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If you are not located in the United States, you'll have -to check the laws of the country where you are located before using this ebook. - -Title: Une bibliothèque - L'art d'acheter les livres, de les classer, de les conserver - et de s'en servir - -Author: Albert Cim - -Release Date: December 30, 2019 [EBook #61059] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK UNE BIBLIOTHÈQUE *** - - - - -Produced by Carlo Traverso, Laurent Vogel and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -file was produced from images generously made available -by the Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at -http://gallica.bnf.fr) - - - - - - - - - ALBERT CIM - Bibliothécaire du Sous-Secrétariat d'État des Postes et Télégraphes - - UNE - BIBLIOTHÈQUE - - L'ART D'ACHETER LES LIVRES - DE LES CLASSER, DE LES CONSERVER - ET DE S'EN SERVIR - - «... Nous aurons fait notre possible pour laisser un témoignage - d'amour sincère et de culte vrai pour ce bien que nous ont - légué l'intelligence et le travail de nos devanciers: LE LIVRE.» - (G. MOURAVIT, _le Livre_, p. IX.) - - PARIS - ERNEST FLAMMARION, ÉDITEUR - 26, RUE RACINE, 26 - - 1902 - - - - -IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE: - -Vingt exemplaires sur papier du Japon - -numérotés 1 à 20 - -et vingt exemplaires sur papier de Hollande - -numérotés 21 à 40 - -Tous parafés par l'Éditeur. - - - - -A LA MÉMOIRE - -de mon cher et illustre maître - -ÉMILE LITTRÉ - -dont le grand _Dictionnaire_, monument élevé à la gloire de notre langue -et de nos grands écrivains, atteste la puissante érudition et le culte -des Lettres et de la France, - -Ce livre, consacré à la connaissance et à l'amour du Livre, est dédié. - -ALBERT CIM. - - - - -PRÉFACE - - -Ce n'est pas aux bibliographes de profession et aux savants que cet -ouvrage s'adresse; c'est à tous ceux qui ont le goût des livres et -veulent se rendre compte des éléments matériels du livre, en connaître -la fabrication, les qualités physiques, les conditions d'achat, les -meilleurs modes d'entretien et de classement; et aussi et surtout à ceux -qui cherchent à tirer de leurs lectures le plus de profit et le plus de -plaisir possible. C'est à la jeunesse spécialement qu'il est destiné, à -la jeunesse studieuse et curieuse, qui sent s'éveiller en elle le -passionnant amour des livres et des Lettres,--deux choses que je ne -sépare pas. - -J'ai pensé de préférence à ces fervents, mais humbles néophytes, que -dame Fortune a oublié de favoriser, et qui ne peuvent consacrer que de -menues sommes à l'accroissement et la mise en ordre de leurs modestes -bibliothèques. - -Sans dédaigner les papiers de choix et les reliures précieuses, les -bijoux et trésors des Elzevier, des Plantin ou des Alde, les -chefs-d'œuvre de Gravelot, d'Eisen ou de Moreau le Jeune, et tout en -sachant fort bien que les belles éditions ne font que mieux apprécier -les bons livres, nous estimerons ceux-ci principalement par leur -contenu, nous les considérerons comme instruments de recherches et de -travail, de distraction aussi, de perfectionnement intellectuel et moral -surtout, non comme articles de luxe, motifs d'ornement et de parade. - -Après un chapitre préliminaire, succinct avant-propos consacré à -_l'Amour des livres et de la lecture_, nous abordons l'élément -fondamental et essentiel du livre, _le Papier_, sa fabrication et ses -diverses sortes; nous étudions ensuite _le Format_ et -_l'Impression_,--deux chapitres que nous aurions pu réunir en un seul, -tant sont connexes les questions qu'ils traitent,--et enfin _la -Reliure_. - -Voilà le livre constitué. - -Nous nous occupons alors de son _Achat_: quels livres faut-il acheter? -Est-il nécessaire d'en posséder beaucoup? Vaut-il mieux s'adresser aux -libraires qu'aux bouquinistes, à la «nouveauté» qu'à l'«occasion», à ce -que les Allemands appellent l'«antiquariat»? - -Nous examinons ensuite _l'Aménagement de la bibliothèque_, quels genres -de meubles et de rayonnages conviennent le mieux pour _le Rangement des -livres_, et quel doit être ce rangement. Puis viennent les divers -systèmes de _Classification_ et les principales sortes de _Catalogues_ -(alphabétique, méthodique, etc.) qu'on peut avoir besoin d'établir. Le -chapitre dernier a pour objet _l'Usage et l'Entretien des livres_; il -passe en revue les moyens de les préserver de la poussière, de -l'humidité et des insectes, et de remédier aux accidents (déchirures et -taches) qui les menacent; il enseigne à les défendre contre leurs -nombreux ennemis: souris, rats, emprunteurs, collectionneurs de -gravures, etc.; recherche quels sont les moments de la journée les plus -favorables pour la lecture, quelle doit être l'hygiène du liseur, -comment il convient de tenir un livre, de le manier, d'en couper les -pages, etc., etc. - -Le volume se termine par une liste des abréviations, locutions latines, -termes géographiques latins, chiffres romains et signes typographiques -usités en bibliographie; par un relevé des principaux ouvrages relatifs -aux bibliothèques et à tout ce qui concerne le papier imprimé; enfin par -un index alphabétique permettant de consulter le présent livre et de s'y -référer comme on ferait d'un dictionnaire. - -A nos observations propres, nous avons joint fréquemment des remarques, -gloses ou anecdotes récoltées dans nos lectures. Il nous a semblé qu'il -était bon, qu'il était essentiel, d'appuyer le plus possible nos -renseignements ou nos avis de l'autorité de nos plus experts -prédécesseurs. Mais «à Dieu ne plaise, dirons-nous avec l'un d'eux[1], -que nous ayons jamais eu la pensée de nous enrichir sournoisement aux -dépens d'autrui, et de venir ensuite colorer ce trop facile procédé, en -répétant avec le sans-façon d'un vieil et naïf écrivain[2]: «Il doit peu -vous importer, mon cher lecteur, d'où j'aye pris tout ce que j'ai dit -dans mon livre, pourvu qu'il soit véritable et qu'il vous instruise». -Nous avons toujours eu soin, au contraire, d'indiquer exactement nos -références, autant par scrupule d'écrivain et par probité que par haine -de l'à peu près et par prudence, afin que nos citations ou assertions -pussent être contrôlées sur-le-champ et sans peine. - -Le caractère élémentaire de cet ouvrage nous a obligé de nous -restreindre à une seule nation, la nôtre, à la bibliographie française. -Néanmoins, tout en laissant de côté les bibliothèques étrangères, nous -avons eu fréquemment recours, ainsi qu'on le constatera, à -l'_Encyclopædia britannica_, aux traités de Petzholdt et de Graesel, et, -pour la classification décimale, à Melvil Dewey et à l'Office -international de Bruxelles. - -Nous savons qu'il est de mode en France, aujourd'hui plus que jamais, et -de mode très ancienne, de toujours nous dénigrer nous-mêmes et de nous -engouer d'autrui[3]. Nos généreux et naïfs enthousiasmes, nos -emballements continuels pour quantité de romanciers russes, scandinaves -ou italiens, déconcertent et font sourire les compatriotes de ces -écrivains eux-mêmes, les lettrés de Pétersbourg, d'Upsal ou de Florence. -De même en bibliographie: pendant que nous proclamons à tout vent et -sans discussion la supériorité des méthodes étrangères sur les nôtres, -l'étranger, plus équitable et, pour ainsi parler, plus Français que -nous-mêmes, rend hommage et justice à nos efforts, s'approprie nos idées -et met en pratique nos procédés[4]. Il y a là comme un singulier -chassé-croisé. - -Dans une étude d'opérations si différentes les unes des autres, au cours -d'un travail aussi multiple et complexe que celui-ci, plus d'une erreur -a inévitablement dû se glisser, plus d'une omission se commettre, et -rien de plus facile que de trouver ici matière à critique. Nous ne -saurions donc mieux conclure que par cette humble requête, empruntée à -l'un de nos plus illustres devanciers, et adressée au lecteur: «De quoy -(de ce travail) si tu me sçais gré, j'auray de quoy louer ta -bienvueillance et courtoisie: sinon je te supplieray de vouloir au moins -excuser mes fautes et celles de l'imprimeur[5]». - -ALBERT CIM. - -Paris, le 31 août 1901. - - - - -UNE BIBLIOTHÈQUE - - - - -CHAPITRE I[6] - -L'AMOUR DES LIVRES ET DE LA LECTURE - -Le livre d'autrefois et le livre d'aujourd'hui.--Concurrence faite au -livre par le journal;--par les sports.--Le livre, «la passion des -honnêtes gens».--Résumé historique et succincte anthologie de l'amour -des livres et de l'amour des Lettres.--Attraits extérieurs du livre: -leur importance.--On ne lit bien qu'un livre qui vous -appartient.--Dangers des livres empruntés.--Faut-il en prêter?--Opinions -diverses sur les «prêteurs» et les «non-prêteurs».--«Garder un livre, ce -n'est pas voler.» - - -Le livre, qui était autrefois le privilège presque exclusif de quelques -grands seigneurs, de fastueux surintendants ou cossus prébendiers,--des -Grolier, des de Thou, des Letellier, des Colbert, Huet, Soubise, La -Vallière, Paulmy, etc.,--est aujourd'hui, et depuis plus d'un siècle, -affranchi de ce pseudo-monopole, et tombé, pour ainsi dire, dans le -domaine public. De plus en plus, surtout depuis une trentaine d'années, -nous le voyons se multiplier et se répandre, se vulgariser,--dans l'une -et l'autre acception. Il obéit à la règle commune, à la loi rigoureuse -et fatale qui veut que la quantité ne s'obtienne jamais qu'au détriment -de la qualité. - -D'une façon générale, et comme il ressortira de l'ensemble de cette -étude, le livre d'aujourd'hui est, pour la partie matérielle,--la seule -dont nous nous occupions,--pour le dehors et la forme, moins bien fait -et moins bon que le livre d'autrefois; et c'est surtout aux procédés de -fabrication actuelle du papier, à la mauvaise qualité de celui-ci, -qu'est due cette infériorité, incontestable à notre avis. - -Qu'on veuille bien voir, dans ce que nous disons là, moins une critique -ou une plainte, qu'une simple remarque, une impartiale et platonique -constatation. - -L'absolu n'existe pas dans les choses humaines; toutes ont du _pour_ et -du _contre_. Si le livre moderne est moins bien conditionné que le livre -ancien, il coûte aussi moins cher; au lieu d'être réservé à une élite, -il est accessible aux plus humbles et aux plus pauvres, il profite à -tout le monde. Et puis n'y a-t-il pas encore de temps à autre, chez -quelques rares éditeurs, de très artistiques publications, tirées sur -papier à la cuve et de confection spéciale, des livres dignes des grands -imprimeurs d'autrefois, des Alde, des Estienne, des Elzevier, des -Plantin, des Didot; dignes aussi des Jean Cousin, des Sébastien Leclerc, -des Gravelot, des Eisen et des Moreau, ces glorieux maîtres du burin? - -Si peu coûteux que soit le livre, si démocratisé qu'il soit à présent, -il a d'ailleurs trouvé dans le journal un concurrent encore à plus bas -prix, encore plus abordable et plus pénétrant, plus démocratique que -lui. Il n'en demeure et n'en demeurera toujours pas moins le véritable -gardien de l'intelligence, de l'expérience, de la mémoire de ceux qui -nous ont précédés sur terre; il conservera toujours son titre de «Trésor -des remèdes de l'âme», que lui a donné un roi d'Égypte[7], voilà plus de -trois mille ans. - -Le journal a sur le livre le désavantage d'être fait trop vite, -forcément,--et ce qu'on fait vite, forcément encore et inévitablement, -manque de soin et de maturité[8]; de ne parler presque exclusivement que -de choses éphémères et d'une importance relative; de ne posséder enfin -ni le format, ni la commodité et l'élégance du livre. - -La vraie lecture, c'est celle du livre. «La lecture des journaux, a dit, -avec un dépit peu justifié d'ailleurs, un journaliste qui était en même -temps un très brillant styliste[9], la lecture des journaux empêche -qu'il n'y ait de vrais savants et de vrais artistes; c'est comme un -excès quotidien qui vous fait arriver énervé et sans force sur la couche -des Muses, ces filles dures et difficiles, qui veulent des amants -vigoureux et tout neufs. Le journal tue le livre, comme le livre a tué -l'architecture, comme l'artillerie a tué le courage et la force -musculaire.» - -Je ne crois pas à la justesse de cette assertion ou de cette prédiction; -je ne crois pas que «le journal tue le livre»; tous deux plutôt s'aident -à vivre, se complètent l'un l'autre, se fortifient réciproquement. - -Quant aux sports, aux nombreux sports que la fin du siècle dernier a vus -éclore, et dont la plupart nous viennent de la race anglo-saxonne: -cricket et croquet, lawn-tennis, football, polo, golf, rallye-paper, -yachting, racing, etc., et surtout au cyclisme et à l'automobilisme, si -en vogue à l'heure présente, il est certain qu'ils ont porté à la -lecture, à celle du livre aussi bien que du journal, un préjudice -sensible, et qu'actuellement ils détiennent ce que, dans leur langue -spéciale, on nomme le record. Mais n'ayez crainte: la lecture aura -toujours ses fidèles et ses fervents; il y aura toujours des jeunes gens -pour qui elle sera la plus puissante distraction, l'attraction -enchanteresse et souveraine; elle offrira toujours et à tous, même, dans -certains cas, aux plus ardents sportsmen, «le moyen d'échanger des -heures d'ennui contre des heures délicieuses[10]»; et le livre restera -toujours ce qu'il n'a jamais cessé d'être, même aux époques les plus -remuantes et les plus troublées, «la passion des honnêtes gens[11]». - - * - - * * - -Je voudrais, dans ce premier chapitre, au début de mon travail, rappeler -ce qui a été dit de plus vrai, de plus piquant ou de plus éloquent sur -le goût des livres et sur les plaisirs et les avantages que procure la -lecture: je ne saurais, il me semble, présenter de meilleurs -prolégomènes que cette anthologie. Pourquoi risquer de répéter en -mauvais termes ce qui a été magistralement exprimé avant nous? Mais le -choix de ces pensées serait considérable, immense, et il faut se borner. -Beaucoup d'entre elles trouveront d'ailleurs leur place dans l'un ou -l'autre des chapitres suivants. En voici quelques-unes cependant, des -plus saillantes, et dont l'ensemble formera comme un résumé -chronologique de la question qui nous occupe, une très succincte -monographie de l'histoire de l'amour des livres et de l'amour des -Lettres[12]. - - * * * * * - -Parmi les écrivains de l'antiquité, Cicéron, Horace, Sénèque, les deux -Pline, Plutarque, Varron, Aulu-Gelle, Lucien, sont ceux qui ont le mieux -célébré ou goûté les charmes féconds de la lecture et de l'étude. - -Tous les collégiens ont traduit le célèbre apophtegme, tant et tant de -fois cité: «Les Lettres sont l'aliment de la jeunesse et la joie de la -vieillesse; elles donnent de l'éclat à la prospérité, offrent un refuge -et une consolation à l'adversité; elles récréent sous le toit -domestique, sans embarrasser ailleurs; la nuit elles veillent avec nous; -elles nous tiennent compagnie dans nos voyages et à la campagne[13]». - -«Le loisir sans les Lettres est une mort, écrit Sénèque: c'est la -sépulture d'un homme vivant[14].» - -«Réfugie-toi dans l'étude, dit-il ailleurs, tu échapperas à tous les -dégoûts de l'existence[15].» - -Pline le Jeune, qui déclarait avec une si charmante bonne grâce que -«c'est tout un, ou peu s'en faut, d'aimer l'étude et d'aimer Pline[16],» -nous a laissé, dans ses exquises lettres, et notamment dans celle qu'il -consacre aux écrits de son oncle le naturaliste, quantité de sages -préceptes sur la façon de lire et de profiter de ses lectures. C'est -Pline l'Ancien qui avait coutume de dire ce mot, tant de fois répété: -«Il n'y a si mauvais livre où l'on ne puisse trouver quelque chose -d'utile[17]». - -Plutarque, ce «si parfait et excellent juge des actions humaines[18]», -nous avertit que «le plus grand avantage que nous tirions du bienfaisant -commerce des Muses, c'est de vaincre et d'adoucir notre naturel par -l'instruction et par les Lettres, et de comprendre qu'il faut aimer la -modération et bannir de nous tout excès[19]». - -«Il y a deux avantages qu'on peut retirer du commerce avec les anciens: -l'un est de s'exprimer avec élégance, l'autre d'apprendre à faire le -bien par l'imitation des meilleurs modèles, et à éviter le mal,» dit de -son côté Lucien de Samosate, dans sa virulente satire _Contre un -ignorant bibliomane_[20]. - - * * * * * - -A l'entrée du moyen âge, l'historien des Francs, Grégoire de Tours, -lance ce significatif anathème: «Malheur à nos jours, parce que l'étude -des Lettres périt au milieu de nous[21]». - -Mais l'étude et les Lettres ne tardent pas à trouver un asile dans les -monastères, et il n'est pas d'abbaye qui ne se pique de posséder sa -bibliothèque[22], de l'accroître et de l'enrichir. C'était, en effet, -une honte pour un couvent de n'avoir pas de livres: «Monastère sans -livres, place de guerre sans vivres,» déclare un proverbe de ce temps: -_Claustrum sine armario, quasi castrum sine armamentario_. Plusieurs -règles conventuelles, celle de saint Benoît particulièrement, -prescrivent l'enseignement et la pratique de la calligraphie et -ordonnent la transcription des manuscrits[23]. - - A desenor muert à bon droit - Qui n'aime livre ne ne croit: - -Celui-là meurt à bon droit déshonoré, qui n'aime livre _ni_ ne croit, -proclame le _Roman de Renart_[24]. - -L'évêque de Durham, Richard de Bury, fondateur de la bibliothèque -d'Oxford, écrit, vers 1340, un petit traité latin de l'amour et du choix -des livres, _Philobiblion, Tractatus pulcherrimus de amore -librorum_[25], «qui est peut-être, depuis le moyen âge, le plus ancien -livre de bibliomanie que l'on connaisse[26]». «Les livres, dit le -judicieux évêque[27], ce sont des maîtres qui nous instruisent sans -verges et sans férule, sans cris et sans colère, sans costume -(d'apparat) et sans argent. Si on les approche, on ne les trouve point -endormis; si on les interroge, ils ne dissimulent point leurs idées; si -l'on se trompe, ils ne murmurent pas, si l'on commet une bévue, ils ne -connaissent point la moquerie.» Et, s'autorisant de Moïse, de Salomon et -de saint Luc, il nous exhorte «à acheter les livres de bon cœur et à ne -les vendre qu'avec répugnance[28]», il nous recommande instamment de les -manier avec respect et de les conserver avec soin[29]. - -Les livres ont aussi trouvé à cette époque, dans le grand poète -Pétrarque, un enthousiaste apologiste; il a notamment publié à leur -louange différents petits traités: _De l'abondance des livres_, _De la -réputation des écrivains_, etc., qu'on aime encore à lire et à méditer. -Pétrarque s'est d'ailleurs acquis, par son zèle à exhumer et à -transcrire de nombreux manuscrits d'auteurs anciens (Sophocle, -Aristophane, Cicéron, etc.), la reconnaissance de la postérité[30]. - -Le cardinal Bessarion, mort à Ravenne en 1472, qui, à deux reprises, -faillit être élu pape et fut un des plus féconds écrivains et l'un des -plus fervents bibliophiles de son époque, nous a conté, dans sa célèbre -lettre de 1468 au doge et au sénat de Venise, les débuts de sa passion -et en a décrit toute l'ardeur. «Dès ma plus tendre enfance, tous mes -goûts, toutes mes pensées, tous mes soins n'ont eu d'autre but que de me -procurer des livres pour en former une bibliothèque assortie. Aussi, dès -mon jeune âge, non seulement j'en copiois beaucoup, mais toutes les -petites épargnes que je pouvois mettre de côté par une grande économie, -je les employois sur-le-champ à acheter des livres; et, en effet, je -croyois ne pouvoir acquérir ni d'ameublement plus beau, plus digne de -moi, ni de trésor plus utile et plus précieux. Ces livres, dépositaires -des langues, pleins des modèles de l'antiquité, consacrés aux mœurs, aux -lois, à la religion, sont toujours avec nous, nous entretiennent et nous -parlent; ils nous instruisent, nous forment, nous consolent; ils nous -rappellent les choses les plus éloignées de notre mémoire, nous les -rendent présentes, les mettent sous nos yeux. En un mot, telle est leur -puissance, telle est leur dignité, leur majesté, leur influence, que, -s'il n'y avait pas de livres, nous serions tous ignorans et grossiers; -nous n'aurions ni la moindre trace des choses passées, ni aucun exemple, -ni la moindre notion des choses divines et humaines. Le même tombeau qui -couvre les corps aurait englouti les noms célèbres[31].» C'est par cette -lettre que le savant cardinal faisait don de ses précieuses collections -de manuscrits «à la vénérable bibliothèque Saint-Marc», dont elles sont -encore aujourd'hui une des principales richesses. - -Les livres, - - _Ces_ bons hostes muets qui ne fâchent jamais, - -comme les qualifie Ronsard[32], ont aussi fait les délices de Montaigne. -C'était dans sa «librairie», au troisième étage de sa tour, qu'il -passait «la plus part des jours de sa vie et la plus part des heures du -jour[33]»: et chaque page de ses _Essais_ porte l'empreinte de Plutarque -ou d'Ovide, d'Horace ou de Virgile, est tout imbue de la savoureuse -moelle des anciens. «Le commerce (c'est-à-dire la fréquentation et -l'usage) des livres, écrit-il[34], est bien plus sûr et plus à nous (que -celui des hommes et des femmes)... Il costoye tout mon cours, et -m'assiste par tout; il me console en la vieillesse et en la solitude; il -me descharge du poids d'une oysifveté ennuyeuse, et me desfaict à toute -heure des compaignies qui me faschent; il esmousse les poinctures de la -douleur, si elle n'est du tout extreme et maistresse. Pour me distraire -d'une imagination opportune, il n'est que de recourir aux livres; ils me -destournent facilement à eulx, et me la desrobbent... Il ne se peult -dire combien je me repose et sejourne en cette consideration, qu'ils -sont à mon costé pour me donner du plaisir à mon heure, et à -recognoistre combien ils portent de secours à ma vie. C'est la meilleure -munition que j'aye trouvé à cet humain voyage; et plainds extremement -les hommes d'entendement qui l'ont à dire» (qui en sont privés). - - * * * * * - -Le goût des livres et l'amour de la lecture se répandent davantage -encore sous le règne de Louis XIV, bien que, par lui-même et en dépit de -la réputation que l'histoire lui a faite, ce souverain n'ait guère donné -de preuves directes de cet amour ni de ce goût. - -«A quoi cela vous sert-il de lire? demandait-il un jour au duc de -Vivonne, qui était renommé pour sa belle mine et ses fraîches couleurs. - ---La lecture fait à l'esprit, Sire, ce que vos perdrix font à mes -joues,» lui répliqua le duc[35]. - -Gui Patin, le caustique érudit, adversaire acharné du «gazetier» -Renaudot et de l'antimoine, écrivait en 1645 à son ami Spon qu'il -trouvait dans l'étude un si puissant attrait, de tels charmes, que, «si -le roy Salomon avec la reine de Saba faisoient icy leur entrée avec -toute leur gloire, je ne sais si j'en quitterois mes livres[36]». - -En maint endroit de ses lettres, Mme de Sévigné prône de même les vifs -et fructueux plaisirs que procure la lecture. «Aimer à lire... la jolie, -l'heureuse disposition! On est au-dessus de l'ennui et de l'oisiveté, -deux vilaines bêtes[37]!» «Qu'on est heureux d'aimer à lire[38]!» «Je -plains ceux qui n'aiment point à lire[39].» «Enfin, tant que nous aurons -des livres, nous ne nous pendrons pas[40]!» «Pour Pauline (sa -petite-fille), cette dévoreuse de livres, j'aime mieux qu'elle en avale -de mauvais, que de ne point aimer à lire[41].» «Je ne veux rien dire sur -les goûts de Pauline pour les romans, écrit-elle encore à sa fille... -Tout est sain aux sains, comme vous dites... Ce qui est essentiel, c'est -d'avoir l'esprit bien fait[42].» - -C'est à peu près ce que dira plus tard Diderot[43]: «Il n'y a point de -bons livres pour un sot; il n'y en a peut-être pas un mauvais pour un -homme de sens». - -«Heureux ceux qui aiment à lire!» répète aussi Fénelon dans son -_Télémaque_[44]. - -«L'étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la -vie, n'ayant jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait -dissipé,» déclare Montesquieu[45]; et il revient fréquemment sur les -inappréciables avantages de la lecture et de l'étude. «L'amour de -l'étude est presque en nous la seule passion éternelle; toutes les -autres nous quittent, à mesure que cette misérable machine qui nous les -donne s'approche de sa ruine... Il faut se faire un bonheur qui nous -suive dans tous les âges: la vie est si courte que l'on doit compter -pour rien une félicité qui ne dure pas autant que nous[46].» Et, dans -ses admirables _Pensées_, il note avec mélancolie, mais non sans une -communicative émotion et sans grandeur: «Mes lectures m'ont affaibli les -yeux; et il me semble que ce qu'il me reste encore de lumière n'est que -l'aurore du jour où ils se fermeront pour jamais[47]». - -Le chancelier Daguesseau, lisant un poème grec avec le savant Boivin, -eut un mot charmant pour exprimer le plaisir qu'il éprouvait: -«Hâtons-nous! si nous allions mourir avant d'avoir achevé[48]!» - -A Vauvenargues, qui a dit qu'«on ne peut avoir l'âme grande ou l'esprit -un peu pénétrant sans quelque passion pour les Lettres[49]», Voltaire -écrivait un jour: «Puissent les Belles-Lettres vous consoler! Elles -sont, en effet, le charme de la vie, quand on les cultive pour -elles-mêmes, comme elles le méritent; mais quand on s'en sert comme d'un -organe de la renommée, elles se vengent bien de ce qu'on ne leur a pas -offert un culte assez pur[50].» - -«Quelque chose qu'il arrive, aimez toujours les Lettres, écrit encore -Voltaire[51]. J'ai soixante-dix ans, et j'éprouve que ce sont de bonnes -amies; elles sont comme l'argent comptant, elles ne manquent jamais au -besoin.» - -Sur l'influence et la puissance des livres, Voltaire, dans sa -merveilleuse _Correspondance_, comme dans son _Dictionnaire -philosophique_ et ailleurs, ne tarit pas. «Songez que tout l'univers -connu n'est gouverné que par des livres, excepté les nations sauvages. -Toute l'Afrique, jusqu'à l'Éthiopie et la Nigritie, obéit au livre de -l'Alcoran, après avoir fléchi sous le livre de l'Évangile. La Chine est -régie par le livre moral de Confucius, une grande partie de l'Inde par -le livre du Veidam. La Perse fut gouvernée pendant des siècles par les -livres d'un des Zoroastres. Si vous avez un procès, votre bien, votre -honneur, votre vie même dépend de l'interprétation d'un livre que vous -ne lisez jamais... Qui mène le genre humain dans les pays policés? ceux -qui savent lire et écrire. Vous ne connaissez ni Hippocrate, ni -Boerhaave, ni Sydenham; mais vous mettez votre corps entre les mains de -ceux qui les ont lus. Vous abandonnez votre âme à ceux qui sont payés -pour lire la Bible[52].» - -«Plusieurs bons bourgeois, plusieurs grosses têtes, qui se croient de -bonnes têtes, vous disent avec un air d'importance que les livres ne -sont bons à rien. Mais, messieurs les Welches, savez-vous que vous -n'êtes gouvernés que par des livres? savez-vous que l'ordonnance civile, -le code militaire et l'Évangile sont des livres dont vous dépendez -continuellement[53]?» - -«Il faut vivre avec les vivants.--Cela n'est pas vrai: il faut vivre -avec les morts» (c'est-à-dire avec ses livres), déclare Chamfort[54]. - -«Les Lettres sont un secours du ciel, écrit Bernardin de -Saint-Pierre[55]. Ce sont des rayons de cette sagesse qui gouverne -l'univers, que l'homme, inspiré par un art céleste, a appris à fixer sur -la terre. Semblables aux rayons du soleil, elles éclairent, elles -réjouissent, elles échauffent: c'est un feu divin... Les sages qui ont -écrit avant nous sont des voyageurs qui nous ont précédés dans les -sentiers de l'infortune, qui nous tendent la main, et nous invitent à -nous joindre à leur compagnie, lorsque tout nous abandonne. Un bon livre -est un bon ami.» - -«Celui qui aime un livre, dit de son côté le géomètre et théologien -anglais Isaac Barrow[56], ne manquera jamais d'un ami fidèle, d'un sage -conseiller, d'un joyeux compagnon, d'un consolateur efficace. Celui qui -étudie, qui lit, qui pense, peut se divertir innocemment et s'amuser -gaiement, quelque temps qu'il fasse, en quelque situation qu'il se -trouve.» - -Gray, le chantre du _Cimetière de campagne_, prétendait que «rester -nonchalamment étendu sur un sofa et lire des romans nouveaux donnait une -assez bonne idée des joies du paradis[57]». - -Goldsmith, l'auteur du _Vicaire de Wakefield_, affirme, par la bouche -d'un de ses personnages, que «la littérature est un sujet qui lui fait -toujours oublier ses misères[58]». - -Et l'historien Gibbon, qui avait puisé dès l'enfance, auprès d'une de -ses tantes, un irrésistible amour de la lecture, disait plus tard «qu'il -n'échangerait pas cette passion pour les trésors de l'Inde[59]». - - * * * * * - -Au XIXe siècle, voici, parmi les fervents des livres et des Lettres, -Paul-Louis Courier, qui, tout jeune, écrivait à sa mère: «Mes livres -font ma joie, et presque ma seule société. Je ne m'ennuie que quand on -me force à les quitter, et je les retrouve toujours avec plaisir. J'aime -surtout à relire ceux que j'ai déjà lus nombre de fois, et par là -j'acquiers une érudition moins étendue, mais plus solide[60].» - -Joubert s'écrie qu'«il n'est rien de plus beau qu'un beau livre[61]». -«Ce sont les livres, dit-il encore, qui nous donnent nos plus grands -plaisirs, et les hommes qui nous causent nos plus grandes douleurs[62].» - -«Lorsque mon cœur oppressé me demande du repos, dit Joseph de -Maistre[63], la lecture vient à mon secours. Tous mes livres sont là -sous ma main; il m'en faut peu, car je suis depuis longtemps bien -convaincu de la parfaite inutilité d'une foule d'ouvrages qui jouissent -d'une grande réputation[64].» - -Et n'est-elle pas émouvante et belle entre toutes, cette apostrophe de -Jules Janin: «O mes livres! mes économies et mes amours! une fête à mon -foyer, un repos à l'ombre du vieil arbre, mes compagnons de voyage!... -et puis, quand tout sera fini pour moi, les témoins de ma vie et de mon -labeur[65]». - -Édouard Laboulaye a fort bien décrit aussi les secours que nous offrent -les livres et la lecture: «La lecture n'est pas la science universelle, -ce n'est pas non plus la sagesse universelle; mais un homme qui a pris -l'habitude de lire peut toujours consulter sur chaque question donnée -une expérience plus grande que la sienne, et une expérience -désintéressée... Le livre est donc l'expérience du passé. C'est mieux -encore: un livre est quelque chose de vivant, c'est une âme qui revit en -quelque sorte, et qui nous répond chaque fois que nous voulons -l'interroger... Où donc trouver des amis véritables? Dans les livres. Là -sont des gens qui ont souffert et qui ont raconté ce qu'ils ont -souffert, des amis qui ont vécu souvent plusieurs siècles avant nous, -mais qui nous consolent, parce qu'ils viennent mêler leurs souffrances à -la nôtre[66]...» - -«L'art»--c'est-à-dire l'amour du Beau et du Vrai, l'étude et le culte -des Lettres--«est ce qui nous console le mieux de vivre», disait -Théophile Gautier[67]. - -Et notre grand historien littéraire Sainte-Beuve: «Ne pas avoir le -sentiment des Lettres[68], cela, chez les anciens, voulait dire ne pas -avoir le sentiment de la vertu, de la gloire, de la grâce, de la beauté, -en un mot de tout ce qu'il y a de véritablement divin sur la terre: que -ce soit là encore notre symbole[69]». «Heureux, écrit-il encore dans une -de ses plus exquises _Causeries du lundi_[70], heureux ceux qui lisent, -qui relisent, ceux qui peuvent obéir à leur libre inclination dans leurs -lectures! Il vient une saison, dans la vie, où, tous les voyages étant -faits, toutes les expériences achevées, on n'a pas de plus vives -jouissances que d'étudier et d'approfondir les choses qu'on sait, de -savourer ce qu'on sent, comme de voir et de revoir les gens qu'on aime: -pures délices du cœur et du goût dans la maturité... Le goût est fait -alors, il est formé et définitif; le bon sens chez nous, s'il doit -venir, est consommé. On n'a plus le temps d'essayer ni l'envie de sortir -à la découverte. On s'en tient à ses amis, à ceux qu'un long commerce a -éprouvés. Vieux vin, vieux livres, vieux amis. On se dit comme Voltaire -dans ces vers délicieux[71]: - - Jouissons, écrivons, vivons, mon cher Horace! - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - J'ai vécu plus que toi: mes vers dureront moins; - Mais, au bord du tombeau, je mettrai tous mes soins - A suivre les leçons de ta philosophie, - A mépriser la mort en savourant la vie, - A lire tes écrits pleins de grâce et de sens, - Comme on boit d'un vin vieux qui rajeunit les sens. - -«Enfin, que ce soit Horace ou tout autre, quel que soit l'auteur qu'on -préfère et qui nous rende nos propres pensées en toute richesse et -maturité, on va demander alors à quelqu'un de ces bons et antiques -esprits un entretien de tous les instants, une amitié qui ne trompe pas, -qui ne saurait nous manquer, et cette impression habituelle de sérénité -et d'aménité qui nous réconcilie, nous en avons souvent besoin, avec les -hommes et avec nous-même.» - -Dans son autobiographie, _Ma vocation_[72], Ferdinand Fabre, un -romancier dont le talent d'observateur et d'écrivain méritait plus de -gloire et de succès, glisse cet aveu: «Les livres m'ont toujours fort -troublé; dès mon enfance... j'ai eu pour les livres je ne sais quel -respect profond, quelle attention émue. Je me suis dit souvent depuis: -«C'est dans les livres que l'homme a caché ce qu'il a de plus noble, de -plus haut, de plus vertueux, de plus vaillant...», et mille fois j'ai -baisé avec amour les pages de mes _Confessions_ de saint Augustin ou de -mon _Imitation de Jésus-Christ_.» - -L'historien et critique d'art Charles Blanc fait la remarque -suivante[73]: «J'ai toujours pensé, et j'ai vérifié quelquefois, que -l'on peut se faire une idée juste du caractère et de l'esprit d'un homme -qu'on n'a jamais vu rien qu'en regardant sa bibliothèque. Dis-moi ce que -tu lis, et je te dirai qui tu es[74]. Avant même d'avoir lu les titres -des ouvrages rangés dans les armoires de ce personnage que l'on ne -connaît point et qui vous fait attendre dans son cabinet, on n'a qu'à -jeter un coup d'œil sur ses reliures pour savoir s'il a le sentiment de -l'ordre, s'il a du tact, s'il a du goût, s'il est vraiment possédé de -l'amour des livres ou s'il n'en a que l'ostentation, s'il est enfin de -ceux qui ont une bibliothèque seulement pour la montre, de ceux à qui M. -de Paulmy[75] proposait cette inscription à mettre sur leurs livres: -_Multi vocati, pauci lecti_, beaucoup d'appelés, peu de _lus_.» - -«Quoi de plus désirable que la passion des vieux livres? écrit Hippolyte -Rigault[76]. Non des rares et des coûteux: celle-là, c'est le privilège -des riches et des enrichis; encore n'est-elle souvent qu'une passion -factice et toute de vanité, une manière de donner à des millions un air -intellectuel, chez les faux bibliophiles... L'amour des vieux livres, -humbles, mal reliés, qu'on achète pour peu de chose et qu'on revendrait -pour rien, voilà la vraie passion, sincère, sans artifice, où n'entrent -ni le calcul, ni l'affectation. C'est un bon sentiment que ce culte de -l'esprit et ce respect touchant pour les monuments les plus délabrés de -la pensée humaine; c'est un bon sentiment que cette vénération pour ces -livres d'autrefois qui ont connu nos pères, qui ont peut-être été leurs -amis, leurs confidents. Voilà les sentiments qu'éveille dans le cœur -l'amour des vieux volumes: aimable passion qui est plus qu'un plaisir, -qui est presque une vertu... On compte ses prisonniers avec un air -vainqueur; on les range un par un sur de modestes rayons; ils seront -aimés, choyés, dorlotés malgré leur indigence, comme s'ils étaient vêtus -d'or et de soie.» - -Le spirituel chroniqueur et humoriste bibliophile Jules Richard nous -fait cette confession[77]: «Après avoir profité de tous les biens de ce -monde dans la juste mesure de mes moyens et de mes forces, je puis, sans -hypocrisie, constater ici que, de toutes les jouissances, celles qui -proviennent de l'amour des livres sont, sinon les plus vives, tout au -moins les plus facilement et les plus longtemps renouvelables. Au jeu, -on ne gagne pas toujours; avec les femmes, la vieillesse arrive avant la -satiété. Il y a bien aussi la table! Mais quand on a bu et mangé pendant -deux heures, il faut s'arrêter. La pêche! la chasse! dira-t-on.--Pour la -pêche, il faut de la patience et... du poisson; pour la chasse, il faut -des jambes et du gibier. Pour le livre, il ne faut que le livre.»--Et -des yeux, des yeux pas trop fatigués, est-il séant d'ajouter. - -Mais nul n'a parlé des livres avec plus de cœur et de communicatif -sentiment, de haute raison et de compétence qu'un écrivain mort il y a -quelques années, à peu près inconnu, Gustave Mouravit, l'auteur de _le -Livre et la Petite Bibliothèque d'amateur_, _Essai de critique, -d'histoire et de philosophie morale sur l'amour des livres_.[78] Voici -quelques extraits de cet excellent ouvrage, auquel nous aurons souvent -recours: «... Malheur à qui n'aime pas à lire, c'est-à-dire à se -perfectionner lui-même, à puiser dans ce merveilleux océan, formé de la -fusion de tant de génies divers, les éléments de sa propre vie, de sa -dignité, de son bonheur[79]». «... Ce mot de _bibliophilie_ n'est pas de -création récente. Nous l'avons trouvé inscrit pour la première fois sur -le titre d'un intéressant petit livre, première œuvre bibliographique du -savant et judicieux Salden (sous le pseudonyme de Christianus Liberius -Germanus): BIBLIOPHILIA, _sive de scribendis, legendis et æstimandis -libris exercitatio parænetica_ (Utrecht, 1681, in-16). Qu'on veuille -bien accorder quelque attention à l'énoncé de ce titre, car il renferme -la véritable et complète explication de ce qu'on entendait alors et de -ce qu'on doit réellement entendre par ce mot de bibliophilie. La -bibliophilie vraie, en effet, ne sépare pas l'_œuvre_ du _livre_[80].» -«... Il faut donc que la connaissance des livres et le culte des Lettres -se donnent la main, qu'ils s'unissent dans un embrassement qui les -honorera, les élèvera[81].» «... Les livres, les seuls amis que le temps -ne nous enlève pas[82].» «... O chers livres! vous qui avez banni du -monde l'ignorance et la grossièreté; vous dont «telle est la puissance, -telle la dignité, telle l'influence, que si vous n'étiez point, il n'y -aurait parmi nous ni trace des choses passées, ni la moindre notion des -choses divines et humaines[83],» ils sont bien antiques, vos titres à -l'amour et à la reconnaissance des hommes, «car à la tête de tous les -peuples, il y a un livre, et un livre à la tête de toutes les grandes -civilisations[84][85].» - -Et pour clore cette très sommaire et déjà longue revue[86], nous -rappellerons la célèbre péroraison de l'article de Silvestre de Sacy sur -le _Catalogue de la bibliothèque de feu J.-J. de Bure_, cette émouvante -oraison funèbre tant de fois citée[87], et qui est comme la «Tristesse -d'Olympio» du bibliophile; nous ne saurions mieux terminer: - -«Encore bien peu de jours, et cette belle bibliothèque de MM. de Bure -n'existera donc plus! Ces livres qu'ils avaient rassemblés avec amour -vont se partager entre mille mains étrangères et sortir de ce petit -cabinet où ils étaient gardés avec un soin si tendre! D'autres -bibliothèques s'en enrichiront pour être dispersées à leur tour. Triste -sort des choses humaines! O mes chers livres! Un jour viendra aussi où -vous serez étalés sur une table de vente, où d'autres vous achèteront et -vous posséderont, possesseurs moins dignes de vous peut-être que votre -maître actuel! Ils sont bien à moi pourtant, ces livres; je les ai tous -choisis un à un, rassemblés à la sueur de mon front, et je les aime -tant! Il me semble que par un si long et si doux commerce ils sont -devenus comme une portion de mon âme! Mais quoi? Rien n'est stable en ce -monde, et c'est notre faute si nous n'avons pas appris de nos livres -eux-mêmes à mettre au-dessus de tous les biens qui passent et que le -temps va nous emporter, le bien qui ne passe pas, l'immortelle beauté, -la source infinie de toute science et de toute sagesse[88].» - - * - - * * - -Bien que nous n'ayons pas en vue ici les livres d'art et de luxe, nous -ne méconnaissons pas le très puissant attrait et toute l'importance que -possède, pour le simple usage même, pour la lecture ou l'étude, -l'extérieur du livre: un format commode, ni trop grand, ni trop petit; -un caractère d'impression suffisamment gros, que l'œil perçoive aisément -et suive sans fatigue; un papier de bonne qualité, dont la blancheur ne -miroite pas et n'éblouisse pas le regard; enfin une correction de texte -irréprochable. Volontiers nous nous écrierons avec Chevillier, un des -anciens historiens de l'imprimerie: - -«O dieux et déesses! quoi de plus rare et de plus charmant que la -contemplation d'un beau livre imprimé en bons caractères, gros et menus, -avec une bonne encre indestructible?... Il n'y a pas de tableau du plus -grand maître qui soit plus agréable aux yeux de l'honnête homme et du -savant parfait[89].» - -Donc, sans crainte de nous commettre avec les bibliomanes et en nous -maintenant strictement dans notre programme, nous reconnaîtrons avec -Mouravit «que la beauté matérielle d'un volume influe beaucoup sur le -profit intellectuel qu'on en peut tirer. Comme le disait notre bon -Rollin: «Une belle édition, qui frappe les yeux, gagne l'esprit, et, par -cet attrait innocent, invite à l'étude.» Tous ceux qui aiment les livres -comprendront cela[90].» - -Écoutez encore cette ingénieuse et concluante comparaison, où le livre -mal imprimé et défectueux est assimilé au lecteur qui hésite, ânonne, se -reprend et se fourvoie sans cesse: - -«Qu'un lecteur malhabile entreprenne de vous lire une belle œuvre: si -ses hésitations, ses intonations fausses, la rudesse de son organe, la -gaucherie de son interprétation, brisent constamment vos efforts pour -être attentif, et émoussent en vous, si l'on peut dire, le sentiment de -la lecture, le plaisir que vous vous étiez promis ne deviendra-t-il pas -un supplice? et quel profit rapporterez-vous de ce labeur? Ainsi en -est-il d'un livre où les incorrections, l'imperfection du tirage, le peu -d'élégance ou l'usure des caractères offensent le regard, lassent la -patience et mettent à chaque instant le lecteur en défiance de -l'exactitude du texte qu'il a sous les yeux. Avec quel plaisir, au -contraire,--plaisir intime et charmant,--l'intelligence se laisse aller -à suivre ces élégantes petites avenues, si gracieuses, si bien alignées, -où le spectacle qui se déroule le long du chemin apparaît mille fois -plus attrayant et sympathique; avec quelle jouissance l'homme sérieux -dévore ce volume, où l'exactitude scrupuleuse de la correction, -l'égalité parfaite du tirage, le choix intelligent et délicat d'un type -approprié à la nature de l'œuvre, viennent s'ajouter à la beauté des -caractères, aux harmonieuses proportions du format et de la -_justification_[91]!» - -Ainsi, autant que possible, ne composez votre bibliothèque que de livres -remplissant les conditions précédemment énumérées: format pratique, -impression convenable, bon papier, texte correct. - - * - - * * - -Un autre principe, un axiome plutôt, que je tiens à rappeler tout -d'abord, c'est celui-ci: on ne lit bien, on ne savoure convenablement et -complètement un livre que s'il vous appartient, qu'à condition d'en être -l'unique et absolu propriétaire. - -J'ajouterai même volontiers que, pour le bien goûter et le savourer, ce -livre, il n'est pas mauvais de l'avoir acheté de ses deniers et payé de -sa poche. - -Le bon et regretté Léon de la Brière, historien de Mme de Sévigné et -commentateur de Montaigne, a même prétendu quelque part[92] que les -Français «ne lisent jamais les livres qu'on leur donne», et «lisent -rarement ceux qu'ils achètent». Il y a sans doute là un peu -d'exagération; mais l'idée, le principe que nous venons d'émettre, se -retrouve dans cette boutade. - -Donc, pas de livres empruntés, pas de volumes de cabinet de lecture -surtout: c'est non seulement la bibliophilie qui s'y oppose, mais -l'hygiène: après de nombreuses expériences faites il y a quelques années -par MM. les docteurs du Cazal et Catrin, ces deux savants ont nettement -démontré que les livres sont de véritables véhicules des germes des -maladies contagieuses, de la diphtérie, de la tuberculose, de la fièvre -typhoïde notamment[93]. - -Que les livres dont vous vous servez soient donc à vous. Évidemment il -ne faudrait pas pousser cette règle trop loin, jusqu'à refuser, par -exemple, comme Larcher, le traducteur d'Hérodote, de consulter un volume -des plus rares, parce que ce volume ne vous appartient pas[94]; je parle -ici, non des ouvrages de référence accidentelle et momentanée, mais de -ceux qu'on lit entièrement et qui méritent d'être relus. - -Et ces livres, vos livres, les prêterez-vous? Cette question du prêt des -livres est une de celles qui ont le plus préoccupé les bibliographes, -une de celles qui s'imposent et qu'il faut tout d'abord trancher. - -On connaît la devise ou l'_ex-libris_ du célèbre amateur Jean (Ioannes) -Grolier (1479-1565). D'un côté de ses livres, sur l'un des plats, il -faisait graver: _Io. Grolierii et amicorum,_ et sur l'autre: _Portio -mea, Domine, sit in terra viventium_[95]. Un autre bibliophile de la -même époque, Thomas Maïoli, inscrivait de même sur ses livres: _Tho. -Maïoli et amicorum;_ mais, remarque M. Henri Bouchot[96], il corrigeait -parfois «d'une devise sceptique l'élan de son amitié: _Ingratis servire -nephas_[97], ce qui pourrait bien être le cri d'un propriétaire de -livres trompé par les emprunteurs». Rabelais écrivait sur le titre de -ses livres, comme on le voit encore à notre Bibliothèque nationale: -«_Francisci Rabelæsi, medici_, καὶ τῶν αὐτοῦ φίλων[98].» D'autres -savants ou amateurs, Bathis, de Bruxelles, Marc Laurin, de Bruges, ont, -le premier en grec, le second en latin, employé la même sentence, et -proclamé que leurs livres étaient à eux et à leurs amis[99]. On cite -encore un illustre collectionneur et érudit du XVIIe siècle, Michel -Bégon, qui pratiquait la même largesse, et qui, comme son bibliothécaire -lui remontrait un jour qu'avec ce système il s'exposait à perdre -beaucoup de livres, lui répliqua: «J'aime encore mieux perdre mes livres -que de paraître me défier d'un honnête homme[100]». - -De nos jours, le sénateur Victor Schoelcher avait adopté cet ex-libris, -bien autrement libéral que celui de Grolier: «Pour tous et pour -moi[101]». En vrai et magnanime philanthrope, il commençait la charité -par autrui, par tout le monde, et se servait le dernier. - -Un collectionneur du XVIIIe siècle, Randon de Boisset, désirant -concilier sa jalouse passion de bibliophile et ses sentiments -d'obligeance, s'avisa de se créer deux bibliothèques: l'une pour lui -seul, composée d'éditions princeps et d'exemplaires rares; l'autre, de -volumes ordinaires ou de _doubles_, qu'il prêtait volontiers[102]. - -Au lieu de deux bibliothèques, le richissime bibliomane anglais Richard -Heber (1773-1833) conseille d'en avoir trois, composées des mêmes -livres: l'une pour la parade et la montre, l'autre pour son usage -personnel, la troisième pour les emprunteurs, «pour prêter à ses amis à -ses risques et périls[103]». Mais tout le monde ne possède pas -l'emplacement suffisant ni la fortune nécessaire pour s'offrir le luxe -de trois, voire de deux bibliothèques, renfermant les mêmes ouvrages en -éditions différentes et diversement habillés. - -Constantin, dans son petit manuel de _Bibliothéconomie_, est d'avis[104] -qu'il ne faut blâmer ni ceux qui ne prêtent pas leurs livres, ni ceux -qui les prêtent, et n'accuser ni les uns d'insouciance, ni les autres -d'égoïsme. - -D'accord avec le célèbre évêque d'Avranches Huet[105], M. Octave Uzanne -soutient, au contraire, l'opinion, plus généralement adoptée, et plus -rationnelle aussi et plus naturelle, il faut bien l'avouer, qu'un -véritable bibliophile ne doit jamais laisser sortir ses livres de chez -lui. Le chapitre qu'il a publié à ce sujet[106] est des plus -caractéristiques et tout à fait convaincant: il mériterait d'être -intégralement reproduit ici. Nous en donnerons du moins un extrait qui -permettra de l'apprécier. - -«Le bibliophile qui prête un volume s'en repent toujours; ce sont -d'abord des craintes vagues, un sentiment curieux d'inquiétude, qui -l'obsèdent, un agacement inconscient qui le tracasse; il sent qu'il lui -manque quelque chose, et la place béante laissée par l'absent sur les -rayons de sa bibliothèque le fait frémir furtivement. «Il n'y a rien que -l'on rende moins fidèlement que les livres, dit sentencieusement un -moraliste ancien; l'on s'en met en possession par la même raison que -l'on dérobe volontiers la science des hommes, desquels on ne voudrait -pas dérober l'argent.» Un livre prêté est en effet à moitié perdu; -l'emprunteur le plus honnête s'accoutume à sa vue, il en remet de jour -en jour la restitution, et arrive, sans qu'il y songe, à se faire -tacitement une morale à la Bilboquet: «Ce livre pourrait être à moi, il -devrait être à moi, il est à moi». Au surplus, on ne se gêne guère avec -les livres des autres, on en use sans façon; ce sont les mains humides, -les cendres du cigare, la poudre de l'écritoire, que sais-je! Tout -contribue à maculer les pages virginales[107].» - -Comme exemple de l'inqualifiable incurie des emprunteurs de livres, on -rapporte l'aventure survenue à André Chénier, aventure bien propre à -décourager les bibliophiles prêteurs de leurs trésors. - -André Chénier, qui avait une prédilection spéciale pour Malherbe, dont -il a d'ailleurs commenté les vers, possédait une bonne édition de ce -poète, un petit in-8 publié par Barbou en 1776, avec la notice et les -notes de Meunier de Querlon. Un jour, un visiteur emprunta ce volume à -Chénier, qui ne sut pas le défendre, n'osa pas refuser, et le livre ne -lui revint que tout taché d'encre et dans le plus pitoyable état. Sur -une des pages, la page 61, en regard de la plus grosse tache, Chénier -écrivit alors (1781) ces lignes: - -«J'ai prêté, il y a quelques mois, ce livre à un homme qui l'avait vu -sur ma table, et me l'avait demandé instament (_sic_). Il vient de me le -rendre en me faisant mille excuses. Je suis certain qu'il ne l'a pas lu. -Le seul usage qu'il en ait fait a été d'y renverser son écritoire, -peut-être pour me montrer que lui aussi il sait commenter et couvrir les -marges d'encre. Que le bon Dieu lui pardone (_sic_) et lui ôte à jamais -l'envie de me demander des livres[108]!» - -C'est le cas de rappeler le «mirlitonesque»[109] distique dont Charles -Nodier, Guilbert de Pixérécourt, d'autres encore, se disputent la -paternité[110]: - - Tel est le triste sort de tout livre prêté, - Souvent il est perdu, toujours il est gâté; - -et le fameux sixain de Guillaume Colletet, que, par une singulière -erreur, provenant sans doute et uniquement de l'assonance, on attribue -fréquemment à Condorcet[111]: - - Chères délices de mon âme, - Gardez-vous bien de me quitter, - Quoiqu'on vienne vous emprunter! - Chacun de vous m'est une femme, - Qui peut se laisser voir sans blâme - Et ne se doit jamais prêter. - -Disons donc, pour résumer la question, que les non-prêteurs ont pour eux -trois bonnes raisons: le manque de soin et le manque de probité des -emprunteurs, qui, lorsqu'ils ne détériorent pas les volumes, les gardent -très longtemps, parfois même tout à fait: combien de gens estiment et ne -se gênent même pas de déclarer tout haut que «garder un livre, prendre -un livre, ce n'est pas voler[112]»! - -Le troisième motif, capital et péremptoire, pour ne pas vous séparer de -vos livres, c'est que vous en avez sans cesse besoin, et de tous, sans -distinction et sans prévision possible. Tel mot entendu, telle bribe de -conversation, tel article de journal, un incident ou événement -quelconque vous oblige à consulter tel ou tel volume; et, remarquez bien -cela, c'est toujours le volume absent qui vous fera défaut, toujours -celui-là que vous voudriez feuilleter. Ayez-les donc toujours tous sous -la main, prêts à répondre à votre appel. - -«Que le diable emporte les emprunteurs de livres!» Voilà, il ne faut pas -craindre de le reconnaître, la vraie devise, non seulement de tout -amateur, mais de tout travailleur. C'est celle dont le peintre du -Moustier, au dire de Tallemant des Réaux, avait décoré le «bas de ses -livres», la plinthe de sa bibliothèque[113]. Tout travailleur, tout bon -ouvrier a besoin de la totalité de ses outils et ne se sépare d'aucun. -_Ite ad vendentes!_ «Allez en acheter!» s'écriait Scaliger[114]. - -Acceptez donc, si bon vous semble, dirons-nous avec Jules Janin[115], la -devise de Grolier et de Maïoli, étalez-la sur les plats de vos volumes, -cela peut faire très bel effet et vous valoir de délectables louanges, -mais, en pratique, suivez les conseils de Daniel du Moustier et de -Scaliger: «N'_en_ prêtez pas!» - - - - -CHAPITRE II - -LE PAPIER - -Importance du papier: élément essentiel du livre.--Tirages à part -effectués pour les bibliophiles.--Historique, fabrication et -consommation du papier.--Papiers anciens et papiers modernes;--à la -forme et à la mécanique.--Papier collé, non collé, demi-collé.--Papier -glacé, satiné.--Papier couché.--Inconvénients et dangers des papiers -trop glacés et des papiers à fond rouge: «Ménagez vos yeux!»--Papiers de -luxe: vergé, hollande, Whatman, vélin, chine, japon, parchemin.--Papiers -divers: serpente, pelure, Joseph, etc.--Carton, bristol.--Mauvaise -qualité de la plupart des papiers modernes. - - -Le papier est l'élément essentiel et fondamental du livre. De même qu'un -homme doué d'une solide constitution, ayant «un bon fond», résistera -mieux qu'un être chétif et débile aux assauts de la maladie et retardera -d'autant l'inévitable triomphe de la mort, de même un livre imprimé sur -papier de qualité irréprochable bravera bien mieux qu'un volume tiré sur -mauvais papier les injures du temps et les incessantes menaces de -destruction. - -Aussi les bibliophiles ont-ils toujours attaché une importance capitale -à la qualité du papier des ouvrages destinés à leurs collections. Les -splendides reliures de Jean Grolier n'abritaient que des exemplaires de -choix, des «exemplaires en papier fin et en grand papier, que les -imprimeurs tiraient exprès pour lui[116]». «MM. de Thou» (notamment le -célèbre historien Jacques-Auguste de Thou) «qui ont été si longtemps -chez nous la gloire et l'ornement des belles-lettres, dit -Vigneul-Marville[117], n'avaient pas seulement la noble passion de -remplir leurs bibliothèques d'excellents livres, qu'ils faisaient -rechercher par toute l'Europe; ils étaient encore très curieux que ces -livres fussent parfaitement conditionnés. Quand il s'imprimait en -France, et même dans les pays étrangers, quelque bon livre, ils en -faisaient tirer deux ou trois exemplaires pour eux, sur de beaux et -grands papiers qu'ils faisaient faire exprès, ou achetaient plusieurs -exemplaires, dont ils choisissaient les plus belles feuilles, et en -composaient un volume, le plus parfait qu'il était possible.» - -Jules Janin, le duc d'Aumale et autres bibliophiles d'élite ont plus -d'une fois suivi l'exemple des de Thou[118]. - -La reliure à part, c'est de la qualité du papier que dépend presque -toujours le prix de vente d'un ouvrage non épuisé, non _d'occasion_, qui -se trouve _en librairie_, comme on dit, et figure dans le catalogue d'un -éditeur. Prenons, par exemple, la collection Jannet-Picard, portée sur -le _Catalogue de la librairie Flammarion_, année 1896[119], et qui -comprend les œuvres de Molière, de Rabelais, Villon, Regnier, Marot, -etc. Le volume broché, papier ordinaire, de cette collection, coûte 1 -franc; le volume broché, papier vergé, 2 francs; papier Whatman, 4 -francs; papier de Chine, 15 francs. - -De même pour la «Nouvelle Bibliothèque classique», fondée par l'éditeur -Jouaust, et annoncée dans le même catalogue Flammarion[120]: un volume -de cette collection sur papier ordinaire in-16 elzevierien est coté 3 -francs; sur papier de Hollande, 5 francs; sur papier de Chine ou -Whatman, 10 francs; sur grand papier (c'est-à-dire papier à grandes -marges), chine ou Whatman, 30 francs. - -L'édition des œuvres complètes d'Alfred de Musset (10 vol. format petit -in-12) publiée par l'éditeur Lemerre est de même tarifée[121]: le volume -sur papier vélin, 6 francs; sur hollande, 25 francs; sur chine et sur -Whatman, 50 francs; sur japon, 75 francs. - - * - - * * - -Le papier, qui tire son nom du mot latin _papyrus_, roseau très abondant -en Égypte, et dont l'écorce, aisément détachée en larges et légères -bandelettes, recevait l'écriture des anciens scribes, est d'origine très -lointaine et inconnue. C'est ce qui faisait dire au roi Charles IX que -le papier «semble nous avoir été transmis par un don spécial de -Dieu[122]». Il a cela de particulier et d'admirable qu'étant le produit -de substances presque sans valeur et souvent de matières de rebut, le -résultat d'une trituration de loques et de chiffons, une fois façonné et -imprimé, devenu livre ou journal, il acquiert une puissance sans -pareille, une sorte de souveraineté universelle. Il modifie nos idées et -nos croyances, transforme nos mœurs et nos lois, renverse ou restaure -les États, décide de la paix et de la guerre: il gouverne le monde, pour -ainsi dire; et il s'est tant multiplié de nos jours, on en fait une si -grande et si envahissante consommation, que cette particularité est -devenue une caractéristique de notre époque, qu'on a surnommé notre âge -«l'âge du papier». - -Autrefois le papier ne se fabriquait qu'avec des chiffons (coton, -chanvre, lin); actuellement on en fabrique avec _presque tout_[123], -avec de la paille, du foin, du son, du crottin de cheval «bien -lavé[124]», de la mousse, des feuilles d'arbres, des fougères, de -l'ortie, du sparte ou alfa (graminée très répandue en Algérie), mais -surtout avec du bois (sapin, tremble, peuplier et tilleul)[125]. Sans -l'encre d'imprimerie qu'il faudrait d'abord enlever, ce qui augmenterait -considérablement les frais de fabrication, les vieux papiers (vieux -journaux, livres de rebut, etc.) pourraient aussi servir à en -confectionner du neuf: à cause de cette encre, le vieux papier ne peut -faire que du carton ou des _maculatures_, papier de pâte grossière -employé pour envelopper et emballer[126]. - -C'est la presse, ce sont les journaux, qui, par leur rapide et -considérable extension durant la seconde moitié du XIXe siècle, ont -stimulé la fabrication du papier et l'ont amenée aux prodigieux -résultats que nous voyons: plus de 1 500 millions de kilogrammes -fabriqués par année dans le monde entier; la France, à elle seule, en -fabrique annuellement plus de 100 millions de kilogrammes[127]. On a -calculé qu'un journal à grand tirage absorbe, à lui tout seul, une -centaine d'arbres par numéro, et que, dans un demi-siècle, pas plus -tard, toutes les forêts d'Europe auront été coupées à blanc et imprimées -à fond[128]. - -Sans entrer dans tous les menus détails de la fabrication du papier, -nous dirons, d'une façon générale, que les papiers faits avec des -chiffons valent mieux,--c'est-à-dire offrent plus de solidité et de -résistance, reçoivent mieux l'impression, sont plus «amoureux» de -l'encre, et aussi sont moins susceptibles de s'altérer et de se -jaunir,--que les papiers fabriqués avec du bois. - -Il en résulte donc, et toujours d'une manière générale, que les livres -d'autrefois,--les livres de condition moyenne, livres ordinaires et à -bon marché: je laisse de côté, comme je l'ai dit au début, les ouvrages -de luxe,--valent mieux, matériellement parlant, que les livres -ordinaires et à bon marché d'aujourd'hui[129]. Nous aurons à nous -souvenir de cette remarque lorsque nous traiterons de l'achat des -livres. - -Jadis les papiers ne se fabriquaient que dans des cuves, _à la forme_; -actuellement, grâce à la machine à papier continu, inventée vers 1798 -par un ouvrier d'Essonnes, Louis Robert[130], et maintes fois -perfectionnée depuis, ce mode de fabrication est l'exception. Voici -succinctement en quoi consistait et consiste encore, sauf quelques -modifications de détails, la fabrication à la forme[131]. - -Après avoir lavé les chiffons, les avoir triturés et réduits en pâte -dans des réservoirs ou cuves, on procède au _blanchiment_ de cette pâte, -ce qui s'effectue de diverses façons, entre autres, en mélangeant à la -pâte un sel de chlore: le chlore a la propriété d'annihiler les couleurs -et de rendre blancs tous les tissus, fils et fibres. Ce sel de chlore -est l'hypochlorite de soude, dit, par abréviation et couramment, -chlorure. On prend ensuite un châssis au fond garni de menus fils de -laiton, de vergettes très rapprochées, nommées _vergeures_, et coupées -perpendiculairement par d'autres fils de laiton plus espacés, appelés -_pontuseaux_. Sur ce fond, cette sorte de toile métallique ou de tamis, -entre les vergeures et les pontuseaux, est entrelacé un autre mince fil -de laiton, affectant la forme d'un objet ou les initiales du -fabricant,--une «marque de fabrique» destinée à apparaître au milieu de -la feuille de papier: c'est le _filigrane_, qu'on appelle aussi la -_marque d'eau_. Cette marque représentait autrefois soit un pot, soit -une cloche, une couronne, un aigle, une grappe de raisin, l'écu de -France, le monogramme de Jésus-Christ, IHS, etc., et c'est elle qui a -donné son nom à ces divers formats de papier: pot, cloche, couronne, -grand aigle, raisin, écu, jésus, etc. - -Le châssis, la _forme_, ainsi préparée, est plongée dans la cuve et -retirée pleine de pâte. Une sorte de couvercle, nommé _couverte_ ou -_frisquette_[132], recouvre la forme, qui n'a d'ailleurs que très peu de -profondeur, et, en l'empêchant de se charger d'une trop grande quantité -de pâte, règle l'épaisseur que l'on veut donner au papier. L'eau de -cette pâte s'égoutte d'elle-même presque instantanément, par les -intervalles des vergeures. La frisquette enlevée, l'ouvrier, qui tient -la forme avec ses deux mains, par les deux bouts, la retourne alors -prestement, la renverse sur un feutre ou _flotre_[133], où la couche de -pâte, c'est-à-dire la feuille de papier, vient se déposer. Sur cette -première feuille il applique un second feutre, sur lequel une seconde -feuille de papier viendra de même s'étendre en quittant la forme, et que -protégera de même un troisième feutre, etc. - -Lorsque ces feuilles de feutre et de papier, ainsi intercalées et -superposées, ont atteint une certaine hauteur, sont au nombre de 150 ou -200, on transporte en bloc cette pile, appelée _porse_, sous une presse -hydraulique ou à main, et on les comprime pour en faire complètement -sortir l'eau et hâter la dessiccation. On désintercale ensuite les -feuilles, on met en tas d'un côté les feutres, de l'autre les feuilles -de papier, qu'on replace de nouveau sous la presse et qu'on comprime -encore, puis qu'on porte à l'étendage, qu'on fait sécher, jusqu'à ce -qu'elles soient absolument solidifiées et fermes, maniables sans risques -ni difficultés. - -A propos de ces anciens papiers de fil, un écrivain anglais du XVIIe -siècle, Thomas Fuller, a fait cette remarque, sans doute plus curieuse -qu'exacte, que le papier participe du caractère de la nation qui le -fabrique. Ainsi, dit-il, «le papier vénitien est élégant et fin; le -papier français est léger, délié et mou; le papier hollandais, épais, -corpulent, spongieux[134]». - - * - - * * - -Aujourd'hui que les pâtes de bois, devenues les remplaçants, les -_succédanés_ des chiffons, sont les éléments les plus fréquemment -employés dans la fabrication des papiers, on fait usage de procédés tout -différents, et l'on obtient des papiers, non plus de dimensions -restreintes et de formats déterminés d'avance (pot, couronne, raisin, -jésus, etc.), mais des papiers continus, de longues bandes, qu'on met en -rouleaux ou qu'on sectionne à volonté. - -Ces pâtes de bois se préparent de deux façons, chimiquement ou -mécaniquement[135]. - -Dans le premier cas, le bois, après avoir été scié et haché en menus -morceaux, est renfermé sous pression dans des vases clos, et désagrégé, -dissous par l'action d'agents chimiques, principalement du bisulfite de -chaux. La pâte ainsi obtenue, dite _cellulose au bisulfite_, est -préférable à la pâte mécanique, produite par l'usure de bûches de bois -en contact avec l'eau et au moyen de meules de granit. - -La pâte de bois, versée dans une cuve, s'écoule d'elle-même et s'étale -sur une toile métallique sans fin (c'est-à-dire dont les deux extrémités -sont jointes l'une à l'autre), sans cesse agitée d'un double -mouvement,--mouvement en avant peu rapide, et mouvement latéral de -brusque va-et-vient, de trépidation précipitée,--à travers laquelle -l'eau s'égoutte, comme tout à l'heure à travers les vergeures de la -forme. Cette toile passe entre des cylindres de diamètres variés, qui -compriment et affinent progressivement la pâte, puis autour de rouleaux -de fonte creux, dits _sécheurs_, chauffés par la vapeur et enveloppés de -feutre, qui la dépouillent de toute humidité et complètent sa -transformation en feuille de papier. - -La durée complète de l'opération, de cette transformation de la pâte en -feuille de papier maniable et utilisable, n'exige pas plus de deux à -trois minutes, suivant la vitesse de la machine, et le bois ainsi traité -permet de fabriquer des papiers à un prix _dix fois moindre_ que celui -du papier à la forme[136]. - -A la pâte de bois nombre d'ingrédients sont ajoutés, selon la qualité et -la sorte de papier qu'on veut obtenir: gélatine, résine, fécule, alun, -kaolin, sulfate de chaux, etc.; on y ajoute même des chiffons. - -Le kaolin et le sulfate de chaux ont pour but de donner plus de poids, -plus de _charge_ au papier. - -La gélatine, la résine, la fécule et l'alun servent à le _coller_. - -Le _collage_ s'opère aussi à l'aide d'une sorte de savon résineux, -préparé par la fusion de la résine avec du carbonate de soude; -l'addition d'un peu d'alun dans la cuve ou pile précipite un composé -résineux d'alumine, qui agglutine les fibres du papier, reconstitue -ainsi l'adhérence primitive et naturelle existant entre les fibres -végétales avant leur transformation en pâte, et permet d'écrire sur ce -papier avec de l'encre _ordinaire_[137]. - -Le papier _collé_ est donc celui qui ne boit pas l'encre ordinaire, et -le papier _non collé_, celui qui boit cette encre: les papiers _buvards_ -et _brouillards_[138], ainsi que les papiers à filtrer, sont des papiers -non collés. - -Lorsqu'on veut écrire sur du papier non collé, mettre, par exemple, une -dédicace sur le faux titre d'un livre imprimé sur du papier de ce genre, -il suffit de déposer à l'endroit où l'inscription doit être faite un peu -de sandaraque, qu'on étend en frottant avec le doigt: la sandaraque, qui -n'est qu'une variété de résine, _colle_ l'endroit frotté, en obstrue les -pores, et empêche l'encre ordinaire d'y pénétrer trop profondément et de -s'y étaler trop largement. - -Le papier collé prend aussi moins bien, et par la même raison, l'encre -d'imprimerie, mais il a plus de solidité et de résistance que le papier -non collé. Il est aussi moins susceptible de se piquer, de s'altérer -dans un air humide. - -Le papier non collé a ses partisans: aux yeux de certains, l'impression, -plus pénétrante, plus onctueuse, y a meilleur aspect, surtout quand -l'ouvrage est accompagné d'illustrations. Pour essayer de contenter tout -le monde, les fabricants ont adopté un moyen terme et créé le -_demi-collé_. - -Les papiers se lissent, se glacent et se satinent à l'aide de feuilles -de carton ou de feuilles métalliques (acier, zinc ou cuivre) et de -presses et de cylindres appelés, selon leur forme, laminoirs ou -calandres[139]. - -Le papier _couché_ est un papier, d'ordinaire très glacé[140], qui -s'obtient en recouvrant une feuille de papier bien collé d'une couche de -colle de peau et de blanc de Meudon mélangés. On y ajoute aussi du blanc -de zinc, du sulfate de baryte, du talc, du chlorure de magnésium, -etc.[141] Le papier couché est surtout employé pour le tirage des -photogravures, des gravures en couleurs et des publications ornées de ce -genre de vignettes. - -Les papiers couchés ressemblent parfois beaucoup aux papiers glacés ou -satinés, et l'on pourrait les confondre. Pour les distinguer, il suffit -de mouiller le doigt et de frotter légèrement un coin de la feuille à -examiner: si le doigt se salit, se couvre d'un petit dépôt blanchâtre, -on a affaire à du papier couché; dans le cas contraire, à du papier -simplement glacé ou satiné. - -Ces papiers plâtrés et glacés, d'une blancheur éclatante, si répandus -aujourd'hui, sont des plus pernicieux pour les yeux. On ne saurait mieux -comparer l'effet produit par eux sur la rétine qu'à celui de la -réverbération d'une route poudreuse tout ensoleillée ou d'un champ de -neige, qu'on serait astreint à regarder. Des médecins allemands ont, il -y a quelque temps, dirigé des attaques très vives contre les papiers -couchés et, en général, contre les papiers trop glacés et trop blancs. - -«Nous n'avons pas besoin de faire remarquer, écrit à ce propos la _Revue -scientifique_[142], quelle transformation complète s'est produite dans -les papiers d'impression; on est bien loin des antiques papiers de -chiffon, dotés d'une coloration grise ou bleuâtre, et d'un grain assez -grossier, qui, pour l'impression comme pour l'écriture, exigeaient -l'emploi de caractères de dimensions assez grandes[143]. On se sert -maintenant, pour ainsi dire exclusivement, de papiers faits de fibres -végétales diverses, mais dont la caractéristique est de présenter une -surface extrêmement lisse, où la plume glisse, où l'impression se fait -en petits caractères. Or, qu'on regarde ces papiers perfectionnés, et -l'on constatera qu'il se produit souvent à leur surface des reflets -intenses..., toute une série de reflets, d'ombres et de lumière qui -fatiguent considérablement l'œil.» - -La constatation n'est que trop facile et que trop exacte, et il y a là -un fait digne au plus haut point d'appeler l'attention de tous ceux qui -lisent, et de les mettre soigneusement en garde. - -Certains bibliographes ont reproché aux belles éditions de Firmin Didot -d'avoir, par leur blancheur, «rendu myopes nos pères de 1830[144]»: que -ne dira-t-on pas de nos papiers, bien plus glacés, bien autrement -chatoyants et éblouissants! quels reproches ne méritent-ils pas! - -Afin de remédier à ces graves et incontestables dangers, quelques -éditeurs ont fait choix, pour leurs impressions, de papiers légèrement -teintés, soit en jaune, soit en vert, soit en bleu. Vers la fin du -XVIIIe siècle, l'éditeur Cazin a fréquemment employé le papier azuré, et -ses charmants petits in-18, bien qu'imprimés en fins caractères, se -lisent sans fatigue. - -La teinte qui semble la meilleure pour les yeux, «c'est la teinte bulle -et principalement celle désignée dans les étoffes sous le nom de teinte -mastic[145]». Le papier de cette nuance doit même être préféré au papier -vert, parce que l'encre noire apparaît rougeâtre et peu distincte sur le -vert, et, par suite, fatigue la vue[146]. - -Mais que penser des industriels qui, pour se singulariser, dans l'espoir -de provoquer la curiosité, s'avisent de tirer leurs ouvrages sur papier -rose ou rouge vif? Rien de plus pernicieux pour la vue que les papiers -rouges; la lecture d'une simple demi-page de cette couleur laisse dans -la rétine des tremblements, des papillotages, qui, de l'aveu unanime des -oculistes, peuvent avoir les plus fâcheuses conséquences. Il y a -quelques années, un éditeur, déterminé à brusquer le succès, entreprit -le lancement d'une collection de mignons petits in-16, imprimés sur -papier rose, papier «cuisse de nymphe». - -«Je sais bien, disait-il avec une aimable désinvolture, que je -risquerais d'abîmer les yeux de mes clients, si ces braves gens -commettaient l'imprudence d'ouvrir mes volumes, mais ils ne les -ouvriront pas! C'est pour la pose et la montre qu'on achète des livres -aujourd'hui... quand on en achète! On ne lit plus!» - -Vous qui êtes de ceux qui lisent encore, vous qui achetez des livres -pour vous en servir réellement et efficacement, fuyez, fuyez comme la -peste ces papiers aux couleurs éclatantes. «Ménagez vos yeux! Ayez-en un -soin extrême!» C'est la première règle à suivre, le premier et le plus -important conseil que j'aie à vous donner. - - * - - * * - -Les papiers se vendent par _mains_, par _rames_ et par rouleaux ou -_bobines_. - -La _main_ se compose de 25 feuilles, la _rame_ de 20 mains ou 500 -feuilles. - -Une _bobine_ a de 3 000 à 6 000 mètres de longueur, et de 0 m. 46 à 1 m. -35 de largeur; son poids est des plus variables. La vente par bobines ne -concerne que les journaux. - -Nous donnons, dans le tableau ci-contre, la liste des papiers -actuellement le plus en usage, ainsi que leurs dimensions métriques[147] -et leurs modes d'emploi: quant à leurs poids, ils varient tellement, que -mieux vaut ne risquer aucun chiffre. - - DÉNOMINATION DIMENSIONS MODES D'EMPLOI - de la - FEUILLE (m) - - Grand aigle 0,75 × 1,06 Le _grand aigle_ n'est guère employé - que pour les cartes géographiques, les - tableaux et les registres. - - Colombier 0,63 × 0,90 Le _colombier_ est particulièrement - propre aux affiches commerciales et - Soleil ou petit aux tableaux des compagnies de chemins - colombier 0,58 × 0,80 de fer. - - Grand jésus 0,56 × 0,76 Le _jésus_, la _double couronne_, le - _cavalier_ et le _carré_ sont plus - spécialement affectés aux _labeurs_ (aux - Jésus 0,55 × 0,70 livres, par ex.: voir le mot _labeur_, - p. 105). C'est en jésus et en raisin - Petit jésus 0,52 × 0,68 que se font généralement les in-18. - - Raisin 0,50 × 0,65 Le _raisin_ sert à la fois aux labeurs - et à la confection des registres. - - Double couronne 0,47 × 0,74 L'in-16 _double couronne_ remplace avec - avantage l'in-18 jésus; la grandeur du - Cavalier 0,46 × 0,62 volume est la même, et l'impression - des 1/4, 1/2 et 3/4 de feuille se fait - Carré 0,45 × 0,56 sans perte de papier. - - Coquille 0,44 × 0,56 La _coquille_, dont les dimensions - étaient autrefois 0,4 × 0,54, ne diffère - plus guère aujourd'hui du _carré_ qu'en - ce qu'elle est glacée et souvent - quadrillée, et, comme telle, - exclusivement consacrée aux travaux - commerciaux: factures, lettres, etc., - ce qu'en termes de métier on appelle - _ouvrages de ville_, _bibelots_ ou - _bilboquets_. (Cf. E. Boutmy, - _Dictionn. de l'argot des typogr._, - p. 60.) - - Écu 0,40 × 0,52 L'_écu_, la _couronne_, la _tellière_, - le _pot_, et la _cloche_ servent à - l'impression de documents administratifs - Couronne 0,36 × 0,46 et commerciaux, et à la confection de - cahiers et registres. L'_écu_ s'emploie - Tellière (le ou aussi pour certains labeurs: livres - la) ou papier de distributions de prix, albums, - ministre 0,33 × 0,44 almanachs, etc. La _couronne_ est - également utilisée pour l'impression des - Pot ou papier livres: dans ce cas, son format est un - écolier 0,31 × 0,40 peu plus grand (0,37 × 0,47) que quand - elle est destinée aux cahiers et aux - Cloche 0,29 × 0,39 registres. La _double tellière_ sert - aussi à l'impression des livres; elle - donne naissance au format dit in-16 - elzev. (0,113 × 0,18). - - * - - * * - -Bien que nous considérions le livre surtout au point de vue pratique, -comme instrument d'étude et outil de travail, il convient de dire -quelques mots des _papiers de luxe_, d'en définir les principales -variétés tout au moins. - -On appelle papier _vergé_ celui qui laisse apercevoir par transparence -les empreintes des fils métalliques formant le fond du moule où il a été -fabriqué, comme nous l'avons expliqué plus haut. Nous rappelons que les -empreintes les plus rapprochées sont nommées _vergeures_, et que les -plus espacées, perpendiculaires aux premières, sont les _pontuseaux_. - -Il existe du _faux vergé_, c'est-à-dire du papier vergé fabriqué non à -la forme, mais à la machine. On l'obtient en faisant passer la pâte -encore fraîche entre des cylindres à cannelures imitant vergeures et -pontuseaux (c'est-à-dire transversales pour les vergeures et circulaires -pour les pontuseaux), et où sont même au besoin gravées des marques -d'eau. - -Le papier _de Hollande_ est, en dépit de son nom, un papier d'invention -et de fabrication absolument françaises. Ce sont de nos ancêtres -appartenant à la religion réformée, qui, obligés de s'enfuir à -l'étranger, après la révocation de l'édit de Nantes, portèrent leur -industrie et leurs procédés aux Pays-Bas, et, de là, nous expédièrent -leurs produits. Lorsqu'il est de bonne qualité, de pur fil, le papier de -Hollande, d'ordinaire vergé, est résistant, ferme, sonore,--sonnant, -comme on dit,--et de très bel aspect. De l'avis de certains -bibliophiles, il a ou il aurait parfois, quand il est trop collé sans -doute, l'inconvénient de ne pas très bien prendre l'encre, et de donner -accidentellement aux impressions une apparence un peu terne et grisâtre. - -Le papier _Whatman_[148] ressemble au papier de Hollande, mais il est -toujours dépourvu de vergeures. Comme le hollande, il est grené, très -ferme et très solide. On l'emploie beaucoup pour le dessin linéaire et -le lavis[149]. - -Le _vélin_, ainsi nommé parce qu'il a la transparence et l'aspect de -l'ancien vélin véritable, provenant de la peau de jeunes veaux, est un -papier sans grain, très uni, lisse et satiné, excellent pour le tirage -des vignettes. D'une façon générale, tout papier fabriqué à la forme et -dépourvu de grains et de vergeures est qualifié de _vélin_. - -Le papier _de Chine_ se fabrique avec l'écorce du bambou. Il a une -teinte grise ou jaunâtre, un aspect «sale», plus ou moins prononcé. Cela -vient de ce que sa fabrication s'effectue en plein air. Il est, en -outre, très mince, très léger et inconsistant. «Le papier de Chine... -doit sa réputation, non pas à sa propre beauté, mais bien à ses -affinités particulières avec l'encre d'impression[150]. Son tissu lisse -et mou tout ensemble est plus apte qu'aucun autre à recevoir un beau -tirage... L'impression y vient avec une incomparable netteté. Les livres -imprimés en petit texte gagnent particulièrement à être tirés sur -chine[151].» Ce papier est très sensible à l'humidité: aussi est-il bon -de le faire encoller aussitôt après l'impression. Le papier de Chine -sert non seulement pour certaines éditions de luxe, mais aussi pour les -reports lithographiques. La feuille de Chine, convenablement encollée au -préalable, et portant le texte, croquis ou dessin à transporter, à -_reporter_ sur la pierre, est appliquée sur celle-ci, et soumise à une -forte pression: un simple mouillage suffit alors pour qu'elle laisse sur -la pierre ce texte ou ce croquis,--le _report_. - -Le papier _du Japon_ est un superbe papier blanc ou légèrement teinté en -jaune, soyeux, satiné, nacré, à la fois transparent et épais, qui -absorbe l'encre très facilement et fait on ne peut mieux ressortir les -tons des dessins. Il provient de l'écorce d'arbrisseaux de la flore -japonaise, tels que le _midzumatu_ (_Edgeworthia papyrifera_), dont les -fibres sont molles, souples, longues et solides; le _kozokodzou_ -(_Broussonetia papyrifera_), fibres grosses, longues et solides; le -_gampi_ (_Wickstræmia canescens_), aux filaments très délicats: le -papier fourni par ce dernier arbuste est particulièrement fin, souple et -lisse[152]. - -On appelle aujourd'hui _papier parchemin_, _parchemin végétal_ ou _faux -parchemin_ un papier sans colle, trempé très peu de temps dans une -solution d'acide sulfurique, opération qui lui donne une transparence -jaunâtre, rappelant le vrai parchemin[153]. On utilise fréquemment le -papier parchemin comme couverture de volumes. - -Mentionnons encore, en dehors des papiers de luxe: - -Le papier _serpente_, papier très mince et sans colle, qui sert -principalement à protéger les gravures contre le maculage; - -Le papier _pelure d'oignon_, ou simplement _pelure_, qui est aussi un -papier très mince, très léger et non collé, et s'emploie notamment pour -les copies de lettres; une certaine espèce de papier pelure collé est -utilisée comme papier à lettre économique: par sa légèreté, elle permet -d'éviter les surtaxes postales[154]; - -Le papier _joseph_ (du nom de son inventeur Joseph Montgolfier), ou -papier _de soie_, qui est blanc, fin, très souple et soyeux: on -l'emploie, comme le serpente, pour protéger les gravures, et aussi pour -envelopper de menus objets fragiles, des bijoux, etc.; - -Le papier _végétal_ ou papier _à calquer_, papier très fin et -transparent, fait de filasse de chanvre ou de lin non blanchie; - -Le papier _porcelaine_, papier recouvert d'une couche de blanc opaque -mélangé à de la colle de peau. Ce blanc était autrefois du blanc de -céruse: pour éviter les empoisonnements, on se sert aujourd'hui de -sulfate de baryte[155]. - -Les papiers _bulle_ sont des papiers teintés, en jaune le plus souvent, -et généralement de qualité inférieure. - -Le _carton_ se fabrique soit par la superposition et la compression de -plusieurs feuilles de papier, soit par la même méthode que le papier -ordinaire, mais avec une pâte moins épurée, composée de déchets plus -grossiers. La première sorte est dite _carton de collage_, la seconde -_carton de moulage_[156]. - -Le carton anglais, connu sous le nom de _bristol_ ou _bristol anglais_, -«n'est, quelle que soit son épaisseur, qu'une feuille de papier faite à -la cuve avec les plus belles espèces de chiffons, auxquelles on ajoute -une proportion assez considérable de kaolin[157].» - -Le _bristol français_, au contraire, est obtenu par superposition: c'est -un carton de collage de feuilles blanches laminées avec soin[158]. - - * - - * * - -Tous les papiers (les papiers de fabrication moderne), selon une juste -remarque du _Mémorial de la librairie française_[159], «sont plus ou -moins sujets à changer de couleur; cette altération ne consiste pour la -plupart qu'en un brunissement qui affecte d'abord les extrémités du -papier et gagne peu à peu l'intérieur; parfois aussi elle est uniforme. -Dans ce dernier cas, le papier lui-même est altéré, tandis que, dans le -premier, il n'y a qu'intervention d'agents extérieurs, tels qu'une -atmosphère ambiante chargée de produits, en combustion, de gaz -d'éclairage. Les acides et oxydants produisent l'altération par action -directe sur les fibres du papier, ou, si ce dernier contient de -l'amidon, la combinaison de ces acides avec cet hydrate de carbone amène -une rapide détérioration de couleur. En un mot, l'altération de la -couleur des papiers ordinaires à la cellulose est relative à la quantité -de résine qu'ils contiennent, ou, plus généralement, à la résine et aux -procédés de fixation de cette dernière dans le collage.» - -Préoccupés de se procurer des papiers de teinte moins variable et de -constitution plus durable, les imprimeurs ont imaginé maints procédés -d'examen et de contrôle des papiers, et voici les conseils que donne à -ce sujet _l'Intermédiaire des imprimeurs_[160]: - -«Un papier contenant du bois mécanique est fort reconnaissable à simple -vue, il suffit de le regarder par réflexion: on aperçoit des fibres plus -brillantes que les autres et non feutrées; elles ont une longueur -variant de 3 à 5 millimètres, suivant leur finesse: c'est du bois râpé -de tremble. Le sapin est moins brillant et plus difficile à distinguer, -et les réactifs sont souvent indispensables pour en déceler la présence. -Le réactif le plus simple est une dissolution de 10 grammes de sulfate -d'aniline dans 250 grammes d'eau distillée. Une goutte de ce liquide sur -la feuille de papier produit une coloration jaune orange d'autant plus -prononcée qu'elle contient plus de bois mécanique ou râpé, tremble ou -sapin. - -«Les papiers contenant du bisulfite ou bois chimique sont à longues -fibres qu'il est facile de distinguer à la déchirure lente; ce succédané -est solide, mais devient cassant lorsqu'il n'a pas été blanchi ou bien -débarrassé de l'acide sulfureux provenant de son traitement. Il est -cependant bien inférieur au chiffon et manque de souplesse. - -«Enfin, comme essai de résistance, on peut faire la petite expérience -pratique suivante: mettre dans sa poche de côté différents types de -papier à essayer, les laisser quelques jours exposés au frottement de -l'habit. Alors examinez-les aux plis. Les bons papiers de chiffon seront -intacts, tandis que les autres à succédanés seront en lambeaux. On saura -alors de quel côté porter son choix. Quant à la transparence, c'est une -grande erreur de croire que c'est une qualité. Ce fondu ou épais (_sic_) -n'est obtenu qu'au détriment de la solidité.» - -Dans une publication spéciale et particulièrement compétente, la _Revue -biblio-iconographique_, M. Pierre Dauze a traité récemment cette -question, «capitale pour les livres, du papier d'imprimerie, et il -affirme que, étant donnés les papiers employés par les éditeurs pour -leurs tirages ordinaires, _on ne trouvera plus, dans cinquante ans, que -les vestiges des impressions faites de nos jours_[161]. Il se demande -même si les papiers dits de luxe, papiers de fil, de Chine, du Japon, -sur lesquels on tire un certain nombre d'exemplaires de quelques livres, -dureront plus que les autres. L'ancien papier du Japon, fabriqué à la -main, uniquement avec des matières végétales, ne se fabrique plus, et -les éditeurs fabriquent» (font fabriquer plutôt) «un japon par des -méthodes mécaniques où l'élément minéral intervient. Or, ces sortes-là -sont susceptibles de se piquer. Quant au papier de Chine, il se pique -aisément et contamine les autres papiers; seulement, il n'est pas -rebelle au lavage comme le papier du Japon. Le seul papier qui puisse -inspirer une sécurité absolue, c'est le papier de fil sur lequel on -imprimait ces éditions d'incunables, qui nous sont parvenues aussi -fraîches, aussi nettes que si elles sortaient des mains de l'imprimeur. -En sera-t-il de même du papier de fil produit de nos jours? M. Pierre -Dauze suspecte fort l'emploi irréfléchi de substances chimiques ou -minérales de nature à introduire des ferments de décomposition -prématurée, et il signale, dans des exemplaires tirés sur papier de -Hollande, des taches de rouille qui proviennent évidemment de l'emploi -du fer dans lesdits papiers. - -«L'auteur ne voit qu'un remède: c'est d'exiger des éditeurs qu'ils -n'emploient à l'avenir que des papiers _analysés_; d'obliger» -(c'est-à-dire de rendre obligatoire) «l'emploi des matières premières -exclusivement végétales, et une fabrication pure de toute substance -susceptible de compromettre ou d'abréger la conservation; de proposer -aux Sociétés de bibliophiles parisiennes de nommer un ou plusieurs -délégués qui feront une enquête auprès des savants professionnels, etc. -Cette commission analysera les papiers de luxe employés couramment et -rejettera ceux qui n'ont pas les qualités requises. Les éditeurs, ainsi -avertis, s'empresseront, pour gagner la confiance des bibliophiles, -d'imprimer sur ces papiers favorisés. Les mauvais papiers dits de luxe -ne se fabriqueraient plus faute d'acheteurs, et feraient place à des -papiers de bon aloi[162].» - -Comme conclusion, on ne lira pas non plus sans intérêt ni profit les -renseignements suivants, extraits d'un rapport de la Société -d'encouragement aux arts et à l'industrie de Londres, sur la question -qui nous occupe, les causes de détérioration de plus en plus nombreuses -des papiers modernes: - -«Les publications imprimées sur papier de dernière qualité ne servent -guère plus de douze à treize mois; les éditions à bon marché sur papier -ordinaire sont complètement détériorées au bout d'une quarantaine -d'années. - -«A quoi cela tient-il? Au blanchiment du papier et à ses procédés -actifs. Les fabricants de papier abusent des agents chimiques à l'action -violente qui brûlent le peu de fibres contenues dans la pâte. On -pourrait leur adresser les mêmes reproches qu'à nos blanchisseurs, qui -brûlent notre linge pour le blanchir plus vite. Il faudrait blanchir le -papier comme le linge, avec lenteur, modération, prudence. - -«Outre cet inconvénient, un autre, non moindre, réside dans les -détériorations obtenues par la désagrégation et l'altération des -couleurs. La désagrégation résulte des altérations produites dans les -fibres du papier sous l'effet d'actions chimiques ultérieures. La pâte -de bois, de plus en plus employée comme matière première, est obtenue -chimiquement; elle se dévore elle-même dans les réactions multiples, -mais d'un effet sûr et rapide. - -«Quant à l'altération des couleurs, caractérisée généralement par le -brunissement, elle est la résultante de l'action de l'air ambiant: les -livres exposés souvent à la lumière du gaz brunissent rapidement. Mais -ce qui surtout détériore la couleur du papier, c'est le collage à la -résine où cette dernière domine; alors que normalement cette colle ne -devrait contenir que 2 pour 100 de résine, cette proportion est presque -décuplée; or, plus il y a de résine, plus vite brunit le papier. - -«Les fabricants ajoutent aussi beaucoup de _charge_ dans le papier: on -appelle ainsi les substances minérales, à la tête desquelles on peut -placer le kaolin. Quand le papier contient plus de 10 pour 100 de -charge, les fibres ont de la peine à retenir cette matière inerte; pour -obtenir cette force, on augmente le collage, mais on n'arrive ainsi qu'à -produire une résistance factice. Dès que le papier est séché et qu'il a -été un peu manipulé, il perd vite la cohésion qu'il semblait -posséder[163].» - - - - -CHAPITRE III - -LE FORMAT - -Ce qu'on entend par _format_.--Ce que signifient les mots _tome_, -_volume_, _exemplaire_, _tirage_, _édition_, _édition princeps_, -_incunables_, etc.--Il serait préférable de désigner les formats par -leurs dimensions métriques, et non plus par les termes archaïques: -jésus, raisin, écu, etc., et in-octavo ou in-huit, in-douze, in-seize, -etc.--Confusion des formats.--Dimensions métriques des principaux -formats des livres.--Imposition.--_Signatures_ et _réclames_.--Tableau -des signatures.--Formats de classements adoptés par les bibliothèques -universitaires: grand, moyen, petit;--par la Bibliothèque -nationale.--Formats des premiers livres.--Formats les plus appréciés par -les lecteurs.--Le plus commode et le meilleur des formats.