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-The Project Gutenberg EBook of Une bibliothèque, by Albert Cim
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and most
-other parts of the world at no cost and with almost no restrictions
-whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of
-the Project Gutenberg License included with this eBook or online at
-www.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you'll have
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-
-Title: Une bibliothèque
- L'art d'acheter les livres, de les classer, de les conserver
- et de s'en servir
-
-Author: Albert Cim
-
-Release Date: December 30, 2019 [EBook #61059]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: UTF-8
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK UNE BIBLIOTHÈQUE ***
-
-
-
-
-Produced by Carlo Traverso, Laurent Vogel and the Online
-Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This
-file was produced from images generously made available
-by the Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at
-http://gallica.bnf.fr)
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- ALBERT CIM
- Bibliothécaire du Sous-Secrétariat d'État des Postes et Télégraphes
-
- UNE
- BIBLIOTHÈQUE
-
- L'ART D'ACHETER LES LIVRES
- DE LES CLASSER, DE LES CONSERVER
- ET DE S'EN SERVIR
-
- «... Nous aurons fait notre possible pour laisser un témoignage
- d'amour sincère et de culte vrai pour ce bien que nous ont
- légué l'intelligence et le travail de nos devanciers: LE LIVRE.»
- (G. MOURAVIT, _le Livre_, p. IX.)
-
- PARIS
- ERNEST FLAMMARION, ÉDITEUR
- 26, RUE RACINE, 26
-
- 1902
-
-
-
-
-IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE:
-
-Vingt exemplaires sur papier du Japon
-
-numérotés 1 à 20
-
-et vingt exemplaires sur papier de Hollande
-
-numérotés 21 à 40
-
-Tous parafés par l'Éditeur.
-
-
-
-
-A LA MÉMOIRE
-
-de mon cher et illustre maître
-
-ÉMILE LITTRÉ
-
-dont le grand _Dictionnaire_, monument élevé à la gloire de notre langue
-et de nos grands écrivains, atteste la puissante érudition et le culte
-des Lettres et de la France,
-
-Ce livre, consacré à la connaissance et à l'amour du Livre, est dédié.
-
-ALBERT CIM.
-
-
-
-
-PRÉFACE
-
-
-Ce n'est pas aux bibliographes de profession et aux savants que cet
-ouvrage s'adresse; c'est à tous ceux qui ont le goût des livres et
-veulent se rendre compte des éléments matériels du livre, en connaître
-la fabrication, les qualités physiques, les conditions d'achat, les
-meilleurs modes d'entretien et de classement; et aussi et surtout à ceux
-qui cherchent à tirer de leurs lectures le plus de profit et le plus de
-plaisir possible. C'est à la jeunesse spécialement qu'il est destiné, à
-la jeunesse studieuse et curieuse, qui sent s'éveiller en elle le
-passionnant amour des livres et des Lettres,--deux choses que je ne
-sépare pas.
-
-J'ai pensé de préférence à ces fervents, mais humbles néophytes, que
-dame Fortune a oublié de favoriser, et qui ne peuvent consacrer que de
-menues sommes à l'accroissement et la mise en ordre de leurs modestes
-bibliothèques.
-
-Sans dédaigner les papiers de choix et les reliures précieuses, les
-bijoux et trésors des Elzevier, des Plantin ou des Alde, les
-chefs-d'œuvre de Gravelot, d'Eisen ou de Moreau le Jeune, et tout en
-sachant fort bien que les belles éditions ne font que mieux apprécier
-les bons livres, nous estimerons ceux-ci principalement par leur
-contenu, nous les considérerons comme instruments de recherches et de
-travail, de distraction aussi, de perfectionnement intellectuel et moral
-surtout, non comme articles de luxe, motifs d'ornement et de parade.
-
-Après un chapitre préliminaire, succinct avant-propos consacré à
-_l'Amour des livres et de la lecture_, nous abordons l'élément
-fondamental et essentiel du livre, _le Papier_, sa fabrication et ses
-diverses sortes; nous étudions ensuite _le Format_ et
-_l'Impression_,--deux chapitres que nous aurions pu réunir en un seul,
-tant sont connexes les questions qu'ils traitent,--et enfin _la
-Reliure_.
-
-Voilà le livre constitué.
-
-Nous nous occupons alors de son _Achat_: quels livres faut-il acheter?
-Est-il nécessaire d'en posséder beaucoup? Vaut-il mieux s'adresser aux
-libraires qu'aux bouquinistes, à la «nouveauté» qu'à l'«occasion», à ce
-que les Allemands appellent l'«antiquariat»?
-
-Nous examinons ensuite _l'Aménagement de la bibliothèque_, quels genres
-de meubles et de rayonnages conviennent le mieux pour _le Rangement des
-livres_, et quel doit être ce rangement. Puis viennent les divers
-systèmes de _Classification_ et les principales sortes de _Catalogues_
-(alphabétique, méthodique, etc.) qu'on peut avoir besoin d'établir. Le
-chapitre dernier a pour objet _l'Usage et l'Entretien des livres_; il
-passe en revue les moyens de les préserver de la poussière, de
-l'humidité et des insectes, et de remédier aux accidents (déchirures et
-taches) qui les menacent; il enseigne à les défendre contre leurs
-nombreux ennemis: souris, rats, emprunteurs, collectionneurs de
-gravures, etc.; recherche quels sont les moments de la journée les plus
-favorables pour la lecture, quelle doit être l'hygiène du liseur,
-comment il convient de tenir un livre, de le manier, d'en couper les
-pages, etc., etc.
-
-Le volume se termine par une liste des abréviations, locutions latines,
-termes géographiques latins, chiffres romains et signes typographiques
-usités en bibliographie; par un relevé des principaux ouvrages relatifs
-aux bibliothèques et à tout ce qui concerne le papier imprimé; enfin par
-un index alphabétique permettant de consulter le présent livre et de s'y
-référer comme on ferait d'un dictionnaire.
-
-A nos observations propres, nous avons joint fréquemment des remarques,
-gloses ou anecdotes récoltées dans nos lectures. Il nous a semblé qu'il
-était bon, qu'il était essentiel, d'appuyer le plus possible nos
-renseignements ou nos avis de l'autorité de nos plus experts
-prédécesseurs. Mais «à Dieu ne plaise, dirons-nous avec l'un d'eux[1],
-que nous ayons jamais eu la pensée de nous enrichir sournoisement aux
-dépens d'autrui, et de venir ensuite colorer ce trop facile procédé, en
-répétant avec le sans-façon d'un vieil et naïf écrivain[2]: «Il doit peu
-vous importer, mon cher lecteur, d'où j'aye pris tout ce que j'ai dit
-dans mon livre, pourvu qu'il soit véritable et qu'il vous instruise».
-Nous avons toujours eu soin, au contraire, d'indiquer exactement nos
-références, autant par scrupule d'écrivain et par probité que par haine
-de l'à peu près et par prudence, afin que nos citations ou assertions
-pussent être contrôlées sur-le-champ et sans peine.
-
-Le caractère élémentaire de cet ouvrage nous a obligé de nous
-restreindre à une seule nation, la nôtre, à la bibliographie française.
-Néanmoins, tout en laissant de côté les bibliothèques étrangères, nous
-avons eu fréquemment recours, ainsi qu'on le constatera, à
-l'_Encyclopædia britannica_, aux traités de Petzholdt et de Graesel, et,
-pour la classification décimale, à Melvil Dewey et à l'Office
-international de Bruxelles.
-
-Nous savons qu'il est de mode en France, aujourd'hui plus que jamais, et
-de mode très ancienne, de toujours nous dénigrer nous-mêmes et de nous
-engouer d'autrui[3]. Nos généreux et naïfs enthousiasmes, nos
-emballements continuels pour quantité de romanciers russes, scandinaves
-ou italiens, déconcertent et font sourire les compatriotes de ces
-écrivains eux-mêmes, les lettrés de Pétersbourg, d'Upsal ou de Florence.
-De même en bibliographie: pendant que nous proclamons à tout vent et
-sans discussion la supériorité des méthodes étrangères sur les nôtres,
-l'étranger, plus équitable et, pour ainsi parler, plus Français que
-nous-mêmes, rend hommage et justice à nos efforts, s'approprie nos idées
-et met en pratique nos procédés[4]. Il y a là comme un singulier
-chassé-croisé.
-
-Dans une étude d'opérations si différentes les unes des autres, au cours
-d'un travail aussi multiple et complexe que celui-ci, plus d'une erreur
-a inévitablement dû se glisser, plus d'une omission se commettre, et
-rien de plus facile que de trouver ici matière à critique. Nous ne
-saurions donc mieux conclure que par cette humble requête, empruntée à
-l'un de nos plus illustres devanciers, et adressée au lecteur: «De quoy
-(de ce travail) si tu me sçais gré, j'auray de quoy louer ta
-bienvueillance et courtoisie: sinon je te supplieray de vouloir au moins
-excuser mes fautes et celles de l'imprimeur[5]».
-
-ALBERT CIM.
-
-Paris, le 31 août 1901.
-
-
-
-
-UNE BIBLIOTHÈQUE
-
-
-
-
-CHAPITRE I[6]
-
-L'AMOUR DES LIVRES ET DE LA LECTURE
-
-Le livre d'autrefois et le livre d'aujourd'hui.--Concurrence faite au
-livre par le journal;--par les sports.--Le livre, «la passion des
-honnêtes gens».--Résumé historique et succincte anthologie de l'amour
-des livres et de l'amour des Lettres.--Attraits extérieurs du livre:
-leur importance.--On ne lit bien qu'un livre qui vous
-appartient.--Dangers des livres empruntés.--Faut-il en prêter?--Opinions
-diverses sur les «prêteurs» et les «non-prêteurs».--«Garder un livre, ce
-n'est pas voler.»
-
-
-Le livre, qui était autrefois le privilège presque exclusif de quelques
-grands seigneurs, de fastueux surintendants ou cossus prébendiers,--des
-Grolier, des de Thou, des Letellier, des Colbert, Huet, Soubise, La
-Vallière, Paulmy, etc.,--est aujourd'hui, et depuis plus d'un siècle,
-affranchi de ce pseudo-monopole, et tombé, pour ainsi dire, dans le
-domaine public. De plus en plus, surtout depuis une trentaine d'années,
-nous le voyons se multiplier et se répandre, se vulgariser,--dans l'une
-et l'autre acception. Il obéit à la règle commune, à la loi rigoureuse
-et fatale qui veut que la quantité ne s'obtienne jamais qu'au détriment
-de la qualité.
-
-D'une façon générale, et comme il ressortira de l'ensemble de cette
-étude, le livre d'aujourd'hui est, pour la partie matérielle,--la seule
-dont nous nous occupions,--pour le dehors et la forme, moins bien fait
-et moins bon que le livre d'autrefois; et c'est surtout aux procédés de
-fabrication actuelle du papier, à la mauvaise qualité de celui-ci,
-qu'est due cette infériorité, incontestable à notre avis.
-
-Qu'on veuille bien voir, dans ce que nous disons là, moins une critique
-ou une plainte, qu'une simple remarque, une impartiale et platonique
-constatation.
-
-L'absolu n'existe pas dans les choses humaines; toutes ont du _pour_ et
-du _contre_. Si le livre moderne est moins bien conditionné que le livre
-ancien, il coûte aussi moins cher; au lieu d'être réservé à une élite,
-il est accessible aux plus humbles et aux plus pauvres, il profite à
-tout le monde. Et puis n'y a-t-il pas encore de temps à autre, chez
-quelques rares éditeurs, de très artistiques publications, tirées sur
-papier à la cuve et de confection spéciale, des livres dignes des grands
-imprimeurs d'autrefois, des Alde, des Estienne, des Elzevier, des
-Plantin, des Didot; dignes aussi des Jean Cousin, des Sébastien Leclerc,
-des Gravelot, des Eisen et des Moreau, ces glorieux maîtres du burin?
-
-Si peu coûteux que soit le livre, si démocratisé qu'il soit à présent,
-il a d'ailleurs trouvé dans le journal un concurrent encore à plus bas
-prix, encore plus abordable et plus pénétrant, plus démocratique que
-lui. Il n'en demeure et n'en demeurera toujours pas moins le véritable
-gardien de l'intelligence, de l'expérience, de la mémoire de ceux qui
-nous ont précédés sur terre; il conservera toujours son titre de «Trésor
-des remèdes de l'âme», que lui a donné un roi d'Égypte[7], voilà plus de
-trois mille ans.
-
-Le journal a sur le livre le désavantage d'être fait trop vite,
-forcément,--et ce qu'on fait vite, forcément encore et inévitablement,
-manque de soin et de maturité[8]; de ne parler presque exclusivement que
-de choses éphémères et d'une importance relative; de ne posséder enfin
-ni le format, ni la commodité et l'élégance du livre.
-
-La vraie lecture, c'est celle du livre. «La lecture des journaux, a dit,
-avec un dépit peu justifié d'ailleurs, un journaliste qui était en même
-temps un très brillant styliste[9], la lecture des journaux empêche
-qu'il n'y ait de vrais savants et de vrais artistes; c'est comme un
-excès quotidien qui vous fait arriver énervé et sans force sur la couche
-des Muses, ces filles dures et difficiles, qui veulent des amants
-vigoureux et tout neufs. Le journal tue le livre, comme le livre a tué
-l'architecture, comme l'artillerie a tué le courage et la force
-musculaire.»
-
-Je ne crois pas à la justesse de cette assertion ou de cette prédiction;
-je ne crois pas que «le journal tue le livre»; tous deux plutôt s'aident
-à vivre, se complètent l'un l'autre, se fortifient réciproquement.
-
-Quant aux sports, aux nombreux sports que la fin du siècle dernier a vus
-éclore, et dont la plupart nous viennent de la race anglo-saxonne:
-cricket et croquet, lawn-tennis, football, polo, golf, rallye-paper,
-yachting, racing, etc., et surtout au cyclisme et à l'automobilisme, si
-en vogue à l'heure présente, il est certain qu'ils ont porté à la
-lecture, à celle du livre aussi bien que du journal, un préjudice
-sensible, et qu'actuellement ils détiennent ce que, dans leur langue
-spéciale, on nomme le record. Mais n'ayez crainte: la lecture aura
-toujours ses fidèles et ses fervents; il y aura toujours des jeunes gens
-pour qui elle sera la plus puissante distraction, l'attraction
-enchanteresse et souveraine; elle offrira toujours et à tous, même, dans
-certains cas, aux plus ardents sportsmen, «le moyen d'échanger des
-heures d'ennui contre des heures délicieuses[10]»; et le livre restera
-toujours ce qu'il n'a jamais cessé d'être, même aux époques les plus
-remuantes et les plus troublées, «la passion des honnêtes gens[11]».
-
- *
-
- * *
-
-Je voudrais, dans ce premier chapitre, au début de mon travail, rappeler
-ce qui a été dit de plus vrai, de plus piquant ou de plus éloquent sur
-le goût des livres et sur les plaisirs et les avantages que procure la
-lecture: je ne saurais, il me semble, présenter de meilleurs
-prolégomènes que cette anthologie. Pourquoi risquer de répéter en
-mauvais termes ce qui a été magistralement exprimé avant nous? Mais le
-choix de ces pensées serait considérable, immense, et il faut se borner.
-Beaucoup d'entre elles trouveront d'ailleurs leur place dans l'un ou
-l'autre des chapitres suivants. En voici quelques-unes cependant, des
-plus saillantes, et dont l'ensemble formera comme un résumé
-chronologique de la question qui nous occupe, une très succincte
-monographie de l'histoire de l'amour des livres et de l'amour des
-Lettres[12].
-
- * * * * *
-
-Parmi les écrivains de l'antiquité, Cicéron, Horace, Sénèque, les deux
-Pline, Plutarque, Varron, Aulu-Gelle, Lucien, sont ceux qui ont le mieux
-célébré ou goûté les charmes féconds de la lecture et de l'étude.
-
-Tous les collégiens ont traduit le célèbre apophtegme, tant et tant de
-fois cité: «Les Lettres sont l'aliment de la jeunesse et la joie de la
-vieillesse; elles donnent de l'éclat à la prospérité, offrent un refuge
-et une consolation à l'adversité; elles récréent sous le toit
-domestique, sans embarrasser ailleurs; la nuit elles veillent avec nous;
-elles nous tiennent compagnie dans nos voyages et à la campagne[13]».
-
-«Le loisir sans les Lettres est une mort, écrit Sénèque: c'est la
-sépulture d'un homme vivant[14].»
-
-«Réfugie-toi dans l'étude, dit-il ailleurs, tu échapperas à tous les
-dégoûts de l'existence[15].»
-
-Pline le Jeune, qui déclarait avec une si charmante bonne grâce que
-«c'est tout un, ou peu s'en faut, d'aimer l'étude et d'aimer Pline[16],»
-nous a laissé, dans ses exquises lettres, et notamment dans celle qu'il
-consacre aux écrits de son oncle le naturaliste, quantité de sages
-préceptes sur la façon de lire et de profiter de ses lectures. C'est
-Pline l'Ancien qui avait coutume de dire ce mot, tant de fois répété:
-«Il n'y a si mauvais livre où l'on ne puisse trouver quelque chose
-d'utile[17]».
-
-Plutarque, ce «si parfait et excellent juge des actions humaines[18]»,
-nous avertit que «le plus grand avantage que nous tirions du bienfaisant
-commerce des Muses, c'est de vaincre et d'adoucir notre naturel par
-l'instruction et par les Lettres, et de comprendre qu'il faut aimer la
-modération et bannir de nous tout excès[19]».
-
-«Il y a deux avantages qu'on peut retirer du commerce avec les anciens:
-l'un est de s'exprimer avec élégance, l'autre d'apprendre à faire le
-bien par l'imitation des meilleurs modèles, et à éviter le mal,» dit de
-son côté Lucien de Samosate, dans sa virulente satire _Contre un
-ignorant bibliomane_[20].
-
- * * * * *
-
-A l'entrée du moyen âge, l'historien des Francs, Grégoire de Tours,
-lance ce significatif anathème: «Malheur à nos jours, parce que l'étude
-des Lettres périt au milieu de nous[21]».
-
-Mais l'étude et les Lettres ne tardent pas à trouver un asile dans les
-monastères, et il n'est pas d'abbaye qui ne se pique de posséder sa
-bibliothèque[22], de l'accroître et de l'enrichir. C'était, en effet,
-une honte pour un couvent de n'avoir pas de livres: «Monastère sans
-livres, place de guerre sans vivres,» déclare un proverbe de ce temps:
-_Claustrum sine armario, quasi castrum sine armamentario_. Plusieurs
-règles conventuelles, celle de saint Benoît particulièrement,
-prescrivent l'enseignement et la pratique de la calligraphie et
-ordonnent la transcription des manuscrits[23].
-
- A desenor muert à bon droit
- Qui n'aime livre ne ne croit:
-
-Celui-là meurt à bon droit déshonoré, qui n'aime livre _ni_ ne croit,
-proclame le _Roman de Renart_[24].
-
-L'évêque de Durham, Richard de Bury, fondateur de la bibliothèque
-d'Oxford, écrit, vers 1340, un petit traité latin de l'amour et du choix
-des livres, _Philobiblion, Tractatus pulcherrimus de amore
-librorum_[25], «qui est peut-être, depuis le moyen âge, le plus ancien
-livre de bibliomanie que l'on connaisse[26]». «Les livres, dit le
-judicieux évêque[27], ce sont des maîtres qui nous instruisent sans
-verges et sans férule, sans cris et sans colère, sans costume
-(d'apparat) et sans argent. Si on les approche, on ne les trouve point
-endormis; si on les interroge, ils ne dissimulent point leurs idées; si
-l'on se trompe, ils ne murmurent pas, si l'on commet une bévue, ils ne
-connaissent point la moquerie.» Et, s'autorisant de Moïse, de Salomon et
-de saint Luc, il nous exhorte «à acheter les livres de bon cœur et à ne
-les vendre qu'avec répugnance[28]», il nous recommande instamment de les
-manier avec respect et de les conserver avec soin[29].
-
-Les livres ont aussi trouvé à cette époque, dans le grand poète
-Pétrarque, un enthousiaste apologiste; il a notamment publié à leur
-louange différents petits traités: _De l'abondance des livres_, _De la
-réputation des écrivains_, etc., qu'on aime encore à lire et à méditer.
-Pétrarque s'est d'ailleurs acquis, par son zèle à exhumer et à
-transcrire de nombreux manuscrits d'auteurs anciens (Sophocle,
-Aristophane, Cicéron, etc.), la reconnaissance de la postérité[30].
-
-Le cardinal Bessarion, mort à Ravenne en 1472, qui, à deux reprises,
-faillit être élu pape et fut un des plus féconds écrivains et l'un des
-plus fervents bibliophiles de son époque, nous a conté, dans sa célèbre
-lettre de 1468 au doge et au sénat de Venise, les débuts de sa passion
-et en a décrit toute l'ardeur. «Dès ma plus tendre enfance, tous mes
-goûts, toutes mes pensées, tous mes soins n'ont eu d'autre but que de me
-procurer des livres pour en former une bibliothèque assortie. Aussi, dès
-mon jeune âge, non seulement j'en copiois beaucoup, mais toutes les
-petites épargnes que je pouvois mettre de côté par une grande économie,
-je les employois sur-le-champ à acheter des livres; et, en effet, je
-croyois ne pouvoir acquérir ni d'ameublement plus beau, plus digne de
-moi, ni de trésor plus utile et plus précieux. Ces livres, dépositaires
-des langues, pleins des modèles de l'antiquité, consacrés aux mœurs, aux
-lois, à la religion, sont toujours avec nous, nous entretiennent et nous
-parlent; ils nous instruisent, nous forment, nous consolent; ils nous
-rappellent les choses les plus éloignées de notre mémoire, nous les
-rendent présentes, les mettent sous nos yeux. En un mot, telle est leur
-puissance, telle est leur dignité, leur majesté, leur influence, que,
-s'il n'y avait pas de livres, nous serions tous ignorans et grossiers;
-nous n'aurions ni la moindre trace des choses passées, ni aucun exemple,
-ni la moindre notion des choses divines et humaines. Le même tombeau qui
-couvre les corps aurait englouti les noms célèbres[31].» C'est par cette
-lettre que le savant cardinal faisait don de ses précieuses collections
-de manuscrits «à la vénérable bibliothèque Saint-Marc», dont elles sont
-encore aujourd'hui une des principales richesses.
-
-Les livres,
-
- _Ces_ bons hostes muets qui ne fâchent jamais,
-
-comme les qualifie Ronsard[32], ont aussi fait les délices de Montaigne.
-C'était dans sa «librairie», au troisième étage de sa tour, qu'il
-passait «la plus part des jours de sa vie et la plus part des heures du
-jour[33]»: et chaque page de ses _Essais_ porte l'empreinte de Plutarque
-ou d'Ovide, d'Horace ou de Virgile, est tout imbue de la savoureuse
-moelle des anciens. «Le commerce (c'est-à-dire la fréquentation et
-l'usage) des livres, écrit-il[34], est bien plus sûr et plus à nous (que
-celui des hommes et des femmes)... Il costoye tout mon cours, et
-m'assiste par tout; il me console en la vieillesse et en la solitude; il
-me descharge du poids d'une oysifveté ennuyeuse, et me desfaict à toute
-heure des compaignies qui me faschent; il esmousse les poinctures de la
-douleur, si elle n'est du tout extreme et maistresse. Pour me distraire
-d'une imagination opportune, il n'est que de recourir aux livres; ils me
-destournent facilement à eulx, et me la desrobbent... Il ne se peult
-dire combien je me repose et sejourne en cette consideration, qu'ils
-sont à mon costé pour me donner du plaisir à mon heure, et à
-recognoistre combien ils portent de secours à ma vie. C'est la meilleure
-munition que j'aye trouvé à cet humain voyage; et plainds extremement
-les hommes d'entendement qui l'ont à dire» (qui en sont privés).
-
- * * * * *
-
-Le goût des livres et l'amour de la lecture se répandent davantage
-encore sous le règne de Louis XIV, bien que, par lui-même et en dépit de
-la réputation que l'histoire lui a faite, ce souverain n'ait guère donné
-de preuves directes de cet amour ni de ce goût.
-
-«A quoi cela vous sert-il de lire? demandait-il un jour au duc de
-Vivonne, qui était renommé pour sa belle mine et ses fraîches couleurs.
-
---La lecture fait à l'esprit, Sire, ce que vos perdrix font à mes
-joues,» lui répliqua le duc[35].
-
-Gui Patin, le caustique érudit, adversaire acharné du «gazetier»
-Renaudot et de l'antimoine, écrivait en 1645 à son ami Spon qu'il
-trouvait dans l'étude un si puissant attrait, de tels charmes, que, «si
-le roy Salomon avec la reine de Saba faisoient icy leur entrée avec
-toute leur gloire, je ne sais si j'en quitterois mes livres[36]».
-
-En maint endroit de ses lettres, Mme de Sévigné prône de même les vifs
-et fructueux plaisirs que procure la lecture. «Aimer à lire... la jolie,
-l'heureuse disposition! On est au-dessus de l'ennui et de l'oisiveté,
-deux vilaines bêtes[37]!» «Qu'on est heureux d'aimer à lire[38]!» «Je
-plains ceux qui n'aiment point à lire[39].» «Enfin, tant que nous aurons
-des livres, nous ne nous pendrons pas[40]!» «Pour Pauline (sa
-petite-fille), cette dévoreuse de livres, j'aime mieux qu'elle en avale
-de mauvais, que de ne point aimer à lire[41].» «Je ne veux rien dire sur
-les goûts de Pauline pour les romans, écrit-elle encore à sa fille...
-Tout est sain aux sains, comme vous dites... Ce qui est essentiel, c'est
-d'avoir l'esprit bien fait[42].»
-
-C'est à peu près ce que dira plus tard Diderot[43]: «Il n'y a point de
-bons livres pour un sot; il n'y en a peut-être pas un mauvais pour un
-homme de sens».
-
-«Heureux ceux qui aiment à lire!» répète aussi Fénelon dans son
-_Télémaque_[44].
-
-«L'étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la
-vie, n'ayant jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait
-dissipé,» déclare Montesquieu[45]; et il revient fréquemment sur les
-inappréciables avantages de la lecture et de l'étude. «L'amour de
-l'étude est presque en nous la seule passion éternelle; toutes les
-autres nous quittent, à mesure que cette misérable machine qui nous les
-donne s'approche de sa ruine... Il faut se faire un bonheur qui nous
-suive dans tous les âges: la vie est si courte que l'on doit compter
-pour rien une félicité qui ne dure pas autant que nous[46].» Et, dans
-ses admirables _Pensées_, il note avec mélancolie, mais non sans une
-communicative émotion et sans grandeur: «Mes lectures m'ont affaibli les
-yeux; et il me semble que ce qu'il me reste encore de lumière n'est que
-l'aurore du jour où ils se fermeront pour jamais[47]».
-
-Le chancelier Daguesseau, lisant un poème grec avec le savant Boivin,
-eut un mot charmant pour exprimer le plaisir qu'il éprouvait:
-«Hâtons-nous! si nous allions mourir avant d'avoir achevé[48]!»
-
-A Vauvenargues, qui a dit qu'«on ne peut avoir l'âme grande ou l'esprit
-un peu pénétrant sans quelque passion pour les Lettres[49]», Voltaire
-écrivait un jour: «Puissent les Belles-Lettres vous consoler! Elles
-sont, en effet, le charme de la vie, quand on les cultive pour
-elles-mêmes, comme elles le méritent; mais quand on s'en sert comme d'un
-organe de la renommée, elles se vengent bien de ce qu'on ne leur a pas
-offert un culte assez pur[50].»
-
-«Quelque chose qu'il arrive, aimez toujours les Lettres, écrit encore
-Voltaire[51]. J'ai soixante-dix ans, et j'éprouve que ce sont de bonnes
-amies; elles sont comme l'argent comptant, elles ne manquent jamais au
-besoin.»
-
-Sur l'influence et la puissance des livres, Voltaire, dans sa
-merveilleuse _Correspondance_, comme dans son _Dictionnaire
-philosophique_ et ailleurs, ne tarit pas. «Songez que tout l'univers
-connu n'est gouverné que par des livres, excepté les nations sauvages.
-Toute l'Afrique, jusqu'à l'Éthiopie et la Nigritie, obéit au livre de
-l'Alcoran, après avoir fléchi sous le livre de l'Évangile. La Chine est
-régie par le livre moral de Confucius, une grande partie de l'Inde par
-le livre du Veidam. La Perse fut gouvernée pendant des siècles par les
-livres d'un des Zoroastres. Si vous avez un procès, votre bien, votre
-honneur, votre vie même dépend de l'interprétation d'un livre que vous
-ne lisez jamais... Qui mène le genre humain dans les pays policés? ceux
-qui savent lire et écrire. Vous ne connaissez ni Hippocrate, ni
-Boerhaave, ni Sydenham; mais vous mettez votre corps entre les mains de
-ceux qui les ont lus. Vous abandonnez votre âme à ceux qui sont payés
-pour lire la Bible[52].»
-
-«Plusieurs bons bourgeois, plusieurs grosses têtes, qui se croient de
-bonnes têtes, vous disent avec un air d'importance que les livres ne
-sont bons à rien. Mais, messieurs les Welches, savez-vous que vous
-n'êtes gouvernés que par des livres? savez-vous que l'ordonnance civile,
-le code militaire et l'Évangile sont des livres dont vous dépendez
-continuellement[53]?»
-
-«Il faut vivre avec les vivants.--Cela n'est pas vrai: il faut vivre
-avec les morts» (c'est-à-dire avec ses livres), déclare Chamfort[54].
-
-«Les Lettres sont un secours du ciel, écrit Bernardin de
-Saint-Pierre[55]. Ce sont des rayons de cette sagesse qui gouverne
-l'univers, que l'homme, inspiré par un art céleste, a appris à fixer sur
-la terre. Semblables aux rayons du soleil, elles éclairent, elles
-réjouissent, elles échauffent: c'est un feu divin... Les sages qui ont
-écrit avant nous sont des voyageurs qui nous ont précédés dans les
-sentiers de l'infortune, qui nous tendent la main, et nous invitent à
-nous joindre à leur compagnie, lorsque tout nous abandonne. Un bon livre
-est un bon ami.»
-
-«Celui qui aime un livre, dit de son côté le géomètre et théologien
-anglais Isaac Barrow[56], ne manquera jamais d'un ami fidèle, d'un sage
-conseiller, d'un joyeux compagnon, d'un consolateur efficace. Celui qui
-étudie, qui lit, qui pense, peut se divertir innocemment et s'amuser
-gaiement, quelque temps qu'il fasse, en quelque situation qu'il se
-trouve.»
-
-Gray, le chantre du _Cimetière de campagne_, prétendait que «rester
-nonchalamment étendu sur un sofa et lire des romans nouveaux donnait une
-assez bonne idée des joies du paradis[57]».
-
-Goldsmith, l'auteur du _Vicaire de Wakefield_, affirme, par la bouche
-d'un de ses personnages, que «la littérature est un sujet qui lui fait
-toujours oublier ses misères[58]».
-
-Et l'historien Gibbon, qui avait puisé dès l'enfance, auprès d'une de
-ses tantes, un irrésistible amour de la lecture, disait plus tard «qu'il
-n'échangerait pas cette passion pour les trésors de l'Inde[59]».
-
- * * * * *
-
-Au XIXe siècle, voici, parmi les fervents des livres et des Lettres,
-Paul-Louis Courier, qui, tout jeune, écrivait à sa mère: «Mes livres
-font ma joie, et presque ma seule société. Je ne m'ennuie que quand on
-me force à les quitter, et je les retrouve toujours avec plaisir. J'aime
-surtout à relire ceux que j'ai déjà lus nombre de fois, et par là
-j'acquiers une érudition moins étendue, mais plus solide[60].»
-
-Joubert s'écrie qu'«il n'est rien de plus beau qu'un beau livre[61]».
-«Ce sont les livres, dit-il encore, qui nous donnent nos plus grands
-plaisirs, et les hommes qui nous causent nos plus grandes douleurs[62].»
-
-«Lorsque mon cœur oppressé me demande du repos, dit Joseph de
-Maistre[63], la lecture vient à mon secours. Tous mes livres sont là
-sous ma main; il m'en faut peu, car je suis depuis longtemps bien
-convaincu de la parfaite inutilité d'une foule d'ouvrages qui jouissent
-d'une grande réputation[64].»
-
-Et n'est-elle pas émouvante et belle entre toutes, cette apostrophe de
-Jules Janin: «O mes livres! mes économies et mes amours! une fête à mon
-foyer, un repos à l'ombre du vieil arbre, mes compagnons de voyage!...
-et puis, quand tout sera fini pour moi, les témoins de ma vie et de mon
-labeur[65]».
-
-Édouard Laboulaye a fort bien décrit aussi les secours que nous offrent
-les livres et la lecture: «La lecture n'est pas la science universelle,
-ce n'est pas non plus la sagesse universelle; mais un homme qui a pris
-l'habitude de lire peut toujours consulter sur chaque question donnée
-une expérience plus grande que la sienne, et une expérience
-désintéressée... Le livre est donc l'expérience du passé. C'est mieux
-encore: un livre est quelque chose de vivant, c'est une âme qui revit en
-quelque sorte, et qui nous répond chaque fois que nous voulons
-l'interroger... Où donc trouver des amis véritables? Dans les livres. Là
-sont des gens qui ont souffert et qui ont raconté ce qu'ils ont
-souffert, des amis qui ont vécu souvent plusieurs siècles avant nous,
-mais qui nous consolent, parce qu'ils viennent mêler leurs souffrances à
-la nôtre[66]...»
-
-«L'art»--c'est-à-dire l'amour du Beau et du Vrai, l'étude et le culte
-des Lettres--«est ce qui nous console le mieux de vivre», disait
-Théophile Gautier[67].
-
-Et notre grand historien littéraire Sainte-Beuve: «Ne pas avoir le
-sentiment des Lettres[68], cela, chez les anciens, voulait dire ne pas
-avoir le sentiment de la vertu, de la gloire, de la grâce, de la beauté,
-en un mot de tout ce qu'il y a de véritablement divin sur la terre: que
-ce soit là encore notre symbole[69]». «Heureux, écrit-il encore dans une
-de ses plus exquises _Causeries du lundi_[70], heureux ceux qui lisent,
-qui relisent, ceux qui peuvent obéir à leur libre inclination dans leurs
-lectures! Il vient une saison, dans la vie, où, tous les voyages étant
-faits, toutes les expériences achevées, on n'a pas de plus vives
-jouissances que d'étudier et d'approfondir les choses qu'on sait, de
-savourer ce qu'on sent, comme de voir et de revoir les gens qu'on aime:
-pures délices du cœur et du goût dans la maturité... Le goût est fait
-alors, il est formé et définitif; le bon sens chez nous, s'il doit
-venir, est consommé. On n'a plus le temps d'essayer ni l'envie de sortir
-à la découverte. On s'en tient à ses amis, à ceux qu'un long commerce a
-éprouvés. Vieux vin, vieux livres, vieux amis. On se dit comme Voltaire
-dans ces vers délicieux[71]:
-
- Jouissons, écrivons, vivons, mon cher Horace!
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
- J'ai vécu plus que toi: mes vers dureront moins;
- Mais, au bord du tombeau, je mettrai tous mes soins
- A suivre les leçons de ta philosophie,
- A mépriser la mort en savourant la vie,
- A lire tes écrits pleins de grâce et de sens,
- Comme on boit d'un vin vieux qui rajeunit les sens.
-
-«Enfin, que ce soit Horace ou tout autre, quel que soit l'auteur qu'on
-préfère et qui nous rende nos propres pensées en toute richesse et
-maturité, on va demander alors à quelqu'un de ces bons et antiques
-esprits un entretien de tous les instants, une amitié qui ne trompe pas,
-qui ne saurait nous manquer, et cette impression habituelle de sérénité
-et d'aménité qui nous réconcilie, nous en avons souvent besoin, avec les
-hommes et avec nous-même.»
-
-Dans son autobiographie, _Ma vocation_[72], Ferdinand Fabre, un
-romancier dont le talent d'observateur et d'écrivain méritait plus de
-gloire et de succès, glisse cet aveu: «Les livres m'ont toujours fort
-troublé; dès mon enfance... j'ai eu pour les livres je ne sais quel
-respect profond, quelle attention émue. Je me suis dit souvent depuis:
-«C'est dans les livres que l'homme a caché ce qu'il a de plus noble, de
-plus haut, de plus vertueux, de plus vaillant...», et mille fois j'ai
-baisé avec amour les pages de mes _Confessions_ de saint Augustin ou de
-mon _Imitation de Jésus-Christ_.»
-
-L'historien et critique d'art Charles Blanc fait la remarque
-suivante[73]: «J'ai toujours pensé, et j'ai vérifié quelquefois, que
-l'on peut se faire une idée juste du caractère et de l'esprit d'un homme
-qu'on n'a jamais vu rien qu'en regardant sa bibliothèque. Dis-moi ce que
-tu lis, et je te dirai qui tu es[74]. Avant même d'avoir lu les titres
-des ouvrages rangés dans les armoires de ce personnage que l'on ne
-connaît point et qui vous fait attendre dans son cabinet, on n'a qu'à
-jeter un coup d'œil sur ses reliures pour savoir s'il a le sentiment de
-l'ordre, s'il a du tact, s'il a du goût, s'il est vraiment possédé de
-l'amour des livres ou s'il n'en a que l'ostentation, s'il est enfin de
-ceux qui ont une bibliothèque seulement pour la montre, de ceux à qui M.
-de Paulmy[75] proposait cette inscription à mettre sur leurs livres:
-_Multi vocati, pauci lecti_, beaucoup d'appelés, peu de _lus_.»
-
-«Quoi de plus désirable que la passion des vieux livres? écrit Hippolyte
-Rigault[76]. Non des rares et des coûteux: celle-là, c'est le privilège
-des riches et des enrichis; encore n'est-elle souvent qu'une passion
-factice et toute de vanité, une manière de donner à des millions un air
-intellectuel, chez les faux bibliophiles... L'amour des vieux livres,
-humbles, mal reliés, qu'on achète pour peu de chose et qu'on revendrait
-pour rien, voilà la vraie passion, sincère, sans artifice, où n'entrent
-ni le calcul, ni l'affectation. C'est un bon sentiment que ce culte de
-l'esprit et ce respect touchant pour les monuments les plus délabrés de
-la pensée humaine; c'est un bon sentiment que cette vénération pour ces
-livres d'autrefois qui ont connu nos pères, qui ont peut-être été leurs
-amis, leurs confidents. Voilà les sentiments qu'éveille dans le cœur
-l'amour des vieux volumes: aimable passion qui est plus qu'un plaisir,
-qui est presque une vertu... On compte ses prisonniers avec un air
-vainqueur; on les range un par un sur de modestes rayons; ils seront
-aimés, choyés, dorlotés malgré leur indigence, comme s'ils étaient vêtus
-d'or et de soie.»
-
-Le spirituel chroniqueur et humoriste bibliophile Jules Richard nous
-fait cette confession[77]: «Après avoir profité de tous les biens de ce
-monde dans la juste mesure de mes moyens et de mes forces, je puis, sans
-hypocrisie, constater ici que, de toutes les jouissances, celles qui
-proviennent de l'amour des livres sont, sinon les plus vives, tout au
-moins les plus facilement et les plus longtemps renouvelables. Au jeu,
-on ne gagne pas toujours; avec les femmes, la vieillesse arrive avant la
-satiété. Il y a bien aussi la table! Mais quand on a bu et mangé pendant
-deux heures, il faut s'arrêter. La pêche! la chasse! dira-t-on.--Pour la
-pêche, il faut de la patience et... du poisson; pour la chasse, il faut
-des jambes et du gibier. Pour le livre, il ne faut que le livre.»--Et
-des yeux, des yeux pas trop fatigués, est-il séant d'ajouter.
-
-Mais nul n'a parlé des livres avec plus de cœur et de communicatif
-sentiment, de haute raison et de compétence qu'un écrivain mort il y a
-quelques années, à peu près inconnu, Gustave Mouravit, l'auteur de _le
-Livre et la Petite Bibliothèque d'amateur_, _Essai de critique,
-d'histoire et de philosophie morale sur l'amour des livres_.[78] Voici
-quelques extraits de cet excellent ouvrage, auquel nous aurons souvent
-recours: «... Malheur à qui n'aime pas à lire, c'est-à-dire à se
-perfectionner lui-même, à puiser dans ce merveilleux océan, formé de la
-fusion de tant de génies divers, les éléments de sa propre vie, de sa
-dignité, de son bonheur[79]». «... Ce mot de _bibliophilie_ n'est pas de
-création récente. Nous l'avons trouvé inscrit pour la première fois sur
-le titre d'un intéressant petit livre, première œuvre bibliographique du
-savant et judicieux Salden (sous le pseudonyme de Christianus Liberius
-Germanus): BIBLIOPHILIA, _sive de scribendis, legendis et æstimandis
-libris exercitatio parænetica_ (Utrecht, 1681, in-16). Qu'on veuille
-bien accorder quelque attention à l'énoncé de ce titre, car il renferme
-la véritable et complète explication de ce qu'on entendait alors et de
-ce qu'on doit réellement entendre par ce mot de bibliophilie. La
-bibliophilie vraie, en effet, ne sépare pas l'_œuvre_ du _livre_[80].»
-«... Il faut donc que la connaissance des livres et le culte des Lettres
-se donnent la main, qu'ils s'unissent dans un embrassement qui les
-honorera, les élèvera[81].» «... Les livres, les seuls amis que le temps
-ne nous enlève pas[82].» «... O chers livres! vous qui avez banni du
-monde l'ignorance et la grossièreté; vous dont «telle est la puissance,
-telle la dignité, telle l'influence, que si vous n'étiez point, il n'y
-aurait parmi nous ni trace des choses passées, ni la moindre notion des
-choses divines et humaines[83],» ils sont bien antiques, vos titres à
-l'amour et à la reconnaissance des hommes, «car à la tête de tous les
-peuples, il y a un livre, et un livre à la tête de toutes les grandes
-civilisations[84][85].»
-
-Et pour clore cette très sommaire et déjà longue revue[86], nous
-rappellerons la célèbre péroraison de l'article de Silvestre de Sacy sur
-le _Catalogue de la bibliothèque de feu J.-J. de Bure_, cette émouvante
-oraison funèbre tant de fois citée[87], et qui est comme la «Tristesse
-d'Olympio» du bibliophile; nous ne saurions mieux terminer:
-
-«Encore bien peu de jours, et cette belle bibliothèque de MM. de Bure
-n'existera donc plus! Ces livres qu'ils avaient rassemblés avec amour
-vont se partager entre mille mains étrangères et sortir de ce petit
-cabinet où ils étaient gardés avec un soin si tendre! D'autres
-bibliothèques s'en enrichiront pour être dispersées à leur tour. Triste
-sort des choses humaines! O mes chers livres! Un jour viendra aussi où
-vous serez étalés sur une table de vente, où d'autres vous achèteront et
-vous posséderont, possesseurs moins dignes de vous peut-être que votre
-maître actuel! Ils sont bien à moi pourtant, ces livres; je les ai tous
-choisis un à un, rassemblés à la sueur de mon front, et je les aime
-tant! Il me semble que par un si long et si doux commerce ils sont
-devenus comme une portion de mon âme! Mais quoi? Rien n'est stable en ce
-monde, et c'est notre faute si nous n'avons pas appris de nos livres
-eux-mêmes à mettre au-dessus de tous les biens qui passent et que le
-temps va nous emporter, le bien qui ne passe pas, l'immortelle beauté,
-la source infinie de toute science et de toute sagesse[88].»
-
- *
-
- * *
-
-Bien que nous n'ayons pas en vue ici les livres d'art et de luxe, nous
-ne méconnaissons pas le très puissant attrait et toute l'importance que
-possède, pour le simple usage même, pour la lecture ou l'étude,
-l'extérieur du livre: un format commode, ni trop grand, ni trop petit;
-un caractère d'impression suffisamment gros, que l'œil perçoive aisément
-et suive sans fatigue; un papier de bonne qualité, dont la blancheur ne
-miroite pas et n'éblouisse pas le regard; enfin une correction de texte
-irréprochable. Volontiers nous nous écrierons avec Chevillier, un des
-anciens historiens de l'imprimerie:
-
-«O dieux et déesses! quoi de plus rare et de plus charmant que la
-contemplation d'un beau livre imprimé en bons caractères, gros et menus,
-avec une bonne encre indestructible?... Il n'y a pas de tableau du plus
-grand maître qui soit plus agréable aux yeux de l'honnête homme et du
-savant parfait[89].»
-
-Donc, sans crainte de nous commettre avec les bibliomanes et en nous
-maintenant strictement dans notre programme, nous reconnaîtrons avec
-Mouravit «que la beauté matérielle d'un volume influe beaucoup sur le
-profit intellectuel qu'on en peut tirer. Comme le disait notre bon
-Rollin: «Une belle édition, qui frappe les yeux, gagne l'esprit, et, par
-cet attrait innocent, invite à l'étude.» Tous ceux qui aiment les livres
-comprendront cela[90].»
-
-Écoutez encore cette ingénieuse et concluante comparaison, où le livre
-mal imprimé et défectueux est assimilé au lecteur qui hésite, ânonne, se
-reprend et se fourvoie sans cesse:
-
-«Qu'un lecteur malhabile entreprenne de vous lire une belle œuvre: si
-ses hésitations, ses intonations fausses, la rudesse de son organe, la
-gaucherie de son interprétation, brisent constamment vos efforts pour
-être attentif, et émoussent en vous, si l'on peut dire, le sentiment de
-la lecture, le plaisir que vous vous étiez promis ne deviendra-t-il pas
-un supplice? et quel profit rapporterez-vous de ce labeur? Ainsi en
-est-il d'un livre où les incorrections, l'imperfection du tirage, le peu
-d'élégance ou l'usure des caractères offensent le regard, lassent la
-patience et mettent à chaque instant le lecteur en défiance de
-l'exactitude du texte qu'il a sous les yeux. Avec quel plaisir, au
-contraire,--plaisir intime et charmant,--l'intelligence se laisse aller
-à suivre ces élégantes petites avenues, si gracieuses, si bien alignées,
-où le spectacle qui se déroule le long du chemin apparaît mille fois
-plus attrayant et sympathique; avec quelle jouissance l'homme sérieux
-dévore ce volume, où l'exactitude scrupuleuse de la correction,
-l'égalité parfaite du tirage, le choix intelligent et délicat d'un type
-approprié à la nature de l'œuvre, viennent s'ajouter à la beauté des
-caractères, aux harmonieuses proportions du format et de la
-_justification_[91]!»
-
-Ainsi, autant que possible, ne composez votre bibliothèque que de livres
-remplissant les conditions précédemment énumérées: format pratique,
-impression convenable, bon papier, texte correct.
-
- *
-
- * *
-
-Un autre principe, un axiome plutôt, que je tiens à rappeler tout
-d'abord, c'est celui-ci: on ne lit bien, on ne savoure convenablement et
-complètement un livre que s'il vous appartient, qu'à condition d'en être
-l'unique et absolu propriétaire.
-
-J'ajouterai même volontiers que, pour le bien goûter et le savourer, ce
-livre, il n'est pas mauvais de l'avoir acheté de ses deniers et payé de
-sa poche.
-
-Le bon et regretté Léon de la Brière, historien de Mme de Sévigné et
-commentateur de Montaigne, a même prétendu quelque part[92] que les
-Français «ne lisent jamais les livres qu'on leur donne», et «lisent
-rarement ceux qu'ils achètent». Il y a sans doute là un peu
-d'exagération; mais l'idée, le principe que nous venons d'émettre, se
-retrouve dans cette boutade.
-
-Donc, pas de livres empruntés, pas de volumes de cabinet de lecture
-surtout: c'est non seulement la bibliophilie qui s'y oppose, mais
-l'hygiène: après de nombreuses expériences faites il y a quelques années
-par MM. les docteurs du Cazal et Catrin, ces deux savants ont nettement
-démontré que les livres sont de véritables véhicules des germes des
-maladies contagieuses, de la diphtérie, de la tuberculose, de la fièvre
-typhoïde notamment[93].
-
-Que les livres dont vous vous servez soient donc à vous. Évidemment il
-ne faudrait pas pousser cette règle trop loin, jusqu'à refuser, par
-exemple, comme Larcher, le traducteur d'Hérodote, de consulter un volume
-des plus rares, parce que ce volume ne vous appartient pas[94]; je parle
-ici, non des ouvrages de référence accidentelle et momentanée, mais de
-ceux qu'on lit entièrement et qui méritent d'être relus.
-
-Et ces livres, vos livres, les prêterez-vous? Cette question du prêt des
-livres est une de celles qui ont le plus préoccupé les bibliographes,
-une de celles qui s'imposent et qu'il faut tout d'abord trancher.
-
-On connaît la devise ou l'_ex-libris_ du célèbre amateur Jean (Ioannes)
-Grolier (1479-1565). D'un côté de ses livres, sur l'un des plats, il
-faisait graver: _Io. Grolierii et amicorum,_ et sur l'autre: _Portio
-mea, Domine, sit in terra viventium_[95]. Un autre bibliophile de la
-même époque, Thomas Maïoli, inscrivait de même sur ses livres: _Tho.
-Maïoli et amicorum;_ mais, remarque M. Henri Bouchot[96], il corrigeait
-parfois «d'une devise sceptique l'élan de son amitié: _Ingratis servire
-nephas_[97], ce qui pourrait bien être le cri d'un propriétaire de
-livres trompé par les emprunteurs». Rabelais écrivait sur le titre de
-ses livres, comme on le voit encore à notre Bibliothèque nationale:
-«_Francisci Rabelæsi, medici_, καὶ τῶν αὐτοῦ φίλων[98].» D'autres
-savants ou amateurs, Bathis, de Bruxelles, Marc Laurin, de Bruges, ont,
-le premier en grec, le second en latin, employé la même sentence, et
-proclamé que leurs livres étaient à eux et à leurs amis[99]. On cite
-encore un illustre collectionneur et érudit du XVIIe siècle, Michel
-Bégon, qui pratiquait la même largesse, et qui, comme son bibliothécaire
-lui remontrait un jour qu'avec ce système il s'exposait à perdre
-beaucoup de livres, lui répliqua: «J'aime encore mieux perdre mes livres
-que de paraître me défier d'un honnête homme[100]».
-
-De nos jours, le sénateur Victor Schoelcher avait adopté cet ex-libris,
-bien autrement libéral que celui de Grolier: «Pour tous et pour
-moi[101]». En vrai et magnanime philanthrope, il commençait la charité
-par autrui, par tout le monde, et se servait le dernier.
-
-Un collectionneur du XVIIIe siècle, Randon de Boisset, désirant
-concilier sa jalouse passion de bibliophile et ses sentiments
-d'obligeance, s'avisa de se créer deux bibliothèques: l'une pour lui
-seul, composée d'éditions princeps et d'exemplaires rares; l'autre, de
-volumes ordinaires ou de _doubles_, qu'il prêtait volontiers[102].
-
-Au lieu de deux bibliothèques, le richissime bibliomane anglais Richard
-Heber (1773-1833) conseille d'en avoir trois, composées des mêmes
-livres: l'une pour la parade et la montre, l'autre pour son usage
-personnel, la troisième pour les emprunteurs, «pour prêter à ses amis à
-ses risques et périls[103]». Mais tout le monde ne possède pas
-l'emplacement suffisant ni la fortune nécessaire pour s'offrir le luxe
-de trois, voire de deux bibliothèques, renfermant les mêmes ouvrages en
-éditions différentes et diversement habillés.
-
-Constantin, dans son petit manuel de _Bibliothéconomie_, est d'avis[104]
-qu'il ne faut blâmer ni ceux qui ne prêtent pas leurs livres, ni ceux
-qui les prêtent, et n'accuser ni les uns d'insouciance, ni les autres
-d'égoïsme.
-
-D'accord avec le célèbre évêque d'Avranches Huet[105], M. Octave Uzanne
-soutient, au contraire, l'opinion, plus généralement adoptée, et plus
-rationnelle aussi et plus naturelle, il faut bien l'avouer, qu'un
-véritable bibliophile ne doit jamais laisser sortir ses livres de chez
-lui. Le chapitre qu'il a publié à ce sujet[106] est des plus
-caractéristiques et tout à fait convaincant: il mériterait d'être
-intégralement reproduit ici. Nous en donnerons du moins un extrait qui
-permettra de l'apprécier.
-
-«Le bibliophile qui prête un volume s'en repent toujours; ce sont
-d'abord des craintes vagues, un sentiment curieux d'inquiétude, qui
-l'obsèdent, un agacement inconscient qui le tracasse; il sent qu'il lui
-manque quelque chose, et la place béante laissée par l'absent sur les
-rayons de sa bibliothèque le fait frémir furtivement. «Il n'y a rien que
-l'on rende moins fidèlement que les livres, dit sentencieusement un
-moraliste ancien; l'on s'en met en possession par la même raison que
-l'on dérobe volontiers la science des hommes, desquels on ne voudrait
-pas dérober l'argent.» Un livre prêté est en effet à moitié perdu;
-l'emprunteur le plus honnête s'accoutume à sa vue, il en remet de jour
-en jour la restitution, et arrive, sans qu'il y songe, à se faire
-tacitement une morale à la Bilboquet: «Ce livre pourrait être à moi, il
-devrait être à moi, il est à moi». Au surplus, on ne se gêne guère avec
-les livres des autres, on en use sans façon; ce sont les mains humides,
-les cendres du cigare, la poudre de l'écritoire, que sais-je! Tout
-contribue à maculer les pages virginales[107].»
-
-Comme exemple de l'inqualifiable incurie des emprunteurs de livres, on
-rapporte l'aventure survenue à André Chénier, aventure bien propre à
-décourager les bibliophiles prêteurs de leurs trésors.
-
-André Chénier, qui avait une prédilection spéciale pour Malherbe, dont
-il a d'ailleurs commenté les vers, possédait une bonne édition de ce
-poète, un petit in-8 publié par Barbou en 1776, avec la notice et les
-notes de Meunier de Querlon. Un jour, un visiteur emprunta ce volume à
-Chénier, qui ne sut pas le défendre, n'osa pas refuser, et le livre ne
-lui revint que tout taché d'encre et dans le plus pitoyable état. Sur
-une des pages, la page 61, en regard de la plus grosse tache, Chénier
-écrivit alors (1781) ces lignes:
-
-«J'ai prêté, il y a quelques mois, ce livre à un homme qui l'avait vu
-sur ma table, et me l'avait demandé instament (_sic_). Il vient de me le
-rendre en me faisant mille excuses. Je suis certain qu'il ne l'a pas lu.
-Le seul usage qu'il en ait fait a été d'y renverser son écritoire,
-peut-être pour me montrer que lui aussi il sait commenter et couvrir les
-marges d'encre. Que le bon Dieu lui pardone (_sic_) et lui ôte à jamais
-l'envie de me demander des livres[108]!»
-
-C'est le cas de rappeler le «mirlitonesque»[109] distique dont Charles
-Nodier, Guilbert de Pixérécourt, d'autres encore, se disputent la
-paternité[110]:
-
- Tel est le triste sort de tout livre prêté,
- Souvent il est perdu, toujours il est gâté;
-
-et le fameux sixain de Guillaume Colletet, que, par une singulière
-erreur, provenant sans doute et uniquement de l'assonance, on attribue
-fréquemment à Condorcet[111]:
-
- Chères délices de mon âme,
- Gardez-vous bien de me quitter,
- Quoiqu'on vienne vous emprunter!
- Chacun de vous m'est une femme,
- Qui peut se laisser voir sans blâme
- Et ne se doit jamais prêter.
-
-Disons donc, pour résumer la question, que les non-prêteurs ont pour eux
-trois bonnes raisons: le manque de soin et le manque de probité des
-emprunteurs, qui, lorsqu'ils ne détériorent pas les volumes, les gardent
-très longtemps, parfois même tout à fait: combien de gens estiment et ne
-se gênent même pas de déclarer tout haut que «garder un livre, prendre
-un livre, ce n'est pas voler[112]»!
-
-Le troisième motif, capital et péremptoire, pour ne pas vous séparer de
-vos livres, c'est que vous en avez sans cesse besoin, et de tous, sans
-distinction et sans prévision possible. Tel mot entendu, telle bribe de
-conversation, tel article de journal, un incident ou événement
-quelconque vous oblige à consulter tel ou tel volume; et, remarquez bien
-cela, c'est toujours le volume absent qui vous fera défaut, toujours
-celui-là que vous voudriez feuilleter. Ayez-les donc toujours tous sous
-la main, prêts à répondre à votre appel.
-
-«Que le diable emporte les emprunteurs de livres!» Voilà, il ne faut pas
-craindre de le reconnaître, la vraie devise, non seulement de tout
-amateur, mais de tout travailleur. C'est celle dont le peintre du
-Moustier, au dire de Tallemant des Réaux, avait décoré le «bas de ses
-livres», la plinthe de sa bibliothèque[113]. Tout travailleur, tout bon
-ouvrier a besoin de la totalité de ses outils et ne se sépare d'aucun.
-_Ite ad vendentes!_ «Allez en acheter!» s'écriait Scaliger[114].
-
-Acceptez donc, si bon vous semble, dirons-nous avec Jules Janin[115], la
-devise de Grolier et de Maïoli, étalez-la sur les plats de vos volumes,
-cela peut faire très bel effet et vous valoir de délectables louanges,
-mais, en pratique, suivez les conseils de Daniel du Moustier et de
-Scaliger: «N'_en_ prêtez pas!»
-
-
-
-
-CHAPITRE II
-
-LE PAPIER
-
-Importance du papier: élément essentiel du livre.--Tirages à part
-effectués pour les bibliophiles.--Historique, fabrication et
-consommation du papier.--Papiers anciens et papiers modernes;--à la
-forme et à la mécanique.--Papier collé, non collé, demi-collé.--Papier
-glacé, satiné.--Papier couché.--Inconvénients et dangers des papiers
-trop glacés et des papiers à fond rouge: «Ménagez vos yeux!»--Papiers de
-luxe: vergé, hollande, Whatman, vélin, chine, japon, parchemin.--Papiers
-divers: serpente, pelure, Joseph, etc.--Carton, bristol.--Mauvaise
-qualité de la plupart des papiers modernes.
-
-
-Le papier est l'élément essentiel et fondamental du livre. De même qu'un
-homme doué d'une solide constitution, ayant «un bon fond», résistera
-mieux qu'un être chétif et débile aux assauts de la maladie et retardera
-d'autant l'inévitable triomphe de la mort, de même un livre imprimé sur
-papier de qualité irréprochable bravera bien mieux qu'un volume tiré sur
-mauvais papier les injures du temps et les incessantes menaces de
-destruction.
-
-Aussi les bibliophiles ont-ils toujours attaché une importance capitale
-à la qualité du papier des ouvrages destinés à leurs collections. Les
-splendides reliures de Jean Grolier n'abritaient que des exemplaires de
-choix, des «exemplaires en papier fin et en grand papier, que les
-imprimeurs tiraient exprès pour lui[116]». «MM. de Thou» (notamment le
-célèbre historien Jacques-Auguste de Thou) «qui ont été si longtemps
-chez nous la gloire et l'ornement des belles-lettres, dit
-Vigneul-Marville[117], n'avaient pas seulement la noble passion de
-remplir leurs bibliothèques d'excellents livres, qu'ils faisaient
-rechercher par toute l'Europe; ils étaient encore très curieux que ces
-livres fussent parfaitement conditionnés. Quand il s'imprimait en
-France, et même dans les pays étrangers, quelque bon livre, ils en
-faisaient tirer deux ou trois exemplaires pour eux, sur de beaux et
-grands papiers qu'ils faisaient faire exprès, ou achetaient plusieurs
-exemplaires, dont ils choisissaient les plus belles feuilles, et en
-composaient un volume, le plus parfait qu'il était possible.»
-
-Jules Janin, le duc d'Aumale et autres bibliophiles d'élite ont plus
-d'une fois suivi l'exemple des de Thou[118].
-
-La reliure à part, c'est de la qualité du papier que dépend presque
-toujours le prix de vente d'un ouvrage non épuisé, non _d'occasion_, qui
-se trouve _en librairie_, comme on dit, et figure dans le catalogue d'un
-éditeur. Prenons, par exemple, la collection Jannet-Picard, portée sur
-le _Catalogue de la librairie Flammarion_, année 1896[119], et qui
-comprend les œuvres de Molière, de Rabelais, Villon, Regnier, Marot,
-etc. Le volume broché, papier ordinaire, de cette collection, coûte 1
-franc; le volume broché, papier vergé, 2 francs; papier Whatman, 4
-francs; papier de Chine, 15 francs.
-
-De même pour la «Nouvelle Bibliothèque classique», fondée par l'éditeur
-Jouaust, et annoncée dans le même catalogue Flammarion[120]: un volume
-de cette collection sur papier ordinaire in-16 elzevierien est coté 3
-francs; sur papier de Hollande, 5 francs; sur papier de Chine ou
-Whatman, 10 francs; sur grand papier (c'est-à-dire papier à grandes
-marges), chine ou Whatman, 30 francs.
-
-L'édition des œuvres complètes d'Alfred de Musset (10 vol. format petit
-in-12) publiée par l'éditeur Lemerre est de même tarifée[121]: le volume
-sur papier vélin, 6 francs; sur hollande, 25 francs; sur chine et sur
-Whatman, 50 francs; sur japon, 75 francs.
-
- *
-
- * *
-
-Le papier, qui tire son nom du mot latin _papyrus_, roseau très abondant
-en Égypte, et dont l'écorce, aisément détachée en larges et légères
-bandelettes, recevait l'écriture des anciens scribes, est d'origine très
-lointaine et inconnue. C'est ce qui faisait dire au roi Charles IX que
-le papier «semble nous avoir été transmis par un don spécial de
-Dieu[122]». Il a cela de particulier et d'admirable qu'étant le produit
-de substances presque sans valeur et souvent de matières de rebut, le
-résultat d'une trituration de loques et de chiffons, une fois façonné et
-imprimé, devenu livre ou journal, il acquiert une puissance sans
-pareille, une sorte de souveraineté universelle. Il modifie nos idées et
-nos croyances, transforme nos mœurs et nos lois, renverse ou restaure
-les États, décide de la paix et de la guerre: il gouverne le monde, pour
-ainsi dire; et il s'est tant multiplié de nos jours, on en fait une si
-grande et si envahissante consommation, que cette particularité est
-devenue une caractéristique de notre époque, qu'on a surnommé notre âge
-«l'âge du papier».
-
-Autrefois le papier ne se fabriquait qu'avec des chiffons (coton,
-chanvre, lin); actuellement on en fabrique avec _presque tout_[123],
-avec de la paille, du foin, du son, du crottin de cheval «bien
-lavé[124]», de la mousse, des feuilles d'arbres, des fougères, de
-l'ortie, du sparte ou alfa (graminée très répandue en Algérie), mais
-surtout avec du bois (sapin, tremble, peuplier et tilleul)[125]. Sans
-l'encre d'imprimerie qu'il faudrait d'abord enlever, ce qui augmenterait
-considérablement les frais de fabrication, les vieux papiers (vieux
-journaux, livres de rebut, etc.) pourraient aussi servir à en
-confectionner du neuf: à cause de cette encre, le vieux papier ne peut
-faire que du carton ou des _maculatures_, papier de pâte grossière
-employé pour envelopper et emballer[126].
-
-C'est la presse, ce sont les journaux, qui, par leur rapide et
-considérable extension durant la seconde moitié du XIXe siècle, ont
-stimulé la fabrication du papier et l'ont amenée aux prodigieux
-résultats que nous voyons: plus de 1 500 millions de kilogrammes
-fabriqués par année dans le monde entier; la France, à elle seule, en
-fabrique annuellement plus de 100 millions de kilogrammes[127]. On a
-calculé qu'un journal à grand tirage absorbe, à lui tout seul, une
-centaine d'arbres par numéro, et que, dans un demi-siècle, pas plus
-tard, toutes les forêts d'Europe auront été coupées à blanc et imprimées
-à fond[128].
-
-Sans entrer dans tous les menus détails de la fabrication du papier,
-nous dirons, d'une façon générale, que les papiers faits avec des
-chiffons valent mieux,--c'est-à-dire offrent plus de solidité et de
-résistance, reçoivent mieux l'impression, sont plus «amoureux» de
-l'encre, et aussi sont moins susceptibles de s'altérer et de se
-jaunir,--que les papiers fabriqués avec du bois.
-
-Il en résulte donc, et toujours d'une manière générale, que les livres
-d'autrefois,--les livres de condition moyenne, livres ordinaires et à
-bon marché: je laisse de côté, comme je l'ai dit au début, les ouvrages
-de luxe,--valent mieux, matériellement parlant, que les livres
-ordinaires et à bon marché d'aujourd'hui[129]. Nous aurons à nous
-souvenir de cette remarque lorsque nous traiterons de l'achat des
-livres.
-
-Jadis les papiers ne se fabriquaient que dans des cuves, _à la forme_;
-actuellement, grâce à la machine à papier continu, inventée vers 1798
-par un ouvrier d'Essonnes, Louis Robert[130], et maintes fois
-perfectionnée depuis, ce mode de fabrication est l'exception. Voici
-succinctement en quoi consistait et consiste encore, sauf quelques
-modifications de détails, la fabrication à la forme[131].
-
-Après avoir lavé les chiffons, les avoir triturés et réduits en pâte
-dans des réservoirs ou cuves, on procède au _blanchiment_ de cette pâte,
-ce qui s'effectue de diverses façons, entre autres, en mélangeant à la
-pâte un sel de chlore: le chlore a la propriété d'annihiler les couleurs
-et de rendre blancs tous les tissus, fils et fibres. Ce sel de chlore
-est l'hypochlorite de soude, dit, par abréviation et couramment,
-chlorure. On prend ensuite un châssis au fond garni de menus fils de
-laiton, de vergettes très rapprochées, nommées _vergeures_, et coupées
-perpendiculairement par d'autres fils de laiton plus espacés, appelés
-_pontuseaux_. Sur ce fond, cette sorte de toile métallique ou de tamis,
-entre les vergeures et les pontuseaux, est entrelacé un autre mince fil
-de laiton, affectant la forme d'un objet ou les initiales du
-fabricant,--une «marque de fabrique» destinée à apparaître au milieu de
-la feuille de papier: c'est le _filigrane_, qu'on appelle aussi la
-_marque d'eau_. Cette marque représentait autrefois soit un pot, soit
-une cloche, une couronne, un aigle, une grappe de raisin, l'écu de
-France, le monogramme de Jésus-Christ, IHS, etc., et c'est elle qui a
-donné son nom à ces divers formats de papier: pot, cloche, couronne,
-grand aigle, raisin, écu, jésus, etc.
