Paris, à - la suite de la guerre d'Italie en 1859. Le prince Richard occupa - ce poste jusqu'à la fin du second Empire. - - METTERNICH-WINNEBOURG (la princesse Pauline DE), née en 1836. - Fille du comte Sandor, elle épousa en 1856 son oncle, le prince - Richard de Metternich. - - METTERNICH (la princesse Mélanie DE), née en 1832. Fille du - troisième mariage du prince de Metternich avec la comtesse Zichy - Ferraris. Elle épousa en 1853 le comte Zichy de Vasonykaïa. - - MEULAN (Mme DE) ***. Mère de la première Mme Guizot. - - MEYERBEER (1794-1864). Célèbre compositeur allemand, né à Berlin. - On lui doit de magnifiques opéras. - - MEYENDORFF (le baron Pierre DE) ***, 1792-1863. Diplomate russe - longtemps ministre de Russie à Berlin. - - MEYENDORFF (la baronne DE) ***, née en 1800. Wilhelmine-Sophie de - Buol-Schœnstein. - - MIGNET (François-Auguste-Marie) *, 1796-1884. Historien français, - membre de l'Académie française. - - MINTO (lord), 1782-1859. Gilbert-Elliot-Murray Kynynmond, comte - de Minto, homme d'État anglais. Entré à la Chambre des Lords en - 1840, Minto y prit place dans le parti whig et vota pour les - mesures les plus libérales. Ministre plénipotentiaire à Berlin en - 1832, il prit ensuite en 1835 la direction générale des postes et - fut bientôt nommé premier Lord de l'Amirauté dans le ministère - Melbourne. Lord Minto alla alors en Suisse, en Italie pour - examiner l'état de l'opinion et y encourager dans leurs tendances - libérales Pie IX et Charles-Albert. Lord Minto passait pour un - administrateur habile. - - MILOSCH (le prince), 1825-1868. Michel III Obrenowitch succéda en - Serbie à son frère le prince Milosch II. Il épousa la comtesse - Julie Huniady. - - MILDE (Mgr), 1777-1853. En 1831, il fut appelé au siège de Vienne - comme archevêque et y resta jusqu'à sa mort. - - MIRABEAU (Victor-Riquetti, marquis DE) *, 1749-1791. Député du - Tiers aux États généraux, grand orateur. - - MIRÈS (Jules), 1809-1871. Comme courtier d'affaires, Mirès - parvint à diriger d'énormes entreprises, notamment à Marseille où - il fut décoré lors du voyage de Napoléon III, en 1860. Placé à la - tête des chemins de fer romains, Mirès fut poursuivi en 1861, - comme gérant de la caisse de ces chemins de fer, et condamné à - plusieurs peines sévères. Cet arrêt fut cassé par la cour de - Douai qui réhabilita Mirès sur tous les points. Mirès fut - propriétaire du _Constitutionnel_ et de la _Presse_. - - MOCQUARD (Jean-François-Constant), 1791-1864. Ayant commencé par - la carrière du barreau, Mocquard dut la quitter en 1826 à la - suite d'une maladie de larynx. Très chaud partisan du prince - Louis Bonaparte, Mocquard fut un des premiers confidents des - projets du coup d'État, et demeura ensuite le secrétaire - particulier de l'Empereur Napoléon III, dont il avait toute la - confiance. En 1863, Mocquard fut nommé sénateur. - - MODÈNE (le duc DE), 1819-1875. François V succède à son père en - 1846. Marié en 1842 à la princesse Aldegonde de Bavière. - - MOLÉ (le comte Mathieu) *, 1781-1855. Homme politique sous le - premier Empire et la Monarchie de Juillet. - - MOLLIEN (la comtesse) *, 1785-1878. Dame du palais de la Reine - Marie-Amélie. - - MONACO (le prince DE). Charles III, 1818-1889. Ce prince avait - épousé en 1846 la comtesse Antoinette de Mérode. - - MONTAUBAN (le général Cousin), 1796-1878. Antoine de - Cousin-Montauban fit avec distinction les campagnes d'Afrique, - commanda en 1860 l'expédition anglo-française en Chine, força - l'embouchure du Pei-ho, remporta la victoire de Palikao, entra - dans Pékin et imposa à l'Empereur de Chine un traité qui assura - le respect des intérêts européens.--Voir Palikao. - - MONTALEMBERT (le comte Charles DE) **, 1810-1879. Un des plus - brillants défenseurs du catholicisme en France. - - MONTALEMBERT (la comtesse DE), née en 1818. Anne de Mérode épousa - en 1836 le comte Charles de Montalembert, pair de France. - - MONTGUYON (M. DE). Officier, aide de camp du duc d'Orléans. Le - bruit avait couru en 1853 que la duchesse d'Orléans l'épouserait. - Il était fils de M. de Montguyon, pair de France sous - Louis-Philippe et très orléaniste dans ses opinions. - - MONTEBELLO (le duc DE) ***, 1801-1874. Fils du maréchal Lannes. - - MONTEMOLIN (le comte DE) ***, 1818-1861. Infant d'Espagne, fils - de don Carlos. - - MONTENEGRO (le chevalier Joachim). Attaché à l'ambassade - d'Espagne à Vienne, Montenegro y vivait dans la plus grande - intimité de la famille du prince Metternich. Plus tard, il devint - chambellan du duc de Parme. - - MONTIJO (le comte DE), mort en 1839. Cyprien comte de Montijo et - de Miranda, duc de Penaranda, officier espagnol, dévoué à la - cause française qu'il servit comme officier d'artillerie. M. de - Montijo était le père de l'Impératrice Eugénie. - - MONTIJO (la comtesse DE). Donna Maria Manuella. Andalouse issue - des Kirkpatrik de Closburn, famille écossaise exilée pour son - dévouement à la cause des Stuarts. Mme de Montijo vivait séparée, - à l'amiable, de son mari, dont elle devint veuve en 1839. Elle - avait deux filles dont l'aînée épousa le duc d'Albe et la seconde - devint l'Impératrice Eugénie. - - MONTIJO (Mlle DE).--Voir à _Impératrice Eugénie_. - - MONTMORENCY (le duc DE) *, 1790-1862. Raoul porta d'abord le - titre de baron de Montmorency et prit celui de duc en 1846, à la - mort de son père. - - MONTMORENCY (le duc Mathieu DE), 1767-1826. M. de Montmorency - prit part dans sa jeunesse à l'expédition de La Fayette en - Amérique. Remarqué de bonne heure par ses idées libérales, - Mathieu de Montmorency fut un des premiers qui se réunirent au - Tiers État, prêta le serment du Jeu de paume, et proposa, dans la - séance du 4 août 1789, l'abolition des droits féodaux ainsi que - des privilèges; enfin il appuya le décret d'abolition de la - noblesse. Aide de camp du maréchal Luckner, le duc Mathieu de - Montmorency donna bientôt sa démission; puis il émigra, pour - aller rejoindre à Coppet, en Suisse, Mme de Staël, à laquelle il - témoigna une constante amitié ainsi qu'à Mme Récamier. Rentré en - France en 1815, il ne s'occupa plus guère que d'œuvres de - bienfaisance. Aide de camp du comte d'Artois, il prit le - portefeuille des Affaires étrangères après la mort du duc de - Berry; il détermina la guerre d'Espagne au congrès de Vérone et - reçut, en 1822, le titre de duc. Il mourut subitement dans - l'église de Saint-Thomas d'Aquin le vendredi saint au moment où - il faisait ses dévotions. Depuis 1825, le duc Mathieu était - membre de l'Académie française. - - MONTMORENCY (la duchesse Mathieu DE) ***, 1774-1858. Née Hortense - de Chevreuse-Luynes. - - MONTPENSIER (Antoine d'Orléans, duc DE) ***, 1824-1890. Le plus - jeune fils du Roi Louis-Philippe. - - MONTPENSIER (la duchesse DE), 1832-1896. Louise, Infante - d'Espagne, sœur de la Reine Isabelle II, mariée, en 1846, à - Antoine d'Orléans, duc de Montpensier, dernier fils du Roi - Louis-Philippe. - - MONTROND (le comte Casimir DE) *, 1757-1843. Ami du prince de - Talleyrand. - - MORLOT (le cardinal), 1795-1862. Mgr Morlot avait été évêque - d'Orléans en 1839 et devint archevêque de Tours en 1842. Il y - reçut le chapeau de cardinal en 1853 et fut appelé, en 1857, au - siège de Paris. Il devint sénateur, grand aumônier de l'Empereur - et membre du conseil privé. - - MORNY (le duc DE), 1811-1865. Charles-Auguste de Morny fut élevé - par Mme de Souza (d'abord comtesse de Flahaut). Entré dans - l'armée en 1832, Morny fit la campagne d'Afrique à la suite du - duc d'Orléans. Il entreprit plusieurs affaires industrielles et - fut élu député en 1842 dans le Puy-de-Dôme. S'étant rapproché de - Louis-Napoléon en 1849, Morny devint un de ses conseillers les - plus influents. Ministre de l'Intérieur durant le coup d'État du - 2 décembre, il offrit sa démission lors du décret de confiscation - des biens de la maison d'Orléans. Morny devint en 1854 président - du Corps législatif et fut envoyé à Moscou en 1856 pour - représenter la France au couronnement de l'Empereur Alexandre II - de Russie. - - MOTTEVILLE (Mme DE) **, 1621-1689. Auteur de mémoires sur Anne - d'Autriche, dont elle avait été dame de cour. - - MOUCHY (le duc DE), 1808-1854. Charles-Philippe-Henry de - Noailles, prince de Poix, connu sous le nom de duc de Mouchy, - arrière-petit-fils du célèbre maréchal de Mouchy, avait d'abord - servi dans l'armée, qu'il quitta en 1839. Propriétaire dans - l'Oise et conseiller général, le duc de Mouchy fut élu député en - 1849, et appelé aussitôt à siéger au Sénat de l'Empire en 1852. - - MOUCHY (la duchesse DE), 1810-1858. Cécile, fille d'Alfred de - Noailles, mariée en 1834 au duc Henri de Mouchy. - - MOUCHY (le duc DE), 1841-1909. Antoine, sixième duc de Mouchy, - épousa en 1865 la princesse Anna Murat. - - MOUSTIER (le marquis DE), 1817-1869. Nommé ministre de France à - Berlin en 1853, le marquis de Moustier devint ensuite ambassadeur - à Vienne, en 1859, puis à Constantinople en 1861. En 1866, M. de - Moustier reçut le portefeuille des Affaires étrangères qu'il - garda jusqu'à la fin de 1868. - - MÜLLER (Frédéric DE), 1779-1849. Dit: «_le Chancelier de - Müller_». Entré au service du duc de Saxe-Weimar en 1801. - Frédéric de Müller fut chargé, après la bataille d'Iéna, quoique - bien jeune encore, des négociations avec Napoléon Ier, qui - laissèrent au grand-duché de Saxe-Weimar son autonomie. Ami de - Gœthe, Frédéric de Müller était un homme fort aimable, et un - esprit cultivé; il resta jusqu'en 1848 à la tête des affaires du - grand-duché de Weimar. - - MÜLLER (Jean DE), 1752-1809. Célèbre historien suisse, conseiller - aulique à Mayence, puis à Vienne. Jean de Müller vint à Berlin en - 1795 et le Roi de Prusse le nomma conseiller intime et - historiographe de sa maison. Napoléon Ier vit à Berlin en 1806 - Jean de Müller, se l'attacha et l'employa comme ministre d'État - du nouveau royaume de Westphalie. - - MÜNCHHAUSEN (le baron Ferdinand DE), 1810-1882. Conseiller intime - du roi de Prusse, membre de la Chambre des Seigneurs, président - de la province de Poméranie, commissaire du Roi à la chambre - provinciale du duché de Poméranie et de la principauté de Rügen. - - MÜNSTER (la comtesse DE), 1789-1876. Julie Berndt de Marwitz, - fille de M. de Marwitz qui fut maréchal de cour du Roi de Prusse, - Frédéric-Guillaume II. Elle avait épousé le comte Münster, - général au service de Prusse. Sa mère était une Française: Mlle - Duchat de Dorwell. - - MURAT (le Roi), 1771-1815. Joachim Murat, beau-frère de Napoléon - Ier dont il avait épousé la sœur. Roi de Naples de 1808 à - 1814, fusillé à Pizzo en 1815. - - MURAT (prince Joachim), 1834-1901. Petit-fils du Roi Murat. - Colonel au régiment des Guides de la garde impériale de Napoléon - III. En 1854, le prince Joachim épousa une fille du prince de - Wagram. - - MURAT (le prince Lucien), 1803-1878. Prince Royal de Naples, fils - du Roi Joachim et de Caroline Bonaparte. Après la mort de son - père, le prince Lucien Murat résida à Trieste auprès de sa mère, - et retourna en France en 1848. Le second Empire le fit sénateur - en 1852, prince français en 1853 et titré Altesse. Le prince - Lucien avait épousé en 1831 Mlle Georgine Fraser. - - -N - - NAPIER (sir Charles) ***, 1786-1860. Amiral anglais. - - NAPLES (le Roi DE), 1836-1894. François II, fils du Roi Ferdinand - II et de sa première femme Marie-Christine, fille de - Victor-Emmanuel Ier, Roi de Sardaigne. En 1859, il succéda à - son père sur le trône des Deux-Siciles, dans les circonstances - les plus difficiles. Il venait d'épouser, cette même année, la - princesse Marie de Bavière. Après l'entrée de Garibaldi à Naples - le 7 septembre 1860, François II, se voyant abandonné de tous les - siens, s'enferma avec la Reine et quelques fidèles dans Gaëte où - il soutint un siège désespéré. Contraint de capituler le 13 - février 1861, François II se retira d'abord à Rome, et vécut le - reste de ses jours dans l'exil. - - NAPLES (la Reine DE), née en 1841. Marie-Sophie-Amélie, fille du - duc Maximilien de Bavière, épousa en 1859 François II, Roi de - Naples. - - NAPOLÉON Ier, Empereur des Français *, 1769-1821. - - NAPOLÉON (le prince Jérôme), 1822-1893. Fils du Roi Jérôme de - Westphalie et de la princesse Catherine de Würtemberg, ce prince - naquit à Trieste durant l'exil de ses parents. En 1859, il épousa - la princesse Clotilde, fille du Roi de Sardaigne. Il mourut à - Rome en 1893. - - NARBONNE-LARA (le comte Louis DE), 1755-1814. Né à Colorno dans - le grand-duché de Parme, Narbonne vint en France à l'âge de cinq - ans, avec sa mère, devenue dame d'honneur de Madame Adélaïde, - fille du Roi Louis XV. Louis de Narbonne entra dans la carrière - militaire, devint colonel à trente ans, accueillit les idées - nouvelles de 1789, fut nommé ministre de la guerre en 1791, - perdit son portefeuille en 1792 et partit alors pour l'armée. - Nommé aide de camp de Napoléon Ier, Louis de Narbonne suivit - l'Empereur en Russie et fut nommé ambassadeur à Vienne en 1813. - - NASSAU (la princesse DE), 1831-1888. Hélène de Nassau, fille du - second mariage du duc Adolphe de Nassau avec la princesse - Adélaïde d'Anhalt. Cette princesse épousa, en 1853, Georges, - prince régnant de Waldeck et de Pyrmont. - - NEGRO (le marquis Gian Carlo DI), mort en 1856. Italien, poète et - protecteur des artistes, musicien lui-même. La _viletta di - Negro_, à Gênes, est devenue, après sa mort, un musée d'histoire - naturelle, et le jardin fait maintenant partie de la promenade de - l'_Acquasola_ à Gênes. - - NEMOURS (le duc DE) *, 1814-1896. Second fils du Roi - Louis-Philippe. - - NEMOURS (la duchesse DE) ***, 1822-1852. Fille du prince - Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha. - - NESSELRODE (le comte DE) *, 1780-1862. Chancelier de l'Empire de - Russie. - - NEY (Edgard) ***, 1812-1882. Prince de la Moskowa, officier - d'ordonnance de Napoléon III. - - NICOLAS Ier (l'Empereur) *, 1776-1855. Empereur de Russie. - - NIEBUHR (Marc-Carsten-Nicolas), 1817-1860. Homme d'État prussien - qui collabora activement au _Journal de la Croix_ - (_Kreuz-Zeitung_). Après avoir été nommé successivement - conseiller de Régence et secrétaire de cabinet, Niebuhr fut - chargé d'une mission diplomatique à Londres en 1852. En 1854, il - devint conseiller d'État et reçut cette même année ses lettres de - noblesse. - - NIEL (le général Adolphe), 1802-1869. Ayant suivi de bonne heure - la carrière des armes, Niel fut attaché, en 1849, à l'expédition - de Rome en qualité de chef d'état-major du génie, et y mérita le - grade de général de brigade. En 1853, il fit partie du corps - expéditionnaire de la Baltique et, en 1855, fut chargé du - commandement en chef du génie de l'armée d'Orient; il dirigea - ainsi les opérations du siège de Sébastopol. En 1859, pendant la - guerre d'Italie, Niel commanda le 4e corps d'armée, prit part - aux batailles de Magenta et de Solférino et fut nommé maréchal de - France. En 1865, il devint ministre de la guerre. - - NIGRA (le chevalier), 1827-1907. Après avoir pris part à la lutte - contre l'Autriche, en 1848, Nigra entra dans la diplomatie - piémontaise et remplit, en 1856, les fonctions de secrétaire du - comte de Cavour au congrès de Paris, puis de secrétaire des - plénipotentiaires italiens aux négociations de Zurich. Nommé une - première fois ministre à Paris, Nigra fut attaché, en 1861, au - prince de Carignan, pendant sa mission à Naples; il fut nommé une - seconde fois au poste de ministre, puis à celui d'ambassadeur - d'Italie à Paris qu'il garda jusqu'en 1867. Il fut fait comte - alors; et, depuis cette époque, il occupa encore les ambassades - de Saint-Pétersbourg et de Vienne. - - NISARD (Jean-Marie-Napoléon-Désiré), 1806-1888. Littérateur - français. Collaborateur du journal des _Débats_, maître des - requêtes au conseil d'État, Nisard remplaça en 1843 Burnouf dans - la chaire d'éloquence latine au collège de France. Membre de - l'Académie française, Nisard resta à la tête de l'École Normale - jusqu'en 1867, date à laquelle il fut nommé sénateur et officier - de la Légion d'honneur. - - NOAILLES (le duc Paul DE) *, 1802-1885. Pair de France et - académicien. - - NOAILLES (la vicomtesse DE) **, 1792-1851. Fille du duc de Poix, - elle épousa le vicomte Alfred de Noailles. - - NORFOLK (le duc DE), 1815-1860. Henry, quatorzième duc de - Norfolk, avait épousé une fille de lord Lyons. - - NORMANBY (le marquis DE) ***, 1797-1863. Fut ambassadeur à Paris. - - NOTHOMB (le baron Jean-Baptiste) ***, 1805-1881. Ministre de - Belgique durant de longues années à Berlin. - - -O - - O'DONNELL (le comte Maximilien), 1812-1895. Général-major au - service de l'Autriche, le comte O'Donnell était aide de camp de - l'Empereur François-Joseph, et auprès de lui lors de l'attentat - dont ce souverain faillit être la victime en 1853. A cette - occasion le comte O'Donnell fut comblé d'honneurs. - - OLBERG (le général D'). De 1852 à 1853, le général d'Olberg fut - gouverneur du Luxembourg et ensuite attaché à la légation - prussienne à Bruxelles. En 1855, Olberg devint commandant de la - forteresse de Luxembourg, poste qu'il occupa jusqu'en 1858. - - OLGA (la grande-duchesse), 1822-1892. Fille de l'Empereur Nicolas - Ier de Russie. Cette Princesse, d'une beauté très remarquable, - épousa en 1846 le Prince Royal de Würtemberg qui monta sur le - trône en 1864. - - OPORTO (le duc D'), 1838-1889. Dom Luiz-Philippe, second fils de - la Reine Maria II da Gloria de Portugal et du Roi Ferdinand, - prince de Saxe-Cobourg-Gotha, succéda, en 1861, sur le trône de - Portugal, à son frère le Roi Pedro V d'Alcantara. Le Roi Luiz - avait épousé en 1862 la princesse Maria-Pia de Savoie, fille de - Victor-Emmanuel II, roi d'Italie. - - ORESTIS (la comtesse DE), morte en 1876. Nathalie Tchikatcheff - avait épousé, en premières noces, le prince Dewlet-Kildieff dont - elle eut quatre fils. Devenue veuve, elle se remaria avec le - comte Orestis dont elle eut une fille. La comtesse Orestis avait - une belle installation à Nice. - - ORLÉANS (le duc D') *, 1810-1842. Fils aîné du Roi - Louis-Philippe. - - ORLÉANS (la duchesse D') ***, 1814-1858. Née princesse de - Mecklembourg-Schwerin. - - ORLOFF (le prince), 1786-1861. Général et homme d'État russe. Le - prince Alexis Fœdorowitch Orloff prit part aux guerres du - premier Empire, puis à toutes les campagnes de la Russie en - Turquie et en Pologne. En 1853, il assista aux conférences de - Berlin et d'Olmütz et eu 1854, pendant la guerre de Crimée,* le - prince Orloff reçut une mission diplomatique à Vienne. Alexandre - II le chargea de représenter la Russie au congrès de Paris en - 1856. Peu après, il fut fait prince. - - ORSINI (Félix), 1819-1858. Conspirateur italien, qui attenta à la - vie de Napoléon III le 14 janvier 1858. Défendu par Jules Favre, - Orsini fut condamné à mort et exécuté à Paris. - - ORTEGA (le général). Espagnol, capitaine général des Iles - Baléares, dévoué à don Carlos qui voulut se servir d'Ortega pour - risquer un coup de main et détrôner la Reine Isabelle II. Le 4 - avril 1860, Ortega débarqua sur les côtes d'Espagne, à la tête - d'une partie des troupes qu'il commandait, dans le but de - favoriser un soulèvement que comptait opérer le prétendant. - L'entreprise échoua, le général Ortega, lâchement dénoncé et - abandonné par le Prince, fut fusillé le 15 avril 1860, peu de - jours après son essai infructueux. - - OSMOND (la marquise D'), née Dillon. Elle fut la mère de la - comtesse de Boigne. - - OSMOND (Rainulphe-Eustache D'), frère de Mme de Boigne, aide de - camp du duc d'Angoulême, marié à Mlle Destillières. - - OSSUNNA ET D'INFANTANDO (le duc D'), mort en 1885. Diplomate - espagnol. En 1866, il avait épousé la princesse Éléonore de - Salm-Salm. Il ne laissa pas d'enfants. - - O'SULLIVAN DE GRASS (Alphonse), 1798-1865. Il entra d'abord dans - la carrière administrative et ce ne fut qu'en 1825 qu'O'Sullivan - de Grass passa au département des Affaires étrangères. Lorsque le - royaume de Belgique fut constitué, il fut envoyé, en 1833, à - Vienne comme chargé d'affaires de Belgique, y devint en 1836 - ministre plénipotentiaire et resta à ce poste jusqu'à sa mort. En - 1847, il fut créé comte et, en 1853, nommé ambassadeur - extraordinaire à Vienne pour le mariage du duc de Brabant avec - l'archiduchesse Marie-Henriette. - - OUBRIL (M. Paul D'), 1819-1896. Diplomate russe. Durant plusieurs - années, M. d'Oubril fut secrétaire à l'ambassade de Russie à - Paris et devint ensuite ambassadeur à Berlin, poste qu'il occupa - pendant assez longtemps. Quand M. d'Oubril le quitta, il fut - nommé sénateur à Saint-Pétersbourg. Il mourut à Naples où il - avait été chercher un retour à la santé. - - -P - - PALLADIO (André), 1518-1580. Illustre architecte italien, né à - Vicence. - - PALLAVICINI (le marquis), 1821-1855. François Pallavicini épousa - la fille du marquis Sauli. - - PALIKAO (le maréchal comte de), 1796-1878. Titre que reçut le - maréchal de Montauban après ses victoires en Chine durant la - guerre de 1860. - - PALMERSTON (lord) *, 1784-1865. Homme d'État anglais, à plusieurs - reprises ministre des Affaires étrangères. - - PALMERSTON (lady) *, 1787-1858. Sœur de lord Melbourne, et en - premières noces lady Cowper. - - PANIEGA (Mlle DE LA). Jeune et riche Espagnole, fille du marquis - de la Paniega, que l'Impératrice Eugénie fit épouser en 1858 au - maréchal Pélissier, duc de Malakoff. - - PARIS (le comte DE) **, 1838-1894. Fils aîné du duc d'Orléans. - - PARME (la duchesse régente DE), 1819-1864. Louise-Marie-Thérèse - de Bourbon, fille du duc de Berry, mariée en 1845 au duc Charles - III de Parme dont elle devint veuve en 1854. Cette Princesse prit - alors la régence pendant la minorité de son fils le duc Robert de - Parme. - - PARME (le duc Robert DE), 1848-1907. Succéda à son père en 1854, - sous la tutelle de sa mère. Par décret du 18 mars 1860, les - duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalle furent unis aux - États du Roi de Sardaigne et le duc Robert fut déclaré déchu de - son trône. Le duc Robert de Parme épousa en 1869 la princesse - Marie-Pia de Bourbon, fille du Roi Ferdinand II des - Deux-Siciles. - - PASQUIER (le duc) *, 1767-1862. Pair de France et grand - chancelier. - - PASTORET (le marquis DE) ***, 1756-1840. Pair de France. Louis - XVIII lui donna la tutelle des enfants du duc de Berry. - - PASTORET (le marquis DE), 1791-1857. M. de Pastoret avait servi - dans la carrière administrative, sous le premier Empire, puis - sous la Restauration. Ami du comte de Chambord, il avait refusé - d'adhérer au gouvernement de Louis-Philippe, mais il se montra - sympathique à celui du prince Louis-Napoléon qui le nomma - sénateur en 1852, grand-officier de la Légion d'honneur et, en - 1855, membre de la commission municipale de Paris. - - PATOW (Érasme-Robert, baron DE), 1804-1881. Homme d'État - prussien, M. de Patow suivit la carrière administrative. En 1858, - il devint ministre des finances dans le cabinet présidé alors par - le prince de Hohenzollern. - - PAYS-BAS (la Reine DES), 1818-1877. Sophie, fille du Roi - Guillaume Ier de Würtemberg, épousa en 1839 (lorsqu'il était - encore Prince Royal) Guillaume III qui monta sur le trône de - Hollande en 1849. La Reine Sophie était liée d'amitié avec - l'Empereur Napoléon III. - - PÉLISSIER (Jean-Jacques-Amable), 1792-1864. Soldat d'Afrique, où - il combattit durant de longues années, Pélissier fut appelé au - commandement du 1er corps de l'armée d'Orient. Il arriva à - Sébastopol en 1855. Trois mois après, Canrobert ayant donné sa - démission, Pélissier le remplaça et le 8 septembre suivant, il - prit la ville d'assaut. Cette victoire lui valut le bâton de - maréchal et le titre de duc de Malakoff. Le maréchal Pélissier - fut ensuite ambassadeur à Londres et, pendant la guerre d'Italie - en 1859, fut chargé d'organiser à Nancy le corps d'observation - contre la Prusse. - - PELLICO (Silvio) ***, 1788-1854. Poète et littérateur italien. - - PEPE (le général Guillaume), 1782-1855. Grand patriote et général - italien, ayant fait les guerres du premier Empire dans la légion - italienne. Après 1815, Pepe devint un des chefs du carbonarisme - et du parti libéral à Naples où il était né. Après de nombreuses - péripéties qui le forcèrent à s'exiler, Pepe fut rappelé à Naples - en 1848 par la révolution triomphante, reçut le commandement du - corps d'armée envoyé par le gouvernement constitutionnel de - Naples à Charles-Albert pour battre les Autrichiens. Quand le Roi - Ferdinand rappela ses troupes, Pepe, trahi et abandonné par la - plupart de ses soldats, resta fidèle à la cause nationale et - offrit son épée à Manin. Il combattit avec vaillance pendant le - siège de Venise et, après la capitulation de cette ville, Pepe se - fixa à Nice, puis à Turin où il termina sa vie. - - PÉRIGORD (la comtesse Edmond DE), 1793-1862, plus tard duchesse - de Dino, auteur de cette Chronique. - - PÉRIGORD (la duchesse DE) *, 1789-1866. Née Choiseul-Praslin. - - PÉRIGORD (le comte Paul DE) **, 1811-1880. Second fils du duc et - de la duchesse de Périgord. - - PÉRIGORD (le comte Alexandre DE) *, 1813-1894. Plus tard duc de - Dino, second fils du duc et de la duchesse de Talleyrand. - - PÉRIGORD (Mlle Pauline DE) *, 1820-1890. Fille du duc de - Talleyrand et de l'auteur de la Chronique que nous publions. Elle - épousa en 1839 le marquis Henri de Castellane. - - PERRONE DI S. MARTINO (le baron Paul), né en 1832. Il était fils - du général Perrone qui fut tué à la bataille de Novare, en 1849, - et de la baronne Perrone, née La Tour-Maubourg. - - PERRONE DI S. MARTINO (la baronne), 1844-1879. Maria - Giamazzo-Pampurata, mariée au baron Paul Perrone di S. Martino. - - PERSIGNY (Fialin DE) ***, 1808-1872. Grand ami du prince Louis - Bonaparte, plusieurs fois ministre sous le second Empire. - - PERSIGNY (la duchesse DE), née en 1831. Églée-Napoléone-Albine, - fille unique du prince de la Moskowa, épousa, en 1852, M. de - Persigny dont elle devint veuve en 1872. - - PEYRONNET (le comte DE) **, 1778-1854. Ministre de l'Intérieur en - 1824 dans le ministère Polignac. - - PIE (Mgr), 1815-1880. Louis-François-Désiré-Édouard Pie, évêque - de Poitiers, chef du parti religieux ultramontain en France, ami - de M. Veuillot, rédacteur du journal _l'Univers_, adversaire en - polémique de Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans. Mgr Pie fut promu - au cardinalat en 1879. - - PIERRE L'ERMITE, 1050-1115. Religieux, né à Amiens, prédicateur - de la première croisade. - - PIERRES (le baron DE), 1818-1876. Etienne de Pierres était - premier écuyer de l'Impératrice Eugénie et fut député au Corps - législatif. Il quitta la vie politique après la révolution du 4 - septembre 1870. - - PIETRI (Joachim), né en 1820. D'abord avocat et plusieurs fois - préfet, Pietri fut appelé en 1866 à remplacer M. Boitelle comme - préfet de police à Paris. Nommé sénateur en 1870, Pietri resta - depuis en dehors de la politique. - - PICARD (Louis-Joseph-Ernest), 1821-1877. Avocat et homme - politique français, député sous le second Empire, Picard se fit - remarquer par la vivacité incisive de sa parole dans - l'opposition. Il fut membre du Gouvernement de la défense - nationale dans lequel il fut chargé du ministère des Finances. - Picard fit partie du premier ministère de M. Thiers, comme - ministre de l'Intérieur, et fut ensuite envoyé à Bruxelles pour y - représenter la France. - - PIMODAN (Georges de la Vallée de Rarécourt, marquis DE), - 1822-1860. Georges de Pimodan entra au service de l'Autriche - après la révolution de 1830 en France. En 1848, il fit la - campagne d'Italie sous les ordres du maréchal Radetzky et prit - une part brillante en 1849 à la campagne pour soumettre la - Hongrie. Le marquis de Pimodan renonça alors à poursuivre sa - carrière militaire, il rentra en France et y épousa Mlle de - Couronnel. En 1860, il reçut le grade de général dans l'armée - pontificale, organisée par le général de Lamoricière, et fut tué - à Castelfidardo. - - POLIGNAC (le prince Jules DE) *, 1780-1847. Ministre du Roi - Charles X. - - POLIGNAC (le prince Alphonse DE), 1826-1863. Fils du prince de - Polignac, ministre de Charles X, il épousa en 1860 Mlle Émilie - Mirès, qui se remaria en 1865 avec Gustave de Rozan. - - PONIATOWSKI (le prince Stanislas), 1835-1908. Fils du prince - Joseph Poniatowski, épousa, en 1856, Mlle Louise Le Hon, fille de - l'ancien ministre de Belgique à Paris. - - PORTUGAL (le Roi DE), 1837-1861. Pedro V, fils aîné de la Reine - Marie II da Gloria à laquelle il succéda en 1853 sur le trône de - Portugal. Ce prince avait épousé la princesse Stéphanie de - Hohenzollern dont il n'eut pas d'enfant. - - PORTUGAL (la Reine DE), 1837-1859. La princesse Stéphanie de - Hohenzollern-Sigmaringen épousa en 1858 le Roi Pedro V de - Portugal. Elle mourut un an après son mariage de la diphtérie. - - POTOCKA (la comtesse), 1807-1877. Mlle Delphine de Komar, fille - de M. Stanislas-Dauphin de Komar et de Mlle Honorine Orlowska, - épousa le comte Miécislas Potocki de Tylczyn dont elle se sépara - bientôt. La comtesse Delphine était connue par sa merveilleuse - beauté, sa voix superbe, son grand talent musical, et ses succès - dans la haute société européenne. - - POURTALÈS (le comte Albert DE), 1812-1861. Diplomate prussien, - chambellan du Roi de Prusse et ministre plénipotentiaire à Paris - où il succéda au comte Max de Hatzfeldt après la mort de - celui-ci. - - POZZO DI BORGO (le duc). Charles, neveu du célèbre diplomate de - ce nom, et son héritier, épousa en 1852 Mlle Valentine de - Crillon. - - POZZO DI BORGO (la duchesse). Valentine, fille du duc de Crillon, - épousa en 1852 le duc Charles Pozzo di Borgo. - - PRÉVOST-PARADOL (Lucien-Anatole), 1829-1878. Fils d'un ancien - officier de marine, Prévost-Paradol fut un des élèves les plus - distingués de l'École normale. En 1856, il était à Paris comme - rédacteur du _Journal des Débats_ et du _Courrier du Dimanche_, - où la distinction de sa plume lui fit une réputation rapide, mais - lui attira aussi les rigueurs du gouvernement. En 1869, il - remplaça Ampère à l'Académie française. Sous le ministère d'Émile - Ollivier en 1870, s'étant rallié au gouvernement, Prévost-Paradol - fut nommé ministre de France à Washington; les malheurs du pays - et des chagrins personnels le poussèrent au suicide. - - PROKESCH-OSTEN (le baron Antoine DE) ***, 1795-1876. Diplomate - autrichien. - - PRUSSE (le Roi DE) **. Frédéric-Guillaume IV, 1795-1861. - - PRUSSE (le prince DE) **, 1797-1888. Plus tard Empereur - d'Allemagne. - - PRUSSE (princesse DE) **, 1811-1890. Née princesse Augusta de - Saxe-Weimar-Eisenach. - - PRUSSE (la Reine Élisabeth DE) ***, 1801-1879. Née princesse de - Bavière. - - PRUSSE (la princesse Albert DE) **, 1810-1883. Née princesse des - Pays-Bas. - - PRUSSE (le prince Charles DE), 1801-1883. Troisième fils du Roi - Frédéric-Guillaume III, épousa en 1827 la princesse Marie de - Saxe-Weimar-Eisenach. - - PRUSSE (la princesse Charles DE) **, 1808-1877. Née princesse - Marie de Saxe-Weimar-Eisenach. - - PRUSSE (le prince Adalbert DE) **, 1811-1873. Chef de la marine - prussienne. - - PRUSSE (la princesse Anne DE), née en 1836. Fille du prince - Charles de Prusse, mariée à Berlin en 1853 au landgrave Frédéric - de Hesse dont elle devint veuve en 1884. - - PRUSSE (le prince Frédéric-Charles DE). Fils unique du prince - Charles de Prusse, militaire distingué, feld-maréchal dans - l'armée prussienne. Ce prince avait épousé en 1854 la princesse - Marianne d'Anhalt. - - PRUSSE (la princesse Louise DE). Née en 1838, épousa en 1856 le - grand-duc de Bade. (Voir _Bade_.) - - PRUSSE (le prince Frédéric-Guillaume DE), 1831-1888. Fils unique - de l'Empereur Guillaume Ier. Ce prince prit le titre de Prince - Royal le jour où son père devint Roi. Il fit avec bravoure les - guerres de 1866 et de 1870; puis, déjà fort malade, il monta sur - le trône en 1888 sous le nom de Frédéric III. Le terrible mal qui - le minait l'emporta bientôt et son règne ne dura que - quatre-vingt-dix-neuf jours. - - PRUSSE (la princesse Frédéric-Guillaume DE), 1840-1901. Victoria, - Princesse Royale de la Grande-Bretagne et d'Irlande, duchesse de - Saxe, mariée en 1858 au prince Frédéric-Guillaume de Prusse, qui - ne monta sur le trône qu'en 1888. - - PÜCKLER (le comte Hermann), 1797-1892. Maréchal de Cour du prince - de Prusse, le comte Pückler continua ses fonctions lorsque ce - prince monta sur le trône de Prusse et devint ensuite Empereur - d'Allemagne. - - PUTBUS (la princesse DE), 1837-1867. Wanda, fille de Georges de - Veltheim-Bartensleben, épousa en 1857 le comte Guillaume de - Lottum qui devint héritier des terres et du titre de prince de - Putbus, en 1860, par la décision de son grand-père maternel. - - PYAT (Félix), 1810-1889. Auteur dramatique et homme politique - français. Sa carrière littéraire s'arrêta à l'année 1848, qui - modifia toute sa vie. Nommé représentant du peuple à l'Assemblée - constituante, il siégea parmi les démocrates les plus avancés de - cette chambre, et vota constamment avec les représentants de la - Montagne. - - -Q - - QUÉLEN (le comte DE) *, 1778-1839. Hyacinthe-Louis de Quélen, - archevêque de Paris. - - QUITRY (le marquis DE), 1827-1866. Odon-Charles, marquis de - Chaumont-Quitry, fut nommé au début du second Empire chambellan - de Napoléon III. En 1854, M. de Quitry fut élu député dans le - département de la Sarthe. - - -R - - RACHEL (Mlle) **, 1820-1858. Grande tragédienne française. - - RADETZ-RADETZKY (le comte) ***, 1766-1858. Feld-maréchal - autrichien. - - RADOWITZ (le général Joseph DE) ***, 1797-1853. Grand ami du Roi - Frédéric-Guillaume IV. - - RADZIWILL (prince Guillaume) **, 1797-1870. Général au service de - Prusse. - - RADZIWILL (la princesse Guillaume), **, 1806-1896. Mathilde, - fille du prince Clary. - - RADZIWILL, (prince Antoine), 1833-1904. Fils aîné du prince - Guillaume Radziwill. Officier d'artillerie dans l'armée - prussienne; fut, pendant vingt-deux années, aide de camp de - l'Empereur Guillaume Ier, et ne se retira de la carrière - militaire qu'en 1888, après la mort de Frédéric III. Il était - alors aide de camp général et avait reçu l'ordre de l'Aigle noir. - A la suite de la mort de son père en 1870, le prince Antoine - Radziwill devint chef de sa famille et propriétaire du majorat de - Niewiez en Lithuanie et de deux autres ordinaties dont il - hérita de son oncle, le prince Léon Radziwill. En 1857, il épousa - à Sagan Mlle Marie de Castellane. - - RAGLAN (lord). 1788-1855. James-Henri-Fitzroy-Somerset, baron - Raglan, général anglais, aide de camp du duc de Wellington. Lord - Raglan avait fait avec lui les campagnes d'Espagne et le suivit à - Waterloo, où il fut atteint d'une balle au bras droit qui en - nécessita l'amputation. Après la mort du duc de Wellington, lord - Raglan fut nommé maître général de l'artillerie, et élevé à la - pairie. Général en chef des forces anglaises envoyées en Orient, - l'année 1854, il débarqua en Crimée et prit une part décisive au - succès de la bataille de l'Alma. Atteint du choléra, pendant le - siège de Sébastopol, il mourut à son quartier général. - - RAGUSE (le duc DE) ***, 1774-1852. Marmont, maréchal de France. - - RANDON (le maréchal comte), 1795-1871. Engagé volontaire lors de - la campagne de Russie, Randon était capitaine en 1813. Mis à - l'écart sous la Restauration, il devint, seulement en 1841, - maréchal de camp, et en 1847 lieutenant-général. Après 1848, - Randon fut chargé du gouvernement de l'Algérie, après le coup - d'État. Sénateur en 1852, maréchal de France en 1856, il devint - ministre de la guerre de 1859 à 1867. - - RATTAZZI (Urbain), 1808-1873. Piémontais et homme politique, qui - contribua fort, avec Cavour, à faire l'unité de l'Italie. - - RAÜMER (Charles-Otto), 1805-1859, suivit la carrière - administrative en Prusse et fut ministre des cultes de 1850 à - 1858. - - RAUZAN (la duchesse DE) ***, née en 1820. Claire, fille du - dernier duc de Duras. - - RAVIGNAN (l'abbé DE) **, 1795-1858. Jésuite fort distingué et - prédicateur très goûté. - - RÉCAMIER (Mme) *, 1777-1849. Célèbre par sa beauté et par ses - hautes amitiés. - - REDERN (le comte Henri), 1804-1890. Diplomate prussien. Ministre - à Dresde et à Saint-Pétersbourg. En 1836, il avait épousé la - princesse Victoire Odescalchi. - - RESSÉGUIER (le comte Albert DE), 1816-1902. Issu d'une famille de - Toulouse, le comte de Rességuier fut élu député, en 1849, dans - les Basses-Alpes et fit partie de la majorité monarchique à - l'Assemblée législative. Il ne se rallia pas à la politique du - coup d'État et, ayant protesté avec ses collègues réunis à la - mairie du Xe arrondissement, il fut emprisonné au Mont Valérien. - Enfermé dans Paris, pendant le siège de 1870-1871, le comte de - Rességuier fut un des membres les plus actifs de la Société - internationale des secours aux blessés. En 1871, il fut élu - représentant à l'Assemblée nationale où il prit place à droite. - Non réélu en 1876, M. de Rességuier vécut, depuis lors, dans la - retraite. - - RETZ (le cardinal DE) *, 1614-1679. Joua un rôle considérable - dans la Fronde. - - REUSS (le prince Henri VII), 1825-1906. Diplomate prussien. Le - prince Reuss fut, durant plusieurs années, premier secrétaire à - la légation de Prusse à Paris où il était très en faveur à la - cour des Tuileries. Plus tard, il occupa, comme ambassadeur, les - postes de Saint-Pétersbourg, de Constantinople et de Vienne qui - fut la fin de sa carrière. En 1876, le prince Henri VII Reuss - épousa la princesse Marie de Saxe-Weimar, fille du grand-duc - régnant. Il était chevalier de l'Aigle noir. - - RIGAULT (Ange-Hippolyte), 1821-1858. Littérateur et critique - français, Rigault fut choisi en 1847 par le duc de Nemours, pour - être le précepteur de son fils, le comte d'Eu. Il suivit son - élève en Angleterre après la révolution de 1848, mais revint - bientôt en France où il entra à la rédaction du _Journal des - Débats_. - - RITTBERG (le comte Louis DE), 1797-1881. Président du tribunal de - Glogau, en Silésie prussienne; membre à vie de la Chambre des - seigneurs en Prusse. - - ROBECK (le prince DE), 1801-1853. Gaston de Montmorency. Grand - d'Espagne; capitaine de cavalerie. - - ROGER DU NORD (le comte Édouard), 1803-1881. Homme politique - français. Roger du Nord entra dans la diplomatie sous la - Restauration; puis, en 1831, ayant été élu député, il se consacra - exclusivement à ses nouveaux devoirs. Grand ami de M. Thiers, il - suivit la même ligne de conduite que lui. - - ROTHSCHILD (le baron Meyer-Alphonse DE), né en 1827. Chef de la - maison de banque de Paris que lui laissa son père en 1868. Le - baron Alphonse de Rothschild épousa, en 1837, sa cousine Éléonore - de Rothschild, fille du baron Lionel, chef de la maison de - Londres. - - ROTHSCHILD (James) **, 1792-1868. Quatrième fils de Mayer-Anselme - Rothschild. - - RUSSEL (lord John) *, 1792-1878. Homme d'État anglais, troisième - fils du duc de Bedford. - - RUSSEL (lady John). Françoise-Anna-Maria, fille de lord Minto (un - des ardents du parti whig), épousa en 1841 lord John Russel, dont - elle fut la seconde femme. - - RUSSIE (l'Impératrice DE) *, 1792-1860. Princesse Charlotte de - Prusse. - - RUSSIE (la grande-duchesse Hélène DE) **, 1807-1873. Princesse - Charlotte de Würtemberg. - - RUSSIE (le grand-duc Constantin DE) ***, 1827-1893. Second fils - de l'Empereur Nicolas Ier. Grand amiral de la marine russe. - - -S - - SABLÉ (la marquise DE), 1598-1678. Madeleine de Souvré, marquise - de Sablé, était une des femmes les plus spirituelles du - dix-septième siècle. Fille du maréchal de Souvré, Mme de Sablé - était l'amie de Mme de Longueville, et son salon fut le - rendez-vous des beaux esprits du temps. En 1855, M. Cousin a - publié un livre sur Mme de Sablé. - - SACY (Samuel-Ustazade-Silvestre DE), 1801-1879. Écrivain - français, pendant longtemps rédacteur du _Journal des Débats_, M. - de Sacy fut, en 1854, nommé membre de l'Académie française et, en - 1864, sénateur pour avoir consacré dans le _Journal des Débats_ - deux articles fort élogieux sur la _Vie de Jules César_ que - l'empereur Napoléon III venait de publier. - - SAFFI. Membre influent du gouvernement organisé à Rome en 1848 - par Mazzini. Un triumvirat avait été élu par cette assemblée - romaine. Il se composait de Mazzini, Saffi et Armellini, qui - étaient tous trois investis de pouvoirs absolus. - - SAINT-AIGNAN (Mlle Amicie Rousseau DE), 1835-1854, épousa en 1853 - le comte Paul de Périgord et mourut en donnant le jour à une - fille. - - SAINT-ARNAUD (Achille Leroy DE), 1798-1854. Entré au service - militaire en 1815. Achille de Saint-Arnaud fit toutes les - campagnes d'Afrique et, en 1851, il fut promu au commandement - d'une division de l'armée de Paris. Devenu ensuite ministre de la - guerre, il s'attacha à la réorganisation de l'armée. Le 2 - décembre 1851, Saint-Arnaud fut chargé de prendre les mesures - militaires qui devaient assurer la réussite du coup d'État et, en - 1852, il reçut le bâton de maréchal. Mis, en 1854, à la tête de - l'armée dirigée sur la Crimée, Saint-Arnaud y opéra une heureuse - descente, et après avoir remporté la victoire de l'Alma, - succomba en peu de jours, vaincu par une maladie qui le minait - depuis longtemps. - - SAINTE-AULAIRE (le comte DE) *, 1788-1854. Pair de France et - diplomate distingué. - - SAINTE-BEUVE (Charles-Augustin) ***, 1804-1899. Critique français - célèbre. - - SAINTE-FOIX (Radix DE). Premier commis des Affaires étrangères - sous le Directoire: aimable et plein d'esprit, au dire de Mme - Geoffrin, Sainte-Foix était un grand ami du prince de Talleyrand. - - SAINT-MARC-GIRARDIN (1801-1873). Littérateur français, appelé, en - 1830, à suppléer M. Guizot à la Faculté des lettres et nommé - maître des requêtes au Conseil d'État, Saint-Marc-Girardin devint - rédacteur du journal des _Débats_. En 1834 il fut élu député et, - en 1844, nommé à l'Académie française. Sous la République et - l'Empire, Saint-Marc-Girardin se tint à l'écart de la politique. - - SAINT-PRIEST (le vicomte DE), 1789-1881. - Emmanuel-Louis-Marie-Guignard vicomte de Saint-Priest avait suivi - sa famille en Russie lors de l'émigration; il entra au service - militaire de ce pays et ne revint en France qu'après la chute de - Napoléon Ier. Il servit avec ardeur la cause du gouvernement - royal et, à la seconde Restauration, fut nommé maréchal de camp, - premier écuyer tranchant, et menin de M. le duc d'Angoulême. En - 1823, le vicomte de Saint-Priest se distingua pendant la guerre - d'Espagne où sa belle conduite lui valut le grade de - lieutenant-général. Nommé ministre de France à Madrid, puis à - Berlin, il démissionna en 1832, pour préparer, avec la duchesse - de Berry, le mouvement royaliste en Vendée. Le vicomte de - Saint-Priest vécut ensuite dans la retraite jusqu'en 1849. Il fut - alors élu à l'Assemblée législative, où il vota toujours avec - l'extrême droite, restant fidèle au comte de Chambord dont il - était le confident. Le coup d'État de 1851 mit fin à sa carrière - parlementaire. - - SAINT-PRIEST (le comte Alexis DE) *, 1805-1885. Diplomate et - écrivain français, membre de l'Académie française où il fut élu - en 1849. - - SALMOUR (le comte Roger Gabaleone DE). Le comte de Salmour était - un ami de jeunesse du comte de Cavour. Il fut d'abord secrétaire - au ministère des Finances en Piémont, puis au ministère des - Affaires étrangères et devint ensuite ministre plénipotentiaire à - Naples où il resta jusqu'en 1859. - - SALVANDY (Narcisse-Achille, comte DE) *, 1795-1856. Littérateur - et homme politique français. - - SARDAIGNE (le roi DE), ***, Victor-Emmanuel II, 1820-1878. - - SAVIGNY (Charles-Frédéric DE), 1813-1875, diplomate prussien, - fils du célèbre jurisconsulte de ce nom. Charles de Savigny reçut - plusieurs missions diplomatiques et en 1864 fut envoyé à la Diète - de Francfort-sur-le-Mein. Après la victoire de Sadowa, Charles de - Savigny eut une grande part aux traités et aux négociations ayant - pour objet l'unification de l'Allemagne sous l'hégémonie de la - Prusse. En 1867 il abandonna le service d'État et fut élu député - à la Diète de la nouvelle confédération de l'Allemagne du Nord. - - SAXE (le prince Albert DE), 1828-1902. Fils aîné du roi Jean de - Saxe et de la princesse Amélie de Bavière; succéda à son père sur - le trône de Saxe en 1873. Ce prince avait épousé en 1853 la - princesse Carola de Holstein-Gattorp-Wasa, dont il n'a pas eu - d'enfants. - - SAXE (le prince Georges DE), 1832-1904, second fils du roi Jean - de Saxe, marié en 1859 à l'infante Marie de Portugal, fille de la - Reine Marie II da Gloria. Ce prince succéda à son frère le roi - Albert sur le trône de Saxe en 1902. - - SAXE-COBOURG-KOHARY (la princesse Clémentine d'Orléans), - 1797-1862. Épousa le prince Auguste de Cobourg-Kohary. - - SAXE-MEININGEN (le prince Georges DE), né en 1826. Son père, le - duc Bernard de Saxe-Meiningen, abdiqua, en 1866, en faveur de ce - prince. Celui-ci se maria trois fois: 1e en 1850 à Berlin, avec - la princesse Charlotte de Prusse qui mourut en 1855; 2e avec la - princesse Feodora de Hohenlohe-Langenburg, morte en 1872; 3e - enfin en 1873, il contracta un mariage morganatique avec Hélène - Franz, créée baronne de Heldburg. - - SAXE-MEININGEN (la princesse héréditaire DE) ***, princesse - Charlotte de Prusse, 1831-1855. - - SAXE-WEIMAR (le grand-duc Charles-Frédéric DE), 1789-1853. - Épousa, en 1804, la grande-duchesse Marie-Paulowna de Russie. - - SAXE-WEIMAR (le grand-duc Charles DE ***), 1818-1901. Succéda à - son père en 1853. - - SCARELLA. Artiste habitant Venise. - - SCHMERLING (le chevalier Antoine DE). 1805-1893. Homme d'État - autrichien. Lors des événements de 1848, M. de Schmerling fut - désigné pour faire partie de l'assemblée préparatoire de - Francfort. Il fut membre du Comité des 17 et prit une part des - plus actives à ses travaux. Peu après Schmerling fut élu membre - de l'assemblée de Francfort; et, lorsque l'archiduc Jean, vicaire - de l'Empire, forma son premier cabinet, ce fut M. de Schmerling - qui fut appelé à le présider. N'ayant pu contre-balancer - l'influence croissante de la Prusse, Schmerling demanda à être - rappelé en 1849. Après avoir encore occupé différents postes en - Autriche, il se retira tout à fait lorsque M. de Beust reçut le - pouvoir des mains de l'Empereur d'Autriche. - - SCHULENBOURG (le comte Charles DE) **, 1788-1856. - Lieutenant-colonel autrichien; troisième mari de la duchesse - Wilhelmine de Sagan. - - SCHIAVONE (Andrea), 1522-1582. Peintre et graveur, très protégé - par le Titien. Il était né en Dalmatie. - - SCHILLER, 1759-1805. Grand poète tragique et historien allemand. - - SCHLEINITZ (le comte Alexandre DE) ***, 1807-1885. Diplomate et - ministre en Prusse. - - SCHLEGEL (Auguste-Guillaume) ***, 1767-1845. Célèbre critique - allemand, très attaché à Mme de Staël. - - SCHLICK (François), 1789-1862. Comte de Bassano et de - Weisskirchen, général autrichien qui fit les guerres contre - Napoléon Ier. En 1844 il fut fait feld-maréchal et, après la - révolution de Vienne en 1848, Schlick commanda la place de - Cracovie. Il remporta alors avec des forces minimes plusieurs - victoires sur les insurgés et se réunit ensuite à Windisch-Graetz - ainsi qu'à Haynau pour contribuer aussi à la soumission de la - Hongrie. Ayant reçu encore un commandement en 1859, il combattit - aussi à Solferino. - - SCHMETTAU (Mme DE), morte en 1854. Justine de Blücher épousa à - Coblence en 1852 M. de Schmettau et mourut deux ans après son - mariage. - - SCHŒNLEIN (le docteur) **, 1793-1864. Savant médecin natif de - Zurich et plus tard établi à Berlin. - - SCHŒNBURG (la princesse Louise) **, 1803-1884. Née princesse de - Schwarzenberg. - - SCHŒNBORN (la comtesse DE), née en 1800. Ernestine, fille du - comte de Kürnburg, mariée en 1822 au comte Charles de Schœnborn. - Devenue veuve en 1841, la comtesse Schœnborn fut nommée - grande-maîtresse de cour de l'archiduchesse Sophie d'Autriche. - - SCHWANTHALTER (Louis-Michel), 1802-1848. Célèbre sculpteur - allemand. Bavarois de naissance. Il laissa de nombreux ouvrages, - ornant surtout la ville de Munich. - - SCHWARZENBERG (le prince Félix) ***, 1800-1852. Diplomate - autrichien et premier ministre après 1848. - - SCHWARZENBERG (le cardinal-prince Frédéric DE), ***, 1807-1885. - Prince-archevêque de Prague depuis 1849. - - SCHWARZENBERG (le prince Charles-Philippe DE), 1771-1819. - Feld-maréchal autrichien. Envoyé comme ambassadeur à - Saint-Pétersbourg, puis à Paris, il y négocia le mariage de - Napoléon Ier avec l'archiduchesse Marie-Louise en 1809. Dans - un bal que le prince Schwarzenberg donnait en 1810, à l'occasion - de cet événement, un incendie terrible éclata où il périt une - foule de personnes, entre autres sa propre belle-sœur. Le prince - Schwarzenberg commanda les troupes autrichiennes auxiliaires de - celles de la France, pendant la campagne de Russie, puis il - devint général en chef des troupes coalisées après la défection - de l'Autriche. - - SCHWARZENBERG (le prince Adolphe DE), 1799-1888. Landgrave - princier de Kleggau, épousa en 1838 la princesse Éléonore de - Lichtenstein. - - SCHWERIN (le comte Maximilien) ***, 1804-1872. Homme d'État - prussien, plusieurs fois ministre. - - SCLOPIS (le comte), 1798-1859. Paul-Frédéric Sclopis di Salerano, - natif de Turin, était un jurisconsulte du plus haut mérite. - Membre de la commission nommée par le roi Charles-Albert, pour - élaborer un nouveau code civil dans le royaume de Piémont, - Sclopis devint président de la commission pour la loi de la - presse, puis ministre de la Justice en 1848 dans le cabinet - Balbo. Après la démission de ce ministère, le comte Sclopis fut - créé sénateur et devint président de ce Sénat. Président de - l'Académie des sciences à Turin, il collabora à l'_Antologia_ - fondée à Florence: catholique fervent, Sclopis combattit la - suppression des ordres religieux. En 1868, le roi lui accorda le - collier de l'ordre de l'Annunziata. En 1872, dans la question de - l'Alabama qui faillit faire éclater la guerre entre l'Amérique et - l'Angleterre, le comte Sclopis fut nommé arbitre entre les deux - nations. - - SCLOPIS (la comtesse), née Avogadro, d'une très bonne famille de - Novare. - - SEEBACH (la comtesse DE), 1820-1888. Marie, fille du comte de - Nesselrode, chancelier de Russie, épousa, en 1839, le comte - Albin-Léon de Seebach, chambellan du roi de Saxe, ministre - plénipotentiaire durant de longues années, à Paris, où il mourut - en 1894. - - SEIGNELAY (Jean-Baptiste Colbert, marquis DE), 1651-1691. Fils - aîné du grand Colbert, auquel il succéda comme secrétaire d'État - au département de la marine. Le marquis de Seignelay prit part à - quelques-uns des faits d'armes de cette marine qu'il avait très - puissamment organisée. - - SERRANO (la maréchale), duchesse de la Torre, habitait Paris. - Elle était célèbre par sa beauté et une vie un peu aventureuse. - - SÉVIGNÉ (la marquise DE), 1636-1696. Marie de Rabutin-Chantal, - une des femmes les plus distinguées du dix-septième siècle. - - SEYMOUR (sir George Hamilton), 1797-1880. Diplomate anglais et - petit-fils du premier marquis d'Hertford. Après avoir passé par - plusieurs postes diplomatiques en Europe, sir Hamilton Seymour - fut transféré en 1851 de Lisbonne à Saint-Pétersbourg où il eut - avec l'empereur Nicolas Ier ces fameux entretiens secrets, - communiqués à lord John Russell, et ensuite au Parlement, dans - lesquels le Czar offrait à l'Angleterre de partager avec elle les - dépouilles de l'empire turc. En 1855 sir Hamilton Seymour fut - envoyé comme ambassadeur à Vienne et nommé membre du Conseil - privé. En 1858 il prit sa retraite. - - SEYMOUR (Lady Gertrude), fille du duc Dacre, mariée en 1831 à sir - George Hamilton Seymour, diplomate anglais. - - SHELLEY (Lady Suzanne), fille de Stephen-Martin, avait épousé en - 1843 sir Spencer-Shelley. - - SHREWSBURY (lord Bertram-Arthur), 17e lord. Shrewsbury mourut - sans enfants et laissa la partie disponible de sa fortune au - second fils du duc de Norfolk. - - SINGLIN (Antoine), 1600-1664. Ascète de la Société de Port-Royal - et directeur de la maison de Paris. Lié d'amitié avec Saint-Cyran - et Gondi, Singlin tenait rang parmi les prédicateurs de cette - époque. Ses sermons attiraient la foule et il avait des - pénitents des classes les plus élevées. Antoine Singlin fut - interdit par l'archevêque de Paris en sa qualité de Janséniste. - Il quitta Paris en 1661 et se retira dans une terre appartenant à - la duchesse de Longueville. - - SOPHIE D'AUTRICHE (l'archiduchesse) **, 1805-1872. Fille du roi - Max de Bavière, épousa en 1824 l'archiduc François. - - SOPHIE-CHARLOTTE (la Reine), 1668-1705. Fille d'Ernest-Auguste, - électeur de Hanovre, épouse de Frédéric Ier, Roi de Prusse, - dont elle fut la seconde femme. - - SOUVAROFF (Alexis Vialiéwitch, comte DE), 1729-1800. Général dans - l'armée russe, Souvaroff fit toutes les guerres contre la - Turquie, soumit les Tartares-Nogaïs de la Crimée et battit - l'armée polonaise, en 1794, commandée par Kosciusko. Avant de - prendre possession de Varsovie, Souvaroff fit un carnage - effroyable des habitants du faubourg de Praga. En 1799, Souvaroff - fut envoyé, comme généralissime, en Italie où il obtint d'abord - des succès contre les Français; mais Masséna sut ensuite le - refouler en Suisse. Souvaroff revint alors en Russie, y mourut - peu après, mécontent et en disgrâce. - - SPONNECK (Guillaume-Charles, comte DE), 1815-1888. Homme d'État - et économiste danois. En 1850 il était ministre des Finances en - Danemark, et ce fut le comte Sponneck qui accompagna le Roi - Georges en Grèce. - - STAEL (Mme DE) *, 1766-1817. Née Necker, célèbre par ses talents - et son exil. - - STANLEY (Lord Edward-Henry-Smith), 1826-1893. Fils aîné de lord - Derby (Edward-Geoffrey Stanley, mort en 1869). Envoyé à - vingt-deux ans à la Chambre des Communes, lord Stanley y siégea - avec les tories dont son père était le chef. En 1869, à la mort - de son père, il prit le titre de lord Derby et suivit la - politique de M. Disraëli. - - STOLBERG-WERNIGERODE (le comte Henri DE) ***, 1772-1854. Ministre - d'État en Prusse. - - STRATFORD DE REDCLIFFE (lord Canning, vicomte DE), 1786-1880. - Diplomate anglais, cousin du célèbre Canning. Après avoir occupé - plusieurs postes, lord Stratford devint ambassadeur auprès du - Sultan; il y travailla à réconcilier la Russie avec la Turquie et - se retira ensuite à Navarin. Redevenu ambassadeur à - Constantinople, de 1841 à 1858, il appuya la Porte qui refusait - de livrer les réfugiés hongrois et prit une part prépondérante - aux négociations qui amenèrent l'alliance franco-anglaise et la - guerre de Crimée. En 1852, lord Stratford fut élevé à la pairie - en Angleterre. - - STRAUSS (Victor), 1809-1899. D'abord théologien, Strauss devint, - depuis 1850, ministre de la principauté de Schaumburg-Lippe à la - Diète de Francfort. Partisan de la politique autrichienne, - Strauss était détesté de Bismarck et de la cour de Berlin. - - STRIKLAND (Miss Agnès), 1806-1874. Femme de lettres, auteur de - plusieurs ouvrages historiques, entre autres de la biographie des - reines d'Angleterre et d'Écosse. - - SUE (Eugène), 1804-1857. Célèbre romancier français, auteur des - _Mystères de Paris_ et du _Juif Errant_. - - SUÈDE (la princesse Amélie DE) ***, 1805-1853, sœur du prince - Gustave de Wasa, père de la Reine Carola de Saxe. - - SUÈDE (le Roi Oscar Ier DE), 1799-1859, succède à son père le - Roi Charles XIV en 1844. En 1829, ce prince avait épousé la - princesse Joséphine de Leuchtenberg, fille du prince Eugène de - Beauharnais. - - SUÈDE (le prince Oscar DE), duc d'Ostrogothie, 1829-1907. En 1872 - ce prince monta sur le trône de Suède. En 1857, il avait épousé - la princesse Sophie de Nassau. - - -T - - TALBOT (lord Edmond Bernard), né en 1855, second fils du - quatorzième duc de Norfolk, adopta, avec l'autorisation de la - Reine en 1876, les noms et les armes de Talbot. Il était officier - dans l'armée anglaise et avait épousé, en 1879, lady Mary, fille - de lord Montagu-Bertie des earls of Abingdon. - - TALLEYRAND (le prince DE) *, 1754-1838. Charles-Maurice, prince - de Bénévent. - - TALLEYRAND (le baron, puis comte Charles DE) ***, 1821-1896. - Diplomate français. - - TALLEYRAND (la comtesse Louis DE), 1819-1855. Stéphanie de - Pommereu, mariée en 1839 au comte Louis de Talleyrand. - - TA['N]KI (Joseph), 1805-1888. Patriote et publiciste polonais. - Après avoir pris une part active à la révolution de 1830, Joseph - Ta['n]ski se réfugia en France où il fut incorporé, comme - officier, dans la Légion étrangère et devint capitaine en - combattant contre Abd-el-Kader, et en Espagne contre les - carlistes. Joseph Ta['n]ski entra alors dans la presse et devint - collaborateur du journal des _Débats_. Pendant la guerre de - Crimée, à laquelle il prit part, Joseph Ta['n]ski organisa une - direction d'informations militaires qui rendit les plus précieux - services à l'armée des alliés. A la fin de 1870, il fonda - _l'Avenir militaire_, dans lequel Ta['n]ski s'occupa de la - réforme et de la réorganisation de l'armée française. Il a laissé - plusieurs ouvrages et s'était fait une place très honorable, - comme publiciste. - - THEIMER (Augustin), 1804-1874. Théologien allemand, prêtre de - l'Oratoire à Rome, il devint Conservateur des archives secrètes - du Saint-Siège. Le père Theimer écrivit une _Histoire du - Pontificat du pape Clément XIV_, qui avait aboli les Jésuites. Il - se vit alors accusé par les Pères de cet ordre de procurer aux - évêques de l'opposition, pendant le Concile du Vatican - (1869-1870), les documents nécessaires pour combattre le dogme - de l'infaillibilité du Pape; il se retira alors de sa charge - d'archiviste en 1870. - - THIERS (Adolphe) *, 1797-1877. Homme d'État et historien - français, membre de l'Académie française. - - THIERS (Mme), 1815-1880, née Mlle Élise Dosne. - - THOUVENEL (Édouard-Antoine), 1818-1866. Homme d'État français et - diplomate. Ministre à Athènes en 1850, il vit arriver au Pirée - une escadre anglaise qui venait appuyer les réclamations du juif - Pacifico et ce fut alors M. Thouvenel qui organisa la défense de - la cour d'Athènes. Après avoir été ambassadeur à Constantinople - de 1855 à 1860, Thouvenel fut nommé ministre des Affaires - étrangères, et c'est sous son administration qu'eurent lieu - l'annexion du comté de Nice, celle de la Savoie, la - reconnaissance du royaume d'Italie, l'expédition de Syrie et la - conclusion de plusieurs traités de commerce. - - THUN (le comte Frédéric DE), 1810-1881. Diplomate autrichien. Le - comte Thun fut ministre à Berlin, puis ambassadeur à - Saint-Pétersbourg. Il avait épousé la comtesse Léopoldine de - Lamberg. - - TOCQUEVILLE (le comte Alexis-Clérel DE) **, 1805-1859. Député - français et historien distingué, membre de l'Académie française. - - TORENO (la comtesse DE), 1810-1858. Dona Isabel-Gayaso, fille du - marquis Camarasa, dame de S. M. la Reine Isabelle d'Espagne, - épousa le comte de Toreno. Celui-ci était de très grande famille - et homme d'État considérable en Espagne, où il fut président du - Conseil en 1835. Il était à la fois écrivain très considéré et - grand orateur. - - TOSCANE (le grand-duc DE) **, 1797-1870. Léopold II, archiduc - d'Autriche, succéda à son père en 1824. - - TOSCANE (la grande-duchesse mère DE), 1814-1898. - Marie-Antoinette, fille du roi des Deux-Siciles, François Ier, - épousa en 1833 Léopold II, grand-duc de Toscane, qui abdiqua en - 1859 en faveur de son fils Ferdinand. - - TOSCANE (le prince héréditaire DE), 1837-1908. Ferdinand IV, fils - du grand-duc Léopold II, qui abdiqua en faveur de ce prince en - 1859. Il épousa, en premières noces, une princesse de Saxe et, en - deuxièmes noces, une princesse de Parme. - - TROCHU (le général), 1815-1895. Louis-Jules Trochu fut toujours - voué à la carrière militaire. Envoyé en Algérie en 1840, comme - lieutenant d'état-major, Trochu y fit plusieurs campagnes comme - aide de camp de Lamoricière, puis, comme attaché au maréchal - Bugeaud. Membre de l'état-major de Saint-Arnaud, il fit ainsi la - guerre de Crimée. Nommé en 1870 gouverneur de Paris, il dut y - subir tout le siège, et se retira, après la chute de la capitale, - dans la ville de Tours, où il vécut ignoré et éloigné du monde le - reste de sa vie. - - TYLER (Mrs Julie), 1821. Julie Gardiner, fille aînée de David - Gardiner (qui périt par suite d'une explosion à bord du vaisseau - _Princeton_), épousa en 1844, à New-York, le président Tyler un - an avant la fin de son gouvernement. - - -U - - USEDOM (le comte D') ***, 1805-1884. Diplomate prussien. - - -V - - VAILLANT (le maréchal), 1790-1872. Comme jeune officier, Vaillant - avait déjà combattu à Waterloo en 1815. En 1830, il fut blessé à - la prise d'Alger, devint colonel en 1832 pendant le siège - d'Anvers et enfin lieutenant général en 1845. En 1849, Vaillant - fut chargé de diriger le siège de Rome; il fut créé maréchal de - France en 1851, sénateur et membre de l'Académie des sciences en - 1853. Vaillant fut ministre de la guerre de 1854 à 1859 et - remplit les fonctions de major général pendant la campagne - d'Italie. De 1860 à 1870 le maréchal Vaillant fut ministre de la - maison de l'Empereur Napoléon III. - - VALENÇAY (le duc DE) *, 1811-1898. Louis de Talleyrand-Périgord, - duc de Talleyrand et de Sagan, fils aîné de la duchesse de Dino. - - VAN DER MEULEN (Antoine-François), 1624-1690. Peintre de - batailles, né à Bruxelles. Colbert l'appela en France, et Lebrun - lui fit épouser sa nièce. - - VARENNES (Le baron Burignot DE), 1795-1873. Ministre de France en - Mecklembourg, lors du mariage de la princesse Hélène avec le duc - d'Orléans, M. de Varennes passa ensuite en Portugal, où il resta - jusqu'en 1848, puis remplaça à Berlin, en 1852, M. de Persigny - comme ministre de France. En 1855, M. de Varennes entra au Sénat. - - VEUILLOT (Louis), 1813-1883. Littérateur et journaliste français, - fils d'un pauvre tonnelier, rédacteur en chef du journal - _l'Univers_. Au nom de l'ultramontanisme, Louis Veuillot y - attaqua avec une violence inouïe le parti des catholiques qui - n'approuvait pas ses tendances, et ne se rangeait pas à l'avis de - _l'Univers_. - - VICENCE (la duchesse DE), 1785-1876. Adrienne Carbonnel de - Canisy, épousa en 1814 le comte Armand de Caulaincourt, duc de - Vicence. - - VICTORIA Ire (la reine) *, 1819-1901, monta sur le trône - d'Angleterre en juin 1837. - - VIEUXTEMPS (Henri), 1820-1881. Célèbre violoniste, né à - Bruxelles. Artiste de premier ordre et du talent le plus - brillant. - - VILLAMARINA (le marquis Salvator DE), 1813-1877. Ministre de - Sardaigne à Paris depuis 1853 et second plénipotentiaire du - Piémont, au Congrès de Paris, en 1856, où Cavour occupait le - premier rang. - - VILLEMAIN (Abel-François) *, 1790-1870. Écrivain français, membre - de l'Académie française. - - VINCKE (le baron Frédéric-Georges-Ernest DE), 1811-1875. Homme - politique prussien. L'activité que M. de Vincke déploya aux - premières Diètes prussiennes attira l'attention générale. Vincke - défendit, avec une violence extrême, les opinions - constitutionnelles et prit une part vive aux luttes - révolutionnaires: député à la seconde Chambre prussienne en 1849, - il y combattit toujours la politique du ministère. - - VISCONTI (Louis-Joachim) ***, 1791-1863. Architecte d'origine - italienne mais naturalisé Français. - - VOGÜÉ (la comtesse DE), née Mlle de Damas, fille du duc Charles - de Damas et de Mlle de Langeron. Elle épousa en premières noces - le comte de Vogüé dont elle eut un fils, et en deuxièmes noces le - comte de Chastellux dont elle eut deux filles. Mme de Vogüé, - comme Mme de Damas, sa mère, était remplie d'esprit; elles - avaient toutes les deux un salon très fréquenté à Paris. - - -W - - WAGRAM (Berthier, prince DE), 1810-1887. Fils du maréchal - Berthier, le prince de Wagram succéda à son père en 1815 dans sa - dignité de pair de France. N'ayant que cinq ans à cette époque, - il ne put siéger qu'en 1836. Le gouvernement de Louis-Philippe le - fit, en 1846, chevalier de la Légion d'honneur et, en 1852, le - prince de Wagram entra au Sénat constitué par Napoléon III. - - WAGRAM (Mlle DE), 1832-1884. Maley-Berthier, fille du prince de - Wagram, épousa le prince Jérôme Murat en 1854, dont elle fut la - première femme. - - WALEWSKI (le comte) **, 1810-1868. Homme politique français. - - WALEWSKA (la comtesse), née à Florence en 1823. Mlle - Anna-Alexandra de Ricci épousa, en 1846, le comte Walewski, qui - était alors veuf de lady Caroline Montagu, fille de lord - Sandwich. Après la mort du comte Walewski, en 1868, sa veuve se - remaria avec M. Alexandro. - - WALDERSÉE (le comte Frédéric-Gustave DE), 1795-1866, - lieutenant-général dans l'armée prussienne. Il fut pendant - quelque temps ministre de la guerre. - - WALLMODEN-GIMBORN (le comte Louis DE) ***, 1769-1862. - Feld-maréchal autrichien qui commanda le corps d'armée dans - l'Italie supérieure durant de longues années. - - WALSCH (M. Olivier), chambellan de l'empereur Napoléon III. Son - frère avait épousé la veuve du marquis d'Aramon. - - WASA (le prince Gustave DE) ***, 1790-1877, épousa en 1830 la - princesse Louise de Bade, fille aînée de la grande-duchesse - Stéphanie de Bade. - - WASA (la princesse) **, 1811-1854. Louise, fille du grand-duc - Charles de Bade et de la grande duchesse Stéphanie. - - WEDEL (le général DE), 1785-1861. Général prussien, gouverneur du - Luxembourg, chevalier de l'ordre de l'Aigle noir, aide de camp - général du Roi Frédéric-Guillaume IV. - - WELLESLEY (la marquise DE), morte en 1853. Marianne, fille d'un - Américain de Philadelphie, mariée en premières noces à Robert - Paterson, fils d'Élisabeth Paterson et de Joseph Bonaparte, roi - de Westphalie. Devenue veuve, elle épousa, en 1825, Richard, - marquis de Wellesley, qui fut gouverneur des Indes, et dont elle - devint la seconde femme. - - WELLINGTON (le duc DE) *, 1769-1852. Général anglais, vainqueur à - la bataille de Waterloo en 1815. - - WESTMORLAND (lord), 1811-1859. Lord John Burghersh *, devint - comte de Westmorland après la mort de son père. - - WESTMORLAND (Lady) ***, 1793-1879. Anne, fille du baron - Maryborough, frère du duc de Wellington. - - WESTPHALEN (M. DE), 1799-1876. Fut ministre de l'Intérieur en - Prusse de 1850 à 1858, et devint en 1854 membre de la Chambre des - seigneurs. - - WINDISCH-GRAETZ (le prince Alfred), 1787-1862, général - autrichien; après avoir réprimé le soulèvement de Vienne, en - 1848, il fut fait feld-maréchal. - - WINDISCH-GRAETZ (la princesse Mathilde DE), née en 1835. Fille du - maréchal Windisch-Graetz; elle épousa en 1857 son cousin le - prince Charles Windisch-Graetz, qui fut tué en 1859 à la bataille - de Solferino en Italie. - - WINTER (M. DE). Fut ministre de l'Intérieur en Prusse, de 1859 à - 1860, et, après le duel Manteuffel, nommé président de la police - à Berlin. - - WINTERHALTER (François-Xavier), 1806-1873, peintre et - portraitiste allemand, établi à Paris. Sous le règne de - Louis-Philippe il fit plusieurs portraits de la famille royale; - mais il fut surtout en vogue sous le règne de Napoléon III, ayant - fait plusieurs beaux portraits de l'Impératrice Eugénie. - - WITTGENSTEIN (la princesse Léonille DE), née en 1816, fille du - prince Ivan Bariatinsky et de la comtesse Wilhelmine Keller; elle - épousa en 1834 le prince Louis de Sayn-Wittgenstein, dont elle - devint veuve en 1866. - - WRANGEL (le maréchal, comte DE), 1784-1877. Commandant des - troupes allemandes en Holstein pendant l'année 1848. Wrangel sut - la même année contenir la populace fort menaçante de Berlin sans - verser de sang. En 1863 il commanda le corps d'armée prussien - contre le Danemark. - - WURTEMBERG (le Roi Guillaume Ier DE) *, 1781-1864, monté sur - le trône en 1816. - - WURTEMBERG (le prince Auguste) **, 1813-1885. Officier prussien. - Il prit une grande part aux guerres de 1866 et de 1870, comme - commandant du corps de la garde de Prusse. - - WURTEMBERG (le prince royal DE) ***, 1823-1891. Charles, fils du - Roi Guillaume Ier, auquel il succéda, en 1864, sur le trône de - Wurtemberg. - - WURTEMBERG (la princesse royale DE). 1822-1892. Olga, fille de - l'empereur Nicolas de Russie. Cette princesse, d'une beauté très - remarquable, épousa, en 1846, Charles, prince royal de - Wurtemberg, qui monta sur le trône en 1864. Ils n'eurent jamais - d'enfant. - - -Z - - ZAMOYSKI (le général), 1803-1868. Le comte Ladislas Zamoyski, - général de division au service anglais, avait servi dans l'armée - polonaise en 1830. - - ZEDLITZ (le baron Joseph-Chrétien DE) ***. 1790-1861. Officier - dans l'armée autrichienne; poète fort apprécié. - - ZEDLITZ (M. DE), né en 1813, préfet de police à Berlin de 1856 à - 1861. - - ZICHY DE VASONYKEÖ (le comte Eugène DE) ***, 1809-1848. Il fut - accusé d'espionage par les Hongrois insurgés qui le mirent à - mort. - - ZICHY DE VÁSONYKEÖ (le comte Joseph DE), 1814-1897. Epousa, en - 1853, la princesse Mélanie de Metternich, fille du chancelier - d'Autriche. - - - - -TABLE GÉNÉRALE DES NOMS CITÉS DANS LES QUATRE VOLUMES DE LA CHRONIQUE - -A - - ABD-EL-KADER (L'émir), II, 168; III, 323. - - ABERCROMBY (George-Ralph), I, 94, 119, 120, 145, 165. - - ABERDEEN (Lord), I, 146; III, 155, 225; IV, 124. - - ABERGAVENNY (Earl of), I, 6, 7. - - ABRANTÈS (La duchesse D'), I, 340. - - ABZAC (Le général marquis D'), IV, 409. - - ACERENZA (La duchesse Jeanne D'), II, 279, 332, 338; III, 295. - - ACTON (Lady), II, 340. - - ADAMS (Le président), II, 451. - - ADÉLAÏDE D'ORLÉANS (Madame), I, 29, 33, 243, 278, 310, 314, 318, - 324, 326, 356, 358, 362, 373, 376, 383, 387, 395; II, 2, 16, 30, - 47, 49, 74, 79, 84, 85, 87, 94, 106, 117, 129, 140, 150, 151, - 157, 160, 180, 186, 195, 197, 213, 223, 262, 320, 363, 364, 369, - 379, 381, 397; III, 20, 37, 55, 63, 192, 201, 202, 209, 213, 219, - 225, 264, 265, 268, 322, 324,332; IV, 277. - - ADOLPHE DE NASSAU (Empereur d'Allemagne), I, 343, 346. - - AFFRE (Monseigneur), II, 348, 361, 366, 428, 441; III, 4, 5, 22, - 23, 27, 44, 98, 105. - - AGOULT (La vicomtesse D'), I, 72; II, 379; III, 50. - - AILESBURY (Lord), III, 38. - - AILESBURY (Lady), III, 38. - - ALAVA (Le général don Ricardo), I, 51, 54, 215, 234, 359, 371, - 380; II, 9, 38, 47, 183, 337; III, 130, 131, 204, 207, 304. - - ALBANY (La comtesse D'), I, 193, 194. - - ALBE (Le duc D'), IV, 387. - - ALBUFÉRA (La duchesse d'), II, 117, 126, 151, 156, 339, 347, 352, - 361, 376, 387, 389, 394, 417, 437; III, 24, 97, 98, 99, 125, 127, - 131, 155, 185, 280; IV, 16, 33, 35, 73, 77, 92, 130, 255, 268, - 304. - - ALCUDIA (Le duc D'), I, 209. - - ALDBOROUGH (Lady), I, 103, 104, 333; III, 38. - - ALEXANDRE Ier (Empereur de Russie), I, 332; II, 335; III, 301. - - ALFIERI (Le comte Victor), I, 193, 378. - - ALIBAUD, II, 66, 67, 69, 70, 78, 99, 116, 182. - - ALLEGRI (Grégoire), IV, 162. - - ALLEN (George), I, 99, 103, 122. - - ALTENSTEIN (Le baron Charles D'), II, 321. - - ALTHORP (Lord), I, 92, 101, 102, 161, 163, 164, 165, 168, 170, - 177, 179. - - ALTON-SHÉE (Le comte Édouard D'), II, 390; III, 50, 325. - - ALVANLEY (Lord), I, 197, 368. - - ALVENSLEBEN (Le comte D'), III, 284; IV, 177. - - AMÉLIE D'ANGLETERRE (La princesse), I, 170. - - AMPÈRE (M.), I, 338; III, 221. - - ANCELOT (M.), III, 42; IV, 194. - - ANCILLON (M.), II, 44, 49, 50, 55, 63, 119, 121, 142, 143. - - ANCILLON (Mme), II, 119. - - ANDILLY (Arnauld D'), II, 44, 196. - - ANDRAL (Le docteur), III, 57, 258. - - ANDRAL (Mme), II, 138. - - ANDREA DEL SARTO, IV, 107. - - ANGLETERRE (La reine Adélaïde D'), I, 56, 113, 149, 150; II, 168, - 179; III, 67, 318, 391. - - ANGLETERRE (Le prince Albert D'), III, 32. - - ANGLETERRE (La reine Charlotte D'), II, 168. - - ANGLETERRE (le roi Guillaume IV D'), I, 66, 68, 70, 78, 106, 131, - 144, 172, 198; II, 34, 144, 156, 160; III, 318. - - ANGLONA (Le prince D'), II, 183. - - ANGOULÊME (Le duc D'), II, 40, 110. - - ANGOULÊME (La duchesse D'), II, 40; III, 253; IV, 26, 27. - - ANHALT-DESSAU (La duchesse D'), III, 103. - - ANNE D'AUTRICHE (Reine de France), I, 36, 43; II, 97. - - ANNE DE BRETAGNE (Reine de France), II, 165. - - ANTONELLI (Le cardinal), IV, 297, 315, 362, 376. - - ANTONIO (L'infant d'Espagne), I, 239. - - Antrobus (Lady), I, 374. - - APPONYI (Le comte), II, 1, 15, 127, 395, 409; III, 52, 109, 115; - IV, 81, 89. - - APPONYI (La comtesse Annette), I, 395; III, 52, 97, 115. - - ARAGO (M.), III, 148, 248, 360, 368, 370. - - ARBUTHNOT (Mrs), I, 209, 230. - - ARCO (La comtesse D'), II, 113. - - ARENBERG (La duchesse D'), I, 366, 367. - - ARENBERG (Le prince Pierre D'), I, 347; III, 27, 71, 79, 132, - 133, 134, 238, 239; IV, 17, 101. - - ARENBERG (La princesse Pierre D'), I, 349; III, 132, 219, 230. - - ARENBERG (Le duc Prosper-Louis D'), I, 366. - - ARGENSON (Le comte D'), I, 251. - - ARGOUT (Le comte D'), II, 90; III, 242, 247. - - ARJUZON (Le comte D'), IV, 64. - - ARNAULD (La mère Angélique de Saint-Jean), II, 44. - - ARNAULD (Antoine), II, 44. - - ARNAULD (La mère Marie-Angélique de Sainte-Madeleine), II, 44. - - ARNAULT, I, 246. - - ARNFELD (Le baron D'), III, 287. - - ARNIM-BOITZENBURG (Le comte D'), III, 408, 409, 410, 453. - - ARNIM-HEINRICHSDORF (Le baron Henri D'), II, 281; III, 104, 113, - 184, 351. - - ARNIM-HEINRICHSDORF (Le comte Henri D'), IV, 3. - - ARSOLI (Le prince D'), II, 150. - - ARSOLI (La princesse D'), II, 187. - - ARTOIS (Le comte D'), I, 298; III, 471, 472, 473, 474, 475. - - ASHLEY (Sir), I, 40. - - ASSELINE (Adolphe), III, 34. - - ASTON (Le comte), III, 152, 157. - - ATHALIN (Le général baron), I, 359; II, 146. - - AUBUSSON DE LA FEUILLADE (Le comte D'), I, 393. - - AUBUSSON (Mlle Noémie D'), II, 418. - - AUDIN, III, 95. - - AUERSPERG (La princesse D'), III, 301. - - AUERSWALD (Rodolphe D'), IV, 293, 315, 321, 335, 393, 406, 424. - - AUGEREAU (Le maréchal), I, 257. - - AUGIER (Émile), IV, 253. - - AUGUSTE D'ANGLETERRE (La princesse), I, 5, 172, 211; II, 131. - - AUGUSTENBURG (La duchesse D'), III, 327. - - AUMALE (Le duc D'), I, 385; II, 178, 372; III, 35, 37, 45, 117, - 192, 268, 280; IV, 10, 59, 285, 353. - - AUMALE (La duchesse D'), III, 447; IV, 10. - - AUSTIN (Sarah), II, 336. - - AUTRICHE (L'archiduc ALBERT D'), III, 309. - - AUTRICHE (L'impératrice Caroline D'), II, 63. - - AUTRICHE (L'archiduc Charles D'), II, 49-56, 69. - - AUTRICHE (L'impératrice Élisabeth D'), IV, 120, 121, 122, 382. - - AUTRICHE (L'archiduchesse Élisabeth D'), III, 399; IV, 90. - - AUTRICHE (L'empereur Ferdinand Ier), I, 383; II, 69. - - AUTRICHE (L'empereur François II D'), III, 161. - - AUTRICHE (L'archiduc François-Charles D'), II, 69; III, 348. - - AUTRICHE (L'archiduc Jean D'), III, 352, 354, 382. - - AUTRICHE (L'archiduc Léopold D'), IV, 6. - - AUTRICHE (L'archiduc Louis-Joseph D'), I, 383. - - AUTRICHE (L'archiduchesse Marguerite D'), IV, 291. - - AUTRICHE (L'archiduchesse Marie D'), duchesse de AUTRICHE - (L'archiduchesse Marie-Louise D'), plus tard l'impératrice des - Français, I, 258, 332; II, 65. - - AUTRICHE (L'archiduc Max D'), III, 446; IV, 228, 260, 316, 383. - - AUTRICHE (L'archiduchesse Sophie D'), I, 383; II, 55, 69; III, - 311, 367, 445, 446; IV, 51, 87, 94, 101, 113, 114, 227, 228. - - AUTRICHE (L'archiduchesse Thérèse D'), plus tard reine de Naples, - II, 56, 79, 122, 182. - - AVENAS (Mme D'), IV, 77, 214. - - AVIGDOR (Jules), IV, 79. - - AYEN (Le duc D'), IV, 235. - - AYEN (La duchesse D'), IV, 235. - - -B - - BACH (Le baron), III, 444. - - BACKHOUSE (John), I, 127, 128, 207. - - BACOURT (M. DE), I, 32, 45, 365, 382; III, 471, 474. - - BADE (La princesse Alexandrine DE), III, 161. - - BADE (Le prince-régent Frédéric-Guillaume DE), IV, 230. - - BADE (Le grand-duc Léopold DE), II, 348; III, 369, 427, 431. - - BADE (La princesse Marie DE), plus tard marquise de Douglas, - duchesse de Hamilton, II, 285, 348, 354, 355, 356; III, 65, 67, - 142, 146, 149, 156, 157, 160, 231, 235, 272, 420; IV, 40, 43, 76, - 303, 396, 400. - - BADE (La grande-duchesse Stéphanie DE), née de Beauharnais, I, - 382; II, 81, 105, 127, 195, 198, 272, 328, 351, 353; III, 65, 66, - 67, 69, 139, 141, 143, 149, 150, 154, 158, 159, 160, 161, 170, - 171, 172, 192, 236, 271, 272, 273, 368, 369, 420; IV, 40, 42, - 114, 133, 259, 342. - - BAGRATION (La princesse), II, 157, 160. - - BAILLOT (M.), I, 48. - - BALBI (La comtesse DE), I, 324, 325; II, 76, 204. - - BALBI-SENAREGA (Le marquis DE), IV, 224. - - BALLANCHE (M.), II, 438; III, 66, 167, 181; IV, 334. - - BALZAC (Honoré DE), II, 108; III, 308. - - BAOUR-LORMIAN (M.), IV, 194. - - BARANTE (Le baron DE), I, 385; II, 63, 87, 163, 393, 403; III, - 11, 118, 121, 150, 154, 155, 164, 167, 168, 174, 181, 189, 190, - 193, 195, 214, 222, 225, 227, 239, 247, 252, 284, 301, 321, 325; - IV, 12, 17, 19. - - BARANTE (La baronne DE), II, 407. - - BARBÈS (M.), III, 370. - - BARBEY DE JOUY (M.), II, 357. - - BARING (Sir Francis), III, 38, 39. - - BARING (Lady), III, 38. - - BAROCHE (M.), IV, 301. - - BARRINGTON (Charles), I, 121. - - BARRINGTON (Mme), IV, 240. - - BARROT (Odilon), I, 311; II, 124, 130, 219, 298, 394, 405, 420, - 421, 423, 424, 428, 438; III, 11, 222, 242; IV, 200. - - BARRY (Le docteur), III, 284. - - BARTHE (Ministre), I, 322; II, 18, 116, 219. - - BARTHOLONY (M.), I, 345. - - BASSANO (Le duc DE), I, 227, 228, 246, 277, 278, 280, 283, 293; - III, 38. - - BASSANO (La duchesse DE), I, 228. - - BASTARD (Le comte DE), I, 322. - - BASTIDE (Jules), II, 75. - - BATHURST (Lord), I, 208. - - BATHURST (Lady Georgina), II, 34. - - BATTHYANY (La comtesse), I, 7, 163; II, 390. - - BAUDRAND (Le général comte), I, 2, 259, 260, 291; II, 15, 65, - 162, 213, 214; III, 250, 255. - - BAUDRAND (Mme, modiste), II, 124. - - BAUFFREMONT (La duchesse DE), II, 150, 418; III, 53. - - BAUFFREMONT (Le prince Gontran DE), II, 418. - - BAUFFREMONT (La princesse Laurence DE), II, 225, 366; IV, 212. - - BAUSSET (Le cardinal DE), II, 196, 335. - - BAUTAIN (L'abbé), II, 97, 355, 362. - - BAVIÈRE (Le prince royal DE), plus tard roi Maximilien II, II, - 56; III, 156, 233, 274, 373; IV, 177. - - BAVIÈRE (La reine douairière Caroline DE), II, 49; III, 161. - - BAVIÈRE (La princesse Hildegarde DE), III, 309. - - BAVIÈRE (Le roi Louis Ier DE), II, 343; III, 274, 441, 443. - - BAVIÈRE (Le duc Maximilien DE), IV, 122. - - BAVIÈRE (La duchesse Maximilien DE), IV, 120. - - BAVIÈRE (La reine Thérèse DE), II, 343; III, 443. - - BÉARN (Le prince DE), IV, 65. - - BEAUCHESNE (M. DE), IV, 67. - - BEAUFORT (Le duc DE), III, 122. - - BEAUHARNAIS (Eugène DE), duc de Leuchtenberg, I, 333; III, 442. - - BEAUHARNAIS (Hortense DE), I, 332. - - BEAUMONT (Léon DE), dit Fanfan, II, 335. - - BEAUVALE (Lord), III, 28, 48, 83. - - BEAUVAU (Le prince Marc DE), II, 418. - - BEAUVAU (La maréchale, princesse DE), II 366, 367. - - BEAUVAU-CRAON (La princesse DE), IV, 250. - - BEAUVILLIERS (La duchesse DE), I, 312. - - BECKETT (Thomas), I, 354. - - BECKX (Le père), IV, 119. - - BEDEAU (Le général), IV, 271. - - BEDFORD (Le duc DE), I, 81, 99, 195, 196, 212, 213. - - BEDFORD (La duchesse DE), I, 80. - - BEDMAN (Le marquis DE), IV, 70, 84, 86. - - BEGAS (Charles-Joseph), II, 322. - - BEIRA (La duchesse DE), I 127, 192. - - BELFAST (Lady), I, 4. - - BELGES (La princesse Charlotte DES), IV, 237. - - BELGES (La reine Louise DES), princesse d'Orléans, I, 362, 363, - 386; II, 75, 120, 177; III, 396, 426, 428, 451, 453; IV, 110. - - BELGIOJOSO (La princesse), II, 29; III, 234, 254, 303. - - BELLINI (Jean), IV, 105, 107. - - BELLUNE (Le duc DE), III, 42. - - BELMONT (Le marquis DE), IV, 64. - - BEM (Le général), III, 376. - - BENACET (M.), III, 96. - - BENDEMANN, II, 329. - - BENEDECK (Le général DE), IV, 97. - - BENKENDORFF (Le général DE), I, 86; II, 295. - - BENKENDORFF (Le comte Constantin DE), IV, 244. - - BENNINGSEN (Le comte DE), III, 419, 420. - - BÉRENGER (Mlle Élisabeth DE), I, 67. - - BERG (Le général comte), IV, 121. - - BERGAMI, I, 82, 83. - - BERGERON (Louis), I, 396; II, 402. - - BÉRIOT (M. DE), III, 299. - - BERNARD (Le baron Simon), II, 94, 96. - - BERNARD (Samuel), III, 121. - - BERNSTORFF (Le comte DE), III, 184, 382, 415, 426, 454, 456; IV, - 315, 405, 406, 422. - - BERRY (Le duc DE), I, 355; II, 158. - - BERRY (La duchesse DE), I, 22, 28, 72, 246, 273, 338, 367; III, - 97; IV, 102, 103, 106, 107, 109. - - BERRYER (Antoine), I, 338, 367; II, 4, 11, 20, 22, 25, 27, 28, - 30, 38, 81, 83, 136, 219, 367, 389, 390, 420, 424, 425, 426, 438; - III, 50, 132, 187, 242; IV, 10, 40, 42, 198, 199, 200. - - BERTIN DE VEAUX, I, 19, 34, 206, 240, 267, 291, 306; II, 36, 37, - 42; III, 15, 16, 45, 118, 185. - - BERTIN DE VEAUX (Mme), II, 116. - - BERTIN DE VEAUX (Le général Auguste), III, 15, 45, 118. - - BERTRAND (Le général), II, 434. - - BÉRULLE (Le cardinal DE), I, 389. - - BERWICK (La duchesse DE), II, 418. - - BETHMANN-HOLWEG (M. DE), III, 407; IV, 172, 321. - - BÉTHYSY (Le marquis DE), III, 44, 58. - - BEUST (Le comte DE), III, 378, 448. - - BIGNON (Le baron), I, 119, 120, 125, 311. - - BIGNON (François), III, 238. - - BILLAULT (M.), IV, 375, 397. - - BILZ (Mlle DE), II, 354. - - BINZER (Mme DE), II, 269; III, 116, 446. - - BIRON (Le duc Armand-Louis DE), I, 297. - - BIRON (Le marquis Henri DE), II, 262. - - BIRON (La princesse DE), I, 68; II, 331. - - BIRON-COURLANDE (Le prince Calixte DE), III, 300. - - BIRON-COURLANDE (Le prince Charles DE), II, 386. - - BIRON-COURLANDE (La princesse Fanny DE), II, 325; III, 96, 113, - 114, 120, 123, 130, 132, 135, 138, 142, 143, 149, 152, 160, 162, - 176, 205, 212, 213, 300, 307. - - BIRON-COURLANDE (Le prince Pierre DE), III, 300. - - BISMARCK-SCHŒNHAUSEN (Le prince DE), IV, 161, 162, 190. - - BIXIO (M.), IV, 126, 296. - - BJOERSTJERNA (M.), I, 76, 77. - - BJŒRNSTJERNA (La comtesse DE), II, 334. - - BLACAS (Le duc DE), I, 28, 129, 159. - - BLITTERSDORF (Le baron DE), II, 344, 345, 346, 349. - - BLUCHER DE WAHLSTADT (Le maréchal prince DE), IV, 96. - - BLUM (Robert), III, 386. - - BOBOLA (Le Père André), IV, 134, 135. - - BODELSCHWING (M. DE), III, 425. - - BODELSCHWING (Mlle DE), III, 438. - - BOEGER (Le docteur), IV, 291. - - BOIGNE (La comtesse DE), I, 299, 300; II, 16, 170, 171; III, 26, - 247, 250, 251; IV, 126, 300. - - BOISMILON (Jacques-Dominique DE), I, 259; III, 209, 214, 215, - 385. - - BOISSY (Mlle Rouillé DE), I, 393; II, 418. - - BOLIVAR (Simon), I, 289. - - BONALD (Le vicomte DE), II, 438; III, 42; IV, 20, 75. - - BONAPARTE (Jérôme), roi de Westphalie, I, 70, 72, 341; II, 19; - IV, 126, 297, 356, 357, 358, 360. - - BONAPARTE (Joseph), I, 159; II, 18. - - BONAPARTE (Mme Laetitia), II, 18. - - BONAPARTE (Le prince Louis), plus tard l'empereur Napoléon III, - II, 105, 106, 344, 352, 355, 367, 384, 389, 390; III, 351, 366, - 386, 412, 421; IV, 45, 62, 66, 68, 69, 70, 88, 91, 99, 111, 124, - 132, 147, 152, 154, 159, 161, 174, 177, 179, 183, 184, 185, 188, - 193, 195, 196, 200, 203, 206, 207, 208, 209, 210, 221, 223, 227, - 229, 230, 242, 245, 250, 259, 269, 271, 282, 285, 288, 297, 299, - 301, 304, 306, 308, 309, 312, 313, 314, 316, 318, 319, 320, 323, - 326, 327, 329, 330, 331, 332, 337, 338, 339, 342, 345, 347, 348, - 350, 351, 353, 354, 355, 356, 358, 360, 363, 364, 366, 370, 373, - 374, 375, 376, 378, 380, 385, 387, 400, 402, 405. - - BONAPARTE (Lucien), I, 107, 146, 266, 333; II, 18, 19. - - BONIN (Le général DE), III, 416, 424; IV, 129, 176, 397. - - BONNECHOSE (Le cardinal DE), II, 97; IV, 237. - - BONNIVARD (François DE), I, 337. - - BORDEAUX (Le duc DE), dit Henri V, comte de Chambord, I, 367, - 372; II, 33, 35, 50, 97, 107, 110; III, 26, 97, 132, 214, 215, - 218, 272, 396, 422, 428, 444, 445; IV, 9, 28, 57, 97, 98, 99, - 102, 110, 117, 136, 138, 212, 224, 246, 247, 248, 278, 285. - - BOSSUET (Jacques-Bénigne), II, 24, 25, 27, 30, 42, 169, 196, 236, - 237; III, 53, 269; IV, 139, 241, 253. - - BOURBON (Le duc DE), III, 66. - - BOURBON-CHALUS (Le comte DE), IV, 379. - - BOURDOIS DE LA MOTTE Dr., II, 230. - - BOURGOGNE (La duchesse Marie DE), II, 378; III, 34. - - BOURLIER (L'abbé), II, 228. - - BOURLON DE SARTY (Paul DE), II, 312. - - BOURQUENRY (Le baron, puis comte DE), I, 374; II, 419; III, 116; - IV, 151, 152, 164, 185, 187, 206. - - BOUTÉNIEFF (M. DE), III, 127. - - BRABANT (Le duc DE), plus tard le roi Léopold II, de Belgique, - III, 151, 152; IV, 112, 116, 186, 423. - - BRAGANCE (La duchesse DE), I, 133; III, 79. - - BRANDEBOURG (Le comte DE), III, 301, 369, 386, 408, 432, 433, - 437, 451, 452, 454, 457, 461. - - BRANDEBOURG (La comtesse DE), III, 406. - - BRANDHOFEN (Mme DE), III, 382. - - BREADALBANE (Le marquis DE), IV, 396. - - BRÉDY (Le général Hugo DE), III, 359. - - BRENIER DE RENAUDIÈRE (Le baron), I, 373. - - BRÉSIL (L'empereur dom Pedro II DU), III, 191. - - BRESSON (Le comte), I, 277, 285, 288; II, 49, 50, 123, 133, 159, - 167, 275, 276, 277, 278, 279, 286, 291, 297, 301, 349, 351, 361, - 362, 363, 380, 431; III, 48, 63, 79, 80, 86, 99, 102, 104, 105, - 107, 108, 109, 111, 112, 163, 172, 235, 283, 284, 288, 321. - - BRESSON (La comtesse), III, 283. - - BRETONNEAU (Le docteur), I, 242, 368, 370, 373; II, 207. - - BRETZENHEIM DE REGÉCE (La princesse DE), II, 8. - - BRÉZÉ (Le marquis DE DREUX-), II, 114; III, 42. - - BRÉZÉ (L'abbé DE DREUX-), III, 42; IV, 253. - - BRIFAUT, III, 221; IV, 254. - - BRIGNOLE-SALE (La marquise DE), II, 231; III, 38. - - BRIGNOLE-SALE (Le marquis DE), III, 38. - - BRIGODE (Le baron DE), II, 225. - - BROGLIE (Le duc DE), I, 18, 19, 29, 30, 31, 32, 33, 38, 57, 145, - 162, 237, 246, 266, 272, 273, 281, 294, 295, 302, 306, 308, 315, - 317, 318, 319, 320, 341, 354, 356, 365, 387; II, 3, 4, 5, 9, 11, - 15, 17, 18, 16, 19, 20, 23, 36, 85, 120, 124, 138, 144, 225, 402, - 405, 406, 413, 414, 454; III, 40, 255, 321, 325, 366, 406, 412; - IV, 65, 130, 194, 200, 225, 226, 275. - - BROGLIE (La duchesse DE), I, 273, 283, 320, 358; II, 16, 119, - 138, 253, 254; III, 366; IV, 65, 257. - - BROGLIE (Le prince Albert DE), IV, 126, 272, 342. - - BROGLIE (Mlle Louise DE), II, 187. - - BRONZINO (Angiolo), III, 440. - - BROOKE (Lord), I, 40, 43. - - BROSSES (Charles DE), II, 268, 271. - - BROUGHAM (Lord), I, 80, 82, 86, 91, 93, 97, 99, 126, 146, 167, - 175, 195, 214, 290, 291, 299; II, 223; III, 137. - - BROUGHAM (Lady), I, 71. - - BRUGES (Mme DE), III, 306. - - BRUNNOW (Le baron DE), II, 337, 351; III, 227; IV, 141, 150. - - BRUNNOW (Mme DE), II, 337. - - BRUNSWICK (Le duc Guillaume DE), III, 429, 430, 431, 432. - - BUDBERG (Le baron DE), IV, 150, 152, 156, 292, 336, 339. - - BUDOW (Le baron DE), I, 12, 14, 83, 203, 204, 229; II, 349, 350, - 362, 383, 409, 431; III, 172, 178, 184, 226, 228, 235. - - BUDOW (Le comte DE), III, 370. - - BUDOW (Le général DE), III, 429. - - BUDOW (Mme DE), II, 285, 293. - - BUFFON (M. DE), I, 351. - - BUGEAUD DE LA PICONNERIE (Le maréchal), III, 12. - - BULWER (Sir Henry), II, 383, 388, 465; III, 65, 121, 349. - - BUNSEN (Le chevalier DE), III, 377, 379, 453; IV, 7, 141, 171, - 172. - - BUOL (La comtesse DE), II, 140. - - BUOL-SCHAUENSTEIN (Le comte DE), IV, 49, 50, 104, 131, 206, 227, - 228. - - BURGHERSH (John, lord), I, 193. - - BURGHERSH (Ernest, lord), IV, 210. - - BUSSIÈRE (Jules-Edmond DE), II, 326. - - BUTERA (Le prince), I, 60. - - BYRON (George Gordon, lord), I, 181, 337; IV, 108. - - -C - - CADORE (Le marquis DE), IV, 362, 373. - - CALATRAVA (Don), II, 82. - - CALOMARDE (François-Thadé), I, 180. - - CAMBRIDGE (La duchesse DE), I, 4; II, 281. - - CAMBRIDGE (La princesse Auguste DE), III, 314. - - CAMBRIDGE (Le prince Georges DE), III, 234. - - CAMPAN (Mme), I, 331; II. 81. - - CANINO (Le prince DE), I, 71. - - CANIZZARO (La duchesse DE), I, 108. - - CANNING (George), I, 140, 253. - - CANOVA, I, 247, 332. - - CANROBERT (Le maréchal), IV, 231, 298, 312. - - CAPO D'ISTRIA (Le comte), I, 12; III, 366. - - CAPOUE (Le prince DE), II, 57. - - CAPRARA (Le cardinal), II, 237. - - CARADOC (Sir John Hobart), II, 156, 160, 174. - - CARAMAN (La marquise DE), II, 16, 339; III, 25, 241. - - CARDIGAN (Lord), III, 31. - - CARIGNAN (La princesse Joséphine DE), III, 287. - - CARIGNAN (Philiberte DE), II, 150. - - CARIGNAN (Mme DE), II, 187. - - CARLISLE (Lord), I, 111, 192, 198. - - CARLOS (Don), prince des Asturies, I, 239; II, 425. - - CARLOTTA (L'infante), I, 166; II, 260; III, 216, 260. - - CARNÉ (Le comte DE), II, 238; IV, 340. - - CAROLATH-BEUTHEN (La princesse Adélaïde DE), III, 113, 291, 318. - - CAROLATH-BEUTHEN (Le prince Henri DE), III, 318. - - CAROLATH-SAABOR (Le prince Frédéric DE), II, 312, 313, 319. - - CAROLINE D'ANGLETERRE (La reine), I, 82. - - CARRACHE (Annibal), I, 248; II, 317. - - CARREL (Armand), I, 303, 304; II, 72. - - CARS (La duchesse DES), III, 130. - - CASANOVA DE SEINGALT, II, 332. - - CASTELBAJAC (Le marquis DE), IV, 160, 163. - - CASTELBAJAC (La marquise DE), IV, 160, 163, 167. - - CASTELLANE (Le marquis André DE), I, 100. - - CASTELLANE (Le maréchal comte Boniface DE), IV, 83, 214. - - CASTELLANE (La comtesse Cordelia DE), I, 300, 302, 305, 310, 393; - II, 40, 113, 124, 129, 138, 186, 261, 361, 368, 381. - - CASTELLANE (Le marquis Henri DE), II, 261, 262, 263, 381; III, - 35, 131, 139, 140, 142, 145, 149, 161, 169, 175, 179, 185, 186, - 187, 196, 199, 200, 201, 263, 250. - - CASTELLANE (Mlle Marie DE), II, 381; III, 170, 175, 187; IV, 13, - 17, 232. - - CASTIGLIONE (La comtesse DE), IV, 250, 253. - - CASTILLE (La reine Blanche DE), III, 70. - - CASTLEREAGH (Lord), I, 143; III, 60. - - CASTRIES (Le duc DE), I, 65. - - CATHERINE D'ARAGON, I, 82. - - CATHERINE DE MÉDECIS (La reine), I, 36, 112, 271. - - CATHERINE-PAULOWNA DE RUSSIE (La grande-duchesse), I, 236. - - CAULAINCOURT (Le général marquis DE, duc de Vicence), III, 393; - IV, 82. - - CAULAINCOURT (La comtesse DE), I, 392, 393. - - CAVAIGNAC (Le général), I, 353, 386. - - CAVOUR (Le comte DE), IV, 283, 285, 297, 302, 303, 304, 317, 320, - 332, 345, 350, 360, 366, 397, 402. - - CELLAMARE (Le prince DE), III, 148. - - CELLES (Le comte DE), I, 236, 300. - - CÉSOLE (Le comte Eugène DE), III, 150, 152. - - CÉSOLE (La comtesse DE), III, 152, 153. - - CESSAC (Le comte DE), III, 167. - - CHABANNES (Le comte Alfred DE), I, 389; III, 36, 385. - - CHABANNES (La comtesse Alfred DE), III, 36, 383, 385, 395, 428; - IV, 9, 10, 22, 57, 117, 180. - - CHABANNES (Mlle Emma DE), IV, 102. - - CHABANNES (Louisa DE), I, 388, 389; II, 233. - - CHABOT (Mlle Olivia DE), III, 34. - - CHABOT (Philippe DE), comte de Jarnac, II, 124, 434; IV, 247. - - CHABROL (Le comte DE), II, 41. - - CHAIX-D'EST-ANGE (M.), III, 242. - - CHALAIS (Le prince DE), II, 80; III, 100, 131, 207, 208. - - CHALAIS (La princesse DE), I, 309. 312. - - CHAMBORD (La comtesse DE), IV, 103, 110, 212. - - CHAMPCHEVRIER (Mme DE), II, 198. - - CHAMPLATREUX (Mlle DE), IV, 11, 65. - - CHANALEILLES (La marquise DE), III, 34. - - CHANGARNIER (Le général), III, 386, 389, 415, 419, 422, 452, 453; - IV, 33, 35, 37, 40, 58, 270. - - CHANTELAUZE (Victor DE), I, 384; II, 7. - - CHARLES Ier (Roi d'Angleterre), I, 41, 68. - - CHARLES IV (Empereur d'Allemagne), II, 310. - - CHARLES VII, III, 4, 45, 134. - - CHARLES IX (Roi de France), I, 355; III, 36. - - CHARLES X (Roi de France), I, 28, 48, 71, 118, 279, 299, 324, - 364, 372, 377; II, 4, 9, 35, 97, 107, 108, 110, 160, 161, 252, - 451; III, 81, 243, 314, 315. - - CHARLES-JEAN DE SUÈDE (Le roi), I, 76. - - CHARLES-MARTEL, II, 270. - - CHARLES-QUINT, III, 440. - - CHARLES-THÉODORE (L'électeur), II, 246. - - CHARTRES (Le duc DE), III, 225, 246, 384; IV, 232, 277. - - CHASTELLUS (Mme DE), II, 2, 40. - - CHASTENAY (Mme DE), IV, 126. - - CHATEAUBRIAND (Le vicomte DE), I, 74, 338; II, 32, 73, 101, 221; - III, 1, 19, 25, 26, 42, 61, 168, 242, 392, 393; IV, 52, 333, 335. - - CHATEAUBRIAND (La vicomtesse DE), III, 97; IV, 335. - - CHATEAUBRIAND (Mlle DE), III, 167. - - CHATELAIN (M.), IV, 17. - - CHATILLON (Le duc DE), I, 67. - - CHEVREUSE (La duchesse DE), duchesse de Luynes, III, 159; IV, - 288. - - CHODRON (Jules), I, 12. - - CHOISEUL-GOUFFIER (Le comte DE), IV, 144, 145. - - CHOISEUL-GOUFFIER (La comtesse DE), IV, 127. - - CHOISEUL-PRASLIN, II, 374. - - CHOISEUL-STAINVILLE (Le duc DE), I, 136. - - CHOMEL (Le docteur), II, 407; III, 210. - - CHREPTOWICZ (La comtesse), II, 337; III, 288. - - CHRISTINE D'ESPAGNE (La reine), I, 187, 191, 205, 211, 216; II, - 98, 249, 371, 396, 399, 400, 416, 417, 422, 433; III, 55, 124, - 125, 126, 128, 163, 192, 216, 260. - - CIALDINI (Le général), duc de Gaëte, IV, 366, 368, 379. - - CIRCOURT (La comtesse DE), III, 394. - - CLAM-GALLAS (Le comte DE), II, 55; IV, 308, 310. - - CLANRICARDE (Lord), I, 140; II, 176. - - CLANRICARDE (Lady), I, 156, 253, 254, 255, 256, 259, 282, 300, - 301; II, 176, 207, 210; III, 54, 103, 195. - - CLARENCE (Le duc DE), I, 219. - - CLARENCE (La duchesse DE), I, 113. - - CLARENDON (Lord), I, 43; III, 228; IV, 171, 409, 414. - - CLARENDON (Le comte), I, 214. - - CLARY-ALDRINGEN (Le prince Edmond), III, 346, 354. - - CLARY-ALDRINGEN (Le prince Charles), II, 287. - - CLARY-ALDRINGEN (La princesse), III, 354. - - CLAUSEL (Le maréchal comte DE), II, 114, 166; III, 182. - - CLÉMENT XIV (Le pape), IV, 78. - - CLÉMENT DE RIS (Mlle), II, 386. - - CLÉMENTINE D'ORLÉANS (La princesse), II, 180, 372; III, 34, 225, - 244, 245, 254, 264, 265, 280; IV, 138, 225. - - CLEREMBAULT (Le vicomte DE), III, 170. - - CLERMONT-TONNERRE (Le prince Jules DE), II, 262. - - CLOTILDE DE SAVOIE (La princesse), IV, 297, 298, 303, 304, 306, - 327, 360. - - COBBETT (William), I, 179, 195. - - COCHIN (Augustin), IV, 374. - - COEUR (L'abbé), II, 362; III, 134, 255. - - COGNY (Le docteur), II, 86, 201; III, 252. - - COIGNY (Le duc DE), II, 95, 132, 142, 155, 217; III, 255. - - COIGNY (La duchesse DE), II, 7. - - COLLARD (Mme Hermine), II, 376. - - COLLOREDO (Le comte DE), III, 318, 320. - - COLLOREDO (La comtesse DE), III, 320, 348; IV, 254, 309. - - COLMAGHI, I, 64. - - COMBALOT (L'abbé), II, 362. - - CONDÉ (Louis II, prince DE), dit le Grand Condé, II, 335, 435; - IV, 216. - - CONDÉ (La princesse DE), III, 66. - - CONROY (Sir John), I, 92; II, 127, 131, 156, 174, 176. - - CONSALVI (Le cardinal), III, 250. - - CONTADES (La vicomtesse DE), III, 52. - - CONYNGHAM (Le marquis DE), I, 126, 129, 140; II, 127, 131, 132. - - CONYNGHAM (Lady), I, 37, 62, 95. - - CORMENIN (Le vicomte DE), II, 119. - - CORNÉLIUS (Pierre DE), II, 297; III, 299, 442. - - CORTANZE, IV, 224. - - COSNAC (L'archevêque Daniel DE), IV, 63. - - COSSÉ (Le duc DE), II, 35. - - COSSÉ-BRISSAC (Mlle DE), III, 16. - - COURTIER (M. DE), III, 23. - - COUSIN, I, 301, 318, 322, 323, 377; II, 31, 326, 355, 392; III, - 303; IV, 56, 80, 87, 135, 147, 148, 200, 221, 222, 251, 287, 288, - 339. - - COWLEY (Lord), III, 103, 109, 122, 165, 191; IV, 238, 243, 259, - 283, 299, 306, 307, 347. - - COWLEY (Lady), I, 149; III, 165; IV, 305. - - COWPER (Lady), I, 50, 98, 132, 153, 188, 202, 209, 253, 357; II, - 383. - - COWPER (Lady Fanny), III, 31, 66. - - CRANMER (L'archevêque Thomas), I, 8. - - CRÉMIEUX (M.), III, 206, 207. - - CRESCENTINI (Girolamo), II, 329. - - CRÉTINEAU (M.), IV, 79. - - CRETON, IV, 10. - - CRILLON (Mlle Marie-Louise-Amélie DE), III, 192. - - CRILLON (Mlle Valentine DE), III, 166. - - CROIX (Mlle DE), IV, 82. - - CROMWELL (Olivier), I, 61, 82. - - CRUVEILHIER (Le docteur), II, 199, 207, 215, 230. - - CUBIÈRES (Le général DE), II, 394. - - CUMBERLAND (Le duc Ernest-Auguste DE), plus tard roi de Hanovre, - I, 55, 61, 70, 122, 157; II, 168, 169, 293, 302; III, 103, 276, - 285, 373, 402, 419, 420; IV, 28, 29. - - CUMBERLAND (La duchesse DE), née princesse de - Mecklembourg-Strelitz, I, 199, 200, 201; II, 44, 51; III, 98, - 272. - - CUSTINE (Le marquis DE), III, 269, 270, 274, 276, 278, 289, 308. - - CUSTINE (La marquise DE), III, 269. - - CUVIER (Georges), I, 369; III, 79. - - CUVIER (Rodolphe), II, 178; III, 45; IV, 344, 346, 349, 385. - - CUVILLIER-FLEURY (M.), II, 147. - - CZARTORYSKI (Le prince Adam), I, 239; II, 287; III, 337; IV, 308. - - -D - - DABORMIDA (Le général), IV, 325. - - DACRE (Lord), I, 111, 119. - - DALBERG (Le duc DE), I, 227; II, 230. - - DALMATIE (Le marquis DE), III, 99, 333; IV, 10. - - DANEMARK (Le prince Chrétien DE), plus tard roi Christian VIII, - II, 258, 259; III, 289, 326, 327. - - DANEMARK (La princesse Chrétien DE), II, 258, 259. - - DANEMARK (Le roi Frédéric III DE), II, 259. - - DANEMARK (Le roi Frédéric VII DE), III, 374, 447, 462; IV, 363. - - DANEMARK (La reine Mathilde DE), II, 258. - - DARMÈS (M.), II, 395, 396, 398, 406. - - DARMSTADT (La duchesse DE), I, 200. - - DAUPHIN DE FRANCE (Louis), I, 28, 353; III, 12, 218. - - DAUPHINE DE FRANCE (Mme LA), I, 28, 279, 372; II, 57; III, 51, - 217, 218. - - DAURE (M.), I, 285, 286, 287. - - DAVOUST, I, 119. - - DAWSON-DAMER (Le colonel), I, 253, 256, 275. - - DAWSON-DAMER (Mrs), I, 253, 254, 282. - - DECAZES (Élie, duc), I, 95, 160, 206, 246, 306, 308, 315, 322; - II, 13, 69, 70, 189; III, 17, 23, 54, 155, 253; IV, 126. - - DECAZES (La duchesse), I, 95, 303; III, 128; IV, 126. - - DEDEL (Salomon), I, 30, 47, 122, 156, 203; III, 225, 226, 227. - - DEGUERRY (L'abbé), III, 19. - - DELAROCHE (Paul), III, 36; IV, 250. - - DELAVIGNE (Casimir), II, 48. - - DELESSERT (M.), III, 19, 20. - - DELMAR (La baronne DE), IV, 240. - - DEMERSON (L'abbé), II, 138. - - DEMIDOFF (Le comte Anatole), II, 377, 394, 399, 427; III, 23, - 128. - - DEMIDOFF (Mme), II, 394; III, 128. - - DEMION (M.), I, 242. - - DENISON (Le baron), I, 156. - - DESJARDINS (L'abbé), II, 229. - - DESSAU (La princesse d'Anhalt), IV, 130. - - DEVONSHIRE (Le duc DE), I, 3, 66, 80; III, 146, 174; IV, 344. - - DEVONSHIRE (La marquise DE), I, 108, 110. - - DEVRIENT (M.), III, 78. - - DIDOT (Firmin), I, 356. - - DIEFFENBACH (Jean-Frédéric), II, 283, 294. - - DIÉGO-LÉON (Le général), III, 125. - - DIEPENBROCK (Le cardinal prince-évêque), III, 303, 327, 328; IV, - 71, 74, 139. - - DIESKAU (Mlle Sidonie DE), II, 339, 341. - - DINO (La duchesse DE), I, 98, 237, 251, 278, 375; II, 16, 119, - 226; IV, 26, 146. - - DINO (Clémentine DE), III, 191. - - DINO (La duchesse Marie-Joséphine DE), III, 123, 189. - - DOENHOFF (La comtesse), III, 301. - - DOHNA (La comtesse Marie), II, 315. - - DOLOMIEU (La marquise DE), I, 123; II, 146; III, 220, 280, 281. - - DOM MIGUEL, I, 2, 73, 101, 106, 121, 125, 127, 129, 183, 192, - 209, 225, 239. - - DON CARLOS, I, 24, 32, 64, 106, 121, 125, 127, 128, 129, 146, - 147, 155, 157, 159, 160, 171, 173, 174, 180, 181, 183, 184, 190, - 192, 204, 205, 207, 209, 211, 215, 217, 232, 238, 239, 240, 243, - 371; II, 47, 97, 117, 122, 144, 168, 169, 186; III, 134. - - DON FRANCESCO D'ESPAGNE, I, 166; II, 260. - - DON JUAN (L'infant), IV, 349. - - DONNADIEU (Le général), I, 118. - - DORIA SAMPHILY-LANDI (Le prince), IV, 258. - - DORIA SAMPHILY-LANDI (La princesse), IV, 258. - - DORSET (Le duc DE), I, 8, 20. - - DOSNE (M.), II, 357. - - DOSNE (Mme), I, 34; II, 189, 192, 429; III, 349; IV, 33, 276, - 349. - - DOUDAN (Ximénès), II, 124, 216. - - DOUGLAS (Le marquis DE), duc de Hamilton, I, 46; III, 231, 272. - - DOURO (Lady), III, 31. - - DROUET D'ERLON (Le général), I, 198. - - DROUYN DE L'HUYS (M.), IV, 131, 194, 206, 239. - - DUBOIS (M.), II, 411. - - DUCHATEL (Le comte), I, 163; II, 11, 87; III, 17; IV, 200, 275. - - DUCHATEL (La comtesse), III, 76; IV, 300. - - DU DEFFANT (La marquise), III, 43, 387, 393. - - DUDEVANT (Mme), en littérature George Sand, I, 247. - - DUFAURE (M.), II, 404, 405, 420, 424; III, 8, 9, 13, 14, 26, 41, - 127, 163, 168, 238. - - DUMONT (M.), IV, 344. - - DUMOURIEZ (Le maréchal), III, 22. - - DUNCANNON (Lord), I, 180, 181. - - DUPANLOUP (Mgr), évêque d'Orléans, II, 136, 138, 139, 211, 212, - 213, 217, 220, 226, 240, 242, 257, 261, 262, 336, 355, 362, 366, - 367, 408; III, 57, 59, 120, 175, 194, 251, 266; IV, 30, 180, 183, - 199, 214, 331, 338, 352, 396. - - DUPERRÉ (L'amiral), I, 283. - - DUPIN, I, 19, 73, 74, 89, 91, 94, 95, 99, 114, 115, 119, 125, - 126, 139, 150, 290, 292, 295; II, 2, 10, 12, 14, 17, 18, 23, 38, - 41, 116, 125, 134, 372, 417, 424; III, 2, 3, 4, 5, 7, 163, 238, - 242, 245; IV, 406. - - DUPIN (Charles, baron), I, 278. - - DUPOTY, III, 147, 148. - - DUPRAT (Le cardinal chancelier), II, 459. - - DUPREZ, II, 151, 440. - - DURAZZO (Le marquis DE), III, 38; IV, 224. - - DURAZZO (La marquise DE), III, 38; IV, 224. - - DURER (Albert), II, 342, 343. - - DURHAM (Lord), I, 56, 71, 89, 96, 107, 115, 126, 167, 175, 176, - 178, 191, 282; II, 162, 167, 342. - - DURHAM (Lady), I, 96, 178. - - DUVERGIER DE HAURANNE, II, 406, 428. - -E - - EASTNOR (Lord), I, 40. - - EASTNOR (Lady), I, 40. - - EBVINGTON (Lord), I, 94. - - ECKMUHL (Le prince D'), I, 106. - - ELCHINGEN (La duchesse D'), III, 246. - - ÉLISABETH (La reine), I, 6, 8, 42, 43. - - ELLICE (L'honorable Édouard), I, 79, 90, 107, 125, 145, 178, 296; - II, 37; III, 413. - - ELLICE (Les deux misses), IV, 244. - - ELSSLER (Thérèse), III, 389. - - EMMANUEL-PHILIBERT (duc de Savoie), II, 224. - - ENGHIEN (Le duc D'), III, 39, 60, 393. - - ENTRAIGUES (Amédée Goveau D'), II, 312, 386, 407; III, 204, 206, - 209, 231. - - ENTRAIGUES (Mme D'), II, 386; III, 204, 231. - - ENTRAIGUES (Jules D'), I, 260; II, 125. - - ENTRAIGUES (Le marquis D'), III, 19. - - ÉON DE BEAUMONT (Le chevalier), II, 179. - - ESCLIGNAC (La duchesse D'), I, 394, 395. - - ESPARTERO (Le général), II, 371, 372, 390; III, 72, 125, 128, - 147, 148, 151, 156, 157, 216. - - ESPRUIL (Le marquis D'), III, 167. - - ESSEX (Lord), III, 31. - - ESSEX (Caroline), III, 31. - - ESTERHAZY (Le comte Maurice), III, 93, 283, 311. - - ESTERHAZY (Le prince Nicolas), III, 87, 284. - - ESTERHAZY (Le prince Paul), I, 50, 60, 62, 70, 78, 204; II, 52, - 176, 338; III, 87, 184, 226, 301, 311; IV, 125, 231, 233, 308, - 309. - - ESTERHAZY (La princesse Paul), III, 88, 238. - - ESTERHAZY (La comtesse Sophie), IV, 383. - - ÉTIENNE (Charles-Guillaume), I, 311. - - ÉTIENNE DE BLOIS (Roi d'Angleterre), I, 270. - - EU (Le comte D'), III, 186; IV, 348. - - EXELMANS (Le général), I, 304; II, 27. - - EYNARD (Jean-Gabriel), III, 10. - -F - - FABRE (Le peintre), I, 193, 194; III, 177. - - FAGEL (Le général), I, 47; II, 66; III, 281. - - FALK (M.), I, 203, 330. - - FALK (Mme), I, 14, 95, 203. - - FALLOUX (Le comte DE), III, 408; IV, 16, 17, 19, 26, 35, 40, 97, - 123, 179, 194, 200, 215, 219, 235, 249, 252, 254, 288, 341, 343, - 371, 373, 374, 375, 376, 420. - - FALLOUX (Mlle Loyde DE), IV, 216. - - FANE (Lady), III, 285. - - FARINI (M.), IV, 366. - - FARNBOROUGH (Lord), I, 163. - - FAUCHER (Léon), IV, 12, 13. - - FAVRE (Jules), IV, 418. - - FELETZ (M. DE), IV, 147. - - FÉNELON (François de Salignac de la Mothe-, l'archevêque comte - DE), II, 239, 325, 335; III, 53, 89. - - FERDINAND VII (Roi d'Espagne), I, 24, 25, 137, 239; II, 422. - - FEREY (Mlle), III, 21. - - FERGUSSON (M.), I, 126. - - FERRERS (Lady), I, 5. - - FERRETTE (Le bailli DE), I, 2. - - FERRUS (Le docteur), II, 7. - - FESCH (Le cardinal), II, 19; III, 120. - - FEUCHÈRES (La baronne Sophie DE), III, 21. - - FEZENSAC (Le duc DE), IV, 300. - - FICQUELMONT (Le comte DE), III, 338; 346, 354, 355; IV, 121. - - FICQUELMONT (La comtesse DE), IV, 119. - - FIESCHI (Joseph), I, 348, 355, 357, 358, 362, 382; II, 2, 12, 13, - 14, 18, 20, 21, 67, 74, 104, 116, 436, 441. - - FILANGIERI (Le général), IV, 323. - - FITZCLARENCE (Lord), I, 21, 63, 172; II, 156. - - FITZ-JAMES (Jacques, duc DE), II, 35. - - FITZ-PATRICK (Richard), I, 180. - - FITZROY-SOMERSET (Lady), I, 46, 123. - - FLAHAUT (Le général comte DE), I, 38, 214, 252, 285, 304, 305; - II, 15, 155, 162, 173, 213, 214, 217, 249, 340, 373, 384, 389, - 398, 432; III, 40, 54, 64, 83, 86, 87, 104, 115, 116, 122, 125, - 214, 238, 311; IV, 253. - - FLAHAUT (La comtesse DE), I, 98, 289, 290, 299, 318; II, 2, 16, - 119, 153, 162, 173, 183, 213, 217, 249, 340, 347, 352, 398, 422, - 437; III, 25, 28, 83, 99, 100, 104, 118, 238, 313. - - FLAHAUT (Comtesse DE), II, 16. - - FLAHAUT (Adélaïde DE), III, 48. - - FLAHAUT (Emily DE), III, 25, 118. - - FLAMARENS (Le comte DE), IV, 64. - - FLAVIGNY (Le comte DE), IV, 57, 248. - - FLAVIGNY (La comtesse DE), IV, 189. - - FLEURY (Le général comte), IV, 248, 313, 317, 418. - - FLEURY (La comtesse), IV, 248. - - FLOTOW (Le comte DE), III, 329. - - FOERSTER (Le prince-évêque Henri), IV, 110, 186, 228, 416. - - FONTAINE (L'architecte), I, 326. - - FONTANES (Louis DE), II, 68; IV, 253. - - FORBIN-JANSON (Le comte DE), IV, 204. - - FOUCHÉ (Duc d'Otrante), I, 366. - - FOUGÈRES (Mlle DE), I, 391. - - FOULD (Bénédict), II, 357, 361; IV, 123, 124, 236, 387. - - FOULQUES NERA (Comte d'Anjou), II, 165. - - FOUQUET (Nicolas), III, 269. - - FOX (Miss), III, 32. - - FOX (Charles-Jacques), I, 180; III, 69. - - FOY (Le comte), II, 124. - - FRANÇOIS Ier (Roi de France), I, 200, 365; II, 49. - - FRANÇOIS (Le Père), capucin, III, 85, 90. - - FRANÇOIS-JOSEPH Ier (Empereur d'Autriche), III, 380, 451; IV, - 49, 50, 60, 61, 63, 94, 101, 120, 152, 201, 206, 207, 313, 316, - 319, 320, 326, 352, 363, 383. - - FRÉDÉRIC II, dit LE GRAND, II, 287, 288, 289, 300, 323, 335; III, - 81, 84, 295, 298, 401; IV, 14, 392. - - FRÉDÉRIC-GUILLAUME, dit le Grand Électeur, II, 287; III, 286. - - FREY (Mrs Élisabeth), III, 164; IV, 172. - - FRIAS (Le duc DE), I, 218; II, 183. - - FRONSAC (Le duc DE), II, 379. - - FUGGER (Ulrich), III, 440. - - FULCHIRON (Jean-Claude), I, 319, 320. - -G - - GADUEL (L'abbé), IV, 81. - - GAËTE (Le duc DE), I, 206. - - GAGE (L'amiral sir William), II, 96. - - GAGERN (Le baron Henri DE), III, 364, 365, 407, 433. - - GALLES (Le prince DE), III, 128. - - GALLIERA (Le duc DE), IV, 248. - - GALLIERA (La duchesse DE), III, 238; IV, 248, 255, 349. - - GALLIFFET (Le marquis DE), II, 260. - - GALLIFFET (La marquise DE), IV, 411. - - GARCIA (Manuel), I, 59. - - GARIBALDI (Mgr Antoine), II, 184. - - GARIBALDI (Joseph), IV, 310, 323, 349, 350, 351, 353, 356, 360, - 361, 362, 366, 367, 393, 402. - - GARNIER-PAGÈS (M.), II, 423; III, 8, 10, 98. - - GARRAUBE (Le colonel DE), I, 261. - - GASTON D'ORLÉANS, I, 271. - - GAUTARD (M. DE), I, 342. - - GAY (Mme Sophie), III, 25. - - GEISSEL (Le cardinal Jean), IV, 414. - - GÊNES (Le duc DE), IV, 110, 194. - - GÊNES (La duchesse DE), IV, 110, 225, 233, 234. - - GENLIS (Mme DE), II, 376; III, 202; IV, 248. - - GENOUDE (L'abbé), III, 19, 20, 105, 178. - - GENTZ (Frédéric DE), III, 69, 117, 247. - - GEORGE III (Roi d'Angleterre), I, 14, 170, 173. - - GEORGE IV (Roi d'Angleterre), I, 37, 55, 63, 72, 95, 113, 129, - 170, 173, 373; IV, 185. - - GEORGEI (Le général), III, 380. - - GÉRARD (Le maréchal), I, 25, 187, 198, 236, 237, 259, 264, 266, - 267, 300, 318, 321. - - GÉRARD (Le peintre), II, 293. - - GERGONNE (M.), III, 177. - - GERLACH (Le général DE), III, 391, 461; IV, 52, 169. - - GERSDORFF (Le baron DE), II, 304, 314; III, 102. - - GESSLER (Le bailli), I, 334. - - GIRARDIN (Mme DE), III, 281. - - GIRARDIN (Le comte Émile DE), III, 402. - - GIRARDON (Le sculpteur), I, 354. - - GIRAUD (Augustin), II, 124. - - GIROLLET (L'abbé), I, 57, 241; II, 42. - - GIVRÉ (Le baron DE), II, 429. - - GLOUCESTER (Le duc DE), I, 3, 68, 69, 70, 71, 127, 146, 157, 287. - - GLOUCESTER (La duchesse DE), I, 63; II, 34, 177. - - GOBERT (M.), III, 44. - - GOEKING (Léopold DE), II, 304. - - GOETHE, II, 335, 459; III, 78, 279, 329. - - GONTAUT (Le vicomte Élie DE), II, 263. - - GONTAUT-BIRON (La duchesse DE), I, 71, 72; II, 33. - - GORE (Charles), III, 31. - - GORTSCHAKOFF (Le prince), IV, 198, 201, 305, 333, 375. - - GOURGAUD (Le général), II, 434. - - GOURIEFF (M. DE), III, 184. - - GOYON (Le général comte DE), IV, 261, 309, 317, 362, 367, 371, - 421, 425. - - GRAFTON (Le duc DE), I, 208. - - GRAHAM (Sir James), I, 88, 90, 101; IV, 280. - - GRAMONT (Mme DE), II, 366, 368; III, 61, 106, 218. - - GRAMONT-GUICHE (La duchesse DE), III, 26, 241, 281. - - GRANDE MADEMOISELLE (La), I, 256; II, 98, 99; III, 248. - - GRANT (Charles, lord Glenelg), I, 165. - - GRANVILLE (Lord), I, 29, 32, 33, 38, 57, 74, 105, 162, 222, 226, - 244, 283, 290, 294; II, 162, 208, 340, 390, 391, 398, 409, 434; - III, 54, 100, 103, 109, 152; IV, 44, 233. - - GRANVILLE (Lady), I, 106; II, 322, 340, 390, 434; III, 100; IV, - 233. - - GRANVILLE (Lady-Charlotte-Georgiana), II, 20. - - GRÈCE (Le roi Othon Ier DE), II, 56. - - GRÈCE (La reine Amélie DE), III, 85; IV, 159. - - GREFFULHE (Mme), I, 393. - - GRÉGOIRE VII (Le pape), I, 354; IV, 135. - - GRÉGOIRE XVI (Le pape), I, 328; II, 185, 336, 399, 427; III, 419; - IV, 118, 255. - - GREVILLE (Henry), I, 253, 255, 256, 259. - - GREY (Lord Charles-Howick), I, 6, 18, 46, 47, 54, 56, 59, 60, 63, - 64, 70, 71, 79, 82, 86, 88, 89, 90, 91, 92, 96, 101, 102, 104, - 106, 108, 109, 110, 115, 120, 122, 126, 128, 131, 132, 145, 149, - 150, 161, 163, 164, 165, 168, 169, 171, 174, 177, 178, 179, 180, - 182, 185, 186, 187, 188, 189, 194, 195, 196, 204, 205, 208, 212, - 213, 214, 218, 219, 223, 232, 263, 294, 299, 357, 384; II, 127, - 157, 337. - - GREY (Lady), I, 79, 100, 109, 174, 178, 212, 213, 384, 385. - - GREY (Lady Élisabeth), I, 109. - - GREY (Lord George), II, 281. - - GREY (Lady Georgiana), I, 79, 108, 109, 110. - - GRISI (Giulia), I, 59; II, 205; III, 156. - - GRIVEL (L'abbé), II, 70. - - GROEBEN (Le général comte DE), III, 456; IV, 165, 171. - - GROGAU (Le colonel James W.), III, 125. - - GROS (Le peintre), I, 332; II, 322. - - GROSVENOR (Lady), I, 66. - - GROTE (La comtesse DE), III, 381; IV, 7. - - GUELLE (L'abbé), III, 385. - - GUERNON-RANVILLE (Le comte DE), II, 7. - - GUICHE (Le duc DE), duc de Gramont, II, 262; IV, 65, 313, 317, - 329, 362, 373, 374, 376, 379, 421. - - GUILLAUME LE CONQUÉRANT (Duc de Normandie), I, 64. - - GUILLON (Mgr), III, 23. - - GUISE (Le duc DE), I, 271. - - GUIZOT (Guillaume), I, 19, 238, 259, 272, 273, 281, 286, 295, - 302, 305, 308, 315, 320, 321, 326, 356, 358, 361, 370, 377, 378, - 382, 394; II, 15, 17, 18, 20, 23, 30, 31, 32, 84, 85, 86, 87, 89, - 90, 92, 108, 116, 124, 125, 126, 127, 130, 133, 136, 162, 163, - 170, 177, 183, 186, 193, 194, 197, 205, 206, 219, 222, 223, 246, - 333, 336, 337, 345, 347, 350, 351, 352, 353, 359, 360, 364, 365, - 373, 384, 387, 390, 397, 400, 401, 402, 404, 405, 406, 407, 408, - 410, 411, 412, 413, 415, 416, 419, 421, 423, 425, 426, 437, 440, - 442, 472, 473, 476; III, 2, 3, 8, 9, 12, 13, 14, 15, 17, 22, 28, - 40, 41, 47, 52, 57, 64, 84, 87, 97, 98, 104, 115, 121, 122, 129, - 148, 152, 163, 178, 180, 192, 195, 205, 212, 213, 217, 219, 220, - 225, 228, 237, 239, 242, 243, 248, 249, 250, 267, 317, 326, 333, - 388, 409, 412; IV, 11, 45, 126, 192, 200, 236, 240, 244, 251, - 272, 275, 327, 340, 378, 385, 394, 419. - - GUIZOT (Mme), I, 272. - - GUSTAVE III (Roi de Suède), III, 287, 288, 314. - - GYULAY (Le général comte), IV, 87, 308, 310. - -H - - HAENDEL, I, 142. - - HAHN-HAHN (La comtesse DE), IV, 21, 58. - - HAINGUERLOT (M.), II, 225. - - HALFORD (Sir Henry), I, 37, 53, 122. - - HAMILTON (Le colonel), II, 188. - - HAMILTON (John-Church), II, 188. - - HAMMERSTEIN (Le baron DE), IV, 23. - - HANOVRE (Le roi DE), I, 27. - - HANOVRE (Le prince Georges de DE), plus tard roi Georges V, I, - 201; III, 103, 381; IV, 177, 350, 358. - - HANOVRE (La princesse royale Marie-Wilhelmine DE), III, 380, 381. - - HANOVRE (L'électrice Sophie DE), III, 381. - - HANSEMANN (M.), III, 356. - - HARCOURT (La comtesse D'), IV, 299. - - HARCOURT (Lady Élisabeth), II, 253. - - HARDENBERG (Le prince DE), III, 318. - - HARDWICK (Lady), I, 40. - - HARDY (Miss Emily), I, 46. - - HAREWOOD (Lord), I, 175. - - HARISPE (Le général), I, 84. - - HARRISON (Miss), II, 325. - - HASSENPFLUG (M. DE), III, 432. - - HATZFELDT (Le prince Hermann DE), III, 357. - - HATZFELDT (Le comte Max DE), III, 282, 418; IV, 2, 180, 229, 243, - 269. - - HATZFELDT (La comtesse DE), III, 73; IV, 18, 243. - - HAUGWITZ (Le général comte DE), III, 88, 91, 380; IV, 327. - - HAUSSONVILLE (Le comte D'), II, 124. - - HAUTEFORT (Marie D'), III, 35; IV, 221. - - HAYDN, I, 142. - - HAYNAU (Le général baron DE), III, 445, 450; IV, 95. - - HECKER (M.), III, 351. - - HÉLIAUD (Le comte D'), II, 198. - - HENEAGE (M.), II, 322. - - HENNENBERG (Le conseiller), II, 88, 100, 304, 311. - - HENRI III (Roi d'Angleterre), I, 61, 271. - - HENRI IV (Roi de France), I, 363; II, 142, 439, 459; III, 49, - 50; IV, 277. - - HENRI (Roi d'Angleterre), I, 82. - - HENRIETTE D'ANGLETERRE (La reine), IV, 63. - - HENSEL (Guillaume), III, 74; IV, 192. - - HERDING (M. DE), III, 272. - - HERTFORD (Lady), I, 62. - - HERZ (Henri), III, 256. - - HESKERN (Le baron DE), III, 229. - - HESS (Le général baron Henri DE), III, 409; IV, 176, 177. - - HESSE (Le landgrave Frédéric DE), IV, 55. - - HESSE (Le prince Georges DE), II, 281, 322. - - HESSE-CASSEL (L'électeur Guillaume DE), III, 96, 238, 429, 432, - 459. - - HESSE-CASSEL (L'électrice DE), III, 40. - - HESSE-DARMSTADT (La princesse Marie DE), II, 285, 346, 356; III, - 54. - - HESSE-DARMSTADT (Le grand-duc Louis II DE), I, 200; II, 355; III, - 429, 432. - - HESSE-HOMBOURG (La landgravine Élisabeth DE), I, 4; III, 314. - - HESSE-PHILIPPSTHAL-BARCHFELD (Le landgrave DE), IV, 168. - - HEYDT (Auguste VON DER), IV, 285. - - HEYTESBURY (Lord), I, 85. - - HILL (Lord), I, 69. - - HOBHOUSE (Sir John Cam), I, 181. - - HOCHBERG-FURSTENSTEIN (Le comte DE), III, 414. - - HOHENLOHE-INGELFINGEN (Le prince Adolphe DE), IV, 155. - - HOHENLOHE-VERINGEN (Le prince DE), II, 355. - - HOHENTHAL, (Le comte DE), II, 325; III, 96, 113, 300. - - HOHENTHAL (La comtesse DE), I, 68; II, 325, 359; III, 96, 110, - 111, 113, 218, 300. - - HOHENZOLLERN-HECHINGEN (Le prince Constantin DE), III, 290, 308. - - HOHENZOLLERN-HECHINGEN (Le prince Frédéric DE), II, 253. - - HOHENZOLLERN-HECHINGEN (La princesse Pauline DE), II, 314, 315, - 332, 335, 338; III, 89, 102; IV, 22. - - HOHENZOLLERN-SIGMARINGEN (Le prince Antoine DE), IV, 165, 171, - 174, 292, 293, 315, 321, 338, 392, 399, 401, 403, 404, 406, 423. - - HOLLAND (Lord), I, 38, 52, 81, 99, 103, 121, 165, 166, 168, 226, - 246, 294; II, 383, 389; III, 30, 228; IV, 240. - - HOLLAND (Lady), I, 37, 77, 78, 81, 97, 102, 103, 146, 167, 168, - 202, 209; II, 53; III, 29, 195; IV, 86, 240. - - HOLSTEIN (Le général prince DE), IV, 363. - - HOPE (Thomas), I, 156. - - HOPE (William), III, 189. - - HOTTINGER (Le baron), II, 369; III, 119. - - HOWARD DE WALDEN (Baron), II, 106, 108. - - HOWE (Lord), I, 5. - - HOWICK (Lord Henri), I, 187, 191. - - HUDEN (M.), III, 284. - - HÜBNER (Le comte DE), II, 338; IV, 243, 248, 283, 297, 380. - - HÜGEL (Le baron Charles DE), III, 84, 91. - - HÜGEL (Le général baron Ernest-Eugène DE), II, 187; III, 84, 88. - - HUGO (Mme Victor), I, 340. - - HUMANN (Le ministre), I, 282, 283; II, 4, 8, 9, 10, 149; III, - 184, 185. - - HUMANN (Mlle Louise), II, 97. - - HUMBOLDT (Alexandre DE), II, 44, 48, 100, 279, 285, 286, 292, - 293, 299, 321, 323, 431; III, 72, 119, 121, 283, 296, 298, 307, - 322, 428, 452; IV, 3, 28, 56, 110, 128, 139, 147, 170, 191, 204, - 229, 232, 246, 289. - - HUMBOLDT (Le baron Guillaume DE), II, 293. - - HUMBOLDT (Mme Guillaume DE), II, 293. - - HUME (M.), IV, 250, 252. - - HURE (M.), I, 180. - - HUSS (Jean), I, 161. - - HYDE DE NEUVILLE (Le baron), II, 35; III, 42. - - -I - - IBRAHIM (Pacha), II, 397, 412, 413, 415, 416, 469. - - IFFLAND (M.), III, 77. - - INÈS DE CASTRO, I, 124; IV, 204. - - INGRES (M.), III, 183. - - ISABELLE II (Reine d'Espagne), I, 158, 192, 216, 217, 232; II, - 47, 425; III, 124, 184, 216, 261; IV, 43, 348, 349. - - ISTRIE (La duchesse D'), III, 24; IV, 217, 240. - - ISTURITZ (Xavier D'), II, 38, 47, 82. - -J - - JACKSON (Le président André), II, 3, 443. - - JACOB (L'amiral comte), I, 84. - - JACQUES Ier D'ANGLETERRE (Le roi), I, 9. - - JANSON (Mme DE), III, 221. - - JAUBERT (Le comte), II, 114, 122, 134, 366, 406, 424, 428, 429. - - JAUCOURT (La marquise DE), I, 48, 283; II, 178, 368; III, 216. - - JELLACHICH (Le général), III, 361, 367; IV, 50. - - JERMINGHAM (Miss), I, 47. - - JERSEY (Lord), III, 184, 284. - - JERSEY (Lady), I, 33, 55, 153, 154, 169, 246; II, 47, 127, 183, - 337; III, 87, 88, 102, 157, 184. - - JOCELYN (Lord), III, 49, 66. - - JOINVILLE (Le prince DE), II, 103, 288, 434, 437; III, 33, 34, - 35, 36, 37, 87, 120, 192, 217, 230, 268, 280, 288; IV, 10, 15, - 20, 21, 22, 23, 33, 59. - - JOINVILLE (La princesse DE), III, 288, 385; IV, 10, 208, 423. - - JOSÉPHINE (L'impératrice), I, 332, 333; II, 335. - - JOUFFROY (M.), III, 26. - - JUMILHAC (Le duc DE RICHELIEU-), II, 35. - - -K - - KAGENECK (La comtesse DE), III, 272. - - KANITZ (Le général comte Auguste DE), III, 172, 178, 351. - - KAROLYI (Le comte), IV, 338. - - KAROLYI (La comtesse dite Nandine), II, 333; III, 91. - - KAULBACH (Guillaume DE), III, 442. - - KENT (La duchesse DE), I, 21, 58, 61, 62, 63, 64, 70, 87, 88, 92, - 93, 365; II, 127, 131, 144, 156, 157, 167, 174, 176, 177. - - KETTLER (L'évêque baron DE), IV, 74, 112. - - KISSELEFF (Le comte Nicolas), III, 150, 152, 157, 220; IV, 65, - 150. - - KISSELEFF (Le général comte), IV, 236, 297, 375. - - KOMAR (Mlle Nathalie DE), III, 232. - - KOREFF (Le docteur), I, 53. - - KOSSUTH (Louis), III, 376; IV, 81, 82, 91, 313, 383. - - KROLL, III, 386. - - KRÜDENER (La baronne DE), II, 171; III, 390, 391. - - KRÜDENER (La baronne Amélie DE), II, 288. - - KRÜGER (Le peintre François), II, 351. - - KÜBECK DE KUBAU (M.), III, 415; IV, 50. - - KÜPER (Le Rév. Dr. William), I, 92. - - KUSHNIX (La comtesse), II, 278. - -L - - LA BESNARDIÈRE (M. DE), I, 324; II, 188; III, 200, 203, 205. - - LABLACHE, III, 156. - - LABORDE (Le comte Léon DE), II, 124. - - LABOUCHÈRE, lord Taunton (Henri), I, 100, 245; II, 118; III, 69, - 119. - - LA BOULAVE (M. DE), II, 357. - - LA BRICHE (La comtesse DE), II, 2; III, 16. - - LA BRUYÈRE (Jean DE), I, 183; II, 73; III, 53. - - LACAVE-LAPLAGNE (M.), II, 404 III, 185, 238. - - LACORDAIRE (L'abbé), II, 34, 35, 362; III, 24, 25, 27, 95; IV, - 339, 340, 341, 371, 394. - - LACRETELLE (Jean-Claude-Dominique DE), I, 136. - - LACRETELLE (Charles), IV, 219. - - LADENBERG, III, 454, 461. - - LADVOCAT (M.), II, 13. - - LAFARGE (Mme, la mère), II, 382. - - LAFARGE (Mme, Marie Capelle), II, 373, 374, 375, 376, 382. - - LA FAYETTE (Le marquis DE), I, 86, 100, 184, 377. - - LA FERRONNAYS (La comtesse DE), III, 24, 25. - - LA FERTÉ (Le comte DE), III, 444; IV, 247. - - LA FERTÉ (La comtesse DE), IV, 127, 189, 235. - - LAFITTE (Le ministre), II, 743; III, 217. - - LA GRANGE (Mme DE), IV, 189. - - LAGRANGE-CHANCEL (Joseph DE), I, 238. - - LA MARCK (Le comte DE), IV, 14. - - LA MARMORA (Le marquis, général DE), IV, 78. - - LAMARTINE (M. DE), II, 124, 221, 405, 424, 425; III, 8, 11, 19, - 163, 168, 222, 230, 349; IV, 20, 136. - - LAMB (Sir Frédéric), I, 27, 291, 293, 294, 296; II, 338. - - LAMBERG (Le général comte DE), III, 358. - - LAMBRUSCHINI (Le cardinal), II, 427. - - LAMENNAIS (L'abbé DE), I, 65, 66, 74; III, 27, 99; IV, 20, 159. - - LAMORICIÈRE (Le général DE), IV, 58, 361, 362, 365, 366, 367, - 372, 373, 379, 381. - - LAMORICIÈRE (Mme DE), IV, 357. - - LANGWARD (L'improvisateur), I, 123. - - LANSDOWNE (Lord), I, 46, 97, 102, 121, 145, 179. - - LANSDOWNE (Lady), I, 52; II, 336. - - LARCHER (Mlle Henriette), I, 242; II, 255. - - LA REDORTE (Le comte DE), I, 266; II, 117, 126, 313, 347, 361, - 396, 407; III, 52. - - LA REDORTE (La comtesse DE), II, 38, 119, 126, 366; III, 52, 152, - 447. - - LA ROCHE-AYMOND (La comtesse DE), III, 306. - - LA ROCHEFOUCAULD (Le comte Alexandre DE), III, 42. - - LA ROCHEFOUCAULD (Marie DE), II, 432. - - LA ROCHEFOUCAULD (Le comte Sosthène DE), duc de Doudeauville, II, - 423; III, 242, 467. - - LA ROCHEFOUCAULD (La vicomtesse DE), I, 147, 148. - - LA ROCHELAMBERT (La marquise DE), IV, 26. - - LA ROCHEJAQUELEIN (Le maréchal, comte Auguste DE), III, 196. - - LA ROCHEJAQUELEIN (Le marquis Georges DE), IV, 20, 64, 65, 148. - - LA ROCHEJAQUELEIN (La comtesse DE), III, 196. - - LA RONCIÈRE le Noury (Émile-Clément DE), I, 276. - - LA ROVÈRE (La marquise DE), II, 347 - - LASALLE (M. DE), III, 37. - - LA TOUR (Le général, comte DE), III, 358. - - LA TOUR-MAUBOURG (Le marquis DE), I, 315; III, 189. - - LAURENCE (M.), I, 12. - - LAUZUN (Le duc DE), I, 257, 277, 297; III, 248. - - LAVAL (Adrien, prince DE), I, 364, 395; II, 69, 70, 71, 76, 77, - 78, 100, 107, 109, 138, 139, 154, 163. - - LAVAL (La vicomtesse DE), II, 155, 205, 217, 219, 235, 246, 254; - IV, 144. - - LA VALETTE (Le marquis DE), IV, 425. - - LAVRADIO (Le comte DE), I, 209. - - LAZAREFF (Le comte Lazare DE), I, 68. - - LAZAREFF (Mme DE), II, 283, 325; III, 278, 300. - - LÉAUTAUD (La comtesse DE), II, 276, 382. - - LEDIEU (L'abbé François), IV, 241. - - LEFÈVRE (M.), IV, 41. - - LEGONIDEC (Le conseiller), I, 349, 362. - - LE HON (Le comte), I, 25; II, 143; III, 165. - - LE HON (La comtesse), II, 143, 155; III, 28; IV, 97, 242. - - LEHZEN (La baronne), I, 58. - - LEININGEN (Le général, comte DE), IV, 95, 100. - - LEMOINNE (John), IV, 85. - - LENORMAND (Marie-Anne), I, 115, 117, 118. - - LENORMANT (Mme), IV, 333, 334. - - LÉON (L'évêque DE, don Joachim Albarca y Blanquès), I, 157. - - LÉON (Le prince DE), II, 377. - - LÉON (La princesse DE), I, 104. - - LÉON X (Le pape), II, 459. - - LÉON XII (Le pape), II, 211. - - LÉOPOLD Ier DE BELGIQUE (Le roi), I, 22, 24, 30, 31, 47, 88, - 92, 104, 105, 381; II, 157, 174, 177, 249, 359, 401; III, 158, - 245, 263, 382, 396; IV, 15, 43, 110, 111, 112, 117, 129, 142, - 175, 282, 285, 316, 330, 352, 423. - - LERCHENFELD (Le comte DE), II, 288; III, 378. - - LE REIS-EFFENDI, II, 64. - - LESLIE (Robert), I, 9. - - LESPINASSE (Mlle DE), III, 43. - - LESSEPS (Le vicomte Ferdinand DE), IV, 69. - - LESTOCQ (La baronne DE), II, 278. - - LEUCHTENBERG (Le duc Auguste-Charles DE), I, 27, 133; II, 260. - - LEUCHTENBERG (Le prince Max DE), I, 333; II, 127; III, 79. - - LEUCHTENBERG (La duchesse Marie DE), III, 79; IV, 372. - - LEVESON (Lord), II, 340; III, 152. - - LÉVIS (Le duc DE), IV, 109. - - LÉVIS (La duchesse DE), IV, 159. - - LEZAY-MARNESIA (Le comte DE), II, 312. - - LIAUTARD (L'abbé), II, 147. - - LICHTENSTEIN (Le prince Aloys-Joseph DE), I, 27. - - LICHTENSTEIN (La princesse DE), II, 334. - - LICHTENSTEIN (Le feld-maréchal, prince DE), IV, 308, 310. - - LICHTENSTEIN (Le général, prince Joseph-Wenzel DE), III, 449. - - LICHTENSTEIN (Le prince Wenzel DE), III, 88. - - LIEBERMANN (Le baron Auguste DE), II, 282, 334; III, 289, 301. - - LIEGNITZ (La princesse DE), II, 275, 278, 286, 292, 295, 300, - 302. - - LIEVEN (Alexandre DE), II, 192. - - LIEVEN (Le prince Christophe DE), I, 60, 83, 84, 85, 86, 89, 98, - 113, 131, 132, 144, 145, 205, 214, 245; II, 193; III, 194. - - LIEVEN (Le prince Paul DE), IV, 244. - - LIEVEN (La princesse DE), I, 4, 7, 19, 20, 44, 45, 47, 49, 50, - 56, 62, 63, 65, 83, 86, 87, 89, 93, 94, 95, 98, 111, 112, 113, - 122, 123, 124, 129, 131, 132, 143, 144, 151, 152, 156, 162, 167, - 171, 175, 177, 196, 202, 215, 226, 244, 294, 330, 354, 357, 367, - 385, 395, 396, 397; II, 2, 6, 11, 16, 20, 29, 52, 54, 61, 62, 63, - 81, 83, 92, 93, 105, 106, 113, 114, 118, 119, 120, 126, 127, 131, - 132, 136, 162, 163, 167, 168, 174, 175, 177, 180, 183, 186, 192, - 197, 198, 205, 206, 208, 248, 297, 322, 333, 337, 347, 351, 358, - 366, 383, 384, 386, 387, 390, 391, 394, 398, 400, 402, 409, 421, - 423, 426, 432, 433; III, 6, 10, 22, 28, 40, 47, 52, 54, 64, 84, - 86, 97, 98, 99, 100, 102, 108, 119, 121, 124, 128, 152, 157, 164, - 165, 172, 178, 180, 184, 192, 194, 205, 217, 218, 225, 228, 235, - 238, 247, 249, 301, 322, 387, 393, 398, 406, 414, 419; IV, 16, - 17, 40, 42, 45, 76, 126, 150, 184, 185, 202, 236, 243, 244, 245. - - LINANGE (Le prince DE), ou prince de Leiningen, II, 131; III, - 408, 409. - - LINDENAU (Le baron DE), II, 330. - - LINDHEIM (Le général DE), IV, 171. - - LIONNE (M. DE), II, 460. - - LISFRANC DE SAINT-MARTIN (Le chirurgien), II, 128, 199. - - L'ISLE (Lady DE), II, 131. - - LISZT, III, 329. - - LITTLETON (Le baron), I, 155, 161, 164, 168, 177. - - LIVERPOOL (Le comte DE), III, 102. - - LOBAU (Le maréchal), II, 70. - - LOBAU (La maréchale), II, 121. - - LOEWENHIELM (Le comte DE), II, 333. - - LOEWENHIELM (La comtesse DE), II, 6, 333. - - LOEWE-WEIMAR (Le baron DE), II, 83, 92. - - LOLA MONTÈS, III, 441. - - LOMBARD (Henri), III, 256, 257, 258. - - LOMBARD (Mme), III, 258. - - LONDONDERRY (Lord), I, 58, 59, 60; III, 122. - - LONDONDERRY (Lady), I, 55. - - LONGUEVILLE (Mme DE), IV, 56, 80, 87, 135, 148, 222. - - LOTTUM (Le comte Charles-Henri DE), II, 297, 321. - - LOTTUM (La comtesse), III, 279; IV, 240. - - LOUIS (Le baron), I, 291; II, 166, 178, 183. - - LOUISE DE LORRAINE (Reine de France), III, 132. - - LOUIS-PHILIPPE (Le roi), I, 10, 14, 60, 94, 184, 197, 217, 235, - 264, 296, 326, 340, 341, 365, 370, 372, 383; II, 49, 51, 92, 98, - 165, 170, 279; III, 19, 263, 284, 323, 330, 333, 385, 396, 428, - 447, 448; IV, 28, 152, 256. - - LOUIS XIV (Roi de France), I, 36, 233, 270; II, 142, 335, 378, - 459; III, 12, 147, 177, 248; IV, 107. - - LOUIS XV (Roi de France), I, 310, 326, 351; III, 148. - - LOUIS XVI (Roi de France), I, 100, 306; II, 158; III, 253, 474. - - LOUIS XVII, IV, 67, 107. - - LOUIS XVIII (Roi de France), I, 136, 237, 238, 298, 325, 332; II, - 49, 432; III, 247, 253, 473. - - LOULÉ (Le marquis et la marquise DE), I, 192. - - LOUVEL, II, 66, 67. - - LOUVOIS (Le marquis DE), I, 351, 352, 353. - - LOVÈRE (M. DE), II, 279. - - LUCCHESI-PALLI (Le comte DE), IV, 103, 107. - - LUCQUES (Le duc DE), III, 319. - - LUCQUES (La duchesse DE), II, 63. - - LUCQUES (Le prince DE), III, 320. - - LUDOLF (Le feld-maréchal, comte François DE), III, 343. - - LUDOLF (Le comte Guillaume-Constantin DE), I, 156. - - LUDRE (La comtesse DE), III, 240. - - LURDE (M. DE), III, 370. - - LUTHER (Martin), II, 273; III, 70, 95. - - LUTTEROTH (Alexandre DE), II, 123. - - LUYNES (La duchesse DE), III, 314. - - LYNDHURST (Lord), II, 223. - - Lyndhurst (Lady), I, 103, 104. - -M - - MACAULAY (Lord), IV, 274. - - MACDONALD (Le maréchal), II, 387. - - MACDONALD (Le général Francis), II, 191. - - MACKAU (L'amiral baron DE), III, 238. - - MAC-LEOD (Alexandre), III, 48, 125. - - MAC-MAHON (Le maréchal DE), duc de MAGENTA, IV, 270, 325, 409. - - MAC-MAHON (La maréchale DE), IV, 415. - - MAGNAN (Le maréchal), III, 387. - - MAGON-LABALLUE (Mlle), II, 150. - - MAHMOUD (Le sultan), II, 154. - - MAHON (Lady Emily), III, 31. - - MAILLÉ (Le duc DE), II, 160, 161. - - MAILLÉ (La duchesse DE), II, 24, 126. - - MAILLÉ (La marquise DE), III, 127. - - MAINTENON (La marquise DE), I, 233, 312; II, 196, 378; III, 12, - 42, 58, 313; IV, 241, 302. - - MAISON (Le maréchal), I, 318, 344; II, 5, 15. - - MAISON (La maréchale), II, 5, 6. - - MAISTRE (La comtesse Adèle DE), III, 172. - - MAISTRE (La comtesse Azélia DE), III, 140, 151. - - MAISTRE (Mlle Francesca DE), III, 166. - - MAISTRE (Le comte Joseph DE), IV, 19, 20. - - MAISTRE (Le comte Rodolphe DE), III, 140, 151, 154, 232; IV, 20. - - MALABRIA, IV, 224. - - MALESHERBES (M. DE), II, 31. - - MALIBRAN (Mme), I, 59, 147. - - MALTZAN (Le comte Mortimer DE), II, 338, 359; III, 28, 104, 114, - 116, 172, 178, 235, 300. - - MANNAY (L'abbé), II, 228. - - MANTEUFFEL (Le baron Othon DE), III, 429, 430, 437, 458, 459, - 461, 462, 463, 464; IV, 2, 3, 8, 27, 41, 43, 52, 128, 129, 155, - 156, 157, 161, 169, 170, 172, 175, 190, 192, 195, 224, 229, 243, - 284, 285, 287, 288, 401. - - MANTEUFFEL (Le général DE), IV, 393, 410. - - MANUEL (M.), IV, 84. - - MANUEL (Mme), comtesse de Gramedo, II, 84. - - MARBOEUF (La marquise DE), II, 233. - - MARBOIS (Le marquis DE), I, 206, 369. - - MARCHAND (Le comte), II, 24, 288. - - MARCHESI (Luigi), II, 329. - - MARESCALCHI (La comtesse DE), II, 145. - - MAREUIL (Le comte DE), I, 22; II, 18. - - MARIE II ou MARIA DA GLORIA (Reine de Portugal), I, 12, 128, 133; - II, 96, 260. - - MARIE-AMÉLIE (Reine de France), I, 363; II, 143; III, 231, 348, - 363, 448, 451, 452, 453; IV, 15, 56, 59, 66, 118, 208, 212, 224, - 237, 276, 423, 425. - - MARIE-LOUISE (L'impératrice), III, 318. - - MARIE DE MÉDICIS (Reine de France), I, 271; II, 142, 371. - - MARIE D'ORLÉANS (La princesse), I, 60, 362, 381; II, 178, 180, - 189, 195, 196, 209, 221; III, 241. - - MARIE DE PORTUGAL (L'infante), I, 192. - - MARIE DE RUSSIE (L'impératrice), II, 356. - - MARIE STUART (Reine d'Écosse), I, 386. - - MARIE-THÉRÈSE (L'impératrice), I, 366; II, 365. - - MARIO, marquis DE CANDIA, III, 156. - - MARLBOROUGH (La duchesse DE), II, 167. - - MARMONT (Le maréchal), duc DE RAGUSE, III, 84, 85, 88, 90, 311, - 457; IV, 235, 245, 249. - - MARNES (Le comte DE), II, 107, 110. - - MAROCHETTI (Le baron Charles), II, 224. - - MARS (Mlle), II, 148; III, 59, 60; IV, 60. - - MARTIGNAC (Aglay DE), III, 239. - - MARTIN (M.), I, 13; II, 265. - - MARTIN DU NORD, I, 362; II, 15, 18, 122, 124, 133, 136, 404; III, - 242. - - MARTIMPREY (Le général DE), IV, 304. - - MARTINEZ DE LA ROSA (François), I, 184, 238, 371. - - MASSA (La duchesse DE), I, 299, 300; II, 16, 195, 388. - - MASSIMO (La princesse), II, 187. - - MATHIEU (M.), II, 354. - - MATTHIOLI (Le comte), III, 252. - - MATUSIEVICZ (Le comte), I, 144, 396; II, 118, 122, 337; III, 194. - - MAUGUIN, I, 12. - - MAUSSION (Le baron Alfred DE), II, 384, 386. - - MAZZINI (Giuseppe), IV, 7, 79, 81, 87, 91, 173, 351, 402. - - MECKLEMBOURG-SCHWERIN (La grande-duchesse DE), II, 116, 145, 156, - 168, 283; III, 225, 254, 265, 284; IV, 54, 264, 277. - - MECKLEMBOURG-SCHWERIN (Le grand-duc Frédéric DE), III, 352, 429. - - MECKLEMBOURG-SCHWERIN (Le duc Gustave DE), III, 191. - - MECKLEMBOURG-SCHWERIN (La princesse Hélène DE), plus tard - duchesse d'Orléans, II, 66, 113, 115, 117, 120, 123, 132, 138, - 141, 143, 144, 148, 149, 151, 154, 155, 157, 159, 160, 161, 178, - 180, 183, 184, 185, 207, 212, 221, 223, 260, 283, 313, 320, 352, - 355, 369, 372, 400, 407, 409; III, 33, 63, 65, 71, 191, 210, 212, - 213, 216, 217, 219, 224, 225, 241, 244, 245, 246, 250, 253, 254, - 255, 262, 264, 265, 267, 284, 330, 332, 333, 334, 335, 348, 352, - 355, 369, 383, 385, 396, 399, 425, 428, 450, 452; IV, 10, 11, 22, - 32, 33, 35, 37, 57, 58, 61, 66, 91, 97, 117, 122, 136, 138, 162, - 225, 230, 231, 247, 274, 275, 276, 278, 299. - - MECKLEMBOURG-STRELITZ (Le grand-duc héréditaire - Frédéric-Guillaume DE), III, 314. - - MECKLEMBOURG-STRELITZ (Le grand-duc Georges DE), II, 299; III, - 429, 432, 434; IV, 158, 364. - - MECKLEMBOURG-STRELITZ (La grande-duchesse Georges DE), IV, 364. - - MECKLEMBOURG-STRELITZ (Le duc Georges DE), IV, 173, 174, 175. - - MEDEM (Paul, comte), I, 10, 98, 144, 145, 162; II, 193, 206, 254, - 337, 351; III, 115, 116, 184, 311, 317, 338, 342, 351; IV, 125. - - MÉHÉMET-ALI (Le vice-roi), I, 245; II, 350, 353, 369, 383, 387, - 467, 468, 469, 470, 471, 472, 473, 474, 476, 478; III, 7, 47, - 329. - - MELBOURNE (Lord), I, 46, 99, 164, 166, 167, 170, 171, 174, 177, - 178, 180, 189, 190, 203, 208; II, 34, 53, 167, 174, 175, 176, - 407; III, 6, 157, 226, 227, 228, 235. - - MELBOURNE (Lady), III, 32. - - MELZI (Le duc), III, 233. - - MELZI (La duchesse), III, 233. - - MENDELSLOH (Le comte DE), I, 70. - - MENDIZABAL (Don Juan Alvarez y), I, 371; II, 38. - - MENNECHET (Edouard), I, 372. - - MENSCHIKOFF (L'amiral prince), IV, 125. - - MENSDORF-POUILLY (Le feld-maréchal comte DE), IV, 228. - - MÉRAN (Le comte DE), III, 382. - - MÉRODE (Mgr DE), IV, 376. - - MÉRODE (Le comte Werner DE), II, 2, 63. - - METTERNICH (Le prince DE), I, 27, 294, 296, 383; II, 56, 61, 63, - 170, 250, 338, 386; III, 7, 22, 69, 83, 84, 88, 89, 92, 104, 108, - 111, 116, 117, 184, 221, 236, 311, 319, 320, 338, 352, 382; IV, - 15, 51, 52, 89, 158, 164, 175, 228, 249, 309. - - METTERNICH (La princesse Mélanie DE), II, 56, 360; III, 83, 84, - 88, 91, 104, 184, 238, 338; IV, 15, 51, 112, 116, 159, 164, 166. - - METTERNICH-WINNEBOURG (Le prince Richard DE), IV, 243, 364. - - MEULAN (Mme DE), III, 237. - - MEUNIER (M.), II, 116, 117, 159. - - MEYENDORFF (Le baron DE), III, 351, 380, 404, 406, 408, 414, 416, - 417, 425, 427, 428, 430, 434, 436, 437, 459, 463; IV, 164, 244. - - MEYENDORFF (La baronne DE), III, 289, 408, 417, 431; IV, 51, 164, - 244. - - MEYERBEER (M.), III, 283; IV, 40. - - MIAOULIS (Amiral), I, 12. - - MIGNET, I, 34, 318; II, 24, 125, 178; III, 5, 245; IV, 251. - - MINA (Don), I, 245. - - MINTO (Lord), IV, 91, 315. - - MIRABEAU (Le marquis DE), I, 134, 135, 136; IV, 14, 17. - - MIRAFLORÈS (Le marquis), I, 51, 87, 121, 125, 127, 128, 146, 174, - 178, 181, 183, 191, 203, 226. - - MIRAFLORÈS (La marquise DE), I, 205. - - MITFORD (John), III, 75. - - MOCQUART (M.), IV, 200, 351, 370. - - MODÈNE (Le duc François IV DE), I, 366. - - MODÈNE (Le duc François V DE), III, 156; IV, 260. - - MOIRA (Lord), II, 157. - - MOLAY (Jacques DE), III, 45. - - MOLÉ (Le comte), I, 246, 267, 268, 272, 274, 289, 294, 295, 300, - 305, 306, 307, 308, 310, 313, 315, 319, 320, 321, 322, 392; II, - 1, 9, 10, 12, 15, 17, 21, 23, 84, 87, 89, 91, 94, 99, 110, 112, - 114, 122, 124, 125, 129, 133, 138, 143, 147, 154, 162, 163, 166, - 169, 177, 183, 185, 186, 192, 194, 205, 219, 220, 246, 360, 361, - 368, 370, 387, 390, 392, 401, 402, 403, 404, 405, 412, 414, 416, - 424, 440; III, 1, 2, 3, 4, 5, 7, 9, 18, 22, 28, 41, 42, 50, 55, - 57, 96, 105, 121, 123, 167, 180, 181, 183, 210, 212, 213, 217, - 219, 225, 237, 238, 239, 242, 243, 349, 383, 406, 444; IV, 11, - 17, 40, 42, 65, 67, 126, 189, 218, 219, 235. - - MOLÉ (La comtesse), II, 126, 143, 121. - - MOLÉ (Mathieu), III, 121. - - MOLITOR (Le maréchal comte), II, 15, 94. - - MOLLIEN (Le comte), I, 291, 296; II, 72, 116; III, 221. - - MOLLIEN (La comtesse DE), I, 299, 303, 312; II, 72, 116, 312, - 320, 373, 374, 375, 401, 417, 428, 436; III, 11, 15, 33, 123, - 182, 221, 259, 447, 452; IV, 59, 66, 97, 126, 208, 344. - - MOLYNEUX (Francis), III, 75. - - MONCEY (Le maréchal), III, 182. - - MONSON (Lord), I, 39, 42. - - MONSON (Lady), I, 39, 43. - - MONTALEMBERT (Le comte Charles DE), II, 361, 362, 366, 368; III, - 325, 394; IV, 210, 255, 334, 395. - - MONTALIVET (Le comte DE), II, 15, 84, 90, 94, 115, 185, 191, 403. - - MONTALIVET (Mme DE), III, 35. - - MONTBRETON (M. DE), II, 35. - - MONTBRETON (Mme DE), II, 376, 382. - - MONTCALM (Le marquis DE), III, 177. - - MONTEBELLO (Le duc DE), II, 101; III, 64, 115; IV, 244. - - MONTEMOLIN (Le comte DE), III, 396; IV, 346, 348, 349, 359. - - MONTÉNÉGRO (Le chevalier), IV, 165. - - MONTENON (M. DE), II, 386. - - MONTESPAN (La marquise DE), I, 312. - - MONTESQUIOU (La comtesse Anatole DE), II, 132. - - MONTESQUIOU (L'abbé DE), III, 247. - - MONTESSUY (Le comte DE), II, 87, 92. - - MONTFORT (Mlle DE, la princesse Mathilde), II, 377, 394; III, - 368; IV, 40, 43, 74, 199, 214, 296. - - MONGUYON (M. DE), IV, 97, 232, 278. - - MONTIJO (Mlle DE), plus tard l'Impératrice Eugénie, IV, 65, 69, - 70, 72, 73, 77, 84, 87, 92, 112, 189, 206, 207, 213, 214, 235, - 269, 285, 296, 320, 362, 385, 408. - - MONTIJO (Mme DE), IV, 69. - - MONTJOYE (La comtesse DE), III, 220, 363. - - MONTMORENCY (Le duc Mathieu DE), IV, 334. - - MONTMORENCY (Le baron, puis duc Raoul DE), I, 257, 260, 261, 296; - II, 77, 115, 137, 163, 187; III, 131; IV, 28, 275. - - MONTMORENCY (La duchesse DE), I, 27; II, 16, 26, 33, 138, 143, - 252, 394, 434; III, 22, 44, 52, 97, 102, 105, 280. - - MONTMORENCY (La duchesse Mathieu DE), II, 233, 250, 380, 432; - III, 310; IV, 287, 335. - - MONTMORENCY (La baronne DE), III, 131. - - MONTPENSIER (Le duc DE), III, 35, 132, 268, 324, 349; IV, 57, - 348. - - MONTPENSIER (La duchesse DE), III, 349; IV, 58. - - MONTROND (Le comte DE), I, 16, 24, 32, 51, 114, 120, 148, 149, - 249, 250, 252, 255, 256, 283, 285, 395; II, 173, 197, 256, 373, - 383; III, 52, 242; IV, 144. - - MONTROND (La comtesse DE), I, 148. - - MORELL (La baronne DE), I, 276. - - MORELL (Mlle Marie DE), I, 276. - - MORELLET (L'abbé), I, 121. - - MOREY (M.), II, 18, 21. - - MORLOT (Le cardinal), III, 202; IV, 330, 331, 398. - - MORNAY (Le comte Charles DE), 276; II, 121; III, 18. - - MORNINGTON (Lady), I, 3. - - MORNY (Le duc DE), IV, 41, 90, 123, 184, 202, 231, 233, 236, 242, - 249, 253, 301. - - MORPETH (Lord), III, 39. - - MORTEMART (Mlle Alicia DE), I, 312; III, 203. - - MORTEMART (Arthur DE), II, 392; III, 203; IV, 17. - - MORTIER (Le maréchal), I, 278, 318, 360. - - MOSKOWA (Le prince DE LA), I, 89, 106; III, 44, 255, 256, 368. - - MOTTEUX (M.), I, 263. - - MOTTEVILLE (Mme DE), II, 98; IV, 205. - - MOUCHY (Le duc DE), IV, 64. - - MOUCHY (La duchesse DE), IV, 126. - - MOUNIER (M.), II, 41, 415, 425; III, 54. - - MOUNT-EDGECUMBE (Lord), I, 20. - - MOUSTIERS (Le marquis DE), IV, 152, 292, 336. - - MULLER (Frédéric DE), IV, 28, 29. - - MULLER (Jean DE), IV, 29. - - MUNCHHAUSEN (Le baron DE), IV, 7. - - MUNSTER (Le comte DE), I, 204. - - MUNSTER (La comtesse DE), I, 204. - - MULGRAVE (Lord), I, 94, 198. - - MUNIER DE LA CONVERSERIE (Le général), I, 119. - - MUNOZ (Fernando, duc DE RIANZARÈS), II, 400; III, 124, 260. - - MUNSTER (Lord), II, 156. - - MURAT (La princesse), II, 19, 83, 191. - - MURAT (Le prince Joachim), IV, 394. - - MURAT (Le prince Lucien), IV, 86, 184, 394. - - MURILLO, III, 441. - - MUSSET (Alfred DE), I, 247. - -N - - NANTES (Mlle DE), I, 233. - - NAPIER (L'amiral), II, 371, 433, 439; III, 47; IV, 192. - - NAPLES (La reine Caroline DE), II, 30. - - NAPLES (Le prince Charles DE), II, 30. - - NAPLES (Le roi Ferdinand II DE), I, 60, 236; II, 49, 56, 65, 79, - 80, 82, 107, 150. - - NAPLES (Le roi François II DE), IV, 350, 356, 360, 361, 362, 374, - 381, 387, 394. - - NAPLES (Le prince Léopold DE), I, 362. - - NAPLES (La princesse Marie DE), II, 237. - - NAPLES (La reine Marie DE), IV, 383. - - NAPLES (La reine Marie-Christine DE), II, 12, 20, 107. - - NAPOLÉON Ier (L'empereur), I, 33, 107, 116, 137, 227, 228, - 247, 310, 326, 332, 397; II, 24, 158, 231, 288, 297, 328, 329, - 335, 401, 425, 426, 432, 433, 435, 439, 440, 463; III, 38, 39, - 167, 295, 330, 393, 408; IV, 96, 147, 200, 245, 249, 255. - - NAPOLÉON (Le prince Jérôme), IV, 42, 69, 70, 86, 151, 296, 298, - 301, 302, 303, 304, 305, 324, 327, 341, 356, 358, 360, 386, 397. - - NARBONNE-LARA (Le comte DE), IV, 143, 144, 145, 146, 147. - - NARBONNE (La comtesse Louis DE), née DE MONTHOLON, III, 142. - - NASSAU (Le duc Adolphe DE), III, 314, 429. - - NASSAU (Le duc Guillaume DE), I, 30. - - NASSAU (La princesse Marie DE), III, 157. - - NASSAU (La duchesse Pauline DE), III, 52. - - NÉALE (La comtesse Pauline), III, 71, 75, 282, 285, 288. - - NECKER (Jacques), I, 320, 345. - - NECKER (Mme), I, 345. - - NEELD (Lady Caroline), I, 40. - - NEGRO (Le marquis Carlo DI), IV, 77. - - NEIPPERG (Le comte DE), II, 345, 346, 348. - - NEMOURS (Le duc DE), I, 296, 310, 340, 357; II, 36, 48, 65, 103, - 179, 196, 199, 207, 214, 250, 291, 365, 372; III, 36, 37, 210, - 212, 217, 244, 261, 262, 265, 268, 383, 384; IV, 10, 59, 117, - 136, 138, 225, 246, 247, 248, 277. - - NEMOURS (La duchesse DE), II, 251, 372; III, 34, 125, 186, 225, - 244, 383, 384; IV, 10, 59, 225, 416. - - NERLI, IV, 108. - - NESSELRODE (Le comte DE), I, 85, 86, 99, 112, 124; II, 337, 415; - III, 220, 317; IV, 51, 52, 131, 138. - - NESSELRODE (La comtesse DE), I, 330; II, 351, 415, 417, 422; III, - 10, 28, 96. - - NEUMANN (Le général), III, 431. - - NEUMANN (Le baron), II, 349, 472, 473; III, 115. - - NEU-WIED (Le prince Guillaume DE), III, 157. - - NEY (Le maréchal), I, 89, 304, 306; III, 255. - - NEY (La maréchale), II, 437. - - NEY (Edgar), III, 386; IV, 411. - - NICOLAÏ (Le marquis DE), II, 376. - - NICOLAÏ (La marquise Scipion DE), II, 376, 382. - - NICOLAS Ier DE RUSSIE (L'empereur), I, 11, 52, 85, 112, 144, - 360, 383, 385, 386; II, 54, 87, 92, 105, 248, 276, 293, 295, 301, - 302, 303, 377; III, 23, 62, 79, 127, 220, 267, 299, 307, 317, - 332, 375, 377, 413, 462; IV, 14, 50, 52, 53, 54, 68, 113, 124, - 127, 129, 131, 134, 151, 152, 159, 161, 163, 164, 186, 187, 195, - 196, 201, 202, 204. - - NICOLE (Pierre), II, 39, 44. - - NIEBUHR (M. DE), IV, 192. - - NIEL (Le général), IV, 195, 296, 304. - - NIGRA (Le chevalier), IV, 359. - - NINA LASSAVE, II, 13. - - NISARD (M.), IV, 227, 228. - - NOAILLES (Le duc DE), I, 312, 322, 324, 338; II, 28, 34, 41, 67, - 71, 72, 100, 114, 118, 125, 173, 178, 182, 198, 298, 332, 333, - 347, 383, 392, 396, 403, 407, 408, 417, 419, 438, 441; III, 12, - 17, 40, 41, 42, 52, 97, 100, 103, 121, 153, 187, 214, 215, 241, - 248, 392, 393, 397; IV, 12, 25, 26, 36, 97, 126, 136, 180, 218, - 244, 268, 394. - - NOAILLES (La duchesse DE), I, 340; II, 76; III, 221; IV, 126. - - NOAILLES (Le comte Maurice DE), II, 403, 407; III, 153. - - NOAILLES (La vicomtesse DE), I, 338; IV, 24. - - NOAILLES (Mlle Sabine DE), I, 366. - - NODIER (Charles), III, 57. - - NOTHOMB (Le baron DE), III, 334; IV, 43. - - NORFOLK (Le duc DE), I, 141, 209, 210. - - NORFOLK (Le duc Henry DE), IV, 240. - - NORMANBY (Le marquis DE), III, 54, 406, 421; IV, 44. - - NORTHUMBERLAND (La duchesse DE), I, 58. - - NORTON (M.), II, 53. - - NORTON (Mrs), II, 37, 53, 63. - - NOSTITZ (Le comte DE), III, 307. - - NOSTITZ (La comtesse DE), III, 73. - - -O - - OBERKAMPF, III, 21. - - O'CONNEL (Daniel), I, 145, 155, 175, 176, 179, 186, 195, 205, - 207, 218, 368; II, 12. - - O'DONNELL (Le général comte Maurice), III, 85. - - O'DONNELL (Le général comte Maximilien), IV, 86, 88, 94, 122. - - OFFALIA (Le comte D'), II, 416. - - OLBERG (Le général DE), IV, 192. - - OLDENBURG (Le grand-duc Auguste D'), III, 433. - - OLDENBURG (La grande-duchesse D'), VI, 85. - - OLFERS (M.), III, 76, 79, 284, 299. - - OLIVIER (L'abbé), I, 344; II, 225. - - OLOZAGA (Don Salluste), III, 125. - - OMPTEDA (La baronne D'), I, 72, 204; II, 333. - - ORANGE (Le prince Guillaume D'), I, 149; II, 54. - - ORANGE (La princesse D'), I, 149,330. - - ORESTIS (La comtesse DE), IV, 76. - - ORIE (Le docteur), II, 201; III, 52, 206. - - ORLÉANS (Le duc Ferdinand D'), I, 25, 33, 35, 105, 136, 232, 235, - 236, 252, 256, 258, 260, 264, 265, 266, 282, 285, 289, 290, 291, - 293, 299, 305, 310, 311, 315, 323, 340, 346, 361, 363, 381, 382, - 383; II, 15, 36, 38, 39, 40, 43, 44, 45, 48, 50, 51, 56, 57, 61, - 63, 65, 68, 69, 73, 75, 79, 82, 86, 93, 99, 103, 113, 115, 116, - 118, 119, 121, 123, 142, 143, 146, 153, 155, 161, 176, 179, 189, - 193, 196, 206, 207, 208, 235, 291, 296, 313, 319, 320, 352, 353, - 364, 365, 366, 376, 396, 400, 401, 404, 415, 421; III, 9, 12, 17, - 18, 25, 34, 35, 40, 44, 45, 56, 86, 131, 148, 163, 164, 178, 183, - 186, 191, 207, 209, 210, 214, 215, 216, 217, 218, 220, 222, 224, - 234, 241, 245, 254, 261, 283, 332, 355; IV, 237. - - ORLÉANS (Gaston D'), III, 239. - - ORLÉANS (Le duc Philippe D'), Philippe-Égalité, I, 297, 298. - - ORLOFF (Le comte, puis prince), II, 168, 174, 180; IV, 149, 150, - 151, 152, 156, 164, 227. - - ORNANO (Le général), I, 261. - - ORSAY (Le comte Alfred D'), I, 46. - - ORSAY (Lady Harriet D'), III, 234. - - ORSINI, IV, 270, 271, 316. - - ORTEGA (Le général), IV, 346, 349. - - OSMOND (La marquise D'), IV, 126. - - OSSAT (Le cardinal D'), II, 459. - - OSSULSTON (Lord), I, 80. - - OSSUNA (Le duc D'), IV, 69, 112, 409. - - O'SULLIVAN DE GRASS (Le comte), IV, 117. - - OULTREMONT ET DE VERGIMOND (La comtesse D'), III, 40, 76. - - OUTREMONT DE MINIÈRES (Le général D'), III, 117. - -P - - PAGANINI, III, 299. - - PAGEOT (M.), III, 180. - - PAHLEN (Le comte), I, 78, 156, 383, 387, 395, 396, 397; II, 5, - 15, 193; III, 127, 150, 154, 164, 167, 184, 225, 239, 249, 250, - 301. - - PALAFOX (Don José DE), I, 207. - - PALATINE (La princesse), Anne de Gonzague, II, 24, 30, 196. - - PALFFY (Le comte Aloys), III, 343. - - PALFFY (La princesse), II, 336. - - PALIKAO (Le maréchal Cousin-Montauban, comte DE), IV, 418, 419. - - PALLADIO (André), IV, 104, 105. - - PALLAVICINI (Le marquis), II, 224. - - PALMELLA (Le duc DE), I, 127. - - PALMELLA (La duchesse DE), II, 259. - - PALMERSTON (Lord), I, 6, 19, 29, 32, 33, 47, 50, 51, 63, 83, 85, - 86, 89, 94, 96, 98, 102, 104, 105, 113, 125, 128, 131, 132, 161, - 162, 170, 175, 176, 183, 184, 188, 202, 203, 209, 210, 214, 216, - 225, 226, 238, 239, 246, 253, 262, 265, 293, 294, 296, 359; II, - 107, 108, 157, 162, 345, 349, 353, 364, 383, 386, 387, 388, 391, - 393, 395, 398, 399, 407, 409, 411, 412, 415, 419, 421, 433, 439, - 465, 479; III, 6, 7, 8, 10, 22, 54, 87, 90, 109, 157, 226, 228, - 229, 320, 325, 342, 349, 379, 384, 396, 402, 410, 413, 414, 416, - 417, 421, 426, 453; IV, 8, 9, 38, 39, 44, 45, 111, 124, 138, 151, - 171, 191, 222, 239, 245, 269, 274, 275, 282, 295, 304, 313, 329, - 350, 355. - - PALMERSTON (Lady), II, 351, 397; III, 48, 49, 54, 102, 109, 157; - IV, 44. - - PALMERSTON (Mlle Fanny), III, 49. - - PALMYRE (Mlle), I, 255; II, 142. - - PANIEGA (Mlle DE LA), IV, 285. - - PANIS (Le comte DE), III, 102, 158. - - PAPPENHEIM (Le comte), III, 318. - - PARIS (Le comte DE), II, 387, 394, 400, 401, 407; III, 63, 224, - 246, 250, 255, 262, 333, 384, 385, 396, 422; IV, 99, 138, 232, - 247, 248, 276, 277, 278, 349. - - PARME (Le duc Robert DE), IV, 324. - - PARME (La duchesse régente DE), IV, 349. - - PARRY (Le capitaine), I, 45. - - PASCAL (Blaise), II, 44; III, 392; IV, 25. - - PASKEWITSCH (Le feld-maréchal), III, 301, 380, 452. - - PASQUIER (Le duc), I, 10, 283, 291, 304, 306, 322, 362, 382; II, - 1, 2, 20, 146, 225, 441; III, 9, 18, 22, 44, 167; IV, 126. - - PASSINI (M.), III, 299. - - PASSY, I, 277, 278; II, 14, 15, 17, 219, 404, 405, 410, 419, 424; - III, 8, 9, 14, 26, 127, 163, 185, 238. - - PASTA (Judith), I, 59. - - PASTORET (Le marquis DE), III, 9; IV, 64, 65, 148. - - PATOW (Le baron DE), IV, 393. - - PAYS-BAS (Le prince Frédéric DES), I, 172; II, 290; III, 388. - - PAYS-BAS (La princesse Frédéric DES), I, 172; II, 284, 286. - - PAYS-BAS (le Roi Guillaume Ier DES), I, 14, 24, 30, 172, 341; - II, 249, 356; III, 48, 76, 229, 233, 307. - - PAYS-BAS (le Roi Guillaume II DES), III, 191, 226, 227, 281. - - PAYS-BAS (Le prince héréditaire DES), plus tard roi Guillaume - III, III, 66, 388. - - PAYS-BAS (La reine Wilhelmine DES), I, 172; II, 45, 48. - - PÉAN (Valet de chambre du prince de Talleyrand), II, 247. - - PECHLIN (M.), diplomate danois, III, 427. - - PEDRO Ier (Dom), I, 11, 56, 72, 121, 125, 128, 171, 192. - - PEEL (Sir Robert), I, 101, 104, 139, 140, 141, 145, 171, 189, - 190, 288, 293, 299, 308, 357; II, 175; III, 6, 8, 52, 102, 122, - 194, 226. - - PEEL (Lady), I, 140; III, 52. - - PEEL (The Right Hon. William-Yates), III, 52. - - PÉLISSIER (Le maréchal), duc DE MALAKOFF, IV, 231, 274, 278, 285, - 287, 298, 304, 385. - - PELLICO (Silvio), III, 141; IV, 50. - - PEMBROKE (Lady), II, 47. - - PÉNÉLOPE Smith (Miss), II, 31, 57. - - PEPE (Le général), IV, 218. - - PÉPIN (M.), I, 348, 349, 356, 362, 373; II, 18, 20, 21. - - PERIER (Casimir), I, 6, 9, 10, 15, 19, 273; III, 151, 157, 167, - 220. - - PÉRIGORD (Le duc DE), I, 344. - - PÉRIGORD (La duchesse DE), I, 348; IV, 82. - - PÉRIGORD (Le comte Alexandre DE), duc DE DINO, I, 363; II, 199, - 204, 226, 247, 399, 401, 435; III, 1, 98, 123, 170, 187, 205; IV, - 35, 64, 80, 180, 206, 215. - - PÉRIGORD (Boson DE), II, 104, 434. - - PÉRIGORD (Le comte Paul DE), IV, 82. - - PÉRIGORD (Mlle Pauline DE), plus tard marquise DE CASTELLANE, I, - 45, 242, 305, 314, 327, 337, 349; II, 26, 33, 34, 40, 41, 43, 46, - 53, 72, 136, 141, 145, 146, 149, 151, 157, 158, 188, 204, 205, - 207, 211, 217, 220, 227, 228, 235, 236, 244, 245, 252, 259, 260, - 261, 262, 263, 332, 347, 381, 386; III, 1, 49, 64, 68, 74, 120, - 129, 130, 139, 140, 142, 145, 149, 150, 152, 153, 159, 161, 169, - 175, 179, 181, 185, 186, 187, 192, 193, 196, 197, 198, 200, 201, - 203, 205, 233, 249, 250, 326, 331, 353, 394; IV, 15, 48, 126, - 178, 179, 183, 266, 267, 269, 281, 396. - - PÉRIGORD (Le cardinal DE TALLEYRAND-), I, 327, 330, 392; II, 229, - 232; III, 5. - - PERPONCHER (Le comte Henri DE), II, 282. - - PERPONCHER (La comtesse DE), II, 278, 280, 282, 290, 321, 324; - III, 71, 73, 74, 75, 80, 103, 113, 282, 286. - - PERREGEAUX (Le comte DE), II, 374. - - PERRONE DI S. MARTINO (Le baron Paul), IV, 224. - - PERSIGNY (Le duc DE), III, 402, 403, 407, 408, 417, 418, 423, - 425, 430, 434; IV, 3, 41, 90, 124, 179, 238, 240, 301, 363, 397, - 424. - - PERSIL (Jean-Charles), I, 377; II, 134. - - PETER (Mrs), I, 176, 214. - - PETETOT (L'abbé), II, 362; III, 257. - - PETIT (Le général), I, 259. - - PEYRONNET (Le comte DE), II, 7, 52, 110; III, 243. - - PIATOLI (L'abbé Scipion), II, 310. - - PICARD (Ernest), IV, 418. - - PIE (Mgr), IV, 406. - - PIE VII (Le pape), II, 230, 231, 255; III, 295. - - PIE IX (Le pape), III, 363; IV, 183, 253, 255, 258, 260, 261, - 297, 299, 309, 313, 315, 317, 325, 329, 330, 337, 342, 348, 352, - 357, 360, 362, 365, 369, 370, 371, 372, 373, 376, 378, 381, 385, - 387, 406, 416, 420, 421, 425. - - PIERRES (Le baron DE), IV, 418. - - PIETRI (M.), IV, 397. - - PIMODAN (Le général marquis DE), II, 224, 225; IV, 372, 373, 374, - 377. - - PIRON (M.), I, 119, 126. - - PISCATORY (M.), II, 406. - - PITT (William), I, 64, 163. - - PLAISANCE (La duchesse DE), II, 171. - - PLESSEN (M. DE), II, 123. - - PLYMOUTH (Lady), I, 8. - - PODENAS (La marquise DE), III, 130. - - POIX (Le duc DE), III, 215. - - POIX (La duchesse-princesse DE), I, 340, 394; III, 241. - - POLIGNAC (Le prince DE), I, 30, 277; II, 7, 108, 109, 110; III, - 192. - - POLIGNAC (La princesse DE), I, 95; II, 100. - - POLIGNAC (Le cardinal DE), II, 459. - - POMPONNE (Le marquis DE), II, 44. - - PONCEAU (Le vicomte DU), III, 52. - - PONIATOWSKI (Roi de Pologne), II, 335. - - PONIATOWSKI (Le maréchal prince), I, 272. - - PONSARD, III, 281. - - PONSONBY (Lord), I, 125,; II, 64, 65, 349, 371; III, 47, 54, 349. - - PONTOIS (Le comte DE), II, 349. - - PORCHESTER (Lord), I, 38. - - PORTUGAL (Le roi PEDRO V DE), IV, 237, 318. - - PORTUGAL (La reine DE), princesse Stéphanie de - Hohenzollern-Sigmaringen, IV, 318, 415. - - POTEMKIN (M. DE), II, 337. - - POTOCKI (Le comte Stanislas DE), I, 228. - - POTOCKA (La comtesse Delphine DE), IV, 250. - - POURTALÈS (Le comte Albert DE), IV, 141, 161, 172, 312, 315, 337. - - POURTALÈS (Le comte Louis DE), III, 298. - - POZZO (Le comte), I, 15, 32, 33, 57, 98, 99, 291, 294; II, 39, - 106; III, 166, 251. - - POZZO DI BORGO (Le comte Charles), III, 166. - - PRASLIN (Le duc DE), II, 141; III, 34. - - PRASLIN (La duchesse DE), III, 35. - - PREISSAC (Le comte DE), II, 189. - - PRÉVOST-PARADOL (M.), IV, 343, 357. - - PRINCE NOIR (Le), I, 41. - - PRITWITZ (Le général DE), III, 373, 374. - - PROKESCH-OSTEN (Le baron DE), III, 378, 408, 423, 426, 430, 436, - 437; IV, 5, 27. - - PRUD'HON (Le peintre), I, 247. - - PRUSSE (Le prince Adalbert DE), II, 322; III, 288, 389; IV, 232, - 405. - - PRUSSE (Le prince Albert DE), III, 233, 234, 431; IV, 115, 172. - - PRUSSE (La princesse Albert DE), II, 50, 63, 279, 281; III, 77, - 234, 281, 299, 313. - - PRUSSE (La princesse Anna DE), IV, 55, 56. - - PRUSSE (Le prince Auguste DE), III, 306. - - PRUSSE (Le prince Charles DE), III, 274, 431; IV, 156, 197. - - PRUSSE (La princesse Charles DE), II, 278, 283; III, 73, 74, 78, - 112, 285, 288; IV, 168, 291, 372, 382. - - PRUSSE (La princesse Charlotte DE), plus tard princesse de - Saxe-Meiningen, III, 427; IV, 115. - - PRUSSE (Le prince Frédéric DE), I, 199; II, 355; III, 67, 72, - 273, 274. - - PRUSSE (La princesse Frédéric DE), III, 74. - - PRUSSE (Le prince Frédéric-Charles DE), IV, 130. - - PRUSSE (Le roi Frédéric-Guillaume II DE), III, 301. - - PRUSSE (Le roi Frédéric-Guillaume III DE), I, 14, 235; II, 115, - 272, 319, 331, 350. - - PRUSSE (Le prince royal DE), puis roi Frédéric-Guillaume IV, II, - 45, 48, 50, 55, 270, 275, 280, 281, 285, 287, 288, 289, 290, 295, - 317, 351, 359, 372, 431; III, 7, 40, 46, 62, 67, 110, 114, 157, - 164, 165, 172, 222, 263, 273, 289, 318, 369, 377, 388, 391, 464; - IV, 52, 72, 110, 112, 114, 196, 234, 260, 262, 275, 281, 321. - - PRUSSE (La princesse royale DE), puis la reine Élisabeth, II, 45, - 47, 278, 280, 290, 327; IV, 53, 110, 115, 119, 120, 159, 225, - 259, 297, 391. - - PRUSSE (Le prince Frédéric-Guillaume DE), plus tard empereur - Frédéric III, IV, 262, 391, 416. - - PRUSSE (La princesse Frédéric-Guillaume DE), IV, 281, 415. - - PRUSSE (Le prince Guillaume DE), plus tard empereur d'Allemagne, - II, 278, 282, 300, 301, 321; III, 62, 77, 271, 274, 282, 283, - 289, 291, 293, 294, 296, 349, 381, 430, 454, 457, 461; IV, 6, 52, - 155, 166, 170, 174, 175, 176, 177, 190, 197, 263, 264, 272, 284, - 285, 287, 288, 291, 319, 321, 325, 332, 333, 335, 354, 356, 363, - 382, 405, 408, 410, 411. - - PRUSSE (La princesse Guillaume DE), plus tard impératrice - d'Allemagne, II, 45, 278, 279, 280, 282, 284, 286, 287, 288, 291, - 296, 301, 302, 321, 322, 323, 324, 325; III, 71, 73, 74, 75, 78, - 80, 95, 113, 116, 117, 264, 281, 282, 285, 288, 306, 309, 322, - 331, 365, 430, 435; IV, 27, 116, 155, 402. - - PRUSSE (Le prince Guillaume DE), frère du roi Frédéric-Guillaume - III, II, 51; III, 282, 334, 365, 389. - - PRUSSE (La princesse Guillaume DE), II, 278, 283, 284; III, 71, - 73, 74, 282, 284, 389. - - PRUSSE (Le prince Louis DE), I, 83. - - PRUSSE (La reine Louise DE), I, 71; II, 288, 299. - - PRUSSE (La princesse Louise DE), puis grande-duchesse de Bade, - IV, 234, 417. - - PRUSSE (La princesse Louise DE), puis princesse Alexis de - Hesse-Philippsthal-Barchfeld, IV, 168. - - PRUSSE (La princesse Louise DE), princesse Antoine Radziwill, II, - 48; III, 302. - - PRUSSE (La princesse Marie DE), III, 156, 233. - - PRUSSE (Le prince Waldemar DE), III, 365. - - PUCKLER (Le prince), II, 277; III, 282, 291, 292, 293, 294, 295, - 318, 329. - - PUCKLER (La princesse), II, 283, 291; III, 291, 293, 294. - - PUTBUS (Le prince DE), III, 296. - - PUTBUS (La princesse DE), III, 279; IV, 416. - - PUTBUS (Le comte Malte DE), II, 140, 141; III, 279. - - PYAT (Félix), IV, 270. - -Q - - QUATREMÈRE DE QUINCY (Antoine-Chrysostôme), II, 130. - - QUÉLEN (Le comte DE), archevêque de Paris, I, 327, 328, 329, 344, - 391, 395; II, 34, 35, 65, 67, 108, 109, 121, 122, 137, 138, 139, - 182, 211, 217, 231, 232, 237, 241, 242, 243, 309, 361, 366, 368, - 393, 441; III, 1, 2, 4, 5, 23, 27, 44, 46, 105, 106, 144, 310, - 328. - - QUINEMONT (Le marquis DE), III, 206. - - QUITRY (Le marquis DE), IV, 64. - - -R - - RACHEL (Mlle), II, 259; III, 18, 103, 128, 153, 242, 445, 467, - 468, 469, 470, 471; IV, 59. - - RACZYNSKI (Le comte), II, 297. - - RADETZKY (Le maréchal comte DE), III, 361, 366, 367, 371, 380; - IV, 88, 95, 96, 97, 101, 148, 260. - - RADNOR (Lord William), I, 106, 449. - - RADOWITZ (Le général DE), III, 318, 321, 334, 377, 378, 407, 410, - 413, 415, 425, 433, 435, 451, 453, 454, 457, 461, 464; IV, 5, - 130, 138, 139, 140. - - RADZIWILL (Le prince Antoine), III, 78; IV, 232, 416. - - RADZIWILL (Le prince Guillaume), II, 287, 300; III, 71, 75, 77, - 282, 288, 296, 299, 302; IV, 8, 281. - - RADZIWILL (La princesse Guillaume), II, 287; III, 71, 75, 77, - 282, 288, 296, 299, 302; IV, 8, 281. - - RAGLAN (Lord), IV, 202, 210. - - RAMBUTEAU (Le comte DE), I, 228; III, 9, 59. - - RAMBUTEAU (La comtesse DE), I, 300; III, 24, 25, 142, 248. - - RANDON (Le maréchal comte), IV, 345. - - RANELAGH (Lord), III, 171. - - RANTZAU (Le maréchal DE), II, 156. - - RANTZAU (Le comte DE), II, 156-159. - - RANVILLE (M. DE), II, 108. - - RAPHAEL SANZIO, II, 130. - - RAQUENA (Le comte DE), II, 418. - - RATISBONNE (L'abbé), II, 97. - - RATTAZI (M.), IV, 320. - - RAUCH (le général DE), III, 377, 404, 405, 424, 425. - - RAUCH (Le sculpteur), II, 48, 296, 300, 343; III, 79. - - RAULLIN (M.), I, 32, 283, 287, 288; II, 428; III, 24. - - RAUMER (M.), IV, 285. - - RAUZAN (La duchesse DE), IV, 127. - - RAVIGNAN (L'abbé DE), II, 27, 220, 224; III, 248, 249, 266; IV, - 269, 271, 272. - - RAYNEVAL (Le comte DE), I, 295, 307, 308; II, 83, 95. - - RAZUMOWSKI (La comtesse Léon), II, 336. - - RÉAL (Le comte), I, 394. - - RÉCAMIER (Mme), I, 338, 340; II, 100; III, 18, 25, 66, 168, 221, - 242, 467; IV, 333, 334. - - RECKE (La comtesse DE), II, 330, 334. - - REDERN (Le comte Guillaume DE), II, 281; III, 77, 430; IV, 115. - - REDERN (La comtesse Guillaume DE), II, 45, 281, 283; III, 77; IV, - 115. - - REDERN (Le comte Henri), IV, 158. - - REEDE (La comtesse DE), II, 278, 298, 301, 323, 324, 380; III, - 71, 73, 281, 286. - - REEDTZ (M. DE), III, 427. - - RÉGENT (Le) PHILIPPE D'ORLÉANS, I, 237. - - REICHENBACH (La comtesse Émilie DE), III, 238. - - REINHARD (Le comte), II, 213, 241, 242, 457, 458, 459, 460, 461, - 462, 463, 464. - - REMILLY (Le député), II, 298. - - RÉMUSAT (Le comte DE), I, 18, 19; II, 40, 41, 406, 429; III, 174, - 186, 412. - - RÉMUSAT (Mme DE), I, 136; III, 186. - - RESSÉGNIER (Le comte Albert DE), IV, 216. - - RETZ (Le cardinal DE), I, 394; II, 73, 98, 101, 196, 406; IV, - 205. - - REUSS (Le prince Henri LXIV DE), II, 340. - - REUSS-SCHLEIZ (Le prince DE), II, 333. - - REUSS-SCHLEIZ (La princesse DE), II, 333. - - RIBEAUPIERRE (Le comte Alexandre DE), II, 51. - - RICHELIEU (Le maréchal duc DE), II, 375, 377, 378, 379; III, 159, - 366. - - RICHMOND (Le duc DE), I, 90, 94, 127, 129, 141, 161. - - RIGAULT (Hippolyte), IV, 271. - - RIGNY (L'amiral comte DE), I, 10, 19, 51, 57, 60, 84, 114, 145, - 237, 238, 240, 245, 259, 267, 268, 272, 281, 282, 283, 284, 291, - 307, 308, 315, 318, 324, 337, 338, 373; II, 16. - - RIGNY (Vicomte Alexandre DE), II, 165, 166, 178. - - RIGNY (Mlle Auguste DE), II, 183. - - RIPON (Lord), I, 90. - - RITTBERG (Le comte DE), IV, 423. - - RIVERS (Lady), II, 340. - - RIVIÈRE (Le duc DE), III, 16. - - ROBESPIERRE (Maximilien), I, 388. - - RODEN (Le comte Robert), III, 49. - - RODIL (Le marquis DE), I, 211, 245. - - ROENNE (M. DE), III, 298. - - ROGER DU NORD (Le comte Édouard), IV, 37. - - ROGER (Jean-François), III, 101. - - ROGERS (Samuel), I, 77, 78. - - ROHAN (Le duc DE), II, 347, 377; III, 44, 58. - - ROKEBY (Le baron Edward), III, 88. - - ROLAND (Mme), I, 135. - - ROMERO-ALPUENDE (M.), I, 207, 211. - - ROOTHE (M. DE), II, 375, 377, 378. - - ROOTHE (Mme DE), II, 378, 379. - - ROSAMEL (M. DE), II, 114. - - ROSAS (Manuel), III, 11. - - ROSNY (Mlle DE), III, 321. - - ROSS (Le capitaine sir John), I, 45. - - ROSSE (Le comte Lawrence DE), II, 93. - - ROSSI (Le comte), III, 96, 366. - - ROSSI (La comtesse), II, 83. - - ROSSINI, III, 156. - - ROTHSCHILD (Le baron Anselme DE), III, 357. - - ROTHSCHILD (James DE), II, 357, 361; IV, 86, 162, 303. - - ROTHSCHILD (Nathan), I, 125. - - ROTHSCHILD (Mme Salomon DE), II, 26. - - ROUGÉ (Le marquis Alexis DE), II, 223. - - ROUSSEAU (Jean-Jacques), I, 343; II, 247. - - ROUSSIN (L'amiral), I, 84, 125; II, 64. - - ROVIGO (Le duc DE), III, 60. - - ROVIGO (La duchesse DE), II, 437. - - ROY (Le comte), II, 357. - - ROYER-COLLARD, I, 19, 26, 30, 45, 133, 150, 272, 273, 274, 275, - 277, 289, 301, 302, 309, 312, 320, 321, 348, 355, 369, 370, 375, - 376, 377; II, 1, 4, 8, 10, 11, 20, 25, 29, 30, 41, 61, 91, 97, - 101, 112, 119, 121, 124, 126, 130, 136, 138, 153, 162, 169, 181, - 190, 193, 206, 213, 216, 222, 312, 326, 367, 425, 437; III, 1, 3, - 4, 42, 57, 58, 60, 101, 181, 183, 194, 215, 219, 231, 310. - - RUBINI (Jean-Baptiste), I, 59; II, 205. - - RUMFORD (Mme DE), II, 16; III, 129. - - RUMIGNY (Le général comte DE), II, 15, 221; III, 103, 110, 111. - - RUSSELL (Lord John), I, 156, 194, 212, 387; II, 399; III, 228; - IV, 44, 45, 111, 167, 194, 195, 196, 197, 201, 202, 206, 211, - 274, 280, 313, 315, 337, 353. - - RUSSELL (Lady John), IV, 315. - - RUSSELL (Lord William), I, 161, 354; II, 279, 285, 294, 297, - 321, 322, 432; III, 75. - - RUSSELL (Lady William), II, 279. - - RUSSIE (Le grand-duc héritier DE), plus tard empereur Alexandre - II, I, 84, 112; II, 272, 284, 290; III, 62, 260, 269, 314; IV, - 229, 230, 297, 325, 332, 363. - - Russie (L'impératrice DE), née princesse Charlotte de Prusse, II, - 275, 278, 321, 346, 359; III, 283; IV, 52, 54, 115, 167, 197, - 230, 235, 236, 258, 259, 382. - - RUSSIE (Le grand-duc Constantin DE), III, 220; IV, 196, 256, 259. - - RUSSIE (La grande-duchesse Constantin DE), II, 277; III, 381. - - RUSSIE (La grande-duchesse Hélène DE), I, 235; II, 281; III, 285; - IV, 236, 372. - - RUSSIE (Le grand-duc Michel DE), III, 263, 285. - - RUSSIE (La grande-duchesse Olga DE), II, 346; IV, 254, 255. - - -S - - SABLÉ (La marquise DE), IV, 147, 148. - - SACKFIELD (Duc DE DORSET), I, 8. - - SACY (M. DE), IV, 84, 343. - - SAFFI (M.), IV, 91. - - SAGAN (La duchesse Wilhelmine DE), II, 196, 245, 269, 315, 316, - 335; III, 46. - - SAINT-AIGNAN (Mlle DE), IV, 82. - - SAINTE-ALDEGONDE (La comtesse Camille DE), I, 257, 258, 260, 267, - 364; II, 177, 178, 180; III, 189, 190. - - SAINT-ARNAUD (Le maréchal DE), IV, 180. - - SAINT-AUGUSTIN, II, 35, 39. - - SAINTE-AULAIRE (Le comte DE), I, 26, 307, 315, 322; II, 56, 78, - 79, 198, 206, 388, 429, 432; III, 10, 40, 48, 54, 57, 84, 86, 87, - 101, 118, 122, 125, 163, 164, 172, 179, 215, 227; IV, 126, 194, - 226. - - SAINTE-AULAIRE (La comtesse DE), II, 56, 407; III, 227. - - SAINTE-BEUVE, III, 26, 89; IV, 346. - - SAINT-BLANCARD (Le marquis DE), II, 263. - - SAINT-CYRAN (L'abbé DE), II, 44. - - SAINTE-DOROTHÉE, II, 211; III, 328. - - SAINT-ELME (Ida), III, 25. - - SAINT-ÉVREMOND, III, 350. - - SAINTE-FOIX (Radix DE), IV, 144. - - SAINT FRANÇOIS D'ASSISE, IV, 105. - - SAINTE-GENEVIÈVE (L'église), II, 181, 185. - - SAINT-LEU (La duchesse DE), I, 331, 332, 333; II, 105, 106, 128, - 191. - - SAINT-MARC GIRARDIN, IV, 343. - - SAINT-MARTIN, II, 409; IV, 421. - - SAINT-PAUL (Le général DE), I, 239. - - SAINT-PRIEST (Le comte Alexis DE), I, 325; II, 93; IV, 126, 198. - - SAINT-PRIEST (Le vicomte général DE), IV, 79, 85. - - SAINTE THÉRÈSE, I, 389, 391; III, 391; IV, 25, 102. - - SALERNE (La princesse DE), II, 65. - - SALISBURY (La marquise DE), I, 48. - - SALMOUR (Le comte DE), IV, 322. - - SALVANDY (Le comte DE), I, 319; II, 17, 18, 114, 148, 170, 184, - 185, 199, 403, 409, 410, 423, 439, 440; III, 1, 3, 7, 9, 41, 68, - 119, 122, 125, 126, 127, 128, 130, 147, 148, 151, 154, 155, 157, - 162, 179, 214, 229, 237, 238, 395, 450, 452; IV, 126, 179, 192, - 198, 199, 237, 238. - - SALVANDY (La comtesse DE), II, 170; III, 21. - - SAMPAÏO, I, 129. - - SAND (George), I, 247. - - SANDWICH (Lady), II, 339. - - SAPIEHA (La princesse), III, 348. - - SARAIVA, I, 129. - - SARDAIGNE (Le roi Charles-Albert DE), II, 150; III, 146, 287, - 326, 366, 371. - - SARDAIGNE (La reine DE), III, 146. - - SARDAIGNE (Le prince royal DE), plus tard roi Victor-Emmanuel - II; III, 156; IV, 81, 193, 194, 234, 236, 309, 315, 317, 324, - 326, 349, 356, 360, 366, 368, 374. - - SARMENTO (M. DE), I, 226. - - SAULX-TAVANNES (Le duc DE), II, 262. - - SAUZET, I, 292; II, 14, 17, 31, 90, 394; III, 14, 177, 242. - - SAVIGNY (Charles DE), IV, 314. - - SAVIGNY (Mme DE), III, 299. - - SAVOIE (Le prince Eugène DE), III, 88, 449. - - SAXE (Le prince Albert DE), plus tard roi de Saxe, IV, 89, 115, - 116, 159. - - SAXE (La princesse Amélie DE), II, 328. - - SAXE (La princesse Auguste DE), II, 328. - - SAXE (Auguste II le Fort, électeur DE), roi de Pologne, II, 329. - - SAXE (Le roi Frédéric-Auguste II DE), II, 45, 326; III, 252, 354, - 373, 385; IV, 177. - - SAXE (Le prince Georges DE), IV, 237. - - SAXE (Le prince Jean DE), plus tard roi de Saxe, II, 327; IV, - 234, 350, 358. - - SAXE (La princesse Jean DE), II, 327. - - SAXE (La reine Marie DE), II, 326. - - SAXE (Maurice, comte DE), maréchal de France, I, 247, 270. - - SAXE (Le prince Maximilien DE), III, 96. - - SAXE-COBOURG-ALTENBOURG (La duchesse douairière Caroline DE), - III, 69, 70. - - SAXE-COBOURG-GOTHA (Le prince Albert DE), roi d'Angleterre, III, - 32, 227; IV, 7, 141, 214, 355. - - SAXE-COBOURG-GOTHA (Le duc Auguste DE), II, 180; III, 252; IV, - 225. - - SAXE-COBOURG-GOTHA (Le duc Ernest II DE), III, 161, 429, 431, - 432, 435; IV, 234. - - SAXE-COBOURG (Le prince Ferdinand DE), I, 58, 62, 63; II, 96. - - SAXE-MEININGEN (Le duc Bernard DE), I, 4, 132; III, 436. - - SAXE-MEININGEN (Le prince Georges DE), III, 427. - - SAXE-WEIMAR (La duchesse Amélie DE), III, 329. - - SAXE-WEIMAR (Le duc Bernard DE), I, 172, 200; II, 354, 355; III, - 95, 191, 348. - - SAXE-WEIMAR (La duchesse Bernard DE), I, 3, 14, 149, 172; III, - 65, 67. - - SAXE-WEIMAR (Le prince héréditaire Charles DE), III, 329; IV, - 332. - - SAXE-WEIMAR (Le grand-duc Charles-Frédéric DE), III, 329, 330, - 429; IV, 116. - - SAXE-WEIMAR (La grande-duchesse Maria Paulowna DE), III, 328, - 329, 330. - - SAXE-WEIMAR (La princesse héréditaire Sophie DE), princesse des - Pays-Bas, II, 330. - - SCARELLA (M.), IV, 118. - - SCHEFFER (Ary), I, 64; III, 212, 385. - - SCHIAVONE (Andrea), IV, 108. - - SCHILLER, II, 458; III, 329, 438; IV, 335. - - SCHLEGEL (Auguste-Guillaume), III, 84, 309; IV, 257. - - SCHLEINITZ (Le comte Alexandre DE), III, 415; IV, 312, 321, 337, - 338, 397, 495. - - SCHLIECK (Le feld-maréchal), IV, 423. - - SCHMERLING, IV, 6. - - SCHNEIDER (Le chevalier Antoine), III, 13, 14. - - SCHOENBURG (La princesse Louise DE), II, 125; III, 91, 311, 444, - 445; IV, 61, 228. - - Schönhals (Le général DE), III, 415. - - SCHOENLEIN (Le docteur), II, 284; III, 284; IV, 246. - - SCHRECKENSTEIN (Le baron DE), II, 353, 354; III, 65, 272. - - SCHULENBURG (Le comte Charles DE), II, 333; III, 162. - - SCHULENBURG-KLOSTERRODE (Le comte DE), II, 246; III, 82, 88, 91, - 93, 305; IV, 87, 88, 89, 90. - - SCHWANTHALER, III, 442, 443. - - SCHWARZENBERG (Le cardinal prince), III, 444; IV, 426. - - SCHWARZENBERG (Le prince Adolphe), IV, 117. - - SCHWARZENBERG (Le feld-maréchal prince Charles-Philippe), II, - 158; IV, 96. - - SCHWARZENBERG (Le prince Félix), III, 361, 382, 402, 409, 410, - 444, 451, 459, 461, 462, 463, 464, 466; IV, 2, 5, 49, 50, 158, - 352. - - SCHWARZENBERG (La princesse Lory), III, 449. - - SCHWEINITZ (La comtesse DE), II, 278, 296, 301. - - SCHWERIN (Le comte Maximilien), III, 351, 425; IV, 315, 393, 415, - 424. - - SCLOPIS (Le comte), IV, 218. - - SCLOPIS (La comtesse), IV, 218. - - SCRIBE, III, 154. - - SEAFORD (Lord), III, 38. - - SEAFORD (Lady), III, 38. - - SÉBASTIANI (Le maréchal), I, 9, 18, 19, 22, 23, 24, 308, 315, - 324, 358, 368, 374; II, 94, 162, 364, 387, 470, 471, 475; III, - 226, 227, 241. - - SÉBASTIANI (La maréchale), I, 374. - - SEEBACH (La comtesse DE), IV, 3. - - SEFTON (Lord), I, 58, 79, 82, 100, 149, 204. - - SEFTON (Lady), I, 44, 59, 79, 99. - - SÉGUIER (Le comte), I, 322. - - SÉGUR (Le comte DE), I, 143; II, 363. - - SÉGUR (La comtesse DE), II, 119. - - SEIGNELAY (Le marquis DE), IV, 402. - - SÉMONVILLE (Le marquis DE), I, 206, 246; II, 16, 116, 161. - - SÉMONVILLE (Mme DE), III, 142. - - SERCEY (Le marquis DE), II, 54. - - SERRANO (La maréchale), duchesse de Torre, IV, 240. - - SÉVIGNÉ (La marquise DE), I, 40; II, 39, 44, 196; III, 53, 269; - IV, 402. - - SEYDELMANN (Charles), III, 77. - - SEYMOUR (Sir George Hamilton), IV, 159, 167. - - SEYMOUR (Lady), III, 31; IV, 159. - - SFORZA (Ludovico), II, 165. - - SFORZE (Mme DE), I, 40. - - SGRICCI (L'improvisateur Thomas), I, 124. - - SHAFTESBURY (Lord), I, 40. - - SHELLEY (Lady), IV, 218. - - SHREWSBURY (Lord Bertram-Arthur), IV, 240. - - SIBOUR (Mgr l'archevêque de Paris), IV, 241. - - SIDNEY (Lord), I, 255. - - SIDNEY (Lady Sophia), I, 172. - - SIEYÈS (L'abbé), I, 185, 383, 384; II, 66. - - SIGALON, II, 134. - - SIMÉON (Le comte), II, 115. - - SINGLIN (Antoine), IV, 222. - - SISMONDI (M. DE), III, 204. - - SOBANSKA (Mme), III, 85. - - SOBIESKI (Jean III), roi de Pologne, I, 271. - - SOLMS (Le comte DE), II, 333. - - SOLMS (La comtesse DE), II, 333. - - SOLMS (Le prince Charles DE), III, 272. - - SOLMS (La princesse DE), I, 200. - - SOMERSET (Le duc DE), I, 62. - - SOMMERSET (Lady Blanche), II, 234. - - SONTAG (Mlle), III, 96. - - SOPHIE D'ANGLETERRE (La princesse), I, 72. - - SOULT (Le maréchal), I, 32, 114, 160, 187, 190, 198, 237, 285; - II, 94, 96, 118, 404, 466; III, 8, 9, 13, 14, 15, 17, 38, 86, 87, - 103, 185. - - SOULT (La maréchale), III, 86. - - SOUVAROW (Le général comte DE), IV, 96. - - SPARRE (La comtesse DE), III, 256. - - SPONNECK (Le comte DE), IV, 5. - - SPRING-RICK (Sir Thomas), I, 94, 122, 165. - - STACKELBERG (Le comte Gustave DE), II, 217. - - STACKELBERG (La comtesse DE), II, 217. - - STADION (Le comte), III, 361. - - STAEL (Mme DE), I, 42, 55, 345; II, 53; III, 84; IV, 144. - - STANGER (Le baron DE), III, 312. - - STANLEY (Edward-Geoffroy), plus tard comte de Derby, I, 88, 90, - 94, 96, 101, 141, 155, 164, 191, 218, 299; IV, 45, 269, 305, 419. - - STANLEY (Lord Edward-Henry-Smith), IV, 8, 419. - - STANLEY (Mme), II, 366. - - STEVENS (Catherine), I, 142. - - STIRUM (Le comte), III, 419. - - STOCKHAUSEN (Le général DE), III, 424, 426. - - STOLBERG (Le comte DE), III, 465. - - STOLBERG-WERNIGERODE (Le comte Henri DE), III, 298; IV, 52, 152, - 154. - - STOPFORD (L'amiral), II, 421. - - STRATFORD DE REDCLIFFE (Lord Canning), I, 52, 83, 85, 294; IV, - 104, 125, 131, 138. - - STRAUSS (Johann), III, 89, 92; IV, 192. - - STROGONOFF (La comtesse), précédemment comtesse d'Ega, II, 348; - III, 96, 301. - - STUART (Lord Charles), III, 195. - - STUART DE ROTHESAY (Lady), I, 40. - - STURMFEDER (La baronne DE), II, 354; III, 65, 272. - - STYLER, III, 299. - - SUCHET (Marie), I, 327; II, 61. - - SUÈDE (Le roi Charles XIV DE), III, 314. - - SUÈDE (Le roi Oscar Ier DE), IV, 70. - - SUÈDE (La princesse Amélie DE), III, 85; IV, 51. - - SULLY (Le duc DE), III, 49. - - SURREY (Le comte DE), I, 141. - - SUSSEX (Le duc DE), I, 21, 71. - - SUTHERLAND (Le duc DE), II, 167, 352; III, 164. - - SUTHERLAND (La duchesse DE), I, 45, 113, 129, 163, 179; II, 167, - 173, 352. - - SWETCHINE (Mme), III, 458. - - SYRACUSE (Le comte DE), II, 150. - -T - - TAHMASP-KOULI-KHAN (Roi de Perse), I, 227. - - TALARU (Le marquis DE), II, 374. - - TALBOT (Comte), IV, 240. - - TALMA, I, 59. - - TALLEYRAND (Le duc DE), II, 217, 226, 248. - - TALLEYRAND (La duchesse DE), II, 226. - - TALLEYRAND (Le baron DE), I, 197. - - TALLEYRAND (La baronne DE), I, 197, 378. - - TALLEYRAND (Le prince Charles-Maurice DE), I, 2, 6, 15, 16, 17, - 18, 19, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 37, - 44, 48, 50, 51, 52, 56, 59, 60, 64, 65, 73, 76, 77, 78, 80, 86, - 89, 90, 100, 103, 104, 105, 107, 113, 114, 116, 117, 120, 125, - 128, 134, 135, 136, 137, 138, 139, 143, 146, 148, 150, 167, 171, - 182, 184, 185, 188, 198, 203, 206, 209, 210, 211, 212, 215, 220, - 225, 226, 227, 228, 231, 233, 236, 237, 239, 240, 242, 243, 245, - 248, 250, 251, 252, 253, 254, 256, 257, 258, 259, 260, 262, 263, - 264, 265, 266, 267, 268, 271, 272, 274, 275, 277, 278, 280, 282, - 283, 284, 285, 289, 290, 291, 293, 295, 296, 297, 301, 302, 305, - 306, 307, 312, 315, 316, 317, 321, 323, 324, 326, 327, 328, 332, - 355, 359, 361, 365, 366, 367, 368, 370, 372, 373, 374, 375, 376, - 378, 379, 383, 386, 391, 392, 394, 395, 396; II, 1, 6, 15, 20, - 22, 24, 29, 36, 37, 43, 46, 47, 49, 50, 53, 55, 56, 58, 61, 68, - 69, 72, 78, 79, 80, 84, 85, 86, 87, 88, 89, 91, 92, 94, 100, 104, - 105, 106, 109, 118, 119, 140, 141, 145, 147, 150, 151, 152, 155, - 156, 157, 160, 173, 180, 183, 184, 185, 188, 190, 197, 203, 204, - 206, 208, 209, 210, 211, 212, 213, 214, 215, 216, 217, 218, 219, - 221, 222, 223, 224, 226, 227, 228, 229, 230, 231, 233, 235, 236, - 237, 239, 241, 242, 244, 245, 246, 247, 248, 254, 255, 256, 257, - 263, 299, 327, 344, 349, 364, 380, 382, 409, 429, 457; III, 19, - 20, 38, 39, 43, 58, 60, 69, 71, 82, 119, 120, 121, 132, 142, 158, - 182, 185, 194, 227, 247, 249, 251, 252, 253, 287, 295, 304, 310, - 314, 315, 322, 332, 336, 372, 385, 393, 394, 471, 472, 473, 474, - 475, 476; IV, 28, 30, 51, 144, 145, 146, 147, 183, 198, 199, 203, - 204, 248, 273. - - TALLEYRAND (La princesse DE), I, 378, 382, 393, 394, 395; II, - 232. - - TALLEYRAND (Le comte Anatole DE), II, 254. - - TALLEYRAND (Le baron, puis comte Charles DE), III, 87, 122, 169, - 176, 178; IV, 369, 373, 378. - - TALLEYRAND (La comtesse Louise DE), IV, 63. - - TANKERVILLE (Lady), I, 89. - - TANSKI (M.), IV, 85, 86. - - TASCHEREAU (M.), II, 312. - - TATITCHEF (M. DE), II, 336, 338; III, 115. - - TAURY (L'abbé), II, 236, 240. - - TAYLOR (Sir Herbert), I, 170, 171, 172, 173; II, 174. - - TERCEIRE (Le général duc DE), I, 121, - - TESTE (M.), I, 277, 278; III, 17, 203. - - THEINER (Le Père Augustin), IV, 78, 84. - - THIARD DE BUSSY (Le comte DE), I, 48, 350. - - THIERRY (Augustin), II, 325. - - THIERS (Adolphe), I, 19, 28, 34, 114, 120, 133, 160, 235, 237, - 239, 259, 267, 272, 284, 291, 292, 295, 300, 301, 302, 306, 317, - 318, 319, 320, 321, 326, 327, 339, 355, 356, 357, 359, 360, 363, - 377, 384, 396; II, 3, 8, 9, 10, 11, 17, 18, 20, 21, 22, 23, 25, - 30, 31, 36, 37, 41, 74, 85, 87, 89, 91, 92, 95, 101, 104, 112, - 116, 117, 118, 119, 120, 123, 125, 126, 129, 130, 133, 134, 136, - 146, 163, 168, 169, 172, 179, 189, 190, 191, 192, 193, 194, 197, - 198, 206, 213, 219, 222, 223, 246, 250, 298, 313, 319, 326, 332, - 340, 341, 345, 353, 357, 360, 361, 362, 364, 365, 366, 367, 370, - 376, 381, 383, 384, 387, 388, 389, 390, 391, 392, 394, 395, 396, - 397, 400, 401, 404, 405, 406, 407, 408, 412, 413, 415, 416, 417, - 419, 420, 421, 422, 423, 424, 425, 426, 428, 429, 439, 440, 465, - 473, 479; III, 2, 5, 8, 11, 13, 14, 15, 17, 38, 39, 40, 41, 57, - 84, 95, 103, 107, 109, 110, 122, 163, 167, 180, 183, 186, 212, - 214, 222, 223, 225, 229, 238, 239, 242, 245, 349, 371, 383, 406, - 450, 453; IV, 3, 10, 11, 22, 32, 33, 34, 35, 37, 136, 138, 144, - 194, 217, 223, 232, 240, 245, 246, 252, 255, 276, 278, 341, 345, - 346, 349. - - THIERS (Mme), I, 34, 318; II, 189, 190, 192, 213, 376, 394; III, - 103, 107, 110, 112, 186, 243; IV, 349. - - THORWALDSEN, I, 248, 334; II, 293; III, 79, 117, 442. - - THOUVENEL (M.), IV, 376, 378, 385, 386, 394. - - THUN (Le général), III, 430. - - THUN (Le comte DE), IV, 161, 162. - - TIEDK (Louis DE), III, 299. - - TILLY (Le comte DE), III, 440. - - TOCQUEVILLE (Le comte Alexis DE), II, 25, 28, 29, 31, 34, 35, - 101, 114, 125, 438, 441; III, 42, 167, 180, 181, 183; IV, 340, - 394. - - TORENO (Le comte José DE), I, 184, 216, 245, 371. - - TORENO (La comtesse DE), III, 182, 260; IV, 84. - - TOSCANE (Le grand-duc Léopold II DE), II, 65, 399; III, 319; IV, - 260, 322, 323. - - TOSCANE (Le prince héréditaire Ferdinand IV DE), IV, 237, 260, - 384. - - TOSCANE (La grande-duchesse mère DE), IV, 384. - - TOUR ET TAXIS (La princesse DE LA), II, 288, 299. - - TRACY (Le marquis DE), III, 8. - - TRÉVISE (Le duc DE), I, 360; II, 141. - - TRIQUETI (Le baron DE), III, 241. - - TROCHU (Le général), IV, 304. - - TROGOFF (Mme DE), II, 204. - - TROUBETZROÏ (La princesse), III, 276. - - TULLEMORE (Lord), I, 46. - - TULLEMORE (Lady), I, 46. - - TYCHO-BRAHÉ, III, 81. - - TYLER (Mme), IV, 84, 85. - - TYSZKIEWICZ (La princesse), I, 271, 285, 287; III, 85. - -U - - UGGLAS (La comtesse), II, 334. - - ULRIQUE (Reine de Suède), III, 287. - - USEDOM (Le comte D'), IV, 402, 416. - - -V - - VAILLANT (Le maréchal), IV, 345. - - VALÉE (Le maréchal), II, 302, 340; III, 12, 238. - - VALENÇAY (Louis, duc DE), I, 258, 285, 296, 301; II, 9, 36, 43, - 44, 45, 48, 49, 51, 55, 56, 57, 63, 65, 67, 69, 98, 129, 141, - 192, 198, 247, 257, 276, 278, 305, 309, 313, 314, 346, 353, 381, - 386, 415; III, 19, 20, 22, 27, 38, 75, 119, 120, 132, 133, 134, - 187, 207, 213, 219, 288, 297, 298, 305; IV, 68, 177. - - VALENÇAY (La duchesse DE), I, 258, 313; II, 99, 141, 381. - - VALENÇAY (Yolande DE), II, 16, 247, 248. - - VALLOMBROSE (La duchesse DE), III, 56, 59. - - VANDERMARCK (Mlle), III, 102. - - VAN DER MEULEN, IV, 107. - - VANDOEUVRE (Le baron DE), II, 116, 170. - - VAN DYCK, I, 9, 41. - - VANTADOUR (La duchesse DE), I, 393. - - VARENNES (Le baron DE), IV, 65. - - VATRY (Le baron DE), II, 124. - - VATRY (La baronne DE), II, 225. - - VAUDÉMONT (La princesse DE), I, 66, 105. - - VAUGUYON (Mlle Pauline DE LA), II, 150. - - VELTHEIM (Le comte DE), III, 279. - - VELTHEIM (La comtesse DE), III, 278. - - VÉRAC (Le marquis DE), II, 34; III, 18, 221. - - VERNET (Horace), II, 83, 92; III, 75, 222. - - VÉRON (Le docteur), III, 128. - - VÉRONÈSE (Paul), IV, 106. - - VERQUIGNIEULLE (La marquise DE), II, 49. - - VERTOT (L'abbé DE), II, 108. - - VESTIER (Phidias), II, 7, 42, 43; III, 130, 131, 196, 197, 200, - 203. - - VEUILLOT (M.), IV, 81, 343. - - VIARDOT (Mme), III, 309. - - VICENCE (Le duc DE), II, 340. - - VICENCE (La duchesse DE), IV, 73, 262, 345. - - VICTORIA D'ANGLETERRE (La princesse), plus tard la reine, I, 21, - 70, 92, 93; II, 143, 144, 168, 173, 176, 223, 249, 349, 434; III, - 10, 102, 184, 191, 194, 225, 226, 251, 320, 408, 435; IV, 8, 45, - 202, 207, 214, 229, 275, 280, 281, 285, 289, 355, 385, 396. - - VIEL, III, 45. - - VIENNET, I, 246, 302. - - VILLAMARINA (Le marquis DE), IV, 224, 299, 301. - - VILLEFRANCHE (Le comte DE), II, 150. - - VILLEGONTIER (Le comte DE LA), II, 69. - - VILLÈLE (L'archevêque comte DE), II, 158; III, 61, 134. - - VILLEMAIN (Abel-François), I, 246, 301; II, 1, 115, 216, 221, - 225, 247, 393, 419; III, 17, 230; IV, 135, 143, 144, 145, 146, - 147, 192, 199, 203, 204, 290, 327, 334. - - VILLENEUVE (Mme DE), III, 131, 132. - - VILLIERS (Lady Sarah), III, 284. - - VINCKE (Le baron DE), IV, 392, 393. - - VINCKE (La comtesse DE), II, 278. - - VIRY, IV, 224. - - VISCONTI (L'architecte), III, 218. - - VISCONTI (La marquise), I, 2. - - VITROLLES (Le baron DE), I, 119, 120; III, 315, 473, 474, 476. - - VIVIEN (M.), II, 357. - - VIVONNE (Le comte DE), I, 312. - - VOGUÉ (Le comte Charles DE), I, 67. - - VOGUÉ (La comtesse DE), IV, 127. - - VOLTAIRE (M. DE), I, 346; II, 247; III, 194, 392. - -W - - WAGRAM (Le prince Berthier DE), IV, 64. - - WAGRAM (Le prince Napoléon-Louis DE), II, 38. - - WAGRAM (Mlle DE), IV, 70. - - WALCKENAER (Le baron DE), III, 269. - - WALDECK (La princesse régente Emma DE), III, 430, 431. - - WALDECK (M.), III, 390. - - WALDERSEE (Le général comte DE), IV, 285. - - WALEWSKI (Le comte), II, 415; III, 243; IV, 86, 238, 239, 240, - 283, 296, 297. - - WALEWSKA (La comtesse), IV, 286, 305, 348. - - WALSH (La comtesse), II, 354, 355; III, 65, 272. - - WALSH (M. Olivier), IV, 64. - - WALLENSTEIN (Le comte), II, 332; III, 81. - - WALMODEN-GIMBORN (Le général comte DE), III, 342, 381; IV, 423. - - WARD (Sir Henry-George), I, 89, 90, 92, 101, 165. - - WARWICK (Lord), I, 6, 40, 44. - - WARWICK (Lady), I, 39, 40, 42, 43, 44. - - WARWICK (Guy, comte DE), I, 6. - - WASA (Le prince), III, 161, 170, 272, 273; IV, 115. - - WASA (La princesse Carola), plus tard reine de Saxe, IV, 51, 89, - 90, 114, 116, 159, 229. - - WASA (La princesse Louise), II, 195, 198; III, 161, 272, 273. - - WASHINGTON (Le président), II, 451. - - WEDELL (Le général DE), IV, 191, 192, 194, 197, 198. - - WEIZEL (Mlle DE), II, 386. - - WELLESLEY (Le marquis DE), I, 168; II, 348. - - WELLINGTON (Le duc DE), I, 3, 13, 14, 17, 54, 55, 59, 60, 69, 89, - 108, 122, 123, 127, 141, 146, 149, 150, 152, 153, 157, 159, 165, - 169, 182, 189, 190, 207, 209, 219, 230, 232, 263, 284, 299, 307, - 308, 311, 333, 371, 374, 376, 388; II, 175, 359; III, 8, 31, 435; - IV, 61, 89, 96, 334. - - WERTHER (Le baron DE), I, 33, 239; II, 121, 127, 142, 143, 145, - 278, - - 281, 284, 291, 380; III, 71, 73, 79, 104, 112, 282. - - WERTHER (La baronne DE), II, 6, 142, 143, 278, 284, 291; III, 71, - 73, 112, 282. - - WERTHER (Mlle Joséphine DE), III, 112. - - WESSENBERG (Le baron DE), I, 23, 204; III, 351, 361. - - WESTMORLAND (Lord John), III, 284. - - WESTMORLAND (Lord John-Burghersh), III, 285, 427, 430, 436; IV, - 8, 88, 89, 111. - - WESTMORLAND (Lady), III, 282, 284, 285, 372, 426, 428, 430, 432; - IV, 8, 89, 104, 111, 123, 124, 127, 131, 134, 138, 143, 164, 173, - 174, 185, 187, 201, 205, 210, 269, 352. - - WESTPHALEN (M. DE), IV, 155, 285. - - WEYER (VAN DE), I, 3; II, 106. - - WICHMANN (Louis-Guillaume), III, 76. - - WIELAND, II, 458; III, 329. - - WILLOUGHBY-COTTON (Sir), I, 46. - - WILTON (Lord), III, 122. - - WINCHELSEA (Lord), I, 14, 123. - - WINDISCH-GRAETZ (Le prince Alfred DE), III, 85, 353, 355, 360, - 361, 366, 367; IV, 49, 50, 229, 315, 423, 425. - - WINDISCH-GRAETZ (La princesse DE), III, 301, 351. - - WINTER (M. DE), IV, 402. - - WINTERHALTER (M.), IV, 203. - - WITTGENSTEIN (Le prince), II, 50, 275, 286, 288, 297, 301, 321, - 380, 432; III, 71, 309. - - WITTGENSTEIN (La princesse DE), IV, 396. - - WOLFF (M. DE), II, 275, 277, 314, 316, 322; III, 71, 73, 76, 77, - 102, 282, 284, 289, 304, 305, 308. - - WOLFF (Mme DE), II, 277, 384, 440; III, 71, 73, 76, 284. - - WORONZOFF-DASCHKOFF (Le comte DE), II, 346; III, 301. - - WORONZOFF (La comtesse DE), I, 20. - - WRÈDE (Le prince DE), III, 440. - - WRIGHT (Mrs), I, 230. - - WURMB (Frédéric-Charles DE), II, 304, 306, 307, 316; III, 282. - - WURMB (Mme DE), II, 304, 307. - - WURTEMBERG (Le roi Guillaume Ier DE), I, 236, 330; II, 183, - 184, 187, 345, 346, 348, 377; III, 373, 374; IV, 177, 228, 234, - 358. - - WURTEMBERG (Le prince royal Charles DE), III, 439; IV, 230. - - WURTEMBERG (La princesse royale DE), IV, 230. - - WURTEMBERG (Le duc Alexandre DE), II, 178, 180, 184, 186, 187; - III, 264. - - WURTEMBERG (Le prince Auguste DE), III, 285; IV, 234. - - WURTEMBERG (La princesse Marie DE), I, 330. - - WURTEMBERG (Le prince Paul DE), II, 280; III, 52. - - WURTEMBERG (La princesse Sophie DE), plus tard reine des - Pays-Bas, I, 330, 361; II, 82; III, 66, 388; IV, 4, 385. - - WURTEMBERG (La duchesse DE), I, 193, 223; III, 220. - - WYM (Sir Henry), III, 436. - -X - - XIMÉMÈS (Le cardinal), II, 264. - -Y - - YARBOROUGH (Lord), I, 4. - - YORK (Le duc D'), I, 113. - -Z - - ZEA-BERMEDEZ (Don Francisco), I, 203, 330; III, 216. - - ZEA-BERMEDEZ (Mme), I, 203, 330; II, 260. - - ZEDLITZ (Le baron Joseph-Chrétien DE), III, 116, 446; IV, 423. - - ZEDLITZ (M. DE), IV, 415. - - ZICHY (Le comte Eugène DE), II, 358. - - ZICHY (Le comte Ferdinand), III, 343. - - ZICHY DE VASONYKAÏA (Le comte Pèpy), IV, 116. - - ZOÉ (Négresse), II, 251. - - ZUMALACARREGUY (Le général), I, 157. - - ZUYLEN VAN NYEVELT (Le baron DE). I, 203. - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Chronique de 1831 à 1862, Tome 4 (de 4), by -Dorothée de Dino - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK CHRONIQUE DE 1831-1862, TOME 4 *** - -***** This file should be named 53523-0.txt or 53523-0.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/3/5/2/53523/ - -Produced by Clarity, Hélene de Mink, and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -book was produced from scanned images of public domain -material from the Google Books project.) - -Updated editions will replace the previous one--the old editions will -be renamed. - -Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright -law means that no one owns a United States copyright in these works, -so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United -States without permission and without paying copyright -royalties. 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T. 4/4, by Dino, Dorothe de, T 4 (de 4)</title> - <link rel="coverpage" href="images/cover.jpg" /> - <style type="text/css"> - - h1,h2 {text-align: center; - clear: both;} - - h1 {margin-top: 2em;} - - h2 {margin-top: 4em; margin-bottom: 2em;} - - h2.normal {margin-top: 1em; margin-bottom: 0.2em; - page-break-after: avoid;} - - .subh {font-weight: normal; margin-bottom: 1em; text-align: center;} - - div.titlepage, - div.frontmatter - { - text-align: center; - page-break-before: always; - page-break-after: always; - } - - div.titlepage p - { - text-align: center; - font-weight: bold; - line-height: 1.3em; - } - - div.frontmatter p - { - text-align: center; - margin-top: 4em; - } - - .titlepage p - { - text-align: center; - font-weight: bold; - line-height: 1.3em; - } - - div.chapter - {page-break-before: always; margin-top: 4em; margin-bottom: 4em; text-align: center;} - - div.topspace {margin-top: 4em;} - - .space {margin-top: 2.5em;} - .section {margin-top: 1.4em;} - - .end - { - text-align: center; - font-size: small; - margin-top: 2em; - margin-bottom: 4em; - } - - hr.deco {width: 5%; margin-top: 0.2em; margin-bottom: 0.2em;} - hr.tb {width: 5%; margin-top: 2em; margin-bottom: 2em;} - - .poetry {font-size: 95%; margin-left: 20%; margin-right: 10%; - margin-bottom: 1em; text-align: left; } - .poetry .stanza { margin: 1em 0em 1em 0em; } - .poetry p { margin: 0; padding-left: 3em; text-indent: -3em; } - .poetry p.i1 {margin-left: 1em;} - .poetry p.i2 {margin-left: 2em;} - .poetry p.i3 {margin-left: 3em;} - .poetry p.i6 {margin-left: 6em;} - .poetry p.i10 {margin-left: 10em;} - - table {margin-left: auto; margin-right: auto;} - .tdl {text-align: left; vertical-align: top; - padding-left: 3em; text-indent: -1em;} - .tdr {text-align: right; vertical-align: bottom;} - .tdc {text-align: center;} - th {padding-top: 2em; padding-bottom: 1em;} - - .pagenum { /* uncomment the next line for invisible page numbers */ - /* visibility: hidden; */ - position: absolute; - right: 5%; - font-size: 0.6em; - font-variant: normal; - font-style: normal; - text-align: right; - background-color: #FFFACD; - border: 1px solid; - padding: 0.3em; - text-indent: 0em; - } /* page numbers */ - - .pagenumh { display: none; } - -/* footnotes */ - .footnotes {border: 1px dashed; padding-bottom: 2em; background-color: #F0FFFF;} - .footnote {margin-left: 8%; margin-right: 8%; font-size: 0.9em;} - .footnote .label, - .fnanchor {vertical-align: 25%; text-decoration: none; font-size: x-small; - font-weight: normal; font-style: normal;} - - .blockquote {font-size: 105%; margin-left: 5%; margin-right: 10%; font-weight: bold; - margin-top: 2em; margin-bottom: 2em;} - - .tnote {margin: auto; - margin-top: 2em; - border: 1px solid; - padding: 1em; - background-color: #F0FFFF; - width: 25em;} - - sup {font-size: 0.7em; font-variant: normal; vertical-align: top;} - - .alphabet {margin-top: 3em; text-align:center; font-size: 120%; font-weight: bold;} - - .indent {margin-left: 20%; margin-right: 5%; font-size: 0.9em;} - .hanging {margin-left: 2em; text-indent: -1em;} - - .extra {font-size: 130%; font-weight: bold; text-align: center; - line-height: 1.5em;} - .smallc {font-size: 90%; text-transform: uppercase;} - .center {text-align: center;} - .date {font-size: 90%; margin-left: 5%;} - .dater {font-size: small; margin-left: 65%;} - .quote {font-size: 95%; margin-left: 20%; margin-right: 10%;} - .titre {text-align: center; font-size: small;} - .titel {margin-left: 5%;} - .signature {margin-left: 65%;} - .sper {font-weight: normal; letter-spacing: .2em; padding-left: .2em;} - .cap {font-size: 115%;} - .figcenter {margin: auto; text-align: center;} - .caption {margin: auto; width: 40%; text-align: center;} - - .i1 {margin-left: 1em;} - .i2 {margin-left: 2em;} - .i3 {margin-left: 3em;} - .i4 {margin-left: 4em;} - .i7 {margin-left: 7em;} - - .xs {font-size: x-small;} - .small {font-size: small;} - .medium {font-size: medium;} - .large {font-size: large;} - .xlarge {font-size: x-large;} - .xxlarge {font-size: xx-large;} - -@media screen -{ - body - { - width: 90%; - max-width: 45em; - margin: auto; - } - - p - { - margin-top: .75em; - margin-bottom: .75em; - text-align: justify; - } -} - -@media print, handheld -{ - p - { - margin-top: .75em; - text-align: justify; - margin-bottom: .75em; - } - - .poetry, - .quote - { - margin: 2em; - display: block; - } - - hr.deco - { - width: 5%; - margin-left: 47.5%; - } -} - -@media handheld -{ - body - { - margin: 0; - padding: 0; - width: 90%; - } - - #ToC, - .tnote - { - width: auto; - } - - - .indent - { - margin-left: 3%; - } - - .signature - { - margin-left: 5%; - } -} - - </style> - </head> -<body> - - -<pre> - -The Project Gutenberg EBook of Chronique de 1831 1862, Tome 4 (de 4), by -Dorothe de Dino - -This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and most -other parts of the world at no cost and with almost no restrictions -whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of -the Project Gutenberg License included with this eBook or online at -www.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you'll have -to check the laws of the country where you are located before using this ebook. - -Title: Chronique de 1831 1862, Tome 4 (de 4) - -Author: Dorothe de Dino - -Editor: Marie Dorothea Radziwill - -Release Date: November 13, 2016 [EBook #53523] - -Language: French - -Character set encoding: ISO-8859-1 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK CHRONIQUE DE 1831-1862, TOME 4 *** - - - - -Produced by Clarity, Hlene de Mink, and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -book was produced from scanned images of public domain -material from the Google Books project.) - - - - - - -</pre> - - -<div class="tnote"> -<p>Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le typographe ont t corriges. -L'orthographe d'origine a t conserve et n'a pas t harmonise. -Les numros des pages blanches n'ont pas t repris.