--Concordance -des formats avec les matières traitées dans les livres. - - -Nous venons, en parlant du papier, de traiter du fond et de la base du -livre: nous allons nous occuper à présent de son format; nous -examinerons ensuite l'impression. - -On appelle _format_ d'un livre la dimension de ce livre, «dimension -déterminée par le nombre de pages que renferme chaque feuille[164]». On -comprend, en effet, que plus la feuille renfermera de pages -(c'est-à-dire plus elle sera pliée sur elle-même), plus ces pages seront -restreintes en hauteur et en largeur, plus par conséquent le volume sera -petit; et inversement, moins la feuille renfermera de pages -(c'est-à-dire moins elle aura été pliée), plus sera étendue la surface -de chacune de ces pages, plus grand par suite sera le volume. Quant à -l'épaisseur, c'est-à-dire au nombre de feuilles que le volume contient, -il n'en est pas question, elle n'entre pas en ligne de compte dans la -détermination du format: celui-ci ne dépend encore une fois que de la -superficie et n'indique que la hauteur et la largeur du volume. - -On confond souvent les expressions _tome_ et _volume_. Le _tome_ (τόμος, -section) est une partie d'un ouvrage, une division, plus ou moins -rationnelle, faite par l'auteur lui-même, division analogue à celle de -l'ouvrage en livres, sections, chapitres, etc. Le _volume_ (du latin -_volumen_) indique une division matérielle dépendant uniquement de la -reliure ou du brochage. Le plus souvent la division par volumes concorde -avec la division par tomes; cependant, il n'est pas rare de trouver deux -tomes reliés en un volume; il est très rare, au contraire, qu'il faille -plusieurs volumes pour contenir un seul tome. On peut donc dire, d'une -façon générale, qu'un volume peut renfermer plusieurs tomes, mais qu'un -tome ne fait presque jamais plusieurs volumes. Enfin un volume peut -former à lui seul un ouvrage indépendant et complet; un tome, jamais, en -réalité; il fait toujours partie d'un ouvrage: «il n'y a tome que s'il y -a division», selon l'expression de Littré[165]. - -«Un volume relié ou broché de peu d'épaisseur» est une _plaquette_ -(Littré), et «un petit ouvrage de peu de feuilles et qui n'est que -broché» est une _brochure_ (id.). _Pièce_ est synonyme de brochure[166]. -Mais où finissent la brochure et la plaquette, et où commence le volume? -Il n'y a aucune règle précise à cet égard. «A la Bibliothèque nationale -on considère comme _pièces_ toutes les impressions qui ont moins de 49 -pages[167].» M. Albert Maire dit qu'«une _brochure_ est un ouvrage qui -n'atteint pas 100 pages; au-dessous et jusqu'à 50 pages, elle peut se -nommer une _plaquette_[168]». D'autres appellent plaquette tout in-8 ou -in-12 ne dépassant pas 100 pages. - -Quant au mot _exemplaire_, il désigne un ouvrage complet, abstraction -faite du nombre de pages aussi bien que du nombre de volumes et de tomes -qu'il comporte; il s'applique à «l'unité de tirage» d'un ouvrage, d'une -gravure, etc. Une bibliothèque, par exemple, possède trois exemplaires -du _Théâtre_ de Racine: l'un en un volume, l'autre en deux volumes, le -troisième exemplaire en quatre volumes. Un éditeur fait tirer tel roman -à 2 000 exemplaires; un libraire expédie 6 000 exemplaires de son -catalogue; etc. - -On confond également volontiers les mots _tirage_ et _édition_, dans le -cas où ils signifient tous les deux le résultat de l'action d'imprimer, -de tirer un volume. Il y a cependant une différence entre eux. Les -tirages, effectués successivement, n'impliquent aucune idée de -corrections ni de modifications quelconques du texte; un exemplaire du -premier tirage d'un volume est identique à un exemplaire du deuxième, du -troisième, du dixième tirage de ce même volume. Ces tirages ont tous été -faits, à intervalles de temps plus ou moins éloignés, sur les mêmes -clichés[169], et ils ne se différencient que par l'usure de ces clichés: -un exemplaire du dixième tirage aura nécessairement ses caractères -typographiques moins nets qu'un exemplaire du premier tirage, surtout si -chacun de ces tirages comprend un grand nombre d'exemplaires. - -Le mot _édition_ laisse entendre, au contraire, que l'ouvrage a été -revu, remanié, recomposé typographiquement. Une page quelconque, la page -20, par exemple, de la première édition d'un ouvrage peut ne pas être la -même que la page correspondante de la neuvième ou de la dixième édition -de cet ouvrage; tandis que, comme nous venons de le dire, la page 20 -d'un exemplaire du premier tirage est «textuellement» identique à la -page 20 d'un exemplaire du neuvième ou du dixième tirage. - -Déterminer, même approximativement, d'après le numéro de l'édition ou du -tirage, le nombre d'exemplaires d'un livre tirés et mis en vente est -chose impossible. Là non plus il n'y a aucune règle. Une édition peut -aussi bien se composer de 200 exemplaires que de 2 000, de 10 000, etc. -Plusieurs des romans de M. Émile Zola et de M. Alphonse Daudet, par -exemple, se sont tirés du premier coup, pour la mise en vente, ce qu'on -nomme le _départ_, à plus de 100 000 exemplaires. C'est afin -d'introduire un peu d'ordre et de clarté dans ce genre d'opérations que -certains éditeurs, au lieu d'inscrire sur la couverture et le titre des -volumes le chiffre de l'édition: deuxième édition, troisième édition, -quatrième édition..., ce qui ne dit rien du tout, les numérotent par -mille: deuxième mille, troisième mille, quatrième mille... - -En général cependant, on peut dire que les ouvrages dont la vente ne -paraît pas assurée ou semble devoir être très restreinte,--un recueil de -poésies signé d'un nom inconnu, je suppose,--ne sont pas actuellement -tirés à plus de 500 exemplaires. Un roman, signé d'un débutant, se -tirera à 1 000 ou 1 500 exemplaires; si ce roman s'adresse à la jeunesse -et peut se vendre comme livre d'étrennes ou de prix, le premier tirage -pourra monter jusqu'à 5 000 exemplaires, voire davantage. C'est -également à ce chiffre, à 5 000 exemplaires, que se tirent d'ordinaire -les ouvrages classiques dont la vente paraît certaine[170]. - -Les premiers livres imprimés, les _incunables_[171], avaient des tirages -relativement minimes, qui ne dépassaient guère 300 exemplaires. - -On appelle _édition princeps_ la première édition d'un ouvrage, -spécialement d'un ouvrage ancien: pour les auteurs modernes, on se sert -du terme _édition originale_. - -Une édition est dite _définitive_ ou _ne varietur_ quand le texte en a -été revu par l'auteur ou par ses ayants droit, et déclaré par eux -désormais arrêté et invariable. - - * - - * * - -Ces définitions terminées, revenons au format. - -De ce que nous avons dit de la fabrication actuelle du papier, -fabrication mécanique sur la toile sans fin, et non plus uniquement à la -forme, il résulte que les papiers d'aujourd'hui n'ont plus de dimensions -régulièrement et fixement délimitées. Il convient d'observer aussi tout -d'abord que ces expressions: in-octavo, in-douze, in-seize, in-dix-huit, -etc., s'appliquant exclusivement au mode de _pliage_ de la feuille -(in-octavo signifie que la feuille a été pliée de façon à former 8 -feuillets[172] ou 16 pages; in-douze, de façon à former 12 feuillets ou -24 pages; in-seize, de façon à former 16 feuillets ou 32 pages; etc.), -sans indiquer les dimensions premières de cette feuille, ne signifient -pour ainsi dire rien. Elles n'ont et ne peuvent avoir un sens précis -qu'à condition d'être suivies de la désignation catégorique du papier, -du nom du format des feuilles: in-octavo _jésus_, in-douze _raisin_, -in-seize _cavalier_, etc., nom qu'on omet cependant très souvent dans le -langage usuel. - -Il est à remarquer, en outre, qu'autrefois, dans le papier fabriqué à la -forme, la position des vergeures, des pontuseaux et de la marque -d'eau[173] après le pliage de la feuille, pouvait aider facilement à la -détermination du format du volume. Selon le nombre de fois que la -feuille était pliée sur elle-même, la marque d'eau se trouvait ou au -milieu du feuillet, ou au fond, ou au sommet, etc.; les vergeures et les -pontuseaux étaient horizontaux ou perpendiculaires. - -Voici la liste des formats les plus usités, avec leur nombre de -feuillets et de pages et la position de leurs pontuseaux; celle de leurs -vergeures est naturellement toujours en sens inverse de celle-ci, -puisque vergeures et pontuseaux se coupent à angles droits: - -L'_in-plano_, appelé aussi format _atlas_ ou _atlantique_, c'est la -feuille non pliée, en _feuillet_, comprenant par conséquent deux pages, -recto et verso: ici la position des pontuseaux dépend du sens dans -lequel on regarde la feuille; - -L'_in-folio_ a la feuille pliée en 2 et contient 4 pages: ses pontuseaux -sont perpendiculaires; - -L'_in-quarto_ ou _in-quatre_ (in-4)[174] a la feuille pliée en 4 et -contient 8 pages: ses pontuseaux sont horizontaux; - -L'_in-octavo_ ou _in-huit_ (in-8) a la feuille pliée en 8 et contient 16 -pages: ses pontuseaux sont perpendiculaires; - -L'_in-douze_ (in-12) a la feuille pliée en 12 et contient 24 pages: ses -pontuseaux sont horizontaux; - -L'_in-seize_ (in-16) a la feuille pliée en 16 et contient 32 pages: ses -pontuseaux sont horizontaux; - -L'_in-dix-huit_ (in-18) a la feuille pliée en 18 et contient 36 pages: -ses pontuseaux sont perpendiculaires; - -L'_in-vingt-quatre_ (in-24) a la feuille pliée en 24 et contient 48 -pages: ses pontuseaux sont perpendiculaires ou horizontaux[175]; - -L'_in-trente-deux_ (in-32) a la feuille pliée en 32 et contient 64 -pages: ses pontuseaux sont perpendiculaires; - -Etc., etc. - -Mais, pour savoir la dimension d'une quelconque de ces pages, d'une page -in-8, par exemple, il est nécessaire de connaître d'abord, comme nous le -disions tout à l'heure, la dimension de la feuille qui a été pliée et a -fourni les 16 pages de cet in-8. Il est évident que plus cette feuille -sera grande, plus ces pages le seront. - -C'est précisément ce que l'épithète _jésus_, _raisin_, _cavalier_, etc., -nous apprend. Ainsi le papier jésus ayant 0 m. 55 de haut sur 0 m. 70 de -long, nous pouvons, grâce à ces chiffres, parvenir à nous faire une idée -exacte de l'in-8 jésus et en calculer la dimension. - -Mais, dans le papier mécanique, fabriqué en bandes, _continu_, puis -sectionné à volonté, ces termes provenant des anciens papiers à la -forme: jésus, raisin, cavalier, colombier, etc., n'ont plus de raison -d'être, plus de sens: il n'y a plus de forme d'abord; il n'y a plus de -monogramme du Christ, plus de grappe de raisin, plus de cavalier, de -colombe, etc., en filigrane dans la pâte du papier; rien n'en fait plus -reconnaître à première vue l'espèce et les dimensions[176]. Il serait -donc bien plus logique, plus clair et plus simple de désigner -présentement les formats par leurs dimensions réelles, exprimées en -centimètres ou millimètres[177]; au lieu d'in-8 jésus, de dire 0 m. 175 -sur 0 m. 275, ou par abréviation, 175 × 275; au lieu d'in-18 jésus, 0 m. -117 sur 0 m. 183 (117 × 183). - -D'autant plus qu'avec le système bâtard actuellement en usage, on arrive -à des résultats singuliers: un volume de format in-4, par exemple, se -trouve être plus petit qu'un volume de format in-8, un in-8 plus petit -qu'un in-12, etc. (in-4 écu = 0,20 × 0,26; in-8 colombier = 0,225 × -0,315; in-8 écu = 0,13 × 0,20; in-12 jésus = 0,138 × 0,233; etc.). - -Convenons donc d'attribuer, dans la suite de cette étude et pour la -clarté de notre texte, une signification nette et précise aux termes que -nous emploierons, des dimensions certaines et invariables aux formats -que nous mentionnerons. - -L'in-4 sera pour nous de l'in-4 _cavalier_ et aura pour dimension 0,23 × -0,31; - -L'in-8, de l'in-8 _cavalier_ = 0,155 × 0,23; - -L'in-18, de l'in-18 _jésus_ = 0,117 × 0,183. Comme le fait observer M. -Émile Bosquet[178], cet in-18 est synonyme d'in-16 Hachette et d'in-12 -Charpentier. - -Enfin l'in-32 sera de l'in-32 _jésus_ = 0,088 × 0,138. - -Voici d'ailleurs, pour faciliter toute recherche et prévenir toute -éventualité, le tableau des principaux formats des principales sortes de -papier employées en librairie, avec leurs dimensions exprimées en -mesures métriques[179]: - - FORMATS Colombier Grand jésus Jésus Raisin - 0,63 ×0,90 0,56 ×0,76 0,55 ×0,70 0,50 ×0,65 - - In-folio 0,45 ×0,63 0,38 ×0,56 0,35 ×0,55 0,325×0,50 - In-quarto 0,315×0,45 0,28 ×0,38 0,275×0,35 0,25 ×0,325 - In-octavo 0,225×0,315 0,19 ×0,28 0,175×0,275 0,162×0,25 - In-douze 0,158×0,30 0,14 ×0,253 0,138×0,233 0,125×0,217 - In-seize 0,158×0,225 0,14 ×0,19 0,138×0,175 0,125×0,162 - In-dix-huit 0,15 ×0,21 0,127×0,187 0,117×0,183 0,108×0,166 - In-vingt-quatre 0,105×0,225 0,093×0,19 0,092×0,175 0,083×0,162 - In-trente-deux 0,113×0,158 0,095×0,14 0,088×0,138 0,081×0,125 - - - FORMATS Cavalier Carré Écu Couronne - 0,46 ×0,62 0,45 ×0,56 0,40 ×0,52 0,37 ×0,47 - - In-folio 0,31 ×0,46 0,28 ×0,45 0,26 ×0,40 0,235×0,37 - In-quarto 0,23 ×0,31 0,225×0,28 0,20 ×0,26 0,185×0,235 - In-octavo 0,155×0,23 0,14 ×0,225 0,13 ×0,20 0,118×0,185 - In-douze 0,115×0,207 0,113×0,187 0,10 ×0,173 0,09 ×0,157 - In-seize 0,115×0,155 0,113×0,14 0,10 ×0,13 0,09 ×0,118 - In-dix-huit 0,103×0,153 0,09 ×0,15 0,066×0,133 0,078×0,123 - In-vingt-quatre 0,077×0,155 0,075×0,14 0,067×0,13 0,062×0,118 - In-trente-deux 0,078×0,115 0,07 ×0,113 0,065×0,10 0,059×0,09 - - * - - * * - -Chaque première page d'une feuille porte, dans sa partie inférieure de -droite, sous la dernière ligne ou _ligne de queue_, un chiffre, dit -_signature_, qui indique le numéro de cette feuille. La ligne où se -trouve ce chiffre se nomme _ligne de pied_, par opposition à la _ligne -de tête_, qui est la ligne du sommet de la page, au-dessus même de la -première ligne de texte, et où se trouve le numéro de cette page, le -_folio_. La ligne de tête et la ligne de queue, blanches dans presque -toute leur longueur, sont formées chacune par une pièce de fonte, -appelée _garniture_ ou _lingot_, de 12 points d'épaisseur. D'autres -pièces de fonte, les _cadrats_, servent, dans la composition -typographique, à terminer les lignes de texte incomplètes et à isoler -les mots disposés en titre; d'autres encore, plus petites et de forme -cubique, les _cadratins_, forment les blancs qui précèdent les alinéas. -Ajoutons que, pour séparer les mots entre eux et les lignes entre elles, -on se sert de petites lames de métal moins hautes que les lettres et -portant le nom d'_espace_ (_une_ espace). - -Au lieu de chiffres, on employait autrefois comme signatures les lettres -de l'alphabet: A, B, C, D..., et l'on mettait, en outre, au-dessous de -la dernière ligne de chaque feuille, à droite, le premier mot de la -feuille suivante, toujours afin de faciliter le classement des feuilles, -l'_assemblage_. Ce premier mot, ainsi placé en vedette au bas de la -dernière page, s'appelait la _réclame_. On a fini par la supprimer, -considérant qu'elle faisait double emploi avec la signature. - -La signature permet, ou plutôt devrait permettre, de déterminer -facilement le format d'un livre. - -Puisque nous savons, par exemple, que l'in-4 a sa feuille pliée de façon -à donner 8 pages, il est clair que la deuxième feuille commencera à la -page 9 (8 + 1) et que c'est au bas de cette page 9 que figurera la -signature 2. Le chiffre 3 se trouvera de même au bas de la page 17 (8 + -8 + 1); le 4, au bas de la page 25 (8 + 8 + 8 + 1); etc. - -De même, l'in-8 comprenant 16 pages, la signature 2 se trouvera au bas -de la page 17 (16 + 1); la signature 3, au bas de la page 33 (16 + 16 + -1); le 4, page 49; etc. - -Mais les feuilles destinées à fournir beaucoup de pages, à fournir, pour -préciser, des formats plus petits que l'in-8, ne se plieraient pas -aisément en un aussi grand nombre de fois, surtout si le papier était un -peu fort, on le comprend de reste; elles renfleraient, gondoleraient, -auraient trop gros dos, et se prêteraient difficilement au brochage ou à -la reliure[180]. Parfois même l'_imposition_[181], permettant, après le -tirage, de plier la feuille dans l'ordre numérique des pages, ne -pourrait pas s'effectuer. On sectionne donc ces feuilles, on les partage -en _cahiers_, _cartons_[182] ou _encarts_, qui tous nécessairement -portent aussi une signature, afin qu'on puisse les classer et assembler, -d'où une nouvelle cause de confusion, pour la détermination du format. -Chaque feuille d'un volume in-12, par exemple (24 pages), au lieu d'être -entière, pourra se composer de deux cahiers, l'un in-8 (16 pages) et -l'autre in-4 (8 pages), recevant chacun une signature. Chaque feuille -d'un volume in-18 (36 pages) pourra se faire en deux cahiers, l'un in-12 -(24 pages) et l'autre in-6 (12 pages);--ou bien en trois cahiers de 12 -pages chacun et ayant tous les trois leur signature propre. Souvent même -ces encarts sont encore plus compliqués[183]. - -Voici le tableau des signatures des vingt premières feuilles pour les -principaux formats modernes[184]: - - FOLIOS DES PAGES SIGNÉES - C'EST-A-DIRE FOLIOS DE LA PREMIÈRE PAGE DE CHAQUE FEUILLE OU DE - CHAQUE CAHIER DANS LES FORMATS - - SIGNATURES In-folio In-4 In-8 In-12 (24 pp.) - (4 pp.) (8 pp.) (16 pp.) En 1 En 2 cahiers - cahier (16 et 8 pp.) - - A ou 1 1 1 1 1 1 - B -- 2 5 9 17 25 17 - C -- 3 9 17 33 49 25 - D -- 4 13 25 49 73 41 - E -- 5 17 33 65 97 49 - F -- 6 21 41 81 121 65 - G -- 7 25 49 97 145 73 - H -- 8 29 57 113 169 89 - I -- 9 33 65 129 193 97 - K -- 10 37 73 145 217 113 - L -- 11 41 81 161 241 121 - M -- 12 45 89 177 265 137 - N -- 13 49 97 193 289 145 - O -- 14 53 105 209 313 161 - P -- 15 57 113 225 337 169 - Q -- 16 61 121 241 361 185 - R -- 17 65 129 257 385 193 - S -- 18 69 137 273 409 209 - T -- 19 73 145 289 433 217 - V -- 20 77 153 305 457 233 - - - SIGNATURES In-16 (32 pp.) In-18 (36 pp.) In-32 - (64 pp.) - En 1 En 2 En 1 En 2 En 3 En 4 - cahier cahiers cahier cahiers cahiers cahiers - dit in-16 (16 pp. (24 et (12 pp. (16 pp. - roulé chacun) 12 pp.) chacun) chacun) - - A ou 1 1 1 1 1 1 1 - B -- 2 33 17 37 25 13 17 - C -- 3 65 33 73 37 25 33 - D -- 4 97 49 109 61 37 49 - E -- 5 129 65 145 73 49 65 - F -- 6 161 81 181 97 61 81 - G -- 7 193 97 217 109 73 97 - H -- 8 225 113 253 133 85 113 - I -- 9 257 129 289 145 97 129 - K -- 10 289 145 325 169 109 145 - L -- 11 321 161 361 181 121 161 - M -- 12 353 177 397 205 133 177 - N -- 13 385 193 433 217 145 193 - O -- 14 417 209 469 241 157 209 - P -- 15 449 225 505 253 169 225 - Q -- 16 481 241 541 277 181 241 - R -- 17 513 257 577 289 193 257 - S -- 18 545 273 613 313 205 273 - T -- 19 577 289 649 325 217 289 - V -- 20 609 305 685 349 229 305 - - * - - * * - -D'après les détails qui précèdent, et que nous aurions pu développer et -compléter davantage, on voit combien cette question des formats est -ardue et compliquée, combien elle est embarrassante. C'est au point que -nombre d'éditeurs et de libraires, tantôt par ignorance, tantôt même -pour ne pas dérouter le public et l'induire en erreur en lui annonçant -la vérité, attribuent à leurs livres d'inexactes désignations de format. - -Les bibliographes modernes ont fréquemment protesté et ne cessent de -protester contre ces usages et ces termes surannés. Le docteur Graesel -écrit dans son _Manuel de bibliothéconomie_[185]: - -«Depuis que, grâce à l'emploi de la machine, on est arrivé à donner au -papier des dimensions considérables, les dénominations traditionnelles -employées jusqu'ici ont perdu leur raison d'être, une feuille repliée -trois ou quatre fois pouvant encore produire un format correspondant, -comme dimensions, à ce qu'on appelait jadis un in-folio, aussi a-t-on -reconnu partout la nécessité d'adopter, pour déterminer les formats, des -règles fixes et invariables, et avec d'autant plus de raison que les -papiers varient de grandeur suivant les régions et, dans la même région, -suivant les fabriques. Toutefois, les différents pays n'ont pu encore -arriver à s'entendre, ce qui serait pourtant très désirable, sur les -mesures conventionnelles à adopter... En France, l'ordonnance -ministérielle du 4 mai 1878 a tranché la question en ce qui concerne les -bibliothèques universitaires, en établissant les désignations suivantes: -1º _Grand format_ (comprenant tous les volumes dépassant 35 -centimètres); 2º _Moyen format_ (comprenant les volumes hauts de 25 à 35 -centimètres); 3º _Petit format_ (comprenant les volumes au-dessous de 25 -centimètres).» - -Voici d'ailleurs le passage textuel de cette circulaire ministérielle à -laquelle il vient d'être fait allusion, et à laquelle aussi nous nous -référerons souvent: - -«Il est inutile de préciser ici les moyens de déterminer chaque format. -A l'époque où le papier était fabriqué selon des règles de dimension qui -variaient peu, on reconnaissait le format en comptant les pages de la -feuille d'impression. Les désignations d'in-folio, in-quarto, in-octavo, -représentaient alors une hauteur fixe. Il n'en est plus de même -aujourd'hui que les feuilles d'impression sont de dimensions très -différentes, et que certains in-octavo deviennent plus grands qu'un -in-folio du XVIe siècle. L'indication actuelle a donc perdu son ancienne -signification, car elle ne répond pas toujours à l'indication de la -hauteur du livre; elle doit être abandonnée pour les désignations -suivantes, répondant aux dimensions réelles: - -«1º _Grand format_ (comprenant tous les volumes dépassant 35 -centimètres); - -«2º _Moyen format_ (comprenant les volumes hauts de 25 à 35 -centimètres); - -«3º _Petit format_ (comprenant les volumes au-dessous de 25 -centimètres[186])». - -Au lieu de trois formats, la Bibliothèque nationale en a adopté cinq: - -1º Grand in-folio (comprenant tous les volumes dépassant 45 -centimètres); - -2º In-folio (comprenant tous les volumes hauts de 45 à 31 centimètres); - -3º In-4 (comprenant tous les volumes hauts de 31 à 25 centimètres); - -4º In-8 (comprenant tous les volumes hauts de 25 centimètres à 95 -millimètres); - -5º Les _nains_ (comprenant tous les volumes au-dessous de 95 -millimètres). - -«Il serait à désirer, dit très justement M. Édouard Rouveyre, qu'à -l'avenir les libraires annonçassent, sur leurs catalogues, la hauteur et -la largeur des livres en centimètres, indépendamment de la désignation -du format, qui jouerait ici un rôle secondaire[187].» - -C'est ce que font, ainsi que nous l'avons déjà remarqué et comme nous le -rappellerons, en parlant des catalogues et des fiches[188], les -partisans de la _Classification décimale_. - - * - - * * - -Depuis les débuts de l'imprimerie, les formats les plus appréciés du -public semblent avoir été toujours en décroissant. - -L'in-folio et l'in-4 étaient, sauf exceptions, les formats des premiers -livres, des incunables[189], et, malgré les admirables petits in-8 -d'Alde Manuce et de Sébastien Gryphe, les savants du XVIe siècle -tenaient en mépris tous les volumes qui n'avaient pas les plus grandes -dimensions[190]. On jugeait alors en quelque sorte de la valeur d'un -ouvrage d'après son ampleur et sa taille. - -Scaliger, au dire du passionné érudit Adrien Baillet (1649-1706), -«raille Drusius pour la petitesse de ses livres; et J. Morel, l'un des -plus grands imprimeurs de son temps, se plaignait au savant Puteanus, -rival de Juste Lipse, que ses livres étaient trop petits pour la vente, -et que les chalands n'en voulaient pas[191]». - -Les livres de format inférieur à l'in-4, les in-8 ou in-12, étaient -surtout alors des livres de piété, des «livres d'heures». - -Il est juste cependant de reconnaître que l'in-8, dont l'origine est -généralement attribuée à Alde Manuce,--l'inventeur de la lettre -_italique_, dite aussi et par suite _aldine_, qu'une légende affirme -avoir été exactement copiée sur l'écriture de Pétrarque[192],--avait -rencontré bon accueil à l'étranger. Ces volumes qu'on pouvait glisser -dans la poche et emporter aisément, qui contenaient autant de matière -que les in-4 et coûtaient moins cher, avaient trouvé de nombreux -partisans. Alde Manuce reçut même du sénat de Venise une récompense pour -avoir créé ou vulgarisé l'in-8: on lui octroya, en 1502, le privilège -d'employer seul ce format pendant une période de dix années, ce qui -n'empêcha pas les imitations et la concurrence de se produire[193]. - -Au XVIIe siècle, et en dépit du succès des elzeviers, les gros et grands -volumes étaient encore les plus appréciés. «Leurs formats et leurs -caractères (des elzeviers) étaient trop petits», remarque très justement -M. Henri Bouchot[194]. - -Nous voyons au XVIIIe siècle le format in-4 employé de préférence par -les imprimeurs de Hollande, même pour les recueils de poésies, que nous -imprimons à présent, au contraire, en volumes de menues et coquettes -dimensions, en in-18 ou in-24[195]. - -Mais l'in-8 ne tarda pas à triompher, et il n'est pas de bibliographe de -la première moitié du XIXe siècle qui ne le prône et ne le recommande. -L'érudit et consciencieux Gabriel Peignot insiste maintes fois notamment -sur les mérites de l'in-8. - -«Nous citons de préférence les éditions in-8, écrit-il dans son _Manuel -du bibliophile_[196], parce que ce format, tenant le milieu entre les -plus grands et les plus petits, nous paraît le plus décent, le plus -convenable, le plus propre à former une bibliothèque qui présente un -aspect régulier; d'ailleurs, l'in-8 est ordinairement imprimé en -caractères assez forts pour ne point fatiguer les vues faibles.» - -Et ailleurs[197]: - -«Si un amateur ne voulait posséder qu'une collection choisie de 300 -volumes, je lui conseillerais de tâcher de la former entièrement -d'ouvrages de même format, et de prendre l'in-8[198].» - -Ludovic Lalanne[199] patronne également le format in-8, «auquel on -revient toujours», déclare-t-il. - -Le format employé et vulgarisé, à partir de 1838, par l'éditeur Gervais -Charpentier, et connu sous le nom de _format Charpentier_[200],--c'est -un in-18 jésus ayant pour dimensions 0,117 × 0,183,--est actuellement le -plus répandu, pour les ouvrages de littérature du moins, et il nous -paraît tout à fait digne de sa vogue, il mérite toutes nos préférences. - -En voici les motifs. - -Le malheur veut que la plupart des liseurs assidus, des plus constants -amis des livres, deviennent myopes, parfois même longtemps avant la -vieillesse. Il leur faut tenir à la main, à proximité de leurs yeux, le -volume qu'ils lisent; si, au lieu de le tenir, ils le posent devant eux -sur une table, cela les contraint à pencher la tête, souvent très bas, -selon leur degré de myopie: d'où une congestion plus ou moins rapide. -C'est donc d'ordinaire et presque forcément _livre en main_ qu'ils -lisent: il est donc bon, il est donc indispensable que ce volume ne soit -pas trop lourd; l'in-18, moins grand que l'in-8, pèse moins que lui, -avec un nombre de pages égal et de même pâte de papier, et, par -conséquent, fatigue moins la main. - -Considérons, en outre, que nos appartements modernes, dans les grandes -villes, à Paris principalement, sont exigus, et que la place nous y est -parcimonieusement mesurée: l'in-18 est moins encombrant que l'in-8, et, -sous un format plus restreint, contient ou peut contenir autant de -matière. Il n'y a souvent que les marges qui diffèrent. Cela est si vrai -que plusieurs éditeurs, après avoir fait paraître un ouvrage en in-8, le -publient en in-18 sans changer la _justification_, c'est-à-dire la -«longueur des lignes» (Littré) et en se servant de la même composition. -Exemple: la maison Calmann Lévy et nombre de ses volumes: -_Correspondance_ de Mérimée, de Doudan, de Balzac, etc., etc. Ces -volumes sont mis en vente d'abord en in-8 à 7 fr. 50; puis, lorsque -cette vente est épuisée, les clichés provenant des mêmes empreintes[201] -de ces mêmes volumes in-8 servent à tirer les in-18, cotés 3 fr. 50: ce -système a le triple avantage de contraindre les personnes pressées de -lire un de ces volumes à le payer 7 fr. 50 au lieu de 3 fr. 50, -d'augmenter de cette différence les bénéfices de l'éditeur, et aussi de -permettre aux amateurs de _grands papiers_ de satisfaire leur goût. - -D'autres motifs militent encore en faveur du format in-18 et le font de -plus en plus préférer à l'in-8[202]: l'in-18, de dimensions moindres que -l'in-8, coûte moins cher de reliure; il se met plus commodément dans la -poche; etc. - -Il va sans dire que certains ouvrages d'étendue considérable, comme les -encyclopédies et dictionnaires; d'autres, moins développés que ceux-ci, -mais ayant néanmoins des dimensions qui obligeraient à les composer en -trop menus caractères, ou à les sectionner en deux volumes, ce qu'on -tient parfois expressément à éviter; d'autres encore, accompagnés -d'illustrations ou de planches, de tableaux synoptiques, etc., exigent -un format plus grand que l'in-18. - -Il va de soi également que nous ne répudions pas les formats qui se -rapprochent de très près du format Charpentier, celui, par exemple, de -l'ancienne petite collection Lefèvre (0,105 × 0,166), et de l'ancienne -«Librairie nouvelle» de Bourdilliat (mêmes dimensions), de la «Nouvelle -Bibliothèque classique» de Jouaust (0,113 × 0,18), etc. - -Quant aux in-32 jésus (0,88 × 0,138), aux in-36, etc., à tous ces -volumes qui d'une façon générale et en termes vulgaires, sont moins -longs que la main, ils sont trop peu pratiques, offrent de trop nombreux -inconvénients pour être recommandés. - -D'abord l'impression y est presque toujours et forcément microscopique. -Ensuite ces petits volumes s'accommodent mal de la reliure: les pages -n'ayant pas assez de marge intérieure, de _fond_, ni assez de jeu, ni -assez de poids, ils s'ouvrent mal, quand ils sont reliés: on ne peut -quasi plus s'en servir. Les travailleurs, qui,--au risque de scandaliser -et d'indigner MM. les bibliophiles et bibliotaphes,--ont parfois besoin -d'inscrire quelque annotation sur les marges de leurs livres, ne peuvent -le faire avec ces «éditions diamant»: la place manque. Elles n'ont leur -utilité que pour les ouvrages qu'on désire emporter avec soi, les -vade-mecum qu'on tient à avoir toujours dans sa poche, afin de les -consulter ou de les relire à volonté, tels que certains manuels, guides, -indicateurs, etc., ou des chefs-d'œuvre comme les _Fables_ de La -Fontaine, les _Odes_ d'Horace, les _Satires_ de Regnier, le _Théâtre_ de -Molière ou de Racine, etc. - -A ce propos, le sagace Mouravit fait, d'après Bollioud-Mermet, -dit-il[203], la remarque suivante sur le choix des formats et leur -parfaite convenance, leur mise en harmonie avec l'ouvrage que le volume -renferme: «Les recherches savantes de l'érudition se trouvent à l'aise -dans l'in-folio; la pensée du philosophe, le récit de l'historien, -demandent la majestueuse gravité de l'in-quarto ou de l'in-octavo; le -poète, les esprits humoristes, se plaisent dans le charmant in-douze, -l'in-dix-huit si coquet, le gracieux in-trente-deux; un livre de -prédilection empruntera les sveltes proportions de ces minces -formats[204]». - -M. Émile Leclerc résume ainsi, de son côté, l'emploi des formats: - -«L'in-plano n'est guère employé que pour les affiches, les placards, les -textes destinés à accompagner les planches, les tables chronologiques, -les tableaux synoptiques, les imprimés administratifs et autres ouvrages -du même genre, certains travaux de ville. - -«L'in-folio est réservé pour les impressions de luxe, pour les ouvrages -de recherches, que l'on consulte parfois, mais dont on ne se sert pas -habituellement. - -«L'in-4, très usité autrefois, s'emploie pour les dictionnaires, -mémoires, rapports, ouvrages scientifiques et ceux contenant des -tableaux ou des opérations exigeant une grande justification. - -«L'in-8 joint l'élégance à la beauté, l'usage en est fort commode, et il -figure agréablement dans une bibliothèque. C'est le format préféré des -lecteurs en général et des bibliophiles en particulier[205]. Il convient -à toutes sortes d'ouvrages; il tient le milieu pour les dimensions et -pour les caractères entre tous les autres formats: c'est le type le plus -répandu. - -«L'in-12 est généralement adopté pour les classiques, les romans et -autres ouvrages usuels, qui en rendent l'emploi assez commun. Quoique -format dit bâtard, il est assez agréable d'aspect; il tient le milieu -entre l'in-8 et l'in-16. - -«L'in-16 s'emploie pour les livres d'instruction et de récréation. - -«L'in-18, d'usage fréquent, est surtout le format des romans. - -«La double couronne en in-16 remplace le jésus en in-18, la grandeur du -volume est la même et l'impression des quarts, demis et trois quarts [de -feuille] se fait sans perte de papier[206].» - -A la suite de ces divers formats, il convient de mentionner le format -fantaisiste _oblong_ (plus large que haut), employé surtout pour les -albums de dessin. Les livres qui ont reçu cette forme insolite ne se -tiennent pas aisément ouverts à la main, à moins d'être repliés plat -contre plat, d'où un grand risque de leur casser le dos, et ne peuvent -guère être lus que sur une table, ce qui, comme nous l'avons vu, est, -pour nombre de lecteurs, très incommode. Ils présentent, en outre, comme -tous les volumes de formats anormaux et baroques,--format carré (lourd -et disgracieux par essence même, l'élégance n'appartenant qu'aux formes -élancées, plus hautes que larges), format triangulaire (on a été jusqu'à -fabriquer des livres en triangle!), etc.,--le grave inconvénient de ne -pouvoir se caser facilement sur les tablettes des bibliothèques: ils -jurent avec les autres volumes, les dépassent en hauteur ou en largeur: -on ne sait où fourrer ces petits monstres. - -Une curieuse particularité nous a été signalée par plusieurs libraires: -les volumes de grand format, lourds à la main (in-8 et au-dessus), se -vendent mieux en été, parce que beaucoup de personnes ont l'habitude de -lire au lit, et, durant la chaude saison, peuvent mettre bras et épaules -hors des couvertures sans se refroidir. - - - - -CHAPITRE IV - -L'IMPRESSION - -Méfiez-vous des livres imprimés en caractères trop fins.--Le _point_ -d'imprimerie.--Caractères: _romain_, _elzevier_, _italique_. Caractères -de fantaisie: _allongée_, _alsacienne_, _antique_, _classique_, -etc.--Casse.--Police des lettres.--Encre d'imprimerie.--Tirage: -empreintes et clichés.--Plus de -correcteurs.--Millésime.--Foliotage.--Inconvénient des lignes trop -longues.--Encore une fois: «Gare à vos yeux!» - - -A propos de l'impression, nous adresserons tout d'abord et encore une -fois aux lecteurs la recommandation que nous leur avons faite en parlant -des papiers: «Ménagez vos yeux!» - -Donc, à part les dictionnaires et ouvrages de référence, à part les -sommaires, les notes, index, tableaux, etc., où l'on est bien obligé de -réduire et serrer le texte, pas de livres imprimés en caractères trop -fins, et, pour préciser, en caractères inférieurs au «corps huit». On -sait que les caractères d'imprimerie,--qui sont composés de plomb et -d'antimoine ou régule (environ 4 de plomb pour 1 d'antimoine),--se -mesurent et se classent par points, quel que soit d'ailleurs leur genre, -qu'ils appartiennent au _romain_, à l'_elzevier_ ou à l'_italique_. Nous -allons voir dans un instant ce que signifient ces noms. Le _point_[207], -unité typographique, équivaut à un peu moins de quatre dixièmes de -millimètre (0mm,38). Pratiquement, le «corps un», c'est-à-dire le type -de caractères qui aurait cette microscopique hauteur, ne se fabrique -pas; et les «corps» ne commencent guère à exister et s'employer qu'à -partir du «quatre» ou du «cinq». Le corps huit a une hauteur d'un peu -plus de trois millimètres (0mm,38 × 8), en mesurant non pas l'_œil_ ou -sommet des lettres basses (a, c, e, i, m, n...), mais celui des lettres -longues (b, d, f, g, h...). L'_œil_ d'une lettre est, en d'autres -termes, la partie saillante qui forme l'impression de cette lettre. Le -_corps_ ou la _force de corps_ est la hauteur totale de la lettre, dans -le sens vertical de l'_œil_. Le même corps peut avoir et a ordinairement -plusieurs variétés d'œil, et un caractère est _gros œil_ ou _petit œil_, -suivant les dimensions plus ou moins grandes données à la lettre ou au -signe en relief, au détriment du _talus_: on appelle ainsi la partie -inclinée du sommet de la tige des caractères, qui se trouve d'un seul -côté de l'œil dans les lettres longues ou accentuées, et des deux côtés -dans les lettres courtes. L'_approche_ est le «talus doublement latéral -qui sert à isoler la lettre de ses voisines: c'est la distance -horizontale que les lettres ont entre elles dans les mots[208]». Le -_cran_ est une petite entaille faite au corps de la lettre, à peu de -distance de la base, et qui sert à indiquer au compositeur dans quel -sens il doit placer cette lettre dans le composteur: il faut que le cran -se trouve toujours en dessous. - -Il y a des lettres longues hautes: b, d, f, h, k, l, t, et des lettres -longues basses: g, j, p, q, y; dans les unes comme dans les autres, le -trait ou la boucle qui dépasse l'œil se nomme _queue_. Les _pleins_ sont -les traits verticaux des lettres; ils sont plus fortement appuyés, plus -«pleins» que les traits horizontaux ou contournés, qui, à cause même de -leur minceur et de leur finesse, ont reçu le nom de _déliés_. Le petit -trait placé au sommet des lettres b, d, h, i, j, k... se nomme _obit_, -et celui ou ceux qui se trouvent au bas des lettres f, h, i, k, l, m, n, -p... s'appellent _empattements_[209]. - -La lettre double ff, les lettres fi, fl, ffi et ffl, présentent cette -particularité, qu'elles sont fondues ensemble, de façon à ne former -qu'un caractère. Voici pourquoi. Si la lettre f, distincte et séparée, -était placée devant une autre f, devant un i ou devant une l, sa -bouclette supérieure, rencontrant le haut de l'f voisine, le point de -l'i ou le sommet de l'l, le presserait, et, par cette pression latérale, -amènerait aisément la rupture d'une de ces deux parties supérieures en -contact, sinon même des deux. On obvie à ce danger en fusionnant les -deux lettres. - -Selon leurs points, leur _force de corps_, les caractères portaient -anciennement des noms spéciaux, à peu près tombés aujourd'hui en -désuétude, mais qu'il n'est cependant pas inutile de connaître. En voici -la liste[210]: - - FORCE EN POINTS - ou ANCIENS NOMS - FORCE DE CORPS - - 3 points Diamant ou sanspareille. - 4 -- Perle. - 4 points 1/2 Sédanaise. - 5 points Parisienne. - 6 -- Nonpareille. - 7 -- Mignonne. - 7 points 1/2 Petit-texte. - 8 points Gaillarde. - 9 -- Petit-romain. - 10 -- Philosophie. - 11 -- Cicéro. - 12 ou 13 points Saint-augustin. - 14 points Gros-texte. - 15 ou 16 points Gros-romain. - 18 ou 20 -- Petit-parangon. - 21 ou 22 -- Gros-parangon. - 24 points Palestine. - 26 ou 28 points Petit-canon. - 36 points Trismégiste. - 40 ou 44 points Gros-canon. - 48 ou 56 -- Double-canon. - 72 points Triple-canon. - 96 -- Grosse-nonpareille. - 100 -- Moyenne de fonte. - 138 -- Grosse-sanspareille. - - * - - * * - -Le caractère d'imprimerie le plus fréquemment usité est le caractère -_romain_. Chaque imprimerie presque possède son type de lettres -romaines, et les différences entre les types de même corps appartenant à -des imprimeries différentes sont, en général, minimes: les uns sont d'un -_œil_ un peu plus étroit; les autres, plus large; ceux-ci ont leurs -_pleins_ plus gros; ceux-là, plus maigres; etc. On a ainsi, d'après ces -légères variations, du romain Didot[211], du romain Raçon, du romain -Lahure, Manie, etc. Pour peu qu'on soit au courant des choses de -librairie et de typographie, on reconnaît assez promptement ces types -respectifs, et il suffit souvent d'ouvrir un livre nouveau pour dire de -quelle imprimerie il sort[212]. - -L'_elzevier_, type de caractères provenant du graveur français Claude -Garamond, et employé au XVIIe siècle par les célèbres imprimeurs de -Leyde qui lui ont donné leur nom[213], a _généralement_ ses pleins moins -accentués et ses traits plus uniformes que ceux du romain, et il -présente une apparence un peu grêle, la boucle de l'_e_ notamment est -plus étroite dans l'elzevier que dans le romain (e, e). Beaucoup de nos -livres modernes, tels que des recueils de poésies, des études d'histoire -littéraire, etc., sont encore imprimés en elzevier. C'était le caractère -de prédilection de l'éditeur Jouaust, qui avait, dans ses dernières -années, créé un caractère mixte, où les défauts de l'elzevier étaient -compensés par les qualités du romain Didot, et réciproquement. Toujours -d'une façon générale, ces défauts et ces qualités consistent -principalement en ceci, que, dans l'elzevier, les déliés, ayant presque -la même force que les pleins, sont plus résistants, s'usent moins vite -et risquent moins de se casser. Le romain a pour lui, tout au moins aux -yeux de certains amateurs et bibliophiles, de paraître plus élégant, de -présenter meilleur aspect, à cause même de la différence mieux accusée, -de l'opposition, existant entre ses pleins et ses déliés. - -On appelle _italique_ le caractère penché de droite à gauche. -Originairement, ce caractère portait le nom tantôt de _lettres -vénitiennes_, parce que les premiers poinçons en ont été fabriqués à -Venise, tantôt de _lettres aldines_, parce que Alde Manuce, comme nous -l'avons dit[214], s'en est servi le premier, en 1512. De nos jours, on -imprime rarement un volume entier en italique; mais on emploie assez -souvent ce caractère _penché_ pour la dédicace ou la préface d'un volume -dont le texte est en impression _droite_, c'est-à-dire en romain ou en -elzevier. On se sert spécialement de l'italique dans les impressions -_droites_ pour les mots ou les phrases sur lesquels on veut appeler -l'attention, pour l'indication des titres de livres, de journaux, etc. - - * * * * * - -Voici quelques spécimens de types de lettres majuscules et minuscules de -différents points, en romain[215], en elzevier et en italique: - - 6 points { ROMAIN, romain. - (nonpareille). { ELZEVIER, elzevier. - { _ITALIQUE, italique_. - - 7 points { ROMAIN, romain. - (mignonne). { ELZEVIER, elzevier. - { _ITALIQUE, italique_. - - 8 points { ROMAIN, romain. - (gaillarde). { ELZEVIER, elzevier. - { _ITALIQUE, italique_. - - 9 points { ROMAIN, romain. - (petit-romain). { ELZEVIER, elzevier. - { _ITALIQUE, italique_. - - 10 points { ROMAIN, romain. - (philosophie). { ELZEVIER, elzevier. - { _ITALIQUE, italique_. - - 11 points { ROMAIN, romain. - (cicéro). { ELZEVIER, elzevier. - { _ITALIQUE, italique_. - - 12 ou 13 points { ROMAIN, romain. - (saint-augustin). { ELZEVIER, elzevier. - { _ITALIQUE, italique_. - - 14 points { ROMAIN, romain. - (gros-texte). { ELZEVIER, elzevier. - { _ITALIQUE, italique_. - - 15 ou 16 points { ROMAIN, romain. - (gros-romain). { ELZEVIER, elzevier. - { _ITALIQUE, italique_. - - Etc., etc. - - -Outre le romain, l'elzevier et l'italique, il existe des caractères, -dits de fantaisie, qui sont très nombreux. Les principaux sont: -l'_allongée_ ou _capillaire_, l'_alsacienne_ ou _écrasée_, l'_antique_, -la _classique_, l'_égyptienne_, l'_italienne_, la _latine_, la -_normande_, les lettres _jensoniennes_[216], les _lettres blanches_, -c'est-à-dire évidées complètement, les _lettres blanches ombrées_, dont -certains contours sont plus accentués ou garnis de hachures; les -_lettres maigres_, les _lettres bouclées_, les _lettres grises_ (grandes -lettres ornées[217]), etc. Mentionnons encore l'_anglaise_, la _ronde_, -la _bâtarde_, la _gothique_, la _coulée_, caractère penché de droite à -gauche, dont les lettres sont unies entre elles par leurs déliés; la -_cursive_, dont le premier type, gravé en 1556 par Nicolas Granjon, fut -connu sous le nom de _civilité_, du titre du livre _Civilité puérile et -honnête_, qu'il servit à imprimer[218]; les lettres _tourneures_ ou -_tournures_, ainsi nommées d'après leur forme arrondie, tournante, qui -étaient utilisées comme initiales de chapitre dans les anciens -manuscrits[219], et offrent beaucoup de ressemblance avec cette autre -espèce de majuscules arrondies, aussi fréquemment usitée dans les -manuscrits, appelée _onciale_[220]. - -Voici des spécimens de ces diverses lettres majuscules et minuscules: - - ALLONGÉE, allongée. - ALSACIENNE, alsacienne. - ANTIQUE, antique. - ANTIQUE ALLONGÉE. - ANTIQUE GRASSE. - CLASSIQUE, classique. - ÉGYPTIENNE, égyptienne. - ÉGYPTIENNE ITALIQUE, égypt. italique. - ITALIENNE, italienne. - LATINE. - NORMANDE, normande. - JENSONIENNES, jensoniennes. - BLANCHES. - LETTRES BLANCHES OMBRÉES - MAIGRETTES, maigrettes. - LETTRES BOUCLÉES MAIGRES. - Anglaise. - Ronde. Bâtarde. Gothique. Civilité. - - * - - * * - -Toutes les lettres, signes, chiffres et séparations typographiques -(espaces, cadrats, etc.) sont rangés dans une grande boîte sans -couvercle, nommée _casse_, placée à hauteur d'appui et sur un plan -légèrement incliné. La casse est partagée en deux grandes divisions, -deux grands morceaux: _bas de casse_ et _haut de casse_. Dans le bas de -casse, qui est la partie la plus rapprochée de l'ouvrier compositeur, se -trouvent, dans une quantité de petits compartiments ou _cassetins_[221], -les types de lettres et de signes de l'usage le plus fréquent, les -minuscules, par exemple, d'où leur nom typographique de _bas de casse_. -Le haut de casse contient les lettres et signes employés moins souvent, -comme les grandes majuscules ou _grandes capitales_, les petites -majuscules ou _petites capitales_, les lettres _supérieures_ (placées, -dans les abréviations, à la droite supérieure de la lettre initiale, -ordinairement majuscule: Nº, Mme; Mlles, etc.), les guillemets, -parenthèses, etc.[222] - -On appelle _police_ d'un caractère «l'assortiment des différentes sortes -dont il est composé: lettres, capitales, points, virgules, etc.» -(Littré), ou, en d'autres termes, le rapport des lettres et signes -typographiques entre eux dans la composition d'une langue. L'italien, -par exemple, emploie bien plus d'_a_ que de _b_; presque à chaque mot -l'_a_ reparaît dans cette langue: l'ouvrier typographe, le _typo_, -chargé de composer l'italien, devra donc avoir devant lui, dans sa -casse, bien plus d'_a_ que de _b_. En français, cette proportion ou -_police_ est, pour 100 000 lettres, de: - - BAS DE CASSE GRANDES CAPITALES CHIFFRES - - 5000 a 300 A 300 1 - 1000 b 150 B 200 2 - 2500 c 260 C 200 3 - 100 ç 25 Ç 200 4 - 3000 d 250 D 200 5 - 11000 e 450 E 200 6 - etc. etc. etc.[223] - -Disons enfin que l'encre d'imprimerie se compose de noir de fumée et -d'huile de lin cuite, intimement mélangés par le broyage. On employait -jadis l'huile de noix: elle est plus siccative et meilleure que l'huile -de lin, mais coûte plus cher. Selon qu'elle est destinée aux journaux, -aux _labeurs_,--c'est-à-dire aux ouvrages de longue haleine, comme -l'impression d'un livre, «susceptibles d'occuper plusieurs ouvriers -pendant un certain temps[224]», et «nécessitant l'emploi d'une certaine -quantité de caractères de la même espèce[225]»,--ou encore aux tirages -de vignettes, l'encre typographique subit diverses modifications de -fabrication et est plus ou moins fine. - -La première usine pour la fabrication industrielle de l'encre -d'imprimerie a été fondée en 1818 par Lorilleux père; jusque-là, les -imprimeurs avaient coutume de faire eux-mêmes leur encre[226], et il -faut avouer qu'il semble en être des anciennes encres comme des anciens -papiers: celles d'autrefois valaient généralement mieux que celles -d'aujourd'hui. «L'encre des premières impressions du XVe siècle, écrit -un bibliographe des plus experts en ces questions, Ambroise-Firmin -Didot[227], nous offre toutes les qualités désirables: elles est noire, -luisante, et quatre siècles écoulés ont prouvé qu'elle avait conservé -jusqu'à ce jour ses qualités primitives.» Après un court intervalle de -décadence, l'ancienne encre reprend sa supériorité: «celle que -fabriquaient eux-mêmes les Alde, les Estienne, les Elzevier, les -Plantin, les Ibarra, les Bodoni, et tous les imprimeurs jaloux de leur -renommée typographique, a conservé jusqu'à nos jours, répète le même -compétent érudit, toutes ses qualités primitives[228]». - - * - - * * - -L'imprimerie, cette invention qui, selon le mot de Louis XII, «semble -plus divine qu'humaine[229]», diffère à peu près autant actuellement de -l'imprimerie d'autrefois que les nouveaux modes de fabrication du papier -diffèrent des anciens. - -Aujourd'hui, afin de ne pas fatiguer et écraser les caractères, on ne -_tire_ plus sur la _composition_ que les ouvrages dont le chiffre de -tirage ne doit pas dépasser quatre ou cinq mille exemplaires. Lorsque ce -chiffre est plus élevé, on prend, au moyen d'une pâte spéciale[230], -composée de colle de pâte, de blanc d'Espagne et de papier, et appelée -_flan_, les _empreintes_ de cette composition, puis on _cliche_ ces -empreintes, c'est-à-dire qu'on y coule un mélange de plomb et -d'antimoine, qui donne, en se refroidissant, un bloc présentant le même -relief que les lettres mêmes, et c'est sur ces blocs, sur ces _clichés_, -que l'impression, le tirage, s'effectue[231]. On peut tirer sur ces -clichés environ dix à quinze mille exemplaires. Lorsque le tirage doit -dépasser ce dernier chiffre, on a recours à la galvanoplastie; on -obtient, au moyen du courant électrique, des clichés en cuivre d'une -résistance bien plus grande, et avec lesquels on peut tirer un nombre -d'exemplaires bien plus considérable. - -Par suite de l'usure des clichés, il advient très fréquemment que des -mots ou des lignes entières, principalement les premiers ou les derniers -mots des lignes, les premières ou les dernières lignes des pages, -manquent, ne sortent plus sur les feuilles que l'on tire. Vous ferez -donc bien, lorsque vous achetez un exemplaire d'un ouvrage -moderne,--particulièrement si cet ouvrage a atteint un chiffre élevé -d'éditions, et si cet exemplaire appartient à un des derniers -tirages,--d'en vérifier les bas de pages et les extrémités de lignes, -afin de vous assurer que le texte est complet. - -La nécessité absolue de produire avant tout du bon marché fait que, de -l'avis de tous les gens compétents, la librairie n'a jamais été aussi -«vilaine[232]» qu'aujourd'hui. Et cela non pas par la faute seule des -imprimeurs ou éditeurs, mais par celle du public surtout, pour qui le -plus bas prix est l'argument décisif, l'unique et suprême cause -déterminante du choix[233]. - -Jadis, non seulement chaque imprimerie, mais chaque maison d'édition -avait son _correcteur_,--un employé instruit et expérimenté, chargé de -relire les épreuves[234]. Ce n'était pas là une besogne superflue, les -auteurs en général et les débutants en particulier n'étant pas initiés -aux innombrables détails de la composition et de la correction -typographiques[235]. - -Nombre d'éditeurs se passent aujourd'hui de cet employé et réalisent -ainsi une économie sensible: si les imprimeurs conservent encore leurs -correcteurs, c'est qu'ils ne peuvent guère faire autrement[236]; mais ce -n'est pas l'envie qui doit manquer à beaucoup d'entre eux d'économiser -aussi de ce côté, et les correcteurs d'imprimerie sont généralement -surchargés de travail et contraints par suite de mal travailler. «La -correction, il n'en faut plus parler, écrit Jules Richard[237]. Sauf en -quelques ateliers qui se respectent, on ne se donne ni la peine de -relire, ni celle de corriger. La faute typographique est si multipliée -qu'on ne veut plus d'_erratum_. Il ferait, par son ampleur, concurrence -au dernier chapitre. C'est là un mal récent et auquel il serait utile de -couper court.» - -Où est le temps où les Estienne, si célèbres à la fois comme érudits et -comme typographes, étaient si jaloux de la pureté des éditions qui -sortaient de leurs presses, que l'un d'eux, Robert Estienne (1503-1559), -après avoir lu, relu, relu à satiété ses épreuves, les affichait à sa -porte et donnait une récompense, «cinq sols», pour chaque faute qu'on -lui indiquait[238]! Chez ce savant philologue et maître imprimeur, «la -correction, comme l'explique Michelet[239], se faisait par un décemvirat -d'hommes de lettres de toutes nations et la plupart illustres. L'un -d'eux fut le Grec Lascaris; un autre Rhenanus, l'historien de -l'Allemagne; l'Aquitain Rauconet, depuis président du parlement de -Paris; Musurus, que Léon X fit archevêque, etc.» - -Aujourd'hui, nombre d'éditeurs ont pris l'habitude de ne plus indiquer -le _millésime_ (c'est-à-dire l'année de la publication) sur le titre du -volume. C'est afin de ne pas démoder l'ouvrage: de cette façon, un -_Guide dans Paris_, paru en 1890, peut encore être vendu comme neuf en -1900, et vingt, trente et quarante ans plus tard. Mais on devine -l'embarras du lecteur lorsqu'il se trouve en présence de phrases -contenant un adverbe de temps ou une allusion à la date de la -publication dudit ouvrage: «On voit aujourd'hui telle chose à tel -endroit...» Quand, aujourd'hui? «Il y a un demi-siècle la mode ne -permettait pas...» De quelle année le faire partir, ce demi-siècle? - -Les _folios_ (numéros des pages) se placent au sommet de la page, soit -au milieu de ce sommet, si l'ouvrage ne comporte pas de _titre -courant_[240], soit, s'il en comporte un, à gauche ou à droite de ce -titre: à gauche, pour les pages paires; à droite, pour les impaires. - -_Folioter_ un livre au bas des pages est une détestable méthode, qui -déroute l'œil, entrave les recherches et ne peut s'expliquer que par la -manie de vouloir faire moins bien pour faire autrement. Quand vous -feuilletez un livre dans le sens ordinaire, c'est-à-dire en rejetant les -pages de droite sur les pages de gauche, c'est principalement sur les -angles, angle inférieur ou angle supérieur de droite, que repose votre -main. Si vous vous servez de la main droite, tous vos doigts,--sauf le -pouce, lorsque vous agissez sur l'angle supérieur,--restent en dehors de -la page, appuyés sur la tranche, et ils ne cachent, par conséquent, -aucune ligne du texte. Il n'en est plus de même si c'est votre main -gauche qui opère, et c'est surtout sur l'angle inférieur de la page -qu'il lui est commode de se poser pour effectuer son mouvement: dans ce -cas, les doigts de cette main masquent l'extrémité des dernières lignes, -et, à plus forte raison, ce qui est au-dessous d'elles, ce chiffre que -vous cherchez et que votre œil est d'ailleurs accoutumé à trouver au -sommet de la page. Il est donc, de toute évidence, bien préférable de -laisser les folios à leur ancienne place, à ce sommet, et il ne faut pas -plus les mettre au bas de la page que sur les côtés. Bientôt sans doute -nous verrons des éditeurs, encore plus ingénieux et plus avides de se -distinguer, commencer un dictionnaire par la lettre F ou G, au lieu de -la lettre A, qu'il est bien temps de détrôner; imprimer une page dans un -sens et la suivante dans le sens contraire; etc.: lorsqu'on est en si -beau chemin, pourquoi s'arrêter? - -Il serait bon, afin aussi de faciliter les recherches et d'aider le plus -possible les lecteurs et travailleurs, de numéroter toutes les pages, -les _belles pages_,--c'est-à-dire les pages impaires, les pages de -droite ou recto, débutant par un titre de chapitre,--comme les autres. -Je n'ignore pas que MM. les typographes estiment que ce foliotage -intégral serait tout à fait disgracieux sur les belles pages et jurerait -à l'œil. C'est possible[241]. Mais il y a une chose bien plus -désagréable encore, bien autrement incommode et fâcheuse, pour ne pas -dire absurde, c'est de voir des volumes entiers (composés de chapitres -n'ayant que quelques lignes, ou de menues pièces de vers, de quatrains, -de sonnets, etc., commençant et finissant tous en _belle page_, et dont -le verso est, par conséquent, une page blanche ou _fausse page_), ne -possédant pas un seul folio, sans pagination du commencement jusqu'à la -fin. Allez donc faire une recherche et vous retrouver dans ce -labyrinthe! - - * - - * * - -De même que nous vous exhortons de toutes nos forces, et cela dans -l'intérêt de vos yeux, à fuir les livres à impressions microscopiques, -nous vous engageons, pour le même motif, à éviter les longues lignes, -les lignes interminables de certaines publications. - -Plus une ligne est longue, plus, pour que la lecture en soit facile et -ne fatigue pas les yeux, le caractère doit être fort et l'interlignage -large. Ouvrez le tome premier du _Dictionnaire_ de Littré et voyez la -«Préface»: les lignes ont 0m,185 de long et occupent toute la largeur de -la page; mais le caractère est gros et suffisamment espacé: c'est du -corps XIV (romain Didot), interligné à quatre points; aussi ces lignes -se détachent-elles bien et se lisent-elles aisément. Voyez plus loin le -«Complément de la préface»: le caractère est plus petit, c'est du corps -X (romain Didot); mais la page est divisée en deux colonnes, les lignes -n'ont plus, comme longueur, que la moitié des précédentes, moins de la -moitié même (0m,089), ce qui a permis de leur donner moins d'intervalle -que tout à l'heure, de ne les interligner qu'à deux points, et ce qui -permet également de les lire sans difficulté. Il n'en serait plus de -même si, avec ce caractère corps X ou un plus petit, nous avions la -ligne de tout à l'heure, une ligne de 0m,185 de long; plus d'un lecteur -aurait l'œil troublé, verrait ces lignes chevaucher et se confondre, les -lettres danser et papilloter. - -«Gare à vos yeux!» C'est le cri d'alarme lancé jadis par Francisque -Sarcey, un passionné liseur et travailleur, dans une intéressante -plaquette, qu'il a fait exprès imprimer, dit-il, «en gros caractère et -sur du papier teinté pour soulager vos pauvres yeux[242]». - -C'est le conseil et la suprême recommandation de tous les amoureux du -livre, de tous les chercheurs et fureteurs, tous les curieux et érudits. - -Ayez bien soin de vos yeux! Vous ne sauriez avoir pour eux trop -d'égards, prendre pour eux trop de précautions. Ce sont les premiers et -les plus indispensables de vos instruments. - - - - -CHAPITRE V - -LA RELIURE - -Faut-il faire relier les livres?--Avantages et inconvénients des livres -reliés.--Opinion de Sébastien Mercier, de Gabriel Naudé, -etc.--Vocabulaire technique de la reliure: _plats_, _dos_, _tranches_, -_tête_, _queue_, _gouttière_, etc.--Couture: grecquage; machines à -coudre les livres.--Reliure pleine: peaux et parchemin; reliures -singulières; reliures uniformes; inconvénients des couleurs claires; -reliures _à la janséniste_, _à la fanfare_, _à l'oiseau_, -etc.--Demi-reliure.--Cartonnage bradel.--Cartonnage anglais.--Encore la -couture: couture de la brochure; couture de la reliure; supériorité de -la couture à la machine.--Couture métallique.--Reliure -arraphique.--Colles diverses.--Conseils pratiques: ne pas faire relier -de livres récemment imprimés;--choisir l'époque propice;--laisser au -relieur un laps de temps raisonnable;--pas de recueils factices;--gare -au rognage!--respecter les marges: _témoins_, _larrons_;--conserver les -couvertures imprimées;--titres à pousser;--modèles à donner au -relieur;--collationnez vos volumes.--Tarif de reliures.--Du choix d'un -relieur. - - -Une question se pose tout d'abord: sans nous occuper de l'aspect du -livre et de sa décoration, en nous plaçant uniquement au point de vue -pratique, _faut-il faire relier les livres?_ S'il ne s'agit que de leur -conservation et de la commodité et stabilité de leur rangement, -l'affirmative n'est pas douteuse; mais si vous envisagez leur maniement, -le degré de facilité qu'ils peuvent présenter pour la lecture ou les -recherches, l'hésitation est très permise, pour les volumes du moins qui -n'excèdent pas l'in-8. - -En raison de leur taille et de leur poids, les ouvrages de grand format -non reliés et placés debout sur les rayons d'une bibliothèque se -déjettent et se tassent, se déforment. S'ils ont une certaine épaisseur -et sont destinés à être maniés fréquemment, si ce sont des -dictionnaires, par exemple, il est indispensable qu'ils soient revêtus -d'un solide cartonnage: brochés, avec simple couverture de papier mince, -ils n'offriraient aucune résistance, le dos notamment ne tarderait pas à -se décoller ou à se fendre, à se _casser_. - -Mais pour les in-12, in-16, in-18, etc., d'une épaisseur moyenne, si la -couture était faite solidement, si cette couture, au lieu d'être une -_couture de brochure_ (où le fil ne passe que par deux trous dans chaque -cahier), était une _couture de reliure_ (où le fil passe par plus de -deux trous, et s'appuie ou s'enroule autour de ficelles ou _nerfs_ -appliqués ou embrochés verticalement sur le dos des cahiers), il est -certain que les lecteurs et travailleurs, trouvant ces exemplaires -brochés moins lourds à la main et plus faciles à ouvrir et à feuilleter, -les préféreraient aux exemplaires reliés, la question d'élégance et de -luxe encore une fois mise à part. - -Le grand inconvénient des livres reliés, surtout lorsqu'ils sont de -petit format et imprimés sur fort papier, c'est, comme nous l'avons -vu[243], de s'ouvrir mal et de se refermer d'eux-mêmes, dès que la main -ou un poids suffisant n'exerce plus sa pression sur eux, sur leurs pages -horizontalement étalées. Il n'est personne qui ne le connaisse, cet -agaçant et inévitable défaut, qui rend parfois si difficile l'emploi -d'un livre, lorsqu'on n'a pas, par exemple, l'entière disposition de ses -deux mains, qu'on a besoin de copier un passage de ce livre, ou d'en -conférer des sections avec des chapitres d'autres volumes. - -C'est au point qu'un écrivain du XVIIIe siècle, le polygraphe Sébastien -Mercier, avait pris l'habitude de _casser le dos_ de tous les livres -reliés qu'il achetait: il préférait des volumes décousus et disloqués à -des volumes «qui ne veulent pas rester ouverts». Il avait d'ailleurs la -haine des «artistes relieurs», et voici ce qu'il écrivait à leur sujet: - -«Les livres sont des amis qu'il faut pouvoir traiter familièrement. -J'aime fort la lecture, et je trouve que la reliure, du moins la reliure -trop recherchée, est sa plus grande ennemie. S'il y a une profession -inutile, c'est assurément celle des grands artistes relieurs. Elle -ajoute à la cherté des livres, et nuit à leur usage. Avec ce que coûtent -les belles reliures, on aurait une autre bibliothèque. Mais on achète -des livres comme des biscuits de Sèvres ou des magots de Chine. -Cependant, les livres sont faits, me semble-t-il, pour être lus, relus, -maniés et remaniés. Un Horace tout neuf n'appartient qu'à un sot. On -pourrait, selon moi, dire des livres ce qu'on dit des olives: les -_pochetées_ sont les meilleures[244].» - -L'extrême et bruyante aversion que Sébastien Mercier manifestait pour le -livre relié finit même par lui attirer ce féroce quatrain: - - Mercier, en déclamant contre la reliure, - Pour sa peau craindrait-il un jour? - Que le brave homme se rassure: - Sa peau n'est bonne qu'au tambour[245]. - -Le savant Gabriel Naudé, qui vivait à une époque où le livre broché -n'existait pour ainsi dire pas, combat, en plusieurs endroits de son -très instructif _Advis pour dresser une bibliothèque_, l'abus de la -reliure, et peu s'en faut qu'il ne la condamne tout à fait, lui aussi. - -«... Le quatriesme (précepte) est de retrancher la despense superflue -que beaucoup prodiguent mal à propos à la relieure et à l'ornement de -leurs volumes, pour l'employer à l'achapt de ceux qui manquent, afin de -n'estre point sujets à la censure de Sénèque, qui se moque plaisamment -de ceux-là, _quibus voluminum suorum frontes maxime placent titulique_; -et ce, d'autant plus volontiers que la relieure n'est rien qu'un -accident et manière de paroistre, sans laquelle, au moins si belle et -somptueuse, les livres ne laissent pas d'estre utiles, commodes et -recherchez, n'estant jamais arrivé qu'à des ignorans de faire cas d'un -livre à cause de sa couverture, parce qu'il n'est pas des volumes comme -des hommes, qui ne sont cognus et respectez que par leur robe et -vestement[246].» - -Et ailleurs: - -«Je dis, premièrement, qu'il n'est point besoin pour ce qui est des -livres de faire une despense extraordinaire à leur relieure, estant plus -à propos de réserver l'argent qu'on y despenseroit pour les avoir tous -du volume plus grand et de la meilleure édition qui se pourra -trouver[247]...» - -D'une façon générale, on ne lit commodément et bien que les livres -brochés. Le chroniqueur Edmond Texier, si goûté des lecteurs du _Siècle_ -sous le second empire, nous conte, à ce sujet, une bien typique -anecdote. - -«Un millionnaire de fraîche date se présente chez un libraire: «Il me -faut des livres, lui dit-il, pour meubler ma bibliothèque en chêne -sculpté... Pour le choix, je m'en rapporte à vous; vous ferez relier le -tout très convenablement.» Là-dessus il sort; mais revenant sur ses pas: -«Ah! j'oubliais de vous dire... Vous mettrez dans le ballot quelques -romans amusants; mais il ne faut pas faire relier ceux-là, parce que je -veux les lire[248].» - -C'est bien cela, et l'on ne peut que sourire de la naïveté du brave -Lesné, qui, dans les notes de son poème sur _la Reliure_, peste, gronde -et fulmine de si bon cœur contre les amateurs qui «ne veulent pas -prendre la peine de tenir leur livre en lisant», à qui il faut «des -livres qui se tiennent ouverts sur la table[249]» tout seuls. Quelle -exigence! Conçoit-on pareille prétention! - -Il est vrai qu'un fervent érudit dont l'opinion est à considérer, -Charles Asselineau, a déclaré qu'«un livre qui n'est pas relié n'est pas -un livre[250]»; mais, en émettant cette sentence, il se plaçait à un -tout autre point de vue que le nôtre, au point de vue du mérite et du -succès d'une œuvre: il entendait par là que «la reliure est devenue pour -les auteurs ce qu'était autrefois l'impression, une épreuve -décisive[251],» que la reliure est aujourd'hui la sanction de la -renommée, le criterium de la valeur d'un livre et de la célébrité d'un -écrivain. - - * - - * * - -Sans tomber dans les partis pris et les exagérations de Sébastien -Mercier, nous estimons que le meilleur système à appliquer, pour une -bibliothèque particulière, dont les livres ne sont pas destinés à -circuler en de nombreuses mains et à se fatiguer, c'est l'emploi de la -reliure, ou, plus exactement, de la demi-reliure, pour les volumes de -format supérieur à l'in-8, et du cartonnage bradel pour les in-8 et -leurs inférieurs. - -Si l'on juge le cartonnage bradel trop faible et trop inconsistant pour -les volumes in-8,--ce qui peut advenir, surtout si ces volumes sont de -forte épaisseur,--on classera les in-8 parmi les volumes à relier; quant -aux in-12, in-16, in-18, etc., le bradel offre à leur endroit de -multiples avantages: économie, souplesse, légèreté, etc. Exception -faite, je le répète, pour les ouvrages destinés à être fréquemment -maniés: dans ce cas, la reliure s'impose. - -Comme on le voit, nous nous efforçons de concilier ces deux choses: -solidité et commodité; nous cherchons toujours à nous rapprocher le plus -possible du desideratum exposé tout à l'heure, à prendre à la reliure ce -qu'elle a de bon, c'est-à-dire sa couture, tout en conservant au livre -la légèreté et la flexibilité, la _complaisance_ de la brochure, qui -permet si bien au livre de rester ouvert, et c'est par le cartonnage -bradel que nous avons le plus de chance d'atteindre notre double but. - - * - - * * - -Examinons maintenant ce qu'il faut entendre par ces mots de _reliure_ et -_demi-reliure_, _bradel_, _cartonnage_, etc., et tout d'abord -définissons les termes que nous aurons à employer dans nos explications, -c'est-à-dire les termes les plus usuels du vocabulaire technique de la -reliure. - -On nomme _plats_ les deux surfaces planes du carton servant de -couverture au livre. Le plat de dessus porte les noms de _plat -supérieur_, _plat recto_ ou _premier plat_; le plat de dessous, ceux de -_plat inférieur_, _plat verso_ ou _deuxième plat_. Chaque plat ayant -deux faces, l'une en dehors du livre, l'autre en dedans, la première de -ces faces est le _plat extérieur_, la seconde le _plat intérieur_. - -Jadis, au lieu d'être en carton, les plats étaient en bois plus ou moins -épais, recouvert de peau ou d'étoffe, avec plaques et clous d'or, -d'argent ou de cuivre, pierres précieuses, etc. Le bois avait -l'inconvénient, non seulement d'accroître de beaucoup le poids du -volume, mais encore de servir de réceptacle aux vers, en sorte que «le -livre portait dans sa couverture même les germes de sa -destruction[252]». - -Le _dos_ est la partie arrondie du livre où se trouve la couture et où -s'inscrivent aujourd'hui le nom de l'auteur et le titre de l'ouvrage, -inscriptions qu'on mettait à l'origine sur le plat supérieur. La reliure -est dite _à dos plein_ quand les cahiers qui composent le livre sont -collés directement ou indirectement sur l'intérieur de ce dos, de -manière à former corps avec lui. Quand le dos des cahiers n'adhère pas à -la peau du dos de la couverture et s'en sépare lorsqu'on ouvre le -volume, en sorte qu'un vide se forme entre ces deux dos, la reliure est -dite _à dos brisé_. Certains bibliographes prétendent que ce dernier -mode de reliure, qui est aujourd'hui le plus fréquent,--on ne relie -guère maintenant à dos plein,--permet au volume de s'ouvrir plus -facilement et de ne pas se refermer de lui-même[253]. «C'est une -erreur», répliquent très nettement et avec raison MM. Sébastien -Lenormand et Maigne, ainsi que le docteur Graesel[254], et l'on fabrique -des reliures à dos plein qui s'ouvrent tout aussi bien--ou tout aussi -mal--que les reliures à dos brisé. C'est: 1º le peu d'épaisseur de la -peau ou garniture du dos; 2º la largeur du format[255]; 3º la minceur du -papier; 4º et enfin la couture faite sur nerfs ou rubans et non à la -grecque (nous verrons dans un moment ce que signifient ces locutions), -qui, seuls, peuvent faciliter l'ouverture d'un livre et lui permettre de -demeurer de lui-même et à toutes pages complètement ouvert. - -On appelle _tranches_ «les trois surfaces du livre par où il a été -rogné[256]». La tranche horizontale supérieure porte le nom de _tête_; -la tranche horizontale inférieure, celui de _queue_; la tranche -verticale (qui affecte toujours la forme concave, tandis que le dos, -auquel elle est opposée, est convexe), celui de _gouttière_. Les -tranches, surtout celle de queue et celle de la gouttière, peuvent -n'être qu'_ébarbées_: on _ébarbe_ un livre en enlevant légèrement, avec -des ciseaux, l'excédent de chaque feuillet, «ce qui dépasse trop». Il -est important, comme nous le constaterons, de laisser aux marges le plus -d'ampleur possible, voire toute leur intégralité. Les tranches, surtout -celle de tête, peuvent être dorées, peintes en une seule couleur, -brunies par le frottement d'une agate, marbrées ou _jaspées_, -c'est-à-dire recouvertes, à l'aide d'une brosse, qu'on passe sur un -grillage ou tamis placé au-dessus et à proximité d'elles, d'une -multitude de menus points de couleur, qui rendent ces tranches tachetées -comme le jaspe. Lorsque la tranche, particulièrement la tranche dorée, -est, ainsi qu'on le pratiquait fréquemment autrefois, ornée de dessins -de fantaisie, feuillages, etc., effectués avec de petits fers qu'on -appuie sur la dorure, on dit que le livre est _antiqué sur tranches_. - -_Endosser_ un livre, c'est donner au dos du livre cette forme arrondie, -convexe, qui entraîne pour la gouttière la forme creuse ou concave. - -Dès que la peau est adaptée et collée sur le dos et les plats, on met le -livre entre des ais ou planchettes de bois, appelées _membrures_, que -l'on maintient fortement serrées au moyen de ficelles ou _fouets_, afin -de l'empêcher de gondoler: cette opération, ce serrage, qui s'effectue -aujourd'hui à la presse, se désigne sous le nom de _fouettage_: -_fouetter_ un volume. - -«Pour protéger le livre, il est nécessaire que le carton déborde la -tranche. Cet excédent constitue les _chasses du livre_. Je vous ferai -observer en passant, écrit Charles Blanc[257], combien sont justes les -expressions du relieur: la tranche de devant s'appelle _gouttière_, -parce qu'elle est, en effet, comme une gouttière, creusée en cannelure. -Les chasses du livre sont bien nommées, parce qu'avant de rogner le -livre, on a dû donner la chasse, c'est-à-dire du jeu, au carton... Vous -remarquerez que le dos forme une petite saillie en se retournant sur -chaque côté du plat: ces saillies sont les _mors_ du livre. Elles sont -nécessaires pour loger les cartons, qui ont été tout exprès coupés -légèrement en biseau du côté de la saillie dont je parle; comme c'est le -long de cette saillie que le carton est attaché à la couverture du dos -par une bande de veau ou de maroquin sur laquelle il se meut, les mors -s'appellent très souvent _charnières_... Enfin, aux deux extrémités du -dos, vous voyez un petit rouleau couvert de fil de couleurs alternées: -cet ornement, qui est la _tranche-file_, répond à un but d'utilité, car -il sert à bien assujettir les cahiers et à donner plus de consistance à -la couverture, lorsque le livre, serré dans les rayons de la -bibliothèque, en sera tiré avec effort.» - -Malgré ces bonnes raisons, nombre de relieurs d'à présent ne -tranchefilent plus leurs livres, si ce n'est pour les reliures de luxe: -les tranchefiles, toutes différentes de ce qu'elles étaient jadis, ne -sont d'ailleurs plus aujourd'hui que de menus et insignifiants -ornements, préparés d'avance, qu'on colle pour la forme en tête et en -queue des livres. On donne particulièrement le nom de _comètes_ à ces -tranchefiles artificielles lorsqu'elles sont en coton, au lieu d'être en -soie. C'est sous la tranchefile de tête que s'adaptent les minces rubans -de soie ou de coton appelés _signets_ et destinés à servir de _marques_ -au livre. Jadis ces rubans, lorsqu'ils étaient nombreux, étaient adaptés -à une tige ou tringlette de métal nommée _pipe_. - -On appelle _coiffe_ le rebord ou repli que forme l'extrémité de la peau -du dos des livres, en tête et en queue. - -Les _gardes_ sont des feuilles de papier placées au commencement et à la -fin des livres pour en garantir, en _garder_ les premiers et les -derniers feuillets. Elles se composent de feuilles de papier blanc, -souvent aussi de feuilles de papier de couleur, désignées, d'après leurs -teintes et leurs dessins, sous les noms de _peigne_, _escargot_, _queue -de paon_, etc. Un de ces feuillets de garde est appliqué et collé sur -chaque plat intérieur du livre. - -Les livres reliés sont cousus avec du fil de lin, sur des ficelles, -appelées _nerfs_ ou _nervures_, qui font, ou plutôt sont supposées faire -saillie sur le dos des volumes. Ces ficelles, en effet, n'émergent plus, -grâce au _grecquage_: opération très usitée, qui consiste à tracer, au -moyen d'une scie à main dite _grecque_, sur le dos des cahiers d'un -livre assemblés et serrés dans un étau, de petites rainures ou encoches -nommées _grecques_, elles aussi, destinées à loger les ficelles autour -desquelles le livre sera cousu. Les saillies, appelées également _nerfs_ -ou _nervures_, qu'on remarque sur le dos des volumes reliés, ces minces -saillies transversales qui semblent correspondre aux ficelles, sont donc -le plus souvent simulées. Les espaces compris entre elles et où l'on -inscrit, où l'on _pousse_ le nom de l'auteur, le titre de l'ouvrage et -le chiffre de tomaison, sont les _entre-nerfs_ ou _compartiments_. - -Hâtons-nous de dire que, depuis quelques années, depuis l'invention des -_machines à coudre les livres_, le mauvais et déplorable procédé du -grecquage, qui permettait aux ouvriers, d'accord avec leurs patrons, de -ne pas coudre chaque cahier dans toute sa longueur, de répartir sur deux -ou trois cahiers, en sautant tantôt le milieu, tantôt les extrémités, la -couture de la longueur ou hauteur totale du livre,--ce qu'on appelle -_coudre à l'échelle_,--n'a plus de raison d'être. Aujourd'hui, avec ces -nouvelles machines, comme nous le verrons plus loin en traitant de la -couture, la besogne se fait à la fois plus rapidement, incomparablement -mieux et à bien meilleur compte. - - * - - * * - -Il y a deux catégories principales de reliures: la _reliure pleine_, la -_demi-reliure_. - -Un livre est en _reliure pleine_ lorsqu'il est tout entier recouvert de -la même peau: veau, truie, basane, chagrin, maroquin, etc. - -La _basane_ est de la peau de mouton simplement tannée. Souple, légère, -poreuse et spongieuse, la basane se ressent facilement de l'influence de -la chaleur ou de l'humidité. Par suite de son bon marché, elle s'emploie -pour les reliures communes et peu coûteuses. - -Le _chagrin_ provient de la chèvre, quelquefois du chameau ou du -cheval[258]. Il offre beaucoup de solidité et de résistance et convient -aux livres de fatigue. On fabrique des chagrins inférieurs avec de la -peau de mouton. - -Le _maroquin_ est de la peau de chèvre tannée avec du sumac, et dont le -grain est très apparent. Le maroquin le plus apprécié est celui du -Levant, précisément parce que le grain de la peau y est plus saillant. -Le véritable maroquin, utilisé pour les reliures de luxe, coûte cher: -environ 180 francs les 12 peaux de 1 mètre à 1 m. 50, tandis que la même -quantité de chagrin se paye 80 francs; aussi s'ingénie-t-on à falsifier -le maroquin de maintes façons, à en fabriquer avec des peaux de veau, de -mouton, etc.[259] - -Le _cuir de Russie_, qu'on emploie aussi pour les belles reliures, est -remarquable par son odeur particulière, due à la _bétuline_, principe -actif de l'écorce de bouleau, dans une décoction de laquelle on a laissé -tremper ce cuir pendant une vingtaine de jours. Grâce à cette odeur, le -cuir de Russie est, assure-t-on, à l'abri de la moisissure et des -attaques des insectes[260]. - -Le _parchemin_ provient de la peau non tannée--simplement macérée dans -de la chaux, puis écharnée, raclée ou _raturée_, et enfin adoucie à la -pierre ponce[261]--de divers animaux: agneaux, moutons, chèvres, veaux. -Dans ce dernier cas, il portait jadis spécialement le nom de -_vélin_[262]. Comme nous l'avons vu en parlant des papiers[263], on -imite le parchemin avec du papier sans colle trempé quelques instants -dans une solution d'acide sulfurique. - -On couvre aussi les livres avec du velours, de la soie, de la toile, -etc. A propos des reliures en toile, nous remarquerons que la toile -noire, dite _toile à tablier_, fréquemment employée, notamment pour -couvrir les livres de certaines bibliothèques publiques (bibliothèques -municipales, régimentaires, etc.), ne produit pas d'ordinaire l'économie -qu'on en attend et donne des résultats peu satisfaisants. Sans fatigue -exagérée et au bout d'un laps de temps parfois très court, cette toile -se fend, particulièrement le long de la charnière des plats: ce défaut -provient de la couleur noire, en général de mauvaise qualité, qui ronge -et brûle la toile. - -Les _reliures d'art_, qui se font toujours en _reliures pleines_, sont -celles où le dos et les plats extérieurs sont revêtus d'ornements, -filets, fleurons, armoiries, etc., appliqués avec des fers à dorer: d'où -le nom de _fers_ donné à ces empreintes. Quand cette impression est -faite sans dorure, avec des fers simplement chauffés, on dit que le -livre est _gaufré_ ou _estampé_. Souvent aussi les plats intérieurs sont -ornés de dessins poussés sur or ou à froid (on devrait plutôt dire: à -chaud[264]) sur le pourtour des gardes: la grande finesse, le genre et -l'aspect de ces dessins leur ont valu le nom de _dentelles_. - -Les _reliures d'art_ et _de luxe_ sont en dehors de notre cadre. Nous -nous bornerons à rappeler que le vrai berceau de la reliure a été -l'Italie, Venise principalement[265]; que, dans la reliure d'art et de -luxe, la France occupe, depuis plusieurs siècles, le premier rang[266]; -et à citer les noms de Jean Grolier[267], des Ève, de Le Gascon, des -Padeloup, des de Rome[268], de Thouvenin, du Seuil, Bauzonnet, -Trautz-Bauzonnet, Capé, Chambolle, Cuzin, Léon Gruel, etc., parmi les -plus illustres relieurs[269]. - -C'est surtout en fait de reliures que l'imagination et le caprice des -bibliophiles se sont donné carrière. - -Il n'est guère d'animal dont la peau n'ait servi à habiller plus ou -moins de volumes, et l'on a vu des reliures en peau de panthère, de -tigre, de crocodile, de serpent, de sole, de morue[270], de phoque, -d'ours blanc, de cheval, de chat, de loup, de renard, de taupe, etc., -etc.[271] - -Qui n'a entendu parler des reliures en peau humaine? Il existe de -nombreux spécimens de ces reliures, et la peau humaine fournit, -paraît-il, un excellent cuir, «un cuir très solide, épais et -grené[272]». Parmi les livres ainsi recouverts avec le derme humain, -nous mentionnerons: - -En Angleterre, un traité d'anatomie, que le docteur Antoine Askew, mort -en 1773, fit revêtir de peau humaine, afin sans doute que l'extérieur de -l'ouvrage fût en rapport avec l'intérieur[273]; et deux volumes dont les -couvertures proviennent de la peau d'une sorcière du Yorkshire, Mary -Ratman, exécutée pour assassinat dans les premières années du XIXe -siècle[274]. - -Un des numéros du _Catalogue de la bibliothèque de M. L. Veydt_, ancien -ministre des finances de Belgique (Bruxelles, Olivier, 1879, Nº 2414), -est ainsi conçu: «_Opuscules philosophiques et littéraires_, par MM. -Suard et Bourlet de Vauxcelles (Paris, Chevet, in-8). Exemplaire relié -en peau humaine, comme l'affirme une note collée contre la garde de ce -livre. Cette note porte les mentions de la provenance, du prix de la -reliure et du nom du relieur.--Vingt francs, Deromme, 1796.--Provenant -de la bibliothèque de M. de Musset. Acheté le 15 septembre 1832.» La -_Chronique médicale_ croit qu'il s'agit ici du père du poète Alfred de -Musset[275]. - -La Bibliothèque royale de Dresde «conserverait» un calendrier mexicain -écrit sur peau humaine[276]. - -En Amérique, un des plus riches négociants de Cincinnati, M. William -G..., possède deux livres reliés en peau de femme: l'un est le _Voyage -sentimental_ de Sterne, habillé d'une peau de négresse; l'autre, de -Sterne également, _Tristram Shandy_, est revêtu du derme d'une jeune -Chinoise[277]. - -En France: «Il existait autrefois à la Bibliothèque impériale (fonds -Sorbonne, nº 1297) une Bible du XIIIe siècle, que l'abbé Rive affirmait -être entièrement (reliée) en peau de femme.» Un ancien bibliothécaire de -la Sorbonne, le digne Gayet de Sansale, «a contesté le fait, mais il -l'admettait pour deux autres ouvrages: une Bible du XIIIe siècle -également (fonds Sorbonne, 1357), et un texte des _Décrétales_ (fonds -Sorbonne, 1625)[278]». - -L'éditeur Isidore Liseux disait avoir vu un exemplaire de _Justine_, du -marquis de Sade, relié en peau de femme[279]. - -Un catalogue de livres d'occasion, distribué il y a quelques années, -porte cette indication: «Reliure en peau humaine.--Sue (Eugène), _les -Mystères de Paris_. Paris, 1854, 2 tomes rel. en 1 vol. pet. in-4, -_pleine peau humaine_, larges dent. sur les plats, dent. intérieure: 200 -francs. Fort belle reliure exécutée avec un morceau de peau humaine. Une -plaque à l'intérieur, sur la garde de la reliure, ainsi conçue: «Cette -reliure provient de la peau d'une femme et a été travaillée par M. -Albéric Boutoille, 1874, qui atteste que cette reliure est bien en peau -humaine[280].» - -La _Revue encyclopédique_, à qui j'emprunte la plupart de ces détails, -raconte encore le curieux fait suivant: - -«M. Camille Flammarion ayant reçu d'une comtesse, dont, par un beau soir -étoilé, il avait admiré les épaules, et qui mourut peu après, l'étrange -présent de la peau de ces mêmes admirables épaules, chargea un tanneur -de la travailler avec soin. Elle était «d'un grain superbe, -inaltérable»: l'astronome en fit relier un exemplaire de _Terre et -Ciel_. Les tranches du livre sont de couleur rouge, parsemées d'étoiles -d'or, et sur les plats sont gravés en lettres d'or ces mots: _Souvenir -d'une morte_[281].» - -Mais la plus étrange reliure qui ait jamais été faite dans ce genre -macabre, c'est sûrement celle qu'imagina en 1813 un avocat de -Valenciennes: faire relier une œuvre d'un écrivain avec la propre peau -de cet écrivain, certes, la chose n'est point banale, et c'est ce que -ledit avocat, nommé Edmond Leroy, put réaliser. Ayant assisté à -l'embaumement de Delille, le célèbre traducteur des _Géorgiques_, il -obtint du praticien chargé de l'opération «deux fragments de l'épiderme» -du poète, et ces deux fragments lui servirent à faire relier un -exemplaire des _Géorgiques_, traduction de Delille, qui se trouve -actuellement, paraît-il, à la bibliothèque municipale de -Valenciennes[282]. - - * - - * * - -D'autres bibliophiles, nullement funèbres comme les précédents, tout à -fait, au contraire, plaisants et facétieux, cherchent à mettre -l'enveloppe du livre en harmonie avec son contenu, et jouent sur le -titre de l'ouvrage. Tel, par exemple, cet amateur d'outre-Manche qui -avait fait relier en peau de cerf un _Traité sur la chasse_; et cet -autre qui, parce que le mot anglais _fox_ signifie renard, s'avisa de -faire couvrir de peau de renard l'_Histoire de Jacques II_ par Fox[283]; -et cet autre, encore, qui crut devoir faire revêtir de maroquin noir une -_Histoire de la Forêt Noire_[284]. Un relieur anglais--ce sont -décidément les fils d'Albion qui paraissent tenir le plus à ces -singularités--a exhibé naguère une _Histoire de Napoléon_ à reliure -tricolore, c'est-à-dire dont les plats étaient, comme le drapeau -français, également divisés en trois couleurs: bleu, blanc, rouge[285]. - -Et cet exemplaire des _Châtiments_ de Victor Hugo, de la bibliothèque de -Philippe Burty, «où s'étale une immense abeille d'or enlevée au trône -impérial des Tuileries[286]»? Et cette _Histoire de la Révolution_ de -Thiers, dont la couverture imite «un manteau princier bleu brodé d'or», -et dont le plat supérieur porte, encastrées en son milieu, «les lunettes -authentiques de l'auteur, privées de leurs verres, et escortées de -quatre boutons de sa redingote préférée»? «L'effet en est insensé», -ajoute M. Blanchon[287]. Nous le croyons sans peine. - -Que dire encore des _reliures à musique_? Car «il y a des reliures à -musique, de même qu'il y a des tableaux-pendules! Vous ouvrez un album -dont la couverture contient dans un épais biseau une boîte à musique: à -l'instant même, le cylindre s'échappe, les lames du peigne métallique -reçoivent le frottement voulu, et vous entendez une valse ou une -cavatine dont les sons paraissent sortir de la muraille. Aux quatre -angles du plat extérieur se trouvent des clous qui semblent placés là -pour protéger la couverture par leur saillie, et qui en réalité -dissimulent l'entrée des clefs par où se remonte l'appareil quand le -cylindre est à bout de course[288].» - - * - - * * - -Certains amateurs adoptent une seule couleur pour tous leurs livres sans -distinction: c'est ainsi que les filles de Louis XV avaient fait choix, -pour leurs reliures: Mme Adélaïde, du maroquin rouge; Mme Sophie, du -maroquin citron; et Mme Victoire, du maroquin vert ou olive[289]. - -Ce système de reliure uniforme «est un bon et beau système, remarque -Jules Richard[290]; mais, s'ils sont logiques (les amateurs), ils -doivent faire casser les volumes anciens qu'ils achètent reliés, afin de -les réhabiller (_sic_) après à leur mode particulière. Quant à moi, si -j'admire ces enfilades majestueuses de livres semblables, je suis loin -de dédaigner la bibliothèque variée de couleurs, d'époques et de modes. -C'est plus gai;--d'ailleurs j'aime beaucoup le livre vêtu selon le goût -de son temps, même quand ce goût est devenu quelque peu ridicule. Je ne -dis pas cela, bien entendu, pour les fleurons et les compartiments du -XVIe siècle, ni pour les petits fers du XVIIe, ni pour les exquises -dentelles du XVIIIe. Mais le triangle révolutionnaire ne me déplaira pas -plus sur le dos d'un Marat que la lyre timbrée sur le dos de Lamartine. -Rien ne m'égaie comme les trèfles prétendus gothiques des troubadours de -1820. Je suis enfin de ceux qui trouvent bon air au _Mémorial de -Sainte-Hélène_ illustré par Charlet, aux histoires de Napoléon -illustrées par Raffet et H. Vernet, dans ces reliures de 1840, à dos -plats et à emblèmes bonapartistes dorés largement.» - -D'autres amateurs veulent une couleur différente pour chaque genre. A ce -propos, voici les sagaces considérations émises par Ambroise-Firmin -Didot dans son rapport sur la reliure: - -«Comme principe général, le choix des couleurs plus ou moins sombres, -plus ou moins claires (pour les reliures), devrait toujours être -approprié à la nature des sujets traités dans les livres. Pourquoi ne -réserverait-on pas le rouge pour la guerre et le bleu pour la marine, -ainsi que le faisait l'antiquité pour les poèmes d'Homère, dont les -rapsodes vêtus en pourpre chantaient l'_Iliade_, et ceux vêtus en bleu -chantaient l'_Odyssée_? Je me rappelle avoir vu dans la belle -bibliothèque de mon père un magnifique exemplaire de l'Homère de Barnès, -dont le volume de l'_Iliade_ était relié en maroquin rouge, tandis que -l'_Odyssée_ l'était en maroquin bleu. On pourrait aussi consacrer le -violet aux œuvres des grands dignitaires de l'Église, le noir à celles -des philosophes, le rose aux poésies légères, etc., etc. Ce système -offrirait, dans une vaste bibliothèque, l'avantage d'aider les -recherches en frappant les yeux tout d'abord. On pourrait aussi désirer -que certains ornements indiquassent sur le dos si tel ouvrage sur -l'Égypte, par exemple, concerne l'époque pharaonique, arabe, française -ou turque; qu'il en fût de même pour la Grèce antique, la Grèce -byzantine ou la Grèce moderne, la Rome des Césars ou celle des -papes[291].» - -On ne lira pas non plus sans profit les très judicieuses réflexions -suivantes de Charles Blanc, extraites de sa _Grammaire des arts -décoratifs_[292]: - -«Plus le livre est sérieux, plus il est séant de lui faire un vêtement -simple en sa dignité. Les coquetteries de la dorure, les entrelacs, les -mosaïques, les tranches gaufrées ou ciselées ne conviennent pas, ce me -semble, à un Montaigne, à un Pascal, à un Bossuet. Les philosophes, les -moralistes, les docteurs en théologie ou en droit seraient surpris de -voir leurs œuvres habillées de tons voyants, enjolivées de dentelles, -ornées de fleurs à la Grolier... Quelle étrange anomalie que de -prodiguer les parures mondaines sur la couverture d'une _Imitation de -Jésus-Christ_, comme pour faire jurer la somptuosité extérieure du livre -avec l'humilité chrétienne du moine qui l'écrivit, et avec la simplicité -évangélique de ses pensées!» - -Il est bon de se méfier, pour les reliures, des couleurs claires: -vert-pomme, mauve, bleu tendre, etc., que la lumière altère très -rapidement[293]. - -Ne pas oublier non plus qu'il en est des gros volumes comme des grosses -femmes: les couleurs claires ne les _avantagent_ pas: un dictionnaire de -Larousse ou de Littré habillé de jaune-paille ou de rose-chair aurait un -aspect étrange et grotesque; tandis que ces couleurs siéent à merveille -aux sylphides et aux plaquettes. - -Parmi les reliures d'art, on remarque les reliures dites, par allusion -aux solitaires de Port-Royal, _jansénistes_ ou _à la janséniste_: elles -ont pour caractères distinctifs la sobriété et la sévérité, et sont -faites d'un maroquin mat, «rappelant les teintes sombres de la bure», -encadré tout au plus par «un simple filet, mat» également[294];--les -reliures _à la fanfare_, composées de rinceaux de feuillages et de -compartiments dorés: ce nom de «fanfare» leur vient d'un livre imprimé à -Chambéry en 1613 et intitulé _les Fanfares et Courvées..._, que le -relieur Thouvenin, contemporain de la Restauration, habilla, «dans le -goût des Ève», d'un maroquin ainsi richement orné[295];--les reliures _à -l'oiseau_, «où Derome imprimait sur le dos, entre les nervures, son joli -fer de _l'oiseau_ aux ailes déployées[296]»;--_à l'S barré_[297];--etc. - -Encore un sage conseil, et nous quitterons la reliure d'art, les -reliures _pleines_, pour passer aux _demi-reliures_ et aux -_cartonnages_: - -«La reliure est un écrin; que l'écrin soit digne du joyau, mais qu'il -reste un écrin protecteur et dont le prix ne fasse point oublier l'objet -qu'il renferme; n'enchâssez pas une perle dans une monture de plomb, -mais n'allez pas, de grâce, confier un caillou à l'or et au burin du -ciseleur[298].» - - * - - * * - -Un livre est en _demi-reliure_ lorsque le dos seul est revêtu de peau, -et que les plats sont garnis de papier ou de toile. Lorsque les coins -sont aussi garnis de peau, que la tête est dorée et les autres tranches -ébarbées, cette demi-reliure prend le nom de _demi-reliure amateur_. - -Les cartonnages et les emboîtages sont des reliures légères, à dos de -toile, de carton ou de papier. Malgré leur ressemblance apparente, il y -a[299] entre ces deux procédés d'habillage des livres une différence -essentielle: dans les cartonnages, la couverture est fixée au volume -selon la méthode ordinaire, c'est-à-dire par les ficelles qui ont servi -à le coudre et qui, après avoir traversé le carton des plats de dehors -en dedans, viennent s'appliquer sur les plats intérieurs, et y sont -collées _épointées_, en d'autres termes, les pointes ou extrémités -effilochées et étalées pour offrir plus de surface, mieux s'imbiber de -colle, et mieux adhérer par suite au carton sous la feuille de -garde;--dans les emboîtages, les ficelles ne traversent pas les plats et -viennent simplement s'appliquer sur eux à l'intérieur, épointées comme -précédemment, puis collées et dissimulées, comme tout à l'heure aussi, -sous une feuille de garde blanche ou de couleur. - -Le cartonnage dit _bradel_ ou _à la Bradel_ (nom d'un relieur français -vivant au commencement du XIXe siècle, qui mit à la mode ce procédé de -reliure) est une véritable demi-reliure à dos brisé, où la peau est -remplacée par la toile ou le papier[300]. Deux des tranches, gouttière -et queue, sont souvent intactes ou légèrement ébarbées, et la tête est -jaspée. Économique, commode et excellent pour une bibliothèque -particulière, ainsi que nous l'avons dit plus haut, mais trop peu -résistant pour une bibliothèque publique, «le cartonnage _à la Bradel_ -est très élégant et présente, en outre, cet avantage, que l'on peut, -comme dans l'emboîtage, ouvrir complètement le volume, et à plat, ce qui -ne peut se faire avec les livres reliés[301]». - -Déjà en 1820 l'auteur du poème _la Reliure_ proclamait les avantages des -«cartonnages bien faits[302]», des _bons bradels_; et, à peu près vers -le même temps, le déluré chansonnier Debraux, qui s'y entendait, disait -que, tout comme Malherbe, - - ... Bradel vint, et chaque livre en France - Eut des habits moins pesants et meilleurs: - Bradel unit la force à l'élégance[303]... - -Le cartonnage bradel est fréquemment employé comme moyen de conservation -temporaire et vêtement provisoire des livres: aussi l'ingénieux -bibliophile Octave Uzanne l'a-t-il très justement baptisé de ce nom, qui -a fait fortune, «la robe de chambre du livre[304]». - -On peut rattacher au cartonnage bradel la reliure dite _anglaise_. Elle -se compose d'un cartonnage plus souple encore que le bradel, et dont les -plats et le dos sont recouverts d'une peau fine ou de toile, et les -trois tranches d'ordinaire en couleur. - - * - - * * - -La partie capitale, essentielle, de la reliure, est la couture; aussi -allons-nous étudier de plus près cette importante opération. - -Dans un livre broché, le fil passe simplement, dans chaque cahier et -d'un cahier à un autre, par deux trous plus ou moins distants, et, une -fois tous les cahiers ainsi réunis, on adapte, au moyen d'une couche de -colle, une couverture de papier au dos de ces cahiers, c'est-à-dire au -dos du livre. - -Dans la reliure, on commence par battre au marteau ou laminer entre deux -cylindres les cahiers, afin d'en rendre les pages parfaitement planes; -cette opération a aussi pour résultat de donner plus de souplesse au -papier et d'amincir le volume[305]. La couture s'effectue devant un -petit appareil spécial appelé _cousoir_, ressemblant quelque peu à un -métier à tapisserie, et les fils ne sont plus seulement passés dans les -cahiers, mais aussi--et c'est là ce qui différencie essentiellement la -couture de la reliure de celle de la brochure--autour de ficelles ou -_nerfs_, en nombre variable, ordinairement de trois à cinq, sur -lesquelles viennent s'appuyer ou s'embrocher dans des entailles, comme -nous l'avons expliqué en parlant du _grecquage_[306], les dos des -cahiers. - -Il va de soi que ces entailles ou _grecques_, faites à la scie, doivent -être aussi peu profondes que possible: on ne doit grecquer que très peu, -dans l'intérêt même du livre, pour que ses marges de fond ne soient pas -endommagées, ne soient pas trop réduites, que ce qu'on pourrait appeler -la _charnière_[307] du volume conserve son maximum d'amplitude. C'est -l'instante recommandation de tous les bibliographes, et nombre d'entre -eux ajoutent qu'on devrait ne pas grecquer du tout[308] et en revenir à -l'ancien mode de couture, à la couture dite _sur nerfs_, la couture où -les ficelles ou nerfs font saillie sur le dos des cahiers, et, par -suite, saillie réelle et non simulée sur le dos du livre; où l'on ne -triche pas, où chaque cahier est cousu non partiellement mais tout du -long, et où le fil chaque fois entoure entièrement la ficelle: cette -dernière façon de coudre s'appelle _à point arrière_, par opposition à -la couture _à point devant_ où le fil ne fait que s'appuyer contre la -ficelle, l'entourer seulement sur la moitié de sa circonférence[309]. La -grosseur du fil,--qui est, comme nous l'avons dit[310], du fil de -lin,--augmente, bien entendu, avec le format et même souvent avec -l'épaisseur du livre. - -Ce qui a fait jusqu'à ces dernières années, jusqu'à l'invention des -machines à coudre les livres, la vogue du grecquage, c'est l'économie de -temps et d'argent qui en résultait. «Effectivement, écrivent MM. S. -Lenormand et Maigne[311], les trous pour passer l'aiguille sont tout -faits, et si une ouvrière peut coudre [dans sa journée] 300 cahiers non -grecqués en les alignant et en les cousant tout du long, elle peut en -coudre 1500 en cousant deux ou trois cahiers, et en sautant un nerf à -chaque passe, comme le font la plupart des femmes, malgré les -recommandations qu'on leur adresse à cet égard[312]. La grecqure, ainsi -manœuvrée, diminue donc la main-d'œuvre des quatre cinquièmes; elle -dispense l'ouvrière d'une infinité de soins, et dissimule les défauts de -l'endossure.» - -Aujourd'hui, fort heureusement, la machine à coudre les livres, dont il -existe déjà plusieurs systèmes, a mis fin à ces défectuosités de travail -et à ces fraudes. La description de ces divers systèmes, forcément tous -très compliqués, que ce soit le système de l'Allemand Brehmer ou de -l'Américain Smyth, ou celui qui porte la marque suisse Martini[313], -excéderait les dimensions de notre ouvrage. Bornons-nous aux résultats. -On calcule qu'une machine,--la machine Brehmer, par exemple, qui est, je -crois, la plus employée,--coud 1500 cahiers à l'heure et fait à elle -seule la besogne de huit ouvrières[314], et non seulement cette besogne -se fait huit fois plus vite, mais le travail est incomparablement -supérieur à celui d'autrefois. Chaque cahier est percé exactement dans -le pli, cousu ensuite d'un bout à l'autre, et cousu _de l'intérieur à -l'extérieur_, ce qui régularise la tension de la couture et facilite -l'encollage du dos. Autre avantage inappréciable: chaque aiguille (on en -emploie trois pour les volumes in-18, quatre pour les grands in-8, etc.) -est indépendante; en sorte que si, la reliure terminée, un fil vient à -se rompre, les autres n'en pâtissent pas et restent intacts, le livre ne -se découd pas. Aujourd'hui, en un mot, il est plus économique de faire -de la bonne couture que de la mauvaise, que du grecquage; seulement, il -faut s'adresser aux maisons bien outillées, pourvues desdites machines, -et non aux petits relieurs routiniers ou qui végètent. - -Pour la couture des volumes de grands formats et de papier fort, comme -les albums de musique, qu'on veut pouvoir ouvrir aisément et laisser -ouverts à plat, on remplace les ficelles par des rubans de soie ou des -lacets, ou encore par des bandes de parchemin. - -Quant à la _couture métallique_, système qui nous vient d'Allemagne, et -où les cahiers sont assemblés un à un au moyen de fils de métal (fils de -fer étamés, zingués ou nickelés), puis réunis tous ensemble par le dos, -qu'une couche de colle adapte ensuite à la couverture, c'est, on le -devine sans qu'il soit besoin d'insister, un procédé «désastreux pour le -livre[315]». Ce mode de couture ne devrait servir que pour le brochage -des plaquettes très minces et sans valeur, catalogues, prospectus, etc. - -Depuis longtemps, sinon dès les débuts mêmes de la reliure, on a essayé -d'éluder la couture, cette opération essentielle et fondamentale de -l'habillement du livre, mais peu apparente, presque cachée, facile par -suite à adultérer et à truquer, toute l'importance, tous les soins étant -donnés à ce qui se voit le plus, à la couverture, à l'ornement du dos et -des plats. - -Un relieur du XVIIIe siècle, Delorme, «à l'imitation de quelques mauvais -ouvriers anglais, rapporte Lesné[316], rognait les livres par le dos, -les passait en colle forte, et s'abstenait par là de les coudre. Son but -était, je crois, de rendre le livre égal d'épaisseur sur tous les -points...» Mais, si louable que fût cette intention, un tel procédé ne -pouvait être que déplorable pour les volumes ainsi traités: voulait-on -les relier à nouveau, il fallait commencer par rogner la marge du fond, -qu'on avait enduite de colle; à la longue, les plus larges marges -auraient fini par y passer, et c'était la destruction du livre. - -D'autres relieurs, nos contemporains, ceux-là, ont trouvé mieux: ils ne -se donnent même pas la peine de rogner le dos, de toucher à la tête ni à -la tranche des cahiers; ils se contentent de les grecquer, de passer des -ficelles dans les entailles du grecquage,--des ficelles autour -desquelles ne s'appuie ni ne s'enroule aucun fil de couture, mais qui -servent à faire croire que le livre est cousu;--ils imprègnent de colle -forte ces ficelles et les dos qu'elles traversent, y appliquent une -couverture, une mirifique couverture, toute éblouissante d'or et de -gaufrures,--et le tour est joué. _Cela tient_, et, comme beaucoup de -gens n'ont des livres que pour la montre, les laissent dormir sur leurs -rayons sans les feuilleter jamais et encore moins les couper, il y a -chance pour que la fraude ne soit de sitôt découverte. Mais qu'il prenne -fantaisie à l'un de ces singuliers amateurs d'introduire le coupe-papier -dans un des volumes _reliés_ par cet expéditif procédé, on voit d'ici ce -qui se produit: _cela ne tient plus_; toutes les feuilles se détachent -et tombent; il ne reste d'adhérent au dos que les premières et dernières -pages de chaque cahier, celles qu'on a frottées de colle. - -Il est cependant quelques cas où ce mode de reliure sans couture, dit -_reliure arraphique_ (du grec ἄῤῥαφος, non cousu), peut s'employer et -s'emploie sans inconvénient. C'est pour les journaux et les publications -de grand format, à bon marché, tirées sur une seule feuille en in-plano -ou en in-folio. On assemble ces feuilles, on grecque les dos et l'on y -glisse des ficelles; on enduit dos et ficelles de colle forte, ou mieux -d'une colle spéciale formée par une «dissolution de gomme élastique ou -caoutchouc[317]», et l'on applique la couverture. Mais, pour peu que ces -feuilles aient une valeur artistique, si ce sont, par exemple, des -cartes de géographie qu'on veuille réunir en atlas, il est indispensable -de les _monter sur onglets_, c'est-à-dire de coller leur dos contre une -bande de papier ou même de l'insérer dans une sorte de mince et longue -charnière de toile adaptée au dos de la couverture. C'est cette bande ou -charnière de papier ou de toile qui porte le nom d'_onglet_. - -La colle forte a l'avantage de sécher très rapidement; mais elle a -l'inconvénient de laisser des traces qui ne s'en vont pas aisément et de -détériorer les volumes. C'est pour cela que les brocheurs ne devraient -jamais employer de colle forte pour faire adhérer au dos des livres le -papier de la couverture: ils devraient se contenter de colle d'amidon ou -de colle de pâte. Celle-ci peut être facilement rendue imputrescible et -antiseptique (avec de l'alun, du phénol, etc.), et ne mérite plus les -anathèmes dont le brave Lesné l'a jadis accablée[318]. Les bonnes -maisons de reliure n'emploient plus d'ailleurs aujourd'hui, pour -l'endossure des livres, que de la colle ainsi préparée, dite _colle -hygiénique_. - -Quant à la _colle à bouche_, dont les gens de bureau notamment se -servent volontiers pour de minuscules collages, elle tache le papier qui -boit, elle y laisse des empreintes jaunâtres et huileuses: on la -remplace aujourd'hui avec avantage par de la colle d'amidon -imputrescible et aromatisée, renfermée dans de petits flacons munis d'un -pinceau. - - * - - * * - -Il est indispensable d'attendre qu'un volume soit bien sec pour le -donner au relieur, autrement l'encre, lorsque le volume est livré au -battage ou passé au laminoir, se reporterait d'une page sur l'autre. On -remarque que, «pour les papiers de Chine, le sec s'opère instantanément; -pour les papiers ordinaires, en quelques mois; pour les vergés de -Hollande ou autres, il faut souvent quatre ans et parfois davantage,» -dit, mais non sans exagération sur ce dernier point, Jules Richard, dans -son _Art de former une bibliothèque_[319]. Actuellement, du reste, -certaines grandes maisons d'édition (Hachette, Marne, etc.) possèdent -des étuves où l'on fait rapidement sécher les feuilles. - -Si, pour une cause quelconque, vous êtes obligé de faire relier un livre -tout récemment paru, exigez de votre relieur, s'il n'a pas une de ces -étuves à sa disposition, qu'il interfolie le volume de papier pelure ou -serpente: ce mince papier, qu'il vous sera loisible d'enlever plus tard, -préservera le texte de tout maculage. - -Évitez de donner vos livres à relier durant certaines époques de -l'année, aux époques où les relieurs sont d'ordinaire encombrés de -travail. Le mois de janvier est généralement un mois peu propice pour -préparer un _train_:--on nomme ainsi la quantité de volumes, vingt, -cinquante, cent, etc., destinés à la reliure et envoyés en une fois chez -le relieur. La plupart des revues et autres périodiques terminent leur -année en décembre, et naturellement les abonnés s'empressent, dès que le -volume est complet, de l'expédier au relieur. Les mois de juin et de -juillet peuvent n'être pas très favorables non plus, à cause des -distributions de prix et des cartonnages qu'elles nécessitent, etc. - -Pour travailler proprement et convenablement, un relieur ne doit pas -être talonné ni bousculé; il lui faut du temps, un laps de temps -raisonnable, pour mener à bien son œuvre[320]. - -S'il vous est loisible de faire relier ensemble deux tomes d'un même -ouvrage, surtout si ces tomes sont de peu d'épaisseur[321], ne réunissez -jamais sous la même couverture deux ouvrages différents; c'est une -économie mesquine et mal placée, et les _recueils factices_,--ainsi -nomme-t-on les volumes formés de pièces ou opuscules de mêmes -dimensions, mais sans lien typographique, c'est-à-dire ne faisant pas -partie d'une même publication,--sont aussi incommodes pour le classement -et les recherches que contraires au bon sens et à la logique. - -S'il s'agit de brochures trop minces pour être reliées séparément, -renfermez-les dans des boîtes ou cartons: on en fabrique de très -pratiques et de très ingénieuses, de ces boîtes; elles ont l'aspect d'un -véritable livre relié, et l'inscription du dos peut être collective et -désigner le sujet traité par toutes les brochures encloses dans cette -gaine: BIBLIOGRAPHIE, ESTHÉTIQUE, IMPRIMERIE, NUMISMATIQUE, etc. - -Nombre de relieurs ont tendance à trop rogner les livres; et il -paraîtrait que certains prétendus amateurs ne les retiennent pas sur -cette pente fâcheuse, les y encouragent. Un relieur, dont je suis loin -de garantir la parole, et que je soupçonne fort, au contraire, d'être -doué de plus d'imagination que de sincérité, a raconté un jour à -l'auteur de _l'Art d'aimer les livres_, M. Jules Le Petit, l'anecdote -suivante. Ce relieur «ayant été autrefois appelé par M. Thiers pour -prendre un certain nombre de volumes de divers formats, le grand -historien le conduisit devant un rayon de sa bibliothèque, dont il lui -fit mesurer l'écartement, en lui disant: «Arrangez-vous pour que tous -les volumes soient rognés de façon à entrer dans ce rayon.--Mais, -monsieur, les in-12 seuls pourront entrer ici, et pour les in-8 ce sera -impossible.--Comment, impossible! s'écria l'homme d'État, je les ai -mesurés, et, en les réduisant à la taille des in-12, cela ira fort bien; -il suffit qu'on puisse lire le texte; les marges ne signifient -rien[322].» - -Qu'il soit apocryphe, comme je le crois, ou authentique, comme c'est -très peu probable, ne suivez pas cet exemple. Ménagez toujours et -recommandez toujours à votre relieur de ménager le plus possible les -marges de vos livres: - - Dans tout livre la marge est ce qui plaît aux yeux... - Un livre trop rogné jamais ne se répare[323]... - -Les belles et grandes marges donnent au livre une notable et très -légitime plus-value: elles permettent de le faire relier au besoin un -plus grand nombre de fois, elles prolongent sa durée, en même temps -qu'elles ajoutent à sa beauté artistique. - -C'est non seulement par maladresse ou ignorance, mais souvent aussi par -cupidité et ladrerie que certains relieurs rognent les livres tant -qu'ils peuvent. Leur confrère Lesné, qui les connaissait bien, nous -dévoile en ces termes leur trafic: - -«Il y en a même (des relieurs) qui rognent beaucoup par un motif -d'intérêt; c'est qu'en rendant un livre le plus petit possible, il y -entre moins de carton, de peau pour le couvrir, moins d'or pour le -dorer, et que d'ailleurs les rognures se vendant au cartonnier en -échange de carton neuf, en en faisant beaucoup, elles diminuent d'autant -le prix de celui qu'on emploie[324].» - -Et le même codificateur et barde de la Reliure ajoute ce très sage -précepte, que tous nos praticiens modernes feraient bien de méditer et -d'observer: - -«Un relieur, en rognant un livre, ne doit jamais dire: «C'est un -bouquin»; il doit toujours le traiter comme s'il était précieux; car tel -livre qui ne l'est pas pour un amateur, l'est pour un autre; et -d'ailleurs, en les considérant tous comme s'ils étaient précieux, on ne -risque pas de se tromper[325].» - -Le mieux d'ailleurs pour vous, pour vos in-18 cartonnés à la Bradel, -c'est de faire seulement rogner et jasper la tête de ces livres, et en -ébarber la tranche gouttière et la queue[326]. La tête a besoin d'être -rognée, égalisée, afin que la poussière pénètre moins dans le livre; -c'est pour le même motif qu'on la dore ou la colore, qu'on la brunit à -l'agate ou qu'on la jaspe. - -Quant aux volumes de référence, dictionnaires, etc., destinés à être -fréquemment consultés, et que vous avez revêtus d'une demi-reliure, il -est bon d'en faire rogner légèrement non seulement la tête, mais les -deux autres tranches, afin de pouvoir feuilleter plus aisément ces -ouvrages. Souvent même, pour certains de ces volumes d'usage constant et -de fatigue, on arrondit les angles des pages, ce qui empêche tant soit -peu celles-ci de se replier et de se corner, et rend aussi le -feuilletage plus facile. - -Bien que nous n'ayons pas à nous occuper des publications de luxe, -disons, en passant, un mot des _fausses marges_. Doit-on les conserver? -Doit-on les supprimer à la reliure? On sait ce qu'on entend par fausses -marges. Les livres tirés sur papier de choix, japon, hollande, chine, -etc., offrent tous cette particularité, due aux nécessités du tirage, -que les marges extérieures d'un certain nombre de feuillets dépassent, -et souvent de trois ou quatre centimètres, les marges correspondantes -des autres feuillets. Quelques amateurs, comme A. de la Fizelière, -refusent de faire tomber à la reliure ces excédents de marge. «Une -gravure rognée à la marge est déshonorée, il en est de même pour les -livres, écrit ce bibliophile[327]. Je veux la marge entière dans un -exemplaire _exceptionnel_, qui ne me déplaît pas en restant broché. -C'est le spécimen du format que donne tel ou tel papier employé pour le -tirage.» - -Ces fausses marges, qu'on a qualifiées de «monstrueuses -inégalités[328]», sont de véritables nids à poussière, et il nous -semble, comme à l'auteur du _Livre du bibliophile_[329], qu'on a grande -raison de les rogner: «elles proviennent, non d'une intention -artistique, mais d'une nécessité matérielle; ces différences dans la -dimension des papiers, loin d'être un ornement, donnent au livre un -aspect irrégulier qui ne saurait être agréable». - -Religieusement conservées, ces fausses marges produiraient, en effet, -d'étranges reliures, des reliures de formats carrés, inusités, tout à -fait baroques et disparates. Il vaut donc mieux supprimer ces excédents -de marge lorsqu'on fait relier le livre,--ou bien le garder broché, -comme semble le conseiller A. de la Fizelière. Il est bon néanmoins, et -c'est l'avis de tous les bibliophiles, de laisser, au commencement ou à -la fin des livres, quelques feuillets préservés de la rognure[330], -qu'on replie régulièrement selon les dimensions de la tranche et qu'on -rentre à l'intérieur du volume, comme des _témoins_--c'est le nom qu'on -leur donne--des dimensions primitives et authentiques du papier[331]. - -Faites toujours relier vos livres avec la couverture de la brochure, de -façon que chaque volume, sous ses plats de papier, de toile ou de -maroquin, conserve toute son intégrité. Ces couvertures sont d'ailleurs -parfois très coquettement illustrées; la plupart contiennent au verso -des annonces et indications qui peuvent servir: ne vous privez pas de -ces documents, ne supprimez rien de vos livres, laissez-les toujours -intacts et entiers. - -Il est des relieurs qui s'étonnent de cette «mode» de faire ainsi relier -chaque volume avec sa couverture, et qui en plaisantent avec des -haussements d'épaules. «Cela ne se faisait pas autrefois, maugréent-ils; -mais aujourd'hui les amateurs ont de telles exigences! Ils manifestent -de si inconcevables lubies! Jusqu'où iront-ils?» Etc., etc. Il y avait -une excellente raison pour que «cela ne se fît pas autrefois»: c'est -qu'autrefois les livres brochés n'avaient pas de couvertures imprimées, -et partant dignes d'être conservées. La couverture imprimée et illustrée -ne date guère que du commencement du XIXe siècle, et c'est surtout à -partir de 1820 qu'elle se propage et se diversifie, qu'elle prend de -l'originalité, acquiert de la valeur et de l'intérêt[332]. - - * - - * * - -Ne vous en rapportez pas à votre relieur pour les titres à inscrire au -dos de vos volumes, ce qu'on appelle les _titres à pousser_. Sans -commettre ces gigantesques bourdes complaisamment relevées par les -bibliographes:--BRAN, tome I; BRAN, tome II (pour: BRANTÔME, I; -BRANTÔME, II);--MRS. BEECHER STOWE, _Uncle_, tome I; _Uncle_, tome II -(pour: _Uncle Tom_, I; _Uncle Tom_, II);--ROUSSEL, _Système ph. et -moral_ (fémoral) _de la femme_ (pour: _philosophique et -moral_);--DAFFRY, _De la monnoie et de l'expropriation_ (pour: DAFFRY DE -LA MONNOIE, _De l'expropriation_);--BELLOT, _Des minières et du régime -dotal_ (pour: BELLOT DES MINIÈRES, _Du régime dotal_); etc.,--il est des -relieurs qui pourront fort bien étiqueter ainsi les œuvres de Rabelais, -de Corneille ou de Racine: DE RABELAIS, _Œuvres_;--DE CORNEILLE, -_Œuvres_;--DE RACINE, _Œuvres_ (au lieu de: _Œuvres de Rabelais_, ou -RABELAIS, _Œuvres_;--_Œuvres de Corneille_, ou CORNEILLE, -_Œuvres_;--_Œuvres de Racine_, ou RACINE, _Œuvres_). - -D'autres ont une tendance, très compréhensible d'ailleurs, à toujours -abréger leurs inscriptions, à supprimer notamment les prénoms qui -devraient être et qui sont indissolublement joints aux noms; ils -écriront volontiers: MARTIN, _Histoire de France_ (pour: HENRI MARTIN); -HUGO, _les Misérables_ (pour: VICTOR HUGO)[333]; GAUTIER, _le Capitaine -Fracasse_ (pour: THÉOPHILE GAUTIER); CHÉNIER, _Poésies_ (pour: ANDRÉ -CHÉNIER); SCOTT, _Ivanhoë_ (pour: WALTER SCOTT); etc. - -Écrivez donc vous-même, sur une fiche annexée à chaque volume, le _titre -à pousser_, de telle sorte que votre relieur n'ait qu'à se conformer à -vos indications. - -Cette inscription doit-elle être faite par lui directement sur la peau -ou la toile du dos du volume, ou bien indirectement, sur une étiquette -en peau, une _pièce_[334], collée ensuite sur le dos de ce livre? La -pièce étant de couleur différente et toujours plus foncée que celle du -livre[335], peut sembler lui donner un aspect plus élégant, plus coquet; -en revanche, elle a l'inconvénient de ne pas toujours bien adhérer au -dos du volume, de se décoller, surtout aux angles. Le mieux, selon -l'avis de personnes compétentes, est de pousser directement le titre sur -le dos, et d'imiter l'étiquette en teignant en noir, au moyen d'encre -ordinaire non communicative, le rectangle sur lequel se détachent les -lettres d'or de ce titre: on a ainsi l'élégante apparence de -l'étiquette, sans craindre l'inconvénient qu'elle présente, le -décollage. - -Autant que possible, donnez toujours à votre relieur un modèle, -c'est-à-dire un volume relié auquel il devra se conformer en tous points -pour la reliure des livres que vous lui confiez. Vous vous épargnerez de -la sorte des malentendus aussi désagréables que fréquents, et vous lui -enlèverez, s'il commet des bévues, tout prétexte de discussion et toute -échappatoire. Choisissez ce modèle parmi les volumes dont vous risquez -le moins d'avoir besoin: par exemple, s'il s'agit de périodiques, ne -donnez pas, pour faire relier l'année ou le semestre qui vient de -s'écouler, le tome de l'année ou du semestre immédiatement précédent; -prenez, comme spécimen, un tome plus ancien et que vous ne présumez pas -avoir à consulter. Généralement, et à part des travaux spéciaux, c'est -dans les tomes les plus récents des périodiques, dans les années les -plus rapprochées de l'année courante, que vous êtes le plus exposé à -avoir des recherches à effectuer. - -Avant d'envoyer un train au relieur, collationnez chaque volume, -c'est-à-dire vérifiez si toutes les feuilles s'y trouvent et si elles -sont bien placées dans leur ordre numérique, si de même toutes les -planches ou gravures sont présentes et bien à leur place. A plus forte -raison, devez-vous vérifier vos périodiques, et vous assurer que toutes -les livraisons composant le volume (le plus souvent annuel ou -semestriel) sont bien réunies, bien complètes et exactement classées. Au -retour de votre train, faites le même collationnement. - -S'il manque des pages dans un volume que vous tenez à expédier chez le -relieur, ayez soin de faire insérer un onglet ou des feuillets blancs à -la place des pages absentes, afin de pouvoir les y intercaler plus tard, -si vous les retrouvez ou avez la chance de vous les procurer. Prenez -note par écrit de ces pages manquantes, de ces _défets_: à l'occasion -vous n'aurez qu'à vous référer à cette liste. Agissez de même pour les -périodiques dont des livraisons absentes seraient épuisées, et que vous -croiriez néanmoins devoir faire relier: inscrivez-les sur votre liste de -défets, et remplacez-les par des feuilles blanches, auxquelles vous -n'aurez qu'à substituer ces livraisons, si une heureuse rencontre les -met plus tard en votre possession. - -Ne donnez jamais un train important comme quantité ou qualité à un -relieur que vous n'avez pas encore éprouvé et que vous ne connaissez -pas. Essayez-le d'abord au moyen de quelques volumes, tâtez-le, -assurez-vous de ce qu'il sait faire. - - * * * * * - -Voici, comme prix approximatifs de diverses reliures, appliquées aux -formats les plus courants et que nous avons choisis pour types[336], -quelques chiffres empruntés au _Tarif de la Chambre syndicale de la -reliure_[337]: - - In-4 cavalier In-8 cavalier In-18 jésus In-32 jésus - (0,23×0,31), (0,155×0,23), (0,117×0,183), (0,088×0,138), - in-4 raisin in-8 raisin in-16 Hachette, in-18 carré - (0,25×0,325) (0,162×0,25) in-12 Charpentier (0,09×0,15) - - RELIURES TOILE (simples) Dos toile, plats papier, tranches jaspées. - 3,15 1,75 1,05 0,95 - - RELIURES TOILE (Bradel) Dos toile, grain de soie, pièce en peau, - tranches ébarbées. - 4,50 2,50 1,40 1,25 - - DEMI-RELIURES Dos chagrin, plats papier, tranches jaspées. - 4,95 2,75 1,60 1,45 - - EN PLUS POUR LES DEMI-RELIURES - Tranches ébarbées, tête jaspée. - 1,20 0,60 0,25 0,25 - - Tranches dorées ou en couleurs (soignées). - 4,50 2,25 1,50 1,25 - - RELIURES PLEINES - Chagrin 1er choix, têtes ou tranches dorées, janséniste. - 35 » 17 » 10 » 6 à 7,50 - - Maroquin du Levant, tranches dorées, dentelle intérieure. - 70 » 35 » 20 » 12 à 15 - -Je rappellerai, en terminant, que, d'une façon générale et _exceptis -excipiendis_, il n'y a de bons relieurs que dans les grandes villes, -et--laissant à part, encore une fois, la reliure de luxe et d'art--que -c'est dans les grosses maisons, où l'outillage est multiple et complet, -que vous avez chance d'être le mieux servi et au meilleur compte. Il en -est, hélas! de la reliure comme de tout le reste, comme de la chaussure -et de la nouveauté, où triomphent les grands magasins, et de la guerre, -où la victoire est à l'argent et aux gros bataillons. - - - - -CHAPITRE VI - -DE L'ACHAT DES LIVRES - -Quels livres acheter?