-
-Le châssis, la _forme_, ainsi préparée, est plongée dans la cuve et
-retirée pleine de pâte. Une sorte de couvercle, nommé _couverte_ ou
-_frisquette_[132], recouvre la forme, qui n'a d'ailleurs que très peu de
-profondeur, et, en l'empêchant de se charger d'une trop grande quantité
-de pâte, règle l'épaisseur que l'on veut donner au papier. L'eau de
-cette pâte s'égoutte d'elle-même presque instantanément, par les
-intervalles des vergeures. La frisquette enlevée, l'ouvrier, qui tient
-la forme avec ses deux mains, par les deux bouts, la retourne alors
-prestement, la renverse sur un feutre ou _flotre_[133], où la couche de
-pâte, c'est-à-dire la feuille de papier, vient se déposer. Sur cette
-première feuille il applique un second feutre, sur lequel une seconde
-feuille de papier viendra de même s'étendre en quittant la forme, et que
-protégera de même un troisième feutre, etc.
-
-Lorsque ces feuilles de feutre et de papier, ainsi intercalées et
-superposées, ont atteint une certaine hauteur, sont au nombre de 150 ou
-200, on transporte en bloc cette pile, appelée _porse_, sous une presse
-hydraulique ou à main, et on les comprime pour en faire complètement
-sortir l'eau et hâter la dessiccation. On désintercale ensuite les
-feuilles, on met en tas d'un côté les feutres, de l'autre les feuilles
-de papier, qu'on replace de nouveau sous la presse et qu'on comprime
-encore, puis qu'on porte à l'étendage, qu'on fait sécher, jusqu'à ce
-qu'elles soient absolument solidifiées et fermes, maniables sans risques
-ni difficultés.
-
-A propos de ces anciens papiers de fil, un écrivain anglais du XVIIe
-siècle, Thomas Fuller, a fait cette remarque, sans doute plus curieuse
-qu'exacte, que le papier participe du caractère de la nation qui le
-fabrique. Ainsi, dit-il, «le papier vénitien est élégant et fin; le
-papier français est léger, délié et mou; le papier hollandais, épais,
-corpulent, spongieux[134]».
-
- *
-
- * *
-
-Aujourd'hui que les pâtes de bois, devenues les remplaçants, les
-_succédanés_ des chiffons, sont les éléments les plus fréquemment
-employés dans la fabrication des papiers, on fait usage de procédés tout
-différents, et l'on obtient des papiers, non plus de dimensions
-restreintes et de formats déterminés d'avance (pot, couronne, raisin,
-jésus, etc.), mais des papiers continus, de longues bandes, qu'on met en
-rouleaux ou qu'on sectionne à volonté.
-
-Ces pâtes de bois se préparent de deux façons, chimiquement ou
-mécaniquement[135].
-
-Dans le premier cas, le bois, après avoir été scié et haché en menus
-morceaux, est renfermé sous pression dans des vases clos, et désagrégé,
-dissous par l'action d'agents chimiques, principalement du bisulfite de
-chaux. La pâte ainsi obtenue, dite _cellulose au bisulfite_, est
-préférable à la pâte mécanique, produite par l'usure de bûches de bois
-en contact avec l'eau et au moyen de meules de granit.
-
-La pâte de bois, versée dans une cuve, s'écoule d'elle-même et s'étale
-sur une toile métallique sans fin (c'est-à-dire dont les deux extrémités
-sont jointes l'une à l'autre), sans cesse agitée d'un double
-mouvement,--mouvement en avant peu rapide, et mouvement latéral de
-brusque va-et-vient, de trépidation précipitée,--à travers laquelle
-l'eau s'égoutte, comme tout à l'heure à travers les vergeures de la
-forme. Cette toile passe entre des cylindres de diamètres variés, qui
-compriment et affinent progressivement la pâte, puis autour de rouleaux
-de fonte creux, dits _sécheurs_, chauffés par la vapeur et enveloppés de
-feutre, qui la dépouillent de toute humidité et complètent sa
-transformation en feuille de papier.
-
-La durée complète de l'opération, de cette transformation de la pâte en
-feuille de papier maniable et utilisable, n'exige pas plus de deux à
-trois minutes, suivant la vitesse de la machine, et le bois ainsi traité
-permet de fabriquer des papiers à un prix _dix fois moindre_ que celui
-du papier à la forme[136].
-
-A la pâte de bois nombre d'ingrédients sont ajoutés, selon la qualité et
-la sorte de papier qu'on veut obtenir: gélatine, résine, fécule, alun,
-kaolin, sulfate de chaux, etc.; on y ajoute même des chiffons.
-
-Le kaolin et le sulfate de chaux ont pour but de donner plus de poids,
-plus de _charge_ au papier.
-
-La gélatine, la résine, la fécule et l'alun servent à le _coller_.
-
-Le _collage_ s'opère aussi à l'aide d'une sorte de savon résineux,
-préparé par la fusion de la résine avec du carbonate de soude;
-l'addition d'un peu d'alun dans la cuve ou pile précipite un composé
-résineux d'alumine, qui agglutine les fibres du papier, reconstitue
-ainsi l'adhérence primitive et naturelle existant entre les fibres
-végétales avant leur transformation en pâte, et permet d'écrire sur ce
-papier avec de l'encre _ordinaire_[137].
-
-Le papier _collé_ est donc celui qui ne boit pas l'encre ordinaire, et
-le papier _non collé_, celui qui boit cette encre: les papiers _buvards_
-et _brouillards_[138], ainsi que les papiers à filtrer, sont des papiers
-non collés.
-
-Lorsqu'on veut écrire sur du papier non collé, mettre, par exemple, une
-dédicace sur le faux titre d'un livre imprimé sur du papier de ce genre,
-il suffit de déposer à l'endroit où l'inscription doit être faite un peu
-de sandaraque, qu'on étend en frottant avec le doigt: la sandaraque, qui
-n'est qu'une variété de résine, _colle_ l'endroit frotté, en obstrue les
-pores, et empêche l'encre ordinaire d'y pénétrer trop profondément et de
-s'y étaler trop largement.
-
-Le papier collé prend aussi moins bien, et par la même raison, l'encre
-d'imprimerie, mais il a plus de solidité et de résistance que le papier
-non collé. Il est aussi moins susceptible de se piquer, de s'altérer
-dans un air humide.
-
-Le papier non collé a ses partisans: aux yeux de certains, l'impression,
-plus pénétrante, plus onctueuse, y a meilleur aspect, surtout quand
-l'ouvrage est accompagné d'illustrations. Pour essayer de contenter tout
-le monde, les fabricants ont adopté un moyen terme et créé le
-_demi-collé_.
-
-Les papiers se lissent, se glacent et se satinent à l'aide de feuilles
-de carton ou de feuilles métalliques (acier, zinc ou cuivre) et de
-presses et de cylindres appelés, selon leur forme, laminoirs ou
-calandres[139].
-
-Le papier _couché_ est un papier, d'ordinaire très glacé[140], qui
-s'obtient en recouvrant une feuille de papier bien collé d'une couche de
-colle de peau et de blanc de Meudon mélangés. On y ajoute aussi du blanc
-de zinc, du sulfate de baryte, du talc, du chlorure de magnésium,
-etc.[141] Le papier couché est surtout employé pour le tirage des
-photogravures, des gravures en couleurs et des publications ornées de ce
-genre de vignettes.
-
-Les papiers couchés ressemblent parfois beaucoup aux papiers glacés ou
-satinés, et l'on pourrait les confondre. Pour les distinguer, il suffit
-de mouiller le doigt et de frotter légèrement un coin de la feuille à
-examiner: si le doigt se salit, se couvre d'un petit dépôt blanchâtre,
-on a affaire à du papier couché; dans le cas contraire, à du papier
-simplement glacé ou satiné.
-
-Ces papiers plâtrés et glacés, d'une blancheur éclatante, si répandus
-aujourd'hui, sont des plus pernicieux pour les yeux. On ne saurait mieux
-comparer l'effet produit par eux sur la rétine qu'à celui de la
-réverbération d'une route poudreuse tout ensoleillée ou d'un champ de
-neige, qu'on serait astreint à regarder. Des médecins allemands ont, il
-y a quelque temps, dirigé des attaques très vives contre les papiers
-couchés et, en général, contre les papiers trop glacés et trop blancs.
-
-«Nous n'avons pas besoin de faire remarquer, écrit à ce propos la _Revue
-scientifique_[142], quelle transformation complète s'est produite dans
-les papiers d'impression; on est bien loin des antiques papiers de
-chiffon, dotés d'une coloration grise ou bleuâtre, et d'un grain assez
-grossier, qui, pour l'impression comme pour l'écriture, exigeaient
-l'emploi de caractères de dimensions assez grandes[143]. On se sert
-maintenant, pour ainsi dire exclusivement, de papiers faits de fibres
-végétales diverses, mais dont la caractéristique est de présenter une
-surface extrêmement lisse, où la plume glisse, où l'impression se fait
-en petits caractères. Or, qu'on regarde ces papiers perfectionnés, et
-l'on constatera qu'il se produit souvent à leur surface des reflets
-intenses..., toute une série de reflets, d'ombres et de lumière qui
-fatiguent considérablement l'œil.»
-
-La constatation n'est que trop facile et que trop exacte, et il y a là
-un fait digne au plus haut point d'appeler l'attention de tous ceux qui
-lisent, et de les mettre soigneusement en garde.
-
-Certains bibliographes ont reproché aux belles éditions de Firmin Didot
-d'avoir, par leur blancheur, «rendu myopes nos pères de 1830[144]»: que
-ne dira-t-on pas de nos papiers, bien plus glacés, bien autrement
-chatoyants et éblouissants! quels reproches ne méritent-ils pas!
-
-Afin de remédier à ces graves et incontestables dangers, quelques
-éditeurs ont fait choix, pour leurs impressions, de papiers légèrement
-teintés, soit en jaune, soit en vert, soit en bleu. Vers la fin du
-XVIIIe siècle, l'éditeur Cazin a fréquemment employé le papier azuré, et
-ses charmants petits in-18, bien qu'imprimés en fins caractères, se
-lisent sans fatigue.
-
-La teinte qui semble la meilleure pour les yeux, «c'est la teinte bulle
-et principalement celle désignée dans les étoffes sous le nom de teinte
-mastic[145]». Le papier de cette nuance doit même être préféré au papier
-vert, parce que l'encre noire apparaît rougeâtre et peu distincte sur le
-vert, et, par suite, fatigue la vue[146].
-
-Mais que penser des industriels qui, pour se singulariser, dans l'espoir
-de provoquer la curiosité, s'avisent de tirer leurs ouvrages sur papier
-rose ou rouge vif? Rien de plus pernicieux pour la vue que les papiers
-rouges; la lecture d'une simple demi-page de cette couleur laisse dans
-la rétine des tremblements, des papillotages, qui, de l'aveu unanime des
-oculistes, peuvent avoir les plus fâcheuses conséquences. Il y a
-quelques années, un éditeur, déterminé à brusquer le succès, entreprit
-le lancement d'une collection de mignons petits in-16, imprimés sur
-papier rose, papier «cuisse de nymphe».
-
-«Je sais bien, disait-il avec une aimable désinvolture, que je
-risquerais d'abîmer les yeux de mes clients, si ces braves gens
-commettaient l'imprudence d'ouvrir mes volumes, mais ils ne les
-ouvriront pas! C'est pour la pose et la montre qu'on achète des livres
-aujourd'hui... quand on en achète! On ne lit plus!»
-
-Vous qui êtes de ceux qui lisent encore, vous qui achetez des livres
-pour vous en servir réellement et efficacement, fuyez, fuyez comme la
-peste ces papiers aux couleurs éclatantes. «Ménagez vos yeux! Ayez-en un
-soin extrême!» C'est la première règle à suivre, le premier et le plus
-important conseil que j'aie à vous donner.
-
- *
-
- * *
-
-Les papiers se vendent par _mains_, par _rames_ et par rouleaux ou
-_bobines_.
-
-La _main_ se compose de 25 feuilles, la _rame_ de 20 mains ou 500
-feuilles.
-
-Une _bobine_ a de 3 000 à 6 000 mètres de longueur, et de 0 m. 46 à 1 m.
-35 de largeur; son poids est des plus variables. La vente par bobines ne
-concerne que les journaux.
-
-Nous donnons, dans le tableau ci-contre, la liste des papiers
-actuellement le plus en usage, ainsi que leurs dimensions métriques[147]
-et leurs modes d'emploi: quant à leurs poids, ils varient tellement, que
-mieux vaut ne risquer aucun chiffre.
-
- DÉNOMINATION DIMENSIONS MODES D'EMPLOI
- de la
- FEUILLE (m)
-
- Grand aigle 0,75 × 1,06 Le _grand aigle_ n'est guère employé
- que pour les cartes géographiques, les
- tableaux et les registres.
-
- Colombier 0,63 × 0,90 Le _colombier_ est particulièrement
- propre aux affiches commerciales et
- Soleil ou petit aux tableaux des compagnies de chemins
- colombier 0,58 × 0,80 de fer.
-
- Grand jésus 0,56 × 0,76 Le _jésus_, la _double couronne_, le
- _cavalier_ et le _carré_ sont plus
- spécialement affectés aux _labeurs_ (aux
- Jésus 0,55 × 0,70 livres, par ex.: voir le mot _labeur_,
- p. 105). C'est en jésus et en raisin
- Petit jésus 0,52 × 0,68 que se font généralement les in-18.
-
- Raisin 0,50 × 0,65 Le _raisin_ sert à la fois aux labeurs
- et à la confection des registres.
-
- Double couronne 0,47 × 0,74 L'in-16 _double couronne_ remplace avec
- avantage l'in-18 jésus; la grandeur du
- Cavalier 0,46 × 0,62 volume est la même, et l'impression
- des 1/4, 1/2 et 3/4 de feuille se fait
- Carré 0,45 × 0,56 sans perte de papier.
-
- Coquille 0,44 × 0,56 La _coquille_, dont les dimensions
- étaient autrefois 0,4 × 0,54, ne diffère
- plus guère aujourd'hui du _carré_ qu'en
- ce qu'elle est glacée et souvent
- quadrillée, et, comme telle,
- exclusivement consacrée aux travaux
- commerciaux: factures, lettres, etc.,
- ce qu'en termes de métier on appelle
- _ouvrages de ville_, _bibelots_ ou
- _bilboquets_. (Cf. E. Boutmy,
- _Dictionn. de l'argot des typogr._,
- p. 60.)
-
- Écu 0,40 × 0,52 L'_écu_, la _couronne_, la _tellière_,
- le _pot_, et la _cloche_ servent à
- l'impression de documents administratifs
- Couronne 0,36 × 0,46 et commerciaux, et à la confection de
- cahiers et registres. L'_écu_ s'emploie
- Tellière (le ou aussi pour certains labeurs: livres
- la) ou papier de distributions de prix, albums,
- ministre 0,33 × 0,44 almanachs, etc. La _couronne_ est
- également utilisée pour l'impression des
- Pot ou papier livres: dans ce cas, son format est un
- écolier 0,31 × 0,40 peu plus grand (0,37 × 0,47) que quand
- elle est destinée aux cahiers et aux
- Cloche 0,29 × 0,39 registres. La _double tellière_ sert
- aussi à l'impression des livres; elle
- donne naissance au format dit in-16
- elzev. (0,113 × 0,18).
-
- *
-
- * *
-
-Bien que nous considérions le livre surtout au point de vue pratique,
-comme instrument d'étude et outil de travail, il convient de dire
-quelques mots des _papiers de luxe_, d'en définir les principales
-variétés tout au moins.
-
-On appelle papier _vergé_ celui qui laisse apercevoir par transparence
-les empreintes des fils métalliques formant le fond du moule où il a été
-fabriqué, comme nous l'avons expliqué plus haut. Nous rappelons que les
-empreintes les plus rapprochées sont nommées _vergeures_, et que les
-plus espacées, perpendiculaires aux premières, sont les _pontuseaux_.
-
-Il existe du _faux vergé_, c'est-à-dire du papier vergé fabriqué non à
-la forme, mais à la machine. On l'obtient en faisant passer la pâte
-encore fraîche entre des cylindres à cannelures imitant vergeures et
-pontuseaux (c'est-à-dire transversales pour les vergeures et circulaires
-pour les pontuseaux), et où sont même au besoin gravées des marques
-d'eau.
-
-Le papier _de Hollande_ est, en dépit de son nom, un papier d'invention
-et de fabrication absolument françaises. Ce sont de nos ancêtres
-appartenant à la religion réformée, qui, obligés de s'enfuir à
-l'étranger, après la révocation de l'édit de Nantes, portèrent leur
-industrie et leurs procédés aux Pays-Bas, et, de là, nous expédièrent
-leurs produits. Lorsqu'il est de bonne qualité, de pur fil, le papier de
-Hollande, d'ordinaire vergé, est résistant, ferme, sonore,--sonnant,
-comme on dit,--et de très bel aspect. De l'avis de certains
-bibliophiles, il a ou il aurait parfois, quand il est trop collé sans
-doute, l'inconvénient de ne pas très bien prendre l'encre, et de donner
-accidentellement aux impressions une apparence un peu terne et grisâtre.
-
-Le papier _Whatman_[148] ressemble au papier de Hollande, mais il est
-toujours dépourvu de vergeures. Comme le hollande, il est grené, très
-ferme et très solide. On l'emploie beaucoup pour le dessin linéaire et
-le lavis[149].
-
-Le _vélin_, ainsi nommé parce qu'il a la transparence et l'aspect de
-l'ancien vélin véritable, provenant de la peau de jeunes veaux, est un
-papier sans grain, très uni, lisse et satiné, excellent pour le tirage
-des vignettes. D'une façon générale, tout papier fabriqué à la forme et
-dépourvu de grains et de vergeures est qualifié de _vélin_.
-
-Le papier _de Chine_ se fabrique avec l'écorce du bambou. Il a une
-teinte grise ou jaunâtre, un aspect «sale», plus ou moins prononcé. Cela
-vient de ce que sa fabrication s'effectue en plein air. Il est, en
-outre, très mince, très léger et inconsistant. «Le papier de Chine...
-doit sa réputation, non pas à sa propre beauté, mais bien à ses
-affinités particulières avec l'encre d'impression[150]. Son tissu lisse
-et mou tout ensemble est plus apte qu'aucun autre à recevoir un beau
-tirage... L'impression y vient avec une incomparable netteté. Les livres
-imprimés en petit texte gagnent particulièrement à être tirés sur
-chine[151].» Ce papier est très sensible à l'humidité: aussi est-il bon
-de le faire encoller aussitôt après l'impression. Le papier de Chine
-sert non seulement pour certaines éditions de luxe, mais aussi pour les
-reports lithographiques. La feuille de Chine, convenablement encollée au
-préalable, et portant le texte, croquis ou dessin à transporter, à
-_reporter_ sur la pierre, est appliquée sur celle-ci, et soumise à une
-forte pression: un simple mouillage suffit alors pour qu'elle laisse sur
-la pierre ce texte ou ce croquis,--le _report_.
-
-Le papier _du Japon_ est un superbe papier blanc ou légèrement teinté en
-jaune, soyeux, satiné, nacré, à la fois transparent et épais, qui
-absorbe l'encre très facilement et fait on ne peut mieux ressortir les
-tons des dessins. Il provient de l'écorce d'arbrisseaux de la flore
-japonaise, tels que le _midzumatu_ (_Edgeworthia papyrifera_), dont les
-fibres sont molles, souples, longues et solides; le _kozokodzou_
-(_Broussonetia papyrifera_), fibres grosses, longues et solides; le
-_gampi_ (_Wickstræmia canescens_), aux filaments très délicats: le
-papier fourni par ce dernier arbuste est particulièrement fin, souple et
-lisse[152].
-
-On appelle aujourd'hui _papier parchemin_, _parchemin végétal_ ou _faux
-parchemin_ un papier sans colle, trempé très peu de temps dans une
-solution d'acide sulfurique, opération qui lui donne une transparence
-jaunâtre, rappelant le vrai parchemin[153]. On utilise fréquemment le
-papier parchemin comme couverture de volumes.
-
-Mentionnons encore, en dehors des papiers de luxe:
-
-Le papier _serpente_, papier très mince et sans colle, qui sert
-principalement à protéger les gravures contre le maculage;
-
-Le papier _pelure d'oignon_, ou simplement _pelure_, qui est aussi un
-papier très mince, très léger et non collé, et s'emploie notamment pour
-les copies de lettres; une certaine espèce de papier pelure collé est
-utilisée comme papier à lettre économique: par sa légèreté, elle permet
-d'éviter les surtaxes postales[154];
-
-Le papier _joseph_ (du nom de son inventeur Joseph Montgolfier), ou
-papier _de soie_, qui est blanc, fin, très souple et soyeux: on
-l'emploie, comme le serpente, pour protéger les gravures, et aussi pour
-envelopper de menus objets fragiles, des bijoux, etc.;
-
-Le papier _végétal_ ou papier _à calquer_, papier très fin et
-transparent, fait de filasse de chanvre ou de lin non blanchie;
-
-Le papier _porcelaine_, papier recouvert d'une couche de blanc opaque
-mélangé à de la colle de peau. Ce blanc était autrefois du blanc de
-céruse: pour éviter les empoisonnements, on se sert aujourd'hui de
-sulfate de baryte[155].
-
-Les papiers _bulle_ sont des papiers teintés, en jaune le plus souvent,
-et généralement de qualité inférieure.
-
-Le _carton_ se fabrique soit par la superposition et la compression de
-plusieurs feuilles de papier, soit par la même méthode que le papier
-ordinaire, mais avec une pâte moins épurée, composée de déchets plus
-grossiers. La première sorte est dite _carton de collage_, la seconde
-_carton de moulage_[156].
-
-Le carton anglais, connu sous le nom de _bristol_ ou _bristol anglais_,
-«n'est, quelle que soit son épaisseur, qu'une feuille de papier faite à
-la cuve avec les plus belles espèces de chiffons, auxquelles on ajoute
-une proportion assez considérable de kaolin[157].»
-
-Le _bristol français_, au contraire, est obtenu par superposition: c'est
-un carton de collage de feuilles blanches laminées avec soin[158].
-
- *
-
- * *
-
-Tous les papiers (les papiers de fabrication moderne), selon une juste
-remarque du _Mémorial de la librairie française_[159], «sont plus ou
-moins sujets à changer de couleur; cette altération ne consiste pour la
-plupart qu'en un brunissement qui affecte d'abord les extrémités du
-papier et gagne peu à peu l'intérieur; parfois aussi elle est uniforme.
-Dans ce dernier cas, le papier lui-même est altéré, tandis que, dans le
-premier, il n'y a qu'intervention d'agents extérieurs, tels qu'une
-atmosphère ambiante chargée de produits, en combustion, de gaz
-d'éclairage. Les acides et oxydants produisent l'altération par action
-directe sur les fibres du papier, ou, si ce dernier contient de
-l'amidon, la combinaison de ces acides avec cet hydrate de carbone amène
-une rapide détérioration de couleur. En un mot, l'altération de la
-couleur des papiers ordinaires à la cellulose est relative à la quantité
-de résine qu'ils contiennent, ou, plus généralement, à la résine et aux
-procédés de fixation de cette dernière dans le collage.»
-
-Préoccupés de se procurer des papiers de teinte moins variable et de
-constitution plus durable, les imprimeurs ont imaginé maints procédés
-d'examen et de contrôle des papiers, et voici les conseils que donne à
-ce sujet _l'Intermédiaire des imprimeurs_[160]:
-
-«Un papier contenant du bois mécanique est fort reconnaissable à simple
-vue, il suffit de le regarder par réflexion: on aperçoit des fibres plus
-brillantes que les autres et non feutrées; elles ont une longueur
-variant de 3 à 5 millimètres, suivant leur finesse: c'est du bois râpé
-de tremble. Le sapin est moins brillant et plus difficile à distinguer,
-et les réactifs sont souvent indispensables pour en déceler la présence.
-Le réactif le plus simple est une dissolution de 10 grammes de sulfate
-d'aniline dans 250 grammes d'eau distillée. Une goutte de ce liquide sur
-la feuille de papier produit une coloration jaune orange d'autant plus
-prononcée qu'elle contient plus de bois mécanique ou râpé, tremble ou
-sapin.
-
-«Les papiers contenant du bisulfite ou bois chimique sont à longues
-fibres qu'il est facile de distinguer à la déchirure lente; ce succédané
-est solide, mais devient cassant lorsqu'il n'a pas été blanchi ou bien
-débarrassé de l'acide sulfureux provenant de son traitement. Il est
-cependant bien inférieur au chiffon et manque de souplesse.
-
-«Enfin, comme essai de résistance, on peut faire la petite expérience
-pratique suivante: mettre dans sa poche de côté différents types de
-papier à essayer, les laisser quelques jours exposés au frottement de
-l'habit. Alors examinez-les aux plis. Les bons papiers de chiffon seront
-intacts, tandis que les autres à succédanés seront en lambeaux. On saura
-alors de quel côté porter son choix. Quant à la transparence, c'est une
-grande erreur de croire que c'est une qualité. Ce fondu ou épais (_sic_)
-n'est obtenu qu'au détriment de la solidité.»
-
-Dans une publication spéciale et particulièrement compétente, la _Revue
-biblio-iconographique_, M. Pierre Dauze a traité récemment cette
-question, «capitale pour les livres, du papier d'imprimerie, et il
-affirme que, étant donnés les papiers employés par les éditeurs pour
-leurs tirages ordinaires, _on ne trouvera plus, dans cinquante ans, que
-les vestiges des impressions faites de nos jours_[161]. Il se demande
-même si les papiers dits de luxe, papiers de fil, de Chine, du Japon,
-sur lesquels on tire un certain nombre d'exemplaires de quelques livres,
-dureront plus que les autres. L'ancien papier du Japon, fabriqué à la
-main, uniquement avec des matières végétales, ne se fabrique plus, et
-les éditeurs fabriquent» (font fabriquer plutôt) «un japon par des
-méthodes mécaniques où l'élément minéral intervient. Or, ces sortes-là
-sont susceptibles de se piquer. Quant au papier de Chine, il se pique
-aisément et contamine les autres papiers; seulement, il n'est pas
-rebelle au lavage comme le papier du Japon. Le seul papier qui puisse
-inspirer une sécurité absolue, c'est le papier de fil sur lequel on
-imprimait ces éditions d'incunables, qui nous sont parvenues aussi
-fraîches, aussi nettes que si elles sortaient des mains de l'imprimeur.
-En sera-t-il de même du papier de fil produit de nos jours? M. Pierre
-Dauze suspecte fort l'emploi irréfléchi de substances chimiques ou
-minérales de nature à introduire des ferments de décomposition
-prématurée, et il signale, dans des exemplaires tirés sur papier de
-Hollande, des taches de rouille qui proviennent évidemment de l'emploi
-du fer dans lesdits papiers.
-
-«L'auteur ne voit qu'un remède: c'est d'exiger des éditeurs qu'ils
-n'emploient à l'avenir que des papiers _analysés_; d'obliger»
-(c'est-à-dire de rendre obligatoire) «l'emploi des matières premières
-exclusivement végétales, et une fabrication pure de toute substance
-susceptible de compromettre ou d'abréger la conservation; de proposer
-aux Sociétés de bibliophiles parisiennes de nommer un ou plusieurs
-délégués qui feront une enquête auprès des savants professionnels, etc.
-Cette commission analysera les papiers de luxe employés couramment et
-rejettera ceux qui n'ont pas les qualités requises. Les éditeurs, ainsi
-avertis, s'empresseront, pour gagner la confiance des bibliophiles,
-d'imprimer sur ces papiers favorisés. Les mauvais papiers dits de luxe
-ne se fabriqueraient plus faute d'acheteurs, et feraient place à des
-papiers de bon aloi[162].»
-
-Comme conclusion, on ne lira pas non plus sans intérêt ni profit les
-renseignements suivants, extraits d'un rapport de la Société
-d'encouragement aux arts et à l'industrie de Londres, sur la question
-qui nous occupe, les causes de détérioration de plus en plus nombreuses
-des papiers modernes:
-
-«Les publications imprimées sur papier de dernière qualité ne servent
-guère plus de douze à treize mois; les éditions à bon marché sur papier
-ordinaire sont complètement détériorées au bout d'une quarantaine
-d'années.
-
-«A quoi cela tient-il? Au blanchiment du papier et à ses procédés
-actifs. Les fabricants de papier abusent des agents chimiques à l'action
-violente qui brûlent le peu de fibres contenues dans la pâte. On
-pourrait leur adresser les mêmes reproches qu'à nos blanchisseurs, qui
-brûlent notre linge pour le blanchir plus vite. Il faudrait blanchir le
-papier comme le linge, avec lenteur, modération, prudence.
-
-«Outre cet inconvénient, un autre, non moindre, réside dans les
-détériorations obtenues par la désagrégation et l'altération des
-couleurs. La désagrégation résulte des altérations produites dans les
-fibres du papier sous l'effet d'actions chimiques ultérieures. La pâte
-de bois, de plus en plus employée comme matière première, est obtenue
-chimiquement; elle se dévore elle-même dans les réactions multiples,
-mais d'un effet sûr et rapide.
-
-«Quant à l'altération des couleurs, caractérisée généralement par le
-brunissement, elle est la résultante de l'action de l'air ambiant: les
-livres exposés souvent à la lumière du gaz brunissent rapidement. Mais
-ce qui surtout détériore la couleur du papier, c'est le collage à la
-résine où cette dernière domine; alors que normalement cette colle ne
-devrait contenir que 2 pour 100 de résine, cette proportion est presque
-décuplée; or, plus il y a de résine, plus vite brunit le papier.
-
-«Les fabricants ajoutent aussi beaucoup de _charge_ dans le papier: on
-appelle ainsi les substances minérales, à la tête desquelles on peut
-placer le kaolin. Quand le papier contient plus de 10 pour 100 de
-charge, les fibres ont de la peine à retenir cette matière inerte; pour
-obtenir cette force, on augmente le collage, mais on n'arrive ainsi qu'à
-produire une résistance factice. Dès que le papier est séché et qu'il a
-été un peu manipulé, il perd vite la cohésion qu'il semblait
-posséder[163].»
-
-
-
-
-CHAPITRE III
-
-LE FORMAT
-
-Ce qu'on entend par _format_.--Ce que signifient les mots _tome_,
-_volume_, _exemplaire_, _tirage_, _édition_, _édition princeps_,
-_incunables_, etc.--Il serait préférable de désigner les formats par
-leurs dimensions métriques, et non plus par les termes archaïques:
-jésus, raisin, écu, etc., et in-octavo ou in-huit, in-douze, in-seize,
-etc.--Confusion des formats.--Dimensions métriques des principaux
-formats des livres.--Imposition.--_Signatures_ et _réclames_.--Tableau
-des signatures.--Formats de classements adoptés par les bibliothèques
-universitaires: grand, moyen, petit;--par la Bibliothèque
-nationale.--Formats des premiers livres.--Formats les plus appréciés par
-les lecteurs.--Le plus commode et le meilleur des formats.--Concordance
-des formats avec les matières traitées dans les livres.
-
-
-Nous venons, en parlant du papier, de traiter du fond et de la base du
-livre: nous allons nous occuper à présent de son format; nous
-examinerons ensuite l'impression.
-
-On appelle _format_ d'un livre la dimension de ce livre, «dimension
-déterminée par le nombre de pages que renferme chaque feuille[164]». On
-comprend, en effet, que plus la feuille renfermera de pages
-(c'est-à-dire plus elle sera pliée sur elle-même), plus ces pages seront
-restreintes en hauteur et en largeur, plus par conséquent le volume sera
-petit; et inversement, moins la feuille renfermera de pages
-(c'est-à-dire moins elle aura été pliée), plus sera étendue la surface
-de chacune de ces pages, plus grand par suite sera le volume. Quant à
-l'épaisseur, c'est-à-dire au nombre de feuilles que le volume contient,
-il n'en est pas question, elle n'entre pas en ligne de compte dans la
-détermination du format: celui-ci ne dépend encore une fois que de la
-superficie et n'indique que la hauteur et la largeur du volume.
-
-On confond souvent les expressions _tome_ et _volume_. Le _tome_ (τόμος,
-section) est une partie d'un ouvrage, une division, plus ou moins
-rationnelle, faite par l'auteur lui-même, division analogue à celle de
-l'ouvrage en livres, sections, chapitres, etc. Le _volume_ (du latin
-_volumen_) indique une division matérielle dépendant uniquement de la
-reliure ou du brochage. Le plus souvent la division par volumes concorde
-avec la division par tomes; cependant, il n'est pas rare de trouver deux
-tomes reliés en un volume; il est très rare, au contraire, qu'il faille
-plusieurs volumes pour contenir un seul tome. On peut donc dire, d'une
-façon générale, qu'un volume peut renfermer plusieurs tomes, mais qu'un
-tome ne fait presque jamais plusieurs volumes. Enfin un volume peut
-former à lui seul un ouvrage indépendant et complet; un tome, jamais, en
-réalité; il fait toujours partie d'un ouvrage: «il n'y a tome que s'il y
-a division», selon l'expression de Littré[165].
-
-«Un volume relié ou broché de peu d'épaisseur» est une _plaquette_
-(Littré), et «un petit ouvrage de peu de feuilles et qui n'est que
-broché» est une _brochure_ (id.). _Pièce_ est synonyme de brochure[166].
-Mais où finissent la brochure et la plaquette, et où commence le volume?
-Il n'y a aucune règle précise à cet égard. «A la Bibliothèque nationale
-on considère comme _pièces_ toutes les impressions qui ont moins de 49
-pages[167].» M. Albert Maire dit qu'«une _brochure_ est un ouvrage qui
-n'atteint pas 100 pages; au-dessous et jusqu'à 50 pages, elle peut se
-nommer une _plaquette_[168]». D'autres appellent plaquette tout in-8 ou
-in-12 ne dépassant pas 100 pages.
-
-Quant au mot _exemplaire_, il désigne un ouvrage complet, abstraction
-faite du nombre de pages aussi bien que du nombre de volumes et de tomes
-qu'il comporte; il s'applique à «l'unité de tirage» d'un ouvrage, d'une
-gravure, etc. Une bibliothèque, par exemple, possède trois exemplaires
-du _Théâtre_ de Racine: l'un en un volume, l'autre en deux volumes, le
-troisième exemplaire en quatre volumes. Un éditeur fait tirer tel roman
-à 2 000 exemplaires; un libraire expédie 6 000 exemplaires de son
-catalogue; etc.
-
-On confond également volontiers les mots _tirage_ et _édition_, dans le
-cas où ils signifient tous les deux le résultat de l'action d'imprimer,
-de tirer un volume. Il y a cependant une différence entre eux. Les
-tirages, effectués successivement, n'impliquent aucune idée de
-corrections ni de modifications quelconques du texte; un exemplaire du
-premier tirage d'un volume est identique à un exemplaire du deuxième, du
-troisième, du dixième tirage de ce même volume. Ces tirages ont tous été
-faits, à intervalles de temps plus ou moins éloignés, sur les mêmes
-clichés[169], et ils ne se différencient que par l'usure de ces clichés:
-un exemplaire du dixième tirage aura nécessairement ses caractères
-typographiques moins nets qu'un exemplaire du premier tirage, surtout si
-chacun de ces tirages comprend un grand nombre d'exemplaires.
-
-Le mot _édition_ laisse entendre, au contraire, que l'ouvrage a été
-revu, remanié, recomposé typographiquement. Une page quelconque, la page
-20, par exemple, de la première édition d'un ouvrage peut ne pas être la
-même que la page correspondante de la neuvième ou de la dixième édition
-de cet ouvrage; tandis que, comme nous venons de le dire, la page 20
-d'un exemplaire du premier tirage est «textuellement» identique à la
-page 20 d'un exemplaire du neuvième ou du dixième tirage.
-
-Déterminer, même approximativement, d'après le numéro de l'édition ou du
-tirage, le nombre d'exemplaires d'un livre tirés et mis en vente est
-chose impossible. Là non plus il n'y a aucune règle. Une édition peut
-aussi bien se composer de 200 exemplaires que de 2 000, de 10 000, etc.
-Plusieurs des romans de M. Émile Zola et de M. Alphonse Daudet, par
-exemple, se sont tirés du premier coup, pour la mise en vente, ce qu'on
-nomme le _départ_, à plus de 100 000 exemplaires. C'est afin
-d'introduire un peu d'ordre et de clarté dans ce genre d'opérations que
-certains éditeurs, au lieu d'inscrire sur la couverture et le titre des
-volumes le chiffre de l'édition: deuxième édition, troisième édition,
-quatrième édition..., ce qui ne dit rien du tout, les numérotent par
-mille: deuxième mille, troisième mille, quatrième mille...
-
-En général cependant, on peut dire que les ouvrages dont la vente ne
-paraît pas assurée ou semble devoir être très restreinte,--un recueil de
-poésies signé d'un nom inconnu, je suppose,--ne sont pas actuellement
-tirés à plus de 500 exemplaires. Un roman, signé d'un débutant, se
-tirera à 1 000 ou 1 500 exemplaires; si ce roman s'adresse à la jeunesse
-et peut se vendre comme livre d'étrennes ou de prix, le premier tirage
-pourra monter jusqu'à 5 000 exemplaires, voire davantage. C'est
-également à ce chiffre, à 5 000 exemplaires, que se tirent d'ordinaire
-les ouvrages classiques dont la vente paraît certaine[170].
-
-Les premiers livres imprimés, les _incunables_[171], avaient des tirages
-relativement minimes, qui ne dépassaient guère 300 exemplaires.
-
-On appelle _édition princeps_ la première édition d'un ouvrage,
-spécialement d'un ouvrage ancien: pour les auteurs modernes, on se sert
-du terme _édition originale_.
-
-Une édition est dite _définitive_ ou _ne varietur_ quand le texte en a
-été revu par l'auteur ou par ses ayants droit, et déclaré par eux
-désormais arrêté et invariable.
-
- *
-
- * *
-
-Ces définitions terminées, revenons au format.
-
-De ce que nous avons dit de la fabrication actuelle du papier,
-fabrication mécanique sur la toile sans fin, et non plus uniquement à la
-forme, il résulte que les papiers d'aujourd'hui n'ont plus de dimensions
-régulièrement et fixement délimitées. Il convient d'observer aussi tout
-d'abord que ces expressions: in-octavo, in-douze, in-seize, in-dix-huit,
-etc., s'appliquant exclusivement au mode de _pliage_ de la feuille
-(in-octavo signifie que la feuille a été pliée de façon à former 8
-feuillets[172] ou 16 pages; in-douze, de façon à former 12 feuillets ou
-24 pages; in-seize, de façon à former 16 feuillets ou 32 pages; etc.),
-sans indiquer les dimensions premières de cette feuille, ne signifient
-pour ainsi dire rien. Elles n'ont et ne peuvent avoir un sens précis
-qu'à condition d'être suivies de la désignation catégorique du papier,
-du nom du format des feuilles: in-octavo _jésus_, in-douze _raisin_,
-in-seize _cavalier_, etc., nom qu'on omet cependant très souvent dans le
-langage usuel.
-
-Il est à remarquer, en outre, qu'autrefois, dans le papier fabriqué à la
-forme, la position des vergeures, des pontuseaux et de la marque
-d'eau[173] après le pliage de la feuille, pouvait aider facilement à la
-détermination du format du volume. Selon le nombre de fois que la
-feuille était pliée sur elle-même, la marque d'eau se trouvait ou au
-milieu du feuillet, ou au fond, ou au sommet, etc.; les vergeures et les
-pontuseaux étaient horizontaux ou perpendiculaires.
-
-Voici la liste des formats les plus usités, avec leur nombre de
-feuillets et de pages et la position de leurs pontuseaux; celle de leurs
-vergeures est naturellement toujours en sens inverse de celle-ci,
-puisque vergeures et pontuseaux se coupent à angles droits:
-
-L'_in-plano_, appelé aussi format _atlas_ ou _atlantique_, c'est la
-feuille non pliée, en _feuillet_, comprenant par conséquent deux pages,
-recto et verso: ici la position des pontuseaux dépend du sens dans
-lequel on regarde la feuille;
-
-L'_in-folio_ a la feuille pliée en 2 et contient 4 pages: ses pontuseaux
-sont perpendiculaires;
-
-L'_in-quarto_ ou _in-quatre_ (in-4)[174] a la feuille pliée en 4 et
-contient 8 pages: ses pontuseaux sont horizontaux;
-
-L'_in-octavo_ ou _in-huit_ (in-8) a la feuille pliée en 8 et contient 16
-pages: ses pontuseaux sont perpendiculaires;
-
-L'_in-douze_ (in-12) a la feuille pliée en 12 et contient 24 pages: ses
-pontuseaux sont horizontaux;
-
-L'_in-seize_ (in-16) a la feuille pliée en 16 et contient 32 pages: ses
-pontuseaux sont horizontaux;
-
-L'_in-dix-huit_ (in-18) a la feuille pliée en 18 et contient 36 pages:
-ses pontuseaux sont perpendiculaires;
-
-L'_in-vingt-quatre_ (in-24) a la feuille pliée en 24 et contient 48
-pages: ses pontuseaux sont perpendiculaires ou horizontaux[175];
-
-L'_in-trente-deux_ (in-32) a la feuille pliée en 32 et contient 64
-pages: ses pontuseaux sont perpendiculaires;
-
-Etc., etc.
-
-Mais, pour savoir la dimension d'une quelconque de ces pages, d'une page
-in-8, par exemple, il est nécessaire de connaître d'abord, comme nous le
-disions tout à l'heure, la dimension de la feuille qui a été pliée et a
-fourni les 16 pages de cet in-8. Il est évident que plus cette feuille
-sera grande, plus ces pages le seront.
-
-C'est précisément ce que l'épithète _jésus_, _raisin_, _cavalier_, etc.,
-nous apprend. Ainsi le papier jésus ayant 0 m. 55 de haut sur 0 m. 70 de
-long, nous pouvons, grâce à ces chiffres, parvenir à nous faire une idée
-exacte de l'in-8 jésus et en calculer la dimension.
-
-Mais, dans le papier mécanique, fabriqué en bandes, _continu_, puis
-sectionné à volonté, ces termes provenant des anciens papiers à la
-forme: jésus, raisin, cavalier, colombier, etc., n'ont plus de raison
-d'être, plus de sens: il n'y a plus de forme d'abord; il n'y a plus de
-monogramme du Christ, plus de grappe de raisin, plus de cavalier, de
-colombe, etc., en filigrane dans la pâte du papier; rien n'en fait plus
-reconnaître à première vue l'espèce et les dimensions[176]. Il serait
-donc bien plus logique, plus clair et plus simple de désigner
-présentement les formats par leurs dimensions réelles, exprimées en
-centimètres ou millimètres[177]; au lieu d'in-8 jésus, de dire 0 m. 175
-sur 0 m. 275, ou par abréviation, 175 × 275; au lieu d'in-18 jésus, 0 m.
-117 sur 0 m. 183 (117 × 183).
-
-D'autant plus qu'avec le système bâtard actuellement en usage, on arrive
-à des résultats singuliers: un volume de format in-4, par exemple, se
-trouve être plus petit qu'un volume de format in-8, un in-8 plus petit
-qu'un in-12, etc. (in-4 écu = 0,20 × 0,26; in-8 colombier = 0,225 ×
-0,315; in-8 écu = 0,13 × 0,20; in-12 jésus = 0,138 × 0,233; etc.).
-
-Convenons donc d'attribuer, dans la suite de cette étude et pour la
-clarté de notre texte, une signification nette et précise aux termes que
-nous emploierons, des dimensions certaines et invariables aux formats
-que nous mentionnerons.
-
-L'in-4 sera pour nous de l'in-4 _cavalier_ et aura pour dimension 0,23 ×
-0,31;
-
-L'in-8, de l'in-8 _cavalier_ = 0,155 × 0,23;
-
-L'in-18, de l'in-18 _jésus_ = 0,117 × 0,183. Comme le fait observer M.
-Émile Bosquet[178], cet in-18 est synonyme d'in-16 Hachette et d'in-12
-Charpentier.
-
-Enfin l'in-32 sera de l'in-32 _jésus_ = 0,088 × 0,138.
-
-Voici d'ailleurs, pour faciliter toute recherche et prévenir toute
-éventualité, le tableau des principaux formats des principales sortes de
-papier employées en librairie, avec leurs dimensions exprimées en
-mesures métriques[179]:
-
- FORMATS Colombier Grand jésus Jésus Raisin
- 0,63 ×0,90 0,56 ×0,76 0,55 ×0,70 0,50 ×0,65
-
- In-folio 0,45 ×0,63 0,38 ×0,56 0,35 ×0,55 0,325×0,50
- In-quarto 0,315×0,45 0,28 ×0,38 0,275×0,35 0,25 ×0,325
- In-octavo 0,225×0,315 0,19 ×0,28 0,175×0,275 0,162×0,25
- In-douze 0,158×0,30 0,14 ×0,253 0,138×0,233 0,125×0,217
- In-seize 0,158×0,225 0,14 ×0,19 0,138×0,175 0,125×0,162
- In-dix-huit 0,15 ×0,21 0,127×0,187 0,117×0,183 0,108×0,166
- In-vingt-quatre 0,105×0,225 0,093×0,19 0,092×0,175 0,083×0,162
- In-trente-deux 0,113×0,158 0,095×0,14 0,088×0,138 0,081×0,125
-
-
- FORMATS Cavalier Carré Écu Couronne
- 0,46 ×0,62 0,45 ×0,56 0,40 ×0,52 0,37 ×0,47
-
- In-folio 0,31 ×0,46 0,28 ×0,45 0,26 ×0,40 0,235×0,37
- In-quarto 0,23 ×0,31 0,225×0,28 0,20 ×0,26 0,185×0,235
- In-octavo 0,155×0,23 0,14 ×0,225 0,13 ×0,20 0,118×0,185
- In-douze 0,115×0,207 0,113×0,187 0,10 ×0,173 0,09 ×0,157
- In-seize 0,115×0,155 0,113×0,14 0,10 ×0,13 0,09 ×0,118
- In-dix-huit 0,103×0,153 0,09 ×0,15 0,066×0,133 0,078×0,123
- In-vingt-quatre 0,077×0,155 0,075×0,14 0,067×0,13 0,062×0,118
- In-trente-deux 0,078×0,115 0,07 ×0,113 0,065×0,10 0,059×0,09
-
- *
-
- * *
-
-Chaque première page d'une feuille porte, dans sa partie inférieure de
-droite, sous la dernière ligne ou _ligne de queue_, un chiffre, dit
-_signature_, qui indique le numéro de cette feuille. La ligne où se
-trouve ce chiffre se nomme _ligne de pied_, par opposition à la _ligne
-de tête_, qui est la ligne du sommet de la page, au-dessus même de la
-première ligne de texte, et où se trouve le numéro de cette page, le
-_folio_. La ligne de tête et la ligne de queue, blanches dans presque
-toute leur longueur, sont formées chacune par une pièce de fonte,
-appelée _garniture_ ou _lingot_, de 12 points d'épaisseur. D'autres
-pièces de fonte, les _cadrats_, servent, dans la composition
-typographique, à terminer les lignes de texte incomplètes et à isoler
-les mots disposés en titre; d'autres encore, plus petites et de forme
-cubique, les _cadratins_, forment les blancs qui précèdent les alinéas.
-Ajoutons que, pour séparer les mots entre eux et les lignes entre elles,
-on se sert de petites lames de métal moins hautes que les lettres et
-portant le nom d'_espace_ (_une_ espace).
-
-Au lieu de chiffres, on employait autrefois comme signatures les lettres
-de l'alphabet: A, B, C, D..., et l'on mettait, en outre, au-dessous de
-la dernière ligne de chaque feuille, à droite, le premier mot de la
-feuille suivante, toujours afin de faciliter le classement des feuilles,
-l'_assemblage_. Ce premier mot, ainsi placé en vedette au bas de la
-dernière page, s'appelait la _réclame_. On a fini par la supprimer,
-considérant qu'elle faisait double emploi avec la signature.
-
-La signature permet, ou plutôt devrait permettre, de déterminer
-facilement le format d'un livre.
-
-Puisque nous savons, par exemple, que l'in-4 a sa feuille pliée de façon
-à donner 8 pages, il est clair que la deuxième feuille commencera à la
-page 9 (8 + 1) et que c'est au bas de cette page 9 que figurera la
-signature 2. Le chiffre 3 se trouvera de même au bas de la page 17 (8 +
-8 + 1); le 4, au bas de la page 25 (8 + 8 + 8 + 1); etc.
-
-De même, l'in-8 comprenant 16 pages, la signature 2 se trouvera au bas
-de la page 17 (16 + 1); la signature 3, au bas de la page 33 (16 + 16 +
-1); le 4, page 49; etc.
-
-Mais les feuilles destinées à fournir beaucoup de pages, à fournir, pour
-préciser, des formats plus petits que l'in-8, ne se plieraient pas
-aisément en un aussi grand nombre de fois, surtout si le papier était un
-peu fort, on le comprend de reste; elles renfleraient, gondoleraient,
-auraient trop gros dos, et se prêteraient difficilement au brochage ou à
-la reliure[180]. Parfois même l'_imposition_[181], permettant, après le
-tirage, de plier la feuille dans l'ordre numérique des pages, ne
-pourrait pas s'effectuer. On sectionne donc ces feuilles, on les partage
-en _cahiers_, _cartons_[182] ou _encarts_, qui tous nécessairement
-portent aussi une signature, afin qu'on puisse les classer et assembler,
-d'où une nouvelle cause de confusion, pour la détermination du format.
-Chaque feuille d'un volume in-12, par exemple (24 pages), au lieu d'être
-entière, pourra se composer de deux cahiers, l'un in-8 (16 pages) et
-l'autre in-4 (8 pages), recevant chacun une signature. Chaque feuille
-d'un volume in-18 (36 pages) pourra se faire en deux cahiers, l'un in-12
-(24 pages) et l'autre in-6 (12 pages);--ou bien en trois cahiers de 12
-pages chacun et ayant tous les trois leur signature propre. Souvent même
-ces encarts sont encore plus compliqués[183].
-
-Voici le tableau des signatures des vingt premières feuilles pour les
-principaux formats modernes[184]:
-
- FOLIOS DES PAGES SIGNÉES
- C'EST-A-DIRE FOLIOS DE LA PREMIÈRE PAGE DE CHAQUE FEUILLE OU DE
- CHAQUE CAHIER DANS LES FORMATS
-
- SIGNATURES In-folio In-4 In-8 In-12 (24 pp.)
- (4 pp.) (8 pp.) (16 pp.) En 1 En 2 cahiers
- cahier (16 et 8 pp.)
-
- A ou 1 1 1 1 1 1
- B -- 2 5 9 17 25 17
- C -- 3 9 17 33 49 25
- D -- 4 13 25 49 73 41
- E -- 5 17 33 65 97 49
- F -- 6 21 41 81 121 65
- G -- 7 25 49 97 145 73
- H -- 8 29 57 113 169 89
- I -- 9 33 65 129 193 97
- K -- 10 37 73 145 217 113
- L -- 11 41 81 161 241 121
- M -- 12 45 89 177 265 137
- N -- 13 49 97 193 289 145
- O -- 14 53 105 209 313 161
- P -- 15 57 113 225 337 169
- Q -- 16 61 121 241 361 185
- R -- 17 65 129 257 385 193
- S -- 18 69 137 273 409 209
- T -- 19 73 145 289 433 217
- V -- 20 77 153 305 457 233
-
-
- SIGNATURES In-16 (32 pp.) In-18 (36 pp.) In-32
- (64 pp.)
- En 1 En 2 En 1 En 2 En 3 En 4
- cahier cahiers cahier cahiers cahiers cahiers
- dit in-16 (16 pp. (24 et (12 pp. (16 pp.
- roulé chacun) 12 pp.) chacun) chacun)
-
- A ou 1 1 1 1 1 1 1
- B -- 2 33 17 37 25 13 17
- C -- 3 65 33 73 37 25 33
- D -- 4 97 49 109 61 37 49
- E -- 5 129 65 145 73 49 65
- F -- 6 161 81 181 97 61 81
- G -- 7 193 97 217 109 73 97
- H -- 8 225 113 253 133 85 113
- I -- 9 257 129 289 145 97 129
- K -- 10 289 145 325 169 109 145
- L -- 11 321 161 361 181 121 161
- M -- 12 353 177 397 205 133 177
- N -- 13 385 193 433 217 145 193
- O -- 14 417 209 469 241 157 209
- P -- 15 449 225 505 253 169 225
- Q -- 16 481 241 541 277 181 241
- R -- 17 513 257 577 289 193 257
- S -- 18 545 273 613 313 205 273
- T -- 19 577 289 649 325 217 289
- V -- 20 609 305 685 349 229 305
-
- *
-
- * *
-
-D'après les détails qui précèdent, et que nous aurions pu développer et
-compléter davantage, on voit combien cette question des formats est
-ardue et compliquée, combien elle est embarrassante. C'est au point que
-nombre d'éditeurs et de libraires, tantôt par ignorance, tantôt même
-pour ne pas dérouter le public et l'induire en erreur en lui annonçant
-la vérité, attribuent à leurs livres d'inexactes désignations de format.
-
-Les bibliographes modernes ont fréquemment protesté et ne cessent de
-protester contre ces usages et ces termes surannés. Le docteur Graesel
-écrit dans son _Manuel de bibliothéconomie_[185]:
-
-«Depuis que, grâce à l'emploi de la machine, on est arrivé à donner au
-papier des dimensions considérables, les dénominations traditionnelles
-employées jusqu'ici ont perdu leur raison d'être, une feuille repliée
-trois ou quatre fois pouvant encore produire un format correspondant,
-comme dimensions, à ce qu'on appelait jadis un in-folio, aussi a-t-on
-reconnu partout la nécessité d'adopter, pour déterminer les formats, des
-règles fixes et invariables, et avec d'autant plus de raison que les
-papiers varient de grandeur suivant les régions et, dans la même région,
-suivant les fabriques. Toutefois, les différents pays n'ont pu encore
-arriver à s'entendre, ce qui serait pourtant très désirable, sur les
-mesures conventionnelles à adopter... En France, l'ordonnance
-ministérielle du 4 mai 1878 a tranché la question en ce qui concerne les
-bibliothèques universitaires, en établissant les désignations suivantes:
-1º _Grand format_ (comprenant tous les volumes dépassant 35
-centimètres); 2º _Moyen format_ (comprenant les volumes hauts de 25 à 35
-centimètres); 3º _Petit format_ (comprenant les volumes au-dessous de 25
-centimètres).»
-
-Voici d'ailleurs le passage textuel de cette circulaire ministérielle à
-laquelle il vient d'être fait allusion, et à laquelle aussi nous nous
-référerons souvent:
-
-«Il est inutile de préciser ici les moyens de déterminer chaque format.
-A l'époque où le papier était fabriqué selon des règles de dimension qui
-variaient peu, on reconnaissait le format en comptant les pages de la
-feuille d'impression. Les désignations d'in-folio, in-quarto, in-octavo,
-représentaient alors une hauteur fixe. Il n'en est plus de même
-aujourd'hui que les feuilles d'impression sont de dimensions très
-différentes, et que certains in-octavo deviennent plus grands qu'un
-in-folio du XVIe siècle. L'indication actuelle a donc perdu son ancienne
-signification, car elle ne répond pas toujours à l'indication de la
-hauteur du livre; elle doit être abandonnée pour les désignations
-suivantes, répondant aux dimensions réelles:
-
-«1º _Grand format_ (comprenant tous les volumes dépassant 35
-centimètres);
-
-«2º _Moyen format_ (comprenant les volumes hauts de 25 à 35
-centimètres);
-
-«3º _Petit format_ (comprenant les volumes au-dessous de 25
-centimètres[186])».
-
-Au lieu de trois formats, la Bibliothèque nationale en a adopté cinq:
-
-1º Grand in-folio (comprenant tous les volumes dépassant 45
-centimètres);
-
-2º In-folio (comprenant tous les volumes hauts de 45 à 31 centimètres);
-
-3º In-4 (comprenant tous les volumes hauts de 31 à 25 centimètres);
-
-4º In-8 (comprenant tous les volumes hauts de 25 centimètres à 95
-millimètres);
-
-5º Les _nains_ (comprenant tous les volumes au-dessous de 95
-millimètres).
-
-«Il serait à désirer, dit très justement M. Édouard Rouveyre, qu'à
-l'avenir les libraires annonçassent, sur leurs catalogues, la hauteur et
-la largeur des livres en centimètres, indépendamment de la désignation
-du format, qui jouerait ici un rôle secondaire[187].»
-
-C'est ce que font, ainsi que nous l'avons déjà remarqué et comme nous le
-rappellerons, en parlant des catalogues et des fiches[188], les
-partisans de la _Classification décimale_.
-
- *
-
- * *
-
-Depuis les débuts de l'imprimerie, les formats les plus appréciés du
-public semblent avoir été toujours en décroissant.
-
-L'in-folio et l'in-4 étaient, sauf exceptions, les formats des premiers
-livres, des incunables[189], et, malgré les admirables petits in-8
-d'Alde Manuce et de Sébastien Gryphe, les savants du XVIe siècle
-tenaient en mépris tous les volumes qui n'avaient pas les plus grandes
-dimensions[190]. On jugeait alors en quelque sorte de la valeur d'un
-ouvrage d'après son ampleur et sa taille.
-
-Scaliger, au dire du passionné érudit Adrien Baillet (1649-1706),
-«raille Drusius pour la petitesse de ses livres; et J. Morel, l'un des
-plus grands imprimeurs de son temps, se plaignait au savant Puteanus,
-rival de Juste Lipse, que ses livres étaient trop petits pour la vente,
-et que les chalands n'en voulaient pas[191]».
-
-Les livres de format inférieur à l'in-4, les in-8 ou in-12, étaient
-surtout alors des livres de piété, des «livres d'heures».
-
-Il est juste cependant de reconnaître que l'in-8, dont l'origine est
-généralement attribuée à Alde Manuce,--l'inventeur de la lettre
-_italique_, dite aussi et par suite _aldine_, qu'une légende affirme
-avoir été exactement copiée sur l'écriture de Pétrarque[192],--avait
-rencontré bon accueil à l'étranger. Ces volumes qu'on pouvait glisser
-dans la poche et emporter aisément, qui contenaient autant de matière
-que les in-4 et coûtaient moins cher, avaient trouvé de nombreux
-partisans. Alde Manuce reçut même du sénat de Venise une récompense pour
-avoir créé ou vulgarisé l'in-8: on lui octroya, en 1502, le privilège
-d'employer seul ce format pendant une période de dix années, ce qui
-n'empêcha pas les imitations et la concurrence de se produire[193].
-
-Au XVIIe siècle, et en dépit du succès des elzeviers, les gros et grands
-volumes étaient encore les plus appréciés. «Leurs formats et leurs
-caractères (des elzeviers) étaient trop petits», remarque très justement
-M. Henri Bouchot[194].
-
-Nous voyons au XVIIIe siècle le format in-4 employé de préférence par
-les imprimeurs de Hollande, même pour les recueils de poésies, que nous
-imprimons à présent, au contraire, en volumes de menues et coquettes
-dimensions, en in-18 ou in-24[195].
-
-Mais l'in-8 ne tarda pas à triompher, et il n'est pas de bibliographe de
-la première moitié du XIXe siècle qui ne le prône et ne le recommande.
-L'érudit et consciencieux Gabriel Peignot insiste maintes fois notamment
-sur les mérites de l'in-8.
-
-«Nous citons de préférence les éditions in-8, écrit-il dans son _Manuel
-du bibliophile_[196], parce que ce format, tenant le milieu entre les
-plus grands et les plus petits, nous paraît le plus décent, le plus
-convenable, le plus propre à former une bibliothèque qui présente un
-aspect régulier; d'ailleurs, l'in-8 est ordinairement imprimé en
-caractères assez forts pour ne point fatiguer les vues faibles.»
-
-Et ailleurs[197]:
-
-«Si un amateur ne voulait posséder qu'une collection choisie de 300
-volumes, je lui conseillerais de tâcher de la former entièrement
-d'ouvrages de même format, et de prendre l'in-8[198].»
-
-Ludovic Lalanne[199] patronne également le format in-8, «auquel on
-revient toujours», déclare-t-il.
-
-Le format employé et vulgarisé, à partir de 1838, par l'éditeur Gervais
-Charpentier, et connu sous le nom de _format Charpentier_[200],--c'est
-un in-18 jésus ayant pour dimensions 0,117 × 0,183,--est actuellement le
-plus répandu, pour les ouvrages de littérature du moins, et il nous
-paraît tout à fait digne de sa vogue, il mérite toutes nos préférences.
-
-En voici les motifs.
-
-Le malheur veut que la plupart des liseurs assidus, des plus constants
-amis des livres, deviennent myopes, parfois même longtemps avant la
-vieillesse. Il leur faut tenir à la main, à proximité de leurs yeux, le
-volume qu'ils lisent; si, au lieu de le tenir, ils le posent devant eux
-sur une table, cela les contraint à pencher la tête, souvent très bas,
-selon leur degré de myopie: d'où une congestion plus ou moins rapide.
-C'est donc d'ordinaire et presque forcément _livre en main_ qu'ils
-lisent: il est donc bon, il est donc indispensable que ce volume ne soit
-pas trop lourd; l'in-18, moins grand que l'in-8, pèse moins que lui,
-avec un nombre de pages égal et de même pâte de papier, et, par
-conséquent, fatigue moins la main.
-
-Considérons, en outre, que nos appartements modernes, dans les grandes
-villes, à Paris principalement, sont exigus, et que la place nous y est
-parcimonieusement mesurée: l'in-18 est moins encombrant que l'in-8, et,
-sous un format plus restreint, contient ou peut contenir autant de
-matière. Il n'y a souvent que les marges qui diffèrent. Cela est si vrai
-que plusieurs éditeurs, après avoir fait paraître un ouvrage en in-8, le
-publient en in-18 sans changer la _justification_, c'est-à-dire la
-«longueur des lignes» (Littré) et en se servant de la même composition.
-Exemple: la maison Calmann Lévy et nombre de ses volumes:
-_Correspondance_ de Mérimée, de Doudan, de Balzac, etc., etc. Ces
-volumes sont mis en vente d'abord en in-8 à 7 fr. 50; puis, lorsque
-cette vente est épuisée, les clichés provenant des mêmes empreintes[201]
-de ces mêmes volumes in-8 servent à tirer les in-18, cotés 3 fr. 50: ce
-système a le triple avantage de contraindre les personnes pressées de
-lire un de ces volumes à le payer 7 fr. 50 au lieu de 3 fr. 50,
-d'augmenter de cette différence les bénéfices de l'éditeur, et aussi de
-permettre aux amateurs de _grands papiers_ de satisfaire leur goût.
-
-D'autres motifs militent encore en faveur du format in-18 et le font de
-plus en plus préférer à l'in-8[202]: l'in-18, de dimensions moindres que
-l'in-8, coûte moins cher de reliure; il se met plus commodément dans la
-poche; etc.
-
-Il va sans dire que certains ouvrages d'étendue considérable, comme les
-encyclopédies et dictionnaires; d'autres, moins développés que ceux-ci,
-mais ayant néanmoins des dimensions qui obligeraient à les composer en
-trop menus caractères, ou à les sectionner en deux volumes, ce qu'on
-tient parfois expressément à éviter; d'autres encore, accompagnés
-d'illustrations ou de planches, de tableaux synoptiques, etc., exigent
-un format plus grand que l'in-18.
-
-Il va de soi également que nous ne répudions pas les formats qui se
-rapprochent de très près du format Charpentier, celui, par exemple, de
-l'ancienne petite collection Lefèvre (0,105 × 0,166), et de l'ancienne
-«Librairie nouvelle» de Bourdilliat (mêmes dimensions), de la «Nouvelle
-Bibliothèque classique» de Jouaust (0,113 × 0,18), etc.
-
-Quant aux in-32 jésus (0,88 × 0,138), aux in-36, etc., à tous ces
-volumes qui d'une façon générale et en termes vulgaires, sont moins
-longs que la main, ils sont trop peu pratiques, offrent de trop nombreux
-inconvénients pour être recommandés.
-
-D'abord l'impression y est presque toujours et forcément microscopique.
-Ensuite ces petits volumes s'accommodent mal de la reliure: les pages
-n'ayant pas assez de marge intérieure, de _fond_, ni assez de jeu, ni
-assez de poids, ils s'ouvrent mal, quand ils sont reliés: on ne peut
-quasi plus s'en servir. Les travailleurs, qui,--au risque de scandaliser
-et d'indigner MM. les bibliophiles et bibliotaphes,--ont parfois besoin
-d'inscrire quelque annotation sur les marges de leurs livres, ne peuvent
-le faire avec ces «éditions diamant»: la place manque. Elles n'ont leur
-utilité que pour les ouvrages qu'on désire emporter avec soi, les
-vade-mecum qu'on tient à avoir toujours dans sa poche, afin de les
-consulter ou de les relire à volonté, tels que certains manuels, guides,
-indicateurs, etc., ou des chefs-d'œuvre comme les _Fables_ de La
-Fontaine, les _Odes_ d'Horace, les _Satires_ de Regnier, le _Théâtre_ de
-Molière ou de Racine, etc.
-
-A ce propos, le sagace Mouravit fait, d'après Bollioud-Mermet,
-dit-il[203], la remarque suivante sur le choix des formats et leur
-parfaite convenance, leur mise en harmonie avec l'ouvrage que le volume
-renferme: «Les recherches savantes de l'érudition se trouvent à l'aise
-dans l'in-folio; la pensée du philosophe, le récit de l'historien,
-demandent la majestueuse gravité de l'in-quarto ou de l'in-octavo; le
-poète, les esprits humoristes, se plaisent dans le charmant in-douze,
-l'in-dix-huit si coquet, le gracieux in-trente-deux; un livre de
-prédilection empruntera les sveltes proportions de ces minces
-formats[204]».
-
-M. Émile Leclerc résume ainsi, de son côté, l'emploi des formats:
-
-«L'in-plano n'est guère employé que pour les affiches, les placards, les
-textes destinés à accompagner les planches, les tables chronologiques,
-les tableaux synoptiques, les imprimés administratifs et autres ouvrages
-du même genre, certains travaux de ville.
-
-«L'in-folio est réservé pour les impressions de luxe, pour les ouvrages
-de recherches, que l'on consulte parfois, mais dont on ne se sert pas
-habituellement.