</p> -</div> - -<p><span class="pagenumh"><a id="Page_I"> I</a></span></p> - -<h1><span class="xlarge">CHRONIQUE</span><br /> -<span class="xs">DE</span><br /> -<span class="large">1831 A 1862</span></h1> - -<p><span class="pagenumh"><a id="Page_II"> II</a></span> -<span class="pagenumh"><a id="Page_III"> III</a></span> -<span class="pagenumh"><a id="Page_IV"> IV</a></span></p> - -<div class="figcenter"> -<img src="images/duchesse.jpg" width="400" height="527" alt="" title="" /> -</div> - -<div class="caption"> -<p class="small"><span class="i3">Hliog Ducourtioux-Imp Routy</span><br /> -<span class="smallc i2">Duchesse de TALLEYRAND et de SAGAN</span><br /> -<span class="i7">1850</span><br /> -<span class="i4">Plon-Nourrit & C<sup>ie</sup> Edit.</span></p> -</div> - -<p><span class="pagenumh"><a id="Page_V"> V</a></span> -<span class="pagenumh"><a id="Page_VI"> VI</a></span> -<span class="pagenumh"><a id="Page_VII"> VII</a></span></p> - -<div class="topspace titlepage"> -<p><span class="large">DUCHESSE DE DINO</span><br /> -<span class="xs">(PUIS DUCHESSE DE TALLEYRAND ET DE SAGAN)</span></p> -<hr class="deco" /> -<p><span class="xxlarge">CHRONIQUE</span><br /> -<span class="xs">de</span><br /> -<span class="large">1831 A 1862</span><br /> -<i><span class="xs">Publie avec des annotations et un Index biographique</span></i><br /> -<span class="xs">PAR</span><br /> -<span class="large">LA PRINCESSE RADZIWILL</span><br /> -<span class="smallc"><span class="xs">ne Castellane</span></span></p> -<hr class="deco" /> -<p><span class="medium">IV</span><br /> -<span class="medium">1851-1862</span></p> -<hr class="deco" /> -<span class="small"><i>Avec un portrait et deux fac-simils d'autographes</i></span> -<hr class="deco" /> -<p class="xs sper">Troisime dition</p> - -<p class="space"><span class="large">PARIS</span><br /> -<span class="small">LIBRAIRIE PLON</span><br /> -<span class="medium">PLON-NOURRIT <span class="smallc">ET</span> C<sup>ie</sup>, IMPRIMEURS-DITEURS</span><br /> -<span class="xs">8, RUE GARANCIRE—6<sup>e</sup></span></p> -<hr class="deco" /> -<p class="medium">1910</p> -</div> - -<p><span class="pagenumh"><a id="Page_VIII"> VIII</a></span></p> - -<p><span class="pagenumh"><a id="Page_1"> 1</a></span></p> - -<div class="topspace frontmatter"> -<p>Droits de reproduction et de traduction rservs pour tous pays.<br /> -Copyright 1910 by Plon-Nourrit et Cie.</p> -</div> - -<div class="chapter"> -<p class="space extra"><span class="large">DUCHESSE DE DINO</span></p> -<hr class="deco" /> -<p class="extra"><span class="xlarge">CHRONIQUE</span></p> -<h2 class="normal">1851</h2> -</div> - -<p class="section"><i>Sagan, 1<sup>er</sup> janvier 1851.</i>—Cette date fait natre plus -de penses srieuses et graves qu'elle ne permet d'esprance -et qu'elle n'offre de joies. Que nous donnera cette -anne que nous inscrivons aujourd'hui pour la premire -fois? Que de mystres elle renferme!</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 7 janvier 1851.</i>—Je pars dans quelques -heures pour Berlin o la grippe rgne pidmiquement. -D'aprs les derniers relevs, soixante mille personnes en -taient atteintes. Cette vilaine <i>grippade</i>, partout o elle a -rgn, a t le prcurseur du cholra. Ainsi, il se pourrait -bien que ce grand moissonneur se rveille sur nouveaux -frais pour une nouvelle rcolte. A la garde de Dieu!</p> - -<p>Je pense trouver Berlin fort la paix pour ce qui -regarde l'est de l'Europe. C'est pour l'instant le principal. -Quant Dresde, je ne crois pas qu'on y parvienne - rsoudre promptement toutes les questions pendantes. -<span class="pagenum"><a id="Page_2"> 2</a></span> -L'quilibre est bien difficile retrouver, aprs de si formidables -secousses.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 9 janvier 1851.</i>—Le Cabinet Manteuffel a eu -la majorit dans les deux Chambres, pour empcher la -reprise de la discussion de l'Adresse<a id="FNanchor_1" href="#Footnote_1" class="fnanchor"> [1]</a>. Tous les ministres, - cette occasion, ont fort bien parl, dclarant qu'ils -taient dcids briser sans retour avec la rvolution.</p> - -<p>Je ne sais pas encore grand'chose, n'ayant vu que la -Mission anglaise. A tout prendre, j'ai cependant aperu -que si les gens sages sont satisfaits de la paix, chacun se -sent plus ou moins humili des reculades ncessaires; on -reste abattu et srieux. M. de Manteuffel, que j'ai rencontr -sortant de la Chambre, et qui a arrt ma voiture, -m'a dit qu'il tait fort proccup des nouvelles de France; -que Hatzfeldt, dans ses dpches, le prparait de nouvelles -crises.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 11 janvier 1851.</i>—On est assez srieux ici, -socialement. Hier cependant il y a eu un joli concert -Charlottenburg, et les physionomies taient assez ouvertes. -M. de Manteuffel est retourn Dresde, pour y passer -quarante-huit heures et prendre cong du prince Schwarzenberg -<span class="pagenum"><a id="Page_3"> 3</a></span> - qui repart dfinitivement pour Vienne. Dresde -marche clopin-clopant; cependant, on y cherche, et on -croit y trouver une solution. Il est question, mais vaguement -encore, d'envoyer le comte d'Arnim-Heinrichsdorf - Vienne.</p> - -<p>On se montre, ici, trs proccup des destines de la -France et de l'tat critique qui s'y rvle de plus en plus. -M. de Persigny a laiss un triste renom. On est satisfait de -son successeur, qui a une chtive mine, mais qui est poli -et sans jactance<a id="FNanchor_2" href="#Footnote_2" class="fnanchor"> [2]</a>.</p> - -<p>Humboldt se porte tonnamment bien, mais sa politique -est, mes yeux, moins belle que sa mine.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 15 janvier 1851.</i>—Les agitations politiques -parisiennes proccupent ici<a id="FNanchor_3" href="#Footnote_3" class="fnanchor"> [3]</a>, mais cependant l'attention -du public est toujours principalement tourne vers Dresde -d'o il parat que le baron de Manteuffel est revenu de -bonne humeur, il y a deux jours. Hier au soir, ses salons -taient remplis. J'y ai paru un instant, tout le parti conservateur -s'tant promis de s'y rendre.</p> - -<p>M. Thiers est aux pieds de Mme de Seebach, disant -<span class="pagenum"><a id="Page_4"> 4</a></span> -qu'elle n'est pas jolie, mais qu'elle a de l'lgance dans -l'esprit. On dit aussi qu'il crit souvent la Reine des -Pays-Bas, et que ces commerces fminins le consolent -des mcomptes de son ambition.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 17 janvier 1851.</i>—J'ai vu hier la Reine, qui -tait venue de Potsdam pour voir la nouvelle chapelle que -le Roi a fait construire dans le Chteau, et o on a fait le -premier essai de la musique qui y sera excute demain -la fte des Ordres<a id="FNanchor_4" href="#Footnote_4" class="fnanchor"> [4]</a>. Cette chapelle, dans le style -byzantin, est grande et vraiment trs belle; les proportions -en sont vastes, la coupole surtout imposante. La -musique y fait un fort bel effet.</p> - -<p>La seconde Chambre parat pousser le Cabinet la dissolution, -en le taquinant et l'entravant sans cesse.</p> - -<p>La premire Chambre est aussi ministrielle que la -seconde l'est peu.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 19 janvier 1851.</i>—Je vois avec peine qu'en -France le gchis est son comble; c'est le nivellement le -plus complet. Pas un nom, pas une individualit qui ressorte -et qui se dtache sur ce fond boueux.</p> - -<p>Ma vie ici est sans chocs, sans contrarits, mais aussi -sans grand intrt, et les journes effiloques par mille -petites obligations sociales me laissent l'me assez vide. -<span class="pagenum"><a id="Page_5"> 5</a></span> -Il n'y a ni grandes ftes, ni grandes fatigues, mais une -mauvaise coupe d'heures, et une srie de petits devoirs -auxquels on ne peut se refuser, qui heurtent ma paresse -et effarouchent ma sauvagerie, deux dispositions qui vont -fort en augmentant.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 23 janvier 1851.</i>—M. de Radowitz est revenu -avant-hier d'Angleterre, ce qui fait natre bien des inquitudes, -et aussi bien des esprances, et jette, de toutes -parts, une certaine agitation dans les esprits surtout, le -Roi ayant dit tout haut, table, qu'il l'avait appel auprs -de lui.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 25 janvier 1851.</i>—Avant-hier, un grand -dner chez Prokesch, le ministre d'Autriche, on m'a -assur qu' Dresde tout allait bien entre la Prusse et -l'Autriche, mais que les petites puissances leur donnaient -beaucoup de fil retordre. En attendant, il y a tous les -jours ici des revues pour inspecter les rgiments de la -Landwehr, qui rentrent dans leurs foyers; cependant, le -dsarmement ne va pas aussi vite que le voudrait le -ministre des Finances, et que les populations le demandent.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 1<sup>er</sup> fvrier 1851.</i>—J'ai dn avant-hier -Charlottenburg, avec le comte de Sponneck, danois arrivant -de Vienne et s'arrtant ici pour y terminer l'interminable -question danoise.</p> - -<p>Quelqu'un de fort avant dans la haute diplomatie me -disait hier que, depuis que Schwarzenberg avait cart -<span class="pagenum"><a id="Page_6"> 6</a></span> -Schmerling du Cabinet de Vienne, il s'y tait grandement -fortifi et avait limin un dangereux intrigant. Ce n'est -pas un autrichien qui m'a tenu ce langage.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 5 fvrier 1851.</i>—L'Archiduc Lopold est -venu, de Hambourg, faire une pointe ici. Il y est arriv -hier; je l'ai vu le soir, en petit comit, chez le ministre -d'Autriche. Il est grand, beau, gai, naturel, aimable, avec -cette rondeur et cette bonhomie autrichienne qui a de la -grce. Il m'a beaucoup plu. Aujourd'hui, il y a parade en -son honneur Potsdam, demain ici. Il repartira le 8, je -crois, pour son corps d'arme.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 7 fvrier 1851.</i>—A la Cour, avant-hier, tout -avait fort bel air; les femmes en grand habit; le cercle -suivi d'un superbe concert excut dans la grande salle -blanche. Le Roi portait le cordon de Saint-tienne, en -l'honneur de l'Archiduc.</p> - -<p>Hier matin, pour le mme objet, grande parade. Le -soir, grande soire chez le ministre d'Autriche, o tous -les Princes, par exception, se sont rendus, sauf le Prince -de Prusse.</p> - -<p>Le Roi, aprs la parade d'hier, a port, lui-mme, le -grand cordon de l'Aigle noir l'Archiduc. Pendant la -parade, il a fait jouer l'air national autrichien. Que tout -cela est trange par la rapidit des changements de -scnes, sans transition! Ce qui est triste, c'est qu'il n'y a -l aucune garantie contre un changement galement -rapide en sens contraire.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_7"> 7</a></span> -<i>Berlin, 23 fvrier 1851.</i>—Les nouvelles de Dresde -ne semblent pas trs rassurantes; les petites puissances -se montrent toujours difficultueuses, rcalcitrantes; les -grandes puissances qui pourraient, qui devraient s'entendre -pour les soumettre, se combattent par des rivalits -hors de saison.</p> - -<p>La France proteste contre l'incorporation des provinces -lombardo-vnitiennes; la Prusse veut ravoir Neuchtel; -Mazzini agite l'Italie et aiguise partout des poignards; ses -missaires arrivent mme dans le Nord, et la police prussienne -commence avoir l'veil sur leur prsence ici, -mais cette police est d'une maladresse proverbiale. Le -Hanovre se met aussi faire son petit bout de libralisme, -intempestif, incommode, dplorable, et cela parce que -le vieux Roi baisse visiblement, que son ministre principal -est actuellement M. de Mnchhausen, qui a des tendances -pour le parti de Gotha<a id="FNanchor_5" href="#Footnote_5" class="fnanchor"> [5]</a> et qui est soutenu par -la toute-puissance de la comtesse de Grote, dont il est le -gendre. Les intrigues Bunsen-Cobourg-Gotha brochent -sur le tout. Le Prince Albert, qui voit son frre sans -enfants, vise l'agrandissement du duch de Cobourg et - la formation d'une espce de royaume de Thuringe pour -<span class="pagenum"><a id="Page_8"> 8</a></span> -son second fils, et il s'agite, cet effet, par tout moyen.</p> - -<p>La Reine Victoria a invit le Prince et la Princesse de -Prusse venir Londres pendant la fameuse <i>Exhibition</i><a id="FNanchor_6" href="#Footnote_6" class="fnanchor"> [6]</a>.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_9"> 9</a></span> -<i>Sagan, 1<sup>er</sup> mars 1851.</i>—Me voici rentre dans mon -silencieux sjour, qui m'a souri travers le neigeux linceul -qui le recouvre. Je m'tais couche tard, avant-hier, - Berlin, ayant t au bal donn par mes amis les Radziwill. -J'avais eu, la veille d'un dpart, grande envie de -m'en dispenser, mais ils tenaient ma prsence, surtout -au souper, afin de me placer ct du Roi, qu'on prtend -que je fais causer, et que je divertis plus qu'une autre. Je -ne le pense pas, car je me trouve on ne saurait moins -divertissante, mais enfin j'ai voulu tre agrable de bons -et excellents amis d'enfance, et je suis reste. A ce bal, le -ministre Manteuffel est venu dire au Roi qu'il venait de -recevoir par tlgraphe la nouvelle que lord Stanley avait -accept le Ministre, et qu'il allait dissoudre la Chambre -des Communes. A l'examen, il s'est trouv que cette nouvelle -venait, non pas de Londres, mais de Paris, et par -voie tlgraphique il est vrai, mais adresse une maison -de commerce; les Westmorland la mettaient donc en -doute. La grande affaire de l'Europe entire, c'est la -retraite de lord Palmerston; si elle ne se vrifie pas, on -n'aura rien gagn<a id="FNanchor_7" href="#Footnote_7" class="fnanchor"> [7]</a>.</p> - - -<p class="section"><i>Sagan, 7 mars 1851.</i>—Les tristes prvisions que -j'entends faire sur l'tat politique du monde me proccupent -d'autant plus que je voudrais fort, du mois de mai -prochain en un an, voir la France, l'Allemagne et l'Italie -se maintenir sans nouvelles explosions. Mais quelle outrecuidance -que de jeter ses regards et de pousser ses -exigences aussi loin! Hlas! Possdons-nous seulement -le lendemain?</p> - - -<p class="section"><i>Sagan, 9 mars 1851.</i>—Je vois avec douleur lord Palmerston -reprendre sa place. Lors mme qu'il n'y resterait -pas longtemps, il aurait toujours le loisir d'y faire du mal, -surtout d'en faire au Continent dj si malade; il faut, -hlas! si peu de jours pour faire un mal incalculable!</p> - - -<p class="section"><i>Sagan, 19 mars 1851.</i>—J'ai reu hier une lettre de -Mme Alfred de Chabannes qui habite Versailles, mais dont -le mari est Claremont. Elle est dvoue la Maison d'Orlans, -mais comme elle est sense et claire, elle juge -sans aveuglement, et j'ai t frappe de trouver ce qui suit -dans sa lettre: Mes amis de Claremont vont dans -l'abme. Quel horrible article dans <i>l'Indpendance belge</i>, -en rponse la lettre si digne du Comte de Chambord<a id="FNanchor_8" href="#Footnote_8" class="fnanchor"> [8]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_10"> 10</a></span> -Je suis au dsespoir. Nos bonnes ttes, les conservateurs -habiles, passent aux lgitimistes, les brouillons, tels -que Thiers et autres, aux rpublicains modrs. Ma chre -Duchesse d'Orlans sert de prtexte ces derniers; ils -la trompent; leur plan est d'avoir Mgr le prince de -Joinville pour prsident de la Rpublique, et c'est l le -vrai but de la proposition Creton<a id="FNanchor_9" href="#Footnote_9" class="fnanchor"> [9]</a>; c'est l'anguille sous -roche que Berryer a devine. Les douleurs de cette pauvre -Duchesse d'Orlans sont les miennes; elle maigrit, elle -change; ils la tueront force de tracas. Elle va retourner -Eisnach; la Reine sa belle-mre se rendra en Belgique; les -Aumale et Joinville Naples, les Nemours en Autriche.</p> - -<p>Dans une lettre que j'ai reue du marquis de Dalmatie, -il me rpte peu prs les mmes choses, disant que -Thiers, honni, conspu par tous les partis, impopulaire -partout, n'en reste pas moins le plus actif et le plus habile -instrument du mal. Il dplore, non moins que ma cousine -de Chabannes, qu' Claremont on soit aussi compltement -la dupe de Thiers, qui rgne absolument sur les esprits de -<span class="pagenum"><a id="Page_11"> 11</a></span> -cette pauvre famille. Le Marquis en revient au reproche -qui devient bien gnral contre la Duchesse d'Orlans, -celui de ne faire que de la politique personnelle; rptant -qu'elle ne voudra jamais de la fusion, qu'elle se complat -dans le rle de chef de parti, rle que la fusion ferait -cesser. Quant ses beaux-frres, M. Guizot dit d'eux que -ce sont d'excellents fonctionnaires, mais pas des Princes. -Les lgitimistes, ajoute le Marquis, qui avaient fait de -grandes avances, qui se beraient de l'espoir de toucher -la fusion, ont t tout coup rveills de leur rve, quand -on est venu leur demander, un peu trop navement, de -jouer le rle de dupes, et, aprs leur avoir refus toute -garantie, leur dire: Remettez-vous-en la loyaut de -M. Thiers, qui, au mme moment, tait en intrigue avec -la Montagne. La bonhomie des lgitimistes ne pouvait -aller jusque-l. Thiers a alors fait croire Claremont que -les lgitimistes s'taient indignement conduits et que -l'honneur exigeait que les Princes d'Orlans rompissent -tous les fils avec Frohsdorf; ils ont donn dans le panneau, -et leurs dernires lettres dtruisent toute esprance -de fusion. Ils s'enveloppent, disent-ils, dans leur dignit, -et ils congdient leurs troupes.</p> - -<p>Pour cela, il n'ont pas grand'chose faire.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 21 mars 1851.</i>—J'ai reu une lettre de M. Mol, -la plus coquette, la plus cajolante, la plus complimenteuse, -la plus flatteuse, la plus tendre, la plus admiratrice -qui se puisse imaginer. C'est l'occasion du mariage de -sa petite-fille, Mlle de Champltreux, avec le fils an du -<span class="pagenum"><a id="Page_12"> 12</a></span> -duc de Noailles, qu'il rompt un long silence, disons -mieux, un profond oubli. Il y a deux pages sur ce mariage, -une sur la politique, une autre tout imprgne des chos -du pass, de sa jeunesse, de la mienne, <i>quoiqu'elles ne se -soient jamais confondues</i>, mais elles se sont envisages, -elles ont suivi deux routes parallles, qui, par cela mme -n'ont pu se toucher, en tant, cependant, bien rapproches.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 14 avril 1851.</i>—Les gazettes apportent aujourd'hui -la nomination du nouveau Ministre franais, et, en -mme temps, je trouve dans <i>l'Indpendance belge</i> un long -article la louange de l'nergie et de l'habilet du nouveau -Ministre de l'intrieur, M. Lon Faucher, qui serait, -dit-on, l'me et le vritable chef du nouveau Cabinet. Si -telle est, en effet, l'importance du personnage, il faut -esprer qu'une main ferme arrtera, momentanment du -moins, le torrent socialiste, et qu'il y aura sursis aux -explosions jusqu'en 1852<a id="FNanchor_10" href="#Footnote_10" class="fnanchor"> [10]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 16 avril 1851.</i>—J'ai reu, hier, plusieurs -lettres de Paris, une, entre autres, de M. de Barante, qui -reprsente la France comme fort malade, la vrit, mais -qui ne croit aucune explosion prochaine, et qui semble -ne prvoir de conflit srieux que pour 1852. Il ajoute que -<span class="pagenum"><a id="Page_13"> 13</a></span> -c'est l'opinion des faiseurs de toutes les nuances; mais les -faiseurs sont sujets illusion, preuve le 24 fvrier 1848.</p> - -<p><i>L'Indpendance belge</i> continue prner les mesures -nergiques prises ds le dbut par M. Lon Faucher -contre les socialistes. Dieu veuille qu'elles soient efficaces!</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 20 avril 1851. Jour de Pques.</i>—Un beau -soleil claire la fte de la Rsurrection. Que ne peut-il -rajeunir ce vieux monde politique, comme il ravive la -nature! Car, quant l'me, il ne dpend que d'elle de se -raviver et de s'embellir; il lui faut, la vrit, plus d'un -effort pour y parvenir; souvent une sant prouve suffit -pour paralyser la meilleure volont; je m'en aperois sans -cesse moi-mme, qui, depuis deux jours spcialement, -suis reprise d' peu prs toutes mes misres de l'anne -passe. Mon voyage de France pse sur moi; pourtant, il -faut y avoir t une dernire fois avant de mourir. La -premire communion de ma petite-fille Marie<a id="FNanchor_11" href="#Footnote_11" class="fnanchor"> [11]</a> est une -circonstance spciale. Je voudrais parler mes hommes -d'affaires, voir mes petits-enfants que je ne connais, ou -pas du tout, ou que peu, visiter le tombeau de mon -oncle<a id="FNanchor_12" href="#Footnote_12" class="fnanchor"> [12]</a> avant de prendre place dans le mien, serrer la -main de deux ou trois personnes qui m'ont conserv bon -souvenir, et puis en avoir fini. Mais je m'arrte, je suis en -sombre disposition.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 6 mai 1851.</i>—Je n'entreprendrai pas mon -<span class="pagenum"><a id="Page_14"> 14</a></span> -voyage <i>in good condition</i> ni <i>in good spirits</i>. Je ne sais trop -o je vais, je me sentirai seule et <i>destitude</i><a id="FNanchor_13" href="#Footnote_13" class="fnanchor"> [13]</a>. Comme ce -n'est ni par lgret, ni par got de changement ou futilit, -mais bien pour accomplir un devoir de haute convenance, -que je m'engage dans cette route, je veux esprer -qu'elle ne me sera pas fatale.</p> - -<p>Voil la correspondance Mirabeau-La Marck livre au -public<a id="FNanchor_14" href="#Footnote_14" class="fnanchor"> [14]</a>. Je suis on ne saurait plus curieuse du livre et -des articles qu'il provoquera dans les journaux et revues.</p> - -<p class="section"><i>Hanovre, 15 mai 1851.</i>—J'ai fait tout ce que je -m'tais propos de faire Berlin et Potsdam, o l'indisposition -de la Reine et le voyage Varsovie occupaient -tous les esprits<a id="FNanchor_15" href="#Footnote_15" class="fnanchor"> [15]</a>. Il est question d'une visite de l'Empereur -de Russie Olmtz, d'y runir les trois potentats du -Nord. On espre les Majests russes Berlin, pour l'inauguration, -fixe au 31 mai prochain, du beau monument -de Frdric le Grand<a id="FNanchor_16" href="#Footnote_16" class="fnanchor"> [16]</a>. Ici, Hanovre, on est redevenu -<span class="pagenum"><a id="Page_15"> 15</a></span> -fort prussien, depuis la course que le vieux Roi a faite -Schwerin et Charlottenburg.</p> - -<p class="section"><i>Bruxelles, 16 mai 1851.</i>—Arrive hier soir ici, je -viens de recevoir une trs gracieuse lettre de la Reine -Marie-Amlie, qui m'annonce que le Roi Lopold, voulant -profiter aussi de ma prsence, m'engage dner demain - Laeken, mais que je devrais arriver une heure avant, -pour qu'elle puisse me voir seule.</p> - -<p>J'irai dans la matine, aujourd'hui, voir les Metternich.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 19 mai 1851.</i>—Me voici dans Babylone. J'y -suis arrive hier cinq heures du soir. A Laeken, j'ai t -touche de l'accueil qui m'a t fait par belle-mre et -gendre; mais j'ai t effraye du changement du prince -de Joinville, compltement sourd, courb, vot, grisonnant, -abattu, silencieux, sauvage. Il me semble que si on -le voyait ainsi en France, il n'y paratrait redoutable -personne.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 23 mai 1851.</i>—Je voudrais pouvoir crire -longuement, mais on sait ce que c'est qu'un vol travers -Paris. J'y suis traque, abme, et cependant je ne le quitterai -que le 31, et cela sur le dsir de l'vque d'Orlans<a id="FNanchor_17" href="#Footnote_17" class="fnanchor"> [17]</a>, -que j'ai vu longuement hier. Il veut faire route -avec Pauline et moi; il veut me montrer lui-mme l'tablissement -de la Chapelle<a id="FNanchor_18" href="#Footnote_18" class="fnanchor"> [18]</a> o sont mes petits-fils; il -<span class="pagenum"><a id="Page_16"> 16</a></span> -veut que je dne l'vch; bref, il veut de si bonne -grce qu'il n'y a pas moyen de s'y refuser sans en avoir -une trs mauvaise.</p> - -<p>J'ai fait la connaissance de M. de Falloux, qui a parfaitement -rpondu l'ide que je m'en tais faite, et c'est -une chose qui, en bien ou en mal, se rencontre fort rarement. -J'ai vu bien d'autre monde encore; mais l'intrt -qu'offre la curiosit satisfaite me manque compltement, -car je n'ai plus aucune curiosit, du moins celle des personnes, -et le temps me manque pour satisfaire celle des -choses. J'ai t cependant avec la marchale d'Albufra -assister une reprsentation d'<i>Adrienne Lecouvreur</i> la -Comdie-Franaise, mais cela m'a fait veiller, car tout se -passe bien tardivement ici; on y dne aussi trs tard, et -cela ne me va pas du tout.</p> - -<p>Je n'ai point encore vu la princesse de Lieven, malgr -deux essais rciproques; mais il me faudra aujourd'hui -passer sous les fourches caudines.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 25 mai 1851.</i>—L'horizon politique s'obscurcit -sur nouveaux frais. Les <i>Burgraves</i> croient des ruptions -volcaniques pour le mois de juin. Est-ce du 15 au 20, -ou du 20 au 30 que la bombe clatera? Voil o on en -est.</p> - -<p>Une espce de Jacquerie a commenc en Berry aux -<span class="pagenum"><a id="Page_17"> 17</a></span> -environs du chteau du duc de Mortemart<a id="FNanchor_19" href="#Footnote_19" class="fnanchor"> [19]</a>. On y met -le Chteau en tat de dfense.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 27 mai 1851.</i>—M. de Falloux viendra assister - Marmoutiers la premire Communion de Marie<a id="FNanchor_20" href="#Footnote_20" class="fnanchor"> [20]</a>. Il -parat qu'il m'a prise gr; c'est on ne saurait plus rciproque. -Je lui sais d'ailleurs bien bon gr de m'avoir -offert quelqu'un <i>estimer au complet</i>. Lui, l'vque et -le cher Chatelain sont ici les tres avec lesquels je me -plais, sans oublier cependant le doux et aimable -Barante.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 31 mai 1851.</i>—Hier, dner, chez M. Mol, -on parlait de votre livre<a id="FNanchor_21" href="#Footnote_21" class="fnanchor"> [21]</a>, dont, en tout, on parle beaucoup, -pour louer le rle que vous avez dans cette publication, -ainsi que la manire dont vous l'avez saisi et -rempli. Celui que vous donnez M. d'Arenberg et le jour -sous lequel vous l'avez plac l'ont fort grandi aux yeux -de tous. Quant Mirabeau, il me semble diminu, -amoindri dans l'opinion qu'on avait de ses ressources -d'habilet, sans se relever du mpris qu'inspirait son -caractre.</p> - -<p>J'ai dn avant-hier chez Mme de Lieven. J'ai eu la -<span class="pagenum"><a id="Page_18"> 18</a></span> -satisfaction qu'elle m'a trouve stupide et qu'elle me l'a -dit assez clairement pour me faire esprer qu'elle le dirait -et rpterait dans ses <i>lettres vertes</i>, si fort en circulation -dans toute l'Europe<a id="FNanchor_22" href="#Footnote_22" class="fnanchor"> [22]</a>. Du reste, tout s'est pass trs -poliment entre nous. Seulement, elle a voulu me <i>produire</i> - son <i>Club</i> du dimanche<a id="FNanchor_23" href="#Footnote_23" class="fnanchor"> [23]</a>, quoi je me suis absolument -refuse, mais sous des prtextes plausibles et qui -n'avaient rien de dsobligeant.</p> - -<p>Je pars ce soir. Je passerai la journe de demain -Orlans, et aprs-demain j'irai Valenay.</p> - -<p class="section"><i>Valenay, 3 juin 1851.</i>—Je me sens fort tristement -mue ici, par ce qui est rest, par ce qui a t dplac, -par les ressemblances, par les diffrences...</p> - -<p class="section"><i>Valenay, 5 juin 1851.</i>—Mme de Hatzfeldt est arrive -ici seule<a id="FNanchor_24" href="#Footnote_24" class="fnanchor"> [24]</a>, son mari ayant t retenu Paris par l'intempestive -loquence du Prsident au banquet de Dijon. -A cette occasion, on m'crit de Paris ce qui suit: L'incartade -du Prsident Dijon assombrit encore notre -horizon. Elle remet tout en question et la discorde clate -plus violente que jamais. La dgradation du gouvernement, -oblig de nier et de se rtracter, est son comble -<span class="pagenum"><a id="Page_19"> 19</a></span> -et ne profite cependant personne. Je ne crois pas la -tranquillit matrielle en jeu pour le moment, mais le -chaos de 1852, l'œil seul de Dieu peut le percer.</p> - -<p class="section"><i>Rochecotte, 14 juin 1851.</i>—Je suis arrive ici hier -dans la soire, ce qui n'a pas laiss de m'mouvoir. On -inflige de grands supplices, soit au cœur, soit la conscience, -par cette vie rtrospective que je mne depuis -prs d'un mois; je veux esprer qu'elle est salutaire -l'me.</p> - -<p class="section"><i>Le Mans, 20 juin 1851.</i>—M. de Falloux est arriv -avant-hier Rochecotte. Il nous a apport les lettres familires -du comte Joseph de Maistre, qui viennent de -paratre, et nous en a lu quelques-unes, qui sont dignes -de ce grand penseur et de cet crivain si original.</p> - -<p>Les deux premiers volumes de l'<i>Histoire de la Convention</i> -par Barante se publient ces jours-ci. Il est heureux -que cette terrible poque soit traite par un <i>honnte</i> -homme.</p> - -<p><i>Paris, 27 juin 1851.</i>—Je pars demain pour Bruxelles; -je serai, Dieu aidant, Bade le 1<sup>er</sup> juillet.</p> - -<p class="blockquote">Il y eut ici une interruption dans la correspondance, qui ne reprit -qu'aprs le sjour de Bade.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_20"> 20</a></span> -<i>Wurtzburg, 11 aot 1851.</i>—Nous sommes arrives -ici sans encombre. Hier au soir, nous nous sommes fait -conduire au vieux Chteau de Heidelberg. Le soleil s'est -couch pittoresquement derrire les ruines; l'air, la couleur, -le paysage, tout tait beau.</p> - -<p>Aujourd'hui, j'ai beaucoup lu: j'ai fini les deux -volumes de M. de Maistre; je les ai lus crayon en main. -Il se trouve dans cette correspondance des lettres de -M. de Bonald que je prfre celles de M. de Maistre; -aussi leves, elles sont plus simples, plus serres, et -plus <i>franaises</i> en fait de style. Cependant, je suis assez -sous le charme de M. de Maistre, quand il est srieux; -je ne l'aime gure quand il plaisante, quoique l'esprit -ne manque jamais, seulement ses ailes ont quelquefois -du plomb dans leurs plumes. M. de Maistre, le fils, -a eu une heureuse et <i>vengeresse</i> ide en publiant les -lettres de l'abb de Lamennais et de M. de Lamartine -adresses son pre, et qui, par la diffrence du point de -dpart, font encore mieux ressortir l'infamie du point -d'arrive.</p> - -<p class="section"><i>Bamberg, 17 aot 1851.</i>—Les journaux qui nous ont -t prts ici l'auberge disent que dcidment le prince -de Joinville accepte toutes les candidatures: dputation, -prsidence, tout lui convient; il se prte tout. Il ne manquait -que cet abaissement de plus pour assurer le progrs -des rouges, car les lgitimistes, auxquels Claremont on -a refus la fusion, prfreront voter pour les candidats de -la Montagne, voir revenir un Orlans sans un Bourbon, -<span class="pagenum"><a id="Page_21"> 21</a></span> -et les bonapartistes en feront autant. Il parat qu'un manifeste -fort travaill du prince de Joinville va tre lanc dans -le public. En attendant que je le lise, j'ai lu aujourd'hui -le petit volume de la comtesse Hahn, intitul <i>De Babylone - Jrusalem</i>. Il est intressant, surtout pour qui connat -ses prcdents ouvrages, pour qui la connat elle-mme. -Il est d'ailleurs intressant pour la foi; il est crit avec -verve et talent; il rpond aux objections courantes des -gens du monde ignorants contre le catholicisme; mais je -ne suis pas bien sre que sa conversion, du reste fort sincre, -lui ait fait rencontrer en chemin l'<i>humilit</i>; je serais -un peu tente d'en douter; il faut bien qu'elle parle d'elle -puisqu'il s'agit de son voyage spirituel, mais il y a faon -de le faire; puis, tout en abjurant tous ses crits prcdents, -tout en rptant qu'elle n'en sait plus une ligne, -qu'elle a tout oubli, elle se cite elle-mme sans cesse... -Ce petit livre peut avoir une utilit relle pour les autres; -c'est donc une œuvre mritoire; mais lui sera-t-il utile -elle? Il me semble que si j'tais son confesseur, je dirais -que non; mais, comme je n'ai point ce difficile honneur, -je n'ai point me faire une opinion cet gard.</p> - -<p class="section"><i>Taunenfeld, prs Lœbichau, 20 aot 1851.</i>—J'cris -d'un pavillon, une lieue de Lœbichau, que j'ai habit -dans mon enfance, qui m'appartenait, dont la situation -est frache et jolie, et o ma sœur s'est tablie pendant -qu'elle fait faire des rparations urgentes Lœbichau. -Je vais aller tout l'heure, dans la partie sombre -du parc, o un tertre de gazon sans clture et une croix -<span class="pagenum"><a id="Page_22"> 22</a></span> -de fer indiquent le lieu de repos de notre mre et de notre -sœur Pauline<a id="FNanchor_25" href="#Footnote_25" class="fnanchor"> [25]</a>. Je n'aime pas cette faon presque -paenne, du moins peu catholique, de dposer des restes -chris. Encore est-il trop heureux que la croix s'y trouve! -Mais ce bois ouvert, ces alles tournantes, ces massifs de -fleurs jardinires, tout cela m'est parfaitement antipathique. -J'aime une certaine austrit recueillie (qui n'ait -rien de trop lugubre) pour les tombeaux; mais, avant -tout, une dfense sre contre toute profanation, une barrire -qu'il faille ouvrir, un verrou tirer, une cloche -sonner. Ce n'est pas le hasard d'une promenade, peut-tre -joyeuse, qui doit nous conduire auprs de ceux qui -nous ont quitts pour nous attendre ailleurs. Il faut savoir -qu'on va eux, il faut le vouloir, et y arriver dans une -certaine disposition de l'esprit, du cœur, de l'me...</p> - -<p class="section">J'ai reu une lettre de Paris, de ma cousine Mme Alfred -de Chabannes, dans laquelle il y a le passage suivant:</p> - -<p>Ici, la situation politique devient <i>honteuse</i> pour ma couleur. -La candidature du prince de Joinville a reu son -adhsion, s'appuyant sur les rpublicains avancs. Je -doute qu'on sache le fond de cette intrigue Claremont; -mme, j'en suis sre, le <i>Journal des Dbats</i> qui nous tait -favorable ne suivra pas cette ligne dsastreuse. Si, du -moins, Mme la Duchesse d'Orlans voulait comprendre -tout ce qui se passe, et qu'elle restt en Allemagne au lieu -de n'y faire qu'une course. Thiers est au fond de toute -cette dtestable intrigue; il joue la Princesse et cela depuis -<span class="pagenum"><a id="Page_23"> 23</a></span> -longtemps. Il jouera de mme le prince de Joinville, pour -consolider la Rpublique son profit personnel. Il est -bien douloureux de voir ceux qu'on aime lancs pleines -voiles sur une semblable mer, celle des rvolutions. J'en -suis au dsespoir.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 8 septembre 1851.</i>—J'attends aujourd'hui le -Roi pour dner, et demain dans l'aprs-midi, il continuera -sa route. Heureusement que la pluie diluvienne d'hier a -cess et que, pour l'instant, le soleil luit et le ciel est pur.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 10 septembre 1851.</i>—Le temps n'est pas beau -ici; cependant, il n'est pas tomb une goutte de pluie -pendant le temps que le Roi a bien voulu y rester. Seulement, -s'il faisait clair, il faisait froid. Mais cela n'a pas -empch le Roi de vouloir se promener pied, en phaton, -de vouloir tout regarder, de s'amuser des progrs -qu'il remarque entre chacun de ses voyages. Il tait de la -meilleure humeur du monde, content de tout, gracieux, -en train, drle; bref, tout fait entranant comme il sait -l'tre; pour moi, plus affectueux que jamais. En m'embrassant - l'adieu, il a pass mon bras un petit bracelet -fort simple et d'autant meilleur got, sur lequel se trouve -grav: <i>Donn par l'amiti</i>. Un petit mdaillon s'y trouve -accroch, contenant, sous de l'mail bleu, des cheveux de la -Reine. Quel dommage que cet aimable homme soit... Roi!</p> - -<p>Il avait dans sa suite, trs nombreuse, un officier autrichien, -le baron de Hammerstein, qui lui avait t assign -pour l'accompagner dans les tats autrichiens et auquel il -<span class="pagenum"><a id="Page_24"> 24</a></span> -a fait la politesse de l'inviter le suivre jusqu' Berlin.</p> - -<p>J'ai lieu de croire que le Roi a t content de son passage -par l'Autriche, et que la satisfaction a t rciproque - l'entrevue d'Ischl<a id="FNanchor_26" href="#Footnote_26" class="fnanchor"> [26]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 20 septembre 1851.</i>—Voil la duchesse de -Maill morte; voil la vicomtesse de Noailles morte. Ces -deux dames n'avaient que quelques annes de plus que -moi. Toutes deux bien doues, encore l'ge o l'on peut -se croire un certain sursis; l'une portant avec courage de -grands dsastres, l'autre jouissant d'une trs belle existence. -Rien n'y fait, rien n'abrite le bonheur, ni l'infortune; -si j'avais quelque chose apprendre sur ce grave -chapitre, ces deux vnements me frapperaient encore -plus, mais, en vrit, <i>je suis bien habile sur le nant</i>. -Disons-nous, au milieu de tout ce qui prit et de cette -banqueroute absolue qui est la vie, que l'affection, celle -que nous ressentons nous-mmes, encore plus que celle -que nous pouvons inspirer, est un bien, un trsor, qu'il -nous est accord d'emporter dans le grand <i>par-del</i>. Quoi -de plus beau, en effet, que de se sentir encore, au couchant -de la vie, la facult d'aimer, de croire et par consquent -d'esprer.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 1<sup>er</sup> octobre 1851.</i>—Non, je ne crois pas que -l'me la mieux prpare, la plus dtache des choses -d'ici-bas, soit pour cela oblige d'teindre tous les besoins -<span class="pagenum"><a id="Page_25"> 25</a></span> -du cœur. Je crois au contraire que rien n'est plus doux, -plus tendre, plus dvou que l'me dtache, parce qu'elle -ne doit tre dtache que de l'gosme personnel; par -consquent, elle doit se faire toute tous, aimer mieux, -aimer avec une abngation plus parfaite.</p> - -<p>Sainte Thrse dit que la grande punition inflige -Lucifer tait de ne plus pouvoir aimer. Il y a des dvots -secs, arides, impitoyables, orgueilleux; ou bien il y a des -asctiques qui, ermites dans une grotte sauvage, ont -rompu tout commerce avec les hommes. Mais ces ermites -eux-mmes se sont mis aimer les oiseaux, nourrir les -htes des bois, aimer la nature et les cratures ailes ou -sauvages, et les apprivoiser, tant l'homme a besoin -d'aimer. Nous ne serons jamais des dvots desschs, ni -des habitants du dsert. Nous serons tout simplement des -chrtiens dociles, humbles, ne craignant pas la mort, -rsigns vivre, aimant ceux qui sont doux et honorables - aimer, et attendant en charit, paix et confiance que -Dieu nous appelle et nous juge dans sa misricorde. C'est -l, je crois, le vrai travail chrtien. Le <i>desschement</i> est -un pige du dmon; <i>le dtachement de soi et non pas des -autres</i>, c'est l l'œuvre de Dieu.</p> - -<p>Voil mon petit trait. A mon sens, on peut parvenir -rsoudre le problme sans arriver la dmence de Pascal. -Cruelle solution qu'un Dieu de bont et d'quit ne saurait -prparer notre faiblesse!</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 7 octobre 1851.</i>—Le duc de Noailles finit une -lettre, en rponse mon compliment de condolance sur -<span class="pagenum"><a id="Page_26"> 26</a></span> -la mort de la Vicomtesse, par ces mots: Tout le monde -ici est triste, l'lyse est triste, les fusionnistes et les lgitimistes -sont tristes, les orlanistes ne sont pas gais; la -confusion est au comble, les divisions sans bornes et la -prvision impossible.</p> - -<p class="section">J'ai reu hier la visite d'une belle dame, ou, du moins, -d'une jadis belle dame parisienne, lgitimiste de tout -temps, enfin, de la marquise de La Roche-Lambert, ne -de Bruges, tante d'un des lves de notre collge de -Sagan. Elle revenait de Frohsdorf et retournait en France. -Elle a voulu voir son neveu en passant et a cru devoir me -remercier de l'intrt que j'ai tmoign cet enfant. Elle -a djeun chez moi. Une de ses raisons, m'a-t-elle dit, -pour demander me voir, a t de me rapporter des -paroles de Mme la Dauphine. Celle-ci lui ayant demand -quelle route elle prendrait pour retourner en France, -Mme de La Roche-Lambert lui a rpondu qu'elle passerait -par Sagan embrasser son neveu et qu'elle me verrait en -passant. Sur cela, Mme la Dauphine aurait rpondu: -Ah! Dorothe. J'ai toujours eu du faible pour elle, -car je l'ai connue bien jeune Mittau, avant son mariage. -Dites-lui que je me souviens d'elle, avec intrt. J'avoue -que j'ai t fort touche, mais fort tonne de ces paroles, -qui, du reste, me sont fort prcieuses. M. de Falloux et le -duc de Noailles m'avaient, la vrit, rpt que j'tais -en fort bonne odeur Frohsdorf, mais je pensais que -c'tait tout au plus chez la seconde gnration.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 13 octobre 1851.</i>—Je suis arrive avant-hier -<span class="pagenum"><a id="Page_27"> 27</a></span> -soir ici. Hier, j'ai fait ma cour Mme la Princesse de -Prusse. J'ai vu Humboldt, Prokesch et d'autres encore. -De nouvelles, je n'en entends pas. Je crois qu'il n'y a rien - savoir pour le moment. On dit M. de Manteuffel s'affermissant -dans le pays et auprs du Roi, content des diffrentes -Dites provinciales; mais tout prendre, on sommeille. -Esprons que ce sommeil est un vritable repos -d'o ressortiront le calme et l'quilibre. Cela dpend de la -France: je vois tous les regards se porter vers elle avec -anxit.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 20 octobre 1851.</i>—Me voici rentre depuis -hier dans ma cellule. J'ai eu trs froid en route, mais le -ciel tait pur, et le soleil refltait ces joyeux rayons sur ces -teintes chaudes et varies de l'automne, qui me plaisent -tout particulirement. Je vais maintenant me caser ici -pour de bon. Je n'ai plus de courses faire; je ne m'attends -plus des visites dans cette saison avance; je vais -me mettre lire, peindre, broder, crire, gouverner -ma maison et mes tablissements de charit, -faire planter, bref, remplir mes journes le moins mal -possible, c'est--dire le plus utilement pour mon me et -pour le bien-tre de mes entours.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 24 octobre 1851.</i>—La mort de Mme la Dauphine<a id="FNanchor_27" href="#Footnote_27" class="fnanchor"> [27]</a> -est un vnement qui ne saurait passer inaperu. -Les grandes infortunes, toujours portes avec la plus -<span class="pagenum"><a id="Page_28"> 28</a></span> -noble et la plus simple dignit, lui assignent une place -tout part dans notre dplorable histoire contemporaine. -Il ne lui a manqu qu'un peu de charme et de grce, pour -la mettre au-dessus des plus grandes victimes de tous les -sicles.</p> - -<p><i>Sagan, 5 novembre 1851.</i>—Le Roi de Hanovre est au -plus mal. Cette mort ne sera pas un petit vnement -travers les difficults allemandes, ce fils aveugle et les -intrigues anglaises.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 12 novembre 1851.</i>—Il me revient qu'on est -trs bless Frohsdorf: 1<sup>o</sup> de la brivet du deuil pris -Claremont pour Mme la Dauphine; 2<sup>o</sup> de ce qu'on n'ait -pas crit au Comte de Chambord, l'occasion de la mort -de son illustre tante, lui qui avait crit lors de la mort -de Louis-Philippe; 3<sup>o</sup> de ce qu'on s'est born un message -verbal de condolance, confi au duc de Montmorency, -sans mme le charger d'aller Frohsdorf, mais -seulement de le transmettre quelque chef lgitimiste -prsent Paris. J'avoue que je ne puis blmer le ressentiment -que l'on prouve de cette faon si peu sympathique, -si peu respectueuse envers le malheur des <i>ans</i>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 14 novembre 1851.</i>—J'ai achev hier la lecture -des <i>Souvenirs</i> du chancelier de Mller, de Weimar. -C'est celui dont M. de Talleyrand parle dans son morceau -sur l'entrevue d'Erfurt. Dans ces <i>Souvenirs</i>, il est sans -cesse question de mon oncle, avec une grande vrit de -<span class="pagenum"><a id="Page_29"> 29</a></span> -dtails et une justice rare qui m'a fait plaisir. Le tout est -un petit volume pas du tout difficile comprendre, simplement -crit, bien pens, clairement exprim, et donnant -un tableau parfaitement exact de l'Allemagne sous l'Empire. -Ce M. de Mller n'a rien de commun avec l'historien -Jean de Mller.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 16 novembre 1851.</i>—Le Roi de Hanovre -s'teindra sous peu, s'il ne l'est dj. On se querellera sur -la tutelle. Ce sera un point en litige de plus, du provisoire -en herbe, vice inhrent un sicle tout la fois -paresseux et inquiet<a id="FNanchor_28" href="#Footnote_28" class="fnanchor"> [28]</a>. Et la France? si ardente et si -molle, si agite et si insouciante? Contrastes merveilleux -et dplorables que ne simplifieront pas messieurs les Burgraves. -Ils me font l'effet de momies en service extraordinaire<a id="FNanchor_29" href="#Footnote_29" class="fnanchor"> [29]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 17 novembre 1851.</i>—Je nie que ce que vous -appelez<a id="FNanchor_30" href="#Footnote_30" class="fnanchor"> [30]</a> <i>ma haute raison</i> n'ait pas besoin des enseignements -de la mort. Qui de nous peut se croire assez -dtach pour n'en avoir nul besoin? Pour ma part, j'en -<span class="pagenum"><a id="Page_30"> 30</a></span> -suis fort ncessiteuse au contraire, et j'espre que ma -pauvre me en tirera profit. Toutes les lectures, les mditations -n'approchent pas, dans l'impression qu'elles produisent, -du spectacle rel. Il est bien grave et plein de -rvlations. D'ailleurs, je ne me fais aucune illusion sur -l'tat de ma sant, et je la crois assez profondment -branle pour, peu peu, <i>chausser mes sandales</i>. C'est -un bon emploi de solitude. J'ai trouv, il y a quelque -temps, dans le prophte Ose, un passage que je pourrais - bon droit fixer sur la porte de cette maison-ci: Je l'ai -conduit dans la solitude, et l lui ai parl au cœur.</p> - -<p>Je suis enchante que Mgr Dupanloup veuille vous -faire voir ses matriaux sur M. de Talleyrand<a id="FNanchor_31" href="#Footnote_31" class="fnanchor"> [31]</a>. Je -crois que plus on fouillera, plus on recueillera sur son -compte, et plus on dcouvrira de contrastes. Telle est la -condition de presque tous les hommes qui, avec une -bonne nature et des facults distingues, ont t jets -dans un monde corrompu, <i>dans une position fausse</i>, et -dans les orages rvolutionnaires. L'essentiel est de montrer -l'excellent de la nature primitive, et, tout en reconnaissant -les graves erreurs, de prouver qu'elles n'ont -<span class="pagenum"><a id="Page_31"> 31</a></span> -jamais t jusqu' la <i>cruaut</i> ni jusqu' la <i>bassesse</i>. -Quelque distrait que soit le public par les grands tremblements -de terre actuels, il reviendra un temps o la curiosit, -l'intrt se rveilleront pour un pass plein d'enseignements. -On y cherchera la vrit. Elle est si souvent -dnature, si difficile retrouver que ceux qui travaillent - la dgager de ses nuages seront des bienfaiteurs de -l'avenir.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 1<sup>er</sup> dcembre 1851.</i>—Nous voici au dbut du -dernier mois d'une anne, qui, travers plus d'une -preuve, sera peut-tre regrettable en comparaison de -cette date 1852 qui semble devoir rsoudre bien des problmes. -Ces solutions seront-elles <i>lumineuses</i>? je ne le -crois pas; <i>sanglantes</i>? j'en doute; <i>boueuses</i>? je voudrais -presque en rpondre. Si telle est la destine politique -de la vieille Europe, tchons du moins que, dans la vie -intime, tout soit clart, douceur, paix et confiance; cela -peut se conserver travers tous les orages, toutes les -catastrophes, et c'est cela qu'il faut s'attacher avec persvrance -et fermet.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 4 dcembre 1851.</i>—Les nouvelles tlgraphiques -de Paris me jettent depuis hier dans une grande -agitation<a id="FNanchor_32" href="#Footnote_32" class="fnanchor"> [32]</a>. Je ne m'tendrai pas ici sur les rflexions, -<span class="pagenum"><a id="Page_32"> 32</a></span> -prvisions, qui se pressent en foule dans l'esprit de tous -de pareilles extrmits. L'anne 1851 n'a pas voulu laisser - son hritire le soin de justifier les prdictions qui s'y -attachaient; elle s'est charge de la dflorer.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 6 dcembre 1851.</i>—Les projets me semblent -plus jets au hasard que jamais par le coup de tonnerre -parti de France. On m'crit de Berlin que l'on s'y attend - ce que le Prsident, pour <i>distraire les rouges</i>, voudra -les jeter hors des frontires par une guerre trangre. -J'avoue que je n'y crois pas pour l'instant. Il a trop de -difficults intrieures, qui rclament d'autres remdes -qu'une guerre trangre; pendant qu'il porterait ses -troupes contre le dehors, le pays resterait livr aux dmagogues, -et c'est ce qu'il ne saurait, ce me semble, risquer. -Il doit tre uniquement occup du rsultat de ce <i>suffrage -universel</i> dont il voque l'preuve dans ce mois-ci. C'est -l aussi ce qui doit occuper l'Europe entire, car si les -rouges triomphent en France, leur sanglant succs sera -assur, ou du moins tent partout, et partout probable. -Je n'ai aucune nouvelle directe de France depuis la crise -du 2. Mme la Duchesse d'Orlans comprendra-t-elle enfin, -hlas! aprs coup, le gupier dans lequel l'hroque -Thiers et consorts l'ont fait tomber? La fusion, qui aurait -pu sauver les principes et la civilisation entire, est maintenant -<span class="pagenum"><a id="Page_33"> 33</a></span> -hors de propos. M. Thiers Vincennes, le douteux -Changarnier sous les verrous, la candidature Joinville -couverte de ridicule, Mme la Duchesse d'Orlans reste la -grande coupable aux yeux de l'Europe<a id="FNanchor_33" href="#Footnote_33" class="fnanchor"> [33]</a>. Et voil o -conduisent l'esprit faux chez tous et l'ambition <i>personnelle</i> -chez les femmes, qui il n'est permis d'en avoir que pour -autrui. Mais quoi servent toutes ces rflexions? Hlas! - rien, qu' reconnatre une fois de plus le profond aveuglement -de l'humanit.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 9 dcembre 1851.</i>—Mme d'Albufra me -mande que rien n'gale les fureurs de Mme Dosne<a id="FNanchor_34" href="#Footnote_34" class="fnanchor"> [34]</a>. On -ne relche pas en masse les dputs faits prisonniers le -2, mais tantt l'un, tantt l'autre, les orlanistes et les -montagnards les derniers. Le carnage a t trs grand -Paris. Si le Prsident comprend bien sa mission, il terrassera -les rouges. C'est le meilleur, le seul moyen pour se -perptuer au pouvoir, car il gagnerait ainsi la reconnaissance -de toute l'Europe. On me mande de Vienne qu'on y -<span class="pagenum"><a id="Page_34"> 34</a></span> -est trs favorable au Prsident, surtout, je pense, aux -mesures nergiques de son coup d'tat. Il me parat que -Thiers, en cage, est plutt l'objet du ridicule qu'il n'a la -gloire du martyre.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 11 dcembre 1851.</i>—Les nouvelles de Paris -m'intressent. Voil les mesures de dportation qui prennent -rang dans toutes celles que le coup d'tat a enfantes. -Il ne s'agit ni de l'exalter, ni de le stigmatiser pour le -moment. Il s'agit d'en observer les consquences, et, si -elles tournent l'ordre, la conservation, si l'anarchie est -terrasse, si les <i>intrts matriels</i> de la socit sont sauvs, -il faudra bien chanter le <i>Te Deum</i>. Mais quand tout cela -origine d'une dictature militaire, sans l'appui d'un principe, -d'une tradition, sans le prestige d'une gloire personnelle, -sans dynastie, sans entourage, on se demande -o est l'avenir, et tous les calculs humains restent sans -base. On en est donc rduit ces intrts matriels dont -je parlais tout l'heure, et qui, momentanment, semblent -protgs. Le commerce, le crdit, la valeur des proprits, -tout cela peut avoir et aura probablement une -rsurrection, dont il faut jouir avec reconnaissance, avec -prudence, et surtout sans aveuglement.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 13 dcembre 1851.</i>—J'ai eu hier une lettre -de Paris, qui me dit que l'tat des provinces est assez -mauvais; que, dans le centre de la France surtout, il y a -eu bien plus d'horreurs commises qu'on ne le dit. Rien ne -peut mieux servir le Prsident, car sa seule force est dans -<span class="pagenum"><a id="Page_35"> 35</a></span> -la terreur que causent les rouges, mais cette force est -relle et augmente en raison de ce que ceux-ci dmasquent -leurs infmes projets. On me dit aussi qu'il est fort question -d'envoyer la Martinique les gnraux prisonniers -Ham<a id="FNanchor_35" href="#Footnote_35" class="fnanchor"> [35]</a>. On n'y va pas de main morte! Du reste, Changarnier, -avec son systme de bascule, ses finasseries et -tromperies entre Frohsdorf et Claremont, n'a que ce qu'il -mrite.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 15 dcembre 1851.</i>—Je trouve qu'on donne -trop d'importance M. Thiers. En Allemagne, il et t -sans inconvnient, car on lui et fait partout assez mauvais -accueil, mais Claremont, il sera trs nuisible, -moins que les derniers vnements n'aient fait ouvrir les -yeux sur le fallacieux de ses avis, et le danger de ses -directions. Mais les esprits faux se refusent la lumire, -et je n'en connais pas de moins juste que celui de -Mme la Duchesse d'Orlans.</p> - -<p><i>Sagan, 17 dcembre 1851.</i>—J'ai reu une lettre de -mon fils Alexandre, qui avait vu M. de Falloux son passage -par Orlans, se rendant en Anjou aprs sa sortie de -prison Paris<a id="FNanchor_36" href="#Footnote_36" class="fnanchor"> [36]</a>.</p> - -<p>Mme d'Albufra me mande que rien n'gale la division -des familles: les plus proches s'invectivent, d'anciens -<span class="pagenum"><a id="Page_36"> 36</a></span> -amis se brouillent, il n'y a plus de salon possible. Elle me -mande aussi, comme un fait certain, que les brigands ont -saccag un couvent de femmes en Nivernais.</p> - -<p>Les embarras financiers de la France pourraient bien -devenir le nœud gordien de la destine du Prsident. Tout -est nigme en ce moment, et la solution n'a pas plus de -vraisemblance pour une chose que pour une autre. Le -point essentiel reste l'extermination des rouges, car ils -ruineraient le pays tout autant, plus mme, en y joignant -les incendies, les pillages et les massacres. Puisse le Prsident -les extirper. Parfois, la crainte du contraire me -prend, car c'est une hydre cent ttes qu'il s'agit -d'abattre.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 18 dcembre 1851.</i>—J'ai reu une lettre du -duc de Noailles dont je vais faire quelques extraits: Au -fond, et en prenant l'ensemble de la situation, l'tat de -l'Assemble, la division des partis, l'impossibilit de la -fusion, l'pouvantable organisation du socialisme et des -socits secrtes, l'imminence du pril en 1852, l'vnement -qui s'est accompli est heureux. C'est ainsi que le -sentent tous les esprits rflchis et senss, c'est ainsi que -je l'ai senti du premier moment. Il a t accompli avec -une habilet, un ensemble, et dans des proportions qui le -rendent vritablement prodigieux; le 18 brumaire n'est -qu'un petit garon auprs du 2 dcembre. Cet vnement, -heureux pour le prsent, n'est mme pas malheureux -pour l'avenir: mes yeux, l'orlanisme a t peu prs -tu avec la Rpublique, et la lgitimit est l'hritire -<span class="pagenum"><a id="Page_37"> 37</a></span> -directe de la phase actuelle; seulement, on ne sait pas -quand la succession s'ouvrira... Cela sera-t-il court?</p> - -<p>Cela pourra tre long. Il reste certain que le despotisme -militaire pouvait seul nous tirer de l'tat o nous tions, -et des dangers que nous courions. Il faut que ce despotisme -dure encore, car le mal est immense et profond; ce -qui se passe dans les provinces le fait bien voir! Il faut -que l'œuvre entreprise s'accomplisse, c'est ce que je ne -me lasse pas de rpter et de faire arriver ceux qui gouvernent, -par les voies qui me sont ouvertes. Il faut draciner -le socialisme et les socits secrtes; il faut en briser -tous les cadres, enlever dans chaque dpartement l'tat-major -de ces socits, frapper sur tous les chefs aux diffrents -degrs, terrifier les autres, leur montrer leur -impuissance et les dcourager jamais! On me dit que -telle est, en effet, l'intention.</p> - -<p>Je crois que le Prsident aura un grand nombre de -voix; les lgitimistes et conservateurs voteront pour lui ou -s'abstiendront.</p> - -<p>Les princes d'Orlans, et surtout la Duchesse, sont -atterrs; ils taient dans la plus complte illusion, surtout -sur les sentiments de l'arme. La Duchesse tait convaincue -qu'elle serait au premier jour aux Tuileries. On -avait saisi, il y a six semaines (par le moyen d'un domestique), -une lettre de M. Roger du Nord la Duchesse -d'Orlans, o il lui disait que tout tait prt, que Thiers -assurait que dans un mois tout serait fini, et qu'on tait -sr de Changarnier (qui, en mme temps, par parenthse, -se promettait nous). Le Prsident a cette lettre.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_38"> 38</a></span> -La vie du Prsident est fort menace; il s'attend tre -tu; il s'occupe de former d'avance une espce de gouvernement -militaire pour le cas de cet vnement, qui -serait bien malheureux pour tout le monde dans le -moment actuel.</p> - -<p>Il y a, dans les actes du Prsident, depuis le 2 dcembre, -une douceur et des gards trs marqus pour le parti -lgitimiste. Nous verrons la suite de ces grands vnements; -c'est le premier pas de fait pour remonter l'chelle -sociale.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 28 dcembre 1851.</i>—Les journaux apportent -des nouvelles d'Angleterre: la dmission donne et -accepte de lord Palmerston. C'est un soulagement universel, -et qui droutera la dmagogie autant, pour le -moins, que les coups d'tat du Prsident. Mes vieilles -rancunes et mes indignations subsquentes saluent cette -chute ministrielle cris de joie. Pourvu qu'elle soit dfinitive, -et que ce mchant brandon soit teint pour de bon! -Hlas! Cette chute a t tardive: le mal s'est fait trop -longtemps pour n'avoir pas creus profondment; mais -enfin, il vaut mieux un arrt tardif qu'une dure indfinie.</p> - -<div class="chapter"> -<p><span class="pagenum"><a id="Page_39"> 39</a></span></p> -<h2 class="normal">1852</h2> -</div> - -<p class="section"><i>Sagan, 1<sup>er</sup> janvier 1852.</i>—Bon an! Puisse Dieu -fermer toutes les plaies du pass, faciliter le prsent et -garantir l'avenir, car que sont tous nos efforts sans la -grce?</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 5 janvier 1852.</i>—Si lord Palmerston s'est retir -du Cabinet, il ne l'est pas de la politique, et je ne tiens -pas le monstre pour accabl. Mais du moins cette retraite -aura-t-elle eu le mrite de calmer bien des susceptibilits -continentales, de donner une certaine satisfaction de -justes griefs et de dcourager moralement les dmagogues -d'Italie et de Suisse. On finit par se conduire en politique -comme dans la vie prive, c'est--dire, se contenter des -plus petits acomptes que de mauvais dbiteurs vous -apportent. Mais je ne me fais aucune illusion, et je ne -crois encore aucune dure, aucun quilibre fixe nulle -part. Le Prsident a beau rtablir les aigles impriales et -faire remeubler les Tuileries, il n'en est, pour cela, pas -plus dfinitivement tabli que l'Europe n'est sauve. -Depuis 1793, le plus long rgime en France n'a pas dur -dix-huit ans accomplis.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_40"> 40</a></span> -<i>Sagan, 13 janvier 1852.</i>—D'aprs ce qu'on m'crit, -Paris doit tre vraiment fort curieux en ce moment. Il -parat que Mme de Lieven y tient salon comme par le -pass, qu'elle n'arbore aucun drapeau, et que son salon -reste terrain neutre pour tous. Il me semble difficile -cependant qu'il ne se soit pas modifi. J'y ai vu au printemps -dernier Mol, Berryer, Falloux, Changarnier, etc., -qui sont tous ou boudeurs ou parpills.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 20 janvier 1852.</i>—Je suis ici depuis trois -jours. La Reine, avec laquelle j'ai eu l'honneur de causer -hier, m'a dit que la Grande-Duchesse Stphanie allait -Paris; puis, elle m'a paru regretter que lady Douglas, -laquelle elle s'intresse beaucoup, ait pris une attitude -secondaire auprs de la princesse Mathilde, qui n'est pas -en trop bonne odeur ici.</p> - -<p>Le ministre de Russie, avec lequel j'ai dn hier, m'a -racont que le Prsident se plaignait du salon de Mme de -Lieven comme lui tant fort hostile, et que la princesse -Mathilde en avait fait une scne au jeune d'Oubril.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 22 janvier 1852.</i>—La Cour a commenc hier -la srie des ftes qu'elle compte donner deux fois par -semaine jusqu'au Carme. Hier, c'tait un trs beau concert -dans la salle Blanche, qui s'y prte si bien, les femmes -en grand habit, le tout trs noble; les chœurs du <i>Prophte</i>, -dirigs par Meyerbeer, d'un grand effet.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 26 janvier 1852.</i>—Les dernires nouvelles -<span class="pagenum"><a id="Page_41"> 41</a></span> -de France ne plaisent pas ici. Les mesures de rigueur -prises contre la famille d'Orlans et l'avnement, cette -occasion, de Persigny au Ministre semblent des fautes -graves, dans l'intrt mme du Prsident<a id="FNanchor_37" href="#Footnote_37" class="fnanchor"> [37]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 28 janvier 1852.</i>—Hier au soir, on a reprsent -des tableaux vivants chez M. de Manteuffel. Toute la -Cour s'y trouvait et le Roi m'a fait l'honneur de me dire -qu'il venait d'apprendre, par dpche tlgraphique, que -le ministre de France ici, M. Lefebvre, tait rappel pour -faire partie du Conseil d'tat. Son successeur n'est point -encore connu. On est fch, ici, du rappel du petit homme; -il s'est tenu tranquille, il n'a t ni importun, ni dsagrable - personne, et l'inconnu est rarement rassurant. -Le successeur, quel qu'il soit, trouvera d'ailleurs une fort -mauvaise disposition, provoque par les mesures Persigny, -qui sont autant de fautes et de vilenies. M. de Manteuffel -m'a assur savoir par voie certaine que M. de Morny ne -s'tait pas retir devant la mesure anti-orlaniste, mais -parce que son ton de maire du palais tait devenu insupportable -au Prsident. En attendant, M. de Morny se donne -les airs d'tre la victime chevaleresque de Persigny.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 30 janvier 1852.</i>—Je suppose que la Grande-Duchesse -<span class="pagenum"><a id="Page_42"> 42</a></span> -Stphanie sera peine des derniers actes de son -neveu et qu'elle les dsapprouvera compltement. J'aurais -compris que le Prince-Prsident obliget les Princes -d'Orlans tout vendre dans le dlai d'un an; mais la -confiscation! Berryer a propos de plaider pour les -Princes, dans cette question: c'est habile et de bon got. -Malheureusement, il parat que le rcri contre cette spoliation -ne s'lve que dans les salons, mais que les masses -infrieures trouvent la mesure d'autant meilleure qu'on -dit vouloir leur en appliquer les bnfices matriels. Quelle -confusion dans ce triste monde plus ou moins partout! -Quelle en sera l'issue ou plutt quelle en sera la fin? -Vivrons-nous assez pour y atteindre? Je ne le pense pas, -pour ma gnration du moins.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 3 fvrier 1852.</i>—Mes lettres de Paris font une -triste peinture des salons. Ainsi, il n'y en a pas d'ouvert -dans la socit franaise, except celui de M. Mol, devenu -lgitimiste pur. Depuis les dcrets de confiscation des biens -d'Orlans, la princesse de Lieven ne sait plus quel drapeau -dployer, ni quel langage tenir. Il parat, du reste, -que le dcret a t modifi pour le caveau de Dreux, rendu - ceux qui y ont vers tant de larmes, mais si on rend -ainsi les morts aux vivants, on rduit ceux-ci une gne -extrme, qui gtera singulirement leur existence. En attendant, -Jrme Napolon est nomm Prsident du Snat, -avec deux cent mille francs de traitement, le Luxembourg -pour palais d'hiver, et le chteau de Meudon pour rsidence -d't. Chaque ministre a cent mille francs d'appointements.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_43"> 43</a></span> -Au bal des Tuileries, il y a eu querelle de prsance, -<i>dans la famille impriale</i>, la princesse Mathilde furieuse -du pas accord la marquise de Douglas. Le sang corse -n'est pas assez refroidi pour que, pendant la dure du -<i>rgne</i>, il n'y ait pas quelque <i>vendetta</i> redouter.</p> - -<p>M. Nothomb m'a dit que le Roi des Belges avait formellement -protest contre la spoliation de l'hritage maternel -de ses enfants.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 6 fvrier 1852.</i>—Une dpche tlgraphique -a apport hier la nouvelle qu'on avait tir sur la Reine -d'Espagne, et qu'elle avait t blesse<a id="FNanchor_38" href="#Footnote_38" class="fnanchor"> [38]</a>. En mme -temps, M. de Manteuffel disait que tous les rouges expulss -de France s'taient concentrs en Espagne et en Italie, que -les meurtres s'y multipliaient et que tous les gouvernements -taient avertis qu'il existait un vaste complot pour -tuer tous les souverains. J'ai su d'ailleurs, par une excellente -source, qu'il y a eu dj deux tentatives contre la vie -du Prince-Prsident, et que l'un des assassins tait un -soldat. A chaque fois, on les a fusills sur-le-champ, et on -<span class="pagenum"><a id="Page_44"> 44</a></span> -n'en a pas fait mention dans le public. C'est assurment -le plus court, le plus sr et le plus habile.</p> - -<p>Quand on regarde l'Europe, on se dit plus que -jamais que tout projet est insens et qu'entre les chances -habituelles de la vie humaine, il y a, moins que jamais, -un lendemain la veille.</p> - -<p>Pourquoi serait-ce lord Normanby qui serait la vraie -cause du renvoi de lord Palmerston<a id="FNanchor_39" href="#Footnote_39" class="fnanchor"> [39]</a>? On dit que lord -Normanby cherche tre gouverneur des Indes.</p> - -<p>J'ai une lettre intressante, qui dit ceci: A Londres, -personne ne prvoit encore quelle sera l'issue des premiers -dbats du Parlement. Lord John Russell se montre fort -assur de pouvoir se maintenir; lord Granville de mme; -lord Palmerston se montre calme et silencieux, mais lady -Palmerston est furieuse; elle lui reproche <i>son calme</i>, qu'elle -excuse cependant en disant que cela tient son <i>anglique</i> -caractre, qu'il est incapable d'aigreur, ni de rancune.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_45"> 45</a></span> -La Reine d'Angleterre est furieuse contre Louis-Napolon -et ses dcrets de spoliation.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 8 fvrier 1852.</i>—Une lettre de Paris me dit -ceci: L'ennui et la curiosit de Mme de Lieven sont -satisfaits par l'tranget du temps actuel; elle est drle -entendre parler sur le rgne de M. Guizot, qui n'en reste -pas moins attach son char et qui avale des couleuvres -en plus grand nombre que la nature n'a pu en produire; -il se ddommagera l'Acadmie demain; c'est l le cimetire -des beaux esprits du jour<a id="FNanchor_40" href="#Footnote_40" class="fnanchor"> [40]</a>.</p> - -<p><i>Berlin, 14 fvrier 1852.</i>—Voici l'extrait d'une lettre -que j'ai reue, et qui a quelque valeur sur les questions -anglaises: J'espre que vous avez lu les dbats de notre -Parlement. Vous serez satisfaite de voir que lord John a -tellement mis lord Palmerston dans son tort. Palmerston -a manqu son essai de justification et le dplaisir qu'il a -caus la Reine est devenu bien patent. Sa carrire avec -les Whigs est finie tout jamais. Il parat que le parti -radical est aussi dgot de lui, cause de l'approbation -qu'il a exprime des œuvres despotiques de Louis-Napolon. -L'impression gnrale de la Chambre tait videmment -contre lui; son discours a t ple, son attitude -embarrasse.</p> - -<p>La dclaration de lord Derby de ne vouloir rien cder -sur le protectionnisme empchera toute coalition avec les -<span class="pagenum"><a id="Page_46"> 46</a></span> -Peelistes et laisse l'opposition tout aussi divise que -l'anne passe, ce qui donnera une espce de force factice -aux ministres actuels.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 23 fvrier 1852.</i>—Je suis rentre dans ma -retraite, qui est toute orne de glaons. J'aime Sagan, -malgr tous ses dfauts, sur lesquels je ne m'aveugle nullement; -il m'a cot trop d'efforts, trop de sacrifices, pour -ne pas avoir, par cela mme, acquis du prix mes yeux. -Puis, j'y ai fait quelque bien, ranim la contre, donn de -la vie, du mouvement la population; ma surabondante -activit y a trouv pture. J'ai quelques motifs de croire -que j'y suis bien vue, et qu'on y redoute ma mort comme -la fin du monde, c'est--dire, comme la fin de ce petit -point, presque imperceptible, du monde. D'ailleurs, j'y ai -travers toute une vie de l'me, orages, luttes, secousses; -j'y ai ensuite trouv calme, mditation, recueillement. La -Providence, en m'y conduisant par mille voies bien -dtournes, a fait encore preuve, l, de son admirable -habilet, patience et misricorde. Il est juste que ce soit l -aussi que je lui paye le plus volontiers le tribut de ma -reconnaissance.</p> - -<p>Il n'y a pas d'amertume dans mes paroles; pour de la -tristesse, c'est autre chose! Comment n'en prouverais-je -pas l? et ailleurs? et partout? J'ai eu mari sans vie domestique; -j'ai des enfants sans vie matrielle; j'ai quelques -rares amis dont je suis spare; j'ai eu des guides et des -protecteurs, ils ne sont plus sur la terre; ma sant n'est -plus ce qu'elle a t; mes souvenirs sont souvent fort -<span class="pagenum"><a id="Page_47"> 47</a></span> -amers, comme le sont tous ceux dans lesquels on ne peut -fouiller sans buter chaque pas contre une erreur, une -folie, une dception. J'ai fait, en grand, en petit, en autrui -et surtout en moi-mme les plus tristes expriences. Voil -de quoi justifier toutes les tristesses. Les miennes sont -frquentes, je dirai mme constantes au fond de l'me, -point apparentes dans le monde, moins comprimes dans -la solitude; et voil pourquoi je leur appartiens sans partage - Sagan. Et cependant, en y regardant bien, je trouve -que si j'ai autre part plus de distractions, j'ai, Sagan, -plus de consolations. J'y ai mes pauvres; c'est si bon -aimer, soigner, prcisment parce que les individus -n'entrent pour rien dans l'intrt qu'ils inspirent. On ne -voit ni leurs dfauts, ni leurs qualits, on ne voit en eux -que les membres souffrants de Celui qui s'est immol pour -nos pchs. Plus les pchs ont t multiplis, et plus il -est doux et consolant de soigner notre Sauveur dans les -plaies et misres de ceux que la Providence place sous nos -yeux.</p> - -<p>Il me semble que je viens de montrer mon me dans -tous ses replis, toute pleine la fois des meurtrissures que -je dois Satan et des misricordes que je dois Dieu.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 29 fvrier 1852.</i>—Je continue bien m'arranger -de ma solitude, qui me permet de causer sans -distractions avec mon cur, sans interruptions avec mon -mdecin. D'ailleurs, on a beau ne pas se plaire dans le -monde, en reconnatre le vide et l'illusion, il nous atteint, -quoi qu'on en ait. Il agite l'esprit, il trouble la paix, il obscurcit -<span class="pagenum"><a id="Page_48"> 48</a></span> -l'me, il la fatigue, il l'puise; on y perd le gouvernement -de soi-mme par mille pauvrets qu'on mprise, et -cependant auxquelles on cde. Bref, on ne reprend tout -son quilibre que dans une certaine rclusion, qui, pour -tre salutaire, doit, pendant quelque peu de jours du -moins, tre absolue. On en sort, et plus douce, et plus -arme, plus paisible et plus forte, plus aimable dans le -service des autres, et, cependant, s'appartenant davantage - soi-mme. Voil ce que je demande ma solitude; je -voudrais tre sre de l'avoir trouv.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 13 mars 1852.</i>—L'incendie du chteau -Varsovie donnera de l'humeur Saint-Ptersbourg<a id="FNanchor_41" href="#Footnote_41" class="fnanchor"> [41]</a>. -Une chose qui ne laisse pas d'tre extraordinaire et, par -consquent, remarque, c'est ce voyage des jeunes -Grands-Ducs de Russie, se rendant, par Vienne (o on -leur prpare de grandes ftes), Venise, en passant par -Breslau et Dresde, et vitant Berlin, dont ils ne passent -qu' si extrmement petite distance, et o se trouve, -comme Roi, leur propre oncle!</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 4 avril 1852.</i>—Je suis dcide essayer de -passer l'hiver prochain dans le Midi. Je veux choisir un -lieu o ma fille Pauline puisse venir me rejoindre. J'ai -donc arrt ma pense sur Nice, que je connais, o j'ai -<span class="pagenum"><a id="Page_49"> 49</a></span> -dj fait deux sjours agrables, o on vit bon march, -sans devoirs de Cour. Le climat, pour qui n'a pas mal la -poitrine, est excellent, les environs charmants, la mer -superbe, les promenades faciles. Veut-on vivre en ermite? -on le peut. Veut-on voir du monde? on y trouve des -chantillons des diffrents pays de l'Europe, parmi lesquels -on peut choisir. Dans une secousse politique on peut -ou s'embarquer immdiatement, ou passer en une demi-heure -en France. Mon intention est d'tre Nice le 1<sup>er</sup> novembre -pour y rester cinq mois conscutifs. C'est bien -hardi de plonger si avant dans l'avenir, mais j'avoue que -je me suis attache ce projet, qu'il me serait pnible d'y -renoncer et que je demande Dieu de le bnir.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 8 avril 1852.</i>—La mort du prince Flix -Schwarzenberg est un vnement bien grave pour le jeune -Empereur, pour tous les intrts autrichiens, et, mon -avis, pour l'Europe entire, car tout ce qui affaiblit le -principe conservateur est fatal, et, assurment, il tait un -habile et courageux champion dans la lutte contre le mauvais -principe.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 13 avril 1852.</i>—On sera fort content Saint-Ptersbourg -du choix de Buol pour remplacer le prince -Schwarzenberg; trs mcontent Berlin, o sa raideur -est, depuis les confrences de Dresde, fort redoute. Windisch-Graetz, -que j'aime personnellement beaucoup, -n'et pas convenu ce poste; ce n'est pas un personnage -politique, et, except une petite coterie de famille, tout -<span class="pagenum"><a id="Page_50"> 50</a></span> -le monde le juge ainsi. Il parat que le prince Schwarzenberg, -<i>qui savait que ses jours taient compts</i>, a souvent -parl l'Empereur des ventualits aprs sa mort, et que -c'est lui qui a dsign Buol pour les Affaires trangres, -Kbeck pour la prsidence du Conseil.</p> - -<p class="section"><i>Vienne, 11 mai 1852.</i>—Je suis arrive Vienne -hier, vers huit heures du soir, aprs quinze heures de -chemin de fer qui m'ont paru un peu longues, malgr un -beau soleil, qui avait toutes les grces de la nouveaut -et tout le mrite de l'-propos. A Brnn, o on s'arrte -une demi-heure, j'ai aperu le Spielberg, rendu clbre -par Silvio Pellico. Il domine de fort prs la ville et comme -on lui a donn, l'extrieur, un badigeonnage <i>rose</i>, on -peut de loin se faire illusion sur le <i>noir</i> de l'intrieur. -Aussitt aprs mon arrive ici, j'ai vu ma sœur. Plus tard, -on m'a racont qu'il n'tait question que de la belle revue -du matin: trente mille hommes de troupes superbes ont -t montres l'Empereur de Russie. Le jeune Empereur -d'Autriche a command lui-mme toute la revue. Il doit -y avoir ce matin des exercices feu; aprs dner, promenade -lgante de tout le beau monde au Prater o les deux -Empereurs se montreront ensemble<a id="FNanchor_42" href="#Footnote_42" class="fnanchor"> [42]</a>.</p> - -<p>L'Empereur Nicolas est all, en personne, voir Jellachich -et le prince Windisch-Graetz; ce dernier lui a prsent -ses cinq fils, tous les cinq dans l'arme.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_51"> 51</a></span> -<i>Vienne, 15 mai 1852.</i>—Avant-hier, j'ai eu mon -audience chez Mme l'Archiduchesse Sophie, trs longue, -trs gracieuse, trs <i>intressante</i>.</p> - -<p>Le comte de Nesselrode avait dsir me voir; nous -avons pris rendez-vous dans le cabinet de Mme de Meyendorff; -autre conversation fort intressante dont j'espre -ne pas perdre le souvenir.</p> - -<p>J'ai aussi t chez la Princesse Amlie de Sude, qui -m'a beaucoup questionne sur sa nice Caroline<a id="FNanchor_43" href="#Footnote_43" class="fnanchor"> [43]</a>. J'en -ai dit tout le bien que j'en pense.</p> - -<p>J'ai pass une heure entre le prince de Metternich et -sa femme, car celle-ci ne permet jamais de voir le premier -seul. Je pourrais rendre mon rcit bien plus intressant, -mais sous de certains courants d'air la plume se -paralyse.</p> - -<p class="section"><i>Vienne, 17 mai 1852.</i>—C'est aujourd'hui l'anniversaire -de la mort de M. de Talleyrand. Ce jour rappelle -de grandes preuves, de grandes consolations, des larmes -de regret et d'esprance.</p> - -<p>M. et Mme de Metternich ayant mis une insistance particulire - ce que je dnasse chez eux, j'y ai dn hier. Il a -t question de M. de Talleyrand; et, cette occasion, -M. de Metternich s'est fort bien expliqu sur mon oncle. Il -a dit et rpt que, sans avoir toujours t de son avis, -sans avoir approuv tous les actes de son existence, il -l'avait toujours trouv d'une grande douceur, d'un grand -<span class="pagenum"><a id="Page_52"> 52</a></span> -agrment dans le commerce; plein de vritable et naturelle -bienveillance, incapable d'une noirceur, encore -moins d'une cruaut; sans fiel, sans rancune, fidle ses -amis, fidle sa patrie, bon Franais et incapable de -trahir, pour un vil intrt, ceux de la France. M. de Metternich -s'est tout autrement exprim sur M. de Chateaubriand, -dont il a fait un portrait affreux, et qui m'a sembl -parfaitement ressemblant.</p> - -<p>Les nouvelles de Berlin ne sont pas bonnes; les crises -ministrielles et parlementaires sont imminentes; la position -de Manteuffel intolrable; Gerbach, l'aide de camp, -donne sa dmission; le comte de Stolberg est abreuv de -chagrin; le Prince de Prusse <i>antinobiliaire</i>; l'Impratrice -de Russie inquite, agite, dsole; l'Empereur Nicolas -qui, de Myslowitz Cosel, a t tellement de glace que le -Roi de Prusse a fait semblant de s'endormir parce qu'il -n'y avait plus moyen d'y tenir; l'Empereur, dis-je, a d -arriver hier Potsdam, et Nesselrode galement. On s'attend - tre, pendant les six jours que durera cette visite, -dans l'eau bouillante. L'Empereur Nicolas a dit ici, au -moment de son dpart, tout son entourage russe qu'il a -rassembl <i>ad hoc</i>: <i>Messieurs, je vous dfends, sous -peine de ma disgrce, de mettre le pied dans cette infme -ville de Berlin, pendant mon sjour Potsdam.</i> L'Empereur, -qui souffre du foie, et qui a des vomissements de -bile chaque motion dsagrable, a dit ici quelqu'un -de qui je le tiens sans intermdiaire: <i>Vous verrez que -mes vomissements me reprendront Potsdam, et que j'y -tomberai malade.</i> Ici sa disposition a t toute diffrente; -<span class="pagenum"><a id="Page_53"> 53</a></span> -il n'y a eu que tendresses et effusions paternelles entre le -Czar et le jeune Empereur.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 22 mai 1852.</i>—Me voici rentre dans mes -foyers.</p> - -<p>On me mande de Berlin que l'Empereur de Russie a -concentr toutes ses tendresses fraternelles sur la Reine -de Prusse, qui, du reste, les mrite parfaitement. Il paratrait, -nanmoins, que les sollicitations et les palpitations -ravives de l'Impratrice ont obtenu que son auguste -poux se rendit Berlin pour des manœuvres, l'Opra, -et un grand dner au Chteau.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 26 mai 1852.</i>—J'ai reu une invitation officielle -pour assister l'ouverture du <i>Palais de Cristal</i> de -Breslau, qui a lieu aprs-demain. Je voudrais pouvoir -m'y rendre, afin d'y voir en lumire les industries saganaises, -auxquelles on a accord des places excellentes, -dans l'ide de m'allcher. Le Roi et la Reine ne s'y rendront -que le 9 ou le 10 du mois prochain, et coucheront -probablement ici le 8.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 30 mai 1852.</i>—C'est le 8 juin que m'arrive -le flot royal; le 9 on va Breslau, dont je suis revenue -hier, trs satisfaite de ce qu'une province si peu en renom -de civilisation ait produit de belles et bonnes choses; le -tout arrang de fort bon got, avec intelligence et une -sorte de grandeur, eu gard notre position gographique, - nos rares dbouchs et la misre des temps.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_54"> 54</a></span> -Mon pauvre Cardinal est bien malade, il s'est rfugi -la campagne; il parat que le coup que lui a port l'animal -furieux qui l'a terrass l'automne dernier est la cause, -longtemps cache, de ses souffrances actuelles<a id="FNanchor_44" href="#Footnote_44" class="fnanchor"> [44]</a>.</p> - -<p>L'Empereur de Russie a failli prir par un accident de -chemin de fer entre Myslowitz et Varsovie. Le train a -draill sur territoire russe; plusieurs personnes de la -suite ont t blesses, mais l'Empereur est sain et sauf.</p> - -<p>Le 26 au soir, la fte donne au Babelsberg pour l'anniversaire -qu'on clbrait ce jour-l, un orage, une trombe -d'eau, des clairs furieux ont fondu sur tous les augustes -promeneurs, tout au travers d'une course en voitures -ouvertes; la foudre est tombe deux fois devant celle o -se trouvait l'Impratrice, elle en a eu des dfaillances; -bref, on m'crit que le tout a t ce qu'on peut imaginer -de plus dplorable.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 10 juin 1852.</i>—Avant-hier, Leurs Majests, -accompagnes de Mme la Grande-Duchesse douairire de -Mecklembourg-Schwerin, sont arrives ici deux heures -de l'aprs-midi. J'avais t leur rencontre. Aprs un -peu de repos et une grande toilette, long dner, conversation -aprs le caf, toilette de promenade, th pris dans le -haut du parc, sous une tente dresse exprs et fort orne. -Aprs quoi, longue tourne dans le parc, en totalit illumin, -<span class="pagenum"><a id="Page_55"> 55</a></span> -mi-partie en ballons de couleurs, mi-partie en -lampions brillants; chaque dix minutes des feux de Bengale -colors. Des bandes de musique sur l'eau dans des -bateaux illumins, des chants, des fuses; bref, c'tait -trs beau, je dois en convenir. L'glise de Sainte-Croix -s'est produite dans une mer de feux rouges; le temps -superbe, plus de huit mille personnes circulant librement -partout, foule tranquille et respectueuse, et cependant -faisant entendre de <i>bons</i> cris. Toute la caravane royale -dans huit voitures moi, parcourant au pas toute cette -tendue. On est rentr souper au milieu des livres et -des gravures; aprs quoi, toute la ville, les corporations -diverses, bannires flottantes, transparents allgoriques, -se sont places sur la place du Chteau en -<i>Fakel-Zug</i><a id="FNanchor_45" href="#Footnote_45" class="fnanchor"> [45]</a>. Le Roi s'est fait prsenter tous mes petits -protgs du gymnase. La bonne humeur, la bonne grce -ont t parfaites. La Reine surtout, avant tout, par-dessus -tout, d'une gaiet, bont, abandon de conversation comme -je ne me doutais pas qu'elle pt tre.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 16 juin 1852.</i>—C'est le Prince de Hesse, ex-gendre -de l'Empereur Nicolas, qui pouse la Princesse Anna -de Prusse. Elle devra vivre Cassel dans les plus dsagrables -relations de famille, avec un mari qui ne semble -pas rassurant. Il doit hriter de l'lectorat, ce qui suffit -le rendre odieux l'lecteur actuel qui est un trs mchant -homme. Il a ngoci partout pour que ses enfants morganatiques -<span class="pagenum"><a id="Page_56"> 56</a></span> -fussent reconnus ses successeurs, mais partout il -a chou. L'avenir de la Princesse Anna fait natre bien -des apprhensions; mais elle a beaucoup d'esprit, beaucoup -de volont, cela aide.</p> - -<p>J'ai lu l'article de Cousin sur Mme de Longueville dans -la <i>Revue des Deux Mondes</i>, et j'en ai t ravie. Il m'est -venu la pense que des allures chrtiennes avaient -chapp au voltairien<a id="FNanchor_46" href="#Footnote_46" class="fnanchor"> [46]</a>, tant il est vrai qu'il n'y a pas -moyen de rester profane quand on touche au <i>grand sicle</i>. -Aussi, je voudrais m'y plonger et dlaisser toute autre -lecture.</p> - -<p class="section"><i>Gnthersdorf, 18 juin 1852.</i>—Humboldt m'a prt un -livre que j'ai lu hier: <i>L'Orlanisme, c'est la rvolution</i>. -On dit qu'il fait effet, et je le crois. Ce n'est pas qu'on ne -puisse en partie le controverser, mais il y a des faits, des -rapprochements, des rsultats habilement et clairement -tablis, impossibles nier. Puis il y a, la suite, des pices, -lithographies sur originaux, frappantes. Je regrette, pour -la pauvre Reine Marie-Amlie, que l'amertume ne lui en -soit pas pargne.</p> - -<p class="section"><i>Lœbichau, 30 juin 1852.</i>—Je suis auprs de ma -<span class="pagenum"><a id="Page_57"> 57</a></span> -sœur. Elle est fort triste et moi trs abattue; nous deux, -nous ne nous sommes pas importunes, parce que nous ne -contrastons pas dans nos dispositions d'me. Les mille et -une souvenances d'enfance et de jeunesse ensevelies dans -les tombeaux, et qui, ici, semblent nous faire appel, ne -laissent pas que de mettre les cordes les plus sensibles en -jeu. Ma sœur et moi nous nous sentons sur la pente rapide -qui nous conduit l o reposent ceux qui remplissaient -jadis brillamment des lieux devenus si solitaires. Les -vieux serviteurs qui restent gardiens de ces dserts en -font encore plus apercevoir le vide, ou, pour mieux dire, -la vtust.</p> - -<p class="section"><i>Carlsbad, 4 juillet 1852.</i>—Mme Alfred de Chabannes -m'crit de Versailles: La position de Mme la Duchesse -d'Orlans en Suisse deviendra affreuse. Ses beaux-frres -ngocient maintenant avec le Comte de Chambord, qui, -dgot et bless, demande des garanties. Les jeunes -Princes ne consultent plus leur belle-sœur; elle sera -force de les suivre plus tard, en attendant, elle se place -dans un vrai gupier. Le duc de Montpensier, arrivant -d'Espagne, est le plus spirituel et le plus actif; il a fait -changer les voies; c'est lui qui mne mre, et frres, et -sœur; aussi Mme la Duchesse d'Orlans ne l'aime-t-elle -gure.</p> - -<p class="section"><i>Carlsbad, 14 juillet 1852.</i>—M. de Flavigny, venant -de Paris, et qui a pass vingt-quatre heures ici, dit que la -sant du Prsident inquite ses amis. Il a, dit-on, un temprament -<span class="pagenum"><a id="Page_58"> 58</a></span> -puis, et parfois, des somnolences tranges.</p> - -<p>Changarnier et Lamoricire, qui ont vu la Duchesse -d'Orlans en Belgique, lui ont, ce qu'il paratrait, fortement -parl pour la fusion. Je suppose qu'en Suisse elle -entendra d'autres sons qui lui paratront plus harmonieux.</p> - -<p class="section"><i>Carlsbad, 18 juillet 1852.</i>—Voici deux faits dont -l'exactitude m'est certifie. Le Gouvernement franais a -trouv trs mauvais les honneurs rendus sur le territoire -belge Mme la Duchesse d'Orlans; il en a fait porter -plainte, et on s'est confondu en excuses, disant que le -maire de Lige entre autres avait agi sans ordres. En outre, -l'Ambassadeur de France Londres a reu ordre de ne -point se rendre l'audience diplomatique que la Duchesse -de Montpensier a donne comme Infante d'Espagne au -Corps diplomatique de Londres. L'Ambassadeur d'Espagne -a fort ressenti ce procd, et a dclar qu'il ne mettrait -plus le pied l'Ambassade de France.</p> - -<p class="section"><i>Teplitz, 2 aot 1852.</i>—La comtesse de Hahn-Hahn m'a -crit une lettre inattendue, dans laquelle elle m'annonce -se dpouiller de tout ce qu'elle possde. Elle donne toute -sa fortune l'tablissement du couvent du Bon-Pasteur, -Mayence, dans lequel elle prendra le voile<a id="FNanchor_47" href="#Footnote_47" class="fnanchor"> [47]</a>. Mais cette -fortune ne suffit pas; elle qute pour achever cette œuvre, -et elle commence par moi. Cette lettre figurera dans ma -<span class="pagenum"><a id="Page_59"> 59</a></span> -collection d'autographes, et c'est ce que j'en aime le -mieux.</p> - -<p>J'ai reu aussi une lettre de la comtesse Mollien. Elle -est en Angleterre, auprs de la Reine Marie-Amlie, et -fait des tournes intressantes avec cette Reine doue -d'une force physique extraordinaire et d'une activit que -le malheur ne peut dtruire.</p> - -<p>Le duc d'Aumale a achet une proprit en Angleterre; -je crois que c'est la maison que ses parents habitaient -jadis Twickenham. Il s'y tablira l'automne avec sa -belle-mre<a id="FNanchor_48" href="#Footnote_48" class="fnanchor"> [48]</a>, qui est venue rejoindre sa fille. Le prince -de Joinville partira l'automne avec femme et enfants -pour l'Espagne; peut-tre sa mre sera-t-elle du voyage. -Les Nemours restent Claremont. On parat tre l fort -ignorant des projets de Mme la Duchesse d'Orlans.</p> - -<p class="section"><i>Teplitz, 10 aot 1852.</i>—Sans nier l'incontestable -talent de Mlle Rachel, qui est maintenant Bade, sa belle -prononciation, sa physionomie expressive, ses gestes gracieux, -ses inspirations heureuses, je dois dire qu'<i>elle ne -ma jamais entrane</i>. Elle est trop tudie; tout est calcul - l'avance, minutieusement calcul; et la preuve, -c'est qu'elle joue chaque rle toujours de la mme -manire; mme geste, mme intonation, mme accent, -mme cri plac au mme instant. C'est une page <i>note</i>, et -c'est l aussi ce qui fait qu' la seconde ou troisime fois -qu'on l'a vue dans le mme rle, elle parat extrmement -<span class="pagenum"><a id="Page_60"> 60</a></span> -monotone. Mais ce sont de ces aveux qu'il ne faut faire -qu' huis clos. Quant la comdie, dans laquelle je l'ai -vue aussi s'essayer, elle m'a dplu; elle y est sche et trop -risque la fois, cent pieds au-dessous de Mlle Mars, -dont la grce, le bon got et les nuances fines taient si -remarquables.</p> - -<p class="section"><i>Teplitz, 18 aot 1852.</i>—La rentre de l'Empereur -d'Autriche Vienne a t quelque chose de merveilleux<a id="FNanchor_49" href="#Footnote_49" class="fnanchor"> [49]</a>. -La Capitale a voulu effacer, par cette rception, les mauvais -souvenirs de 1848, et ne pas rester en arrire des -ovations de la Hongrie. Au dbarcadre, il y avait soixante -mille personnes rassembles autour de l'estrade prpare -o le Corps municipal a harangu l'Empereur. Toutes les -corporations ont fait haie jusqu' l'glise Saint-tienne; -les maisons taient pavoises, les fentres se payaient -jusqu' cent francs chacune; les dames qui les occupaient -taient en brillantes toilettes. Sur la place Saint-tienne, -le Mtropolitain, croix en tte, harangua Sa Majest, -entoure non seulement de tout le clerg rgulier de la -ville, mais encore de toutes les communauts religieuses, -si nombreuses Vienne. <i>Te Deum</i> ensuite dans la cathdrale. -Il faisait obscur quand on est sorti, car il tait dj -six heures du soir quand l'Empereur tait arriv au dbarcadre. -En sortant de l'glise, il a trouv Vienne <i>nageant</i> -<span class="pagenum"><a id="Page_61"> 61</a></span> -dans la lumire, de toutes les tours des diffrentes glises, -des feux de Bengale. Tous les difices publics et privs -illumins <i>a giorno</i>, devises, transparents, cris, vivats, -applaudissements, rien n'y a manqu. Le jeune Empereur -a pass deux heures se promener, en calche dcouverte, -dans les rues, toujours au pas, cause de la foule -qui se pressait autour de la voiture.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 2 septembre 1852.</i>—J'ai quitt Teplitz, tout -prendre, contente de l'effet des bains et douches, et satisfaite -du repos et de l'air doux et lger de cet agrable -lieu. Je suis rentre hier dans mon <i>home</i> o j'ai trouv -tout en bon ordre.</p> - -<p>On m'crit que le Prsident donne Saint-Cloud des -ftes la Louis XIV. Il y a des loteries de bijoux pour les -dames, o la princesse Schœnbourg a gagn une bague en -pierreries valant cinq cents francs. Je ne sais si, sa place, -cela me plairait.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 18 septembre 1852.</i>—La mort du duc de -Wellington m'a saisie pniblement. Je lui tais reste fort -reconnaissante de son fidle souvenir pour mon oncle, et -de sa constante bienveillance pour moi. Comme notre -misrable poque va s'appauvrissant! Les derniers astres -s'vanouissent, pour rendre les tnbres de plus en plus -profondes.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 26 septembre 1852.</i>—La France va donc -devenir <i>impriale</i>. Mme la Duchesse d'Orlans l'aura bien -<span class="pagenum"><a id="Page_62"> 62</a></span> -voulu, et j'avais bien raison de lui dire Eisenach: -<i>Madame, vous jouez le jeu du Prsident.</i> Du reste, -cette France, si prs l'anne dernire d'entendre crier: -<i>Vive la Rpublique dmocratique et sociale</i>, s'gosille -prsent, par terreur, crier: <i>Vive l'Empereur!</i> Du -moins, si Louis-Napolon touffe le monstre du socialisme, -il faudra reconnatre en lui, une fois de plus, le -doigt sauveur de la Providence<a id="FNanchor_50" href="#Footnote_50" class="fnanchor"> [50]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Nuremberg, 19 octobre 1852.</i>—Aprs avoir pass -quelques jours Potsdam, j'en suis partie le 17 aprs-midi -pour aller coucher Leipzig, et hier j'ai fait, en -quinze pnibles heures de chemin de fer, le long et -ennuyeux trajet de Leipzig ici, par une gele blanche qui -ne s'est pas mme vanouie devant un tardif et ple -soleil. La jolie et intressante contre s'apercevait peine - travers les fentres ternies. Je resterai aujourd'hui ici -pour rafrachir mes souvenirs de Nuremberg. Demain, je -compte tre Munich, puis me diriger sur Nice.</p> - -<div class="chapter"> -<p><span class="pagenum"><a id="Page_63"> 63</a></span></p> -<h2 class="normal">1853</h2> -</div> - -<p class="section"><i>Nice, 5 janvier 1853.</i>—Je trouve, dans une lettre de -Paris, de Mme Louis de Talleyrand, une phrase qui me -parat juste: On respire ici sous l'oppression, tant -l'anarchie a fatigu, mais on en prvoit le retour, et la -tristesse domine, au fond, tous les esprits non officiels.</p> - -<p>J'ai achev les <i>Mmoires</i> de Cosnac. Si des deux -volumes on en faisait un seul, il pourrait tre des plus -piquants, car il s'y trouve quelques coins de coulisses qui -n'taient point encore venus jusqu' nous. Puis l'auteur -tait videmment un esprit fin, prompt, vif, original, hardi, -libre d'allures, par hauteur plus que par licence, ce qui le -plaait presque au niveau de ceux de qui dpendait sa -fortune. La charmante Henriette d'Angleterre y parat -sous le jour le plus touchant<a id="FNanchor_51" href="#Footnote_51" class="fnanchor"> [51]</a>.</p> - -<p>Mes lettres de Berlin disent que, pour la politique gnrale, -le voyage de l'Empereur d'Autriche y a fait merveille, -mais que pour la question douanire elle n'a pas -<span class="pagenum"><a id="Page_64"> 64</a></span> -fait un pas. La cuisine parlementaire qui se fait en ce -moment Berlin y cause une grande agitation; on en est -mu et inquiet.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 8 janvier 1853.</i>—Dans <i>l'Indpendance</i> du -3 janvier se trouve la liste officielle des snateurs: Mouchy, -La Rochejaquelein et Pastoret tonnent! La Maison -Impriale y est aussi; du moins, est-elle toute prise dans -les sommits bonapartistes, il n'y a rien y reprendre.</p> - -<p>Mon fils Alexandre<a id="FNanchor_52" href="#Footnote_52" class="fnanchor"> [52]</a>, qui est arriv hier, et la poste m'ont -apport de Paris une quantit de lettres, dont je vais donner -quelques extraits: 1<sup>o</sup> Ici on se querelle, on se boude, -l'hiver est triste; notre pauvre socit franaise n'existe -plus; il n'y a plus un salon possible; chacun vit dans -son coin. Vous aurez vu les noms des grandes et premires -charges avec leurs normes cumulants, traitements, dans -les gazettes. Voici ceux des chambellans: MM. de -Flamarens, d'Arjuzon, de Quitry, Walsch, de Belmont, -et quelques autres encore que j'oublie en ce moment. -Chaque chambellan aura un traitement de dix mille -francs. Il n'y aura plus de Clichy pour les snateurs, -leur prison sera le Luxembourg.</p> - -<p>2<sup>o</sup> Vous aurez vu les grandes charges de la Maison -Impriale. Elles ont amen la dmission de snateur du -prince de Wagram, qui s'attendait tre Grand-Veneur, -son pre l'ayant t sous l'Empire, et le fils connaissant -mieux que personne la vnerie.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_65"> 65</a></span> -La socit est intenable. L'aigreur rciproque de -chaque fraction, son comble, l'anathme contre MM. de -Pastoret et de La Rochejaquelein presque unanime.</p> - -<p>M. Mol est revenu accabl et drout de Champltreux.</p> - -<p>Depuis que les journaux n'osent plus rien dire, les -faux bruits nous inondent: je ne vous donne donc pas -pour certain que c'est le duc de Guiche qui ira Berlin -remplacer M. de Varennes, M. de Barn allant Bruxelles, -ce qui mcontente les Broglie.</p> - -<p>3<sup>o</sup> Les lettres de crance du ministre de Prusse ont -tard arriver jusqu'il y a six jours. On en tait de bien -mauvaise humeur ici, et on le montrait d'une faon bien -gauche. Les lettres envoyes M. de Kisseleff ne contenaient -pas les mots: <i>Monsieur mon frre</i>, tandis que -celles de l'Autriche et de la Prusse les portaient. L'ordre -tait donn aux ministres de ces deux Puissances de ne -remettre leurs lettres que si celles de Russie taient acceptes, -et on ne voulait pas les recevoir. Cependant, tout -s'est arrang, Kisseleff vient de remettre les siennes, les -autres le seront demain.</p> - -<p>4<sup>o</sup> Rien ne peut vous donner une ide de ce qu'a t -le sjour de la <i>Cour Impriale</i> Compigne. Entre -autres, on y a jou des charades en action. Sur le mot -<i>cur</i>, par exemple, les dames, quatre pattes, faisaient -les chiens, etc.</p> - -<p>L'Empereur est dcidment fort amoureux d'une -Espagnole, Mlle de Montijo. Il lui a montr la couronne -impriale prpare pour l'Impratrice. On dit ce joyau -<span class="pagenum"><a id="Page_66"> 66</a></span> -splendide. Pour le faire valoir, l'Empereur a voulu que la -belle Espagnole l'essayt, quoi elle s'est prte sans difficult, -accueillant mme ce que cet augure pouvait avoir -de personnel pour son avenir.</p> - -<p>Il parat que les trois Cours du Nord reconnaissent le -fait imprial, mais non comme provenant d'un droit -hrit, ni mme transmissible par hritage: <i>Napolon lu -Empereur par la nation</i>, voil tout. Louis-Napolon a -reu officieusement communication de cette rdaction -Compigne; ayant au premier moment comprim l'impression -qu'elle lui faisait, le soir l'effet a clat par de -violentes attaques de nerfs et de colre, pendant lesquelles -il menaait de faire immdiatement entrer l'arme -franaise en Belgique. On a fait chercher au plus vite les -Ministres pour le calmer. Ils y sont parvenus avec peine. -C'est l le vrai de cette indisposition qui l'a retenu Compigne, -au del du premier terme fix pour la dure de ce -sjour.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 11 janvier 1853.</i>—J'ai reu hier une trs affectueuse -lettre de la Reine Marie-Amlie, en rponse une -lettre de bonne anne. Elle m'est parvenue par Mme Mollien, -qui tait charge de me la faire arriver. Celle-ci me -mande que Mme la Duchesse d'Orlans tait alle, avec -ses enfants, passer les ftes de Nol et du jour de l'An -avec sa sainte belle-mre; que, depuis, elle est retourne - la belle habitation qu'elle a loue prs de Plymouth; -elle s'y ennuie beaucoup, ce qu'il parat, et, au printemps, -elle veut changer, non seulement de lieu, mais -<span class="pagenum"><a id="Page_67"> 67</a></span> -aussi de pays. On ne sait point encore celui qu'elle choisira.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 15 janvier 1853.</i>—J'avance dans la lecture de -l'histoire de Louis XVII<a id="FNanchor_53" href="#Footnote_53" class="fnanchor"> [53]</a>, si profondment mouvante. -Il ne s'y trouve rien de nouveau en fait de grands vnements; -les contours extrieurs du quadruple drame du -Temple sont connus de tout le monde; mais des dtails -curieux dans leur rvlation abondent et remplissent ce -cadre de larmes et de sang d'une manire habile, parce -que la vrit est prise sur le fait, qu'elle se sent partout, -se reconnat des signes certains et met ainsi le lecteur -directement aux prises avec tous les bourreaux et toutes -les victimes. C'est une douleur et une angoisse qui saisissent - la premire page du livre et qui s'accroissent -jusqu' la dernire, sans aucune relche. J'en suis parfois -malade, parce que la torture devient contagieuse, et -cependant je ne sais pas quitter cette agonie si barbare et -si admirablement chrtienne, et sublime jusque dans ce -malheureux enfant, qui se retrouve en mourant le petit-fils -de saint Louis. Je sais bon gr l'auteur, M. de -Beauchesne, d'avoir consacr tant de soins cette courte -vie de dix ans, qui se trouve tre celle d'un enfant, d'un -homme, d'un vieillard, d'un martyr.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_68"> 68</a></span> -Mon fils Louis<a id="FNanchor_54" href="#Footnote_54" class="fnanchor"> [54]</a> m'a apport une lettre de Paris dont -voici l'extrait: L'intrt des derniers jours ici a roul -sur la <i>reconnaissance</i> par les Puissances du nouveau titre -imprial de Louis-Napolon. Cet intrt a t vif. Louis-Napolon -a hsit pendant quarante-huit heures accepter -les lettres de crance. La raison politique l'a emport; il -s'est appuy, vis--vis de lui-mme et vis--vis des autres, -sur les termes aimables et amicaux de l'Empereur de -Russie, pour passer par-dessus ce qui y manquait, et il l'a -fait d'assez bonne grce. Mais c'est un sacrifice qu'il a -fait, il ne le cache pas certaines personnes. En gardera-t-il -rancune? C'est l la question. Je suis port le croire. -Il y a une chose certaine, c'est que, sans dsirer la guerre -positivement, et voulant surtout que la France ne l'accuse -pas de la faire par ambition personnelle, <i>il ne la craint -pas</i>; il croit qu'elle tournerait son avantage, et que son -nom aurait, sur les bords du Rhin, l'effet qu'il a eu dans -le midi de la France. Que ce soit une illusion ou non, une -pareille conviction suffit pour tout commencer. Rien n'est -prochain, cependant cela est sr. Il y a une autre chose -certaine, c'est que c'est une tte froide, qui travaille toujours, -qui se croit sre de ne pas se tromper, et qui n'abandonne -jamais ses desseins. La ralit, qui a justifi ses -plus chimriques esprances, donne raison d'avance -toutes celles qu'il peut former dsormais. Or, il a dans -l'esprit l'ide qu'il est appel faire de grandes choses -pour la France, et mme pour l'Europe. Toutes ces conditions -<span class="pagenum"><a id="Page_69"> 69</a></span> -ne prsentent pas une grande scurit pour l'avenir.</p> - -<p>L'intrieur est trs calme; de longtemps les difficults -ne viendront pas de l. On se rapproche peu du nouveau -Gouvernement. Nous sommes vis--vis de lui comme -l'tranger, <i>nous</i> ne lui disons pas: <i>mon frre</i>.</p> - -<p>On songe toujours au mariage; j'y crois l'Empereur -dcid, mais on ne trouve pas de Princesse; tout a chou; -il y en a d'ailleurs fort peu. Il serait possible qu'il s'en -passt, et qu'il poust une femme quelconque, afin -d'avoir une postrit. Cela ne grandirait pas la situation. -En tout, l'opinion s'arrte trs difficilement l'ide qu'il -aura des successeurs, et elle est surtout trs hostile -Jrme et son fils.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 21 janvier 1853.</i>—Les lettres reues hier de -Paris tournent toujours autour du mme sujet: le mariage -de Louis-Napolon. Je lis dans les journaux l'tonnant -discours qu'il a adress au Snat et aux Corps constitus. -Il faut lire cette allocution <i>in extenso</i>; le <i>Journal des -Dbats</i> donne ce texte en entier<a id="FNanchor_55" href="#Footnote_55" class="fnanchor"> [55]</a>.</p> - -<p>La sœur de Mme de Montijo a pous Lesseps, autrefois -Consul; voil une petite parent toute gentille! -<i>Eugnie</i><a id="FNanchor_56" href="#Footnote_56" class="fnanchor"> [56]</a> a choisi comme tmoins le duc d'Ossuna et le -<span class="pagenum"><a id="Page_70"> 70</a></span> -marquis de Bedmar, qui ont accept de la conduire -l'autel.</p> - -<p>On voulait marier le fils de Jrme avec Mlle de -Wagram, mais il a recul devant la parent Clary, qu'il -trouve au-dessous de sa dignit. Cela flattera le Roi de -Sude<a id="FNanchor_57" href="#Footnote_57" class="fnanchor"> [57]</a>. Quel tohu-bohu que tout ceci!</p> - -<p class="section"><i>Nice, 22 janvier 1853.</i>—C'est dcidment un mariage -<i>d'amour</i> que fait Louis-Napolon. On me mande que -Mlle de Montijo, leve dans une pension de Paris, est -fort belle, de grande naissance <i>par son pre</i>; sa mre est -fille d'un consul anglais, ce qui explique la teinte anglaise -du genre de beaut, nullement espagnol, de la nouvelle -<i>Impratrice</i>, car il n'est pas question de formes <i>morganatiques</i>; -ainsi, <i>point de Princesse</i>. J'en suis charme. Mais -quelle charge, l'ge et avec la sant du <i>sposo</i>, d'avoir -une femme jeune, belle et mridionale! et cela dans l'entourage -Bonaparte et l'atmosphre qui l'enveloppe.</p> - -<p>Voici d'autres dtails que j'ai glans dans mes lettres -de Paris, qui ne sont remplies que du mariage: Mlle de -Montijo a de vingt-cinq vingt-sept ans; beaut hautaine -avec des cheveux <i>auburn</i> qu'elle tient de sa mre irlandaise; -elle a des allures hardies. On raconte que jouant -cache-cache dans les saturnales de Compigne, l'Empereur -<span class="pagenum"><a id="Page_71"> 71</a></span> -l'aurait dcouverte cache derrire le rideau d'une -chambre, o, se croyant seul avec elle, il aurait voulu -l'embrasser troitement, et qu'elle l'aurait repouss en -disant: Pas avant d'tre Impratrice. Une autre personne, -cache tout auprs, prtend avoir entendu ce -propos.</p> - -<p>Le Conseil des Ministres a t trs oppos ce mariage. -Les entours immdiats en sont trs peins. Lgitimistes et -orlanistes sont charms de cette quipe matrimoniale et -de tout ce qu'elle promet.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 28 janvier 1853.</i>—J'ai eu hier une nouvelle -qui me va au cœur. Le Cardinal-Prince-vque de Breslau -est mort son chteau piscopal de Johannisberg -le 19 de ce mois. Je m'attendais d'autant moins une fin -aussi prochaine que j'avais reu le 22 une lettre de son -secrtaire particulier, crite par ses ordres, en date du 13, -dans laquelle, en m'envoyant sa bndiction pour -l'anne 1853, il me remerciait de mon constant -intrt, de mes vœux, et me faisait donner les dtails -satisfaisants d'une crise salutaire, longtemps espre en -vain par les mdecins, enfin effectue, depuis laquelle le -sommeil et l'apptit se reproduisaient sensiblement. Eh -bien! six jours aprs, il a t enlev ses amis, l'glise! -<i>Et quelle poque?</i> Il ne nous appartient pas de demander - la Providence: <i>Pourquoi?</i> mais il est permis de -pleurer, de prier, et surtout de suivre l'exemple de cette -anglique patience qui ne s'est pas dmentie un instant -durant de si longues et de si cruelles souffrances. Je -<span class="pagenum"><a id="Page_72"> 72</a></span> -perds personnellement en lui un appui, une consolation -laquelle j'attachais un prix infini. Sa bont ne s'tait -jamais dmentie pour moi depuis 1845. Pendant huit -annes, il a toujours t un ami la fois sincre et indulgent, -sachant faire la part de toute chose. Je conserverai - sa mmoire la plus vive reconnaissance, et je le -place dans le ciel ct de cet autre ami chrtien dont -j'ai tant aussi prouv l'indulgente affection<a id="FNanchor_58" href="#Footnote_58" class="fnanchor"> [58]</a>. Il me -semble qu' Rome on devra comprendre quelle perte cette -mort sera pour l'glise en Allemagne. Le got personnel -du Roi de Prusse pour le Cardinal, l'influence relle, souvent -magique qu'il exerait d'autant plus sur le Monarque -qu'il tait lui-mme entran par tout ce que celui-ci a de -sduisant, avaient form un lien direct, qui tait devenu la -seule toile qui brillt encore en Prusse notre horizon -religieux.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 30 janvier 1853.</i>—Les journaux nous ont -apport hier la nomination de la maison de l'Impratrice -Eugnie<a id="FNanchor_59" href="#Footnote_59" class="fnanchor"> [59]</a>. La Grande-Matresse est toute naturelle, la -Dame d'honneur aussi, dans une Cour qui drive du vritable -Napolon; mais les Dames du palais sont prises -<span class="pagenum"><a id="Page_73"> 73</a></span> -dans le plus petit monde, et les Messieurs aussi. C'est -drle, d'y fourrer tant de parent et de faire avancer sa -voiture, fermer une portire, ouvrir une fentre, porter -chles et manteaux, par des <i>cousins</i>.</p> - - -<p>Un des jeux de mots de Paris est de dire que l'Impratrice -sera la femme la mieux <i>habille</i>, parce que tout -Paris l'habille.</p> - -<p>On dit que l'Impratrice a toute une kyrielle de prnoms; -qu'on a hsit longtemps sous lequel elle serait -plus habituellement dsigne, qu'on avait flott surtout -entre <i>Eugnie</i> et <i>Eudoxie</i>, et qu'enfin on s'tait tenu au -premier, le second sentant trop le <i>Bas-Empire</i>.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 1<sup>er</sup> fvrier 1853.</i>—La duchesse d'Albufra -m'crit ce qui suit: La liste des Dames de l'Impratrice -n'a t arrte qu'aprs plusieurs refus. Celui de la -duchesse de Vicence a t absolu. On trouve la liste officielle -fort terne.</p> - -<p>Le couple imprial se rendra Saint-Cloud aprs la -crmonie et y passera quelques jours; les ftes officielles -recommenceront au retour. L'amour de l'Empereur -est tel que samedi 22, pendant le bal des Tuileries, -il a quitt la nombreuse compagnie pour aller passer -deux heures dans ses petits appartements, o Mlle de -Montijo s'tait rendue. Son appartement cote <i>un million</i> -d'ameublement; les plus magnifiques cadeaux lui seront -vots; la Ville de Paris lui offre un collier valant six cent -mille francs.</p> - -<p>L'tiquette dans la crmonie du mariage sera calque -<span class="pagenum"><a id="Page_74"> 74</a></span> -sur les plus anciennes traditions; rien n'y manquera; -il y aura mme de plus un dais et le trne dans Notre-Dame, -ce qui ne s'tait pas pratiqu jusqu' prsent, dit-on.</p> - -<p>Vous verrez dans les journaux qu'on sme des jardins -et qu'on en plante en une nuit pour fleurir et ombrager -le cortge.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 2 fvrier 1853.</i>—Il parat qu'on pense, comme -je le prvoyais, au baron de Kettler pour remplacer le -cardinal Diepenbrock. C'est assurment le meilleur choix -que l'on pourrait faire. M. de Kettler a beaucoup de zle, de -fermet; beaucoup plus d'activit corporelle que le Cardinal; -il visitera davantage son diocse; il parlera tout -aussi bien, au moins en chaire; il a aussi un extrieur -imposant; il est bien n, bien apparent, gnralement -estim et honor, mais il n'a pas l'onction, la grce, la -suavit, l'lgante dignit, l'-propos dans la conversation, -le tact aussi fin, aussi sr; il alarme moins, et il -n'exercera pas la mme sduction personnelle sur le Roi. -Ils avaient servi tous les deux dans l'arme, et M. de -Kettler porte mme sur son noble et austre visage une -marque de son naturel guerroyant.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 4 fvrier 1853.</i>—J'ai reu plusieurs lettres de -Paris. Voici, en rsum, quelques dtails: la crmonie -du mariage Notre-Dame, la princesse Mathilde tait fort -thtralement arrange, avec un air triste et contrari; -l'Impratrice trs belle; on dit que sa seule imperfection -est d'tre plus grande, assise, qu'on ne s'y attend quand -<span class="pagenum"><a id="Page_75"> 75</a></span> -elle est debout. Elle a dit que, sacrifiant sa libert et sa -jeunesse, elle donnait plus qu'elle ne recevait, aussi <i>se -laisse-t-elle adorer</i>. Les Dames avaient l'air terre--terre, -mais dcent. Les dcorations de Notre-Dame splendides, -mais les Cardinaux n'ayant pas grand air; c'est, qu'except -M. de Bonald, il n'y en avait pas un seul de bonne maison.</p> - -<p>Une circonstance <i>sre</i>, mais qu'on ne publie pas pour ne -pas veiller les superstitions, c'est qu'en rentrant de Notre-Dame -par une autre route que celle par laquelle le cortge -s'y tait rendu, la voiture impriale surmonte d'une -grande couronne, en passant sous la vote du Pavillon de -l'Horloge, les chevaux entrs, elle n'a pas pu avancer. -Le cocher, surpris, a donn des coups de fouet aux chevaux, -qui, alors, ont fait tomber l'obstacle, lequel n'tait -ni plus ni moins que cette couronne, trop haute pour le -portail, et qui a vol en clats! <i>Ominous!</i><a id="FNanchor_60" href="#Footnote_60" class="fnanchor"> [60]</a></p> - -<p class="section"><i>Nice, 5 fvrier 1853.</i>—Quelqu'un arriv de Paris ici -dit que, pendant les crmonies du mariage imprial, la -population tait curieuse, mais froide; que l'Impratrice -a paru moins jolie qu'on ne s'y attendait; en effet, il me -revient qu'elle tait d'une pleur extrme, ce qui nuisait -son clat. Les marchands vendent normment, sans -doute, dans cette frnsie de luxe, mais les affaires proprement -dites restent assez stagnantes, le public ne prenant -encore aucune confiance, et tout apparaissant jusqu' -prsent fantasmagorie.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_76"> 76</a></span> -On me dit ce qui suit dans une lettre de Paris arrive -hier: M. Mol vient d'tre trs malade d'une fluxion de -poitrine, une saigne l'a sauv. La princesse Lieven languit -et se trane misrablement dans une complaisance -admiratrice et plate de <i>tout ce qui est</i>, sans compter pour -rien les turpitudes des gens qu'elle accueille avec transport, -comme porteurs de nouvelles et dpositaires du -pouvoir. Elle parle de ses anciens amis avec un ddain -qui rvolte; jamais la rage du succs ne s'est montre -avec un plus incroyable cynisme.</p> - -<p>On m'crit aussi que la duchesse de Hamilton tait en -simple particulire dans une tribune, cause du grand -deuil de son beau-pre. Elle paraissait fort triste, et -aurait dsir un autre mariage pour le parent qu'elle aime -beaucoup.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 6 fvrier 1853.</i>—Hier, veille de la Sainte-Dorothe, -ma patronne. Le matin, j'avais t par politesse chez -la comtesse d'Orestis, une bataille de <i>confetti</i> qu'elle -avait arrange dans son jardin pour la Socit russe et -anglaise. Ce plaisir particulier aux Italiens, quand la multitude -passionne y prend part dans un long espace -comme le <i>Corso</i> Rome, a quelque chose d'original, de -fivreux, de contagieux dont j'ai prouv moi-mme la -frnsie; mais dans un petit jardin, avec peu de monde, -o d'ailleurs on se tapait de trop prs, et, par consquent, -beaucoup trop fort, c'tait un plaisir froid, trs peu -rcratif. Aussi, au bout de trois quarts d'heure, je suis -rentre chez moi.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_77"> 77</a></span> -Le soir, je voulais me coucher, quand, tout coup, les -portes se sont ouvertes, et plus de vingt-cinq personnes -sont entres chez moi, avec un dluge de bouquets, de -vers, de dessins, de souvenirs de toutes sortes. Puis, mes -enfants, qui taient dans le secret, ayant fait clairer et -orner de fleurs la grande salle, j'y ai trouv un concert -charmant tout organis. Le vieux marquis de Negro avait, -pour l'occasion, compos une hymne qui a t chante -ravir et rpte aux cris de <i>bis</i> de la compagnie. Tout cela -a dur jusqu' une heure du matin. J'tais extnue de -fatigue, de reconnaissance, d'motion.</p> - -<p>Mme d'Avenas crit ma fille que l'avant-veille de son -mariage, l'Impratrice Eugnie est alle au Sacr-Cœur -de Paris o elle a pass quelques annes de son enfance. -Mme d'Avenas s'y trouvait par hasard; elle a trouv -l'Impratrice charmante, naturelle, simple, voulant revoir -tous ses souvenirs de jeunesse, et jusqu' la sœur converse -qui la lavait. Cette visite a eu un bon retentissement -dans le monde pieux.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 10 fvrier 1853.</i>—La poste m'a apport une -lettre de la marchale d'Albufra qui me dit ceci: Les -personnes qui reviennent de Saint-Cloud parlent du -bonheur dont on y jouit. Il y aura, le Mardi gras, bal -d'intimes aux Tuileries. Les toilettes sont resplendissantes; -on porte beaucoup d'or et d'argent, non seulement dans -les toffes, mais encore dans les rubans et les fleurs. Les -formes des robes restent les mmes, seulement on a -adopt pour les robes habilles des queues de trente -<span class="pagenum"><a id="Page_78"> 78</a></span> -centimtres; c'est un acheminement au grand habit.</p> - -<p>M. de La Marmora vient de recevoir, par voie tlgraphique, -la nouvelle d'un soulvement Milan et dans -plusieurs autres villes de la Lombardie. Les poignards -mazziniens auraient jou, mais le canon autrichien l'aurait -emport; les dtails manquent<a id="FNanchor_61" href="#Footnote_61" class="fnanchor"> [61]</a>.</p> - -<p class="section"><i>11 fvrier 1853.</i>—Il est arriv tout l'heure des -lettres de Milan disant ce qui suit: Pendant le Carnaval, -des Milanais masqus et arms ont surpris et forc -les troupes qui gardaient le Palais. Cependant la garnison, -bientt rallie, a pris sa revanche et a veng -les soldats et officiers, parmi lesquels un colonel, qui -avaient t massacrs. On dit mme que des potences -sont dresses sur les places publiques.</p> - -<p>Je lis l'ouvrage du pre Theiner sur <i>Clment XIV</i><a id="FNanchor_62" href="#Footnote_62" class="fnanchor"> [62]</a>. -<span class="pagenum"><a id="Page_79"> 79</a></span> -C'est d'un grand intrt. Le tableau de l'poque qui en -fait l'introduction est habilement trac. Je n'en suis que -l jusqu' prsent. Le bruit que fait cet ouvrage en prouve -l'importance. C'est videmment un livre srieux, puis -des sources bien authentiques. Les Jsuites font habilement -de n'y pas rpliquer et d'viter une polmique prolonge -sur ce terrain que M. Crtineau leur a rendu le -mauvais service de provoquer. On me mande que les -amis des Pres Jsuites font tous leurs efforts pour obtenir -que ce livre soit mis l'index Rome, mais que le Saint-Pre -s'y refuse. Je crois, j'oserais mme dire que je sais -qu'en effet il y a de fort bonnes raisons pour qu'il ne -laisse pas toucher l'auteur, qui a puis ses inspirations, -disons mme son audace (car il y en a beaucoup dans une -telle communication), dans des encouragements suprieurs.</p> - -<p class="section"><i>13 fvrier 1853.</i>—M. Avigdor est venu m'assurer que -les troubles de Milan avaient cess. Il m'a, de plus, -apport la proclamation incendiaire de Mazzini, qui, de sa -personne, parat avoir t Bellinzona. Le bruit court -ici qu'on aurait dcouvert une vaste conjuration Bologne; -que des troubles auraient clat Bologne et une rvolte - Monza; on ne peut trop encore y voir clair, et quoique -je ne doute pas que la victoire restera l'autorit lgale, -je n'en suis pas moins trouble en pensant qu'il y a un -pays tellement min et en effervescence.</p> - -<p>Le <i>Journal des Dbats</i> a donn deux passages relatifs -l'arrestation de M. de Saint-Priest et la lettre qu'il crit -<span class="pagenum"><a id="Page_80"> 80</a></span> -ce sujet. Tout palpite encore sur cette pauvre terre de -France, travaille par tant de passions diverses<a id="FNanchor_63" href="#Footnote_63" class="fnanchor"> [63]</a>.</p> - -<p>Voici l'extrait d'une lettre que mon fils Alexandre a -reue hier de Paris: A propos de Carmlites, savez-vous -que M. Cousin, pouss par son amour rtrospectif -pour Mme de Longueville, va trs souvent aux Carmlites -de la rue d'Enfer, et qu'il ne veut plus crire une ligne -sans la soumettre la Suprieure, qui est une personne -du plus haut mrite, dit-on. Elle lui envoie ses manuscrits -revus et corrigs, et il se soumet en enfant ses -dcisions<a id="FNanchor_64" href="#Footnote_64" class="fnanchor"> [64]</a>. C'est fcheux qu'il n'ait pas pris plus tt ce -parti, mais on ne peut qu'applaudir cette complte conversion. -J'ai toujours estim les hommes qui reviennent; -il faut pour cela autant de courage que de conscience et -de sincrit.</p> - -<p>Si l'on s'est gay l'tranger de <i>notre nouvelle -comte</i>, comme vous l'appelez (l'Impratrice), je vous -<span class="pagenum"><a id="Page_81"> 81</a></span> -assure qu'ici les sonnets, les pamphlets, les calembours -pleuvent de tous cts, et dans toutes classes, comme -dans tous les salons. Je trouve cela plus dplorable que -risible, car quelque parti qu'on appartienne, il est triste -de voir notre pauvre France tombe si bas. Cette malheureuse -Impratrice a t tellement trane dans la boue -que, ne ft-ce que par charit chrtienne, je serais porte - la dfendre. Tout en faisant la part de l'excentricit de -son caractre, on s'accorde gnralement sur la bont de -son cœur. Quant moi, elle a fait ma conqute Notre-Dame, -pas comme beaut, mais par sa dignit et le pieux -recueillement de son maintien.</p> - -<p>Savez-vous aussi l'affaire de M. Veuillot avec l'abb -Gaduel? Cet homme est incorrigible<a id="FNanchor_65" href="#Footnote_65" class="fnanchor"> [65]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 14 fvrier 1853.</i>—Il est arriv hier ici un aide -de camp du Roi de Sardaigne, qui a racont qu'en effet -Mazzini s'tait avanc jusqu' Lugano ou Bellinzona, mais -que Kossuth, moins prudent, s'tait aventur jusqu' -Voghera. C'est par les autorits autrichiennes que le -comte Apponyi en a t averti, ainsi que du passage projet -de certains rfugis avec armes et munitions, qui -devait s'oprer Stradella. Sur la demande d'Apponyi, on -<span class="pagenum"><a id="Page_82"> 82</a></span> -a envoy des troupes pour disperser le rassemblement, -saisir les munitions, etc.; mais on est arriv, avec ou -sans bonne volont, trop tard Voghera pour se saisir de -Kossuth, qui avait pris le large.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 18 fvrier 1853.</i>—On m'crit de Paris: La -tentative faite Milan prouve que les socialistes ne se tiennent -pas pour battus. Aussi la mise en libert de quatre -mille trois cents dtenus, en France, a-t-elle produit une -vritable terreur dans nos provinces. J'espre encore que -ce mouvement milanais suspendra l'excution de cet acte -de clmence; ce serait un grand bonheur.</p> - -<p>On dit que les personnes qui allaient la Cour de -l'Empereur avant son mariage devront tre reprsentes, -pour permettre d'liminer celles qu'on dsire en -carter.</p> - -<p>L'Impratrice, <i>jusqu' prsent</i>, ne dcide rien par -elle-mme. Elle soumet tout l'Empereur, mme la robe -qu'elle doit porter; ils ne se quittent pas; on dit l'Empereur -perdument amoureux.</p> - -<p>M. de Caulaincourt, second fils de la duchesse de -Vicence, pouse Mlle de Croix; il avait t refus plusieurs -fois cause d'un œil de verre. La mre est -enchante de ce mariage. La jeune personne est riche, -bien ne et bien leve. La duchesse de Prigord est -moins charme du mariage de son fils Paul: les Saint-Aignan -ne donnent que 15000 francs de rente leur fille, -dont ils retiennent 6000 francs pour frais de nourriture -et de logement.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_83"> 83</a></span> -Il est certain que le marchal de Castellane avait reu -l'ordre, par le tlgraphe, d'entrer en Savoie et de s'emparer -du Comt de Nice, si le mouvement milanais n'avait -pas t touff tout de suite, probablement sous le mme -prtexte et avec la mme dure qui a men et qui fait -rester les Franais Rome.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 23 fvrier 1853.</i>—Que dire de cette nouvelle -horreur tente Vienne<a id="FNanchor_66" href="#Footnote_66" class="fnanchor"> [66]</a>. Je suis encore sans dtails; -je ne sais que ce que disent les nouvelles tlgraphiques, -qui, mme, ne sont pas d'accord entre elles. Toujours -est-il que ce charmant Empereur a t bless. Dieu -veuille qu'il n'y ait pas de mauvaises suites pour ce jeune -Souverain, qui annonce de si belles qualits et dont l'Allemagne -a bien grand besoin l'heure qu'il est.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 25 fvrier 1853.</i>—J'ai reu de Vienne, de mon -beau-frre<a id="FNanchor_67" href="#Footnote_67" class="fnanchor"> [67]</a>, quelques lignes crites aprs l'attentat -contre l'Empereur. La blessure avait normment saign, -mais les mdecins la dclaraient sans danger. L'motion, -l'indignation, taient gnrales dans toutes les classes; le -peuple s'est port l'Archevch, demandant qu'un <i>Te -Deum</i> ft chant l'instant Saint-tienne, pour rendre -grce Dieu que le coup n'ait pas t mortel.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_84"> 84</a></span> -Un Espagnol est arriv ici de Paris. Il est l'ami de la -sœur du marquis de Bedmar et de Mme de Toreno. -Cette sœur, qui se nomme <i>Incarnation</i> de son nom de -baptme, a pous le beau M. Manuel, l'agent de change -lgant, hros d'assez clatantes aventures. Mme Manuel -tait l'amie de cœur de Mlle de Montijo, mais l'Empereur -n'a pas voulu qu'elle ft reue la Cour de l'Impratrice. -Enfin, force d'insistances, celle-ci a obtenu de voir, le -matin, en particulier, cette amie de cœur. Dans cet entretien, -il parat que la jeune couronne s'est jete en pleurant dans -les bras d'<i>Incarnation</i>, disant qu'elle se sentait enferme -dans une cage, dore la vrit, mais hermtiquement -ferme; qu'elle n'tait matresse de rien, et qu'elle n'avait -eu aucune libert pour la composition de sa maison.</p> - -<p>Il faut lire dans le <i>Journal des Dbats</i> du 22 de ce mois -un article sur l'ouvrage du Pre Theiner par M. de Sacy. -Il n'y est ni jansniste, ni philosophe, il y est homme de -discernement judicieux et impartial, rsumant parfaitement -l'ouvrage, l'apprciant sans dnigrement, et portant -un jugement juste, sain, modr, et, mon avis, -excellent sur les Jsuites, non pas les Jsuites de l'institution -ni ceux d'aujourd'hui, mais ce qu'ils taient au -moment de leur suppression, et ce qu'ils tentent toujours -plus ou moins redevenir.</p> - -<p>Le <i>Galignany</i> du 17 fvrier contient la rponse de -Mme Tyler, seconde femme de l'ex-Prsident des tats-Unis, - la fameuse lettre collective des dames anglaises<a id="FNanchor_68" href="#Footnote_68" class="fnanchor"> [68]</a>. -<span class="pagenum"><a id="Page_85"> 85</a></span> -Elle est plus rude que l'article que John Lemoinne a fait -ce sujet. Il parat que les dames amricaines, au lieu d'tre -flattes d'avoir t traites en sœurs par quelques grandes -dames anglaises, sont fort blesses de leurs conseils. -Mme Tyler les traite avec une ironie sanglante et le <i>leading -article</i> du <i>Times</i> ce sujet<a id="FNanchor_69" href="#Footnote_69" class="fnanchor"> [69]</a>, que le <i>Galignany</i> rapporte -galement dans la mme feuille du 17, n'est pas moins -dsagrable pour les dames anglaises que pour celles du -Nouveau Monde. On dit les Duchesses, Marquises et Comtesses -de la Grande-Bretagne, signataires de l'ptre, trs -embarrasses, et aux regrets que leur vaniteuse charit -leur ait fait faire une semblable dmarche. Il est sr qu'il -est impossible d'en avoir fait une plus ridicule.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 26 fvrier 1853.</i>—J'ai reu hier des lettres de -Paris, dans lesquelles on me dit ce qui suit: Les amis -du Gouvernement ont regrett encore plus que ses ennemis -l'arrestation du vicomte de Saint-Priest; je crois qu'il n'y -aura, en dfinitive, que M. Tański de srieusement atteint. -Il correspondait avec plusieurs Cours trangres, et leur -<span class="pagenum"><a id="Page_86"> 86</a></span> -faisait passer, outre des bulletins politiques, tous les couplets, -les quatrains, les pamphlets qui pullulent sur l'Impratrice. -On a trouv chez lui, entre autres, la minute -d'une lettre de lui, adresse lady Holland, Naples, -remplie des lazzi que le mariage imprial a provoqus. -Walewski et Rothschild ont fait de grands efforts pour -obtenir sa libert, mais inutilement. Ce mme Tański -tait aussi dans l'intimit du prince Jrme-Napolon.</p> - -<p>Les tmoins espagnols de l'Impratrice, au mariage -civil et religieux, n'ont pas t invits depuis aux Tuileries, -pas mme au bal du Mardi Gras, o il y avait trois -cents personnes. Cependant, ils ont dn hier avec Leurs -Majests, l'exception du marquis de Bedmar qui a fait -dire qu'il partait le matin mme pour Madrid.</p> - -<p>Le prince Murat n'a paru ni la Cathdrale ni aux -Tuileries; il est rest sous sa tente, bless de n'avoir pas -eu l'<i>Altesse impriale</i> et le mme rang que le groupe -Jrme.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 27 fvrier 1853.</i>—On me mande de Vienne que -le jeune Empereur, par la violence du coup qui lui a t -port, a cru dans le premier moment avoir reu un coup -de feu et tre assailli par plusieurs. Aussi tira-t-il son -sabre pour se dfendre. Il put ensuite faire cent pas sans -chanceler, aprs lesquels il fut oblig de se laisser conduire -par son aide de camp, le comte O'Donnell. Son -premier mot celui-ci a t: Ceci vient de Milan, et -en revoyant sa mre: Je partage le sort de mes braves -soldats de Milan.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_87"> 87</a></span> -L'Archiduchesse Sophie est dans un tat affreux, elle a -vraiment l'aspect de la Mre de douleur. Elle prvoit des -chances de rcidive dans l'avenir et a perdu toute scurit.</p> - -<p>On me mande de Paris que Cousin s'est passionn pour -l'Impratrice Eugnie, et qu'il en parle avec la mme -exaltation que de Mme de Longueville. N'y a-t-il pas l -de quoi faire tressaillir la poussire de Port-Royal?</p> - -<p class="section"><i>Nice, 28 fvrier 1853.</i>—Ma sœur m'crit de Vienne, -du 21, que la vue du jeune auguste bless est encore -trouble.</p> - -<p>Elle me dit aussi qu' Milan la haute noblesse tait -venue, en corps et en voitures de gala, offrir au gnral -Gyulay ses compliments de condolances l'occasion de -l'attentat, et que le gnral leur aurait dit, en les recevant, -qu'il regrettait de devoir une aussi douloureuse -circonstance l'honneur de faire leur connaissance.</p> - -<p>Il vient de paratre dans le nord de l'Italie une nouvelle -proclamation de Mazzini, qui dit qu'il ne faut pas se -dcourager par l'avortement de l'insurrection de Milan, -puisqu'il ne s'agit que d'attendre quelques jours pour voir -des vnements plus dcisifs; ce qui, d'aprs les dates, -conciderait avec l'attentat de Vienne. D'aprs les journaux, -on devait tenter un coup de main sur la forteresse -de Bude. Toutes ces trames ont galement leurs chos dans -le Grand-Duch de Posen, et dans le cœur mme de Berlin.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 1<sup>er</sup> mars 1853.</i>—Mon beau-frre Schulenbourg, -<span class="pagenum"><a id="Page_88"> 88</a></span> -qui est arriv hier de Vienne, nous a cont bien des particularits -sur l'Autriche et la Lombardie qu'il vient de -traverser. Les dernires nouvelles tlgraphiques que -Radetzky avait reues de Vienne pendant que Schulenbourg -tait Vrone portaient que l'tat crbral du jeune -Empereur offrait de la gravit; la vue tait tellement -affecte que le pauvre bless ne pouvait pas supporter la -plus petite lueur; il tait oblig de rester dans la plus parfaite -obscurit, et son oue tait tellement surexcite qu'il -entendait distinctement tout ce qui se passait trois chambres -de la sienne. On craignait un panchement du sang -au cervelet. Deux minutes avant l'accident, l'Empereur -avait montr au comte O'Donnell un groupe de trois -hommes mines sinistres, en lui disant: Voil des brigands. -Aussitt que le meurtrier fut terrass, ce groupe -a disparu. On a envoy un prtre hongrois l'assassin -pour remuer sa conscience et lui faire faire des aveux; il -paraissait s'y tre dcid et avoir dj commenc. Les -arrestations continuaient de tous cts.</p> - -<p>Cet vnement, joint aux troubles et conspirations de -Milan et de Hongrie, rapprochera beaucoup les puissances -continentales de l'Empereur Napolon III. On veut faire -cause commune et se mettre en faisceau contre le danger -commun, et notamment se montrer unis et imposants -la Suisse et l'Angleterre. Tout tourne au profit de Louis-Napolon, -jusqu'au danger de l'assassinat, dont il court, -avec des souverains lgitimes, les terribles chances.</p> - -<p>L'exaspration contre les Anglais, Vienne, est telle, -qu'au <i>Te Deum</i> de Saint-tienne, lord Westmorland a pu -<span class="pagenum"><a id="Page_89"> 89</a></span> -entendre, s'il comprend l'allemand, des paroles, dites -fort haut, et des plus rudes ses oreilles. Le prince de -Metternich, qui n'tait pas rentr la Chancellerie d'tat -depuis les vnements de 1848, s'y est rendu, aussitt -aprs l'attentat, pour savoir par les Ministres qui taient -runis, des nouvelles de l'Empereur. C'est noble et bien.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 3 mars 1853.</i>—Lady Westmorland m'crit une -lettre toute dsespre sur l'attentat contre l'Empereur, -auquel elle est d'autant plus sensible que toute la mission -souffre de l'<i>excration</i> voue l'Angleterre; je cite ses -mots. On voulait faire un scandale devant la maison -habite par les Westmorland. La police a eu beaucoup de -peine l'empcher, et il n'y a que la connaissance qu'on -a des sentiments personnels de lord Westmorland qui fasse -qu'on les <i>tolre</i> Vienne, et elle ajoute: J'ai l'espoir -que les choses sont arrives un point tel, que notre -Cabinet <i>devra</i> et <i>pourra</i> mettre fin aux menes des abominables -gens rfugis et conspirant en Angleterre contre -le repos europen. Mais j'en serais beaucoup plus sre si -mon oncle, le duc de Wellington, vivait encore pour -lever la voix.</p> - -<p>Schulenbourg a vu avec peine qu'en Saxe le public de -toutes les classes tait mal satisfait du mariage du Prince -Albert avec la Princesse Carola<a id="FNanchor_70" href="#Footnote_70" class="fnanchor"> [70]</a>. On n'y trouve ni -alliance politique utile, ni entourage de famille brillant; -on n'aime pas l'origine maternelle; puis, pas de fortune, -<span class="pagenum"><a id="Page_90"> 90</a></span> -le jeune mnage sera tout simplement pauvre, 40000 cus -de rente eux deux pour tout potage; c'est, dans leur -position, n'avoir rien. Du reste, la Famille Royale elle-mme -(mais elle seule) est trs affectueuse pour la Princesse -Carola et le jeune homme perdument amoureux. -On avait dsir qu'il poust l'Archiduchesse lisabeth, -la jeune veuve qui habite Brnn, mais aussitt qu'il eut -aperu la Princesse Carola, qui, par hasard, se trouvait -Brnn en ce moment, et quoique l'Archiduchesse soit -infiniment plus belle, il a dit un neveu de Schulenbourg: -Celle-ci ou aucune.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 5 mars 1853.</i>—On m'crit de Paris ceci: La -clmence de l'Empereur a un effet dplorable sur les provinces, -o on s'alarme du retour de ces misrables<a id="FNanchor_71" href="#Footnote_71" class="fnanchor"> [71]</a>. -Les socits secrtes sont en pleine vigueur; elles se dissimulent, -mais ne se dissolvent pas; les Prfets courageux -l'crivent, ceux qui ne veulent ni inquiter ni dplaire se -taisent lchement. M. de Persigny, qui s'est lev fortement, -et contre le mariage, et contre l'amnistie, est en -froid avec les Tuileries. Le vent y est revenu M. de -Morny. On dit l'intrieur imprial assez triste; l'puration -des dames, un peu trop gaies, est positive.</p> - -<p>Mes nouvelles d'Allemagne confirment la conspiration -hongroise, le projet d'assassiner l'Archiduc-Gouverneur, -<span class="pagenum"><a id="Page_91"> 91</a></span> -et Berlin on a dcouvert des trames semblables. L'moi -a t vif Charlottenbourg. Il parat certain que les trois -Cours du Nord feront simultanment des dmarches -srieuses pour rompre les repaires anarchiques, et rien ne -pouvait mieux servir l'Empereur Napolon III, car avec -lui on forcera la Suisse et le Pimont; sans lui cela deviendrait -difficile, et comme lui aussi est menac des poignards -socialistes, son intrt se trouve identique avec celui des -trois souverains, et l'entente en deviendra plus cordiale.</p> - -<p>Dans les Cours de l'Europe, on est devenu trs indiffrent -pour le rejeton de la branche ane des Bourbons, et -on est tout simplement hostile aux d'Orlans, parce qu'on -est persuad, non sans raison, qu'avec eux reviendrait ce -dtestable libralisme bavard, qui a enfant 1848, et que -le jugement faux et vaniteux, enfin tout ce que reprsentait -Mme la Duchesse d'Orlans, crerait bien plus de -dangers l'Europe que la dictature actuelle.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 8 mars 1853.</i>—Il parat certain que Mazzini et -Saffi se sont embarqus sur une frgate anglaise qui a -longtemps ctoy Villefranche et toute la rivire de Gnes.</p> - -<p>Lord Minto se promenait l'autre jour sur l'<i>Acquasola</i> -de Gnes, bras dessus bras dessous avec le secrtaire de -Kossuth!</p> - -<p>La frgate a relch Livourne. Plusieurs <i>midshipmen</i><a id="FNanchor_72" href="#Footnote_72" class="fnanchor"> [72]</a> -sont descendus dans la ville, y chantant des airs -et des paroles rvolutionnaires en italien. Ils ont t arrts -<span class="pagenum"><a id="Page_92"> 92</a></span> -par la police autrichienne. Le commandant de la frgate -les a rclams; on les lui a refuss et la frgate a d -prendre le large sans eux.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 13 mars 1853.</i>—La marchale d'Albufra -m'crit de Paris: Vous dsirez savoir la couleur des -yeux de l'Impratrice. Ils sont bleus; mais elle se peint les -sourcils et les cils en noir, ce qui fait un contraste avec -ses cheveux blond ardent et donne beaucoup de piquant - son visage. Tout le monde la trouve belle. On la disait -grosse, mais comme elle a vals au bal du Mardi Gras, on -ne sait plus trop que penser. Savez-vous pourquoi l'Impratrice -Eugnie est la premire cuyre de France? C'est -qu'elle a saut <i>la barrire du Trne</i>! Voil un des lazzi -avec lesquels on se console ici.</p> - -<p class="section"><i>Gnes, 18 mars 1853.</i>—Je suis arrive ici aujourd'hui - midi. La route tait encore fort encombre de rochers -dtachs de leurs cimes par les dluges de pluie, et ils -entravaient singulirement notre marche, malgr les -efforts des cantonniers occups au dblayage. J'ai dj -visit les glises de l'<i>Annunziata</i>, du <i>Ges</i>, de <i>Santo-Ciro</i> -et de <i>San Lorenzo</i>, l'<i>Albergo di poveri</i> et l'<i>Ospedale di -Santa Caterina</i>. Tout cela a de l'intrt et complte assez -bien mon <i>giro</i> gnois.</p> - -<p class="section"><i>Alexandrie, 18 mars 1853.</i>—Adieu le Midi, le ciel -pur, la mer bleue; adieu palmiers, myrtes, roses et oliviers! -Nous avons travers ce matin, par une pluie froide, -<span class="pagenum"><a id="Page_93"> 93</a></span> -ou plutt par une neige fondue, cette partie nue et rude -des Apennins. C'tait fort laid et fort triste. A Bussana -nous avons pris le chemin de fer. Nous tions entasss -dans un wagon avec trois Anglais, dont l'un, Irlandais -trs loquace, revenant des Grandes Indes, les deux autres -revenant de Rome et de Naples.</p> - -<p class="section"><i>Vrone, 22 mars 1853.</i>—Nous avions quelque esprance -d'atteindre Vrone ds hier au soir, ce qui, en effet, -nous et t facile, si nous n'avions pas manqu de dix -minutes le dernier dpart du chemin de fer. Il a donc fallu -rester Mantoue, o nous tions pitoyablement gts dans -un dtestable petit cabaret, les auberges passables tant -encombres par les parents de ceux qu'on juge en ce -moment Mantoue, non pas la suite des derniers vnements -de Milan, mais en consquence de la grande conspiration -dcouverte en novembre dernier<a id="FNanchor_73" href="#Footnote_73" class="fnanchor"> [73]</a>; quatorze -<span class="pagenum"><a id="Page_94"> 94</a></span> -cents personnes sont gravement compromises; cinq ont -dj t excutes dans un des forts de Mantoue. L'Empereur -vient d'en gracier un grand nombre et de commuer -la peine des autres. Mais, Mantoue, cette forteresse dj -si srieuse et si obscure en elle-mme, vue ainsi au travers -des torrents d'une pluie glaciale, et sous le voile lugubre -des conspirations et des tragdies <i>relles</i>, dans une petite -chambrette dont les vitres taient casses et la chemine -tait pleine, non pas de feu, mais d'une fume paisse, -offrait le plus triste sjour.</p> - -<p class="section"><i>Vrone, 24 mars 1853.</i>—L'Archiduchesse Sophie a -fait un touchant cadeau au comte O'Donnel, cet aide de -camp qui tait prs de l'Empereur d'Autriche au moment -de l'attentat contre sa personne. Elle lui a donn une -bague trs simple, contenant une grosse turquoise, qui -s'ouvre, et sous laquelle se trouve une mche des cheveux -ensanglants de l'Empereur, qui lui ont t coups -aprs l'attentat. En lui donnant cette bague, l'Archiduchesse -a dit au comte O'Donnel: <i>Ce n'est pas un cadeau</i> -<span class="pagenum"><a id="Page_95"> 95</a></span> -<i>imprial, c'est le souvenir d'une mre reconnaissante.</i></p> - -<p>On a fait Vienne plusieurs bons mots, dont j'ai retenu -les suivants: Le gnral Haynau est mort le mme jour -et presque la mme heure que l'Archevque de Vienne, -qui se nommait <i>Milde</i> (ce qui en allemand veut dire <i>douceur</i>). -On dit donc, que malgr la frocit attribue -Haynau, il est mort <i>mit milde</i><a id="FNanchor_74" href="#Footnote_74" class="fnanchor"> [74]</a>. Voici le second bon -mot. Le gnral Leiningen, en mission Constantinople, -a obtenu des Turcs de ne plus appeler les chrtiens <i>des -chiens</i>; mais la condition expresse que, dsormais, il ne -serait plus permis aux chrtiens de donner leurs chiens le -nom de Sultan. Ceci est bien digne du thtre des Varits.</p> - -<p>Une question plus srieuse, plus importante, c'est l'arrestation - Milan d'un avocat, chez lequel on a saisi des -papiers trs explicatifs des projets mazziniens et, entre -autres, la preuve qu' un jour <i>fort prochain</i>, il devait -clater Naples, Florence et Gnes, des explosions formidables, -et mieux organises que ne l'a t la dernire -chauffoure de Milan. On a aussitt expdi des courriers -sur les diffrents points menacs qui, trs probablement, -seront arrivs temps pour empcher les bombes d'clater.</p> - -<p class="section"><i>Vrone, 25 mars 1853.</i>—Le marchal Radetzky, -m'ayant trs poliment fait exprimer ses regrets qu'un -reste de grippe ne lui permit pas de venir chez moi, j'ai -t hier chez sa femme, o le Marchal s'est rendu. L'appartement -est beau, commode et chaud, la vieille dame -<span class="pagenum"><a id="Page_96"> 96</a></span> -fort polie; mais l'intrt principal se fixait, naturellement, -sur l'illustre vieillard, qui complte, pour moi, la srie -des illustres guerriers contemporains, que j'ai tous connus -plus ou moins. Cette srie commence par Souvarow qui, - Prague, lorsque son fils cherchait pouser ma sœur, -m'a fait sauter et gambader avec lui, quand j'avais sept -huit ans; ses originalits, encore plus que sa gloire, l'ont -fix dans mon souvenir. Napolon, avec ses capitaines -clbres; Wellington, Schwarzenberg, Blcher, et maintenant -Radetzky, et d'autres encore, m'ont t connus -d'assez prs, pour pouvoir conserver une impression distincte -de leur individualit; et je sais apprcier cette -longue chane d'illustrations contemporaines.</p> - -<p>Il est impossible d'avoir t plus naturellement obligeant, -simple, et, en mme temps, plus aimablement -communicatif que le feld-marchal Radetzky l'a t avec -moi. Sa verdeur, son entrain, <i>quatre-vingt-six</i> ans, sont -une vritable merveille; mais il lui faut soigner une toux -qui est incessante depuis quelques jours. Il tait parfaitement -rassur sur les suites de la grande conspiration (qui -se tramait et qui devait clater hier), depuis qu'en outre -de l'arrestation de l'avocat Milanais, on a aussi opr celle -d'un riche banquier de Bologne. Ici, on est oblig de faire -garder les puits des casernes par des sentinelles, pour -empcher l'excution du projet dcouvert de les empoisonner; -les dtails les plus douloureusement curieux -abondent.</p> - -<p class="section"><i>Vrone, 26 mars 1853.</i>—J'ai eu hier la visite du -<span class="pagenum"><a id="Page_97"> 97</a></span> -gnral Benedeck, une des plus brillantes clbrits des -dernires campagnes d'Italie et de Hongrie. Il est maintenant -chef d'tat-major du feld-marchal Radetzky. Sa -position ici est trs importante et, par le temps qui -court, trs lourde. Il est doux, modeste, poli; sa conversation -mesure sans tre froide; ses blessures ont rendu sa -sant dlicate; il est maigre et de taille moyenne.</p> - -<p>Les uns disent que l'ennui commence rgner aux -Tuileries; d'autres, au contraire, que les tendresses y sont -extrmes et que l'Impratrice est trs touche des soins -constants et charmants dont elle est l'objet. En dehors -des grandes soires, il y en a de petites qu'on dit fort -gaies. Pour les prsentations l'Impratrice, l'tiquette -ne laisse pas que d'tre svre. Elle consiste en une simple -dfilade. Mme Le Hon en tait furieuse et le disait tout -haut.</p> - -<p>J'ai reu une lettre de Mme Mollien, dsole du bruit, -qui se rpandait de tous cts, que Mme la Duchesse -d'Orlans pousait M. de Montguyon; et elle espre que -toute cette histoire est une invention.</p> - -<p>Voici les extraits de deux lettres: la premire est de -M. de Falloux, la seconde du duc de Noailles:</p> - -<p><i>Premier extrait</i>: Je suis mal au courant des directions -actuellement prdominantes Venise; j'ai eu le -chagrin de me trouver en dsaccord avec un premier -mouvement de M. le Comte de Chambord. A la suite du -2 Dcembre, j'aurais voulu que l'lite seule du parti -lgitimiste reprsentt, en se retirant de tout, la protestation -morale, mais qu'on laisst le gros de nos amis -<span class="pagenum"><a id="Page_98"> 98</a></span> -leurs mairies, leurs Conseils gnraux, y fonder ou y -dvelopper les coles religieuses, qui seules rendront -la France, l'avenir, une nation sur laquelle on puisse -rgner. Une ligne plus cassante, plus hostile a t prfre<a id="FNanchor_75" href="#Footnote_75" class="fnanchor"> [75]</a>. -Je conois que cela fut bien tentant pour le -Chef de la maison de Bourbon; cependant, j'ai persist - croire que les conseils donns taient <i>exagrs</i> et -<i>funestes</i>. Quant la fusion, M. le Comte de Chambord -l'a toujours dsire et a beaucoup tmoign ce dsir. -On y a mal rpondu; et il a fini par tre bless, -sans cependant y renoncer ou la repousser absolument. -Les d'Orlans rptent beaucoup qu'ils ont fait de nouvelles -dmarches; mais, de fait, ces dmarches taient -des conditions dplaces. Voil o on en est aujourd'hui. -C'est une situation bien dangereuse pour tout le -monde. Ce sont les Princes d'Orlans qui ont fait -l'Empire; ils suivent une ligne de conduite toute propre - fortifier cet Empire. Tant que la France ne verra -pas un grand et fort gouvernement mettre la place -de ce qui lui donne aujourd'hui le repos matriel, elle -ne s'en dgotera pas. Mais il faut craindre aussi les -illusions du Comte de Chambord. Tant qu'il n'a pas -d'enfants, le principe rside bien encore en lui, avec -tous ses avantages; mais la ralit, la perptuit de la -Maison de Bourbon, sont dans la branche cadette. Le -Comte de Chambord est donc fort paralys, lui, dont la -valeur premire est l'hrdit; il ne faudrait donc pas -<span class="pagenum"><a id="Page_99"> 99</a></span> -qu'il voult avoir trop <i>rigoureusement</i> raison, sans -vouloir tenir compte de l'tat de dmoralisation o la -France est plonge, sans rflchir qu'une nation, dans -un tel tat, est accessible tous les coups de main. -M. le Comte de Paris grandit, M. le Comte de Chambord -prend des annes, l'action du temps est donc bien -ingale pour les deux, et il faudrait tout concilier, en -unissant tout indissolublement. Je sais bien que, sans -nous autres lgitimistes, aucun gouvernement ne -durera, mais la France est trop puise pour supporter -de nouvelles expriences; et si on ne lui te pas en -commun la chance de se tromper, sa prochaine erreur -serait la dernire et la France serait en lambeaux... -avant vingt ans. Je voudrais que, des deux cts, on ft -bien persuad de cette vrit.</p> - -<p><i>Second extrait</i>: La fusion est aussi loigne que -jamais. Le fait est que, malgr quelques semblants, les -d'Orlans n'en veulent pas, la faon dont ils l'entendent -la rendant <i>a priori</i> impossible. Ils ne veulent -s'engager vis--vis du Comte de Chambord que dans -le cas o la volont nationale se sera prononce son -gard et lorsque le fait se sera joint au <i>droit</i>. Quant -l'Angleterre, elle ne fera rien contre les rfugis; on ne -pourrait l'y forcer que si la France tait la tte des -autres puissances pour l'y obliger, et c'est ce qu'elle ne -fera pas. Du reste, point de projets de guerre clairs et -arrts; mais l'Empereur Napolon a dit hier, quelqu'un, -qui me l'a rpt immdiatement: <i>La France -n'a toute sa puissance et toute son influence que dans</i> -<span class="pagenum"><a id="Page_100"> 100</a></span> -<i>l'action. Quand l'Europe est en repos, les vieilles -monarchies l'emportent toujours sur elle, et il faut bien -avouer que je suis n d'hier.</i> Ceci a t dit propos -de la rapidit du succs de la mission du Comte de -Leiningen Constantinople<a id="FNanchor_76" href="#Footnote_76" class="fnanchor"> [76]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Vrone, 27 mars 1853, jour de Pques.</i>—Il a fait -hier un joli petit semblant de printemps dont, bien vite, -j'ai profit pour aller au <i>Giardino Giusti</i>, que j'avais -envie de revoir. Les violettes y abondaient, et nous nous -sommes livrs de fort douces illusions, sous les cyprs -sculaires gays par le chant des oiseaux, qui tous -paraissaient en belle humeur. Nous avons gagn les terrasses -suprieures, d'o la vue tait trs nette, riche et -varie. Nous nous sommes laisss conduire ensuite un -thtre antique, destin jadis aux jeux olympiens. Un propritaire -d'ici a achet et fait abattre les maisons qui -encombraient ces ruines; elles paraissent avoir couvert -un trs grand espace. Des pierres colossales reproduisent -ce caractre de grandeur, imprim tous les monuments -d'une puissance en elle-mme gigantesque.</p> - -<p class="section"><i>Vrone, 29 mars 1853.</i>—J'ai t hier dire adieu au -<span class="pagenum"><a id="Page_101"> 101</a></span> -marchal Radetzky, toujours retenu par les restes de la -grippe. Il a fort agrablement caus dans son cabinet, o -je l'ai trouv, crivant d'une main aussi ferme que ses -conceptions sont claires et lucides. Il m'a montr une -belle miniature, reprsentant l'Empereur Franois-Joseph, -que l'Archiduchesse Sophie lui a envoye, en y joignant -quelques vers des plus touchants. La Marchale m'a -mene dans la bibliothque, o se trouvent, sous verre, -les btons de marchaux autrichien et russe; le second est -fort orn de diamants; le premier, moins brillant, est -plein d'allusions, de noms, de dates, de symboles. Le -tout repose sur un pidestal en bronze, fondu dans l'airain -d'un des canons pris Novare.</p> - -<p class="section"><i>Venise, 30 mars 1853.</i>—Au bout de ce prodigieux -chemin de fer, qui traverse la lagune, pour enchaner -insolemment l'pouse de la mer la terre, Pierre d'Aremberg -m'attendait hier, au dbarcadre. Il s'est plac dans -notre gondole pour descendre avec nous le <i>Canal grande</i>, -au bout duquel est l'<i>Albergo Danieli</i> o nous sommes -descendus. Les salons sont grands, avec la belle vue sur -<i>Santa Maria della Salute</i>, <i>San Giorgio Maggiore</i>, la -<i>Riva degli Schiavoni</i> et son bruyant mouvement: tout ce -grand et vivant tableau se perdant dans le lointain de la -mer. La route de Vrone, ici, est charmante, traversant -une large valle, borde gauche par les Alpes Tyroliennes, - droite par les monts Euganens; les unes -couvertes de neige et de glace, les autres se dessinant en -pointes aigus sur un ciel, qui s'tait enfin purifi.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_102"> 102</a></span> -<i>Venise, 31 mars 1853.</i>—Ma cousine Emma de Chabannes<a id="FNanchor_77" href="#Footnote_77" class="fnanchor"> [77]</a>, -pour laquelle j'avais un petit paquet, est -venue me voir et me dire que sa Princesse pensait, avec -plaisir, qu'elle pourrait enfin faire ma connaissance personnelle. -La Princesse part aprs-demain, pour aller -passer quinze jours Modne; j'y vais ce matin, et -ensuite chez la Duchesse de Berry.</p> - -<p>Hier j'ai t dans la matine, en gondole, l'glise <i>degli -Scalzi</i>, la plus riche de Venise, et celle de <i>Santa Maria -gloriosa dei Frari</i>, la plus intressante par ses monuments -funraires. Les Carmes dchausss qui soignent -l'glise <i>degli Scalzi</i> sont trs polis, et m'ont accueillie -merveille. Ils m'ont montr un autographe de leur -patronne, sainte Thrse, qu'ils conservent sous verre et -qui n'est pas plac pour tre vu commodment; ensuite -je suis rentre. Il faisait un froid humide fort dplaisant; -aussi suis-je reste chez moi, tout le reste du jour, ne -voir de Venise que ce que ma fentre veut bien m'offrir; -la vrit, c'est beaucoup, beaucoup voir, beaucoup -aussi entendre, parce que la voix humaine, dans ses -plus diverses inflexions, se charge ici de remplacer le -bruit des roues et le piaffement des chevaux.</p> - -<p class="section"><i>Venise, 1<sup>er</sup> avril 1853.</i>—Il faisait positivement chaud -dans la gondole qui m'a descendue hier, midi et demi, -au <i>Palais Cavalli</i>. L'accueil y a t fort bon, la conversation -facile. Le Comte de Chambord a une bonne figure -<span class="pagenum"><a id="Page_103"> 103</a></span> -ouverte et de la rondeur dans les manires, mais il ne -faut le voir qu'assis. Quant la Comtesse de Chambord, -elle a toutes mes prfrences: dignit, grce, naturel, -politesse bienveillante, taille superbe, bel air, yeux intelligents, -cheveux admirables, dents blanches, sourire -aimable. L'ingalit de son visage ne va pas jusqu' la -contorsion ni la grimace. Sa conversation est fort en -harmonie avec son extrieur; enfin, elle est ce qu'elle -doit tre, la position donne; position si touchante, si -leve, si triste, si difficile, dont la simplicit la tire -mieux que toutes les habilets ne pourraient le faire. -Bref, elle m'a plu au del de ce que je supposais; son -mari moins, quoique sa candeur et la loyaut rpandues -sur ses traits aient de l'attrait. Il a un beau front, droit, -lev; sa conversation est bonne, sage, mais je ne la -trouve pas leve; puis il est, ce me semble, de trs -belle humeur; je ne sais pas si je n'aimerais pas mieux -un nuage de mlancolie.</p> - -<p>Le palais <i>Vendramin</i> a des allures toutes diffrentes. -Mme la Duchesse de Berry est devenue d'une laideur suffocante: -laideur, allures, gestes, son de voix, plaisanteries, -tout est commun jusqu'au vulgaire; bonne femme -au fond, mais hurluberlue dans son langage et grotesque -de sa personne. Le comte Lucchesi<a id="FNanchor_78" href="#Footnote_78" class="fnanchor"> [78]</a> n'est pas plus beau, -mais il est poli et se tire en matre absolu de sa trs difficile -position; il fait les honneurs du palais, plus en grand -marchal qu'en poux; mais on sent la main de fer sous -<span class="pagenum"><a id="Page_104"> 104</a></span> -le gant de velours. Les trois enfants, issus de ce mariage -(la petite fille, ne Blaye, a eu le bon esprit de mourir, -il y a longtemps), ne se sont pas montrs.</p> - -<p>Aprs ces deux audiences, je suis alle au jardin botanique, -cr en 1815, par ordre de l'Empereur Franois: -j'y ai vu de fort belles plantes; on n'est pas fch de se -retrouver par moments sur des petits carrs de terre -ferme.</p> - -<p>Lady Westmorland me mande ce qui suit, en date de -Vienne du 28 mars: Lord Stratford de Redcliff a t ici, -pendant quelques jours, en route pour Constantinople. -Il a eu une audience de l'Empereur et en a t trs -content, ainsi que du comte Buol. Ils paraissent tre tout - fait d'accord sur les affaires de Turquie; c'est une -goutte de consolation, car, du reste, il y a une irritation -et une animosit des deux cts, qui nous font -passer de mauvais moments. Vienne est fort triste; -point de bals, un mauvais opra et un ballet dtestable.</p> - -<p class="section"><i>Venise, 2 avril 1853.</i>—J'tudie Venise de mon mieux. -Je vois peu la fois, mais bien en conscience et avec -force livres et recherches. Hier nous avons t visiter <i>San -Giorgio</i> avec son magnifique perron, d'o la vue est si -belle. Palladio a mis tout son art dans cette glise, trs -correcte par consquent, mais froide dans ses lignes, sa -couleur et ses formes; mais dix belles colonnes de marbre -antique, quelques belles figures en bronze et un ou deux -souvenirs historiques lui donnent de l'intrt. Les -<span class="pagenum"><a id="Page_105"> 105</a></span> -tableaux s'y perdent par l'humidit de cette le, qu'on va -fortifier, et qui deviendra un point de dfense formidable. -L'glise des Capucins, <i>Il Redentore</i>, galement du Palladio, -a ses mrites et ses dfauts; ceux-ci fort augments -par des ornements d'un got affreux, imagins par les -bons franciscains, qui ne sont gure artistes. Leur sacristie -contient trois Jean Bellini de <i>prima sorte</i>, et, comme -contraste, une srie de <i>crachoirs</i>, d'une configuration si -trange que je n'ai pu comprendre leur destination que -par l'explication que m'en a donne le Pre sacristain. -Celui-ci a la plus belle, la plus longue et la mieux tenue, -peigne, brosse et brillante de toutes les barbes de capucins -que j'aie jamais vues. Il m'a prise en bonne part, et, -au dernier moment, il a ouvert une petite armoire contenant -une figurine en cire qu'on dit tre: <i>il vero Ritratto -del santissimo Fondatore degli ordini mendicanti</i><a id="FNanchor_79" href="#Footnote_79" class="fnanchor"> [79]</a>. Le -fait est que c'est tellement ainsi qu'on se reprsente saint -Franois d'Assise que, pour moi du moins, je ne mets -pas en doute que ce ne soit l son vritable portrait. -Enfin, je suis rentre, bien fatigue. Aprs le dner, je me -suis assoupie, mais pas longtemps, car le chant des gondoliers -qui, en chœur, gayent leur station au Molo, m'a -fait vite ouvrir la fentre pour les mieux entendre. C'tait -fort joli.</p> - -<p class="section"><i>Venise, 3 avril 1853.</i>—Il y a de bien belles choses -admirer ici; mais il y en a trop. Je ne sais comment le mois -<span class="pagenum"><a id="Page_106"> 106</a></span> -que je veux passer Venise suffira pour tout ce que l'un -et l'autre me dit de voir. J'ai vu d'admirables Paul Vronse - l'Acadmie <i>delle belle arti</i>, o je suis reste deux -heures dans une vritable admiration. La collection n'y -est pas nombreuse, mais les chefs-d'œuvre y abondent: -presque tous de cette admirable cole vnitienne qui, -depuis que je sais distinguer les tableaux, est celle qui m'a -toujours satisfaite plus que toute autre.</p> - -<p class="section"><i>Venise, 4 avril 1853.</i>—Hier dimanche, j'ai t faire -ma prire l'glise des Saints-Aptres, dont on clbre la -fte le 3 avril. Il y avait, par consquent, grande <i>funzione</i> -dans cette glise qui leur est consacre; beaucoup de -lumire, de belles orgues, mais des voix et des chants -rappelant beaucoup trop l'opra. L'glise, en elle-mme, -n'est pas intressante; d'ailleurs, n'y tant que pour -assister la grand'messe, je l'ai fort peu examine. Ce -qui m'a singulirement plu et touche, c'est une procession -passant sur la <i>Riva degli Schiavoni</i>, et portant -chaque anne, au premier dimanche aprs Pques, aux -malades qui n'ont pu faire leurs dvotions l'glise, leur -portant, dis-je, la communion pascale, soit dans leur -palais, soit dans le taudis de leur misre. C'est bien, c'est -naturel, comme l'est toujours notre mre l'glise.</p> - -<p>A midi et demi, j'tais au palais <i>Vendramin</i>, o Mme la -Duchesse de Berry m'avait dit de me rendre, pour me -montrer en dtail ce charmant et magnifique tablissement -que les arts dans leur plus belle expression, le -got dans sa perfection, le confort dans tout son bien-tre, -<span class="pagenum"><a id="Page_107"> 107</a></span> -l'histoire dans ses traditions, et le luxe dans sa splendeur, -se sont plu diffrentes poques orner. Depuis -des colonnes de jaspe sanguin, de toutes grandeurs, provenant -du temple de Diane, phse, jusqu' une botte -de Louis XIV, sur le talon de laquelle Van der Meulen a -peint une des batailles gagnes par le Roi, depuis des -tableaux <i>prima sorte</i> de Jean Bellini, Andrea del -Sarto, etc., etc., jusqu' des portraits du pauvre petit -Louis XVII, il y a de tout; et tout est bien ordonn, bien - sa place, l'appartement bien distribu, des vues -superbes; mme un jardin, chose si rare ici, o le -manque d'arbres, de fleurs et de verdure finit par fatiguer -les yeux qui en cherchent vainement le repos et le rafrachissement. -Je suis reste deux heures suivre Mme la -Duchesse de Berry, et couter les explications trs obligeantes -et trs intressantes que me donnait le comte -Lucchesi; il est un cicerone vraiment habile; je crois qu'il -allge les pnibles honneurs qui lui sont dvolus, en se -plongeant dans les arts et la curiosit.</p> - -<p class="section"><i>Venise, 5 avril 1853.</i>—Ma matine d'hier a t -consacre la basilique de Saint-Marc, son trsor et -l'inspection plus dtaille de la <i>Piazza</i> et de la <i>Piazzetta</i>. -Il y aurait trop en dire pour en indiquer ici le dtail, je -me bornerai en tracer mon impression.</p> - -<p>Btie sur le modle de Sainte-Sophie, de Constantinople, -l'Orient y a mis son cachet particulier, de telle -sorte qu'on a d'abord quelque peine se sentir dans une -glise du culte catholique romain; aussi, quoique Saint-Marc -<span class="pagenum"><a id="Page_108"> 108</a></span> -ne soit pas comparer comme grandeur, ni Saint-Pierre, -ni au dme de Milan, ni celui de Cologne, reste-t-il -digne d'tre mis sur la mme ligne, parce que rien de -semblable ne se trouve en Europe. Ce n'est ni l'anantissement -qui terrasse Saint-Pierre, ni le respect qu'inspire -Cologne, ni les lancements joyeux que provoque -Milan; mais c'est un fragment du temple de Salomon. Je -voudrais pouvoir me confesser Saint-Pierre, prier -Cologne, chanter le <i>Te Deum</i> Milan, et rver aux Croisades - Saint-Marc.</p> - -<p class="section"><i>Venise, 6 avril 1853.</i>—J'ai t visiter, hier, les ateliers -de Schiavone et de Nerli. Les artistes vivants ont trop - lutter, ici, contre les comparaisons inatteignables qui les -entourent. Schiavone habite une partie de l'lgant palais -<i>Foscari-Giustiniani</i>. Nerli, qui est Prussien plein de -talent, occupe les mansardes de l'immense palais <i>Pisani</i>, -dont les dimensions contrastent avec le dlabrement des -dtails.</p> - -<p class="section"><i>Venise, 8 avril 1853.</i>—Hier, j'ai t au couvent des -Armniens de l'le Saint-Lazare, que les tudes armniennes -de lord Byron ont rendu particulirement clbre: -nous y avons vu le vieux moine qui lui donnait des -leons. C'est un bel tablissement, propre, bien tenu, o -on fait poliment accueil aux trangers. L'air y est bien -meilleur qu'en ville, et un joli jardin, dans le milieu du -clotre intrieur, rappelle, par sa vgtation, ceux des -villas de Nice: c'tait un vrai rafrachissement de retrouver -<span class="pagenum"><a id="Page_109"> 109</a></span> -de la verdure et des fleurs. L'imprimerie, la bibliothque, -l'glise, la sacristie, tout nous a t ouvert et -montr par un jeune moine, fort bien lev, parlant franais -et italien.</p> - -<p>Le duc de Lvis, qui m'avait demand, jour et heure -fixe, un entretien, est venu chez moi; notre conversation, -qui s'est longtemps prolonge, m'a confirme dans la -conviction que ce n'est pas d'ici que partent les difficults - la fusion.</p> - -<p class="section"><i>Venise, 9 avril 1853.</i>—Nous avons senti une tempte -que la <i>Bora</i> nous a envoye de Trieste, en vraie rivale -malicieuse. J'tais, le soir, au palais <i>Vendramin</i>, et le -canal montait si haut dans le <i>Canal Grande</i> que je suis -arrive chez Mme la Duchesse de Berry avec le mal de -mer. C'tait une petite soire en famille, o le whist, le -th et un peu de conversation ont rempli une couple -d'heures. Dans la matine, j'avais t faire une longue -station au palais des <i>Doges</i>; j'y ai vu et revu des merveilles -artistiques, historiques, et de curieux manuscrits -dans le cabinet particulier du bibliothcaire. Le palais -des <i>Doges</i> est ma grande prfrence Venise, car il -semble que toutes les grandes ombres puissent encore y -tre voques, au moindre mot, chaque pas, chaque -soupir.</p> - -<p class="blockquote">M. de Bacourt tant venu passer un mois Venise, la correspondance -subit alors une interruption.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_110"> 110</a></span> -<i>Berlin, 14 mai 1853.</i>—Je suis arrive, avant-hier - une heure aprs midi, Potsdam; j'ai t invite pour -le th et le souper au Chteau. J'y ai vu arriver le Duc et -la Duchesse de Gnes: le Duc est beau et a une srieuse -attitude. Je trouve seulement que son srieux touche au -sombre et au taciturne, plus que son ge ne le comporte; -du reste, sa femme est si gaie, si frache, si ouverte, si -naturelle, qu'videmment elle est heureuse. Elle ressemble -infiniment d'extrieur feu la Reine des Belges<a id="FNanchor_80" href="#Footnote_80" class="fnanchor"> [80]</a>, -avec une expression plus gaie. Le Roi Lopold a fait ici -feu des quatre pieds pour tre agrable. On trouve son fils -par trop bien lev, tant il est poli, doucereux, courb en -humilit: la vraie cole paternelle. On dit qu'il serait -beau si son long nez ne profilait pas une ombre semblable - l'ombre classique du mont Athos (rflexion de -Humboldt, naturellement). Ici, le Ministre est divis, la -Famille Royale divise, la Cour divise, les questions communales -parlementaires et religieuses en effervescence. Il -parat que c'est le chanoine Fœrster qui sera Prince-vque -de Breslau. Il est bon prtre, homme d'esprit, -grand prdicateur, bon crivain, actif ami des jsuites: -il ne paye pas de mine, il manque de calme, il n'est pas -gentilhomme, mais il n'appartient, en aucune faon, au -clerg niveleur. Personnellement, je ne pouvais dsirer -un meilleur choix. Il n'est point encore proclam!</p> - -<p>Le Roi et la Reine de Prusse m'ont beaucoup questionne -sur le Comte et la Comtesse de Chambord, avec un -<span class="pagenum"><a id="Page_111"> 111</a></span> -intrt visible et tendre. On n'a aucun got, aucune -estime, aucune confiance pour Louis-Napolon; mais on -est craintif, mticuleux; au fait, on a bien des motifs pour -tre prudent.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 18 mai 1853.</i>—Je suis arrive hier, ici, ravie -de me retrouver dans mon <i>home</i>, mue par l'accueil qui -m'est fait par la population.</p> - -<p>Lady Westmorland m'crit de Vienne que le Roi Lopold -doit tre, ce qu'il est en effet, enchant de l'accueil -que l'Empereur et son Auguste Mre lui font<a id="FNanchor_81" href="#Footnote_81" class="fnanchor"> [81]</a>. Lord -Westmorland avait t invit la parade et bien trait par -le chef de cette brillante et fidle arme. Elle me dit aussi -que tout le parti rvolutionnaire en Angleterre, avec -lequel lord John Russell et lord Palmerston ont t si -longtemps en coquetterie, est maintenant couteaux tirs -avec ces deux ministres, qui n'en ont pas moins eu un -vote clatant en leur faveur. Dieu veuille que cela leur -donne la volont de mieux faire et d'user, pour le bien du -monde entier, du pouvoir que ce vote leur donne.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_112"> 112</a></span> -<i>Gnthersdorf, 27 mai 1853.</i>—Nous voici avec un -Prince-vque nomm par le Chapitre: c'est celui que -j'annonais. Le Roi ne tardera pas confirmer ce choix; -et Rome, sans doute, le sanctionnera. Il est de beaucoup -prfrable celui de l'insignifiant vque de Mnster -ou du cur spirituel, mais niveleur, de Ratibor. Il n'y -a que l'vque de Mayence, Mgr Kettler, que j'eusse -prfr.</p> - -<p>Mes lettres de Vienne ne parlent que des ovations, tout -exceptionnelles, dont le Roi de Prusse y est entour. C'est -aimable, convenable et habile. J'en suis charme. Le -mariage du Duc de Brabant avec l'Archiduchesse Marie -est dclar. Elle a un caractre des plus vifs.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 5 juin 1853.</i>—Quelqu'un qui a vu, il y a -quelques jours, Berlin, le duc d'Ossuna, m'a dit que ce -grand d'Espagne lui avait racont que, tout tmoin qu'il -tait au mariage de l'Impratrice Eugnie, il n'avait pu la -voir, son passage par Paris, dernirement. L'Empereur -la tient sous un joug assez austre, et, du reste, elle est -d'une sant fort dlicate.</p> - -<p>On me mande de Vienne que le Roi Lopold est plus -enchant de sa future belle-fille que ne l'est l'pouseur. -Mme de Metternich, avec sa rudesse habituelle, dit que -c'est unir un palefrenier une religieuse, mais que c'est -le Duc de Brabant qui est la religieuse.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 9 juin 1853.</i>—Toutes les lettres de Berlin ne -cessent de parler du ravissement du Roi de Prusse de son -<span class="pagenum"><a id="Page_113"> 113</a></span> -sjour Vienne. L'Archiduchesse Sophie arrive dans trois -jours Sans-Souci avec ses deux fils cadets.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 13 juin 1853.</i>—Je ne puis m'empcher dans -mes mditations solitaires de trouver que les vnements -paraissent se prcipiter en Orient. Assurment, l'Empereur -de Russie est trop g pour agir en tourdi, mais il -ne l'est pas assez pour qu'on ne puisse lui supposer -l'ambition de vastes projets. Je m'imagine qu' Paris, on -pense souvent qu'il faudrait complter le 2 Dcembre du -dedans par un 2 Dcembre du dehors. Ce sont l deux -gros nuages bien chargs d'lectricit, aux deux bouts du -monde europen, qui courent au-devant l'un de l'autre. -Je crois bien qu'au centre on aimerait dresser des -paratonnerres, mais sera-ce possible? Et si cela ne se -pouvait, quelle guerre natrait de ce choc! Du reste, il -m'est revenu dernirement qu' Paris, on hsitait beaucoup -devant la guerre franchement rvolutionnaire, qu'on -s'y flatte mme qu'en n'entrant pas <i>immdiatement</i> en -Belgique, ni en Savoie, on pourrait entrer en campagne -d'accord avec l'Angleterre. Mais cela me parat terriblement -<i>platonique</i>. La France, si prise du luxe et du bien-tre, -bnficie de la paix; comment supporterait-elle d'en -tre sevre, si on ne lui offrait promptement les motions -et les ddommagements de la conqute? D'ailleurs, le -monde n'est-il pas mr pour une crise dfinitive? Les -grands instruments de vitesse qui ont t si merveilleusement -prodigus ce sicle, le sont-ils, dans les dcrets de -la Providence, uniquement pour les trains de plaisir et -<span class="pagenum"><a id="Page_114"> 114</a></span> -les ballots de coton? Ne sont-ce pas plutt les bottes de -sept lieues de la civilisation, avide de rentrer en Orient? -Tout cela semble, mon petit horizon solitaire, plus vraisemblable, -quelque romanesque que cela paraisse, que la -prolongation d'un tat de choses qui n'est lui-mme que -la permanence du malaise et du pril pour tous les Gouvernements -et pour tous les peuples.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 19 juin 1853.</i>—Je suis alle Hansdorf<a id="FNanchor_82" href="#Footnote_82" class="fnanchor"> [82]</a> -o Mme l'Archiduchesse Sophie a dsir (selon l'itinraire -que lui avait trac le Roi de Prusse) dner deux heures -pour arriver Sans-Souci l'heure du th. J'ai pass une -heure ct d'elle, causer de mille choses qu'elle traite -avec facilit, agrment, abandon. Elle a paru fort sensible - mon attention et au superbe bouquet que je lui ai -apport. Elle a, depuis <i>bien, bien, bien</i> des annes, t -toujours galement bonne pour moi, et je la trouve trs -aimable, anime, bienveillante et spirituelle.</p> - -<p class="section"><i>Dresde, 29 juin 1853.</i>—Nous sommes arrivs ici, -d'o la Grande-Duchesse<a id="FNanchor_83" href="#Footnote_83" class="fnanchor"> [83]</a> est partie ce matin pour -Weimar; sa fille Wasa est malade Pilnitz et est soigne -par la Princesse Carola, ou pour mieux dire, par Mme la -Princesse Albert de Saxe, sa fille. J'apprends que le jeune -mnage est fort satisfait. Le public ne trouve pas du tout -la Princesse Carola jolie, mais on lui trouve l'air prvenant, -<span class="pagenum"><a id="Page_115"> 115</a></span> -bienveillant; elle est fort polie et obligeante. La -Famille Royale est trs contente d'elle, et le public, qui n'a -pas vu ce mariage d'un bon œil, se radoucit devant les -jolies et bienveillantes faons de la jeune Princesse. -Comme le Prince Albert est trs aim et estim, tout le -pays lui a fait de superbes cadeaux: les villes manufacturires, -notamment, et les villes de commerce, comme -Leipzig, par exemple, qui a offert une magnifique vaisselle. -On ne sait o placer l'norme quantit de choses -qui arrivent de toutes parts.</p> - -<p class="section"><i>Carlsbad, 3 juillet 1853.</i>—Je suis arrive hier dans -cette fournaise. Le dernier jour de Dresde, j'ai dn chez -les Redern avec le Prince Albert de Prusse<a id="FNanchor_84" href="#Footnote_84" class="fnanchor"> [84]</a>. Redern, -ministre de Prusse en Saxe a, de son souverain, la permission -d'inviter le Prince Albert chez lui, mais non pas -d'aller chez le Prince. Dfense lui est faite de prendre -notice quelconque de l'pouse qui, dit-on, est en couches -en ce moment; c'est un peu bien prs des noces. -L'influence de la Reine de Prusse, pour empcher le Roi -de permettre ce mariage ( condition de ne jamais voir la -femme), n'a jamais pu l'emporter sur les obsessions de la -Princesse Charlotte de Meiningen et de l'Impratrice de -Russie.</p> - -<p>J'ai appris, Dresde, que le Prince Wasa avait donn -<span class="pagenum"><a id="Page_116"> 116</a></span> -les beaux diamants emports de Sude sa fille, la Princesse -Carola, l'occasion de son mariage; mais aussi la -condition de ne pouvoir, ni les vendre, ni les faire changer -de monture; ils doivent rester dans la caisse du Prince -Albert, qui en est responsable, et la Princesse ne peut les -porter qu'en donnant chaque fois un reu. On value cet -crin quatre cent mille cus.</p> - -<p class="section"><i>Carlsbad, 8 juillet 1853.</i>—Le Grand-Duc de Saxe-Weimar -est dcidment au plus mal. Voil un deuil qui -jettera du trouble dans le sjour de Mme la Princesse de -Prusse Londres. Elle aime son pre, et elle s'inquitera -pour son frre, elle se proccupera pour sa mre; enfin, -elle aura quelques soucis de plus joindre ceux qui, -dj, ne lui manquent pas.</p> - -<p class="section"><i>Teplitz, 12 aot 1853.</i>—J'ai quitt Carlsbad sans -regret; il me faut maintenant conter, tant bien que mal, -le peu qui arrive jusqu' moi; et d'abord le mariage de -la jeune Mlanie de Metternich: elle pouse le comte -Pepy Zichy, un sien cousin, qu'elle a refus deux fois, -tant qu'elle visait, avant 1848, un prince de maison -souveraine.</p> - -<p>On dit que la jeune Archiduchesse, future Duchesse de -Brabant (ou plutt dj Duchesse de Brabant, car le -mariage par procuration a d se clbrer hier), a l'air bien -triste. Je la plains et le jeune Duc de Brabant aussi; car -ce sont deux enfants qui se marient contre-cœur tous -deux. La sensibilit paternelle ne s'en meut gure. Le -<span class="pagenum"><a id="Page_117"> 117</a></span> -Roi Lopold fait son chemin pas discrets, mais srs, -sans se soucier ni des aigreurs des uns, ni des soupirs des -autres; il a bien la figure de son rle, bien plus dessche -que vieillie!</p> - -<p>Son Ministre Vienne, M. O'Sullivan de Grass, est tellement -enfl de joie, ce qu'on dit, et d'orgueil d'tre -<i>ambassadeur</i>, et de ses fonctions auprs de la Princesse, -qu'il en aurait crev, si cela avait dur; mais aprs la -crmonie d'hier, il redevient Ministre, tout en prcdant, -cependant, la Princesse Bruxelles o le Prince Adolphe -Schwarzenberg l'accompagne.</p> - -<p>D'aprs ce qui me revient, je ne crois pas que l'entrevue -du duc de Nemours et du Comte de Chambord ait eu -lieu jusqu' prsent.</p> - -<p class="section"><i>Teplitz, 15 aot 1853.</i>—Ma cousine de Chabannes -m'crit ce qui suit: Mme la Duchesse d'Orlans me -parat vraiment dans une sorte d'aberration d'esprit, car -ce qu'elle fait, en ce moment, y ressemble fort, et je lui -suis trop attache pour ne pas en prouver un vif chagrin. -Vous savez que, l'anne dernire, tout en se montrant -fort oppose au dsir de tous les siens, elle avait cependant -fini par se soumettre moiti, et de certaines conditions -qui, du reste, tout naturellement, ont d faire -chouer le projet de fusion entre les deux branches. Depuis -un an, elle se tenait part avec une certaine affectation; -mais maintenant, et l'occasion du voyage du duc de -Nemours en Autriche, elle a dclar ne plus rien vouloir -entendre, ni avec, ni sans condition, menaant, si on -<span class="pagenum"><a id="Page_118"> 118</a></span> -passait outre, <i>d'un clat public</i> et d'une sparation hautement -avoue. Les Princes et la Reine Amlie se plaignent -de la ncessit de ne point causer une division de plus, et -de devoir tout sacrifier l'union de l'intrieur de leur -groupe, exil en Angleterre. Quelle dplorable faiblesse et -quelle troite faon de juger une position aussi grave! -Une fois qu'elle se verrait toute seule de son bord, il faudrait -bien qu'elle se soumit. Mais enfin on est en terreur -d'elle, Dieu sait pourquoi!</p> - -<p>Voici maintenant l'extrait d'une lettre de l'obligeant -Scarella, qui m'crit de Venise, aprs son retour d'un -voyage Rome, au sujet des commissions artistiques -qu'il veut bien surveiller pour moi Venise; il me dit: -J'ai eu occasion de me convaincre, hlas! Rome, que -le vnrable Pontife Grgoire XVI a t bien nglig et -mme abandonn dans sa dernire maladie! J'ai eu une -longue audience de son successeur. Il a daign me parler -avec confiance et grande tristesse. Il m'a avou l'tat cruel -de sa position actuelle, environne de partis rvolutionnaires -qui conspirent sans cesse. On parvient grand'peine - les comprimer, mais non les dtruire. L'esprit -public est trs mauvais dans les tats romains et en rvolte -contre le Gouvernement qui est faible et inactif, incapable -de conserver la tranquillit sans les troupes trangres. Le -Gouvernement qui, il y a quelques annes, a si lgrement -encourag la rvolution, n'a pas admis, jusqu' prsent, -les moindres progrs administratifs; ni chemins de -fer, ni tlgraphes, ni clairage au gaz, etc., etc... Ce -Gouvernement misrable puise la fortune de ses sujets, -<span class="pagenum"><a id="Page_119"> 119</a></span> -sans qu'il en rsulte de bnfice pour lui-mme. J'ai -assist l'lection du Gnral des Jsuites, le Pre Beckx; -il a t bien reu du Pape, quoique le Saint-Pre n'aime pas -cette Compagnie, si essentielle cependant, et qui pourrait -lui tre bien utile. J'ai galement assist <i>aux fonctions</i> du -chapeau donn aux deux Cardinaux franais, et j'ai vu -l'illumination de la Girandole au Monte Pincio, substitue - celle du Chteau Saint-Ange, occup maintenant -par le magasin poudre des Franais.</p> - -<p class="section"><i>Teplitz, 19 aot 1853.</i>—Il parat qu'on porte des -jugements fort divers sur la nouvelle Duchesse de Brabant. -On me dit que la Reine de Prusse en fait un portrait flatteur; -et avant-hier, Mme de Ficquelmont et sa fille assuraient -toutes deux que cette Princesse avait une tte charmante -et une expression pleine d'agrment dans les yeux; -que c'tait, en un mot, une beaut de Rubens qui semblait -faite exprs pour la Belgique; qu'en outre, elle avait -l'esprit prompt et ouvert, et que les matres qui l'avaient -instruite assuraient qu'elle avait une intelligence rapide -et une capacit rare. Maintenant, o est le vrai?</p> - -<p class="section"><i>Teplitz, 25 aot 1853.</i>—<i>L'Indpendance belge</i> nous -fait assister la marche triomphale de la Duchesse de Brabant. -Elle doit tre touche de l'accueil que lui fait le beau -et riche pays qu'elle traverse, o les souvenirs de ses -anctres ressuscitent sous ses pas.</p> - -<p>On me mande qu'on en a une <i>humeur de chien</i> aux -Tuileries, ce que je conois merveille; mais ce que je ne -<span class="pagenum"><a id="Page_120"> 120</a></span> -m'explique pas, c'est que le Ministre de France Bruxelles -soit le seul du Corps diplomatique qui ne se trouvera pas - son poste pour la crmonie.</p> - -<p>J'ai eu les dtails suivants sur ce qui vient de se passer - Ischl. L'Empereur d'Autriche y est arriv le 16 aot au -soir. Il a vu sa tante et ses cousines de Bavire le 17, et on -a t frappe de la faon particulire et attentive dont il regardait -sa cousine lisabeth. Le 18, au bal, il a dans la -premire valse avec la sœur ane; cette valse a t courte; -il a dans la seconde avec la sœur cadette, qui a t interminable. -Plus tard, dans la figure du cotillon o on offre -des bouquets, il a travers la salle et a offert le sien la -Princesse lisabeth. Le 19, il s'est renferm, n'a vu personne, -et dner, il avait l'air trs srieux. Le 20, au matin, -il a t avec sa mre, chez sa tante, la Duchesse de Bavire, -demander la main de sa cousine. Le <i>oui</i> a t dit sans -beaucoup de difficults. Aussitt aprs, il a t avec la -fiance et les deux mres l'glise. Une personne qui se -trouvait dans un coin de l'glise, y entendant la messe -pour son propre compte, les a vus arriver, tous trs mus, -trs pieux, et recueillis. (Ce n'tait pas un dimanche.) En -sortant de l'glise, le mariage a t dclar et aussitt -aprs, l'Empereur a t, en famille, passer le reste de la -journe dans les montagnes. Si l'Empereur avait cout -les dsirs particuliers de sa mre et de sa tante, la Reine -de Prusse, il et pous une de ses cousines germaines de -Saxe; mais aucune ne lui a plu; il l'a dclar tout simplement, -en disant qu'il n'tait nullement press de se marier, -et qu'il n'pouserait qu'une Princesse qui lui plairait. -<span class="pagenum"><a id="Page_121"> 121</a></span> -C'est donc une autre cousine germaine de Bavire qui lui -a plu, et aprs avoir pris vingt-quatre heures de solitude -et de rflexion, il a pass outre. Le comte de Ficquelmont, -qui dnait hier chez moi, me disait que tout cela tait -bien, en effet, dans le caractre du jeune Empereur: <i>Indpendant</i>, -<i>rflchi</i> et <i>dtermin</i>. Il aime et estime son -jeune Souverain, et je vois que c'est l'effet qu'il produit sur -tous ceux qui l'approchent. M. de Ficquelmont me citait -aussi un mot du gnral russe de Berg qui, aprs l'clatante -entre de l'Empereur Raab, disait aux Autrichiens: -<i>Messieurs, je vous flicite d'avoir un Empereur aussi -brillant; mais ce qui vaut mieux, c'est que vous avez en -lui non seulement un Empereur, mais encore un matre.</i></p> - -<p>La Princesse lisabeth, tant cousine germaine de l'Empereur -et Princesse de Bavire de pre et de mre, est tout - fait du bois dont on fait de trs vritables Impratrices. -On la dit trs agrable, de fort beaux yeux, une jolie expression -et une taille gracieuse. Elle n'aura seize ans qu'au -mois de dcembre; le mariage ne se clbrera qu'aprs -le jour de l'An. Cette nouvelle alliance bavaroise pourrait -bien ne pas plaire Berlin. La future belle-mre de l'Empereur -est, ce que j'ai lieu de croire, la plus spirituelle -princesse et la plus instruite de sa famille, qui compte -cependant plus d'une princesse distingue; elle est originale, -retire, ne sortant que peu de son chteau de Possenhofen, -o elle a vcu d'tudes et de dvouement l'ducation -de ses filles.</p> - -<p class="section"><i>Teplitz, 28 aot 1853.</i>—J'ai eu une nouvelle lettre -<span class="pagenum"><a id="Page_122"> 122</a></span> -d'Ischl dans laquelle on me mande que, lorsque l'Empereur -a parl Madame sa mre du dsir d'pouser la Princesse -de Bavire, il l'a fait dans ces termes: <i>Si j'tais -sr qu'on ne persuadt et ne pousst pas la Princesse -m'accepter, je voudrais lui demander moi-mme si elle -consent partager mon sort difficile, m'aider en porter -le poids et l'allger.</i> On a donc sond la jeune personne -en lui disant qu'elle ne devait consulter que son -cœur et ne regarder en rien l'clat de la situation. Elle a -rpondu que ce n'tait que cette position trop leve et -trop difficile qui pourrait l'effrayer, car quant la personne, -elle s'y sentait vivement attire. L'Empereur, en recevant -cette rponse, a dit au comte O'Donnel: <i>Je vous -remercie aujourd'hui doublement de ce que vous avez t -pour moi, sur le bastion de Vienne.</i> Les deux mres auraient -voulu que la chose ft tenue secrte jusqu' l'arrive -ou, au moins, jusqu' la rponse du Duc Maximilien, pre -de la Princesse, auquel personne n'avait song dans les -premiers moments d'effusion; mais l'Empereur a dit qu'il -ne fallait pas que son bonheur ft cach et qu'il avait hte -de le proclamer.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 3 septembre 1853.</i>—On me mande de bonne -source que le duc de Broglie est converti la fusion; -c'est malheureusement bien tard, et il n'a pas peu contribu, -par son hrsie politique, creuser l'abme entre -les deux branches en fortifiant, pendant des annes, l'obstination -de Mme la Duchesse d'Orlans.</p> - -<p>Qu'il est rare que les gens, mme les plus honntes -<span class="pagenum"><a id="Page_123"> 123</a></span> -et les plus distingus, fassent les choses <i>importantes</i> -propos!</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 6 septembre 1853.</i>—Lady Westmorland me -mande de Vienne ce qui suit: Nous voil replongs dans -les incertitudes et les ngociations par cette rponse de -Constantinople. Je ne crois pas que cela empche l'accommodement -que tous veulent, mais cela nous donnera -encore beaucoup de peine et de tracas<a id="FNanchor_85" href="#Footnote_85" class="fnanchor"> [85]</a>.</p> - -<p>On dit la jeune Impratrice jolie, et l'Empereur pris -et trs heureux.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 9 septembre 1853.</i>—Voici ce que m'crit -d'Anjou M. de Falloux; il revenait de faire une course -Paris. On a trois politiques distinctes Paris: celle des -agioteurs qui jetteraient volontiers le Sultan dans le Bosphore -pour cinq francs de hausse la Bourse. M. de -Morny et M. Fould patronnent cette politique, et la -font, cette heure, triompher <i>officiellement</i>. A l'extrmit -oppose, la politique rvolutionnaire de la guerre -<span class="pagenum"><a id="Page_124"> 124</a></span> -ronge son frein, prpare ses chances, et elle a ses reprsentants -fort prs aussi de l'oreille impriale. Entre les -deux se place la pense suprme qui veut la guerre plus -que M. Fould et moins que M. de Persigny.</p> - -<p>Louis-Napolon cherche faire tomber lord Aberdeen -pour faire surgir lord Palmerston; il ne croit pas la -possibilit d'une paix solide, mais voudrait une entre en -campagne plausible, rgulire et d'accord avec un Ministre -anglais renouvel. On hsite donc et on hsitera -encore quelque temps, non pas entre la paix et la guerre, -mais entre les diffrentes faons d'entamer la guerre, -puis, quand le parti sera pris, la France s'veillera avec -son <i>deux dcembre</i> du dehors!</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 12 septembre 1853.</i>—Il parat certain que -l'Empereur Nicolas arrivera le 20 Olmtz<a id="FNanchor_86" href="#Footnote_86" class="fnanchor"> [86]</a>.</p> - -<p>Lady Westmorland me mande ce qui suit de Vienne, en -date du 9: Je n'ai plus aucune patience avec ces Turcs, -qui refusent si sottement ce que l'Empereur Nicolas acceptait -de si bonne grce; et maintenant, je crains fort qu'il -ne se redresse contre les exigences et les prtentions de la -<span class="pagenum"><a id="Page_125"> 125</a></span> -Porte: nous attendons avec anxit la rponse de Ptersbourg.</p> - -<p>Il parat que lord Stratford Redcliffe a jou le mme rle - Constantinople que dans ses prcdentes missions, et, -que tout en tenant un langage officiel calmant, il a beaucoup -stimul sous main, d'une part, les arrogances de -Menschikoff, et de l'autre, les rsistances musulmanes. -On dit qu'il va tre rappel.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 22 septembre 1853.</i>—Il ne se passe pas de -semaine o il ne faille placer un nouveau jalon mortuaire -sur notre route; ce sont des signets de deuil dans le triste -livre de la vie, que nous ne feuilletons pas avec assez -d'attention, et dont la dernire page se clt avant que -nous n'ayons bien reconnu la vraie signification de -l'œuvre. Hier encore, j'ai appris la mort de mon cousin, -Paul de Mdem. Sans doute, il faut bnir la Providence de -l'avoir tir des tnbres qui s'paississaient, de plus en -plus, autour de son intelligence, pour le placer au centre -de cette lumire, qui seule ne s'teint jamais. Mais cette -fin prmature ne laisse pas que de fendre le cœur.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 25 septembre 1853.</i>—Le prince Paul Esterhazy -est Vienne; il est arriv de Pesth avec les insignes -royaux de Hongrie, et c'est lui qui a port la couronne -la crmonie de l'glise<a id="FNanchor_87" href="#Footnote_87" class="fnanchor"> [87]</a>. Voil qui le rhabilite compltement - la Cour et la ville! J'en suis bien aise, car -je lui veux toutes sortes de bien.