--L'embarras du choix.--Ils sont trop!--Avoir un -petit nombre d'amis et beaucoup de relations.--Ouvrages de référence, -base d'une bibliothèque.--Livres de chevet.--Ne vous prodiguez -pas.--Collections modernes de nos grands écrivains.--La librairie -«d'occasion».--Bouquinistes et étalagistes: le plaisir de -bouquiner.--Catalogues de librairie.--Méfiez-vous des -souscriptions.--N'achetez que ce que vous voulez lire.--Le bonheur des -collectionneurs. - - -Maintenant que nous connaissons les quatre éléments ou conditions -matérielles et essentielles du livre: papier, format, impression, -reliure (ou brochure), voyons quels livres il convient d'acheter, quels -types d'éditions méritent nos préférences, et comment doivent -s'effectuer ces acquisitions. - -Tout d'abord l'innombrable multitude des produits de la pensée vous -arrête et vous déconcerte. Que choisir parmi tant, tant et tant -d'œuvres? Comment se guider dans un tel dédale? - -Dès les débuts mêmes de la bibliophilie, la question s'est posée, et -Sénèque le Philosophe l'a on ne peut mieux discutée et tranchée dans son -traité _De la tranquillité de l'âme_ et dans ses _Lettres à Lucilius_. - -«Rien de plus noble, écrit-il, que la dépense qu'on fait pour se -procurer des livres; mais cette dépense ne me paraît judicieuse que si -elle n'est pas poussée à l'excès. A quoi sert une incalculable quantité -de volumes, dont le maître pourrait à peine dans toute sa vie lire les -titres? Cette masse d'écrits surcharge plutôt qu'elle n'instruit, et il -vaut bien mieux s'en tenir à un petit nombre d'auteurs que d'en -parcourir des milliers... Chez la plupart, chez des gens qui n'ont même -pas l'instruction d'un esclave, les livres, au lieu d'être des moyens -d'étude, ne font que servir d'ornement à des salles de festin. Achetons -des livres pour le besoin seulement, jamais pour l'étalage[338].» - -«... Fais un choix d'écrivains pour t'y arrêter et te nourrir de leur -génie, si tu veux y puiser des souvenirs qui te restent. C'est n'être -nulle part que d'être partout. Ceux dont la vie se passe à voyager -finissent par avoir des milliers d'hôtes et pas un ami... La nourriture -ne profite pas, ne s'assimile pas au corps, si elle est rejetée aussitôt -qu'absorbée. Rien ne retarde une guérison comme de changer sans cesse de -remèdes; on ne réussit point à cicatriser une plaie où les appareils ne -sont qu'essayés; on ne fortifie pas un arbuste par de fréquentes -transplantations... La multitude des livres dissipe l'esprit. Ainsi, ne -pouvant lire tous ceux que tu aurais, il est suffisant pour toi d'avoir -ceux que tu peux lire[339].» - -C'est ce que Pline le Jeune a résumé dans l'apophtegme célèbre: _Multum -legendum esse, non multa_[340]: beaucoup lire, mais non beaucoup de -choses. Et, fidèle à ce principe, il n'avait réuni que peu de livres -dans sa villa de Laurentinum, mais des livres dignes d'être sans cesse -relus[341]. - -Jérôme Cardan (1501-1576) estimait que toute bibliothèque devrait tenir -en trois volumes, l'un traitant de la vie des saints, l'autre contenant -de gracieux vers propres à récréer l'esprit, et le troisième enseignant -«la vie civile», c'est-à-dire les droits et devoirs du citoyen[342]. -Mais déjà de son vivant ou peu après, Joseph Scaliger (1540-1609) -déclarait que, «pour une parfaite bibliothèque, il faudrait avoir six -grandes chambres[343]». - -Au XVIIIe siècle, Formey, dans ses _Conseils pour former une -bibliothèque_[344], est d'avis, tantôt qu'«une centaine de volumes est -suffisante» (en ayant recours à l'occasion, il est vrai, aux -bibliothèques publiques et aux «librairies des amis»), tantôt qu'«avec -cinq à six cents, on en a assez pour toute la vie». - -On voit que les opinions diffèrent, et qu'elles offrent de notables -variantes même chez les mêmes bibliographes. - -Dans une ingénieuse et concluante comparaison, Voltaire commente en ces -termes le mot de Pline le Jeune: - -«Un lecteur en use avec les livres comme un citoyen avec les hommes. On -ne vit pas avec tous ses contemporains, on choisit quelques amis. Il ne -faut pas plus s'effaroucher de voir cent cinquante mille volumes à la -Bibliothèque du roi, que de ce qu'il y a sept cent mille hommes dans -Paris[345].» - -Peignot pense qu'«avec trois à quatre cents volumes, on pourrait se -composer la collection la plus précieuse qu'un amateur puisse -posséder[346]». - -Sans donner de chiffres ni préciser, Mouravit fait ce sage aveu que «le -premier et difficile problème que doit résoudre un vrai bibliophile est -celui-ci: se faire une excellente bibliothèque avec le moins de livres -possible[347]». - -Et l'éloquente voix de Lacordaire nous avertit que, «à part le besoin -des recherches dans un but utile, il ne faut lire ici-bas que les -chefs-d'œuvre des grands noms: _nous n'avons pas de temps pour le -reste_[348]». - - * - - * * - -Mais si, d'ordinaire et selon la remarque du patriarche-philosophe de -Ferney, on n'a et l'on ne peut avoir qu'un petit cercle d'amis, on ne -risque rien de posséder beaucoup de relations; si, d'accord avec -Lacordaire, nous n'avons pas de temps à consacrer aux écrits de second -ordre, et s'il est sage de nous en tenir aux chefs-d'œuvre, de nous -borner à nos maîtres préférés, il est non moins judicieux et profitable -d'être abondamment pourvu d'ouvrages à consulter, d'ouvrages de -recherches, de _référence_: dictionnaires, manuels, annuaires, -répertoires, etc. - -Ici seuls l'emplacement et la fortune dont vous disposez doivent limiter -vos exigences. - -Francisque Sarcey disait[349] que tout ce dont il avait besoin, en fait -de connaissances, il le trouvait dans le Larousse. Cette vaste -publication, accompagnée de ses deux suppléments et toujours complétée -et mise au pair par la _Revue encyclopédique ou universelle_, la «Revue -Larousse», peut tenir lieu, en effet, d'une bibliothèque. Malgré ses -imperfections, malgré ses erreurs, moins fréquentes que d'aucuns se -plaisent à l'insinuer, peu nombreuses même, en somme, si l'on considère -l'énorme quantité de texte qu'elle renferme, elle réalise bien le -grandiose projet de son auteur et fondateur, elle est bien la véritable -Encyclopédie du XIXe siècle. - -La _Grande Encyclopédie_, commencée il y a une douzaine d'années par -l'éditeur Lamirault et encore en cours de publication, renferme, surtout -dans ses premiers volumes, d'excellents articles, rédigés avec soin, -amplement documentés, et ayant leur empreinte personnelle. - -D'autres recueils encyclopédiques, comme le _Dictionnaire de la -Conversation_, l'_Encyclopédie moderne_ de Didot, etc., ont eu leur -vogue et ont encore leur valeur; mais ils datent de loin déjà, et, sur -bien des points, ne sont plus à jour. - -Pour la langue française, l'historique et l'emploi des mots, rien ne -remplace l'admirable dictionnaire de Littré, qui n'a qu'un défaut, c'est -d'avoir trop restreint ses alinéas, de les avoir supprimés notamment -dans ses citations de vers, ce qui fait ressembler ceux-ci à de la -prose. Au dictionnaire de Littré ajoutez celui de notre ancienne langue -et de ses dialectes du IXe au XVe siècle de Frédéric Godefroy, ainsi que -des vocabulaires grecs, latins (Ducange--basse latinité--et Freund, par -exemple), et des principales langues vivantes. - -Déjà au XVIIe siècle l'érudit La Mothe-Le Vayer, dans sa _Lettre à un -moine sur l'art de se former une bibliothèque à peu de frais_, écrivait, -à propos des dictionnaires: - -«Quant à ces derniers, je tiens, avec des personnes de grande -littérature, qu'on ne saurait trop [en] avoir, et c'est chose évidente, -qu'il les faut posséder en pleine propriété, parce qu'ils sont d'un -journalier et perpétuel usage, soit que vous soyez attaché à la lecture -et intelligence de quelque auteur, soit que vous vaquiez à la méditation -et composition de quelque ouvrage[350].» - -Si vous vous occupez de bibliographie, le _Manuel du libraire_ de -Jacques-Charles Brunet, _la France littéraire_ et _les Supercheries -littéraires_ de Quérard, le _Dictionnaire des anonymes_ de Barbier, et -le _Catalogue de la librairie française_ d'Otto Lorenz, vous sont -indispensables. - -L'_Histoire des Grecs_ et l'_Histoire des Romains_ de Duruy, l'_Histoire -ancienne des peuples de l'Orient_ de Maspéro et les _Origines du -Christianisme_ de Renan, l'_Histoire de France_ d'Henri Martin, de -Michelet, de Lavisse, et une collection des _Mémoires relatifs à -l'Histoire de France_, celle de Petitot et Monmerqué, la plus complète, -de préférence; l'_Histoire des Français des divers états_ d'Alexis -Monteil; les quelques volumes, si remplis et si lumineux, d'Augustin -Thierry, et les études, non moins savantes et fécondes, de Fustel de -Coulanges; l'_Histoire de la Révolution_, par Thiers, Michelet, Louis -Blanc, Carlyle, Quinet, etc.; les _Origines de la France contemporaine_ -de Taine; l'_Histoire du Consulat et de l'Empire_ de Thiers, avec celle -de _la Chute du premier Empire (1814-1815)_ de Henry Houssaye; les _Deux -Restaurations_ de Vaulabelle et la _Monarchie de Juillet_ de -Thureau-Dangin; l'_Histoire de Dix Ans_ de Louis Blanc, suivie de -l'Histoire de Huit Ans d'Elias Regnault et de la _Révolution de 1848_ -par Daniel Stern ou Garnier-Pagès; le _Second Empire_ par Taxile Delord, -l'histoire de la _Guerre de 1870-71_ et de la _Troisième République_ -(Charles de Mazade, Albert Sorel, Jules Claretie, Théodore Duret, Louis -Fiaux, Alfred Duquet, le commandant Rousset, etc.), vous permettront de -suivre, des origines du monde jusqu'à nos jours,--en étudiant plus -particulièrement la France,--les événements et les progrès de -l'humanité. - -Michelet est, sans conteste, bien plus intéressant et entraînant -qu'Henri Martin; mais celui-ci possède un avantage des plus appréciables -pour les travailleurs et les chercheurs. Il a eu le bon esprit de -joindre à sa grande histoire une table analytique et alphabétique, qui -comprend tout un volume (le XVIIe) et permet de trouver instantanément -le renseignement désiré. Michelet étant, par un très fâcheux et -déplorable oubli, entièrement dépourvu de tables détaillées, les -recherches sont presque impossibles à travers ses quarante ou cinquante -volumes. Rien de plus utile, rien de plus précieux qu'une table ou index -alphabétique, «accessoire obligé de toute bonne, complète et commode -édition[351],» et l'on comprend bien qu'un chancelier d'Angleterre, Lord -Campbell, ait voulu demander, en 1850, qu'on privât de ses droits de -propriété littéraire tout écrivain qui publierait un livre sans -index[352]. - -Les _Causeries du lundi_ de Sainte-Beuve, ses _Portraits littéraires_, -ses _Portraits contemporains_, ses _Nouveaux Lundis_ et son -chef-d'œuvre, _Port-Royal_, constituent la plus accessible et la plus -vivante histoire de la littérature française que nous possédions, -histoire biographique et monographique, mais suffisamment détaillée et -complète. Ajoutez-y, comme complément ou correctif, sinon quelques gros -ouvrages, tels que la monumentale _Histoire littéraire de la France_, -entreprise par les Bénédictins de Saint-Maur, et continuée par des -membres de l'Institut (Fauriel, Daunou, Victor Le Clerc, Paulin Paris, -Renan, etc.)[353], bien lourde probablement pour votre humble collection -d'amateur et de jouisseur littéraire, du moins d'agréables et -consciencieuses études, inspirées par l'érudition et le goût modernes et -mises au point (Taine, Émile Montaigu, Paul Albert, Émile Deschanel, -Gaston Paris, Petit de Julleville, Ferdinand Brunetière, Paul Stapfer, -Émile Faguet, Anatole France, Jules Lemaître, Jules Levallois, René -Doumic, Paul Bourget, Gustave Lanson, Georges Pellissier, Édouard Rod, -etc.). Et, à propos d'histoire et de littérature, n'oubliez pas -l'ouvrage de Jal, son _Dictionnaire critique de biographie et -d'histoire, errata et supplément pour tous les dictionnaires -historiques_, et le bon petit _Dictionnaire des antiquités romaines et -grecques_ d'Anthony Rich. - -Les dix-neuf volumes de la _Géographie universelle_ de Reclus, le -_Dictionnaire géographique et administratif de la France_ de Paul -Joanne, et une collection des _Guides_ Joanne et Bædeker (Joanne pour la -France surtout), vous rendront en maintes occasions de signalés -services. - -N'oubliez pas non plus le Code et quelques bons ouvrages de droit, un -manuel ou dictionnaire de médecine visuelle, le _Bottin_ avec -l'_Annuaire Hachette_, et une collection complète d'un ou de plusieurs -périodiques,--toujours selon la place dont vous -disposez:--_l'Illustration_, par exemple, où sont consignés, retracés -par la plume et le crayon, les faits marquants de chaque semaine, et qui -offre, dans son ensemble, l'histoire écrite et illustrée de notre temps; -la _Revue encyclopédique_, alias _universelle_; _la Nature_; -_l'Intermédiaire des chercheurs et curieux_, un des recueils les plus -appréciés de tous les érudits et travailleurs; et le doyen de nos -journaux à gravures sur bois, _le Magasin pittoresque_, que, dans ses -«Matériaux de la bibliothèque», M. Guvot-Daubès place très justement en -tête des collections à consulter, ce qui, ajoute-t-il, peut se faire -aisément, grâce aux tables récapitulatives[354]. - - * - - * * - -Voilà une série d'ouvrages pouvant servir de base à toute bibliothèque, -une réunion d'excellents outils, précieux à tous ceux qui lisent, -écrivent et étudient. - -Mais ce ne sont là en quelque sorte que des _généralités_. Or, chacun de -nous a ses besoins et ses goûts particuliers, chacun de nous, par -vocation ou nécessité, par plaisir ou devoir, est poussé vers tel ou tel -genre de lectures et d'études[355], où il arrive peu à peu et forcément -à se restreindre et se confiner; d'abord parce que nous nous plaisons -tous à fréquenter de préférence les gens et les choses que nous -connaissons déjà, à approfondir, goûter et savourer de plus en plus ce -que nous savons; et parce que chaque coin de l'infini domaine de la -science est à lui seul une immensité. - -Les uns se cantonnent ainsi dans l'histoire, dans une histoire spéciale, -celle, je suppose, de leur province ou de leur ville natale; d'autres -s'adonnent à l'examen de questions scientifiques, voire d'une seule -question; d'autres s'attachent à une époque, à un groupe, une école, ou -même à un personnage de notre littérature. Le législateur Sieyès et -l'idéologue Destutt de Tracy «lisaient perpétuellement Voltaire»: -arrivés au dernier tome, ils reprenaient le premier et -recommençaient[356]. Alphonse Daudet, dans les dernières années de sa -vie, avait arrêté son choix sur Montaigne et fait des _Essais_ son -unique livre de chevet: et combien partagent ce culte fervent pour -l'incomparable moraliste en qui revit, résumée et condensée, toute -l'antiquité! Combien se sont de même passionnés pour Horace, pour Dante -ou pour Shakespeare, et à combien Rabelais, Regnier, Molière, La -Fontaine, ont ou auraient pleinement suffi! - -Tenez-vous-en donc, dans vos lectures, au précepte de Sénèque, de Pline -et de Voltaire: ne vous prodiguez pas, ne vous gaspillez pas. Ce n'est -qu'à la jeunesse qu'il convient d'aspirer à tout connaître, à tout voir -et tout lire, et de s'espacer, _s'égailler_, courir çà et là, partout, -au hasard des circonstances. Vous, votre choix est fait, votre cercle -d'études est tracé, la liste de vos auteurs préférés est close... ou à -peu près. Si vous voulez profiter et jouir de vos lectures, ne quittez -pas ce champ, si restreint qu'il soit et que vous l'ayez fait; -appliquez-vous à le creuser, à le fouiller et le retourner: - - Un trésor est caché dedans, - -comme dans celui du vieux laboureur de La Fontaine, et - - C'est le fonds qui manque le moins. - - * - - * * - -Prenons le cas le plus fréquent. Supposons que ce soit vers nos grands -écrivains, du XVIe au XIXe siècle, que se dirigent vos -préférences,--quitte à vous d'opérer une sélection et de vous limiter -dans ce vaste et glorieux patrimoine. Rappelons-nous que ce sont des -volumes de format moyen (in-18 jésus environ) qu'il nous faut, imprimés -correctement sur bon papier, en caractères bien lisibles, et de prix -abordables,--ne dépassant pas, par exemple, le prix de la _nouveauté_, 3 -francs ou 3 fr. 50. Quelles éditions allons-nous choisir? - -Un de nos devanciers, Jules Richard, dans son traité de _l'Art de former -une bibliothèque_, s'est déjà posé la question, et n'a pu la résoudre: -aucune édition existant actuellement en librairie ne remplit les -conditions requises. - -«J'ai toujours, écrit-il[357], déploré le sans-gêne avec lequel on -fabrique les livres pour le peuple. Généralement, c'est honteux! Dans ce -temps de doctrines humanitaires où l'on parle tant d'instruction -gratuite et obligatoire, je ne conçois pas qu'une _Société des bons -livres_, ayant pour but de fournir à bon marché au peuple une édition -convenable des classiques français et étrangers, ne se soit pas formée -sous la protection ou en dehors du gouvernement. Le goût du livre est -enfanté par le goût de la lecture, et il ne faut pas que le goût de la -lecture soit entravé par les apparences repoussantes du livre.» - -«Mettre à la portée des petites bourses des éditions portatives, bien -faites et agréables à l'œil,» tel est le but que Jules Richard[358], -comme tant d'autres amis des livres et du peuple, aurait voulu voir -atteint, et qui reste toujours éloigné, toujours à l'état de projet ou -de rêve, malgré les plus pressantes, les plus légitimes et l'on peut -dire aussi les plus patriotiques réclamations[359]. - -Certes, il n'y a que des éloges à décerner à la collection des _Grands -Écrivains de la France_, entreprise, il y a une quarantaine d'années, -vers 1860, par la maison Hachette, sous la direction de l'érudit Adolphe -Regnier. Mme de Sévigné, Malherbe, La Bruyère, La Rochefoucauld, -Corneille, Racine, La Fontaine, Molière, figurent dans cette collection, -entièrement terminés. Pascal, le cardinal de Retz et Saint-Simon sont en -cours de publication. Par le contrôle et la pureté de leur texte, le -soin et la science apportés à leurs nombreuses notes et à leurs -volumineux lexiques, aussi bien que par le choix de leur papier et leurs -qualités typographiques, ces éditions se recommandent entre toutes, -méritent d'être citées en première ligne. C'est l'honneur de la -librairie moderne et un véritable monument élevé à la gloire des lettres -françaises. - -Mais ce sont des éditions savantes, de gros volumes in-8, cotés 7 fr. -50, et qui sont, par conséquent, en dehors et au-dessus de nos -desiderata. Une autre collection, éditée par la même librairie et -commencée jadis par l'imprimerie Lahure, les _Œuvres des principaux -écrivains français_ (volumes in-18 à 1 franc), œuvres la plupart -complètes, ferait notre affaire, si elle n'était imprimée en caractères -trop fins, et, conséquence de son bas prix, sur papier de qualité -inférieure. Les anciens volumes, parus antérieurement à 1862, et dont -certains contenaient plus de pages que ceux d'aujourd'hui, ont été tirés -sur papier meilleur: il est vrai qu'ils se vendaient le double, 2 francs -au lieu de 1 franc. Comme nous en avons déjà fait la remarque, les -éditeurs ne sont pas seuls coupables du mauvais état présent de la -librairie; la faute en est surtout au public, qui exige avant tout et en -dépit de tout du «bon marché». On lui en fournit, hélas! - -Les quelques «classiques» publiés par Louandre dans le catalogue -Charpentier (volumes in-18 jésus, marqués 3 fr. 50 et vendus couramment -à l'état de neuf 1 fr. 75) nous conviendraient assez, ainsi que les -_Chefs-d'œuvre de la littérature française_ de Firmin-Didot (environ 150 -volumes in-18 jésus à 3 francs, vendus de même 1 fr. 75 ou 1 fr. 50), ou -encore la _Collection des meilleurs ouvrages français et étrangers_, -éditée par Garnier (in-18 jésus, mêmes prix); mais ces collections sont -incomplètes d'abord,--ainsi Voltaire et Rousseau n'y figurent que très -partiellement;--en outre, les derniers tirages, c'est-à-dire ceux qu'on -trouve actuellement en librairie, sont généralement inférieurs aux -anciens, aux tirages de 1850 ou 1860, qui étaient faits sur meilleur -papier et avec des clichés non fatigués. Quant à la _Bibliothèque -française_ de Didot, qui donne en forts volumes in-8 jésus à deux -colonnes (54 volumes) les œuvres complètes, soigneusement revues et -annotées, de la plupart de nos auteurs célèbres, elle est, par son -format, comme la collection des _Grands Écrivains_ d'Hachette, en dehors -de notre programme. - -La _Nouvelle Bibliothèque classique_, fondée par Jouaust en 1876, et qui -se compose d'une soixantaine de volumes (in-16 elzevierien, à 3 francs), -marque certainement un grand progrès sur les précédentes collections à -bon marché. Le texte en est plus correct; les notices et les notes -(celles-ci placées à la fin des volumes) sont mieux rédigées, le papier -principalement est de beaucoup supérieur, l'impression est aussi plus -nette et plus soignée; mais cette impression est faite en elzevier, et -certains lecteurs n'aiment pas ce type de caractères et préfèrent le -romain. D'autres aiment mieux avoir les notes et traductions de texte au -bas des pages, près du texte même, ce qui, en effet, est plus commode -dans bien des cas, pour Montaigne, par exemple, dont chaque page, chaque -ligne est émaillée d'une citation latine. Quoi qu'il en soit, c'est -Jouaust,--qui fut un éditeur de l'ancienne mode, lettré, érudit, -laborieux, extrêmement soucieux de son œuvre, et passionné pour -elle[360],--qui se rapproche le plus de notre idéal. Malheureusement, il -n'a pas eu le temps de réunir dans sa _Nouvelle Bibliothèque classique_ -tous les chefs-d'œuvre dignes d'y entrer, et des noms illustres, Pascal, -Mme de Sévigné, Buffon, Saint-Simon, etc., n'y figurent pas[361]. - -Je mentionnerai encore la _Bibliothèque elzévirienne_, fondée par -Jannet, et la _Nouvelle Collection Jannet-Picard_[362], consacrées -surtout à nos anciens écrivains. - -Il est juste enfin de ne pas oublier, dans cette sommaire énumération, -l'excellente petite _Bibliothèque nationale, collection des meilleurs -auteurs anciens et modernes_, créée en 1863, et destinée, comme le dit -son sous-titre, «à faire pénétrer au sein des plus modestes foyers les -œuvres les plus remarquables de toutes les littératures». Ces petits -volumes in-16 à couverture bleue, actuellement au nombre d'environ -quatre cents, et comparables à l'ancienne collection populaire -stéréotype entreprise en 1799 par Pierre Didot[363], ont rendu et -rendent journellement à quantité d'écoliers, d'étudiants et de modestes -et fervents lecteurs d'inappréciables services. Mais eux non plus ne -remplissent pas les conditions que nous réclamons; leur format, commode -pour la poche, ne convient guère à une bibliothèque, et leur bas prix, -(0 fr. 25) ne vous laisse aucun doute sur la piètre qualité de leur -papier, l'insuffisance de leur exécution typographique. - - * - - * * - -Puisque la librairie «courante» ne peut nous fournir exactement et -complètement ce que nous voulons, essayons de la librairie «d'occasion»; -à défaut de livres récemment parus et «à l'état de neuf», voyons parmi -les ouvrages édités jadis et échoués chez les bouquinistes. - -Là, en effet, nous avons chance de rencontrer ce que nous cherchons: des -volumes de format convenable, bien imprimés, de prix modique; nous -pouvons espérer surtout, comme nous l'avons précédemment expliqué[364], -que ces volumes seront tirés sur papier meilleur que celui de nos -malheureux livres populaires d'aujourd'hui. En outre, presque toujours, -nous trouverons ces ouvrages reliés ou cartonnés, puisque la coutume de -vendre les livres brochés est relativement récente et ne remonte guère -au delà de notre siècle[365]. Nous avons donc tout avantage à diriger -nos recherches du côté de ce qu'on nomme en librairie «l'occasion». - -Comme il ne s'agit pas ici d'éditions princeps ni de livres rares, mais -de volumes tout simples, «communs», propres et maniables, il est inutile -de dresser une liste de nos éditions préférées: ces volumes abondent, et -cette liste serait forcément très incomplète, forcément interminable. - -Laissons donc chacun choisir à sa guise, sous réserve toutefois qu'il -veuille bien se souvenir de ce que nous avons dit sur l'importance de la -qualité du papier, de la commodité du format, et de la grosseur et -netteté du caractère. Quant à cette autre essentielle condition, -l'authenticité et la pureté du texte, elle est le plus souvent, presque -toujours, en harmonie avec le soin apporté à l'exécution typographique. - -Il n'est pas un ami des livres, sinon même pas un Parisien sachant lire, -qui ne connaisse le plaisir de bouquiner le long des quais ou devant les -étalages des libraires[366]. Il faut l'avoir goûté, ce plaisir, -«pour,--selon l'expression du bibliophile Jacob[367],--lui rendre grâce, -comme à un génie bienfaisant et consolateur. Si, continue le même -écrivain, ce plaisir n'était pas plus doux et plus fidèle que tous les -autres, plus fort de ses émotions diverses, plus favorable aux -organisations tendres et pensives, plus réel, plus vrai, plus matériel, -verrait-on des jeunes gens s'y livrer avec emportement, des hommes de -talent et d'esprit s'y plaire sans cesse, des riches et des puissants -s'y délecter de préférence à tous les jeux de la puissance et à tous les -hochets de la richesse!» - -Un autre amoureux des livres, Adolphe de Fontaine de Resbecq, a rédigé -la relation de ses _Voyages littéraires sur les quais de Paris_[368], un -intéressant petit volume, où il a rassemblé ses souvenances et résumé -ses impressions de «voyageur» et de lettré. Une anecdote qu'il nous -conte montre bien quelle ténacité et quelle puissance possède la passion -du bouquinage. Un des confrères de Fontaine de Resbecq, M. H..., étant -devenu aveugle, se faisait conduire par son domestique sur le quai -Voltaire, sa promenade favorite. «On l'approchait des boîtes, il passait -alors légèrement les mains sur les livres, parcourait ainsi quelquefois -plusieurs mètres sans rien dire, puis, saisissant quelque mince volume, -il disait à son guide: «N'est-ce pas de chez Barbin?» (ou tel autre nom -de libraire célèbre). Il se trompait souvent sans doute, mais il lui est -arrivé plus d'une fois de deviner juste; alors sa joie était -inexprimable; il achetait, dans ce cas, ce qu'il avait déjà ou ce qui -lui était indifférent. C'était, disait-il, sa manière de remercier le -Créateur de lui avoir conservé l'ombre d'un sens perdu: cela fait vivre -le marchand, Dieu sera satisfait! Telle était sa pensée[369].» - -Cependant, ce n'est pas du côté des bouquinistes échelonnés au bord de -l'eau que je vous engage à effectuer le plus assidûment vos recherches. -Vous pouvez certainement faire chez eux d'excellentes trouvailles, -rencontrer dans leurs boîtes des occasions qu'il vous est loisible de -qualifier, avec plus ou moins d'exagération, de «superbes»; mais ces -ouvrages ont le plus souvent un défaut capital, une tare indélébile: -continuellement exposés au vent et à la poussière, au soleil ou à la -pluie, ils ont nécessairement souffert de ce manque d'abri, ils gardent -des traces plus ou moins apparentes, mais immanquables, mais fatales, -des intempéries de l'air. - -Les livres en étalage extérieur, rangés sur des rayons fixés à une -muraille, ne sont guère moins menacés, guère moins éprouvés[370]. - -C'est dans les magasins et arrière-boutiques des libraires d'occasion -que vous avez, à mon sens, intérêt à vous rendre et à fouiller; c'est là -que vous découvrirez le plus de bons livres en bon état. - -Mais n'oubliez pas qu'il n'y a rien d'absolu en ce monde, et n'hésitez -pas à vous arrêter devant tout étalage de livres, à bouquiner partout où -vous en aurez l'occasion: c'est d'ailleurs là une recommandation -superflue, les livres, n'importe lesquels, attirant à eux -irrésistiblement et comme par enchantement tous ceux qui les aiment. - -Lorsqu'un bouquiniste n'indique pas ses prix de vente sur ses boîtes ou -sur ses volumes, c'est mauvais signe; c'est signe qu'il n'a pas de prix, -qu'il établit ses chiffres et fait ses conditions selon les -circonstances, «d'après la tête du client». Il est des amateurs qui, -pour réagir contre cette déloyale coutume, ont pris le parti de ne -jamais acheter un livre dont le prix n'est pas marqué d'avance, et, aux -propositions et instances du marchand, de répondre invariablement par la -déclaration de cette formelle et excellente résolution. - -Beaucoup de libraires d'occasion publient des catalogues mensuels, -bimensuels ou trimestriels, qu'ils adressent à leurs clients, et ce -procédé de vente est, paraît-il, des plus fructueux pour ces -commerçants, d'autant plus fructueux que certains, sinon la plupart, ont -contracté l'habitude de forcer la note, de surélever tous les prix. Ils -partent de ce principe, très judicieux, il faut l'avouer, que, si vous -avez vraiment besoin d'un ouvrage porté sur un de ces catalogues et en -vain cherché par vous jusqu'alors, vous ne lésinerez pas sur la somme à -débourser pour vous le procurer. Et c'est ainsi que des livres, tout -ordinaires, cotés jadis trente ou quarante sous, et qui se vendraient -encore ce prix directement, sans l'intermédiaire des catalogues, sont -tarifés sur ceux-ci à cinq francs, dix francs, voire davantage. Pour -justifier cette hausse, le libraire ajoute volontiers à la suite de -l'annonce du livre quelque fallacieuse mention: «Peu commun», «Devenu -rare», «Rarissime», etc.[371] - -Méfiez-vous des ouvrages publiés par souscription; je vous dirai même: -«Ne souscrivez jamais à un ouvrage inachevé». Vous risquez--on n'en voit -que trop d'exemples--de demeurer en panne et de perdre votre argent. Je -ne ferai d'exception que pour les publications entreprises par de _très -grandes_ maisons d'édition, dont la solvabilité et la solidité sont -inébranlables. Mais ces maisons-là ne publient jamais ou presque jamais -d'ouvrages par souscription. - -Quant aux industriels qui vous offrent, comme primes à des achats de -livres, des pendules avec candélabres, des bottes de couverts en ruolz, -des jumelles pour théâtre ou campagne, etc., faites mieux que de vous -méfier: n'achetez pas! Ne vous mêlez pas à ces trafics: la pendule ne -vaut rien, la jumelle non plus, et les livres encore moins. - - * - - * * - -Richard de Bury a consacré un chapitre de son _Philobiblion_[372] à -cette question: «Comme quoi on doit toujours acheter les livres, si ce -n'est dans deux cas,» et ces deux cas réservés sont: 1º la crainte -d'être trompé par le libraire; 2º l'espoir d'un moment plus opportun, -d'une meilleure occasion. - -«Il y a peu de dépenses, de profusions, je dirais même de prodigalités -plus louables que celles qu'on fait pour les livres, écrit de son côté -le savant jésuite bibliographe Claude Clément[373], lorsqu'en eux on -cherche un refuge, les voluptés de l'âme, l'honneur, la pureté des -mœurs, la doctrine et un renom immortel.» - -Jules Richard[374] déclare qu'«un bibliophile ne conserve pas les livres -qu'on lit une fois, mais seulement ceux qu'on _relit_ avec plaisir, et -que, par conséquent, on _relie_ plus ou moins richement». Sous sa forme -humoristique et plaisante, l'avis a du bon, surtout pour les amateurs -parisiens, logés toujours si à l'étroit, et il mérite d'être retenu. - -Est-il raisonnable,--les ouvrages de référence à part, comme nous -l'avons dit au début de ce chapitre,--d'acheter plus de livres qu'on -n'en peut lire, et n'est-ce pas une excellente habitude de n'effectuer -de nouveaux achats qu'après avoir terminé la lecture des acquisitions -précédentes? - -Il semble à première vue qu'il ne puisse y avoir doute à ce sujet, et -qu'il faille répondre à cette dernière question par l'affirmative. - -Un écrivain que l'à-peu-près n'effrayait pas et qui a commis bien des -hérésies en bibliographie et ailleurs, Jules Janin, a émis ce conseil, -dans un opuscule «fort joli et bien écrit, mais dont le principal mérite -est d'être rare[375],» _l'Amour des livres_: «N'achetez aujourd'hui que -si vous avez lu, d'un bout à l'autre, le livre acheté il y a deux mois, -il y a six semaines. Furetière demandait un jour à son père de l'argent -pour acheter un livre.--«Or ça, répondait le bonhomme, il est donc vrai -que tu sais tout ce qu'il y avait dans l'autre, acheté la semaine -passée?» C'était bien répondre[376].» - -Non, car, avec ce système, vous vous priveriez de livres cherchés en -vain par vous depuis longtemps et dont vous avez le plus grand besoin; -vous laisseriez échapper les aubaines les plus belles, les plus -inespérées. Encore une fois, rien d'absolu sur terre. Évidemment Jules -Janin a eu raison de mettre en garde les bibliophiles contre les -entraînements auxquels ils sont si tentés de succomber; il a eu raison -de les dissuader d'encombrer leurs rayons de livres qu'ils ne liront -jamais; très justement il conclut qu'«avec cette nécessité de lire -entièrement ce qu'on achète, on y regarde à deux fois avant d'acheter; -on se méfie un peu plus de ce qui est rare et curieux, pour se tenir aux -chefs-d'œuvres honorés de l'assentiment du genre humain[377].» Mais ce -«bon gros critique, comme le remarque si bien M. Jules Le Petit[378], -n'a jamais dû connaître à fond la passion des livres, ni la joie intime -que nous procure l'acquisition d'un volume souhaité, ni le serrement de -cœur qu'on éprouve à voir passer en d'autres mains l'objet qu'on -espérait obtenir». - -«Le premier motif qui doit nous pousser à acquérir un ouvrage, dit -encore M. Jules Le Petit[379], c'est le désir de le lire, soit -immédiatement, soit plus tard, dans des moments de loisir. Il arrive -bien souvent, hélas! que ces moments-là ne viennent pas vite ou ne -viennent jamais...»; du moins on a le volume sous la main, on sait qu'il -est là, qu'on peut l'ouvrir, le consulter, le parcourir, et c'est ce -qu'on finit toujours par faire un jour ou l'autre, ne fût-ce qu'un -instant. «Il se passera plusieurs jours et des mois, sans que je les -employe (mes livres), selon l'aveu de Montaigne[380]; ce sera tantost, -dis-je, ou demain, ou quand il me plaira: le temps court et s'en va ce -pendant sans me blesser; car il ne se peult dire combien je me repose et -sejourne en cette consideration, qu'ils sont à mon costé pour me donner -du plaisir à mon heure, et à recognoistre combien ils portent de secours -à ma vie.» - -L'essentiel, c'est de ne pas acheter au hasard et au tas, comme ce -monomane[381], ancien notaire devenu maire d'un arrondissement de Paris -et député sous le premier Empire, qui avait fait emplette de plusieurs -centaines de mille de volumes[382], dont il avait rempli trois maisons, -de la cave au grenier. L'important, l'intéressant et l'attrayant, c'est -d'avoir un but, de poursuivre une piste,--c'est d'avoir vos sujets -d'étude préférés et vos auteurs attitrés, et de vous y tenir. - -Et alors vous goûterez vraiment et savourerez pleinement vos livres; -vous ferez partie de cette phalange d'hommes heureux dont parle -Balzac[383], de ces collectionneurs, qui,--dussent-ils, dans leur hôtel -ou leur mansarde, ne s'ingénier qu'à réunir des affiches ou aligner des -tabatières,--connaissent les moins précaires et les plus douces joies de -ce monde[384]. - - - - -CHAPITRE VII - -DE L'AMÉNAGEMENT D'UNE BIBLIOTHÈQUE ET DU RANGEMENT DES LIVRES - -Comment les livres étaient rangés autrefois.--Conditions d'une bonne -installation pour une bibliothèque: exposition, emplacement, local, -meubles, rayonnages, etc.--Rayonnages fixes,--mobiles;--à -crémaillères,--à clavettes.--Nous manquons de place.--Bibliothèques -tournantes.--Divers modes de rangement et de classement des livres: -classement horizontal, de gauche à droite, par ordre alphabétique de -noms d'auteur; appui-livre;--classement vertical, par ordre de -matières;--classement _ad libitum_: les plus beaux livres ou les plus -aimés sur le devant, par derrière les vilains ou les moins appréciés. - - -Ainsi que d'anciens documents, notamment d'anciennes images ou gravures, -nous l'apprennent, les livres se plaçaient autrefois à plat, couchés les -uns à la suite des autres, sur des rayons le plus souvent inclinés et -garnis de rebords[385]. En raison de cette disposition, les titres des -volumes étaient inscrits sur les plats, et l'on ne donnait aux dos, -qu'on voyait à peine, aucun ornement. Des clous de cuivre à large tête, -fixés aux quatre coins des plats, préservaient ceux-ci du frottement -contre le bois des rayons. - -Le nombre des livres augmentant, on se décida à les placer les uns sur -les autres, et pour cela on dut commencer par supprimer l'inclinaison -des rayons et les rendre tous horizontaux. On cessa alors d'inscrire le -titre sur le plat supérieur, et l'on mit cette inscription en longueur -au dos du volume. Puis, au lieu d'empiler les livres, qui abondaient de -plus en plus, on trouva plus commode de les ranger debout sur la -_queue_, alignés et serrés les uns contre les autres[386]. C'est encore -ainsi qu'on procède. - -Dans certaines bibliothèques publiques, à Leyde[387], à la Laurentienne -de Florence, à la cathédrale d'Hereford, etc., les livres étaient -attachés par des chaînettes de fer à leurs rayons ou à leurs pupitres, -de façon qu'on pût les consulter sur place, mais non les emporter. Ces -livres,--_catenati_, enchaînés,--dont les plats étaient en bois revêtu -de peau ou d'étoffe, et garnis de fermoirs et de coins, étaient parfois -très lourds, et l'on montre encore à la Laurentienne un volumineux -recueil manuscrit des épîtres de Cicéron, _Epistolæ ad familiares_, tout -bardé de cuivre, qui, en tombant sur la jambe gauche de Pétrarque, y -engendra une grave maladie et faillit rendre l'amputation -nécessaire[388]. - - * - - * * - -Dans son célèbre _Katechismus der Bibliliothekenlehre_, le docteur Jules -Petzholdt, «le vieux maître de la bibliographie allemande[389]», émet, à -propos des bibliothèques publiques, des considérations qui ne sont -malheureusement que trop exactes, et sur lesquelles on ne saurait trop -appeler l'attention: - -«On bâtit des écuries pour les chevaux et pour les vaches, et l'on -n'oublie pas de rechercher si l'endroit choisi et les constructions -projetées remplissent les conditions voulues:--pour ces chers animaux, -on ne néglige rien!--Ne serait-il pas équitable de demander que l'on -apporte la même attention et les mêmes soins à la construction de ces -bibliothèques, où des milliers de savants viennent en quelque sorte -puiser la substance de leurs travaux? Espérons que l'on finira par se -persuader, dans un avenir prochain, que de semblables exigences n'ont -rien que de raisonnable[390].» - -Bien que nous ne nous occupions que d'une bibliothèque privée et de -modeste étendue, le vœu si légitime de Petzholdt méritait d'être -rappelé, et il convient, toute proportion gardée, d'en tirer profit pour -notre sujet. - -De la bonne disposition et du bon ordre de notre bibliothèque dépendent, -en très grande partie, le plaisir et les services que nous tirerons -d'elle: selon une ingénieuse comparaison formulée par Herder[391], une -bibliothèque bien organisée est comme «un capital dont les intérêts -seraient perçus par l'intelligence»; et, bien avant lui, un de nos -premiers bibliographes,--premiers, par droit d'ancienneté et par rang de -mérite,--le savant Gabriel Naudé, nous a prévenus qu'une collection de -livres en désordre ne mérite pas le nom de bibliothèque, qu'une -bibliothèque non rangée, c'est une bibliothèque qui n'existe pas[392]. - -Bien que vieux de près de trois cents ans, les conseils rassemblés par -lui dans son _Advis pour dresser une bibliothèque_ sont encore pleins -d'utilité et d'à-propos, et nous ne saurions mieux faire que de rappeler -ici ceux qui ont trait à la question dont nous nous occupons, à -l'emplacement et au rangement des livres: - -«Pour ce qui est de la situation et de la place où l'on doit bastir ou -choisir un lieu propre pour une bibliothèque, il semble que ce commun -dire: - - _Carmina secessum scribentis et otia quærunt,_ - -nous doive obliger à le prendre dans une partie de la maison plus -reculée du bruit et du tracas, non seulement de ceux de dehors, mais -aussi de la famille et des domestiques, en l'éloignant des rues, de la -cuisine, sale (salle) du commun, et lieux semblables, pour la mettre, -s'il est possible, entre quelque grande court et un beau jardin où elle -ait son jour libre, ses veues bien estendues et agréables, son air pur, -sans infection de marets, cloaques, fumiers, et toute la disposition de -son bastiment si bien conduitte et ordonnée, qu'elle ne participe aucune -disgrace ou incommodité manifeste. - -«Or, pour en venir à bout avec plus de plaisir et moins de peine, il -sera toujours à propos de la placer dans des estages du milieu, afin que -la fraischeur de la terre n'engendre point le remugle, qui est une -certaine pourriture qui s'attache insensiblement aux livres; et que les -greniers et chambres d'enhaut servent pour l'empescher d'estre aussi -susceptible des intempéries de l'air, comme sont celles qui pour avoir -leurs couvertures basses ressentent facilement l'incommodité des pluyes, -neiges et grandes chaleurs. Ce que s'il n'est pas autrement facile -d'observer, au moins faut-il prendre garde qu'elles soient élevées de la -hauteur de quatre ou cinq degrez, comme j'ay remarqué que l'estoit -l'Ambroisienne à Milan, et le plus haut exhaussées que l'on pourra, tant -à raison de la beauté que pour obvier aux incommodités susdites: sinon -le lieu se trouvant humide et mal situé, il faudra avoir recours ou à la -natte, ou aux tapisseries pour garnir les murailles, et au poisle ou -bien à la cheminée, dans laquelle on ne bruslera que du bois qui fume -peu, pour l'eschauffer et desseicher pendant l'hyver et les jours des -autres saisons qui seront plus humides. - -«Mais il semble que toutes ces difficultez et circonstances ne soient -rien au prix de celles qu'il faut observer pour donner jour et percer -bien à propos une bibliothèque, tant à cause de l'importance qu'il y a -qu'elle soit bien esclairée jusques à ses coins plus éloignez, qu'aussi -pour la diverse nature des vents qui doivent y souffler d'ordinaire, et -qui produisent des effects aussi différents que le sont leurs qualitez -et les lieux où ils passent. Sur quoy je dis que deux choses sont à -observer: la première, que les croisées et fenestres de la bibliothèque -(quand elle sera percée des deux costez) ne se regardent diamétralement, -sinon celles qui donneront jour à quelque table; d'autant que par ce -moyen les jours ne s'esvanoüyssant au dehors, le lieu en demeure -beaucoup mieux esclairé. La seconde, que les principales ouvertures -soient tousjours vers l'Orient, tant à cause du jour que la bibliothèque -en pourra recevoir de bon matin, qu'à l'occasion des vents qui soufflent -de ce costé, lesquels estans chauds et secs de leur nature rendent l'air -grandement tempéré, fortifient les sens, subtilisent les humeurs, -espurent les esprits, conservent nostre bonne disposition, corrigent la -mauvaise, et, pour [tout] dire en un mot, sont très sains et salubres: -où, au contraire, ceux qui soufflent du costé de l'Occident sont plus -fascheux et nuisibles, et les Méridionaux plus dangereux que tous les -autres, parce qu'estans chauds et humides ils disposent toutes choses à -pourriture, grossissent l'air, nourrissent les vers, engendrent la -vermine, fomentent et entretiennent les maladies, et nous disposent à en -recevoir de nouvelles[393]; aussi sont-ils appelez par Hippocrate: -_Austri auditum hebetantes, caliginosi, caput gravantes, pigri, -dissolventes_, parce qu'ils remplissent la teste de certaines vapeurs et -humiditez qui espaississent les esprits, relaschent les nerfs, bouschent -les conduits, offusquent les sens, et nous rendent paresseux et presque -inhabiles à toutes sortes d'actions. C'est pourquoy, au défaut des -premiers, il faudra avoir recours à ceux qui soufflent du Septentrion, -et qui, par le moyen de leurs qualitez froide et seiche, n'engendrent -aucune humidité, et conservent assez bien les livres et papiers[394].» - - * - - * * - -Ainsi, placer la bibliothèque dans l'endroit le moins bruyant de la -maison;--pas trop haut ni trop bas, c'est-à-dire ni dans les greniers ni -dans les sous-sols et rez-de-chaussée;--la bien éclairer: qu'il n'y ait -pas de coins sombres;--qu'elle soit autant que possible exposée à l'est, -ou, à défaut de l'est, au «septentrion»: tels sont les principes -formulés jadis par le sagace Naudé, et qui méritent encore d'être cités -comme base essentielle de l'installation de toute bibliothèque. - -A propos de l'exposition septentrionale, si la plupart des bibliographes -se sont rangés à l'opinion de Vitruve et de Naudé, et préfèrent -l'exposition orientale[395], il convient de rappeler cependant que la -première de ces expositions a eu et a encore ses partisans. Louis Savot, -médecin de Louis XIII et auteur d'un traité sur _l'Architecture -française_, «pense qu'une bibliothèque serait mieux placée du côté du -septentrion, parce que l'air du nord étant plus pur, ne peut corrompre -ni altérer le papier et la couverture des livres[396]»; et un -bibliographe moderne, Alkan aîné, estime également que «la disposition -du franc nord est plus favorable aux livres que le midi ou le levant -même... Nous avons, ajoute-t-il, conservé, pendant un quart de siècle, -dans une grande pièce située au nord, chauffée par un simple tuyau -traversant, d'une chambre voisine, toute une bibliothèque, qui n'est -pas, comme l'on sait, sans importance. Pas un volume endommagé[397]!» - -Si les meubles ou rayonnages destinés à contenir les livres devaient -être adossés à un mur portant des traces persistantes d'humidité, il -serait nécessaire de supprimer au préalable cette source de danger, et -pour cela on pourrait recourir au procédé indiqué par M. Jules -Cousin[398]. «Il consiste à donner au mur plusieurs couches d'huile -bouillante, et à le recouvrir ensuite de feuilles de plomb laminé, que -l'on fixe avec de petits clous. On peut alors, sans inconvénient, en -approcher les rayons. Ce procédé, un peu dispendieux sans doute, est -très sûr, et il serait opportun de l'employer lorsqu'on a de grandes -surfaces atteintes par l'humidité.» - -L'humidité d'ailleurs est la grande ennemie des livres, et l'on ne -saurait prendre contre elle trop de précautions. Si solide et si sec que -soit le parquet de la pièce où ils sont renfermés, les -volumes,--notamment ceux «du bas», c'est-à-dire appartenant à l'infime -rangée de la bibliothèque,--ne devront jamais y reposer directement: -cette rangée doit, comme les autres, posséder son rayon particulier, -élevé d'au moins dix ou quinze centimètres au-dessus du parquet. Ils ne -devront pas non plus toucher le mur contre lequel s'appuient leurs -supports ou rayons, si indemne d'humidité que paraisse ce mur: il faut, -comme nous le verrons surtout en parlant de l'entretien des livres[399], -que l'air circule librement autour d'eux, qu'ils puissent en quelque -sorte respirer à l'aise. - - * - - * * - -Si les meubles propres à renfermer les livres peuvent différer selon -l'emplacement qu'ils occupent et le degré de fortune de leur -propriétaire, il est néanmoins certaines règles qu'il convient de ne pas -oublier. - -D'abord, c'est que, comme nous le disions il y a un instant, «les -livres, et surtout les reliures, ont besoin d'air. Un livre est un être -vivant, il faut qu'il respire. Je suis convaincu par expérience, écrit -Jules Richard[400], qu'à la longue un volume relié s'abîme moins sur un -rayon que dans un meuble hermétiquement fermé. Nos ancêtres, qui -joignaient la prudence à la connaissance des choses, mettaient souvent -des portes à leurs armoires-bibliothèques, mais elles étaient -grillagées. Aujourd'hui les vrais amateurs ont des armoires ouvertes...» - -Donc, pas de meubles fermés, pas de portes à vos rayonnages. En plus des -avantages ci-dessus énumérés, cette suppression vous vaudra double -profit: économie d'argent dans la fabrication du meuble, économie de -temps dans la recherche et le maniement de vos livres. - -Faites-le, ce meuble, aussi pratique, partant aussi simple que possible, -un _rayonnage_ encore une fois[401], c'est-à-dire des montants destinés -à supporter des tablettes ou rayons, avec, dans le bas, une plinthe pas -trop élevée, et, dans le haut, une corniche qui ne mange pas trop de -place;--car c'est la place qui, généralement et à Paris surtout, manque -le plus dans nos appartements modernes. - -On fabrique actuellement des sortes de rayonnages entièrement en métal, -en tôle vernissée ou émaillée, qui présentent de grandes garanties -contre les risques d'incendie, et rendent beaucoup plus faciles le -démontage, le transport, ainsi que le nettoyage et tous les soins de -propreté d'une bibliothèque. - -Mais ne nous occupons que des systèmes plus en usage et courants, des -meubles en bois, destinés à un cabinet de travail ou à une chambre -d'étudiant. - -Le chêne, le noyer, l'acajou, le palissandre, le poirier noirci, qui -imite si bien l'ébène, sont les essences qui, si votre budget vous le -permet, conviennent le mieux pour les montants, plinthes et corniches de -vos bibliothèques[402]. Pour les tablettes, contrairement à l'avis de -Peignot, employez un bois moins dur, aussi bien pour ne pas donner un -poids inutile à votre meuble qu'afin de vous épargner un non moins -inutile surcroît de dépense: le pin ou le pitchpin, passé en couleur, de -façon à s'harmoniser avec les montants, et garni, sur le côté extérieur, -d'une baguette de même essence qu'eux, suffira très bien et vous -satisfera pleinement. - -Si vos humbles ressources vous contraignent à la plus stricte économie, -laissez de côté le chêne et autres bois compacts et coûteux, et -n'employez, pour toute votre bibliothèque,--vous ne vous en trouverez -pas plus mal,--pour les tablettes, aussi bien que pour les montants, la -plinthe et la corniche ou simple saillie, que des bois résineux, ennemis -des insectes, et de prix modique: pin, pitchpin, mélèze, etc., auxquels -vous ferez donner la teinte qu'il vous plaira. - -Qu'il n'y ait jamais guère plus d'un mètre d'intervalle entre vos -montants; en d'autres termes, que vos tablettes n'aient jamais plus de 1 -mètre à 1 m. 30 de longueur: avec une portée plus grande, elles -risqueraient de fléchir sous le poids des livres[403]. Leur largeur sera -naturellement subordonnée à la profondeur de votre bibliothèque, -c'est-à-dire que cette largeur variera selon que vous vous proposez -d'avoir ou de n'avoir pas plusieurs rangées de livres les unes derrière -les autres. Avec une seule rangée, vous pourriez donner à vos tablettes -un peu plus de la largeur de vos plus grands volumes, de vos in-4, par -exemple (0 m. 23), soit 25 centimètres. Pour l'épaisseur, 2 centimètres -sont suffisants. - -Il est important que la face antérieure des montants ne déborde pas sur -les tablettes, qu'elle en laisse bien les deux extrémités à découvert, -de façon à ne pas cacher les livres placés à ces extrémités, et à -permettre de prendre et de remettre ces volumes aisément, sans risque de -les froisser et endommager. - - * - - * * - -Comment adapter les tablettes aux montants? Et d'abord, faut-il qu'elles -soient fixes ou mobiles? - -Les livres devant être, ainsi que nous l'expliquerons plus loin, rangés -selon leur hauteur ou format, il n'y aurait guère d'inconvénients, comme -le constatent MM. Albert Maire et Guyot-Daubès[404], à ce que les -tablettes fussent établies à demeure, c'est-à-dire fixées directement -aux montants au moyen de mortaises, ou, _ce qui vaudrait moins_, à cause -des inégalités et saillies intérieures qui en résulteraient, posées sur -des tasseaux cloués à ces montants. En tout cas, il serait prudent de -clouer par l'extérieur et de bien s'assurer qu'aucune extrémité de clou -ne dépasse à l'intérieur et ne peut érafler les volumes. - -Mais, malgré l'opinion des deux bibliographes précités, les tablettes -mobiles sont généralement préférées aux tablettes fixes[405]; elles -offrent d'ailleurs certains incontestables avantages, en cas de -déménagement, par exemple[406], ou de simple changement de place. Donc, -ces tablettes ou rayons mobiles, par quoi les soutenir et comment les -manœuvrer? - -Le système des crémaillères a été longtemps en honneur et est encore -communément employé. On sait en quoi il consiste. A l'intérieur des deux -montants d'une bibliothèque ou de toute travée de bibliothèque, sur le -bord antérieur et sur le bord postérieur de chacun de ces montants, sont -fixées de longues bandes de bois taillées en dents de scie et placées -autant que possible de telle sorte que les dents de ces crémaillères -soient exactement en face les unes des autres. On prend des tasseaux, -sorte de languettes de bois dont les bouts sont coupés en biseau, et on -les encastre deux par deux, à la hauteur que l'on désire, dans les crans -de ces crémaillères, en ayant soin que ces crans se correspondent, se -trouvent bien vis-à-vis, sur le même plan horizontal. S'il en était -différemment, si l'un des tasseaux était plus bas ou plus haut que -l'autre, la tablette qu'on y poserait suivrait évidemment cette -inclinaison et pencherait d'un côté ou de l'autre. - -Outre que la pose et la stabilité des tasseaux sont souvent contrariées -par le perpétuel jeu du bois, nous retrouvons, avec ce système, le même -inconvénient, voire un inconvénient pire, que dans le système de tout à -l'heure, où les tasseaux étaient cloués aux montants, puisque à la -saillie des tasseaux s'ajoute maintenant celle des quatre crémaillères -intérieures, de toute cette quantité de crans et de dents de scie, -d'aspérités disposées à souhait pour rayer et déchirer les couvertures -des volumes placés dans leur voisinage, c'est-à-dire aux extrémités de -chaque rayon. Aussi ferez-vous bien, si vous employez ce mode de -support, d'appliquer à ces extrémités, contre chaque couple de -crémaillère, une feuille de carton assez épais, destinée à protéger le -livre menacé. - -Le système des clavettes ou pitons, que nous allons maintenant examiner, -est, sans comparaison, de beaucoup préférable à celui des crémaillères. - -Au lieu d'être munis, sur chacun de leurs bords intérieurs, de cette -longue bande de bois taillée en dents de scie, les deux montants de la -bibliothèque sont à demi percés, en cette même place, d'une suite de -petits trous, également espacés de trois en trois centimètres, et dans -lesquels on introduit des clavettes ou pitons en fer ou en cuivre[407]. -C'est sur la tête de ces clavettes, qui est aplatie et offre une surface -saillante d'environ un centimètre et demi carré, que les rayons de la -bibliothèque viennent s'appuyer. Il faut quatre clavettes pour chaque -rayon, deux de chaque côté, comme il fallait tout à l'heure quatre crans -de crémaillère, deux par tasseau; et, de même qu'on devait avoir grand -soin de choisir ces quatre crans bien en face les uns des autres, il est -indispensable que les quatre trous destinés à recevoir les clavettes -correspondent exactement, soient bien sur le même plan horizontal. - -Quoique l'épaisseur de la tête des clavettes soit relativement minime et -ne dépasse guère trois ou quatre millimètres, il est bon, afin -d'empêcher la clavette d'accrocher ou d'écorner la tête des livres, de -ménager dans l'épaisseur du rayon, à ses deux extrémités, quatre -échancrures où viendront librement s'emboîter les têtes des quatre -clavettes: le rayon n'en sera que plus solidement assis, et toute -aspérité, toute saillie, sera supprimée. On remplace même parfois les -clavettes métalliques par des clavettes de bois, auxquelles -naturellement on donne plus d'épaisseur et plus de longueur, des espèces -de _tenons_, auxquels correspondent des _mortaises_ pratiquées deux à -deux aux extrémités des rayons. C'est le système employé, et -probablement depuis longtemps, dans certaines sections de la -Laurentienne de Florence: il est moins élégant que le précédent, plus -primitif, mais je ne le crois pas plus solide ni même plus économique. - -On a cherché, dans ces derniers temps, à supprimer ou amoindrir le plus -possible la difficulté que présente le changement de place (abaissement -ou exhaussement) d'un rayon chargé de livres, que ce rayon soit appuyé -sur des tasseaux ou supporté par des clavettes. Plusieurs systèmes ont -été imaginés dans cette intention. M. le docteur Staender, directeur de -la bibliothèque royale et universitaire de Breslau, est notamment -l'inventeur d'un rayon «muni à ses deux extrémités de pitons en métal -montés sur tourillons mobiles. Ces pitons pénètrent dans des trous -carrés percés dans les montants de chaque travée. On peut aussi -remplacer, à l'une des extrémités du rayon, les pitons mobiles par des -pitons fixes[408].» - - * - - * * - -Il serait certainement très avantageux de ne pas donner à votre -bibliothèque-meuble une hauteur supérieure à celle où peut atteindre la -main, hauteur qui dispense de l'emploi des échelles ou escabeaux et est -actuellement adoptée pour les rayonnages des principales bibliothèques -publiques[409]. Malheureusement, et comme nous l'avons déjà plus d'une -fois noté, nous sommes presque toujours logés très à l'étroit; dans les -grandes villes surtout, la place nous est mesurée avec la plus extrême -parcimonie: d'où la nécessité de n'en pas perdre un brin. La hauteur de -votre bibliothèque dépendra donc de celle de votre appartement et de la -quantité de livres que vous possédez ou avez l'intention d'acquérir. - -De même pour la profondeur du meuble. Il vaudrait mille fois mieux sans -nul doute ne pas mettre de livres les uns derrière les autres; mais... -toujours le manque de place! Du moins si vous êtes contraint de doubler -ou même de tripler la profondeur de vos casiers, d'y installer, l'une -derrière l'autre, deux, voire trois rangées d'in-16 ou d'in-18, ayez -soin de les échelonner, de façon que les volumes placés sur le premier -rang ne masquent pas les titres des volumes du second rang et ceux-ci -les titres du troisième. Surélevez d'un ou deux crans, ou d'un ou deux -trous,--selon que votre rayonnage sera à crémaillères ou à -clavettes,--le deuxième rayon et d'autant le troisième. Il va de soi -que, si vous employez le rayonnage à clavettes, vous devrez, pour -pouvoir disposer plusieurs rangs de rayons en profondeur, avoir fait -préalablement adapter, non pas seulement deux bandes de bois sur les -deux bords intérieurs de chacun des montants de votre bibliothèque, -mais, entre ces bandes extrêmes, deux autres bandes, plus ou moins -distantes et pareillement percées de trous, destinés à recevoir les -clavettes _de devant_, supportant les rayons 2 et 3, les rayons du fond, -moins larges que le rayon 1. - -Il existe certains petits casiers pivotants, de différentes tailles, -dits _bibliothèques tournantes_, qu'on peut installer à portée de la -main, près de la table ou même sur la table de travail, et qui vous -permettent d'alléger ainsi vos rayons et d'accroître l'espace consacré à -vos livres. On y logera naturellement de préférence les ouvrages dont on -se sert le plus: dictionnaires, annuaires, manuels, etc. - -Pour obvier à l'insuffisance de place, M. Gladstone, le célèbre homme -d'État anglais, avait imaginé de disposer sa bibliothèque comme une -bibliothèque publique, de diviser son cabinet de travail par de «petits -murs de livres à hauteur d'appui, perpendiculaires aux grands côtés de -la salle et y marquant de véritables demi-cloisons. Chacun de ces petits -murs à tablettes était accessible de [des] deux côtés, et, par -conséquent, donnait place à deux rangées de volumes présentant chacune -le dos. Ces deux cloisons formaient, en avant des fenêtres, autant de -réduits favorables à la solitude et au travail; elles laissaient le haut -des surfaces disponible pour les tableaux, gravures et objets d'art; -enfin, elles supprimaient l'emploi des échelles ou des marchepieds. M. -Gladstone s'est étendu avec beaucoup de verve sur les avantages de cet -arrangement; il a démontré que, par son système, 18 000 à 20 000 volumes -pouvaient trouver place dans une salle de 10 à 12 mètres de long sur 6 -de large, et cela sans lui ôter l'aspect d'un salon ou lui donner celui -d'un magasin de librairie[410].» - -Mais tout le monde ne dispose pas d'une salle de 10 à 12 mètres de long -sur 6 de large, et ce procédé, si ingénieux et élégant qu'il soit, -serait inapplicable dans nos étroites petites pièces. - -Si vous désirez ne pas laisser tous vos volumes ou documents exposés aux -regards de vos visiteurs, si vous possédez des livres rares, des -incunables, des manuscrits enluminés, que vous tenez à mettre en -réserve[411], à abriter contre les indiscrets et contre la poussière, -faites fermer par des portes à panneaux plus ou moins ouvragés, des -portes à charnières ou à coulisses, la partie inférieure de votre -bibliothèque ou d'une de ses travées seulement. Que les montants en -soient torsés ou cannelés, la corniche enrichie de moulures, si bon vous -semble, soit! mais n'oubliez pas que plus ce meuble sera simple, plus il -facilitera vos recherches, accélérera votre besogne, plus il vous sera -commode. - -Surtout, à aucun prix, ne vous servez de ces meubles dits -«fantaisistes», de ces vitrines «galbées», de ces bahuts rocaille et -Pompadour, de ces baroques échafaudages et stupides japonaiseries, où -les rayons s'interrompent brusquement ou s'enchevêtrent les uns dans les -autres: je m'occupe d'une bibliothèque d'homme de lettres ou de -sciences, d'homme d'étude, de travailleur, et non des étagères à -bibelots d'une petite-maîtresse. - - * - - * * - -On peut avoir à mettre en ordre une bibliothèque composée de nombreux -volumes de tous les formats, et qui se trouveraient mêlés ensemble et -amoncelés à terre. Dans ce cas, il faudrait commencer par les trier, et -c'est d'après les formats que ce tri devrait être opéré. On réunirait -donc d'abord tous les in-folio, tous les in-4, les in-8, etc.; on -s'occuperait ensuite de rassembler les volumes appartenant aux mêmes -ouvrages, ce qui se ferait aisément, ces volumes étant reconnaissables, -outre leurs égales dimensions, à la couleur de leur reliure ou à leur -titre. - -C'est de même, en suivant l'ordre des formats, et, dans chaque format, -selon l'ordre alphabétique des noms d'auteurs et en allant de gauche à -droite, que les livres doivent être rangés sur les rayons. Vous mettrez -naturellement sur le ou les premiers rayons du bas vos plus grands -volumes, vos in-folio, si vous en possédez une quantité suffisante pour -leur attribuer un rayon, et vos in-4. Si vous n'avez que quelques -in-folio, il serait fâcheux, pour quatre ou cinq volumes de cette -taille, de hausser de plusieurs crans la tablette supérieure à ce -premier rang et de perdre ainsi une place précieuse. Vous joindrez donc -ces quatre ou cinq in-folio à vos deux ou trois _atlantiques_ -(in-plano), format qui n'abonde pas non plus d'ordinaire dans une -bibliothèque du genre de la nôtre, et vous les rangerez à part et à -plat, vous les coucherez l'un sur l'autre dans une armoire[412],--dans -cette armoire, par exemple, que vous venez d'installer au bas et comme -en soubassement de vos rayonnages, et que vous aurez eu soin de faire -assez large pour renfermer ces grands livres. Ce rangement horizontal -aura en outre l'avantage de ménager vos atlantiques, généralement peu -épais et par suite peu résistants, qui risqueraient fort de se fatiguer -et de fléchir en restant debout. - -Au-dessus des in-4, viendront, toujours par ordre alphabétique de noms -d'auteurs, et en allant toujours de gauche à droite[413], c'est-à-dire -dans le sens de la lecture, les in-8, puis les in-12 et in-18, et enfin, -près de la corniche, les plus petits formats[414]. - -Au lieu de l'ordre alphabétique, vous pourriez, si vous dressez un -catalogue et tenez un ou plusieurs _registres d'entrée_ de vos livres -(un pour chacun des quatre formats principaux: nous parlerons plus -loin[415] de ces formats et de ces registres), les ranger dans l'ordre -d'inscription. Mais cette méthode, convenable et indispensable aux -bibliothèques publiques, où chaque recherche d'un livre dans les rayons -exige au préalable la recherche du numéro d'inscription de ce livre au -catalogue, numéro reporté sur une étiquette collée au dos de ce même -livre, ne nous semble guère pratique pour une collection particulière et -modeste; et, justement afin de ne pas recourir sans cesse à notre -catalogue, si restreint qu'il soit, nous préférons de beaucoup le -classement par formats et par ordre alphabétique. Vos livres étant ainsi -alignés par rangs de tailles, et ces tailles allant toujours en -diminuant à mesure que les tablettes s'élèvent, la symétrique régularité -de cette disposition plaira d'emblée à la vue et produira le meilleur -effet. - -M. Guyot-Daubès blâme cette méthode, et conseille de placer sur les -rayons de hauteur moyenne, en face des yeux, soit à environ 1 m. 65 du -sol, les volumes ayant le plus petit format. «La hauteur moyenne à -laquelle se trouveront les yeux d'une personne se tenant debout près de -la bibliothèque sera d'environ 1 m. 65; c'est donc sur un rayon à peu -près à cette hauteur qu'on devra placer les livres des plus petits -formats: in-12, in-16, in-18. Les titres, généralement peu apparents, du -dos de ces volumes pourront ainsi être lus avec facilité. Sur le rayon -au-dessus, on placera les volumes d'un format un peu plus grand... -Au-dessus se placeront les grands in-8[416];» etc. - -Il y a là une singulière inadvertance. La force des caractères d'un -titre de livre, la lisibilité de ce titre, en d'autres termes, ne dépend -nullement du format de ce livre, mais de son épaisseur, de sa largeur de -dos. Un petit in-18 ou un in-32 de 500 pages pourra recevoir une -inscription, faite dans le sens ordinaire, le sens horizontal, bien plus -grosse, bien plus apparente que celle d'un in-8 de 50 pages ou d'une -plaquette in-4 ou in-folio. Dans ce dernier cas même, on est obligé, -faute de place horizontale, d'inscrire le titre verticalement sur le dos -du volume, ce qu'on pourrait faire d'ailleurs aussi pour un petit in-18 -ou un in-32; mais ces inscriptions mises _en longueur_ ne sont jamais -bien lisibles ni bien commodes. C'est horizontalement que doivent -s'inscrire les titres au dos des volumes, et, plus ce dos sera large, -plus grosse et plus visible pourra être et sera cette inscription: cela -est de toute évidence, et vous n'avez qu'à le constater sur vos volumes. - -Il y a un autre motif pour ne jamais placer au sommet de votre -bibliothèque vos plus grands formats, et c'est notre cher La Fontaine -qui vous l'enseigne dans sa fable _le Gland et la Citrouille_: un livre, -tout comme un gland qui se détache de l'arbre, peut tomber de sa -tablette, et mieux vaut recevoir sur la tête un mignon elzevier ou un -minuscule cazin qu'un énorme potiron. - -C'est ici le cas de rappeler qu'il existe un petit appareil très simple -et peu coûteux destiné à retenir les livres à leur place sur les rayons. -L'_appui-livre_ se compose de deux courtes plaques métalliques -perpendiculaires l'une à l'autre: la plaque horizontale se glisse sous -les volumes à soutenir, du côté du vide, et la plaque verticale en -venant butter contre le premier de ces volumes, l'empêche de choir, et -retient ainsi debout et serrés les uns contre les autres les livres de -toute la rangée. Il faut avouer néanmoins que cet appareil n'a guère -d'efficacité que pour les volumes de petit format: les in-4 et les in-8, -les in-18 mêmes, réussissent aisément, par leur poids, à pousser -l'appui-livre, à le faire céder, et le rendent ainsi inutile. On -emploie, dans certaines bibliothèques publiques des États-Unis, un -appui-livre tout à fait primitif et bien plus pratique: «c'est une -simple brique de construction, enveloppée de papier bulle, et dont le -poids suffit à maintenir debout les in-octavo et les in-quarto[417].» - - * - - * * - -La méthode de classement adoptée à la Bibliothèque nationale et dans les -bibliothèques universitaires peut nous servir, sinon de base, du moins -d'indication pour le rangement de nos volumes. Ainsi que nous l'avons -vu[418], les livres sont répartis, d'après leurs formats, à la -Bibliothèque nationale, en cinq catégories, et, dans les bibliothèques -universitaires, en trois seulement. Ces trois catégories, avons-nous -dit, sont les suivantes: - -1º _Grand format_ (comprenant tous les volumes dépassant 35 -centimètres); - -2º _Moyen format_ (comprenant les volumes hauts de 25 à 35 centimètres); - -3º _Petit format_ (comprenant les volumes au-dessous de 25 centimètres). - -Dans une bibliothèque privée, du genre de celle dont nous nous occupons, -les volumes dépassant 35 centimètres de hauteur sont généralement peu -nombreux; les volumes au-dessus de 25 centimètres sont même bien moins -abondants que ceux du _format Charpentier_ (18 centimètres[419]); ce -sont ces derniers dont on publie le plus aujourd'hui, comme nous l'avons -remarqué en traitant des formats, et qui ont chance de se trouver chez -nous en majorité. Réservons-leur donc la plus large place, et, afin de -la ménager le plus possible, la place, de créer le moins de vide -possible entre nos rayons, au-dessus de nos rangées de livres, -établissons quatre sections[420], au lieu de trois, et espaçons nos -rayons en conséquence: - -1º _Très grand format_: volumes in-4 cavalier ou in-4 jésus, -c'est-à-dire volumes d'une hauteur à peu près égale à 31 ou 35 -centimètres; les volumes de format supérieur, les quelques in-folio et -les atlantiques, étant, avons-nous dit tout à l'heure[421], rangés à -part, couchés l'un sur l'autre, dans une armoire; - -2º _Grand format_: volumes in-8, ou, plus exactement et plus -complètement, volumes supérieurs à l'in-18 jésus et inférieurs à l'in-4 -cavalier, c'est-à-dire ayant de 19 à 31 centimètres de hauteur; - -3º _Moyen format_: volumes in-18 jésus, ou approximatifs (in-16 raisin, -in-12 carré, etc.), c'est-à-dire ayant environ 18 centimètres de -hauteur; - -4º _Petit format_: volumes dont la hauteur est inférieure à 16 ou 17 -centimètres (in-24 écu, in-32 jésus, etc.). - -Que ce désir, si légitime, d'utiliser le maximum de place dont nous -disposons, ne nous empêche cependant pas de laisser, au-dessus de chaque -rangée de livres, entre la tête de ceux-ci et la tablette supérieure, un -peu d'espace, deux centimètres environ, afin de pouvoir aisément glisser -la main dans cet intervalle, et retirer ou replacer sans difficulté nos -volumes. - -Mais comment concilier le classement par formats avec le classement par -matières? Car tout le monde ne peut, à l'exemple, paraît-il, de M. de -Talleyrand, ne garder dans sa bibliothèque que des volumes d'un seul et -même format, ce qui évidemment simplifiait de beaucoup la question et -supprimait toute difficulté. Et ce format, tant affectionné par -l'illustre diplomate, inutile de vous prévenir que c'était l'in-8: vous -vous souvenez de ce que nous avons dit de la vogue de l'in-8 dans toute -la première moitié du XIXe siècle[422]? M. de Talleyrand, assure-t-on, -ne voulait «souffrir» sur ses rayons «que des lignes immenses d'in-8, -tous rangés en bataille comme des grenadiers prussiens[423]». - -Vous, qui n'êtes pas aussi exclusif, qui possédez des livres de toutes -dimensions, comment donc ferez-vous pour que le rangement par formats se -concilie avec l'ordre des matières? - -La difficulté n'a d'importance, à vrai dire, et selon la remarque de -Tenant de Latour, que pour «les grands établissements publics, où la -confusion d'ailleurs se mettrait trop aisément sans cela. Mais, dans une -bibliothèque de quelques milliers de volumes, où l'on n'est pas obligé, -où il ne serait pas possible d'admettre tous les ouvrages qui se -rattachent à chaque division, où l'on n'admet assez généralement que des -livres plus ou moins utiles ou plus ou moins aimés, là où toute une -matière peut être représentée par cent volumes de formats divers[424],» -il est toujours relativement facile de ranger ces volumes avec -régularité, élégance et commodité. - -Si vous tenez absolument, ce qui est du reste très légitime, à classer -ensemble tous vos volumes traitant de la même matière, employez le -_classement vertical_ préconisé par M. Guyot-Daubès. Vous voulez, par -exemple, que tous vos ouvrages sur l'histoire de France se trouvent -réunis. Au-dessus de vos in-4 traitant de ce sujet, placez vos in-8 -consacrés à la même question; au-dessus de vos in-8, rangez vos in-12 et -in-18 ayant trait pareillement à notre histoire nationale, et, au-dessus -des in-12 et in-18, les in-24 et in-32 qui s'en occupent aussi. Vous -rangerez de même, à la suite des précédents, les volumes relatifs à la -littérature, à la linguistique, aux beaux-arts, etc. «Par ce moyen, la -bibliothèque conserve son aspect de régularité et de bonne disposition, -toute la place est bien utilisée, et il n'y a pas d'emplacement perdu -par suite de la présence de petits volumes dans des rayons largement -espacés; le _classement vertical_ a donc une importance sur laquelle on -ne saurait trop insister[425].» - -Mais, dans chacune de ces catégories: histoire de France, littérature, -linguistique, beaux-arts, etc., n'oubliez pas de ranger toujours vos -volumes par ordre alphabétique de noms d'auteurs, ce qui facilitera de -beaucoup vos recherches, et toujours de gauche à droite sur chaque -rayon, comme nous l'avons dit. - -Un autre système de classement, applicable seulement aux bibliothèques -particulières, se trouve mentionné, sinon préconisé, par l'auteur des -_Mémoires d'un bibliophile_. Il est de beaucoup plus simple, et on peut -le dire aussi original que rationnel pour certains lecteurs ou amateurs. -C'est le système employé par M. d'Herbouville, directeur général des -postes de 1815 à 1816, «possesseur d'une magnifique bibliothèque, et -l'un des hommes de France le plus en état de la bien classer[426]». Il -consiste tout bonnement à «mettre les plus beaux livres devant, et les -plus laids derrière[427]». - -D'autres amoureux des livres placeront devant, bien à portée de la main, -leurs volumes préférés, ceux qu'ils relisent ou consultent le plus -fréquemment. - -Tous ces systèmes ont du bon pour une collection particulière: vous -n'êtes pas et ne pouvez être astreint, dans votre bibliothèque, qui ne -sert qu'à vous seul, au même ordre, à la même rigoureuse méthode, qui -doit régir un établissement public. Le point capital pour vous, ou même -le seul point à retenir, c'est que votre classement vous plaise et que -vous le possédiez jusqu'au bout des doigts, de façon à aller quérir sans -lumière ou les yeux fermés n'importe lequel de vos volumes, c'est qu'il -vérifie et confirme l'excellente règle posée par un bibliophile anonyme: - -«Un livre doit être placé dans une bibliothèque de manière à n'être -jamais cherché, mais tout simplement pris[428].» - - - - -CHAPITRE VIII - -DES CATALOGUES ET DE LA CLASSIFICATION BIBLIOGRAPHIQUE - -Différentes sortes de catalogues.--Catalogue alphabétique ou par noms -d'auteurs.--Emploi des fiches.--_Ex-libris._--Timbrage et _rondage_ des -volumes.--Détermination du _mot d'ordre_ et classement des fiches: -nombreux cas douteux et principales difficultés. - -Catalogue méthodique ou systématique, c'est-à-dire par ordre de -matières.--Classification de J.-Ch. Brunet.--Autres systèmes de -classification bibliographique.--Classification décimale de M. Dewey. - - -«On ne jouit vraiment de ses livres qu'à la condition de les classer, de -les garder et de les cataloguer,» a prétendu l'académicien -Cuvillier-Fleury[429]. Et Jules Richard affirme de son côté que, dès -qu'un «bibliophile amateur a commencé sa collection..., il lui faut tout -de suite un catalogue; il le lui faut absolument; car il n'y a pas de -vrai bibliophile ni de bibliothèque bien classée sans catalogue[430]». - -Sans être aussi certain de la rigoureuse et inflexible nécessité de -cette condition, du moins pour une modeste bibliothèque comme la nôtre, -occupons-nous donc le plus succinctement possible, et si complexe, si -rébarbative et ingrate que soit la matière, du catalogage des livres et -de leur classification. - -Les livres peuvent se classer et se cataloguer soit par noms d'auteurs: -c'est le catalogue _alphabétique_ ou _onomastique_;--soit d'après les -titres des ouvrages, c'est-à-dire par ordre de matières: c'est le -catalogue _méthodique_, nommé aussi _systématique_ ou -_idéologique_;--soit selon la place que les volumes occupent sur les -rayons: c'est le catalogue _topographique_, appelé par les Allemands -_Lokal-Katalog_[431]. On peut aussi les classer d'après leurs dates de -publication ou d'impression, et l'on a le catalogue _chronologique_; ou -d'après leurs lieux d'impression, ce qui donne le catalogue -_géographique_: ces deux dernières sortes de catalogues sont presque -exclusivement réservées aux incunables, et nous ne nous occuperons que -des deux premières, du catalogue alphabétique et du catalogue -méthodique. - -Le catalogue alphabétique, écrit M. Albert Maire[432], «est le plus -important des catalogues d'une bibliothèque, celui qui est consulté sous -toutes ses formes et à tous les instants». Le catalogue méthodique ne -lui cède guère en utilité et mérite, et rend aussi les plus grands -services. Avez-vous à chercher le titre d'un livre dont vous connaissez -le nom de l'auteur, vous le trouvez sans difficulté avec le catalogue -alphabétique; mais si vous ne connaissez pas ce nom, ou encore si vous -voulez vous rendre compte du nombre d'ouvrages publiés sur une matière, -c'est au catalogue méthodique qu'il faut recourir. Tous deux sont donc, -et à peu près au même degré, d'un usage essentiel dans les bibliothèques -publiques et les grandes collections. - -Un principe tout d'abord: ne vous servez pas de registres pour -cataloguer vos volumes, mais de fiches ou cartes[433], faites en bon -papier épais, de 8 ou 10 centimètres de large sur 12 ou 14 de haut, et -que vous rangerez, par ordre alphabétique, dans une longue boîte en -bois[434], ou, si vos livres, et par conséquent vos fiches, sont en -petit nombre, simplement en fort carton. En tête de chaque lettre, il -est bon de placer une fiche, dite _vedette_, plus haute que les autres -et de couleur différente, portant à son sommet mention de cette lettre. - -Si votre bibliothèque comprend beaucoup de volumes, quatre ou cinq mille -au moins, il sera préférable d'employer des fiches articulées, qui se -classent dans des boîtes en chêne, traversées dans toute leur longueur -par une vis sans fin. Ces fiches, échancrées à leur partie inférieure ou -talon[435], se placent à cheval sur la vis sans fin. Chaque talon est -réuni, par une articulation en toile, au corps de la fiche, à la fiche -proprement dite, ce qui donne à celle-ci une grande mobilité, et rend -les recherches des plus faciles. Chaque talon possède en outre, à droite -et à gauche, un petit rebord en saillie qui vient s'engager dans une -rainure tracée dans les parois latérales de la boîte. Le talon de la -fiche étant ainsi, grâce à ce rebord, plus large que la boîte, il faut -le diriger obliquement pour l'y faire entrer; lorsqu'il est en place, la -fiche se trouve comme fixée, par sa partie inférieure, son talon, dans -la boîte, et ne peut en être retirée verticalement. Il n'y a plus qu'à -manœuvrer la vis au moyen d'une clef spéciale, qu'on ôte à volonté, pour -faire avancer un écrou qui serre et immobilise les talons de toutes les -fiches et, par suite, empêche celles-ci de se déplacer ou d'être -enlevées. Mais chacune d'elles, grâce à l'articulation de toile, peut se -mouvoir en avant et en arrière, osciller sur son talon, et par -conséquent être aisément consultée. Veut-on extraire de la boîte ou y -insérer une ou plusieurs fiches? Il suffit de desserrer la vis. Cet -ingénieux système de fiches et de boîtes, d'usage fréquent dans les -bibliothèques publiques, porte le nom de son inventeur, M. Ferdinand -Bonnange[436]. - -Sur chaque fiche on inscrit: - -1º Le nom et le ou les prénoms de l'auteur: c'est ce nom qui devient le -_mot d'ordre_ de la fiche, c'est-à-dire qui en détermine le classement: -aussi doit-il être écrit en tête et en gros caractères, bien détaché de -la suite de l'inscription; - -2º Le titre (autant que possible complet) du livre, et, s'il y a lieu, -le chiffre de l'édition; - -3º L'_adresse_, c'est-à-dire le lieu de publication, le nom de -l'éditeur[437] et la date de publication ou millésime; - -4º L'indication du nombre de volumes, du format,--beaucoup y ajoutent le -nombre de pages,--et de l'état matériel du ou des volumes de chaque -ouvrage[438]: brochés, reliés, non rognés, dorés sur tranches, etc. Ces -dernières indications se mettent toujours en abrégé: _br._, _r._ ou -_rel._, _n. r._, _d. s. tr._ (Voir à l'Appendice: ABRÉVIATIONS.) Si le -titre ne mentionne pas la date de l'édition, on inscrit sur la fiche _s. -d._ (sans date) ou _s. m._ (sans millésime), et si le lieu de -publication n'y figure pas non plus, on le constate de cette façon: _s. -l. n. d._ (sans lieu ni date) ou _s. l. n. m._ (sans lieu ni millésime). - -Si vous voulez procéder plus régulièrement encore et à l'instar des -bibliothèques publiques, vous aurez un registre d'entrée[439] sur lequel -vous inscrirez, en lui donnant un numéro d'ordre, chacun de vos livres, -à mesure qu'ils vous arriveront. Si l'ouvrage se compose de plusieurs -volumes, il est préférable d'attribuer à chacun d'eux un numéro spécial: -tous vos livres auront ainsi en quelque sorte, chacun distinctement, un -état civil, et le dernier numéro porté sur votre registre vous indiquera -le nombre de volumes entrés dans votre bibliothèque, le total de vos -richesses. - -Sur les registres ou cahiers du catalogue méthodique, dont il sera -question plus loin, vous ne donnerez, au contraire, qu'un seul numéro à -chaque ouvrage, quelle que soit la quantité de volumes dont il se -compose; et cela se comprend, puisque, là, dans le catalogue méthodique, -chaque ouvrage n'est considéré qu'au point de vue du sujet qu'il traite, -n'est envisagé que dans son ensemble, et ne doit, par conséquent, former -qu'une unité. - -Ces inscriptions effectuées, vous transcrivez dans l'angle gauche -supérieur de la fiche le numéro du registre du catalogue méthodique, -ainsi que les lettres ou chiffre indices affectés à la section de ce -catalogue à laquelle cet ouvrage appartient, ce qu'on nomme la _cote_, -comme nous le verrons aussi plus loin. Quant au numéro du registre -d'entrée, au lieu de le porter pareillement en tête de la fiche, vous -l'inscrirez au-dessous du titre et de l'adresse. Voici pourquoi. Un -ouvrage peut se composer de nombreux volumes, qui, s'il est en cours de -publication, par exemple, vous seront adressés successivement; et, comme -vous devez assigner à chacun d'eux un numéro d'ordre, la place ne -tarderait pas à vous manquer pour ces inscriptions: vous seriez arrêté, -quelques centimètres au-dessous du bord supérieur de la fiche, par le -nom de l'auteur, le _mot d'ordre_, qui, comme nous l'avons dit, doit -être écrit en tête et en gros caractères. De plus, les mêmes ouvrages, -quel qu'en soit le nombre d'exemplaires que vous possédez, devant -respectivement figurer sur la même fiche, avec leurs numéros d'entrée, -le chiffre et le format de leur édition, et ce qui caractérise chacune -d'elles ou chaque exemplaire (illustrée, annotée, revue, etc.;--broché, -cartonné, relié, etc.), il est indispensable de réserver pour ces -inscriptions une place suffisante, et, cette place, vous ne pouvez la -trouver qu'au-dessous du mot d'ordre, du titre et de l'adresse. Si elle -venait à vous faire défaut, si votre fiche était complètement -remplie,--ce qui peut arriver, même assez vite, spécialement pour les -publications périodiques, dont vous recevez un ou plusieurs volumes par -année,--vous prendriez une seconde fiche, que vous réuniriez à la -première par le talon, à l'aide de colle, et sur laquelle vous -continueriez vos inscriptions. Ajoutons que numéro d'entrée et cote du -catalogue méthodique doivent figurer sur l'_ex-libris_ de chaque volume, -étiquette ou vignette que vous collerez ou avez déjà collée au verso du -premier plat de la couverture. - -Supposons que nous ayons à rédiger la fiche d'un exemplaire broché de -l'_Histoire de Paris_ de Dulaure, composé de quatre volumes, inscrits -sur notre registre d'entrée sous les numéros 3415 à 3418, et, sur le -registre de la section du catalogue méthodique (Histoire: U; Histoire de -France U V1; Paris U V1 Oa.--Classification de Brunet, voir _infra_, pp. -278-281) sous le nº 62; nous libellerons et disposerons ainsi nos -diverses indications sur une des fiches précédemment décrites, une fiche -du système Bonnange: - - U V1 Oa - ------- - Nº 62 - DULAURE (J.-A.) - _Histoire physique, civile et morale de Paris_, 7e édit. - Paris, Librairie des Publications illustrées, 1864. 4 vol. in-8 br. - - Nº 3415: Tome 1. - -- 3416: -- 2. - -- 3417: -- 3. - -- 3418: -- 4. - -Par abréviation, on pourrait réunir ces quatre derniers numéros et se -contenter d'écrire, après «4 vol. in-8 br.»: Nºs 3415-3418; mais -l'affectation d'un numéro spécial à chaque tome sur la fiche même est -préférable; elle permet de faire suivre cette mention de la désignation -des caractères particuliers à chaque tome comme à chaque ouvrage: relié, -broché, etc., et de donner ainsi encore une fois à tous vos livres, sur -le registre d'entrée aussi bien que sur les fiches, une sorte de -certificat d'identité ou d'état civil. - -Pour les tomaisons, employez toujours les chiffres arabes, de préférence -aux chiffres romains, qui occupent trop d'espace et sont une source de -confusion et d'erreurs. (Voir l'Appendice.) - -De même, pour la fiche d'un exemplaire du roman d'Alphonse Daudet, -_Sapho_, nous aurions,--la cote du catalogue méthodique étant: -Belles-Lettres: O; Fictions en prose: O IV; Romans: O IV 2; Romans -français: O IV 2 D; et le numéro d'ordre supposé 515: - - O IV 2 D - -------- - Nº 515 - - DAUDET (Alphonse). - - _Sapho_, mœurs parisiennes. - - Paris, Charpentier, 1884. In-18. Cart. brad. - - Nº 4841. - -Si un ou plusieurs autres exemplaires de ce même roman venaient -s'ajouter à votre bibliothèque, vous inscririez sur la fiche précédente, -au-dessous du Nº 4841, affecté à l'exemplaire que vous possédez déjà, -les numéros d'entrée de vos nouveaux exemplaires, avec les mentions de -rigueur: - - Nº 5307: Paris, Flammarion, s. m. In-18. Illustr. Rel. toile. - Nº 6015: Paris, Lemerre, 1895. Pet. in-12. Br. - -Pour un journal ou un recueil périodique, nous aurions: - - U Journaux I b - -------------- - Nº 43 - - REVUE DES BIBLIOTHÈQUES. Mensuelle. In-8. - - Directeurs: Émile Chatelain et Léon Dorez. - Paris, Émile Bouillon, édit. - - Nº 5885: 4e année, 1894. Demi-rel. chagr. - -- 7921: 5e -- 1895. -- - -- 8518: 6e -- 1896. -- - -- 9302: 7e -- 1887. -- - -- 9950: 8e -- 1898. -- - -- 10217: 9e -- 1899. -- - -- 11588: 10e -- 1900. -- - -Nous rappelons que, pour ces nombreuses inscriptions, une fois la -première fiche remplie, on en prend une seconde, puis, s'il le faut, une -troisième, une quatrième, etc., et on les réunit toutes par leur talon, -qui, grâce à la charnière de toile, laisse indépendante et mobile la -partie supérieure, la fiche proprement dite. - -Il arrive très fréquemment que le nom de l'auteur figure, accompagné de -mentions ou de qualités, à la suite du titre de l'ouvrage; il est bon -alors, quoique ce nom soit déjà placé comme mot d'ordre en tête de la -fiche, de le maintenir à son rang dans la transcription du titre. -Souvent même il s'y trouve comme incorporé. Exemples: - - CHARTIER (Alain). - - _Les O[eu]vres de feu messire Alain Chartier._ - - Paris, Galliot du Pré, 1529. In-8. Rel. en vélin. - - PASCAL (Blaise). - - _Pensées de M. Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets, - qui ont été trouvées après sa mort parmi ses papiers._ - - Paris, Guillaume Desprez, 1670. In-8. Rel. en parch. - -Il ne faut jamais modifier sur les fiches le texte du titre d'un -ouvrage; si ce texte est trop long, s'il semble diffus et chargé de -détails inutiles, et qu'on juge à propos de l'abréger, on indiquera par -des points (trois points suffisent:...) chaque endroit où une -suppression a été opérée. - -Si un ouvrage, composé d'un certain nombre de volumes ou de parties, a -mis plusieurs années à paraître, a été, en d'autres termes, imprimé à -des dates différentes, on inscrit sur la fiche les deux dates extrêmes, -c'est-à-dire celle qui est portée sur le titre du premier volume et -celle du dernier, et on les joint par un trait d'union. Ainsi: 1864-1867 -indique que l'ouvrage a commencé à paraître ou à être imprimé en 1864 -(millésime du premier volume), et qu'il a été terminé en 1867 (millésime -du dernier). On pourrait encore, ce qui vaudrait mieux, ajouter à la -suite de chaque tome l'adresse de ce tome: - - Nº 1219: Tome 1. Paris, Hetzel, 1864. - Nº 2502: -- 2. -- -- 1865. - Nº 3909: -- 3. -- -- 1867. - -Quand un ouvrage n'a qu'un seul volume, il suffit, comme nous l'avons -fait tout à l'heure (fiches DAUDET, CHARTIER, etc.), d'en indiquer le -format; la mention 1 vol. se trouve sous-entendue. - -Pour vos fiches ou cartes, comme pour vos registres, une écriture -droite, du genre de la petite ronde, est de beaucoup préférable à -l'écriture penchée, dite anglaise. L'écriture droite permet de faire -tenir dans un même espace bien plus de texte que l'anglaise, et elle -s'accommode mieux, par suite, avec les colonnes des registres[440]. -Écrivez toujours bien lisiblement et, autant que possible, pas trop fin. -Vous pouvez d'ailleurs et vous devez même tracer en plus forts -caractères certaines mentions, telles que le mot d'ordre; en souligner -d'autres: le titre du livre, par exemple; dans certains cas, il vous est -loisible d'incliner légèrement votre écriture, en imitant l'italique: -vous donnerez ainsi à vos fiches toute la clarté désirable et le -meilleur aspect possible. - -Les bibliothèques publiques remplacent les ex-libris par des empreintes -à l'encre grasse et indélébile, faites sur le titre des livres au moyen -du timbre même de ces bibliothèques, et elles inscrivent souvent dans le -champ de cette empreinte la cote du livre. Le même cachet est reporté -plus loin à deux endroits: à la dernière page du volume, et à une page -conventionnelle, qui est toujours la même pour chaque bibliothèque: page -97, anciennement page 101, pour la Bibliothèque nationale; page 41 pour -la bibliothèque Sainte-Geneviève; page 99 pour les bibliothèques -universitaires; etc. Si le volume n'atteint pas le chiffre de la page -conventionnelle, après avoir apposé l'empreinte sur le titre et sur la -dernière page, on timbre,--à la Bibliothèque nationale du moins,--la -première page de la deuxième feuille. «La forme du timbre est d'une -grande importance pour ne pas abîmer le livre, écrit le docteur -Graesel[441]; c'est pour cette raison qu'en France, où le timbrage -triple est obligatoire dans toutes les bibliothèques publiques, une -circulaire ministérielle[442] a recommandé d'employer des timbres -oblongs et de faible diamètre, de telle façon qu'on puisse les appliquer -sur les marges des volumes sans risque de couvrir le texte.» - -C'est par ces marques indélébiles que les établissements publics -attestent leur propriété et se précautionnent contre les détournements -ou adirements de leurs livres. Afin qu'on puisse aisément reconnaître et -trouver les volumes lorsqu'ils sont en place sur les rayons, la cote, ou -simplement le numéro du registre d'entrée est inscrit sur une étiquette -de papier, en forme de menue rondelle (d'où le nom de _rondage_ donné à -cette opération[443]), que l'on colle au dos de chaque livre[444]. - -Mais vous, dont les volumes n'ont pas à redouter des mains étrangères et -ne doivent pas sortir de votre cabinet de travail, gardez-vous bien de -souiller et déshonorer de la sorte vos chers trésors: pas de rondelles -sur leurs dos, pas de timbres sur leurs feuilles de garde ou de titre, -pas de cachets gras sur leurs pages, pas d'inscriptions à l'encre, si ce -n'est des dédicaces d'auteurs étalées en belle place sur le recto du -faux titre, un _ex-dono auctoris_ qui spécialise votre exemplaire et en -augmente le prix. - -Les aristocratiques amateurs d'autrefois faisaient graver, _pousser_, -leurs armoiries sur les plats de leurs reliures. A défaut de cette -somptueuse marque de propriété, vous avez de très artistiques vignettes -destinées à servir d'_ex-libris_, et vous pouvez encore, pour comble de -précaution et tout comme le président Auguste de Thou[445], faire -pousser vos initiales au bas du dos de vos livres, même de vos simples -bradels. - - * - - * * - -Un grand nombre de difficultés peuvent se présenter dans la rédaction et -le classement des fiches, dans la fixation et la transcription de ce -_mot d'ordre_, dont nous avons parlé tout à l'heure, ce mot à mettre en -tête de la fiche, mot qui déterminera le classement et qu'il faudra -chercher quand on recourra au catalogue. Voici les plus fréquentes de -ces difficultés et leurs solutions. - -Les noms précédés de la particule nobiliaire _de_ ou _d'_ rejettent -cette particule après le nom. Ainsi: - - Joseph de Maistre s'écrira: MAISTRE (Joseph de); - Mme de Sévigné -- SÉVIGNÉ (Mme de); - Comte d'Houdetot -- HOUDETOT (Comte d'); - M.-A.-P. d'Avezac -- AVEZAC (M.-A.-P. d'). - -Au contraire, les noms précédés de l'article _le_ ou _la_ se classent à -la lettre L: - - Jean Le Maire s'écrira: LE MAIRE (Jean); - Jean de la Fontaine -- LA FONTAINE (Jean de); - Duc de la Rochefoucauld -- LA ROCHEFOUCAULD (Duc de). - -Et non: MAIRE (Jean Le); FONTAINE (Jean de la); ROCHEFOUCAULD (Duc de -la)[446]. - -Les noms précédés de la particule nobiliaire _du_ ou _des_ ne rejettent -pas cette particule à la fin et se classent à la lettre D. La raison -qu'on donne pour justifier cette règle, c'est que _du_ étant mis pour -_de le_, _des_ pour _de les_, c'est cet article contracté qui, comme -tout à l'heure l'article simple, doit déterminer le classement. - - Joachim du Bellay s'écrira donc: DU BELLAY (Joachim); - Jacques des Barreaux -- DES BARREAUX (Jacques). - -Peut-être vaudrait-il mieux adopter une règle uniforme et _mettre -toujours le mot d'ordre au nominatif_. On ne verrait pas alors de ces -anomalies: Henri de Verdier classé à VERDIER (Henri de), et Henri du -Verdier classé à DU VERDIER (Henri)[447]. - -Les mêmes singularités et contradictions se retrouvent avec les -particules étrangères: _von_, _zum_, _zur_ (allemand); _van_, _ten_, -_ter_, _de_ (hollandais); _da_ (portugais); _o'_, _mc_, _mac_ (irlandais -et écossais); etc. _Von_ se rejette toujours après le nom: MÜLLER -(Johann von); SICKEL (Theodor von). Mais on écrit[448] ZUM BACH (Karl -Ad.[449]), ZUR HELLEN (D. A.); VAN PRAET (J.-B.-B.), VAN DEN BERGH (J.), -TEN BRINCK, DE DENE (Ed.); DA CUNHA (P.); O'BRIEN (Matthew), MAC-KAIN -(D.). MAC-LAURIN (C.), MC-CRADY (J.), M'CRAW (W.)[450]; etc. - -D'autres bibliographes classent, au contraire, van Aelbroeck à AELBROECK -(van), van Praet à PRAET (van), et même von Schlegel à SCHLEGEL -(von)[451]; etc. - -Ajoutons que, dans les noms allemands, les voyelles surmontées d'un -tréma, _ä_, _ö_, _ü_, sont considérées comme l'équivalent de _æ_, _œ_, -_ue_, de sorte que les noms Hänel, Löwenfeld et Dümmler seront placés -comme s'ils étaient écrits: HAENEL, LOEWENFELD et DUEMMLER. C'est même -sous ces dernières formes, conseille M. Léopold Delisle[452], qu'il sera -bon d'inscrire les noms au sommet des fiches. - -Si un nom est composé de plusieurs mots, c'est généralement le premier -mot qui est le mot d'ordre. On écrira donc, et l'on effectuera le -classement en conséquence: - - ARNAULD D'ANDILLY, et non ANDILLY (Arnauld d'); - LENAIN DE TILLEMONT, -- TILLEMONT (Lenain de); - MALTE-BRUN, -- BRUN (Malte-). - -Cependant Poquelin de Molière, François de Salignac de la Mothe-Fénelon, -Arouet de Voltaire, Charles de Secondat de Montesquieu, Caron de -Beaumarchais, etc., se classent à MOLIÈRE, FÉNELON, VOLTAIRE, -MONTESQUIEU, BEAUMARCHAIS, etc., parce que ces noms, universellement -connus, s'imposent comme mots d'ordre; et les fiches seront rédigées -sous cette forme: MOLIÈRE (Poquelin de), FÉNELON (François de Salignac -de la Mothe-), etc. - -Les femmes auteurs sont désignées par le nom sous lequel elles ont -publié leurs ouvrages: - - DACIER (Anne Lefèvre, femme d'André); - SÉVIGNÉ (Marie de Rabutin-Chantal, marquise de). - -Lorsque plusieurs auteurs portent le même nom, on les classe d'après -leurs prénoms: CORNEILLE (Pierre) avant CORNEILLE (Thomas). - -Si les prénoms sont les mêmes pour plusieurs homonymes, les qualités, -grades ou professions, joints à ces noms par les auteurs eux-mêmes, ou -ajoutés exceptionnellement par vous, détermineront le classement. DUMAS -(Alexandre) _fils_ se classera alphabétiquement avant DUMAS (Alexandre) -_père_[453]; MARTIN (Henri), archiviste paléographe, conservateur à la -bibliothèque de l'Arsenal, avant MARTIN (Henri), historien, membre de -l'Académie française, et ce dernier avant MARTIN (Henri), professeur, -membre de l'Académie des inscriptions. - -Les homonymes dont les prénoms seraient inconnus se classeraient par -ordre chronologique. - -Certains personnages, tels que les princes souverains, les papes, divers -prélats et écrivains, etc., n'ont point, à proprement parler, de noms de -famille, et ne sont communément désignés que par leurs prénoms: c'est ce -prénom qui sera le mot d'ordre, «et l'on distinguera, dit M. Léopold -Delisle[454], les homonymes par le nom des États qu'ils ont gouvernés, -des églises qu'ils ont administrées, des localités dont ils sont -originaires. Dans la série des homonymes, les saints passent au premier -rang. Les papes viennent à la place que l'ordre alphabétique assigne au -mot _pape_.» Exemples: - - CHARLES VIII, roi de _France_... - CHARLES, duc d'_Orléans_... - PAUL (saint). - PAUL _Diacre_. - PAUL d'_Égine_. - PAUL III, _pape_. - PAUL I, empereur de _Russie_. - PHILIPPE, abbé de _Bonne-Espérance_. - PHILIPPE le Bon, duc de _Bourgogne_. - PHILIPPE II, roi d'_Espagne_. - PHILIPPE III, roi de _France_. - PHILIPPE de _Thessalonique_. - -«Pour les personnages qualifiés de _saints_ ou de _bienheureux_, les -mots _saint_ et _bienheureux_ doivent être mis de côté, tandis que ces -mots font partie intégrante des noms de lieu ou d'institution dans la -composition desquels ils sont entrés[455].» On écrira donc: - - BENOÎT (saint), _Règle..._ - LOUIS (saint), _Enseignements..._ - -Mais on mettra à la lettre S les articles: - - SAINT-BENOÎT-sur-Loire (Abbaye de)... - SAINT-LOUIS (Ordre de)... - SAINT-LOUIS-des-Français, à Rome (Église de)... - -On classera aussi «à la lettre S les noms d'hommes tirés d'un nom dans -lequel le mot _Saint_ entre comme partie intégrante[456]». Exemples: - - SAINT-FOIX (G.-F. de), _Essais historiques sur Paris..._ - SAINT-PIERRE (Bernardin de[457]), _Paul et Virginie..._ - SAINT-VICTOR (J.-M. Bins de), _Tableau historique et pittoresque - de Paris..._ - -Pour les auteurs dont on possède des exemplaires des œuvres complètes, -des œuvres choisies et d'ouvrages séparés, on classe en premier lieu la -fiche relative aux œuvres complètes, inscrites dans l'ordre -chronologique des éditions; puis la fiche concernant les œuvres -choisies, rédigée de même; les fiches relatives aux ouvrages publiés -séparément viennent après, rangées par ordre alphabétique des -titres[458]. Exemples: - - CHATEAUBRIAND, _Œuvres complètes..._ - CHATEAUBRIAND, _Œuvres choisies..._ - CHATEAUBRIAND, _Atala..._ - CHATEAUBRIAND, _Martyrs (les)..._ - CHATEAUBRIAND, _Natchez (les)..._ - -Si un auteur a publié plusieurs de ses ouvrages sous des noms -différents, on rédige la _fiche complète_ ou _fiche principale_ avec, -pour mot d'ordre, le nom généralement le plus connu, et l'on met à -chaque autre nom une _fiche de rappel_ ou _de renvoi_. Ainsi Voltaire -(qui est déjà un pseudonyme et représente Arouet) a signé ses écrits de -_cent soixante_ noms différents[459]. Vous cataloguerez toutes ces -publications à VOLTAIRE sous cette forme: - - (Cote du catalogue méthodique.) - VOLTAIRE [François-Marie AROUET de]. [Docteur RALPH]. - _Candide ou l'Optimisme_, roman traduit de l'allemand du docteur - Ralph... - (Numéro du registre d'entrée.) - - (Cote du catalogue méthodique.) - VOLTAIRE [François-Marie AROUET de]. [Docteur AKAKIA]. - _Diatribe du docteur Akakia..._ - (Numéro du registre d'entrée.) - -Et vous mettez à RALPH (Docteur) et à AKAKIA (Docteur) une fiche de -renvoi: - - RALPH (docteur). - Voir VOLTAIRE. - -Vous pouvez ajouter, à l'angle gauche supérieur de la fiche de renvoi, -la cote du catalogue méthodique inscrite sur la fiche principale, le -plus valant mieux que le moins. - -Les premières éditions des _Provinciales_ de Pascal ont paru sous le nom -de Louis de Montalte; vous cataloguerez de la sorte un exemplaire d'une -de ces premières éditions: - - PASCAL (Blaise). [MONTALTE (Louis de)]. - _Les Provinciales ou les Lettres écrites par Louis de Montalte à un - provincial de ses amis, et aux RR. PP. Jésuites_, 9e édit. - Cologne, Nicolas Schoute, 1685. In-12. Rel. v. - -Et à MONTALTE vous placerez une fiche de renvoi: - - MONTALTE (Louis de). - Voir PASCAL (Blaise). - -Quelques bibliographes font l'inverse, placent la fiche principale au -nom porté sur le titre, soit à MONTALTE dans le dernier exemple, et la -fiche de renvoi à PASCAL; mais la plupart sont d'un avis contraire et -estiment qu'il faut prendre comme mot d'ordre le vrai nom ou le nom le -plus connu. «C'est cette dernière manière de faire qui a été en général -suivie, et avec raison selon nous, dit le docteur Graesel[460], parce -qu'elle est plus conforme à ce grand principe qui veut que tous les -ouvrages d'un même auteur soient autant que possible réunis sous son -vrai nom[461], qu'ils aient paru sous ce vrai nom, sous un nom supposé -ou même sous le voile de l'anonymat.» - -De même, s'il s'agit d'un nom traduit, d'une métonomasie:--MÉLANCHTHON, -traduction grecque de l'allemand Schwarzerd (ou Schwartzerde), terre -noire; ŒCOLAMPADE, traduction grecque de l'allemand Hausschein, lumière -de la maison; QUERCETANUS, traduction latine du français Duchesne; -CASTELLANUS, traduction latine du français Duchâtel; etc.,--il faut -prendre pour mot d'ordre le nom traduit, qui est le seul connu, le seul -inscrit sur les titres des œuvres, et l'on mettra, si l'on veut, au nom -véritable et qui ne figure sur aucune œuvre, une fiche de renvoi. -Contrairement à cette règle si rationnelle, la Bibliothèque nationale -porte toujours l'auteur à son nom véritable[462]: c'est comme si, dans -un dictionnaire biographique, il fallait chercher Mélanchthon à -SCHWARZERD ou Œcolampade à HAUSSCHEIN, et, pour cela, d'abord se -rappeler,--ou plutôt savoir, savoir précisément ce que l'on -cherche,--les vrais noms de Mélanchthon et d'Œcolampade. Ajoutons que -c'est aux dictionnaires, à vrai dire, et non aux fiches de catalogues, à -donner ces renseignements d'état civil et d'histoire littéraire. - -Pour les ouvrages faits en collaboration, vous rédigez une fiche -complète ou fiche principale, que vous classez au nom du premier des -auteurs, et des fiches de renvoi au nom de l'autre ou des autres. -Exemple: - - Fiche principale: - - (Cote du - catalogue méthodique.) - - ALEXANDRE, PLANCHE et DEFAUCONPRET. - - _Dictionnaire français-grec_, composé sur le plan des meilleurs - dictionnaires français-latins, et enrichi d'une table des noms - irréguliers, d'une table très complète des verbes irréguliers ou - difficiles, et d'un vocabulaire des noms propres. - - Paris, Hachette, 1869. In-8. Cart. toile. - - (Numéro du - registre d'entrée.) - - - Première fiche de renvoi: - - PLANCHE. - Voir ALEXANDRE, PLANCHE et DEFAUCONTRET. - - - Deuxième fiche de renvoi: - - DEFAUCONPRET. - Voir ALEXANDRE, PLANCHE et DEFAUCONTRET. - -Si vous avez affaire à un ouvrage traduit, vous rédigez de même deux -fiches, l'une--fiche complète ou principale--au nom de l'auteur, -l'autre--fiche de renvoi--au nom du traducteur. Exemple: - - Fiche principale: - - (Cote du - catalogue méthodique.) - - HOFFMANN. - - _Contes fantastiques_, trad. par X. Marmier. - - Paris, Charpentier, 1869. In-18. Br. - - (Numéro du - registre d'entrée.) - - - Fiche de renvoi: - - MARMIER (X.) - Voir HOFFMANN. - -De même, les factums et pièces de procédure sont portés au premier nom -inscrit dans l'énoncé du titre (demandeur ou défendeur), avec renvois au -nom de la partie adverse, des avocats, etc. Exemple: _Mémoire pour -Claude VERNEY et Marguerite FOLLEY, sa femme, de La Chapelle, terre de -Luxeuil, défendeurs originaires, contre M. de CLERMONT-TONNERRE, abbé -commendataire de l'abbaye de Luxeuil... demandeur_, et _Louis MONTAGNON, -de Dambenoît, appelé dans la cause_ (au sujet du droit de formariage; -1786. In-4).