-
-«L'in-4, très usité autrefois, s'emploie pour les dictionnaires,
-mémoires, rapports, ouvrages scientifiques et ceux contenant des
-tableaux ou des opérations exigeant une grande justification.
-
-«L'in-8 joint l'élégance à la beauté, l'usage en est fort commode, et il
-figure agréablement dans une bibliothèque. C'est le format préféré des
-lecteurs en général et des bibliophiles en particulier[205]. Il convient
-à toutes sortes d'ouvrages; il tient le milieu pour les dimensions et
-pour les caractères entre tous les autres formats: c'est le type le plus
-répandu.
-
-«L'in-12 est généralement adopté pour les classiques, les romans et
-autres ouvrages usuels, qui en rendent l'emploi assez commun. Quoique
-format dit bâtard, il est assez agréable d'aspect; il tient le milieu
-entre l'in-8 et l'in-16.
-
-«L'in-16 s'emploie pour les livres d'instruction et de récréation.
-
-«L'in-18, d'usage fréquent, est surtout le format des romans.
-
-«La double couronne en in-16 remplace le jésus en in-18, la grandeur du
-volume est la même et l'impression des quarts, demis et trois quarts [de
-feuille] se fait sans perte de papier[206].»
-
-A la suite de ces divers formats, il convient de mentionner le format
-fantaisiste _oblong_ (plus large que haut), employé surtout pour les
-albums de dessin. Les livres qui ont reçu cette forme insolite ne se
-tiennent pas aisément ouverts à la main, à moins d'être repliés plat
-contre plat, d'où un grand risque de leur casser le dos, et ne peuvent
-guère être lus que sur une table, ce qui, comme nous l'avons vu, est,
-pour nombre de lecteurs, très incommode. Ils présentent, en outre, comme
-tous les volumes de formats anormaux et baroques,--format carré (lourd
-et disgracieux par essence même, l'élégance n'appartenant qu'aux formes
-élancées, plus hautes que larges), format triangulaire (on a été jusqu'à
-fabriquer des livres en triangle!), etc.,--le grave inconvénient de ne
-pouvoir se caser facilement sur les tablettes des bibliothèques: ils
-jurent avec les autres volumes, les dépassent en hauteur ou en largeur:
-on ne sait où fourrer ces petits monstres.
-
-Une curieuse particularité nous a été signalée par plusieurs libraires:
-les volumes de grand format, lourds à la main (in-8 et au-dessus), se
-vendent mieux en été, parce que beaucoup de personnes ont l'habitude de
-lire au lit, et, durant la chaude saison, peuvent mettre bras et épaules
-hors des couvertures sans se refroidir.
-
-
-
-
-CHAPITRE IV
-
-L'IMPRESSION
-
-Méfiez-vous des livres imprimés en caractères trop fins.--Le _point_
-d'imprimerie.--Caractères: _romain_, _elzevier_, _italique_. Caractères
-de fantaisie: _allongée_, _alsacienne_, _antique_, _classique_,
-etc.--Casse.--Police des lettres.--Encre d'imprimerie.--Tirage:
-empreintes et clichés.--Plus de
-correcteurs.--Millésime.--Foliotage.--Inconvénient des lignes trop
-longues.--Encore une fois: «Gare à vos yeux!»
-
-
-A propos de l'impression, nous adresserons tout d'abord et encore une
-fois aux lecteurs la recommandation que nous leur avons faite en parlant
-des papiers: «Ménagez vos yeux!»
-
-Donc, à part les dictionnaires et ouvrages de référence, à part les
-sommaires, les notes, index, tableaux, etc., où l'on est bien obligé de
-réduire et serrer le texte, pas de livres imprimés en caractères trop
-fins, et, pour préciser, en caractères inférieurs au «corps huit». On
-sait que les caractères d'imprimerie,--qui sont composés de plomb et
-d'antimoine ou régule (environ 4 de plomb pour 1 d'antimoine),--se
-mesurent et se classent par points, quel que soit d'ailleurs leur genre,
-qu'ils appartiennent au _romain_, à l'_elzevier_ ou à l'_italique_. Nous
-allons voir dans un instant ce que signifient ces noms. Le _point_[207],
-unité typographique, équivaut à un peu moins de quatre dixièmes de
-millimètre (0mm,38). Pratiquement, le «corps un», c'est-à-dire le type
-de caractères qui aurait cette microscopique hauteur, ne se fabrique
-pas; et les «corps» ne commencent guère à exister et s'employer qu'à
-partir du «quatre» ou du «cinq». Le corps huit a une hauteur d'un peu
-plus de trois millimètres (0mm,38 × 8), en mesurant non pas l'_œil_ ou
-sommet des lettres basses (a, c, e, i, m, n...), mais celui des lettres
-longues (b, d, f, g, h...). L'_œil_ d'une lettre est, en d'autres
-termes, la partie saillante qui forme l'impression de cette lettre. Le
-_corps_ ou la _force de corps_ est la hauteur totale de la lettre, dans
-le sens vertical de l'_œil_. Le même corps peut avoir et a ordinairement
-plusieurs variétés d'œil, et un caractère est _gros œil_ ou _petit œil_,
-suivant les dimensions plus ou moins grandes données à la lettre ou au
-signe en relief, au détriment du _talus_: on appelle ainsi la partie
-inclinée du sommet de la tige des caractères, qui se trouve d'un seul
-côté de l'œil dans les lettres longues ou accentuées, et des deux côtés
-dans les lettres courtes. L'_approche_ est le «talus doublement latéral
-qui sert à isoler la lettre de ses voisines: c'est la distance
-horizontale que les lettres ont entre elles dans les mots[208]». Le
-_cran_ est une petite entaille faite au corps de la lettre, à peu de
-distance de la base, et qui sert à indiquer au compositeur dans quel
-sens il doit placer cette lettre dans le composteur: il faut que le cran
-se trouve toujours en dessous.
-
-Il y a des lettres longues hautes: b, d, f, h, k, l, t, et des lettres
-longues basses: g, j, p, q, y; dans les unes comme dans les autres, le
-trait ou la boucle qui dépasse l'œil se nomme _queue_. Les _pleins_ sont
-les traits verticaux des lettres; ils sont plus fortement appuyés, plus
-«pleins» que les traits horizontaux ou contournés, qui, à cause même de
-leur minceur et de leur finesse, ont reçu le nom de _déliés_. Le petit
-trait placé au sommet des lettres b, d, h, i, j, k... se nomme _obit_,
-et celui ou ceux qui se trouvent au bas des lettres f, h, i, k, l, m, n,
-p... s'appellent _empattements_[209].
-
-La lettre double ff, les lettres fi, fl, ffi et ffl, présentent cette
-particularité, qu'elles sont fondues ensemble, de façon à ne former
-qu'un caractère. Voici pourquoi. Si la lettre f, distincte et séparée,
-était placée devant une autre f, devant un i ou devant une l, sa
-bouclette supérieure, rencontrant le haut de l'f voisine, le point de
-l'i ou le sommet de l'l, le presserait, et, par cette pression latérale,
-amènerait aisément la rupture d'une de ces deux parties supérieures en
-contact, sinon même des deux. On obvie à ce danger en fusionnant les
-deux lettres.
-
-Selon leurs points, leur _force de corps_, les caractères portaient
-anciennement des noms spéciaux, à peu près tombés aujourd'hui en
-désuétude, mais qu'il n'est cependant pas inutile de connaître. En voici
-la liste[210]:
-
- FORCE EN POINTS
- ou ANCIENS NOMS
- FORCE DE CORPS
-
- 3 points Diamant ou sanspareille.
- 4 -- Perle.
- 4 points 1/2 Sédanaise.
- 5 points Parisienne.
- 6 -- Nonpareille.
- 7 -- Mignonne.
- 7 points 1/2 Petit-texte.
- 8 points Gaillarde.
- 9 -- Petit-romain.
- 10 -- Philosophie.
- 11 -- Cicéro.
- 12 ou 13 points Saint-augustin.
- 14 points Gros-texte.
- 15 ou 16 points Gros-romain.
- 18 ou 20 -- Petit-parangon.
- 21 ou 22 -- Gros-parangon.
- 24 points Palestine.
- 26 ou 28 points Petit-canon.
- 36 points Trismégiste.
- 40 ou 44 points Gros-canon.
- 48 ou 56 -- Double-canon.
- 72 points Triple-canon.
- 96 -- Grosse-nonpareille.
- 100 -- Moyenne de fonte.
- 138 -- Grosse-sanspareille.
-
- *
-
- * *
-
-Le caractère d'imprimerie le plus fréquemment usité est le caractère
-_romain_. Chaque imprimerie presque possède son type de lettres
-romaines, et les différences entre les types de même corps appartenant à
-des imprimeries différentes sont, en général, minimes: les uns sont d'un
-_œil_ un peu plus étroit; les autres, plus large; ceux-ci ont leurs
-_pleins_ plus gros; ceux-là, plus maigres; etc. On a ainsi, d'après ces
-légères variations, du romain Didot[211], du romain Raçon, du romain
-Lahure, Manie, etc. Pour peu qu'on soit au courant des choses de
-librairie et de typographie, on reconnaît assez promptement ces types
-respectifs, et il suffit souvent d'ouvrir un livre nouveau pour dire de
-quelle imprimerie il sort[212].
-
-L'_elzevier_, type de caractères provenant du graveur français Claude
-Garamond, et employé au XVIIe siècle par les célèbres imprimeurs de
-Leyde qui lui ont donné leur nom[213], a _généralement_ ses pleins moins
-accentués et ses traits plus uniformes que ceux du romain, et il
-présente une apparence un peu grêle, la boucle de l'_e_ notamment est
-plus étroite dans l'elzevier que dans le romain (e, e). Beaucoup de nos
-livres modernes, tels que des recueils de poésies, des études d'histoire
-littéraire, etc., sont encore imprimés en elzevier. C'était le caractère
-de prédilection de l'éditeur Jouaust, qui avait, dans ses dernières
-années, créé un caractère mixte, où les défauts de l'elzevier étaient
-compensés par les qualités du romain Didot, et réciproquement. Toujours
-d'une façon générale, ces défauts et ces qualités consistent
-principalement en ceci, que, dans l'elzevier, les déliés, ayant presque
-la même force que les pleins, sont plus résistants, s'usent moins vite
-et risquent moins de se casser. Le romain a pour lui, tout au moins aux
-yeux de certains amateurs et bibliophiles, de paraître plus élégant, de
-présenter meilleur aspect, à cause même de la différence mieux accusée,
-de l'opposition, existant entre ses pleins et ses déliés.
-
-On appelle _italique_ le caractère penché de droite à gauche.
-Originairement, ce caractère portait le nom tantôt de _lettres
-vénitiennes_, parce que les premiers poinçons en ont été fabriqués à
-Venise, tantôt de _lettres aldines_, parce que Alde Manuce, comme nous
-l'avons dit[214], s'en est servi le premier, en 1512. De nos jours, on
-imprime rarement un volume entier en italique; mais on emploie assez
-souvent ce caractère _penché_ pour la dédicace ou la préface d'un volume
-dont le texte est en impression _droite_, c'est-à-dire en romain ou en
-elzevier. On se sert spécialement de l'italique dans les impressions
-_droites_ pour les mots ou les phrases sur lesquels on veut appeler
-l'attention, pour l'indication des titres de livres, de journaux, etc.
-
- * * * * *
-
-Voici quelques spécimens de types de lettres majuscules et minuscules de
-différents points, en romain[215], en elzevier et en italique:
-
- 6 points { ROMAIN, romain.
- (nonpareille). { ELZEVIER, elzevier.
- { _ITALIQUE, italique_.
-
- 7 points { ROMAIN, romain.
- (mignonne). { ELZEVIER, elzevier.
- { _ITALIQUE, italique_.
-
- 8 points { ROMAIN, romain.
- (gaillarde). { ELZEVIER, elzevier.
- { _ITALIQUE, italique_.
-
- 9 points { ROMAIN, romain.
- (petit-romain). { ELZEVIER, elzevier.
- { _ITALIQUE, italique_.
-
- 10 points { ROMAIN, romain.
- (philosophie). { ELZEVIER, elzevier.
- { _ITALIQUE, italique_.
-
- 11 points { ROMAIN, romain.
- (cicéro). { ELZEVIER, elzevier.
- { _ITALIQUE, italique_.
-
- 12 ou 13 points { ROMAIN, romain.
- (saint-augustin). { ELZEVIER, elzevier.
- { _ITALIQUE, italique_.
-
- 14 points { ROMAIN, romain.
- (gros-texte). { ELZEVIER, elzevier.
- { _ITALIQUE, italique_.
-
- 15 ou 16 points { ROMAIN, romain.
- (gros-romain). { ELZEVIER, elzevier.
- { _ITALIQUE, italique_.
-
- Etc., etc.
-
-
-Outre le romain, l'elzevier et l'italique, il existe des caractères,
-dits de fantaisie, qui sont très nombreux. Les principaux sont:
-l'_allongée_ ou _capillaire_, l'_alsacienne_ ou _écrasée_, l'_antique_,
-la _classique_, l'_égyptienne_, l'_italienne_, la _latine_, la
-_normande_, les lettres _jensoniennes_[216], les _lettres blanches_,
-c'est-à-dire évidées complètement, les _lettres blanches ombrées_, dont
-certains contours sont plus accentués ou garnis de hachures; les
-_lettres maigres_, les _lettres bouclées_, les _lettres grises_ (grandes
-lettres ornées[217]), etc. Mentionnons encore l'_anglaise_, la _ronde_,
-la _bâtarde_, la _gothique_, la _coulée_, caractère penché de droite à
-gauche, dont les lettres sont unies entre elles par leurs déliés; la
-_cursive_, dont le premier type, gravé en 1556 par Nicolas Granjon, fut
-connu sous le nom de _civilité_, du titre du livre _Civilité puérile et
-honnête_, qu'il servit à imprimer[218]; les lettres _tourneures_ ou
-_tournures_, ainsi nommées d'après leur forme arrondie, tournante, qui
-étaient utilisées comme initiales de chapitre dans les anciens
-manuscrits[219], et offrent beaucoup de ressemblance avec cette autre
-espèce de majuscules arrondies, aussi fréquemment usitée dans les
-manuscrits, appelée _onciale_[220].
-
-Voici des spécimens de ces diverses lettres majuscules et minuscules:
-
- ALLONGÉE, allongée.
- ALSACIENNE, alsacienne.
- ANTIQUE, antique.
- ANTIQUE ALLONGÉE.
- ANTIQUE GRASSE.
- CLASSIQUE, classique.
- ÉGYPTIENNE, égyptienne.
- ÉGYPTIENNE ITALIQUE, égypt. italique.
- ITALIENNE, italienne.
- LATINE.
- NORMANDE, normande.
- JENSONIENNES, jensoniennes.
- BLANCHES.
- LETTRES BLANCHES OMBRÉES
- MAIGRETTES, maigrettes.
- LETTRES BOUCLÉES MAIGRES.
- Anglaise.
- Ronde. Bâtarde. Gothique. Civilité.
-
- *
-
- * *
-
-Toutes les lettres, signes, chiffres et séparations typographiques
-(espaces, cadrats, etc.) sont rangés dans une grande boîte sans
-couvercle, nommée _casse_, placée à hauteur d'appui et sur un plan
-légèrement incliné. La casse est partagée en deux grandes divisions,
-deux grands morceaux: _bas de casse_ et _haut de casse_. Dans le bas de
-casse, qui est la partie la plus rapprochée de l'ouvrier compositeur, se
-trouvent, dans une quantité de petits compartiments ou _cassetins_[221],
-les types de lettres et de signes de l'usage le plus fréquent, les
-minuscules, par exemple, d'où leur nom typographique de _bas de casse_.
-Le haut de casse contient les lettres et signes employés moins souvent,
-comme les grandes majuscules ou _grandes capitales_, les petites
-majuscules ou _petites capitales_, les lettres _supérieures_ (placées,
-dans les abréviations, à la droite supérieure de la lettre initiale,
-ordinairement majuscule: Nº, Mme; Mlles, etc.), les guillemets,
-parenthèses, etc.[222]
-
-On appelle _police_ d'un caractère «l'assortiment des différentes sortes
-dont il est composé: lettres, capitales, points, virgules, etc.»
-(Littré), ou, en d'autres termes, le rapport des lettres et signes
-typographiques entre eux dans la composition d'une langue. L'italien,
-par exemple, emploie bien plus d'_a_ que de _b_; presque à chaque mot
-l'_a_ reparaît dans cette langue: l'ouvrier typographe, le _typo_,
-chargé de composer l'italien, devra donc avoir devant lui, dans sa
-casse, bien plus d'_a_ que de _b_. En français, cette proportion ou
-_police_ est, pour 100 000 lettres, de:
-
- BAS DE CASSE GRANDES CAPITALES CHIFFRES
-
- 5000 a 300 A 300 1
- 1000 b 150 B 200 2
- 2500 c 260 C 200 3
- 100 ç 25 Ç 200 4
- 3000 d 250 D 200 5
- 11000 e 450 E 200 6
- etc. etc. etc.[223]
-
-Disons enfin que l'encre d'imprimerie se compose de noir de fumée et
-d'huile de lin cuite, intimement mélangés par le broyage. On employait
-jadis l'huile de noix: elle est plus siccative et meilleure que l'huile
-de lin, mais coûte plus cher. Selon qu'elle est destinée aux journaux,
-aux _labeurs_,--c'est-à-dire aux ouvrages de longue haleine, comme
-l'impression d'un livre, «susceptibles d'occuper plusieurs ouvriers
-pendant un certain temps[224]», et «nécessitant l'emploi d'une certaine
-quantité de caractères de la même espèce[225]»,--ou encore aux tirages
-de vignettes, l'encre typographique subit diverses modifications de
-fabrication et est plus ou moins fine.
-
-La première usine pour la fabrication industrielle de l'encre
-d'imprimerie a été fondée en 1818 par Lorilleux père; jusque-là, les
-imprimeurs avaient coutume de faire eux-mêmes leur encre[226], et il
-faut avouer qu'il semble en être des anciennes encres comme des anciens
-papiers: celles d'autrefois valaient généralement mieux que celles
-d'aujourd'hui. «L'encre des premières impressions du XVe siècle, écrit
-un bibliographe des plus experts en ces questions, Ambroise-Firmin
-Didot[227], nous offre toutes les qualités désirables: elles est noire,
-luisante, et quatre siècles écoulés ont prouvé qu'elle avait conservé
-jusqu'à ce jour ses qualités primitives.» Après un court intervalle de
-décadence, l'ancienne encre reprend sa supériorité: «celle que
-fabriquaient eux-mêmes les Alde, les Estienne, les Elzevier, les
-Plantin, les Ibarra, les Bodoni, et tous les imprimeurs jaloux de leur
-renommée typographique, a conservé jusqu'à nos jours, répète le même
-compétent érudit, toutes ses qualités primitives[228]».
-
- *
-
- * *
-
-L'imprimerie, cette invention qui, selon le mot de Louis XII, «semble
-plus divine qu'humaine[229]», diffère à peu près autant actuellement de
-l'imprimerie d'autrefois que les nouveaux modes de fabrication du papier
-diffèrent des anciens.
-
-Aujourd'hui, afin de ne pas fatiguer et écraser les caractères, on ne
-_tire_ plus sur la _composition_ que les ouvrages dont le chiffre de
-tirage ne doit pas dépasser quatre ou cinq mille exemplaires. Lorsque ce
-chiffre est plus élevé, on prend, au moyen d'une pâte spéciale[230],
-composée de colle de pâte, de blanc d'Espagne et de papier, et appelée
-_flan_, les _empreintes_ de cette composition, puis on _cliche_ ces
-empreintes, c'est-à-dire qu'on y coule un mélange de plomb et
-d'antimoine, qui donne, en se refroidissant, un bloc présentant le même
-relief que les lettres mêmes, et c'est sur ces blocs, sur ces _clichés_,
-que l'impression, le tirage, s'effectue[231]. On peut tirer sur ces
-clichés environ dix à quinze mille exemplaires. Lorsque le tirage doit
-dépasser ce dernier chiffre, on a recours à la galvanoplastie; on
-obtient, au moyen du courant électrique, des clichés en cuivre d'une
-résistance bien plus grande, et avec lesquels on peut tirer un nombre
-d'exemplaires bien plus considérable.
-
-Par suite de l'usure des clichés, il advient très fréquemment que des
-mots ou des lignes entières, principalement les premiers ou les derniers
-mots des lignes, les premières ou les dernières lignes des pages,
-manquent, ne sortent plus sur les feuilles que l'on tire. Vous ferez
-donc bien, lorsque vous achetez un exemplaire d'un ouvrage
-moderne,--particulièrement si cet ouvrage a atteint un chiffre élevé
-d'éditions, et si cet exemplaire appartient à un des derniers
-tirages,--d'en vérifier les bas de pages et les extrémités de lignes,
-afin de vous assurer que le texte est complet.
-
-La nécessité absolue de produire avant tout du bon marché fait que, de
-l'avis de tous les gens compétents, la librairie n'a jamais été aussi
-«vilaine[232]» qu'aujourd'hui. Et cela non pas par la faute seule des
-imprimeurs ou éditeurs, mais par celle du public surtout, pour qui le
-plus bas prix est l'argument décisif, l'unique et suprême cause
-déterminante du choix[233].
-
-Jadis, non seulement chaque imprimerie, mais chaque maison d'édition
-avait son _correcteur_,--un employé instruit et expérimenté, chargé de
-relire les épreuves[234]. Ce n'était pas là une besogne superflue, les
-auteurs en général et les débutants en particulier n'étant pas initiés
-aux innombrables détails de la composition et de la correction
-typographiques[235].
-
-Nombre d'éditeurs se passent aujourd'hui de cet employé et réalisent
-ainsi une économie sensible: si les imprimeurs conservent encore leurs
-correcteurs, c'est qu'ils ne peuvent guère faire autrement[236]; mais ce
-n'est pas l'envie qui doit manquer à beaucoup d'entre eux d'économiser
-aussi de ce côté, et les correcteurs d'imprimerie sont généralement
-surchargés de travail et contraints par suite de mal travailler. «La
-correction, il n'en faut plus parler, écrit Jules Richard[237]. Sauf en
-quelques ateliers qui se respectent, on ne se donne ni la peine de
-relire, ni celle de corriger. La faute typographique est si multipliée
-qu'on ne veut plus d'_erratum_. Il ferait, par son ampleur, concurrence
-au dernier chapitre. C'est là un mal récent et auquel il serait utile de
-couper court.»
-
-Où est le temps où les Estienne, si célèbres à la fois comme érudits et
-comme typographes, étaient si jaloux de la pureté des éditions qui
-sortaient de leurs presses, que l'un d'eux, Robert Estienne (1503-1559),
-après avoir lu, relu, relu à satiété ses épreuves, les affichait à sa
-porte et donnait une récompense, «cinq sols», pour chaque faute qu'on
-lui indiquait[238]! Chez ce savant philologue et maître imprimeur, «la
-correction, comme l'explique Michelet[239], se faisait par un décemvirat
-d'hommes de lettres de toutes nations et la plupart illustres. L'un
-d'eux fut le Grec Lascaris; un autre Rhenanus, l'historien de
-l'Allemagne; l'Aquitain Rauconet, depuis président du parlement de
-Paris; Musurus, que Léon X fit archevêque, etc.»
-
-Aujourd'hui, nombre d'éditeurs ont pris l'habitude de ne plus indiquer
-le _millésime_ (c'est-à-dire l'année de la publication) sur le titre du
-volume. C'est afin de ne pas démoder l'ouvrage: de cette façon, un
-_Guide dans Paris_, paru en 1890, peut encore être vendu comme neuf en
-1900, et vingt, trente et quarante ans plus tard. Mais on devine
-l'embarras du lecteur lorsqu'il se trouve en présence de phrases
-contenant un adverbe de temps ou une allusion à la date de la
-publication dudit ouvrage: «On voit aujourd'hui telle chose à tel
-endroit...» Quand, aujourd'hui? «Il y a un demi-siècle la mode ne
-permettait pas...» De quelle année le faire partir, ce demi-siècle?
-
-Les _folios_ (numéros des pages) se placent au sommet de la page, soit
-au milieu de ce sommet, si l'ouvrage ne comporte pas de _titre
-courant_[240], soit, s'il en comporte un, à gauche ou à droite de ce
-titre: à gauche, pour les pages paires; à droite, pour les impaires.
-
-_Folioter_ un livre au bas des pages est une détestable méthode, qui
-déroute l'œil, entrave les recherches et ne peut s'expliquer que par la
-manie de vouloir faire moins bien pour faire autrement. Quand vous
-feuilletez un livre dans le sens ordinaire, c'est-à-dire en rejetant les
-pages de droite sur les pages de gauche, c'est principalement sur les
-angles, angle inférieur ou angle supérieur de droite, que repose votre
-main. Si vous vous servez de la main droite, tous vos doigts,--sauf le
-pouce, lorsque vous agissez sur l'angle supérieur,--restent en dehors de
-la page, appuyés sur la tranche, et ils ne cachent, par conséquent,
-aucune ligne du texte. Il n'en est plus de même si c'est votre main
-gauche qui opère, et c'est surtout sur l'angle inférieur de la page
-qu'il lui est commode de se poser pour effectuer son mouvement: dans ce
-cas, les doigts de cette main masquent l'extrémité des dernières lignes,
-et, à plus forte raison, ce qui est au-dessous d'elles, ce chiffre que
-vous cherchez et que votre œil est d'ailleurs accoutumé à trouver au
-sommet de la page. Il est donc, de toute évidence, bien préférable de
-laisser les folios à leur ancienne place, à ce sommet, et il ne faut pas
-plus les mettre au bas de la page que sur les côtés. Bientôt sans doute
-nous verrons des éditeurs, encore plus ingénieux et plus avides de se
-distinguer, commencer un dictionnaire par la lettre F ou G, au lieu de
-la lettre A, qu'il est bien temps de détrôner; imprimer une page dans un
-sens et la suivante dans le sens contraire; etc.: lorsqu'on est en si
-beau chemin, pourquoi s'arrêter?
-
-Il serait bon, afin aussi de faciliter les recherches et d'aider le plus
-possible les lecteurs et travailleurs, de numéroter toutes les pages,
-les _belles pages_,--c'est-à-dire les pages impaires, les pages de
-droite ou recto, débutant par un titre de chapitre,--comme les autres.
-Je n'ignore pas que MM. les typographes estiment que ce foliotage
-intégral serait tout à fait disgracieux sur les belles pages et jurerait
-à l'œil. C'est possible[241]. Mais il y a une chose bien plus
-désagréable encore, bien autrement incommode et fâcheuse, pour ne pas
-dire absurde, c'est de voir des volumes entiers (composés de chapitres
-n'ayant que quelques lignes, ou de menues pièces de vers, de quatrains,
-de sonnets, etc., commençant et finissant tous en _belle page_, et dont
-le verso est, par conséquent, une page blanche ou _fausse page_), ne
-possédant pas un seul folio, sans pagination du commencement jusqu'à la
-fin. Allez donc faire une recherche et vous retrouver dans ce
-labyrinthe!
-
- *
-
- * *
-
-De même que nous vous exhortons de toutes nos forces, et cela dans
-l'intérêt de vos yeux, à fuir les livres à impressions microscopiques,
-nous vous engageons, pour le même motif, à éviter les longues lignes,
-les lignes interminables de certaines publications.
-
-Plus une ligne est longue, plus, pour que la lecture en soit facile et
-ne fatigue pas les yeux, le caractère doit être fort et l'interlignage
-large. Ouvrez le tome premier du _Dictionnaire_ de Littré et voyez la
-«Préface»: les lignes ont 0m,185 de long et occupent toute la largeur de
-la page; mais le caractère est gros et suffisamment espacé: c'est du
-corps XIV (romain Didot), interligné à quatre points; aussi ces lignes
-se détachent-elles bien et se lisent-elles aisément. Voyez plus loin le
-«Complément de la préface»: le caractère est plus petit, c'est du corps
-X (romain Didot); mais la page est divisée en deux colonnes, les lignes
-n'ont plus, comme longueur, que la moitié des précédentes, moins de la
-moitié même (0m,089), ce qui a permis de leur donner moins d'intervalle
-que tout à l'heure, de ne les interligner qu'à deux points, et ce qui
-permet également de les lire sans difficulté. Il n'en serait plus de
-même si, avec ce caractère corps X ou un plus petit, nous avions la
-ligne de tout à l'heure, une ligne de 0m,185 de long; plus d'un lecteur
-aurait l'œil troublé, verrait ces lignes chevaucher et se confondre, les
-lettres danser et papilloter.
-
-«Gare à vos yeux!» C'est le cri d'alarme lancé jadis par Francisque
-Sarcey, un passionné liseur et travailleur, dans une intéressante
-plaquette, qu'il a fait exprès imprimer, dit-il, «en gros caractère et
-sur du papier teinté pour soulager vos pauvres yeux[242]».
-
-C'est le conseil et la suprême recommandation de tous les amoureux du
-livre, de tous les chercheurs et fureteurs, tous les curieux et érudits.
-
-Ayez bien soin de vos yeux! Vous ne sauriez avoir pour eux trop
-d'égards, prendre pour eux trop de précautions. Ce sont les premiers et
-les plus indispensables de vos instruments.
-
-
-
-
-CHAPITRE V
-
-LA RELIURE
-
-Faut-il faire relier les livres?--Avantages et inconvénients des livres
-reliés.--Opinion de Sébastien Mercier, de Gabriel Naudé,
-etc.--Vocabulaire technique de la reliure: _plats_, _dos_, _tranches_,
-_tête_, _queue_, _gouttière_, etc.--Couture: grecquage; machines à
-coudre les livres.--Reliure pleine: peaux et parchemin; reliures
-singulières; reliures uniformes; inconvénients des couleurs claires;
-reliures _à la janséniste_, _à la fanfare_, _à l'oiseau_,
-etc.--Demi-reliure.--Cartonnage bradel.--Cartonnage anglais.--Encore la
-couture: couture de la brochure; couture de la reliure; supériorité de
-la couture à la machine.--Couture métallique.--Reliure
-arraphique.--Colles diverses.--Conseils pratiques: ne pas faire relier
-de livres récemment imprimés;--choisir l'époque propice;--laisser au
-relieur un laps de temps raisonnable;--pas de recueils factices;--gare
-au rognage!--respecter les marges: _témoins_, _larrons_;--conserver les
-couvertures imprimées;--titres à pousser;--modèles à donner au
-relieur;--collationnez vos volumes.--Tarif de reliures.--Du choix d'un
-relieur.
-
-
-Une question se pose tout d'abord: sans nous occuper de l'aspect du
-livre et de sa décoration, en nous plaçant uniquement au point de vue
-pratique, _faut-il faire relier les livres?_ S'il ne s'agit que de leur
-conservation et de la commodité et stabilité de leur rangement,
-l'affirmative n'est pas douteuse; mais si vous envisagez leur maniement,
-le degré de facilité qu'ils peuvent présenter pour la lecture ou les
-recherches, l'hésitation est très permise, pour les volumes du moins qui
-n'excèdent pas l'in-8.
-
-En raison de leur taille et de leur poids, les ouvrages de grand format
-non reliés et placés debout sur les rayons d'une bibliothèque se
-déjettent et se tassent, se déforment. S'ils ont une certaine épaisseur
-et sont destinés à être maniés fréquemment, si ce sont des
-dictionnaires, par exemple, il est indispensable qu'ils soient revêtus
-d'un solide cartonnage: brochés, avec simple couverture de papier mince,
-ils n'offriraient aucune résistance, le dos notamment ne tarderait pas à
-se décoller ou à se fendre, à se _casser_.
-
-Mais pour les in-12, in-16, in-18, etc., d'une épaisseur moyenne, si la
-couture était faite solidement, si cette couture, au lieu d'être une
-_couture de brochure_ (où le fil ne passe que par deux trous dans chaque
-cahier), était une _couture de reliure_ (où le fil passe par plus de
-deux trous, et s'appuie ou s'enroule autour de ficelles ou _nerfs_
-appliqués ou embrochés verticalement sur le dos des cahiers), il est
-certain que les lecteurs et travailleurs, trouvant ces exemplaires
-brochés moins lourds à la main et plus faciles à ouvrir et à feuilleter,
-les préféreraient aux exemplaires reliés, la question d'élégance et de
-luxe encore une fois mise à part.
-
-Le grand inconvénient des livres reliés, surtout lorsqu'ils sont de
-petit format et imprimés sur fort papier, c'est, comme nous l'avons
-vu[243], de s'ouvrir mal et de se refermer d'eux-mêmes, dès que la main
-ou un poids suffisant n'exerce plus sa pression sur eux, sur leurs pages
-horizontalement étalées. Il n'est personne qui ne le connaisse, cet
-agaçant et inévitable défaut, qui rend parfois si difficile l'emploi
-d'un livre, lorsqu'on n'a pas, par exemple, l'entière disposition de ses
-deux mains, qu'on a besoin de copier un passage de ce livre, ou d'en
-conférer des sections avec des chapitres d'autres volumes.
-
-C'est au point qu'un écrivain du XVIIIe siècle, le polygraphe Sébastien
-Mercier, avait pris l'habitude de _casser le dos_ de tous les livres
-reliés qu'il achetait: il préférait des volumes décousus et disloqués à
-des volumes «qui ne veulent pas rester ouverts». Il avait d'ailleurs la
-haine des «artistes relieurs», et voici ce qu'il écrivait à leur sujet:
-
-«Les livres sont des amis qu'il faut pouvoir traiter familièrement.
-J'aime fort la lecture, et je trouve que la reliure, du moins la reliure
-trop recherchée, est sa plus grande ennemie. S'il y a une profession
-inutile, c'est assurément celle des grands artistes relieurs. Elle
-ajoute à la cherté des livres, et nuit à leur usage. Avec ce que coûtent
-les belles reliures, on aurait une autre bibliothèque. Mais on achète
-des livres comme des biscuits de Sèvres ou des magots de Chine.
-Cependant, les livres sont faits, me semble-t-il, pour être lus, relus,
-maniés et remaniés. Un Horace tout neuf n'appartient qu'à un sot. On
-pourrait, selon moi, dire des livres ce qu'on dit des olives: les
-_pochetées_ sont les meilleures[244].»
-
-L'extrême et bruyante aversion que Sébastien Mercier manifestait pour le
-livre relié finit même par lui attirer ce féroce quatrain:
-
- Mercier, en déclamant contre la reliure,
- Pour sa peau craindrait-il un jour?
- Que le brave homme se rassure:
- Sa peau n'est bonne qu'au tambour[245].
-
-Le savant Gabriel Naudé, qui vivait à une époque où le livre broché
-n'existait pour ainsi dire pas, combat, en plusieurs endroits de son
-très instructif _Advis pour dresser une bibliothèque_, l'abus de la
-reliure, et peu s'en faut qu'il ne la condamne tout à fait, lui aussi.
-
-«... Le quatriesme (précepte) est de retrancher la despense superflue
-que beaucoup prodiguent mal à propos à la relieure et à l'ornement de
-leurs volumes, pour l'employer à l'achapt de ceux qui manquent, afin de
-n'estre point sujets à la censure de Sénèque, qui se moque plaisamment
-de ceux-là, _quibus voluminum suorum frontes maxime placent titulique_;
-et ce, d'autant plus volontiers que la relieure n'est rien qu'un
-accident et manière de paroistre, sans laquelle, au moins si belle et
-somptueuse, les livres ne laissent pas d'estre utiles, commodes et
-recherchez, n'estant jamais arrivé qu'à des ignorans de faire cas d'un
-livre à cause de sa couverture, parce qu'il n'est pas des volumes comme
-des hommes, qui ne sont cognus et respectez que par leur robe et
-vestement[246].»
-
-Et ailleurs:
-
-«Je dis, premièrement, qu'il n'est point besoin pour ce qui est des
-livres de faire une despense extraordinaire à leur relieure, estant plus
-à propos de réserver l'argent qu'on y despenseroit pour les avoir tous
-du volume plus grand et de la meilleure édition qui se pourra
-trouver[247]...»
-
-D'une façon générale, on ne lit commodément et bien que les livres
-brochés. Le chroniqueur Edmond Texier, si goûté des lecteurs du _Siècle_
-sous le second empire, nous conte, à ce sujet, une bien typique
-anecdote.
-
-«Un millionnaire de fraîche date se présente chez un libraire: «Il me
-faut des livres, lui dit-il, pour meubler ma bibliothèque en chêne
-sculpté... Pour le choix, je m'en rapporte à vous; vous ferez relier le
-tout très convenablement.» Là-dessus il sort; mais revenant sur ses pas:
-«Ah! j'oubliais de vous dire... Vous mettrez dans le ballot quelques
-romans amusants; mais il ne faut pas faire relier ceux-là, parce que je
-veux les lire[248].»
-
-C'est bien cela, et l'on ne peut que sourire de la naïveté du brave
-Lesné, qui, dans les notes de son poème sur _la Reliure_, peste, gronde
-et fulmine de si bon cœur contre les amateurs qui «ne veulent pas
-prendre la peine de tenir leur livre en lisant», à qui il faut «des
-livres qui se tiennent ouverts sur la table[249]» tout seuls. Quelle
-exigence! Conçoit-on pareille prétention!
-
-Il est vrai qu'un fervent érudit dont l'opinion est à considérer,
-Charles Asselineau, a déclaré qu'«un livre qui n'est pas relié n'est pas
-un livre[250]»; mais, en émettant cette sentence, il se plaçait à un
-tout autre point de vue que le nôtre, au point de vue du mérite et du
-succès d'une œuvre: il entendait par là que «la reliure est devenue pour
-les auteurs ce qu'était autrefois l'impression, une épreuve
-décisive[251],» que la reliure est aujourd'hui la sanction de la
-renommée, le criterium de la valeur d'un livre et de la célébrité d'un
-écrivain.
-
- *
-
- * *
-
-Sans tomber dans les partis pris et les exagérations de Sébastien
-Mercier, nous estimons que le meilleur système à appliquer, pour une
-bibliothèque particulière, dont les livres ne sont pas destinés à
-circuler en de nombreuses mains et à se fatiguer, c'est l'emploi de la
-reliure, ou, plus exactement, de la demi-reliure, pour les volumes de
-format supérieur à l'in-8, et du cartonnage bradel pour les in-8 et
-leurs inférieurs.
-
-Si l'on juge le cartonnage bradel trop faible et trop inconsistant pour
-les volumes in-8,--ce qui peut advenir, surtout si ces volumes sont de
-forte épaisseur,--on classera les in-8 parmi les volumes à relier; quant
-aux in-12, in-16, in-18, etc., le bradel offre à leur endroit de
-multiples avantages: économie, souplesse, légèreté, etc. Exception
-faite, je le répète, pour les ouvrages destinés à être fréquemment
-maniés: dans ce cas, la reliure s'impose.
-
-Comme on le voit, nous nous efforçons de concilier ces deux choses:
-solidité et commodité; nous cherchons toujours à nous rapprocher le plus
-possible du desideratum exposé tout à l'heure, à prendre à la reliure ce
-qu'elle a de bon, c'est-à-dire sa couture, tout en conservant au livre
-la légèreté et la flexibilité, la _complaisance_ de la brochure, qui
-permet si bien au livre de rester ouvert, et c'est par le cartonnage
-bradel que nous avons le plus de chance d'atteindre notre double but.
-
- *
-
- * *
-
-Examinons maintenant ce qu'il faut entendre par ces mots de _reliure_ et
-_demi-reliure_, _bradel_, _cartonnage_, etc., et tout d'abord
-définissons les termes que nous aurons à employer dans nos explications,
-c'est-à-dire les termes les plus usuels du vocabulaire technique de la
-reliure.
-
-On nomme _plats_ les deux surfaces planes du carton servant de
-couverture au livre. Le plat de dessus porte les noms de _plat
-supérieur_, _plat recto_ ou _premier plat_; le plat de dessous, ceux de
-_plat inférieur_, _plat verso_ ou _deuxième plat_. Chaque plat ayant
-deux faces, l'une en dehors du livre, l'autre en dedans, la première de
-ces faces est le _plat extérieur_, la seconde le _plat intérieur_.
-
-Jadis, au lieu d'être en carton, les plats étaient en bois plus ou moins
-épais, recouvert de peau ou d'étoffe, avec plaques et clous d'or,
-d'argent ou de cuivre, pierres précieuses, etc. Le bois avait
-l'inconvénient, non seulement d'accroître de beaucoup le poids du
-volume, mais encore de servir de réceptacle aux vers, en sorte que «le
-livre portait dans sa couverture même les germes de sa
-destruction[252]».
-
-Le _dos_ est la partie arrondie du livre où se trouve la couture et où
-s'inscrivent aujourd'hui le nom de l'auteur et le titre de l'ouvrage,
-inscriptions qu'on mettait à l'origine sur le plat supérieur. La reliure
-est dite _à dos plein_ quand les cahiers qui composent le livre sont
-collés directement ou indirectement sur l'intérieur de ce dos, de
-manière à former corps avec lui. Quand le dos des cahiers n'adhère pas à
-la peau du dos de la couverture et s'en sépare lorsqu'on ouvre le
-volume, en sorte qu'un vide se forme entre ces deux dos, la reliure est
-dite _à dos brisé_. Certains bibliographes prétendent que ce dernier
-mode de reliure, qui est aujourd'hui le plus fréquent,--on ne relie
-guère maintenant à dos plein,--permet au volume de s'ouvrir plus
-facilement et de ne pas se refermer de lui-même[253]. «C'est une
-erreur», répliquent très nettement et avec raison MM. Sébastien
-Lenormand et Maigne, ainsi que le docteur Graesel[254], et l'on fabrique
-des reliures à dos plein qui s'ouvrent tout aussi bien--ou tout aussi
-mal--que les reliures à dos brisé. C'est: 1º le peu d'épaisseur de la
-peau ou garniture du dos; 2º la largeur du format[255]; 3º la minceur du
-papier; 4º et enfin la couture faite sur nerfs ou rubans et non à la
-grecque (nous verrons dans un moment ce que signifient ces locutions),
-qui, seuls, peuvent faciliter l'ouverture d'un livre et lui permettre de
-demeurer de lui-même et à toutes pages complètement ouvert.
-
-On appelle _tranches_ «les trois surfaces du livre par où il a été
-rogné[256]». La tranche horizontale supérieure porte le nom de _tête_;
-la tranche horizontale inférieure, celui de _queue_; la tranche
-verticale (qui affecte toujours la forme concave, tandis que le dos,
-auquel elle est opposée, est convexe), celui de _gouttière_. Les
-tranches, surtout celle de queue et celle de la gouttière, peuvent
-n'être qu'_ébarbées_: on _ébarbe_ un livre en enlevant légèrement, avec
-des ciseaux, l'excédent de chaque feuillet, «ce qui dépasse trop». Il
-est important, comme nous le constaterons, de laisser aux marges le plus
-d'ampleur possible, voire toute leur intégralité. Les tranches, surtout
-celle de tête, peuvent être dorées, peintes en une seule couleur,
-brunies par le frottement d'une agate, marbrées ou _jaspées_,
-c'est-à-dire recouvertes, à l'aide d'une brosse, qu'on passe sur un
-grillage ou tamis placé au-dessus et à proximité d'elles, d'une
-multitude de menus points de couleur, qui rendent ces tranches tachetées
-comme le jaspe. Lorsque la tranche, particulièrement la tranche dorée,
-est, ainsi qu'on le pratiquait fréquemment autrefois, ornée de dessins
-de fantaisie, feuillages, etc., effectués avec de petits fers qu'on
-appuie sur la dorure, on dit que le livre est _antiqué sur tranches_.
-
-_Endosser_ un livre, c'est donner au dos du livre cette forme arrondie,
-convexe, qui entraîne pour la gouttière la forme creuse ou concave.
-
-Dès que la peau est adaptée et collée sur le dos et les plats, on met le
-livre entre des ais ou planchettes de bois, appelées _membrures_, que
-l'on maintient fortement serrées au moyen de ficelles ou _fouets_, afin
-de l'empêcher de gondoler: cette opération, ce serrage, qui s'effectue
-aujourd'hui à la presse, se désigne sous le nom de _fouettage_:
-_fouetter_ un volume.
-
-«Pour protéger le livre, il est nécessaire que le carton déborde la
-tranche. Cet excédent constitue les _chasses du livre_. Je vous ferai
-observer en passant, écrit Charles Blanc[257], combien sont justes les
-expressions du relieur: la tranche de devant s'appelle _gouttière_,
-parce qu'elle est, en effet, comme une gouttière, creusée en cannelure.
-Les chasses du livre sont bien nommées, parce qu'avant de rogner le
-livre, on a dû donner la chasse, c'est-à-dire du jeu, au carton... Vous
-remarquerez que le dos forme une petite saillie en se retournant sur
-chaque côté du plat: ces saillies sont les _mors_ du livre. Elles sont
-nécessaires pour loger les cartons, qui ont été tout exprès coupés
-légèrement en biseau du côté de la saillie dont je parle; comme c'est le
-long de cette saillie que le carton est attaché à la couverture du dos
-par une bande de veau ou de maroquin sur laquelle il se meut, les mors
-s'appellent très souvent _charnières_... Enfin, aux deux extrémités du
-dos, vous voyez un petit rouleau couvert de fil de couleurs alternées:
-cet ornement, qui est la _tranche-file_, répond à un but d'utilité, car
-il sert à bien assujettir les cahiers et à donner plus de consistance à
-la couverture, lorsque le livre, serré dans les rayons de la
-bibliothèque, en sera tiré avec effort.»
-
-Malgré ces bonnes raisons, nombre de relieurs d'à présent ne
-tranchefilent plus leurs livres, si ce n'est pour les reliures de luxe:
-les tranchefiles, toutes différentes de ce qu'elles étaient jadis, ne
-sont d'ailleurs plus aujourd'hui que de menus et insignifiants
-ornements, préparés d'avance, qu'on colle pour la forme en tête et en
-queue des livres. On donne particulièrement le nom de _comètes_ à ces
-tranchefiles artificielles lorsqu'elles sont en coton, au lieu d'être en
-soie. C'est sous la tranchefile de tête que s'adaptent les minces rubans
-de soie ou de coton appelés _signets_ et destinés à servir de _marques_
-au livre. Jadis ces rubans, lorsqu'ils étaient nombreux, étaient adaptés
-à une tige ou tringlette de métal nommée _pipe_.
-
-On appelle _coiffe_ le rebord ou repli que forme l'extrémité de la peau
-du dos des livres, en tête et en queue.
-
-Les _gardes_ sont des feuilles de papier placées au commencement et à la
-fin des livres pour en garantir, en _garder_ les premiers et les
-derniers feuillets. Elles se composent de feuilles de papier blanc,
-souvent aussi de feuilles de papier de couleur, désignées, d'après leurs
-teintes et leurs dessins, sous les noms de _peigne_, _escargot_, _queue
-de paon_, etc. Un de ces feuillets de garde est appliqué et collé sur
-chaque plat intérieur du livre.
-
-Les livres reliés sont cousus avec du fil de lin, sur des ficelles,
-appelées _nerfs_ ou _nervures_, qui font, ou plutôt sont supposées faire
-saillie sur le dos des volumes. Ces ficelles, en effet, n'émergent plus,
-grâce au _grecquage_: opération très usitée, qui consiste à tracer, au
-moyen d'une scie à main dite _grecque_, sur le dos des cahiers d'un
-livre assemblés et serrés dans un étau, de petites rainures ou encoches
-nommées _grecques_, elles aussi, destinées à loger les ficelles autour
-desquelles le livre sera cousu. Les saillies, appelées également _nerfs_
-ou _nervures_, qu'on remarque sur le dos des volumes reliés, ces minces
-saillies transversales qui semblent correspondre aux ficelles, sont donc
-le plus souvent simulées. Les espaces compris entre elles et où l'on
-inscrit, où l'on _pousse_ le nom de l'auteur, le titre de l'ouvrage et
-le chiffre de tomaison, sont les _entre-nerfs_ ou _compartiments_.
-
-Hâtons-nous de dire que, depuis quelques années, depuis l'invention des
-_machines à coudre les livres_, le mauvais et déplorable procédé du
-grecquage, qui permettait aux ouvriers, d'accord avec leurs patrons, de
-ne pas coudre chaque cahier dans toute sa longueur, de répartir sur deux
-ou trois cahiers, en sautant tantôt le milieu, tantôt les extrémités, la
-couture de la longueur ou hauteur totale du livre,--ce qu'on appelle
-_coudre à l'échelle_,--n'a plus de raison d'être. Aujourd'hui, avec ces
-nouvelles machines, comme nous le verrons plus loin en traitant de la
-couture, la besogne se fait à la fois plus rapidement, incomparablement
-mieux et à bien meilleur compte.
-
- *
-
- * *
-
-Il y a deux catégories principales de reliures: la _reliure pleine_, la
-_demi-reliure_.
-
-Un livre est en _reliure pleine_ lorsqu'il est tout entier recouvert de
-la même peau: veau, truie, basane, chagrin, maroquin, etc.
-
-La _basane_ est de la peau de mouton simplement tannée. Souple, légère,
-poreuse et spongieuse, la basane se ressent facilement de l'influence de
-la chaleur ou de l'humidité. Par suite de son bon marché, elle s'emploie
-pour les reliures communes et peu coûteuses.
-
-Le _chagrin_ provient de la chèvre, quelquefois du chameau ou du
-cheval[258]. Il offre beaucoup de solidité et de résistance et convient
-aux livres de fatigue. On fabrique des chagrins inférieurs avec de la
-peau de mouton.
-
-Le _maroquin_ est de la peau de chèvre tannée avec du sumac, et dont le
-grain est très apparent. Le maroquin le plus apprécié est celui du
-Levant, précisément parce que le grain de la peau y est plus saillant.
-Le véritable maroquin, utilisé pour les reliures de luxe, coûte cher:
-environ 180 francs les 12 peaux de 1 mètre à 1 m. 50, tandis que la même
-quantité de chagrin se paye 80 francs; aussi s'ingénie-t-on à falsifier
-le maroquin de maintes façons, à en fabriquer avec des peaux de veau, de
-mouton, etc.[259]
-
-Le _cuir de Russie_, qu'on emploie aussi pour les belles reliures, est
-remarquable par son odeur particulière, due à la _bétuline_, principe
-actif de l'écorce de bouleau, dans une décoction de laquelle on a laissé
-tremper ce cuir pendant une vingtaine de jours. Grâce à cette odeur, le
-cuir de Russie est, assure-t-on, à l'abri de la moisissure et des
-attaques des insectes[260].
-
-Le _parchemin_ provient de la peau non tannée--simplement macérée dans
-de la chaux, puis écharnée, raclée ou _raturée_, et enfin adoucie à la
-pierre ponce[261]--de divers animaux: agneaux, moutons, chèvres, veaux.
-Dans ce dernier cas, il portait jadis spécialement le nom de
-_vélin_[262]. Comme nous l'avons vu en parlant des papiers[263], on
-imite le parchemin avec du papier sans colle trempé quelques instants
-dans une solution d'acide sulfurique.
-
-On couvre aussi les livres avec du velours, de la soie, de la toile,
-etc. A propos des reliures en toile, nous remarquerons que la toile
-noire, dite _toile à tablier_, fréquemment employée, notamment pour
-couvrir les livres de certaines bibliothèques publiques (bibliothèques
-municipales, régimentaires, etc.), ne produit pas d'ordinaire l'économie
-qu'on en attend et donne des résultats peu satisfaisants. Sans fatigue
-exagérée et au bout d'un laps de temps parfois très court, cette toile
-se fend, particulièrement le long de la charnière des plats: ce défaut
-provient de la couleur noire, en général de mauvaise qualité, qui ronge
-et brûle la toile.
-
-Les _reliures d'art_, qui se font toujours en _reliures pleines_, sont
-celles où le dos et les plats extérieurs sont revêtus d'ornements,
-filets, fleurons, armoiries, etc., appliqués avec des fers à dorer: d'où
-le nom de _fers_ donné à ces empreintes. Quand cette impression est
-faite sans dorure, avec des fers simplement chauffés, on dit que le
-livre est _gaufré_ ou _estampé_. Souvent aussi les plats intérieurs sont
-ornés de dessins poussés sur or ou à froid (on devrait plutôt dire: à
-chaud[264]) sur le pourtour des gardes: la grande finesse, le genre et
-l'aspect de ces dessins leur ont valu le nom de _dentelles_.
-
-Les _reliures d'art_ et _de luxe_ sont en dehors de notre cadre. Nous
-nous bornerons à rappeler que le vrai berceau de la reliure a été
-l'Italie, Venise principalement[265]; que, dans la reliure d'art et de
-luxe, la France occupe, depuis plusieurs siècles, le premier rang[266];
-et à citer les noms de Jean Grolier[267], des Ève, de Le Gascon, des
-Padeloup, des de Rome[268], de Thouvenin, du Seuil, Bauzonnet,
-Trautz-Bauzonnet, Capé, Chambolle, Cuzin, Léon Gruel, etc., parmi les
-plus illustres relieurs[269].
-
-C'est surtout en fait de reliures que l'imagination et le caprice des
-bibliophiles se sont donné carrière.
-
-Il n'est guère d'animal dont la peau n'ait servi à habiller plus ou
-moins de volumes, et l'on a vu des reliures en peau de panthère, de
-tigre, de crocodile, de serpent, de sole, de morue[270], de phoque,
-d'ours blanc, de cheval, de chat, de loup, de renard, de taupe, etc.,
-etc.[271]
-
-Qui n'a entendu parler des reliures en peau humaine? Il existe de
-nombreux spécimens de ces reliures, et la peau humaine fournit,
-paraît-il, un excellent cuir, «un cuir très solide, épais et
-grené[272]». Parmi les livres ainsi recouverts avec le derme humain,
-nous mentionnerons:
-
-En Angleterre, un traité d'anatomie, que le docteur Antoine Askew, mort
-en 1773, fit revêtir de peau humaine, afin sans doute que l'extérieur de
-l'ouvrage fût en rapport avec l'intérieur[273]; et deux volumes dont les
-couvertures proviennent de la peau d'une sorcière du Yorkshire, Mary
-Ratman, exécutée pour assassinat dans les premières années du XIXe
-siècle[274].
-
-Un des numéros du _Catalogue de la bibliothèque de M. L. Veydt_, ancien
-ministre des finances de Belgique (Bruxelles, Olivier, 1879, Nº 2414),
-est ainsi conçu: «_Opuscules philosophiques et littéraires_, par MM.
-Suard et Bourlet de Vauxcelles (Paris, Chevet, in-8). Exemplaire relié
-en peau humaine, comme l'affirme une note collée contre la garde de ce
-livre. Cette note porte les mentions de la provenance, du prix de la
-reliure et du nom du relieur.--Vingt francs, Deromme, 1796.--Provenant
-de la bibliothèque de M. de Musset. Acheté le 15 septembre 1832.» La
-_Chronique médicale_ croit qu'il s'agit ici du père du poète Alfred de
-Musset[275].
-
-La Bibliothèque royale de Dresde «conserverait» un calendrier mexicain
-écrit sur peau humaine[276].
-
-En Amérique, un des plus riches négociants de Cincinnati, M. William
-G..., possède deux livres reliés en peau de femme: l'un est le _Voyage
-sentimental_ de Sterne, habillé d'une peau de négresse; l'autre, de
-Sterne également, _Tristram Shandy_, est revêtu du derme d'une jeune
-Chinoise[277].
-
-En France: «Il existait autrefois à la Bibliothèque impériale (fonds
-Sorbonne, nº 1297) une Bible du XIIIe siècle, que l'abbé Rive affirmait
-être entièrement (reliée) en peau de femme.» Un ancien bibliothécaire de
-la Sorbonne, le digne Gayet de Sansale, «a contesté le fait, mais il
-l'admettait pour deux autres ouvrages: une Bible du XIIIe siècle
-également (fonds Sorbonne, 1357), et un texte des _Décrétales_ (fonds
-Sorbonne, 1625)[278]».
-
-L'éditeur Isidore Liseux disait avoir vu un exemplaire de _Justine_, du
-marquis de Sade, relié en peau de femme[279].
-
-Un catalogue de livres d'occasion, distribué il y a quelques années,
-porte cette indication: «Reliure en peau humaine.--Sue (Eugène), _les
-Mystères de Paris_. Paris, 1854, 2 tomes rel. en 1 vol. pet. in-4,
-_pleine peau humaine_, larges dent. sur les plats, dent. intérieure: 200
-francs. Fort belle reliure exécutée avec un morceau de peau humaine. Une
-plaque à l'intérieur, sur la garde de la reliure, ainsi conçue: «Cette
-reliure provient de la peau d'une femme et a été travaillée par M.
-Albéric Boutoille, 1874, qui atteste que cette reliure est bien en peau
-humaine[280].»
-
-La _Revue encyclopédique_, à qui j'emprunte la plupart de ces détails,
-raconte encore le curieux fait suivant:
-
-«M. Camille Flammarion ayant reçu d'une comtesse, dont, par un beau soir
-étoilé, il avait admiré les épaules, et qui mourut peu après, l'étrange
-présent de la peau de ces mêmes admirables épaules, chargea un tanneur
-de la travailler avec soin. Elle était «d'un grain superbe,
-inaltérable»: l'astronome en fit relier un exemplaire de _Terre et
-Ciel_. Les tranches du livre sont de couleur rouge, parsemées d'étoiles
-d'or, et sur les plats sont gravés en lettres d'or ces mots: _Souvenir
-d'une morte_[281].»
-
-Mais la plus étrange reliure qui ait jamais été faite dans ce genre
-macabre, c'est sûrement celle qu'imagina en 1813 un avocat de
-Valenciennes: faire relier une œuvre d'un écrivain avec la propre peau
-de cet écrivain, certes, la chose n'est point banale, et c'est ce que
-ledit avocat, nommé Edmond Leroy, put réaliser. Ayant assisté à
-l'embaumement de Delille, le célèbre traducteur des _Géorgiques_, il
-obtint du praticien chargé de l'opération «deux fragments de l'épiderme»
-du poète, et ces deux fragments lui servirent à faire relier un
-exemplaire des _Géorgiques_, traduction de Delille, qui se trouve
-actuellement, paraît-il, à la bibliothèque municipale de
-Valenciennes[282].
-
- *
-
- * *
-
-D'autres bibliophiles, nullement funèbres comme les précédents, tout à
-fait, au contraire, plaisants et facétieux, cherchent à mettre
-l'enveloppe du livre en harmonie avec son contenu, et jouent sur le
-titre de l'ouvrage. Tel, par exemple, cet amateur d'outre-Manche qui
-avait fait relier en peau de cerf un _Traité sur la chasse_; et cet
-autre qui, parce que le mot anglais _fox_ signifie renard, s'avisa de
-faire couvrir de peau de renard l'_Histoire de Jacques II_ par Fox[283];
-et cet autre, encore, qui crut devoir faire revêtir de maroquin noir une
-_Histoire de la Forêt Noire_[284]. Un relieur anglais--ce sont
-décidément les fils d'Albion qui paraissent tenir le plus à ces
-singularités--a exhibé naguère une _Histoire de Napoléon_ à reliure
-tricolore, c'est-à-dire dont les plats étaient, comme le drapeau
-français, également divisés en trois couleurs: bleu, blanc, rouge[285].
-
-Et cet exemplaire des _Châtiments_ de Victor Hugo, de la bibliothèque de
-Philippe Burty, «où s'étale une immense abeille d'or enlevée au trône
-impérial des Tuileries[286]»? Et cette _Histoire de la Révolution_ de
-Thiers, dont la couverture imite «un manteau princier bleu brodé d'or»,
-et dont le plat supérieur porte, encastrées en son milieu, «les lunettes
-authentiques de l'auteur, privées de leurs verres, et escortées de
-quatre boutons de sa redingote préférée»? «L'effet en est insensé»,
-ajoute M. Blanchon[287]. Nous le croyons sans peine.
-
-Que dire encore des _reliures à musique_? Car «il y a des reliures à
-musique, de même qu'il y a des tableaux-pendules! Vous ouvrez un album
-dont la couverture contient dans un épais biseau une boîte à musique: à
-l'instant même, le cylindre s'échappe, les lames du peigne métallique
-reçoivent le frottement voulu, et vous entendez une valse ou une
-cavatine dont les sons paraissent sortir de la muraille. Aux quatre
-angles du plat extérieur se trouvent des clous qui semblent placés là
-pour protéger la couverture par leur saillie, et qui en réalité
-dissimulent l'entrée des clefs par où se remonte l'appareil quand le
-cylindre est à bout de course[288].»
-
- *
-
- * *
-
-Certains amateurs adoptent une seule couleur pour tous leurs livres sans
-distinction: c'est ainsi que les filles de Louis XV avaient fait choix,
-pour leurs reliures: Mme Adélaïde, du maroquin rouge; Mme Sophie, du
-maroquin citron; et Mme Victoire, du maroquin vert ou olive[289].
-
-Ce système de reliure uniforme «est un bon et beau système, remarque
-Jules Richard[290]; mais, s'ils sont logiques (les amateurs), ils
-doivent faire casser les volumes anciens qu'ils achètent reliés, afin de
-les réhabiller (_sic_) après à leur mode particulière. Quant à moi, si
-j'admire ces enfilades majestueuses de livres semblables, je suis loin
-de dédaigner la bibliothèque variée de couleurs, d'époques et de modes.
-C'est plus gai;--d'ailleurs j'aime beaucoup le livre vêtu selon le goût
-de son temps, même quand ce goût est devenu quelque peu ridicule. Je ne
-dis pas cela, bien entendu, pour les fleurons et les compartiments du
-XVIe siècle, ni pour les petits fers du XVIIe, ni pour les exquises
-dentelles du XVIIIe. Mais le triangle révolutionnaire ne me déplaira pas
-plus sur le dos d'un Marat que la lyre timbrée sur le dos de Lamartine.
-Rien ne m'égaie comme les trèfles prétendus gothiques des troubadours de
-1820. Je suis enfin de ceux qui trouvent bon air au _Mémorial de
-Sainte-Hélène_ illustré par Charlet, aux histoires de Napoléon
-illustrées par Raffet et H. Vernet, dans ces reliures de 1840, à dos
-plats et à emblèmes bonapartistes dorés largement.»
-
-D'autres amateurs veulent une couleur différente pour chaque genre. A ce
-propos, voici les sagaces considérations émises par Ambroise-Firmin
-Didot dans son rapport sur la reliure:
-
-«Comme principe général, le choix des couleurs plus ou moins sombres,
-plus ou moins claires (pour les reliures), devrait toujours être
-approprié à la nature des sujets traités dans les livres. Pourquoi ne
-réserverait-on pas le rouge pour la guerre et le bleu pour la marine,
-ainsi que le faisait l'antiquité pour les poèmes d'Homère, dont les
-rapsodes vêtus en pourpre chantaient l'_Iliade_, et ceux vêtus en bleu
-chantaient l'_Odyssée_? Je me rappelle avoir vu dans la belle
-bibliothèque de mon père un magnifique exemplaire de l'Homère de Barnès,
-dont le volume de l'_Iliade_ était relié en maroquin rouge, tandis que
-l'_Odyssée_ l'était en maroquin bleu. On pourrait aussi consacrer le
-violet aux œuvres des grands dignitaires de l'Église, le noir à celles
-des philosophes, le rose aux poésies légères, etc., etc. Ce système
-offrirait, dans une vaste bibliothèque, l'avantage d'aider les
-recherches en frappant les yeux tout d'abord. On pourrait aussi désirer
-que certains ornements indiquassent sur le dos si tel ouvrage sur
-l'Égypte, par exemple, concerne l'époque pharaonique, arabe, française
-ou turque; qu'il en fût de même pour la Grèce antique, la Grèce
-byzantine ou la Grèce moderne, la Rome des Césars ou celle des
-papes[291].»
-
-On ne lira pas non plus sans profit les très judicieuses réflexions
-suivantes de Charles Blanc, extraites de sa _Grammaire des arts
-décoratifs_[292]:
-
-«Plus le livre est sérieux, plus il est séant de lui faire un vêtement
-simple en sa dignité. Les coquetteries de la dorure, les entrelacs, les
-mosaïques, les tranches gaufrées ou ciselées ne conviennent pas, ce me
-semble, à un Montaigne, à un Pascal, à un Bossuet. Les philosophes, les
-moralistes, les docteurs en théologie ou en droit seraient surpris de
-voir leurs œuvres habillées de tons voyants, enjolivées de dentelles,
-ornées de fleurs à la Grolier... Quelle étrange anomalie que de
-prodiguer les parures mondaines sur la couverture d'une _Imitation de
-Jésus-Christ_, comme pour faire jurer la somptuosité extérieure du livre
-avec l'humilité chrétienne du moine qui l'écrivit, et avec la simplicité
-évangélique de ses pensées!»
-
-Il est bon de se méfier, pour les reliures, des couleurs claires:
-vert-pomme, mauve, bleu tendre, etc., que la lumière altère très
-rapidement[293].
-
-Ne pas oublier non plus qu'il en est des gros volumes comme des grosses
-femmes: les couleurs claires ne les _avantagent_ pas: un dictionnaire de
-Larousse ou de Littré habillé de jaune-paille ou de rose-chair aurait un
-aspect étrange et grotesque; tandis que ces couleurs siéent à merveille
-aux sylphides et aux plaquettes.
-
-Parmi les reliures d'art, on remarque les reliures dites, par allusion
-aux solitaires de Port-Royal, _jansénistes_ ou _à la janséniste_: elles
-ont pour caractères distinctifs la sobriété et la sévérité, et sont
-faites d'un maroquin mat, «rappelant les teintes sombres de la bure»,
-encadré tout au plus par «un simple filet, mat» également[294];--les
-reliures _à la fanfare_, composées de rinceaux de feuillages et de
-compartiments dorés: ce nom de «fanfare» leur vient d'un livre imprimé à
-Chambéry en 1613 et intitulé _les Fanfares et Courvées..._, que le
-relieur Thouvenin, contemporain de la Restauration, habilla, «dans le
-goût des Ève», d'un maroquin ainsi richement orné[295];--les reliures _à
-l'oiseau_, «où Derome imprimait sur le dos, entre les nervures, son joli
-fer de _l'oiseau_ aux ailes déployées[296]»;--_à l'S barré_[297];--etc.
-
-Encore un sage conseil, et nous quitterons la reliure d'art, les
-reliures _pleines_, pour passer aux _demi-reliures_ et aux
-_cartonnages_:
-
-«La reliure est un écrin; que l'écrin soit digne du joyau, mais qu'il
-reste un écrin protecteur et dont le prix ne fasse point oublier l'objet
-qu'il renferme; n'enchâssez pas une perle dans une monture de plomb,
-mais n'allez pas, de grâce, confier un caillou à l'or et au burin du
-ciseleur[298].»