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_126"> 126</a></span> -M. de Salvandy, ayant dans un voyage Nantes pass -devant Rochecotte, s'y est arrt et y a fait une visite -Pauline<a id="FNanchor_88" href="#Footnote_88" class="fnanchor"> [88]</a>, aprs laquelle il m'a crit une fort aimable -lettre. Il y dit ce qui suit: Mon impression gnrale sur -tout ce que nous voyons, c'est que les vnements sont -destins se prcipiter; qu'en gros, ils ressembleront ce -que nous avons dj vu, avec les diffrences qui me laissent -partag entre la douloureuse crainte de ressemblances -compltes, quant aux moyens, et l'esprance -d'issues plus indpendantes, plus dignes, et, par cela -mme, plus durables. Je ne rentrerai en ville que fort tard; -il s'est fait dans le monde des vides qui me sont de grandes -tristesses; je me sens dpays dans la gnration nouvelle -qui remplit les salons: Mmes de Noailles, de Maill, d'Osmond, -de moins; Mme de Boigne teinte; M. Pasquier -baisse vue d'œil; l'empreinte du temps atteint M. Mol. -Je renonce poursuivre M. Guizot dans la lanterne, trs -peu magique, de Mme de Lieven. Le duc de Noailles n'hrite -pas, comme il l'aurait pu, de tant de successions -ouvertes; les Decazes sont abms entre la maladie, le Roi -Jrme et M. Bixio. Il n'y a plus de Sainte-Aulaire, -Mme Mollien est toute seule dans l'appartement charmant -qu'elle s'est fait; Mme de Chtenay, en perdant Alexis de -Saint-Priest, est reste seule dans le sien. Albert de Broglie, -qui a repris sa place dans le monde pour lequel il est fait, -et dont son pre s'tait exil, va beaucoup chez les autres -et n'a point de chez soi. La duchesse de Mouchy plus -<span class="pagenum"><a id="Page_127"> 127</a></span> -aimable chaque jour, depuis qu'elle ne s'abrite plus chez -sa mre; la duchesse de Rauzan dont la sant se dtruit -de plus en plus, sont mes seules amitis vivantes. -Mmes de Choiseul et de Vog, qui recueillent l'hritage -de leurs amitis dfuntes, malgr une bonne grce infinie, -ne sont plus des centres, parce qu'il s'y runit trop de -monde, trop de jeunesse, qu'il n'y a pas de petits jours, -que ds lors, on ne cause pas. Le salon de Mme de La -Fert reste froid et austre comme elle. Le monde ancien -est fini!</p> - -<p>Ce passage compose, ce me semble, un tableau assez -rapide et assez vrai de ce qu'est devenu le Paris de la -<i>bonne compagnie</i>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 4 octobre 1853.</i>—Lady Westmorland me -mande de Vienne en date du 2: Mon mari est revenu -d'Olmtz, avant-hier au soir, enchant de son sjour, et -surtout trs content de ses conversations avec l'Empereur -Nicolas, et de la modration de ses intentions pacifiques -dont il a donn des preuves incontestables. Hier donc, -nous tions un peu remonts, en esprant une solution, -mais aujourd'hui, nous avons une dpche tlgraphique -de Constantinople du 25, qui annonce que le Sultan, -pouss par le Divan, s'est dcid dclarer la guerre, -malgr l'avis des quatre reprsentants<a id="FNanchor_89" href="#Footnote_89" class="fnanchor"> [89]</a>. Dieu sait si cet -<span class="pagenum"><a id="Page_128"> 128</a></span> -vnement ne fera pas peur nos commerants en -Angleterre, et n'arrtera pas un peu les cris furibonds de -ces odieuses gazettes qui poussent la guerre depuis si -longtemps.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 14 octobre 1853.</i>—Voici l'extrait d'une lettre -que le baron de Humboldt m'crit de Berlin, en date d'hier: -Pourquoi le Czar est-il venu ici? Dans quel but? Qu'est-ce -que cela lui rapporte? Je l'ai vu arriver, figure de -marbre de Paros, un peu vieillie avec de rares vellits -d'animation bienveillante; j'ai reu trois poignes de main -en trois jours; de l'inquitude dans le regard scrutateur et -morose: en gnral, de la politesse soutenue, mais glaciale. -Je l'ai vu partir dans le vestibule de Sans-Souci, couvrir -aux adieux la Reine de ses baisers, embrasser le Wachtmeister<a id="FNanchor_90" href="#Footnote_90" class="fnanchor"> [90]</a> -puis revenir encore et embrasser la Reine. J'ai -rsist, pour ma part, l'attendrissement. Je pense qu'il -avait un vif intrt faire croire aux Tuileries, Londres -et aux Dardanelles que les trois puissances du Nord -taient plus familirement d'accord que jamais, de faire -une politesse notre Reine et de s'assurer de son appui, -de gagner huit dix jours de temps pour avoir des nouvelles -de Constantinople, et de s'assurer avant tout de -l'impression que les vagues pourparlers d'Olmtz, renouvels -plus vaguement encore Varsovie (sans la moindre -coopration de Manteuffel qui, en Cincinnatus vertueux, tait -all visiter ses choux de Lusace), avait produite Londres.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_129"> 129</a></span> -Il parat que le Czar a prfr la voie de terre pour -avoir la possibilit, si quelque nouvelle importante arrivait, -de retourner sur ses pas, Kiew et Odessa. Au dpart -de l'Empereur Nicolas, il n'y avait de Constantinople -que des nouvelles du 26: ce matin, il en est arriv par -tlgraphe lectrique du 2 octobre, confirmant simplement -la nouvelle que si, dans quarante jours, les troupes russes -n'vacuaient pas, ce qui, sans doute, restera paisiblement -en leur possession jusqu'en mai 1854, on ferait une dclaration -de guerre, ce qui, dans le nouveau dictionnaire diplomatique, -ne dit aucunement qu'il y aura guerre.</p> - -<p>Le Ministre de la guerre Bonin a t l'objet de grandes -froideurs. M. de Manteuffel a beaucoup insist sur la neutralit -de la Prusse; cependant, le Czar est parti avec la -ferme persuasion que si la guerre se faisait effectivement, -la Prusse lui viendrait en aide, et je crois qu'il ne se -trompe pas. Notre excellent Roi me parat soucieux.</p> - -<p>L'homme qui, aux Tuileries, ne parle pas, mais rumine -d'autant plus, est bien aise de la rupture des traits, -de ces provinces occupes qui semblent lui donner des -droits analogues; sa haine personnelle et politique est dirige -de plus en plus contre la Belgique. La pusillanimit -de Lopold lui fait esprer qu'en cdant le nord du Brabant -et Anvers sa douce allie la Hollande, il pourra occuper -la Belgique proprement dite, sans que les fureurs -dynastiques de Windsor osent pousser la guerre ce bon -peuple, qui ne veut pas voir troubler son commerce et -qui, dans l'occupation d'Anvers par la Hollande, verrait -s'vanouir toute rivalit dangereuse. On prouvera, par un -<span class="pagenum"><a id="Page_130"> 130</a></span> -manifeste, que l'hydre de la rvolution ne sera vaincue -qu'autant que les liberts belges ne serviront plus d'abominable -contraste aux douceurs angliques du gouvernement -absolu des Tuileries.</p> - -<p>Radowitz est au plus mal; c'est un rtrcissement -organique des intestins, d'affreux vomissements en sont -le rsultat.</p> - -<p>A Glienicke, on rve noces et festins; on a jet les -yeux sur l'agrable jeune Princesse de Dessau; le Prince -Frdric-Charles, dans sa silencieuse chastet, parat -peu empress d'abandonner le culte de la caserne.</p> - -<p>La duchesse d'Albufra m'crit de Paris, en date du 10: -Pensez-vous que la runion de Varsovie aura amen -quelque solution satisfaisante l'interminable affaire -d'Orient? Chacun a bien assez faire chez soi pour se tenir -tranquille au dehors. Nous avons ici bien des ennemis -intrieurs par la chert du pain; il faut s'attendre un -hiver trs difficile; les qutes et les pauvres vont pleuvoir; -la Ville de Paris fait un sacrifice de quarante-deux mille -francs par jour pour tenir le pain un prix raisonnable. -Comme elle s'est fort endette par tous les embellissements -qu'elle fait de tous cts, elle va nous cribler d'impts: -voitures, chevaux, domestiques, pianos; tout ce qui est -luxe va payer. Le rsultat ne sera pas ce qu'on croit: on -ira pied, on renverra la moiti des domestiques et on ne -fera plus de musique. Les fortunes de Paris sont trop -mdiocres pour pouvoir faire face tout.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 21 octobre 1853.</i>—Voici l'extrait d'une lettre -<span class="pagenum"><a id="Page_131"> 131</a></span> -que lady Westmorland m'crit de Vienne en date du 19:</p> - -<p>Nous sommes dans un tat de stagnation et d'attente, -quant la politique. La dclaration de guerre de la Porte -met ncessairement fin toutes les ngociations pour -empcher la guerre. Maintenant, il faut tcher de <i>faire</i> la -paix; mais pour commencer cette tche, on attend de -savoir de quelle manire l'Empereur Nicolas aura reu la -dclaration de guerre. Je crois qu'il ne serait pas difficile -d'arranger une paix, comme il aurait t facile d'empcher -la guerre, si l'on n'avait affaire de tous cts qu' des -mdiocrits. Celui qui me parat avoir le plus d'habilet, -c'est Drouyn de l'Huys; Buol, comme mon cousin<a id="FNanchor_91" href="#Footnote_91" class="fnanchor"> [91]</a> -Londres, sont de bonne foi, dsirent le bien, ne manquent -pas d'esprit, mais sont tous deux de <i>seconde rate</i><a id="FNanchor_92" href="#Footnote_92" class="fnanchor"> [92]</a> -quand il s'agit de diriger une grande affaire.</p> - -<p>Nesselrode a commis des bvues incroyables; il faut -que l'ge l'ait paralys; au fond, c'est lui qui a tout gt -en donnant raison cet esprit intrigant, haineux, rancuneux -de Stratford Canning, qui a commenc tout le mal par -ses perfides conseils Constantinople, et qui aurait t -dsavou et bafou partout, si la stupide dpche de Nesselrode -n'et tout embrouill de nouveau<a id="FNanchor_93" href="#Footnote_93" class="fnanchor"> [93]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_132"> 132</a></span> -On me parat singulirement tranquille Vienne; on -y est persuad que les hostilits ne peuvent commencer -avant le printemps et que nous avons six mois pour ngocier. -Je ne partage pas cette scurit, et je m'attends aprs -le 24 quelque coup de main. Une fois un coup de canon -tir, qu'arrivera-t-il? En Angleterre, les gens raisonnables -n'osent pas rsister la presse radicale. Le Cabinet voit -trs bien les dangers de cette guerre, mais il n'a pas le -courage de rsister aux fureurs de la populace, qu'on a la -faiblesse de prendre pour l'opinion publique; celle-ci, -dans les classes honorables, n'est rien moins que guerroyante. -Mon oncle<a id="FNanchor_94" href="#Footnote_94" class="fnanchor"> [94]</a> avait raison quand il prvoyait, -avec douleur, l'importance que le <i>Reform-Bill</i> donnerait -aux masses ignorantes. L'union de notre Cabinet avec -Louis-Napolon est des plus intime; Louis-Napolon y -tient beaucoup, il fait toutes les concessions que nous -demandons. Cela durera-t-il? je ne m'y fie pas trop.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 23 octobre 1853.</i>—On m'crit de Paris ce -qui suit: Je ne crois pas la guerre; l'Empereur Louis-Napolon -ne la dsire pas et fera tout son possible pour -l'viter. Nous avons dj la disette ou peu prs, de grands -embarras financiers, d'immenses travaux entrepris de tous -cts. Ce serait la ruine de la France au moment o on -jouit du repos et du bien-tre qui suivent de grandes agitations. -L'Angleterre n'est pas franche, son Cabinet ne se -soucie pas de tirer le canon; mais, pour se maintenir et -<span class="pagenum"><a id="Page_133"> 133</a></span> -plaire l'esprit public, irrit contre la Russie, il joue un -jeu dangereux qui pourrait nous entraner plus loin qu'on -ne le compte. Quant aux Turcs, ils sont comme l'Ibrahim -de Racine, indignes de vivre et de mourir<a id="FNanchor_95" href="#Footnote_95" class="fnanchor"> [95]</a>, et je ne m'intresse - eux que par rapport la secousse europenne.</p> - -<p>On me dit que la Grande-Duchesse Stphanie arrive -aujourd'hui Compigne, o toute la Cour est runie. -Notre Impratrice est jolie, frivole, insignifiante et strile; -son mari en est encore amoureux, mais la dernire qualit, -parmi celles que je vous ai numres, ne le flatte pas.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 8 novembre 1853.</i>—Le nouvel vque de Breslau<a id="FNanchor_96" href="#Footnote_96" class="fnanchor"> [96]</a>, -arriv ici avant-hier, est parti aprs le djeuner; -il avait, la veille, offici pontificalement dans la grande -glise; et hier, il l'a fait dans l'glise de Sainte-Croix qui -lui a plu singulirement. Ma maison ressemblait un -sminaire, tant il y avait de soutanes. Le Prince-vque a -t fort aimable pour tous, prenant intrt aux personnes -et aux choses. Durant son sjour, nous avons eu, lui et -moi, en trois fois, quatre heures de conversation, seul -seule, fort instructives et intressantes. Moins prince de -l'glise, moins imposant et moins homme du monde, -aimable et attrayant que son prdcesseur, il a autant -d'esprit, plus de calme sur certaines choses et plus d'activit -<span class="pagenum"><a id="Page_134"> 134</a></span> -pour d'autres, une pit gale, une loquence crite -et parle analogue, et tout aussi remarquable: bref, c'est -un homme trs distingu et trs apostolique.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 15 novembre 1853.</i>—Lady Westmorland me -mande ce qui suit: Les affaires me peinent et m'indignent, -car, pendant que nous nous disputons sur des -formes et des mots, le sang coule et qui sait combien? -Quand je dis <i>nous</i>, je parle de nos gouvernements, car on -ne peut tre plus unis, plus en confiance rciproque, plus -sincrement dvous faire le bien que ne le sont les -quatre qui travaillent ici; mais il y en a trois qui n'ont pas -les coudes libres, et de l vient toute la difficult de faire -un arrangement quelconque.</p> - -<p>Il parat certain qu'on s'est battu le 3 ou le 4, et -qu'il y a eu beaucoup de morts et de blesss, mais qu'il -reste fort incertain qui a eu le dessus. Un rapport dit -que les Turcs ont maintenu leur position Oltenitza et -que les Russes se sont retirs; un autre dit que les Russes -ont fait reculer les Turcs<a id="FNanchor_97" href="#Footnote_97" class="fnanchor"> [97]</a>.</p> - -<p>Il parat que le Pre Andr Bobola qu'on vient de batifier - Rome, et qui a t un jsuite polonais, martyris -par les Russes, il y a deux cents ans, est l'objet d'une -grande humeur de l'Empereur Nicolas, et voici quelle -occasion: Une tradition ancienne rapporte que, lorsque -<span class="pagenum"><a id="Page_135"> 135</a></span> -l'glise honorera particulirement le Pre Bobola, de -grands malheurs frapperont la Russie et que le sang y -coulera. Cette tradition est fort connue dans le Nord. -L'Empereur ne l'ignore pas, et si peu qu'il a tch d'entraver - Rome cette batification. Des prtres lithuaniens, -auxquels les consulteurs des Rites ont crit, pour avoir -leurs tmoignages sur les miracles et le martyre du Bienheureux, -et qui ne les ont pas refuss Rome, ont t -dports en Sibrie.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 21 novembre 1853.</i>—Le dernier ouvrage de Cousin -dont j'entends parler est un volume philosophique<a id="FNanchor_98" href="#Footnote_98" class="fnanchor"> [98]</a> -dont le but serait de mettre d'accord ses crits d'autrefois -avec ses penses actuelles qui semblent, Dieu merci, -suivre un tout autre cours. Mais quoi bon? nous perdons -tant de bonnes choses sur la route de la vie, qu'il est bien -naturel de nous dfaire des mauvaises. Ne serait-il pas plus -digne du vrai philosophe chrtien d'en convenir tout simplement -ou, mieux encore, de ne pas en fatiguer le public, -que cela n'intresse gure et de continuer l'histoire de -Mme de Longueville qui charme tout le monde.</p> - -<p>Je voudrais bien que Villemain ft enfin paratre son -Grgoire VII<a id="FNanchor_99" href="#Footnote_99" class="fnanchor"> [99]</a>, ce serait une bien bonne lecture pour -<span class="pagenum"><a id="Page_136"> 136</a></span> -mes solitudes; mais, je crains fort que le grand Pontife -ne soit pas au bout de ses malheurs, et qu'il ne reste -encore captif.</p> - -<p>On dit que M. de Lamartine est trs malade. Sa sant ne -pourrait alors se comparer qu' sa fortune et sa renomme.</p> - -<p>Je voudrais connatre quelque livre attachant qui me -fasse passer les langueurs de ma chaise longue; ce ne -seront pas les trois derniers volumes de l'histoire que -M. Thiers a crite sous l'empire de si dplorables passions. -La muse de l'ingratitude l'a dplorablement inspir<a id="FNanchor_100" href="#Footnote_100" class="fnanchor"> [100]</a>. -Heureusement qu'il ne suffit pas d'avoir du -talent pour faire ou dfaire des renommes; elles subsistent -par elles-mmes et rsistent aux folles apothoses, -comme aux iniques et ingrats dnigrements.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 10 dcembre 1853.</i>—Le duc de Noailles -m'crit ce qui suit de Paris: Je suis fort tourment de -ce qui va se passer Eisenach. On y a expdi quelqu'un -de Paris pour empcher Mme la Duchesse d'Orlans de -recevoir le duc de Nemours, revenant de Frohsdorf. Je -veux esprer que l'entrevue aura eu lieu avant l'arrive -du messager. Le Comte de Chambord et le duc de Nemours -<span class="pagenum"><a id="Page_137"> 137</a></span> -ont t ravis l'un de l'autre. Peut-tre est-ce un bonheur -que la <i>Veuve</i> se tienne en dehors; elle aurait plutt compliqu, -entrav, rendu l'entente plus difficile; car elle -n'y aurait pas t assez naturellement, assez simplement. -Tout ce qu'on lui demande, c'est de ne rien compromettre, -de ne rien gter; qu'elle reste isole, si elle le veut, mais -qu'elle n'intrigue pas, qu'elle reste passive; elle arrivera -plus tard se soumettre. En attendant, les autres s'entendent -mieux tout seuls sans elle.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 11 dcembre 1853.</i>—Des lettres que je viens -de recevoir me donnent quelques petites notions, dont -voici l'extrait: Il me parat qu'en ce moment l'Angleterre -et la France consentent une Confrence ou Congrs - Vienne, o tous les Cabinets (turc et russe compris), -rgleraient de concert l'affaire d'Orient, avec protocole -ouvert et s'intitulant, ds l'article premier: <i>Affaire europenne</i>. -Si la Russie y consent, on pourra y forcer les -Turcs; mais la question est de savoir si elle y consentira -et si elle peut sortir de cette affaire sur un chec moral, -comme celui-l? car, dans les circonstances actuelles, c'en -serait un ... Mais si la Russie n'y consent pas, j'ai lieu de -croire que l'Autriche ne poussera pas plus loin le dvouement -et la reconnaissance, et qu'elle se sparerait alors de -la Russie. Or, si l'Autriche se spare de cette puissance et -se runit plus ou moins activement la France et l'Angleterre, -la guerre gnrale ne serait plus possible.</p> - -<p>Les Cousins ont t contents l'un de l'autre Frohsdorf, -et les Cousines aussi; j'ai pu jeter un regard sur des -<span class="pagenum"><a id="Page_138"> 138</a></span> -lettres qui l'attestent. Le Comte de Chambord a t particulirement -ravi de sa cousine Clmentine de Cobourg et -a dit: <i>J'ai vu enfin une princesse franaise.</i> Le duc de -Nemours, qui s'tait rendu prs de Mme la Duchesse d'Orlans -pour lui tout expliquer, n'a pas t reu par elle, -et elle a mme empch ses fils de voir leur oncle.</p> - -<p>Il m'est revenu que M. Thiers n'approuvait pas l'entente -entre les deux branches, mais qu'il l'acceptait, et -il ajoute qu'il est persuad qu' sa majorit le comte de -Paris imitera l'exemple du duc de Nemours. M. Thiers, - ce qu'on m'assure, n'aime pas la branche ane, mais -il hait, avant tout, ce qui gouverne aujourd'hui.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 23 dcembre 1853.</i>—Lady Westmorland me -mande ceci: Mon impression est que lord Palmerston -produira une secousse qui fera crouler la machine<a id="FNanchor_101" href="#Footnote_101" class="fnanchor"> [101]</a>. Je -crois que Stratford Canning, qui a fait tant de mal, fait -prsent des efforts sincres pour l'arrter; mais je doute de -son pouvoir calmer ce qu'il a foment et suscit.</p> - -<p>M. de Radowitz est mort, aprs de longues et poignantes -douleurs, d'une maladie analogue celle du feu Cardinal -Prince-vque de Breslau. Certes, je n'aimais pas l'influence -<span class="pagenum"><a id="Page_139"> 139</a></span> -politique de M. de Radowitz sur le Roi, influence -qui, une poque donne, a port grand dommage son -gouvernement; mais sa mort n'en est pas moins regrettable, -aujourd'hui qu'il n'tait plus ministre. C'tait, dans -la vie prive, un homme des plus honorables; ses facults -intellectuelles, sa science, sa prodigieuse mmoire, son -aptitude dans toutes les branches, except la politique, en -faisaient un tre part de la plus rare distinction; il y a, en -ce moment, si peu d'hommes qui s'lvent au-dessus de -la mdiocrit, qu'on ne saurait trop regretter les deux ou -trois mes qui dominent encore de fort marcageuses valles. -La Prusse perd, en moins d'un an, deux appuis du -catholicisme, si cruellement battu en brche par l'insidieux -pitisme protestant: le cardinal de Diepenbrock et -M. de Radowitz. Ce dernier tait ferme dans sa foi, et son -crdit auprs du Roi tait un appui pour ses coreligionnaires. -Dieu veut nous ter notre dernier <i>chevet</i>, -mais pour continuer avec Bossuet, il faut ajouter: <i>Puis -il agit.</i> Esprons donc qu' travers tant de pertes et -d'attaques, l'glise triomphera et qu'elle se montrera -d'autant plus forte, qu'elle aura moins d'appui. Le Roi -sera personnellement trs afflig de la perte d'un homme -avec lequel la tournure particulire de son esprit et de -son imagination trouvait une pture toujours abondante.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 31 dcembre 1853.</i>—M. de Humboldt m'crit -ce qui suit de Berlin: La mort de Radowitz est un vnement -qui sans doute affecte le Monarque; mais on dit -qu'un mmoire de Radowitz, que le Roi lui avait demand -<span class="pagenum"><a id="Page_140"> 140</a></span> -sur les changements introduire dans la Constitution, -quelque temps avant sa maladie, a t si libral et blmant -si franchement ce que l'on fait ractionnairement, -qu'il s'en tait suivi quelque froideur; cela expliquerait -le calme royal pendant la maladie et les visites rares et -tardives faites au moribond.</p> - -<p>La famille Radowitz en a t trs afflige et moi-mme, -j'en ai t trs surpris. Pour les personnes qui ont regard -l'excentricit des conseils de Radowitz comme peu utiles -auprs d'un Roi imagination mobile (par exemple la -Reine), elles doivent trouver cette mort un accident trs -commode.</p> - -<p>L'homme tait dou d'une puissante intelligence, -d'une noble nature, sincre, consciencieux, vertueux, mais -voulant toujours l'impossible. De formes arrogantes, -offrant un mlange bizarre d'aristocratie et de thologie, -appartenant au moyen ge, fortement saupoudr du libralisme -le plus moderne, sermonnant avec talent, mais -incapable de causer, doux et aimable dans son intrieur o -il tait difi.</p> - -<p>Le Roi se flatte que les clatantes victoires remportes -par les Russes vont disposer l'Empereur, son auguste -beau-frre, aux ides pacifiques; moi, je crains, au contraire, -l'engouement et le fanatisme du parti ultra-russe, -ainsi que l'influence du clerg grec; je crains aussi le -dsespoir des Turcs qui leur inspirerait de fatales violences<a id="FNanchor_102" href="#Footnote_102" class="fnanchor"> [102]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_141"> 141</a></span> -Deux mystres occupent ici la faible partie du public -qui en a eu vent, jusqu' prsent. La mission d'Albert -Pourtals Londres et la course rapide que Bunsen a faite -pour affaires politiques, Paris, dont il est, du reste, dj -revenu<a id="FNanchor_103" href="#Footnote_103" class="fnanchor"> [103]</a>. Quel peut avoir t le but de ce voyage d'un -ministre de Prusse Paris, si ce n'est pour disposer les -Tuileries favorablement pour Saint-Ptersbourg? mais -alors, comment employer Bunsen, la bte noire de Brunnow -et de la Russie? Vous avez trs bien devin, comme -toujours, quel tait le but de lord Palmerston!</p> - -<p>Il est rentr plus puissant que jamais, et le mot prononc -lors de sa retraite dans le <i>Moniteur officiel</i> de France, -prouve qu'il mettra les fers au feu, conjointement avec -<i>l'homme taciturne</i> des Tuileries. L'ide d'occuper la mer -Noire, comme on occupe la terre ferme, de montrer les -dents sans se battre, me parat une folie insigne<a id="FNanchor_104" href="#Footnote_104" class="fnanchor"> [104]</a>.</p> - -<p>Voici donc le Prince Albert qui parat en arriver, -<span class="pagenum"><a id="Page_142"> 142</a></span> -quoiqu'un peu plus tard, au mme point que jadis son -oncle Lopold: c'est--dire d'tre dtest en Angleterre -pour ses ambitieuses influences<a id="FNanchor_105" href="#Footnote_105" class="fnanchor"> [105]</a>. On croit qu'il fera -une course, soit Cobourg, soit Lisbonne, pour se -soustraire aux avanies que lui destine le <i>Mob</i><a id="FNanchor_106" href="#Footnote_106" class="fnanchor"> [106]</a>.</p> - -<div class="chapter"> -<p><span class="pagenum"><a id="Page_143"> 143</a></span></p> -<h2 class="normal">1854</h2> -</div> - -<p class="section"><i>Sagan, 5 janvier 1854.</i>—Lady Westmorland m'crit -de Vienne du 3: Cette nouvelle anne s'ouvre bien tristement. -Je ne vois pas de possibilit de paix depuis la -dclaration qui accompagne l'envoi des flottes dans la mer -Noire. Cette pice est venue briser l'espoir que nous avions -d'un bon rsultat aux dmarches faites par les quatre -Puissances runies, et auxquelles la rponse n'est point -encore arrive de Constantinople.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 7 janvier 1854.</i>—J'ai lu les cent premires -pages de l'ouvrage de Villemain intitul: <i>Souvenirs historiques -et littraires</i><a id="FNanchor_107" href="#Footnote_107" class="fnanchor"> [107]</a>. Assurment, je suis ravie du -style, des penses, des jugements. Seulement, comme -j'ai connu M. de Narbonne, je m'avise de penser et mme -de dire, tout bas, que Villemain s'est amus <i>fabriquer</i> -un M. de Narbonne. Le vritable tait autre. Mais une -poque o on dit et o on croit du mal de tout le monde, -mme de ceux auxquels on a t le plus redevable, on -est bien aise de voir quelqu'un tromp par la louange. -Du reste, l'erreur n'est certainement pas involontaire: -<span class="pagenum"><a id="Page_144"> 144</a></span> -c'est un cadre bien choisi et spirituellement rempli pour -stigmatiser le prsent qui dplat, juste titre, par le contraste -avec le pass. Pour ce qui regarde les passages sur -M. de Talleyrand, j'aurais voulu une impartialit moins -absolue. Le jugement est sans haine, sans aigreur, peut-tre -mme sans injustice; mais aussi, il est sans faveur, -et fort en de, comme bienveillance, de la part que -M. Villemain fait M. de Talleyrand dans les pages si -belles que l'ingratitude de Thiers lui a inspires. Villemain -touche mme l'injustice en reprsentant M. de Talleyrand -comme beaucoup plus insouciant et froid pour ses -amis, qu'il ne l'tait en effet. Je me souviens, du reste, -fort bien que M. de Narbonne et M. de Choiseul se plaignaient -que leur ancien camarade de collge leur rendait -bien moins de services qu' Montrond, Sainte-Foix et C<sup>ie</sup>. -Certes, M. de Talleyrand avait tort de se laisser arracher -pieds et ailes par des gens tars; mais M. de Choiseul -oubliait cinquante mille francs qu'il devait mon oncle, -et dont celui-ci a fait gnreusement remise sa succession; -et, quant M. de Narbonne, qu'il trouvait spirituel -causeur et aimable convive, il n'en faisait aucun cas comme -homme politique, ni mme comme homme priv. M. de -Talleyrand prtendait que Mme de Stal faisait ses discours -pendant son ministre de la guerre, mme ses rapports -sur l'tat de l'arme et des forteresses; il avait mille -contes plaisants ce sujet.</p> - -<p>M. de Narbonne a longtemps vcu des privations que -s'imposaient la gnreuse abngation et l'aveugle dvouement -de la vicomtesse de Laval, dont M. de Narbonne -<span class="pagenum"><a id="Page_145"> 145</a></span> -acceptait les sacrifices sans mnager son amie, ni dans ses -propos, ni dans ses actions. M. de Narbonne a laiss des -dettes Vienne, que M. de Talleyrand, lors du Congrs, -s'est ht de payer pour ne pas bruiter des dsordres qui -auraient souill la mmoire de son ami d'enfance. Voil -ce que Villemain ignore sans doute, et qu'il n'et pas t - propos de citer; seulement, la froideur qu'il reproche -M. de Talleyrand n'tait pas relle, ou s'il en prouvait -pour M. de Narbonne, elle tait motive.</p> - -<p>Des trois amis, que j'ai connus d'assez prs pour les -juger, quoique je fusse fort jeune encore, lors de la mort -de M. de Narbonne, le plus aimable, le plus simple, celui -dont le got tait le plus fin et les faons les plus nobles, -tait assurment M. de Talleyrand, et cela grande distance.</p> - -<p>M. de Choiseul qui, tout d'abord, mon arrive en -France, quand j'avais quinze ans, m'avait prise en amiti, -prdisait M. de Talleyrand, qui ne s'en doutait pas, que -j'avais de l'esprit et que je serais distingue un jour. M. de -Choiseul que j'aimais et qui a pass beaucoup de temps -chez moi, Rosny et Paris, M. de Choiseul tait le plus -instruit des trois, d'un commerce sr, d'une conversation -un peu trop abondante pour tre vive, mais toujours -instructive et attachante, sans clat, mais du got d'ailleurs -le plus irrprochable. Celui de M. de Narbonne tait souvent -fort risqu, surtout avec les jeunes femmes, il aimait -les antithses et visait l'effet; <i>il brillantait trop</i>. A un -ge o il aurait t plus convenable d'imiter les allures -paternelles de M. de Choiseul, il conservait celles qui -<span class="pagenum"><a id="Page_146"> 146</a></span> -jadis lui avaient valu des succs d'un autre genre.</p> - -<p>Je me souviens qu'il avait pris tche de m'blouir, -il ne parvenait qu' m'embarrasser. Un jour, un petit -dner chez ma mre, o chacun entendait ce que disaient -les autres, M. de Narbonne se mit me faire des compliments -trs directs, mais sous la forme de contre-vrits, -parlant de mes petits yeux, de mes airs la fois gauches -et froces, etc. Je ne comprenais pas bien, et mes dix-sept -ans ne trouvaient pas de rpliques une langue dont le -dictionnaire tait ferm pour moi. M. de Talleyrand me -prit en piti, ou plutt, bien aise de donner un coup de -patte M. de Narbonne, il reprit tout haut: Tais-toi, -Narbonne, Mme de Prigord est trop jeune pour te comprendre -et trop allemande pour t'apprcier. Parler de -ma jeunesse tait une critique pour l'un, parler de mon -<i>allemanderie</i> une critique pour l'autre. Il y en avait donc -pour chacun, mais mme, en me laissant arracher plume -de mon aile, je sus gr mon oncle de m'avoir dlivre -de mon perscuteur.</p> - -<p>Les hommes de cette poque, et j'en ai encore vu et -connu plus d'un, m'ont toujours sembl mettre bien -plus leur esprit dans la conversation que dans leurs -actions, leurs affaires et leurs correspondances prives.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 9 janvier 1854.</i>—Je suis moiti du livre de -Villemain; j'y trouve un peu trop de <i>conversation faite</i>. Il -est vident que si le fond des penses, des opinions est -exact, que, si mme quelques expressions sont originales, -il est cependant impossible que <i>le mot mot</i> soit textuel, -<span class="pagenum"><a id="Page_147"> 147</a></span> -car il aurait fallu que, dans le tte--tte de l'Empereur -Napolon et de M. de Narbonne, ils eussent t l'un et -l'autre des stnographes. Ds lors, il y a trop de Villemain -dans ces longues citations, ce qui leur te de l'importance -historique, quoique le style de l'crivain reste charmant et -brillant, sage, habile et lgant; seulement, il y a un peu -trop de prvisions, <i>aprs coup</i>.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 15 janvier 1854.</i>—M. de Humboldt m'a parl -avant-hier de M. de Narbonne et de M. Villemain; il n'honore -pas beaucoup la mmoire de l'un, ni le caractre -du second.</p> - -<p>Ici, il y a une disposition gnralement soucieuse; il me -semble entendre murmurer que la neutralit sera bien difficile - conserver; et, si on la rompt ici, ce ne sera pas au -profit de l'alliance franaise.</p> - -<p>J'ai achev la lecture de Villemain, les morceaux sur -la Sorbonne et sur M. de Feletz contiennent de jolies, de -justes et bienveillantes phrases sur M. de Talleyrand. Les -allusions critiques contre Louis-Napolon y sont plus -claires encore, un peu trop tires par les cheveux; mais -cela m'a plu beaucoup, comme langue et comme mouvement.</p> - -<p>J'ai lu l'article de Cousin sur Mme de Sabl dans la -<i>Revue des Deux Mondes</i><a id="FNanchor_108" href="#Footnote_108" class="fnanchor"> [108]</a>. On voit bien que Cousin n'en -n'est pas rtrospectivement amoureux, comme de Mme de -<span class="pagenum"><a id="Page_148"> 148</a></span> -Longueville; c'est ple et froid, mais c'est une silhouette -de plus, d'un temps dont j'aime jusqu'aux dcoupures. -Comme Cousin garde rancune Mme de Sabl de ne pas -s'tre expose la petite vrole de Mme de Longueville! -C'est drle d'tre si fort d'un autre temps, quand on est tellement -du sien: bourgeois et philosophe, converti la -Fronde et Port-Royal.</p> - -<p>Ce sont l, du reste, de bonnes conversions au moins! -Il y en a de tout aussi inattendues qui n'ont pas la mme -grce, tmoin MM. de La Rochejaquelein et Pastoret<a id="FNanchor_109" href="#Footnote_109" class="fnanchor"> [109]</a>.</p> - -<p>Le marchal Radetzky perd peine une habitude en -perdant sa femme, habitude qui avait t vingt-cinq ans -interrompue pour raisons trs multiplies<a id="FNanchor_110" href="#Footnote_110" class="fnanchor"> [110]</a>.</p> - -<p>On fera Berlin les plus grands efforts pour prolonger -la neutralit; mais, si on tait <i>absolument forc</i> d'y -renoncer, je ne crois pas que ce soit au profit de l'alliance -anglo-franaise. On dit ici que M. de Nesselrode est -tomb srieusement malade. Nouvelle complication. Il -parat qu'il tait fortement prononc contre la guerre et -que toute cette affaire lui a fait faire bien du mauvais -sang.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 24 janvier 1854.</i>—On n'entend parler que -<span class="pagenum"><a id="Page_149"> 149</a></span> -de maladies et de guerre. Quelle triste perspective! -J'apprends l'instant qu'Orloff est attendu ici aujourd'hui. -On se demande pourquoi, et on est fort agit<a id="FNanchor_111" href="#Footnote_111" class="fnanchor"> [111]</a>.</p> - -<p>Les gazettes de Berlin disent qu'Orloff est Vienne; -celles de Vienne qu'il est Berlin. C'est drle, mais ce -n'est pas risible.</p> - -<p>L'Autriche est trs aigrie contre les Turcs qui, au lieu -d'accomplir la clause du trait conclu avec Vienne, par -laquelle la Porte s'engageait interner en Asie les rfugis, -sujets autrichiens, les laisse tous venir se mler -activement la lutte sur le Danube. L'Autriche vient en -consquence de faire marcher un corps considrable -d'observation vers les frontires ottomanes. La Russie a -propos Vienne et ici, un trait par lequel la neutralit -de la Prusse et de l'Autriche serait reconnue pour le -moment, mais aussi par lequel la Russie, la Prusse et -l'Autriche s'engageraient s'entr'aider rciproquement -<span class="pagenum"><a id="Page_150"> 150</a></span> -pour maintenir l'intgrit de leurs territoires respectifs, -dans le cas o cette intgrit se trouverait viole sur un -point quelconque. Cette proposition n'a reu, jusqu'ici, -du Cabinet prussien, que des rponses vasives.</p> - -<p>L'Autriche, qui prvoit des attaques en Italie, pourrait -s'y montrer plus favorable; il y a, du reste, des personnes -qui prtendent que les vaisseaux anglais voudront -pntrer assez avant dans la Baltique pour exciter des -mouvements dans la Pologne russe, qui ne s'arrteraient -pas l, et qui feraient immdiatement soulever la Pologne -prussienne, ce qui ne permettrait pas au Cabinet de Berlin -de rester neutre. Tout est compliqu et le lendemain -n'appartient plus la veille.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 1<sup>er</sup> fvrier 1854.</i>—Nous voici au dbut d'un -mois qui claircira l'horizon politique; mais j'ai peur -que ce ne soit bien plus coups de canon, que par les -rayons d'un joyeux soleil, que les nuages ne se rompent.</p> - -<p>Orloff est bien dcidment Vienne; il y a des personnes -qui croient que, vu les rponses vasives faites ici - M. de Budberg, Orloff ne se souciera, ni de les modifier, -ni de les entendre confirmer.</p> - -<p>J'ai vu une lettre de Paris qui annonce que, bien dcidment, -Brunnow et Kissleff s'en vont, que Mme de Lieven -est au dsespoir, mais qu'elle se dispose suivre ce dernier - Bruxelles. On ajoute que la France et l'Angleterre -n'admettent pas que la Prusse et l'Autriche restent simples -spectatrices de la lutte; et que l'on ne tardera pas, de -Paris et de Londres, les mettre en demeure de se prononcer -<span class="pagenum"><a id="Page_151"> 151</a></span> -en impliquant tacitement: bon entendeur salut; -que, si on ne se runit pas l'Occident pour combattre le -Czar, l'Italie sera souleve, et les provinces rhnanes de -mme, par des irruptions armes auxquelles les populations -seraient fort disposes rpondre. De l'autre ct, -l'Empereur Nicolas pourrait bien faire des propositions -plus ou moins menaantes. Il est certain que pour ici -le moment est bien embarrassant et bien gros d'ventualits.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 4 fvrier 1854.</i>—Le but de la mission -d'Orloff Vienne est tenu fort secret; on en est des -conjectures; ce qui est certain, c'est qu'elle ne mne pas - la paix entre l'Occident et l'Orient. Il est fort douteux -qu'il vienne ici. A Vienne et Berlin, on a rpondu -M. de Bourqueney, qui voulait faire modifier cette neutralit -au profit de son gouvernement, qu'on la conserverait -relle tant qu'on ne chercherait pas susciter des embarras - l'Autriche en Italie; mais, qu' la premire tincelle, -la neutralit autrichienne se romprait en faveur de la -Russie.</p> - -<p>On m'crit de Paris qu'on y attend le Duc et la Duchesse -de Brabant en change de la visite du prince Napolon -Bruxelles<a id="FNanchor_112" href="#Footnote_112" class="fnanchor"> [112]</a>. Il parat que lord Palmerston pour viter, <i>le -cas chant</i>, que la France ne ft irruption conqurante en -Belgique, aurait rapproche les deux Cours de Laeken et -des Tuileries, et ngoci ces visites. Il faut convenir que -<span class="pagenum"><a id="Page_152"> 152</a></span> -si le Duc et la Duchesse de Brabant vont aux Tuileries, -<i>lui</i>, portera un grand sacrifice l'<i>intgrit</i> de la Belgique, -car le petit-fils de Louis-Philippe, surtout aprs les dcrets -du 22 janvier<a id="FNanchor_113" href="#Footnote_113" class="fnanchor"> [113]</a>, rentrant aux Tuileries comme hte de -Louis-Napolon, quelle tache et quelle amertume!</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 8 fvrier 1854.</i>—Le dpart des diplomates -russes est accompli Londres et Paris. Orloff et Budberg -n'ont rien obtenu ni Vienne, ni ici, mais Bourqueney -et de Moustiers n'ont rien obtenu non plus. On se -tient dans la plus rigoureuse neutralit; elle cote -la reconnaissance de l'Empereur d'Autriche ainsi qu'aux -liens de parent de la Prusse. Ainsi on cherchera maintenir -l'quilibre le plus longtemps que faire se pourra. -Mais, ou il faudra que l'Empereur Nicolas cde, ce dont -je doute, ou que les Puissances allemandes l'aident efficacement, -ce qui est contre leurs intrts, ou qu'elles le -combattent avec la France et l'Angleterre, ce qui est -contre leur got; car, pour maintenir <i>longtemps</i> cette -rigoureuse neutralit proclame aujourd'hui, je ne crois -pas que cela se puisse.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 12 fvrier 1854.</i>—Le comte de Stolberg est -mort, g de soixante-neuf ans, plein de vie, de force, de -sant et de vertu; serviteur dvou du Roi, pre de -famille excellent, ami sr et affectueux, <i>le seul</i> grand -seigneur dans <i>l'me</i> et dans les <i>formes</i> qui restt ici; il a -<span class="pagenum"><a id="Page_153"> 153</a></span> -fini sa vie laborieuse en chrtien, aprs cinq jours d'une -maladie aussi inattendue que fatale. Il s'tait corch la -jambe la chasse du Roi; il n'a pas soign ce mal qui, en -un rien de temps, a amen un rsiple; celui-ci a tourn -immdiatement la gangrne, et tout a t fini. Le Comte -tait venu chez moi le samedi 4, au soir, il tait rest bien -longtemps seul seule causer de bien des choses qui le -proccupaient dans l'intrt de son matre. Le dimanche 5, -il m'a crit pour me donner un renseignement que je lui -avais demand; le lundi, il s'est couch, et hier samedi, -il est mort l'heure mme o il devait dner chez moi. Je -suis trs affecte de cette perte; il m'avait rendu de trs -bons offices, son zle pour moi augmentait en raison d'une -connaissance plus approfondie de mon caractre qui lui -inspirait estime et confiance. Tout cela est fini. Du reste, -il tait personnellement bien fatigu, et dgot de sa -tche, que son dvouement chevaleresque pour son matre -pouvait seul lui faire supporter. Il est au repos maintenant, -repos bien mrit et que Dieu lui rendra particulirement -doux et lumineux, car il a port pieusement <i>la -lourdeur et la chaleur</i> du jour, comme dit l'criture.</p> - -<p>On n'en est encore Vienne et Berlin qu' la neutralit; -les affections de famille combattront longtemps -encore ici une union troite contre la Russie; cependant, -elles ne seront pas insurmontables. A Vienne, on se prterait -plus facilement une entente, si dj on ne croyait - des intrigues rvolutionnaires fomentes par les Puissances -occidentales en Italie et par la mauvaise foi des -Turcs qui, contrairement aux traits, emploient des -<span class="pagenum"><a id="Page_154"> 154</a></span> -rfugis hongrois sur le Danube. Tout est suspens, incertitude, -obscurit.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 17 fvrier 1854.</i>—Les femmes assistant ici -aux crmonies funbres, dont elles sont exclues en -France, j'ai t la bndiction ou lever du corps du -comte de Stolberg. Un monde norme s'tait runi la -maison mortuaire, commencer par le Roi et la Reine -qui taient tous deux en larmes et suffoquant de sanglots. -Les chants, la liturgie et surtout le discours du pasteur -protestant, parfaitement simple et doux, comme l'tait -celui dont il avait parler; tout l'arrangement matriel -de la grande salle o se trouvait la bire (il tait sept -heures du soir), tout tait en harmonie et m'a fait une -impression profonde.</p> - -<p>Je viens de lire la lettre de Louis-Napolon au Czar, -qui est dans tous les journaux; il ne m'appartient pas -d'en discuter la justice et l'exactitude politique, mais en -tout cas, je trouve de la dernire inconvenance de publier -une lettre confidentielle, de souverain souverain, sans -mme en avoir attendu la rponse. Voil une faon de -faire, rvolutionnaire s'il en fut<a id="FNanchor_114" href="#Footnote_114" class="fnanchor"> [114]</a>. Il me semble de la -<span class="pagenum"><a id="Page_155"> 155</a></span> -disposition des esprits ici, qu'il y a une confusion inimaginable, -des factions et des scissions l'infini, et tout -prendre, un grand dgot des formes reprsentatives, auxquelles -le pays n'est pas accoutum, qui drangent la vie -prive de chacun, blessant les uns sans satisfaire les -autres. Les Prussiens des bords du Rhin, plus rapprochs -de cette forme de gouvernement, se trouvent en opposition -avec les mœurs, les coutumes et les tendances des -anciennes provinces. Il rsulte de l'indiffrence des uns, -des dgots des autres, de la vivacit de certains groupes, -de grandes aigreurs sociales et une stagnation fatale pour -les intrts de la localit qui restent en suspens.</p> - -<p>On accuse le Prince et la Princesse de Prusse d'avoir -fait dvier par leur influence la fraction Hohenlohe<a id="FNanchor_115" href="#Footnote_115" class="fnanchor"> [115]</a> et -de l'avoir jete gauche pour faire crouler M. de Westphalen, -ministre de l'Intrieur, qui seul, dans le Cabinet, -appartenait la droite pure. Le Ministre du Commerce -est un Rhnan dont les tendances sont diffrentes. M. de -Manteuffel se laisse ballotter et ne sait comment suffire -tout la fois aux grandes complications extrieures et -<span class="pagenum"><a id="Page_156"> 156</a></span> -aux irritantes questions intrieures. En un mot, il y a -des tiraillements et un dcousu dplorables.</p> - -<p>Quant ce qui est de la politique extrieure, il me -semble voir quatre partis se dessiner trs nettement. Le -<i>parti russe</i> qui aurait voulu que les propositions Budberg-Orloff -fussent acceptes, qui tremble de la rupture plus -marque avec la Russie et qui cherche l'empcher par -toutes les influences de famille. Peut-tre, pourrait-on -personnifier ce parti plus prcisment en disant qu'il se -place sous l'tendard du Prince Charles de Prusse.</p> - -<p>Puis vient le <i>parti autrichien</i> qui dsire, avant tout, que -les Cabinets de Vienne et de Berlin se tiennent fermement -unis dans une neutralit arme, et galement arme -contre l'Ouest et l'Orient, alliance laquelle se rattacherait -toute l'Allemagne; celle-ci se fractionnerait si -l'Autriche et la Prusse ne marchaient pas identiquement -ensemble; et une fois l'Allemagne scinde, elle deviendrait -bien vite la pture de ses ambitieux voisins. Peut-tre -la Reine est-elle la personne dans laquelle ce parti -autrichien trouve le plus de sympathie.</p> - -<p>Le troisime parti est celui qui se sentirait dispos -une <i>quadruple alliance</i> et qui abandonnerait la neutralit -pour arrter d'une part, les mouvements rvolutionnaires, -et de l'autre, les mouvements agressifs des Moscovites; je -ne serais pas tonne que ce ft l le secret dsir de M. de -Manteuffel, qui y trouve encore quelques obstacles dans -les affections de famille, les liens de parent et dans la -reconnaissance qu'on conserve encore en Autriche pour -les secours reus, il y a quatre ans, en Hongrie. M. de -<span class="pagenum"><a id="Page_157"> 157</a></span> -Manteuffel n'est pas quelqu'un qui sache donner une -impulsion marque; il n'a pas d'ailleurs beaucoup d'usage -diplomatique, il n'en manie pas bien la langue, il se laisse -trop absorber par les ferraillements des Chambres qui, -ici, n'ont en vrit d'autre importance que celle qu'on -veut bien leur donner encore, tant elles sont peu dans les -mœurs.</p> - -<p>Enfin, il y a un quatrime parti, le plus vif, le plus -actif de tous, qui est hautement conduit par la Cour de -Coblentz<a id="FNanchor_116" href="#Footnote_116" class="fnanchor"> [116]</a>: c'est le <i>parti anglais</i> qui pousse conclure -une alliance intime avec Saint-James et les Tuileries, sans -se soucier du parti que prendrait l'Autriche, sans s'arrter -au dchirement qui en rsulterait pour l'Allemagne et la -faiblesse qui en natrait pour elle tout entire. Je crois -avoir trac un tableau trs vrai de ce clavier qui rend des -sons assez peu harmonieux.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 21 fvrier 1854.</i>—Dans ce pays-ci, les formes -constitutionnelles entrent plus aisment dans les esprits -et les mœurs de telle province que de telle autre. Le -malheur de la Prusse est d'tre une agglomration successive -de parties htrognes, diffrentes, souvent opposes -dans leurs intrts matriels, leurs traditions, leurs sympathies; -ce qui peut convenir aux uns dplat aux autres; -ce qui est utile ceux-ci est nuisible ceux-l; c'est une -grande plaie laquelle je ne connais pas de vrai remde. -Ainsi, cette manie constitutionnelle est positivement nulle -<span class="pagenum"><a id="Page_158"> 158</a></span> -en Silsie, en Pomranie, dans la Prusse orientale; mais -elle existe entre l'Elbe et le Rhin trs positivement; aussi -entre l'Elbe et la Vistule; mais entre la Spre et la Vistule, -<i>non</i>.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 26 fvrier 1854.</i>—Le Roi et le Grand-Duc de -Mecklembourg-Strelitz s'taient donn le mot pour dner -hier chez moi: en tout, dix convives autour d'une table -ronde, ce qui a permis une conversation gnrale, anime et -dont la politique a t soigneusement bannie. Le Roi y a -trouv un peu de dtente et de distraction; et le tout s'est -pass simplement et confortablement. A part quelques -rares moments semblables, on est gnralement ici bien -soucieux, bien tiraill; on est au moment de se rapprocher -de ceux qu'on n'aime pas, auxquels on ne se fie pas, -pour se brouiller plus ou moins avec ceux qu'on estime -et qu'on aime.</p> - -<p>On cite un mot de M. de Metternich, qu'il aurait dit la -semaine dernire: <i>Il ne nous reste plus qu' tre ingrats.</i> -Cela rappelle le mot de Flix Schwarzenberg qui, deux -jours avant sa mort, aurait dit quelqu'un qui lui parlait -du trop grand poids que la Russie avait acquis par les services -qu'elle avait rendus l'Autriche: <i>Nous tonnerons le -monde par notre ingratitude.</i></p> - -<p>Il faut convenir que la politique ne supporte pas le -microscope moral.</p> - -<p>Henri Redern, ministre de Prusse Dresde, qui est -venu faire une course ici avec sa femme, m'a racont que -la Princesse Carola vivait fort bien avec son mari, qu'elle -<span class="pagenum"><a id="Page_159"> 159</a></span> -tait gnralement fort bien vue par la Famille Royale, -par la socit et par le public; mais qu'on voyait avec -peine que, probablement, elle n'aurait pas d'enfants. -Cela jette un triste voile sur cette union. Le frre du -Prince Albert a la poitrine en mauvais tat, et la succession -ne compte pas d'autre reprsentant.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 3 mars 1854.</i>—Le manifeste russe et la -rponse de l'Empereur Nicolas l'Empereur Louis-Napolon -ont paru hier dans les journaux allemands. On les -trouve dignes et modrs dans la forme, mais on ne suppose -pas qu'on en permettra la publication en France.</p> - -<p>La Reine de Grce a crit la Reine de Prusse une -lettre de vingt pages, pleine de la plus vive exaltation -hellnique; charme des populations, ravie de l'insurrection -grecque qui se propage. La pauvre femme pourrait -bien se broyer dans le conflit.</p> - -<p>On avait rpandu le bruit que l'Autriche avait accd -au trait anglo-franco-turc. Il n'en est rien encore. Aussi -de Berlin et de Vienne, on se proclame plus que jamais -neutre, mais arm, et voulant dfendre de droite et de -gauche cette neutralit laquelle le reste de l'Allemagne -se rattacherait. Cela mme se pourra-t-il la longue?</p> - -<p>La duchesse de Lvis, cette digne et spirituelle femme, -se meurt. La princesse de Metternich est galement fort -mal et a reu, il y a deux jours, les derniers sacrements. -Bon Dieu, quelle anne! Et l'abb de Lamennais qui -meurt comme un pauvre chien aveugle!</p> - -<p>Les Seymour sont arrivs ici de Saint-Ptersbourg, -<span class="pagenum"><a id="Page_160"> 160</a></span> -aprs un affreux voyage. On attend chaque instant les -Castelbajac.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 5 mars 1854.</i>—On vit ici dans des agitations -politiques incroyables. On ne sait quoi se dcider, on -hsite, on tergiverse, on veut jouer au fin, on se dupe -soi-mme; je crains bien qu'on ne finisse par rester fort -isol, ou bien par se soumettre de mauvaise grce, se -laissant tirer la remorque par l'un ou par l'autre, sans -que ni les uns ni les autres vous en sachent gr. Le pis, -c'est que probablement l'Allemagne, au lieu d'tre imposante -par son unit, deviendra la pture trop facile de ses -ennemis naturels ou de ses ennemis de circonstance, -quand elle n'aura pas un ensemble compact leur opposer.</p> - -<p>L'Autriche a fait parvenir ici des propositions, que -mme des anti-autrichiens prononcs trouvent avantageuses, -convenables<a id="FNanchor_117" href="#Footnote_117" class="fnanchor"> [117]</a>. Projet d'entente intime, non -pour entrer <i>immdiatement</i> en hostilit contre la Russie, -mais pour fortifier l'Union allemande, pour entrer, de -certaines conditions et avec de certaines garanties, en -intelligence avec les deux puissances maritimes, et posant -enfin des ventualits loignes de rupture plus complte -<span class="pagenum"><a id="Page_161"> 161</a></span> -avec la Russie. Il semblait que le Roi signerait tout de -suite; au lieu de cela, il y a un revirement de bord rapide -et inattendu: refus de signer, appel Francfort de M. de -Bismarck-Schœnhausen, qui est personnellement mal avec -le comte Thun, ministre d'Autriche ici. On a charg -M. de Bismarck de discuter le projet autrichien avec -M. de Thun, en cartant ainsi le Ministre des Affaires trangres, -M. de Manteuffel, et aussi Albert de Pourtals envoy -dernirement Londres et qui tait rest, jusque-l, -ml la ngociation. Tout cela a t avant-hier un vrai -coup de thtre, dont le parti russe, beaucoup de gnraux -et force officiers triomphent; car, il faut le dire, -<i>l'arme</i> est toute russe. En gnral, on ne se fie pas aux -promesses de l'Empereur des Franais et l'on peut avoir -raison. On n'aime pas, dans le public, se brouiller avec -l'Empereur Nicolas, auquel on ne peut supposer, comme - l'autre, l'envie de s'agrandir aux dpens de la Prusse; -cependant, on n'aime pas plus tre tenu la lisire par -la Russie.</p> - -<p>Le Roi est tir quatre par mille intrigues et par les -diffrents partis que j'ai signals il y a quelque temps. -Tout cela fait le plus dplorable gchis. Je ne vois nulle -part, ni un grand courage, ni un esprit lumineux pour -prendre, en temps utile, je ne dis pas le meilleur parti, -car tous ont des inconvnients incontestables, mais celui -qui prsente le moins de cts fcheux. Et puis l'-propos, -ce dieu rancuneux, qui ne pardonne pas de ne pas -tre saisi au vol, quelle vengeance ne tirera-t-il pas de ces -oscillations?</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_162"> 162</a></span> -M. de Bismarck veut, dans la ngociation avec le -comte Thun, se faire prier, tenir la drage haute; il dit -que moins on se montrera press, plus on mettra -Vienne de prix obtenir la coopration de la Prusse; et, -par consquent, qu'il la fera payer plus cher par de nouvelles -concessions et par une prpondrance moins conteste - la Dite. Bref, il fait le juif et traite la manire -dont Rothschild fait un emprunt. Je ne trouve pas que ce -soit la bonne et vraie manire dont un grand tat doive, - travers de grandes crises europennes, conduire une -barque qui, dirige ainsi, pourrait bien chavirer.</p> - -<p>Charles de Talleyrand, qui est venu de Weimar me -voir ici, raconte que Mme la Duchesse d'Orlans avait -entirement chang d'allures; elle a quitt l'attitude d'exile, -de veuve enveloppe de voiles lugubres. Elle a des -jours de rception, pendant lesquels, assise une table -de whist, elle fait dfiler devant elle les dames dont elle -reoit, par un signe de tte, les rvrences. A Weimar, -elle parat au spectacle en grande loge. On la dit mal -entoure, mal conseille, fort en intrigues et en agitations -plus ou moins souterraines; elle touche trs rgulirement -les trois cent mille francs que la France lui paie; -elle s'est fait, soit par la vente d'une partie de son crin, -soit par d'autres arrangements, un revenu considrable -qu'elle dpense avec assez d'vidence.</p> - -<p>Hier au soir, il y a eu ici un petit concert dans le salon -de la Reine, trs beau comme musique. Le Roi ayant fait -venir la partition du grand <i>Miserere</i> d'Allegri, de Rome, -et l'ayant fait chercher par quelqu'un charg d'tudier -<span class="pagenum"><a id="Page_163"> 163</a></span> -la manire dont cet admirable morceau est excut la -Chapelle Sixtine, le <i>Dom-Chor</i> d'ici l'a chant hier. On -n'a pas mme omis la partie psalmodie qui alterne avec -le chant et donne l'ensemble un caractre si particulier. -Des voix, des voix seules, admirablement bien conduites, -un grand ensemble, un religieux silence; mais hlas! pas -d'glise, pas de cierges, pas d'encens, pas de gnuflexions. -Des femmes pares et quelques pasteurs protestants -me faisaient, malgr leurs allures pitistes, l'effet de -prtres de Baal. J'tais la seule catholique. On avait convoqu, -en dehors de la Famille Royale, une douzaine -d'hommes et de femmes qu'on ne voit pas habituellement - la Cour, parce qu'ils appartiennent <i>to the rather serious -turn</i><a id="FNanchor_118" href="#Footnote_118" class="fnanchor"> [118]</a>. Cela faisait le plus singulier auditoire pour cette -musique latine, toute parfume de l'encens de Saint-Pierre, -toute colore des feux sacrs du Vatican!</p> - -<p>Vieuxtemps est venu son tour et m'a tire de mon -extase; il a cependant le plus magnifique coup d'archet -que j'aie entendu.</p> - -<p>J'ai vu avant-hier M. et Mme de Castelbajac revenant de -Saint-Ptersbourg. <i>Lui</i> a parl trs librement devant moi, -dplorant la guerre, trs frapp de l'enthousiasme russe, -de l'impossibilit pour l'Empereur Nicolas de reculer, assurant -qu'il ne dsirait pas la guerre et que c'est le mlange -de ruse, de mauvaise foi, d'intrigue et d'insolence de -l'Angleterre, qui a envenim la plaie et l'a rendue incurable.</p> - -<p>Voici l'extrait d'une lettre de lady Westmorland de -<span class="pagenum"><a id="Page_164"> 164</a></span> -Vienne, 1<sup>er</sup> mars: L'tat des affaires publiques ne laisse -pas que d'agir sur la socit. Les Russes ne viennent plus -chez nous, ni chez le ministre de France. Bourqueney -<i>exulta et s'anima</i><a id="FNanchor_119" href="#Footnote_119" class="fnanchor"> [119]</a> sur la gloire de son matre qui a bien -certainement jou ses cartes; car il est incontestablement, -dans ce moment, la tte des Conseils de l'Europe. Nous -le suivons la remorque et il entrane ce gouvernement-ci. -J'avoue que je ne puis oublier son pass et le <i>ntre</i>; -et je me sens profondment humilie de cette alliance tant -vante. Le jeune Empereur a t plac dans la position -la plus difficile. Je vois qu'il a t fort bless du refus de -l'Empereur Nicolas d'accepter les propositions qu'il lui -avait recommandes si chaleureusement; et depuis le -dpart d'Orloff, il parat avoir pris son parti et s'tre -rsolu se mettre du ct des allis occidentaux<a id="FNanchor_120" href="#Footnote_120" class="fnanchor"> [120]</a>.</p> - -<p>Je suis sre qu'une fois dcid, il suivra son chemin -avec droiture et loyaut, mais il n'entranera pas ici -toutes les opinions. Les Meyendorff sont profondment -affligs: lui, avec douceur, elle, avec irritation, surtout -contre son frre<a id="FNanchor_121" href="#Footnote_121" class="fnanchor"> [121]</a> qui est anti-russe.</p> - -<p>La princesse de Metternich est dans un tat dsespr. -Le Prince est fort mu, malgr son calme habituel si prs -de l'indiffrence. Pendant que j'tais ce matin chez lui, -<span class="pagenum"><a id="Page_165"> 165</a></span> -Montngro est venu le prier d'entrer chez la Princesse -qui le dsirait; et quand il y est all, Montngro m'a dit -que la fin s'approchait, que la respiration devenait bien -pnible, la faiblesse excessive et que cela ne pouvait durer -longtemps. La Princesse est soigne par lui, par son fils et -par son gendre avec un grand dvouement. Elle a reu -les sacrements avec beaucoup de pit; elle connat son -danger et se montre rsigne et patiente.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 10 mars 1854.</i>—Je pars demain pour Sagan -fort ignorante des destines du monde et par consquent -des miennes propres. Le prince de Hohenzollern et -le gnral de Grœben envoys Paris et Londres sont -chargs de faire reconnatre et respecter la neutralit de -la Prusse<a id="FNanchor_122" href="#Footnote_122" class="fnanchor"> [122]</a>. Si on me demandait si ces messieurs russiront, -je dirais, <i>non</i>. Si on me demandait alors au profit -de qui on la rompra? je plaiderais ignorance complte. -Si je crois que ce sera pour l'Occident? je dirai que je ne -le crois pas. Si alors ce sera pour le voisin septentrional? -je dirai <i>non</i>, de mme. Si on me pousse pour me faire -dire si on s'entendra avec l'Autriche? je hausserai les -paules. Si on compte alors s'isoler compltement et voir -l'Allemagne se fractionner? je rpondrai: Quelles <i>questions</i>! -<span class="pagenum"><a id="Page_166"> 166</a></span> -Faut-il encore plus de ngations, j'en ai la poche pleine, -mais faut-il une seule affirmation? qu'on demande ailleurs, -je n'en ai pas mon service et les plus haut placs ne -sauraient, je crois, dire plus ou mieux.</p> - -<p>Cette hsitation, ces obscurits sont insupportables et -dplorables dans leur source et dans leurs rsultats; et -depuis mars 1848, je ne sache pas un moment plus critique, -plus fatal que ne le sera peut-tre mars 1854. Je ne -sais si je me trompe; mais il me semble que la plus mauvaise -voie, bien prononce, vaudrait mieux que le ballottage -du moment actuel.</p> - -<p>Le Prince de Prusse est rtabli, c'est--dire qu'il sort en -voiture pour se promener. Il n'a pas reparu au Chteau; -la Reine est venue le voir pendant sa maladie, mais non le -Roi. Il y a eu seulement, ce que je crois, des communications -fraternelles crites, des plus aigres de part et -d'autre<a id="FNanchor_123" href="#Footnote_123" class="fnanchor"> [123]</a>. Le Prince a trs mauvais visage, et je le crois -agit et irrit.</p> - -<p>La princesse de Metternich a fait dire la messe le matin -de sa mort dans sa chambre, l'autel plac de faon le voir -de son lit; elle a expir sans agonie, la fin du saint sacrifice. -Son mari est, dit-on, trs afflig, ce qui n'empche -pas qu'il ne donne lui-mme aux visiteurs des dtails anatomiques -sur la cause du mal de sa femme.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_167"> 167</a></span> -Je ne savais rien du chle donn par l'Impratrice de -Russie Mme de Castelbajac; mais, j'ai remarqu la tendance -du mari qui est bien plus russe, malgr les hostilits, -qu'anglaise, malgr l'entente cordiale.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 20 mars 1854.</i>—Le Gouvernement prussien, -pour faire respecter sa neutralit aux Chambres, a besoin -de trente millions d'cus qui vont se traduire en une -augmentation d'impts qui font faire bien des grimaces<a id="FNanchor_124" href="#Footnote_124" class="fnanchor"> [124]</a>.</p> - -<p>Je reste bien dcide mon voyage du Rhin, de la -Seine et de la Loire; mais quand je lis les gazettes, que je -regarde la carte europenne et que j'coute les chos qui -ci et l m'arrivent, je me demande, non sans hsitation, -ce qui sera possible dans deux mois.</p> - -<p>Je lis avec une grande curiosit les pices diplomatiques -publies Londres, les conversations de sir Hamilton -Seymour avec le Czar, et les rponses de lord John Russel<a id="FNanchor_125" href="#Footnote_125" class="fnanchor"> [125]</a>. -Le Czar me parat y jouer le rle d'un mauvais -<span class="pagenum"><a id="Page_168"> 168</a></span> -comdien, d'un Tartuffe politique; ses prcdents ont si -mal prpar le juger ainsi qu'il faut attendre les publications -russes qui, sans doute, suivront celles qui ont t -faites Londres pour asseoir un jugement absolu sur ce -singulier incident. Il me semble qu'il y aurait eu folie ou -stupidit soulever la curiosit publique, comme on l'a -fait dans le <i>Journal de Saint-Ptersbourg</i>, si on n'avait -provoqu par l les publications dont retentissent les -gazettes en ce moment.</p> - -<p>La Princesse Charles de Prusse, qui m'avait confi, il y -a vingt jours, Berlin, les projets de mariage de sa fille -Louise, vient de m'crire pour me les confirmer. Le parti -n'est pas riche, pas brillant, mais la bourse gnreuse du -Roi comblera la lacune financire; et, quant la jeune -Princesse, dont aucun grand Prince ne voulait, qui se -mourait d'ennui, de dplaisir, d'impatience, il est trs -heureux qu'en dfinitive elle pouse un jeune homme de -famille souveraine. Ce n'est pas, du moins, un de ces -pitoyables mariages morganatiques, trop la mode maintenant. -Le futur est un prince Alexis de Hesse-Philippsthal, -fils an d'une branche fort cadette et trs pauvre; il est -entr au service de la Prusse, il y a six mois. Pour lui, il -a tout avantage pouser une princesse de Prusse, jolie, -bonne enfant, nice du Roi, pour le mari de laquelle il y -aura protection, avancement rapide, etc., etc. Je suis -convaincue que le mariage remettra la singulire sant de -<span class="pagenum"><a id="Page_169"> 169</a></span> -la Princesse, et donnera tout son tre l'quilibre qui parfois -lui manque<a id="FNanchor_126" href="#Footnote_126" class="fnanchor"> [126]</a>.</p> - -<p>Depuis ma dernire lettre, j'en ai reu quelques-unes -dont voici les extraits: <i>Paris, 22 mars.</i>—L'horizon -s'obscurcit de plus en plus, la Prusse ne se dessine pas -comme il y avait lieu de l'esprer; l'Autriche, elle-mme, -est moins explicite qu'on ne pouvait le supposer. Nous -avons la fivre intermittente par rapport ces deux pays, -et, en dfinitive, je prvois que l'Angleterre et la France -ne pourront compter que sur elles-mmes. On dit l'Impratrice -triste, ennuye et dlaisse!</p> - -<p>Extrait d'une lettre de Berlin, du 25 mars, crite par -un membre du parti Gerlach. (Traduction.) D'aprs les -ouvertures et les claircissements donns par le ministre -Manteuffel la Chambre et la Commission, il rsulte que -nos efforts, et je les crois sincres, tendent nous unir -fermement l'Autriche et au reste de l'Allemagne (autant -que les intrts de l'Allemagne, dans l'acception la plus -tendue du mot, le demandent), et carter tout ce qui -pourrait nous gner dans cette marche. J'ignore si l'Autriche -et la Russie peuvent s'entendre sur certaines questions -en discussion et sur leurs oprations respectives; -mais je n'en dsespre pas encore. Si cette entente pouvait -s'effectuer, nous n'aurions alors que les inimitis de l'Occident - redouter; et une union complte entre l'Autriche, -<span class="pagenum"><a id="Page_170"> 170</a></span> -le reste de l'Allemagne et nous, serait extrmement facilite. -Nos adversaires dans les deux Chambres, et tout -d'abord dans la Commission, s'appliquent arracher - M. de Manteuffel les notions les plus dtailles; je ne -crois pas que jusqu' prsent il ait dit <i>trop</i>.</p> - -<p>Ces messieurs dclarent, du reste, tout haut, qu'ils -ne nous accorderont l'argent demand que si nous leur -donnons, noir sur blanc, la garantie que le gouvernement -ne s'unira pas la Russie et n'agira pas dans les -intrts de cette puissance. Nos adversaires ne se sont pas -prononcs sur quoi devait reposer cette garantie; ils -veulent traner la question en longueur et attendre le -retour du Prince de Prusse dans lequel ils esprent trouver -un soutien et un appui.</p> - -<p>Extrait d'une lettre de M. de Humboldt, de Berlin, le -24 mars 1854: Le Roi s'est bless la joue, en faisant -une de ces promenades solitaires et nocturnes dans le parc -de Charlottenbourg, qui inquitent sous plus d'un rapport. -Il s'est bless au visage contre une grosse branche d'acacia. -Cet accident n'aura pas de suites graves; cependant, il y -a un peu de fivre et ncessit absolue de quelques jours -de tranquillit. On concevrait ces promenades nocturnes -dans une nuit d't, mais dans cette saison! Got fantastique -du vague dans l'obscurit, plaisir d'imagination -cherchant sa nourriture. La veille de l'accident, nous -avons eu un grand dner pour les anges de paix envoys -en Occident<a id="FNanchor_127" href="#Footnote_127" class="fnanchor"> [127]</a>. Ils en sont revenus trs moroses, car ils -<span class="pagenum"><a id="Page_171"> 171</a></span> -n'ont fait que de la bouillie pour les chats. Le prince de -Hohenzollern, le seul qui observe juste, l'avait prdit. -Malheureusement, encore aujourd'hui, on ne veut pas -croire ici combien les choses sont furieusement avances - Paris et surtout Londres, d'o Palmerston, ds -novembre dernier, avait envoy Berlin, par le pieux -Bunsen, un projet de dmembrement de l'Empire russe.</p> - -<p>Les uns et les autres mettent leurs ennemis la -broche, avant de les avoir expdis dans l'autre monde. La -Russie propose de faciliter l'agonie turque, Albion propose -d'carteler la Russie; on se vaut bien en fait de tratrise!</p> - -<p>Le pauvre Grœben a frapp Londres par son ignorance -parfaite de la langue franaise. Son premier mot -lord Clarendon a t, dit-on: <i>L'Empereur de Russie, -guerre veut pas.</i> Clarendon a fait alors la rflexion qu'il -tait naturel que la Prusse, se complaisant dans une position -inexplicable, et choisi un reprsentant qui ne st -pas s'expliquer.</p> - -<p>Il y a ici beaucoup d'humeur contre Bunsen; il y en -a aussi Osborn-House, o il avait fait croire que la -Prusse guerroyerait bel et bien contre la Russie, contre -cette <i>douce</i> Russie, qui ne veut prendre Constantinople -<i>qu'en dpt</i>.</p> - -<p>L'envoi du gnral Lindheim au Czar excitera encore -l'humeur contre nous, Paris et Londres<a id="FNanchor_128" href="#Footnote_128" class="fnanchor"> [128]</a>. Je crois -<span class="pagenum"><a id="Page_172"> 172</a></span> -l'<i>homme taciturne</i> des Tuileries beaucoup plus entreprenant -que ne l'est la Russie; il se pourrait bien que le -centre d'action ft dplac et que la querelle comment -sur la rive gauche du Rhin; on y parviendrait par quelques -dtours, on n'attaquerait pas tout de suite la Belgique, -mais on attaquerait, conjointement avec la Belgique, -notre Prusse rhnane. L'Angleterre voudra-t-elle, pourra-t-elle -s'y opposer? Bunsen a envoy ici deux de ses fils -(l'an a pous la fille de la prcheuse Mme Frey). Le Roi -ne les a pas reus. Cependant on ne rappellera pas le pre, -de peur de contrarier le Prince Albert.</p> - -<p>Vous aurez sans doute lu l'article du journal de Bethmann-Holweg -dans le numro du 18<a id="FNanchor_129" href="#Footnote_129" class="fnanchor"> [129]</a>. Il est d'Albert -de Pourtals, qui raconte la vritable cause de sa dfaite. -Il s'est cru le matre, tandis qu'il tait bern par M. de -Manteuffel qu'il pensait dtrner. Celui-ci faisait venir en -hte et en cachette son neveu, qui est <i>persona grata</i>, pour -contre-balancer Albert de Pourtals.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_173"> 173</a></span> -<i>Sagan, 2 avril 1854.</i>—On a eu officiellement -Vienne la <i>certitude</i> que Mazzini avait dbarqu Gnes -cinq ou six jours avant l'attentat de Parme<a id="FNanchor_130" href="#Footnote_130" class="fnanchor"> [130]</a>. Un groupe -de spectateurs, en apparence bnvoles, s'est ouvert pour -donner refuge au meurtrier, qui a port son coup en se -glissant derrire le Duc et le blessant par le ct dans le -bas-ventre. Le Duc tait accompagn de deux officiers, -dont l'un l'a reu dans ses bras, l'autre s'est prcipit sur -le meurtrier abrit par le groupe, qui, en se refermant, a -un instant barr, sans affectation, le chemin l'officier et a -laiss au criminel le temps de s'vader derrire le rideau -humain qui l'abritait. Tout ceci est officiel. Il l'est de -mme que de nouvelles tentatives ont t faites d'empoisonner -les puits des casernes dans le royaume lombardo-vnitien. -On est oblig de placer des sentinelles prs de -chacun de ces puits et de les couvrir de grands couvercles -ferms clef.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 5 avril 1854.</i>—Lady Westmorland m'crit de -Berlin, o elle s'est rendue de Vienne au-devant de son -fils: J'ai dn chez la Reine. Le Roi a paru aprs le -dner, plein de la plus charmante bont pour moi, mais -avec un bien mauvais et ple visage, la joue couverte -d'empltres. Il m'a parl longtemps avec abandon; il -s'imagine que la lettre que le duc Georges de Mecklembourg-Strlitz, -arriv en courrier de Saint-Ptersbourg -<span class="pagenum"><a id="Page_174"> 174</a></span> -ici, lui a apporte, doit aplanir toutes les difficults. Personne -ici ne partage cette opinion. Le Prince de Prusse -est venu me voir entre deux accs de fivre (il est menac -d'une fivre quarte, qui n'est pas chose indiffrente sur un -corps aussi mal dispos); il est trs fch de la venue du -duc Georges de Strlitz. En gnral, je ne vois ici que -confusion et mfiance.</p> - -<p>Hlas! Lady Westmorland ne voit que trop juste; et -force d'indcisions, de brouillards et de mauvaises -finesses, on dcouragera l'Autriche; la Prusse dtachera -d'elle les petits tats, et deviendra honteusement la proie -de ses grands voisins et la pture des rvolutionnaires qui -sont partout, et qui enlacent la pauvre vieille Europe de -leur brlant rseau.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 7 avril 1854.</i>—J'ai revu hier la station voisine, -o j'ai t l'embrasser, lady Westmorland retournant -de Berlin Vienne. Elle rapporte une fort triste impression -du lieu qu'elle quitte. Tout y est confusion, la plus -grande gt dans la tte du Roi. Le voil qui s'imagine tre -le matre de l'Europe, empcher la guerre son gr; bref, -ce sont des rves creux si tranges qu'on serait tent de -leur donner un autre nom. O tout cela conduira-t-il? -Impossible de le prvoir. En attendant, on perd un temps -prcieux, on se dconsidre de plus en plus. L'opinion -publique s'excite et l'avenir se rembrunit cruellement.</p> - -<p>Louis-Napolon a dit au Prince de Hohenzollern qu'il -ne s'agissait plus de la question d'Orient, que c'taient -des billeveses; mais bien d'ter la Russie sa prpondrance -<span class="pagenum"><a id="Page_175"> 175</a></span> -en Europe, dont, sans doute, il veut son tour la -direction. Le Prince de Prusse a montr beaucoup d'inquitude -pour les provinces rhnanes et une grande indignation -contre le Roi Lopold qui, de peur de perdre la -Belgique, se lie troitement son puissant voisin et se dispose - l'aider dans ses convoitises rhnanes.</p> - -<p>On dit M. de Manteuffel trs dcourag, trs fatigu des -irrsolutions et des changements continuels. La lettre -apporte par le duc Georges de Mecklembourg ne dit rien -que des phrases vagues, faites pour plaire celui qui -elle est adresse, pour ajouter du brouillard au brouillard, -pour gagner du temps, ou, pour mieux dire, en faire -perdre aux autres. Malheureusement, ce but parat atteint. -Cependant, le Prfet de police de Berlin a dit son matre -qu'il ne pouvait pas rpondre de la sret publique, si le -Gouvernement se rejetait du cte russe. On dit la pauvre -Reine triste et bien agite. La sant du Roi n'est pas ce -qu'elle devrait tre, et celle du Prince de Prusse est dcidment -trs mauvaise.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 25 avril 1854.</i>—On me mande de Vienne que -le prince de Metternich a bien pauvre mine. Il parat que la -socit viennoise se divise d'une faon trs aigre et trs -absolue en deux camps fort hostiles; la majorit penchant -pour la Russie et blmant le jeune Empereur de s'allier -avec, ou, du moins, de se rapprocher des Puissances -maritimes qu'on suppose pleines de tratrise et fomentant -sourdement le mouvement rvolutionnaire, pour le faire -clater leur profit et au dtriment de la Prusse, aussitt -<span class="pagenum"><a id="Page_176"> 176</a></span> -qu'on n'aura plus besoin d'elle pour contenir et pour -diminuer la Russie.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 8 mai 1854.</i>—Un mot que je reois de Berlin -me dit que le Prince de Prusse s'est brouill d'une manire -clatante avec le Roi, ou bien le Roi avec le Prince, tant -il y a que celui-ci a d quitter Berlin hier au soir.</p> - -<p>Le renvoi de M. de Bonin, ministre de la Guerre, fait un -mauvais effet; il dplaira aux Cours occidentales et donnera -de l'humeur Vienne o, malgr les paroles donnes -au gnral de Hess et ratifies depuis, on n'a plus ni -estime, ni confiance, ni foi en la franchise du Gouvernement -prussien, ni en sa fixit<a id="FNanchor_131" href="#Footnote_131" class="fnanchor"> [131]</a>. Quel tat, bon Dieu!</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 19 mai 1854.</i>—La Cour de Potsdam est trs -proccupe de la scission des deux frres. Si je puis -me permettre une opinion, c'est qu'au fond le Prince de -<span class="pagenum"><a id="Page_177"> 177</a></span> -Prusse a parfaitement raison, mais que ses conseils -auraient d rayer quelques expressions qui ont fourni des -armes contre lui.</p> - -<p>La mission du comte Alvensleben Vienne est destine - neutraliser, autant que possible, la porte et les rsultats -de l'accord conclu avec le gnral de Hess, et entraver, -par consquent, la marche de l'Autriche. On voulait surtout -empcher la leve des quatre-vingt-quinze mille -hommes; mais Alvensleben aura trouv la chose faite<a id="FNanchor_132" href="#Footnote_132" class="fnanchor"> [132]</a>. -Les quatre Rois de Wrtemberg, Bavire, Saxe et Hanovre, -travaills par l'intrigue russe et les incertitudes de la -Prusse, font bande part. Tout cela constitue le plus triste -tat de choses.</p> - -<p>On m'assure que Napolon est dans un fort mauvais -tat de sant! Autre complication.</p> - -<p class="blockquote">Nouvelle runion des deux correspondants, qui interrompit -l'change de leurs lettres pendant plusieurs mois.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 14 aot 1854.</i>—Je suis arrive ici, hier. -Aujourd'hui dans la matine, mon fils Louis<a id="FNanchor_133" href="#Footnote_133" class="fnanchor"> [133]</a> m'a conduite -par la place Louis XV, la terrasse du bord de l'eau, -le Carrousel, la colonnade du Louvre, Saint-Germain-l'Auxerrois -<span class="pagenum"><a id="Page_178"> 178</a></span> -et la rue de Rivoli: tout cela sans sortir de -voiture; mais j'ai vu un peu du nouveau Paris, dont -beaucoup de choses sont belles, d'autres manques. Les -btiments des Ministres, par lesquels on a rtrci la -grande place du Carrousel, crasent le btiment principal; -le Louvre, en lui-mme, vu de ce ct-l, n'a -plus l'air de rien du tout. Je regrette le grand et vaste -jardin que je rvais entre les deux palais.</p> - -<p class="section"><i>Orlans, 16 aot 1854.</i>—Je suis descendue ici dans -le petit ermitage de Pauline, au couvent du Sacr-Cœur. -Ici, du moins, je suis l'abri du bruit extrieur dont -j'tais assourdie Paris. J'ai eu toutes les facilits possibles -pour suivre les offices pendant la fte d'hier; ils s'y -font trs bien et la musique tait bonne: les jeunes voix -sont les vraies pour chanter la Sainte Vierge. La cloche -sonne pour la distribution des prix; par exception j'y suis -admise; j'hrite de tous les privilges de Pauline, quoique -je n'en mrite aucun.</p> - -<p class="section"><i>Rochecotte, 20 aot 1854.</i>—M'y voici, dans ce pauvre -Rochecotte qui me serre le cœur plus que je ne puis le -dire<a id="FNanchor_134" href="#Footnote_134" class="fnanchor"> [134]</a>. Notre vie y est toute conventuelle: chaque matin -la messe, chaque soir la prire en commun, un maigre -strict, une conversation plus ou moins sainte, jamais profane; -aucun autre bruit que celui des deux garons et de -la toux de leur abb. Je ne demande pas mieux, je m'arrange -<span class="pagenum"><a id="Page_179"> 179</a></span> -fort bien de genres fort divers, ds qu'ils ne choquent -pas le bon sens ni le got. Le silence est un grand -repos; le coup de cloche vaut mieux que la pendule qui -n'avertit pas tout le monde de mme. La simplicit apaise et -les bons propos musellent les coups de langue imptueux.</p> - -<p>J'applaudirai aux spectacles qui se prparent Valenay; -je crois que la vraie bonne grce est de revtir la livre -des personnes chez lesquelles on se trouve, ds qu'elle -n'est pas choquante. Chez moi, je voudrais un <i>mezzo-termine</i> -entre les deux genres, et, peut-tre, cela ne -serait-il pas meilleur? Tant il y a que Pauline<a id="FNanchor_135" href="#Footnote_135" class="fnanchor"> [135]</a> remplit -bien le cadre dans lequel elle s'est place, et il est rare -d'y russir aussi compltement.</p> - -<p class="section"><i>Rochecotte, 23 aot 1854.</i>—M. de Falloux, qui est ici -depuis hier, nous quitte samedi. Je l'honore et le trouve -fort aimable par le cœur et par l'esprit: la grande ferveur -de sa dvotion n'a rien d'troit; mais quelle sant! Il m'a -racont des choses curieuses sur M. de Persigny; il lui -reconnat beaucoup de qualits, et il en trouve aussi -Louis-Napolon. Ce dernier a mand par tlgraphe M. de -Persigny Biarritz; et, malgr une violente cholrine, il -s'y est rendu avec son mdecin; il en est revenu, mais on -n'a pu me dire le motif de l'appel, ni le rsultat de l'entrevue.</p> - -<p class="section"><i>Valenay, 10 septembre 1854.</i>—M. de Salvandy nous -<span class="pagenum"><a id="Page_180"> 180</a></span> -est arriv hier avec la mme verve, la mme rdaction -brillante, les mmes nobles et beaux sentiments, la mme -emphase, le corps grossi, alourdi, le visage rid et ses -longs cheveux cachant pniblement sa triste infirmit<a id="FNanchor_136" href="#Footnote_136" class="fnanchor"> [136]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 18 octobre 1854.</i>—L'vque d'Orlans va passer -trois mois Rome; il voudrait que sa rception l'Acadmie -franaise et lieu avant son dpart; ce sera probablement -le 8 novembre, et comme il tient beaucoup que -j'assiste cette sance, je prolongerai mon sjour jusqu' -cette poque Paris<a id="FNanchor_137" href="#Footnote_137" class="fnanchor"> [137]</a>.</p> - -<p>Le duc de Noailles est venu hier, de Maintenon, pour -me voir; il a dn chez moi avec Mme de Chabannes, -Max de Hatzfeldt et mon fils Alexandre. Il y avait dans ce -petit dner toutes les nuances d'opinions reprsentes; -cela ne rendait pas la conversation plus vive. Tout le -monde me parat vieilli, attrist, ennuy, et cela en -regard d'un luxe effrn, d'une chert excessive, d'une -avidit de jouissances matrielles menaante.</p> - -<p>Les obsques du marchal de Saint-Arnaud ont t -affreusement arroses par la pluie, et c'est sur l'air des -patineurs de l'opra du <i>Prophte</i>, jou par la musique -<span class="pagenum"><a id="Page_181"> 181</a></span> -des guides, que l'Archevque de Paris a donn l'absoute<a id="FNanchor_138" href="#Footnote_138" class="fnanchor"> [138]</a>. -Toute l'poque prsente est l.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 28 novembre 1854.</i>—Je viens d'arriver ici. -Tout est couvert d'une neige paisse, la misre extrme, -les dsastres infinis, les sants compromises; les inquitudes -de guerre augmentent, les impts s'accroissent, les -Chambres prussiennes aussi nigmatiques, dans leur composition -singulire, que douteuses dans les travaux qu'on -leur demande. Les perscutions religieuses contre les -catholiques, quoique sourdes encore, deviennent de plus -en plus irritantes; je n'ai jamais vu une poque plus -complique, qui offre moins d'issues consolantes, tant -pour les individus que pour les masses.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 6 dcembre 1854.</i>—A Berlin la division est -partout et je ne sais ce qui est le plus envenim et le plus -embrouill, de la politique extrieure ou de l'tat intrieur. -On dit dj que la seconde Chambre va tre dissoute. -Les deux traits signs coup sur coup entre la -Prusse et l'Autriche, et entre celle-ci et les Puissances -occidentales, sans se contredire, sans s'exclure, changent -cependant l'tat des choses. L'Autriche s'tait, la -<span class="pagenum"><a id="Page_182"> 182</a></span> -vrit, rserv le droit de conclure indpendamment des -traits<a id="FNanchor_139" href="#Footnote_139" class="fnanchor"> [139]</a>, mais on ne pensait pas, Berlin, qu'elle ferait -un si prompt usage de ce droit, qu'elle en userait sans -prvenir la Prusse, et en se bornant lui laisser la facult -de s'y runir, si elle le juge convenable. On m'crit de -Berlin que rien n'gale la colre qui y rgne, si ce n'est la -fureur des Russes qui s'y trouvent. Je suis fort tente de -croire que la Prusse accdera au second trait, mais qu'on -ne lui en saura aucun gr. Quel rle que le sien! mais -on peut bien dire: <i>Tu l'as voulu, George Dandin!</i></p> - -<p class="section"><i>Sagan, 11 dcembre 1854.</i>—C'est assurment un fort -grand vnement que le trait du 2 dcembre, pour le -prsent et pour l'avenir. Il fait entrer l'Europe dans une -nouvelle phase. C'est, il me semble, la certitude qu'il n'y -aura point de guerre allemande <i>rvolutionnaire</i>, ce qui -tait le grand danger des circonstances actuelles; et de -l'autre, la certitude de la paix dans un temps donn. -J'imagine, nanmoins, que les Franais et les Anglais -voudront prendre Sbastopol avant de la conclure. Pour -l'avenir, c'est un changement complet de la politique -europenne; l'arrt des progrs de la Puissance russe en -Orient et la perte de sa prpondrance en Allemagne. -<span class="pagenum"><a id="Page_183"> 183</a></span> -C'est aussi, je crois, le pas donn en Allemagne -l'Autriche sur la Prusse (qui l'aura bien voulu); c'est -enfin, si je m'en souviens bien, la ralisation des projets -et de la politique de M. de Talleyrand et la rupture du -redoutable faisceau des trois Cours du Nord, qui existait -depuis trente ans. Tous ces vnements, s'ils arrivent - bonne fin, serviront admirablement l'Empereur Louis-Napolon.</p> - -<p>Pauline, ma fille, m'crit de Rome des volumes sur -l'unanimit des vques l'occasion de l'Immacule-Conception<a id="FNanchor_140" href="#Footnote_140" class="fnanchor"> [140]</a>. -Elle est dans un ravissement sraphique. -Je crains cependant que les vques aient voulu plaire au -Pape en se conformant ses dsirs, car j'en connais plus -d'un qui reculait devant une innovation inutile. Je ne sais -rien de particulier sur la manire dont Mgr l'vque -d'Orlans a t reu Rome. L'glise raisonnable sera-t-elle -coute plus favorablement que l'glise exagre et -agressive? Ces querelles intestines dans le clerg sont -funestes la religion. Je crois que la querelle des Jsuites -et des Jansnistes a t pour beaucoup dans l'incrdulit -du dix-huitime sicle, comme les discordes de l'glise, -du temps des Conciles de Ble et de Constance, ont amen -la Rforme. Le Pape actuel a l'air d'tre cr pour toucher - tout, c'est--dire pour tout branler.</p> - -<div class="chapter"> -<p><span class="pagenum"><a id="Page_184"> 184</a></span></p> -<h2 class="normal">1855</h2> -</div> - -<p class="section"><i>Sagan, 5 janvier 1855.</i>—Le passage par Paris, pour -se rendre Nice, de Mme de Lieven (qui sera mon avis -un retour dfinitif Paris), me semble avoir le retentissement -d'un vnement politique; les lettres et les journaux -le rptent l'envi<a id="FNanchor_141" href="#Footnote_141" class="fnanchor"> [141]</a>. On dit que la voiture de -M. de Morny l'attendait la gare du chemin de fer de -Paris. C'est bien drle, le monde, quand il n'est pas bien -laid! Je lis des articles de journaux o cette rentre -Paris fait conclure des reprises de ngociations pacifiques -avec la Russie. Pour mon compte, je crois que -cette conjecture n'est fonde que relativement quelques -membres du Ministre franais, mais point en ce qui -regarde Louis-Napolon.</p> - -<p>Je suis de plus en plus frappe des altrations profondes -qui se manifestent dans la conduite du Gouvernement -anglais. On ne retrouve plus ce grand accord, ni -ces mnagements mutuels qu'entranait si naturellement -jadis une crise extrieure. Les Ministres tirent les uns -sur les autres, les deux Chambres sur le Ministre, les -<span class="pagenum"><a id="Page_185"> 185</a></span> -journaux sur les Ministres, sur les deux Chambres, et, -ce qui me parat sans exemple, sur l'arme, sur les -gnraux en pleines oprations de guerre, et de quelle -guerre! Ne sont-ce pas l des signes infaillibles de -l'avnement de la dmocratie en Angleterre! J'y vois, -de mes faibles yeux, le vritable secret de l'alliance entre -la France et l'Angleterre.</p> - -<p>Lady Westmorland m'crit de Vienne qu' Londres on -trouve trs mauvais qu'on permette Mme de Lieven de -venir Paris et d'y rester. Londres proscrivant Mme de -Lieven! Ah! George IV, o es-tu?</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 8 janvier 1855.</i>—Lady Westmorland m'crit -de Vienne, en date du 4 janvier: Nous sommes dans un -moment bien critique, car la rponse faite la <i>rfrence</i> -faite Saint-Ptersbourg, qui doit tre ici avant le 15, -dcidera s'il y a un espoir de paix, ou si la guerre doit -devenir <i>gnrale et ternelle</i>. Mon esprance pacifique -s'affaiblit de plus en plus, non par ce qui se passe ici, -mais par ce qui est <i>la pense actuelle</i> Paris. Si l'Empereur -Napolon avait envie de faire la paix, je crois que -l'Angleterre ne pourrait y mettre de srieuses entraves, -malgr nos infmes gazettes, notre sot public et les <i>mischievous</i><a id="FNanchor_142" href="#Footnote_142" class="fnanchor"> [142]</a> -diplomates. Mais il me parat certain que -l'Empereur Napolon pousse la guerre plus violemment -que jamais. Le petit Bourqueney est en convulsion quand -il voit une <i>ombre</i> de ngociation possible. L'tat de nos -<span class="pagenum"><a id="Page_186"> 186</a></span> -armes et l'attitude des Russes en Crime devraient, ce -me semble, nous rendre plus <i>traitables</i>. J'avoue que je -ne puis partager la scurit de ceux qui voient dj Sbastopol -pris, la flotte russe dtruite et l'Empereur Nicolas -genoux!</p> - -<p>Le Duc et la Duchesse de Brabant ont eu la bont de -venir me voir, pendant que mon mari tait malade. Elle -est embellie; il m'a paru qu'elle a grandi et maigri. Ce qui -est sr, c'est qu'elle est bien mise, que sa tournure est -moins lourde et qu'elle a des manires douces et naturelles -qui plaisent. Son mari n'a pas l'air d'avoir un jour -de plus que quand il tait ici, il y a vingt mois; on lui -donnerait seize ans. C'est une grande asperge avec la -poitrine troite, et sans ombre de barbe; il parle beaucoup, -ne manque pas d'esprit, mais si son corps est trop -jeune, son esprit ne l'est pas du tout; il parle non pas -en homme, mais en vieillard. Jugez s'il doit tre amusant -pour sa jeune femme, avec laquelle il prend des airs -de matre. Ils vont voyager en gypte pour la sant du -mari, qui a la manie des voyages.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 13 janvier 1855.</i>—Je suis revenue hier de -Breslau o j'ai pass un jour plein, en grande partie avec -le Prince-vque causer de ce qu'il vient de quitter -Rome et de ce qu'il trouve ici; et ce qu'il trouve ici est -grave et triste; car il n'est que trop vident que le Gouvernement -prussien, conduit par les pitistes, cherche -par tous les moyens, surtout par des voies occultes, qui -n'en sont que plus dangereuses, saper l'glise catholique -<span class="pagenum"><a id="Page_187"> 187</a></span> -et en paralyser les Ministres. Ces voies occultes se -trouvent mme mises en jeu, Rome, au point que le -Saint-Pre, loin de redouter le <i>retrait</i> de la Lgation de -Prusse, le <i>dsire</i>, tant celle-ci a fait de protestantisme et -de franc-maonnerie au palais Cafarelli<a id="FNanchor_143" href="#Footnote_143" class="fnanchor"> [143]</a>. Il y aurait des -volumes crire sur tout ceci.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 20 janvier 1855.</i>—Voici une lettre de lady -Westmorland, en date du 17, de Vienne: Tous les -jours, les chances de paix me paraissent moindres, et -cependant nous sommes au seul moment o elle serait -possible, car on pourrait la faire avec honneur de tous -les cts<a id="FNanchor_144" href="#Footnote_144" class="fnanchor"> [144]</a>. Je crois l'Empereur de Russie sincre; il -fait de grandes concessions pour terminer une guerre qui, -jusqu' prsent, n'a pas eu pour lui des consquences -trop dsastreuses. Mais l'ide seule qu'on pourrait entrer -en ngociation avec l'Empereur Nicolas met Bourqueney -en fureur. Il me semble, cependant, bien difficile de refuser -<span class="pagenum"><a id="Page_188"> 188</a></span> -la ngociation, quand les conditions, qu'on a poses -soi-mme comme ncessaires, ont t acceptes sous -rserve. Mais le fait est que, lorsqu'on a pos les conditions, -on tait convaincu qu'elles ne seraient pas acceptes. -Les dtails de la Confrence du 8 ont t reus -Londres le 9; et, aujourd'hui 17, encore point de -rponse, except un simple accus de rception. C'est -qu'on attend <i>les ordres de Paris</i> pour savoir ce que l'on -doit faire. Soyez sre que c'est l'Empereur Napolon qui -est le matre de la situation. La paix se ferait demain s'il -le voulait; mais il ne le veut pas, il ne l'a jamais voulu. -Je ne sais quelles sont ses <i>arrire-penses</i>; mais il en a. -Le Gouvernement anglais est trop faible et trop divis, -trop soumis au joug de la presse pour agir selon les lois -du bon sens; et puisque la nation anglaise entire est -dans un paroxysme fivreux en faveur de l'alliance franaise, -il faut bien que le Cabinet cherche sa seule force -dans le soutien de la France. Voil pourquoi je dsespre -de la paix. On s'acharne ne rien couter, jusqu' ce -que l'on se soit rendu matre de Sbastopol par quelque -succs clatant; mais, si on y parvient, je doute fort -qu'<i>alors</i> la Russie soit aussi bien dispose qu'elle l'est en -ce moment dsarmer. Mais obtiendrons-nous ce succs? -J'en doute. Nous pourrons, <i>peut-tre</i>, avec des sacrifices -<i>normes</i>, dtruire la ville et les vaisseaux, mais je ne crois -pas qu'il soit possible de <i>prendre</i> et d'<i>occuper</i> Sbastopol -sans avoir pris les forts du nord, c'est--dire sans un -second sige plus difficile que le premier. Si on manque -la chance que les concessions actuelles de la Russie -<span class="pagenum"><a id="Page_189"> 189</a></span> -offrent en ce moment, je ne vois plus qu'un avenir plein -de prils pour le monde entier. Ici, on dsire ardemment -la paix, on cherche avancer les ngociations; et, tout -en adhrant aux garanties demandes, on voudrait ne pas -rendre les choses trop difficiles pour la Russie. On serait -bien aise de voir la Prusse entrer dans l'alliance; on le -dsire aussi Londres, mais la France fera tout ce qu'elle -pourra pour l'empcher, car c'est ce qu'elle craint <i>par-dessus -tout</i>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 23 janvier 1855.</i>—On me mande de Paris -que la Cour fminine de l'Impratrice Eugnie, par des -dmissions peu regrettables, va se recruter dans le faubourg -Saint-Germain, non pas, la vrit, dans ses sommits, -mais cependant dans le beau monde.</p> - -<p>On ajoute que le trait avec l'Autriche a adouci beaucoup -de rcalcitrants. Il en reste cependant un petit -nombre, entre autres le ct Mol, plus fortement accentu -chez Mme de La Fert<a id="FNanchor_145" href="#Footnote_145" class="fnanchor"> [145]</a>. Sa cousine, Mme de La -Grange, s'tait annonce Champltreux; elle a reu, -pour rponse, de la part de l'intolrante Mme de La Fert, -<i>refus absolu</i> de recevoir une <i>personne rallie</i>. L-dessus, -Mme de Flavigny, mre de <i>la refuse</i>, crit avec furie -son cousin M. Mol. Celui-ci rpond plus courtoisement, -mais avec une merveilleuse impudence, qu'il a <i>toujours -t lgitimiste</i>. Et voil le monde et la socit de Paris! -Du reste, on dit que celle de Berlin, celle de Vienne, ne -<span class="pagenum"><a id="Page_190"> 190</a></span> -sont pas plus commodes, que partout, il y a division, -aigreur, hostilit.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 27 janvier 1855.</i>—On m'crit de Berlin que -le Prince de Prusse y est fort triste et fort pein. On -croyait, avant-hier, la sortie de M. de Manteuffel des -affaires et l'entre de M. de Bismarck-Schœnhausen aux -Affaires trangres. Cependant, il n'y avait rien de fait, -rien de dcid. Si ce bruit se vrifiait, la guerre entre -l'Autriche et la Prusse, dj probable, deviendrait certaine; -car M. de Bismarck dteste l'Autriche, autant que -moi je dteste les chats<a id="FNanchor_146" href="#Footnote_146" class="fnanchor"> [146]</a>, et il brle de la combattre en -brandissant une lance qui pourrait bien avoir les mmes -proportions que celle de Don Quichotte.</p> - -<p>Voici une singulire anecdote dont des personnes -graves m'assurent la parfaite exactitude; la police militaire -et civile en touffent, comme de raison, la circulation. -Il y a fort peu de jours que deux sentinelles, places -au muse de Berlin, ont vu la nuit les portes du Chteau -s'ouvrir et un cortge funbre, entour de force flambeaux, -en sortir et se diriger vers l'glise qu'on nomme -le <i>Dom</i>. Sur le char funbre, se trouvait une couronne -royale, et le Prince de Prusse conduisait le deuil. Une des -sentinelles, saisie d'effroi, a perdu connaissance; l'autre -a vu entrer le cortge dans l'glise. Toutes deux, lorsqu'elles -ont t releves du poste, ont t faire leur dposition -parfaitement identique, quant aux dtails, dans -<span class="pagenum"><a id="Page_191"> 191</a></span> -la bouche de l'une comme dans celle de l'autre. Et -voil!</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 5 fvrier 1855.</i>—Quel spectacle que celui -offert par l'Angleterre! Cette grande Angleterre quand j'y -vivais! Et maintenant, quel croulement! Le tout au -profit de lord Palmerston! Mais tout cde l'horreur de ce -qui se passe en Crime. Je n'ose plus lire les articles qui -en dpeignent les misres; cela me bouleverse pour -l'humanit en gnral, et pour ceux qui m'intressent en -particulier<a id="FNanchor_147" href="#Footnote_147" class="fnanchor"> [147]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 7 fvrier 1855.</i>—Humboldt, dans une longue -lettre pleine de gmissements sur les illusions que nous -dplorons tous, dit ensuite: On a envoy d'abord le -gnral Wedel Paris<a id="FNanchor_148" href="#Footnote_148" class="fnanchor"> [148]</a>, un des innocents que l'on flattera -<span class="pagenum"><a id="Page_192"> 192</a></span> -aux Tuileries; le dangereux Olberg l'accompagne, -mais depuis, on le fait suivre par un autre ngociateur, -Niebuhr<a id="FNanchor_149" href="#Footnote_149" class="fnanchor"> [149]</a>, sous l'apparence peu trompeuse d'un voyage -de dlassement. J'ai t sollicit de lui donner des recommandations -pour Guizot, Salvandy, Villemain. Voudra-t-il -pntrer dans le temple de la rue Saint-Florentin<a id="FNanchor_150" href="#Footnote_150" class="fnanchor"> [150]</a>? Aprs -Niebuhr, il reste envoyer Hensel, et puis le hurleur Strauss. -Voil quoi en est rduite la diplomatie prussienne!</p> - -<p>M. de Manteuffel, m'crit-on, d'autre part, ignorait -tellement la mission du gnral Wedel que, lorsque celui-ci -s'est prsent au Ministre des Affaires trangres pour -prendre connaissance des dernires correspondances -diplomatiques, le Ministre les lui a refuses, disant qu'il -ne les lui communiquerait que sur un ordre sign du Roi. -Le Roi dit aux uns, qu'il ne fera jamais la guerre aux -allis, aux autres, que jamais il ne la fera la Russie.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 12 fvrier 1855.</i>—Que dire de l'trange discours -de l'amiral Napier, qui jette son <i>verdict</i> contre la -marine anglaise? Voil donc l'Angleterre dflore de tous -ses prestiges. Quel <i>fiasco</i>! Ce n'est pas parlementairement -qu'elle brille, pas plus que maritimement, ni militairement; -car il est impossible de plus laver son linge sale en -<span class="pagenum"><a id="Page_193"> 193</a></span> -public qu'on ne l'a fait en plein Parlement<a id="FNanchor_151" href="#Footnote_151" class="fnanchor"> [151]</a>. Tout cela -profite Louis-Napolon, et je ne vois ici que <i>lui</i> qui ait -tir avantage des dconfitures des autres. J'en ai du chagrin -pour l'Angleterre, j'y ai pass de trop belles annes -pour qu'il me soit possible de rester indiffrente ses -checs. Quelqu'un de trs bien plac pour le savoir me -mande de l'Italie que le Roi de Sardaigne est dans une -disposition d'esprit fort abattue et trouble. Ayant -demand sa mre de lui donner, avant de mourir, sa -bndiction, la mourante la lui a refuse et n'a fini par la -lui accorder que sous condition expresse qu'il ne sanctionnerait -pas la vente des biens du clerg, et la jeune -Reine aussi, aprs avoir reu les derniers sacrements, a -conjur le Roi de ne pas charger sa conscience d'un tel -pch. On croit donc que le Roi ne sanctionnera pas cette -loi spoliatrice; mais d'autre part, les Ministres et la -majorit des deux Chambres veulent forcer le consentement -royal<a id="FNanchor_152" href="#Footnote_152" class="fnanchor"> [152]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_194"> 194</a></span> -On m'crit de Paris que c'est dcidment le duc de -Broglie qui succdera Sainte-Aulaire l'Acadmie franaise, -et un homme de lettres M. Ancelot. Reste le fauteuil -de Baour-Lormian<a id="FNanchor_153" href="#Footnote_153" class="fnanchor"> [153]</a> qui, je l'espre encore, arrivera - M. de Falloux, quoi qu'on dise que M. Thiers est -vif contre lui; son propos ce sujet est de dire: <i>Jamais -je ne donnerai ma voix l'Immacule Conception.</i></p> - -<p class="section"><i>Sagan, 14 fvrier 1855.</i>—Voil encore le Duc de -Gnes mort. Quels avertissements pour le Roi de Sardaigne! -N'y verra-t-il pas le doigt de Dieu?</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 20 fvrier 1855.</i>—On m'assure qu'il est -arriv ici, il y a deux jours, un projet de convention sign -entre le gnral de Wedel et M. Drouyn de L'Huys qui -serait trs acceptable pour la Prusse, mais qui, naturellement, -doit d'abord obtenir la sanction du Roi. Je n'ai pu -savoir, jusqu' prsent, si elle avait t donne ou bien si -on n'aura pas cherch allonger la courroie, au moins -jusqu'au passage de lord John Russell, qu'on attend d'ici - quelques jours<a id="FNanchor_154" href="#Footnote_154" class="fnanchor"> [154]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_195"> 195</a></span> -Quelqu'un disait quand on admirait devant lui l'Empereur -Napolon III: <i>Gare aux coups de tte</i>. Et, en -effet, en voil un nouveau qui se prpare et qui, s'il -s'excute, ne le cdera en rien celui de Strasbourg et de -Boulogne. Il est parfaitement sr qu'il veut partir la fin -de ce mois pour la Crime, y faire coups d'hommes -assaut Sbastopol, prendre la ville et tre revenu -Paris au bout de six semaines pour l'ouverture de l'Exposition. -Cette fantaisie a extrmement effray Paris. On -tche d'en dtourner l'Empereur, mais c'est fort difficile. -Le gnral Niel lui a mand qu'il y avait eu plusieurs fautes -de faites dans le plan du sige, fautes rparables, et que -la ville, difficile prendre, n'tait pas cependant impossible - escalader coups d'hommes.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 2 mars 1855, 4 heures aprs midi.</i>—Le tlgraphe -apporte une immense nouvelle qui a frapp ici -comme un coup de foudre la Famille Royale. Le retentissement -en sera non moins immense d'un bout de l'Europe - l'autre<a id="FNanchor_155" href="#Footnote_155" class="fnanchor"> [155]</a>. La prsence Berlin de lord John Russell -au moment o on y reoit la nouvelle de la mort de -l'Empereur Nicolas ajoute encore aux embarras de M. de -Manteuffel, car le Roi ne reoit plus personne et il part ce -<span class="pagenum"><a id="Page_196"> 196</a></span> -soir pour Charlottenbourg. Les dernires paroles de -l'Empereur Nicolas l'Impratrice ont t pour faire -demander au Roi de Prusse de rester le mme envers la -Russie, et de se souvenir des dernires paroles du Roi son -pre. On m'assure qu'aprs avoir appris ce dtail, le Roi -est all en chercher l'cho au tombeau de Charlottenbourg. -On ne croit pas qu'il dpende du nouvel Empereur -de se montrer plus facile pour les conditions de la -paix. On pense plutt, que pour se maintenir en possession -de ce trne sanglant, il faudra qu'il se montre -presque aussi <i>russomane</i> que l'est son frre Constantin.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 3 mars 1855.</i>—La mort de l'Empereur -Nicolas, si peu prvue, ayant clat dans les vingt-quatre -heures que lord John Russell a passes ici, rien n'a pu -s'claircir entre lui et le Cabinet prussien. A Vienne aussi, -tout va tre suspendu, et probablement, il en sera de -mme du voyage de l'Empereur des Franais en Crime. -Mon impression du moment est que cette mort ne facilite -pas la paix. L'Impratrice veuve a montr un grand courage, -une grande force morale; mais on n'en croit pas -moins qu'elle ne puisse survivre, au del de quelques -mois, son poux.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 6 mars 1855.</i>—Il est arriv ici une dpche -<span class="pagenum"><a id="Page_197"> 197</a></span> -tlgraphique de l'Impratrice veuve de Russie, demandant -au Roi que, s'il envoyait un Prince de sa maison -Saint-Ptersbourg, ce ft le Prince Charles de prfrence. -Celui-ci tait dj parti quand la dpche est arrive. Je -crois qu'on a cach ce fait disgracieux au Prince de -Prusse, qui en aurait t d'autant plus pein que son bon -cœur est tout entier la douleur de sa sœur. Quelqu'un -de bien inform m'a assur que la nouvelle Impratrice -est aussi anti-prussienne que son poux est anti-autrichien. -On suppose qu'il sera fort tiraill entre sa femme -et sa mre, chacune exerant un grand empire sur lui. Le -tlgraphe ne cesse de porter et de reporter les plus -tendres assurances entre l'oncle et le neveu. La politique -sentimentale joue ici le premier rle, ce qui fait que la part -de la mission relative Berlin, dont lord John Russell tait -charg, ne pouvait se placer un moment plus inopportun; -aussi est-il parti trs mcontent. Le gnral de -Wedel a repris la route de Paris, mais je doute que ce soit -avec des instructions plus larges. On parat convaincu, -cte de moi, que la paix ressortira ncessairement et mme -promptement en regard de ce qui vient de se passer -Saint-Ptersbourg. Le nouvel Empereur <i>n'oserait</i> pas -faire une concession, quelle qu'elle ft, en outre de celles -accordes par son pre; sans cela, il irait de sa couronne -ou du genre de sa mort. Ce qu'on espre, c'est que les -Cours allies, croyant avoir moins redouter du fils que -du pre, exigeront moins de l'hritier que de son prdcesseur; -mais qu'il faut que les concessions viennent de -Paris et de Londres, qu'elles ne peuvent venir de Saint-Ptersbourg, -<span class="pagenum"><a id="Page_198"> 198</a></span> - moins que la guerre, en continuant, ne -finisse par amener de grands checs russes.</p> - -<p><i>Berlin, 8 mars 1855.</i>—Hier, le gnral Wedel tait -encore ici. On annonce son dpart pour ce soir; cependant, -il y a un certain parti qui tente l'impossible pour -entraver ce dpart, ce qui fait qu'on ne pourra le tenir -pour certain que lorsqu'il sera effectu. Il parat que le -gnral a exig des instructions moins vagues que les premires. -Les lui donnera-t-on?</p> - -<p>Le prince Gortschakoff de Vienne a reu la confirmation -des instructions de l'Empereur dfunt. Le premier -espoir pacifique, qui avait fait monter les fonds publics -partout, fait place un peu de baisse aussi partout. Cela -ne veut pas dire que nous n'ayons pas fait un pas vers -la paix, mais cela prouve que ce pas est petit, trs petit.</p> - -<p>J'ai enfin lu les discours acadmiques de MM. Berryer -et Salvandy; et, si j'ai trouv le second d'un tiers trop -long, le premier m'a sembl, au rebours de ce que j'attendais, -plus dclamatoire que le second. Je le trouve un peu -trop lard de mythologie: la Colchide, Iphignie, Mithridate -sont entasss plus que de raison quand on les concentre -sur le spirituel mais trs peu potique Alexis de -Saint-Priest.</p> - -<p>Berryer m'a fait dire que la phrase sur M. de Talleyrand, -dont il esprait que je serais contente, lui avait -t inspire par le dsir de m'offrir un hommage<a id="FNanchor_156" href="#Footnote_156" class="fnanchor"> [156]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_199"> 199</a></span> -On m'assure d'autre part, que grce la prsence du -grand monde, la sance a t quelque chose qu'on ne -peut se figurer, que cependant le succs de Mgr Dupanloup -n'a pas t dpass. Il paratrait que la personne de -Berryer a eu une plus grande ovation que son discours. -Sauf deux ou trois allusions, ce discours n'aurait pas -excit les mmes transports que celui de l'vque.</p> - -<p>Mais les transports qui s'adressaient la personne de -Berryer ont t si enthousiastes et si universels que l'amour-propre -le plus exalt en aurait t combl. Les salves qui -ont accueilli l'entre de l'orateur ont t comme un feu -de mitraille. Le passage sur M. de Talleyrand a t aussi -fort senti et trs got. M. de Salvandy a t, son tour, -trait trs favorablement par l'assemble. Le premier soir, -la reproduction des discours avait t interdite, cause de -quelques intentions trs marques et de quelques-uns des -applaudissements dcerns Berryer. On a dit que la -princesse Mathilde, qui tait prsente, en avait t blesse. -Quoi qu'il en soit, ds le lendemain, l'autorisation -de publier tait accorde. Restait la prsentation traditionnelle -au Chef du gouvernement. Suivant l'usage, Salvandy -avait crit, le soir mme de la sance acadmique, -au grand Chambellan. Le lendemain, M. Villemain, le -<span class="pagenum"><a id="Page_200"> 200</a></span> -secrtaire perptuel, reoit une lettre de M. Berryer qui -lui en communique une qu'il avait adresse un M. Mocquart, -secrtaire des commandements de l'Empereur, en -le priant de faire valoir <i>ses impossibilits</i>, et d'obtenir la -dispense du devoir commun, en raison du service qu'il -rendit Louis-Napolon, il y a quinze ans. Depuis, -M. Mocquart a rpondu que l'Empereur est trop haut -plac pour tenir ce que l'usage constant soit suivi ou -non; que si M. Berryer tait venu, il aurait t reu, non -comme l'adversaire d'aujourd'hui, mais comme le dfenseur -d'il y a quinze ans; qu' ce dernier titre, il tait libre -de faire ce qu'il voudrait. Je ne trouve pas trop <i>fier</i> de -contracter une obligation pour ne pas faire une rvrence, -et de demander Louis-Napolon les moyens de -rester en bons termes avec les extrmes de son parti lui, -Berryer. Cet incident va ajouter aux difficults de M. de -Falloux, dj fort menaantes, puisque Cousin lui donne -l'exclusion, et Cousin est le matre de l'Acadmie; lui seul -y a une volont, des passions, un parti-pris, enfin ce qui -rend le matre. Il a voulu Odilon Barrot l'Acadmie des -Sciences, soi-disant, morales et politiques. MM. Guizot, de -Broglie, Duchtel le lui ont donn! Il a voulu M. de Broglie - l'Acadmie franaise pour vincer M. de Falloux, -en dpit des engagements les plus solennels, et tout le -monde y a consenti. Cette mode acadmique, l'agitation -qu'elle cause, la libert de langage qu'elle inspire m'ont -fait souvenir plus d'une fois dj de ce mot de Fontanes -au premier Napolon: Ah! Sire, laissez-moi, du moins, -la rpublique des lettres.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_201"> 201</a></span> -Je suis presque honteuse de m'tre laisse entraner -sur le terrain littraire, lorsqu'on n'est proccup que de -la scne guerrire, politique, diplomatique et de cette -<i>fortune providentielle</i> qui semble s'puiser en faveur de -l'hte des Tuileries; car enfin, le voici pour le moment sans -autre comptiteur en Europe pour le got des aventures.</p> - -<p>L'embaumement du corps de l'Empereur Nicolas a mal -russi, son visage s'est trouv si atrocement dfigur, -qu'au lieu de l'exposer dcouvert sur le lit de parade, -comme c'est l'usage, il a fallu le renfermer tout de suite -dans son cercueil. On peut imaginer les commentaires, -les suppositions sinistres qui en rsultent.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 10 mars 1855.</i>—Lady Westmorland me -mande de Vienne en date du 7: Depuis hier, je puis -vous dire que mon me commence s'ouvrir aux esprances -de paix; car le prince Gortschakoff a reu, par tlgraphe, -l'ordre d'agir selon les instructions de l'Empereur -dfunt, avec l'annonce que le nouvel Empereur n'y -apporte aucun changement. On va donc immdiatement -commencer les confrences. Aujourd'hui, les plnipotentiaires -d'Autriche, de France et de Grande-Bretagne se -sont runis, et mon mari est revenu trs satisfait de -l'accord qui a rgn entre eux. Vous savez que l'humeur -de mon mari est trs conciliante et pacifique. Je suis contente -aussi de lord John Russell; je l'ai trouv infiniment -plus modr et plus dsireux de faire la paix que je -n'osais l'esprer. Mais tout est imprvu et inattendu par -le temps qui court. Le jeune Empereur d'Autriche a t -<span class="pagenum"><a id="Page_202"> 202</a></span> -trs affect de la catastrophe de Saint-Ptersbourg, les -larmes lui sillonnaient le visage, mais l'heureux accouchement -de l'Impratrice est venu les essuyer. Il ne l'a pas -quitte pendant tout le travail et s'est montr le meilleur -des maris. Le baptme a eu lieu splendidement et en grand -gala. L'Empereur, avant la crmonie<a id="FNanchor_157" href="#Footnote_157" class="fnanchor"> [157]</a>, avait donn -audience lord John Russel, audience dont mon compatriote -a t ravi. La Reine Victoria a t gracieuse; elle a -tlgraphi mon mari, ds qu'elle a appris l'accouchement, -pour exprimer son intrt et ses flicitations, et -ordonner qu'on lui ft savoir par le tlgraphe des nouvelles -de la mre et de l'enfant. Lord John Russell prend -hautement la dfense de lord Raglan, qu'on a tant calomni<a id="FNanchor_158" href="#Footnote_158" class="fnanchor"> [158]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 17 mars 1855.</i>—C'est M. de Morny qui s'est -charg d'annoncer, avec des prcautions et des mnagements -infinis, Mme de Lieven, la mort de l'Empereur -Nicolas. Elle n'a pas t autrement mue, et sa rponse a -t simplement: Ah! alors me voil sre de rester tranquillement -ici.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_203"> 203</a></span> -<i>Berlin, 22 mars 1855.</i>—Les esprances de paix -paraissent se dvelopper. Dieu veuille leur donner accroissement -et belle venue! Il parat que l'Empereur Napolon -n'irait pas en Orient si, d'ici huit jours, les confrences -de Vienne avaient fait un pas <i>srieux</i> vers la paix; mais -que si les choses tranaient en longueur, il partirait en -laissant l'Impratrice rgente; car les Muphtis s'opposent - l'arrive d'une belle dame avec son entourage d'amazones -jeunes et jolies, que Winterhalter peint, en ce -moment, comme pendant au <i>Dcamron</i><a id="FNanchor_159" href="#Footnote_159" class="fnanchor"> [159]</a>. Tout cela -est drle!</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 24 mars 1855.</i>—Je reois des flicitations -sur le passage qui me concerne dans le nouvel ouvrage de -M. Villemain: <i>Souvenirs contemporains</i><a id="FNanchor_160" href="#Footnote_160" class="fnanchor"> [160]</a>. Je crois -qu'on a mal interprt le passage sur les <i>Mmoires</i>; il ne -peut pas s'agir des miens, par la bonne raison que je n'ai -crit que les quelques pages sur mon enfance, que vous -possdez<a id="FNanchor_161" href="#Footnote_161" class="fnanchor"> [161]</a>.</p> - -<p>M. Villemain ne peut donc parler que des Mmoires -de M. Talleyrand, dont il a entendu lire quelques morceaux -<span class="pagenum"><a id="Page_204"> 204</a></span> -par mon oncle. Mais il semble insinuer que, soit -dans les Mmoires, soit dans la correspondance de M. de -Talleyrand, j'ai t <i>plus</i> qu'un simple secrtaire sous la -dicte, et j'en suis fche. Je n'ai pas eu la moindre part -la rdaction des Mmoires, except dans deux passages -fort courts sur le <i>Pape</i> et sur les <i>Polonais</i>. Et pour ce qui -est de la correspondance, si j'ai t au del du simple metteur -d'adresses, je n'ai jamais eu le mauvais got de m'en -vanter, et je suis <i>sincrement</i> peine, chaque fois que par -bienveillance pour moi ou par dnigrement de mon oncle, -on cherche me grandir ses dpens. Aprs tout, je suis -fort sensible ce que M. Villemain, voulant toute force -<i>exhumer une ensevelie</i>, l'ait fait d'une faon si favorable.</p> - -<p>M. de Forbin-Janson a fait, une fois dans sa vie, un -tableau qui, dans le temps, expos au Salon du Louvre, a -fait sensation. Il reprsentait en couleurs brillantes le couronnement -d'Ins de Castro aprs sa mort, le Roi forant -ses courtisans baiser la main de la morte qu'ils avaient -perscute de son vivant. M. Villemain a fait de mme; il -a couronn une morte.</p> - -<p>Humboldt, qui est venu me voir hier en sortant du dner -royal de Charlottenbourg, m'a cont que le masque moul -sur l'Empereur Nicolas, aprs sa mort, tait arriv et avait -remu tous les cœurs et tous les nerfs.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 7 avril 1855.</i>—Depuis que je suis de retour, -j'ai pu avancer dans la lecture de M. Villemain, qui me -parat tre bien plus un cadre ses impressions actuelles -qu'un recueil exact des impressions quotidiennes de -<span class="pagenum"><a id="Page_205"> 205</a></span> -l'poque qu'il dcrit. Ce ne sont pas des mmoires, et si -ce sont des souvenirs, ils se ressentent trop du prsent -pour rendre exactement le pass. Mais par le style et les -noms propres, ce livre se lira beaucoup et piquera la curiosit -des personnes qui se rappelleront des gens et des -choses d'alors. Ils n'y trouveront probablement pas ce -qu'ils y cherchent; mais ils auront tenu en main des -pages brillantes et agrables comme passe-temps. C'est -un concert harmonieux de mots, mme d'ides; mais ce -n'est pas l'œuvre d'un peintre d'histoire. On aura beau -faire, notre poque ne produira plus de cardinal de Retz, -ni mme de Mme de Motteville. C'est qu' prsent il y a -des crivains et des femmes auteurs; mais la spontanit, -la navet, l'abandon, les choses prises sur le fait, le premier -jet sans tude, sans travail, le plaisir de se souvenir -pour son propre divertissement n'existent plus.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 12 avril 1855.</i>—Lady Westmorland me -mande, en date du 9, que les esprances de paix plissent, -mais qu'on attend encore la rponse un courrier -expdi Saint-Ptersbourg pour rompre la Confrence -ou en continuer les striles efforts.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 20 avril 1855.</i>—Voici l'extrait d'une lettre de -lady Westmorland, du 18 avril, de Vienne: Depuis hier, -mes esprances renaissent un peu: la rponse de Saint-Ptersbourg -est plus conciliante qu'on ne l'esprait. Je -crois qu'on pourra s'entendre, mais la nouvelle du bombardement -de Sbastopol commenc le 9, dont nous -<span class="pagenum"><a id="Page_206"> 206</a></span> -n'avons aucun dtail, nous tient dans une grande anxit<a id="FNanchor_162" href="#Footnote_162" class="fnanchor"> [162]</a>. -Je crains que lord John Russell ne retourne promptement - Londres; on le veut absolument son poste de ministre -des Colonies, et je crois qu'on a besoin de lui la Chambre -des Communes. Cela laissera une rude besogne sur les -paules de mon mari; mais, si nous avons l'espoir d'une -bonne russite, cela nous soutiendra.</p> - -<p>M. Drouyn de L'Huys paraissait hier tourner vers la -paix. Le petit Bourqueney est hors de lui; toujours dans -les extrmes: mont aux nues aujourd'hui, abattu tout de -son long demain.</p> - -<p>Les gazettes anglaises ne trouvent pas assez de termes -pour difier l'Empereur Napolon et l'Impratrice Eugnie. -Une de celles qui encensent le plus le couple imprial -a, je le sais, offert ses louanges l'Empereur Franois-Joseph -et au Gouvernement autrichien, moyennant -une certaine somme. Mais le comte Buol a repouss cette -offre avec un juste ddain. Quand on songe que ce sont -ces misrables gazetiers qui on permet de gouverner -l'Angleterre et qui en effet la gouvernent!</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 3 mai 1855.</i>—Depuis les nouvelles du -14 avril, je n'ai rien reu de mon fils Alexandre qui est -devant Sbastopol; cela devient ancien, et je redoute tout -autant, pour lui, les affreuses maladies qui rgnent maintenant -en Crime que les boulets des assigs; ce sont ces -<span class="pagenum"><a id="Page_207"> 207</a></span> -maladies pestilentielles qui sont la vraie raison pour -laquelle l'Empereur Napolon a renonc son voyage en -Orient. Le coup de pistolet, s'il l'et atteint, aurait jet le -monde dans un dsordre affreux; car les lments rvolutionnaires -auraient vite <i>partout</i> repris le dessus<a id="FNanchor_163" href="#Footnote_163" class="fnanchor"> [163]</a>. Je -crois qu'il faut que <i>l'homme taciturne</i> gouverne encore -plusieurs annes, avant que l'quilibre europen puisse -s'en passer.</p> - -<p>On m'crit de Vienne que les Confrences se sont rompues -sur ce que les Russes n'ont pas voulu cder la plus -minime partie de leurs prtentions, ce qui a mis l'Empereur -d'Autriche dans un grand embarras, vu qu'il s'tait -montr garant de l'extrme modration dont les plnipotentiaires -russes l'avaient assur tre les organes<a id="FNanchor_164" href="#Footnote_164" class="fnanchor"> [164]</a>. Le -jeune Empereur, qui est sincre et honnte, a t outr de -ce manque de bonne foi qui n'tait calcul que pour -gagner du temps et arrter la marche des armes autrichiennes.</p> - -<p>On dit que pendant le voyage des Majests franaises -Londres, la Reine Victoria a t la seule qui ait conserv -aisance et dignit; que les autres grands personnages des -deux pays se montraient embarrasss, gns, plus ou moins -gauches. L'Impratrice Eugnie a paru maladive et fatigue. -<span class="pagenum"><a id="Page_208"> 208</a></span> -Les cadeaux franais ont t des plus magnifiques. -Si le voyage en Orient parat abandonn, celui de Vienne -ne parat pas invraisemblable<a id="FNanchor_165" href="#Footnote_165" class="fnanchor"> [165]</a>. On dit que le langage -des orlanistes a t le seul inconvenant, et ce me semble, -bien absurde, aprs l'attentat contre Louis-Napolon; car -l'impression gnrale tait que, si l'attentat et russi, la -Rpublique aurait prvalu. Aussi les rpublicains sont-ils -dsols, car un attentat manqu est ce qui pouvait leur -arriver de pis.</p> - -<p>Mme Mollien m'crit que la Reine Marie-Amlie est -tonnamment bien de sant, mais que la princesse de -Joinville est en plein tat de phtisie.</p> - -<p>Un des motifs qui ont dcid l'Empereur Napolon -renoncer au voyage d'Orient a t le refus de son cousin -de l'y suivre.</p> - -<p class="blockquote">Interruption de la correspondance jusqu'au 14 juin, les deux -correspondants s'tant retrouvs Sagan.</p> - -<p class="section"><i>Carlsbad, 14 juin 1855.</i>—Je voudrais bien que la -Prusse et l'Autriche parvinssent s'entendre <i>cordialement</i>, -et que, formant ensemble une solide barrire, elles -obligeassent l'Est et l'Ouest de l'Europe dsarmer. Mais -la mfiance est encore bien profonde.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_209"> 209</a></span> -Si je disais que je me plais ici, je mentirais grandement; -j'y suis bien loge, mais sans verdure; j'y connais -assez de monde pour en tre ennuye. On dit qu'il ne faut -pas lire, pas crire, peu dormir, gure manger, ne pas -s'agiter, ne songer rien, vgter le plus honntement -possible: c'est la plus sotte vie, et cependant on sent qu'il -faut obir, car il est de fait qu'on n'est capable de rien. Je -suis en plein traitement, c'est--dire trs prouve; il y a -toujours pour moi un grain de Crime dans chaque verre -de <i>Sprudel</i><a id="FNanchor_166" href="#Footnote_166" class="fnanchor"> [166]</a>, -et cela ne le rend pas plus facile digrer.</p> - -<p class="section"><i>Carlsbad, 24 juin 1855.</i>—Je n'ai pas prcisment -me plaindre de mes eaux; mais je sens qu'il me faudrait -du soleil en plus et la Crime en moins. Voil une affaire -qui semble avoir t affreuse, le 18 de ce mois, sur les -remparts de Malakoff<a id="FNanchor_167" href="#Footnote_167" class="fnanchor"> [167]</a>. Mon fils avait pris part l'action -trs brillante du 8, au Mamelon Vert. Il s'en est bien tir; -mais comment se sera-t-il tir de celle du 18, qui a t si -dsastreuse?</p> - -<p>On dit que, du ct des allis, neuf mille hommes ont -pri, que les gnraux ne s'entendent pas entre eux, que -le cholra fait rage, que l'Empereur Napolon, saisi par -les mauvaises nouvelles, est malade, que la rente baisse, -que les rcoltes se perdent et que nous touchons la fin -<span class="pagenum"><a id="Page_210"> 210</a></span> -du monde. J'ai le cœur fort triste, fort serr, et plus de -larmes dans les yeux que de sourires sur les lvres.</p> - -<p>Le 5 juillet, je partirai pour Tplitz; j'y trouverai, ce -que l'on dit, les lgitimistes franais en foule. M. de Montalembert -est en Angleterre; il y voit souvent les habitants -de Claremont, o on le soigne et o on le caresse beaucoup.</p> - -<p class="section"><i>Carlsbad, 6 juillet 1855.</i>—La mort de lord Raglan -m'a t au cœur. Puisqu'il devait finir dans cette affreuse -Crime, il aurait mieux valu tre tu sur la brche que de -mourir du cholra. Quelle fin, pleine d'amertume, d'une -belle et noble carrire, si brillamment commence, si -honorablement continue, termine par tant d'outrages et -d'injustices. A Londres, nous l'appelions <i>la Perle</i><a id="FNanchor_168" href="#Footnote_168" class="fnanchor"> [168]</a>. J'ai -une lettre de lady Westmorland, dsespre sur cette -perte; c'est son fils, lord Burgersh, qui est charg d'escorter -les restes de son oncle en Angleterre.</p> - -<p>Le discours de l'Empereur Napolon, l'ouverture des -Chambres, est ici depuis hier; il y fait sensation. Il semble -ridicule aux Russes, impertinent aux Autrichiens, dplac -aux Prussiens, impudent aux Anglais, et effrayant aux -Franais. Personne n'en est satisfait, et chacun d'en tirer -des horoscopes plus ou moins charmants. On veut y voir -de nouveaux symptmes de guerre gnrale, de rvolutions, -<span class="pagenum"><a id="Page_211"> 211</a></span> -de bouleversements, de fin du monde. Sans aller -jusque-l, il est certain que l'Europe a bien mauvais -visage et qu'elle est entre les mains de mdecins empiriques -peu rassurants<a id="FNanchor_169" href="#Footnote_169" class="fnanchor"> [169]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Carlsbad, 11 juillet 1855.</i>—En Angleterre, on blmera -la police d'avoir fait son devoir Hyde-Park en -rprimant l'meute; partout on ne songe qu' dsarmer -l'autorit et dcourager ceux qui la reprsentent<a id="FNanchor_170" href="#Footnote_170" class="fnanchor"> [170]</a>. -Quelles singulires explications que celles de lord John -Russell! Quelle trange faon de dire: <i>Comme diplomate - Vienne, j'tais pour la paix; comme ministre -Londres, je suis pour la guerre.</i> Cela s'appelle tre un -homme d'tat, ce n'est autre chose qu'un homme de -dsordre. Ce petit fauteur de la rforme vivra assez pour -voir s'achever la rvolution.</p> - -<p><i>Poor dear old England</i><a id="FNanchor_171" href="#Footnote_171" class="fnanchor"> [171]</a>!</p> - -<p class="section"><i>Teplitz, 16 juillet 1855.</i>—Je ne m'amuse pas ici, -mais je trouve l'air excellent. Ce joli pays est plus accessible -qu' Carlsbad; j'y demeure l'cart des indiffrents; -tout cela me convient assez, car, dfaut de ce qui plat, -<span class="pagenum"><a id="Page_212"> 212</a></span> -il faut du moins tcher d'avoir ce qui est commode.</p> - -<p>J'ai fait ma cour au Comte et la Comtesse de Chambord -qui partent aprs-demain; ils me traitent avec les -mmes bonts qu' Venise, et mes impressions sur eux -restent les mmes. On espre la Reine Marie-Amlie avec -tous ses fils Frohsdorff au mois de septembre; elle y -trouvera un neveu fort tendrement respectueux<a id="FNanchor_172" href="#Footnote_172" class="fnanchor"> [172]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Teplitz, 18 juillet 1855.</i>—La Saint-Henri a t fte -ici par un dner champtre donn par Mme la Comtesse -de Chambord; on n'y avait convi que les Franais. Hier, -ils m'ont fait l'honneur de venir me dire adieu dans la -matine; ils partent ce matin, et toute la colonie franaise -se disperse. Je trouve plus de fermet et de srieux dans -la conversation du Comte de Chambord qu'il y a deux ans, -et la mme dignit gracieuse dans la Princesse. Elle m'a -comble, et le mari m'a dit au bout de mon escalier, en -se retournant encore une fois: <i>Ma femme vous aime -beaucoup.</i> J'avoue que cela m'a fait plaisir.</p> - -<p class="section"><i>Brienne-le-Chteau, 5 aot 1855.</i>—Je suis arrive -ici hier dans la matine; je suis accueillie, on ne peut -mieux, par la princesse Laurence de Bauffremont, -laquelle ma visite parat faire plaisir. Le chteau est noble, -parfaitement meubl et arrange; il domine trente lieues -<span class="pagenum"><a id="Page_213"> 213</a></span> -de pays, mais d'un pays plat, plus convenable pour livrer -une bataille que pour charmer l'œil. Il n'y a gure de -fleurs, pas mme prcisment de jardin; mais des alles -droites en charmilles, et des quinconces, l'ancienne -mode franaise, se perdent dans des bois mal percs. Le -tout est trs noble, trs vent, assez sec et sans charme -extrieur. L'intrieur est excellent et magnifique.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 10 aot 1855.</i>—Les efforts gigantesques, qui -surgissent tous les coins de Paris, pour exciter des -jouissances de tous genres, me semblent indiquer un -dplorable tat social; je ne saurais dire l'effroi qui s'empare -de moi voir cette population remuante, fivreuse, -promenant sans cesse et sans relche sa curiosit et ses -passions d'une arne une autre. Il est vident que le -prcipice bord d'or et de fleurs est au bout, et qu'il ne -tardera pas engloutir, dans un abme de feu, de sang et -de boue, ceux qui chantent, dansent et se grisent l'entre -du cratre. Ce qui se raconte des spculations financires -auxquelles hommes et femmes, jeunesse et vieillesse -participent; ce qui se dit tout haut des mœurs, des -allures, de la rupture des liens de famille et de la morale -de la gnration toute prte trangler la ntre, fait -frmir. J'ai une grande terreur de tout ce qui me passe -sous les yeux, et je serai bien aise de me trouver, pendant -quatre jours, sous les verrous du Sacr-Cœur d'Orlans, -o je ne verrai que d'innocentes jeunes filles et o je -n'entendrai que des hymnes pieuses.</p> - -<p>On dit dcidment que l'Impratrice Eugnie est grosse. -<span class="pagenum"><a id="Page_214"> 214</a></span> -J'ai reu le marchal de Castellane qui, quoi qu'on ait -dit, retourne demain Lyon<a id="FNanchor_173" href="#Footnote_173" class="fnanchor"> [173]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Orlans, 16 aot 1855.</i>—Je suis ici depuis le 18, et -je repars demain pour Rochecotte, aprs avoir vu deux -fois Mgr Dupanloup la Chapelle Saint-Mesmin<a id="FNanchor_174" href="#Footnote_174" class="fnanchor"> [174]</a> et une -fois au Sacr-Cœur, o toutes les dames, commencer par -Mme d'Avenas, me gtent l'envi l'une de l'autre.</p> - -<p class="section"><i>Rochecotte, 25 aot 1855.</i>—Je ne sais aucune nouvelle, -si ce n'est qu' Paris on trouve la Reine Victoria -peu jolie et que, s'il y a curiosit, il n'y a pas d'applaudissements<a id="FNanchor_175" href="#Footnote_175" class="fnanchor"> [175]</a>. -Au grand Opra <i>in fiochi</i>, le prince Albert a -bien obi la consigne conjugale, car, assis entre l'Impratrice -Eugnie, qui tait admirablement belle, et la princesse -Mathilde, qui a de forts appas, il n'a gure parl ni -l'une, ni l'autre.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 7 octobre 1855.</i>—Me voici dans la grande -Babylone depuis trente-six heures et parfaitement ahurie. -<span class="pagenum"><a id="Page_215"> 215</a></span> -J'ai des lettres d'Alexandre du 25 septembre: il dit que -l'assaut a cot dix mille cinq cents morts pour les Franais -seulement<a id="FNanchor_176" href="#Footnote_176" class="fnanchor"> [176]</a>. Paris n'est pas bien sain en ce moment; -les maladies y abondent; il y a une autre maladie, celle -de la dgringolade des fonds publics, qui parat grave; une -autre s'appelle la chert des subsistances; une troisime, -le mouvement vif des socits secrtes; une quatrime, -les coquetteries du gouvernement pour les rouges. Quant - la paix, il parat qu'elle est encore trs loigne, et qu' -force de succs, chrement pays, les triomphes valent -des dfaites.</p> - -<p class="section"><i>Le Bourg d'Ir (chez le comte de Falloux), 29 octobre -1855.</i>—On ne saurait tre plus mal servi par le -temps que je le suis. J'ai eu froid Rochecotte; ici, c'est -la Sibrie. Le chteau est beau, noble, vaste, d'un got -excellent, mais d'un froid! De petites chemines pour -chauffer de grandes pices sans tapis, ni doubles croises. -Il faut avoir dpass Lyon pour oser autant compter sur le -soleil qui, en ce moment, a de rigoureux caprices. J'aurais -voulu voir la ferme et tout le dtail de ce bel tablissement, -o le got des arts tempre l'activit de l'agriculture, -o une belle bibliothque repose de la race bovine, -et o le gentilhomme chrtien a pu tre, sans contrastes -affligeants, ministre du Prsident et serviteur fidle de -<span class="pagenum"><a id="Page_216"> 216</a></span> -l'Exil. Il n'y a, en dehors du chtelain et de son aimable -femme, personne ici que M. Albert de Ressguier avec ses -enfants et une gouvernante. J'oubliais la pauvre petite -Loyde de Falloux; cette malheureuse enfant, ge de -treize ans, a toutes les disgrces naturelles extrieures, -beaucoup de l'intelligence de son pre; mais elle a l'air -timide et amer, ce qui se conoit merveille, mais ce qui -est <i>unheimlich</i><a id="FNanchor_177" href="#Footnote_177" class="fnanchor"> [177]</a> au possible.</p> - -<p>L'tat des yeux de M. de Falloux tant trs fcheux, on -craint les lampes, les bougies; aussi tout est-il envelopp -d'abats-jour verts, dans ces grandes pices boises en -chne, tendues d'toffes fonces, ornes de grands -tableaux d'excellents matres; mais le tout est lugubre!</p> - -<p>Ce que j'ai pu apercevoir de la contre ne l'est pas; -avec du soleil, le pays doit tre charmant; d'Angers ici, il -m'a singulirement fait souvenir de <i>dear England</i>, de -notre vieille Angleterre!</p> - -<p class="section"><i>Orlans, 1<sup>er</sup> novembre 1855.</i>—J'ai visit le vieux chteau -d'Angers, bti en ardoises et en tuffeau d'une force -extraordinaire, d'une sombre tristesse, jusqu' ce que, du -haut des tours dcapites, on dcouvre la Mayenne et le -Loir se jetant dans la Loire et courant avec elle dans la -mer. Le grand Cond disait que le chteau d'Angers tait -le plus fort de France. Il renferme maintenant les meutiers -du mois dernier<a id="FNanchor_178" href="#Footnote_178" class="fnanchor"> [178]</a>.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_217"> 217</a></span> -<i>Paris, 5 novembre 1855.</i>—J'ai t hier chez la -duchesse d'Istrie, j'y ai revu mon appartement<a id="FNanchor_179" href="#Footnote_179" class="fnanchor"> [179]</a>. Que -de souvenirs! Et je rencontre dans ce mme htel de la -rue Saint-Florentin, qui? Thiers! devenu gros, gras, toujours -brillant de conversation, parlant industrie, exposition, -le tout trs spirituellement, nullement embarrass -de me rencontrer, et en quel lieu! venant moi avec la -main tendue pour le <i>shake-hand</i>, prenant la mienne, la -saisissant <i> tout rompre</i>. Tout s'est pass simplement de -ma part, car il aurait t de mauvais got d'embarrasser -le salon o tout cela se passait.</p> - -<p class="section"><i>Lyon, 16 novembre 1855.</i>—Lyon est affreusement -froid, et je suis bien mal dans le trs mauvais htel de -l'Europe. Il gelait glace hier matin quand j'ai quitt -Paris. Un gros brouillard a triomph des ples effets du -soleil; je n'ai pas mme pu jouir du joli pays qui, surtout -en Bourgogne, m'a sembl border la route. Je ne -pense pas trouver un changement de temprature avant -Avignon, et encore gare le mistral!</p> - -<p class="section"><i>Nice, 22 novembre 1855.</i>—J'ai eu trs froid jusqu' -<span class="pagenum"><a id="Page_218"> 218</a></span> -Valence et une pluie diluvienne de Marseille Cannes, o -le temps est devenu fort agrable et la contre charmante. -J'entends dire que Nice est encombre de beau monde, -peine de Russes, quelques Allemands, pas mal de Franais, -innombrablement d'Anglais, plusieurs Italiens, les -Sclopis entre autres.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 26 novembre 1855.</i>—Il a fait hier une journe -admirable, et vite, je me suis promene sur la montagne -dans le jardin de la grande Villa Gastaud, habite il y a -trois ans par le gnral Pepe, occupe maintenant par lady -Shelley, un peu <i>blue stocking</i><a id="FNanchor_180" href="#Footnote_180" class="fnanchor"> [180]</a>, un peu protectrice des -arts, etc., polie et obligeante. Ds mon arrive, elle m'a -lanc une invitation pour les concerts qu'elle donne tous -les jeudis matin. Je ne sais ce que vaudra sa musique, -mais sa maison est charmante et son jardin ravissant; l'air -le plus pur, la mer la plus bleue, le ciel le plus resplendissant -et une vgtation des plus parfumes; des magnolias -en pleine terre et des violettes en faire litire.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 5 dcembre 1855.</i>—La mort de M. Mol laisse -un vide dans les rangs dj si clairsems des gens de bon -got et de grandes manires. Il tait de ceux qui m'avaient -vue entrer dans le monde; je n'en connais plus gure de -cette date.</p> - -<p>Le duc de Noailles m'crit qu'on s'arrangera pour que -<span class="pagenum"><a id="Page_219"> 219</a></span> -ce soit M. Mol, et non M. Lacretelle, que M. de Falloux -succde l'Acadmie, parce qu'il y aura plus d'harmonie -et de sympathie entre un tel successeur et un tel -prdcesseur.</p> - -<div class="chapter"> -<p><span class="pagenum"><a id="Page_220"> 220</a></span></p> -<h2 class="normal">1856</h2> -</div> - -<p class="section"><i>Nice, 12 janvier 1856.</i>—Pendant plusieurs jours les -communications ont t coupes, par mer par la tempte, -par terre par le gonflement des torrents et la rupture des -ponts. Les voil enfin rtablies, les vagues se calment, les -torrents se schent aussi vite qu'ils se prcipitent; le soleil -fait justice de tous ces excs, et les lettres attendues -arrivent pour rendre les distances moins pnibles.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 17 janvier 1856.</i>—On m'crit de Paris: La -partie va devenir redoutable contre la Russie. On ne peut -nier que la coalition est en train de se former contre elle. -L'Autriche est fort engage actuellement pour ne pas -prendre les armes au moment donn. La Sude et le Danemark -s'engagent peu peu leur tour. La Prusse mme -sera oblige de s'y joindre; elle jouerait trop gros jeu ne -pas le faire; et si plusieurs des puissances continentales -prennent part la guerre, il leur faudra des avantages, et -si elles en ont, il en faudra la France aussi; il pourrait -tre commode de charger la Prusse d'en faire les frais.</p> - -<p>Une autre lettre me dit: On n'a pas encore perdu -tout espoir de paix, la Russie va entrer en ngociation, -<span class="pagenum"><a id="Page_221"> 221</a></span> -l'Angleterre fera tout au monde pour y mettre obstacle, -mais l'Empereur Napolon, qui la dsire, mettra de la fermet - l'obtenir. On ne croit pas la sincrit de la -Prusse; aussi, on va bloquer ses ports, et l'Angleterre -offre de laisser la France prendre la Belgique et les provinces -rhnanes, si la France lui laisse brler Cronstadt -et les flottes russes. L'Autriche va tre oblige de marcher -avec l'Occident, sans quoi on entre en Italie et on soulve -ses provinces.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 24 fvrier 1856.</i>—Le morceau de M. Cousin -sur Mme d'Hautefort<a id="FNanchor_181" href="#Footnote_181" class="fnanchor"> [181]</a> est un <i>diamant</i>. La proraison -me plat moins cependant, car je trouve qu'il y a un certain -manque de got et de simplicit entretenir le public -<i>des voies de Dieu en soi</i>; et ces voies ont beau avoir t -ouvertes par les belles converties ou convertisseuses du -dix-septime sicle, il n'en est que plus trange de se -produire ainsi, sous les plis de leur robe de bure ou de -velours, ses lecteurs, qui se moqueront bien plus de la -vanit qui fait choisir un pareil cadre, qu'ils ne seront -difis de la profession de foi de l'auteur. Ce n'est pas que -je comprenne fort bien, qu'ayant recherche cette haute -socit chrtienne et y ayant vcu intimement par tant de -<span class="pagenum"><a id="Page_222"> 222</a></span> -curieuses recherches, on ne finisse par subir sa bonne et -grande influence. On a raison de la mettre en lumire, de -l'honorer dans ses crits et de montrer par l qu'on s'est -imbu de son esprit et de ses croyances: cela dj est utile; -mais lorsqu'on veut occuper le public, non seulement de -ses crits, mais encore de sa conscience, il faut alors lui -donner, outre de belles paroles, de grands exemples. J'attends -donc M. Cousin se couvrant, Port-Royal-des-Champs, -de la poussire des tombeaux; se construisant, -des derniers dbris de cette illustre thbade, une cellule -sur la place mme d'o M. Singlin dirigeait Mme de Longueville, -et s'y donnant la discipline du silence.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 28 fvrier 1856.</i>—On dit que nous marchons -vers la paix, mais que la conclusion, quoique infaillible, -sera longue atteindre. Je crois au travail souterrain et -venimeux de lord Palmerston, et le tout me parat plutt -un armistice, plus ou moins prolong, qu'une paix quilibrant -l'Europe. J'espre, du moins, que la Prusse prendra -dans toutes les ngociations une part active et honorable<a id="FNanchor_182" href="#Footnote_182" class="fnanchor"> [182]</a>.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_223"> 223</a></span> -<i>Nice, 16 mars 1856.</i>—L'autre jour, Thiers, en parlant -de l'Empereur Napolon, a dit: <i>Je n'aime pas le -cuisinier, mais je trouve sa cuisine excellente.</i> Ce propos -a t rapport l'Empereur qui a rpliqu: <i>Dites -M. Thiers que je ne le prendrai pas pour mon marmiton, -car il gterait mes sauces.</i></p> - -<p class="section"><i>Nice, 21 mars 1856.</i>—Chacun parat stupfait et paralys -par les tragdies de Berlin. Je ne savais que ce qu'en -disent les journaux qui savent et disent, en gnral, fort -mal. Je suis lugubrement impressionne de ces scnes -sanglantes qui, se mlant aux aigreurs parlementaires et -aux intrigues de la camarilla, indiquent un tat de choses -inquitant<a id="FNanchor_183" href="#Footnote_183" class="fnanchor"> [183]</a>. Que trouverai-je mon retour? Rien de -<span class="pagenum"><a id="Page_224"> 224</a></span> -bon, je le crains. M. de Manteuffel arrivant Paris la -onzime heure ne donne pas grand clat au rle politique -de son souverain. Tout est fort triste, assez humiliant.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 31 mars 1856.</i>—Je quitte Nice demain. On me -comble ici de toutes parts des plus aimables attentions; il -ne tiendrait qu' moi de me croire adorable et regrette; -j'en rabats beaucoup, mais enfin, ce sont d'assez doux -chos; sans s'y fier entirement, on aime le son. Et -cependant, je suis fort triste, je ne saurais trop dire pourquoi, -mais je ne puis exprimer de quel poids moral je me -sens oppresse, car ma sant est redevenue assez bonne; -mais c'est l'me, ce sont les nerfs, l'esprit, le cœur; c'est -l ce qui est en dsarroi.</p> - -<p class="section"><i>Turin, 8 avril 1856.</i>—J'ai fait route jusqu'ici sans -accident; mais, en dpit d'un beau soleil qui claire cette -belle ville, je sens que je vais vers le Nord, et ce n'est pas -une sensation agrable la peau.</p> - -<p>J'ai t choye et fte Gnes par les Balbi, Pallavicini -et Durazzo; et je le suis ici par les Viry, Malabria, Cortanze, -Perrone, Villamarina et un Corps diplomatique fort -empress. J'ai vu Nervi, prs de Gnes, la Reine Marie-Amlie, -trs mue de la visite imprvue et spontane du -Comte de Chambord, qu'elle n'avait pas revu depuis sa -<span class="pagenum"><a id="Page_225"> 225</a></span> -petite enfance<a id="FNanchor_184" href="#Footnote_184" class="fnanchor"> [184]</a>. Ce qui et t un vnement, il y a -quelques annes, n'est plus pour le moment qu'une douceur -de famille; mais cette douceur en est une grande -pour une personne qui est videmment bien prs d'aller -retrouver ceux qui, sans doute, ont clbr l-haut une -paix ternelle. La Reine est gurie; mais il n'en est pas -moins vident qu'elle n'offre plus de rsistance et que le -moindre souffle emportera cette transparente enveloppe -d'une me toujours galement ferme et douce. Elle m'a -nomm tous ses enfants et petits-enfants, mais elle n'a pas -mme indiqu Mme la Duchesse d'Orlans. Je l'ai trouve -entoure du Duc et de la Duchesse de Nemours, de la -Princesse Clmentine et de son mari.</p> - -<p class="section"><i>Milan, 12 avril 1856.</i>—J'ai oubli de mander de -Turin que j'avais fait une visite la Duchesse de Gnes; -elle a t des plus gracieuses et m'a charge de beaucoup -de choses pour Dresde et pour Potsdam; elle m'a fait voir -ses deux gentils enfants<a id="FNanchor_185" href="#Footnote_185" class="fnanchor"> [185]</a>, afin d'en rendre compte -leurs grands-parents d'Allemagne; elle est la nice favorite -de la Reine de Prusse.</p> - -<p>On m'a donn Turin les discours prononcs par le -duc de Broglie et M. Nisard la rception du premier -l'Acadmie franaise. Je ne sais si je dois m'en prendre -des fautes d'impression et de ponctuation; mais j'ai trouv -<span class="pagenum"><a id="Page_226"> 226</a></span> -dans le style du Duc des obscurits tranges, des tours de -phrases malsonnantes, et parfois des locutions du langage -le plus familier. Je ne parlerai pas de l'extrme pret de -quelques passages peu appropris un discours, dont le -but principal tait de louer l'homme du monde le plus -tranger toute violence<a id="FNanchor_186" href="#Footnote_186" class="fnanchor"> [186]</a>, chez lequel mme l'amnit et -l'urbanit taient pousses jusqu' l'extrme. A la vrit, -il importait moins M. de Broglie de louer Sainte-Aulaire -que de paratre <i>rtrospectivement</i> une fois encore sur la -scne politique. En un mot, il y a quelque chose de tendu -dans ce discours qui lui te de la grce, du naturel, de la -simplicit; il est tout ptri de l'cret des doctrinaires et il a -toute leur disgrce. M. Nisard, qui veut plaire tout le -monde, pourrait bien ne satisfaire personne.</p> - -<p>Il y a trois ans, les pluies de novembre m'empchrent -d'aller voir la Chartreuse de Pavie. Hier, le ciel tant -serein, j'ai mieux rempli mon dsir de touriste et je m'en -applaudis, car c'est bien beau et bien curieux. Le got le -plus lev, les arts divers dans leur plus belle expression, -la richesse dans sa magnificence s'y donnent la main, -pour produire l'<i>achev</i>. Malgr l'extrme richesse de l'difice, -rendu sous le dernier empereur d'Autriche aux -Chartreux, ils n'y ont plus trouv ni ornements d'glises, -ni vases sacrs; pills aux diffrentes phases rvolutionnaires, -tous les biens ruraux ont t galement vendus. Il -ne leur reste qu'une petite rente fort exigu, et les aumnes -et charits des fidles, ce qui les expose mourir de faim -<span class="pagenum"><a id="Page_227"> 227</a></span> -au milieu des millions et des millions enfouis dans ce -temple merveilleux.</p> - -<p class="section"><i>Vienne, 22 avril 1856.</i>—Ma route de Vrone ici s'est -faite sans accident. Le passage du Semmering est surprenant -de hardiesse et de beaut, le temps tait clair, mais -froid<a id="FNanchor_187" href="#Footnote_187" class="fnanchor"> [187]</a>. La vgtation est arrire de beaucoup, mme -sur celle de Vrone, et si le soleil brille, il ne chauffe -gure.</p> - -<p class="section"><i>Vienne, 26 avril 1856.</i>—J'ai eu l'honneur d'tre -invite une petite soire chez Mme l'Archiduchesse -Sophie, o j'ai t prsente la jeune Impratrice: -aucun de ses portraits ne lui rend justice; elle est parfaitement -jolie de visage, de taille, de jeunesse.</p> - -<p>M. de Buol est revenu <i>content</i> de la paix de Paris, le -comte Orloff s'en retournera <i>enchant</i>: telle est, je crois, -la vraie nuance.</p> - -<p>Personne n'est plus la mode ici que l'Empereur Napolon: -on l'admire, on le redoute, on le considre. Il est -plus puissant dans l'opinion que ne l'tait son oncle, parce -qu'on n'tait soumis celui-ci que par la peur qu'il faisait, -et qu'on se confie en son neveu par la peur qu'on a des -autres. Il semble tous un bonheur, une gide. Le prince -<span class="pagenum"><a id="Page_228"> 228</a></span> -de Metternich en parle ainsi, et les plus grandes dames en -disent autant.</p> - -<p>Le Prince-vque de Breslau est ici, fort triste de l'tat -catholique en Prusse. Il dit que le mtier de catholique -n'y est plus possible, et je tremble de lui voir donner sa -dmission, ce qui me serait un chagrin personnel.</p> - -<p class="section"><i>Vienne, 2 mai 1856.</i>—J'ai eu, hier, une audience de -cong chez l'Archiduchesse Sophie qui m'a dit que son -second fils, l'Archiduc Maximilien, prince aimable et instruit, -aimant la littrature et les arts, allait partir pour -Paris, afin d'y voir <i>l'homme le plus remarquable du -sicle</i><a id="FNanchor_188" href="#Footnote_188" class="fnanchor"> [188]</a>. Je crois qu'il est charg de compliments sur la -naissance et en mme temps d'assister au baptme<a id="FNanchor_189" href="#Footnote_189" class="fnanchor"> [189]</a>. Le -comte de Mensdorff doit l'accompagner; on dit que le -choix est excellent.</p> - -<p>J'ai dn hier chez Louise Schœnbourg avec le comte -Buol, qui m'a dit que le... Roi... de Wurtemberg allait se -rendre... Paris... De Berlin, quelque Prince ne va-t-il -pas suivre la mme direction que l'Archiduc? Ce sera une -course au clocher.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_229"> 229</a></span> -<i>Berlin, 12 mai 1856.</i>—Me voici arrive ici, aprs -m'tre arrte Dresde. J'y ai vu deux fois la charmante -Princesse Royale, heureuse et gracieuse, son poux trs -aimable; il ne leur manque que d'avoir des enfants, mais -cela manque <i>beaucoup</i>. Je me suis complu dans la nouvelle -galerie de Dresde, qui fait bien mieux jouir <i>des perles</i> -qui s'y trouvent qu'on ne pouvait le faire prcdemment.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 17 mai 1856.</i>—J'ai quitt Berlin avant-hier. -J'avais dn la veille Charlottenbourg, o je m'tais rencontre -avec le prince Windisch-Graetz, qui a t reu -avec beaucoup d'honneur Berlin<a id="FNanchor_190" href="#Footnote_190" class="fnanchor"> [190]</a>. La Reine a t fort -gracieuse. Le Roi a plac mon buste dans son cabinet de -travail en pendant de celui de Humboldt.</p> - -<p>On est plus russe que jamais Berlin, on y excre l'Autriche, -on n'y aime pas la France, on y adore la Reine -Victoria; mais on se dfie de son Cabinet. Manteuffel a eu -toutes les peines du monde obtenir l'Aigle noir pour -l'Empereur Napolon. Hatzfeldt demande grands cris -l'apparition d'un prince prussien Paris; jusqu' prsent, -je n'en entends pas nommer. On espre Berlin la visite -de l'Empereur de Russie. Les mdecins insistent pour que -le Roi aille Marienbad; il est visible qu'il en a grand -besoin, car il est trs maigri, vieilli et abattu. Humboldt -s'affaiblit visiblement.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 28 mai 1856.</i>—Le voyage du Prince-Rgent -<span class="pagenum"><a id="Page_230"> 230</a></span> -de Bade<a id="FNanchor_191" href="#Footnote_191" class="fnanchor"> [191]</a> Paris augmentera la liste princire qui se -presse autour de l'Empereur Napolon. Il y en a une bien -tendue aussi en ce moment Potsdam: on dloge toutes -les dames d'honneur, on parpille la Cour dans tous les -temples, kiosques et berceaux des jardins, vie idyllique, -fort peu commode pour les devoirs de la Cour. L'Empereur -Alexandre, le Prince et la Princesse Royale de Wurtemberg -arrivent demain. L'Impratrice veuve de Russie -a atteint Potsdam, <i>vivante</i>; voil le miracle qui en promet -d'autres, par exemple: d'atteindre Wildbad, d'tre -Moscou au couronnement de son fils, et Palerme pour -le 1<sup>er</sup> novembre. Tels sont ses projets.</p> - -<p>Une correspondante de Mme la Duchesse d'Orlans me -disait, il y a peu de jours, que la Duchesse est triomphante. -Il y a, en effet, de quoi! Si son fils, au 24 aot<a id="FNanchor_192" href="#Footnote_192" class="fnanchor"> [192]</a> -prochain, chante la <i>Parisienne</i>, soldat du drapeau tricolore, -il aura une belle position! Il pourra demander du -service dans les zouaves de la Garde impriale. Que tout -cela est pitoyable! Se dsunir sur des mots, sur des titres, -sur des nuances, quand on est encore si loin du but! Il -semblerait qu'on n'a qu' faire ses malles pour s'installer, -les uns au pavillon de Marsan, les autres au pavillon de -Flore. Jamais on ne s'est plus appliqu jouer le jeu de -<span class="pagenum"><a id="Page_231"> 231</a></span> -ses adversaires et faire prendre racine la dynastie napolonienne. -Je me souviendrai toujours, avec une <i>triste</i> -satisfaction, que mon dernier mot adress la Duchesse -d'Orlans, le jour o je la vis Eisenach, en 1849, a t: -<i>Tout ce que je dsire, Madame, c'est que vous ne fassiez -pas d'un Prsident un Empereur.</i> Elle a probablement -oubli cet adieu, mais je m'en souviens pour dplorer -d'avoir prdit si juste. Elle aura fait bien du mal son -fils.</p> - -<p class="section"><i>Tplitz, 20 aot 1856.</i>—Le bruit rpt que M. de -Morny refuse, tout le long de sa route, d'pouser des princesses, -tantt en Saxe, tantt en Mecklembourg, et aussi -de Hohenzollern, est sans doute une mauvaise plaisanterie -que font courir ses ennemis. Il me semble qu'il est assez -ridicule avec son faste et ses fracas; on prtendait qu'il -avait beaucoup de got et de mesure. Eh bien, pas du -tout<a id="FNanchor_193" href="#Footnote_193" class="fnanchor"> [193]</a>! Esterhazy a commenc ds Ptersbourg donner -des ftes et blouir les Moscovites par un luxe non moins -asiatique que le leur.</p> - -<p>Le marchal Plissier, ou pour mieux dire, le duc de -Malakoff succombe sous le poids des ovations et des honneurs<a id="FNanchor_194" href="#Footnote_194" class="fnanchor"> [194]</a>. -Le marchal Canrobert pourrait en avoir un -<span class="pagenum"><a id="Page_232"> 232</a></span> -peu de jalousie, s'il ne possdait pas, ce que l'on dit, -cette vanit nave dont la trame est impntrable.</p> - -<p>Il y a un peu de Pourceaugnac dans les hommes de ce -temps-ci, y compris la berline dans laquelle le Comte de -Paris, M. Thiers, le Duc de Chartres et Montguyon roulent -ensemble Hambourg et ses environs. M. Thiers est dans -le <i>fond</i> ct du Comte de Paris, et M. de Montguyon avec -le Duc de Chartres sur le devant<a id="FNanchor_195" href="#Footnote_195" class="fnanchor"> [195]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Tplitz, 21 aot 1856.</i>—Humboldt m'crit merveille -sur le mariage de ma petite-fille Castellane avec le prince -Antoine Radzivill; puis, il me dit que la douloureuse, trs -gauche et un peu ridicule expdition du Prince Adalbert -de Prusse sur la cte du Maroc fait Berlin un effet qui -ne saurait tre compar qu' celui produit Madrid par -le dsastre de la <i>Grande Armada</i>, il y a quelques sicles<a id="FNanchor_196" href="#Footnote_196" class="fnanchor"> [196]</a>.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_233"> 233</a></span> -<i>Sagan, 5 septembre 1856.</i>—Voici une nouvelle -preuve. Mon excellent beau-frre, frapp en quarante-huit -heures de plusieurs attaques d'apoplexie rptes qui -lui ont ncessairement affaibli le corps et l'me jusqu' -lui ter enfin toute connaissance, a rendu hier le dernier -soupir, deux heures et demie de l'aprs-midi<a id="FNanchor_197" href="#Footnote_197" class="fnanchor"> [197]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 16 octobre 1856.</i>—Le ddale d'affaires dans -lequel je suis enfonce par suite de la mort de mon beau-frre -m'a oblige venir ici. Des revenants de Moscou -racontaient hier, Sans-Souci, que les Granville y -ont donn les meilleurs dners, que les quipages de -M. de Morny y primaient tous les autres; mais que c'tait -la fte donne par le prince Esterhazy qui l'avait emport -par l'lgance, l'clat, le bon got, <i>le grand air</i>, sur -toutes les autres ftes, et qu'on y avait senti qu'on tait -chez un grand seigneur. Le prince Esterhazy, lui-mme, -m'a crit la veille de son dpart de Moscou qu'il tait -satisfait de son sjour, moins encore sous les rapports -mondains que par l'esprance d'avoir adouci une partie -de l'aigreur qui rgnait entre les deux Cours.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 20 octobre 1856.</i>—La Duchesse de Gnes -s'est remarie un jeune officier qui tait aide de camp -de feu son mari; et cela l'insu de tout le monde. L'poux -est fort peu intressant, peu considrable et peu considr, -<span class="pagenum"><a id="Page_234"> 234</a></span> -pas beau, n'ayant que la cape et l'pe. On dit qu'on te - la Duchesse la tutelle de ses enfants et qu'elle sera renvoye -en Saxe; mais il n'y a de certain, je crois, que le -fait du mariage<a id="FNanchor_198" href="#Footnote_198" class="fnanchor"> [198]</a>.</p> - -<p>Au mariage de la Princesse Louise de Prusse<a id="FNanchor_199" href="#Footnote_199" class="fnanchor"> [199]</a>, il y a -eu un grand conflit de rang la crmonie et aux ftes. -Le Duc de Cobourg prtendait, comme Prince rgnant et -Souverain, avoir le pas sur les Altesses Royales punes<a id="FNanchor_200" href="#Footnote_200" class="fnanchor"> [200]</a>. -Le Roi de Prusse n'a pas accd cette demande -et le Duc rgnant de Cobourg a d passer aprs le Prince -Auguste de Wurtemberg, parce que celui-ci, neveu du -Roi de Wurtemberg, a l'Altesse Royale, tandis que le -Duc de Cobourg n'a que l'Altesse Ducale, except la -Cour d'Angleterre. Toute cette lutte a fort dplu; il y a -eu menace de protestation, de notes diplomatiques; puis -on s'est soumis; mais je suppose qu'on aura port plainte - Londres.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 25 novembre 1856.</i>—On me mande de Dresde -que le Roi de Sardaigne, sur les instances du Roi de Saxe, -a rendu la Duchesse de Gnes, sa fille, son titre, son -nom, son rang, un petit apanage et une villa pour habitation. -Le petit Prince et la tutelle lui sont ts.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_235"> 235</a></span> -Mes lettres de Paris disent que les Mmoires du marchal -Marmont y excitent une indignation gnrale; il y dit -un mal affreux de tout le monde, femmes et hommes; et -en particulier, il est atroce pour sa femme, ge de soixante-treize -ans, dont il a dvor une grande partie de la fortune<a id="FNanchor_201" href="#Footnote_201" class="fnanchor"> [201]</a>. -M. de Falloux ne sera reu l'Acadmie qu'au -mois d'avril. Mme de La Fert, qui est Venise, et les -d'Ayen, qui sont en Sicile, ne revenant qu'alors, veulent -entendre, comme de raison, l'loge de M. Mol.</p> - -<p>On dit que l'Impratrice veuve de Russie mne un -train norme Nice et qu'elle y dpense un million de -francs par mois.</p> - -<p>Il y a eu des petits bals Saint-Cloud. Au premier bal, -l'Impratrice Eugnie tait mise trs simplement; elle -avait une robe de satin blanc, sans garniture, avec un -simple ourlet; le bruit se rpandit aussitt qu'elle allait -adopter une toilette simple pour diminuer le luxe ruineux -des femmes; les maris s'en rjouissaient fort; mais au -bal suivant, les falbalas, les dentelles, etc., ont reparu, -et les maris de soupirer!</p> - -<p>Outre ces dtails frivoles, on me mande ce qui suit: -La situation politique est toujours tendue, le systme -des concessions a commenc: l'intrieur, par l'abandon -du voyage de Fontainebleau, l'extrieur par mille complaisances -pour l'Angleterre. La situation est encore trs -<span class="pagenum"><a id="Page_236"> 236</a></span> -forte; il suffirait de deux bonnes rcoltes pour la remettre -dans son plus beau jour; mais le dfil que nous traversons -offre des difficults qui ne deviendront pas des prils, -quoi qu'en dise l'opposition, mais qui obligent tenir les -yeux ouverts. La crise financire s'amende, dans deux -mois on croit qu'elle sera termine.</p> - -<p>Une autre lettre me dit ceci: La princesse de Lieven -s'est encore fourvoye dans ses tentatives d'alliance -russe. Quelle intrigante! Si son esprit est distingu dans -la forme, il est bien peu clairvoyant dans le fond. Elle a -aid la chute de M. Guizot, elle a prcipit M. de Kisseleff, -il y a trois ans, en lui faisant crire que la guerre tait -impossible; aujourd'hui, elle a compromis notre alliance -anglaise par des intrigues avec Fould et Morny.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 2 dcembre 1856.</i>—J'apprends que l'Impratrice -douairire de Russie ne se plat pas trop Nice, et -qu'elle se rendra en fvrier Rome, avec tout ce qui voyage -en fait de Grands-Ducs et de Grandes-Duchesses moscovites. -La Grande-Duchesse Hlne veut faire jouer la comdie -dans la villa qu'elle habite Nice; mais les lments -manquent. Beaucoup de personnes de la socit nioise -s'abstiennent de forcer la consigne impriale qui a bless. -Le Corps consulaire n'a pas t reu comme <i>tel</i> et ne veut -pas arriver sous un caractre priv. En tout, on dit Nice, -cette anne, triste et ennuyeux force de grandeurs. L'Impratrice -se plaint surtout... de quoi?... de la laideur de la -population, commencer par celle du Roi de Sardaigne -qu'elle trouve si laid qu'elle dit ne pouvoir l'envisager!</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_237"> 237</a></span> -La Reine Marie-Amlie est ravie du mariage de sa -petite-fille de Belgique. Il est certain qu'on se marie -mieux en s'appelant <i>Cobourg</i> qu'en s'appelant <i>Orlans</i><a id="FNanchor_202" href="#Footnote_202" class="fnanchor"> [202]</a>. -La Princesse Charlotte avait refus le Roi de Portugal, le -Prince hrditaire de Toscane et le Prince Georges de Saxe. -Je lui sais gr d'avoir t sensible l'lgante distinction -du jeune Archiduc qui, <i>malgr la lvre de sa famille</i>, me -rappelle le Duc d'Orlans. Il est aimable, instruit, ayant le -got des arts et un tour d'esprit potique, anim, chevaleresque -qui m'a toujours infiniment plu; il a, d'ailleurs, -le don de cette conversation facile, abondante, diversifie -qui rend Madame sa mre si parfaitement agrable.</p> - -<p>Le discours royal d'ouverture des Chambres Berlin -annonce un surcrot d'impts qui provoquera de grands -clats aux Chambres, et de nouvelles causes de malaise, de -mcontentement dans le pays, s'il est adopt; on y a dj -pas mal d'humeur<a id="FNanchor_203" href="#Footnote_203" class="fnanchor"> [203]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 16 dcembre 1856.</i>—Mon pauvre ami Salvandy -va de mal en pis, souffrant affreusement, objet de -dgot pour lui-mme comme pour les autres; il ne permet -plus qu'on vienne lui, il ne reoit que l'vque -d'vreux, M. de Bonnechose, qui d'vreux vient Graveron -<span class="pagenum"><a id="Page_238"> 238</a></span> -pour le consoler. Il parat que tout se passe la -satisfaction rciproque entre ces deux mes.</p> - -<p>Il me revient que les affaires politiques, qui avaient un -moment assombri les Tuileries, s'amliorent; que le Congrs -a t invent pour cimenter de nouveau l'alliance -anglo-franaise<a id="FNanchor_204" href="#Footnote_204" class="fnanchor"> [204]</a>.</p> - -<p>On croit que la France cdera sur Belgrade et les Principauts -danubiennes, en ayant l'air de suivre la majorit, -et que l'Angleterre cdera, sur la forme, en acceptant une -nouvelle runion du Congrs, que d'abord elle ne voulait -pas. La situation des personnes reste excentrique.</p> - -<p>M. Walewski, brouill avec lord Cowley et avec M. de -Persigny, est tenu loign des relations avec ces deux -personnages, qui traitent directement avec l'Empereur. On -accuse Walewski d'avoir t trop russe. Les Russes ont -l'oreille basse pour le quart d'heure Paris, se voyant -abandonns par les uns et battus par les autres.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 22 dcembre 1856.</i>—M. de Salvandy est -dlivr de la fatigue de vivre! Il a fini chrtiennement, ne -le plaignons pas; rservons notre piti pour ceux qui portent -le fardeau crasant des peines journalires. Quand on -<span class="pagenum"><a id="Page_239"> 239</a></span> -voit disparatre les tres qui se trouvaient mls aux souvenirs -de notre existence, tout un monde de choses se -rveille et se dresse devant nous; c'est un anneau de la -chane du pass qui se brise, et combien d'anneaux sont -dj rompus de la mienne! En voyant nos contemporains, -les tmoins de notre jeunesse disparatre, on se rappelle -telle circonstance, telle soire, pleines d'motions vives, o -ils taient spectateurs; puis tout s'engloutit dans un tombeau -ouvert avant le ntre. Avoir creus le fond des -choses humaines et rester de force li au monde est souvent -une bien lourde preuve! J'ai des jours d'puisement -si profond, d'angoisse si vraie que le train monotone -de la vie me trouve sans force pour y faire face. La -facult de souffrir est inpuisable, tandis que celle de -jouir s'mousse de plus en plus. Quand le serrement de -cœur est arriv un certain point, il faut renoncer le -voir s'panouir jamais plus, et on s'tonne d'avoir encore -des larmes ou des soupirs pour autre chose!</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 29 dcembre 1856.</i>—J'ai une lettre de Paris -dans laquelle on me parle d'une correspondance entre -lord Palmerston et M. Walewski, au sujet du violent langage -du <i>Morning Post</i> contre ce dernier. Lord Palmerston -a crit Walewski, dit-on, qu'il tait surpris que celui-ci -s'tonnt de ce langage, qu'il paraissait avoir oubli que -ce mme journal tait sous son influence et sous son -inspiration pendant son ambassade Londres et qu'alors -M. Walewski l'avait employ perdre M. Drouyn de -L'Huys, ce quoi il avait russi; que maintenant, ce mme -<span class="pagenum"><a id="Page_240"> 240</a></span> -journal, inspir par M. de Persigny, suivait les mmes -traditions pour perdre M. Walewski et qu'il n'y avait rien -l qui puisse surprendre celui-ci.</p> - -<p>Le jeune lord Shrewsbury, rcemment mort, a laiss, -dans l'intrt catholique, la plus grande partie de sa fortune -au second fils du Duc de Norfolk actuel. The Earl -Talbot, hritier du titre de Shrewsbury, soutenu par -tout le parti protestant, conteste ce testament: de l, -procs qui sera jug au prochain Parlement<a id="FNanchor_205" href="#Footnote_205" class="fnanchor"> [205]</a>.</p> - -<p>Il y a eu dernirement Paris une soire chez lady -Holland, toute de pices de rapport. La marchale Serrano -y brillait de tout l'clat d'une charmante beaut, Mme Barrington -de l'clat de sa touchante pleur; Villemain y -dissimulait sa laideur sous la vivacit de ses propos -malins; Guizot y haussait la tte plus que jamais; Thiers -roulait son ptulant embonpoint; Mme de Lottum, belle -encore comme un beau soir, y parlait de son dpart pour -Berlin; Mme Delmar, qui vend son bel htel, s'informait -si on pouvait dcemment habiter rue de l'Universit; la -duchesse d'Istrie, dans ses habits de deuil, semblait dire: -<i>Je suis veuve</i>. Lord Holland souriait la beaut des femmes -et lady Holland circulait dans sa bonbonnire avec bonne -grce et belle humeur, au milieu de cinquante crinolines. -Voil un petit tableau de genre que je mets sur le chevalet.</p> - -<div class="chapter"> -<p><span class="pagenum"><a id="Page_241"> 241</a></span></p> -<h2 class="normal">1857</h2> -</div> - -<p class="section"><i>Berlin, 9 janvier 1857.</i>—L'assassinat de l'archevque -de Paris<a id="FNanchor_206" href="#Footnote_206" class="fnanchor"> [206]</a> m'a fort mue par le fait en lui-mme, -comme par tout ce qui rveille en moi le souvenir de son -avant-dernier prdcesseur, qui n'a pas t tu d'un seul -coup, mais qui a succomb une srie de perscutions -d'autant plus pnibles pour lui qu'il sentait l'glise attaque -dans sa personne.</p> - -<p>Je lis maintenant, aprs avoir achev les lettres difiantes, -et toutes admirables, de Mme de Maintenon, les -Mmoires de l'abb Ledieu sur Bossuet. Dcidment, je -ne me sens l'aise que dans la compagnie du grand -sicle<a id="FNanchor_207" href="#Footnote_207" class="fnanchor"> [207]</a>.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_242"> 242</a></span> -<i>Berlin, 15 janvier 1857.</i>—On savait que M. de -Morny courtisait une jeune Amricaine qu'il devait pouser; -elle devait venir ici sa rencontre, et il la plante l -pour pouser une Russe<a id="FNanchor_208" href="#Footnote_208" class="fnanchor"> [208]</a>. Mme Le Hon n'est pas moins -consterne que l'Amricaine; une lettre formelle (qu'elle -montre) lui a signifi son arrt. Cette lettre dit qu'en se -mariant il cdait au dsir de l'Empereur et de la France! -Puis il finit: Ne me rpondez pas de lettre; seulement, -par le tlgraphe, le seul mot: <i>J'approuve.</i> Les quolibets, -pigrammes, bons mots pleuvent Paris sur les diffrents -acteurs de cette trange et vulgaire comdie.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 20 janvier 1857.</i>—Louis-Napolon est fort -la mode ici en ce moment. On reconnat bien ce qu'il y a -d'humiliant tre son protg, mais on est bien aise de -l'efficacit de cette protection; on s'en targue l'gard de -l'Autriche, qu'on dteste, et de l'Angleterre, dont on est -mcontent. Quant aux aboyeurs imbciles, ils vous disent -tout simplement qu'il a suffi de mobiliser l'arme pour -faire cder les Suisses. Mais maintenant que les Neuchtelois -sont mis en libert, fera-t-on de nouvelles conditions<a id="FNanchor_209" href="#Footnote_209" class="fnanchor"> [209]</a>? -Ira-t-on, en ce sens, au del de ce qu'on a fait -<span class="pagenum"><a id="Page_243"> 243</a></span> -savoir <i>verbalement</i> au grand protecteur. Il y a des personnes -qui le craignent, car un certain parti y pousse -force. D'un autre ct, Hatzfeldt mande de Paris que si on -ne tient pas implicitement ce qu'il a eu la simplicit de -rapporter, sans avoir rien d'crit, le protecteur pourrait -bien s'en irriter grandement. Hbner et Cowley, dit-on, -<i>guettent ce joint</i>. Ainsi, on ne peut pas dire qu'on soit -hors de la crise; seulement, elle est dans une nouvelle -phase moins guerrire, mais non moins dplaisante.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 30 janvier 1857.</i>—La voil donc morte cette -femme dont le salon sera regrett. Ici, on est curieux des -dtails de sa fin, mais on n'est que <i>curieux</i>. Mme de Hatzfeldt, -dont le mari est malade, a mand tlgraphiquement, -au ministre Manteuffel, la mort de Mme de Lieven, et -celui-ci l'a annonc au Roi et la Famille Royale; cela a -paru <i>un peu ridicule</i>. Malgr les dix ans que Mme de -Lieven avait de plus que moi, je la regardais comme une -contemporaine; je l'ai tant pratique, son souvenir se -mlait des annes qui ont t si riches et si remplies -pour moi que j'ai t mue de sa fin. Ce grand gouffre du -pass se remplit si vite qu'il n'y a presque plus place que -pour moi; et mme, je ne tarderai gure la prendre.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 1<sup>er</sup> fvrier 1857.</i>—On me mande de Paris que -Mme de Lieven a eu peu d'agonie, qu'elle a reu la communion -<span class="pagenum"><a id="Page_244"> 244</a></span> -l'avant-veille de sa mort, qu'elle connaissait et -envisageait son tat avec calme. On assure qu'elle a crit, -la veille de sa mort, une lettre M. Guizot pour lui tre -remise aprs sa fin. M. Guizot l'avait quitte, ainsi que -Paul de Lieven, dix heures du soir, pour revenir le lendemain -matin; mais elle a expir minuit et demi. Elle a -laiss un testament par lequel elle demande tre enterre -en Russie. Ds le lendemain de sa mort, M. Guizot tait -une sance l'Acadmie, y lisant un morceau sur M. Biot.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 8 fvrier 1857.</i>—J'ai vu ici les Meyendorff -accabls par la mort de leur fils. Ils racontent que Mme de -Lieven, aprs avoir implor les mdecins de la tirer d'affaire, -est devenue toute calme, rsigne, simple et courageuse, -lorsqu'elle a vu que les secours humains taient -inutiles. Elle a nomm le duc de Noailles et le duc de -Montebello excuteurs testamentaires. Le premier m'a -crit qu'elle ne laissait pas prcisment des mmoires, -mais beaucoup de morceaux dtachs et force correspondances. -Elle a laiss huit mille livres de rente viagre -M. Guizot, cent mille francs comptant son neveu Benkendorff, -vingt-cinq mille francs chacune des petites -Ellice, un bijou et de l'argent sa demoiselle de compagnie. -M. Guizot crit des lettres sur du papier larges -bords noirs, <i>papier de veuf</i>. Il y a des personnes qui -croient au mariage. Il a paru trs affect auprs du lit -mortuaire, ce qui ne l'a pas empch d'aller le lendemain - une sance prparatoire de l'Acadmie; c'est lui qui a -crit dans les <i>Dbats</i> l'article ncrologique.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_245"> 245</a></span> -Les journaux anglais placs sous l'inspiration de lord -Palmerston disent du mal de Mme de Lieven, ceux de l'influence -oppose en disent du bien; les uns trop de bien, -les autres trop de mal: cela se passe toujours ainsi.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 21 fvrier 1857.</i>—J'ai reu le sixime volume -du duc de Raguse; je le lis et je trouve, part la partie -militaire que je ne sais pas apprcier, ces mmoires -curieux, non pas par le sens politique, dont ils ne portent -pas le caractre, mais par l'apprciation du caractre de -Napolon; on y voit trs bien comment a grandi l'Empire -et comment il s'est croul. Quant au duc de Raguse lui-mme, -il est si content de lui qu'on ne prend aucun intrt - ce qui lui arrive d'heureux ou de malheureux; comment -plaindre celui qui a vcu dans la batitude de l'orgueil?</p> - -<p>On admire beaucoup le dernier discours de l'Empereur -Napolon III. Je suppose que M. Thiers doit en admirer -surtout la dernire phrase<a id="FNanchor_210" href="#Footnote_210" class="fnanchor"> [210]</a>. Au fait, il est l'homme qui, -sans s'en douter, a le plus servi au rveil du bonapartisme -<span class="pagenum"><a id="Page_246"> 246</a></span> -en France: le retour des cendres de Sainte-Hlne et son -ouvrage sur le Consulat et l'Empire ont frapp les imaginations -populaires. Il ne s'est gure embarrass de son -amour de la libert pour louer l'esprit le plus despotique -des temps modernes.</p> - -<p>Quelqu'un qui arrive de Paris disait ici, il y a quelques -jours, que les amis libraux de Thiers sont aigris contre -lui, qu'ils le tiennent en suspicion, tandis que lui-mme -dborde de satisfaction personnelle. Quel singulier -temps! Quelle confusion!</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 28 fvrier 1857.</i>—M. de Humboldt a eu une -petite attaque d'apoplexie, la veille de mon dpart de -Berlin; la tte restait libre, mais ses jambes avaient peine - retrouver quelque mouvement. Le mdecin Schœnlein -ne voyait aucun danger immdiat; mais il a dit que -l'adieu suprme ne pouvait gure tarder.</p> - -<p>J'ai trouv ici plusieurs lettres qui m'y attendaient. Il y -en a une partant du camp doctrinaire ou, au moins, d'une -affilie, qui me dit: De l'aveu de tous nos amis, les -torts, dans les malheureuses dissidences qui ont de nouveau -clat entre les deux branches de la Maison de -Bourbon, les torts sont, dit-on, du ct des Princes d'Orlans. -Ils semblent retomber sous le joug de leur belle-sœur. -M. le Comte de Chambord vient de rpondre au duc -de Nemours, et cette rponse a compltement satisfait nos -amis<a id="FNanchor_211" href="#Footnote_211" class="fnanchor"> [211]</a>. La rupture n'clatera pas publiquement encore, -<span class="pagenum"><a id="Page_247"> 247</a></span> -mais je crains bien qu'elle ne devienne invitable.</p> - -<p>D'autre part, on me dit que l'aigreur augmente entre -les <i>lgitimistes</i> pur sang et les orlanistes violents, et cela -par l'imbroglio nouveau rsultant de la mission de M. de -Jarnac envoy Venise par le duc de Nemours. La rponse -du Comte de Chambord a t porte Claremont par M. de -La Fert. Le Comte de Chambord avait reu la lettre de -son cousin sans l'ouvrir devant M. de Jarnac, lui disant -qu'il y rpondrait plus tard. M. de Jarnac s'tait rendu de -Venise Gnes prs de Mme la Duchesse d'Orlans; en -route, il a reu une dpche tlgraphique du duc de -Nemours lui enjoignant de ne pas communiquer la -Duchesse d'Orlans une copie de la lettre adresse par lui -au Comte de Chambord, quoiqu'il se rendt Gnes dans -ce but. La rponse porte par le marquis de La Fert dit -que l'on ne peut rien faire, rien discuter, loin de la France -et sans elle. Cette rponse me plat assez, je l'avoue. Elle -est, ce me semble, la seule raisonnable la pression -exerce par les Princes d'Orlans qui veulent que le -Comte de Chambord s'engage, ds aujourd'hui, prendre -le drapeau tricolore, promettre le gouvernement reprsentatif -(bien tentant, en effet, d'aprs ses beaux rsultats -pour les deux branches) et le suffrage universel. Voil ce -que les d'Orlans appellent le baptme de la lgitimit. -En attendant, le Comte de Paris, actuellement Gnes, se -pme d'aise en contemplant la garde nationale pimontaise. -Quel avenir cela promet la France, si ce jeune -homme y rentre en souverain! Nous y reverrions un -second roi-citoyen. Le Comte de Chambord a donn l'ordre -<span class="pagenum"><a id="Page_248"> 248</a></span> - son monde de ne publier sa rponse au duc de Nemours -que si celui-ci faisait publier sa lettre lui.</p> - -<p>Il y a eu dernirement dner chez le ministre d'Autriche - Paris, M. de Hbner, auquel assistaient le duc et la -duchesse de Galliera, M. de Flavigny et autres fusionnistes, -et auquel se rendirent, par mprise du jour indiqu, -en outre, le gnral Fleury et sa femme. On peut imaginer -la figure que firent le matre de la maison, plus aplati que -jamais dans sa maigreur, d'une part, et les violents fusionnistes, -de l'autre. La grimace de la duchesse de Galliera -l'enlaidissait fort. Le gnral Fleury disait de son ct: -Passe pour les autres, mais pour M. de Flavigny dont -j'ai lu une lettre sollicitant une place de snateur, c'est -trop fort!</p> - -<p>En vrit, quand je me reprsente ce que deviendrait le -monde si tourment par ses instincts socialistes et par ses -associations secrtes et sanguinaires, sous le rgne du Comte -de Paris, lev par Madame sa mre qui est pire encore -que Mme de Genlis... quand je songe au peu que pourrait -M. le Comte de Chambord, seul, sans postrit, contre -la masse d'intrigues, de perfidies, de trahisons qui neutraliseraient, -ds le dbut, l'union si peu franche des deux -branches, je me prends dsirer que l'homme taciturne -ne quitte pas de longtemps le terrain difficile, dangereux -sur lequel il a su se maintenir jusqu' prsent. M. de Talleyrand -disait: <i>Ce ne sont pas les dupes qui manquent, -ce sont les charlatans.</i> Eh bien, il y a des moments o -ils sont les seuls hros possibles, comme il y a des maladies -que les empiriques seuls gurissent ou, du moins, -<span class="pagenum"><a id="Page_249"> 249</a></span> -s'ils ne gurissent pas, ils empchent de mourir trop tt.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 2 mars 1857.</i>—On me mande de Vienne que -l'on jette la pierre Marmont sur le portrait plus juste que -flatteur de M. de Metternich qu'il a mis dans ses Mmoires. -On dit, avec raison, que ce n'tait pas lui, Marmont, -combl par le vieux prince, de livrer au public un portrait -aussi peu flatt. En effet, ce n'est pas la reconnaissance -qui parat avoir t la tendance principale de Marmont. -Il y a un passage, entre autres, dans le sixime volume, -o Marmont numre ses motifs pour ne pas se croire des -obligations envers l'Empereur Napolon 1<sup>er</sup>, qui m'a -sembl assez vilain dans ses vulgaires dtails. Du reste, -voil une preuve de plus de l'inconvnient de publier trop -vite. Quand on crit pour des contemporains, il faut -peindre avec des nuances adoucies qui nuisent la vrit, -et quand on veut parler selon le fond de sa pense, il ne -faut s'adresser au public qu'aprs avoir mis le dernier -contemporain sous terre.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 14 mars 1857.</i>—La faveur de M. de Morny -auprs de l'Empereur Napolon plit de plus en plus; on -le tiendra Saint-Ptersbourg assez longtemps, puis on -l'engagera continuer son <i>honey-moon</i><a id="FNanchor_212" href="#Footnote_212" class="fnanchor"> [212]</a> en Auvergne. -Il n'aura pas de sitt une situation officielle, pas mme -celle de prsident du Corps lgislatif.</p> - -<p>J'ai reu, hier, une lettre date de Paris de M. de Falloux. -<span class="pagenum"><a id="Page_250"> 250</a></span> -J'ai confiance dans les impressions de cette nature -si finement et si dlicatement organise. Voici un passage -de cette lettre: J'aurais d trouver ici bien des changements, -et je ne vois, au contraire, que des sentiments et -des partis pris qui se tiennent imperturbablement la -mme place, aussi bien dans le sens favorable que dans le -sens oppos mes propres vœux. Les hommes qui ont vu -les derniers vnements de famille<a id="FNanchor_213" href="#Footnote_213" class="fnanchor"> [213]</a> tourner contre eux, -n'aiment pas s'avouer battus; ceux qui sont parvenus -leurs fins, ou peu prs, sont effrays de la partie qui -leur reste jouer, et n'en semblent que plus proccups -de chanter victoire. En attendant, tous les rsultats -<i>immdiats</i> profitent au possesseur actuel; mais, mesure -que ses ennemis le servent mieux, ses amis le servent -plus mal, cela rtablit l'quilibre.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 24 mars 1857.</i>—L'Empereur Napolon a -donn tout dernirement Mme de Castiglione une meraude -de cent mille francs, la plus belle qui existe. On dit -que jamais belle n'a t aussi intresse. Ce qui fait tourner, -non pas une tte couronne, mais toutes les ttes couronnes -ou non, Paris, c'est un Amricain nomm -<i>Hume</i> qui produit <i>gratis</i> des effets tranges. Il tient son -principal domicile chez la princesse de Beauveau. On -assure qu'il a mis la comtesse Delphine Potocka en communication -avec Paul Delaroche, mort il y a quelques -semaines. J'ai plus d'une raison pour ne rien nier, rien -<span class="pagenum"><a id="Page_251"> 251</a></span> -contester; mais si je crois que Dieu, dans sa misricorde -ou dans son courroux, permet de certaines exceptions aux -rgles communes, dont sa sagesse nous a environns, je -trouve qu'il y a profanation, pch chercher spontanment, -curieusement soulever le voile. Cela ne peut tre -que contraire au salut. Ce que Dieu envoie sans notre -recherche, ah! c'est diffrent; il y a des grces spciales - ce qu'il permet, ce qu'il autorise; mais quand c'est -nous qui prvoyons, ce n'est plus que l'amour du dmon -qui nous pousse. Voil, je le sais, une doctrine toute hypothtique, -fort contestable, mais non pas fausse; du moins, -elle n'a rien dont la foi puisse s'offenser. J'ose dire qu'elle -contient du vrai plus qu'on ne pense.</p> - -<p>On me dit que Guizot court le monde, les salons, qu'il -se mle aux foules, comme si de rien n'tait; vraiment la -scheresse de son cœur n'a d'gale que celle du cœur -auquel il tait uni.</p> - -<p>Ce qui est plus fcheux pour le public, c'est que -M. Cousin est assez malade pour interrompre forcment -ses tudes sur les femmes du dix-septime sicle. J'en -suis dsole, car je n'aime en fait de peintres de portraits -que ceux qui embellissent haut la main; s'il est vident -que M. Cousin peint trop favorablement nos grandes et -belles devancires qui nous laissent, pauvres pygmes que -nous sommes, si loin derrire elles, il nous repose, du -moins, de l'esprit libellique qui est un miroir plus infidle -encore.</p> - -<p>Mignet vieillit; on le dit fini. La perte de ce qui lui -semblait la libert a bris un esprit qu'aucune chaleur -<span class="pagenum"><a id="Page_252"> 252</a></span> -d'me ne nourrissait. Il avait une conviction qui lui -chappe; des sentiments, non. Il parat que Thiers <i>surnage -mieux</i>; on dit qu'il vit en assez bonne harmonie avec -un pouvoir qu'il ne veut pas servir, mais qu'il est bien -aise de conseiller dans l'occasion. Pour passer le temps, -il court les ventes, les marchands de curiosits, et il jouit -des succs de son livre<a id="FNanchor_214" href="#Footnote_214" class="fnanchor"> [214]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 27 mars 1857.</i>—On m'crit de Paris de nouveaux -faits encore tranges du fameux M. Hume. Il vient -d'aller chercher en Amrique sa sœur qui possde, dit-il, - un plus haut degr que lui une puissance lectro-magntique -formidable. La duchesse de Vicence, une des plus -<i>incrdules</i> en toute chose, <i>esprit fort</i>, a eu son mouchoir -arrach de ses mains, quelque insistance qu'elle y mt, et -cela par deux mains dont on n'apercevait pas les bras. On -me cite d'autres nouvelles que je ne rpterai pas, parce -que les <i>croyants</i> sont, en ce genre de choses, moins -<i>croyables</i> que les <i>incrdules</i>. Baissons la tte, ne contestons -pas ce que nous ne pouvons expliquer, mais n'augmentons -pas le nombre des curieux, de peur de tomber -au pouvoir du <i>mauvais esprit</i>, en sortant des limites traces -par une sage Providence.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 2 avril 1857.</i>—J'ai lu le discours de M. de -Falloux l'Acadmie; il faut lui savoir gr d'avoir, par prudence -et modration, renonc l'clat, et de s'tre born -<span class="pagenum"><a id="Page_253"> 253</a></span> - l'lgance du style, la dlicatesse d'expression, la -finesse d'aperus et, en gnral, au plus exquis bon got -ajout encore une charmante modestie<a id="FNanchor_215" href="#Footnote_215" class="fnanchor"> [215]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 8 avril 1857.</i>—Il parat qu'on s'attend, -Paris, ce que le Pape oblige l'vque de Moulins<a id="FNanchor_216" href="#Footnote_216" class="fnanchor"> [216]</a> -donner sa dmission. Il est, hlas! ce qu'il semble, -atteint de la maladie qui a dj frapp plusieurs personnes -de sa famille, entre autres un frre an, jadis charmant -homme, et mort avec la camisole de force. Mgr de Moulins -mriterait presque qu'on la lui mt, quand il fait -dfendre en chaire la lecture de Bossuet comme schismatique -et <i>protestant</i>.</p> - -<p>M. de Morny ne tardera pas quitter la Russie; il ne -fera que traverser Paris pour aller en cosse chez M. de -Flahaut. Mme de Castiglione, dont le rgne finit, retourne -en Pimont, munie de la colossale meraude.</p> - -<p>A l'occasion de l'lection de M. mile Augier l'Acadmie, -il s'est manifest une aigreur inaccoutume parmi -les quarante immortels. Les voltairiens ont t attaquants, -les catholiques vhments, les rallis au gouvernement -actuel exigeants, les opposants intolrants. Ce que M. de -Fontanes appelait la libert de la rpublique des Lettres -en est aussi la licence, au fractionnement infini. On y -<span class="pagenum"><a id="Page_254"> 254</a></span> -voit, comme ailleurs, des dissidents, des schismatiques, -des hrtiques s'excommuniant les uns les autres, ce qui -achvera de perdre le peu de sagesse, de bon got, de -courtoisie qui s'tait rfugi l'Acadmie comme son dernier -asile.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 17 avril 1857.</i>—Dans l'audience acadmique -que M. de Falloux a eue aux Tuileries, et qui s'est passe -trs gracieusement, l'Empereur lui a dit: Le dsordre -nous avait rapprochs, je regrette que l'ordre ne nous ait -pas runis! Un instant aprs, il a ajout: J'espre que -le temps de votre Ministre<a id="FNanchor_217" href="#Footnote_217" class="fnanchor"> [217]</a> est entr pour quelque -chose dans le choix de l'Acadmie; j'aurai ainsi un peu -contribu votre lection, et j'en suis charm. Le reste -n'a t qu'un change bienveillant de propos sur le thtre -de l'Empire entre M. Brifaut et l'Empereur.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 22 avril 1857.</i>—La comtesse Colloredo -m'crit de Rome, en date du 14: Il arrive deux fois par -jour des dpches tlgraphiques qui se contredisent sur -l'arrive de la Czarine ici. Il parat que c'est dcidment -demain qu'elle apparatra. La Grande-Duchesse Olga n'a -voulu recevoir jusqu' prsent que les Russes, les Ambassadeurs -et les Ambassadrices; le reste du Corps diplomatique -et les dames italiennes sont ajournes. Nous avons -t reus en particulier; elle a t fort aimable pour mon -mari qu'elle a connu Saint-Ptersbourg, et trs polie -<span class="pagenum"><a id="Page_255"> 255</a></span> -pour moi; mais je lui ai trouv les manires et le langage -cassants; il parat que c'est le ton des Princesses Impriales -russes. Son visage, son regard sont trs froids; elle -me parat ressembler beaucoup feu son pre; cependant, -de temps autre, il se rpand sur ce visage rgulier -un ravissant, mais triste sourire. La Grande-Duchesse -Olga a t chez le Saint-Pre; elle lui a bais, non pas la -mule, mais la main. Le jour de Pques, sous le prtexte -de quelques nuages peu effrayants, on a contremand -l'illumination de Saint-Pierre, et, le lendemain, le feu -d'artifice du Pincio. Le dessous des cartes, c'est qu'on a -voulu garder ces deux admirables coups d'œil pour la -Czarine; et cela, la grande fureur des dvots et des -convertis. L'illumination de Saint-Pierre aura donc lieu -le <i>jour de Pques grecques</i>, et cela pour une souveraine -schismatique! Tout ceci produit des commrages gigantesques. -Grgoire XVI, le dernier Pape, n'aurait pas remis -l'illumination.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 5 mai 1857.</i>—On dit qu'il y a eu, la suite -d'un dner chez la marchale d'Albufra, un assaut entre -la duchesse de Galliera et M. Thiers qui doit avoir t -piquant, la Duchesse soutenant la discussion contre le -grand jouteur avec une fermet remarquable. C'tait -propos d'un article de M. de Montalembert qui a valu un -avertissement au journal qui l'a publi. Thiers soutenait -qu'il n'tait pas vrai que tous les hommes politiques en -France eussent chang d'opinions, que chacun avait -commis des erreurs, commencer par Napolon I<sup>er</sup> et -<span class="pagenum"><a id="Page_256"> 256</a></span> -Louis-Philippe; mais que pour les hommes srieux, il en -connaissait plus d'un qui tait rest fidle ses doctrines, -que souvent, en France, on se distrayait en changeant -de gots et d'occupations, mais non pas d'opinions. -Puis, il a ajout: Quant moi, je n'ai plus envie de -rien dire au public; aussi je ne me plains nullement de -la loi qui rgit la presse; aprs tous ses excs, elle n'a eu -que ce qu'elle mritait; personne dans le pays ne s'y -intresse, ne s'en soucie; parfois on regrette la libert de -la tribune pour ce qui regarde les finances, mais ce -point de vue uniquement; et on a maintenant une bien -autre libert que sous le premier Empire.</p> - -<p>Que dire de ce langage de la part de quelqu'un qui -prne la fixit des opinions. Ne se donne-t-il pas un -dmenti lui-mme?</p> - -<p>On m'crit ceci sur l'arrive du Grand-Duc Constantin - Paris: Le Grand-Duc Constantin est arriv hier pour -notre gloire plus que pour la sienne. S'il vient pour sonder -les secrets de notre civilisation, son sjour sera bien -court, et s'il compte enlever notre alliance, je crois qu'il -se trompe<a id="FNanchor_218" href="#Footnote_218" class="fnanchor"> [218]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_257"> 257</a></span> -Il parat qu'il y a une lettre singulire de feu la duchesse -de Broglie Schlegel, publie dans les œuvres -compltes de celui-ci. Elle lui crit au sujet des difficults -de Schlegel sur la religion. Cette lettre est curieuse pour -ceux qui ont connu la duchesse de Broglie, cause des -rvlations sur elle-mme, bien plus que par la force des -raisonnement. Elle dit par exemple: Je sais, et par -exprience, que l'me peut souffrir plus que tous les -tourments du corps, si elle se trouve vide, dpouille, -prive des objets qui lui plaisent et ne pouvant rien aimer -de ce qui l'entoure.