--La fiche principale doit être portée à VERNEY, et il faut -placer des fiches de renvoi aux autres noms[463]. - -Les fiches des ouvrages anonymes se classent de plusieurs manières. On -peut les grouper toutes ensemble;--ou bien placer en tête de chaque -lettre celles qui commencent par cette lettre;--ou bien prendre pour mot -d'ordre le substantif principal du titre[464];--ou encore prendre le -premier substantif nominatif du titre: c'est ce dernier système que -préconisent, sauf quelques cas particuliers, MM. Léopold Delisle, Jules -Cousin et Graesel[465], et la plupart des bibliographes. Les -explications fournies par le docteur Graesel à ce sujet sont très -probantes et établissent bien la différence qui existe et doit toujours -être maintenue entre les deux catalogues, l'alphabétique et le -méthodique. - -«En choisissant, dit-il, comme mot d'ordre, à l'exclusion de tout autre, -celui qui indique le mieux quel est le sujet traité dans l'ouvrage, on -arriverait promptement à confondre le catalogue alphabétique des noms -d'auteurs avec le catalogue alphabétique des matières (catalogue -méthodique), bien qu'ils diffèrent l'un de l'autre du tout au tout... Le -catalogue alphabétique (des noms d'auteurs) n'est pas fait pour qu'on -puisse y rechercher les livres dont on ne connaît que vaguement le -titre, quand on ne l'a pas oublié tout à fait: dans ce cas, en effet, et -pourvu qu'on se souvienne du sujet de l'ouvrage que l'on désire, il sera -toujours possible de le retrouver au catalogue méthodique[466].» - -Supposons un ouvrage anonyme intitulé _Manuel de bibliographie_; le mot -capital, le mot typique de ce titre est «Bibliographie», et c'est à la -lettre B qu'on est de prime abord tenté de classer la fiche. Mais, au -lieu de ce titre très simple, supposez celui-ci: _Manuel de -bibliographie, bibliotechnie, typographie et reliure_; vous avez là -quatre mots typiques, quatre mots d'ordre par conséquent, et -équitablement il vous faudrait rédiger, pour votre catalogue -alphabétique, quatre fiches complètes de classement. Au lieu de ces -quatre fiches, on n'en fait qu'une en prenant le mot MANUEL pour mot -d'ordre de ce catalogue. Il va sans dire qu'au catalogue de matières, on -classera la fiche complète dans la section de la BIBLIOGRAPHIE, le mot -MANUEL servant encore de mot d'ordre alphabétique, et qu'on mettra des -fiches de renvoi à BIBLIOTECHNIE, TYPOGRAPHIE et RELIURE. - -Il arrive fréquemment, pour les livres antérieurs au XIXe siècle, que le -nom de l'auteur n'est pas indiqué sur le titre, mais se trouve soit au -bas de la préface ou de l'épître dédicatoire, soit à la fin du volume, -dans le privilège ou permission d'imprimer. L'ouvrage alors ne doit pas -être considéré comme anonyme. Il faut inscrire sur la fiche le nom de -l'auteur entre crochets et la classer à ce nom. - -Si le titre de l'ouvrage ne porte que les initiales du nom de l'auteur, -tâcher d'abord de restituer ce nom dans son entier, et, si l'on y -parvient, inscrire, encore entre crochets, ce nom ou sa partie -manquante, à la suite des initiales, et classer en conséquence. -Exemples: - - -G. M. [ELZI]: classer à MELZI; - -L.-E. J. [LOUIS-ERNEST JEANDIN]: classer à JEANDIN. - - _Choix de petits romans de différents genres_, par M. L. M. D. P. - - Londres, 1789. 2 vol. in-18. - -Ces initiales signifiant: M. le marquis de Paulmy, mettre en tête de la -fiche: - -[PAULMY (marquis de)] - -et classer à PAULMY. - -Si le nom est inconnu, on peut ou considérer l'ouvrage comme anonyme, ou -le classer à la dernière initiale qui figure sur le titre comme nom -d'auteur, ou, au contraire, selon d'autres bibliographes, à la première -initiale; c'est-à-dire que ceux-ci considèrent cette première initiale -comme étant celle du nom de famille de l'auteur, l'autre ou les autres -initiales étant celles de ses prénoms; tandis que ceux-là estiment que -c'est la dernière initiale qui doit être celle du nom. Soit un ouvrage -intitulé _Pensées chrétiennes_, par D. R. T., dont l'auteur est -absolument inconnu; on classera la fiche ou comme celles des ouvrages -anonymes[467], ou à la lettre T, ou à la lettre D[468]. - -Quelques écrivains, parmi ceux notamment dont les noms de famille sont -très répandus, ont imaginé, pour éviter autant que possible toute -confusion, de joindre, par un tiret ou trait d'union, ce nom à leur -prénom. Louis-Aimé Martin, par exemple, l'éditeur de Bernardin de -Saint-Pierre, signait ses livres: L. Aimé-Martin; de même M. Fernand -Lafargue a signé la plupart de ses romans: Fernand-Lafargue. Il est -nécessaire, dans ce cas, de rédiger deux fiches, l'une--principale--à -MARTIN et à LAFARGUE; l'autre--de renvoi--à AIMÉ-MARTIN et à -FERNAND-LAFARGUE[469]. - -Les journaux et périodiques se classent, comme les ouvrages anonymes, -soit à part, soit à leur mot d'ordre[470], qui est, nous l'avons vu, le -premier substantif nominatif du titre. Ainsi, au catalogue alphabétique, -_le Magasin pittoresque_ se classera à MAGASIN; _le Moniteur du Sport et -de la Mode_, à MONITEUR; au catalogue méthodique, nous classerions ce -dernier périodique à SPORT (fiche principale) et mettrions à MODE une -fiche de renvoi. Ne craignez pas d'ailleurs de trop multiplier les -fiches de renvoi: «un catalogue bien ordonné ne contient jamais trop de -renvois», dit très bien l'_Instruction générale_, du 4 mai 1878, -relative au service des bibliothèques universitaires[471]. - -Outre le double catalogage de rigueur, alphabétique et méthodique, il -est d'usage de cataloguer à part les manuscrits, les incunables, les -volumes de grande valeur, tous les joyaux d'une bibliothèque, ce qu'on -appelle à notre Bibliothèque nationale, ainsi que nous l'avons dit déjà, -la _réserve_. Comme il est utile de décrire ces ouvrages en détail, d'en -reproduire même avec exactitude la disposition typographique du titre, -de l'incipit ou du colophon, en signalant les particularités de -l'exemplaire, le format de notre fiche habituelle (8 ou 10 centimètres -sur 12 ou 14) peut être insuffisant pour de tels développements. On se -servira donc, pour ce catalogue spécial, de feuilles de papier plus -grandes (pot, tellière, etc.), qu'on renfermera dans des reliures -mobiles _ad hoc_[472], et l'on rédigera ces descriptions dans le genre -des modèles suivants, empruntés, sauf de légères modifications, à -l'excellent _Manuel du libraire_ de Jacques-Charles Brunet et à son -supplément[473]. - - CONTENANCES (Les ||) de la Table. || _S. l. n. d._, in-4, de 6 ff. - - Le premier feuillet contient le titre, qui commence par une grande L - historiée de Vérard; les deux feuillets suivants sont signés _a_ ii et - _a_ iii. Le reste de la pièce est sans chiffres ni réclames; il n'y a - pas de ponctuation. - - Le 10e quatrain, qui finit le verso du 2e f. et commence le 3e, a cinq - vers; c'est-à-dire que le 2e vers se trouve répété en haut du 3e f., - ce qui constitue une sorte de réclame. - - Au verso du 5e f. commence une ballade de 3 strophes octosyllabiques, - plus un quatrain, et à la suite, au bas du recto du 6e f., on lit: _Cy - finissent les contenāces de la table_.[474] - - - CHRONIQUES DE NORMANDIE. - - Les croniques de normendie || nouuellement jmprimees a || Rouen. Au - verso du dernier f., 2e col., on lit: _Cy finissent... nouuellemēt - īprimees a Rou || en pour Pierre regnault libraire de || luniuersite - || de caē demourāt en froi || de rue a lenseigne saint Pierre (sans - date)_. Pet. in-fol. goth. à 2 col. de 46 lig. - - Édition belle et rare, qui doit avoir paru vers 1500. Les feuillets - n'en sont pas chiffrés, mais ils ont des signatures. Les six premiers - ff. contiennent le titre en trois lignes, et surmonté de la marque de - l'imprimeur tirée en rouge, la table des chapitres, et au verso du 6e - f. une figure sur bois, avec le sommaire du texte impr. en gros - caractères. Ce texte commence avec le cahier a, et continue jusqu'au - recto du 5e f. du cahier r, 2e col.; le 6e f. est blanc. Tous ces - cahiers ont chacun 6 feuillets. A la seconde colonne du recto du - feuillet qui suit la signature _O_ ii, se lit cette rubrique: _Cy - apres ensuit vng petit traicte leq̄l parle de la guerre cōtinuee entre - francois et anglois depuis la mort du roy henri II. nōme de - lenclastre_ (sic) _iusques a lannee destreues donnees et accordees en - lā mil cccc. xliiii_[475]. - - - AMBROISE (S.). Sensuyt le Traictie sainct Ambroise || du bien de la - mort. Au rº du 39e f., lig. 6, on lit: [¶] cy finist le liure de - sainct Ambroise du || bien de la mort. _S. l. n. d._ (vers 1510), pet. - in-8, goth., de 39 ff., sign. A.-E., grav. en b. sur le titre[476]. - - - PLAI || SANT Blason, || (Le) de la teste de || Boys. || _S. l. n. d._ - (_Lyon, vers 1555_), in-16, de 8 ff. non chiff., de 23 l. à la page, - en lettres rondes, sign. A-B. par 4. - - Le vº du titre est blanc. - - Pièce fort curieuse, que reproduisent MM. de Montaiglon et de - Rothschild au tome XIII des _Poësies franç._ des XVe et XVIe siècles, - d'après l'exempl. unique, qui est conservé à Aix dans la bibliothèque - Méjanes, nº 30 047, dans un recueil qui contient en outre la _Loittre - de Tenot à Piarrot_, l'_Admonition contre la dissolution des Habitz_, - et _le Franc Archier de Cherré_[477]. - - - LESCARBOT (Marc). Histoire || de la novvelle || France || contenant - les navigations, découvertes, & habi || tations faites par les - François ès Indes Occiden || tales, & Nouvelle-France souz l'avœu & - autho || rité de noz Rois Tres-Chrestiens, & les diverses || fortunes - d'iceux en l'exécution de ces choses, || depuis cent ans jusques à - hui. || En quoy est comprise l'Histoire Morale, Naturele, et Geo || - graphique de ladite Province: Avec les Tables & || Figures d'icelle. - || Par Marc Lescarbot Aduocat en Parlement, || Témoin oculaire d'vne - partie des choses ici récitées. || Multa renascentur quæ iam cecidere - cadentque. || _A Paris, || chez Iean Milot, tenant sa boutique sur les - degrez || de la grand' salle du Palais._ || M. DC. IX. || _Avec - Privilége du Roy_ (du 27 novembre 1608), in-8, de XXIV ff. lim. et 444 - ff. chiff.; à la page 207 se trouve la: _Figvre dv port de Ganabara av - Brésil_; à la p. 236: _Figvre de la terre nevve. Grande Riviere de - Canada, et côtes de l'Ocean en la Novvelle France_; à la p. 480: - _Figvre de Port Royal en la Novvelle France. Par Marc Lescarbot, - 1609._ (_Jan Svvelinck sculp., J. Millot excudit_)[478]. - - - LE SAGE (Alain-René). - - Histoire || de Gil Blas || de Santillanne (_sic_). || Par M. Le Sage. - || Dernière édition, revue et corrigée. || _A Paris._ || _Par les - Libraires associés._ || M. DCC. XLVII. || _Avec Approbation & - Privilége du Roy_, || 4 vol. in-12, fig. - - Édition définitive du chef-d'œuvre de Le Sage, publiée l'année même où - il mourut à Boulogne-sur-Mer; elle n'est pas rare, mais jolie et très - recherchée... - - Les premières éditions de ce livre célèbre sont moins bonnes, moins - complètes et surtout moins recherchées que celle-ci[479]. - -Au lieu des titres in-extenso et des remarques qui les accompagnent, il -suffit, pour les fiches ordinaires, d'une rédaction abrégée. Prenons, -par exemple, le dernier ouvrage dont nous venons de donner la fiche -détaillée, nous aurons, pour la fiche du catalogue alphabétique et celle -du catalogue méthodique: - - LE SAGE (Alain-René). - - _Histoire de Gil Blas de Santillanne_ (sic). Dern. édit. revue et - corrigée. - - Paris, Libraires associés, 1747. 4 vol. in-12, fig. - -On réduirait de même les autres fiches détaillées, en ne laissant que -les parties essentielles et de rigueur. - - * - - * * - -Le catalogue par ordre de matières, le catalogue méthodique ou -systématique, dont nous allons maintenant nous occuper, forme le pendant -ou comme la contre-partie du catalogue alphabétique. Celui-ci s'emploie -surtout, avons-nous dit, quand on connaît le nom de l'auteur et qu'on -veut trouver le titre d'un livre; celui-là, au contraire, quand on -connaît le titre de l'ouvrage et qu'on désire savoir le nom de l'auteur, -ou encore et surtout lorsqu'on tient à se renseigner sur la quantité -d'ouvrages relatifs à telle ou telle question et mis à la disposition -des lecteurs de telle ou telle bibliothèque. - -Le plus simple et le mieux, c'est d'exécuter simultanément les deux -catalogues, de rédiger chaque fiche en double exemplaire[480], et de -classer l'un dans la boîte du catalogue alphabétique, l'autre dans celle -du catalogue méthodique. Les diverses sections de ce dernier seront -séparées par des fiches de couleur, un peu plus hautes que les fiches -ordinaires, des _vedettes_ portant chacune le titre de sa -section;--absolument, ainsi que nous l'avons vu page 221, comme sont -séparées les sections du premier, c'est-à-dire les fiches de chaque -lettre du catalogue alphabétique. - -Mais quelles seront-elles, ces sections du catalogue méthodique? Dans -quel ordre les ranger et les grouper, ces fiches? Quel sera le système -de classification générale bibliographique que nous allons appliquer et -suivre? - -Il ne s'agit de rien moins ici que de déterminer intégralement tous les -éléments des connaissances humaines, de diviser et subdiviser -logiquement tout ce vaste ensemble, et, rien qu'à l'énoncé du problème, -on en pressent les difficultés, on devine combien la tâche est -compliquée, ardue et épineuse. - -«La première chose à faire avant de mettre la main au catalogue -méthodique, écrit M. Jules Cousin[481], c'est de s'être tracé un système -de classement, avec des divisions et subdivisions plus ou moins -nombreuses, suivant l'importance du fonds que l'on a à cataloguer. Si -l'on n'a pas, dès l'abord, fait ce travail préliminaire, si l'on n'a pas -au moins marqué les grandes lignes du plan que l'on s'astreindra à -suivre rigoureusement, on marchera au hasard, et, à la place de l'ordre -et de la clarté, on n'aura que confusion et chaos... Pour montrer le -mieux à faire, il n'y a, croyons-nous, rien de plus sage que d'indiquer -ce qui s'est déjà fait, et d'interroger l'expérience des hommes les plus -compétents.» - -Jetons donc un coup d'œil sur les divers essais et systèmes de -classification pratiqués jusqu'ici[482], et voyons ce qu'on en peut -tirer et quel choix on doit faire. - - * - - * * - -Un des plus anciens catalogues bibliographiques qui soient parvenus -jusqu'à nous est celui de la bibliothèque de l'église de Saint-Emmeran -de Ratisbonne; il a été rédigé en 1347 et comprend douze divisions, -consacrées la plupart aux livres saints: 1º _Libri textuum Bibliæ_; 2º -_Diversi expositores super Biblia_; 3º _Doctores_; 4º _Libri -Historiarum_; etc. - -Mais ce n'est pas là, à vrai dire, un système bibliographique; pas plus -que ce catalogue publié en 1498 par Alde l'Ancien sur un simple -feuillet, intitulé: _Libri græci impressi_, et contenant quatorze -articles divisés en cinq classes: 1º _Grammatica_; 2º _Poetica_; 3º -_Logica_; 4º _Philosophica_; 5º _Sacra scriptura_. - -Le premier classement qu'on peut vraiment considérer comme un système -bibliographique date de cinquante ans plus tard; il est dû au célèbre -médecin suisse Conrad Gesner, qui, dans la deuxième partie de son -ouvrage _Bibliotheca universalis_, imprimé à Zurich de 1545 à 1549, -classa les _Pandectæ_[483], c'est-à-dire tout ce que l'esprit humain -peut embrasser, en vingt et une catégories: 1. _Grammatica_; 2. -_Dialectica_; 3. _Rhetorica_; 4. _Poetica_; 5. _Arithmetica_; 6. -_Geometria_; 7. _Musica_; 8. _Astronomia_; 9. _Astrologia_; 10. _De -Divinatione et Magia_; 11. _Geographia_; 12. _Historia_; 13. _De -diversis Artibus_; 14. _De naturali Philosophia_; 15. _De prima -Philosophia, et Theologia Gentilium_; 16. _De morali Philosophia_; 17. -_De œconomica Philosophia_; 18. _Politica_; 19. _De Jure civili et -pontifico_; 20. _Theologia_ (ce titre devait être celui du 21e livre; -mais la _Médecine_, qui en aurait formé le 20e, n'ayant pas paru, on la -remplaça par la _Théologie_). - -Quant à la France, le premier système de classement bibliographique qui -y fut publié remonte à l'année 1587; il a pour auteur Christofle de -Savigny et pour titre _Tableaux accomplis de tous les arts libéraux_. Il -contient seize sections et présente plus d'une analogie avec le système -de Gesner: Grammaire, Rhétorique, Dialectique, Arithmétique, Géométrie, -Optique, Musique, Cosmographie, Astrologie, Géographie, Physique, -Médecine, Éthique, Jurisprudence, Histoire, Théologie. Une nouvelle -édition (Paris, Liber, 1619; in-fol. 37 pp.) comprend deux nouvelles -sections, Poésie et Chronologie, dont la dernière manque à Gesner. «Le -système de Savigny, observe la _Grande Encyclopédie_[484], est le -premier exemple des remaniements que les auteurs de systèmes -bibliographiques firent souvent subir à leurs méthodes, pendant les deux -siècles suivants et même encore au XIXe siècle, malgré les progrès de la -bibliographie et l'expérience des livres et des systèmes de classement.» - -Un peu avant l'apparition de l'ouvrage de Christofle de Savigny, en -1583, l'érudit Lacroix du Maine avait présenté à Henri III un curieux et -singulier projet «pour dresser une bibliothèque parfaite et accomplie de -tous points[485]». Ce parangon des bibliothèques devait comprendre dix -mille volumes, renfermés dans «cent buffets..., chacun d'iceux contenant -cent volumes». Le «premier ordre» de ces buffets, du nº 1 au nº 17, -était consacré à la religion; le «second ordre», du nº 18 au nº 41, aux -arts et sciences; le «troisième ordre», du nº 42 au nº 62, à la -description de l'univers; le «quatrième ordre», du nº 63 au nº 72, aux -choses qui concernent le genre humain; le cinquième, aux hommes -illustres en guerre; le sixième, aux ouvrages de Dieu; et le septième, -aux mémoires et mélanges. - -Le pieux Jean Mabun, dont nous parle Gabriel Naudé[486], ne trouva rien -de mieux, lui, pour classer ses livres, que de se conformer à -l'avertissement du Psalmiste: _Disciplinam, bonitatem et scientiam doce -me_, et de les partager ainsi en trois classes: Théologie, Morale et -Sciences. - -Moins strict, plus expérimenté et plus éclairé, Gabriel Naudé -(1600-1653) estime que le meilleur ordre est le suivant: «Théologie, -Médecine, Jurisprudence, Histoire, Philosophie, Mathématiques, -Humanités, et autres, lesquelles il faut subdiviser chacune en -particulier suivant leurs diverses parties[487],» etc. - -A peu près à la même époque, le père jésuite Claude Clément (1594-1642) -publiait, sous son nom latinisé de Claudius Clemens, un ouvrage -intitulé: _Musei, sive bibliothecæ tam privatæ quam publicæ exstructio, -instructio, cura, usus..._ (Lugduni, 1635; in-4), où se trouve un plan -de classement bibliographique comprenant vingt-quatre catégories ou -«armoires[488]»; Ismaël Bouilliau[489] (1605-1696) dressait le célèbre -catalogue de la bibliothèque des de Thou; et un autre membre de la -Société de Jésus, Jean Garnier (1612-1681), auteur du _Systema -bibliothecæ collegii parisiensis Soc. Jes._ (Paris, 1678; in-4), -réduisait à cinq les grandes divisions bibliographiques: Théologie, -Jurisprudence, Sciences et Arts, Belles-Lettres, Histoire[490]. - -Plus tard vinrent Gabriel Martin et Prosper Marchand, Guillaume-François -de Bure et son cousin Guillaume de Bure, Née de la Rochelle, d'autres -aussi, qui remanièrent de maintes façons les divisions de ce dernier -système. Remanié encore et complété dans la première moitié du XIXe -siècle par Jacques-Charles Brunet[491], l'auteur du précieux _Manuel du -libraire et de l'amateur de livres_, il finit par prédominer et -s'imposer à la plupart des bibliographes[492]. - -On peut adresser bien des reproches à cette classification dite de -Brunet: elle ne donne ni à la géographie, ni à l'archéologie, ni à la -bibliographie le rang que ces sciences méritent; elle place la -télégraphie (devenue électrique) dans la même subdivision que la -calligraphie et la sténographie; elle emploie des expressions mal -définies, comme _prolégomènes_ et _paralipomènes_[493], etc.; néanmoins -tous ceux qui s'occupent de livres et de catalogues sont d'accord pour -rendre hommage à cette œuvre[494]. Quant à nous, pour une bibliothèque -comme la nôtre, une bibliothèque privée ne dépassant pas quinze à vingt -mille volumes, c'est plutôt le cadre de classement tracé par M. Léopold -Delisle et dont il sera question ci-après[495], ou encore la -classification décimale, dont nous parlerons également plus loin[496], -que nous choisirions pour la mise en ordre de nos livres; mais le -système de Brunet est si connu, si souvent cité comme le modèle type des -classifications bibliographiques, qu'il s'impose, comme sujet d'étude -tout au moins. - -Il était tout naturel que Brunet et ses devanciers plaçassent la -théologie en tête de leur liste. Dans les bibliothèques d'autrefois, au -moyen âge et même encore au XVIIIe siècle, n'était-ce pas la Bible, avec -les commentaires sur les livres saints, les traités de scolastique et de -casuistique, etc., qui occupaient le premier rang et la plus grande -place? - -Dans un très beau chapitre, consacré à l'analyse et à l'apologie du -système de Brunet, Gustave Mouravit, énumérant les conditions que doit -remplir une bonne méthode de classement bibliographique, écrit[497]: - -«Cette méthode sera à la fois synthétique et analytique: synthétique, en -ce qu'elle présentera dans ses principales divisions les grandes sphères -où se déploie l'activité de la pensée humaine; analytique, en ce qu'elle -offrira, dans ses moindres détails, les produits de cette activité, et -cela en suivant la filiation et l'enchaînement des objets sur lesquels -cette activité s'exerce... - -«Ainsi, au sommet des choses, l'homme voit d'abord Dieu, son auteur et -sa fin. Les _matières théologiques_ se grouperont dans une PREMIÈRE -DIVISION. - -«Après Dieu, au moment où l'homme se retourne vers le monde, il -rencontre les hommes, ses semblables; alors se révèlent à lui les -grandes notions du droit et du devoir, du juste et de l'injuste. La -_jurisprudence_, qui les approfondit, les formule et en règle -l'application, formera une DEUXIÈME DIVISION. - -«Puis l'homme se replie sur lui-même; il veut se connaître et, avec lui, -il veut connaître aussi le monde extérieur, les rapports plus ou moins -étroits qui l'unissent à ce monde, les modifications qu'il éprouve à son -occasion et celles qu'il lui fait éprouver à son tour. C'est là -proprement le domaine _des sciences et des arts_, embrassé dans une -TROISIÈME DIVISION. - -«Mais l'intelligence humaine a sa vie propre; en même temps qu'elle -cherche à étendre le champ de ses connaissances, elle essaye de se -traduire au dehors; elle emprunte la forme du langage pour se montrer -elle-même comme une manifestation, le plus souvent d'un type rêvé par -elle et qui réalise plus ou moins _le beau_ en essence. Les études sur -le langage et sur les règles qui doivent présider aux créations de -l'esprit, les œuvres qui naissent sous le souffle de l'intelligence dans -la vision d'un idéal quelconque, tout cet ensemble de connaissances et -de productions littéraires viendra se ranger, sous le titre de -_belles-lettres_, dans une QUATRIÈME DIVISION. - -«Enfin, après Dieu, la justice, le monde extérieur, les manifestations -plus ou moins brillantes de la pensée, l'homme veut connaître les -destinées et de cette humanité dont il fait partie, et des choses mêmes -qui l'environnent; il veut savoir les évolutions diverses qu'ont -accomplies tant d'objets de ses spéculations: après la notion, il veut -le fait. Les _sciences historiques_ propres à l'éclairer à cet égard se -réuniront dans une CINQUIÈME DIVISION. - -«Comme appendice, la _bibliographie_, qui porte son flambeau -investigateur dans toutes les parties de la science, aura sa place à -part: SIXIÈME DIVISION. - -«Et, par une raison d'ordre, et de même qu'on réserve dans un vaste -édifice des appartements pour la conservation des objets qui ne -sauraient commodément trouver place ailleurs, la _polygraphie_ et les -_collections_ formeront la SEPTIÈME ET DERNIÈRE DIVISION.» - -Tel est, magnifiquement exposé, le plan du système de classification dit -de Brunet, qu'en raison même de son importance et de son universalité, -nous allons continuer d'examiner, et que nous décrirons, sinon -complètement, du moins dans ses détails principaux. - -Ce système comprend cinq grandes divisions ou classes: Théologie, -Jurisprudence, Sciences et Arts, Belles-Lettres, Histoire[498]. Chacune -de ces divisions comporte un nombre de subdivisions plus ou moins -considérable, dont les premières sont indiquées par des _chiffres -romains_. - -Voici le tableau synoptique de ces cinq grandes divisions ou classes -avec leurs premières subdivisions. En tête de chaque colonne, nous avons -ajouté une des cinq voyelles, de sorte que les cinq grandes divisions -sont respectivement représentées, selon la méthode suivie à la -Bibliothèque nationale (salle de lecture), par les voyelles A, E, I, O, -U. On évite ainsi, dans la rédaction des fiches, de répéter sur chacune -d'elles la mention de la classe (THÉOLOGIE, JURISPRUDENCE, etc.), et -l'on remplace cette mention par la voyelle correspondante[499]. Ces -voyelles majuscules sont exprimées en caractères gras (on pourrait tout -aussi bien employer des caractères penchés, de l'_italique_) pour ne pas -être confondues avec les majuscules servant, comme nous le verrons tout -à l'heure, d'indices aux troisièmes subdivisions. - -TABLEAU SYNOPTIQUE - -des grandes divisions ou classes et premières subdivisions du système -bibliographique de J.-Ch. Brunet - - - A. Théologie - - I. Écriture sainte. - II. Liturgie. - III. Conciles. - IV. SS. Pères. - V. Théologiens. - VI. Opinions singulières. - VII. Religion judaïque. - VIII. Religion des peuples orientaux. - IX. Appendice à la théologie. (Déistes et incrédules.--Athées.) - - E. Jurisprudence - - I. Droit de la nature et des gens. - II. Droit politique. - III. Droit civil et droit criminel. - IV. Droit canonique ou ecclésiastique. - - I. Sciences et Arts - - I. Sciences philosophiques. - II. Sciences physiques et chimiques. - III. Sciences naturelles. - IV. Sciences médicales. - V. Sciences mathématiques. - VI. Appendices aux sciences. (Philosophie occulte, alchimie et - astrologie.) - VII. Arts. - VIII. Arts mécaniques et métiers. - IX. Exercices gymnastiques - X. Jeux divers. - - O. Belles-Lettres - - I. Linguistique. - II. Rhétorique. - III. Poésie. - III*. Poésie dramatique. - IV. Fictions en prose. - V. Philologie. - VI. Dialogues et Entretiens. - VII. Épistolaires. - VIII. Polygraphes. - IX. Collections d'ouvrages et d'extraits de différents auteurs; - Recueils de pièces; Mélanges. - - U. Histoire - - I. Prolégomènes historiques[500]. - II. Histoire universelle, ancienne et moderne. - III. Histoire des religions et des superstitions. - IV. Histoire ancienne. - IV*. Appendice à l'histoire ancienne (Bas-Empire, Scythes, - Goths, etc.) - V. Histoire moderne. - VI. Paralipomènes historiques[501]. - - MÉLANGES ET DICTIONNAIRES ENCYCLOPÉDIQUES - NOTICES DES PRINCIPAUX JOURNAUX LITTÉRAIRES, SCIENTIFIQUES ET - POLITIQUES. - -Ainsi que nous l'avons dit et que le montre le tableau précédent, les -premières subdivisions des cinq grandes classes sont indiquées par des -_chiffres romains_. Ces subdivisions sont à leur tour fractionnées en -sous-subdivisions ayant pour indices des _chiffres arabes_; ces secondes -subdivisions donnent lieu de même, s'il est nécessaire, à des troisièmes -subdivisions, marquées par les _lettres majuscules_ de l'alphabet; puis -ces troisièmes subdivisions, à des quatrièmes, précédées de _lettres -minuscules_[502]. - -On conçoit aisément, en effet, que ces fractionnements puissent se -prolonger presque à l'infini. Ainsi, dans la classe ou division HISTOIRE -(U), partagée en six grandes subdivisions, la cinquième (V), l'HISTOIRE -MODERNE, est fractionnée, pour l'Europe seule, en quinze -sous-subdivisions ou secondes subdivisions, indiquées par des chiffres -arabes: 1. Histoire de France;--2. Histoire de la Belgique;--etc[503]. -La première de ces sous-subdivisions, 1. Histoire de France, est -partagée à son tour en quatorze sous-sous-subdivisions ou troisièmes -subdivisions, désignées par les majuscules de l'alphabet: A. Géographie -ancienne et moderne; topographie, statistique;--B. Histoire celtique et -gauloise;--C. Origine des Français; établissement de la monarchie dans -les Gaules;--D. Mœurs et usages; antiquités et monuments;...--O. -Histoire particulière des anciennes provinces et des villes de France. -Nous avons de même, pour cette dernière troisième subdivision O: _a._ -Paris;--_a bis._ Résidences royales;--_b._ Ile-de-France, Picardie, -Artois;--_c._ Beauce, Orléanais, Blaisois, etc.;--_d._ Normandie;--etc. - -Plus une bibliothèque est nombreuse et variée, plus ces subdivisions -sont nécessaires. C'est parce que J.-Ch. Brunet avait en vue -«l'arrangement d'une grande bibliothèque formée sur un plan qui embrasse -tous les genres[504]», que son système bibliographique est si développé -et comprend tant de fractionnements et de ramifications. - -En voici un second tableau plus détaillé, et, sinon complet, du moins -suffisant pour avoir une idée exacte de ce système et pouvoir cataloguer -les livres d'une bibliothèque particulière même de notable importance. -Ce tableau comprend _in extenso_ les cinq grandes divisions, leurs -premières subdivisions à chiffres romains, et leurs secondes -subdivisions à chiffres arabes. Quant aux troisièmes subdivisions, -indiquées par des lettres majuscules, et aux quatrièmes, marquées par -des minuscules, pour ne pas grossir ce livre outre mesure, je ne les y -ai fait figurer que partiellement, et je renvoie au _Manuel_ de Brunet, -tome VI, Introduction, colonnes XXVII à lxij, ceux des lecteurs qui -désireraient plus de précision et de développements. - - -A. THÉOLOGIE - - I. Écriture sainte. - - 1. Textes et versions. - 2. Interprètes de l'écriture sainte. - 3. Philologie sacrée. - - II. Liturgie. - - 1. Traités sur les rites et cérémonies de l'Église, et - principalement les offices divins. - 2. Collections de liturgies en différentes langues. - 3. Liturgies des églises grecques et orientales. - 4. Liturgies de l'église latine[505]. - 5. Liturgies gallicanes. - 6. Liturgie mozarabe, et autres liturgies particulières. - 7. Liturgies anglicanes. - - III. Conciles. - - 1. Traités touchant les conciles et les synodes. - 2. Collections de conciles. - 3. Conciles généraux. - 4. Conciles nationaux, provinciaux et diocésains. - - IV. SS. Pères. - - 1. Introduction à l'étude des SS. Pères. - 2. Collections, extraits et fragments d'ouvrages des SS. Pères. - 3. Ouvrages des SS. Pères grecs. - 4. Ouvrages des SS. Pères latins et de quelques autres écrivains - ecclésiastiques. - 5. Ouvrages des SS. Pères arméniens. - - V. Théologiens. - - 1. Théologie scolastique et dogmatique. - 2. Théologie morale. - 3. Théologie catéchétique[506]. - 4. Théologie parénétique[507], ou sermons comprenant aussi les - homélies, les prônes, etc. - 5. Théologie ascétique ou mystique. - 6. Théologie polémique. - 7. Théologiens chrétiens séparés de l'église romaine. - - VI. Opinions singulières. - - 1. Ochin, Postel, Bruno-Nolano, Beverland, etc. - 2. Illuminés et autres fanatiques. - - VII. Religion judaïque. - Doctrines, culte, institutions. - - VIII. Religion des peuples orientaux[508]. - - 1. Recueil de livres sacrés de différents peuples. - 2. Mahométisme. - 3. Magisme ou religion des anciens Persans; Brahmanisme ou - religion des Indiens. - 4. Bouddhisme et religions de la Chine. - 5. Sabéisme, etc. - - IX. Appendice à la théologie. - _Ouvrages philosophiques sur la divinité et sur les cultes - religieux._ - - 1. Déistes et incrédules. - 2. Athées. - - -E. JURISPRUDENCE - - * _Introduction._ - - A. Histoire de la législation et des tribunaux. - B. Étude du droit. - C. Philosophie du droit. - D. Dictionnaires et traités généraux. - - I. Droit de la nature et des gens. - - 1. Traités généraux. - 2. Droit international. - 3. Ouvrages spéciaux qui se rapportent au droit des gens. - - II. Droit politique. - - III. Droit civil et droit criminel. - - 1. Généralités. - 2. Droit des anciens peuples, autres que les Romains. - 3. Droit romain. - 4. Droit français. - 5. Droit maritime. - 6. Droit étranger. - - IV. Droit canonique ou ecclésiastique. - - 1. Introduction; traités élémentaires, dictionnaires, etc. - 2. Lettres des papes, canons, décrétales et bulles. - 3. Traités généraux sur le droit ecclésiastique, traités - particuliers sur des (_sic_) matières canoniques, et - procédure contre les hérétiques. - 4. Juridictions ecclésiastiques de la cour de Rome. - 5. Traités pour et contre l'autorité ecclésiastique. - 6. Église gallicane. - 7. Droit ecclésiastique étranger, et statuts des ordres religieux. - 8. Appendice: droit des églises non catholiques. - - -I. SCIENCES ET ARTS - - * _Introduction et dictionnaires._ - - I. Sciences philosophiques. - - 1. Introduction, histoire et dictionnaires. - 2. Philosophie générale et mélanges. - 3. Logique. - 4. Métaphysique. - 5. Morale. - 6. Applications de la morale. - - A. Économie. - B. Politique. - C. Économie politique, avec les applications de cette - science à l'économie sociale. - - II. Sciences physiques et chimiques. - - 1. Physique proprement dite. - 2. Chimie. - - III. Sciences Naturelles. - - 1. Généralités. - 2. Géologie. - 3. Botanique. - 4. Zoologie, ou histoire naturelle des animaux. - 5. Mélanges d'histoire naturelle et de physique. - 6. Écarts de la nature; monstres; prodiges. - 7. Cabinets et collections d'histoire naturelle, préparation et - conservation des objets. - 8. Appendice de l'histoire naturelle: agriculture et économie - rurale. - - IV. Sciences médicales. - - 1. Introduction. - - A. Histoire. - B. Écrits sur la médecine et pour ou contre cette science. - C. Dictionnaires et bibliothèques de médecine. - D. Traités préparatoires à l'étude de la médecine. - - 2. Traités généraux. - 3. Anatomie. - 4. Physiologie. - 5. Hygiène. - 6. Pathologie médicale. - 7. Séméiologie, ou traité sur les signes des maladies. - 8. Spécialités médicales. - 9. Thérapeutique; matière médicale, générale et spéciale. - 10. Médecine légale. - 11. Mélanges et journaux de médecine. - 12. Chirurgie. - 13. Pharmacie et pharmacopée; secrets de médecine. - 14. Médecine vétérinaire et traités d'hippiatrique. - - V. Sciences mathématiques. - - 1. Généralités. - 2. Mathématiques pures. - 3. Mathématiques appliquées. - - A. Calcul des probabilités. - B. Mécanique. - C. Astronomie. - D. Optique, dioptrique, catoptrique et perspective. - E. Marine. - F. Art militaire. - G. Génie des ponts et chaussées; chemins de fer; canaux. - - VI. Appendice aux sciences. - - 1. Philosophie occulte. - - A. Introduction et histoire; dictionnaires. - B. Cabale et magie. - C. Apparitions, démons, possessions, exorcismes, sortilèges et - choses analogues. - D. Divination par les songes, par les signes[509] de la main, - par les cartes. - - 2. Alchimie. - 3. Astrologie, prédictions astrologiques et autres pronostications. - - VII. Arts. - - 1. Mnémonique ou art de la mémoire naturelle et artificielle. - 2. Écriture et autres moyens de représenter la parole. - - A. Calligraphie, polygraphie, cryptographie, sténographie, - tachéographie, télégraphie. - B. Typographie. - - 3. Beaux-Arts. - - A. Introduction, histoire, dictionnaires, philosophie des - beaux-arts. - B. Arts du dessin. - a. Dessin proprement dit, lithographie. - b. Photographie. - c. Peinture. - d. Gravure. - e. Sculpture. - f. Architecture. - C. Musique. - - VIII. Arts mécaniques et métiers. - - 1. Dictionnaires et traités généraux, mélanges, expositions de - l'industrie. - 2. Pyrotechnie: art de l'artificier; fonderie; verrerie, etc. - 3. Art de tourner; industries manufacturières; travaux à l'aiguille; - métiers. - 4. Traités sur l'art culinaire. - - IX. Exercices Gymnastiques. - - 1. Lutte et escrime. - 2. Équitation. - 3. Natation. - 4. Danse. - 5. Chasses et pêches. - - X. Jeux Divers. - - -O. BELLES-LETTRES - - I. Linguistique. - - 1. Introduction. - - A. Rapports de l'écriture avec le langage. - B. Origine et formation des langues, étymologie générale. - C. Grammaire générale et mélanges de grammaire. - D. Comparaison des langues, alphabets, grammaires et - vocabulaires polyglottes généraux. - - 2. Langues européennes anciennes et modernes. - 3. Langues asiatiques. - 4. Langues africaines. - 5. Langues américaines. - - II. Rhétorique. - - * _Rhéteurs._ - - 1. Introduction. - 2. Rhéteurs grecs. - 3. Rhéteurs latins anciens, et rhéteurs modernes qui ont écrit - en latin. - 4. Rhéteurs français, italiens, espagnols et anglais. - 5. Rhéteurs orientaux. - - ** _Orateurs[510]._ - - 1. Orateurs grecs. - 2. Orateurs latins anciens. - 3. Orateurs modernes qui ont écrit en latin. - 4. Orateurs français, italiens, espagnols et anglais. - 5. Orateurs orientaux. - - III. Poésie. - - * _Introduction et traités généraux sur la poésie._ - - 1. Recueils de poésies en différentes langues. - 2. Poètes grecs. - 3. Poètes latins. - 4. Poètes français. - 5. Poètes italiens. - 6. Poètes espagnols. - 7. Poètes portugais. - 8. Poètes allemands. - 9. Poètes flamands et hollandais. - 10. Poètes scandinaves. - 11. Poètes anglais. - 12. Poésies écossaises et irlandaises. - 13. Poètes illyriens, serviens, roumains, hongrois, bohémiens, - lithuaniens, esthoniens, polonais, russes. - 14. Poésie orientale. - 15. Poètes hébreux et syriaques. - 16. Poètes arabes, persans, arméniens et turcs. - 17. Poètes sanscrits, palis, hindoustanis, cingalais, chinois et - malais. - - III*. Poésie (seconde partie). - _Poésie dramatique._ - - 1. Histoire générale des théâtres; écrits pour et contre le - théâtre, et traités généraux sur l'art dramatique. - 2. Poètes dramatiques grecs. - 3. Poètes dramatiques latins anciens. - 4. Poètes dramatiques du moyen âge et des temps modernes qui ont - écrit en latin. - 5. Poètes dramatiques français. - 6. Poètes dramatiques italiens. - 7. Poètes dramatiques espagnols. - 8. Poètes dramatiques portugais. - 9. Poètes dramatiques allemands et hollandais. - 10. Poètes dramatiques danois et suédois. - 11. Poètes dramatiques anglais, etc. - 12. Poètes dramatiques illyriens, polonais et russes. - 13. Poètes dramatiques turcs, indiens, chinois, etc. - - IV. Fictions en prose. - - 1. Apologues ou fables en différentes langues. - 2. Romans, contes et nouvelles. - - A. Histoire des romans et collections de romans. - B. Romans grecs. - C. Romans latins, anciens et modernes. - D. Romans français. - E. Romans italiens. - F. Romans espagnols. - G. Romans portugais. - H. Romans allemands, hollandais, flamands, etc. - Etc., etc. - - Appendice au titre IV. - - 1. Facéties et pièces burlesques. - 2. Dissertations singulières, plaisantes et enjouées. - - A. Différents sujets. - B. Dissertations sur l'amour. - C. Ouvrages érotiques. - D. Traités singuliers pour et contre les femmes, sur le - mariage, etc. - - V. Philologie. - - 1. Philologie proprement dite. - 2. Satires générales et satires personnelles. - 3. Gnomiques: sentences, apophthegmes, adages, proverbes. - 4. Bons mots, ana, pensées, etc. - 5. Symboles, emblèmes, devises et énigmes. - - VI. Dialogues et entretiens. - - VII. Épistolaires. - - 1. Épistolaires grecs. - 2. Épistolaires latins anciens. - 3. Épistolaires modernes qui ont écrit en latin. - 4. Épistolaires français. - 5. Épistolaires italiens, espagnols et portugais. - 6. Épistolaires allemands et anglais. - 7. Épistolaires orientaux. - - VIII. Polygraphes. - - 1. Polygraphes grecs. - 2. Polygraphes latins anciens. - 3. Polygraphes modernes qui ont écrit en latin. - 4. Polygraphes français. - 5. Polygraphes italiens. - 6. Polygraphes espagnols et portugais. - 7. Polygraphes allemands. - 8. Polygraphes danois, suédois, russes et hongrois. - 9. Polygraphes anglais et anglo-américains. - - IX. Collections d'ouvrages et d'extraits de différents auteurs; - recueils de pièces; mélanges. - - 1. Collections d'ouvrages anciens en grec et en latin. - 2. Collections d'ouvrages écrits en latin par des modernes. - 3. Collections et extraits d'ouvrages français. - 4. Collections et extraits d'ouvrages italiens, d'ouvrages espagnols - et d'ouvrages portugais. - 5. Collections et extraits d'ouvrages allemands. - 6. Collections et extraits d'ouvrages anglais et anglo-américains. - 7. Collections et extraits d'ouvrages hébreux, arabes, persans. - 8. Recueils d'ouvrages en différents dialectes indiens, - indo-chinois, chinois, etc. - - -U. HISTOIRE - - I. Prolégomènes historiques. - - 1. Traités sur la manière d'écrire et d'étudier l'histoire; - philosophie de l'histoire; atlas historiques; dictionnaires. - 2. Géographie. - 2*. Voyages. - 3. Chronologie. - - II. Histoire universelle, ancienne et moderne. - - 1. Anciennes chroniques générales. - 2. Ouvrages sur l'histoire universelle, écrits depuis le - commencement du XVIe siècle. - 3. Traités particuliers relatifs à l'histoire universelle; mœurs - et usages. - - III. Histoire des religions et des superstitions. - - 1. Histoire générale des religions. - - A. Histoire de l'Église chrétienne. - B. Histoire générale et particulière des hérésies et des - schismes. - - 2. Histoire des religions, seconde partie: histoire des religions - païennes (le polythéisme et le panthéisme), considérées sous le - rapport mythologique. - - IV. Histoire ancienne. - - 1. Origine des nations. - 2. Histoire générale et particulière de plusieurs peuples anciens. - 3. Mélanges historiques: civilisation, gouvernement, etc. - 4. Histoire des Juifs. - 5. Histoire des Phéniciens, des Babyloniens, des Égyptiens, des - Perses et de quelques autres peuples anciens. - 6. Histoire générale et particulière de la Grèce. - 7. Histoire de l'Italie avant les Romains. - 8. Histoire générale et particulière du peuple romain et de ses - empereurs. - - IV*. Appendice à l'histoire ancienne. - - 1. Histoire byzantine ou du Bas-Empire. - 2. Histoire des migrations des Scythes, des Goths, des Visigoths, - des Huns, des Vandales, etc., et de leurs invasions en Europe - pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne. - - V. Histoire moderne. - - _Généralités._ - - Europe[511]. - - A. Itinéraires généraux. - B. Histoire générale de l'Europe, etc. - Etc., etc. - - 1. Histoire de France. - - A. Géographie ancienne et moderne; topographie; statistique. - B. Histoire celtique et gauloise. - C. Origine des Français; établissement de la monarchie dans - les Gaules. - D. Mœurs et usages; antiquités et monuments. - E. Histoire générale sous les trois races des rois de France. - F. Collections de chroniques et de mémoires historiques. - G. Collections de dissertations particulières; recueils de - diplômes et de chartes. - H. Mélanges historiques. - J. Ouvrages qui se rapportent à l'histoire générale de - certaines époques. - K. Histoire particulière de la France sous chaque règne. - L. Histoire royale et princière, contenant les origines, les - généalogies, titres, prérogatives, etc., des rois; droits - de la couronne sur divers États; histoire des princes issus - du sang royal, et celle des reines. - M. Cérémonial français. - N. Mélanges d'histoire politique et civile de France. - O. Histoire particulière des anciennes provinces et des villes - de France. (On pourrait ajouter à chaque paragraphe les noms - des départements qui y correspondent.) - - a. Paris. - a bis. Résidences royales. - b. Ile-de-France, Picardie, Artois. - c. Beauce, Orléanais, Blaisois, etc. - d. Normandie. - e. Maine, Touraine, Anjou, Poitou. - f. Bretagne. - g. Nivernais, Bourbonnais, Berry. - h. Champagne. - i. Bourgogne et Franche-Comté. - Etc., etc. - - 2. Histoire de la Belgique[512], contenant les anciennes provinces - de Brabant, de Flandre, du Hainaut, de Namur, de Luxembourg, de - Limbourg, du pays de Liège, et la Hollande. - 2*. Histoire de la Belgique, seconde partie: Hollande. - 3. Histoire d'Italie. - 4. Histoire des îles Ioniennes, de la Sardaigne, de la Corse et de - l'île de Malte. - 5. Histoire de la Suisse. - 6. Histoire d'Espagne. - 7. Histoire de Portugal. - 7*. Histoire des îles Baléares, etc. - 8. Histoire d'Allemagne. - 9. Histoire de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, - 10. Histoire scandinave. - 11. Histoire de l'empire des Russies. - 12. Histoire de la Pologne, de la Lithuanie et de l'Ukraine. - 13. Histoire générale de l'empire ottoman, avec l'histoire des - possessions turques en Europe, y compris la Moldavie, la - Valachie, la Bulgarie et la Servie. - 14. Histoire de la Grèce et de ses îles. - 15. Histoire des hordes nomades, vulgairement nommées Bohémiens, - qui parcourent l'Europe, et auxquelles on suppose une origine - indienne. - - † _Mélanges relatifs à l'histoire de l'Asie, de l'Afrique et de - l'Amérique, comprenant l'histoire générale des colonies modernes - fondées par les Européens._ - - ** Asie. - - 1. Histoire générale. - 2. Histoire des Arabes et de l'Islamisme. - 3. Histoire des possessions turques en Asie, y compris la Syrie et - l'Arménie. - 4. Histoire d'une partie du littoral de la mer Caspienne et des - contrées caucasiennes. - 5. Histoire de la Perse, du Caboul, du Turkestan, etc. - 6. Histoire de l'Inde. - 7. Histoire de l'Archipel indien: Ceylan, Sumatra, Java, les - Philippines, etc. - 8. Histoire d'une partie de l'Asie centrale et septentrionale, - comprenant l'Inde au delà du Gange, le Tibet, la Mongolie et la - Tartarie. - 9. Histoire de la Chine et de la Corée. - 10. Histoire du Japon. - 11. Histoire des possessions russes en Asie. - 12. Appendice à l'histoire de l'Asie: Australie, Nouvelle-Zélande, - Polynésie. - - *** Afrique. - - 1. Histoire générale. - 2. Histoire de l'Égypte et de la Nubie. - 3. Histoire des États barbaresques, y compris l'Algérie. - 4. Histoire des régions centrales, des régions occidentales et des - régions orientales de l'Afrique. - 5. Histoire des îles d'Afrique. - - **** Les deux Amériques. - - 1. Histoire générale. - 2. Amérique septentrionale. - 3. Iles Antilles. - 4. Amérique méridionale. - - VI. Paralipomènes historiques. - - 1. Histoire de la chevalerie et de la noblesse. - 2. Histoire des solennités, pompes et cérémonies publiques. - 3. Archéologie. - 3*. Archéologie, seconde partie: Archéographie. - 4. Histoire littéraire. - 5. Biographie, et spécialement la biographie littéraire et celle - des artistes. - 6. Bibliographie. - - A. Introduction. - B. Traités généraux sur les livres, sur les bibliothèques, leur - histoire, et sur les devoirs des bibliothécaires. - C. Histoire de l'imprimerie. - Etc., etc. - - Mélanges et Dictionnaires encyclopédiques. - - Notice des principaux journaux littéraires et scientifiques [et - politiques]. - - I. Journaux français. - - a. Gazettes, journaux purement littéraires, et journaux - politiques et littéraires. - b. Journaux bibliographiques. - c. Journaux religieux. - d. Journaux relatifs à la jurisprudence et à l'économie. - e. Journaux scientifiques. - f. Journaux relatifs aux beaux-arts, aux arts et métiers, etc. - g. Journaux géographiques et historiques. - Etc., etc. - - II. Journaux écrits en latin. - - III. Journaux étrangers. - - * - - * * - -Pour appliquer ce système de classification, dont nous venons de tracer -les grandes lignes, prenons l'exemple qui nous a déjà servi à propos du -catalogue alphabétique, soit un exemplaire de l'_Histoire de Paris_ de -Dulaure, dont il s'agit de déterminer la cote du catalogue méthodique. - -Nous cherchons dans la classe U. HISTOIRE; nous nous arrêtons à V. -HISTOIRE MODERNE, puis à 1. Histoire de France, ensuite à O. Histoire -particulière des anciennes provinces et des villes de France, et enfin à -_a_. Paris,--_a_ en italique, mais que, pour plus de régularité et de -commodité, nous écrirons, avons-nous dit[513], en caractère romain: a. -La fiche de cette _Histoire de Paris_ portera donc les mentions -suivantes: U V 1 O a. - -L'ouvrage (nom de l'auteur, titre, etc.) étant inscrit sur le ou les -registres d'entrée, comme il a été spécifié à propos du catalogue -alphabétique[514], nous l'inscrivons sur le registre du catalogue -méthodique affecté à l'Histoire de Paris. Théoriquement, chaque -subdivision des cinq grandes classes (A, E, I, O, U), que cette -subdivision soit marquée par un chiffre romain, un chiffre arabe, une -lettre majuscule ou une minuscule (U--V 1 O a), devrait avoir son -registre ou cahier spécial, aussi bien que sa section distincte dans la -boîte à fiches du catalogue méthodique[515]; mais on se rend bien compte -que nombre de ces sections se réduiraient parfois à très peu de chose, -sinon à rien, et que, pour la plupart des cas, même dans une -bibliothèque importante, il est plus pratique et plus simple de -s'arrêter, sinon à la première, du moins à la deuxième ou à la troisième -subdivision[516], de réunir, par exemple, dans un même registre -l'Histoire de Paris (U V 1 O a) à l'Histoire particulière des anciennes -provinces et des villes de France (U V 1 O), confondre même ces deux -rubriques dans l'Histoire de France (U V 1). - -En supposant donc que l'ouvrage en question, cet exemplaire de -l'_Histoire de Paris_ de Dulaure, soit le soixante-deuxième inscrit sur -le registre ou cahier du catalogue méthodique affecté à la subdivision -a, nous aurons pour la cote: - - U V 1 O a - --------- - Nº 62 - -S'agit-il de cataloguer le _Théâtre_ de Racine? Nous prenons la classe -O. BELLES-LETTRES, puis la division POÉSIE et son appendice III*. POÉSIE -DRAMATIQUE, et nous nous arrêtons à 5. Poètes dramatiques français. Nous -inscrivons l'ouvrage sur le registre ou cahier du catalogue méthodique -affecté à cette série, et, en supposant qu'il y reçoive le numéro 820, -nous avons la cote: - - O III* 5 - -------- - Nº 820 - -Très fréquemment, il arrive que le même ouvrage peut être classé à -plusieurs endroits, c'est-à-dire qu'il traite de matières différentes et -intéresse plusieurs branches des connaissances humaines. Dans ce cas, on -le catalogue dans la section (division, subdivision, sous-subdivision, -etc.), qui paraît la plus directement intéressée, et l'on place dans les -autres des fiches de renvoi. Ainsi, et selon la remarque de J.-Ch. -Brunet lui-même[517], «les ouvrages sur le _Mariage_ se placent dans -neuf classes différentes, selon le point de vue sous lequel le sujet est -traité. Le mariage, considéré comme sacrement, appartient à la Théologie -et au Droit canonique;--comme acte civil, et pour ce qui regarde les -droits réciproques des époux, au Code civil;--quant aux infractions qui -y sont faites, au Code pénal;--considéré dans les devoirs des époux, à -la Morale ou à l'Économie;--dans ses rapports avec la population, à -l'Économie politique;--sous le rapport médical, à la Médecine;--comme -appartenant aux mœurs et aux usages des anciens, aux Antiquités;--enfin, -envisagé du côté plaisant, aux Facéties.» - -Quant aux polygraphes (Voltaire, Diderot, Jean-Jacques Rousseau, etc.), -nous avons vu qu'ils forment une subdivision spéciale de la -classification de Brunet (O VIII). La Bibliothèque nationale, comme nous -le constaterons tout à l'heure, les classe aussi sous une même rubrique -(Z). - -Il y a des titres trompeurs, qui peuvent être différemment interprétés -ou ne répondent nullement au contenu des ouvrages. Ainsi il ne faudrait -pas classer le _Jardin des racines grecques_ de Lancelot dans -l'Horticulture, ni dans la Pathologie le _Traité des fluxions_ -(mathématiques) du géomètre écossais Mac-Laurin[518]; ni dans la -Théologie les _Mémoires pour servir à l'histoire de la Calotte_, comme -l'a fait jadis un libraire, aussi ignorant qu'irrévérencieux, chargé -d'inventorier la bibliothèque de Lamennais[519]; ni dans la Géographie -les _Voyages littéraires sur les quais de Paris_ de Fontaine de Resbecq; -etc. - - * - - * * - -Les systèmes de classification bibliographique abondent. Étroitement -rattachés qu'ils sont à l'inventaire général et à la méthodique -coordination des connaissances humaines, il faudrait, pour en faire une -étude complète, remonter jusqu'à Aristote, l'encyclopédie vivante de -l'antiquité; rappeler le _Novum Organum_ du chancelier Bacon, et son -mode de dénombrement et de classement de nos connaissances suivant ces -trois facultés: 1º MÉMOIRE (Histoire, etc.); 2º RAISON (Philosophie, -Mathématiques, etc.); 3º IMAGINATION (Poésie, Beaux-Arts, etc.), que -d'Alembert a repris et si brillamment développé dans son _Discours -préliminaire de l'Encyclopédie_. Il faudrait ne pas omettre surtout les -_lois_ promulguées de nos jours par Auguste Comte: loi d'évolution ou -_loi des trois états_: état théologique ou fictif, état métaphysique ou -abstrait, état positif ou scientifique; ni sa _classification des -sciences_: mathématiques, astronomie, physique, chimie, biologie ou -science des corps vivants, et sociologie ou science des sociétés[520]. - -En nous en tenant strictement aux bibliographes, il faudrait citer, -outre les premiers classements et les essais dont nous avons parlé, qui -ont inspiré, voire enfanté, la classification de Brunet, le système de -Parent aîné[521], celui du marquis de Fortia d'Urban[522], de l'Anglais -Bentham[523], qui avait si joliment imaginé de classer les livres -d'après le bien-être qu'ils peuvent procurer, du bibliothécaire belge -Namur[524], d'Aimé-Martin[525], de l'abbé Girard, de Peignot, Camus, -Ameilhon, Massol, Coste[526], etc. En insérant celui de Brunet, le plus -réputé et le plus usité de tous, nous avons voulu donner une idée type -de ces méthodes. Nous allons en passer rapidement en revue quelques -autres, des plus caractéristiques et des plus importantes. - - -BIBLIOTHÈQUE NATIONALE. - -M. Léopold Delisle, administrateur général de la Bibliothèque nationale, -trace en ces termes l'exposé du classement des livres de cet -établissement[527]: - -«Les livres imprimés de la Bibliothèque nationale sont répartis en -trente grandes divisions, dont chacune a pour marque caractéristique une -grande lettre de l'alphabet, accompagnée ou non d'une étoile, d'un -chiffre ou d'une minuscule. En voici le tableau: - - A. Écriture sainte. - B. Liturgie et conciles. - C. Pères de l'Église. - D. Théologie catholique. - D². Théologie non catholique. - E. Droit canon. - *E. Droit de la nature et des gens. - F. Droit civil. - G. Géographie et Histoire générale. - H. Histoire ecclésiastique. - J. Histoire ancienne: Grecs, Byzantins, Turcs, Romains, Antiquités. - K. Histoire d'Italie. - L. Histoire de France. - M. Histoire d'Allemagne, des Pays-Bas, des pays du Nord et de l'Est - de l'Europe. - N. Histoire de la Grande-Bretagne. - O. Histoire d'Espagne et de Portugal. - O². Histoire d'Asie. - O³. Histoire d'Afrique. - P. Histoire d'Amérique. - P². Histoire d'Océanie. - Q. Bibliographie. - R. Sciences philosophiques, politiques, économiques, morales et - physiques. - S. Sciences naturelles. - T. Sciences médicales. - V. Mathématiques, sciences et arts. - Vm. Musique. - X. Linguistique et rhétorique. - Y. Poésie et théâtre. - Y². Romans. - Z. Polygraphie.» - - -BIBLIOTHÈQUE DE L'UNIVERSITÉ DE FRANCE. - -(Sorbonne[528].) - -_Cadre de classement._ - -B. Bibliographie. - - B. G. _Bibliographie générale._ - B. S. b. Bibliographie spéciale (bibliothèques). - B. S. r. Bibliographie spéciale (répertoires). - B. S. a. Bibliographie spéciale (amateurs). - -T. Théologie. - - T. E. _Théologie. Écriture._ - T. E. t. Textes. - T. E. v. Versions. - T. E. e. Exégèse. - T. E. e. a. Exégèse de l'Ancien Testament. - . . . . . . . . . . . . . . . . . . - T. L. _Liturgie._ - T. L. g. Liturgie générale. - T. L. p. Liturgie particulière. - T. C. _Conciles._ - T. S. _Saints Pères._ - T. T. _Théologiens._ - T. P. _Polémique._ - T. H. _Histoire ecclésiastique._ - T. D. _Droit canon._ - -S. Sciences. - - S. D. _Dictionnaires. Encyclopédies._ - S. P. _Sciences philosophiques._ - S. G. _Sciences politiques et gouvernementales._ - S. N. _Sciences naturelles._ - S. M. _Sciences médicales._ - S. O. _Sciences occultes._ - S. [Phi]. _Sciences physiques._ - S. X. _Mathématiques pures et appliquées._ - S. A. _Beaux-Arts._ - S. I. _Arts industriels._ - S. J. _Journaux scientifiques._ - -L. Littérature. - - L. P. _Philologie._ - L. P. c. Philologie générale et composée. - . . . . . . . . . . . . . . . . . . - L. H. _Histoire littéraire._ - L. D. _Traités didactiques._ - L. M. _Littérature du moyen âge._ - L. G. _Littérature grecque._ - L. L. _Littérature latine._ - L. L'. _Littérature latine moderne._ - L. F. _Littérature française._ - L. E. _Littérature étrangère._ - -H. Histoire. - - H. U. _Histoire universelle._ - H. U. i. Introduction. - H. U. c. Chronologie. - H. U. h. Histoire générale. - H. A. _Histoire ancienne._ - H. A. g. Histoire générale de l'antiquité. - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - H. M. _Histoire moderne de l'Europe (France exceptée)._ - H. F. _Histoire de France._ - H. F. c. Collections. - H. F. g. Histoire générale. - H. F. o. Origines, Mérovingiens, Carolingiens. - H. F. ca. Premiers Capétiens, premiers Valois. - H. F. v. Deuxièmes Valois. - H. F. b. Bourbons. - H. F. r. Révolution. - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - H. V. _Géographie et voyages._ - H. V. a. Atlas. - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - H. L. _Législation._ - H. R. _Archéologie._ - H. J. _Journaux et recueils littéraires historiques._ - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - M. Musique (Partitions). - U. _Universités françaises._ - -I. Incunables. - - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -M. S. Manuscrits. - - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -R. Réserve. - - -BIBLIOTHÈQUE DE LA VILLE DE PARIS[529]. - -(_Musée Carnavalet._) - -HISTOIRE DE PARIS. - -_Tableaux des divisions_ - - SECTIONS SÉRIES - - I.--Bibliographie. - - A. Bibliographie de Paris. Études bibliographiques intéressant - l'histoire de Paris. 1 - B. Catalogues de bibliothèques riches en histoire de Paris. 2 - - II.--Histoire physique et naturelle. - - A. Météorologie parisienne, faune, botanique et horticulture, - paléontologie, géologie. 3 - _Appendice:_ carrières sous Paris, catacombes. 4 - B. Hydrographie. - _Eaux naturelles._--La Seine, la Bièvre, inondations, puits - et sources, eaux de Passy.--_Appendice:_ ports et navigation. 5 - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - C. Population, statistique. 8 - - III.--Histoire Générale. - - A. Histoire de Paris formant corps d'ouvrage et généralités. 9 - B. Descriptions et guides cicerones. 10 - C. Histoire particulière des quartiers de Paris. 11 - - IV.--Topographie. - - A. Généralités.--Plans et enceintes. - Généralités. Études sur la topographie de Paris 31 - Plans par ordre chronologique 32 - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - V.--Monuments et Architecture. - - A. Monuments publics. - Les monuments de Paris en général, inscriptions 42 - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - VI.--Histoire religieuse. - - A. Généralités. - Liturgie parisienne, officialité, administration - ecclésiastique, anciens sermonnaires intéressant l'histoire - des mœurs 50 - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - VII.--Histoire des Lettres, Sciences et Arts à Paris. - - A. Instruction publique. - Généralités 56 - Ancienne Université de Paris et ses collèges. 57 - - VIII.--Histoire des mœurs et coutumes. - - A. Généralités. - Histoire générale des mœurs et coutumes des Français 73 - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - IX.--Fêtes et Divertissements. - - A. Fêtes officielles, etc. 88 - B. Théâtre. - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - X.--Histoire civile et administrative. - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - XI.--Police et Histoire judiciaire. - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - - XII.--Environs de Paris. - - A. _Environs de Paris en général._--Cartes et vues 158 - Histoire, dictionnaires et documents divers. 159 - B. Histoire particulière des villes; villages et châteaux 160 - . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Un des meilleurs systèmes de classement, surtout pour une collection de -petite ou de moyenne étendue, comprenant des ouvrages de toute sorte, -est celui qu'indique M. Léopold Delisle, et qu'il recommande comme «un -cadre dans lequel trouveraient aisément place tous les ouvrages dont se -composent la plupart de nos bibliothèques municipales[530]». - -Ici, comme précédemment, les diverses matières sont désignées chacune -par une lettre majuscule: - - A. Théologie. - B. Jurisprudence. - C. Sciences philosophiques, politiques et morales. - D. Sciences physiques et chimiques. - E. Sciences naturelles.--Agriculture. - F. Médecine. - G. Sciences mathématiques et applications.--Mécanique.--Astronomie. - --Marine.--Art militaire.--Jeux. - H. Beaux-Arts. - I. Linguistique et littérature.--Généralités.--Mélanges.--Langues - et littératures autres que celles pour lesquelles il existe des - divisions spéciales. - J. Langues et littératures de l'Orient. - K. Langues et littératures classiques (la Grèce et Rome). - L. Langue et littérature françaises. - M. Langues et littératures des États de l'Europe autres que la France. - N. Histoire universelle.--Généralités de la géographie et des voyages, - de la chronologie, de la biographie, de l'archéologie, de la - paléographie et de l'histoire ecclésiastique, y compris les - croisades. - O. Histoire ancienne de l'Orient.--Juifs.--Égyptiens.--Assyriens, - etc.--Indiens.--Chinois. - P. Histoire ancienne des Grecs et des Romains.--L'empire byzantin. - Q. Histoire de France. - R. Histoire des États européens autres que la France. - S. Histoire de l'Asie et de l'Afrique. On y pourra comprendre la - Turquie. - T. Histoire de l'Amérique et de l'Océanie. - U. Bibliographie et histoire littéraire. - V. Mélanges encyclopédiques et autres.--Collections.--Polygraphie. - -Les subdivisions, dont le nombre peut s'étendre à volonté, seront -marquées par des lettres minuscules, placées à la suite de la majuscule -annonçant la division. Exemple: - - Q. _Histoire de France._ - Qa. Généralités de l'histoire de France.--Géographie.--Histoires - générales.--Résumés.--Collections de documents. - Qb. Détails de l'histoire de France par périodes et par règnes. - Qc. Publications périodiques relatives à l'histoire de France. - Qd. Histoire des institutions et des usages politiques, - ecclésiastiques, administratifs, militaires, commerciaux, etc., - de la France. - Qe. Histoire provinciale et locale. - Qf. Histoire des familles et des individus. (Généalogies et - biographies.) - -En reprenant ici notre exemple, la cote à donner à l'_Histoire de Paris_ -de Dulaure, nous aurions, avec ce mode de classement: - - Qe - ----- - Nº 62 - -Et si la subdivision Qe. _Histoire provinciale et locale_ était, à son -tour, comme la subdivision correspondante de Brunet, sectionnée en: - - Qea. Paris (Histoire, mœurs et usages). - Qeb. Ile-de-France. - Qec. Beauce. - Qed. Normandie. - Etc., etc., - -nous aurions pour la susdite cote: - - Qea - ----- - Nº 62 - -On voit, d'après ce qui précède, combien les classifications -bibliographiques offrent de divergences et de latitude. Chaque -bibliothèque spéciale donne tout naturellement et forcément à sa -spécialité, à ce qui la préoccupe le plus, une place à part et la plus -grande place; elle attribue à cette spécialité des divisions distinctes, -accompagnées de nombreuses subdivisions et sous-subdivisions. Ainsi la -bibliothèque de l'administration des postes et des télégraphes, -organisée en 1878 par M. Ernest Jacquez, porte en tête de son catalogue -l'électricité et le magnétisme; puis viennent les sciences physiques, -chimiques, naturelles, mathématiques, philosophiques, etc., et, dans -deux sections particulières et parallèles, les ouvrages exclusivement -consacrés à la télégraphie et aux postes, avec ces numéros et lettres -d'ordre: - - 1. Électricité et magnétisme. - 2. Sciences physiques (électricité exceptée). - 3. Sciences chimiques. - 4. Sciences naturelles. - 5. Sciences mathématiques. - 6. Sciences philosophiques, morales, sociales et économiques. - 7. Publications encyclopédiques, mélanges, arts. - 8. Littérature, linguistique, polygraphie, histoire et géographie. - 9. Jurisprudence. - 10. Cartes et atlas. - T. Télégraphie. - P. Postes. - -Et comme subdivisions: - - 1A. Histoire de l'électricité et du magnétisme;... - 1B. Grandeurs électriques et magnétiques; sources d'électricité et - de magnétisme;... - 1C. Traités complets et partiels anciens et modernes d'électricité et - de magnétisme;... - 1D. Applications de l'électricité et du magnétisme;... - 1E. Journaux, revues et annuaires français et étrangers concernant - l'électricité;... - - 2A. Histoire et traités préparatoires (des sciences physiques, - électricité exceptée);... - 2B. Cours et traités généraux;... - Etc., etc. - -On peut consulter encore sur ces arides questions de classification la -table systématique de la _Bibliographie de la France, Journal général de -l'imprimerie et de la librairie_; celle du _Catalogue général de la -librairie française_, de Lorenz; du _Polybiblion, Revue bibliographique -mensuelle_; ainsi que les nombreux cadres de classement des -bibliothèques et publications étrangères; et l'on se convaincra de plus -en plus qu'il n'y a pas de système bibliographique absolu et -infaillible, pouvant également convenir à tout le monde et sur lequel -tout le monde soit d'accord[531]; on reconnaîtra de plus en plus la -justesse de la remarque de J.-Ch. Brunet, qu'«il est naturel que chaque -possesseur de livres classe sa bibliothèque selon la nature de ses -études, selon ses propres opinions, et qu'au besoin il rattache à sa -spécialité tout ce qui, de près ou de loin, semble s'y rattacher[532].» - - * - - * * - -Faisant abstraction de toutes ces complexes et interminables divisions -et subdivisions encyclopédiques, des bibliographes des États-Unis ont -conseillé d'inscrire simplement sous les mots du dictionnaire la liste -des ouvrages qui se rapportent à ces mots. Au mot AME, par exemple, vous -trouvez les titres des ouvrages qui traitent de l'âme; au mot ARGENT, -ceux qui traitent de l'argent; à ASTRONOMIE, ceux qui traitent de cette -science; etc. Pour remédier aux difficultés du classement, ils l'ont -tout bonnement supprimé[533]. - -Mais, comme un lien existe entre toutes les branches du savoir humain, -et qu'on a besoin de saisir ce lien, de tenir ce fil pour se guider à -travers ce lacis de ramifications, et se reporter d'une science à une -autre, les Américains ne se sont pas arrêtés à leur -_Dictionary-Catalogue_, ils ont cherché un système qui pût embrasser -toutes les questions, même les plus menues, s'étendre à l'infini, et -aussi qui fût indépendant des pays et des langues, et susceptible d'être -rapidement sinon instantanément compris de tous les bibliographes, de -tout le monde. - -La _Classification décimale_, imaginée par M. Melvil Dewey, directeur de -la Bibliothèque de l'État de New-York et président de l'Association des -bibliothécaires américains, a fait grand bruit il y a quelques années, -et elle semblait pouvoir remplir ces desiderata. Au mois de septembre -1895, une Conférence bibliographique internationale s'est tenue à -Bruxelles, sous le patronage du gouvernement belge; elle a décidé la -création d'un Institut international de bibliographie, et provoqué la -formation d'un Office international, subventionné par les gouvernements, -«pour préparer un Répertoire bibliographique universel et assigner aux -publications faites dans les divers États la cote de classement que -devra recevoir chacune d'elles et qui sera apposée sur les exemplaires -de toutes les bibliothèques affiliées à l'Office international[534]». -D'autres conférences analogues eurent lieu à Londres en 1896, et à -Bruxelles en 1898; mais il paraît que plus d'un désaccord s'est produit -entre les promoteurs de ce mouvement; on n'a pas su maintenir aux -chiffres des cotes une signification invariable et certaine, et il en -est naturellement résulté une paralysante confusion[535]. - -Néanmoins, l'Office et l'Institut international de bibliographie, fondés -à Bruxelles en 1895 pour propager la «géniale invention[536]» de M. -Melvil Dewey, subsistent toujours, et c'est à une publication de cet -office[537] que nous empruntons la plupart des détails suivants. - -M. Melvil Dewey répartit l'ensemble des connaissances humaines en neuf -classes principales, numérotées chacune par un chiffre, de 1 à 9. Les -encyclopédies, les périodiques et les ouvrages d'un caractère général et -qui n'appartiennent à aucune de ces classes sont désignés par un zéro et -forment une classe à part, une classe préalable, dite des «Ouvrages -généraux» ou «Généralités». On a ainsi: - - 0 Ouvrages généraux[538]. - 1 Philosophie. - 2 Religion. Théologie. - 3 Sciences sociales et Droit. - 4 Philologie. Linguistique. - 5 Sciences mathématiques et naturelles. - 6 Sciences appliquées. Technologie. - 7 Beaux-Arts. - 8 Littérature. - 9 Histoire et Géographie. - -Chacune de ces dix grandes classes est partagée en dix subdivisions, -ayant chacune pour indice ou symbole le chiffre de la classe à laquelle -elle appartient, suivi d'un autre chiffre variant encore de 0 à 9. Voici -la liste de ces (10 × 10) subdivisions: - -0 Ouvrages généraux. - - 00 Généralités. - 01 Bibliographie. - 02 Bibliothéconomie. - 03 Encyclopédies générales. - 04 Collections générales d'essais. - 05 Périodiques généraux. Revues. - 06 Sociétés générales. Académies. - 07 Journaux. Journalisme. - 08 Bibliothèques spéciales. - 09 Manuscrits et livres précieux. - -1 Philosophie. - - 10 Généralités. - 11 Métaphysique. - 12 Divers sujets métaphysiques[539]. - 13 L'esprit et le corps. - 14 Systèmes philosophiques. - 15 Psychologie. - 16 Logique. - 17 Morale. - 18 Philosophes anciens. - 19 Philosophes modernes. - -2 Religion. Théologie. - - 20 Généralités. - 21 Théologie, religions naturelles[540]. - 22 Bible. Évangile. - 23 Théologie doctrinale. - 24 Pratique religieuse. Dévotion. - 25 Œuvres pastorales. - 26 L'Église. - 27 Histoire de l'Église. - 28 Église et sectes chrétiennes. - 29 Religions non chrétiennes. - -3 Sciences sociales et Droit. - - 30 Généralités. - 31 Statistique. - 32 Science politique. - 33 Économie politique. - 34 Droit. - 35 Administration. Droit administratif. - 36 Assistance. Assurances. Associations. - 37 Enseignement. Éducation. - 38 Commerce. Transports. Communications. - 39 Coutumes. Costumes. - -4 Philologie. Linguistique. - - 40 Généralités. - 41 Philologie comparée. - 42 Philologie anglaise. - 43 Philologie germanique. - 44 Philologie française. - 45 Philologie italienne. - 46 Philologie espagnole. - 47 Philologie latine. - 48 Philologie grecque. - 49 Autres langues. - -5 Sciences mathématiques et naturelles. - - 50 Généralités. - 51 Mathématiques. - 52 Astronomie. Géodésie. Navigation. - 53 Physique. - 54 Chimie. Minéralogie. - 55 Géologie. - 56 Paléontologie. - 57 Biologie. Anthropologie. - 58 Botanique. - 59 Zoologie. - -6 Sciences appliquées. Technologie. - - 60 Généralités. - 61 Médecine. - 62 Art de l'ingénieur. - 63 Agriculture. - 64 Économie domestique. - 65 Commerce. Transports. - 66 Industries chimiques. - 67 Manufactures. - 68 Industries mécaniques et métiers. - 69 Construction. - -7 Beaux-Arts. - - 70 Généralités. - 71 Paysages de jardins. (Jardins, parcs, promenades.) - 72 Architecture. - 73 Sculpture. Numismatique. - 74 Dessin. Décoration. - 75 Peinture. - 76 Gravure. - 77 Photographie. - 78 Musique. - 79 Divertissements. Jeux. Sports. - -8 Littérature. - - 80 Généralités. - 81 Littérature américaine[541]. - 82 Littérature anglaise. - 83 Littérature germanique. - 84 Littérature française. - 85 Littérature italienne. - 86 Littérature espagnole. - 87 Littérature latine. - 88 Littérature grecque. - 89 Autres littératures. - -9 Histoire et Géographie. - - 90 Généralités. - 91 Géographie et voyages. - 92 Biographie. - 93 Histoire ancienne. - 94 Histoire moderne { Europe. - 95 { Asie. - 96 { Afrique. - 97 { Amérique du Nord. - 98 { Amérique du Sud. - 99 { Océanie. Régions polaires. - -Ces cent premières subdivisions (de 00 à 99) forment à leur tour chacune -dix deuxièmes subdivisions, fractionnées elles-mêmes chacune en dix -troisièmes subdivisions, etc., toutes numérotées, d'après le même -principe, de 0 à 9. On obtient ainsi des nombres de trois, quatre, -cinq... chiffres. Afin d'accentuer l'intelligibilité «des nombres un peu -longs», il est d'usage d'y intercaler un point, ordinairement après le -troisième chiffre. Ce point, bien entendu, «n'a rien de décimal»[542]. - -Prenons, par exemple, la subdivision 33 Économie politique, nous aurons -comme deuxièmes subdivisions[543]: - - 330 Généralités. - 331 Capital, main-d'œuvre et salaires. - 332 Banques. Monnaie. Crédit. - 333 Propriété immobilière: rente foncière, propriété des terres, - forêts, mines. - 334 Coopération. - 335 Socialisme et communisme. Anarchie. - 336 Finances publiques. - 337 Protection. Libre-échange. Tarifs douaniers. - 338 Production des richesses. Industrie. - 339 Répartition des richesses. Paupérisme. - -Puis, en agissant de même sur une quelconque de ces deuxièmes -subdivisions, 331 Capital, main-d'œuvre et salaires, je suppose, nous -aurons: - - 331.0 Généralités. - 331.1 Rapports du capital et de la main-d'œuvre. - 331.2 Salaires. Participation aux bénéfices. Assurance obligatoire. - 331.3 Travail des enfants. (Voir 179.2 Cruauté envers les enfants.) - 331.4 Travail des femmes. (Voir 396.5 Occupations des femmes.) - 331.5 Travail des déportés, des prisonniers. - 331.6 Travail des indigents. Travail à bas prix des étrangers, des - Chinois. - 331.7 Main-d'œuvre habile et brutale. - 331.8 Classes ouvrières. - -Comme on le voit, il n'est pas toujours nécessaire d'épuiser les dix -chiffres pour une subdivision; ici, nous nous arrêtons au 8. On laisse -ainsi des cases vacantes, qui pourront être utilisées plus tard. On -remarquera aussi, dans ce dernier tableau, deux exemples de renvois à -d'autres catégories, «renvois fort utiles, ajoute M. Ed. Sauvage[544], -car il arrive fréquemment que la limite entre deux sujets appartenant à -des divisions différentes ne peut être tracée avec précision». - -Prenons encore une de ces catégories, la sous-subdivision 331.8 Classes -ouvrières. Elle se subdivisera à son tour comme il suit: - - 331.80 Généralités. - 331.81 Heures de travail. - 331.82 Places de travail. Dangers. (Voir aussi 613.6 Hygiène; - 622.8 Mines; 614.8 Sauvetage.) - 331.83 Nourriture. Vêtements. Habitations. - 331.84 Moralité; habitudes. Intempérance; tempérance. Amusements. - Tentations. (Voir aussi 17 Morale; 79 Exercices; - 263.6 Dimanche.) - 331.85 Aides. Conférences. Bibliothèques. Salles de lecture. (Au point - de vue seulement de la science économique et des classes - ouvrières.) - 331.86 Formation de l'ouvrier. Apprentissage. - 331.87 Organisation du travail. - 331.88 Sociétés pour régler le travail (_trade unions_). - 331.89 Grèves. - -Le principe sur lequel repose ce système de classification est, sans -conteste, des plus ingénieux: les nombres classificateurs définissent -entièrement la division à laquelle ils s'appliquent. C'est ainsi que -dans la dernière cote que nous venons de citer, dans ce nombre 331.89, -attribué aux travaux traitant des grèves, nous voyons d'abord le 3, qui -indique les Sciences sociales; ce 3 suivi d'un autre 3, 33, désigne -l'Économie politique; 331, le Capital et la main-d'œuvre; 331.8, les -Classes ouvrières; enfin la question particulière considérée, les -Grèves, est définie par l'addition du 9 final[545]. - -Quant aux fiches rédigées selon les règles de la classification -décimale, le type adopté par l'Office et l'Institut international de -Bruxelles est «la fiche blanche de 125 × 75 millimètres, posée en -largeur et perforée à la base, pour en faciliter la conservation dans -des tiroirs à tringles mobiles[546]». Contrairement, en effet, à -l'usage, généralement suivi, d'écrire sur les fiches dans le sens de la -hauteur, dans la partie moins large, c'est dans le sens de la largeur -que l'Office et l'Institut international conseillent de transcrire les -mentions. Voici, réduit des deux tiers environ, un spécimen d'une de ces -fiches[547]. Le cercle tracé dans la partie inférieure indique le trou -par où passe la tringle dans laquelle sont enfilées toutes les fiches. -Inutile de faire observer que ce système, où, pour retirer ou intercaler -une fiche, il faut enlever toutes les autres, est inférieur au système -Bonnange, précédemment décrit[548]. - - MARTEL (Jules). 537 - - 1896. _Traité d'électricité_, par J. MARTEL, professeur à la Faculté - des Sciences de Lyon. - - Paris, Gauthier-Villars et fils, 1896, in-8 raisin (0,17 × 0,26), - XI-326 p., 6 francs. - -Le chiffre 537 indique la cote du livre, la subdivision Électricité (5, -Sciences mathématiques et naturelles; 53, Physique; 537, Électricité), -et l'on remarquera que le format de l'ouvrage n'est pas seulement -désigné par la mention in-8 raisin, mais par la mesure métrique entre -parenthèses (0,17 × 0,26)[549]. - -Des fiches divisionnaires de couleur, un peu plus hautes que les fiches -blanches, des _vedettes_, portant en tête les nombres de chaque classe -ainsi que leur traduction en mots, séparent les fiches bibliographiques -appartenant à des divisions différentes. - -L'Office et l'Institut international de Bruxelles ont émis le -vœu,--exprimé déjà en 1879 par le bibliographe allemand Burchard,--que -les éditeurs voulussent bien joindre désormais à leurs livres nouveaux -des fiches bibliographiques toutes préparées et rédigées selon le modèle -adopté, les unes pour les répertoires d'auteurs (catalogues -alphabétiques), les autres pour les répertoires de matières (catalogues -méthodiques). Ces fiches pourraient être imprimées sur papier très fin, -et les bibliothécaires et bibliophiles n'auraient qu'à les coller sur -leurs fiches blanches ordinaires de carton mince. Par ce moyen, non -seulement on simplifierait beaucoup, et autant dire sans aucuns frais, -les opérations de catalogage, mais on aurait cet immense avantage -d'avoir partout des fiches uniformément établies. Jusqu'ici, -malheureusement, ce vœu n'est guère sorti du domaine théorique, et il -n'est encore qu'un pur projet[550]. - - * - - * * - -Le système de classification décimale, qui paraît et qui est si -séduisant, n'a cependant pas séduit tout le monde, tant s'en faut: -nombre d'objections y ont été faites, et par des érudits et spécialistes -des plus compétents et des plus autorisés, nommément par MM. Léopold -Delisle[551], F. Funck-Brentano[552], Ch.-V. Langlois[553], Henri -Stein[554], G. Fumagalli, l'éminent bibliographe italien[555], etc. - -«Le plan général (de ce système) est des plus simples, écrit M. Léopold -Delisle[556]; l'ensemble et les détails en ont été empruntés au système -décimal, comme l'indique suffisamment le titre: _Decimal -Classification_. C'est là ce qui fait la force apparente des théories de -M. Dewey. Malheureusement, l'étude des phénomènes de la nature et des -événements de l'histoire, les fruits de l'activité humaine, les travaux -scientifiques, artistiques et littéraires, les produits de l'esprit ou -de l'imagination, sont loin de toujours se prêter à la rigueur des -divisions et subdivisions décimales.» - -«Le grand défaut du système de Dewey, dit de son côté le docteur -Graesel[557], c'est de donner à toutes les classes le même nombre de -divisions et la même ampleur, alors que chacune des branches des -connaissances humaines a son étendue particulière et demande, par -conséquent, à être divisée d'une façon différente des autres.» - -Il semble, en résumé, que ce système a été accueilli en Europe par les -gens de lettres et les bibliographes de profession avec une méfiance -plus ou moins caractérisée, tandis que les hommes de sciences, médecins, -physiologistes, etc., n'y ont pas trouvé les mêmes imperfections et s'y -sont volontiers ralliés[558]. Nombre d'entre eux, pour le catalogage de -leurs livres et la rédaction et la mise en ordre de leurs fiches -bibliographiques ou autres, ont adopté des méthodes où les combinaisons -de chiffres remplacent toutes les mentions de classes et catégories, -toutes les lettres indices de divisions et subdivisions des anciennes -classifications. - -Il est même à remarquer que, dès l'année 1879, c'est-à-dire bien avant -l'introduction en Europe du système de M. Melvil Dewey[559], un médecin -de Paris, très connu depuis par ses travaux de laryngologie, le docteur -Baratoux, employait un procédé de notation chiffrée reposant sur le -principe même de la classification décimale. Ce n'est qu'en 1897, alors -que cette classification provoquait tant de controverses dans le monde -bibliographique, que M. le docteur Baratoux, jusque-là étranger à ces -questions et qui n'avait pas soupçonné l'importance de sa méthode de -catalogage, en publia dans son journal, _la Pratique médicale_, le -tableau détaillé explicatif[560]. - -Dans le monde de la science, ce système de notation chiffrée était comme -pressenti, déjà réalisé, et il a continué à se garder et à conquérir de -nombreux partisans. Il ne semble pas jusqu'ici devoir obtenir le même -succès dans le monde des lettres, pour les grandes collections du moins -et les anciennes et immenses bibliothèques publiques. Quant aux -collections particulières, quant à notre bibliothèque, dont le total des -richesses n'excède pas quinze ou vingt mille volumes, il n'y aurait -aucun inconvénient, on ne trouverait même que commodité et profit, selon -nous, à faire usage de la classification décimale. - - - - -CHAPITRE IX - -DE L'USAGE ET DE L'ENTRETIEN DES LIVRES - -Nettoyage des bibliothèques.--Comment et avec quoi essuyer les -livres?--Évitez l'emploi de la laine et du drap.--Insectes bibliophages: -moyens de les détruire. - -Réparation des livres.--Feuillets déchirés ou décousus.--Taches: taches -maigres, taches grasses.--Encollage du papier. - -Les ennemis des livres: souris, rats et chats; poussière et humidité; -feu, soleil et gaz; épiciers et marchands de tabac; équarrisseurs de -livres; collectionneurs de frontispices et de gravures; relieurs; -emprunteurs; etc.--Femmes bibliophiles. - -Comment couper les feuillets d'un livre?--Le meilleur des -coupe-papier.--Par où doit-on prendre un livre?--Comment le -tenir?--Respect dû aux livres.--Code et hygiène des liseurs.--Faut-il -lire au lit? en mangeant?--Quelle heure convient le mieux pour la -lecture?--Dangers du doigt mouillé.--Faut-il annoter ses livres?--La -meilleure preuve de l'affection qu'on a pour eux et pour les Lettres. - - -Nous avons vu que le livre est comme un être vivant, possédant une âme -et un corps. L'âme, nous n'avons pas à nous en occuper ici; nous -n'envisageons et n'étudions que l'enveloppe et la forme matérielle du -livre, et nous nous en tenons à sa _santé_ physique. - -Tout comme son propriétaire, le livre a besoin d'air, besoin d'hygiène -et de propreté. - -«Tous les mois, les vitrines réservées seront ouvertes, aérées, -essuyées, ainsi que les livres ou manuscrits auxquels elles sont -affectées, dit la circulaire ministérielle du 4 mai 1878[561]. Tous les -ans, aux vacances, cette dernière opération (l'essuyage) aura lieu pour -un tiers des livres de la bibliothèque (rangés, comme nous le savons, -non dans des vitrines fermées, mais sur des rayons libres). Le battage -ne doit pas être brutal; il est surtout utile pour les volumes brochés,» -etc. - -Vous, dont les livres sont bien moins nombreux que ceux de ces -établissements publics, vous agirez sagement en ne laissant pas -s'écouler un aussi long délai sans procéder à ce nettoyage; vous -l'effectuerez, sinon tous les mois, comme pour les susdites collections -réservées, du moins et au moins une fois par semestre, en avril et en -octobre, par exemple. - -«De même, remarque Alkan aîné[562], que l'on a soin de faire brosser ses -habits, il faut faire épousseter de temps en temps les livres, les -battre, essuyer la tranche avec le plus grand soin.» - -Mais avec quoi l'essuyer? - -Le docteur Graesel aussi bien que la circulaire ministérielle du 4 mai -1878 conseillent, pour cet essuyage, l'emploi «de chiffons de -laine[563]». Suivez plutôt le conseil du savant bibliographe Gabriel -Peignot, de Jules Richard et de M. Édouard Rouveyre[564]: ne vous servez -pas de lainage pour les soins d'entretien et de propreté à donner à vos -livres. La laine attire et retient les insectes et les vers, et par elle -vous risquez d'introduire l'ennemi dans la place. - -«Chaque fois que vous prendrez dans votre bibliothèque un livre pour le -consulter, dit Jules Richard[565], époussetez-le, puis frottez-lui le -dos et les plats avec une peau fine, semblable à celle dont se servent -les domestiques pour faire briller l'argenterie. Cette friction -hygiénique est excellente et des plus salutaires pour la santé du livre. -Je vous en prie, n'oubliez ni le plumeau en plumes douces, ni la peau -fine. On peut remplacer cette dernière par des foulards hors de service -et très usés.» - -D'aucuns blâment l'emploi du petit plumeau,--si commode pourtant, -puisqu'il est facile de dissimuler ce minuscule objet dans les rayons de -la bibliothèque, et de l'avoir ainsi toujours sous la main,--et -allèguent contre lui qu'il projette la poussière dans la pièce, sinon -même sur les rangées de livres des tablettes inférieures. Il est évident -que, s'il s'agissait d'un grand nettoyage, le plumeau ne pourrait -efficacement servir qu'à condition de fonctionner à l'extérieur ou -devant une fenêtre ouverte; mais quand il ne s'agit que de quelques -volumes, des ouvrages que vous tirez un à un de vos rayons, durant vos -lectures ou vos recherches, n'hésitez pas à recourir à ses bons offices. -En tout cas, n'oubliez pas le point capital: avant d'ouvrir un livre, ne -négligez jamais d'enlever la poussière accumulée sur sa tranche -supérieure, afin que cette poussière ne pénètre pas dans l'intérieur du -livre. - -Pour le motif que je vous ai signalé il y a un instant, ne garnissez pas -de drap les tablettes de votre bibliothèque. Sans doute cette garniture -offre certains avantages: adaptée en bandelette sur le devant et le long -de chaque rayon, comme le demandait Peignot[566], elle préserve quelque -peu de la poussière la tranche supérieure des volumes rangés -immédiatement au-dessous; appliquée à plat sur la surface même des -rayons, elle protège la partie inférieure de la reliure de vos livres en -leur ménageant un frottement plus doux que celui du bois; mais, en -revanche, ce parement de drap est un nid à poussière, un réceptacle -d'insectes[567]. - -Vernissez vos tablettes ou badigeonnez-les avec une solution -antiseptique, et souvenez-vous qu'il en est des vers comme des maladies: -il est plus facile d'en prévenir l'accès que de les détruire ensuite ou -de les chasser. N'employez donc, pour vos bibliothèques et rayonnages, -que des bois exempts de toute humidité, des bois bien secs et vernis ou -enduits comme il vient d'être dit. - - * - - * * - -Les principaux vers qui attaquent les livres et rongent le papier -appartiennent au genre _Anobium_, qui comprend trois espèces: _Anobium -pertinax_, _Anobium eruditus_ et _Anobium paniceum_, et au genre -_Œcophora_, dont l'espèce _Œcophora pseudo-spretella_ doit être placée -au premier rang des ravageurs de bibliothèques. Vulgairement, on les -appelle, les uns et les autres: vers de bois, vrillettes, pulsateurs, -etc.[568]. - -A l'état de larves, les anobiums ressemblent aux vers que l'on trouve -dans les noisettes, et leurs différentes espèces se confondent. Ces -larves, nées ou introduites dans les livres, s'y nourrissent et s'y -développent aux dépens des éléments de ces livres, y accomplissent leurs -métamorphoses, et s'y creusent des couloirs de sortie. Les anobiums -peuvent facilement traverser plusieurs volumes rangés d'affilée, et -Gabriel Peignot a trouvé jusqu'à _vingt-sept_ volumes percés en ligne -droite par un même ver[569]. L'épaisseur des couvertures n'est nullement -un obstacle à ces dégâts, au contraire: on a remarqué que les livres -brochés sont moins fréquemment atteints que les livres reliés. Pour une -autre raison, les livres anciens sont bien plus fréquentés par ces -insectes que les livres modernes: c'est que le papier de ceux-ci, notre -papier de bois, avec sa _charge_ de plâtre ou de kaolin, est tellement -mauvais, que les vers eux-mêmes n'en veulent pas. C'est d'ailleurs, -outre sa modicité de prix, le seul avantage qu'il possède sur le papier -d'autrefois. - -La colle de farine paraît être ce qui attire le plus les vers: voilà -pourquoi les relieurs ne doivent pas manquer d'ajouter à leur colle de -l'alun ou tout autre corps qui la rende imputrescible. Les anciens plats -de bois des couvertures, auxquels on a si judicieusement renoncé, -offraient aussi à ces insectes un appât très recherché[570]. - -La larve de l'_Œcophora_ diffère de celle de l'_Anobium_ en ce qu'elle -possède des pattes. «C'est, dit William Blades[571], une chenille avec -six jambes sur le thorax et huit protubérances en forme de suçoirs sur -le corps. Elle ressemble au ver à soie. Après avoir passé à l'état de -chrysalide, elle se transforme en petit papillon brun... Sa longueur est -d'environ 12 millimètres, et la tête, corneuse, possède de fortes -mâchoires... Le lecteur qui n'a pas eu l'occasion de visiter de vieilles -bibliothèques, remarque encore William Blades, ne peut se figurer la -dévastation que ces insectes nuisibles sont capables de faire.» - -Certaines espèces de blattes, la _Blatta germanica_ ou _Croton Bug_[572] -et la _Blatta americana_, causent de grands ravages dans les -bibliothèques d'Amérique. Ces insectes, vulgairement désignés sous les -noms de _cancrelats_, _ravets_ ou _bêtes noires_, ont à peu près la -longueur d'un hanneton; ils sont doués d'une extrême agilité, -recherchent les ténèbres, et exhalent une odeur fétide, qu'ils -communiquent à tout ce qu'ils touchent. Un missionnaire du XVIIe siècle, -le père dominicain Dutertre, nous a jadis conté leurs rapides et -étonnants dégâts[573]. - -Mentionnons encore un petit insecte à écailles argentées appelé -_Lepisma_; «mais ses ravages ne sont pas de grande importance», assure -William Blades[574]. D'autres auteurs cependant, comme le docteur Henri -Beauregard, affirment que le lepisma «fait de réels dommages[575]». - -Quel est le meilleur système à employer pour se débarrasser de toute -cette vermine? «C'est là, répond Graesel[576], une question difficile à -résoudre et qui a même été, à différentes reprises, l'objet de -concours[577]; mais la plupart des mesures qui ont été proposées -jusqu'ici sont ou trop compliquées ou insuffisantes.» - -Pour combattre l'anobium, qui affectionne la colle d'amidon et dépose -volontiers ses œufs dans le bois de hêtre, des bibliographes conseillent -de placer, «en été, dans certains endroits de la bibliothèque, des -morceaux de hêtre recouverts d'une légère couche de colle d'amidon, sur -lesquels les insectes viennent aussitôt pondre leurs œufs. La sortie des -vers n'ayant lieu qu'en hiver, on diffère jusqu'à cette saison l'examen -des pièges. Si, après les avoir visités, entre janvier et mars, on -reconnaît que certains d'entre eux sont vermoulus ou couverts de petites -excroissances dénotant la présence des vers, on les brûle et l'on arrive -ainsi à se débarrasser à peu près complètement de l'anobium[578].» - -D'une façon plus générale, c'est-à-dire sans se borner à l'anobium ou -vrillette, et en cherchant à détruire aussi l'œcophora et les autres -insectes bibliophages, «la méthode la plus simple et en même temps la -plus pratique, croyons-nous, dit encore le docteur Graesel, est celle -qui consiste à imprégner de térébenthine, de camphre ou de toute autre -substance insecticide des morceaux de drap que l'on place ensuite -derrière les rangées de livres. Pour les volumes précieux, et -particulièrement pour les reliures en bois, dont toute bibliothèque un -peu importante possède une certaine quantité et qui sont en général très -estimées en raison de leur ancienneté, le mieux est d'employer l'huile -de cèdre (le _cedrium_), dont les propriétés conservatrices étaient déjà -connues des anciens. Naumann a aussi proposé, et ce sur le conseil d'un -chimiste distingué, de mêler à la colle d'amidon des relieurs de la -farine de marrons d'Inde. En raison de son amertume, cette farine, -paraît-il, protégerait encore mieux les livres contre les attaques des -vers que la térébenthine et le camphre. Du Rieu a récemment conseillé -d'employer la benzine comme préservatif: il suffirait, d'après lui, de -la répandre goutte à goutte avec une éponge sur les rayons, les vieilles -reliures en bois ou les volumes attaqués, pour détruire les insectes, -sinon toujours à la première application, du moins dans tous les cas à -la seconde[579].» - -Un désinfectant plus énergique et tout à fait radical, assure-t-on, est -recommandé depuis quelques années, c'est «l'aldéhyde formique (formol, -formaline, formaldéhyde), corps dont le pouvoir antiseptique avait été -reconnu en 1888 par M. Lœw, et dont la fabrication commerciale en -solutions concentrées fut enseignée à l'industrie par les travaux de M. -Trillat[580]». - -Voici comment, d'après le chimiste P. Miquel, il convient de procéder. -On dissout environ une partie de chlorure de calcium dans deux parties -de solution commerciale d'aldéhyde formique, et l'on humecte de ce -mélange des bandes de toile qu'on étend dans le local à désinfecter, -après avoir eu soin d'en fermer toutes les ouvertures. Au bout de -vingt-quatre heures, tous les germes ou microbes contenus dans ce local -sont anéantis, et il ne reste plus qu'à l'aérer pour chasser les relents -pénétrants du formol. - -Ce procédé, infaillible, affirme M. Yve-Plessis[581], paraît néanmoins -peu pratique, par suite précisément de l'odeur âcre et insupportable que -dégage l'aldéhyde formique. - -Alkan aîné conseille, lorsqu'on aperçoit sur une reliure quelques trous -de vers, de plonger une aiguille ou un poinçon mince dans chacun de ces -trous, afin de détruire le ver, si, par hasard, il s'y trouve encore; -puis, de boucher «avec du camphre en poudre ou du poivre mêlé à un peu -de cire ramollie[582]». - -Les trous de vers qui se trouvent dans une page peuvent se boucher en -collant sur leur orifice des rondelles de papier aussi menues qu'il le -faut, ou bien encore, et ce qui vaut mieux, en obturant ces petits -orifices avec de la pâte de papier. On fabrique soi-même cette pâte avec -du papier râpé à la lime (les marges d'un livre dépareillé et sacrifié, -par exemple), qu'on fait cuire dans un peu d'eau mélangée de colle de -poisson[583]. - -Il est juste d'ajouter que, grâce aux précautions prises à peu près -partout actuellement, dans les bibliothèques publiques, pour la -sauvegarde des anciens livres, aujourd'hui mieux connus et plus -appréciés; grâce à la lumière naturelle qu'on ne leur ménage plus, aux -fréquents aérages et nettoyages dont ces précieux volumes sont -particulièrement l'objet, le fléau dont nous nous occupons a beaucoup -perdu de son intensité[584]. La propreté, la lumière naturelle et l'air -sont, en effet, les trois grands ennemis des insectes. - - ... Goutte bien tracassée - Est, dit-on, à demi pansée[585]: - -de même, les livres fréquemment battus, journellement remués et maniés, -sont à l'abri de ces myriades d'imperceptibles et infatigables rongeurs. -Selon le joli mot de Charles Nodier, «la bibliothèque des savants -laborieux n'est jamais attaquée des vers[586]». - - * - - * * - -En général, il est préférable de laisser aux spécialistes, c'est-à-dire -aux relieurs, le soin de réparer les couvertures endommagées, les -feuillets décousus ou déchirés, aussi bien que de nettoyer les livres et -d'en faire disparaître les taches. En pareilles matières, rien ne -remplace l'expérience et le doigté du praticien. D'autant plus qu'une -difficulté nouvelle se présente; nous retrouvons ici encore les funestes -inconvénients des mauvais papiers modernes: d'après une très juste -remarque, «le nettoyage du papier est rendu beaucoup plus difficile et -beaucoup plus aléatoire depuis qu'on fabrique une si grande quantité de -papier avec des pâtes fortement additionnées de matières minérales. En -tentant d'enlever les taches, on peut détruire le papier[587].» Les -hommes d'étude, écrivains ou savants, ont d'ailleurs autres choses à -faire, et des choses plus urgentes, plus importantes, que de s'occuper -de ces nettoyages et rafistolages. - -Voici cependant à ce sujet quelques instructions succinctes. - -Pour remettre en place les feuillets simples ou doubles que l'usage ou -un accident quelconque ont arrachés en droite ligne dans le pli de la -couture et qui ne se trouvent plus retenus par le fil, humecter -légèrement de colle de pâte, à l'aide d'un pinceau et sur une largeur -d'un demi-centimètre, toute la longueur de la marge du fond de la page -décousue; appliquer ensuite avec précaution et ajuster exactement bout à -bout cette marge contre la marge correspondante de la page suivante, -puis fermer le livre et laisser sécher. - -Afin que le pinceau ne dépose pas trop de colle sur la marge, et que -cette largeur d'un demi-centimètre ne soit pas dépassée, on étend -préalablement sur la page décousue une feuille de papier qui ne laisse à -découvert que l'extrême bord de la marge, cette mince bande d'un -demi-centimètre, et c'est alors seulement qu'on y passe le pinceau de -colle. On retire ensuite cette feuille de garde, et l'on met en place la -page, comme il vient d'être dit. - -S'il ne s'agit que d'une déchirure que vous voulez empêcher de -s'étendre, vous prenez une bande de papier transparent, de papier -serpente, un peu plus longue que cette déchirure, vous l'humectez de -colle de pâte et l'appliquez soigneusement comme une compresse, -désormais immuable, sur la partie malade. - - * - - * * - -Les taches qu'on rencontre sur les feuillets des livres se divisent en -deux grandes catégories: taches maigres et taches grasses. - -Les taches maigres sont produites le plus ordinairement par la -poussière, la boue, l'eau, la rouille et l'encre à écrire. - -Pour enlever les taches dues à la poussière, il suffit souvent de les -frotter avec un peu de mie de pain ou de gomme à effacer. Si ce moyen ne -réussit pas, si ces taches sont importantes et invétérées, prendre «un -peu de terre bolaire blanche[588] en poudre fine, que l'on tamise sur -les endroits tachés, de manière à en avoir à peu près l'épaisseur d'un -centime. On place ensuite dessus une feuille de papier, et l'on met le -tout sous presse pendant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, il -est rare que toutes les taches ne soient pas enlevées par la terre -bolaire. S'il en restait encore quelques-unes, on répéterait -l'opération, et l'on pourrait être alors assuré d'un succès -complet[589].» - -Au lieu de la terre bolaire, qui ne se rencontre pas couramment dans le -commerce, à Paris du moins, des spécialistes conseillent d'employer le -chlorure de chaux: une demi-heure de contact suffit d'ordinaire pour -amener la disparition de la tache[590]. - -Le frottement du grattoir ou du caoutchouc blanc peut aussi suffire, en -bien des cas, à enlever les taches de boue. Sur celles qui -persisteraient, on appliquera une dissolution de savon, qu'on laissera -séjourner une demi-heure ou une heure, selon l'importance de la tache. -On trempe ensuite la feuille dans de l'eau bien pure, et, au moyen d'un -blaireau ou d'une éponge, on détache délicatement la couche de savon, -qui, en s'en allant, entraîne la boue avec elle[591]. - -Les taches d'humidité[592], les _piqûres_, les _mouillures_--ces taches -sont si fréquentes qu'elles ont mérité en librairie ces noms -spéciaux--se traitent homéopathiquement par l'eau: un simple bain d'eau -pure, froide ou bouillante, suffit le plus souvent, après une heure ou -deux d'immersion, pour les faire disparaître. Si elles résistaient, on -ajouterait à ce bain un peu d'eau de Javel (hypochlorite de potasse) ou -de chlorure de chaux[593]. - -Si les mouillures n'ont atteint que quelques feuillets, l'opération peut -se faire très facilement. Il suffit de poser à plusieurs reprises un -linge humide de chaque côté d'un des feuillets tachés, après avoir isolé -ce feuillet des deux pages voisines au moyen de feuilles d'étain. Dès -que l'action du linge mouillé s'est produite, dès que la tache a -disparu, on enlève le linge et les feuilles d'étain, on les remplace par -du papier buvard et l'on referme le livre. On nettoie de même les -quelques autres feuillets[594]. - -Mais quand le livre est entièrement ou à demi envahi par les mouillures, -il faut se résoudre à le plonger dans l'eau feuille par feuille, et pour -cela le découdre ou le dérelier, opération qui, dans ce dernier cas, -exige de minutieuses précautions et de la patience, surtout si le livre -est relié à dos plein. - -Si ces mouillures, déjà anciennes et invétérées, présentaient un -caractère d'intensité exceptionnelle, si elles s'étaient transformées, -sur nombre de pages, sur la tranche ou certains coins du livre, en -_moisissure_, alors le mal serait des plus graves, et l'on ne risquerait -rien de recourir, pour tenter de le conjurer, aux plus énergiques -médications: eau de Javel plus ou moins concentrée, chlorure de chaux, -etc. «La moisissure, dit très bien M. Ris-Paquot, est la plus terrible -de toutes les taches; c'est la véritable gangrène du livre, et, quand -elle est bien accentuée, nulle opération ne pourrait le sauver de cette -terrible maladie, entraînant avec elle la décomposition de la pâte du -papier. Là, tous les remèdes peuvent être employés: le malade est -condamné à l'avance; il faut essayer, et, quoique les miracles ne soient -plus à la mode, qui sait si un hasard providentiel ne viendra point -couronner la persévérance[595]?» - -Il est à remarquer que le contact prolongé de l'eau ordinaire ou de -l'eau de Javel fait perdre au papier, redevenu sec, sa fermeté et son -_encolle_. Nous avons vu que les papiers d'impression sont souvent -_collés_, ce qui leur donne plus de résistance, les rend moins -susceptibles de se piquer, et permet d'y écrire avec de l'encre -ordinaire. Il y a plusieurs méthodes pour encoller le papier: la plus -simple et la seule dont nous parlerons est l'encollage à la gélatine, -qu'on peut employer à froid et préparer d'avance. On fait bouillir 10 -grammes de gélatine blanche dans un demi-litre d'eau, ou «une plaquette -par litre d'eau, en y ajoutant un peu d'alun, afin de décourager les -vers que pourrait attirer la gélatine[596]»; on laisse tiédir ou -refroidir, et l'on badigeonne le papier avec cette colle ou _encolle_, -ou mieux, on y plonge un à un tous les feuillets; puis, après les avoir -mis sous presse, on les étend sur des linges et à l'ombre, pour qu'ils -sèchent lentement. En général, d'ailleurs, lorsqu'on a fait subir au -papier un lavage quelconque, il a tendance à se boursoufler et il faut -éviter de le faire sécher trop vite[597]. - -Les taches d'encre ordinaire ou encre à écrire et les taches de rouille -se traiteront de même par des bains d'eau pure additionnée--mais en plus -grande quantité que pour les simples mouillures--d'eau de Javel. On -pourrait aussi employer le sel d'oseille (bioxalate de potasse) et le -chlorure de chaux, l'acide oxalique, citrique ou tartrique, ou encore, -si la tache est légère et de peu d'étendue, placer dessus, au moyen -d'une barbe de plume d'oie ou d'un pinceau, une goutte de vinaigre, -humecter ensuite avec de l'eau légèrement additionnée d'eau de Javel, et -sécher entre des feuilles de papier buvard[598]. L'acide chlorhydrique -mérite également d'être signalé; il «attaque l'encre d'écriture, tout en -épargnant celle du texte et la teinte paille du vieux papier[599]». -Antony Méray en fit l'épreuve sur deux incunables, qui portaient des -inscriptions manuscrites à l'encre. «Un bain d'acide chlorhydrique -étendu d'eau les débarrassa très bien, dit-il, de notes nombreuses et de -griffonnages inutiles; mais comme cet agent chimique laisse au papier -une apparence molle et humide, il fallut laver mes feuillets à grande -eau, puis détruire les traces de l'acide au moyen d'une dissolution de -bicarbonate de soude, avant de procéder à l'encollage[600].» - -Remarquons, au sujet du chlore, et par conséquent de son composé l'eau -de Javel, «qu'assurément les effets de cette substance sont à peu près -infaillibles pour le blanchiment du papier. Mais on peut dire que la -contexture du papier lui-même n'a pas d'ennemi plus terrible, qu'il -détruit lentement ce qu'il a blanchi, et que, sans de sages précautions, -son usage est des plus pernicieux. Fermer un livre blanchi au chlore, -c'est, pour nous servir d'un dicton populaire, enfermer le loup dans la -bergerie[601].» - -L'eau de Javel ne doit donc s'employer qu'avec grande circonspection et -ménagement, en tâtonnant pour ainsi dire. Il n'y a que dans le cas de -moisissure, comme nous l'avons expliqué, qu'on puisse user d'elle -libéralement, sans retenue ni regret: ce moribond, que la gangrène -dévore et va anéantir, elle le prolonge et le purifie à la fois. - - * - - * * - -Passons à l'enlèvement des taches grasses. - -Les plus fréquentes sont les taches de suif, de stéarine (bougie), de -graisse, d'huile, et les taches produites par l'attouchement des doigts -ou par le maculage provenant de l'encre d'imprimerie. - -Les taches de suif, de bougie, de graisse et d'huile peuvent s'enlever -simplement «en recouvrant la tache d'un peu de craie en poudre très -fine, et mettant à la presse. Le lendemain, on change, et ainsi de -suite, à trois ou quatre reprises[602]». - -Un moyen plus énergique consiste à appliquer sur la tache une feuille de -gros papier buvard qu'on chauffe à l'aide de quelques petits charbons -placés dans une cuiller d'argent, en ayant soin de changer le papier -buvard à mesure qu'il se salit; puis, au moyen d'un pinceau, on enduit -d'une légère couche d'essence de térébenthine, chauffée au bain-marie et -presque bouillante, les deux côtés du papier à nettoyer. On rend ensuite -à ce papier sa blancheur en imbibant d'alcool rectifié, chauffé -également au bain-marie, la place qui était tachée[603]. - -Ne pas oublier, dans cette opération, que la térébenthine et l'alcool -s'enflamment très aisément, et prendre garde de trop les approcher du -feu. - -«Ce procédé peut être également employé pour faire disparaître les -taches de cire à cacheter, bien que celles-ci rentrent plus -particulièrement dans la classe des taches maigres[604].» - -Les taches de cire s'enlèvent aussi «en trempant le papier dans de la -benzine ou de la térébenthine; après quoi, on couvre l'imprimé de papier -brouillard plié et l'on repasse avec un fer chaud[605]». - -De même, les taches de bougie peuvent s'enlever par un procédé plus -expéditif que le précédent: après avoir, à l'aide d'un grattoir, aminci -la tache le plus possible, il suffit de traiter la partie restante par -de légères lotions d'alcool à 90°. L'acide stéarique étant soluble dans -l'alcool, le procédé réussit très bien[606]. - -Si les taches d'huile étaient rebelles à la recette indiquée ci-dessus, -on pourrait recourir à la suivante. «On forme une bouillie pas trop -épaisse composée de: 500 grammes de savon, 300 grammes d'argile, 60 -grammes de chaux vive, et d'eau en quantité suffisante; on étend une -petite couche de cette bouillie sur la tache, et on l'y laisse pendant -un quart d'heure environ. On trempe ensuite la feuille dans un bain -d'eau chaude, puis on la retire et on la fait sécher lentement[607].» - -Les feuillets tout récemment tachés d'huile et encore humides de cette -huile, adhérant encore entre eux, doivent, d'après Antony Méray, qui -nous raconte comment il a expérimenté ce procédé[608], être trempés, -préalablement décousus, dans une dissolution de potasse caustique, qui -commence à s'emparer de la matière grasse. «Cette opération avait aminci -et rendu savonneux le papier, qui conservait une couleur rance[609] très -désagréable. Un bain d'eau de Javel mêlée d'un quart d'eau ordinaire le -débarrassa entièrement de cette vilaine trace. Restait à enlever le -chlore introduit par l'eau de Javel: une dissolution de sulfite de soude -réussit à chasser cet actif destructeur.» - -Les taches dues à l'attouchement des doigts sont quelquefois assez -tenaces. Pour les combattre, on use du procédé que nous avons vu -appliquer il y a un instant aux taches de boue, on étend sur elles «une -couche de savon blanc en gelée, et on l'y laisse pendant quelques -heures. On enlève ensuite le savon avec une éponge fine trempée dans -l'eau chaude, et toute la crasse disparaît le plus souvent en même -temps. Si ce traitement ne suffisait pas, on pourrait remplacer le savon -en gelée par du savon noir; mais il faudrait avoir soin de le laisser -peu de temps sur le noir d'impression, qui pourrait se décomposer et -couler, ce qui produirait plus de mal que de bien[610].» - -Les taches produites par l'encre d'imprimerie sont fréquentes et -difficiles à enlever. Pour les faire disparaître, on peut essayer de la -mie de pain roulée en boulettes, et en frotter les endroits salis. «Il -est rare cependant, ajoute M. Jules Cousin[611], qu'on arrive à un -résultat complètement satisfaisant, surtout si le maculage est assez -fort. Aussi nous répétons ici le conseil que nous avons déjà donné[612]: -qu'on prenne la précaution de ne jamais faire relier de livres trop -fraîchement imprimés; du moins, si l'on est quelquefois obligé de le -faire, il faut recommander au relieur d'interfolier les cahiers avec du -papier serpent[613] avant le battage, pour éviter que l'encre -d'imprimerie ne se décharge des pages l'une sur l'autre.» - - * - - * * - -Outre la poussière et les insectes, l'eau ou l'humidité, l'encre, la -bougie, l'huile et la graisse, les livres ont de nombreux ennemis, tels -que les souris, les rats et les chats, le feu, le soleil et le gaz, les -épiciers et les marchands de tabac, les collectionneurs de gravures et -frontispices, les relieurs, les emprunteurs, et, au dire de plusieurs -bibliographes peu galants, les femmes, les femmes surtout et avant tout. - -«Les souris, écrit Alkan aîné[614], ne s'attaquent guère qu'aux volumes -séparés, d'un papier doux, tendre, et capable de les aider à faire leurs -nids. Il n'y a donc aucun danger pour les volumes en rayons. - -«Les rats y ont aussi recours pour leurs nids, mais ils semblent -préférer d'autres matières que le papier, et ce n'est qu'à défaut de -substances laineuses qu'ils s'attaquent aux livres. - -«Il y a bien le chat. Mais le remède est souvent pire que le mal: il -aiguise ses griffes sur le dos des livres, lorsqu'ils sont à sa portée; -dans tous les cas, il sait les y mettre.» - -Les dangers dont le voisinage du feu, c'est-à-dire simplement une -chaleur trop vive, menace les livres, sont évidents, et il serait -superflu d'insister sur ce point. - -Le soleil mange la couleur des reliures, principalement lorsque cette -couleur est tendre; voilà pourquoi nous avons conseillé[615], à propos -de la parure et de l'habillement des livres, de se méfier des vert-pomme -ou olive, des jaune-paille et des bleu-pervenche. L'effet des rayons -solaires est surtout fâcheux pour les volumes appartenant à un même -ouvrage. Selon qu'ils ont été peu ou prou frappés par ces rayons ou en -ont été préservés, les dos de ces volumes ne se ressemblent plus: les -uns ont conservé leur couleur, les autres l'ont totalement perdue, -d'autres, et c'est le plus grand nombre, n'ont blanchi que d'un côté, du -côté tourné vers la fenêtre, et leurs dos se partagent en deux teintes -brusquement tranchées, deux étroites bandes de couleurs toutes -différentes: on ne se douterait jamais, à la vue de ces disparates, -qu'on a devant soi un seul ouvrage, les éléments extérieurement égaux et -similaires d'un même tout[616]. - -Le gaz d'éclairage, par le calorique qu'il développe et aussi par les -émanations sulfureuses qu'il engendre, attaque aussi la reliure des -livres: ce sont naturellement les volumes rangés sur les rayons les plus -élevés qui sont atteints les premiers et le plus grièvement. William -Blades nous apprend qu'ayant fait installer le gaz dans son cabinet de -travail et placer une suspension à trois becs au-dessus de sa table, la -tension de la chaleur de l'atmosphère vers le plafond de la pièce -produisit en peu de temps, au bout d'une année à peine, des effets -désastreux. - -«Les dos des livres placés sur les rayons supérieurs furent tous abîmés, -et, quand on les touchait, ils se séparaient des volumes, s'éparpillant -comme du tabac à priser. Ce désastre, bien entendu, n'était dû qu'aux -émanations sulfureuses produites par le gaz; ces émanations attaquent en -premier lieu le maroquin, puis le vélin; bien que le cuir de Russie -résiste plus longtemps, il finit par être détruit par cet impitoyable -ennemi[617].» - - * - - * * - -Pour confectionner leurs sacs et leurs cornets, les épiciers et les -marchands de tabac massacrent sans pitié les livres les plus rares. - -«De tout temps il a fallu des cornets à l'épicier, de tout temps il a -fallu des livres à rouler en cornets; qui sait si les Histoires de -Tite-Live et de Tacite, les Oraisons de Cicéron, les Tragédies d'Ovide -et tous les ouvrages dont nous déplorons la perte, n'ont pas été la -proie des épiciers du barbare moyen âge? - -«L'épicier du XIXe siècle a déclaré une guerre à mort aux parchemins, -sans doute en haine de la noblesse. L'âge d'or de l'épicerie date de la -Révolution française, car la docte congrégation de Saint-Maur et la -confrérie des épiciers ne pouvant subsister ensemble, l'une a tué -l'autre. _Ah! doit-on hériter de ceux qu'on assassine!