-
- *
-
- * *
-
-Un livre est en _demi-reliure_ lorsque le dos seul est revêtu de peau,
-et que les plats sont garnis de papier ou de toile. Lorsque les coins
-sont aussi garnis de peau, que la tête est dorée et les autres tranches
-ébarbées, cette demi-reliure prend le nom de _demi-reliure amateur_.
-
-Les cartonnages et les emboîtages sont des reliures légères, à dos de
-toile, de carton ou de papier. Malgré leur ressemblance apparente, il y
-a[299] entre ces deux procédés d'habillage des livres une différence
-essentielle: dans les cartonnages, la couverture est fixée au volume
-selon la méthode ordinaire, c'est-à-dire par les ficelles qui ont servi
-à le coudre et qui, après avoir traversé le carton des plats de dehors
-en dedans, viennent s'appliquer sur les plats intérieurs, et y sont
-collées _épointées_, en d'autres termes, les pointes ou extrémités
-effilochées et étalées pour offrir plus de surface, mieux s'imbiber de
-colle, et mieux adhérer par suite au carton sous la feuille de
-garde;--dans les emboîtages, les ficelles ne traversent pas les plats et
-viennent simplement s'appliquer sur eux à l'intérieur, épointées comme
-précédemment, puis collées et dissimulées, comme tout à l'heure aussi,
-sous une feuille de garde blanche ou de couleur.
-
-Le cartonnage dit _bradel_ ou _à la Bradel_ (nom d'un relieur français
-vivant au commencement du XIXe siècle, qui mit à la mode ce procédé de
-reliure) est une véritable demi-reliure à dos brisé, où la peau est
-remplacée par la toile ou le papier[300]. Deux des tranches, gouttière
-et queue, sont souvent intactes ou légèrement ébarbées, et la tête est
-jaspée. Économique, commode et excellent pour une bibliothèque
-particulière, ainsi que nous l'avons dit plus haut, mais trop peu
-résistant pour une bibliothèque publique, «le cartonnage _à la Bradel_
-est très élégant et présente, en outre, cet avantage, que l'on peut,
-comme dans l'emboîtage, ouvrir complètement le volume, et à plat, ce qui
-ne peut se faire avec les livres reliés[301]».
-
-Déjà en 1820 l'auteur du poème _la Reliure_ proclamait les avantages des
-«cartonnages bien faits[302]», des _bons bradels_; et, à peu près vers
-le même temps, le déluré chansonnier Debraux, qui s'y entendait, disait
-que, tout comme Malherbe,
-
- ... Bradel vint, et chaque livre en France
- Eut des habits moins pesants et meilleurs:
- Bradel unit la force à l'élégance[303]...
-
-Le cartonnage bradel est fréquemment employé comme moyen de conservation
-temporaire et vêtement provisoire des livres: aussi l'ingénieux
-bibliophile Octave Uzanne l'a-t-il très justement baptisé de ce nom, qui
-a fait fortune, «la robe de chambre du livre[304]».
-
-On peut rattacher au cartonnage bradel la reliure dite _anglaise_. Elle
-se compose d'un cartonnage plus souple encore que le bradel, et dont les
-plats et le dos sont recouverts d'une peau fine ou de toile, et les
-trois tranches d'ordinaire en couleur.
-
- *
-
- * *
-
-La partie capitale, essentielle, de la reliure, est la couture; aussi
-allons-nous étudier de plus près cette importante opération.
-
-Dans un livre broché, le fil passe simplement, dans chaque cahier et
-d'un cahier à un autre, par deux trous plus ou moins distants, et, une
-fois tous les cahiers ainsi réunis, on adapte, au moyen d'une couche de
-colle, une couverture de papier au dos de ces cahiers, c'est-à-dire au
-dos du livre.
-
-Dans la reliure, on commence par battre au marteau ou laminer entre deux
-cylindres les cahiers, afin d'en rendre les pages parfaitement planes;
-cette opération a aussi pour résultat de donner plus de souplesse au
-papier et d'amincir le volume[305]. La couture s'effectue devant un
-petit appareil spécial appelé _cousoir_, ressemblant quelque peu à un
-métier à tapisserie, et les fils ne sont plus seulement passés dans les
-cahiers, mais aussi--et c'est là ce qui différencie essentiellement la
-couture de la reliure de celle de la brochure--autour de ficelles ou
-_nerfs_, en nombre variable, ordinairement de trois à cinq, sur
-lesquelles viennent s'appuyer ou s'embrocher dans des entailles, comme
-nous l'avons expliqué en parlant du _grecquage_[306], les dos des
-cahiers.
-
-Il va de soi que ces entailles ou _grecques_, faites à la scie, doivent
-être aussi peu profondes que possible: on ne doit grecquer que très peu,
-dans l'intérêt même du livre, pour que ses marges de fond ne soient pas
-endommagées, ne soient pas trop réduites, que ce qu'on pourrait appeler
-la _charnière_[307] du volume conserve son maximum d'amplitude. C'est
-l'instante recommandation de tous les bibliographes, et nombre d'entre
-eux ajoutent qu'on devrait ne pas grecquer du tout[308] et en revenir à
-l'ancien mode de couture, à la couture dite _sur nerfs_, la couture où
-les ficelles ou nerfs font saillie sur le dos des cahiers, et, par
-suite, saillie réelle et non simulée sur le dos du livre; où l'on ne
-triche pas, où chaque cahier est cousu non partiellement mais tout du
-long, et où le fil chaque fois entoure entièrement la ficelle: cette
-dernière façon de coudre s'appelle _à point arrière_, par opposition à
-la couture _à point devant_ où le fil ne fait que s'appuyer contre la
-ficelle, l'entourer seulement sur la moitié de sa circonférence[309]. La
-grosseur du fil,--qui est, comme nous l'avons dit[310], du fil de
-lin,--augmente, bien entendu, avec le format et même souvent avec
-l'épaisseur du livre.
-
-Ce qui a fait jusqu'à ces dernières années, jusqu'à l'invention des
-machines à coudre les livres, la vogue du grecquage, c'est l'économie de
-temps et d'argent qui en résultait. «Effectivement, écrivent MM. S.
-Lenormand et Maigne[311], les trous pour passer l'aiguille sont tout
-faits, et si une ouvrière peut coudre [dans sa journée] 300 cahiers non
-grecqués en les alignant et en les cousant tout du long, elle peut en
-coudre 1500 en cousant deux ou trois cahiers, et en sautant un nerf à
-chaque passe, comme le font la plupart des femmes, malgré les
-recommandations qu'on leur adresse à cet égard[312]. La grecqure, ainsi
-manœuvrée, diminue donc la main-d'œuvre des quatre cinquièmes; elle
-dispense l'ouvrière d'une infinité de soins, et dissimule les défauts de
-l'endossure.»
-
-Aujourd'hui, fort heureusement, la machine à coudre les livres, dont il
-existe déjà plusieurs systèmes, a mis fin à ces défectuosités de travail
-et à ces fraudes. La description de ces divers systèmes, forcément tous
-très compliqués, que ce soit le système de l'Allemand Brehmer ou de
-l'Américain Smyth, ou celui qui porte la marque suisse Martini[313],
-excéderait les dimensions de notre ouvrage. Bornons-nous aux résultats.
-On calcule qu'une machine,--la machine Brehmer, par exemple, qui est, je
-crois, la plus employée,--coud 1500 cahiers à l'heure et fait à elle
-seule la besogne de huit ouvrières[314], et non seulement cette besogne
-se fait huit fois plus vite, mais le travail est incomparablement
-supérieur à celui d'autrefois. Chaque cahier est percé exactement dans
-le pli, cousu ensuite d'un bout à l'autre, et cousu _de l'intérieur à
-l'extérieur_, ce qui régularise la tension de la couture et facilite
-l'encollage du dos. Autre avantage inappréciable: chaque aiguille (on en
-emploie trois pour les volumes in-18, quatre pour les grands in-8, etc.)
-est indépendante; en sorte que si, la reliure terminée, un fil vient à
-se rompre, les autres n'en pâtissent pas et restent intacts, le livre ne
-se découd pas. Aujourd'hui, en un mot, il est plus économique de faire
-de la bonne couture que de la mauvaise, que du grecquage; seulement, il
-faut s'adresser aux maisons bien outillées, pourvues desdites machines,
-et non aux petits relieurs routiniers ou qui végètent.
-
-Pour la couture des volumes de grands formats et de papier fort, comme
-les albums de musique, qu'on veut pouvoir ouvrir aisément et laisser
-ouverts à plat, on remplace les ficelles par des rubans de soie ou des
-lacets, ou encore par des bandes de parchemin.
-
-Quant à la _couture métallique_, système qui nous vient d'Allemagne, et
-où les cahiers sont assemblés un à un au moyen de fils de métal (fils de
-fer étamés, zingués ou nickelés), puis réunis tous ensemble par le dos,
-qu'une couche de colle adapte ensuite à la couverture, c'est, on le
-devine sans qu'il soit besoin d'insister, un procédé «désastreux pour le
-livre[315]». Ce mode de couture ne devrait servir que pour le brochage
-des plaquettes très minces et sans valeur, catalogues, prospectus, etc.
-
-Depuis longtemps, sinon dès les débuts mêmes de la reliure, on a essayé
-d'éluder la couture, cette opération essentielle et fondamentale de
-l'habillement du livre, mais peu apparente, presque cachée, facile par
-suite à adultérer et à truquer, toute l'importance, tous les soins étant
-donnés à ce qui se voit le plus, à la couverture, à l'ornement du dos et
-des plats.
-
-Un relieur du XVIIIe siècle, Delorme, «à l'imitation de quelques mauvais
-ouvriers anglais, rapporte Lesné[316], rognait les livres par le dos,
-les passait en colle forte, et s'abstenait par là de les coudre. Son but
-était, je crois, de rendre le livre égal d'épaisseur sur tous les
-points...» Mais, si louable que fût cette intention, un tel procédé ne
-pouvait être que déplorable pour les volumes ainsi traités: voulait-on
-les relier à nouveau, il fallait commencer par rogner la marge du fond,
-qu'on avait enduite de colle; à la longue, les plus larges marges
-auraient fini par y passer, et c'était la destruction du livre.
-
-D'autres relieurs, nos contemporains, ceux-là, ont trouvé mieux: ils ne
-se donnent même pas la peine de rogner le dos, de toucher à la tête ni à
-la tranche des cahiers; ils se contentent de les grecquer, de passer des
-ficelles dans les entailles du grecquage,--des ficelles autour
-desquelles ne s'appuie ni ne s'enroule aucun fil de couture, mais qui
-servent à faire croire que le livre est cousu;--ils imprègnent de colle
-forte ces ficelles et les dos qu'elles traversent, y appliquent une
-couverture, une mirifique couverture, toute éblouissante d'or et de
-gaufrures,--et le tour est joué. _Cela tient_, et, comme beaucoup de
-gens n'ont des livres que pour la montre, les laissent dormir sur leurs
-rayons sans les feuilleter jamais et encore moins les couper, il y a
-chance pour que la fraude ne soit de sitôt découverte. Mais qu'il prenne
-fantaisie à l'un de ces singuliers amateurs d'introduire le coupe-papier
-dans un des volumes _reliés_ par cet expéditif procédé, on voit d'ici ce
-qui se produit: _cela ne tient plus_; toutes les feuilles se détachent
-et tombent; il ne reste d'adhérent au dos que les premières et dernières
-pages de chaque cahier, celles qu'on a frottées de colle.
-
-Il est cependant quelques cas où ce mode de reliure sans couture, dit
-_reliure arraphique_ (du grec ἄῤῥαφος, non cousu), peut s'employer et
-s'emploie sans inconvénient. C'est pour les journaux et les publications
-de grand format, à bon marché, tirées sur une seule feuille en in-plano
-ou en in-folio. On assemble ces feuilles, on grecque les dos et l'on y
-glisse des ficelles; on enduit dos et ficelles de colle forte, ou mieux
-d'une colle spéciale formée par une «dissolution de gomme élastique ou
-caoutchouc[317]», et l'on applique la couverture. Mais, pour peu que ces
-feuilles aient une valeur artistique, si ce sont, par exemple, des
-cartes de géographie qu'on veuille réunir en atlas, il est indispensable
-de les _monter sur onglets_, c'est-à-dire de coller leur dos contre une
-bande de papier ou même de l'insérer dans une sorte de mince et longue
-charnière de toile adaptée au dos de la couverture. C'est cette bande ou
-charnière de papier ou de toile qui porte le nom d'_onglet_.
-
-La colle forte a l'avantage de sécher très rapidement; mais elle a
-l'inconvénient de laisser des traces qui ne s'en vont pas aisément et de
-détériorer les volumes. C'est pour cela que les brocheurs ne devraient
-jamais employer de colle forte pour faire adhérer au dos des livres le
-papier de la couverture: ils devraient se contenter de colle d'amidon ou
-de colle de pâte. Celle-ci peut être facilement rendue imputrescible et
-antiseptique (avec de l'alun, du phénol, etc.), et ne mérite plus les
-anathèmes dont le brave Lesné l'a jadis accablée[318]. Les bonnes
-maisons de reliure n'emploient plus d'ailleurs aujourd'hui, pour
-l'endossure des livres, que de la colle ainsi préparée, dite _colle
-hygiénique_.
-
-Quant à la _colle à bouche_, dont les gens de bureau notamment se
-servent volontiers pour de minuscules collages, elle tache le papier qui
-boit, elle y laisse des empreintes jaunâtres et huileuses: on la
-remplace aujourd'hui avec avantage par de la colle d'amidon
-imputrescible et aromatisée, renfermée dans de petits flacons munis d'un
-pinceau.
-
- *
-
- * *
-
-Il est indispensable d'attendre qu'un volume soit bien sec pour le
-donner au relieur, autrement l'encre, lorsque le volume est livré au
-battage ou passé au laminoir, se reporterait d'une page sur l'autre. On
-remarque que, «pour les papiers de Chine, le sec s'opère instantanément;
-pour les papiers ordinaires, en quelques mois; pour les vergés de
-Hollande ou autres, il faut souvent quatre ans et parfois davantage,»
-dit, mais non sans exagération sur ce dernier point, Jules Richard, dans
-son _Art de former une bibliothèque_[319]. Actuellement, du reste,
-certaines grandes maisons d'édition (Hachette, Marne, etc.) possèdent
-des étuves où l'on fait rapidement sécher les feuilles.
-
-Si, pour une cause quelconque, vous êtes obligé de faire relier un livre
-tout récemment paru, exigez de votre relieur, s'il n'a pas une de ces
-étuves à sa disposition, qu'il interfolie le volume de papier pelure ou
-serpente: ce mince papier, qu'il vous sera loisible d'enlever plus tard,
-préservera le texte de tout maculage.
-
-Évitez de donner vos livres à relier durant certaines époques de
-l'année, aux époques où les relieurs sont d'ordinaire encombrés de
-travail. Le mois de janvier est généralement un mois peu propice pour
-préparer un _train_:--on nomme ainsi la quantité de volumes, vingt,
-cinquante, cent, etc., destinés à la reliure et envoyés en une fois chez
-le relieur. La plupart des revues et autres périodiques terminent leur
-année en décembre, et naturellement les abonnés s'empressent, dès que le
-volume est complet, de l'expédier au relieur. Les mois de juin et de
-juillet peuvent n'être pas très favorables non plus, à cause des
-distributions de prix et des cartonnages qu'elles nécessitent, etc.
-
-Pour travailler proprement et convenablement, un relieur ne doit pas
-être talonné ni bousculé; il lui faut du temps, un laps de temps
-raisonnable, pour mener à bien son œuvre[320].
-
-S'il vous est loisible de faire relier ensemble deux tomes d'un même
-ouvrage, surtout si ces tomes sont de peu d'épaisseur[321], ne réunissez
-jamais sous la même couverture deux ouvrages différents; c'est une
-économie mesquine et mal placée, et les _recueils factices_,--ainsi
-nomme-t-on les volumes formés de pièces ou opuscules de mêmes
-dimensions, mais sans lien typographique, c'est-à-dire ne faisant pas
-partie d'une même publication,--sont aussi incommodes pour le classement
-et les recherches que contraires au bon sens et à la logique.
-
-S'il s'agit de brochures trop minces pour être reliées séparément,
-renfermez-les dans des boîtes ou cartons: on en fabrique de très
-pratiques et de très ingénieuses, de ces boîtes; elles ont l'aspect d'un
-véritable livre relié, et l'inscription du dos peut être collective et
-désigner le sujet traité par toutes les brochures encloses dans cette
-gaine: BIBLIOGRAPHIE, ESTHÉTIQUE, IMPRIMERIE, NUMISMATIQUE, etc.
-
-Nombre de relieurs ont tendance à trop rogner les livres; et il
-paraîtrait que certains prétendus amateurs ne les retiennent pas sur
-cette pente fâcheuse, les y encouragent. Un relieur, dont je suis loin
-de garantir la parole, et que je soupçonne fort, au contraire, d'être
-doué de plus d'imagination que de sincérité, a raconté un jour à
-l'auteur de _l'Art d'aimer les livres_, M. Jules Le Petit, l'anecdote
-suivante. Ce relieur «ayant été autrefois appelé par M. Thiers pour
-prendre un certain nombre de volumes de divers formats, le grand
-historien le conduisit devant un rayon de sa bibliothèque, dont il lui
-fit mesurer l'écartement, en lui disant: «Arrangez-vous pour que tous
-les volumes soient rognés de façon à entrer dans ce rayon.--Mais,
-monsieur, les in-12 seuls pourront entrer ici, et pour les in-8 ce sera
-impossible.--Comment, impossible! s'écria l'homme d'État, je les ai
-mesurés, et, en les réduisant à la taille des in-12, cela ira fort bien;
-il suffit qu'on puisse lire le texte; les marges ne signifient
-rien[322].»
-
-Qu'il soit apocryphe, comme je le crois, ou authentique, comme c'est
-très peu probable, ne suivez pas cet exemple. Ménagez toujours et
-recommandez toujours à votre relieur de ménager le plus possible les
-marges de vos livres:
-
- Dans tout livre la marge est ce qui plaît aux yeux...
- Un livre trop rogné jamais ne se répare[323]...
-
-Les belles et grandes marges donnent au livre une notable et très
-légitime plus-value: elles permettent de le faire relier au besoin un
-plus grand nombre de fois, elles prolongent sa durée, en même temps
-qu'elles ajoutent à sa beauté artistique.
-
-C'est non seulement par maladresse ou ignorance, mais souvent aussi par
-cupidité et ladrerie que certains relieurs rognent les livres tant
-qu'ils peuvent. Leur confrère Lesné, qui les connaissait bien, nous
-dévoile en ces termes leur trafic:
-
-«Il y en a même (des relieurs) qui rognent beaucoup par un motif
-d'intérêt; c'est qu'en rendant un livre le plus petit possible, il y
-entre moins de carton, de peau pour le couvrir, moins d'or pour le
-dorer, et que d'ailleurs les rognures se vendant au cartonnier en
-échange de carton neuf, en en faisant beaucoup, elles diminuent d'autant
-le prix de celui qu'on emploie[324].»
-
-Et le même codificateur et barde de la Reliure ajoute ce très sage
-précepte, que tous nos praticiens modernes feraient bien de méditer et
-d'observer:
-
-«Un relieur, en rognant un livre, ne doit jamais dire: «C'est un
-bouquin»; il doit toujours le traiter comme s'il était précieux; car tel
-livre qui ne l'est pas pour un amateur, l'est pour un autre; et
-d'ailleurs, en les considérant tous comme s'ils étaient précieux, on ne
-risque pas de se tromper[325].»
-
-Le mieux d'ailleurs pour vous, pour vos in-18 cartonnés à la Bradel,
-c'est de faire seulement rogner et jasper la tête de ces livres, et en
-ébarber la tranche gouttière et la queue[326]. La tête a besoin d'être
-rognée, égalisée, afin que la poussière pénètre moins dans le livre;
-c'est pour le même motif qu'on la dore ou la colore, qu'on la brunit à
-l'agate ou qu'on la jaspe.
-
-Quant aux volumes de référence, dictionnaires, etc., destinés à être
-fréquemment consultés, et que vous avez revêtus d'une demi-reliure, il
-est bon d'en faire rogner légèrement non seulement la tête, mais les
-deux autres tranches, afin de pouvoir feuilleter plus aisément ces
-ouvrages. Souvent même, pour certains de ces volumes d'usage constant et
-de fatigue, on arrondit les angles des pages, ce qui empêche tant soit
-peu celles-ci de se replier et de se corner, et rend aussi le
-feuilletage plus facile.
-
-Bien que nous n'ayons pas à nous occuper des publications de luxe,
-disons, en passant, un mot des _fausses marges_. Doit-on les conserver?
-Doit-on les supprimer à la reliure? On sait ce qu'on entend par fausses
-marges. Les livres tirés sur papier de choix, japon, hollande, chine,
-etc., offrent tous cette particularité, due aux nécessités du tirage,
-que les marges extérieures d'un certain nombre de feuillets dépassent,
-et souvent de trois ou quatre centimètres, les marges correspondantes
-des autres feuillets. Quelques amateurs, comme A. de la Fizelière,
-refusent de faire tomber à la reliure ces excédents de marge. «Une
-gravure rognée à la marge est déshonorée, il en est de même pour les
-livres, écrit ce bibliophile[327]. Je veux la marge entière dans un
-exemplaire _exceptionnel_, qui ne me déplaît pas en restant broché.
-C'est le spécimen du format que donne tel ou tel papier employé pour le
-tirage.»
-
-Ces fausses marges, qu'on a qualifiées de «monstrueuses
-inégalités[328]», sont de véritables nids à poussière, et il nous
-semble, comme à l'auteur du _Livre du bibliophile_[329], qu'on a grande
-raison de les rogner: «elles proviennent, non d'une intention
-artistique, mais d'une nécessité matérielle; ces différences dans la
-dimension des papiers, loin d'être un ornement, donnent au livre un
-aspect irrégulier qui ne saurait être agréable».
-
-Religieusement conservées, ces fausses marges produiraient, en effet,
-d'étranges reliures, des reliures de formats carrés, inusités, tout à
-fait baroques et disparates. Il vaut donc mieux supprimer ces excédents
-de marge lorsqu'on fait relier le livre,--ou bien le garder broché,
-comme semble le conseiller A. de la Fizelière. Il est bon néanmoins, et
-c'est l'avis de tous les bibliophiles, de laisser, au commencement ou à
-la fin des livres, quelques feuillets préservés de la rognure[330],
-qu'on replie régulièrement selon les dimensions de la tranche et qu'on
-rentre à l'intérieur du volume, comme des _témoins_--c'est le nom qu'on
-leur donne--des dimensions primitives et authentiques du papier[331].
-
-Faites toujours relier vos livres avec la couverture de la brochure, de
-façon que chaque volume, sous ses plats de papier, de toile ou de
-maroquin, conserve toute son intégrité. Ces couvertures sont d'ailleurs
-parfois très coquettement illustrées; la plupart contiennent au verso
-des annonces et indications qui peuvent servir: ne vous privez pas de
-ces documents, ne supprimez rien de vos livres, laissez-les toujours
-intacts et entiers.
-
-Il est des relieurs qui s'étonnent de cette «mode» de faire ainsi relier
-chaque volume avec sa couverture, et qui en plaisantent avec des
-haussements d'épaules. «Cela ne se faisait pas autrefois, maugréent-ils;
-mais aujourd'hui les amateurs ont de telles exigences! Ils manifestent
-de si inconcevables lubies! Jusqu'où iront-ils?» Etc., etc. Il y avait
-une excellente raison pour que «cela ne se fît pas autrefois»: c'est
-qu'autrefois les livres brochés n'avaient pas de couvertures imprimées,
-et partant dignes d'être conservées. La couverture imprimée et illustrée
-ne date guère que du commencement du XIXe siècle, et c'est surtout à
-partir de 1820 qu'elle se propage et se diversifie, qu'elle prend de
-l'originalité, acquiert de la valeur et de l'intérêt[332].
-
- *
-
- * *
-
-Ne vous en rapportez pas à votre relieur pour les titres à inscrire au
-dos de vos volumes, ce qu'on appelle les _titres à pousser_. Sans
-commettre ces gigantesques bourdes complaisamment relevées par les
-bibliographes:--BRAN, tome I; BRAN, tome II (pour: BRANTÔME, I;
-BRANTÔME, II);--MRS. BEECHER STOWE, _Uncle_, tome I; _Uncle_, tome II
-(pour: _Uncle Tom_, I; _Uncle Tom_, II);--ROUSSEL, _Système ph. et
-moral_ (fémoral) _de la femme_ (pour: _philosophique et
-moral_);--DAFFRY, _De la monnoie et de l'expropriation_ (pour: DAFFRY DE
-LA MONNOIE, _De l'expropriation_);--BELLOT, _Des minières et du régime
-dotal_ (pour: BELLOT DES MINIÈRES, _Du régime dotal_); etc.,--il est des
-relieurs qui pourront fort bien étiqueter ainsi les œuvres de Rabelais,
-de Corneille ou de Racine: DE RABELAIS, _Œuvres_;--DE CORNEILLE,
-_Œuvres_;--DE RACINE, _Œuvres_ (au lieu de: _Œuvres de Rabelais_, ou
-RABELAIS, _Œuvres_;--_Œuvres de Corneille_, ou CORNEILLE,
-_Œuvres_;--_Œuvres de Racine_, ou RACINE, _Œuvres_).
-
-D'autres ont une tendance, très compréhensible d'ailleurs, à toujours
-abréger leurs inscriptions, à supprimer notamment les prénoms qui
-devraient être et qui sont indissolublement joints aux noms; ils
-écriront volontiers: MARTIN, _Histoire de France_ (pour: HENRI MARTIN);
-HUGO, _les Misérables_ (pour: VICTOR HUGO)[333]; GAUTIER, _le Capitaine
-Fracasse_ (pour: THÉOPHILE GAUTIER); CHÉNIER, _Poésies_ (pour: ANDRÉ
-CHÉNIER); SCOTT, _Ivanhoë_ (pour: WALTER SCOTT); etc.
-
-Écrivez donc vous-même, sur une fiche annexée à chaque volume, le _titre
-à pousser_, de telle sorte que votre relieur n'ait qu'à se conformer à
-vos indications.
-
-Cette inscription doit-elle être faite par lui directement sur la peau
-ou la toile du dos du volume, ou bien indirectement, sur une étiquette
-en peau, une _pièce_[334], collée ensuite sur le dos de ce livre? La
-pièce étant de couleur différente et toujours plus foncée que celle du
-livre[335], peut sembler lui donner un aspect plus élégant, plus coquet;
-en revanche, elle a l'inconvénient de ne pas toujours bien adhérer au
-dos du volume, de se décoller, surtout aux angles. Le mieux, selon
-l'avis de personnes compétentes, est de pousser directement le titre sur
-le dos, et d'imiter l'étiquette en teignant en noir, au moyen d'encre
-ordinaire non communicative, le rectangle sur lequel se détachent les
-lettres d'or de ce titre: on a ainsi l'élégante apparence de
-l'étiquette, sans craindre l'inconvénient qu'elle présente, le
-décollage.
-
-Autant que possible, donnez toujours à votre relieur un modèle,
-c'est-à-dire un volume relié auquel il devra se conformer en tous points
-pour la reliure des livres que vous lui confiez. Vous vous épargnerez de
-la sorte des malentendus aussi désagréables que fréquents, et vous lui
-enlèverez, s'il commet des bévues, tout prétexte de discussion et toute
-échappatoire. Choisissez ce modèle parmi les volumes dont vous risquez
-le moins d'avoir besoin: par exemple, s'il s'agit de périodiques, ne
-donnez pas, pour faire relier l'année ou le semestre qui vient de
-s'écouler, le tome de l'année ou du semestre immédiatement précédent;
-prenez, comme spécimen, un tome plus ancien et que vous ne présumez pas
-avoir à consulter. Généralement, et à part des travaux spéciaux, c'est
-dans les tomes les plus récents des périodiques, dans les années les
-plus rapprochées de l'année courante, que vous êtes le plus exposé à
-avoir des recherches à effectuer.
-
-Avant d'envoyer un train au relieur, collationnez chaque volume,
-c'est-à-dire vérifiez si toutes les feuilles s'y trouvent et si elles
-sont bien placées dans leur ordre numérique, si de même toutes les
-planches ou gravures sont présentes et bien à leur place. A plus forte
-raison, devez-vous vérifier vos périodiques, et vous assurer que toutes
-les livraisons composant le volume (le plus souvent annuel ou
-semestriel) sont bien réunies, bien complètes et exactement classées. Au
-retour de votre train, faites le même collationnement.
-
-S'il manque des pages dans un volume que vous tenez à expédier chez le
-relieur, ayez soin de faire insérer un onglet ou des feuillets blancs à
-la place des pages absentes, afin de pouvoir les y intercaler plus tard,
-si vous les retrouvez ou avez la chance de vous les procurer. Prenez
-note par écrit de ces pages manquantes, de ces _défets_: à l'occasion
-vous n'aurez qu'à vous référer à cette liste. Agissez de même pour les
-périodiques dont des livraisons absentes seraient épuisées, et que vous
-croiriez néanmoins devoir faire relier: inscrivez-les sur votre liste de
-défets, et remplacez-les par des feuilles blanches, auxquelles vous
-n'aurez qu'à substituer ces livraisons, si une heureuse rencontre les
-met plus tard en votre possession.
-
-Ne donnez jamais un train important comme quantité ou qualité à un
-relieur que vous n'avez pas encore éprouvé et que vous ne connaissez
-pas. Essayez-le d'abord au moyen de quelques volumes, tâtez-le,
-assurez-vous de ce qu'il sait faire.
-
- * * * * *
-
-Voici, comme prix approximatifs de diverses reliures, appliquées aux
-formats les plus courants et que nous avons choisis pour types[336],
-quelques chiffres empruntés au _Tarif de la Chambre syndicale de la
-reliure_[337]:
-
- In-4 cavalier In-8 cavalier In-18 jésus In-32 jésus
- (0,23×0,31), (0,155×0,23), (0,117×0,183), (0,088×0,138),
- in-4 raisin in-8 raisin in-16 Hachette, in-18 carré
- (0,25×0,325) (0,162×0,25) in-12 Charpentier (0,09×0,15)
-
- RELIURES TOILE (simples) Dos toile, plats papier, tranches jaspées.
- 3,15 1,75 1,05 0,95
-
- RELIURES TOILE (Bradel) Dos toile, grain de soie, pièce en peau,
- tranches ébarbées.
- 4,50 2,50 1,40 1,25
-
- DEMI-RELIURES Dos chagrin, plats papier, tranches jaspées.
- 4,95 2,75 1,60 1,45
-
- EN PLUS POUR LES DEMI-RELIURES
- Tranches ébarbées, tête jaspée.
- 1,20 0,60 0,25 0,25
-
- Tranches dorées ou en couleurs (soignées).
- 4,50 2,25 1,50 1,25
-
- RELIURES PLEINES
- Chagrin 1er choix, têtes ou tranches dorées, janséniste.
- 35 » 17 » 10 » 6 à 7,50
-
- Maroquin du Levant, tranches dorées, dentelle intérieure.
- 70 » 35 » 20 » 12 à 15
-
-Je rappellerai, en terminant, que, d'une façon générale et _exceptis
-excipiendis_, il n'y a de bons relieurs que dans les grandes villes,
-et--laissant à part, encore une fois, la reliure de luxe et d'art--que
-c'est dans les grosses maisons, où l'outillage est multiple et complet,
-que vous avez chance d'être le mieux servi et au meilleur compte. Il en
-est, hélas! de la reliure comme de tout le reste, comme de la chaussure
-et de la nouveauté, où triomphent les grands magasins, et de la guerre,
-où la victoire est à l'argent et aux gros bataillons.
-
-
-
-
-CHAPITRE VI
-
-DE L'ACHAT DES LIVRES
-
-Quels livres acheter?--L'embarras du choix.--Ils sont trop!--Avoir un
-petit nombre d'amis et beaucoup de relations.--Ouvrages de référence,
-base d'une bibliothèque.--Livres de chevet.--Ne vous prodiguez
-pas.--Collections modernes de nos grands écrivains.--La librairie
-«d'occasion».--Bouquinistes et étalagistes: le plaisir de
-bouquiner.--Catalogues de librairie.--Méfiez-vous des
-souscriptions.--N'achetez que ce que vous voulez lire.--Le bonheur des
-collectionneurs.
-
-
-Maintenant que nous connaissons les quatre éléments ou conditions
-matérielles et essentielles du livre: papier, format, impression,
-reliure (ou brochure), voyons quels livres il convient d'acheter, quels
-types d'éditions méritent nos préférences, et comment doivent
-s'effectuer ces acquisitions.
-
-Tout d'abord l'innombrable multitude des produits de la pensée vous
-arrête et vous déconcerte. Que choisir parmi tant, tant et tant
-d'œuvres? Comment se guider dans un tel dédale?
-
-Dès les débuts mêmes de la bibliophilie, la question s'est posée, et
-Sénèque le Philosophe l'a on ne peut mieux discutée et tranchée dans son
-traité _De la tranquillité de l'âme_ et dans ses _Lettres à Lucilius_.
-
-«Rien de plus noble, écrit-il, que la dépense qu'on fait pour se
-procurer des livres; mais cette dépense ne me paraît judicieuse que si
-elle n'est pas poussée à l'excès. A quoi sert une incalculable quantité
-de volumes, dont le maître pourrait à peine dans toute sa vie lire les
-titres? Cette masse d'écrits surcharge plutôt qu'elle n'instruit, et il
-vaut bien mieux s'en tenir à un petit nombre d'auteurs que d'en
-parcourir des milliers... Chez la plupart, chez des gens qui n'ont même
-pas l'instruction d'un esclave, les livres, au lieu d'être des moyens
-d'étude, ne font que servir d'ornement à des salles de festin. Achetons
-des livres pour le besoin seulement, jamais pour l'étalage[338].»
-
-«... Fais un choix d'écrivains pour t'y arrêter et te nourrir de leur
-génie, si tu veux y puiser des souvenirs qui te restent. C'est n'être
-nulle part que d'être partout. Ceux dont la vie se passe à voyager
-finissent par avoir des milliers d'hôtes et pas un ami... La nourriture
-ne profite pas, ne s'assimile pas au corps, si elle est rejetée aussitôt
-qu'absorbée. Rien ne retarde une guérison comme de changer sans cesse de
-remèdes; on ne réussit point à cicatriser une plaie où les appareils ne
-sont qu'essayés; on ne fortifie pas un arbuste par de fréquentes
-transplantations... La multitude des livres dissipe l'esprit. Ainsi, ne
-pouvant lire tous ceux que tu aurais, il est suffisant pour toi d'avoir
-ceux que tu peux lire[339].»
-
-C'est ce que Pline le Jeune a résumé dans l'apophtegme célèbre: _Multum
-legendum esse, non multa_[340]: beaucoup lire, mais non beaucoup de
-choses. Et, fidèle à ce principe, il n'avait réuni que peu de livres
-dans sa villa de Laurentinum, mais des livres dignes d'être sans cesse
-relus[341].
-
-Jérôme Cardan (1501-1576) estimait que toute bibliothèque devrait tenir
-en trois volumes, l'un traitant de la vie des saints, l'autre contenant
-de gracieux vers propres à récréer l'esprit, et le troisième enseignant
-«la vie civile», c'est-à-dire les droits et devoirs du citoyen[342].
-Mais déjà de son vivant ou peu après, Joseph Scaliger (1540-1609)
-déclarait que, «pour une parfaite bibliothèque, il faudrait avoir six
-grandes chambres[343]».
-
-Au XVIIIe siècle, Formey, dans ses _Conseils pour former une
-bibliothèque_[344], est d'avis, tantôt qu'«une centaine de volumes est
-suffisante» (en ayant recours à l'occasion, il est vrai, aux
-bibliothèques publiques et aux «librairies des amis»), tantôt qu'«avec
-cinq à six cents, on en a assez pour toute la vie».
-
-On voit que les opinions diffèrent, et qu'elles offrent de notables
-variantes même chez les mêmes bibliographes.
-
-Dans une ingénieuse et concluante comparaison, Voltaire commente en ces
-termes le mot de Pline le Jeune:
-
-«Un lecteur en use avec les livres comme un citoyen avec les hommes. On
-ne vit pas avec tous ses contemporains, on choisit quelques amis. Il ne
-faut pas plus s'effaroucher de voir cent cinquante mille volumes à la
-Bibliothèque du roi, que de ce qu'il y a sept cent mille hommes dans
-Paris[345].»
-
-Peignot pense qu'«avec trois à quatre cents volumes, on pourrait se
-composer la collection la plus précieuse qu'un amateur puisse
-posséder[346]».
-
-Sans donner de chiffres ni préciser, Mouravit fait ce sage aveu que «le
-premier et difficile problème que doit résoudre un vrai bibliophile est
-celui-ci: se faire une excellente bibliothèque avec le moins de livres
-possible[347]».
-
-Et l'éloquente voix de Lacordaire nous avertit que, «à part le besoin
-des recherches dans un but utile, il ne faut lire ici-bas que les
-chefs-d'œuvre des grands noms: _nous n'avons pas de temps pour le
-reste_[348]».
-
- *
-
- * *
-
-Mais si, d'ordinaire et selon la remarque du patriarche-philosophe de
-Ferney, on n'a et l'on ne peut avoir qu'un petit cercle d'amis, on ne
-risque rien de posséder beaucoup de relations; si, d'accord avec
-Lacordaire, nous n'avons pas de temps à consacrer aux écrits de second
-ordre, et s'il est sage de nous en tenir aux chefs-d'œuvre, de nous
-borner à nos maîtres préférés, il est non moins judicieux et profitable
-d'être abondamment pourvu d'ouvrages à consulter, d'ouvrages de
-recherches, de _référence_: dictionnaires, manuels, annuaires,
-répertoires, etc.
-
-Ici seuls l'emplacement et la fortune dont vous disposez doivent limiter
-vos exigences.
-
-Francisque Sarcey disait[349] que tout ce dont il avait besoin, en fait
-de connaissances, il le trouvait dans le Larousse. Cette vaste
-publication, accompagnée de ses deux suppléments et toujours complétée
-et mise au pair par la _Revue encyclopédique ou universelle_, la «Revue
-Larousse», peut tenir lieu, en effet, d'une bibliothèque. Malgré ses
-imperfections, malgré ses erreurs, moins fréquentes que d'aucuns se
-plaisent à l'insinuer, peu nombreuses même, en somme, si l'on considère
-l'énorme quantité de texte qu'elle renferme, elle réalise bien le
-grandiose projet de son auteur et fondateur, elle est bien la véritable
-Encyclopédie du XIXe siècle.
-
-La _Grande Encyclopédie_, commencée il y a une douzaine d'années par
-l'éditeur Lamirault et encore en cours de publication, renferme, surtout
-dans ses premiers volumes, d'excellents articles, rédigés avec soin,
-amplement documentés, et ayant leur empreinte personnelle.
-
-D'autres recueils encyclopédiques, comme le _Dictionnaire de la
-Conversation_, l'_Encyclopédie moderne_ de Didot, etc., ont eu leur
-vogue et ont encore leur valeur; mais ils datent de loin déjà, et, sur
-bien des points, ne sont plus à jour.
-
-Pour la langue française, l'historique et l'emploi des mots, rien ne
-remplace l'admirable dictionnaire de Littré, qui n'a qu'un défaut, c'est
-d'avoir trop restreint ses alinéas, de les avoir supprimés notamment
-dans ses citations de vers, ce qui fait ressembler ceux-ci à de la
-prose. Au dictionnaire de Littré ajoutez celui de notre ancienne langue
-et de ses dialectes du IXe au XVe siècle de Frédéric Godefroy, ainsi que
-des vocabulaires grecs, latins (Ducange--basse latinité--et Freund, par
-exemple), et des principales langues vivantes.
-
-Déjà au XVIIe siècle l'érudit La Mothe-Le Vayer, dans sa _Lettre à un
-moine sur l'art de se former une bibliothèque à peu de frais_, écrivait,
-à propos des dictionnaires:
-
-«Quant à ces derniers, je tiens, avec des personnes de grande
-littérature, qu'on ne saurait trop [en] avoir, et c'est chose évidente,
-qu'il les faut posséder en pleine propriété, parce qu'ils sont d'un
-journalier et perpétuel usage, soit que vous soyez attaché à la lecture
-et intelligence de quelque auteur, soit que vous vaquiez à la méditation
-et composition de quelque ouvrage[350].»
-
-Si vous vous occupez de bibliographie, le _Manuel du libraire_ de
-Jacques-Charles Brunet, _la France littéraire_ et _les Supercheries
-littéraires_ de Quérard, le _Dictionnaire des anonymes_ de Barbier, et
-le _Catalogue de la librairie française_ d'Otto Lorenz, vous sont
-indispensables.
-
-L'_Histoire des Grecs_ et l'_Histoire des Romains_ de Duruy, l'_Histoire
-ancienne des peuples de l'Orient_ de Maspéro et les _Origines du
-Christianisme_ de Renan, l'_Histoire de France_ d'Henri Martin, de
-Michelet, de Lavisse, et une collection des _Mémoires relatifs à
-l'Histoire de France_, celle de Petitot et Monmerqué, la plus complète,
-de préférence; l'_Histoire des Français des divers états_ d'Alexis
-Monteil; les quelques volumes, si remplis et si lumineux, d'Augustin
-Thierry, et les études, non moins savantes et fécondes, de Fustel de
-Coulanges; l'_Histoire de la Révolution_, par Thiers, Michelet, Louis
-Blanc, Carlyle, Quinet, etc.; les _Origines de la France contemporaine_
-de Taine; l'_Histoire du Consulat et de l'Empire_ de Thiers, avec celle
-de _la Chute du premier Empire (1814-1815)_ de Henry Houssaye; les _Deux
-Restaurations_ de Vaulabelle et la _Monarchie de Juillet_ de
-Thureau-Dangin; l'_Histoire de Dix Ans_ de Louis Blanc, suivie de
-l'Histoire de Huit Ans d'Elias Regnault et de la _Révolution de 1848_
-par Daniel Stern ou Garnier-Pagès; le _Second Empire_ par Taxile Delord,
-l'histoire de la _Guerre de 1870-71_ et de la _Troisième République_
-(Charles de Mazade, Albert Sorel, Jules Claretie, Théodore Duret, Louis
-Fiaux, Alfred Duquet, le commandant Rousset, etc.), vous permettront de
-suivre, des origines du monde jusqu'à nos jours,--en étudiant plus
-particulièrement la France,--les événements et les progrès de
-l'humanité.
-
-Michelet est, sans conteste, bien plus intéressant et entraînant
-qu'Henri Martin; mais celui-ci possède un avantage des plus appréciables
-pour les travailleurs et les chercheurs. Il a eu le bon esprit de
-joindre à sa grande histoire une table analytique et alphabétique, qui
-comprend tout un volume (le XVIIe) et permet de trouver instantanément
-le renseignement désiré. Michelet étant, par un très fâcheux et
-déplorable oubli, entièrement dépourvu de tables détaillées, les
-recherches sont presque impossibles à travers ses quarante ou cinquante
-volumes. Rien de plus utile, rien de plus précieux qu'une table ou index
-alphabétique, «accessoire obligé de toute bonne, complète et commode
-édition[351],» et l'on comprend bien qu'un chancelier d'Angleterre, Lord
-Campbell, ait voulu demander, en 1850, qu'on privât de ses droits de
-propriété littéraire tout écrivain qui publierait un livre sans
-index[352].
-
-Les _Causeries du lundi_ de Sainte-Beuve, ses _Portraits littéraires_,
-ses _Portraits contemporains_, ses _Nouveaux Lundis_ et son
-chef-d'œuvre, _Port-Royal_, constituent la plus accessible et la plus
-vivante histoire de la littérature française que nous possédions,
-histoire biographique et monographique, mais suffisamment détaillée et
-complète. Ajoutez-y, comme complément ou correctif, sinon quelques gros
-ouvrages, tels que la monumentale _Histoire littéraire de la France_,
-entreprise par les Bénédictins de Saint-Maur, et continuée par des
-membres de l'Institut (Fauriel, Daunou, Victor Le Clerc, Paulin Paris,
-Renan, etc.)[353], bien lourde probablement pour votre humble collection
-d'amateur et de jouisseur littéraire, du moins d'agréables et
-consciencieuses études, inspirées par l'érudition et le goût modernes et
-mises au point (Taine, Émile Montaigu, Paul Albert, Émile Deschanel,
-Gaston Paris, Petit de Julleville, Ferdinand Brunetière, Paul Stapfer,
-Émile Faguet, Anatole France, Jules Lemaître, Jules Levallois, René
-Doumic, Paul Bourget, Gustave Lanson, Georges Pellissier, Édouard Rod,
-etc.). Et, à propos d'histoire et de littérature, n'oubliez pas
-l'ouvrage de Jal, son _Dictionnaire critique de biographie et
-d'histoire, errata et supplément pour tous les dictionnaires
-historiques_, et le bon petit _Dictionnaire des antiquités romaines et
-grecques_ d'Anthony Rich.
-
-Les dix-neuf volumes de la _Géographie universelle_ de Reclus, le
-_Dictionnaire géographique et administratif de la France_ de Paul
-Joanne, et une collection des _Guides_ Joanne et Bædeker (Joanne pour la
-France surtout), vous rendront en maintes occasions de signalés
-services.
-
-N'oubliez pas non plus le Code et quelques bons ouvrages de droit, un
-manuel ou dictionnaire de médecine visuelle, le _Bottin_ avec
-l'_Annuaire Hachette_, et une collection complète d'un ou de plusieurs
-périodiques,--toujours selon la place dont vous
-disposez:--_l'Illustration_, par exemple, où sont consignés, retracés
-par la plume et le crayon, les faits marquants de chaque semaine, et qui
-offre, dans son ensemble, l'histoire écrite et illustrée de notre temps;
-la _Revue encyclopédique_, alias _universelle_; _la Nature_;
-_l'Intermédiaire des chercheurs et curieux_, un des recueils les plus
-appréciés de tous les érudits et travailleurs; et le doyen de nos
-journaux à gravures sur bois, _le Magasin pittoresque_, que, dans ses
-«Matériaux de la bibliothèque», M. Guvot-Daubès place très justement en
-tête des collections à consulter, ce qui, ajoute-t-il, peut se faire
-aisément, grâce aux tables récapitulatives[354].
-
- *
-
- * *
-
-Voilà une série d'ouvrages pouvant servir de base à toute bibliothèque,
-une réunion d'excellents outils, précieux à tous ceux qui lisent,
-écrivent et étudient.
-
-Mais ce ne sont là en quelque sorte que des _généralités_. Or, chacun de
-nous a ses besoins et ses goûts particuliers, chacun de nous, par
-vocation ou nécessité, par plaisir ou devoir, est poussé vers tel ou tel
-genre de lectures et d'études[355], où il arrive peu à peu et forcément
-à se restreindre et se confiner; d'abord parce que nous nous plaisons
-tous à fréquenter de préférence les gens et les choses que nous
-connaissons déjà, à approfondir, goûter et savourer de plus en plus ce
-que nous savons; et parce que chaque coin de l'infini domaine de la
-science est à lui seul une immensité.
-
-Les uns se cantonnent ainsi dans l'histoire, dans une histoire spéciale,
-celle, je suppose, de leur province ou de leur ville natale; d'autres
-s'adonnent à l'examen de questions scientifiques, voire d'une seule
-question; d'autres s'attachent à une époque, à un groupe, une école, ou
-même à un personnage de notre littérature. Le législateur Sieyès et
-l'idéologue Destutt de Tracy «lisaient perpétuellement Voltaire»:
-arrivés au dernier tome, ils reprenaient le premier et
-recommençaient[356]. Alphonse Daudet, dans les dernières années de sa
-vie, avait arrêté son choix sur Montaigne et fait des _Essais_ son
-unique livre de chevet: et combien partagent ce culte fervent pour
-l'incomparable moraliste en qui revit, résumée et condensée, toute
-l'antiquité! Combien se sont de même passionnés pour Horace, pour Dante
-ou pour Shakespeare, et à combien Rabelais, Regnier, Molière, La
-Fontaine, ont ou auraient pleinement suffi!
-
-Tenez-vous-en donc, dans vos lectures, au précepte de Sénèque, de Pline
-et de Voltaire: ne vous prodiguez pas, ne vous gaspillez pas. Ce n'est
-qu'à la jeunesse qu'il convient d'aspirer à tout connaître, à tout voir
-et tout lire, et de s'espacer, _s'égailler_, courir çà et là, partout,
-au hasard des circonstances. Vous, votre choix est fait, votre cercle
-d'études est tracé, la liste de vos auteurs préférés est close... ou à
-peu près. Si vous voulez profiter et jouir de vos lectures, ne quittez
-pas ce champ, si restreint qu'il soit et que vous l'ayez fait;
-appliquez-vous à le creuser, à le fouiller et le retourner:
-
- Un trésor est caché dedans,
-
-comme dans celui du vieux laboureur de La Fontaine, et
-
- C'est le fonds qui manque le moins.
-
- *
-
- * *
-
-Prenons le cas le plus fréquent. Supposons que ce soit vers nos grands
-écrivains, du XVIe au XIXe siècle, que se dirigent vos
-préférences,--quitte à vous d'opérer une sélection et de vous limiter
-dans ce vaste et glorieux patrimoine. Rappelons-nous que ce sont des
-volumes de format moyen (in-18 jésus environ) qu'il nous faut, imprimés
-correctement sur bon papier, en caractères bien lisibles, et de prix
-abordables,--ne dépassant pas, par exemple, le prix de la _nouveauté_, 3
-francs ou 3 fr. 50. Quelles éditions allons-nous choisir?
-
-Un de nos devanciers, Jules Richard, dans son traité de _l'Art de former
-une bibliothèque_, s'est déjà posé la question, et n'a pu la résoudre:
-aucune édition existant actuellement en librairie ne remplit les
-conditions requises.
-
-«J'ai toujours, écrit-il[357], déploré le sans-gêne avec lequel on
-fabrique les livres pour le peuple. Généralement, c'est honteux! Dans ce
-temps de doctrines humanitaires où l'on parle tant d'instruction
-gratuite et obligatoire, je ne conçois pas qu'une _Société des bons
-livres_, ayant pour but de fournir à bon marché au peuple une édition
-convenable des classiques français et étrangers, ne se soit pas formée
-sous la protection ou en dehors du gouvernement. Le goût du livre est
-enfanté par le goût de la lecture, et il ne faut pas que le goût de la
-lecture soit entravé par les apparences repoussantes du livre.»
-
-«Mettre à la portée des petites bourses des éditions portatives, bien
-faites et agréables à l'œil,» tel est le but que Jules Richard[358],
-comme tant d'autres amis des livres et du peuple, aurait voulu voir
-atteint, et qui reste toujours éloigné, toujours à l'état de projet ou
-de rêve, malgré les plus pressantes, les plus légitimes et l'on peut
-dire aussi les plus patriotiques réclamations[359].
-
-Certes, il n'y a que des éloges à décerner à la collection des _Grands
-Écrivains de la France_, entreprise, il y a une quarantaine d'années,
-vers 1860, par la maison Hachette, sous la direction de l'érudit Adolphe
-Regnier. Mme de Sévigné, Malherbe, La Bruyère, La Rochefoucauld,
-Corneille, Racine, La Fontaine, Molière, figurent dans cette collection,
-entièrement terminés. Pascal, le cardinal de Retz et Saint-Simon sont en
-cours de publication. Par le contrôle et la pureté de leur texte, le
-soin et la science apportés à leurs nombreuses notes et à leurs
-volumineux lexiques, aussi bien que par le choix de leur papier et leurs
-qualités typographiques, ces éditions se recommandent entre toutes,
-méritent d'être citées en première ligne. C'est l'honneur de la
-librairie moderne et un véritable monument élevé à la gloire des lettres
-françaises.
-
-Mais ce sont des éditions savantes, de gros volumes in-8, cotés 7 fr.
-50, et qui sont, par conséquent, en dehors et au-dessus de nos
-desiderata. Une autre collection, éditée par la même librairie et
-commencée jadis par l'imprimerie Lahure, les _Œuvres des principaux
-écrivains français_ (volumes in-18 à 1 franc), œuvres la plupart
-complètes, ferait notre affaire, si elle n'était imprimée en caractères
-trop fins, et, conséquence de son bas prix, sur papier de qualité
-inférieure. Les anciens volumes, parus antérieurement à 1862, et dont
-certains contenaient plus de pages que ceux d'aujourd'hui, ont été tirés
-sur papier meilleur: il est vrai qu'ils se vendaient le double, 2 francs
-au lieu de 1 franc. Comme nous en avons déjà fait la remarque, les
-éditeurs ne sont pas seuls coupables du mauvais état présent de la
-librairie; la faute en est surtout au public, qui exige avant tout et en
-dépit de tout du «bon marché». On lui en fournit, hélas!
-
-Les quelques «classiques» publiés par Louandre dans le catalogue
-Charpentier (volumes in-18 jésus, marqués 3 fr. 50 et vendus couramment
-à l'état de neuf 1 fr. 75) nous conviendraient assez, ainsi que les
-_Chefs-d'œuvre de la littérature française_ de Firmin-Didot (environ 150
-volumes in-18 jésus à 3 francs, vendus de même 1 fr. 75 ou 1 fr. 50), ou
-encore la _Collection des meilleurs ouvrages français et étrangers_,
-éditée par Garnier (in-18 jésus, mêmes prix); mais ces collections sont
-incomplètes d'abord,--ainsi Voltaire et Rousseau n'y figurent que très
-partiellement;--en outre, les derniers tirages, c'est-à-dire ceux qu'on
-trouve actuellement en librairie, sont généralement inférieurs aux
-anciens, aux tirages de 1850 ou 1860, qui étaient faits sur meilleur
-papier et avec des clichés non fatigués. Quant à la _Bibliothèque
-française_ de Didot, qui donne en forts volumes in-8 jésus à deux
-colonnes (54 volumes) les œuvres complètes, soigneusement revues et
-annotées, de la plupart de nos auteurs célèbres, elle est, par son
-format, comme la collection des _Grands Écrivains_ d'Hachette, en dehors
-de notre programme.
-
-La _Nouvelle Bibliothèque classique_, fondée par Jouaust en 1876, et qui
-se compose d'une soixantaine de volumes (in-16 elzevierien, à 3 francs),
-marque certainement un grand progrès sur les précédentes collections à
-bon marché. Le texte en est plus correct; les notices et les notes
-(celles-ci placées à la fin des volumes) sont mieux rédigées, le papier
-principalement est de beaucoup supérieur, l'impression est aussi plus
-nette et plus soignée; mais cette impression est faite en elzevier, et
-certains lecteurs n'aiment pas ce type de caractères et préfèrent le
-romain. D'autres aiment mieux avoir les notes et traductions de texte au
-bas des pages, près du texte même, ce qui, en effet, est plus commode
-dans bien des cas, pour Montaigne, par exemple, dont chaque page, chaque
-ligne est émaillée d'une citation latine. Quoi qu'il en soit, c'est
-Jouaust,--qui fut un éditeur de l'ancienne mode, lettré, érudit,
-laborieux, extrêmement soucieux de son œuvre, et passionné pour
-elle[360],--qui se rapproche le plus de notre idéal. Malheureusement, il
-n'a pas eu le temps de réunir dans sa _Nouvelle Bibliothèque classique_
-tous les chefs-d'œuvre dignes d'y entrer, et des noms illustres, Pascal,
-Mme de Sévigné, Buffon, Saint-Simon, etc., n'y figurent pas[361].
-
-Je mentionnerai encore la _Bibliothèque elzévirienne_, fondée par
-Jannet, et la _Nouvelle Collection Jannet-Picard_[362], consacrées
-surtout à nos anciens écrivains.
-
-Il est juste enfin de ne pas oublier, dans cette sommaire énumération,
-l'excellente petite _Bibliothèque nationale, collection des meilleurs
-auteurs anciens et modernes_, créée en 1863, et destinée, comme le dit
-son sous-titre, «à faire pénétrer au sein des plus modestes foyers les
-œuvres les plus remarquables de toutes les littératures». Ces petits
-volumes in-16 à couverture bleue, actuellement au nombre d'environ
-quatre cents, et comparables à l'ancienne collection populaire
-stéréotype entreprise en 1799 par Pierre Didot[363], ont rendu et
-rendent journellement à quantité d'écoliers, d'étudiants et de modestes
-et fervents lecteurs d'inappréciables services. Mais eux non plus ne
-remplissent pas les conditions que nous réclamons; leur format, commode
-pour la poche, ne convient guère à une bibliothèque, et leur bas prix,
-(0 fr. 25) ne vous laisse aucun doute sur la piètre qualité de leur
-papier, l'insuffisance de leur exécution typographique.
-
- *
-
- * *
-
-Puisque la librairie «courante» ne peut nous fournir exactement et
-complètement ce que nous voulons, essayons de la librairie «d'occasion»;
-à défaut de livres récemment parus et «à l'état de neuf», voyons parmi
-les ouvrages édités jadis et échoués chez les bouquinistes.
-
-Là, en effet, nous avons chance de rencontrer ce que nous cherchons: des
-volumes de format convenable, bien imprimés, de prix modique; nous
-pouvons espérer surtout, comme nous l'avons précédemment expliqué[364],
-que ces volumes seront tirés sur papier meilleur que celui de nos
-malheureux livres populaires d'aujourd'hui. En outre, presque toujours,
-nous trouverons ces ouvrages reliés ou cartonnés, puisque la coutume de
-vendre les livres brochés est relativement récente et ne remonte guère
-au delà de notre siècle[365]. Nous avons donc tout avantage à diriger
-nos recherches du côté de ce qu'on nomme en librairie «l'occasion».
-
-Comme il ne s'agit pas ici d'éditions princeps ni de livres rares, mais
-de volumes tout simples, «communs», propres et maniables, il est inutile
-de dresser une liste de nos éditions préférées: ces volumes abondent, et
-cette liste serait forcément très incomplète, forcément interminable.
-
-Laissons donc chacun choisir à sa guise, sous réserve toutefois qu'il
-veuille bien se souvenir de ce que nous avons dit sur l'importance de la
-qualité du papier, de la commodité du format, et de la grosseur et
-netteté du caractère. Quant à cette autre essentielle condition,
-l'authenticité et la pureté du texte, elle est le plus souvent, presque
-toujours, en harmonie avec le soin apporté à l'exécution typographique.
-
-Il n'est pas un ami des livres, sinon même pas un Parisien sachant lire,
-qui ne connaisse le plaisir de bouquiner le long des quais ou devant les
-étalages des libraires[366]. Il faut l'avoir goûté, ce plaisir,
-«pour,--selon l'expression du bibliophile Jacob[367],--lui rendre grâce,
-comme à un génie bienfaisant et consolateur. Si, continue le même
-écrivain, ce plaisir n'était pas plus doux et plus fidèle que tous les
-autres, plus fort de ses émotions diverses, plus favorable aux
-organisations tendres et pensives, plus réel, plus vrai, plus matériel,
-verrait-on des jeunes gens s'y livrer avec emportement, des hommes de
-talent et d'esprit s'y plaire sans cesse, des riches et des puissants
-s'y délecter de préférence à tous les jeux de la puissance et à tous les
-hochets de la richesse!»
-
-Un autre amoureux des livres, Adolphe de Fontaine de Resbecq, a rédigé
-la relation de ses _Voyages littéraires sur les quais de Paris_[368], un
-intéressant petit volume, où il a rassemblé ses souvenances et résumé
-ses impressions de «voyageur» et de lettré. Une anecdote qu'il nous
-conte montre bien quelle ténacité et quelle puissance possède la passion
-du bouquinage. Un des confrères de Fontaine de Resbecq, M. H..., étant
-devenu aveugle, se faisait conduire par son domestique sur le quai
-Voltaire, sa promenade favorite. «On l'approchait des boîtes, il passait
-alors légèrement les mains sur les livres, parcourait ainsi quelquefois
-plusieurs mètres sans rien dire, puis, saisissant quelque mince volume,
-il disait à son guide: «N'est-ce pas de chez Barbin?» (ou tel autre nom
-de libraire célèbre). Il se trompait souvent sans doute, mais il lui est
-arrivé plus d'une fois de deviner juste; alors sa joie était
-inexprimable; il achetait, dans ce cas, ce qu'il avait déjà ou ce qui
-lui était indifférent. C'était, disait-il, sa manière de remercier le
-Créateur de lui avoir conservé l'ombre d'un sens perdu: cela fait vivre
-le marchand, Dieu sera satisfait! Telle était sa pensée[369].»
-
-Cependant, ce n'est pas du côté des bouquinistes échelonnés au bord de
-l'eau que je vous engage à effectuer le plus assidûment vos recherches.
-Vous pouvez certainement faire chez eux d'excellentes trouvailles,
-rencontrer dans leurs boîtes des occasions qu'il vous est loisible de
-qualifier, avec plus ou moins d'exagération, de «superbes»; mais ces
-ouvrages ont le plus souvent un défaut capital, une tare indélébile:
-continuellement exposés au vent et à la poussière, au soleil ou à la
-pluie, ils ont nécessairement souffert de ce manque d'abri, ils gardent
-des traces plus ou moins apparentes, mais immanquables, mais fatales,
-des intempéries de l'air.
-
-Les livres en étalage extérieur, rangés sur des rayons fixés à une
-muraille, ne sont guère moins menacés, guère moins éprouvés[370].
-
-C'est dans les magasins et arrière-boutiques des libraires d'occasion
-que vous avez, à mon sens, intérêt à vous rendre et à fouiller; c'est là
-que vous découvrirez le plus de bons livres en bon état.
-
-Mais n'oubliez pas qu'il n'y a rien d'absolu en ce monde, et n'hésitez
-pas à vous arrêter devant tout étalage de livres, à bouquiner partout où
-vous en aurez l'occasion: c'est d'ailleurs là une recommandation
-superflue, les livres, n'importe lesquels, attirant à eux
-irrésistiblement et comme par enchantement tous ceux qui les aiment.
-
-Lorsqu'un bouquiniste n'indique pas ses prix de vente sur ses boîtes ou
-sur ses volumes, c'est mauvais signe; c'est signe qu'il n'a pas de prix,
-qu'il établit ses chiffres et fait ses conditions selon les
-circonstances, «d'après la tête du client». Il est des amateurs qui,
-pour réagir contre cette déloyale coutume, ont pris le parti de ne
-jamais acheter un livre dont le prix n'est pas marqué d'avance, et, aux
-propositions et instances du marchand, de répondre invariablement par la
-déclaration de cette formelle et excellente résolution.
-
-Beaucoup de libraires d'occasion publient des catalogues mensuels,
-bimensuels ou trimestriels, qu'ils adressent à leurs clients, et ce
-procédé de vente est, paraît-il, des plus fructueux pour ces
-commerçants, d'autant plus fructueux que certains, sinon la plupart, ont
-contracté l'habitude de forcer la note, de surélever tous les prix. Ils
-partent de ce principe, très judicieux, il faut l'avouer, que, si vous
-avez vraiment besoin d'un ouvrage porté sur un de ces catalogues et en
-vain cherché par vous jusqu'alors, vous ne lésinerez pas sur la somme à
-débourser pour vous le procurer. Et c'est ainsi que des livres, tout
-ordinaires, cotés jadis trente ou quarante sous, et qui se vendraient
-encore ce prix directement, sans l'intermédiaire des catalogues, sont
-tarifés sur ceux-ci à cinq francs, dix francs, voire davantage. Pour
-justifier cette hausse, le libraire ajoute volontiers à la suite de
-l'annonce du livre quelque fallacieuse mention: «Peu commun», «Devenu
-rare», «Rarissime», etc.[371]
-
-Méfiez-vous des ouvrages publiés par souscription; je vous dirai même:
-«Ne souscrivez jamais à un ouvrage inachevé». Vous risquez--on n'en voit
-que trop d'exemples--de demeurer en panne et de perdre votre argent. Je
-ne ferai d'exception que pour les publications entreprises par de _très
-grandes_ maisons d'édition, dont la solvabilité et la solidité sont
-inébranlables. Mais ces maisons-là ne publient jamais ou presque jamais
-d'ouvrages par souscription.
-
-Quant aux industriels qui vous offrent, comme primes à des achats de
-livres, des pendules avec candélabres, des bottes de couverts en ruolz,
-des jumelles pour théâtre ou campagne, etc., faites mieux que de vous
-méfier: n'achetez pas! Ne vous mêlez pas à ces trafics: la pendule ne
-vaut rien, la jumelle non plus, et les livres encore moins.
-
- *
-
- * *
-
-Richard de Bury a consacré un chapitre de son _Philobiblion_[372] à
-cette question: «Comme quoi on doit toujours acheter les livres, si ce
-n'est dans deux cas,» et ces deux cas réservés sont: 1º la crainte
-d'être trompé par le libraire; 2º l'espoir d'un moment plus opportun,
-d'une meilleure occasion.
-
-«Il y a peu de dépenses, de profusions, je dirais même de prodigalités
-plus louables que celles qu'on fait pour les livres, écrit de son côté
-le savant jésuite bibliographe Claude Clément[373], lorsqu'en eux on
-cherche un refuge, les voluptés de l'âme, l'honneur, la pureté des
-mœurs, la doctrine et un renom immortel.»
-
-Jules Richard[374] déclare qu'«un bibliophile ne conserve pas les livres
-qu'on lit une fois, mais seulement ceux qu'on _relit_ avec plaisir, et
-que, par conséquent, on _relie_ plus ou moins richement». Sous sa forme
-humoristique et plaisante, l'avis a du bon, surtout pour les amateurs
-parisiens, logés toujours si à l'étroit, et il mérite d'être retenu.
-
-Est-il raisonnable,--les ouvrages de référence à part, comme nous
-l'avons dit au début de ce chapitre,--d'acheter plus de livres qu'on
-n'en peut lire, et n'est-ce pas une excellente habitude de n'effectuer
-de nouveaux achats qu'après avoir terminé la lecture des acquisitions
-précédentes?
-
-Il semble à première vue qu'il ne puisse y avoir doute à ce sujet, et
-qu'il faille répondre à cette dernière question par l'affirmative.