</p> - -<p>Quel aveu! Le plus trange, c'est que c'est son mari et -sa famille qui viennent de faire imprimer sparment -cette lettre, et qu'ils la distribuent de tous cts; tant les -caractres imprims portent la tte des doctrinaires, -qu'ils ne s'embarrassent pas qu'une des leurs dise qu'elle -ne pouvait les souffrir. Les drles de gens! La Duchesse -a videmment souffert du manque d'affection, mais son -organisation ne l'a pas entrane, et l'extrme froideur -qui rgne dans tout ce qu'elle a crit prouve que l'abstraction -a pu lui suffire. Dieu lui a fait l une grande -grce! L'aridit, ou du moins la scheresse, vient quelquefois -en aide la vertu.</p> - -<p>Un mot encore de Rome. L'Impratrice, et les quatre-vingts -chevaux qu'elle a rclams, ont fait leur entre -Rome, au milieu d'une foule morne, effraye de la maigreur -de squelette de la Czarine. Cette robuste mourante -a t, ds le lendemain, Saint-Pierre et y a march d'un -pas trs ferme; puis de l, elle s'est rendue la villa -<span class="pagenum"><a id="Page_258"> 258</a></span> -Borghse par un temps dsagrablement refroidi la -suite d'un gros orage; cela n'a pas empch l'Impratrice -de descendre de voiture, de s'asseoir dans une alle, de -demander le nom des promeneurs et d'en faire appeler -(qu'elle ne connaissait pas) pour leur parler. Le lendemain, -elle devait aller chez le Saint-Pre, le jour aprs -son glise grecque et recevoir tous les Russes. On ne -pense pas qu'elle s'amuse Rome pendant les trois -semaines qu'elle compte y rester; elle doit retourner par -mer Gnes, puis par Turin et la Suisse Wildbad. La -socit romaine, qui affiche depuis quelque temps une -grande insouciance pour tout ce qui est princes et rois, -ne fait rien pour la divertir. On ne parle que d'un djeuner -offert la Czarine par les Doria dans leur belle villa -Pamphili.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 8 mai 1857.</i>—On m'crit encore de Rome -que l'Impratrice de Russie, en se rendant chez le Saint-Pre, -a demand celui-ci de lui montrer tout son appartement, -y compris la chambre coucher o jamais femme -ne peut entrer. Le Saint-Pre y a cependant consenti, et a -men cette importune personne partout. Il me semble qu'il -a eu grand tort, et qu'il aurait d tout simplement lui dire -que jamais aucune personne du sexe fminin n'y pntrait.</p> - -<p>Le ciel romain est moins complaisant; car, aprs un -hiver d'une scheresse remarquable, il ne cesse de pleuvoir - verse depuis que la Czarine est prsente.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 12 mai 1857.</i>—A la fte donne Villeneuve-l'tang, -<span class="pagenum"><a id="Page_259"> 259</a></span> -prs Paris, par l'Empereur Napolon au Grand-Duc -Constantin de Russie, malgr les brodequins en gros-de-naples -et les plus magnifiques dentelles, il y a eu des -parties de barre jusqu' huit heures du soir, des courses -sur les collines o on simulait l'assaut d'un chteau fort; -puis des promenades sur l'eau, l'Impratrice ramant et -conduisant une petite barque! l'Empereur courant de -vrais dangers sur une planche qu'on appelle patin, sur -laquelle il faut une adresse infinie pour se tenir en quilibre, -et qu'il conduit avec une dextrit remarquable. -<i>N'est-ce pas comme un apologue!</i> La Grande-Duchesse -Stphanie tait au milieu de toute cette joie, malgr son -ge et un changement qui a frapp tout le monde. Elle -est revenue huit heures du soir Paris en calche -dcouverte.</p> - -<p>Lord Cowley a engag le Grand-Duc Constantin aller -en Angleterre; il se bornera une course l'le de Wight.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 24 juin 1857.</i>—Quelqu'un, de l'entourage de -la Reine de Prusse, me mande de Tplitz que le Roi -comptait aller, de Marienbad, faire une courte visite -Vienne, avant de venir prendre la Reine, Marienbad, -pour se rendre avec elle Sans-Souci, o on attend la -Czarine veuve, le 18 juillet<a id="FNanchor_219" href="#Footnote_219" class="fnanchor"> [219]</a>.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_260"> 260</a></span> -<i>Sagan, 31 juillet 1857.</i>—J'entends dire de tristes -choses sur la sant du roi de Prusse. L'tat moral se -ressent de la dernire secousse, par une extrme agitation. -Il dit lui-mme: <i>Je suis bout.</i> On lui pargne -les affaires; mais cela ne saurait durer ainsi, car il y a -des choses qu'il est urgent de dcider; bref, c'est un tat -de sant qui se remettra sans doute, mais le coup de tocsin -a sonn.</p> - -<p class="section"><i>Gnthersdorf, 17 aot 1857.</i>—On m'crit que le -jour o le feld-marchal Radetzky a quitt Vrone pour -se rendre Milan, o il va finir les quelques jours qu'il -lui reste passer sur cette terre, il a t entour d'ovations -par les indignes; on avait tapiss les rues, toute -la population de Vrone tait au dbarcadre; il y a eu -des <i>vivats</i>, sans fin. C'est le seul Autrichien qui trouve -franchement grce auprs des Italiens. Je suis bien aise -qu'il ait eu ces acclamations pour dernire joie humaine. -Son successeur, l'Archiduc Maximilien, et sa jeune pouse -doivent tre arrivs hier Venise; s'ils y sont bien reus, -ils y resteront plusieurs semaines; sinon, ils iront sans -dlai Milan.</p> - -<p>On mande de Toscane que l'arrive du Pape y a caus -de grandes discussions cause du crmonial. Le Nonce -voulait que le Grand-Duc prcdt cheval la voiture du -Saint-Pre son entre Florence, comme l'a fait le Duc -de Modne. Aprs force parlementage, il a t dcrt -que le Grand-Duc hrditaire et son frre iraient au-devant -du Pape, jusqu' la frontire, et toute la famille -<span class="pagenum"><a id="Page_261"> 261</a></span> -Grand-Ducale la station <i>delle tre Maschere</i>, trois -heures de Florence, auberge dont Boccace fait mention -dans son <i>Dcamron</i><a id="FNanchor_220" href="#Footnote_220" class="fnanchor"> [220]</a>.</p> - -<p>Le gnral de Goyon prpare un grand bal superbe -Rome pour la Saint-Napolon; mais, hors deux vieilles -centenaires et trois jeunes femmes en couches, il n'y a -pas une seule femme mobile de la socit Rome. Qui -est-ce qui dansera<a id="FNanchor_221" href="#Footnote_221" class="fnanchor"> [221]</a>?</p> - -<p class="section"><i>Gnthersdorf, 26 aot 1857.</i>—Le Saint-Pre a t -reu par la cour de Toscane avec la plus antique magnificence. -La population a t convenable l'entre et profondment -mue et touche, la bndiction donne sur -le balcon du palais Pitti. Tout le monde ou presque tout -le monde des quarante mille personnes prsentes s'est -mis genoux. On dit que c'est admirable.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 23 septembre 1857.</i>—Je me suis rendue hier - Sorau pour me trouver la descente du wagon royal, -afin de donner une preuve de respectueux attachement -au Roi qui se rendait Muskau. La Reine m'a sembl -<span class="pagenum"><a id="Page_262"> 262</a></span> -fatigue; ses yeux ne quittaient gure le Roi que j'ai -trouv fort affaiss, rouge, pesant dans sa marche; en -cherchant m'expliquer son itinraire, il embrouillait -les dates que la Reine redressait. J'ai reu de cet abattement -inaccoutum une impression trs pnible. Les -entours rptaient avec affectation que le Roi se portait - merveille. Je voudrais le pouvoir penser.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 12 octobre 1857.</i>—On peut imaginer quelle -est la confusion des esprits, l'agitation des uns, l'embarras -des autres depuis cette nouvelle attaque survenue au -Roi de Prusse. Je verrai tout cela de plus prs demain -Berlin. D'aprs ce que j'entends, le mieux se soutient et -je crois un nouveau <i>sursis</i>; mais quelles conditions? -Permettra-t-on au Roi de s'occuper du gouvernement? -ou bien songera-t-on une abdication ou un tat intermdiaire, -et aux mains de qui? avec quelle latitude? avec -quelles entraves? L'air me semble bien charg d'lectricit<a id="FNanchor_222" href="#Footnote_222" class="fnanchor"> [222]</a>.</p> - -<p>Le Prince Frdric-Guillaume<a id="FNanchor_223" href="#Footnote_223" class="fnanchor"> [223]</a> est venu djeuner -<span class="pagenum"><a id="Page_263"> 263</a></span> -ici; il a reu de graves nouvelles; il a caus srieusement -avec moi; toujours plein de bons et honorables sentiments; -mais il ne saurait bien naviguer que sur une mer -pacifique.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 16 octobre 1857.</i>—Le Roi n'est plus en danger -de mort pour le moment. La Reine est trs contente -de l'extrme dlicatesse du Prince de Prusse son gard. -Elle-mme est <i>digne</i> au possible. Je pars le cœur oppress -et l'esprit bien inquiet pour Nice.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 13 novembre 1857.</i>—Il y a quinze jours que je -suis arrive. J'ai repris mes leons d'italien dans la prvision -d'une semaine sainte passe Rome, projet bien -vague encore, soumis tout ce que l'imprvu peut apporter -d'obstacle. Je me complais dans cette chance, et je la -repousse d'autant moins que je me sens un vrai besoin -de reporter mes yeux et mes penses sur un horizon plus -large que celui dans lequel mes derniers mois ont t -renferms.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 16 novembre 1867.</i>—Dans les lettres que je -reois de Sans-Souci, il n'est question que des rapides -progrs du Roi vers le bien moral et physique, ainsi que -des prcautions extrmes dont il est entour. Jusqu' -quand ces prcautions s'tendront-elles? Quelle en sera -la dure? De tout ce que la Providence pouvait prparer -de plus difficile pour le Prince de Prusse, de moins heureux, -de moins satisfaisant pour le pays, pour son bien-tre -<span class="pagenum"><a id="Page_264"> 264</a></span> -intrieur, pour le repos des esprits et pour le rle -jouer l'extrieur, c'est ce qui, d'en haut, a t dcrt - la Prusse!</p> - -<p>Le <i>dubitatif</i>, qui s'tend ncessairement sur toute -chose, est une situation malsaine et malsante pour -chacun.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 7 dcembre 1857.</i>—J'ai eu hier des lettres de -Charlottenbourg. Le Roi va trs bien de sant et irait bien -au moral sans une certaine incertitude de mmoire dont -il s'aperoit, ce qui le peine et l'impatiente; il fait de -grandes promenades pied et en voiture. Il mange avec -la Reine et sa sœur de Mecklembourg-Schwerin, qui est -revenue s'tablir pour l'hiver Charlottenbourg. Il voit -quelquefois, pour un quart d'heure, quelque habitu; -mais, tout prendre, il est assez <i>mur</i> encore. Les mdecins -redoutent toute excitation. Le Prince de Prusse se -remet de sa grippe dont plus de quatre-vingt mille personnes -ont t atteintes Berlin.</p> - -<p class="section"><i>Nice, 31 dcembre 1857.</i>—Je termine cette anne en -meilleure sant que je ne l'ai traverse. Cependant les -nouvelles, moins satisfaisantes, de ma fille gtent le sommeil -qui m'tait revenu; les nerfs qui se calmaient et la -tte qui s'tait dgage, tout cela reprend et je suis moins -bien, en raison des moins bonnes lettres que ces derniers -jours m'ont apportes...</p> - -<p>On m'crit de Berlin: Le Roi ne pourra pas de longtemps -reprendre le gouvernement; cependant, il y a -<span class="pagenum"><a id="Page_265"> 265</a></span> -espoir qu'il finira par se remettre; mais, pour le moment, -sa tte est bien faible encore. Il a lui-mme la conviction -que son tat lui interdira, pour un temps indfini, -tout travail srieux. Il se trouve trs bien remplac par -son frre, dont on est gnralement fort content. Cet -intrim prolong a des <i>inconvnients</i> bien graves pour la -marche des affaires.</p> - -<div class="chapter"> -<p><span class="pagenum"><a id="Page_266"> 266</a></span></p> -<h2 class="normal">1858</h2> -</div> - -<p class="section"><i>Nice, 2 janvier 1858.</i>—J'tais proccupe de l'tat de -Pauline quand, hier, une dpche tlgraphique arrive -le soir m'a fait voir que l'tat tait grave. Je pars donc ce -matin; j'irai le plus vite possible.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 4 janvier 1858.</i>—Je me suis embarque -avant-hier Nice sur un assez mauvais bateau, mais il me -faisait gagner douze heures; j'ai fait le trajet en trente-six -heures et je ne regrette pas cette hte; car, si j'ai un -regret, c'est de ne pas tre venue plus tt, et d'avoir -cout les dires des mdecins et les conseils de mes correspondants, -au lieu de suivre mes instincts. Je trouve -Pauline <i>trs mal</i>; les mdecins disent que le cas n'est pas -dsespr; mais il me parat, moi, qu'il est bien prs de -l'tre et que, peut-tre, dans quelques jours, cette me -sraphique aura pris son vol vers la cleste patrie. Elle a -toute sa tte et parat fort aise de me voir<a id="FNanchor_224" href="#Footnote_224" class="fnanchor"> [224]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 9 janvier 1858.</i>—Je viens de passer de bien -<span class="pagenum"><a id="Page_267"> 267</a></span> -mauvais jours. Mes anxits pour Pauline sont aggraves -par neuf douze degrs de froid! Mais il faut louer Dieu -de tout et le remercier genoux du mieux <i>notable</i> qui, -depuis vingt-quatre heures, s'est manifest dans l'tat de -Pauline, lorsqu'il s'agissait de rien moins que de l'extrme-onction -qu'elle demandait.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 16 janvier 1858.</i>—L'attentat d'avant-hier a -mu tout Paris et aura un retentissement en Europe<a id="FNanchor_225" href="#Footnote_225" class="fnanchor"> [225]</a>. -<span class="pagenum"><a id="Page_268"> 268</a></span> -Elle est bien malade partout, cette pauvre Europe. Je vis -si uniquement l'htel d'Albufra, qu'en dehors de l, -tout est ignorance pour moi<a id="FNanchor_226" href="#Footnote_226" class="fnanchor"> [226]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 25 janvier 1858.</i>—On dit, rpte, raconte et -croit tout dans la seule maison o je suis en communication -avec le monde extrieur; mais on y dit tant de -choses contradictoires que le vrai est difficile en -extraire; cependant, avec ce que mes fils me rapportent -de leurs clubs, et ce que le duc de Noailles me dit dans -les visites qu'il me fait une demi-heure avant mon dner, -j'apprends quelques bruits. Je n'en suis pas plus habile. -Chacun voit par sa propre lunette, dont les verres me -paraissent assez obscurs; la passion, la rancune, la poltronnerie, -la bassesse ou un stupide ddain, ou bien -encore l'cret des ambitions dues: tout cela fait un -vilain ou du moins un stupide ensemble, dans lequel la -raison, la modration, le vrai ne trouvent gure leur -place. Il en rsulte pour moi un tableau sombre et alarmant, -quoique les dernires <i>dcouvertes</i> aient le mrite -de mettre beaucoup de choses nu, et de valoir peut-tre - l'Europe un <i>sursis</i> dans le crime.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 29 janvier 1858.</i>—Je ne dirai rien du Paris -social, puisque je n'y participe pas, rien du Paris politique, -<span class="pagenum"><a id="Page_269"> 269</a></span> -puisque j'en suis plus loin encore; reste le Paris -acadmique, qui pourrait bien tre assez pineux et dlicat - toucher; car tous les sujets vont devenir de plus en -plus scabreux.</p> - -<p>M. de Hatzfeldt est revenu hier de Berlin; il va avoir -trois Princes prussiens recevoir; c'est beaucoup la -fois<a id="FNanchor_227" href="#Footnote_227" class="fnanchor"> [227]</a>. Il parat que la grande affection de la Famille -Royale d'Angleterre pour l'Empereur et l'Impratrice des -Franais a fait beaucoup d'impression sur les Princes -prussiens, et qu'ils arrivent dj fort modifis de ce qu'ils -taient en quittant leurs propres foyers.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 27 fvrier 1858.</i>—Les Anglais qui sont ici -s'accordent dire que le Cabinet Derby traversera la session, -mais n'ira pas au del. Lady Westmorland me -mande qu'elle trouve lord Palmerston trs baiss, trs -bris et que sa chute tait moins tonnante que ne l'avait -t la dure de ses victoires parlementaires<a id="FNanchor_228" href="#Footnote_228" class="fnanchor"> [228]</a>. La mort -du Pre de Ravignan est gnralement reconnue, par le -bon public, comme une perte sensible; Pauline en est -<span class="pagenum"><a id="Page_270"> 270</a></span> -attriste profondment. Le bon Pre lui avait fait dire par -leur mdecin commun de bien touchantes paroles.</p> - -<p>Le procs d'Orsini, la condamnation, les discours, les -plaidoiries, de nombreuses arrestations, le <i>meeting</i> -Londres et surtout le discours fort inattendu du gnral -Mac-Mahon au Snat, qui pourrait bien briser le bton de -marchal qu'il entrevoyait; voil ce qui dfraie le parlage -des salons. L'inquitude morale se mle tout: on -entend des bruits sourds, on marche et on sent la terre -trembler sous ses pieds. On s'meut de tout, on ne se -rassure sur rien. Le doute, ce grand tourment de l'me, -s'empare des masses comme des individus; ce qui formait -le charme de la socit, la sret confiante, s'envole - tire-d'aile; l'on se heurte, d'autant plus aisment et -plus rudement, qu'on est plus prs les uns des autres.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 3 mars 1858.</i>—La lettre d'Orsini, dont la -publication a t permise par celui qui elle tait adresse -(ce qui ne laisse pas que d'tonner le Corps diplomatique); -ce qui s'est pass au <i>meeting</i> de Londres<a id="FNanchor_229" href="#Footnote_229" class="fnanchor"> [229]</a>, le discours -de Flix Pyat, l'autorisation accorde aux gnraux Changarnier -et Bedeau de rentrer en France<a id="FNanchor_230" href="#Footnote_230" class="fnanchor"> [230]</a> (autorisation -destine rassurer, dit-on, tout ce qui n'est pas <i>rouge</i>, -ou tenir ces messieurs plus sous la main); puis des -arrestations nombreuses, ne portant, du reste, que sur -des carlates; voil, avec les funrailles de M. de Ravignan, -ce qui occupe Paris depuis plusieurs jours!</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_271"> 271</a></span> -<i>Paris, 12 mars 1858.</i>—La brochure parue hier, -intitule: <i>Napolon III et l'Angleterre</i>, qu'on croit tre -trace de la main du matre, est l'vnement du jour, et les -paris sont ouverts pour savoir si elle fera un bon ou un -mauvais effet de l'autre ct du dtroit<a id="FNanchor_231" href="#Footnote_231" class="fnanchor"> [231]</a>. On dit qu' -Vienne, l'autorisation donne la publication de la lettre -d'Orsini a fait un mauvais effet.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 10 avril 1858.</i>—L'infme article sign Rigault -qu'a donn, il y a quelques jours, le voltairien -<span class="pagenum"><a id="Page_272"> 272</a></span> -<i>Journal des Dbats</i> sur les sermons du carme, est faux -dans les faits, lourd dans son ironie de mauvais got. Il -est mal pens, mal senti, mal dit<a id="FNanchor_232" href="#Footnote_232" class="fnanchor"> [232]</a>. Celui d'Albert de -Broglie, sur le Pre de Ravignan, a ses parties charmantes -quoiqu'il tmoigne de la gne que lui cause le -souvenir de ce sjour Rome, pendant lequel il avait t -charg de jouer de mauvais tours aux Pres Jsuites. -Ah! si le prsent n'tait pas encadr entre le pass et l'avenir, -comme ce serait plus commode de parler et d'crire!</p> - -<p class="section"><i>Paris, 14 avril 1858.</i>—Voil les pouvoirs du Prince -de Prusse prolongs<a id="FNanchor_233" href="#Footnote_233" class="fnanchor"> [233]</a>; mais cet <i>indfini</i> est bien fcheux. -Aussi, comme le parti ultra-libral relve la tte -en Prusse! On achvera, sous ce pauvre Prince (et cela -sous forme semi-lgale), le peu qui survivait de 1848. -Tout va mal en Prusse, comme ici, comme partout. C'est -ennuyeux d'assister la fin du monde; j'en trouve le -spectacle fort laid!</p> - -<p class="section"><i>Paris, 22 avril 1858.</i>—M. Guizot est venu hier chez -moi et m'a force avoir une explication sur certain passage -du premier volume de ses <i>Mmoires</i> qu'il vient de -publier<a id="FNanchor_234" href="#Footnote_234" class="fnanchor"> [234]</a>. Alors je la lui ai accorde, et il a pass condamnation -<span class="pagenum"><a id="Page_273"> 273</a></span> -avec une humilit qui ne lui est pas habituelle. -Il m'a, <i>de lui-mme</i>, promis de rayer, dans la seconde -dition, certains mots malsonnants; il a convenu des -mauvaises interprtations dont plusieurs paroles taient -susceptibles. Enfin, il m'a dit qu'en parlant de l'ambassade -de M. de Talleyrand Londres, il le replacerait dans -sa vraie lumire. Il m'a prie d'observer que, de tous les -crivains qui ont parl de M. de Talleyrand depuis sa -mort, il tait celui qui l'avait le plus mnag; mais il a -aussi ajout qu'il regrettait et qu'il me <i>demandait pardon</i> -de ne pas m'avoir montr ce passage manuscrit, mais que -comme j'avais dclin toute communication avec lui au -sujet de M. de Talleyrand, il n'aurait pas cru qu'il serait -bien venu m'en occuper. Bref, il a voulu tre singulirement -doux.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 17 mai 1858.</i>—C'est aujourd'hui un anniversaire -qui me reporte vivement vers un temps de ma vie -dont il ne me reste plus rien que ce qui a survcu dans -mon cœur et qui s'teindra avec cette petite flamme de -l'existence qui jette encore une faible lueur sur le court -sentier qui me reste parcourir. Je le vois sans regret -s'abrger: <i>Je m'ennuie des choses de la terre</i>, comme -dit l'<i>Imitation</i>, sans avoir, malheureusement, une ardeur -gale des choses du ciel!</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_274"> 274</a></span> -J'ai eu une intressante lettre d'Angleterre. Le marchal -Plissier s'y ennuie et demande n'y pas rester -longtemps<a id="FNanchor_235" href="#Footnote_235" class="fnanchor"> [235]</a>. La situation actuelle de l'Angleterre me -parat assez pauvre, sans grand danger. Le parti Tory est -bien dchu. On fait ce que l'on peut pour rconcilier lord -Palmerston et lord John Russel, et rorganiser ainsi le -parti libral<a id="FNanchor_236" href="#Footnote_236" class="fnanchor"> [236]</a>; mais il est douteux qu'on y parvienne. -On dit que Macaulay se meurt et qu'il est devenu mconnaissable.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 19 mai 1858.</i>—La nouvelle de la mort de -Mme la Duchesse d'Orlans s'est rpandue bien rapidement -dans Paris<a id="FNanchor_237" href="#Footnote_237" class="fnanchor"> [237]</a>. On peut imaginer la diversit des -impressions qu'une semblable nouvelle fait prouver. -L'intrigue protestante, trs vive et trs soutenue par la -dfunte, est atterre, bien des ambitions expectantes sont -droutes. Les fusionnistes disent: <i>Pourquoi pas une -anne plus tt?</i> Des catholiques fervents sont en actions -de grces. J'ignore l'impression du monde officiel. On se -<span class="pagenum"><a id="Page_275"> 275</a></span> -demande, de partout, sous quel toit, sous quelle direction -les orphelins, qui ne sont plus des enfants, vont se trouver, -se placer et s'abriter. <i>Il mondo va da se</i><a id="FNanchor_238" href="#Footnote_238" class="fnanchor"> [238]</a>. L'hostilit, -l'intrigue plissent devant le terrible imprvu qui, -parti de haut, broie, pulvrise tout ce qui se croit capable -de l'viter ou de le diriger.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 21 mai 1858.</i>—Mme la Duchesse d'Orlans a -laiss un testament; il tait dpos ici, chez un notaire, -qui est parti hier pour le porter Claremont. On suppose -qu'il est plus politique que priv et qu'il est le commentaire -de celui de son mari. Les gens de bon sens s'en -alarment. Il y a foule pour aller assister aux obsques qui -auront lieu demain. Dans cette foule, toutes les nuances -orlanistes, mme celles entaches de rpublicanisme, -s'y trouvent. Il n'y a que les fusionnistes qui s'abstiennent, -comme Guizot, Duchtel, Broglie, le duc de Montmorency. -Les orlanistes pointus sont dsols; l'intrigue -du proslytisme protestant fort dconcerte; les catholiques -pur sang en actions de grces.</p> - -<p>Le Gouvernement a fait mettre, dans <i>la Patrie</i> d'avant-hier -au soir, un article convenable dans la forme, habile - son point de vue dans le fond. Dans le monde officiel, -les uns sont satisfaits qu'une personne, qui, dit-on, se -trouvait plus ou moins compromise dans la plupart des -complots, qui, en tout cas, tait le principe vital, agissant, -persvrant d'un des prtendants, n'existe plus. Les -<span class="pagenum"><a id="Page_276"> 276</a></span> -autres croient, qu'elle de moins, il y a plus de chances -pour que la fusion se reprenne, et y voient un danger. -Tout ceci le dmontre clairement.</p> - -<p>M. Thiers est dans les partants, et cela contre le gr de -sa femme et de sa belle-mre, quoique Mme la Duchesse -d'Orlans crivt toutes les semaines Mme Dosne! Il -va, dit-on, pour s'emparer du comte de Paris, si toutefois -il y parvient. Voici aussi trois cent mille livres de -rente, payes jusqu'ici par la France, qui vont faire dfaut. -On me dit, de bonne source, que la Reine Marie-Amlie, -quoique souffrante et alite, a pris cette mort subite avec -un grand calme. Son cœur ni sa conscience n'ont jamais -t en sympathie avec cette belle-fille ambitieuse, intrigante -et protestante. On ajoute que les beaux-frres -seront soulags, car elle pesait sur eux de sa volont, de -son activit et de sa persvrance obstine dans de certaines -routes. Il n'y a que ses fils qui soient, dit-on, -dsesprs. Voil ce que je recueille de divers cts. Je -m'abstiens de toute opinion, de toute prvision. Je suis -un simple cho.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 25 mai 1858.</i>—La mort de Mme la Duchesse -d'Orlans est encore le sujet de toutes les conversations. -Que de dceptions dans la vie de cette Princesse, o l'ambition -a tenu une si grande place! Quel brusque dnouement - tant de vaines aspirations! Je ne sais rien de plus -triste que de mourir ainsi, sans avoir pu se recueillir en -face de l'ternit. Je ne cherche pas dmler quelles -seront les consquences de cette disparition imprvue; -<span class="pagenum"><a id="Page_277"> 277</a></span> -elles pourraient tre immenses; mais, dans les temps o -nous vivons, les vnements tournent le plus souvent de -manire confondre toute prvoyance humaine.</p> - -<p>La Reine malade, au lit, n'a reu aucune des personnes -qui s'taient rendues aux obsques. Le comte de Paris et -le duc de Chartres sont pour le moment Claremont; ils -iront ensuite en Allemagne pour voir leur grand'mre de -Mecklembourg; puis ils reviendront se fixer en Angleterre, -<i>chez eux</i>, voulant tmoigner de leur indpendance tous -leurs oncles. Il reste chacun des deux orphelins cent -quatre-vingt mille livres de rentes, qui proviennent de -l'hritage de Madame Adlade, et d'conomies faites, -depuis longtemps, au profit de celui des deux frres qui -n'avait pas la chance du trne.</p> - -<p>On m'a racont que les trois Princes, oncles, tous -vtus de noir et d'une pleur mate, ressemblaient aux -Princes de France du temps de la Ligue; le duc de -Nemours surtout tait la reproduction de Henri IV. Le -testament ne contient que des dispositions pcuniaires; -mais il y a un crit en forme de lettre qui, pour le -moment, ne sera pas publi, mais qui ne rendra pas les -chances pacifiques. La Reine a t plus saisie qu'afflige. -Elle ira St Lonard's dans peu de jours; on espre -que l'air de la mer rendra des forces cette pauvre -Niob. Sa faiblesse est grande et ne laisse pas que -d'inquiter.</p> - -<p>A l'audience que M. le comte de Paris a donne aux -diffrentes personnes venues de Paris, il a dit: <i>J'ai -beaucoup perdu; mais l'esprit, les conseils de ma mre</i> -<span class="pagenum"><a id="Page_278"> 278</a></span> -<i>me guideront toujours; c'est en ce sens qu'elle n'est pas -morte.</i> M. de Montguyon, prsent, a eu l'inconvenance -de prendre la parole et de dire comme corollaire: Messieurs, -<i>est-ce assez clair?</i>. Sur quoi, le comte de Paris a -repris: <i>Oui, messieurs, ce que je viens de vous dire, -vous pouvez le rpter tous.</i> C'est un de ceux prsents -qui m'a racont cette scne.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 29 mai 1858.</i>—On n'a pas fait part de Claremont - Frohsdorff, tandis que le Comte de Chambord a -crit spontanment la vnrable tante, ce qui impatiente -les orlanistes pointus et les rpublicains l'eau de rose, -qui se donnent le triste plaisir d'inventer les plus grandes -stupidits, des impossibilits videntes pour irriter et -exciter la crdulit merveilleuse des partis.</p> - -<p>Hlas! il y a des gens mal intentionns pour tout inventer, -il y a aussi des imbciles pour tout croire.</p> - -<p>On a ouvert le testament de la Duchesse d'Orlans; -le grand crit politique avait t retir et dtruit, parce -qu'il devait tre refait Eisenach, dans le courant de -l't, avec l'aide de M. Thiers, qui devait s'y rendre cet -effet.</p> - -<p>On me mande d'Angleterre ce qui suit: Quel singulier -choix que le marchal Plissier comme ambassadeur! -Ses gots, ses manires dpassent tout ce qu'on -peut imaginer; tout ici l'ennuie, ce qui n'est pas tonnant, -vu qu'il parat avoir en haine la vie de la socit et -la vie politique. La politique, les femmes, la conversation -lui sont totalement antipathiques; il lui reste le jeu et -<span class="pagenum"><a id="Page_279"> 279</a></span> -la table, mais, des personnes qui lui ont adress la parole, -aucune n'a envie de recommencer. Il n'a pas mme voulu -se faire prsenter aux dames du Corps diplomatique. -On a de l'humeur dans Albion, le high-life anglais est peu -propre comprendre un soldat africain; les dfauts le -choquent, les qualits lui chappent.</p> - -<p class="blockquote">Nouvelle runion Bade des deux correspondants. </p> - -<p class="section"><i>Sagan, 27 juillet 1858.</i>—On m'crit de Tegernsee -que la sant du Roi de Prusse se fortifie, sans apporter de -changement dans l'tat de l'intelligence.</p> - -<p>Voici ce que je trouve dans une lettre de Londres: -On n'est proccup ici que de Cherbourg et de la visite -que la Reine Victoria doit y faire<a id="FNanchor_239" href="#Footnote_239" class="fnanchor"> [239]</a>. Elle devait d'abord -y aller avec six vaisseaux, les gens d'esprit ont dit: <i>Non, -cinquante ou un seul.</i> Elle ira avec deux frgates; la mer -sera couverte de yachts et de steamers particuliers; les -deux Chambres du Parlement sont aussi invites et auront -leur vaisseau. Lord Palmerston voulait y aller; mais, -quand il a vu le sentiment public, il y a renonc.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_280"> 280</a></span> -<i>Berlin, 14 aot 1858.</i>—Il n'y a, pour ainsi dire, personne - Berlin; chacun a pris le large ou est Potsdam -pour satisfaire sa badauderie. En gnral, on n'approuve -pas la visite actuelle de la Reine Victoria; on ne la trouve -pas suffisamment motive au point de vue maternel et peu -dlicate en regard du Roi.</p> - -<p>L'arrive de la Reine Potsdam a t tardive; les illuminations -taient teintes; il ne restait que tout juste -assez de luminaire pour clairer l'immuable <i>paletot du -Prince consort</i><a id="FNanchor_240" href="#Footnote_240" class="fnanchor"> [240]</a> et la tenue, plus que nglige, de la -Mission britannique Berlin, qui a ml ses redingotes -et ses cravates noires la tenue de grand gala de la -Famille Royale, des autorits suprieures, runies au dbarcadre -de Potsdam. Voil pour le dbut.</p> - -<p>Ici, Berlin, on ne parle que du <i>shocking</i> anglais et de -la pose du cble lectrique entre l'Angleterre et l'Amrique. -Ceci me frappe plus que les cravates noires et les -pantalons crus. Nous avons beau tre accoutums aux -miracles lectriques, ce nouvel effort reste tourdissant; -la terre deviendra trop petite pour la science et la puissance -de l'homme.</p> - -<p>Sir James Graham voulait aller Hambourg; sur quoi -lord John Russel lui a crit: <i>How can you go to such a -national humiliation</i><a id="FNanchor_241" href="#Footnote_241" class="fnanchor"> [241]</a>? Il parat que c'est l, en effet, -le sentiment public. Pour la France, la visite de la Reine -Victoria Cherbourg est une dmonstration pacifique; -<span class="pagenum"><a id="Page_281"> 281</a></span> -pour l'Angleterre, il me semble que c'est un principe -d'humeur et d'hostilit qu'on pourra bien ne pas oublier -de sitt.</p> - -<p>Les mdecins ont souhait que le Roi de Prusse allt -passer les mois de septembre et d'octobre Cme; il y -avait d'abord consenti; puis il s'y est refus avec obstination -et a rsolu de revenir le plus vite possible Sans-Souci; -il voulait mme y arriver avant que la visite britannique -ne ft acheve, et la Reine a eu beaucoup de -peine l'en empcher. Il parat que ce pauvre Roi, et cette -malheureuse et royale garde-malade, reviendront -Sans-Souci dans les premiers jours de septembre. Le Roi -n'est mieux que physiquement.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 17 aot 1858.</i>—La Cour est venue, hier, -Berlin, pour montrer les diffrents palais la Reine Victoria; -le lunch a eu lieu chez la Princesse Frdric-Guillaume; -personne d'autre n'y tait invit que l'<i>Olympe</i>, les -Radziwill et moi. La Reine a t des plus gracieuses, se -souvenant de moi et de Pauline Kensington-Palace, causante, -rieuse, anime, l'air gaie, tout fait en bonne veine. -Sa fille, plus grande que sa mre, a pourtant l'air moins -royal; elle plat son mari et parat en train de faire des -enfants; elle remplit ainsi les deux grandes conditions; en -outre, elle a l'air ouvert et naturel.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 24 aot 1858.</i>—Voici une lettre d'Angleterre -qui dit ceci: Nous sommes inquiets ici, mme des libraux -quand ils sont modrs, lord Grey, par exemple. On -<span class="pagenum"><a id="Page_282"> 282</a></span> -ne sait comment lutter contre le mal qui nous trouble. Les -hommes srieux conviennent eux-mmes que ce qui leur -manque le plus, c'est le courage de dire tout haut ce qu'ils -pensent. Ils disent que le premier qui ferait hardiment -appel au bon sens national contre l'esprit radical trouverait -beaucoup d'appui; mais cet homme ne se trouve pas.</p> - -<p>On me disait hier que le Roi Lopold a eu un gros chec -par le rejet de sa loi sur les fortifications d'Anvers; c'tait -sa propre ide et il y tenait fortement. Il en avait parl -Londres, dans son dernier voyage, comme de sa meilleure -garantie contre les ambitions et les rvolutions franaises. -On ne sait pas encore comment il a pris ce coup, et s'il -fera quelque chose pour revenir sur cette question<a id="FNanchor_242" href="#Footnote_242" class="fnanchor"> [242]</a>. -Quand il est battu, il devient encore plus silencieux que -de coutume.</p> - -<p>On m'crit de Paris de bonne source: Lord Palmerston -se propose, non pas de quitter les affaires, comme -le disent niaisement les gazettes, mais de venir trs prochainement -ici faire une visite l'Empereur Napolon. Il -se flatte de reprendre bientt son poste, voudrait se concerter -sur sa politique future avec l'Empereur, et se faire -absoudre de quelques incartades; il croit qu'un tel certificat -lui serait utile pour remonter au pouvoir.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_283"> 283</a></span> -Dans les dernires confrences de Paris, il s'est tabli -une singulire entente cordiale entre la France et l'Angleterre; -par suite, sans doute, de l'entrevue de Cherbourg<a id="FNanchor_243" href="#Footnote_243" class="fnanchor"> [243]</a>, -M. de Hbner, tonn, a vivement interpell -lord Cowley qui a rpondu qu'il se conformait aux instructions -de son Gouvernement: <i>En ce cas</i>, a dit M. de -Hbner, <i>il est de mon devoir d'instruire le mien de ce -qui se passe</i>. Le lendemain, Walewski a dit, l'ouverture -de la sance, que lord Cowley, tant Chantilly, -l'avait pri de le reprsenter en lui donnant ses pleins -pouvoirs. Dans le cours des entretiens que l'Empereur a -eus Plombires avec M. de Cavour<a id="FNanchor_244" href="#Footnote_244" class="fnanchor"> [244]</a>, l'Empereur a dit, -<span class="pagenum"><a id="Page_284"> 284</a></span> -au milieu de beaucoup d'autres choses: <i>Dans peu de -temps, on sera bien surpris en Europe de mes nouveaux -rapports avec le Gouvernement anglais; on verra que -l'alliance s'est fortifie au lieu de s'affaiblir.</i></p> - -<p>D'autre part, on me mande que la Bretagne est conquise - l'Empire, que les lgitimistes sont totalement dcourags -et les orlanistes furieux.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 31 aot 1858.</i>—Le Roi arrive aprs-demain -Sans-Souci. La Reine demande, d'une faon expresse, -qu'il n'y ait personne au dbarcadre de Potsdam, ni au -perron de Sans-Souci. Il est mme douteux que le Prince -de Prusse s'y trouve au premier moment. M. de Manteuffel -a dit, un membre important du Corps diplomatique qui -<span class="pagenum"><a id="Page_285"> 285</a></span> -me l'a rpt en confidence, que l'on n'attendrait assurment -pas la runion des Chambres pour procder un tat -de choses moins provisoire que ce qui a lieu depuis un an. -M. de Manteuffel et M. von der Heydt, s'tant bien insinus -dans l'esprit du Prince de Prusse, se croient certains -de conserver leur poste sous la Rgence, ce qui fait qu'ils -y poussent, tandis que Westphalen, Ramer et Waldersee, -sentant qu'ils seraient expulss, s'y opposent. Personne -ne croit l'abdication, que ni Roi, ni Reine n'admettent; -mais le mot de <i>Rgence</i> se prononce de plus en plus dans -les cercles levs et dans le public.</p> - -<p>On dit que la Reine Victoria, en change de la complaisance -qu'elle a eue d'aller Cherbourg, a obtenu l'abandon -de toute insistance pour le canal de Suez. Ce qui est plus -srieux, c'est que l'Empereur Napolon, qui a beaucoup -caus avec M. de Cavour Plombires, lui a fait de fort -belles promesses pour l'affranchissement de l'Italie. C'est -l'Empereur qui a voulu voir M. de Cavour et lui a fait -dire de venir Plombires. Il voulait, d'abord, que la -visite ft secrte. Cavour s'y est refus et a demand la -publicit qui lui a t accorde. Le Comte de Chambord, -pendant sa visite Bruxelles, a dit au Roi Lopold: <i>Je -ne sais pas ce qui arrivera en France, ni quand il y arrivera -quelque chose; mais il n'y arrivera rien sans que je -n'y sois et que j'en sois.</i> Le Roi Lopold n'a pas manqu -d'crire ces paroles au duc d'Aumale.</p> - -<p>Voici deux bons mots du duc de Malakoff, un peu risqus, -mais n'importe. L'Impratrice Eugnie voulait que -le mariage, avec Mlle de la Paniega, se ft le 8 septembre<a id="FNanchor_245" href="#Footnote_245" class="fnanchor"> [245]</a>, -<span class="pagenum"><a id="Page_286"> 286</a></span> -anniversaire de la prise de Malakoff. Non, a -rpondu le Marchal, je l'ai pris le 8, mais je n'y suis entr -que le 9. La comtesse Walewska, qui fait la corbeille, -trouve le futur un peu avare. Elle voulait qu'il donnt -deux rivires de diamants; sur quoi il lui a dit: Non, -une est suffisante pour s'y noyer.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 5 septembre 1858.</i>—J'ai t en communication -avec des revenants de Potsdam bien informs: il n'y -a ni aggravation, ni amlioration dans l'tat du Roi, <i>statu -quo</i> complet. On croit qu'une sorte d'intuition, moiti -voile, proccupe, agite et a fait tenir revenir Sans-Souci -pour y prendre un grand parti. Seulement, la -facult d'exprimer, de formuler sa pense, la laisse incertaine -pour les entours les plus intimes; on suppose plus -qu'on ne sait.</p> - -<p>Ds les premires heures du retour, la Reine a t circonvenue -de plusieurs faiseurs prchant dans un sens, -tiraillant dans l'autre, sans laisser cette pauvre martyre -le temps de respirer. Cependant, elle ne s'est rendue ni -aux uns, ni aux autres, et il me semble qu'on atteindra -ainsi la fin du mois. Mais deux choses me paraissent rsolues: -un nouveau dpart pour Mran, peut-tre pour -Gnes aprs; ce dpart aurait lieu dans les premiers jours -d'octobre. Avant, il y aurait une rsolution dfinitive de -prise, en ce sens que l'tat actuel se modifierait, non par -une abdication, mais par une Rgence.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_287"> 287</a></span> -On a remis au Prince de Prusse un mmoire sur les -diffrentes formes donner au dfinitif relatif; une de -ces formes s'appelle <i>Co-Rgence</i>. Le Prince a rendu ce -mmoire aprs avoir mis en marge: <i>Jamais</i>, ce qui -est fort sage.</p> - -<p>M. de Manteuffel est tout la politique franaise; l'influence -anglaise est plus particulirement dans une partie -de la Famille Royale, tandis que l'autre tourne ses regrets -vers la Russie. Personne ne me semble assez pntr que -le plus sage et le plus prvoyant serait de tendre honntement -la main l'Autriche. Du reste, il faut en convenir, -l'toile napolonienne est, pour l'instant, resplendissante. -Tout lui sourit, depuis la Bretagne jusqu' la Chine. Le -berceau de la fidlit monarchique a pass d'autres -amours!</p> - -<p>Le mariage Malakoff est fix au 2 octobre. L'Impratrice -donne, non pas la corbeille, mais le trousseau; elle veut -attacher le Marchal sa fortune en le faisant son alli... -Mais lui, quel vieux fou! S'affubler, soixante-trois ans, -d'une Espagnole, belle miracle, et qui, dit-on, a bien de -la peine se rsigner une pareille union!</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 8 septembre 1858.</i>—On m'crit que la -duchesse Mathieu de Montmorency a laiss douze cent -mille livres de rente. En conscience, il devrait en revenir -une part M. Cousin; les grandes dames du pass lui -doivent quelque chose. Que lui auraient-elles donn s'il -avait dit, de leur vivant, tout ce qu'il en dit aujourd'hui? -La duchesse Mathieu descend en ligne droite de la -<span class="pagenum"><a id="Page_288"> 288</a></span> -duchesse de Chevreuse (conntable de Luynes en premires -noces), qui a inspir un des jolis articles de -M. Cousin.</p> - -<p>M. de Falloux me mande des confins de la Bretagne: -Les ovations napoloniennes de la Bretagne n'ont pas -branl le parti lgitimiste. Tant que l'Empereur Napolon -vivra et rgnera, il pourra avoir de semblables satisfactions; -mais elles ne le feront pas vivre ni rgner un jour -de plus. Ce sont des succs plus bruyants et plus brillants -que srieux; pour quelque temps, l'apparence vaut -la ralit, sans que ce soit pourtant la mme chose. Il y a -dans la situation de l'Empereur Napolon des faiblesses -que ni les rencontres royales ni les applaudissements -populaires ne peuvent gurir, et sa destine dpend de -plus grandes causes.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 11 septembre 1858.</i>—Avant-hier, M. de Manteuffel -a eu la premire conversation srieuse avec la Reine, -qui en est sortie extrmement agite. Les mdecins se -taisent et haussent en silence les paules; les courtisans -l'effrayent en lui disant que si elle prononce le mot <i>Rgence</i> -au Roi, elle peut l'exposer une attaque subite et mortelle. -Les ministres, c'est--dire deux ministres, disent que <i>la -Rgence</i> est indispensable, que tous les quivalents, sans -le nom, ne suffiront pas au public, pas aux Chambres, qui -tiendront d'autant plus au nom de <i>Rgence</i> que le serment -de la Constitution s'y rattache.</p> - -<p>Le Prince de Prusse s'enfuit aux manœuvres de Silsie, -de Hanovre, de Varsovie, pour n'avoir pas s'expliquer. -<span class="pagenum"><a id="Page_289"> 289</a></span> -Il y a des personnes qui disent qu'on pourrait viter l'action -des Chambres par un Conseil de famille qui dfrerait -la Rgence au Prince, sans que le Roi en ait, pour ainsi -dire, la connaissance et le dplaisir; mais, avec une famille -si dsunie, cela n'est pas possible. La Reine, et ce qu'on -commence dj appeler <i>la vieille Cour</i>, voudraient une -simple <i>dlgation illimite</i>, comme dure et comme pouvoir; -mais cela ne convient pas aux hommes proprement -dits <i>politiques</i>, ni au public qui veut du dfinitif. Puis vient -la question du voyage. La Reine est persuade qu'il est -urgent qu'il ait lieu au dbut d'octobre. Mais o aller? Le -Roi redoute l'Italie; Mran, en Tyrol, n'est bon qu'en -automne, horriblement triste en hiver, et dnu de toutes -ressources; Venise est trop pauvre en promenades -pdestres, qui remplissent les deux tiers des journes -royales; Gnes, trop expos l'air irritant de la mer et au -soleil trop vif; Rome, <i>impossible</i> pour la Reine<a id="FNanchor_246" href="#Footnote_246" class="fnanchor"> [246]</a>. Il y a -des voix qui s'lvent pour Pau; enfin, d'autres indiquent -l'le de Wight, mais il y aurait pour le Roi l'agitation d'tre -prs de la Reine Victoria, sans la voir; car le Roi est plus -squestr que jamais, d'aprs la volont expresse des mdecins. -On ne permet pas Humboldt de le voir, ce qui -est pour celui-ci un chagrin profond et une vritable blessure. -Quelqu'un, qui voit de prs, me disait que, dans -son opinion, il n'y aura jamais gurison, et que probablement -<span class="pagenum"><a id="Page_290"> 290</a></span> -il y aura dchance, lentement progressive, qui -finira par conduire un tat d'enfance.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 16 septembre 1858.</i>—Avant-hier, je suis alle - Sans-Souci, o j'ai vu le Roi sur la terrasse, et la Reine -seule dans son cabinet, si confiante, si causante, si diffrente -de ce qu'elle est habituellement que j'en ai t -frappe et mue. Pauvre femme! Quelle tche, et comme -elle est noblement et simplement accomplie! Elle a abord -bien des difficults de sa position, et j'ai clairement vu que, -si le Roi n'est pas assez lucide pour juger par lui-mme, -il l'est cependant assez pour opposer sa volont celle des -autres, pour tre <i>mfiant</i>, en un mot pour rendre les responsabilits -de toutes choses, grandes et petites, bien difficiles. -C'est ainsi qu'avant-hier tout tait doute: partira-t-on? -restera-t-on? o ira-t-on? Toutes questions irrsolues -encore. La Reine dsire vivement le dpart et une absence -prolonge; elle se rsignerait mme Rome, ce qui cependant, -pour elle, ne saurait tre que pnible. Le Roi a horreur -de l'ide de l'Italie. Que c'est bizarre!</p> - -<p>La question politique devient tellement <i>brlante dans le -pays</i> qu'il faudra qu'elle soit bientt dcide, et je crois, -pour ma part, <i>la Rgence</i>, la chose appele par son -nom. Mais cette Rgence, sera-t-elle octroye? Par qui? -Dans quelle forme? Les plus intresss n'en savaient rien, -il y a deux jours.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 27 septembre 1858.</i>—J'ai eu une lettre de -Sans-Souci, du 24, dans laquelle on me dit que, jusqu' -<span class="pagenum"><a id="Page_291"> 291</a></span> -ce jour, on avait inutilement guett un joint qui permt -de porter la pense du Roi sur l'acte devenu si urgent. Il -semblait viter de laisser tomber un seul mot qui facilitt -une proposition lui faire accepter; aussi tait-on dcid - tout faire d'emble, proposition et acte signer, le tout -en un quart d'heure. Comment cela russira-t-il? On est -dans une grande angoisse sur l'effet moral et physique.</p> - -<p>J'apprends l'instant que le voyage est dcid: -d'abord pour Mran, d'o on s'enfoncera en Italie. On -doit quitter Sans-Souci le 10 ou 11 octobre. La Reine a -dsir aller passer une demi-journe Dresde, pour -consoler sa pauvre sœur jumelle, dsole de la mort de la -jeune et florissante Archiduchesse Marguerite<a id="FNanchor_247" href="#Footnote_247" class="fnanchor"> [247]</a>; mais le -tyrannique docteur Bœger l'a positivement interdit. La -Reine s'est soumise, mais on voit par l quel point <i>tout</i> -est redout pour le Roi.</p> - -<p>La presse prussienne prend des allures si vives, et sur -la Rgence et sur les lections, qu'on saisit une gazette -aprs l'autre.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 9 octobre 1858.</i>—Je suppose qu'aujourd'hui -ou demain nous aurons la Rgence; car il parat que le -Prince de Prusse a tenu bon et dcidment qu'il emporte, -non seulement le pouvoir, mais le <i>titre</i>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 14 octobre 1858.</i>—J'ai reu une lettre de la -Princesse Charles de Prusse, crite le lendemain du dpart -<span class="pagenum"><a id="Page_292"> 292</a></span> -du Roi de Berlin. En voici le rsum: Le Roi, en partant, -tait mieux que la semaine prcdente, qui avait t trs -fcheuse; tout prendre, moins bien qu'avant Tegernsee. -On n'a pas voulu que la famille lui ft ses adieux Potsdam; -il a t lui-mme avec la Reine recevoir ces adieux, - Glienicke et Babelsberg; il tait cass et vot; les -regrets ont t trs douloureux en quittant Sans-Souci. On -croit, dans la famille, qu'il sera plus facile d'empcher le -Roi de quitter Mran que de le dcider pour l'Italie. On -suppose qu'il passera tout l'hiver dans le Tyrol.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 4 novembre 1858.</i>—Je pense que l'laboration -ministrielle Berlin est maintenant chose faite. MM. de -Budberg et de Moustiers seront de moins belle humeur; -car c'est contre leur alliance qu'on lverait un drapeau -anglo-austro-prussien, que le Prince de Hohenzollern-Sigmaringen -serait charg de tenir haut et ferme. Il y a, -au-dessus et au-dessous de toutes ces combinaisons ministrielles, -la question des lections. Les dmocrates s'agitent -et ils ont singulirement hauss le ton depuis la -Rgence.</p> - -<p>Les nouvelles du Roi, depuis qu'il est Mran, sont -tellement meilleures que la Reine se reprend l'esprance -d'un rtablissement qui, aprs les changements que le -Rgent est en train d'oprer, ne laisserait pas que de -rendre la confusion suprme.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 11 novembre 1858.</i>—Avant de rien prjuger -sur le nouveau Cabinet prussien, il faut le voir l'œuvre, -<span class="pagenum"><a id="Page_293"> 293</a></span> -et quelles Chambres il aura gouverner<a id="FNanchor_248" href="#Footnote_248" class="fnanchor"> [248]</a>. Les lections -se font ces jours-ci et agitent tout le pays. On dit que le -prince de Hohenzollern ne donne que son nom au Cabinet, -que M. d'Auerswald en sera l'me et le <i>leader</i>. On -s'tonne seulement qu'on l'ait nomm ministre du Trsor, -vu qu'il a mang sa propre fortune et celle de sa femme.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 16 novembre 1858.</i>—Je ne parlerai pas politique -prussienne; les lections rpondent aux craintes des -conservatifs comme aux esprances des dmocrates. Il y -aurait prsomption vouloir tirer maintenant les horoscopes; -je m'en abstiens, malgr le peu de got que j'ai -pour la rsurrection de certains noms malsonnants qui se -prsentent avec bonne chance aux lections, et pour la -licence des gazettes. Tout cela rappelle 1848; mais il faut -croire que le Ministre actuel saura tre libral, sans -danger pour l'tat, modr sans faiblesse, triomphant -sans entranement. Je lui souhaite bonne chance, car je -lui crois d'excellentes intentions, mais l'enfer n'est-il pas -pav de bonnes intentions?</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 20 novembre 1858.</i>—Je ne sais trop que -penser de l'tat des choses qui a subi un si rapide changement. -<span class="pagenum"><a id="Page_294"> 294</a></span> -S'il fallait classer les partis, je dirais que les -conservatifs sont en <i>dfiance</i>, les libraux en <i>confiance</i>, -les dmocrates en <i>esprance</i>; ils voient, dans la porte -qu'on a entr'ouverte, un arc de triomphe par lequel ils -esprent entrer, pour faucher ce que 1848 a pargn. Les -Ministres semblent dj s'effrayer un peu de leur premier -dbut, puisque le ministre de l'intrieur a publi une -seconde circulaire pour expliquer la premire, et dire que -celle-ci avait t mal comprise par le public<a id="FNanchor_249" href="#Footnote_249" class="fnanchor"> [249]</a>; mais ceci -est un coup d'pe dans l'eau, car l'impulsion imprudente -a t donne. Il est bien craindre que les lections ne -s'en ressentent, et cette reculade du Ministre l'affaiblit -sans faire revenir les esprits.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 25 novembre 1858.</i>—Voici les lections -accomplies. Ici, on a nomm deux dputs centre droit, -et le troisime centre gauche; il serait dsirer qu'on -n'et pas fait de plus mauvais choix dans les autres collges -lectoraux du Royaume; mais les gazettes nous -apportent bien des noms malsonnants. Je ne crains pas -grand'chose pour la session. Le gouvernement n'y prsentera -<span class="pagenum"><a id="Page_295"> 295</a></span> -rien qui permette la discussion; rien que l'<i>urgent</i>. -La gauche voudra jouer la modration, et les <i>pointus</i> de -droite seront videmment plutt dcourags. La grande -bataille ne se livrera qu' une seconde session; mme la -premire Chambre sera, je crois, dans la prochaine, assez -mesure et prudente. Gouvernement, Chambres, pays, -<i>tutti quanti</i>, sont encore pour l'instant plus bouriffs -que clairvoyants et assurs.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 7 dcembre 1858.</i>—Je ne crois pas que la -panique financire soit termine pour de bon. L'atmosphre -est bien lourde, bien charge. Les propos Compigne -ont t fort guerriers, les dngations entortilles, -insuffisantes. A Vienne, on est fort averti. Bref, je ne -pense pas que je puisse prudemment me prolonger en -France, o je compte me rendre dans un mois, au del du -dbut printanier, si toutefois j'y puis rester jusque-l. Si -lord Palmerston ne rentre pas au Ministre, il y aura -chance pacifique; s'il y rentre, je vois le feu aux toupes. -Les amis du Rgent l'ont mal servi en publiant son programme<a id="FNanchor_250" href="#Footnote_250" class="fnanchor"> [250]</a>, -sujet actuel d'une controverse vive et d'une -argumentation au moins inutile. Les Rois, ou du moins -les Rgents, ne devraient jamais se livrer nominativement -au public.</p> - -<div class="chapter"> -<p><span class="pagenum"><a id="Page_296"> 296</a></span></p> -<h2 class="normal">1859</h2> -</div> - -<p class="section"><i>Paris, 18 janvier 1859.</i>—J'ai vu pas mal de monde -hier.</p> - -<p>Depuis vingt-quatre heures le vent est des plus pacifiques. -Le recri du commerce et de l'industrie, la pression -de l'Angleterre, les dmissions offertes par plusieurs ministres, -ont fait reculer. <i>On n'a rien abandonn</i>, mais -reconnaissant le moment dfavorable, on a ajourn, au -grand dplaisir de l'Impratrice Eugnie, qui est une des -plus vives pour substituer les chances de la guerre aux -dangers des assassins. On a envoy quelqu'un Londres -pour tout expliquer, dans le sein de la paix, et on a transmis -au prince Napolon, au gnral Niel, M. Bixio -Turin, des recommandations d'agir avec la plus grande -prudence<a id="FNanchor_251" href="#Footnote_251" class="fnanchor"> [251]</a>.</p> - -<p>Ni M. Walewski, ni la princesse Mathilde ( peu prs -brouille avec son frre) n'ont eu connaissance du mariage -sarde que lorsque tout a t convenu.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_297"> 297</a></span> -<i>Paris, 20 janvier 1859.</i>—Le Roi Jrme a dit, avant-hier, - une personne qui l'a rpt, qu'il n'y aurait pas -de guerre cette anne, tous les ncessiteux ayant pu, par -un jeu de baisse, se relever.</p> - -<p>A Rome, la Reine de Prusse a reu le cardinal Antonelli. -Le Roi prend de plus en plus intrt ce que lui offre la -Ville ternelle. Il rpte souvent avec une sorte d'agitation -prcipite qu'il veut voir le Pape. <i>J'ai tant de choses -lui dire.</i> Ses entours en sont surpris et embarrasss. -Tout ceci n'est-il pas bien trange?</p> - -<p>A un grand dner diplomatique donn ici, il y a quelques -jours, par l'ambassadeur de Russie, M. de Kisseleff, -sans qu'il y et anniversaire ou motif particulier, l'Ambassadeur -s'est lev et a dit qu'il tait sr de rpondre au -dsir des convives, en portant la sant de l'Empereur des -Franais. On s'est regard et on a bu, M. de Hbner y -compris. Puis, le comte Walewski s'est lev son tour, -disant qu'il tait sr de rpondre au dsir gnral en portant -la sant de l'Empereur de Russie. Autre change de -regards plus ou moins surpris. On ne s'explique pas cette -dmonstration sans motif spcial.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 23 janvier 1859.</i>—Paris est toujours la -guerre. On parle d'un trait offensif et dfensif, sign -entre la France et la Sardaigne, sans lequel M. de Cavour -ne consentirait pas au mariage de la princesse Clotilde. -Cependant ce fait qui se rpte beaucoup ne m'est pas -dmontr.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_298"> 298</a></span> -<i>Rochecotte, 3 fvrier 1859.</i>—Quand j'ai quitt Paris, -on tait mi-partie la guerre, mi-partie la paix. Ce qui -parat certain, c'est que si la pression extrieure, qui -hlas! est bien peu unie et ferme, ne pse pas dans la -balance pacifique, c'est Plissier qui commandera l'arme -de Paris pour y maintenir l'ordre pendant l'absence de -l'Empereur, lequel Empereur veut commander en personne -l'arme des Alpes, Canrobert celle de rserve. Les -nouvelles d'Algrie, d'o on retirerait des troupes en cas -de guerre, sont qu'aussitt l'arme diminue, les Arabes -se rvolteraient sur nouveaux frais; dj les assassinats -recommencent depuis que le nouveau systme du prince -Napolon y est tabli. Les banqueroutes se succdent -Paris et en province. En un mot, dsarroi partout et bien -des nuages tous les horizons.</p> - -<p class="section"><i>Rochecotte, 8 fvrier 1858.</i>—Mon fils, qui a assist -la sance du Corps lgislatif, m'crit qu'elle a t des plus -froides; ni cris, ni applaudissements, rien pour l'Impratrice. -Il en a t de mme l'arrive Paris de la princesse -Clotilde; les hommes n'taient pas mme leur chapeau.</p> - -<p>Le discours d'ouverture de l'Empereur ne parat pas -suffisant pour faire croire la paix relle; il ne parvient -pas rtablir la confiance profondment branle. Les -journaux du Gouvernement parlent d'un grand enthousiasme -que les spectateurs impartiaux nient. En attendant, -les banqueroutes vont grand train, et les armements -et prparatifs de guerre ne discontinuent pas. On reste -trs inquiet.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_299"> 299</a></span> -<i>Rochecotte, 14 fvrier 1859.</i>—Je viens de lire l'ouvrage -que Mme la comtesse d'Harcourt a publi sur -Mme la Duchesse d'Orlans. Cette lecture m'a plu. C'est -un rcit mu, naturel, d'une destine brillamment et tristement -dramatique; assez de passion pour aller au del -du vrai, et pourtant, une certaine retenue habile sur les -moments dlicats. C'est une lecture trs agrable o la -mmoire de la Princesse est heureusement sauvegarde -et honore, utile son souvenir, et peut-tre mme -l'avenir de ses enfants<a id="FNanchor_252" href="#Footnote_252" class="fnanchor"> [252]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Rochecotte, 28 fvrier 1859.</i>—Je crois de plus en -plus la guerre. L'Empereur Napolon a dit M. de -Villamarina, le ministre de Sardaigne Paris, l'occasion -de la mission de lord Cowley Vienne: <i>Rassurez votre -matre, cette mission ne saurait aboutir.</i> C'est bien pour -cela qu'il y a consenti. Il parat certain, en effet, que si -l'Angleterre veut la paix, elle n'en prend gure les -moyens, car lord Cowley est charg de propositions qui -me paraissent inadmissibles<a id="FNanchor_253" href="#Footnote_253" class="fnanchor"> [253]</a>. Et ce pauvre Pape? Je -<span class="pagenum"><a id="Page_300"> 300</a></span> -ne m'tonne pas qu'aux Tuileries on se prte vacuer -Rome, car ce sera le signal de troubles dans lesquels on -puisera le prtexte qu'on cherche depuis longtemps. A -ct de ces sombres prvisions, on s'amuse, Paris, -comme dans les jours de la plus grande quitude. Il n'est -bruit que de bals; cinq bals costums chez les Ministres, -mille invits hier chez Mme Duchtel.</p> - -<p>On me mande qu'on ne parle d'autre chose que de bals -chez Mme de Boigne, o le duc de Fezensac a lu, l'autre -jour, un fragment de mmoires sur son enfance pendant -la Terreur Mrville<a id="FNanchor_254" href="#Footnote_254" class="fnanchor"> [254]</a>. L, et alors aussi, on s'amusait. -La nouvelle du 21 janvier 1793 suspendit, Mrville, une -comdie qu'on s'apprtait y jouer. On dit que ces mmoires -sont la fois naturels et piquants.</p> - -<p class="section"><i>Rochecotte, 8 mars 1859.</i>—J'ai lu le fameux article -du <i>Moniteur</i>, ainsi que la reculade de mauvaise humeur -qu'il contient<a id="FNanchor_255" href="#Footnote_255" class="fnanchor"> [255]</a>. Je suppose que ce qui y a le plus contribu, -c'est l'animosit de l'opinion en France, en Angleterre, -et celle qui me parat presque exalte en Allemagne. -<span class="pagenum"><a id="Page_301"> 301</a></span> -Il a donc recul (je veux dire l'Empereur Napolon) et -recul le premier. Cela disposera peut-tre l'Autriche -faire quelques petites concessions qui lui concilieront -encore plus Londres et Berlin. Il est vrai que, dans cet -article grognon du <i>Moniteur</i>, on ne pouvait plaider la -cause de la paix dans un style plus belliqueux; il y a des -gens qui diront que le principal motif de l'article a t la -ncessit de rassurer ce pauvre Corps lgislatif qui montre -quelques vellits de sortir de son obissance muette et -passive. Mais l'article sera-t-il suffisant pour rendre la -scurit? Je n'y vois qu'un sursis, c'est beaucoup, mais -est-ce assez?</p> - -<p>On me parle de conversations tranges entre M. de -Persigny et l'Empereur, puis entre M. de Persigny et le -marquis de Villamarina.</p> - -<p>On dit que M. de Persigny, qui prche la paix, comme -Pierre l'Ermite prchait la Croisade, somme le Pimont -de dgager l'Empereur de ses engagements. M. de Morny -et M. Baroche garantissent la paix au Corps lgislatif; -cela suffira-t-il pour empcher qu'il rclame contre le peu -de compte qu'on fait de lui, quand on prsente sa commission -un budget de paix, au moment o la guerre parat -prs d'clater? De tout ceci, la Bourse se remet monter -et on peut se croire quelques mois de plus de tranquillit.</p> - -<p class="section"><i>Rochecotte, 14 mars 1859.</i>—A l'occasion de la dmission -du prince Napolon<a id="FNanchor_256" href="#Footnote_256" class="fnanchor"> [256]</a>, on disait dans Paris, en y -<span class="pagenum"><a id="Page_302"> 302</a></span> -appliquant le titre d'une comdie qui a fait du bruit au -Thtre-Franais: <i>La joie fait peur</i>. Je crois la guerre -invitable; mais comme on n'est prt ni ici ni en Pimont, -qu'il faut encore trois mois pour achever tous les -prparatifs et qu'on veut pouvoir les complter en paix, -on a l'air de se prter des ngociations sur l'utilit desquelles -on s'efforce de rassurer secrtement M. de Cavour. -J'ai bien peur qu'en Prusse on ne se fasse de grandes -illusions ainsi qu' Londres et qu'on ne se prpare, dans -un certain dlai, une grande journe des dupes.</p> - -<p class="section"><i>Rochecotte, 31 mars 1859.</i>—Je me souviens d'un -mot de Mme de Maintenon: Il n'y a que la mort qui -termine nettement les embarras de la vie. Quelque -embarrass qu'on soit, la porte qui seule en tire n'est du -got de personne. Il arrive un temps, hlas! o on n'a -plus de plaisir vivre, tout en ayant terreur de mourir. -C'est un peu mon cas. Quel tre inconsquent et impossible - satisfaire que l'tre humain!</p> - -<p>Il y a quelques jours que la nouvelle du Congrs tranquillisait -tout le monde; depuis, on n'y a plus la mme -confiance. On croit qu'en le proposant, la Russie tendait -un pige, qu'elle coupait l'herbe sous les pieds de l'Angleterre, -et en France on se flattait d'un refus de l'Autriche -d'y assister. Quand on ne croit plus la bonne foi -de personne, o placer sa confiance?</p> - -<p>Les uns me mandent, ce sont ceux qui se cramponnent - la paix, que le prince Napolon est de mauvaise humeur -et Cavour mcontent; ceux qui, surtout, prvoient la -<span class="pagenum"><a id="Page_303"> 303</a></span> -guerre, prtendent que le prince Napolon est rayonnant -et Cavour souriant<a id="FNanchor_257" href="#Footnote_257" class="fnanchor"> [257]</a>.</p> - -<p>Il faudrait un baromtre bien subtil pour marquer exactement -la temprature parisienne, europenne, pour dire -vrai; car partout, il y a fluctuation.</p> - -<p>A propos de Cavour, on raconte que la veille de son -dpart, il aurait dit en ricanant Rothschild: <i>Je sais -fort bien que si je donnais ma dmission, les fonds monteraient -de trois pour cent.</i>—<i>Mieux que cela</i>, lui -a rpondu le juif, assez brutalement. Isral se met avoir -de l'esprit et presque du courage, quand il s'agit de voir -des millions s'engloutir.</p> - -<p>La princesse Clotilde a t au concert chez la duchesse -de Hamilton. Il ne s'y trouvait que des trangers ou du -<span class="pagenum"><a id="Page_304"> 304</a></span> -monde officiel. Elle n'avait pas <i>os</i> en inviter d'autres, -quoique ses intimits se trouvent concentres dans le faubourg -Saint-Germain. La duchesse d'Albufra, qui tait -ce concert, me mande qu'elle a trouv la princesse Clotilde -mieux qu'elle ne pensait d'extrieur.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 8 avril 1859.</i>—On hsite toujours ici fixer -dfinitivement le lieu o se tiendra le Congrs; mais le -veut-on srieusement? Il y a bien des habiles qui en doutent. -On ne voit que piges et duplicits partout, notamment -de la part de la Russie; la mfiance est gnrale. -L'Empereur Napolon ne s'attendait pas la dissolution -du Parlement anglais; il esprait la venue de lord Palmerston -au Ministre; malgr cela, tout ce qui est guerroyant -va son train.</p> - -<p>Strasbourg est mis sur le pied de guerre, les rgiments -aguerris de l'Algrie sont remplacs par des rgiments -nouveaux; les anciens seront employs aux Alpes et sur -le Rhin. Les gnraux Martimprey, Trochu, Niel, seront - la tte de l'tat-Major de l'Empereur qui commandera -en chef; il y aura une arme des Alpes et une arme -d'observation du Rhin; Plissier contenant les rouges -Paris. Le prince Napolon sera emmen de gr ou de -force l'arme. Voil quoi on s'apprte. Le Congrs ne -semble bien des gens qu'un leurre pour puiser l'Autriche -dans une vaine attente. On dit que M. de Cavour, -en rentrant Turin, a t un peu surpris de s'y trouver -dpass par les cris des rfugis, qui y deviennent chers -et importuns.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_305"> 305</a></span> -<i>Paris, 12 avril 1859.</i>—Le rle que joue la Russie -sera dans son plus grand dveloppement l'arrive du -prince Gortschakoff, qu'on attend ces jours-ci. Le Congrs -reste douteux, le lieu o il se tiendrait galement incertain; -il n'y a de certain que les lgantes toilettes -commandes par les femmes des plnipotentiaires qui -comptent exercer leurs sductions. On me nomme -Mme Walewska et lady Cowley. Cette dernire est revenue -fort autrichienne de Vienne, o on l'a habilement cajole. -Depuis hier, on croit la paix; avant-hier, c'tait la -guerre; je ne sais encore rien d'aujourd'hui; demain, ce -sera autre chose. C'est un va-et-vient auquel on ne comprend -plus rien; mais, ce qui est vident, c'est qu'on ne -croit plus personne, ni aux gazettes, ni aux hommes, ni -aux choses.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 22 avril 1859.</i>—On s'attend ce que l'<i>ultimatum</i>, - bref dlai, que l'Autriche, fatigue et pousse - bout, vient de proposer Turin, n'y tant pas accept, -sera suivi le lundi de Pques des premires hostilits. -Depuis hier, toutes les troupes d'ici partent par le mont -Genvre ou par Toulon. Paris est constern; jamais -guerre n'a trouv moins d'entrain dans cette France toujours -si gaie au canon. La rente a baiss hier de trois -francs, on suppose qu'elle va tomber bien plus bas encore. -Si lord Derby avait voulu tenir, il y a deux mois, le -langage de son dernier discours<a id="FNanchor_258" href="#Footnote_258" class="fnanchor"> [258]</a>, si la Prusse s'y tait -<span class="pagenum"><a id="Page_306"> 306</a></span> -jointe, on aurait alors vit probablement le terrible coup -qui nous menace.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 28 avril 1859.</i>—L'Autriche a accept la dernire -proposition de l'Angleterre, qui s'offre tre seule -mdiatrice et reprendre la ngociation, au point o elle -en tait, avec lord Cowley, lorsque la Russie a substitu -tout coup l'ide d'un Congrs; mais l'Empereur Napolon -a refus pour ne pas dplaire la Russie. Il parat -maintenant vident qu'il y avait eu accord secret entre la -France et la Russie, dont la rumeur blesse profondment -l'Angleterre. Ainsi donc, depuis quarante-huit heures, nouveau -changement de dcoration, revirement inattendu et -confusion complte. Le prince Napolon ne veut pas partir; -il dit qu'on l'envoie dans un <i>coupe-gorge</i> et qu'il n'a pas -envie d'y prir avec son beau-pre. On dit que le sang -savoyard se rvolte de cette timidit chez la princesse -Clotilde; mais on dit l'Empereur Napolon si dcid -ne pas laisser l'aimable cousin derrire lui, qu'il pourrait -bien retarder son propre dpart. Les militaires, voire -mme les gnraux, partent avec peu d'entrain et de -tristes pressentiments. Au ministre de la Guerre, tout -est en dsordre; il y a angoisse et consternation partout, -<span class="pagenum"><a id="Page_307"> 307</a></span> -jusqu'au Corps lgislatif, cette ple ombre, qui a des vellits -d'humeur. Les rapports de la police sur les socits -secrtes disent qu'elles sont toutes prtes clater au -moindre revers. L'effroi du commerce, l'arrt des entreprises, -les sinistres figures qui surgissent dans les faubourgs, -oiseaux de mauvais augure, la terreur des financiers, -les prvisions des gens senss, le langage dmesur -des hommes de parti, la libert trange des paroles, la -tristesse du monde officiel, tout cela fait de Paris, en ce -moment, avec le mouvement des troupes, les larmes des -femmes et des mres, un lieu des plus douloureusement -curieux. L'entrain belliqueux, si naturel ce pays, n'est -nulle part. Avec cela, la plupart des marchaux infirmes, -partant, la vrit, mais pouvant peine se traner. Les -Russes, avant-hier encore, fort goguenards et insolents, -sont beaucoup moins hautains; ce qui tient l'attitude de -l'Angleterre, furieuse du trait tenu longtemps secret et -qui clate.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 29 avril 1859.</i>—Les grandes banques cherchaient -encore hier, dans les incidents de la journe, une -chance de paix; mais les Anglais ne doutaient pas de la -guerre; ils croient au trait secret avec la Russie, officieusement, -mais non officiellement dmenti. Albion fulmine; -lord Cowley s'exprime en termes <i>massifs</i>; la rvolution de -Florence et de Parme creuse le foss<a id="FNanchor_259" href="#Footnote_259" class="fnanchor"> [259]</a>; l'Autriche ne -<span class="pagenum"><a id="Page_308"> 308</a></span> -peut les tolrer, la France ne peut les abandonner. Quel -gchis! L'Empereur Napolon a dit avant-hier au vieux -prince Adam Czartoryski: <i>Ayez patience, aussitt que -j'aurai fini en Italie, je m'occuperai de la Pologne, car -ma mission est de rtablir toutes les nationalits.</i> On -pourrait bien demander comme dans la comdie: Qui -trompe-t-on ici? Mais comment se laisser tromper? Les -rouges sont ravis et les plus sinistres figures accompagnent, -jusqu'aux barrires, les troupes qui partent sans -entrain.</p> - -<p class="blockquote">Nouvelle runion Bade des deux correspondants.</p> - -<p class="section"><i>Dresde, 15 juin 1859.</i>—Je suis arrive ici avant-hier -au soir. La veille, j'avais t la messe Weimar dans -le pauvre petit rduit accord aux catholiques du lieu; -puis, j'ai t passer le reste de la journe Eltersburg, qui -est vraiment un charmant sjour<a id="FNanchor_260" href="#Footnote_260" class="fnanchor"> [260]</a>. J'ai eu la bonne -chance de trouver ici, l'htel de Saxe, le prince Paul -Esterhazy, se rendant Londres; il m'a appris bien des -choses, plus curieuses que consolantes. Le comte Clam et -le prince douard Lichtenstein sont furieux contre Gyulay -<span class="pagenum"><a id="Page_309"> 309</a></span> -qui avait, pour ainsi dire, gagn la bataille de Magenta et -qui a tout perdu par sa faute, qu'il veut rejeter sur eux<a id="FNanchor_261" href="#Footnote_261" class="fnanchor"> [261]</a>.</p> - -<p>La comtesse Colloredo est venue s'abriter ici; elle a des -nouvelles alarmantes de Rome; les socits secrtes y -sont puissantes, assez mme pour braver le gnral de -Goyon et ses soldats. On s'attend des scnes de carnage -et le Pape y est virtuellement prisonnier. Et les Lgations? -Les voil libres des Autrichiens, rclamant les Franais et -proclamant le Roi de Sardaigne<a id="FNanchor_262" href="#Footnote_262" class="fnanchor"> [262]</a>. Ceci me semble plutt -un embarras qu'un avantage pour l'Empereur Napolon; -car que devient sa garantie de neutralit donne au -Pape?</p> - -<p>Metternich s'est teint sans agonie, sans maladie. -Paul Esterhazy assistait cette mort, qui n'a t qu'un -puisement sans souffrances. Il parat que les quinze -jours de rveil et d'action politique, auxquels il a t -appel, ont ht sa fin, en lui faisant dpenser, en peu -<span class="pagenum"><a id="Page_310"> 310</a></span> -de jours, ce qui lui aurait suffi pour vivre encore un ou -deux ans<a id="FNanchor_263" href="#Footnote_263" class="fnanchor"> [263]</a>. Esprit clair, caractre modr, grande -exprience, dignit naturelle, humeur facile, il runissait -bien des avantages rares partout, mais surtout dans son -pays et notre poque si appauvrie.</p> - -<p class="section"><i>Tplitz, 18 juin 1859.</i>—Il n'y a ici que des malades, -des gens tristes, des mes abattues, des esprits assombris. -Cependant, les habitants de cans se remontent la nouvelle -officielle d'un chec essuy par Garibaldi<a id="FNanchor_264" href="#Footnote_264" class="fnanchor"> [264]</a> et puis -de l'loignement de Gyulay, sur l'incapacit duquel on dit -des choses incroyables. Il parat que les gnraux Clam -et douard Lichtenstein avaient voulu provoquer contre -lui un conseil de guerre. On se croit sr du Tyrol allemand -et de son ancienne fidlit; on l'est moins du Tyrol -italien, et les pices de vingt francs franaises circulent -trop librement en Hongrie pour ne pas causer du souci. -La <i>mobilisation</i> prussienne se fait avec tant de gravit -lente et de circonspection que le drame lombard sera -probablement dnou avant que la Prusse ne se mette -de la partie.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_311"> 311</a></span> -<i>Tplitz, 29 juin 1859.</i>—Voici le trait principal d'une -lettre que j'ai reue d'Angleterre: L'esprit d'ici est -triste; la cour, la haute socit sont d'un ct, le Ministre -et le gros du public de l'autre. Point d'homme qui -pse sur ce simulacre de Parlement. Qu'est-ce qu'une -majorit de treize voix et un Ministre compos d'ennemis -jurs qui se sont fait et qui se font encore mille tours? -Les hommes publics de ce temps-ci sont tombs dans le -dernier dcri; l'Angleterre abdique sans estime ni confiance -pour celui<a id="FNanchor_265" href="#Footnote_265" class="fnanchor"> [265]</a> sous lequel elle s'incline. Elle -abdique par imprvoyance, par pusillanimit, par prdominance -des intrts matriels; dans une telle situation, -elle ne psera que du mauvais ct!</p> - -<p class="section"><i>Tplitz, 2 juillet 1859.</i>—Je ne puis dissimuler que je -suis bien mcontente du rle que joue la Prusse, bien dangereux, -d'ailleurs, tous les points de vue. Je crains qu'il -ne soit trop tard pour tout. Si la mobilisation n'est qu'une -vaine et illusoire dmonstration, elle est trop chre; elle -drange, sans profit, la vie prive de tout le monde et -mcontentera l'arme, dont on stimule l'honneur sans -jamais le satisfaire. Si on voulait rellement opposer une -barrire srieuse l'ennemi, il ne fallait pas lui donner -le temps de battre les uns sur le Mincio et de s'armer -fortement sur le Rhin, o on aura probablement, par -cette belle combinaison, des checs srieux.</p> - -<p>En attendant, la Rvolution marche pas fermes et -<span class="pagenum"><a id="Page_312"> 312</a></span> -habiles, et nous en avons les indices certains par les promenades -des gens de mauvaise mine qui crient la faim. -Il y a eu dans ce genre de mauvaises scnes Kœnigsberg. -Quel avenir! et qu'il et t facile de l'viter avec de la -bonne foi, de la nettet, de l'-propos et une intelligence -prompte des vrais intrts de la Prusse. Mais avec l'irrsolution -d'un ministre paresseux comme Schleinitz et un -ambassadeur chimrique Paris comme Pourtals, comment -ne pas faire fausse route?</p> - -<p class="section"><i>Tplitz, 7 juillet 1859.</i>—On me mande de Paris que -l'Empereur Napolon voudrait y revenir, et laisser l -l'Italie; mais il ne sait qui confier le commandement -de l'arme; le marchal Canrobert aurait t au-dessous -du mdiocre Solferino<a id="FNanchor_266" href="#Footnote_266" class="fnanchor"> [266]</a> et les autres savent mener les -troupes, mais manquent d'autorit.</p> - -<p>Les pices diplomatiques mettent bien dcouvert -l'ambition pimontaise et la conspiration italienne<a id="FNanchor_267" href="#Footnote_267" class="fnanchor"> [267]</a>. Ce -<span class="pagenum"><a id="Page_313"> 313</a></span> -langage n'a rien qui m'tonne, car l'quilibre europen -n'a videmment plus de gardien. Les grandes puissances -ont renonc veiller sur l'Europe, et quand lord John -Russel et lord Palmerston <i>jugeront propos d'intervenir</i>, -cette intervention ne suffira plus, pas plus que la note -qui vient si tard, si mollement. L'Angleterre et la Prusse -se trouvent impuissantes force d'avoir t inactives.</p> - -<p>La position du Pape me fend le cœur, et un Gramont -gelier du Pape, qui l'et cru!</p> - -<p class="section"><i>Dresde, 11 juillet 1859.</i>—Que dire de cet armistice -demand par l'Empereur Napolon dans une lettre autographe -adresse l'Empereur d'Autriche? C'est le gnral -Fleury qui est venu en parlementaire porter cette lettre -Vrone. L'Empereur Franois-Joseph, aprs l'avoir lue, -a fait entrer M. Fleury et a pass deux heures enferm -avec lui; et c'est la suite de cette lettre et de cet entretien -que le jeune Empereur a <i>consenti</i> l'armistice. -L'tranget, c'est que la demande soit venue du ct du -vainqueur, au moment o Kossuth et l'intrigue russe mettaient -la Hongrie en motion<a id="FNanchor_268" href="#Footnote_268" class="fnanchor"> [268]</a>, o les flottes franaises -<span class="pagenum"><a id="Page_314"> 314</a></span> -sont matresses de l'Adriatique, o le fameux quadrilatre -est cern.</p> - -<p>Je vois ici des personnes, intresses tre bien informes, -qui prtendent que le typhus et la dysenterie font -ravage dans le camp franais, que l'Empereur Napolon -est importun des ambitions sardes, inquiet du mouvement -rvolutionnaire de l'Italie et gn par les complications -romaines, qu'il a envie de hter une rentre triomphale -en France, avant d'avoir prouv des revers. Tout -ceci me parat insuffisant pour motiver une pareille -dmarche avant que le fameux programme soit accompli.</p> - -<p>Le ministre de Prusse ici, M. de Savigny, prtend que -la mobilisation prussienne a effray l'Empereur. Quelle -btise! La Prusse a eu le tort de l'inquiter sans avoir eu -l'nergie de lui faire peur, et c'est la plus fatale des conduites. -Si j'en crois mes instincts, cet armistice tournera -contre les Prussiens. L'Empereur Napolon et la France -sont bien plus intresss la ligne du Rhin qu' l'Italie, -et ce n'est pas l'Autriche, si lchement abandonne, qui -se mettra en mouvement pour lui venir en aide. J'ai caus -avec quelqu'un venant de Berlin, et qui m'a racont des -choses tranges sur la dbandade qui y rgne, sur le -Rgent soumis quelques-uns de ses ministres. On dit -que rien ne peut donner ide des luttes qui y rgnent, de -l'aveuglement des uns, de la faiblesse des autres, de -la mdiocrit de tous, et hlas! des flots montants de -<span class="pagenum"><a id="Page_315"> 315</a></span> -l'esprit rvolutionnaire. Auerswald, doubl du comte -Schwerin (deux parfaits jacobins), partent de l'ide qu'en -faisant du libralisme, toutes les populations germaniques -se soumettront la Prusse et qu'elle hritera de ses voisins, - la faon dont Victor-Emmanuel s'tend vers Milan, -Florence, Modne et Parme.</p> - -<p>A Berlin, on est d'une troitesse et d'une aigreur protestantes -extrmes; on est charm de l'croulement du -Pape et on s'est rjoui de la scne hideuse qui s'est passe - Milan le jour de Saint-Pierre et Saint-Paul. Ce jour-l, -on a brl en place publique, aux cris froces de la multitude, -trois grandes poupes figurant le Pape, tiare en -tte, le cardinal Antonelli et le gnral commandant des -Suisses. Les socits bibliques anglaises, qui depuis longtemps -travaillent l'Italie, ont en grande partie atteint leur -but. Lord John Russel ne s'en tient plus de joie, en particulier -lady John qui est une Minto enrage<a id="FNanchor_269" href="#Footnote_269" class="fnanchor"> [269]</a>. Bernstorff -est retourn Londres dgot et effray du gchis de -Berlin. Pourtals y rgne plus chimrique que jamais; -malheureusement, on dit qu'il a enlac et aveugl le -prince de Hohenzollern. A Berlin on n'a jamais voulu de -la guerre et on attendra l'arme au bras qu'on vienne la -faire.</p> - -<p>On se montre inquiet de la Russie, sans l'tre au fond, -car on trouve que c'est commode; du reste, la rponse -anglaise aux propositions tardives de la Prusse est plus -mauvaise et plus absurde que celle de Saint-Ptersbourg<a id="FNanchor_270" href="#Footnote_270" class="fnanchor"> [270]</a>; -<span class="pagenum"><a id="Page_316"> 316</a></span> -on croit mme savoir que la Russie, craignant -que l'Autriche n'obtienne des ddommagements vers l'Est -qui pourraient la gner (elle Russie), est dispose voter -pour que la Vntie appartienne l'archiduc Maximilien, -en faveur duquel le roi Lopold s'agite infiniment; mais, -on dit aussi que, si cela avait lieu, le pauvre Prince ne tarderait -pas succomber aux poignards mazziniens, et que, -si l'Empereur Napolon contrarie le mouvement antipapal, -les Romagnols deviendraient des Orsini. Quel -chaos!</p> - -<p class="section"><i>Lœbichau, 14 juillet 1859.</i>—Je suis chez ma sœur -depuis avant-hier; je la quitterai demain pour Berlin o -je suppose que je trouverai <i>tutti quanti</i> un peu bouriffs -de la rapidit avec laquelle se succdent armistice, entrevue -et prliminaires de paix. Il sera curieux d'en connatre -les conditions; car, comment l'Empereur Napolon -pourra-t-il se dpartir de son fameux programme sans -rveiller les hritiers d'Orsini? Et comment l'Empereur -Franois-Joseph, qui est bien loin encore d'tre dans une -position dsespre, en acceptera-t-il toute l'tendue? -<span class="pagenum"><a id="Page_317"> 317</a></span> -Enfin, nous ne tarderons pas savoir le mot de l'nigme. -Il sera curieux connatre. On murmure encore le mot -de <i>peste</i>, ayant clat chez les zouaves et les turcos. -L'Angleterre par son action, la Prusse par ses finasseries, -la Russie malgr ses intrigues, se sont places hors de la -conclusion de ce drame, qui ne me parat tre que le prlude -d'autres entreprises prpares dans quelque temps -sur un autre thtre. Ah! la Prusse, la Prusse! quel -rle que le sien! On tenait encore la drage haute au -prince Windisch-Graetz Berlin que dj le gnral Fleury -frappait en parlementaire aux portes de Vrone<a id="FNanchor_271" href="#Footnote_271" class="fnanchor"> [271]</a>.</p> - -<p>Le duc de Gramont a dclar au Pape que s'il excommuniait -Victor-Emmanuel, lui, Gramont, et le gnral de -Goyon quitteraient Rome et livreraient par l Pape et Cardinaux - la frocit d'une population plus que jamais -travaille par les mazziniens. On dit Cavour de fort mauvaise -humeur<a id="FNanchor_272" href="#Footnote_272" class="fnanchor"> [272]</a>. On aura bien de la peine rapproprier -l'Italie, mme en parquant l'Autriche hors de la -Lombardie.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 19 juillet 1859.</i>—J'ai eu beaucoup d'motion, -<span class="pagenum"><a id="Page_318"> 318</a></span> -en revoyant le Roi; malgr ses dbilits qui ne guriront -jamais, je l'ai cependant trouv infiniment moins -troubl, altr et affaiss que je ne le croyais. Il sent parfaitement -ce que son tat a de pnible, mais il espre toujours -une gurison complte. La Reine ne se fait aucune -illusion. Pendant que j'tais auprs de Leurs Majests, le -tlgraphe a apport la nouvelle de la mort de cette charmante -Reine de Portugal<a id="FNanchor_273" href="#Footnote_273" class="fnanchor"> [273]</a>. J'en suis reste peine au -cœur. Ce pauvre jeune Roi sera dsespr!</p> - -<p>L'Italie reste en feu, l'Europe reste mfiante. L'Empereur -Napolon est la fois tmraire et timide, s'engageant -audacieusement et reculant devant les embarras que -son audace a fait natre, ce qui n'a d'autre effet que d'en -crer de nouveaux. L'Europe finira par se lasser, et certes, -elle n'aura pas manqu de patience. Ici on a d'autant plus -d'humeur qu'on sent le ridicule de la position qu'on s'est -faite, sans vouloir en convenir.</p> - -<p>On m'a dit assez de mal du Ministre actuel; tout le -monde ici se dteste; mais le mot d'ordre est la haine de -l'Autriche, qu'on accuse de n'avoir fait la paix que par -malice contre la Prusse, tandis <i>qu' la fin d'aot</i>, on serait -venu, dit-on, son secours. Ceci est merveilleux! En -attendant, on est ruin, humili, irrit, et la disposition -des esprits est trs peu satisfaisante.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 23 juillet 1859.</i>—Je suis arrive ici le 20. La -veille de mon dpart de Berlin, j'ai eu un long entretien -<span class="pagenum"><a id="Page_319"> 319</a></span> -avec le Prince-Rgent; je l'ai trouv bien vieilli; il m'a fait -grand'piti. Malgr les efforts de la presse prussienne, qui -<i>ergote</i> tant qu'elle peut, il n'en est pas moins vrai que -la position qu'on s'est faite est fausse et embarrassante. -Dieu veuille qu'elle ne devienne pas dangereuse. Le -Prince-Rgent rejette toute la faute sur l'Angleterre. -Comme il est trs honnte homme, il faut bien croire ce -qu'il dit; mais il a de singuliers conseillers qui abusent de -sa bonne foi et de sa crdulit. Il m'a fait l'honneur de me -dire que l'argument principal, que l'Empereur Napolon a -fait valoir auprs de l'Empereur Franois-Joseph, a t -une note de l'Angleterre, trs hostile l'Autriche et qui -tait (le Prince-Rgent dit qui <i>semblait</i> tre) crite au nom -de la Prusse comme celui de l'Angleterre. Cette note -plaait l'Autriche beaucoup plus mal que la France ne lui -offrait de l'tre, ce qui aurait fait cder l'Empereur -Franois-Joseph. Le Prince-Rgent se dit trs irrit de ce -procd fallacieux de l'Angleterre.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 26 juillet 1859.</i>—Le discours de l'Empereur -Napolon aux grands Corps de l'tat<a id="FNanchor_274" href="#Footnote_274" class="fnanchor"> [274]</a>, mon avis, n'est -pas sans habilet; mais il ne change rien la situation; il la -laisse aussi brouille, aussi obscure, aussi pineuse que -l'ont faite les vnements. C'est, du reste, un art comme -un autre que faire des aveux pour couvrir des fautes et -des embarras, et cet art n'est pas sans effet auprs du -<span class="pagenum"><a id="Page_320"> 320</a></span> -gros public. Il en pourrait bien tre des discours comme -des victoires, dont le succs est plus grand que l'effet. -Que de choses tranges n'entend-on pas? ainsi, chacun -critiquant de plus en plus cette paix dont on est toujours -aussi content. Je crois pouvoir dire avec certitude que -dans leurs conversations, l'Empereur Franois-Joseph a -t <i>net</i> et <i>rsolu</i>; il a abandonn sur-le-champ la Lombardie, -et cela, sans la moindre hsitation, ni objection! -<i>Ceci ne me regarde plus, je n'y suis plus rien; disposez-en -comme vous l'entendrez.</i> Mais quand l'Empereur -Napolon a mis en avant quelques ides sur d'autres -points, comme un Archiduc souverain en Vntie, -l'abandon des Duchs au Pimont, l'Empereur Franois-Joseph -les a cartes sur-le-champ aussi, comme dcid -plutt continuer la guerre, si on insistait. <i>Un membre de -ma famille souverain en Vntie, a-t-il dit, c'est impossible! -On m'en demanderait bientt autant pour la Hongrie, puis -pour la Bohme, le Tyrol et je ne resterais plus qu'Archiduc -d'Autriche.</i> Sur cette rponse, que je trouve trs -juste et perspicace, l'Empereur Napolon n'a plus insist.</p> - -<p>M. de Cavour a fait proposer de <i>racheter</i> Parme la -Duchesse rgente; cela a t repouss comme inadmissible. -La plus vive, contre, a t l'Impratrice Eugnie; -on cite d'elle ce propos: <i>On ne traite pas une Princesse -de la maison de Bourbon comme un prince de Monaco.</i></p> - -<p>C'est M. de Cavour qui a fait mettre sa place, au -Ministre, M. Rattazzi; il ne tardera pas beaucoup lui-mme - y rentrer; son matre le regrette et veut le ravoir, -disant: <i>On crie beaucoup contre Cavour, il est vrai</i> -<span class="pagenum"><a id="Page_321"> 321</a></span> -<i>qu'il brouille tout; mais c'est gal, je l'aime, c'est mon -homme.</i></p> - -<p>La dpche de ce pauvre M. de Schleinitz aux Cours de -Londres et de Saint-Ptersbourg<a id="FNanchor_275" href="#Footnote_275" class="fnanchor"> [275]</a> est une publication -rtrospective destine clairer et satisfaire l'opinion. -En vrit, je ne sache rien de mieux fait pour faire hausser -les paules! Ne concluant rien, ne proposant rien. Tout -y est confus; on conoit merveille que les rponses aient -t aussi obscures que les demandes. Il dment, dans une -pice plus rcente, le projet de mdiation attribu la -Prusse; Schleinitz se borne au dmenti sans oser inculper -l'Angleterre; car on n'ose rien ici, o l'Angleterre prime -encore. Pour exhaler son humeur contre l'Autriche et -retrouver, s'il se peut, l'influence que par sa faute elle a -perdue en Allemagne, la Prusse se remet en coquetterie -avec le parti de Gotha et avec les dbris du parlement de -Francfort de 1848. Elle veut (triste politique d'Auerswald -et de Bethmann-Holweg) rveiller les passions de 1848, -les protger en esprant les diriger et inspirer, par elles, -aux petits souverains allemands le dtachement de l'Autriche, -ou sinon, les livrer aux exigences rvolutionnaires -de leurs peuples. Triste jeu, mauvaise politique! Le Prince -Rgent et le prince de Hohenzollern ne se doutent pas du -chemin que les Ministres leur font faire.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 11 aot 1859.</i>—Voil le Roi de Prusse retomb -<span class="pagenum"><a id="Page_322"> 322</a></span> -dans un tat qui dtruit toutes les esprances que certaines -personnes s'obstinaient conserver<a id="FNanchor_276" href="#Footnote_276" class="fnanchor"> [276]</a>.</p> - -<p>Il y a des gens qui croient qu'on ne s'entendra pas -Zurich; je n'ai jamais vu les acteurs prvoir aussi peu les -chances et comprendre aussi mal l'imbroglio de leur -propre drame<a id="FNanchor_277" href="#Footnote_277" class="fnanchor"> [277]</a>. On m'assure que la France fait sous -main tout ce qu'elle peut pour arriver s'emparer modestement, -mais srement de la Savoie: procd bien encourageant -pour la Prusse qui, en somme, l'aura bien voulu.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 26 aot 1859.</i>—J'apprends de bonne source -qu'on a dcouvert Naples un complot contre le Roi; on -voulait le chasser comme on a chass le Grand-Duc de -Toscane<a id="FNanchor_278" href="#Footnote_278" class="fnanchor"> [278]</a>. On a les preuves de la complicit du nouveau -ministre de Sardaigne Naples, M. de Salmour; le gnral -<span class="pagenum"><a id="Page_323"> 323</a></span> -Filangieri voulait lui envoyer ses passeports; le Roi -s'y est refus. Je me permets de trouver que le Roi a eu -tort. Il n'y a pas moyen de ne pas rester les yeux fixs sur -l'Italie. Intrt de curiosit plutt que de got. Comment -finira la question des anciens Princes? Elle me parat se -compliquer de jour en jour. Le parti, qui ne veut pas -d'eux, mne assez adroitement ses affaires; des apparences -tranquilles et des votes font plus d'effet que des meutes. -Il parat que les Mazziniens sont surtout concentrs pour -le moment en Romagne. L'Assemble de Florence vote -l'exclusion du Grand-Duc de Toscane<a id="FNanchor_279" href="#Footnote_279" class="fnanchor"> [279]</a>; pendant ce temps-l, -l'Empereur Napolon le reoit trs bien Paris; mais -on laisse Garibaldi organiser une arme pour l'empcher -de rentrer dans ses tats. Qui donc est-ce qu'on trompe -dans cet imbroglio? les Princes ou les Peuples? Quels que -soient les trompeurs ou les tromps, non seulement l'Italie, -mais toute l'Europe est bien malade.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 31 aot 1859.</i>—Voici les extraits de plusieurs -<span class="pagenum"><a id="Page_324"> 324</a></span> -lettres que j'ai reues de Paris, de Londres et de Nice:</p> - -<p><i>Paris, 25 aot.</i> Le Gouvernement est assez troubl du -chaos italien; cependant, il espre s'en tirer. On se disait -sr, hier, que le Roi de Sardaigne refuserait les couronnes -que lui offrent Florence, Parme et Modne. Que feraient -alors les meneurs actuels des trois duchs? La Rpublique -leur est interdite. Quel Roi iraient-ils chercher? un Leuchtenberg, -le petit Robert de Parme, le prince Napolon? -on ne sait. En tout cas, on a un moyen de les mettre dans -l'embarras; on leur dira que leurs lections et leurs -assembles ne valent rien; qu'ils n'ont pas mis en œuvre -le vrai suffrage universel, tel qu'il a opr en France; il -faut que tout le monde vote, les paysans comme les bourgeois. -Tout sera donc recommencer, et l'on se flatte que -soit opinion, soit lassitude, des lections nouvelles ramneront -les anciens Princes, qu' Villafranca on s'est engag - rtablir, pourvu que ces Princes fassent (et on y compte) -des concessions suffisamment librales. Les hommes d'affaires, -la Bourse avaient hier des nouvelles bien diffrentes -de celles du Gouvernement. Ils croyaient que le Roi -de Sardaigne accepterait les trois petites couronnes. Il y a -des spectateurs, gens d'esprit, qui admirent la modration -et l'habilet des libraux italiens. On dit qu'ils marchent -avec ensemble, qu'ils ont promptement touff le mouvement -de colre suscit en Italie par la paix de Villafranca; -qu'ils se sont bien rallis tous la cause pimontaise et -qu'ils la feront triompher. D'autres gens, d'esprit aussi, -disent que les grands rvolutionnaires, les Mazziniens, -n'acceptent rien de tout cela et sont plus que jamais -<span class="pagenum"><a id="Page_325"> 325</a></span> -dcids mettre ou remettre l'Italie en feu. L'meute de -Naples est un prlude; Bologne est un foyer inextinguible; -les Lgations ne veulent dcidment plus du Pape. Le -Pape ne veut, ni ne peut y renoncer; il y a l de quoi -faire chouer toutes les solutions pimontaises et franaises. -Le petit mouvement en Savoie, pour la runion la -France, a assez troubl le cabinet de Turin. Le gnral -Dabormida a adress tous les agents pimontais une circulaire -pour repousser absolument cette ide et dmontrer -l'insignifiance du mouvement en l'attribuant au parti clrical. -Il y a, dans la circulaire, plus d'humeur que d'inquitude. -Les vrais spectateurs politiques, les connaisseurs, -sont bien plus proccups du nord-ouest de -l'Europe que de l'Italie: bien ou mal, Pimont ou chaos, -le coup est fait en Italie, on n'y retournera pas de sitt.</p> - -<p>L'humeur est grande ici contre la Belgique. Le marchal -de Mac-Mahon, commandant Lille, est la rponse -aux fortifications d'Anvers; c'est l'homme de guerre du -jour. On dit que, dans l'entrevue de Villafranca, il a t -fort question de la Prusse et que les deux Empereurs se -sont confis leurs rancunes. Je crois savoir que les Russes -sont plutt favorables qu'hostiles la Prusse, et que -l'amiti de l'Empereur Alexandre pour le Prince Rgent -est sincre; il n'en est pas moins vrai que le mouvement -militaire de l'Allemagne, qui clate en ce moment, importune -galement Saint-Ptersbourg et aux Tuileries, et -que les deux Cours s'entendent pour le contrarier, comme -pouvant opposer une barrire gnante leurs ambitions.</p> - -<p><i>Londres, 26 aot.</i> Nous sommes plus que jamais ici -<span class="pagenum"><a id="Page_326"> 326</a></span> -en mfiance et en inquitude; rien de prochain, mais une -collision trs probable et laquelle nous nous prparons -en faisant tout ce que nous pouvons et tout ce que nous -pourrons pour l'viter.</p> - -<p><i>Nice, 25 aot.</i> Dans l'entrevue des deux Empereurs -Villafranca, l'Empereur Napolon a insist pour que des -quatre places fortes, l'Empereur Franois-Joseph cdt au -moins Peschiera aux Pimontais, et, sur le refus persvrant -de l'Empereur d'Autriche, l'Empereur des Franais a -dit: <i>Eh bien, ne me rpondez pas aujourd'hui sur ce -point; je vous demande d'y rflchir jusqu' demain. -Je vais faire rdiger ce dont nous sommes convenus; je -vous l'enverrai par mon cousin, et sign de moi, en -laissant le sort de Peschiera en blanc; vous y mettrez -votre dcision, mais je vous prie d'y bien penser.</i> De -retour Vallegio<a id="FNanchor_280" href="#Footnote_280" class="fnanchor"> [280]</a>, l'Empereur Napolon, qui seul avait -pris des notes, rdigea, en effet, la convention; puis, il a -appel le Roi Victor-Emmanuel et la lui a montre, en -lui demandant de la signer aussi. Le Sarde s'est rcri: -<i>Ce n'est pas du tout l ce que vous m'avez promis.</i>—<i>Aprs -tout, vous gagnez une belle province</i>, reprit l'Empereur, -ajoutant avec un sourire: <i>Le Milanais, c'est le -pays des belles femmes.</i> Le Roi Victor-Emmanuel a -rpondu: <i>Je croyais que nous tions ici pour parler -srieusement d'affaires srieuses; je vais signer, mais -comme il me convient!</i> Et il a sign: <i>Je ratifie, pour -ce qui me concerne, la prsente convention</i>, ne ratifiant -<span class="pagenum"><a id="Page_327"> 327</a></span> -ainsi que ce qui se rapportait la Lombardie et restant -tranger toutes les autres dispositions ou omissions sur -le reste de l'Italie. L'Empereur Napolon a vainement -tent d'obtenir une signature pure et simple, elle est -reste telle que je vous le dis. Le lendemain, l'Empereur -Napolon a envoy son cousin Vrone en lui recommandant -d'insister fortement sur la question de Peschiera, et -de ne remettre la convention signe qu' la dernire -extrmit, et qu'aprs avoir fait les derniers efforts pour -cette cession. On dit que le prince Napolon, jaloux de se -faire bien venir Vrone, n'a fait aucun effort, et a remis -la convention signe, en parlant peine de Peschiera.</p> - -<p><i>Paris, 26 aot.</i> Le prince Napolon tait hier la -sance publique de l'Acadmie franaise avec la princesse -Clotilde, <i>elle</i>, dans une tribune rserve, <i>lui</i>, dans les -rangs de l'institut, comme membre libre de l'Acadmie -des Beaux-Arts. Le public tait trs nombreux, quoique -fort choisi, et aussi chaud que le temps tait brlant. Les -discours de Villemain et de Guizot, surtout le dernier, ont -t frntiquement applaudis. Vous les verrez dans les -journaux et vous y remarquerez plus d'une allusion qui -ont t toutes vivement saisies par le public<a id="FNanchor_281" href="#Footnote_281" class="fnanchor"> [281]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 15 septembre 1859.</i>—Je cause un peu politique -avec le comte Haugwitz, et le fameux article du -<span class="pagenum"><a id="Page_328"> 328</a></span> -<i>Moniteur</i> du 9 fait jaser dans ce petit coin du monde, -comme dans les capitales<a id="FNanchor_282" href="#Footnote_282" class="fnanchor"> [282]</a>. Je trouve cette politique -napolonienne la fois tmraire et embarrasse, entreprenante -et indcise, qui fait le chaos et dit ensuite ceux -qu'elle y a plongs: <i>Tirez-vous de l comme vous -pourrez.</i> Parfois, il me vient l'esprit qu'on pourrait -bien, sous main, jouer le jeu des Italiens, au moment o -on leur dclare qu'on s'en retire. Il est bien trange, en -tout cas, d'entendre poser en principe, sans que l'Europe -s'en meuve, la doctrine de la royaut lective, et cette -autre: que les traits qui ont rgl les territoires ne sont -rien pour les peuples, et que le suffrage universel peut -changer, comme il lui plat, les limites des tats aussi -bien que les dynasties. La France de 1830-1848 a renvers -son gouvernement intrieur, mais elle n'a pas -chang l'tat territorial et le droit public europens. Et -<span class="pagenum"><a id="Page_329"> 329</a></span> -voil trois petits Duchs, qui prtendent la fois faire -des rvolutions et refaire la carte de l'Europe. Et l'Angleterre, -soutenant activement ces normes prtentions et -ces infimes petits pays! Si la Prusse, la Russie et l'Autriche, -au lieu de se jalouser purilement, prenaient en -main la bonne cause et refusaient premptoirement de la -laisser mettre en pices par une poigne de Florentins, de -Parmesans et de Bolonais, elles remettraient l'ordre en -Europe, malgr lord Palmerston.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 19 septembre 1859.</i>—Nous voici avec un -nouvel article du <i>Moniteur</i> provoqu par la Chine. J'ai -toujours eu got aux Chinois et je me figure que c'est -leur tour venir mettre l'Europe la raison; ce serait -<i>tristement drle</i>. En attendant, voil l'Angleterre avec -deux chancres, l'Inde et la Chine; elle en avait dj assez -d'un. Du reste, son indigne politique en Europe mrite -bien cette expiation asiatique. L'Empereur Napolon rira -dans sa barbe de ce nouvel affaiblissement pour sa rivale, -et le <i>petit</i> nombre d'hommes qu'il enverra Pkin ne -l'affaiblira pas sur la Manche.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 29 septembre 1859.</i>—Le Saint-Pre a t trs -bless de l'<i>ultimatum</i> prsent par le duc de Gramont, -qui tend sculariser le clerg romain et le rduire au -mme tat qu'en France<a id="FNanchor_283" href="#Footnote_283" class="fnanchor"> [283]</a>. Le Pape ne veut plus voir -<span class="pagenum"><a id="Page_330"> 330</a></span> -l'Ambassadeur. On pense lui envoyer le cardinal Morlot -comme Ambassadeur extraordinaire. La question va en -s'envenimant au dernier point. Nous verrons le Pape -Fontainebleau. Mais, avant peu, nous verrons aussi l'Allemagne -en pleine rvolution; les petits trnes croulent -sans que les plus grands inspirent confiance. Le Roi des -Belges s'imagine arrter le courant; je crains qu'il ne se -trompe. Les Congrs sont chose illusoire, quand le vent -est aux guerres rvolutionnaires.</p> - -<p>On m'assure que la France est mal satisfaite de son -Gouvernement. En abdiquant sa libert, elle voulait le -repos, l'ordre, la facilit de se livrer l'industrie et au -commerce; et, au lieu de cela, on lui donne des aventures; -elle se voit compromise, livre au gr des caprices -d'un seul homme, elle se lasse du despotisme qui lui -refuse les avantages sur lesquels elle comptait. Plus l'Empereur -Napolon s'en apercevra, et plutt il se lancera -dans de nouvelles guerres pour occuper les esprits, qui -on donne, par l, un aliment qui ne leur convient pas, -mais qui les distrait. La France agit sur ses ctes comme -si elle croyait un pril prochain. On fait et on projette -<span class="pagenum"><a id="Page_331"> 331</a></span> -Toulon des travaux gigantesques; il en est de mme sur -les ctes de l'Ouest. A Paris, on prpare un grand mlodrame -intitul: <i>Jeanne d'Arc</i>; toute son histoire: -Orlans, Reims, Compigne et le bcher de Rouen. Ce ne -sont, peut-tre, que des en-cas plutt que des plans; mais -les en-cas sont bien entranants.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 11 octobre 1859.</i>—La protestation de -Mgr Dupanloup est belle, loquente et vraie; et ce qui -vaut mieux encore, elle est courageuse. Voil donc Arras, -Poitiers, Orlans, Nantes, Rennes et Pamiers, six vques -sonnant le tocsin<a id="FNanchor_284" href="#Footnote_284" class="fnanchor"> [284]</a>. J'oubliais Alger. Le cardinal Morlot -a assist, avec approbation, un sermon prch Saint-Sulpice, -plus prononc encore dans la cause papale. Tout -cela n'empche pas le mouvement rvolutionnaire de se -propager et de commettre des excs qui rappellent ceux -de 1848.</p> - -<p>Les eaux de Saint-Sauveur n'ont pas bien russi l'Empereur -Napolon, qui aurait mieux fait de s'en tenir - celles de Plombires. Est-il possible de s'tre mis tant -d'embarras sur les bras! Et si sa sant continue chanceler, -<span class="pagenum"><a id="Page_332"> 332</a></span> -comme c'est le cas depuis un mois, o en sera-t-il, -et o en sera l'Europe qu'il a jete dans un foss profond, -dont je ne sais qui l'en tirera?</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 16 octobre 1859.</i>—J'ai vu une lettre de Biarritz -qui dit que l'Empereur Napolon y tait triste, mcontent, -agit comme un homme qui vient d'avoir ou qui -attend des mcomptes. Quand je vois des Gouvernements -tolrer des assassins, comme ceux de Parme<a id="FNanchor_285" href="#Footnote_285" class="fnanchor"> [285]</a>, et prparer -des massacres, je suis merveille de tant d'aveuglement -et de coupable faiblesse.</p> - -<p>Les adhsions piscopales augmentent chaque jour. C'est -au moins une toile brillante dans le ciel sombre! M. de -Cavour, qui tait dernirement Genve, a dit, qui voulait -l'entendre, que l'Empereur Napolon tait le plus -faible et le plus irrsolu des hommes, et que c'tait l tout -le secret de son machiavlisme; qu'il ne savait ni ce qu'il -voulait, ni ce qu'il faisait.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 29 octobre 1859.</i>—Je viens d'avoir une visite -de six heures du Prince-Rgent de Prusse et de son beau-frre -de Weimar, venant, tous deux, de la rencontre -Breslau avec l'Empereur de Russie<a id="FNanchor_286" href="#Footnote_286" class="fnanchor"> [286]</a>. Ils taient tous -<span class="pagenum"><a id="Page_333"> 333</a></span> -deux en belle et bonne humeur. Le Prince-Rgent tait -trs satisfait de son entrevue avec le Czar, plus du matre -que du ministre Gortschakoff. Le Prince-Rgent m'a paru -n'avoir envie ni de provoquer, ni d'avoir faire la guerre -offensive ou dfensive la France; mais il a en lui assez -de dfiance pour dsirer prparer des chances dfensives. -Il est mme dsireux d'adoucir les dispositions de la -Russie et les siennes propres envers l'Autriche. Tout cela -est excellent, sage et modr; mais il est faible, ce bon -Prince.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 3 novembre 1859.</i>—J'avance lentement dans -la lecture du livre publi sur Mme Rcamier par sa fille -adoptive, Mme Lenormant<a id="FNanchor_287" href="#Footnote_287" class="fnanchor"> [287]</a>. Le second volume est plus -intressant, ce me semble, que le premier, surtout cause -de M. de Chateaubriand: l'gosme reste en lui bien -suprieur la tendresse, il a videmment plus besoin de -Mme Rcamier qu'il ne l'aime. A peine trouve-t-on, par-ci -par-l, quelques mouvements de cœur, des aveux de faiblesse, -presque de dfaite; c'est un vaincu et il en convient. -Cependant, le vrai naturel manque ses lettres; -l'clat, le talent y abondent; c'est le grand crivain drapant -le pauvre amoureux. Il y a aussi l un homme qui me -touche en m'tonnant par l'excs du dsintressement: -<span class="pagenum"><a id="Page_334"> 334</a></span> -c'est M. Ballanche. Tant d'amour et pas un dsir! donnant -son me et sa vie pour n'tre pas mme le premier -dans l'amiti, et en tre content! C'est bien plus original -et bien plus intressant que Mathieu de Montmorency, -tout saint qu'il ft.</p> - -<p>Il y a, dans le numro du <i>Correspondant</i>, poursuivi -cause de l'article de M. de Montalembert, un autre article -bien spirituel de Villemain sur cet ouvrage de Mme Rcamier. -Il y fait patte de velours plus que a ne lui appartient.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 10 novembre 1859.</i>—Il y a peut-tre du vrai -dans ce qu'on dit sur la vertu de Mme Rcamier, -propos du livre publi par Mme Lenormant. Quoi qu'il en -soit, Mme Rcamier avait des qualits relles, plus relles -que sa vertu. Elle tait certainement douce, belle, gale, -attache, d'un commerce sr et affectueux. Du moins, -c'est ainsi qu'elle est reste dans le souvenir de ses nombreux -amis, dont le nombre et la qualit prouvent la -ralit de son mrite.</p> - -<p>On m'crit de Londres que les deux volumes de -Mme Lenormant y font quelque bruit; on ne lui pardonne -pas ses rigueurs moqueuses envers le duc de Wellington, -et ses plaintes de ce que le duc de Devonshire lui -avait interdit, Rome, l'entre de la chambre de sa mre -mourante<a id="FNanchor_288" href="#Footnote_288" class="fnanchor"> [288]</a>. On est choqu de la dfrence que lui -<span class="pagenum"><a id="Page_335"> 335</a></span> -tmoignait Mme de Chateaubriand et la duchesse Mathieu -de Montmorency. Dans le public anglais, ce livre ne -tourne pas du tout au profit de M. de Chateaubriand. En -effet, on l'y retrouve goste, orageux, fantasque, plein -de fiel sous les apparences d'indiffrence et d'une ambition -vaniteuse, sous la forme affecte du dtachement et -de l'ennui. Mais quel talent d'crivain!</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 17 novembre 1859.</i>—La fte de Schiller a -trs mal tourn Berlin; le public a t indcent, grossier, -turbulent, et quoique la dmonstration politique -n'ait pas clat, la partie <i>orgie roheit</i><a id="FNanchor_289" href="#Footnote_289" class="fnanchor"> [289]</a> a t un mauvais -indice. C'est Berlin que la fte a t ainsi profane; partout -ailleurs, les choses se sont passes avec des formes -dcentes, mais le fond reste au profit du principe dmocratique, -qui a eu occasion de s'infiltrer et les chefs de -s'aboucher.</p> - -<p>M. d'Auerswald a fait de grands efforts pour engager le -Prince-Rgent assister cette ovation qui a produit une -si vilaine scne, o des femmes ont t insultes avec un -cynisme hideux. Le Rgent s'est born assister de loin, -par une fentre de la maison occupe par la <i>Seehandlung</i>; -c'tait moins fcheux que d'tre sur la place, mais c'tait -encore beaucoup trop<a id="FNanchor_290" href="#Footnote_290" class="fnanchor"> [290]</a>.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_336"> 336</a></span> -<i>Berlin, 3 dcembre 1859.</i>—Me voici Berlin depuis -avant-hier soir; j'y suis arrive saupoudre de neige, -qu'une forte gele a arrte depuis hier. La disposition -des esprits n'est pas ce que je voudrais. La session sera -bien difficile et chacun se sent sous une calotte de plomb. -Aussi le commerce, les affaires, tout souffre, car la confiance -n'est nulle part.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 20 dcembre 1859.</i>—Berlin est curieux -observer en ce moment, mais <i>tristement</i> curieux. M. de -Moustiers, le ministre de France, a remis hier ses lettres -de rappel; il a reu du Rgent le grand cordon de l'Aigle -rouge avec diamants! Cela dplat au ministre de Russie, -Budberg. La Russie est, en gnral, d'assez mauvaise -humeur contre la France, depuis le repltrage de celle-ci -avec l'Angleterre.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 27 dcembre 1859.</i>—Il faisait grand froid il y -a deux jours; depuis, le dgel a t complet et, en vingt-quatre -heures, nous avons travers l'preuve d'une diffrence -de seize degrs; il y avait de quoi jeter tout le -monde sur le carreau. Le Roi est un peu plus lucide et un -peu moins dbile, ce qui laisse le fond des choses au -mme point.</p> - -<p>La dernire brochure: <i>le Pape et le Congrs</i>, parue -<span class="pagenum"><a id="Page_337"> 337</a></span> -Paris, qui fait tomber la renverse la diplomatie, ne -laisse pas que d'agiter et d'embarrasser, mme ici; il n'y -a que lord John Russell qui en triomphe<a id="FNanchor_291" href="#Footnote_291" class="fnanchor"> [291]</a>. L'Empereur -Napolon sacrifie, en ce moment, ce vilain <i>petit radical</i>; -il n'est point encore en mesure de se ruer sur Albion; -l'Allemagne y passera avant. Il me semble que l'on commence - revenir de bien des illusions; mais il en reste -encore trop, sans compter la faiblesse, l'incertitude, les -embarras intrieurs et tout ce qui garotte et entrave le -Cabinet. Cependant Schleinitz disait hier que cette brochure -mettait le Congrs en question et pourrait bien empcher -le Pape de s'y faire reprsenter. Le comte de Pourtals -est parti pour Paris, l'oreille basse et trs peu <i>in -spirits</i>.</p> - -<div class="chapter"> -<p><span class="pagenum"><a id="Page_338"> 338</a></span></p> -<h2 class="normal">1860</h2> -</div> - -<p class="section"><i>Berlin, 1<sup>er</sup> janvier 1860.</i>—Voici un jour bien srieux. -Il tablit une nouvelle coupe dans notre existence; elle -l'abrge, elle en marque la dcadence, mais aussi, elle -nous replace sous les yeux la date des affections qui survivent - tous les autres croulements.</p> - -<p>La rponse de l'vque d'Orlans la fameuse brochure -<i>le Pape et le Congrs</i> est courageuse, elle prend -l'auteur corps corps. Mais quel tat du monde que celui -o une <i>brochure anonyme</i> suffit pour mettre l'Europe -entire en moi! Ici, on est trs agit.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 9 janvier 1860.</i>—Le comte Karoly, ministre -d'Autriche, ici, dit tout simplement que l'Autriche est -anantie, qu'elle ne peut agir que ngativement, mais -que, par son abstention, elle montrera sa rpulsion des -iniquits et du manque de parole. M. de Schleinitz est -trs occup et le prince de Hohenzollern vraiment effar, -surtout des ambitions savoyardes et nioises de l'Empereur -Napolon. Il paratrait que les trois puissances du -Nord s'entendraient pour ne pas consacrer de nouvelles -dlimitations territoriales; au moins, voil le mot d'ordre -<span class="pagenum"><a id="Page_339"> 339</a></span> -d'aujourd'hui; je ne rponds pas de demain, car on est -fluctuant comme la jeunesse. On est bien mal pos ici -vis--vis des autres puissances de l'Allemagne, qui se -dfient toutes de la Prusse. On va avoir les Chambres qui -donneront bien de l'embarras; la Chambre des Seigneurs -dteste les concessions librales, dont le Cabinet est prodigue, -et la seconde Chambre dteste les lois de finance, -trs onreuses, dont la rorganisation de l'arme fait une -ncessit. Il est vident qu'on est trop pauvre pour avoir -une grande arme, et trop mal limit pour s'en passer.</p> - -<p>Quelqu'un qui doit le savoir m'a dit qu'en faisant -paratre la brochure l'Empereur Napolon avait bien -jou sa partie, son intrt tant d'empcher la runion -d'un Congrs, o les projets mis dans cette brochure -n'auraient eu pour dfenseurs que l'Angleterre et lui. Sans -Congrs, les choses restent comme elles sont, le temps -leur donnera la conscration d'un dsir reconnu, moins -que de nouvelles rvoltes italiennes ne surviennent; alors -ce serait une nouvelle guerre.</p> - -<p>L'Acadmie franaise se prpare, m'crit-on, donner -un grand exemple de courage en nommant le Pre Lacordaire; -cette candidature, cre par M. Cousin, n'avait -pas eu d'abord grandes chances de succs; elle en a plus -depuis la <i>brochure</i>.</p> - -<p>Le langage de M. Budberg sur la cour papale est assez -mauvais; les Russes abandonnent volontiers Rome pour -Constantinople, laquelle ils croient dj toucher du -doigt. Pauvre Pape! On parle ici de lui sans foi chrtienne, -sans principe politique; on a seulement un instinct -<span class="pagenum"><a id="Page_340"> 340</a></span> -vague que tout cela est grave. On en est sur ce -point o en tait une femme qui disait propos des revenants: -<i>Je n'y crois pas, mais je les crains.</i></p> - -<p class="section"><i>Berlin, 15 janvier 1860.</i>—J'ai reu tout dernirement -une lettre de M. Guizot; ce qu'il dit des choses -acadmiques est piquant. Je copie ce passage: J'ai vu -le Pre Lacordaire et bien d'autres candidats acadmiques; -mes prfrences sont pour le dominicain. Ce sera -moi faire le discours de rception et j'aurai plaisir d'esprit - parler d'un moine<a id="FNanchor_292" href="#Footnote_292" class="fnanchor"> [292]</a> l'occasion d'un rpublicain, -car vous savez que c'est M. de Tocqueville que nous allons -remplacer. C'est le 2 fvrier que se fera l'lection; et -cependant j'hsite encore entre le Pre Lacordaire et -M. de Carn. Si c'est le premier, mon discours m'amusera -bien plus; si c'est le second, je serai plus sr d'un choix -sens; car le jugement du Rvrend Pre n'est pas <i>certain</i> -et, en vrit, nous pourrions redouter de sa part quelque -brochure contre les droits temporels du Pape. Madame -votre fille ne s'attend pas, sans doute, cette objection de -ma part; faites-m'en honneur auprs d'elle, je vous en -prie. C'est hier que j'ai vu le Pre Lacordaire, chez moi: -je lui ai dit peu prs tout ce que j'avais dans le cœur, et -sur le cœur, son sujet. Il m'a parl avec sincrit, -abandon, dignit ouverte et nave; mais il est bien moins -remarquable dans la conversation que dans la chaire ou -dans ses livres. A tout prendre, cependant, il m'a plu et -<span class="pagenum"><a id="Page_341"> 341</a></span> -ses chances augmentent. Il y a une femme spirituelle et -jolie qui lui cherche des voix. Elle en parlait Thiers, qui -lui a rpondu <i>qu'il n'avait pas got M. Lacordaire</i>. Elle -insiste. Il rpond: <i>Je ne me fie pas assez l'abb -Lacordaire.</i> Enfin, comme elle ne lche pas prise, il -finit par dire: <i>Eh bien! peut-tre donnerai-je ma voix -au Pre Lacordaire.</i> Voil mes anecdotes acadmiques, -il est plus ais d'en crire que de parler politique.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 24 janvier 1860.</i>—On dit ici que c'est le prince -Napolon qui triomphe. Il rpte beaucoup en parlant de -son cousin imprial: <i>Maintenant, je le tiens.</i> C'est lui -aussi qui est le patron d'un affreux journal qui s'imprime - Genve, le plus subversif possible.</p> - -<p>La Russie est bien mcontente de la nouvelle alliance -anglo-franaise; mais celle-ci est-elle bien solide? La -mfiance rgne partout; ici on se dfie de la France, mais -autant de l'Autriche; on n'est pas sr de pouvoir se fier - la Russie et on se demande si on peut s'appuyer sur -l'Angleterre. Tous les tats en sont peu prs au mme -point.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 29 janvier 1860.</i>—Il y a dans le dernier -numro du <i>Correspondant</i> deux articles qui font du bruit - Paris; l'un est fort bon, et l'autre est tellement distingu -que je le regarde comme une œuvre <i>suprieure</i> par le -fond et par la forme. Ce premier article est de M. de -Falloux sur le devoir et les moyens <i>lgaux</i>, l'usage des -catholiques dans les circonstances actuelles: <i>trs bon</i>. <i>Le</i> -<span class="pagenum"><a id="Page_342"> 342</a></span> -second est sur la lettre de l'Empereur Napolon au -Pape<a id="FNanchor_293" href="#Footnote_293" class="fnanchor"> [293]</a>; il est d'Albert de Broglie et tout simplement -<i>admirable</i>, sans pathos, sans vhmence, mesure parfaite, -logique serre, argumentation puissante, ironie -incisive, grande dignit, simplicit, lvation et lgance -de langage. J'y ai pris un de ces rares plaisirs que les -temps actuels n'offrent plus gure.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 30 janvier 1860.</i>—Je viens d'apprendre la -mort de la Grande-Duchesse Stphanie, qui a expir une -heure de l'aprs-midi Nice. La Grande-Duchesse tait -bonne, aimable; elle tait reste pure dans les circonstances -difficiles de sa jeunesse; elle tait reste fidle, elle -avait got et confiance en moi, elle m'avait souvent -dfendue; c'tait une contemporaine, bien des souvenirs -agrables ou intressants se rattachaient elle; ses -dfauts, qui n'taient que des faiblesses, ne m'ont jamais -fait souffrir. Enfin, j'ai des larmes dans les yeux et dans -le cœur pour cette mort, qui largit les vides du pass et -les dpouillements du prsent.</p> - -<p>Je compte partir d'ici le 10 fvrier pour la France.</p> - -<p class="blockquote">Ici se place une nouvelle interruption par suite de la rencontre -Paris des deux correspondants.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_343"> 343</a></span> -<i>Paris, 12 avril 1860.</i>—Le prince Richard de Metternich -est venu hier causer avec moi dans un fort bon sens; -il m'a fait souvenir de son pre dans la faon de procder -en raisonnements et dductions.</p> - -<p>Il parat que pour dissiper les aigreurs de l'Angleterre, -on va lui concder, de la part de la France, un trait de -navigation qui bouriffe les armateurs franais, lesquels, -somms de venir ici donner des explications, s'en sont -retourns inquiets et mcontents. Commerce, industrie, -clerg et beau monde, voil un gros fagot d'pines.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 15 avril 1860.</i>—Les suppositions, les interprtations -vont leur train et leur grand train; mais autant -en emporte le vent, et ce n'est pas la peine de s'y arrter. -L'opinion de M. de Falloux, et celle de bien d'autres, est -que M. Veuillot, dans son inexplicable msaventure, a t -un tratre et son propre espion au profit du Gouvernement -d'ici. En effet, c'est la seule faon de comprendre ce -chef-d'œuvre d'imprudence et de btise de la part de -quelqu'un qui est spirituel et aguerri<a id="FNanchor_294" href="#Footnote_294" class="fnanchor"> [294]</a>. On est beaucoup -occup de la dissolution du <i>Journal des Dbats</i>, de -ses rdacteurs: MM. de Sacy et Saint-Marc Girardin se -retirent, M. Prvost-Paradol passe <i>la Presse</i>. Le journal -passe au Gouvernement, qui l'a achet. Les Bertin font un -cas spcial de l'argent. On croit, nanmoins, que si la -<span class="pagenum"><a id="Page_344"> 344</a></span> -subvention est forte, le nombre des abonns diminuera -sensiblement, malgr les transitions adoucies qu'on -emploiera, pour ne pas effaroucher les lecteurs et continuer -leur illusion pendant un peu de temps encore.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 18 avril 1860.</i>—M. Cuvillier-Fleury, qui -reste au <i>Journal des Dbats</i>, disait, avant-hier soir, chez -Mme Mollien, que le journal conserverait une certaine -indpendance, quoi M. Dumont a rpliqu que c'tait -pour mieux servir l'Empereur en trompant le public. On -est fort aigre sur cette question des <i>Dbats</i>; mais tout -plit devant une nouvelle brochure, parue il y a trente-six -heures, et qui a fait baisser la rente de vingt-cinq centimes. -Elle a pour titre <i>la Coalition</i>. Elle est attribue la -mme source que les autres brochures qui remplacent les -manifestes, prcdant autrefois les grands chocs politiques. -Je n'entends pas parler d'autre chose. Qu'en dira -l'Europe et surtout l'Angleterre<a id="FNanchor_295" href="#Footnote_295" class="fnanchor"> [295]</a>?</p> - -<p class="section"><i>Paris, 20 avril 1860.</i>—La brochure a t dsavoue; -mais il y a des esprits mal faits qui prtendent que, si elle -n'est pas d'origine directe, elle est puise dans des inspirations -puissantes. Ces gens-l disent que la librairie -Dentu n'aurait pas os publier un pareil brandon sans la -certitude de n'tre ni poursuivie, ni saisie. En quarante-huit -<span class="pagenum"><a id="Page_345"> 345</a></span> -heures, il s'en est imprim et vendu trois ditions; -bref, les esprits mal faits disent que c'est un ballon d'essai -contenant la pense de Napolon.</p> - -<p>Le marchal Randon quitte, dit-on, le ministre de la -Guerre, qui rentrerait aux mains du marchal Vaillant<a id="FNanchor_296" href="#Footnote_296" class="fnanchor"> [296]</a>. -On assure que cette sortie et cette rentre dplaisent -l'arme.</p> - -<p>On est trs agit en Sicile qui parat, de par l'intrigue -anglaise, en pleine combustion. Naples est menac, -M. de Cavour lui-mme dbord et l'oracle des Tuileries -fort embarrass.</p> - -<p>A travers ces gros et sombres nuages, les quadrilles, -les dguisements, les dcors du bal du 24 de ce mois<a id="FNanchor_297" href="#Footnote_297" class="fnanchor"> [297]</a> -proccupent toutes les jeunes et jolies trangres et -dames du monde officiel.</p> - -<p>J'ai dn, avant-hier, chez la duchesse de Vicence, qui -est assez mcontente de M. Thiers, pour avoir cit de travers -les Mmoires de son mari, dans le dix-septime -volume de l'<i>Histoire du Consulat et de l'Empire</i><a id="FNanchor_298" href="#Footnote_298" class="fnanchor"> [298]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_346"> 346</a></span> -M. Cuvillier-Fleury, qui est la dernire petite lumire -du <i>Journal des Dbats</i>, y a insr un article sur ce dix-septime -volume, qu'on dit assez piquant pour avoir -irrit M. Thiers<a id="FNanchor_299" href="#Footnote_299" class="fnanchor"> [299]</a>. Celui-ci dit que les Princes d'Orlans -(dont il suppose M. Cuvillier-Fleury d'tre l'agent) ne lui -ont jamais pardonn d'avoir dit, dans le temps o il tait -ministre, qu'ils taient des <i>Archiducs</i>.</p> - -<p>Le <i>Journal des Dbats</i> a perdu dans les dernires -semaines trois mille abonns!</p> - -<p>Je lis maintenant les deux derniers volumes du <i>Port-Royal</i> -de M. de Sainte-Beuve<a id="FNanchor_300" href="#Footnote_300" class="fnanchor"> [300]</a>. C'est une bonne lecture -qui reporte vers d'autres temps. Le ntre est de plus en -plus dplorable tous les points de vue.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 23 avril 1860.</i>—Le gnral Ortega fusill et -le comte de Montemolin arrt maladroitement en Espagne, -c'est de cela qu'on jase ici<a id="FNanchor_301" href="#Footnote_301" class="fnanchor"> [301]</a>. Ce qui est plus curieux, -<span class="pagenum"><a id="Page_347"> 347</a></span> -c'est que lord Cowley a eu, la veille de son dpart pour -Londres, une conversation orageuse avec l'Empereur -Napolon, qui a dit: <i>Il faut que l'Angleterre choisisse -entre une alliance franche et cordiale, srieuse, ou la -guerre. Je suis bout de ma patience.</i> Nous sommes -donc la veille d'une tempte gnrale ou d'un aplatissement -universel<a id="FNanchor_302" href="#Footnote_302" class="fnanchor"> [302]</a>. On ne croit plus au changement -immdiat du ministre de la Guerre.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 27 avril 1860.</i>—Si seulement on avait un peu -de soleil pour se rconforter; mais l'obscurit est partout; -au ciel, dans les esprits et sur la terre. Encore si les mes -taient claires! Il n'y a plus ici d'autre clart que celle -des feux lectriques qui ont clair le palais d'Albe d'une -trange magie la fte d'avant-hier. Cependant, le clair -de lune, tant annonc, a t supprim, car Diane<a id="FNanchor_303" href="#Footnote_303" class="fnanchor"> [303]</a> n'a -paru qu'en domino. Le carquois en diamants, les flches -<span class="pagenum"><a id="Page_348"> 348</a></span> -en diamants, <i>le Rgent</i> devenu centre d'un croissant, tout -cela a t tristement, et non sans larmes, replac au -trsor de la Couronne. Un article du <i>Times</i> en a t cause. -La police avait eu aussi de sinistres rapports qui avaient -fait tripler les prcautions. Aussi, les vives instances de -Mme Walewska, pour que la fte ft rpte demain, -ont t repousses par un <i>non</i> fort sec, rpt trois fois -par l'Empereur Napolon.</p> - -<p>Le comte de Montemolin et son frre n'ont pas t -arrts par un zle maladroit, mais bien pour ter ceux -qui avaient excut cette entreprise tout prtexte d'y -revenir.</p> - -<p>On parle d'explications vives en plein bal avec l'Ambassadeur -d'Espagne<a id="FNanchor_304" href="#Footnote_304" class="fnanchor"> [304]</a>. Il parat qu'on voulait ter la -Reine Isabelle toute libert de secourir le Pape; on est -aussi fort importun, ici, de l'attitude du duc de Montpensier -et de la jeune gloire du comte d'Eu<a id="FNanchor_305" href="#Footnote_305" class="fnanchor"> [305]</a>. L'Angleterre -arme outrance; l'Europe n'est plus dupe; mais -personne ne songe, ce qu'il parat, autre chose qu' -sa dfensive.</p> - -<p class="section"><i>Paris, 30 avril 1860.</i>—L'Ambassadeur d'Espagne a -reu, hier, de Madrid, un tlgramme qui lui annonce -<span class="pagenum"><a id="Page_349"> 349</a></span> -que le comte de Montemolin et son frre, l'Infant don -Juan, ont adress des lettres autographes la Reine -Isabelle, dans lesquelles ils dclarent renoncer tous leurs -droits la couronne d'Espagne. C'tait bien la peine de -se faire fusiller, comme Ortega, pour de pareils gens!</p> - -<p>M. Thiers est encore plus furieux contre le second -article de M. Cuvillier-Fleury, dans le <i>Journal des Dbats</i>, -que contre le premier. On assure, que sans Mmes Dosne -et Thiers, l'historien <i>national</i> serait dj aux Tuileries o -il me parat trs digne de figurer.</p> - -<p>La duchesse de Galliera a t en Angleterre pour ngocier -le mariage du Comte de Paris avec la fille de la -Duchesse de Parme; elle a chou!</p> - -<p>La question d'Orient est entame; la Russie est aux -pieds de la France, l'Autriche trs plate, la guerre contre -l'Angleterre presque dcide. Je crois que l'Angleterre -aurait tort de compter sur ses allis du continent.</p> - -<p class="section"><i>Rochecotte, 15 mai 1860.</i>—La nouvelle qui courait -Paris, le 12, du dbarquement de Garibaldi en Calabre est -prmature. Il a touch Livourne, est all terre, a pris -l huit cents hommes de plus, s'est embarqu en disant -qu'il n'avait point de parti pris sur son lieu de dbarquement<a id="FNanchor_306" href="#Footnote_306" class="fnanchor"> [306]</a>. -Voici le partage des rles. <i>Le Roi Victor-Emmanuel -<span class="pagenum"><a id="Page_350"> 350</a></span> -avoue Garibaldi; M. de Cavour le dsavoue; l'Empereur -Napolon dsavoue M. de Cavour et Garibaldi et le -Roi!</i> Si Garibaldi n'est pas pris et pendu par les btiments -du Roi de Naples, toute l'Italie sera de nouveau en feu -dans un mois.</p> - -<p>J'ai une lettre d'Angleterre dans laquelle on me dit que -lord Palmerston ne veut plus qu'on le croie imprialiste, -et dit tout haut les raisons de son loignement. Il parle -aussi de l'avenir qu'il prvoit et des difficults que rencontrerait -l'Angleterre pour renouer de fortes alliances sur le -continent. Il dit que, ni Vienne, ni Berlin, ni Saint-Ptersbourg, -il n'y a plus de Gouvernement, personne en -tat de prendre une initiative, une rsolution et de l'accomplir, -qu'il faut attendre une forte crise qui poussera -tout le monde. Il me semble que ce qu'il dit des autres -Cabinets s'appliquerait bien aussi celui de l'Angleterre!</p> - -<p class="blockquote">Nouvelle runion Bade des deux correspondants.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 17 juin 1860.</i>—Je suis arrive ici par un -temps hideux. Aujourd'hui, un ple soleil claire les rues -dsertes de Berlin. En route, Bruchsal, j'ai rencontr les -Rois de Saxe et de Hanovre; ils m'ont fait l'effet de moutons -mens la boucherie; car cette entrevue Bade des -<span class="pagenum"><a id="Page_351"> 351</a></span> -Souverains allemands avec l'Empereur Napolon pourrait -n'tre que cela<a id="FNanchor_307" href="#Footnote_307" class="fnanchor"> [307]</a>.</p> - -<p>J'ai trouv ici des lettres d'un peu partout: en voici les -extraits: <i>De Paris</i>: L'Empereur Napolon, en revenant -de Lyon<a id="FNanchor_308" href="#Footnote_308" class="fnanchor"> [308]</a>, a dit son secrtaire, M. Mocquard: -<i>Il faut se tenir tranquille pour le moment, et tranquilliser -les autres: toutes ces alarmes gtent le prsent et -nuisent l'avenir.</i> Des instructions ont t donnes -aux journaux du Gouvernement pour mettre une sourdine -et surtout pour caresser l'Allemagne. Le manifeste de -Mazzini<a id="FNanchor_309" href="#Footnote_309" class="fnanchor"> [309]</a> est aussi pour quelque chose dans ce <i>temps -d'arrt</i>. Il revient de tous cts que les rvolutionnaires -illimits sont de plus en plus les matres en l'Italie. On -s'attend voir Garibaldi passer de Sicile sur le continent. -Il ira prendre Messine Naples.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_352"> 352</a></span> -<i>De Vienne</i>: L'Empereur Franois-Joseph est dans -un grand dcouragement, non seulement cause de ses -revers, mais parce qu'il a, dit-il, fait fausse route, sur la -foi du prince Flix Schwarzenberg, qui l'a lanc dans le -systme de l'unit politique et administrative de l'Empire. -Il essaye d'en revenir sans grande vigueur et sans -espoir.</p> - -<p>J'ai aussi trouv ici le nouveau livre de l'vque d'Orlans -sur <i>la Souverainet du Pape</i>. J'ai pass ma soire -d'hier le parcourir; il m'a sembl plein de talent, d'esprit -et de courage, crit avec une sincre intention -d'tre de son temps et d'en tre bien compris, en lui disant -ses vrits. C'est grand dommage qu'il se laisse aller -une polmique de dtail et de routine. J'aurais cru qu'il -et t plus habile de ne s'attacher qu' une ou deux ides -simples, et les mettre et remettre incessamment en -lumire. L'vque remue trop de choses secondaires, ce -qui obscurcit les grandes<a id="FNanchor_310" href="#Footnote_310" class="fnanchor"> [310]</a>. Du reste, je juge un peu -la lgre, car je n'ai <i>pas</i> lu, je n'ai que parcouru.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 19 juin 1860.</i>—Lady Westmorland m'crit -de Londres: Le roi Lopold de Belgique est venu me -faire une longue visite fort aimable. Cela fait du bien de -<span class="pagenum"><a id="Page_353"> 353</a></span> -causer avec quelqu'un qui conserve encore nos traditions. -Il dsapprouve et craint extrmement l'entrevue de -Bade.</p> - -<p>On m'crit de Paris sous la date du 16 juin: La runion -de Bade est dcidment prise ici pour une promesse -d't pacifique, peut-tre mme d'un peu de dsarmement. -Ce n'est pas un retour de confiance, c'est une suspension -de mfiance. On ajourne ses inquitudes en les -gardant. Le monde officiel tient deux langages: aux uns -il promet la paix, aux autres il dit: N'ayez pas peur, -rien n'est abandonn; la France reprendra ce que l'Empire -lui avait donn; les propositions de Francfort en -1813; <i>c'est l votre minimum</i>.</p> - -<p>N'tes-vous pas frappe de lord John Russel abandonnant -le bill de Rforme? Voil deux fois en trois -semaines que le bon sens anglais se retrouve et fait la loi -au Cabinet: ce n'est encore, j'en conviens, que sur des -questions intrieures. L'esprit public est toujours chauff -en Angleterre sur les affaires d'Italie. Garibaldi y est populaire; -mais quand le mouvement rvolutionnaire fera -des Garibaldi ailleurs, volontaires ou entrans, le bon -sens anglais se ravivera. Les hommes manquent l, la -bonne cause, plus que le public.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 22 juin 1860.</i>—Une personne ayant des relations -en Sicile m'crit que, si on y laissait les votes libres, -cette belle le se choisirait pour souverain le duc d'Aumale -dont la femme est Sicilienne. Comme de raison, l'Empereur -Napolon ne le souffrira pas.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_354"> 354</a></span> -On m'crit de Paris qu'il est fortement question, dans -le monde lgislatif, d'tablir un impt nouveau, consistant - donner une part d'enfant l'tat dans les successions; -c'est du socialisme pur.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 25 juin 1860.</i>—Je suis parvenue savoir -quel tait le langage que l'Empereur Napolon se proposait -de tenir au Prince-Rgent de Prusse lorsqu'il s'est -rendu Bade. A-t-il rellement suivi ce programme? J'en -doute, vu la diffrence du terrain qui a t autre qu'il ne -s'y attendait. Voici donc en rsum ce qu'il comptait dire -au Rgent: Force protestations pacifiques, au travers -desquelles l'Empereur Napolon aurait demand au Prince-Rgent -de le laisser en finir avec l'Autriche. Il voulait lui -dire qu'il n'y avait pas moyen d'en rester o l'on en est; -qu'il fallait que la Hongrie ft satisfaite, la Vntie dlivre; -que le repos de l'Europe et la scurit de l'Allemagne -n'tait qu'au prix de l'entire dfaite de l'Autriche. -Que la Prusse devait donc le laisser faire, lui Napolon; -et qu'elle aurait part l'hritage. Que l'Empereur Napolon -ne pensait pas la ligne du Rhin proprement dite, -qu'il ne voulait rien enlever la <i>vritable nationalit</i> allemande, -que la ligne de la <i>Meuse</i> lui suffisait, que celle-l -ne rendrait la France que des populations franaises, ou - peu prs, que la Prusse y gagnerait une extension des -provinces rhnanes vers l'Ouest; sans parler de ce qui -pourrait lui choir en Allemagne, mme l'Est et au Nord; -quel intrt la Prusse aurait-elle l'existence de la Belgique? -La Belgique est un tat factice, incapable de se -<span class="pagenum"><a id="Page_355"> 355</a></span> -protger lui-mme, et qui, toujours en question, tiendra -en trouble ses voisins. Que pour en finir avec les rvolutions, -il fallait faire partout de grands tats: que l'Italie -devait redevenir <i>l'empire romain</i>, que l'Allemagne devait -devenir <i>l'empire prussien</i>; que les petites populations -franaises, de langue et de mœurs, qui longent les frontires -de la France: la Belgique, le canton de Vaud, ceux -de Neufchtel et de Genve, devaient rentrer dans <i>l'empire -franais</i>. Qu'alors les nationalits seraient satisfaites, les -ambitions aussi; que les imaginations auraient de l'espace. -Que ce qui faisait les rvolutions taient les petits -qui voulaient devenir grands; que du jour o il n'y aurait -plus que des grands, en petit nombre, mais unis entre -eux, on aurait bon march des rvolutionnaires. Que les -grands empires, c'est la paix!</p> - -<p>C'est l ce qui est au fond du personnage.</p> - -<p>On me mande de Londres que lord Palmerston se prpare - la lutte, qu'il est rentr dans la confiance de la -Reine et du prince Albert, et en quasi-intelligence avec -les Tories; que les questions intrieures anglaises seront -mises l'cart, qu'on ne s'occupera plus de rprimer en -Europe les ambitions franaises et qu'on espre que la -Prusse ne se laissera pas leurrer par l'Empereur Napolon.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 28 juin 1860.</i>—On m'crit de Londres: -Les nouvelles que l'on reoit ici de Bade sont bonnes. -L'Empereur Napolon avait cru apparemment qu'il y avait -moyen de s'entendre avec la Prusse. Il a fourni la Prusse -une occasion excellente pour s'entendre avec toutes les -<span class="pagenum"><a id="Page_356"> 356</a></span> -cours d'Allemagne. Le Prince-Rgent en a profit avec -adresse, et il rsulte de la confrence de Bade, que toutes -les cours d'Allemagne, y compris, dit-on, celle d'Autriche, -sont arrives s'entendre beaucoup mieux qu'elles n'ont -fait depuis longtemps. Il serait curieux que le rsultat de -la politique impriale et t de consolider les nationalits -italiennes et allemandes dans un esprit d'opposition la -France.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 5 juillet 1860.</i>—Voici les extraits de mes -lettres reues de Paris:</p> - -<p><i>Paris, 1<sup>er</sup> juillet</i>: Nous avons t trs occups de la -rencontre des souverains Bade. Plusieurs personnes -bien informes disent que l'Empereur Napolon a t trs -peu content de son sjour Bade, et trs mcontent, -depuis son retour, du langage que les journaux prtent -au Prince-Rgent de Prusse.</p> - -<p>La situation du Roi de Naples devient de jour en jour -plus mauvaise, ce n'est plus Victor-Emmanuel qui sera -roi d'Italie, c'est la rvolution sous le nom de Garibaldi. -A quelle frontire s'arrtera-t-elle? L'Empereur commence - s'en alarmer. Le prince Napolon est irrit que l'Empereur -ne soit pas venu en personne la crmonie des -obsques de son pre<a id="FNanchor_311" href="#Footnote_311" class="fnanchor"> [311]</a>. Le roi Jrme allait rgulirement - la messe et s'tait confess cet hiver: ceci est certain; -<span class="pagenum"><a id="Page_357"> 357</a></span> -il a fini trs rgulirement, malgr les impits de -son fils.</p> - -<p>Prvost-Paradol fera son temps de prison dans une -maison de sant Passy<a id="FNanchor_312" href="#Footnote_312" class="fnanchor"> [312]</a>. La <i>Presse</i>, dans laquelle il -crivait, aprs avoir quitt les <i>Dbats</i>, a rompu son engagement -avec lui; il se trouve avec une femme folle et sans -moyen d'existence.</p> - -<p>Autre lettre du 1<sup>er</sup> juillet de Paris. Le roi Jrme a -demand que son corps ne ft pas dpos Saint-Denis, -disant que, quand les Bourbons reviendraient, ils ne manqueraient -pas de le jeter dehors. Son fils a tenu l'excution -de sa dernire volont, ce qui a contrari l'Empereur, -car il voulait amuser les Parisiens en faisant -promener, sur les boulevards, les cendres du grand -homme et celles de Jrme.</p> - -<p>Les affaires de Rome sont fort tristes: Mme de Lamoricire -en est revenue <i>navre</i>; le feu de paille s'est vite -teint: point d'officiers, point d'argent et partout des -rsistances. Le Saint-Pre, rsign la faon des martyrs, -et trouvant qu'il est peu digne lui de se dfendre. Il a -peut-tre raison.</p> - -<p>L'entrevue de Bade est prise comme un chec pour -le mystificateur habituel; il va s'en consoler Nice, en -<span class="pagenum"><a id="Page_358"> 358</a></span> -Savoie, en Algrie. Il voit que tout lui chappe; sa politique -devient plus tortueuse, plus hsitante, plus mensongre -que jamais. Le roi de Wurtemberg parat lui -avoir parl ouvertement de cet trange systme de brochures; -il l'a dit ses Ministres auxquels, depuis son -retour, il parat triste et soucieux.</p> - -<p>Autre lettre du 2 juillet de Paris: Je sais de faon -certaine, et j'avoue que je m'en tonne, que l'Empereur -Napolon a trouv que, des souverains runis Bade, -celui qui avait le plus d'esprit, c'tait le Roi de Hanovre, -aprs lui, le Roi de Saxe, que le reste n'tait que des -mdiocrits.</p> - -<p>Le <i>sursis</i> est positif. L'Empereur a dit des commerants -que nous n'aurions pas de guerre <i>cette anne-ci</i>, -ce qui ne les a gure rassurs; car, qu'est-ce qu'une -anne pour des affaires commerciales?</p> - -<p class="section"><i>Gnthersdorf, 10 juillet 1860.</i>—Quarante-huit heures -avant la mort de son pre, le prince Napolon a voulu -faire vendre publiquement ses chevaux. L'Empereur l'en -a empch. Le jour mme du dcs, il a renvoy la -maison militaire de son pre et il en a donn avis au -Ministre de la Guerre. Le Ministre a rpondu que la maison -resterait jusqu' ce qu'il en et t rfr l'Empereur.</p> - -<p>L'Empereur, immdiatement aprs la mort du roi -Jrme, a fait mettre les scells sur ses papiers et en a -pris possession depuis.</p> - -<p>Le prince Napolon a aussi empch le fils et le petit-fils -<span class="pagenum"><a id="Page_359"> 359</a></span> -de Jrme<a id="FNanchor_313" href="#Footnote_313" class="fnanchor"> [313]</a> d'arriver au lit de mort du mourant et -de lui dire un dernier adieu.</p> - -<p>Je ne puis me calmer sur l'histoire du comte de Montemolin: -la btise au commencement, la lchet au milieu, -la dloyaut la fois. Quel mal de semblables aventures -ne font-elles pas la lgitimit<a id="FNanchor_314" href="#Footnote_314" class="fnanchor"> [314]</a>!</p> - -<p class="section"><i>Gnthersdorf, 13 juillet 1860.</i>—Une personne, qui a -occasion de savoir ce que pense et ce que dit <i>tout bas</i> le -ministre de Sardaigne Paris, M. Nigra, sur les affaires -d'Italie, me mande que, selon lui, la Russie et la Prusse -sont presque aussi mcontentes que l'Autriche de ce qui -se passe en Italie. L'Angleterre, tout en se tenant en -dehors, verrait sans dplaisir que les trois tats du Nord -se rapprochassent pour une cause quelconque, mme -<span class="pagenum"><a id="Page_360"> 360</a></span> -pour une cause qui n'aurait pas sa sympathie. La France -seule est vraiment favorable l'Italie. La France laissera -tout faire en Italie, sauf l'expropriation de la <i>ville</i> de -Rome contre le Pape. Seulement, elle ne reconnatra, -quant prsent, aucun des changements de territoire -oprer. Maintenant que tous les renforts destins Garibaldi -sont partis de Gnes, elle conseille au roi Victor-Emmanuel -d'arrter quelque petite expdition en retard -pour prouver la non-complicit du Pimont et calmer un -peu le Nord. Quant au roi Victor-Emmanuel, Cavour et - Garibaldi, ils sont parfaitement rsolus parachever -leur œuvre, et amener la Sicile, puis Naples, puis les -Marches, puis le reste des tats romains, sans se soucier -du Roi de Naples, de sa constitution et de ses propositions -d'alliance. On me dit d'ailleurs que, si le Roi de Naples -tait un peu capable, sa partie serait beaucoup moins mauvaise -qu'elle n'en a l'air, car Garibaldi est, ce qu'il -parat, fort mal l'aise et grandement embarrass en -Sicile.</p> - -<p class="section"><i>Gnthersdorf, 18 juillet 1860.</i>—On se demande, -Paris, ce qu'on fera du million qui formait la dotation du -roi Jrme. Les indpendants et les conomes le rclament -pour le Trsor; les prudents veulent qu'on s'en serve -pour augmenter la dotation du prince Napolon et de la -princesse Clotilde qui n'ont, l'un qu'un million, l'autre -que deux cent mille francs de douaire assur.</p> - -<p>Il parat que l'Empereur Napolon se refroidit un peu -dans son got pour le libre change: les souffrances et les -<span class="pagenum"><a id="Page_361"> 361</a></span> -plaintes de l'industrie le proccupent, ou il y a moins -d'empressement plaire au del de la Manche.</p> - -<p class="blockquote">Nouvelle runion des deux correspondants Gnthersdorf.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 26 aot 1860.</i>—Voici les extraits des lettres -qui me sont parvenues:</p> - -<p><i>De Paris, 20 aot.</i> Lamoricire est assez content -Rome. Sans illusion et sans charlatanisme, sa petite -arme se forme; il aura dans deux mois vingt mille -hommes de vraies troupes, et de quoi les payer pendant -deux ans; car l'emprunt romain est couvert, pas beaucoup -au del, mais rellement couvert; c'est en France -qu'il a le moins russi. Les soldats de Lamoricire sont -presque tous des Allemands, des Irlandais ou des Belges. -La plupart des petits gentilshommes franais, qui y taient -alls, n'y sont pas rests. Lamoricire a fait de son mieux -pour s'en dbarrasser. Ils avaient toutes sortes de fantaisies: -les uns ne voulaient pas saluer les officiers franais -dans les rues de Rome; les autres demandaient des uniformes -particuliers. D'honntes hobereaux crivaient au -gnral pour le conjurer de veiller aux mœurs de leur -fils, ce qui le faisait un peu jurer et dire: Je ne fonde -pas un couvent; ils pcheront, puis ils se confesseront; -puis ils repcheront et se reconfesseront.</p> - -<p>Si Garibaldi, aprs avoir renvers le Roi de Naples, -envahit et veut soulever les Marches, Lamoricire les -<span class="pagenum"><a id="Page_362"> 362</a></span> -dfendra. Il n'essaiera pas de dfendre Rome, si l'arme -franaise s'en va. Il emmnera le Pape ailleurs, Ancne, -probablement. Le Pape rpugne extrmement quitter -Rome, quelle que soit l'extrmit laquelle on le rduise; -on se promet pourtant l'y dcider, s'il le faut. Il est toujours - merveille pour Lamoricire, qui est assez bien -avec le cardinal Antonelli; rien qu'<i>assez bien</i>.</p> - -<p>On regarde le rappel un peu dguis du gnral de -Goyon comme un commencement d'abandon. On a fortement -essay, dans ces derniers temps, d'obtenir du -Pape quelque grande mesure, quelques concessions clatantes, -le pendant de la constitution du Roi de Naples; on -dit que M. de Cadore, qui remplace par intrim le duc de -Gramont, a pass ce sujet une note trs hautaine, qui a -irrit le Pape et lui a suggr un refus absolu. On ne -doute gure de la chute du Roi de Naples. Et Garibaldi -partira de l pour Venise, comme il est parti de Gnes -pour Palerme, et de Palerme pour Naples. La rception -pourrait tre diffrente!</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 30 septembre 1860.</i>—On m'crit que l'Impratrice -Eugnie est fort souffrante; elle a attrap un gros -rhume Lyon; cependant, elle veut continuer le voyage -pour Alger<a id="FNanchor_315" href="#Footnote_315" class="fnanchor"> [315]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_363"> 363</a></span> -La runion probable de Varsovie, le toast de l'Empereur -de Russie le jour de la fte de l'Empereur d'Autriche<a id="FNanchor_316" href="#Footnote_316" class="fnanchor"> [316]</a>, -le peu de foi qu'on attache au discours de Persigny<a id="FNanchor_317" href="#Footnote_317" class="fnanchor"> [317]</a>, -tout cela surprend Paris, o l'on se croyait -surtout avoir plus d'action sur la Russie.</p> - -<p>On me mande: Je viens de voir le gnral prince de -Holstein. Il revient de Danemark et de Berlin. Il dit que -le Prince-Rgent de Prusse lui a donn la commission de -dire au Roi de Danemark, pour le dsillusionner sur le -compte de l'Empereur Napolon, que celui-ci avait offert - la Prusse de lui garantir le Holstein et le Schleswig, si -elle entrait dans ses vues par rapport au Rhin.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_364"> 364</a></span> -<i>Sagan, 6 septembre 1860.</i>—Je reois une lettre de -Paris dans laquelle je trouve ceci: Avant de partir pour -la Savoie, l'Empereur Napolon a envoy chercher le -prince de Metternich et lui a dit: Surtout gardez-vous -de recommencer la faute du Tessin; attendez l'attaque -des Pimontais. Quand elle viendra, respectez les stipulations -de Villafranca, et faites, du reste, sur le Pimont, -la Toscane, Parme, Modne, ce que vous voudrez. -Je vous livre les agresseurs et ce que je n'ai pas -reconnu. Mais en mme temps que Napolon tenait -ce langage au prince de Metternich, il a dit l'ambassadeur -de Sardaigne: Tenez-vous prts, compltez votre -arme, troupes et matriel, je vous y aiderai. Toujours -de la fourberie, Dieu veuille qu'on n'en soit la dupe -nulle part!</p> - -<p class="section"><i>9 Septembre 1860.</i>—La mort du vieux Grand-Duc -de Mecklembourg-Strlitz<a id="FNanchor_318" href="#Footnote_318" class="fnanchor"> [318]</a>, que je regrette personnellement, -m'est mme trs sensible. Il m'a comble de -constantes bonts. Pendant sa dernire maladie, il me faisait -donner de ses nouvelles par la Grande-Duchesse, et -depuis sa mort, sa veuve m'a fait crire des paroles bien -touchantes, dont il l'a charge pour moi. Il avait de l'esprit, -des gots fins et dlicats, des sentiments levs, des -manires exquises, de cette belle politesse perdue, hlas! -Il en conservait avec soin la tradition; c'tait un ami -fidle et sr; bref, c'tait le dernier d'un meilleur temps.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_365"> 365</a></span> -Voici un passage d'une lettre de Paris, du 7: Malgr -ce qu'en disent les gazettes, tenez pour certain que le -couple imprial a t trs froidement reu en Savoie, pays -catholique et conservateur, qu'on inonde de fonctionnaires -rvolutionnaires. L'Empereur vit au jour le jour, manœuvrant -entre les socits secrtes qui menacent de le poignarder -s'il abandonne leur cause, et l'ordre qu'il ne veut -pas se mettre dos dans la personne de la coalition; position -difficile maintenir la longue.</p> - -<p class="section"><i>11 septembre 1860.</i>—Il y a quelques jours, le -<i>Journal des Dbats</i><a id="FNanchor_319" href="#Footnote_319" class="fnanchor"> [319]</a> donnait, d'aprs l'<i>Opinione</i>, un -article sur le principe de non-intervention propos du -gnral Lamoricire. On somme le Pape de congdier -Lamoricire et ses troupes, parce que leur prsence -est une <i>intervention trangre</i> en Italie et menace ses -voisins. L'intrt de la paix en Italie exige que le Pape -<span class="pagenum"><a id="Page_366"> 366</a></span> -renonce se dfendre. Je ne crois pas que le mlange -de mensonge et d'audace, d'hypocrisie et d'arrogance, -de fourberie et d'effronterie qui caractrise la politique -rvolutionnaire, ait jamais t pouss plus loin. Je suis -convaincue que si Lamoricire n'avait combattre que -Garibaldi, il le battrait bel et bien, mais pris entre deux -feux, entre le brigand venant de Naples, et les Pimontais -venant de l'autre ct, comment rsister?</p> - -<p>Voici deux extraits de lettres qui auront, du moins, -quelque intrt rtrospectif:</p> - -<p><i>Turin, 3 septembre</i>: Cavour, ce joueur intrpide et -heureux, qui a successivement battu deux Empereurs et -un Pape, va jouer tout ce qu'il a gagn contre un autre -joueur, qui est terriblement en veine dans ce moment: -Garibaldi. La partie est engage l'heure qu'il est. Il s'agit -de souffler Garibaldi Naples et les tats du Pape, de lui -faire mettre son grand sabre dans le fourreau et de renvoyer -<i>Cincinnatus</i> sa charrue: rude besogne! Mais si -Cavour a l'Empereur Napolon comme partenaire (ce qui -est plus que probable), on peut parier pour lui.</p> - -<p>Le gouvernement pimontais <i>veut</i> tre Naples <i>avant</i> -Garibaldi, ou tout au moins en mme temps que lui. Ce -n'est pas Garibaldi qui aura l'honneur de battre les croiss -et de tracer les limites de l'oasis papale. Ce sera le gnral -Cialdini, si ce n'est le roi Victor-Emmanuel en personne. -Farini et Cialdini ne sont alls Chambry que pour -demander l'Empereur Napolon carte blanche et lui soumettre -le plan de campagne.</p> - -<p><i>Rome, 31 aot</i>: Lamoricire se croit certain de -<span class="pagenum"><a id="Page_367"> 367</a></span> -battre Garibaldi. Le gnral de Goyon partageait ce sentiment. -Dans l'arme du gnral de Lamoricire, personne -ne doute d'une victoire complte. Garibaldi n'a rencontr -aucun obstacle srieux; ce sont les trahisons qui ont fait -sa fortune: ses plans de campagne se bornent profiter -des intelligences que les socits secrtes lui ont procures -et faire jouer la mine de trahison.</p> - -<p>Lamoricire a vingt mille hommes parfaitement srs, -en laissant de ct les Italiens<a id="FNanchor_320" href="#Footnote_320" class="fnanchor"> [320]</a>.</p> - -<p class="section"><span class="section"><a id="Page_368"> 368</a></span> -<i>Sagan, 14 septembre 1860.</i>—Je prvois que <i>l're</i> des -monarchies est finie partout; ce qui nous livre d'abord -l'anarchie, puis au despotisme et la tyrannie, toutes -les horreurs de la dissolution complte de l'tat social. Le -monde finira, sans doute, par reprendre son niveau, mais -quand? quelles conditions? aprs quelle traverse? -Nous n'y serons plus, la tourmente nous aura engloutis -bien avant. Si ce n'tait la foi en Dieu, on ne saurait o -reposer sa pense. La proclamation de Victor-Emmanuel -a t suivie sans retard de l'entre de Cialdini et de la -prise de Pesaro<a id="FNanchor_321" href="#Footnote_321" class="fnanchor"> [321]</a>.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_369"> 369</a></span> -<i>Sagan, 18 septembre 1860.</i>—Comment la Prusse n'a-t-elle -pas pris les devants pour rappeler son Ministre de -Turin et s'est-elle laisse devancer par la France, sans -mme l'imiter jusqu' prsent? Car enfin, le Pape tant -souverain temporel, il ne s'agit pas pour la Prusse protestante -d'une question religieuse, mais d'une question de -principe qui s'applique au droit des gens universel! Quant -au rappel de Charles de Talleyrand, ce n'est qu'une nouvelle -scne de cette longue comdie; mais, du moins, -c'est de la comdie bien joue<a id="FNanchor_322" href="#Footnote_322" class="fnanchor"> [322]</a>. Et comme le parterre -<span class="pagenum"><a id="Page_370"> 370</a></span> -est plein de dupes, qui ne savent pas regarder dans la coulisse, -il s'y trouve encore d'imbciles claqueurs.</p> - -<p>Les renforts envoys Rome me semblent surtout destins - y garder le Pape prisonnier, sous le prtexte de le -protger, car l'Empereur Napolon ne se soucie pas de la -piti potique qu'exciterait un Pape <i>plerin</i>. Quelque pervertie -que soit l'Europe, il y aurait encore un certain cri -dont l'Empereur Napolon ne se soucie pas d'entendre -l'cho.</p> - -<p>A propos de politique, la brochure la plus remarquable -qui ait paru, au milieu de ce tas de niaiseries et d'absurdits, -est <i>la Politique anglaise</i>. Elle mane de l'Empereur -Napolon, mais elle est rdige par Mocquard. La -Prusse y est traite de <i>parvenue</i>, l'Autriche de <i>perfide agonisante</i>, -l'Angleterre de <i>folle gare</i>; la Russie est seule -mnage; le reste de l'Europe agriffe ou mprise, et la -France vante dans un style d'apothose. Le tout est bien -crit et le sophisme habilement mani.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 24 septembre 1860.</i>—J'ai reu les douloureuses -nouvelles d'Italie<a id="FNanchor_323" href="#Footnote_323" class="fnanchor"> [323]</a>. Je gmis sur les hroques -victimes; je me sens alternativement consterne, dcourage, -indigne. Je tremble pour le Saint-Pre; je crains -<span class="pagenum"><a id="Page_371"> 371</a></span> -qu'il ne se laisse enjler par le gnral de Goyon qui, probablement, -est dupe lui-mme de son matre fallacieux. Le -pige est cependant facile dcouvrir, mais les mes essentiellement -candides ont de dplorables aveuglements; en -vrit, dans tel moment donn, il vaut mieux tre moins -pur et moins avis.</p> - -<p>A la quantit de dupes dont je vois le monde grossir -chaque jour, je me dis qu'il faut que la duperie ait bien -des charmes. Quant moi, je ne sais rien de plus humiliant.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 26 septembre 1860.</i>—M. de Falloux m'crit -une lettre que voici: Le Pre Lacordaire travaille son -discours pour l'Acadmie. Je crains bien que ce discours ne -contienne pas tout ce que nous voudrions y trouver sur la -question italienne; mais, malgr la douleur dont je me -sens opprim en voyant se prparer dans les tats romains -une seconde dition de la guerre du <i>Sonderbund</i> de 1847, -je suis dispos pardonner toutes les incartades de mon -loquent confrre, en songeant qu'elles n'auront, du -moins, rien de commun avec l'incomparable bassesse des -harangues piscopales, dont la lecture me fait rougir depuis -un mois.</p> - -<p>Le Pape, dplorablement induit en erreur, a accept, -et accepte encore la comdie dont il est le jouet. Sa politique -est essentiellement timide, expectante, prte subir -<i>presque</i> tout, de peur de <i>tout</i> perdre.. Il semble qu'il ait -perdu l'indpendance et la confiance en soi, qui fait les -trois quarts de la force de tous les pouvoirs temporels et -<span class="pagenum"><a id="Page_372"> 372</a></span> -spirituels. Il lui restait, cependant, encore un grand -empire, mais il le croit plus battu et plus faible qu'il ne -l'est en effet. On s'arrange plus volontiers du martyre que -de la lutte.</p> - -<p>Je suis navr de la mort de Pimodan, et triste pour -Lamoricire; mais il a attaqu bravement et succomb -devant des forces trop suprieures. Il essaie de tenir dans -Ancne. Le malheur sera, hlas! complet, mais l'honneur -sera sauf, du moins l'honneur personnel.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 2 octobre 1860.</i>—La Princesse Charles de -Prusse, qui a pass trois jours chez moi, m'a parl des -Grandes-Duchesses de Russie: Hlne et Marie, Duchesse -de Leuchtenberg. La dernire est toute garibaldienne, -furieuse de l'entrevue de Varsovie<a id="FNanchor_324" href="#Footnote_324" class="fnanchor"> [324]</a>, indigne de tout -rapprochement avec l'Autriche. La Grande-Duchesse Hlne, -moins vhmente dans ses discours, est, au fond, -assez dans les mmes errements.</p> - -<p>La reddition d'Ancne, aprs une lutte nergique et -sanglante, me contriste profondment sans m'tonner. Ce -qui m'tonne et me contriste, c'est de voir le Saint-Pre -jouer le jeu de la France en restant Rome; il n'y gagnera -rien au temporel et il perdra beaucoup au spirituel. De -<span class="pagenum"><a id="Page_373"> 373</a></span> -Vienne et de Berlin, on agit diplomatiquement pour faire -rester le Pape Rome; c'est d'une bien courte vue et -c'est perdre l'occasion trs belle de crer un embarras -Napolon.</p> - -<p>Je suis ravie de l'article du <i>Correspondant</i>: la Question -romaine, par M. de Falloux. Rien d'aussi complet, ni -d'aussi <i>hardi</i> n'avait encore t crit. Il y a mis son caractre -et plus de talent qu'il n'a coutume d'en avoir. Le -poursuivra-t-on? c'est bien difficile. Il a fait l une action -rellement mritoire et peut-tre efficace, autant que -quelque chose peut tre efficace aujourd'hui.</p> - -<p>Le baron de Talleyrand est Bade. Il ne m'a pas crit; -mais, dans une lettre que j'ai reue de Paris, il y a le passage -suivant: L'Empereur est mcontent du baron de -Talleyrand, disant qu'il l'a mal servi. C'est ce que l'Empereur -a dit M. de Cadore, lorsque celui-ci est venu -apporter les conditions du Pape. Il n'y a rien gagner de -servir un Gouvernement si faux et si perfide, qui livre ses -agents pour masquer ses fourberies.</p> - -<p>Dans une autre lettre, il est dit: Vous ne pouvez vous -imaginer la fureur des classes leves. Au cercle de l'Union -on voudrait mettre le duc de Gramont en pices. C'est -qu'en effet, il a t excrable et que par de fausses assurances -(qu'il savait fausses) il a t cause de la perte de -Lamoricire et de la mort de Pimodan.</p> - -<p>On m'crit aussi de Paris, le 5 octobre: Je trouve ici -les esprits trs aigris, amers. L'envahissement de l'Ombrie -et des Marches jette le clerg et les catholiques dans -les dernires fureurs. La dfaite de Lamoricire met les -<span class="pagenum"><a id="Page_374"> 374</a></span> -lgitimistes en rage. Les personnes senses demandent -o on nous conduit avec de telles violences, un tel renversement -du droit public. Le gouvernement perd du terrain -chaque jour; il voudrait reculer et ne sait comment s'y -prendre. La Russie s'oppose la chute du Roi de Naples, -ce qui fait qu'on voudrait arrter ou contenir <i>quelque peu</i> -Victor-Emmanuel. Les embarras de l'Empereur Napolon -sont bien grands, bien graves; en sortira-t-il en conservant -sa couronne? Ici, la dfiance est son comble; l'Empereur -a des ennemis puissants, nombreux, implacables l'intrieur -comme l'extrieur.</p> - -<p>La mort de M. de Pimodan cause des regrets <i>irrits</i>, -car le duc de Gramont avait <i>promis</i> le concours des -troupes franaises <i>en cas d'attaque</i>. On crie la trahison, -au mensonge. Vous n'avez pas ide des clameurs. Ce -matin, il y a un service Notre-Dame pour les victimes -de ce cruel combat. L'autorit voulait en refuser la permission; -il a fallu cder devant la violence de l'opinion -gnrale.</p> - -<p>On n'a pas os supprimer <i>le Correspondant</i>, malgr -le courageux article de M. de Falloux et les pages crasantes -de M. Cochin, pas davantage svir contre la chronique -de la <i>Revue des Deux Mondes</i>. L'attitude a bien -chang et on sent la crainte au lieu de l'arrogance confiante.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 8 octobre 1860.</i>—On me mande de Vienne -qu'on regarde l'entrevue de Varsovie comme annule -d'avance par toutes les adroites menes qui ont t mises -<span class="pagenum"><a id="Page_375"> 375</a></span> -en jeu par la diplomatie franaise d'une part, et par -MM. Gortschakoff et de Kisseleff de l'autre; les craintes -pour l'avenir n'ont plus de bornes.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 12 octobre 1860.</i>—Une amie de M. de Falloux -me mande que M. Billault avait propos l'Empereur -Napolon de poursuivre l'article ou de supprimer <i>le -Correspondant</i>. Non, a dit l'Empereur, il y a dj bien -assez d'motion; plus tard, nous verrons.</p> - -<p>On m'crit aussi ici: Il manque la politique anglaise, -en ce moment, d'oser se montrer telle qu'elle a envie -d'tre et qu'elle essaie de devenir. Les Anglais se prparent -timidement des transformations qu'ils n'osent pas -avouer; ils cherchent se rapprocher de l'Espagne. C'est -un propos tourdi de l'Empereur Napolon qui a report -l'attention de Londres sur Madrid. A Chambry, l'Empereur -Napolon a dit aux envoys pimontais: Quant -Naples, faites ce que vous voudrez; les Bourbons et moi, -cela ne peut aller nulle part. Le grand Empereur disait -cela aussi, et il ne s'en est pas bien trouv.</p> - -<p>L'Empereur Napolon a bien tort de s'alarmer de l'entrevue -de Varsovie; la prsence de Gortschakoff et de Kisseleff, -et les natures donnes des principaux personnages -me semblent des garanties suffisantes pour qu'il puisse -dormir, non pas du sommeil du <i>juste</i>, mais de celui du -fourbe satisfait.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 13 octobre 1860.</i>—Voici l'extrait d'une lettre -de Paris du 11 octobre: Les classes leves sont arrives -<span class="pagenum"><a id="Page_376"> 376</a></span> -au dernier degr de l'exaspration; la bourgeoisie est trs -blesse et mcontente des affaires du Pape; les masses -ignorantes et impies restent indiffrentes; les rpublicains -applaudissent, et l'arme semble une <i>chose</i> plutt qu'une -runion d'hommes. Ce qui est assez grave, c'est l'aigreur -et la dsaffection des bonapartistes, qui trouvent qu'on -perd leur cause. Les aides de camp, en plein salon de service, -s'insurgent contre une telle manire de gouverner; -ils vont mme jusqu' refuser l'Empereur Napolon le -vritable esprit politique. Ils n'ont pas tort. Les Ministres -sont aux abois et ne savent plus comment se tirer d'embarras -inextricables et croissants. L'Empereur, de son -ct, se plaint de ses Ministres qu'il accuse de le mal servir. -M. Thouvenel disait, avant-hier, un de ses amis: -Que puis-je faire ici? J'ignore les plans politiques de -l'Empereur: je marche dans les tnbres, sans but, -sans plan, avanant, reculant travers une politique -double et jamais explique.</p> - -<p>On ne fera pas de procs M. de Falloux; on veut -adoucir les catholiques, afin d'viter le dpart du Pape de -Rome. L, il y a discussion entre M. de Mrode qui opine -et insiste pour le dpart, et le cardinal Antonelli qui veut -le <i>statu quo</i>. Il nous aurait fallu une dmission clatante -de l'Archevque de Paris, une encyclique crasante de -Rome concluant au dpart. Les laques ne suffisent plus -la lutte; c'est aux sommits se prononcer et agir. -Dans les cercles et les clubs de bonne compagnie, on -cume contre M. de Gramont. Croyez-moi, l'Empereur -Napolon couve quelque surprise inattendue. Il veut bouleverser -<span class="pagenum"><a id="Page_377"> 377</a></span> -l'Europe de fond en comble. La faiblesse de l'Europe -tonne; elle laissera donc tout faire.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 21 octobre 1860.</i>—On m'crit d'Italie, qu' -Rome, il y a eu, ainsi qu' Paris, un monde norme aux -obsques du pauvre gnral de Pimodan; mais pas un des -Princes romains.</p> - -<p>Je reois un billet de Paris, ainsi conu, du 19 octobre: -Le parti rvolutionnaire l'emporte; les liens qui enchanent -aux Mazziniens ne peuvent tre rompus. On vient de -signer un nouveau trait avec le Pimont, par lequel on -s'engage le soutenir par les armes dans l'attaque contre -la Vntie<a id="FNanchor_325" href="#Footnote_325" class="fnanchor"> [325]</a>. On compte soulever en mme temps <i>plus -d'une nationalit</i>. Ici, on espre pcher en eau trouble -et profiter des nouvelles trahisons qui vont clater.</p> - -<p>Outre ce billet, crit videmment la hte, j'ai une lettre -qui, moins palpitante d'actualit, a cependant quelque -intrt. En voici les principaux passages: L'Empereur -est sombre, perplexe. Il voudrait la fdration au lieu de -<span class="pagenum"><a id="Page_378"> 378</a></span> -l'union italienne; mais il ne sait comment enrayer le -mouvement actuel. Il a des engagements qui psent sur -lui, sans compter la peur incessante des poignards. Quand -il a vu que les Puissances du Nord n'ont pas suivi -l'exemple qu'il a donn, en rappelant le baron de Talleyrand, -il a reproch vivement M. Thouvenel de lui -avoir fait jouer cette <i>comdie</i>. Thouvenel ne sait plus -comment se tirer d'un labyrinthe et d'un filet frauduleux, -dont il commence avoir honte et dgot. Tenez pour -certain qu' Chambry, la rponse donne par l'Empereur -Napolon Cialdini et Fanti a t: Allez de l'avant, -mais faites vite, et que tout soit termin avant l'entrevue -de Varsovie.</p> - -<p>Le Ministre de Prusse ici ne voit rien<a id="FNanchor_326" href="#Footnote_326" class="fnanchor"> [326]</a>, ne pntre -rien; je doute qu'il fasse voir plus clair sa Cour qu'il -n'y voit lui-mme. Le Nonce du Pape est parti; le -Saint-Pre quittera Rome. Tout cela aurait d tre fait il y -a des mois. Et Varsovie? on a bien tort si l'on ne s'y -inquite que de la Hongrie. <i>Toutes les Polognes</i> sont travailles -par des missaires franais; c'est d'ici qu'on y -prpare le soulvement. Je suis parfois me demander -si vous n'tes pas bien prs d'une frontire prte -s'enflammer.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 23 octobre 1860.</i>—Voici une lettre de -M. Guizot, date du Val-Richer le 18 octobre: J'avais -dner hier un de mes voisins dont je veux, madame, vous -<span class="pagenum"><a id="Page_379"> 379</a></span> -parler; moins de lui, cependant, que de deux jeunes -cousins de sa femme, qu'il m'a amens. Ils taient dans -le bataillon franco-belge sous les ordres de Lamoricire. -L'un d'eux a vu et lu de <i>ses propres yeux</i> la lettre du duc -de Gramont au gnral Lamoricire, lui annonant que les -Franais empcheraient les Pimontais d'entrer dans les -Marches. Elle est arrive au Gnral Spolte. Le duc de -Gramont avait aussi crit au consul de France Ancne, -qui est venu apporter au Gnral la mme promesse. C'est -de cette seconde lettre que le <i>Moniteur</i> s'est servi pour -cacher la premire. M. de Lamoricire a eu tort de se -confier l'une et l'autre; mais je sais bien quel nom je -donnerais, si je voulais, l'Ambassadeur qui les a crites.</p> - -<p>A Castelfidardo, Lamoricire a fait l'impossible pour -mener au feu son corps d'Allemands et d'Italiens, il les a -harangus, il s'est mis leur tte, il s'est de sa personne -port en avant; ils n'ont pas suivi, le grand nombre de -l'arme pimontaise les avait terrifis. Le bataillon franco-belge -seul a donn. C'est alors que Lamoricire s'est -dcid tout tenter pour aller se jeter dans Ancne et s'y -dfendre encore. Il y est arriv seul avec deux officiers. -Quelques bataillons pars l'y ont rejoint ensuite. Le -gnral Cialdini a invit dner M. de Bourbon-Chalus, -son prisonnier. Celui-ci, pour lui expliquer leur tranquille -attente, a parl de la lettre du duc de Gramont. Cialdini a -ri: <i>Je savais mieux que votre Ambassadeur ce que voulait -Napolon; je l'avais vu Chambry et il m'avait -dit: Allez, allez, seulement, dpchez-vous; il faut que -ce soit fini avant la runion de Varsovie.</i></p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_380"> 380</a></span> -Que pensez-vous, madame, que fera ou qu'a dj fait -Varsovie? Tout le monde attend; les badauds comme les -gens d'esprit; les indiffrents comme les plus zls. Esprons -le retrait motiv des agents diplomatiques; la dclaration -qu'on ne reconnatra rien de ce qui se fait ou se -fera en Italie, en dehors de Villafranca, de Zurich et -quelque engagement envers l'Autriche pour l'avenir. Si -on ne fait pas ces trois choses, la runion sera plus que -vaine, elle sera ridicule.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 25 octobre 1860.</i>—Je copie une lettre de Paris -du 23: Nous sommes ici dans l'huile bouillante; les -troupes sont en marche vers le Midi; avant trois mois -Venise n'appartiendra plus aux Autrichiens; mais que de -flots de sang pour en arriver l!</p> - -<p>L'attaque se fera par les Pimontais, appels par la -rvolution intrieure de l'tat de Venise; nous irons leur -secours. La Sardaigne et l'le d'Elbe en seront la rcompense. -On croit aux Tuileries n'avoir d'autres ennemis -combattre que l'Autriche; on endort la Russie par l'appt -de Constantinople; on laissera dire l'Angleterre et on sait -bien que la Prusse ne marchera pas sans les Anglais: ils -sont si favorables l'indpendance italienne qu'il est -permis de douter qu'ils empcheront l'crasement des -Autrichiens Venise.</p> - -<p>M. de Hbner, porteur d'une lettre de l'Empereur -Napolon, a reu en change de bonnes paroles, qu'il a la -navet trange de prendre au srieux, au pied de la -lettre.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_381"> 381</a></span> -Le Pape est prisonnier ou peu s'en faut; nous le verrons - Fontainebleau, ou, du moins, en France, sous -bonne escorte. Il y aurait mille dtails curieux vous -conter, mais ils disparaissent dans le grand drame de l'Italie -et de l'Europe; car c'est l'Europe entire qui est en jeu: -qu'on ne s'y trompe pas. Avec cela, les bonapartistes sont -inquiets, car ils se sentent dbords. C'est la rvolution -qui nous gouverne. L'arme du Roi de Naples s'puise, il -ne tiendra pas longtemps<a id="FNanchor_327" href="#Footnote_327" class="fnanchor"> [327]</a>. La <i>Gazette de Lyon</i> a t -supprime; elle a paru le jour de la suppression, avant -l'avis officiel, avec un article des plus violents, et une -espce d'adresse aux catholiques d'Angleterre, qui viennent -de voter une pe d'honneur au gnral de Lamoricire: -<i>Jouissez de la libert de votre pays</i>, disait-il, <i>nous l'admirons, -nous vous l'envions, car nous gmissions sous -le poids de l'oppression et de la tyrannie</i>. Ils taient -supprims et ils cassaient les vitres. C'est du reste, ou pour -dire plus juste, c'tait un journal srieux, trs got par -<span class="pagenum"><a id="Page_382"> 382</a></span> -la ville de Lyon qu'on a blesse au cœur en le frappant.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 5 novembre 1860.</i>—La Princesse Charles de -Prusse m'crit de Berlin ce qui suit, l'occasion de la -mort de l'Impratrice mre de Russie<a id="FNanchor_328" href="#Footnote_328" class="fnanchor"> [328]</a>: Le Prince-Rgent -est vritablement accabl de douleur et fait piti -voir. Je suis accourue de Glienicke pour le voir, et je -m'tablis quinze jours plus tt que je ne le voulais en -ville, pour tre plus prs de mon excellent beau-frre, -et donner plus exactement de ses nouvelles ma sœur. -Mon mari n'est pas moins dsol que le Rgent; chacun -des deux frres l'est la faon de son caractre. Quant -au Rgent, il a positivement perdu la personne qu'il -aimait le mieux, et dont l'affection le consolait de beaucoup -de choses pnibles. Le Roi n'apprendra jamais la -mort de sa sœur; la Reine ne porte pas le deuil pour ne -pas effrayer le Roi qui, du reste, est de plus en plus silencieux, -et de moins en moins lucide!</p> - -<p>L'Impratrice d'Autriche est attaque du larynx; on en -est inquiet Vienne. Elle se rend Madre et sera au -moins onze jours en mer pour l'atteindre. Les enfants -restent Vienne. Cette absence, cette sparation, dans les -circonstances actuelles, a quelque chose de sinistre.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 9 novembre 1860.</i>—Il parat que l'Impratrice -mre de Russie est morte en chrtienne, de la faon -<span class="pagenum"><a id="Page_383"> 383</a></span> -la plus difiante, la plus touchante. C'est un grand rveil - la nature que le glas de la mort.</p> - -<p>Le pauvre Empereur d'Autriche fait grande piti. Il est -revenu trs morne de Varsovie, regrettant d'y avoir t, -bless du mauvais esprit des Hongrois qui se laissent -exciter par Kossuth et C<sup>ie</sup>; et enfin, ce qui l'achvera, ce -sera le dpart de l'Impratrice. Il a demand une frgate - l'Angleterre, afin d'tre en sret sur le voyage de sa -femme. Il y a, du reste, Vienne, des personnes pour -dire que l'tat de l'Impratrice n'est pas grave, qu'elle -l'exagre, et qu'elle a agi sur les mdecins pour se faire -ordonner le Midi. En tout cas, l'Impratrice a un bel -exemple dans la conduite de sa sœur cadette, la Reine de -Naples, dont tout Gate est difi. Courage, dvouement, -dignit, nergie: tout est runi dans cette jeune et -malheureuse Reine.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 23 novembre 1860.</i>—On m'crit de Vienne -que c'est la comtesse Sophie Esterhazy (la Grande-Matresse) -qui, la premire, a donn l'veil sur l'tat de l'Impratrice; -qu' la premire consultation, celle-ci a avou -aux mdecins qu'elle se sentait malade et faible tout l't, -et qu'elle avait alors redoubl les bains froids et l'exercice -du cheval, dans la pense de se fortifier. Avant son dpart -de Vienne, les vanouissements taient frquents. Elle n'a -pas voulu aller au Caire, s'imaginant que ce projet venait -de sa belle-mre, ce qui n'est pas le cas.</p> - -<p>Tout va dcidment mieux en Hongrie; mais le pays -demande grands cris pour Palatin, l'Archiduc Maximilien, -<span class="pagenum"><a id="Page_384"> 384</a></span> -celui qui a t Milan. Il parle parfaitement le hongrois; -on ne doute pas qu'il ne soit nomm. Ceux qui -sont mcontents en Hongrie et qui font du bruit, c'est la -folle jeunesse; car, tout ce qui est g et raisonnable -comprend combien leur position est admirable et avantageuse<a id="FNanchor_329" href="#Footnote_329" class="fnanchor"> [329]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 5 dcembre 1860.</i>—On m'crit de Dresde: -Le jeune Grand-Duc de Toscane passe l'hiver Dresde. -On lui a donn le petit palais la Ostra-Alle, o il a un -petit tablissement modeste, mais honorable. C'est par -milliers que la famille grand-ducale de Toscane peut -compter des adhrents fidles dans leur pays, et qui sont -en relations permanentes avec les Princes exils; mais -quoi cela leur sert-il? Le vieux mnage grand-ducal est -dans un affreux village, prs de Carlsbad, d'o la Grande-Duchesse, -ne princesse de Naples, ne veut pas sortir. Sa -mlancolie noire inquite pour la sant de l'me; mais il -y a bien de quoi perdre l'esprit!</p> - -<p>On m'crit de Paris: Murat lance une nouvelle protestation<a id="FNanchor_330" href="#Footnote_330" class="fnanchor"> [330]</a>; -soyez sre que d'ici on cherchera l'implanter -<span class="pagenum"><a id="Page_385"> 385</a></span> - Naples, au jour invitable de la brouillerie avec -l'Angleterre. Les ministres actuels d'ici disent leurs -intimes qu'ils sont victimes du parti de la guerre. En -attendant, les Anglais sont nos dupes et livrs la joie de -voir tomber le Pape; ils ne sentent pas qu'on se tournera -contre eux plus tt qu'ils ne le pensent.</p> - -<p>Imaginez qu'il y a des niais des vieux partis pour -croire au retour d'institutions libres et rgulires... sous -Napolon III, tandis qu'il ne faut s'attendre qu' des -piges, des trappes et des fourberies.</p> - -<p>L'Impratrice Eugnie verra la Reine d'Angleterre -Londres, d'o elle rentrera en France par La Haye o elle -veut faire visite la Reine de Hollande. La nomination du -gnral Plissier Alger est faite en vue de la guerre -gnrale.</p> - -<p>Dans une autre lettre de Paris, on me dit: Les liberts -accordes sont si peu de chose, qu'il n'y faut voir -qu'une concession la rvolution; on cherchera en -luder les consquences, moins qu'elles ne soient utiles -contre le clerg et les vieux partis<a id="FNanchor_331" href="#Footnote_331" class="fnanchor"> [331]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 7 dcembre 1860.</i>—M. Guizot qui a t appel -assister au mariage de la fille de Cuvillier-Fleury<a id="FNanchor_332" href="#Footnote_332" class="fnanchor"> [332]</a>, beau-frre -de M. Thouvenel, ministre des Affaires trangres, -<span class="pagenum"><a id="Page_386"> 386</a></span> -me mande ce qui suit: Je viens de passer une heure -avec M. Thouvenel; il est dans la bonne voie et il veut -qu'on le sache. Quand il s'afflige de la situation, il ajoute: -<i>Ce n'est pas de moi qu'il s'agit, car, aprs tout, si une -situation ne convient pas, on en sort quand on veut.</i> Il -est convaincu que ce qui s'est fait en Italie ne tiendra pas; -cela est dj vident pour Naples, probable pour Florence. -A Bologne et dans les Marches on est mcontent; les -impts, la souscription et les Pimontais y dplaisent -beaucoup; Rome parat la grande question insoluble. -Thouvenel est trs inquiet du printemps. Pourtant la -guerre est bien difficile aux Pimontais, car pour garder -Naples, il faut qu'ils y laissent trente quarante mille -hommes; que leur restera-t-il pour attaquer la Vntie? -Il ne m'a pas paru que cette extrme difficult de la -guerre diminut son inquitude. Je doute qu'il reste son -poste jusque-l. Il me parat que l'Empereur aimerait -assez rester neutre, si la guerre se rengage en Italie au -printemps; mais il n'y est pas dcid et le prince Napolon, -qui a plus d'influence que jamais, est dcid contre. -Si on veut rester neutre ou se mettre derrire le Corps -lgislatif pour qu'il fasse une Adresse pacifique, on aura -l'air de cder au vœu du pays. Si, au contraire, on prend -le parti de la guerre, on se promet de trouver quelque -moyen de la faire clater inopinment par la faute des -adversaires, comme en 1859, de telle sorte qu'on n'en -rponde pas et qu'on y soit forc, auquel cas le Corps -lgislatif et le pays se rsigneront la ncessit et voteront -ce qu'il faudra.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_387"> 387</a></span> -Au dedans, on a en tte toutes sortes de projets <i>semi-socialistes</i>; -on veut faire des coups de main sur les successions, -sur les compagnies de chemin de fer, sur les -socits d'assurance..., etc..., etc... Le nouveau Ministre -des Finances est un homme jeune, spirituel, entreprenant, -qui aime les nouveauts et qui, par l, a fait son chemin -auprs du matre. Si on entre dans cette voie, la France -sera soumise, au dedans, au mme trouble, au mme -gchis o elle est au dehors. Tout est possible, y compris -l'impossible. M. Fould a t trs oppos aux petites coquetteries -librales, disant que <i>c'tait trop ou trop peu</i><a id="FNanchor_333" href="#Footnote_333" class="fnanchor"> [333]</a>. -L'Empereur Napolon a fait de grands efforts pour le garder; -il a tout refus; le ministre des Finances, le titre -d'archi-trsorier, les Affaires trangres, l'ambassade de -Londres: tout.</p> - -<p>Le mcontentement de l'Impratrice contre lui est -venu de deux sources. Quand le duc d'Albe est venu lui -parler des obsques de sa femme, Fould lui a rpondu: -<i>Cela regarde les pompes funbres.</i> L'Impratrice a -voulu vendre quelques diamants pour le denier de Saint-Pierre. -Fould l'a su et en a prvenu l'Empereur!</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 17 dcembre 1860.</i>—La lecture du journal -me donne un nouvel accs d'indignation et de mpris -contre les grands gouvernements. Voil l'Angleterre, la -Russie et la France qui engagent, dit-on, le Roi de Naples - cder et ne pas pousser plus loin une rsistance inutile. -<span class="pagenum"><a id="Page_388"> 388</a></span> -Inutile! quelle btise! quel abaissement! Ce qui fait prcisment -l'utilit, comme la dignit, de la rsistance de ce -Roi, c'est qu'il l'a tente et qu'il y rsiste tout risque, et -contre toute chance. Il dfend son droit et fait son devoir, -quoi qu'il puisse advenir. Je ne sais s'il se rendra aux instances -de ces grands souverains; mais s'il ne se rendait -pas, s'il tait tu sur la brche de Gate, il serait mille fois -plus <i>utile</i> la royaut, en gnral, et celle de sa maison -qu'il ne le sera s'il cde. Il aurait, avec le temps, la plus -grande des utilits, celle de la protestation et de l'exemple -jusqu'au bout. Il est vrai que ce sont l des forces morales -dont notre temps semble avoir perdu l'intelligence. Je suis -peut-tre exagre, eh bien! il me semble, dans mon -outrecuidance, que j'ai tout simplement un bon sens un -peu moins humble et la vue un peu plus longue que ceux -qui sont prosterns devant la force matrielle du moment. -N'ai-je pas aussi raison de m'inquiter du mouvement -rvolutionnaire de l'Allemagne? Je suis, du reste je -l'avoue, plus inquite des Princes que des rouges. Je persiste - croire qu'avec un peu de prvoyance et point de -peur, on viendrait bout de ces dmons, mais on a de la -peur et pas de prvoyance!</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 29 dcembre 1860.</i>—Nous voici achevant une -triste anne. Il y a longtemps que je dteste le jour de -l'An qui, avec son changement de chiffre, ne permet -aucune illusion. Point de temps d'arrt dans le chemin -qui conduit au dernier terme; on croit peine marcher, -et voil une tape de passe. Que rencontrera-t-on sur la -<span class="pagenum"><a id="Page_389"> 389</a></span> -route qui reste parcourir? Personne ne saurait le prvoir. -L'ennui, le manque d'intrt, de but, forment une plaie -qui, pour n'tre pas saignante, en apparence, n'en est pas -moins profonde; on n'en gurit point, et je ne sors du -dcouragement et de l'ennui que par des sujets d'impatience -et d'irritation.</p> - -<div class="chapter"> -<p><span class="pagenum"><a id="Page_390"> 390</a></span></p> -<h2 class="normal">1861</h2> -</div> - -<p class="section"><i>Berlin, 2 janvier 1861.</i>—On m'a rveille en me -disant que le Roi tait mort. C'est la nuit dernire, -minuit quarante minutes, que cette pauvre me, renferme -dans une si triste enveloppe, s'est envole dans de -meilleures rgions. On peut imaginer ce qu'a t Sans-Souci -pendant cette agonie; je n'en sais point les dtails, -car personne n'est encore revenu de ce triste lieu<a id="FNanchor_334" href="#Footnote_334" class="fnanchor"> [334]</a>. -Dieu veuille que la couronne n'ensanglante pas le front -de celui qui la porte avec un regret sincre et touchant. -Je m'attends pour lui de cruels embarras, de fcheuses -complications et des Chambres les plus incommodes, -avec les ministres les plus maladroits; enfin un gouvernement -faible et intimid.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 8 janvier 1861.</i>—Ah! quelle foule, quelle -tuerie, quel dsordre que l'enterrement du Roi Potsdam, -auquel j'ai assist hier!</p> - -<p>La crmonie, en elle-mme, n'tait pas ce que j'aurais -<span class="pagenum"><a id="Page_391"> 391</a></span> -voulu qu'elle ft. L'glise n'tait pas tendue de noir. -La double range de vitres blanches laissait entrer, en -plein, un soleil qui clairait dix-sept degrs de froid; -l'clat de ses rayons teignait celui des cierges placs -autour du catafalque, qu'on n'avait pas assez exhauss -pour tre imposant. Je ne puis juger du cortge, puisque -j'tais dans l'intrieur de l'glise sans pelisse; c'est ainsi -que nous avons attendu deux heures; car la crmonie -n'a commenc qu' une heure au lieu de onze heures. Le -nouveau Roi pleurait sangloter et n'tait occup que de -la Reine veuve qui s'appuyait sur lui.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 10 janvier 1861.</i>—Par son testament, le Roi -a laiss sa veuve Sans-Souci et Stolzenfels; puis ses -logements habituels dans les chteaux de Charlottenbourg, -Berlin et Potsdam. En outre, toutes les pierreries -personnelles du Roi, ainsi que les pierres graves, tous -les objets d'art, tableaux, marbres, bronzes, gravures, -tout, tout, et un revenu considrable. Il laisse le vilain -petit chteau de Paretz (c'est prs de Potsdam) au Prince -Royal; aucun autre legs; pas un mot, pas un souvenir; -aucune autre personne nomme, pas mme les plus proches.</p> - -<p>Le Roi actuel a pris toute la maison militaire du dfunt -et l'a ajoute la sienne, ce qui en fait une <i>vraie lgion</i>. -Chose singulire! il a ordonn que les aides de camp du -feu Roi feraient, pendant toute la dure du deuil, le service - Sans-Souci, auprs de la veuve, comme si le dfunt -vivait encore.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_392"> 392</a></span> -<i>Berlin, 10 janvier 1861.</i>—Hier a eu lieu la bndiction -solennelle des drapeaux. C'tait une trs belle et trs -imposante crmonie, sous les bras tendus de Frdric -le Grand, au pied de sa statue, et devant le palais du Roi -actuel. Les troupes se sont dveloppes, les volutions se -sont faites avec la plus grande prcision. Le jeu des drapeaux, -s'abaissant et se relevant la voix du pasteur, -saluant le Roi dont la prestance se distinguait entre tous; -les chants religieux, les <i>vivats</i> de la foule, toutes les -Princesses en blanc sur le balcon et aux fentres du -palais, tout cela faisait merveille; le soleil seul a manqu; -il n'a pas daign nous accorder le plus lger sourire; -cependant, il ne neigeait pas, le brouillard tait lger et -la gele imperceptible. <i>Le blanc</i> avait t mis exprs par -ordre du Roi qui avait voulu faire cette politesse l'arme. -La Reine avait sa bonne grce accoutume. Le tout -a dur trois heures.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 22 janvier 1861.</i>—La session des Chambres -dbute assez orageusement, du moins celle des Dputs; -Vincke y rgne; il est insolent, exigeant, il malmne les -Ministres et ne sera satisfait que lorsqu'il sera prsident -du Conseil la place du prince de Hohenzollern. Celui-ci -est malade, de mauvaise humeur, fatigu, ahuri, trouvant -le Roi nerveux et dmont, la Reine impatiente, le -Ministre dsuni, la Chambre haute mfiante, la Chambre -basse arrogante et hostile; au dedans, le pays inquiet et -marchant sans boussole, car le pilote n'est nulle part; au -dehors, des complications qui lui semblent inextricables.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_393"> 393</a></span> -Le Roi a de l'humeur contre tous et chacun, except -contre le gnral de Manteuffel, qui, pour le moment, a le -plus de crdit sur lui; il y a bien du monde pour s'en -inquiter. Le Ministre, du moins le comte Schwerin -(ministre de l'Intrieur), qui est le doctrinaire le plus -maladroit possible, commence dcouvrir qu'il a t la -drive; il voudrait s'arrter, mais Vincke et consorts -crient <i>haro</i>. Le ministre de la Guerre est du parti de <i>la -Croix</i>. Chacun se mfie d'Auerswald dont le rle <i>d'anguille</i> -ne russit auprs de personne. Le ministre des -Finances, Patow, assez habile financier, dteste la noblesse -et voudrait qu'elle portt le poids du jour.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 26 janvier 1861.</i>—On croit ici que le branle-bas -de l'Allemagne (de par la France) est ajourn d'un an, -au moins; que Garibaldi a renonc attaquer la Vntie -au printemps, qu'il a ajourn la rvolution de Hongrie et -des contres slaves, et qu'on a fait prendre patience -l'Italie, en lui livrant Rome qui va tre dvore au premier -jour, sans que cela fasse rien ce gouvernement -protestant (comme si ce n'tait pas autant une question -monarchique que religieuse). Socialement, l'hiver est et -restera encore longtemps fort srieux, pour ainsi dire nul; -mais si les esprits sont assombris, je trouve les cœurs -froids, comme les corps. On voit s'accomplir d'abominables -et indignes actions comme on verrait sur la scne -jouer un grand drame. Aprs la lecture de son journal -du matin, on va patiner gaiement sur le canal de Thiergarten, -et se coucher paisiblement aprs le journal du -<span class="pagenum"><a id="Page_394"> 394</a></span> -soir, sans se soucier des malheurs de tant d'tres semblables - nous. Avec cela, la misre est grande; que de gens -morts de froid et de faim!