_ Le Bénédictin -faisait des livres, maintenant l'épicier en défait[618].» - -Les tailleurs et les cordonniers ont été aussi de terribles -«équarrisseurs de livres». L'abbé Lebeuf, l'historien du diocèse de -Paris, nous conte que M. Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran, -sortant, après cinq ans de captivité, du donjon de Vincennes, où -Richelieu l'avait fait enfermer pour cause de jansénisme, entra chez un -tailleur et se fit prendre mesure d'un habit. Là, «il s'aperçut que le -misérable artisan avait découpé les bandes sacrilèges servant à prendre -les mesures dans les _Œuvres de saint Augustin_ en grand papier, que le -cardinal de Richelieu avait fait saisir dans la prison de son inflexible -ennemi[619]». - -Un tailleur d'habits, de la même époque sans doute, «racontait qu'un -archiviste, ou garde-titre d'un chapitre, lui avait fourni, pendant -plusieurs années, des cahiers de fort beaux manuscrits grand in-folio, -dont il s'était servi pour faire des bandes et prendre la mesure des -habits qu'il faisait. Il en montra quelques restes où il était encore -facile de se rendre compte que c'étaient des manuscrits du XIIe -siècle[620].» - -La cordonnerie pour dames accomplit, pendant plus de vingt-cinq ans, au -dire du bibliophile Jacob[621], «une effroyable hécatombe de livres -anciens». Voici comment: - -«Le quartier qui forme le talon de la chaussure a besoin d'être fortifié -par une doublure en cuir plus mince et plus rigide que celui de -l'empeigne; mais le pied délicat des femmes ne s'accommode pas de ce -quartier [ce cuir ou ce carton?] dur et solide qui soutient le quartier -d'un soulier d'homme. Les cordonniers avaient donc imaginé de doubler le -quartier des chaussures de dames avec de la peau de veau ou de mouton -déjà assouplie, qu'ils empruntaient à la reliure des vieux livres. On -voit d'ici l'objet principal du travail de l'équarrisseur de vieux -livres. Les peaux de veau ou de basane, détachées des reliures -anciennes, étaient empilées, selon leur grandeur, et formaient des -paquets plus ou moins volumineux, qui se vendaient à la cordonnerie de -Paris. Pendant vingt-cinq ans, ce commerce de vieille peausserie a causé -_l'immolation de deux à trois millions de volumes_[622].» - -«Les dénicheurs de bons livres anciens, continue le bibliophile -Jacob[623], se souviennent encore du roi des équarrisseurs, de cet -honnête et farouche Quillet, qui avait ses magasins et son atelier sur -le quai Saint-Michel, vis-à-vis de la Morgue. Touchant voisinage! Cet -atelier ressemblait à l'antre de Polyphème: on n'y voyait que vieilles -reliures en lambeaux, livres écorchés ou déreliés, amas de vieux -papiers, de gravures, de bouts de ficelle, détritus bibliographiques en -tout genre. C'est là que trônait l'impassible Quillet, les bras nus, le -couteau à la main, les reins ceints d'un tablier de boucher. Il passait -sa vie à dépecer des livres et à en classer méthodiquement les débris. -Si le livre privé de sa reliure lui semblait digne de quelque pitié, il -ne le déchiquetait pas immédiatement: il le réservait pour ses clients, -libraires ou bouquineurs, qui venaient sans cesse passer en revue les -lamentables dépouilles de l'équarrissage. Souvent le livre était sauvé -et allait se rajeunir, en faisant peau neuve, chez le relieur. Mais une -fois qu'il avait été condamné à mort par le dédain ou l'oubli des -acquéreurs ordinaires, il ne tardait pas à être mis en pièces et destiné -à divers usages, selon la qualité du papier. Le papier fort, bien collé, -des anciens livres, servait à faire des sacs pour les treilles; le petit -papier, de format in-8 et in-4, fournissait des sacs à l'épicerie; le -petit papier mou et spongieux, sans résistance et sans solidité, était -_fondu_ pour faire des cartonnages. Que Dieu fasse paix à l'âme du bon -et respectable Quillet, malgré les massacres de livres qu'il a si -longtemps exécutés de sa propre main et non sans une affreuse -jouissance! «Bon an, mal an, me disait-il un jour en riant dans sa -barbe, je travaille plus de 50 000 volumes. Mais, ajoutait-il avec -onction, je ménage les livres de piété, car je les vends toujours bien, -et tout habillés.» - - * - - * * - -Les collectionneurs de portraits et frontispices, de premières pages ou -titres de départ, de lettres ornées, colophons, marques d'imprimerie, -couvertures anciennes, etc., figurent aussi parmi les plus impitoyables -mutilateurs de livres. Rien n'est sacré pour eux. Que d'admirables -missels, par exemple, ont été stupidement tailladés et déchiquetés par -des amateurs de fleurons et d'initiales en couleur, véritables barbares -à qui tout commerce avec les livres devrait être interdit[624]! Tel -encore ce cordonnier et _biblioclaste_ John Bagford, l'un des fondateurs -de la société des Antiquaires d'Angleterre, dont William Blades nous -donne le portrait d'après Howard, et nous conte les terribles exploits. - -John Bagford, qui vivait au commencement du XVIIe siècle, passait son -temps à parcourir «les provinces, allant de bibliothèque en -bibliothèque, arrachant les titres des livres rares de tous les formats. -Il en faisait des collections, suivant leur nationalité et les villes où -il les trouvait, en sorte qu'avec des affiches, des notes manuscrites et -des assemblages de toutes sortes et de toutes natures, il était arrivé à -collectionner plus de cent volumes in-folio, qui se trouvent aujourd'hui -au British Muséum[625].» - -_Cent_ volumes composés de feuillets arrachés dans les plus précieux -ouvrages! Ce n'est pas sans raison que William Blades conclut que de -tels enragés bibliomanes, «bien qu'ils s'arrogent eux-mêmes le nom de -bibliophiles, doivent être classés parmi les pires ennemis des -livres[626]». - -L'habitude de pratiquer des coupures dans les journaux a conduit -certains écrivains ou publicistes à traiter de même les fascicules de -leurs revues et les pages de leurs livres. De ce nombre on cite -Lamartine[627], Émile de Girardin et Victor Fournel[628]. - -Ce système expéditif enlève non seulement toute valeur aux livres ainsi -mutilés, mais, de plus, selon la judicieuse objection de M. -Guyot-Daubès[629], «l'économie de temps qu'il procure au point de vue -d'une recherche est bien peu de chose, puisqu'une simple note de -référence permettra dans une bibliothèque bien tenue de retrouver le -passage cherché en une ou deux minutes». - -Il est à remarquer d'ailleurs qu'Émile de Girardin avait changé -d'opinion à cet égard durant ses dernières années: «il prétendait alors -que, dans une recherche, le passage intéressant se trouvait toujours au -dos d'une page qui, antérieurement, avait été détachée du livre[630]». - -Falconet[631] avait aussi coutume, _dit-on_, de découper dans les livres -les passages qui l'intéressaient le plus, si bien qu'il réduisait à -quelques feuillets des ouvrages considérables; il appelait cela «n'en -garder que la quintessence». - -L'érudit bibliographe Jamet le Jeune (1710-1778) avait aussi «la manie -de former des recueils factices d'opuscules et brochures, parfois de -fragments enlevés à divers ouvrages et relatifs à un sujet donné; il -faisait relier le tout, y joignait force notes en marge, et donnait le -titre de _Stromates_ aux collections qu'il créait ainsi[632]». - -Quant aux collectionneurs d'antiques couvertures de livres, rappelons -que, dans une vente publique, la vente de la collection Deroussent, qui -eut lieu à Montreuil-sur-Mer, en mai 1860, on put voir «un monceau de -couvertures de livres jadis reliés en maroquin ou en veau fauve par du -Seuil, et presque tous aux armes de l'abbé de Dompmartin, etc., etc. M. -Deroussent lui-même n'avait pas craint de dépecer de splendides in-folio -en grand papier, qu'il avait vendus au poids à la garnison de Montreuil -pour en confectionner des cartouches! Il était possédé aussi de la manie -des albums, et avait mutilé maint volume, enlevant les charmants -frontispices gravés par Léonard Gaultier, et les portraits si recherchés -dus au burin de Thomas de Leu[633].» - -Et ce Vandale se croyait un bibliophile modèle, digne de la -reconnaissance et de l'admiration de ses concitoyens. - - * - - * * - -Comme ennemis des livres, les relieurs méritent un chapitre spécial, et -ils l'ont, ils en ont même plusieurs, dans l'ouvrage de William Blades. - -«Ah! que de ravages avons-nous vus,» s'écrie ce bibliographe, presque au -début de sa très intéressante monographie[634], «qui n'avaient d'autres -auteurs que les relieurs! Vous pouvez prendre un air autoritaire,--vous -pouvez donner par écrit des instructions aussi précises que s'il -s'agissait de votre testament,--vous pouvez jurer que vous ne payerez -pas si vos livres sont rognés:--c'est inutile. Le _Credo_ d'un relieur -est bien court, car il ne se compose que d'un article, et cet article -lui-même ne comprend qu'un seul mot, l'horrible mot: «Rognures!» - -Et à la fin[635]: - -«Dante, dans son _Inferno_, mesure aux âmes damnées diverses tortures, -appropriées avec une opportunité toute dramatique aux crimes perpétrés -par les victimes. Si nous avions à prononcer un jugement sur les -relieurs coupables d'avoir détérioré certains volumes précieux que nous -avons vus, où les feuilles vierges confiées à leurs soins ont, par leur -négligence barbare, perdu leur dignité, leur beauté, leur valeur, nous -ramasserions les rognures si impitoyablement enlevées, pour faire rôtir -les coupables par leur lente combustion. Dans l'ancien temps, avant que -l'on ait appris la valeur des reliques de nos premiers imprimeurs, il y -avait quelque excuse pour les péchés du relieur, qui s'égarait par -l'ignorance, si générale alors; mais de nos jours, où la valeur -historique et intrinsèque des anciens ouvrages est partout reconnue, on -doit être sans pitié pour une aussi coupable négligence.» - -«De Rome, relieur célèbre du XVIIIe siècle, à qui Dibdin a donné le -sobriquet de «grand tondeur», raconte encore William Blades[636], était -dans sa vie privée un homme estimable; mais il se livrait avec amour au -vice de réduire les marges des livres que l'on lui confiait à relier. Il -est allé si loin dans cette rage de rogner, qu'il n'a pas épargné un bel -exemplaire des _Chroniques de Froissart_ sur vélin, dans lequel se -trouve un autographe du bien connu bibliophile de Thou, qu'il a taillé -sans pitié ni merci[637].» - - * - - * * - -Des emprunteurs, nous ne dirons rien ici; nous nous sommes naguère -suffisamment occupé d'eux[638], et avons amplement montré leur -sans-gêne, leurs dégâts, et combien il est prudent de se garer de ces -indiscrets et malfaisants personnages. - -Les priseurs, qui laissent si volontiers choir de leur nez de ces larges -gouttelettes chatoyantes et ambrées; les fumeurs, avec leurs débris -d'allumettes mal éteintes ou noircies, avec leur jus de pipe, leurs -cendres de cigares, leurs bouts de cigarettes en feu, sont encore, pour -les livres, des causes de dangers continuels. - -Les botanistes qui font de leurs volumes une succursale de leurs -herbiers et se servent de leurs in-folio et in-4, comme le bonhomme -Chrysale employait son gros Plutarque à mettre ses rabats, pour classer, -presser et aplatir des tulipes, des iris ou des jonquilles; le -jouvenceau qui enferme pieusement dans quelque luxueux paroissien ou -dans un élégant recueil de vers l'humble violette ou l'éclatante et -chère pensée, don d'une main mignonne, à jamais adorée: encore des -ennemis du livre! - -Et ces excellentes ménagères, qui, cherchant un solide parchemin pour -couvrir leurs pots de beurre ou de confitures, ne trouvent rien de mieux -que d'«utiliser» de la sorte les vieux «bouquins» et toutes les vilaines -«paperasses» relégués au grenier[639]. Et ces généreuses mamans, qui, -pour occuper et distraire leurs garçonnets ou leurs fillettes, pour -avoir la paix surtout, leur donnent «des images à colorier»,--d'antiques -volumes à gravures sur bois et à somptueux frontispices: «On est -tranquille au moins pendant ce temps-là! On respire! Ils ne font pas de -bruit, ces bons chéris! Ils s'amusent bien gentiment[640]!» - -D'une façon générale d'ailleurs, les femmes, force est bien de le -constater, sont considérées par nombre de bibliophiles, et certains -d'entre eux sont des plus autorisés, comme d'invétérées et irréductibles -«ennemies des livres». - -Oyez comme ces discourtois chevaliers parlent d'elles. - -Richard de Bury d'abord, l'auteur du _Philobiblion_, qu'on peut regarder -comme le plus ancien bibliographe et le père de la bibliophilie: - -«A peine cette bête (c'est de ce gracieux nom que l'illustre évêque de -Durham et grand chancelier d'Angleterre qualifie le beau sexe, et ce -sont les livres qui, par une audacieuse et irrévérente prosopopée, sont -censés parler de la sorte), à peine cette bête, toujours nuisible à nos -études, toujours implacable, découvre-t-elle le coin où nous sommes -cachés, protégés par la toile d'une araignée défunte, que, le front -plissé par les rides, elle nous en arrache, en nous insultant par les -discours les plus virulents. Elle démontre que nous occupons sans -utilité le mobilier de la maison, que nous sommes impropres à tout -service de l'économie domestique, et bientôt elle pense qu'il serait -avantageux de nous troquer contre un chaperon précieux, des étoffes de -soie, du drap d'écarlate deux fois teint, des vêtements, des fourrures, -de la laine ou du lin. Et ce serait avec raison, surtout si elle voyait -le fond de notre cœur; si elle assistait à nos conseils secrets; si elle -lisait les ouvrages de Théophraste ou de Valère Maxime, et si elle -entendait seulement la lecture du XXVe chapitre de -_l'Ecclésiastique_[641].» - -«Les femmes bibliophiles!... s'écrie de son côté M. Octave Uzanne. Je ne -sache point deux mots qui hurlent plus de se trouver ensemble dans notre -milieu social; je ne conçois pas d'accolade plus hypocrite, d'union qui -flaire davantage le divorce! La femme et la _bibliofolie_ vivent aux -antipodes, et, sauf des exceptions aussi rares qu'hétéroclites,--car les -filles d'Ève vous déroutent en tout,--je pense qu'il n'existe aucune -sympathie profonde et intime entre la femme et le livre; aucune passion -d'épidémie ou d'esprit; bien plus, je serais tenté de croire qu'il y a -en évidence inimitié d'instinct, et que la femme la plus affinée sentira -toujours dans «l'affreux bouquin» un rival puissant, inexorable, si -éminemment absorbant et fascinateur, qu'elle le verra sans cesse se -dresser comme une impénétrable muraille entre elle-même et l'homme à -conquérir[642].» - -M. Paul Eudel remarque aussi que «la collection (des livres -particulièrement) a toujours eu pour ennemies jurées nos chères -compagnes».--«C'est autant de moins, disent-elles, pour la toilette et -le train de la maison[643].» - -M. B.-H. Gausseron déclare de même[644] que «les livres, jusque dans la -maison du bibliophile, ont un implacable ennemi, c'est la femme... La -femme, l'ennemie-née du bibliophile.» - -«L'amour des livres, c'est une marque de délicatesse, mais c'est une -délicatesse d'homme: les femmes, pour la plupart, ne le comprennent pas, -écrit M. Porel[645]. Pour les ouvrages du XVIIIe siècle, qu'elles -veulent acquérir maintenant parce qu'ils sont à la mode, elles ont été -depuis longtemps particulièrement malfaisantes.» - -Et le maître bibliophile Jacob atteste à son tour que «les femmes -n'aiment pas les livres et n'y entendent rien: elles font, à elles -seules, l'enfer des bibliophiles: - - Amours de femme et de bouquin - Ne se chantent pas au même lutrin[646].» - -Les épingles à cheveux sont, au dire de maints bibliographes, le -coupe-papier habituel de la femme; à moins qu'elle ne préfère se servir, -pour le même office, de son index ou du bout de son pouce, ce qui, d'une -façon comme de l'autre, taille les bords du livre en dents de scie. - -«Ne confiez jamais, ô bibliophiles, le soin de couper un livre que vous -tenez en estime particulière à d'autres qu'à vous-mêmes; défiez-vous, -pour accomplir cette opération si simple en apparence, mais en réalité -si délicate, de cette main mignonne qui excelle dans l'art de la -broderie et qui ne connaît point de rivale dans mille travaux élégants. -Tout habile qu'elle est, cette main charmante, à laquelle on peut -confier sans crainte la réparation du tissu le plus fin, vous fera le -plus innocemment du monde d'innombrables festons aux marges que vous -voulez respecter; bien heureux si le couteau, en déviant de la ligne -marquée, ne tranche cette marge jusqu'au texte, et perde ainsi à tout -jamais un livre qui n'est plus présentable aux yeux d'un véritable -bibliophile[647].» - -La mode des papillotes est, je crois, un peu passée; mais, alors qu'elle -florissait, les livres en voyaient de belles et en essuyaient de -cruelles avec ces dames! - -«Nous avons en main un bel ouvrage où l'on avait coupé de quoi se faire -des papillotes, écrit Alkan aîné[648]. Les femmes surtout sont les -bourreaux des livres. (Il y a bien _quelques_ exceptions.)» - -Oui, certes, il y en a, et de plus en plus[649]; mais continuons notre -citation: - -«Nous lisons dans un petit volume, supérieurement imprimé par Pitrat -aîné, à Lyon, 1879, petit in-8, papier teinté, encadrements rouges, -ayant pour titre _les Ennemis des livres_, par un bibliophile[650], ce -qui suit: - -«J'ai connu un bibliophile qui venait d'acquérir un livre, à la -recherche duquel il était depuis longtemps; il eut l'imprudence de le -laisser sur la table de son cabinet. Le lendemain du jour de son -acquisition, il trouva sa femme, entrée par hasard dans son lieu de -travail, occupée à déchirer les feuillets de ce livre, pour en faire des -papillotes aux boucles de ses cheveux[651].» - - * - - * * - -De même que, pour couper les feuillets d'un livre broché, vous commencez -toujours et forcément chaque section par la droite de ce livre et faites -avancer votre couteau vers la gauche, commencez toujours par -l'_extrémité droite_, c'est-à-dire par les dernières pages du livre que -vous vous proposez de couper, et continuez de même sorte l'opération -jusqu'à l'_extrémité gauche_, je veux dire jusqu'aux premières pages, au -début du livre. Supposons un in-18, fabriqué dans les conditions de -pliage et de couture ordinaires. Mettez ce volume à plat sur une table, -tenez-le bien ouvert, et insinuez votre couteau d'abord entre les deux -pages qui forment le milieu du dernier cahier. Appuyez fortement la main -gauche sur le volume, afin de le maintenir dans une position -parfaitement horizontale[652], et manœuvrez votre coupe-papier en le -faisant avancer avec précaution au delà du pli de la couture médiane et -jusqu'au sommet de l'autre tranche, de façon à couper la tête de la -feuille dans toute sa longueur et d'une même suite de mouvements. Vous -coupez ensuite les tranches latérales de ce cahier, et vous passez au -suivant, à l'avant-dernier, sur lequel vous procédez de même, et ainsi -de suite, toujours en remontant, jusqu'au premier cahier, à la feuille -de titre du livre. - -C'est pour effectuer avec plus de facilité et d'un même coup la section -du papier dans toute la longueur de la tête de chaque feuille, que nous -conseillons de commencer l'opération par la fin du livre: il s'ouvre -mieux ainsi, comme il est aisé de s'en convaincre, et prend mieux la -position absolument horizontale, indispensable pour glisser le -coupe-papier d'un bout à l'autre de la tête. - -En coupant de la sorte la tête du livre dans toute sa longueur et en une -fois, sans vous arrêter au pli de la couture,--autant que la chose est -possible et que le coupe-papier n'éprouve pas trop de résistance en -franchissant ce pli,--vous avez l'avantage non seulement de procéder -plus rapidement, mais encore et surtout de ne pas laisser dans ce pli, -au fond de la tête du volume, des parties non atteintes par le -coupe-papier, et qui ne manqueraient pas de se déchirer ensuite, -lorsqu'on ouvrirait le livre. - -Le couteau à papier doit avoir peu d'épaisseur, afin de ne pas faire -éclater les bords des pages et de laisser le moins de traces possible de -son passage: qu'il soit en ivoire ou en os, en ébène ou en buis, peu -importe; ce qui est absolument nécessaire, c'est que ses deux tranchants -n'aient aucune coche et soient scrupuleusement lisses, et qu'il ne se -termine pas en pointe aiguë, mais très émoussée, bien arrondie, de façon -à ne pas trouer les feuillets entre lesquels on l'introduit. Il est des -couteaux à papier qui ont des proportions démesurées, une largeur de -lame de cinq à six centimètres, voire plus: il n'en résulte -qu'incommodités et inconvénients, et il y a tout avantage à ce que cette -largeur n'excède pas deux centimètres et demi à trois centimètres. Le -plioir dont se servent les brocheuses est peut-être, à condition d'être -aminci un tantinet pour la raison que nous venons de dire, le meilleur -des couteaux à papier. - -Défiez-vous des couteaux en bois tendre, recommande l'auteur de -l'excellente étude du _Magasin pittoresque_[653] sur _les Ennemis des -livres_, à laquelle nous nous référons volontiers: «l'usage journalier -les couvre bientôt de coches malencontreuses, et le papier en est -blessé; un coup précipité les fait parfois voler en éclats, au grand -dommage du livre dont ils devaient régulariser les feuillets. On fait -nombre de charmants outils de ce genre dans certaines villes d'eaux, et -principalement à Spa; de fines peintures les ornent et d'ingénieux -emblèmes leur donnent une sorte de valeur artistique; les lecteurs -avisés, et qui ne vivent pas uniquement de gracieux souvenirs, leur -préféreront toujours les coupe-papier un peu rustiques dont nos pères -aimaient à se servir. Le bois dont on use pour leur emploi éphémère -n'est ni homogène ni résistant; ils sont d'ailleurs revêtus d'un vernis -que mille causes peuvent altérer, et qui, à la longue, disparaît en -passant d'une façon rapide entre les feuillets qu'on veut séparer. Les -coupe-papier de santal qu'on nous expédie de l'Inde sont d'un aspect -charmant avec leurs rosaces en mosaïque, où le métal blanc s'unit à -l'ébène et à l'ivoire; mais le bois parfumé qui leur sert de base ne -dure pas longtemps au contact d'un papier trop ferme: ces couteaux de -nabab sont des couteaux de luxe, propres tout au plus à orner un bureau. - -«Défiez-vous surtout, lecteurs pacifiques, de ces espèces de cimeterres -aux manches plus ou moins historiés, à la pointe aiguë et recourbée, qui -font le brillant ornement des magasins de papeterie, et qu'on donne -presque toujours en cadeau, lorsqu'on prétend offrir un souvenir aimable -à un professeur ou bien à un lettré, et qui simulent parfaitement une -arme orientale. Laissez ces splendeurs décevantes à quelques -bureaucrates en relation avec l'armée. Ces coupe-papier métalliques sont -d'un usage détestable, et percent souvent sans miséricorde les feuillets -qu'ils ont dû séparer. D'ordinaire leur tranchant est par trop affilé, -et la lame agit d'une façon irrégulière en mordant sur la marge, comme -cela a lieu avec les simples couteaux ou avec les canifs, dont un -soigneux bibliophile n'emploiera jamais le secours[654]. N'avez-vous -point remarqué sur ces belles marges dont nous parlons ici des -déchirures aiguës déshonorant un livre? C'est presque toujours la preuve -du crime secret accompli par le coupe-papier cimeterre, et il ne se -révèle, hélas! bien souvent qu'après de nombreuses années, alors que -l'on croyait posséder un livre vierge de tous les outrages qu'on peut -redouter d'un distrait ou simplement d'un maladroit. - -«Pour être juste maintenant à l'égard des fabricants de coupe-papier, il -faut mettre sous les yeux du lecteur réfléchi les causes nombreuses de -détérioration ou même de destruction à peu près complète qui s'attachent -aux utiles auxiliaires de la science bibliographique, qu'on nous vend -journellement à des prix si modérés. Rappelez-vous (et tout habitué des -grands centres littéraires en a pu faire la remarque) qu'on rencontre -très peu de coupe-papier dont le manche ou le tranchant n'ait reçu -quelque injure notable. Les uns, mutilés jusqu'à la lame, peuvent être à -peine saisis par deux doigts; les autres périssent par le bout opposé, -et déchirent au lieu de couper; il y en a un grand nombre qu'un canif -pernicieux a tailladés d'une façon désolante, et qui n'offrent plus que -l'aspect d'une scie; d'autres encore, tombés entre les mains d'un -ciseleur émérite, sont finement ornementés sur la partie plane de leur -tranchant, et Dieu sait s'ils sont propres en cet état à l'usage auquel -on les destine! Les moins maltraités, il faut l'avouer, sont ceux qu'une -plume inattentive a couverts de caricatures parfois bien enfantines, ou -de paysages trop primitifs pour qu'un ami de l'ordre ne s'efforce pas de -les effacer. Qu'arrive-t-il, hélas! quand une nécessité pressante force -un lecteur soigneux à faire usage d'un pareil instrument? Des déchirures -involontaires se produisent immanquablement sur les marges qu'on a tenté -de séparer; de fâcheuses maculatures se manifestent si le papier est -encore humide. Pour expliquer ces cas désolants, fruits de l'étourderie -ou de l'inattention, il suffit de se rappeler qu'un coupe-papier simple -ou surchargé d'ornements superflus devient presque toujours, entre -certaines mains désœuvrées, une sorte de jouet, ou, si on le préfère, un -objet servant de contenance et propre tout au moins à accentuer la -pensée. Les réflexions lentes ou les mouvements désordonnés lui sont -également fatals; on le taillade ou bien on le brise, et ceux qui l'ont -mis en ce triste état n'ont pas songé un seul moment qu'un livre mal -coupé est presque toujours un livre perdu.» - -Ainsi que chacun a pu s'en convaincre, un couteau de bois n'a pas de -prise, ou n'a qu'une prise très difficile, sur le papier du Japon. En -forçant avec un de ces couteaux à tranchant mousse, on risquerait même, -soit de rompre l'instrument, soit de déchirer le papier, plutôt que de -le couper. Force est donc d'employer ici un coupe-papier _coupant_, -c'est-à-dire un couteau de métal ou un canif, qu'on manœuvre, bien -entendu, avec la plus extrême prudence, pour qu'il ne glisse pas à faux, -ne dévie pas de sa route et n'entame pas les marges. - - * - - * * - -La meilleure manière de retirer un volume d'un rayon de bibliothèque, -c'est de prendre ce volume par le dos; mais, pour cela, il est -nécessaire que les livres rangés sur ce rayon ne soient pas trop serrés -et qu'on puisse, en les poussant légèrement, glisser les doigts entre -eux. - -Beaucoup de bouquinistes et d'étalagistes ont l'habitude de tasser et -presser leurs livres tant qu'ils peuvent dans leurs boîtes ou sur leurs -tablettes; ils trouvent à cela deux avantages: d'abord d'y faire tenir -un plus grand nombre de volumes, puis d'empêcher la poussière de -pénétrer à l'intérieur de ces volumes ou d'en ternir les plats. -Malheureusement, ces deux avantages sont surpassés et de beaucoup par -l'inconvénient qui résulte de ce système, la difficulté de retirer les -volumes: brochés, on risque de déchirer les couvertures; reliés, -d'abîmer la coiffe. Dans le cas particulier, cet indestructible et -insupportable tassement présente un autre danger: c'est de faire -déguerpir le client, qui aime à feuilleter et examiner avant d'acheter, -et ne tient nullement à se casser les ongles en essayant d'extirper de -leur geôle ces infortunés prisonniers. - -Si les livres rangés sur un rayon sont trop serrés pour que vous -puissiez les saisir par le dos, c'est forcément par leur partie -supérieure qu'il faut les prendre, c'est en appuyant le doigt sur la -tête ou le sommet de la gouttière,--mais non en tirant sur la coiffe, -comme on est toujours tenté de le faire,--que vous réussirez à vous en -emparer sans dommage et avec le moins de peine possible. - - * - - * * - -Vous êtes parvenu à le prendre, ce livre, et vous vous apprêtez à -l'ouvrir et à le lire, comment le tiendrez-vous? comment le manier? - -S'il est de petit format, rien ne vous empêche de le tenir à la main, et -c'est par la partie inférieure du dos que vous le soutiendrez en le -maintenant ouvert. - -S'il est de grand format et trop lourd pour être ainsi supporté, il faut -vous résoudre à le poser sur une table, devant laquelle vous vous -assoirez: dans ce cas, si, lorsqu'il est ouvert, les feuillets ont -tendance à se relever, votre main doit suffire à les maintenir baissés. -Si vous désirez ne pas immobiliser vos doigts, si vous avez besoin, par -exemple, d'écrire, de copier des extraits de ce livre, servez-vous, pour -le tenir ouvert, soit d'un presse-papier suffisamment lourd, que vous -poserez dessus, soit d'une de ces petites pinces à ressort, faites en -bois ou en métal, comme certains négociants en emploient pour garder en -ordre leurs notes ou factures. N'allez pas, en tout cas, appuyer vos -coudes sur les pages, l'un d'un côté du livre, l'autre de l'autre côté: -vous risqueriez d'abord de froisser ou de déchirer ces pages; vous -fatigueriez la reliure, en outre, et pourriez l'endommager. - -«Si l'on convient, dit très sensément et gracieusement Jean Darche[655], -qu'un bon livre est un ami, un maître avec lequel on converse, quelle -irrévérence n'est-ce pas de le traiter si mal! Oserait-on agir de la -sorte envers un ami vivant? Tout livre, dès qu'il est bon, dès qu'il est -admis à notre intimité, a un droit acquis par là même à notre estime, à -notre affection et à notre respect.» - -Le respect des livres, écoutez en quels termes naïfs, mais pleins -d'émotion, de persuasion et d'éloquence, l'auteur du _Philobiblion_ le -recommande aux étudiants de son siècle et à tous les lecteurs: - -«Non seulement nous remplissons un devoir envers Dieu en préparant de -nouveaux volumes, mais nous obéissons à l'obligation d'une sainte piété -si nous les manions délicatement, ou si, en les remettant à leurs places -réservées, nous les maintenons dans une conservation parfaite, de façon -qu'ils se réjouissent de leur pureté, tant qu'ils sont entre nos mains, -et qu'ils reposent à l'abri de toute crainte, lorsqu'ils sont placés -dans leurs demeures. Certainement, après les saints vêtements et les -calices consacrés au corps de Notre-Seigneur, ce sont les livres sacrés -qui sont dignes d'être touchés le plus honnêtement par les clercs, car -ils leur font injure toutes les fois qu'ils osent les prendre avec des -mains sales. Aussi nous pensons qu'il est avantageux d'entretenir les -étudiants sur les diverses négligences, qu'ils pourraient toujours -facilement éviter, et qui nuisent considérablement aux livres. D'abord -qu'ils mettent une sage mesure, en ouvrant ou en fermant les livres, -afin que, la lecture terminée, ils ne les rompent pas par une -précipitation inconsidérée, et qu'ils ne les quittent point avant de -remettre le fermoir qui leur est dû. Car il convient de conserver avec -plus de soin un livre qu'un soulier. - -«Il existe, en effet, une gent écolière fort mal élevée, en général, et -qui, si elle n'était pas retenue par les règlements des supérieurs, -deviendrait bientôt fière de sa sotte ignorance. Ils agissent avec -effronterie, sont gonflés d'orgueil, et, quoiqu'ils soient -inexpérimentés en tout, ils jugent de tout avec aplomb. - -«Vous verrez peut-être un jeune écervelé, flânant nonchalamment à -l'étude, et, tandis qu'il est transi par le froid de l'hiver, et que, -comprimé par la gelée, son nez humide dégoutte, ne pas daigner s'essuyer -avec son mouchoir avant d'avoir humecté de sa morve honteuse le livre -qui est au-dessous de lui. Plût aux dieux qu'à la place de ce manuscrit -on lui eût donné un tablier de savetier! Il a un ongle de géant, parfumé -d'une odeur puante, avec lequel il marque l'endroit d'un plaisant -passage. Il distribue, à différentes places, une quantité innombrable de -fétus avec les bouts en vue, de manière à ce que la paille lui rappelle -ce que sa mémoire ne peut retenir. Ces fétus de paille, que le ventre du -livre ne digère pas et que personne ne retire, font sortir d'abord le -livre de ses joints habituels, et ensuite, laissés avec insouciance dans -l'oubli, finissent par se pourrir. Il n'est pas honteux de manger du -fruit ou du fromage sur son livre ouvert et de promener mollement son -verre tantôt sur une page tantôt sur une autre, et, comme il n'a pas son -aumônière à la main, il y laisse les restes de ses morceaux. Il ne -cesse, dans son bavardage continuel, d'aboyer contre ses camarades, et, -tandis qu'il leur débite une foule de raisons vides de tout sens -philosophique, il arrose de sa salive son livre ouvert sur ses genoux. -Quoi de plus! Aussitôt il appuie ses coudes sur le volume, et, par une -courte étude, attire un long sommeil; enfin, pour réparer les plis qu'il -vient de faire, il roule les marges des feuillets, au grand préjudice du -livre. - -«Mais la pluie cesse et déjà les fleurs apparaissent sur la terre; alors -notre écolier, qui néglige beaucoup plus les livres qu'il ne les -regarde, remplit son volume de violettes, de primevères, de roses et de -feuilles; alors il se servira de ses mains moites et humides de sueur -pour tourner les feuillets; alors il touchera de ses gants sales le -blanc parchemin, et parcourra les lignes de chaque page avec son index -recouvert d'un vieux cuir; alors, en sentant le dard d'une puce qui le -mord, il jettera au loin le livre sacré, qui reste ouvert pendant un -mois, et est ainsi tellement rempli de poussière qu'il n'obéit plus aux -efforts de celui qui veut le fermer. - -«Il y a aussi des jeunes gens impudents auxquels on devrait défendre -spécialement de toucher aux livres, et qui, lorsqu'ils ont appris à -faire des lettres ornées, commencent vite à devenir les glossateurs des -magnifiques volumes que l'on veut bien leur communiquer; et, où se -voyait autrefois une grande marge autour du texte, on aperçoit un -monstrueux alphabet ou toute autre frivolité qui se présente à leur -imagination et que leur pinceau cynique a la hardiesse de reproduire. Là -un latiniste, là un sophiste, ici quelques scribes ignorants font montre -de l'aptitude de leurs plumes, et c'est ainsi que nous voyons très -fréquemment les plus beaux manuscrits perdre de leur valeur et de leur -utilité. - -«Il y a également de certains voleurs qui mutilent considérablement les -livres, et qui, pour écrire leurs lettres, coupent les marges des -feuillets en ne laissant que le texte, ils arrachent même les feuilles -de garde pour en user ou en abuser. Ce genre de sacrilège devrait être -défendu sous peine d'anathème. - -«Enfin, il sied à l'honnêteté des écoliers de se laver les mains en -sortant du réfectoire, afin que leurs doigts graisseux ne tachent point -le sinet du livre ou le feuillet qu'ils tournent. De plus, que l'enfant -larmoyant n'admire point les miniatures des lettres capitales, de peur -qu'il ne pollue le parchemin de ses mains humides, car il touche de -suite à ce qu'il voit. - -«Que désormais les laïcs, qui regardent indifféremment un livre renversé -comme s'il était ouvert devant eux dans son sens naturel, soient -complètement indignes de tout commerce avec les livres. Que le clerc -couvert de cendres, tout puant de son pot-au-feu, ait soin de ne pas -toucher, sans s'être lavé, aux feuillets des livres; mais que celui qui -vit sans tache ait la garde des livres précieux[656]. - -«La propreté des mains, à moins qu'elles ne soient galeuses ou couvertes -de pustules--stigmates de la cléricature,--convient aussi bien aux -écoliers qu'aux livres. Toutes les fois que l'on remarque un défaut dans -un livre, il faut y porter remède au plus tôt, car rien ne grandit plus -vite qu'une déchirure, et la fracture qui est négligée un moment ne se -répare dans la suite qu'avec dépens. - -«Quant aux armoires bien fabriquées où les livres peuvent être conservés -en toute sûreté sans craindre aucun dommage, le très doux Moïse nous en -instruit au trente et unième chapitre du Deutéronome: _Prenez ce livre_, -dit-il, _et mettez-le à côté de l'arche d'alliance du Seigneur votre -Dieu_[657]. O lieu délicieux et convenable pour une bibliothèque que -cette arche faite du bois de l'impérissable Setim, et recouverte d'or de -tous côtés! Mais le Sauveur défend aussi, par son propre exemple, toute -négligence inconvenante dans le maniement des livres, comme on peut le -lire dans le quatrième chapitre de saint Luc[658]. En effet, lorsqu'il -eut lu, dans le livre qui lui était offert, les paroles prophétiques -écrites sur lui-même, il ne le rendit au ministre qu'après l'avoir fermé -de ses mains sacrées. Que, par cette conduite, les étudiants apprennent -plus clairement à soigner les livres, qui, dans quelque cas que ce soit, -ne doivent point être négligés[659].» - - * - - * * - -Comme suite à ces prescriptions d'un des plus anciens et des plus -illustres amis des livres, il ne messied pas de placer ici les -recommandations d'un bibliographe moderne, de l'Américain Harold Klett. -Elles résument, d'une façon parfois un peu trop humoristique et -fantaisiste, toutes les précautions à prendre pour consulter un livre, -et le docteur Graesel déclare qu'il voudrait les «voir affichées dans -tous les bureaux de prêt» des bibliothèques publiques[660]. - -L'article d'Harold Klett a paru dans _the Library Journal_ de -New-York[661], sous le titre de _Don't_, «Ce qu'on ne doit pas faire». -En voici la traduction[662]: - - «Ne pas lire au lit; - - «Ne pas faire d'annotations marginales, à moins qu'on ne soit un - Coleridge; - - «Ne pas faire de cornes à ses livres; - - «Ne pas couper avec négligence les livres neufs; - - «Ne pas griffonner votre intéressant et précieux autographe sur les - pages de titre; - - «Ne pas faire mettre à un livre d'un dollar une reliure de cinq - dollars; - - «Ne pas mouiller le bout de ses doigts pour tourner plus facilement - les feuillets; - - «Ne pas lire en mangeant; - - «Ne pas confier des livres précieux à de mauvais relieurs; - - «Ne pas couper ses livres avec les doigts; - - «Ne pas laisser ses livres à l'abandon et sans les fermer; - - «Ne pas laisser tomber sur ses livres la cendre des cigares; - - «Ce qui vaut mieux, ne pas fumer en lisant: cela fait mal aux yeux; - - «Ne pas enlever les vieilles gravures des livres; - - «Ne pas poser vos livres sur le _rebord d'avant_[663] (c'est-à-dire - sur la gouttière,--comme on le fait souvent, lorsqu'on est en train de - lire, et que, momentanément interrompu dans cette lecture, au lieu de - prendre la peine de fermer le volume après y avoir laissé une marque, - on le place debout sur la tranche de devant, sur la gouttière écartée - et béante); - - «Ne pas faire sécher des feuilles (de plantes) dans les livres; - - «Ne pas placer de rayons (de bibliothèque) au-dessus des becs de gaz; - - «Ne pas tenir les livres par les plats de la couverture[664]; - - «Ne pas éternuer sur les pages; - - «Ne pas arracher les feuillets de garde; - - «Ne pas acheter des livres dépourvus de valeur; - - «Ne pas nettoyer ses livres avec des linges sales; - - «Ne pas loger ses livres dans des buffets, des commodes ni des - armoires: ils ont besoin d'air; - - «Ne pas faire relier ensemble deux livres différents; - - «_Dans aucun cas_, n'enlever ni les planches ni les cartes des livres; - - «Ne pas couper les livres avec des épingles à cheveux; - - «Ne pas faire relier de livres en cuir de Russie[665]; - - «Ne pas employer les livres pour caler des chaises et des tables - boiteuses; - - «Ne pas lancer les livres sur les chats ou sur la tête des enfants; - - «Ne pas briser le dos des livres en les ouvrant entièrement et de - force; - - «Ne pas lire les livres reliés trop près du feu ou du poêle, ni en - hamac ou en bateau; - - «Ne pas laisser les livres prendre de l'humidité; - - «Ne pas oublier ces conseils.» - -«On peut encore ajouter à cette liste, dit M. E.-D. Grand[666], la -recommandation de toutes les bibliothèques publiques: - - «Ne pas poser les livres ouverts les uns sur les autres, et ne pas - écrire en appuyant le papier sur les pages.» - -«Tous les préceptes du _Library Journal_, conclut le même bibliographe, -sont d'accord avec les principes de la raison, et il n'y aurait lieu de -faire d'objection qu'au sujet de l'exclusion qui frappe le cuir de -Russie dans les reliures et qui ne semble pas plus justifiée que les -reproches de La Bruyère au maroquin.» - -Plusieurs de ces avis et prohibitions ont besoin d'être discutés ou -développés et appuyés d'exemples. - -La question de la lecture au lit ou à table nous amène à envisager -d'abord quels sont les moments de la journée les plus convenables pour -lire. - -Tous les médecins sont d'accord pour déclarer que lire en mangeant est -une pernicieuse habitude; et ce n'est pas d'hier que la remarque est -faite. - -«Quand, après le repas, les chapelains de saint Louis lui offraient de -lui lire quelqu'un de ses livres favoris: «Non, disait-il avec un -sourire, il n'est si bon livre qui vaille après manger une -causerie[667].» - -«Nous sommes tous portés, quand nous sommes seuls, observe _l'Hygiène -moderne_[668], à lire en mangeant, soit que nous déjeunions, soit que -nous dînions, et c'est là une habitude extrêmement mauvaise et qui doit -être condamnée, surtout si, pour ne pas perdre de temps, on continue à -table une étude ou un travail commencé. - -«Si vous lisez, que ce soit quelque chose d'amusant. - -«L'habitude commune de lire à déjeuner le journal du matin n'est pas -absolument préjudiciable; elle fournit des sujets de conversation et ne -fatigue pas trop le cerveau; mais si l'on nous demandait notre avis, -nous conseillerions de ne rien lire du tout pendant les repas. - -«La digestion se fait toujours mieux quand l'esprit est libre de toute -préoccupation, et que les processus naturels s'accomplissent sans être -entravés par le travail de la pensée. - -«Il est extrêmement sain de dîner en compagnie de personnes gaies. Le -stimulant qui est ainsi donné à l'activité nerveuse agit puissamment et -efficacement sur la digestion. - -«Tout au contraire, une personne qui est ennuyée, fatiguée ou excitée, -ne peut digérer d'une façon satisfaisante.» - -Jean Darche, dans son _Essai sur la lecture_[669], estime, d'une façon -générale, que le temps le plus favorable pour lire, c'est le matin, en -se levant, et le soir avant de se coucher. Tel était aussi l'avis -d'Erasme[670]. - -Quant à la lecture au lit, si elle est dangereuse pour les livres, qu'on -ne peut, en effet, dans la position horizontale, tenir aisément ouverts -et qu'on risque d'endommager, elle n'est qu'incommode pour les lecteurs -et ne les menace d'aucun péril direct. Outre les paresseux à qui elle -peut convenir, elle est d'un grand secours pour les malades, et ne -mérite pas l'ostracisme impitoyable prononcé contre elle par Harold -Klett, en tête de ses _Don't_. - -Néanmoins, suivant les conseils de plusieurs médecins spécialistes, on -ne doit pas lire continûment des heures entières, et il est bon -d'interrompre fréquemment ses lectures pour promener les regards à -travers la fenêtre, ou, si la vue est bornée par un mur très rapproché, -pour les porter en haut, vers le ciel,--le meilleur moyen de reposer les -yeux étant de regarder au loin. Il est bon également de quitter son -livre pour prendre des notes, pour réfléchir, ou, mieux encore, se lever -de son siège, marcher et circuler quelque peu dans l'appartement ou la -pièce[671]. - -La défense faite par Harold Klett de corner les feuillets d'un livre en -guise de signet s'explique tout naturellement, puisque cette corne -casserait le papier et y laisserait un pli ineffaçable. Pour marquer -l'endroit où vous vous arrêtez dans votre lecture, à défaut de ruban -attaché à la tranchefile, servez-vous d'une languette de papier, que -vous glisserez entre les pages. - -Humecter son doigt pour tourner les feuillets d'un livre est, il faut -l'avouer, un procédé bien commode et bien tentant. Lorsque, debout -devant une boîte de bouquiniste ou le comptoir d'un libraire, vous -parcourez un volume et vous trouvez arrêté par deux feuillets qui, en -dépit de vos essais réitérés et de toutes vos insistances, s'obstinent à -ne pas se décoller, que faire? Le doigt, le doigt mouillé, semble tout -indiqué. - -Et, cependant, voyez ce dont vous avertit le doyen de notre Faculté de -médecine, M. le docteur Brouardel, des plus autorisés en l'espèce: - -«Parmi les causes de propagation de la tuberculose, il faut noter -l'habitude trop répandue de s'aider d'un doigt préalablement humecté de -salive pour feuilleter un livre, un dossier, des papiers -quelconques,--jusqu'aux plus crasseux billets de banque! Si «la moitié» -du personnel des instituteurs primaires de Paris est phtisique, elle le -doit, pour une bonne part, à cette pratique malpropre et funeste. Ceci, -on le voit d'ailleurs faire tous les jours, non pas seulement dans -l'enseignement, mais dans les bureaux, les offices ministériels, etc. -Les élèves, les employés, les clercs font ce qu'ils voient faire; ils -emportent ensuite partout, dans leur carrière administrative ou dans -leur vie d'hommes d'affaires, l'habitude de ces immenses dangers. - -«Le tuberculeux dépose innocemment sur les feuilles de papier des -bacilles que l'homme sain y ramasse et porte inconsciemment à sa bouche: -il suffit d'un malade pour empoisonner toute une bibliothèque, tous les -cartons d'une étude ou d'un bureau! - -«Les professeurs, pères de famille, maîtres de pension, instituteurs ou -autres personnes chargées de surveiller la jeunesse studieuse, feront -bien de ne pas perdre de vue ce danger. - -«Un avis pourrait même être affiché dans les bibliothèques et salles de -lecture pour mettre le public en garde contre cette fâcheuse -habitude[672].» - -Les preuves abondent de la réalité de ce péril, de la fréquence de cette -contagion, et nous n'avons, pour en fournir, que l'embarras du choix. - -Dernièrement, à Kharkow, chef-lieu de gouvernement de la Russie -méridionale, «une véritable épidémie de tuberculose s'était abattue sur -les employés de la municipalité, surtout sur ceux spécialement affectés -aux archives. Émus de cet état de choses, les médecins soumirent ces -archives à des analyses bactériologiques et micrographiques, et -constatèrent bientôt que les bacilles de Koch y pullulaient. L'enquête -établit que l'employé préposé très longtemps auparavant aux archives, -tuberculeux à la dernière période, avait la mauvaise habitude de se -mouiller le doigt avec de la salive pour feuilleter et compulser les -pièces. Il avait ainsi contaminé les archives soumises à sa garde; les -bacilles, avec le temps, s'y étaient développés et avaient créé un -véritable foyer de tuberculose qui avait infecté les employés. Que ceci -serve de leçon aux personnes qui ont la mauvaise habitude de ne pouvoir -feuilleter un livre sans l'intervention de la salive. Avis aussi à -celles qui empruntent des livres aux cabinets de lecture, livres prêtés -en grand nombre aux malades de toute sorte[673].» - - * - - * * - -La prohibition des annotations marginales formulée par Harold Klett dans -le susdit article _Don't_, s'explique et se justifie d'elle-même, -lorsqu'il s'agit des livres d'une bibliothèque publique: si chaque -lecteur s'avisait de mentionner, sur chaque ouvrage qu'il emprunte, ses -impressions ou remarques personnelles, les marges des plus grands -in-folio n'y suffiraient pas, et les volumes seraient dans un étrange -état. - -Mais, si l'on considère une bibliothèque privée, et c'est notre cas, la -même restriction doit-elle être maintenue? En d'autres termes, -avons-nous tort ou raison de souligner des passages ou d'inscrire des -notes sur des livres qui nous appartiennent et ne sont qu'à nous? - -Dans son _Traité élémentaire de bibliographie_, Sylvestre Boulard a -vivement combattu cette habitude. - -«Ces soulignures sont des taches qui font du tort à la vente de -l'ouvrage, écrit-il[674]... Ces notes ne sont que des taches -désagréables pour la plus grande partie des acquéreurs.» - -Maître Boulard était, sinon orfèvre, du moins libraire et expert en -librairie; on ne s'en aperçoit que trop ici. Est-ce que nous recherchons -et collectionnons des livres pour en trafiquer? Est-ce que notre -bibliothèque a été formée par nous peu à peu, amoureusement et -pieusement, pour être ensuite cédée à bon prix, avec beaux bénéfices, et -avons-nous à nous préoccuper de cette vente avant ou après décès? - -Nullement. Nos livres sont notre bien, et il s'agit d'en jouir à notre -convenance et d'en profiter de notre mieux. Ce sont des instruments que -nous avons certes le devoir de soigner et de ménager, mais que nous -avons aussi le droit de rectifier et de compléter; ou plutôt ce sont des -collaborateurs, des compagnons, que nous nous plaisons à consulter[675], -mais dont nous ne sommes pas tenus d'adopter sans réplique tous les -avis, avec lesquels nous avons licence de douter et d'objecter, que nous -contrôlons, reprenons et amendons au besoin. - -Le lecteur qui veut mettre à profit, savourer et conserver le fruit de -ses lectures, doit forcément marquer de quelque signe les passages qui -le frappent le plus, inscrire dans la marge, de côté, en tête ou en -pied, au crayon,--le crayon suffit, la plume prendrait trop de temps, et -le papier peut boire d'ailleurs,--telle remarque, telle critique, qui -vous vient à l'esprit, ou telle comparaison que cet endroit vous -suggère. Il n'est pas question ici, bien entendu, de ces annotations ou -exclamations dont certains commentateurs surchargeaient jadis les bas de -pages des ouvrages classiques: «Beau!» «Superbe!» «Admirable!» -«Sublime!» etc., de ce qu'on pourrait appeler «les notes bêtes»; ce ne -sont que «les notes utiles» que nous approuvons et conseillons, les -rectifications d'abord, puis les rapprochements et analogies de forme ou -de fond, les objections, etc. De cette façon et dans ce sens, c'est un -charme que d'annoter ses livres, et, pour le connaître et l'apprécier, -ce charme, ainsi que nous en avertit l'érudit et judicieux Gustave -Brunet[676], «il faut l'avoir goûté». - -Je sais qu'il y a des livres si beaux, si splendidement édités, qu'on -n'ose appuyer le crayon sur leurs pages et altérer la blancheur de leurs -marges; ceux-ci, regardez-les, contemplez-les, admirez-les; mais ayez -quelque autre édition de ces ouvrages, une édition moins luxueuse et -plus abordable, avec qui vous puissiez converser et discuter. Ou bien -encore, et pour tout concilier, inscrivez vos notes, non dans les -marges, mais sur une fiche simple ou double, avec renvois aux pages, et -placez ensuite cette fiche en tête ou à la fin du volume. Mais nombre de -travailleurs et de liseurs préféreront toujours se servir des marges. - -Il n'est guère de véritable ami des livres et des Lettres qui ne l'ait -commise, cette profanation, qui n'ait perpétré ce prétendu crime -d'annotation, et ne se soit livré, involontairement ou de parti pris, à -cette muette mais délectable et très profitable causerie. Racine -chargeait de gloses certains de ses volumes, Voltaire pareillement; et -le président de Thou, si soucieux cependant de la beauté et de -l'intégrité de ses livres; et l'évêque Huet, «de tous les hommes, celui -qui a peut-être le plus lu[677]»; et La Monnoye, Mirabeau, Morellet, -Naigeon, Alfieri, Dulaure, Letronne, l'astronome Lalande, le poète -Lebrun-Pindare, Paul-Louis Courier, Boissonade, Éloi Johanneau, Charles -Nodier, Jacques-Charles Brunet, etc., etc., sans compter ce «Jamet le -jeune, qui, au dire de Nodier précisément, doit sa célébrité parmi les -bibliophiles aux notes dont il aimait à couvrir les gardes, les -frontispices et les marges de ses livres[678]». Quant au marquis de -Paulmy, c'était exclusivement sur les feuillets de garde qu'il -inscrivait ses annotations, notamment l'analyse critique qu'il avait -coutume de faire de chacun des ouvrages entrant dans sa bibliothèque, -et, «tout grand seigneur qu'il était, ses notices n'en sont pas plus -bêtes; elles doublent même la valeur vénale de l'exemplaire, au lieu de -la diminuer[679]». - -Oui, la meilleure manière de prouver à nos livres tout le cas que nous -faisons d'eux et toute l'affection que nous leur portons, c'est, non de -les considérer comme «sacrés», à la façon des Cantiques de Lefranc de -Pompignan[680]; mais bien, au contraire, de les fréquenter et compulser -le plus possible, de les traiter en camarades et confidents, avec -lesquels on aime à deviser et discuter, à se rappeler, conférer et -s'épancher. - - * * * * * - -En terminant, pour prendre congé du lecteur et le laisser sur ce qu'on -nomme la bonne bouche, adressons à ces chers livres, comme un dernier -salut et un suprême hommage, cet hymne de gratitude, d'amour et de -glorification, composé à leur los: - -«Livres, don précieux, par qui existe le commerce intime des âmes dès ce -monde, trésor impérissable, si doux à acquérir, si facile à conserver, -soutien de l'âme fatiguée, consolation pour les mauvais jours, moyen -sublime d'obtenir pour nous-mêmes et de répandre sur nos frères la joie -sereine, la vérité, l'amour, «la chose la meilleure qui soit en nous!» -puissiez-vous être l'objet d'une affection véritable et digne de vous! -Puisse le culte de l'intelligence renaître et se conserver pur! Puisse -la soif des grandes choses ramener la foule dédaigneuse, qui s'éloigne, -vers vous, source féconde d'où s'épanchent la lumière qui grandit -toujours et la vie qui ne finit pas[681].» - - - - -APPENDICE - - - - -I.--ABRÉVIATIONS - - -A propos des incunables (chap. III, pp. 70-71, note 171), nous avons dit -un mot de certaines abréviations nommées les unes _sigles_, les autres -_notes tironiennes_. Nombre de ces anciennes marques, initiales, lettres -enclavées, signes et formules brachygraphiques[682], sont encore usités -fréquemment, et il n'est pas inutile de les connaître. Exemples: IHS ou -I. H. S., Jhesus Christus ou Jesus Hominum Salvator;--INRI ou I. N. R. -I., Jesus Nazareus Rex Judæorum;--X, XRS, Χρ, Christus, Χριστός;--D. M., -Dîs manibus ou Deo magno;--D. O. M., Deo optimo maximo;--M. P., Maximus -pontifex;--S. P. Q. R., Senatus populusque romanus;--S., saint;--SS., -saints, ou sanctissimus;--TH. ou Θ, la mort, ou décédé (de -θάνατος);--etc. - -Quantité de termes du langage courant ou de cérémonie sont très souvent -représentés par leurs abréviatifs: M., monsieur;--MM., messieurs;--Mmes, -mesdames;--Mlles, mesdemoiselles;--Mgr., Monseigneur;--S. A., Son -Altesse;--LL. AA. RR., Leurs Altesses Royales;--S. É., Son Éminence;--S. -E. ou S. Exc., Son Excellence;--S. S., Sa Sainteté;--S. G., Sa -Grandeur;--S. Gr., Sa Grâce;--N. S. P., Notre Saint Père (le -pape);--PP., Pères (de l'Église);--R. P., Révérend Père;--etc. - -La grammaire a de nombreuses abréviations spéciales: adj., -adjectif;--adv., adverbe;--art., article;--pr. ou pron., pronom;--m. ou -masc., masculin;--f. ou fém., féminin;--s. ou sing., singulier;--p., pl. -ou plur., pluriel;--syn., synonyme;--etc. - -La géographie a les siennes: N., Nord;--S., Sud;--E., Est;--O., -Ouest;--N.-N.-E., Nord-Nord-Est;--fl., fleuve;--affl., -affluent;--confl., confluent;--mont., montagne;--dép. ou dépt., -département;--arr. ou arrond., arrondissement;--etc. - -La chimie a, dans sa nomenclature, toute une série d'abréviatifs, on -pourrait dire de _sigles_: O, oxygène;--Az, azote;--H, hydrogène;--Hg, -mercure (_hydrargyrus_);--Cl, chlore;--S, soufre;--K, potassium -(anciennement kalium, de l'arabe _kaly_ ou _kali_);--AzH³, -ammoniaque;--SO², acide sulfureux;--SO³, acide sulfurique;--etc. - -Le système métrique: g. ou gr., gramme;--m., mètre;--hect., -hectare;--centigr., centigramme;--c., cent. ou centim., centimètre;--c. -ou cent., centime;--f. ou fr., franc;--cmq, cm², centimètre carré;--cmc, -cm³, centimètre cube;--etc. - -Les mathématiques, outre les abréviations: cos., cosinus;--log., -logarithme;--sin., sinus;--tg. ou tang., tangente;--C. Q. F. D., ce -qu'il fallait démontrer;--etc., ont de nombreux signes brachygraphiques: -+ plus; − moins; × multiplié par; ÷ divisé par; = égal; > plus grand; < -plus petit; ∞ infini; ∫ somme; etc. - -De même pour la musique, la botanique, l'astronomie, la météorologie, la -médecine, la pharmacie, etc., toutes les branches du savoir humain. - -Nous nous sommes borné, dans la liste suivante, aux abréviations -concernant spécialement l'objet de notre livre, aux abréviations -bibliographiques. - -Nous ferons à leur sujet, aussi bien d'ailleurs qu'au sujet des -abréviations en général, quelques observations: - -1º Afin que les abréviations ne pussent être confondues les unes avec -les autres, il serait bon de ne pas les exagérer jusqu'à représenter un -mot par sa lettre initiale seulement, quand cette initiale est celle -d'un autre mot fréquemment employé, et par cela même pouvant être -abrégé. Malheureusement, il n'y a pas de règles fixes, et les libraires -écrivent aussi bien _f._ que _fasc._ pour _fascicule_; _f._ que _form._ -pour _format_; _p._ pour _page_, aussi bien que pour _papier_, _petit_, -_peigne_ (tranches peigne)[683], etc. L'habitude, la pratique et aussi -le sens de la phrase aideront à débrouiller ces confusions[684]. - -2º En revanche, typographiquement et théoriquement, la suppression de la -lettre finale toute seule est condamnée comme inutile: «les abréviations -d'une lettre ne sont pas acceptées» (LECLERC, _loc. cit._, p. 158); et -cela se conçoit, puisque cette lettre finale est remplacée par un point, -c'est-à-dire par un signe occupant une place équivalente à celle de la -lettre enlevée. Ainsi on n'écrira pas, ou plutôt on ne devrait pas -écrire, _pag._ pour _page_, mais _p._; _tom._ pour _tome_, mais _t._; -_librair.-édit._ pour _libraire-éditeur_, mais _libr.-édit._ Cependant, -on rencontre fréquemment des abréviations de ce genre; il en est même -qui sont incontestablement admises, comme _loc. cit._, pour _loco -citato_, au lieu de _l. cit._ ou _l. c._ C'est que ces simples lettres: -_l._ (pour _loco_), _p._ (pour _page_), _t._ (pour _tome_), etc., -semblant insuffisantes et incompréhensibles, on a jugé utile d'en -laisser plusieurs devant elles, de moins écourter le mot, et, comme on -ne doit régulièrement s'arrêter qu'après une consonne (_loc._, pag., -tom., etc.), seule, la voyelle finale s'est trouvée retranchée. - -3º On ne devrait jamais terminer une abréviation après une voyelle; mais -comment, par exemple, abréger distinctement les mots _blanc_ et _bleu_? -Certains libraires n'hésitent donc pas à se servir, dans leurs -catalogues, de l'abréviation _bla._, pour _blanc_, _blanche_; à écrire -_chi._, pour _chine_, etc. La règle, mais règle fréquemment inobservée -sans risque d'ambiguïté ni de confusion, c'est «d'exprimer, dans toute -abréviation, la ou les consonnes qui appartiennent à la première syllabe -non énoncée» (DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._, p. 93); par conséquent, -d'écrire: _arch._ pour _archives_, _bibl._ ou _biblioth._ pour -_bibliothèque_, _bull._ pour _bulletin_, _dict._ ou _dictionn._ pour -_dictionnaire_, _fasc._ pour _fascicule_, _hist._ pour _histoire_; et -non: _arc._, _bib._, _bul._, _diction._, _fas._, _his._ Cependant, on -rencontre couramment _let._ (au lieu de _lettr._) pour _lettres_, _lig._ -(au lieu de _lign._) pour _lignes_, _œuv._ (au lieu de _œuvr._) pour -_œuvres_, etc., etc. - -4º Encore en règle générale et sans qu'il y ait là un principe absolu, -il vaut mieux, dans une locution, un titre d'ouvrage, etc., qu'on veut -abréger, faire supporter l'abréviation au substantif. (Cf. LECLERC, -_loc. cit._, p. 156.) Ainsi on écrira: _Classific. décimale_ plutôt que -_Classification décim._ La raison de cette règle, c'est que, toujours -d'une façon générale, l'abréviation du substantif se saisit mieux que -celle de l'adjectif: _Prescript. trentenaire_, par exemple, est plus -clair que _Prescription trenten._ Cependant, on écrira: _Miscellanées -bibliogr._, de préférence à _Miscell. bibliographiques_. L'essentiel est -d'épargner au lecteur toute hésitation et toute peine, et de se faire -promptement et parfaitement comprendre. - -5º Enfin, et contrairement aux procédés suivis dans les anciens -manuscrits et les premiers livres, il convient, dans les textes -ordinaires, d'user des abréviations le moins possible. Elles nuisent -presque toujours au bon aspect typographique. Ce n'est que dans les -notes et dans les ouvrages spéciaux: dictionnaires, grammaires, -catalogues, annuaires, manuels, guides, vade-mecum, etc., qu'elles -peuvent être employées avec plus ou moins de réserve, et sont couramment -admises. - - A., a., an., _A._, _a._, _an._ an, année; _anno_ (lat.). Voir - _Locutions latines_. - a., az. azuré, s. (f. a.: fers azurés). - _A. C._, _an. Chr._ _anno Christi_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - à comp. à compartiments. - _A. D._, _an. Dom._, _an. dni._ _anno Domini_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - _ad verb._ _ad verbum_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - à. fr. à froid. - _Amst._ _Amstelodami_ (lat.): à Amsterdam. - an., ann. année; annuel, le. - anast., anastat. anastatique (livre, planche, - reproduction, etc., - anastatique[685]). - anc. ancien, ne. - ang., angl. anglais, e (r. angl.: reliure - anglaise). - anon. anonyme. - ant. antique; antiqué, e. (tr. ant.: - tranches antiquées[686]). - _Antverp._ _Antverpiæ_ (lat.): à Anvers. - _ap._ _apud_ (lat.). Voir _Loc. lat._ - app. appendice. - aquar. aquarelle, s. - art. article. - _art._ _articulus_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - atl. atlantique; atlas (f. atl.: - format atlantique). - _Aug. Vind._ _Augustæ Vindelicorum_ (lat.): - à Augsbourg. - aut. auteur. - aut., autog. autographe; autographié, e. - av. la let. avant la lettre. - av. let. avec lettre. - av. rem. avec remarque. - az., a. azuré, s. (f. az.: fers azurés). - - b. basane; bois (gr. s. b.: gravures - sur bois). - bas., b. basane. - bas. gran. basane granitée. - bibl., bibliogr., bibliograph. bibliographe; bibliographie, ique. - bibl., biblioph. bibliophile; bibliophilie. - bibl., biblioth. bibliothèque. - bl. bleu, e. - bla. blanc, che. - blas. blason. - Br., br., Brad., brad. Bradel, bradel (cart. brad.: - cartonnage bradel). - br. brun, e. - br., bro. broché, e. - br., broch. brochure. - bull. bulletin. - - C., c., Ch., ch., Chi., chi. Chine, chine. - c. chiffré (ffc.: feuillets chiffrés); - coins; cuir. - c.-à-d. c'est-à-dire. - cap., _cap._ capitale; _capitulum_ (lat.): - chapitre. Voir _Loc. lat._ - car., caract. caractère, s. - car. elz., goth., caractères elzeviriens, - ital., micr., gothiques, italiques, - rom., r. et n. microscopiques, romains, rouges - et noirs. - cart. carton; cartonnage; cartonné, e. - cart. Brad. ou brad. cartonnage bradel. - cart. n. r. cartonné non rogné. - catal. catalogue. - c. d. R. cuir de Russie. - c. et ferm. coins et fermoirs. - cf., cfr. conférer: «comparer, faire - collation, en parlant de textes» - (Littré.) - _c. f._ _cum figuris_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - ch. chant. - ch., chagr. chagrin. - ch., chap. chapitre. - Chi., chi., Ch., ch., C., c. Chine, chine. - chiff., c. chiffré, e. - ch.-l. chef-lieu. - _Ch. M._, _ch. m._ _charta magna_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - chrom., chromolith. chromolithographie. - citr. citron. - col. colorié, e. - col., colon. colonne, s. - comp. compartiments; composé, e. - comp., compl., cp., cplt. complet, ète. - coul. couleur. - couv. couverture. - couv. impr. couverture imprimée. - couv. fact. couverture factice. - cp., cplt., comp., compl. complet, ète. - - D. dom, don (D. Calmet: dom Calmet). - d. date (s. d.: sans date); de; - demi; doré; doublé, e. - d.-b. demi-basane. - d.-ch. demi-chagrin. - d. d. t. doublé de tabis. - déd. dédicace. - déd. aut. dédicace autographe. - déd. impr. dédicace imprimée. - déd. man. ou manus. dédicace manuscrite. - _del._ _delineavit_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - dent.; dent. int. dentelle; dentelle intérieure. - dern. dernier, ère. - des. dessin, s. - div., Don, Dons division, s. - D.-M. docteur-médecin. - D.-M. P. docteur-médecin de la - Faculté de Paris. - d.-m. demi-maroquin. - Dº, dº dito (de l'ital. _detto_): - déjà dit, énoncé précédemment. - dor. s. t., d. s. t. doré sur tranches. - doub. double; doublé, e. - Dr, Dr docteur. - dr. droite. - d.-r., d.-rel., demi-rel. demi-reliure. - dupl. duplicata. - d.-v. demi-veau. - - éb. ébarbé, e. - éc. écaille. - éd., édit. éditeur, édition. - e.-f. eau-forte, eaux-fortes. - elz. elzevier; elzevierien, ne. - encadr. encadrement, s. - enl. enluminé, e. - entr. entrelacs. - env. d'aut. envoi d'auteur. - _eod. loc._ _eodem loco_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - _epist._ _epistola, æ_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - épr. épreuve, s. - est. estampe; estampé, e. - etc., &c.; etc., &c. _et cætera_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - &., & et. - ex., p. ex. exemple; par exemple. - ex.; exempl. exemplaire, s. - _excus._ _excusum_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - extr. extrait. - _ex typ._ _ex typographia_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - - f. fascicule; fauve (v. f.: veau - fauve); fers; feuille ou - feuillet; filets; format; - franc, s. - f. fers. - f. a.; f. à. fr.; fers azurés; fers à froid; - f. d.; fers dorés; - p. f. petits fers. - f. feuille ou feuillet. - ff. feuilles ou feuillets;--Digeste - (droit romain). - ff. chif., ffc. feuillets chiffrés. - ff. nchif., ffnc. feuillets non chiffrés. - fnc. feuillet non chiffré. - f., fil. filet, s. - f. comp., fil. à comp. filets à compartiments. - f. comp., fil. comp. filets composés. - f. d., fil. dor. filets dorés. - f. d. s. l. p., - fil. dor. s. l. pl. filets dorés sur les plats. - f., form. format. - f. atl., f. obl. format atlantique, format oblong. - fact. factice (couv. fact.: couverture - factice). - fasc., f. fascicule, s. - ferm. fermoirs. - feuil. feuillage; feuille, s.; - feuillet, s. - ff., ffc., ffnc., fnc., etc. Voir ci-dessus: f.: feuille ou - feuillet, etc. - fig. figure, s. - figg. figures. - fig. col. figures coloriées. - fig. s. b. figures sur bois. - fil., f. filet, s. - fil. à comp., fil. comp., - fil. dor., etc. Voir ci-dessus: f., fil.: - filet, s; etc. - fil, filigr. filigrane. - fl. d. l. fleurs de lis. - fº, fol. folio. - fºs, ffºs, ff. folios. - fº, in-fol. in-folio. - form., f. format. - form. atl., obl. Voir ci-dessus: f., form.: - format, etc. - fr., f. franc, s. - fr., à fr. froid, à froid. - front. gr. frontispice gravé. - fx. tit. faux titre. - - g. gauche. - gauf., gf. gaufré, e. - gén. général, e. - gf., gauf. gaufré, e. - goth. gothique. - gr. grand, e; granit ou granité, e; - gravé, e; gravure, s; grec. - gran., gr. granit ou granité, e. - grav., gr. gravure, s. - grav. en b., gr. s. b. gravures en bois, gravures sur - bois. - gr. marg. grandes marges. - gr. p., gr. pap. grand papier. - H., h., Holl., holl. Hollande, hollande. - hebd. hebdomadaire. - héliogr. héliogravure, s. - - _i._, _i. e._ _id est_ (lat.). Voir _Loc. lat._ - _ib._, _ibid._ _ibidem_ (lat.). Voir _Loc. lat._ - _id._ _idem_ (lat.). Voir _Loc. lat._ - ill., illustr. illustrations; illustré, e. - imp., impr. imprimé, e; imprimerie; imprimeur. - impr.-édit. imprimeur-éditeur. - impr.-libr. imprimeur-libraire. - Impr. nat. Imprimerie nationale. - in-fº in-folio. - in-pl. in-plano. - in-4º ou 4º, - ou mieux[687] in-4 in-quarto ou in-quatre. - in-8º ou 8º, ou mieux in-8 in-octavo ou in-huit. - in-12 ou 12º; in-16 ou 16º; in-douze, in-seize, in-dix-huit, - in-18 ou 18º; in-24 ou 24º; in-vingt-quatre, etc. - etc. - inc., incis. incisé, e: entaillé, gravé - (couv. cuir incis.: couverture - cuir incisé). - inc., incompl. incomplet, ète. - inc., incun. incunable. - _inf._ _infra_ (lat.). Voir _Loc. lat._ - _init._ _initium_ (lat.). Voir _Loc. lat._ - init. grav. initiales gravées. - int. intérieur, e. - _inv._ _invenit_ (lat.). Voir _Loc. lat._ - ital. italique, s; italien, ne. - - J., j., Jap., jap. Japon, japon. - j. jaune. - j., jas., jasp.[688] jaspé, e. - jans. janséniste. - l., _l._ lavé; lilas; _loco_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - l., let. lettre, s. - l., lig. ligne, s. - lat. latin, e. - _laud._ _laudatus, i_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - La Val., Laval. La Vallière, Lavallière. - _l. c._, _loc. cit._ _loco citato_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - let., lettr. lettre, s. - lib., libr. libraire, librairie. - libr.-édit. libraire-éditeur. - _lib._ _liber_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - lig., l. ligne, s. - lim., limin. liminaire, s (feuillets). - _Lips._ _Lipsiæ_ (lat.): à Leipzig. - lith., lithog. lithographie; lithographié, e. - liv, livr. livre, s; livraison, s. - _l. l._, _loc. laud._ _loco laudato_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - loc. locution. - _loc. cit._, _l. c._ _loco citato_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - _loc. laud._, _l. l._ _loco laudato_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - _Lugd._ _Lugduni_ (lat.): à Lyon. - _Lugd. Bat._, _Lugd. B._ _Lugduni Batavorum_ (lat.): - à Leyde. - - m., mar. maroquin. - m. ant. maroquin antique. - m. bl. maroquin bleu. - m. bla. maroquin blanc. - m. citr. maroquin citron. - m. du L. maroquin du Levant. - m. d. d. m. maroquin doublé de maroquin. - m. d. d. t. maroquin doublé de tabis. - m. j. maroquin jaune. - m. jans. maroquin janséniste. - m. l. maroquin lilas. - m. n. maroquin noir. - m. o., m. ol. maroquin olive. - m. pl. maroquin plein. - m. r. maroquin rouge. - m. v. maroquin vert. - m. viol. maroquin violet. - m., mouill. mouillures (m. et p.: mouillures - et piqûres). - marb., marbr. marbré, e. (tr. marbr.: tranches - marbrées). - marg. marges (gr. marg.: grandes - marges). - Md. marchand. - Me. maître (Me X..., notaire). - méd. médium (pap. méd.: papier médium - ou moyen[689].) - mens. mensuel, le. - micr. microscopique. - mil. milieu. - min. miniature. - minusc. minuscule. - monogr. monogramme, monographie. - mos. mosaïque. - mouill., m. mouillures. - mouill. et piq. mouillures et piqûres. - (et même m. et p.) - moy. moyen, ne. - mq., mqq. manque, manquent. - Ms., ms. manuscrit (substantif singulier), - et manuscrit, e (adjectif - singulier). - Mss, mss[690], MMs, mms. manuscrits (substantif pluriel), - et manuscrits, es (adjectif - pluriel). - - N. Nom inconnu ou qu'on ne veut pas - désigner. (Ex.: Madame X..., - Madame ***, Monsieur Un Tel, - Monsieur N...). - n. nerfs; noir, e; nom; non; note. - N., n.; _N., n._ note, _nota_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - N. B.; N. B. _nota bene_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - N. C. notable commerçant. - N.-D. Notre-Dame. - _N. L._, _n. l._ _non licet_ ou _non liquet_ - (lat.). Voir _Loc. lat._ - n. ms., n. mss, not. mss note manuscrite, notes - manuscrites. - Nº, Nºs, num. numéro, s. - nouv. édit. nouvelle édition. - n. r., n. rog. non rogné. - N.-S. J.-C. Notre-Seigneur Jésus-Christ. - NN. SS. Nos Seigneurs. - n. st. nouveau style. Voir la note - à st.: style. - _N. V._, _n. v._ _ne varietur_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - - o., ol. olive (couleur). - obl. oblong. - œuv.; œuv. compl. œuvres; œuvres complètes. - ol., o. olive (couleur). - _op. cit._ _Opere citato_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - orig. original, e. - orn. orné, e; ornement. - ouv., ouvr. ouvrage. - - P. Paris. (Ex.: P., s. d., in-8: - Paris, sans date, in-huit). - P., PP. Père, Pères de l'Église. - R. P. révérend père. - S.-P. le Saint-Père (le pape). - p. page; papier; peau; peigne - (tr. p.: tranches peigne[691]); - petit, e. - pp. pages; petit papier. - p., pap.;--p. p., pp. papier;--petit papier. - pap. ch., p. de C. papier de Chine. - pap. holl., p. de H. papier de Hollande. - pap. jap., p. du J. papier du Japon. - pap. méd., p. méd. papier médium ou moyen[692]. - pap. moy, p. moy. papier moyen. - pap. v., p. v. papier vergé. - pap. vél., p. vél. papier vélin. - pap. Wh., p. Wh. papier Whatman. - par., paragr. paragraphe. - parch. parchemin, parcheminé, e. - part. partie, s. - _pass._ _passim_ (lat.). Voir _Loc. lat._ - p. de tr. peau de truie. - perc., percal. percaline. - pet., p. petit, e. - pet. f., p. f. petits fers. - pet. form. petit format. - pet. pap., p. p., pp. petit papier. - p. ex. par exemple. - _pinx._ _pinxit_ (lat.). Voir _Loc. lat._ - piq. de v. piqûres de vers. - pl. plats; planches; plein, e. - pl. enl. planches enluminées. - plaq. plaquette. - point. pointillé. - portr., ptr., ptrs portrait, s. - PP. Pères (de l'Église). - pp. pages; petit papier. - princ., ppal. principal. - ps. psaume. - ps., pseud. pseudonyme. - P.-S., P. S. post-scriptum, postscriptum. - - Q., quest. question. - qq. quelques. - qqf. quelquefois. - qq. mouill. quelques mouillures. - _Q. S._, _q. s._ _quæ supra_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - - R. révérend (R. P., RR. PP.: - révérend père, révérends pères). - R., rép. réponse. - r. reliure; rogné, e; rouge. - rac. racine (v. rac.: veau racine). - récl. réclame, s. - rég., régl. réglé, e. - rel., r. relié, e; reliure. - rel. anc. reliure ancienne. - rel. angl. reliure anglaise. - rel. brad. reliure bradel. - rel. en ch. reliure en chagrin. - rel. jans. reliure janséniste. - rel. p. de tr. reliure en peau de truie. - rel. pl. reliure pleine. - rel. s. n. reliure sur nerfs. - rem. remarque. - rép. réponse; réparé, e. - reprod. reproduction. - r. et n. rouge et noir. - rº recto. - rog., n. rog., n. r. rogné, e; non rogné, e. - rom. romain. - - S., SS; St, Sts; Ste, Stes saint, s; sainte, es. - s. sans; siècle; supérieur, e (tr. s.: - tranche supérieure); sur. - s., sig., sign. signature, s; signé, e; signet, s. - s., suiv., ss. suivant, s; e, es. (a. 1884 et ss.: - années 1884 et suivantes). - s. a. sans année (de publication) - (synon. de s. d.). - sc. scène. - _sc._, _sculps._ _sculpsit_ (lat.). Voir _Loc. lat._ - s. d. sans date. - sect. section. - _seq._ _sequens_, _sequentes_, _sequentia_ - (lat.) Voir _Loc. lat._ - sig., sign., s. signature, s; signé, e; signet, s. - s. l. sans lieu (sans indication de lieu - de publication). - s. l. n. a. sans lieu ni année. - s. l. n. d. sans lieu ni date. - s. l. n. d. n. typ. (ou n. t.) sans indication de lieu, ni de - date, ni de typographe. - s. l. n. d. n. typ. ni libr. sans indication de lieu, ni de - date, ni de typographe, ni de - libraire. - s. l. n. n. sans lieu ni nom (d'imprimeur). - s. l. n. typ. (ou n. t.) sans lieu ni typographe. - s. m. sans millésime. - s. n. d'aut. sans nom d'auteur. - s. n. d'impr. sans nom d'imprimeur. - _sq._, _sqq._ _sequens_, _sequentes_, - _sequentia_ (lat.). Voir - _Loc. Lat._ - Sr. sieur (le). - _SS._, _ss._ _Suprascriptus_ (lat.). Voir - _Loc. lat._ - St, Sts; S., SS.; Ste, Stes saint, s; sainte, s. - st. style (v. st.: vieux style; - n. st.: nouveau style[693]). - s. t. sans titre; sans nom de - typographe. - s. tit., s. t. sans titre. - s. typ., s. t. sans (nom de) typographe. - suiv., ss., s. suivant, s; e, es. - sup., supér., s. supérieur, e. - _sup._ _supra_ (lat.). Voir _Loc. lat._ - supp., suppl. supplément. - _s. v._, _s. verbo_, _s. voce_ _sub verbo_, _sub voce_ (lat.). - Voir _Loc. lat._ - S. V. P., s. v. p. s'il vous plaît. - syn., synon. synonyme. - - t. tabis; tête; titre; tome; - typographe. - t., tit. titre. - tab. table; tableau. - T. C. F., TT. CC. FF. Très Cher Frère, Très Chers - Frères. - t. d.; t. j. tête dorée; tête jaspée. - tit. cour. titre courant. - tit. gr. titre gravé. - tit. r. et n. titre rouge et noir. - tr. tranche, s; truie (p. de tr.: - peau de truie). - tr. ant. tranches antiquées[694]. - tr. cis. tranches ciselées. - tr. dor., tr. d. tranches dorées. - tr. j. tranches jaspées. - tr. marb. tranches marbrées. - tr. p. tranches peigne[695]. - tr. r. tranches rouges. - tr. s. d. tranche supérieure dorée. - trad. traduit. - trad., traduct. traducteur, traduction. - T. S. V. P. tournez (la page), s'il vous - plaît. - typ., typogr., t. typographe, typographie. - - V.[696], v., voy. Voir, voyez. - v. veau; vélin; vergé, e; vers - (poésie); vert, e; vieux; - volume. - v. ant. veau antique. - v. bl. veau bleu. - v. br. veau brun. - v. éc. veau écaille. - v. est. veau estampé. - v. f. veau fauve. - v. f. ant. veau fauve antique. - v. fil. veau (avec) filets. - v. gr. veau granit ou granité. - v. jas., v. j. veau jaspé. - v. marb., v. m. veau marbré. - v. pl. veau plein. - v. porph., v. p. veau porphyre. - v. rac. veau racine. - v. t. veau tacheté. - v. v. veau vert. - v. viol. veau violet. - vél., v. vélin. - vél. de H. vélin de Hollande. - _Venet._ _Venetiæ_ (lat.): à Venise. - vers. verset. - vign. vignette, s. - vº verso. - vol., v. volume, s. - voy., V.[697], v. voyez. - v. s. vieux style. Voir la note à st.: - style. - Vve. veuve. - - Wh. Whatman (papier). - - X Inconnu, anonyme. Voir - ci-dessus: N. - - -EXEMPLES: - -1 vol. in-8, 4 ff. n. ch., 185 pp., rel. m. d. L., dent. int., f. d. s. -l. pl., tr. s. d. - -Lire: 1 volume in-huit, 4 feuillets non chiffrés, 185 pages, relié en -maroquin du Levant, dentelle intérieure, filets dorés sur les plats, -tranche supérieure dorée. - - -1 vol. in-18, d. r. ch., t. jas., n. r., qq. m. - -Lire: 1 volume in-18, demi-reliure chagrin, tête jaspée, non rogné, -quelques mouillures. - - -_N. B._ Les millésimes s'abrègent quelquefois par la suppression du -premier chiffre de gauche, le chiffre des mille: 825, pour 1825; -843-847, pour 1843 à 1847. - - - - -II.--LOCUTIONS LATINES - - - - _a ... ad_ de ... à. Ex.: _a_ p. 20 _ad_ 28: de la - page 20 à la page 28. - - _absque_ sans. - - _absque nota_, - _absque ulla nota_ sans indication, sans aucune indication - (sans nom de ville d'imprimeur, ni - d'éditeur). Ex.: _absque ulla nota, - sed Parisiis, Guido Mercator, circa - 1493._ (Cf. _sine_.) - - _ad calcem_ au bas de la page (_calx, calcis_, - talon). - - _addendum_, _addenda_ à ajouter. - - _ad extremum_ au bout, à l'extrémité. (Cf. _ad calcem_, - _in fine._) - - _ad libitum_ à volonté, au choix. - - _ad litteram_ à la lettre, mot pour mot, fidèlement. - Ex.: Traduction _ad litteram_. (Cf. _ad - verbum_.) - - _ad usum_ à l'usage (_ad usum Delphini_, à l'usage - du Dauphin: à propos des livres - expurgés). - - _ad verbum_ (_ad verb._) au mot, à l'article. Ex.: Voir Littré, - _Dictionn._, _ad verb._ Dire:--Voir - Littré, _Dictionnaire_, au mot Dire. - (Cf. _sub verbo_ et _sub voce_.) - _Ad verbum_ a aussi le sens de _ad - litteram_, mot pour mot, littéralement. - - _ædes_, _ædis_; _in - ædibus_; _ex ædibus_ maison; dans la maison, l'imprimerie de; - de la maison, l'imprimerie de. - - _alias_ autrement, autrement dit. Ex.: Henri - Beyle, _alias_ Stendhal. (Cf. _seu_, - _vel_, _vulgo_.) - - _anno_ (_A._, _a._) année, dans l'année. - - _anno Christi_ (_A. C._, - _an. Chr._) en l'an du Christ. - - _anno Domini_ (_A. D._, - _an. Dom._, _an. dni._) en l'an du Seigneur. - - _apud_ (_ap._) chez, dans. Ex.: Voir Montaigne _ap._ - Littré, _Dictionn._ art. Père:--Voir - Montaigne dans Littré, _Dictionnaire_, - article Père. - - _articulus_ (_art._) article. - - _collatis passim - articulis_ çà et là dans les articles réunis[698]. - - _cætera desunt_, _cætera - desiderantur_ le reste manque, est désiré. (Formule qui - se met parfois au bas d'un ouvrage - inachevé.) - - _capitulum_ (_cap._) chapitre. - - _charta magna_ (_Ch. M._, - _ch. m._) grand papier. - - _circa_ autour de, environ. - - _corrigendum_, - _corrigenda_ à corriger. (Erreur ou erreurs à - corriger.--_Corrigenda_ s'emploie - quelquefois comme synonyme d'_errata_.) - - _cum figuris_ (_c. f._) avec figures, vignettes. - - - _deleatur_ (∂) à effacer, à enlever. (Terme et signe de - typographie.) - - _delineavit_ (_del._) a dessiné; dessiné par... (Marque du - dessinateur.) - - - _eodem loco_ (_eod. loc._) au même endroit. - - _epistola, æ_ (_epist._) épître, s; lettre, s. - - _erratum, errata_ erreur, erreurs. On donne le nom - d'_errata_ à la liste des fautes - commises dans le texte d'un ouvrage - imprimé, suivies de leurs - corrections[699]. - - _et cætera_ (etc., _&c._; - etc., &c.) et le reste, et les autres. - - _ex_ de, du. - - _ex ædibus_ Voir _ædes_. - - _excusum_ (_excus._) imprimé. - - _ex dono_ du don de... (donné par l'auteur ou par - l'éditeur, etc.). - - _ex libris_ des livres, d'entre les livres - (c'est-à-dire volume faisant partie des - livres de... de la bibliothèque de...; - volume appartenant à...). - - _ex meis_ (sous-ent. - _libris_) de mes livres, des miens (c'est-à-dire - volume de ma bibliothèque). - - _ex officina_ de l'atelier, de l'imprimerie de... - - _ex typographia_ (_ex - typ._) de l'imprimerie de... - - - _ibidem_ (_ib._, _ibid._) là même, dans le même endroit. - - _idem_ (_id._) le même, la même. - - _id est_ (_i._, _i. e._) c'est, c'est-à-dire, c.-à-d. - - _impressum_ imprimé. - - _in_ dans. Ex.: Cité in _Géogr. univ._ de - Reclus:--Cité dans la _Géographie - universelle_ de Reclus. - - _in ædibus_ Voir _ædes_. - - _in extenso_ en entier. - - _in fine_ à la fin. Ex.: Voir tel ouvrage ou tel - chapitre _in fine_, à la fin. (Cf. - _ad calcem_, _ad extremum_.) - - _infra_ (_inf._) (opposé - de _supra_) plus bas, ci-dessous. - - _in globo_ en masse, en entier. - - _initium_ (_init._) commencement. Ex.: Voir tel ouvrage ou - tel chapitre _init._, au commencement. - - _in memoriam_ à la mémoire de, en souvenir de. - - _invenit_ (_inv._) a inventé; inventé par... - - - _laudatus_ (_laud._) loué, cité. - - _supra laudati omnes._ tous les ouvrages loués (cités) - ci-dessus. - - _liber_ (_lib._) livre. - - _loco citato_ (_loc. - cit._, _l. c._) dans l'endroit ou l'ouvrage cité - précédemment. - - _loco laudato_ (_loc. - laud._, _l. l._) dans l'endroit ou l'ouvrage loué (cité) - précédemment. - - - _memento_ souviens-toi. Livre, cahier ou registre - sur lequel on écrit ce dont on veut - se souvenir. - - - _ne varietur_ (_N. V._, - _n. v._). afin qu'il n'y soit rien changé. (Édition - _ne varietur_: édition définitive.) - - _non licet_ (_N. L._, - _n. l._). ce n'est pas permis. - - _non liquet_ (_N. L._, - _n. l._). ce n'est pas clair. - - _nota_, _nota bene_ (_N._, - _n._; _N. B._; _N._, - _n._; _N. B._). notez, notez bien, remarquez bien. - - - _opere citato_ (_op. cit._) dans l'ouvrage cité précédemment. - - - _passim_ (_pass._) çà et là, en divers endroits. - - _pinxit_ (_pinx._) a peint; peint par... (Marque du - peintre.) - - _prope_ près, à peu près, presque. - - - - _quæ supra_ (_Q. S._, - _q. s._). les choses (dites ou indiquées) - ci-dessus, les ouvrages mentionnés - ci-dessus. - - - _sculpsit_ (_sc._, - _sculps._) a taillé, a gravé, gravé par... (Marque - du graveur.) - - _sequens_, _sequentes_, - _sequentia_ (_seq._, - _sq._, _sqq._) suivant, e; suivants, antes; la suite. - - _seu_ ou, ou bien, autrement dit. Ex.: Henri - Beyle, _seu_ Stendhal. (Cf. _alias_, - _sive_, _vel_, _vulgo_.) - - _sic_ ainsi, c'est ainsi. Ex.: Boullier, - Traitté (_sic_) de la certitude morale. - - _sine_ sans. (Cf. _absque_.) - - _sine menda_ sans faute. - - _sine nota_ sans indication (de ville, d'imprimeur, - etc.). - - _sive_ ou, ou bien. Ex.: Henri Beyle, _sive_ - Stendhal. (Cf. _alias_, _seu_, _vel_, - _vulgo_.) - - _sub_ sous, dans, à. - - _sub verbo_ (_s. v._, - _s. verbo_, _verbo_) au mot, à l'article. Ex.: Voir Littré, - _verbo_ Dire; voir Larousse, _s. voce_ - Écrire:--Voir Littré au mot Dire; voir - Larousse à l'article Écrire. (Cf. _ad - verbum_ et _sub voce_.) - - _sub voce_ (_s. v._, - _s. voce_, _voce_) même sens que _sub verbo_ et _ad verbum_. - - _supra_ (_sup._) (opposé - d'_infra_) plus haut, ci-dessus. - - _suprascriptus_ (_SS_, - _ss_) écrit plus haut, ci-dessus; susdit. - - _ut supra_ comme ci-dessus. - - _vade-mecum_ (littéralement: va avec moi). «Se dit - surtout d'un livre portatif destiné à - rappeler en peu de mots les notions - principales d'une science, d'un art, - etc.» (Littré.) On dit aussi qq. fois - _veni-mecum_ (viens avec moi). - - _vel_ ou, ou bien. Ex.: Henri Beyle, _vel_ - Stendhal. (Cf. _alias_, _seu_, _sive_, - _vulgo_.) - - _verbo_, _voce_ même sens que _sub verbo_, _sub voce_, - _ad verbum_. - - _vulgo_ généralement, très souvent, d'ordinaire. - Ex.: Henri Beyle, _vulgo_ Stendhal, - c.-à-d. généralement désigné sous le - nom de Stendhal. (Cf. _alias_, _seu_, - _sive_, _vel_.) - - -ADVERBES NUMÉRAUX. - - 1º Primo. Une fois Semel. - 2º Secundo. 2 -- Bis. - 3º Tertio. 3 -- Ter. - 4º Quarto. 4 -- Quater. - 5º Quinto. 5 -- Quinquies - 6º Sexto. 6 -- Sexies. - 7º Septimo. 7 -- Septies. - 8º Octavo. 8 -- Octies. - 9º Nono. 9 -- Novies. - 10º Decimo. 10 -- Decies. - 11º Undecimo. 11 -- Undecies. - 12º Duodecimo. 12 -- Duodecies. - 13º Tertiodecimo. 13 -- Tredecies. - 14º Quartodecimo. 14 -- Quaterdecies. - 15º Quintodecimo. 15 -- Quindecies. - 16º Sextodecimo. 16 -- Sedecies. - 17º Septimodecimo. 17 -- Septiesdecies. - 18º Octavodecimo ou Duodevicesimo. 18 -- Duodevicies. - 19º Nonodecimo ou Undevicesimo. 19 -- Undevicies. - 20º Vicesimo ou Vigesimo. 20 -- Vicies. - 21º Vicesimo primo. 21 -- Vicies semel, - ou semel et vicies. - 22º Vicesimo altero. 22 -- Bis et vicies. - 23º Vicesimo tertio. 23 -- Ter et vicies. - 30º Tricesimo ou Trigesimo. 30 -- Tricies. - 40º Quadragesimo. 40 -- Quadragies. - 50º Quinquagesimo. 50 -- Quinquagies. - 60º Sexagesimo. 60 -- Sexagies. - 70º Septuagesimo. 70 -- Septuagies. - 80º Octogesimo. 80 -- Octogies. - 90º Nonagesimo. 90 -- Nonagies. - 100º Centesimo. 100 -- Centies. - 200º Ducentesimo. 200 -- Ducenties. - 300º Trecentesimo. 300 -- Trecenties. - 400º Quadringentesimo. 400 -- Quadringenties. - 500º Quingentesimo. 500 -- Quingenties. - 600º Sexcentesimo. 600 -- Sexcenties. - 1000º Millesimo. 1000 -- Millies. - - - - -III.--TERMES GÉOGRAPHIQUES LATINS[700] - - -Outre les termes géographiques qu'on rencontre le plus fréquemment dans -les catalogues de librairie, tels que les noms de contrées, de -capitales, etc., on trouvera dans la liste suivante les noms de la -plupart des localités où l'imprimerie a été introduite dès ses débuts ou -peu après, c'est-à-dire dès la seconde moitié du XVe siècle ou au -commencement du XVIe. - - _Abbatis Villa_, _Abbavilla_ Abbeville. - _Aduaticorum Oppidum_, - _Atuatica_, _Namou_, - _Namureum_, _Namurum_. Namur. - _Æmona_. Voir _Labacum_[701] Laybach (Autriche). - _Æsis_, _Æsium_, _Essium_ Jesi (Italie, près d'Ancône). - _Agendicum_, _Senones_ Sens. - _Agenno_, _Agennum_ Agen. - _Agrippina_. Voir _Colonia_ Cologne. - _Aichstadium_, _Eustadium_ Eichstædt (Bavière). - _Alata Castra_, _Castra - Puellarum_, _Edinum_, - _Edenburgum_ Édimbourg. - _Albani_ (_Villa Sancti_), - _Verulamium_. St-Albans (Angleterre). - _Albia_, _Albiga_ Albi (Tarn). - _Albia_ Alby ou Albie (Haute-Savoie). - _Albiorum_, _Witteberga_ Wittenberg (Saxe). - _Aldenarda_, _Aldenardum_ Oudenarde ou Audenarde (Belgique). - _Alenconium_, _Alentio_ Alençon. - _Alostum_ Alost (Belgique). - _Alta Villa_ Eltville ou Elfeld (Allemagne, près - de Mayence). - _Alvernia_, _Arvernia_ l'Auvergne. - _Ambianum_ Amiens. - _Ambivaritum_. Voir _Antverpia_ Anvers. - _Amstelodamum_ Amsterdam. - _Ancone_, _Ancona_ Ancône. - _Andegava_, _Andegavum_ Angers. - _Andemantunum_, _Lingonæ_ Langres. - _Angolstadium_, _Ingolstadium_ Ingolstadt (Bavière). - _Annecium_, _Annesiacum_ Annecy. - _Annonæum_, _Annoniacum_ Annonay. - _Antverpia_, _Handoverpia_, - _Ambivaritum_ Anvers (Antwerpen). - _Aquæ_, _Badena_ Baden (Duché de Bade). - _Aquæ Bonæ_ Bonn (Suisse); Eaux-Bonnes - (Basses-Pyrénées); etc. - _Aquæ Sextiæ_ Aix (Provence). - _Aquila in Vestinis_, _Aquilia_ Aquila (Italie, Abruzzes). - _Aquileja_ Aglar ou Aquileja (Frioul). - _Aquincum_, _Buda_ Bude ou Ofen. - _Aquisgranum_ Aix-la-Chapelle (Aachen). - _Aquitania_ l'Aquitaine. (Partie S.-O. de la - France, depuis l'Auvergne et la - Saintonge jusqu'aux Pyrénées.) - _Arelas_ Arles. - _Arenacum_ Arnheim (Hollande). - _Argentoratum_ Strasbourg. - _Armorica_ (du celte _Ar Mor_, - près de la mer) l'Armorique, la Bretagne. - _Artaunum_. Voir _Herbipolis_ Wurtzbourg (Bavière). - _Arverna_, _Claromontium_ Clermond-Ferrand. - _Asculum Picenum_ Ascoli Piceno (Italie, près - d'Ancône). - _Atrebatæ_ Arras. - _Atuatica_. Voir _Aduaticorum - oppidum_ Namur. - _Audomarapolis_, _Audomarum_ Saint-Omer. - _Augusta Ausciorum_, _Auxorum_ Auch. - _Augusta Nemetum_, - _Noviomagus_, _Spira_ Spire (Bavière). - _Augusta Prætoria_ Aoste (Italie, Piémont). - _Augusta Suessonum_, _Suessonæ_ Soissons. - _Augusta Taurinorum_, _Taurinum_ Turin. - _Augusta Tiberii_ Ratisbonne (Bavière). - _Augusta Trevirorum_ Trèves (Prusse rhénane). - _Augusta Veromanduorum_. - Voir _Quintinopolis_ Saint-Quentin. - _Augusta Vindelicorum_ Augsbourg (Bavière). - _Augustobona, Trecæ_ Troyes (Champagne). - _Augustodunum_ Autun. - _Augustomagus_, _Civitas - Silvancetum_ Senlis. - _Aurelia_, _Aurelianum_ Orléans. - _Autissiodorum_ Auxerre. - _Auxorum_. Voir _Augusta - Ausciorum_ Auch. - _Alvaricum_, _Bituricæ_ Bourges. - _Avenio_ Avignon. - - _Bacodurum_, _Passavia_, - _Patavia_ Passau (Bavière). - _Badena_. Voir _Aquæ_ Baden (Duché de Bade). - _Bagaudarum Castrum_, - _Monasterium Fossatense_ Saint-Maur-des-Fossés. - _Bajocæ_, _Bagias_ Bayeux. - _Bajonna_ (_Baya ona_, bonne - baie en basque), _Lapurdum_ Bayonne. - _Bamberga_ Bamberg (Bavière). - _Bancona_, _Oppenhemium_ Oppenheim (Allemagne). - _Barcino_, _Barchino_ Barcelone. - _Barcum_ Barco (Italie, près de Brescia). - _Barium_ Bari (Italie). - _Barium Ducis_, _Barro-Ducum_ Bar-le-Duc. - _Baruthum_ Bayreuth (Bavière). - _Basilca_ Bâle. - _Batavia_ la Hollande. - _Bellovacum_ Beauvais. - _Belna_ Beaune (Côte-d'Or). - _Bergomum_, _Pergamus_, - _Pergamum_ Bergame (Italie). - _Berna_ Berne. - _Berolinum_ Berlin. - _Berona in Ergovia_, - _Monasterium Beronense_ Berone, Beromunster (Suisse). - _Bipontium_ Deux-Ponts ou Zweybrücken (Bavière). - _Bisuntium_. Voir _Vesontio_ Besançon. - _Biterræ_ Béziers. - _Bituricæ_. Voir _Avaricum_ Bourges. - _Blesæ_ Blois. - _Bonna_ Bonn (Prusse). - _Bononia_ Bologne (Italie). - _Bononia_, _Bononia in - Francia_, _Gessoriacum_ Boulogne-sur-Mer. - _Barbetomagus_, Voir _Vormatia_ Worms. - _Briocense oppidum_, _Briocæ_ Saint-Brieuc. - _Briovera_, _Oppidum Sancti - Laudi_ Saint-Lô. - _Brixia_ Brescia. - _Brugæ_ Bruges. - _Brunna_ Brünn (Autriche). - _Bruxella_, _Bruxelæ_ Bruxelles. - _Buda_. Voir _Aquincum_ Bude ou Ofen. - _Burdigala_ Bordeaux. - _Burgdorfium_ Burgdorf ou Berthoud (Suisse) et - Burgdorf (Hanovre). - _Burgi_, _Burgum_ Burgos. - _Burgundia_ la Bourgogne. - _Buscoduca_, _Buscum Ducis_ Bois-le-Duc (Hollande). - _Byzantium_ Byzance, Constantinople. - - _Cabelia_ Chablis (Yonne). - _Cadomum_ Caen. - _Cadurcum_ Cahors. - _Cæsaraugusta_ Saragosse. - _Cæsarodunum_. Voir _Turoni_ Tours (Indre-et-Loire). - _Cajeta_ Gaëte. - _Cale_, _Portus Calensis_ Porto ou Oporto (Portugal). - _Caledonia_, _Scotia_ l'Écosse (anc. Calédonie). - _Caletum_ Calais. - _Calium_, _Callis_ Cagli (Italie, près d'Ancône). - _Calmontium Bassiniæ_, - _Calvus Mons_ Chaumont-en-Bassigny. - _Camberiacum_ Chambéry. - _Camboricum_, _Cantabriga_ Cambridge. - _Cameracum_ Cambrai. - _Cantabriga_. Voir _Camboricum_ Cambridge. - _Cantuaria_ Canterbury. - _Carentonum_ Charenton. - _Carcaso_ Carcassonne. - _Carnutum_ Chartres. - _Carodunum_. Voir _Cracovia_ Cracovie. - _Carololesium_ Charleroy. - _Casale Majus_ Casal Maggiore (Italie, Milanais). - _Casale Sancti Evasii_ Casale Monferrato (Italie, Piémont). - _Casinus Mons_, _Cassinensis - Mons_ Mont-Cassin. - _Cassella_ Cassel. - _Castellodunum_ Châteaudun. - _Castra Puellarum_. Voir _Alata - Castra_ Édimbourg. - _Catalaunum_ Châlons-sur-Marne. - _Cenomanum_ Le Mans. - _Cistercium_ Cîteaux. - _Claromontium_. Voir _Arverna_ Clermont-Ferrand. - _Cliniacum_, _Cluniacum_ Cluny. - _Collis_ Colle (Italie, Toscane). - _Colonia_, _Agrippina_, - _Colonia Agrippina_ Cologne. - _Compendium_ Compiègne. - _Complutum_ Alcala de Henarès (Espagne). - _Comum_ Côme. - _Conimbrica_ Coïmbre (Portugal). - _Consentia_, _Cosentia_ Cosenza (Italie, Calabre). - _Constantia_, _Valeria_ Constance. - _Constantia_ Coutances. - _Corabilium_, _Corbonium ad - Sequanam_ Corbeil. - _Corbeja vetus_, _Corbeia_ Corbie (Somme). - _Corbonium ad Sequanam_. Voir - _Corabilium_ Corbeil. - _Corduba_ Cordoue. - _Coriosopitum_ Quimper. - _Cosentia_. Voir _Consentia_ Cosenza (Italie, Calabre). - _Cracovia_, _Carodunum_ Cracovie. - _Cremona_ Crémone (Italie, Milanais). - _Culenburgum_ Culembourg ou Kuilenbourg - (Hollande). - _Cutna_. Voir _Kuttenberga_ Kuttenberg (Bohême). - - _Dariorigum_, _Dartoritum_, - _Venetia_. Vannes. - _Darmstadium_ Darmstadt. - _Dartoritum_. Voir _Dariorigum_ Vannes. - _Daventria_ Deventer (Hollande). - _Delfi_ Delft (Hollande). - _Deodatum_ Saint-Dié. - _Dionantum_, _Dinandum_ Dinant (Belgique). - _Divio_, _Diviodunum_ Dijon. - _Divodurum_, _Mediomatrica_, - _Metæ_, _Metis_, _Mettis_ Metz. - _Dola Sequanorum_, _Dolum_ Dôle (Jura). - _Dordracum_ Dordrecht (Hollande). - _Dresda_ Dresde. - _Duacum_ Douai. - _Dublinum_ Dublin. - _Dusseldorpium_ Dusseldorf. - - _Eboracum_ York. - _Ebroica_, _Ebroicum_ Évreux. - _Edenburgum_, _Edinum_. Voir - _Alata Castra_ Édimbourg. - _Einsilda_ Einsiedeln (Suisse). - _Emda_, _Embda_ Emden (Hanovre). - _Engolisma_ Angoulême. - _Erfordia_ Erfurt (Saxe). - _Eridanium_ «Nom de lieu d'impression supposé, - que l'on trouve sur un grand - nombre de livres italiens... et - qui, sur la plupart, doit être - traduit par _Milan_.» - (P. Deschamps, _loc. cit._, - col. 464 et 1434.) - _Eslinga_. Voir _Ezelinga_ Esslingen (Wurtemberg). - _Essium_. Voir _Æsis_ Jesi (Italie, près d'Ancône). - _Eustadium_, Voir _Aichstadium_ Eichstædt (Bavière). - _Ezelinga_, _Eslinga_ Esslingen (Wurtemberg). - - _Fæsulæ_ Fiesole (Italie, Toscane). - _Fanum Sancti Nicolai a Portu_ Saint-Nicolas-du-Port - (Meurthe-et-Moselle). - _Ferrara_, _Ferraria_ Ferrare. - _Fivizanum_ Fivizano (Italie, Toscane). - _Flavium Aurgitanum_, _Giennum_ Jaen (Espagne, Andalousie). - _Flesinga_ Flessingue (Hollande). - _Florentia_ Florence. - _Forum Livii_, _Forolivium_ Forli (Italie, près de Ravenne). - _Fossatense Monasterium_. Voir - _Bagaudarum Castrum_ Saint-Maur-des-Fossés. - _Franciscopolis_, _Portus - Gratiæ_ Le Havre. - _Francofurtum ad Mœnum_ Francfort-sur-le-Mein. - _Francofurtum ad Oderam_ Francfort-sur-l'Oder. - _Franckera_, _Franchera_ Franecker ou Francker (Hollande). - _Fraxinum_. Voir _Frisinga_ Freising (Bavière). - _Friburgum_ Fribourg (Allemagne et Suisse). - _Frisinga_, _Fraxinum_, - _Fruxinum_ Freising (Bavière). - _Fulginium_ Foligno (Italie). - - _Gallia_ la Gaule, la France. - _Ganda_, _Gandavum_ Gand. - _Garactum_ Guéret. - _Geneva_, _Genava_, _Genua_ Genève. - _Genua_ Gênes (et quelquefois Genève. - --Gênes, en ital. _Genova_). - _Germania_ la Germanie, l'Allemagne. - _Gessoriacum_. Voir _Bononia_ Boulogne-sur-Mer. - _Giennum_. Voir _Flavium - Aurgitanum_ Jaen (Espagne, Andalousie). - _Glascovia_, _Glascua_ Glascow. - _Goettinga_, _Gottinga_ Goettingue (Hanovre). - _Gouda_, _Tergum_ Gouda ou ter Gouw (Hollande). - _Gradiscia_ Gradisca (Illyrie). - _Gratianopolis_ Grenoble. - - _Hafnia_ Copenhague. - _Haga Comitis_ La Haye, Haag ou S'Gravenhaag. - _Hagenoa_ Haguenau. - _Hala_ Halle (Allemagne). - _Hamburgum_, _Marionis_ Hambourg. - _Handoverpia_ Voir _Antverpia_ Anvers. - _Hannovera_ Hanovre. - _Harlemum_ Harlem (Hollande). - _Heidelberga_ (Mont des - myrtilles). Heidelberg. - _Helvetia_ l'Helvétie, la Suisse. - _Herbipolis_, _Artaunum_, - _Wirceburgum_ Wurtzbourg (Bavière). - _Hesdinium_ Hesdin (Pas-de-Calais). - _Hibernia_ l'Irlande. - _Hispalis_ Séville. - _Hispania_ l'Espagne. - _Holmia_ Stockholm. - _Hungaria_, _Ungaria_ la Hongrie. - - _Ilerda_ Lérida (Espagne, Catalogne). - _Ingolstadium_. Voir - _Angolstadium_ Ingolstadt (Bavière). - _Insula_ Lille. - _Ipra_ Ypres (Belgique). - - _Kuttenberga_, _Cutna_ Kuttenberg (Bohême). - - _Labacum_, _Æmona_ Laybach (Autriche). - _Langobardia_ la Lombardie. - _Lantenacum_ Lantenac (Côtes-du-Nord). - _Lantriguerum_. Voir _Trecora_ Tréguier (Côtes-du-Nord). - _Lapurdum_. Voir _Bajona_ Bayonne. - _Laudi_ (_Oppidum Sancti_). - Voir _Briovera_ Saint-Lô. - _Laudunum_, _Lugdunum Clavatum_ Laon. - _Lauginga_, _Lavinga_ Lavingen (Bavière). - _Leida_. Voir _Lugdunum - Batavorum_ Leyde (Hollande). - _Lemovicum_ Limoges. - _Leodicum_, _Leudicum_ Liège. - _Leopolis_ Lemberg, Leopol, ou Lwów (Autriche). - _Leudicum_. Voir _Leodicum_ Liège. - _Lexovium_ Lisieux. - _Limonum_, _Pictavia_ Poitiers. - _Lingonæ_. Voir _Andemantunum_ Langres. - _Lipsia_ Leipzig. - _Londinium_, _Londinum_ Londres. - _Longa Villa_ Longeville (Meuse). - _Lotharingia_ la Lorraine. - _Lovania_, _Lovanium_ Louvain. - _Lubeca_ Lübeck. - _Luca_ Lucques. - _Lucerna_ Lucerne. - _Luciliburgum_, _Luciburgum_ Luxembourg. - _Lugdunum_ Lyon. - _Lugdunum Batavorum_. _Leida_ Leyde (Hollande). - _Lugdunum Clavatum_. Voir - _Laudunum_ Laon. - _Luneburgium_, _Lunæburgum_ Lunebourg (Hollande). - _Lusitania_ le Portugal. - _Lutetia_. (Cf. _Parisius_.) Lutèce (Paris). - - _Maceriæ_, _Maceria_ Mézières. - _Madritum_ Madrid. - _Magdeburgum_ Magdebourg. - _Maguntia_. Voir _Mogontiacum_ Mayence. - _Mantua_ Mantoue. - _Marionis_. Voir _Hamburgum_ Hambourg. - _Marpurgum_ Marbourg (Hesse-Cassel). - _Marsiburgum_, _Marsipolis_ Mersebourg (Saxe). - _Massilia_ Marseille. - _Matisco_ Mâcon. - _Mechlinia_ Malines. - _Mediolanium_, _Mediolanum_, - _Santonum_ Saintes. - _Mediolanum_ Milan. - _Mediomatrica_. Voir _Divodurum_ Metz. - _Meldorum Civitas_, _Meldi_ Meaux. - _Melodunum_ Melun. - _Memminga_ Memmingen (Bavière). - _Mercurii Curtis_ Mirecourt. - _Messana_ Messine. - _Metæ_, _Metis_, _Mettia_. - Voir _Divodurum_ Metz. - _Misna_ Meissen (Saxe). - _Modicia_ Monza (Italie, Lombardie). - _Mogontiacum_, _Moguntiacum_, - _Moguntiacus_, _Moguntia_, - _Maguntia_ ou _Magontia_ Mayence. («Cette ville est à jamais - célèbre par la découverte de la - typographie et par le nom de - Gutenberg.» (P. Deschamps, _loc. - cit._, col. 850). - _Molinæ_ Moulins. - _Monachium_ Munich. - _Monasterium_ Moutier, Moustiers, Montiers, - Münster, etc. - _Monasterium Fossatense_. Voir - _Bagaudarum Castrum_ Saint-Maur-des-Fossés. - _Mons Albanus_ Montauban. - _Mons Argi_, _Mons Arginus_ Montargis. - _Mons Biligardus_ Montbéliard. - _Mons Brisonis_ Montbrison. - _Mons Pessulanus_, _Mons - Pessulus_, _Mons Puellarum_ Montpellier. - _Mons Vici_, _Mons Regalis_ Mondovi (Italie, Piémont). - _Montes_, _Montes Hannoniæ_ Mons (en flam. Bergen). - _Murcia_ Murcie (Espagne). - _Mussipons_, _Mussipontum_ Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle). - _Mutina_ Modène. - - _Namnetus portus_, _Namnetum_ Nantes. - _Namon_, _Namurcum_, _Namurum_. - Voir _Aduaticorum Oppidum_ Namur. - _Nancejum_ Nancy. - _Narbo Martius_, _Narbona_ Narbonne. - _Neapolis_ Naples. - _Nemausus_ Nîmes. - _Neustria_, _Normannia_ la Neustrie, la Normandie. - _Nicolai a Portu_ (_Fanum - Sancti_) Saint-Nicolas-du-Port - (Meurthe-et-Moselle). - _Niortum in Pictonibus_ Niort. - _Nonantula_ Nonandola (Italie, près de Modène). - _Nordovicum_ Norwich (Angleterre). - _Norimberga_ Nuremberg. - _Normannia_. Voir _Neustria_ la Normandie (anc. Neustrie). - _Noviodunum_ Nevers. - _Noviomagus_ Neufchâteau (Vosges). - _Noviomagus_ Nimègue (Hollande). - _Noviomagus_. Voir _Augusta - Nemetum_ Spire. - _Noviomagus Veromamduorum_ Noyon. - - _Ocellodurum_ Zamora (Espagne). - _Œnipons_, _Œnipontum_ Inspruck. - _Offenburgum_ Offenbourg (Allemagne, Bade). - _Olisipo_, _Ulyssipo_ Lisbonne. - _Olmutium_, _Olomucium_ Olmutz (Moravie). - _Oppenhemium_. Voir _Bancona_ Oppenheim (Allemagne, Darmstadt). - _Oriens_ Lorient. - _Oxonia_, _Oxonium_ Oxford. - - _Palum_, _Palenza_ Pau. - _Pampalona_ Pampelune. - _Panormus_ Palerme. - _Papia_. Voir _Ticinum_ Pavie. - _Parisius_, _Parisis_. Cf. - _Lutetia_ Paris (anc. Lutèce). - _Passavia_, _Patavia_. Voir - _Bacodurum_ Passau (Bavière). - _Patavium_, _Patavia_ Padoue. - _Pergamus_, _Pergamum_. Voir - _Bergomum_ Bergame. - _Perpenianum_ Perpignan. - _Perusia_ Pérouse (Italie). - _Petricordium_ Périgueux. - _Petropolis_ Saint-Pétersbourg. - _Phorca_, _Phorcenum_ Pforzheim (Allemagne, Bade). - _Pictavia_. Voir _Limonum_ Poitiers. - _Pilona_, _Pilsna_ Pilsen (Bohême). - _Pinarolium_ Pignerol (Italie, Piémont). - _Pinciacum_ Poissy (Seine-et-Oise). - _Pinczovia_ Pinczow (Pologne, palat. de - Cracovie). - _Pintia_, _Valdoletum_ Valladolid. - _Pisæ_ Pise. - _Pisaurum_ Pesaro (Italie, près d'Ancône). - _Piscia_ Pescia (Italie, Toscane). - _Placentia_ Plaisance (Italie, près de Milan). - _Plevisacium_ Pieve di Sacco (Italie, Vénétie). - _Pollianum Rus_ Pogliano (Italie, près de Vérone). - _Portesium_ Portesio (Italie, près de Brescia). - _Portus Calensis_. Voir _Cale_ Porto ou Oporto (Portugal). - _Portus Gratiæ_. Voir - _Franciscopolis_ Le Havre. - _Portus Regius_ Port-Royal (des Champs). - _Portus Santonum_. Voir - _Rupella_ La Rochelle. - _Portus Venetus_. Voir _Venetia_ Venise. - _Posnania_, _Posna_ Posen. - _Posonium_ Presbourg (Hongrie). - _Praga_ Prague. - _Promontorium_ Promentour ou Promenthoux (Suisse). - _Provinum_ Provins. - - _Quedlinburgum_ Quedlinbourg (Saxe). - _Quintinopolis_, _Augusta - Veromanduorum_ Saint-Quentin. - - _Ravenna_ Ravenne. - _Redones_ Rennes. - _Regiomontium Borussiæ_ Kœnigsberg. - _Regium Lepidi_ Reggio d'Emilia (Italie, près de - Modène). - _Remorum Civitas_, _Remis_ Reims. - _Rhætia_ le Tyrol, les Grisons (anc. Rhétie). - _Rhaugia_ Raguse (Dalmatie). - _Ricolocus_ Richelieu (Indre-et-Loire). - _Ricomagus_ Riom. - _Roma_ Rome. - _Rostochium_ Rostock (Allemagne, Mecklembourg). - _Rotena Urbs_. Voir _Segodunum_ Rodez. - _Roterodamum_ Rotterdam. - _Roto_ Redon. - _Rotomagus_ Rouen. - _Ruotlinga_ Reutlingen (Wurtemberg) - _Rupella_. Voir _Portus - Santonum_ La Rochelle. - _Rupes Fortis_ Rochefort. - - _Sabate_, _Savona_ Savone (Italie, Piémont). - _Salernum_ Salerne. - _Salinis_, _Salinæ_ Salins (Jura). - _Salmantica_ Salamanque. - _Salmurium_ Saumur. - _Sarisberia_, _Sarus_ Salisbury. - _Savilianum_ Savigliano (Italie, Piémont). - _Savona_. Voir _Sabate_ Savone (Italie, Piémont). - _Scandia_, _Scandinavia_ la Scandinavie (Suède, Norwège). - _Scandianum_ Scandiano (Italie, près de Modène). - _Schiedamum_, _Sciedammæ_ Schiedam (Hollande). - _Schoonhovia_ Schoenhoven (Hollande). - _Scotia_. Voir _Caledonia_ l'Écosse (anc. Calédonie). - _Sedanum_ Sedan. - _Segobriga_ Segorbe (Espagne, prov. de Valence). - _Segodunum_, _Rotena Urbs_ Rodez. - _Sena Julia_, _Senæ_ Sienne (Italie, Toscane). - _Senone_s. Voir _Agendicum_ Sens. - _Sequana_ la Seine. - _Silvanectum Civitas_. Voir - _Augustomagus_ Senlis. - _Slesvicum_ Schleswig (Allemagne). - _Sora_, _Soria_ Soria (Espagne, Vieille-Castille). - _Spinalium_ Épinal. - _Spira_. Voir _Augusta Nemetum_ Spire (Bavière). - _Stutgardia_ Stuttgard. - _Sublacense Cœnobium_, - _Subiacum_ Subiaco (Italie centrale). - _Suessonæ_. Voir _Augusta - Suessonum_ Soissons. - _Suevia_ la Souabe (Wurtemberg, Bavière, - etc.). - - _Tarraco_ Tarragone (Espagne, Catalogne). - _Tarvisium_ Trévise (Italie, Vénétie). - _Taurinum_. Voir _Augusta - Taurinorum_ Turin. - _Telo Martius_, _Telonis Portus_ Toulon. - _Tergeste_ Trieste. - _Tholosa_. Voir _Tolosa - Tectosagum_ Toulouse. - _Thorunium_ Thorn (Allemagne). - _Tibur_ Tivoli (Italie centrale, près de - Rome). - _Ticinum_, _Papia_ Pavie. - _Tigurum_ Zurich. - _Toletum_ Tolède. - _Tolosa_ Tolosa (Espagne). - _Tolosa_, _Tolosa Tectosagum_, - _Tholosa_ Toulouse. - _Tornacum Nerviorum_ Tournai. - _Tornomagensis Vicus_ Tournon (Ardèche). - _Trajectum_, _Trajectus Mosæ_ - ou _ad Mosam_, _Trajectum - Superius_ Maestricht. - _Trajectum Inferius_, - _Trajectum Rheni_ ou _ad - Rhenum_, _Ultrajectum_ Utrecht. - _Treba_, _Trevium_ Trevi (Italie, près de Spolète). - _Trecæ_. Voir _Augustobona_ Troyes. - _Trecora_, _Lantriguerum_ Tréguier (Côtes-du-Nord). - _Trevirorum Augusta_. Voir - _Augusta Trevirorum_ Trèves (Prusse rhénane). - _Trevium_. Voir _Treba_ Trevi (Italie, près de Spolète). - _Trevoltium_ Trévoux. - _Tridentum_ Trente (Tyrol). - _Tubinga_ Tubingen (Wurtemberg). - _Tullum_ Toul. - _Turoni_, _Cæsarodunum_ Tours. - _Tusculanum_, _Tusculanum Lacus - Benaci_ Toscolano (Italie, près de Brescia). - _Tutela_ Tulle. - - _Ulma_ Ulm. - _Ultrajectum_. Voir _Trajectum - Inferius_ Utrecht. - _Ulyssipo_. Voir _Olisipo_ Lisbonne. - _Ungaria_. Voir _Hungaria_ la Hongrie. - _Upsalia_ Upsal. - _Uraniburgus_ Uranibourg (Suède). - _Urbinum_ Urbino (Italie, près d'Ancône). - _Ursius (Sanctus)_ Sant'Orso (Italie, près de Vicence). - _Utinum_ Udine (Italie, Vénétie). - - _Valdoletum_. Voir _Pintia_ Valladolid. - _Valentia_ Valence (France et Espagne). - _Valeria_. Voir _Constantia_ Constance. - _Vallis Guidonis_ Laval. - _Varsavia_ Varsovie. - _Vasconia_ la Gascogne. - _Venetia_, _Portus Venetus_ Venise. - _Venetia_. Voir _Dariorigum_ Vannes. - _Vercellæ_ Verceil (Italie, Piémont). - _Verodunum_. Voir _Virodunum_ Verdun (Meuse). - _Verona_ Vérone. - _Versaliæ_ Versailles. - _Verulamium_. Voir _Albani_ - (_Villa Sancti_) Saint-Albans (Angleterre). - _Vesolum_ Vesoul. - _Vesontio_, _Bisuntium_ Besançon. - _Vicentia_ Vicence (Italie, Vénétie). - _Victriacum_, _Victoriacum - Francisci_ Vitry-le-François. - _Vienna_ Vienne (France). - _Vigornia_ Worcester. - _Vinaria_ Weimar. - _Vindobona_ Vienne (Autriche). - _Virodunum_, _Verodunum_ Verdun (Meuse). - _Viterbium_ Viterbe (Italie centrale). - _Vormatia_, _Borbetomagus_ Worms. - _Vratislavia_ Breslau. - - _Westmonasterium_ Westminster. - _Wirceburgum_. Voir _Herbipolis_ Wurtzbourg (Bavière). - _Witteberga_. Voir _Albiorum_ Wittenberg (Saxe). - - _Zutphania_ Zutphen (Hollande). - _Zwolla_ Zwolle (Hollande). - - - - -IV.