-
-Un écrivain que l'à-peu-près n'effrayait pas et qui a commis bien des
-hérésies en bibliographie et ailleurs, Jules Janin, a émis ce conseil,
-dans un opuscule «fort joli et bien écrit, mais dont le principal mérite
-est d'être rare[375],» _l'Amour des livres_: «N'achetez aujourd'hui que
-si vous avez lu, d'un bout à l'autre, le livre acheté il y a deux mois,
-il y a six semaines. Furetière demandait un jour à son père de l'argent
-pour acheter un livre.--«Or ça, répondait le bonhomme, il est donc vrai
-que tu sais tout ce qu'il y avait dans l'autre, acheté la semaine
-passée?» C'était bien répondre[376].»
-
-Non, car, avec ce système, vous vous priveriez de livres cherchés en
-vain par vous depuis longtemps et dont vous avez le plus grand besoin;
-vous laisseriez échapper les aubaines les plus belles, les plus
-inespérées. Encore une fois, rien d'absolu sur terre. Évidemment Jules
-Janin a eu raison de mettre en garde les bibliophiles contre les
-entraînements auxquels ils sont si tentés de succomber; il a eu raison
-de les dissuader d'encombrer leurs rayons de livres qu'ils ne liront
-jamais; très justement il conclut qu'«avec cette nécessité de lire
-entièrement ce qu'on achète, on y regarde à deux fois avant d'acheter;
-on se méfie un peu plus de ce qui est rare et curieux, pour se tenir aux
-chefs-d'œuvres honorés de l'assentiment du genre humain[377].» Mais ce
-«bon gros critique, comme le remarque si bien M. Jules Le Petit[378],
-n'a jamais dû connaître à fond la passion des livres, ni la joie intime
-que nous procure l'acquisition d'un volume souhaité, ni le serrement de
-cœur qu'on éprouve à voir passer en d'autres mains l'objet qu'on
-espérait obtenir».
-
-«Le premier motif qui doit nous pousser à acquérir un ouvrage, dit
-encore M. Jules Le Petit[379], c'est le désir de le lire, soit
-immédiatement, soit plus tard, dans des moments de loisir. Il arrive
-bien souvent, hélas! que ces moments-là ne viennent pas vite ou ne
-viennent jamais...»; du moins on a le volume sous la main, on sait qu'il
-est là, qu'on peut l'ouvrir, le consulter, le parcourir, et c'est ce
-qu'on finit toujours par faire un jour ou l'autre, ne fût-ce qu'un
-instant. «Il se passera plusieurs jours et des mois, sans que je les
-employe (mes livres), selon l'aveu de Montaigne[380]; ce sera tantost,
-dis-je, ou demain, ou quand il me plaira: le temps court et s'en va ce
-pendant sans me blesser; car il ne se peult dire combien je me repose et
-sejourne en cette consideration, qu'ils sont à mon costé pour me donner
-du plaisir à mon heure, et à recognoistre combien ils portent de secours
-à ma vie.»
-
-L'essentiel, c'est de ne pas acheter au hasard et au tas, comme ce
-monomane[381], ancien notaire devenu maire d'un arrondissement de Paris
-et député sous le premier Empire, qui avait fait emplette de plusieurs
-centaines de mille de volumes[382], dont il avait rempli trois maisons,
-de la cave au grenier. L'important, l'intéressant et l'attrayant, c'est
-d'avoir un but, de poursuivre une piste,--c'est d'avoir vos sujets
-d'étude préférés et vos auteurs attitrés, et de vous y tenir.
-
-Et alors vous goûterez vraiment et savourerez pleinement vos livres;
-vous ferez partie de cette phalange d'hommes heureux dont parle
-Balzac[383], de ces collectionneurs, qui,--dussent-ils, dans leur hôtel
-ou leur mansarde, ne s'ingénier qu'à réunir des affiches ou aligner des
-tabatières,--connaissent les moins précaires et les plus douces joies de
-ce monde[384].
-
-
-
-
-CHAPITRE VII
-
-DE L'AMÉNAGEMENT D'UNE BIBLIOTHÈQUE ET DU RANGEMENT DES LIVRES
-
-Comment les livres étaient rangés autrefois.--Conditions d'une bonne
-installation pour une bibliothèque: exposition, emplacement, local,
-meubles, rayonnages, etc.--Rayonnages fixes,--mobiles;--à
-crémaillères,--à clavettes.--Nous manquons de place.--Bibliothèques
-tournantes.--Divers modes de rangement et de classement des livres:
-classement horizontal, de gauche à droite, par ordre alphabétique de
-noms d'auteur; appui-livre;--classement vertical, par ordre de
-matières;--classement _ad libitum_: les plus beaux livres ou les plus
-aimés sur le devant, par derrière les vilains ou les moins appréciés.
-
-
-Ainsi que d'anciens documents, notamment d'anciennes images ou gravures,
-nous l'apprennent, les livres se plaçaient autrefois à plat, couchés les
-uns à la suite des autres, sur des rayons le plus souvent inclinés et
-garnis de rebords[385]. En raison de cette disposition, les titres des
-volumes étaient inscrits sur les plats, et l'on ne donnait aux dos,
-qu'on voyait à peine, aucun ornement. Des clous de cuivre à large tête,
-fixés aux quatre coins des plats, préservaient ceux-ci du frottement
-contre le bois des rayons.
-
-Le nombre des livres augmentant, on se décida à les placer les uns sur
-les autres, et pour cela on dut commencer par supprimer l'inclinaison
-des rayons et les rendre tous horizontaux. On cessa alors d'inscrire le
-titre sur le plat supérieur, et l'on mit cette inscription en longueur
-au dos du volume. Puis, au lieu d'empiler les livres, qui abondaient de
-plus en plus, on trouva plus commode de les ranger debout sur la
-_queue_, alignés et serrés les uns contre les autres[386]. C'est encore
-ainsi qu'on procède.
-
-Dans certaines bibliothèques publiques, à Leyde[387], à la Laurentienne
-de Florence, à la cathédrale d'Hereford, etc., les livres étaient
-attachés par des chaînettes de fer à leurs rayons ou à leurs pupitres,
-de façon qu'on pût les consulter sur place, mais non les emporter. Ces
-livres,--_catenati_, enchaînés,--dont les plats étaient en bois revêtu
-de peau ou d'étoffe, et garnis de fermoirs et de coins, étaient parfois
-très lourds, et l'on montre encore à la Laurentienne un volumineux
-recueil manuscrit des épîtres de Cicéron, _Epistolæ ad familiares_, tout
-bardé de cuivre, qui, en tombant sur la jambe gauche de Pétrarque, y
-engendra une grave maladie et faillit rendre l'amputation
-nécessaire[388].
-
- *
-
- * *
-
-Dans son célèbre _Katechismus der Bibliliothekenlehre_, le docteur Jules
-Petzholdt, «le vieux maître de la bibliographie allemande[389]», émet, à
-propos des bibliothèques publiques, des considérations qui ne sont
-malheureusement que trop exactes, et sur lesquelles on ne saurait trop
-appeler l'attention:
-
-«On bâtit des écuries pour les chevaux et pour les vaches, et l'on
-n'oublie pas de rechercher si l'endroit choisi et les constructions
-projetées remplissent les conditions voulues:--pour ces chers animaux,
-on ne néglige rien!--Ne serait-il pas équitable de demander que l'on
-apporte la même attention et les mêmes soins à la construction de ces
-bibliothèques, où des milliers de savants viennent en quelque sorte
-puiser la substance de leurs travaux? Espérons que l'on finira par se
-persuader, dans un avenir prochain, que de semblables exigences n'ont
-rien que de raisonnable[390].»
-
-Bien que nous ne nous occupions que d'une bibliothèque privée et de
-modeste étendue, le vœu si légitime de Petzholdt méritait d'être
-rappelé, et il convient, toute proportion gardée, d'en tirer profit pour
-notre sujet.
-
-De la bonne disposition et du bon ordre de notre bibliothèque dépendent,
-en très grande partie, le plaisir et les services que nous tirerons
-d'elle: selon une ingénieuse comparaison formulée par Herder[391], une
-bibliothèque bien organisée est comme «un capital dont les intérêts
-seraient perçus par l'intelligence»; et, bien avant lui, un de nos
-premiers bibliographes,--premiers, par droit d'ancienneté et par rang de
-mérite,--le savant Gabriel Naudé, nous a prévenus qu'une collection de
-livres en désordre ne mérite pas le nom de bibliothèque, qu'une
-bibliothèque non rangée, c'est une bibliothèque qui n'existe pas[392].
-
-Bien que vieux de près de trois cents ans, les conseils rassemblés par
-lui dans son _Advis pour dresser une bibliothèque_ sont encore pleins
-d'utilité et d'à-propos, et nous ne saurions mieux faire que de rappeler
-ici ceux qui ont trait à la question dont nous nous occupons, à
-l'emplacement et au rangement des livres:
-
-«Pour ce qui est de la situation et de la place où l'on doit bastir ou
-choisir un lieu propre pour une bibliothèque, il semble que ce commun
-dire:
-
- _Carmina secessum scribentis et otia quærunt,_
-
-nous doive obliger à le prendre dans une partie de la maison plus
-reculée du bruit et du tracas, non seulement de ceux de dehors, mais
-aussi de la famille et des domestiques, en l'éloignant des rues, de la
-cuisine, sale (salle) du commun, et lieux semblables, pour la mettre,
-s'il est possible, entre quelque grande court et un beau jardin où elle
-ait son jour libre, ses veues bien estendues et agréables, son air pur,
-sans infection de marets, cloaques, fumiers, et toute la disposition de
-son bastiment si bien conduitte et ordonnée, qu'elle ne participe aucune
-disgrace ou incommodité manifeste.
-
-«Or, pour en venir à bout avec plus de plaisir et moins de peine, il
-sera toujours à propos de la placer dans des estages du milieu, afin que
-la fraischeur de la terre n'engendre point le remugle, qui est une
-certaine pourriture qui s'attache insensiblement aux livres; et que les
-greniers et chambres d'enhaut servent pour l'empescher d'estre aussi
-susceptible des intempéries de l'air, comme sont celles qui pour avoir
-leurs couvertures basses ressentent facilement l'incommodité des pluyes,
-neiges et grandes chaleurs. Ce que s'il n'est pas autrement facile
-d'observer, au moins faut-il prendre garde qu'elles soient élevées de la
-hauteur de quatre ou cinq degrez, comme j'ay remarqué que l'estoit
-l'Ambroisienne à Milan, et le plus haut exhaussées que l'on pourra, tant
-à raison de la beauté que pour obvier aux incommodités susdites: sinon
-le lieu se trouvant humide et mal situé, il faudra avoir recours ou à la
-natte, ou aux tapisseries pour garnir les murailles, et au poisle ou
-bien à la cheminée, dans laquelle on ne bruslera que du bois qui fume
-peu, pour l'eschauffer et desseicher pendant l'hyver et les jours des
-autres saisons qui seront plus humides.
-
-«Mais il semble que toutes ces difficultez et circonstances ne soient
-rien au prix de celles qu'il faut observer pour donner jour et percer
-bien à propos une bibliothèque, tant à cause de l'importance qu'il y a
-qu'elle soit bien esclairée jusques à ses coins plus éloignez, qu'aussi
-pour la diverse nature des vents qui doivent y souffler d'ordinaire, et
-qui produisent des effects aussi différents que le sont leurs qualitez
-et les lieux où ils passent. Sur quoy je dis que deux choses sont à
-observer: la première, que les croisées et fenestres de la bibliothèque
-(quand elle sera percée des deux costez) ne se regardent diamétralement,
-sinon celles qui donneront jour à quelque table; d'autant que par ce
-moyen les jours ne s'esvanoüyssant au dehors, le lieu en demeure
-beaucoup mieux esclairé. La seconde, que les principales ouvertures
-soient tousjours vers l'Orient, tant à cause du jour que la bibliothèque
-en pourra recevoir de bon matin, qu'à l'occasion des vents qui soufflent
-de ce costé, lesquels estans chauds et secs de leur nature rendent l'air
-grandement tempéré, fortifient les sens, subtilisent les humeurs,
-espurent les esprits, conservent nostre bonne disposition, corrigent la
-mauvaise, et, pour [tout] dire en un mot, sont très sains et salubres:
-où, au contraire, ceux qui soufflent du costé de l'Occident sont plus
-fascheux et nuisibles, et les Méridionaux plus dangereux que tous les
-autres, parce qu'estans chauds et humides ils disposent toutes choses à
-pourriture, grossissent l'air, nourrissent les vers, engendrent la
-vermine, fomentent et entretiennent les maladies, et nous disposent à en
-recevoir de nouvelles[393]; aussi sont-ils appelez par Hippocrate:
-_Austri auditum hebetantes, caliginosi, caput gravantes, pigri,
-dissolventes_, parce qu'ils remplissent la teste de certaines vapeurs et
-humiditez qui espaississent les esprits, relaschent les nerfs, bouschent
-les conduits, offusquent les sens, et nous rendent paresseux et presque
-inhabiles à toutes sortes d'actions. C'est pourquoy, au défaut des
-premiers, il faudra avoir recours à ceux qui soufflent du Septentrion,
-et qui, par le moyen de leurs qualitez froide et seiche, n'engendrent
-aucune humidité, et conservent assez bien les livres et papiers[394].»
-
- *
-
- * *
-
-Ainsi, placer la bibliothèque dans l'endroit le moins bruyant de la
-maison;--pas trop haut ni trop bas, c'est-à-dire ni dans les greniers ni
-dans les sous-sols et rez-de-chaussée;--la bien éclairer: qu'il n'y ait
-pas de coins sombres;--qu'elle soit autant que possible exposée à l'est,
-ou, à défaut de l'est, au «septentrion»: tels sont les principes
-formulés jadis par le sagace Naudé, et qui méritent encore d'être cités
-comme base essentielle de l'installation de toute bibliothèque.
-
-A propos de l'exposition septentrionale, si la plupart des bibliographes
-se sont rangés à l'opinion de Vitruve et de Naudé, et préfèrent
-l'exposition orientale[395], il convient de rappeler cependant que la
-première de ces expositions a eu et a encore ses partisans. Louis Savot,
-médecin de Louis XIII et auteur d'un traité sur _l'Architecture
-française_, «pense qu'une bibliothèque serait mieux placée du côté du
-septentrion, parce que l'air du nord étant plus pur, ne peut corrompre
-ni altérer le papier et la couverture des livres[396]»; et un
-bibliographe moderne, Alkan aîné, estime également que «la disposition
-du franc nord est plus favorable aux livres que le midi ou le levant
-même... Nous avons, ajoute-t-il, conservé, pendant un quart de siècle,
-dans une grande pièce située au nord, chauffée par un simple tuyau
-traversant, d'une chambre voisine, toute une bibliothèque, qui n'est
-pas, comme l'on sait, sans importance. Pas un volume endommagé[397]!»
-
-Si les meubles ou rayonnages destinés à contenir les livres devaient
-être adossés à un mur portant des traces persistantes d'humidité, il
-serait nécessaire de supprimer au préalable cette source de danger, et
-pour cela on pourrait recourir au procédé indiqué par M. Jules
-Cousin[398]. «Il consiste à donner au mur plusieurs couches d'huile
-bouillante, et à le recouvrir ensuite de feuilles de plomb laminé, que
-l'on fixe avec de petits clous. On peut alors, sans inconvénient, en
-approcher les rayons. Ce procédé, un peu dispendieux sans doute, est
-très sûr, et il serait opportun de l'employer lorsqu'on a de grandes
-surfaces atteintes par l'humidité.»
-
-L'humidité d'ailleurs est la grande ennemie des livres, et l'on ne
-saurait prendre contre elle trop de précautions. Si solide et si sec que
-soit le parquet de la pièce où ils sont renfermés, les
-volumes,--notamment ceux «du bas», c'est-à-dire appartenant à l'infime
-rangée de la bibliothèque,--ne devront jamais y reposer directement:
-cette rangée doit, comme les autres, posséder son rayon particulier,
-élevé d'au moins dix ou quinze centimètres au-dessus du parquet. Ils ne
-devront pas non plus toucher le mur contre lequel s'appuient leurs
-supports ou rayons, si indemne d'humidité que paraisse ce mur: il faut,
-comme nous le verrons surtout en parlant de l'entretien des livres[399],
-que l'air circule librement autour d'eux, qu'ils puissent en quelque
-sorte respirer à l'aise.
-
- *
-
- * *
-
-Si les meubles propres à renfermer les livres peuvent différer selon
-l'emplacement qu'ils occupent et le degré de fortune de leur
-propriétaire, il est néanmoins certaines règles qu'il convient de ne pas
-oublier.
-
-D'abord, c'est que, comme nous le disions il y a un instant, «les
-livres, et surtout les reliures, ont besoin d'air. Un livre est un être
-vivant, il faut qu'il respire. Je suis convaincu par expérience, écrit
-Jules Richard[400], qu'à la longue un volume relié s'abîme moins sur un
-rayon que dans un meuble hermétiquement fermé. Nos ancêtres, qui
-joignaient la prudence à la connaissance des choses, mettaient souvent
-des portes à leurs armoires-bibliothèques, mais elles étaient
-grillagées. Aujourd'hui les vrais amateurs ont des armoires ouvertes...»
-
-Donc, pas de meubles fermés, pas de portes à vos rayonnages. En plus des
-avantages ci-dessus énumérés, cette suppression vous vaudra double
-profit: économie d'argent dans la fabrication du meuble, économie de
-temps dans la recherche et le maniement de vos livres.
-
-Faites-le, ce meuble, aussi pratique, partant aussi simple que possible,
-un _rayonnage_ encore une fois[401], c'est-à-dire des montants destinés
-à supporter des tablettes ou rayons, avec, dans le bas, une plinthe pas
-trop élevée, et, dans le haut, une corniche qui ne mange pas trop de
-place;--car c'est la place qui, généralement et à Paris surtout, manque
-le plus dans nos appartements modernes.
-
-On fabrique actuellement des sortes de rayonnages entièrement en métal,
-en tôle vernissée ou émaillée, qui présentent de grandes garanties
-contre les risques d'incendie, et rendent beaucoup plus faciles le
-démontage, le transport, ainsi que le nettoyage et tous les soins de
-propreté d'une bibliothèque.
-
-Mais ne nous occupons que des systèmes plus en usage et courants, des
-meubles en bois, destinés à un cabinet de travail ou à une chambre
-d'étudiant.
-
-Le chêne, le noyer, l'acajou, le palissandre, le poirier noirci, qui
-imite si bien l'ébène, sont les essences qui, si votre budget vous le
-permet, conviennent le mieux pour les montants, plinthes et corniches de
-vos bibliothèques[402]. Pour les tablettes, contrairement à l'avis de
-Peignot, employez un bois moins dur, aussi bien pour ne pas donner un
-poids inutile à votre meuble qu'afin de vous épargner un non moins
-inutile surcroît de dépense: le pin ou le pitchpin, passé en couleur, de
-façon à s'harmoniser avec les montants, et garni, sur le côté extérieur,
-d'une baguette de même essence qu'eux, suffira très bien et vous
-satisfera pleinement.
-
-Si vos humbles ressources vous contraignent à la plus stricte économie,
-laissez de côté le chêne et autres bois compacts et coûteux, et
-n'employez, pour toute votre bibliothèque,--vous ne vous en trouverez
-pas plus mal,--pour les tablettes, aussi bien que pour les montants, la
-plinthe et la corniche ou simple saillie, que des bois résineux, ennemis
-des insectes, et de prix modique: pin, pitchpin, mélèze, etc., auxquels
-vous ferez donner la teinte qu'il vous plaira.
-
-Qu'il n'y ait jamais guère plus d'un mètre d'intervalle entre vos
-montants; en d'autres termes, que vos tablettes n'aient jamais plus de 1
-mètre à 1 m. 30 de longueur: avec une portée plus grande, elles
-risqueraient de fléchir sous le poids des livres[403]. Leur largeur sera
-naturellement subordonnée à la profondeur de votre bibliothèque,
-c'est-à-dire que cette largeur variera selon que vous vous proposez
-d'avoir ou de n'avoir pas plusieurs rangées de livres les unes derrière
-les autres. Avec une seule rangée, vous pourriez donner à vos tablettes
-un peu plus de la largeur de vos plus grands volumes, de vos in-4, par
-exemple (0 m. 23), soit 25 centimètres. Pour l'épaisseur, 2 centimètres
-sont suffisants.
-
-Il est important que la face antérieure des montants ne déborde pas sur
-les tablettes, qu'elle en laisse bien les deux extrémités à découvert,
-de façon à ne pas cacher les livres placés à ces extrémités, et à
-permettre de prendre et de remettre ces volumes aisément, sans risque de
-les froisser et endommager.
-
- *
-
- * *
-
-Comment adapter les tablettes aux montants? Et d'abord, faut-il qu'elles
-soient fixes ou mobiles?
-
-Les livres devant être, ainsi que nous l'expliquerons plus loin, rangés
-selon leur hauteur ou format, il n'y aurait guère d'inconvénients, comme
-le constatent MM. Albert Maire et Guyot-Daubès[404], à ce que les
-tablettes fussent établies à demeure, c'est-à-dire fixées directement
-aux montants au moyen de mortaises, ou, _ce qui vaudrait moins_, à cause
-des inégalités et saillies intérieures qui en résulteraient, posées sur
-des tasseaux cloués à ces montants. En tout cas, il serait prudent de
-clouer par l'extérieur et de bien s'assurer qu'aucune extrémité de clou
-ne dépasse à l'intérieur et ne peut érafler les volumes.
-
-Mais, malgré l'opinion des deux bibliographes précités, les tablettes
-mobiles sont généralement préférées aux tablettes fixes[405]; elles
-offrent d'ailleurs certains incontestables avantages, en cas de
-déménagement, par exemple[406], ou de simple changement de place. Donc,
-ces tablettes ou rayons mobiles, par quoi les soutenir et comment les
-manœuvrer?
-
-Le système des crémaillères a été longtemps en honneur et est encore
-communément employé. On sait en quoi il consiste. A l'intérieur des deux
-montants d'une bibliothèque ou de toute travée de bibliothèque, sur le
-bord antérieur et sur le bord postérieur de chacun de ces montants, sont
-fixées de longues bandes de bois taillées en dents de scie et placées
-autant que possible de telle sorte que les dents de ces crémaillères
-soient exactement en face les unes des autres. On prend des tasseaux,
-sorte de languettes de bois dont les bouts sont coupés en biseau, et on
-les encastre deux par deux, à la hauteur que l'on désire, dans les crans
-de ces crémaillères, en ayant soin que ces crans se correspondent, se
-trouvent bien vis-à-vis, sur le même plan horizontal. S'il en était
-différemment, si l'un des tasseaux était plus bas ou plus haut que
-l'autre, la tablette qu'on y poserait suivrait évidemment cette
-inclinaison et pencherait d'un côté ou de l'autre.
-
-Outre que la pose et la stabilité des tasseaux sont souvent contrariées
-par le perpétuel jeu du bois, nous retrouvons, avec ce système, le même
-inconvénient, voire un inconvénient pire, que dans le système de tout à
-l'heure, où les tasseaux étaient cloués aux montants, puisque à la
-saillie des tasseaux s'ajoute maintenant celle des quatre crémaillères
-intérieures, de toute cette quantité de crans et de dents de scie,
-d'aspérités disposées à souhait pour rayer et déchirer les couvertures
-des volumes placés dans leur voisinage, c'est-à-dire aux extrémités de
-chaque rayon. Aussi ferez-vous bien, si vous employez ce mode de
-support, d'appliquer à ces extrémités, contre chaque couple de
-crémaillère, une feuille de carton assez épais, destinée à protéger le
-livre menacé.
-
-Le système des clavettes ou pitons, que nous allons maintenant examiner,
-est, sans comparaison, de beaucoup préférable à celui des crémaillères.
-
-Au lieu d'être munis, sur chacun de leurs bords intérieurs, de cette
-longue bande de bois taillée en dents de scie, les deux montants de la
-bibliothèque sont à demi percés, en cette même place, d'une suite de
-petits trous, également espacés de trois en trois centimètres, et dans
-lesquels on introduit des clavettes ou pitons en fer ou en cuivre[407].
-C'est sur la tête de ces clavettes, qui est aplatie et offre une surface
-saillante d'environ un centimètre et demi carré, que les rayons de la
-bibliothèque viennent s'appuyer. Il faut quatre clavettes pour chaque
-rayon, deux de chaque côté, comme il fallait tout à l'heure quatre crans
-de crémaillère, deux par tasseau; et, de même qu'on devait avoir grand
-soin de choisir ces quatre crans bien en face les uns des autres, il est
-indispensable que les quatre trous destinés à recevoir les clavettes
-correspondent exactement, soient bien sur le même plan horizontal.
-
-Quoique l'épaisseur de la tête des clavettes soit relativement minime et
-ne dépasse guère trois ou quatre millimètres, il est bon, afin
-d'empêcher la clavette d'accrocher ou d'écorner la tête des livres, de
-ménager dans l'épaisseur du rayon, à ses deux extrémités, quatre
-échancrures où viendront librement s'emboîter les têtes des quatre
-clavettes: le rayon n'en sera que plus solidement assis, et toute
-aspérité, toute saillie, sera supprimée. On remplace même parfois les
-clavettes métalliques par des clavettes de bois, auxquelles
-naturellement on donne plus d'épaisseur et plus de longueur, des espèces
-de _tenons_, auxquels correspondent des _mortaises_ pratiquées deux à
-deux aux extrémités des rayons. C'est le système employé, et
-probablement depuis longtemps, dans certaines sections de la
-Laurentienne de Florence: il est moins élégant que le précédent, plus
-primitif, mais je ne le crois pas plus solide ni même plus économique.
-
-On a cherché, dans ces derniers temps, à supprimer ou amoindrir le plus
-possible la difficulté que présente le changement de place (abaissement
-ou exhaussement) d'un rayon chargé de livres, que ce rayon soit appuyé
-sur des tasseaux ou supporté par des clavettes. Plusieurs systèmes ont
-été imaginés dans cette intention. M. le docteur Staender, directeur de
-la bibliothèque royale et universitaire de Breslau, est notamment
-l'inventeur d'un rayon «muni à ses deux extrémités de pitons en métal
-montés sur tourillons mobiles. Ces pitons pénètrent dans des trous
-carrés percés dans les montants de chaque travée. On peut aussi
-remplacer, à l'une des extrémités du rayon, les pitons mobiles par des
-pitons fixes[408].»
-
- *
-
- * *
-
-Il serait certainement très avantageux de ne pas donner à votre
-bibliothèque-meuble une hauteur supérieure à celle où peut atteindre la
-main, hauteur qui dispense de l'emploi des échelles ou escabeaux et est
-actuellement adoptée pour les rayonnages des principales bibliothèques
-publiques[409]. Malheureusement, et comme nous l'avons déjà plus d'une
-fois noté, nous sommes presque toujours logés très à l'étroit; dans les
-grandes villes surtout, la place nous est mesurée avec la plus extrême
-parcimonie: d'où la nécessité de n'en pas perdre un brin. La hauteur de
-votre bibliothèque dépendra donc de celle de votre appartement et de la
-quantité de livres que vous possédez ou avez l'intention d'acquérir.
-
-De même pour la profondeur du meuble. Il vaudrait mille fois mieux sans
-nul doute ne pas mettre de livres les uns derrière les autres; mais...
-toujours le manque de place! Du moins si vous êtes contraint de doubler
-ou même de tripler la profondeur de vos casiers, d'y installer, l'une
-derrière l'autre, deux, voire trois rangées d'in-16 ou d'in-18, ayez
-soin de les échelonner, de façon que les volumes placés sur le premier
-rang ne masquent pas les titres des volumes du second rang et ceux-ci
-les titres du troisième. Surélevez d'un ou deux crans, ou d'un ou deux
-trous,--selon que votre rayonnage sera à crémaillères ou à
-clavettes,--le deuxième rayon et d'autant le troisième. Il va de soi
-que, si vous employez le rayonnage à clavettes, vous devrez, pour
-pouvoir disposer plusieurs rangs de rayons en profondeur, avoir fait
-préalablement adapter, non pas seulement deux bandes de bois sur les
-deux bords intérieurs de chacun des montants de votre bibliothèque,
-mais, entre ces bandes extrêmes, deux autres bandes, plus ou moins
-distantes et pareillement percées de trous, destinés à recevoir les
-clavettes _de devant_, supportant les rayons 2 et 3, les rayons du fond,
-moins larges que le rayon 1.
-
-Il existe certains petits casiers pivotants, de différentes tailles,
-dits _bibliothèques tournantes_, qu'on peut installer à portée de la
-main, près de la table ou même sur la table de travail, et qui vous
-permettent d'alléger ainsi vos rayons et d'accroître l'espace consacré à
-vos livres. On y logera naturellement de préférence les ouvrages dont on
-se sert le plus: dictionnaires, annuaires, manuels, etc.
-
-Pour obvier à l'insuffisance de place, M. Gladstone, le célèbre homme
-d'État anglais, avait imaginé de disposer sa bibliothèque comme une
-bibliothèque publique, de diviser son cabinet de travail par de «petits
-murs de livres à hauteur d'appui, perpendiculaires aux grands côtés de
-la salle et y marquant de véritables demi-cloisons. Chacun de ces petits
-murs à tablettes était accessible de [des] deux côtés, et, par
-conséquent, donnait place à deux rangées de volumes présentant chacune
-le dos. Ces deux cloisons formaient, en avant des fenêtres, autant de
-réduits favorables à la solitude et au travail; elles laissaient le haut
-des surfaces disponible pour les tableaux, gravures et objets d'art;
-enfin, elles supprimaient l'emploi des échelles ou des marchepieds. M.
-Gladstone s'est étendu avec beaucoup de verve sur les avantages de cet
-arrangement; il a démontré que, par son système, 18 000 à 20 000 volumes
-pouvaient trouver place dans une salle de 10 à 12 mètres de long sur 6
-de large, et cela sans lui ôter l'aspect d'un salon ou lui donner celui
-d'un magasin de librairie[410].»
-
-Mais tout le monde ne dispose pas d'une salle de 10 à 12 mètres de long
-sur 6 de large, et ce procédé, si ingénieux et élégant qu'il soit,
-serait inapplicable dans nos étroites petites pièces.
-
-Si vous désirez ne pas laisser tous vos volumes ou documents exposés aux
-regards de vos visiteurs, si vous possédez des livres rares, des
-incunables, des manuscrits enluminés, que vous tenez à mettre en
-réserve[411], à abriter contre les indiscrets et contre la poussière,
-faites fermer par des portes à panneaux plus ou moins ouvragés, des
-portes à charnières ou à coulisses, la partie inférieure de votre
-bibliothèque ou d'une de ses travées seulement. Que les montants en
-soient torsés ou cannelés, la corniche enrichie de moulures, si bon vous
-semble, soit! mais n'oubliez pas que plus ce meuble sera simple, plus il
-facilitera vos recherches, accélérera votre besogne, plus il vous sera
-commode.
-
-Surtout, à aucun prix, ne vous servez de ces meubles dits
-«fantaisistes», de ces vitrines «galbées», de ces bahuts rocaille et
-Pompadour, de ces baroques échafaudages et stupides japonaiseries, où
-les rayons s'interrompent brusquement ou s'enchevêtrent les uns dans les
-autres: je m'occupe d'une bibliothèque d'homme de lettres ou de
-sciences, d'homme d'étude, de travailleur, et non des étagères à
-bibelots d'une petite-maîtresse.
-
- *
-
- * *
-
-On peut avoir à mettre en ordre une bibliothèque composée de nombreux
-volumes de tous les formats, et qui se trouveraient mêlés ensemble et
-amoncelés à terre. Dans ce cas, il faudrait commencer par les trier, et
-c'est d'après les formats que ce tri devrait être opéré. On réunirait
-donc d'abord tous les in-folio, tous les in-4, les in-8, etc.; on
-s'occuperait ensuite de rassembler les volumes appartenant aux mêmes
-ouvrages, ce qui se ferait aisément, ces volumes étant reconnaissables,
-outre leurs égales dimensions, à la couleur de leur reliure ou à leur
-titre.
-
-C'est de même, en suivant l'ordre des formats, et, dans chaque format,
-selon l'ordre alphabétique des noms d'auteurs et en allant de gauche à
-droite, que les livres doivent être rangés sur les rayons. Vous mettrez
-naturellement sur le ou les premiers rayons du bas vos plus grands
-volumes, vos in-folio, si vous en possédez une quantité suffisante pour
-leur attribuer un rayon, et vos in-4. Si vous n'avez que quelques
-in-folio, il serait fâcheux, pour quatre ou cinq volumes de cette
-taille, de hausser de plusieurs crans la tablette supérieure à ce
-premier rang et de perdre ainsi une place précieuse. Vous joindrez donc
-ces quatre ou cinq in-folio à vos deux ou trois _atlantiques_
-(in-plano), format qui n'abonde pas non plus d'ordinaire dans une
-bibliothèque du genre de la nôtre, et vous les rangerez à part et à
-plat, vous les coucherez l'un sur l'autre dans une armoire[412],--dans
-cette armoire, par exemple, que vous venez d'installer au bas et comme
-en soubassement de vos rayonnages, et que vous aurez eu soin de faire
-assez large pour renfermer ces grands livres. Ce rangement horizontal
-aura en outre l'avantage de ménager vos atlantiques, généralement peu
-épais et par suite peu résistants, qui risqueraient fort de se fatiguer
-et de fléchir en restant debout.
-
-Au-dessus des in-4, viendront, toujours par ordre alphabétique de noms
-d'auteurs, et en allant toujours de gauche à droite[413], c'est-à-dire
-dans le sens de la lecture, les in-8, puis les in-12 et in-18, et enfin,
-près de la corniche, les plus petits formats[414].
-
-Au lieu de l'ordre alphabétique, vous pourriez, si vous dressez un
-catalogue et tenez un ou plusieurs _registres d'entrée_ de vos livres
-(un pour chacun des quatre formats principaux: nous parlerons plus
-loin[415] de ces formats et de ces registres), les ranger dans l'ordre
-d'inscription. Mais cette méthode, convenable et indispensable aux
-bibliothèques publiques, où chaque recherche d'un livre dans les rayons
-exige au préalable la recherche du numéro d'inscription de ce livre au
-catalogue, numéro reporté sur une étiquette collée au dos de ce même
-livre, ne nous semble guère pratique pour une collection particulière et
-modeste; et, justement afin de ne pas recourir sans cesse à notre
-catalogue, si restreint qu'il soit, nous préférons de beaucoup le
-classement par formats et par ordre alphabétique. Vos livres étant ainsi
-alignés par rangs de tailles, et ces tailles allant toujours en
-diminuant à mesure que les tablettes s'élèvent, la symétrique régularité
-de cette disposition plaira d'emblée à la vue et produira le meilleur
-effet.
-
-M. Guyot-Daubès blâme cette méthode, et conseille de placer sur les
-rayons de hauteur moyenne, en face des yeux, soit à environ 1 m. 65 du
-sol, les volumes ayant le plus petit format. «La hauteur moyenne à
-laquelle se trouveront les yeux d'une personne se tenant debout près de
-la bibliothèque sera d'environ 1 m. 65; c'est donc sur un rayon à peu
-près à cette hauteur qu'on devra placer les livres des plus petits
-formats: in-12, in-16, in-18. Les titres, généralement peu apparents, du
-dos de ces volumes pourront ainsi être lus avec facilité. Sur le rayon
-au-dessus, on placera les volumes d'un format un peu plus grand...
-Au-dessus se placeront les grands in-8[416];» etc.
-
-Il y a là une singulière inadvertance. La force des caractères d'un
-titre de livre, la lisibilité de ce titre, en d'autres termes, ne dépend
-nullement du format de ce livre, mais de son épaisseur, de sa largeur de
-dos. Un petit in-18 ou un in-32 de 500 pages pourra recevoir une
-inscription, faite dans le sens ordinaire, le sens horizontal, bien plus
-grosse, bien plus apparente que celle d'un in-8 de 50 pages ou d'une
-plaquette in-4 ou in-folio. Dans ce dernier cas même, on est obligé,
-faute de place horizontale, d'inscrire le titre verticalement sur le dos
-du volume, ce qu'on pourrait faire d'ailleurs aussi pour un petit in-18
-ou un in-32; mais ces inscriptions mises _en longueur_ ne sont jamais
-bien lisibles ni bien commodes. C'est horizontalement que doivent
-s'inscrire les titres au dos des volumes, et, plus ce dos sera large,
-plus grosse et plus visible pourra être et sera cette inscription: cela
-est de toute évidence, et vous n'avez qu'à le constater sur vos volumes.
-
-Il y a un autre motif pour ne jamais placer au sommet de votre
-bibliothèque vos plus grands formats, et c'est notre cher La Fontaine
-qui vous l'enseigne dans sa fable _le Gland et la Citrouille_: un livre,
-tout comme un gland qui se détache de l'arbre, peut tomber de sa
-tablette, et mieux vaut recevoir sur la tête un mignon elzevier ou un
-minuscule cazin qu'un énorme potiron.
-
-C'est ici le cas de rappeler qu'il existe un petit appareil très simple
-et peu coûteux destiné à retenir les livres à leur place sur les rayons.
-L'_appui-livre_ se compose de deux courtes plaques métalliques
-perpendiculaires l'une à l'autre: la plaque horizontale se glisse sous
-les volumes à soutenir, du côté du vide, et la plaque verticale en
-venant butter contre le premier de ces volumes, l'empêche de choir, et
-retient ainsi debout et serrés les uns contre les autres les livres de
-toute la rangée. Il faut avouer néanmoins que cet appareil n'a guère
-d'efficacité que pour les volumes de petit format: les in-4 et les in-8,
-les in-18 mêmes, réussissent aisément, par leur poids, à pousser
-l'appui-livre, à le faire céder, et le rendent ainsi inutile. On
-emploie, dans certaines bibliothèques publiques des États-Unis, un
-appui-livre tout à fait primitif et bien plus pratique: «c'est une
-simple brique de construction, enveloppée de papier bulle, et dont le
-poids suffit à maintenir debout les in-octavo et les in-quarto[417].»
-
- *
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- * *
-
-La méthode de classement adoptée à la Bibliothèque nationale et dans les
-bibliothèques universitaires peut nous servir, sinon de base, du moins
-d'indication pour le rangement de nos volumes. Ainsi que nous l'avons
-vu[418], les livres sont répartis, d'après leurs formats, à la
-Bibliothèque nationale, en cinq catégories, et, dans les bibliothèques
-universitaires, en trois seulement. Ces trois catégories, avons-nous
-dit, sont les suivantes:
-
-1º _Grand format_ (comprenant tous les volumes dépassant 35
-centimètres);
-
-2º _Moyen format_ (comprenant les volumes hauts de 25 à 35 centimètres);
-
-3º _Petit format_ (comprenant les volumes au-dessous de 25 centimètres).
-
-Dans une bibliothèque privée, du genre de celle dont nous nous occupons,
-les volumes dépassant 35 centimètres de hauteur sont généralement peu
-nombreux; les volumes au-dessus de 25 centimètres sont même bien moins
-abondants que ceux du _format Charpentier_ (18 centimètres[419]); ce
-sont ces derniers dont on publie le plus aujourd'hui, comme nous l'avons
-remarqué en traitant des formats, et qui ont chance de se trouver chez
-nous en majorité. Réservons-leur donc la plus large place, et, afin de
-la ménager le plus possible, la place, de créer le moins de vide
-possible entre nos rayons, au-dessus de nos rangées de livres,
-établissons quatre sections[420], au lieu de trois, et espaçons nos
-rayons en conséquence:
-
-1º _Très grand format_: volumes in-4 cavalier ou in-4 jésus,
-c'est-à-dire volumes d'une hauteur à peu près égale à 31 ou 35
-centimètres; les volumes de format supérieur, les quelques in-folio et
-les atlantiques, étant, avons-nous dit tout à l'heure[421], rangés à
-part, couchés l'un sur l'autre, dans une armoire;
-
-2º _Grand format_: volumes in-8, ou, plus exactement et plus
-complètement, volumes supérieurs à l'in-18 jésus et inférieurs à l'in-4
-cavalier, c'est-à-dire ayant de 19 à 31 centimètres de hauteur;
-
-3º _Moyen format_: volumes in-18 jésus, ou approximatifs (in-16 raisin,
-in-12 carré, etc.), c'est-à-dire ayant environ 18 centimètres de
-hauteur;
-
-4º _Petit format_: volumes dont la hauteur est inférieure à 16 ou 17
-centimètres (in-24 écu, in-32 jésus, etc.).
-
-Que ce désir, si légitime, d'utiliser le maximum de place dont nous
-disposons, ne nous empêche cependant pas de laisser, au-dessus de chaque
-rangée de livres, entre la tête de ceux-ci et la tablette supérieure, un
-peu d'espace, deux centimètres environ, afin de pouvoir aisément glisser
-la main dans cet intervalle, et retirer ou replacer sans difficulté nos
-volumes.
-
-Mais comment concilier le classement par formats avec le classement par
-matières? Car tout le monde ne peut, à l'exemple, paraît-il, de M. de
-Talleyrand, ne garder dans sa bibliothèque que des volumes d'un seul et
-même format, ce qui évidemment simplifiait de beaucoup la question et
-supprimait toute difficulté. Et ce format, tant affectionné par
-l'illustre diplomate, inutile de vous prévenir que c'était l'in-8: vous
-vous souvenez de ce que nous avons dit de la vogue de l'in-8 dans toute
-la première moitié du XIXe siècle[422]? M. de Talleyrand, assure-t-on,
-ne voulait «souffrir» sur ses rayons «que des lignes immenses d'in-8,
-tous rangés en bataille comme des grenadiers prussiens[423]».
-
-Vous, qui n'êtes pas aussi exclusif, qui possédez des livres de toutes
-dimensions, comment donc ferez-vous pour que le rangement par formats se
-concilie avec l'ordre des matières?
-
-La difficulté n'a d'importance, à vrai dire, et selon la remarque de
-Tenant de Latour, que pour «les grands établissements publics, où la
-confusion d'ailleurs se mettrait trop aisément sans cela. Mais, dans une
-bibliothèque de quelques milliers de volumes, où l'on n'est pas obligé,
-où il ne serait pas possible d'admettre tous les ouvrages qui se
-rattachent à chaque division, où l'on n'admet assez généralement que des
-livres plus ou moins utiles ou plus ou moins aimés, là où toute une
-matière peut être représentée par cent volumes de formats divers[424],»
-il est toujours relativement facile de ranger ces volumes avec
-régularité, élégance et commodité.
-
-Si vous tenez absolument, ce qui est du reste très légitime, à classer
-ensemble tous vos volumes traitant de la même matière, employez le
-_classement vertical_ préconisé par M. Guyot-Daubès. Vous voulez, par
-exemple, que tous vos ouvrages sur l'histoire de France se trouvent
-réunis. Au-dessus de vos in-4 traitant de ce sujet, placez vos in-8
-consacrés à la même question; au-dessus de vos in-8, rangez vos in-12 et
-in-18 ayant trait pareillement à notre histoire nationale, et, au-dessus
-des in-12 et in-18, les in-24 et in-32 qui s'en occupent aussi. Vous
-rangerez de même, à la suite des précédents, les volumes relatifs à la
-littérature, à la linguistique, aux beaux-arts, etc. «Par ce moyen, la
-bibliothèque conserve son aspect de régularité et de bonne disposition,
-toute la place est bien utilisée, et il n'y a pas d'emplacement perdu
-par suite de la présence de petits volumes dans des rayons largement
-espacés; le _classement vertical_ a donc une importance sur laquelle on
-ne saurait trop insister[425].»
-
-Mais, dans chacune de ces catégories: histoire de France, littérature,
-linguistique, beaux-arts, etc., n'oubliez pas de ranger toujours vos
-volumes par ordre alphabétique de noms d'auteurs, ce qui facilitera de
-beaucoup vos recherches, et toujours de gauche à droite sur chaque
-rayon, comme nous l'avons dit.
-
-Un autre système de classement, applicable seulement aux bibliothèques
-particulières, se trouve mentionné, sinon préconisé, par l'auteur des
-_Mémoires d'un bibliophile_. Il est de beaucoup plus simple, et on peut
-le dire aussi original que rationnel pour certains lecteurs ou amateurs.
-C'est le système employé par M. d'Herbouville, directeur général des
-postes de 1815 à 1816, «possesseur d'une magnifique bibliothèque, et
-l'un des hommes de France le plus en état de la bien classer[426]». Il
-consiste tout bonnement à «mettre les plus beaux livres devant, et les
-plus laids derrière[427]».
-
-D'autres amoureux des livres placeront devant, bien à portée de la main,
-leurs volumes préférés, ceux qu'ils relisent ou consultent le plus
-fréquemment.
-
-Tous ces systèmes ont du bon pour une collection particulière: vous
-n'êtes pas et ne pouvez être astreint, dans votre bibliothèque, qui ne
-sert qu'à vous seul, au même ordre, à la même rigoureuse méthode, qui
-doit régir un établissement public. Le point capital pour vous, ou même
-le seul point à retenir, c'est que votre classement vous plaise et que
-vous le possédiez jusqu'au bout des doigts, de façon à aller quérir sans
-lumière ou les yeux fermés n'importe lequel de vos volumes, c'est qu'il
-vérifie et confirme l'excellente règle posée par un bibliophile anonyme:
-
-«Un livre doit être placé dans une bibliothèque de manière à n'être
-jamais cherché, mais tout simplement pris[428].»
-
-
-
-
-CHAPITRE VIII
-
-DES CATALOGUES ET DE LA CLASSIFICATION BIBLIOGRAPHIQUE
-
-Différentes sortes de catalogues.--Catalogue alphabétique ou par noms
-d'auteurs.--Emploi des fiches.--_Ex-libris._--Timbrage et _rondage_ des
-volumes.--Détermination du _mot d'ordre_ et classement des fiches:
-nombreux cas douteux et principales difficultés.
-
-Catalogue méthodique ou systématique, c'est-à-dire par ordre de
-matières.--Classification de J.-Ch. Brunet.--Autres systèmes de
-classification bibliographique.--Classification décimale de M. Dewey.
-
-
-«On ne jouit vraiment de ses livres qu'à la condition de les classer, de
-les garder et de les cataloguer,» a prétendu l'académicien
-Cuvillier-Fleury[429]. Et Jules Richard affirme de son côté que, dès
-qu'un «bibliophile amateur a commencé sa collection..., il lui faut tout
-de suite un catalogue; il le lui faut absolument; car il n'y a pas de
-vrai bibliophile ni de bibliothèque bien classée sans catalogue[430]».
-
-Sans être aussi certain de la rigoureuse et inflexible nécessité de
-cette condition, du moins pour une modeste bibliothèque comme la nôtre,
-occupons-nous donc le plus succinctement possible, et si complexe, si
-rébarbative et ingrate que soit la matière, du catalogage des livres et
-de leur classification.
-
-Les livres peuvent se classer et se cataloguer soit par noms d'auteurs:
-c'est le catalogue _alphabétique_ ou _onomastique_;--soit d'après les
-titres des ouvrages, c'est-à-dire par ordre de matières: c'est le
-catalogue _méthodique_, nommé aussi _systématique_ ou
-_idéologique_;--soit selon la place que les volumes occupent sur les
-rayons: c'est le catalogue _topographique_, appelé par les Allemands
-_Lokal-Katalog_[431]. On peut aussi les classer d'après leurs dates de
-publication ou d'impression, et l'on a le catalogue _chronologique_; ou
-d'après leurs lieux d'impression, ce qui donne le catalogue
-_géographique_: ces deux dernières sortes de catalogues sont presque
-exclusivement réservées aux incunables, et nous ne nous occuperons que
-des deux premières, du catalogue alphabétique et du catalogue
-méthodique.
-
-Le catalogue alphabétique, écrit M. Albert Maire[432], «est le plus
-important des catalogues d'une bibliothèque, celui qui est consulté sous
-toutes ses formes et à tous les instants». Le catalogue méthodique ne
-lui cède guère en utilité et mérite, et rend aussi les plus grands
-services. Avez-vous à chercher le titre d'un livre dont vous connaissez
-le nom de l'auteur, vous le trouvez sans difficulté avec le catalogue
-alphabétique; mais si vous ne connaissez pas ce nom, ou encore si vous
-voulez vous rendre compte du nombre d'ouvrages publiés sur une matière,
-c'est au catalogue méthodique qu'il faut recourir. Tous deux sont donc,
-et à peu près au même degré, d'un usage essentiel dans les bibliothèques
-publiques et les grandes collections.
-
-Un principe tout d'abord: ne vous servez pas de registres pour
-cataloguer vos volumes, mais de fiches ou cartes[433], faites en bon
-papier épais, de 8 ou 10 centimètres de large sur 12 ou 14 de haut, et
-que vous rangerez, par ordre alphabétique, dans une longue boîte en
-bois[434], ou, si vos livres, et par conséquent vos fiches, sont en
-petit nombre, simplement en fort carton. En tête de chaque lettre, il
-est bon de placer une fiche, dite _vedette_, plus haute que les autres
-et de couleur différente, portant à son sommet mention de cette lettre.
-
-Si votre bibliothèque comprend beaucoup de volumes, quatre ou cinq mille
-au moins, il sera préférable d'employer des fiches articulées, qui se
-classent dans des boîtes en chêne, traversées dans toute leur longueur
-par une vis sans fin. Ces fiches, échancrées à leur partie inférieure ou
-talon[435], se placent à cheval sur la vis sans fin. Chaque talon est
-réuni, par une articulation en toile, au corps de la fiche, à la fiche
-proprement dite, ce qui donne à celle-ci une grande mobilité, et rend
-les recherches des plus faciles. Chaque talon possède en outre, à droite
-et à gauche, un petit rebord en saillie qui vient s'engager dans une
-rainure tracée dans les parois latérales de la boîte. Le talon de la
-fiche étant ainsi, grâce à ce rebord, plus large que la boîte, il faut
-le diriger obliquement pour l'y faire entrer; lorsqu'il est en place, la
-fiche se trouve comme fixée, par sa partie inférieure, son talon, dans
-la boîte, et ne peut en être retirée verticalement. Il n'y a plus qu'à
-manœuvrer la vis au moyen d'une clef spéciale, qu'on ôte à volonté, pour
-faire avancer un écrou qui serre et immobilise les talons de toutes les
-fiches et, par suite, empêche celles-ci de se déplacer ou d'être
-enlevées. Mais chacune d'elles, grâce à l'articulation de toile, peut se
-mouvoir en avant et en arrière, osciller sur son talon, et par
-conséquent être aisément consultée. Veut-on extraire de la boîte ou y
-insérer une ou plusieurs fiches? Il suffit de desserrer la vis. Cet
-ingénieux système de fiches et de boîtes, d'usage fréquent dans les
-bibliothèques publiques, porte le nom de son inventeur, M. Ferdinand
-Bonnange[436].
-
-Sur chaque fiche on inscrit:
-
-1º Le nom et le ou les prénoms de l'auteur: c'est ce nom qui devient le
-_mot d'ordre_ de la fiche, c'est-à-dire qui en détermine le classement:
-aussi doit-il être écrit en tête et en gros caractères, bien détaché de
-la suite de l'inscription;
-
-2º Le titre (autant que possible complet) du livre, et, s'il y a lieu,
-le chiffre de l'édition;
-
-3º L'_adresse_, c'est-à-dire le lieu de publication, le nom de
-l'éditeur[437] et la date de publication ou millésime;
-
-4º L'indication du nombre de volumes, du format,--beaucoup y ajoutent le
-nombre de pages,--et de l'état matériel du ou des volumes de chaque
-ouvrage[438]: brochés, reliés, non rognés, dorés sur tranches, etc. Ces
-dernières indications se mettent toujours en abrégé: _br._, _r._ ou
-_rel._, _n. r._, _d. s. tr._ (Voir à l'Appendice: ABRÉVIATIONS.) Si le
-titre ne mentionne pas la date de l'édition, on inscrit sur la fiche _s.
-d._ (sans date) ou _s. m._ (sans millésime), et si le lieu de
-publication n'y figure pas non plus, on le constate de cette façon: _s.
-l. n. d._ (sans lieu ni date) ou _s. l. n. m._ (sans lieu ni millésime).
-
-Si vous voulez procéder plus régulièrement encore et à l'instar des
-bibliothèques publiques, vous aurez un registre d'entrée[439] sur lequel
-vous inscrirez, en lui donnant un numéro d'ordre, chacun de vos livres,
-à mesure qu'ils vous arriveront. Si l'ouvrage se compose de plusieurs
-volumes, il est préférable d'attribuer à chacun d'eux un numéro spécial:
-tous vos livres auront ainsi en quelque sorte, chacun distinctement, un
-état civil, et le dernier numéro porté sur votre registre vous indiquera
-le nombre de volumes entrés dans votre bibliothèque, le total de vos
-richesses.
-
-Sur les registres ou cahiers du catalogue méthodique, dont il sera
-question plus loin, vous ne donnerez, au contraire, qu'un seul numéro à
-chaque ouvrage, quelle que soit la quantité de volumes dont il se
-compose; et cela se comprend, puisque, là, dans le catalogue méthodique,
-chaque ouvrage n'est considéré qu'au point de vue du sujet qu'il traite,
-n'est envisagé que dans son ensemble, et ne doit, par conséquent, former
-qu'une unité.
-
-Ces inscriptions effectuées, vous transcrivez dans l'angle gauche
-supérieur de la fiche le numéro du registre du catalogue méthodique,
-ainsi que les lettres ou chiffre indices affectés à la section de ce
-catalogue à laquelle cet ouvrage appartient, ce qu'on nomme la _cote_,
-comme nous le verrons aussi plus loin. Quant au numéro du registre
-d'entrée, au lieu de le porter pareillement en tête de la fiche, vous
-l'inscrirez au-dessous du titre et de l'adresse. Voici pourquoi. Un
-ouvrage peut se composer de nombreux volumes, qui, s'il est en cours de
-publication, par exemple, vous seront adressés successivement; et, comme
-vous devez assigner à chacun d'eux un numéro d'ordre, la place ne
-tarderait pas à vous manquer pour ces inscriptions: vous seriez arrêté,
-quelques centimètres au-dessous du bord supérieur de la fiche, par le
-nom de l'auteur, le _mot d'ordre_, qui, comme nous l'avons dit, doit
-être écrit en tête et en gros caractères. De plus, les mêmes ouvrages,
-quel qu'en soit le nombre d'exemplaires que vous possédez, devant
-respectivement figurer sur la même fiche, avec leurs numéros d'entrée,
-le chiffre et le format de leur édition, et ce qui caractérise chacune
-d'elles ou chaque exemplaire (illustrée, annotée, revue, etc.;--broché,
-cartonné, relié, etc.), il est indispensable de réserver pour ces
-inscriptions une place suffisante, et, cette place, vous ne pouvez la
-trouver qu'au-dessous du mot d'ordre, du titre et de l'adresse. Si elle
-venait à vous faire défaut, si votre fiche était complètement
-remplie,--ce qui peut arriver, même assez vite, spécialement pour les
-publications périodiques, dont vous recevez un ou plusieurs volumes par
-année,--vous prendriez une seconde fiche, que vous réuniriez à la
-première par le talon, à l'aide de colle, et sur laquelle vous
-continueriez vos inscriptions. Ajoutons que numéro d'entrée et cote du
-catalogue méthodique doivent figurer sur l'_ex-libris_ de chaque volume,
-étiquette ou vignette que vous collerez ou avez déjà collée au verso du
-premier plat de la couverture.
-
-Supposons que nous ayons à rédiger la fiche d'un exemplaire broché de
-l'_Histoire de Paris_ de Dulaure, composé de quatre volumes, inscrits
-sur notre registre d'entrée sous les numéros 3415 à 3418, et, sur le
-registre de la section du catalogue méthodique (Histoire: U; Histoire de
-France U V1; Paris U V1 Oa.--Classification de Brunet, voir _infra_, pp.
-278-281) sous le nº 62; nous libellerons et disposerons ainsi nos
-diverses indications sur une des fiches précédemment décrites, une fiche
-du système Bonnange:
-
- U V1 Oa
- -------
- Nº 62
- DULAURE (J.-A.)
- _Histoire physique, civile et morale de Paris_, 7e édit.
- Paris, Librairie des Publications illustrées, 1864. 4 vol. in-8 br.
-
- Nº 3415: Tome 1.
- -- 3416: -- 2.
- -- 3417: -- 3.
- -- 3418: -- 4.
-
-Par abréviation, on pourrait réunir ces quatre derniers numéros et se
-contenter d'écrire, après «4 vol. in-8 br.»: Nºs 3415-3418; mais
-l'affectation d'un numéro spécial à chaque tome sur la fiche même est
-préférable; elle permet de faire suivre cette mention de la désignation
-des caractères particuliers à chaque tome comme à chaque ouvrage: relié,
-broché, etc., et de donner ainsi encore une fois à tous vos livres, sur
-le registre d'entrée aussi bien que sur les fiches, une sorte de
-certificat d'identité ou d'état civil.
-
-Pour les tomaisons, employez toujours les chiffres arabes, de préférence
-aux chiffres romains, qui occupent trop d'espace et sont une source de
-confusion et d'erreurs. (Voir l'Appendice.)
-
-De même, pour la fiche d'un exemplaire du roman d'Alphonse Daudet,
-_Sapho_, nous aurions,--la cote du catalogue méthodique étant:
-Belles-Lettres: O; Fictions en prose: O IV; Romans: O IV 2; Romans
-français: O IV 2 D; et le numéro d'ordre supposé 515:
-
- O IV 2 D
- --------
- Nº 515
-
- DAUDET (Alphonse).
-
- _Sapho_, mœurs parisiennes.
-
- Paris, Charpentier, 1884. In-18. Cart. brad.
-
- Nº 4841.
-
-Si un ou plusieurs autres exemplaires de ce même roman venaient
-s'ajouter à votre bibliothèque, vous inscririez sur la fiche précédente,
-au-dessous du Nº 4841, affecté à l'exemplaire que vous possédez déjà,
-les numéros d'entrée de vos nouveaux exemplaires, avec les mentions de
-rigueur:
-
- Nº 5307: Paris, Flammarion, s. m. In-18. Illustr. Rel. toile.
- Nº 6015: Paris, Lemerre, 1895. Pet. in-12. Br.
-
-Pour un journal ou un recueil périodique, nous aurions:
-
- U Journaux I b
- --------------
- Nº 43
-
- REVUE DES BIBLIOTHÈQUES. Mensuelle. In-8.
-
- Directeurs: Émile Chatelain et Léon Dorez.
- Paris, Émile Bouillon, édit.
-
- Nº 5885: 4e année, 1894. Demi-rel. chagr.
- -- 7921: 5e -- 1895. --
- -- 8518: 6e -- 1896. --
- -- 9302: 7e -- 1887. --
- -- 9950: 8e -- 1898. --
- -- 10217: 9e -- 1899. --
- -- 11588: 10e -- 1900. --
-
-Nous rappelons que, pour ces nombreuses inscriptions, une fois la
-première fiche remplie, on en prend une seconde, puis, s'il le faut, une
-troisième, une quatrième, etc., et on les réunit toutes par leur talon,
-qui, grâce à la charnière de toile, laisse indépendante et mobile la
-partie supérieure, la fiche proprement dite.
-
-Il arrive très fréquemment que le nom de l'auteur figure, accompagné de
-mentions ou de qualités, à la suite du titre de l'ouvrage; il est bon
-alors, quoique ce nom soit déjà placé comme mot d'ordre en tête de la
-fiche, de le maintenir à son rang dans la transcription du titre.
-Souvent même il s'y trouve comme incorporé. Exemples:
-
- CHARTIER (Alain).
-
- _Les O[eu]vres de feu messire Alain Chartier._
-
- Paris, Galliot du Pré, 1529. In-8. Rel. en vélin.
-
- PASCAL (Blaise).
-
- _Pensées de M. Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets,
- qui ont été trouvées après sa mort parmi ses papiers._
-
- Paris, Guillaume Desprez, 1670. In-8. Rel. en parch.
-
-Il ne faut jamais modifier sur les fiches le texte du titre d'un
-ouvrage; si ce texte est trop long, s'il semble diffus et chargé de
-détails inutiles, et qu'on juge à propos de l'abréger, on indiquera par
-des points (trois points suffisent:...) chaque endroit où une
-suppression a été opérée.
-
-Si un ouvrage, composé d'un certain nombre de volumes ou de parties, a
-mis plusieurs années à paraître, a été, en d'autres termes, imprimé à
-des dates différentes, on inscrit sur la fiche les deux dates extrêmes,
-c'est-à-dire celle qui est portée sur le titre du premier volume et
-celle du dernier, et on les joint par un trait d'union. Ainsi: 1864-1867
-indique que l'ouvrage a commencé à paraître ou à être imprimé en 1864
-(millésime du premier volume), et qu'il a été terminé en 1867 (millésime
-du dernier). On pourrait encore, ce qui vaudrait mieux, ajouter à la
-suite de chaque tome l'adresse de ce tome:
-
- Nº 1219: Tome 1. Paris, Hetzel, 1864.
- Nº 2502: -- 2. -- -- 1865.
- Nº 3909: -- 3. -- -- 1867.
-
-Quand un ouvrage n'a qu'un seul volume, il suffit, comme nous l'avons
-fait tout à l'heure (fiches DAUDET, CHARTIER, etc.), d'en indiquer le
-format; la mention 1 vol. se trouve sous-entendue.
-
-Pour vos fiches ou cartes, comme pour vos registres, une écriture
-droite, du genre de la petite ronde, est de beaucoup préférable à
-l'écriture penchée, dite anglaise. L'écriture droite permet de faire
-tenir dans un même espace bien plus de texte que l'anglaise, et elle
-s'accommode mieux, par suite, avec les colonnes des registres[440].
-Écrivez toujours bien lisiblement et, autant que possible, pas trop fin.
-Vous pouvez d'ailleurs et vous devez même tracer en plus forts
-caractères certaines mentions, telles que le mot d'ordre; en souligner
-d'autres: le titre du livre, par exemple; dans certains cas, il vous est
-loisible d'incliner légèrement votre écriture, en imitant l'italique:
-vous donnerez ainsi à vos fiches toute la clarté désirable et le
-meilleur aspect possible.
-
-Les bibliothèques publiques remplacent les ex-libris par des empreintes
-à l'encre grasse et indélébile, faites sur le titre des livres au moyen
-du timbre même de ces bibliothèques, et elles inscrivent souvent dans le
-champ de cette empreinte la cote du livre. Le même cachet est reporté
-plus loin à deux endroits: à la dernière page du volume, et à une page
-conventionnelle, qui est toujours la même pour chaque bibliothèque: page
-97, anciennement page 101, pour la Bibliothèque nationale; page 41 pour
-la bibliothèque Sainte-Geneviève; page 99 pour les bibliothèques
-universitaires; etc. Si le volume n'atteint pas le chiffre de la page
-conventionnelle, après avoir apposé l'empreinte sur le titre et sur la
-dernière page, on timbre,--à la Bibliothèque nationale du moins,--la
-première page de la deuxième feuille. «La forme du timbre est d'une
-grande importance pour ne pas abîmer le livre, écrit le docteur
-Graesel[441]; c'est pour cette raison qu'en France, où le timbrage
-triple est obligatoire dans toutes les bibliothèques publiques, une
-circulaire ministérielle[442] a recommandé d'employer des timbres
-oblongs et de faible diamètre, de telle façon qu'on puisse les appliquer
-sur les marges des volumes sans risque de couvrir le texte.»
-
-C'est par ces marques indélébiles que les établissements publics
-attestent leur propriété et se précautionnent contre les détournements
-ou adirements de leurs livres. Afin qu'on puisse aisément reconnaître et
-trouver les volumes lorsqu'ils sont en place sur les rayons, la cote, ou
-simplement le numéro du registre d'entrée est inscrit sur une étiquette
-de papier, en forme de menue rondelle (d'où le nom de _rondage_ donné à
-cette opération[443]), que l'on colle au dos de chaque livre[444].
-
-Mais vous, dont les volumes n'ont pas à redouter des mains étrangères et
-ne doivent pas sortir de votre cabinet de travail, gardez-vous bien de
-souiller et déshonorer de la sorte vos chers trésors: pas de rondelles
-sur leurs dos, pas de timbres sur leurs feuilles de garde ou de titre,
-pas de cachets gras sur leurs pages, pas d'inscriptions à l'encre, si ce
-n'est des dédicaces d'auteurs étalées en belle place sur le recto du
-faux titre, un _ex-dono auctoris_ qui spécialise votre exemplaire et en
-augmente le prix.
-
-Les aristocratiques amateurs d'autrefois faisaient graver, _pousser_,
-leurs armoiries sur les plats de leurs reliures. A défaut de cette
-somptueuse marque de propriété, vous avez de très artistiques vignettes
-destinées à servir d'_ex-libris_, et vous pouvez encore, pour comble de
-précaution et tout comme le président Auguste de Thou[445], faire
-pousser vos initiales au bas du dos de vos livres, même de vos simples
-bradels.
-
- *
-
- * *
-
-Un grand nombre de difficultés peuvent se présenter dans la rédaction et
-le classement des fiches, dans la fixation et la transcription de ce
-_mot d'ordre_, dont nous avons parlé tout à l'heure, ce mot à mettre en
-tête de la fiche, mot qui déterminera le classement et qu'il faudra
-chercher quand on recourra au catalogue. Voici les plus fréquentes de
-ces difficultés et leurs solutions.
-
-Les noms précédés de la particule nobiliaire _de_ ou _d'_ rejettent
-cette particule après le nom. Ainsi:
-
- Joseph de Maistre s'écrira: MAISTRE (Joseph de);
- Mme de Sévigné -- SÉVIGNÉ (Mme de);
- Comte d'Houdetot -- HOUDETOT (Comte d');
- M.-A.-P. d'Avezac -- AVEZAC (M.-A.-P. d').
-
-Au contraire, les noms précédés de l'article _le_ ou _la_ se classent à
-la lettre L:
-
- Jean Le Maire s'écrira: LE MAIRE (Jean);
- Jean de la Fontaine -- LA FONTAINE (Jean de);
- Duc de la Rochefoucauld -- LA ROCHEFOUCAULD (Duc de).
-
-Et non: MAIRE (Jean Le); FONTAINE (Jean de la); ROCHEFOUCAULD (Duc de
-la)[446].
-
-Les noms précédés de la particule nobiliaire _du_ ou _des_ ne rejettent
-pas cette particule à la fin et se classent à la lettre D. La raison
-qu'on donne pour justifier cette règle, c'est que _du_ étant mis pour
-_de le_, _des_ pour _de les_, c'est cet article contracté qui, comme
-tout à l'heure l'article simple, doit déterminer le classement.
-
- Joachim du Bellay s'écrira donc: DU BELLAY (Joachim);
- Jacques des Barreaux -- DES BARREAUX (Jacques).