</p> - -<p>J'ai une lettre de Paris qui me dit ceci: Voici le probable -sur le royaume de Naples. On croit que ce royaume, -tel que l'avait Murat, sera donn au jeune Murat que vous -avez vu Berlin<a id="FNanchor_335" href="#Footnote_335" class="fnanchor"> [335]</a>; que l'Angleterre y consentira, condition -de prendre la Sicile; mais le Roi Franois II, lorsqu'il -sera forc de quitter Gate<a id="FNanchor_336" href="#Footnote_336" class="fnanchor"> [336]</a>, pourrait bien se rendre -en Sicile, o ses partisans deviennent chaque jour plus -nombreux. Ces deux chances ont t admises par M. Thouvenel -devant son beau-frre, de qui je le tiens<a id="FNanchor_337" href="#Footnote_337" class="fnanchor"> [337]</a>.</p> - -<p>Le duc de Noailles m'crit la date du 23 janvier: -Nous avons demain notre belle sance acadmique, -Guizot et Lacordaire. Les discours sont beaux, je les connais: -celui du dominicain, trs acadmique; il ne sort -pas de son sujet <i>Tocqueville</i>, et ne fait aucune excursion, -ni politique, ni religieuse, se complaisant assez dans la -dmocratie qui est forcment son sujet, et aussi son penchant; -mais tout cela dit avec beaucoup d'art.</p> - -<p>Guizot est fort beau, le dbut un peu brusque. Il dit -au Pre Lacordaire (en termes acadmiques) qu'il l'aurait -probablement fait brler il y a trois cents ans; mais il le -traite trs bien; aussi, en sortant de la Commission, le -<span class="pagenum"><a id="Page_395"> 395</a></span> -Pre lui a dit: <i>Ce ne sont pas des remerciements que je -vous dois, c'est de la reconnaissance.</i></p> - -<p class="section"><i>Berlin, 1<sup>er</sup> fvrier 1861.</i>—La Cour de condolance a -eu trs bel air hier. Le Roi s'est enfin dcid assister la -Reine de sa prsence, et je pense qu'en dfinitive, il n'y -aura pas eu de regret; car la Reine avait l'air trs royal -sous le dais et ses gestes taient des plus nobles et des -plus gracieux.</p> - -<p>Il y a un mot de M. de Montalembert sur les dfenseurs -de Gate: <i>Au moins, nous pouvons dire comme dans les -contes de fe: il y avait un roi et une reine.</i></p> - -<p class="section"><i>Berlin, 22 fvrier 1861.</i>—Les documents diplomatiques -que nous apportent les journaux franais<a id="FNanchor_338" href="#Footnote_338" class="fnanchor"> [338]</a> me -font, en ce qui regarde l'Italie, l'effet d'tre des chefs-d'œuvre -<i>d'embarras</i>; on voit nager entre deux courants; -on fait, puis on regrette; on essaie de mettre les apparences -d'un ct, quand les ralits sont de l'autre; les -brochures sont tantt le supplment, tantt le dmenti -des dpches. Que sortira-t-il de cette confusion? probablement -une nouvelle pousse rvolutionnaire la suite -de laquelle on se mettra, tout en la reniant. Nous verrons -le Corps lgislatif chercher dire quelque chose qui ait -<span class="pagenum"><a id="Page_396"> 396</a></span> -l'air rassurant et qui, au fond, ne fasse obstacle rien; et -si le Snat tait plus net, j'en serais fort surprise.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 6 mars 1861.</i>—C'est aujourd'hui qu'a lieu, -au grand Palais de Berlin, la crmonie de la remise au -Roi des insignes de l'ordre de la Jarretire que vient de -lui envoyer la Reine d'Angleterre, par une dputation la -tte de laquelle on trouve lord Breadalbane. Par miracle, -il me survient un peu de curiosit; je la croyais morte et -enterre. Eh bien! pas du tout, voil que j'ai grande -envie de voir cette crmonie qu'on dit tre fort originale, -surtout une poque o les hrauts d'armes n'auront -plus gure proclamer que des dchances de monarques -et de monarchies.</p> - -<p>Mes dernires nouvelles de ma fille Pauline<a id="FNanchor_339" href="#Footnote_339" class="fnanchor"> [339]</a> sont -meilleures; elle avait subi une violente migraine dont elle -se remettait; et si la Touraine n'avait pas les allures -exceptionnelles du Nord, elle serait dans l'tat auquel sa -douce rsignation l'a habitue depuis trois ou quatre -annes. Elle attendait, avec une grande impatience, ou -plutt avec un grand dsir, l'vque d'Orlans, la duchesse -Hamilton et la princesse de Wittgenstein. Pauline ne -s'impatiente plus quand elle n'a pas ce dont, cependant, -elle jouit avec vivacit quand elle le possde. C'est vraiment -une crature essentiellement soumise, et sereine au -milieu des imperfections et des mcomptes de sa destine.</p> - -<p>Il est difficile de rencontrer une pit plus efficace: -<span class="pagenum"><a id="Page_397"> 397</a></span> -quand le prsent ne la satisfait pas, ou l'attriste, elle entre -dans l'ternit, comme une autre entre dans sa chambre -pour se reposer. Elle voit plus clair au del de ce monde -que dans ce monde. Ma nature est bien moins srieuse, -plus exigeante, l'avenir est pour moi, la fois certain et -obscur. J'y crois, mais je n'y vois pas.</p> - -<p>Ici, le Roi et la Reine sont trs bouriffs du prince -Napolon<a id="FNanchor_340" href="#Footnote_340" class="fnanchor"> [340]</a>. Je prtends que ce discours est une <i>brochure -parlante</i>, et je regrette qu'il y ait ici des personnes -pour soutenir que l'Empereur en est irrit! En tout cas, -Persigny, Pitri et Billault en sont fort satisfaits. Le gnral -de Bonin, qui est revenu de Turin et de Paris, a dit -Schleinitz, qui me l'a racont hier au soir, qu'il avait t -frapp Paris de la fermentation des esprits, et en Italie, -du mcontentement et des hostilits des villes entre elles. -M. de Schleinitz a videmment un faible pour M. de -Cavour, qu'il vante toute occasion, disant par exemple -hier: Cavour a raison d'aller son train; car enfin, il -faudra bien que nous finissions par reconnatre <i>le roi -d'Italie</i>. Schleinitz m'a tonn aussi par son admiration, -non pour les doctrines du prince Napolon, mais pour son -grand talent oratoire. Conoit-on que des cinq cardinaux -prsents ce discours, aucun n'ait quitt la sance? Il me -<span class="pagenum"><a id="Page_398"> 398</a></span> -semble qu'ils auraient d spontanment se lever et s'en -aller en disant le pourquoi.</p> - -<p>Et le cardinal Morlot ayant trois dmissions donner -(je ne parle pas de celle de l'Archevque de Paris) et qui -n'en offre aucune<a id="FNanchor_341" href="#Footnote_341" class="fnanchor"> [341]</a>!</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 10 mars 1861.</i>—La crmonie de la remise -de la Jarretire s'est trs bien passe; elle avait trs bel -air. Le Roi rajeuni, la Reine fort son avantage. Le tout -a fort bien russi et a fait un peu diversion au lugubre du -deuil et la lourdeur gnrale de l'atmosphre de Berlin. -Le Roi s'en est videmment amus; et depuis, je le trouve -<i>in better spirits</i><a id="FNanchor_342" href="#Footnote_342" class="fnanchor"> [342]</a>, quoique les vnements de Varsovie -lui trottent dans la tte, et certes avec raison<a id="FNanchor_343" href="#Footnote_343" class="fnanchor"> [343]</a>. Les -<span class="pagenum"><a id="Page_399"> 399</a></span> -Ministres en montrent leur inquitude et le prince de -Hohenzollern ne cache pas assez l'ennui et le dcouragement -qui s'emparent de lui.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 23 mars 1861.</i>—Le concert la Cour a t -hier excellent; le Palais, les toilettes et les humeurs taient -en meilleures dispositions que depuis longtemps. C'tait -l'anniversaire de la naissance du Roi. Il y a eu <i>partiellement</i> -d'assez belles nominations. Les rues taient pleines -d'un peuple qui, au milieu des <i>hurras!</i> faisait entendre -d'assez mauvais cris. Des sifflets nous accueillaient autant -que des <i>vivats</i>. La foule tait immense, peine si on pouvait, -au pas, arriver jusqu'au Palais. J'tais glace, non -par le froid, car il faisait doux, mais par ces clameurs -rugissantes. On s'est bien gard d'en faire part Leurs -Majests, qui ont pu prendre les mugissements pour des -cris d'allgresse; certes, tous n'taient pas de mauvais -cris; il y en avait d'excellents, mais bien mlangs.</p> - -<p class="section"><i>Berlin, 12 avril 1861.</i>—Voici des extraits de lettres -que je viens de recevoir de Paris: Je ne sais ce qu'on -dit Berlin des dbats qui viennent de finir dans nos deux -corps politiques; ici, on en est frapp, on les trouve avec -raison fort importants, non pas pour le prsent, mais -pour l'avenir. Dans le prsent, il peut y avoir dans le courant -des vnements, des dlais, des temps d'arrt, mais -<span class="pagenum"><a id="Page_400"> 400</a></span> -nous suivrons la mme pente jusqu'au bout. Je le rpte, -pour l'avenir, c'est diffrent, car il y a, en France, trois -classes d'intrts puissants, tous trois nationaux, quoique -de nature diverse et divers degrs, et tous trois mcontents, -froisss, irrits: les intrts catholiques, les intrts -libraux et les intrts industriels. Eh bien, ces trois -classes d'intrts se sont rapproches et concertes dans -leurs mcontentements mutuels; et plus la situation -actuelle durera et empirera, plus elles se rapprocheront, -se concerteront et uniront leurs forces comme leurs -causes. Il peut sortir de l, si on sait les saisir, des -chances trs favorables pour la bonne cause, religieuse et -politique; saura-t-on les saisir?</p> - -<p>Autre lettre: Ces jours derniers, la duchesse de -Hamilton, sincrement et vivement catholique et qui a -longtemps vcu dans l'intimit de l'Empereur Napolon, -est alle le voir le matin, en tte tte, et lui a parl avec -tristesse de ce qui se passe: Que voulez-vous que je -fasse? lui a-t-il dit, attrist lui-mme. Il n'y a pas -moyen de rtrograder, de s'arrter! Je l'ai essay -Villafranca, je n'ai pas russi. Les socits secrtes ne -le souffriraient pas et je ne puis rien contre elles; je -serai renvers, j'en suis sr, il faut donc aller en avant.</p> - -<p>La Duchesse a t, de chez l'Empereur, chez l'Impratrice; -et bien loin de trouver l la femme de Pilate, elle a -trouv encore plus de vivacit, de colre contre la soi-disant -ingratitude du clerg, encore plus d'entranement -vers la pente fatale, malgr un grand fond d'inquitude.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_401"> 401</a></span> -<i>Sagan, 3 mai 1861.</i>—Quand j'ai quitt Berlin, il y a -quelques jours, rien n'tait encore dcid pour les ftes -du mois de juin<a id="FNanchor_344" href="#Footnote_344" class="fnanchor"> [344]</a>.</p> - -<p>Le Roi veut aller faire prter le serment des Etats provinciaux -dans les villes de Kœnigsberg, Breslau, Cologne. -Le Ministre dit que c'est une crmonie du temps pass -et qui ne va plus la Constitution actuelle. On a de plus -reprsent au Roi que ce serait trs onreux pour les provinces -et que ce n'est pas lorsqu'on demande de grands -sacrifices pour l'arme, qu'il faut en demander encore -pour des dpenses sans un but rel et important. On propose -au Roi de se promener dans les provinces et d'y -donner des ftes <i> son compte</i>. Mais la liste civile est extrmement -obre.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 8 juin 1861.</i>—On me dit que le couronnement, -mme Kœnigsberg, devient douteux; que Berlin -l'est infiniment; que le prince de Hohenzollern, fort souffrant, -va partir sur l'ordre des mdecins pour Dusseldorf, -et qu'il serait question pour lui de pays chauds pour -l'hiver prochain! On me dit aussi qu' la sance de clture -des Chambres prussiennes, le Roi a t peu et froidement -applaudi; puis que les dputs, qui avaient encore -quelque besogne terminer, ont t choqus d'tre clos -<i>ex abrupto</i>.</p> - -<p>L'motion cause Berlin par le duel Manteuffel<a id="FNanchor_345" href="#Footnote_345" class="fnanchor"> [345]</a> et -<span class="pagenum"><a id="Page_402"> 402</a></span> -par la nomination de M. de Winter, faisant dj les fonctions -de chef de la police, dure encore. Les succs du -Cabinet (si succs il y a) sont bien minimes et pays bien -cher. En tout cas, il n'a pas gagn en considration et -l'opposition, je ne dis pas librale, mais pleinement dmocratique -se dcouvre et s'affermit de plus en plus. On la -rencontre chaque pas, et c'est encore plus visible en -province qu' Berlin.</p> - -<p>Voil donc M. de Cavour mort! Mme de Svign disait - la mort de M. de Seignelay: <i>C'est la splendeur qui est -morte.</i> Ne pourrait-on pas dire aujourd'hui: <i>C'est le -succs qui est mort!</i> Il y a cependant des gens qui prtendent -que les mcomptes et les ennuis avaient commenc -pour lui. Mais aujourd'hui, sa mort ne laisse-t-elle -pas le champ libre Mazzini, Garibaldi, et du <i>rose</i> -n'allons-nous pas passer au <i>rouge</i>? La conflagration ne -sera-t-elle pas prcipite d'une part, et de l'autre, l'Empereur -Napolon ne se croira-t-il pas plus dgag envers le -Pimont?</p> - -<p class="section"><i>Gnthersdorf, 15 juin 1861.</i>—J'ai reu, avant-hier, -une lettre de la Reine de Prusse qui a la bont de m'annoncer -que la <i>Huldigung</i><a id="FNanchor_346" href="#Footnote_346" class="fnanchor"> [346]</a> est remise dcidment au -4 octobre, qu'elle se fera Kœnigsberg, et l'entre solennelle -<span class="pagenum"><a id="Page_403"> 403</a></span> - Berlin, le 17. Malgr les prtextes officiels que -l'on donne ce retard, la vraie raison, c'est la divergence, -entre le Roi et ses Ministres, sur la forme observer -pour cette <i>Huldigung</i>. On m'a crit que le prince de -Hohenzollern ne voulait rester dans sa position ministrielle -qu' de certaines conditions, mais on ne me dit pas -lesquelles.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 24 juin 1861.</i>—Je suis, non seulement fort -branle, mais encore toute meurtrie et contusionne, la -suite d'un gros accident qui m'a atteinte entre Gnthersdorf -et ici, et cela en rase campagne, loin de toute habitation, -et, par consquent, loin de tout secours et de tout -abri. Un orage violent, un ouragan turbulent, une grle -monstrueuse (sans exagration, les grlons taient gros -comme des billes de billard), tout cela a fondu sur nous -avec furie. Les chevaux, il y en avait quatre ma voiture, -ont perdu leur pauvre cervelle; ils sont devenus comme -fous, et se sont jets dans le foss bordant la chausse. -Sans le piqueur, qui prcdait et qui n'a pas perdu la -tte, nous tions perdus. Il a coup les traits, mais dj -les roues de devant glissaient dans le foss; il a fallu -descendre pour qu'on puisse retirer et relever la voiture. -Pendant que cela se faisait, et qu'on courait aprs les chevaux, -nous, c'est--dire moi et mes deux femmes de -chambre, nous avons t exposes aux coups frapps par -les grlons, sur la tte, sur toutes nos personnes.</p> - -<p>Rentres enfin dans la voiture, il nous a fallu y rester -avec des vtements ruisselants d'eau bourbeuse jusqu'ici, -<span class="pagenum"><a id="Page_404"> 404</a></span> -c'est--dire pendant une heure et demie. Nous n'avions -rien pour changer. Les cochers, les domestiques, les chevaux, -tout saignants des coups de la grle, enfls, mconnaissables. -Nous avons tous des bosses la tte et le -corps tout marbr de taches bleues et noires. Ce long -sjour dans des vtements mouills nous a fait mal -tous<a id="FNanchor_347" href="#Footnote_347" class="fnanchor"> [347]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 27 juin 1861.</i>—J'ai eu hier une lettre du -prince de Hohenzollern, qui me semble assez sombre sur -les destines du Ministre qu'il prside.</p> - -<p>Voil donc la reconnaissance du Royaume d'Italie au -<i>Moniteur</i> franais avec des rserves qui garantissent le -Pape, comme le trait de Zurich a garanti <i>tous les Princes -italiens</i><a id="FNanchor_348" href="#Footnote_348" class="fnanchor"> [348]</a>. Le rpit que la France comptait s'accorder -pendant quelques mois du ct de l'Orient, en sacrifiant -l'Angleterre son ancien protectorat en Turquie, va probablement -faire place de nouvelles complications par suite -de la mort du Sultan<a id="FNanchor_349" href="#Footnote_349" class="fnanchor"> [349]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_405"> 405</a></span> -Les nouvelles de Russie ne sont gure bonnes, la -rvolte des paysans y continue; il paratrait aussi qu' -Saint-Ptersbourg le bonapartisme est moins de mode; -mais ce qui parat assez certain, c'est l'entrevue du Roi -de Prusse avec l'Empereur Napolon au camp de Chlons<a id="FNanchor_350" href="#Footnote_350" class="fnanchor"> [350]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Tplitz, 17 juillet 1861.</i>—L'attentat contre le Roi de -Prusse Bade m'a bouleverse<a id="FNanchor_351" href="#Footnote_351" class="fnanchor"> [351]</a>; je l'ai su, le 14 au -soir assez tard, par le Prince Adalbert de Prusse, ici mon -voisin. L'motion a t chaude, car il y a force Prussiens -cans. Les glises retentissaient hier d'un <i>Te Deum</i>.</p> - -<p>On me mande confidentiellement de Berlin que M. de -Bernstorff remplace M. de Schleinitz comme ministre des -<span class="pagenum"><a id="Page_406"> 406</a></span> -Affaires trangres, et que celui-ci devient ministre de la -Maison du Roi. Le prince de Hohenzollern aurait demand -ce changement comme condition pour rester chef du -Cabinet, et Bernstorff aurait fait la condition de n'avoir -de chef que le prince de Hohenzollern, ne voulant en -aucune faon d'Auerswald comme intermdiaire entre le -Roi et lui.</p> - -<p class="section"><i>Tplitz, 21 juillet 1861.</i>—L'autre jour, M. Dupin -parlant du mandement de Mgr Pie, vque de Poitiers, a -dit: Mgr de Poitiers se trompe; il a grandement tort -de comparer l'Empereur Pilate. Pilate s'est lav les -mains, <i>et l'Empereur se les frotte</i><a id="FNanchor_352" href="#Footnote_352" class="fnanchor"> [352]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 30 septembre 1861.</i>—Je me sens dans le plus -dplorable tat de sant. Mes souffrances n'ont pas cess -depuis mon retour ici; elles augmentent chaque jour et -ma patience est bien prouve.</p> - -<p>Voici ce qu'on m'crit de Paris: On dit le Pape de -nouveau malade, assez malade pour qu'on s'occupe beaucoup -de l'avenir aprs lui. On se promet, s'il meurt, un -grand mouvement populaire dans Rome, une explosion -de suffrage universel, un plbiscite qui demanderait l'abolition -<span class="pagenum"><a id="Page_407"> 407</a></span> -formelle du pouvoir temporel. Il y a des gens qui -se flattent que cet lan rvolutionnaire dominerait assez -les Cardinaux pour dterminer l'lection d'un Pape qui -abdiquerait le trne en y montant. Les mieux informs -disent que la trs grande majorit des Cardinaux tiendrait -bon et irait tenir le conclave ailleurs, s'ils ne pouvaient -lire le Pape Rome avec libert.</p> - -<p>On me dit que le Cabinet anglais a grande envie de -reconnatre sans dlai les <i>tats dsunis</i> d'Amrique et -qu'il travaille faire prendre au Gouvernement franais la -mme rsolution. Ce serait une bien prompte et bien -docile abdication de la politique franaise que de consentir -si vite proclamer la chute de la seule puissance -qui inquite et gne sur mer la domination de l'Angleterre. -Du reste, les correspondances amricaines donnent -lieu de croire que les tats du Nord sont passionnment -rsolus soutenir la lutte, en se flattant qu'elle se terminera -par leur victoire. Quoi qu'il arrive, ce chteau de -cartes rpublicain est bien prs de tomber, et le vainqueur, -quel qu'il soit, changera profondment ce gouvernement -incapable de supporter toute forte preuve<a id="FNanchor_353" href="#Footnote_353" class="fnanchor"> [353]</a>.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_408"> 408</a></span> -<i>Sagan, 4 octobre 1861.</i>—Je suis charme d'apprendre -que les Gazettes se sont trompes en annonant que le Roi -de Prusse emmnerait des <i>ministres</i> Compigne. Le -contraire est bien plus prudent et convenable. Je ne -doute pas de la prsence de l'Impratrice Eugnie et de -quelques jolies dames. D'aprs ce qui me revient, les -efforts du Roi pour rassurer les Cabinets allemands sur -cette visite en France n'ont pas toute l'efficacit dsirable. -La mfiance est extrme. Certes, elle est injuste en -regard des intentions du Roi <i>en y allant</i>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 6 octobre 1861.</i>—Il y a de mauvais symptmes -dans l'esprit dmocratique, si absurdement encourag -par le Ministre prussien, qui est incapable, terriblement -court et born dans ses vues. Nous voici, ayant la -<i>Turner-Fest</i> dans toutes les petites villes avec de fort -mauvais discours, de fort mauvais drapeaux, etc... etc... -Les villes s'endettent pour ces dangereuses ftes, et quand -on demande ce qui se fera pour fter le couronnement, -on rpond qu'on n'a pas d'argent. La <i>Huldigung</i> ne -convenait pas au systme constitutionnel et la <i>Krœnung</i> ne -plat pas l'esprit dmocratique; cela leur parat trop -royal, trop aristocratique; bref, on ne satisfait plus personne. -Mais que le Ministre est coupable d'avoir encourag -le <i>Turner-Verein</i>, le <i>Snger-Verein</i>, le <i>Schtzen-Verein</i> -et surtout le <i>National-Verein</i><a id="FNanchor_354" href="#Footnote_354" class="fnanchor"> [354]</a>. Il faut vouloir -<span class="pagenum"><a id="Page_409"> 409</a></span> -tre aveugle pour n'en pas connatre le danger qui saute -aux yeux des moins clairvoyants. C'est quand on habite -la province ou la campagne qu'on discerne les ravages de -ces associations.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 10 octobre 1861.</i>—Une lettre de Berlin que je -viens de recevoir me dit ceci: M. d'Abzac est ici, envoy -par le duc de Magenta, pour organiser sa maison; on -envoie de Paris des masses d'ouvriers pour construire -la hte toute une grande salle dons le jardin de l'ambassade -de France. On envoie aussi trente-huit domestiques -et dix-huit chevaux. Le Marchal aura une suite de treize -personnes. Lord Clarendon a lou tout le premier de -l'htel Royal qu'on dcore magnifiquement. Je ne sais -encore rien du duc d'Ossuna, sinon qu'il est ici<a id="FNanchor_355" href="#Footnote_355" class="fnanchor"> [355]</a>.</p> - -<p>La grande voiture dans laquelle la Reine fera son -entre est trs belle dans son antiquit; on vient de la -<span class="pagenum"><a id="Page_410"> 410</a></span> -redorer neuf. L'intrieur est doubl de satin blanc tout -brod d'aigles d'or; les harnais sont en cuir vert avec des -dessins rouge et or. Ils seront mis sur huit beaux chevaux -noirs. Le manteau de couronnement de la Reine est -de toute magnificence, en velours rouge, tout doubl -d'hermine et brod d'aigles d'or.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 14 octobre 1861.</i>—Voici la copie d'une lettre -crite par une personne toute napolonienne, qui contient -un rcit de la visite du Roi de Prusse Compigne: -c'est <i>l'impression franaise</i>:</p> - -<p><i>Paris, 10 octobre 1861.</i>—Comme j'en avais le -sentiment, tout a parfaitement russi Compigne, et -les choses se sont passes comme vous aviez toujours -prvu qu'elles se passeraient, si le Roi de Prusse venait -en France. Il n'a pas cach son impression, qui a t -franchement favorable. Ce qu'il y a d'amusant, c'est -que le bon gnral de Manteuffel l'a trs dcidment -partage. Il est impossible de voir une russite plus -complte; cela me revient de tous les cts. Le premier -soir, il y avait un peu de gne et de froideur dans le -salon. Tout le monde se tenait l'cart: l'Empereur, -l'Impratrice, le Roi assis loin de tout le monde.</p> - -<p>Le maintien de l'Impratrice a t parfait et sans un -moment d'oubli pendant tout le sjour du Roi. Le lendemain, -chasse tir o le Roi s'est amus, et superbe -promenade dans la fort termine par Pierrefonds, -o on a got. Le thtre franais, un peu long, -car il faisait affreusement chaud. Le lendemain, petite -<span class="pagenum"><a id="Page_411"> 411</a></span> -revue improvise sur la pelouse, devant le chteau. -L'Impratrice est venue rejoindre pied, jolie comme -on ne l'avait pas vue depuis longtemps. Le Roi de -Prusse l'a aborde en lui baisant la main de si bon air, -et elle a rpondu la politesse en s'inclinant d'une -manire si noble et si digne, que cela a ravi les troupes -qui ont tout de suite pris le Roi en amiti. On ne parlait -que de cela dans les cafs de Compigne. Notre -Impratrice a repris cette belle politesse espagnole -qu'elle sait si bien trouver quand elle veut.</p> - -<p>Dans cette rception, il n'y a rien eu de trop comme -empressement, ni de trop peu. La suite allemande a -t charme de la dignit gnrale de l'attitude, chacun -a bien jou son rle; et, comme des deux cts on -s'apercevait de la bonne impression qu'on se faisait -rciproquement, cela allait toujours mieux. Les grces -de cordon, ordres..., etc... ont t faites de la manire -la plus aimable par le Roi Edgar Ney, qui il donnait -plus qu'il ne pouvait prtendre (pour rparer ce qui -s'tait pass Bade), il lui dit: <i>Je vous la donne avec -plaisir, parce que je sais que vous tes l'ami de l'Empereur!</i> -En allant dans les rangs de la troupe, le Roi a -dit qu'il ne reconnaissait plus la cavalerie franaise; -qu'autrefois, les hommes avaient la jambe roulante et -qu' prsent, ils sont admirablement cheval et ont -des chevaux superbes.</p> - -<p>Le Roi a trouv le petit Prince Imprial trs gentil; -il a aussi admir fort le joli visage de Mme de Galliffet. -Quant l'Impratrice, elle n'a pas manqu son effet -<span class="pagenum"><a id="Page_412"> 412</a></span> -habituel; il la trouve dlicieuse. Pour moi, qui aime -profondment l'Empereur et l'Impratrice, je suis enchante -de la manire dont tout cela a tourn et du -genre srieux de cette russite, qui a t plus loin -qu'on ne pouvait l'esprer.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 19 octobre 1861.</i>—Il m'est revenu quelques -particularits <i>allemandes</i> sur l'entrevue de Compigne -que j'ai motif de croire exactes. Les deux souverains ont -eu deux entretiens; un petit la chasse, un plus long -dans l'appartement du Roi, o l'Empereur est all le chercher, -tout la fois, avec empressement et rserve. Il n'a -pas parl du tout des affaires d'Allemagne. Sur l'Italie, il a -trouv naturel, et mme bon, que le Roi n'ait pas reconnu -le nouveau royaume, dont l'avenir est fort douteux et sur -lequel il a fait lui-mme des rserves. Il a trs bien parl -de la lgitimit, principe excellent dont les revers sont -des checs pour tous les gouvernements. En tout, langage -trs conservateur. La tentative dlicate a port sur l'Angleterre. -Il s'est montr la fois trs ami de l'alliance -anglaise et trs proccup de ses difficults, de ses exigences. -Il a fort approuv la Prusse de devenir une puissance -maritime; c'est bon pour elle, pour la France, pour -l'Europe; mais l'Angleterre le souffrira-t-elle? Il avait bien -envie de savoir jusqu'o allait l'intimit entre Berlin et -Londres, et envie aussi de l'intimit entre Berlin et Paris, -et que cette intimit-ci ft indpendante de l'autre. Le Roi -dit avoir t rserv, ngatif par son silence. On dit -aussi qu' propos du trait de commerce, qui se ngocie -<span class="pagenum"><a id="Page_413"> 413</a></span> -entre la France et le Zollverein, l'Empereur ayant tmoign -le dsir d'une rduction des droits allemands sur les vins -et les soieries de France, le Roi a rpondu: <i>Mais ce -sont aussi des productions des provinces rhnanes, et j'ai - cœur de ne pas les mcontenter.</i></p> - -<p class="section"><i>Sagan, 21 octobre 1861.</i>—Voici l'extrait d'une lettre -que m'a crite de Kœnigsberg un personnage important -du parti catholique conservateur et monarchique. L'Aigle -noir, donn la Reine, est quelque chose de tout nouveau, -et par consquent de tout fait exceptionnel, qui -doit lui avoir fait plaisir:</p> - -<p><i>Kœnigsberg, 19 octobre 1861.</i>—La fte d'hier s'est -passe aussi bien que nous pouvions le dsirer. Son -effet, son ordonnance, la manire dont elle a t excute, -ont surpass mon attente. Il n'tait pas facile -d'organiser un acte pareil, auquel il manquait et traditions -et prcdents. Le tout a t digne de son caractre -symbolique, comme un acte d'invocation la protection -de Dieu, et comme un acte politique et monarchique. -Il ne manquait que l'onction, que les bndictions, -que l'glise laquelle nous appartenons y aurait -apportes. Sans cela tout a t digne et convenable. Le -Roi et la Reine ont eu belle et noble tenue, s'inclinant -humblement devant le Tout-Puissant, duquel ils ont -pris en fief leur couronne, et se relevant avec dignit -en le proclamant leurs peuples.</p> - -<p>Le plus beau temps a favoris la crmonie; la tenue -du public n'a rien laiss dsirer et a fait la meilleure -<span class="pagenum"><a id="Page_414"> 414</a></span> -impression aux trangers. Lord Clarendon m'a dit -qu'il en avait t frapp.</p> - -<p>Un silence, un ordre respectueux et un lan vibrant -lorsque le moment d'une dmonstration est venu. Le -Roi a trs bien parl dans les diverses occasions, simplement, -mais appuyant fortement sur le principe -monarchique, qu'il tait appel conserver intact sa -dynastie. Entre les allocutions qui lui ont t adresses, -celle du Cardinal archevque de Cologne<a id="FNanchor_356" href="#Footnote_356" class="fnanchor"> [356]</a>, qui a -parl au nom de notre clerg, a t gnralement -reconnue comme la plus remarquable; elle tait apostolique, -marque par la grce du Saint-Esprit; ce qu'il a -dit des affaires de ce monde tait vrai, noble, en un -mot chrtien. Le tout s'est pass sans la moindre dissonance. -La partie librale du Ministre a d ptir des -paroles du Roi; elles ne cadraient pas avec leurs principes; -les plus conservatifs n'auraient pas pu les dsirer -autres. Les Ministres ont dissimul les couleuvres -qu'ils ont t obligs d'avaler; nous verrons s'ils se -rattraperont.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 26 octobre 1861.</i>—Voici des extraits de -diverses lettres de Berlin: L'entre Berlin, quoique -favorise par un temps magnifique, une foule empresse -et dmonstrative, a t loin de m'impressionner autant -que Kœnigsberg. A Berlin, les couleurs allemandes dominaient, - Kœnigsberg les couleurs prussiennes excluaient -<span class="pagenum"><a id="Page_415"> 415</a></span> -presque les autres. A Berlin, un bon tiers des ouvriers -avait arbor une mdaille en carton, portant la lettre -<i>V. der Handwerken Verein</i>, espce de socit comme -celle de la <i>Marianne</i>, en France, tolre tacitement par le -ministre de l'Intrieur, comte de Schwerin, et qui compte - Berlin vingt mille adhrents, mens par des dmocrates -rouges. Une des vraies raisons de l'opposition contre le -prsident de la police Zedlitz vient de la guerre qu'il voulait -faire cette dangereuse association.</p> - -<p>Un doux contraste ces dissonances taient des tribunes, -places cinq cents pas les unes des autres, remplies -de jeunes filles vtues en mousseline blanche et couronnes -de fleurs; leur air pur, enjou et innocent, faisait -du bien voir. La Cour et ce qui y tenait faisait trs -bon effet; les quipages taient trs beaux; le Roi, -entour des Princes de sa Maison, prcd par les gnraux -de son arme, avait grande mine; la Reine et la -Princesse Royale, dans une voiture dore et glaces, -taient rayonnantes d'affabilit.</p> - -<p>Autre lettre: Au grand concert gala, il y avait trop -de foule, et pas mme une glace ou un verre d'orgeat; -mais des toilettes magnifiques. La Reine est superbe; elle -est <i>enfin</i> couverte des diamants de la couronne, et portant -admirablement, toutes les ftes, le grand diadme; mais -elle est bien fatigue, ses traits s'en ressentent. La marchale -de Mac-Mahon est lgante, mais pas richement -vtue; des toilettes de Longchamps, mais non pas de -Cour. Elle n'a pas l'air distingu.</p> - -<p>L'Infante de Portugal, princesse de Hohenzollern, -<span class="pagenum"><a id="Page_416"> 416</a></span> -ressemble la duchesse de Nemours; elle est bien belle, -elle a l'air d'avoir plus de seize ans; son mari est plus -petit qu'elle. La princesse Putbus avait imagin de profaner -ses jolis cheveux blonds en les poudrant d'une -poudre d'or, qui retombait en pluie jaune sur son front et -son cou. Elle avait piqu dans ses cheveux une plume si -hardie, si droite, si menaante que, voyant l'tonnement -qu'elle causait, elle a voulu faire disparatre cette fatale -plume; mais elle tait si bien ajuste qu'elle n'a pu venir - bout de l'arracher; alors, elle s'est adresse Antoine -Radziwill en le priant de couper cette plume maudite avec -son sabre: ce qui fut dit, fut fait.</p> - -<p>Autre lettre: Ce matin a eu lieu la conscration de -l'glise catholique de Saint-Michel<a id="FNanchor_357" href="#Footnote_357" class="fnanchor"> [357]</a>. Le Roi et la Reine -devaient s'y rendre; mais au dernier moment, les protestants -ont tellement tourment le Roi, qu'il a fait dire par -le Prince Royal au Prince-vque de Breslau, qu'il tait -enrhum et ne pouvait aller l'glise. Le soir, il tait au -bal!</p> - -<p>On dit que la crmonie a t trs imposante, le cur a -fait un beau discours et le Prince-vque, au <i>Te Deum</i>, -a prononc un discours sublime. Tout le Corps diplomatique -catholique s'y trouvait. Le Prince-vque tait -revtu d'un magnifique ornement: cadeau que la nouvelle -glise a reu du Saint-Pre.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 2 novembre 1861.</i>—Le Roi et la Reine viennent -<span class="pagenum"><a id="Page_417"> 417</a></span> -dcidment chez moi dans quelques jours<a id="FNanchor_358" href="#Footnote_358" class="fnanchor"> [358]</a>. La -Grande-Duchesse de Bade aura t bien satisfaite du couronnement -qui a t, en effet, une belle dcoration; je ne -puis m'empcher d'y voir le chant du cygne des monarchies<a id="FNanchor_359" href="#Footnote_359" class="fnanchor"> [359]</a>. -Dieu veuille que je n'aie pas le sens commun et -que je ne voie si noir qu' cause de ma lunette de malade!</p> - - -<p class="blockquote">Ici nouvelle interruption de la correspondance qui ne reprit qu'au -mois de mars 1862, M. de Bacourt s'tant rendu Sagan, o il -passa tout l'hiver auprs de la malade.</p> - -<div class="chapter"> -<p><span class="pagenum"><a id="Page_418"> 418</a></span></p> -<h2 class="normal">1862</h2> -</div> - -<p class="section"><i>Sagan, 11 mars 1862.</i>—J'ai lu hier les journaux, et -pour ne pas tomber de plein saut dans l'ignorance des choses -de ce monde, j'y ai mis plus d'attention que de coutume. -Je ne rponds cependant pas d'y avoir plong trs intelligemment; -aussi n'y ai-je t frappe que de la libert -de langage de MM. de Pierres, Picard et Jules Favre; ils -n'ont pargn aucune critique sur le gouvernement intrieur -de la France et ses fallacieuses promesses. Cela rappelait -le temps pass, et sans changer actuellement les -votes, cela ne peut manquer de dplaire beaucoup et de -gner pas mal en haut lieu, disons mieux: <i>en trs bas lieu</i>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 12 mars 1862.</i>—On m'crit ce qui suit de -Paris: Les discussions dans les deux Chambres ont t -chaudes. Pour Palikao, l'affaire a t dsagrable. L'Empereur -aura pu juger ce que c'est que l'opinion publique. -En retirant la proposition, il a bien fait, mais en demandant -une somme pour rcompenser les grands services, -il a fait une faute norme<a id="FNanchor_360" href="#Footnote_360" class="fnanchor"> [360]</a>. Le gnral Fleury est le -<span class="pagenum"><a id="Page_419"> 419</a></span> -coupable de toute cette affaire. C'est lui qui a invent le -gnral Montauban; puis il a pouss ce qu'on lui donnt -un titre et une dotation.</p> - -<p>Voil donc la Chambre prussienne dissoute; j'ai bien -peur que les mmes Ministres, incapables d'agir sur l'opinion -publique, n'obtiennent une Chambre pire que celle -qu'on renvoie<a id="FNanchor_361" href="#Footnote_361" class="fnanchor"> [361]</a>. Le monde est au moins aussi malade -que moi.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 14 mars 1862.</i>—M. Guizot m'crit de Paris: -Il y a un peu de rveil dans les esprits; mais dans tout -cela la mdiocrit des hommes gale la gravit des situations; -agresseurs ou dfenseurs, conspirateurs ou fonctionnaires, -tous paraissent petits ou ternes, quelque -grandes que soient les choses auxquelles ils touchent. Les -Anglais qui sont Paris disent tous que les tories reprennent -de l'ascendant, qu'ils pourraient, s'ils voulaient, -ds aujourd'hui renverser le Cabinet, mais qu'il y a dissentiment - ce sujet entre lord Derby et son fils, lord -Stanley, le fils tant plus press que le pre.</p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_420"> 420</a></span> -Nous sommes un peu inquiets de ce qui se passe en -Prusse. Les pessimistes disent qu'elle est, au fond, plus -malade que l'Autriche; j'espre qu'elles ne le sont dfinitivement -ni l'une ni l'autre; je craindrais bien plus la -rvolution en Allemagne qu'en Italie.</p> - -<p>Un ami de M. de Falloux m'crit aussi: En quittant -Paris, M. de Falloux s'est rendu en Bretagne pour des -affaires de famille toutes personnelles. En arrivant -Rennes, il a trouv au dbarcadre deux amis de l'Archevque -pour excuser le prlat de ne pouvoir le recevoir, -cause de dpches tlgraphiques, parties du ministre, -pour lui ter la libert de voir M. de Falloux, qu'on signale -voyageant en Bretagne dans un but politique. Le pauvre -prlat tait, disaient ses amis, honteux et dsol, mais trop -faible pour ne pas flchir. Si un fait pareil tait port la -tribune comme spcimen de la libert dont nous jouissons, -les Ministres sans portefeuille auraient beau jeu pour <i>nier</i> -audacieusement; car c'est l tout leur savoir-faire! Opprimer -en criant: <i>Vivent les principes de 1789!</i></p> - -<p>L'Archevque de Tours vient de traverser Paris en -revenant de Rome; il m'a rapport une bonne impression. -Tous les cardinaux, ainsi que le Saint-Pre, lui ont paru -trs fermes, trs rsolus, mais sans illusions sur l'issue -finale qu'une politique hypocrite leur prpare.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 18 mars 1861.</i>—Voici un petit extrait d'une -de mes lettres d'hier: L'Archevque de Tours est revenu -rapportant d'excellentes impressions de Rome et du -Sacr-Collge, qui l'ont accueilli avec une distinction -<span class="pagenum"><a id="Page_421"> 421</a></span> -toute particulire. Plus de vingt Cardinaux sont alls le -visiter et tous ont annonc fermet et rsolution dans les -preuves que chacun entrevoit comme trs prochaines. -Le Saint-Pre est prpar tout et ne songe qu' sauver -l'honneur. L'Archevque et son compagnon de voyage -ont refus les invitations dner du duc de Gramont et -du gnral de Goyon. Ds l'arrive des prlats Paris, -revenant de Rome, ils ont eu la visite d'un employ suprieur -du ministre des Cultes, pour leur reprocher, <i>officiellement</i>, -<i>l'inconvenance</i> de ce refus, ajoutant que la -seule chose faire, pour la rparer, tait d'aller faire leur -cour aux Tuileries et une visite au Ministre. <i>Ni l'un ni -l'autre</i>, a rpondu le pieux prlat de Tours.—Mais -prenez-y garde, a-t-on rpliqu, une telle attitude indisposera -le Gouvernement contre vous, et l'œuvre de saint -Martin en souffrira.—<i>A Dieu ne plaise</i>, a repris -l'Archevque, <i>que je sacrifie jamais saint Pierre saint -Martin; ce dernier ne me le pardonnerait pas</i><a id="FNanchor_362" href="#Footnote_362" class="fnanchor"> [362]</a>.</p> - -<p>Si, ds le dbut, le haut clerg de France avait en une -attitude aussi nette et aussi digne, bien des disgrces eussent -t pargnes, et l'glise, et l'honneur de la -France.</p> - -<p>C'est aujourd'hui un anniversaire qui pourrait bien ne -pas passer inaperu Berlin: 18 mars! Il y a quatorze ans -qu'il s'est livr une bataille, qui, gagne, a t reperdue -<span class="pagenum"><a id="Page_422"> 422</a></span> -pour le prsent et pour l'avenir; le tout en douze heures -de temps. Je m'inquite des manifestations qui pourraient -avoir lieu le 22, au jour de naissance du Roi. L'anne dernire, - cette date, Berlin tait des plus <i>unheimlich</i><a id="FNanchor_363" href="#Footnote_363" class="fnanchor"> [363]</a> et -il ne faisait pas bon d'y circuler avec des livres et des -armoiries. Et depuis lors, on a t galement faible et -imprudent. Les Ministres laissent tout aller la drive, et -le Roi <i>improvise</i> un peu trop, il me semble! Je voudrais -esprer que tout s'apaisera et rentrera dans le calme; -mais nous sommes tous sous <i>le rseau des socits -secrtes</i>; elles sont bien actives et on en trouve la trace -chaque pas.</p> - -<p>On me mande de Berlin que la crise ministrielle -proccupe tous les esprits; il parat que le changement -ne sera pas partiel; on ignore encore quelle est la partie -qui s'en ira. M. de Bernstorff doit avoir dit que, depuis -qu'il est au Ministre, il n'a prouv qu'amertume et -ingratitude, et qu'entre son poste de Londres et celui de -Berlin, il y a toute la distance du ciel l'enfer<a id="FNanchor_364" href="#Footnote_364" class="fnanchor"> [364]</a>.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 19 mars 1862.</i>—Le journal d'hier m'apporte -la composition du nouveau Ministre prussien qui aura, -du moins, le mrite de l'homognit. Dieu veuille que ce -ne soit pas le seul.</p> - -<p>De Vienne, on m'crit de tristes nouvelles. Le gnral -<span class="pagenum"><a id="Page_423"> 423</a></span> -Schlic est mort, le prince Windisch-Graetz a t administr, -le comte Walmoden expirant et le pauvre Zedlitz -aussi. Toute une gnration du bon temps disparue.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 20 mars 1862.</i>—Ma cousine de Chabannes -m'crit, de Claremont, que la Reine Marie-Amlie se porte -parfaitement bien, mais qu'elle est inquite du Roi des -Belges, qui se fait faire des oprations successives de la -pierre, qui l'prouvent et l'puisent. Le duc de Brabant, -en passant dernirement par Claremont, y a fait la plus -triste impression; il est fort menac de la poitrine. La -princesse de Joinville souffre beaucoup du foie.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 24 mars 1862.</i>—J'ai eu hier la visite de mon -voisin silsien, le comte de Rittberg, arrivant de Berlin. -Voici le rsum de ses dires. Il n'a pas accept, <i>lui</i>, le -Ministre qui lui a t propos, parce qu'il se sent fatigu -corporellement, que sa femme est inquite de lui et -qu'elle a insist pour qu'il refust. Je crois que ce qu'il -souhaiterait serait de remplacer le prince de Hohenlohe - la prsidence de la Chambre des seigneurs. Il dit du -bien des nouveaux Ministres qu'il connat; il les dit trs -honntes, sincrement dvous au Roi, n'appartenant pas -au parti de <i>la Croix</i>, comme le parti dmocratique se plat - les reprsenter. Il les dit capables, chacun dans sa spcialit; -il craint seulement que le talent parlementaire -leur fasse dfaut. Il ajoute que si le Roi avait fait, il y a -<span class="pagenum"><a id="Page_424"> 424</a></span> -six mois, ce qu'il vient de faire maintenant, il y aurait -d'assez bonnes lections, tandis qu'aux mauvaises lections -de dcembre dernier, nous en verrons succder, -trs probablement, de dtestables au mois de mai. Il -regrette qu'on se soit tant ht de dissoudre la Chambre; -il en accuse les Ministres sortants, qui, ayant jug qu'ils -seraient battus sur toutes les questions, ne s'taient pas -soucis d'en avoir la honte; que d'ailleurs, la dsunion -dans le Cabinet rendait tout impossible. Il est surtout fort -irrit contre le comte Schwerin et M. d'Auerswald; il voit -dans l'esprit born et doctrinaire du premier, dans les -expdients souvent peu loyaux dont le second leurrait le -Roi, les deux principales causes des grandes difficults du -moment. Il dsire vivement qu'Auerswald ne reste pas -Berlin, car il craint ses intrigues la sourdine.</p> - -<p>J'ai eu hier une lettre de Paris: On va nous retirer -les petites liberts qui nous ont t donnes le 24 novembre. -La discussion des Chambres prouve que le Gouvernement -ne peut supporter le contrle et les observations -motives. Le discours du dput de Rouen a produit -un effet immense; on a bien sap M. de Persigny; il n'en -reste pas moins<a id="FNanchor_365" href="#Footnote_365" class="fnanchor"> [365]</a>. Il cote cher l'Empereur; il a -quinze cent mille francs de dettes. Dernirement, l'Empereur -lui reprochait d'tre rest trois jours sans paratre - l'htel de son ministre. Auriez-vous prfr, a-t-il -rpondu, que je fusse arrt? J'avais sign un billet de -trois cent mille francs et je serais Sainte-Plagie si je ne -m'tais pas cach. L'Empereur fit chercher la somme et -la lui remit.</p> - -<p class="blockquote"> -<i>La premire et la dernire lettre -adresses par la duchesse de Dino -et de Talleyrand sa petite fille, -la princesse Radziwill, ne Castellane.</i></p> - - -<div class="topspace figcenter"> -<img src="images/435.jpg" width="300" height="459" alt="" /> -</div> - -<div class="topspace figcenter"> -<img src="images/436.jpg" width="200" height="79" alt="" /> -</div> - -<div class="topspace figcenter"> -<img src="images/437.jpg" width="400" height="577" alt="" /> -</div> - -<div class="topspace figcenter"> -<img src="images/438.jpg" width="400" height="588" alt="" /> -</div> - -<p class="subh">I</p> - -<p class="dater">Sagan, 3 janvier 1859.</p> - -<p>Ma chre Marie, je te remercie de ta lettre du 20 dcembre et des -bons souhaits qu'elle contient pour moi; qui, de mon ct, prie Dieu -avec ferveur pour ta sant et le dveloppement de ton me et de ton -intelligence. Tu es en bonnes mains, en bon air<a id="FNanchor_366" href="#Footnote_366" class="fnanchor"> [366]</a>, et les frquentes -visites de ta chre maman<a id="FNanchor_367" href="#Footnote_367" class="fnanchor"> [367]</a> et d'Antoine<a id="FNanchor_368" href="#Footnote_368" class="fnanchor"> [368]</a> te procurent de douces -distractions! J'espre aussi que nous ne tarderons pas nous revoir, -ma chre Minette, et que nous nous aimerons encore plus aprs nous -tre embrasses en ralit. En attendant je t'envoie de loin mes baisers -et mes bndictions.</p> - -<p class="signature">D. D Duchesse <span class="smallc">DE</span> <span class="cap">S</span><span class="smallc">AGAN</span> <span class="cap">T</span><span class="smallc">AL.</span></p> - -<p class="subh">II</p> - -<p class="dater">Sagan, 31 aot 1862.</p> - -<p class="titre"><span class="cap">M</span><span class="smallc">a chre fillette</span>,</p> - -<p>Merci des intressants dtails sur la petite visite de notre Saint -vque<a id="FNanchor_369" href="#Footnote_369" class="fnanchor"> [369]</a>. Il a eu la grande bont de m'crire lui-mme quelques -lignes du cher asyle<a id="FNanchor_370" href="#Footnote_370" class="fnanchor"> [370]</a>!</p> - -<p>Je ne m'tonne pas du succs de Georges<a id="FNanchor_371" href="#Footnote_371" class="fnanchor"> [371]</a> auprs de lui, car il -est de la sphre des anges!</p> - -<p>Je suis ravie que tu puisses retrouver ton mari ici. Tu sais que -vous tes mes <span class="smallc">CHERS</span> <i>enfants</i>.</p> - -<p>Ton beau-pre s'est annonc pour ce soir. Ton oncle Dino et lisabeth<a id="FNanchor_372" href="#Footnote_372" class="fnanchor"> [372]</a>, - l'improviste pour cette nuit. Probablement un article -stupide des journaux de Berlin, par lequel il m'aura cru toute extrmit, -aura rveill son inquitude et ht son arrive. Enfin Louis<a id="FNanchor_373" href="#Footnote_373" class="fnanchor"> [373]</a> -s'annonce pour demain ou aprs-demain. Je vais tre terriblement -envahie. Je voudrais que M. de Bacourt<a id="FNanchor_374" href="#Footnote_374" class="fnanchor"> [374]</a> vnt m'abriter.</p> - -<p>Boson<a id="FNanchor_375" href="#Footnote_375" class="fnanchor"> [375]</a>, Jeanne<a id="FNanchor_376" href="#Footnote_376" class="fnanchor"> [376]</a> et Adalbert<a id="FNanchor_377" href="#Footnote_377" class="fnanchor"> [377]</a> viennent aussi me menacer!</p> - -<p>Certes, je ne manque pas de cœur pour mes enfants; mais je -manque de force pour couter, pour entendre, pour parler, pour -rpondre; ds que j'ai fait le plus petit effort, les vomissements -reprennent et la transpiration m'inondent! Adieu, ma chre fille, j'ai -pour toi et pour Dear Rochecotte une affection toute exceptionnelle.</p> - -<hr class="tb" /> - -<p><i>P.-S.</i>—Toi et ton mari ne me gnent ni en sant ni en maladie -et quant ton frre, il serait aussi le trs bien venu. Tu sais que je -<i>te</i> dis <i>vrai</i>.</p> - -<p class="section"><span class="pagenum"><a id="Page_425"> 425</a></span> -<i>Sagan, 2 avril 1862.</i>—On me mande que la plupart -des vques de France rpondront l'appel qui leur a t -fait de Rome pour les martyrs japonais<a id="FNanchor_378" href="#Footnote_378" class="fnanchor"> [378]</a>; qu'ils partiront -en avertissant le Gouvernement, mais sans demander -de permission, et que l'Empereur n'en sera pas trop mcontent. -Cette question romaine l'embarrasse tellement -qu'il en est, dit-on, encore plus attrist qu'irrit. M. de -Lavalette se dfend d'tre mal avec le Pape<a id="FNanchor_379" href="#Footnote_379" class="fnanchor"> [379]</a>, c'est avec -M. de Goyon qu'il ne peut vivre.</p> - -<p>La Reine Marie-Amlie va passer un mois Holland-House -pour tre plus prs de la grande Exposition dont -elle est curieuse. tre encore curieuse, son ge, et aprs -avoir t <i>crucifie</i>! c'est merveilleux et enviable!</p> - -<p>Le prince Windisch-Graetz laisse six enfants et trs peu -de fortune; il avait de gros traitements qui finissent avec -lui; sa fille, veuve, sans enfants, ge de vingt-six ans, -qui, depuis son veuvage s'tait consacre son pre, est -particulirement plaindre. Les journaux allemands ont -<span class="pagenum"><a id="Page_426"> 426</a></span> -donn un rcit touchant des obsques qui ont eu lieu -Vienne et Prague; et surtout, de ce qui s'est pass dans -cette dernire ville au haut du <i>Hradchin</i>, o le cardinal -Schwarzenberg, beau-frre du dfunt, a bni le corps, et -d'o les salves de deuil ont retenti du mme point, juste -d'o l'illustre mort a tenu la ville en chec, lorsqu'il a -sauv son matre la couronne de Bohme, en 1848. -Naturellement, le cortge aurait d traverser le bas de la -ville pour prendre la route de Tachau, o se trouve le -caveau de famille; mais l'Empereur a donne l'ordre que -le cortge traverst toute la ville, montt au haut du -<i>Hradchin</i> o se trouve la Cathdrale, ft halte la porte -de l'glise et y ret les honneurs militaires. Le concours -de monde de tous les genres parat avoir t norme, et -le recueillement touchant et honorable.</p> - -<p class="section"><i>Sagan, 1<sup>er</sup> mai 1802.</i>—Voici le joli mois arriv tout -plein de soleil, de verdure et de parfums. Eh bien! tout -cela me semble une drision, car ce soleil n'claire pour -moi que des souffrances qui augmentent chaque instant -de cruaut. Je n'ai pour ainsi dire plus un moment de -vrai rpit. Cependant voici deux jours que je suis sortie; -mais hier, aprs une tourne d'une demi-heure dans le -parc, je suis rentre pour tre torture avec une rage -incessante qui vient de me ressaisir.</p> - -<div class="blockquote"> -<p><span class="pagenum"><a id="Page_427"> 427</a></span> -Ici s'arrte la <i>Chronique</i>. La maladie de celle qui l'crivit allait -chaque jour s'aggravant; les eaux d'Ems, pas plus que celles du -Schlangenbad qu'elle prit ensuite, n'apportrent aucune amlioration - son tat. Elle avait hte de retourner Sagan pour y mourir, -comme elle le rptait sans cesse.</p> - -<p>En effet, elle atteignit Sagan le 3 aot, et expira le 19 septembre -1862.</p> -</div> - -<p class="end">FIN</p> - -<p><span class="pagenumh"><a id="Page_428"> 428</a></span></p> - -<p><span class="pagenum"><a id="Page_429"> 429</a></span></p> -<h2 class="normal">PICES JUSTIFICATIVES</h2> - -<p class="subh">I</p> - -<p class="titre"><i>Article du</i> Times <i>donn par le</i> Galignany -<i>du 17 fvrier 1853</i>.</p> - -<p>L'adresse aux dames amricaines, partie de Stafford-House, a reu -l'accueil auquel nous nous attendions. Les dames du monde de l'tat -de Virginie qui, l'exemple de leurs mres, ont toujours eu des -esclaves, se soulvent maintenant l'unanimit contre cette ingrence -dans ce qu'elles considrent comme un privilge sculaire.</p> - -<p>Par l'organe d'un journal de la Virginie, le <i>Richmond-Enquirer</i>, -ces dames en appellent Mme Julia Gardiner Tyler (l'ex-prsidente -Tyler, comme on l'appelle officiellement), qui, leve par ses -alliances, ses talents, sa naissance, son mariage avec l'ex-prsident, -et enfin, par son long sjour dans une plantation de Virginie comme -matresse d'une colonie d'esclaves, tait le digne champion de -l'esclavage considr comme <i>institution sociale</i>.</p> - -<p>Appele par un pareil devoir, l'illustre citoyenne prit la plume et -ne l'a quitte qu'aprs avoir fait justice sommaire de la Duchesse (de -Sutherland) et de ses amis.</p> - -<p>Notre correspondant de New-York, qui est, certes, fort amricain, -ne s'est pas rendu compte, comme il aurait d le faire, de l'importance - donner cette rivalit de dames en colre, se battant aux -yeux du monde pour leurs compatriotes. Nous ne doutons point que, -malgr les huit annes passes la tte d'une plantation, Mme Tyler -ne soit encore jeune, belle, intelligente et charmeuse, comme le dcrit -<span class="pagenum"><a id="Page_430"> 430</a></span> -le <i>New-York Herald</i>; mais dcidment, on peut dire qu'elle est -agressive et bavarde. Elle voudrait que la doctrine de Monroe ft -applique, non seulement au territoire, mais aussi aux institutions de -l'Amrique du Nord; et elle se venge de la Duchesse, en numrant -soigneusement toutes les allusions dplaisantes pour les institutions -anglaises que lui fournissent son intelligence, sa mmoire et ses amis. -Au fait, en allant au fond des choses, nous y trouvons pour les neuf -diximes des redites; comme la presse anglaise semble prendre un -soin tout particulier de mettre les trangers au courant de nos dfauts, -la tche de cette dame tait facile, et l'intrt pour le lecteur anglais -en reste minime.</p> - -<p>En disant que la rponse de Mme Julia Tyler contient des redites -et des contradictions, nous devons ajouter que le mme jugement -peut s'appliquer la Duchesse. On n'aurait jamais d publier une -lettre ouverte, capable de provoquer une semblable rponse, et, -d'autre part, quand une semblable publication a t faite et que le -bon sens du pays o elle a eu lieu la dsapprouve, les personnes -auxquelles elle tait adresse auraient donn une preuve de tact en -ne la relevant pas.</p> - -<p>Il faut dire l'honneur des dames amricaines qu'aucune d'entre -elles n'a rpondu, l'exception de la propritaire d'une plantation de -tabac, seule capable, peut-tre, de manier la plume avec autant de -frocit. Elle ne nous fait grce sur aucun point: l'Islande, la corruption -de la mtropole, le <i>Dun robin Estate</i>, l'ancien commerce -des esclaves, les diamants de la duchesse de Sutherland, notre journalisme, -notre impt des pauvres, nos souscriptions de bienfaisance, -notre reine, nos vques, nos hommes d'tat, nos importations de -coton et nos larmes de crocodile, <i>tout</i>, tout est successivement -attaqu avec autant d'adresse que d'pret, tout et tous ont leur -part.</p> - -<p>Nous en sommes redevables une petite coterie de femmes philanthropes, -que les souffrances de <i>l'oncle Tom</i> et de ses compagnons -hroques touchrent au point de leur faire oublier que ces types, -modles de toutes les vertus, taient le fruit du systme qu'elles -blmaient.</p> - -<p>Notre mtier de journaliste nous met en contact si intime avec la -<span class="pagenum"><a id="Page_431"> 431</a></span> -fragilit de notre difice social, que nous hsitons lancer des pierres -que nos adversaires pourraient trop facilement nous rejeter.</p> - -<p>La tmrit de l'appel Sutherland prouve que les belles plaignantes -ne connaissent aucunement les maux existant beaucoup plus prs -d'elles, qu'il aurait t peut-tre de leur devoir de connatre et de -secourir. Cependant, nous ne saurions subir les verges de Mme Julie -sans ragir; nous ne saurions tolrer que l'ex-prsidente Tyler crive, -comme si l'Angleterre n'avait jamais rien fait, rien souffert, rien -pay pour la cause de l'abolition de l'esclavage. Nous ne saurions -admettre que rien n'ait chang chez nous, depuis le temps o la Reine -Anne partageait, avec le Roi d'Espagne, le gain produit par la traite -des ngres, et que nos hommes d'tat, nos lgislateurs, nos prlats, -nos pairesses, soient ce qu'ils taient encore il y a deux cents ans. -Pour appuyer son raisonnement, la belle Julie attribue le procs -Wilberforce et Clarkson des causes que jamais le lutteur n'aurait -imagines. Selon elle, il serait d l'envie que nous prouvons pour -les tats-Unis, au dsir de nous venger du succs de leur rcolte, la -douleur d'y avoir perdu un march (que d'ailleurs nous n'avons pas -perdu), au dessein infme de semer la discorde entre les tats du -Nord et du Sud, et d'autres motifs semblables qui pourront paratre -vidents une certaine classe de femmes, mais qui paraissent absurdes - tout homme de bon sens.</p> - -<p>Nous voudrions encore prier la belle lutteuse de Sherwood-Forest -de jeter un regard sur l'espace occup sur la carte par son pays, -baign, comme elle le dit, par deux Ocans, et de le comparer celui -qu'occupent les Iles-Britanniques; elle verrait qu'on peut nous excuser, -si nous avons plus de peine nourrir une population de trente -millions, que les Amricains pour en nourrir une de vingt-six. Elle -aurait beaucoup mieux fait, pour avoir raison, si, en dfendant les -institutions de son pays contre toute ingrence anglaise, elle ne se -ft pas mle de nos affaires; mais, elle se mle de nos institutions -et perd, en les attaquant, le terrain gagn en dfendant celles de son -pays, justifiant presque, ainsi, l'intervention des philanthropes de -Stafford-House. Les institutions monarchiques et aristocratiques, dont -elle parle, durent depuis dix sicles et nous ne pourrions, mme en -le voulant, nous en dbarrasser aisment. D'ailleurs, il est incontestable -<span class="pagenum"><a id="Page_432"> 432</a></span> -qu'elles ont beaucoup contribu la formation du caractre -de notre race, dont les tats-Unis eux-mmes sont le plus clatant -rsultat.</p> - -<p>Nous avons encore rgler avec Mme Tyler une petite affaire -pour notre propre compte. Quel droit a-t-elle de dire que la lettre de -Stafford-House a eu son origine dans les journaux? Nous n'en avons -rien su, jusqu' ce qu'elle fut approuve par le conclave et couverte -de nombreuses signatures. Il nous est fort pnible d'avoir t crus les -complices de cette singulire affaire. Quant aux loges patriotiques, -dont Mme Tyler a enjoliv sa rplique, nous sommes enchants de -pouvoir en reconnatre l'exactitude; nous apprcions, selon leur -mrite, le territoire des fleuves, les deux Ocans, le sol, les ports, la -population, l'esprit d'entreprise, la politique, le coton, le riz et le -tabac des tats-Unis, et quoique nous en ayons souvent entendu -parler, nous sommes enchants qu'une belle dame vienne nous les -rappeler; mais nous ne comprenons pas comment toutes ces belles -choses puissent nous empcher de prendre des mesures pour l'abolition -complte de l'esclavage.</p> - -<hr class="tb" /> - -<p class="subh">II</p> -<p class="titre">NOUVELLES DISSIDENCES ENTRE LES PRINCES D'ORLANS<br /> -ET LE COMTE DE CHAMBORD</p> - -<p class="subh"><i>Lettre du comte de Chambord au duc de Nemours.</i></p> - -<p class="dater">5 fvrier 1857.</p> - -<p class="titel"><span class="cap">M</span><span class="smallc">ON COUSIN</span>,</p> - -<p>J'ai lu votre lettre avec un profond sentiment de tristesse et de regret. -J'aimais penser que nous avions compris de la mme manire -la rconciliation accomplie entre nous, il y a bientt quatre ans. Ce -rtablissement de nos rapports politiques et de famille, en mme -temps qu'il plaisait mon cœur, semblait ma raison un gage de -salut pour la France et une des plus fermes garanties de son avenir. -Pour justifier mon esprance, pour rendre notre union efficace et -<span class="pagenum"><a id="Page_433"> 433</a></span> -digne tout ensemble, il ne fallait que deux choses qui taient bien -faciles: rester de part et d'autre galement convaincus de la ncessit -d'tre unis, mais vouer une confiance inbranlable en nos mutuels -sentiments.</p> - -<p>Je n'ai pas dout de votre dvouement aux principes monarchiques; -personne ne peut mettre en question mon attachement la France, -mon respect de sa gloire, mon dsir de sa grandeur et de sa libert. -Ma sympathique reconnaissance est acquise tout ce qui s'est fait par -elle, toutes les poques, de bien, d'utile et de grand. Ainsi que je -n'ai cess de le dire, j'ai toujours cru, et je crois toujours l'inopportunit -de rgler, ds aujourd'hui, et avant le moment o la Providence -m'en imposerait le devoir, des questions que rsoudront les intrts -et les vœux de notre patrie. Ce n'est pas loin de la France et -sans la France, qu'on peut disposer d'elle.</p> - -<p>Je n'en conserve pas moins ma conviction profonde, que c'est dans -l'union de notre maison, et dans les efforts communs de tous les dfenseurs -des institutions monarchiques que la France trouvera un jour -son salut. Les plus douloureuses preuves n'branlent pas ma foi.</p> - -<hr class="tb" /> - -<p class="subh">III</p> - -<p class="titre"><i>Lettre adresse par l'Empereur Napolon III au Pape Pie IX -le 31 dcembre 1859.</i></p> - -<p class="titel"><span class="cap">T</span><span class="smallc">RS</span> <span class="cap">S</span><span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">RE</span>,</p> - -<p>La lettre que Votre Saintet a bien voulu m'crire le 2 dcembre -m'a vivement touch, et je rpondrai avec une entire franchise -l'appel fait ma loyaut.</p> - -<p>Une de mes proccupations, avant comme aprs la guerre, a t la -situation des tats de l'glise, et certes, parmi les raisons puissantes -qui m'ont engag faire si promptement la paix, il faut compter la -crainte de voir la rvolution prendre tous les jours de plus grandes -proportions. Les faits ont une logique inexorable, et, malgr mon -dvouement au Saint-Sige, malgr la prsence de mes troupes -<span class="pagenum"><a id="Page_434"> 434</a></span> -Rome, je ne pouvais chapper une certaine solidarit avec les effets -du mouvement national, provoqu par la lutte contre l'Autriche.</p> - -<p>La paix une fois conclue, je m'empressai d'crire Votre Saintet -pour lui soumettre les ides les plus propres, suivant moi, avancer -la pacification des Romagnes, et je crois encore que si, ds cette -poque, Votre Saintet et consenti une sparation administrative -de ces provinces et la nomination d'un gouvernement laque, elles -seraient rentres sous son autorit.</p> - -<p>Malheureusement, cela n'a pas eu lieu, et je me suis trouv impuissant - arrter l'tablissement du nouveau rgime. Mes efforts n'ont -abouti qu' empcher l'insurrection de s'tendre, et la dmission -de Garibaldi a prserv les Marches d'Ancne d'une invasion certaine.</p> - -<p>Aujourd'hui le Congrs va se runir. Les puissances ne sauraient -mconnatre les droits incontestables du Saint-Sige sur les Lgations. -Nanmoins, il est probable qu'elles seront d'avis de ne pas recourir -la violence pour les soumettre; car si cette soumission tait obtenue -l'aide des forces trangres, il faudrait encore occuper les Lgations -militairement pendant longtemps. Cette occupation entretiendrait les -haines et les rancunes d'une grande portion du peuple italien, comme -la jalousie des grandes puissances; ce serait donc perptuer un tat -d'irritation, de malaise et de crainte.</p> - -<p>Que reste-t-il donc faire? car enfin, cette incertitude ne peut pas -durer longtemps. Aprs un examen srieux des difficults et des dangers -que prsentaient les diverses combinaisons, je le dis avec un regret -sincre, et quelque pnible que soit la solution, ce qui me paratrait -le plus conforme aux intrts du Saint-Sige, ce serait de faire -le sacrifice des provinces rvoltes. Si le Saint-Pre, pour le repos de -l'Europe, renonait ces provinces qui, depuis cinquante ans, suscitent -tant d'embarras son gouvernement, et qu'en change, il demandt -aux puissances de lui garantir la possession du reste, je ne -doute pas du retour immdiat de l'ordre. Alors, le Saint-Pre assurerait, - l'Italie reconnaissante, la paix pendant de longues annes, et -au Saint-Sige, la possession paisible des tats de l'glise.</p> - -<p>Votre Saintet, j'aime le croire, ne se mprendra pas sur les sentiments -qui m'animent; elle comprendra la difficult de ma situation; -<span class="pagenum"><a id="Page_435"> 435</a></span> -elle interprtera avec bienveillance la franchise de mon langage, en -se souvenant de tout ce que j'ai fait pour la religion catholique et -pour son auguste chef.</p> - -<p>J'ai exprim, sans rserve, toute ma pense et je l'ai cru indispensable -avant le Congrs. Mais je prie Votre Saintet, quelle que soit sa -dcision, de croire qu'elle ne changera en rien la ligne de conduite -que j'ai toujours tenue son gard.</p> - -<p>En remerciant Votre Saintet de la bndiction apostolique qu'elle -a envoye l'Impratrice, au Prince Imprial et moi, je lui renouvelle -l'assurance de ma profonde vnration.</p> - -<p>De Votre Saintet, votre dvot fils,</p> - -<p class="signature"><span class="cap">N</span><span class="smallc">APOLON</span>.<br /> -Palais des Tuileries, le 31 dcembre 1859.</p> - -<p>Cette pice est tire du <i>Journal des Dbats</i> du 12 janvier 1860.</p> - -<p><span class="pagenumh"><a id="Page_436"> 436</a></span></p> - -<div class="chapter"> -<p><span class="pagenum"><a id="Page_437"> 437</a></span></p> -<h2 class="normal"><span class="xlarge">INDEX BIOGRAPHIQUE</span><br /> -<span class="medium">DES NOMS DES PERSONNAGES MENTIONNS DANS CETTE CHRONIQUE</span></h2> - -<p class="subh">(Les noms suivis d'un astrisque sont ceux qui ont t dj donns, avec plus -de dtails, dans l'index biographique du tome I; ceux qui sont suivis de deux -astrisques ont t donns dans le tome II, et ceux qui sont suivis de trois astrisques -sont donns dans le tome III.)</p> -</div> - -<div class="hanging indent"> -<p class="alphabet">A</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">BERDEEN</span> (lord), 1784-1860 *. Diplomate -et homme d'tat anglais.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">BZAC</span> (le marquis <span class="smallc">D'</span>), 1822-1905. -Venance d'Abzac, gnral de brigade -en France, fut, durant de -longues annes, premier aide de -camp du marchal de Mac-Mahon. -Le gnral d'Abzac fut promu officier -de la Lgion d'honneur en -1859, et commandeur en 1873. Il -avait pous Mlle Dorothe de -Lazareff.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">DLADE d'</span><span class="cap">O</span><span class="smallc">RLANS</span> (Madame), 1777-1847. Sœur cadette du Roi -Louis-Philippe.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LBE</span> (le duc <span class="smallc">D'</span>), 1821-1881. Luis -duc d'Albe avait pous, en -1844, la comtesse de Montijo, sœur -ane de l'Impratrice Eugnie.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LBUFRA</span> (la duchesse <span class="smallc">D'</span>) **, 1791-1884. -Ne de Saint-Joseph.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LEXANDRE </span><span class="cap">II</span> (l'Empereur de Russie), -**, 1818-1881.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LLEGRI</span> (Grgoire), 1587-1640. Compositeur -de musique sacre. Allegri -doit surtout sa rputation un -<i>Miserere</i> qu'on chante rgulirement -le samedi saint dans la chapelle -Sixtine, Rome.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LWENSLEBEN</span> (le comte Albert <span class="smallc">D'</span>) ***, -1794-1858, ministre d'tat en -Prusse.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LWENSLEBEN</span> (le comte Gustave <span class="smallc">D'</span>), -1803-1881. Entr, en 1821, dans -l'arme prussienne, le comte -Alwensleben fit, avec le prince de -Prusse, la campagne en 1848 -contre les insurgs dans le grand-duch -de Bade. Lieutenant-gnral -depuis 1863, Alwensleben -prit part la guerre de 1870-1871, -et se retira du service en 1872.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NCELOT</span> (Jacques-Arsne-Franois-Polycarpe), -1794-1854. Littrateur -franais, auteur dramatique. -<span class="pagenum"><a id="Page_438"> 438</a></span> -Ancelot remplaa M. de Bonald -l'Acadmie franaise.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NDREA DEL</span> <span class="cap">S</span><span class="smallc">ARTO</span>, 1488-1530. Le -vrai nom de ce clbre peintre -florentin tait Andrea Vannucchi.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NTONELLI</span> (le cardinal), 1806-1876. -Premier ministre du Pape Pie IX. -Le Pape Grgoire XVI fit Antonelli -prlat et assesseur au tribunal -suprieur. Successivement -dlgu Orvieto, Viterbe, -Macerata, Antonelli devint, en -1841, sous-secrtaire d'tat au -ministre de l'Intrieur, grand -trsorier en 1845, cardinal en -1847; puis ministre des Finances -et prsident de la consulte d'tat. -En 1848, le cardinal Antonelli fit -partie de la commission qui rdigea -le statut libral de mars. -Devenu l'un des conseillers les -plus influents auprs du Pape -Pie IX, le Cardinal conseilla la -fuite ce Pontife, aprs le meurtre -du comte Rossi, en 1848. Lors de -la rentre du Pape Pie IX, -Rome, le cardinal Antonelli fut -nomm secrtaire d'tat des Affaires -trangres, poste qu'il occupa -jusqu' sa mort.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">PPONYI</span> (le comte Rodolphe), 1812-1876. -Diplomate autrichien: attach -trs jeune l'ambassade d'Autriche - Paris, il passa celle de -Saint-Ptersbourg o il pousa, en -1840, la fille du comte Alexandre -Benkendorff (nice de la princesse -Lieven). Devenu ministre -Carlsruhe, puis Turin et Munich, -le comte Apponyi fut nomm -ambassadeur Londres et ensuite - Paris. Il mourut Venise.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">QUILA</span> (le comte <span class="smallc">D'</span>), 1824-1897. -Louis, prince de Bourbon, fils du -second mariage de Franois I<sup>er</sup>, -Roi de Naples, et de l'Infante Isabelle -d'Espagne, pousa, en 1844, - Rio-Janeiro, une princesse de -Bragance, fille de Pierre I<sup>er</sup>, Empereur -du Brsil. Le comte d'Aquila -tait grand-amiral brsilien et chevalier -de la Toison d'or.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RENBERG</span> (le prince Pierre <span class="smallc">D'</span>), 1790-1877.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RENBERG</span> (Auguste-Marie-Raymond -<span class="smallc">D'</span>), 1753-1832. Prit le titre de -comte de la Marck la mort de -son grand-pre maternel, et c'est -sous ce nom qu'il figure aux tats -gnraux de 1789. Le comte de -la Marck s'y dclara d'abord en -faveur du Tiers tat; mais il se -rapprocha bientt de la Cour, se -lia d'amiti avec Mirabeau et devint -l'intermdiaire de ses relations -avec la Famille Royale. Mirabeau -mourut entre ses bras et le -nomma son excuteur testamentaire.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RJUZON</span> (le comte <span class="smallc">D'</span>), 1800-1874. -Gentilhomme de la chambre du -Roi Charles X, le comte d'Arjuzon -dbuta dans la carrire politique -comme conseiller gnral -du canton de Montfort, dans l'Eure. -Dput au Corps lgislatif sous le -second Empire, il s'associa tous -les actes du rgne de Napolon III, -et devint chambellan de l'Empereur, -qui le fit officier de la Lgion -d'honneur en 1861.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RNIM-</span><span class="cap">H</span><span class="smallc">EINRICHSDORFF</span> (le comte Henri -<span class="smallc">D'</span>), 1791-1859. Diplomate et -homme d'tat prussien.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UERSWALD</span> (M.-Rodolphe <span class="smallc">D'</span>), 1795-1886. -Homme d'tat prussien. -<span class="pagenum"><a id="Page_439"> 439</a></span> -lev avec le prince Guillaume -de Prusse (le futur Empereur -d'Allemagne), Auerswald commena -par la carrire des armes. -Il s'en retira en 1820, pour occuper, -en province, plusieurs -postes administratifs. Aprs la rvolution -de 1848, Auerswald fut -charg de prsider le nouveau -ministre Hansemann-Khlwetter-Schreckenstein. -lu ensuite dput, -il sigea dans les rangs de la -droite. En 1858, le Prince-Rgent -appela Auerswald faire partie du -ministre <i>de la nouvelle re</i>, -comme ministre sans portefeuille. -Auerswald entreprit alors la rorganisation -de l'arme, qui fut cause -d'un conflit avec la Chambre -prussienne, dura des annes et -fut la raison de la chute du ministre -libral en 1862. M. de Bismarck -le remplaa alors la tte -des affaires.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UGIER</span> (mile), 1820-1889. Pote -dramatique franais, membre de -l'Acadmie, o, en 1858, il remplaa -M. de Salvandy, Augier fut -nomm snateur par dcret imprial -en 1870, pour services rendus -par ses productions littraires.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UGUSTENBOURG</span> (le duc <span class="smallc">D'</span>), 1798-1869. -Chrtien, duc d'Augustenbourg, -habitait en Silsie la terre de Primkenau, -dans les environs de Sagan.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UMALE</span> (le duc <span class="smallc">D'</span>) **, 1822-1893. -Henri d'Orlans, quatrime fils du -Roi Louis-Philippe.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (l'archiduc Lopold <span class="smallc">D'</span>), -1823-1893. Ce prince tait fils de -l'archiduc Regnier, qui fut vice-Roi -du royaume de Lombardie, et -de la princesse de Savoie-Carignan, -sœur du Roi Charles-Albert -de Sardaigne.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (l'archiduchesse lisabeth -<span class="smallc">D'</span>) ***, 1831-1903. Cette princesse -tait fille du palatin de Hongrie.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (l'archiduc Regnier <span class="smallc">D'</span>), -1783-1853. Vice-Roi du royaume -lombardo-vnitien, poux de la -princesse lisabeth de Savoie-Carignan, -sœur du Roi Charles-Albert -de Sardaigne.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (l'archiduchesse Marie-Henriette -<span class="smallc">D'</span>), 1836-1902. Cette -princesse pousa, en 1853, le duc -de Brabant qui, en 1865, monta -sur le trne de Belgique, sous le -nom de Lopold II.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (l'impratrice lisabeth <span class="smallc">D'</span>), -1837-1898. Duchesse en Bavire, -pousa, en 1854, Franois-Joseph, -Empereur d'Autriche. Elle mourut - Genve, assassine par un anarchiste.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (l'archiduc tienne <span class="smallc">D'</span>), -1817-1867. tienne-Franois-Victor, -propritaire de la seigneurie -de Halzappel-Schaumbourg; -palatin de Hongrie, propre -frre de l'archiduchesse Henriette, -qui pousa le Roi des Belges.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (l'archiduchesse Marguerite -<span class="smallc">D'</span>), 1840-1858. Cette princesse, -fille du Roi de Saxe, avait -pous, en 1856, l'archiduc Charles-Louis, -frre de l'Empereur -Franois-Joseph I<sup>er</sup>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (l'archiduc Maximilien <span class="smallc">D'</span>), -1832-1867. Second frre de l'Empereur -Franois-Joseph I<sup>er</sup>, servit -d'abord comme vice-amiral dans -la marine autrichienne et fut -quelque temps gouverneur du -<span class="pagenum"><a id="Page_440"> 440</a></span> -royaume lombardo-vnitien. A la -suite de l'expdition franaise du -Mexique en 1864, Maximilien fut -proclam Empereur, par l'assemble -des notables de ce pays; -aprs avoir tent en vain d'y organiser -un gouvernement monarchique -rgulier, et abandonn par -Napolon III, il fut pris Queretaro -et fusill en 1867.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">VENAS</span> (Mme Aime <span class="smallc">D'</span>). Religieuse -du Sacr-Cœur. Mme d'Avenas -tait d'une famille originaire de -Lyon. Elle avait dirig les tudes -des pensionnats confis aux soins -spciaux des dames de l'ordre du -Sacr-Cœur, et avait t charge, -par ses suprieures, de fonder la -maison d'Orlans. Quand la maladie -vint l'atteindre, Mme d'Avenas -fut envoye Bruxelles o elle -mourut, vers l'anne 1865, dans -une maison de son ordre.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">VIGDOR</span> (Jules). Dput de Nice o -il possdait de belles maisons, -M. Avigdor avait fond Turin le -journal <i>la Voix de l'Italie</i>. Il eut -un duel avec M. de Cavour -propos d'un article sur la question -des impts, o M. Avigdor -attaquait le <i>Risorgimento</i>, dans -des termes qui mettaient en doute -l'honneur et la dlicatesse de son -rdacteur, le comte de Cavour.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">YEN</span> (le duc <span class="smallc">D'</span>), 1826-1895. Jules, -duc d'Ayen, prit le titre de duc -de Noailles, en 1887, la mort de -son pre. En 1851 il avait pous -Mlle de Champltreux, petite-fille -de M. Mol.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">YEN</span> (la duchesse <span class="smallc">D'</span>), ne en 1831. -Clotilde de La Fert-Meun-Mol -de Champltreux, marie au duc -d'Ayen, en 1851, qui devint duc -de Noailles, en 1887, la mort de -son pre.</p> - - -<p class="alphabet">B</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ADE</span> (la grande-duchesse Stphanie -<span class="smallc">DE</span>) **, 1789-1860. Ne de Beauharnais.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ADE</span> (la grande-duchesse Louise <span class="smallc">DE</span>), -ne en 1838. Fille de l'Empereur -Guillaume I<sup>er</sup> et de l'Impratrice -Augusta. Cette princesse, aussi -charmante que distingue, pousa, -en 1856, le grand-duc de Bade.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ALBI-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">ENAREGA</span> (le marquis James -<span class="smallc">DE</span>), n en 1800. Mort en 1878.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ALBI</span> (la marquise <span class="smallc">DE</span>), ne en 1800. -Morte en 1862. pouse du marquis -James de Balbi-Senarega.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ALLANCHE</span> (Pierre-Simon) ***, 1776-1847. -Membre de l'Acadmie franaise.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AOUR-</span><span class="cap">L</span><span class="smallc">ORMIAN</span> (Pierre-Marie-Franois-Louis), -1770-1854. Pote et -auteur dramatique franais. Il -entra l'Acadmie en 1815, pour -y remplacer le chevalier de Boufflers.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ARANTE</span> (le baron <span class="smallc">DE</span>) *, 1782-1866. -Diplomate et historien franais.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AROCHE</span> (M.), 1802-1870. Baroche -fit toute sa carrire au barreau; -en 1850, il fut nomm -ministre de l'Intrieur, aprs le -coup d'tat, et en juin 1863, -ministre de la Justice. En 1864, -M. Baroche fut nomm snateur.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ARROT</span> (Odilon) *, 1791-1873. -Homme politique franais.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AUFFREMONT</span> (la princesse Laurence -<span class="smallc">DE</span>) **, 1802-1862, ne Montmorency.</p> - -<div class="pagenum"><a id="Page_441"> 441</a></div> -<p class="cap">B<span class="smallc">AVIRE</span> (le duc Maximilien en), -1808-1888. Pre de l'Impratrice -d'Autriche, de la Reine de -Naples, de la duchesse d'Alenon, -et de plusieurs autres enfants.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AVIRE</span> (la duchesse en), 1808-1892. -Ne princesse de Bavire. Elle -pousa, en 1828, le duc Maximilien -en Bavire.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ARN</span> (le prince <span class="smallc">DE</span>), 1802-1871. -Louis-Hector de Galard, comte -de Brassac, comte et prince de -Barn, tait fils de Pauline de -Tourzel, celle qui avait partag la -captivit de Louis XVI et de la Famille -Royale au Temple. Officier -d'tat-major, le prince de Barn -fut charg de suivre, la suite de -l'arme russe, les oprations de la -guerre contre les Turcs, en 1828. -De retour en France, il entra dans -la diplomatie o il occupa les diffrents -postes et fut fait snateur -en 1854.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EAUCHESNE</span> (M. <span class="smallc">DE</span>). 1804-1873. -Ancien gentilhomme de la chambre -du Roi, sous la Restauration, -fut nomm, en 1825, chef au -cabinet des Beaux-Arts et, en -1830, devint chef de section aux -Archives. Son principal ouvrage a -pour sujet: <i>Louis XVII, sa vie, -son agonie, sa mort</i>, ouvrage couronn -par l'Acadmie.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EAUVAU-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">RAON</span> (la princesse <span class="smallc">DE</span>), -1824-1862, Marie d'Aubusson de -la Feuillade pousa, en 1840, le -prince de Beauvau-Craon.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ECKX</span> (Pierre-Jean), 1795-1891. Gnral -des Jsuites. Originaire de -Belgique, Beckx entra dans l'ordre -des Jsuites dont il fut nomm -gnral en 1853. Son habilet et -sa fermet contriburent puissamment -aux succs obtenus par les -Jsuites dans les divers pays de -l'Europe. Lors de la suppression - Rome des couvents de son ordre, -le Pre Beckx se retira <i>Fiesole</i> -d'o il ne cessa d'inspirer le journal -la <i>Civita Catolica</i>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EDEAU</span> (le gnral), 1804-1863. Le -gnral se distingua dans toutes -les guerres d'Afrique et fut exil -lors du coup d'tat du 2 dcembre.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EDMAR</span> (le marquis <span class="smallc">DE</span>), 1821-1883. -Dput aux Corts, plus tard snateur -et conseiller d'tat en Espagne, -le marquis de Bedmar fut -nomm, par le Roi Alphonse XII, -ambassadeur Saint-Ptersbourg. -En 1853, il fut tmoin de la fille -du comte de Montijo, lorsqu'elle -pousa Napolon III et devint -l'Impratrice Eugnie.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ELGES</span> (le Roi Lopold des) *. 1790-1865. -Lopold I<sup>er</sup>, prince de Cobourg.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ELGES</span> (la Reine Louise des) *, 1812-1850, -ne princesse d'Orlans, -premire femme de Lopold I<sup>er</sup>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ELGIOJOSO</span> (la princesse <span class="smallc">DE</span>) *, 1808-1868. -Ne Christine Trivulzio.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ELMONT</span> (le marquis <span class="smallc">DE</span>), 1804-1857. -Chambellan de l'Empereur Napolon -III et chevalier de la Lgion -d'honneur, M. de Belmont fut -nomm dput au Corps lgislatif -comme candidat officiel et -donna son approbation tous les -actes du gouvernement imprial.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ELLINI</span> (Jean), mort vers 1516. -Peintre vnitien.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ENEDEK</span> (L. <span class="smallc">DE</span>), 1804-1878. Gnral -autrichien. Il se distingua dans la -<span class="pagenum"><a id="Page_442"> 442</a></span> -campagne de 1848 contre le Pimont, -sous les ordres de Radetsky, -et dans la guerre de Hongrie en -1849; mais il fut battu par -l'arme prussienne en 1866.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ENKENDORFF</span> (le comte Constantin <span class="smallc">DE</span>), -1817-1858. Aide de camp gnral -de l'Empereur de Russie, -neveu de la princesse de Lieven, -le comte de Benkendorff pousa, -en 1848, la princesse Louise de -Croy.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERESFORD</span> (le vicomte <span class="smallc">DE</span>), 1770-1854. -William Carr, gnral anglais. -Aprs avoir servi en Amrique, -aux Indes, en gypte, en -Irlande, il fut appel en Portugal -o il devint gnralissime de -l'arme portugaise. Beresford battit -le gnral Soult Albufra et commanda -un corps d'arme sous -Wellington. En 1814, il entra -Bordeaux avec le duc d'Angoulme -et, bientt aprs, fut appel - la Chambre des lords en rcompense -de ses services.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERG</span> (le comte), 1790-1874, gnral -russe, appartenant une famille -livonienne. Le comte Frdric-Guillaume -Berg commena sa carrire -militaire par la guerre de -1812; prit part ensuite toutes -les guerres que fit la Russie avec -l'tranger, et contribua beaucoup - soumettre l'insurrection de Pologne -en 1830. Le comte Berg -fut de nouveau envoy Varsovie -en 1863. Il s'y associa aux svrits -excessives mises en vigueur -pour dompter ce malheureux pays -dont il prit le commandement gnral. -En 1829, le comte Berg -avait pous en Italie la comtesse -Cicogna qui sut, par sa bont, -conqurir toutes les sympathies en -Pologne.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERNSTORFF</span> (le comte Albert <span class="smallc">DE</span>) ***, -1809-1873. Homme d'tat prussien.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERTIN</span> (Armand), fils de Bertin -l'an. C'est lui que revient principalement -l'honneur d'avoir fait -tenir au journal des <i>Dbats</i> le -rle prpondrant qu'il a rempli -dans le journalisme franais.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERRY</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>) *, 1798-1870. -Princesse des Deux-Siciles.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERRYER</span> (Antoine) *, 1790-1868. -Avocat franais.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ETHMANN-</span><span class="cap">H</span><span class="smallc">OLWEG</span> (Maurice-Auguste -<span class="smallc">DE</span>) ***, 1795-1877. Jurisconsulte -allemand.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ILLAULT</span> (M.), 1805-1863. D'abord -avocat, puis dput et sous-secrtaire -d'tat en 1840, M. Billault -devint prsident du Corps lgislatif -sous le second Empire; deux -fois ministre de l'Intrieur; puis, -en 1860, ministre sans portefeuille. -Durant cette priode, il -soutint la politique impriale avec -beaucoup de talent.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">IOT</span> (douard-Constant), 1803-1850. -Fils du clbre astronome, membre -de l'Acadmie des inscriptions et -belles-lettres en 1847, Biot fut un -des premiers en France dmontrer -les avantages des chemins -de fer, et s'adonna aux recherches -historiques.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ISMARCK-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">CHœNHAUSEN</span> (le prince <span class="smallc">DE</span>), -1815-1898. Ministre de Guillaume -I<sup>er</sup>, roi de Prusse, et son -collaborateur pour la reconstruction -de l'Empire d'Allemagne.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">IXIO</span> (Jacques-Alexandre), 1808-1865. -<span class="pagenum"><a id="Page_443"> 443</a></span> -Savant et homme politique -franais, quoique n en Italie -Chiavari. Venu jeune en France, -Bixio y fit ses tudes. En 1831, il -fonda, avec M. Buloz, <i>la Revue -des Deux Mondes</i>. Lors de la rvolution -italienne, Bixio fut nomm -ambassadeur extraordinaire la -cour de Turin. lu plus tard dput, -il accepta le portefeuille de -l'Agriculture en 1868.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">LUCHER DE</span> <span class="cap">W</span><span class="smallc">ahlstadt</span> (le prince <span class="smallc">DE</span>), -1742-1819. Gnral des armes -prussiennes, dont il prit le commandement -en 1813. Blcher entra -un des premiers en France en -1814; il dcida, en 1815, le gain -de la bataille de Waterloo et fut -toujours un ennemi implacable des -Franais.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OBOLA</span> (le Pre Andr), 1590-1657. -Issu d'une des plus anciennes familles -de la Pologne, Andr Bobola -se fit prtre et entra dans la -socit de Jsus en 1611. Pendant -les guerres de la Pologne contre -les Sudois et les Russes, Bobola -prcha, avec tant de ferveur, -contre le schisme orthodoxe, que -les Russes l'appelrent <i>voleur -d'mes</i>. Bobola dut s'enfuir d'une -maison de son ordre, dont il tait -suprieur, Bobrusk, devant les -Cosaques qui le poursuivirent -Pinsk et Ianow o il fut tu par -eux le 16 mai 1657, aprs le plus -affreux martyre.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">œGER</span> (le docteur), 1813-1875. Auguste -Bœger, mdecin militaire -prussien, soigna le roi Frdric-Guillaume -IV pendant les quatre -annes que dura la maladie qui -finit par l'emporter.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OIGNE</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>) *. 1780-1866. -Ne Adle d'Osmond.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OISGELIN</span> (Marguerite <span class="smallc">DE</span>), ne -Mlle Lepelletier de Morfontaine. -Elle tait la sœur de la comtesse -Ernest de Talleyrand. Le fils de -Mme de Boisgelin pousa Mlle Duclre, -dont le pre (Belge) avait -t l'homme d'affaires des Rohan -d'Autriche. Par sa mre, Mme de -Boisgelin tait la petite-fille de -Lepelletier de Saint-Fargeau.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ONNECHOSE</span> (le cardinal <span class="smallc">DE</span>), 1800-1883. -Mgr de Bonnechose fut -nomm archevque de Rouen en -1858 et reut le chapeau de cardinal -en 1863.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ONALD</span> (le cardinal <span class="smallc">DE</span>), 1787-1870. -Entr dans les ordres en 1811, -M. de Bonald fut promu en 1839 - l'archevch de Lyon et cr -cardinal en 1841.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ONAPARTE</span> (Jrme) *, 1784-1860. -Roi de Westphalie.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ONAPARTE</span> (le prince Jrme-Napolon), -1822-1891. Fils du Roi de -Westphalie et de sa seconde -femme la princesse Catherine de -Wrtemberg. Ce prince pousa -lui-mme la princesse Clotilde de -Savoie, fille du Roi Victor-Emmanuel -II, de Sardaigne.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ONIN</span> (douard <span class="smallc">DE</span>) ***, 1793-1863. -Gnral prussien, qui, en 1852, -devint ministre de la Guerre.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OURBON-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">HALUS</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>), frre -cadet du comte de Bourbon-Busset, -commandant du corps des guides -de Lamoricire, avec le grade de -lieutenant dans l'arme pontificale.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OURQUENEY</span> (le baron, puis comte -<span class="smallc">DE</span>) *, 1800-1869. Diplomate franais, -<span class="pagenum"><a id="Page_444"> 444</a></span> -ambassadeur et snateur.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OYEN</span> (le gnral <span class="smallc">DE</span>), mort en 1886. -Hermann de Boyen avait t aide -de camp du prince de Prusse durant -de longues annes et devint -plus tard gnral d'infanterie. En -1850, M. de Boyen pousa la princesse -Fanny de Biron-Courlande.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RABANT</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>), 1835-1909. Fils -an du Roi des Belges, Lopold -I<sup>er</sup>, et de la princesse Louise -d'Orlans, fille ane du Roi Louis-Philippe. -Ce prince monta sur le -trne de Belgique, en 1865, la -mort de son pre. Il avait pous, -en 1853, l'archiduchesse Marie-Henriette -d'Autriche.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RABANT</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>), 1836-1902. -Marie-Henriette, archiduchesse -d'Autriche, pousa, en 1853, le -duc de Brabant, qui monta sur le -trne de Belgique en 1865.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RASSIER DE</span> <span class="cap">S</span><span class="smallc">AINT</span>-<span class="cap">S</span><span class="smallc">IMON</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>), -1798-1872. Diplomate prussien. -Le comte Brassier de Saint-Simon -occupa le poste de Constantinople -jusqu'en 1869, et fut -alors transfr Turin, puis -Florence, lorsque la capitale du -royaume d'Italie y fut transporte. -Il mourut son poste.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">READALBANE</span> (le marquis <span class="smallc">DE</span>), 1796-1862. -John, marquis de Breadalbane -fut charg par la Reine Victoria -d'Angleterre, en 1861, de -remettre solennellement l'ordre -de la Jarretire au Roi de Prusse -qui venait de monter sur le trne.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RIFAUT</span> (Charles) ***, 1787-1867. -Pote et littrateur franais.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ROGLIE</span> (le duc Victor <span class="smallc">DE</span>) *, 1785-1870. -Ministre en France sous le -Roi Louis-Philippe.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ROGLIE</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>) *, 1797-1840. -Fille de Mme de Stal.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ROGLIE</span> (le prince Albert <span class="smallc">DE</span>), 1821-1901. -Fils an du duc Victor de -Broglie, le prince Albert devint -duc en 1870, la mort de son -pre. crivain trs distingu, il -fut lu l'Acadmie franaise ds -1863. Durant la prsidence du marchal -de Mac-Mahon, le duc -de Broglie fut chef de son cabinet.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RUNNOW</span> (le baron) ***, 1796-1875. -Diplomate russe.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RYAS</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>), 1790-1866. Marie-Thrse -d'Hunolstein, fille du -comte d'Hunolstein, marchal de -camp et dput de la Moselle en -1815.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">UDBERG</span> (le baron Andr <span class="smallc">DE</span>), 1820-1881. -Diplomate russe; fils du -gnral de Budberg qui fut gouverneur -de Saint-Ptersbourg. En -1846, le baron Andr commena -sa carrire diplomatique, et devint -en 1851 ministre plnipotentiaire - Berlin. En 1862, il fut -nomm ambassadeur Paris. Aprs -avoir donn sa dmission en 1868, -M. de Budberg rentra Saint-Ptersbourg -o il devint membre -du Conseil de l'Empire.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">UOL-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">CHAUENSTEIN</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>) **, -1797-1865. Diplomate autrichien.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ULOW</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>), 1802-1889. Fille -de Guillaume de Humboldt, elle -avait pous le baron Henri de -Blow, diplomate prussien.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">UNSEN</span> (le chevalier <span class="smallc">DE</span>) ***, 1791-1860. -Diplomate allemand.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">URGHERSH</span> (lord), n en 1824. Ernest -Fitzroy-Neville, lord Burghersh, -fils an de lord Westmorland. -Officier dans la garde cossaise.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_445"> 445</a></span></div> -<p class="cap">B<span class="smallc">YRON</span> (lord) **, 1788-1824. Clbre -pote anglais.</p> - - -<p class="alphabet">C</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ADORE</span> (le marquis <span class="smallc">DE</span>), 1827-1882. -Le marquis de Cadore servit -d'abord dans la marine et entra -plus tard dans la diplomatie. Il fut -pendant quelque temps charg -d'affaires Rome, puis ministre -de France Bade et Munich. Le -marquis de Cadore avait pous, -en 1854, la fille du marquis de -Bonneval. Il devint duc en 1870 -la mort de son pre.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ANROBERT</span> (le marchal), 1809-1895. -Franois-Certain Canrobert fit toute -la premire partie de sa carrire -militaire en Afrique. Lorsque la -guerre contre la Russie clata, en -1854, Canrobert prit le commandement -de la premire division de -l'arme d'Orient et, deux jours -aprs la bataille de l'Alma, le -marchal de Saint-Arnaud, qui se -mourait, lui remit le commandement -en chef des forces runies -en Crime. Se trouvant dans une -position embarrassante, et en s'entendant -pas avec lord Raglan, qui -commandait les troupes anglaises, -Canrobert rsigna son commandement -en chef en mai 1855 et le -remit entre les mains du gnral -Plissier, reprenant sa place la -tte du 1<sup>er</sup> corps. Napolon III le -nomma marchal de France en -1856. Canrobert prit encore part -aux guerres d'Italie et d'Allemagne.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ARAMAN</span> (la marquise <span class="smallc">DE</span>), ne Gallard -de Barn.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ARN</span> (le comte Joseph <span class="smallc">DE</span>) ***, -1804-1876. Membre de l'Acadmie -franaise.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">AROLA</span> (la princesse), 1833-1907. -Caroline, princesse de Holstein-Gottorp-Wasa, -pousa, en 1853, -le Prince Royal de Saxe qui monta -sur le trne en 1873. Le prince -Gustave de Wasa, pre de la princesse -Carola, avait pous la princesse -Louise de Bade. Il servait -militairement en Autriche.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ASTELBAJAC</span> (le marquis <span class="smallc">DE</span>), 1787-1864. -Gnral franais qui, aprs -avoir fait les guerres du premier -Empire, fut mis la retraite. -Napolon III l'en retira et lui -confia d'importantes missions, -entre autres celle d'ambassadeur -de France Saint-Ptersbourg, o -M. de Castelbajac resta de 1849 -1854, poque de la dclaration -de guerre de Crime. Il tait snateur.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ASTELBAJAC</span> (la marquise <span class="smallc">DE</span>), ne en -1799. Sophie de La Rochefoucauld-Liancourt, -marie, en 1824, -au marquis de Castelbajac, lieutenant-gnral.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ASTELLANE</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>), 1788-1862. -Esprit-Victor-lisabeth-Boniface -de Castellane, fils unique -du marquis de Castellane-Novjean -et d'Adlade-Louise-Guyonne de -Rohan-Chabot de Jarnac: descendant -d'une famille des anciens -barons de Provence, indpendante -sous les rois d'Arles, et dont le -faste avait popularis le vieil adage -du Roi Ren: <i>Dissolution des -Castellane</i>, Boni de Castellane -entra au service militaire en 1804; -prit part aux campagnes d'Italie, -<span class="pagenum"><a id="Page_446"> 446</a></span> -d'Espagne et de Russie. Il fut -cr colonel-major au 1<sup>er</sup> rgiment -des gardes d'honneur en 1813, -qu'il commanda jusqu' la fin du -premier Empire. Colonel du 5<sup>e</sup> rgiment -de hussards en 1815, -marchal de camp en 1822, le -comte de Castellane devint lieutenant-gnral - la suite du sige -d'Anvers en 1833, et commanda -de 1837 1847 la division militaire -de Perpignan. Mis la retraite en -1848, il fut rappel l'activit ds -1849 par Louis-Napolon. Plac - la tte de l'arme de Lyon qu'il -commanda jusqu' sa mort, le -comte de Castellane empcha par -sa vigoureuse attitude toute insurrection -rpublicaine. Aprs le 2 Dcembre, -il reut, en 1852, le -bton de marchal de France.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ASTIGLIONE</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>), 1830-1899. -La comtesse de Castiglione -tait fille du marquis Oldoini, qui -tait issu d'une bonne famille de -Toscane, servit dans la diplomatie -et fut longtemps ministre du Roi -d'Italie la cour de Portugal. Sa -fille pousa, en 1849, le comte -Franois Verasis de Castiglione, -cuyer du Roi d'Italie, dont elle -devint veuve en 1867. Clbre par -sa beaut, la comtesse de Castiglione -vivait Paris, spare de -son mari. Elle exera sur Napolon -III une certaine influence dont -M. de Cavour sut se servir dans -la priode dcisive de 1855 -1859. Aprs la chute du deuxime -Empire, la comtesse de Castiglione -disparut, n'ayant d'autres -ressources qu'une petite pension -que lui donnaient d'anciens amis, -entre autres M. de Cassagnac. -Son fils unique mourut vingt-cinq -ans, Madrid, o il tait -attach la lgation du Roi -d'Italie.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">AULAINCOURT</span> (le marquis <span class="smallc">DE</span>), 1819-1865. -Herv-Anna-Olivier de Caulaincourt, -second fils du duc et de -la duchesse de Vicence.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">AVOUR</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>). 1810-1861. -Servi par une intelligence merveilleuse, -le comte de Cavour fut -un grand patriote et le vritable -fondateur de l'unit italienne. Issu -d'une trs ancienne famille pimontaise, -Camille Beuso de Cavour -servit d'abord dans l'arme, -puis devint journaliste, fonda le -<i>Risorgimento</i> en 1847, devint dput -en 1849, ministre du Commerce, -des Finances en 1850 et -enfin prsident du Conseil. Cavour -inaugura en Pimont une politique -librale l'intrieur, entreprenante - l'extrieur, qui amena la -guerre avec l'Autriche, en 1859, -l'alliance avec la France et l'rection -du royaume de Sardaigne en -royaume d'Italie. Cavour mourut -au moment o il essayait de donner -Rome pour capitale l'Italie, -voulant tablir, comme il disait -lui-mme, <i>l'glise libre dans -l'tat libre</i>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HABANNES</span> (la comtesse Alfred <span class="smallc">DE</span>) ***. -1802-1891. Ne miss Ellice.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HABANNES</span> (Mlle Emma <span class="smallc">DE</span>). Chanoinesse -et dame d'honneur de Mme la -comtesse de Chambord. Elle tait -la sœur du marquis Frdric de -Chabannes-Curton et de La Palice.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HAMBORD</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>), 1820-1883, -<span class="pagenum"><a id="Page_447"> 447</a></span> -titre pris, plus tard, par le duc -de Bordeaux *.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HAMBORD</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>), 1817-1885. -Marie-Thrse-Batrice, archiduchesse -d'Autriche-Este; fille -de Franois IV, duc de Modne, -marie en 1846 au duc de Bordeaux, -comte de Chambord.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HAMPLATREUX</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>), n en 1831. -Clotilde de la Fert-Meun-Mol de -Champltreux pousa, en 1851, -le duc d'Ayen qui devint duc de -Noailles, en 1851, la mort de -son pre. Mlle de Champltreux -tait la petite-fille de M. Mol.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HANGARNIER</span> (le gnral) ***, 1793-1877. -Gnral et homme politique.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HARTRES</span> (Robert d'Orlans, duc -<span class="smallc">DE</span>) ***, n en 1840. Second fils -du duc d'Orlans.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HASTENAY</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>). 1779-1863. -Ne Laguiche, fille du marquis de -Laguiche et de Mlle de Clermont-Montoison. -Mme de Chastenay -recevait beaucoup, elle avait un -salon trs agrable dans la maison -devenue maintenant le Cercle de -la rue Royale, Paris.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HATELAIN</span> (Auguste-Henri). 1801-1882. -Notaire Paris et homme -de confiance de toute la famille -Talleyrand et Castellane. M. de -Bacourt lui lgua, avec M. Paul -Andral, la proprit des Mmoires -du prince de Talleyrand.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HATEAUBRIAND</span> (le vicomte <span class="smallc">DE</span>) *, -1768-1848. Illustre crivain franais.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HEVREUSE</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>), 1600-1679. -Marie de Rohan-Montbazon, -fille d'Hercule de Rohan, -gouverneur de Paris sous Henri IV, -pousa, en 1617, Charles-Albert, -duc de Luynes, cet heureux favori -de Louis XIII. Devenue veuve en -1621, elle se remaria, en 1622, -Claude de Lorraine, fils de Henri -de Guise, et fut cette duchesse de -Chevreuse qui joua un rle important -pendant la Fronde et dans -les complots contre Richelieu et -contre Mazarin.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HEVREUSE</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>), 1823-1854. -Honor d'Albert, duc de Chevreuse, -avait pous, en 1843, -Valentine, fille du vicomte Jules -de Contades. Il mourut avant son -pre et ne porta jamais le titre de -duc de Luynes.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HOISEUL-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">OUFFIER</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>), -1752-1817. Marie-Gabriel-Florent-Auguste, -diplomate franais. -Ambassadeur Constantinople, -d'o il se retira en Russie pendant -la tourmente rvolutionnaire, et -ne revint en France qu'en 1802. -Sous la Restauration, M. de Choiseul-Gouffier -fut nomm ministre -d'tat et pair de France.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HOISEUL-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">OUFFIER</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>). -Ne La Vauguyon, sœur de la -duchesse de Bauffremont, survcut - son mari le comte de -Choiseul-Gouffier qui avait t ambassadeur - Constantinople.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">IALDINI</span> (le gnral), duc de Gate, -1812-1892. Lanc dans le mouvement -libral en 1831, Henri Cialdini -dut quitter l'Italie. Il s'engagea -dans la lgion d'Oporto, au -service du Roi dom Pedro de Portugal, -passa ensuite en Espagne, -combattit les Carlistes et obtint le -grade de lieutenant-colonel. Revenu -en Italie en 1848, Cialdini fit -<span class="pagenum"><a id="Page_448"> 448</a></span> -la campagne de 1849 contre les -Autrichiens. Il y fut gravement -bless et, aprs Novare, fit partie -de l'arme pimontaise rgulire. -En Crime, il commanda la -111<sup>e</sup> brigade et devint, en 1859, -aide de camp du Roi et gnral de -division. En 1860, Cialdini reut -l'ordre d'entrer, avec les troupes -sardes, dans les tats Pontificaux; -il battit Lamoricire Castelfidardo -et fut charg du sige de -Gate. Envoy Naples, en 1861, -comme lieutenant gnral du Roi, -il arrta la marche de Garibaldi -Aspromonte, commanda un corps -d'arme en 1866, devint prsident -du Conseil en 1867 et ambassadeur - Paris en 1876.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LAM-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">ALLAS</span> (le comte douard <span class="smallc">DE</span>) -**, 1805-1891. Gnral autrichien.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LAM-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">ALLAS</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>), -1833. Fille du prince Hugo de -Salm-Krautheim, elle pousa, en -1851, le comte Henri de Clam-Martiniez.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LARENDON</span> (lord) *, 1800-1870. Diplomate -anglais.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LMENTINE</span> (la princesse) **, 1817-1907. -Fille du Roi Louis-Philippe.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LMENT</span> XIV (le Pape), 1704-1774. -Laurent Ganganelli fut d'abord -franciscain. lev au Pontificat en -1769, dans les circonstances les -plus difficiles, ce Pape parvint -rtablir la paix. Aprs un examen -des plus minutieux. Clment XIV -abolit l'ordre des Jsuites, ce qui -fut un des grands actes de son -pontificat.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LOTILDE</span> (la princesse), ne en 1843. -La princesse Clotilde de Savoie, -fille du Roi Victor-Emmanuel II -et de l'archiduchesse Adlade -d'Autriche, pousa, en 1859, le -prince Jrme-Napolon. Ce mariage -fut le gage de l'alliance -franco-sarde.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OBOURG</span> (le duc Ernest II de Saxe) -***, 1818-1893.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OBOURG</span> (le prince Albert de Saxe) ***, -1819-1861. poux de la Reine -Victoria d'Angleterre.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OCHIN</span> (Augustin), 1823-1872. Administrateur -et publiciste franais, -Cochin faisait partie d'une foule -de Socits philanthropiques. En -1853, il devint maire de Paris; et, -aprs la guerre de 1870, M. Thiers -le nomma prfet de Versailles, o -il mourut. On a de lui beaucoup -d'crits, relatifs aux questions de -charit sociale, et beaucoup d'ouvrages -sur l'conomie politique.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OLLOREDO</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>) ***, ne -Sverne Potocka, en premires -noces Mme Sabańska.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OND</span> (le prince <span class="smallc">DE</span>), dit <i>le grand -Cond</i>. 1621-1686. Il s'illustra par -des victoires brillantes qui furent -couronnes, en 1648, par le trait -de Westphalie. Aprs s'tre jet, -d'une faon regrettable, dans les -intrigues de la Fronde, le prince -fut rtabli dans son commandement -et prit une part glorieuse -aux guerres de Flandre et de -Franche-Comt. Le grand Cond -mourut Chantilly. Bossuet pronona -son oraison funbre.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OSNAC</span> (Daniel <span class="smallc">DE</span>), 1630-1708. -Prlat franais, attach dans sa -jeunesse au prince de Conti, frre -du Grand Cond, Cosnac fut ml -de bonne heure beaucoup d'intrigues -<span class="pagenum"><a id="Page_449"> 449</a></span> -de cour, et rendit des -services Mazarin, qui pour l'en -rcompenser lui donna l'vch de -Valence, quoiqu'il n'et que vingt-quatre -ans. Devenu ensuite aumnier -de Monsieur, frre de -Louis XIV, Cosnac ne russit pas -auprs de ce Prince et s'attira une -disgrce. Il reparut la Cour, lors -de l'assemble du clerg, en 1682, -il y joua un rle actif et fut nomm, -en 1687, archevque d'Aix.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OUSIN</span> (Victor) *, 1792-1867. Philosophe -et crivain franais.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OWLEY</span> (lady). Olivia-Cecilia-Fitzgerald -de Ros pousa, en 1833, -lord Cowley.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OWLEY</span> (lord) ***, 1804-1884. Diplomate -anglais, neveu du duc de -Wellington, longtemps ambassadeur - Paris.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">RTINEAU-</span><span class="cap">J</span><span class="smallc">OLY</span> (Jacques), 1803-1875. -Littrateur franais. Aprs -avoir termin ses tudes au sminaire -de Saint-Sulpice, Crtineau-Joly -y fut charg, dix-neuf ans, -d'une classe de philosophie. Il -voyagea ensuite en Suisse et en -Allemagne et publia plusieurs ouvrages -historiques qui eurent -beaucoup de retentissement.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">RETON</span> (Nicolas-Joseph), 1798-1864. -Homme politique et jurisconsulte -franais.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ROIX</span> (Mlle Marguerite <span class="smallc">DE</span>), ne en -1832, pousa, en 1853, le marquis -de Caulaincourt, second fils -du duc et de la duchesse de -Vicence.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">UVILLIER-</span><span class="cap">F</span><span class="smallc">LEURY</span> (Alfred) **, 1802-1887. -Littrateur franais, prcepteur -du duc d'Aumale.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ZARTORYSKI</span> (le prince Adam) *, -1770-1861. Ancien ministre des -Affaires trangres d'Alexandre 1<sup>er</sup> -de Russie.</p> - -<p class="alphabet">D</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ABORMIDA</span> (le gnral), 1799-1865. -Le chevalier Giuseppe Dabormida, -major gnral dans l'arme sarde, -dput la premire lgislature, -ministre de la Guerre et de la -Marine en 1848; ministre des -Affaires trangres en 1852, donna -alors sa dmission, parce que le -trait conclu par le Pimont avec -la France et l'Angleterre ne contenait -aucun article qui dfendit -les droits des migrs lombards -dont l'Autriche avait confisqu les -biens. Dabormida fut de nouveau -ministre des Affaires trangres -en 1859.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ALMATIE</span> (le marquis <span class="smallc">DE</span>) ***, 1807-1857. -Fils du marchal Soult.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ECAZES</span> (lie, duc), 1780-1860. -Homme d'tat franais, ministre -sous Louis XVIII.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ELAROCHE</span> (Paul), 1797-1856. Peintre -franais, se consacra surtout aux -tableaux historiques. Il pousa une -fille d'Horace Vernet qui tait -d'une beaut remarquable.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ELMAR</span> (la baronne <span class="smallc">DE</span>), ne miss -Rumbold, pousa le baron de -Delmar, qui tait originaire de -Prusse. Il possdait une grosse -fortune et habitait toujours Paris -avec sa femme.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ENTU</span> (douard-Henri-Justin), 1830-1874. -diteur franais. Il avait la -spcialit de la vente des brochures -politiques et des crits de -<span class="pagenum"><a id="Page_450"> 450</a></span> -circonstance auxquels les vnements -du second Empire furent -particulirement favorables.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ERBY</span> (lord) *, 1799-1869. Edward-Geoffroy -Stanley, prit le titre de -comte de Derby en 1851. Homme -d'tat anglais.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ESSAU</span> (la princesse Marie-Anne -d'Anhalt), 1837-1906. Elle pousa, -en 1854, le prince Frdric-Charles -de Prusse, dont elle devint -veuve en 1885.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">EVONSHIRE</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>) *, 1802-1871. -William, duc de Devonshire, -descendant de l'ancienne -famille de Cavendish.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">IEPENBROCK</span> (le cardinal <span class="smallc">DE</span>). 1798-1853. -Le vicomte Melchior de -Diepenbrock suivit d'abord la carrire -des armes, et ce ne fut -qu'aprs 1815 qu'il se dcida -embrasser la carrire ecclsiastique. -Appel au sige piscopal -de Breslau en 1845, malgr la -rsistance du gouvernement prussien -qui ne lui pardonnait pas ses -sympathies en faveur de la Pologne, -il reut de Pie IX le chapeau -de cardinal. Diepenbrock -tait un prdicateur remarquable.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">OHNA</span> (le comte Fabian), 1802-1871. -Seigneur de Kunzendorf, -Landrat du cercle de Sagan. En -1829, il avait pous Mlle Marie -de Steinach.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">OHNA</span> (la comtesse Marie) **, 1805-1893, -ne Mlle de Steinach.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ON</span> <span class="cap">J</span><span class="smallc">UAN</span> (l'Infant), 1822-1887. Frre -du comte de Montemolin, second -fils de Don Carlos (Charles V). En -1847, l'Infant Don Juan pousa -l'archiduchesse Marie-Batrice -d'Autriche-Este.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ORIA-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">AMPHILY-</span><span class="cap">L</span><span class="smallc">ANDI</span> (le prince), -1813-1876. Le prince Doria avait -pous la fille de John Talbot, -sœur de la princesse Borghse.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ORIA-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">AMPHILY-</span><span class="cap">L</span><span class="smallc">ANDI</span> (la princesse), -1815-1858. Lady Mary Talbot, fille -de John Talbot, comte de Shrewsbury, -pouse du prince Doria-Pamphily. -Elle tait sœur de la -premire femme du prince Marc-Antoine -Borghse.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">OSNE</span> (Mme) *, ne en 1788 Mlle Matheron, -belle-mre de M. Thiers.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">OUGLAS</span> (lady), 1817-1887, plus tard -duchesse de Hamilton **, ne -princesse Marie de Bade.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">REUX-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">RZ</span> (le marquis <span class="smallc">DE</span>), 1797-1845, -officier franais. Il fut un -des chefs les plus ardents de l'opposition -lgitimiste.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ROUYN DE</span> <span class="cap">L'</span><span class="smallc">HUYS</span> (M.), 1806-1881. -Diplomate et homme d'tat franais, -ministre des Affaires trangres -sous le second Empire.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UCHATEL</span> (le comte), 1803-1867. -Charles-Marie, comte Duchtel, -fut dput et ministre dans plusieurs -cabinets sous le rgne de -Louis-Philippe, o il joua un rle -trs important dans les affaires -intrieures de la France. Depuis -la rvolution de 1848, le comte -Duchtel ne s'occupa plus de politique. -Il tait membre de l'Acadmie -des sciences morales et -politiques et aussi membre libre -de l'Acadmie des beaux-arts.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UCHATEL</span> (la comtesse) ***. Mlle gl, -fille de M. Paul.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UMONT</span> (Auguste), 1816-1887. -Homme politique franais, gendre -de l'imprimeur Boul.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UPANLOUP</span> (Mgr) **, 1802-1878. -<span class="pagenum"><a id="Page_451"> 451</a></span> -Flix-Philibert, vque d'Orlans -depuis 1849 et membre de l'Acadmie -franaise depuis 1854.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UPIN</span> (Andr-Marie-J.-J.) *, 1783-1865, -dit <i>Dupin l'an</i>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">URAZZO</span> (le marquis <span class="smallc">DE</span>), 1781-1855. -Giacomo-Philippo de Durazzo.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">URAZZO</span> (la marquise <span class="smallc">DE</span>), ne en -1803. Thrse Spinola, marquise -de Durazzo.</p> - -<p class="alphabet">E</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">LLICE</span> (les deux misses). Filles de -l'honorable douard Ellice et de -son mariage avec la fille ane de -Charles, comte de Grey.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">STERHAZY</span> (le prince Paul) *, 1786-1866. -Diplomate autrichien.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">STERHAZY</span> (la comtesse), 1798-1869. -La princesse Sophie Lichtenstein -pousa, en 1817, le comte Vincent -Esterhzy dont elle devint -veuve en 1835. Au moment du -mariage de l'Empereur Franois-Joseph -I<sup>er</sup> avec la princesse lisabeth -de Bavire, la comtesse -Esterhzy fut nomme grande-matresse -de cour de la jeune Impratrice -d'Autriche.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">U</span> (le comte <span class="smallc">D'</span>) **, n en 1842. -Gaston d'Orlans, fils an du duc -de Nemours.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">UGNIE</span> (l'Impratrice), ne en 1826. -Eugnie de Montijo, fille du comte -Cyprien de Montijo, duc de Penaranda. -Clbre par sa beaut, -Mlle de Montijo pousa, en 1853, -l'Empereur Napolon III.</p> - -<p class="alphabet">F</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ALLOUX</span> (le comte Alfred <span class="smallc">DE</span>) ***, -1811-1885. Homme politique franais, -grand ami de la famille Castellane.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ALLOUX</span> (Mlle Loyde <span class="smallc">DE</span>), 1842-1881. -Fille du comte et de la comtesse -Alfred de Falloux. Infirme, elle -ne s'est jamais marie.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ANTI</span> (le gnral), 1810-1865. N -dans le duch de Modne, Fanti -prit une part active, en 1831, -dans le mouvement contre le -grand-duc de ce pays. Rfugi en -Espagne en 1835, il y combattit -contre don Carlos. En 1848, la -nouvelle du soulvement de l'Italie, -Fanti accourut en Lombardie, o le -Roi Charles-Albert lui donna un -commandement. Il commanda la -2<sup>e</sup> brigade en Crime, la 2<sup>e</sup> division -en 1859, comme lieutenant-gnral, -et, en 1860, devint ministre -de la Guerre, puis snateur. -En 1862, il tait commandant du -5<sup>e</sup> dpartement militaire.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ARINI</span> (Louis-Charles), 1812-1866. -N dans les tats Pontificaux, -Farini fut d'abord mdecin. Trs -ml aux agitations librales en -Italie, il devint sous-secrtaire -d'tat au ministre de l'Intrieur, - Turin, en 1847; puis dput en -1848, et ministre de l'Instruction -publique en 1850. Farini exera -les fonctions de dictateur Modne -en 1859. En octobre 1860, -il fut envoy Naples en qualit -de lieutenant du Roi et de commissaire -extraordinaire. En 1861, -Farini devint ministre d'tat, et, -en 1862, prsident du Conseil.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">AVRE</span> (Jules), 1809-1880. Avocat et -homme politique franais, connu -par ses opinions rpublicaines. -<span class="pagenum"><a id="Page_452"> 452</a></span> -lu dput, Jules Favre fit -l'Empire une opposition trs vive, -et, en 1870, en proposa la dchance. -Nomm alors membre -du gouvernement de la Dfense -nationale, il conduisit, avec plus de -zle que d'habilet, les ngociations -avec l'Allemagne, la suite -de la guerre. Jules Favre tait -membre de l'Acadmie franaise.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">AUCHER</span> (Lon), 1803-1854. conomiste -et homme d'tat franais. -En 1851, Lon Faucher devint ministre -de l'Intrieur, mais, au lendemain -du coup d'tat, il donna -sa dmission. Membre de l'Acadmie -des sciences morales et politiques, -Faucher fit de grands travaux -sur les finances et l'conomie -politique avec ses amis Michel -Chevalier et Louis Wolowski.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ELETZ</span> (Charles-Dorimond <span class="smallc">DE</span>), 1767-1850. -Aimable causeur, critique -spirituel, Feletz fut pendant quelque -temps attach la rdaction -du journal des <i>Dbats</i>. Conservateur -de la bibliothque Mazarine, -membre de l'Acadmie franaise, -il prit une part active aux travaux -de cette compagnie.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">EZENSAC</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>), 1784-1867. -Raimon-mery-Philippe de Montesquiou-Fezensac, -gnral, pair -de France, fit les guerres du premier -Empire, se rallia au gouvernement -de Louis-Philippe et ne -prit sa retraite qu'aprs la rvolution -de 1848. Le duc de Fezensac -employa ses loisirs crire -ses souvenirs militaires.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ICQUELMONT</span> (le comte Charles <span class="smallc">DE</span>) **, -1777-1875. Diplomate et homme -d'tat autrichien.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ICQUELMONT</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>). Dolly de -Tysenhaus: famille d'origine russe.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ILANGIERI</span> (le gnral), 1783-1867. -Charles Filangieri, gnral napolitain, -mais ayant t lev en -France, o il avait fait ses premires -armes dans l'arme franaise -sous Napolon I<sup>er</sup>. Filangieri -fut toujours jaloux du rle jou -dans son pays par le gnral Pepe. -En 1848, il commanda l'expdition -destine soumettre la Sicile, -ce qui lui russit pleinement et le -fit nommer Vice-Roi de l'le. Appel, -en 1857, par Franois II -son avnement, au poste de premier -ministre, Filangieri ne sut -pas raliser les esprances que -l'on avait fondes sur lui pour -sauver la Monarchie.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">LAHAUT</span> (le gnral comte <span class="smallc">DE</span>) *, -1785-1870. Aide de camp de -Napolon I<sup>er</sup>, diplomate franais.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">LAMARENS</span> (le comte Grossoles DE), -1806-1879. Il entra d'abord dans -la carrire diplomatique: en 1848, -Flamarens soutint vivement l'lection -du prince Louis-Napolon -la prsidence de la Rpublique, -dans le dpartement du Gers. Cr -snateur en 1854, le comte de -Flamarens devint chambellan honoraire -de l'Empereur Napolon III -en 1864.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">LAVIGNY</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>), 1799-1873. -Maurice de Flavigny avait, dans -sa jeunesse, rempli les fonctions -de secrtaire auprs de M. de Polignac. -Il fit partie de la Chambre -des Pairs et plus tard, sous le second -Empire, fut, pendant de -longues annes, dput du dpartement -d'Indre-et-Loire.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_453"> 453</a></span></div> -<p class="cap">F<span class="smallc">LAVIGNY</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>), ne en -1811. Mathilde de Montesquiou-Fezensac -pousa le comte Maurice -de Flavigny. Elle a publi -plusieurs livres de prires fort -estims, et pendant le sige de -Paris, la comtesse prit la direction -du Comit des dames qui firent -le service des ambulances.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">LEURY</span> (le comte mile-Flix), -1815-1884. Gnral franais, snateur -et premier cuyer de Napolon -III.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">LEURY</span> (la comtesse), 1835-1890, -ne Calley de Saint-Paul, sœur de -la duchesse d'Isly; elle avait pous -le comte Fleury, grand cuyer -la cour de Napolon III.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">œRSTER</span> (Henri), 1799-1881. Chanoine -du diocse de Breslau: -Henri Fœrster fut sacr vque en -1853 et prit alors possession du -trne piscopal de Breslau. Ayant -fait opposition en 1875 aux lois de -mai en Prusse, Mgr Fœrster fut -exil et dut se rfugier dans sa -rsidence de Johannisberg, en -Silsie autrichienne, qui faisait -aussi partie de son diocse.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ONTANES</span> (Louis <span class="smallc">DE</span>) **, 1757-1821. -Grand-matre de l'Universit et -snateur sous le premier Empire.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ORBIN-</span><span class="cap">J</span><span class="smallc">ANSON</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>), 1777-1841. -Louis-Auguste de Forbin, -peintre et archologue franais, -avait commenc par la carrire des -armes. Il fut, pendant quelque -temps, chambellan de la princesse -Pauline Borghse, et l'poque de -la Restauration, M. de Forbin fut -nomm directeur des muses -royaux. Il conserva ce poste sous -Louis-Philippe.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">OULD</span> (Achille), 1800-1867. Membre -de la Constituante en 1848, Achille -Fould fut ministre des Finances -d'abord en 1849 sous la Prsidence -et ensuite en 1852, aprs le coup -d'tat. De 1853 1857, il fut -ministre de la maison de Napolon -III; devint snateur et membre -de l'Acadmie des beaux-arts.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">OULD</span> (Bndict), 1792-1858. Fils -d'un banquier isralite qui avait -fond l'importante maison de banque -Fould-Oppenheim et C<sup>ie</sup>. Bndict -Fould fut dput en 1834 -et chevalier de la Lgion d'honneur -depuis 1843.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">RANOIS</span> II d'Autriche (l'Empereur), -1768-1835. Son rgne fut marqu -par les luttes contre Napolon I<sup>er</sup>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">RANOIS-</span><span class="cap">J</span><span class="smallc">OSEPH</span> I<sup>er</sup> d'Autriche, n en -1830. Monta sur le trne en 1848.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">RANOIS</span> II, Roi de Naples, 1836-1894. -Dernier Roi des Deux-Siciles. -Mont sur le trne en 1859, -aprs avoir pous la princesse -Sophie de Bavire, il vit, en 1860, -Garibaldi (avec les mille) dbarquer -d'abord Marsala, et entrer -ensuite Naples. Ayant accord -une Constitution ses sujets, -Franois II se rfugia Gate, o, -aprs une courageuse dfense, la -place fut oblige de capituler en -1861. Franois II se retira alors - Paris o il passa les dernires -annes de sa vie.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">REY</span> (Mrs Elizabeth) ***, 1780-1865. -Toute sa vie fut consacre -aux œuvres de pit et de bienfaisance.</p> - - -<p class="alphabet">G</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ADUEL</span> (l'abb), 1811-1888. Jean-Pierre-Laurent -<span class="pagenum"><a id="Page_454"> 454</a></span> -Gaduel, chanoine -thologal d'Orlans, trs attach -la personne de Mgr Dupanloup, -dont il partagea les travaux. -L'abb Gaduel a laiss plusieurs -ouvrages de pit.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ALLIFFET</span> (la marquise <span class="smallc">DE</span>), morte -en 1901, ne Laffite.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ALLIERA</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>), 1803-1876. -Rafale Ferrari, financier italien, -tabli Paris, avait hrit de son -pre une immense fortune. A partir -de 1850, le duc de Galliera -s'intressa dans presque toutes les -affaires de l'Europe, spcialement -dans les entreprises des chemins -de fer franais. En 1874, il donna - Gnes, sa ville natale, une somme -de vingt millions, destine l'amlioration -du port.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ALLIERA</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>) ***, 1812-1888. -Marie, fille ane du marquis -de Brignole-Sale.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ARIBALDI</span> (Joseph), 1807-1882. Patriote -italien. Aprs avoir men -une vie d'aventures, il combattit, -pour l'unification de l'Italie, contre -les Autrichiens, contre le royaume -de Naples et contre le pouvoir -pontifical.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">EORGE</span> IV d'Angleterre (le Roi) *, -1762-1830. Rgent en 1810, il -monta sur le trne en 1820.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">NES</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>), 1822-1855. Second -fils du Roi Charles-Albert de -Sardaigne. Prince plein de bravoure -et de brillantes qualits, -s'tait fort distingu dans la -guerre du Pimont contre l'Autriche, -1848-1849. En 1850, le duc -de Gnes pousa Dresde la princesse -lisabeth de Saxe.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">NES</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>), ne en 1830. -lisabeth, princesse de Saxe, -pousa le duc de Gnes en 1850. -Devenue veuve en 1855, la duchesse -de Gnes se remaria morganatiquement -en 1856, Stresa, -avec le marquis Rampallo, qui -mourut lui-mme en 1882.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ENLIS</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>), 1746-1830. Flicit -Ducrest de Saint-Aubin, -pousa l'ge de quinze ans le -comte de Genlis. Elle fut l'ins -titutrice -des enfants du duc d'Orlans.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ERLACH</span> (le gnral Lopold <span class="smallc">DE</span>) ***, -1790-1861. Ancien aide de camp -du prince de Prusse, puis gnral -aide de camp du Roi Frdric-Guillaume -IV.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ERLACH</span> (M. Ernest-Louis <span class="smallc">DE</span>), 1795-1871. -Homme politique prussien. -Aprs les vnements de 1848, -Gerlach devint le chef des ractionnaires -et du parti de la <i>Croix</i> -penchant du ct des pitistes. -Devenu directeur de la <i>Nouvelle -Gazette de Prusse</i>, il acquit une -influence considrable sur l'esprit -du Roi Frdric-Guillaume IV. En -1850, Gerlach fit partie du congrs -d'Erfurth.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ONTAUT-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">IRON</span> (la comtesse Charles -<span class="smallc">DE</span>), 1794-1869. Adle de Rohan-Chabot, -fille du duc de Rohan et -de Mlle de Montmorency, avait -pous en 1812 le comte Charles -de Gontaut-Biron.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ORTSCHAKOFF</span> (le prince), 1798-1883. -Il commena sa carrire diplomatique -aux congrs de Laybach et -de Vrone. Devenu secrtaire -d'ambassade en 1824, puis charg -d'affaires, il arriva au poste de -Stuttgard, o il ngocia le mariage -<span class="pagenum"><a id="Page_455"> 455</a></span> -de la grande-duchesse Olga de -Russie avec le Prince Royal de -Wrtemberg. Gortschakoff fut -alors nomm conseiller intime et, -aprs avoir t ambassadeur -Vienne, fut appel remplacer -le comte de Nesselrode aux Affaires -trangres. En 1863, il fut -lev la dignit de Chancelier -de l'Empire de Russie.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">OYON</span> (le gnral <span class="smallc">DE</span>), 1802-1870. -Sorti en 1821 de l'cole de Saint-Cyr, -le comte de Goyon suivit -tous les grades et devint en 1853 -gnral de division. Nomm aide -de camp de Napolon III, Goyon -fut appel, en 1859, au commandement -du corps d'occupation de -Rome. En 1862, il devint snateur -et en 1867 il fut plac la tte -du 6<sup>e</sup> corps d'arme Toulouse.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RAHAM</span> (sir James) *, 1792-1861. -Homme politique anglais.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RAMONT</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>), 1819-1880. -Connu d'abord sous le nom de duc -de Guiche **, diplomate franais.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RANVILLE</span> (lord) *, 1815-1891. Diplomate -anglais, connu d'abord -sous le nom de George Leveson -***.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RANVILLE</span> (lady). Fille du duc de -Dalberg, elle avait pous en premires -noces lord Acton, dont elle -eut un fils.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RCE</span> (la Reine Amlie <span class="smallc">DE</span>) ***, -1818-1867. Fille du grand-duc -d'Oldenbourg.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RGOIRE</span> VII(le Pape) **, 1015-1085. -Hildebrand fut lu au pontificat -en 1073.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RGOIRE</span> XVI (le Pape), 1765-1846. -Mauro Cappellari, abb de l'ordre -des Camaldules, fut lev en 1831 -au trne pontifical. Le 28 dcembre -1842, le Pape Grgoire XVI -reut la marquise de Castellane -(Pauline de Prigord) en audience -spciale. Sa Saintet, prenant alors -sur son bureau des papiers qui y -taient rangs, lui demanda si elle -les reconnaissait. C'tait <i>la rtractation</i> -signe par le prince de -Talleyrand, le matin du jour de -sa mort, et la lettre qui l'accompagnait. -<i>Ces papiers ne quittent -pas ma table</i>, lui dit le Pape, -<i>ils m'ont apport la plus vive -consolation que j'aie ressentie -depuis mon pontificat</i>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">REY</span> (lord), n en 1825. George -Grey fut cuyer du prince de -Galles et capitaine aux grenadiers-gardes -en Angleterre.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RIESHEIM</span> (le gnral <span class="smallc">DE</span>), 1798-1854. -Charles-Gustave de Griesheim -tait commandant des forteresses -de Coblence et d'Ehrenbreitstein, -dans la Prusse rhnane. -Il fit, pendant quelque -temps, partie de l'tat-major du -prince de Prusse et mourut Coblence.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ROEBEN</span> (le gnral <span class="smallc">DE</span>) ***, 1788-1876. -Le comte Charles de Grœben -tait aide de camp du Roi -Frdric-Guillaume IV.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ROTE</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>) ***, 1799-1876. -Premire dame la cour du -Roi de Hanovre.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">UIZOT</span> (Franois-Pierre-Guillaume) *, -1767-1874. Homme d'tat franais.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">YULAY</span> (le gnral), 1798-1868. Le -comte Franois Gyulay, feld-marchal -autrichien, suivit, depuis sa -jeunesse, la carrire des armes. Il -<span class="pagenum"><a id="Page_456"> 456</a></span> -fut investi en 1847 du commandement -militaire de Trieste et contribua -alors puissamment sauver -la marine de l'Autriche pendant -la rvolution italienne de 1848 -1849. En 1859, lorsque la guerre -clata, Gyulay reut le commandement -du II<sup>e</sup> corps, avec l'ordre -d'envahir le Pimont. Il s'avana -vers le Tessin, mais l'arrive de -l'arme franaise en Italie le -fora se replier. Battu Montebello, -Gyulay subit Magenta -une dfaite complte qui le fit -reculer sur Milan.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">UICHE</span> (Duc <span class="smallc">DE</span>), 1819-1880. Voir -<span class="smallc">Duc de Gramont</span>.</p> - - -<p class="alphabet">H</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AHN-</span><span class="cap">H</span><span class="smallc">AHN</span> (la comtesse Ida <span class="smallc">DE</span>), 1805-1880. -Fille du comte Charles de -Hahn, pousa en 1826 son cousin, -le comte Frdric-Guillaume-Adolphe -de Hahn-Hahn, dont elle -se spara en 1829. La comtesse -Ida voyagea alors pendant plusieurs -annes, se fit catholique en -1850, fonda un couvent Mayence -o elle vcut et mourut. La comtesse -de Hahn-Hahn est l'auteur -de plusieurs livres religieux.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AMMERSTEIN</span> (le baron Gustave <span class="smallc">DE</span>), -1817-1875. Gnral distingu de -l'arme autrichienne, chambellan - la cour de l'Empereur Franois-Joseph, -le baron de Hammerstein -fut employ dans plusieurs missions -hors de son pays, et il dut, -entre autres, accompagner en -1851 le Roi de Prusse l'entrevue -d'Ischl.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AMILTON</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>) **, 1817-1887. -Princesse Marie de Bade.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ANOVRE</span> (le Roi Ernest <span class="smallc">DE</span>) ***, -1771-1851. D'abord duc de Cumberland, -il monta sur le trne de -Hanovre en 1837.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ARCOURT</span> (la comtesse <span class="smallc">D'</span>), morte en -1893. Ne de Sainte-Aulaire, la -comtesse d'Harcourt crivit un -livre trs intressant sur la duchesse -d'Orlans.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AUGWITZ</span> (le comte Eugne <span class="smallc">DE</span>) ***, -1777-1867. Feld-marchal autrichien.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AUSSONVILLE</span> (le comte <span class="smallc">D'</span>), 1809-1884. -Othenin de Clron, comte -d'Haussonville. Homme politique -et historien franais. Ses ouvrages -le firent lire l'Acadmie franaise. -Aprs 1870, le comte -d'Haussonville fut un des plus actifs -fondateurs de la <i>Socit de -protection des Alsaciens-Lorrains</i>. -Il fut lu snateur aprs avoir t -dput de Seine-et-Marne l'Assemble -nationale de 1871. En -1836, le comte d'Haussonville -avait pous la sœur du duc Albert -de Broglie.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ATZFELDT</span> (le comte Max <span class="smallc">DE</span>) ***, -1813-1859. Diplomate prussien.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ATZFELDT</span> (la comtesse Max <span class="smallc">DE</span>), -1823-1895. Mlle Pauline de Castellane -pousa en 1844, Paris, le -comte Max de Hatzfeldt, qui fut -pendant de longues annes ministre -de Prusse Paris. Devenue -veuve en 1859, elle pousa en -1861 le duc de Valenay, plus -tard duc de Talleyrand et de Sagan.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AUTEFORT</span> (Marie <span class="smallc">DE</span>), 1616-1691. -Duchesse de Schomberg. Dame -<span class="pagenum"><a id="Page_457"> 457</a></span> -d'atour de la Reine Anne d'Autriche. -Elle avait t leve par sa -grand'mre, Mme de la Flotte-Hauterive. -Mlle de Hautefort tait -une des dames les plus distingues -du dix-septime sicle. Louis XIII -avait de l'amiti pour elle, mais -Richelieu l'loigna de la cour pour -avoir pris part quelques intrigues -contre ce ministre, et son -opposition envers Mazarin lui fit -subir une nouvelle disgrce.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AYNAU</span> (le baron Jules-Jacques <span class="smallc">DE</span>) -***, 1786-1853. Militaire au service -de l'Autriche.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ENRIETTE D'</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">NGLETERRE</span> (la Reine), -1609-1669. Henriette-Marie de -France, fille du Roi Henri IV et de -Marie de Mdicis, pousa en 1625 le -Roi Charles I<sup>er</sup> d'Angleterre. Son -oraison funbre fut prononce par -Bossuet.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ENSEL</span> (Guillaume) ***, 1794-1861. -Peintre, dessinateur trs rpandu -dans la socit berlinoise.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ESS</span> (le gnral, baron <span class="smallc">DE</span>) ***, -1788-1863. Militaire au service de -l'Autriche.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ESSE</span> (le landgrave Frdric <span class="smallc">DE</span>), -1828-1884. Ce prince avait pous -en premires noces une grande-duchesse -de Russie, fille de l'Empereur -Nicolas I<sup>er</sup>, et en deuximes -noces, il se remaria en 1853 avec -la princesse Anna de Prusse, fille -du prince Charles.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ESSE-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">ASSEL</span> (l'lecteur Guillaume -<span class="smallc">DE</span>) ***, 1777-1847.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ESSE-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">HILIPPSTHAL-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">ARCHFELD</span> (le -landgrave Alexis <span class="smallc">DE</span>), n en 1829. -Mari en 1854 avec la princesse -Louise de Prusse, fille du prince -Charles.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">EYDT</span> (Auguste <span class="smallc">VON DER</span>), 1801-1874. -Homme d'tat prussien. Directeur -de la banque prussienne Berlin -en 1851, puis ministre de l'intrieur -et du commerce. Sous le -ministre Auerswald, von der -Heydt prit le portefeuille des -Finances; mais, en 1862, lorsque -Bismarck arriva au pouvoir, il se -retira dans la vie prive pour -reparatre un moment aux Finances -en 1866.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OHENZOLLERN-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">IGMARINGEN</span> (le prince -Antoine <span class="smallc">DE</span>), 1811-1885. Chef de -la branche ane de la maison de -Hohenzollern. Catholique, gnral -d'infanterie dans l'arme prussienne. -En 1858, le prince de -Hohenzollern fut plac, avec le -titre de ministre prsident, la -tte du cabinet libral prussien et -devint ensuite gouverneur militaire -des provinces du Rhin et de -la Westphalie.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OHENZOLLERN</span> (la princesse <span class="smallc">DE</span>), ne -en 1845. Antonia, infante de Portugal, -pousa Lisbonne en 1861 -le prince Lopold de Hohenzollern-Sigmaringen -qui devint en -1885, la mort de son pre, chef -de cette ligne princire.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OHENLOHE-</span><span class="cap">I</span><span class="smallc">NGELFINGEN</span> (le prince -Adolphe <span class="smallc">DE</span>), 1797-1873. Gnral -de cavalerie au service de Prusse, -membre du conseil d'tat et membre -hrditaire de la Chambre des -Seigneurs, dont il fut le prsident -durant de longues annes.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OHENLOHE-</span><span class="cap">I</span><span class="smallc">NGELFINGEN</span> (le prince -Kraft <span class="smallc">DE</span>), 1827-1892. Gnral -d'artillerie dans l'arme prussienne. -Au commencement du -rgne de Guillaume I<sup>er</sup>, le prince -<span class="pagenum"><a id="Page_458"> 458</a></span> -Kraft de Hohenlohe fut durant -quelque temps son aide de camp.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OLLAND</span> (lord), 1802-1859. Henry-douard, -quatrime lord Holland, -diplomate anglais, fut plusieurs -annes ministre d'Angleterre -Florence. Il avait pous la fille du -comte de Coventry. Lord Holland -mourut sans laisser d'enfants et -en lui s'teignit le titre fond par -le Roi Georges III en faveur de -Stephen Fox, le clbre rival du -premier Pitt.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OLLAND</span> (lady Maria-Augusta) ***, -1812-1890. Fille du comte de Coventry.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OLLANDE</span> (la Reine <span class="smallc">DE</span>), 1818-1877. -La princesse Sophie, fille du premier -Roi de Wrtemberg, pousa -en 1839 Guillaume III, Roi de -Hollande. Elle fut trs lie d'amiti -avec l'Empereur Napolon III.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OLSTEIN</span> (le gnral, prince <span class="smallc">DE</span>), -1810-1871. Gnral au service -prussien, gouverneur de Mayence.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">BNER</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>) **, 1811-1892. -Diplomate autrichien.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">UMBOLDT</span> (Alexandre <span class="smallc">DE</span>) **, 1769-1858. -Grand naturaliste et savant -allemand.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">UME.</span> Spirite venu d'Amrique -Paris en 1857 o il a fait beaucoup -parler de lui.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">UNIADY</span> (la comtesse Julie <span class="smallc">DE</span>), ne -en 1831. Fille du comte Franois -Huniady, chambellan de l'Empereur -d'Autriche, elle pousa en -1853 le prince Michel Obrenowitch -de Serbie.</p> - -<p class="alphabet">I</p> - -<p class="cap">I<span class="smallc">MPRIAL</span> (le Prince), 1856-1879. -Eugne-Louis-Jean-Joseph-Napolon, -fils unique de l'Empereur -Napolon III et de l'Impratrice -Eugnie, mort au Zoulouland o -il fut tu l'ennemi le 1<sup>er</sup> juin -1879.</p> - -<p class="cap">I<span class="smallc">NS DE</span> <span class="cap">C</span><span class="smallc">ASTRO.</span> Femme clbre par -sa beaut et ses malheurs, assassine -en 1355. Elle avait pous -l'infant Pierre de Portugal.</p> - -<p class="cap">I<span class="smallc">SABELLE</span> II. Reine d'Espagne *, -1830-1904. Succda son pre le -Roi Ferdinand VII.</p> - -<p class="cap">I<span class="smallc">STRIE</span> (la duchesse <span class="smallc">D'</span>) ***. Ne la -Grange, elle avait pous le marchal -Bessires.</p> - - -<p class="alphabet">J</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">ARNAC</span> (Philippe de Chabot, comte -<span class="smallc">DE</span>), **, 1815-1875. Diplomate -franais.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">ELLACHICH DE</span> <span class="cap">B</span><span class="smallc">UZIM</span> (le gnral <span class="smallc">DE</span>) -***, 1801-1859. Ban de Croatie.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">OINVILLE</span> (le prince <span class="smallc">DE</span>) **, 1818-1900. -Franois d'Orlans, fils du -Roi Louis-Philippe.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">OINVILLE</span> (la princesse <span class="smallc">DE</span>) ***, 1824-1898. -Fille de l'Empereur du -Brsil.</p> - - -<p class="alphabet">K</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">ALERGIS</span> (Mme), 1823-1874. Marie, -fille du comte Frdric-Charles -de Nesselrode, pousa, en 1839, -M. Jean de Kalergis qui tait d'origine -grecque. Devenue veuve -en 1863, Mme Kalergis se remaria -avec M. Serge Muchanow, colonel -russe, qui avait t matre -de la police Varsovie. lve de -<span class="pagenum"><a id="Page_459"> 459</a></span> -Chopin, elle charmait tout le -monde par son beau talent sur le -piano.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">ANITZ</span> (le comte Rodolphe), 1822-1902. -Aide de camp du Roi Guillaume -I<sup>er</sup> de Prusse et plus tard -gnral. Il avait pous la comtesse -Louise Schwerin, dame -d'honneur de l'Impratrice Augusta -d'Allemagne.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">AROLYI</span> (le comte Louis), 1825-1889. -Diplomate autrichien. Aprs -avoir occup plusieurs postes en -Europe, le comte Louis Karolyi -prit part, aprs la guerre d'Italie, - la confrence de Zurich, puis il -fut nomm ministre Berlin o il -resta jusqu' la rupture entre -l'Autriche et la Prusse en 1866. -En 1871, le comte Karolyi revint - Berlin comme ambassadeur; il y -assista au Congrs en 1878 et fut -nomm ensuite ambassadeur -Londres o il conserva ce poste -jusqu'en 1888.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">ELLER</span> (le comte Alexandre <span class="smallc">DE</span>), -1801-1879. Marchal de cour du -Roi Frdric-Guillaume IV de -Prusse. En 1838, il avait pous -une comtesse Stolberg.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">ETTLER</span> (le baron <span class="smallc">DE</span>), 1811-1877. -Guillaume-Emmanuel de Kettler, -n Mnster. Aprs avoir servi -quelque temps dans l'administration, -le baron de Kettler entra -dans les ordres en 1846. Il tait -membre du parlement de Francfort -en 1848, et en 1850, il fut -appel l'vch de Mayence. Ds -lors, Mgr Kettler eut une grande -autorit dans l'piscopat allemand.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">ISSLEFF</span> (le comte Nicolas) ***. -Mort en 1869. Diplomate russe.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">ISSLEFF</span> (le gnral, comte <span class="smallc">DE</span>), -1788-1872. Ayant pris part aux -guerres du commencement du -dix-neuvime sicle, Kissleff fut -nomm aide de camp de l'Empereur -Alexandre I<sup>er</sup> et suivit ce souverain -au congrs de Vienne. En 1828, -Kissleff fit la campagne contre les -Turcs et fut envoy de 1829 -1834 dans les principauts de la -Valachie et de la Moldavie, occupes -alors par les troupes russes, -o il exera un pouvoir dictatorial. -Nomm plnipotentiaire au congrs -de Paris en 1856, et ensuite -ambassadeur la cour de Napolon -III, le comte de Kissleff y -garda ses fonctions jusqu'en 1862.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">OSSUTH</span> (Louis) ***, 1802-1894. Chef -de la rvolution hongroise en 1848.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">UBECK DE</span> <span class="cap">K</span><span class="smallc">BAU</span> (Charles-Frdric) -***, 1780-1855. Homme d'tat -autrichien.</p> - - -<p class="alphabet">L</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ACORDAIRE</span> (Henri) **, 1802-1861. -Clbre prdicateur dominicain -franais.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ACRETELLE</span> (Charles) dit <i>le Jeune</i>, -1766-1855. Historien franais. -Lacretelle fit paratre plusieurs -ouvrages historiques qui eurent -de suite une certaine rputation et -le firent nommer, en 1809, professeur -d'histoire la Facult de -Paris. Il y resta jusqu'en 1853. -Lacretelle fut admis l'Acadmie -franaise et Louis XVIII l'anoblit -pendant son rgne.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">M</span><span class="smallc">ARMORA</span> (le gnral Alphonse, -marquis <span class="smallc">DE</span>), 1804-1878. En 1823, -Alphonse de la Marmora sortit de -<span class="pagenum"><a id="Page_460"> 460</a></span> -l'Acadmie militaire de Turin -comme lieutenant d'artillerie; il -se distingua la bataille de Pastrengo -en 1848 et dlivra Charles-Albert -le 5 aot de la mme anne, -lorsque sa vie tait menace - Milan, dans le palais Greppi o -la foule exaspre l'avait assig. -Nomm gnral en 1848, Alphonse -de La Marmora fut deux reprises -ministre de la Guerre. A la tte -de la division pimontaise en Crime, -il y remporta une victoire la -Tchernaa qui lui donna une belle -aurole militaire. Prsident du cabinet -de 1864 1866. La Marmora -conclut l'alliance italo-prussienne -en 1866, grce laquelle -Venise fut rendue l'Italie.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AMARTINE</span> (Alphonse <span class="smallc">DE</span>) **, 1790-1869. -Pote et homme politique -franais.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AMORICIRE</span> (le gnral <span class="smallc">DE</span>), 1806-1865. -Envoy tout jeune officier -en Algrie, Lamoricire s'y distingua -aussitt et fut grivement -bless au sige de Constantine en -1837. Devenu gnral en 1848, -Lamoricire devint ministre de la -guerre sous la prsidence du gnral -Cavaignac; il fut arrt au -coup d'tat et ne rentra en France -qu'en 1857. Appel organiser -l'arme pontificale, Lamoricire -fut battu Castelfidardo le 18 septembre -1860 par le gnral Cialdini, -et dut capituler Ancne.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AMORICIRE</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>). Amlie Gaillard -de Ferr d'Auberville pousa -en 1847 le gnral de Lamoricire, -auquel elle survcut et dont -elle eut deux filles.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AMBRUSCHINI</span> (le cardinal Louis), -1776-1854. Archevque de Gnes, -nonce Paris en 1832, Lambruschini -devint en 1836 secrtaire -d'tat sous le Pape Grgoire XVI. -Il suivit le Pape Pie IX Gate -aprs les vnements de 1848.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">F</span><span class="smallc">ERRONNAYS</span> (les). Le nom patronymique -des La Ferronnays est -Ferron. Les Ferron sont de trs -ancienne noblesse bretonne. Les -plus vieux documents qui les concernent -remontent 1160.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">F</span><span class="smallc">ERT</span> (le comte Hubert <span class="smallc">DE</span>) ***, -1806-1872. Dvou serviteur du -comte de Chambord.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">F</span><span class="smallc">ERT</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>). Elle tait -la fille du comte Mol.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">G</span><span class="smallc">RANGE</span> (la marquise <span class="smallc">DE</span>), ne -Flavigny. Son mari, Gustave Lelivre, -marquis de La Grange, -tait fils de Mlle de Beauvau: il -tait attach comme cuyer la -cour de l'Impratrice Eugnie.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">EDORTE</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>) ***, -morte en 1885. Louise Suchet, -fille du marchal d'Albufra.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">OCHEJAQUELEIN</span> (Auguste du Vergier, -comte <span class="smallc">DE</span>) ***, 1784-1868. -Officier franais.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">OCHEJAQUELEIN</span> (Georges, marquis -<span class="smallc">DE</span>) ***, 1805-1867. Snateur -sous le second Empire.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">OCHELAMBERT</span> (la marquise <span class="smallc">DE</span>), -1801-1893. Elle tait ne Bruges -et survcut longtemps son -mari, qui avait t snateur sous -le second Empire. Mme de La -Rochelambert avait habit longtemps -Berlin dans sa jeunesse.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AMENNAIS</span> (l'abb <span class="smallc">DE</span>) *, 1782-1854, -philosophe et thologien -franais, rvolutionnaire, condamn -en Cour de Rome.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_461"> 461</a></span></div> -<p class="cap">L<span class="smallc">AVAL</span> (la vicomtesse <span class="smallc">DE</span>), 1745-1838. -Ne Tavernier de Boullongne, -grande amie du prince de -Talleyrand.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">V</span><span class="smallc">ALETTE</span> (le marquis <span class="smallc">DE</span>), 1806-1881. -Diplomate franais; ayant -une grande connaissance de l'Orient -o il avait occup deux fois -le poste de Constantinople. En -1861, le marquis de La Valette -passa au poste de Rome; puis, en -1868, il devint ministre des Affaires -trangres. Il avait pous en -premires noces Mme Welles et en -secondes noces une fille du comte -de Flahaut.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EDIEU</span> (Franois). Ecclsiastique n - Pronne, mort en 1713 Paris. -Attach la personne de Bossuet -en qualit de secrtaire, Ledieu -crivit un journal o il notait les -faits et gestes de son auguste -matre. En 1856, l'abb Guettie -publia ce journal.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EFEBVRE</span> (Armand-douard), 1807-1864. -Diplomate franais. Sous le -second Empire, en 1852, Lefebvre -devint directeur des affaires politiques -au ministre des Affaires -trangres.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EHON</span> (la comtesse) ***, morte en -1880. Ne Mathilde de Mosselmann.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EHON</span> (Mlle Louise), ne en 1838. -Fille du comte et de la comtesse -Lehon, Mlle Louise pousa, en -1856, Paris, le prince Stanislas-Auguste -Poniatowski et de Monte-Rotondo.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EININGEN</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>), 1794-1869. -Charles-Thodore, comte de Leiningen, -major-gnral au service -badois. Il avait pous en 1822 la -comtesse Westerholt de Gysenberg, -dont il devint veuf en 1852.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EMOINNE</span> (John), 1815-1893. Publiciste -franais, membre de l'Acadmie -franaise. Les langues franaise -et anglaise lui taient aussi -familires l'une que l'autre, avantage -dont le directeur du <i>Journal -des Dbats</i> sut profiter en lui confiant, -en 1840, la correspondance -anglaise de son journal, auquel -M. Lemoinne n'a jamais cess -d'appartenir. Il en devint plus -tard le rdacteur en chef.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ENORMANT</span> (Mme), 1817-1893. -Mlle Amlie Cyvoct, nice de -Mme Rcamier, marie en 1836 -Charles Lenormant, archologue -et historien distingu, membre de -l'Institut. On doit Mme Lenormant -la publication des souvenirs -et correspondances de Mme Rcamier, -ainsi que des tudes sur -Chateaubriand, Mme de Stal et -Benjamin Constant.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ESSEPS</span> (le vicomte Ferdinand <span class="smallc">DE</span>), -1805-1894. Employ durant de -longues annes dans la carrire -des consulats, M. de Lesseps -occupa longtemps le poste de -Barcelone. Il conut l'ide du percement -de l'isthme de Suez et -c'est lui qu'on doit le canal. Il -fut lu membre de l'Acadmie -franaise en 1884.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EUCHTENBERG</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>), 1819-1876. -Marie Nicolaewna, grande-duchesse -de Russie, fille de l'Empereur -Nicolas I<sup>er</sup>, marie en -1839 au duc Max de Leuchtenberg, -dont elle devint veuve en -1852. La grande-duchesse Marie -se remaria morganatiquement en -<span class="pagenum"><a id="Page_462"> 462</a></span> -1856 avec le comte Grgoire Strogonoff.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">VIS</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>), 1794-1863. Gaston-Franois-Christophe, -duc de -Ventadour et de Lvis, avait reu -sous le premier Empire un brevet -de sous-lieutenant. Devenu en -1814 aide de camp du duc d'Angoulme, -il prit part en 1823 -la guerre d'Espagne et aussi l'expdition -de Core. Nomm, son -retour, officier de la Lgion d'honneur, -le duc de Lvis fut appel, -dans les derniers jours de la Restauration, - succder, comme pair -de France, son pre mort en -1830. Il refusa de siger pour -rester fidle la branche ane, -qu'il accompagna dans l'exil en -cosse et en Allemagne. Le duc -de Lvis fut un des principaux -conseillers du comte de Chambord -et mourut Venise auprs -de ce prince.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">VIS</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>), morte en -1854. Mlle d'Aubusson de la -Feuillade pousa en 1831 le duc -de Ventadour et de Lvis, dont -elle n'eut pas d'enfants.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ICHTENSTEIN</span> (le prince douard), -1809-1866. Feld-marchal autrichien, -mari en 1839 Honorine -Choloniewska, veuve Kownacka.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">IEGNITZ</span> (la princesse <span class="smallc">DE</span>) **, 1800-1873. -Ne comtesse Harrach; -pouse morganatique du Roi Frdric-Guillaume -III.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">IEVEN</span> (la princesse <span class="smallc">DE</span>) *, 1784-1857. -Ne Dorothe de Benkendorff.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">IEVEN</span> (le prince Paul <span class="smallc">DE</span>), mort en -1881 Tplitz. Il tait grand-matre -de la cour en Russie.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">INDHEIM</span> (le gnral <span class="smallc">DE</span>), 1791-1862. -Gnral prussien; aide de camp -gnral du Roi Frdric-Guillaume -IV. En 1859, le gnral de -Lindheim fut nomm commandant -du corps d'arme de Silsie.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ITTA</span> (le duc), 1825-1891. Giulio-Litta-Visconti-Arese, -pousa en -1855 Mlle Eugnie Attendolo-Bologuni, -qui tait ne en 1837.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">O</span> (le gnral, baron <span class="smallc">DE</span>), 1828-1908. -Le baron Walter de Lo -tait jeune officier dans le rgiment -des hussards Bonn, quand -il fut nomm aide de camp du -prince de Prusse (plus tard le Roi -Guillaume I<sup>er</sup>). M. de Lo fut envoy - Paris comme attach militaire -de 1862 1867, puis il -commanda le 7<sup>e</sup> rgiment de hussards -en 1873, et devint ensuite -gnral. Aprs avoir command -plus tard la 5<sup>e</sup> division, il reut le -commandement du 8<sup>e</sup> corps d'arme - Coblence.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ONGUEVILLE</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>), 1619-1679. -Anne-Genevive de Bourbon-Cond, -duchesse de Longueville, -sœur du grand Cond et du prince -de Conti. Une des hrones de la -<i>Fronde</i>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OUIS</span> XVII (Louis-Charles de France), -1785-1795. Deuxime fils du Roi -Louis XVI et de Marie-Antoinette. -Devenu dauphin la mort de son -frre an en 1789, ce prince suivit -partout sa famille et fut enferm -au Temple o il mourut -sous les mauvais traitements dont -il fut la douloureuse victime.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OUIS-</span><span class="cap">N</span><span class="smallc">APOLON</span> <span class="cap">B</span><span class="smallc">ONAPARTE</span>, 1808-1872. -Plus tard l'Empereur Napolon -III.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_463"> 463</a></span></div> -<p class="cap">L<span class="smallc">OUIS-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">HILIPPE</span> I<sup>er</sup> *, 1773-1849. Roi -des Franais.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OTTUM</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>) ***, 1809-1894. -Clotilde, fille ane du -prince de Putbus.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">UCCHESI-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">ALLI</span> (le comte Hector <span class="smallc">DE</span>), -1805-1864. Diplomate italien, -poux morganatique de la duchesse -de Berry. Lucchesi-Palli appartenait - une famille qui tient par -ses origines aux ducs de Bnvent. -Fils du grand Chancelier des -Deux-Siciles, le comte suivit la -carrire diplomatique. Son gouvernement -lui ayant confi une -mission pour celui de La Haye, il -se rendait ce poste, lorsqu'il fit - Massa la rencontre de la duchesse -de Berry qui tait sur le -point de rentrer en France pour -y donner l'ordre du soulvement -en Vende. prise du diplomate -italien, la duchesse de Berry contracta -avec lui un mariage secret -qu'elle ne dclara publiquement -que lorsqu'elle fut prisonnire au -chteau de Blaye.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">UYNES</span> (le conntable <span class="smallc">DE</span>), 1578-1621. -Favori de Louis XIII qui le -couvrit d'honneurs et le fit conntable -de France. Il avait pous -la fille du duc de Montbazon.</p> - - -<p class="alphabet">M</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AC-</span><span class="cap">M</span><span class="smallc">AHON</span> (le marchal <span class="smallc">DE</span>), 1808-1893. -S'tait fort distingu en Algrie -et en Crime; il fut cr marchal -de France et duc de Magenta, -en 1859, en Italie, aprs la -bataille de ce nom. Mac-Mahon fut -prsident de la troisime Rpublique -franaise de 1873 1879.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AC-</span><span class="cap">M</span><span class="smallc">AHON</span> (la marchale <span class="smallc">DE</span>), 1834-1900. -lisabeth de La Croix de -Castries, marie en 1854 Maurice -de Mac-Mahon, plus tard duc -de Magenta.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ACAULEY</span> (lord) ***, 1800-1859. -Historien anglais.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AILL</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>), morte en -1853. Blanche-Josphine Le Bascle -d'Argenteuil, pouse de Charles-Franois-Armand, -duc de -Maill, dont elle tait la seconde -femme. La duchesse de Maill -devint veuve en 1837.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AILL</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>), 1827-1899. -Seconde fille du marquis d'Osmond, -pousa en 1845 Jacquelin, -duc de Maill.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AINTENON</span> (la marquise <span class="smallc">DE</span>) *, 1635-1719. -Franoise d'Aubign.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AISTRE</span> (le comte Joseph <span class="smallc">DE</span>), 1753-1821. -Pimontais, clbre par -son esprit philosophique chrtien -et les grands services qu'il rendit - sa patrie, dans les diffrents -emplois que lui donna le Roi Charles -IV de Sardaigne. Son ambassade - Saint-Ptersbourg dura -quatorze ans. Il a laiss des ouvrages -fort remarquables.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AISTRE</span> (le comte Rodolphe <span class="smallc">DE</span>) ***, -1789-1865. Gouverneur de Nice.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ALMESBURY</span> (lord), 1807-1889. -James Howard Harris. Homme -d'tat anglais. Il appartenait au -parti torie et fit partie du cabinet -de lord Derby en 1852, comme -ministre des Affaires trangres. -Li d'amiti depuis 1839 avec le -prince Louis-Napolon Bonaparte, -alors rfugi en Angleterre, lord -Malmesbury mit le plus grand -empressement faire reconnatre, -<span class="pagenum"><a id="Page_464"> 464</a></span> -par l'Angleterre, Napolon III lorsqu'il -devint Empereur.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ANTEUFFEL</span> (le baron Othon <span class="smallc">DE</span>) ***, -1805-1879. Ministre et homme -d'tat prussien.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ANTEUFFEL</span> (le gnral <span class="smallc">DE</span>), 1805-1885. -Edwin-Hans-Charles, baron -de Manteuffel, gnral prussien, -fut employ dans plusieurs missions -diplomatiques. Aide de camp -gnral de l'Empereur Guillaume -I<sup>er</sup>, le gnral de Manteuffel -a joui d'un grand crdit auprs de -ce prince.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ANUEL</span> (Mme). Anna-Maria del Consuelo, -Espagnole de naissance, -sœur du marquis de Bedmar, elle -porta le titre de comtesse de Gramedo, -qui appartenait sa famille. -Elle pousa M. Manuel, agent de -change en France.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ANUEL</span> (Jacques-Andr), 1791-1857. -Homme politique franais. Aprs -avoir commenc par la carrire -militaire, Manuel quitta les armes - la suite de la chute du premier -Empire et fonda une banque -Nevers, sa ville natale. En 1839, -Manuel fut lu dput; il sigea -la Constituante de 1848, puis -l'Assemble lgislative. Aprs le -coup d'tat du 2 dcembre, il fut -appel au Snat.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARIE-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">MLIE</span> (la Reine) *, 1782-1866. -pouse du Roi Louis-Philippe.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARIE-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">HRISTINE</span> (la Reine) ***, 1806-1878. -Reine d'Espagne.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARMONT</span> (le marchal) ***, 1774-1852. -Duc de Raguse.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARS</span> (Mlle) ***, 1778-1847. Clbre -actrice franaise.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARTIMPREY</span> (le gnral <span class="smallc">DE</span>), 1808-1883. -douard-Charles de Martimprey, -ancien lve de Saint-Cyr, -fit de nombreuses campagnes en -Afrique. Colonel en 1848, gnral -en 1852. Martimprey devint chef -d'tat-major pendant les guerres -de Crime et d'Italie, puis gouverneur -de l'Algrie, et, la fin, -gouverneur des Invalides Paris.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ASAMILLO</span>, 1622-1647. Pcheur napolitain, -il se mit la tte des -Napolitains rvolts contre l'Espagne, -et fut assassin.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ATHILDE</span> (la princesse) **, 1820-1904. -Fille de Jrme Bonaparte. -Portait d'abord le nom de Mlle de -Montfort.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AZZINI</span> (Giuseppe), 1808-1872. Patriote -italien, n Gnes. Fondateur -d'une socit secrte: <i>la -Jeune Italie</i>, Mazzini ne cessa de -conspirer soit en Italie, soit en -Suisse, soit en Angleterre. En -1848, il fit partie du triumvirat -romain.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ECKLEMBOURG-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">CHWERIN</span> (la grande-duchesse -<span class="smallc">DE</span>), 1803-1892. Cette -princesse, fille du Roi Frdric-Guillaume -III, avait pous en -1823 le grand-duc Paul-Frdric -de Mecklembourg-Schwerin dont -elle devint veuve en 1842.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ECKLEMBOURG-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">TRELITZ</span> (le grand-duc -<span class="smallc">DE</span>), 1779-1860. Frre de la -Reine Louise de Prusse.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ECKLEMBOURG-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">TRELITZ</span> (le duc Georges -<span class="smallc">DE</span>) ***, 1819-1904. Prince -hrditaire.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ECKLEMBOURG-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">TRELITZ</span> (la duchesse -Caroline <span class="smallc">DE</span>), 1821-1876. Fille du -grand-duc Georges de Mecklembourg-Strelitz, -marie en 1841 -Frdric VII, alors Prince Royal -<span class="pagenum"><a id="Page_465"> 465</a></span> -de Danemark, dont cette Princesse -divora en 1846.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ECKLEMBOURG-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">TRELITZ</span> (le duc Georges -<span class="smallc">DE</span>), 1824-1871. pousa en -1851 la grande-duchesse Catherine -Michalowna de Russie, quitta -l'Allemagne et s'tablit Saint-Ptersbourg -aprs s'tre engag -au service russe.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">EDEM</span> (le comte Paul <span class="smallc">DE</span>) *, 1800-1854. -Diplomate russe.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ENSCHIKOFF</span> (le prince Alexandre-Sergewitch), -1789-1869. Amiral -et homme d'tat russe. En 1853, -Menschikoff fut envoy en Turquie, -en qualit d'ambassadeur -extraordinaire, pour exiger du -gouvernement ottoman qu'il reconnt - la Russie le droit de protectorat -sur les populations de religion -grecque, habitant sur son -territoire. N'ayant pas russi, -Menschikoff quitta brusquement -Constantinople, et la guerre d'Orient -clata peu aprs. Nomm -alors gouverneur de la Crime, il -contribua, par ses mesures, -l'anantissement d'une partie de -la flotte russe Sinope.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ENSDORFF-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">OUILLY</span> (le comte Alexandre -<span class="smallc">DE</span>), 1813-1871. Gnral autrichien. -En 1859, il fut promu -au grade de feld-marchal.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">RIME</span> (Prosper), 1803-1870. Romancier -et rudit franais. Une -excursion qu'il fit en Espagne, -vers 1840, lui donna l'occasion de -se lier avec Mme de Montijo -(mre de l'Impratrice Eugnie) -et ces relations lui valurent d'tre -reu aux Tuileries, sous le second -Empire, sur le pied d'une familire -intimit. En 1844, Mrime -entra l'Acadmie, et en 1853 il -fut fait snateur.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">RODE</span> (Mgr <span class="smallc">DE</span>), 1802-1874. Aprs -avoir t officier dans l'arme -belge, M. de Mrode entra dans -les ordres. Il devint camrier du -Pape Pie IX et fut nomm en -1860 ministre des armes. Mgr de -Mrode fut l'inspirateur de l'organisation -de l'arme pontificale, -commande par le gnral de -Lamoricire. Dmissionnaire en -1865, Mgr de Mrode fut cr -archevque de Mtylne en 1866.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">RODE</span> (la comtesse Werner <span class="smallc">DE</span>), -1823-1901. Thrse de Mrode -pousa en 1843 son cousin le -comte Werner de Mrode.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ETTERNICH</span> (le prince <span class="smallc">DE</span>) *, 1773-1859. -Diplomate et homme d'tat -autrichien.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ETTERNICH</span> (la princesse Mlanie -<span class="smallc">DE</span>) **, 1805-1854. Fille du comte -Zichy-Ferraris, troisime femme -du prince de Metternich.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ETTERNICH-</span><span class="cap">W</span><span class="smallc">INNEBOURG</span> (le prince -Richard <span class="smallc">DE</span>), 1829-1895. Fils du -clbre chancelier d'Autriche et -de sa seconde femme, ne comtesse -de Beilstein, occupa d'abord -le poste de ministre d'Autriche -Dresde en 1856 et fut nomm -ambassadeur Paris, la suite de -la guerre d'Italie en 1859. Le -prince Richard occupa ce poste -jusqu' la fin du second Empire.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ETTERNICH-</span><span class="cap">W</span><span class="smallc">INNEBOURG</span> (la princesse -Pauline <span class="smallc">DE</span>), ne en 1836. -Fille du comte Sandor, elle pousa -en 1856 son oncle, le prince Richard -de Metternich.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ETTERNICH</span> (la princesse Mlanie -<span class="smallc">DE</span>), ne en 1832. Fille du troisime -<span class="pagenum"><a id="Page_466"> 466</a></span> -mariage du prince de Metternich -avec la comtesse Zichy -Ferraris. Elle pousa en 1853 le -comte Zichy de Vasonykaa.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">EULAN</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>) ***. Mre de la -premire Mme Guizot.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">EYERBEER</span> (1794-1864). Clbre -compositeur allemand, n Berlin. -On lui doit de magnifiques opras.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">EYENDORFF</span> (le baron Pierre <span class="smallc">DE</span>) ***, -1792-1863. Diplomate russe longtemps -ministre de Russie Berlin.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">EYENDORFF</span> (la baronne <span class="smallc">DE</span>) ***, ne -en 1800. Wilhelmine-Sophie de -Buol-Schœnstein.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">IGNET</span> (Franois-Auguste-Marie) *, -1796-1884. Historien franais, -membre de l'Acadmie franaise.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">INTO</span> (lord), 1782-1859. Gilbert-Elliot-Murray -Kynynmond, comte -de Minto, homme d'tat anglais. -Entr la Chambre des Lords en -1840, Minto y prit place dans le -parti whig et vota pour les mesures -les plus librales. Ministre -plnipotentiaire Berlin en 1832, -il prit ensuite en 1835 la direction -gnrale des postes et fut -bientt nomm premier Lord de -l'Amiraut dans le ministre Melbourne. -Lord Minto alla alors en -Suisse, en Italie pour examiner -l'tat de l'opinion et y encourager -dans leurs tendances librales -Pie IX et Charles-Albert. Lord -Minto passait pour un administrateur -habile.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ILOSCH</span> (le prince), 1825-1868. Michel -III Obrenowitch succda en -Serbie son frre le prince Milosch -II. Il pousa la comtesse -Julie Huniady.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ILDE</span> (Mgr), 1777-1853. En 1831, -il fut appel au sige de Vienne -comme archevque et y resta jusqu' -sa mort.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">IRABEAU</span> (Victor-Riquetti, marquis -<span class="smallc">DE</span>) *, 1749-1791. Dput du Tiers -aux tats gnraux, grand orateur.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">IRS</span> (Jules), 1809-1871. Comme -courtier d'affaires, Mirs parvint - diriger d'normes entreprises, -notamment Marseille o il fut -dcor lors du voyage de Napolon -III, en 1860. Plac la tte -des chemins de fer romains, -Mirs fut poursuivi en 1861, -comme grant de la caisse de ces -chemins de fer, et condamn -plusieurs peines svres. Cet arrt -fut cass par la cour de Douai qui -rhabilita Mirs sur tous les -points. Mirs fut propritaire du -<i>Constitutionnel</i> et de la <i>Presse</i>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OCQUARD</span> (Jean-Franois-Constant), -1791-1864. Ayant commenc par -la carrire du barreau, Mocquard -dut la quitter en 1826 la suite -d'une maladie de larynx. Trs -chaud partisan du prince Louis -Bonaparte, Mocquard fut un des -premiers confidents des projets du -coup d'tat, et demeura ensuite -le secrtaire particulier de l'Empereur -Napolon III, dont il avait -toute la confiance. En 1863, Mocquard -fut nomm snateur.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ODNE</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>), 1819-1875. -Franois V succde son pre en -1846. Mari en 1842 la princesse -Aldegonde de Bavire.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OL</span> (le comte Mathieu) *, 1781-1855. -Homme politique sous le -premier Empire et la Monarchie -de Juillet.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OLLIEN</span> (la comtesse) *, 1785-1878. -<span class="pagenum"><a id="Page_467"> 467</a></span> -Dame du palais de la Reine Marie-Amlie.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONACO</span> (le prince <span class="smallc">DE</span>). Charles III, -1818-1889. Ce prince avait pous -en 1846 la comtesse Antoinette -de Mrode.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTAUBAN</span> (le gnral Cousin), 1796-1878. -Antoine de Cousin-Montauban -fit avec distinction les campagnes -d'Afrique, commanda en -1860 l'expdition anglo-franaise -en Chine, fora l'embouchure du -Pei-ho, remporta la victoire de -Palikao, entra dans Pkin et imposa - l'Empereur de Chine un -trait qui assura le respect des -intrts europens.—Voir Palikao.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTALEMBERT</span> (le comte Charles -<span class="smallc">DE</span>) **, 1810-1879. Un des plus -brillants dfenseurs du catholicisme -en France.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTALEMBERT</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>), ne -en 1818. Anne de Mrode pousa -en 1836 le comte Charles de -Montalembert, pair de France.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTGUYON</span> (M. <span class="smallc">DE</span>). Officier, aide -de camp du duc d'Orlans. Le -bruit avait couru en 1853 que la -duchesse d'Orlans l'pouserait. -Il tait fils de M. de Montguyon, -pair de France sous Louis-Philippe -et trs orlaniste dans ses -opinions.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTEBELLO</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>) ***, 1801-1874. -Fils du marchal Lannes.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTEMOLIN</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>) ***, 1818-1861. -Infant d'Espagne, fils de -don Carlos.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTENEGRO</span> (le chevalier Joachim). -Attach l'ambassade d'Espagne - Vienne, Montenegro y vivait dans -la plus grande intimit de la -famille du prince Metternich. Plus -tard, il devint chambellan du duc -de Parme.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTIJO</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>), mort en -1839. Cyprien comte de Montijo -et de Miranda, duc de Penaranda, -officier espagnol, dvou la -cause franaise qu'il servit comme -officier d'artillerie. M. de Montijo -tait le pre de l'Impratrice Eugnie.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTIJO</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>). Donna -Maria Manuella. Andalouse issue -des Kirkpatrik de Closburn, -famille cossaise exile pour son -dvouement la cause des Stuarts. -Mme de Montijo vivait spare, -l'amiable, de son mari, dont elle -devint veuve en 1839. Elle avait -deux filles dont l'ane pousa le -duc d'Albe et la seconde devint -l'Impratrice Eugnie.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTIJO</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>).—Voir <i>Impratrice -Eugnie</i>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTMORENCY</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>) *, 1790-1862. -Raoul porta d'abord le titre -de baron de Montmorency et prit -celui de duc en 1846, la mort -de son pre.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTMORENCY</span> (le duc Mathieu <span class="smallc">DE</span>), -1767-1826. M. de Montmorency -prit part dans sa jeunesse l'expdition -de La Fayette en Amrique. -Remarqu de bonne heure -par ses ides librales, Mathieu de -Montmorency fut un des premiers -qui se runirent au Tiers tat, -prta le serment du Jeu de paume, -et proposa, dans la sance du -4 aot 1789, l'abolition des droits -fodaux ainsi que des privilges; -enfin il appuya le dcret d'abolition -de la noblesse. Aide de camp -du marchal Luckner, le duc Mathieu -<span class="pagenum"><a id="Page_468"> 468</a></span> -de Montmorency donna bientt -sa dmission; puis il migra, -pour aller rejoindre Coppet, en -Suisse, Mme de Stal, laquelle -il tmoigna une constante amiti -ainsi qu' Mme Rcamier. Rentr -en France en 1815, il ne s'occupa -plus gure que d'œuvres de bienfaisance. -Aide de camp du comte -d'Artois, il prit le portefeuille des -Affaires trangres aprs la mort -du duc de Berry; il dtermina la -guerre d'Espagne au congrs de -Vrone et reut, en 1822, le titre -de duc. Il mourut subitement -dans l'glise de Saint-Thomas -d'Aquin le vendredi saint au moment -o il faisait ses dvotions. -Depuis 1825, le duc Mathieu -tait membre de l'Acadmie franaise.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTMORENCY</span> (la duchesse Mathieu -<span class="smallc">DE</span>) ***, 1774-1858. Ne Hortense -de Chevreuse-Luynes.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTPENSIER</span> (Antoine d'Orlans, duc -<span class="smallc">DE</span>) ***, 1824-1890. Le plus jeune -fils du Roi Louis-Philippe.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTPENSIER</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>), 1832-1896. -Louise, Infante d'Espagne, -sœur de la Reine Isabelle II, marie, -en 1846, Antoine d'Orlans, -duc de Montpensier, dernier -fils du Roi Louis-Philippe.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTROND</span> (le comte Casimir <span class="smallc">DE</span>) *, -1757-1843. Ami du prince de -Talleyrand.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ORLOT</span> (le cardinal), 1795-1862. -Mgr Morlot avait t vque d'Orlans -en 1839 et devint archevque -de Tours en 1842. Il y -reut le chapeau de cardinal en -1853 et fut appel, en 1857, -au sige de Paris. Il devint snateur, -grand aumnier de l'Empereur -et membre du conseil priv.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ORNY</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>), 1811-1865. Charles-Auguste -de Morny fut lev -par Mme de Souza (d'abord comtesse -de Flahaut). Entr dans -l'arme en 1832, Morny fit la -campagne d'Afrique la suite du -duc d'Orlans. Il entreprit plusieurs -affaires industrielles et fut -lu dput en 1842 dans le Puy-de-Dme. -S'tant rapproch de -Louis-Napolon en 1849, Morny -devint un de ses conseillers les -plus influents. Ministre de l'Intrieur -durant le coup d'tat du -2 dcembre, il offrit sa dmission -lors du dcret de confiscation -des biens de la maison d'Orlans. -Morny devint en 1854 prsident -du Corps lgislatif et fut envoy -Moscou en 1856 pour reprsenter -la France au couronnement de -l'Empereur Alexandre II de -Russie.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OTTEVILLE</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>) **, 1621-1689. -Auteur de mmoires sur -Anne d'Autriche, dont elle avait -t dame de cour.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OUCHY</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>), 1808-1854. -Charles-Philippe-Henry de Noailles, -prince de Poix, connu sous -le nom de duc de Mouchy, arrire-petit-fils -du clbre marchal -de Mouchy, avait d'abord servi -dans l'arme, qu'il quitta en -1839. Propritaire dans l'Oise -et conseiller gnral, le duc de -Mouchy fut lu dput en 1849, -et appel aussitt siger au -Snat de l'Empire en 1852.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OUCHY</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>), 1810-1858. -Ccile, fille d'Alfred de -<span class="pagenum"><a id="Page_469"> 469</a></span> -Noailles, marie en 1834 au duc -Henri de Mouchy.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OUCHY</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>), 1841-1909. Antoine, -sixime duc de Mouchy, -pousa en 1865 la princesse Anna -Murat.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OUSTIER</span> (le marquis <span class="smallc">DE</span>), 1817-1869. -Nomm ministre de France - Berlin en 1853, le marquis de -Moustier devint ensuite ambassadeur - Vienne, en 1859, puis -Constantinople en 1861. En 1866, -M. de Moustier reut le portefeuille -des Affaires trangres -qu'il garda jusqu' la fin de 1868.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">LLER</span> (Frdric <span class="smallc">DE</span>), 1779-1849. -Dit: <i>le Chancelier de Mller</i>. -Entr au service du duc de Saxe-Weimar -en 1801. Frdric de -Mller fut charg, aprs la bataille -d'Ina, quoique bien jeune -encore, des ngociations avec Napolon -I<sup>er</sup>, qui laissrent au grand-duch -de Saxe-Weimar son autonomie. -Ami de Gœthe, Frdric -de Mller tait un homme fort -aimable, et un esprit cultiv; il -resta jusqu'en 1848 la tte des -affaires du grand-duch de Weimar.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">LLER</span> (Jean <span class="smallc">DE</span>), 1752-1809. Clbre -historien suisse, conseiller -aulique Mayence, puis Vienne. -Jean de Mller vint Berlin en -1795 et le Roi de Prusse le nomma -conseiller intime et historiographe -de sa maison. Napolon I<sup>er</sup> vit -Berlin en 1806 Jean de Mller, se -l'attacha et l'employa comme ministre -d'tat du nouveau royaume -de Westphalie.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">NCHHAUSEN</span> (le baron Ferdinand -<span class="smallc">DE</span>), 1810-1882. Conseiller intime -du roi de Prusse, membre de la -Chambre des Seigneurs, prsident -de la province de Pomranie, -commissaire du Roi la chambre -provinciale du duch de Pomranie -et de la principaut de Rgen.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">NSTER</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>), 1789-1876. -Julie Berndt de Marwitz, -fille de M. de Marwitz qui fut -marchal de cour du Roi de -Prusse, Frdric-Guillaume II. -Elle avait pous le comte Mnster, -gnral au service de Prusse. -Sa mre tait une Franaise: -Mlle Duchat de Dorwell.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">URAT</span> (le Roi), 1771-1815. Joachim -Murat, beau-frre de Napolon I<sup>er</sup> -dont il avait pous la sœur. Roi -de Naples de 1808 1814, fusill - Pizzo en 1815.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">URAT</span> (prince Joachim), 1834-1901. -Petit-fils du Roi Murat. Colonel -au rgiment des Guides de la -garde impriale de Napolon III. -En 1854, le prince Joachim pousa -une fille du prince de Wagram.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">URAT</span> (le prince Lucien), 1803-1878. -Prince Royal de Naples, fils -du Roi Joachim et de Caroline -Bonaparte. Aprs la mort de son -pre, le prince Lucien Murat rsida - Trieste auprs de sa mre, -et retourna en France en 1848. -Le second Empire le fit snateur -en 1852, prince franais en 1853 -et titr Altesse. Le prince Lucien -avait pous en 1831 Mlle Georgine -Fraser.</p> - -<p class="alphabet">N</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">APIER</span> (sir Charles) ***, 1786-1860. -Amiral anglais.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_470"> 470</a></span></div> -<p class="cap">N<span class="smallc">APLES</span> (le Roi <span class="smallc">DE</span>), 1836-1894. -Franois II, fils du Roi Ferdinand -II et de sa premire femme -Marie-Christine, fille de Victor-Emmanuel -I<sup>er</sup>, Roi de Sardaigne. -En 1859, il succda son pre -sur le trne des Deux-Siciles, -dans les circonstances les plus difficiles. -Il venait d'pouser, cette -mme anne, la princesse Marie -de Bavire. Aprs l'entre de Garibaldi - Naples le 7 septembre -1860, Franois II, se voyant abandonn -de tous les siens, s'enferma -avec la Reine et quelques fidles -dans Gate o il soutint un sige -dsespr. Contraint de capituler -le 13 fvrier 1861, Franois II se -retira d'abord Rome, et vcut -le reste de ses jours dans l'exil.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">APLES</span> (la Reine <span class="smallc">DE</span>), ne en 1841. -Marie-Sophie-Amlie, fille du duc -Maximilien de Bavire, pousa en -1859 Franois II, Roi de Naples.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">APOLON</span> I<sup>er</sup>, Empereur des Franais -*, 1769-1821.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">APOLON</span> (le prince Jrme), 1822-1893. -Fils du Roi Jrme de -Westphalie et de la princesse -Catherine de Wrtemberg, ce -prince naquit Trieste durant -l'exil de ses parents. En 1859, il -pousa la princesse Clotilde, fille -du Roi de Sardaigne. Il mourut -Rome en 1893.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ARBONNE-</span><span class="cap">L</span><span class="smallc">ARA</span> (le comte Louis <span class="smallc">DE</span>), -1755-1814. N Colorno dans le -grand-duch de Parme, Narbonne -vint en France l'ge de cinq -ans, avec sa mre, devenue dame -d'honneur de Madame Adlade, -fille du Roi Louis XV. Louis de -Narbonne entra dans la carrire -militaire, devint colonel trente -ans, accueillit les ides nouvelles -de 1789, fut nomm ministre de -la guerre en 1791, perdit son portefeuille -en 1792 et partit alors -pour l'arme. Nomm aide de -camp de Napolon I<sup>er</sup>, Louis de -Narbonne suivit l'Empereur en -Russie et fut nomm ambassadeur - Vienne en 1813.