--CHIFFRES ROMAINS - - - CHIFFRES ROMAINS VALEUR - - I. 1 - II. 2 - III. 3 - IIII ou IV. 4 - V. 5 - VI. 6 - VII. 7 - VIII. 8 - VIIII, VIV ou IX. 9 - X. 10 - XI. 11 - XII. 12 - XIII. 13 - XIV. 14 - XV. 15 - XVI. 16 - XVII. 17 - XVIII. 18 - XIX. 19 - XX. 20 - XXI. 21 - XXII. 22 - XXIII. 23 - XXIV. 24 - XXV. 25 - XXVI. 26 - XXVII. 27 - XXVIII. 28 - XXIX. 29 - XXX. 30 - XXXX ou XL. 40 - XLI. 41 - XLII. 42 - L. 50 - LI. 51 - LX. 60 - LXX. 70 - LXXX ou XXC. 80 - LXXXX ou XC. 90 - XCI. 91 - XCII. 92 - XCVIII. 98 - XCIX ou IC. 99 - C. 100 - CI. 101 - CII. 102 - CL. 150 - CC. 200 - CCL. 250 - CCC. 300 - CCCC ou CD. 400 - - D } 500 - IƆ ou Iↄ. } - - DL. } 550 - IƆL ou Iↄl. } - - DC. } 600 - IƆC ou Iↄc. } - - DCC. } 700 - IƆCC ou Iↄcc. } - - DCCC. } 800 - IƆCCC ou Iↄccc. } - - DCCCC. } 900 - IƆCCCC ou Iↄcccc. } - - M. } 1 000 - CIƆ ou cIↄ. } - ∞. } - [X couché]. } - - MM. } 2 000 - CIƆCIƆ ou cIↄcIↄ. } - IICIƆ ou IIcIↄ. } - ∞∞. } - - MMM. } 3 000 - CIƆCIƆCIƆ. } - IIICIƆ. } - ∞∞∞. } - - IƆƆ ou Iↄↄ. } 5 000 - V∞. } - V̅. } - - IƆƆ∞. } 6 000 - VI∞. } - V̅M. } - - CCIƆƆ ou ccIↄↄ. } 10 000 - ƆMC. } - IMI. } - X∞. } - XM. } - - XX∞. 20 000 - - XXX∞. 30 000 - - IƆƆƆ ou Iↄↄↄ. } 50 000 - L∞. } - L̅. } - - LX∞. } 60 000 - L̅X̅. } - - CCCIƆƆƆ ou cccIↄↄↄ. } 100 000 - C∞. } - CM. } - - CC∞. } 200 000 - CCM. } - - M̅. 1 000 000 - M̅M̅. 2 000 000 - -Les principes originels de la numération romaine paraissent être les -suivants[702]: - -Les doigts de la main sont le symbole des premiers chiffres, I, II, III -et IIII; le V représente le pouce et l'index écartés. Deux V unis par la -pointe (X) firent dix. Les lettres C et M, initiales majuscules de -_centum_ et de _mille_, valurent cent et mille, et eurent souvent pour -formes, la première: [C carré], la seconde ↀ ou CIƆ. Le signe [C carré] -(cent), coupé par moitié dans sa hauteur, donne deux L, ou deux fois -cinquante; CIƆ donne, comme moitié de droite, IƆ ou D, qui représente -cinq cents. On peut aussi considérer ce D comme l'initiale majuscule de -_dimidium_, moitié (moitié de _mille_). - -Dans cette numération, sept lettres suffisent, par leur adjonction et -leur position, pour exprimer tous les nombres: - - I = 1; V = 5; X= 10; L = 50; - C = 100; D = 500; M = 1000. - -Encore peut-on considérer, ainsi que nous venons de le voir, X comme -formé de deux V unis par la pointe, et D comme la combinaison de l'I et -du C retourné. - -D'une façon générale, on procède par addition et par soustraction. Une -lettre de valeur moindre, placée _à la droite_ d'une autre lettre, -augmente la valeur de celle-ci de la valeur qu'elle a elle-même; et, -inversement, une lettre de valeur moindre, placée _à la gauche_ d'une -autre lettre, diminue d'autant celle-ci. Ainsi VI = 5 + 1 = 6; et, au -contraire, IV = 5 − 1 = 4; LX = 50 + 10 = 60; XL = 50 − 10 = 40. Un -nombre plus compliqué, 1695, par exemple, étant composé de 1000 + 600 -[500 + 100] + 100 − 5, s'écrira: MDCVC. - -Mais il faut observer que ce mode de numération additif et soustractif -comporte, à mesure que les chiffres s'ajoutent les uns aux autres et que -les nombres s'élèvent, de fréquentes exceptions. Ainsi XM qui, selon la -règle précédente, devrait signifier M − X, c'est-à-dire 990, signifie X -multiplié par M, soit 10000. CM, au lieu de signifier M − C (900), -signifie C multiplié par M (100 000). Un autre principe, principe -multiplicatif, est donc introduit à partir des mille dans ce système de -numération. «Pour les nombres supérieurs, dit M. Paul Tannery[703], les -Romains _n'avaient pas de système régulier_; le plus souvent, dans les -manuscrits latins, le nombre des mille est écrit comme un nombre -d'unités simples, mais soit surmonté d'un trait horizontal, soit suivi -de la lettre M (abréviation de _millia_). Ainsi, dans Pline, DCCCXC.M.D, -pour 890 500. D'autre part, un nombre encadré par un trait horizontal -au-dessus, et deux traits verticaux à droite et à gauche, exprime des -_centena millia_. Ainsi, encore dans Pline[704], |L̅X̅X̅X̅V̅I̅I̅I̅| XC.M doit se -lire 8 890 000. Il y a là introduction de principes multiplicatifs et -élévatoires étrangers au système répétitif, additif et soustractif -originaire.» - -Il arrive assez fréquemment qu'on compose les chiffres romains en bas de -casse (c'est-à-dire en lettres minuscules); dans ce cas, si l'unité -finale est un i déjà précédé d'un autre i, on emploie, pour cette -finale, au lieu de l'i voyelle, l'i consonne, aujourd'hui nommé j. -Exemples: - - i. 1 - ij. 2 - iij. 3 - iv. 4 - v. 5 - vi. 6 - vij. 7 - viij. 8 - xi. 11 - xij. 12 - xiij. 13 - Etc., etc. - -Au lieu de bas de casse ordinaires (romains), on emploie parfois des bas -de casse italiques, et l'on se sert, comme dans l'ancienne langue, de -l'_u_ à la place du _v_: on nomme ces chiffres romains italiques -_chiffres financiers_[705]. Exemples: _iu_: 4;--_u_: 5;--_ui_: -6;--_uij_: 7;--_uiij_: 8;--etc. - -L'usage d'exprimer la date de publication d'un livre en chiffres romains -remonte à l'origine de l'imprimerie[706]; mais si le mode d'emploi et la -valeur attributive des chiffres arabes ont des règles immuables et -certaines, il n'en est pas de même des chiffres romains, surtout maniés -et combinés par les anciens imprimeurs. Non seulement ceux-ci remplacent -fréquemment le D (500) par ses éléments IƆ, et l'M (1000) -(originairement ↀ) par CIƆ; mais ils substituent volontiers à l'I un -simple accent: 'Ɔ pour IƆ; C'Ɔ pour CIƆ; dans leurs combinaisons de -chiffres, ils se servent de la multiplication tout autant que de -l'addition et de la soustraction; et ils font si bien qu'on leur a très -justement reproché de ne suivre «d'autre règle que leur caprice»[707], -et qu'«on serait tenté de penser que leur but était de se rendre -inintelligibles»[708]. Ce sont très souvent, en effet, des énigmes -qu'ils vous proposent[709], et que les bibliographes les plus experts ne -parviennent pas à déchiffrer sans peine. - -Voici quelques exemples de ces bizarres et embarrassants millésimes: - - M CCCC 7z (1000 + 400 + 70 + 2) 1472 - M CCCC iiij XX VIII (1000 + 400 + [4×20=] 80 + 8) 1488 - M iiii c iiii XX viij (1000 + [4×100=] 400 + [4×20=] 80 + 8) 1488 - M IIIIc IIIIxx XIII = 1493 - M iiij D (1000 + 500 − 4) 1496 - M iij D ou M III D 1497 - M CCCC XC VIII ou M CCCC IIC 1498 - M cccc iCi (1000 + 400 + [100 − 1 + 1 =] 100) 1500 - M CDC II (1000 + [500 − 100 + 100 =] 500 + 2) 1502 - M 'Ɔ VIII 1508 - M D XL IIX 1548 - CIƆ IƆ XXC 1580 - ∞ D XXC IIX 1588 - CIƆ IƆ XXC IIX 1588 - C'Ɔ 'Ɔ XC VI 1596 - CIƆ IƆ CX 1610 - cIↄ Iↄc Lxxv 1675 - CIƆ IƆ CCL 1750 - -Il résulte de ce qui précède que les chiffres romains, à cause de leurs -complications, de leur multiplicité, de la place relativement longue -qu'ils exigent le plus souvent pour former un nombre, et aussi et -surtout des continuelles chances d'erreur qu'ils présentent, doivent -être employés le moins possible, et seulement pour les nombres peu -élevés, et qu'il est nécessaire, lorsqu'on reproduit une date inscrite -en romain, d'en donner la traduction entre parenthèses en chiffres -arabes. «La numération romaine, dit Lemare[710], est si pénible, si -embarrassante, si éloignée de la perfection de celle des Arabes, qui est -devenue la nôtre, qu'il faut la laisser aux Trissotins et déterreurs de -médailles et faiseurs d'inscriptions.» - - - - -V.--SIGNES TYPOGRAPHIQUES - - --- Tiret ou _moins_. - - Le tiret, appelé _moins_ dans les imprimeries, n'était originairement - qu'un signe de mathématiques opposé au _plus_ +. Il remplit en - typographie différentes fonctions, dont la principale est de marquer, - dans les conversations écrites, le changement d'interlocuteur, et de - dispenser ainsi de répéter les expressions: _dit-il_, _répondit-il_, - _reprit-il_, etc. C'est Marmontel, assure-t-on, qui a fait le premier - un emploi fréquent du tiret dans les dialogues. - - Le tiret sert aussi à éviter, dans les tables et nomenclatures, la - répétition des mots sous lesquels on le place, ou l'emploi des termes - _idem_ ou _dito_--il s'emploie également pour séparer les matières - dans les sommaires ou dans certains textes;--placé après une virgule, - un point-virgule ou un point, il renforce, pour ainsi dire, ce signe - de ponctuation et accentue le changement de sens, la transition - d'idées;--enfin, très souvent maintenant, il remplace la parenthèse. - Ces deux derniers modes d'emploi nous viennent des typographes - anglais. (Cf. TH. LEFEVRE, _loc. cit._, t. I, pp. 49-50; et - DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._, pp. 30-31.) - - -- Trait d'union ou _division_. - - Par une singulière fortune, le trait d'union porte en typographie le - nom, à première vue contradictoire, de _division_. C'est que ce petit - signe servant à la fois, selon les règles grammaticales aussi bien que - typographiques, à unir certains mots et à indiquer en fin de ligne les - coupures des mots par syllabes, on n'a envisagé, en grammaire, que le - premier rôle, d'où le nom de _trait d'union_, et, en typographie, que - le second, d'où le nom de _division_. - - Sans relater tous les cas grammaticaux où l'on fait usage du trait - d'union, nous remarquerons qu'on l'emploie en français: 1º entre les - prénoms ou les initiales des prénoms d'une même personne: Jean-Jacques - Rousseau; le jurisconsulte Jean-Baptiste-Victor Proudhon, et - l'économiste socialiste Proudhon (P.-J.); les bibliographes - Jacques-Charles Brunet, Techener (Jacques-Joseph), J.-M. Quérard, - Renouard (A.-A.), etc.;--2º entre les noms du mari et de la femme, les - noms propres composés, etc.: Bussy-Rabutin, Royer-Collard, - Garnier-Pagès, etc.;--3º entre les mots désignant une ville, un - département, une rue, une place, etc.[711]: Pont-à-Mousson - (Meurthe-et-Moselle), Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), rue du - Pré-aux-Clercs, rue Pierre-Charron, place Victor-Hugo, avenue - Louis-Blanc. Mais cette règle n'est pas applicable aux prénoms - étrangers ni à leurs initiales, ni, en général, d'après certaines - _marches_ d'imprimerie, aux expressions géographiques ou - topographiques non françaises, et l'on écrit sans trait d'union: Ebert - (Friedrich Adolf), bibliographe allemand; John S. Billings, - bibliographe américain; E. F. Taylor et Tedder (H. R.), bibliographes - anglais; etc.[712];--et Civita Vecchia, New York, Oil City, Vera Cruz, - San Francisco, San José del Morro, Santo Domingo, São Paulo, etc. (Cf. - LECLERC, _loc. cit._, p. 136; RECLUS, _Géogr. univ._, index - alphabétiques à la fin des volumes; etc.) Il est bien entendu que si - les noms de Pierre Charron, Victor Hugo, Louis Blanc, au lieu de - désigner une rue, une place, etc., s'appliquent à ces écrivains - eux-mêmes, ils ne prennent pas de trait d'union. - - Contrairement à un usage assez répandu, on ne met pas de traits - d'union entre les noms propres composés d'un nom et d'un surnom: - Julien l'Apostat, Jean sans Peur, Louis le Grand, etc.; à moins que - ces noms ne désignent un monument, une rue, une place, etc.: la tour - de Jean-sans-Peur, le lycée et la rue Louis-le-Grand, etc. - - On emploie encore le trait d'union entre les mots exprimant des - nombres inférieurs à cent: dix-sept, dix-huit, soixante-dix-neuf, deux - cent quatre-vingt-quinze, etc.; excepté entre les noms de nombre unis - par la conjonction _et_: vingt et un, soixante et onze, etc. - - Placé entre deux chiffres ou nombres, le trait d'union tient lieu de - la préposition _à_ ou de la conjonction _et_: pp. 12-19 (c'est-à-dire - de la page 12 à la page 19 inclusivement); années 1862-69 (de l'année - 1862 à l'année 1869 inclusivement); pp. 8-9 (pages 8 et 9); années - 1896-97 (1896 et 1897). (Cf. LECLERC, _loc. cit._, pp. 149-150.) - - Ajoutons, à propos de la _division_ typographique, qu'on s'est jadis - quelquefois servi d'un double trait (=) pour indiquer les coupures de - mot en fin de ligue. - - -« » Guillemets. - - On place entre guillemets les citations, les dialogues, les locutions - que l'on ne veut pas mettre en italique, mais sur lesquelles on désire - néanmoins appeler l'attention, etc. «Nous ne saurions trop protester, - en passant, contre l'introduction des informes guillemets anglais - consistant en virgules retournées et apostrophes (“ ”): c'est - simplement affreux, surtout dans les gros caractères. Nombre d'idées - anglaises, qu'il est de bon genre d'adopter, sont dans ce cas.» - (LECLERC, _loc. cit._, p. 148.) La protestation est des plus - justifiées. Comme nous l'avons noté, dès la préface de ce livre, et - avec attestation à l'appui, «rien ne réussit mieux en France que ce - qui n'est pas français». - - -( ) Parenthèses. - -[ ] Crochets. - - Les parenthèses servent à enfermer, au milieu d'une phrase, «les mots - formant un sens distinct et séparé, les incidences qui peuvent être - supprimées sans nuire au sens général, les dates, renvois, sources - diverses, indications, explications, réflexions, etc., les mots et - phrases venant en sous-titre.» (LECLERC, _loc. cit._, p. 145.) - - Les crochets s'emploient pour enclore une restitution de texte; pour - enfermer, au début d'un article, soit une note, soit une introduction - de plus ou moins d'étendue et généralement composée en caractère - différent; soit encore pour placer une intercalation dans une autre - déjà mise entre parenthèses. On emploie aussi un crochet dans la - composition des vers pour rattacher le mot ou la fraction de mot - excédant la justification. - - -... Points suspensifs. - - Voir Astérisque. - - -(?) Point d'interrogation entre parenthèses. - - Placé après un mot ou une phrase, ce point d'interrogation indique que - ce mot est douteux, que cette phrase suggère une incertitude dans - l'esprit de l'auteur, comme s'il s'interrogeait et se demandait: - Est-ce bien cela? - - -(!) Point d'exclamation entre parenthèses. - - Indique une chose bizarre, déraisonnable ou grotesque, digne de - provoquer l'étonnement, le rire ou la moquerie. - - -§ § Paragraphe. - - Signe abréviatif des parties d'un chapitre, d'un article, d'un titre, - etc.: Chap. XV, § 5. - - -* * Astérisque. - - L'astérisque (petit astre, petite étoile), qui, dans les anciens - manuscrits, servait à indiquer quelque défectuosité dans le texte, - s'emploie aujourd'hui comme _appel de note_ ou désignation - conventionnelle, pour séparer les deux parties d'un verset. Il - s'emploie aussi, au nombre de trois, comme abréviation d'un nom - propre: Le comte de M***; Arouet de V***. Au lieu de trois - astérisques, on peut en mettre autant qu'il y a de lettres supprimées: - Arouet de Voltaire, par exemple, s'écrirait: Arouet de V*******. Dans - ce dernier cas, on remplace souvent maintenant les astérisques par des - points placés en pied de ligne: Arouet de V........ Il va sans dire - qu'ici le dernier point--point final de la phrase--est en plus et ne - compte pas. Lorsqu'on veut indiquer une suppression dans un texte, - dans un titre de livre, etc., on se sert également de ces points, dits - _points de suspension_ ou _points suspensifs_. Quelle que soit - l'étendue de la suppression, trois points suffisent pour l'indiquer, - ainsi que nous l'avons dit[713]; mais, ici comme tout à l'heure, la - ponctuation exigée par le sens de la phrase s'ajoute et n'entre pas en - compte. - - Les astérisques, disposés en triangle (⁂) à la fin d'un paragraphe, au - milieu d'une ligne de blanc, tiennent lieu de filet de séparation ou - de _cabochon_ (petit fleuron, figurine ou vignette, qu'on emploie en - typographie, surtout dans la composition des journaux, pour les - séparations de texte et les en-tête d'alinéas). Si cette fin de - paragraphe tombe au bas de la page ou de la colonne, la ligne de - blanc, c'est-à-dire les astérisques ou le cabochon, est mieux placée - en tête de la page ou de la colonne suivantes. (Cf. LECLERC, _loc. - cit._, p. 151.) - - -† Croix. - - La croix, appelée aussi _poignard_ ou _obélisque_ et anciennement - _obèle_ (ὀβελός, broche, épieu), s'emploie dans les livres d'église et - dans les dictionnaires avec une valeur conventionnelle. Dans une - biographie, placé devant un millésime, ce signe indique que le décès - du personnage a eu lieu à cette date. La croix sert aussi (servait - surtout) de renvoi à des notes marginales. Dans les ouvrages de - géographie, elle sert à indiquer un évêché, tandis que l'archevêché a - pour signe ☨. - - -¶ Pied-de-mouche. - - S'employait autrefois, ainsi que la croix et l'astérisque, pour - marquer un renvoi, comme _appel de note_. Servait aussi à signaler - dans un texte des passages spéciaux, à indiquer des séparations et à - accentuer, en quelque sorte, certains alinéas. - - -℣ Verset. - -℟ Répons. - - Ces deux signes sont employés dans les livres d'église (paroissiens, - missels, bréviaires, etc.) pour indiquer, le premier, les _versets_ de - l'Écriture sainte qui se disent ou se chantent aux offices, et forment - leçons ou chapitres; et l'autre, les paroles (_réponses_ ou _répons_), - ordinairement tirées aussi de l'Écriture sainte, qui se disent ou se - chantent après les leçons ou chapitres. (Cf. LITTRÉ, _Dictionn._) - - -&, _&_ Et (conjonction). - - -☞ Index. - - C'est-à-dire: Voyez, remarquez. - - -| ou || / ou // Trait ou double trait vertical ou oblique. - - Dans la copie d'un texte imprimé et particulièrement d'un titre, ces - traits servent à indiquer les divisions des lignes, les fins de - lignes. (Voir _supra_, chap. VIII, pp. 249-252.) - - Dans certains incunables, les traits obliques / ou // remplacent les - virgules et les alinéas. (Voir _Encyclop. britannica_, t. III, p. 653, - col. 2.) - - -[¶] - - Dans les incunables, ce signe indique des alinéas qu'on désire - caractériser, des phrases qu'on veut détacher du texte davantage. Le - signe typographique actuel [C carré], employé dans la correction des - épreuves et indiquant l'alinéa ordinaire, en est dérivé. (Voir - _supra_, chap. VIII, p. 250, 2e ligne du bas.) - - - - -VI.--BIBLIOGRAPHIE - - -Nous aurions voulu faire suivre chacun de nos chapitres d'un index -bibliographique relatif à la question spéciale traitée dans ce chapitre -(_Amour des livres et de la lecture_, _Papier_, _Format_, _Impression_, -etc.); mais la plupart des ouvrages de bibliographie et de bibliotechnie -embrassant un ensemble de questions, et non pas uniquement une -spécialité, il aurait fallu réindiquer les mêmes sources et nous répéter -presque invariablement dans chacune de ces «bibliographies». Aussi -avons-nous jugé à la fois plus rationnel et plus simple de les réunir -toutes en une seule, comprenant la liste, non certes de tous les -ouvrages traitant de ce sujet si complexe, la bibliographie[714], mais -du moins des principaux et de tous ceux où nous avons puisé et où les -lecteurs pourront fructueusement recourir à leur tour[715]. Les -références indiquées dans les notes de nos divers chapitres pourraient -du reste, à la rigueur, tenir lieu respectivement de «bibliographies -spéciales». - -Sans doute les ouvrages portés sur cette liste sont de valeur parfois -fort différente. A côté d'œuvres très consciencieusement élaborées et -d'une réelle et profonde érudition, on trouvera des traités tout à fait -élémentaires ou même des volumes insuffisamment documentés, rédigés sans -préparation ni soin; mais, nous souvenant qu'«il n'est pas de mauvais -livre d'où l'on ne puisse tirer quelque chose d'utile[716]», nous -n'avons pas cru devoir exclure ces _scriptores minores_, puisque nous -les avions consultés, voire utilisés. - -Afin de ne pas démesurément compliquer cette nomenclature, et de donner -cependant quelque idée de l'importance matérielle de ces sources, nous -n'avons mentionné le nombre de pages que pour les volumes, les -plaquettes plutôt, n'excédant pas 100 pages. - - -ACHARD (C.-F.), _Cours élémentaire de bibliographie_. Marseille, -1806-1807. 3 vol. in-8. - - L'auteur déclare avoir mis son ouvrage «à la portée des élèves des - lycées et des écoles secondaires». D'après la _Grande Encyclopédie_ - (art. Bibliographie, t. VI, p. 605), c'est le premier essai - d'introduction de la bibliographie dans l'enseignement. - - -ADELINE (JULES), _Lexique des termes d'art_. (Bibliothèque de -l'enseignement des beaux-arts). Paris, Quentin, s. d. In-8. - - -AIMÉ-MARTIN (L.), _Plan d'une bibliothèque universelle; Études des -livres qui peuvent servir à l'histoire philosophique et littéraire du -genre humain,--suivi du Catalogue des chefs-d'œuvre de toutes les -langues et des ouvrages originaux de tous les peuples_. (Introduction au -Panthéon littéraire.) Paris, Desrez, 1837. In-8. - - -ALKAN (aîné), _les Livres et leurs ennemis_. Paris, Techener, 1883. -In-8. 16 pp. (Extrait du _Bulletin du bibliophile_, mai 1883.) - - -_Annales littéraires_, publication collective des bibliophiles -contemporains. Paris, imprimerie Quantin. In-8. - - Ouvrage publié par les membres de l'«Académie des beaux livres» - (fondée et présidée par OCTAVE UZANNE), et non mis dans le commerce. - Commencée en 1890, cette publication, qui comprend 5 volumes, a cessé - en 1894. - - -_Annuaire du bibliophile, du bibliothécaire et de l'archiviste_, publié -par LOUIS LACOUR. Paris, Meugnot, 1860-61-62-63. 4 vol. in-18. - - -BACKER (LOUIS DE). - - Voir ROUVEYRE (ÉDOUARD) et UZANNE (OCTAVE). - - -BARBIER (ANT.-ALEX.), _Dictionnaire des ouvrages anonymes_..., suite de -la seconde édition des _Supercheries littéraires dévoilées_, par J.-M. -QUÉRARD. Paris, Daffis, 1872-1879. 4 vol. in-8. - - -BERALDI (HENRI), _la Reliure du XIXe siècle_. Paris, Conquet, 1894-1897. -4 vol. in-4. - - -Id. _Voyage d'un livre à travers la Bibliothèque nationale._ Paris, -Masson, 1893. In-4. 45 pp. (Publié originairement dans _la Nature_, -1893, 2e semestre, pp. 35, 65, 134, 247.) - - Monographie succincte des diverses opérations par lesquelles passe un - livre depuis son entrée à la Bibliothèque nationale jusqu'à sa mise en - lecture. - - -_Bibliographe moderne (le)_, Courrier international des archives et des -bibliothèques, publié sous la direction de M. Henri Stein. -Bimensuel[717]. (Fondé en 1897.) - - -_Bibliographie de la France_, Journal général de l'Imprimerie et de la -Librairie. Hebdomadaire. (Fondé en 1811.) - - -BLADES (WILLIAM), _les Livres et leurs ennemis_. Trad. de l'anglais. -Paris, Claudin, 1883. In-8. - - -BLANC (CHARLES), _Grammaire des arts décoratifs_. Nouv. édit. Paris, -Laurens, s. d. (Principalement la Reliure, pp. 336-363.) - - -BLANCHEMAIN (PROSPER). - - Voir ROUVEYRE (ÉDOUARD) et UZANNE (OCTAVE). - - -BLANCHON (H.-L.-ALPH.), _l'Art et la Pratique en reliure_. (Bibliothèque -des professions industrielles, commerciales, agricoles et libérales). -Paris, Hetzel, s. d. In-18. - - -BLONDEL (SPIRE), _l'Art intime et le Goût en France_ (Grammaire de la -Curiosité). Paris, Rouveyre et Blond, 1884. In-4. (Principalement le -chap. XXVI, les Reliures, pp. 317-332.) - - -BOLLIOUD-MERMET, _De la bibliomanie_. La Haye, s. n. d'édit., 1765. -In-8. (Publié s. n. d'aut.--Une nouvelle édit. de cet opuscule de 111 -pp. a paru en 1865 chez Jouaust avec notice de PAUL CHÉRON.) - - -Id. _Essai sur la lecture_. Amsterdam et Lyon, Duplain, 1765. In-8. (s. -n. d'aut.) - - -BONNANGE (FERDINAND), _Projet d'un catalogue universel des productions -intellectuelles_. Mémoire sur les moyens à employer pour dresser -rapidement des catalogues exacts et complets des richesses renfermées -dans les bibliothèques, etc. Paris, Gauthier-Villars, 1874. In-8. 39 pp. - - -BONNARDOT (A.), _Essai sur l'art de restaurer les estampes et les -livres, ou Traité sur les meilleurs procédés pour blanchir, détacher, -décolorier, réparer et conserver les estampes, livres et dessins_. 2e -édit. Paris, Castel. 1858. In-8. (La 1re édit. est de 1846.) - - -Id. _De la réparation des vieilles reliures, Complément de l'Essai sur -l'art de restaurer les estampes et les livres, suivi d'une Dissertation -sur les moyens d'obtenir des duplicata de manuscrits._ Paris, Castel, -1858. In-8. 73 pp. - - -BOSQUET (ÉM.), _Barêmes ou Devis de travaux de reliure (établis au moyen -de 48 tableaux)_. Paris, chez l'auteur, 1892. In-4. - - -Id. _La Reliure, études d'un praticien sur l'histoire et la technologie -de l'art du relieur-doreur_. Paris, Lahure, 1894. In-8. - - -Id. _Traité théorique et pratique de l'art du relieur..._ Paris, Baudry, -1890. In-8. - - -BOUCHOT (HENRI), _le Livre_, l'illustration, la reliure. Étude -historique sommaire. (Bibliothèque de l'enseignement des beaux-arts). -Paris, Quantin, s. d. In-8. - - C'est surtout au «livre illustré» que cette étude est consacrée. - - -Id. _Les Reliures d'art à la Bibliothèque nationale_. Paris, Rouveyre, -1888. In-8. - - -BOULARD (M.-S.), _Traité élémentaire de bibliographie_. Paris, Boulard, -an XIII (1804). In-8. - - -BOURQUELOT (FÉLIX). - - Voir QUÉRARD. - - -BOUTMY (EUGÈNE), _Dictionnaire de l'argot des typographes_. Paris, -Marpon et Flammarion, 1883. In-18. - - -BRUN (M.-A.), _Manuel pratique et abrégé de la typographie française_. -Paris, Didot, 1825. Petit in-12. - - Dans ce volume, qui comprend 233 pp., aucun mot n'a été divisé à la - fin des lignes; malgré cela, l'espacement en est très régulier. Pour - arriver facilement à ce résultat, qu'on a qualifié de «véritable tour - de force typographique» (LECLERC, _loc. cit._, p. 116), il suffit que - l'auteur vienne en aide au compositeur, et ajoute ou supprime, selon - la circonstance, quelques mots du texte. - - -BRUNEL (GEORGES), _le Livre à travers les âges_, numéro unique résumant -l'histoire du Livre depuis les origines de l'écriture, publié sous la -direction de CHARLES MENDEL par GEORGES BRUNEL (avec divers -collaborateurs). Paris, Mendel, 1894. In-4. 51 pp. - - -BRUNET (GUSTAVE), _Dictionnaire de bibliologie catholique, présentant un -exposé des principaux objets de la science des livres_. (Encyclopédie -Migne.) Paris, Migne, 1860. Grand in-8. - - -Id. _Études sur la reliure des livres et sur les collections de -bibliophiles célèbres_. Bordeaux, Vve Moquet, 1891. In-8. - - -Id. _Fantaisies bibliographiques_. Paris, Jules Gay, 1864. In-16. - - - _Etc., etc._ - - Voir BRUNET (JACQUES-CHARLES), QUÉRARD, et ROUVEYRE. - - -BRUNET (JACQUES-CHARLES), _Manuel du libraire et de l'amateur de -livres_. Paris, Didot, 1860-65. 6 vol. in-8; auxquels font suite: t. -VII, Dictionnaire de géographie ancienne et moderne à l'usage du -libraire et de l'amateur de livres... par UN BIBLIOPHILE (PIERRE -DESCHAMPS), 1870;--t. VIII et IX, Supplément, par PIERRE DESCHAMPS et -GUSTAVE BRUNET, 1878. - - Voir _Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_. - - -_Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_, revue mensuelle fondée -en 1834, par CH. NODIER, JÉRÔME PICHON, PAUL LACROIX, G. PEIGNOT, J.-C. -BRUNET, etc. Paris, Techener. - - -BURY (RICHARD DE), _Philobiblion, excellent traité sur l'amour des -livres_. Trad. par HIPPOLYTE COCHERIS. Paris, Aubry, 1856. In-16. - - -CHAILLOT (P.). - - Voir LIBRAIRE (UN). - - -CHARPENTIER (PAUL), _le Papier_ (tome X de l'_Encyclopédie chimique_, -publiée sous la direction de M. FREMY). Paris, Dunod, 1890. In-8. - - -CHASSANT (L.-ALPH.), _Dictionnaire des abréviations latines et -françaises usitées dans les inscriptions lapidaires et métalliques, les -manuscrits et les chartes du moyen âge_, 3e édit. Paris, Aubry. 1866. -In-18. - - -CHEVILLIER (ANDRÉ), _l'Origine de l'imprimerie de Paris_, dissertation -historique et critique. Paris, Jean de Laulne, 1694. In-4. - - -CHRISTIAN (A.), directeur de l'Imprimerie nationale, _Origines de -l'imprimerie en France_. Conférences faites les 25 juillet et 17 août -1900. Paris, Imprimerie nationale, 1900. In-4. - - Très intéressante étude, composée en beaux caractères anciens, et - ornée de nombreuses planches reproduisant des pages de manuscrits et - d'incunables, d'anciennes gravures, des premières marques - d'imprimeurs, etc.: «pages superbes, tirées en _types nationaux_,» a - dit M. LÉON BOURGEOIS (p. XV). - - -CLARETIE (JULES), _Causerie sur ma bibliothèque_, in _Annales -littéraires_, publication collective des bibliophiles contemporains, -1890, pp. 5-30. Paris, imprimerie Quantin, 1890. In-8. - - -_Classification décimale_, Tables générales abrégées. Bruxelles, Office -international de bibliographie, 1897. In-8. 73 pp. - - -CLAUDIN (ANATOLE), _Histoire de l'imprimerie en France au XVe et au XVIe -siècle_. Paris, Imprimerie nationale, 1900. T. I et II. (En cours de -publication.) - - Voir, du même auteur, des monographies sur l'origine de l'imprimerie à - Paris, à Toulouse, Albi, Bordeaux, Limoges, Auch, Saint-Lô, etc. - - -COCHERIS (HIPPOLYTE). - - Voir BURY (RICHARD DE). - - -CONSTANTIN (L.-A.), _Bibliothéconomie, ou Nouveau Manuel complet pour -l'arrangement, la conservation et l'administration des bibliothèques_ -(Manuels Roret). Nouv. édit. Paris, Roret, 1841. In-18. - - La 1re édition est de 1839. Petzholdt a traité très durement ce - manuel. De son côté, GRAESEL déclare (_loc. cit._, pp. 23 et 24) - qu'«il n'a pas, en effet, au point de vue scientifique, d'importance - véritable»; mais il ajoute aussitôt, avec plus d'indulgence, - c'est-à-dire d'équité, qu'«aujourd'hui encore, ce petit livre offre - aux commençants, pour lesquels il a du reste été écrit, des - renseignements utiles». MOURAVIT estime avec raison (_loc. cit._, p. - 330) que c'est «un des meilleurs traités technologiques du genre». - Constantin n'est qu'un des prénoms de l'auteur: il s'appelait Hesse - (Léopold-Auguste-Constantin). - - -_Courrier des bibliothèques et des amateurs de livres_. Mensuel. Paris, -Welter. (Fondé en 1901.) - - -COUSIN (JULES), _De l'organisation et de l'administration des -bibliothèques publiques et privées, Manuel théorique et pratique du -bibliothécaire_. Paris, Pedone-Lauriel, 1882. In-8. - - Bon ouvrage, mis à profit par tous les bibliographes. - - -CRAPELET (G.-A.), _Études pratiques et littéraires sur la typographie_, -t. I. Paris, Crapelet, 1837. In-8. (Le t. I a seul paru.) - - «Cet ouvrage, que tout imprimeur doit étudier, fut malheureusement - interrompu par la mort de l'auteur, typographe instruit et passionné - pour son art.» (A.-F. DIDOT, _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. - XXVI, col. 740, n. 3.) Ce tome I traite principalement des correcteurs - et de la correction typographique. - - -DARCHE (JEAN), _Essai sur la lecture, ou Traité complet des livres et de -tout ce qui les concerne_. Paris, Bureau des _Annales de la Sainteté au -XIXe siècle_, 1870. In-16. - - -DARUTY DE GRANDPRÉ (marquis), _Vade-Mecum du bibliothécaire, ou Règles -pratiques pour la rédaction des catalogues et le classement des -volumes_, suivies d'une instruction raisonnée sur le format des livres. -Paris, Paul et fils et Guillemin, 1897. In-8. 64 pp. - - -DAUPELEY-GOUVERNEUR (G.), _le Compositeur et le Correcteur typographes_. -Paris, Rouvier et Logeat, 1880. In-16. - - Imprimeur et ancien correcteur d'imprimerie, l'auteur de ce manuel a - mis dans son livre le résultat de sa longue pratique et de son - expérience. Malgré plusieurs principes posés par lui, et contestables, - ou même définitivement repoussés, c'est un des bons ouvrages que nous - ayons sur la typographie. Voir notamment la seconde partie consacrée à - la _Correction_: Ponctuation, Emploi des majuscules, etc. - - -DELALAIN (P.), _Inventaires des marques d'imprimeurs et de libraires de -la collection du Cercle de la librairie_. Paris, Cercle de la librairie, -1886-1888. - - -DELISLE (LÉOPOLD), _les Bibliothèques publiques aux États-Unis_, ou -_Decimal Classification and Relative Index for libraries, by Melvil -Dewey_.--In _Journal des Savants_, 1896, pp. 155-170. - - Un des meilleurs articles qu'on ait écrits sur et contre la - classification décimale. La première partie de cet article a seule - paru. - - -Id. _Instructions élémentaires et techniques pour la mise et le maintien -en ordre des livres d'une bibliothèque_. Lille, Danel, 1890. In-8. 76 -pp. - - -Id. _Introduction au Catalogue général des livres imprimés de la -Bibliothèque nationale_. Paris, Imprimerie nationale, 1897. T. I, pp. I -à LXXXII. - - -Id. _Note sur les catalogues de la Bibliothèque nationale_. Lille, -Danel, 1889. In-8. 15 pp. - - -DELON (C.), _Histoire d'un livre_ (Bibliothèque des écoles et des -familles), 6e édit. Paris, Hachette, 1898. In-8. - - Résumé des diverses opérations relatives à la fabrication du Livre. - Ouvrage élémentaire, mais rempli de détails intéressants et - agréablement présentés. - - -DENIS (FERDINAND), _Histoire de l'ornementation des manuscrits_. Paris, -Curmer, 1857. In-4. - - -DENIS (FERDINAND), P. PINÇON, et DE MARTONNE, _Nouveau Manuel de -bibliographie universelle_ (Manuels Roret). Paris, Roret, 1857. 3 vol. -in-18, ou 1 vol. in-8. - - -DEROME (L.), _le Luxe des livres_. Paris, Rouveyre, 1879. In-12. - - -DESCHAMPS (PIERRE). - - Voir BRUNET (JACQUES-CHARLES). - - -DESORMES (E.), _Notions de typographie à l'usage des écoles -professionnelles_. Paris, École professionnelle Gutenberg, 1888. In-8. - - -DIDEROT, _Lettre adressée à un magistrat sur le commerce de la -librairie_, in _Œuvres complètes_, t. XVII, pp. 7-75. Paris, Garnier, -1876. 20 vol. in-8. - - -DIDOT (AMBROISE-FIRMIN), _l'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à -l'Exposition universelle_ (de Londres) _de 1851_. Rapport du XVIIe -jury... Seconde édition, avec quelques additions. Paris, Imprimerie -impériale, 1854. In-8. 142 pp. - - -Id. _Typographie_, in _Encyclopédie moderne_, t. XXVI, col. 557 à 922. - - C'est surtout à l'histoire de la typographie (en France et à Paris - principalement) qu'est consacré cet article détaillé et très - important, qui a été publié à part sous le titre d'_Essai sur la - typographie_. Paris, Didot, 1855. In-8. - - -DUPONT (PAUL), _Histoire de l'imprimerie_. Paris, Dupont, 1854. 2 vol. -in-8. - - -EGGER (ÉMILE), _Histoire du livre depuis ses origines jusqu'à nos -jours_, 5e édit. Paris, Hetzel, s. d. In-12. (La 1re édit. est de 1880.) - - -_Encyclopædia britannica (the), a Dictionary of arts, sciences, and -general literature._--Ninth edit. Edinburgh, Adam and Charles Black, -1875-1889. 24 vol. et un vol. index. - - Voir spécialement les articles: Bibliography, par E. F. TAYLOR, t. - III, pp. 651-663; Libraries (Bibliothèques), par H. R. TEDDER et E. C. - THOMAS, t. XIV, pp. 509-551; etc. - - -_Encyclopédie moderne, Dictionnaire abrégé des sciences, des lettres, -des arts, de l'industrie, de l'agriculture et du commerce_, nouv. -édit..., publiée par MM. FIRMIN DIDOT frères, sous la direction de M. -LÉON RENIER. Paris, Didot, 1851. Avec le Complément: 44 vol. in-8 à 2 -col. - - Voir notamment les articles: Papier (16 col.), par P.-N. DIDOT - Stéréotypie (Complément: 5 col.), par STARK; Typographie (environ 400 - col.), par A.-F. DIDOT; etc. - - -EUDEL (PAUL), _le Truquage_, les contrefaçons dévoilées. Paris, Dentu, -1887. In-12. - - Voir le chapitre relatif aux Livres et Reliures, pp. 260-277. - - -FAUCOU (LUCIEN), _Mémoire sur les vexations qu'exercent les libraires et -imprimeurs de Paris_, publié d'après l'imprimé de 1725... Paris, -_Moniteur du bibliophile_, 1879. Petit in-4. - - -FERTIAULT (F.), _les Amoureux du livre_ (sonnets d'un bibliophile, -etc.). Paris, Claudin, 1877. In-8. - - -Id. _Drames et Cancans du livre_. (Nouvelles et anecdotes.) Paris, -Lemerre, 1900. In-18. - - -Id. _Les Légendes du livre_. Paris, Lemerre, 1886. In-8. - - Ce dernier volume est, comme _les Amoureux du livre_, un recueil de - sonnets, accompagnés d'intéressantes notes historiques et littéraires, - consacrés à la louange des livres et des bibliophiles. - - -FONTAINE DE RESBECQ (A. DE), _Voyages littéraires sur les quais de -Paris_. 2e édit. suivie de _Mélanges tirés de quelques bouquins de la -boîte à quatre sols_. Paris, Furne, 1864. In-16. - - -FORMEY (JEAN-LOUIS-SAMUEL), _Conseils pour former une bibliothèque peu -nombreuse mais choisie_. Nouv. édit. Berlin, Haude et Spener, 1756. -Petit in-8. (Publié s. n. d'aut.) - - «Bon livre, qui indique les bons livres,» dit une note manuscrite - anonyme, relevée sur la garde de mon exemplaire (d'occasion). - - -FOURNIER (ÉDOUARD), _l'Art de la reliure en France aux derniers -siècles_. Paris, Gay, 1864. In-12. - - Voir LACROIX (PAUL) (Bibliophile JACOB). - - -FOURNIER (H.), _Traité de la typographie_. Paris, H. Fournier, 1825. -In-8.--3e édit., Tours, Mame, 1870. In-8. - - -FOURNIER LE JEUNE [PIERRE-SIMON], _Manuel typographique utile aux gens -de lettres, et à ceux qui exercent les différentes parties de l'art de -l'imprimerie_. Paris, Barbou, 1764-1766. 2 vol. pet. in-8. - - Cet ouvrage (cf. l'Avertissement, t. I, p. XXIV) devait se composer de - quatre volumes. Le premier traite de la gravure des caractères et de - leur fonte, ainsi que de la police des lettres; le second donne de - nombreux spécimens de caractères typographiques. La mort de l'auteur, - survenue en 1768, l'a empêché de compléter son œuvre, de retracer, - ainsi qu'il se l'était promis, l'histoire de l'imprimerie et des - principaux imprimeurs. Tel qu'il est resté, cet intéressant ouvrage, - édité avec goût et artistement, «est plutôt, selon le mot de A.-F. - DIDOT (_Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI, col. 848), le - manuel du fondeur en caractères que celui de l'imprimeur». - - -FRANKLIN (ALFRED), _les Anciennes Bibliothèques de Paris, Églises, -Monastères, Collèges_, etc. Paris. Imprimerie nationale, 1867-1873. 3 -vol. in-4. - - -FREY (A.), _Manuel nouveau de typographie..._ (Manuels Roret). Paris, -Roret, 1835. 2 parties en 1 vol. in-18.--Nouv. édit. en 1857. - - «Livre estimable, fait avec une conscience d'auteur que l'on rencontre - trop rarement dans la collection des _Manuels_. On reconnaît, ce qui - n'est pas moins rare, que l'auteur possède à fond la matière qu'il - traite.» (CRAPELET, _loc. cit._, p. 245, note.) Ouvrage estimable, en - effet, mais qui date et n'est plus au courant de la question. Il a été - remplacé, dans la collection des Manuels Roret, par l'excellent petit - livre de M. ÉMILE LECLERC. - - -GAUSSERON (B.-H.), _Bouquiniana, notes et notules d'un bibliologue_. -Paris, Daragon, 1901. In-18. - - -GRAESEL (Dr ARNIM), _Manuel de bibliothéconomie_. Traduction de JULES -LAUDE. Paris, Welter, 1897. In-8. - - Le manuel de Graesel est choisi comme texte allemand à traduire dans - les examens des candidats aux fonctions de bibliothécaire - universitaire. «On ne pouvait mieux faire, dit M. MAIRE (_loc. cit._, - p. 37), son livre étant jusqu'à présent le meilleur traité de - bibliothéconomie.» Sans rien contredire à cet éloge, nous émettrons - cependant le regret de ne pas trouver dans l'ouvrage de Graesel plus - d'exemples, plus de spécimens et de modèles. Si intéressante qu'elle - est, la lecture de ce très consciencieux et savant manuel, qui a été - fort bien traduit et complété par M. Jules Laude, produit parfois le - même effet que celle d'un traité de grammaire qui serait dépourvu - d'exemples et ne contiendrait que l'énoncé des règles et leur - développement. - - Voir PETZHOLDT. - - -GRAND-CARTERET (JOHN), _Vieux Papiers, Vieilles Images. Cartons d'un -collectionneur_. Paris, Le Vasseur, 1896. In-8. - - -_Grande Encyclopédie (la)_, inventaire raisonné des sciences, des -lettres et des arts, par une Société de savants et de gens de lettres. -Paris, Lamirault, s. d. In-4. Ouvrage en cours de publication et presque -terminé (29 vol. parus: lettres A à S). Le 1er vol. est de 1889. - - Voir tous les articles qui se rapportent au Livre: Bibliographie (par - E.-D. GRAND, t. VI, pp. 598-641, très bon article); Bibliomanie, - Bibliophilie, Bibliothèque (par A. MOLINIER, CHARLES LUCAS, etc., t. - VI, pp. 647-682); Écriture, Imprimerie, Livre, Reliure, etc. Voir - notamment, à la fin de chacun de ces articles, les bibliographies qui - s'y rapportent et qui sont dressées avec grand soin et très - abondantes. - - -GRUEL (LÉON), _Manuel historique et bibliographique de l'amateur de -reliures_. Paris, Gruel et Engelmann, 1887. In-4. - - -GUYOT-DAUBÈS, _l'Art de classer les notes et de garder le fruit de ses -lectures et de ses travaux. Comment on organise son bureau, sa -bibliothèque_. Nouv. édit. Paris, P. Guyot, s. d. In-18. - - -HANOTAUX (GABRIEL), _la Seine et les Quais, promenades d'un -bibliophile_. Paris, Daragon, 1901. In-18. 96 pp. - - -_Instruction générale relative au service des Bibliothèques -universitaires_, du 4 mai 1878. _Ap. ROBERT, Recueil de lois concernant -les bibliothèques publiques_, pp. 115-138; ou _ap. MAIRE, Manuel -pratique du bibliothécaire_, pp. 427-449. - - -_Intermédiaire des chercheurs et curieux (l')_. Actuellement -hebdomadaire, et publié sous la direction de M. GEORGES MONTORGUEIL. -(Fondé en 1864.) - - Voir, pour les articles relatifs au Livre, la table générale des - matières et les tables des derniers volumes de ce très intéressant - recueil, bien connu et hautement apprécié par tous les liseurs et - travailleurs. - - -_Intermédiaire des imprimeurs (l')_ (à Lyon). Mensuel. (Fondé en 1886.) - - -JANIN (JULES), _l'Amour des livres_. Paris. J. Miard, 1866. In-12. 61 -pp. - - «Petit livre fort joli et bien écrit, mais dont le principal mérite - est d'être rare.» (J. LE PETIT, _loc. cit._, p. 40.) Cet opuscule, qui - n'a été tiré qu'à 204 exemplaires, est, en effet, comme l'ouvrage - suivant d'ailleurs, très superficiel et d'une exactitude parfois peu - rigoureuse. - - -Id. _Le Livre_. Paris, Plon, 1870. In-8. - - -JANNET (PIERRE). - - Voir QUÉRARD. - - -JORDELL (D.). - - Voir LORENZ. - - -JULIA DE FONTENELLE [JEAN-SÉBASTIEN-EUGÈNE] ET POISSON (P.), _Nouveau -Manuel complet du marchand papetier et du régleur_ (Manuels Roret). -Nouv. édit. Paris, Roret, 1854. In-18. - - -LACOUR (LOUIS). - - Voir _Annuaire du bibliophile_. - - -LACROIX (PAUL) (Bibliophile JACOB), _les Amateurs de vieux livres_. -Paris, Rouveyre, 1880. In-8. 60 pp. - - Cette plaquette se compose de courtes monographies sur «les - bouquinistes, les étalagistes, les épiciers, les bibliomanes, les - bibliophiles et les bouquineurs». Ces esquisses, trop rapides pour - être suffisamment accentuées et travaillées, figurent en tête d'un - volume, paru antérieurement, du même auteur, et intitulé _Ma - République_ (Paris, Delahays, s. d. In-16). _Ma République_ n'est - autre chose qu'une fantaisie bibliographique, le récit d'une - romanesque aventure qui se passe peu après la chute de Robespierre, et - a pour point de départ la disparition d'un magnifique exemplaire de - _la République_ de Jean Bodin, 6e édition, in-8, publiée à Paris en - 1580. - - -Id. _Curiosités de l'histoire des arts_. Notices sur le parchemin et le -papier... Origines de l'imprimerie, la reliure... (Bibliothèque de -poche.) Paris, Delahays, 1858. In-18. - - Ces notices se retrouvent, plus ou moins modifiées et complétées, dans - les ouvrages suivants du même auteur, intéressants surtout par leurs - illustrations: - - _Les Arts au moyen âge et à l'époque de la Renaissance_, 7e édit. - Paris, Didot, 1880. In-4. - - _XVIIe siècle, Lettres, Sciences et Arts_. Paris, Didot, 1882. In-4. - - _XVIIIe siècle, Lettres, Sciences et Arts_. 2e édit. Paris, Didot, - 1878. In-4. - - Voir LOUISY (P.). - - -LACROIX (PAUL) (Bibliophile JACOB), _Mélanges bibliographiques_. Paris, -Librairie des biblioph., 1871. In-12. - - -LACROIX (PAUL) (Bibliophile JACOB), ÉDOUARD FOURNIER et FERNAND SERÉ, -_Histoire de l'imprimerie et des arts et professions qui se rattachent à -la typographie_: calligraphie, enluminure, parcheminerie, librairie, -gravure sur bois et sur métal, fonderie, papeterie et reliure; ... -Paris, Delahays, s. d. In-4. - - Voir _Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_. - - -LALANNE (LUDOVIC), _Curiosités bibliographiques_. (Bibliothèque de -poche.) Paris, Delahays, 1857. In-16. La 1re édit. est de 1846. - - Vol. de 440 pp. rempli de détails des plus intéressants sur l'histoire - du livre. MOURAVIT (_loc. cit._, p. 390) reproche à l'auteur «d'avoir - emprunté tout le fond de son ouvrage» aux _Recherches sur les - bibliothèques anciennes et modernes_, de PETIT-RADEL, reproche exagéré - et immérité. - - -LAROUSSE, _Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle_. Paris, -Larousse, 1866 et suiv. 17 vol. in-4 (y compris deux suppléments). - - Voir les articles Bibliographie, Bibliothèque, Catalogue (très bon - art., 32 col.), Elzévir (14 col.), Papier, Reliure, etc. - - -LECLERC (ÉMILE), _Nouveau Manuel complet de typographie_. Préface de M. -PAUL BLUYSEN (Manuels Roret). Paris, Encyclopédie Roret, Mulo, 1897. -In-18. Le faux titre et la couverture diffèrent du titre et portent -seulement: _Encyclopédie-Roret, Typographie_. - - Très bon petit volume, qui, dans ses 568 pages et avec ses 110 - illustrations, renferme tout ce qui intéresse l'impression du livre - (caractères, composition, épreuves, papier, clichage, etc., etc.). Il - a malheureusement le défaut de tous les manuels Roret: il est de - format trop exigu, ce qui nuit aux illustrations (reproductions - d'anciens textes ou d'anciennes vignettes, types de lettres, spécimens - de machines, etc.), qui auraient besoin de plus de surface. - - -LECOY DE LA MARCHE (A.), _les Manuscrits de la Miniature_ (Bibliothèque -de l'enseignement des beaux-arts). Paris, Quantin, s. d. In-8. - - -LEFEVRE (THÉOTISTE), _Guide pratique du compositeur d'imprimerie_. -Paris, Didot, 1855-1872. 2 vol. in-8. - - C'est le guide en quelque sorte classique du typographe. Quoique - vieilli en bien des parties, il est encore précieux à consulter, voire - indispensable. - - -LE GALLOIS, _Traité des plus belles bibliothèques de l'Europe, des -premiers livres qui ont été faits, de l'invention de l'imprimerie_, etc. -Paris, Estienne Michallet, 1680. In-12.--Nouv. édit. en 1685. - - «Cet ouvrage n'est, pour ainsi dire, qu'une traduction abrégée du - Traité de Lomeier.» (PEIGNOT, _Répertoire bibliogr._, p. 34.) - - -LENORMAND (SÉB.), _Nouveau Manuel complet du relieur en tous genres_. -Nouv. édit. entièrement refondue et considérablement augmentée par M. -MAIGNE (Manuels Roret). Paris, Roret, 1890. In-18. - - -LE PETIT (JULES), _l'Art d'aimer les livres et de les connaître_. -Lettres à un jeune bibliophile. Paris, chez l'auteur, 1884. In-8. - - Ouvrage qui traite surtout du livre de luxe, des éditions rares et de - la reliure artistique. - - -LESNÉ, _la Reliure_, poème didactique en six chants. Paris, Lesné, 1820. -In-8. - - Les notes, très nombreuses, qui accompagnent ce poème, forment un - véritable traité théorique et critique de reliure. «Il est - regrettable, dit MOURAVIT (_loc. cit._, p. 229), que l'auteur se soit - montré si prosaïque en chantant un art plein de poésie et si bien - fait, par ses merveilleuses ressources, pour glorifier les productions - du génie. Du moins, si c'est un détestable _poème_, c'est un ouvrage - plein de sages conseils, de judicieuses remarques, de préceptes - heureux, et que, très certainement, on consultera toujours avec - fruit.» Lesné a dédié son poème à son fils, et, entre autres - excellentes exhortations, voici ce qu'il lui dit (p. 1): «Fais - toujours bien pour le seul plaisir de bien faire. Pénètre-toi bien que - l'état le plus simple devient un art dans la main de celui qui - l'exerce avec distinction, et que l'art le plus sublime n'est plus - qu'un vil métier pour celui qui travaille avec routine, et dans la - seule vue de pourvoir à son existence.» - - -LIBRAIRE (UN), _Manuel du libraire, du bibliothécaire et de l'homme de -lettres_. Paris, Emler frères, 1828. Petit in-18. - - Cet ouvrage a pour auteur P. GHAILLOT jeune, impr.-libr. à Avignon, - chez qui il a été imprimé. Voir QUÉRARD, _Supercheries littéraires_, - t. II, col. 781; et BARBIER, _Dictionn. des ouvrages anonymes_, t. - III, col. 49. - - -_Livre du bibliophile (le)_, (s. n. d'aut.--Ouvrage attribué à M. -ALPHONSE LEMERRE). Paris, Lemerre, 1874. Petit in-12. 49 pp. - - -LOMEIER (JOHANN), _De Bibliothecis Liber singularis_. Zutphaniæ -(Zutphen), 1669. In-8. - - -LORENZ (OTTO) et JORDELL (D.), _Catalogue général de la librairie -française depuis 1840_. Paris, Lorenz et Per Lamm, 1867-96. 13 vol. -in-8. - - Le tome XIV est en cours de publication (1901). A partir du tome XII, - le titre porte la mention: «Continuation de l'ouvrage d'OTTO LORENZ... - Rédigé par D. JORDELL». - - -LOUANDRE (CHARLES). - - Voir QUÉRARD. - - -LOUISY (P.), _le Livre et les Arts qui s'y rattachent..._ (Collection de -«l'Ancienne France»). Paris, Didot, 1894. In-8. - - Les illustrations (au nombre de 222) de ce volume et très souvent le - texte sont empruntés au grand ouvrage de PAUL LACROIX (Bibliophile - JACOB) sur _le Moyen âge et la Renaissance, le XVIIe _et_ le XVIIIe - siècle_. - - -LUBBOCK (SIR JOHN), _le Bonheur de vivre_. Trad. sur la 20e édit. -anglaise. Paris, Alcan, 1891. In-18. - - Voir chap. III et IV, pp. 52-89: La lecture et le choix des livres. - - -_Magasin pittoresque (le)_. Actuellement semi-mensuel et publié sous la -direction de M. CHARLES FORMENTIN. (Fondé en 1833.) - - Voir, pour les articles relatifs au Livre, la table générale des - matières et les tables des derniers volumes. Voir notamment _les - Ennemis des livres_, articles non signés parus en 1873, 1875, 1876 et - 1878. (Ne pas confondre cette série d'articles avec le livre de - MULSANT (ÉTIENNE) [UN BIBLIOPHILE], qui porte le même titre.) - - -MAIGNE. - - Voir LENORMAND (SÉB.). - - -MAIRE (ALBERT), _Manuel pratique du bibliothécaire_. Paris. Picard et -fils, 1896. In-8. - - Bon ouvrage, qui, bien que concernant spécialement les bibliothèques - universitaires, sera lu et consulté avec grand intérêt par tous ceux - qui s'occupent des éléments et de la condition du Livre. Il contient - notamment un très utile lexique de tous les termes usités en - bibliographie. Moins savant, mais moins aride que l'ouvrage de - Graesel, le manuel de Maire est un des meilleurs traités de - bibliotechnie que nous possédions en France. - - -MARTONNE (DE). [GUILLAUME-FRANÇOIS DE MARTONNE.] - - Voir DENIS (FERDINAND). - - -MAURY (ALFRED). - - Voir QUÉRARD. - - -_Mémorial de la librairie française_, Revue hebdomadaire des livres... -Paris, H. Le Soudier. (Fondée en 1895.) - - Outre sa revue des livres, ce périodique contient, particulièrement - sous le titre d'«Échos et Nouvelles», de très utiles renseignements - sur tout ce qui touche l'imprimerie et la librairie. - - -MENDEL (CHARLES). - - Voir BRUNEL (GEORGES). - - -MICHEL (MARIUS), _la Reliure française, commerciale et industrielle, -depuis l'invention de l'imprimerie jusqu'à nos jours_. Paris, Morgand et -Fatout, 1881. In-4. - - -MOURAVIT (GUSTAVE), _le Livre et la Petite Bibliothèque d'amateur_, -Essai de critique, d'histoire et de philosophie morale sur l'amour des -livres. Paris, Aubry, s. d. (1870). In-16. - - Nous avons dit, à différentes reprises (voir p. 23 et _passim_), tout - le bien que nous pensons de l'ouvrage de Mouravit, qui n'a qu'un tort, - celui d'avoir été tiré à un nombre très restreint d'exemplaires (200 - d'après Lorenz) et d'être aujourd'hui devenu très rare et très cher. - M. JULES LE PETIT apprécie comme nous avec grands éloges le volume de - Mouravit, où il a trouvé, «en dehors d'un style de maître, des aperçus - délicieux et des réflexions remplies de bon sens sur les livres et sur - les bibliophiles». (_loc. cit._, p. 37.) - - -MULSANT (ÉTIENNE) [UN BIBLIOPHILE], _les Ennemis des livres_, Lyon, H. -Georg, 1879. Petit in-8. 64 pp. - - -MUNIER (J.-B.), _Nouveau Guide illustré de l'imprimerie, de la librairie -et de la papeterie_. Paris, Marpon et Flammarion, s. d. In-18. 64 pp. -chiff. - - -NAMUR (P.), _Manuel du bibliothécaire_. Bruxelles, Tircher, 1834. In-8. - - -_Nature (la), Revue des sciences et de leurs application_. Hebdomadaire. -Actuellement publiée sous la direction de M. HENRI DE PARVILLE. (Fondée -en 1873.) - - Pour les articles relatifs au Livre, voir les tables semestrielles des - matières. - - -NAUDÉ (GABRIEL), _Advis pour dresser une bibliothèque, présenté à -Monseigneur le Président de Mesme_. Réimprimé sur la deuxième édition -(Paris, 1644). Paris, Liseux, 1876. Petit in-12.--La 1re édit. est de -1627. - - -NODIER (CHARLES), _l'Amateur de livres_, in _les Français peints par -eux-mêmes_, t. II, pp. 81-86. Paris, Delahays, s. d. - - -Id. _Le Bibliomane_, in le journal _le Voleur_, 20 novembre 1842, pp. -441-444. - - -Id. _Mélanges tirés d'une petite bibliothèque, ou Variétés littéraires -et philosophiques_. Paris, Crapelet, 1829. In-8. - - «Après le plaisir de posséder des livres, il n'y en a guère de plus - doux que celui d'en parler,» déclare l'auteur en tête de sa préface. - - Voir _Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_. - - -ŒTTINGER (ÉDOUARD MARIE), _Bibliographie biographique universelle_, -Dictionnaire des ouvrages relatifs à l'histoire de la vie publique et -privée des personnages célèbres... Paris, Lacroix et Daffis, 1866. 2 -vol. in-8. - - -PARENT (aîné), _Essai sur la bibliographie et sur les talens _(sic)_ du -bibliothécaire_. Paris, Imprim. chrétienne et chez l'auteur, an IX. -In-8. 54 pp. - - «Cet opuscule, d'un style boursouflé et déclamatoire, est plein d'une - érudition curieuse à force d'être naïvement étalée.» (MOURAVIT, _loc. - cit._, p. 345.) - - -Id. _Dictionnaire raisonné de bibliologie_. Vesoul et Paris, 1802-1804. -3 vol. in-8. - - -Id. _Essai de curiosités bibliographiques_. Paris, Renouard, 1804. In-8. - - -Id. _Essai historique et archéologique sur la reliure des livres et sur -l'état de la librairie chez les anciens_. Dijon, Lagier (et Paris, -Renouard), 1834. In-8. 84 pp. - - -Id. _Manuel bibliographique, ou Essai sur les bibliothèques anciennes et -modernes et sur la connaissances des livres, des formats, des éditions_. -Paris, s. n. d'édit., 1800. In-8. (Le titre porte seulement les -initiales G. P.). - - -Id. _Manuel du bibliophile, ou Traité du choix des livres_. Dijon, -Lagier (et Paris, Renouard), 1823. 2 vol. in-8. - - «... Ouvrage qui devrait être connu de tous ceux qui se vouent à la - culture intellectuelle (car il a été écrit surtout pour ceux-là)... ce - judicieux _Traité du choix des livres_, un peu arriéré aujourd'hui - dans sa partie purement bibliographique, mais plein de sages conseils - et des meilleurs principes...». (MOURAVIT, _loc. cit._, p. 109.) - - «M. Peignot est un des savants qui ont le mieux mérité de la science - bibliographique.» (RENOUARD, _Catalogue d'un amateur_, t. IV, p. 214.) - - -PEIGNOT (GABRIEL), _Répertoire bibliographique universel, contenant la -notice raisonnée des bibliographies spéciales_. Paris, Renouard, 1812. -In-8. - - -Id. _Traité du choix des livres_. Paris, Renouard (et Dijon, Lagier). -1817. In-8. (Cet ouvrage est la 1re édition du _Manuel du bibliophile, -ou Traité du choix des livres_, du même auteur.) - - _Etc., etc._ - - Voir _Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_. - - -PELLECHET (M.), _Catalogue général des incunables des bibliothèques de -France_. Paris, Picard et fils, 1897. In-8, t. I. - - Ouvrage en cours de publication, «chef-d'œuvre de la nouvelle école - bibliographique», a dit M. L. DELISLE (_Catalogue général des livr. - impr. de la Biblioth. nation._, Introduction, t. I, p. LXXVI). - - -PETIT-RADEL (LOUIS-CHARLES-FRANÇOIS), _Recherches sur les bibliothèques -anciennes et modernes jusqu'à la fondation de la bibliothèque Mazarine -et sur les causes qui ont favorisé l'accroissement successif du nombre -des livres_. Paris, Rey et Gravier, 1819. In-8. - - -PÉTRARQUE, _De l'abondance des livres et de la réputation des -écrivains_. Trad. du latin par VICTOR DEVELAY. Paris, Librairie des -bibliophiles, 1883. In-32 carré. 44 pp. - - -PETZHOLDT (Dr JULIUS), _Katechismus der Bibliothekenlehre. Anleitung zur -Einrichtung und Verwaltung von Bibliotheken_. Leipzig, 1856. Une refonte -de cet important ouvrage a été faite par le Dr ARNIM GRAESEL, et a paru -à Leipzig, chez Weber, 1890. In-8. - - -PICHON (JÉRÔME). - - Voir _Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_. - - -PINÇON (P.). - - Voir DENIS (FERDINAND). - - -POISSON (P.). - - Voir JULIA DE FONTENELLE. - - -_Polybiblion_, revue bibliographique universelle. Mensuelle. (Fondée en -1868.) - - -PSAUME, _Dictionnaire bibliographique, ou Nouveau Manuel du libraire et -de l'amateur de livres_. Paris, Ponthieu, 1824. 2 vol. in-8. - - Voir surtout, dans cet ouvrage (signé seulement de l'initiale P...), - l'intéressant «Essai élémentaire sur la bibliographie», qui en forme - l'introduction (t. I, pp. 9-264). - - -QUENTIN-BAUCHART (ERNEST), _les Femmes bibliophiles de France_ (XVIe, -XVIIe et XVIIIe siècles). Paris, D. Morgand, 1886. 2 vol. in-8. - - -QUÉRARD (JEAN-MARIE), _la France littéraire, ou Dictionnaire -bibliographique des savants, historiens et gens de lettres de la France, -ainsi que des littérateurs étrangers qui ont écrit en français, plus -particulièrement pendant les XVIIIe et XIXe siècles_. Paris, Didot, -1827-1842. 10 vol. in-8. (Supplément: t. XI et XII, 1854-1864.) - - -Id. _La Littérature française contemporaine (1827-1849)_. Paris, Daguin, -1847-1857. 6 vol. in-8. - - Cet ouvrage fait suite au précédent. A partir du tome II, le nom de - QUÉRARD est remplacé par ceux de CHARLES LOUANDRE et FÉLIX BOURQUELOT, - puis par ceux de FÉLIX BOURQUELOT et ALFRED MAURY; sur le tome VI, le - nom de FÉLIX BOURQUELOT figure seul. - - -Id. _Les Supercheries littéraires dévoilées_. 2e édit., publiée par MM. -GUSTAVE BRUNET et PIERRE JANNET. Paris, Daffis, 1869-70. 3 vol. in-8. - - Voir BARBIER (ANT.-ALEX.). - - -_Règles typographiques adoptées dans les publications de la librairie -Hachette et Cie_. Notice destinée aux auteurs et aux imprimeurs. Paris, -Hachette. 1889. In-16. 66 pp. - - Très bon petit manuel, plein de renseignements utiles et d'excellents - conseils pour tous ceux qui impriment ou font imprimer. - - -_Reliure (la)_, Organe et propriété du syndicat patronal des relieurs, -brocheurs, cartonneurs, doreurs, etc. Revue mensuelle. (Fondée en 1891.) - - -RENOUARD (ANT.-AUG.), _Catalogue de la bibliothèque d'un amateur_. -Paris, Ant.-Aug. Renouard, 1819. 4 vol. in-8. - - -_Revue biblio-iconographique_. Mensuelle. Publiée sous la direction de -MM. PIERRE DAUZE et D'EYLAC. (Fondée en 1894.) - - -_Revue des bibliothèques_. Mensuelle. Publiée sous la direction de MM. -ÉMILE CHATELAIN et LÉON DOREZ. (Fondée en 1891.) - - -RICHARD (JULES), _l'Art de former une bibliothèque_. Paris, Rouveyre et -Blond, 1883. In-8. - - -RICHOU (GABRIEL), _Traité de l'administration des bibliothèques -publiques_. Paris, Paul Dupont, 1885. In-8. - - -RIS-PAQUOT, _Guide pratique du restaurateur-amateur de tableaux, -gravures, reliures et livres_. Paris, Laurens, 1890. In-8. - - -ROBERT (ULYSSE), _Recueil des lois, décrets, ordonnances, arrêtés -concernant les bibliothèques publiques_. Paris, Champion, 1883. In-8. - - -ROUVEYRE (ÉDOUARD), _Connaissances nécessaires à un bibliophile_. 3e -édit. Paris, Rouveyre et Blond, 1883. 2 vol. in-8 écu. 5e édit. Paris, -Rouveyre, s. d. (1899). 10 vol. in-8 carré. - - Pour nos références aux deux volumes ou aux deux premiers volumes de - cet ouvrage, le chiffre de l'édition a été indiqué en note, à la suite - du titre. - - -ROUVEYRE (ÉDOUARD) et UZANNE (OCTAVE), _Miscellanées bibliographiques_, -avec la collaboration de MM. LOUIS DE BACKER, PROSPER BLANCHEMAIN, -GUSTAVE BRUNET, etc. 3 vol. ou parties. Paris, Rouveyre, 1878, 1879, -1880. Le nom de M. Uzanne ne figure pas à côté de celui de M. Rouveyre -sur le titre des tomes II et III. - - -SAINTE-BEUVE, _A propos des bibliothèques populaires_: discours prononcé -au Sénat le 25 juin 1867 (in _Premiers Lundis_, t. III, pp. 205-238). Et -toutes les œuvres, _passim_. - - -SERÉ (FERNAND). - - Voir LACROIX (PAUL) (Bibliophile JACOB). - - -SILVESTRE (LOUIS-CATHERINE), _Marques typographiques, ou Recueil des -monogrammes, chiffres, enseignes, emblèmes, devises, rébus et fleurons -des libraires et imprimeurs qui ont exercé en France depuis -l'introduction de l'imprimerie, en 1470, jusqu'à la fin du XVIe -siècle..._ Paris, Potier, impr. Maulde et Renou, 1853-1865. 15 -livraisons. In-8. - - -SOBOLSTCHIKOFF (BASILE), _Principes pour l'organisation et la -conservation des grandes bibliothèques_. Paris, Vve Jules Renouard, -1859. In-12. 72 pp. - - -SOREL (CHARLES), _De la connaissance des bons livres, ou Examen de -plusieurs auteurs_. Amsterdam, Henry et Théodore Boom, 1672. Petit -in-12. (Publié s. n. d'aut.). - - «Curieux livre, trop peu connu et trop peu cité,» dit MOURAVIT (_loc. - cit._, pp. 42 et 58). On y lit (chap. 1, p. 43) cette excellente - maxime, toujours vraie, toujours de circonstance et intéressante à - rappeler: «Sçachons que de se vendre bien, ce ne fut jamais la marque - infaillible de la bonté d'un livre». - - -STEIN (HENRI), _Manuel de bibliographie générale_. Paris, Picard et -fils, 1897. In-8. - - Voir particulièrement pp. 1 à 42: Bibliographies universelles. - - -TASSIS (AUGUSTE), _Guide du correcteur, ou Complément des grammaires et -des lexiques_. 8e édit. Paris, Didot, s. d. In-18. - - Bon petit manuel du correcteur typographe (124 pp.). L'auteur a - malheureusement mis à la fin de son livre trois listes alphabétiques - ou lexiques,--au lieu de n'en faire qu'une,--ce qui complique et gêne - les recherches. - - -TECHENER (JACQUES-JOSEPH), _Histoire de la bibliophilie, Recherches sur -les bibliothèques des plus célèbres amateurs, Armorial des -bibliophiles_. Paris, Techener, 1861-1864. 10 liv. in-fol. avec pl. - - -TENANT DE LATOUR, _Mémoires d'un bibliophile_. Paris. Dentu, 1861. -In-18. - - -UZANNE (OCTAVE), _Bouquinistes et Bouquineurs_. Physiologie des quais de -Paris, du Pont-Royal au Pont Sully. Paris, May, 1893. In-8. - - -Id. _Caprices d'un bibliophile_. Paris, Rouveyre, 1878. In-8. - - -Id. _Le Livre_, revue mensuelle du monde littéraire. Paris, Quantin, -1880-1889. In-8. - - -Id. _Nos amis les livres_. Causeries sur la littérature curieuse et la -librairie. Paris, Quantin, 1886. In-18. - - Recueil d'articles parus originairement dans la revue le Livre. - - -Id. _La Reliure moderne, artistique et fantaisiste_. Paris, Rouveyre, -1887. In-8. - - -Id. _Les Zigzags d'un curieux_. Causeries sur l'art des livres, etc. -Paris, Quantin, 1888. In-18. - - Recueil d'articles parus originairement dans la revue _le Livre_. - - _Etc., etc._ - - Voir _Annales littéraires_, et ROUVEYRE. - - -VACHON (MARIUS), les Arts et les Industries du papier en France, -1871-1894. Paris, May et Motteroz, s. d. In-4. - - -VALLÉE (LÉON), _Bibliographie des bibliographies_. Première partie: -Catalogue des bibliographies générales et particulières par ordre -alphabétique d'auteurs, avec indication complète du titre, des lieu et -date de publication, du format, etc.--Seconde partie: Répertoire des -mêmes bibliographies par ordre alphabétique de matières. Paris, Terquem, -1883. In-8. - - -VITU (AUGUSTE), _Petite Histoire de la typographie_. Paris, Delagrave, -1886. In-8. - - Ouvrage élémentaire. - - -WERDET (EDMOND), _De la librairie française; son passé, son présent, son -avenir, avec des notices biographiques sur les libraires-éditeurs les -plus distingués depuis 1789_. Paris, Dentu, 1860. In-18. - - -Id. _Histoire du livre en France depuis les temps les plus reculés -jusqu'en 1789_. Paris, Dentu, 1861-1862. 4 parties en 5 vol. in-18. (La -3e partie forme 2 vol.). - - -YVE-PLESSIS (R.), _Petit Essai de biblio-thérapeutique, ou l'Art de -soigner et restaurer les livres vieux ou malades_. Paris, Daragon, 1900. -In-18. 95 pp. - - - - -INDEX ALPHABÉTIQUE - - -A - -Abréviations dans les incunables: 70-71; procédés d'abréviation des mots -et principales abréviations bibliogr.: 381-400. - -ACHARD (C.-F.): 439. - -ADELINE (J.): 439. - -ADÉLAÏDE (Mme), fille de Louis XV: 139. - -Adresse (typ.), synon. de souscription et de colophon: 70. - -Adresse (catalogues et classific.): 222-223. - -Aigle, grand aigle (pap.): 53. - -AIMÉ-MARTIN (L.): 248, 289, 439. - -ALBERT (PAUL): 172. - -ALDE (les): 3, 71, 106, 133. - -Aldéhyde formique: 325. - -ALDE MANUCE dit L'ANCIEN: 86, 87, 100, 255. - -Aldines (typ.), lettres --, synon. de lettres italiques et de lettres -vénitiennes: 86, 100. - -ALEMBERT (D'): 289. - -ALEXANDRE, helléniste: 243. - -ALFIERI: 376. - -ALKAN (aîné): 198, 318, 325, 326, 336, 353, 354, 439. - -Allongées (typ.), lettres --: 102, 103. - -ALMELOVEEN (J.): 113. - -Alsaciennes (typ.), lettres --: 102, 103. - -AMBROISE (saint): 250. - -Ambroisienne (l'), bibliothèque de Milan: 195. - -AMEILHON: 289. - -ANACRÉON: 383. - -Anastatique (mode de reproduction des livres, des estampes, etc.): 108, -385. - -Anglaise, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102, 103. - -Anglaise, reliure --: 145. - -_Annales littéraires_: 439, 444, 462. - -ANNE DE BRETAGNE: 353. - -_Annuaire du bibliophile_: 218, 330, 335, 346, 440, 451. - -_Annuaire Hachette_: 173. - -_Anobium_, insecte bibliophage: 321, 322, 324. - -Antiquariat: VIII. - -Antiques (typ.), lettres --: 102, 103. - -Antiqué sur tranches (rel.): 127, 385, 398. - -Appel de note (typ.): 435, 436. - -Approche (typ.): 97. - -Appui-livre: 213. - -ARGENSON (marquis D'): 21. - -ARISTOTE: 288. - -ARNAULD D'ANDILLY: 236. - -Arraphique, reliure --: 150. - -ASKEW (ANTOINE): 134. - -ASSELINEAU (CHARLES): 24, 123. - -Assemblage (des feuilles d'impression): 79. - -Astérisque (typ.): 435-436. - -Atlantique, format --: 73. - -Atlas, format --: 73. - -AUGUSTIN (saint): 20, 340. - -Augustin: voir Saint-augustin (typ.). - -AULU-GELLE: 6. - -AUMALE (duc D'): 38. - - -B - -BACKER (LOUIS DE): 440, 461. - -BACON (chancelier): 288. - -BÆDEKER: 173. - -BAGFORD (JOHN): 343. - -BAILLET (ADRIEN): 86. - -BALDERMUS: 108. - -BALZAC (H. DE): 89, 189. - -BARATOUX (docteur): 316. - -BARBIER (ANT.-ALEX.): 170; curieux procédé qu'il emploie pour déménager -la bibliothèque du Conseil d'État: 203; 440, 454, 459. - -BARROW (ISAAC): 16. - -Basane (rel.): 130, 160. - -Bas de casse (typ.): 104. - -Bâtarde, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102, 103. - -BATHIS: 31. - -BAUDOUIN (MARCEL): 304, 315. - -BAUZONNET: 133. - -BEAUMARCHAIS: 236. - -BEAUREGARD (docteur HENRI): 322, 323. - -BEECHER STOWE (Mrs.): 159. - -BÉGON (M.): 31. - -Belle page (typ.): 115. - -BELLOT DES MINIÈRES: 159. - -BENOÎT (saint): 8. - -BENTHAM (J.): 289. - -BERALDI (H.): 209, 366, 440. - -BERARDI (G.): 179. - -BERNARDIN DE SAINT-PIERRE: voir SAINT-PIERRE (BERNARDIN DE). - -BERNIS (cardinal DE): 14. - -BESSARION (cardinal): 10, 24. - -BEYLE (HENRI) (STENDHAL): 402, 405, 406. - -Bibelots (typ.): 53. - -Biblioclastes, massacreurs de livres: 342-346. - -_Bibliographe moderne (le)_: 440. - -Bibliographie, nombre total des ouvrages de --: 438; principaux ouvrages -de --: 170, 438-463. - -_Bibliographie de la France_, journal général de l'Imprimerie et de la -Librairie: 440. - -_Bibliographie scientifique (la)_, bulletin trimestriel: 315. - -BIBLIOPHILE (UN): voir DESCHAMPS (PIERRE) et MULSANT (ÉTIENNE). - -Bibliophilie, origine de ce mot, ce qu'il signifie: 23-24. - -Bibliothécaires, Congrès international des -- (1900): 302, 323. - -Bibliothèque, différentes acceptions de ce mot: 8; conditions d'une -bonne installation pour une --: 193 et suiv.; -- est comme «un capital -dont les intérêts seraient perçus par l'intelligence»: 193; nettoyage et -aérage des --: 318 et suiv.; -- tournantes: 207; chutes mortelles dans -les --: 206; timbrage des volumes dans les bibliothèques publiques: 230. - -Bibliothèque nationale: 209, 214, 230, 235, 242, 247, 249, 263; -classement des livres: 290-291, 353; voyage d'un livre à travers la --: -440, 446. - -Bibliothèque Sainte-Geneviève: 230. - -Bibliothèque de la Sorbonne, classement des livres: 292-294. - -Bibliothèque de la ville de Paris (musée Carnavalet), classement des -livres: 295-297. - -Bibliothèque de l'administration des postes et des télégraphes, -classement des livres: 300-301. - -Bibliothèque de Florence (la Laurentienne): 192, 205; -- de Leyde: 192; --- de la cathédrale d'Hereford: 192; -- de Milan (l'Ambroisienne): 195. - -Bibliothèques universitaires: 223, 230. - -Bilboquets (typ.): 53. - -BILLINGS: 433. - -Bimensuel, bisannuel; signification de ces mots: 440. - -BLADES (W.): 321, 322, 323, 338, 343, 346, 347, 441. - -BLANC (CHARLES): 20, 123, 127, 128, 139, 141, 159, 441. - -BLANC (LOUIS): 170, 171, 433. - -Blanc, livres en blanc: 158. - -BLANCHEMAIN (P.): 441, 461. - -Blanches (typ.), lettres --: 102, 103. - -Blanchiment du papier: 43, 62. - -BLANCHON (H.-L.-ALPH.): 131, 133, 138, 142, 146, 150, 395, 441. - -Blatte, insecte bibliophage: 322. - -BLONDEL (SPIRE): 133, 441. - -BLUYSEN (P.): 452. - -Bobine (pap.): 52. - -BODIN (JEAN): 451. - -BODONI: 106. - -BOERHAAVE: 15. - -BOILEAU: 26. - -BOISLISLE (A. DE): 171, 172. - -BOISSONADE: 376. - -BOIVIN: 14. - -BOLLIOUD-MERMET: 6, 91, 441. - -BONAVENTURE DES PERIERS: XI, 133. - -BONNANGE (F.): 222, 226, 286, 441. - -BONNARDOT: 330, 441. - -BOSQUET (ÉMILE): 76, 134, 148, 442. - -BOSSUET: 4, 141. - -BOUANT: 41, 327, 329, 333. - -BOUCHOT (HENRI): 30, 43, 70, 86, 87, 99, 121, 134, 142, 191, 192, 442. - -Bouclées (typ.), lettres --: 102, 103. - -BOUILLIAU ou BOUILLIAUD (Ismaël): 258. - -BOUILLET (Dictionnaire de --): 47. - -BOULARD (ANTOINE-MARIE-HENRI): 188. - -BOULARD (MARTIN-SYLVESTRE): 188, 373, 374, 442. - -BOULLIER: 405. - -Bouquiner, plaisir de --: 181-184. - -Bouquiniste et étalagiste, portrait du --: 183; leurs livres trop tassés -et serrés dans leurs boîtes ou sur leurs tablettes: 359. - -BOURDILLIAT: 90. - -BOURLET DE VAUXCELLES: 135. - -BOURGEOIS (LÉON): 444. - -BOURGET (PAUL): 172. - -BOURQUELOT (F.): 442, 459. - -BOUTMY (E.): 53, 442. - -BOUTOILLE (A.): 136. - -Brachygraphie: 381. - -BRADEL, relieur: 144. - -Bradel, reliure ou cartonnage --: 124, 143, 144. - -BRANTÔME: 159. - -BRÉBEUF: 106. - -BREHMER: 147, 148. - -BRISSON (AD.): 179. - -Bristol (pap. et cart.): 58. - -Brochure (bibl.), synon. de pièce ou plaquette: 66-67. - -Brochure (rel.), couture des livres brochés: 120, 145. - -BROUARDEL (docteur): 371, 372. - -BRUN (M.-A.): 442. - -BRUNEL (G.): 442, 443, 456. - -BRUNET (GUSTAVE): 30, 31, 32, 232, 258, 346, 375, 376, 443, 459, 461. - -BRUNET (JACQUES-CHARLES): XII, 72, 170, 219, 225, 249, 250, 254; son -système de classification bibliographique: 258-284; 286, 287, 289, 290, -292, 300, 302, 376, 408, 431, 433, 443, 446. - -BRUNETIÈRE (F.): 25, 172. - -BUFFON: 179, 345. - -_Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_: 24, 439, 443, 452, 457, -458, 459. - -BURCHARD: 313. - -BURE (MM. DE): 25, 182, 258. - -BURTY (PH.): 138. - -BURY (RICHARD DE): 9, 185, 349, 350; extrait de son ouvrage le -_Philobiblion_, sur le respect dû aux livres: 361-365; 443. - -BUSSY-RABUTIN: 433. - -BYRON (lord): 111. - - -C - -Cabinets de lecture, dangers qu'ils présentent: 29, 373. - -Cabochon (typ.): 436. - -Cadrat (typ.): 79. - -Cadratin (typ.): 79. - -CALMET (dom): 387. - -CAMPBELL (lord): 171. - -CAMUS: 289. - -Cancrelat, insecte bibliophage: 322. - -CAPÉ: 134. - -Capillaires (typ.), lettres --: 102. - -Caractères d'imprimerie: 95 et suiv.; force en points ou force de corps -et anciens noms des caractères: 98 et 101; caractères de fantaisie: 102 -et 103. Voir Lettres. - -CARDAN (J.): 167. - -CARLYLE: 170. - -Carnavalet, musée --; bibliothèque de la ville de Paris, son classement: -295-297. - -Carré (pap.): 53, 77. - -Carton, fabrication et différentes espèces de --: 57-58. - -Carton (typ.), synon. d'encart: 80-81. - -Cartonnage (rel.): 142-145. - -Casse (typ.): 104. - -CASTELLANUS: 242. - -Cassetin (typ.): 104. - -Catalogues de bibliothèques, différentes sortes de --: 220; -- -alphabétique ou onomastique: 220, 253, 285; -- méthodique, systématique -ou idéologique: 220, 224, 253, 254, 285; -- topographique ou -_Lokal-Katalog_: 220; -- chronologique: 220; -- géographique: 220. - -Catalogues de la librairie d'occasion, exagération de certains prix: -184-185. - -_Catenati_, livres enchaînés: 192. - -CATHERINE DE MÉDICIS: 353. - -CATRIN (docteur): 29. - -Cavalier (pap.): 53, 77. - -CAZAL (docteur DU): 29. - -CAZIN: 50. - -Cellulose au bisulfite (pap.): 46. - -Chagrin (rel.): 130, 131. - -CHAILLOT (P.) (UN LIBRAIRE): 111, 443, 454. - -CHAMBOLLE: 134. - -CHAMFORT: 15. - -CHAMPFLEURY: 241. - -Charge (pap.): 47, 63. - -CHARLES, duc de Bourgogne: 431. - -CHARLES-QUINT: 349. - -CHARLES IX: 39. - -CHARLET: 140. - -Charnière (rel.): 128, 146. - -CHARPENTIER (GERVAIS): 88. - -CHARPENTIER (PAUL): 40, 43, 46, 47, 48, 52, 56, 58, 443. - -Charpentier, format --: 88, 90, 214. - -CHARTIER (ALAIN): 228, 229. - -CHASSANT (L.-ALPH.): 381, 444. - -Chasses d'un livre (rel.): 128. - -CHATEAUBRIAND: 239. - -CHATELAIN (ÉMILE): 228, 460. - -CHÉNIER (ANDRÉ): 33, 34, 160. - -CHÉRON (PAUL): 441. - -CHESNEAU (NICOLAS): 71. - -CHEVILLIER: 26, 27, 444. - -CHEVIN (abbé): 408. - -CHICHEREAU: 144. - -Chiffres romains: 426 et suiv.; -- financiers: 429; inconvénients des -chiffres romains: 431. - -Chine, papier de --: voir Papier. - -Chlore (eau de Javel), son action sur le papier: 332, 333, 335. - -CHRISTIAN (A.): 444. - -CHRISTIANUS LIBERIUS GERMANUS, pseud. de SALDEN: 23. - -Chutes mortelles dans les bibliothèques: 206. - -Cicéro (typ.), caractère d'impr.: 98, 101. - -CICÉRON: 6, 7, 10, 71, 192, 339. - -Cimelien (bibl.): 209. - -Civilité (typ.), caractères de --: 102, 103. - -CLARETIE (J.): 21, 51, 138, 171, 444. - -Classement des livres: 209-218; -- horizontal, par rangs de taille et -ordre alphabétique: 210 et suiv.; -- vertical: 216-217; -- _ad libitum_, -mettre aux premières places les plus beaux livres ou les livres -préférés: 217-218. - -Classification de Brunet: 258-284; -- diverses, 288-303; -- décimale: -303-316, 444. - -Classiques (typ.), lettres --: 102, 103. - -CLAUDIN (A.): 142, 185, 444. - -CLAVIER: 383. - -CLEMENS (CLAUDIUS) ou CLÉMENT (CLAUDE): 186, 257. - -Clichage et cliché (typ.): 67, 107-109. - -Cloche (pap.): 53. - -COCHERIS (H.): 9, 185, 350, 365, 443, 444. - -Coiffe (rel.): 129. - -COLBERT: 1. - -COLERIDGE: 366. - -COLINES (SIMON DE): 72. - -Collage ou encollage du papier: 47, 48, 331. - -Colle, différentes espèces de --: 151; -- de farine attire les vers: -322, 324. - -Collectionneurs, hommes heureux: 189; -- de portraits et de -frontispices, mutilateurs de livres: 342-343. - -COLLETET (G.): 34, 35. - -COLLIGNON (ALBERT): 25. - -Colombier (pap.): 53, 77, 78. - -Colophon (typ.): 70. - -Comète (rel.): 129. - -Compartiments (rel.): 130. - -COMTE (AUGUSTE): 289. - -CONDORCET: 34, 35. - -CONFUCIUS: 15. - -CONSTANTIN (L.-A.): XI, 32, 35, 88, 203, 211, 220, 239, 253, 258, 302, -303, 444-445. - -Contagion des maladies par les livres: 29. - -Coquille (pap.): 53. - -CORNEILLE (PIERRE): 159, 176, 236. - -CORNEILLE (THOMAS): 236. - -CORNELY (J.): 179. - -Corps (typ.), -- des caractères: 95, 96, 98. - -Correction des épreuves (typ.): 110-113. - -_Correspondance historique et archéologique_: 314. - -CORROZET (GILLES): 72. - -_Cosmos_, revue des sciences: 63. - -COSTE: 289. - -Cote (classific.): 227, 231. - -Coulée, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102. - -Coupe-papier: voir Couteau à papier. - -Courant, titre -- (typ.): 113-114. - -COURIER (P.-L.): 17, 376, 383. - -Couronne, double couronne (pap.): 53, 77, 92. - -_Courrier de la librairie_: 18. - -_Courrier des bibliothèques_: 60, 213, 445. - -COUSIN (JEAN): 3. - -COUSIN (JULES): 31, 74, 197, 198, 223, 235, 245, 254, 272, 329, 330, -332, 334, 335, 330, 430, 445. - -Cousoir (rel.): 145. - -Couteau à papier ou Coupe-papier: les épingles à cheveux, coupe-papier -habituel de la femme: 352; comment se servir du couteau à papier: -354-359; le meilleur des couteaux à papier: 355-356. - -Couture (rel.): 145 et suiv.; -- de brochure: 120, 145; -- de reliure: -120, 145; -- à l'échelle: 130; -- sur nerfs: 146; -- à point arrière: -146, 147; -- à point devant: 146, 147; -- métallique: 149. Machines à -coudre les livres: 130, 147-148. - -Couverte (pap.): 44. - -Couvertures des livres brochés, ne pas les supprimer à la reliure: 158; -de quelle époque datent les couvertures illustrées: 158. - -CRAMOISY, imprimeur: 71. - -Cran (typ.), -- des caractères: 97. - -CRAPELET (G.-A.): 87, 105, 106, 107, 109, 110, 111, 112, 113, 445, 449. - -Crochets (typ.): 434. - -Croix (typ.): 436. - -Cuir de Russie (rel.): 131, 338, 368, 369. - -Cursive, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102. - -CUVILLIER-FLEURY: 219. - -CUZIN: 134. - - -D - -DACIER (Mme): 236. - -DAFFRY DE LA MONNOIE: 159. - -DAGUESSEAU: 14. - -DALEMBERT ou D'ALEMBERT: 345. - -DANTE: 174, 347. - -DARBLAY: 52. - -DARCHE (J.): 6, 25, 39, 361, 370, 445. - -DARUTY DE GRANDPRÉ: 78, 80, 81, 445. - -DAUDET (ALPHONSE): 68, 174, 227, 229. - -DAUNOU: 172. - -DAUPELEY-GOUVERNEUR (G.): 2, 71, 74, 98, 102, 234, 384, 432, 438, 445. - -DAUZE (PIERRE): 60, 61, 460. - -_de, du, d'_; noms propres précédés de la particule nobiliaire, comment -les écrire: 233; la particule _de_ ne se place jamais seule devant le -nom, ne pas écrire de Montmorency, de Biron, etc.: 234. - -DEBRAUX (ÉMILE): 144. - -DEFAUCONPRET: 243. - -Défets (bibl. et rel.): 162. - -DELALAIN (P.): 72, 446. - -Déliés (typ.): 97. - -DELILLE: 137. - -DELISLE (LÉOPOLD): 60, 66, 67, 72, 158, 223, 235, 237, 238, 239, 242, -245, 253, 260, 286, 290, 297, 304, 314, 438, 446, 458. - -DELON (CH.): 40, 43, 46, 104, 446. - -DELORD (TAXILE): 171. - -DELORME, relieur: 149. - -Déménagement: «un homme de lettres ne devrait jamais déménager»: 203; -curieux procédé de déménagement d'une bibliothèque: 203. - -Demi-reliure: 124, 130, 143; -- amateur: 143. - -DENIS (FERDINAND): 343, 446, 455, 459. - -Dentelle (rel.): 132, 388, 400. - -DENYAU (J.): 31. - -Départ (terme de librairie): 68. - -Départ, titre de -- (typ.): 114, 116. - -DEROME (L.): 170, 183, 446. - -DEROME, relieur: voir ROME (DE). - -DEROUSSENT: 346. - -DES BARREAUX (JACQUES): 233. - -DESCAVES (LUCIEN): 344. - -DESCHAMPS (PIERRE) (UN BIBLIOPHILE): 258, 408, 414, 418, 443, 446. - -DESCHANEL (ÉMILE): 172. - -Désinfection des livres et des papiers: 29. - -DESORMES (E.): 2, 52, 81, 98, 238, 381, 446. - -DES PERIERS (BONAVENTURE): XI, 133. - -DESTUTT DE TRACY: 174. - -_Deutéronome_: 365. - -DEWEY (MELVIL): X, 219, 303, 304, 314, 315, 316, 446. - -Diamant ou sans pareille (typ.), caractère d'impr.: 98. - -DIBDIN: 347. - -_Dictionary-Catalogue_: 303. - -Dictionnaires; on ne saurait trop en avoir: 170. - -_Dictionnaire de la Conversation_: 135, 169. - -DIDEROT: 13, 288, 345, 447. - -DIDOT (les): 3, 50, 96, 108, 169, 178, 448. - -DIDOT (AMBROISE-FIRMIN): 43, 72, 96, 106, 140, 403, 445, 447, 448, 449. - -Didot (Firmin): 50, 108, 177, 281, 431, 447. - -DIDOT (PIERRE): 111, 180. - -DIODORE DE SICILE: 4. - -DIOGÈNE: 166. - -Division ou trait d'union (typ.): 432-434. - -Doigt, ne pas humecter son doigt pour tourner les feuillets: 371-373. - -DOLET (ÉTIENNE): 71. - -DOMPMARTIN (abbé DE): 346. - -DOREZ (LÉON): 228, 460. - -Dos d'un livre (rel.): 125; -- plein, -- brisé: 125. - -DOSNE (Mlle): 353. - -Double-canon (typ.), caractère d'impr.: 98. - -DOUDAN (X.): 24, 89. - -DOUMIC (RENÉ): 172. - -Dragontines, lettres --: 102. - -Drap de lit, format --: 75. - -DROUET (Mme): 138. - -DRUSIUS: 86. - -DU BELLAY (JOACHIM): 233. - -DUCANGE: 71, 170. - -DUCHESNE (ANDRÉ): 242. - -DULAURE: 225, 226, 285, 286, 299, 376. - -DUMAS (ALEXANDRE) fils: 236. - -DUMAS (ALEXANDRE) père: 236. - -DU MOUSTIER: 35, 36. - -DUPONT (PAUL): 447. - -DUQUET (ALFRED): 171. - -DURET (THÉODORE): 171. - -DU RIEU: 324. - -DURUY (V.): 170. - -DU SEUIL: 133, 346. - -DUTERTRE: 323. - -DUVERGIER DE HAURANNE: 340. - - -E - -Eau de Javel: voir Chlore. - -Ébarber (rel.), -- un livre: 127. - -EBERT (F. A.): 206, 433. - -_Écclésiaste (l')_: 166. - -_Éclair (l')_: 29. - -Écrasées (typ.), genre de lettres: 102. - -Écriture; pour les travaux bibliographiques, l'écriture droite est -préférable à l'écriture penchée: 230. - -Écu (pap.): 53, 77. - -Éditeurs: 109, 110. - -Édition, définition de ce terme: 67, 68; -- définitive ou _ne varietur_: -70, 404; -- originale: 70; -- princeps: 70. - -EGGER (É): 447. - -Égyptienne (typ.), genre de lettres: 102, 103. - -EISEN: 3. - -ELZEVIER ou ELZEVIR (les), imprimeurs: 3, 71, 106, 179. - -Elzevier, elzevir, ou elzevierien (typ.), caractères --: 95, 99, 100, -101; certains lecteurs n'aiment pas ce caractère: 178. - -Elzeviers ou elzevirs (livres): 50, 87, 126. - -Emboîtage (rel.): 143. - -Empattement (typ.): 97. - -Empreintes (typ.): 107. - -Emprunteurs de livres, leur incurie: 33-36. - -Encart (typ.), synon. de carton: 80-81. - -Encollage ou collage du papier: 47, 48, 331. - -Encre d'imprimerie: 105. - -_Encyclopædia britannica_: X, XI, XII, 85, 116, 235, 437, 447. - -_Encyclopédie moderne (l')_: 169, 403, 445, 447, 449. - -Endosser (rel.), -- un livre: 127. - -ENGEL: 148. - -Entre-nerfs (rel.): 130. - -Épreuves (typ.), correction des --: 110-113. - -Équarrissage des livres: 340-342. - -ÉRASME: 370. - -_Erratum, errata_: 112, 402, 403. - -Escargot (papier de couleur): 395. - -_Estafette (l')_, journal: 169. - -Estampé, e (rel.), livre, couverture --: 132. - -ESTIENNE (les): 3, 106. - -ESTIENNE (HENRI): 109, 242. - -ESTIENNE (ROBERT): 72, 112, 113. - -Espace, s. f. (typ.): 79. - -EUDEL (P.): 351, 448. - -EVE (les), relieurs: 133, 142. - -_Événement (l')_: 29. - -_Ex-dono_: 232, 403. - -Exemplaire, définition de ce mot: 67. - -_Ex-libris_: 30, 225, 230, 232, 403. - -_Explicit_ (typ.): 70. - -EYLAC (D'): 460. - - -F - -FABRE (FERDINAND): 20. - -Factices, recueils --: 153. - -FAGUET (ÉMILE): 47, 172. - -FALCONET (CAMILLE): 344, 345. - -FALGONET (ÉTIENNE): 344, 345. - -FALLIÈRES: 231. - -Fanfare, reliure à la --: 142. - -FAUCOU (LUCIEN): 448. - -FAURIEL: 172. - -Fausse page (typ.): 115. - -Fausses marges (typ. et rel.): 156; doit-on les faire couper par le -relieur: 156, 157. - -Faux titre (typ.): 115. - -Femmes, considérées par beaucoup de bibliophiles comme ennemies des -livres: 349-354. - -FÉNELON: 13, 236. - -FERNAND-LAFARGUE: 248. - -Fers (rel.): 132. - -FERTIAULT (F.): 24, 32, 166, 167, 188, 206, 344, 448. - -Feuille (pap. et format), différents modes de pliage des --: 72-73; -assemblage des --: 79. - -Feuillet (pap. et format), définition de ce mot: 72-73. - -Feuilleton (typ.): 80. - -FIAUX (LOUIS): 171. - -Fiches ou cartes (catalogues et classific.): 221 et suiv.; -- Bonnange: -226, 286; pour les fiches, une écriture droite est préférable à -l'écriture penchée: 230; -- complète ou principale: 239-244, 253; -- de -rappel ou de renvoi: 240-244; -- vedette: 221, 253, 313; -- conformes -aux règles de la classification décimale: 312-314. - -Filigrane (pap.): 44. - -Filigranées (typ.), lettres --: 102. - -Financiers (typ.), chiffres --: 429. - -Firme (d'éditeur): 71, 115. - -FLAMMARION (CAMILLE): 136. - -Flan (typ.): 107. - -Flotre (pap.): 45. - -Folio ou numéro des pages: 78, 113; pourquoi les folios ne doivent pas -être mis au bas des pages: 114; faut-il folioter toutes les pages: 115, -116. - -Folio, in-folio: voir Format. - -FONTAINE DE RESBECQ: 25, 182, 288, 448. - -Force de corps (typ.): 96, 98. - -Format, tableau des principaux formats des papiers: 53; -- des livres: -65 et suiv.; tableau des principaux formats des livres: 77; format -in-plano, atlas ou atlantique: 73, 91, 210, 391; -- in-folio: 73; -- -in-folio et in-quatre, formats les plus employés pour les premiers -livres, les incunables: 85-86; 91, 210, 218, 391; -- in-quarto ou -in-quatre: 73, 76, 85, 86, 87, 91, 163, 211, 218, 391; -- in-octavo ou -in-huit: 74, 76; jadis en grande vogue: 86-88, 89, 92, 124, 163, 211, -215, 218, 391; -- in-douze: 74, 86, 92, 124, 211, 391; -- in-seize: 74, -92, 124, 391; -- in-dix-huit: 74, 76, 87, 88, 89, 90, 92, 124, 163, 211, -218, 391; -- in-vingt-quatre: 74, 87, 391; -- in-trente-deux: 74, 76, -90, 163, 218; -- drap de lit: 75; -- Charpentier: 88, 90, 214; -- -oblong: 93, 126; -- carré: 93; -- triangulaire: 93. Classement des -livres d'après leurs formats: 209 et suiv. - -FORMENTIN (CH.): 455. - -FORMEY: 167, 448. - -FORTIA D'URBAN (marquis): 289. - -Fouets, fouettage, fouetter un livre (rel.): 128. - -FOURNEL (VICTOR): 344. - -FOURNIER (ÉDOUARD): 34, 134, 142, 191, 448, 452. - -FOURNIER (H.): 448. - -FOURNIER LE JEUNE ou FOURNIER (PIERRE-SIMON): 96, 106, 448-449. - -FOURNIER (traducteur du _Vicaire de Wakefield_): 16. - -FOX: 137. - -Français, «ne lisent jamais les livres qu'on leur donne»: 26; s'engouent -de tout ce qui vient de l'étranger: XI, 434. - -France, «la vraie mère de la bibliographie»: XI. - -FRANCE (ANATOLE): 172. - -FRANÇOIS Ier: 110. - -FRANKLIN (ALFRED): 136, 449. - -FREMY: 40, 443. - -FREUND (docteur G.): 170, 408. - -FREY (A.): 449. - -Frisquette (pap. et typ.): 44. - -FROISSART: 348. - -Frontispice (typ.): 69, 115-116. - -FULLER (TH.): 45. - -FUMAGALLI (G.): 314. - -FUNCK-BRENTANO (F.): 314. - -FURETIÈRE: 187. - -FUST: 103. - -FUSTEL DE COULANGES: 170. - - -G - -GAIL: 383. - -Gaillarde (typ.), caractère d'impr.: 98, 101. - -GALIOT DU PRÉ: 72. - -GARAMOND (CLAUDE): 99. - -Gardes d'un livre (rel.): 129. - -GARNIER (JEAN): 258. - -GARNIER-PAGÈS: 171, 433. - -Garniture (typ.): 79. - -Gaufré, e (rel.), livre ou couverture --: 132. - -GAULTIER (LÉONARD): 346. - -GAUSSERON (B.-H.): 6, 16, 351, 449. - -GAUTIER (THÉOPHILE): 4, 19, 159, 160. - -GAYET DE SANSALE: 136. - -Gaz d'éclairage, son action sur la couleur des papiers: 62, 339; sur la -reliure des livres: 338. - -GERING (ULRICH): 72. - -GESNER (CONRAD): 255, 256. - -GHÈLE (JEHAN): 72. - -GIBBON: 16. - -GIRARD (abbé): 289. - -GIRARDIN (ÉMILE DE): 344. - -GLADSTONE: 208. - -GODEFROY (DENIS): 242. - -GODEFROY (FRÉDÉRIC): 170. - -GOETHE: 24. - -GOLDSMITH: 16. - -GOMEZ DE LA CORTINA (J.): 31. - -Gothique, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102, 103. - -GOTHOFREDUS (DENIS GODEFROY): 242. - -Gouttière d'un livre (rel.): 127, 128. - -GRAESEL (docteur ARNIM): X, 83, 126, 144, 145, 153, 193, 202, 206, 209, -211, 221, 231, 235, 241, 242, 245, 246, 249, 302, 314, 315, 318, 321, -322, 323, 324, 325, 326, 338, 366, 445, 449, 455, 458, 485. - -GRAND (E.-D.): 72, 235, 242, 245, 254, 259, 368, 438, 450. - -GRAND-CARTERET (J.): 450. - -_Grande Encyclopédie_: 72, 108, 169, 191, 231, 235, 242, 245, 248, 256, -239, 260, 289, 366, 428, 438, 439, 450. - -GRANDLIEU (PH. DE) (LÉON LAVEDAN): 369. - -GRANJON (NICOLAS): 102. - -GRANVELLE (cardinal DE): 349. - -GRAVELOT: 3. - -GRAY: 16. - -Grecquage (rel.): 129, 130, 146-147, 150. - -GRÉGOIRE XIII, pape: 398. - -GRÉGOIRE DE TOURS: 8. - -GRIFFING (H.): 117. - -GRIMM: 345. - -Grises (typ.), lettres --: 102. - -GROLIER ou quelquefois GROLLIER: 1, 30, 31, 36, 37, 133, 141. - -Gros-canon (typ.), caractère d'impr.: 98. - -Gros-parangon (typ.), caractère d'impr.: 98. - -Gros-romain (typ.), caractère d'impr.: 98, 101. - -Gros-texte (typ.), caractère d'impr.: 98, 101. - -Grosse-nonpareille (typ.), caractère d'impr.: 98. - -Grosse-sanspareille (typ.), caractère d'impr.: 98. - -GRUEL (LÉON): 134, 450. - -GRYPHE (les), imprimeurs: 72. - -GRYPHE (SÉBASTIEN): 86. - -GUÉRARD (EDMOND), pseud. de Victor Fournel: 344. - -GUILBERT DE PIXÉRÉCOURT: 34. - -Guillemets (typ.): 434. - -GUIOT-MARCHAND: 72. - -GUIZOT: 349. - -GUTENBERG: 103, 418. - -GUYOT-DAUBÈS: 173, 201, 202, 212, 216, 217, 344, 450. - - -H - -HACHETTE, _Annuaire --_: 173. - -HACHETTE, _Règles typographiques adoptées dans les publications de la -librairie --_: 1, 74, 234, 238, 393, 460. - -_Halle aux cuirs (la)_, journal: 134. - -HANOTAUX (GABRIEL): 25, 181, 450. - -HATZFELD (Dictionnaire de --): 8, 47, 336. - -HEBER (RICHARD): 32. - -HENNET (LÉON): 288. - -HENRI II, roi d'Angleterre: 250. - -HENRI III, roi de France: 342-343. - -HERBOUVILLE (M. D'): 217. - -HERDER: 193. - -HÉRODOTE: 30. - -HIPPOCRATE: 15, 196. - -HOEFER: 345. - -HOFFMANN: 244. - -HOMÈRE: 140. - -HORACE: 6, 11, 20, 91, 121, 174. - -HOUDETOT (comte D'): 233. - -HOUSSAYE (HENRY): 171. - -HUET, évêque d'Avranches: 1, 32; «de tous les hommes celui qui a -peut-être le plus lu»: 376. - -HUGO (VICTOR): 107, 138, 159, 433. - -Humidité, la grande ennemie des livres: 198; taches d'--: 329-330. - -HUNTER (JOHN): 135. - -_Hygiène moderne (l')_: 369. - - -I - -IBARRA: 106. - -_Illustration (l')_: 42, 173. - -Imposition (typ.): 75, 78, 80. - -Impression des livres: 95-117. - -Imprimerie: «la théorie de l'imprimerie ne devrait être ignorée d'aucun -de ceux à qui l'usage des livres est familier»: 96; --, invention «plus -divine qu'humaine»: 106; --, «le plus grand événement de l'histoire»: -107; détails techniques sur l'--: 95-117. - -Imprimerie nationale, à quoi l'on reconnaît les impressions faites par -elle: 99, 444. - -Imprimeurs, anciens --, leurs marques: 71-72; anciens règlements des --: -110. - -_Incipit_ (typ.): 69, 70. - -Incunables: 69-72; 85, 437. - -_Indépendance de l'Est (l')_: 372. - -Index alphabétique, «accessoire obligé de toute bonne édition»: 171; -projet (en Angleterre) de priver de ses droits d'auteur tout écrivain -qui publierait un livre sans index: 172. - -Insectes bibliophages: 320 et suiv. - -_Intermédiaire des chercheurs et des curieux (l')_: 31, 34, 35, 50, 61, -134, 135, 137, 142, 144, 158, 173, 427, 450. - -_Intermédiaire des imprimeurs (l')_: 59, 450. - -Italiennes (typ.), lettres --: 102-103. - -Italique (typ.), genre de caractères: 2, 86, 95, 100, 101. - - -J - -JACOB (Bibliophile): voir LACROIX (PAUL). - -JACOB (LOUIS): 258. - -JACQUEZ (ERNEST): 300. - -JAL: 133, 172, 345. - -JAMET LE JEUNE: 345, 376. - -JANIN (JULES): 6, 18, 34, 36, 38, 186, 187, 451. - -JANNET (PIERRE): 451, 459. - -JANNET-PICARD (Collection --): 38, 179. - -Janséniste, reliure --: 141-142. - -Japon, papier du --: voir Papier. - -Jasper (rel.): 127. - -JATTEFAUX: 104. - -JENSON (NICOLAS): 102. - -Jensoniennes (typ.), lettres --: 102, 103. - -Jésus, petit jésus, grand jésus (pap.): 53, 77. - -JOANNE (PAUL): 173. - -JOHANNEAU (ÉLOI): 376. - -JONQUIÈRE (amiral): 51. - -JORDELL (D.): 451, 454. - -JOUAUST: 39, 90, 100, 178-179. - -JOUBERT: 17. - -_Journal des savants_: 304, 314. - -Journaux, lecture des --: 4. - -JULIA DE FONTENELLE (JEAN-SÉBASTIEN-EUGÈNE): 451, 459. - -JUSTE LIPSE: voir LIPSE (JUSTE). - -Justification (typ.): 28, 89. - - -K - -KERVER, THIELMAN --: 72. - -KLETT (HAROLD): 365, 366, 370, 371, 373. - -KLOCK (C.): 106. - - -L - -Labeur (typ.): 53, 78, 105. - -LABORDE (comte DE): 133 - -LABOULAYE (CH.): 40, 56. - -LABOULAYE (É.): 18. - -LA BRIÈRE (LÉON DE): 28. - -LA BRUYÈRE: 176, 233, 369. - -LACORDAIRE: 168. - -LACOUR (LOUIS): 440, 451. - -LACROIX DU MAINE: 256. - -LACROIX (PAUL) [Bibliophile JACOB]: 38, 133, 139, 157, 180, 183, 191, -248, 339, 340, 341, 352, 448, 451, 455, 461. - -LACURNE DE SAINTE-PALAYE: 345. - -LAFARGUE (FERNAND): 248. - -LA FIZELIÈRE (A. DE): 156, 157. - -LA FONTAINE: 91, 174, 175, 177, 213, 233, 326. - -LA HARPE: 188. - -LALANDE: 376. - -LALANNE (LUDOVIC): 9, 10, 11, 30, 38, 45, 57, 71, 86, 87, 88, 102, 103, -134, 137, 191, 192, 403, 452, 485. - -LAMARTINE: 139, 344. - -LAMENNAIS: 288. - -LA MONNOYE: 376. - -LA MOTHE-LE VAYER: 170. - -LANCELOT: 288. - -LANDRIOT (Mgr): 24. - -LANGLÈS: 30. - -LANGLOIS (CH.-V.): 314. - -LANSON (G.): 69, 172. - -LARCHER: 30. - -LA ROCHEFOUCAULD (duc DE): 176, 233, 431. - -LAROUSSE: 40, 41, 47, 57, 108, 113, 141, 146, 169, 239, 240, 289, 329, -405, 431, 440, 452. - -Larron (rel.): 157-158. - -LA SABLIÈRE (Mme DE): 234. - -LASCARIS: 113. - -Latines (typ.), lettres --: 102, 103. - -LATOUCHE (HENRI DE): 111. - -LAUDE (JULES): 449. - -Laurentienne (la), bibliothèque de Florence: 192, 205. - -Laurentinum: 167. - -LAURIN (MARC): 31. - -LA VALLIÈRE (duc DE): 1. - -LA VALLIÈRE (Mlle DE): 141. - -_Lavallière_ ou _La Vallière_, couleur -- (rel.): 141, 392. - -LAVEDAN (LÉON): 369. - -LAVISSE: 170. - -_le_ ou _la_, noms propres précédés de cet article, comment les écrire: -233. - -LÉAUTÉ: 42. - -LEBEUF (abbé): 340. - -LEBRETON: 52. - -LEBRUN-PINDARE: 376. - -LECLERC (ÉMILE): 2, 40, 42, 46, 52, 74, 80, 81, 86, 91, 92, 96, 97, 98, -102, 104, 106, 107, 234, 238, 381, 383, 384, 393, 403, 429, 433, 434, -436, 442, 449, 452. - -LECLERC (SÉBASTIEN): 3. - -LE CLERC (VICTOR): 172, 233. - -LECOQ (JEAN): 71. - -LECOY DE LA MARCHE: 9, 102, 103, 131, 453. - -Lecture, amour des livres et de la lecture: 1-36; -- au lit, à table: -366, 367, 369, 370; l'heure la plus favorable pour la --: 370; ne pas -lire des heures entières sans interruption: 370. Voir Livre. - -LEFEVRE (THÉOTISTE): 78, 81, 98, 105, 381, 432, 453. - -LEFÈVRE, libraire-éditeur: 90. - -LEFRANC DE POMPIGNAN: 377. - -LE GALLOIS: X, 453. - -LE GASCON, relieur: 133. - -LEGOUVÉ (E.): 24. - -LE MAIRE (JEAN): 233. - -LEMAÎTRE (JULES): 172. - -LEMARE: 431. - -LEMERRE (ALPHONSE), auteur du _Livre du bibliophile_: 55, 157, 454. - -LENAIN DE TILLEMONT: 236. - -LE NOIR (PHILIPPE): 72. - -LENORMAND (SÉB.): 126, 131, 146, 147, 150, 453. - -LÉON X, Pape: 87. - -LE PETIT (JULES): 134, 153, 154, 186, 187, 188, 451, 453, 456. - -_Lepisma_, insecte bibliophage: 323. - -LEROY (EDMOND): 137. - -LE SAGE: 16, 232. - -LESCARBOT (MARC): 251. - -LESNÉ: 123, 144, 146, 147, 149, 151, 154, 155, 454. - -LETELLIER ou LE TELLIER: 1. - -LETRONNE: 376. - -Lettres (les Belles-Lettres), Sainte-Beuve écrivant ce mot avec une L -majuscule: 19; «un homme de lettres ne devrait jamais déménager»: 203; -amour des --: voir Lecture et Livre. - -Lettres ou caractères (typ.): 95 et suiv.; -- basses: 96, 97; -- -courtes: 97; -- longues: 96; -- longues hautes: 97; -- longues basses: -97; -- allongées: 102, 103; -- alsaciennes: 102, 103; -- antiques: 102, -103; -- blanches: 102, 103; -- blanches ombrées: 102; 103; -- bouclées: -102, 103; -- capillaires: 102; -- élastiques: 102, 103; -- écrasées: -102; -- égyptiennes: 102, 103; -- grises: 102; -- italiennes: 102, 103; --- jensoniennes: 102, 103; -- latines: 102, 103; -- maigres: 102, 103; --- normandes: 102, 103; -- onciales: 102; -- supérieures: 104; -- -tourneures ou tournures: 102; -- filigranées: 102; -- dragontines ou -saxonnes: 102, 103; -- de forme: 103; -- de somme: 103. caractères -elzevier, italique, romain: voir ces mots. - -LEU (THOMAS DE): 346. - -LEVALLOIS (JULES): 172. - -Librairie: 109; -- d'occasion: 180-185. - -_Library Journal (the)_: 366, 368. - -LIBRI (G.): 18. - -Ligne (typ.), -- de pied: 78; -- de queue: 78; -- de tête: 78. - -Lingot (typ.): 79. - -LIPSE (JUSTE): 86. - -LISEUX (ISIDORE): 136. - -LITTRÉ (ÉMILE): V, 8, 45, 47, 65, 66, 69, 71, 72, 89, 104, 116, 141, -158, 169, 234, 268, 336, 387, 401, 402, 405, 406, 437, 438, 440. - -Livre, amour des livres et de la lecture: 1-36, 189; le livre et le -journal: 4; la vraie lecture, c'est celle du livre: 4; le livre et les -sports: 5; amour des livres et des Lettres dans l'antiquité, au moyen -âge et de nos jours, ce qu'on a dit de plus remarquable à ce sujet: -6-26; «l'univers n'est gouverné que par des livres»: 15; «rien de plus -beau qu'un beau livre»: 17, 27; «les livres, les seuls amis que le temps -ne nous enlève pas»: 24; on ne lit bien un livre que s'il vous -appartient: 28; livres de cabinets de lecture, véhicules de maladies -contagieuses: 29, 371-373; faut-il prêter ses livres: 30-36; livres -anciens, incunables: 69-72, 85, 437; il n'existe aucun livre sans faute: -111; faut-il faire relier les --: 119 et suiv.; -- sont des amis qu'il -faut pouvoir traiter familièrement: 121; un relieur ne doit jamais dire -d'un livre: «C'est un bouquin»: 155; achat des --: 165-189; «leur -multitude dissipe l'esprit»: 166; livres de référence: 156, 168; -- en -blanc: 158; -- de chevet: 173 et suiv.; -- brochés: 180; comment ils -étaient rangés autrefois dans les bibliothèques: 191 et suiv.; -l'humidité, la grande ennemie des livres: 198; un livre est un être -vivant: 199, 317; -- doit être placé dans une bibliothèque de manière à -n'être jamais cherché, mais simplement pris: 218; -- ont besoin d'air: -317; avec quoi les essuyer: 318; les ennemis des livres: insectes, -souris, rats, poussière, humidité, soleil, gaz, collectionneurs, -emprunteurs, femmes, etc.: 321-326, 336-354; nettoyage et réparation des ---: 327-336; équarrissage des --: 340-342; comment couper les feuillets -d'un livre broché: 354-359; la meilleure manière de retirer un livre -rangé avec d'autres sur un rayon de bibliothèque: 359-360; par où et -comment tenir un livre: 360; un bon livre est un ami: 361; respect dû -aux livres: 361-365; précautions à prendre dans le maniement et pour la -conservation des livres: 365-373; doit-on les annoter (notes -manuscrites): 373-377; apothéose des livres: 377; «se vendre bien ne fut -jamais la marque infaillible de la bonté d'un livre»: 461; etc. - -LOEW: 325. - -LOMEIER (J.): 453, 454. - -LORENZ (OTTO): 23, 170, 301, 353, 451, 454, 456. - -LOUANDRE (CH.): 177, 454, 459. - -LOUIS (saint): 238, 369. - -LOUIS XII: 39, 107. - -LOUIS XIII: 197. - -LOUIS XIV: 12, 18. - -LOUIS XV: 139. - -LOUISY (P.): 106, 110, 180, 191, 452, 454. - -LUBBOCK (J.): 16, 455. - -LUC (saint): 9, 365. - -LUCAS (CH.): 450. - -LUCIEN DE SAMOSATE: 6, 8. - -Lumière solaire, -- du gaz, -- électrique; leur action sur la couleur -des papiers: 337-339. - - -M - -MABUN (JEAN): 257. - -MAC-LAURIN ou MACLAURIN: 235, 288. - -Maculatures (pap. et typ.): 40, 41. - -_Magasin pittoresque (le)_: 40, 56, 147, 173, 248, 323, 326, 330, 333, -343, 349, 353, 356, 455. - -MAIGNE: 126, 131, 146, 147, 150, 453, 455. - -Main (pap.): 52. - -MAÏOLI. (THOMAS): 30, 36, 133. - -MAIRE (ALBERT): 40, 52, 56, 67, 84, 104, 105, 131, 132, 144, 149, 156, -192, 200, 201, 202, 210, 220, 223, 224, 230, 234, 238, 245, 248, 249, -253, 254, 257, 258, 259, 260, 292, 295, 318, 321, 325, 376, 393, 449, -450, 455, 485. - -MAISTRE (J. DE): 17, 233. - -MALHERBE: 33, 144, 176. - -MANQUEST: 52. - -Manuscrit, s; abréviation de ce mot: 393. - -MARAT: 139. - -MARCHAND (PROSPER): 258. - -Marche (typ.): 1-2. - -Marges des livres: 149; leur importance: 154, 155; fausses marges: 156, -157. - -MARMONTEL: 432. - -Maroquin (rel.): 131. - -Marque d'eau (pap.): 44. - -Marques des anciens imprimeurs: 71-72. - -MARTIN (GABRIEL): 258. - -MARTIN (HENRI), archiviste paléographe: 236. - -MARTIN (HENRI), historien: 159, 170, 171, 236-237. - -MARTIN (HENRI), professeur: 237. - -MARTIN (LOUIS-AIMÉ): 248. - -MARTINI: 148. - -MARTONNE (G.