-
-Peut-être vaudrait-il mieux adopter une règle uniforme et _mettre
-toujours le mot d'ordre au nominatif_. On ne verrait pas alors de ces
-anomalies: Henri de Verdier classé à VERDIER (Henri de), et Henri du
-Verdier classé à DU VERDIER (Henri)[447].
-
-Les mêmes singularités et contradictions se retrouvent avec les
-particules étrangères: _von_, _zum_, _zur_ (allemand); _van_, _ten_,
-_ter_, _de_ (hollandais); _da_ (portugais); _o'_, _mc_, _mac_ (irlandais
-et écossais); etc. _Von_ se rejette toujours après le nom: MÜLLER
-(Johann von); SICKEL (Theodor von). Mais on écrit[448] ZUM BACH (Karl
-Ad.[449]), ZUR HELLEN (D. A.); VAN PRAET (J.-B.-B.), VAN DEN BERGH (J.),
-TEN BRINCK, DE DENE (Ed.); DA CUNHA (P.); O'BRIEN (Matthew), MAC-KAIN
-(D.). MAC-LAURIN (C.), MC-CRADY (J.), M'CRAW (W.)[450]; etc.
-
-D'autres bibliographes classent, au contraire, van Aelbroeck à AELBROECK
-(van), van Praet à PRAET (van), et même von Schlegel à SCHLEGEL
-(von)[451]; etc.
-
-Ajoutons que, dans les noms allemands, les voyelles surmontées d'un
-tréma, _ä_, _ö_, _ü_, sont considérées comme l'équivalent de _æ_, _œ_,
-_ue_, de sorte que les noms Hänel, Löwenfeld et Dümmler seront placés
-comme s'ils étaient écrits: HAENEL, LOEWENFELD et DUEMMLER. C'est même
-sous ces dernières formes, conseille M. Léopold Delisle[452], qu'il sera
-bon d'inscrire les noms au sommet des fiches.
-
-Si un nom est composé de plusieurs mots, c'est généralement le premier
-mot qui est le mot d'ordre. On écrira donc, et l'on effectuera le
-classement en conséquence:
-
- ARNAULD D'ANDILLY, et non ANDILLY (Arnauld d');
- LENAIN DE TILLEMONT, -- TILLEMONT (Lenain de);
- MALTE-BRUN, -- BRUN (Malte-).
-
-Cependant Poquelin de Molière, François de Salignac de la Mothe-Fénelon,
-Arouet de Voltaire, Charles de Secondat de Montesquieu, Caron de
-Beaumarchais, etc., se classent à MOLIÈRE, FÉNELON, VOLTAIRE,
-MONTESQUIEU, BEAUMARCHAIS, etc., parce que ces noms, universellement
-connus, s'imposent comme mots d'ordre; et les fiches seront rédigées
-sous cette forme: MOLIÈRE (Poquelin de), FÉNELON (François de Salignac
-de la Mothe-), etc.
-
-Les femmes auteurs sont désignées par le nom sous lequel elles ont
-publié leurs ouvrages:
-
- DACIER (Anne Lefèvre, femme d'André);
- SÉVIGNÉ (Marie de Rabutin-Chantal, marquise de).
-
-Lorsque plusieurs auteurs portent le même nom, on les classe d'après
-leurs prénoms: CORNEILLE (Pierre) avant CORNEILLE (Thomas).
-
-Si les prénoms sont les mêmes pour plusieurs homonymes, les qualités,
-grades ou professions, joints à ces noms par les auteurs eux-mêmes, ou
-ajoutés exceptionnellement par vous, détermineront le classement. DUMAS
-(Alexandre) _fils_ se classera alphabétiquement avant DUMAS (Alexandre)
-_père_[453]; MARTIN (Henri), archiviste paléographe, conservateur à la
-bibliothèque de l'Arsenal, avant MARTIN (Henri), historien, membre de
-l'Académie française, et ce dernier avant MARTIN (Henri), professeur,
-membre de l'Académie des inscriptions.
-
-Les homonymes dont les prénoms seraient inconnus se classeraient par
-ordre chronologique.
-
-Certains personnages, tels que les princes souverains, les papes, divers
-prélats et écrivains, etc., n'ont point, à proprement parler, de noms de
-famille, et ne sont communément désignés que par leurs prénoms: c'est ce
-prénom qui sera le mot d'ordre, «et l'on distinguera, dit M. Léopold
-Delisle[454], les homonymes par le nom des États qu'ils ont gouvernés,
-des églises qu'ils ont administrées, des localités dont ils sont
-originaires. Dans la série des homonymes, les saints passent au premier
-rang. Les papes viennent à la place que l'ordre alphabétique assigne au
-mot _pape_.» Exemples:
-
- CHARLES VIII, roi de _France_...
- CHARLES, duc d'_Orléans_...
- PAUL (saint).
- PAUL _Diacre_.
- PAUL d'_Égine_.
- PAUL III, _pape_.
- PAUL I, empereur de _Russie_.
- PHILIPPE, abbé de _Bonne-Espérance_.
- PHILIPPE le Bon, duc de _Bourgogne_.
- PHILIPPE II, roi d'_Espagne_.
- PHILIPPE III, roi de _France_.
- PHILIPPE de _Thessalonique_.
-
-«Pour les personnages qualifiés de _saints_ ou de _bienheureux_, les
-mots _saint_ et _bienheureux_ doivent être mis de côté, tandis que ces
-mots font partie intégrante des noms de lieu ou d'institution dans la
-composition desquels ils sont entrés[455].» On écrira donc:
-
- BENOÎT (saint), _Règle..._
- LOUIS (saint), _Enseignements..._
-
-Mais on mettra à la lettre S les articles:
-
- SAINT-BENOÎT-sur-Loire (Abbaye de)...
- SAINT-LOUIS (Ordre de)...
- SAINT-LOUIS-des-Français, à Rome (Église de)...
-
-On classera aussi «à la lettre S les noms d'hommes tirés d'un nom dans
-lequel le mot _Saint_ entre comme partie intégrante[456]». Exemples:
-
- SAINT-FOIX (G.-F. de), _Essais historiques sur Paris..._
- SAINT-PIERRE (Bernardin de[457]), _Paul et Virginie..._
- SAINT-VICTOR (J.-M. Bins de), _Tableau historique et pittoresque
- de Paris..._
-
-Pour les auteurs dont on possède des exemplaires des œuvres complètes,
-des œuvres choisies et d'ouvrages séparés, on classe en premier lieu la
-fiche relative aux œuvres complètes, inscrites dans l'ordre
-chronologique des éditions; puis la fiche concernant les œuvres
-choisies, rédigée de même; les fiches relatives aux ouvrages publiés
-séparément viennent après, rangées par ordre alphabétique des
-titres[458]. Exemples:
-
- CHATEAUBRIAND, _Œuvres complètes..._
- CHATEAUBRIAND, _Œuvres choisies..._
- CHATEAUBRIAND, _Atala..._
- CHATEAUBRIAND, _Martyrs (les)..._
- CHATEAUBRIAND, _Natchez (les)..._
-
-Si un auteur a publié plusieurs de ses ouvrages sous des noms
-différents, on rédige la _fiche complète_ ou _fiche principale_ avec,
-pour mot d'ordre, le nom généralement le plus connu, et l'on met à
-chaque autre nom une _fiche de rappel_ ou _de renvoi_. Ainsi Voltaire
-(qui est déjà un pseudonyme et représente Arouet) a signé ses écrits de
-_cent soixante_ noms différents[459]. Vous cataloguerez toutes ces
-publications à VOLTAIRE sous cette forme:
-
- (Cote du catalogue méthodique.)
- VOLTAIRE [François-Marie AROUET de]. [Docteur RALPH].
- _Candide ou l'Optimisme_, roman traduit de l'allemand du docteur
- Ralph...
- (Numéro du registre d'entrée.)
-
- (Cote du catalogue méthodique.)
- VOLTAIRE [François-Marie AROUET de]. [Docteur AKAKIA].
- _Diatribe du docteur Akakia..._
- (Numéro du registre d'entrée.)
-
-Et vous mettez à RALPH (Docteur) et à AKAKIA (Docteur) une fiche de
-renvoi:
-
- RALPH (docteur).
- Voir VOLTAIRE.
-
-Vous pouvez ajouter, à l'angle gauche supérieur de la fiche de renvoi,
-la cote du catalogue méthodique inscrite sur la fiche principale, le
-plus valant mieux que le moins.
-
-Les premières éditions des _Provinciales_ de Pascal ont paru sous le nom
-de Louis de Montalte; vous cataloguerez de la sorte un exemplaire d'une
-de ces premières éditions:
-
- PASCAL (Blaise). [MONTALTE (Louis de)].
- _Les Provinciales ou les Lettres écrites par Louis de Montalte à un
- provincial de ses amis, et aux RR. PP. Jésuites_, 9e édit.
- Cologne, Nicolas Schoute, 1685. In-12. Rel. v.
-
-Et à MONTALTE vous placerez une fiche de renvoi:
-
- MONTALTE (Louis de).
- Voir PASCAL (Blaise).
-
-Quelques bibliographes font l'inverse, placent la fiche principale au
-nom porté sur le titre, soit à MONTALTE dans le dernier exemple, et la
-fiche de renvoi à PASCAL; mais la plupart sont d'un avis contraire et
-estiment qu'il faut prendre comme mot d'ordre le vrai nom ou le nom le
-plus connu. «C'est cette dernière manière de faire qui a été en général
-suivie, et avec raison selon nous, dit le docteur Graesel[460], parce
-qu'elle est plus conforme à ce grand principe qui veut que tous les
-ouvrages d'un même auteur soient autant que possible réunis sous son
-vrai nom[461], qu'ils aient paru sous ce vrai nom, sous un nom supposé
-ou même sous le voile de l'anonymat.»
-
-De même, s'il s'agit d'un nom traduit, d'une métonomasie:--MÉLANCHTHON,
-traduction grecque de l'allemand Schwarzerd (ou Schwartzerde), terre
-noire; ŒCOLAMPADE, traduction grecque de l'allemand Hausschein, lumière
-de la maison; QUERCETANUS, traduction latine du français Duchesne;
-CASTELLANUS, traduction latine du français Duchâtel; etc.,--il faut
-prendre pour mot d'ordre le nom traduit, qui est le seul connu, le seul
-inscrit sur les titres des œuvres, et l'on mettra, si l'on veut, au nom
-véritable et qui ne figure sur aucune œuvre, une fiche de renvoi.
-Contrairement à cette règle si rationnelle, la Bibliothèque nationale
-porte toujours l'auteur à son nom véritable[462]: c'est comme si, dans
-un dictionnaire biographique, il fallait chercher Mélanchthon à
-SCHWARZERD ou Œcolampade à HAUSSCHEIN, et, pour cela, d'abord se
-rappeler,--ou plutôt savoir, savoir précisément ce que l'on
-cherche,--les vrais noms de Mélanchthon et d'Œcolampade. Ajoutons que
-c'est aux dictionnaires, à vrai dire, et non aux fiches de catalogues, à
-donner ces renseignements d'état civil et d'histoire littéraire.
-
-Pour les ouvrages faits en collaboration, vous rédigez une fiche
-complète ou fiche principale, que vous classez au nom du premier des
-auteurs, et des fiches de renvoi au nom de l'autre ou des autres.
-Exemple:
-
- Fiche principale:
-
- (Cote du
- catalogue méthodique.)
-
- ALEXANDRE, PLANCHE et DEFAUCONPRET.
-
- _Dictionnaire français-grec_, composé sur le plan des meilleurs
- dictionnaires français-latins, et enrichi d'une table des noms
- irréguliers, d'une table très complète des verbes irréguliers ou
- difficiles, et d'un vocabulaire des noms propres.
-
- Paris, Hachette, 1869. In-8. Cart. toile.
-
- (Numéro du
- registre d'entrée.)
-
-
- Première fiche de renvoi:
-
- PLANCHE.
- Voir ALEXANDRE, PLANCHE et DEFAUCONTRET.
-
-
- Deuxième fiche de renvoi:
-
- DEFAUCONPRET.
- Voir ALEXANDRE, PLANCHE et DEFAUCONTRET.
-
-Si vous avez affaire à un ouvrage traduit, vous rédigez de même deux
-fiches, l'une--fiche complète ou principale--au nom de l'auteur,
-l'autre--fiche de renvoi--au nom du traducteur. Exemple:
-
- Fiche principale:
-
- (Cote du
- catalogue méthodique.)
-
- HOFFMANN.
-
- _Contes fantastiques_, trad. par X. Marmier.
-
- Paris, Charpentier, 1869. In-18. Br.
-
- (Numéro du
- registre d'entrée.)
-
-
- Fiche de renvoi:
-
- MARMIER (X.)
- Voir HOFFMANN.
-
-De même, les factums et pièces de procédure sont portés au premier nom
-inscrit dans l'énoncé du titre (demandeur ou défendeur), avec renvois au
-nom de la partie adverse, des avocats, etc. Exemple: _Mémoire pour
-Claude VERNEY et Marguerite FOLLEY, sa femme, de La Chapelle, terre de
-Luxeuil, défendeurs originaires, contre M. de CLERMONT-TONNERRE, abbé
-commendataire de l'abbaye de Luxeuil... demandeur_, et _Louis MONTAGNON,
-de Dambenoît, appelé dans la cause_ (au sujet du droit de formariage;
-1786. In-4).--La fiche principale doit être portée à VERNEY, et il faut
-placer des fiches de renvoi aux autres noms[463].
-
-Les fiches des ouvrages anonymes se classent de plusieurs manières. On
-peut les grouper toutes ensemble;--ou bien placer en tête de chaque
-lettre celles qui commencent par cette lettre;--ou bien prendre pour mot
-d'ordre le substantif principal du titre[464];--ou encore prendre le
-premier substantif nominatif du titre: c'est ce dernier système que
-préconisent, sauf quelques cas particuliers, MM. Léopold Delisle, Jules
-Cousin et Graesel[465], et la plupart des bibliographes. Les
-explications fournies par le docteur Graesel à ce sujet sont très
-probantes et établissent bien la différence qui existe et doit toujours
-être maintenue entre les deux catalogues, l'alphabétique et le
-méthodique.
-
-«En choisissant, dit-il, comme mot d'ordre, à l'exclusion de tout autre,
-celui qui indique le mieux quel est le sujet traité dans l'ouvrage, on
-arriverait promptement à confondre le catalogue alphabétique des noms
-d'auteurs avec le catalogue alphabétique des matières (catalogue
-méthodique), bien qu'ils diffèrent l'un de l'autre du tout au tout... Le
-catalogue alphabétique (des noms d'auteurs) n'est pas fait pour qu'on
-puisse y rechercher les livres dont on ne connaît que vaguement le
-titre, quand on ne l'a pas oublié tout à fait: dans ce cas, en effet, et
-pourvu qu'on se souvienne du sujet de l'ouvrage que l'on désire, il sera
-toujours possible de le retrouver au catalogue méthodique[466].»
-
-Supposons un ouvrage anonyme intitulé _Manuel de bibliographie_; le mot
-capital, le mot typique de ce titre est «Bibliographie», et c'est à la
-lettre B qu'on est de prime abord tenté de classer la fiche. Mais, au
-lieu de ce titre très simple, supposez celui-ci: _Manuel de
-bibliographie, bibliotechnie, typographie et reliure_; vous avez là
-quatre mots typiques, quatre mots d'ordre par conséquent, et
-équitablement il vous faudrait rédiger, pour votre catalogue
-alphabétique, quatre fiches complètes de classement. Au lieu de ces
-quatre fiches, on n'en fait qu'une en prenant le mot MANUEL pour mot
-d'ordre de ce catalogue. Il va sans dire qu'au catalogue de matières, on
-classera la fiche complète dans la section de la BIBLIOGRAPHIE, le mot
-MANUEL servant encore de mot d'ordre alphabétique, et qu'on mettra des
-fiches de renvoi à BIBLIOTECHNIE, TYPOGRAPHIE et RELIURE.
-
-Il arrive fréquemment, pour les livres antérieurs au XIXe siècle, que le
-nom de l'auteur n'est pas indiqué sur le titre, mais se trouve soit au
-bas de la préface ou de l'épître dédicatoire, soit à la fin du volume,
-dans le privilège ou permission d'imprimer. L'ouvrage alors ne doit pas
-être considéré comme anonyme. Il faut inscrire sur la fiche le nom de
-l'auteur entre crochets et la classer à ce nom.
-
-Si le titre de l'ouvrage ne porte que les initiales du nom de l'auteur,
-tâcher d'abord de restituer ce nom dans son entier, et, si l'on y
-parvient, inscrire, encore entre crochets, ce nom ou sa partie
-manquante, à la suite des initiales, et classer en conséquence.
-Exemples:
-
-
-G. M. [ELZI]: classer à MELZI;
-
-L.-E. J. [LOUIS-ERNEST JEANDIN]: classer à JEANDIN.
-
- _Choix de petits romans de différents genres_, par M. L. M. D. P.
-
- Londres, 1789. 2 vol. in-18.
-
-Ces initiales signifiant: M. le marquis de Paulmy, mettre en tête de la
-fiche:
-
-[PAULMY (marquis de)]
-
-et classer à PAULMY.
-
-Si le nom est inconnu, on peut ou considérer l'ouvrage comme anonyme, ou
-le classer à la dernière initiale qui figure sur le titre comme nom
-d'auteur, ou, au contraire, selon d'autres bibliographes, à la première
-initiale; c'est-à-dire que ceux-ci considèrent cette première initiale
-comme étant celle du nom de famille de l'auteur, l'autre ou les autres
-initiales étant celles de ses prénoms; tandis que ceux-là estiment que
-c'est la dernière initiale qui doit être celle du nom. Soit un ouvrage
-intitulé _Pensées chrétiennes_, par D. R. T., dont l'auteur est
-absolument inconnu; on classera la fiche ou comme celles des ouvrages
-anonymes[467], ou à la lettre T, ou à la lettre D[468].
-
-Quelques écrivains, parmi ceux notamment dont les noms de famille sont
-très répandus, ont imaginé, pour éviter autant que possible toute
-confusion, de joindre, par un tiret ou trait d'union, ce nom à leur
-prénom. Louis-Aimé Martin, par exemple, l'éditeur de Bernardin de
-Saint-Pierre, signait ses livres: L. Aimé-Martin; de même M. Fernand
-Lafargue a signé la plupart de ses romans: Fernand-Lafargue. Il est
-nécessaire, dans ce cas, de rédiger deux fiches, l'une--principale--à
-MARTIN et à LAFARGUE; l'autre--de renvoi--à AIMÉ-MARTIN et à
-FERNAND-LAFARGUE[469].
-
-Les journaux et périodiques se classent, comme les ouvrages anonymes,
-soit à part, soit à leur mot d'ordre[470], qui est, nous l'avons vu, le
-premier substantif nominatif du titre. Ainsi, au catalogue alphabétique,
-_le Magasin pittoresque_ se classera à MAGASIN; _le Moniteur du Sport et
-de la Mode_, à MONITEUR; au catalogue méthodique, nous classerions ce
-dernier périodique à SPORT (fiche principale) et mettrions à MODE une
-fiche de renvoi. Ne craignez pas d'ailleurs de trop multiplier les
-fiches de renvoi: «un catalogue bien ordonné ne contient jamais trop de
-renvois», dit très bien l'_Instruction générale_, du 4 mai 1878,
-relative au service des bibliothèques universitaires[471].
-
-Outre le double catalogage de rigueur, alphabétique et méthodique, il
-est d'usage de cataloguer à part les manuscrits, les incunables, les
-volumes de grande valeur, tous les joyaux d'une bibliothèque, ce qu'on
-appelle à notre Bibliothèque nationale, ainsi que nous l'avons dit déjà,
-la _réserve_. Comme il est utile de décrire ces ouvrages en détail, d'en
-reproduire même avec exactitude la disposition typographique du titre,
-de l'incipit ou du colophon, en signalant les particularités de
-l'exemplaire, le format de notre fiche habituelle (8 ou 10 centimètres
-sur 12 ou 14) peut être insuffisant pour de tels développements. On se
-servira donc, pour ce catalogue spécial, de feuilles de papier plus
-grandes (pot, tellière, etc.), qu'on renfermera dans des reliures
-mobiles _ad hoc_[472], et l'on rédigera ces descriptions dans le genre
-des modèles suivants, empruntés, sauf de légères modifications, à
-l'excellent _Manuel du libraire_ de Jacques-Charles Brunet et à son
-supplément[473].
-
- CONTENANCES (Les ||) de la Table. || _S. l. n. d._, in-4, de 6 ff.
-
- Le premier feuillet contient le titre, qui commence par une grande L
- historiée de Vérard; les deux feuillets suivants sont signés _a_ ii et
- _a_ iii. Le reste de la pièce est sans chiffres ni réclames; il n'y a
- pas de ponctuation.
-
- Le 10e quatrain, qui finit le verso du 2e f. et commence le 3e, a cinq
- vers; c'est-à-dire que le 2e vers se trouve répété en haut du 3e f.,
- ce qui constitue une sorte de réclame.
-
- Au verso du 5e f. commence une ballade de 3 strophes octosyllabiques,
- plus un quatrain, et à la suite, au bas du recto du 6e f., on lit: _Cy
- finissent les contenāces de la table_.[474]
-
-
- CHRONIQUES DE NORMANDIE.
-
- Les croniques de normendie || nouuellement jmprimees a || Rouen. Au
- verso du dernier f., 2e col., on lit: _Cy finissent... nouuellemēt
- īprimees a Rou || en pour Pierre regnault libraire de || luniuersite
- || de caē demourāt en froi || de rue a lenseigne saint Pierre (sans
- date)_. Pet. in-fol. goth. à 2 col. de 46 lig.
-
- Édition belle et rare, qui doit avoir paru vers 1500. Les feuillets
- n'en sont pas chiffrés, mais ils ont des signatures. Les six premiers
- ff. contiennent le titre en trois lignes, et surmonté de la marque de
- l'imprimeur tirée en rouge, la table des chapitres, et au verso du 6e
- f. une figure sur bois, avec le sommaire du texte impr. en gros
- caractères. Ce texte commence avec le cahier a, et continue jusqu'au
- recto du 5e f. du cahier r, 2e col.; le 6e f. est blanc. Tous ces
- cahiers ont chacun 6 feuillets. A la seconde colonne du recto du
- feuillet qui suit la signature _O_ ii, se lit cette rubrique: _Cy
- apres ensuit vng petit traicte leq̄l parle de la guerre cōtinuee entre
- francois et anglois depuis la mort du roy henri II. nōme de
- lenclastre_ (sic) _iusques a lannee destreues donnees et accordees en
- lā mil cccc. xliiii_[475].
-
-
- AMBROISE (S.). Sensuyt le Traictie sainct Ambroise || du bien de la
- mort. Au rº du 39e f., lig. 6, on lit: [¶] cy finist le liure de
- sainct Ambroise du || bien de la mort. _S. l. n. d._ (vers 1510), pet.
- in-8, goth., de 39 ff., sign. A.-E., grav. en b. sur le titre[476].
-
-
- PLAI || SANT Blason, || (Le) de la teste de || Boys. || _S. l. n. d._
- (_Lyon, vers 1555_), in-16, de 8 ff. non chiff., de 23 l. à la page,
- en lettres rondes, sign. A-B. par 4.
-
- Le vº du titre est blanc.
-
- Pièce fort curieuse, que reproduisent MM. de Montaiglon et de
- Rothschild au tome XIII des _Poësies franç._ des XVe et XVIe siècles,
- d'après l'exempl. unique, qui est conservé à Aix dans la bibliothèque
- Méjanes, nº 30 047, dans un recueil qui contient en outre la _Loittre
- de Tenot à Piarrot_, l'_Admonition contre la dissolution des Habitz_,
- et _le Franc Archier de Cherré_[477].
-
-
- LESCARBOT (Marc). Histoire || de la novvelle || France || contenant
- les navigations, découvertes, & habi || tations faites par les
- François ès Indes Occiden || tales, & Nouvelle-France souz l'avœu &
- autho || rité de noz Rois Tres-Chrestiens, & les diverses || fortunes
- d'iceux en l'exécution de ces choses, || depuis cent ans jusques à
- hui. || En quoy est comprise l'Histoire Morale, Naturele, et Geo ||
- graphique de ladite Province: Avec les Tables & || Figures d'icelle.
- || Par Marc Lescarbot Aduocat en Parlement, || Témoin oculaire d'vne
- partie des choses ici récitées. || Multa renascentur quæ iam cecidere
- cadentque. || _A Paris, || chez Iean Milot, tenant sa boutique sur les
- degrez || de la grand' salle du Palais._ || M. DC. IX. || _Avec
- Privilége du Roy_ (du 27 novembre 1608), in-8, de XXIV ff. lim. et 444
- ff. chiff.; à la page 207 se trouve la: _Figvre dv port de Ganabara av
- Brésil_; à la p. 236: _Figvre de la terre nevve. Grande Riviere de
- Canada, et côtes de l'Ocean en la Novvelle France_; à la p. 480:
- _Figvre de Port Royal en la Novvelle France. Par Marc Lescarbot,
- 1609._ (_Jan Svvelinck sculp., J. Millot excudit_)[478].
-
-
- LE SAGE (Alain-René).
-
- Histoire || de Gil Blas || de Santillanne (_sic_). || Par M. Le Sage.
- || Dernière édition, revue et corrigée. || _A Paris._ || _Par les
- Libraires associés._ || M. DCC. XLVII. || _Avec Approbation &
- Privilége du Roy_, || 4 vol. in-12, fig.
-
- Édition définitive du chef-d'œuvre de Le Sage, publiée l'année même où
- il mourut à Boulogne-sur-Mer; elle n'est pas rare, mais jolie et très
- recherchée...
-
- Les premières éditions de ce livre célèbre sont moins bonnes, moins
- complètes et surtout moins recherchées que celle-ci[479].
-
-Au lieu des titres in-extenso et des remarques qui les accompagnent, il
-suffit, pour les fiches ordinaires, d'une rédaction abrégée. Prenons,
-par exemple, le dernier ouvrage dont nous venons de donner la fiche
-détaillée, nous aurons, pour la fiche du catalogue alphabétique et celle
-du catalogue méthodique:
-
- LE SAGE (Alain-René).
-
- _Histoire de Gil Blas de Santillanne_ (sic). Dern. édit. revue et
- corrigée.
-
- Paris, Libraires associés, 1747. 4 vol. in-12, fig.
-
-On réduirait de même les autres fiches détaillées, en ne laissant que
-les parties essentielles et de rigueur.
-
- *
-
- * *
-
-Le catalogue par ordre de matières, le catalogue méthodique ou
-systématique, dont nous allons maintenant nous occuper, forme le pendant
-ou comme la contre-partie du catalogue alphabétique. Celui-ci s'emploie
-surtout, avons-nous dit, quand on connaît le nom de l'auteur et qu'on
-veut trouver le titre d'un livre; celui-là, au contraire, quand on
-connaît le titre de l'ouvrage et qu'on désire savoir le nom de l'auteur,
-ou encore et surtout lorsqu'on tient à se renseigner sur la quantité
-d'ouvrages relatifs à telle ou telle question et mis à la disposition
-des lecteurs de telle ou telle bibliothèque.
-
-Le plus simple et le mieux, c'est d'exécuter simultanément les deux
-catalogues, de rédiger chaque fiche en double exemplaire[480], et de
-classer l'un dans la boîte du catalogue alphabétique, l'autre dans celle
-du catalogue méthodique. Les diverses sections de ce dernier seront
-séparées par des fiches de couleur, un peu plus hautes que les fiches
-ordinaires, des _vedettes_ portant chacune le titre de sa
-section;--absolument, ainsi que nous l'avons vu page 221, comme sont
-séparées les sections du premier, c'est-à-dire les fiches de chaque
-lettre du catalogue alphabétique.
-
-Mais quelles seront-elles, ces sections du catalogue méthodique? Dans
-quel ordre les ranger et les grouper, ces fiches? Quel sera le système
-de classification générale bibliographique que nous allons appliquer et
-suivre?
-
-Il ne s'agit de rien moins ici que de déterminer intégralement tous les
-éléments des connaissances humaines, de diviser et subdiviser
-logiquement tout ce vaste ensemble, et, rien qu'à l'énoncé du problème,
-on en pressent les difficultés, on devine combien la tâche est
-compliquée, ardue et épineuse.
-
-«La première chose à faire avant de mettre la main au catalogue
-méthodique, écrit M. Jules Cousin[481], c'est de s'être tracé un système
-de classement, avec des divisions et subdivisions plus ou moins
-nombreuses, suivant l'importance du fonds que l'on a à cataloguer. Si
-l'on n'a pas, dès l'abord, fait ce travail préliminaire, si l'on n'a pas
-au moins marqué les grandes lignes du plan que l'on s'astreindra à
-suivre rigoureusement, on marchera au hasard, et, à la place de l'ordre
-et de la clarté, on n'aura que confusion et chaos... Pour montrer le
-mieux à faire, il n'y a, croyons-nous, rien de plus sage que d'indiquer
-ce qui s'est déjà fait, et d'interroger l'expérience des hommes les plus
-compétents.»
-
-Jetons donc un coup d'œil sur les divers essais et systèmes de
-classification pratiqués jusqu'ici[482], et voyons ce qu'on en peut
-tirer et quel choix on doit faire.
-
- *
-
- * *
-
-Un des plus anciens catalogues bibliographiques qui soient parvenus
-jusqu'à nous est celui de la bibliothèque de l'église de Saint-Emmeran
-de Ratisbonne; il a été rédigé en 1347 et comprend douze divisions,
-consacrées la plupart aux livres saints: 1º _Libri textuum Bibliæ_; 2º
-_Diversi expositores super Biblia_; 3º _Doctores_; 4º _Libri
-Historiarum_; etc.
-
-Mais ce n'est pas là, à vrai dire, un système bibliographique; pas plus
-que ce catalogue publié en 1498 par Alde l'Ancien sur un simple
-feuillet, intitulé: _Libri græci impressi_, et contenant quatorze
-articles divisés en cinq classes: 1º _Grammatica_; 2º _Poetica_; 3º
-_Logica_; 4º _Philosophica_; 5º _Sacra scriptura_.
-
-Le premier classement qu'on peut vraiment considérer comme un système
-bibliographique date de cinquante ans plus tard; il est dû au célèbre
-médecin suisse Conrad Gesner, qui, dans la deuxième partie de son
-ouvrage _Bibliotheca universalis_, imprimé à Zurich de 1545 à 1549,
-classa les _Pandectæ_[483], c'est-à-dire tout ce que l'esprit humain
-peut embrasser, en vingt et une catégories: 1. _Grammatica_; 2.
-_Dialectica_; 3. _Rhetorica_; 4. _Poetica_; 5. _Arithmetica_; 6.
-_Geometria_; 7. _Musica_; 8. _Astronomia_; 9. _Astrologia_; 10. _De
-Divinatione et Magia_; 11. _Geographia_; 12. _Historia_; 13. _De
-diversis Artibus_; 14. _De naturali Philosophia_; 15. _De prima
-Philosophia, et Theologia Gentilium_; 16. _De morali Philosophia_; 17.
-_De œconomica Philosophia_; 18. _Politica_; 19. _De Jure civili et
-pontifico_; 20. _Theologia_ (ce titre devait être celui du 21e livre;
-mais la _Médecine_, qui en aurait formé le 20e, n'ayant pas paru, on la
-remplaça par la _Théologie_).
-
-Quant à la France, le premier système de classement bibliographique qui
-y fut publié remonte à l'année 1587; il a pour auteur Christofle de
-Savigny et pour titre _Tableaux accomplis de tous les arts libéraux_. Il
-contient seize sections et présente plus d'une analogie avec le système
-de Gesner: Grammaire, Rhétorique, Dialectique, Arithmétique, Géométrie,
-Optique, Musique, Cosmographie, Astrologie, Géographie, Physique,
-Médecine, Éthique, Jurisprudence, Histoire, Théologie. Une nouvelle
-édition (Paris, Liber, 1619; in-fol. 37 pp.) comprend deux nouvelles
-sections, Poésie et Chronologie, dont la dernière manque à Gesner. «Le
-système de Savigny, observe la _Grande Encyclopédie_[484], est le
-premier exemple des remaniements que les auteurs de systèmes
-bibliographiques firent souvent subir à leurs méthodes, pendant les deux
-siècles suivants et même encore au XIXe siècle, malgré les progrès de la
-bibliographie et l'expérience des livres et des systèmes de classement.»
-
-Un peu avant l'apparition de l'ouvrage de Christofle de Savigny, en
-1583, l'érudit Lacroix du Maine avait présenté à Henri III un curieux et
-singulier projet «pour dresser une bibliothèque parfaite et accomplie de
-tous points[485]». Ce parangon des bibliothèques devait comprendre dix
-mille volumes, renfermés dans «cent buffets..., chacun d'iceux contenant
-cent volumes». Le «premier ordre» de ces buffets, du nº 1 au nº 17,
-était consacré à la religion; le «second ordre», du nº 18 au nº 41, aux
-arts et sciences; le «troisième ordre», du nº 42 au nº 62, à la
-description de l'univers; le «quatrième ordre», du nº 63 au nº 72, aux
-choses qui concernent le genre humain; le cinquième, aux hommes
-illustres en guerre; le sixième, aux ouvrages de Dieu; et le septième,
-aux mémoires et mélanges.
-
-Le pieux Jean Mabun, dont nous parle Gabriel Naudé[486], ne trouva rien
-de mieux, lui, pour classer ses livres, que de se conformer à
-l'avertissement du Psalmiste: _Disciplinam, bonitatem et scientiam doce
-me_, et de les partager ainsi en trois classes: Théologie, Morale et
-Sciences.
-
-Moins strict, plus expérimenté et plus éclairé, Gabriel Naudé
-(1600-1653) estime que le meilleur ordre est le suivant: «Théologie,
-Médecine, Jurisprudence, Histoire, Philosophie, Mathématiques,
-Humanités, et autres, lesquelles il faut subdiviser chacune en
-particulier suivant leurs diverses parties[487],» etc.
-
-A peu près à la même époque, le père jésuite Claude Clément (1594-1642)
-publiait, sous son nom latinisé de Claudius Clemens, un ouvrage
-intitulé: _Musei, sive bibliothecæ tam privatæ quam publicæ exstructio,
-instructio, cura, usus..._ (Lugduni, 1635; in-4), où se trouve un plan
-de classement bibliographique comprenant vingt-quatre catégories ou
-«armoires[488]»; Ismaël Bouilliau[489] (1605-1696) dressait le célèbre
-catalogue de la bibliothèque des de Thou; et un autre membre de la
-Société de Jésus, Jean Garnier (1612-1681), auteur du _Systema
-bibliothecæ collegii parisiensis Soc. Jes._ (Paris, 1678; in-4),
-réduisait à cinq les grandes divisions bibliographiques: Théologie,
-Jurisprudence, Sciences et Arts, Belles-Lettres, Histoire[490].
-
-Plus tard vinrent Gabriel Martin et Prosper Marchand, Guillaume-François
-de Bure et son cousin Guillaume de Bure, Née de la Rochelle, d'autres
-aussi, qui remanièrent de maintes façons les divisions de ce dernier
-système. Remanié encore et complété dans la première moitié du XIXe
-siècle par Jacques-Charles Brunet[491], l'auteur du précieux _Manuel du
-libraire et de l'amateur de livres_, il finit par prédominer et
-s'imposer à la plupart des bibliographes[492].
-
-On peut adresser bien des reproches à cette classification dite de
-Brunet: elle ne donne ni à la géographie, ni à l'archéologie, ni à la
-bibliographie le rang que ces sciences méritent; elle place la
-télégraphie (devenue électrique) dans la même subdivision que la
-calligraphie et la sténographie; elle emploie des expressions mal
-définies, comme _prolégomènes_ et _paralipomènes_[493], etc.; néanmoins
-tous ceux qui s'occupent de livres et de catalogues sont d'accord pour
-rendre hommage à cette œuvre[494]. Quant à nous, pour une bibliothèque
-comme la nôtre, une bibliothèque privée ne dépassant pas quinze à vingt
-mille volumes, c'est plutôt le cadre de classement tracé par M. Léopold
-Delisle et dont il sera question ci-après[495], ou encore la
-classification décimale, dont nous parlerons également plus loin[496],
-que nous choisirions pour la mise en ordre de nos livres; mais le
-système de Brunet est si connu, si souvent cité comme le modèle type des
-classifications bibliographiques, qu'il s'impose, comme sujet d'étude
-tout au moins.
-
-Il était tout naturel que Brunet et ses devanciers plaçassent la
-théologie en tête de leur liste. Dans les bibliothèques d'autrefois, au
-moyen âge et même encore au XVIIIe siècle, n'était-ce pas la Bible, avec
-les commentaires sur les livres saints, les traités de scolastique et de
-casuistique, etc., qui occupaient le premier rang et la plus grande
-place?
-
-Dans un très beau chapitre, consacré à l'analyse et à l'apologie du
-système de Brunet, Gustave Mouravit, énumérant les conditions que doit
-remplir une bonne méthode de classement bibliographique, écrit[497]:
-
-«Cette méthode sera à la fois synthétique et analytique: synthétique, en
-ce qu'elle présentera dans ses principales divisions les grandes sphères
-où se déploie l'activité de la pensée humaine; analytique, en ce qu'elle
-offrira, dans ses moindres détails, les produits de cette activité, et
-cela en suivant la filiation et l'enchaînement des objets sur lesquels
-cette activité s'exerce...
-
-«Ainsi, au sommet des choses, l'homme voit d'abord Dieu, son auteur et
-sa fin. Les _matières théologiques_ se grouperont dans une PREMIÈRE
-DIVISION.
-
-«Après Dieu, au moment où l'homme se retourne vers le monde, il
-rencontre les hommes, ses semblables; alors se révèlent à lui les
-grandes notions du droit et du devoir, du juste et de l'injuste. La
-_jurisprudence_, qui les approfondit, les formule et en règle
-l'application, formera une DEUXIÈME DIVISION.
-
-«Puis l'homme se replie sur lui-même; il veut se connaître et, avec lui,
-il veut connaître aussi le monde extérieur, les rapports plus ou moins
-étroits qui l'unissent à ce monde, les modifications qu'il éprouve à son
-occasion et celles qu'il lui fait éprouver à son tour. C'est là
-proprement le domaine _des sciences et des arts_, embrassé dans une
-TROISIÈME DIVISION.
-
-«Mais l'intelligence humaine a sa vie propre; en même temps qu'elle
-cherche à étendre le champ de ses connaissances, elle essaye de se
-traduire au dehors; elle emprunte la forme du langage pour se montrer
-elle-même comme une manifestation, le plus souvent d'un type rêvé par
-elle et qui réalise plus ou moins _le beau_ en essence. Les études sur
-le langage et sur les règles qui doivent présider aux créations de
-l'esprit, les œuvres qui naissent sous le souffle de l'intelligence dans
-la vision d'un idéal quelconque, tout cet ensemble de connaissances et
-de productions littéraires viendra se ranger, sous le titre de
-_belles-lettres_, dans une QUATRIÈME DIVISION.
-
-«Enfin, après Dieu, la justice, le monde extérieur, les manifestations
-plus ou moins brillantes de la pensée, l'homme veut connaître les
-destinées et de cette humanité dont il fait partie, et des choses mêmes
-qui l'environnent; il veut savoir les évolutions diverses qu'ont
-accomplies tant d'objets de ses spéculations: après la notion, il veut
-le fait. Les _sciences historiques_ propres à l'éclairer à cet égard se
-réuniront dans une CINQUIÈME DIVISION.
-
-«Comme appendice, la _bibliographie_, qui porte son flambeau
-investigateur dans toutes les parties de la science, aura sa place à
-part: SIXIÈME DIVISION.
-
-«Et, par une raison d'ordre, et de même qu'on réserve dans un vaste
-édifice des appartements pour la conservation des objets qui ne
-sauraient commodément trouver place ailleurs, la _polygraphie_ et les
-_collections_ formeront la SEPTIÈME ET DERNIÈRE DIVISION.»
-
-Tel est, magnifiquement exposé, le plan du système de classification dit
-de Brunet, qu'en raison même de son importance et de son universalité,
-nous allons continuer d'examiner, et que nous décrirons, sinon
-complètement, du moins dans ses détails principaux.
-
-Ce système comprend cinq grandes divisions ou classes: Théologie,
-Jurisprudence, Sciences et Arts, Belles-Lettres, Histoire[498]. Chacune
-de ces divisions comporte un nombre de subdivisions plus ou moins
-considérable, dont les premières sont indiquées par des _chiffres
-romains_.
-
-Voici le tableau synoptique de ces cinq grandes divisions ou classes
-avec leurs premières subdivisions. En tête de chaque colonne, nous avons
-ajouté une des cinq voyelles, de sorte que les cinq grandes divisions
-sont respectivement représentées, selon la méthode suivie à la
-Bibliothèque nationale (salle de lecture), par les voyelles A, E, I, O,
-U. On évite ainsi, dans la rédaction des fiches, de répéter sur chacune
-d'elles la mention de la classe (THÉOLOGIE, JURISPRUDENCE, etc.), et
-l'on remplace cette mention par la voyelle correspondante[499]. Ces
-voyelles majuscules sont exprimées en caractères gras (on pourrait tout
-aussi bien employer des caractères penchés, de l'_italique_) pour ne pas
-être confondues avec les majuscules servant, comme nous le verrons tout
-à l'heure, d'indices aux troisièmes subdivisions.
-
-TABLEAU SYNOPTIQUE
-
-des grandes divisions ou classes et premières subdivisions du système
-bibliographique de J.-Ch. Brunet
-
-
- A. Théologie
-
- I. Écriture sainte.
- II. Liturgie.
- III. Conciles.
- IV. SS. Pères.
- V. Théologiens.
- VI. Opinions singulières.
- VII. Religion judaïque.
- VIII. Religion des peuples orientaux.
- IX. Appendice à la théologie. (Déistes et incrédules.--Athées.)
-
- E. Jurisprudence
-
- I. Droit de la nature et des gens.
- II. Droit politique.
- III. Droit civil et droit criminel.
- IV. Droit canonique ou ecclésiastique.
-
- I. Sciences et Arts
-
- I. Sciences philosophiques.
- II. Sciences physiques et chimiques.
- III. Sciences naturelles.
- IV. Sciences médicales.
- V. Sciences mathématiques.
- VI. Appendices aux sciences. (Philosophie occulte, alchimie et
- astrologie.)
- VII. Arts.
- VIII. Arts mécaniques et métiers.
- IX. Exercices gymnastiques
- X. Jeux divers.
-
- O. Belles-Lettres
-
- I. Linguistique.
- II. Rhétorique.
- III. Poésie.
- III*. Poésie dramatique.
- IV. Fictions en prose.
- V. Philologie.
- VI. Dialogues et Entretiens.
- VII. Épistolaires.
- VIII. Polygraphes.
- IX. Collections d'ouvrages et d'extraits de différents auteurs;
- Recueils de pièces; Mélanges.
-
- U. Histoire
-
- I. Prolégomènes historiques[500].
- II. Histoire universelle, ancienne et moderne.
- III. Histoire des religions et des superstitions.
- IV. Histoire ancienne.
- IV*. Appendice à l'histoire ancienne (Bas-Empire, Scythes,
- Goths, etc.)
- V. Histoire moderne.
- VI. Paralipomènes historiques[501].
-
- MÉLANGES ET DICTIONNAIRES ENCYCLOPÉDIQUES
- NOTICES DES PRINCIPAUX JOURNAUX LITTÉRAIRES, SCIENTIFIQUES ET
- POLITIQUES.
-
-Ainsi que nous l'avons dit et que le montre le tableau précédent, les
-premières subdivisions des cinq grandes classes sont indiquées par des
-_chiffres romains_. Ces subdivisions sont à leur tour fractionnées en
-sous-subdivisions ayant pour indices des _chiffres arabes_; ces secondes
-subdivisions donnent lieu de même, s'il est nécessaire, à des troisièmes
-subdivisions, marquées par les _lettres majuscules_ de l'alphabet; puis
-ces troisièmes subdivisions, à des quatrièmes, précédées de _lettres
-minuscules_[502].
-
-On conçoit aisément, en effet, que ces fractionnements puissent se
-prolonger presque à l'infini. Ainsi, dans la classe ou division HISTOIRE
-(U), partagée en six grandes subdivisions, la cinquième (V), l'HISTOIRE
-MODERNE, est fractionnée, pour l'Europe seule, en quinze
-sous-subdivisions ou secondes subdivisions, indiquées par des chiffres
-arabes: 1. Histoire de France;--2. Histoire de la Belgique;--etc[503].
-La première de ces sous-subdivisions, 1. Histoire de France, est
-partagée à son tour en quatorze sous-sous-subdivisions ou troisièmes
-subdivisions, désignées par les majuscules de l'alphabet: A. Géographie
-ancienne et moderne; topographie, statistique;--B. Histoire celtique et
-gauloise;--C. Origine des Français; établissement de la monarchie dans
-les Gaules;--D. Mœurs et usages; antiquités et monuments;...--O.
-Histoire particulière des anciennes provinces et des villes de France.
-Nous avons de même, pour cette dernière troisième subdivision O: _a._
-Paris;--_a bis._ Résidences royales;--_b._ Ile-de-France, Picardie,
-Artois;--_c._ Beauce, Orléanais, Blaisois, etc.;--_d._ Normandie;--etc.
-
-Plus une bibliothèque est nombreuse et variée, plus ces subdivisions
-sont nécessaires. C'est parce que J.-Ch. Brunet avait en vue
-«l'arrangement d'une grande bibliothèque formée sur un plan qui embrasse
-tous les genres[504]», que son système bibliographique est si développé
-et comprend tant de fractionnements et de ramifications.
-
-En voici un second tableau plus détaillé, et, sinon complet, du moins
-suffisant pour avoir une idée exacte de ce système et pouvoir cataloguer
-les livres d'une bibliothèque particulière même de notable importance.
-Ce tableau comprend _in extenso_ les cinq grandes divisions, leurs
-premières subdivisions à chiffres romains, et leurs secondes
-subdivisions à chiffres arabes. Quant aux troisièmes subdivisions,
-indiquées par des lettres majuscules, et aux quatrièmes, marquées par
-des minuscules, pour ne pas grossir ce livre outre mesure, je ne les y
-ai fait figurer que partiellement, et je renvoie au _Manuel_ de Brunet,
-tome VI, Introduction, colonnes XXVII à lxij, ceux des lecteurs qui
-désireraient plus de précision et de développements.
-
-
-A. THÉOLOGIE
-
- I. Écriture sainte.
-
- 1. Textes et versions.
- 2. Interprètes de l'écriture sainte.
- 3. Philologie sacrée.
-
- II. Liturgie.
-
- 1. Traités sur les rites et cérémonies de l'Église, et
- principalement les offices divins.
- 2. Collections de liturgies en différentes langues.
- 3. Liturgies des églises grecques et orientales.
- 4. Liturgies de l'église latine[505].
- 5. Liturgies gallicanes.
- 6. Liturgie mozarabe, et autres liturgies particulières.
- 7. Liturgies anglicanes.
-
- III. Conciles.
-
- 1. Traités touchant les conciles et les synodes.
- 2. Collections de conciles.
- 3. Conciles généraux.
- 4. Conciles nationaux, provinciaux et diocésains.
-
- IV. SS. Pères.
-
- 1. Introduction à l'étude des SS. Pères.
- 2. Collections, extraits et fragments d'ouvrages des SS. Pères.
- 3. Ouvrages des SS. Pères grecs.
- 4. Ouvrages des SS. Pères latins et de quelques autres écrivains
- ecclésiastiques.
- 5. Ouvrages des SS. Pères arméniens.
-
- V. Théologiens.
-
- 1. Théologie scolastique et dogmatique.
- 2. Théologie morale.
- 3. Théologie catéchétique[506].
- 4. Théologie parénétique[507], ou sermons comprenant aussi les
- homélies, les prônes, etc.
- 5. Théologie ascétique ou mystique.
- 6. Théologie polémique.
- 7. Théologiens chrétiens séparés de l'église romaine.
-
- VI. Opinions singulières.
-
- 1. Ochin, Postel, Bruno-Nolano, Beverland, etc.
- 2. Illuminés et autres fanatiques.
-
- VII. Religion judaïque.
- Doctrines, culte, institutions.
-
- VIII. Religion des peuples orientaux[508].
-
- 1. Recueil de livres sacrés de différents peuples.
- 2. Mahométisme.
- 3. Magisme ou religion des anciens Persans; Brahmanisme ou
- religion des Indiens.
- 4. Bouddhisme et religions de la Chine.
- 5. Sabéisme, etc.
-
- IX. Appendice à la théologie.
- _Ouvrages philosophiques sur la divinité et sur les cultes
- religieux._
-
- 1. Déistes et incrédules.
- 2. Athées.
-
-
-E. JURISPRUDENCE
-
- * _Introduction._
-
- A. Histoire de la législation et des tribunaux.
- B. Étude du droit.
- C. Philosophie du droit.
- D. Dictionnaires et traités généraux.
-
- I. Droit de la nature et des gens.
-
- 1. Traités généraux.
- 2. Droit international.
- 3. Ouvrages spéciaux qui se rapportent au droit des gens.
-
- II. Droit politique.
-
- III. Droit civil et droit criminel.
-
- 1. Généralités.
- 2. Droit des anciens peuples, autres que les Romains.
- 3. Droit romain.
- 4. Droit français.
- 5. Droit maritime.
- 6. Droit étranger.
-
- IV. Droit canonique ou ecclésiastique.
-
- 1. Introduction; traités élémentaires, dictionnaires, etc.
- 2. Lettres des papes, canons, décrétales et bulles.
- 3. Traités généraux sur le droit ecclésiastique, traités
- particuliers sur des (_sic_) matières canoniques, et
- procédure contre les hérétiques.
- 4. Juridictions ecclésiastiques de la cour de Rome.
- 5. Traités pour et contre l'autorité ecclésiastique.
- 6. Église gallicane.
- 7. Droit ecclésiastique étranger, et statuts des ordres religieux.
- 8. Appendice: droit des églises non catholiques.
-
-
-I. SCIENCES ET ARTS
-
- * _Introduction et dictionnaires._
-
- I. Sciences philosophiques.
-
- 1. Introduction, histoire et dictionnaires.
- 2. Philosophie générale et mélanges.
- 3. Logique.
- 4. Métaphysique.
- 5. Morale.
- 6. Applications de la morale.
-
- A. Économie.
- B. Politique.
- C. Économie politique, avec les applications de cette
- science à l'économie sociale.
-
- II. Sciences physiques et chimiques.
-
- 1. Physique proprement dite.
- 2. Chimie.
-
- III. Sciences Naturelles.
-
- 1. Généralités.
- 2. Géologie.
- 3. Botanique.
- 4. Zoologie, ou histoire naturelle des animaux.
- 5. Mélanges d'histoire naturelle et de physique.
- 6. Écarts de la nature; monstres; prodiges.
- 7. Cabinets et collections d'histoire naturelle, préparation et
- conservation des objets.
- 8. Appendice de l'histoire naturelle: agriculture et économie
- rurale.
-
- IV. Sciences médicales.
-
- 1. Introduction.
-
- A. Histoire.
- B. Écrits sur la médecine et pour ou contre cette science.
- C. Dictionnaires et bibliothèques de médecine.
- D. Traités préparatoires à l'étude de la médecine.
-
- 2. Traités généraux.
- 3. Anatomie.
- 4. Physiologie.
- 5. Hygiène.
- 6. Pathologie médicale.
- 7. Séméiologie, ou traité sur les signes des maladies.
- 8. Spécialités médicales.
- 9. Thérapeutique; matière médicale, générale et spéciale.
- 10. Médecine légale.
- 11. Mélanges et journaux de médecine.
- 12. Chirurgie.
- 13. Pharmacie et pharmacopée; secrets de médecine.
- 14. Médecine vétérinaire et traités d'hippiatrique.
-
- V. Sciences mathématiques.
-
- 1. Généralités.
- 2. Mathématiques pures.
- 3. Mathématiques appliquées.
-
- A. Calcul des probabilités.
- B. Mécanique.
- C. Astronomie.
- D. Optique, dioptrique, catoptrique et perspective.
- E. Marine.
- F. Art militaire.
- G. Génie des ponts et chaussées; chemins de fer; canaux.
-
- VI. Appendice aux sciences.
-
- 1. Philosophie occulte.
-
- A. Introduction et histoire; dictionnaires.
- B. Cabale et magie.
- C. Apparitions, démons, possessions, exorcismes, sortilèges et
- choses analogues.
- D. Divination par les songes, par les signes[509] de la main,
- par les cartes.
-
- 2. Alchimie.
- 3. Astrologie, prédictions astrologiques et autres pronostications.
-
- VII. Arts.
-
- 1. Mnémonique ou art de la mémoire naturelle et artificielle.
- 2. Écriture et autres moyens de représenter la parole.
-
- A. Calligraphie, polygraphie, cryptographie, sténographie,
- tachéographie, télégraphie.
- B. Typographie.
-
- 3. Beaux-Arts.
-
- A. Introduction, histoire, dictionnaires, philosophie des
- beaux-arts.
- B. Arts du dessin.
- a. Dessin proprement dit, lithographie.
- b. Photographie.
- c. Peinture.
- d. Gravure.
- e. Sculpture.
- f. Architecture.
- C. Musique.
-
- VIII. Arts mécaniques et métiers.
-
- 1. Dictionnaires et traités généraux, mélanges, expositions de
- l'industrie.
- 2. Pyrotechnie: art de l'artificier; fonderie; verrerie, etc.
- 3. Art de tourner; industries manufacturières; travaux à l'aiguille;
- métiers.
- 4. Traités sur l'art culinaire.
-
- IX. Exercices Gymnastiques.
-
- 1. Lutte et escrime.
- 2. Équitation.
- 3. Natation.
- 4. Danse.
- 5. Chasses et pêches.
-
- X. Jeux Divers.
-
-
-O. BELLES-LETTRES
-
- I. Linguistique.
-
- 1. Introduction.
-
- A. Rapports de l'écriture avec le langage.
- B. Origine et formation des langues, étymologie générale.
- C. Grammaire générale et mélanges de grammaire.
- D. Comparaison des langues, alphabets, grammaires et
- vocabulaires polyglottes généraux.
-
- 2. Langues européennes anciennes et modernes.
- 3. Langues asiatiques.
- 4. Langues africaines.
- 5. Langues américaines.
-
- II. Rhétorique.
-
- * _Rhéteurs._
-
- 1. Introduction.
- 2. Rhéteurs grecs.
- 3. Rhéteurs latins anciens, et rhéteurs modernes qui ont écrit
- en latin.
- 4. Rhéteurs français, italiens, espagnols et anglais.
- 5. Rhéteurs orientaux.
-
- ** _Orateurs[510]._
-
- 1. Orateurs grecs.
- 2. Orateurs latins anciens.
- 3. Orateurs modernes qui ont écrit en latin.
- 4. Orateurs français, italiens, espagnols et anglais.
- 5. Orateurs orientaux.
-
- III. Poésie.
-
- * _Introduction et traités généraux sur la poésie._
-
- 1. Recueils de poésies en différentes langues.
- 2. Poètes grecs.
- 3. Poètes latins.
- 4. Poètes français.
- 5. Poètes italiens.
- 6. Poètes espagnols.
- 7. Poètes portugais.
- 8. Poètes allemands.
- 9. Poètes flamands et hollandais.
- 10. Poètes scandinaves.
- 11. Poètes anglais.
- 12. Poésies écossaises et irlandaises.
- 13. Poètes illyriens, serviens, roumains, hongrois, bohémiens,
- lithuaniens, esthoniens, polonais, russes.
- 14. Poésie orientale.
- 15. Poètes hébreux et syriaques.
- 16. Poètes arabes, persans, arméniens et turcs.
- 17. Poètes sanscrits, palis, hindoustanis, cingalais, chinois et
- malais.
-
- III*. Poésie (seconde partie).
- _Poésie dramatique._
-
- 1. Histoire générale des théâtres; écrits pour et contre le
- théâtre, et traités généraux sur l'art dramatique.
- 2. Poètes dramatiques grecs.
- 3. Poètes dramatiques latins anciens.
- 4. Poètes dramatiques du moyen âge et des temps modernes qui ont
- écrit en latin.
- 5. Poètes dramatiques français.
- 6. Poètes dramatiques italiens.
- 7. Poètes dramatiques espagnols.
- 8. Poètes dramatiques portugais.
- 9. Poètes dramatiques allemands et hollandais.
- 10. Poètes dramatiques danois et suédois.
- 11. Poètes dramatiques anglais, etc.
- 12. Poètes dramatiques illyriens, polonais et russes.
- 13. Poètes dramatiques turcs, indiens, chinois, etc.
-
- IV. Fictions en prose.
-
- 1. Apologues ou fables en différentes langues.
- 2. Romans, contes et nouvelles.
-
- A. Histoire des romans et collections de romans.
- B. Romans grecs.
- C. Romans latins, anciens et modernes.
- D. Romans français.
- E. Romans italiens.
- F. Romans espagnols.
- G. Romans portugais.
- H. Romans allemands, hollandais, flamands, etc.
- Etc., etc.
-
- Appendice au titre IV.
-
- 1. Facéties et pièces burlesques.
- 2. Dissertations singulières, plaisantes et enjouées.
-
- A. Différents sujets.
- B. Dissertations sur l'amour.
- C. Ouvrages érotiques.
- D. Traités singuliers pour et contre les femmes, sur le
- mariage, etc.
-
- V. Philologie.
-
- 1. Philologie proprement dite.
- 2. Satires générales et satires personnelles.
- 3. Gnomiques: sentences, apophthegmes, adages, proverbes.
- 4. Bons mots, ana, pensées, etc.
- 5. Symboles, emblèmes, devises et énigmes.
-
- VI. Dialogues et entretiens.
-
- VII. Épistolaires.
-
- 1. Épistolaires grecs.
- 2. Épistolaires latins anciens.
- 3. Épistolaires modernes qui ont écrit en latin.
- 4. Épistolaires français.
- 5. Épistolaires italiens, espagnols et portugais.
- 6. Épistolaires allemands et anglais.
- 7. Épistolaires orientaux.
-
- VIII. Polygraphes.
-
- 1. Polygraphes grecs.
- 2. Polygraphes latins anciens.
- 3. Polygraphes modernes qui ont écrit en latin.
- 4. Polygraphes français.
- 5. Polygraphes italiens.
- 6. Polygraphes espagnols et portugais.
- 7. Polygraphes allemands.
- 8. Polygraphes danois, suédois, russes et hongrois.
- 9. Polygraphes anglais et anglo-américains.
-
- IX. Collections d'ouvrages et d'extraits de différents auteurs;
- recueils de pièces; mélanges.
-
- 1. Collections d'ouvrages anciens en grec et en latin.
- 2. Collections d'ouvrages écrits en latin par des modernes.
- 3. Collections et extraits d'ouvrages français.
- 4. Collections et extraits d'ouvrages italiens, d'ouvrages espagnols
- et d'ouvrages portugais.
- 5. Collections et extraits d'ouvrages allemands.
- 6. Collections et extraits d'ouvrages anglais et anglo-américains.
- 7. Collections et extraits d'ouvrages hébreux, arabes, persans.
- 8. Recueils d'ouvrages en différents dialectes indiens,
- indo-chinois, chinois, etc.
-
-
-U. HISTOIRE
-
- I. Prolégomènes historiques.
-
- 1. Traités sur la manière d'écrire et d'étudier l'histoire;
- philosophie de l'histoire; atlas historiques; dictionnaires.
- 2. Géographie.
- 2*. Voyages.
- 3. Chronologie.
-
- II. Histoire universelle, ancienne et moderne.
-
- 1. Anciennes chroniques générales.
- 2. Ouvrages sur l'histoire universelle, écrits depuis le
- commencement du XVIe siècle.
- 3. Traités particuliers relatifs à l'histoire universelle; mœurs
- et usages.
-
- III. Histoire des religions et des superstitions.
-
- 1. Histoire générale des religions.
-
- A. Histoire de l'Église chrétienne.
- B. Histoire générale et particulière des hérésies et des
- schismes.
-
- 2. Histoire des religions, seconde partie: histoire des religions
- païennes (le polythéisme et le panthéisme), considérées sous le
- rapport mythologique.
-
- IV. Histoire ancienne.
-
- 1. Origine des nations.
- 2. Histoire générale et particulière de plusieurs peuples anciens.
- 3. Mélanges historiques: civilisation, gouvernement, etc.
- 4. Histoire des Juifs.
- 5. Histoire des Phéniciens, des Babyloniens, des Égyptiens, des
- Perses et de quelques autres peuples anciens.
- 6. Histoire générale et particulière de la Grèce.
- 7. Histoire de l'Italie avant les Romains.
- 8. Histoire générale et particulière du peuple romain et de ses
- empereurs.
-
- IV*. Appendice à l'histoire ancienne.
-
- 1. Histoire byzantine ou du Bas-Empire.
- 2. Histoire des migrations des Scythes, des Goths, des Visigoths,
- des Huns, des Vandales, etc., et de leurs invasions en Europe
- pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne.
-
- V. Histoire moderne.
-
- _Généralités._
-
- Europe[511].
-
- A. Itinéraires généraux.
- B. Histoire générale de l'Europe, etc.
- Etc., etc.
-
- 1. Histoire de France.
-
- A. Géographie ancienne et moderne; topographie; statistique.
- B. Histoire celtique et gauloise.
- C. Origine des Français; établissement de la monarchie dans
- les Gaules.
- D. Mœurs et usages; antiquités et monuments.
- E. Histoire générale sous les trois races des rois de France.
- F. Collections de chroniques et de mémoires historiques.
- G. Collections de dissertations particulières; recueils de
- diplômes et de chartes.
- H. Mélanges historiques.
- J. Ouvrages qui se rapportent à l'histoire générale de
- certaines époques.
- K. Histoire particulière de la France sous chaque règne.
- L. Histoire royale et princière, contenant les origines, les
- généalogies, titres, prérogatives, etc., des rois; droits
- de la couronne sur divers États; histoire des princes issus
- du sang royal, et celle des reines.
- M. Cérémonial français.
- N. Mélanges d'histoire politique et civile de France.
- O. Histoire particulière des anciennes provinces et des villes
- de France. (On pourrait ajouter à chaque paragraphe les noms
- des départements qui y correspondent.)
-
- a. Paris.
- a bis. Résidences royales.
- b. Ile-de-France, Picardie, Artois.
- c. Beauce, Orléanais, Blaisois, etc.
- d. Normandie.
- e. Maine, Touraine, Anjou, Poitou.
- f. Bretagne.
- g. Nivernais, Bourbonnais, Berry.
- h. Champagne.
- i. Bourgogne et Franche-Comté.
- Etc., etc.
-
- 2. Histoire de la Belgique[512], contenant les anciennes provinces
- de Brabant, de Flandre, du Hainaut, de Namur, de Luxembourg, de
- Limbourg, du pays de Liège, et la Hollande.
- 2*. Histoire de la Belgique, seconde partie: Hollande.
- 3. Histoire d'Italie.
- 4. Histoire des îles Ioniennes, de la Sardaigne, de la Corse et de
- l'île de Malte.
- 5. Histoire de la Suisse.
- 6. Histoire d'Espagne.
- 7. Histoire de Portugal.
- 7*. Histoire des îles Baléares, etc.
- 8. Histoire d'Allemagne.
- 9. Histoire de la Grande-Bretagne et de l'Irlande,
- 10. Histoire scandinave.
- 11. Histoire de l'empire des Russies.
- 12. Histoire de la Pologne, de la Lithuanie et de l'Ukraine.
- 13. Histoire générale de l'empire ottoman, avec l'histoire des
- possessions turques en Europe, y compris la Moldavie, la
- Valachie, la Bulgarie et la Servie.
- 14. Histoire de la Grèce et de ses îles.
- 15. Histoire des hordes nomades, vulgairement nommées Bohémiens,
- qui parcourent l'Europe, et auxquelles on suppose une origine
- indienne.
-
- † _Mélanges relatifs à l'histoire de l'Asie, de l'Afrique et de
- l'Amérique, comprenant l'histoire générale des colonies modernes
- fondées par les Européens._
-
- ** Asie.
-
- 1. Histoire générale.
- 2. Histoire des Arabes et de l'Islamisme.
- 3. Histoire des possessions turques en Asie, y compris la Syrie et
- l'Arménie.
- 4. Histoire d'une partie du littoral de la mer Caspienne et des
- contrées caucasiennes.
- 5. Histoire de la Perse, du Caboul, du Turkestan, etc.
- 6. Histoire de l'Inde.
- 7. Histoire de l'Archipel indien: Ceylan, Sumatra, Java, les
- Philippines, etc.
- 8. Histoire d'une partie de l'Asie centrale et septentrionale,
- comprenant l'Inde au delà du Gange, le Tibet, la Mongolie et la
- Tartarie.
- 9. Histoire de la Chine et de la Corée.
- 10. Histoire du Japon.
- 11. Histoire des possessions russes en Asie.
- 12. Appendice à l'histoire de l'Asie: Australie, Nouvelle-Zélande,
- Polynésie.
-
- *** Afrique.
-
- 1. Histoire générale.
- 2. Histoire de l'Égypte et de la Nubie.
- 3. Histoire des États barbaresques, y compris l'Algérie.
- 4. Histoire des régions centrales, des régions occidentales et des
- régions orientales de l'Afrique.
- 5. Histoire des îles d'Afrique.
-
- **** Les deux Amériques.
-
- 1. Histoire générale.
- 2. Amérique septentrionale.
- 3. Iles Antilles.
- 4. Amérique méridionale.
-
- VI. Paralipomènes historiques.
-
- 1. Histoire de la chevalerie et de la noblesse.
- 2. Histoire des solennités, pompes et cérémonies publiques.
- 3. Archéologie.
- 3*. Archéologie, seconde partie: Archéographie.
- 4. Histoire littéraire.
- 5. Biographie, et spécialement la biographie littéraire et celle
- des artistes.
- 6. Bibliographie.
-
- A. Introduction.
- B. Traités généraux sur les livres, sur les bibliothèques, leur
- histoire, et sur les devoirs des bibliothécaires.
- C. Histoire de l'imprimerie.
- Etc., etc.
-
- Mélanges et Dictionnaires encyclopédiques.
-
- Notice des principaux journaux littéraires et scientifiques [et
- politiques].
-
- I. Journaux français.
-
- a. Gazettes, journaux purement littéraires, et journaux
- politiques et littéraires.
- b. Journaux bibliographiques.
- c. Journaux religieux.
- d. Journaux relatifs à la jurisprudence et à l'économie.
- e. Journaux scientifiques.