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ASSAU</span> (la princesse <span class="smallc">DE</span>), 1831-1888. -Hlne de Nassau, fille du second -mariage du duc Adolphe de Nassau -avec la princesse Adlade -d'Anhalt. Cette princesse pousa, -en 1853, Georges, prince rgnant -de Waldeck et de Pyrmont.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">EGRO</span> (le marquis Gian Carlo <span class="smallc">DI</span>), -mort en 1856. Italien, pote et -protecteur des artistes, musicien -lui-mme. La <i>viletta di Negro</i>, -Gnes, est devenue, aprs sa -mort, un muse d'histoire naturelle, -et le jardin fait maintenant -partie de la promenade de l'<i>Acquasola</i> - Gnes.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">EMOURS</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>) *, 1814-1896. -Second fils du Roi Louis-Philippe.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">EMOURS</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>) ***, 1822-1852. -Fille du prince Ferdinand -de Saxe-Cobourg-Gotha.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ESSELRODE</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>) *, 1780-1862. -Chancelier de l'Empire de -Russie.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">EY</span> (Edgard) ***, 1812-1882. -Prince de la Moskowa, officier -d'ordonnance de Napolon III.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ICOLAS</span> I<sup>er</sup> (l'Empereur) *, 1776-1855. -Empereur de Russie.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">IEBUHR</span> (Marc-Carsten-Nicolas), -1817-1860. Homme d'tat prussien -qui collabora activement au -<i>Journal de la Croix</i> (<i>Kreuz-Zeitung</i>). -<span class="pagenum"><a id="Page_471"> 471</a></span> -Aprs avoir t nomm -successivement conseiller de Rgence -et secrtaire de cabinet, -Niebuhr fut charg d'une mission -diplomatique Londres en 1852. -En 1854, il devint conseiller d'tat -et reut cette mme anne ses -lettres de noblesse.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">IEL</span> (le gnral Adolphe), 1802-1869. -Ayant suivi de bonne heure -la carrire des armes, Niel fut attach, -en 1849, l'expdition de -Rome en qualit de chef d'tat-major -du gnie, et y mrita le -grade de gnral de brigade. En -1853, il fit partie du corps expditionnaire -de la Baltique et, en -1855, fut charg du commandement -en chef du gnie de l'arme -d'Orient; il dirigea ainsi les oprations -du sige de Sbastopol. -En 1859, pendant la guerre d'Italie, -Niel commanda le 4<sup>e</sup> corps -d'arme, prit part aux batailles de -Magenta et de Solfrino et fut -nomm marchal de France. En -1865, il devint ministre de la -guerre.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">IGRA</span> (le chevalier), 1827-1907. -Aprs avoir pris part la lutte -contre l'Autriche, en 1848, Nigra -entra dans la diplomatie pimontaise -et remplit, en 1856, les -fonctions de secrtaire du comte -de Cavour au congrs de Paris, -puis de secrtaire des plnipotentiaires -italiens aux ngociations de -Zurich. Nomm une premire fois -ministre Paris, Nigra fut attach, -en 1861, au prince de Carignan, -pendant sa mission Naples; -il fut nomm une seconde -fois au poste de ministre, puis -celui d'ambassadeur d'Italie -Paris qu'il garda jusqu'en 1867. Il -fut fait comte alors; et, depuis -cette poque, il occupa encore les -ambassades de Saint-Ptersbourg -et de Vienne.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ISARD</span> (Jean-Marie-Napolon-Dsir), -1806-1888. Littrateur -franais. Collaborateur du journal -des <i>Dbats</i>, matre des requtes au -conseil d'tat, Nisard remplaa en -1843 Burnouf dans la chaire d'loquence -latine au collge de -France. Membre de l'Acadmie -franaise, Nisard resta la tte -de l'cole Normale jusqu'en 1867, -date laquelle il fut nomm snateur -et officier de la Lgion d'honneur.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">OAILLES</span> (le duc Paul <span class="smallc">DE</span>) *, 1802-1885. -Pair de France et acadmicien.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">OAILLES</span> (la vicomtesse <span class="smallc">DE</span>) **, 1792-1851. -Fille du duc de Poix, elle -pousa le vicomte Alfred de -Noailles.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ORFOLK</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>), 1815-1860. -Henry, quatorzime duc de Norfolk, -avait pous une fille de lord -Lyons.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ORMANBY</span> (le marquis <span class="smallc">DE</span>) ***, 1797-1863. -Fut ambassadeur Paris.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">OTHOMB</span> (le baron Jean-Baptiste) ***, -1805-1881. Ministre de Belgique -durant de longues annes Berlin.</p> - - -<p class="alphabet">O</p> - - -<p class="cap">O<span class="smallc">'</span><span class="cap">D</span><span class="smallc">ONNELL</span> (le comte Maximilien), -1812-1895. Gnral-major au service -de l'Autriche, le comte -O'Donnell tait aide de camp de -<span class="pagenum"><a id="Page_472"> 472</a></span> -l'Empereur Franois-Joseph, et -auprs de lui lors de l'attentat -dont ce souverain faillit tre la -victime en 1853. A cette occasion -le comte O'Donnell fut combl -d'honneurs.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">LBERG</span> (le gnral <span class="smallc">D'</span>). De 1852 -1853, le gnral d'Olberg fut -gouverneur du Luxembourg et -ensuite attach la lgation prussienne - Bruxelles. En 1855, Olberg -devint commandant de la -forteresse de Luxembourg, poste -qu'il occupa jusqu'en 1858.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">LGA</span> (la grande-duchesse), 1822-1892. -Fille de l'Empereur Nicolas -I<sup>er</sup> de Russie. Cette Princesse, -d'une beaut trs remarquable, -pousa en 1846 le Prince Royal -de Wrtemberg qui monta sur le -trne en 1864.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">PORTO</span> (le duc <span class="smallc">D'</span>), 1838-1889. Dom -Luiz-Philippe, second fils de la -Reine Maria II da Gloria de -Portugal et du Roi Ferdinand, -prince de Saxe-Cobourg-Gotha, -succda, en 1861, sur le trne de -Portugal, son frre le Roi Pedro -V d'Alcantara. Le Roi Luiz -avait pous en 1862 la princesse -Maria-Pia de Savoie, fille de -Victor-Emmanuel II, roi d'Italie.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RESTIS</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>), morte en -1876. Nathalie Tchikatcheff avait -pous, en premires noces, le -prince Dewlet-Kildieff dont elle -eut quatre fils. Devenue veuve, elle -se remaria avec le comte Orestis -dont elle eut une fille. La comtesse -Orestis avait une belle installation - Nice.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RLANS</span> (le duc <span class="smallc">D'</span>) *, 1810-1842. -Fils an du Roi Louis-Philippe.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RLANS</span> (la duchesse <span class="smallc">D'</span>) ***, 1814-1858. -Ne princesse de Mecklembourg-Schwerin.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RLOFF</span> (le prince), 1786-1861. Gnral -et homme d'tat russe. Le -prince Alexis Fœdorowitch Orloff -prit part aux guerres du premier -Empire, puis toutes les campagnes -de la Russie en Turquie et -en Pologne. En 1853, il assista -aux confrences de Berlin et d'Olmtz -et eu 1854, pendant la -guerre de Crime,* le prince Orloff -reut une mission diplomatique -Vienne. Alexandre II le chargea -de reprsenter la Russie au congrs -de Paris en 1856. Peu aprs, -il fut fait prince.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RSINI</span> (Flix), 1819-1858. Conspirateur -italien, qui attenta la vie -de Napolon III le 14 janvier 1858. -Dfendu par Jules Favre, Orsini -fut condamn mort et excut -Paris.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RTEGA</span> (le gnral). Espagnol, capitaine -gnral des Iles Balares, -dvou don Carlos qui voulut se -servir d'Ortega pour risquer un -coup de main et dtrner la Reine -Isabelle II. Le 4 avril 1860, Ortega -dbarqua sur les ctes d'Espagne, - la tte d'une partie des -troupes qu'il commandait, dans le -but de favoriser un soulvement -que comptait oprer le prtendant. -L'entreprise choua, le gnral -Ortega, lchement dnonc -et abandonn par le Prince, fut -fusill le 15 avril 1860, peu de -jours aprs son essai infructueux.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">SMOND</span> (la marquise <span class="smallc">D'</span>), ne Dillon. -Elle fut la mre de la comtesse de -Boigne.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_473"> 473</a></span></div> -<p class="cap">O<span class="smallc">SMOND</span> (Rainulphe-Eustache <span class="smallc">D'</span>), -frre de Mme de Boigne, aide de -camp du duc d'Angoulme, mari - Mlle Destillires.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">SSUNNA ET</span> <span class="smallc">D'</span><span class="cap">I</span><span class="smallc">NFANTANDO</span> (le duc <span class="smallc">D'</span>), -mort en 1885. Diplomate espagnol. -En 1866, il avait pous la -princesse lonore de Salm-Salm. -Il ne laissa pas d'enfants.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">'</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">ULLIVAN DE</span> <span class="cap">G</span><span class="smallc">RASS</span> (Alphonse), -1798-1865. Il entra d'abord dans -la carrire administrative et ce ne -fut qu'en 1825 qu'O'Sullivan de -Grass passa au dpartement des -Affaires trangres. Lorsque le -royaume de Belgique fut constitu, -il fut envoy, en 1833, Vienne -comme charg d'affaires de Belgique, -y devint en 1836 ministre -plnipotentiaire et resta ce -poste jusqu' sa mort. En 1847, il -fut cr comte et, en 1853, nomm -ambassadeur extraordinaire -Vienne pour le mariage du duc de -Brabant avec l'archiduchesse Marie-Henriette.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">UBRIL</span> (M. Paul <span class="smallc">D'</span>), 1819-1896. -Diplomate russe. Durant plusieurs -annes, M. d'Oubril fut secrtaire - l'ambassade de Russie Paris et -devint ensuite ambassadeur Berlin, -poste qu'il occupa pendant -assez longtemps. Quand M. d'Oubril -le quitta, il fut nomm snateur - Saint-Ptersbourg. Il mourut - Naples o il avait t -chercher un retour la sant.</p> - -<p class="alphabet">P</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALLADIO</span> (Andr), 1518-1580. Illustre -architecte italien, n Vicence.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALLAVICINI</span> (le marquis), 1821-1855. -Franois Pallavicini pousa la fille -du marquis Sauli.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALIKAO</span> (le marchal comte de), -1796-1878. Titre que reut le -marchal de Montauban aprs -ses victoires en Chine durant la -guerre de 1860.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALMERSTON</span> (lord) *, 1784-1865. -Homme d'tat anglais, plusieurs -reprises ministre des Affaires -trangres.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALMERSTON</span> (lady) *, 1787-1858. -Sœur de lord Melbourne, et en -premires noces lady Cowper.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ANIEGA</span> (Mlle <span class="smallc">DE LA</span>). Jeune et riche -Espagnole, fille du marquis de la -Paniega, que l'Impratrice Eugnie -fit pouser en 1858 au marchal -Plissier, duc de Malakoff.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ARIS</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>) **, 1838-1894. -Fils an du duc d'Orlans.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ARME</span> (la duchesse rgente <span class="smallc">DE</span>), 1819-1864. -Louise-Marie-Thrse de -Bourbon, fille du duc de Berry, -marie en 1845 au duc Charles III -de Parme dont elle devint veuve -en 1854. Cette Princesse prit -alors la rgence pendant la minorit -de son fils le duc Robert de -Parme.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ARME</span> (le duc Robert <span class="smallc">DE</span>), 1848-1907. -Succda son pre en 1854, -sous la tutelle de sa mre. Par -dcret du 18 mars 1860, les duchs -de Parme, de Plaisance et -de Guastalle furent unis aux tats -du Roi de Sardaigne et le duc -Robert fut dclar dchu de son -trne. Le duc Robert de Parme -pousa en 1869 la princesse Marie-Pia -de Bourbon, fille du Roi Ferdinand -II des Deux-Siciles.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_474"> 474</a></span></div> -<p class="cap">P<span class="smallc">ASQUIER</span> (le duc) *, 1767-1862. Pair -de France et grand chancelier.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ASTORET</span> (le marquis <span class="smallc">DE</span>) ***, 1756-1840. -Pair de France. Louis XVIII -lui donna la tutelle des enfants du -duc de Berry.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ASTORET</span> (le marquis <span class="smallc">DE</span>), 1791-1857. -M. de Pastoret avait servi dans la -carrire administrative, sous le -premier Empire, puis sous la Restauration. -Ami du comte de Chambord, -il avait refus d'adhrer au -gouvernement de Louis-Philippe, -mais il se montra sympathique -celui du prince Louis-Napolon -qui le nomma snateur en 1852, -grand-officier de la Lgion d'honneur -et, en 1855, membre de la -commission municipale de Paris.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ATOW</span> (rasme-Robert, baron <span class="smallc">DE</span>), -1804-1881. Homme d'tat prussien, -M. de Patow suivit la carrire -administrative. En 1858, il devint -ministre des finances dans le cabinet -prsid alors par le prince de -Hohenzollern.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">AYS-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">AS</span> (la Reine <span class="smallc">DES</span>), 1818-1877. -Sophie, fille du Roi Guillaume I<sup>er</sup> -de Wrtemberg, pousa en 1839 -(lorsqu'il tait encore Prince Royal) -Guillaume III qui monta sur le -trne de Hollande en 1849. La -Reine Sophie tait lie d'amiti -avec l'Empereur Napolon III.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">LISSIER</span> (Jean-Jacques-Amable), -1792-1864. Soldat d'Afrique, o il -combattit durant de longues annes, -Plissier fut appel au commandement -du 1<sup>er</sup> corps de l'arme -d'Orient. Il arriva Sbastopol -en 1855. Trois mois aprs, -Canrobert ayant donn sa dmission, -Plissier le remplaa et le -8 septembre suivant, il prit la -ville d'assaut. Cette victoire lui -valut le bton de marchal et le -titre de duc de Malakoff. Le marchal -Plissier fut ensuite ambassadeur - Londres et, pendant -la guerre d'Italie en 1859, fut -charg d'organiser Nancy le -corps d'observation contre la -Prusse.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ELLICO</span> (Silvio) ***, 1788-1854. -Pote et littrateur italien.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">EPE</span> (le gnral Guillaume), 1782-1855. -Grand patriote et gnral -italien, ayant fait les guerres du -premier Empire dans la lgion -italienne. Aprs 1815, Pepe devint -un des chefs du carbonarisme -et du parti libral Naples o -il tait n. Aprs de nombreuses -pripties qui le forcrent -s'exiler, Pepe fut rappel Naples -en 1848 par la rvolution triomphante, -reut le commandement -du corps d'arme envoy par le -gouvernement constitutionnel de -Naples Charles-Albert pour -battre les Autrichiens. Quand le -Roi Ferdinand rappela ses troupes, -Pepe, trahi et abandonn par la -plupart de ses soldats, resta fidle - la cause nationale et offrit son -pe Manin. Il combattit avec -vaillance pendant le sige de Venise -et, aprs la capitulation de -cette ville, Pepe se fixa Nice, -puis Turin o il termina sa vie.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RIGORD</span> (la comtesse Edmond <span class="smallc">DE</span>), -1793-1862, plus tard duchesse de -Dino, auteur de cette Chronique.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RIGORD</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>) *, 1789-1866. -Ne Choiseul-Praslin.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RIGORD</span> (le comte Paul <span class="smallc">DE</span>) **, -<span class="pagenum"><a id="Page_475"> 475</a></span> -1811-1880. Second fils du duc et -de la duchesse de Prigord.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RIGORD</span> (le comte Alexandre <span class="smallc">DE</span>) *, -1813-1894. Plus tard duc de Dino, -second fils du duc et de la duchesse -de Talleyrand.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RIGORD</span> (Mlle Pauline <span class="smallc">DE</span>) *, 1820-1890. -Fille du duc de Talleyrand -et de l'auteur de la Chronique -que nous publions. Elle pousa en -1839 le marquis Henri de Castellane.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ERRONE DI</span> <span class="cap">S.</span> <span class="cap">M</span><span class="smallc">ARTINO</span> (le baron -Paul), n en 1832. Il tait fils du -gnral Perrone qui fut tu la -bataille de Novare, en 1849, et de -la baronne Perrone, ne La Tour-Maubourg.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ERRONE DI</span> <span class="cap">S.</span> <span class="cap">M</span><span class="smallc">ARTINO</span> (la baronne), -1844-1879. Maria Giamazzo-Pampurata, -marie au baron Paul -Perrone di S. Martino.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ERSIGNY</span> (Fialin <span class="smallc">DE</span>) ***, 1808-1872. -Grand ami du prince Louis Bonaparte, -plusieurs fois ministre sous -le second Empire.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ERSIGNY</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>), ne en -1831. gle-Napolone-Albine, fille -unique du prince de la Moskowa, -pousa, en 1852, M. de Persigny -dont elle devint veuve en 1872.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">EYRONNET</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>) **, 1778-1854. -Ministre de l'Intrieur en -1824 dans le ministre Polignac.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">IE</span> (Mgr), 1815-1880. Louis-Franois-Dsir-douard -Pie, vque -de Poitiers, chef du parti religieux -ultramontain en France, -ami de M. Veuillot, rdacteur du -journal <i>l'Univers</i>, adversaire en -polmique de Mgr Dupanloup, -vque d'Orlans. Mgr Pie fut -promu au cardinalat en 1879.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">IERRE L'</span><span class="cap">E</span><span class="smallc">RMITE</span>, 1050-1115. Religieux, -n Amiens, prdicateur -de la premire croisade.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">IERRES</span> (le baron <span class="smallc">DE</span>), 1818-1876. -Etienne de Pierres tait premier -cuyer de l'Impratrice Eugnie -et fut dput au Corps lgislatif. -Il quitta la vie politique aprs la -rvolution du 4 septembre 1870.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">IETRI</span> (Joachim), n en 1820. D'abord -avocat et plusieurs fois prfet, -Pietri fut appel en 1866 -remplacer M. Boitelle comme -prfet de police Paris. Nomm -snateur en 1870, Pietri resta -depuis en dehors de la politique.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ICARD</span> (Louis-Joseph-Ernest), 1821-1877. -Avocat et homme politique -franais, dput sous le second -Empire, Picard se fit remarquer -par la vivacit incisive de sa parole -dans l'opposition. Il fut membre -du Gouvernement de la dfense -nationale dans lequel il fut charg -du ministre des Finances. Picard -fit partie du premier ministre de -M. Thiers, comme ministre de -l'Intrieur, et fut ensuite envoy -Bruxelles pour y reprsenter la -France.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">IMODAN</span> (Georges de la Valle de -Rarcourt, marquis DE), 1822-1860. -Georges de Pimodan entra -au service de l'Autriche aprs la -rvolution de 1830 en France. -En 1848, il fit la campagne d'Italie -sous les ordres du marchal -Radetzky et prit une part brillante -en 1849 la campagne pour soumettre -la Hongrie. Le marquis de -Pimodan renona alors poursuivre -sa carrire militaire, il -rentra en France et y pousa -<span class="pagenum"><a id="Page_476"> 476</a></span> -Mlle de Couronnel. En 1860, il -reut le grade de gnral dans -l'arme pontificale, organise par -le gnral de Lamoricire, et fut -tu Castelfidardo.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OLIGNAC</span> (le prince Jules <span class="smallc">DE</span>) *, 1780-1847. -Ministre du Roi Charles X.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OLIGNAC</span> (le prince Alphonse <span class="smallc">DE</span>), -1826-1863. Fils du prince de Polignac, -ministre de Charles X, il -pousa en 1860 Mlle milie Mirs, -qui se remaria en 1865 avec Gustave -de Rozan.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ONIATOWSKI</span> (le prince Stanislas), -1835-1908. Fils du prince Joseph -Poniatowski, pousa, en 1856, -Mlle Louise Le Hon, fille de l'ancien -ministre de Belgique Paris.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ORTUGAL</span> (le Roi <span class="smallc">DE</span>), 1837-1861. -Pedro V, fils an de la Reine -Marie II da Gloria laquelle il -succda en 1853 sur le trne de -Portugal. Ce prince avait pous -la princesse Stphanie de Hohenzollern -dont il n'eut pas d'enfant.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ORTUGAL</span> (la Reine <span class="smallc">DE</span>), 1837-1859. -La princesse Stphanie de Hohenzollern-Sigmaringen -pousa en -1858 le Roi Pedro V de Portugal. -Elle mourut un an aprs son mariage -de la diphtrie.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OTOCKA</span> (la comtesse), 1807-1877. -Mlle Delphine de Komar, fille de -M. Stanislas-Dauphin de Komar et -de Mlle Honorine Orlowska, -pousa le comte Micislas Potocki -de Tylczyn dont elle se spara -bientt. La comtesse Delphine -tait connue par sa merveilleuse -beaut, sa voix superbe, son grand -talent musical, et ses succs dans -la haute socit europenne.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OURTALS</span> (le comte Albert DE), -1812-1861. Diplomate prussien, -chambellan du Roi de Prusse et -ministre plnipotentiaire Paris -o il succda au comte Max de -Hatzfeldt aprs la mort de celui-ci.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OZZO DI</span> <span class="cap">B</span><span class="smallc">ORGO</span> (le duc). Charles, -neveu du clbre diplomate de ce -nom, et son hritier, pousa en -1852 Mlle Valentine de Crillon.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OZZO DI</span> <span class="cap">B</span><span class="smallc">ORGO</span> (la duchesse). Valentine, -fille du duc de Crillon, pousa -en 1852 le duc Charles Pozzo di -Borgo.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RVOST-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">ARADOL</span> (Lucien-Anatole), -1829-1878. Fils d'un ancien officier -de marine, Prvost-Paradol -fut un des lves les plus distingus -de l'cole normale. En 1856, -il tait Paris comme rdacteur -du <i>Journal des Dbats</i> et du -<i>Courrier du Dimanche</i>, o la distinction -de sa plume lui fit une rputation -rapide, mais lui attira aussi -les rigueurs du gouvernement. -En 1869, il remplaa Ampre -l'Acadmie franaise. Sous le ministre -d'mile Ollivier en 1870, -s'tant ralli au gouvernement, -Prvost-Paradol fut nomm ministre -de France Washington; -les malheurs du pays et des chagrins -personnels le poussrent au -suicide.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ROKESCH-</span><span class="cap">O</span><span class="smallc">STEN</span> (le baron Antoine -<span class="smallc">DE</span>) ***, 1795-1876. Diplomate -autrichien.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (le Roi <span class="smallc">DE</span>) **. Frdric-Guillaume -IV, 1795-1861.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (le prince <span class="smallc">DE</span>) **, 1797-1888. -Plus tard Empereur d'Allemagne.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (princesse <span class="smallc">DE</span>) **, 1811-1890. -Ne princesse Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_477"> 477</a></span></div> -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (la Reine lisabeth <span class="smallc">DE</span>) ***, -1801-1879. Ne princesse de Bavire.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (la princesse Albert <span class="smallc">DE</span>) **, -1810-1883. Ne princesse des -Pays-Bas.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (le prince Charles <span class="smallc">DE</span>), 1801-1883. -Troisime fils du Roi Frdric-Guillaume -III, pousa en -1827 la princesse Marie de Saxe-Weimar-Eisenach.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (la princesse Charles <span class="smallc">DE</span>) **, -1808-1877. Ne princesse Marie -de Saxe-Weimar-Eisenach.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (le prince Adalbert <span class="smallc">DE</span>) **, -1811-1873. Chef de la marine -prussienne.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (la princesse Anne <span class="smallc">DE</span>), ne -en 1836. Fille du prince Charles -de Prusse, marie Berlin en -1853 au landgrave Frdric de -Hesse dont elle devint veuve en -1884.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (le prince Frdric-Charles -<span class="smallc">DE</span>). Fils unique du prince Charles -de Prusse, militaire distingu, -feld-marchal dans l'arme prussienne. -Ce prince avait pous en -1854 la princesse Marianne d'Anhalt.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (la princesse Louise <span class="smallc">DE</span>). -Ne en 1838, pousa en 1856 -le grand-duc de Bade. (Voir -<i>Bade</i>.)</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (le prince Frdric-Guillaume -<span class="smallc">DE</span>), 1831-1888. Fils unique -de l'Empereur Guillaume I<sup>er</sup>. Ce -prince prit le titre de Prince -Royal le jour o son pre devint -Roi. Il fit avec bravoure les guerres -de 1866 et de 1870; puis, -dj fort malade, il monta sur le -trne en 1888 sous le nom de -Frdric III. Le terrible mal qui -le minait l'emporta bientt et son -rgne ne dura que quatre-vingt-dix-neuf -jours.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (la princesse Frdric-Guillaume -<span class="smallc">DE</span>), 1840-1901. Victoria, -Princesse Royale de la Grande-Bretagne -et d'Irlande, duchesse -de Saxe, marie en 1858 au -prince Frdric-Guillaume de -Prusse, qui ne monta sur le trne -qu'en 1888.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">CKLER</span> (le comte Hermann), 1797-1892. -Marchal de Cour du -prince de Prusse, le comte Pckler -continua ses fonctions lorsque ce -prince monta sur le trne de -Prusse et devint ensuite Empereur -d'Allemagne.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">UTBUS</span> (la princesse <span class="smallc">DE</span>), 1837-1867. -Wanda, fille de Georges de Veltheim-Bartensleben, -pousa en -1857 le comte Guillaume de Lottum -qui devint hritier des terres -et du titre de prince de Putbus, -en 1860, par la dcision de son -grand-pre maternel.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">YAT</span> (Flix), 1810-1889. Auteur -dramatique et homme politique -franais. Sa carrire littraire s'arrta - l'anne 1848, qui modifia -toute sa vie. Nomm reprsentant -du peuple l'Assemble constituante, -il sigea parmi les dmocrates -les plus avancs de cette -chambre, et vota constamment -avec les reprsentants de la Montagne.</p> - - -<p class="alphabet">Q</p> - -<p class="cap">Q<span class="smallc">ULEN</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>) *, 1778-1839. -<span class="pagenum"><a id="Page_478"> 478</a></span> -Hyacinthe-Louis de Qulen, archevque -de Paris.</p> - -<p class="cap">Q<span class="smallc">UITRY</span> (le marquis <span class="smallc">DE</span>), 1827-1866. -Odon-Charles, marquis de Chaumont-Quitry, -fut nomm au dbut -du second Empire chambellan de -Napolon III. En 1854, M. de -Quitry fut lu dput dans le dpartement -de la Sarthe.</p> - - -<p class="alphabet">R</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ACHEL</span> (Mlle) **, 1820-1858. Grande -tragdienne franaise.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ADETZ-</span><span class="cap">R</span><span class="smallc">ADETZKY</span> (le comte) ***, -1766-1858. Feld-marchal autrichien.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ADOWITZ</span> (le gnral Joseph <span class="smallc">DE</span>) ***, -1797-1853. Grand ami du Roi -Frdric-Guillaume IV.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ADZIWILL</span> (prince Guillaume) **, -1797-1870. Gnral au service de -Prusse.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ADZIWILL</span> (la princesse Guillaume), -**, 1806-1896. Mathilde, fille du -prince Clary.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ADZIWILL</span>, (prince Antoine), 1833-1904. -Fils an du prince Guillaume -Radziwill. Officier d'artillerie -dans l'arme prussienne; fut, -pendant vingt-deux annes, aide de -camp de l'Empereur Guillaume I<sup>er</sup>, -et ne se retira de la carrire militaire -qu'en 1888, aprs la mort -de Frdric III. Il tait alors aide -de camp gnral et avait reu -l'ordre de l'Aigle noir. A la suite -de la mort de son pre en 1870, le -prince Antoine Radziwill devint -chef de sa famille et propritaire -du majorat de Nie['s]wie[:z] en Lithuanie -et de deux autres ordinaties -dont il hrita de son oncle, -le prince Lon Radziwill. En 1857, -il pousa Sagan Mlle Marie -de Castellane.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AGLAN</span> (lord). 1788-1855. James-Henri-Fitzroy-Somerset, -baron -Raglan, gnral anglais, aide de -camp du duc de Wellington. Lord -Raglan avait fait avec lui les campagnes -d'Espagne et le suivit -Waterloo, o il fut atteint d'une -balle au bras droit qui en ncessita -l'amputation. Aprs la mort -du duc de Wellington, lord Raglan -fut nomm matre gnral de -l'artillerie, et lev la pairie. -Gnral en chef des forces anglaises -envoyes en Orient, l'anne -1854, il dbarqua en Crime -et prit une part dcisive au succs -de la bataille de l'Alma. Atteint -du cholra, pendant le sige de -Sbastopol, il mourut son quartier -gnral.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AGUSE</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>) ***, 1774-1852. -Marmont, marchal de France.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ANDON</span> (le marchal comte), 1795-1871. -Engag volontaire lors de la -campagne de Russie, Randon tait -capitaine en 1813. Mis l'cart -sous la Restauration, il devint, -seulement en 1841, marchal de -camp, et en 1847 lieutenant-gnral. -Aprs 1848, Randon fut -charg du gouvernement de l'Algrie, -aprs le coup d'tat. Snateur -en 1852, marchal de France -en 1856, il devint ministre de la -guerre de 1859 1867.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ATTAZZI</span> (Urbain), 1808-1873. Pimontais -et homme politique, qui -contribua fort, avec Cavour, faire -l'unit de l'Italie.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_479"> 479</a></span></div> -<p class="cap">R<span class="smallc">AMER</span> (Charles-Otto), 1805-1859, -suivit la carrire administrative -en Prusse et fut ministre des -cultes de 1850 1858.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AUZAN</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>) ***, ne en -1820. Claire, fille du dernier duc -de Duras.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AVIGNAN</span> (l'abb <span class="smallc">DE</span>) **, 1795-1858. -Jsuite fort distingu et prdicateur -trs got.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">CAMIER</span> (Mme) *, 1777-1849. Clbre -par sa beaut et par ses -hautes amitis.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">EDERN</span> (le comte Henri), 1804-1890. -Diplomate prussien. Ministre -Dresde et Saint-Ptersbourg. En -1836, il avait pous la princesse -Victoire Odescalchi.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ESSGUIER</span> (le comte Albert <span class="smallc">DE</span>), -1816-1902. Issu d'une famille de -Toulouse, le comte de Ressguier -fut lu dput, en 1849, dans les -Basses-Alpes et fit partie de la -majorit monarchique l'Assemble -lgislative. Il ne se rallia pas - la politique du coup d'tat et, -ayant protest avec ses collgues -runis la mairie du X<sup>e</sup> arrondissement, -il fut emprisonn au Mont -Valrien. Enferm dans Paris, pendant -le sige de 1870-1871, le -comte de Ressguier fut un des -membres les plus actifs de la Socit -internationale des secours -aux blesss. En 1871, il fut lu -reprsentant l'Assemble nationale -o il prit place droite. Non -rlu en 1876, M. de Ressguier -vcut, depuis lors, dans la retraite.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ETZ</span> (le cardinal <span class="smallc">DE</span>) *, 1614-1679. -Joua un rle considrable dans la -Fronde.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">EUSS</span> (le prince Henri VII), 1825-1906. -Diplomate prussien. Le -prince Reuss fut, durant plusieurs -annes, premier secrtaire la -lgation de Prusse Paris o il -tait trs en faveur la cour des -Tuileries. Plus tard, il occupa, -comme ambassadeur, les postes de -Saint-Ptersbourg, de Constantinople -et de Vienne qui fut la fin -de sa carrire. En 1876, le prince -Henri VII Reuss pousa la princesse -Marie de Saxe-Weimar, fille -du grand-duc rgnant. Il tait -chevalier de l'Aigle noir.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">IGAULT</span> (Ange-Hippolyte), 1821-1858. -Littrateur et critique franais, -Rigault fut choisi en 1847 -par le duc de Nemours, pour tre -le prcepteur de son fils, le comte -d'Eu. Il suivit son lve en Angleterre -aprs la rvolution de 1848, -mais revint bientt en France o -il entra la rdaction du <i>Journal -des Dbats</i>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ITTBERG</span> (le comte Louis <span class="smallc">DE</span>), 1797-1881. -Prsident du tribunal de -Glogau, en Silsie prussienne; -membre vie de la Chambre des -seigneurs en Prusse.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OBECK</span> (le prince <span class="smallc">DE</span>), 1801-1853. -Gaston de Montmorency. Grand -d'Espagne; capitaine de cavalerie.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OGER DU</span> <span class="cap">N</span><span class="smallc">ORD</span> (le comte douard), -1803-1881. Homme politique franais. -Roger du Nord entra dans -la diplomatie sous la Restauration; -puis, en 1831, ayant t -lu dput, il se consacra exclusivement - ses nouveaux devoirs. -Grand ami de M. Thiers, -il suivit la mme ligne de conduite -que lui.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_480"> 480</a></span></div> -<p class="cap">R<span class="smallc">OTHSCHILD</span> (le baron Meyer-Alphonse -<span class="smallc">DE</span>), n en 1827. Chef de la maison -de banque de Paris que lui -laissa son pre en 1868. Le baron -Alphonse de Rothschild pousa, en -1837, sa cousine lonore de -Rothschild, fille du baron Lionel, -chef de la maison de Londres.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OTHSCHILD</span> (James) **, 1792-1868. -Quatrime fils de Mayer-Anselme -Rothschild.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">USSEL</span> (lord John) *, 1792-1878. -Homme d'tat anglais, troisime -fils du duc de Bedford.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">USSEL</span> (lady John). Franoise-Anna-Maria, -fille de lord Minto (un des -ardents du parti whig), pousa en -1841 lord John Russel, dont elle -fut la seconde femme.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">USSIE</span> (l'Impratrice <span class="smallc">DE</span>) *, 1792-1860. -Princesse Charlotte de -Prusse.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">USSIE</span> (la grande-duchesse Hlne -DE) **, 1807-1873. Princesse Charlotte -de Wrtemberg.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">USSIE</span> (le grand-duc Constantin <span class="smallc">DE</span>) -***, 1827-1893. Second fils de -l'Empereur Nicolas I<sup>er</sup>. Grand amiral -de la marine russe.</p> - -<p class="alphabet">S</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ABL</span> (la marquise <span class="smallc">DE</span>), 1598-1678. -Madeleine de Souvr, marquise de -Sabl, tait une des femmes les -plus spirituelles du dix-septime -sicle. Fille du marchal de Souvr, -Mme de Sabl tait l'amie -de Mme de Longueville, et son -salon fut le rendez-vous des beaux -esprits du temps. En 1855, M. Cousin -a publi un livre sur Mme de -Sabl.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ACY</span> (Samuel-Ustazade-Silvestre -<span class="smallc">DE</span>), 1801-1879. crivain franais, -pendant longtemps rdacteur -du <i>Journal des Dbats</i>, M. de -Sacy fut, en 1854, nomm membre -de l'Acadmie franaise et, -en 1864, snateur pour avoir consacr -dans le <i>Journal des Dbats</i> -deux articles fort logieux sur la -<i>Vie de Jules Csar</i> que l'empereur -Napolon III venait de publier.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AFFI.</span> Membre influent du gouvernement -organis Rome en 1848 -par Mazzini. Un triumvirat avait t -lu par cette assemble romaine. -Il se composait de Mazzini, Saffi -et Armellini, qui taient tous trois -investis de pouvoirs absolus.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">IGNAN</span> (Mlle Amicie Rousseau -<span class="smallc">DE</span>), 1835-1854, pousa en 1853 -le comte Paul de Prigord et -mourut en donnant le jour une -fille.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">RNAUD</span> (Achille Leroy <span class="smallc">DE</span>), -1798-1854. Entr au service militaire -en 1815. Achille de Saint-Arnaud -fit toutes les campagnes -d'Afrique et, en 1851, il fut promu -au commandement d'une division -de l'arme de Paris. Devenu -ensuite ministre de la guerre, -il s'attacha la rorganisation de -l'arme. Le 2 dcembre 1851, -Saint-Arnaud fut charg de prendre -les mesures militaires qui devaient -assurer la russite du coup -d'tat et, en 1852, il reut le -bton de marchal. Mis, en 1854, - la tte de l'arme dirige sur la -Crime, Saint-Arnaud y opra une -heureuse descente, et aprs avoir -remport la victoire de l'Alma, -<span class="pagenum"><a id="Page_481"> 481</a></span> -succomba en peu de jours, vaincu -par une maladie qui le minait -depuis longtemps.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINTE-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">ULAIRE</span> (le comte <span class="smallc">DE</span>) *, 1788-1854. -Pair de France et diplomate -distingu.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINTE-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">EUVE</span> (Charles-Augustin) ***, -1804-1899. Critique franais clbre.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINTE-</span><span class="cap">F</span><span class="smallc">OIX</span> (Radix <span class="smallc">DE</span>). Premier -commis des Affaires trangres -sous le Directoire: aimable et -plein d'esprit, au dire de Mme Geoffrin, -Sainte-Foix tait un grand -ami du prince de Talleyrand.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">M</span><span class="smallc">ARC-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">IRARDIN</span> (1801-1873). -Littrateur franais, appel, en -1830, suppler M. Guizot la -Facult des lettres et nomm -matre des requtes au Conseil -d'tat, Saint-Marc-Girardin devint -rdacteur du journal des <i>Dbats</i>. -En 1834 il fut lu dput et, -en 1844, nomm l'Acadmie -franaise. Sous la Rpublique et -l'Empire, Saint-Marc-Girardin se -tint l'cart de la politique.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">RIEST</span> (le vicomte <span class="smallc">DE</span>), 1789-1881. -Emmanuel-Louis-Marie-Guignard -vicomte de Saint-Priest -avait suivi sa famille en Russie -lors de l'migration; il entra au -service militaire de ce pays et ne -revint en France qu'aprs la chute -de Napolon I<sup>er</sup>. Il servit avec -ardeur la cause du gouvernement -royal et, la seconde Restauration, -fut nomm marchal de camp, -premier cuyer tranchant, et -menin de M. le duc d'Angoulme. -En 1823, le vicomte de Saint-Priest -se distingua pendant la -guerre d'Espagne o sa belle conduite -lui valut le grade de lieutenant-gnral. -Nomm ministre de -France Madrid, puis Berlin, il -dmissionna en 1832, pour prparer, -avec la duchesse de Berry, le -mouvement royaliste en Vende. -Le vicomte de Saint-Priest vcut -ensuite dans la retraite jusqu'en -1849. Il fut alors lu l'Assemble -lgislative, o il vota toujours avec -l'extrme droite, restant fidle au -comte de Chambord dont il tait -le confident. Le coup d'tat de -1851 mit fin sa carrire parlementaire.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">RIEST</span> (le comte Alexis <span class="smallc">DE</span>) *, -1805-1885. Diplomate et crivain -franais, membre de l'Acadmie -franaise o il fut lu en 1849.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ALMOUR</span> (le comte Roger Gabaleone -<span class="smallc">DE</span>). Le comte de Salmour tait -un ami de jeunesse du comte de -Cavour. Il fut d'abord secrtaire -au ministre des Finances en Pimont, -puis au ministre des -Affaires trangres et devint ensuite -ministre plnipotentiaire -Naples o il resta jusqu'en 1859.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ALVANDY</span> (Narcisse-Achille, comte -<span class="smallc">DE</span>) *, 1795-1856. Littrateur et -homme politique franais.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ARDAIGNE</span> (le roi <span class="smallc">DE</span>), ***, Victor-Emmanuel -II, 1820-1878.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AVIGNY</span> (Charles-Frdric <span class="smallc">DE</span>), 1813-1875, -diplomate prussien, fils du -clbre jurisconsulte de ce nom. -Charles de Savigny reut plusieurs -missions diplomatiques et en 1864 -fut envoy la Dite de Francfort-sur-le-Mein. -Aprs la victoire de -Sadowa, Charles de Savigny eut -une grande part aux traits et aux -ngociations ayant pour objet -<span class="pagenum"><a id="Page_482"> 482</a></span> -l'unification de l'Allemagne sous -l'hgmonie de la Prusse. En 1867 -il abandonna le service d'tat et -fut lu dput la Dite de la -nouvelle confdration de l'Allemagne -du Nord.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE</span> (le prince Albert <span class="smallc">DE</span>), 1828-1902. -Fils an du roi Jean de -Saxe et de la princesse Amlie de -Bavire; succda son pre sur le -trne de Saxe en 1873. Ce prince -avait pous en 1853 la princesse -Carola de Holstein-Gattorp-Wasa, -dont il n'a pas eu d'enfants.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE</span> (le prince Georges <span class="smallc">DE</span>), 1832-1904, -second fils du roi Jean de -Saxe, mari en 1859 l'infante -Marie de Portugal, fille de la -Reine Marie II da Gloria. Ce -prince succda son frre le roi -Albert sur le trne de Saxe en -1902.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">OBOURG-</span><span class="cap">K</span><span class="smallc">OHARY</span> (la princesse -Clmentine d'Orlans), 1797-1862. -pousa le prince Auguste de Cobourg-Kohary.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">M</span><span class="smallc">EININGEN</span> (le prince Georges -<span class="smallc">DE</span>), n en 1826. Son pre, le duc -Bernard de Saxe-Meiningen, abdiqua, -en 1866, en faveur de ce -prince. Celui-ci se maria trois -fois: 1<sup>e</sup> en 1850 Berlin, avec la -princesse Charlotte de Prusse qui -mourut en 1855; 2<sup>e</sup> avec la princesse -Feodora de Hohenlohe-Langenburg, -morte en 1872; 3<sup>e</sup> enfin -en 1873, il contracta un mariage -morganatique avec Hlne Franz, -cre baronne de Heldburg.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">M</span><span class="smallc">EININGEN</span> (la princesse hrditaire -<span class="smallc">DE</span>) ***, princesse Charlotte -de Prusse, 1831-1855.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">W</span><span class="smallc">EIMAR</span> (le grand-duc Charles-Frdric -<span class="smallc">DE</span>), 1789-1853. pousa, -en 1804, la grande-duchesse Marie-Paulowna -de Russie.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">W</span><span class="smallc">EIMAR</span> (le grand-duc Charles -<span class="smallc">DE</span> ***), 1818-1901. Succda -son pre en 1853.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CARELLA.</span> Artiste habitant Venise.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHMERLING</span> (le chevalier Antoine -<span class="smallc">DE</span>). 1805-1893. Homme d'tat -autrichien. Lors des vnements -de 1848, M. de Schmerling fut -dsign pour faire partie de l'assemble -prparatoire de Francfort. -Il fut membre du Comit des -17 et prit une part des plus actives - ses travaux. Peu aprs Schmerling -fut lu membre de l'assemble -de Francfort; et, lorsque -l'archiduc Jean, vicaire de l'Empire, -forma son premier cabinet, -ce fut M. de Schmerling qui fut -appel le prsider. N'ayant pu -contre-balancer l'influence croissante -de la Prusse, Schmerling -demanda tre rappel en 1849. -Aprs avoir encore occup diffrents -postes en Autriche, il se -retira tout fait lorsque M. de -Beust reut le pouvoir des mains -de l'Empereur d'Autriche.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHULENBOURG</span> (le comte Charles <span class="smallc">DE</span>) -**, 1788-1856. Lieutenant-colonel -autrichien; troisime mari de la -duchesse Wilhelmine de Sagan.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHIAVONE</span> (Andrea), 1522-1582. -Peintre et graveur, trs protg -par le Titien. Il tait n en Dalmatie.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHILLER</span>, 1759-1805. Grand pote -tragique et historien allemand.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHLEINITZ</span> (le comte Alexandre -<span class="smallc">DE</span>) ***, 1807-1885. Diplomate et -ministre en Prusse.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_483"> 483</a></span></div> -<p class="cap">S<span class="smallc">CHLEGEL</span> (Auguste-Guillaume) ***, -1767-1845. Clbre critique allemand, -trs attach Mme de -Stal.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHLICK</span> (Franois), 1789-1862. -Comte de Bassano et de Weisskirchen, -gnral autrichien qui -fit les guerres contre Napolon I<sup>er</sup>. -En 1844 il fut fait feld-marchal -et, aprs la rvolution de Vienne -en 1848, Schlick commanda la -place de Cracovie. Il remporta -alors avec des forces minimes -plusieurs victoires sur les insurgs -et se runit ensuite Windisch-Graetz -ainsi qu' Haynau -pour contribuer aussi la soumission -de la Hongrie. Ayant reu -encore un commandement en -1859, il combattit aussi Solferino.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHMETTAU</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>), morte en 1854. -Justine de Blcher pousa Coblence -en 1852 M. de Schmettau -et mourut deux ans aprs son mariage.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHOENLEIN</span> (le docteur) **, 1793-1864. -Savant mdecin natif de Zurich -et plus tard tabli Berlin.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHOENBURG</span> (la princesse Louise) **, -1803-1884. Ne princesse de -Schwarzenberg.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">chœNBORN</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>), ne en -1800. Ernestine, fille du comte de -Krnburg, marie en 1822 au -comte Charles de Schœnborn. Devenue -veuve en 1841, la comtesse -Schœnborn fut nomme grande-matresse -de cour de l'archiduchesse -Sophie d'Autriche.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHWANTHALTER</span> (Louis-Michel), 1802-1848. -Clbre sculpteur allemand. -Bavarois de naissance. Il laissa de -nombreux ouvrages, ornant surtout -la ville de Munich.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHWARZENBERG</span> (le prince Flix) ***, -1800-1852. Diplomate autrichien -et premier ministre aprs 1848.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHWARZENBERG</span> (le cardinal-prince -Frdric <span class="smallc">DE</span>), ***, 1807-1885. -Prince-archevque de Prague -depuis 1849.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHWARZENBERG</span> (le prince Charles-Philippe -<span class="smallc">DE</span>), 1771-1819. Feld-marchal -autrichien. Envoy comme -ambassadeur Saint-Ptersbourg, -puis Paris, il y ngocia le mariage -de Napolon I<sup>er</sup> avec l'archiduchesse -Marie-Louise en 1809. -Dans un bal que le prince Schwarzenberg -donnait en 1810, l'occasion -de cet vnement, un incendie -terrible clata o il prit -une foule de personnes, entre -autres sa propre belle-sœur. Le -prince Schwarzenberg commanda -les troupes autrichiennes auxiliaires -de celles de la France, -pendant la campagne de Russie, -puis il devint gnral en chef des -troupes coalises aprs la dfection -de l'Autriche.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHWARZENBERG</span> (le prince Adolphe -<span class="smallc">DE</span>), 1799-1888. Landgrave princier -de Kleggau, pousa en 1838 -la princesse lonore de Lichtenstein.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHWERIN</span> (le comte Maximilien) ***, -1804-1872. Homme d'tat prussien, -plusieurs fois ministre.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CLOPIS</span> (le comte), 1798-1859. Paul-Frdric -Sclopis di Salerano, natif -de Turin, tait un jurisconsulte -du plus haut mrite. Membre de -la commission nomme par le roi -Charles-Albert, pour laborer un -<span class="pagenum"><a id="Page_484"> 484</a></span> -nouveau code civil dans le royaume -de Pimont, Sclopis devint prsident -de la commission pour la loi -de la presse, puis ministre de la -Justice en 1848 dans le cabinet -Balbo. Aprs la dmission de ce -ministre, le comte Sclopis fut cr -snateur et devint prsident de ce -Snat. Prsident de l'Acadmie -des sciences Turin, il collabora - l'<i>Antologia</i> fonde Florence: -catholique fervent, Sclopis combattit -la suppression des ordres -religieux. En 1868, le roi lui -accorda le collier de l'ordre de -l'Annunziata. En 1872, dans la -question de l'Alabama qui faillit -faire clater la guerre entre -l'Amrique et l'Angleterre, le -comte Sclopis fut nomm arbitre -entre les deux nations.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CLOPIS</span> (la comtesse), ne Avogadro, -d'une trs bonne famille de -Novare.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">EEBACH</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>), 1820-1888. -Marie, fille du comte de Nesselrode, -chancelier de Russie, pousa, -en 1839, le comte Albin-Lon de -Seebach, chambellan du roi de -Saxe, ministre plnipotentiaire -durant de longues annes, Paris, -o il mourut en 1894.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">EIGNELAY</span> (Jean-Baptiste Colbert, -marquis <span class="smallc">DE</span>), 1651-1691. Fils an -du grand Colbert, auquel il succda -comme secrtaire d'tat au -dpartement de la marine. Le -marquis de Seignelay prit part -quelques-uns des faits d'armes de -cette marine qu'il avait trs puissamment -organise.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ERRANO</span> (la marchale), duchesse de -la Torre, habitait Paris. Elle tait -clbre par sa beaut et une vie -un peu aventureuse.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">VIGN</span> (la marquise <span class="smallc">DE</span>), 1636-1696. -Marie de Rabutin-Chantal, une des -femmes les plus distingues du -dix-septime sicle.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">EYMOUR</span> (sir George Hamilton), -1797-1880. Diplomate anglais et -petit-fils du premier marquis -d'Hertford. Aprs avoir pass par -plusieurs postes diplomatiques en -Europe, sir Hamilton Seymour fut -transfr en 1851 de Lisbonne -Saint-Ptersbourg o il eut avec -l'empereur Nicolas I<sup>er</sup> ces fameux -entretiens secrets, communiqus -lord John Russell, et ensuite au -Parlement, dans lesquels le Czar -offrait l'Angleterre de partager -avec elle les dpouilles de l'empire -turc. En 1855 sir Hamilton -Seymour fut envoy comme ambassadeur - Vienne et nomm -membre du Conseil priv. En -1858 il prit sa retraite.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">EYMOUR</span> (Lady Gertrude), fille du -duc Dacre, marie en 1831 sir -George Hamilton Seymour, diplomate -anglais.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">HELLEY</span> (Lady Suzanne), fille de -Stephen-Martin, avait pous en -1843 sir Spencer-Shelley.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">HREWSBURY</span> (lord Bertram-Arthur), -17<sup>e</sup> lord. Shrewsbury mourut sans -enfants et laissa la partie disponible -de sa fortune au second fils -du duc de Norfolk.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">INGLIN</span> (Antoine), 1600-1664. Ascte -de la Socit de Port-Royal et directeur -de la maison de Paris. Li -d'amiti avec Saint-Cyran et Gondi, -Singlin tenait rang parmi les prdicateurs -de cette poque. Ses -<span class="pagenum"><a id="Page_485"> 485</a></span> -sermons attiraient la foule et il -avait des pnitents des classes les -plus leves. Antoine Singlin fut -interdit par l'archevque de Paris -en sa qualit de Jansniste. Il -quitta Paris en 1661 et se retira -dans une terre appartenant la -duchesse de Longueville.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">OPHIE D'</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">UTRICHE</span> (l'archiduchesse) **, -1805-1872. Fille du roi Max de -Bavire, pousa en 1824 l'archiduc -Franois.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">OPHIE-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">HARLOTTE</span> (la Reine), 1668-1705. -Fille d'Ernest-Auguste, -lecteur de Hanovre, pouse de -Frdric I<sup>er</sup>, Roi de Prusse, dont -elle fut la seconde femme.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">OUVAROFF</span> (Alexis Vialiwitch, comte -<span class="smallc">DE</span>), 1729-1800. Gnral dans l'arme -russe, Souvaroff fit toutes les -guerres contre la Turquie, soumit -les Tartares-Nogas de la Crime -et battit l'arme polonaise, -en 1794, commande par Kosciusko. -Avant de prendre possession -de Varsovie, Souvaroff fit un -carnage effroyable des habitants -du faubourg de Praga. En 1799, -Souvaroff fut envoy, comme gnralissime, -en Italie o il obtint -d'abord des succs contre les -Franais; mais Massna sut ensuite -le refouler en Suisse. Souvaroff -revint alors en Russie, y -mourut peu aprs, mcontent et -en disgrce.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">PONNECK</span> (Guillaume-Charles, comte -<span class="smallc">DE</span>), 1815-1888. Homme d'tat et -conomiste danois. En 1850 il -tait ministre des Finances en Danemark, -et ce fut le comte Sponneck -qui accompagna le Roi Georges -en Grce.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TAEL</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>) *, 1766-1817. Ne -Necker, clbre par ses talents et -son exil.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TANLEY</span> (Lord Edward-Henry-Smith), -1826-1893. Fils an de lord -Derby (Edward-Geoffrey Stanley, -mort en 1869). Envoy vingt-deux -ans la Chambre des Communes, -lord Stanley y sigea -avec les tories dont son pre -tait le chef. En 1869, la mort -de son pre, il prit le titre de -lord Derby et suivit la politique -de M. Disrali.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TOLBERG-</span><span class="cap">W</span><span class="smallc">ERNIGERODE</span> (le comte -Henri <span class="smallc">DE</span>) ***, 1772-1854. Ministre -d'tat en Prusse.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TRATFORD DE</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">EDCLIFFE</span> (lord Canning, -vicomte <span class="smallc">DE</span>), 1786-1880. Diplomate -anglais, cousin du clbre -Canning. Aprs avoir occup plusieurs -postes, lord Stratford devint -ambassadeur auprs du Sultan; -il y travailla rconcilier la Russie -avec la Turquie et se retira ensuite - Navarin. Redevenu ambassadeur - Constantinople, de 1841 - 1858, il appuya la Porte qui -refusait de livrer les rfugis -hongrois et prit une part prpondrante -aux ngociations qui amenrent -l'alliance franco-anglaise -et la guerre de Crime. En 1852, -lord Stratford fut lev la pairie -en Angleterre.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TRAUSS</span> (Victor), 1809-1899. D'abord -thologien, Strauss devint, depuis -1850, ministre de la principaut -de Schaumburg-Lippe la Dite -de Francfort. Partisan de la politique -autrichienne, Strauss tait -dtest de Bismarck et de la cour -de Berlin.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_486"> 486</a></span></div> -<p class="cap">S<span class="smallc">TRIKLAND</span> (Miss Agns), 1806-1874. -Femme de lettres, auteur de -plusieurs ouvrages historiques, -entre autres de la biographie des -reines d'Angleterre et d'cosse.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">UE</span> (Eugne), 1804-1857. Clbre -romancier franais, auteur des -<i>Mystres de Paris</i> et du <i>Juif -Errant</i>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">UDE</span> (la princesse Amlie <span class="smallc">DE</span>) ***, -1805-1853, sœur du prince Gustave -de Wasa, pre de la Reine -Carola de Saxe.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">UDE</span> (le Roi Oscar I<sup>er</sup> <span class="smallc">DE</span>), 1799-1859, -succde son pre le Roi -Charles XIV en 1844. En 1829, -ce prince avait pous la princesse -Josphine de Leuchtenberg, fille -du prince Eugne de Beauharnais.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">UDE</span> (le prince Oscar <span class="smallc">DE</span>), duc -d'Ostrogothie, 1829-1907. En -1872 ce prince monta sur le trne -de Sude. En 1857, il avait pous -la princesse Sophie de Nassau.</p> - - -<p class="alphabet">T</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ALBOT</span> (lord Edmond Bernard), -n en 1855, second fils du quatorzime -duc de Norfolk, adopta, -avec l'autorisation de la Reine en -1876, les noms et les armes de -Talbot. Il tait officier dans -l'arme anglaise et avait pous, -en 1879, lady Mary, fille de lord -Montagu-Bertie des earls of Abingdon.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ALLEYRAND</span> (le prince <span class="smallc">DE</span>) *, 1754-1838. -Charles-Maurice, prince de -Bnvent.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ALLEYRAND</span> (le baron, puis comte -Charles <span class="smallc">DE</span>) ***, 1821-1896. Diplomate -franais.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ALLEYRAND</span> (la comtesse Louis <span class="smallc">DE</span>), -1819-1855. Stphanie de Pommereu, -marie en 1839 au comte -Louis de Talleyrand.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ański</span> (Joseph), 1805-1888. Patriote -et publiciste polonais. Aprs avoir -pris une part active la rvolution -de 1830, Joseph Tański se -rfugia en France o il fut incorpor, -comme officier, dans la Lgion -trangre et devint capitaine -en combattant contre Abd-el-Kader, -et en Espagne contre les carlistes. -Joseph Tański entra alors -dans la presse et devint collaborateur -du journal des <i>Dbats</i>. Pendant -la guerre de Crime, laquelle -il prit part, Joseph Tański -organisa une direction d'informations -militaires qui rendit les plus -prcieux services l'arme des -allis. A la fin de 1870, il fonda -<i>l'Avenir militaire</i>, dans lequel -Tański s'occupa de la rforme et -de la rorganisation de l'arme -franaise. Il a laiss plusieurs -ouvrages et s'tait fait une place -trs honorable, comme publiciste.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">HEIMER</span> (Augustin), 1804-1874. -Thologien allemand, prtre de -l'Oratoire Rome, il devint Conservateur -des archives secrtes -du Saint-Sige. Le pre Theimer -crivit une <i>Histoire du Pontificat -du pape Clment XIV</i>, qui avait -aboli les Jsuites. Il se vit alors -accus par les Pres de cet ordre -de procurer aux vques de l'opposition, -pendant le Concile du Vatican -(1869-1870), les documents -ncessaires pour combattre le -<span class="pagenum"><a id="Page_487"> 487</a></span> -dogme de l'infaillibilit du Pape; -il se retira alors de sa charge -d'archiviste en 1870.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">HIERS</span> (Adolphe) *, 1797-1877. -Homme d'tat et historien franais, -membre de l'Acadmie franaise.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">HIERS</span> (Mme), 1815-1880, ne -Mlle lise Dosne.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">HOUVENEL</span> (douard-Antoine), 1818-1866. -Homme d'tat franais -et diplomate. Ministre Athnes -en 1850, il vit arriver au -Pire une escadre anglaise qui -venait appuyer les rclamations -du juif Pacifico et ce fut alors -M. Thouvenel qui organisa la -dfense de la cour d'Athnes. -Aprs avoir t ambassadeur -Constantinople de 1855 1860, -Thouvenel fut nomm ministre des -Affaires trangres, et c'est sous -son administration qu'eurent lieu -l'annexion du comt de Nice, -celle de la Savoie, la reconnaissance -du royaume d'Italie, l'expdition -de Syrie et la conclusion de -plusieurs traits de commerce.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">HUN</span> (le comte Frdric <span class="smallc">DE</span>), 1810-1881. -Diplomate autrichien. Le -comte Thun fut ministre Berlin, -puis ambassadeur Saint-Ptersbourg. -Il avait pous la comtesse -Lopoldine de Lamberg.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">OCQUEVILLE</span> (le comte Alexis-Clrel -<span class="smallc">DE</span>) **, 1805-1859. Dput franais -et historien distingu, membre -de l'Acadmie franaise.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ORENO</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>), 1810-1858. -Dona Isabel-Gayaso, fille du marquis -Camarasa, dame de S. M. -la Reine Isabelle d'Espagne, pousa -le comte de Toreno. Celui-ci -tait de trs grande famille et -homme d'tat considrable en -Espagne, o il fut prsident du -Conseil en 1835. Il tait la fois -crivain trs considr et grand -orateur.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">OSCANE</span> (le grand-duc <span class="smallc">DE</span>) **, 1797-1870. -Lopold II, archiduc d'Autriche, -succda son pre en -1824.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">OSCANE</span> (la grande-duchesse mre -<span class="smallc">DE</span>), 1814-1898. Marie-Antoinette, -fille du roi des Deux-Siciles, -Franois I<sup>er</sup>, pousa en 1833 Lopold -II, grand-duc de Toscane, qui -abdiqua en 1859 en faveur de son -fils Ferdinand.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">OSCANE</span> (le prince hrditaire <span class="smallc">DE</span>), -1837-1908. Ferdinand IV, fils du -grand-duc Lopold II, qui abdiqua -en faveur de ce prince en 1859. Il -pousa, en premires noces, une -princesse de Saxe et, en deuximes -noces, une princesse de Parme.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ROCHU</span> (le gnral), 1815-1895. -Louis-Jules Trochu fut toujours -vou la carrire militaire. Envoy -en Algrie en 1840, comme -lieutenant d'tat-major, Trochu y -fit plusieurs campagnes comme -aide de camp de Lamoricire, -puis, comme attach au marchal -Bugeaud. Membre de l'tat-major -de Saint-Arnaud, il fit ainsi la -guerre de Crime. Nomm en -1870 gouverneur de Paris, il dut -y subir tout le sige, et se retira, -aprs la chute de la capitale, dans -la ville de Tours, o il vcut -ignor et loign du monde le -reste de sa vie.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">YLER</span> (M<sup>rs</sup> Julie), 1821. Julie Gardiner, -fille ane de David Gardiner -<span class="pagenum"><a id="Page_488"> 488</a></span> -(qui prit par suite d'une explosion - bord du vaisseau <i>Princeton</i>), -pousa en 1844, New-York, -le prsident Tyler un an -avant la fin de son gouvernement.</p> - -<p class="alphabet">U</p> - -<p class="cap">U<span class="smallc">SEDOM</span> (le comte <span class="smallc">D'</span>) ***, 1805-1884. -Diplomate prussien.</p> - -<p class="alphabet">V</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">AILLANT</span> (le marchal), 1790-1872. -Comme jeune officier, Vaillant -avait dj combattu Waterloo en -1815. En 1830, il fut bless la -prise d'Alger, devint colonel en -1832 pendant le sige d'Anvers et -enfin lieutenant gnral en 1845. -En 1849, Vaillant fut charg de -diriger le sige de Rome; il fut -cr marchal de France en 1851, -snateur et membre de l'Acadmie -des sciences en 1853. Vaillant -fut ministre de la guerre de 1854 - 1859 et remplit les fonctions -de major gnral pendant la campagne -d'Italie. De 1860 1870 -le marchal Vaillant fut ministre -de la maison de l'Empereur Napolon -III.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ALENAY</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>) *, 1811-1898. -Louis de Talleyrand-Prigord, duc -de Talleyrand et de Sagan, fils -an de la duchesse de Dino.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">AN DER</span> <span class="cap">M</span><span class="smallc">EULEN</span> (Antoine-Franois), -1624-1690. Peintre de batailles, -n Bruxelles. Colbert l'appela en -France, et Lebrun lui fit pouser -sa nice.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ARENNES</span> (Le baron Burignot <span class="smallc">DE</span>), -1795-1873. Ministre de France en -Mecklembourg, lors du mariage de -la princesse Hlne avec le duc -d'Orlans, M. de Varennes passa -ensuite en Portugal, o il resta -jusqu'en 1848, puis remplaa -Berlin, en 1852, M. de Persigny -comme ministre de France. En -1855, M. de Varennes entra au -Snat.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">EUILLOT</span> (Louis), 1813-1883. Littrateur -et journaliste franais, fils -d'un pauvre tonnelier, rdacteur -en chef du journal <i>l'Univers</i>. Au -nom de l'ultramontanisme, Louis -Veuillot y attaqua avec une violence -inoue le parti des catholiques -qui n'approuvait pas ses -tendances, et ne se rangeait pas -l'avis de <i>l'Univers</i>.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ICENCE</span> (la duchesse <span class="smallc">DE</span>), 1785-1876. -Adrienne Carbonnel de Canisy, -pousa en 1814 le comte Armand -de Caulaincourt, duc de Vicence.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ICTORIA</span> I<sup>re</sup> (la reine) *, 1819-1901, -monta sur le trne d'Angleterre -en juin 1837.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">IEUXTEMPS</span> (Henri), 1820-1881. Clbre -violoniste, n Bruxelles. -Artiste de premier ordre et du -talent le plus brillant.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ILLAMARINA</span> (le marquis Salvator -DE), 1813-1877. Ministre de Sardaigne - Paris depuis 1853 et -second plnipotentiaire du Pimont, -au Congrs de Paris, en -1856, o Cavour occupait le premier -rang.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ILLEMAIN</span> (Abel-Franois) *, 1790-1870. -crivain franais, membre -de l'Acadmie franaise.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">INCKE</span> (le baron Frdric-Georges-Ernest -<span class="smallc">DE</span>), 1811-1875. Homme -politique prussien. L'activit que -<span class="pagenum"><a id="Page_489"> 489</a></span> -M. de Vincke dploya aux premires -Dites prussiennes attira -l'attention gnrale. Vincke dfendit, -avec une violence extrme, -les opinions constitutionnelles et -prit une part vive aux luttes rvolutionnaires: -dput la seconde -Chambre prussienne en -1849, il y combattit toujours la -politique du ministre.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ISCONTI</span> (Louis-Joachim) ***, 1791-1863. -Architecte d'origine italienne -mais naturalis Franais.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">OG</span> (la comtesse <span class="smallc">DE</span>), ne Mlle de -Damas, fille du duc Charles de Damas -et de Mlle de Langeron. Elle -pousa en premires noces le -comte de Vog dont elle eut un -fils, et en deuximes noces le -comte de Chastellux dont elle -eut deux filles. Mme de Vog, -comme Mme de Damas, sa mre, -tait remplie d'esprit; elles avaient -toutes les deux un salon trs frquent - Paris.</p> - -<p class="alphabet">W</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">AGRAM</span> (Berthier, prince <span class="smallc">DE</span>), 1810-1887. -Fils du marchal Berthier, -le prince de Wagram succda -son pre en 1815 dans sa dignit -de pair de France. N'ayant que -cinq ans cette poque, il -ne put siger qu'en 1836. Le -gouvernement de Louis-Philippe -le fit, en 1846, chevalier de la -Lgion d'honneur et, en 1852, le -prince de Wagram entra au Snat -constitu par Napolon III.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">AGRAM</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>), 1832-1884. Maley-Berthier, -fille du prince de -Wagram, pousa le prince Jrme -Murat en 1854, dont elle fut la -premire femme.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ALEWSKI</span> (le comte) **, 1810-1868. -Homme politique franais.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ALEWSKA</span> (la comtesse), ne -Florence en 1823. Mlle Anna-Alexandra -de Ricci pousa, en -1846, le comte Walewski, qui tait -alors veuf de lady Caroline Montagu, -fille de lord Sandwich. Aprs -la mort du comte Walewski, en -1868, sa veuve se remaria avec -M. Alexandro.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ALDERSE</span> (le comte Frdric-Gustave -<span class="smallc">DE</span>), 1795-1866, lieutenant-gnral -dans l'arme prussienne. -Il fut pendant quelque temps ministre -de la guerre.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ALLMODEN-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">IMBORN</span> (le comte Louis -<span class="smallc">DE</span>) ***, 1769-1862. Feld-marchal -autrichien qui commanda le -corps d'arme dans l'Italie suprieure -durant de longues annes.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ALSCH</span> (M. Olivier), chambellan de -l'empereur Napolon III. Son -frre avait pous la veuve du -marquis d'Aramon.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ASA</span> (le prince Gustave <span class="smallc">DE</span>) ***, -1790-1877, pousa en 1830 la -princesse Louise de Bade, fille -ane de la grande-duchesse Stphanie -de Bade.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ASA</span> (la princesse) **, 1811-1854. -Louise, fille du grand-duc Charles -de Bade et de la grande duchesse -Stphanie.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">EDEL</span> (le gnral <span class="smallc">DE</span>), 1785-1861. -Gnral prussien, gouverneur du -Luxembourg, chevalier de l'ordre -de l'Aigle noir, aide de camp gnral -du Roi Frdric-Guillaume IV.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ELLESLEY</span> (la marquise <span class="smallc">DE</span>), morte -<span class="pagenum"><a id="Page_490"> 490</a></span> -en 1853. Marianne, fille d'un -Amricain de Philadelphie, marie -en premires noces Robert Paterson, -fils d'lisabeth Paterson -et de Joseph Bonaparte, roi de -Westphalie. Devenue veuve, elle -pousa, en 1825, Richard, marquis -de Wellesley, qui fut gouverneur -des Indes, et dont elle devint -la seconde femme.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ELLINGTON</span> (le duc <span class="smallc">DE</span>) *, 1769-1852. -Gnral anglais, vainqueur - la bataille de Waterloo en 1815.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ESTMORLAND</span> (lord), 1811-1859. -Lord John Burghersh *, devint -comte de Westmorland aprs la -mort de son pre.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ESTMORLAND</span> (Lady) ***, 1793-1879. -Anne, fille du baron Maryborough, -frre du duc de Wellington.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ESTPHALEN</span> (M. <span class="smallc">DE</span>), 1799-1876. -Fut ministre de l'Intrieur en -Prusse de 1850 1858, et devint -en 1854 membre de la Chambre -des seigneurs.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">INDISCH-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">RAETZ</span> (le prince Alfred), -1787-1862, gnral autrichien; -aprs avoir rprim le soulvement -de Vienne, en 1848, il fut -fait feld-marchal.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">INDISCH-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">RAETZ</span> (la princesse Mathilde -<span class="smallc">DE</span>), ne en 1835. Fille du -marchal Windisch-Graetz; elle -pousa en 1857 son cousin le -prince Charles Windisch-Graetz, -qui fut tu en 1859 la bataille de -Solferino en Italie.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">INTER</span> (M. <span class="smallc">DE</span>). Fut ministre de -l'Intrieur en Prusse, de 1859 -1860, et, aprs le duel Manteuffel, -nomm prsident de la police - Berlin.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">INTERHALTER</span> (Franois-Xavier), -1806-1873, peintre et portraitiste -allemand, tabli Paris. -Sous le rgne de Louis-Philippe -il fit plusieurs portraits de la -famille royale; mais il fut surtout -en vogue sous le rgne de Napolon -III, ayant fait plusieurs beaux -portraits de l'Impratrice Eugnie.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ITTGENSTEIN</span> (la princesse Lonille -<span class="smallc">DE</span>), ne en 1816, fille du prince -Ivan Bariatinsky et de la comtesse -Wilhelmine Keller; elle pousa -en 1834 le prince Louis de Sayn-Wittgenstein, -dont elle devint -veuve en 1866.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">RANGEL</span> (le marchal, comte <span class="smallc">DE</span>), -1784-1877. Commandant des -troupes allemandes en Holstein pendant -l'anne 1848. Wrangel sut la -mme anne contenir la populace -fort menaante de Berlin sans verser -de sang. En 1863 il commanda -le corps d'arme prussien contre -le Danemark.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">URTEMBERG</span> (le Roi Guillaume I<sup>er</sup> -<span class="smallc">DE</span>) *, 1781-1864, mont sur le -trne en 1816.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">URTEMBERG</span> (le prince Auguste) **, -1813-1885. Officier prussien. Il -prit une grande part aux guerres -de 1866 et de 1870, comme commandant -du corps de la garde de -Prusse.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">URTEMBERG</span> (le prince royal <span class="smallc">DE</span>) ***, -1823-1891. Charles, fils du Roi -Guillaume I<sup>er</sup>, auquel il succda, -en 1864, sur le trne de Wurtemberg.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">URTEMBERG</span> (la princesse royale -<span class="smallc">DE</span>). 1822-1892. Olga, fille de -l'empereur Nicolas de Russie. -<span class="pagenum"><a id="Page_491"> 491</a></span> -Cette princesse, d'une beaut trs -remarquable, pousa, en 1846, -Charles, prince royal de Wurtemberg, -qui monta sur le trne en -1864. Ils n'eurent jamais d'enfant.</p> - - -<p class="alphabet">Z</p> - -<p class="cap">Z<span class="smallc">AMOYSKI</span> (le gnral), 1803-1868. Le -comte Ladislas Zamoyski, gnral -de division au service anglais, -avait servi dans l'arme polonaise -en 1830.</p> - -<p class="cap">Z<span class="smallc">EDLITZ</span> (le baron Joseph-Chrtien -<span class="smallc">DE</span>) ***. 1790-1861. Officier dans -l'arme autrichienne; pote fort -apprci.</p> - -<p class="cap">Z<span class="smallc">EDLITZ</span> (M. <span class="smallc">DE</span>), n en 1813, prfet -de police Berlin de 1856 1861.</p> - -<p class="cap">Z<span class="smallc">ICHY DE</span> <span class="cap">V</span><span class="smallc">ASONYKE</span> (le comte Eugne -<span class="smallc">DE</span>) ***, 1809-1848. Il fut accus -d'espionage par les Hongrois insurgs -qui le mirent mort.</p> - -<p class="cap">Z<span class="smallc">ICHY DE</span> <span class="cap">V</span><span class="smallc">ASONYKE</span> (le comte Joseph -<span class="smallc">DE</span>), 1814-1897. Epousa, en -1853, la princesse Mlanie de Metternich, -fille du chancelier d'Autriche.</p> -</div> - -<p><span class="pagenumh"><a id="Page_492"> 492</a></span></p> - -<div class="chapter"> -<p><span class="pagenum"><a id="Page_493"> 493</a></span></p> -<h2 class="normal">TABLE GNRALE<br /> -<span class="medium">DES NOMS CITS DANS LES QUATRE VOLUMES DE LA CHRONIQUE</span></h2> -</div> - -<div class="hanging indent"> -<p class="alphabet">A</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">BD-EL-</span><span class="cap">K</span><span class="smallc">ADER</span> (L'mir),<br /> -II, 168;<br /> -III, 323.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">BERCROMBY</span> (George-Ralph),<br /> -I, 94, 119, 120, 145, 165.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">BERDEEN</span> (Lord),<br /> -I, 146;<br /> -III, 155, 225;<br /> -IV, <a href="#Page_124">124.</a></p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">BERGAVENNY</span> (Earl of),<br /> -I, 6, 7.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">BRANTS</span> (La duchesse <span class="smallc">d'</span>),<br /> -I, 340.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">BZAC</span> (Le gnral marquis <span class="smallc">d'</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_409">409</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">CERENZA</span> (La duchesse Jeanne <span class="smallc">d'</span>),<br /> -II, 279, 332, 338;<br /> -III, 295.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">CTON</span> (Lady),<br /> -II, 340.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">DAMS</span> (Le prsident),<br /> -II, 451.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">DLADE d'</span><span class="cap">O</span><span class="smallc">RLANS</span> (Madame),<br /> -I, 29, 33, 243, 278, 310, 314, 318, 324, 326, 356, 358, 362, 373, 376, 383, 387, 395;<br /> -II, 2, 16, 30, 47, 49, 74, 79, 84, 85, 87, 94, 106, 117, 129, 140, 150, 151, 157, 160, 180, 186, 195, 197, 213, 223, 262, 320, 363, 364, 369, 379, 381, 397;<br /> -III, 20, 37, 55, 63, 192, 201, 202, 209, 213, 219, 225, 264, 265, 268, 322, 324,332;<br /> -IV, <a href="#Page_277">277.</a></p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">DOLPHE DE</span> <span class="cap">N</span><span class="smallc">ASSAU</span> (Empereur d'Allemagne),<br /> -I, 343, 346.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">FFRE</span> (Monseigneur),<br /> -II, 348, 361, 366, 428, 441;<br /> -III, 4, 5, 22, 23, 27, 44, 98, 105.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">GOULT</span> (La vicomtesse <span class="smallc">d'</span>),<br /> -I, 72;<br /> -II, 379;<br /> -III, 50.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">ILESBURY</span> (Lord),<br /> -III, 38.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">ILESBURY</span> (Lady),<br /> -III, 38.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LAVA</span> (Le gnral don Ricardo),<br /> -I, 51, 54, 215, 234, 359, 371, 380;<br /> -II, 9, 38, 47, 183, 337;<br /> -III, 130, 131, 204, 207, 304.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LBANY</span> (La comtesse <span class="smallc">d'</span>),<br /> -I, 193, 194.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LBE</span> (Le duc <span class="smallc">d'</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_387">387</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LBUFRA</span> (La duchesse d'),<br /> -II, 117, 126, 151, 156, 339, 347, 352, 361, 376, 387, 389, 394, 417, 437;<br /> -III, 24, 97, 98, 99, 125, 127, 131, 155, 185, 280;<br /> -IV, <a href="#Page_16">16</a>, <a href="#Page_33">33</a>, <a href="#Page_35">35</a>, <a href="#Page_73">73</a>, <a href="#Page_77">77</a>, <a href="#Page_92">92</a>, <a href="#Page_130">130</a>, <a href="#Page_255">255</a>, <a href="#Page_268">268</a>, <a href="#Page_304">304</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LCUDIA</span> (Le duc <span class="smallc">d'</span>),<br /> -I, 209.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LDBOROUGH</span> (Lady),<br /> -I, 103, 104, 333;<br /> -III, 38.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LEXANDRE</span> I<sup>er</sup> (Empereur de Russie),<br /> -I, 332;<br /> -II, 335;<br /> -III, 301.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LFIERI</span> (Le comte Victor),<br /> -I, 193, 378.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_494"> 494</a></span></div> -<p class="cap">A<span class="smallc">LIBAUD</span>,<br /> -II, 66, 67, 69, 70, 78, 99, 116, 182.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LLEGRI</span> (Grgoire),<br /> -IV, <a href="#Page_162">162</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LLEN</span> (George),<br /> -I, 99, 103, 122.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LTENSTEIN</span> (Le baron Charles <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 321.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LTHORP</span> (Lord),<br /> -I, 92, 101, 102, 161, 163, 164, 165, 168, 170, 177, 179.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LTON-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">HE</span> (Le comte douard D'),<br /> -II, 390;<br /> -III, 50, 325.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LVANLEY</span> (Lord),<br /> -I, 197, 368.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">LVENSLEBEN</span> (Le comte D'),<br /> -III, 284;<br /> -IV, <a href="#Page_177">177</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">MLIE D'</span> <span class="cap">A</span><span class="smallc">NGLETERRE</span> (La princesse),<br /> -I, 170.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">MPRE</span> (M.), I, 338;<br /> -III, 221.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NCELOT</span> (M.),<br /> -III, 42;<br /> -IV, <a href="#Page_194">194</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NCILLON</span> (M.),<br /> -II, 44, 49, 50, 55, 63, 119, 121, 142, 143.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NCILLON</span> (Mme),<br /> -II, 119.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NDILLY</span> (Arnauld <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 44, 196.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NDRAL</span> (Le docteur),<br /> -III, 57, 258.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NDRAL</span> (Mme),<br /> -II, 138.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NDREA DEL</span> <span class="cap">S</span><span class="smallc">ARTO</span>,<br /> -IV, <a href="#Page_107">107</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NGLETERRE</span> (La reine Adlade <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 56, 113, 149, 150;<br /> -II, 168, 179;<br /> -III, 67, 318, 391.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NGLETERRE</span> (Le prince Albert <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 32.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NGLETERRE</span> (La reine Charlotte <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 168.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NGLETERRE</span> (le roi Guillaume IV <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 66, 68, 70, 78, 106, 131, 144, 172, 198;<br /> -II, 34, 144, 156, 160;<br /> -III, 318.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NGLONA</span> (Le prince <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 183.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NGOULME</span> (Le duc <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 40, 110.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NGOULME</span> (La duchesse <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 40;<br /> -III, 253;<br /> -IV, <a href="#Page_26">26</a>, <a href="#Page_27">27</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NHALT-</span><span class="cap">D</span><span class="smallc">ESSAU</span> (La duchesse D'),<br /> -III, 103.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NNE D'</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">UTRICHE</span> (Reine de France), I, 36, 43; -II, 97.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NNE DE</span> <span class="cap">B</span><span class="smallc">RETAGNE</span> (Reine de France),<br /> -II, 165.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NTONELLI</span> (Le cardinal), -IV, <a href="#Page_297">297</a>, <a href="#Page_315">315</a>, <a href="#Page_362">362</a>, <a href="#Page_376">376</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NTONIO</span> (L'infant d'Espagne),<br /> -I, 239.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">NTROBUS</span> (Lady),<br /> -I, 374.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">PPONYI</span> (Le comte),<br /> -II, 1, 15, 127, 395, 409;<br /> -III, 52, 109, 115;<br /> -IV, 81, 89.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">PPONYI</span> (La comtesse Annette),<br /> -I, 395;<br /> -III, 52, 97, 115.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RAGO</span> (M.),<br /> -III, 148, 248, 360, 368, 370.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RBUTHNOT</span> (Mrs),<br /> -I, 209, 230.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RCO</span> (La comtesse <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 113.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RENBERG</span> (La duchesse <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 366, 367.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RENBERG</span> (Le prince Pierre D'),<br /> -I, 347;<br /> -III, 27, 71, 79, 132, 133, 134, 238, 239;<br /> -IV, <a href="#Page_17">17</a>, <a href="#Page_101">101</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RENBERG</span> (La princesse Pierre <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 349;<br /> -III, 132, 219, 230.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RENBERG</span> (Le duc Prosper-Louis <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 366.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RGENSON</span> (Le comte D'),<br /> -I, 251.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RGOUT</span> (Le comte <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 90; -III, 242, 247.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RJUZON</span> (Le comte D'),<br /> -IV, <a href="#Page_64">64</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RNAULD</span> (La mre Anglique de Saint-Jean),<br /> -II, 44.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RNAULD</span> (Antoine),<br /> -II, 44.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RNAULD</span> (La mre Marie-Anglique de Sainte-Madeleine),<br /> -II, 44.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RNAULT</span>,<br /> -I, 246.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RNFELD</span> (Le baron D'),<br /> -III, 287.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RNIM-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">OITZENBURG</span> (Le comte D'),<br /> -III, 408, 409, 410, 453.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RNIM-</span><span class="cap">H</span><span class="smallc">EINRICHSDORF</span> (Le baron Henri <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 281;<br /> -III, 104, 113, 184, 351.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RNIM-</span><span class="cap">H</span><span class="smallc">EINRICHSDORF</span> (Le comte Henri <span class="smallc">D'</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_3">3</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RSOLI</span> (Le prince <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 150.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RSOLI</span> (La princesse <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 187.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">RTOIS</span> (Le comte <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 298;<br /> -III, 471, 472, 473, 474, 475.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">SHLEY</span> (Sir),<br /> -I, 40.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">SSELINE</span> (Adolphe),<br /> -III, 34.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">STON</span> (Le comte),<br /> -III, 152, 157.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">THALIN</span> (Le gnral baron),<br /> -I, 359;<br /> -II, 146.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_495"> 495</a></span></div> -<p class="cap">A<span class="smallc">UBUSSON DE LA</span> <span class="cap">F</span><span class="smallc">EUILLADE</span> (Le comte <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 393.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UBUSSON</span> (Mlle Nomie <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 418.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UDIN</span>,<br /> -III, 95.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UERSPERG</span> (La princesse <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 301.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UERSWALD</span> (Rodolphe <span class="smallc">D'</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_293">293</a>, <a href="#Page_315">315</a>, <a href="#Page_321">321</a>, <a href="#Page_335">335</a>, <a href="#Page_393">393</a>, <a href="#Page_406">406</a>, <a href="#Page_424">424</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UGEREAU</span> (Le marchal),<br /> -I, 257.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UGIER</span> (mile),<br /> -IV, <a href="#Page_253">253</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UGUSTE D'</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">NGLETERRE</span> (La princesse),<br /> -I, 5, 172, 211;<br /> -II, 131.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UGUSTENBERG</span> (La duchesse <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 327.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UMALE</span> (Le duc <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 385;<br /> -II, 178, 372;<br /> -III, 35, 37, 45, 117, 192, 268, 280;<br /> -IV, <a href="#Page_10">10</a>, <a href="#Page_59">59</a>, <a href="#Page_285">285</a>, <a href="#Page_353">353</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UMALE</span> (La duchesse <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 447;<br /> -IV, <a href="#Page_10">10</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">USTIN</span> (Sarah),<br /> -II, 336.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'archiduc Albert <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 309.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'impratrice Caroline <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 63.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'archiduc Charles <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 49-56, 69.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'impratrice lisabeth <span class="smallc">D'</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_120">120</a> , <a href="#Page_121">121</a> , <a href="#Page_122">122</a> , <a href="#Page_382">382</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'archiduchesse lisabeth <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 399;<br /> -IV, <a href="#Page_90">90</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'empereur Ferdinand I<sup>er</sup>),<br /> -I, 383;<br /> -II, 69.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'empereur Franois II <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 161.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'archiduc Franois-Charles <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 69;<br /> -III, 348.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'archiduc Jean <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 352, 354, 382.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'archiduc Lopold <span class="smallc">D'</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_6">6</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'archiduc Louis-Joseph <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 383.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'archiduchesse Marguerite <span class="smallc">D'</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_291"> 291</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'archiduchesse Marie <span class="smallc">D'</span>), Duchesse de Brabant,<br /> -IV, <a href="#Page_112">112</a>, <a href="#Page_116">116</a>, <a href="#Page_119">119</a>, <a href="#Page_151">151</a>, <a href="#Page_152">152</a>, <a href="#Page_186">186</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'archiduchesse Marie-Louise <span class="smallc">D'</span>), plus tard l'impratrice des Franais,<br /> -I, 258, 332;<br /> -II, 65.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'archiduc Max <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 446;<br /> -IV, <a href="#Page_228">228</a>, <a href="#Page_260">260</a>, <a href="#Page_316">316</a>, <a href="#Page_383">383</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'archiduchesse Sophie <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 383;<br /> -II, 55, 69;<br /> -III, 311, 367, 445, 446;<br /> -IV, <a href="#Page_51">51</a>, <a href="#Page_87">87</a>, <a href="#Page_94">94</a>, <a href="#Page_101">101</a>, <a href="#Page_113">113</a>, <a href="#Page_114">114</a>, <a href="#Page_227">227</a>, <a href="#Page_228">228</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">UTRICHE</span> (L'archiduchesse Thrse <span class="smallc">D'</span>), plus tard reine de Naples,<br /> -II, 56, 79, 122, 182.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">VENAS</span> (Mme <span class="smallc">D'</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_77">77</a>, <a href="#Page_214">214</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">VIGDOR</span> (Jules),<br /> -IV, <a href="#Page_79">79</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">YEN</span> (Le duc <span class="smallc">D'</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_235">235</a>.</p> - -<p class="cap">A<span class="smallc">YEN</span> (La duchesse <span class="smallc">D'</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_235">235</a>.</p> - - -<p class="alphabet">B</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ACH</span> (Le baron),<br /> -III, 444.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ACKHOUSE</span> (John),<br /> -I, 127, 128, 207.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ACOURT</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 32, 45, 365, 382;<br /> -III, 471, 474.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ADE</span> (La princesse Alexandrine <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 161.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ADE</span> (Le prince-rgent Frdric-Guillaume <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_230">230</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ADE</span> (Le grand-duc Lopold <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 348;<br /> -III, 369, 427, 431.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ADE</span> (La princesse Marie <span class="smallc">DE</span>), plus tard marquise de Douglas, duchesse de Hamilton,<br /> -II, 285, 348, 354, 355, 356;<br /> -III, 65, 67, 142, 146, 149, 156, 157, 160, 231, 235, 272, 420;<br /> -IV, <a href="#Page_40">40</a>, <a href="#Page_43">43</a>, <a href="#Page_76">76</a>, <a href="#Page_303">303</a>, <a href="#Page_396">396</a>, <a href="#Page_400">400</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ADE</span> (La grande-duchesse Stphanie <span class="smallc">DE</span>), ne de Beauharnais,<br /> -I, 382;<br /> -II, 81, 105, 127, 195, 198, 272, 328, 351, 353;<br /> -III, 65, 66, 67, 69, 139, 141, 143, 149, 150, 154, 158, 159, 160, 161, 170, 171, 172, 192, 236, 271, 272, 273, 368, 369, 420;<br /> -IV, <a href="#Page_40">40</a>, <a href="#Page_42">42</a>, <a href="#Page_114">114</a>, <a href="#Page_133">133</a>, <a href="#Page_259">259</a>, <a href="#Page_342">342</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AGRATION</span> (La princesse),<br /> -II, 157, 160.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_496"> 496</a></span></div> -<p class="cap">B<span class="smallc">AILLOT</span> (M.),<br /> -I, 48.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ALBI</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 324, 325;<br /> -II, 76, 204.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ALBI-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">ENAREGA</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_224">224</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ALLANCHE</span> (M.),<br /> -II, 438;<br /> -III, 66, 167, 181;<br /> -IV, <a href="#Page_334">334</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ALZAC</span> (Honor <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 108;<br /> -III, 308.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AOUR-</span><span class="cap">L</span><span class="smallc">ORMIAN</span> (M.), -IV, <a href="#Page_194">194</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ARANTE</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 385;<br /> -II, 63, 87, 163, 393, 403;<br /> -III, 11, 118, 121, 150, 154, 155, 164, 167, 168, 174, 181, 189, 190, 193, 195, 214, 222, 225, 227, 239, 247, 252, 284, 301, 321, 325;<br /> -IV, <a href="#Page_12">12</a>, <a href="#Page_17">17</a>, <a href="#Page_19">19</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ARANTE</span> (La baronne <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 407.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ARBS</span> (M.),<br /> -III, 370.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ARBEY DE</span> <span class="cap">J</span><span class="smallc">OUY</span> (M.),<br /> -II, 357.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ARING</span> (Sir Francis),<br /> -III, 38, 39.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ARING</span> (Lady),<br /> -III, 38.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AROCHE</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_301">301</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ARRINGTON</span> (Charles),<br /> -I, 121.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ARRINGTON</span> (Mme),<br /> -IV, <a href="#Page_240">240</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ARROT</span> (Odilon),<br /> -I, 311;<br /> -II, 124, 130, 219, 298, 394, 405, 420, 421, 423, 424, 428, 438;<br /> -III, 11, 222, 242;<br /> -IV, <a href="#Page_200">200</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ARRY</span> (Le docteur),<br /> -III, 284.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ARTHE</span> (Ministre),<br /> -I, 322;<br /> -II, 18, 116, 219.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ARTHOLONY</span> (M.),<br /> -I, 345.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ASSANO</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 227, 228, 246, 277, 278, 280, 283, 293;<br /> -III, 38.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ASSANO</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 228.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ASTARD</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 322.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ASTIDE</span> (Jules),<br /> -II, 75.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ATHURST</span> (Lord),<br /> -I, 208.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ATHURST</span> (Lady Georgina),<br /> -II, 34.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ATTHYANY</span> (La comtesse),<br /> -I, 7, 163;<br /> -II, 390.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AUDRAND</span> (Le gnral comte),<br /> -I, 2, 259, 260, 291;<br /> -II, 15, 65, 162, 213, 214;<br /> -III, 250, 255.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AUDRAND</span> (Mme, modiste),<br /> -II, 124.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AUFFREMONT</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 150, 418;<br /> -III, 53.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AUFFREMONT</span> (Le prince Gontran <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 418.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AUFFREMONT</span> (La princesse Laurence <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 225, 366;<br /> -IV, <a href="#Page_212">212</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AUSSET</span> (Le cardinal <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 196, 335.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AUTAIN</span> (L'abb),<br /> -II, 97, 355, 362.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AVIRE</span> (Le prince royal <span class="smallc">DE</span>), plus tard roi Maximilien II,<br /> -II, 56;<br /> -III, 156, 233, 274, 373;<br /> -IV, <a href="#Page_177">177</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AVIRE</span> (La reine douairire Caroline <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 49;<br /> -III, 161.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AVIRE</span> (La princesse Hildegarde <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 309.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AVIRE</span> (Le roi Louis I<sup>er</sup> <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 343;<br /> -III, 274, 441, 443.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AVIRE</span> (Le duc Maximilien <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_122">122</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AVIRE</span> (La duchesse Maximilien <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_120">120</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">AVIRE</span> (La reine Thrse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 343;<br /> -III, 443.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ARN</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_65">65</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EAUCHESNE</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_67">67</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EAUFORT</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 122.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EAUHARNAIS</span> (Eugne <span class="smallc">DE</span>), duc de Leuchtenberg,<br /> -I, 333;<br /> -III, 442.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EAUHARNAIS</span> (Hortense <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 332.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EAUMONT</span> (Lon <span class="smallc">DE</span>), dit Fanfan,<br /> -II, 335.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EAUVALE</span> (Lord),<br /> -III, 28, 48, 83.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EAUVAU</span> (Le prince Marc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 418.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EAUVAU</span> (La marchale, princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 366, 367.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EAUVAU-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">RAON</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_250">250</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EAUVILLIERS</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 312.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ECKETT</span> (Thomas),<br /> -I, 354.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ECKX</span> (Le pre),<br /> -IV, <a href="#Page_119">119</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EDEAU</span> (Le gnral),<br /> -IV, <a href="#Page_271">271</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EDFORD</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 81, 99, 195, 196, 212, 213.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EDFORD</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 80.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EDMAN</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_70">70</a>, <a href="#Page_84">84</a>, <a href="#Page_86">86</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EGAS</span> (Charles-Joseph), II, 322.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_497"> 497</a></span></div> -<p class="cap">B<span class="smallc">EIRA</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I 127, 192.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ELFAST</span> (Lady),<br /> -I, 4.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ELGES</span> (La princesse Charlotte <span class="smallc">DES</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_237">237</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ELGES</span> (La reine Louise <span class="smallc">DES</span>), princesse d'Orlans,<br /> -I, 362, 363, 386;<br /> -II, 75, 120, 177;<br /> -III, 396, 426, 428, 451, 453;<br /> -IV, <a href="#Page_110">110</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ELGIOJOSO</span> (La princesse),<br /> -II, 29;<br /> -III, 234, 254, 303.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ELLINI</span> (Jean),<br /> -IV, <a href="#Page_105">105</a>, <a href="#Page_107">107</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ELLUNE</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 42.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ELMONT</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_64">64</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EM</span> (Le gnral),<br /> -III, 376.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ENACET</span> (M.),<br /> -III, 96.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ENDEMANN</span>,<br /> -II, 329.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ENEDECK</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_97">97</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ENKENDORFF</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 86;<br /> -II, 295.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ENKENDORFF</span> (Le comte Constantin <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_244">244</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ENNINGSEN</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 419, 420.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RENGER</span> (Mlle lisabeth <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 67.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERG</span> (Le gnral comte),<br /> -IV, <a href="#Page_121">121</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERGAMI</span>,<br /> -I, 82, 83.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERGERON</span> (Louis),<br /> -I, 396;<br /> -II, 402.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RIOT</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 299.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERNARD</span> (Le baron Simon),<br /> -II, 94, 96.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERNARD</span> (Samuel),<br /> -III, 121.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERNSTORFF</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 184, 382, 415, 426, 454, 456;<br /> -IV, <a href="#Page_315">315</a>, <a href="#Page_405">405</a>, <a href="#Page_406">406</a>, <a href="#Page_422">422</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERRY</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 355;<br /> -II, 158.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERRY</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 22, 28, 72, 246, 273, 338, 367;<br /> -III, 97;<br /> -IV, <a href="#Page_102">102</a>, <a href="#Page_103">103</a>, <a href="#Page_106">106</a>, <a href="#Page_107">107</a>, <a href="#Page_109">109</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERRYER</span> (Antoine),<br /> -I, 338, 367;<br /> -II, 4, 11, 20, 22, 25, 27, 28, 30, 38, 81, 83, 136, 219, 367, 389, 390, 420, 424, 425, 426, 438;<br /> -III, 50, 132, 187, 242;<br /> -IV, <a href="#Page_10">10</a>, <a href="#Page_40">40</a>, <a href="#Page_42">42</a>, <a href="#Page_198">198</a>, <a href="#Page_199">199</a>, <a href="#Page_200">200</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERTIN DE</span> <span class="cap">V</span><span class="smallc">EAUX</span>,<br /> -I, 19, 34, 206, 240, 267, 291, 306;<br /> -II, 36, 37, 42;<br /> -III, 15, 16, 45, 118, 185.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERTIN DE</span> <span class="cap">V</span><span class="smallc">EAUX</span> (Mme),<br /> -II, 116.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERTIN DE</span> <span class="cap">V</span><span class="smallc">EAUX</span> (Le gnral Auguste),<br /> -III, 15, 45, 118.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERTRAND</span> (Le gnral),<br /> -II, 434.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RULLE</span> (Le cardinal <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 389.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ERWICK</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 418.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ETHMANN-</span><span class="cap">H</span><span class="smallc">OLWEG</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 407;<br /> -IV, <a href="#Page_172">172</a>, <a href="#Page_321">321</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">THYSY</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 44, 58.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">EUST</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 378, 448.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">IGNON</span> (Le baron),<br /> -I, 119, 120, 125, 311.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">IGNON</span> (Franois),<br /> -III, 238.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ILLAULT</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_375">375</a>, <a href="#Page_397">397</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ILZ</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, <a href="#Page_354">354</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">INZER</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 269;<br /> -III, 116, 446.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">IRON</span> (Le duc Armand-Louis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 297.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">IRON</span> (Le marquis Henri <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 262.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">IRON</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 68;<br /> -II, 331.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">IRON-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">OURLANDE</span> (Le prince Calixte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 300.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">IRON-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">OURLANDE</span> (Le prince Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 386.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">IRON-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">OURLANDE</span> (La princesse Fanny <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 325;<br /> -III, 96, 113, 114, 120, 123, 130, 132, 135, 138, 142, 143, 149, 152, 160, 162, 176, 205, 212, 213, 300, 307.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">IRON-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">OURLANDE</span> (Le prince Pierre <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 300.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ISMARCK-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">CHœNHAUSEN</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_161">161</a>, <a href="#Page_162">162</a>, <a href="#Page_190">190</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">IXIO</span> (M.), IV, 126, 296.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">JOERNSTJERNA</span> (M.),<br /> -I, 76, 77.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">JOERNSTJERNA</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 334.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">LACAS</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 28, 129, 159.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">LITTERSDORF</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 344, 345, 346, 349.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">LUCHER DE</span> <span class="cap">W</span><span class="smallc">AHLSTADT</span> (Le marchal prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_96">96</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">LUM</span> (Robert),<br /> -III, 386.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OBOLA</span> (Le Pre Andr),<br /> -IV, 134, 135.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_498"> 498</a></span></div> -<p class="cap">B<span class="smallc">ODELSCHWING</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 425.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ODELSCHWING</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 438.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OEGER</span> (Le docteur),<br /> -IV, <a href="#Page_291">291</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OIGNE</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 299, 300;<br /> -II, 16, 170, 171;<br /> -III, 26, 247, 250, 251;<br /> -IV, <a href="#Page_126">126</a>, <a href="#Page_300">300</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OISMILON</span> (Jacques-Dominique <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 259;<br /> -III, 209, 214, 215, 385.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OISSY</span> (Mlle Rouill <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 393;<br /> -II, 418.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OLIVAR</span> (Simon),<br /> -I, 289.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ONALD</span> (Le vicomte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 438;<br /> -III, 42;<br /> -IV, 20, 75.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ONAPARTE</span> (Jrme), roi de Westphalie,<br /> -I, 70, 72, 341;<br /> -II, 19;<br /> -IV, 126, 297, 356, 357, 358, 360.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ONAPARTE</span> (Joseph),<br /> -I, 159; II, 18.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ONAPARTE</span> (Mme Laetitia),<br /> -II, 18.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ONAPARTE</span> (Le prince Louis), plus tard l'empereur Napolon III,<br /> -II, 105, 106, 344, 352, 355, 367, 384, 389, 390;<br /> -III, 351, 366, 386, 412, 421;<br /> -IV, <a href="#Page_45">45</a>, <a href="#Page_62">62</a>, <a href="#Page_66">66</a>, <a href="#Page_68">68</a>, <a href="#Page_69">69</a>, <a href="#Page_70">70</a>, <a href="#Page_88">88</a>, <a href="#Page_91">91</a>, <a href="#Page_99">99</a>, <a href="#Page_111">111</a>, <a href="#Page_124">124</a>, <a href="#Page_132">132</a>, <a href="#Page_147">147</a>, <a href="#Page_152">152</a>, <a href="#Page_154">154</a>, <a href="#Page_159">159</a>, <a href="#Page_161">161</a>, <a href="#Page_174">174</a>, <a href="#Page_177">177</a>, <a href="#Page_179">179</a>, <a href="#Page_183">183</a>, <a href="#Page_184">184</a>, <a href="#Page_185">185</a>, <a href="#Page_188">188</a>, <a href="#Page_193">193</a>, <a href="#Page_195">195</a>, <a href="#Page_196">196</a>, <a href="#Page_200">200</a>, <a href="#Page_203">203</a>, <a href="#Page_206">206</a>, <a href="#Page_207">207</a>, <a href="#Page_208">208</a>, -<a href="#Page_209">209</a>, <a href="#Page_210">210</a>, <a href="#Page_221">221</a>, <a href="#Page_223">223</a>, <a href="#Page_227">227</a>, <a href="#Page_229">229</a>, <a href="#Page_230">230</a>, <a href="#Page_242">242</a>, <a href="#Page_245">245</a>, <a href="#Page_250">250</a>, <a href="#Page_259">259</a>, <a href="#Page_269">269</a>, <a href="#Page_271">271</a>, <a href="#Page_282">282</a>, <a href="#Page_285">285</a>, <a href="#Page_288">288</a>, <a href="#Page_297">297</a>, <a href="#Page_299">299</a>, <a href="#Page_301">301</a>, <a href="#Page_304">304</a>, <a href="#Page_306">306</a>, <a href="#Page_308">308</a>, <a href="#Page_309">309</a>, <a href="#Page_312">312</a>, <a href="#Page_313">313</a>, <a href="#Page_314">314</a>, <a href="#Page_316">316</a>, <a href="#Page_318">318</a>, <a href="#Page_319">319</a>, <a href="#Page_320">320</a>, <a href="#Page_323">323</a>, -<a href="#Page_326">326</a>, <a href="#Page_327">327</a>, <a href="#Page_329">329</a>, <a href="#Page_330">330</a>, <a href="#Page_331">331</a>, <a href="#Page_332">332</a>, <a href="#Page_337">337</a>, <a href="#Page_338">338</a>, <a href="#Page_339">339</a>, <a href="#Page_342">342</a>, <a href="#Page_345">345</a>, <a href="#Page_347">347</a>, <a href="#Page_348">348</a>, <a href="#Page_350">350</a>, <a href="#Page_351">351</a>, <a href="#Page_353">353</a>, <a href="#Page_354">354</a>, <a href="#Page_355">355</a>, <a href="#Page_356">356</a>, <a href="#Page_358">358</a>, <a href="#Page_360">360</a>, <a href="#Page_363">363</a>, <a href="#Page_364">364</a>, <a href="#Page_366">366</a>, <a href="#Page_370">370</a>, <a href="#Page_373">373</a>, <a href="#Page_374">374</a>, <a href="#Page_375">375</a>, <a href="#Page_376">376</a>, <a href="#Page_378">378</a>, <a href="#Page_380">380</a>, -<a href="#Page_385">385</a>, <a href="#Page_387">387</a>, <a href="#Page_400">400</a>, <a href="#Page_402">402</a>, <a href="#Page_405">405</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ONAPARTE</span> (Lucien),<br /> -I, 107, 146, 266, 333;<br /> -II, 18, 19.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ONIN</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 416, 424;<br /> -IV, <a href="#Page_129">129</a>, <a href="#Page_176">176</a>, <a href="#Page_397">397</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ONNECHOSE</span> (Le cardinal <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 97;<br /> -IV, <a href="#Page_237">237</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ONNIVARD</span> (Franois <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 337.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ORDEAUX</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>), dit Henri V, comte de Chambord,<br /> -I, 367, 372;<br /> -II, 33, 35, 50, 97, 107, 110;<br /> -III, 26, 97, 132, 214, 215, 218, 272, 396, 422, 428, 444, 445;<br /> -IV, <a href="#Page_9">9</a>, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_57">57</a>, <a href="#Page_97">97</a>, <a href="#Page_98">98</a>, <a href="#Page_99">99</a>, <a href="#Page_102">102</a>, <a href="#Page_110">110</a>, <a href="#Page_117">117</a>, <a href="#Page_136">136</a>, <a href="#Page_138">138</a>, <a href="#Page_212">212</a>, <a href="#Page_224">224</a>, <a href="#Page_246">246</a>, <a href="#Page_247">247</a>, <a href="#Page_248">248</a>, <a href="#Page_278">278</a>, <a href="#Page_285">285</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OSSUET</span> (Jacques-Bnigne),<br /> -II, 24, 25, 27, 30, 42, 169, 196, 236, 237;<br /> -III, 53, 269;<br /> -IV, <a href="#Page_139">139</a>, <a href="#Page_241">241</a>, <a href="#Page_253">253</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OURBON</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 66.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OURBON-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">HALUS</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_379">379</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OURDOIS DE LA</span> <span class="cap">M</span><span class="smallc">OTTE</span> D<sup>r</sup>.,<br /> -II, 230.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OURGOGNE</span> (La duchesse Marie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 378;<br /> -III, 34.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OURLIER</span> (L'abb),<br /> -II, 228.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OURLON DE</span> <span class="cap">S</span><span class="smallc">ARTY</span> (Paul <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 312.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OURQUENRY</span> (Le baron, puis comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 374;<br /> -II, 419;<br /> -III, 116;<br /> -IV, <a href="#Page_151">151</a>, <a href="#Page_152">152</a>, <a href="#Page_164">164</a>, <a href="#Page_185">185</a>, <a href="#Page_187">187</a>, <a href="#Page_206">206</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">OUTNIEFF</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 127.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RABANT</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>), plus tard le roi Lopold II, de Belgique,<br /> -III, 151, 152;<br /> -IV, <a href="#Page_112">112</a>, <a href="#Page_116">116</a>, <a href="#Page_186">186</a>, <a href="#Page_423">423</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RAGANCE</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 133;<br /> -III, 79.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RANDEBOURG</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 301, 369, 386, 408, 432, 433, 437, 451, 452, 454, 457, 461.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RANDEBOURG</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 406.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RANDHOFEN</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 382.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">READALBANE</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_396">396</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RDY</span> (Le gnral Hugo <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 359.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RENIER DE</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">ENAUDIRE</span> (Le baron),<br /> -I, 373.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RSIL</span> (L'empereur dom Pedro II DU),<br /> -III, 191.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RESSON</span> (Le comte),<br /> -I, 277, 285, 288;<br /> -II, 49, 50, 123, 133, 159, 167, 275, 276, 277, 278, 279, 286, 291, 297, 301, 349, 351, 361, 362, 363, 380, 431;<br /> -III, 48, 63, 79, 80, 86, 99, 102, 104, 105, -<span class="pagenum"><a id="Page_499"> 499</a></span> -107, 108, 109, 111, 112, 163, 172, 235, 283, 284, 288, 321.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RESSON</span> (La comtesse),<br /> -III, 283.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RETONNEAU</span> (Le docteur),<br /> -I,242, 368, 370, 373;<br /> -II, 207.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RETZENHEIM DE</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">EGCE</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 8.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RZ</span> (Le marquis <span class="smallc">DE DREUX</span>-),<br /> -II, 114;<br /> -III, 42.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RZ</span> (L'abb <span class="smallc">DE DREUX</span>-),<br /> -III, 42;<br /> -IV, 253.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RIFAUT</span>,<br /> -III, 221;<br /> -IV, <a href="#Page_254">254</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RIGNOLE-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">ALE</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 231;<br /> -III, 38.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RIGNOLE-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">ALE</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 38.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RIGODE</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 225.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ROGLIE</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 18, 19, 29, 30, 31, 32, 33, 38, 57, 145, 162, 237, 246, 266, 272, 273, 281, 294, 295, 302, 306, 308, 315, 317, 318, 319, 320, 341, 354, 356, 365, 387;<br /> -II, 3, 4, 5, 9, 11, 15, 17, 18, 16, 19, 20, 23, 36, 85, 120, 124, 138, 144, 225, 402, 405, 406, 413, 414, 454;<br /> -III, 40, 255, 321, 325, 366, 406, 412;<br /> -IV, <a href="#Page_65">65</a>, <a href="#Page_130">130</a>, <a href="#Page_194">194</a>, <a href="#Page_200">200</a>, <a href="#Page_225">225</a>, <a href="#Page_226">226</a>, <a href="#Page_275">275</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ROGLIE</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 273, 283, 320, 358;<br /> -II, 16, 119, 138, 253, 254;<br /> -III, 366;<br /> -IV, <a href="#Page_65">65</a>, <a href="#Page_257">257</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ROGLIE</span> (Le prince Albert <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_126">126</a>, <a href="#Page_272">272</a>, <a href="#Page_342">342</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ROGLIE</span> (Mlle Louise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 187.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RONZINO</span> (Angiolo),<br /> -III, 440.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ROOKE</span> (Lord),<br /> -I, 40, 43.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ROSSES</span> (Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 268, 271.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ROUGHAM</span> (Lord),<br /> -I, 80, 82, 86, 91, 93, 97, 99, 126, 146, 167, 175, 195, 214, 290, 291, 299;<br /> -II, 223;<br /> -III, 137.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ROUGHAM</span> (Lady),<br /> -I, 71.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RUGES</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 306.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RUNNOW</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 337, 351;<br /> -III, 227;<br /> -IV, <a href="#Page_141">141</a>, <a href="#Page_150">150</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RUNNOW</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 337.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">RUNSWICK</span> (Le duc Guillaume <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 429, 430, 431, 432.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">UDBERG</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_150">150</a>, <a href="#Page_152">152</a>, <a href="#Page_156">156</a>, <a href="#Page_292">292</a>, <a href="#Page_336">336</a>, <a href="#Page_339">339</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">UDOW</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 12, 14, 83, 203, 204, 229;<br /> -II, 349, 350, 362, 383, 409, 431;<br /> -III, 172, 178, 184, 226, 228, 235.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">UDOW</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 370.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">UDOW</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 429.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">UDOW</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 285, 293.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">UFFON</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 351.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">UGEAUD DE LA</span> <span class="cap">P</span><span class="smallc">ICONNERIE</span> (Le marchal),<br /> -III, 12.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">ULWER</span> (Sir Henry),<br /> -II, 383, 388, 465;<br /> -III, 65, 121, 349.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">UNSEN</span> (Le chevalier <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 377, 379, 453;<br /> -IV, 7, 141, 171, 172.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">UOL</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 140.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">UOL-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">CHAUENSTEIN</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_49">49</a>, <a href="#Page_50">50</a>, <a href="#Page_104">104</a>, <a href="#Page_131">131</a>, <a href="#Page_206">206</a>, <a href="#Page_227">227</a>, <a href="#Page_228">228</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">URGHERSH</span> (John, lord),<br /> -I, 193.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">URGHERSH</span> (Ernest, lord),<br /> -IV, <a href="#Page_210">210</a>.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">USSIRE</span> (Jules-Edmond <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 326.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">UTERA</span> (Le prince),<br /> -I, 60.</p> - -<p class="cap">B<span class="smallc">YRON</span> (George Gordon, lord),<br /> -I, 181, 337;<br /> -IV, <a href="#Page_108">108</a>.</p> - - -<p class="alphabet">C</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ADORE</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_362">362</a>, <a href="#Page_373">373</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ALATRAVA</span> (Don),<br /> -II, 82.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ALOMARDE</span> (Franois-Thad),<br /> -I, 180.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">AMBRIDGE</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 4;<br /> -II, 281.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">AMBRIDGE</span> (La princesse Auguste <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 314.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">AMBRIDGE</span> (Le prince Georges <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 234.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">AMPAN</span> (Mme),<br /> -I, 331;<br /> -II. 81.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ANINO</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 71.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ANIZZARO</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 108.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ANNING</span> (George),<br /> -I, 140, 253.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ANOVA</span>,<br /> -I, 247, 332.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ANROBERT</span> (Le marchal),<br /> -IV, <a href="#Page_231">231</a>, <a href="#Page_298">298</a>, <a href="#Page_312">312</a>.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_500"> 500</a></span></div> -<p class="cap">C<span class="smallc">APO D'</span><span class="cap">I</span><span class="smallc">STRIA</span> (Le comte),<br /> -I, 12;<br /> -III, 366.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">APOUE</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 57.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">APRARA</span> (Le cardinal),<br /> -II, 237.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ARADOC</span> (Sir John Hobart),<br /> -II, 156, 160, 174.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ARAMAN</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 16, 339;<br /> -III, 25, 241.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ARDIGAN</span> (Lord),<br /> -III, 31.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ARIGNAN</span> (La princesse Josphine <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 287.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ARIGNAN</span> (Philiberte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 150.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ARIGNAN</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 187.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ARLISLE</span> (Lord),<br /> -I, 111, 192, 198.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ARLOS</span> (Don), prince des Asturies,<br /> -I, 239;<br /> -II, 425.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ARLOTTA</span> (L'infante),<br /> -I, 166;<br /> -II, 260;<br /> -III, 216, 260.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ARN</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 238;<br /> -IV, <a href="#Page_340">340</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">AROLATH-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">EUTHEN</span> (La princesse Adlade <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 113, 291, 318.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">AROLATH-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">EUTHEN</span> (Le prince Henri <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 318.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">AROLATH-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">AABOR</span> (Le prince Frdric <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 312, 313, 319.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">AROLINE D'</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">NGLETERRE</span> (La reine),<br /> -I, 82.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ARRACHE</span> (Annibal),<br /> -I, 248;<br /> -II, 317.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ARREL</span> (Armand),<br /> -I, 303, 304;<br /> -II, 72.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ARS</span> (La duchesse <span class="smallc">DES</span>),<br /> -III, 130.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ASANOVA DE</span> <span class="cap">S</span><span class="smallc">EINGALT</span>,<br /> -II, 332.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ASTELBAJAC</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_160">160</a>, <a href="#Page_163">163</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ASTELBAJAC</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_160">160</a>, <a href="#Page_163">163</a>, <a href="#Page_167">167</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ASTELLANE</span> (Le marquis Andr <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 100.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ASTELLANE</span> (Le marchal comte Boniface <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_83">83</a>, <a href="#Page_214">214</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ASTELLANE</span> (La comtesse Cordelia <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 300, 302, 305, 310, 393;<br /> -II, 40, 113, 124, 129, 138, 186, 261, 361, 368, 381.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ASTELLANE</span> (Le marquis Henri <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 261, 262, 263, 381;<br /> -III, 35, 131, 139, 140, 142, 145, 149, 161, 169, 175, 179, 185, 186, 187, 196, 199, 200, 201, 263, 250.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ASTELLANE</span> (Mlle Marie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 381;<br /> -III, 170, 175, 187;<br /> -IV, <a href="#Page_13">13</a>, <a href="#Page_17">17</a>, <a href="#Page_232">232</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ASTIGLIONE</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_250">250</a>, <a href="#Page_253">253</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ASTILLE</span> (La reine Blanche <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 70.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ASTLEREAGH</span> (Lord),<br /> -I, 143;<br /> -III, 60.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ASTRIES</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 65.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ATHERINE D'</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">RAGON</span>,<br /> -I, 82.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ATHERINE DE</span> <span class="cap">M</span><span class="smallc">DECIS</span> (La reine),<br /> -I, 36, 112, 271.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ATHERINE-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">AULOWNA DE</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">USSIE</span> (La grande-duchesse),<br /> -I, 236.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">AULAINCOURT</span> (Le gnral marquis <span class="smallc">DE</span>, duc de Vicence),<br /> -III, 393;<br /> -IV, <a href="#Page_82">82</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">AULAINCOURT</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 392, 393.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">AVAIGNAC</span> (Le gnral),<br /> -I, 353, 386.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">AVOUR</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_283">283</a>, <a href="#Page_285">285</a>, <a href="#Page_297">297</a>, <a href="#Page_302">302</a>, <a href="#Page_303">303</a>, <a href="#Page_304">304</a>, <a href="#Page_317">317</a>, <a href="#Page_320">320</a>, <a href="#Page_332">332</a>, <a href="#Page_345">345</a>, <a href="#Page_350">350</a>, <a href="#Page_360">360</a>, <a href="#Page_366">366</a>, <a href="#Page_397">397</a>, <a href="#Page_402">402</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ELLAMARE</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 148.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ELLES</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 236, 300.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">SOLE</span> (Le comte Eugne <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 150, 152.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">SOLE</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 152, 153.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ESSAC</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 167.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HABANNES</span> (Le comte Alfred <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 389;<br /> -III, 36, 385.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HABANNES</span> (La comtesse Alfred <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 36, 383, 385, 395, 428;<br /> -IV, <a href="#Page_9">9</a>, <a href="#Page_10">10</a>, <a href="#Page_22">22</a>, <a href="#Page_57">57</a>, <a href="#Page_117">117</a>, <a href="#Page_180">180</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HABANNES</span> (Mlle Emma <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_102">102</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HABANNES</span> (Louisa <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 388, 389;<br /> -II, 233.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_501"> 501</a></span></div> -<p class="cap">C<span class="smallc">HABOT</span> (Mlle Olivia <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 34.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HABOT</span> (Philippe <span class="smallc">DE</span>), comte de Jarnac,<br /> -II, 124, 434;<br /> -IV, <a href="#Page_247">247</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HABROL</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 41.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HAIX-D'</span><span class="cap">E</span><span class="smallc">ST-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">NGE</span> (M.),<br /> -III, 242.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HALAIS</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 80;<br /> -III, 100, 131, 207, 208.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HALAIS</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 309. 312.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HAMBORD</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_103">103</a>, <a href="#Page_110">110</a>, <a href="#Page_212">212</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HAMPCHEVRIER</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 198.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HAMPLATREUX</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_11">11</a>, <a href="#Page_65">65</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HANALEILLES</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 34.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HANGARNIER</span> (Le gnral),<br /> -III, 386, 389, 415, 419, 422, 452, 453;<br /> -IV, <a href="#Page_33">33</a>, <a href="#Page_35">35</a>, <a href="#Page_37">37</a>, <a href="#Page_40">40</a>, <a href="#Page_58">58</a>, <a href="#Page_270">270</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HANTELAUZE</span> (Victor <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 384;<br /> -II, 7.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HARLES</span> I<sup>er</sup> (Roi d'Angleterre),<br /> -I, 41, 68.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HARLES</span> IV (Empereur d'Allemagne),<br /> -II, 310.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HARLES</span> VII,<br /> -III, 4, 45, 134.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HARLES</span> IX (Roi de France),<br /> -I, 355;<br /> -III, 36.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HARLES</span> X (Roi de France),<br /> -I, 28, 48, 71, 118, 279, 299, 324, 364, 372, 377;<br /> -II, 4, 9, 35, 97, 107, 108, 110, 160, 161, 252, 451;<br /> -III, 81, 243, 314, 315.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HARLES-</span><span class="cap">J</span><span class="smallc">EAN DE</span> <span class="cap">S</span><span class="smallc">UDE</span> (Le roi),<br /> -I, 76.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HARLES-</span><span class="cap">M</span><span class="smallc">ARTEL</span>,<br /> -II, 270.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HARLES-</span><span class="cap">Q</span><span class="smallc">UINT</span>,<br /> -III, 440.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HARLES-</span><span class="cap">T</span><span class="smallc">HODORE</span> (L'lecteur),<br /> -II, 246.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HARTRES</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 225, 246, 384;<br /> -IV, <a href="#Page_232">232</a>, <a href="#Page_277">277</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HASTELLUS</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 2, 40.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HASTENAY</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_126">126</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HATEAUBRIAND</span> (Le vicomte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 74, 338;<br /> -II, 32, 73, 101, 221;<br /> -III, 1, 19, 25, 26, 42, 61, 168, 242, 392, 393;<br /> -IV, <a href="#Page_52">52</a>, <a href="#Page_333">333</a>, <a href="#Page_335">335</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HATEAUBRIAND</span> (La vicomtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 97;<br /> -IV, <a href="#Page_335">335</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HATEAUBRIAND</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 167.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HATELAIN</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_17">17</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HATILLON</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 67.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HEVREUSE</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>), duchesse de Luynes,<br /> -III, 159;<br /> -IV, <a href="#Page_288">288</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HODRON</span> (Jules),<br /> -I, 12.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HOISEUL-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">OUFFIER</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_144">144</a>, <a href="#Page_145">145</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HOISEUL-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">OUFFIER</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_127">127</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HOISEUL-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">RASLIN</span>,<br /> -II, 374.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HOISEUL-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">TAINVILLE</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 136.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HOMEL</span> (Le docteur),<br /> -II, 407;<br /> -III, 210.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HREPTOWICZ</span> (La comtesse),<br /> -II, 337;<br /> -III, 288.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">HRISTINE D'</span><span class="cap">E</span><span class="smallc">SPAGNE</span> (La reine),<br /> -I, 187, 191, 205, 211, 216;<br /> -II, 98, 249, 371, 396, 399, 400, 416, 417, 422, 433;<br /> -III, 55, 124, 125, 126, 128, 163, 192, 216, 260.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">IALDINI</span> (Le gnral), duc de Gate,<br /> -IV, <a href="#Page_366">366</a>, <a href="#Page_368">368</a>, <a href="#Page_379">379</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">IRCOURT</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 394.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LAM-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">ALLAS</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 55;<br /> -IV, <a href="#Page_308">308</a>, <a href="#Page_310">310</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LANRICARDE</span> (Lord),<br /> -I, 140;<br /> -II, 176.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LANRICARDE</span> (Lady),<br /> -I, 156, 253, 254, 255, 256, 259, 282, 300, 301;<br /> -II, 176, 207, 210;<br /> -III, 54, 103, 195.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LARENCE</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 219.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LARENCE</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 113.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LARENDON</span> (Lord),<br /> -I, 43;<br /> -III, 228;<br /> -IV, <a href="#Page_171">171</a>, <a href="#Page_409">409</a>, <a href="#Page_414">414</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LARENDON</span> (Le comte),<br /> -I, 214.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LARY-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">LDRINGEN</span> (Le prince Edmond),<br /> -III, 346, 354.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LARY-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">LDRINGEN</span> (Le prince Charles),<br /> -II, 287.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LARY-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">LDRINGEN</span> (La princesse),<br /> -III, 354.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_502"> 502</a></span></div> -<p class="cap">C<span class="smallc">LAUSEL</span> (Le marchal comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 114, 166;<br /> -III, 182.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LMENT</span> XIV (Le pape),<br /> -IV, <a href="#Page_78">78</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LMENT DE</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">IS</span> (Mlle),<br /> -II, 386.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LMENTINE D'</span><span class="cap">O</span><span class="smallc">RLANS</span> (La princesse),<br /> -II, 180, 372;<br /> -III, 34, 225, 244, 245, 254, 264, 265, 280;<br /> -IV, <a href="#Page_138">138</a>, <a href="#Page_225">225</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LEREMBAULT</span> (Le vicomte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 170.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LERMONT-</span> <span class="cap">T</span><span class="smallc">ONNERRE</span> (Le prince Jules <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 262.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">LOTILDE DE</span> <span class="cap">S</span><span class="smallc">AVOIE</span> (La princesse),<br /> -IV, <a href="#Page_297">297</a>, <a href="#Page_298">298</a>, <a href="#Page_303">303</a>, <a href="#Page_304">304</a>, <a href="#Page_306">306</a>, <a href="#Page_327">327</a>, <a href="#Page_360">360</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OBBETT</span> (William),<br /> -I, 179, 195.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OCHIN</span> (Augustin),<br /> -IV, 374.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">œUR</span> (L'abb),<br /> -II, 362;<br /> -III, 134, 255.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OGNY</span> (Le docteur),<br /> -II, 86, 201;<br /> -III, 252.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OIGNY</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 95, 132, 142, 155, 217;<br /> -III, 255.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OIGNY</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 7.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OLLARD</span> (Mme Hermine),<br /> -II, 376.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OLLOREDO</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 318, 320.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OLLOREDO</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 320, 348;<br /> -IV, 254, 309.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OLMAGHI</span>,<br /> -I, 64.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OMBALOT</span> (L'abb),<br /> -II, 362.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OND</span> (Louis II, prince <span class="smallc">DE</span>), dit le Grand Cond,<br /> -II, 335, 435;<br /> -IV, <a href="#Page_216">216</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OND</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 66.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ONROY</span> (Sir John),<br /> -I, 92;<br /> -II, 127, 131, 156, 174, 176.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ONSALVI</span> (Le cardinal),<br /> -III, 250.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ONTADES</span> (La vicomtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 52.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ONYNGHAM</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 126, 129, 140;<br /> -II, 127, 131, 132.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ONYNGHAM</span> (Lady),<br /> -I, 37, 62, 95.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ORMENIN</span> (Le vicomte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 119.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ORNLIUS</span> (Pierre <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 297;<br /> -III, 299, 442.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ORTANZE</span>,<br /> -IV, <a href="#Page_224">224</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OSNAC</span> (L'archevque Daniel <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_63">63</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OSS</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 35.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OSS-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">RISSAC</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 16.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OURTIER</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 23.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OUSIN</span>,<br /> -I, 301, 318, 322, 323, 377;<br /> -II, 31, 326, 355, 392;<br /> -III, 303;<br /> -IV, <a href="#Page_56">56</a>, <a href="#Page_80">80</a>, <a href="#Page_87">87</a>, <a href="#Page_135">135</a>, <a href="#Page_147">147</a>, <a href="#Page_148">148</a>, <a href="#Page_200">200</a>, <a href="#Page_221">221</a>, <a href="#Page_222">222</a>, <a href="#Page_251">251</a>, <a href="#Page_287">287</a>, <a href="#Page_288">288</a>, <a href="#Page_339">339</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OWLEY</span> (Lord),<br /> -III, 103, 109, 122, 165, 191;<br /> -IV, <a href="#Page_238">238</a>, <a href="#Page_243">243</a>, <a href="#Page_259">259</a>, <a href="#Page_283">283</a>, <a href="#Page_299">299</a>, <a href="#Page_306">306</a>, <a href="#Page_307">307</a>, <a href="#Page_347">347</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OWLEY</span> (Lady),<br /> -I, 149;<br /> -III, 165;<br /> -IV, <a href="#Page_305">305</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OWPER</span> (Lady),<br /> -I, 50, 98, 132, 153, 188, 202, 209, 253, 357;<br /> -II, 383.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">OWPER</span> (Lady Fanny),<br /> -III, 31, 66.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">RANMER</span> (L'archevque Thomas),<br /> -I, 8.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">RMIEUX</span> (M.),<br /> -III, 206, 207.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">RESCENTINI</span> (Girolamo),<br /> -II, 329.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">RTINEAU</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_79">79</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">RETON</span>,<br /> -IV, <a href="#Page_10">10</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">RILLON</span> (Mlle Marie-Louise-Amlie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 192.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">RILLON</span> (Mlle Valentine <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 166.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ROIX</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_82">82</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">ROMWELL</span> (Olivier),<br /> -I, 61, 82.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">RUVEILHIER</span> (Le docteur),<br /> -II, 199, 207, 215, 230.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">UBIRES</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 394.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">UMBERLAND</span> (Le duc Ernest-Auguste <span class="smallc">DE</span>), plus tard roi de Hanovre,<br /> -I, 55, 61, 70, 122, 157;<br /> -II, 168, 169, 293, 302;<br /> -III, 103, 276, 285, 373, 402, 419, 420;<br /> -IV, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_29">29</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">UMBERLAND</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>), ne princesse de Mecklembourg-Strelitz,<br /> -I, 199, 200, 201; -II, 44, 51;<br /> -III, 98, 272.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">USTINE</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 269, 270, 274, 276, 278, 289, 308.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">USTINE</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 269.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">UVIER</span> (Georges),<br /> -I, 369;<br /> -III, 79.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">UVIER</span> (Rodolphe),<br /> -II, 178;<br /> -III, 45;<br /> -IV, <a href="#Page_344">344</a>, <a href="#Page_346">346</a>, <a href="#Page_349">349</a>, <a href="#Page_385">385</a>.</p> - -<p class="cap">C<span class="smallc">UVILLIER-</span><span class="smallc">F</span><span class="smallc">LEURY</span> (M.),<br /> -II, 147.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_503"> 503</a></span></div> -<p class="cap">C<span class="smallc">ZARTORYSKI</span> (Le prince Adam),<br /> -I, 239;<br /> -II, 287;<br /> -III, 337;<br /> -IV, <a href="#Page_308">308</a>.</p> - -<p class="alphabet">D</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ABORMIDA</span> (le gnral),<br /> -IV, <a href="#Page_325">325</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ACRE</span> (Lord),<br /> -I, 111, 119.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ALBERG</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 227;<br /> -II, 230.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ALMATIE</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 99, 333;<br /> -IV, <a href="#Page_10">10</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ANEMARK</span> (Le prince Chrtien <span class="smallc">DE</span>), plus tard roi Christian VIII,<br /> -II, 258, 259;<br /> -III, 289, 326, 327.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ANEMARK</span> (La princesse Chrtien <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 258, 259.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ANEMARK</span> (Le roi Frdric III <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 259.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ANEMARK</span> (Le roi Frdric VII <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 374, 447, 462;<br /> -IV, <a href="#Page_363">363</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ANEMARK</span> (La reine Mathilde <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 258.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ARMS</span> (M.),<br /> -II, 395, 396, 398, 406.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ARMSTADT</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 200.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">AUPHIN DE</span> <span class="cap">F</span><span class="smallc">RANCE</span> (Louis),<br /> -I, 28, 353;<br /> -III, 12, 218.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">AUPHINE DE</span> <span class="cap">F</span><span class="smallc">RANCE</span> (Mme <span class="smallc">LA</span>),<br /> -I, 28, 279, 372;<br /> -II, 57;<br /> -III, 51, 217, 218.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">AURE</span> (M.),<br /> -I, 285, 286, 287.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">AVOUST</span>,<br /> -I, 119.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">AWSON-</span><span class="cap">D</span><span class="smallc">AMER</span> (Le colonel),<br /> -I, 253, 256, 275.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">AWSON-</span><span class="cap">D</span><span class="smallc">AMER</span> (Mrs),<br /> -I, 253, 254, 282.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ECAZES</span> (lie, duc),<br /> -I, 95, 160, 206, 246, 306, 308, 315, 322;<br /> -II, 13, 69, 70, 189;<br /> -III, 17, 23, 54, 155, 253;<br /> -IV, <a href="#Page_126">126</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ECAZES</span> (La duchesse),<br /> -I, 95, 303;<br /> -III, 128;<br /> -IV, <a href="#Page_126">126</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">EDEL</span> (Salomon),<br /> -I, 30, 47, 122, 156, 203;<br /> -III, 225, 226, 227.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">EGUERRY</span> (L'abb),<br /> -III, 19.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ELAROCHE</span> (Paul),<br /> -III, 36;<br /> -IV, <a href="#Page_250">250</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ELAVIGNE</span> (Casimir),<br /> -II, 48.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ELESSERT</span> (M.),<br /> -III, 19, 20.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ELMAR</span> (La baronne <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_240">240</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">EMERSON</span> (L'abb),<br /> -II, 138.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">EMIDOFF</span> (Le comte Anatole),<br /> -II, 377, 394, 399, 427;<br /> -III, 23, 128.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">EMIDOFF</span> (Mme),<br /> -II, 394;<br /> -III, 128.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">EMION</span> (M.),<br /> -I, 242.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ENISON</span> (Le baron),<br /> -I, 156.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ESJARDINS</span> (L'abb),<br /> -II, 229.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ESSAU</span> (La princesse d'Anhalt),<br /> -IV, <a href="#Page_130">130</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">EVONSHIRE</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 3, 66, 80;<br /> -III, 146, 174;<br /> -IV, <a href="#Page_344">344</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">EVONSHIRE</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 108, 110.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">EVRIENT</span> (M.),<br /> -III, 78.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">IDOT</span> (Firmin),<br /> -I, 356.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">IEFFENBACH</span> (Jean-Frdric),<br /> -II, 283, 294.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">IGO-</span><span class="cap">L</span><span class="smallc">ON</span> (Le gnral),<br /> -III, 125.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">IEPENBROCK</span> (Le cardinal prince-vque),<br /> -III, 303, 327, 328;<br /> -IV, <a href="#Page_71">71</a>, <a href="#Page_74">74</a>, <a href="#Page_139">139</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">IESKAU</span> (Mlle Sidonie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 339, 341.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">INO</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 98, 237, 251, 278, 375;<br /> -II, 16, 119, 226;<br /> -IV, <a href="#Page_26">26</a>, <a href="#Page_146">146</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">INO</span> (Clmentine <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 191.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">INO</span> (La duchesse Marie-Josphine <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 123, 189.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">OENHOFF</span> (La comtesse),<br /> -III, 301.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">OHNA</span> (La comtesse Marie),<br /> -II, 315.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">OLOMIEU</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 123;<br /> -II, 146;<br /> -III, 220, 280, 281.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">OM</span> <span class="cap">M</span><span class="smallc">IGUEL</span>,<br /> -I, 2, 73, 101, 106, 121, 125, 127, 129, 183, 192, 209, 225, 239.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ON</span> <span class="cap">C</span><span class="smallc">ARLOS</span>,<br /> -I, 24, 32, 64, 106, 121, 125, 127, 128, 129, 146, 147, 155, 157, 159, 160, 171, 173, 174, 180, 181, 183, 184, 190, 192, 204, 205, 207, 209, 211, 215, 217, 232, 238, 239, 240, 243, 371;<br /> -II, 47, 97, 117, 122, 144, 168, 169, 186;<br /> -III, 134.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ON</span> <span class="cap">F</span><span class="smallc">RANCESCO D'</span><span class="cap">E</span><span class="smallc">SPAGNE</span>,<br /> -I, 166;<br /> -II, 260.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ON</span> <span class="cap">J</span><span class="smallc">UAN</span> (L'infant),<br /> -IV, <a href="#Page_349">349</a>.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_504"> 504</a></span></div> -<p class="cap">D<span class="smallc">ONNADIEU</span> (Le gnral),<br /> -I, 118.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ORIA</span> <span class="cap">S</span><span class="smallc">AMPHILY-</span><span class="cap">L</span><span class="smallc">ANDI</span> (Le prince),<br /> -IV, <a href="#Page_258">258</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ORIA</span> <span class="cap">S</span><span class="smallc">AMPHILY-</span><span class="cap">L</span><span class="smallc">ANDI</span> (La princesse),<br /> -IV, <a href="#Page_258">258</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ORSET</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 8, 20.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">OSNE</span> (M.),<br /> -II, 357.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">OSNE</span> (Mme),<br /> -I, 34;<br /> -II, 189, 192, 429;<br /> -III, 349;<br /> -IV, <a href="#Page_33">33</a>, <a href="#Page_276">276</a>, <a href="#Page_349">349</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">OUDAN</span> (Ximns),<br /> -II, 124, 216.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">OUGLAS</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>), duc de Hamilton,<br /> -I, 46; -III, 231, 272.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">OURO</span> (Lady),<br /> -III, 31.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ROUET D'</span><span class="cap">E</span><span class="smallc">RLON</span> (Le gnral),<br /> -I, 198.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">ROUYN DE L'</span><span class="cap">H</span><span class="smallc">UYS</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_131">131</a>, <a href="#Page_194">194</a>, <a href="#Page_206">206</a>, <a href="#Page_239">239</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UBOIS</span> (M.),<br /> -II, 411.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UCHATEL</span> (Le comte),<br /> -I, 163;<br /> -II, 11, 87;<br /> -III, 17;<br /> -IV, <a href="#Page_200">200</a>, <a href="#Page_275">275</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UCHATEL</span> (La comtesse),<br /> -III, 76;<br /> -IV, <a href="#Page_300">300</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">U</span> <span class="cap">D</span><span class="smallc">EFFANT</span> (La marquise),<br /> -III, 43, 387, 393.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UDEVANT</span> (M<sup>me</sup>), en littrature George Sand,<br /> -I, 247.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UFAURE</span> (M.),<br /> -II, 404, 405, 420, 424;<br /> -III, 8, 9, 13, 14, 26, 41, 127, 163, 168, 238.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UMONT</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_344">344</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UMOURIEZ</span> (Le marchal),<br /> -III, 22.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UNCANNON</span> (Lord),<br /> -I, 180, 181.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UPANLOUP</span> (Mgr), vque d'Orlans,<br /> -II, 136, 138, 139, 211, 212, 213, 217, 220, 226, 240, 242, 257, 261, 262, 336, 355, 362, 366, 367, 408;<br /> -III, 57, 59, 120, 175, 194, 251, 266;<br /> -IV, <a href="#Page_30">30</a>, <a href="#Page_180">180</a>, <a href="#Page_183">183</a>, <a href="#Page_199">199</a>, <a href="#Page_214">214</a>, <a href="#Page_331">331</a>, <a href="#Page_338">338</a>, <a href="#Page_352">352</a>, <a href="#Page_396">396</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UPERR</span> (L'amiral),<br /> -I, 283.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UPIN</span>,<br /> -I, 19, 73, 74, 89, 91, 94, 95, 99, 114, 115, 119, 125, 126, 139, 150, 290, 292, 295;<br /> -II, 2, 10, 12, 14, 17, 18, 23, 38, 41, 116, 125, 134, 372, 417, 424;<br /> -III, 2, 3, 4, 5, 7, 163, 238, 242, 245;<br /> -IV, <a href="#Page_406">406</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UPIN</span> (Charles, baron),<br /> -I, 278.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UPOTY</span>,<br /> -III, 147, 148.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UPRAT</span> (Le cardinal chancelier),<br /> -II, 459.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UPREZ</span>,<br /> -II, 151, 440.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">URAZZO</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 38;<br /> -IV, <a href="#Page_224">224</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">URAZZO</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 38;<br /> -IV, <a href="#Page_224">224</a>.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">URER</span> (Albert),<br /> -II, 342, 343.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">URHAM</span> (Lord),<br /> -I, 56, 71, 89, 96, 107, 115, 126, 167, 175, 176, 178, 191, 282;<br /> -II, 162, 167, 342.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">URHAM</span> (Lady),<br /> -I, 96, 178.</p> - -<p class="cap">D<span class="smallc">UVERGIER DE</span> <span class="cap">H</span><span class="smallc">AURANNE</span>,<br /> -II, 406, 428.</p> - - -<p class="alphabet">E</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">ASTNOR</span> (Lord),<br /> -I, 40.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">ASTNOR</span> (Lady),<br /> -I, 40.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">BVINGTON</span> (Lord),<br /> -I, 94.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">CKMUHL</span> (Le prince <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 106.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">LCHINGEN</span> (La duchesse <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 246.</p> - -<p class="cap"><span class="smallc">LISABETH</span> (La reine),<br /> -I, 6, 8, 42, 43.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">LLICE</span> (L'honorable douard),<br /> -I, 79, 90, 107, 125, 145, 178, 296;<br /> -II, 37;<br /> -III, 413.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">LLICE</span> (Les deux misses),<br /> -IV, <a href="#Page_244">244</a>.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">LSSLER</span> (Thrse),<br /> -III, 389.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">MMANUEL-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">HILIBERT</span> (duc de Savoie),<br /> -II, 224.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">NGHIEN</span> (Le duc <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 39, 60, 393.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">NTRAIGUES</span> (Amde Goveau <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 312, 386, 407;<br /> -III, 204, 206, 209, 231.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">NTRAIGUES</span> (Mme <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 386;<br /> -III, 204, 231.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">NTRAIGUES</span> (Jules <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 260;<br /> -II, 125.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">NTRAIGUES</span> (Le marquis <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 19.</p> - -<p class="cap"><span class="smallc">ON DE</span> <span class="cap">B</span><span class="smallc">EAUMONT</span> (Le chevalier),<br /> -II, 179.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">SCLIGNAC</span> (La duchesse <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 394, 395.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">SPARTERO</span> (Le gnral),<br /> -II, 371, 372, 390;<br /> -<span class="pagenum"><a id="Page_505"> 505</a></span> -III, 72, 125, 128, 147, 148, 151, 156, 157, 216.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">SPRUIL</span> (Le marquis <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 167.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">SSEX</span> (Lord),<br /> -III, 31.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">SSEX</span> (Caroline),<br /> -III, 31.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">STERHAZY</span> (Le comte Maurice),<br /> -III, 93, 283, 311.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">STERHAZY</span> (Le prince Nicolas),<br /> -III, 87, 284.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">STERHAZY</span> (Le prince Paul),<br /> -I, 50, 60, 62, 70, 78, 204;<br /> -II, 52, 176, 338;<br /> -III, 87, 184, 226, 301, 311;<br /> -IV, <a href="#Page_125">125</a>, <a href="#Page_231">231</a>, <a href="#Page_233">233</a>, <a href="#Page_308">308</a>, <a href="#Page_309">309</a>.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">STERHAZY</span> (La princesse Paul),<br /> -III, 88, 238.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">STERHAZY</span> (La comtesse Sophie),<br /> -IV, <a href="#Page_383">383</a>.</p> - -<p class="cap"><span class="smallc">TIENNE</span> (Charles-Guillaume),<br /> -I, 311.</p> - -<p class="cap"><span class="smallc">TIENNE DE</span> <span class="cap">B</span><span class="smallc">LOIS</span> (Roi d'Angleterre),<br /> -I, 270.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">U</span> (Le comte <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 186;<br /> -IV, <a href="#Page_348">348</a>.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">XELMANS</span> (Le gnral),<br /> -I, 304;<br /> -II, 27.</p> - -<p class="cap">E<span class="smallc">YNARD</span> (Jean-Gabriel),<br /> -III, 10.</p> - - -<p class="alphabet">F</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ABRE</span> (Le peintre),<br /> -I, 193, 194; -III, 177.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">AGEL</span> (Le gnral),<br /> -I, 47;<br /> -II, 66;<br /> -III, 281.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ALK</span> (M.),<br /> -I, 203, 330.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ALK</span> (Mme),<br /> -I, 14, 95, 203.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ALLOUX</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 408;<br /> -IV, <a href="#Page_16">16</a>, <a href="#Page_17">17</a>, <a href="#Page_19">19</a>, <a href="#Page_26">26</a>, <a href="#Page_35">35</a>, <a href="#Page_40">40</a>, <a href="#Page_97">97</a>, <a href="#Page_123">123</a>, <a href="#Page_179">179</a>, <a href="#Page_194">194</a>, <a href="#Page_200">200</a>, <a href="#Page_215">215</a>, <a href="#Page_219">219</a>, <a href="#Page_235">235</a>, <a href="#Page_249">249</a>, <a href="#Page_252">252</a>, <a href="#Page_254">254</a>, <a href="#Page_288">288</a>, <a href="#Page_341">341</a>, <a href="#Page_343">343</a>, <a href="#Page_371">371</a>, <a href="#Page_373">373</a>, <a href="#Page_374">374</a>, <a href="#Page_375">375</a>, <a href="#Page_376">376</a>, <a href="#Page_420">420</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ALLOUX</span> (Mlle Loyde <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_216">216</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ANE</span> (Lady),<br /> -III, 285.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ARINI</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_366">366</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ARNBOROUGH</span> (Lord),<br /> -I, 163.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">AUCHER</span> (Lon),<br /> -IV, <a href="#Page_12">12</a>, <a href="#Page_13">13</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">AVRE</span> (Jules),<br /> -IV, <a href="#Page_418">418</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ELETZ</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_147">147</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">NELON</span> (Franois de Salignac de la Mothe-, l'archevque comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 239, 325, 335;<br /> -III, 53, 89.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ERDINAND</span> VII (Roi d'Espagne),<br /> -I, 24, 25, 137, 239;<br /> -II, 422.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">EREY</span> (Mlle),<br /> -III, 21.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ERGUSSON</span> (M.),<br /> -I, 126.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ERRERS</span> (Lady),<br /> -I, 5.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ERRETTE</span> (Le bailli <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 2.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ERRUS</span> (Le docteur),<br /> -II, 7.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ESCH</span> (Le cardinal),<br /> -II, 19;<br /> -III, 120.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">EUCHRES</span> (La baronne Sophie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 21.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">EZENSAC</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_300">300</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ICQUELMONT</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 338; 346, 354, 355;<br /> -IV, <a href="#Page_121">121</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ICQUELMONT</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_119">119</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">IESCHI</span> (Joseph),<br /> -I, 348, 355, 357, 358, 362, 382;<br /> -II, 2, 12, 13, 14, 18, 20, 21, 67, 74, 104, 116, 436, 441.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ILANGIERI</span> (Le gnral),<br /> -IV, <a href="#Page_323">323</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ITZCLARENCE</span> (Lord),<br /> -I, 21, 63, 172;<br /> -II, 156.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ITZ-</span><span class="cap">J</span><span class="smallc">AMES</span> (Jacques, duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 35.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ITZ-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">ATRICK</span> (Richard),<br /> -I, 180.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ITZROY-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">OMERSET</span> (Lady),<br /> -I, 46, 123.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">LAHAUT</span> (Le gnral comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 38, 214, 252, 285, 304, 305;<br /> -II, 15, 155, 162, 173, 213, 214, 217, 249, 340, 373, 384, 389, 398, 432;<br /> -III, 40, 54, 64, 83, 86, 87, 104, 115, 116, 122, 125, 214, 238, 311;<br /> -IV, <a href="#Page_253">253</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">LAHAUT</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 98, 289, 290, 299, 318;<br /> -II, 2, 16, 119, 153, 162, 173, 183, 213, 217, 249, 340, 347, 352, 398, 422, 437;<br /> -III, 25, 28, 83, 99, 100, 104, 118, 238, 313.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">LAHAUT</span> (Comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 16.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">LAHAUT</span> (Adlade <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 48.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">LAHAUT</span> (Emily <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 25, 118.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">LAMARENS</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_64">64</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">LAVIGNY</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_57">57</a>, <a href="#Page_248">248</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">LAVIGNY</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_189">189</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">LEURY</span> (Le gnral comte),<br /> -IV, <a href="#Page_248">248</a>, <a href="#Page_313">313</a>, <a href="#Page_317">317</a>, <a href="#Page_418">418</a>.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_506"> 506</a></span></div> -<p class="cap">F<span class="smallc">LEURY</span> (La comtesse),<br /> -IV, <a href="#Page_248">248</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">LOTOW</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 329.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">œRSTER</span> (Le prince-vque Henri),<br /> -IV, <a href="#Page_110">110</a>, <a href="#Page_186">186</a>, <a href="#Page_228">228</a>, <a href="#Page_416">416</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ONTAINE</span> (L'architecte),<br /> -I, 326.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ONTANES</span> (Louis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 68;<br /> -IV, 253.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ORBIN-</span><span class="cap">J</span><span class="smallc">ANSON</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_204">204</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">OUCH</span> (Duc d'Otrante),<br /> -I, 366.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">OUGRES</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 391.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">OULD</span> (Bndict),<br /> -II, 357, 361;<br /> -IV, 123, 124, 236, 387.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">OULQUES</span> <span class="cap">N</span><span class="smallc">ERA</span> (Comte d'Anjou),<br /> -II, 165.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">OUQUET</span> (Nicolas),<br /> -III, 269.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">OX</span> (Miss),<br /> -III, 32.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">OX</span> (Charles-Jacques),<br /> -I, 180;<br /> -III, 69.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">OY</span> (Le comte),<br /> -II, 124.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">RANOIS</span> I<sup>er</sup> (Roi de France),<br /> -I, 200, 365;<br /> -II, 49.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">RANOIS</span> (Le Pre), capucin,<br /> -III, 85, 90.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">RANOIS-</span><span class="cap">J</span><span class="smallc">OSEPH</span> I<sup>er</sup> (Empereur d'Autriche),<br /> -III, 380, 451;<br /> -IV, <a href="#Page_49">49</a>, <a href="#Page_50">50</a>, <a href="#Page_60">60</a>, <a href="#Page_61">61</a>, <a href="#Page_63">63</a>, <a href="#Page_94">94</a>, <a href="#Page_101">101</a>, <a href="#Page_120">120</a>, <a href="#Page_152">152</a>, <a href="#Page_201">201</a>, <a href="#Page_206">206</a>, <a href="#Page_207">207</a>, <a href="#Page_313">313</a>, <a href="#Page_316">316</a>, <a href="#Page_319">319</a>, <a href="#Page_320">320</a>, <a href="#Page_326">326</a>, <a href="#Page_352">352</a>, <a href="#Page_363">363</a>, <a href="#Page_383">383</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">RDRIC</span> II, dit <span class="smallc">LE</span> <span class="cap">G</span><span class="smallc">RAND</span>,<br /> -II, 287, 288, 289, 300, 323, 335;<br /> -III, 81, 84, 295, 298, 401;<br /> -IV, <a href="#Page_14">14</a>, <a href="#Page_392">392</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">RDRIC-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">UILLAUME</span>, dit le Grand lecteur,<br /> -II, 287;<br /> -III, 286.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">REY</span> (Mrs lisabeth),<br /> -III, 164;<br /> -IV, <a href="#Page_172">172</a>.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">RIAS</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 218;<br /> -II, 183.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">RONSAC</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 379.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">UGGER</span> (Ulrich),<br /> -III, 440.</p> - -<p class="cap">F<span class="smallc">ULCHIRON</span> (Jean-Claude),<br /> -I, 319, 320.</p> - - -<p class="alphabet">G</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ADUEL</span> (L'abb),<br /> -IV, <a href="#Page_81">81</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ATE</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 206.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">AGE</span> (L'amiral sir William),<br /> -II, 96.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">AGERN</span> (Le baron Henri <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 364, 365, 407, 433.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ALLES</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 128.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ALLIERA</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_248">248</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ALLIERA</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br />III, -238;<br /> -IV, <a href="#Page_248">248</a>, <a href="#Page_255">255</a>, <a href="#Page_349">349</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ALLIFFET</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 260.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ALLIFFET</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_411">411</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ARCIA</span> (Manuel),<br /> -I, 59.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ARIBALDI</span> (Mgr Antoine),<br /> -II, 184.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ARIBALDI</span> (Joseph),<br /> -IV, <a href="#Page_310">310</a>, <a href="#Page_323">323</a>, <a href="#Page_349">349</a>, <a href="#Page_350">350</a>, <a href="#Page_351">351</a>, <a href="#Page_353">353</a>, <a href="#Page_356">356</a>, <a href="#Page_360">360</a>, <a href="#Page_361">361</a>, <a href="#Page_362">362</a>, <a href="#Page_366">366</a>, <a href="#Page_367">367</a>, <a href="#Page_393">393</a>, <a href="#Page_402">402</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ARNIER-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">AGS</span> (M.),<br /> -II, 423;<br /> -III, 8, 10, 98.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ARRAUBE</span> (Le colonel <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 261.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ASTON D'</span><span class="cap">O</span><span class="smallc">RLANS</span>,<br /> -I, 271.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">AUTARD</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 342.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">AY</span> (Mme Sophie),<br /> -III, 25.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">EISSEL</span> (Le cardinal Jean),<br /> -IV, <a href="#Page_414">414</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">NES</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_110">110</a>, <a href="#Page_194">194</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">NES</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_110">110</a>, <a href="#Page_225">225</a>, <a href="#Page_233">233</a>, <a href="#Page_234">234</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ENLIS</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 376;<br /> -III, 202;<br /> -IV, <a href="#Page_248">248</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ENOUDE</span> (L'abb),<br /> -III, 19, 20, 105, 178.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ENTZ</span> (Frdric <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 69, 117, 247.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">EORGE</span> III (Roi d'Angleterre),<br /> -I, 14, 170, 173.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">EORGE</span> IV (Roi d'Angleterre),<br /> -I, 37, 55, 63, 72, 95, 113, 129, 170, 173, 373;<br /> -IV, <a href="#Page_185">185</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">EORGEI</span> (Le gnral),<br /> -III, 380.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RARD</span> (Le marchal),<br /> -I, 25, 187, 198, 236, 237, 259, 264, 266, 267, 300, 318, 321.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RARD</span> (Le peintre),<br /> -II, 293.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ERGONNE</span> (M.),<br /> -III, 177.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ERLACH</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 391, 461;<br /> -IV, <a href="#Page_52">52</a>, <a href="#Page_169">169</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ERSDORFF</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 304, 314;<br /> -III, 102.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ESSLER</span> (Le bailli),<br /> -I, 334.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">IRARDIN</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 281.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_507"> 507</a></span></div> -<p class="cap">G<span class="smallc">IRARDIN</span> (Le comte mile <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 402.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">IRARDON</span> (Le sculpteur),<br /> -I, 354.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">IRAUD</span> (Augustin),<br /> -II, 124.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">IROLLET</span> (L'abb),<br /> -I, 57, 241; -II, 42.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">IVR</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 429.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">LOUCESTER</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 3, 68, 69, 70, 71, 127, 146, 157, 287.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">LOUCESTER</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 63;<br /> -II, 34, 177.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">OBERT</span> (M.),<br /> -III, 44.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">OEKING</span> (Lopold <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 304.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">œTHE</span>,<br /> -II, 335, 459;<br /> -III, 78, 279, 329.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ONTAUT</span> (Le vicomte lie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 263.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ONTAUT-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">IRON</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 71, 72;<br /> -II, 33.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ORE</span> (Charles),<br /> -III, 31.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ORTSCHAKOFF</span> (Le prince),<br /> -IV, <a href="#Page_198">198</a>, <a href="#Page_201">201</a>, <a href="#Page_305">305</a>, <a href="#Page_333">333</a>, <a href="#Page_375">375</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">OURGAUD</span> (Le gnral),<br /> -II, 434.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">OURIEFF</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 184.