-F. DE): 446, 455. - -MASPÉRO: 170. - -MASSOL: 289. - -MAURY (ALFRED): 455, 459. - -MAZADE (CH. DE): 171. - -MÉLANCHTHON (SCHWARZERD): 242, 243. - -Membrures (rel.): 128. - -_Mémorial de la librairie française_: 42, 49, 58, 63, 323, 339, 353, -455. - -MÉNAGE (GILLES): 5, 111. - -MENDEL (CH.): 442, 456. - -MÉRAY (ANTONY): 24, 330, 331, 332, 335. - -MERCIER (SÉBASTIEN): 121, 124. - -MÉRIMÉE: 89. - -MESME (Président DE): 456. - -MEUNIER DE QUERLON: 33. - -MICHAULT (PIERRE): 430. - -MICHEL (MARIUS): 134, 456. - -MICHELET, historien: 113, 170, 171. - -Mignonne (typ.), caractère d'impr.: 98, 101. - -Millésime (d'un volume): 113. - -MILTON: 16. - -Ministre, papier --: 53. - -MIQUEL (P.): 325. - -MIRABEAU: 376. - -Moins ou tiret (typ.): 432. - -MOÏSE: 9, 365. - -MOLIÈRE: 91, 174, 177, 236. - -MOLINIER (A.): 260, 450. - -MONMERQUÉ: 170. - -MONTAIGLON (M. DE): 251. - -MONTAIGNE: 7, 11, 28, 141, 174, 178, 188, 343, 402. - -MONTAIGU (ÉMILE): 172. - -MONTALTE (LOUIS DE), pseud. de Pascal: 241. - -MONTEIL (ALEXIS): 170. - -MONTESQUIEU: 5, 13, 14, 236. - -MONTORGUEIL (GEORGES): 450. - -MORANTE (marquis DE): 206. - -MOREAU, dessinateur et graveur: 3. - -MOREAU (GEORGES): 2. - -MOREL (J.), imprimeur: 86. - -MORELLET: 376. - -Mors d'un livre (rel.): 128, 146. - -MORTET (V.): 46. - -Mot d'ordre (classific.): 222, 225, 232. - -MOUCHY (duchesse DE): 353. - -Mouillures (taches d'humidité): 329, 330. - -MOURAVIT (G.): X, 6, 22, 23, 27, 28, 30, 43, 91, 92, 123, 134, 137, 138, -143, 167, 168, 176, 186, 187, 206, 259, 261, 263, 353, 377, 445, 452, -454, 456, 457, 458, 461, 485. - -Moyenne de fonte (typ.), caractère d'impr.: 98. - -MULSANT (E.) (UN BIBLIOPHILE): 321, 353, 455, 456. - -MUNIER (J.-B.): 52, 456. - -MURRAY: 111. - -_Musée des familles_: 121. - -MUSSET (ALFRED DE): 135, 374. - -MUSURUS: 113. - - -N - -NAIGEON: 376. - -NAMUR (P.): 198, 231, 283, 289, 429, 430, 431, 456. - -NAPOLÉON 1er: 138, 140. - -NAPOLÉON III: 138. - -_Nature (la)_: 40, 42, 46, 47, 50, 51, 56, 59, 117, 338, 440, 456. - -NAUDÉ (GABRIEL): XII, 122, 174, 193, 194, 196, 197, 257, 456. - -NAUMANN: 324. - -NÉE DE LA ROCHELLE: 258. - -Nerfs ou nervures (rel.): 120, 129, 146. - -Nettoyage des bibliothèques et des livres: 318 et suiv. - -_Ne varietur_, édition --: 70, 404. - -NIVEL: 71. - -NOAILLES (vicomtesse DE): 353. - -Nobiliaire, particule --: voir _de, du, d'_. - -NODIER (CHARLES): 26, 34, 326, 376, 457. - -Nonpareille (typ.), caractère d'impr.: 98, 101. - -Normandes (typ.), lettres --: 102, 103. - -Note, appel de --: 435, 436. - -Notes tironiennes: 71, 381. - -Numération romaine: 427-431. - - -O - -Obèle, obélisque (typ.): 436. - -_Obit_ (typ.): 97. - -Occasion, librairie et livres d'--: 180-185. - -ŒCOLAMPADE (HAUSSCHEIN): 242, 243. - -_Œcophora_, insecte bibliophage: 321, 322. - -Œil (typ.), -- des caractères: 96. - -ŒTTINGER (ÉD. M.): 457. - -Oiseau, reliure à l'--: 142. - -Onciale (typ.), lettre --: 102. - -Onglet (typ. et rel.): 81, 151. - -OSYMANDIAS: 4. - -OVIDE: 11, 339. - - -P - -PADELOUP, relieur: 133. - -Page, nombre de pages des feuilles selon les formats: 72-74, 82; belle --- (typ.): 115; fausse -- (typ.): 115. - -Paléotype, synon. d'incunable: 69. - -Palestine (typ.), caractère d'impr.: 98. - -Paon, queue de paon (papier de couleur): 395. - -Papier, élément essentiel et fondamental du livre: 37; son origine, -anciens procédés de fabrication: 39 et suiv.; procédés modernes, grande -consommation actuelle: 40 et suiv.; -- à la forme: 43 et suiv.; -blanchiment du --: 43; papier à la machine, papier de bois: 43 et suiv.; -mauvaise qualité de la plupart des -- modernes: 43, 60; couleur de -- la -moins fatigante pour les yeux: 50-51; «Ménagez vos yeux»: 50-52; -funestes effets des impressions sur -- rouge ou rose: 51-52; dimensions -et modes d'emploi des principales sortes de papiers: grand aigle, -colombier, soleil, jésus, raisin, double couronne, cavalier, carré, -coquille, écu, couronne, tellière ou ministre, pot ou écolier, cloche: -53, 77, 78; altération de la couleur des --: 58 et suiv., 338-339; -moyens de reconnaître la qualité des --: 59-63; papiers dangereux, leur -désinfection: 29, 325, 372; -- brouillard (buvard): 47, 48; -- bulle: -57; -- buvard: 47; -- Canson: 55; -- de Chine: 38, 39, 55, 60, 152; -- -collé, non collé, demi-colle: 47, 48, 331; -- couché: 48, 49; -- glacé, -inconvénients des papiers trop glacés: 49; -- gris (buvard): 48; -- de -Hollande: 39, 54, 152; -- indien d'Oxford: 57; -- du Japon: 39, 56, 60; -comment couper le papier du Japon: 359; -- joseph: 57; -- parchemin ou -parchemin végétal: 56; -- pelure: 56; -- porcelaine: 57; -- serpente: -56; -- de soie: 57; -- végétal ou à calquer: 57; -- vélin: 39, 55, 131; --- vergé: 38, 54; -- Whatman: 38, 39, 55. - -Papyrus: 39. - -Paragraphe (typ.): 435. - -Parchemin: 56, 131. - -PARENT (aîné): 289, 457. - -Parenthèses (typ.): 434. - -Paris, mieux pourvu en grandes bibliothèques que toute autre ville du -monde: XII; bibliothèque de la ville de Paris (musée Carnavalet), -classement des livres: 295-297. - -PARIS (GASTON): 172. - -PARIS (PAULIN): 172. - -Parisienne (typ.), caractère d'impr.: 98. - -PARVILLE (HENRI DE): 456. - -PASCAL: 25, 141, 177, 179, 229, 241. - -PATIN (GUI): 12. - -PAULMY (marquis DE): 1, 21, 247, 376. - -Peigne (pap. et rel.), papier --, tranches --: 395. - -PEIGNOT (G.): 6, 11, 31, 85, 87, 168, 200, 289, 318, 319, 320, 321, 453, -457-458. - -PELLECHET (Mlle MARIE): 72, 323, 353, 458. - -PELLET (MARCELLIN): 134. - -PELLISSIER (GEORGES): 172. - -Perle (typ.), caractère d'impr.: 98. - -Petit-canon (typ.), caractère d'impr.: 98. - -PETIT DE JULLEVILLE: 172. - -Petit-parangon (typ.), caractère d'impr.: 98. - -PETIT-RADEL: 402, 452, 458, 485. - -Petit-romain (typ.), caractère d'impr.: 93, 101. - -Petit-texte (typ.), caractère d'impr.: 98. - -PETITOT: 170. - -PÉTRARQUE: 10, 86, 192, 458. - -PETZHOLDT: X, 192, 193, 221, 444, 449, 458. - -Philosophie (typ.), caractère d'impr.: 98, 101. - -PICHON (J.): 459. - -Pièce, synon. de brochure (plaquette): 66, 67. - -Pièce ou étiquette (rel.): 160. - -Pied-de-mouche (typ.): 436. - -PIGOUCHET (PHILIPPE): 72. - -PINÇON (P.): 446, 459. - -Pipe (rel.): 129. - -Piqûres (taches d'humidité): 329, 330. - -PLANCHE, helléniste: 243. - -PLANTIN: 3, 71, 106, 179. - -Plaquette, définition de ce mot: 66, 67. - -Plats (rel.): 125; -- de bois: 125, 322. - -Pleins (typ.), -- d'une lettre: 97. - -PLESSIS (YVE): voir YVE-PLESSIS. - -PLINE L'ANCIEN: 6, 428, 429, 439. - -PLINE LE JEUNE: 6, 7, 167, 174, 439. - -PLUMIER, botaniste: 31. - -PLUTARQUE: 6, 7, 8, 11. - -Poignard (typ.): 436. - -Point d'exclamation entre parenthèses (!): 435. - -Point d'interrogation entre parenthèses (?): 435. - -Points suspensifs (...): 229, 435, 436. - -Point typographique: 95, 96, 101. - -POISSON (P.): 401, 459. - -Police (typ.), -- d'un caractère: 104, 105. - -_Polybiblion_: 301, 459. - -POMPADOUR (marquise DE): 353. - -PONSARD: 19. - -Pontuseaux (pap.): 44, 54. - -POREL: 352. - -Porse (pap.): 45. - -Pot (pap.): 53. - -Pousser un titre (rel.): 130, 159. - -PRAET (van): 234-235. - -_Pratique médicale (la)_: 316. - -PRIEUR: 259, 264. - -Primes offertes pour achats de livres: 185. - -PSAUME: 459. - -PUTEANUS (GUILLAUME DUPUIS): 86. - - -Q - -QUENTIN-BAUCHART (ERNEST): 353, 459. - -QUÉRARD (J.-M.): 170, 240, 433, 440, 442, 443, 451, 454, 455, 459. - -QUERCETANUS (ANDRÉ DUCHESNE): 242. - -Queue (rel.), -- d'un livre: 127. - -Queue (typ.), -- d'une lettre: 97. - -Queue de paon (papier de couleur): 395. - -QUILLET, «roi des équarrisseurs de livres»: 341-342. - -QUINET (EDGAR): 171. - - -R - -RABELAIS: 30, 31, 159, 174. - -RACINE: 67, 91, 159, 177, 286, 375. - -RAFFET: 140. - -RAGUSE (duchesse DE): 353. - -Raisin (pap.): 53, 77. - -Rame (pap.): 52. - -RANDON DE BOISSET: 31. - -RATMAN (MARY): 135. - -RAUCONET: 113. - -Ravet, insecte bibliophage: 322. - -Rayons ou tablettes; rayonnage, base du mobilier dans toute -bibliothèque: 200 et suiv.; rayonnage fixe, -- mobile, -- à -crémaillères, -- à clavettes: 202 et suiv. - -Réclame (typ.): 69, 79. - -RECLUS (ÉLISÉE): 172, 403, 433. - -Recueils factices: 153. - -Référence, livres de --: 156, 168. - -Registre (typ.): 69. - -Registre d'entrée (classific.): 211, 223, 224, 285. - -REGNAULT (ÉLIAS): 171. - -REGNAULT (PIERRE): 250. - -REGNIER (ADOLPHE): 176. - -REGNIER (MATHURIN): 91, 174. - -Relieurs, leur tendance à trop rogner les livres: 154-155, 346-347; un -relieur ne doit jamais dire d'un livre: «C'est un bouquin»: 155; où -trouver de bons --: 164. - -Reliure: 119-164; faut-il faire relier les livres: 119-120; couture de -la --: 120 et suiv.; reliure ou cartonnage bradel: 124, 143, 144; -reliure et demi-reliure: 124 et suiv.; -- pleine: 130-132; -- en cuir de -Russie: 131, 338, 368, 369; -- en toile: 132; -- à la salamandre: 133; --- d'art: 132, 133; -- en peau humaine: 134 et suiv.; -- à musique: 138; --- uniforme: 139; -- janséniste: 141-142; -- à la fanfare: 142; -- à -l'oiseau: 142; -- à l'S barré: 142; -- anglaise: 145; -- sans couture ou -arraphique: 150. Ne pas faire relier les livres récemment imprimés: -151-152. Conseils pratiques pour la --: 151-164. Tarif de reliures: 163. - -_Reliure (la)_, revue mensuelle: 162, 460. - -RENAN (E.): 170, 172. - -_Renart (Roman de)_: 9. - -RENAUDOT: 12. - -RENEL: 46, 47. - -RENIER (LÉON): 447. - -RENOUARD (A.-A.): 176, 433, 458, 460. - -Réparation des livres: 327 et suiv. - -Répons (℟.): 436. - -Réserve (de la Bibliothèque nationale): 209, 249. - -RESTIF DE LA BRETONNE: 203. - -RETZ (cardinal DE): 177. - -_Revue biblio-iconographique_: 40, 60, 61, 63, 460. - -_Revue des bibliothèques_: 40, 46, 228, 460. - -_Revue des Deux Mondes_: 18. - -_Revue internationale des bibliothèques_: 314. - -_Revue scientifique_: 29, 49, 304, 306, 315. - -_Revue universelle_ (précédemment _-- encyclopédique_): 2, 135, 136, -137, 138, 169, 173, 373. - -RHENANUS, historien: 113. - -RICH (ANTHONY): 172. - -RICHARD (JULES): 22, 34, 38, 109, 112, 123, 139, 152, 160, 175, 176, -186, 199, 219, 221, 318, 319, 376, 460. - -RICHELIEU (cardinal): 340. - -RICHET (CHARLES): 304, 315. - -RICHOU (G.): 460. - -RIGAULT (H.): 22. - -RIGAULT, imprimeur: 71. - -RIS-PAQUOT: 329, 331, 460. - -RIVE (abbé): 136. - -Rubricateur: 71. - -ROBERT (LOUIS): 43. - -ROBERT (ULYSSE): 450, 460. - -ROCCA (ANGE): 111, 112. - -ROD (ÉDOUARD): 172. - -ROLLIN: 27. - -Romain (typ.), genre de caractères: 95, 99, 100, 101, 116. - -ROME (DE), relieur: 133, 135, 142; sa tendance à trop rogner les livres: -347, 348. - -Rondage: 231. - -Ronde, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102, 103. - -RONSARD: 11. - -ROTHSCHILD (M. DE): 251. - -ROUSSEAU (J.-J.): 178, 179, 288, 433. - -ROUSSEL: 159. - -ROUSSET (commandant): 171. - -ROUVEYRE (ÉD.): 25, 34, 70, 75, 85, 126, 156, 157, 202, 208, 219, 272, -318, 334, 340, 371, 393, 440, 441, 443, 460, 461, 462. - -ROVER: 206. - -ROYER-COLLARD: 168, 433. - - -S - -S barré, reliure à l'--: 142. - -SACY (SILVESTRE DE), son article «mémorable» sur sa bibliothèque, adieux -à ses livres: 25-26; 182. - -SADE (marquis DE): 136. - -Saint, e, comment écrire les noms propres dans lesquels figure ce mot -(saint Paul, Saint-Simon, église Saint-Pierre, etc.): 238. - -Saint-augustin (typ.), caractère d'impr.: 98, 101. - -SAINT-FOIX (G.-F. DE): 239. - -SAINT-MAUR (Bénédictins de): 172, 339. - -SAINT-PIERRE (BERNARDIN DE): 16, 239, 248. - -SAINT-SIMON, historien: 171, 177, 179. - -SAINT-VICTOR (J.-M. BINS DE): 239. - -SAINTE-BEUVE: 12, 14, 16, 17, 19, 25, 26, 168, 172, 174, 239, 376, 461. - -Salamandre, reliure à la --: 133. - -SALDEN: 23. - -SALOMON: 9, 12. - -SAND (GEORGE): 241, 242. - -SARCEY (FRANCISQUE): 117, 169. - -SAUVAGE (ED.): 306, 309, 310, 311, 312. - -Savigny (Christofle de): 256. - -SAVOT (LOUIS): 197. - -Saxonnes, lettres --: 103. - -SCALIGER: 36, 86, 167. - -SCHOEFFER: 103. - -SCHOELCHER (VICTOR): 31. - -SCHWARZERD (OU SCHWARTZERDE): 242. - -SCOTT (WALTER): 16, 160. - -Sédanaise (typ.), caractère d'impr.: 98. - -SÉGUIER (chancelier): 18. - -SÉNÈQUE LE PHILOSOPHE: 6, 7, 165, 166, 174. - -SERÉ (FERNAND): 191, 452, 461. - -Serpentante, méthode de classement des livres: 211. - -SÉVIGNÉ (Mme DE): 12, 13, 28, 176, 179, 233, 234, 236. - -SHAKESPEARE: 174. - -SHEPHERD J. FRANZ: 117. - -SIEYÈS: 174. - -Sigles (abréviat.): 70, 71, 381. - -Signature (typ.): 69, 75, 78-79, 81. Tableau des signatures dans les -principaux formats: 82. - -Signet (rel.): 129. - -SILVESTRE (L.-C.): 72, 461. - -SMYTH: 148. - -SOBOLSTCHIKOFF (B.): 461. - -Soleil, son action sur la couleur des reliures: 337; -- des papiers: -339. - -Soleil ou petit colombier (pap.): 53. - -SOPHIE (Mme), fille de Louis XV: 139. - -SOPHOCLE: 10. - -Sorbonne, bibliothèque de la --, classement des livres: 292-294. - -SOREL (ALBERT): 171. - -SOREL (CHARLES): 461. - -SOUBISE: 1. - -Souscription ou _explicit_ (typ.): 70. - -Souscription (bibl.), se méfier des ouvrages publiés par --: 185. - -SPON: 12. - -STAENDER (docteur): 206. - -STAPFER (PAUL): 41, 172. - -STARK: 108, 448. - -STEIN (HENRI): 314, 440, 461. - -STEPHANUS (HENRI ESTIENNE): 242. - -Stéréotypie: 107, 108. - -STERN (DANIEL): 171. - -STERNE: 135. - -Stromates, recueils factices: 346. - -Style, vieux style, nouveau style (chronologie): 398. - -SUARD: 135. - -SUE (EUGÈNE): 136. - -Suscription ou _incipit_ (typ.): 69. - -SYDENHAM: 15. - - -T - -Table alphabétique: voir Index. - -Table des matières, de l'avis des plus compétents bibliographes, doit -être placée en tête du livre: 485. - -Tablettes (de bibliothèque): voir Rayons. - -Taches sur les feuillets des livres, moyens de les enlever: 328-336. - -TACITE: 339. - -TAINE (HIPPOLYTE): 171, 172. - -Talus (typ.), -- des caractères: 96. - -TALLEMANT DES RÉAUX: 35, 36. - -TALLEYRAND (M. DE), sa bibliothèque: 215-216. - -TANNERY (J.): 47. - -TANNERY (PAUL): 428. - -TASSIS (A.): 2, 234, 238, 462. - -TAYLOR (E. F.), bibliographe anglais: XI, 433, 447. - -TECHENER (J.-J.): 433, 462. - -TEDDER (H. R.), bibliographe anglais: XII, 433, 447. - -Tellière (pap.): 53. - -Témoins (rel.): 157. - -TEMPORAL (JEHAN): 72. - -_Temps (le)_: 2, 352. - -TENANT DE LATOUR: 189, 216, 217, 462. - -Tête d'un livre (rel.): 127; doit toujours être rognée: 156-157. - -TEXIER (EDMOND): 122-123. - -THÉOPHRASTE: 350. - -THIELMAN KERVER: 72. - -THIERRY (AUGUSTIN): 170. - -THIERS: 138, 154, 170. - -THOMAS (E. C.), bibliographe anglais: XII, 447. - -THOU (MM. DE): 1, 38, 232, 258, 348, 376. - -THOUVENIN, relieur: 133, 142. - -THUREAU-DANGIN: 171. - -Timbrage des volumes dans les bibliothèques publiques: 230. - -Tirage (libr.), définition de ce mot: 67. - -Tirage (typ.): 107, 108. - -Tiret ou moins (typ.): 432. - -TIRO (TULLIUS): 71. - -Tironiennes, notes --: 71, 381. - -TISSANDIER (GASTON): 332, 334. - -TITE-LIVE: 339. - -Titre des livres: 113-116; -- courant (typ.): 113-114; -- de départ -(typ.): 114, 116; -- à pousser (rel.) 130, 159-160; grand titre ou -frontispice (typ.): 69, 115-116; faux titre (typ.): 114, 115. - -Tome, définition de ce mot: 66. - -TORY (GEOFFROY): 72. - -Tourniquet (papier de couleur): 395. - -Train (rel.): 152. - -Trait d'union ou division (typ.): 238, 248, 432-434. - -Tranche, tranches d'un livre (rel.): 127. - -Tranche-file (rel.): 128. - -TRAUTZ-BAUZONNET: 133, 134. - -TRILLAT: 325. - -Triple-canon (typ.), caractère d'impr.: 98. - -Trismégiste (typ.), caractère d'impr.: 98. - -Tuberculose, sa propagation par les livres: 29, 371-373. - - -U - -Université de France (Sorbonne), classement des livres: 292-294. - -URBAIN (V.): 42. - -UZANNE (O.): 5, 7, 32, 33, 34, 134, 145, 351, 352, 439, 440, 441, 461, -462. - - -V - -VACHON (MARIUS): 462. - -VALÈRE-MAXIME: 350. - -VALINCOUR: 26. - -VALLÉE (LÉON): 463. - -VAN PRAET: 234-235. - -VARRON: 6. - -VASCOSAN: 72. - -VAULABELLE (A. DE): 171. - -VAUVENARGUES: 14. - -Vedette (catalogues et classific.), fiche --: 221, 253. - -Vélin (pap.): 39, 55, 131. - -Vénitiennes (typ.), lettres --: 100. - -VÉRARD: 72, 249. - -Vergeures (pap.): 44, 54. - -VERNET (H.): 140. - -VERRUE (comtesse DE): 353. - -Vers et insectes bibliophages: 320 et suiv. - -Verset (℣.): 436. - -VEYDT (L.): 135. - -VIAN: 234. - -VICTOIRE (Mme), fille de Louis XV: 139. - -VIGNEUL-MARVILLE: 38. - -VIGNY (ALFRED DE): 168. - -VILLEMAIN: 21. - -VILLOTTE (LOUIS DE): 108. - -VINET (A.): 24. - -VIRGILE: 11. - -VITRUVE: 196, 197. - -VITU (A.): 463. - -VIVONNE (duc DE): 12. - -VOSTRE (SIMON): 72. - -VOLTAIRE: 12, 14, 15, 20, 41, 167, 168, 174, 178, 236, 240, 241, 242, -288, 376, 377, 435. - -Volume, définition de ce mot: 66. - - -W - -WECHEL: 71. - -WERDET (EDMOND): 88, 463. - -Whatman, papier --: voir Papier. - -WIESNER: 338, 339. - - -Y - -YVE-PLESSIS (R.): 35, 325, 326, 463. - - -Z - -ZÉNON LE STOÏCIEN: 15. - -ZOLA (ÉMILE): 68. - - - - -NOTES - - - [1] G. MOURAVIT, _le Livre_, p. 370. - - [2] LE GALLOIS, auteur d'un _Traité des plus belles bibliothèques de - l'Europe_ (Paris, Michallet, 1680). - - [3] Rien ne réussit mieux en France que ce qui n'est pas français: on - l'a dit souvent et depuis longtemps: «Les François ont toujours eu - cela de bon (entre autres mauvaises graces) de prester plus - voulentiers audience et faveur aux estrangers qu'aux leurs propres». - (BONAVENTURE DES PERIERS, _Nouvelles Récréations_, Nouv. 88, p. 222. - Paris, Delahays, 1858.) - - [4] «France must be regarded as the real mother of bibliography... The - labours of French bibliographers, especially after Naudé, converted - a study, more or less desultory, into a science and a systematic - pursuit.» (E. F. TAYLOR, _Encyclop. britannica_, art. Bibliography, - t. III, p. 651, col. 2.) «La France doit être considérée comme la - vraie mère de la bibliographie... Les travaux des bibliographes - français, surtout après Naudé, ont converti une étude plus ou moins - décousue en une science et un travail systématiques.»--Cf. aussi - CONSTANTIN, _Bibliothéconomie_, p. 6.--«Paris is much better - provided than London or any other city in the world with great - public libraries.» (H. R. TEDDER et E. C. THOMAS, _Encyclop. - britannica_, art. Libraries [Bibliothèques], t. XIV, p. 525, col. - 2.) «Paris est bien mieux pourvu que Londres ou que toute autre - ville du monde en grandes bibliothèques publiques.»--Et, de l'aveu - des Allemands eux-mêmes, parmi tous les systèmes de classification - qu'on possède, le moins imparfait est encore le nôtre, celui de - Brunet. - - [5] GABRIEL NAUDÉ, _Advis pour dresser une bibliothèque_, p. xv. - - [6] Selon les _Règles typographiques de la librairie Hachette_ (pp. 1, - 22 et 50), nous écrivons «CHAPITRE I», comme on écrit «CHAPITRE II, - III, IV,» etc., et non «CHAPITRE PREMIER», forme employée par la - plupart des imprimeurs. Autant que possible, nous suivrons - d'ailleurs, dans le cours du présent livre, la _marche_ - (c'est-à-dire l'ensemble des règles typographiques) de la librairie - Hachette, qui est aussi la marche adoptée par l'imprimerie Lahure. - Quantité de ces règles sont non seulement très minutieuses, mais - aussi très variables et sujettes à caution et à discussions. Sans - parler de la ponctuation, l'emploi des lettres majuscules et des - caractères italiques donne lieu notamment à des incertitudes et des - tâtonnements continuels. Écrira-t-on: Ministère de l'Intérieur, ou - Ministère de l'intérieur, ou ministère de l'Intérieur, ou ministère - de l'intérieur? Bibliothèque Nationale, ou Bibliothèque nationale, - ou bibliothèque nationale? L'architecture du Moyen Age, ou du moyen - âge? De même, à quels mots mettra-t-on des majuscules dans: le - _Traité des études_ de Rollin, _la Nouvelle Héloïse_ de Rousseau, - _les Précieuses ridicules_ de Molière, _De l'esprit des lois_ de - Montesquieu? Les titres des livres, journaux, etc., devant toujours - être composés en italique (caractères penchés) lorsque le texte est - en romain (caractères droits, analogues à ceux-ci), nous avons le - choix entre: Je lis le _Temps_, Je lis _le Temps_, et Je lis _Le - Temps_. Cette dernière marche, très justifiable, puisqu'elle - reproduit le titre exact du journal, est suivie par de bonnes - imprimeries et d'excellentes publications, comme la _Revue - universelle_, que dirige avec tant de compétence et de goût M. - Georges Moreau. La seconde marche: Je lis _le Temps_, conserve - l'italique au titre entier, mais met une minuscule à l'article, ce - titre se trouvant compris dans le texte, et la majuscule à l'article - n'étant de règle qu'au début de la phrase. C'est la marche que nous - adoptons, tout en reconnaissant que la précédente est tout aussi - défendable et satisfaisante. Quant à la première: Je lis le _Temps_, - elle a encore des partisans; ils considèrent ici l'article, non - comme appartenant au titre du journal, mais «comme partie intégrante - de la phrase, et il est évident alors qu'il faut l'exprimer comme - elle, c'est-à-dire en romain,» selon le conseil de - DAUPELEY-GOUVERNEUR, dans son manuel _le Compositeur et le - Correcteur typographes_, p. 119. Au début d'un ouvrage concernant - «le Livre», ces courtes observations typographiques ne paraîtront - sans doute pas inopportunes. (Outre les deux sources citées - ci-dessus, voir sur ces questions: AUGUSTE TASSIS, _Guide du - correcteur, passim_;--ÉMILE LECLERC, _Typographie_ (Manuels Roret), - chap. V, pp. 111-198;--E. DESORMES, _Notions de typographie à - l'usage des écoles professionnelles_: Lecture des épreuves, pp. - 280-321;--etc.) - - [7] Osymandias. Cf. DIODORE DE SICILE, _Biblioth. histor._, I, 49; et - BOSSUET, _Discours sur l'hist. univers._, III, 3. Dans le texte de - Diodore, il y a simplement ἰατρεῖον, officine médicinale. - - [8] Et combien de livres sont «journaux» en ce point! Mais ici la - rapidité et la négligence ne sont pas essentielles à l'œuvre, elles - ne proviennent que du fait de l'auteur; tandis que le journal, - pressé par l'actualité, aiguillonné par la concurrence, est tenu de - se hâter avant tout. - - [9] THÉOPHILE GAUTIER, _Mademoiselle de Maupin_, préface, p. 34. - (Paris, Charpentier, 1866.) - - [10] «Aimer à lire, c'est faire un échange des heures d'ennui que l'on - doit avoir en sa vie contre des heures délicieuses.» (MONTESQUIEU, - _Pensées diverses_, Variétés.--_Œuv. compl._, t. II, p. 431. Paris, - Hachette, 1866. 3 vol. in-18.) - - [11] Le mot est de Gilles Ménage. Cf. OCTAVE UZANNE, _Du prêt des - livres_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I. p. 35. - - [12] Cf. BOLLIOUD-MERMET, _Essai sur la lecture_ et _De la - bibliomanie_;--GABRIEL PEIGNOT, _Œuv._, _passim_, et notamment - _Manuel du biblioph._, Discours prélimin.;--JULES JANIN, _l'Amour - des livres_ (plaq. de 61 pp.) et _le Livre_;--JEAN DARCHE, _Essai - sur la lecture_;--MOURAVIT, _le Livre_;--B.-H. GAUSSERON, - _Bouquiniana, notes et notules d'un bibliologue_, ouvrage destiné à - «tous les amants du livre, curieux des opinions et des impressions - de ceux qui l'ont aimé avant eux» (p. 6), où l'auteur a réuni, comme - nous allons le faire, un grand nombre de maximes et pensées sur les - livres et la lecture. M. Gausseron a glané de préférence parmi les - écrivains anglais.--Etc., etc. - - [13] «Hæc studia adolescentiam alunt, senectutem oblectant, secundas - res ornant, adversis perfugium ac solatium præbent, delectant domi, - non impediunt foris, pernoctant nobiscum, peregrinantur, - rusticantur.» (CICÉRON, _Pro Archia_, VII.) C'est encore Cicéron qui - a dit (_Ad Famil._ [_Varroni_], IX, 4): «Si hortum in bibliotheca - habes, deerit nihil.» M. OCTAVE UZANNE (_Nos amis les livres_, p. - 268) a délicatement commenté cette sentence: «Seigneur, s'écriait un - ancien, accordez-moi une maison pleine de livres, un jardin plein de - fleurs!» Il semble que dans cette prière soit contenue toute la - quintessence de la sagesse humaine: les fleurs et les livres - masquent les tristesses de cette vie, et nous font aller en - souriant, l'œil égayé, l'esprit bienheuré, jusqu'au jour de la - grande échéance définitive, au vrai quart d'heure de Rabelais.» - - [14] SÉNÈQUE, _Lettres à Lucilius_, 82.--Pour abréger, je m'abstiens - de citer le texte original, mais en maintenant l'indication de la - source, qui permet de s'y référer sans difficulté. - - [15] ID., _De la tranquillité de l'âme_, III. Cf. aussi _De la - brièveté de la vie_, XIV et XV, etc. - - [16] _Lettres_, I, 13. - - [17] PLINE LE JEUNE, _Lettres_, III, 5. - - [18] MONTAIGNE, _Essais_, II, 2; t. II, p. 109. (Paris, Charpentier, - 1862.) - - [19] PLUTARQUE, _Vie de Coriolan_. Voir aussi les _Œuv. morales_, - _pass._ - - [20] § XVII. - - [21] _Histoire ecclésiastique des Francs_, préface. - - [22] Le mot _bibliothèque_ (de βιβλίον, livre, et θήκη, lieu de dépôt) - s'emploie dans quatre acceptions différentes. Il signifie: 1º un - édifice ou une salle servant à contenir une collection de livres: la - bibliothèque Sainte-Geneviève; cet écrivain vit enfermé dans sa - bibliothèque; 2º les tablettes ou le meuble garni de tablettes sur - lesquelles les livres sont rangés: une bibliothèque en chêne; 3º une - collection de livres: posséder une nombreuse bibliothèque; 4º une - série d'ouvrages ayant un caractère commun: la _Bibliothèque bleue_, - la _Bibliothèque des voyages_. Au lieu de bibliothèque, on disait - autrefois _librairie_: la librairie du roi Charles V. (LITTRÉ et - HATZFELD, _Dictionn._) - - [23] Cf. LALANNE, _Curiosités bibliogr._, pp. 29 et suiv., 150 et - suiv., 186 et _pass._; LECOY DE LA MARCHE, _les Manuscrits et la - Miniature_, p. 90; etc.--Lalanne ajoute (p. 32) que, dans beaucoup - de couvents, cette règle de la copie des manuscrits «n'était guère - mieux observée que les vœux de pauvreté, de chasteté et - d'obéissance». - - [24] Vers 39. - - [25] M. Hippolyte Cocheris en a donné une excellente édition avec - traduction. (Paris, Aubry, 1856. In-16.) - - [26] LALANNE, _loc. cit._, p. 186. - - [27] _Philobiblion_, chap. I, pp. 16-17. - - [28] _Loc. cit._, chap. III, p. 28. - - [29] _Loc. cit._, chap. XVII, p. 143 et _pass._--Cf. _infra_, chap. - IX, pp. 364-365. - - [30] LALANNE, _loc. cit._, pp. 226-227. - - [31] Voir PEIGNOT, _Manuel du biblioph._, t. I, pp. XXXI et suiv.; - LALANNE, _loc. cit._, pp. 191 et suiv. - - [32] _Poésies pour Hélène_, X, _Élégie_. (_Œuv. chois._, p. 64. Paris, - Garnier, 1841. In-18.) - - [33] MONTAIGNE, _Essais_, III, 3; t. III, pp. 360-367. (Paris, - Charpentier, 1862.) - - [34] _Ibid._, pp. 365-366. - - [35] Cf. VOLTAIRE, _Siècle de Louis XIV_, chap. XXVI. (_Œuv. compl._, - t. II, p. 446. Paris, édit. du _Siècle_, 1867-1870. 8 vol. in-4.) - - [36] GUI PATIN, _Lettres choisies_, lettre VIII, p. 27. (Paris, Jean - Petit, 1688.) Littérairement, Gui Patin devrait se placer avant - l'avènement de Louis XIV. «Gui Patin se croyait sorti du XVIe - siècle, et il ne l'était qu'à demi,» dit fort bien SAINTE-BEUVE. - (_Caus. du lundi_, 3e édit., t. VIII, p. 97.) - - [37] Lettre du 14 décembre 1689. (_Lettres de Mme de Sévigné_, t. VI, - p. 58. Paris, Didot, 1867. 6 vol. in-18.) - - [38] Lettre du 15 juin 1689. - - [39] Lettre du 17 juillet 1689. - - [40] Lettre du 23 septembre 1671. - - [41] Lettre du 15 janvier 1690. - - [42] Lettre du 16 novembre 1689. - - [43] _Les Aventures de Pyrrhus_. (_Œuv. compl._, t. IX, p. 463. Paris, - Garnier, 1876. 20 vol. in-8.) - - [44] Liv. II, p. 28. (Paris, Dezobry, s. d.) - - [45] _Pensées diverses_, Portrait. (_Œuv. compl._, t. II, pp. 419-420. - Paris, Hachette, 1866. 3 vol. in-18.) - - [46] MONTESQUIEU, _Discours sur les motifs qui doivent nous encourager - aux sciences_. (_Œuv. compl._, t. II, p. 402.) - - [47] _Pensées diverses_, Portrait. (_Œuv. compl._, t. II, p. 424.) - - [48] Cf. SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. III, p. 411. - - [49] _Réflexions et Maximes_, p. 276. (Paris, Didot, 1858. In-18.) - - [50] Lettre de décembre 1744. (_Œuv. compl._, t. VII, p. 651. Paris, - édit. du _Siècle_, 1867-1870.) - - [51] Lettre au cardinal de Bernis, 18 janvier 1764. - - [52] _Dictionn. philos._, art. Livres. - - [53] _L'Homme aux quarante écus_, chap. X. - - [54] _Dialogue XXIV._ (_Œuv. chois._, t. I, p. 184. Paris, Biblioth. - nation., 1866, 3 vol. in-16.) Cf. la réponse de l'oracle à Zénon le - Stoïcien sur le meilleur genre de vie et la règle capitale de - conduite à adopter: «Converse avec les morts» (avec les livres). - - [55] _Paul et Virginie_, pp. 93-94. (Paris, Didot, 1859, In-18.) - - [56] _Ap._ LUBBOCK, _le Bonheur de vivre_, trad., p. 54. (Paris, - Alcan, 1891.) - - [57] WALTER SCOTT, notice sur Le Sage, _ap._ SAINTE-BEUVE, _Caus. du - lundi_, t. dernier (sans numéro), table, p. 28. - - [58] _Vic. de Wakef._, trad. Fournier, chap. XX, p. 144. (Paris, M. - Lévy, 1869.) Et, un siècle avant Goldsmith et Gray, MILTON disait, - «en un latin superbe» (B.-H. GAUSSERON, _loc. cit._, p. 46): - - Et totum rapiunt me, mea vita, libri. - - [59] Cf. SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. VIII, p. 436. - - [60] Comme écrivain, P.-L. Courier (1772-1825) appartient bien au XIXe - siècle, mais la lettre d'où est extrait cet éloge des livres et de - la «relecture» est datée du 10 septembre 1793. Voir P.-L. COURIER, - _Œuv._, p. 425. (Paris, Didot, 1865. In-18.) - - [61] _Pensées_, CCXI, t. II, p. 146. (Paris, Didier, 1861. 2 vol. - in-8.) - - [62] _Ibid._, CCVIII, t. II, p. 145. Cf. aussi pp. 133, 136 et _pass._ - - [63] _Soirées de Saint-Pétersbourg_, t. I, p. 11. (Lyon, Pélagaud, - 1870, 10e édit.) - - [64] Dans le chap. VI, _De l'achat des livres_, nous examinerons cette - question: De la quantité de volumes que doit posséder une - bibliothèque particulière. - - [65] _Courrier de la librairie_, mai 1858. Cf. aussi _l'Amour des - livres_, du même écrivain, pp. 35 et 59: «O mes livres! mon juste - orgueil! ma fête suprême! Oraison funèbre qui ne saurait périr!» - Etc. C'est dans ce petit livre que je trouve (p. 54) l'anecdote - suivante: «M. le chancelier Séguier causait avec le roi [Louis XIV] - dans sa chambre. On parlait de la vénalité des juges. «Monsieur le - chancelier, disait le roi, à quel prix vendriez-vous la - justice?--Oh! Sire, à aucun prix!... Pour un beau livre, je ne dis - pas!» - - [66] _De l'éducation qu'on se donne à soi-même_, in _Revue des Cours - littér._, t. III, 24 mars 1866, pp. 281-288. Voir aussi d'ÉD. - LABOULAYE une conférence sur les _Bibliothèques populaires_, _loc. - cit._, 30 décembre 1865, pp. 83-88; et in _Revue des Deux Mondes_, - 1er septembre 1859, pp. 212-224, un très intéressant article sur _la - Manie des livres, à propos d'un catalogue_ (le catalogue de la - bibliothèque du trop fameux «collectionneur» G. Libri). - - [67] _Poésies_, t. I, préface, p. 7. (Paris, Lemerre, 1890.) Cf. - PONSARD, _l'Honneur et l'Argent_, III, VI: - - L'art, ce consolateur des misères humaines! - - [68] Remarquons en passant que Sainte-Beuve a soin d'écrire Lettres - (dans le sens de connaissances que procure l'étude des livres) avec - une majuscule: homme de Lettres, gens de Lettres, la république des - Lettres, les Belles-Lettres, etc. (Cf. _Caus. du lundi_, 3e édit., - t. VI, pp. 463 et 474; t. VIII, p. 112; etc., etc.) - - [69] _Caus. du lundi_, t. XV, p. 362. - - [70] Tome III, pp. 54-55. - - [71] Ils font partie de l'_Épître à Horace_ (1772). (VOLTAIRE, _Œuv. - compl._, t. VI, p. 575. Paris, édit. du _Siècle_, 1867-1870.) - - [72] Page 410. (Paris, Lemerre, 1889.) - - [73] _Grammaire des arts décoratifs_, p. 336. (Paris, Laurens, s. d.) - - [74] Cette même sentence se rencontre sous la plume d'un autre - historien, critique et polygraphe, M. JULES CLARETIE, et avec les - légitimes restrictions suivantes: «_Dis-moi ce que tu lis, et je te - dirai qui tu es._ L'axiome peut être vrai pour un particulier qui - choisit selon ses goûts, pour un amateur qui se compose une - bibliothèque comme on composerait un bouquet... mais la vérité n'est - plus stricte lorsqu'il s'agit d'un homme de lettres, tenu à tout - garder, après avoir tout lu.» (_Causerie sur ma bibliothèque_, in - _Annales littéraires des bibliophiles contemporains_, 1890, p. 5.) - C'est dans la même _Causerie_ (p. 21) que se trouve cette très belle - profession de foi, que je me reprocherais de passer sous silence: - «J'aime les Lettres, je les aime uniquement, profondément, - passionnément, et je les aime par-dessus tout. Je les aime sous - toutes leurs formes, avec toutes leurs luttes, toutes leurs - rancœurs, tous leurs déboires. Elles consolent même des tristesses - qu'elles font naître, comme cette lance d'Achille qui guérissait les - blessures qu'elle pouvait faire. «La littérature mène à tout, disait - Villemain, à la condition qu'on en sorte.» Quel paradoxe! La - littérature peut ne mener à rien, mais elle rendra heureux jusqu'à - la fin celui qui l'adore, à la condition qu'il n'en sorte jamais.» - - [75] Ou le marquis d'Argenson? Dans ses _Mémoires_ (t. V, p. - 255.--Paris, P. Jannet, 1857-1858), il s'attribue la même - proposition de la même plaisante devise: _Multi vocati, pauci - lecti_. - - [76] _Ap._ MOURAVIT, _le Livre_, pp. 170-172. - - [77] _L'Art de former une biblioth._, pp. 152-153. - - [78] Paris, Aug. Aubry, s. d.--LORENZ (_Catalogue général_, t. VI, p. - 309) donne 1870 comme date de publication, et ajoute que ce livre - n'a été tiré qu'à 200 exemplaires. C'est ce qui en explique le peu - de diffusion et la rareté. - - [79] Pages 3-4. - - [80] _Loc. cit._, pp. 403-404. - - [81] _Ibid._, pp. 341-342. - - [82] _Ibid._, p. 362. - - [83] Cardinal Bessarion, Lettre au doge et au sénat de Venise - (1468).--Cf. _supra_, p. 10. - - [84] _Bulletin du bibliophile_, 17e sér., p. 323. - - [85] _Ibid._, pp. 356-357. - - [86] Parmi les écrivains modernes qui ont le mieux célébré le livre et - l'amour de la lecture, il nous faudrait citer encore: GOETHE, - _Entretiens avec Eckermann_;--ALEXANDRE VINET, _Études sur la - littérature française_, etc., et X. DOUDAN, _Mélanges et Lettres_, - etc. (deux noms peu connus, mais chers à tous les amis des - Lettres);--CHARLES ASSELINEAU, dont l'opuscule _le Paradis des Gens - de Lettres_ contient un vrai chant de triomphe du livre;--ERNEST - LEGOUVÉ, _l'Art de la lecture_ et _la Lecture en action_;--Mgr - LANDRIOT, _Conférences sur l'étude des Belles-Lettres_, - etc.;--ANTONY MÉRAY, _les Diverses Façons d'aimer les livres_ (in - _Annuaire du bibliophile_, 1861, pp. 142-157);--FRANÇOIS FERTIAULT, - _les Amoureux du livre_, sonnets d'un bibliophile; _les Légendes du - livre_ (autre recueil de sonnets); _Drames et Cancans du livre_, - anecdotes bibliographiques, dont le meilleur chapitre est intitulé: - Comment j'aime mes livres;--GABRIEL HANOTAUX, _la Seine et les - Quais, promenades d'un bibliophile_;--ALBERT COLLIGNON, _la Vie - littéraire_, notes et réflexions d'un lecteur;--etc. - - [87] Et tant de fois altérée et faussée, car cette admirable page a eu - le sort des _Provinciales_ et des _Pensées_ de Pascal, «qu'on - tronque toujours quand on le cite», selon la piquante réflexion de - M. FERDINAND BRUNETIÈRE (_Histoire et Littérature_, t. I, p. 314). - Comme exemples de ces inexactitudes et déformations, cf. FONTAINE DE - RESBECQ, _Voyage litt. sur les quais de la Seine_, p. - 134;--ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 3e - édit., t. II, pp. 163-164;--etc. Le pieux JEAN DARCHE a fait mieux: - il s'est approprié le texte, l'a démarqué et rebaptisé, puis l'a - terminé en sermon: «Mais, ô mon Dieu! rien n'est stable en ce monde! - et ce sera bien ma faute si... Amen!» (_Essai sur la lecture_, pp. - 374-375.)--Cet article de SILVESTRE DE SACY a paru dans le _Journal - des Débats_ du 25 octobre 1853, et il fait partie des _Variétés - littéraires, morales et historiques_ de cet écrivain (Paris, - Didier-Perrin, 1884; 2 vol. in-12; 5e édit.: la 1re édit. est de - 1858), t. I, pp. 242-255. «L'article mémorable... chef-d'œuvre de M. - de Sacy, a été celui du mardi 25 octobre 1853, sur le _Catalogue de - la bibliothèque de feu J.-J. de Bure_.» (SAINTE-BEUVE, _Caus. du - lundi_, t. XIV, p. 191.) - - [88] Cf. le mot du sage Valincour (1653-1730), à qui Boileau a dédié - sa satire XI, sur _l'Honneur_. Ayant perdu sa bibliothèque, détruite - par un incendie, Trousset de Valincour répondait à ses amis qui le - plaignaient: «Je n'aurais guère profité de mes livres, si je n'avais - appris d'eux à m'en passer». (Cf. CHARLES NODIER, _Mélanges tirés - d'une petite bibliothèque_, Préface, p. III; et SAINTE-BEUVE, _Caus. - du Lundi_, t. XII, p. 465.) - - [89] CHEVILLIER, _Origine de l'imprimerie de Paris_, p. 60. - - [90] _Loc. cit._, pp. 158-159. - - [91] MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 162-163. - - [92] Dans son récit _la Nouvelle Ecbatane_, in _Bagatelles_, par le - Comité de la Société des Gens de Lettres, p. 302. (Paris, Dentu, - 1892.) - - [93] Cf. les journaux de février 1896, principalement _l'Événement_ du - 19, et _l'Éclair_ du 23 février. Cf. aussi la _Revue scientifique_ - du 4 février 1899, pp. 153-154, les _Papiers dangereux_ et leur - désinfection. Voici un extrait de ce dernier article: «Le _Bulletin - mensuel de l'Œuvre des enfants tuberculeux_ nous apprend que la - Caisse d'épargne de Bruxelles vient d'installer un service pour la - désinfection des livrets et autres papiers qui affluent dans - l'établissement. Tous les documents sont exposés maintenant pendant - quelques heures aux vapeurs de l'aldéhyde formique... Mais il est un - danger de contamination beaucoup plus grand encore, et dont le - public ne semble pas s'émouvoir: c'est celui que présentent les - livres des bibliothèques publiques ou des cabinets de lecture. Tel - roman populaire, tel bouquin à succès passe par mille ou quinze - cents paires de mains, avant d'être absolument trop crasseux ou trop - fripé pour être hors d'usage. Dans ce nombre de lecteurs, il y a des - convalescents, des malades, des tuberculeux. Or le papier est un - excellent véhicule à microbes, et un livre, passant de main en main, - peut apporter dans une famille un choix très complet de maladies - transmissibles, depuis la rougeole, la scarlatine et la variole, - jusqu'au choléra asiatique et la peste, en passant par le typhus, le - croup et la diphtérie, la coqueluche, la gale, le charbon, les - septicémies, les affections puerpérales et la tuberculose - pulmonaire. Il y a là des mesures à prendre d'urgence, et nous nous - étonnons que les services compétents n'y aient pas encore songé, - d'autant plus que le remède est d'application facile, comme le - prouve l'expérience de la Caisse d'épargne de Bruxelles.» Nous - reparlerons, dans le chapitre IX, de l'emploi de l'aldéhyde formique - (p. 325), et des risques de propagation de la tuberculose par les - livres (pp. 371-373). - - [94] Larcher, qui travaillait alors à sa traduction d'Hérodote, reçut - un jour un ouvrage des plus rares, et précieux pour ses études, que - Langlès venait d'acquérir et qu'il s'empressait de lui communiquer. - Se retournant vers le porteur du message et lui rendant le livre - avec humeur: «Remportez cet ouvrage, dit le docte bibliomane: - apprenez que je n'ai pas l'habitude de travailler avec «des livres - qui ne sont pas ma propriété». (MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 125-126.) - - [95] Cf. LALANNE, _loc. cit._, p. 286. - - [96] _Le Livre_, p. 264. - - [97] GUSTAVE BRUNET, _Fantaisies bibliogr._, p. 293, donne: _Ingratis - servare nephas_. - - [98] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879, col 402. - - [99] Cf. GUSTAVE BRUMET, _loc. cit._, pp. 271 et 296. De même, M. J. - Gomez de la Cortina, dont plusieurs volumes se trouvent à la - bibliothèque universitaire de Douai, faisait graver sur le plat de - ses livres, au-dessus de ses armoiries: _J. Gomez de la Cortina et - amicorum_, et au-dessous: _Fallitur hora legendo_. (Cf. JULES - COUSIN, _De l'organisation... des biblioth._, p. 160, n. 1.) Et - Jacques Denyau, bibliophile angevin: _Sum Jacobi Denyau et amicorum, - non omnium_. (_Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879, - col. 390.) - - [100] Cf. PEIGNOT, _Dictionn. raisonné de bibliol._, t. II, p. 361. - C'est en l'honneur de Michel Bégon et en souvenir du bon accueil - qu'avait reçu de lui le botaniste Plumier que celui-ci donna le nom - de _bégonia_ à un genre de plantes d'Amérique. - - [101] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879, col. 401. - - [102] Cf. GUSTAVE BRUNET, _Dictionn. de bibliol._, col. 519. - - [103] UZANNE, _Du prêt des livres_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I. - p. 37. - - [104] _Loc. cit._, p. 71. - - [105] FERTIAULT, _Drames et Cancans du livre_, p. 264. - - [106] _Du prêt des livres_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I, pp. - 35-40. - - [107] UZANNE, _loc. cit._, pp. 38-39. - - [108] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 août 1893, col. 127. - - [109] L'épithète est de M. OCTAVE UZANNE, _loc. cit._, p. 36. - - [110] Cf. UZANNE, _ibid._;--JULES RICHARD, _l'Art de former une - biblioth._, p. 41;--ÉDOUARD FOURNIER, _l'Esprit des autres_, p. 295 - (5e édit.);--_Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879, - col. 401;--etc. - - [111] Voir, entre autres, pour cette attribution à Condorcet: JULES - JANIN, _l'Amour des livres_, pp. 60-61;--ROUVEYRE, _Connaissances - nécessaires à un biblioph._, 3e édit., t. I, p. 92;--YVE-PLESSIS, - _Petit Essai de biblio-thérapeutique_, p. 20;--etc. Sur la paternité - de Colletet, voir l'_Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 et 25 - février 1878, col. 65 et 122. A part une épître _A un jeune Polonais - exilé en Sibérie_, Condorcet, qui s'est surtout occupé de science et - de politique, n'a jamais écrit de vers. - - [112] «Un volume une fois sorti de l'intérieur d'une bibliothèque est - exposé à toutes les chances, sinon de perte, du moins de dégradation - et d'avarie, de la part des maladroits, des négligents et des - malpropres; il ne rentre ordinairement qu'à la volonté de - l'emprunteur, qui le garde pendant des années et souvent même tout à - fait, parce que le principe que _garder un livre n'est pas un vol_ - est malheureusement adopté par beaucoup de personnes.» (CONSTANTIN, - _Bibliothéconomie_, p. 68.) - - [113] TALLEMANT DES RÉAUX, _Historiettes_, Du Moustier, t. III. p. - 139. (Paris, Techener, 1862. 6 vol. in-18.) - - [114] _Ap._ JULES JANIN, _loc. cit._, pp. 59-60. - - [115] _Loc. cit._, p. 61. - - [116] P. L. JACOB (Paul Lacroix), _Mélanges bibliogr._, p. 5. - - [117] _Mélanges d'histoire et de littérature_, _ap._ LALANNE, - _Curiosités bibliogr._, pp. 302-303. - - [118] Cf. JULES RICHARD, _l'Art de former une biblioth._, p. 30; etc. - - [119] Page 13. - - [120] Page 37. - - [121] _Catalogue de la librairie A. Lemerre_, 1899, pp. 20-21. - - [122] J. DARCHE, _Essai sur la lecture_, p. 15. Comme nous le verrons - plus loin (p. 106), un autre roi de France, Louis XII, usait de la - même hyperbole en parlant de l'imprimerie, d'origine «plus divine - qu'humaine», elle aussi. - - [123] Et cette fabrication ou plutôt ces essais de fabrication - multiples remontent assez loin, puisqu'«on voit au British Museum un - livre écrit en langue hollandaise et publié en 1772, imprimé sur 72 - sortes de papiers provenant d'autant de matières différentes». (CH. - LABOULAYE, _Dictionn. des arts et manufactures_, art. Papier.) - - [124] _Magasin pittoresque_, avril 1860, p. 135. - - [125] Cf. PAUL CHARPENTIER, _le Papier_ (t. X de l'_Encyclopédie - chimique_ publiée sous la direction de M. Fremy), _passim_;--DELON, - _Histoire d'un livre_, pp. 105 et suiv.;--MAIRE, _Manuel prat. du - biblioth._, pp. 371 et suiv.;--ÉMILE LECLERC, _Typographie_ (Manuels - Roret), pp. 542 et suiv.;--LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Papier, - t. XII et 2e supplément;--CH. LABOULAYE, _loc. cit._;--etc.; et - _passim_, _le Magasin pittoresque_, _la Nature_, la _Revue des - bibliothèques_, la _Revue biblio-iconographique_, etc.--«La science - a découvert de belles et grandes choses, et elle en a inventé aussi - de bien jolies; entre autres, la fabrication rapide du papier à très - bon marché. Elle l'extrait aujourd'hui du bois et de la paille; - demain, elle le tirera de la houille; elle trouvera bientôt un moyen - de le façonner avec la terre où pourriront nos corps. C'est sur - cette ordure qu'on vous imprime, et voilà une fameuse leçon pour - l'orgueil de nos constructeurs de monuments! Ces feuilles faites - avec rien se décomposent en quelques années, se tachent, s'usent, se - déchirent, redeviennent poussière et cendre et rentrent avec avidité - dans le néant dont elles n'auraient jamais dû sortir.» (PAUL - STAPFER, _Quatre Consolations aux auteurs_, in _Bibliothèque - universelle_. Lausanne, janvier 1901, p. 111.) Cf. aussi VOLTAIRE, - _la Guerre civile de Genève_, poème héroïque, chant IV: - - Tout ce fatras fut du chanvre en son temps; - Linge il devint par l'art des tisserands, - Puis en lambeaux des pilons le pressèrent; - Il fut papier: cent cerveaux à l'envers - De visions à l'envi le chargèrent; - Puis on le brûle, il vole dans les airs, - Il est fumée, aussi bien que la gloire. - De nos travaux, voilà quelle est l'histoire; - Tout est fumée, et tout nous fait sentir - Ce grand néant qui doit nous engloutir. - - [126] En termes d'imprimerie, on appelle aussi _maculatures_ (du lat. - _maculare_, tacher) les feuilles de papier qui ont reçu un excédent - d'encre et qu'on a mises au rebut pour servir de sous-main ou - d'enveloppe.--LAROUSSE (_Grand Dictionn._, art. Papier, 2e - supplément, p. 1671) dit qu'en Angleterre et en Amérique on - recueille les vieux papiers «beaucoup plus soigneusement qu'en - France», et qu'après un lessivage au sel de soude et autres - opérations, on en fabrique un papier «d'excellente qualité». - - [127] BOUANT, _Dictionn. des sciences usuelles_, art. Papier. - - [128] LECLERC, _loc. cit._, p. 546. Voir aussi _la Nature_, 27 mars - 1897, p. 270: «Dans un volume de l'«Encyclopédie Léauté», _les - Succédanés du papier_, M. V. Urbain, répétiteur à l'École centrale, - montre avec quelle intensité on défriche pour se procurer la pâte à - papier. «Pendant le cours de l'année 1895, dit-il, on a constaté que - la France et l'Angleterre avaient manufacturé plus de 400 000 tonnes - de pâte chimique, avec des bois importés de Suède et de Norvège. Ce - chiffre doit attirer l'attention des économistes, car il représente - le rendement en cellulose de pins ou de sapins, âgés de trente ans - au moins. Un pin de trente-cinq à quarante ans de belle venue ne - cube pas plus de 1 mètre cube. Lorsqu'il aura été ébranché, écorcé, - etc., il ne pourra donc former plus de 150 kilogrammes de pâte - mécanique, propre à la papeterie. Il en résulte qu'un journal à - grand tirage absorbe, à lui tout seul, une centaine d'arbres par - numéro, en attribuant à son papier moitié de pâte de bois chimique - et moitié de pâte de bois mécanique. Dans un demi-siècle, si l'on - n'y prenait garde, toutes les forêts d'Europe seraient fauchées et - imprimées à fond; le bocage serait sans aucun mystère et les - rossignols de muraille seraient le dernier souvenir de leur poétique - espèce. Au point de vue statistique, la consommation du papier, dans - le monde entier, a atteint, en 1895, 1 500 000 000 de kilogrammes. - Le chiffon est devenu une rareté, et il faut recourir à la paille, à - l'alfa, à l'aloès et à l'ortie.» - - Un article de _l'Illustration_, analysé dans le _Mémorial de la - librairie française_ (22 novembre 1900, p. 622), prétend, au - contraire, que cette disparition des forêts et leur transformation - totale en papier n'est nullement à redouter. «Les forêts du Canada, - lit-on dans cet article, sont avec celles de la Sibérie les plus - vastes du monde. On les trouve partout, du Pacifique à l'Atlantique, - et, se renouvelant tous les vingt ans, elles sont pour ainsi dire - inépuisables. Une des régions de la province de Québec peut, à elle - seule, fournir plus de 500 000 tonnes de papier par an et cela - pendant un temps indéfini.» - - C'est être vraiment trop optimiste, et l'opinion précédente nous - semble plus juste. D'abord il faut plus de vingt ans à une forêt - pour se renouveler et se reconstituer; ensuite la bouteille - inépuisable est tout aussi chimérique que le mouvement perpétuel. - - [129] «... Les feuillets sortis de leurs presses (des anciens - imprimeurs) se montrent tout brillants de jeunesse, à côté de nos - impressions ternes, à demi éclipsées sur les pages jaunies de nos - livres nés d'hier.» (MOURAVIT, _le Livre_, p. 191.) - - [130] Cf. A.-F. DIDOT, _l'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à - l'Exposit. univers. de 1851_, p. 86. - - [131] Cf. P. CHARPENTIER, _loc. cit._, _passim_;--HENRI BOUCHOT, _le - Livre_, chap. VII, pp. 253 et suiv.;--DELON, _loc. cit._, pp. 106 et - suiv.;--etc. - - [132] _Frisquette_ est aussi un terme d'imprimerie désignant le - châssis qui, au moment du tirage, s'applique sur les marges du - papier pour les maintenir d'aplomb et les empêcher de se maculer. - - [133] Le mot «_flotre_ est une altération de _feutre_». (LITTRÉ, - _Dictionn._, art. Flotre.) - - [134] LALANNE, _loc. cit._, p. 108. - - [135] Cf. P. CHARPENTIER, _loc. cit._, _passim_;--LECLERC, _loc. - cit._, pp. 544 et suiv.;--DELON, _loc. cit._, pp. 114 et - suiv.;--RENEL, _la Fabrication actuelle du papier_, in _la Nature_, - 18 janvier et 15 février 1890, pp. 99-103 et 167-170;--V. MORTET, - _le Papier_, et _le Papier au moyen âge_, in _Revue des - bibliothèques_, 1891, pp. 195-207, et 1892, pp. 349-350;--etc. - - [136] BOUILLET, _Dictionn. universel des sciences..._ Nouvelle édit., - refondue sous la direction de MM. J. Tannery et É. Faguet, art. - Papier. - - [137] Cf. RENEL, _loc. cit._, in _la Nature_, 18 janvier 1890, p. 102. - Voir aussi P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 112. - - [138] On fait souvent de papier _brouillard_ le synonyme absolu de - papier _buvard_ (cf. LITTRÉ, HATZFELD, LAROUSSE, _Dictionn._). On - désigne cependant plus particulièrement sous le nom de papier - _brouillard_ un papier non collé mais calandré, d'ordinaire plus - mince et plus léger que le papier _buvard_ habituel, et d'ordinaire - aussi de couleur brune, jaunâtre ou grise, qui s'emploie en - pharmacie et thérapeutique (pansements), et sert en outre tout - spécialement à confectionner les papillotes. Une sorte de papier - buvard et de papier à filtrer a reçu, en raison de sa couleur, le - nom de _papier gris_. - - [139] P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 173. - - [140] Glacé après l'opération dont il va être question, après le - _couchage_. - - [141] Voir sur le _papier couché_ le _Mémorial de la librairie - française_, 26 juillet 1900, p. 420. - - [142] Nº du 3 juin 1899, p. 696. - - [143] Pas toujours: voyez les elzeviers. (A. C.) - - [144] Cf. _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 décembre 1898, col. - 808-809. - - [145] _La Nature_, 13 décembre 1890, p. 30. - - [146] «Les reflets verts étant facilement supportés par les yeux, on - conseille aux hommes d'étude de les préférer à tout autre (tentures, - rideaux, abat-jour verts), par suite emploi du papier vert pour - écrire, comme a l'habitude de le faire l'un de nos écrivains les - plus féconds, M. Claretie, de l'Académie française. Ce papier a - cependant un inconvénient, c'est de faire paraître l'écriture - rougeâtre et peu distincte quand on a à se relire. Les papiers - _jaunes_ font admirablement ressortir l'écriture et ont des reflets - plus doux que ceux du papier blanc. Plusieurs mathématiciens, - notamment l'amiral Jonquière, font usage de papier jaune, lorsqu'ils - ont à effectuer des calculs longs et compliqués. Les autres - couleurs: bleu, rouge, violet, ne donnent pas de bons résultats.» - (_La Nature_, 13 décembre 1890. p. 30.) - - [147] Ces chiffres ne sont pas toujours rigoureusement fixes, et - présentent parfois, dans la réalité, de légères différences en plus - ou en moins, comme on peut s'en convaincre en consultant: P. - CHARPENTIER, _loc. cit._, pp. 259-260;--DESORMES, _Notions de - typogr._, p. 499;--LECLERC, _loc. cit._, p. 286;--MUNIER, _Nouveau - guide illustré de l'imprimerie..._, p. 10;--MAIRE, _loc. cit._, p. - 375, où se trouve un «Tableau des dimensions et des poids des - papiers de France établis avant le système décimal en pouces et en - lignes»;--etc. M. Manquest, de la maison Darblay, a bien voulu me - fournir aussi d'utiles renseignements sur les dimensions et les - modes d'emploi des papiers. J'ai eu recours également, pour tout ce - qui touche le _papier_, le _format_ et l'_impression_, à la - compétence de M. Lebreton, chef du service des impressions de la - librairie Flammarion.--Pour exprimer les dimensions des papiers, il - est d'usage de mentionner le plus petit nombre le premier; ex.: - Raisin = 0,50 × 0,65 (et non 0,65 × 0,50). - - [148] On a conservé l'habitude d'écrire _Whatman_ avec une majuscule. - - [149] Un autre papier, employé spécialement pour le dessin, est le - papier _Canson_: c'est un beau papier fort et lisse, qui se fabrique - à Annonay. - - [150] Et aussi à sa légèreté. (A. C.) - - [151] _Le Livre du bibliophile_, pp. 32-33. (Paris, Lemerre, 1874.) - - [152] Sur la fabrication du papier du Japon, voir CH. LABOULAYE, - _Dictionn. des arts et manufactures_, art. Papier;--_le Magasin - pittor._, avril 1877, pp. 114 et 122;--_la Nature_, 5 octobre 1889, - p. 291;--P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 249;--MAIRE, _loc. cit._, - p. 373. - - [153] Sur le parchemin ordinaire et proprement dit, voir _infra_, - chap. V, p. 131. - - [154] LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Papier, t. XII, p. 150, col. - 3.--Ajoutons qu'on se sert actuellement en Angleterre d'un papier - également très mince, analogue au papier pelure, mais suffisamment - opaque pour supporter l'impression. Il est connu sous le nom de - _papier indien_, et sort de la papeterie de l'Université d'Oxford (à - Wolvercote, près d'Oxford). Par son peu d'épaisseur, son extrême - ténuité, ce papier convient particulièrement aux livres dont on a - besoin de réduire le plus possible la masse et le poids (volumes - contenant un très grand nombre de pages et qu'on ne peut scinder; - dictionnaires de poche, guides de voyage, aide-mémoire, vade-mecum, - etc.). Le papier indien d'Oxford, qu'on cherche en ce moment à - propager en France, est malheureusement d'un prix assez élevé. - - [155] LECLERC, _loc. cit._, p. 551. - - [156] P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 307. - - [157] ID., _ibid._ - - [158] ID., _loc. cit._, p. 308. - - [159] Numéro du 12 juillet 1900, p. 398. Voir aussi numéro du 29 - novembre 1900, p. 633. - - [160] In _la Nature_, 29 décembre 1894, p. 74. - - [161] C'est à peu près ce qu'a dit l'éminent administrateur de notre - Bibliothèque nationale, M. LÉOPOLD DELISLE, dans son discours - d'ouverture du Congrès international des Bibliothécaires, tenu à - Paris en 1900: «C'est par milliers qu'il faut compter les volumes - modernes que la mauvaise qualité du papier a voués fatalement à une - mise hors d'usage dans un avenir plus ou moins rapproché.» - (_Courrier des bibliothèques_, 28 février 1901, p. 52.) - - [162] _Revue biblio-iconographique_, in _Intermédiaire des cherch. et - cur._, 15 février 1900, col. 275-278. On a proposé aussi, dans une - intention analogue, de demander aux ministères et établissements - publics de ne comprendre sur leurs listes d'achat que les ouvrages - tirés sur bon papier et convenablement édités. - - [163] _Cosmos_, Revue des sciences et de leurs applications, 15 - septembre 1900, p. 320; et _Revue biblio-iconographique_, avril - 1901, pp. 206-207.--Le _Mémorial de la librairie française_, 29 août - 1901, p. 492, indique le procédé suivant pour distinguer du papier - confectionné à la machine le papier fabriqué à la main: «Découper - des rondelles de six à huit centimètres dans le papier à essayer et - faire ensuite flotter ces rondelles sur l'eau d'une cuvette: le - papier à la machine s'enroulera de deux côtés dans la direction du - centre de la rondelle, tandis que les rondelles du papier à la main - se relèveront en forme de bords d'assiette.» - - [164] LITTRÉ, _Dictionn._, art. Format. - - [165] _Dictionn._, art. Tome. - - [166] Cf. L. DELISLE, _Instructions élémentaires et techniques pour la - mise et le maintien en ordre des livres d'une bibliothèque_, p. 14. - - [167] L. DELISLE, _loc. cit._, p. 14, n. 1. - - [168] _Loc. cit._, p. 297. - - [169] Voir sur ce mot _infra_, pp. 107-109 - - [170] Cf. _Catalogue de la librairie Hachette_, Littérature générale, - février 1901, p. 41: «_Histoire de la littérature française..._, 5e - édition... (_Vingt-cinquième mille_)..., par M. G. Lanson...» - - [171] Bien que nous ne nous occupions pas des livres rares et des - curiosités de bibliophiles, quelques renseignements sommaires sur - les incunables ne paraîtront sans doute pas ici superflus. - - On appelle _incunables_ (du latin _incunabulum_, berceau), ou - encore, mais plus rarement, _paléotypes_ (παλαιός, ancien, et τύπος, - modèle, type), les livres imprimés depuis l'origine de l'imprimerie - (1450 environ) jusqu'en l'an 1500 inclusivement. - - Les incunables ont pour caractères distinctifs: - - 1º L'épaisseur, l'inégalité et la teinte jaunâtre du papier. - - 2º L'irrégularité et la grossièreté des caractères typographiques, - très frappantes notamment dans les types romains sortis des presses - italiennes; mais ces défauts ne subsistèrent pas longtemps et les - caractères acquirent bientôt un degré de perfection qui n'a pas été - surpassé. - - 3º L'absence de signes de ponctuation. - - 4º L'absence de _signatures_, de _réclames_ (voir _infra_, pp. 70 et - 78-79, la signification de ces mots), de pagination, et, dans les - plus anciens incunables, de _registre_, c'est-à-dire de la table - indicatrice des cahiers composant l'ouvrage: ces cahiers étaient - indiqués par les premiers mots de leur première page. - - 5º L'absence de titre séparé ou frontispice (Frontispice: «Titre - orné de figures gravées ou imprimées»). [LITTRÉ.] (Voir _infra_, pp. - 115-116.): le titre, ou plutôt le sujet du livre, se trouvait énoncé - au début du texte, dans ce qu'on nomme la _suscription_ ou - l'_incipit_; c'est par ce dernier mot, ou par son équivalent: _Cy - commence..._ que commençait le plus souvent le texte. - - 6º L'absence du nom de l'imprimeur, du lieu et de la date de - l'impression: ces indications ne tardèrent pas à figurer à la - dernière page des volumes dans un paragraphe final appelé - _souscription_ ou _explicit_ (qui signifie finit, se termine, est - déroulé; sous-entendu le mot volume, et par allusion aux anciens - manuscrits, qui avaient la forme de rouleaux: c'est par ce mot - _explicit_ ou _Cy finist..._ que ce dernier paragraphe commençait - d'ordinaire), opposé à _suscription_ et à _incipit_; la souscription - porte aussi les noms d'_adresse_ et de _colophon_ (κολοφών, - achèvement). M. BOUCHOT (_le Livre_, pp. 33, 36, 56, 103) et après - lui M. ROUVEYRE (_Connaissances nécessaires à un biblioph._, 5e - édit., t. II, p. 204) emploient aussi dans ce sens le mot - _signature_, qui, en bibliographie, désigne spécialement les lettres - ou chiffres placés en pied de la première page de chaque feuille, et - peut, par conséquent, prêter ainsi à confusion. - - 7º La quantité d'abréviations: un _z_ pour la conjonction _et_; une - sorte de 3 ou de 9 pour la particule latine _cum_ ou la particule - française _con_, et pour la finale de certains mots: _neqʒ_, - _neque_; _quibʒ_, _quibus_; _no9_, nous; _vo9_, vous; etc.; le _q_ - avec la partie inférieure traversée par un trait en forme de croix - pour signifier _quam_ ou _quod_; la fréquente suppression de - certaines lettres: _bōs_ pour bons, _presēt_ ou même _pr̅s̅t_ pour - présent, _leq̄l_ pour lequel, _Dn̄s_ pour _Dominus_, etc. Ces modes - d'abréviation provenaient des manuscrits, où ils étaient en nombre - bien plus considérable encore. Une partie des syllabes, parfois - toutes les lettres d'un mot, sauf la première, étaient supprimées. - Ainsi, dans un manuscrit connu sous le nom de _Virgile d'Asper_, - qu'on date du XIe siècle et actuellement à la Bibliothèque - nationale, le texte est écrit de telle sorte qu'il faut, pour le - lire, le connaître par cœur. Le premier vers des _Bucoliques_ y est - représenté sous cette forme: - - Tityre, t. p. r. s. t. f. - - pour: - - Tityre, tu patulæ recubans sub tegmine fagi. - - Ces abréviations, où une ou deux lettres initiales servent à - exprimer un mot entier, portent le nom de _sigles_ (de _siglæ_, - contracté de _singulæ_: _singulæ litteræ_. Les sigles étaient très - fréquemment usités non seulement dans les manuscrits, mais dans les - inscriptions lapidaires, sur les médailles, etc. Quant aux _notes - tironiennes_, ce sont aussi de simples lettres, initiales ou - médianes, employées pour figurer des mots entiers et abréger - l'écriture. Ce nom vient de Tullius Tiro, affranchi de Cicéron, qui - perfectionna ce système de sténographie. (Cf. LALANNE, _Curiosités - bibliogr._, pp. 46 et suiv.). - - 8º La rareté des alinéas et des chapitres. - - 9º L'absence de lettres capitales au commencement des chapitres ou - divisions: dans les premiers temps, les imprimeurs laissaient en - blanc la place de ces grandes lettres, qui étaient mises à la main - par des calligraphes et _rubricateurs_ (_rubricare, rubrum facere_ - [Ducange], peindre en rouge; de _rubrica_, rubrique, sanguine, craie - rouge, etc.). - - 10º Des traits obliques au lieu de points sur les _i_.--Etc. - - Les anciens imprimeurs avaient tous des _marques_ typographiques, - allégoriques le plus souvent, dont ils ornaient les titres et - frontispices de leurs livres. Beaucoup d'éditeurs d'aujourd'hui ont - des marques analogues, monogrammes ou vignettes, qu'ils placent - au-dessus de leur _firme_ (de l'angl. _firm_ [du bas-latin _firma_, - convention], maison de commerce, raison sociale. - DAUPELEY-GOUVERNEUR, in _le Compositeur et le Correcteur - typographes_, p. 180, écrit à tort «le firme»; ce mot est du - féminin: cf. LITTRÉ, _Dictionn._, Supplément), c'est-à-dire du nom - et de l'adresse de leur maison. - - Il n'est pas inutile non plus de connaître les principales de ces - marques des anciens imprimeurs: - - Les Alde Manuce avaient pour marque une _Ancre_, autour de laquelle - était enroulé un dauphin; - - Les Elzevier, un _Arbre_ ou une _Minerve_; - - Rigault avait pour emblème un _Arrosoir_; - - Wechel, un _Caducée_; - - Nicolas Chesneau, un _Chêne_; - - Nivel et Cramoisy, une _Cigogne_; - - Les Plantin, un _Compas_; - - Lean Lecoq, un _Coq_; - - Etienne Dolet, une _Doloire_ (sorte de hachette); - - Antoine Vérard, un _Écusson_ fleurdelisé supporté par deux anges; - - Simon de Colines, des _Lapins_; - - Simon Vostre, deux _Léopards_ à tête de lévrier; - - Jehan Ghèle, des _Lévriers_; - - Thielman Kerver, deux _Licornes_; - - Galiot du Pré, une _Galée_ ou _Galère_; - - Les Gryphe, un _Griffon_; - - Philippe Le Noir, trois _Nègres_; - - Robert Estienne, un _Olivier_; - - Guiot Marchant, une _Portée de plain-chant_ et _deux Mains - entrelacées_; - - Geoffroy Tory, un _Pot cassé_; - - Vascosan, une _Presse typographique_; - - Gilles Corrozet, une _Rose dans un Cœur_; - - Philippe Pigouchet, deux _Sauvages_ (homme et femme); - - Ulrich Gering, un _Soleil_; - - Jehan Temporal, le _Temps_ armé de sa faux; - - Etc., etc. - - (Cf. SILVESTRE, _Marques typographiques..._;--P. DELALAIN, - _Inventaire des marques d'imprimeurs et de libraires_;--BRUNET, - _Manuel du libr._, principalement t. V, col. 1569 et suiv.;--A.-F. - DIDOT, _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI, col. 736 et - suiv.;--E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI, - pp. 598 et suiv.;--etc. Voir surtout le grand ouvrage de Mlle - PELLECHET, «chef-d'œuvre de la nouvelle école bibliographique», a - dit M. L. DELISLE (_Catalogue général des livr. imprim. de la - Biblioth. nation._, Introduction, t. I, p. LXXVI), _Catalogue - général des incunables des bibliothèques de France_, dont le tome I - a paru chez A. Picard en 1897. - - [172] On appelle _feuillet_ «chaque partie d'une feuille de papier - formant deux pages», recto et verso (Littré). La feuille, par - conséquent et comme on va le voir, donne toujours un nombre de pages - double du chiffre indicatif du format. - - [173] Voir sur ces termes _supra_, p. 44. - - [174] «Lorsque _in-4_, _in-8_, _in-12_, etc., sont abrégés, on ne les - fait pas suivre d'un º supérieur.» (_Règles typographiques..._ - _Hachette_, p. 51.) «L'usage moderne, que nous adoptons, préfère - supprimer l'º dans _in-4_ et _in-8_.» (DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. - cit._, p. 101.) Voir aussi LECLERC, _Typographie_, p. 162. - - [175] L'in-24 est un format «assez incertain et qu'on peut confondre - avec l'in-32. Pour le déterminer sûrement, il faut voir si la - _signature_ se trouve à la page 49 ou à la page 65.» (J. COUSIN, - _loc. cit._, p. 97.) Si elle se trouve à la page 49 (48 + 1), le - format est in-24; à la page 65 (64 + 1), il est in-32. - - [176] Cela est si vrai que, depuis quelque temps, de fortes maisons - d'édition, la maison Hachette, entre autres, ont imaginé d'employer, - pour les ouvrages qu'elles font tirer à très grand nombre, des - papiers d'un format particulier et de vastes dimensions, dit format - _drap de lit_, dont chaque feuille peut contenir, par exemple, 96 - pages in-8 cavalier. Grâce à une _imposition_ spéciale (c'est-à-dire - au rangement dans la forme ou châssis des pages composées et prêtes - à être tirées, rangement effectué dans un ordre particulier, de - façon qu'après l'impression et le pliage ces pages se suivent selon - leurs numéros d'ordre), on n'a ensuite qu'à sectionner ces grandes - feuilles _drap de lit_ et à procéder au pliage: on obtient pour - chacune d'elles six feuilles in-8 (96 pages = 16[ = 8 × 2] × 6), - portant toutes leur respective _signature_ et paraissant avoir - toujours été séparées, indépendantes les unes des autres. - - [177] C'est ce que demande M. Édouard Rouveyre (voir _infra_, p. 85), - et ce qui se fait sur les fiches dressées selon les règles de la - classification décimale (voir chap. VIII, _De la classification_, p. - 313). - - [178] _Barêmes ou Devis de travaux de reliure_, Annexe: Tableau des - formats en usage dans la librairie française.--Ce tableau, où sont - tracées les dimensions de la plupart des formats, offre un bon moyen - de déterminer immédiatement le format d'un livre; il suffit - d'appliquer les bords de ce livre sur les lignes délimitatrices du - format qui s'y rapporte: le nom et les dimensions sont inscrits sous - l'une de ces lignes. Je dois prévenir néanmoins que les chiffres - donnés par M. Bosquet ne sont pas toujours théoriquement exacts. - - [179] Les chiffres de ce tableau sont obtenus de la manière suivante, - qui est des plus simples. Il suffit de diviser les dimensions de la - feuille de papier (dimensions qui sont inscrites respectivement en - tête de chaque colonne) par le nombre des plis de cette feuille dans - le format que l'on veut déterminer. Ainsi la feuille colombier ayant - pour dimensions 0,63 × 0,90, et la feuille in-folio étant pliée en 2 - une seule fois, pour connaître la dimension du format _in-folio - colombier_, on divisera par 2 le nombre 0,90, et l'on aura: 0,63 × - 0,45, ou, puisque, comme nous l'avons dit p. 52, il est de règle de - placer le plus petit nombre le premier: 0,45 × 0,63. La feuille in-4 - étant pliée en 2 d'un côté et en 2 de l'autre (4 = 2 × 2), le format - _in-4 colombier_ sera de (0,63 ÷ 2 et 0,90 ÷ 2) 0,315 × 0,45. La - feuille in-8 étant pliée en 4 d'un côté et en 2 de l'autre (8 = 4 × - 2), le format _in-8 colombier_ sera de (0,90 ÷ 4 et 0,63 ÷ 2) 0,225 - × 0,315. La feuille in-12 étant pliée en 4 d'un côté et en 3 de - l'autre (12 = 4 × 3), le format _in-12 colombier_ sera de (0,63 ÷ 4 - et 0,90 ÷ 3) 0,158 × 0,30. Si, par hypothèse, cette feuille in-12 - était pliée en 6 d'un côté et en 2 de l'autre, on calculerait de - même ces nouvelles dimensions. La feuille in-18 étant pliée en 6 - d'un côté et en 3 de l'autre (18 = 6 × 3), on aura pour le format - _in-18 jésus_ (0,70 ÷ 6 et 0,55 ÷ 3) 0,117 × 0,183; etc. Pour tout - ce qui touche les différents modes de pliage des feuilles et le - nombre de ces modes, ou, ce qui revient au même, les différentes - dispositions des pages dans les châssis selon les formats, - c'est-à-dire l'_imposition_, voir TH. LEFEVRE, _Guide pratique du - Compositeur_, t. I, pp. 299-418, où se trouvent de nombreux tableaux - graphiques d'impositions. Voir aussi DARUTY DE GRANDPRÉ, _Vade-mecum - du biblioth... Instruction raisonnée sur le format des livres_, pp. - 27-64.--Nous rappelons ce que nous avons dit p. 53 (Tableau des - papiers) que le format actuel de la couronne servant aux _labeurs_ - (impressions de livres) est un peu plus grand (0,37 × 0,47) que - celui de la couronne destinée aux cahiers et registres (0,36 × - 0,46). - - [180] Cf. LECLERC, _loc. cit._, p. 327. - - [181] Au début de l'imprimerie, l'_imposition_ était des plus simples, - ou plutôt elle n'existait pas et ne pouvait exister, puisque, par - suite des petites dimensions des presses, on ne pouvait tirer à la - fois que deux pages in-folio. Les imprimeurs suivaient donc - l'exemple des copistes; ils pliaient en deux un certain nombre de - feuilles, 1, 2, 3, par exemple; la feuille 1 était formée des deux - premières pages et des deux dernières (1, 2, 11 et 12); la feuille - 2, composée des pages 3, 4, 9 et 10, entrait dans la feuille 1; et - la feuille 3, comprenant les pages 5, 6, 7 et 8, entrait dans la - feuille 2. Ce premier cahier portait pour signature, au bas, à - droite, la lettre A; les cahiers suivants recevaient respectivement - pour signatures les lettres B, C, D... En outre, afin d'éviter les - confusions et de faciliter le placement des feuilles, les pages - étaient, de deux en deux, marquées d'un numéro d'ordre en chiffres - romains, placé à côté de la signature. Ainsi la 1re page du premier - cahier portait Aj; la 3e page Aij; la 5e Aiij; la 7e Aiv. On avait - de même pour le deuxième cahier: Bj, Bij, Biij, Biv, etc. Au lieu de - chiffres romains, on a employé aussi les chiffres arabes: A, A2, A3, - A4, etc. (Cf. LECLERC, _loc. cit._, p. 285; et DARUTY DE GRANDPRÉ, - _loc. cit._, p. 25, n. 1.) - - [182] Certains _cartons_ ou _encarts_, plus longs que larges, «formant - une bande relativement étroite», portent le nom de _feuilletons_. - (DARUTY DE GRANDPRÉ, _loc. cit._, p. 20.) On donne encore le nom de - _cartons_ à des feuillets supplémentaires d'impression qu'on est - quelquefois obligé de faire, pour remplacer des pages d'un livre qui - contiennent soit des erreurs qu'on veut réparer, soit des passages - qu'on désire supprimer. Ces feuillets supplémentaires une fois tirés - sont cousus ou collés à la place des pages enlevées. Un carton se - compose toujours de quatre pages qui se tiennent. Mais on peut - n'avoir besoin d'apporter des modifications que dans une seule page, - de ne changer qu'une ligne ou qu'un mot: cette page réimprimée (et - qui forme un feuillet naturellement, puisqu'elle comprend un recto - et un verso), destinée à remplacer la page primitive, s'appelle - _onglet_ (LECLERC, _loc. cit._, p. 110), du nom de la mince bande de - papier cousue dans le volume et sur laquelle on la colle (cf. - _infra_, chap. V, _De la reliure_, p. 151). Enfin on donne aussi le - nom de _cartons_ aux cartes de détail placées dans les angles d'une - grande carte géographique. - - [183] Pour plus de développements, voir TH. LEFEVRE, _loc. cit._, t. - I, p. 433, et chap. IX, Plan des impositions, pp. - 299-418;--DESORMES, _loc. cit._, pp. 45 et suiv.;--LECLERC, _loc, - cit._, pp. 215 et suiv., et 329 et suiv.;--et DARUTY DE GRANDPRÉ, - _loc. cit._, pp. 27-64. Rien que pour le format in-18, Lefevre - indique treize modes différents d'imposition; Leclerc en donne sept: - 1º en 1 cahier sans coupure; 2º en 1 cahier avec coupure en - longueur; 3º en 1 cahier avec coupure en largeur; 4º en 2 cahiers, - chacun sans coupure; 5º en 2 cahiers avec coupure et carton dedans; - 6º en 3 cahiers, chacun sans coupure; 7º en 3 cahiers avec coupure - et carton dedans. - - [184] On remarquera que les lettres J et U, qui anciennement se - confondaient avec l'I et le V, ne figurent pas parmi les signatures. - - [185] Page 197. - - [186] _Instruction générale relat. au service des biblioth. - universitaires ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 433. - - [187] ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 5e édit., - t. II, p. 52. - - [188] Voir _infra_, chap. VIII, p. 313. - - [189] «Au début de l'imprimerie, les formats employés étaient - généralement l'in-folio et l'in-quarto, et certains auteurs ont - supposé qu'aucun livre, avant 1480, n'avait été imprimé sous un - format plus petit.» (Trad. de l'_Encyclop. Britannica_, t. III, p. - 652, col. 1.) Néanmoins, PEIGNOT, dans son _Dictionnaire raisonné de - bibliologie_, art. Format, mentionne des éditions des plus petits - formats antérieures à 1480; mais on peut considérer ces «petits - livres» comme des exceptions. - - [190] Cf. LALANNE, _Curiosités bibliogr._, p. 293. - - [191] ID., _Ibid._ - - [192] BOUCHOT, _le Livre_, p. 110. - - [193] Cf. BOUCHOT, _ibid._;--LECLERC, _loc. cit._, p. 289. En 1513, le - pape Léon X accorda à Alde Manuce un privilège analogue d'une durée - de quinze ans, «... sous les peines d'excommunication et d'amende de - cinq cents ducats d'or envers les contrefacteurs». (CRAPELET, - _Études prat. et litt. sur la typographie_, t. I, pp. 65-66.) - - [194] _Loc. cit._, p. 170. - - [195] LALANNE, _loc. cit._, p. 293. - - [196] Tome II, p. 130. - - [197] _Loc. cit._, t. II, p. 421. - - [198] Constantin est moins exclusif. «Celui, écrit-il, qui veut se - former une bibliothèque de quelques centaines de volumes seulement, - fera bien de les prendre tous du même format. Une pareille - collection d'une reliure de bon goût, et renfermée dans un corps de - bibliothèque élégant, fait un très joli objet d'ameublement, et est - d'un usage commode. Il n'est pas difficile de trouver dans la - librairie un bon choix d'ouvrages de 300 à 800 volumes imprimés - d'une manière uniforme, in-8, in-12 ou in-18.» (_Bibliothéconomie_, - p. 48.) - - [199] _Loc. cit._, p. 294. - - [200] Cf. WERDET, _De la librairie française_, p. 177. - - [201] Voir sur ces termes _infra_, p. 107. - - [202] Nous rappelons ce que nous avons dit p. 76, que nous entendons - toujours par in-18 l'in-18 jésus (0,117 × 0,183), et par in-8 l'in-8 - cavalier (0,155 × 0,23). - - [203] Cf. BOLLIOUD-MERMET, _De la bibliomanie_, pp. 48-49 (Paris, - Jouaust, s. d.). Cette référence est indiquée par Mouravit, mais il - est à noter que le texte de l'opuscule de Bollioud-Mermet, en cet - endroit ou ailleurs, ne se rapproche que bien vaguement de la - remarque de Mouravit sur le choix et la convenance des formats. - - [204] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 197. - - [205] Cf. _supra_, pp. 87 et suiv., les appréciations que nous avons - citées à propos de l'in-8, et les motifs qui nous font préférer - l'in-18. - - [206] LECLERC, _loc. cit._, p. 288.--Nous avons déjà noté plus haut - (p. 76) que certains in-12, in-16 et in-18 ont les mêmes dimensions, - et peuvent être considérés comme «synonymes». Inutile de faire - observer que, dans les deux citations précédentes de Mouravit et de - M. Leclerc, les formats mentionnés manquent de précision, qu'il eût - été bon de dire de quel in-4, de quel in-8, in-12, in-16, etc., il - s'agit, puisqu'un in-4 peut être plus petit qu'un in-8 (in-4 écu < - in-8 colombier), un in-8 plus petit qu'un in-12, etc. (voir _supra_, - p. 76 et le tableau de la page 77). Mais, encore une fois, l'usage - est fréquent de désigner les formats par le nombre seul des plis de - la feuille, sans faire connaître les dimensions de cette feuille, la - _sorte_ de papier employée: jésus, raisin, colombier, etc., et de ne - donner ainsi de ces formats qu'une idée approximative. - - [207] L'invention du point typographique est due à Pierre-Simon - Fournier, _alias_ Fournier le Jeune (vers 1737); mais la mesure - initiale dont s'était servi cet imprimeur et graveur était - conventionnelle, partant sujette à discussions et à erreurs (cf. - LECLERC, _Typographie_, pp. 40 et 42). Le «point Fournier» fut - modifié en 1753 par F.-Ambroise Didot, qui prit pour base la mesure - légale d'alors, le _pied de roi_, dont il divisa la ligne en six - parties égales, en six points. Un caractère d'imprimerie ayant - exactement pour longueur ces six points se nomme le _six_; s'il a un - point de plus, c'est-à-dire sept points, le _sept_; huit points, le - _huit_; etc. (Cf. A.-F. DIDOT, _Encyclop. moderne_, art. - Typographie, t. XXVI, col. 846.)--C'est Fournier le Jeune qui a dit - que «la théorie d'un art si utile (l'imprimerie) ne devrait être - ignorée d'aucun de ceux à qui l'usage des livres est familier», et - qu'«il serait à souhaiter que tout homme de lettres fût en état de - juger sainement de la mécanique de ses productions.» (_Manuel - typographique_, t. I. p. IX.) - - [208] LECLERC, _loc. cit._, p. 48. - - [209] ID., _ibid._, p. 46. - - [210] Cf. THÉOTISTE LEFEVRE, _Guide pratique du compositeur - d'imprimerie_, t. I, p. 425;--DAUPELEY-GOUVERNEUR, _le Compositeur - et le Correcteur typographes_, p. 5;--E. DESORMES, _Notions de - typographie_, p. 500;--LECLERC, _loc. cit._, pp. 41-42. Les listes - de concordance des anciens noms avec les nombres de points données - par ces ouvrages offrent de fréquentes divergences. - - [211] Le texte du présent livre est imprimé en caractère romain Didot - corps dix petit œil; les notes sont en romain Didot corps huit, les - sommaires des chapitres en romain Didot corps sept, et la préface en - romain Didot corps onze. - - [212] L'Imprimerie nationale a, elle, un indice spécial: ses _l_, - dites _l barrées_, portent un imperceptible trait, une barre - minuscule, au milieu de leur longueur (l l). - - [213] Cf. BOUCHOT, _le Livre_, p. 174. - - [214] Voir _supra_, p. 86. - - [215] En romain Didot. Remarquez que ce romain est plus petit d'œil - que l'elzevier du corps correspondant. - - [216] Du nom de l'habile graveur et imprimeur français Nicolas Jenson, - qui alla s'établir à Venise vers 1469. (Cf. LALANNE, _Curiosités - bibliogr._, p. 84.) - - [217] Sur les _lettres grises_, cf. DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._, - p. 68. - - [218] LECLERC, _loc. cit._, pp. 64. - - [219] ID., _ibid._ - - [220] «... les formes arrondies de l'onciale (d'où est issue la lettre - tournure).» (LECOY DE LA MARCHE, _les Manuscrits et la Miniature_, - p. 153.) Notons encore qu'on nomme lettres _filigranées_ des - initiales particulières de même aux anciens manuscrits, majuscules - ornées de fioritures très déliées, d'une sorte de filigrane, «fil - ténu, capricieusement enroulé et engendrant des espèces de graines - ou de petites boules». (ID., _loc. cit._, pp. 154-156); lettres - _dragontines_, appelées aussi _saxonnes_, d'autres initiales - d'anciens manuscrits «terminées par des têtes et des queues de - serpents, bordées de points, garnies, dans leurs massifs, de perles, - d'entrelacs et de monstres enchevêtrés». (ID., _loc. cit._, p. 263.) - Rappelons enfin que les caractères gothiques des premiers livres - portent le nom de _lettres de forme_ et de _lettres de somme_, - celles-ci moins anguleuses, moins hérissées de pointes que - celles-là. C'est de _lettres de somme_ que se servirent Gutenberg, - Fust et Schoeffer, les inventeurs de l'imprimerie. (Cf. LALANNE, - _loc. cit._, p. 103.) - - [221] La casse française renferme 54 cassetins dans le bas de casse, - et 98 dans le haut de casse. Des casses moins grandes, partant moins - encombrantes, et d'un seul morceau, notamment la casse dite - _parisienne_, sont actuellement en usage: on en a retranché les - petites capitales, relativement peu employées, et qui sont placées à - part. - - [222] Sur la casse, voir DELON, _Histoire d'un livre_, pp. 135 et - suiv.;--MAIRE, _Manuel prat. du biblioth._, pp. 304 et - suiv.;--LECLERC, _loc. cit._, pp. 70 et suiv.; etc. Je suis - également redevable de nombreux renseignements typographiques à - l'obligeance de M. Jattefaux, prote de l'imprimerie Lahure. - - [223] Voir cette liste complète dans TH. LEFEVRE, _loc. cit._, t. I, - p. 430. - - [224] MAIRE, _loc. cit._, p. 353. - - [225] CRAPELET, _Études prat. et litt. sur la typographie_, p. 145. - - [226] Cf. LECLERC, _loc. cit._, pp. 531-532. - - [227] _L'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à l'Exposit. - univers. de 1851_, p. 62. - - [228] _Ibid._ - - [229] LOUISY, _le Livre_, p. 221. «Typographia, Deorum manus et munus, - imo ipsa, cum mortuos in vitam revocet, omnino diva est.» (C. KLOCK, - _ap._ CRAPELET, _loc. cit._, avant-propos, p. ij.) En tête de son - _Manuel typogr._ (t. I, p. iv), FOURNIER LEJEUNE a inscrit--et - modifié comme il suit--les vers bien connus de _la Pharsale_ de - Brébeuf: - - C'est de Dieu que nous vient cet art ingénieux - De peindre la parole et de parler aux yeux. - - Plus loin (t. I, p. vij) il dit que l'imprimerie est «regardée à - juste titre comme un présent du ciel». CRAPELET, _loc. cit._, p. 2, - écrit de même: «L'art typographique... cette admirable invention, - qui était regardée comme l'œuvre de la Divinité même...». Et VICTOR - HUGO, _Notre-Dame de Paris_, liv. V, chap. 2: «L'invention de - l'imprimerie est le plus grand événement de l'histoire. C'est la - révolution mère. C'est le mode d'expression de l'humanité qui se - renouvelle totalement... Sous la forme imprimerie, la pensée est - plus impérissable que jamais;» etc. - - [230] On se sert aussi, ou plutôt on s'est servi de plâtre, pour - prendre ces empreintes. Ce qui a fait préférer au clichage au plâtre - le clichage dit _au papier_ ou _au flan_, c'est la rapidité - d'exécution et l'économie de ce dernier procédé; mais le plâtre - avait l'avantage de donner des empreintes plus complètes et - meilleures. (Cf. LECLERC, _loc. cit._, pp. 533-534.) - - [231] Théoriquement, le mot _clichage_ est synonyme de l'ancien mot - _stéréotypie_: ils signifient tous les deux l'action de «créer, - d'après une composition unique formée par l'assemblage des - caractères mobiles, une ou plusieurs autres planches solides et - identiques». (LECLERC, _loc. cit._, p. 533.) Mais _clichage_ est - l'expression moderne, actuellement en usage, et désignant - l'opération dont nous venons de parler, qui débute par la prise des - empreintes au moyen de plâtre ou de _flans_. La _stéréotypie_ - (στερεός, solide; τύπος, type), s'applique plus particulièrement au - procédé imaginé en partie par Firmin Didot vers la fin du XVIIIe - siècle, et qui consistait en ceci: «Après avoir composé une page en - caractères plus bas que ne le sont les caractères ordinaires, et - fondus avec un alliage particulier, plus dur que les autres, on la - renfermait dans un mandrin; puis, à l'aide d'un balancier, on - l'enfonçait dans une plaque de plomb de même dimension, fondue et - dressée avec soin. Cette opération donnait pour premier produit une - matrice où la lettre est en creux; cette matrice, placée dans un - mandrin et abattue au moyen d'un mouton sur de la matière en fusion, - procurait un cliché saillant... sur lequel on pouvait tirer à dix, - quinze ou vingt mille exemplaires sans qu'il y parût.» (LOUIS DE - VILLOTTE, _De la stéréotypie_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I, - pp. 9-10.) Cf. aussi l'article _Stéréotypie_ par STARK, in - _Encyclop. moderne_, Complément, t. XII, col. 438-442. Les Didot - utilisèrent leur invention en publiant une nombreuse collection de - petits volumes à bon marché,--la collection «stéréotype»--contenant - tous les chefs-d'œuvre des littératures classiques, qui obtint une - très grande vogue, et peut se comparer à la collection de la petite - «Bibliothèque nationale», commencée par l'imprimeur Dubuisson en - 1863, et qui se continue encore. Seulement, le papier des - «stéréotypes» de Didot, qui, au bout d'un siècle, est encore intact, - est de beaucoup supérieur à celui des petits volumes de Dubuisson, - déjà tout piqués et jaunis. - - Mentionnons encore, parmi les modes de reproduction typographique, - le procédé dit _anastatique_ (ἀνάστασις, résurrection), applicable - non seulement aux livres, mais aux gravures, planches, etc. Il - consiste à transporter sur une plaque de métal le texte ou la - gravure à reproduire; on encre ensuite cette plaque, et l'on procède - au tirage. Ce transport, qui s'effectuait jadis par des moyens - chimiques, imaginés en 1844 par M. Baldermus, de Berlin (cf. - LAROUSSE, _Grand Dicionn._, et _Grande Encyclop._, art. - Anastatique), s'opère actuellement à l'aide de la photographie. - Relativement coûteux et peu expéditif, ce procédé ne convient que - pour les tirages à petit nombre: on l'emploie, par exemple, pour - remplacer les pages manquantes dans un ouvrage ancien, dans un livre - de valeur, dont on possède un exemplaire complet. - - [232] L'épithète est de JULES RICHARD, _l'Art de former une - bibliothèque_, p. 6: «On n'a jamais fait de plus vilaine librairie». - - [233] Relativement à l'influence du public sur la qualité des livres, - voir CRAPELET, _loc. cit._, pp. 225-226: «Il n'est pas douteux que - ceux qui ont les moyens d'acheter des livres, et qui ne considèrent - que le bon marché dans leurs acquisitions, ne peuvent pas employer - plus mal leur argent. Les libraires (éditeurs), entraînés par le - goût du public, le servent à son gré, en épuisant toutes les - combinaisons pour lui donner de la marchandise à bas prix, mais qui - ne conserve pas la moindre valeur: car on n'a jamais bon marché d'un - livre incorrect, altéré, tronqué, et imprimé sur du mauvais - papier... Henri Estienne dit: «L'avarice, fléau plus redoutable à - l'art typographique qu'à aucun autre: _Avaritia, malum in arte - typographica magis quam in alia ulla formidandum_». - - [234] Anciennement même «chaque ouvrage avait un correcteur - particulier. Les livres de religion étaient lus par des théologiens; - les livres de droit par des jurisconsultes; l'astronomie, la - médecine, par ceux qui possédaient ces sciences;» etc. (CRAPELET, - _loc. cit._, p. 155.) D'après le règlement donné à l'imprimerie de - Paris par François Ier, en 1539, et cité par le même bibliographe - (p. 181), «si les maistres imprimeurs des livres en latin ne sont - sçavans et suffisans pour corriger les livres qu'ils imprimeront, - seront tenus avoir correcteurs suffisans, sur peine d'amende - arbitraire; et seront tenus lesdicts correcteurs bien et - soigneusement de corriger les livres, rendre leurs corrections aux - heures accoutumées d'ancienneté, et en tout faire leur devoir...». - Ces dispositions furent confirmées et maintenues par les successeurs - de François Ier. Néanmoins, le règlement de 1649 reproche à - l'imprimerie de Paris d'avoir beaucoup perdu de son ancien éclat, et - impose aux libraires (éditeurs) l'obligation de prendre un - certificat de correction pour certains livres. (Voir CRAPELET, _loc. - cit._, pp. 181-182.) D'après le règlement de 1686, les imprimeurs - devaient faire imprimer les livres «en beaux caractères, sur de bons - papiers et bien corrects»; on exigeait même qu'ils ne pussent ouvrir - boutique à moins d'être «congrus en langue latine et de savoir lire - le grec». Quiconque était empêché de vaquer à la correction de ses - ouvrages devait avoir des correcteurs capables; et, ajoute - l'ordonnance de 1728, les feuilles mal corrigées par eux seraient - réimprimées à leurs frais.» (LOUISY, _le Livre_, p. 234.) - - [235] Nous n'avons pas à nous occuper, dans cette étude consacrée à la - connaissance, à l'usage et à l'amour du Livre, des rapports des - auteurs avec les éditeurs et les imprimeurs. Nous ne faisons - qu'effleurer ici, à propos de la netteté et de l'intégrité du texte, - cette très intéressante et très complexe question: la correction des - épreuves, qui a fait et fera toujours le tourment des écrivains, qui - sera toujours leur «enfer»,--leur «paradis» étant de rêver à leur - œuvre et de l'exécuter en imagination, et leur «purgatoire» de la - coucher par écrit,--pour peu qu'ils aient la haine de l'à peu près, - la passion de l'exactitude, de l'ordre et de la clarté. «Je me - soucie moins que vous ne pourriez croire du succès de mes ouvrages, - écrivait lord Byron à son imprimeur Murray, _mais la moindre faute - de typographie me tue_... Corrigez donc si vous ne voulez me forcer - à me couper la gorge.» (_Ap._ CRAPELET, _loc. cit._, p. 304.) Nous - dirons seulement aux auteurs qu'une écriture bien lisible et soignée - n'est pas toujours, comme on serait tenté de le croire, une garantie - du bon travail de l'imprimeur: _au contraire_, paraît-il. Un - manuscrit artistement calligraphié ou seulement d'une parfaite - lisibilité exige moins d'attention de la part du compositeur, qui - souvent alors compose «à vue de nez». Cette opinion est confirmée - par l'auteur anonyme d'un petit _Manuel du libraire_, qui adresse, - après Gilles Ménage, cet «Avis aux auteurs»: «Si vous voulez qu'il - n'y ait point de fautes dans les ouvrages que vous ferez imprimer, - ne donnez jamais de copies bien écrites, car alors on les donne à - des apprentis, qui font mille fautes; au lieu que si elles sont - difficiles à lire, ce sont [les bons ouvriers ou] les maîtres qui y - travaillent eux-mêmes». (_Manuel du libraire, du biblioth. et de - l'hom. de let._, par un libraire. Paris, Emler, 1828, p. 142. Cf. - aussi CRAPELET, _loc. cit._, pp. 289-290.) Henri de Latouche, - l'auteur de _Fragoletta_, partageait l'avis de Gilles Ménage, et il - affirme également que «plus le manuscrit sera clair et lisible», - moins le compositeur y apportera d'attention. (Cf. CRAPELET, - _ibid._) Ajoutons encore que, tout en traitant ces assertions de - paradoxes, l'érudit imprimeur G.-A. Crapelet, un des écrivains qui - ont le mieux connu tous les détails de la typographie et qui en ont - le mieux parlé, les confirme et les appuie de sa haute autorité. - «... La nécessité où se trouve l'ouvrier d'apporter une attention - soutenue à la lecture des manuscrits de cette espèce (mal écrits et - surchargés de ratures et de renvois) donne à sa composition un - certain degré d'exactitude et de correction, quelquefois - surprenant.» (_Loc. cit._, pp. 264 et 290.) Rappelons enfin, pour ne - décourager personne, que la perfection, typographique ou autre, - n'est pas de ce monde, et qu'_il n'existe aucun livre sans faute_, - typographiquement parfait. «Un livre sans faute est une chimère...» - (CRAPELET, _loc. cit._, p. 222.) _Typographica ars nimis est - erroribus obnoxia._ (ANGE ROCCA, _ap._ CRAPELET, _loc. cit._, p. - 221.) Ainsi le _Virgile_ in-folio, imprimé au Louvre par Pierre - Didot en 1798, et qui, comme le _Racine_ de la même provenance, est - réputé un des chefs-d'œuvre de la typographie, contient un j dont le - point manque, s'est détaché à la pression. (Cf. A-F. DIDOT, - _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI, col. 858-859.) - - [236] N'avoir pas de correcteurs, ou n'en employer que d'incapables, a - été réputé _crime en matière d'imprimerie_ par le philologue - italien, bibliothécaire du Vatican, Ange Rocca, mort en 1620. (Cf. - CRAPELET, _loc. cit._, p. 176.) - - [237] _L'Art de former une biblioth._ pp. 81-82. - - [238] Crapelet observe que cette anecdote bien connue n'a pas grand - fondement. «On rapporte, écrit-il, que Robert Estienne exposait des - épreuves devant sa maison, voisine du Collège de Beauvais, et des - Écoles du Droit Canon, situées rue Saint-Jean-de-Beauvais, et qu'il - donnait une récompense aux écoliers qui y découvraient des fautes. - Si ce moyen a été employé par Robert Estienne, il n'a pu lui sauver - que des incorrections très légères, car ce savant imprimeur avait lu - et relu ses épreuves avant de les exposer, et les écoliers n'étaient - pas de force à découvrir des fautes graves après la lecture d'un - homme aussi habile et aussi exercé dans ce genre de travail. - D'ailleurs le fait en lui-même, qui n'est rapporté que comme un - on-dit par Jans. Almeloveen, dans sa _Dissertatio de Vitis - Stephanorum_, me paraît fort douteux, et pourrait bien n'être qu'une - fiction pour enseigner qu'on ne saurait prendre trop de précautions - pour assurer la correction des livres.» (CRAPELET, _loc. cit._, pp. - 213-214.) - - [239] _Histoire de France_, t. IX, la Renaissance, chap. XI, p. 299 - (Paris, Marpon et Flammarion, 1879). Cf. aussi LAROUSSE, _loc. - cit._, art. Estienne (Robert). - - [240] On appelle _titre courant_ le titre, soit de l'ouvrage, soit des - chapitres, qui se trouve répété et «court», pour ainsi dire, au - sommet des pages. On distingue encore, comme nous allons le voir - (page suivante, note 241), trois autres espèces de titres: le _faux - titre_, le _titre_ ou _grand titre_, et le _titre de départ_. - - [241] C'est cependant ce que font souvent les imprimeurs anglais: ils - numérotent toutes les pages, excepté celles des _trois titres par - lesquels tout livre débute généralement_: 1º _faux titre_ (la toute - première page du livre: le titre, ordinairement abrégé, et sans nom - d'auteur, est placé au milieu de cette page); 2º _titre_ proprement - dit, ou _grand titre_ (titre complet, avec le nom de l'auteur, et, - au bas de la page, le nom et l'adresse--la _firme_--de l'éditeur; le - grand titre portait aussi autrefois le nom de _frontispice_: ce nom - est aujourd'hui réservé aux titres ornés de vignettes ou - d'encadrements, ou encore à la gravure placée en regard du - titre--portrait de l'auteur, par exemple,--et dont le sujet se - rapporte de près ou de loin à l'ouvrage); 3º _titre de départ_ - (placé en haut de la page: c'est sur cette page--la première, à vrai - dire,--que commence le texte de l'ouvrage);--excepté ces feuillets - de début, toutes les pages de l'intérieur du volume, les pages de - titre d'article et les belles pages comme les autres, sont - foliotées: voir _Encyclop. britannica_, t. III, p. 173 (let. B); t. - VI, p. 756 (let. D); t. VII, p. 588 (let. E), etc. Ces belles pages - n'ont pas de titre courant, et leur folio se trouve placé au sommet - médial. L'effet de ce foliotage n'est nullement désagréable à l'œil. - - [242] F. SARCEY, _Gare à vos yeux!!_ préface, p. V. (Paris, - Ollendorff, 1884).--«MM. H. Griffing et Shepherd J. Franz étudient - depuis un certain temps l'influence que peuvent avoir, sur la - facilité de la lecture, le format, le dessin des caractères - d'imprimerie, l'intensité de la lumière, sa qualité, celle du - papier, l'interlignage (c'est-à-dire l'espacement des lignes - d'impression). Ils arrivent à cette conclusion que l'élément - principal de la fatigue visuelle, ce sont les dimensions des - caractères: il ne faudrait jamais employer des caractères de moins - de 1 millimètre 1/2 de hauteur, et encore la fatigue augmente-t-elle - avant même qu'on ait affaire à des lettres d'un format aussi réduit. - Par rapport à ce côté de la question, l'éclairage n'est que tout à - fait secondaire.» (_La Nature_, 23 juillet 1898, p. 126.) - - [243] A propos des formats, p. 90. - - [244] In _Musée des familles_, 1er mars 1896, p. 158. - - [245] _Ap._ BOUCHOT, _le Livre_, p. 297. - - [246] G. NAUDÉ, _loc. cit._, chap. V, p. 70. (Paris, Liseux, 1876.) - - [247] _Loc. cit._, chap. VIII, p. 98 - - [248] ED. TEXIER, _ap._ MOURAVIT, _le Livre_, p. 220. - - [249] LESNÉ, _loc. cit._, p. 113. - - [250] _Ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, p. 209. - - [251] _Ibid._ C'est à peu près ce que dit aussi JULES RICHARD, _l'Art - de former une biblioth._, p. 139: «Un bibliophile ne conserve pas - les livres qu'on lit une fois, mais seulement ceux qu'on _relit_ - avec plaisir, et que, par conséquent, on _relie_ plus ou moins - richement.» - - [252] CHARLES BLANC, _Grammaire des arts décoratifs_, la Reliure, p. - 342.--Cf. _infra_, chap. IX, p. 322. - - [253] «Ce genre de reliure... permet au livre de se tenir ouvert sur - une table ou sur un pupitre, parce qu'on a supprimé la résistance - qu'oppose le dos de la couverture quand il adhère aux cahiers.» - (ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, t. IV, p. - 66.) - - [254] S. LENORMAND et MAIGNE, _Manuel du relieur_ (Manuels Roret), p. - 64.--«... Ouvrir complètement le volume, et à plat, ce qui ne peut - se faire avec les livres reliés.» (Dr GRAESEL, _Manuel de - bibliothéconomie_, p. 373.) C'est en grande partie pour ce motif, - afin que le livre puisse mieux s'ouvrir, que nous conseillons, pour - les volumes inférieurs à l'in-8, le cartonnage bradel. - - [255] La largeur du format, voilà surtout ce qui, avec la flexibilité - de la garniture du dos, permet au livre de s'ouvrir aisément et de - rester de lui-même ouvert. Exemple: un volume oblong, un album. - Prenez, au contraire, un livre de format étroit, comme les in-12 - elzevieriens (in-12 couronne: 0,09 × 0,157) de certaines collections - modernes: relié, il est indispensable de tenir ce petit volume à la - main pour qu'il demeure ouvert, et il a toujours tendance à se - refermer de lui-même, comme mû par un ressort. C'est que, dans le - premier cas, le cas de l'album, la feuille étant plus large pèse - davantage sur son extrémité libre, retombe d'elle-même, et oppose - ainsi un contrepoids supérieur à la résistance de la couture et du - dos; dans le second cas, pour l'étroit petit elzevier, c'est cette - résistance qui l'emporte. Remarquons aussi que plus le papier est - fort et rigide, plus la résistance du dos est énergique. Le papier - des anciens petits elzeviers était du papier de fil, souple et peu - épais: aussi ces gracieux petits volumes sont-ils autrement - maniables et «complaisants» que les prétendus elzeviers modernes à - papiers rigides. - - [256] CHARLES BLANC, _loc. cit._, p. 337. - - [257] _Loc. cit._, p. 337. - - [258] Cf. BLANCHON, _l'Art et la Pratique en reliure_, p. 18. - - [259] Cf. BLANCHON, _loc. cit._, p. 17. - - [260] Cf. BLANCHON, _loc. cit._, p. 18; et S. LENORMAND et MAIGNE, - _loc. cit._, p. 73.--Sur les reliures en cuir de Russie, cf. - _infra_, chap. IX, pp. 368 et 369. - - [261] Sur la fabrication et l'emploi du parchemin, voir de curieux - renseignements dans LECOY DE LA MARCHE, _les Manuscrits et la - Miniature_, pp. 27-36. Voir aussi MAIRE, _Manuel prat. du - biblioth._, pp. 377-378; et BLANCHON, _loc. cit._, p. 18. - - [262] Cf. _supra_, chap. II, p. 55. - - [263] Chap. II, p. 56. - - [264] Cf. MAIRE, _loc. cit._, p. 340. - - [265] «A Venise, à Florence... Voilà le vrai berceau de la reliure... - Les plus beaux exemplaires des reliures de ce temps se trouvaient - dans la bibliothèque du célèbre bibliophile italien Maoli (Maïoli), - qui a dû vivre de 1510 à 1560...» (BLANCHON, _loc. cit._, p. 117.) - «Au commencement du XVIe siècle, les Italiens trouvent une voie - nouvelle sous l'influence des Aldes, qui avaient probablement joint - à leur imprimerie un atelier de reliure. Venise fut alors pour - l'Italie l'école de la reliure, et, pour la première fois, les - motifs en plein or des Aldes servirent de remplissages dans les - premières reliures à entrelacs... L'Italie donne alors le ton à - l'Europe. Les reliures à la Salamandre de François Ier, conservées - dans nos bibliothèques publiques, sont presque toutes dans le goût - italien. Les Italiens furent donc nos initiateurs; mais on ne - saurait méconnaître toutefois la grande part qu'ont eue, dans - l'histoire de l'art et de la reliure en particulier, les artistes - français de la Renaissance, notamment Nicolas Ève et son fils - Clovis, célèbres libraires-relieurs de Henri III et de Henri IV.» - (SPIRE BLONDEL, _l'Art intime et le Goût en France_, pp. 318-319.) - - [266] Déjà au XVIe siècle, malgré la vogue de Venise, BONAVENTURE DES - PERIERS faisait dire à Mercure, au début de son _Cymbalum Mundi_ (p. - 304. Paris, Delahays, 1858. Nouv. édit. avec des notes et une notice - par P. L. JACOB, bibliophile [Paul Lacroix]): «Où est-ce que l'on - relie le mieux? A Athènes (_id est_ en France, à Lyon, d'après le - bibliophile JACOB, _ibid._), en Germanie, à Venise ou à Rome? Il me - semble que c'est à Athènes.» C'est ce qui a permis au comte DE - LABORDE d'avancer que «la Reliure est un art tout français». (_Le - Palais Mazarin_, _ap._ P. L. JACOB, _Mélanges bibliogr._, p. 1.) «La - _reliure d'art_ française occupe la première place en Europe, et, à - l'appui de ce que nous avançons, nous pourrions citer les prix - toujours plus hauts qu'atteignent, dans les ventes, non seulement - les reliures anciennes, mais aussi les travaux modernes.» (BLANCHON, - _loc. cit._, avant-propos, p. V.) - - [267] «C'est au célèbre bibliophile Jean Grollier (_sic_) que semble - de droit appartenir l'honneur d'avoir créé la reliure française.» - (P. L. JACOB, _Mélanges bibliogr._, p. 2.). - - [268] On écrit aussi Derome ou Deromme: l'orthographe donnée par JAL, - _Dictionn._, pp. 1082-1084, est de Rome, les de Rome. - - [269] Outre les ouvrages déjà cités dans ce chapitre, voir sur - l'historique de la reliure: ÉD. FOURNIER, _l'Art de la reliure en - France aux derniers siècles_;--OCTAVE UZANNE, _la Reliure moderne - artistique et fantaisiste_;--HENRI BOUCHOT, _les Reliures d'art à la - Bibliothèque nationale_, _passim_;--JULES LE PETIT, _l'Art d'aimer - les livres_, pp. 161-186;--LUDOVIC LALANNE, _Curiosités bibliogr._, - pp. 282-291;--et les ouvrages de MM. LÉON GRUEL, ÉMILE BOSQUET, - MARIUS MICHEL, etc. - - [270] La peau de morue a donné en reliure de très bons résultats. - (Renseignement fourni par la maison de reliure Engel.) - - [271] Voir _Intermédiaire des cherch. et cur._, 30 nov. 1900, col. - 917-918. - - [272] Journal _la Halle aux cuirs_, in _Intermédiaire des cherch. et - cur._, 10 avril 1886, col. 202.--Mais les avis diffèrent, et le même - _Intermédiaire_, dans son numéro du 30 décembre 1900, col. 1111, - affirme, par la plume de M. MARCELLIN PELLET, que «la peau humaine - n'est pas belle en reliure; il est très difficile, sinon impossible, - de la dégraisser complètement». - - [273] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 233.--Un autre médecin anglais, le - célèbre John Hunter (1728-1794), fit relier de même en peau humaine - un traité sur les maladies de la peau. (_Dictionn. de la - Conversation_, art. Reliure.) - - [274] _Revue encyclop._, 11 juin 1898, p. 542. - - [275] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 25 mai 1879, col. 295, et - 10 juillet 1882, col. 396; et _Revue encyclop._, _loc. cit._ - - [276] _Revue encyclop._, _loc. cit._ - - [277] _Ibid._ - - [278] _Revue encyclop._, _loc. cit._, p. 542; et ALFRED FRANKLIN, _les - Anciennes Bibliothèques de Paris_, t. I, p. 297. - - [279] _Revue encyclop._, _loc. cit._ - - [280] _Ibid._ - - [281] _Revue encyclop._, _loc. cit._ - - [282] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 octobre 1883, col. - 585-586, et _Revue encyclopéd._, _loc. cit._ - - [283] LALANNE, _loc. cit._, p. 288. - - [284] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 233. - - [285] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 402. - - [286] BLANCHON, _loc. cit._, p. 128. On lit dans la _Revue - universelle_ (ex-_Revue encyclopédique_) du 13 avril 1901, p. 337: - «Ce fut à Mme Drouet qu'il (Victor Hugo) donna _les Châtiments_ - reliés en maroquin pourpre, avec, sur le plat, enchâssée dans le - cuir, une abeille du manteau impérial de Napoléon III, prise par M. - Jules Claretie, lors du sac des Tuileries.» - - [287] _Ibid._ - - [288] CHARLES BLANC, _loc. cit._, p. 348. - - [289] P. L. JACOB, _Mélanges bibliogr._, p. 19. - - [290] _Loc. cit._, pp. 68-69. - - [291] A.