- f. Journaux relatifs aux beaux-arts, aux arts et métiers, etc.
- g. Journaux géographiques et historiques.
- Etc., etc.
-
- II. Journaux écrits en latin.
-
- III. Journaux étrangers.
-
- *
-
- * *
-
-Pour appliquer ce système de classification, dont nous venons de tracer
-les grandes lignes, prenons l'exemple qui nous a déjà servi à propos du
-catalogue alphabétique, soit un exemplaire de l'_Histoire de Paris_ de
-Dulaure, dont il s'agit de déterminer la cote du catalogue méthodique.
-
-Nous cherchons dans la classe U. HISTOIRE; nous nous arrêtons à V.
-HISTOIRE MODERNE, puis à 1. Histoire de France, ensuite à O. Histoire
-particulière des anciennes provinces et des villes de France, et enfin à
-_a_. Paris,--_a_ en italique, mais que, pour plus de régularité et de
-commodité, nous écrirons, avons-nous dit[513], en caractère romain: a.
-La fiche de cette _Histoire de Paris_ portera donc les mentions
-suivantes: U V 1 O a.
-
-L'ouvrage (nom de l'auteur, titre, etc.) étant inscrit sur le ou les
-registres d'entrée, comme il a été spécifié à propos du catalogue
-alphabétique[514], nous l'inscrivons sur le registre du catalogue
-méthodique affecté à l'Histoire de Paris. Théoriquement, chaque
-subdivision des cinq grandes classes (A, E, I, O, U), que cette
-subdivision soit marquée par un chiffre romain, un chiffre arabe, une
-lettre majuscule ou une minuscule (U--V 1 O a), devrait avoir son
-registre ou cahier spécial, aussi bien que sa section distincte dans la
-boîte à fiches du catalogue méthodique[515]; mais on se rend bien compte
-que nombre de ces sections se réduiraient parfois à très peu de chose,
-sinon à rien, et que, pour la plupart des cas, même dans une
-bibliothèque importante, il est plus pratique et plus simple de
-s'arrêter, sinon à la première, du moins à la deuxième ou à la troisième
-subdivision[516], de réunir, par exemple, dans un même registre
-l'Histoire de Paris (U V 1 O a) à l'Histoire particulière des anciennes
-provinces et des villes de France (U V 1 O), confondre même ces deux
-rubriques dans l'Histoire de France (U V 1).
-
-En supposant donc que l'ouvrage en question, cet exemplaire de
-l'_Histoire de Paris_ de Dulaure, soit le soixante-deuxième inscrit sur
-le registre ou cahier du catalogue méthodique affecté à la subdivision
-a, nous aurons pour la cote:
-
- U V 1 O a
- ---------
- Nº 62
-
-S'agit-il de cataloguer le _Théâtre_ de Racine? Nous prenons la classe
-O. BELLES-LETTRES, puis la division POÉSIE et son appendice III*. POÉSIE
-DRAMATIQUE, et nous nous arrêtons à 5. Poètes dramatiques français. Nous
-inscrivons l'ouvrage sur le registre ou cahier du catalogue méthodique
-affecté à cette série, et, en supposant qu'il y reçoive le numéro 820,
-nous avons la cote:
-
- O III* 5
- --------
- Nº 820
-
-Très fréquemment, il arrive que le même ouvrage peut être classé à
-plusieurs endroits, c'est-à-dire qu'il traite de matières différentes et
-intéresse plusieurs branches des connaissances humaines. Dans ce cas, on
-le catalogue dans la section (division, subdivision, sous-subdivision,
-etc.), qui paraît la plus directement intéressée, et l'on place dans les
-autres des fiches de renvoi. Ainsi, et selon la remarque de J.-Ch.
-Brunet lui-même[517], «les ouvrages sur le _Mariage_ se placent dans
-neuf classes différentes, selon le point de vue sous lequel le sujet est
-traité. Le mariage, considéré comme sacrement, appartient à la Théologie
-et au Droit canonique;--comme acte civil, et pour ce qui regarde les
-droits réciproques des époux, au Code civil;--quant aux infractions qui
-y sont faites, au Code pénal;--considéré dans les devoirs des époux, à
-la Morale ou à l'Économie;--dans ses rapports avec la population, à
-l'Économie politique;--sous le rapport médical, à la Médecine;--comme
-appartenant aux mœurs et aux usages des anciens, aux Antiquités;--enfin,
-envisagé du côté plaisant, aux Facéties.»
-
-Quant aux polygraphes (Voltaire, Diderot, Jean-Jacques Rousseau, etc.),
-nous avons vu qu'ils forment une subdivision spéciale de la
-classification de Brunet (O VIII). La Bibliothèque nationale, comme nous
-le constaterons tout à l'heure, les classe aussi sous une même rubrique
-(Z).
-
-Il y a des titres trompeurs, qui peuvent être différemment interprétés
-ou ne répondent nullement au contenu des ouvrages. Ainsi il ne faudrait
-pas classer le _Jardin des racines grecques_ de Lancelot dans
-l'Horticulture, ni dans la Pathologie le _Traité des fluxions_
-(mathématiques) du géomètre écossais Mac-Laurin[518]; ni dans la
-Théologie les _Mémoires pour servir à l'histoire de la Calotte_, comme
-l'a fait jadis un libraire, aussi ignorant qu'irrévérencieux, chargé
-d'inventorier la bibliothèque de Lamennais[519]; ni dans la Géographie
-les _Voyages littéraires sur les quais de Paris_ de Fontaine de Resbecq;
-etc.
-
- *
-
- * *
-
-Les systèmes de classification bibliographique abondent. Étroitement
-rattachés qu'ils sont à l'inventaire général et à la méthodique
-coordination des connaissances humaines, il faudrait, pour en faire une
-étude complète, remonter jusqu'à Aristote, l'encyclopédie vivante de
-l'antiquité; rappeler le _Novum Organum_ du chancelier Bacon, et son
-mode de dénombrement et de classement de nos connaissances suivant ces
-trois facultés: 1º MÉMOIRE (Histoire, etc.); 2º RAISON (Philosophie,
-Mathématiques, etc.); 3º IMAGINATION (Poésie, Beaux-Arts, etc.), que
-d'Alembert a repris et si brillamment développé dans son _Discours
-préliminaire de l'Encyclopédie_. Il faudrait ne pas omettre surtout les
-_lois_ promulguées de nos jours par Auguste Comte: loi d'évolution ou
-_loi des trois états_: état théologique ou fictif, état métaphysique ou
-abstrait, état positif ou scientifique; ni sa _classification des
-sciences_: mathématiques, astronomie, physique, chimie, biologie ou
-science des corps vivants, et sociologie ou science des sociétés[520].
-
-En nous en tenant strictement aux bibliographes, il faudrait citer,
-outre les premiers classements et les essais dont nous avons parlé, qui
-ont inspiré, voire enfanté, la classification de Brunet, le système de
-Parent aîné[521], celui du marquis de Fortia d'Urban[522], de l'Anglais
-Bentham[523], qui avait si joliment imaginé de classer les livres
-d'après le bien-être qu'ils peuvent procurer, du bibliothécaire belge
-Namur[524], d'Aimé-Martin[525], de l'abbé Girard, de Peignot, Camus,
-Ameilhon, Massol, Coste[526], etc. En insérant celui de Brunet, le plus
-réputé et le plus usité de tous, nous avons voulu donner une idée type
-de ces méthodes. Nous allons en passer rapidement en revue quelques
-autres, des plus caractéristiques et des plus importantes.
-
-
-BIBLIOTHÈQUE NATIONALE.
-
-M. Léopold Delisle, administrateur général de la Bibliothèque nationale,
-trace en ces termes l'exposé du classement des livres de cet
-établissement[527]:
-
-«Les livres imprimés de la Bibliothèque nationale sont répartis en
-trente grandes divisions, dont chacune a pour marque caractéristique une
-grande lettre de l'alphabet, accompagnée ou non d'une étoile, d'un
-chiffre ou d'une minuscule. En voici le tableau:
-
- A. Écriture sainte.
- B. Liturgie et conciles.
- C. Pères de l'Église.
- D. Théologie catholique.
- D². Théologie non catholique.
- E. Droit canon.
- *E. Droit de la nature et des gens.
- F. Droit civil.
- G. Géographie et Histoire générale.
- H. Histoire ecclésiastique.
- J. Histoire ancienne: Grecs, Byzantins, Turcs, Romains, Antiquités.
- K. Histoire d'Italie.
- L. Histoire de France.
- M. Histoire d'Allemagne, des Pays-Bas, des pays du Nord et de l'Est
- de l'Europe.
- N. Histoire de la Grande-Bretagne.
- O. Histoire d'Espagne et de Portugal.
- O². Histoire d'Asie.
- O³. Histoire d'Afrique.
- P. Histoire d'Amérique.
- P². Histoire d'Océanie.
- Q. Bibliographie.
- R. Sciences philosophiques, politiques, économiques, morales et
- physiques.
- S. Sciences naturelles.
- T. Sciences médicales.
- V. Mathématiques, sciences et arts.
- Vm. Musique.
- X. Linguistique et rhétorique.
- Y. Poésie et théâtre.
- Y². Romans.
- Z. Polygraphie.»
-
-
-BIBLIOTHÈQUE DE L'UNIVERSITÉ DE FRANCE.
-
-(Sorbonne[528].)
-
-_Cadre de classement._
-
-B. Bibliographie.
-
- B. G. _Bibliographie générale._
- B. S. b. Bibliographie spéciale (bibliothèques).
- B. S. r. Bibliographie spéciale (répertoires).
- B. S. a. Bibliographie spéciale (amateurs).
-
-T. Théologie.
-
- T. E. _Théologie. Écriture._
- T. E. t. Textes.
- T. E. v. Versions.
- T. E. e. Exégèse.
- T. E. e. a. Exégèse de l'Ancien Testament.
- . . . . . . . . . . . . . . . . . .
- T. L. _Liturgie._
- T. L. g. Liturgie générale.
- T. L. p. Liturgie particulière.
- T. C. _Conciles._
- T. S. _Saints Pères._
- T. T. _Théologiens._
- T. P. _Polémique._
- T. H. _Histoire ecclésiastique._
- T. D. _Droit canon._
-
-S. Sciences.
-
- S. D. _Dictionnaires. Encyclopédies._
- S. P. _Sciences philosophiques._
- S. G. _Sciences politiques et gouvernementales._
- S. N. _Sciences naturelles._
- S. M. _Sciences médicales._
- S. O. _Sciences occultes._
- S. [Phi]. _Sciences physiques._
- S. X. _Mathématiques pures et appliquées._
- S. A. _Beaux-Arts._
- S. I. _Arts industriels._
- S. J. _Journaux scientifiques._
-
-L. Littérature.
-
- L. P. _Philologie._
- L. P. c. Philologie générale et composée.
- . . . . . . . . . . . . . . . . . .
- L. H. _Histoire littéraire._
- L. D. _Traités didactiques._
- L. M. _Littérature du moyen âge._
- L. G. _Littérature grecque._
- L. L. _Littérature latine._
- L. L'. _Littérature latine moderne._
- L. F. _Littérature française._
- L. E. _Littérature étrangère._
-
-H. Histoire.
-
- H. U. _Histoire universelle._
- H. U. i. Introduction.
- H. U. c. Chronologie.
- H. U. h. Histoire générale.
- H. A. _Histoire ancienne._
- H. A. g. Histoire générale de l'antiquité.
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
- H. M. _Histoire moderne de l'Europe (France exceptée)._
- H. F. _Histoire de France._
- H. F. c. Collections.
- H. F. g. Histoire générale.
- H. F. o. Origines, Mérovingiens, Carolingiens.
- H. F. ca. Premiers Capétiens, premiers Valois.
- H. F. v. Deuxièmes Valois.
- H. F. b. Bourbons.
- H. F. r. Révolution.
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
- H. V. _Géographie et voyages._
- H. V. a. Atlas.
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
- H. L. _Législation._
- H. R. _Archéologie._
- H. J. _Journaux et recueils littéraires historiques._
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
- M. Musique (Partitions).
- U. _Universités françaises._
-
-I. Incunables.
-
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
-
-M. S. Manuscrits.
-
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
-
-R. Réserve.
-
-
-BIBLIOTHÈQUE DE LA VILLE DE PARIS[529].
-
-(_Musée Carnavalet._)
-
-HISTOIRE DE PARIS.
-
-_Tableaux des divisions_
-
- SECTIONS SÉRIES
-
- I.--Bibliographie.
-
- A. Bibliographie de Paris. Études bibliographiques intéressant
- l'histoire de Paris. 1
- B. Catalogues de bibliothèques riches en histoire de Paris. 2
-
- II.--Histoire physique et naturelle.
-
- A. Météorologie parisienne, faune, botanique et horticulture,
- paléontologie, géologie. 3
- _Appendice:_ carrières sous Paris, catacombes. 4
- B. Hydrographie.
- _Eaux naturelles._--La Seine, la Bièvre, inondations, puits
- et sources, eaux de Passy.--_Appendice:_ ports et navigation. 5
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
- C. Population, statistique. 8
-
- III.--Histoire Générale.
-
- A. Histoire de Paris formant corps d'ouvrage et généralités. 9
- B. Descriptions et guides cicerones. 10
- C. Histoire particulière des quartiers de Paris. 11
-
- IV.--Topographie.
-
- A. Généralités.--Plans et enceintes.
- Généralités. Études sur la topographie de Paris 31
- Plans par ordre chronologique 32
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
-
- V.--Monuments et Architecture.
-
- A. Monuments publics.
- Les monuments de Paris en général, inscriptions 42
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
-
- VI.--Histoire religieuse.
-
- A. Généralités.
- Liturgie parisienne, officialité, administration
- ecclésiastique, anciens sermonnaires intéressant l'histoire
- des mœurs 50
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
-
- VII.--Histoire des Lettres, Sciences et Arts à Paris.
-
- A. Instruction publique.
- Généralités 56
- Ancienne Université de Paris et ses collèges. 57
-
- VIII.--Histoire des mœurs et coutumes.
-
- A. Généralités.
- Histoire générale des mœurs et coutumes des Français 73
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
-
- IX.--Fêtes et Divertissements.
-
- A. Fêtes officielles, etc. 88
- B. Théâtre.
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
-
- X.--Histoire civile et administrative.
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
-
- XI.--Police et Histoire judiciaire.
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
-
- XII.--Environs de Paris.
-
- A. _Environs de Paris en général._--Cartes et vues 158
- Histoire, dictionnaires et documents divers. 159
- B. Histoire particulière des villes; villages et châteaux 160
- . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
-
-Un des meilleurs systèmes de classement, surtout pour une collection de
-petite ou de moyenne étendue, comprenant des ouvrages de toute sorte,
-est celui qu'indique M. Léopold Delisle, et qu'il recommande comme «un
-cadre dans lequel trouveraient aisément place tous les ouvrages dont se
-composent la plupart de nos bibliothèques municipales[530]».
-
-Ici, comme précédemment, les diverses matières sont désignées chacune
-par une lettre majuscule:
-
- A. Théologie.
- B. Jurisprudence.
- C. Sciences philosophiques, politiques et morales.
- D. Sciences physiques et chimiques.
- E. Sciences naturelles.--Agriculture.
- F. Médecine.
- G. Sciences mathématiques et applications.--Mécanique.--Astronomie.
- --Marine.--Art militaire.--Jeux.
- H. Beaux-Arts.
- I. Linguistique et littérature.--Généralités.--Mélanges.--Langues
- et littératures autres que celles pour lesquelles il existe des
- divisions spéciales.
- J. Langues et littératures de l'Orient.
- K. Langues et littératures classiques (la Grèce et Rome).
- L. Langue et littérature françaises.
- M. Langues et littératures des États de l'Europe autres que la France.
- N. Histoire universelle.--Généralités de la géographie et des voyages,
- de la chronologie, de la biographie, de l'archéologie, de la
- paléographie et de l'histoire ecclésiastique, y compris les
- croisades.
- O. Histoire ancienne de l'Orient.--Juifs.--Égyptiens.--Assyriens,
- etc.--Indiens.--Chinois.
- P. Histoire ancienne des Grecs et des Romains.--L'empire byzantin.
- Q. Histoire de France.
- R. Histoire des États européens autres que la France.
- S. Histoire de l'Asie et de l'Afrique. On y pourra comprendre la
- Turquie.
- T. Histoire de l'Amérique et de l'Océanie.
- U. Bibliographie et histoire littéraire.
- V. Mélanges encyclopédiques et autres.--Collections.--Polygraphie.
-
-Les subdivisions, dont le nombre peut s'étendre à volonté, seront
-marquées par des lettres minuscules, placées à la suite de la majuscule
-annonçant la division. Exemple:
-
- Q. _Histoire de France._
- Qa. Généralités de l'histoire de France.--Géographie.--Histoires
- générales.--Résumés.--Collections de documents.
- Qb. Détails de l'histoire de France par périodes et par règnes.
- Qc. Publications périodiques relatives à l'histoire de France.
- Qd. Histoire des institutions et des usages politiques,
- ecclésiastiques, administratifs, militaires, commerciaux, etc.,
- de la France.
- Qe. Histoire provinciale et locale.
- Qf. Histoire des familles et des individus. (Généalogies et
- biographies.)
-
-En reprenant ici notre exemple, la cote à donner à l'_Histoire de Paris_
-de Dulaure, nous aurions, avec ce mode de classement:
-
- Qe
- -----
- Nº 62
-
-Et si la subdivision Qe. _Histoire provinciale et locale_ était, à son
-tour, comme la subdivision correspondante de Brunet, sectionnée en:
-
- Qea. Paris (Histoire, mœurs et usages).
- Qeb. Ile-de-France.
- Qec. Beauce.
- Qed. Normandie.
- Etc., etc.,
-
-nous aurions pour la susdite cote:
-
- Qea
- -----
- Nº 62
-
-On voit, d'après ce qui précède, combien les classifications
-bibliographiques offrent de divergences et de latitude. Chaque
-bibliothèque spéciale donne tout naturellement et forcément à sa
-spécialité, à ce qui la préoccupe le plus, une place à part et la plus
-grande place; elle attribue à cette spécialité des divisions distinctes,
-accompagnées de nombreuses subdivisions et sous-subdivisions. Ainsi la
-bibliothèque de l'administration des postes et des télégraphes,
-organisée en 1878 par M. Ernest Jacquez, porte en tête de son catalogue
-l'électricité et le magnétisme; puis viennent les sciences physiques,
-chimiques, naturelles, mathématiques, philosophiques, etc., et, dans
-deux sections particulières et parallèles, les ouvrages exclusivement
-consacrés à la télégraphie et aux postes, avec ces numéros et lettres
-d'ordre:
-
- 1. Électricité et magnétisme.
- 2. Sciences physiques (électricité exceptée).
- 3. Sciences chimiques.
- 4. Sciences naturelles.
- 5. Sciences mathématiques.
- 6. Sciences philosophiques, morales, sociales et économiques.
- 7. Publications encyclopédiques, mélanges, arts.
- 8. Littérature, linguistique, polygraphie, histoire et géographie.
- 9. Jurisprudence.
- 10. Cartes et atlas.
- T. Télégraphie.
- P. Postes.
-
-Et comme subdivisions:
-
- 1A. Histoire de l'électricité et du magnétisme;...
- 1B. Grandeurs électriques et magnétiques; sources d'électricité et
- de magnétisme;...
- 1C. Traités complets et partiels anciens et modernes d'électricité et
- de magnétisme;...
- 1D. Applications de l'électricité et du magnétisme;...
- 1E. Journaux, revues et annuaires français et étrangers concernant
- l'électricité;...
-
- 2A. Histoire et traités préparatoires (des sciences physiques,
- électricité exceptée);...
- 2B. Cours et traités généraux;...
- Etc., etc.
-
-On peut consulter encore sur ces arides questions de classification la
-table systématique de la _Bibliographie de la France, Journal général de
-l'imprimerie et de la librairie_; celle du _Catalogue général de la
-librairie française_, de Lorenz; du _Polybiblion, Revue bibliographique
-mensuelle_; ainsi que les nombreux cadres de classement des
-bibliothèques et publications étrangères; et l'on se convaincra de plus
-en plus qu'il n'y a pas de système bibliographique absolu et
-infaillible, pouvant également convenir à tout le monde et sur lequel
-tout le monde soit d'accord[531]; on reconnaîtra de plus en plus la
-justesse de la remarque de J.-Ch. Brunet, qu'«il est naturel que chaque
-possesseur de livres classe sa bibliothèque selon la nature de ses
-études, selon ses propres opinions, et qu'au besoin il rattache à sa
-spécialité tout ce qui, de près ou de loin, semble s'y rattacher[532].»
-
- *
-
- * *
-
-Faisant abstraction de toutes ces complexes et interminables divisions
-et subdivisions encyclopédiques, des bibliographes des États-Unis ont
-conseillé d'inscrire simplement sous les mots du dictionnaire la liste
-des ouvrages qui se rapportent à ces mots. Au mot AME, par exemple, vous
-trouvez les titres des ouvrages qui traitent de l'âme; au mot ARGENT,
-ceux qui traitent de l'argent; à ASTRONOMIE, ceux qui traitent de cette
-science; etc. Pour remédier aux difficultés du classement, ils l'ont
-tout bonnement supprimé[533].
-
-Mais, comme un lien existe entre toutes les branches du savoir humain,
-et qu'on a besoin de saisir ce lien, de tenir ce fil pour se guider à
-travers ce lacis de ramifications, et se reporter d'une science à une
-autre, les Américains ne se sont pas arrêtés à leur
-_Dictionary-Catalogue_, ils ont cherché un système qui pût embrasser
-toutes les questions, même les plus menues, s'étendre à l'infini, et
-aussi qui fût indépendant des pays et des langues, et susceptible d'être
-rapidement sinon instantanément compris de tous les bibliographes, de
-tout le monde.
-
-La _Classification décimale_, imaginée par M. Melvil Dewey, directeur de
-la Bibliothèque de l'État de New-York et président de l'Association des
-bibliothécaires américains, a fait grand bruit il y a quelques années,
-et elle semblait pouvoir remplir ces desiderata. Au mois de septembre
-1895, une Conférence bibliographique internationale s'est tenue à
-Bruxelles, sous le patronage du gouvernement belge; elle a décidé la
-création d'un Institut international de bibliographie, et provoqué la
-formation d'un Office international, subventionné par les gouvernements,
-«pour préparer un Répertoire bibliographique universel et assigner aux
-publications faites dans les divers États la cote de classement que
-devra recevoir chacune d'elles et qui sera apposée sur les exemplaires
-de toutes les bibliothèques affiliées à l'Office international[534]».
-D'autres conférences analogues eurent lieu à Londres en 1896, et à
-Bruxelles en 1898; mais il paraît que plus d'un désaccord s'est produit
-entre les promoteurs de ce mouvement; on n'a pas su maintenir aux
-chiffres des cotes une signification invariable et certaine, et il en
-est naturellement résulté une paralysante confusion[535].
-
-Néanmoins, l'Office et l'Institut international de bibliographie, fondés
-à Bruxelles en 1895 pour propager la «géniale invention[536]» de M.
-Melvil Dewey, subsistent toujours, et c'est à une publication de cet
-office[537] que nous empruntons la plupart des détails suivants.
-
-M. Melvil Dewey répartit l'ensemble des connaissances humaines en neuf
-classes principales, numérotées chacune par un chiffre, de 1 à 9. Les
-encyclopédies, les périodiques et les ouvrages d'un caractère général et
-qui n'appartiennent à aucune de ces classes sont désignés par un zéro et
-forment une classe à part, une classe préalable, dite des «Ouvrages
-généraux» ou «Généralités». On a ainsi:
-
- 0 Ouvrages généraux[538].
- 1 Philosophie.
- 2 Religion. Théologie.
- 3 Sciences sociales et Droit.
- 4 Philologie. Linguistique.
- 5 Sciences mathématiques et naturelles.
- 6 Sciences appliquées. Technologie.
- 7 Beaux-Arts.
- 8 Littérature.
- 9 Histoire et Géographie.
-
-Chacune de ces dix grandes classes est partagée en dix subdivisions,
-ayant chacune pour indice ou symbole le chiffre de la classe à laquelle
-elle appartient, suivi d'un autre chiffre variant encore de 0 à 9. Voici
-la liste de ces (10 × 10) subdivisions:
-
-0 Ouvrages généraux.
-
- 00 Généralités.
- 01 Bibliographie.
- 02 Bibliothéconomie.
- 03 Encyclopédies générales.
- 04 Collections générales d'essais.
- 05 Périodiques généraux. Revues.
- 06 Sociétés générales. Académies.
- 07 Journaux. Journalisme.
- 08 Bibliothèques spéciales.
- 09 Manuscrits et livres précieux.
-
-1 Philosophie.
-
- 10 Généralités.
- 11 Métaphysique.
- 12 Divers sujets métaphysiques[539].
- 13 L'esprit et le corps.
- 14 Systèmes philosophiques.
- 15 Psychologie.
- 16 Logique.
- 17 Morale.
- 18 Philosophes anciens.
- 19 Philosophes modernes.
-
-2 Religion. Théologie.
-
- 20 Généralités.
- 21 Théologie, religions naturelles[540].
- 22 Bible. Évangile.
- 23 Théologie doctrinale.
- 24 Pratique religieuse. Dévotion.
- 25 Œuvres pastorales.
- 26 L'Église.
- 27 Histoire de l'Église.
- 28 Église et sectes chrétiennes.
- 29 Religions non chrétiennes.
-
-3 Sciences sociales et Droit.
-
- 30 Généralités.
- 31 Statistique.
- 32 Science politique.
- 33 Économie politique.
- 34 Droit.
- 35 Administration. Droit administratif.
- 36 Assistance. Assurances. Associations.
- 37 Enseignement. Éducation.
- 38 Commerce. Transports. Communications.
- 39 Coutumes. Costumes.
-
-4 Philologie. Linguistique.
-
- 40 Généralités.
- 41 Philologie comparée.
- 42 Philologie anglaise.
- 43 Philologie germanique.
- 44 Philologie française.
- 45 Philologie italienne.
- 46 Philologie espagnole.
- 47 Philologie latine.
- 48 Philologie grecque.
- 49 Autres langues.
-
-5 Sciences mathématiques et naturelles.
-
- 50 Généralités.
- 51 Mathématiques.
- 52 Astronomie. Géodésie. Navigation.
- 53 Physique.
- 54 Chimie. Minéralogie.
- 55 Géologie.
- 56 Paléontologie.
- 57 Biologie. Anthropologie.
- 58 Botanique.
- 59 Zoologie.
-
-6 Sciences appliquées. Technologie.
-
- 60 Généralités.
- 61 Médecine.
- 62 Art de l'ingénieur.
- 63 Agriculture.
- 64 Économie domestique.
- 65 Commerce. Transports.
- 66 Industries chimiques.
- 67 Manufactures.
- 68 Industries mécaniques et métiers.
- 69 Construction.
-
-7 Beaux-Arts.
-
- 70 Généralités.
- 71 Paysages de jardins. (Jardins, parcs, promenades.)
- 72 Architecture.
- 73 Sculpture. Numismatique.
- 74 Dessin. Décoration.
- 75 Peinture.
- 76 Gravure.
- 77 Photographie.
- 78 Musique.
- 79 Divertissements. Jeux. Sports.
-
-8 Littérature.
-
- 80 Généralités.
- 81 Littérature américaine[541].
- 82 Littérature anglaise.
- 83 Littérature germanique.
- 84 Littérature française.
- 85 Littérature italienne.
- 86 Littérature espagnole.
- 87 Littérature latine.
- 88 Littérature grecque.
- 89 Autres littératures.
-
-9 Histoire et Géographie.
-
- 90 Généralités.
- 91 Géographie et voyages.
- 92 Biographie.
- 93 Histoire ancienne.
- 94 Histoire moderne { Europe.
- 95 { Asie.
- 96 { Afrique.
- 97 { Amérique du Nord.
- 98 { Amérique du Sud.
- 99 { Océanie. Régions polaires.
-
-Ces cent premières subdivisions (de 00 à 99) forment à leur tour chacune
-dix deuxièmes subdivisions, fractionnées elles-mêmes chacune en dix
-troisièmes subdivisions, etc., toutes numérotées, d'après le même
-principe, de 0 à 9. On obtient ainsi des nombres de trois, quatre,
-cinq... chiffres. Afin d'accentuer l'intelligibilité «des nombres un peu
-longs», il est d'usage d'y intercaler un point, ordinairement après le
-troisième chiffre. Ce point, bien entendu, «n'a rien de décimal»[542].
-
-Prenons, par exemple, la subdivision 33 Économie politique, nous aurons
-comme deuxièmes subdivisions[543]:
-
- 330 Généralités.
- 331 Capital, main-d'œuvre et salaires.
- 332 Banques. Monnaie. Crédit.
- 333 Propriété immobilière: rente foncière, propriété des terres,
- forêts, mines.
- 334 Coopération.
- 335 Socialisme et communisme. Anarchie.
- 336 Finances publiques.
- 337 Protection. Libre-échange. Tarifs douaniers.
- 338 Production des richesses. Industrie.
- 339 Répartition des richesses. Paupérisme.
-
-Puis, en agissant de même sur une quelconque de ces deuxièmes
-subdivisions, 331 Capital, main-d'œuvre et salaires, je suppose, nous
-aurons:
-
- 331.0 Généralités.
- 331.1 Rapports du capital et de la main-d'œuvre.
- 331.2 Salaires. Participation aux bénéfices. Assurance obligatoire.
- 331.3 Travail des enfants. (Voir 179.2 Cruauté envers les enfants.)
- 331.4 Travail des femmes. (Voir 396.5 Occupations des femmes.)
- 331.5 Travail des déportés, des prisonniers.
- 331.6 Travail des indigents. Travail à bas prix des étrangers, des
- Chinois.
- 331.7 Main-d'œuvre habile et brutale.
- 331.8 Classes ouvrières.
-
-Comme on le voit, il n'est pas toujours nécessaire d'épuiser les dix
-chiffres pour une subdivision; ici, nous nous arrêtons au 8. On laisse
-ainsi des cases vacantes, qui pourront être utilisées plus tard. On
-remarquera aussi, dans ce dernier tableau, deux exemples de renvois à
-d'autres catégories, «renvois fort utiles, ajoute M. Ed. Sauvage[544],
-car il arrive fréquemment que la limite entre deux sujets appartenant à
-des divisions différentes ne peut être tracée avec précision».
-
-Prenons encore une de ces catégories, la sous-subdivision 331.8 Classes
-ouvrières. Elle se subdivisera à son tour comme il suit:
-
- 331.80 Généralités.
- 331.81 Heures de travail.
- 331.82 Places de travail. Dangers. (Voir aussi 613.6 Hygiène;
- 622.8 Mines; 614.8 Sauvetage.)
- 331.83 Nourriture. Vêtements. Habitations.
- 331.84 Moralité; habitudes. Intempérance; tempérance. Amusements.
- Tentations. (Voir aussi 17 Morale; 79 Exercices;
- 263.6 Dimanche.)
- 331.85 Aides. Conférences. Bibliothèques. Salles de lecture. (Au point
- de vue seulement de la science économique et des classes
- ouvrières.)
- 331.86 Formation de l'ouvrier. Apprentissage.
- 331.87 Organisation du travail.
- 331.88 Sociétés pour régler le travail (_trade unions_).
- 331.89 Grèves.
-
-Le principe sur lequel repose ce système de classification est, sans
-conteste, des plus ingénieux: les nombres classificateurs définissent
-entièrement la division à laquelle ils s'appliquent. C'est ainsi que
-dans la dernière cote que nous venons de citer, dans ce nombre 331.89,
-attribué aux travaux traitant des grèves, nous voyons d'abord le 3, qui
-indique les Sciences sociales; ce 3 suivi d'un autre 3, 33, désigne
-l'Économie politique; 331, le Capital et la main-d'œuvre; 331.8, les
-Classes ouvrières; enfin la question particulière considérée, les
-Grèves, est définie par l'addition du 9 final[545].
-
-Quant aux fiches rédigées selon les règles de la classification
-décimale, le type adopté par l'Office et l'Institut international de
-Bruxelles est «la fiche blanche de 125 × 75 millimètres, posée en
-largeur et perforée à la base, pour en faciliter la conservation dans
-des tiroirs à tringles mobiles[546]». Contrairement, en effet, à
-l'usage, généralement suivi, d'écrire sur les fiches dans le sens de la
-hauteur, dans la partie moins large, c'est dans le sens de la largeur
-que l'Office et l'Institut international conseillent de transcrire les
-mentions. Voici, réduit des deux tiers environ, un spécimen d'une de ces
-fiches[547]. Le cercle tracé dans la partie inférieure indique le trou
-par où passe la tringle dans laquelle sont enfilées toutes les fiches.
-Inutile de faire observer que ce système, où, pour retirer ou intercaler
-une fiche, il faut enlever toutes les autres, est inférieur au système
-Bonnange, précédemment décrit[548].
-
- MARTEL (Jules). 537
-
- 1896. _Traité d'électricité_, par J. MARTEL, professeur à la Faculté
- des Sciences de Lyon.
-
- Paris, Gauthier-Villars et fils, 1896, in-8 raisin (0,17 × 0,26),
- XI-326 p., 6 francs.
-
-Le chiffre 537 indique la cote du livre, la subdivision Électricité (5,
-Sciences mathématiques et naturelles; 53, Physique; 537, Électricité),
-et l'on remarquera que le format de l'ouvrage n'est pas seulement
-désigné par la mention in-8 raisin, mais par la mesure métrique entre
-parenthèses (0,17 × 0,26)[549].
-
-Des fiches divisionnaires de couleur, un peu plus hautes que les fiches
-blanches, des _vedettes_, portant en tête les nombres de chaque classe
-ainsi que leur traduction en mots, séparent les fiches bibliographiques
-appartenant à des divisions différentes.
-
-L'Office et l'Institut international de Bruxelles ont émis le
-vœu,--exprimé déjà en 1879 par le bibliographe allemand Burchard,--que
-les éditeurs voulussent bien joindre désormais à leurs livres nouveaux
-des fiches bibliographiques toutes préparées et rédigées selon le modèle
-adopté, les unes pour les répertoires d'auteurs (catalogues
-alphabétiques), les autres pour les répertoires de matières (catalogues
-méthodiques). Ces fiches pourraient être imprimées sur papier très fin,
-et les bibliothécaires et bibliophiles n'auraient qu'à les coller sur
-leurs fiches blanches ordinaires de carton mince. Par ce moyen, non
-seulement on simplifierait beaucoup, et autant dire sans aucuns frais,
-les opérations de catalogage, mais on aurait cet immense avantage
-d'avoir partout des fiches uniformément établies. Jusqu'ici,
-malheureusement, ce vœu n'est guère sorti du domaine théorique, et il
-n'est encore qu'un pur projet[550].
-
- *
-
- * *
-
-Le système de classification décimale, qui paraît et qui est si
-séduisant, n'a cependant pas séduit tout le monde, tant s'en faut:
-nombre d'objections y ont été faites, et par des érudits et spécialistes
-des plus compétents et des plus autorisés, nommément par MM. Léopold
-Delisle[551], F. Funck-Brentano[552], Ch.-V. Langlois[553], Henri
-Stein[554], G. Fumagalli, l'éminent bibliographe italien[555], etc.
-
-«Le plan général (de ce système) est des plus simples, écrit M. Léopold
-Delisle[556]; l'ensemble et les détails en ont été empruntés au système
-décimal, comme l'indique suffisamment le titre: _Decimal
-Classification_. C'est là ce qui fait la force apparente des théories de
-M. Dewey. Malheureusement, l'étude des phénomènes de la nature et des
-événements de l'histoire, les fruits de l'activité humaine, les travaux
-scientifiques, artistiques et littéraires, les produits de l'esprit ou
-de l'imagination, sont loin de toujours se prêter à la rigueur des
-divisions et subdivisions décimales.»
-
-«Le grand défaut du système de Dewey, dit de son côté le docteur
-Graesel[557], c'est de donner à toutes les classes le même nombre de
-divisions et la même ampleur, alors que chacune des branches des
-connaissances humaines a son étendue particulière et demande, par
-conséquent, à être divisée d'une façon différente des autres.»
-
-Il semble, en résumé, que ce système a été accueilli en Europe par les
-gens de lettres et les bibliographes de profession avec une méfiance
-plus ou moins caractérisée, tandis que les hommes de sciences, médecins,
-physiologistes, etc., n'y ont pas trouvé les mêmes imperfections et s'y
-sont volontiers ralliés[558]. Nombre d'entre eux, pour le catalogage de
-leurs livres et la rédaction et la mise en ordre de leurs fiches
-bibliographiques ou autres, ont adopté des méthodes où les combinaisons
-de chiffres remplacent toutes les mentions de classes et catégories,
-toutes les lettres indices de divisions et subdivisions des anciennes
-classifications.
-
-Il est même à remarquer que, dès l'année 1879, c'est-à-dire bien avant
-l'introduction en Europe du système de M. Melvil Dewey[559], un médecin
-de Paris, très connu depuis par ses travaux de laryngologie, le docteur
-Baratoux, employait un procédé de notation chiffrée reposant sur le
-principe même de la classification décimale. Ce n'est qu'en 1897, alors
-que cette classification provoquait tant de controverses dans le monde
-bibliographique, que M. le docteur Baratoux, jusque-là étranger à ces
-questions et qui n'avait pas soupçonné l'importance de sa méthode de
-catalogage, en publia dans son journal, _la Pratique médicale_, le
-tableau détaillé explicatif[560].
-
-Dans le monde de la science, ce système de notation chiffrée était comme
-pressenti, déjà réalisé, et il a continué à se garder et à conquérir de
-nombreux partisans. Il ne semble pas jusqu'ici devoir obtenir le même
-succès dans le monde des lettres, pour les grandes collections du moins
-et les anciennes et immenses bibliothèques publiques. Quant aux
-collections particulières, quant à notre bibliothèque, dont le total des
-richesses n'excède pas quinze ou vingt mille volumes, il n'y aurait
-aucun inconvénient, on ne trouverait même que commodité et profit, selon
-nous, à faire usage de la classification décimale.
-
-
-
-
-CHAPITRE IX
-
-DE L'USAGE ET DE L'ENTRETIEN DES LIVRES
-
-Nettoyage des bibliothèques.--Comment et avec quoi essuyer les
-livres?--Évitez l'emploi de la laine et du drap.--Insectes bibliophages:
-moyens de les détruire.
-
-Réparation des livres.--Feuillets déchirés ou décousus.--Taches: taches
-maigres, taches grasses.--Encollage du papier.
-
-Les ennemis des livres: souris, rats et chats; poussière et humidité;
-feu, soleil et gaz; épiciers et marchands de tabac; équarrisseurs de
-livres; collectionneurs de frontispices et de gravures; relieurs;
-emprunteurs; etc.--Femmes bibliophiles.
-
-Comment couper les feuillets d'un livre?--Le meilleur des
-coupe-papier.--Par où doit-on prendre un livre?--Comment le
-tenir?--Respect dû aux livres.--Code et hygiène des liseurs.--Faut-il
-lire au lit? en mangeant?--Quelle heure convient le mieux pour la
-lecture?--Dangers du doigt mouillé.--Faut-il annoter ses livres?--La
-meilleure preuve de l'affection qu'on a pour eux et pour les Lettres.
-
-
-Nous avons vu que le livre est comme un être vivant, possédant une âme
-et un corps. L'âme, nous n'avons pas à nous en occuper ici; nous
-n'envisageons et n'étudions que l'enveloppe et la forme matérielle du
-livre, et nous nous en tenons à sa _santé_ physique.
-
-Tout comme son propriétaire, le livre a besoin d'air, besoin d'hygiène
-et de propreté.
-
-«Tous les mois, les vitrines réservées seront ouvertes, aérées,
-essuyées, ainsi que les livres ou manuscrits auxquels elles sont
-affectées, dit la circulaire ministérielle du 4 mai 1878[561]. Tous les
-ans, aux vacances, cette dernière opération (l'essuyage) aura lieu pour
-un tiers des livres de la bibliothèque (rangés, comme nous le savons,
-non dans des vitrines fermées, mais sur des rayons libres). Le battage
-ne doit pas être brutal; il est surtout utile pour les volumes brochés,»
-etc.
-
-Vous, dont les livres sont bien moins nombreux que ceux de ces
-établissements publics, vous agirez sagement en ne laissant pas
-s'écouler un aussi long délai sans procéder à ce nettoyage; vous
-l'effectuerez, sinon tous les mois, comme pour les susdites collections
-réservées, du moins et au moins une fois par semestre, en avril et en
-octobre, par exemple.
-
-«De même, remarque Alkan aîné[562], que l'on a soin de faire brosser ses
-habits, il faut faire épousseter de temps en temps les livres, les
-battre, essuyer la tranche avec le plus grand soin.»
-
-Mais avec quoi l'essuyer?
-
-Le docteur Graesel aussi bien que la circulaire ministérielle du 4 mai
-1878 conseillent, pour cet essuyage, l'emploi «de chiffons de
-laine[563]». Suivez plutôt le conseil du savant bibliographe Gabriel
-Peignot, de Jules Richard et de M. Édouard Rouveyre[564]: ne vous servez
-pas de lainage pour les soins d'entretien et de propreté à donner à vos
-livres. La laine attire et retient les insectes et les vers, et par elle
-vous risquez d'introduire l'ennemi dans la place.
-
-«Chaque fois que vous prendrez dans votre bibliothèque un livre pour le
-consulter, dit Jules Richard[565], époussetez-le, puis frottez-lui le
-dos et les plats avec une peau fine, semblable à celle dont se servent
-les domestiques pour faire briller l'argenterie. Cette friction
-hygiénique est excellente et des plus salutaires pour la santé du livre.
-Je vous en prie, n'oubliez ni le plumeau en plumes douces, ni la peau
-fine. On peut remplacer cette dernière par des foulards hors de service
-et très usés.»
-
-D'aucuns blâment l'emploi du petit plumeau,--si commode pourtant,
-puisqu'il est facile de dissimuler ce minuscule objet dans les rayons de
-la bibliothèque, et de l'avoir ainsi toujours sous la main,--et
-allèguent contre lui qu'il projette la poussière dans la pièce, sinon
-même sur les rangées de livres des tablettes inférieures. Il est évident
-que, s'il s'agissait d'un grand nettoyage, le plumeau ne pourrait
-efficacement servir qu'à condition de fonctionner à l'extérieur ou
-devant une fenêtre ouverte; mais quand il ne s'agit que de quelques
-volumes, des ouvrages que vous tirez un à un de vos rayons, durant vos
-lectures ou vos recherches, n'hésitez pas à recourir à ses bons offices.
-En tout cas, n'oubliez pas le point capital: avant d'ouvrir un livre, ne
-négligez jamais d'enlever la poussière accumulée sur sa tranche
-supérieure, afin que cette poussière ne pénètre pas dans l'intérieur du
-livre.
-
-Pour le motif que je vous ai signalé il y a un instant, ne garnissez pas
-de drap les tablettes de votre bibliothèque. Sans doute cette garniture
-offre certains avantages: adaptée en bandelette sur le devant et le long
-de chaque rayon, comme le demandait Peignot[566], elle préserve quelque
-peu de la poussière la tranche supérieure des volumes rangés
-immédiatement au-dessous; appliquée à plat sur la surface même des
-rayons, elle protège la partie inférieure de la reliure de vos livres en
-leur ménageant un frottement plus doux que celui du bois; mais, en
-revanche, ce parement de drap est un nid à poussière, un réceptacle
-d'insectes[567].
-
-Vernissez vos tablettes ou badigeonnez-les avec une solution
-antiseptique, et souvenez-vous qu'il en est des vers comme des maladies:
-il est plus facile d'en prévenir l'accès que de les détruire ensuite ou
-de les chasser. N'employez donc, pour vos bibliothèques et rayonnages,
-que des bois exempts de toute humidité, des bois bien secs et vernis ou
-enduits comme il vient d'être dit.
-
- *
-
- * *
-
-Les principaux vers qui attaquent les livres et rongent le papier
-appartiennent au genre _Anobium_, qui comprend trois espèces: _Anobium
-pertinax_, _Anobium eruditus_ et _Anobium paniceum_, et au genre
-_Œcophora_, dont l'espèce _Œcophora pseudo-spretella_ doit être placée
-au premier rang des ravageurs de bibliothèques. Vulgairement, on les
-appelle, les uns et les autres: vers de bois, vrillettes, pulsateurs,
-etc.[568].
-
-A l'état de larves, les anobiums ressemblent aux vers que l'on trouve
-dans les noisettes, et leurs différentes espèces se confondent. Ces
-larves, nées ou introduites dans les livres, s'y nourrissent et s'y
-développent aux dépens des éléments de ces livres, y accomplissent leurs
-métamorphoses, et s'y creusent des couloirs de sortie. Les anobiums
-peuvent facilement traverser plusieurs volumes rangés d'affilée, et
-Gabriel Peignot a trouvé jusqu'à _vingt-sept_ volumes percés en ligne
-droite par un même ver[569]. L'épaisseur des couvertures n'est nullement
-un obstacle à ces dégâts, au contraire: on a remarqué que les livres
-brochés sont moins fréquemment atteints que les livres reliés. Pour une
-autre raison, les livres anciens sont bien plus fréquentés par ces
-insectes que les livres modernes: c'est que le papier de ceux-ci, notre
-papier de bois, avec sa _charge_ de plâtre ou de kaolin, est tellement
-mauvais, que les vers eux-mêmes n'en veulent pas. C'est d'ailleurs,
-outre sa modicité de prix, le seul avantage qu'il possède sur le papier
-d'autrefois.
-
-La colle de farine paraît être ce qui attire le plus les vers: voilà
-pourquoi les relieurs ne doivent pas manquer d'ajouter à leur colle de
-l'alun ou tout autre corps qui la rende imputrescible. Les anciens plats
-de bois des couvertures, auxquels on a si judicieusement renoncé,
-offraient aussi à ces insectes un appât très recherché[570].
-
-La larve de l'_Œcophora_ diffère de celle de l'_Anobium_ en ce qu'elle
-possède des pattes. «C'est, dit William Blades[571], une chenille avec
-six jambes sur le thorax et huit protubérances en forme de suçoirs sur
-le corps. Elle ressemble au ver à soie. Après avoir passé à l'état de
-chrysalide, elle se transforme en petit papillon brun... Sa longueur est
-d'environ 12 millimètres, et la tête, corneuse, possède de fortes
-mâchoires... Le lecteur qui n'a pas eu l'occasion de visiter de vieilles
-bibliothèques, remarque encore William Blades, ne peut se figurer la
-dévastation que ces insectes nuisibles sont capables de faire.»
-
-Certaines espèces de blattes, la _Blatta germanica_ ou _Croton Bug_[572]
-et la _Blatta americana_, causent de grands ravages dans les
-bibliothèques d'Amérique. Ces insectes, vulgairement désignés sous les
-noms de _cancrelats_, _ravets_ ou _bêtes noires_, ont à peu près la
-longueur d'un hanneton; ils sont doués d'une extrême agilité,
-recherchent les ténèbres, et exhalent une odeur fétide, qu'ils
-communiquent à tout ce qu'ils touchent. Un missionnaire du XVIIe siècle,
-le père dominicain Dutertre, nous a jadis conté leurs rapides et
-étonnants dégâts[573].
-
-Mentionnons encore un petit insecte à écailles argentées appelé
-_Lepisma_; «mais ses ravages ne sont pas de grande importance», assure
-William Blades[574]. D'autres auteurs cependant, comme le docteur Henri
-Beauregard, affirment que le lepisma «fait de réels dommages[575]».
-
-Quel est le meilleur système à employer pour se débarrasser de toute
-cette vermine? «C'est là, répond Graesel[576], une question difficile à
-résoudre et qui a même été, à différentes reprises, l'objet de
-concours[577]; mais la plupart des mesures qui ont été proposées
-jusqu'ici sont ou trop compliquées ou insuffisantes.»
-
-Pour combattre l'anobium, qui affectionne la colle d'amidon et dépose
-volontiers ses œufs dans le bois de hêtre, des bibliographes conseillent
-de placer, «en été, dans certains endroits de la bibliothèque, des
-morceaux de hêtre recouverts d'une légère couche de colle d'amidon, sur
-lesquels les insectes viennent aussitôt pondre leurs œufs. La sortie des
-vers n'ayant lieu qu'en hiver, on diffère jusqu'à cette saison l'examen
-des pièges. Si, après les avoir visités, entre janvier et mars, on
-reconnaît que certains d'entre eux sont vermoulus ou couverts de petites
-excroissances dénotant la présence des vers, on les brûle et l'on arrive
-ainsi à se débarrasser à peu près complètement de l'anobium[578].»
-
-D'une façon plus générale, c'est-à-dire sans se borner à l'anobium ou
-vrillette, et en cherchant à détruire aussi l'œcophora et les autres
-insectes bibliophages, «la méthode la plus simple et en même temps la
-plus pratique, croyons-nous, dit encore le docteur Graesel, est celle
-qui consiste à imprégner de térébenthine, de camphre ou de toute autre
-substance insecticide des morceaux de drap que l'on place ensuite
-derrière les rangées de livres. Pour les volumes précieux, et
-particulièrement pour les reliures en bois, dont toute bibliothèque un
-peu importante possède une certaine quantité et qui sont en général très
-estimées en raison de leur ancienneté, le mieux est d'employer l'huile
-de cèdre (le _cedrium_), dont les propriétés conservatrices étaient déjà
-connues des anciens. Naumann a aussi proposé, et ce sur le conseil d'un
-chimiste distingué, de mêler à la colle d'amidon des relieurs de la
-farine de marrons d'Inde. En raison de son amertume, cette farine,
-paraît-il, protégerait encore mieux les livres contre les attaques des
-vers que la térébenthine et le camphre. Du Rieu a récemment conseillé
-d'employer la benzine comme préservatif: il suffirait, d'après lui, de
-la répandre goutte à goutte avec une éponge sur les rayons, les vieilles
-reliures en bois ou les volumes attaqués, pour détruire les insectes,
-sinon toujours à la première application, du moins dans tous les cas à
-la seconde[579].»
-
-Un désinfectant plus énergique et tout à fait radical, assure-t-on, est
-recommandé depuis quelques années, c'est «l'aldéhyde formique (formol,
-formaline, formaldéhyde), corps dont le pouvoir antiseptique avait été
-reconnu en 1888 par M. Lœw, et dont la fabrication commerciale en
-solutions concentrées fut enseignée à l'industrie par les travaux de M.
-Trillat[580]».
-
-Voici comment, d'après le chimiste P. Miquel, il convient de procéder.
-On dissout environ une partie de chlorure de calcium dans deux parties
-de solution commerciale d'aldéhyde formique, et l'on humecte de ce
-mélange des bandes de toile qu'on étend dans le local à désinfecter,
-après avoir eu soin d'en fermer toutes les ouvertures. Au bout de
-vingt-quatre heures, tous les germes ou microbes contenus dans ce local
-sont anéantis, et il ne reste plus qu'à l'aérer pour chasser les relents
-pénétrants du formol.
-
-Ce procédé, infaillible, affirme M. Yve-Plessis[581], paraît néanmoins
-peu pratique, par suite précisément de l'odeur âcre et insupportable que
-dégage l'aldéhyde formique.
-
-Alkan aîné conseille, lorsqu'on aperçoit sur une reliure quelques trous
-de vers, de plonger une aiguille ou un poinçon mince dans chacun de ces
-trous, afin de détruire le ver, si, par hasard, il s'y trouve encore;
-puis, de boucher «avec du camphre en poudre ou du poivre mêlé à un peu
-de cire ramollie[582]».
-
-Les trous de vers qui se trouvent dans une page peuvent se boucher en
-collant sur leur orifice des rondelles de papier aussi menues qu'il le
-faut, ou bien encore, et ce qui vaut mieux, en obturant ces petits
-orifices avec de la pâte de papier. On fabrique soi-même cette pâte avec
-du papier râpé à la lime (les marges d'un livre dépareillé et sacrifié,
-par exemple), qu'on fait cuire dans un peu d'eau mélangée de colle de
-poisson[583].
-
-Il est juste d'ajouter que, grâce aux précautions prises à peu près
-partout actuellement, dans les bibliothèques publiques, pour la
-sauvegarde des anciens livres, aujourd'hui mieux connus et plus
-appréciés; grâce à la lumière naturelle qu'on ne leur ménage plus, aux
-fréquents aérages et nettoyages dont ces précieux volumes sont
-particulièrement l'objet, le fléau dont nous nous occupons a beaucoup
-perdu de son intensité[584]. La propreté, la lumière naturelle et l'air
-sont, en effet, les trois grands ennemis des insectes.
-
- ... Goutte bien tracassée
- Est, dit-on, à demi pansée[585]:
-
-de même, les livres fréquemment battus, journellement remués et maniés,
-sont à l'abri de ces myriades d'imperceptibles et infatigables rongeurs.
-Selon le joli mot de Charles Nodier, «la bibliothèque des savants
-laborieux n'est jamais attaquée des vers[586]».
-
- *
-
- * *
-
-En général, il est préférable de laisser aux spécialistes, c'est-à-dire
-aux relieurs, le soin de réparer les couvertures endommagées, les
-feuillets décousus ou déchirés, aussi bien que de nettoyer les livres et
-d'en faire disparaître les taches. En pareilles matières, rien ne
-remplace l'expérience et le doigté du praticien. D'autant plus qu'une
-difficulté nouvelle se présente; nous retrouvons ici encore les funestes
-inconvénients des mauvais papiers modernes: d'après une très juste
-remarque, «le nettoyage du papier est rendu beaucoup plus difficile et
-beaucoup plus aléatoire depuis qu'on fabrique une si grande quantité de
-papier avec des pâtes fortement additionnées de matières minérales. En
-tentant d'enlever les taches, on peut détruire le papier[587].» Les
-hommes d'étude, écrivains ou savants, ont d'ailleurs autres choses à
-faire, et des choses plus urgentes, plus importantes, que de s'occuper
-de ces nettoyages et rafistolages.
-
-Voici cependant à ce sujet quelques instructions succinctes.
-
-Pour remettre en place les feuillets simples ou doubles que l'usage ou
-un accident quelconque ont arrachés en droite ligne dans le pli de la
-couture et qui ne se trouvent plus retenus par le fil, humecter
-légèrement de colle de pâte, à l'aide d'un pinceau et sur une largeur
-d'un demi-centimètre, toute la longueur de la marge du fond de la page
-décousue; appliquer ensuite avec précaution et ajuster exactement bout à
-bout cette marge contre la marge correspondante de la page suivante,
-puis fermer le livre et laisser sécher.
-
-Afin que le pinceau ne dépose pas trop de colle sur la marge, et que
-cette largeur d'un demi-centimètre ne soit pas dépassée, on étend
-préalablement sur la page décousue une feuille de papier qui ne laisse à
-découvert que l'extrême bord de la marge, cette mince bande d'un
-demi-centimètre, et c'est alors seulement qu'on y passe le pinceau de
-colle. On retire ensuite cette feuille de garde, et l'on met en place la
-page, comme il vient d'être dit.
-
-S'il ne s'agit que d'une déchirure que vous voulez empêcher de
-s'étendre, vous prenez une bande de papier transparent, de papier
-serpente, un peu plus longue que cette déchirure, vous l'humectez de
-colle de pâte et l'appliquez soigneusement comme une compresse,
-désormais immuable, sur la partie malade.
-
- *
-
- * *
-
-Les taches qu'on rencontre sur les feuillets des livres se divisent en
-deux grandes catégories: taches maigres et taches grasses.
-
-Les taches maigres sont produites le plus ordinairement par la
-poussière, la boue, l'eau, la rouille et l'encre à écrire.
-
-Pour enlever les taches dues à la poussière, il suffit souvent de les
-frotter avec un peu de mie de pain ou de gomme à effacer. Si ce moyen ne
-réussit pas, si ces taches sont importantes et invétérées, prendre «un
-peu de terre bolaire blanche[588] en poudre fine, que l'on tamise sur
-les endroits tachés, de manière à en avoir à peu près l'épaisseur d'un
-centime. On place ensuite dessus une feuille de papier, et l'on met le
-tout sous presse pendant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, il
-est rare que toutes les taches ne soient pas enlevées par la terre
-bolaire. S'il en restait encore quelques-unes, on répéterait
-l'opération, et l'on pourrait être alors assuré d'un succès
-complet[589].»
-
-Au lieu de la terre bolaire, qui ne se rencontre pas couramment dans le
-commerce, à Paris du moins, des spécialistes conseillent d'employer le
-chlorure de chaux: une demi-heure de contact suffit d'ordinaire pour
-amener la disparition de la tache[590].
-
-Le frottement du grattoir ou du caoutchouc blanc peut aussi suffire, en
-bien des cas, à enlever les taches de boue. Sur celles qui
-persisteraient, on appliquera une dissolution de savon, qu'on laissera
-séjourner une demi-heure ou une heure, selon l'importance de la tache.
-On trempe ensuite la feuille dans de l'eau bien pure, et, au moyen d'un
-blaireau ou d'une éponge, on détache délicatement la couche de savon,
-qui, en s'en allant, entraîne la boue avec elle[591].
-
-Les taches d'humidité[592], les _piqûres_, les _mouillures_--ces taches
-sont si fréquentes qu'elles ont mérité en librairie ces noms
-spéciaux--se traitent homéopathiquement par l'eau: un simple bain d'eau
-pure, froide ou bouillante, suffit le plus souvent, après une heure ou
-deux d'immersion, pour les faire disparaître. Si elles résistaient, on
-ajouterait à ce bain un peu d'eau de Javel (hypochlorite de potasse) ou
-de chlorure de chaux[593].
-
-Si les mouillures n'ont atteint que quelques feuillets, l'opération peut
-se faire très facilement. Il suffit de poser à plusieurs reprises un
-linge humide de chaque côté d'un des feuillets tachés, après avoir isolé
-ce feuillet des deux pages voisines au moyen de feuilles d'étain. Dès
-que l'action du linge mouillé s'est produite, dès que la tache a
-disparu, on enlève le linge et les feuilles d'étain, on les remplace par
-du papier buvard et l'on referme le livre. On nettoie de même les
-quelques autres feuillets[594].
-
-Mais quand le livre est entièrement ou à demi envahi par les mouillures,
-il faut se résoudre à le plonger dans l'eau feuille par feuille, et pour
-cela le découdre ou le dérelier, opération qui, dans ce dernier cas,
-exige de minutieuses précautions et de la patience, surtout si le livre
-est relié à dos plein.
-
-Si ces mouillures, déjà anciennes et invétérées, présentaient un
-caractère d'intensité exceptionnelle, si elles s'étaient transformées,
-sur nombre de pages, sur la tranche ou certains coins du livre, en
-_moisissure_, alors le mal serait des plus graves, et l'on ne risquerait
-rien de recourir, pour tenter de le conjurer, aux plus énergiques
-médications: eau de Javel plus ou moins concentrée, chlorure de chaux,
-etc. «La moisissure, dit très bien M. Ris-Paquot, est la plus terrible
-de toutes les taches; c'est la véritable gangrène du livre, et, quand
-elle est bien accentuée, nulle opération ne pourrait le sauver de cette
-terrible maladie, entraînant avec elle la décomposition de la pâte du
-papier. Là, tous les remèdes peuvent être employés: le malade est
-condamné à l'avance; il faut essayer, et, quoique les miracles ne soient
-plus à la mode, qui sait si un hasard providentiel ne viendra point
-couronner la persévérance[595]?»
-
-Il est à remarquer que le contact prolongé de l'eau ordinaire ou de
-l'eau de Javel fait perdre au papier, redevenu sec, sa fermeté et son
-_encolle_. Nous avons vu que les papiers d'impression sont souvent
-_collés_, ce qui leur donne plus de résistance, les rend moins
-susceptibles de se piquer, et permet d'y écrire avec de l'encre
-ordinaire. Il y a plusieurs méthodes pour encoller le papier: la plus
-simple et la seule dont nous parlerons est l'encollage à la gélatine,
-qu'on peut employer à froid et préparer d'avance. On fait bouillir 10
-grammes de gélatine blanche dans un demi-litre d'eau, ou «une plaquette
-par litre d'eau, en y ajoutant un peu d'alun, afin de décourager les
-vers que pourrait attirer la gélatine[596]»; on laisse tiédir ou
-refroidir, et l'on badigeonne le papier avec cette colle ou _encolle_,
-ou mieux, on y plonge un à un tous les feuillets; puis, après les avoir
-mis sous presse, on les étend sur des linges et à l'ombre, pour qu'ils
-sèchent lentement. En général, d'ailleurs, lorsqu'on a fait subir au
-papier un lavage quelconque, il a tendance à se boursoufler et il faut
-éviter de le faire sécher trop vite[597].
-
-Les taches d'encre ordinaire ou encre à écrire et les taches de rouille
-se traiteront de même par des bains d'eau pure additionnée--mais en plus
-grande quantité que pour les simples mouillures--d'eau de Javel. On
-pourrait aussi employer le sel d'oseille (bioxalate de potasse) et le
-chlorure de chaux, l'acide oxalique, citrique ou tartrique, ou encore,
-si la tache est légère et de peu d'étendue, placer dessus, au moyen
-d'une barbe de plume d'oie ou d'un pinceau, une goutte de vinaigre,
-humecter ensuite avec de l'eau légèrement additionnée d'eau de Javel, et
-sécher entre des feuilles de papier buvard[598]. L'acide chlorhydrique
-mérite également d'être signalé; il «attaque l'encre d'écriture, tout en
-épargnant celle du texte et la teinte paille du vieux papier[599]».
-Antony Méray en fit l'épreuve sur deux incunables, qui portaient des
-inscriptions manuscrites à l'encre. «Un bain d'acide chlorhydrique
-étendu d'eau les débarrassa très bien, dit-il, de notes nombreuses et de
-griffonnages inutiles; mais comme cet agent chimique laisse au papier
-une apparence molle et humide, il fallut laver mes feuillets à grande
-eau, puis détruire les traces de l'acide au moyen d'une dissolution de
-bicarbonate de soude, avant de procéder à l'encollage[600].»
-
-Remarquons, au sujet du chlore, et par conséquent de son composé l'eau
-de Javel, «qu'assurément les effets de cette substance sont à peu près
-infaillibles pour le blanchiment du papier. Mais on peut dire que la
-contexture du papier lui-même n'a pas d'ennemi plus terrible, qu'il
-détruit lentement ce qu'il a blanchi, et que, sans de sages précautions,
-son usage est des plus pernicieux. Fermer un livre blanchi au chlore,
-c'est, pour nous servir d'un dicton populaire, enfermer le loup dans la
-bergerie[601].»
-
-L'eau de Javel ne doit donc s'employer qu'avec grande circonspection et
-ménagement, en tâtonnant pour ainsi dire. Il n'y a que dans le cas de
-moisissure, comme nous l'avons expliqué, qu'on puisse user d'elle
-libéralement, sans retenue ni regret: ce moribond, que la gangrène
-dévore et va anéantir, elle le prolonge et le purifie à la fois.
-
- *
-
- * *
-
-Passons à l'enlèvement des taches grasses.
-
-Les plus fréquentes sont les taches de suif, de stéarine (bougie), de
-graisse, d'huile, et les taches produites par l'attouchement des doigts
-ou par le maculage provenant de l'encre d'imprimerie.
-
-Les taches de suif, de bougie, de graisse et d'huile peuvent s'enlever
-simplement «en recouvrant la tache d'un peu de craie en poudre très
-fine, et mettant à la presse. Le lendemain, on change, et ainsi de
-suite, à trois ou quatre reprises[602]».
-
-Un moyen plus énergique consiste à appliquer sur la tache une feuille de
-gros papier buvard qu'on chauffe à l'aide de quelques petits charbons
-placés dans une cuiller d'argent, en ayant soin de changer le papier
-buvard à mesure qu'il se salit; puis, au moyen d'un pinceau, on enduit
-d'une légère couche d'essence de térébenthine, chauffée au bain-marie et
-presque bouillante, les deux côtés du papier à nettoyer. On rend ensuite
-à ce papier sa blancheur en imbibant d'alcool rectifié, chauffé
-également au bain-marie, la place qui était tachée[603].
-
-Ne pas oublier, dans cette opération, que la térébenthine et l'alcool
-s'enflamment très aisément, et prendre garde de trop les approcher du
-feu.
-
-«Ce procédé peut être également employé pour faire disparaître les
-taches de cire à cacheter, bien que celles-ci rentrent plus
-particulièrement dans la classe des taches maigres[604].»
-
-Les taches de cire s'enlèvent aussi «en trempant le papier dans de la
-benzine ou de la térébenthine; après quoi, on couvre l'imprimé de papier
-brouillard plié et l'on repasse avec un fer chaud[605]».
-
-De même, les taches de bougie peuvent s'enlever par un procédé plus
-expéditif que le précédent: après avoir, à l'aide d'un grattoir, aminci
-la tache le plus possible, il suffit de traiter la partie restante par
-de légères lotions d'alcool à 90°. L'acide stéarique étant soluble dans
-l'alcool, le procédé réussit très bien[606].
-
-Si les taches d'huile étaient rebelles à la recette indiquée ci-dessus,
-on pourrait recourir à la suivante. «On forme une bouillie pas trop
-épaisse composée de: 500 grammes de savon, 300 grammes d'argile, 60
-grammes de chaux vive, et d'eau en quantité suffisante; on étend une
-petite couche de cette bouillie sur la tache, et on l'y laisse pendant
-un quart d'heure environ. On trempe ensuite la feuille dans un bain
-d'eau chaude, puis on la retire et on la fait sécher lentement[607].»
-
-Les feuillets tout récemment tachés d'huile et encore humides de cette
-huile, adhérant encore entre eux, doivent, d'après Antony Méray, qui
-nous raconte comment il a expérimenté ce procédé[608], être trempés,
-préalablement décousus, dans une dissolution de potasse caustique, qui
-commence à s'emparer de la matière grasse. «Cette opération avait aminci
-et rendu savonneux le papier, qui conservait une couleur rance[609] très
-désagréable. Un bain d'eau de Javel mêlée d'un quart d'eau ordinaire le
-débarrassa entièrement de cette vilaine trace. Restait à enlever le
-chlore introduit par l'eau de Javel: une dissolution de sulfite de soude
-réussit à chasser cet actif destructeur.»