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">OYON</span> (Le gnral comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_261">261</a>, <a href="#Page_309">309</a>, <a href="#Page_317">317</a>, <a href="#Page_362">362</a>, <a href="#Page_367">367</a>, <a href="#Page_371">371</a>, <a href="#Page_421">421</a>, <a href="#Page_425">425</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RAFTON</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 208.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RAHAM</span> (Sir James),<br /> -I, 88, 90, 101;<br /> -IV, <a href="#Page_280">280</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RAMONT</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 366, 368;<br /> -III, 61, 106, 218.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RAMONT-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">UICHE</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 26, 241, 281.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RANDE</span> <span class="cap">M</span><span class="smallc">ADEMOISELLE</span> (La),<br /> -I, 256;<br /> -II, 98, 99;<br /> -III, 248.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RANT</span> (Charles, lord Glenelg),<br /> -I, 165.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RANVILLE</span> (Lord),<br /> -I, 29, 32, 33, 38, 57, 74, 105, 162, 222, 226, 244, 283, 290, 294;<br /> -II, 162, 208, 340, 390, 391, 398, 409, 434;<br /> -III, 54, 100, 103, 109, 152;<br /> -IV, <a href="#Page_44">44</a>, <a href="#Page_233">233</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RANVILLE</span> (Lady),<br /> -I, 106;<br /> -II, 322, 340, 390, 434;<br /> -III, 100;<br /> -IV, <a href="#Page_233">233</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RANVILLE</span> (Lady-Charlotte-Georgiana),<br /> -II, 20.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RCE</span> (Le roi Othon I<sup>er</sup> <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 56.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RCE</span> (La reine Amlie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 85;<br /> -IV, <a href="#Page_159">159</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">REFFULHE</span> (Mme),<br /> -I, 393.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RGOIRE</span> VII (Le pape),<br /> -I, 354;<br /> -IV, <a href="#Page_135">135</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RGOIRE</span> XVI (Le pape),<br /> -I, 328;<br /> -II, 185, 336, 399, 427;<br /> -III, 419;<br /> -IV, <a href="#Page_118">118</a>, <a href="#Page_255">255</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">REVILLE</span> (Henry),<br /> -I, 253, 255, 256, 259.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">REY</span> (Lord Charles-Howick),<br /> -I, 6, 18, 46, 47, 54, 56, 59, 60, 63, 64, 70, 71, 79, 82, 86, 88, 89, 90, 91, 92, 96, 101, 102, 104, 106, 108, 109, 110, 115, 120, 122, 126, 128, 131, 132, 145, 149, 150, 161, 163, 164, 165, 168, 169, 171, 174, 177, 178, 179, 180, 182, 185, 186, 187, 188, 189, 194, 195, 196, 204, 205, 208, 212, 213, 214, 218, 219, 223, 232, 263, 294, 299, 357, 384;<br /> -II, 127, 157, 337.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">REY</span> (Lady),<br /> -I, 79, 100, 109, 174, 178, 212, 213, 384, 385.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">REY</span> (Lady lisabeth),<br /> -I, 109.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">REY</span> (Lord George),<br /> -II, 281.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">REY</span> (Lady Georgiana),<br /> -I, 79, 108, 109, 110.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RISI</span> (Giulia),<br /> -I, 59;<br /> -II, 205;<br /> -III, 156.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">RIVEL</span> (L'abb),<br /> -II, 70.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ROEBEN</span> (Le gnral comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 456;<br /> -IV, <a href="#Page_165">165</a>, <a href="#Page_171">171</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ROGAU</span> (Le colonel James W.),<br /> -III, 125.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ROS</span> (Le peintre),<br /> -I, 332;<br /> -II, 322.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ROSVENOR</span> (Lady),<br /> -I, 66.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">ROTE</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 381;<br /> -IV, <a href="#Page_7">7</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">UELLE</span> (L'abb),<br /> -III, 385.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">UERNON-</span><span class="cap">R</span><span class="smallc">ANVILLE</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 7.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">UICHE</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>), duc de Gramont,<br /> -II, 262;<br /> -IV, <a href="#Page_65">65</a>, <a href="#Page_313">313</a>, <a href="#Page_317">317</a>, <a href="#Page_329">329</a>, <a href="#Page_362">362</a>, <a href="#Page_373">373</a>, <a href="#Page_374">374</a>, <a href="#Page_376">376</a>, <a href="#Page_379">379</a>, <a href="#Page_421">421</a>">.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_508"> 508</a></span></div> -<p class="cap">G<span class="smallc">UILLAUME LE</span> <span class="cap">C</span><span class="smallc">ONQURANT</span> (Duc de Normandie),<br /> -I, 64.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">UILLON</span> (Mgr),<br /> -III, 23.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">UISE</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 271.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">UIZOT</span> (Guillaume),<br /> -I, 19, 238, 259, 272, 273, 281, 286, 295, 302, 305, 308, 315, 320, 321, 326, 356, 358, 361, 370, 377, 378, 382, 394;<br /> -II, 15, 17, 18, 20, 23, 30, 31, 32, 84, 85, 86, 87, 89, 90, 92, 108, -116, 124, 125, 126, 127, 130, 133, 136, 162, 163, 170, 177, 183, 186, -193, 194, 197, 205, 206, 219, 222, 223, 246, 333, 336, 337, 345, 347, -350, 351, 352, 353, 359, 360, 364, 365, 373, 384, 387, 390, 397, 400, -401, 402, 404, 405, 406, 407, 408, 410, 411, 412, 413, 415, 416, 419, -421, 423, 425, 426, 437, 440, 442, 472, 473, 476;<br /> -III, 2, 3, 8, 9, 12, 13, 14, 15, 17, 22, 28, 40, 41, 47, 52, 57, 64, -84, 87, 97, 98, 104, 115, 121, 122, 129, 148, 152, 163, 178, 180, 192, -195, 205, 212, 213, 217, 219, 220, 225, 228, 237, 239, 242, 243, 248, -249, 250, 267, 317, 326, 333, 388, 409, 412;<br /> -IV, <a href="#Page_11">11</a>, <a href="#Page_45">45</a>, <a href="#Page_126">126</a>, <a href="#Page_192">192</a>, <a href="#Page_200">200</a>, <a href="#Page_236">236</a>, <a href="#Page_240">240</a>, <a href="#Page_244">244</a>, <a href="#Page_251">251</a>, <a href="#Page_272">272</a>, <a href="#Page_275">275</a>, <a href="#Page_327">327</a>, <a href="#Page_340">340</a>, -<a href="#Page_378">378</a>, <a href="#Page_385">385</a>, <a href="#Page_394">394</a>, <a href="#Page_419">419</a>.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">UIZOT</span> (Mme),<br /> -I, 272.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">USTAVE</span> III (Roi de Sude),<br /> -III, 287, 288, 314.</p> - -<p class="cap">G<span class="smallc">YULAY</span> (Le gnral comte),<br /> -IV, <a href="#Page_87">87</a>, <a href="#Page_308">308</a>, <a href="#Page_310">310</a>.</p> - - -<p class="alphabet">H</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AENDEL</span>,<br /> -I, 142.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AHN-</span><span class="cap">H</span><span class="smallc">AHN</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_21">21</a>, <a href="#Page_58">58</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AINGUERLOT</span> (M.),<br /> -II, 225.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ALFORD</span> (Sir Henry),<br /> -I, 37, 53, 122.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AMILTON</span> (Le colonel),<br /> -II, 188.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AMILTON</span> (John-Church),<br /> -II, 188.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AMMERSTEIN</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_23">23</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ANOVRE</span> (Le roi <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 27.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ANOVRE</span> (Le prince Georges de <span class="smallc">DE</span>), plus tard roi Georges V,<br /> -I, 201;<br /> -III, 103, 381;<br /> -IV, <a href="#Page_177">177</a>, <a href="#Page_350">350</a>, <a href="#Page_358">358</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ANOVRE</span> (La princesse royale Marie-Wilhelmine <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 380, 381.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ANOVRE</span> (L'lectrice Sophie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 381.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ANSEMANN</span> (M.),<br /> -III, 356.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ARCOURT</span> (La comtesse <span class="smallc">D'</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_299">299</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ARCOURT</span> (Lady lisabeth),<br /> -II, 253.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ARDENBERG</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 318.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ARDWICK</span> (Lady),<br /> -I, 40.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ARDY</span> (Miss Emily),<br /> -I, 46.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AREWOOD</span> (Lord),<br /> -I, 175.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ARISPE</span> (Le gnral),<br /> -I, 84.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ARRISON</span> (Miss),<br /> -II, 325.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ASSENPFLUG</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 432.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ATZFELDT</span> (Le prince Hermann <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 357.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ATZFELDT</span> (Le comte Max <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 282, 418;<br /> -IV, <a href="#Page_2">2</a>, <a href="#Page_180">180</a>, <a href="#Page_229">229</a>, <a href="#Page_243">243</a>, <a href="#Page_269">269</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ATZFELDT</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 73;<br /> -IV, <a href="#Page_18">18</a>, <a href="#Page_243">243</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AUGWITZ</span> (Le gnral comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 88, 91, 380;<br /> -IV, <a href="#Page_327">327</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AUSSONVILLE</span> (Le comte <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 124.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AUTEFORT</span> (Marie <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 35;<br /> -IV, <a href="#Page_221">221</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AYDN</span>,<br /> -I, 142.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">AYNAU</span> (Le gnral baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 445, 450;<br /> -IV, <a href="#Page_95">95</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ECKER</span> (M.),<br /> -III, 351.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">LIAUD</span> (Le comte <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 198.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ENEAGE</span> (M.),<br /> -II, 322.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ENNENBERG</span> (Le conseiller),<br /> -II, 88, 100, 304, 311.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ENRI</span> III (Roi d'Angleterre),<br /> -I, 61, 271.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ENRI</span> IV (Roi de France),<br /> -I, 363;<span class="pagenum"><a id="Page_509"> 509</a></span> -II, 142, 439, 459;<br /> -III, 49, 50;<br /> -IV, <a href="#Page_277">277</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ENRI</span> (Roi d'Angleterre),<br /> -I, 82.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ENRIETTE D'</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">NGLETERRE</span> (La reine),<br /> -IV, <a href="#Page_63">63</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ENSEL</span> (Guillaume),<br /> -III, 74;<br /> -IV, <a href="#Page_192">192</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ERDING</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 272.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ERTFORD</span> (Lady),<br /> -I, 62.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ERZ</span> (Henri),<br /> -III, 256.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ESKERN</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 229.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ESS</span> (Le gnral baron Henri <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 409;<br /> -IV, <a href="#Page_176">176</a>, <a href="#Page_177">177</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ESSE</span> (Le landgrave Frdric <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_55">55</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ESSE</span> (Le prince Georges <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 281, 322.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ESSE-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">ASSEL</span> (L'lecteur Guillaume <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 96, 238, 429, 432, 459.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ESSE-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">ASSEL</span> (L'lectrice <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 40.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ESSE-</span><span class="cap">D</span><span class="smallc">ARMSTADT</span> (La princesse Marie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 285, 346, 356;<br /> -III, 54.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ESSE-</span><span class="cap">D</span><span class="smallc">ARMSTADT</span> (Le grand-duc Louis II <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 200;<br /> -II, 355;<br /> -III, 429, 432.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ESSE-</span><span class="cap">H</span><span class="smallc">OMBOURG</span> (La landgravine lisabeth <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 4;<br /> -III, 314.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ESSE-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">HILIPPSTHAL-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">ARCHFELD</span> (Le landgrave <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_168">168</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">EYDT</span> (Auguste <span class="smallc">VON DER</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_285">285</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">EYTESBURY</span> (Lord),<br /> -I, 85.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">ILL</span> (Lord),<br /> -I, 69.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OBHOUSE</span> (Sir John Cam),<br /> -I, 181.</p> - -<p class="cap">H<span><span class="smallc">OCHBERG-</span><span class="cap">F</span><span class="smallc">URSTENSTEIN</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 414.</span></p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OHENLOHE-</span><span class="cap">I</span><span class="smallc">NGELFINGEN</span> (Le prince Adolphe <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_155">155</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OHENLOHE-</span><span class="cap">V</span><span class="smallc">ERINGEN</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> II, -355.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OHENTHAL,</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 325;<br /> -III, 96, 113, 300.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OHENTHAL</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 68;<br /> -II, 325, 359;<br /> -III, 96, 110, 111, 113, 218, 300.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OHENZOLLERN-</span><span class="cap">H</span><span class="smallc">ECHINGEN</span> (Le prince Constantin <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 290, 308.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OHENZOLLERN-</span><span class="cap">H</span><span class="smallc">ECHINGEN</span> (Le prince Frdric <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 253.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OHENZOLLERN-</span><span class="cap">H</span><span class="smallc">ECHINGEN</span> (La princesse Pauline <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 314, 315, 332, 335, 338;<br /> -III, 89, 102;<br /> -IV, <a href="#Page_22">22</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OHENZOLLERN-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">IGMARINGEN</span> (Le prince Antoine <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_165">165</a>, <a href="#Page_171">171</a>, <a href="#Page_174">174</a>, <a href="#Page_292">292</a>, <a href="#Page_293">293</a>, <a href="#Page_315">315</a>, <a href="#Page_321">321</a>, <a href="#Page_338">338</a>, <a href="#Page_392">392</a>, <a href="#Page_399">399</a>, <a href="#Page_401">401</a>, <a href="#Page_403">403</a>, <a href="#Page_404">404</a>, <a href="#Page_406">406</a>, <a href="#Page_423">423</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OLLAND</span> (Lord),<br /> -I, 38, 52, 81, 99, 103, 121, 165, 166, 168, 226, 246, 294;<br /> -II, 383, 389;<br /> -III, 30, 228;<br /> -IV, <a href="#Page_240">240</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OLLAND</span> (Lady),<br /> -I, 37, 77, 78, 81, 97, 102, 103, 146, 167, 168, 202, 209;<br /> -II, 53;<br /> -III, 29, 195;<br /> -IV, <a href="#Page_86">86</a>, <a href="#Page_240">240</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OLSTEIN</span> (Le gnral prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_363">363</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OPE</span> (Thomas),<br /> -I, 156.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OPE</span> (William),<br /> -III, 189.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OTTINGER</span> (Le baron),<br /> -II, 369;<br /> -III, 119.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OWARD DE</span> <span class="cap">W</span><span class="smallc">ALDEN</span> (Baron),<br /> -II, 106, 108.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OWE</span> (Lord),<br /> -I, 5.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">OWICK</span> (Lord Henri),<br /> -I, 187, 191.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">UDEN</span> (M.),<br /> III, 284.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">BNER</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 338;<br /> -IV, <a href="#Page_243">243</a>, <a href="#Page_248">248</a>, <a href="#Page_283">283</a>, <a href="#Page_297">297</a>, <a href="#Page_380">380</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">GEL</span> (Le baron Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 84, 91.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">GEL</span> (Le gnral baron Ernest-Eugne <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 187;<br /> -III, 84, 88.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">UGO</span> (Mme Victor),<br /> -I, 340.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">UMANN</span> (Le ministre),<br /> -I, 282, 283;<br /> -II, 4, 8, 9, 10, 149;<br /> -III, 184, 185.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">UMANN</span> (Mlle Louise),<br /> -II, 97.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">UMBOLDT</span> (Alexandre <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 44, 48, 100, 279, 285, 286, 292, 293, 299, 321, 323, 431;<br /> -III, 72, 119, 121, 283, 296, 298, 307, 322, 428, 452;<br /> -IV, <a href="#Page_3">3</a>, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_56">56</a>, <a href="#Page_110">110</a>, <a href="#Page_128">128</a>, <a href="#Page_139">139</a>, <a href="#Page_147">147</a>, <a href="#Page_170">170</a>, <a href="#Page_191">191</a>, <a href="#Page_204">204</a>, <a href="#Page_229">229</a>, <a href="#Page_232">232</a>, <a href="#Page_246">246</a>, <a href="#Page_289">289</a>.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_510"> 510</a></span></div> -<p class="cap">H<span class="smallc">UMBOLDT</span> (Le baron Guillaume <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 293.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">UMBOLDT</span> (Mme Guillaume <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 293.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">UME</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_250">250</a>, <a href="#Page_252">252</a>.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">URE</span> (M.),<br /> -I, 180.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">USS</span> (Jean),<br /> -I, 161.</p> - -<p class="cap">H<span class="smallc">YDE DE</span> <span class="cap">N</span><span class="smallc">EUVILLE</span> (Le baron),<br /> -II, 35;<br /> -III, 42.</p> - - -<p class="alphabet">I</p> - -<p class="cap">I<span class="smallc">BRAHIM</span> (Pacha),<br /> -II, 397, 412, 413, 415, 416, 469.</p> - -<p class="cap">I<span class="smallc">FFLAND</span> (M.),<br /> -III, 77.</p> - -<p class="cap">I<span class="smallc">NS DE</span> <span class="cap">C</span><span class="smallc">ASTRO</span>,<br /> -I, 124;<br /> -IV, <a href="#Page_204">204</a>.</p> - -<p class="cap">I<span class="smallc">NGRES</span> (M.),<br /> -III, 183.</p> - -<p class="cap">I<span class="smallc">SABELLE</span> II (Reine d'Espagne),<br /> -I, 158, 192, 216, 217, 232;<br /> -II, 47, 425;<br /> -III, 124, 184, 216, 261;<br /> -IV, <a href="#Page_43">43</a>, <a href="#Page_348">348</a>, <a href="#Page_349">349</a>.</p> - -<p class="cap">I<span class="smallc">STRIE</span> (La duchesse <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 24;<br /> -IV, <a href="#Page_217">217</a>, <a href="#Page_240">240</a>.</p> - -<p class="cap">I<span class="smallc">STURITZ</span> (Xavier <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 38, 47, 82.</p> - - -<p class="alphabet">J</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">ACKSON</span> (Le prsident Andr),<br /> -II, 3, 443.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">ACOB</span> (L'amiral comte),<br /> -I, 84.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">ACQUES</span> I<sup>er</sup> <span class="smallc">D'</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">NGLETERRE</span> (Le roi),<br /> -I, 9.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">ANSON</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 221.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">AUBERT</span> (Le comte),<br /> -II, 114, 122, 134, 366, 406, 424, 428, 429.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">AUCOURT</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 48, 283;<br /> -II, 178, 368;<br /> -III, 216.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">ELLACHICH</span> (Le gnral),<br /> -III, 361, 367;<br /> -IV, <a href="#Page_50">50</a>.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">ERMINGHAM</span> (Miss),<br /> -I, 47.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">ERSEY</span> (Lord),<br /> -III, 184, 284.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">ERSEY</span> (Lady),<br /> -I, 33, 55, 153, 154, 169, 246;<br /> -II, 47, 127, 183, 337;<br /> -III, 87, 88, 102, 157, 184.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">OCELYN</span> (Lord),<br /> -III, 49, 66.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">OINVILLE</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 103, 288, 434, 437;<br /> -III, 33, 34, 35, 36, 37, 87, 120, 192, 217, 230, 268, 280, 288;<br /> -IV, <a href="#Page_10">10</a>, <a href="#Page_15">15</a>, <a href="#Page_20">20</a>, <a href="#Page_21">21</a>, <a href="#Page_22">22</a>, <a href="#Page_23">23</a>, <a href="#Page_33">33</a>, <a href="#Page_59">59</a>.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">OINVILLE</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 288, 385;<br /> -IV, 10, 208, 423.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">OSPHINE</span> (L'impratrice),<br /> -I, 332, 333;<br /> -II, 335.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">OUFFROY</span> (M.),<br /> -III, 26.</p> - -<p class="cap">J<span class="smallc">UMILHAC</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">ICHELIEU-),</span><br /> -II, 35.</p> - - -<p class="alphabet">K</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">AGENECK</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 272.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">ANITZ</span> (Le gnral comte Auguste <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 172, 178, 351.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">AROLYI</span> (Le comte),<br /> -IV, <a href="#Page_338">338</a>.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">AROLYI</span> (La comtesse dite Nandine),<br /> -II, 333;<br /> -III, 91.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">AULBACH</span> (Guillaume <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 442.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">ENT</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 21, 58, 61, 62, 63, 64, 70, 87, 88, 92, 93, 365;<br /> -II, 127, 131, 144, 156, 157, 167, 174, 176, 177.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">ETTLER</span> (L'vque baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_74">74</a>, <a href="#Page_112">112</a>.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">ISSELEFF</span> (Le comte Nicolas),<br /> -III, 150, 152, 157, 220;<br /> -IV, <a href="#Page_65">65</a>, <a href="#Page_150">150</a>.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">ISSELEFF</span> (Le gnral comte),<br /> -IV, <a href="#Page_236">236</a>, <a href="#Page_297">297</a>, <a href="#Page_375">375</a>.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">OMAR</span> (Mlle Nathalie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 232.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">OREFF</span> (Le docteur),<br /> -I, 53.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">OSSUTH</span> (Louis),<br /> -III, 376;<br /> -IV, 81, 82, 91, 313, 383.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">ROLL</span>,<br /> -III, 386.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">RDENER</span> (La baronne <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 171;<br /> -III, 390, 391.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">RDENER</span> (La baronne Amlie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 288.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">RGER</span> (Le peintre Franois),<br /> -II, 351.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">BECK DE </span><span class="cap">K</span><span class="smallc">UBAUM</span>),<br /> -III, 415;<br /> -IV, 50.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">PER</span> (Le Rv. Dr. William),<br /> -I, 92.</p> - -<p class="cap">K<span class="smallc">USHNIX</span> (La comtesse),<br /> -II, 278.</p> - - -<p class="alphabet">L</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">B</span><span class="smallc">ESNARDIRE</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 324;<br /> -II, 188;<br /> -III, 200, 203, 205.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_511"> 511</a></span></div> -<p class="cap">L<span class="smallc">ABLACHE</span>,<br /> -III, 156.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ABORDE</span> (Le comte Lon <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 124.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ABOUCHRE</span>, lord Taunton (Henri),<br /> -I, 100, 245;<br /> -II, 118;<br /> -III, 69, 119.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">B</span><span class="smallc">OULAVE</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 357.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A <span class="cap">B</span>RICHE</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 2;<br /> -III, 16.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">B</span><span class="smallc">RUYRE</span> (Jean <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 183;<br /> -II, 73;<br /> -III, 53.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ACAVE-</span><span class="cap">L</span><span class="smallc">APLAGNE</span> (M.),<br /> -II, 404<br /> -III, 185, 238.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ACORDAIRE</span> (L'abb),<br /> -II, 34, 35, 362;<br /> -III, 24, 25, 27, 95;<br /> -IV, <a href="#Page_339">339</a>, <a href="#Page_340">340</a>, <a href="#Page_341">341</a>, <a href="#Page_371">371</a>, <a href="#Page_394">394</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ACRETELLE</span> (Jean-Claude-Dominique <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 136.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ACRETELLE</span> (Charles),<br /> -IV, <a href="#Page_219">219</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ADENBERG</span>,<br /> -III, 454, 461.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ADVOCAT</span> (M.),<br /> -II, 13.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AFARGE</span> (Mme, la mre),<br /> -II, 382.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AFARGE</span> (Mme, Marie Capelle),<br /> -II, 373, 374, 375, 376, 382.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">F</span><span class="smallc">AYETTE</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 86, 100, 184, 377.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">F</span><span class="smallc">ERRONNAYS</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 24, 25.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">F</span><span class="smallc">ERT</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 444;<br /> -IV, 247.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">F</span><span class="smallc">ERT</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_127">127</a>, <a href="#Page_189">189</a>, <a href="#Page_235">235</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AFITTE</span> (Le ministre),<br /> -II, 743;<br /> -III, 217.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">G</span><span class="smallc">RANGE</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_189">189</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AGRANGE-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">HANCEL</span> (Joseph <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 238.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">M</span><span class="smallc">ARCK</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_14">14</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">M</span><span class="smallc">ARMORA</span> (Le marquis, gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_78">78</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AMARTINE</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 124, 221, 405, 424, 425;<br /> -III, 8, 11, 19, 163, 168, 222, 230, 349;<br /> -IV, <a href="#Page_20">20</a>, <a href="#Page_136">136</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AMB</span> (Sir Frdric),<br /> -I, 27, 291, 293, 294, 296;<br /> -II, 338.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AMBERG</span> (Le gnral comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 358.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AMBRUSCHINI</span> (Le cardinal),<br /> -II, 427.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AMENNAIS</span> (L'abb <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 65, 66, 74;<br /> -III, 27, 99;<br /> -IV, <a href="#Page_20">20</a>, <a href="#Page_159">159</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AMORICIRE</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_58">58</a>, <a href="#Page_361">361</a>, <a href="#Page_362">362</a>, <a href="#Page_365">365</a>, <a href="#Page_366">366</a>, <a href="#Page_367">367</a>, <a href="#Page_372">372</a>, <a href="#Page_373">373</a>, <a href="#Page_379">379</a>, <a href="#Page_381">381</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AMORICIRE</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_357">357</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ANGWARD</span> (L'improvisateur),<br /> -I, 123.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ANSDOWNE</span> (Lord),<br /> -I, 46, 97, 102, 121, 145, 179.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ANSDOWNE</span> (Lady),<br /> -I, 52;<br /> -II, 336.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ARCHER</span> (Mlle Henriette),<br /> -I, 242;<br /> -II, 255.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">EDORTE</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 266;<br /> -II, 117, 126, 313, 347, 361, 396, 407;<br /> -III, 52.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">EDORTE</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 38, 119, 126, 366;<br /> -III, 52, 152, 447.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">OCHE-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">YMOND</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 306.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">OCHEFOUCAULD</span> (Le comte Alexandre <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 42.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">OCHEFOUCAULD</span> (Marie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 432.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">OCHEFOUCAULD</span> (Le comte Sosthne <span class="smallc">DE</span>), duc de Doudeauville,<br /> -II, 423;<br /> -III, 242, 467.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">OCHEFOUCAULD</span> (La vicomtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 147, 148.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">OCHELAMBERT</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_26">26</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">OCHEJAQUELEIN</span> (Le marchal, comte Auguste <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 196.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">OCHEJAQUELEIN</span> (Le marquis Georges <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_20">20</a>, <a href="#Page_64">64</a>, <a href="#Page_65">65</a>, <a href="#Page_148">148</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">OCHEJAQUELEIN</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 196.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">ONCIRE</span> le Noury (mile-Clment <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 276.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">OVRE</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 347</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ASALLE</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 37.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">T</span><span class="smallc">OUR</span> (Le gnral, comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 358.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">T</span><span class="smallc">OUR-</span><span class="cap">M</span><span class="smallc">AUBOURG</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 315;<br /> -III, 189.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AURENCE</span> (M.),<br /> -I, 12.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_512"> 512</a></span></div> -<p class="cap">L<span class="smallc">AUZUN</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 257, 277, 297;<br /> -III, 248.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AVAL</span> (Adrien, prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 364, 395;<br /> -II, 69, 70, 71, 76, 77, 78, 100, 107, 109, 138, 139, 154, 163.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AVAL</span> (La vicomtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 155, 205, 217, 219, 235, 246, 254;<br /> -IV, <a href="#Page_144">144</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">A</span> <span class="cap">V</span><span class="smallc">ALETTE</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_425">425</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AVRADIO</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 209.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AZAREFF</span> (Le comte Lazare <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 68.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AZAREFF</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 283, 325;<br /> -III, 278, 300.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">AUTAUD</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 276, 382.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EDIEU</span> (L'abb Franois),<br /> -IV, <a href="#Page_241">241</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EFVRE</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_41">41</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EGONIDEC</span> (Le conseiller),<br /> -I, 349, 362.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">E</span> <span class="cap">H</span><span class="smallc">ON</span> (Le comte),<br /> -I, 25;<br /> -II, 143;<br /> -III, 165.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">E</span> <span class="cap">H</span><span class="smallc">ON</span> (La comtesse),<br /> -II, 143, 155;<br /> -III, 28;<br /> -IV, <a href="#Page_97">97</a>, <a href="#Page_242">242</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EHZEN</span> (La baronne),<br /> -I, 58.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EININGEN</span> (Le gnral, comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_95">95</a>, <a href="#Page_100">100</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EMOINNE</span> (John),<br /> -IV, <a href="#Page_85">85</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ENORMAND</span> (Marie-Anne),<br /> -I, 115, 117, 118.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ENORMANT</span> (Mme),<br /> -IV, <a href="#Page_333">333</a>, <a href="#Page_334">334</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ON</span> (L'vque <span class="smallc">DE</span>, don Joachim Albarca y Blanqus),<br /> -I, 157.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ON</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 377.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ON</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 104.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ON</span> X (Le pape),<br /> -II, 459.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ON</span> XII (Le pape),<br /> -II, 211.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OPOLD</span> I<sup>er</sup> <span class="smallc">de Belgique</span> (Le roi),<br /> -I, 22, 24, 30, 31, 47, 88, 92, 104, 105, 381;<br /> -II, 157, 174, 177, 249, 359, 401;<br /> -III, 158, 245, 263, 382, 396;<br /> -IV, <a href="#Page_15">15</a>, <a href="#Page_43">43</a>, <a href="#Page_110">110</a>, <a href="#Page_111">111</a>, <a href="#Page_112">112</a>, <a href="#Page_117">117</a>, <a href="#Page_129">129</a>, <a href="#Page_142">142</a>, <a href="#Page_175">175</a>, <a href="#Page_282">282</a>, <a href="#Page_285">285</a>, <a href="#Page_316">316</a>, <a href="#Page_330">330</a>, <a href="#Page_352">352</a>, <a href="#Page_423">423</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ERCHENFELD</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 288;<br /> -III, 378.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">E</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">EIS-</span><span class="cap">E</span><span class="smallc">FFENDI</span>,<br /> -II, 64.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ESLIE</span> (Robert),<br /> -I, 9.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ESPINASSE</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 43.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ESSEPS</span> (Le vicomte Ferdinand <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_69">69</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ESTOCQ</span> (La baronne <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 278.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EUCHTENBERG</span> (Le duc Auguste-Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 27, 133;<br /> -II, 260.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EUCHTENBERG</span> (Le prince Max <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 333;<br /> -II, 127;<br /> -III, 79.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EUCHTENBERG</span> (La duchesse Marie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 79;<br /> -IV, <a href="#Page_372">372</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EVESON</span> (Lord),<br /> -II, 340;<br /> -III, 152.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">VIS</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_109">109</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">VIS</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_159">159</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">EZAY-</span><span class="cap">M</span><span class="smallc">ARNESIA</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 312.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">IAUTARD</span> (L'abb),<br /> -II, 147.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ICHTENSTEIN</span> (Le prince Aloys-Joseph <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 27.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ICHTENSTEIN</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 334.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ICHTENSTEIN</span> (Le feld-marchal, prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_308">308</a>, <a href="#Page_310">310</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ICHTENSTEIN</span> (Le gnral, prince Joseph-Wenzel <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 449.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ICHTENSTEIN</span> (Le prince Wenzel <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 88.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">IEBERMANN</span> (Le baron Auguste <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 282, 334;<br /> -III, 289, 301.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">IEGNITZ</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 275, 278, 286, 292, 295, 300, 302.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">IEVEN</span> (Alexandre <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 192.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">IEVEN</span> (Le prince Christophe <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 60, 83, 84, 85, 86, 89, 98, 113, 131, 132, 144, 145, 205, 214, 245;<br /> -II, 193;<br /> -III, 194.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">IEVEN</span> (Le prince Paul <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_244">244</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">IEVEN</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 4, 7, 19, 20, 44, 45, 47, -49, 50, 56, 62, 63, 65, 83, 86, 87, 89, 93, 94, 95, 98, 111, 112, 113, 122, 123, -124, 129, 131, 132, 143, 144, 151, 152, 156, 162, 167, 171, 175, 177, 196, 202, -215, 226, 244, 294, 330, 354, 357, 367, 385, 395, 396, 397;<span class="pagenum"><a id="Page_513"> 513</a></span><br /> -II, 2, 6, 11, 16, 20, 29, 52, 54, 61, 62, 63, 81, 83, 92, 93, 105, 106, 113, -114, 118, 119, 120, 126, 127, 131, 132, 136, 162, 163, 167, 168, 174, -175, 177, 180, 183, 186, 192, 197, 198, 205, 206, 208, 248, 297, 322, -333, 337, 347, 351, 358, 366, 383, 384, 386, 387, 390, 391, 394, 398, 400, 402, 409, 421, 423, 426, 432, 433;<br /> -III, 6, 10, 22, 28, 40, 47, 52, 54, 64, 84, 86, 97, 98, 99, 100, 102, -108, 119, 121, 124, 128, 152, 157, 164, 165, 172, 178, 180, 184, 192, -194, 205, 217, 218, 225, 228, 235, 238, 247, 249, 301, 322, 387, 393, -398, 406, 414, 419;<br /> -IV, <a href="#Page_16">16</a>, <a href="#Page_17">17</a>, <a href="#Page_40">40</a>, <a href="#Page_42">42</a>, <a href="#Page_45">45</a>, <a href="#Page_76">76</a>, <a href="#Page_126">126</a>, <a href="#Page_150">150</a>, <a href="#Page_184">184</a>, <a href="#Page_185">185</a>, <a href="#Page_202">202</a>, <a href="#Page_236">236</a>, <a href="#Page_243">243</a>, <a href="#Page_244">244</a>, <a href="#Page_245">245</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">INANGE</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>), ou prince de Leiningen,<br /> -II, 131;<br /> -III, 408, 409.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">INDENAU</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 330.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">INDHEIM</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_171">171</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">IONNE</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 460.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ISFRANC DE</span> <span class="cap">S</span><span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">M</span><span class="smallc">ARTIN</span> (Le chirurgien),<br /> -II, 128, 199.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">'</span><span class="cap">I</span><span class="smallc">SLE</span> (Lady <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 131.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ISZT</span>,<br /> -III, 329.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ITTLETON</span> (Le baron),<br /> -I, 155, 161, 164, 168, 177.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">IVERPOOL</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 102.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OBAU</span> (Le marchal),<br /> -II, 70.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OBAU</span> (La marchale),<br /> -II, 121.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OEWENHIELM</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 333.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OEWENHIELM</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 6, 333.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OEWE-</span><span class="cap">W</span><span class="smallc">EIMAR</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 83, 92.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OLA</span> <span class="cap">M</span><span class="smallc">ONTS</span>,<br /> -III, 441.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OMBARD</span> (Henri),<br /> -III, 256, 257, 258.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OMBARD</span> (Mme),<br /> -III, 258.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ONDONDERRY</span> (Lord),<br /> -I, 58, 59, 60;<br /> -III, 122.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ONDONDERRY</span> (Lady), I, 55.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">ONGUEVILLE</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_56">56</a>, <a href="#Page_80">80</a>, <a href="#Page_87">87</a>, <a href="#Page_135">135</a>, <a href="#Page_148">148</a>, <a href="#Page_222">222</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OTTUM</span> (Le comte Charles-Henri <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 297, 321.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OTTUM</span> (La comtesse),<br /> -III, 279;<br /> -IV, <a href="#Page_240">240</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OUIS</span> (Le baron),<br /> -I, 291;<br /> -II, 166, 178, 183.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OUISE DE</span> <span class="cap">L</span><span class="smallc">ORRAINE</span> (Reine de France),<br /> -III, 132.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OUIS-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">HILIPPE</span> (Le roi),<br /> -I, 10, 14, 60, 94, 184, 197, 217, 235, 264, 296, 326, 340, 341, 365, 370, 372, 383;<br /> -II, 49, 51, 92, 98, 165, 170, 279;<br /> -III, 19, 263, 284, 323, 330, 333, 385, 396, 428, 447, 448;<br /> -IV, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_152">152</a>, <a href="#Page_256">256</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OUIS</span> XIV (Roi de France),<br /> -I, 36, 233, 270;<br /> -II, 142, 335, 378, 459;<br /> -III, 12, 147, 177, 248;<br /> -IV, <a href="#Page_107">107</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OUIS</span> XV (Roi de France),<br /> -I, 310, 326, 351;<br /> -III, 148.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OUIS</span> XVI (Roi de France),<br /> -I, 100, 306;<br /> -II, 158;<br /> -III, 253, 474.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OUIS</span> XVII,<br /> -IV, <a href="#Page_67">67</a>, <a href="#Page_107">107</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OUIS</span> XVIII (Roi de France),<br /> -I, 136, 237, 238, 298, 325, 332;<br /> -II, 49, 432; III, 247, 253, 473.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OUL</span> (Le marquis et la marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 192.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OUVEL</span>,<br /> -II, 66, 67.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OUVOIS</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 351, 352, 353.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">OVRE</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 279.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">UCCHESI-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">ALLI</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_103">103</a>, <a href="#Page_107">107</a>.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">UCQUES</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 319.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">UCQUES</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 63.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">UCQUES</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 320.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">UDOLF</span> (Le feld-marchal, comte Franois <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 343.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">UDOLF</span> (Le comte Guillaume-Constantin <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 156.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">UDRE</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 240.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">URDE</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 370.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_514"> 514</a></span></div> -<p class="cap">L<span class="smallc">UTHER</span> (Martin),<br /> -II, 273;<br /> -III, 70, 95.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">UTTEROTH</span> (Alexandre <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 123.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">UYNES</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 314.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">YNDHURST</span> (Lord),<br /> -II, 223.</p> - -<p class="cap">L<span class="smallc">YNDHURST</span> (Lady),<br /> -I, 103, 104.</p> - - -<p class="alphabet">M</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ACAULAY</span> (Lord),<br /> -IV, <a href="#Page_274">274</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ACDONALD</span> (Le marchal),<br /> -II, 387.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ACDONALD</span> (Le gnral Francis),<br /> -II, 191.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ACKAU</span> (L'amiral baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 238.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AC-</span><span class="cap">L</span><span class="smallc">EOD</span> (Alexandre),<br /> -III, 48, 125.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AC-</span><span class="cap">M</span><span class="smallc">AHON</span> (Le marchal <span class="smallc">DE</span>), duc de <span class="cap">M</span><span class="smallc">AGENTA</span>,<br /> -IV, <a href="#Page_270">270</a>, <a href="#Page_325">325</a>, <a href="#Page_409">409</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AC-</span><span class="cap">M</span><span class="smallc">AHON</span> (La marchale <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_415">415</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AGNAN</span> (Le marchal),<br /> -III, 387.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AGON-</span><span class="cap">L</span><span class="smallc">ABALLUE</span> (Mlle),<br /> -II, 150.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AHMOUD</span> (Le sultan),<br /> -II, 154.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AHON</span> (Lady Emily),<br /> -III, 31.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AILL</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 160, 161.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AILL</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 24, 126.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AILL</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 127.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AINTENON</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 233, 312;<br /> -II, 196, 378;<br /> -III, 12, 42, 58, 313;<br /> -IV, <a href="#Page_241">241</a>, <a href="#Page_302">302</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AISON</span> (Le marchal),<br /> -I, 318, 344;<br /> -II, 5, 15.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AISON</span> (La marchale),<br /> -II, 5, 6.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AISTRE</span> (La comtesse Adle <span class="smallc"><span class="smallc">DE</span></span>),<br /> -III, 172.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AISTRE</span> (La comtesse Azlia <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 140, 151.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AISTRE</span> (Mlle Francesca <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 166.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AISTRE</span> (Le comte Joseph <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_19">19</a>, <a href="#Page_20">20</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AISTRE</span> (Le comte Rodolphe <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 140, 151, 154, 232;<br /> -IV, <a href="#Page_20">20</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ALABRIA</span>,<br /> -IV, 224.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ALESHERBES</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 31.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ALIBRAN</span> (Mme),<br /> -I, 59, 147.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ALTZAN</span> (Le comte Mortimer <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 338, 359;<br /> -III, 28, 104, 114, 116, 172, 178, 235, 300.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ANNAY</span> (L'abb),<br /> -II, 228.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ANTEUFFEL</span> (Le baron Othon <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 429, 430, 437, 458, 459, 461, 462, 463, 464;<br /> -IV, <a href="#Page_2">2</a>, <a href="#Page_3">3</a>, <a href="#Page_8">8</a>, <a href="#Page_27">27</a>, <a href="#Page_41">41</a>, <a href="#Page_43">43</a>, <a href="#Page_52">52</a>, <a href="#Page_128">128</a>, <a href="#Page_129">129</a>, <a href="#Page_155">155</a>, <a href="#Page_156">156</a>, <a href="#Page_157">157</a>, <a href="#Page_161">161</a>, <a href="#Page_169">169</a>, <a href="#Page_170">170</a>, <a href="#Page_172">172</a>, <a href="#Page_175">175</a>, <a href="#Page_190">190</a>, <a href="#Page_192">192</a>, <a href="#Page_195">195</a>, <a href="#Page_224">224</a>, <a href="#Page_229">229</a>, <a href="#Page_243">243</a>, <a href="#Page_284">284</a>, <a href="#Page_285">285</a>, <a href="#Page_287">287</a>, <a href="#Page_288">288</a>, <a href="#Page_401">401</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ANTEUFFEL</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_393">393</a>, <a href="#Page_410">410</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ANUEL</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_84">84</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ANUEL</span> (Mme), comtesse de Gramedo,<br /> -II, 84.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARBœuf</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 233.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARBOIS</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 206, 369.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARCHAND</span> (Le comte),<br /> -II, 24, 288.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARCHESI</span> (Luigi),<br /> -II, 329.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARESCALCHI</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 145.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AREUIL</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 22;<br /> -II, 18.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARIE</span> II ou <span class="cap">M</span><span class="smallc">ARIA DA</span> <span class="cap">G</span><span class="smallc">LORIA</span> (Reine de Portugal),<br /> -I, 12, 128, 133;<br /> -II, 96, 260.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARIE-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">MLIE</span> (Reine de France),<br /> -I, 363;<br /> -II, 143;<br /> -III, 231, 348, 363, 448, 451, 452, 453;<br /> -IV, <a href="#Page_15">15</a>, <a href="#Page_56">56</a>, <a href="#Page_59">59</a>, <a href="#Page_66">66</a>, <a href="#Page_118">118</a>, <a href="#Page_208">208</a>, <a href="#Page_212">212</a>, <a href="#Page_224">224</a>, <a href="#Page_237">237</a>, <a href="#Page_276">276</a>, <a href="#Page_423">423</a>, <a href="#Page_425">425</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARIE-</span><span class="cap">L</span><span class="smallc">OUISE</span> (L'impratrice),<br /> -III, 318.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARIE DE</span> <span class="cap">M</span><span class="smallc">DICIS</span> (Reine de France),<br /> -I, 271;<br /> -II, 142, 371.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARIE D'</span><span class="cap">O</span><span class="smallc">RLANS</span> (La princesse),<br /> -I, 60, 362, 381;<br /> -II, 178, 180, 189, 195, 196, 209, 221;<br /> -III, 241.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARIE DE</span> <span class="cap">P</span><span class="smallc">ORTUGAL</span> (L'infante),<br /> -I, 192.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARIE DE</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">USSIE</span> (L'impratrice),<br /> -II, 356.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARIE</span> <span class="cap">S</span><span class="smallc">TUART</span> (Reine d'cosse),<br /> -I, 386.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARIE-</span><span class="cap">T</span><span class="smallc">HRSE</span> (L'impratrice),<br /> -I, 366;<br /> -II, 365.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARIO</span>, marquis <span class="smallc">DE</span> <span class="cap">C</span><span class="small">ANDIA</span>,<br /> -III, 156.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_515"> 515</a></span></div> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARLBOROUGH</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 167.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARMONT</span> (Le marchal), duc <span class="smallc">DE</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">AGUSE</span>,<br /> -III, 84, 85, 88, 90, 311, 457;<br /> -IV, <a href="#Page_235">235</a>, <a href="#Page_245">245</a>, <a href="#Page_249">249</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARNES</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 107, 110.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AROCHETTI</span> (Le baron Charles),<br /> -II, 224.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARS</span> (Mlle),<br /> -II, 148;<br /> -III, 59, 60;<br /> -IV, <a href="#Page_60">60</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARTIGNAC</span> (Aglay <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 239.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARTIN</span> (M.),<br /> -I, 13; -II, 265.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARTIN DU</span> <span class="cap">N</span><span class="smallc">ORD</span>,<br /> -I, 362;<br /> -II, 15, 18, 122, 124, 133, 136, 404;<br /> -III, 242.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARTIMPREY</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_304">304</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ARTINEZ DE LA</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">OSA</span> (Franois),<br /> -I, 184, 238, 371.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ASSA</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 299, 300;<br /> -II, 16, 195, 388.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ASSIMO</span> (La princesse),<br /> -II, 187.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ATHIEU</span> (M.),<br /> -II, 354.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ATTHIOLI</span> (Le comte),<br /> -III, 252.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ATUSIEVICZ</span> (Le comte),<br /> -I, 144, 396;<br /> -II, 118, 122, 337;<br /> -III, 194.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AUGUIN</span>,<br /> -I, 12.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AUSSION</span> (Le baron Alfred <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 384, 386.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">AZZINI</span> (Giuseppe),<br /> -IV, <a href="#Page_7">7</a>, <a href="#Page_79">79</a>, <a href="#Page_81">81</a>, <a href="#Page_87">87</a>, <a href="#Page_91">91</a>, <a href="#Page_173">173</a>, <a href="#Page_351">351</a>, <a href="#Page_402">402</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ECKLEMBOURG-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">CHWERIN</span> (La grande-duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 116, 145, 156, 168, 283;<br /> -III, 225, 254, 265, 284;<br /> -IV, <a href="#Page_54">54</a>, <a href="#Page_264">264</a>, <a href="#Page_277">277</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ECKLEMBOURG-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">CHWERIN</span> (Le grand-duc Frdric <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 352, 429.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ECKLEMBOURG-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">CHWERIN</span> (Le duc Gustave <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 191.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ECKLEMBOURG-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">CHWERIN</span> (La princesse Hlne <span class="smallc">DE</span>), plus tard duchesse d'Orlans,<br /> -II, 66, 113, 115, 117, 120, 123, 132, 138, 141, 143, 144, 148, 149, 151, 154, 155, 157, 159, 160, 161, 178, 180, 183, 184, 185, 207, 212, 221, 223, 260, 283, 313, 320, 352, 355, 369, 372, 400, 407, 409;<br /> -III, 33, 63, 65, 71, 191, 210, 212, 213, 216, 217, 219, 224, 225, 241, 244, 245, 246, 250, 253, 254, 255, 262, 264, 265, 267, 284, 330, 332, 333, 334, 335, 348, 352, 355, 369, 383, 385, 396, 399, 425, 428, 450, 452;<br /> -IV, <a href="#Page_10">10</a>, <a href="#Page_11">11</a>, <a href="#Page_22">22</a>, <a href="#Page_32">32</a>, <a href="#Page_33">33</a>, <a href="#Page_35">35</a>, <a href="#Page_37">37</a>, <a href="#Page_57">57</a>, <a href="#Page_58">58</a>, <a href="#Page_61">61</a>, <a href="#Page_66">66</a>, <a href="#Page_91">91</a>, <a href="#Page_97">97</a>, <a href="#Page_117">117</a>, <a href="#Page_122">122</a>, <a href="#Page_136">136</a>, <a href="#Page_138">138</a>, <a href="#Page_162">162</a>, <a href="#Page_225">225</a>, <a href="#Page_230">230</a>, <a href="#Page_231">231</a>, <a href="#Page_247">247</a>, <a href="#Page_274">274</a>, <a href="#Page_275">275</a>, <a href="#Page_276">276</a>, <a href="#Page_278">278</a>, <a href="#Page_299">299</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ECKLEMBOURG-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">TRELITZ</span> (Le grand-duc hrditaire Frdric-Guillaume <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 314.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ECKLEMBOURG-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">TRELITZ</span> (Le grand-duc Georges <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 299;<br /> -III, 429, 432, 434;<br /> -IV, <a href="#Page_158">158</a>, <a href="#Page_364">364</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ECKLEMBOURG-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">TRELITZ</span> (La grande-duchesse Georges <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_364">364</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ECKLEMBOURG-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">TRELITZ</span> (Le duc Georges <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_173">173</a>, <a href="#Page_174">174</a>, <a href="#Page_175">175</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">EDEM</span> (Paul, comte),<br /> -I, 10, 98, 144, 145, 162;<br /> -II, 193, 206, 254, 337, 351;<br /> -III, 115, 116, 184, 311, 317, 338, 342, 351;<br /> -IV, <a href="#Page_125">125</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">HMET-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">LI</span> (Le vice-roi),<br /> -I, 245;<br /> -II, 350, 353, 369, 383, 387, 467, 468, 469, 470, 471, 472, 473, 474, 476, 478;<br /> -III, 7, 47, 329.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ELBOURNE</span> (Lord),<br /> -I, 46, 99, 164, 166, 167, 170, 171, 174, 177, 178, 180, 189, 190, 203, 208;<br /> -II, 34, 53, 167, 174, 175, 176, 407;<br /> -III, 6, 157, 226, 227, 228, 235.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ELBOURNE</span> (Lady),<br /> -III, 32.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ELZI</span> (Le duc),<br /> -III, 233.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ELZI</span> (La duchesse),<br /> -III, 233.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ENDELSLOH</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 70.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ENDIZABAL</span> (Don Juan Alvarez y),<br /> -I, 371;<br /> -II, 38.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ENNECHET</span> (Edouard),<br /> -I, 372.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ENSCHIKOFF</span> (L'amiral prince),<br /> -IV, <a href="#Page_125">125</a>.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_516"> 516</a></span></div> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ENSDORF-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">OUILLY</span> (Le feld-marchal comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_228">228</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">RAN</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 382.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">RODE</span> (Mgr <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_376">376</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">RODE</span> (Le comte Werner <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 2, 63.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ETTERNICH</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 27, 294, 296, 383;<br /> -II, 56, 61, 63, 170, 250, 338, 386;<br /> -III, 7, 22, 69, 83, 84, 88, 89, 92, 104, 108, 111, 116, 117, 184, 221, 236, 311, 319, 320, 338, 352, 382;<br /> -IV, <a href="#Page_15">15</a>, <a href="#Page_51">51</a>, <a href="#Page_52">52</a>, <a href="#Page_89">89</a>, <a href="#Page_158">158</a>, <a href="#Page_164">164</a>, <a href="#Page_175">175</a>, <a href="#Page_228">228</a>, <a href="#Page_249">249</a>, <a href="#Page_309">309</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ETTERNICH</span> (La princesse Mlanie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 56, 360;<br /> -III, 83, 84, 88, 91, 104, 184, 238, 338;<br /> -IV, <a href="#Page_15">15</a>, <a href="#Page_51">51</a>, <a href="#Page_112">112</a>, <a href="#Page_116">116</a>, <a href="#Page_159">159</a>, <a href="#Page_164">164</a>, <a href="#Page_166">166</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ETTERNICH-</span><span class="cap">W</span><span class="smallc">INNEBOURG</span> (Le prince Richard <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_243">243</a>, <a href="#Page_364">364</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">EULAN</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 237.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">EUNIER</span> (M.),<br /> -II, 116, 117, 159.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">EYENDORFF</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 351, 380, 404, 406, 408, 414, 416, 417, 425, 427, 428, 430, 434, 436, 437, 459, 463;<br /> -IV, <a href="#Page_164">164</a>, <a href="#Page_244">244</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">EYENDORFF</span> (La baronne <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 289, 408, 417, 431;<br /> -IV, <a href="#Page_51">51</a>, <a href="#Page_164">164</a>, <a href="#Page_244">244</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">EYERBEER</span> (M.),<br /> -III, 283;<br /> -IV, <a href="#Page_40">40</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">IAOULIS</span> (Amiral),<br /> -I, 12.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">IGNET</span>,<br /> -I, 34, 318;<br /> -II, 24, 125, 178;<br /> -III, 5, 245;<br /> -IV, <a href="#Page_251">251</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">INA</span> (Don),<br /> -I, 245.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">INTO</span> (Lord),<br /> -IV, <a href="#Page_91">91</a>, <a href="#Page_315">315</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">IRABEAU</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 134, 135, 136;<br /> -IV, <a href="#Page_14">14</a>, <a href="#Page_17">17</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">IRAFLORS</span> (Le marquis),<br /> -I, 51, 87, 121, 125, 127, 128, 146, 174,<br /> -178, 181, 183, 191, 203, 226.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">IRAFLORS</span> (La marquise DE),<br /> -I, 205.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ITFORD</span> (John),<br /> -III, 75.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OCQUART</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_200">200</a>, <a href="#Page_351">351</a>, <a href="#Page_370">370</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ODNE</span> (Le duc Franois IV <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 366.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ODNE</span> (Le duc Franois V <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 156;<br /> -IV, <a href="#Page_260">260</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OIRA</span> (Lord),<br /> -II, 157.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OLAY</span> (Jacques <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 45.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OL</span> (Le comte),<br /> -I, 246, 267, 268, 272, 274, 289, 294, 295, 300, 305, 306, 307, 308, 310, 313, 315, 319, 320, 321, 322, 392;<br /> -II, 1, 9, 10, 12, 15, 17, 21, 23, 84, 87, 89, 91, 94, 99, 110, 112, 114, 122, 124, 125, 129, 133, 138, 143, 147, 154, 162, 163, 166, 169, 177, 183, 185, 186, 192, 194, 205, 219, 220, 246, 360, 361, 368, 370, 387, 390, 392, 401, 402, 403, 404, 405, 412, 414, 416, 424, 440;<br /> -III, 1, 2, 3, 4, 5, 7, 9, 18, 22, 28, 41, 42, 50, 55, 57, 96, 105, 121, 123, 167, 180, 181, 183, 210, 212, 213, 217, 219, 225, 237, 238, 239, 242, 243, 349, 383, 406, 444;<br /> -IV, <a href="#Page_11">11</a>, <a href="#Page_17">17</a>, <a href="#Page_40">40</a>, <a href="#Page_42">42</a>, <a href="#Page_65">65</a>, <a href="#Page_67">67</a>, <a href="#Page_126">126</a>, <a href="#Page_189">189</a>, <a href="#Page_218">218</a>, <a href="#Page_219">219</a>, <a href="#Page_235">235</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OL</span> (La comtesse),<br /> -II, 126, 143, 121.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OL</span> (Mathieu),<br /> -III, 121.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OLITOR</span> (Le marchal comte),<br /> -II, 15, 94.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OLLIEN</span> (Le comte),<br /> -I, 291, 296;<br /> -II, 72, 116;<br /> -III, 221.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OLLIEN</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 299, 303, 312;<br /> -II, 72, 116, 312, 320, 373, 374, 375, 401, 417, 428, 436;<br /> -III, 11, 15, 33, 123, 182, 221, 259, 447, 452;<br /> -IV, <a href="#Page_59">59</a>, <a href="#Page_66">66</a>, <a href="#Page_97">97</a>, <a href="#Page_126">126</a>, <a href="#Page_208">208</a>, <a href="#Page_344">344</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OLYNEUX</span> (Francis),<br /> -III, 75.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONCEY</span> (Le marchal),<br /> -III, 182.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONSON</span> (Lord),<br /> -I, 39, 42.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONSON</span> (Lady),<br /> -I, 39, 43.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTALEMBERT</span> (Le comte Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 361, 362, 366, 368;<br /> -III, 325, 394;<br /> -IV, <a href="#Page_210">210</a>, <a href="#Page_255">255</a>, <a href="#Page_334">334</a>, <a href="#Page_395">395</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTALIVET</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 15, 84, 90, 94, 115, 185, 191, 403.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTALIVET</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 35.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_517"> 517</a></span></div> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTBRETON</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 35.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTBRETON</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 376, 382.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTCALM</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 177.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTEBELLO</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 101;<br /> -III, 64, 115;<br /> -IV, <a href="#Page_244">244</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTEMOLIN</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 396;<br /> -IV, <a href="#Page_346">346</a>, <a href="#Page_348">348</a>, <a href="#Page_349">349</a>, <a href="#Page_359">359</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTNGRO</span> (Le chevalier),<br /> -IV, <a href="#Page_165">165</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTENON</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 386.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTESPAN</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 312.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTESQUIOU</span> (La comtesse Anatole <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 132.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTESQUIOU</span> (L'abb <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 247.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTESSUY</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 87, 92.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTFORT</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>, la princesse Mathilde),<br /> -II, 377, 394;<br /> -III, 368;<br /> -IV, <a href="#Page_40">40</a>, <a href="#Page_43">43</a>, <a href="#Page_74">74</a>, <a href="#Page_199">199</a>, <a href="#Page_214">214</a>, <a href="#Page_296">296</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONGUYON</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_97">97</a>, <a href="#Page_232">232</a>, <a href="#Page_278">278</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTIJO</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>), plus tard l'Impratrice Eugnie,<br /> -IV, <a href="#Page_65">65</a>, <a href="#Page_69">69</a>, <a href="#Page_70">70</a>, <a href="#Page_72">72</a>, <a href="#Page_73">73</a>, <a href="#Page_77">77</a>, <a href="#Page_84">84</a>, <a href="#Page_87">87</a>, <a href="#Page_92">92</a>, <a href="#Page_112">112</a>, <a href="#Page_189">189</a>, <a href="#Page_206">206</a>, <a href="#Page_207">207</a>, <a href="#Page_213">213</a>, <a href="#Page_214">214</a>, <a href="#Page_235">235</a>, <a href="#Page_269">269</a>, <a href="#Page_285">285</a>, <a href="#Page_296">296</a>, <a href="#Page_320">320</a>, <a href="#Page_362">362</a>, <a href="#Page_385">385</a>, <a href="#Page_408">408</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTIJO</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_69">69</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTJOYE</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 220, 363.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTMORENCY</span> (Le duc Mathieu <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_334">334</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTMORENCY</span> (Le baron, puis duc Raoul <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 257, 260, 261, 296;<br /> -II, 77, 115, 137, 163, 187;<br /> -III, 131;<br /> -IV, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_275">275</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTMORENCY</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 27;<br /> -II, 16, 26, 33, 138, 143, 252, 394, 434;<br /> -III, 22, 44, 52, 97, 102, 105, 280.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTMORENCY</span> (La duchesse Mathieu <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 233, 250, 380, 432;<br /> -III, 310;<br /> -IV, <a href="#Page_287">287</a>, <a href="#Page_335">335</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTMORENCY</span> (La baronne <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 131.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTPENSIER</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 35, 132, 268, 324, 349;<br /> -IV, <a href="#Page_57">57</a>, <a href="#Page_348">348</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTPENSIER</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 349;<br /> -IV, <a href="#Page_58">58</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTROND</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 16, 24, 32, 51, 114, 120, 148, 149, 249, 250, 252, 255, 256, 283, 285, 395;<br /> -II, 173, 197, 256, 373, 383;<br /> -III, 52, 242;<br /> -IV, <a href="#Page_144">144</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ONTROND</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 148.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ORELL</span> (La baronne <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 276.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ORELL</span> (Mlle Marie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 276.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ORELLET</span> (L'abb),<br /> -I, 121.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OREY</span> (M.),<br /> -II, 18, 21.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ORLOT</span> (Le cardinal),<br /> -III, 202;<br /> -IV, <a href="#Page_330">330</a>, <a href="#Page_331">331</a>, <a href="#Page_398">398</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ORNAY</span> (Le comte Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I 276;<br /> -II, 121;<br /> -III, 18.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ORNINGTON</span> (Lady),<br /> -I, 3.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ORNY</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_41">41</a>, <a href="#Page_90">90</a>, <a href="#Page_123">123</a>, <a href="#Page_184">184</a>, <a href="#Page_202">202</a>, <a href="#Page_231">231</a>, <a href="#Page_233">233</a>, <a href="#Page_236">236</a>, <a href="#Page_242">242</a>, <a href="#Page_249">249</a>, <a href="#Page_253">253</a>, <a href="#Page_301">301</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ORPETH</span> (Lord),<br /> -III, 39.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ORTEMART</span> (Mlle Alicia <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 312;<br /> -III, 203.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ORTEMART</span> (Arthur <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 392;<br /> -III, 203;<br /> -IV, <a href="#Page_17">17</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ORTIER</span> (Le marchal),<br /> -I, 278, 318, 360.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OSKOWA</span> (Le prince <span class="smallc">DE LA</span>),<br /> -I, 89, 106;<br /> -III, 44, 255, 256, 368.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OTTEUX</span> (M.),<br /> -I, 263.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OTTEVILLE</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 98;<br /> -IV, <a href="#Page_205">205</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OUCHY</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_64">64</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OUCHY</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, 126.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OUNIER</span> (M.),<br /> -II, 41, 415, 425;<br /> -III, 54.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OUNT-</span><span class="cap">E</span><span class="smallc">DGECUMBE</span> (Lord),<br /> -I, 20.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">OUSTIERS</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_152">152</a>, <a href="#Page_292">292</a>, <a href="#Page_336">336</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ULLER</span> (Frdric <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_29">29</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ULLER</span> (Jean <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_29">29</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">UNCHHAUSEN</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_7">7</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">UNSTER</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 204.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">UNSTER</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 204.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">ULGRAVE</span> (Lord),<br /> -I, 94, 198.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_518"> 518</a></span></div> - -<p class="cap">M<span class="smallc">UNIER DE LA</span> <span class="cap">C</span><span class="smallc">ONVERSERIE</span> (Le gnral),<br /> -I, 119.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">UNOZ</span> (Fernando, duc <span class="smallc">DE</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">IANZARS</span>),<br /> -II, 400;<br /> -III, 124, 260.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">UNSTER</span> (Lord),<br /> -II, 156.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">URAT</span> (La princesse),<br /> -II, 19, 83, 191.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">URAT</span> (Le prince Joachim),<br /> -IV, <a href="#Page_394">394</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">URAT</span> (Le prince Lucien),<br /> -IV, <a href="#Page_86">86</a>, <a href="#Page_184">184</a>, <a href="#Page_394">394</a>.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">URILLO</span>,<br /> -III, 441.</p> - -<p class="cap">M<span class="smallc">USSET</span> (Alfred <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 247.</p> - - -<p class="alphabet">N</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ANTES</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 233.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">APIER</span> (L'amiral),<br /> -II, 371, 433, 439;<br /> -III, 47; IV, 192.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">APLES</span> (La reine Caroline <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 30.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">APLES</span> (Le prince Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 30.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">APLES</span> (Le roi Ferdinand II <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 60, 236;<br /> -II, 49, 56, 65, 79, 80, 82, 107, 150.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">APLES</span> (Le roi Franois II <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_350">350</a>, <a href="#Page_356">356</a>, <a href="#Page_360">360</a>, <a href="#Page_361">361</a>, <a href="#Page_362">362</a>, <a href="#Page_374">374</a>, <a href="#Page_381">381</a>, <a href="#Page_387">387</a>, <a href="#Page_394">394</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">APLES</span> (Le prince Lopold <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 362.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">APLES</span> (La princesse Marie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 237.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">APLES</span> (La reine Marie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_383">383</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">APLES</span> (La reine Marie-Christine <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 12, 20, 107.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">APOLON</span> I<sup>er</sup> (L'empereur),<br /> -I, 33, 107, 116, 137, 227, 228, 247, 310, 326, 332, 397;<br /> -II, 24, 158, 231, 288, 297, 328, 329, 335, 401, 425, 426, 432, 433, 435, 439, 440, 463;<br /> -III, 38, 39, 167, 295, 330, 393, 408;<br /> -IV, <a href="#Page_96">96</a>, <a href="#Page_147">147</a>, <a href="#Page_200">200</a>, <a href="#Page_245">245</a>, <a href="#Page_249">249</a>, <a href="#Page_255">255</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">APOLON</span> (Le prince Jrme),<br /> -IV, <a href="#Page_42">42</a>, <a href="#Page_69">69</a>, <a href="#Page_70">70</a>, <a href="#Page_86">86</a>, <a href="#Page_151">151</a>, <a href="#Page_296">296</a>, <a href="#Page_298">298</a>, <a href="#Page_301">301</a>, <a href="#Page_302">302</a>, <a href="#Page_303">303</a>, <a href="#Page_304">304</a>, <a href="#Page_305">305</a>, <a href="#Page_324">324</a>, <a href="#Page_327">327</a>, <a href="#Page_341">341</a>, <a href="#Page_356">356</a>, <a href="#Page_358">358</a>, <a href="#Page_360">360</a>, <a href="#Page_386">386</a>, <a href="#Page_397">397</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ARBONNE</span> (La comtesse Louis <span class="smallc">DE</span>), ne <span class="smallc">DE</span> <span class="cap">M</span><span class="smallc">ONTHOLON</span>,<br /> -III, 142.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ASSAU</span> (Le duc Adolphe <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 314, 429.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ASSAU</span> (Le duc Guillaume <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 30.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ASSAU</span> (La princesse Marie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 157.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ASSAU</span> (La duchesse Pauline <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 52.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ALE</span> (La comtesse Pauline),<br /> -III, 71, 75, 282, 285, 288.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ECKER</span> (Jacques),<br /> -I, 320, 345.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ECKER</span> (Mme),<br /> -I, 345.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">EELD</span> (Lady Caroline),<br /> -I, 40.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">EGRO</span> (Le marquis Carlo <span class="smallc">DI</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_77">77</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">EIPPERG</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 345, 346, 348.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">EMOURS</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 296, 310, 340, 357;<br /> -II, 36, 48, 65, 103, 179, 196, 199, 207, 214, 250, 291, 365, 372;<br /> -III, 36, 37, 210, 212, 217, 244, 261, 262, 265, 268, 383, 384;<br /> -IV, <a href="#Page_10">10</a>, <a href="#Page_59">59</a>, <a href="#Page_117">117</a>, <a href="#Page_136">136</a>, <a href="#Page_138">138</a>, <a href="#Page_225">225</a>, <a href="#Page_246">246</a>, <a href="#Page_247">247</a>, <a href="#Page_248">248</a>, <a href="#Page_277">277</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">EMOURS</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 251, 372;<br /> -III, 34, 125, 186, 225, 244, 383, 384;<br /> -IV, <a href="#Page_10">10</a>, <a href="#Page_59">59</a>, <a href="#Page_225">225</a>, <a href="#Page_416">416</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ERLI</span>,<br /> -IV, <a href="#Page_108">108</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ESSELRODE</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 85, 86, 99, 112, 124;<br /> -II, 337, 415;<br /> -III, 220, 317;<br /> -IV, <a href="#Page_51">51</a>, <a href="#Page_52">52</a>, <a href="#Page_131">131</a>, <a href="#Page_138">138</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ESSELRODE</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 330;<br /> -II, 351, 415, 417, 422;<br /> -III, 10, 28, 96.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">EUMANN</span> (Le gnral),<br /> -III, 431.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">EUMANN</span> (Le baron),<br /> -II, 349, 472, 473;<br /> -III, 115.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">EU-</span><span class="cap">W</span><span class="smallc">IED</span> (Le prince Guillaume <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 157.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">EY</span> (Le marchal),<br /> -I, 89, 304, 306;<br /> -III, 255.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">EY</span> (La marchale),<br /> -II, 437.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">EY</span> (Edgar),<br /> -III, 386;<br /> -IV, <a href="#Page_411">411</a>.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_519"> 519</a></span></div> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ICOLA</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 376.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ICOLA</span> (La marquise Scipion <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 376, 382.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ICOLAS</span> I<sup>er</sup> <span class="smallc">de Russie</span> (L'empereur),<br /> -I, 11, 52, 85, 112, 144, 360, 383, 385, 386;<br /> -II, 54, 87, 92, 105, 248, 276, 293, 295, 301, 302, 303, 377;<br /> -III, 23, 62, 79, 127, 220, 267, 299, 307, 317, 332, 375, 377, 413, 462;<br /> -IV, <a href="#Page_14">14</a>, <a href="#Page_50">50</a>, <a href="#Page_52">52</a>, <a href="#Page_53">53</a>, <a href="#Page_54">54</a>, <a href="#Page_68">68</a>, <a href="#Page_113">113</a>, <a href="#Page_124">124</a>, <a href="#Page_127">127</a>, <a href="#Page_129">129</a>, <a href="#Page_131">131</a>, <a href="#Page_134">134</a>, <a href="#Page_151">151</a>, <a href="#Page_152">152</a>, <a href="#Page_159">159</a>, <a href="#Page_161">161</a>, <a href="#Page_163">163</a>, <a href="#Page_164">164</a>, <a href="#Page_186">186</a>, <a href="#Page_187">187</a>, <a href="#Page_195">195</a>, <a href="#Page_196">196</a>, <a href="#Page_201">201</a>, <a href="#Page_202">202</a>, <a href="#Page_204">204</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ICOLE</span> (Pierre),<br /> -II, 39, 44.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">IEBUHR</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_192">192</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">IEL</span> (Le gnral),<br /> -IV, <a href="#Page_195">195</a>, <a href="#Page_296">296</a>, <a href="#Page_304">304</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">IGRA</span> (Le chevalier),<br /> -IV, 359.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">INA</span> <span class="cap">L</span><span class="smallc">ASSAVE</span>,<br /> -II, 13.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ISARD</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_227">227</a>, <a href="#Page_228">228</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">OAILLES</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 312, 322, 324, 338; -II, 28, 34, 41, 67, 71, 72, 100, 114, 118, 125, 173, 178, 182, 198, 298, 332, 333, 347, 383, 392, 396, 403, 407, 408, 417, 419, 438, 441;<br /> -III, 12, 17, 40, 41, 42, 52, 97, 100, 103, 121, 153, 187, 214, 215, 241, 248, 392, 393, 397;<br /> -IV, <a href="#Page_12">12</a>, <a href="#Page_25">25</a>, <a href="#Page_26">26</a>, <a href="#Page_36">36</a>, <a href="#Page_97">97</a>, <a href="#Page_126">126</a>, <a href="#Page_136">136</a>, <a href="#Page_180">180</a>, <a href="#Page_218">218</a>, <a href="#Page_244">244</a>, <a href="#Page_268">268</a>, <a href="#Page_394">394</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">OAILLES</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 340;<br /> -II, 76;<br /> -III, 221;<br /> -IV, <a href="#Page_126">126</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">OAILLES</span> (Le comte Maurice <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 403, 407;<br /> -III, 153.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">OAILLES</span> (La vicomtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 338;<br /> -IV, <a href="#Page_24">24</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">OAILLES</span> (Mlle Sabine <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 366.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ODIER</span> (Charles),<br /> -III, 57.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">OTHOMB</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 334;<br /> -IV, <a href="#Page_43">43</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ORFOLK</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 141, 209, 210.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ORFOLK</span> (Le duc Henry <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_240">240</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ORMANBY</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 54, 406, 421;<br /> -IV, <a href="#Page_44">44</a>.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ORTHUMBERLAND</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 58.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ORTON</span> (M.),<br /> -II, 53.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">ORTON</span> (Mrs),<br /> -II, 37, 53, 63.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">OSTITZ</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 307.</p> - -<p class="cap">N<span class="smallc">OSTITZ</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 73.</p> - - -<p class="alphabet">O</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">BERKAMPF</span>,<br /> -III, 21.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">'</span><span class="cap">D</span><span class="smallc">ONNEL</span> (Daniel),<br /> -I, 145, 155, 175, 176, 179, 186, 195, 205, 207, 218, 368;<br /> -II, 12.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">'</span><span class="cap">D</span><span class="smallc">ONNELL</span> (Le gnral comte Maurice),<br /> -III, 85.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">'</span><span class="cap">D</span><span class="smallc">ONNELL</span> (Le gnral comte Maximilien),<br /> -IV, <a href="#Page_86">86</a>, <a href="#Page_88">88</a>, <a href="#Page_94">94</a>, <a href="#Page_122">122</a>.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">FFALIA</span> (Le comte <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 416.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">LBERG</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_192">192</a>.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">LDENBURG</span> (Le grand-duc Auguste <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 433.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">LDENBURG</span> (La grande-duchesse <span class="smallc">D'</span>),<br /> -VI, <a href="#Page_85">85</a>.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">LFERS</span> (M.),<br /> -III, 76, 79, 284, 299.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">LIVIER</span> (L'abb),<br /> -I, 344;<br /> -II, 225.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">LOZAGA</span> (Don Salluste),<br /> -III, 125.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">MPTEDA</span> (La baronne <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 72, 204;<br /> -II, 333.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RANGE</span> (Le prince Guillaume <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 149;<br /> -II, 54.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RANGE</span> (La princesse <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 149,330.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RESTIS</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_76">76</a>.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RIE</span> (Le docteur),<br /> -II, 201;<br /> -III, 52, 206.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RLANS</span> (Le duc Ferdinand <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 25, 33, 35, 105, 136, 232, 235, 236, 252, 256, 258, 260, 264, 265, 266, 282, 285, 289, 290, 291, 293, 299, 305, 310, 311, 315, 323, 340, 346, 361, 363, 381, 382, 383;<br /> -II, 15, 36, 38, 39, 40, 43, 44, 45, 48, 50, 51, 56, 57, 61, 63, 65, 68, 69, 73, 75, 79, 82, 86, 93, 99, 103, 113, 115, 116, 118, 119, 121, 123, 142, 143, 146, 153, 155, 161, 176, 179, 189, 193, 196, 206, 207, -<span class="pagenum"><a id="Page_520"> 520</a></span> -208, 235, 291, 296, 313, 319, 320, 352, 353, 364, 365, 366, 376, 396, 400, 401, 404, 415, 421;<br /> -III, 9, 12, 17, 18, 25, 34, 35, 40, 44, 45, 56, 86, 131, 148, 163, 164, 178, 183, 186, 191, 207, 209, 210, 214, 215, 216, 217, 218, 220, 222, 224, 234, 241, 245, 254, 261, 283, 332, 355;<br /> -IV, <a href="#Page_237">237</a>.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RLANS</span> (Gaston <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 239.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RLANS</span> (Le duc Philippe <span class="smallc">D'</span>), Philippe-galit,<br /> -I, 297, 298.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RLOFF</span> (Le comte, puis prince),<br /> -II, 168, 174, 180;<br /> -IV, <a href="#Page_149">149</a>, <a href="#Page_150">150</a>, <a href="#Page_151">151</a>, <a href="#Page_152">152</a>, <a href="#Page_156">156</a>, <a href="#Page_164">164</a>, <a href="#Page_227">227</a>.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RNANO</span> (Le gnral),<br /> -I, 261.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RSAY</span> (Le comte Alfred <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 46.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RSAY</span> (Lady Harriet <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 234.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RSINI</span>,<br /> -IV, <a href="#Page_270">270</a>, <a href="#Page_271">271</a>, <a href="#Page_316">316</a>.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">RTEGA</span> (Le gnral),<br /> -IV, <a href="#Page_346">346</a>, <a href="#Page_349">349</a>.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">SMOND</span> (La marquise <span class="smallc">D'</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_126">126</a>.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">SSAT</span> (Le cardinal <span class="smallc">D'</span>),<br /> -II, 459.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">SSULSTON</span> (Lord),<br /> -I, 80.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">SSUNA</span> (Le duc <span class="smallc">D'</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_69">69</a>, <a href="#Page_112">112</a>, <a href="#Page_409">409</a>.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">'</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">ULLIVAN DE</span> <span class="cap">G</span><span class="smallc">RASS</span> (Le comte),<br /> -IV, <a href="#Page_117">117</a>.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">ULTREMONT ET DE</span> <span class="cap">V</span><span class="smallc">ERGIMOND</span> (La comtesse <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 40, 76.</p> - -<p class="cap">O<span class="smallc">UTREMONT DE</span> <span class="cap">M</span><span class="small">INIRES</span> (Le gnral <span class="smallc">D'</span>),<br /> -III, 117.</p> - - -<p class="alphabet">P</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">AGANINI</span>,<br /> -III, 299.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">AGEOT</span> (M.),<br /> -III, 180.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">AHLEN</span> (Le comte),<br /> -I, 78, 156, 383, 387, 395, 396, 397;<br /> -II, 5, 15, 193;<br /> -III, 127, 150, 154, 164, 167, 184, 225, 239, 249, 250, 301.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALAFOX</span> (Don Jos <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 207.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALATINE</span> (La princesse), Anne de Gonzague,<br /> -II, 24, 30, 196.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALFFY</span> (Le comte Aloys),<br /> -III, 343.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALFFY</span> (La princesse),<br /> -II, 336.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALIKAO</span> (Le marchal Cousin-Montauban, comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_418">418</a>, <a href="#Page_419">419</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALLADIO</span> (Andr),<br /> -IV, <a href="#Page_104">104</a>, <a href="#Page_105">105</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALLAVICINI</span> (Le marquis),<br /> -II, 224.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALMELLA</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 127.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALMELLA</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 259.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALMERSTON</span> (Lord),<br /> -I, 6, 19, 29, 32, 33, 47, 50, 51, 63, 83, 85, 86, 89, 94, 96, 98, 102, 104, 105, 113, 125, 128, 131, 132, 161, 162, 170, 175, 176, 183, 184, 188, 202, 203, 209, 210, 214, 216, 225, 226, 238, 239, 246, 253, 262, 265, 293, 294, 296, 359;<br /> -II, 107, 108, 157, 162, 345, 349, 353, 364, 383, 386, 387, 388, 391, 393, 395, 398, 399, 407, 409, 411, 412, 415, 419, 421, 433, 439, 465, 479;<br /> -III, 6, 7, 8, 10, 22, 54, 87, 90, 109, 157, 226, 228, 229, 320, 325, 342, 349, 379, 384, 396, 402, 410, 413, 414, 416, 417, 421, 426, 453;<br /> -IV, <a href="#Page_8">8</a>, <a href="#Page_9">9</a>, <a href="#Page_38">38</a>, <a href="#Page_39">39</a>, <a href="#Page_44">44</a>, <a href="#Page_45">45</a>, <a href="#Page_111">111</a>, <a href="#Page_124">124</a>, <a href="#Page_138">138</a>, <a href="#Page_151">151</a>, <a href="#Page_171">171</a>, <a href="#Page_191">191</a>, <a href="#Page_222">222</a>, <a href="#Page_239">239</a>, <a href="#Page_245">245</a>, <a href="#Page_269">269</a>, <a href="#Page_274">274</a>, <a href="#Page_275">275</a>, <a href="#Page_282">282</a>, <a href="#Page_295">295</a>, <a href="#Page_304">304</a>, <a href="#Page_313">313</a>, <a href="#Page_329">329</a>, <a href="#Page_350">350</a>, <a href="#Page_355">355</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALMERSTON</span> (Lady),<br /> -II, 351, 397;<br /> -III, 48, 49, 54, 102, 109, 157;<br /> -IV, <a href="#Page_44">44</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALMERSTON</span> (Mlle Fanny),<br /> -III, 49.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ALMYRE</span> (Mlle),<br /> -I, 255;<br /> -II, 142.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ANIEGA</span> (Mlle <span class="smallc">DE LA</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_285">285</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ANIS</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 102, 158.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">APPENHEIM</span> (Le comte),<br /> -III, 318.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ARIS</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 387, 394, 400, 401, 407;<br /> -III, 63, 224, 246, 250, 255, 262, 333, 384, 385, 396, 422;<br /> -IV, <a href="#Page_99">99</a>, <a href="#Page_138">138</a>, <a href="#Page_232">232</a>, <a href="#Page_247">247</a>, <a href="#Page_248">248</a>, <a href="#Page_276">276</a>, <a href="#Page_277">277</a>, <a href="#Page_278">278</a>, <a href="#Page_349">349</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ARME</span> (Le duc Robert <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_324">324</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ARME</span> (La duchesse rgente <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_349">349</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ARRY</span> (Le capitaine),<br /> -I, 45.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ASCAL</span> (Blaise),<br /> -II, 44;<br /> -III, 392;<br /> -IV, <a href="#Page_25">25</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ASKEWITSCH</span> (Le feld-marchal),<br /> -III, 301, 380, 452.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_521"> 521</a></span></div> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ASQUIER</span> (Le duc),<br /> -I, 10, 283, 291, 304, 306, 322, 362, 382;<br /> -II, 1, 2, 20, 146, 225, 441;<br /> -III, 9, 18, 22, 44, 167;<br /> -IV, <a href="#Page_126">126</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ASSINI</span> (M.),<br /> -III, 299.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ASSY</span>,<br /> -I, 277, 278;<br /> -II, 14, 15, 17, 219, 404, 405, 410, 419, 424;<br /> -III, 8, 9, 14, 26, 127, 163, 185, 238.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ASTA</span> (Judith),<br /> -I, 59.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ASTORET</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 9;<br /> -IV, <a href="#Page_64">64</a>, <a href="#Page_65">65</a>, <a href="#Page_148">148</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ATOW</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_393">393</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">AYS-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">AS</span> (Le prince Frdric <span class="smallc">DES</span>),<br /> -I, 172;<br /> -II, 290;<br /> -III, 388.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">AYS-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">AS</span> (La princesse Frdric <span class="smallc">DES</span>),<br /> -I, 172;<br /> -II, 284, 286.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">AYS-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">AS</span> (le Roi Guillaume I<sup>er</sup> <span class="smallc">DES</span>),<br /> -I, 14, 24, 30, 172, 341;<br /> -II, 249, 356;<br /> -III, 48, 76, 229, 233, 307.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">AYS-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">AS</span> (le Roi Guillaume II <span class="smallc">DES</span>),<br /> -III, 191, 226, 227, 281.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">AYS-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">AS</span> (Le prince hrditaire <span class="smallc">DES</span>), plus tard roi Guillaume III,<br /> -III, 66, 388.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">AYS-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">AS</span> (La reine Wilhelmine <span class="smallc">DES</span>),<br /> -I, 172;<br /> -II, 45, 48.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">AN</span> (Valet de chambre du prince de Talleyrand),<br /> -II, 247.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ECHLIN</span> (M.), diplomate danois,<br /> -III, 427.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">EDRO</span> I<sup>er</sup> (Dom),<br /> -I, 11, 56, 72, 121, 125, 128, 171, 192.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">EEL</span> (Sir Robert),<br /> -I, 101, 104, 139, 140, 141, 145, 171, 189, 190, 288, 293, 299, 308, 357;<br /> -II, 175;<br /> -III, 6, 8, 52, 102, 122, 194, 226.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">EEL</span> (Lady),<br /> -I, 140;<br /> -III, 52.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">EEL</span> (The Right Hon. William-Yates),<br /> -III, 52.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">LISSIER</span> (Le marchal), duc <span class="smallc">DE</span> <span class="cap">M</span><span class="smallc">ALAKOFF</span>,<br /> -IV, <a href="#Page_231">231</a>, <a href="#Page_274">274</a>, <a href="#Page_278">278</a>, <a href="#Page_285">285</a>, <a href="#Page_287">287</a>, <a href="#Page_298">298</a>, <a href="#Page_304">304</a>, <a href="#Page_385">385</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ELLICO</span> (Silvio),<br /> -III, 141;<br /> -IV, <a href="#Page_50">50</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">EMBROKE</span> (Lady),<br /> -II, 47.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">NLOPE</span> Smith (Miss),<br /> -II, 31, 57.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">EPE</span> (Le gnral),<br /> -IV, <a href="#Page_218">218</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">PIN</span> (M.),<br /> -I, 348, 349, 356, 362, 373;<br /> -II, 18, 20, 21.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ERIER</span> (Casimir),<br /> -I, 6, 9, 10, 15, 19, 273;<br /> -III, 151, 157, 167, 220.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RIGORD</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 344.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RIGORD</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 348;<br /> -IV, <a href="#Page_82">82</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RIGORD</span> (Le comte Alexandre <span class="smallc">DE</span>), duc <span class="smallc">DE</span> <span class="cap">D</span><span class="smallc">INO</span>,<br /> -I, 363;<br /> -II, 199, 204, 226, 247, 399, 401, 435;<br /> -III, 1, 98, 123, 170, 187, 205;<br /> -IV, <a href="#Page_35">35</a>, <a href="#Page_64">64</a>, <a href="#Page_80">80</a>, <a href="#Page_180">180</a>, <a href="#Page_206">206</a>, <a href="#Page_215">215</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RIGORD</span> (Boson <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 104, 434.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RIGORD</span> (Le comte Paul <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_82">82</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RIGORD</span> (Mlle Pauline <span class="smallc">DE</span>), plus tard marquise <span class="smallc">DE</span> <span class="cap">C</span><span class="smallc">ASTELLANE</span>,<br /> -I, 45, 242, 305, 314, 327, 337, 349;<br /> -II, 26, 33, 34, 40, 41, 43, 46, 53, 72, 136, 141, 145, 146, 149, 151, 157, 158, 188, 204, 205, 207, 211, 217, 220, 227, 228, 235, 236, 244, 245, 252, 259, 260, 261, 262, 263, 332, 347, 381, 386;<br /> -III, 1, 49, 64, 68, 74, 120, 129, 130, 139, 140, 142, 145, 149, 150, 152, 153, 159, 161, 169, 175, 179, 181, 185, 186, 187, 192, 193, 196, 197, 198, 200, 201, 203, 205, 233, 249, 250, 326, 331, 353, 394;<br /> -IV, <a href="#Page_15">15</a>, <a href="#Page_48">48</a>, <a href="#Page_126">126</a>, <a href="#Page_178">178</a>, <a href="#Page_179">179</a>, <a href="#Page_183">183</a>, <a href="#Page_266">266</a>, <a href="#Page_267">267</a>, <a href="#Page_269">269</a>, <a href="#Page_281">281</a>, <a href="#Page_396">396</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RIGORD</span> (Le cardinal <span class="smallc">DE</span> <span class="cap">T</span><span class="smallc">ALLEYRAND-</span>),<br /> -I, 327, 330, 392;<br /> -II, 229, 232;<br /> -III, 5.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ERPONCHER</span> (Le comte Henri <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 282.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ERPONCHER</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 278, 280, 282, 290, 321, 324;<br /> -III, 71, 73, 74, 75, 80, 103, 113, 282, 286.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ERREGEAUX</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 374.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ERRONE DI</span> <span class="cap">S.</span> <span class="cap">M</span><span class="smallc">ARTINO</span> (Le baron Paul),<br /> -IV, <a href="#Page_224">224</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ERSIGNY</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 402, 403, 407, 408, 417, 418, 423, 425, 430, 434;<br /> -IV, <a href="#Page_3">3</a>, <a href="#Page_41">41</a>, <a href="#Page_90">90</a>, <a href="#Page_124">124</a>, -<span class="pagenum"><a id="Page_522"> 522</a></span><a href="#Page_179">179</a>, <a href="#Page_238">238</a>, <a href="#Page_240">240</a>, <a href="#Page_301">301</a>, <a href="#Page_363">363</a>, <a href="#Page_397">397</a>, <a href="#Page_424">424</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ERSIL</span> (Jean-Charles),<br /> -I, 377;<br /> -II, 134.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ETER</span> (Mrs),<br /> -I, 176, 214.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ETETOT</span> (L'abb),<br /> -II, 362;<br /> -III, 257.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ETIT</span> (Le gnral),<br /> -I, 259.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">EYRONNET</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 7, 52, 110;<br /> -III, 243.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">IATOLI</span> (L'abb Scipion),<br /> -II, 310.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ICARD</span> (Ernest),<br /> -IV, <a href="#Page_418">418</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">IE</span> (Mgr),<br /> -IV, <a href="#Page_406">406</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">IE</span> VII (Le pape),<br /> -II, 230, 231, 255;<br /> -III, 295.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">IE</span> IX (Le pape),<br /> -III, 363;<br /> -IV, <a href="#Page_183">183</a>, <a href="#Page_253">253</a>, <a href="#Page_255">255</a>, <a href="#Page_258">258</a>, <a href="#Page_260">260</a>, <a href="#Page_261">261</a>, <a href="#Page_297">297</a>, <a href="#Page_299">299</a>, <a href="#Page_309">309</a>, <a href="#Page_313">313</a>, <a href="#Page_315">315</a>, <a href="#Page_317">317</a>, <a href="#Page_325">325</a>, <a href="#Page_329">329</a>, <a href="#Page_330">330</a>, <a href="#Page_337">337</a>, <a href="#Page_342">342</a>, <a href="#Page_348">348</a>, <a href="#Page_352">352</a>, <a href="#Page_357">357</a>, <a href="#Page_360">360</a>, <a href="#Page_362">362</a>, <a href="#Page_365">365</a>, <a href="#Page_369">369</a>, <a href="#Page_370">370</a>, <a href="#Page_371">371</a>, <a href="#Page_372">372</a>, <a href="#Page_373">373</a>, <a href="#Page_376">376</a>, <a href="#Page_378">378</a>, <a href="#Page_381">381</a>, <a href="#Page_385">385</a>, <a href="#Page_387">387</a>, <a href="#Page_406">406</a>, <a href="#Page_416">416</a>, <a href="#Page_420">420</a>, <a href="#Page_421">421</a>, <a href="#Page_425">425</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">IERRES</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_418">418</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">IETRI</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_397">397</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">IMODAN</span> (Le gnral marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 224, 225;<br /> -IV, <a href="#Page_372">372</a>, <a href="#Page_373">373</a>, <a href="#Page_374">374</a>, <a href="#Page_377">377</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">IRON</span> (M.),<br /> -I, 119, 126.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ISCATORY</span> (M.),<br /> -II, 406.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ITT</span> (William),<br /> -I, 64, 163.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">LAISANCE</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 171.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">LESSEN</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 123.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">LYMOUTH</span> (Lady),<br /> -I, 8.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ODENAS</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 130.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OIX</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 215.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OIX</span> (La duchesse-princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 340, 394;<br /> -III, 241.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OLIGNAC</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 30, 277;<br /> -II, 7, 108, 109, 110;<br /> -III, 192.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OLIGNAC</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 95;<br /> -II, 100.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OLIGNAC</span> (Le cardinal <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 459.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OMPONNE</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 44.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ONCEAU</span> (Le vicomte <span class="smallc">DU</span>),<br /> -III, 52.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ONIATOWSKI</span> (Roi de Pologne),<br /> -II, 335.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ONIATOWSKI</span> (Le marchal prince),<br /> -I, 272.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ONSARD</span>,<br /> -III, 281.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ONSONBY</span> (Lord),<br /> -I, 125,;<br /> -II, 64, 65, 349, 371;<br /> -III, 47, 54, 349.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ONTOIS</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 349.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ORCHESTER</span> (Lord),<br /> -I, 38.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ORTUGAL</span> (Le roi <span class="cap">P</span><span class="smallc">EDRO</span> <span class="cap">V</span> <span class="smallc">DE)</span>,<br /> -IV, <a href="#Page_237">237</a>, <a href="#Page_318">318</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ORTUGAL</span> (La reine <span class="smallc">DE</span>), princesse Stphanie de Hohenzollern-Sigmaringen,<br /> -IV, <a href="#Page_318">318</a>, <a href="#Page_415">415</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OTEMKIN</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 337.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OTOCKI</span> (Le comte Stanislas <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 228.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OTOCKA</span> (La comtesse Delphine <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_250">250</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OURTALS</span> (Le comte Albert <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_141">141</a>, <a href="#Page_161">161</a>, <a href="#Page_172">172</a>, <a href="#Page_312">312</a>, <a href="#Page_315">315</a>, <a href="#Page_337">337</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OURTALS</span> (Le comte Louis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 298.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OZZO</span> (Le comte),<br /> -I, 15, 32, 33, 57, 98, 99, 291, 294;<br /> -II, 39, 106;<br /> -III, 166, 251.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">OZZO DI</span> <span class="cap">B</span><span class="smallc">ORGO</span> (Le comte Charles),<br /> -III, 166.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RASLIN</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 141;<br /> -III, 34.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RASLIN</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 35.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">REISSAC</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 189.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RVOST-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">LARADOL</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_343">343</a>, <a href="#Page_357">357</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RINCE</span> <span class="cap">N</span><span class="smallc">OIR</span> (Le),<br /> -I, 41.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RITWITZ</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 373, 374.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">ROKESCH-</span><span class="cap">O</span><span class="smallc">STEN</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 378, 408, 423, 426, 430, 436, 437;<br /> -IV, <a href="#Page_5">5</a>, <a href="#Page_27">27</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUD'HON</span> (Le peintre),<br /> -I, 247.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (Le prince Adalbert <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 322;<br /> -III, 288, 389;<br /> -IV, <a href="#Page_232">232</a>, <a href="#Page_405">405</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (Le prince Albert <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 233, 234, 431;<br /> -IV, <a href="#Page_115">115</a>, <a href="#Page_172">172</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (La princesse Albert <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 50, 63, 279, 281;<br /> -III, 77, 234, 281, 299, 313.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (La princesse Anna <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_55">55</a>, <a href="#Page_56">56</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (Le prince Auguste <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 306.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (Le prince Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 274, 431;<br /> -IV, <a href="#Page_156">156</a>, <a href="#Page_197">197</a>.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_523"> 523</a></span></div> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (La princesse Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 278, 283;<br /> -III, 73, 74, 78, 112, 285, 288;<br /> -IV, <a href="#Page_168">168</a>, <a href="#Page_291">291</a>, <a href="#Page_372">372</a>, <a href="#Page_382">382</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (La princesse Charlotte <span class="smallc">DE</span>), plus tard princesse de Saxe-Meiningen,<br /> -III, 427;<br /> -IV, <a href="#Page_115">115</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (Le prince Frdric <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 199;<br /> -II, 355;<br /> -III, 67, 72, 273, 274.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (La princesse Frdric <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 74.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (Le prince Frdric-Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_130">130</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (Le roi Frdric-Guillaume II <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 301.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (Le roi Frdric-Guillaume III <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 14, 235;<br /> -II, 115, 272, 319, 331, 350.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (Le prince royal <span class="smallc">DE</span>), puis roi Frdric-Guillaume IV, <br /> -II, 45, 48, 50, 55, 270, 275, 280, 281, 285, 287, 288, 289, 290, 295, 317, 351, 359, 372, 431;<br /> -III, 7, 40, 46, 62, 67, 110, 114, 157, 164, 165, 172, 222, 263, 273, 289, 318, 369, 377, 388, 391, 464;<br /> -IV, <a href="#Page_52">52</a>, <a href="#Page_72">72</a>, <a href="#Page_110">110</a>, <a href="#Page_112">112</a>, <a href="#Page_114">114</a>, <a href="#Page_196">196</a>, <a href="#Page_234">234</a>, <a href="#Page_260">260</a>, <a href="#Page_262">262</a>, <a href="#Page_275">275</a>, <a href="#Page_281">281</a>, <a href="#Page_321">321</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (La princesse royale <span class="smallc">DE</span>), puis la reine lisabeth,<br /> -II, 45, 47, 278, 280, 290, 327;<br /> -IV, <a href="#Page_53">53</a>, <a href="#Page_110">110</a>, <a href="#Page_115">115</a>, <a href="#Page_119">119</a>, <a href="#Page_120">120</a>, <a href="#Page_159">159</a>, <a href="#Page_225">225</a>, <a href="#Page_259">259</a>, <a href="#Page_297">297</a>, <a href="#Page_391">391</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (Le prince Frdric-Guillaume <span class="smallc">DE</span>), plus tard empereur Frdric III,<br /> -IV, <a href="#Page_262">262</a>, <a href="#Page_391">391</a>, <a href="#Page_416">416</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (La princesse Frdric-Guillaume <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_281">281</a>, <a href="#Page_415">415</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (Le prince Guillaume <span class="smallc">DE</span>), plus tard empereur d'Allemagne,<br /> -II, 278, 282, 300, 301, 321;<br /> -III, 62, 77, 271, 274, 282, 283, 289, 291, 293, 294, 296, 349, 381, 430, 454, 457, 461;<br /> -IV, <a href="#Page_6">6</a>, <a href="#Page_52">52</a>, <a href="#Page_155">155</a>, <a href="#Page_166">166</a>, <a href="#Page_170">170</a>, <a href="#Page_174">174</a>, <a href="#Page_175">175</a>, <a href="#Page_176">176</a>, <a href="#Page_177">177</a>, <a href="#Page_190">190</a>, <a href="#Page_197">197</a>, <a href="#Page_263">263</a>, <a href="#Page_264">264</a>, <a href="#Page_272">272</a>, <a href="#Page_284">284</a>, <a href="#Page_285">285</a>, <a href="#Page_287">287</a>, <a href="#Page_288">288</a>, <a href="#Page_291">291</a>, <a href="#Page_319">319</a>, <a href="#Page_321">321</a>, <a href="#Page_325">325</a>, <a href="#Page_332">332</a>, <a href="#Page_333">333</a>, <a href="#Page_335">335</a>, <a href="#Page_354">354</a>, <a href="#Page_356">356</a>, <a href="#Page_363">363</a>, <a href="#Page_382">382</a>, <a href="#Page_405">405</a>, <a href="#Page_408">408</a>, <a href="#Page_410">410</a>, <a href="#Page_411">411</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (La princesse Guillaume <span class="smallc">DE</span>), plus tard impratrice d'Allemagne,<br /> -II, 45, 278, 279, 280, 282, 284, 286, 287, 288, 291, 296, 301, 302, 321, 322, 323, 324, 325;<br /> -III, 71, 73, 74, 75, 78, 80, 95, 113, 116, 117, 264, 281, 282, 285, 288, 306, 309, 322, 331, 365, 430, 435;<br /> -IV, <a href="#Page_27">27</a>, <a href="#Page_116">116</a>, <a href="#Page_155">155</a>, <a href="#Page_402">402</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (Le prince Guillaume <span class="smallc">DE</span>), frre du roi Frdric-Guillaume III,<br /> -II, 51;<br /> -III, 282, 334, 365, 389.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (La princesse Guillaume <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 278, 283, 284;<br /> -III, 71, 73, 74, 282, 284, 389.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (Le prince Louis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 83.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (La reine Louise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 71;<br /> -II, 288, 299.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (La princesse Louise <span class="smallc">DE</span>), puis grande-duchesse de Bade,<br /> -IV, <a href="#Page_234">234</a>, <a href="#Page_417">417</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (La princesse Louise <span class="smallc">DE</span>), puis princesse Alexis de Hesse-Philippsthal-Barchfeld,<br /> -IV, <a href="#Page_168">168</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (La princesse Louise <span class="smallc">DE</span>), princesse Antoine Radziwill,<br /> -II, 48;<br /> -III, 302.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (La princesse Marie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 156, 233.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">RUSSE</span> (Le prince Waldemar <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 365.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">UCKLER</span> (Le prince),<br /> -II, 277;<br /> -III, 282, 291, 292, 293, 294, 295, 318, 329.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">UCKLER</span> (La princesse),<br /> -II, 283, 291;<br /> -III, 291, 293, 294.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">UTBUS</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 296.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">UTBUS</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 279;<br /> -IV, <a href="#Page_416">416</a>.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">UTBUS</span> (Le comte Malte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 140, 141;<br /> -III, 279.</p> - -<p class="cap">P<span class="smallc">YAT</span> (Flix),<br /> -IV, 270.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_524"> 524</a></span></div> - - -<p class="alphabet">Q</p> - -<p class="cap">Q<span class="smallc">UATREMRE DE</span> <span class="cap">Q</span><span class="smallc">UINCY</span> (Antoine-Chrysostme),<br /> -II, 130.</p> - -<p class="cap">Q<span class="smallc">ULEN</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>), archevque de Paris,<br /> -I, 327, 328, 329, 344, 391, 395;<br /> -II, 34, 35, 65, 67, 108, 109, 121, 122, 137, 138, 139, 182, 211, 217, 231, 232, 237, 241, 242, 243, 309, 361, 366, 368, 393, 441;<br /> -III, 1, 2, 4, 5, 23, 27, 44, 46, 105, 106, 144, 310, 328.</p> - -<p class="cap">Q<span class="smallc">UINEMONT</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 206.</p> - -<p class="cap">Q<span class="smallc">UITRY</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_64">64</a>.</p> - - -<p class="alphabet">R</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ACHEL</span> (Mlle),<br /> -II, 259;<br /> -III, 18, 103, 128, 153, 242, 445, 467, 468, 469, 470, 471;<br /> -IV, <a href="#Page_59">59</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ACZYNSKI</span> (Le comte),<br /> -II, 297.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ADETZKY</span> (Le marchal comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 361, 366, 367, 371, 380;<br /> -IV, <a href="#Page_88">88</a>, <a href="#Page_95">95</a>, <a href="#Page_96">96</a>, <a href="#Page_97">97</a>, <a href="#Page_101">101</a>, <a href="#Page_148">148</a>, <a href="#Page_260">260</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ADNOR</span> (Lord William),<br /> -I, 106, 449.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ADOWITZ</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 318, 321, 334, 377, 378, 407, 410, 413, 415, 425, 433, 435, 451, 453, 454, 457, 461, 464;<br /> -IV, <a href="#Page_5">5</a>, <a href="#Page_130">130</a>, <a href="#Page_138">138</a>, <a href="#Page_139">139</a>, <a href="#Page_140">140</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ADZIWILL</span> (Le prince Antoine),<br /> -III, 78;<br /> -IV, <a href="#Page_232">232</a>, <a href="#Page_416">416</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ADZIWILL</span> (Le prince Guillaume),<br /> -II, 287, 300;<br /> -III, 71, 75, 77, 282, 288, 296, 299, 302;<br /> -IV, <a href="#Page_8">8</a>, <a href="#Page_281">281</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ADZIWILL</span> (La princesse Guillaume),<br /> -II, 287;<br /> -III, 71, 75, 77, 282, 288, 296, 299, 302;<br /> -IV, <a href="#Page_8">8</a>, <a href="#Page_281">281</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AGLAN</span> (Lord),<br /> -IV, <a href="#Page_202">202</a>, <a href="#Page_210">210</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AMBUTEAU</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 228;<br /> -III, 9, 59.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AMBUTEAU</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 300;<br /> -III, 24, 25, 142, 248.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ANDON</span> (Le marchal comte),<br /> -IV, <a href="#Page_345">345</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ANELAGH</span> (Lord),<br /> -III, 171.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ANTZAU</span> (Le marchal <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 156.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ANTZAU</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 156-159.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ANVILLE</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 108.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">APHAEL</span> <span class="cap">S</span><span class="smallc">ANZIO</span>,<br /> -II, 130.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AQUENA</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 418.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ATISBONNE</span> (L'abb),<br /> -II, 97.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ATTAZI</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_320">320</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AUCH</span> (le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 377, 404, 405, 424, 425.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AUCH</span> (Le sculpteur),<br /> -II, 48, 296, 300, 343;<br /> -III, 79.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AULLIN</span> (M.),<br /> -I, 32, 283, 287, 288;<br /> -II, 428;<br /> -III, 24.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AUMER</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_285">285</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AUZAN</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_127">127</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AVIGNAN</span> (L'abb <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 27, 220, 224;<br /> -III, 248, 249, 266;<br /> -IV, <a href="#Page_269">269</a>, <a href="#Page_271">271</a>, <a href="#Page_272">272</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AYNEVAL</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 295, 307, 308;<br /> -II, 83, 95.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AZUMOWSKI</span> (La comtesse Lon),<br /> -II, 336.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">AL</span> (Le comte),<br /> -I, 394.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">CAMIER</span> (Mme),<br /> -I, 338, 340;<br /> -II, 100;<br /> -III, 18, 25, 66, 168, 221, 242, 467;<br /> -IV, <a href="#Page_333">333</a>, <a href="#Page_334">334</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ECKE</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 330, 334.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">EDERN</span> (Le comte Guillaume <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 281;<br /> -III, 77, 430;<br /> -IV, <a href="#Page_115">115</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">EDERN</span> (La comtesse Guillaume <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 45, 281, 283;<br /> -III, 77;<br /> -IV, <a href="#Page_115">115</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">EDERN</span> (Le comte Henri),<br /> -IV, <a href="#Page_158">158</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">EEDE</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 278, 298, 301, 323, 324, 380;<br /> -III, 71, 73, 281, 286.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">EEDTZ</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 427.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">GENT</span> (Le) <span class="cap">P</span><span class="smallc">HILIPPE D'</span><span class="cap">O</span><span class="smallc">RLANS</span>,<br /> -I, 237.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">EICHENBACH</span> (La comtesse milie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 238.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">EINHARD</span> (Le comte),<br /> -II, 213, 241, 242, 457, 458, 459, 460, 461, 462, 463, 464.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">EMILLY</span> (Le dput),<br /> -II, 298.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">MUSAT</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 18, 19; II, 40, 41, 406, 429;<br /> -III, 174, 186, 412.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_525"> 525</a></span></div> - -<p class="cap">R<span class="smallc">MUSAT</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 136;<br /> -III, 186.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ESSGNIER</span> (Le comte Albert <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_216">216</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ETZ</span> (Le cardinal <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 394;<br /> -II, 73, 98, 101, 196, 406;<br /> -IV, <a href="#Page_205">205</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">EUSS</span> (Le prince Henri LXIV <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 340.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">EUSS-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">CHLEIZ</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 333.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">EUSS-</span><span class="cap">S</span><span class="smallc">CHLEIZ</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 333.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">IBEAUPIERRE</span> (Le comte Alexandre <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 51.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ICHELIEU</span> (Le marchal duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 375, 377, 378, 379;<br /> -III, 159, 366.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ICHMOND</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 90, 94, 127, 129, 141, 161.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">IGAULT</span> (Hippolyte),<br /> -IV, <a href="#Page_271">271</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">IGNY</span> (L'amiral comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 10, 19, 51, 57, 60, 84, 114, 145, 237, 238, 240, 245, 259, 267, 268, 272, 281, 282, 283, 284, 291, 307, 308, 315, 318, 324, 337, 338, 373;<br /> -II, 16.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">IGNY</span> (Vicomte Alexandre <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 165, 166, 178.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">IGNY</span> (Mlle Auguste <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 183.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">IPON</span> (Lord),<br /> -I, 90.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ITTBERG</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_423">423</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">IVERS</span> (Lady),<br /> -II, 340.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">IVIRE</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 16.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OBESPIERRE</span> (Maximilien),<br /> -I, 388.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ODEN</span> (Le comte Robert),<br /> -III, 49.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">ODIL</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 211, 245.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OENNE</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 298.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OGER DU</span> <span class="cap">N</span><span class="smallc">ORD</span> (Le comte douard),<br /> -IV, <a href="#Page_37">37</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OGER</span> (Jean-Franois),<br /> -III, 101.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OGERS</span> (Samuel),<br /> -I, 77, 78.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OHAN</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 347, 377;<br /> -III, 44, 58.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OKEBY</span> (Le baron Edward),<br /> -III, 88.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OLAND</span> (Mme),<br /> -I, 135.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OMERO-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">LPUENDE</span> (M.),<br /> -I, 207, 211.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OOTHE</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 375, 377, 378.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OOTHE</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 378, 379.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OSAMEL</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 114.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OSAS</span> (Manuel),<br /> -III, 11.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OSNY</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 321.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OSS</span> (Le capitaine sir John),<br /> -I, 45.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OSSE</span> (Le comte Lawrence <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 93.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OSSI</span> (Le comte),<br /> -III, 96, 366.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OSSI</span> (La comtesse),<br /> -II, 83.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OSSINI</span>,<br /> -III, 156.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OTHSCHILD</span> (Le baron Anselme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 357.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OTHSCHILD</span> (James <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 357, 361;<br /> -IV, <a href="#Page_86">86</a>, <a href="#Page_162">162</a>, <a href="#Page_303">303</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OTHSCHILD</span> (Nathan),<br /> -I, 125.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OTHSCHILD</span> (Mme Salomon <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 26.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OUG</span> (Le marquis Alexis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 223.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OUSSEAU</span> (Jean-Jacques),<br /> -I, 343;<br /> -II, 247.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OUSSIN</span> (L'amiral),<br /> -I, 84, 125;<br /> -II, 64.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OVIGO</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 60.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OVIGO</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 437.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OY</span> (Le comte),<br /> -II, 357.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">OYER-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">OLLARD</span>,<br /> -I, 19, 26, 30, 45, 133, 150, 272, 273, 274, 275, 277, 289, 301, 302, 309, 312, 320, 321, 348, 355, 369, 370, 375, 376, 377;<br /> -II, 1, 4, 8, 10, 11, 20, 25, 29, 30, 41, 61, 91, 97, 101, 112, 119, 121, 124, 126, 130, 136, 138, 153, 162, 169, 181, 190, 193, 206, 213, 216, 222, 312, 326, 367, 425, 437;<br /> -III, 1, 3, 4, 42, 57, 58, 60, 101, 181, 183, 194, 215, 219, 231, 310.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">UBINI</span> (Jean-Baptiste),<br /> -I, 59;<br /> -II, 205.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">UMFORD</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 16;<br /> -III, 129.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">UMIGNY</span> (Le gnral comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 15, 221;<br /> -III, 103, 110, 111.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">USSELL</span> (Lord John),<br /> -I, 156, 194, 212, 387;<br /> -II, 399;<br /> -III, 228;<br /> -IV, <a href="#Page_44">44</a>, <a href="#Page_45">45</a>, <a href="#Page_111">111</a>, <a href="#Page_167">167</a>, <a href="#Page_194">194</a>, <a href="#Page_195">195</a>, <a href="#Page_196">196</a>, <a href="#Page_197">197</a>, <a href="#Page_201">201</a>, <a href="#Page_202">202</a>, <a href="#Page_206">206</a>, <a href="#Page_211">211</a>, <a href="#Page_274">274</a>, <a href="#Page_280">280</a>, <a href="#Page_313">313</a>, <a href="#Page_315">315</a>, <a href="#Page_337">337</a>, <a href="#Page_353">353</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">USSELL</span> (Lady John),<br /> -IV, <a href="#Page_315">315</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">USSELL</span> (Lord William),<br /> -I, 161, 354;<br /> -<span class="pagenum"><a id="Page_526"> 526</a></span> -II, 279, 285, 294, 297, 321, 322, 432;<br /> -III, 75.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">USSELL</span> (Lady William),<br /> -II, 279.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">USSIE</span> (Le grand-duc hritier <span class="smallc">DE</span>), plus tard empereur Alexandre II,<br /> -I, 84, 112;<br /> -II, 272, 284, 290;<br /> -III, 62, 260, 269, 314;<br /> -IV, <a href="#Page_229">229</a>, <a href="#Page_230">230</a>, <a href="#Page_297">297</a>, <a href="#Page_325">325</a>, <a href="#Page_332">332</a>, <a href="#Page_363">363</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">USSIE</span> (L'impratrice <span class="smallc">DE</span>), ne princesse Charlotte de Prusse,<br /> -II, 275, 278, 321, 346, 359;<br /> -III, 283;<br /> -IV, <a href="#Page_52">52</a>, <a href="#Page_54">54</a>, <a href="#Page_115">115</a>, <a href="#Page_167">167</a>, <a href="#Page_197">197</a>, <a href="#Page_230">230</a>, <a href="#Page_235">235</a>, <a href="#Page_236">236</a>, <a href="#Page_258">258</a>, <a href="#Page_259">259</a>, <a href="#Page_382">382</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">USSIE</span> (Le grand-duc Constantin <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 220;<br /> -IV, <a href="#Page_196">196</a>, <a href="#Page_256">256</a>, <a href="#Page_259">259</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">USSIE</span> (La grande-duchesse Constantin <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 277;<br /> -III, 381.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">USSIE</span> (La grande-duchesse Hlne <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 235;<br /> -II, 281;<br /> -III, 285;<br /> -IV, <a href="#Page_236">236</a>, <a href="#Page_372">372</a>.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">USSIE</span> (Le grand-duc Michel <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 263, 285.</p> - -<p class="cap">R<span class="smallc">USSIE</span> (La grande-duchesse Olga <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 346;<br /> -IV, <a href="#Page_254">254</a>, <a href="#Page_255">255</a>.</p> - - -<p class="alphabet">S</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ABL</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_147">147</a>, <a href="#Page_148">148</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ACKFIELD</span> (Duc <span class="smallc">de Dorset</span>),<br /> -I, 8.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ACY</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_84">84</a>, <a href="#Page_343">343</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AFFI</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_91">91</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AGAN</span> (La duchesse Wilhelmine <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 196, 245, 269, 315, 316, 335;<br /> -III, 46.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">IGNAN</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_82">82</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINTE-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">LDEGONDE</span> (La comtesse Camille <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 257, 258, 260, 267, 364;<br /> -II, 177, 178, 180;<br /> -III, 189, 190.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">RNAUD</span> (Le marchal <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_180">180</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">UGUSTIN</span>,<br /> -II, 35, 39.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINTE-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">ULAIRE</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 26, 307, 315, 322;<br /> -II, 56, 78, 79, 198, 206, 388, 429, 432;<br /> -III, 10, 40, 48, 54, 57, 84, 86, 87, 101, 118, 122, 125, 163, 164, 172, 179, 215, 227;<br /> -IV, <a href="#Page_126">126</a>, <a href="#Page_194">194</a>, <a href="#Page_226">226</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINTE-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">ULAIRE</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 56, 407;<br /> -III, 227.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINTE-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">EUVE</span>,<br /> -III, 26, 89;<br /> -IV, <a href="#Page_346">346</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">LANCARD</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 263.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">YRAN</span> (L'abb <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 44.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINTE-</span><span class="cap">D</span><span class="smallc">OROTHE</span>,<br /> -II, 211;<br /> -III, 328.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">E</span><span class="smallc">LME</span> (Ida),<br /> -III, 25.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap"></span><span class="smallc">VREMOND</span>,<br /> -III, 350.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINTE-</span><span class="cap">F</span><span class="smallc">OIX</span> (Radix <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_144">144</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT</span> <span class="cap">F</span><span class="smallc">RANOIS d'</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">SSISE</span>,<br /> -IV, <a href="#Page_105">105</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINTE-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">ENEVIVE</span> (L'glise),<br /> -II, 181, 185.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">L</span><span class="smallc">EU</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 331, 332, 333;<br /> -II, 105, 106, 128, 191.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">M</span><span class="smallc">ARC</span> <span class="cap">G</span><span class="smallc">IRARDIN</span>,<br /> -IV, <a href="#Page_343">343</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">M</span><span class="smallc">ARTIN</span>,<br /> -II, 409;<br /> -IV, <a href="#Page_421">421</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">AUL</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 239.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">RIEST</span> (Le comte Alexis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 325;<br /> -II, 93;<br /> -IV, <a href="#Page_126">126</a>, <a href="#Page_198">198</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINT-</span><span class="cap">P</span><span class="smallc">RIEST</span> (Le vicomte gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_79">79</a>, <a href="#Page_85">85</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AINTE</span> <span class="cap">T</span><span class="smallc">HRSE</span>,<br /> -I, 389, 391;<br /> -III, 391;<br /> -IV, <a href="#Page_25">25</a>, <a href="#Page_102">102</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ALERNE</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 65.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ALISBURY</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 48.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ALMOUR</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_322">322</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ALVANDY</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 319;<br /> -II, 17, 18, 114, 148, 170, 184, 185, 199, 403, 409, 410, 423, 439, 440;<br /> -III, 1, 3, 7, 9, 41, 68, 119, 122, 125, 126, 127, 128, 130, 147, 148, 151, 154, 155, 157, 162, 179, 214, 229, 237, 238, 395, 450, 452;<br /> -IV, <a href="#Page_126">126</a>, <a href="#Page_179">179</a>, <a href="#Page_192">192</a>, <a href="#Page_198">198</a>, <a href="#Page_199">199</a>, <a href="#Page_237">237</a>, <a href="#Page_238">238</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ALVANDY</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 170;<br /> -III, 21.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AMPAO</span>,<br /> -I, 129.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AND</span> (George),<br /> -I, 247.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ANDWICH</span> (Lady),<br /> -II, 339.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">APIEHA</span> (La princesse),<br /> -III, 348.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ARAIVA</span>,<br /> -I, 129.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ARDAIGNE</span> (Le roi Charles-Albert <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 150;<br /> -III, 146, 287, 326, 366, 371.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ARDAIGNE</span> (La reine <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 146.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ARDAIGNE</span> (Le prince royal <span class="smallc">DE</span>),<br /> -plus <span class="pagenum"><a id="Page_527"> 527</a></span> -tard roi Victor-Emmanuel II;<br /> -III, 156;<br /> -IV, <a href="#Page_81">81</a>, <a href="#Page_193">193</a>, <a href="#Page_194">194</a>, <a href="#Page_234">234</a>, <a href="#Page_236">236</a>, <a href="#Page_309">309</a>, <a href="#Page_315">315</a>, <a href="#Page_317">317</a>, <a href="#Page_324">324</a>, <a href="#Page_326">326</a>, <a href="#Page_349">349</a>, <a href="#Page_356">356</a>, <a href="#Page_360">360</a>, <a href="#Page_366">366</a>, <a href="#Page_368">368</a>, <a href="#Page_374">374</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ARMENTO</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 226.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AULX-</span><span class="cap">T</span><span class="smallc">AVANNES</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 262.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AUZET</span>,<br /> -I, 292;<br /> -II, 14, 17, 31, 90, 394;<br /> -III, 14, 177, 242.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AVIGNY</span> (Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_314">314</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AVIGNY</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 299.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AVOIE</span> (Le prince Eugne <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 88, 449.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE</span> (Le prince Albert <span class="smallc">DE</span>), plus tard roi de Saxe,<br /> -IV, <a href="#Page_89">89</a>, <a href="#Page_115">115</a>, <a href="#Page_116">116</a>, <a href="#Page_159">159</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE</span> (La princesse Amlie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 328.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE</span> (La princesse Auguste <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 328.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE</span> (Auguste II le Fort, lecteur <span class="smallc">DE</span>), roi de Pologne,<br /> -II, 329.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE</span> (Le roi Frdric-Auguste II <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 45, 326;<br /> -III, 252, 354, 373, 385;<br /> -IV, <a href="#Page_177">177</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE</span> (Le prince Georges <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_237">237</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE</span> (Le prince Jean <span class="smallc">DE</span>), plus tard roi de Saxe,<br /> -II, 327;<br /> -IV, <a href="#Page_234">234</a>, <a href="#Page_350">350</a>, <a href="#Page_358">358</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE</span> (La princesse Jean <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 327.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE</span> (La reine Marie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 326.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE</span> (Maurice, comte <span class="smallc">DE</span>), marchal de France,<br /> -I, 247, 270.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE</span> (Le prince Maximilien <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 96.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">OBOURG-</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">LTENBOURG</span> (La duchesse douairire Caroline <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 69, 70.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">OBOURG-</span><span class="cap">G</span><span class="small">OTHA</span> (Le prince Albert <span class="smallc">DE</span>), roi d'Angleterre,<br /> -III, 32, 227;<br /> -IV, <a href="#Page_7">7</a>, <a href="#Page_141">141</a>, <a href="#Page_214">214</a>, <a href="#Page_355">355</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">OBOURG-</span><span class="cap">G</span><span class="small">OTHA</span> (Le duc Auguste <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 180;<br /> -III, 252;<br /> -IV, <a href="#Page_225">225</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">OBOURG-</span><span class="cap">G</span><span class="small">OTHA</span> (Le duc Ernest II <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 161, 429, 431, 432, 435;<br /> -IV, <a href="#Page_234">234</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">OBOURG</span> (Le prince Ferdinand <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 58, 62, 63;<br /> -II, 96.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">M</span><span class="smallc">EININGEN</span> (Le duc Bernard <span class="smallc">DE</span>)<br /> -I, 4, 132;<br /> -III, 436.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">M</span><span class="smallc">EININGEN</span> (Le prince Georges <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 427.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">W</span><span class="smallc">EIMAR</span> (La duchesse Amlie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 329.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">W</span><span class="smallc">EIMAR</span> (Le duc Bernard <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 172, 200;<br /> -II, 354, 355;<br /> -III, 95, 191, 348.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">W</span><span class="smallc">EIMAR</span> (La duchesse Bernard <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 3, 14, 149, 172;<br /> -III, 65, 67.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">W</span><span class="smallc">EIMAR</span> (Le prince hrditaire Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 329;<br /> -IV, 332.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">W</span><span class="smallc">EIMAR</span> (Le grand-duc Charles-Frdric <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 329, 330, 429;<br /> -IV, 116.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">W</span><span class="smallc">EIMAR</span> (La grande-duchesse Maria Paulowna <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 328, 329, 330.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">AXE-</span><span class="cap">W</span><span class="smallc">EIMAR</span> (La princesse hrditaire Sophie <span class="smallc">DE</span>), princesse des Pays-Bas,<br /> -II, 330.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CARELLA</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_118">118</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHEFFER</span> (Ary),<br /> -I, 64;<br /> -III, 212, 385.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHIAVONE</span> (Andrea),<br /> -IV, 108.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHILLER</span>,<br /> -II, 458;<br /> -III, 329, 438;<br /> -IV, <a href="#Page_335">335</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHLEGEL</span> (Auguste-Guillaume),<br /> -III, 84, 309;<br /> -IV, <a href="#Page_257">257</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHLEINITZ</span> (Le comte Alexandre <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 415;<br /> -IV, <a href="#Page_312">312</a>, <a href="#Page_321">321</a>, <a href="#Page_337">337</a>, <a href="#Page_338">338</a>, <a href="#Page_397">397</a>, <a href="#Page_495">495</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHLIECK</span> (Le feld-marchal),<br /> -IV, <a href="#Page_423">423</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHMERLING</span>,<br /> -IV, <a href="#Page_6">6</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHNEIDER</span> (Le chevalier Antoine),<br /> -III, 13, 14.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHOENBURG</span> (La princesse Louise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 125;<br /> -III, 91, 311, 444, 445;<br /> -IV, <a href="#Page_61">61</a>, <a href="#Page_228">228</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHNHALS</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 415.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHOENLEIN</span> (Le docteur),<br /> -II, 284;<br /> -III, 284;<br /> -IV, <a href="#Page_246">246</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHRECKENSTEIN</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 353, 354;<br /> -III, 65, 272.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_528"> 528</a></span></div> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHULENBURG</span> (Le comte Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 333;<br /> -III, 162.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHULENBURG-</span><span class="cap">K</span><span class="smallc">LOSTERRODE</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 246;<br /> -III, 82, 88, 91, 93, 305;<br /> -IV, <a href="#Page_87">87</a>, <a href="#Page_88">88</a>, <a href="#Page_89">89</a>, <a href="#Page_90">90</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHWANTHALER</span>,<br /> -III, 442, 443.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHWARZENBERG</span> (Le cardinal prince),<br /> -III, 444;<br /> -IV, <a href="#Page_426">426</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHWARZENBERG</span> (Le prince Adolphe),<br /> -IV, <a href="#Page_117">117</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHWARZENBERG</span> (Le feld-marchal prince Charles-Philippe),<br /> -II, 158;<br /> -IV, <a href="#Page_96">96</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHWARZENBERG</span> (Le prince Flix),<br /> -III, 361, 382, 402, 409, 410, 444, 451, 459, 461, 462, 463, 464, 466;<br /> -IV, <a href="#Page_2">2</a>, <a href="#Page_5">5</a>, <a href="#Page_49">49</a>, <a href="#Page_50">50</a>, <a href="#Page_158">158</a>, <a href="#Page_352">352</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHWARZENBERG</span> (La princesse Lory),<br /> -III, 449.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHWEINITZ</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 278, 296, 301.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CHWERIN</span> (Le comte Maximilien),<br /> -III, 351, 425;<br /> -IV, <a href="#Page_315">315</a>, <a href="#Page_393">393</a>, <a href="#Page_415">415</a>, <a href="#Page_424">424</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CLOPIS</span> (Le comte),<br /> -IV, <a href="#Page_218">218</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CLOPIS</span> (La comtesse),<br /> -IV, <a href="#Page_218">218</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">CRIBE</span>,<br /> -III, 154.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">EAFORD</span> (Lord),<br /> -III, 38.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">EAFORD</span> (Lady),<br /> -III, 38.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">BASTIANI</span> (Le marchal),<br /> -I, 9, 18, 19, 22, 23, 24, 308, 315, 324, 358, 368, 374;<br /> -II, 94, 162, 364, 387, 470, 471, 475;<br /> -III, 226, 227, 241.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">BASTIANI</span> (La marchale),<br /> -I, 374.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">EEBACH</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_3">3</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">EFTON</span> (Lord),<br /> -I, 58, 79, 82, 100, 149, 204.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">EFTON</span> (Lady),<br /> -I, 44, 59, 79, 99.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">GUIER</span> (Le comte),<br /> -I, 322.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">GUR</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 143;<br /> -II, 363.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">GUR</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 119.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">EIGNELAY</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_402">402</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">MONVILLE</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 206, 246;<br /> -II, 16, 116, 161.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">MONVILLE</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 142.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ERCEY</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 54.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ERRANO</span> (La marchale), duchesse de Torre,<br /> -IV, <a href="#Page_240">240</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">VIGN</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 40;<br /> -II, 39, 44, 196;<br /> -III, 53, 269;<br /> -IV, <a href="#Page_402">402</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">EYDELMANN</span> (Charles),<br /> -III, 77.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">EYMOUR</span> (Sir George Hamilton),<br /> -IV, <a href="#Page_159">159</a>, <a href="#Page_167">167</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">EYMOUR</span> (Lady),<br /> -III, 31;<br /> -IV, <a href="#Page_159">159</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">FORZA</span> (Ludovico),<br /> -II, 165.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">FORZE</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 40.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">GRICCI</span> (L'improvisateur Thomas),<br /> -I, 124.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">HAFTESBURY</span> (Lord),<br /> -I, 40.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">HELLEY</span> (Lady),<br /> -IV, <a href="#Page_218">218</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">HREWSBURY</span> (Lord Bertram-Arthur),<br /> -IV, <a href="#Page_240">240</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">IBOUR</span> (Mgr l'archevque de Paris),<br /> -IV, <a href="#Page_241">241</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">IDNEY</span> (Lord),<br /> -I, 255.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">IDNEY</span> (Lady Sophia),<br /> -I, 172.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">IEYS</span> (L'abb),<br /> -I, 185, 383, 384;<br /> -II, 66.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">IGALON</span>,<br /> -II, 134.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">IMON</span> (Le comte),<br /> -II, 115.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">INGLIN</span> (Antoine),<br /> -IV, <a href="#Page_222">222</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ISMONDI</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 204.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">obańska</span> (Mme),<br /> -III, 85.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">OBIESKI</span> (Jean III), roi de Pologne,<br /> -I, 271.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">OLMS</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 333.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">OLMS</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 333.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">OLMS</span> (Le prince Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 272.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">OLMS</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 200.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">OMERSET</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 62.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">OMMERSET</span> (Lady Blanche),<br /> -II, 234.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ONTAG</span> (Mlle),<br /> -III, 96.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">OPHIE D'</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">NGLETERRE</span> (La princesse),<br /> -I, 72.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">OULT</span> (Le marchal),<br /> -I, 32, 114, 160, 187, 190, 198, 237, 285;<br /> -II, 94, 96, 118, 404, 466;<br /> -III, 8, 9, 13, 14, 15, 17, 38, 86, 87, 103, 185.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">OULT</span> (La marchale),<br /> -III, 86.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_529"> 529</a></span></div> - -<p class="cap">S<span class="smallc">OUVAROW</span> (Le gnral comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_96">96</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">PARRE</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 256.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">PONNECK</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_5">5</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">PRING-</span><span class="cap">R</span><span class="smallc">ICK</span> (Sir Thomas),<br /> -I, 94, 122, 165.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TACKELBERG</span> (Le comte Gustave <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 217.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TACKELBERG</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 217.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TADION</span> (Le comte),<br /> -III, 361.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TAEL</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 42, 55, 345;<br /> -II, 53;<br /> -III, 84;<br /> -IV, <a href="#Page_144">144</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TANGER</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 312.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TANLEY</span> (Edward-Geoffroy), plus tard comte de Derby,<br /> -I, 88, 90, 94, 96, 101, 141, 155, 164, 191, 218, 299;<br /> -IV, <a href="#Page_45">45</a>, <a href="#Page_269">269</a>, <a href="#Page_305">305</a>, <a href="#Page_419">419</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TANLEY</span> (Lord Edward-Henry-Smith),<br /> -IV, <a href="#Page_8">8</a>, <a href="#Page_419">419</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TANLEY</span> (Mme),<br /> -II, 366.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TEVENS</span> (Catherine),<br /> -I, 142.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TIRUM</span> (Le comte),<br /> -III, 419.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TOCKHAUSEN</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 424, 426.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TOLBERG</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 465.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TOLBERG-</span><span class="cap">W</span><span class="smallc">ERNIGERODE</span> (Le comte Henri <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 298;<br /> -IV, <a href="#Page_52">52</a>, <a href="#Page_152">152</a>, <a href="#Page_154">154</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TOPFORD</span> (L'amiral),<br /> -II, 421.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TRATFORD DE</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">EDCLIFFE</span> (Lord Canning),<br /> -I, 52, 83, 85, 294;<br /> -IV, <a href="#Page_104">104</a>, <a href="#Page_125">125</a>, <a href="#Page_131">131</a>, <a href="#Page_138">138</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TRAUSS</span> (Johann),<br /> -III, 89, 92;<br /> -IV, <a href="#Page_192">192</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TROGONOFF</span> (La comtesse), prcdemment comtesse d'Ega,<br /> -II, 348;<br /> -III, 96, 301.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TUART</span> (Lord Charles),<br /> -III, 195.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TUART DE</span> <span class="cap">R</span><span class="smallc">OTHESAY</span> (Lady),<br /> -I, 40.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TURMFEDER</span> (La baronne <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 354;<br /> -III, 65, 272.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">TYLER</span>,<br /> -III, 299.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">UCHET</span> (Marie),<br /> -I, 327;<br /> -II, 61.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">UDE</span> (Le roi Charles XIV <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 314.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">UDE</span> (Le roi Oscar I<sup>er</sup> <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_70">70</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">UDE</span> (La princesse Amlie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 85;<br /> -IV, <a href="#Page_51">51</a>.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">ULLY</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 49.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">URREY</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 141.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">USSEX</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 21, 71.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">UTHERLAND</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 167, 352;<br /> -III, 164.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">UTHERLAND</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 45, 113, 129, 163, 179;<br /> -II, 167, 173, 352.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">WETCHINE</span> (Mme),<br /> -III, 458.</p> - -<p class="cap">S<span class="smallc">YRACUSE</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 150.</p> - - -<p class="alphabet">T</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">AHMASP-</span><span class="cap">K</span><span class="smallc">OULI-</span><span class="cap">K</span><span class="smallc">HAN</span> (Roi de Perse),<br /> -I, 227.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ALARU</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 374.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ALBOT</span> (Comte),<br /> -IV, <a href="#Page_240">240</a>.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ALMA</span>, I, 59.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ALLEYRAND</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 217, 226, 248.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ALLEYRAND</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 226.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ALLEYRAND</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 197.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ALLEYRAND</span> (La baronne <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 197, 378.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ALLEYRAND</span> (Le prince Charles-Maurice <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 2, 6, 15, 16, 17, 18, 19, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 29, 30, 31, 32, 33, -34, 35, 37, 44, 48, 50, 51, 52, 56, 59, 60, 64, 65, 73, 76, 77, 78, 80, -86, 89, 90, 100, 103, 104, 105, 107, 113, 114, 116, 117, 120, 125, 128, -134, 135, 136, 137, 138, 139, 143, 146, 148, 150, 167, 171, 182, 184, -185, 188, 198, 203, 206, 209, 210, 211, 212, 215, 220, 225, 226, 227, -228, 231, 233, 236, 237, 239, 240, 242, 243, 245, 248, 250, 251, 252, -253, 254, 256, 257, 258, 259, 260, 262, 263, 264, 265, 266, 267, 268, -271, 272, 274, 275, 277, 278, 280, 282, 283, 284, 285, 289, 290, 291, -293, 295, 296, 297, 301, 302, 305, 306, 307, 312, 315, 316, 317, 321, -323, 324, 326, 327, 328, 332, -<span class="pagenum"><a id="Page_530"> 530</a></span> -355, 359, 361, 365, 366, 367, 368, 370, 372, 373, 374, 375, 376, 378, -379, 383, 386, 391, 392, 394, 395, 396;<br /> -II, 1, 6, 15, 20, 22, 24, 29, 36, 37, 43, 46, 47, 49, 50, 53, 55, 56, -58, 61, 68, 69, 72, 78, 79, 80, 84, 85, 86, 87, 88, 89, 91, 92, 94, 100, -104, 105, 106, 109, 118, 119, 140, 141, 145, 147, 150, 151, 152, 155, -156, 157, 160, 173, 180, 183, 184, 185, 188, 190, 197, 203, 204, 206, -208, 209, 210, 211, 212, 213, 214, 215, 216, 217, 218, 219, 221, 222, -223, 224, 226, 227, 228, 229, 230, 231, 233, 235, 236, 237, 239, 241, -242, 244, 245, 246, 247, 248, 254, 255, 256, 257, 263, 299, 327, 344, -349, 364, 380, 382, 409, 429, 457;<br /> -III, 19, 20, 38, 39, 43, 58, 60, 69, 71, 82, 119, 120, 121, 132, 142, -158, 182, 185, 194, 227, 247, 249, 251, 252, 253, 287, 295, 304, 310, -314, 315, 322, 332, 336, 372, 385, 393, 394, 471, 472, 473, 474, 475, -476;<br /> -IV, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_30">30</a>, <a href="#Page_51">51</a>, <a href="#Page_144">144</a>, <a href="#Page_145">145</a>, <a href="#Page_146">146</a>, <a href="#Page_147">147</a>, <a href="#Page_183">183</a>, <a href="#Page_198">198</a>, <a href="#Page_199">199</a>, <a href="#Page_203">203</a>, <a href="#Page_204">204</a>, <a href="#Page_248">248</a>, <a href="#Page_273">273</a>.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ALLEYRAND</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 378, 382, 393, 394, 395;<br /> -II, 232.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ALLEYRAND</span> (Le comte Anatole <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 254.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ALLEYRAND</span> (Le baron, puis comte Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 87, 122, 169, 176, 178;<br /> -IV, <a href="#Page_369">369</a>, <a href="#Page_373">373</a>, <a href="#Page_378">378</a>.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ALLEYRAND</span> (La comtesse Louise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_63">63</a>.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ANKERVILLE</span> (Lady),<br /> -I, 89.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">AŃSKI</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_85">85</a>, <a href="#Page_86">86</a>.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ASCHEREAU</span> (M.),<br /> -II, 312.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ATITCHEF</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 336, 338;<br /> -III, 115.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">AURY</span> (L'abb),<br /> -II, 236, 240.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">AYLOR</span> (Sir Herbert),<br /> -I, 170, 171, 172, 173;<br /> -II, 174.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ERCEIRE</span> (Le gnral duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 121,</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ESTE</span> (M.),<br /> -I, 277, 278;<br /> -III, 17, 203.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">HEINER</span> (Le Pre Augustin),<br /> -IV, <a href="#Page_78">78</a>, <a href="#Page_84">84</a>.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">HIARD DE</span> <span class="cap">B</span><span class="smallc">USSY</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 48, 350.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">HIERRY</span> (Augustin),<br /> -II, 325.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">HIERS</span> (Adolphe), I, 19, 28, 34, 114, 120, 133, 160, 235, 237, 239, 259, 267, 272, 284, 291, 292, 295, 300, 301, 302, 306, 317, 318, 319, 320, 321, 326, 327, 339, 355, 356, 357, 359, 360, 363, 377, 384, 396;<br /> -II, 3, 8, 9, 10, 11, 17, 18, 20, 21, 22, 23, 25, 30, 31, 36, 37, 41, 74, 85, 87, 89, 91, 92, 95, 101, 104, 112, 116, 117, 118, 119, 120, 123, 125, 126, 129, 130, 133, 134, 136, 146, 163, 168, 169, 172, 179, 189, 190, 191, 192, 193, 194, 197, 198, 206, 213, 219, 222, 223, 246, 250, 298, 313, 319, 326, 332, 340, 341, 345, 353, 357, 360, 361, 362, 364, 365, 366, 367, 370, 376, 381, 383, 384, 387, 388, 389, 390, 391, 392, 394, 395, 396, 397, 400, 401, 404, 405, 406, 407, 408, 412, 413, 415, 416, 417, 419, 420, 421, 422, 423, 424, 425, 426, 428, 429, 439, 440, 465, 473, 479;<br /> -III, 2, 5, 8, 11, 13, 14, 15, 17, 38, 39, 40, 41, 57, 84, 95, 103, 107, 109, 110, 122, 163, 167, 180, 183, 186, 212, 214, 222, 223, 225, 229, 238, 239, 242, 245, 349, 371, 383, 406, 450, 453;<br /> -IV, <a href="#Page_3">3</a>, <a href="#Page_10">10</a>, <a href="#Page_11">11</a>, <a href="#Page_22">22</a>, <a href="#Page_32">32</a>, <a href="#Page_33">33</a>, <a href="#Page_34">34</a>, <a href="#Page_35">35</a>, <a href="#Page_37">37</a>, <a href="#Page_136">136</a>, <a href="#Page_138">138</a>, <a href="#Page_144">144</a>, <a href="#Page_194">194</a>, <a href="#Page_217">217</a>, <a href="#Page_223">223</a>, <a href="#Page_232">232</a>, <a href="#Page_240">240</a>, <a href="#Page_245">245</a>, <a href="#Page_246">246</a>, <a href="#Page_252">252</a>, <a href="#Page_255">255</a>, <a href="#Page_276">276</a>, <a href="#Page_278">278</a>, <a href="#Page_341">341</a>, <a href="#Page_345">345</a>, <a href="#Page_346">346</a>, <a href="#Page_349">349</a>.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">HIERS</span> (Mme),<br /> -I, 34, 318;<br /> -II, 189, 190, 192, 213, 376, 394;<br /> -III, 103, 107, 110, 112, 186, 243;<br /> -IV, <a href="#Page_349">349</a>.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_531"> 531</a></span></div> - -<p class="cap">T<span class="smallc">HORWALDSEN</span>,<br /> -I, 248, 334;<br /> -II, 293;<br /> -III, 79, 117, 442.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">HOUVENEL</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_376">376</a>, <a href="#Page_378">378</a>, <a href="#Page_385">385</a>, <a href="#Page_386">386</a>, <a href="#Page_394">394</a>.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">HUN</span> (Le gnral),<br /> -III, 430.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">HUN</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_161">161</a>, <a href="#Page_162">162</a>.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">IEDK</span> (Louis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 299.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ILLY</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 440.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">OCQUEVILLE</span> (Le comte Alexis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 25, 28, 29, 31, 34, 35, 101, 114, 125, 438, 441;<br /> -III, 42, 167, 180, 181, 183;<br /> -IV, <a href="#Page_340">340</a>, <a href="#Page_394">394</a>.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ORENO</span> (Le comte Jos <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 184, 216, 245, 371.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ORENO</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 182, 260;<br /> -IV, <a href="#Page_84">84</a>.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">OSCANE</span> (Le grand-duc Lopold II <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 65, 399;<br /> -III, 319;<br /> -IV, <a href="#Page_260">260</a>, <a href="#Page_322">322</a>, <a href="#Page_323">323</a>.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">OSCANE</span> (Le prince hrditaire Ferdinand IV <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_237">237</a>, <a href="#Page_260">260</a>, <a href="#Page_384">384</a>.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">OSCANE</span> (La grande-duchesse mre <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_384">384</a>.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">OUR ET</span> <span class="cap">T</span><span class="smallc">AXIS</span> (La princesse <span class="smallc">DE LA</span>),<br /> -II, 288, 299.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">RACY</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 8.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">RVISE</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 360;<br /> -II, 141.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">RIQUETI</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 241.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ROCHU</span> (Le gnral),<br /> -IV, <a href="#Page_304">304</a>.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ROGOFF</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 204.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ROUBETZRO</span> (La princesse),<br /> -III, 276.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ULLEMORE</span> (Lord),<br /> -I, 46.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">ULLEMORE</span> (Lady),<br /> -I, 46.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">YCHO-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">RAH</span>,<br /> -III, 81.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">YLER</span> (Mme),<br /> -IV, <a href="#Page_84">84</a>, <a href="#Page_85">85</a>.</p> - -<p class="cap">T<span class="smallc">YSZKIEWICZ</span> (La princesse),<br /> -I, 271, 285, 287;<br /> -III, 85.</p> - - -<p class="alphabet">U</p> - -<p class="cap">U<span class="smallc">GGLAS</span> (La comtesse),<br /> -II, 334.</p> - -<p class="cap">U<span class="smallc">LRIQUE</span> (Reine de Sude),<br /> -III, 287.</p> - -<p class="cap">U<span class="smallc">SEDOM</span> (Le comte <span class="smallc">D'</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_402">402</a>, <a href="#Page_416">416</a>.</p> - - -<p class="alphabet">V</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">AILLANT</span> (Le marchal),<br /> -IV, <a href="#Page_345">345</a>.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ALE</span> (Le marchal),<br /> -II, 302, 340;<br /> -III, 12, 238.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ALENAY</span> (Louis, duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 258, 285, 296, 301;<br /> -II, 9, 36, 43, 44, 45, 48, 49, 51, 55, 56, 57, 63, 65, 67, 69, 98, 129, 141, 192, 198, 247, 257, 276, 278, 305, 309, 313, 314, 346, 353, 381, 386, 415;<br /> -III, 19, 20, 22, 27, 38, 75, 119, 120, 132, 133, 134, 187, 207, 213, 219, 288, 297, 298, 305;<br /> -IV, <a href="#Page_68">68</a>, <a href="#Page_177">177</a>.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ALENAY</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 258, 313;<br /> -II, 99, 141, 381.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ALENAY</span> (Yolande <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 16, 247, 248.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ALLOMBROSE</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 56, 59.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ANDERMARCK</span> (Mlle),<br /> -III, 102.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">AN DER</span> <span class="cap">M</span><span class="smallc">EULEN</span>,<br /> -IV, <a href="#Page_107">107</a>.