-F. DIDOT, _l'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à - l'Exposit. univers. de 1851_, Rapport du XVIIe jury, pp. 72-73. - - [292] Pages 346 et 359. - - [293] Une des meilleures couleurs usitées en reliure est la couleur - dite _Lavallière_ (ou _La Vallière_:--allusion à la robe de - Carmélite de Mlle de la Vallière [cf. LITTRÉ, _Dictionn._, - supplém.];--mais, dans cette acception, on écrit le plus souvent ce - nom en un seul mot). C'est une couleur de gamme assez étendue, - allant du brun clair au brun foncé. - - [294] BLANCHON, _loc. cit._, p. 123. «On donne ce nom (de _reliures - jansénistes_) aux reliures qui n'ont aucun ornement extérieur, _pas - même un simple filet_, et pas d'autre dorure que le titre du livre - sur le dos,» dit M. A. CLAUDIN, _Intermédiaire des cherch. et cur._, - 10 juin 1875, col. 348. - - [295] BOUCHOT, _le Livre_, pp. 284 et 286. - - [296] ÉD. FOURNIER, _l'Art de la reliure en France_, in _Intermédiaire - des cherch. et cur._, 25 mars 1879, col. 190. - - [297] «Rien de plus commun que l'S barré dans les lettres, manuscrits - et reliures, de 1560 environ à 1640. Il est possible qu'on en ait - fait parfois un rébus (_fermesse_ [S fermé], c'est-à-dire - _fermeté_), ou un monogramme; mais c'est la plupart du temps... une - fioriture, un paraphe, et, sur les reliures ou les panneaux, un - ornement.» (_Intermédiaire des cherch. et cur._, 25 avril 1881, col. - 281; et 25 mai 1888, col. 297 et suiv.) - - [298] MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 241-242. - - [299] Ou plutôt il devrait y avoir, car cette règle ne s'observe plus - toujours, et ces deux modes de reliure, cartonnage et emboîtage, - finissent par se confondre. - - [300] MAIRE, _loc. cit._, pp. 296-297. D'autres font remonter - l'existence et l'invention du relieur Bradel jusqu'à la seconde - moitié du XVIIIe siècle. «Bradel avait, fin XVIIIe siècle, son - atelier rue d'Écosse (Paris, Ve arrondissement), en une maison - appartenant au collège Sainte-Barbe... Cet atelier fut ensuite - occupé par Chichereau, aussi relieur, qui s'y trouvait encore en - 1792.» (_Intermédiaire des cherch. et cur._, 22 juin 1901, col. - 1073.) - - [301] GRAESEL, _loc. cit._, p. 373. - - [302] LESNÉ, _la Reliure_, notes, p. 131. - - [303] ÉMILE DEBRAUX, _Chansons complètes_, t. III, p. 61, les - Relieurs. (Paris, s. n. d'édit., imprim. P. Baudoin, 1836, 3 vol. - petit in-32.) - - [304] OCTAVE UZANNE, _la Reliure moderne, artistique et fantaisiste_, - chapitre: Des cartonnages à la Bradel, p. 252. - - [305] «Un livre qui n'a pas été suffisamment battu s'ouvre facilement, - bâille et devient ainsi un réceptacle à poussière et à vermine.» - (GRAESEL, _loc. cit._, p. 374.) - - [306] Voir _supra_, p. 129. - - [307] Ne pas confondre le mot «charnière» ainsi employé avec la - _charnière_--synonyme de _mors_--du plat des livres, dont il a été - question ci-dessus, p. 128. - - [308] «La grecque..., méthode pernicieuse, qui gâte presque autant de - livres qu'on en relie.» (LESNÉ, _loc. cit._, p. 113.) Cf. aussi - LENORMAND et MAIGNE, _loc. cit._, p. 130; BLANCHON, _loc. cit._, p. - 39; LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Reliure; etc. - - [309] Sur la couture _à point arrière_ et _à point devant_, cf. - _Magasin pittoresque_, septembre 1874, p. 284. - - [310] Page 129. - - [311] _Loc. cit._, p. 130. Voir aussi LESNÉ, _loc. cit._, note 6 du - chant I, p. 115, où les mêmes remarques se trouvent formulées à peu - près dans les mêmes termes. - - [312] Non pas «malgré», mais conformément à ces recommandations. Cette - tricherie est admise et pratiquée ostensiblement dans tous les - ateliers de reliure. (A. C.) - - [313] Je regrette de ne pouvoir citer, parmi ces inventeurs, aucun nom - français; mais, comme on l'a remarqué avant moi, nos - mécaniciens-constructeurs semblent «se désintéresser de la - fabrication des machines à l'usage des relieurs, et ne paraissent - pas se rendre compte des besoins et des nombreux vides à combler... - S'ils faisaient pour la reliure» ce qu'on a fait et ce qu'on fait - journellement pour l'imprimerie, «nul doute que notre outillage - tiendrait actuellement la première place, et que nos praticiens ne - seraient pas forcés de demander à l'étranger ce qui leur est parfois - indispensable.» (BOSQUET, _la Reliure_, p. 26, note 1.) - - [314] Renseignements fournis par la maison de reliure Engel. - - [315] MAIRE, _loc. cit._, p. 99, n. 1. - - [316] _Loc. cit._, notes, pp. 116 et 135. - - [317] LENORMAND et MAIGNE, _loc. cit._, p. 371. Cf. aussi BLANCHON, - _loc. cit._, p. 43. - - [318] _Loc. cit._, p. 125. - - [319] Page 68. - - [320] GRAESEL (_loc. cit._, p. 363), estime que, «pour un train d'une - importance moyenne, quinze jours, au maximum, sont largement - suffisants». Cela dépend de ce qu'il faut entendre par «importance - moyenne». En France, la plupart des relieurs trouveraient - certainement ce délai insuffisant pour un train composé seulement de - vingt ou trente volumes. Bien que s'appliquant en partie à des - reliures de luxe, les considérations de M. JULES LE PETIT (_l'Art - d'aimer les livres_, p. 182) me semblent plus justes: «En général, - il faut que vous ayez la patience d'attendre au moins six mois à un - an pour des reliures pleines en maroquin, bien faites, et au moins - deux mois pour des demi-reliures. En voici la raison: les bons - relieurs n'ont pas autant d'ouvriers que les relieurs de commerce... - Ensuite ils commencent leurs reliures par séries d'un même genre,» - etc. - - [321] Je rappelle qu'il n'est question ici que d'une bibliothèque - particulière et fermée, ne servant qu'à une seule personne. Pour une - bibliothèque publique, il est préférable, voire indispensable, que - chaque tome soit relié séparément, afin d'éviter d'en immobiliser - deux en même temps dans la même main. - - [322] J. LE PETIT, _loc. cit._, p. 185. - - [323] LESNÉ, _loc. cit._, chant IV, p. 59. - - [324] LESNÉ, _loc. cit._, notes du chant IV, p. 170. - - [325] ID., _ibid._, mêmes notes, p. 172. - - [326] C'est également le conseil donné par l'_Instruction générale - relat. au service des biblioth. universitaires_: «N'admettre la - rognure que pour les ouvrages usuels; interdire de rogner pour les - autres, en les faisant seulement rogner et jasper en tête, pour les - préserver de la poussière.» (_Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 445.) - - [327] _Ap._ ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 3e - édit., t. I, p. 88. - - [328] Le bibliophile JACOB (Paul Lacroix), _ap._ ROUVEYRE, _loc. - cit._, p. 87. - - [329] Page 37. - - [330] Préservés en queue et sur les marges extérieures, mais non en - tête: la tête, comme nous l'avons dit il y a un instant, doit - toujours être rognée, pour empêcher autant que possible l'intrusion - de la poussière. - - [331] Lorsque ces excédents de marge ont été laissés par mégarde dans - le cours d'un livre, par suite du pli accidentel d'un feuillet, ils - portent le nom de _larrons_. Les relieurs sont tenus d'éviter les - _larrons_, qui sont des défauts, tandis que les _témoins_, toujours - laissés à dessein, sont un des détails des reliures artistiques.--On - appelle aussi _larron_ en typographie tout «morceau de papier qui, - se trouvant sur la feuille à imprimer, reçoit l'impression» (la - prend en quelque sorte comme un voleur, un larron) «et laisse un - blanc» (LITTRÉ); et encore tout «pli qui se trouve dans une feuille - de papier mise sous la presse, et qui cause une défectuosité dans - l'impression». (ID.) - - [332] Sur les couvertures imprimées des livres brochés, voir - _l'Intermédiaire des chercheurs et curieux_, 1879 et 1886, _passim_. - Au XVIe et au XVIIe siècle, les livres se vendaient presque toujours - reliés; les rares livres non reliés s'appelaient livres _en blanc_. - (Cf. L. DELISLE, _Catalogue général des livr. impr. de la Biblioth. - nation._ Introduct., t. I, p. IV, n. 4.) - - [333] «Une attention à laquelle les bibliophiles sont sensibles, c'est - que le prénom de l'écrivain ne soit pas séparé de son nom, lorsque - la gloire ou la notoriété ont rendu le nom et le prénom - inséparables. Un relieur qui mettrait sur le titre de _la Légende - des siècles_: V. HUGO (au lieu de VICTOR HUGO), serait un barbare.» - (CHARLES BLANC, _Grammaire des arts décoratifs_, p. 360.) - - [334] La peau servant à faire des _pièces_ a très peu d'épaisseur; - c'est de la basane sciée: on sait que certaines peaux, et la basane - est du nombre, se divisent, se scient aisément dans le sens de leur - longueur. - - [335] «La règle est que les pièces ne doivent jamais être plus claires - que le dos. Toutefois, quelques amateurs, et je suis de ceux-là, - aiment une pièce verte ou rouge ou bleue sur un dos noir.» (JULES - RICHARD, _loc. cit._, p. 60.) Le même bibliographe recommande (_loc. - cit._, p. 62) de «ne pas oublier de faire toujours placer la date de - l'édition en bas du dos de la reliure, sous le dernier nerf. Cela a - tout à fait bon air,» ajoute-t-il. Il dit encore (_ibid._) qu'il - convient de joindre aux volumes qu'on fait relier tout ce qui peut - en augmenter le prix, par exemple, «un portrait de l'auteur, soit en - gravure, soit en photographie; s'il se peut, un autographe; des - suites de gravures faites pour d'autres éditions, soit avant la - lettre, soit en divers états...» Mais ce sont là des conseils - quelque peu en dehors de notre programme, et qui s'adressent plus - aux fastueux et fantaisistes collectionneurs qu'aux dévoués mais - modestes amis des livres et de l'étude. - - [336] Cf. chap. III, p. 76. - - [337] Supplément au nº 3 du journal _la Reliure_, «organe et propriété - du syndicat patronal des relieurs, brocheurs, cartonneurs, doreurs - sur cuir, doreurs sur tranches et marbreurs,» 7, rue Coëtlogon, - Paris. Je donne ces chiffres, parce qu'ils émanent d'un journal qui - fait autorité dans la question, d'un document quasi officiel; mais - je ne dois pas dissimuler que ces prix sont de beaucoup majorés, et - que les reliures auxquelles ils se rapportent, faites convenablement - et chez de bons relieurs, coûtent environ 20 pour 100 moins cher. Il - faut donc diminuer ces chiffres de cette somme, pour avoir le prix - réel et acceptable. - - [338] Voir SÉNÈQUE, _De la tranquillité de l'âme_, IX, 9. (Pour - abréger, je me dispense, ici et plus bas, de citer le texte latin.) - «Avoir des livres sans les lire, c'est avoir des fruits en - peinture,» disait Diogène. (_Ap._ FERTIAULT, _les Légendes du - livre_, p. 156.) - - [339] Voir SÉNÈQUE, _Lettres à Lucilius_, lettre II. Cf. - _l'Ecclésiaste_, XII, 12: «Ne recherchez rien davantage, mon fils. - Il n'y a point de fin à multiplier les livres.» - - [340] PLINE LE JEUNE, _Epist._, VII, 9. - - [341] _Non legendos libros, sed lectitandos._ (_Epist._, II, 17.) - - [342] _Ap._ MOURAVIT, _le Livre_, p. 137. - - [343] _Ap._ FERTIAULT, _loc. cit._, p. 20. - - [344] Pages IX et 7. - - [345] VOLTAIRE, _Articles de journaux_, I, Conseils à un - journaliste... (_Œuv. compl._, t. IV, p. 615. Paris, édit. du - _Siècle_, 1867-1870.) - - [346] _Manuel du biblioph._, t. I, p. 11. - - [347] _Loc. cit._, p. 312. - - [348] _Ap._ SAINTE-BEUVE, _Nouveaux Lundis_, t. IV, p. 403. Cf. le mot - de Royer-Collard à Alfred de Vigny: «Je ne lis plus, monsieur, je - relis». (SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. XI, p. 524.) - - [349] En 1886, dans le journal _l'Estafette_: voir LAROUSSE, _Grand - Dictionn._, 2e supplément, art. Larousse. - - [350] _Ap._ DEROME, _le Luxe des livres_, p. 59. - - [351] A. DE BOISLISLE, _Mémoires de Saint-Simon_, Avertissement, t. I, - p. LXXI (Collect. des _Grands Écrivains de la France_). - - [352] A. DE BOISLISLE, _loc. cit._ - - [353] Elle comprend actuellement (1901) 31 volumes et s'arrête au XVe - siècle. - - [354] GUYOT-DAUBÈS, _l'Art de classer les notes..._, chap. X, pp. - 108-109. - - [355] «... les bibliothèques ne pouvans mieux estre comparées qu'au - pré de Sénèque où chaque animal trouve ce qui luy est propre: _Bos - herbam, canis leporem, ciconia lacertum._» (GABRIEL NAUDÉ, _Advis - pour dresser une biblioth._, chap. III, p. 24.) - - [356] Voir SAINTE-BEUVE, _Portraits littér._, t. II, p. 437. - - [357] _Loc. cit._, p. 120. - - [358] _Loc. cit._, p. 121. - - [359] Parmi ces réclamations, je rappellerai celle du bibliographe - A.-A. Renouard, dans cette description de sa propre bibliothèque, - qu'il a publiée sous le titre de _Catalogue de la bibliothèque d'un - amateur_: «Il faudrait destiner nos imprimeries à l'emploi qui de - tous me semble le plus utile et aussi le plus honorable, la - fabrication très soignée d'éditions presque de luxe, quoique d'un - prix à peu près ordinaire; de livres à l'usage de ceux qui, sans - être curieux amateurs, ni possédés du démon de la bibliomanie, - savent cependant très bien distinguer et préférer l'édition la plus - nette et la plus élégante.» (RENOUARD, _ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, - p. 181.) Voilà un programme excellent en tous points: - malheureusement, ce n'est qu'un programme. - - [360] «Jouaust était de la famille des grands éditeurs, hommes de goût - et véritablement hommes de lettres par le soin qu'ils prennent de - faire valoir les œuvres qu'ils publient, et de les présenter aux - amateurs sous le séduisant aspect qu'assurent un papier de choix, - des types élégants et bien lisibles, une correction impeccable, - illustrées de gravures finement en harmonie avec le texte, et - d'autant plus précieuses qu'elles sont moins encombrantes. Son nom - sera cité dans l'histoire de son art à la suite des maîtres qui en - ont fait la gloire à travers les âges.» (G. BERARDI, _l'Indépendance - belge_, in _Ultima_, notes et chroniques, p. 9. Paris, imprim. - Jouaust, 1891. In-18, 78 pp.)--«Pendant trente ans, il (Jouaust) a - fait la joie des lettrés; il leur a donné de fins joyaux, que les - amateurs du siècle prochain se disputeront avec passion...» (AD. - BRISSON, _les Annales politiques et littér._, _ibid._, pp. - 14-15.)--«Il (Jouaust) a été un lettré et un artiste avant d'être un - commerçant. Il avait recueilli et il a su continuer parmi nous les - traditions des Elzevir et des Plantin Moretus...» (J. CORNELY, _le - Matin_, _ibid._, p. 18.) - - [361] Cette très intéressante collection est continuée par l'éditeur - Ernest Flammarion, qui y a récemment ajouté _les Confessions_ de - J.-J. Rousseau. - - [362] Sur la collection Jannet-Picard, voir _supra_, chap. II, p. 38. - - [363] Cf. LOUISY, _le Livre_, p. 270. - - [364] Voir _supra_, chap. II, p. 43. - - [365] Cf. _supra_, chap. V, p. 158. - - [366] M. GABRIEL HANOTAUX, dans l'avant-propos de son livre _la Seine - et les quais, promenades d'un bibliophile_ (p. III), a très - justement et joliment dit: «Paris est la seule ville du monde qui - ait sa bibliothèque en plein air. Les boîtes des quais font partie - de nos perspectives. Elles accompagnent les profils du Louvre et - font un premier plan aux galeries et aux tours de Notre-Dame.» - - [367] P. L. JACOB (Paul Lacroix), _les Amateurs de vieux livres_, p. - 56. - - [368] Paris, Furne, 1857 (et 1864). 1 vol. in-16. - - [369] _Loc. cit._, pp. 3-4. Glissons ici à ce propos cette touchante - réflexion de S. DE SACY (_Variétés littér._, t. I, p. 250, Catalogue - de la biblioth. de J.-J. de Bure): «Je deviendrais aveugle que - j'aurais encore, je le crois, du plaisir à tenir dans mes mains un - beau livre. Je sentirais du moins le velouté de sa reliure, et je - m'imaginerais le voir. J'en ai tant vu!» - - [370] Voir dans _les Amateurs de vieux livres_, par P. L. JACOB, p. - 34, un curieux portrait du marchand bouquiniste-étalagiste: «... - L'_étalagiste_ est d'ordinaire Normand, comme le vendeur de salade; - il connaît mieux le prix des pommes que celui des livres; il ne juge - guère sa marchandise que d'après le premier venu qui la marchande; - il surprend dans vos yeux l'envie qui vous émeut à la vue de ce - livre, et il le taxe à proportion de cette envie, qu'il démêle dans - un geste d'empressement, même dans une indifférence composée. Le - seul _Manuel du libraire_ qu'il étudie, c'est la physionomie des - acheteurs: l'un sourit, l'autre soupire, celui-ci fronce les - sourcils, celui-là pince les lèvres; un cinquième, plus exercé, - touchera vingt volumes avant de mettre la main sur le volume qu'il - lorgne; tous enfin se trahissent d'une façon particulière, qui - n'échappe pas à l'_étalagiste_, aussi fin, aussi astucieux qu'un - diplomate du cabinet de Saint-James.»--En général, comme l'a - remarqué L. DEROME (_le Luxe des livres_, p. 66), les livres anciens - coûtent moins cher chez les libraires parisiens de la rive gauche - que chez ceux de la rive droite, «qui ont une clientèle princière et - la confiance des riches amateurs étrangers, tandis que les marchands - de la rive gauche sont réduits à celle des savants et des lettrés, - qui connaissent mieux la valeur des livres et ne peuvent se - permettre certaines folies». Etc. - - [371] En revanche, il faut reconnaître qu'il y a de ces catalogues qui - sont très bien faits et dignes d'intéresser tous les amateurs de - livres, par exemple, les catalogues de la librairie ancienne A. - Claudin, qui paraissent actuellement (1901, 14e année, neuvième - série) tous les mois, sous le titre d'_Archives du bibliophile_. - - [372] Chap. III, pp. 27-30. (Trad. de H. Cocheris.) - - [373] _Musæi sive biblioth..._, Lugduni, 1635, in-4, lib. III, p. 468, - _ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 65-66. Cf. _infra_, chap. VIII, p. - 257. - - [374] _Loc. cit._, p. 139. Cf. _supra_, chap. V, p. 123. - - [375] L'appréciation est de M. JULES LE PETIT, _l'Art d'aimer les - livres_, p. 40. - - [376] JULES JANIN, _loc. cit._, p. 14.--A propos des ouvrages - nouveaux, JULES JANIN (_ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, p. 109) donne - aussi ce conseil: «N'achetez que le livre dont vous avez fait la - lecture cinq ou six semaines auparavant,»--c'est-à-dire le livre - dont vous avez eu loisir de vérifier et éprouver la valeur. «En ce - temps de réclame, combien ont pu expérimenter la sagesse de ces - paroles!» ajoute Mouravit. - - [377] JULES JANIN, _loc. cit._, p. 15. - - [378] _Loc. cit._, p. 40. - - [379] _Loc. cit._, pp. 40-41. - - [380] _Essais_, III, 3: t. III, p. 366. (Paris, Charpentier, 1862.) - - [381] Il s'appelait Boulard (Antoine-Marie-Henri) (1754-1825). Il fut - l'exécuteur testamentaire de La Harpe, et c'est par ses soins que - fut publiée la partie du _Cours de littérature_ relative à la - philosophie du XVIIIe siècle. Il ne faut pas le confondre avec son - homonyme Boulard (Sylvestre), imprimeur, libraire et écrivain - (1750-1819?), auteur d'un _Traité élémentaire de bibliographie_. - (Paris, Boulard, 1804. In-8. 140 pp.) - - [382] «Une biographie ne lui en accorde que 280 000; mais un autre - renseignement va jusqu'à notre chiffre de 600 000 (volumes). La - différence est importante. Les deux documents sont-ils précis? On - peut choisir.» (FERTIAULT, _Drames et Cancans du livre_, p. 107.) - - [383] Cf. _le Cousin Pons_, principalement chap. II, p. 11 (Paris, - Michel Lévy, Librairie nouvelle, 1870): «... Il possédait son musée - pour en jouir à toute heure, car les âmes créées pour admirer les - grandes œuvres ont la faculté sublime des vrais amants; ils - éprouvent autant de plaisir aujourd'hui qu'hier; ils ne se lassent - jamais, et les chefs-d'œuvre sont, heureusement, toujours jeunes... - Vous tous qui ne pouvez plus boire à ce que, dans tous les temps, on - a nommé _la coupe du plaisir_, prenez à tâche de collectionner quoi - que ce soit (on a collectionné des affiches!), et vous retrouverez - le lingot du bonheur en petite monnaie.» - - [384] «J'aime mes livres comme je les aimais à vingt ans; je les aime - peut-être même avec plus d'ardeur, car, tout bien considéré, je les - connais mieux, et il n'arrive point, dans l'amour des livres, ce qui - arrive, hélas! trop souvent dans l'autre amour, savoir que, - lorsqu'on est parvenu à bien connaître l'objet de sa flamme, on est - tenté de l'aimer un peu moins... Parmi les goûts si divers que la - Providence a départis aux humains, l'amour des livres est celui qui, - après avoir donné, pendant la prospérité, les plus grandes, les plus - véritables jouissances, ménage, pour toutes les peines de la vie, - les plus douces, les plus pures, les plus durables consolations.» - (TENANT DE LATOUR, _Mémoires d'un biblioph._, pp. 250-252.) - - [385] Cf. LALANNE. _Curiosités bibliogr._, p. 146 ;--PAUL LACROIX, ÉD. - FOURNIER et F. SERÉ, _Histoire de l'imprimerie_, p. 42;--BOUCHOT, - _le Livre_, pp. 79, 258 et 268;--LOUISY, _le Livre_, p. - 191;--_Grande Encyclop._, art. Bibliothèque, t. VI, p. 667, fig. - 7;--etc. - - [386] Cf. BOUCHOT, _loc. cit._, p. 268. - - [387] A Leyde, comme le fait voir une gravure de 1610, les livres - étaient rangés debout, mais avec le dos tourné vers le fond du rayon - et la _gouttière_ ou tranche en avant: les titres étaient donc - inscrits sur la tranche. (Cf. MAIRE, _Manuel prat. du biblioth._, p. - 58.) - - [388] Cf. LALANNE, _loc. cit._, p. 284. C'était Pétrarque lui-même qui - avait copié ces lettres de Cicéron et composé ce manuscrit. - - [389] GRAESEL, _Manuel de bibliothéconomie_, p. 11. - - [390] _Ap._ GRAESEL, _loc. cit._, p. 41. - - [391] _Ap._ GRAESEL, _loc. cit._, p. 384. - - [392] «... Sans cet ordre et disposition, tel amas de livres que ce - peut estre, fust-il de cinquante mille volumes, ne mériteroit pas le - nom de bibliothèque, non plus qu'une assemblée de trente mille - hommes le nom d'armée, s'ils n'estoient rangez en divers quartiers - sous la conduitte de leurs chefs et capitaines, ou une grande - quantité de pierres et matériaux celui de palais ou maison, s'ils - n'estoient mis et posez suivant qu'il est requis pour en faire un - bastiment parfait et accomply.» Etc. (GABRIEL NAUDÉ, _Advis pour - dresser une biblioth._, chap. VII, pp. 86-87.) - - [393] Ce que dit là Gabriel Naudé se trouve déjà dans VITRUVE, _De - Architectura_, III, 2: «Cubicula et bibliothecæ ad orientem spectare - debent; usus enim matutinum postulat lumen. Item in bibliothecis - libri non putrescent; nam in his, quæ ad meridiem et occidentem - spectant, a tineis et humore vitiantur, quod venti humidi - advenientes procreant eas et alunt, infundentesque humidos spiritus - pallore volumina corrumpunt.» - - [394] GABRIEL NAUDÉ, _Advis pour dresser une biblioth._, chap. VI, pp. - 81-85. - - [395] «Pour ce qui est du nord, il a, lui, les bises sifflantes, les - rigueurs persistantes de l'hiver, les brumes, qui donnent aussi - l'humidité. Au contraire, l'orient apporte un air doux et - fortifiant, pur, tiède et léger, suffisamment sec et tempéré par une - suave fraîcheur: l'orient, c'est la vie en sa jeunesse; il donne la - vigueur, égaie le cœur et rend à l'homme le travail agréable et - facile. En même temps, cette exposition permettra de faire pénétrer - souvent l'air à l'intérieur, et cet air, abondant et assez chaud, - sans être brûlant comme celui du midi, sera toujours extrêmement - avantageux à la conservation des livres.» (J. COUSIN, _De - l'organisation des biblioth._, p. 6.) - - [396] NAMUR, _Manuel du biblioth._, p. 38. - - [397] ALKAN aîné, _les Livres et leurs ennemis_, p. 9. - - [398] _Loc. cit._, p. 144. - - [399] Voir _infra_, chap. IX, pp. 317 et 368. - - [400] _L'Art de former une biblioth._, p. 56. - - [401] «La base du mobilier dans toute bibliothèque est le rayonnage.» - (MAIRE, _loc. cit._, p. 60.) - - [402] PEIGNOT y ajoute le cèdre, et écrit (_Manuel du biblioph._, t. - II, p. 419): «Si l'on a une bibliothèque composée de livres - précieux, il est à propos de prendre du bois de cèdre, ou au moins - du chêne très sec et très sain, pour en faire le meuble et les - tablettes destinées à recevoir les ouvrages. Le cèdre, par son - odeur, le chêne, par sa dureté, sont plus propres à écarter les vers - et autres insectes...» - - [403] M. MAIRE (_loc. cit._, p. 61) donne 1 mètre pour la longueur - maximum de cette portée; M. GUYOT-DAUBÈS (_l'Art de classer les - notes_, p. 88), 1 m. 50. - - [404] «Les rayons mobiles n'ont pour ainsi dire plus leur raison - d'être dans une bibliothèque universitaire et même dans la plupart - de nos bibliothèques de France, où les livres sont posés selon leur - hauteur.» (MAIRE, _loc. cit._, pp. 61-62.) «Les rayons s'appuient, - soit sur des crémaillères, ou, plus pratiquement et plus - économiquement, sur des tasseaux fixés à demeure sur les montants.» - (GUYOT-DAUBÈS, _loc. cit._, pp. 88-89.) - - [405] Le docteur GRAESEL (_loc. cit._, p. 131) déclare que «l'emploi - des rayons mobiles a été reconnu comme préférable à celui des rayons - fixes... Ils sont, en effet, infiniment plus commodes, la mobilité - des tablettes permettant, suivant les besoins, de diminuer ou - d'augmenter leur hauteur sans aucune difficulté.» M. ÉD. ROUVEYRE - (_loc. cit._, 5e édit., t. I, p. 137) est d'avis qu'on doit «ne se - servir de tablettes fixes qu'à la dernière extrémité... qu'il est - toujours préférable d'adopter des tablettes mobiles». - - [406] «Un homme de lettres ne devrait jamais déménager, même pour être - mieux,» déclare nettement RESTIF DE LA BRETONNE (_Monsieur Nicolas_, - 5e époque, t. VIII, p. 15, note. Paris, Liseux, 1883). Il est - certain qu'on ne profite bien de ses collections de livres et de - notes qu'à la condition de parfaitement connaître leur place, et, - par conséquent, de ne pas changer souvent cette place.--A propos de - déménagements de livres, rappelons le curieux procédé imaginé par - Antoine-Alexandre Barbier (1765-1825), bibliothécaire du Conseil - d'État sous l'Empire. Ayant reçu l'ordre de l'Empereur d'enlever - sans aucun retard les trente mille volumes de la bibliothèque du - Conseil d'État et de les ranger dans un local peu éloigné, dont le - rayonnage était déjà effectué, Barbier demanda cent vingt grenadiers - «un peu intelligents», leur fit faire la chaîne, et, en deux jours, - les trente mille volumes, passés de main en main tout le long de la - chaîne, se trouvèrent transportés dans leur nouvelle résidence et - remis exactement aux mêmes places qu'ils occupaient dans l'ancienne. - (Cf. CONSTANTIN, _loc. cit._, p. 46.) - - [407] Il est même plus pratique et plus simple de percer ces trous, - non dans les montants mêmes, mais le long de bandes de bois, - analogues à celles des crémaillères, mais un peu plus épaisses, pour - que les trous aient une profondeur suffisante (de 1 à 2 - centimètres), et qu'on adapte ensuite, comme précédemment, aux deux - bords intérieurs de chaque montant. - - [408] GRAESEL, _loc. cit._, p. 134. - - [409] L'emploi des échelles et escabeaux présente de continuels - inconvénients, voire de graves dangers, surtout lorsque les parquets - sont cirés. Parmi les savants morts des chutes qu'ils ont faites - dans leurs bibliothèques, on cite le célèbre bibliothécaire de - Dresde F. A. Ebert (1791-1834) (cf. GRAESEL, _loc. cit._, p. 15); le - marquis de Morante, bibliophile espagnol (1808-1868) (cf. FERTIAULT, - _les Légendes du livre_, pp. 64 et 193); «le zélé Rover, mort à - quatre-vingt-deux ans, d'une chute qu'il fit en prenant un de ces - volumes au milieu desquels il passa sa vie dans la plus sauvage - retraite» (MOURAVIT, _loc. cit._, p. 136, note 2); etc. - - [410] ROUVEYRE, _loc. cit._, 5e édit., t. I, pp. 134-136. - - [411] La _réserve_, c'est le nom qu'on donne, dans notre Bibliothèque - nationale, à ces raretés et trésors bibliographiques. «La Réserve - est le _trésor_ de la Bibliothèque [nationale]; elle abrite ses - livres les plus précieux, et il y en a quatre-vingt mille.» (H. - BERALDI, _Voyage d'un livre à travers la Biblioth. nation._, p. 42.) - GRAESEL (_loc. cit._, pp. 51 et 182) appelle «les œuvres rarissimes, - les _Cimelien_» (_sic_) (de κειμήλια, joyaux), «terme assez - fréquemment employé dans les bibliothèques allemandes,» ajoute-t-il. - - [412] «_Formats atlantiques._--Les grands formats de certains atlas - nécessitent une travée spéciale sous la forme d'un comptoir sur les - rayons duquel ils seront placés horizontalement, dans l'intérêt de - leur conservation.» (_Instruction générale relat. au service des - biblioth. universitaires_, _ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 441.) - - [413] «On doit toujours placer les livres dans la même direction, - c'est-à-dire en allant de gauche à droite, parce que c'est - précisément dans ce sens que nous sommes accoutumés à lire.» - (GRAESEL, _loc. cit._, pp. 303-304.) Quant à la _méthode - serpentante_, préconisée par CONSTANTIN (_loc. cit._, p. 51), qui - consiste à ranger les volumes du premier rayon de gauche à droite, - ceux du second de droite à gauche, ceux du troisième de gauche à - droite, etc., elle ne présente guère que des inconvénients, et, - encore une fois, il est préférable de nous en tenir à cette règle: - ranger toujours les livres dans le sens de la lecture, c'est-à-dire - de gauche à droite. - - [414] Tel est aussi l'avis de GRAESEL (_loc. cit._, p. 129): «... les - rayons du bas pour le grand format, ceux du milieu pour le moyen - format, et ceux du haut pour le petit format.» - - [415] Voir pp. 214-215 et 223-224. - - [416] GUYOT-DAUBÈS, _l'Art de classer les notes_, pp. 92-93. - - [417] _Courrier des biblioth._, mars-avril 1901, p. 113. - - [418] Chap. III, pp. 84-85. - - [419] Théoriquement 183 millimètres (in-18 jésus). - - [420] Correspondant à nos quatre formats décrits p. 76. - - [421] Page 210. - - [422] Voir pp. 87-88. - - [423] TENANT DE LATOUR, _Mémoires d'un biblioph._, p. 36. - - [424] ID., _ibid._, pp. 35-36. - - [425] GUYOT-DAUBÈS, _loc. cit._, p. 100. - - [426] TENANT DE LATOUR, _loc. cit._, p. 35. - - [427] ID., _ibid._ - - [428] _Annuaire du bibliophile_, 1862, p. 105; et _Miscellanées - bibliographiques_, t. I., p. 11. - - [429] _Ap._ ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 3e - édit., t. II, p. 161. - - [430] JULES RICHARD, _l'Art de former une biblioth._, p. 145. - - [431] CONSTANTIN, _Bibliothéconomie_, p. 117. - - [432] _Manuel prat. du biblioth._, p. 118. - - [433] Chose curieuse et qui démontre bien les progrès de la - bibliothéconomie, le célèbre docteur Petzholdt, l'auteur du - _Katechismus_ (publié en 1856), condamne irrévocablement les - catalogues sur fiches, les déclare incommodes, difficiles à - consulter, nullement pratiques; selon lui, les fiches ne doivent - servir qu'à préparer le catalogue en volumes, le seul estimable et - recommandable. (Cf. GRAESEL, _loc. cit._, p. 254.) - - [434] JULES RICHARD (_loc. cit._, p. 146) donne à ces boîtes le nom de - _cabriolet_, probablement parce que certaines d'entre elles, pour - faciliter le maniement des fiches, sont plus élevées à une extrémité - qu'à l'autre et offrent ainsi quelque analogie avec un de ces - véhicules surmonté de sa capote. Mais toutes les boîtes à fiches - n'ont pas cet aspect, et la plupart sont de forme régulière. - - [435] Voir un modèle de ces fiches _infra_, p. 226. - - [436] Cf. BONNANGE, _Projet d'un catalogue universel..._, p. 11. - - [437] «Quand il s'agit de livres modernes, on peut omettre dans les - adresses bibliographiques les noms des imprimeurs ou des libraires» - [éditeurs]. (L. DELISLE, _Instructions élémentaires et techniques - pour... une biblioth._, p. 20.) - - [438] Cf. L. DELISLE, _ibid._;--MAIRE, _loc. cit._, pp. 119 et - suiv.;--J. COUSIN, _De l'organisation... des biblioth._, pp. 38 et - suiv.;--etc. Il arrive fréquemment, dans les catalogues de - librairie, par exemple, que l'indication du nombre de volumes et du - format est placée avant l'adresse. L'ordre que nous indiquons a pour - lui l'autorité des plus scrupuleux bibliographes et aussi la - logique. Il procède de cette règle: inscrire d'abord sur la fiche - les mentions qui figurent sur la page de titre de l'ouvrage: nom de - l'auteur, titre et adresse; puis les mentions qui n'y figurent pas - ou qui n'y figurent qu'accidentellement: nombre de volumes et de - pages, format, état des volumes, etc. - - [439] Ou mieux encore, plusieurs, un pour chacune des catégories de - formats adoptées pour le rangement de vos livres sur rayons. Par - économie de place, nous avons adopté quatre catégories (voir - _supra_, pp. 214-215). Les bibliothèques universitaires en ont - trois, auxquelles correspondent trois registres ayant chacun leur - numérotage spécial: par exemple, de 1 à 9999 pour les grands - formats, de 10 000 à 29 999 pour les moyens formats, 30 000 et - suivants pour les petits formats. (_Instruction générale relat. au - service des biblioth. universitaires_, _ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. - 432.) Ainsi, dans ces bibliothèques, d'après le numéro d'entrée - inscrit sur une fiche, on reconnaît instantanément le format du - livre que représente cette fiche. - - [440] «L'écriture ronde, ou tout au moins un peu relevée, est - recommandée dans l'inscription des cartes; elle est plus nette, plus - lisible et tient moins de place.» (_Instruction générale relative au - service des biblioth. universitaires_, _ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. - 437.) - - [441] _Loc. cit._, pp. 185-186. - - [442] Datée du 24 décembre 1884, signée de M. Fallières, alors - ministre de l'Instruction publique, et adressée aux maires des - communes de France.--Si l'on inscrit la cote dans le champ de - l'empreinte apposée sur le titre, on peut, afin de rendre ce champ - plus grand et d'avoir plus de place, se servir d'un timbre rond, de - 3 à 4 centimètres de diamètre, pour cette première empreinte, et - d'un timbre oblong d'environ 0,04 × 0,02, pour les empreintes - suivantes (page intérieure conventionnelle et page finale) - dépourvues d'inscriptions. - - [443] Cf. _Grande Encyclop._, art. Bibliothèque, t. VI, p. 661. - - [444] En haut du dos, et non au bas, comme le conseille NAMUR (_Manuel - du biblioth._, p. 63). Il est évident qu'en collant les étiquettes - au bas du dos des livres, elles ne suivent pas les ressauts produits - par les différences de formats et se trouvent toutes alignées au - même point, ce qui donne à leur ensemble un bien meilleur aspect. - Mais il est à remarquer aussi qu'on peut être obligé, faute de - place, de mettre les livres sur deux rangs: dans ce cas, les livres - du premier rang, si petits qu'ils soient, cachent les étiquettes des - livres du second rang; en outre, comme, en lisant un livre, on le - tient d'ordinaire par la partie inférieure du dos, il y a grande - chance, si l'étiquette se trouve sous les doigts, pour qu'elle se - déchire ou se décolle rapidement. - - [445] Cf. GUSTAVE BRUNET, _Fantaisies bibliogr._, p. 168, note 1. - - [446] Remarquez ici la règle typographique qui veut que l'article - simple prenne la majuscule quand il commence un nom de personne sans - être précédé de la particule _de_: La Fontaine, La Bruyère, La - Rochefoucauld, Victor Le Clerc; et la minuscule, lorsqu'il est - précédé de cette particule: Jean de la Fontaine, le duc de la - Rochefoucauld, Mme de la Sablière. (Cf. _Règles typographiques... - Hachette_, pp. 43-44;--DAUPELEY-GOUVERNEUR, _le Compositeur et le - Correcteur typographes_, pp. 272-276;--LECLERC, _Typographie_, p. - 133;--etc.). - - [447] Nous signalerons, au sujet de la particule nobiliaire française - et de la majuscule ou de la minuscule qu'elle doit prendre, - d'intéressantes dissertations dans TASSIS, _Guide du correcteur_, 8e - édit., pp. 31-32; et dans DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._, pp. - 272-275. Nous rappellerons surtout l'ouvrage de VIAN, _la Particule - nobiliaire_ (Paris, 1868. in-8; et Paris, Dentu, 1880, in-12), dont - LITTRÉ, dans son _Dictionnaire_, art. Nobiliaire, cite l'extrait - suivant, qu'on ne saurait trop recommander à l'attention des - écrivains soucieux de l'exactitude et de la pureté du langage: «La - particule _de_ ne se place jamais seule devant le nom; on signe, - non: de Montmorency, de Biron, de Noailles, mais: Charles de - Montmorency, duc de Biron, Paul de Noailles. En signant un billet à - un ami ou un acte, on met sans _de_: Grammont, Richelieu, Mortemart. - Quand on ne met pas le titre de noblesse ou le titre de monsieur ou - monseigneur, on ne met pas non plus la particule _de_: j'ai - rencontré le comte de Ségur, et non: j'ai rencontré de Ségur; mon - cher Grignan, et non de Grignan, dit Mme de Sévigné. Il y a deux - exceptions: on laisse le _de_, même sans prénom, qualification ou - titre: 1º devant les noms d'une syllabe ou de deux avec un _e_ muet: - de Thou a bien écrit; j'ai vu de Sèze;--2º devant les noms qui - commencent par une voyelle ou une _h_ muette: l'_Armorial_ de - d'Hozier; à moi d'Auvergne; le fils de d'Orléans.» (VIAN, _loc. - cit._, p. 52.) - - [448] Cf. MAIRE, _loc. cit._, p. 129. - - [449] Les prénoms étrangers ou leurs initiales ne se joignent pas par - des traits d'union. Van Praet (bibliographe), cité plus loin, était - naturalisé Français. - - [450] En Angleterre et en Amérique, on écrit généralement en un mot - Mackain, Maclaurin, etc., comme Mackenzie, Macdonald, Macaulay, etc. - (Cf. _Encyclop. britannica_.) - - [451] Ainsi M. J. COUSIN (_loc. cit._, p. 44) écrit VAN MONS (avec un - V majuscule) et place ce nom à la lettre V; et van AELBROECK et von - SCHLEGEL (avec des v minuscules), qu'il place respectivement aux - lettres A et S. Il écrit de même DE BRY (avec un D majuscule, - pourquoi?), et classe ce nom à la lettre D, tandis que de Bris, de - Bar, etc., se classent à BRIS (de), BAR (de), etc. M. E.-D. GRAND - (_Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI, p. 615) est d'avis - que «la particule néerlandaise _van_, analogue au _von_ allemand, - doit être rejetée après le nom: par une anomalie singulière, elle - est classée avant le nom, d'après les règles de la Bibliothèque - nationale, qui porte, par exemple, [van Praet] à VAN PRAET, au lieu - de PRAET (van)». A propos du classement alphabétique des noms - d'auteurs, le docteur GRAESEL déclare très justement (_loc. cit._, - p. 247): «C'est là une source de discussions infinies, et le nombre - des cas douteux qui peuvent se présenter est tellement considérable - qu'il nous serait impossible de les examiner tous, même - superficiellement, sans donner à ce chapitre une étendue démesurée, - et sans risquer de nous perdre dans des détails par trop minutieux». - - [452] _Loc. cit._, p. 24. - - [453] Plusieurs bibliographes n'hésiteraient pas à préférer ici - l'ordre chronologique à l'ordre alphabétique. - - [454] _Instructions élémentaires et techniques pour la mise et le - maintien en ordre des livres d'une bibliothèque_, p. 22. Cet - opuscule, auquel nous avons déjà eu recours à plusieurs reprises, - est un des meilleurs guides qu'on puisse consulter sur la question - qui nous occupe, et nous le suivons ici presque mot à mot et pas à - pas. Voir aussi l'_Instruction générale relative au service des - bibliothèques universitaires_, du 4 mai 1878, _ap._ MAIRE, _loc. - cit._, pp. 425-449. - - [455] L. DELISLE, _loc. cit._, p. 24. C'est à tort que M. MAIRE, _loc. - cit._, p. 129, dit qu'«on peut adopter deux méthodes pour les noms - de saints», et classer indifféremment saint Paul, par exemple, à - PAUL (saint) ou à SAINT PAUL. En suivant ce dernier mode, certaines - confusions pourraient se produire: saint Simon, apôtre, classé à - SAINT SIMON, se confondrait (à part le trait d'union) avec - SAINT-SIMON, historien; saint Victor, martyr, avec SAINT-VICTOR, - littérateur et critique; saint Martin, évêque de Tours, avec - SAINT-MARTIN, orientaliste; etc. Rappelons d'ailleurs ici ces deux - règles typographiques: 1º «Les mots _saint_ et _sainte_ ne prennent - ni majuscule ni trait d'union quand ils se rapportent aux - personnages eux-mêmes;» 2º «Les noms composés qui désignent des - pays, des villes, des rues, des églises, etc., prennent des traits - d'union entre tous leurs mots». Ainsi on écrit: le martyre de saint - Pierre, et l'église Saint-Pierre; le supplice de sainte Catherine, - et les tours de Saint-Sulpice; les villes de Saint-Valery-sur-Somme - et de Bar-le-Duc; l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, la rue - Vieille-du-Temple, l'église Saint-Louis-des-Français, etc., etc. - Seuls, et seulement d'après quelques _marches_ typographiques, les - noms composés étrangers font exception: New York, San Francisco, - Civita Vecchia, etc. (Cf. LECLERC, _loc. cit._, pp. 134, 136 et - 149;--TASSIS, _loc. cit._, pp. 42-43;--DESORMES, _Notions de - typographie_, p. 309;--_Règles typographiques... Hachette_, pp. - 35-36;--etc.) - - [456] L. DELISLE, _loc. cit._, p. 25. - - [457] Nombre d'écrivains, considérant ici Bernardin, non comme nom de - baptême, mais comme nom de famille, écrivent: BERNARDIN DE - SAINT-PIERRE, et classent par conséquent ce nom à la lettre B: cf. - SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. dernier, Table, art. Bernardin de - Saint-Pierre;--LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Bernardin de - Saint-Pierre;--etc. - - [458] Cf. CONSTANTIN, _loc. cit._, p. 125; et L. DELISLE, _loc. cit._, - p. 31. - - [459] On en trouve la liste dans QUÉRARD, _Bibliographie - Voltairienne_, et dans LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Pseudonyme. - - [460] _Loc. cit._, p. 237. - - [461] Son vrai nom littéraire: Voltaire, par exemple, et non Arouet; - George Sand, et non Aurore Dupin ou baronne Dudevant; Champfleury, - et non Fleury; etc. (A. C.) - - [462] Cf. E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI, - p. 615, col. 2.--Voici ce que dit à ce propos M. LÉOPOLD DELISLE, - administrateur de la Bibliothèque nationale (_loc. cit._, p. 23): - «Autant que possible les noms des auteurs doivent être relevés - suivant la forme que ces noms affectent dans la langue maternelle - des auteurs. Ainsi les ouvrages d'André Duchesne, de Henri Estienne - et de Denis Godefroy seront mis sous les rubriques DUCHESNE, - ESTIENNE, GODEFROY, et non sous les rubriques QUERCETANUS, - STEPHANUS, GOTHOFREDUS.» Nombre de bibliographes repoussent, et avec - raison selon nous, ce système de transcription et de classification. - «Il serait absurde et contraire à tous les usages de cataloguer les - ouvrages de Melanchthon sous le nom inconnu de SCHWARZERD», écrit le - docteur GRAESEL, _loc. cit._, pp. 239-240. Le plus rationnel et le - plus simple encore une fois nous semble de toujours s'en tenir au - _texte de la page du titre du livre_, quitte à ajouter entre - crochets sur la fiche le vrai nom à la suite du faux nom: VOLTAIRE - [François-Marie AROUET] ou [François-Marie AROUET DE]; MELANCHTHON - [Philippe SCHWARZERD]; SAND (George) [Armandine-Lucile-Aurore DUPIN, - baronne DUDEVANT]; etc. - - [463] Cf. E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._, _loc. cit._, t. VI, p. 617. - - [464] C'est le conseil donné par l'_Instruction générale relat. au - service des biblioth. universitaires_ (_ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. - 438): «Si les auteurs d'ouvrages ayant pour titres: _Éléments - d'anatomie_ et _Culture des bois_ sont inconnus, le premier de ces - ouvrages sera catalogué à _Anatomie_, le second à _Bois_.» - - [465] L. DELISLE, _loc. cit._, pp. 25 et suiv., et _Introduction au - catalogue génér..._, t. I, p. LXIX;--J. COUSIN, _loc. cit._, p. - 42;--GRAESEL, _loc. cit._, p. 244. Cependant, un volume dont les - premiers mots du titre seraient: _Département de la Seine. Ville de - Paris. Direction des Travaux. Notes du Directeur à l'appui du budget - de l'exercice 1872_, se classera de préférence à PARIS (Ville - de);--_Ministère du Commerce. Lois et règlements sur..._ se classera - à LOIS;--etc. (Cf. L. DELISLE, _Instructions élémentaires et - techniques pour... une biblioth._, p. 25.) - - [466] GRAESEL, _loc. cit._, pp. 244 et 246. - - [467] Voir _supra_, p. 245. - - [468] A la Bibliothèque nationale, les auteurs désignés par leurs - initiales sont toujours classés parmi les anonymes, à moins qu'on ne - puisse les identifier; au Musée britannique, au contraire, les - initiales sont classées dans l'ordre alphabétique.--En France, les - prénoms de l'auteur (ou les initiales de ces prénoms) sont réunis - par un tiret; au Musée britannique, les prénoms ne sont pas réunis - par un tiret. (Cf. _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI, p. - 614.) Par ce que nous avons dit il y a un instant sur les - incertitudes que présentent parfois les initiales, on voit de quelle - utilité est ce tiret ou trait d'union. Dans l'exemple donné - ci-dessus: L.-E. J., nous sommes sûr, grâce au trait d'union entre L - et E, que L.-E. sont les initiales des prénoms, et par conséquent J - celle du nom de famille de l'auteur. Cette certitude disparaît si - vous écrivez L. E. J. Le bibliophile Jacob (pseudonyme de Paul - Lacroix) a signé un grand nombre de ses livres: P. L. JACOB, - c'est-à-dire Paul Lacroix Jacob, sans trait d'union entre P et L, - puisqu'on n'en met pas entre un prénom et un nom. - - [469] Cf. _Grande Encyclop._, _loc. cit._, t. VI, p. 614. - - [470] Cf. MAIRE, _loc. cit._, p. 151. - - [471] _Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 438. - - [472] Cf. GRAESEL, _loc. cit._, p. 264. - - [473] Pour l'explication des abréviations et des signes contenus dans - ces exemples, voir à l'Appendice. - - [474] _Loc. cit._, Supplément, t. I, col. 292. - - [475] J.-CH. BRUNET, _loc. cit._, t. I, col. 1873. - - [476] _Loc. cit._, Supplément, t. I, col. 37. - - [477] _Loc. cit._, Supplément, t. II, col. 247. - - [478] _Loc. cit._, Supplément, t. I, col. 846. - - [479] _Loc. cit._, Supplément, t. I, col. 842. - - [480] C'est le conseil donné par CONSTANTIN (_loc. cit._, p. 99): «Le - mieux est donc de les exécuter simultanément (les fiches, bulletins - ou cartes des deux catalogues); ce qui est très aisé, en faisant une - copie exacte des bulletins ou cartes», etc.; et par MAIRE (_loc. - cit._, p. 163). Ajoutons cependant qu'il est inutile, pour le - catalogue méthodique, de prendre copie des _fiches de renvoi_ du - catalogue alphabétique: seules, les _fiches complètes_ ou _fiches - principales_ doivent être identiquement libellées en deux - exemplaires affectés aux deux catalogues. (Cf. L. DELISLE, - _Instructions élémentaires et techniques pour... une biblioth._, p. - 33.) - - [481] _Loc. cit._, p. 52. - - [482] Sur l'historique de la classification bibliographique, voir - l'Introduction au t. VI (col. I à xxvj) du _Manuel du libraire_ de - JACQUES-CHARLES BRUNET: c'est une étude succincte, mais très - soigneusement faite. Voir aussi E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._, - art. Bibliographie, t. VI, pp. 608 et suiv.;--MAIRE, _loc. cit._, - pp. 182 et suiv.;--etc. - - [483] _Pandectarum sive partitionum universalium Conradi Gesneri libri - XXI: Bibliothecæ universalis tom. II, totius philosophiæ et omnium - bonarum artium atque studiorum locos communes et ordines universales - simul et particulares complectens_ (Zurich, Froschover, 1548; - in-fol., VI-375 ff.). Le dernier livre de l'ouvrage parut l'année - suivante, sous ce titre: _Partitiones theologicæ, Pandectarum - universalium Conradi Gesneri liber ultimus_ (Zurich, 1549; in-fol., - XXI-157 ff.). Le premier avait paru en 1545 sous le titre, comme on - vient de le voir, de _Bibliotheca universalis_. - - [484] _Loc. cit._, t. VI, p. 609. - - [485] Cf. MAIRE, _loc. cit._, pp. 183 et 193. - - [486] _Advis pour dresser une biblioth._, chap. VII, p. 88. - - [487] _Loc. cit._, p. 89. La première édition de l'ouvrage de Naudé, - _Advis pour dresser une bibliothèque_, est de 1627. - - [488] Cf. MAIRE, _loc. cit._, pp. 183 et 195. «La tentative faite par - Louis Jacob (R. P. Ludovicus Jacob), pendant les années 1643 à 1646 - et 1651 à 1653, dit encore M. ALBERT MAIRE (_loc. cit._, p. 183), de - donner la liste des livres parus en France, mérite d'être signalée, - bien que ses relevés soient fort incomplets.» - - [489] On écrit aussi, mais moins exactement, Bouillaud. - - [490] Cf. CONSTANTIN, _loc. cit._, p. 127. - - [491] Il ne faut pas confondre, comme le font M. ALBERT MAIRE, _loc. - cit._, p. 565 et _passim_, et nombre d'autres écrivains, - JACQUES-CHARLES BRUNET, l'auteur dudit _Manuel_, né à Paris en 1780, - mort en 1867, et PIERRE-GUSTAVE BRUNET, né à Bordeaux en 1807, mort - en 1896, l'auteur du _Dictionnaire de bibliologie catholique_, de - _la Reliure ancienne et moderne_, des _Fantaisies bibliographiques_, - etc., et, en collaboration avec M. PIERRE DESCHAMPS, du _Supplément - au Manuel du libraire_ de JACQUES-CHARLES BRUNET. - - [492] «Ce n'est ni à Gabriel Martin, ni à Prosper Marchand, ni à - Garnier, ni à Bouillaud, que revient cet honneur (d'avoir créé un - système bibliographique à peu près universellement adopté): l'_enfin - Malherbe vint_ n'est pas plus vrai, absolument parlant, en - bibliographie qu'en littérature.» (MOURAVIT, _le Livre_, p. 332.) - - [493] M. Prieur, bibliothécaire des Facultés à Besançon, a fait un - relevé des critiques auxquelles prête la classification de Brunet; - on en trouvera le résumé dans MAIRE, _loc. cit._, pp. 186-189. - - [494] «Cette classification, œuvre des maîtres, que nous appellerions - volontiers la classification des hommes de bon sens, et que - l'histoire, Dieu merci, nous permet d'appeler la _classification des - bibliographes_.»... (MOURAVIT, _loc. cit._, p. 334.)--«Après tout, - c'est encore la meilleure des classifications établies jusqu'ici.» - (MAIRE, _loc. cit._, p. 190.) Néanmoins, M. Albert Maire, - s'associant aux critiques exprimées par M. Prieur, pense avec lui, - et non sans raison, «que le système de Brunet, quoique le meilleur - encore, ne peut plus répondre actuellement à toutes les exigences du - développement des sciences. Il demanderait un remaniement - considérable à peu près dans toutes ses parties, mais surtout dans - les sciences expérimentales, qui sont trop sommairement exposées. - Hâtons-nous de dire toutefois que ces changements ne peuvent - s'effectuer du jour au lendemain, mais devraient être consacrés par - l'acceptation simultanée de tous ceux qui se servent de ce système. - Dans un congrès seulement..., on pourrait établir et arrêter une - nouvelle base de divisions ou proposer de réformer le système de - Brunet, s'il est gardé.» (MAIRE, _ibid._)--«Le système français qui - survécut aux innovations du XIXe siècle... est celui de Brunet, qui - dérive directement de l'ancien mode de classement. Ce système est - aussi celui qui fut le plus fréquemment appliqué dans les pays - étrangers.» (E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. - VI, p. 611.)--«Depuis le moyen âge, la classification des sciences - humaines a extrêmement varié: la plus usitée en France aujourd'hui, - et, à vrai dire, la moins imparfaite, malgré quelques défauts de - détails, est celle qui, créée par les libraires érudits du XVIIIe - siècle, a été adoptée définitivement dans le _Manuel du libraire_ de - Brunet; elle fait encore autorité aujourd'hui, et répond à peu près - à tous les besoins; les subdivisions intérieures peuvent varier, - mais l'ensemble est satisfaisant. Les progrès des sciences obligent - d'ailleurs à créer sans cesse de nouveaux chapitres, principalement - dans la médecine, et il serait puéril de considérer aujourd'hui - l'histoire des États-Unis comme appartenant à l'histoire des - colonies européennes; mais, moyennant quelques modifications de - détail, ce cadre bibliographique a l'avantage très appréciable de - pouvoir s'appliquer également à d'anciennes bibliothèques où - dominent la théologie, la jurisprudence et l'histoire, et à des - bibliothèques modernes où les sciences, la littérature et - l'archéologie occupent une place prépondérante.» (A. MOLINIER, - _Grande Encyclop._, art. Bibliothèque, t. VI, p. - 661.)--L'_Instruction générale relative au service des bibliothèques - universitaires_ du 4 mai 1878 porte que, dans ces bibliothèques, «la - division adoptée pour le classement des matières sera conforme à - celle du _Manuel du libraire_ de Brunet, comme étant la plus - répandue». (_Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 438.) - - [495] Voir pp. 297-300. - - [496] Pages 303-316. - - [497] _Loc. cit._, pp. 314-317. - - [498] La bibliographie, que Mouravit, comme nous venons de le voir, - place, sans doute par amour et respect pour cette science qu'il - possédait si bien, dans un appendice spécial et comme occupant une - grande division, la sixième, ne forme, à vrai dire, qu'une - sous-subdivision de la cinquième classe, de l'HISTOIRE (VI. - Paralipomènes historiques; 6. Bibliographie. Voir _infra_, pp. - 283-284.) De même les polygraphes, au lieu de former une division - spéciale, appartiennent à la subdivision VIII de la quatrième - classe. - - [499] On pourrait de même, afin de faciliter la rédaction des fiches - et de régulariser l'ensemble du système, numéroter, dans la - cinquième classe (U), les deux dernières subdivisions à la suite des - autres: VII. MÉLANGES ET DICTIONNAIRES ENCYCLOPÉDIQUES; VIII. NOTICE - DES PRINCIPAUX JOURNAUX LITTÉRAIRES, SCIENTIFIQUES ET POLITIQUES, - qui, dans le texte de Brunet, ne sont précédées d'aucun indice. - - [500] C.-à-d. Introduction à l'Histoire. Dans cette subdivision I - figurent la Géographie et les Voyages (voir _infra_, p. 278). - - [501] C.-à-d. Appendice à l'Histoire. C'est dans cette subdivision VI - que se trouve la Bibliographie (voir _infra_, pp. 283-284). «Les - expressions prolégomènes et paralipomènes ne sont pas claires», dit - très justement M. PRIEUR, _loc. cit._ - - [502] Ces minuscules, J.-Ch. Brunet les exprime parfois en caractères - romains, le plus souvent en italique. Il y aurait avantage à - régulariser ces indices et à les mettre toujours et partout en - romain: c'est ce que nous avons fait déjà et ce que nous - continuerons de faire dans l'inscription des cotes. - - [503] Voir _infra_, pp. 280-281. - - [504] J.-CH. BRUNET, _loc. cit._, t. VI, col. XV. - - [505] Cette section 4 pourrait être placée avant la section 3. (Note - de J.-CH. BRUNET.) - - [506] C'est-à-dire qui a rapport à la catéchèse: «Instruction orale - sur les choses de l'Église, par demandes et par réponses» (d'où - catéchisme). (LITTRÉ.) - - [507] C'est-à-dire qui a rapport à la parénèse: «Discours moral, - exhortation.» (LITTRÉ.) - - [508] L'histoire du paganisme et celle des religions orientales - forment un appendice à l'histoire des religions. (Note de J.-CH. - BRUNET.) - - [509] Le texte de BRUNET (_Manuel du libr._, t. VI, col. xl) donne - bien Signes, et non: lignes, comme l'indiquent ROUVEYRE, _loc. - cit._, 3e édit., t. II, p. 30, et J. COUSIN, _loc. cit._, p. 69. - - [510] La distinction entre _Rhéteurs_ et _Orateurs_ est trop subtile, - ces deux termes se confondent maintenant trop souvent, pour qu'une - classification spéciale soit attribuée à chacun d'eux. (A. C.) - - [511] Puisqu'il y a ci-dessous deux astérisques devant Asie, trois - devant Afrique, etc., il eût été logique d'en mettre un devant - Europe. (A. C.) - - [512] Le texte de Brunet,--qui, malgré les mérites de - l'imprimeur-éditeur Firmin Didot, est loin d'être aussi correct et - aussi convenablement disposé qu'il le faudrait,--donne ici «Histoire - belgique», et plus bas: «2*. Histoire Belgique». - - [513] Page 265, note 502. - - [514] Voir pp. 223-224. - - [515] Ces registres ou cahiers ne font pas double emploi avec les - fiches du catalogue méthodique. D'abord, dans chaque section de ce - catalogue, les fiches sont rangées d'après leur mot d'ordre, - c'est-à-dire par ordre alphabétique, tandis que les ouvrages sont - inscrits sur les registres ou cahiers des sections dans l'ordre où - ils arrivent; en outre, les registres ou cahiers des sections du - catalogue méthodique servent à fournir, pour chaque _ouvrage_ - nouvellement reçu, le numéro d'ordre à joindre à la cote, de même - que le ou les registres d'entrée (un par format) fournissent, pour - chaque nouveau _volume_, le numéro d'ordre du catalogue - alphabétique; ces registres ou cahiers des sections sont, en - d'autres termes, au catalogue méthodique ce que le ou les registres - d'entrée sont au catalogue alphabétique. Enfin, dans une - bibliothèque publique, les fiches des deux catalogues, renfermées - dans leurs boîtes Bonnange, peuvent être laissées à la disposition - des lecteurs, tandis que le ou les registres d'entrée et les - registres ou cahiers des sections, documents administratifs, restent - à portée de l'employé chargé du catalogage et lui permettent de ne - pas interrompre son travail. - - [516] C'est aussi ce que dit M. LÉOPOLD DELISLE: «... Il conviendra de - distribuer (ces cartes ou fiches) dans les différentes divisions, - subdivisions et paragraphes d'un cadre bibliographique, plus ou - moins détaillé, dont le _Manuel_ de Brunet fournit le modèle le plus - souvent adopté en France. Ce modèle pourra toutefois être simplifié - dans la plupart des cas. Quel que soit le cadre adopté, il est bon - de ne pas pousser le classement méthodique jusqu'aux dernières - ramifications...» (_Instructions élémentaires et techniques pour... - une biblioth._, p. 33.) - - [517] _Loc. cit._, t. VI, col. XV. - - [518] Cf. NAMUR, _Manuel du biblioth._, p. 25. - - [519] Cf. LÉON HENNET, _le Régiment de la Calotte_, Préface, p. I. - (Paris, Libr. des biblioph., 1886.) - - [520] Cf. _Cours de philosophie positive_, _passim_. - - [521] PARENT (aîné), _Essai sur la bibliographie et sur les talens du - bibliothécaire_, pp. 46-50. (Paris, an IX. In-8.) - - [522] FORTIA D'URBAN (marquis de), _Nouveau Système de bibliographie - alphabétique_, 2e édit., précédée par des considérations sur - l'orthographe française... (Paris, 1822. In-12.) - - [523] JÉRÉMIE BENTHAM, _Essai sur la nomenclature et la classification - des principales branches d'art et de science_. (Paris, 1828. In-8.) - Cf. _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI, p. 612. - - [524] NAMUR, _Manuel du bibliothécaire_, pp. 57 et 243-270. - (Bruxelles, 1834. In-8.) - - [525] AIMÉ-MARTIN, _Plan d'une bibliothèque universelle..._ suivi du - _Catalogue des chefs-d'œuvre de toutes les langues_, pp. 538-543. - (Paris, 1837. In-8.) - - [526] Cf. LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Catalogue. - - [527] _Note sur les catalogues de la bibliothèque nationale_, pp. 1-2. - Il s'agit ici des _Imprimés_, de la _salle de travail_, accessible - seulement aux personnes munies de cartes spéciales délivrées par le - secrétariat de la Bibliothèque. Pour la _salle de lecture_, salle - publique, dont les volumes sont distincts de ceux de la _salle de - travail_, la Bibliothèque nationale emploie, comme nous l'avons dit - (p. 260), la classification de Brunet, avec les indices respectifs - A, E, I, O, U pour les cinq grandes classes: Théologie, - Jurisprudence, Sciences et Arts, Belles-Lettres, Histoire. - - [528] Nous avons vu (p. 260) que «la division adoptée pour le - classement des matières» dans les bibliothèques universitaires - (autres que la Sorbonne) est celle de Brunet. Pour le cadre de - classement de la Sorbonne, nous ne donnons non plus que les grandes - lignes: voir le texte complet dans MAIRE, _loc. cit._, pp. 224-229. - - [529] Cf. MAIRE. _loc. cit._, pp. 235-246. - - [530] L. DELISLE, _Instructions élémentaires et techniques pour la - mise et le maintien en ordre des livres d'une bibliothèque_, p. 7. - Ainsi que nous l'avons dit plus haut (p. 260), c'est à ce système de - classement de M. Léopold Delisle, ou bien à la classification - décimale, que, pour une bibliothèque comme la nôtre, n'excédant pas - quinze à vingt mille volumes, nous donnerions la préférence. - - [531] «Il faut bien se pénétrer de l'impossibilité de créer un système - à la satisfaction de tout le monde; les habitudes, les prédilections - pour certaines études, les opinions religieuses et politiques de - chacun y demanderont toujours des changements et même une - interversion complète de l'ensemble.» (CONSTANTIN, _loc. cit._, p. - 163.) - - [532] _Loc. cit._, t. VI, col. xv-xvj.--Le _Congrès bibliographique_ - qui s'est réuni à Paris en 1878, à l'occasion de l'Exposition, avait - émis le vœu qu'une réunion générale des bibliothécaires français eût - lieu l'année suivante, afin de discuter, entre autres questions, - celle de l'adoption d'un système bibliographique uniforme pour - toutes les bibliothèques de France. Cette réunion n'a pas eu lieu, - et ce projet, par conséquent, n'a pu être discuté. (Cf. GRAESEL, - _loc. cit._, p. 432.) La même question d'uniformisation de système - bibliographique est revenue, et sans plus de succès, devant le - _Congrès international des bibliothécaires_, qui s'est tenu à Paris, - en 1900, durant l'Exposition universelle. - - [533] Les Américains ne sont pas les inventeurs de ce mode de - catalogage, qui se trouve signalé et expliqué, dès 1839, dans - CONSTANTIN, _loc. cit._, p. 99: «... Classer méthodiquement tous les - écrits sur un même sujet, et réunir ensuite ces catalogues spéciaux - dans l'ordre alphabétique de la matière qu'ils renferment, sans - établir ni classes, ni divisions, ni subdivisions; c'est-à-dire: - Bible, non à Théologie, mais à la lettre B...; Code, non à - Jurisprudence, mais à la lettre C...», etc. - - [534] L. DELISLE, _Journal des savants_, 1896, p. 160: Decimal - Classification..., pp. 155-170. - - [535] Cf. MARCEL BAUDOUIN, _Revue scientifique_, 21 août 1897, pp. - 235-239: La seconde conférence bibliographique internationale de - Bruxelles en 1897; et CHARLES RICHET, _ibid._, 11 juin 1898, pp. - 749-752: Le projet de la Société Royale de Londres et la - classification décimale. - - [536] L'expression est de M. MARCEL BAUDOUIN, _Revue scientifique_, 30 - mai 1896, p. 681: La classification décimale et les sciences - médicales, pp. 681-686. - - [537] Office international de bibliographie, publication nº 9, - _Classification décimale_, Tables générales abrégées. (Bruxelles, - 1897. In-8, 73 pp.) - - [538] Il est d'usage en typographie de mettre un point après un - chiffre ou nombre servant d'indice et suivi d'un texte (note, - énumération, etc.), d'écrire, par conséquent: 0. Ouvrages - généraux;--1. Philosophie;... 10. Généralités, etc.; mais j'ai tenu - à me conformer autant que possible et strictement au mode de - rédaction et de disposition de l'Office international de Bruxelles: - voir _Classific. décimale_, pp. 29 et suiv. - - [539] Omis dans le texte de l'Office international de Bruxelles, p. - 30. - - [540] Le texte de l'Office international donne: religion naturelles - (_sic_). Je me suis référé ici et plus loin à l'article de M. ED. - SAUVAGE, _Revue scientifique_, 10 septembre 1898, pp. 325-331: - Classification bibliographique décimale. Peut-être faut-il plutôt - lire ici: Théologie _et_ religions naturelles. - - [541] Manque dans le texte de l'Office international, p. 30. Voir ED. - SAUVAGE, _loc. cit._, p. 326. - - [542] _Classific. décimale_, p. 7. - - [543] Cf. _Classific. décimale_, p. 37; et ED. SAUVAGE, _loc. cit._, - p. 327. - - [544] _Loc. cit._, p. 327. - - [545] Cf. ED. SAUVAGE, _loc. cit._, p. 327. - - [546] _Classific. décimale_, p. 18. - - [547] Cf. _Classific. décimale_, p. 19. - - [548] Voir _supra_, pp. 221-222 et 226. - - [549] Tels sont les chiffres qui figurent dans l'exemple donné par la - _Classification décimale_ de l'Office international, p. 19: nous - avons vu, dans notre tableau des formats, p. 77, que l'in-8 raisin a - pour dimensions exactes: 0,162 × 0,25. - - [550] Cf. GRAESEL, _loc. cit._, pp. 467-468. - - [551] L. DELISLE, _Journal des savants_, mars 1896: Decimal - Classification and Relative Index for libraries, by Melvil Dewey... - Cet article est suivi de la mention: «La fin à un prochain cahier». - Cette fin ne se trouve dans aucun des cahiers postérieurement parus. - - [552] F. FUNCK-BRENTANO, _Correspondance historique et archéologique_, - 3e année, nº 26: L'Office international de bibliographie... - - [553] CH.-V. LANGLOIS, _Revue internationale des bibliothèques_, I, - 1896: A propos de l'Institut international de bibliographie. - - [554] H. S. (HENRI STEIN), _Ibid._: La conférence bibliographique - internationale de Bruxelles. - - [555] G. FUMAGALLI, bibliothécaire à l'Université de Naples, _la - Conférence internationale de bibliographie de Bruxelles et le - Répertoire bibliographique universel_. (Document autographié.) - - [556] _Loc. cit._, p. 156. - - [557] _Loc. cit._, p. 508. - - [558] Voir notamment _Revue scientifique_, 30 mai 1896 et 21 août - 1897, art. de M. MARCEL BAUDOUIN;--11 juin 1898, art. de M. CHARLES - RICHET;--10 septembre 1898, art. de M. ED. SAUVAGE.--Voir aussi _la - Bibliographie scientifique_, bulletin trimestriel publié par - l'Institut international de bibliographie scientifique (Première - année: 1895). Rédacteur en chef: MARCEL BAUDOUIN. - - [559] Quoique la première édition, tout à fait rudimentaire, de - l'ouvrage de M. MELVIL DEWEY date de 1876 (_A Classification and - subject Index for cataloging and arranging the books and pamphlets - of a library_.--Amherst, Massachusetts, 1876. In-8 de 44 - pp.--Réédité, modifié et complété en 1885, 1888, 1890 et 1894), la - classification décimale n'a guère été connue en Europe qu'après - 1890, et surtout depuis la Conférence de Bruxelles de septembre - 1895. - - [560] Voir _la Pratique médicale_, journal des maladies des oreilles, - du nez et du larynx, du 1er janvier au 15 juillet 1897. - - [561] _Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 445. - - [562] _Les Livres et leurs ennemis_, p. 9. - - [563] «Ou de toile», ajoute Graesel, _loc. cit._, p. 318. «... - L'essuyage pratiqué au moyen de chiffons de laine ou de linge - secoués à l'extérieur de la salle toutes les fois qu'il en sera - besoin, et fréquemment blanchis,» dit la circulaire en question. - (_Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 445.) - - [564] PEIGNOT, _Manuel du biblioph._, t. II, p. 424;--JULES RICHARD, - _l'Art de former une biblioth._, p. 147;--ROUVEYRE, _Connaissances - nécessaires à un biblioph._, 3e édit., t. I, p. 108. - - [565] _Loc. cit._, p. 147.--Par une singulière contradiction, Jules - Richard, qui proscrit ici la laine et le drap, déclare (p. 56) qu'il - ne blâmera pas les amateurs «si leurs rayons sont confortablement - doublés de drap». Peignot, au moins, a fait amende honorable: voir - _infra_, p. 320, note 567. - - [566] Voir la note suivante. - - [567] «Pour préserver une bibliothèque des vers et autres insectes, on - connoît plusieurs moyens: le premier est celui dont nous avons déjà - parlé, la qualité du bois dont le meuble est fait; le second est une - grande propreté et surtout l'attention continuelle de garantir les - livres de la poussière, parce que non seulement elle ternit les - reliures et leur enlève leur fraîcheur, mais elle favorise le - développement des insectes. Il faut battre les volumes au moins une - fois l'an, et éviter d'employer aucune espèce de lainage dans la - construction intérieure de la bibliothèque. J'ai eu tort de dire, - dans un de mes ouvrages précédens, que l'on pouvoit garnir chaque - rayon d'une bandelette de drap pour garantir de la poussière la - tranche supérieure des livres. Le drap attire les insectes et leur - sert de pâture.» (PEIGNOT, _Manuel du biblioph._, t. II, p. 424.) - - [568] Cf. BLADES, _les Livres et leurs ennemis_, pp. 77 et suiv.;--UN - BIBLIOPHILE (E. MULSANT), _les Ennemis des livres_, - _passim_;--MAIRE, _loc. cit._, pp. 93 et suiv.;--GRAESEL, _loc. - cit._, pp. 319 et suiv. - - [569] _Ap._ BLADES, _loc. cit._, p. 77. - - [570] Cf. _supra_, chap. V, p. 125. «Les reliures en bois, si à la - mode anciennement, offraient aux vers un excellent terrain de - développement, et il est encore facile de constater dans les volumes - qui nous sont parvenus ainsi reliés... les dégâts qu'ils y ont - causés.» (GRAESEL, _loc. cit._, p. 319.) - - [571] _Loc. cit._, pp. 78 et suiv. - - [572] BLADES, _loc. cit._, p. 92, où il faut lire, _germanica_, au - lieu de _germinica_. (Voir Dr HENRI BEAUREGARD, _Nos Bêtes, Animaux - Nuisibles_, p. 32.) - - [573] Voir _Magasin pittor._, 1878, pp. 146 et suiv.: Les Ennemis des - livres. (Série d'articles non signés.) - - [574] _Loc. cit._, p. 93. - - [575] _Loc. cit._, p. 35. Le lepisma est très dangereux pour les - livres, m'assure-t-on, et d'autant plus dangereux qu'il résiste, - paraît-il, aux plus énergiques insecticides. - - [576] _Loc. cit._, p. 321. - - [577] Actuellement (juillet 1901), trois prix, fondés durant le - _Congrès international des bibliothécaires_, tenu à Paris en août - 1900, sont proposés comme récompense des trois meilleurs mémoires - relatifs à la destruction des insectes qui détériorent les livres. - Deux de ces prix, l'un de 1000 francs, l'autre de 500, ont été - institués par Mlle Marie Pellechet, bibliothécaire honoraire à la - Bibliothèque nationale (décédée le 11 décembre 1900); le troisième, - dit prix du Congrès des bibliothécaires, d'une valeur de 1000 - francs, provient d'un donateur anonyme. (Cf. _Mémorial de la - librairie française_, 4 et 11 juillet 1901, pp. 395 et 412.) - - [578] GRAESEL, _loc. cit._, p. 320. - - [579] GRAESEL, _loc. cit._, p. 321. - - [580] R. YVE-PLESSIS, _Petit Essai de biblio-thérapeutique_, p. 11. - Cf. aussi MAIRE, _loc. cit._, p. 91. - - [581] _Loc. cit._, p. 14. - - [582] ALKAN aîné, _les Livres et leurs ennemis_, p. 13. - - [583] R. YVE-PLESSIS, _loc. cit._, pp. 54-55. - - [584] Cf. GRAESEL, _loc. cit._, p. 322. - - [585] LA FONTAINE, _Fables_, III, 8. - - [586] In _Magasin pittor._, 1878, p. 148: Les Ennemis des livres. - - [587] BOUANT, _Dictionn. des connaiss. pratiques_, art. Taches. - - [588] La terre bolaire ordinaire ou bol d'Arménie est une ocre rouge - qui s'extrait par le lavage de certains sables très abondants en - Arménie et dans l'île de Lemnos. (Larousse, _Grand Dictionn._, art. - Bol.) On sait que la principale propriété de l'argile sèche est - d'absorber l'eau avec avidité. Diverses terres argileuses (les - argiles _smectiques_), avides de matières grasses, sont employées au - dégraissement des draps. (BOUANT, _Dictionn. des sciences usuelles_, - art. Argile.) On pourrait les employer de même au dégraissement des - papiers et des livres. - - [589] J. COUSIN, _De l'organisation... des biblioth..._, p. 165. - - [590] Cf. RIS-PAQUOT, _Guide pratique du restaurateur de tableaux... - de livres_, p. 244. - - [591] Cf. J. COUSIN, _loc. cit._, pp. 165-166. - - [592] L'humidité, avons-nous dit dans le chap. VII, p. 198, est la - grande ennemie des livres: voir à cet endroit les moyens de la - combattre. - - [593] Cf. J. COUSIN, _loc. cit._, p. 167. - - [594] Cf. BONNARDOT, _Essai sur l'art de restaurer les estampes et les - livres_, in _Magasin pittor._, 1877, p. 46. Voir aussi ANTONY MÉRAY, - _Quelques moyens faciles de restaurer les vieux livres_, in - _Annuaire du bibliophile_, 1862, pp. 79-92. - - [595] RIS-PAQUOT, _loc. cit._, p. 244. - - [596] ANTONY MÉRAY, _loc. cit._, pp. 84-85. - - [597] Cf. J. COUSIN, _loc. cit._, p. 167. - - [598] Cf. GASTON TISSANDIER, _Recettes et procédés utiles_, pp. - 112-115. - - [599] ANTONY MÉRAY, _loc. cit._, p. 89. - - [600] ID., _ibid._ - - [601] _Magasin pittor._, 1877, p. 46: Conseils pour la réparation des - livres. - - [602] BOUANT, _loc. cit._, art. Taches. - - [603] Cf. G. TISSANDIER, _loc. cit._, p. 115; et J. COUSIN, _loc. - cit._, p. 168. - - [604] J. COUSIN, _loc. cit._, p. 168. - - [605] ROUVEYRE, _loc. cit._, t. VIII, p. 161. - - [606] G. TISSANDIER, _la Science pratique_, p. 94. - - [607] J. COUSIN, _loc. cit._, p. 168. - - [608] _Annuaire du bibliophile_, 1862, p. 83. - - [609] C'est-à-dire jaunâtre. - - [610] J. COUSIN, _loc. cit._, p. 168. - - [611] _Loc. cit._, pp. 168-169. - - [612] Nous l'avons donné également: voir chap. V, p. 152. - - [613] Ou mieux _serpente_. Cf. LITTRÉ, HATZFELD, etc. - - [614] _Loc. cit._, p. 13. - - [615] Voir chap. V, p. 141. - - [616] Cf. les changements de couleur produits sur les papiers modernes - par la lumière naturelle et la lumière artificielle, _supra_, chap. - II, pp. 58 et suiv. - - [617] BLADES, _loc. cit._, p. 33. Cf. GRAESEL, _loc. cit._, pp. 40 et - 60. Si le gaz d'éclairage attaque et détruit le cuir des reliures, - il semble, d'après les expériences d'un savant allemand, M. Wiesner, - avoir, à distance raisonnable, peu d'action sur la constitution et - la blancheur du papier. Voir un résumé de ces expériences dans le - journal _la Nature_, 1er octobre 1892, pp. 286-287: «... Il (M. - Wiesner) avait précédemment observé que du papier à pâte de bois, - exposé pendant quatre mois à 75 centimètres d'un bec de gaz de huit - bougies, n'avait pas plus été décoloré qu'après deux heures - d'exposition directe au soleil. Il a exposé ce même papier, le plus - répandu pour les publications actuelles, dans une chambre éclairée - au gaz et mal ventilée: après 5400 heures d'exposition, la - température n'ayant pas dépassé 21 degrés centigrades, il reconnut, - que les gaz non brûlés, seuls ou mélangés à de l'oxygène, n'avaient - eu aucune action sur le papier... M. Wiesner conclut que l'éclairage - au gaz peut être maintenu, sans danger de détérioration pour les - livres, dans les bibliothèques. Il va sans dire que cette conclusion - n'exclut pas l'emploi de la lumière électrique, qui, sans influer - plus que le gaz sur l'état physique et la coloration du papier, a - sur lui l'avantage de réduire dans une très forte proportion les - risques d'incendie.» Voir aussi dans le _Mémorial de la librairie - française_, 29 novembre 1900, p. 633, une note analogue à la - précédente, et d'où il résulte également que, relativement à - l'altération de la couleur des papiers: «La lumière solaire est la - plus active, le gaz l'est moins, et la lumière électrique a peu - d'influence, par suite de la moindre proportion de rayons chimiques - qu'elle renferme ». - - [618] P. L. JACOB (Paul Lacroix), _les Amateurs de vieux livres_, p. - 40. - - [619] _Ap._ ROUVEYRE, _loc. cit._, t. VIII, p. 86. - - [620] _Ibid._ - - [621] _Le Commerce des livres anciens_, in _Miscellanées bibliogr._, - t. II, pp. 75-76. - - [622] _Loc. cit._, p. 76. - - [623] _Ibid._, pp. 76-77. - - [624] La tradition accuse Henri III d'avoir découpé dans quantité de - missels et manuscrits des miniatures et des lettres peintes «pour en - orner de petites chapelles ou pour en former des reposoirs... - Maintenant que ces livres vénérés sont réputés offrir, ce qu'ils - offrent en effet, l'histoire de l'art au moyen âge et même durant la - Renaissance, le mal apparaît dans ses vraies proportions et fait - maudire les auteurs inconnus de ces détestables pilleries, comme on - eût dit au temps de Montaigne. Plusieurs personnages de la cour (de - pareils livres ne pouvaient appartenir qu'à des grands seigneurs) - imitèrent, dit-on, Henri III; c'est ce qui explique bien souvent ces - lacérations si douloureuses pour des yeux éclairés, alors que l'on - essaye de reconstituer une histoire de l'art au moyen âge, dont ces - splendides volumes sont, après tout, les uniques dépositaires.» - (_Magasin pittor._, 1876, p. 27: Les Ennemis des livres.--Cf. - FERDINAND DENIS, _Histoire de l'Ornementation des manuscrits_, p. - 125. Paris, Curmer, 1857. In-4.) - - [625] W. BLADES, _loc. cit._, p. 112. - - [626] _Loc. cit._, p. 113. - - [627] «Lamartine, qui en arrachait les feuillets (de ses livres), - lorsqu'il avait une citation à intercaler dans ses manuscrits.» - (LUCIEN DESCAVES, _le Sort des livres_, in _le Livre à travers les - âges_, p. 27.) - - [628] Victor Fournel est l'auteur, sous le pseudonyme d'Edmond - Guérard, d'un _Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes_ (Paris, - Didot, 1872; 2 vol. in-12), et c'est sans doute pour la confection - de ce recueil qu'il massacra ainsi nombre de volumes de sa - bibliothèque. - - [629] _L'Art de classer les notes_, p. 36. - - [630] GUYOT-DAUBÈS, _loc. cit._, p. 37. - - [631] Il me paraît très probable que ni le médecin Camille Falconet - (1671-1762), ni le sculpteur Étienne Falconet (1716-1791), n'est - coupable de ce barbare moyen de _quintessencier_ les livres, qu'on - leur a confusément attribué à l'un et à l'autre. VICTOR FOURNEL - (EDMOND GUÉRARD) raconte cette anecdote, précisément dans le - _Dictionnaire_ (t. I, p. 147) dont nous venons de parler, mais il - n'ajoute au nom de Falconet aucun prénom ni aucune épithète. Il - indique comme référence Panckoucke; mais ce nom isolé est - insuffisant pour nous renseigner. M. GUYOT-DAUBÈS (_loc. cit._, p. - 37) accuse nettement, d'ailleurs sans preuve aucune ni indication de - source, «le célèbre médecin Falconet». Pour M. FERTIAULT (_les - Légendes du livre_, p. 200), le coupable serait Étienne Falconet, - qui «se rappelait sans doute avec terreur les 45 000 volumes de son - oncle Camille, le médecin. C'est Dalembert qui conte le fait», - ajoute M. Fertiault. D'abord, ainsi que JAL le démontre - (_Dictionn._, art. Falconet), rien ne prouve les relations de - parenté entre Étienne et Camille Falconet; tout porte à croire, au - contraire, qu'ils n'appartenaient pas à la même famille. Ensuite, si - Dalembert «conte le fait», il n'en nomme pas l'auteur. Voici le - texte de DALEMBERT (_Encyclopédie_, t. II, p. 228, col. 2, art. - Bibliomanie): «J'ai ouï dire à un des plus beaux esprits de ce - siècle qu'il était parvenu à se faire, par un moyen assez singulier, - une bibliothèque très choisie, assez nombreuse, et qui pourtant - n'occupe pas beaucoup de place. S'il achette (_sic_), par exemple, - un ouvrage en douze volumes où il n'y ait que six pages qui méritent - d'être lues, il sépare ces six pages du reste, et jette l'ouvrage au - feu. Cette manière de former une bibliothèque m'accommoderait - assez,» conclut Dalembert. Le médecin Camille Falconet, qui était un - très obligeant érudit, possédait une «immense bibliothèque (elle - renfermait 45 000 volumes, dont 11 000 entrèrent à la Bibliothèque - du roi...). Elle était au service de tout le monde... Sa méthode - était d'écrire ses observations sur des cartes (fiches). Il en - laisse au moins 90 000, dont la plupart doivent être très - curieuses.» (GRIMM, _Corresp. litt._, février 1762, t. V, pp. 46-47. - Paris, Garnier, 1878.) Voir aussi DIDEROT, _Œuvres compl._, t. XIII, - p. 463, _Encyclop._, art. Biblioth., Paris, Garnier, 1876.--A notre - connaissance, aucun contemporain de Camille Falconet ne fait de lui - un massacreur de livres, un biblioclaste, _au contraire_. Ce sont - sans doute ses 90 000 fiches, soigneusement confectionnées par lui - et léguées à son ami Lacurne de Sainte-Palaye (Cf. HOEFER, - _Biographie génér._, art. Falconet), qui ont fait croire qu'il - s'agissait, non de résumés, de réflexions ou d'extraits copiés à la - main, mais d'extraits réels, de pages lacérées et enlevées. Telle la - singulière confusion qui attribue à Buffon l'habitude d'écrire non - seulement en jabot de dentelle et manchettes brodées,--ce qui - n'offre rien d'impossible ni de bien surprenant,--mais _sur_ ses - manchettes amidonnées; plutôt que l'habitude d'écrire sur les marges - ou _manchettes_ de son papier tout simplement. - - [632] GUSTAVE BRUNET, _Fantaisies bibliogr._, p. 253. - - [633] _Annuaire du bibliophile_, 1861, p. 215. - - [634] Chap. III, p. 34. - - [635] Chap. VIII, pp. 100-101. - - [636] _Loc. cit._, p. 105. - - [637] Sur la tendance qu'ont les relieurs à trop rogner les livres, - cf. _supra_, chap. V. pp. 154 et suiv. - - [638] Voir _supra_, chap. I, pp. 30 et suiv. - - [639] «... Comment ignorer aujourd'hui que, de siècle en siècle, des - milliers de pots de confiture ont été hermétiquement fermés aux - dépens des documents historiques les plus secrets ou les plus - importants? La correspondance du cardinal de Granvelle (l'heureux - confident de Charles-Quint), qui ne compte pas moins de quatorze - gros volumes publiés par ordre de Guizot, en aurait offert plus de - vingt aux âges futurs, si les ménagères d'un antique château de la - Franche-Comté n'avaient pas eu plus de sollicitude pour leurs pots - de conserves que pour des souvenirs diplomatiques écrits sur vieux - parchemin.» (_Magasin pittor._, 1875, p. 307: Les Ennemis des - livres.) - - [640] Cf. in _Magasin pittor._, années 1873, 1875, 1876, 1878, cette - suite d'articles anonymes humoristiques, auxquels je viens encore de - faire un emprunt: Les Ennemis des Livres. - - [641] RICHARD DE BURY, _Philobiblion_, chap. IV, pp. 39-40, trad. - Cocheris. Voici quelques versets de ce XXVe chapitre de - _l'Ecclésiastique_: - - «Toute malice est légère au prix de la malice de la femme: qu'elle - tombe en partage au pécheur. - - «La femme a été le principe du péché, et c'est par elle que nous - mourons tous. - - «Ne donnez point à l'eau d'ouverture, quelque petite qu'elle soit, - ni à une méchante femme la liberté de se produire au dehors. - - «Si vous ne l'avez comme sous votre main lorsqu'elle sort, elle vous - couvrira de confusion à la vue de vos ennemis.» - - En revanche, le chapitre suivant (XXVIe) de _l'Ecclésiastique_ parle - très élogieusement et en fort beaux termes de la femme vertueuse, et - offre ainsi la contre-partie du XXVe: - - «La femme vertueuse est un excellent partage, c'est le partage de - ceux qui craignent Dieu, et elle sera donnée à un homme pour ses - bonnes actions. - - «Qu'ils soient ou riches ou pauvres, ils auront le cœur content, et - la joie sera en tout temps sur leurs visages.» - - Etc., etc. - - [642] O. UZANNE, _Zigzag d'un curieux_: Les Femmes bibliophiles, p. - 30. - - [643] P. EUDEL, _le Truquage_: Livres et Reliures, p. 275. - - [644] _Bouquiniana_, pp. 36 et 94. - - [645] Préface du catalogue de sa bibliothèque, in _le Temps_, 25 - février 1901. - - [646] _Ap._ UZANNE, _loc. cit._, p. 31. - - [647] _Magasin pittor._, 1875, p. 262, _loc. cit._ - - [648] _Loc. cit._, p. 15. - - [649] Il n'y a en effet rien d'absolu ici-bas, et il convient de - rappeler, comme correctif et exemples de femmes bibliophiles, les - noms d'Anne de Bretagne, de Catherine de Médicis, de la marquise de - Pompadour, de la comtesse de Verrue (la dame de Volupté), de la - vicomtesse de Noailles, des duchesses de Raguse et de Mouchy, de - Mlle Dosne, de Mlle Marie Pellechet surtout, à qui ses importants - travaux sur les incunables ont valu le titre (qui n'avait été - décerné à aucune femme avant elle) de bibliothécaire honoraire à la - Bibliothèque nationale; etc. (Cf. MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 43-44; - _Mémorial de la librairie française_, 4 juillet 1901, p. 395; et - surtout ERNEST QUENTIN-BAUCHART, _les Femmes bibliophiles de - France_, Paris, Morgand, 1886; 2 vol. in-8.) - - [650] D'après LORENZ, _Catalogue général_, cet ouvrage, qu'il ne faut - pas confondre avec les articles anonymes publiés sous le même titre - dans _le Magasin pittoresque_, a pour auteur Mulsant (Étienne). - - [651] ALKAN aîné, _loc. cit._, p. 15. - - [652] Pour aider au maintien de cette horizontalité, on peut glisser, - sous la partie de droite du volume que l'on coupe, un livre moins - épais que lui de moitié environ, livre qu'on fera ensuite passer - sous la partie de gauche, lorsque celle-ci, au fur et à mesure de - l'opération, diminuera d'épaisseur. - - [653] 1875, pp. 262-263. - - [654] Sauf, comme nous le disons plus loin, pour les volumes tirés sur - papier du Japon. (A. C.) - - [655] _Essai sur la lecture_, p. 364. - - [656] Psaume XIV, 2. - - [657] _Deutér._, chap. XXXI, § IV, 26. - - [658] Allusion à ces mots: «On lui présenta le livre du prophète - Isaïe, et, l'ayant ouvert, il trouva le lieu où ces paroles étaient - écrites... Ayant fermé le livre, il le rendit au ministre et - s'assit.» (_Évangile selon saint Luc_, chap. IV, § 11, 17 et 20.) - - [659] RICHARD DE BURY, _Philobiblion_, chap. XVII, pp. 143-148, trad. - H. Cocheris. - - [660] GRAESEL, _loc. cit._, p. 407--A propos des livres des - bibliothèques publiques et de leur malencontreux sort, on ne lira - pas sans intérêt les réflexions suivantes de M. HENRI BERALDI - (_Voyage d'un livre à travers la Biblioth. nation._, p. 28): ... - «D'une façon générale, plaignons le livre mis en service public. On - a décrit les ravages exercés sur les bibliothèques par les rats, les - vers, les petites bêtes. Il faut, hélas! y joindre les désordres - graves causés par ce gros microbe qui s'appelle l'homme, brutal, - sans soin, et pas toujours très propre; désordres qui finissent par - faire périr le livre d'une véritable cachexie de surmenage. Le - _processus_ de cette redoutable affection est tel: décoloration du - maroquin par exposition au grand jour, bris du dos, éraillure des - nerfs, cassure des coins, salissure de la tranche de gouttière par - les pouces; à l'intérieur, taches d'encre, plis et cassures du - papier par un maniement sans égards; puis, sur les marges, aux - passages les plus consultés, accumulation d'une noirâtre couche de - crasse confluente; c'est la gangrène, précédant les accidents - ultimes, les déchirures bientôt multiples que nulle chirurgie, nulle - biblioplastie ne saurait réparer.» - - [661] Vol. XI, nº 4, avril 1886, pp. 117-118. - - [662] La traduction donnée par GRAESEL (_ibid._) est très incomplète. - La _Grande Encyclopédie_ (art. Bibliophilie, t. VI, p. 644) en a - publié une plus complète, mais qui n'est pas toujours exacte. - - [663] _Don't stand your books on the fore-edge._ - - [664] Ce qui risque de casser ou de faire gauchir le dos. - - [665] Recommandation contestée.--Sur les reliures en cuir de Russie, - voir _supra_, chap. V, p. 131, et chap. IX, p. 338. - - [666] _Grande Encyclop._, art. Bibliophilie, t. VI, p. 644. - - [667] Cité par PH. DE GRANDLIEU [LÉON LAVEDAN] in _le Figaro_ du 26 - août 1879, p. 1, col. 2. Je n'ai pas trouvé cette anecdote dans les - historiens contemporains de saint Louis, notamment dans Joinville. - - [668] Numéro de septembre 1898, p. 191. - - [669] Pages 312-313. - - [670] _Ibid._ - - [671] Cf. ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, t. - III, p. 19. - - [672] Conférence faite à Nancy par M. BROUARDEL, doyen de la Faculté - de médecine de Paris, sur les causes de la propagation de la - tuberculose. (_L'Indépendance de l'Est_, 26 mars 1900.) - - [673] _Revue encyclop._, 14 juillet 1900 (l'Actualité), p. 110. Voir - aussi ce que nous avons dit, chap. I, p. 29. à propos des cabinets - de lecture. - - [674] Page 77. - - [675] - - Eh! depuis quand un livre est-il donc autre chose - Que le rêve d'un jour qu'on raconte un instant;... - Un ami qu'on aborde, avec lequel on cause, - Moitié lui répondant, et moitié l'écoutant? - - (A. DE MUSSET, _Premières Poésies_: Namouna, I, 7, p. 335. Paris, - Charpentier, 1861. In-18.) - - [676] _Fantaisies bibliogr._, p. 264. - - [677] SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. II, p. 170. Et cet homme qui - passe pour avoir «le plus lu» et qui possédait, comme particulier, - la plus vaste bibliothèque qu'on pût voir, savez-vous ce qu'il - pensait des livres? «Il prétendait que tout ce qui fut jamais écrit - depuis que le monde est monde pourrait tenir dans _neuf ou dix - in-folio_, si chaque chose n'avait été dite qu'une seule fois. Il en - exceptait les détails de l'histoire...» (ID., _ibid._) - - [678] GUSTAVE BRUNET, _loc. cit._, p. 251; voir aussi pp. 266-267. Sur - les «annotations manuscrites sur les livres», cf. CHARLES NODIER, - _Mélanges tirés d'une petite bibliothèque_, pp. 49-56; et MAIRE, - _loc. cit._, p. 286. - - [679] JULES RICHARD, _loc. cit._, p. 31. - - [680] - - Sacrés ils sont, car personne n'y touche. - - (VOLTAIRE, _le Pauvre Diable_.--Œuv. compl., édit. du _Siècle_, t. - VI, p. 601.) - - [681] MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 365-366. - - [682] La brachygraphie (de βραχὺς, bref et de γράφω, j'écris) est - l'art d'écrire par abréviation. Voir, pour les sigles, notes - tironiennes et autres systèmes brachygraphiques anciennement en - usage, le _Dictionnaire des abréviations latines et françaises - usitées dans les inscriptions lapidaires et métalliques, les - manuscrits et les chartes de moyen-âge_, par L.-ALPH. CHASSANT, - paléographe. Paris, Aug. Aubry, 3e édit., 1866, LII-170 pp. Pour les - différentes abréviations modernes dont il est question ci-après, - consulter les manuels de typographie de Lefevre, Desormes, Leclerc, - etc.; et les traités spéciaux: grammaire, géographie, chimie, - botanique, etc. - - [683] Voir sur ce mot _infra_, p. 395, note 691. - - [684] Comme exemple des erreurs et bévues auxquelles peuvent donner - lieu les abréviations exagérées, on cite la mésaventure arrivée à - l'helléniste Gail (1755-1829), lorsqu'il composa l'index - bibliographique de son édition d'Anacréon. Rencontrant dans un - catalogue l'annonce d'un exemplaire des _Odes_ de ce poète, suivie - de la mention _e. bro._, au lieu de traduire cette mention, ainsi - qu'il le fallait, par _exemplaire broché_, il la prit pour un nom de - ville, et indiqua l'édition de cet exemplaire comme imprimée à - _Ébro_. De là et d'autres bourdes pareilles, des lazzis sans nombre - sur le malheureux savant. Les critiques d'outre-Rhin lui décochèrent - l'épithète latine de _socors_, que de mauvais plaisants traduisirent - par _sot corps_, et le terrible Paul-Louis de déclarer, dans une - lettre à son futur beau-père, que Gail lui «paraît trop sot pour - être ridicule». (Cf. _Curiosités littéraires_, p. 286, Paris, - Paulin, 1845, petit in-8, s. n. d'aut.; et P.-L. COURIER, lettre à - M. Clavier, datée de Rome, du 13 octobre 1810. _Œuvres_, p. 548. - Paris, Didot, 1865; in-18. - - [685] Voir sur ce mode de reproduction des livres et des estampes - _supra_ chap. IV, p. 108, note 231. - - [686] Voir sur ce mot chap. V, p. 127. - - [687] Cf. _supra_, p. 73, note 174. - - [688] Ainsi que nous l'avons dit ci-dessus (p. 383, 2º), cette forme - d'abréviation, quand elle se rapporte à un mot masculin singulier, - devrait être rejetée comme inutile: autant vaut écrire en toutes - lettres _jaspé_ que _jasp._ D'autre part, l'abréviation _jas._ - «n'exprimant pas la consonne _p_, qui appartient à la syllabe non - énoncée» (cf. p. 384, 3º), n'est pas régulière: resterait donc - seulement comme abréviation possible de _jaspé_ la lettre _j_, qu'on - peut avec grande raison considérer comme trop incertaine et vraiment - insuffisante. C'est ce qui explique et ce qui justifie encore une - fois (cf. p. 383, 2º) les abréviatifs _jasp._ ou _jas._ Cette - remarque s'applique à plusieurs autres des abréviations ci-dessus: - _lig._ pour _ligne_, _orn._ pour _orné_, _tit._ pour _titre_, etc., - etc. - - [689] Mentionné par ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un - bibliophile_, 3e édit., t. I, p. 132; et 5e édit., t. II, p. 120. - - [690] Il est à remarquer que _ms._ (abréviation du substantif - singulier manuscrit) se termine par un point, ainsi que toutes les - autres abréviations qui, comme on le voit dans la présente liste, - laissent le mot inachevé, brusquement interrompu; mais que _mss_ - (abréviation du substantif pluriel manuscrits), au contraire, n'est - pas suivi de point: «au pluriel, _mss_, sans point final» (LECLERC, - _loc. cit._, p. 156); «pluriel _mss_, sans point final» (_Règles - typographiques... Hachette_, p. 50); cf. aussi MAIRE, _loc. cit._, - p. 278. Voici la raison de cette règle: dans _ms._ (abréviation de - manuscrit, au singulier) l'_s_ finale correspond à l'_s_ médiale du - mot (manus) après laquelle la coupure a été faite: donc il faut - mettre un point après cette lettre, comme après toute coupure de - mot; dans _mss_ (abréviation de manuscrits, au pluriel), la seconde - _s_, l'_s_ finale de l'abréviation, correspond à l'_s_ finale du - mot: donc pas de point après cette lettre, puisqu'il n'y a pas là - coupure de mot. L'abréviation du mot _portrait_, que nous verrons - plus loin, rentre dans le même cas: _ptr._ (portrait, au singulier), - _ptrs_ (sans point final, pour portraits, au pluriel). De même - _saint_ et _saints_: _St_ et _Sts_ (sans point final). Manuscrit, - adjectif, suit la même règle que manuscrit, substantif: _n. ms._, - note manuscrite; _n. mss_ (sans point final), notes manuscrites. - - [691] C'est-à-dire tranches dont le dessin en couleur représente des - dents de peigne: ce dessin est d'ailleurs effectué au moyen d'un - peigne à dents de cuivre. Il y a aussi des papiers _peigne_; on les - emploie surtout, ainsi que d'autres papiers de couleur dits - _escargot_ ou _tourniquet_, _paon_ ou _queue de paon_, etc., comme - feuillets de garde des livres. Voir sur la fabrication des papiers - _peigne_, _escargot_, etc., BLANCHON, _l'Art et la Pratique en - reliure_, pp. 73-79. - - [692] Voir la note relative à médium, _supra_, p. 393, note 689. - - [693] _Vieux style_ se dit, en chronologie, de la manière de compter - les jours de l'année avant la réforme opérée par Grégoire XIII en - 1582, et qui est encore suivie dans les pays de religion orthodoxe, - notamment en Grèce et en Russie. On dit, par opposition, _nouveau - style_, pour la façon de compter depuis cette époque. Le vieux style - est actuellement (1901) en retard de treize jours sur le nouveau; - ainsi le 1er janvier, dans le vieux style, est le 14 janvier dans le - nouveau. - - [694] Voir sur ce mot chap. V, p. 127. - - [695] Voir sur ce mot p. 395, note 691. - - [696] L'abréviatif V. a l'inconvénient de se confondre avec le chiffre - romain V. - - [697] Voir la note 696 de la page précédente. - - [698] Cf. PETIT-RADEL, _Recherches sur les biblioth._, pp. 184 et 185. - - [699] L'_errata_ se met ordinairement à la fin du volume, après la - table. «Il serait sans doute plus convenablement en place au - commencement, après le frontispice comme avertissement essentiel au - lecteur; mais, à cause de leur effet, de prime abord jugé fâcheux, - on préfère reporter--pour ne pas dire dissimuler--ces indications - tout à l'extrémité du volume.» (LECLERC, _loc. cit._, pp. 255-256.) - Sur les _errata_, voir LALANNE, _Curiosités bibliogr._, pp. 272-282; - et A.-F. DIDOT, _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI. col. - 675-676. - - [700] Voir le _Dictionnaire de géographie ancienne et moderne à - l'usage du libraire et de l'amateur de livres_, par UN BIBLIOPHILE - (PIERRE DESCHAMPS), supplément du _Manuel du libraire_ de BRUNET, - œuvre d'une patiente et solide érudition, et d'une importance - capitale pour la géographie bibliographique (796 pages in-8: 1592 - colonnes). Voir aussi le _Grand Dictionnaire de la langue - latine..._, par le docteur G. FREUND, et le _Dictionnaire - latin-français des noms propres de lieux_, par l'abbé CHEVIN (Paris, - Retaux, s. d. In-18). Ce dernier ouvrage est insuffisamment - documenté et très incomplet. - - [701] Le terme auquel il est renvoyé est généralement le plus - important et le plus usité. - - [702] Cf. _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 octobre 1896, col. - 463. - - [703] _Grande Encyclop._, art. Chiffres. - - [704] Il s'agit probablement de PLINE L'ANCIEN; cf. son _Histoire - naturelle_, XXXIII, 47: «Non erat apud antiquos numerus ultra centum - millia», etc. - - [705] Cf. LECLERC, _loc. cit._, p. 183. - - [706] Cf. NAMUR, _Manuel du biblioth._, p. 188. - - [707] J. COUSIN, _De l'organisation... des biblioth._, p. 104. - - [708] NAMUR, _loc. cit._ - - [709] Et ces énigmes sont parfois, non pas en chiffres, mais en vers. - En voici une qui termine le _Doctrinal du temps présent_, par Pierre - Michault, secrétaire du duc Charles de Bourgogne; nous en - reproduisons l'orthographe et la disposition: - - «Vn trepier et quatre croissans - Par six croix auec sy nains faire - Vous feront estre congnoissans - Sans faillir de mon miliaire. - Cy fine le doctrinal du temps present - Imprime par Colard Mansion a Bruges.» - - Par un trépied, l'auteur entend une M; par quatre croissants, quatre - C; par six croix, six X; et par six nains, six I. Ce qui donne: M - CCCC XXXXXX IIIIII (1466). (Cf. NAMUR, _loc. cit._, pp. 192-193, et - BRUNET, _Manuel du libr._, t. III, col. 1699.) - - [710] _Ap._ LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Chiffre, t. IV, p. 98, - col. 4. Lemare cite à l'appui de ses critiques l'édition des - _Maximes_ de La Rochefoucauld, de Firmin Didot, où les 504 maximes - de ce recueil (plus trois suppléments: voir l'édition in-18, Paris, - 1858) sont précédées chacune d'un numéro d'ordre exprimé en chiffres - romains. On y lit des nombres comme ceux-ci: CCCC XXX VIII, CCCC LXX - VII, CCCC LXXX VIII, etc. Ne vaudrait-il pas mieux écrire tout - simplement: 438, 477, 488, etc., et ne pas obliger le lecteur à - faire des calculs aussi fastidieux? - - [711] Cf. _supra_, p. 238, ce que nous avons dit des noms composés où - entre le mot _saint_: Saint-Valery-sur-Somme, église Saint-Sulpice, - etc. - - [712] Sur l'avantage qu'il y a à joindre les prénoms ou leurs - initiales par un trait d'union, voir _supra_, p. 247, note 468 (p. - 248). - - [713] Cf. _supra_, chap. VIII, p. 229. - - [714] «Le nombre total des ouvrages de bibliographie a été évalué à - 20 000 par quelques bibliographes» (E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._, - art. Bibliographie, t. VI, p. 608, col. 2.) La bibliothèque - nationale en possède 14 601. (L. DELISLE, _Catalogue général des - livr. impr. de la Biblioth. nation._, t. I, Introduction, p. L.) - - [715] En pareil cas, et selon le judicieux avis de LITTRÉ, «la chose - nécessaire est, non pas d'être complet, ce qui est impossible, mais - de fournir un fonds solide de renseignements sûrs». (_Ap._ - DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._, préface, p. xj.) - - [716] «Nullum esse librum tam malum, ut non aliqua parte prodesset.» - (PLINE L'ANCIEN _ap._ PLINE LE JEUNE, _Epist._, lib. III, 5.) - - [717] C'est-à-dire paraissant tous les deux mois. Le _Grand - Dictionnaire_ de LAROUSSE traduit abusivement l'adjectif _bimensuel_ - par «qui se reproduit ou paraît deux fois par mois». _Bimensuel_ - signifie qui se fait ou paraît _tous les deux mois_, par opposition - à _semi-mensuel_, qui s'applique à ce qui se fait, qui paraît _deux - fois par mois_. LITTRÉ, dans le supplément de son _Dictionnaire_, - ajoute cette remarque: «C'est une erreur de prendre bimensuel pour - exprimer deux fois par mois. Bisannuel signifie, non pas deux fois - par an, mais qui se fait tous les deux ans, qui dure deux ans...» - Bimensuel, qui correspond à bisannuel, ne doit donc pas signifier - non plus deux fois par mois, mais qui se produit ou paraît tous les - deux mois, qui dure deux mois. - - [718] Régulièrement, c'est en tête du livre que doit se placer la - table des matières, de même que c'est en tête des chapitres que se - place le sommaire, c'est-à-dire la table des matières afférente à - chaque chapitre: tel est l'avis des plus compétents bibliographes, - et telle est la méthode suivie par eux. Cf. PETIT-RADEL, _Recherches - sur les bibliothèques_, p. V;--LALANNE, _Curiosités - bibliographiques_, p. V;--MAIRE, _Manuel pratique du - bibliothécaire_, p. IX;--GRAESEL, _Manuel de bibliothéconomie_, p. - XV;--MOURAVIT, _le Livre_, p. XVII. «Voulant joindre, dit ce - dernier, le précepte à l'exemple jusque dans les dispositions - matérielles de notre livre, nous avons, suivant un antique usage, - rétabli en tête de ce volume la table analytique des matières, qui - renferme le dessein et le plan de l'auteur (toutes choses que le - lecteur veut et doit tout d'abord connaître), tandis que nous avons - rejeté à la fin la table alphabétique, à laquelle on ne recourt que - pour les recherches.» Malgré ces excellentes raisons et ces - autorités, nous avons cru devoir enfreindre cette règle: la préface, - elle aussi,--son nom l'indique,--est faite pour être mise en tête du - livre; la nôtre renferme précisément, comme on a pu le constater, - l'exposé de notre «dessein» et le résumé de notre «plan», et il nous - a semblé que, placée immédiatement à sa suite, notre table des - matières disparaîtrait derrière elle et ferait avec elle en quelque - sorte double emploi. Nous avons donc rejeté cette table où l'on est - accoutumé maintenant de l'aller chercher, à la fin du volume, après - l'index alphabétique. - - - - -TABLE DES MATIÈRES[718] - - - Préface VII - - Chapitre I. --L'AMOUR DES LIVRES ET DE LA LECTURE 1 - - Le livre d'autrefois et le livre d'aujourd'hui.--Concurrence faite - au livre par le journal;--par les sports.--Le livre, «la passion - des honnêtes gens».--Résumé historique et succincte anthologie de - l'amour des livres et de l'amour des Lettres.--Attraits extérieurs - du livre: leur importance.--On ne lit bien qu'un livre qui vous - appartient.--Dangers des livres empruntés.--Faut-il en prêter? - --Opinions diverses sur les «prêteurs» et les «non-prêteurs». - --«Garder un livre, ce n'est pas voler.» - - Chapitre II. --LE PAPIER 37 - - Importance du papier: élément essentiel du livre.--Tirages à part - effectués pour les bibliophiles.--Historique, fabrication et - consommation du papier.--Papiers anciens et papiers modernes;--à la - forme et à la mécanique.--Papier collé, non collé, demi-collé. - --Papier glacé, satiné.--Papier couché.--Inconvénients et dangers - des papiers trop glacés et des papiers à fond rouge: «Ménagez vos - yeux!»--Papiers de luxe: vergé, hollande, Whatman, vélin, chine, - japon, parchemin.--Papiers divers: serpente, pelure, joseph, etc. - --Carton, bristol.--Mauvaise qualité de la plupart des papiers - modernes. - - Chapitre III. --LE FORMAT 65 - - Ce qu'on entend par _format_.--Ce que signifient les mots _tome_, - _volume_, _exemplaire_, _tirage_, _édition_, _édition princeps_, - _incunables_, etc.--Il serait préférable de désigner les formats - par leurs dimensions métriques, et non plus par les termes - archaïques: jésus, raisin, écu, etc., et in-octavo ou in-huit, - in-douze, in-seize, etc.--Confusion des formats.--Dimensions - métriques des principaux formats des livres.--Imposition. - --_Signatures_ et _réclames_.--Tableau des signatures.--Formats - de classement adoptés par les bibliothèques universitaires: grand, - moyen, petit;--par la Bibliothèque nationale.--Formats des - premiers livres.--Formats les plus appréciés par les lecteurs. - --Le plus commode et le meilleur des formats.--Concordance des - formats avec les matières traitées dans les livres. - - Chapitre IV. --L'IMPRESSION 95 - - Méfiez-vous des livres imprimés en caractères trop fins.--Le - _point_ d'imprimerie.--Caractères: _romain_, _elzevier_, - _italique_.--Caractères de fantaisie: _allongée_, _alsacienne_, - _antique_, _classique_, etc.--Casse.--Police des lettres.--Encre - d'imprimerie.--Tirage: empreintes et clichés.--Plus de - correcteurs.--Millésime.--Foliotage.--Inconvénient des lignes - trop longues.--Encore une fois: «Gare à vos yeux!» - - Chapitre V. --LA RELIURE 119 - - Faut-il faire relier les livres?--Avantages et inconvénients - des livres reliés.--Opinion de Sébastien Mercier, de Gabriel - Naudé, etc.--Vocabulaire technique de la reliure: _plats_, - _dos_, _tranches_, _tête_, _queue_, _gouttière_, etc.--Couture: - grecquage; machines à coudre les livres.--Reliure pleine: peaux - et parchemin; reliures singulières; reliures uniformes; - inconvénients des couleurs claires; reliures _à la janséniste_; - _à la fanfare_; _à l'oiseau_; etc.--Demi-reliure.--Cartonnage - bradel.--Cartonnage anglais.--Encore la couture: couture de la - brochure; couture de la reliure; supériorité de la couture à la - machine.--Couture métallique.--Reliure arraphique.--Colles - diverses.--Conseils pratiques: ne pas faire relier de livres - récemment imprimés;--choisir l'époque propice;--laisser au - relieur un laps de temps raisonnable;--pas de recueils factices; - --gare au rognage!--respecter les marges: _témoins_, _larrons_; - --conserver les couvertures imprimées;--titres à pousser; - --modèles à donner au relieur;--collationnez vos volumes. - --Tarif de reliures.--Du choix d'un relieur. - - Chapitre VI. --DE L'ACHAT DES LIVRES 165 - - Quels livres acheter?--L'embarras du choix.--Ils sont trop! - --Avoir un petit nombre d'amis et beaucoup de relations. - --Ouvrages de référence, base d'une bibliothèque.--Livres de - chevet.--Ne vous prodiguez pas.--Collections modernes de nos - grands écrivains.--La librairie «d'occasion».--Bouquinistes et - étalagistes: le plaisir de bouquiner.--Catalogues de librairie. - --Méfiez-vous des souscriptions.--N'achetez que ce que vous - voulez lire.--Le bonheur des collectionneurs. - - Chapitre VII. --DE L'AMÉNAGEMENT D'UNE BIBLIOTHÈQUE ET DU - RANGEMENT DES LIVRES 191 - - Comment les livres étaient rangés autrefois.--Conditions d'une - bonne installation pour une bibliothèque: exposition, - emplacement, local, meubles, rayonnages, etc.--Rayonnages fixes, - --mobiles;--à crémaillères,--à clavettes.--Nous manquons de - place.--Bibliothèques tournantes.--Divers modes de rangement et - de classement des livres: classement horizontal, de gauche à - droite, par ordre alphabétique de noms d'auteur; appui-livre; - --classement vertical, par ordre de matières;--classement _ad - libitum_: les plus beaux livres ou les plus aimés sur le devant, - par derrière les vilains ou les moins appréciés. - - Chapitre VIII.--DES CATALOGUES ET DE LA CLASSIFICATION - BIBLIOGRAPHIQUE 219 - - Différentes sortes de catalogues.--Catalogue alphabétique ou par - noms d'auteurs.--Emploi des fiches.--_Ex-libris._--Timbrage et - _rondage_ des volumes.--Détermination du _mot d'ordre_ et - classement des fiches: nombreux cas douteux et principales - difficultés. - - Catalogue méthodique ou systématique, c'est-à-dire par ordre de - matières.--Classification de J.-Ch. Brunet.--Autres systèmes de - classification bibliographique.--Classification décimale de - M. Dewey. - - Chapitre IX.--DE L'USAGE ET DE L'ENTRETIEN DES LIVRES 317 - - Nettoyage des bibliothèques.--Comment et avec quoi essuyer les - livres?--Évitez l'emploi de la laine et du drap.--Insectes - bibliophages: moyens de les détruire. - - Réparation des livres.--Feuillets déchirés ou décousus.--Taches: - taches maigres, taches grasses.--Encollage du papier. - - Les ennemis des livres: souris, rats et chats; poussière et - humidité; feu, soleil et gaz; épiciers et marchands de tabac; - équarrisseurs de livres; collectionneurs de frontispices et de - gravures; relieurs; emprunteurs, etc.--Femmes bibliophiles. - - Comment couper les feuillets d'un livre?--Le meilleur des - coupe-papier.--Par où doit-on prendre un livre?--Comment le - tenir?--Respect dû aux livres.--Code et hygiène des liseurs. - --Faut-il lire au lit? en mangeant?--Quelle heure convient le - mieux pour la lecture?--Dangers du doigt mouillé.--Faut-il - annoter ses livres?--La meilleure preuve de l'affection qu'on - a pour eux et pour les Lettres. - - APPENDICE - - I.--Abréviations 381 - II.--Locutions latines 401 - III.--Termes géographiques latins 408 - IV.--Chiffres romains 426 - V.--Signes typographiques 432 - VI.--Bibliographie 438 - - Index alphabétique 465 - - Table des matières 485 - - -45184.--Paris. Imprimerie LAHURE, 9, rue de Fleurus. - - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Une bibliothèque, by Albert Cim - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK UNE BIBLIOTHÈQUE *** - -***** This file should be named 61059-0.txt or 61059-0.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/6/1/0/5/61059/ - -Produced by Carlo Traverso, Laurent Vogel and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -file was produced from images generously made available -by the Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at -http://gallica.bnf.fr) - -Updated editions will replace the previous one--the old editions will -be renamed. - -Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright -law means that no one owns a United States copyright in these works, -so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United -States without permission and without paying copyright -royalties. 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