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ANDOEUVRE</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 116, 170.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">AN</span> <span class="cap">D</span><span class="smallc">YCK</span>,<br /> -I, 9, 41.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ANTADOUR</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 393.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ARENNES</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_65">65</a>.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ATRY</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 124.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ATRY</span> (La baronne <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 225.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">AUDMONT</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 66, 105.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">AUGUYON</span> (Mlle Pauline <span class="smallc">DE LA</span>),<br /> -II, 150.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ELTHEIM</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 279.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ELTHEIM</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 278.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">RAC</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 34;<br /> -III, 18, 221.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ERNET</span> (Horace),<br /> -II, 83, 92;<br /> -III, 75, 222.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">RON</span> (Le docteur),<br /> -III, 128.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">RONSE</span> (Paul),<br /> -IV, <a href="#Page_106">106</a>.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ERQUIGNIEULLE</span> (La marquise <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 49.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ERTOT</span> (L'abb <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 108.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ESTIER</span> (Phidias),<br /> -II, 7, 42, 43;<br /> -III, 130, 131, 196, 197, 200, 203.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">EUILLOT</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_81">81</a>, <a href="#Page_343">343</a>.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">IARDOT</span> (Mme),<br /> -III, 309.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ICENCE</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 340.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_532"> 532</a></span></div> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ICENCE</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_73">73</a>, <a href="#Page_262">262</a>, <a href="#Page_345">345</a>.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ICTORIA D'</span><span class="cap">A</span><span class="smallc">NGLETERRE</span> (La princesse), plus tard la reine,<br /> -I, 21, 70, 92, 93;<br /> -II, 143, 144, 168, 173, 176, 223, 249, 349, 434;<br /> -III, 10, 102, 184, 191, 194, 225, 226, 251, 320, 408, 435;<br /> -IV, <a href="#Page_8">8</a>, <a href="#Page_45">45</a>, <a href="#Page_202">202</a>, <a href="#Page_207">207</a>, <a href="#Page_214">214</a>, <a href="#Page_229">229</a>, <a href="#Page_275">275</a>, <a href="#Page_280">280</a>, <a href="#Page_281">281</a>, <a href="#Page_285">285</a>, <a href="#Page_289">289</a>, <a href="#Page_355">355</a>, <a href="#Page_385">385</a>, <a href="#Page_396">396</a>.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">IEL</span>,<br /> -III, 45.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">IENNET</span>,<br /> -I, 246, 302.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ILLAMARINA</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_224">224</a>, <a href="#Page_299">299</a>, <a href="#Page_301">301</a>.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ILLEFRANCHE</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 150.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ILLEGONTIER</span> (Le comte <span class="smallc">DE LA</span>),<br /> -II, 69.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ILLLE</span> (L'archevque comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 158;<br /> -III, 61, 134.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ILLEMAIN</span> (Abel-Franois),<br /> -I, 246, 301;<br /> -II, 1, 115, 216, 221, 225, 247, 393, 419;<br /> -III, 17, 230;<br /> -IV, <a href="#Page_135">135</a>, <a href="#Page_143">143</a>, <a href="#Page_144">144</a>, <a href="#Page_145">145</a>, <a href="#Page_146">146</a>, <a href="#Page_147">147</a>, <a href="#Page_192">192</a>, <a href="#Page_199">199</a>, <a href="#Page_203">203</a>, <a href="#Page_204">204</a>, <a href="#Page_290">290</a>, <a href="#Page_327">327</a>, <a href="#Page_334">334</a>.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ILLENEUVE</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 131, 132.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ILLIERS</span> (Lady Sarah),<br /> -III, 284.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">INCKE</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_392">392</a>, <a href="#Page_393">393</a>.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">INCKE</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 278.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">IRY</span>,<br /> -IV, <a href="#Page_224">224</a>.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ISCONTI</span> (L'architecte),<br /> -III, 218.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ISCONTI</span> (La marquise),<br /> -I, 2.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">ITROLLES</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 119, 120;<br /> -III, 315, 473, 474, 476.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">IVIEN</span> (M.),<br /> -II, 357.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">IVONNE</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 312.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">OGU</span> (Le comte Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 67.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">OGU</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_127">127</a>.</p> - -<p class="cap">V<span class="smallc">OLTAIRE</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 346;<br /> -II, 247;<br /> -III, 194, 392.</p> - - -<p class="alphabet">W</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">AGRAM</span> (Le prince Berthier <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_64">64</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">AGRAM</span> (Le prince Napolon-Louis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 38.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">AGRAM</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_70">70</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ALCKENAER</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 269.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ALDECK</span> (La princesse rgente Emma <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 430, 431.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ALDECK</span> (M.),<br /> -III, 390.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ALDERSEE</span> (Le gnral comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_285">285</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ALEWSKI</span> (Le comte),<br /> -II, 415;<br /> -III, 243;<br /> -IV, <a href="#Page_86">86</a>, <a href="#Page_238">238</a>, <a href="#Page_239">239</a>, <a href="#Page_240">240</a>, <a href="#Page_283">283</a>, <a href="#Page_296">296</a>, <a href="#Page_297">297</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ALEWSKA</span> (La comtesse),<br /> -IV, <a href="#Page_286">286</a>, <a href="#Page_305">305</a>, <a href="#Page_348">348</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ALSH</span> (La comtesse),<br /> -II, 354, 355;<br /> -III, 65, 272.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ALSH</span> (M. Olivier),<br /> -IV, <a href="#Page_64">64</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ALLENSTEIN</span> (Le comte),<br /> -II, 332;<br /> -III, 81.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ALMODEN-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">IMBORN</span> (Le gnral comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 342, 381;<br /> -IV, <a href="#Page_423">423</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ARD</span> (Sir Henry-George),<br /> -I, 89, 90, 92, 101, 165.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ARWICK</span> (Lord),<br /> -I, 6, 40, 44.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ARWICK</span> (Lady),<br /> -I, 39, 40, 42, 43, 44.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ARWICK</span> (Guy, comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 6.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ASA</span> (Le prince),<br /> -III, 161, 170, 272, 273;<br /> -IV, <a href="#Page_115">115</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ASA</span> (La princesse Carola), plus tard reine de Saxe,<br /> -IV, <a href="#Page_51">51</a>, <a href="#Page_89">89</a>, <a href="#Page_90">90</a>, <a href="#Page_114">114</a>, <a href="#Page_116">116</a>, <a href="#Page_159">159</a>, <a href="#Page_229">229</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ASA</span> (La princesse Louise),<br /> -II, 195, 198;<br /> -III, 161, 272, 273.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ASHINGTON</span> (Le prsident),<br /> -II, 451.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">EDELL</span> (Le gnral <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_191">191</a>, <a href="#Page_192">192</a>, <a href="#Page_194">194</a>, <a href="#Page_197">197</a>, <a href="#Page_198">198</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">EIZEL</span> (Mlle <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 386.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ELLESLEY</span> (Le marquis <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 168; II, 348.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ELLINGTON</span> (Le duc <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 3, 13, 14, 17, 54, 55, 59, 60, 69, 89, 108, 122, 123, 127, 141, 146, 149, 150, 152, 153, 157, 159, 165, 169, 182, 189, 190, 207, 209, 219, 230, 232, 263, 284, 299, 307, 308, 311, 333, 371, 374, 376, 388;<br /> -II, 175, 359;<br /> -III, 8, 31, 435;<br /> -IV, <a href="#Page_61">61</a>, <a href="#Page_89">89</a>, <a href="#Page_96">96</a>, <a href="#Page_334">334</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ERTHER</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 33, 239;<br /> -II, 121, 127, 142, 143, 145, 278, -<span class="pagenum"><a id="Page_533"> 533</a></span> -281, 284, 291, 380;<br /> -III, 71, 73, 79, 104, 112, 282.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ERTHER</span> (La baronne <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 6, 142, 143, 278, 284, 291;<br /> -III, 71, 73, 112, 282.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ERTHER</span> (Mlle Josphine <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 112.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ESSENBERG</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 23, 204;<br /> -III, 351, 361.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ESTMORLAND</span> (Lord John),<br /> -III, 284.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ESTMORLAND</span> (Lord John-Burghersh),<br /> -III, 285, 427, 430, 436;<br /> -IV, <a href="#Page_8">8</a>, <a href="#Page_88">88</a>, <a href="#Page_89">89</a>, <a href="#Page_111">111</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ESTMORLAND</span> (Lady),<br /> -III, 282, 284, 285, 372, 426, 428, 430, 432;<br /> -IV, <a href="#Page_8">8</a>, <a href="#Page_89">89</a>, <a href="#Page_104">104</a>, <a href="#Page_111">111</a>, <a href="#Page_123">123</a>, <a href="#Page_124">124</a>, <a href="#Page_127">127</a>, <a href="#Page_131">131</a>, <a href="#Page_134">134</a>, <a href="#Page_138">138</a>, <a href="#Page_143">143</a>, <a href="#Page_164">164</a>, <a href="#Page_173">173</a>, <a href="#Page_174">174</a>, <a href="#Page_185">185</a>, <a href="#Page_187">187</a>, <a href="#Page_201">201</a>, <a href="#Page_205">205</a>, <a href="#Page_210">210</a>, <a href="#Page_269">269</a>, <a href="#Page_352">352</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ESTPHALEN</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_155">155</a>, <a href="#Page_285">285</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">EYER</span> (<span class="smallc">Van DE</span>),<br /> -I, 3;<br /> -II, 106.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ICHMANN</span> (Louis-Guillaume),<br /> -III, 76.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">IELAND</span>,<br /> -II, 458;<br /> -III, 329.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ILLOUGHBY-</span><span class="cap">C</span><span class="smallc">OTTON</span> (Sir),<br /> -I, 46.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ILTON</span> (Lord),<br /> -III, 122.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">INCHELSEA</span> (Lord),<br /> -I, 14, 123.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">INDISCH-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">RAETZ</span> (Le prince Alfred <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 85, 353, 355, 360, 361, 366, 367;<br /> -IV, <a href="#Page_49">49</a>, <a href="#Page_50">50</a>, <a href="#Page_229">229</a>, <a href="#Page_315">315</a>, <a href="#Page_423">423</a>, <a href="#Page_425">425</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">INDISCH-</span><span class="cap">G</span><span class="smallc">RAETZ</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 301, 351.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">INTER</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_402">402</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">INTERHALTER</span> (M.),<br /> -IV, <a href="#Page_203">203</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ITTGENSTEIN</span> (Le prince),<br /> -II, 50, 275, 286, 288, 297, 301, 321, 380, 432;<br /> -III, 71, 309.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ITTGENSTEIN</span> (La princesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_396">396</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">OLFF</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 275, 277, 314, 316, 322;<br /> -III, 71, 73, 76, 77, 102, 282, 284, 289, 304, 305, 308.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">OLFF</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 277, 384, 440;<br /> -III, 71, 73, 76, 284.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ORONZOFF-</span><span class="cap">D</span><span class="smallc">ASCHKOFF</span> (Le comte <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 346;<br /> -III, 301.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">ORONZOFF</span> (La comtesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 20.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">RDE</span> (Le prince <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 440.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">RIGHT</span> (Mrs),<br /> -I, 230.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">URMB</span> (Frdric-Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 304, 306, 307, 316;<br /> -III, 282.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">URMB</span> (Mme <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 304, 307.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">URTEMBERG</span> (Le roi Guillaume I<sup>er</sup> <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 236, 330;<br /> -II, 183, 184, 187, 345, 346, 348, 377;<br /> -III, 373, 374;<br /> -IV, <a href="#Page_177">177</a>, <a href="#Page_228">228</a>, <a href="#Page_234">234</a>, <a href="#Page_358">358</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">URTEMBERG</span> (Le prince royal Charles <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 439;<br /> -IV, <a href="#Page_230">230</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">URTEMBERG</span> (La princesse royale <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_230">230</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">URTEMBERG</span> (Le duc Alexandre <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 178, 180, 184, 186, 187;<br /> -III, 264.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">URTEMBERG</span> (Le prince Auguste <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 285;<br /> -IV, <a href="#Page_234">234</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">URTEMBERG</span> (La princesse Marie <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 330.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">URTEMBERG</span> (Le prince Paul <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 280;<br /> -III, 52.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">URTEMBERG</span> (La princesse Sophie <span class="smallc">DE</span>), plus tard reine des Pays-Bas,<br /> -I, 330, 361;<br /> -II, 82;<br /> -III, 66, 388;<br /> -IV, <a href="#Page_4">4</a>, <a href="#Page_385">385</a>.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">URTEMBERG</span> (La duchesse <span class="smallc">DE</span>),<br /> -I, 193, 223;<br /> -III, 220.</p> - -<p class="cap">W<span class="smallc">YM</span> (Sir Henry),<br /> -III, 436.</p> - - -<p class="alphabet">X</p> - -<p class="cap">X<span class="smallc">IMMS</span> (Le cardinal),<br /> -II, 264.</p> - - -<p class="alphabet">Y</p> - -<p class="cap">Y<span class="smallc">ARBOROUGH</span> (Lord),<br /> -I, 4.</p> - -<p class="cap">Y<span class="smallc">ORK</span> (Le duc <span class="smallc">D'</span>),<br /> -I, 113.</p> - - -<p class="alphabet">Z</p> - -<p class="cap">Z<span class="smallc">EA-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">ERMEDEZ</span> (Don Francisco),<br /> -I, 203, 330;<br /> -III, 216.</p> - -<p class="cap">Z<span class="smallc">EA-</span><span class="cap">B</span><span class="smallc">ERMEDEZ</span> (Mme),<br /> -I, 203, 330;<br /> -II, 260.</p> - -<div><span class="pagenum"><a id="Page_534"> 534</a></span></div> -<p class="cap">Z<span class="smallc">EDLITZ</span> (Le baron Joseph-Chrtien <span class="smallc">DE</span>),<br /> -III, 116, 446;<br /> -IV, <a href="#Page_423">423</a>.</p> - -<p class="cap">Z<span class="smallc">EDLITZ</span> (M. <span class="smallc">DE</span>),<br /> -IV, <a href="#Page_415">415</a>.</p> - -<p class="cap">Z<span class="smallc">ICHY</span> (Le comte Eugne <span class="smallc">DE</span>),<br /> -II, 358.</p> - -<p class="cap">Z<span class="smallc">ICHY</span> (Le comte Ferdinand),<br /> -III, 343.</p> - -<p class="cap">Z<span class="smallc">ICHY DE</span> <span class="cap">V</span><span class="smallc">ASONYKE</span> (Le comte Ppy),<br /> -IV, <a href="#Page_116">116</a>.</p> - -<p class="cap">Z<span class="smallc">O</span> (Ngresse),<br /> -II, 251.</p> - -<p class="cap">Z<span class="smallc">UMALACARREGUY</span> (Le gnral),<br /> -I, 157.</p> - -<p class="cap">Z<span class="smallc">UYLEN VAN</span> <span class="cap">N</span><span class="smallc">YEVELT</span> (Le baron <span class="smallc">DE</span>).<br /> -I, 203.</p> -</div> - -<div class="chapter"> -<div class="footnotes"> -<h2 class="normal">NOTES:</h2> -<div class="footnote"> - -<p><a id="Footnote_1" href="#FNanchor_1" class="label">[1]</a> La Commission pour rdiger l'Adresse en rponse au Discours du -Trne venait d'tre nomme par la Chambre, lorsque M. de Manteuffel -monta la tribune et donna lecture du dcret royal de prorogation de la -Chambre au 3 janvier 1851. Ce jour-l, le Bureau de la Chambre venant -d'tre de nouveau nomm, l'extrme droite, unie au Ministre, dclara -qu'il n'y avait plus lieu de discuter une Adresse, la situation politique tant -change.</p> - -<p><a id="Footnote_2" href="#FNanchor_2" class="label">[2]</a> Ce successeur fut M. Armand Lefebvre, qui arriva Berlin le -20 novembre 1850 et y demeura jusqu'en fvrier 1852.</p> - -<p><a id="Footnote_3" href="#FNanchor_3" class="label">[3]</a> Les sourdes menes bonapartistes amenaient tout instant des conflits, -des dissentiments qui entretenaient l'agitation publique; une revue - Satory, Edgar Ney ayant engag plusieurs rgiments crier: Vive -l'Empereur!, le gnral Changarnier avait rpondu par un ordre du -jour o il dfendait ses troupes de faire entendre aucun cri politique. -Le gnral Changarnier fut bientt destitu et, le 3 janvier, le Ministre, -ne rencontrant ni sympathie ni respect dans la Chambre, donna sa -dmission.</p> - -<p><a id="Footnote_4" href="#FNanchor_4" class="label">[4]</a> Frdric I<sup>er</sup> s'tait fait couronner Roi de Prusse le 17 janvier 1701 -et avait institu, le lendemain, l'Ordre de l'Aigle noir. Il ordonna que, -pour perptuer le souvenir de son couronnement et de la fondation de cet -Ordre, cette fte ft clbre chaque anne. Cette tradition est pieusement -conserve la Cour de Berlin sous le nom de <i>fte des Ordres</i>.</p> -</div> -<div class="footnote"> -<p><a id="Footnote_5" href="#FNanchor_5" class="label">[5]</a> L'Assemble nationale de Francfort ayant compltement chou -dans son œuvre, Gagern, qui n'avait pas renonc rgler les affaires de -l'Allemagne, invita les dputs se runir Gotha pour y dlibrer sur -l'bauche d'une Constitution, ayant pour point de dpart la runion de -l'Allemagne sous la prpondrance de la Prusse, l'exclusion de l'Autriche. -Cent trente dputs environ se rendirent cet appel. Les disputes -furent tris vives au sein de cette Assemble, qui fut promptement l'objet -des attaques et des moqueries du pays. On appelait ses membres <i>die -Gothaer</i> ou <i>le parti Gotha</i>.</p> - -<p><a id="Footnote_6" href="#FNanchor_6" class="label">[6]</a> La premire exposition universelle. C'est le Prince Albert, mari de -la Reine d'Angleterre, qui en tait l'instigateur.</p> - -<p><a id="Footnote_7" href="#FNanchor_7" class="label">[7]</a> Le 22 fvrier 1851, le Cabinet de lord John Russell, dont lord Palmerston -faisait partie, se sentant faible et prvoyant de grandes difficults -financires, avait dpos sa dmission entre les mains de la Reine, au -sujet de la discussion du budget. La Reine voulut alors confier le Ministre - lord Stanley, mais sur les instances du duc de Wellington, elle -dcida lord J. Russell garder ses fonctions. Le 3 mars suivant, lord -J. Russell annona donc, la Chambre des Communes, que le Ministre -whig conservait le pouvoir.</p> - -<p><a id="Footnote_8" href="#FNanchor_8" class="label">[8]</a> A la suite de la runion de Wiesbaden, il fut publi, au nom du -Prince prtendant, un manifeste, sign par M. de Barthlmy, o le systme -de l'appel au consentement de la nation tait absolument rejet -comme tant la ngation du principe de l'hrdit monarchique. C'est -cette lettre que <i>l'Indpendance belge</i> rpondit, le 13 mars 1851, par un -article non sign, des plus injurieux pour la Royaut.</p> - -<p><a id="Footnote_9" href="#FNanchor_9" class="label">[9]</a> La proposition Creton, relative au rappel des lois d'exil contre les -Bourbons et les d'Orlans, avait t amene le 1<sup>er</sup> mars la Chambre. Ce -rappel n'aurait pu tre obtenu que par l'accord des deux branches qui -n'avait pas encore t rendu possible. Les lgitimistes acceptaient ces lois -d'exil, car ils taient dsireux de les maintenir pour le compte des orlanistes; -M. Berryer, au nom de leur parti, proposa d'ajourner la proposition -Creton au 1<sup>er</sup> septembre. Toute la Montagne vota avec les orlanistes -et M. Berryer, avec les lgitimistes, continua de faire campagne pour le -triomphe de l'ide monarchique, sans favoriser les menes de l'lyse.</p> - -<p><a id="Footnote_10" href="#FNanchor_10" class="label">[10]</a> Le Cabinet franais du 14 avril tait ainsi compos: M. Baroche aux -Affaires trangres; M. de Chasseloup-Laubat la Marine; M. Lon Faucher - l'Intrieur; M. Rouher la Justice; M. Buffet l'Agriculture et -au Commerce; M. de Crouseilhes l'Instruction publique; M. Fould aux -Finances; le marchal Randon la Guerre.</p> - -<p><a id="Footnote_11" href="#FNanchor_11" class="label">[11]</a> Marie de Castellane.</p> - -<p><a id="Footnote_12" href="#FNanchor_12" class="label">[12]</a> Le prince de Talleyrand Valenay.</p> - -<p><a id="Footnote_13" href="#FNanchor_13" class="label">[13]</a> De l'anglais: ni avec entrain, ni en bonne humeur: je me sentirai -seule et dlaisse.</p> - -<p><a id="Footnote_14" href="#FNanchor_14" class="label">[14]</a> Le comte de La Marck ayant lgu sa correspondance avec Mirabeau - M. de Bacourt, celui-ci la publia en 1851, en la faisant prcder -d'une prface historique qui fut assez remarque.</p> - -<p><a id="Footnote_15" href="#FNanchor_15" class="label">[15]</a> Le 17 mai, le Roi de Prusse se rendit Varsovie, o il se rencontra -avec l'Empereur et l'Impratrice de Russie. Le 26, les deux souverains -partirent ensemble jusqu' Oderberg; le Roi se dirigea alors sur Breslau, -tandis que l'Empereur Nicolas allait Olmtz, o il confra avec l'Empereur -d'Autriche. C'est l que M. de Manteuffel, qui venait de remplacer -M. de Radowitz comme premier ministre, se rendit pour dclarer au -prince Schwarzenberg que la Prusse accordait l'Autriche la prsidence -de la Dite germanique de Francfort, humiliation qui amena Sadowa quinze -ans plus tard.</p> - -<p><a id="Footnote_16" href="#FNanchor_16" class="label">[16]</a> Les Majests russes n'assistrent pas cette inauguration.</p> - -<p><a id="Footnote_17" href="#FNanchor_17" class="label">[17]</a> Mgr Dupanloup.</p> - -<p><a id="Footnote_18" href="#FNanchor_18" class="label">[18]</a> Les vques d'Orlans possdent, quelques kilomtres de la ville -piscopale, une jolie maison de campagne au bord de la Loire et prs du -petit bourg de la Chapelle Saint-Mesmin. Ils y ont tabli un petit sminaire. -L'abb Dupanloup, quand il prit possession de l'vch d'Orlans, -s'occupa beaucoup de cet tablissement d'ducation, et russit y lever -les tudes un point remarquable.</p> - -<p><a id="Footnote_19" href="#FNanchor_19" class="label">[19]</a> A Meillan, dans le Cher.</p> - -<p><a id="Footnote_20" href="#FNanchor_20" class="label">[20]</a> Marie de Castellane fit sa premire Communion le 22 juin 1851 dans -le couvent des Dames du Sacr-Cœur, tabli deux kilomtres de Tours, -dans l'ancienne abbaye des Bndictins, fonde en 371 par saint Martin, -vque de Tours.</p> - -<p><a id="Footnote_21" href="#FNanchor_21" class="label">[21]</a> Extrait de lettre. La correspondance Mirabeau-La Marcq venait -d'tre livre au public par M. de Bacourt.</p> - -<p><a id="Footnote_22" href="#FNanchor_22" class="label">[22]</a> Mme de Lieven, qui souffrait des yeux, avait adopt pour crire un -papier vert qui frappait plus dans un temps o ce genre tait peu prs -inconnu.</p> - -<p><a id="Footnote_23" href="#FNanchor_23" class="label">[23]</a> A Paris, la Princesse recevait tous les dimanches soirs.</p> - -<p><a id="Footnote_24" href="#FNanchor_24" class="label">[24]</a> Mlle Pauline de Castellane, fille du Marchal, avait pous le comte -de Hatzfeldt, ministre de Prusse Paris. Devenue veuve, elle pousa en -secondes noces, en 1851, le duc de Valenay, fils an de l'auteur de la -<i>Chronique</i>.</p> - -<p><a id="Footnote_25" href="#FNanchor_25" class="label">[25]</a> La duchesse de Courlande et la princesse de Hohenzollern.</p> - -<p><a id="Footnote_26" href="#FNanchor_26" class="label">[26]</a> Le Roi et la Reine de Prusse taient arrivs Ischl le 31 aot et s'y -taient rencontrs avec l'Empereur d'Autriche. Le prince Schwarzenberg -et M. de Manteuffel assistrent cette entrevue.</p> - -<p><a id="Footnote_27" href="#FNanchor_27" class="label">[27]</a> La duchesse d'Angoulme tait morte Frohsdorf le 19 octobre -1851.</p> - -<p><a id="Footnote_28" href="#FNanchor_28" class="label">[28]</a> Il n'y eut ni rgence ni tutelle en Hanovre, Georges V succda -son pre malgr sa ccit, le Roi Ernest-Auguste ayant, ds 1843, tranch -la question, en tablissant que les actes prsents la signature du -futur monarque seraient lus en prsence de douze tmoins et contresigns -par le secrtaire de ce comit.</p> - -<p><a id="Footnote_29" href="#FNanchor_29" class="label">[29]</a> On appelait du nom de <i>Burgraves</i> quelques politiques rtrogrades, -membres de la Commission de l'Assemble lgislative charge de prparer -la loi du suffrage restreint, dite loi du 31 mai. La plupart taient des -chefs d'anciens partis monarchiques comme Thiers, Mol, Broglie. Les -rpublicains les regardaient comme des politiques uss et impuissants.</p> - -<p><a id="Footnote_30" href="#FNanchor_30" class="label">[30]</a> Extrait de lettre.</p> - -<p><a id="Footnote_31" href="#FNanchor_31" class="label">[31]</a> Intress par le caractre si complexe de M. de Talleyrand, qu'il -avait pu suivre de prs, l'abb Dupanloup, devenu vque d'Orlans, -avait pass de longues annes recueillir une srie d'actes publics ou privs, -concernant les diverses priodes de la vie du Prince. Cette collection -de lettres et de documents forme quatorze volumes: Mgr Dupanloup y a -joint un rcit des derniers moments du Prince de Talleyrand dont il a t -dj question dans le deuxime volume de la <i>Chronique</i>. Tous ces papiers -et manuscrits se trouvent l'heure actuelle dans la possession de M. Bernard -de Lacombe, Mgr Dupanloup les ayant lgus son pre, M. Hilaire -de Lacombe.</p> - -<p><a id="Footnote_32" href="#FNanchor_32" class="label">[32]</a> Dans la nuit du 1<sup>er</sup> au 2 dcembre, le Prince Louis Bonaparte, ayant -fait garder vue le prsident de l'Assemble, avait fait arrter les principaux -chefs des partis rpublicain et monarchistes, puis, par deux proclamations, -dclar l'Assemble dissoute et le suffrage universel rtabli. -Il procda ensuite un plbiscite qui lui donna la Prsidence pour dix -ans. La force arme et les commissions mixtes ayant fait justice des rcalcitrants, -ce coup d'tat, prpar avec l'nergique concours de M. de -Morny, du gnral de Saint-Arnaud et du prfet de police, M. de Maupas, -triompha de toutes les rsistances.</p> - -<p><a id="Footnote_33" href="#FNanchor_33" class="label">[33]</a> M. Thiers, qui croyait la branche ane des Bourbons frappe d'une -impopularit irrmdiable, avait approuv et appuy avec nergie l'opposition -faite par la Duchesse d'Orlans un accord entre la branche ane -et la branche cadette. Regarde comme le principal obstacle d'une si -dsirable rconciliation, les partisans de la fusion accusaient la Princesse -d'avoir, par ses fautes, contribu plus que toute autre chose ramener -l'Empire au pouvoir. Ils avaient aussi trop mis leurs esprances dans le -gnral Changarnier qui, loyal mais prsomptueux, jouait serr les lgitimistes -et les orlanistes les uns contre les autres, ne donnant aucun signe -de ses intentions relles, mais ne voulant, dans le fond de sa pense, que -poser la couronne sur la tte qui devait la porter, en tenant la poser -lui-mme. Son attitude nigmatique l'avait rendu suspect aux yeux de -plusieurs.</p> - -<p><a id="Footnote_34" href="#FNanchor_34" class="label">[34]</a> A cause de l'arrestation de M. Thiers.</p> - -<p><a id="Footnote_35" href="#FNanchor_35" class="label">[35]</a> Les gnraux Le Fl, Changarnier, Lamoricire et Bedeau.</p> - -<p><a id="Footnote_36" href="#FNanchor_36" class="label">[36]</a> M. de Falloux, ainsi que le duc de Luynes, le comte de Ressguier -et bien d'autres, avait t emprisonn au Mont-Valrien, lors du coup -d'tat du 2 dcembre.</p> - -<p><a id="Footnote_37" href="#FNanchor_37" class="label">[37]</a> Le 22 janvier, le Prince-Prsident avait fait publier le fameux dcret -qui confisquait les biens de la famille d'Orlans. Ce dcret, appel <i>le premier -vol de l'aigle</i>, ne fut pas sans rencontrer quelque dsapprobation -dans l'entourage mme du chef de l'tat. M. de Morny et M. Fould refusrent -de le signer et, aprs deux jours de discussion, donnrent leur -dmission. M. de Persigny remplaa alors M. de Morny l'Intrieur.</p> - -<p><a id="Footnote_38" href="#FNanchor_38" class="label">[38]</a> Le 2 fvrier, six semaines aprs la naissance de sa fille ane, la -Reine Isabelle se rendait, pour la crmonie de ses relevailles, l'glise -d'Antocha, quand un prtre du nom de Martin Merimo se prcipita sur -elle, lui porta vivement un coup de couteau dans le ct droit, au-dessous -de la hanche, et avec tant de force que la lame coupa une baleine de son -corset, et fit une blessure d' peu prs dix pouces de profondeur. L'assassin -tait un ancien moine connu pour son exaltation dmagogique. Il -avait autrefois dj menac les jours de Ferdinand VII. Frapp alors -d'exil, il avait pass plusieurs annes en France et en Belgique et, depuis -huit ans, il avait t autoris rentrer en Espagne. Condamn cinq jours -aprs sa tentative d'assassinat sur la Reine, il dut subir la peine du <i>garote</i> -et fut excut le 7 fvrier.</p> - -<p><a id="Footnote_39" href="#FNanchor_39" class="label">[39]</a> Aprs le coup d'tat du 2 dcembre, lord Palmerston, alors ministre -des Affaires trangres, avait envoy lord Normanby, reprsentant de -l'Angleterre Paris, une dpche officielle o il lui prescrivait de continuer -comme par le pass les relations avec le Gouvernement franais, la -Reine ne voulant point paratre intervenir en rien dans les affaires intrieures -de la France. Mais, sans consulter ses collgues, et dans une -conversation avec l'ambassadeur de France Londres, le comte Walewski -(qui la rapporta immdiatement Paris), lord Palmerston exprima sa -satisfaction du coup d'tat. Cette contradiction entre les instructions officielles -et le langage de son ministre direct mit lord Normanby dans une -situation embarrassante. Il crivit lord John Russell, prsident du Conseil, -pour s'en plaindre. Lord John Russell demanda des explications -lord Palmerston, qui garda d'abord le silence et donna ensuite une -rponse qui ne parut pas suffisante. Le Prsident du Conseil demanda -alors lord Palmerston sa dmission et le remplaa au portefeuille de -l'Extrieur par lord Granville.</p> - -<p><a id="Footnote_40" href="#FNanchor_40" class="label">[40]</a> Allusion au discours que M. Guizot pronona le 5 fvrier 1852, -jour o le comte de Montalembert fut reu l'Acadmie franaise.</p> - -<p><a id="Footnote_41" href="#FNanchor_41" class="label">[41]</a> Le palais habit par le gnral-gouverneur de Varsovie fut, par -suite d'un accident, la proie des flammes dans la nuit du 22 fvrier/6 mars -1852. A force d'efforts on put, pourtant, en sauver une partie, ainsi que -les archives. Cet ancien palais de la famille Radziwill avait t vendu en -1821 au gouvernement du Royaume de Pologne.</p> - -<p><a id="Footnote_42" href="#FNanchor_42" class="label">[42]</a> Cette entrevue des deux souverains n'avait d'autre but, pour l'Empereur -Nicolas, que de rendre l'Empereur d'Autriche, dans sa capitale, -les deux visites que le Monarque lui avait faites Varsovie.</p> - -<p><a id="Footnote_43" href="#FNanchor_43" class="label">[43]</a> La Princesse Royale de Saxe.</p> - -<p><a id="Footnote_44" href="#FNanchor_44" class="label">[44]</a> Mgr Diepenbrock, Prince-vque de Breslau, mourut le 19 janvier -1853. Deux annes auparavant, Son minence avait t poursuivie et -attaque, dans la montagne du Johannisberg, par une vache furieuse, -excite par la vue de la soutane rouge du Cardinal, qui ne se remit jamais -de cet accident.</p> - -<p><a id="Footnote_45" href="#FNanchor_45" class="label">[45]</a> Cortge accompagn de torches enflammes.</p> - -<p><a id="Footnote_46" href="#FNanchor_46" class="label">[46]</a> Victor Cousin, le pre de l'clectisme, aprs avoir err plus de quarante -ans sur tous les grands chemins de la pense, sans dresser sa tente -nulle part, finit par renoncer la philosophie pour se donner la littrature -et l'rudition, disant qu'aprs tout, la philosophie se rduisait la -morale. Or, d'aprs lui, la morale ne diffrait pas de la religion, et la -religion, c'tait le christianisme. Le voltairien s'tait ainsi cr une religion -intellectuelle, qui explique l'esprit de ses derniers ouvrages sur le dix-septime -sicle.</p> - -<p><a id="Footnote_47" href="#FNanchor_47" class="label">[47]</a> La comtesse de Hahn-Hahn prit en effet le voile en novembre 1852.</p> - -<p><a id="Footnote_48" href="#FNanchor_48" class="label">[48]</a> La Princesse de Salerne. Elle tait fille de Franois II, Empereur -d'Autriche.</p> - -<p><a id="Footnote_49" href="#FNanchor_49" class="label">[49]</a> L'Empereur Franois-Joseph tait rentr solennellement dans sa -bonne ville de Vienne le 14 aot 1852, aprs avoir fait en Hongrie une -grande tourne, qui avait achev la pacification de son Empire, dont les -Madgyars avaient t sur le point de se dtacher par la rvolution de -1849.</p> - -<p><a id="Footnote_50" href="#FNanchor_50" class="label">[50]</a> Quelque temps aprs la session lgislative, le Prince-Prsident se -mit visiter une partie de la France. Le 20 septembre, il inaugurait -Lyon une statue de Napolon I<sup>er</sup>, se rendait ensuite Marseille, Bordeaux -o il prononait dans un discours ces paroles clbres: <i>l'Empire, -c'est la paix</i>. A son retour Paris, il fut accueilli aux cris de <i>Vive l'Empereur</i>; -des dputations se rendirent auprs de lui, lui demandant de -cder aux vœux du peuple, en reprenant la couronne du fondateur de sa -dynastie. Cdant cette pression de l'opinion publique, il consulta le Snat -qui s'empressa de rpondre cet appel en proclamant l'Empire, par quatre-vingt-six -voix sur quatre-vingt-sept votants, le 7 novembre 1852, et -son snatus-consulte fut soumis la ratification du peuple. Un an aprs le -coup d'tat, Louis Bonaparte tait proclam Empereur sous le nom de -Napolon III, Saint-Cloud, en prsence du Snat et du Corps lgislatif.</p> - -<p><a id="Footnote_51" href="#FNanchor_51" class="label">[51]</a> Cosnac, nomm vque de Valence par le cardinal Mazarin et appel -plus tard l'archevch d'Aix, fut aumnier de <i>Monsieur</i>, frre de -Louis XIV. Il joua un rle actif lors de l'Assemble du Clerg en 1682, et -il laissa des <i>Mmoires</i> qui ne furent publis qu'en 1852, par le comte Jules -de Cosnac, pour la Socit de l'Histoire de France.</p> - -<p><a id="Footnote_52" href="#FNanchor_52" class="label">[52]</a> Le duc de Dino.</p> - -<p><a id="Footnote_53" href="#FNanchor_53" class="label">[53]</a> M. de Beauchesne, ancien gentilhomme de la Chambre du Roi sous -la Restauration, avait publi en 1852, le fruit de longues tudes et de -patientes recherches sur le malheureux fils de Louis XVI, sous le titre: -<i>Louis XVII, sa vie, son agonie, sa mort</i>. Cet ouvrage fut couronn par -l'Acadmie franaise.</p> - -<p><a id="Footnote_54" href="#FNanchor_54" class="label">[54]</a> Le duc de Valenay.</p> - -<p><a id="Footnote_55" href="#FNanchor_55" class="label">[55]</a> Au mois de janvier 1853, le bureau du Snat, celui du Corps lgislatif -et le Conseil d'tat tout entier furent convoqus au Palais des Tuileries, -dans la salle du Trne; Napolon III, en uniforme de gnral, monta les -degrs de ce trne, et, par un discours qui fut affich dans toute la France, -annona aux grands Corps de l'tat sa rsolution d'pouser Mlle de Montijo -et de la faire Impratrice. Le mariage fut clbr quelques jours plus -tard, le 31 janvier.</p> - -<p><a id="Footnote_56" href="#FNanchor_56" class="label">[56]</a> La nouvelle Impratrice se nommait Eugnie.</p> - -<p><a id="Footnote_57" href="#FNanchor_57" class="label">[57]</a> Les Clary taient une famille de petits ngociants Marseille. Dans -sa jeunesse, et avant les grandeurs de sa famille, Joseph Bonaparte avait -pous Julie Clary, et leur fille Dsire pousa Bernadotte qui devint Roi -de Sude. Le fils an de Berthier, prince de Neufchtel, duc de Wagram, -avait pous Franoise Clary, et c'est leur fille qu'il tait question de -marier au prince Jrme-Napolon.</p> - -<p><a id="Footnote_58" href="#FNanchor_58" class="label">[58]</a> Allusion Mgr de Qulen.</p> - -<p><a id="Footnote_59" href="#FNanchor_59" class="label">[59]</a> Par un dcret du 26 janvier 1853, l'Empereur Napolon III nommait, -dans la maison de l'Impratrice, la princesse d'Essling, Grande-Matresse; -la duchesse de Bassano, Dame d'honneur; la comtesse de -Montebello, Mme Feray, la vicomtesse Lezay-Marnesia, la baronne de -Pierres, la baronne de Malaret et la marquise de Las Marimas, Dames du -palais; le comte Tascher de la Pagerie (snateur), Grand-Matre; le -comte Charles Tascher de la Pagerie, premier Chambellan; le vicomte -Lezay-Marnesia, Chambellan; le baron de Pierres, cuyer.</p> - -<p><a id="Footnote_60" href="#FNanchor_60" class="label">[60]</a> Prsage.</p> - -<p><a id="Footnote_61" href="#FNanchor_61" class="label">[61]</a> Une sanglante chauffoure avait eu lieu Milan le 6 fvrier, mais -le mouvement eut peu d'importance; les meutiers ne tinrent nulle part -devant la troupe. La vritable gravit de cette affaire fut dans ses consquences, -dans le redoublement des rigueurs de la police autrichienne, et -les malheurs qui en rsultrent pour un grand nombre de familles, surtout -aprs la proclamation de Mazzini au peuple italien, et celle de Kossuth -au peuple hongrois, dont l'apparition simultane et la ressemblance -semblaient indiquer une entente entre ces deux chefs de la dmagogie -europenne.</p> - -<p><a id="Footnote_62" href="#FNanchor_62" class="label">[62]</a> L'<i>Histoire du Pontificat de Clment XIV</i>, crite d'aprs des documents -indits des Archives secrtes du Vatican, par A. Theiner, prtre -de l'Oratoire et garde-adjoint de ces Archives, venait d'tre traduite de -l'allemand par Paul Geslin, et publie chez Firmin-Didot. C'tait une rhabilitation -de la mmoire de Clment XIV pour le venger des attaques des -Jsuites, et comme une rponse M. Crtineau-Joly, qui, partisan de l'autorit -absolue, en religion comme en politique, avait crit une <i>Histoire de la -Compagnie de Jsus et de Clment XIV</i>, o il se montrait trs svre -pour ce Pape.</p> - -<p><a id="Footnote_63" href="#FNanchor_63" class="label">[63]</a> Le 7 fvrier, le gnral vicomte de Saint-Priest, MM. Ren de -Rovigo, de la Pierre, le comte de Mirabeau, de Cotlogon et quarante -autres personnes, parmi lesquelles plusieurs Allemands et Italiens, furent -arrts Paris, dans leurs domiciles respectifs, et aprs une perquisition -faite dans leurs papiers, ils furent tous conduits la prison de Mazas. Ils -taient prvenus d'avoir fait partie d'agences secrtes, ayant pour but -d'adresser aux journaux trangers de fausses nouvelles sur l'tat de la -France et de dconsidrer le Gouvernement de Napolon III aux yeux de -l'Europe. Parmi les personnes arrtes se trouvait M. Joseph Tański, -rfugi polonais, naturalis franais et attach depuis plusieurs annes la -rdaction du <i>Journal des Dbats</i>. Le gnral de Saint-Priest fut remis en -libert le soir mme de son arrestation, tandis que M. Tański n'obtint sa -mise en libert sous caution que le 24 fvrier.</p> - -<p><a id="Footnote_64" href="#FNanchor_64" class="label">[64]</a> En 1853, M. Victor Cousin publia son livre sur <i>Mme de Longueville</i>, -qui ouvrait la srie de ses tudes sur <i>les Femmes et la Socit du dix-septime -sicle</i>, et esquissait tous les personnages de la Fronde.</p> - -<p><a id="Footnote_65" href="#FNanchor_65" class="label">[65]</a> A propos d'articles que l'abb Gaduel, vicaire gnral d'Orlans, -avait fait paratre dans <i>l'Ami de la religion</i>, et qui critiquaient philosophiquement -et thologiquement un livre recommand par Louis Veuillot, -dans son journal <i>l'Univers</i>, Mgr Sibour, archevque de Paris, avait -condamn ce journal et en avait interdit la lecture au clerg de son -diocse. M. Veuillot, au lieu de discuter ces critiques, attaqua M. Gaduel -dans sa personne et se livra de sarcastiques dclamations contre la -science et l'enseignement de la thologie.</p> - -<p><a id="Footnote_66" href="#FNanchor_66" class="label">[66]</a> Le 18 fvrier, l'Empereur d'Autriche se promenait sur les remparts -de Vienne, lorsqu'il fut tout coup arrte par un garon tailleur hongrois, -ancien hussard. L'assassin avait dirig son coup de poignard vers la gorge, -mais Franois-Joseph, ayant aperu l'arme leve contre lui, fit avec le bras -un mouvement qui la repoussa en arrire, au bas de la nuque. L'aide de -camp de Sa Majest, comte O'Donnell, dgaina aussitt et porta l'assassin -un coup de sabre qui l'abattit ses pieds.</p> - -<p><a id="Footnote_67" href="#FNanchor_67" class="label">[67]</a> Le comte Schulenbourg.</p> - -<p><a id="Footnote_68" href="#FNanchor_68" class="label">[68]</a> En 1848, la publication de <i>la Case de l'oncle Tom</i>, o Mme Becker-Stowe -peignait avec autant de vivacit que de couleur les souffrances des -esclaves noirs en Amrique, provoqua en Angleterre un mouvement -d'opinion trs accentu en faveur de l'abolition de l'esclavage. Plusieurs -grandes dames, runies Stafford-House, sous la prsidence de la duchesse -de Sutherland, rdigrent une lettre ouverte aux dames amricaines, -les engageant faire œuvre de propagande pour l'abolition de l'esclavage -dans leur pays. Cette lettre provoqua une verte rponse de Mme Tyler, -o, en parlant de la misre et des abus de toutes sortes qui rgnent en -Angleterre, elle invitait les dames anglaises vouloir bien s'occuper de -rformer leur nation, avant de penser rformer les institutions amricaines, -qui avaient leur raison d'tre dans les conditions spciales de cette -contre.</p> - -<p><a id="Footnote_69" href="#FNanchor_69" class="label">[69]</a> Voir cet article du <i>Times</i> aux pices justificatives de ce volume.</p> - -<p><a id="Footnote_70" href="#FNanchor_70" class="label">[70]</a> Le Prince Royal de Saxe avait pous, le 18 juin 1852, la Princesse -Carola Wasa, fille du Prince de Holstein-Gottorp, Prince Wasa.</p> - -<p><a id="Footnote_71" href="#FNanchor_71" class="label">[71]</a> A l'occasion de son mariage, et par un dcret dat du 31 janvier -1853, Napolon signa une amnistie dont profitrent plus de trois mille -individus qui avaient t l'objet de mesures rigoureuses aprs les troubles -de dcembre 1851.</p> - -<p><a id="Footnote_72" href="#FNanchor_72" class="label">[72]</a> De l'anglais: aspirants de marine.</p> - -<p><a id="Footnote_73" href="#FNanchor_73" class="label">[73]</a> La paix ayant t signe aprs la guerre de 1848-1849, l'Autriche, -croyant rendre plus solide sa souverainet sur ses possessions italiennes -en les frappant de terreur, leur fit lourdement sentir le poids de son joug. -Les populations de ces provinces, de plus en plus irrites, recoururent, -malheureusement, pour le secouer, au moyen des conspirations. Mazzini, -rfugi Londres et l'abri de tout danger, y avait fond un Comit -national d'o partait le mot d'ordre, et qui centralisait les efforts des -socits secrtes rpandues en Lombardie et en Vntie, dans le seul but -de chasser les Autrichiens d'Italie. Pour agir plus efficacement, un Comit -rvolutionnaire se constitua Mantoue, sous la prsidence d'un prtre -fort estim: Enrico Tazzoli. La police autrichienne fut mise sur sa piste -par l'imprudence d'un des membres du Comit qui, pour en augmenter -le nombre, admit dans son sein des personnes appartenant aux classes les -plus basses de la population. Ds lors, le secret devint impossible garder -et les procs commencrent. Plusieurs excutions en furent la suite et -enfin celle du prtre Crioli, fusill Mantoue pour avoir conseill des -soldats autrichiens de dserter, fut le prlude de cette <i>Conspiration de -Mantoue</i> qui eut son pilogue sur les glacis de Belfiore. Une posie rvolutionnaire -ayant t trouve sur une des victimes qui, sous le bton, -avoua qu'il la tenait du prtre Tazzoli, ce dernier fut arrt. On trouva -dans ses papiers la liste chiffre des noms de tous les membres du Comit -rvolutionnaire, dont un tratre livra la clef, ce qui permit de les saisir -et de les arrter tous. Un long procs en fut la suite: procs qui dura depuis -janvier 1852 jusqu'au 19 mars 1853. Les accuss taient au nombre de -cent cinquante; tous appartenaient aux meilleures classes de la population: -neuf d'entre eux furent pendus Belfiore la suite de la sentence -qui en condamnait presque la moiti mort. Les autres virent leur peine -commue et furent envoys aux galres.</p> - -<p><a id="Footnote_74" href="#FNanchor_74" class="label">[74]</a> Avec douceur.</p> - -<p><a id="Footnote_75" href="#FNanchor_75" class="label">[75]</a> Par ordre de M. le Comte de Chambord, les lgitimistes devaient -s'abstenir de toute espce de service dans l'tat.</p> - -<p><a id="Footnote_76" href="#FNanchor_76" class="label">[76]</a> Le Feld-Marchal comte Leiningen avait t charg d'une mission -diplomatique auprs de la Porte Ottomane, concernant les diffrends -entre les deux Gouvernements. Ayant remis au Sultan, le 3 fvrier, la -lettre autographe de l'Empereur d'Autriche, le comte de Leiningen tait -de retour le 16 fvrier Vienne, la Porte ayant adhr aux demandes et -rclamations que l'Autriche lui avait adresses par l'intermdiaire de ce -diplomate.</p> - -<p><a id="Footnote_77" href="#FNanchor_77" class="label">[77]</a> Elle tait dame d'honneur de Mme la Comtesse de Chambord.</p> - -<p><a id="Footnote_78" href="#FNanchor_78" class="label">[78]</a> Mari de Mme la Duchesse de Berry.</p> - -<p><a id="Footnote_79" href="#FNanchor_79" class="label">[79]</a> De l'italien: le vritable portrait du trs saint Fondateur des Ordres -mendiants.</p> - -<p><a id="Footnote_80" href="#FNanchor_80" class="label">[80]</a> Princesse d'Orlans, fille du Roi Louis-Philippe.</p> - -<p><a id="Footnote_81" href="#FNanchor_81" class="label">[81]</a> Le Roi Lopold des Belges, dans le but de prsenter aux principales -Cours de l'Europe son fils an, qui avait atteint sa majorit, et qu'il voulait -marier, et en mme temps dsireux d'obtenir l'augmentation des garanties -de l'indpendance de la Belgique, ainsi que la conclusion d'un trait -de commerce avec le <i>Zoll-Verein</i>, entreprit, au mois de mai 1853, un -voyage Berlin et Vienne. Le Roi de Prusse, qui le reut Berlin avec -une grande affabilit, le retrouva peu de jours aprs dans la capitale de -l'Autriche, o Frdric-Guillaume IV, accompagn de son frre, le Prince -Charles de Prusse, se rendit le 20 mai pour y signer le trait de commerce -austro-prussien. Le Roi put alors assister aux fianailles du Duc de -Brabant avec l'Archiduchesse Marie, fille de feu le Palatin. Ce mariage -fut clbr le 23 aot suivant.</p> - -<p><a id="Footnote_82" href="#FNanchor_82" class="label">[82]</a> Hansdorf tait alors la station du chemin de fer d'embranchement -de Berlin-Sagan.</p> - -<p><a id="Footnote_83" href="#FNanchor_83" class="label">[83]</a> La Grande-Duchesse Stphanie.</p> - -<p><a id="Footnote_84" href="#FNanchor_84" class="label">[84]</a> Le Prince Albert de Prusse, qui vivait spar de sa femme depuis -quelque temps, venait d'pouser, assez clandestinement, une dame d'honneur -de cette Princesse, Mlle de Rauch, qui reut le titre et le nom de -comtesse de Hohenau.</p> - -<p><a id="Footnote_85" href="#FNanchor_85" class="label">[85]</a> L'glise grecque, dans les Lieux Saints, empitait sur l'glise latine -qui perdait ainsi tout droit. Appuye par la France, l'glise latine demanda -que la question ret un nouveau rglement, et la Turquie fut appele en -dcider. La Russie, croyant le moment venu d'imposer ses volonts, -envoya Constantinople le marchal Menschikoff, avec des propositions -dont elle exigeait la signature immdiate. La Turquie, voyant l'abdication -de son indpendance, les rejeta. La Russie envahit aussitt les Principauts -danubiennes. C'tait un <i>casus belli</i>. L'Angleterre, la France et l'Autriche, -dans l'espoir de maintenir la paix, adressrent la Russie une -note portant leurs trois signatures. La Turquie, n'ayant pas accept, sans -modification, le contenu de cette note, le Czar la rejeta, et le but que l'on -se proposait ne fut pas atteint.</p> - -<p><a id="Footnote_86" href="#FNanchor_86" class="label">[86]</a> L'Empereur Nicolas arriva, en effet, Olmtz: il tait accompagn -de son beau-frre, le Prince de Prusse, pour s'entendre avec l'Autriche et -la Prusse. Une longue confrence eut lieu le 2 octobre, sous la tente -impriale, entre les deux Empereurs, le Prince de Prusse et MM. de Nesselrode -et de Buol. Les dlibrations en restrent d'abord secrtes, puis, -on apprit bientt que le Czar avait fait savoir la Porte Ottomane que -ces puissances ne lui donneraient qu'une garantie spare de chacune -d'elles, et non pas une garantie collective, et qu'il n'y aurait aucune -solidarit entre les garants de l'intgrit et de l'indpendance de la Turquie. -La proposition austro-russe fut repousse Londres comme Paris, -et absolument rejete Constantinople.</p> - -<p><a id="Footnote_87" href="#FNanchor_87" class="label">[87]</a> Pour le mariage du Duc de Brabant.</p> - -<p><a id="Footnote_88" href="#FNanchor_88" class="label">[88]</a> Marquise de Castellane.</p> - -<p><a id="Footnote_89" href="#FNanchor_89" class="label">[89]</a> Une dpche avait apport la dclaration formelle de la guerre de -la Porte la Russie. Le texte en tait d'abord parvenu la Lgation ottomane - Vienne avec la condition que les hostilits ne seraient ouvertes -que dans le cas o la Russie n'vacuerait pas les Principauts danubiennes -dans les quatre semaines.</p> - -<p><a id="Footnote_90" href="#FNanchor_90" class="label">[90]</a> Marchal des logis.</p> - -<p><a id="Footnote_91" href="#FNanchor_91" class="label">[91]</a> Lord Clarendon.</p> - -<p><a id="Footnote_92" href="#FNanchor_92" class="label">[92]</a> (De l'anglais), de second rang.</p> - -<p><a id="Footnote_93" href="#FNanchor_93" class="label">[93]</a> M. de Nesselrode avait envoy une dpche date du 7 septembre, -destine expliquer les motifs par lesquels l'Empereur Nicolas avait rejet -les modifications, demandes par le Sultan, au projet de note prpar par -le Cabinet de Vienne. Entre autres, il joignait cette dpche une note -spciale adresse M. de Meyendorff, alors ambassadeur de Russie -Vienne, dans laquelle taient discutes point par point les modifications -elles-mmes.</p> - -<p><a id="Footnote_94" href="#FNanchor_94" class="label">[94]</a> Le duc de Wellington.</p> - -<p><a id="Footnote_95" href="#FNanchor_95" class="label">[95]</a> Allusion ces vers de Racine dans sa tragdie de <i>Bajazet</i>:</p> - -<div class="poetry"><div class="stanza"> -<p>L'imbcile Ibrahim, sans craindre sa naissance,</p> -<p>Trane, exempt de pril, une ternelle enfance.</p> -<p>Indigne galement de vivre et de mourir,</p> -<p>On l'abandonne aux mains qui daignent le nourrir.</p> -</div></div> - -<p><a id="Footnote_96" href="#FNanchor_96" class="label">[96]</a> Mgr Fœrster.</p> - -<p><a id="Footnote_97" href="#FNanchor_97" class="label">[97]</a> Le 3 novembre, les Turcs remportrent un avantage notable sur la -rive valaque du Danube. Au nombre de douze mille hommes, ils passrent -le fleuve entre Lurtukai et Oltenitza, maintinrent leurs positions dans -ce dernier endroit et s'y fortifirent. Les Russes firent de grandes pertes.</p> - -<p><a id="Footnote_98" href="#FNanchor_98" class="label">[98]</a> Vers la fin du rgne de Louis-Philippe, M. Cousin comprit qu'il -tait inutile de lutter contre l'ordre des choses. Sans renoncer positivement -au libre-penser, il se rapprocha des doctrines plus saines et publia -en 1853 un ouvrage intitul <i>Du vrai, du beau et du bien</i>. Il y faisait appel - la conciliation et rvait l'union des ides religieuses avec la libert, en -mettant des regrets de nature calmer les animosits, au sujet des aberrations -de sa vie passe.</p> - -<p><a id="Footnote_99" href="#FNanchor_99" class="label">[99]</a> L'histoire de Grgoire VII fut trouve acheve dans les papiers de -M. Villemain et ne fut publie qu'aprs sa mort, en 1873. L'auteur en avait -trac le plan et rdig une notable partie la fin de la Restauration, puis -l'abandonna lorsque la rvolution de Juillet eut souffl sur les entreprises -du clerg, et y revint dans les dernires annes de sa vie.</p> - -<p><a id="Footnote_100" href="#FNanchor_100" class="label">[100]</a> Allusion la faon malveillante et peu impartiale dont M. Thiers -avait parl du prince de Talleyrand dans son grand ouvrage: <i>Le Consulat -et l'Empire</i>.</p> - -<p><a id="Footnote_101" href="#FNanchor_101" class="label">[101]</a> Le 18 dcembre 1853, lord Palmerston, qui voulait devenir Premier -ministre, et qui n'tait alors que ministre de l'intrieur dans le Cabinet -wigh-peelite, donna sa dmission, en refusant d'accepter le nouveau -bill de <i>Rforme lectorale</i>, propos par lord John Russell dans le sein du -Cabinet; puis, sous le prtexte d'une mprise qui se serait dissipe, il -reprit son portefeuille, qu'il n'avait jamais srieusement abandonn. Ce ne -fut que le 8 fvrier 1855 que lord Palmerston parvint remplacer, comme -premier Lord de la Trsorerie, lord Aberdeen, la joie de Constantinople -et la stupeur de la Russie.</p> - -<p><a id="Footnote_102" href="#FNanchor_102" class="label">[102]</a> L'amiral russe Dachinoff avait remport, le 30 novembre, une clatante -victoire dans la mer Noire, prs de Synope, sur une division navale -turque, commande par Osman-Pacha, qui fut fait prisonnier et vit tous -ses navires dtruits. Quelques jours plus tard, le gnral russe Andranikoff -battait les Turcs sur terre Aikaizick. Ils perdirent quatre mille -hommes dans ce sanglant combat.</p> - -<p><a id="Footnote_103" href="#FNanchor_103" class="label">[103]</a> Le comte Pourtals Londres et M. de Bunsen Paris avaient -pour mission de s'assurer des dterminations positives des puissances occidentales, -dans le but de dessiner la part de la Prusse l'action commune; -on esprait ainsi avoir une influence considrable sur l'Autriche, qui, si -elle devait se ranger du ct de la Russie, se trouverait fort embarrasse -par l'hostilit de la France l'ouest, et par sa grande rivale allemande au -nord.</p> - -<p><a id="Footnote_104" href="#FNanchor_104" class="label">[104]</a> A la rception de la dpche annonant le combat naval de Synope, -les Gouvernements de France et d'Angleterre envoyrent leurs amiraux -respectifs l'ordre d'entrer immdiatement dans la mer Noire; par suite de -quoi, les vaisseaux russes se trouvrent bloqus Sbastopol, et la Turquie -put travailler librement son ravitaillement.</p> - -<p><a id="Footnote_105" href="#FNanchor_105" class="label">[105]</a> On faisait courir en Angleterre mille bruits absurdes sur l'influence -que le Prince Albert cherchait prendre dans les affaires politiques et -mme sur ses ambitions personnelles pour accaparer l'autorit. La populace -commenait s'en montrer trs irrite.</p> - -<p><a id="Footnote_106" href="#FNanchor_106" class="label">[106]</a> De l'anglais: la populace.</p> - -<p><a id="Footnote_107" href="#FNanchor_107" class="label">[107]</a> Ce volume tait la premire partie des <i>Souvenirs littraires</i> de -M. Villemain, qui publia la seconde deux ans aprs.</p> - -<p><a id="Footnote_108" href="#FNanchor_108" class="label">[108]</a> Comme suite son premier volume sur Mme de Longueville, Cousin -fit paratre en 1854 une tude sur Mme de Sabl, poursuivant ainsi ses -publications sur les femmes de la socit du dix-septime sicle.</p> - -<p><a id="Footnote_109" href="#FNanchor_109" class="label">[109]</a> M. de La Rochejaquelein, partisan du suffrage universel, s'tait ralli -au coup d'tat, aprs avoir rompu avec les lgitimistes de la rue de -Poitiers, ainsi qu'avec M. le Comte de Chambord. M. de Pastoret, qui avait -refus en 1830 de prter serment Louis-Philippe, avait tremp dans le -complot des tours de Notre-Dame, se montra sympathique au gouvernement -du Prince Louis-Napolon, qui le nomma snateur en 1853.</p> - -<p><a id="Footnote_110" href="#FNanchor_110" class="label">[110]</a> La comtesse Radetzky de Ravez tait morte Vrone, le 12 janvier, -des suites d'une fluxion de poitrine.</p> - -<p><a id="Footnote_111" href="#FNanchor_111" class="label">[111]</a> L'Empereur Nicolas comprenant l'importance de l'Union des Puissances -belligrantes tentait, alors, par un vigoureux effort de rompre -l'accord de la Confrence de Vienne et de rattacher sa cause l'Autriche -et la Prusse. Ce fut le but de la mission du comte Orloff. La lettre autographe -de son matre, dont le comte Orloff tait porteur pour l'Empereur -d'Autriche, lui demandait de prendre, conjointement avec le Roi de Prusse, -vis--vis de lui, l'engagement d'observer une neutralit stricte, pendant -toute la dure de la guerre; mais Franois-Joseph s'y refusa nettement, -le Czar ne voulant pas donner la promesse de ne pas franchir le Danube et -de ne pas troubler l'ordre et la possession territoriale de l'Empire turc. -A Berlin, l'Empereur Nicolas voulut traiter l'affaire comme en famille. Il -en chargea tout simplement son reprsentant accrdit cette Cour, le -baron de Budberg. Celui-ci se servit, en cette occasion, de l'intervention -du Ministre de la maison du Roi et non de celle du Ministre des Affaires -trangres. M. de Manteuffel, bless de ce procd, donna sa dmission -qui ne fut pas accepte, et le baron de Budberg fut conduit moins courtoisement -que ne l'et t le comte Orloff.</p> - -<p><a id="Footnote_112" href="#FNanchor_112" class="label">[112]</a> Le 30 janvier 1854, le prince Napolon fit Bruxelles une visite -toute de courtoisie, trs officielle, mais sans mission politique spciale.</p> - -<p><a id="Footnote_113" href="#FNanchor_113" class="label">[113]</a> Allusion aux dcrets du 22 janvier 1852, relatifs la confiscation -des biens de la famille d'Orlans.</p> - -<p><a id="Footnote_114" href="#FNanchor_114" class="label">[114]</a> La diplomatie officielle et rgulire tant bout de ressources, -l'Empereur Napolon III avait, avec l'assentiment du Gouvernement -anglais, crit l'Empereur Nicolas une lettre confidentielle o il se montrait -trs dsireux d'une conclusion pacifique et proposant de signer, tout -d'abord, un armistice, pour reprendre ensuite le cours rgulier diplomatique. -A la date du 8 fvrier, l'Empereur Nicolas rpondait ngativement - cette lettre, qui fut fort indiscrtement publie dans les journaux; et il -la faisait suivre d'un manifeste adress au peuple russe sur sa msintelligence -avec la Porte Ottomane. Le Czar y voquait le souvenir de l'anne -1812 et attestait la valeur dploye par son peuple dans ces fastes mmorables.</p> - -<p><a id="Footnote_115" href="#FNanchor_115" class="label">[115]</a> Un parti, ayant sa tte le prince Adolphe de Hohenlohe-Ingelfingen, -reprsentait la Chambre prussienne la nuance des <i>Conservateurs-libraux</i>. -Dans la session de 1854, une proposition faite par le comte -Westphalen, se rapportant l'tat des communes pour les six provinces -orientales n'ayant pu aboutir une solution dans la Commission constitue -pour en dlibrer, des membres des divers partis libraux, auxquels se -joignirent ceux de la fraction Hohenlohe, composrent un nouveau projet, -modifiant la proposition du Gouvernement et demandant qu'il ft examin -par la Commission. Cette demande, qui s'appelait <i>la demande de la fraction -Hohenlohe</i>, fut rudement attaqu par le parti de la <i>Kreuzzeitung</i>.</p> - -<p><a id="Footnote_116" href="#FNanchor_116" class="label">[116]</a> Le parti du Prince et de la Princesse de Prusse tait ainsi dsign.</p> - -<p><a id="Footnote_117" href="#FNanchor_117" class="label">[117]</a> L'Autriche, invite par les Puissances occidentales s'allier avec -elles contre les Russes, en transmit la proposition la Prusse avec les -modifications suivantes: <i>L'Autriche ne se croit pas appele s'associer -aux Puissances occidentales dans une dclaration de guerre contre la Russie, -mais elle est prte signer une convention pour garantir l'intgrit -de la Turquie selon l'esprit du trait de 1841.</i> En outre, l'Autriche maintiendrait -la paix en Serbie, dans le Montenegro et en Bosnie, laissant aux -puissances de l'Occident le soin de s'occuper de la Grce et des provinces -grecques de la Turquie.</p> - -<p><a id="Footnote_118" href="#FNanchor_118" class="label">[118]</a> De l'anglais: A la classe des caractres plus srieux.</p> - -<p><a id="Footnote_119" href="#FNanchor_119" class="label">[119]</a> De l'italien: triomphe et s'anime.</p> - -<p><a id="Footnote_120" href="#FNanchor_120" class="label">[120]</a> La Russie avait envoy Vienne un projet de prliminaires de -paix, offrant d'vacuer les Principauts, lorsque ces prliminaires seraient -signs. La Confrence, runie alors Vienne, considrant les conditions, -auxquelles cet arrangement tait subordonn, absolument inacceptables, -rejeta ce projet.</p> - -<p><a id="Footnote_121" href="#FNanchor_121" class="label">[121]</a> Le comte Buol.</p> - -<p><a id="Footnote_122" href="#FNanchor_122" class="label">[122]</a> L'esprit faible et flottant de Frdric-Guillaume IV tait disput -par deux influences rivales: d'un ct, le parti de la Cour, acquis la -Russie; de l'autre, les Chambres prussiennes acquises l'opinion librale -et parlementaire, naturellement peu favorable cette Puissance du nord. -Le Roi, cherchant toujours temporiser, envoya le prince de Hohenzollern - Paris et le gnral de Grœben Londres pour donner confidentiellement -des explications sur sa politique, qui furent assez froidement -reues, comme tant celles d'un homme la parole duquel on croyait peu.</p> - -<p><a id="Footnote_123" href="#FNanchor_123" class="label">[123]</a> Les tiraillements entre les deux frres taient comme touffs par -la noble attitude du Prince de Prusse, qui disait trs haut que la volont -du Roi devait faire loi. Mais personne n'ignorait que le Prince dplorait -les hsitations du Roi, sa politique vacillante, et que, dsirant un rapprochement -avec les Puissances occidentales, il se trouvait en contradiction -avec la politique conseille son royal frre.</p> - -<p><a id="Footnote_124" href="#FNanchor_124" class="label">[124]</a> Le 18 mars 1854, le Ministre prussien prsenta la seconde -Chambre un projet d'emprunt de 30 millions de thalers, accompagn -d'un mmoire annonant que la Prusse maintiendrait le protocole de -Vienne, et tablissant les rsolutions que le Roi se proposait de prendre -l'gard des tats de la Confdration allemande.</p> - -<p><a id="Footnote_125" href="#FNanchor_125" class="label">[125]</a> Le Gouvernement anglais fit alors la publication des pices diplomatiques -changes en 1853 entre la Russie et l'Angleterre, au sujet de la -Turquie, dans lesquelles se trouvaient de longs rcits des conversations de -l'Empereur Nicolas avec sir Hamilton Seymour. Le Czar dissimulait mal -ses ambitieux projets et, pour arriver son but, il reprsentait l'ambassadeur -d'Angleterre la ruine certaine et imminente de la Turquie, et il -semblait avoir arrt dans sa pense que l'heure <i>pour</i> sa dissolution devait -tre arrive. A cette politique, John Russel et lord Clarendon furent aussi -explicites que consquents; ils refusrent ouvertement de partager cette -ide fixe de l'Empereur Nicolas et se montrrent trs dcids prvenir -une catastrophe en Turquie.</p> - -<p><a id="Footnote_126" href="#FNanchor_126" class="label">[126]</a> Une fivre typhode des plus graves, dont la Princesse Louise fut -atteinte l'ge de seize ans, l'avait laisse faible de tte. Cette maladie -causa la rupture de ngociations dj entames avec la Cour de Sardaigne -au sujet d'un mariage projet avec le Duc de Gnes.</p> - -<p><a id="Footnote_127" href="#FNanchor_127" class="label">[127]</a> Le prince de Hohenzollern-Sigmaringen Paris, le gnral de Grœben - Londres.</p> - -<p><a id="Footnote_128" href="#FNanchor_128" class="label">[128]</a> Les rapports du prince de Hohenzollern-Sigmaringen et du gnral -de Grœben la Cour de Berlin dterminrent le dpart du gnral de -Lindheim pour Saint-Ptersbourg, avec une lettre particulire pour le Czar -dans laquelle le Roi faisait de nouvelles propositions de mdiation. L'Empereur -Nicolas, ne pouvant matriser sa colre, chargea le prince Georges -de Mecklembourg-Strlitz de porter sa rplique dans une lettre o il -disait hautement son royal beau-frre: que quand les Puissances occidentales -assureront l'mancipation des chrtiens en Turquie par un trait, -lui, le Czar, consentirait vacuer les Principauts, en mme temps que -les flottes combines vacueraient le Pont-Euxin.</p> - -<p><a id="Footnote_129" href="#FNanchor_129" class="label">[129]</a> Dans le parti libral en Prusse, il y avait la nuance des <i>vieux -Prussiens</i>, la tte desquels se trouvaient Bethmann-Holweg, Usedom, -Pourtals, Goltz. Le <i>Preussische Wochenblatt</i> tait leur organe et avait -comme rdacteur le docteur Jasmund. On le nommait communment <i>le -Journal de Bethmann-Holweg</i>. Cette feuille se distinguait par des articles -bien crits, critiquant avec une certaine modration les actes du Gouvernement, -mais pleins d'amertume contre le parti reprsent par la <i>Kreuzzeitung</i>. -Cette feuille cessa de paratre en 1861.</p> - -<p><a id="Footnote_130" href="#FNanchor_130" class="label">[130]</a> Ferdinand-Charles III, duc de Parme, avait succomb le 27 mars -1854, aprs avoir t frapp la veille par un assassin qui lui avait port -un coup de couteau dans le ventre.</p> - -<p><a id="Footnote_131" href="#FNanchor_131" class="label">[131]</a> Le parti russe de la Cour regardait le gnral de Bonin comme un -ennemi personnel, et multiplia ses intrigues dans les hauts parages pour -le faire sortir du ministre de la Guerre. Comme le Prince de Prusse, -M. de Bonin tait galement favorable un rapprochement avec les Puissances -occidentales; aussi, sa dmission, demande par le Roi, fit la plus -fcheuse impression en dehors du cercle de la Cour. On se rappela l'nergie -dploye par le Ministre dans la Commission au sujet de l'emprunt, et -l'ardeur avec laquelle il sentait la ncessit de la ralisation d'une entente -plus intime entre la Prusse et l'Autriche. Cette entente tait devenue un -si pressant besoin que l'Empereur d'Autriche n'hsita pas d'envoyer alors - Berlin le gnral de Hess avec des propositions formelles d'une alliance -offensive et dfensive, insistant pour que la Prusse concentrt un corps -d'arme sur sa frontire. Ces ngociations aboutirent un renouvellement -formel du trait secret de 1851, par lequel la Prusse et l'Autriche se -garantissaient rciproquement leurs tats, quoique le Gouvernement prussien -se ft efforc d'carter toute stipulation qui pouvait l'obliger se -montrer en armes contre la Russie.</p> - -<p><a id="Footnote_132" href="#FNanchor_132" class="label">[132]</a> Le comte d'Alvensleben, qui avait refus une mission spciale -Londres et tait retourn dans ses terres, venait d'en tre rappel et -press de partir pour Vienne, afin de s'y concerter et d'y surveiller de plus -prs les mesures prendre avec le Cabinet autrichien, aprs la ngociation -du gnral de Hess Berlin.</p> - -<p><a id="Footnote_133" href="#FNanchor_133" class="label">[133]</a> Duc de Valenay.</p> - -<p><a id="Footnote_134" href="#FNanchor_134" class="label">[134]</a> La duchesse de Talleyrand se retrouvait pour la premire fois -Rochecotte, depuis qu'elle en avait cd la proprit sa fille en 1847.</p> - -<p><a id="Footnote_135" href="#FNanchor_135" class="label">[135]</a> Marquise de Castellane.</p> - -<p><a id="Footnote_136" href="#FNanchor_136" class="label">[136]</a> M. de Salvandy tait atteint au cou d'une loupe d'un volume considrable. -Il en souffrit durant de longues annes et cette tumeur fut la -cause de sa fin.</p> - -<p><a id="Footnote_137" href="#FNanchor_137" class="label">[137]</a> Dans la lutte de l'piscopat franais contre l'enseignement des langues -anciennes, Mgr Dupanloup, s'tant prononc avec beaucoup de talent -pour l'Universit, s'tait acquis un titre qui lui ouvrit les portes de l'Acadmie -franaise o il remplaa M. Tissot, le traducteur des <i>Bucoliques</i> de -Virgile. Cette rception eut lieu le 8 novembre 1854.</p> - -<p><a id="Footnote_138" href="#FNanchor_138" class="label">[138]</a> Lorsque clata la guerre d'Orient, le marchal de Saint-Arnaud -reut le commandement de l'arme franaise qui s'embarqua du 24 au -29 avril 1854. Il dbarqua avec ses troupes le 14 septembre en Crime; -et, de concert avec les troupes allies, remporta la victoire de l'Alma qui -leur ouvrit la route de Sbastopol. Accabl d'une maladie mortelle, il dut -remettre le commandement de l'arme au gnral Canrobert, puis s'embarqua -pour la France. Il mourut pendant la traverse le 29 septembre. -Ses restes furent dposs en grande pompe l'Htel des Invalides Paris.</p> - -<p><a id="Footnote_139" href="#FNanchor_139" class="label">[139]</a> L'Autriche avait peine conclu Berlin le trait d'alliance offensive -et dfensive ngoci par le gnral de Hess, que, sans en prvenir -la Prusse, et profitant des droits qu'elle s'tait rserv de conclure indpendamment -des traits, elle s'tait empresse de s'entendre avec les -Puissances belligrantes. <i>Le Moniteur de Paris</i>, du 4 dcembre, annonait -que le 2, Vienne, un trait d'alliance avait t sign entre les plnipotentiaires -de la France, de l'Autriche et de la Grande-Bretagne.</p> - -<p><a id="Footnote_140" href="#FNanchor_140" class="label">[140]</a> Dsirant assister aux solennits qui se prparaient dans la Ville -ternelle pour la proclamation du dogme de l'Immacule-Conception le -8 dcembre, la marquise de Castellane, emmenant sa fille avec elle, se -rendit Rome, par mer, vers la fin de novembre; elle y sjourna jusqu' -la fin du mois d'avril 1855.</p> - -<p><a id="Footnote_141" href="#FNanchor_141" class="label">[141]</a> La princesse revenait de Bruxelles o elle s'tait rfugie aprs -l'entre en campagne des Puissances belligrantes.</p> - -<p><a id="Footnote_142" href="#FNanchor_142" class="label">[142]</a> De l'anglais: pernicieux.</p> - -<p><a id="Footnote_143" href="#FNanchor_143" class="label">[143]</a> Le palais Cafarelli Rome tait la proprit du Roi de Prusse et la -rsidence de la Lgation auprs du Saint-Sige.</p> - -<p><a id="Footnote_144" href="#FNanchor_144" class="label">[144]</a> Le trait du 2 dcembre avait fait la plus profonde impression Saint-Ptersbourg. -La Russie cherchait, par des moyens dtourns, d'affaiblir -cette puissante coalition, afin d'enlever au Cabinet de Vienne tout prtexte -d'hostilit active. Le prince Gortschakoff, ambassadeur de Russie, se -dclara autoris ngocier d'une manire gnrale. Les plnipotentiaires -des trois Puissances allies du 2 dcembre se runirent Vienne -dans la journe du 28. Les explications, donnes de part et d'autre, montrrent -qu'on se comprenait, et qu'on tait d'accord sur les points essentiels, -mais sous rserve de l'assentiment des Cabinets de Londres et de -Paris; une base de paix tait comme pose, mais la Russie, n'ayant -jamais voulu faire aucune concession, quant au nombre des vaisseaux -qu'elle pourrait avoir dans la mer Noire, les ngociations tirrent en longueur -et n'aboutirent pas.</p> - -<p><a id="Footnote_145" href="#FNanchor_145" class="label">[145]</a> Fille de M. Mol.</p> - -<p><a id="Footnote_146" href="#FNanchor_146" class="label">[146]</a> La duchesse de Talleyrand avait une terreur inne des chats qu'elle -ne parvint jamais vaincre.</p> - -<p><a id="Footnote_147" href="#FNanchor_147" class="label">[147]</a> L'trange puisement qui consumait l'arme anglaise devant Sbastopol -avait dchan l'opinion publique en Angleterre contre le Ministre, -qui rclamait grands cris le relvement de la puissance britannique. -Le 27 novembre 1854, la Reine avait convoqu d'urgence le Parlement, -pour le 12 dcembre, afin de prendre des mesures qui pousseraient la -guerre avec vigueur et accrotraient les forces de l'arme. Lord Palmerston, -le ministre le plus populaire de l'Angleterre, reut la mission de -former un nouveau Cabinet. Celui-ci concentra dans les mains du commandant -en chef de l'arme les forces militaires, rforma le commissariat, -organisa un service de transport, et les dons des particuliers afflurent en -telle exubrance, qu'aprs avoir pass par toutes les souffrances, par tous -les dnments de l'extrme misre, l'arme anglaise connut toutes les -abondances, et aussi tous les dangers de l'extrme bien-tre.</p> - -<p><a id="Footnote_148" href="#FNanchor_148" class="label">[148]</a> Le dissentiment, qui s'tait manifest entre l'Autriche et la Prusse -sur la question de la mobilisation, avait fait commencer au Cabinet de -Vienne des ngociations avec diffrents gouvernements allemands, et pour -donner un point d'appui, l'Empereur d'Autriche manifestait le dsir de se -placer la tte de l'arme fdrale. Effraye de cet isolement, la Prusse -avait envoy le comte de Wedel Paris, dans l'espoir de s'entendre directement -avec les Puissances occidentales. La France devait reconnatre -la Prusse le droit de prendre part au Congrs de Vienne et la Prusse -dispose accder au trait du 2 dcembre. Mais ces ngociations chourent -compltement.</p> - -<p><a id="Footnote_149" href="#FNanchor_149" class="label">[149]</a> M. de Niebuhr, conseiller du Cabinet du Roi, passait pour un ami -de la Russie.</p> - -<p><a id="Footnote_150" href="#FNanchor_150" class="label">[150]</a> Chez Mme de Lieven.</p> - -<p><a id="Footnote_151" href="#FNanchor_151" class="label">[151]</a> Au retour de la campagne peu fructueuse de la Baltique, l'amiral -Napier, le cœur gonfl d'amertumes, ne respectant ni autorit, ni discipline, -ni convenance, ni lui-mme, avait, aprs un dner du Lord-Maire, -prononc un discours extraordinaire dans lequel il attaquait le Gouvernement -et sir James Graham, prsident de l'Amiraut. Il le dclara indigne de -prsider, puisque sir James Graham s'tait joint aux hommes qui l'avaient -blm de n'avoir pas enlev Cronstadt et de s'tre oppos son attaque. Il -avait fallu rabattre des illusions qu'on se faisait si lgrement au commencement -des hostilits du Nord et de l'Orient; les Anglais rendirent leurs -chefs responsables des difficults, le langage de sir Charles Napier et -la conduite de lord John Russell abandonnant ses collgues l'heure du -danger et travaillant ouvertement, par ses intrigues, supplanter l'administration -dont il avait fait partie, rendirent plus complte l'anarchie qui -rgnait dans les rgions les plus leves du pouvoir.</p> - -<p><a id="Footnote_152" href="#FNanchor_152" class="label">[152]</a> Ce fait n'a pas t prouv et fut mme dmenti. On en parla beaucoup - Turin, cette poque, et il est certain que le Roi Victor-Emmanuel -ne signa qu'avec une grande rpugnance les lois dont il est ici question. -La mort avait frapp, en un mois, la Reine mre, la Reine rgnante et le -Duc de Gnes, frre du Roi.</p> - -<p><a id="Footnote_153" href="#FNanchor_153" class="label">[153]</a> Ce fut, en effet, en 1855 que le duc de Broglie prit possession du -fauteuil laiss vacant par la mort de Sainte-Aulaire l'Acadmie franaise. -M. Ernest Legouv remplaa M. Ancelot. M. Ponsard succda, -dans la mme anne, M. Baour-Lormian.</p> - -<p><a id="Footnote_154" href="#FNanchor_154" class="label">[154]</a> Le gnral de Wedel avait t charg de ngocier Paris un -projet de trait <i>spar</i>, pour conclure entre la Prusse et la France, sur la -base que la Prusse serait dispose signer, le protocole du 28 dcembre, -afin de prendre sa place dans la Confrence de Vienne. Mais ces ngociations -n'aboutirent pas, la Prusse cherchant toujours conserver sa libert -d'action.</p> - -<p><a id="Footnote_155" href="#FNanchor_155" class="label">[155]</a> L'Empereur Nicolas avait cru au prompt triomphe de ses armes; -les dfaites qu'elles essuyrent successivement en Crime lui portrent -un coup terrible qui abrgea ses jours. Dj souffrant en janvier, il commena - ressentir les atteintes de la grippe; malgr les dfenses des -mdecins, il voulut, un jour, inspecter les troupes qui partaient pour la -Crime; le mal s'aggrava et fit des progrs si rapides qu'il fut emport -subitement le 2 mars. Cette nouvelle inattendue fut comme un coup de -foudre pour l'Europe, particulirement pour Berlin.</p> - -<p><a id="Footnote_156" href="#FNanchor_156" class="label">[156]</a> Le 25 fvrier 1855, M. Berryer prenait place l'Acadmie franaise. -Il y tait reu par M. de Salvandy et remplaait Alexis de Saint-Priest -dont il avait faire l'loge. En parlant des relations de M. de Saint-Priest, -M. Berryer avait dit entre autres: De bonne heure, il fut admis -dans les entretiens familiers o M. de Talleyrand se jouait et profitait avec -clat et finesse de ses avantages, tant d'assez grande naissance et revtu -d'assez hautes dignits, pour ne parler ou se taire, n'interroger ou ne -rpondre qu' son moment, toujours assur de la victoire, comme un capitaine -pouvant toujours, son gr, choisir le terrain du combat.</p> - -<p><a id="Footnote_157" href="#FNanchor_157" class="label">[157]</a> Le 5 mars 1855, l'Impratrice d'Autriche accoucha de son premier -enfant. A l'occasion de sa naissance, l'Empereur accorda une amnistie qui -fut publie simultanment dans toutes les provinces de l'Empire. Cette -jeune Archiduchesse mourut l'ge de deux ans.</p> - -<p><a id="Footnote_158" href="#FNanchor_158" class="label">[158]</a> Les difficults inattendues que les troupes expditionnaires rencontrrent -en Crime et les preuves qu'elles eurent subir avaient, en -Angleterre, dpopularis lord Raglan en le rendant responsable de ce que -Sbastopol tait entour de murailles et de ce qu'il y avait de la neige en -Crime. Comme sir Charles Napier, lord Raglan tait fort attaqu par -l'opinion publique.</p> - -<p><a id="Footnote_159" href="#FNanchor_159" class="label">[159]</a> Winterhalter, qui avait peint en 1837 le fameux tableau: <i>le Dcamron</i>, -fut choisi pour reproduire, dans le mme genre d'attitudes, l'Impratrice -Eugnie entoure des dames de sa Cour. Ce tableau, qui prit place -l'Exposition de 1855 Paris, fournit une ample matire aux critiques les -plus mordantes.</p> - -<p><a id="Footnote_160" href="#FNanchor_160" class="label">[160]</a> Ce livre, qui formait la seconde partie des <i>Souvenirs historiques et -littraires</i> de M. Villemain, piqua encore plus vivement l'opinion publique -que la premire. Dans le chapitre consacr au Congrs de Vienne, se -trouvait un portrait aussi fin que spirituel de l'auteur de cette <i>Chronique</i>.</p> - -<p><a id="Footnote_161" href="#FNanchor_161" class="label">[161]</a> Extrait de lettre M. de Bacourt.</p> - -<p><a id="Footnote_162" href="#FNanchor_162" class="label">[162]</a> Les allis avaient ouvert le 9 avril le feu de toutes leurs batteries -contre Sbastopol et une brche y avait t pratique dans la journe -du 10.</p> - -<p><a id="Footnote_163" href="#FNanchor_163" class="label">[163]</a> Le 28 avril, l'Empereur Napolon III montait cheval les Champs-lyses, -lorsqu'un Italien, nomm Pianori, lui tira un coup de pistolet sans -l'atteindre. Arrt, il dclara qu'il avait voulu venger la Rpublique -romaine. Il fut condamn mort et excut le 14 mai suivant.</p> - -<p><a id="Footnote_164" href="#FNanchor_164" class="label">[164]</a> Le 23 avril, dans la sance de la Chambre des Communes, lord -Palmerston dclarait que les Confrences taient ajournes indfiniment, -la Russie ayant refus de rduire sa flotte et de considrer le Pont-Euxin -comme mer neutre.</p> - -<p><a id="Footnote_165" href="#FNanchor_165" class="label">[165]</a> Dans le but de l'empcher d'aller en Crime, les Cabinets anglais -et franais avaient persuad l'Empereur Napolon III de venir rendre -visite la Reine d'Angleterre. Il y alla, en effet, passer une semaine, au -mois d'avril 1855, accompagn de l'Impratrice Eugnie.</p> - -<p><a id="Footnote_166" href="#FNanchor_166" class="label">[166]</a> La plus clbre des sources Carlsbad.</p> - -<p><a id="Footnote_167" href="#FNanchor_167" class="label">[167]</a> Dans la matine du 18 juin 1855, les Franais avaient attaqu -Malakoff et les Anglais le grand Redan. Cet assaut fut rejet sur tous les -points avec des pertes immenses pour les deux armes allies, qui y perdirent -chacune plusieurs gnraux et un grand nombre d'officiers suprieurs.</p> - -<p><a id="Footnote_168" href="#FNanchor_168" class="label">[168]</a> Lord Raglan avait soutenu avec dignit le poids du commandement, -mais le dnuement de ses soldats et les attaques de la presse -anglaise contre un tat de choses, auquel il ne pouvait remdier, l'affectrent -vivement. Atteint du cholra, il n'y rsista pas et mourut son quartier -gnral.</p> - -<p><a id="Footnote_169" href="#FNanchor_169" class="label">[169]</a> L'Empereur Napolon III avait convoqu les Chambres en session -extraordinaire, afin de faire un nouvel appel leur patriotisme, en leur -demandant les moyens de continuer la lutte.</p> - -<p><a id="Footnote_170" href="#FNanchor_170" class="label">[170]</a> A propos de l'observation du dimanche et du bill dit <i>du Commerce</i> -de lord Growenor, une dmonstration populaire avait eu lieu Hyde-Park. -La police dut arrter la circulation des voitures et svir contre les -personnes qui avaient voulu intervenir.</p> - -<p><a id="Footnote_171" href="#FNanchor_171" class="label">[171]</a> De l'anglais: pauvre chre vieille Angleterre.</p> - -<p><a id="Footnote_172" href="#FNanchor_172" class="label">[172]</a> La Reine Marie-Amlie voulant aller passer une partie de l'hiver en -Italie, on avait parl d'une visite Frohsdorff, mais la Reine se borna -un sjour Savone, sans donner suite ce premier projet.</p> - -<p><a id="Footnote_173" href="#FNanchor_173" class="label">[173]</a> Le bruit s'tait rpandu que, sur la demande du prince Napolon, -l'Empereur retirerait son commandement au marchal de Castellane.</p> - -<p><a id="Footnote_174" href="#FNanchor_174" class="label">[174]</a> Maison de campagne des vques d'Orlans que Mgr Fayet avait -eu la bonne fortune d'acqurir pour le diocse. Elle avait appartenu, au -commencement de ce sicle, la clbre comdienne Mlle de Raucourt. -Mgr Dupanloup en faisait sa rsidence d't, proximit de laquelle se -trouvait son petit sminaire, objet de ses soins particuliers.</p> - -<p><a id="Footnote_175" href="#FNanchor_175" class="label">[175]</a> Quelques jours avant la prise de Sbastopol, l'Empereur Napolon -III eut le grand triomphe de recevoir Paris la Reine Victoria, accompagne -du prince Albert. Sur les conseils du Gouvernement anglais, desireux -de resserrer l'alliance entre les deux peuples, la Reine vint Paris -pour y visiter l'Exposition universelle.</p> - -<p><a id="Footnote_176" href="#FNanchor_176" class="label">[176]</a> Le 8 septembre 1855, midi, les Franais avaient emport d'assaut -la tour de Malakoff regarde comme la clef de Sbastopol et, un peu -plus tard, le Grand Redan. Les Russes, voyant la solide occupation de ces -deux points principaux, se dterminrent vacuer la place, aprs avoir -ruin et fait sauter par la mine, les dfenses, les difices et avoir coul -leurs derniers vaisseaux.</p> - -<p><a id="Footnote_177" href="#FNanchor_177" class="label">[177]</a> Ce mot allemand, intraduisible en franais, veut dire: quelque chose -de dsagrable.</p> - -<p><a id="Footnote_178" href="#FNanchor_178" class="label">[178]</a> Dans la nuit du 26 au 27 aot 1855, cinq six cents ouvriers des -ardoisires de Maine-et-Loire s'taient empars d'une caserne de gendarmerie -et avaient essay de surprendre la ville d'Angers; ils furent disperss -par la force arme et pour la plupart faits prisonniers. Ils appartenaient - la socit secrte dite de la Marianne.</p> - -<p><a id="Footnote_179" href="#FNanchor_179" class="label">[179]</a> La duchesse d'Istrie habitait le premier tage de l'ancien htel -Talleyrand, alors en possession du baron de Rothschild, qui en avait fait -l'acquisition aprs la mort du prince de Talleyrand.</p> - -<p><a id="Footnote_180" href="#FNanchor_180" class="label">[180]</a> De l'anglais: bas bleu.</p> - -<p><a id="Footnote_181" href="#FNanchor_181" class="label">[181]</a> Dans cet ouvrage, M. Cousin essaie de peindre, dans toute sa vrit, -la lutte mmorable que le cardinal Mazarin eut soutenir, en 1643, au -dbut de la Rgence, contre <i>les Importants</i>, les devanciers des Frondeurs. -Parmi ses nombreux et puissants adversaires, figurent deux femmes qui -avaient dj tenu tte Richelieu. C'taient Mme de Chevreuse et Mme d'Hautefort -qui, dit M. Cousin, est peu prs assure de plaire par le pur clat -de sa beaut, la vivacit gnreuse de son esprit, la dlicatesse et la fiert -de son cœur et son irrprochable vertu.</p> - -<p><a id="Footnote_182" href="#FNanchor_182" class="label">[182]</a> Le 21 fvrier 1856 s'tait ouvert Paris, sous la prsidence du -comte Walewski, un Congrs des grandes Puissances qui avaient pris part - la guerre de Crime, pour arrter les bases d'un trait. L'Autriche, -quoique non belligrante, tant directement intresse dans la lutte, dont -la rive gauche du Danube tait l'enjeu, y prit une large part par son -reprsentant le comte Buol, dont l'attitude raide et cassante fut souvent -une cause d'irritation parmi les ngociateurs, froisss d'entendre l'Autriche -parler comme si elle avait pris <i>Sbastopol</i>; mais ce ne fut que quand les -principales clauses du trait furent arrtes le 18 mars par les Puissances, -qu'elles admirent la Prusse la continuation des dbats qui allaient s'engager -sur la convention des Dtroits, la Prusse ayant t partie contractante -en 1841 dans l'acte relatif la fermeture des Dardanelles et du Bosphore. -La paix fut signe le 30 mars, amenant la neutralisation de la mer -Noire et empchant l'absorption de l'Empire Ottoman par la Russie. Tout -paraissait donc fini, mais l'Empereur Napolon et le comte de Cavour en -avaient dcid autrement. Le 27 mars, les plnipotentiaires sardes avaient -prsent aux Ministres des Affaires trangres de France et d'Angleterre -une note relative aux affaires d'Italie. M. Walewski, par ordre de son -matre, proposa aux plnipotentiaires d'ajourner leur dpart pour un -change d'ides sur diffrents sujets qui demandaient une solution. Les -discussions restrent sans conclusion alors, mais grce la connivence des -Gouvernements de France et d'Angleterre, qui soutinrent vivement le -comte de Cavour, la situation des affaires italiennes n'en fut pas moins -traduite la barre de l'Europe.</p> - -<p><a id="Footnote_183" href="#FNanchor_183" class="label">[183]</a> M. de Rochow, membre de la Chambre des Seigneurs de Prusse, -avait tu en duel M. Hinckeldey, directeur gnral de la police Berlin. -Le Roi, ayant eu connaissance de ce projet de duel, avait charg M. Ramer, -conseiller du Ministre de sa maison, de voir les adversaires et de -les rconcilier. N'ayant pas russi dans sa mission, celui-ci se suicida en -apprenant la fatale issue de ce duel. A la sance de la Chambre des Seigneurs, -le Prsident, prince de Hohenlohe, ayant simplement exprim le -regret que M. de Rochow se trouvait empch de s'y rendre, le point -d'honneur l'ayant forc d'enfreindre les lois du pays, sans parler de la -mort de M. Hinckeldey, un grand mcontentement s'en tait suivi en ville.</p> - -<p><a id="Footnote_184" href="#FNanchor_184" class="label">[184]</a> La visite du Comte de Chambord sa tante la Reine Marie-Amlie -avait eu lieu Nervi les tout premiers jours d'avril.</p> - -<p><a id="Footnote_185" href="#FNanchor_185" class="label">[185]</a> La Princesse Marguerite, l'ane de ces deux enfants, est Reine -d'Italie.</p> - -<p><a id="Footnote_186" href="#FNanchor_186" class="label">[186]</a> M. de Sainte-Aulaire.</p> - -<p><a id="Footnote_187" href="#FNanchor_187" class="label">[187]</a> En 1854, l'Empereur Franois-Joseph avait inaugur une ligne de -chemin de fer qui reliait directement la ville de Vienne la mer Adriatique. -Une Compagnie, dont M. Nathaniel de Rothschild tait un des principaux -actionnaires, avait, l'aide de seize mille ouvriers, construit cette -voie ferre qui, tout en serpentant la chane du Semmering, la traverse -plus de trois mille pieds au-dessus du niveau de la mer.</p> - -<p><a id="Footnote_188" href="#FNanchor_188" class="label">[188]</a> L'Archiduc fut reu Paris avec tous les honneurs civils et militaires. -Son voyage tait sans but politique, quoique le bruit courut que ce -Prince venait ngocier une entrevue Munich entre l'Empereur, son -auguste frre, et l'Empereur Napolon.</p> - -<p><a id="Footnote_189" href="#FNanchor_189" class="label">[189]</a> Pendant que le Congrs tait runi Paris, l'Impratrice Eugnie -donna le jour un fils qui naquit aux Tuileries, le 16 mars 1856. D'abord -ondoy, le Prince Imprial ne fut baptis que le 15 juin suivant, trs -solennellement Notre-Dame. Le Pape Pie IX, qui tait son parrain, se -fit reprsenter par le cardinal Patrizi, et la Reine de Sude, sa marraine, -par la Grande-Duchesse Stphanie de Bade.</p> - -<p><a id="Footnote_190" href="#FNanchor_190" class="label">[190]</a> Le prince Windisch-Graetz se trouvait alors Berlin pour assister -des manœuvres militaires. Il n'avait aucune mission politique.</p> - -<p><a id="Footnote_191" href="#FNanchor_191" class="label">[191]</a> Le Prince Louis de Bade incapable de rgner, par suite d'une maladie -mentale des plus graves, son frre cadet, le Prince Frdric-Guillaume, -succda en 1852 leur pre, le Grand-Duc Charles-Lopold. Il -prit d'abord le titre de Rgent, et ce ne fut qu'en 1856 qu'il s'attribua le -titre de Grand-Duc, par une patente spciale.</p> - -<p><a id="Footnote_192" href="#FNanchor_192" class="label">[192]</a> Le 24 aot tait le jour de naissance du Comte de Paris qui, en -1856, atteignait l'ge de dix-huit ans, par consquent, la majorit pour -les rois de France.</p> - -<p><a id="Footnote_193" href="#FNanchor_193" class="label">[193]</a> Le duc de Morny se rendait Moscou comme Ambassadeur extraordinaire, -pour reprsenter la France au couronnement de l'Empereur -Alexandre II. Il dploya un luxe qui paraissait d'un got douteux ct -de celui du prince Esterhazy et de lord Granville, le premier reprsentant -l'Autriche, le second l'Angleterre.</p> - -<p><a id="Footnote_194" href="#FNanchor_194" class="label">[194]</a> Aprs la signature de la paix et l'vacuation de la Crime, le marchal -Plissier revint en France au mois d'aot 1856. Il fut reu avec -les plus grands honneurs et un accueil enthousiaste de la part de la population. -En dbarquant Marseille, le Marchal trouva une lettre de l'Empereur -qui lui confrait le titre de duc de Malakoff; en outre, le Corps -lgislatif lui vota une dotation annuelle de cent mille francs, transmissible - sa descendance directe de mle en mle.</p> - -<p><a id="Footnote_195" href="#FNanchor_195" class="label">[195]</a> Mme la Duchesse d'Orlans tait pour un mois Hambourg o elle -avait appel plusieurs de ses partisans.</p> - -<p><a id="Footnote_196" href="#FNanchor_196" class="label">[196]</a> Le Prince Adalbert, grand-amiral de la flotte prussienne, bord -de la frgate <i>Dantzig</i>, avait t attaqu sur la cte du Maroc par les pirates -du Riff. Le Prince avait reu une balle dans la cuisse durant le combat -o il perdit sept hommes, son lieutenant de vaisseau entre autres, et -dix-sept blesss. Cette msaventure avait pniblement impressionn -Berlin o, par drision, on la compara au dsastre de cette formidable -flotte de guerre, connue sous le nom de l'<i>invincible Armada</i>, quipe en -1588 par le Roi Philippe II d'Espagne et destine envahir l'Angleterre -afin d'y rtablir le catholicisme.</p> - -<p><a id="Footnote_197" href="#FNanchor_197" class="label">[197]</a> Le comte Schulenbourg avait t frapp table, pendant qu'il -dnait, le 3 septembre, d'une attaque d'apoplexie, dont il mourut le lendemain.</p> - -<p><a id="Footnote_198" href="#FNanchor_198" class="label">[198]</a> Devenue veuve le 10 fvrier 1855 du Duc de Gnes, la Duchesse -avait pous morganatiquement et secrtement, en octobre 1856, un marquis -de Rapollo qui avait t aide de camp de son mari.</p> - -<p><a id="Footnote_199" href="#FNanchor_199" class="label">[199]</a> La Princesse Louise de Prusse, fille de celui qui fut plus tard l'Empereur -Guillaume 1<sup>er</sup>, avait pous, le 20 septembre 1856, le Grand-Duc de -Bade.</p> - -<p><a id="Footnote_200" href="#FNanchor_200" class="label">[200]</a> La question de l'Altesse Royale pour le Duc de Cobourg-Gotha -n'avait pas encore t accepte ni rgle en Prusse.</p> - -<p><a id="Footnote_201" href="#FNanchor_201" class="label">[201]</a> Le marchal Marmont avait pous, en 1798, la fille du banquier -comte de Perrgaux qui devint snateur, puis rgent de la Banque de -France. Les <i>Mmoires</i> du duc de Raguse ont un cachet d'pret et -d'amour-propre qui froissrent bien des personnes quand ils furent publis -en 1856.</p> - -<p><a id="Footnote_202" href="#FNanchor_202" class="label">[202]</a> Le mariage de la Princesse Charlotte, fille du Roi des Belges, avec -l'Archiduc Maximilien d'Autriche venait d'tre dcid; mais il ne fut -clbr que l'anne suivante, le 27 juillet 1857.</p> - -<p><a id="Footnote_203" href="#FNanchor_203" class="label">[203]</a> Le discours royal avait surtout un passage relatif aux affaires de -Neuchtel, que le Roi se montrait dispos traiter comme une question de -droit europen, et, sans les spcialiser, Sa Majest annonait qu'une augmentation -des recettes du budget tait indispensable pour pourvoir plusieurs -pressants besoins.</p> - -<p><a id="Footnote_204" href="#FNanchor_204" class="label">[204]</a> L'excution du trait de Paris ayant soulev quelques difficults de -dtail entre la Russie et les autres puissances contractantes, la runion -d'une nouvelle confrence fut dcide le 31 dcembre. La premire -sance eut lieu Paris au ministre des Affaires trangres pour arriver - mettre fin aux difficults qui entravaient l'excution de l'article 20 du -trait du 30 mars prcdent. Cet article comprenait la nouvelle dlimitation -de la Bessarabie, la possession de la ville de Belgrade, l'vacuation de -Kars et de l'le des Serpents par les Russes. L'entente entre les deux puissances -fut faite le 8 janvier 1857.</p> - -<p><a id="Footnote_205" href="#FNanchor_205" class="label">[205]</a> Lord Shrewsbury avait lgu sa fortune au second fils du duc de -Norfolk, mais le comte Henry-Jean Chetwynd Talbot avait hrit des -titres et armes de lord Shrewsbury. Le duc de Norfolk lui en ayant contest -le droit, la Chambre des lords fut saisie du procs le 30 juillet 1858; -sur un rapport du lord Chancelier, les pairs d'Angleterre rendirent un -jugement favorable au comte Henry-Jean Chetwynd Talbot.</p> - -<p><a id="Footnote_206" href="#FNanchor_206" class="label">[206]</a> Le 4 janvier 1857, l'archevque de Paris, Mgr Sibour, avait t -frapp d'un coup de poignard dans l'glise de Saint-tienne-du-Mont, o -il officiait, par un prtre du diocse de Meaux, nomm Verger, rcemment -interdit et que Mgr Sibour avait refus de recevoir dans son clerg. -Jug et condamn mort, Verger fut excut le 30 janvier suivant.</p> - -<p><a id="Footnote_207" href="#FNanchor_207" class="label">[207]</a> L'abb Ledieu avait t, en 1684, attach la personne de Bossuet -en qualit de secrtaire. Quatre ans avant la mort de l'vque de Meaux, -il se mit crire un journal, aussi curieux qu'instructif, notant jour par -jour, heure par heure, les faits et gestes de son illustre matre. Ces -Mmoires, qui renferment des trsors de dtails des plus intressants, ne -furent publis qu'en 1856 par l'abb Guette, d'aprs le manuscrit autographe.</p> - -<p><a id="Footnote_208" href="#FNanchor_208" class="label">[208]</a> En revenant du couronnement de Moscou, M. de Morny pousa -Saint-Ptersbourg une princesse Troubetsko, demoiselle d'honneur de -l'Impratrice, qui devint en secondes noces duchesse de Sesto.</p> - -<p><a id="Footnote_209" href="#FNanchor_209" class="label">[209]</a> A la suite d'une insurrection qui avait clat dans le canton le -29 fvrier 1848, Neuchtel s'tait rendu indpendant de la Prusse en proclamant -une constitution dmocratique. Le Roi de Prusse protesta et, au -mois de septembre 1856, le parti royaliste, ayant sa tte le comte de -Pourtals, tenta un coup de main pour rtablir la suzerainet prussienne. -Cette tentative fut rprime par les troupes du Conseil fdral, qui firent -plusieurs prisonniers, et il fallut l'intervention de la France pour obtenir -leur largissement <i>sans</i> caution, aprs avoir fait prendre au Roi de Prusse -l'engagement de renoncer son droit de suzerainet. Le trait du 26 fvrier -1858 affirma dfinitivement l'indpendance de Neuchtel.</p> - -<p><a id="Footnote_210" href="#FNanchor_210" class="label">[210]</a> En ouvrant le 15 fvrier la session lgislative de 1857, l'Empereur -Napolon III avait prononc un discours dans lequel il clbrait les bienfaits -de la paix qu'il tait parvenu rtablir, l'intention de rduire les -dpenses sans suspendre les grands travaux et de diminuer certains -impts. Puis il remerciait les dputs d'avoir proclam l'Empire pendant -leur lgislature, de l'avoir soutenu pendant la guerre, et rsumait toute sa -pense dans cette phrase o il faisait une si vidente allusion M. Thiers: -La France, sans froisser les droits de personne, a repris dans le monde -le rang qui lui convenait et peut se livrer en toute scurit tout ce que -produit le grand gnie de la paix. Que Dieu ne se lasse pas de la protger -et bientt l'on pourra dire de notre poque ce qu'un homme d'tat, historien -illustre et national, a crit du Consulat: <i>La satisfaction tait partout, -et quiconque n'avait pas dans le cœur les mauvaises passions des -partis tait heureux du bonheur public.</i></p> - -<p><a id="Footnote_211" href="#FNanchor_211" class="label">[211]</a> On trouvera la lettre de M. le Comte de Chambord au duc de -Nemours aux pices justificatives de ce volume.</p> - -<p><a id="Footnote_212" href="#FNanchor_212" class="label">[212]</a> De l'anglais: sa lune de miel.</p> - -<p><a id="Footnote_213" href="#FNanchor_213" class="label">[213]</a> De la maison de Bourbon.</p> - -<p><a id="Footnote_214" href="#FNanchor_214" class="label">[214]</a> <i>Le Consulat et l'Empire.</i></p> - -<p><a id="Footnote_215" href="#FNanchor_215" class="label">[215]</a> M. de Falloux fut reu l'Acadmie franaise le 26 mars 1857; il -y remplaait M. Mol. Son discours fut accueilli assez froidement par la -docte Assemble, comme par une grande partie du public, qui s'interdisait -une approbation littraire pouvant ressembler un assentiment politique.</p> - -<p><a id="Footnote_216" href="#FNanchor_216" class="label">[216]</a> Mgr de Dreux-Brz.</p> - -<p><a id="Footnote_217" href="#FNanchor_217" class="label">[217]</a> M. de Falloux avait t Ministre de l'Instruction publique et des -Cultes sous la Prsidence]</p> - -<p><a id="Footnote_218" href="#FNanchor_218" class="label">[218]</a> Le Grand-Duc Constantin, frre cadet de l'Empereur de Russie et -marin de profession, vint en France accompagn du gnral de Totleben -et d'une suite nombreuse. A la tte d'une escadre russe, il dbarqua -Toulon le 20 avril et fut reu avec un grand clat dans toutes les villes de -France o il s'arrta. Pendant les dix jours qu'il sjourna Paris et les -quatre qu'il passa avec la Cour Fontainebleau, on multiplia les ftes en -son honneur. Aprs avoir sjourn un mois en France, le Grand-Duc -s'embarqua Bordeaux le 21 mai sur un yacht imprial, <i>la Reine Hortense</i>, -mis sa disposition; il visita les principaux ports et les tablissements -maritimes de l'Ocan et se rendit Osborne pour saluer la Reine -d'Angleterre. Il retourna ensuite par l'Allemagne en Russie.</p> - -<p><a id="Footnote_219" href="#FNanchor_219" class="label">[219]</a> Cette course Vienne, sans motif politique, eut lieu le 8 juillet. Le -Roi tait accompagn de sa sœur, la Grande-Duchesse de Mecklembourg-Schwerin. -Ce fut au retour, Marienbad, qu'il eut une petite attaque -d'apoplexie que l'on crut pouvoir dissimuler, mais qui fut le commencement -de sa maladie, un ramollissement du cerveau qui conduisit le Roi -au tombeau quelques annes plus tard.</p> - -<p><a id="Footnote_220" href="#FNanchor_220" class="label">[220]</a> Pie IX, ayant rsolu de se rendre Lorette pour y accomplir un -pieux plerinage, entreprit un voyage qui, pendant quatre mois, le tint -loign de Rome. Parti le 4 mai 1857, il ne rentra dans sa capitale que le -5 septembre suivant. Aprs avoir t prier dans la <i>Casa Sancta</i>, s'tre -rendu Sinigaglia, sa ville natale, et dans plusieurs autres villes d'Italie, le -Saint-Pre fit encore visite au Duc de Modne et au Grand-Duc de Toscane.</p> - -<p><a id="Footnote_221" href="#FNanchor_221" class="label">[221]</a> Le gnral de Goyon avait reu, en 1856, le commandement du -corps d'occupation que la France entretenait auprs du Pape depuis 1850. -Le gnral tait fort bien vu par Pie IX; mais de frquents dmls avec -le proministre des armes pontificales, Mgr de Mrode, rendirent petit -petit sa position difficile. Il fut oblig de revenir en France en 1862.</p> - -<p><a id="Footnote_222" href="#FNanchor_222" class="label">[222]</a> Une nouvelle attaque d'apoplexie, beaucoup plus grave que celle de -Marienbad, frappa Frdric-Guillaume IV le 6 octobre 1857, ce qui le -fora (par un dcret du 23 octobre 1857) remettre provisoirement -son frre, le Prince de Prusse, les rnes du gouvernement pour trois -mois. Dans son manifeste, le Prince promit de gouverner conformment - la Constitution et aux lois, et confirma les Ministres de son frre dans -leurs fonctions. Le Cabinet se composait de MM. de Manteuffel, de -Heydt, Simon de Ramer, de Westphalen, de Massow, de Bodelschwing -et du comte de Waldersee.</p> - -<p><a id="Footnote_223" href="#FNanchor_223" class="label">[223]</a> Fils unique du Prince de Prusse, monta sur le trne en 1888 sous le -nom d'Empereur Frdric III; son rgne n'eut qu'une dure de quatre-vingt-dix-neuf -jours.</p> - -<p><a id="Footnote_224" href="#FNanchor_224" class="label">[224]</a> Aprs le mariage de sa fille et son retour d'Allemagne, la marquise -de Castellane tomba gravement malade Paris d'une inflammation intestinale -et ne se remit que lentement de cette atteinte srieuse.</p> - -<p><a id="Footnote_225" href="#FNanchor_225" class="label">[225]</a> Orsini avait mdit d'assassiner Napolon III, qu'il regardait comme -la cause des malheurs de sa patrie; il s'tait associ trois rfugis -italiens, Pieri, Rudio et Gomes. Trois bombes fulminantes clatrent coup -sur coup, au moment o l'Empereur et l'Impratrice se rendaient en voiture -le 14 janvier l'Opra; ni l'un ni l'autre ne furent atteints, mais -il y eut cent cinquante-six personnes blesses, plus ou moins mortellement. -Rudio et Gomes furent condamns aux travaux forcs, les deux -autres la peine de mort. Orsini avoua tout, et en posant sa tte sur la -fatale machine, il poussa le cri de: <i>Vive l'Italie! Vive la France!</i> De sa -prison de Mazas, il avait adress Napolon III une lettre qui fit beaucoup -de bruit et dont voici les principaux passages: <i>Les dpositions que j'ai -faites contre moi-mme dans le procs politique, intent l'occasion de -l'attentat du 14 janvier, sont suffisantes pour m'envoyer la mort; prs -de la fin de ma carrire, je viens, nanmoins, tenter un dernier effort -pour venir en aide l'Italie, dont l'indpendance m'a fait, jusqu' ce -jour, tenter tous les prils, aller au-devant de tous les sacrifices. Elle -fait l'objet de toutes mes affections, et c'est cette pense que je veux -dposer dans ces paroles que j'adresse Votre Majest. Pour maintenir -l'quilibre actuel de l'Europe, il faut rendre l'Italie indpendante ou -desserrer les chanes dans lesquelles l'Autriche la tient en esclavage. -Demand-je pour sa dlivrance que le sang des Franais soit rpandu -pour les Italiens? NON, je ne vais pas jusque-l. L'Italie demande que -la France n'intervienne pas contre elle; elle demande que la France ne -permette pas l'Allemagne d'appuyer l'Autriche dans les luttes qui vont -peut-tre s'engager. Or, c'est prcisment ce que Votre Majest peut faire -si elle le veut. De votre volont dpendent, ou le bien-tre ou les malheurs -de ma patrie, la vie ou la mort d'une nation qui l'Europe est en grande -partie redevable de sa civilisation. Telle est la prire que, de mon -cachot, j'ose adresser Votre Majest, ne dsesprant pas que ma faible -voix soit entendue. J'adjure Votre Majest de rendre ma patrie l'indpendance -que ses enfants ont perdue en 1849 par la faute mme des -Franais.</i></p> - -<p><a id="Footnote_226" href="#FNanchor_226" class="label">[226]</a> La marquise de Castellane tait tombe malade chez la duchesse -d'Albufra, o elle resta des mois.</p> - -<p><a id="Footnote_227" href="#FNanchor_227" class="label">[227]</a> Le 1<sup>er</sup> fvrier 1858, l'Empereur Napolon et l'Impratrice recevaient - Paris: le Prince Albert de Prusse, le plus jeune frre du Roi, le Prince -Frdric-Charles de Prusse, neveu du Roi, et le Prince Adalbert de Prusse, -cousin du Roi.</p> - -<p><a id="Footnote_228" href="#FNanchor_228" class="label">[228]</a> Le 21 fvrier, lord Palmerston tomba du pouvoir aprs l'avoir tenu -en main pendant trois annes conscutives, et sur la demande de la Reine, -ce fut lord Derby qui reconstitua un Cabinet dans lequel on remarquait -lord Salisbury, comme Prsident du Conseil, le gnral Peel la Guerre, -lord Malmesbury aux Affaires trangres et M. Disraeli, chancelier de -l'chiquier; mais la politique de lord Salisbury n'ayant point t approuve -par le Parlement, lord Palmerston et lord John Russell reprirent les rnes -du gouvernement en juin 1859.</p> - -<p><a id="Footnote_229" href="#FNanchor_229" class="label">[229]</a> Les habitants de Londres, afin de protester contre le bill relatif aux -conspirations pour assassinat, s'taient ports en foule Hyde-Park pour y -faire une runion monstre; mais en arrivant, le public trouva une affiche, -annonant que les promoteurs du meeting y avaient renonc la suite du -vote de la Chambre des Communes qui avait renvers le Ministre.</p> - -<p>En mme temps, il paraissait Londres une brochure, <i>Lettre au Parlement -et la presse</i>, signe: <i>Flix Pyat</i>, <i>Besson</i> et <i>Talandier</i> au nom du -<i>Comit de la commune rvolutionnaire</i> et en date du 24 fvrier 1858. -Cette brochure dfendait le droit l'assassinat et faisait l'apologie de l'attentat -dans le langage le plus passionn.</p> - -<p><a id="Footnote_230" href="#FNanchor_230" class="label">[230]</a> <i>Le Moniteur</i> du 1<sup>er</sup> mars annonait que le gnral Changarnier et -le gnral Bedeau taient autoriss rentrer en France.</p> - -<p><a id="Footnote_231" href="#FNanchor_231" class="label">[231]</a> Cette brochure tait un expos des questions que les derniers vnements -avaient fait surgir entre la France et l'Angleterre. L'auteur, qui -tait, dit-on, M. de la Guronnire, dbutait en rappelant les gages nombreux -de sympathie que l'Empereur Napolon III avait donns l'Angleterre -pour maintenir les bons rapports entre les deux pays et viter les -conflits; puis il arrive l'attentat du 14 janvier, aux incidents qu'il a -dtermins entre les deux pays et il tablit que ces complots sont prpars, -organiss, excuts par les rfugis de Londres. Au moment o cette -brochure paraissait, il y avait quelques difficults diplomatiques entre la -France et l'Angleterre, le ministre des Affaires trangres de Londres -n'ayant pas jug propos de rpondre une note adresse par M. Valewski, -ministre des Affaires trangres de France. La chute du Cabinet -britannique s'en tait suivie, et lord Malmesbury, devenu ministre, ne -pouvant s'entendre avec M. de Persigny, ambassadeur de France Londres, -celui-ci dut donner sa dmission.</p> - -<p><a id="Footnote_232" href="#FNanchor_232" class="label">[232]</a> M. Rigault avait fait paratre dans le <i>Journal des Dbats</i> du -6 avril un feuilleton critique et moqueur sur ce qu'il appelait la dvotion -du temps et l'loquence religieuse. Il y faisait trois catgories de prdicateurs, -et distinguait, par les opinions, le clerg sculier de la rive droite -de la Seine de celui de la rive gauche.</p> - -<p><a id="Footnote_233" href="#FNanchor_233" class="label">[233]</a> Le Prsident du Conseil en Prusse, le 12 avril 1858, annonait aux -Chambres que le Roi venait de confrer de nouveau les pouvoirs complets, -pour trois mois, son frre le Prince de Prusse.</p> - -<p><a id="Footnote_234" href="#FNanchor_234" class="label">[234]</a> C'tait propos de la faon dont M. Guizot avait parl, dans les chapitres -III et IV du premier volume de ses <i>Mmoires</i>, de M. de Talleyrand; -il s'agissait d'insinuations, malveillantes dans le fond quoique courtoises -dans la forme, dont M. Guizot avait fait usage, au sujet du rle -politique de M. de Talleyrand pendant la Rvolution, qu'il rapprochait de -celui qu'il avait rempli au Congrs de Vienne; comme aussi de celui -qu'il avait jou lors de la restauration des Bourbons.</p> - -<p><a id="Footnote_235" href="#FNanchor_235" class="label">[235]</a> Le marchal Plissier avait remplac Londres, comme ambassadeur -de France, M. de Persigny.</p> - -<p><a id="Footnote_236" href="#FNanchor_236" class="label">[236]</a> Aprs l'attentat d'Orsini, lord Palmerston proposa un bill pour -modifier la loi sur les rfugis. Lord John Russel parla contre cette proposition -et froissa le Premier Ministre qui se brouilla avec lui, et le Cabinet -tomba sous le blme d'avoir gard le silence sur une dpche de -M. Valewski, accusant le Gouvernement britannique de trop de tolrance -pour les rfugis. Quelques mois aprs, lord Palmerston et lord John -Russel se rconcilirent dans une entrevue chez M. Ellice et formrent en -juin 1859 un nouveau Cabinet.</p> - -<p><a id="Footnote_237" href="#FNanchor_237" class="label">[237]</a> La Duchesse d'Orlans, qui habitait alors avec ses enfants Richmond -en Angleterre, tait morte le 17 mai, enleve en trs peu de jours -par une grippe inflammatoire, et sans qu'on se soit dout autour d'elle du -danger qui la menaait.</p> - -<p><a id="Footnote_238" href="#FNanchor_238" class="label">[238]</a> De l'italien: le monde marche tout seul.</p> - -<p><a id="Footnote_239" href="#FNanchor_239" class="label">[239]</a> La Reine Victoria vint Cherbourg pour en visiter le port; elle fut -reue le 6 aot 1858, avec autant de pompe que d'honneurs, par l'Empereur -Napolon III et l'Impratrice Eugnie. Un mois plus tard, la Reine vint -Potsdam et Berlin pour y voir sa fille marie depuis quelques mois au -Prince Frdric-Guillaume de Prusse.</p> - -<p><a id="Footnote_240" href="#FNanchor_240" class="label">[240]</a> Appel <i>paletot classique</i> par Humboldt.</p> - -<p><a id="Footnote_241" href="#FNanchor_241" class="label">[241]</a> De l'anglais: Comment pouvez-vous aller une telle humiliation -nationale?</p> - -<p><a id="Footnote_242" href="#FNanchor_242" class="label">[242]</a> La majorit de la Chambre, en Belgique, se basant sur l'avis que le -projet du Gouvernement n'offrait pas assez de stabilit, en allguant qu'une -place forte intrieure serait plus utile, avait rejet le projet du Gouvernement -de fortifier le port et la ville d'Anvers. Le lendemain de ce vote, -le Ministre donnait lecture la Chambre de deux arrts royaux, l'un -dclarant que le Gouvernement retirait son projet; l'autre que la session -de la Chambre tait close.</p> - -<p><a id="Footnote_243" href="#FNanchor_243" class="label">[243]</a> Cette Confrence, o sigeaient les plnipotentiaires de France, -d'Autriche, de la Grande-Bretagne, de Prusse, de Russie, de Sardaigne et -de Turquie, avait pour but de rgler l'organisation des Principauts danubiennes. -Le 19 aot, la premire partie de cette tche tant accomplie, -une convention, arrte et signe, devait former un acte additionnel au -trait de Paris. La Confrence, ayant rejet le travail de la Commission -relatif la navigation du Danube, ce point resta encore en suspens.</p> - -<p><a id="Footnote_244" href="#FNanchor_244" class="label">[244]</a> L'attentat d'Orsini fut le point de dpart mystrieux de la phase -des affaires italiennes et l'origine de la guerre de 1859, prpare, au -fond, ds le Congrs de 1856. A partir de cette poque, la situation prit -une gravit singulire et un emportement effar sembla rgner Paris. -Deux diplomaties s'y jouaient en mme temps. D'un ct, le comte Walewski -s'adressait de toutes parts pour rclamer des garanties contre le -droit d'asile; de l'autre, l'Empereur Napolon trs tourment, surtout -depuis la lettre qu'Orsini lui avait adresse la veille de son excution, -trouvait que, s'il y avait des conspirateurs, la faute tait la situation violente -de l'Italie; et dans l'intimit des Tuileries, il se disait <i>que tant qu'il -y aurait des Autrichiens en Italie, il y aurait des attentats Paris</i>. Au -mois de mai 1858, l'Empereur Napolon faisait crire secrtement au -comte de Cavour une lettre contenant tout un plan d'alliance entre la -France et le Pimont, les conditions d'arrangements rciproques, et mme -une proposition de mariage du prince Napolon avec une fille du Roi Victor-Emmanuel; -et il faisait prvenir de la possibilit d'une ngociation -dcisive. Rien n'tait pourtant possible sans une entrevue, et comme il en -fallait dtourner les soupons, le docteur Conneau (mdecin de l'Empereur) -passa en juin par Turin, sous prtexte d'un voyage de plaisir en -Italie, charg de convenir d'une excursion, sans clat, du comte de -Cavour Plombires o l'Empereur devait se rendre. Le Comte s'y achemina, -en effet, sans bruit et y arrivait le 20 juillet. De suite, l'Empereur -aborda le sujet en question et se dit dcid appuyer la Sardaigne de -toutes ses forces dans une guerre contre l'Autriche, pourvu que la guerre -ft entreprise pour une cause non rvolutionnaire, qui pt tre justifie aux -yeux de la diplomatie et de l'opinion publique en France et en Europe. Il -toucha ensuite la constitution d'un royaume italien de onze millions -d'mes, la cession de la Savoie et de Nice la France, et le mariage du -prince Napolon avec la princesse Clotilde. Durant l'automne, on sortait -des conventions verbales pour la signature d'un trait d'alliance offensive -et dfensive entre la France et le Pimont; et au grand tonnement de la -France mal informe, Napolon III, en recevant le 1<sup>er</sup> janvier 1859 le corps -diplomatique, tmoignait brusquement M. de Hbner, ambassadeur -d'Autriche, son regret que les relations fussent <i>mauvaises</i> entre Paris et -Vienne. Ces quelques mots et ceux que le Roi Victor-Emmanuel prononait -quelques jours aprs, le 10 janvier, en ouvrant les Chambres, furent en -quelque sorte l'clair prcurseur de l'orage qui allait clater. C'tait la -premire consquence des engagements de Plombires.</p> - -<p><a id="Footnote_245" href="#FNanchor_245" class="label">[245]</a> Le mariage ne fut clbr que le 2 octobre 1858.</p> - -<p><a id="Footnote_246" href="#FNanchor_246" class="label">[246]</a> La Reine lisabeth, qui tait une Princesse de Bavire, avait, sous -la pression de son beau-pre Frdric-Guillaume III, quelques annes -aprs son mariage, abjur la religion catholique pour entrer dans l'glise -protestante. Malgr cette situation difficile, le Roi et la Reine passrent -Rome la plus grande partie de l'hiver 1858-1859.</p> - -<p><a id="Footnote_247" href="#FNanchor_247" class="label">[247]</a> Fille du Roi de Saxe et premire femme de l'Archiduc Charles-Louis -d'Autriche. Cette Princesse venait de mourir en couches.</p> - -<p><a id="Footnote_248" href="#FNanchor_248" class="label">[248]</a> Le nouveau Ministre prussien tait ainsi compos: le prince de -Hohenzollern-Sigmaringen, prsident du Conseil; M. d'Auerswald, ministre -d'tat; M. de Schleinitz, ministre des Affaires trangres; le gnral -de Bonin, ministre de la Guerre; M. de Patow, ministre des Finances; le -comte Pckler, ministre de l'Agriculture; M. de Bethmann-Holweg, -ministre des Cultes; M. de Heydt, ministre du Commerce; M. Simons, -ministre de la Justice; M. de Flottwell, ministre de l'Intrieur.</p> - -<p><a id="Footnote_249" href="#FNanchor_249" class="label">[249]</a> Dans une allocution que le Prince-Rgent de Prusse avait adresse le -8 novembre au Ministre d'tat, aprs la reconstitution du Cabinet, le -Prince avait dit que, s'il s'tait opr un changement dans les conseillers -de la Couronne, cela avait eu lieu parce qu'il avait trouv chez tous les -conseillers choisis par lui l'opinion qui tait la sienne, savoir: <i>qu'il ne -pouvait tre question, ni maintenant, ni jamais, d'une rupture avec le -pass</i>, qu'il s'agissait seulement d'amliorer, l o l'arbitraire s'tait fait -sentir. L'opinion s'tant fort agite sur ces paroles, les Ministres crurent -ncessaire de les expliquer; mais ces explications taient enveloppes -d'obscurit et leur langage nbuleux rendait impossible d'y pntrer.</p> - -<p><a id="Footnote_250" href="#FNanchor_250" class="label">[250]</a> Ce programme tait tout entier dans l'allocution du Prince-Rgent -au Ministre d'tat, dont nous avons dj parl plus haut, et qu'une indiscrtion -avait fait connatre aux gazettes qui, naturellement, l'imprimaient -avec plus ou moins de vrit.</p> - -<p><a id="Footnote_251" href="#FNanchor_251" class="label">[251]</a> Le prince Napolon, accompagn du gnral Niel et de M. Bixio, -tait parti de Paris le 13 janvier pour Turin, o son mariage avec la -princesse Clotilde, fille du Roi Victor-Emmanuel, fut clbr le 30 du -mme mois.</p> - -<p><a id="Footnote_252" href="#FNanchor_252" class="label">[252]</a> Ce livre, qui parut au printemps de 1859, chez l'diteur Michel -Lvy Paris, ne portait pas le nom de son auteur.</p> - -<p><a id="Footnote_253" href="#FNanchor_253" class="label">[253]</a> La guerre tait imminente, mais les Puissances mdiatrices, comprenant -que si elles voulaient en conjurer le flau, elles devaient s'interposer -activement, l'Angleterre donna lord Cowley (alors ambassadeur -de Londres Paris), la mission de se rendre Vienne pour sonder les dispositions -de l'Autriche et amener la rgularisation de ses rapports avec la -Sardaigne; mais tout s'vanouit, quand, le 20 mars, clata, en pleine -Europe, une proposition de Congrs, venant de Ptersbourg (et en ralit, -rpondant un vœu secret des Tuileries), qui compliquait la situation au -lieu de la simplifier, en la faisant entrer dans une voie sans issue. Ce Congrs -ne pouvait tre et ne fut qu'une chimre.</p> - -<p><a id="Footnote_254" href="#FNanchor_254" class="label">[254]</a> La rvolution de 1848 ayant mis fin sa carrire politique et militaire, -le duc de Fezensac avait employ ses loisirs crire les souvenirs -des grandes guerres de sa jeunesse dont il fit plus tard la publication.</p> - -<p><a id="Footnote_255" href="#FNanchor_255" class="label">[255]</a> Le <i>Moniteur</i> du 4 mars contenait simplement ces mots: <i>Le Constitutionnel</i> -annonce que l'vacuation des tats romains par nos troupes a -t ordonne, et que le corps d'arme franais a dj reu l'ordre de se -diriger sur Civita-Vecchia. Cette nouvelle est au moins prmature. -Puis le lendemain, le <i>Moniteur</i> publiait une dclaration dmentant tour -tour les bruits relatifs des engagements contracts avec la Sardaigne et -assurait qu'il n'y avait que la promesse, faite par la France, de dfendre la -Sardaigne contre tout acte agressif de l'Autriche, qui n'tait nullement de -nature faire redouter la guerre.</p> - -<p><a id="Footnote_256" href="#FNanchor_256" class="label">[256]</a> Sur son dsir, le prince Napolon s'tait dcharg du ministre de -l'Algrie et des Colonies.</p> - -<p><a id="Footnote_257" href="#FNanchor_257" class="label">[257]</a> Au moment o clatait la proposition de Congrs, la situation commenait - devenir critique; une scne des plus vives avait eu lieu Paris -entre le comte Walewski et le reprsentant sarde, M. de Villamarina. Le -ministre des Affaires trangres se laissait emporter jusqu' dire que -<i>l'Empereur ne ferait pas la guerre pour favoriser les ambitions de la -Sardaigne; que tout devait tre rgl par un Congrs auquel le Pimont -n'avait aucun droit de participer</i>. Un langage aussi acerbe tait tenu -Turin par le ministre de France, le prince de la Tour-d'Auvergne. Le -comte de Cavour se htait de faire face l'orage. Il expdiait une lettre -du Roi l'Empereur laquelle celui-ci rpondait simplement: <i>Que le -comte de Cavour vienne Paris sans plus de retard.</i> Cavour tait -Paris le 25 mars, o il eut des entrevues successives avec l'Empereur et -reut aux Tuileries un accueil cordial; mais il ne tarda pas s'apercevoir -de tout un travail dans l'entourage de l'Empereur, qui n'avait pas seulement -pour objet le maintien de la paix (ft-ce par le sacrifice du Pimont), -mais qui tendait l'carter lui-mme comme le principal obstacle la -paix. M. de Cavour rentrait Turin le 1<sup>er</sup> avril, quand, peu de jours aprs, -l'Autriche envoya, le 23 avril, au Roi de Pimont un <i>ultimatum</i> qui n'tait -autre que la sommation immdiate de son dsarmement, et que le moindre -sentiment de fiert lui interdisait d'accepter. Les hostilits tant devenues -imminentes, l'arme franaise franchit les Alpes.</p> - -<p><a id="Footnote_258" href="#FNanchor_258" class="label">[258]</a> Au sujet de la rforme lectorale, le Cabinet anglais ayant eu une -minorit de trente voix, le Ministre rsolut de ne pas donner sa dmission, -mais de dissoudre le Parlement. Lord Derby en fit communication le -4 avril la Chambre et fit figurer en premire ligne, dans son discours, -l'intrt qui s'attachait au maintien de la paix; en faisant allusion lord -Palmerston et lord John Russel, il exprimait l'espoir que la rsolution -du Ministre serait approuve par l'opinion publique, car la nation ne -pourrait voir sans dplaisir le pouvoir passer dans les mains des partis -coaliss, qui n'ont de force que pour dtruire et non pour gouverner.</p> - -<p><a id="Footnote_259" href="#FNanchor_259" class="label">[259]</a> Le 27 avril, le Grand-Duc de Toscane, press par une dputation -d'officiers suprieurs, qui s'taient prsents pour lui demander d'opter -entre l'alliance avec le Pimont ou son abdication, s'tait retir avec sa -famille Bologne. Aussitt, le Roi de Sardaigne avait t proclam Dictateur -de la Toscane, pendant la dure de la guerre. Ce mouvement s'tendit -immdiatement dans les Duchs voisins, notamment dans le duch de -Modne. Une proclamation de commissaires extraordinaires, de Massa et -de Carrare, plaait ces villes sous la protection du Roi Victor-Emmanuel. -Ce ne fut pourtant qu'au 15 juin que la Duchesse de Parme rsolut d'abandonner -ses tats.</p> - -<p><a id="Footnote_260" href="#FNanchor_260" class="label">[260]</a> Campagne du Grand-Duc et de la Grande-Duchesse de Weimar.</p> - -<p><a id="Footnote_261" href="#FNanchor_261" class="label">[261]</a> Le 4 juin 1859, l'Empereur Napolon s'tait avanc sur Magenta, -sans se rendre compte des forces qu'il avait devant lui; sa position tait -devenue fort critique. Le gnral de Mac-Mahon se porta, par une marche -rapide, en avant de Magenta, avec une partie du second corps d'arme, -sur les Autrichiens. Il parvint dgager les grenadiers de la Garde fort -compromis, prit et reprit sept fois le village de Magenta, fit cinq mille -prisonniers et, vers huit heures du soir, resta matre du champ de -bataille.</p> - -<p><a id="Footnote_262" href="#FNanchor_262" class="label">[262]</a> Vers le 10 juin, les Autrichiens abandonnrent la rgion du P -pour se retirer derrire l'Oglio; ils quittrent de mme Ferrare, Ancne -et les tats romains, qui rejetaient l'autorit du Pape pour s'annexer au -royaume de Sardaigne. Dans la nuit du 11 au 12 juin, les Autrichiens -vacuaient Bologne, d'o le Cardinal-Lgat se retirait, laissant la Municipalit -le soin de gouverner cette ville, qui proclamait immdiatement la -dictature du Roi Victor-Emmanuel, auquel Parme et toutes les villes de la -Lombardie s'empressaient de faire acte de soumission.</p> - -<p><a id="Footnote_263" href="#FNanchor_263" class="label">[263]</a> Le prince de Metternich tait mort, le 5 juin 1859, sous le coup -des motions que lui donnrent les dfaites des Autrichiens et la destruction -des effets de sa politique en Italie.</p> - -<p><a id="Footnote_264" href="#FNanchor_264" class="label">[264]</a> Une escarmouche d'avant-poste, Bertoletto, o Garibaldi avait -fait construire un pont sur la Chiese, avait amen un combat entre quelques -compagnies des chasseurs des Alpes et les avant-postes autrichiens -qui avaient d'abord battu en retraite. Les lgionnaires, emports par leur -ardeur, les ayant poursuivis jusqu' Castelnedolo, y trouvrent l'ennemi en -masse, qui chercha les envelopper. S'apercevant du pril, ils durent se -retirer devant les Autrichiens qui firent sauter le pont, peine bti sur la -Chiese en face de Montechiari.</p> - -<p><a id="Footnote_265" href="#FNanchor_265" class="label">[265]</a> Lord Palmerston.</p> - -<p><a id="Footnote_266" href="#FNanchor_266" class="label">[266]</a> Le marchal Canrobert, qui commandait le 3<sup>e</sup> corps d'arme, avait -reu l'ordre d'appuyer le gnral Niel; mais ne jugeant pas prudent de -prter, tout d'abord, son appui au commandant du 4<sup>e</sup> corps (celui de Niel) -il crut plus sage de rester surveiller les mouvements d'une colonne -dtache dont le dpart de Mantoue avait t signal, ce qui amena entre -les deux gnraux d'amres rcriminations aprs cette bataille de Solferino, -qui fut livre le 24 juin, les deux armes ennemies s'tant rencontres -inopinment, entre la Chiese et le Mincio. Le fruit de cette nouvelle -victoire des armes allies fut l'abandon par les Autrichiens de toutes les -positions prpares par eux sur la rive droite du Mincio et amena les -prliminaires de Villafranca.</p> - -<p><a id="Footnote_267" href="#FNanchor_267" class="label">[267]</a> Une circulaire du comte de Cavour adresse, la date du 14 juin -1859, tous les reprsentants de la Sardaigne auprs des Cours trangres, -avait expos le point de vue sous lequel il envisageait les derniers -vnements accomplis. Il rappelle d'abord que l'Autriche a refus le Congrs -propos par la Russie, qu'elle a envahi le Pimont et que les victoires -des armes allies leur ont ouvert la Lombardie. Parlant ensuite -des antipathies des populations italiennes qui ont clat contre l'Autriche -et demand l'annexion de leur pays au Pimont, M. de Cavour prouve -que le Roi de Sardaigne, en acceptant ce vœu spontan de la volont -nationale, ne porte aucune atteinte aux traits existants, puisque l'Autriche, -en refusant le Congrs, les a dchirs elle-mme et a rendu les -populations italiennes leurs droits naturels. Le but, hautement avou -par le Roi, tait l'indpendance italienne et l'exclusion de l'Autriche.</p> - -<p><a id="Footnote_268" href="#FNanchor_268" class="label">[268]</a> Secrtement pouss par la Russie, qui ne pardonnait pas l'Autriche -son attitude pendant la guerre de Crime, Kossuth lanait les nouvelles -proclamations appelant la nation madgyare aux armes, la lutte pour la -libert de la Hongrie et annonait qu'il allait reparatre sur le sol de la -patrie.</p> - -<p><a id="Footnote_269" href="#FNanchor_269" class="label">[269]</a> Lady John Russell tait la fille de lord Minto, connu par ses tendances -librales et son penchant pour la cause italienne.</p> - -<p><a id="Footnote_270" href="#FNanchor_270" class="label">[270]</a> La Prusse s'efforait justement d'amener les Gouvernements anglais -et russe tenter une mdiation commune auprs des Puissances belligrantes, - laquelle, du reste, le Ministre anglais n'avait pas adhr lorsque, -par un inexplicable revirement d'ides, Napolon III s'arrta tout -coup, malgr une suite ininterrompue de victoires. Le 6 juillet, il offre -un armistice l'Empereur Franois-Joseph, alors Vrone, avec son -arme dans une situation fort compromise. La lutte est suspendue jusqu'au -15 aot, et, le 11 juillet, Napolon III et l'Empereur d'Autriche -avaient, Villafranca, une entrevue qui mettait fin la guerre, avant que -le comte de Cavour et eu le temps d'accourir pour dtourner le Roi -Victor-Emmanuel d'adhrer ce trait.</p> - -<p><a id="Footnote_271" href="#FNanchor_271" class="label">[271]</a> Le prince Windisch-Graetz avait t envoy Berlin en mission -militaire pour s'y assurer de la disposition des esprits et arrter avec le -Gouvernement la marche de trois corps d'arme, que l'Autriche devait -mettre la disposition de la Confdration germanique.</p> - -<p><a id="Footnote_272" href="#FNanchor_272" class="label">[272]</a> En face de ce trait de Villafranca, qui n'tait qu'une cruelle dception, -laissant tous les problmes rsoudre et ne rpondant aucune des -esprances des Italiens, le comte de Cavour refusa de contresigner cette -paix, abdiqua le Ministre, et l'me remplie de douleur et d'agitation, -remit aussitt sa dmission au Roi, croyant le devoir lui-mme, -son honneur et sa politique. Il laissait le pouvoir un Ministre form -avec le gnral La Marmora, Ratazzi et le gnral Dabormida.</p> - -<p><a id="Footnote_273" href="#FNanchor_273" class="label">[273]</a> La Princesse Stphanie de Hohenzollern avait pous, en 1858, le -Roi de Portugal.</p> - -<p><a id="Footnote_274" href="#FNanchor_274" class="label">[274]</a> Dans ce discours, l'Empereur avait dit entre autres: Si je me suis -arrt, ce n'est pas par lassitude ou par puisement, ni par abandon de la -noble cause que je voulais servir, mais parce que dans mon cœur quelque -chose parlait plus haut encore: <i>l'intrt de la France</i>.</p> - -<p><a id="Footnote_275" href="#FNanchor_275" class="label">[275]</a> Sous le prtexte que de nombreuses erreurs se seraient commises -dans les tentatives de mdiation faites par la Prusse, le Cabinet prussien -avait adress tous ses agents diplomatiques en Allemagne une dpche -circulaire ayant le but de rtablir les faits.</p> - -<p><a id="Footnote_276" href="#FNanchor_276" class="label">[276]</a> Le 10 aot 1859, le Roi Frdric-Guillaume IV avait t frapp -d'une nouvelle attaque d'apoplexie.</p> - -<p><a id="Footnote_277" href="#FNanchor_277" class="label">[277]</a> Le trait de Zurich entre la France et l'Autriche ne fut conclu que -le 10 novembre 1859. Il n'tait que la suite des prliminaires de Villafranca -et mettait fin la guerre qui, d'aprs la solennelle promesse de -Napolon III, devait avoir pour rsultat l'affranchissement de l'Italie -entire depuis les Alpes jusqu' l'Adriatique. Mais en laissant tout dsormais -au dsarroi et l'imprvu, les Italiens prirent alors, eux-mmes, la direction -de leurs destines et, djouant les calculs, ils se chargrent d'interprter -cette paix par laquelle on avait cru les enchaner.</p> - -<p><a id="Footnote_278" href="#FNanchor_278" class="label">[278]</a> Cavour n'avait rien fait pour prcipiter l'explosion de cette question -de l'Italie mridionale qui allait natre d'une aventure. Sa politique -et t de nouer ce qu'il appelait l'alliance des deux grands royaumes -de la Pninsule, former ainsi le faisceau fdratif des forces italiennes -du nord et du midi dans un intrt d'avenir national. A l'avnement de -Franois II, fils d'une Princesse de Savoie, Cavour avait envoy Naples -le comte de Salmour avec une mission de paix, offrant amiti et appui. -Avec Rome, avec Naples, Cavour se serait prt volontiers aux mnagements -et aux transactions.</p> - -<p><a id="Footnote_279" href="#FNanchor_279" class="label">[279]</a> A Florence, Modne, Bologne, Parme, l'acte de Villafranca clatait -comme un coup de foudre. L'Autriche, peine diminue d'une province, -restait, aux yeux de tous, la puissance dbordante de l'Empire sur le Mincio -et sur le P. Ds lors, la pense de l'annexion la Sardaigne domina -toutes ces populations, afin de se crer le plus de forces italiennes possible -pour sortir de l'alternative, ou d'une soumission dcourage, ou du -dchirement d'une rsistance rvolutionnaire; cela amena le vote unanime -de ces petits tats vers le Pimont, qui leur avait donn l'exemple du courage, -de l'honneur militaire, du patriotisme prouv, de la libert rgulire. -Le 21 aot, l'Assemble des notables, Modne, votait la dchance -du Duc Franois V et leur annexion au Pimont; celle de Florence faisait -de mme; puis un dcret royal annonait que le gnral Garibaldi tait -nomm commandant de la 2<sup>e</sup> division des Toscans, et ce mme jour, la -ligue dfensive de tous les tats de l'Italie tait conclue.</p> - -<p><a id="Footnote_280" href="#FNanchor_280" class="label">[280]</a> Quartier gnral de l'Empereur Napolon III.</p> - -<p><a id="Footnote_281" href="#FNanchor_281" class="label">[281]</a> A la sance annuelle pour la distribution du prix Montyon, M. Villemain -avait fait le rapport sur les œuvres littraires et M. Guizot sur celui -des œuvres de vertu, qu'il terminait par une allusion fort loquente sur le -dvouement pour la patrie des soldats morts dans la guerre d'Italie.</p> - -<p><a id="Footnote_282" href="#FNanchor_282" class="label">[282]</a> L'article du <i>Moniteur</i> tait un avertissement l'Italie contre les -annexions. Il y tait dclar que la restauration des Archiducs formait une -partie importante des stipulations de Villafranca et la condition <i>sine qua -non</i> des avantages qui rsultaient pour l'Italie d'une partie de ces stipulations. -Il numrait ces avantages, mais repoussait l'ide de la restauration -de ces Princes par une force trangre. Il menaait mme d'une nouvelle -guerre si les populations des Duchs persistaient repousser leurs souverains; -car l'Autriche se dclarerait alors comme dlie de ses engagements. -L'article finissait par ces mots: <i>Que l'Italie ne s'y trompe -pas: il n'y a qu'une seule Puissance en Europe qui fasse la guerre pour -une ide; c'est la France, et la France a accompli sa tche.</i> En mme -temps que cette dclaration, l'organe du Ministre anglais continuait soutenir -avec ardeur le parti de l'annexion des Duchs au Pimont et -promettre l'Italie le concours de l'Angleterre. L'attention du Gouvernement -franais fut alors attire sur la Chine et <i>le Moniteur</i> du 14 septembre -annonait que la France et l'Angleterre se concertaient pour -infliger un chtiment aux violateurs du trait de Tien-tsin conclu en 1858.</p> - -<p><a id="Footnote_283" href="#FNanchor_283" class="label">[283]</a> L' Empereur Napolon III, toujours flottant, songeait de temps en -temps tenter, contre les provinces souleves des tats ecclsiastiques, -l'effort des armes: trois fois dj, ordres et contre-ordres avaient t donns - ce sujet. Le duc de Gramont, de retour de France vers la fin -d'aot, eut, le 29, une entrevue prolonge avec le Pape. L'Ambassadeur -recommandait des rformes pour le reste des tats pontificaux et ajoutait -que l'occupation militaire par une division franaise devait expirer dans -le courant de l'anne 1860. Le duc de Gramont exposait ensuite Pie IX -qu'il devait se prparer, lui-mme, une force militaire srieuse, en lui faisant -entendre que l'Autriche n'interviendrait pas, et que si une troisime -puissance venait s'immiscer dans les affaires d'Italie et que le Pimont -voult s'y opposer, la France n'aurait aucun motif suffisant pour y mettre -obstacle et l'Angleterre pourrait bien appuyer directement les efforts de la -Sardaigne.</p> - -<p><a id="Footnote_284" href="#FNanchor_284" class="label">[284]</a> En prenant connaissance de l'allocution du Saint-Pre au Consistoire -du 26 septembre, dans laquelle le Pape annulait les actes de l'Assemble -bolonaise et rappelait les censures formules contre les membres du Gouvernement -des Lgations, Mgr Dupanloup, qui, la veille, avait publi un -expos de ses sentiments sur les tristes circonstances o se trouvait place -l'glise romaine, protesta hautement contre ces attentats, en communiquant - son clerg les paroles textuelles de Pie IX. Plusieurs vques de -France adhrrent cette nergique protestation. Quelques-uns cependant -le firent en montrant confiance dans les intentions du Gouvernement -franais.</p> - -<p><a id="Footnote_285" href="#FNanchor_285" class="label">[285]</a> Le 6 octobre 1859, un comte Anviti, colonel de l'ancienne gendarmerie -ducale, et connu par ses relations avec le Duc de Parme, avait t -massacr, dans les rues de Parme, par une population furieuse. La rapidit -avec laquelle ce malheureux vnement eut lieu ne permit pas la -force arme d'intervenir temps.</p> - -<p><a id="Footnote_286" href="#FNanchor_286" class="label">[286]</a> L'Empereur Alexandre II et le Prince-Rgent de Prusse se rencontrrent -le 23 octobre Breslau et il semble que des liens plus intimes se -nourent entre les Gouvernements des deux souverains, chacun sentant -l'influence considrable que leur entente mutuelle pouvait amener sur la -solution des difficults qui proccupaient, ce moment-l, la diplomatie -europenne.</p> - -<p><a id="Footnote_287" href="#FNanchor_287" class="label">[287]</a> En 1859, Mme Lenormant, nice et fille adoptive de Mme Rcamier, -crivit la vie de sa tante en runissant tous les souvenirs qui la concernaient, -d'aprs les correspondances laisses par la dfunte.</p> - -<p><a id="Footnote_288" href="#FNanchor_288" class="label">[288]</a> Mme Rcamier se trouvait Rome en mme temps que le duc de -Devonshire qui, de peur que sa belle-mre, au moment de sa mort, ne -rvlt le secret obscur planant sur sa naissance, squestra la Duchesse, -en la privant de toute communication avec ses amis.</p> - -<p><a id="Footnote_289" href="#FNanchor_289" class="label">[289]</a> De l'allemand: <i>rudesse grossire</i>.</p> - -<p><a id="Footnote_290" href="#FNanchor_290" class="label">[290]</a> Le 10 novembre 1859, la pose de la premire pierre d'un monument -que la ville de Berlin levait au pote Schiller, connu par ses ides -dmocratiques, avait un peu chauff les ttes avances qui voulaient en -faire le motif d'une dmonstration dans ce sens. Mais des mesures habiles -prises temps par le Magistrat de la ville empchrent la runion des -masses populaires et tout se passa avec ordre, malgr les orgies grossires -(<i>roheit</i>) qui avaient prcd. Le Prince-Rgent n'assista pas officiellement - cette crmonie, qu'il regarda simplement d'une fentre de la -Chambre de commerce (<i>Seehandlung</i>), institution datant de plus d'un sicle -et qui fut toujours sous la dpendance du ministre des Finances en Prusse.</p> - -<p><a id="Footnote_291" href="#FNanchor_291" class="label">[291]</a> Par une brochure retentissante, attribue l'Empereur lui-mme, et -intitule <i>le Pape et le Congrs</i>, Napolon III achevait de rendre ce Congrs -impossible. Cet crit servait de texte aux interprtations les moins -rassurantes pour le pouvoir temporel du Pape quand, quelques jours -aprs, dans une lettre du 31 dcembre 1859 Pie IX, l'Empereur insistait -personnellement sur la ncessit qu'il y avait pour le Pape cder aux -circonstances et faire le sacrifice des Romagnes, o le vœu des populations -se prononait en faveur de l'annexion la Sardaigne. Le Pape rpondit - toutes ces menaces par l'Encyclique du 19 janvier 1860, o il s'leva -violemment contre cette doctrine. En France, Mgr Dupanloup fit entendre -un cri d'indignation dans un crit intitul: <i>Lettre de Mgr l'vque d'Orlans - un catholique sur la brochure le Pape et le Congrs</i>, tandis que -le prince Albert de Broglie faisait entendre le sien dans un article du -<i>Correspondant</i> intitul: <i>La lettre impriale et la situation</i>, qui recevait -aussitt un avertissement du Gouvernement.</p> - -<p><a id="Footnote_292" href="#FNanchor_292" class="label">[292]</a> M. Guizot tait protestant.</p> - -<p><a id="Footnote_293" href="#FNanchor_293" class="label">[293]</a> Nous avons dj parl de cet article du prince de Broglie intitul: -<i>La lettre impriale et la situation.</i> Sous une forme polie, discrte, mais -claire, l'Empereur Napolon, dans cette lettre, sommait, trs respectueusement, -le Pape de sacrifier ce qu'il avait perdu, sous peine de -perdre ce qu'il possdait encore. On trouvera cette lettre aux pices -justificatives de ce volume.</p> - -<p><a id="Footnote_294" href="#FNanchor_294" class="label">[294]</a> Ces soupons n'taient pas tout fait sans fondement, car le journal -<i>l'Univers</i>, supprim par une ordonnance du 29 janvier 1860, motive par -une opposition directe de ce journal contre les droits de l'tat, reparaissait -par la bienveillance du Gouvernement, quelques jours aprs, sous ce -titre nouveau, <i>le Monde</i>, rdig galement par M. Veuillot.</p> - -<p><a id="Footnote_295" href="#FNanchor_295" class="label">[295]</a> Cette brochure, qui fut le prtexte de nombreuses manœuvres de -Bourse, tait anonyme, ce qui rendit facile au Gouvernement de la dnoncer, -en la dfrant la justice. Sous le voile des limites naturelles, cet -crit traitait assez ouvertement l'ide, caresse par l'Empereur Napolon, -de l'annexion la France des provinces rhnanes.</p> - -<p><a id="Footnote_296" href="#FNanchor_296" class="label">[296]</a> Le marchal Randon avait t fait ministre de la Guerre le 5 mai -1859, en remplacement du marchal Vaillant, promu major gnral de -l'arm allie, lorsque les troupes franaises avaient franchi les Alpes.</p> - -<p><a id="Footnote_297" href="#FNanchor_297" class="label">[297]</a> Le 24 avril eut lieu, l'htel d'Albe Paris (maison appartenant -Mme de Montijo, mre de l'Impratrice Eugnie), un bal qui resta clbre -dans les annales napoloniennes, non seulement par l'talage de la -richesse des costumes et d'un luxe effrn, mais plus encore par le dcolletage, -les jupes trop courtes des dames, leur dguisement en homme, -ainsi que le manque de convenance dans les propos qui s'y tinrent.</p> - -<p><a id="Footnote_298" href="#FNanchor_298" class="label">[298]</a> Napolon I<sup>er</sup>, arriv le 31 mars 1814 quelques lieues de Fontainebleau, -avait ordonn au duc de Vicence de partir sur-le-champ, pour aller -trouver l'Empereur Alexandre I<sup>er</sup> et essayer de conclure la paix aux conditions -de Chtillon. M. Thiers, en rappelant cette circonstance dans le -dix-septime volume, page 624, de son ouvrage, donne un tout autre -caractre cette mission. Il fait croire qu'elle n'avait d'autre but, dans la -pense de l'Empereur, que de lui faire gagner deux ou trois jours, afin de -donner l'arme le temps de le rejoindre.</p> - -<p><a id="Footnote_299" href="#FNanchor_299" class="label">[299]</a> Dans une srie d'articles publis dans le <i>Journal des Dbats</i> sur le -XVII<sup>e</sup> volume du <i>Consulat et de l'Empire</i>, Cuvillier-Fleury, tout en faisant -ressortir l'immense succs de l'œuvre de M. Thiers, le critiquait spirituellement -en le mettant en opposition avec lui-mme. Il dmontrait -que, malgr ses opinions actuelles, M. Thiers ne semblait pas admettre -que toute dictature ne ft fatalement entrane des excs qui la perdent; -qu'il paraissait croire qu'une autorit forte, lorsqu'elle est indispensable, -n'est pas ncessairement malfaisante, et qu'il admettait mme qu'un despotisme -qui vient propos peut tre sage.</p> - -<p><a id="Footnote_300" href="#FNanchor_300" class="label">[300]</a> Ce livre est l'œuvre la plus complte et la plus srieuse que Sainte-Beuve -ait jamais faite. Elle occupa vingt-deux ans de sa vie, et l'histoire -de ce couvent si attaqu, si dfendu, devint, sous sa plume, une histoire -littraire du sicle de Louis XIV.</p> - -<p><a id="Footnote_301" href="#FNanchor_301" class="label">[301]</a> Le gnral Ortega, capitaine gnral des les Balares, chef apparent -d'une nouvelle tentative d'insurrection carliste, qui venait d'avorter en -Espagne, fut fusill le 18 avril 1860. Le comte de Montemolin et son frre, -arrts en mme temps, recouvrrent promptement leur libert en renonant - leurs droits au trne par une lettre crite en langue espagnole, -adresse la Reine Isabelle II, date de Tortosa le 12 avril 1860.</p> - -<p><a id="Footnote_302" href="#FNanchor_302" class="label">[302]</a> L'Empereur Napolon III tait trs irrit contre l'Angleterre, qui -protestait avec vigueur contre l'annexion de Nice et de la Savoie la -France. Lord Cowley avait eu, ce sujet, des entretiens peu amicaux -avec M. Walewski, ensuite avec M. Thouvenel, et changeait sur ce -point une correspondance confidentielle avec lord John Russel, ministre -des Affaires trangres. Dans un discours trs violent contre l'Empereur -Napolon, prononc par le chef du Foreign-Office la Chambre des Communes -le 25 mars, le noble Lord avait dclar que l'Angleterre ne pouvait -sacrifier pour la France l'alliance du reste de l'Europe. Tous ces -symptmes de mcontentement entretenaient l'opinion publique dans la -croyance d'une guerre prochaine avec l'Angleterre.</p> - -<p><a id="Footnote_303" href="#FNanchor_303" class="label">[303]</a> L'Impratrice Eugnie.</p> - -<p><a id="Footnote_304" href="#FNanchor_304" class="label">[304]</a> M. Mon tait alors Ambassadeur d'Espagne Paris.</p> - -<p><a id="Footnote_305" href="#FNanchor_305" class="label">[305]</a> Le duc de Montpensier s'tait dfinitivement fix Sville et y -intriguait sourdement, malgr tous les honneurs dont l'avait combl sa -belle-sœur, la Reine Isabelle. Le comte d'Eu, fils du duc de Nemours, -enseigne dans le rgiment des chasseurs cheval espagnols (Albufra), -faisait avec clat ses premires armes au Maroc, cette poque-l en -guerre avec l'Espagne.</p> - -<p><a id="Footnote_306" href="#FNanchor_306" class="label">[306]</a> Garibaldi quitta Gnes dans la nuit du 5 au 6 mai 1860, sur un -bateau de plaisance qui lui appartenait, et rallia le bateau expditionnaire -qui, ayant prit une patente pour Malte, tait sorti du port deux jours -avant et se tenait au large. Aprs avoir abord ce navire, Garibaldi fit -route sur la Sicile, au lieu de se diriger sur Malte, suivi de plusieurs autres -btiments chargs d'hommes et de munitions, qui le rejoignirent dans -cette direction. Ils dbarqurent le 11 mai Marsala et entrrent dans -Palerme le 27, aprs avoir bombard cette ville pendant quelques heures. -C'est ce qu'on a appel <i>l'expdition des Mille</i>.</p> - -<p><a id="Footnote_307" href="#FNanchor_307" class="label">[307]</a> Dans les premiers jours de juin 1860, le Ministre de France Berlin, -le prince de la Tour d'Auvergne, fit savoir au baron de Schleinitz, -ministre des Affaires trangres en Prusse, que l'Empereur Napolon, -ayant appris que le Prince-Rgent allait se rendre Bade, dsirait aussi -s'y rendre, car il considrait une entrevue avec ce Prince comme le -meilleur moyen de rassurer l'Allemagne sur la stabilit de la paix. Souponnant -que cette demande cachait un secret dsir d'obtenir un agrandissement -du ct du Rhin et l'espoir de disloquer la Ligue germanique, le -Prince-Rgent accepta la proposition de l'Empereur, qui vint Bade du -15 au 17 juin; mais, auparavant, il faisait adresser une communication -confidentielle toutes les Cours allemandes, les invitant venir Bade -assister cette visite. Tous les Princes s'y trouvrent, jusqu'au Roi de -Hanovre, aveugle, au grand dsappointement de Napolon III, qui avait -compt sur un tte--tte avec le Prince de Prusse.</p> - -<p><a id="Footnote_308" href="#FNanchor_308" class="label">[308]</a> L'Empereur et l'Impratrice s'taient rendus Lyon pour y rencontrer -l'Impratrice mre de Russie.</p> - -<p><a id="Footnote_309" href="#FNanchor_309" class="label">[309]</a> Le rle que Mazzini remplit alors en Italie fut assez secondaire. Il -essaya, sans succs, par diverses tentatives, de faire tourner au profit de -la dmocratie rpublicaine l'lan irrsistible qui poussait le pays tout -entier reconnatre son unit; il venait de publier, dans ce but, son manifeste -intitul: <i>Ni apostat, ni rebelle</i>, o il proclamait qu'entre le programme -de Cavour et celui de Garibaldi, il choisissait le second, et que, -sans Rome ni Venise, il n'y avait point d'Italie.</p> - -<p><a id="Footnote_310" href="#FNanchor_310" class="label">[310]</a> Ce livre est un ouvrage de circonstance trop dtaill, mais formant -un expos complet au point de vue de l'exercice de la puissance spirituelle, -de l'origine, de la dure et de la ncessit du pouvoir temporel.</p> - -<p><a id="Footnote_311" href="#FNanchor_311" class="label">[311]</a> Le prince Jrme-Napolon Bonaparte, le plus jeune et le dernier -survivant des frres de Napolon I<sup>er</sup>, qui avait t Roi de Westphalie, tait -mort Paris, dans sa soixante-seizime anne. Ses funrailles eurent lieu -en grande pompe, le 3 juillet 1860, aux Invalides. L'Empereur Napolon -III s'y fit reprsenter par le duc de Malakoff.</p> - -<p><a id="Footnote_312" href="#FNanchor_312" class="label">[312]</a> M. Prvost-Paradol, qui, en 1860, figurait parmi les collaborateurs -du <i>Journal des Dbats</i>, avait publi une brochure intitule: <i>Les anciens -partis</i>. Cette publication lui valut d'tre traduit en police correctionnelle, -comme ayant voulu exciter la haine et au mpris du Gouvernement. -M. Prvost-Paradol fut condamn un mois de prison et mille francs -d'amende. Cette condamnation eut un tel retentissement qu'elle rendit -M. Prvost-Paradol presque populaire.</p> - -<p><a id="Footnote_313" href="#FNanchor_313" class="label">[313]</a> Il s'agit ici du fils issu du mariage lgal et lgitime que Jrme -avait contract Baltimore, en 1803, avec lisa Paterson. Ce mariage, non -reconnu par Napolon, fut arbitrairement cass en 1805; mais lisa -Paterson dfendit ses droits toute sa vie, et ceux de son fils, avec une -nergie singulire. Son fils se fixa Baltimore et pousa dans cette ville, -en 1829, Mlle Suzanne Gay dont il eut un fils qui vint s'tablir Paris o, -grce la princesse Mathilde dont il avait su conqurir l'amiti, il entra -dans le rgiment des Guides, dont il fut un brillant officier. Pendant le -sige de Paris, il se distingua et conquit les galons de colonel. Aprs la -guerre de 1870, il se fixa Boston et mourut en 1893.</p> - -<p><a id="Footnote_314" href="#FNanchor_314" class="label">[314]</a> Vers le 1<sup>er</sup> juillet 1860, un document accompagn d'une lettre fut -adress par le comte de Montemolin la Reine Isabelle II. Ces deux -crits expliquaient la renonciation passe et une rtractation prsente: -<i>Considrant</i>, disait Don Carlos, <i>que l'acte de Tortosa du 23 avril est le -rsultat de circonstances exceptionnelles; crit dans une prison et au -moment o toute communication nous tait interdite, il ne remplit -aucune des conditions qu'exigeait sa validit; que, par consquent, il est -nul et illgal et ne saurait tre ratifi. Attendu l'avis de jurisconsultes -comptents, nous le dclarons nul et non avenu et le rtractons</i>.</p> - -<p><a id="Footnote_315" href="#FNanchor_315" class="label">[315]</a> Le 23 aot 1860, l'Empereur Napolon et l'Impratrice Eugnie -entreprirent un voyage qui dura plus d'un mois, leur fit visiter Lyon -d'abord, puis les nouvelles provinces annexes de la Savoie et de Nice. A -leur passage par Chambry, ils furent salus, au nom du Roi Victor-Emmanuel, -par le ministre de l'Intrieur Farini et le gnral Cialdini, -porteur d'une lettre autographe du Roi de Sardaigne l'Empereur. Revenant -ensuite travers le Dauphin, la Provence et Nice, ils s'embarqurent -pour la Corse; de l, ils allrent en Algrie et ne revinrent que le -24 septembre Saint-Cloud.</p> - -<p><a id="Footnote_316" href="#FNanchor_316" class="label">[316]</a> Au banquet donn Saint-Ptersbourg par l'Empereur Alexandre II -pour le jour de la naissance de l'Empereur Franois-Joseph, le Czar avait -dit dans son toast: <i>A mon cher frre l'Empereur d'Autriche</i>. Ces -paroles furent commentes par les journaux allemands qui les rapprochrent -des confrences prolonges que M. de Rechberg avait alors Vienne -avec l'Ambassadeur de Russie, M. de Bolovine, depuis son retour de Teplitz; -il s'tablit ainsi la croyance d'une prochaine rencontre du Prince-Rgent, -de l'Empereur d'Autriche et de l'Empereur de Russie. Les trois -souverains du Nord se rencontrrent, en effet, le 23 octobre Varsovie et -tombrent d'accord pour repousser toute proposition d'un Congrs sur la -question italienne.</p> - -<p><a id="Footnote_317" href="#FNanchor_317" class="label">[317]</a> A l'ouverture du Conseil gnral du dpartement de la Loire dont -M. de Persigny tait prsident, celui-ci pronona un discours o l'intention -de tranquilliser l'opinion publique tait visible. M. de Persigny tendait -prouver que, malgr les guerres d'Italie et de Crime, la parole de l'Empereur - Bordeaux: <i>L'Empire, c'est la paix!</i> tait reste inattaquable, -que le nouvel Empire n'acceptait la succession du premier Empire -que sous bnfice d'inventaire; qu'il rpudiait l'hritage des luttes et des -vengeances pour entrer dans des rapports de paix et de concorde avec -toutes les Puissances et que son programme tait fidlement suivi.</p> - -<p><a id="Footnote_318" href="#FNanchor_318" class="label">[318]</a> Frre de la Reine Louise de Prusse.</p> - -<p><a id="Footnote_319" href="#FNanchor_319" class="label">[319]</a> Le <i>Journal des Dbats</i> du 7 septembre 1860 disait: On lit dans -l'<i>Opinion</i> de Turin du 4 septembre: Notre Parlement ne peut pas dvier -d'une politique qui a produit de bons fruits, pour courir des aventures qui -susciteraient contre lui toute l'Europe. Si jamais une autre politique devait -prvaloir, si la force des vnements contraignait le Gouvernement du -Roi prendre une autre attitude, le Ministre actuel n'y pourrait pas -souscrire et accepter la responsabilit d'une situation qu'il ne pourrait pas -dominer. Nous croyons que le parti libral, qui a soutenu et soutient encore -le Cabinet, est de cet avis et qu'en Italie on est assez sage pour viter de -nouvelles complications. En tout cas, le Ministre ne voudrait pas tre -responsable d'vnements qui amneraient une guerre entre la France et -l'Autriche. Nous ignorons qui aurait le courage de s'exposer une telle -responsabilit. Assurment, il n'aurait pas compter sur l'appui du Parlement -qui, s'il est prt tout sacrifier pour la dfense de la patrie, ne le -fera qu' la condition que le Gouvernement ne se laissera pas enlever la -direction de la chose publique, et qu'au contraire, il dirigera le mouvement -tendant l'indpendance italienne.</p> - -<p><a id="Footnote_320" href="#FNanchor_320" class="label">[320]</a> La convention de Villafranca rencontrait tous les jours des obstacles -plus srieux; l'annexion de Nice et de la Savoie ajouta encore aux difficults, -quand il se fut agi de la raliser, et elle jeta en Italie une nouvelle -cause de haine contre la France qui, ds lors, la vit s'chapper dfinitivement -de son influence. Le Gouvernement sarde tait embarrass entre les -excitations du patriotisme et les remontrances de l'Empereur Napolon; -mais M. de Cavour se tenait prt jouer cette terrible partie, qui devait -le mener recevoir d'un seul coup le complment inespr de son œuvre. -Craignant les emportements de Garibaldi, il le suit vigilant, le couvrant -seulement, en parvenant paralyser la diplomatie qui regarde -faire. Garibaldi, le cœur ulcr par le ressentiment de la cession de -Nice, fut facilement gagn l'insurrection de Sicile qui, depuis quelque -temps, tenait l'Italie en veil. Il tait parti la drobe par un soir -de mai du golfe de Gnes avec mille onze cents volontaires et ses -deux navires: le <i>Piemonte</i> et le <i>Lombarda</i>. A travers les croisires napolitaines, -il dbarquait le 11 mai Marsala et, aprs un sanglant combat -Calatafini, avec les troupes royales, entrait dans Palerme et disposait de la -Sicile. Devenu ainsi en peu de jours dictateur victorieux, il passe au mois -d'aot le dtroit de Messine, alla Naples le 7 septembre, rduisant le -Gouvernement napolitain des conditions de libralisme trop tardives. -Cavour, qui voulait constituer l'Italie sans se laisser dominer par la rvolution, -accepter l'unit dans ce qu'elle avait de ralisable et marcher sur -cette rvolution pour l'arrter et l'empcher de compromettre la cause -nationale, sentit que le moment critique tait arriv et il se dcida l'intervention. -Considrer la rvolution de Naples comme un fait accompli -avant mme que Franois II et livr sa dernire bataille, pntrer dans -les Marches jusqu' la frontire napolitaine pour empcher Garibaldi de se -jeter sur Rome, tel est l'acte auquel il se rsolut. A Rome, toutes les fantaisies -belliqueuses s'agitaient pour reconqurir les Romagnes; on y avait -dcid la formation d'une arme pontificale dans la prvision du dpart -de la garnison franaise, qui semblait prochain: et le gnral Lamoricire -en avait pris le commandement, par un ordre du jour, o il annonait -qu'<i>il tait venu pour combattre la rvolution, ce nouvel islamisme</i>. -Le Gouvernement sarde, voyant une menace pour la scurit de l'Italie -dans cette agglomration d'trangers arms Rome, dans le but avou -de reconqurir les provinces pontificales dtaches des tats de l'glise, -Cavour saisit ce prtexte en envoyant, le 7 septembre 1860, au cardinal -Antonelli la sommation de dsarmer; puis, voulant devancer Garibaldi qui -arrivait Naples, deux corps d'arme sardes, sous les ordres des gnraux -Fanti et Cialdini, s'avancrent alors par le territoire pontifical et en -dix-huit jours occuprent les places de Pesaro, Urbino, Perugio, Spoleto, -rencontrrent Lamoricire <i>Castelfidardo</i>, o sa petite arme fut -anantie, et s'emparrent d'Ancne que Lamoricire avait gagn rapidement -avec quelques fidles, aprs sa dfaite. Pris par terre et par mer, Lamoricire -serait contraint de capituler. La question des Marches ainsi tranche, -l'arme pimontaise, dont Victor-Emmanuel prit alors le commandement, -gagna la frontire napolitaine o Franois II avait arrt Garibaldi -sur le <i>Vulturne</i>. Mais Cialdini battit l'arme napolitaine Issernia et -Sesso; Franois II, aprs avoir vainement rclam la protection des escadres -franaise et anglaise, quittait Naples pour se rfugier Gate; -Capoue se rendait le 2 novembre et le Roi Victor-Emmanuel faisait son -entre Naples le 7 du mme mois.</p> - -<p><a id="Footnote_321" href="#FNanchor_321" class="label">[321]</a> Cette proclamation du Roi, date de Turin du 11 septembre, tait -une rponse indirecte l'ordre du jour de Lamoricire; la voici:</p> - - <p>Soldats! Vous entrez dans les marches de l'Ombrie pour restaurer - l'ordre civil dans les villes dsoles, pour donner aux peuples - la libert d'exprimer leurs propres vœux. Vous n'avez pas - combattre des armes puissantes, mais seulement dlivrer de - malheureuses provinces italiennes de la prsence de compagnies - d'aventuriers trangers. Vous n'allez pas venger des injures - faites moi ou l'Italie, mais bien empcher que les haines - populaires se dchanent contre les oppresseurs. Vous - enseignerez, par votre exemple, le pardon des offenses et la - tolrance chrtienne ceux qui comparent l'amour de la nation - italienne l'islamisme. En paix avec toutes les grandes - puissances, loign de toute provocation, j'entends faire - disparatre du centre de l'Italie une cause continuelle de - troubles et de discordes, je veux respecter le sige du Chef de - l'glise, qui je suis toujours prt donner, d'accord avec les - Puissances allies et amies toutes garanties d'indpendance et de - scurit, que ses aveugles conseillers ont espr en vain du - fanatisme de la secte mchante qui conspire contre mon autorit - et contre la libert de la nation. Soldats, on m'accuse - d'ambition; oui, j'ai celle de restaurer les principes d'ordre - moral en Italie et de prserver l'Europe des dangers continuels - de rvolution et de guerre. (Copi textuellement dans le - <i>Journal des Dbats</i> du 13 septembre 1860.)</p> - -<p><a id="Footnote_322" href="#FNanchor_322" class="label">[322]</a> La Russie et la Prusse rappelrent leurs Ministres de Turin; mais -Cavour eut l'habilet de ne pas prendre trop au srieux cette rupture, -surtout avec la Prusse, qu'il ne cessait de flatter dans ses ambitions -secrtes, et ds le mois de janvier, au moment o le Prince-Rgent devait -ceindre la couronne, il envoyait le gnral la Marmora avec une mission -particulire Berlin. La France rappela de Turin M. de Talleyrand, sans -donner au fond ce rappel la forme d'une vritable rupture diplomatique.</p> - -<p><a id="Footnote_323" href="#FNanchor_323" class="label">[323]</a> Allusion la bataille de Castelfidardo qui avait t livre le 18 septembre -1860. Par une marche force, Cialdini tait parvenu devancer -Lamoricire qui runissait ses troupes Foligno, et en occupant les hauteurs -d'Orsino et de Castelfidardo, il ferma le chemin d'Ancne aux troupes -pontificales. Lamoricire voulut s'ouvrir un passage, attaqua les positions -de l'arme pimontaise, qui le repoussa imptueusement et mit en droute -la petite arme du Pape.</p> - -<p><a id="Footnote_324" href="#FNanchor_324" class="label">[324]</a> Dans cette ville, mal choisie pour y confrer sur l'indpendance des -nations, les souverains du Nord eurent une nouvelle entrevue en octobre -1860. On croyait gnralement que les dlibrations qui s'y tiendraient -feraient entrer les affaires d'Italie dans une nouvelle phase; mais l'Autriche -ne put obtenir de la Russie ni de la Prusse l'appui et les encouragements -sur lesquels elle avait compt pour lui assurer la possession de -la Vntie.</p> - -<p><a id="Footnote_325" href="#FNanchor_325" class="label">[325]</a> L'Autriche, inquite et trouble de voir que l'Italie avait su se constituer -en nation, en se dgageant de l'absolutisme monarchique sans tomber -dans le despotisme rvolutionnaire, multipliait les efforts pour obtenir -une garantie en cas d'attaque de la Vntie. Vers la fin de septembre -1860, elle fit demander Paris par le prince de Metternich et M. de -Hbner si, devant la formation du royaume d'Italie, la France et le Pimont -ne pourraient pas garantir l'Autriche la possession de la Vntie, -vu que la situation n'tait plus la mme qu'au trait de Zurich et qu'un -nouveau trait, ratifi par le Parlement pimontais, lui paraissait ncessaire. -L'Empereur Napolon se borna inviter l'Autriche faire cette -proposition au Pimont, sans dissimuler ses deux envoys que l'acceptation -d'une pareille proposition lui paraissait bien difficile. Cette rponse -avait fait croire l'existence d'un nouveau trait avec le Pimont au sujet -de la Vntie, qui tait sans fondement.</p> - -<p><a id="Footnote_326" href="#FNanchor_326" class="label">[326]</a> Le comte Albert Pourtals tait alors Ministre de Prusse Paris.</p> - -<p><a id="Footnote_327" href="#FNanchor_327" class="label">[327]</a> Franois II, trahi par les soldats de sa propre garde, ne recevant de -secours de nulle part, quittait Naples le 6 septembre l'approche de -Garibaldi. Il prit d'abord position, avec ce qui lui restait de troupes, prs -de Capoue, o il livra le 1<sup>er</sup> octobre un combat, sur le <i>Vulturne</i>, qui resta -indcis. Il essaya de prolonger la lutte en se rfugiant dans la forteresse -de Gate; l, suivi par la Reine et le Corps diplomatique, ce jeune Souverain -s'illustra d'un dernier effort de virilit. Garibaldi en commena le -sige au mois de novembre 1860, mais empch par l'escadre franaise, -du ct de la mer, dans ses oprations militaires, ce sige marcha lentement -et le drapeau bourbonien resta plant sur le rocher de Gate jusqu'au -13 fvrier 1861. Aprs une courageuse dfense. Franois II signa -une capitulation et arriva Rome avec la Reine le 15 fvrier sur un btiment -franais. Le 25 septembre 1860, le Roi de Naples avait adress un -mmorandum la diplomatie trangre pour protester contre l'invasion -de ses tats et l'inaction des puissances europennes.</p> - -<p><a id="Footnote_328" href="#FNanchor_328" class="label">[328]</a> L'Impratrice mre de Russie tait morte le 1<sup>er</sup> novembre Saint-Ptersbourg.</p> - -<p><a id="Footnote_329" href="#FNanchor_329" class="label">[329]</a> L'Empereur d'Autriche venait de donner une nouvelle constitution - ses peuples; mais les Hongrois, qui croyaient au rtablissement pur et -simple de leur ancienne constitution, se montrrent fort mcontents et -traduisirent ce mcontentement par des tumultes que la force arme dut -rprimer.</p> - -<p><a id="Footnote_330" href="#FNanchor_330" class="label">[330]</a> Aprs la chute des Bourbons de Naples, Murat crivit, d'abord dans -une lettre, qu'il dclinait toute initiative dans la revendication du trne -autrefois occup par son pre; mais en mars 1861, aprs la chute de -Gate, il revenait sur cette premire rsolution et lanait, dans une sorte -de manifeste, ses prtentions au trne: prtentions que le Gouvernement -franais dclara ne vouloir encourager en rien, dans une note officielle.</p> - -<p><a id="Footnote_331" href="#FNanchor_331" class="label">[331]</a> Le <i>Moniteur</i> venait d'annoncer que, par un dcret donn le 24 novembre -1860, l'Empereur, voulant accorder aux grands Corps de l'tat -une participation plus directe la politique gnrale, avait ordonn que -le Snat et le Corps lgislatif voteraient dornavant tous les ans l'ouverture -de la session une Adresse, en rponse son discours du trne.</p> - -<p><a id="Footnote_332" href="#FNanchor_332" class="label">[332]</a> Mme Victor Tiby.</p> - -<p><a id="Footnote_333" href="#FNanchor_333" class="label">[333]</a> M. Fould quitta le Ministre cause du dcret du 24 novembre.</p> - -<p><a id="Footnote_334" href="#FNanchor_334" class="label">[334]</a> Le Roi Frdric-Guillaume IV mourut Sans-Souci dans la nuit du -1<sup>er</sup> au 2 janvier 1861.</p> - -<p><a id="Footnote_335" href="#FNanchor_335" class="label">[335]</a> Le prince Joachim Murat, accompagn de deux officiers d'ordonnance, -fut envoy Berlin vers le 10 janvier pour complimenter le Roi -Guillaume I<sup>er</sup> sur son avnement au trne, au nom de Napolon III.</p> - -<p><a id="Footnote_336" href="#FNanchor_336" class="label">[336]</a> Le Roi tait enferm dans Gate qui n'avait pas encore capitul.</p> - -<p><a id="Footnote_337" href="#FNanchor_337" class="label">[337]</a> M. Cuvillier-Fleury, qui avait pous en 1840 Mlle Thouvenel, sœur -du futur ministre des Affaires trangres de l'Empire.</p> - -<p><a id="Footnote_338" href="#FNanchor_338" class="label">[338]</a> Le Gouvernement franais venait de faire distribuer au Snat et au -Corps lgislatif un volume de deux cent soixante pages, grand <i>in-quarto</i>, -contenant des documents diplomatiques rangs sous les sept titres suivants: -1<sup>o</sup> Annexion de l'Italie centrale; 2<sup>o</sup> Question de Nice et de la Savoie; -3<sup>o</sup> Affaires de Rome; 4<sup>o</sup> Affaires de l'Italie mridionale; 5<sup>o</sup> Entrevue de -Varsovie; 6<sup>o</sup> Affaire de Syrie; 7<sup>o</sup> Expdition de Chine.</p> - -<p><a id="Footnote_339" href="#FNanchor_339" class="label">[339]</a> Marquise de Castellane.</p> - -<p><a id="Footnote_340" href="#FNanchor_340" class="label">[340]</a> En rponse un discours de M. de La Rochejaquelein, le prince -Napolon prit la parole au Snat le 1<sup>er</sup> mars 1861, pour faire une charge - fond contre le pouvoir temporel du Pape et attaquer, dans le langage le -plus vhment, le parti lgitimiste et clrical franais, ainsi que les mandements -des vques qui en avaient pris la dfense. L'Empereur Napolon -ne blma pas trop ce discours; il ne se montra qu'irrit de la violence -des paroles.</p> - -<p><a id="Footnote_341" href="#FNanchor_341" class="label">[341]</a> Le cardinal Morlot, archevque de Paris, tait encore: snateur, -grand-aumnier et membre du Conseil priv. Il ne voulut pas se dmettre -des charges indpendantes de son administration diocsaine, craignant, -disait-il, qu'en faisant un acte d'opposition au Gouvernement, l'Empereur -n'en ft que plus fortifi dans sa pense.</p> - -<p><a id="Footnote_342" href="#FNanchor_342" class="label">[342]</a> De l'anglais: mieux dispos.</p> - -<p><a id="Footnote_343" href="#FNanchor_343" class="label">[343]</a> La date du 25 fvrier donna le signal d'une insurrection qui marqua -douloureusement dans les annales de la Pologne. Une manifestation pacifique -de la population de Varsovie avait t arrte dans les esprits pour -l'anniversaire de la bataille de Grochow livre en 1831. On devait prier -pour les morts. Le mauvais tat du pont de la Vistule ne permettant pas -de se rendre au champ de bataille, c'est sur la place du Vieux-March que -les citoyens se runirent. Le 25, cinq heures du soir, une procession de -trente mille personnes se mit en branle, entonnant l'hymne national de la -Pologne, <i>Dieu saint, Dieu immortel</i>. Le colonel Trpow, effray de l'importance -de cette dmonstration, fit charger au sabre cette foule. Les -morts et les blesss furent nombreux, et les vnements se prcipitant -ainsi, amenrent un vritable tat de guerre, avec lequel la Russie dut -lutter plus de deux ans, et qui finit par attirer des malheurs irrparables -sur le pays. Le nom de nationalit n'avait pu retentir depuis un an en -Europe, sans que la Pologne s'tonnt d'tre oublie et ne ft tente de -rappeler au monde que, parmi les nations dont on faisait tant de bruit, -elle tait la seule dont on ne parlt point, quoiqu'elle ft une des plus -malheureuses.</p> - -<p><a id="Footnote_344" href="#FNanchor_344" class="label">[344]</a> Il tait alors question de fixer le couronnement du Roi de Prusse -au mois de juin. Il n'eut lieu qu'au mois d'octobre.</p> - -<p><a id="Footnote_345" href="#FNanchor_345" class="label">[345]</a> M. de Manteuffel, chef du Cabinet militaire du Roi, s'tait battu en -duel, le 30 mai, Potsdam, avec M. Twesten, auteur d'une brochure intitule -<i>Comment nous tirer d'affaire?</i> qui contenait des attaques assez vives -contre le Cabinet militaire. M. Twesten eut le bras droit bris par une -balle, et un jugement ayant condamn le gnral de Manteuffel trois -mois de prison dans une forteresse, il se rendit Magdebourg pour se -constituer prisonnier.</p> - -<p><a id="Footnote_346" href="#FNanchor_346" class="label">[346]</a> C'est--dire <i>l'hommage de toute la nation</i> (couronnement).</p> - -<p><a id="Footnote_347" href="#FNanchor_347" class="label">[347]</a> Depuis cet accident, la duchesse de Talleyrand ne retrouva plus la -sant. A partir de cette poque, elle fut atteinte par cette maladie douloureuse, -qu'elle supporta avec une patience exemplaire, pendant quatorze -mois, et qui la conduisit graduellement au tombeau.</p> - -<p><a id="Footnote_348" href="#FNanchor_348" class="label">[348]</a> Le <i>Moniteur</i> du 26 juin 1861 annonait ainsi la reconnaissance du -Royaume d'Italie: <i>L'Empereur a reconnu le Roi Victor-Emmanuel -comme Roi d'Italie. En notifiant cette dtermination au Cabinet de Turin, -le Gouvernement de Sa Majest a dclar qu'il dclinait d'avance toute -solidarit dans les entreprises de nature troubler la paix de l'Europe, -et que les troupes franaises continueraient d'occuper Rome, tant que les -intrts qui les y ont amenes ne seront pas couverts par des garanties -suffisantes.</i></p> - -<p><a id="Footnote_349" href="#FNanchor_349" class="label">[349]</a> Le Sultan Abdul-Medjid venait de mourir l'ge de trente-huit -ans. Sous son rgne, des luttes sanglantes ayant clat en 1860, entre les -Druses et les Maronites dans le Liban, la France, qui s'attribuait le protectorat -sur les chrtiens de ces contres, intervint dans la querelle. Le -gnral d'Hautpoul-Beaufort dbarqua avec des troupes Beyrouth; il -s'ensuivit une occupation du pays par les Franais, qui ne finit qu' la suite -des rclamations de la Turquie, appuyes par l'Angleterre. Une nouvelle -organisation du Liban fut dcide dans une Confrence des Puissances -europennes, o il fut dtermin que le Liban dpendrait directement de -la Porte, tout en ayant un chef chrtien pris dans celle des glises chrtiennes -qui comptait le plus d'adhrents.</p> - -<p><a id="Footnote_350" href="#FNanchor_350" class="label">[350]</a> Le Roi de Prusse devant rendre l'Empereur Napolon la visite que -celui-ci lui avait faite Bade, il avait d'abord t question du camp de -Chlons comme lieu de rendez-vous; mais la rencontre n'eut lieu que plus -tard, le 7 octobre, Compigne.</p> - -<p><a id="Footnote_351" href="#FNanchor_351" class="label">[351]</a> Le 14 juillet, le Roi de Prusse faillit tre victime Bade d'un attentat. -Un jeune homme de vingt et un ans, nomm Becker, tudiant Leipzig, -s'tait approch de Guillaume 1<sup>er</sup> la promenade, et lui lcha un coup -de pistolet bout portant. La balle dvia et ne fit qu'effleurer l'paule du -Roi. Arrt immdiatement, l'auteur de cet attentat dclara que son but -avait t de dlivrer l'Allemagne d'un Prince qui ne la poussait pas, avec -une nergie assez active, dans les voies de l'unit. Becker fut condamn - vingt ans de rclusion, et, pour sa vie, sous la surveillance de la police.</p> - -<p><a id="Footnote_352" href="#FNanchor_352" class="label">[352]</a> M. de la Guronire ayant fait paratre une brochure intitule: -<i>Rome, la France et l'Italie</i>, Mgr Pie, vque de Poitiers, la rfuta par un -mandement o il comparait le chef de l'tat Pilate, <i>qui pouvait tout -empcher et qui laisse tout faire</i>. M. de Persigny, ministre de l'Intrieur, -croyant voir une offense la personne de l'Empereur Napolon et -une contravention aux lois de l'Empire, dfra Mgr Pie au Conseil d'tat -et le mandement fut annul.</p> - -<p><a id="Footnote_353" href="#FNanchor_353" class="label">[353]</a> La guerre d'Amrique, appele aussi guerre de la <i>Scession</i>, dura -de 1861 1865. La question de <i>l'esclavage</i> avait divis la rpublique en -deux camps; le Sud travaillant depuis longtemps le propager dans -l'Union, au risque de briser avec le Nord. En 1860, une lection prsidentielle, -dans laquelle le candidat <i>abolitionniste</i> Lincoln l'emporta sur -le candidat <i>esclavagiste</i> Breckinridge, fut le prtexte dont le Sud s'empara -pour rompre avec l'<i>Union</i>. Les hostilits commencrent et, pendant quatre -ans, les deux armes se battirent hroquement avec des alternatives de -revers et de succs; la lutte finit par la prise de Richmond en Virginie, o -le gnral Lee, qui commandait les forces du Sud, fut contraint de capituler -devant le gnral Grant, chef des troupes du Nord. La question de -l'esclavage fut ainsi termine.</p> - -<p><a id="Footnote_354" href="#FNanchor_354" class="label">[354]</a> La Huldigung veut dire l'<i>hommage</i>; la Krœnung, le <i>couronnement</i>, -le Turner-Verein, <i>une socit de gymnastique</i>; le Snger-Verein, <i>une -socit orphonique</i>; le Schtzen-Verein, <i>la socit des tireurs</i>; le National-Verein, -<i>la socit des patriotes</i>. Toutes ces socits cachaient, sous le -prtexte de se runir pour s'amuser, le but de s'occuper de ce qui se passait -dans l'tat, et les meneurs en profitaient pour chauffer les ttes selon -leurs ides politiques plus ou moins avances.</p> - -<p><a id="Footnote_355" href="#FNanchor_355" class="label">[355]</a> La question de prsance entre les diverses ambassades extraordinaires -venues Kœnigsberg et Berlin pour le couronnement du Roi de -Prusse fut rgle par la date de l'arrive de chacune d'elles. Suivant cette -rgle, les Ambassadeurs prirent rang dans l'ordre suivant: pour l'Espagne, -le duc d'Ossuna; pour l'Italie, le gnral della Rocca; pour l'Angleterre, -lord Clarendon; pour la France, le duc de Magenta. L'Autriche, la Russie, -la Belgique se firent reprsenter par des membres de familles royales -et impriales. Le duc de Magenta se fit remarquer par la richesse de ses -quipages et par une fort belle fte, qu'il donna dans la maison de l'ambassade -de France Berlin.</p> - -<p><a id="Footnote_356" href="#FNanchor_356" class="label">[356]</a> L'Archevque de Cologne tait Mgr Jean Geissel.</p> - -<p><a id="Footnote_357" href="#FNanchor_357" class="label">[357]</a> L'glise de Saint-Michel est l'glise catholique de la garnison de -Berlin.</p> - -<p><a id="Footnote_358" href="#FNanchor_358" class="label">[358]</a> En revenant de Breslau, o les Majests Prussiennes allrent, aprs -les ftes de Berlin, recevoir l'hommage de la province de Silsie, le Roi -et la Reine s'arrtrent pendant un jour Sagan, afin d'y voir pour la dernire -fois la duchesse de Talleyrand et de Sagan dj fort malade.</p> - -<p><a id="Footnote_359" href="#FNanchor_359" class="label">[359]</a> Le couronnement du Roi de Prusse avait eu lieu le 18 octobre 1861 - Kœnigsberg. Avant comme aprs son couronnement, le Roi, en rpondant -aux diffrents discours qui lui furent adresss cette occasion, avait -mis une certaine affectation (mme marque) dire qu'il ne tenait sa couronne -que de Dieu, que la royaut tait une grce de Dieu, et que, dans -cette grce, rsidait la saintet de la couronne qui tait inviolable. Ce langage -indigna le parti libral europen. Il trouva que le Roi semblait ainsi -tablir une lutte entre la royaut de droit divin et celle fonde par la souverainet -du peuple, comme sur une lection primitive, et ce parti trouva -dans les paroles royales une pture de vaines querelles. Elles provoqurent -ensuite des discussions fort longues qui s'levrent de toutes parts.</p> - -<p><a id="Footnote_360" href="#FNanchor_360" class="label">[360]</a> Le Gouvernement avait demand une dotation annuelle de cinquante -mille francs pour le gnral Cousin-Montauban, comte de Palikao, qui -avait command les troupes franaises en Chine. La Commission charge -de cette demande avait conclu au rejet, le 28 fvrier 1862; mais le Corps -lgislatif ne se pronona pas le mme jour et remit la discussion plus -tard. Craignant un refus de la Chambre, l'Empereur crivit, le 4 mars, au -prsident du Corps lgislatif qu'il y avait eu malentendu et qu'il prsentait -un nouveau projet, soumettant la Chambre l'apprciation d'un principe -gnral qui permettrait d'assurer, dans de justes limites, toutes les -actions d'clat, depuis le marchal jusqu'au soldat, des rcompenses dignes -de la grandeur du pays.</p> - -<p><a id="Footnote_361" href="#FNanchor_361" class="label">[361]</a> La Chambre prussienne fut dissoute le 10 mars. Le Ministre, ayant -t battu dans la discussion du budget, avait d'abord donn en bloc sa -dmission. Elle ne fut pas accepte de suite par le Roi; mais peu peu les -Ministres furent relevs l'un aprs l'autre.</p> - -<p><a id="Footnote_362" href="#FNanchor_362" class="label">[362]</a> A l'aide de subsides et de qutes, l'Archevque de Tours, avec l'autorisation -gouvernementale, avait entrepris de relever l'antique basilique de -Saint-Martin, presque entirement disparue sous les profanations des -guerres de religion du seizime sicle et les destructions causes par la -grande Rvolution.</p> - -<p><a id="Footnote_363" href="#FNanchor_363" class="label">[363]</a> De l'allemand: trs dsagrable.</p> - -<p><a id="Footnote_364" href="#FNanchor_364" class="label">[364]</a> M. de Bernstorff, ministre de Prusse Londres, avait t appel par -le Roi pour remplacer M. de Schleinitz comme ministre des Affaires trangres; -M. von der Heydt avait pris le portefeuille des Finances, en gardant -provisoirement celui du Commerce; le comte d'Itzenplitz, celui de -l'Agriculture; M. von Mhler, les Cultes; le comte Lippe, la Justice; -M. de Jagow, l'Intrieur.</p> - -<p><a id="Footnote_365" href="#FNanchor_365" class="label">[365]</a> Dans la discussion de l'Adresse, accorde au Corps lgislatif depuis le -dcret du 24 novembre 1860, on attaquait alors le trait de commerce avec -l'Angleterre, et le dput de la Seine-Infrieure, M. Pouyer-Quertier, qui -tait protectionniste, le combattait avec beaucoup de violence.</p> - -<p><a id="Footnote_366" href="#FNanchor_366" class="label">[366]</a> Marie de Castellane tait alors Marmoutiers au couvent du Sacr-Cœur.</p> - -<p><a id="Footnote_367" href="#FNanchor_367" class="label">[367]</a> La marquise de Castellane.</p> - -<p><a id="Footnote_368" href="#FNanchor_368" class="label">[368]</a> Antoine de Castellane, alors g de 5 ans.</p> - -<p><a id="Footnote_369" href="#FNanchor_369" class="label">[369]</a> Mgr Dupanloup, vque d'Orlans.</p> - -<p><a id="Footnote_370" href="#FNanchor_370" class="label">[370]</a> Rochecotte.</p> - -<p><a id="Footnote_371" href="#FNanchor_371" class="label">[371]</a> Fils an de la princesse Radziwill, alors g du 2 ans.</p> - -<p><a id="Footnote_372" href="#FNanchor_372" class="label">[372]</a> Alexandre, duc de Dino et sa fille lisabeth, plus tard comtesse -Oppersdorff.</p> - -<p><a id="Footnote_373" href="#FNanchor_373" class="label">[373]</a> Duc de Valenay.</p> - -<p><a id="Footnote_374" href="#FNanchor_374" class="label">[374]</a> Correspondant de la Chronique.</p> - -<p><a id="Footnote_375" href="#FNanchor_375" class="label">[375]</a> Prince de Sagan.</p> - -<p><a id="Footnote_376" href="#FNanchor_376" class="label">[376]</a> Princesse de Sagan, ne Seillire.</p> - -<p><a id="Footnote_377" href="#FNanchor_377" class="label">[377]</a> Second fils du duc de Valenay.</p> - -<p><a id="Footnote_378" href="#FNanchor_378" class="label">[378]</a> Le Pape avait invit tous les vques du monde catholique se rendre - Rome, le jour de la Pentecte (8 juin 1862), pour assister la fte de la -solennelle canonisation de vingt-cinq martyrs qui, en 1594, avaient vers -leur sang pour la foi Nagasaki, au Japon, et avaient dj t batifis en -1627. Plus de trois cents vques se rendirent l'appel de Pie IX.</p> - -<p><a id="Footnote_379" href="#FNanchor_379" class="label">[379]</a> Au mois d'aot 1861, M. de Lavalette, qui tait Ambassadeur -Constantinople au moment des massacres du Liban, fut envoy Rome -pour y remplacer M. de Gramont, comme Ambassadeur auprs du Pape.</p> - </div> - </div> -</div> - - - - - - - - -<pre> - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Chronique de 1831 1862, Tome 4 (de 4), by -Dorothe de Dino - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK CHRONIQUE DE 1831-1862, TOME 4 *** - -***** This file should be named 53523-h.htm or 53523-h.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/3/5/2/53523/ - -Produced by Clarity, Hlene de Mink, and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -book was produced from scanned images of public domain -material from the Google Books project.) - -Updated editions will replace the previous one--the old editions will -be renamed. - -Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright -law means that no one owns a United States copyright in these works, -so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United -States without permission and without paying copyright -royalties. 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Information about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation - -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation are tax deductible to the full extent permitted by -U.S. federal laws and your state's laws. - -The Foundation's principal office is in Fairbanks, Alaska, with the -mailing address: PO Box 750175, Fairbanks, AK 99775, but its -volunteers and employees are scattered throughout numerous -locations. Its business office is located at 809 North 1500 West, Salt -Lake City, UT 84116, (801) 596-1887. Email contact links and up to -date contact information can be found at the Foundation's web site and -official page at www.gutenberg.org/contact - -For additional contact information: - - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. Compliance requirements are not uniform and it takes a -considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up -with these requirements. We do not solicit donations in locations -where we have not received written confirmation of compliance. To SEND -DONATIONS or determine the status of compliance for any particular -state visit www.gutenberg.org/donate - -While we cannot and do not solicit contributions from states where we -have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition -against accepting unsolicited donations from donors in such states who -approach us with offers to donate. - -International donations are gratefully accepted, but we cannot make -any statements concerning tax treatment of donations received from -outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff. - -Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation -methods and addresses. Donations are accepted in a number of other -ways including checks, online payments and credit card donations. To -donate, please visit: www.gutenberg.org/donate - -Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic works. - -Professor Michael S. Hart was the originator of the Project -Gutenberg-tm concept of a library of electronic works that could be -freely shared with anyone. For forty years, he produced and -distributed Project Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of -volunteer support. - -Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed -editions, all of which are confirmed as not protected by copyright in -the U.S. unless a copyright notice is included. Thus, we do not -necessarily keep eBooks in compliance with any particular paper -edition. - -Most people start at our Web site which has the main PG search -facility: www.gutenberg.org - -This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. - - - -</pre> - -</body> -</html> - diff --git a/old/53523-h/images/435.jpg b/old/53523-h/images/435.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 6700340..0000000 --- a/old/53523-h/images/435.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/53523-h/images/436.jpg b/old/53523-h/images/436.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 89ae9d1..0000000 --- a/old/53523-h/images/436.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/53523-h/images/437.jpg b/old/53523-h/images/437.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 8ff8fd5..0000000 --- a/old/53523-h/images/437.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/53523-h/images/438.jpg b/old/53523-h/images/438.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 740c949..0000000 --- a/old/53523-h/images/438.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/53523-h/images/cover.jpg b/old/53523-h/images/cover.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index c8b3abb..0000000 --- a/old/53523-h/images/cover.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/53523-h/images/duchesse.jpg b/old/53523-h/images/duchesse.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 1db7a38..0000000 --- a/old/53523-h/images/duchesse.jpg +++ /dev/null |