-
-Les taches dues à l'attouchement des doigts sont quelquefois assez
-tenaces. Pour les combattre, on use du procédé que nous avons vu
-appliquer il y a un instant aux taches de boue, on étend sur elles «une
-couche de savon blanc en gelée, et on l'y laisse pendant quelques
-heures. On enlève ensuite le savon avec une éponge fine trempée dans
-l'eau chaude, et toute la crasse disparaît le plus souvent en même
-temps. Si ce traitement ne suffisait pas, on pourrait remplacer le savon
-en gelée par du savon noir; mais il faudrait avoir soin de le laisser
-peu de temps sur le noir d'impression, qui pourrait se décomposer et
-couler, ce qui produirait plus de mal que de bien[610].»
-
-Les taches produites par l'encre d'imprimerie sont fréquentes et
-difficiles à enlever. Pour les faire disparaître, on peut essayer de la
-mie de pain roulée en boulettes, et en frotter les endroits salis. «Il
-est rare cependant, ajoute M. Jules Cousin[611], qu'on arrive à un
-résultat complètement satisfaisant, surtout si le maculage est assez
-fort. Aussi nous répétons ici le conseil que nous avons déjà donné[612]:
-qu'on prenne la précaution de ne jamais faire relier de livres trop
-fraîchement imprimés; du moins, si l'on est quelquefois obligé de le
-faire, il faut recommander au relieur d'interfolier les cahiers avec du
-papier serpent[613] avant le battage, pour éviter que l'encre
-d'imprimerie ne se décharge des pages l'une sur l'autre.»
-
- *
-
- * *
-
-Outre la poussière et les insectes, l'eau ou l'humidité, l'encre, la
-bougie, l'huile et la graisse, les livres ont de nombreux ennemis, tels
-que les souris, les rats et les chats, le feu, le soleil et le gaz, les
-épiciers et les marchands de tabac, les collectionneurs de gravures et
-frontispices, les relieurs, les emprunteurs, et, au dire de plusieurs
-bibliographes peu galants, les femmes, les femmes surtout et avant tout.
-
-«Les souris, écrit Alkan aîné[614], ne s'attaquent guère qu'aux volumes
-séparés, d'un papier doux, tendre, et capable de les aider à faire leurs
-nids. Il n'y a donc aucun danger pour les volumes en rayons.
-
-«Les rats y ont aussi recours pour leurs nids, mais ils semblent
-préférer d'autres matières que le papier, et ce n'est qu'à défaut de
-substances laineuses qu'ils s'attaquent aux livres.
-
-«Il y a bien le chat. Mais le remède est souvent pire que le mal: il
-aiguise ses griffes sur le dos des livres, lorsqu'ils sont à sa portée;
-dans tous les cas, il sait les y mettre.»
-
-Les dangers dont le voisinage du feu, c'est-à-dire simplement une
-chaleur trop vive, menace les livres, sont évidents, et il serait
-superflu d'insister sur ce point.
-
-Le soleil mange la couleur des reliures, principalement lorsque cette
-couleur est tendre; voilà pourquoi nous avons conseillé[615], à propos
-de la parure et de l'habillement des livres, de se méfier des vert-pomme
-ou olive, des jaune-paille et des bleu-pervenche. L'effet des rayons
-solaires est surtout fâcheux pour les volumes appartenant à un même
-ouvrage. Selon qu'ils ont été peu ou prou frappés par ces rayons ou en
-ont été préservés, les dos de ces volumes ne se ressemblent plus: les
-uns ont conservé leur couleur, les autres l'ont totalement perdue,
-d'autres, et c'est le plus grand nombre, n'ont blanchi que d'un côté, du
-côté tourné vers la fenêtre, et leurs dos se partagent en deux teintes
-brusquement tranchées, deux étroites bandes de couleurs toutes
-différentes: on ne se douterait jamais, à la vue de ces disparates,
-qu'on a devant soi un seul ouvrage, les éléments extérieurement égaux et
-similaires d'un même tout[616].
-
-Le gaz d'éclairage, par le calorique qu'il développe et aussi par les
-émanations sulfureuses qu'il engendre, attaque aussi la reliure des
-livres: ce sont naturellement les volumes rangés sur les rayons les plus
-élevés qui sont atteints les premiers et le plus grièvement. William
-Blades nous apprend qu'ayant fait installer le gaz dans son cabinet de
-travail et placer une suspension à trois becs au-dessus de sa table, la
-tension de la chaleur de l'atmosphère vers le plafond de la pièce
-produisit en peu de temps, au bout d'une année à peine, des effets
-désastreux.
-
-«Les dos des livres placés sur les rayons supérieurs furent tous abîmés,
-et, quand on les touchait, ils se séparaient des volumes, s'éparpillant
-comme du tabac à priser. Ce désastre, bien entendu, n'était dû qu'aux
-émanations sulfureuses produites par le gaz; ces émanations attaquent en
-premier lieu le maroquin, puis le vélin; bien que le cuir de Russie
-résiste plus longtemps, il finit par être détruit par cet impitoyable
-ennemi[617].»
-
- *
-
- * *
-
-Pour confectionner leurs sacs et leurs cornets, les épiciers et les
-marchands de tabac massacrent sans pitié les livres les plus rares.
-
-«De tout temps il a fallu des cornets à l'épicier, de tout temps il a
-fallu des livres à rouler en cornets; qui sait si les Histoires de
-Tite-Live et de Tacite, les Oraisons de Cicéron, les Tragédies d'Ovide
-et tous les ouvrages dont nous déplorons la perte, n'ont pas été la
-proie des épiciers du barbare moyen âge?
-
-«L'épicier du XIXe siècle a déclaré une guerre à mort aux parchemins,
-sans doute en haine de la noblesse. L'âge d'or de l'épicerie date de la
-Révolution française, car la docte congrégation de Saint-Maur et la
-confrérie des épiciers ne pouvant subsister ensemble, l'une a tué
-l'autre. _Ah! doit-on hériter de ceux qu'on assassine!_ Le Bénédictin
-faisait des livres, maintenant l'épicier en défait[618].»
-
-Les tailleurs et les cordonniers ont été aussi de terribles
-«équarrisseurs de livres». L'abbé Lebeuf, l'historien du diocèse de
-Paris, nous conte que M. Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran,
-sortant, après cinq ans de captivité, du donjon de Vincennes, où
-Richelieu l'avait fait enfermer pour cause de jansénisme, entra chez un
-tailleur et se fit prendre mesure d'un habit. Là, «il s'aperçut que le
-misérable artisan avait découpé les bandes sacrilèges servant à prendre
-les mesures dans les _Œuvres de saint Augustin_ en grand papier, que le
-cardinal de Richelieu avait fait saisir dans la prison de son inflexible
-ennemi[619]».
-
-Un tailleur d'habits, de la même époque sans doute, «racontait qu'un
-archiviste, ou garde-titre d'un chapitre, lui avait fourni, pendant
-plusieurs années, des cahiers de fort beaux manuscrits grand in-folio,
-dont il s'était servi pour faire des bandes et prendre la mesure des
-habits qu'il faisait. Il en montra quelques restes où il était encore
-facile de se rendre compte que c'étaient des manuscrits du XIIe
-siècle[620].»
-
-La cordonnerie pour dames accomplit, pendant plus de vingt-cinq ans, au
-dire du bibliophile Jacob[621], «une effroyable hécatombe de livres
-anciens». Voici comment:
-
-«Le quartier qui forme le talon de la chaussure a besoin d'être fortifié
-par une doublure en cuir plus mince et plus rigide que celui de
-l'empeigne; mais le pied délicat des femmes ne s'accommode pas de ce
-quartier [ce cuir ou ce carton?] dur et solide qui soutient le quartier
-d'un soulier d'homme. Les cordonniers avaient donc imaginé de doubler le
-quartier des chaussures de dames avec de la peau de veau ou de mouton
-déjà assouplie, qu'ils empruntaient à la reliure des vieux livres. On
-voit d'ici l'objet principal du travail de l'équarrisseur de vieux
-livres. Les peaux de veau ou de basane, détachées des reliures
-anciennes, étaient empilées, selon leur grandeur, et formaient des
-paquets plus ou moins volumineux, qui se vendaient à la cordonnerie de
-Paris. Pendant vingt-cinq ans, ce commerce de vieille peausserie a causé
-_l'immolation de deux à trois millions de volumes_[622].»
-
-«Les dénicheurs de bons livres anciens, continue le bibliophile
-Jacob[623], se souviennent encore du roi des équarrisseurs, de cet
-honnête et farouche Quillet, qui avait ses magasins et son atelier sur
-le quai Saint-Michel, vis-à-vis de la Morgue. Touchant voisinage! Cet
-atelier ressemblait à l'antre de Polyphème: on n'y voyait que vieilles
-reliures en lambeaux, livres écorchés ou déreliés, amas de vieux
-papiers, de gravures, de bouts de ficelle, détritus bibliographiques en
-tout genre. C'est là que trônait l'impassible Quillet, les bras nus, le
-couteau à la main, les reins ceints d'un tablier de boucher. Il passait
-sa vie à dépecer des livres et à en classer méthodiquement les débris.
-Si le livre privé de sa reliure lui semblait digne de quelque pitié, il
-ne le déchiquetait pas immédiatement: il le réservait pour ses clients,
-libraires ou bouquineurs, qui venaient sans cesse passer en revue les
-lamentables dépouilles de l'équarrissage. Souvent le livre était sauvé
-et allait se rajeunir, en faisant peau neuve, chez le relieur. Mais une
-fois qu'il avait été condamné à mort par le dédain ou l'oubli des
-acquéreurs ordinaires, il ne tardait pas à être mis en pièces et destiné
-à divers usages, selon la qualité du papier. Le papier fort, bien collé,
-des anciens livres, servait à faire des sacs pour les treilles; le petit
-papier, de format in-8 et in-4, fournissait des sacs à l'épicerie; le
-petit papier mou et spongieux, sans résistance et sans solidité, était
-_fondu_ pour faire des cartonnages. Que Dieu fasse paix à l'âme du bon
-et respectable Quillet, malgré les massacres de livres qu'il a si
-longtemps exécutés de sa propre main et non sans une affreuse
-jouissance! «Bon an, mal an, me disait-il un jour en riant dans sa
-barbe, je travaille plus de 50 000 volumes. Mais, ajoutait-il avec
-onction, je ménage les livres de piété, car je les vends toujours bien,
-et tout habillés.»
-
- *
-
- * *
-
-Les collectionneurs de portraits et frontispices, de premières pages ou
-titres de départ, de lettres ornées, colophons, marques d'imprimerie,
-couvertures anciennes, etc., figurent aussi parmi les plus impitoyables
-mutilateurs de livres. Rien n'est sacré pour eux. Que d'admirables
-missels, par exemple, ont été stupidement tailladés et déchiquetés par
-des amateurs de fleurons et d'initiales en couleur, véritables barbares
-à qui tout commerce avec les livres devrait être interdit[624]! Tel
-encore ce cordonnier et _biblioclaste_ John Bagford, l'un des fondateurs
-de la société des Antiquaires d'Angleterre, dont William Blades nous
-donne le portrait d'après Howard, et nous conte les terribles exploits.
-
-John Bagford, qui vivait au commencement du XVIIe siècle, passait son
-temps à parcourir «les provinces, allant de bibliothèque en
-bibliothèque, arrachant les titres des livres rares de tous les formats.
-Il en faisait des collections, suivant leur nationalité et les villes où
-il les trouvait, en sorte qu'avec des affiches, des notes manuscrites et
-des assemblages de toutes sortes et de toutes natures, il était arrivé à
-collectionner plus de cent volumes in-folio, qui se trouvent aujourd'hui
-au British Muséum[625].»
-
-_Cent_ volumes composés de feuillets arrachés dans les plus précieux
-ouvrages! Ce n'est pas sans raison que William Blades conclut que de
-tels enragés bibliomanes, «bien qu'ils s'arrogent eux-mêmes le nom de
-bibliophiles, doivent être classés parmi les pires ennemis des
-livres[626]».
-
-L'habitude de pratiquer des coupures dans les journaux a conduit
-certains écrivains ou publicistes à traiter de même les fascicules de
-leurs revues et les pages de leurs livres. De ce nombre on cite
-Lamartine[627], Émile de Girardin et Victor Fournel[628].
-
-Ce système expéditif enlève non seulement toute valeur aux livres ainsi
-mutilés, mais, de plus, selon la judicieuse objection de M.
-Guyot-Daubès[629], «l'économie de temps qu'il procure au point de vue
-d'une recherche est bien peu de chose, puisqu'une simple note de
-référence permettra dans une bibliothèque bien tenue de retrouver le
-passage cherché en une ou deux minutes».
-
-Il est à remarquer d'ailleurs qu'Émile de Girardin avait changé
-d'opinion à cet égard durant ses dernières années: «il prétendait alors
-que, dans une recherche, le passage intéressant se trouvait toujours au
-dos d'une page qui, antérieurement, avait été détachée du livre[630]».
-
-Falconet[631] avait aussi coutume, _dit-on_, de découper dans les livres
-les passages qui l'intéressaient le plus, si bien qu'il réduisait à
-quelques feuillets des ouvrages considérables; il appelait cela «n'en
-garder que la quintessence».
-
-L'érudit bibliographe Jamet le Jeune (1710-1778) avait aussi «la manie
-de former des recueils factices d'opuscules et brochures, parfois de
-fragments enlevés à divers ouvrages et relatifs à un sujet donné; il
-faisait relier le tout, y joignait force notes en marge, et donnait le
-titre de _Stromates_ aux collections qu'il créait ainsi[632]».
-
-Quant aux collectionneurs d'antiques couvertures de livres, rappelons
-que, dans une vente publique, la vente de la collection Deroussent, qui
-eut lieu à Montreuil-sur-Mer, en mai 1860, on put voir «un monceau de
-couvertures de livres jadis reliés en maroquin ou en veau fauve par du
-Seuil, et presque tous aux armes de l'abbé de Dompmartin, etc., etc. M.
-Deroussent lui-même n'avait pas craint de dépecer de splendides in-folio
-en grand papier, qu'il avait vendus au poids à la garnison de Montreuil
-pour en confectionner des cartouches! Il était possédé aussi de la manie
-des albums, et avait mutilé maint volume, enlevant les charmants
-frontispices gravés par Léonard Gaultier, et les portraits si recherchés
-dus au burin de Thomas de Leu[633].»
-
-Et ce Vandale se croyait un bibliophile modèle, digne de la
-reconnaissance et de l'admiration de ses concitoyens.
-
- *
-
- * *
-
-Comme ennemis des livres, les relieurs méritent un chapitre spécial, et
-ils l'ont, ils en ont même plusieurs, dans l'ouvrage de William Blades.
-
-«Ah! que de ravages avons-nous vus,» s'écrie ce bibliographe, presque au
-début de sa très intéressante monographie[634], «qui n'avaient d'autres
-auteurs que les relieurs! Vous pouvez prendre un air autoritaire,--vous
-pouvez donner par écrit des instructions aussi précises que s'il
-s'agissait de votre testament,--vous pouvez jurer que vous ne payerez
-pas si vos livres sont rognés:--c'est inutile. Le _Credo_ d'un relieur
-est bien court, car il ne se compose que d'un article, et cet article
-lui-même ne comprend qu'un seul mot, l'horrible mot: «Rognures!»
-
-Et à la fin[635]:
-
-«Dante, dans son _Inferno_, mesure aux âmes damnées diverses tortures,
-appropriées avec une opportunité toute dramatique aux crimes perpétrés
-par les victimes. Si nous avions à prononcer un jugement sur les
-relieurs coupables d'avoir détérioré certains volumes précieux que nous
-avons vus, où les feuilles vierges confiées à leurs soins ont, par leur
-négligence barbare, perdu leur dignité, leur beauté, leur valeur, nous
-ramasserions les rognures si impitoyablement enlevées, pour faire rôtir
-les coupables par leur lente combustion. Dans l'ancien temps, avant que
-l'on ait appris la valeur des reliques de nos premiers imprimeurs, il y
-avait quelque excuse pour les péchés du relieur, qui s'égarait par
-l'ignorance, si générale alors; mais de nos jours, où la valeur
-historique et intrinsèque des anciens ouvrages est partout reconnue, on
-doit être sans pitié pour une aussi coupable négligence.»
-
-«De Rome, relieur célèbre du XVIIIe siècle, à qui Dibdin a donné le
-sobriquet de «grand tondeur», raconte encore William Blades[636], était
-dans sa vie privée un homme estimable; mais il se livrait avec amour au
-vice de réduire les marges des livres que l'on lui confiait à relier. Il
-est allé si loin dans cette rage de rogner, qu'il n'a pas épargné un bel
-exemplaire des _Chroniques de Froissart_ sur vélin, dans lequel se
-trouve un autographe du bien connu bibliophile de Thou, qu'il a taillé
-sans pitié ni merci[637].»
-
- *
-
- * *
-
-Des emprunteurs, nous ne dirons rien ici; nous nous sommes naguère
-suffisamment occupé d'eux[638], et avons amplement montré leur
-sans-gêne, leurs dégâts, et combien il est prudent de se garer de ces
-indiscrets et malfaisants personnages.
-
-Les priseurs, qui laissent si volontiers choir de leur nez de ces larges
-gouttelettes chatoyantes et ambrées; les fumeurs, avec leurs débris
-d'allumettes mal éteintes ou noircies, avec leur jus de pipe, leurs
-cendres de cigares, leurs bouts de cigarettes en feu, sont encore, pour
-les livres, des causes de dangers continuels.
-
-Les botanistes qui font de leurs volumes une succursale de leurs
-herbiers et se servent de leurs in-folio et in-4, comme le bonhomme
-Chrysale employait son gros Plutarque à mettre ses rabats, pour classer,
-presser et aplatir des tulipes, des iris ou des jonquilles; le
-jouvenceau qui enferme pieusement dans quelque luxueux paroissien ou
-dans un élégant recueil de vers l'humble violette ou l'éclatante et
-chère pensée, don d'une main mignonne, à jamais adorée: encore des
-ennemis du livre!
-
-Et ces excellentes ménagères, qui, cherchant un solide parchemin pour
-couvrir leurs pots de beurre ou de confitures, ne trouvent rien de mieux
-que d'«utiliser» de la sorte les vieux «bouquins» et toutes les vilaines
-«paperasses» relégués au grenier[639]. Et ces généreuses mamans, qui,
-pour occuper et distraire leurs garçonnets ou leurs fillettes, pour
-avoir la paix surtout, leur donnent «des images à colorier»,--d'antiques
-volumes à gravures sur bois et à somptueux frontispices: «On est
-tranquille au moins pendant ce temps-là! On respire! Ils ne font pas de
-bruit, ces bons chéris! Ils s'amusent bien gentiment[640]!»
-
-D'une façon générale d'ailleurs, les femmes, force est bien de le
-constater, sont considérées par nombre de bibliophiles, et certains
-d'entre eux sont des plus autorisés, comme d'invétérées et irréductibles
-«ennemies des livres».
-
-Oyez comme ces discourtois chevaliers parlent d'elles.
-
-Richard de Bury d'abord, l'auteur du _Philobiblion_, qu'on peut regarder
-comme le plus ancien bibliographe et le père de la bibliophilie:
-
-«A peine cette bête (c'est de ce gracieux nom que l'illustre évêque de
-Durham et grand chancelier d'Angleterre qualifie le beau sexe, et ce
-sont les livres qui, par une audacieuse et irrévérente prosopopée, sont
-censés parler de la sorte), à peine cette bête, toujours nuisible à nos
-études, toujours implacable, découvre-t-elle le coin où nous sommes
-cachés, protégés par la toile d'une araignée défunte, que, le front
-plissé par les rides, elle nous en arrache, en nous insultant par les
-discours les plus virulents. Elle démontre que nous occupons sans
-utilité le mobilier de la maison, que nous sommes impropres à tout
-service de l'économie domestique, et bientôt elle pense qu'il serait
-avantageux de nous troquer contre un chaperon précieux, des étoffes de
-soie, du drap d'écarlate deux fois teint, des vêtements, des fourrures,
-de la laine ou du lin. Et ce serait avec raison, surtout si elle voyait
-le fond de notre cœur; si elle assistait à nos conseils secrets; si elle
-lisait les ouvrages de Théophraste ou de Valère Maxime, et si elle
-entendait seulement la lecture du XXVe chapitre de
-_l'Ecclésiastique_[641].»
-
-«Les femmes bibliophiles!... s'écrie de son côté M. Octave Uzanne. Je ne
-sache point deux mots qui hurlent plus de se trouver ensemble dans notre
-milieu social; je ne conçois pas d'accolade plus hypocrite, d'union qui
-flaire davantage le divorce! La femme et la _bibliofolie_ vivent aux
-antipodes, et, sauf des exceptions aussi rares qu'hétéroclites,--car les
-filles d'Ève vous déroutent en tout,--je pense qu'il n'existe aucune
-sympathie profonde et intime entre la femme et le livre; aucune passion
-d'épidémie ou d'esprit; bien plus, je serais tenté de croire qu'il y a
-en évidence inimitié d'instinct, et que la femme la plus affinée sentira
-toujours dans «l'affreux bouquin» un rival puissant, inexorable, si
-éminemment absorbant et fascinateur, qu'elle le verra sans cesse se
-dresser comme une impénétrable muraille entre elle-même et l'homme à
-conquérir[642].»
-
-M. Paul Eudel remarque aussi que «la collection (des livres
-particulièrement) a toujours eu pour ennemies jurées nos chères
-compagnes».--«C'est autant de moins, disent-elles, pour la toilette et
-le train de la maison[643].»
-
-M. B.-H. Gausseron déclare de même[644] que «les livres, jusque dans la
-maison du bibliophile, ont un implacable ennemi, c'est la femme... La
-femme, l'ennemie-née du bibliophile.»
-
-«L'amour des livres, c'est une marque de délicatesse, mais c'est une
-délicatesse d'homme: les femmes, pour la plupart, ne le comprennent pas,
-écrit M. Porel[645]. Pour les ouvrages du XVIIIe siècle, qu'elles
-veulent acquérir maintenant parce qu'ils sont à la mode, elles ont été
-depuis longtemps particulièrement malfaisantes.»
-
-Et le maître bibliophile Jacob atteste à son tour que «les femmes
-n'aiment pas les livres et n'y entendent rien: elles font, à elles
-seules, l'enfer des bibliophiles:
-
- Amours de femme et de bouquin
- Ne se chantent pas au même lutrin[646].»
-
-Les épingles à cheveux sont, au dire de maints bibliographes, le
-coupe-papier habituel de la femme; à moins qu'elle ne préfère se servir,
-pour le même office, de son index ou du bout de son pouce, ce qui, d'une
-façon comme de l'autre, taille les bords du livre en dents de scie.
-
-«Ne confiez jamais, ô bibliophiles, le soin de couper un livre que vous
-tenez en estime particulière à d'autres qu'à vous-mêmes; défiez-vous,
-pour accomplir cette opération si simple en apparence, mais en réalité
-si délicate, de cette main mignonne qui excelle dans l'art de la
-broderie et qui ne connaît point de rivale dans mille travaux élégants.
-Tout habile qu'elle est, cette main charmante, à laquelle on peut
-confier sans crainte la réparation du tissu le plus fin, vous fera le
-plus innocemment du monde d'innombrables festons aux marges que vous
-voulez respecter; bien heureux si le couteau, en déviant de la ligne
-marquée, ne tranche cette marge jusqu'au texte, et perde ainsi à tout
-jamais un livre qui n'est plus présentable aux yeux d'un véritable
-bibliophile[647].»
-
-La mode des papillotes est, je crois, un peu passée; mais, alors qu'elle
-florissait, les livres en voyaient de belles et en essuyaient de
-cruelles avec ces dames!
-
-«Nous avons en main un bel ouvrage où l'on avait coupé de quoi se faire
-des papillotes, écrit Alkan aîné[648]. Les femmes surtout sont les
-bourreaux des livres. (Il y a bien _quelques_ exceptions.)»
-
-Oui, certes, il y en a, et de plus en plus[649]; mais continuons notre
-citation:
-
-«Nous lisons dans un petit volume, supérieurement imprimé par Pitrat
-aîné, à Lyon, 1879, petit in-8, papier teinté, encadrements rouges,
-ayant pour titre _les Ennemis des livres_, par un bibliophile[650], ce
-qui suit:
-
-«J'ai connu un bibliophile qui venait d'acquérir un livre, à la
-recherche duquel il était depuis longtemps; il eut l'imprudence de le
-laisser sur la table de son cabinet. Le lendemain du jour de son
-acquisition, il trouva sa femme, entrée par hasard dans son lieu de
-travail, occupée à déchirer les feuillets de ce livre, pour en faire des
-papillotes aux boucles de ses cheveux[651].»
-
- *
-
- * *
-
-De même que, pour couper les feuillets d'un livre broché, vous commencez
-toujours et forcément chaque section par la droite de ce livre et faites
-avancer votre couteau vers la gauche, commencez toujours par
-l'_extrémité droite_, c'est-à-dire par les dernières pages du livre que
-vous vous proposez de couper, et continuez de même sorte l'opération
-jusqu'à l'_extrémité gauche_, je veux dire jusqu'aux premières pages, au
-début du livre. Supposons un in-18, fabriqué dans les conditions de
-pliage et de couture ordinaires. Mettez ce volume à plat sur une table,
-tenez-le bien ouvert, et insinuez votre couteau d'abord entre les deux
-pages qui forment le milieu du dernier cahier. Appuyez fortement la main
-gauche sur le volume, afin de le maintenir dans une position
-parfaitement horizontale[652], et manœuvrez votre coupe-papier en le
-faisant avancer avec précaution au delà du pli de la couture médiane et
-jusqu'au sommet de l'autre tranche, de façon à couper la tête de la
-feuille dans toute sa longueur et d'une même suite de mouvements. Vous
-coupez ensuite les tranches latérales de ce cahier, et vous passez au
-suivant, à l'avant-dernier, sur lequel vous procédez de même, et ainsi
-de suite, toujours en remontant, jusqu'au premier cahier, à la feuille
-de titre du livre.
-
-C'est pour effectuer avec plus de facilité et d'un même coup la section
-du papier dans toute la longueur de la tête de chaque feuille, que nous
-conseillons de commencer l'opération par la fin du livre: il s'ouvre
-mieux ainsi, comme il est aisé de s'en convaincre, et prend mieux la
-position absolument horizontale, indispensable pour glisser le
-coupe-papier d'un bout à l'autre de la tête.
-
-En coupant de la sorte la tête du livre dans toute sa longueur et en une
-fois, sans vous arrêter au pli de la couture,--autant que la chose est
-possible et que le coupe-papier n'éprouve pas trop de résistance en
-franchissant ce pli,--vous avez l'avantage non seulement de procéder
-plus rapidement, mais encore et surtout de ne pas laisser dans ce pli,
-au fond de la tête du volume, des parties non atteintes par le
-coupe-papier, et qui ne manqueraient pas de se déchirer ensuite,
-lorsqu'on ouvrirait le livre.
-
-Le couteau à papier doit avoir peu d'épaisseur, afin de ne pas faire
-éclater les bords des pages et de laisser le moins de traces possible de
-son passage: qu'il soit en ivoire ou en os, en ébène ou en buis, peu
-importe; ce qui est absolument nécessaire, c'est que ses deux tranchants
-n'aient aucune coche et soient scrupuleusement lisses, et qu'il ne se
-termine pas en pointe aiguë, mais très émoussée, bien arrondie, de façon
-à ne pas trouer les feuillets entre lesquels on l'introduit. Il est des
-couteaux à papier qui ont des proportions démesurées, une largeur de
-lame de cinq à six centimètres, voire plus: il n'en résulte
-qu'incommodités et inconvénients, et il y a tout avantage à ce que cette
-largeur n'excède pas deux centimètres et demi à trois centimètres. Le
-plioir dont se servent les brocheuses est peut-être, à condition d'être
-aminci un tantinet pour la raison que nous venons de dire, le meilleur
-des couteaux à papier.
-
-Défiez-vous des couteaux en bois tendre, recommande l'auteur de
-l'excellente étude du _Magasin pittoresque_[653] sur _les Ennemis des
-livres_, à laquelle nous nous référons volontiers: «l'usage journalier
-les couvre bientôt de coches malencontreuses, et le papier en est
-blessé; un coup précipité les fait parfois voler en éclats, au grand
-dommage du livre dont ils devaient régulariser les feuillets. On fait
-nombre de charmants outils de ce genre dans certaines villes d'eaux, et
-principalement à Spa; de fines peintures les ornent et d'ingénieux
-emblèmes leur donnent une sorte de valeur artistique; les lecteurs
-avisés, et qui ne vivent pas uniquement de gracieux souvenirs, leur
-préféreront toujours les coupe-papier un peu rustiques dont nos pères
-aimaient à se servir. Le bois dont on use pour leur emploi éphémère
-n'est ni homogène ni résistant; ils sont d'ailleurs revêtus d'un vernis
-que mille causes peuvent altérer, et qui, à la longue, disparaît en
-passant d'une façon rapide entre les feuillets qu'on veut séparer. Les
-coupe-papier de santal qu'on nous expédie de l'Inde sont d'un aspect
-charmant avec leurs rosaces en mosaïque, où le métal blanc s'unit à
-l'ébène et à l'ivoire; mais le bois parfumé qui leur sert de base ne
-dure pas longtemps au contact d'un papier trop ferme: ces couteaux de
-nabab sont des couteaux de luxe, propres tout au plus à orner un bureau.
-
-«Défiez-vous surtout, lecteurs pacifiques, de ces espèces de cimeterres
-aux manches plus ou moins historiés, à la pointe aiguë et recourbée, qui
-font le brillant ornement des magasins de papeterie, et qu'on donne
-presque toujours en cadeau, lorsqu'on prétend offrir un souvenir aimable
-à un professeur ou bien à un lettré, et qui simulent parfaitement une
-arme orientale. Laissez ces splendeurs décevantes à quelques
-bureaucrates en relation avec l'armée. Ces coupe-papier métalliques sont
-d'un usage détestable, et percent souvent sans miséricorde les feuillets
-qu'ils ont dû séparer. D'ordinaire leur tranchant est par trop affilé,
-et la lame agit d'une façon irrégulière en mordant sur la marge, comme
-cela a lieu avec les simples couteaux ou avec les canifs, dont un
-soigneux bibliophile n'emploiera jamais le secours[654]. N'avez-vous
-point remarqué sur ces belles marges dont nous parlons ici des
-déchirures aiguës déshonorant un livre? C'est presque toujours la preuve
-du crime secret accompli par le coupe-papier cimeterre, et il ne se
-révèle, hélas! bien souvent qu'après de nombreuses années, alors que
-l'on croyait posséder un livre vierge de tous les outrages qu'on peut
-redouter d'un distrait ou simplement d'un maladroit.
-
-«Pour être juste maintenant à l'égard des fabricants de coupe-papier, il
-faut mettre sous les yeux du lecteur réfléchi les causes nombreuses de
-détérioration ou même de destruction à peu près complète qui s'attachent
-aux utiles auxiliaires de la science bibliographique, qu'on nous vend
-journellement à des prix si modérés. Rappelez-vous (et tout habitué des
-grands centres littéraires en a pu faire la remarque) qu'on rencontre
-très peu de coupe-papier dont le manche ou le tranchant n'ait reçu
-quelque injure notable. Les uns, mutilés jusqu'à la lame, peuvent être à
-peine saisis par deux doigts; les autres périssent par le bout opposé,
-et déchirent au lieu de couper; il y en a un grand nombre qu'un canif
-pernicieux a tailladés d'une façon désolante, et qui n'offrent plus que
-l'aspect d'une scie; d'autres encore, tombés entre les mains d'un
-ciseleur émérite, sont finement ornementés sur la partie plane de leur
-tranchant, et Dieu sait s'ils sont propres en cet état à l'usage auquel
-on les destine! Les moins maltraités, il faut l'avouer, sont ceux qu'une
-plume inattentive a couverts de caricatures parfois bien enfantines, ou
-de paysages trop primitifs pour qu'un ami de l'ordre ne s'efforce pas de
-les effacer. Qu'arrive-t-il, hélas! quand une nécessité pressante force
-un lecteur soigneux à faire usage d'un pareil instrument? Des déchirures
-involontaires se produisent immanquablement sur les marges qu'on a tenté
-de séparer; de fâcheuses maculatures se manifestent si le papier est
-encore humide. Pour expliquer ces cas désolants, fruits de l'étourderie
-ou de l'inattention, il suffit de se rappeler qu'un coupe-papier simple
-ou surchargé d'ornements superflus devient presque toujours, entre
-certaines mains désœuvrées, une sorte de jouet, ou, si on le préfère, un
-objet servant de contenance et propre tout au moins à accentuer la
-pensée. Les réflexions lentes ou les mouvements désordonnés lui sont
-également fatals; on le taillade ou bien on le brise, et ceux qui l'ont
-mis en ce triste état n'ont pas songé un seul moment qu'un livre mal
-coupé est presque toujours un livre perdu.»
-
-Ainsi que chacun a pu s'en convaincre, un couteau de bois n'a pas de
-prise, ou n'a qu'une prise très difficile, sur le papier du Japon. En
-forçant avec un de ces couteaux à tranchant mousse, on risquerait même,
-soit de rompre l'instrument, soit de déchirer le papier, plutôt que de
-le couper. Force est donc d'employer ici un coupe-papier _coupant_,
-c'est-à-dire un couteau de métal ou un canif, qu'on manœuvre, bien
-entendu, avec la plus extrême prudence, pour qu'il ne glisse pas à faux,
-ne dévie pas de sa route et n'entame pas les marges.
-
- *
-
- * *
-
-La meilleure manière de retirer un volume d'un rayon de bibliothèque,
-c'est de prendre ce volume par le dos; mais, pour cela, il est
-nécessaire que les livres rangés sur ce rayon ne soient pas trop serrés
-et qu'on puisse, en les poussant légèrement, glisser les doigts entre
-eux.
-
-Beaucoup de bouquinistes et d'étalagistes ont l'habitude de tasser et
-presser leurs livres tant qu'ils peuvent dans leurs boîtes ou sur leurs
-tablettes; ils trouvent à cela deux avantages: d'abord d'y faire tenir
-un plus grand nombre de volumes, puis d'empêcher la poussière de
-pénétrer à l'intérieur de ces volumes ou d'en ternir les plats.
-Malheureusement, ces deux avantages sont surpassés et de beaucoup par
-l'inconvénient qui résulte de ce système, la difficulté de retirer les
-volumes: brochés, on risque de déchirer les couvertures; reliés,
-d'abîmer la coiffe. Dans le cas particulier, cet indestructible et
-insupportable tassement présente un autre danger: c'est de faire
-déguerpir le client, qui aime à feuilleter et examiner avant d'acheter,
-et ne tient nullement à se casser les ongles en essayant d'extirper de
-leur geôle ces infortunés prisonniers.
-
-Si les livres rangés sur un rayon sont trop serrés pour que vous
-puissiez les saisir par le dos, c'est forcément par leur partie
-supérieure qu'il faut les prendre, c'est en appuyant le doigt sur la
-tête ou le sommet de la gouttière,--mais non en tirant sur la coiffe,
-comme on est toujours tenté de le faire,--que vous réussirez à vous en
-emparer sans dommage et avec le moins de peine possible.
-
- *
-
- * *
-
-Vous êtes parvenu à le prendre, ce livre, et vous vous apprêtez à
-l'ouvrir et à le lire, comment le tiendrez-vous? comment le manier?
-
-S'il est de petit format, rien ne vous empêche de le tenir à la main, et
-c'est par la partie inférieure du dos que vous le soutiendrez en le
-maintenant ouvert.
-
-S'il est de grand format et trop lourd pour être ainsi supporté, il faut
-vous résoudre à le poser sur une table, devant laquelle vous vous
-assoirez: dans ce cas, si, lorsqu'il est ouvert, les feuillets ont
-tendance à se relever, votre main doit suffire à les maintenir baissés.
-Si vous désirez ne pas immobiliser vos doigts, si vous avez besoin, par
-exemple, d'écrire, de copier des extraits de ce livre, servez-vous, pour
-le tenir ouvert, soit d'un presse-papier suffisamment lourd, que vous
-poserez dessus, soit d'une de ces petites pinces à ressort, faites en
-bois ou en métal, comme certains négociants en emploient pour garder en
-ordre leurs notes ou factures. N'allez pas, en tout cas, appuyer vos
-coudes sur les pages, l'un d'un côté du livre, l'autre de l'autre côté:
-vous risqueriez d'abord de froisser ou de déchirer ces pages; vous
-fatigueriez la reliure, en outre, et pourriez l'endommager.
-
-«Si l'on convient, dit très sensément et gracieusement Jean Darche[655],
-qu'un bon livre est un ami, un maître avec lequel on converse, quelle
-irrévérence n'est-ce pas de le traiter si mal! Oserait-on agir de la
-sorte envers un ami vivant? Tout livre, dès qu'il est bon, dès qu'il est
-admis à notre intimité, a un droit acquis par là même à notre estime, à
-notre affection et à notre respect.»
-
-Le respect des livres, écoutez en quels termes naïfs, mais pleins
-d'émotion, de persuasion et d'éloquence, l'auteur du _Philobiblion_ le
-recommande aux étudiants de son siècle et à tous les lecteurs:
-
-«Non seulement nous remplissons un devoir envers Dieu en préparant de
-nouveaux volumes, mais nous obéissons à l'obligation d'une sainte piété
-si nous les manions délicatement, ou si, en les remettant à leurs places
-réservées, nous les maintenons dans une conservation parfaite, de façon
-qu'ils se réjouissent de leur pureté, tant qu'ils sont entre nos mains,
-et qu'ils reposent à l'abri de toute crainte, lorsqu'ils sont placés
-dans leurs demeures. Certainement, après les saints vêtements et les
-calices consacrés au corps de Notre-Seigneur, ce sont les livres sacrés
-qui sont dignes d'être touchés le plus honnêtement par les clercs, car
-ils leur font injure toutes les fois qu'ils osent les prendre avec des
-mains sales. Aussi nous pensons qu'il est avantageux d'entretenir les
-étudiants sur les diverses négligences, qu'ils pourraient toujours
-facilement éviter, et qui nuisent considérablement aux livres. D'abord
-qu'ils mettent une sage mesure, en ouvrant ou en fermant les livres,
-afin que, la lecture terminée, ils ne les rompent pas par une
-précipitation inconsidérée, et qu'ils ne les quittent point avant de
-remettre le fermoir qui leur est dû. Car il convient de conserver avec
-plus de soin un livre qu'un soulier.
-
-«Il existe, en effet, une gent écolière fort mal élevée, en général, et
-qui, si elle n'était pas retenue par les règlements des supérieurs,
-deviendrait bientôt fière de sa sotte ignorance. Ils agissent avec
-effronterie, sont gonflés d'orgueil, et, quoiqu'ils soient
-inexpérimentés en tout, ils jugent de tout avec aplomb.
-
-«Vous verrez peut-être un jeune écervelé, flânant nonchalamment à
-l'étude, et, tandis qu'il est transi par le froid de l'hiver, et que,
-comprimé par la gelée, son nez humide dégoutte, ne pas daigner s'essuyer
-avec son mouchoir avant d'avoir humecté de sa morve honteuse le livre
-qui est au-dessous de lui. Plût aux dieux qu'à la place de ce manuscrit
-on lui eût donné un tablier de savetier! Il a un ongle de géant, parfumé
-d'une odeur puante, avec lequel il marque l'endroit d'un plaisant
-passage. Il distribue, à différentes places, une quantité innombrable de
-fétus avec les bouts en vue, de manière à ce que la paille lui rappelle
-ce que sa mémoire ne peut retenir. Ces fétus de paille, que le ventre du
-livre ne digère pas et que personne ne retire, font sortir d'abord le
-livre de ses joints habituels, et ensuite, laissés avec insouciance dans
-l'oubli, finissent par se pourrir. Il n'est pas honteux de manger du
-fruit ou du fromage sur son livre ouvert et de promener mollement son
-verre tantôt sur une page tantôt sur une autre, et, comme il n'a pas son
-aumônière à la main, il y laisse les restes de ses morceaux. Il ne
-cesse, dans son bavardage continuel, d'aboyer contre ses camarades, et,
-tandis qu'il leur débite une foule de raisons vides de tout sens
-philosophique, il arrose de sa salive son livre ouvert sur ses genoux.
-Quoi de plus! Aussitôt il appuie ses coudes sur le volume, et, par une
-courte étude, attire un long sommeil; enfin, pour réparer les plis qu'il
-vient de faire, il roule les marges des feuillets, au grand préjudice du
-livre.
-
-«Mais la pluie cesse et déjà les fleurs apparaissent sur la terre; alors
-notre écolier, qui néglige beaucoup plus les livres qu'il ne les
-regarde, remplit son volume de violettes, de primevères, de roses et de
-feuilles; alors il se servira de ses mains moites et humides de sueur
-pour tourner les feuillets; alors il touchera de ses gants sales le
-blanc parchemin, et parcourra les lignes de chaque page avec son index
-recouvert d'un vieux cuir; alors, en sentant le dard d'une puce qui le
-mord, il jettera au loin le livre sacré, qui reste ouvert pendant un
-mois, et est ainsi tellement rempli de poussière qu'il n'obéit plus aux
-efforts de celui qui veut le fermer.
-
-«Il y a aussi des jeunes gens impudents auxquels on devrait défendre
-spécialement de toucher aux livres, et qui, lorsqu'ils ont appris à
-faire des lettres ornées, commencent vite à devenir les glossateurs des
-magnifiques volumes que l'on veut bien leur communiquer; et, où se
-voyait autrefois une grande marge autour du texte, on aperçoit un
-monstrueux alphabet ou toute autre frivolité qui se présente à leur
-imagination et que leur pinceau cynique a la hardiesse de reproduire. Là
-un latiniste, là un sophiste, ici quelques scribes ignorants font montre
-de l'aptitude de leurs plumes, et c'est ainsi que nous voyons très
-fréquemment les plus beaux manuscrits perdre de leur valeur et de leur
-utilité.
-
-«Il y a également de certains voleurs qui mutilent considérablement les
-livres, et qui, pour écrire leurs lettres, coupent les marges des
-feuillets en ne laissant que le texte, ils arrachent même les feuilles
-de garde pour en user ou en abuser. Ce genre de sacrilège devrait être
-défendu sous peine d'anathème.
-
-«Enfin, il sied à l'honnêteté des écoliers de se laver les mains en
-sortant du réfectoire, afin que leurs doigts graisseux ne tachent point
-le sinet du livre ou le feuillet qu'ils tournent. De plus, que l'enfant
-larmoyant n'admire point les miniatures des lettres capitales, de peur
-qu'il ne pollue le parchemin de ses mains humides, car il touche de
-suite à ce qu'il voit.
-
-«Que désormais les laïcs, qui regardent indifféremment un livre renversé
-comme s'il était ouvert devant eux dans son sens naturel, soient
-complètement indignes de tout commerce avec les livres. Que le clerc
-couvert de cendres, tout puant de son pot-au-feu, ait soin de ne pas
-toucher, sans s'être lavé, aux feuillets des livres; mais que celui qui
-vit sans tache ait la garde des livres précieux[656].
-
-«La propreté des mains, à moins qu'elles ne soient galeuses ou couvertes
-de pustules--stigmates de la cléricature,--convient aussi bien aux
-écoliers qu'aux livres. Toutes les fois que l'on remarque un défaut dans
-un livre, il faut y porter remède au plus tôt, car rien ne grandit plus
-vite qu'une déchirure, et la fracture qui est négligée un moment ne se
-répare dans la suite qu'avec dépens.
-
-«Quant aux armoires bien fabriquées où les livres peuvent être conservés
-en toute sûreté sans craindre aucun dommage, le très doux Moïse nous en
-instruit au trente et unième chapitre du Deutéronome: _Prenez ce livre_,
-dit-il, _et mettez-le à côté de l'arche d'alliance du Seigneur votre
-Dieu_[657]. O lieu délicieux et convenable pour une bibliothèque que
-cette arche faite du bois de l'impérissable Setim, et recouverte d'or de
-tous côtés! Mais le Sauveur défend aussi, par son propre exemple, toute
-négligence inconvenante dans le maniement des livres, comme on peut le
-lire dans le quatrième chapitre de saint Luc[658]. En effet, lorsqu'il
-eut lu, dans le livre qui lui était offert, les paroles prophétiques
-écrites sur lui-même, il ne le rendit au ministre qu'après l'avoir fermé
-de ses mains sacrées. Que, par cette conduite, les étudiants apprennent
-plus clairement à soigner les livres, qui, dans quelque cas que ce soit,
-ne doivent point être négligés[659].»
-
- *
-
- * *
-
-Comme suite à ces prescriptions d'un des plus anciens et des plus
-illustres amis des livres, il ne messied pas de placer ici les
-recommandations d'un bibliographe moderne, de l'Américain Harold Klett.
-Elles résument, d'une façon parfois un peu trop humoristique et
-fantaisiste, toutes les précautions à prendre pour consulter un livre,
-et le docteur Graesel déclare qu'il voudrait les «voir affichées dans
-tous les bureaux de prêt» des bibliothèques publiques[660].
-
-L'article d'Harold Klett a paru dans _the Library Journal_ de
-New-York[661], sous le titre de _Don't_, «Ce qu'on ne doit pas faire».
-En voici la traduction[662]:
-
- «Ne pas lire au lit;
-
- «Ne pas faire d'annotations marginales, à moins qu'on ne soit un
- Coleridge;
-
- «Ne pas faire de cornes à ses livres;
-
- «Ne pas couper avec négligence les livres neufs;
-
- «Ne pas griffonner votre intéressant et précieux autographe sur les
- pages de titre;
-
- «Ne pas faire mettre à un livre d'un dollar une reliure de cinq
- dollars;
-
- «Ne pas mouiller le bout de ses doigts pour tourner plus facilement
- les feuillets;
-
- «Ne pas lire en mangeant;
-
- «Ne pas confier des livres précieux à de mauvais relieurs;
-
- «Ne pas couper ses livres avec les doigts;
-
- «Ne pas laisser ses livres à l'abandon et sans les fermer;
-
- «Ne pas laisser tomber sur ses livres la cendre des cigares;
-
- «Ce qui vaut mieux, ne pas fumer en lisant: cela fait mal aux yeux;
-
- «Ne pas enlever les vieilles gravures des livres;
-
- «Ne pas poser vos livres sur le _rebord d'avant_[663] (c'est-à-dire
- sur la gouttière,--comme on le fait souvent, lorsqu'on est en train de
- lire, et que, momentanément interrompu dans cette lecture, au lieu de
- prendre la peine de fermer le volume après y avoir laissé une marque,
- on le place debout sur la tranche de devant, sur la gouttière écartée
- et béante);
-
- «Ne pas faire sécher des feuilles (de plantes) dans les livres;
-
- «Ne pas placer de rayons (de bibliothèque) au-dessus des becs de gaz;
-
- «Ne pas tenir les livres par les plats de la couverture[664];
-
- «Ne pas éternuer sur les pages;
-
- «Ne pas arracher les feuillets de garde;
-
- «Ne pas acheter des livres dépourvus de valeur;
-
- «Ne pas nettoyer ses livres avec des linges sales;
-
- «Ne pas loger ses livres dans des buffets, des commodes ni des
- armoires: ils ont besoin d'air;
-
- «Ne pas faire relier ensemble deux livres différents;
-
- «_Dans aucun cas_, n'enlever ni les planches ni les cartes des livres;
-
- «Ne pas couper les livres avec des épingles à cheveux;
-
- «Ne pas faire relier de livres en cuir de Russie[665];
-
- «Ne pas employer les livres pour caler des chaises et des tables
- boiteuses;
-
- «Ne pas lancer les livres sur les chats ou sur la tête des enfants;
-
- «Ne pas briser le dos des livres en les ouvrant entièrement et de
- force;
-
- «Ne pas lire les livres reliés trop près du feu ou du poêle, ni en
- hamac ou en bateau;
-
- «Ne pas laisser les livres prendre de l'humidité;
-
- «Ne pas oublier ces conseils.»
-
-«On peut encore ajouter à cette liste, dit M. E.-D. Grand[666], la
-recommandation de toutes les bibliothèques publiques:
-
- «Ne pas poser les livres ouverts les uns sur les autres, et ne pas
- écrire en appuyant le papier sur les pages.»
-
-«Tous les préceptes du _Library Journal_, conclut le même bibliographe,
-sont d'accord avec les principes de la raison, et il n'y aurait lieu de
-faire d'objection qu'au sujet de l'exclusion qui frappe le cuir de
-Russie dans les reliures et qui ne semble pas plus justifiée que les
-reproches de La Bruyère au maroquin.»
-
-Plusieurs de ces avis et prohibitions ont besoin d'être discutés ou
-développés et appuyés d'exemples.
-
-La question de la lecture au lit ou à table nous amène à envisager
-d'abord quels sont les moments de la journée les plus convenables pour
-lire.
-
-Tous les médecins sont d'accord pour déclarer que lire en mangeant est
-une pernicieuse habitude; et ce n'est pas d'hier que la remarque est
-faite.
-
-«Quand, après le repas, les chapelains de saint Louis lui offraient de
-lui lire quelqu'un de ses livres favoris: «Non, disait-il avec un
-sourire, il n'est si bon livre qui vaille après manger une
-causerie[667].»
-
-«Nous sommes tous portés, quand nous sommes seuls, observe _l'Hygiène
-moderne_[668], à lire en mangeant, soit que nous déjeunions, soit que
-nous dînions, et c'est là une habitude extrêmement mauvaise et qui doit
-être condamnée, surtout si, pour ne pas perdre de temps, on continue à
-table une étude ou un travail commencé.
-
-«Si vous lisez, que ce soit quelque chose d'amusant.
-
-«L'habitude commune de lire à déjeuner le journal du matin n'est pas
-absolument préjudiciable; elle fournit des sujets de conversation et ne
-fatigue pas trop le cerveau; mais si l'on nous demandait notre avis,
-nous conseillerions de ne rien lire du tout pendant les repas.
-
-«La digestion se fait toujours mieux quand l'esprit est libre de toute
-préoccupation, et que les processus naturels s'accomplissent sans être
-entravés par le travail de la pensée.
-
-«Il est extrêmement sain de dîner en compagnie de personnes gaies. Le
-stimulant qui est ainsi donné à l'activité nerveuse agit puissamment et
-efficacement sur la digestion.
-
-«Tout au contraire, une personne qui est ennuyée, fatiguée ou excitée,
-ne peut digérer d'une façon satisfaisante.»
-
-Jean Darche, dans son _Essai sur la lecture_[669], estime, d'une façon
-générale, que le temps le plus favorable pour lire, c'est le matin, en
-se levant, et le soir avant de se coucher. Tel était aussi l'avis
-d'Erasme[670].
-
-Quant à la lecture au lit, si elle est dangereuse pour les livres, qu'on
-ne peut, en effet, dans la position horizontale, tenir aisément ouverts
-et qu'on risque d'endommager, elle n'est qu'incommode pour les lecteurs
-et ne les menace d'aucun péril direct. Outre les paresseux à qui elle
-peut convenir, elle est d'un grand secours pour les malades, et ne
-mérite pas l'ostracisme impitoyable prononcé contre elle par Harold
-Klett, en tête de ses _Don't_.
-
-Néanmoins, suivant les conseils de plusieurs médecins spécialistes, on
-ne doit pas lire continûment des heures entières, et il est bon
-d'interrompre fréquemment ses lectures pour promener les regards à
-travers la fenêtre, ou, si la vue est bornée par un mur très rapproché,
-pour les porter en haut, vers le ciel,--le meilleur moyen de reposer les
-yeux étant de regarder au loin. Il est bon également de quitter son
-livre pour prendre des notes, pour réfléchir, ou, mieux encore, se lever
-de son siège, marcher et circuler quelque peu dans l'appartement ou la
-pièce[671].
-
-La défense faite par Harold Klett de corner les feuillets d'un livre en
-guise de signet s'explique tout naturellement, puisque cette corne
-casserait le papier et y laisserait un pli ineffaçable. Pour marquer
-l'endroit où vous vous arrêtez dans votre lecture, à défaut de ruban
-attaché à la tranchefile, servez-vous d'une languette de papier, que
-vous glisserez entre les pages.
-
-Humecter son doigt pour tourner les feuillets d'un livre est, il faut
-l'avouer, un procédé bien commode et bien tentant. Lorsque, debout
-devant une boîte de bouquiniste ou le comptoir d'un libraire, vous
-parcourez un volume et vous trouvez arrêté par deux feuillets qui, en
-dépit de vos essais réitérés et de toutes vos insistances, s'obstinent à
-ne pas se décoller, que faire? Le doigt, le doigt mouillé, semble tout
-indiqué.
-
-Et, cependant, voyez ce dont vous avertit le doyen de notre Faculté de
-médecine, M. le docteur Brouardel, des plus autorisés en l'espèce:
-
-«Parmi les causes de propagation de la tuberculose, il faut noter
-l'habitude trop répandue de s'aider d'un doigt préalablement humecté de
-salive pour feuilleter un livre, un dossier, des papiers
-quelconques,--jusqu'aux plus crasseux billets de banque! Si «la moitié»
-du personnel des instituteurs primaires de Paris est phtisique, elle le
-doit, pour une bonne part, à cette pratique malpropre et funeste. Ceci,
-on le voit d'ailleurs faire tous les jours, non pas seulement dans
-l'enseignement, mais dans les bureaux, les offices ministériels, etc.
-Les élèves, les employés, les clercs font ce qu'ils voient faire; ils
-emportent ensuite partout, dans leur carrière administrative ou dans
-leur vie d'hommes d'affaires, l'habitude de ces immenses dangers.
-
-«Le tuberculeux dépose innocemment sur les feuilles de papier des
-bacilles que l'homme sain y ramasse et porte inconsciemment à sa bouche:
-il suffit d'un malade pour empoisonner toute une bibliothèque, tous les
-cartons d'une étude ou d'un bureau!
-
-«Les professeurs, pères de famille, maîtres de pension, instituteurs ou
-autres personnes chargées de surveiller la jeunesse studieuse, feront
-bien de ne pas perdre de vue ce danger.
-
-«Un avis pourrait même être affiché dans les bibliothèques et salles de
-lecture pour mettre le public en garde contre cette fâcheuse
-habitude[672].»
-
-Les preuves abondent de la réalité de ce péril, de la fréquence de cette
-contagion, et nous n'avons, pour en fournir, que l'embarras du choix.
-
-Dernièrement, à Kharkow, chef-lieu de gouvernement de la Russie
-méridionale, «une véritable épidémie de tuberculose s'était abattue sur
-les employés de la municipalité, surtout sur ceux spécialement affectés
-aux archives. Émus de cet état de choses, les médecins soumirent ces
-archives à des analyses bactériologiques et micrographiques, et
-constatèrent bientôt que les bacilles de Koch y pullulaient. L'enquête
-établit que l'employé préposé très longtemps auparavant aux archives,
-tuberculeux à la dernière période, avait la mauvaise habitude de se
-mouiller le doigt avec de la salive pour feuilleter et compulser les
-pièces. Il avait ainsi contaminé les archives soumises à sa garde; les
-bacilles, avec le temps, s'y étaient développés et avaient créé un
-véritable foyer de tuberculose qui avait infecté les employés. Que ceci
-serve de leçon aux personnes qui ont la mauvaise habitude de ne pouvoir
-feuilleter un livre sans l'intervention de la salive. Avis aussi à
-celles qui empruntent des livres aux cabinets de lecture, livres prêtés
-en grand nombre aux malades de toute sorte[673].»
-
- *
-
- * *
-
-La prohibition des annotations marginales formulée par Harold Klett dans
-le susdit article _Don't_, s'explique et se justifie d'elle-même,
-lorsqu'il s'agit des livres d'une bibliothèque publique: si chaque
-lecteur s'avisait de mentionner, sur chaque ouvrage qu'il emprunte, ses
-impressions ou remarques personnelles, les marges des plus grands
-in-folio n'y suffiraient pas, et les volumes seraient dans un étrange
-état.
-
-Mais, si l'on considère une bibliothèque privée, et c'est notre cas, la
-même restriction doit-elle être maintenue? En d'autres termes,
-avons-nous tort ou raison de souligner des passages ou d'inscrire des
-notes sur des livres qui nous appartiennent et ne sont qu'à nous?
-
-Dans son _Traité élémentaire de bibliographie_, Sylvestre Boulard a
-vivement combattu cette habitude.
-
-«Ces soulignures sont des taches qui font du tort à la vente de
-l'ouvrage, écrit-il[674]... Ces notes ne sont que des taches
-désagréables pour la plus grande partie des acquéreurs.»
-
-Maître Boulard était, sinon orfèvre, du moins libraire et expert en
-librairie; on ne s'en aperçoit que trop ici. Est-ce que nous recherchons
-et collectionnons des livres pour en trafiquer? Est-ce que notre
-bibliothèque a été formée par nous peu à peu, amoureusement et
-pieusement, pour être ensuite cédée à bon prix, avec beaux bénéfices, et
-avons-nous à nous préoccuper de cette vente avant ou après décès?
-
-Nullement. Nos livres sont notre bien, et il s'agit d'en jouir à notre
-convenance et d'en profiter de notre mieux. Ce sont des instruments que
-nous avons certes le devoir de soigner et de ménager, mais que nous
-avons aussi le droit de rectifier et de compléter; ou plutôt ce sont des
-collaborateurs, des compagnons, que nous nous plaisons à consulter[675],
-mais dont nous ne sommes pas tenus d'adopter sans réplique tous les
-avis, avec lesquels nous avons licence de douter et d'objecter, que nous
-contrôlons, reprenons et amendons au besoin.
-
-Le lecteur qui veut mettre à profit, savourer et conserver le fruit de
-ses lectures, doit forcément marquer de quelque signe les passages qui
-le frappent le plus, inscrire dans la marge, de côté, en tête ou en
-pied, au crayon,--le crayon suffit, la plume prendrait trop de temps, et
-le papier peut boire d'ailleurs,--telle remarque, telle critique, qui
-vous vient à l'esprit, ou telle comparaison que cet endroit vous
-suggère. Il n'est pas question ici, bien entendu, de ces annotations ou
-exclamations dont certains commentateurs surchargeaient jadis les bas de
-pages des ouvrages classiques: «Beau!» «Superbe!» «Admirable!»
-«Sublime!» etc., de ce qu'on pourrait appeler «les notes bêtes»; ce ne
-sont que «les notes utiles» que nous approuvons et conseillons, les
-rectifications d'abord, puis les rapprochements et analogies de forme ou
-de fond, les objections, etc. De cette façon et dans ce sens, c'est un
-charme que d'annoter ses livres, et, pour le connaître et l'apprécier,
-ce charme, ainsi que nous en avertit l'érudit et judicieux Gustave
-Brunet[676], «il faut l'avoir goûté».
-
-Je sais qu'il y a des livres si beaux, si splendidement édités, qu'on
-n'ose appuyer le crayon sur leurs pages et altérer la blancheur de leurs
-marges; ceux-ci, regardez-les, contemplez-les, admirez-les; mais ayez
-quelque autre édition de ces ouvrages, une édition moins luxueuse et
-plus abordable, avec qui vous puissiez converser et discuter. Ou bien
-encore, et pour tout concilier, inscrivez vos notes, non dans les
-marges, mais sur une fiche simple ou double, avec renvois aux pages, et
-placez ensuite cette fiche en tête ou à la fin du volume. Mais nombre de
-travailleurs et de liseurs préféreront toujours se servir des marges.
-
-Il n'est guère de véritable ami des livres et des Lettres qui ne l'ait
-commise, cette profanation, qui n'ait perpétré ce prétendu crime
-d'annotation, et ne se soit livré, involontairement ou de parti pris, à
-cette muette mais délectable et très profitable causerie. Racine
-chargeait de gloses certains de ses volumes, Voltaire pareillement; et
-le président de Thou, si soucieux cependant de la beauté et de
-l'intégrité de ses livres; et l'évêque Huet, «de tous les hommes, celui
-qui a peut-être le plus lu[677]»; et La Monnoye, Mirabeau, Morellet,
-Naigeon, Alfieri, Dulaure, Letronne, l'astronome Lalande, le poète
-Lebrun-Pindare, Paul-Louis Courier, Boissonade, Éloi Johanneau, Charles
-Nodier, Jacques-Charles Brunet, etc., etc., sans compter ce «Jamet le
-jeune, qui, au dire de Nodier précisément, doit sa célébrité parmi les
-bibliophiles aux notes dont il aimait à couvrir les gardes, les
-frontispices et les marges de ses livres[678]». Quant au marquis de
-Paulmy, c'était exclusivement sur les feuillets de garde qu'il
-inscrivait ses annotations, notamment l'analyse critique qu'il avait
-coutume de faire de chacun des ouvrages entrant dans sa bibliothèque,
-et, «tout grand seigneur qu'il était, ses notices n'en sont pas plus
-bêtes; elles doublent même la valeur vénale de l'exemplaire, au lieu de
-la diminuer[679]».
-
-Oui, la meilleure manière de prouver à nos livres tout le cas que nous
-faisons d'eux et toute l'affection que nous leur portons, c'est, non de
-les considérer comme «sacrés», à la façon des Cantiques de Lefranc de
-Pompignan[680]; mais bien, au contraire, de les fréquenter et compulser
-le plus possible, de les traiter en camarades et confidents, avec
-lesquels on aime à deviser et discuter, à se rappeler, conférer et
-s'épancher.
-
- * * * * *
-
-En terminant, pour prendre congé du lecteur et le laisser sur ce qu'on
-nomme la bonne bouche, adressons à ces chers livres, comme un dernier
-salut et un suprême hommage, cet hymne de gratitude, d'amour et de
-glorification, composé à leur los:
-
-«Livres, don précieux, par qui existe le commerce intime des âmes dès ce
-monde, trésor impérissable, si doux à acquérir, si facile à conserver,
-soutien de l'âme fatiguée, consolation pour les mauvais jours, moyen
-sublime d'obtenir pour nous-mêmes et de répandre sur nos frères la joie
-sereine, la vérité, l'amour, «la chose la meilleure qui soit en nous!»
-puissiez-vous être l'objet d'une affection véritable et digne de vous!
-Puisse le culte de l'intelligence renaître et se conserver pur! Puisse
-la soif des grandes choses ramener la foule dédaigneuse, qui s'éloigne,
-vers vous, source féconde d'où s'épanchent la lumière qui grandit
-toujours et la vie qui ne finit pas[681].»
-
-
-
-
-APPENDICE
-
-
-
-
-I.--ABRÉVIATIONS
-
-
-A propos des incunables (chap. III, pp. 70-71, note 171), nous avons dit
-un mot de certaines abréviations nommées les unes _sigles_, les autres
-_notes tironiennes_. Nombre de ces anciennes marques, initiales, lettres
-enclavées, signes et formules brachygraphiques[682], sont encore usités
-fréquemment, et il n'est pas inutile de les connaître. Exemples: IHS ou
-I. H. S., Jhesus Christus ou Jesus Hominum Salvator;--INRI ou I. N. R.
-I., Jesus Nazareus Rex Judæorum;--X, XRS, Χρ, Christus, Χριστός;--D. M.,
-Dîs manibus ou Deo magno;--D. O. M., Deo optimo maximo;--M. P., Maximus
-pontifex;--S. P. Q. R., Senatus populusque romanus;--S., saint;--SS.,
-saints, ou sanctissimus;--TH. ou Θ, la mort, ou décédé (de
-θάνατος);--etc.
-
-Quantité de termes du langage courant ou de cérémonie sont très souvent
-représentés par leurs abréviatifs: M., monsieur;--MM., messieurs;--Mmes,
-mesdames;--Mlles, mesdemoiselles;--Mgr., Monseigneur;--S. A., Son
-Altesse;--LL. AA. RR., Leurs Altesses Royales;--S. É., Son Éminence;--S.
-E. ou S. Exc., Son Excellence;--S. S., Sa Sainteté;--S. G., Sa
-Grandeur;--S. Gr., Sa Grâce;--N. S. P., Notre Saint Père (le
-pape);--PP., Pères (de l'Église);--R. P., Révérend Père;--etc.
-
-La grammaire a de nombreuses abréviations spéciales: adj.,
-adjectif;--adv., adverbe;--art., article;--pr. ou pron., pronom;--m. ou
-masc., masculin;--f. ou fém., féminin;--s. ou sing., singulier;--p., pl.
-ou plur., pluriel;--syn., synonyme;--etc.
-
-La géographie a les siennes: N., Nord;--S., Sud;--E., Est;--O.,
-Ouest;--N.-N.-E., Nord-Nord-Est;--fl., fleuve;--affl.,
-affluent;--confl., confluent;--mont., montagne;--dép. ou dépt.,
-département;--arr. ou arrond., arrondissement;--etc.
-
-La chimie a, dans sa nomenclature, toute une série d'abréviatifs, on
-pourrait dire de _sigles_: O, oxygène;--Az, azote;--H, hydrogène;--Hg,
-mercure (_hydrargyrus_);--Cl, chlore;--S, soufre;--K, potassium
-(anciennement kalium, de l'arabe _kaly_ ou _kali_);--AzH³,
-ammoniaque;--SO², acide sulfureux;--SO³, acide sulfurique;--etc.
-
-Le système métrique: g. ou gr., gramme;--m., mètre;--hect.,
-hectare;--centigr., centigramme;--c., cent. ou centim., centimètre;--c.
-ou cent., centime;--f. ou fr., franc;--cmq, cm², centimètre carré;--cmc,
-cm³, centimètre cube;--etc.
-
-Les mathématiques, outre les abréviations: cos., cosinus;--log.,
-logarithme;--sin., sinus;--tg. ou tang., tangente;--C. Q. F. D., ce
-qu'il fallait démontrer;--etc., ont de nombreux signes brachygraphiques:
-+ plus; − moins; × multiplié par; ÷ divisé par; = égal; > plus grand; <
-plus petit; ∞ infini; ∫ somme; etc.
-
-De même pour la musique, la botanique, l'astronomie, la météorologie, la
-médecine, la pharmacie, etc., toutes les branches du savoir humain.
-
-Nous nous sommes borné, dans la liste suivante, aux abréviations
-concernant spécialement l'objet de notre livre, aux abréviations
-bibliographiques.
-
-Nous ferons à leur sujet, aussi bien d'ailleurs qu'au sujet des
-abréviations en général, quelques observations:
-
-1º Afin que les abréviations ne pussent être confondues les unes avec
-les autres, il serait bon de ne pas les exagérer jusqu'à représenter un
-mot par sa lettre initiale seulement, quand cette initiale est celle
-d'un autre mot fréquemment employé, et par cela même pouvant être
-abrégé. Malheureusement, il n'y a pas de règles fixes, et les libraires
-écrivent aussi bien _f._ que _fasc._ pour _fascicule_; _f._ que _form._
-pour _format_; _p._ pour _page_, aussi bien que pour _papier_, _petit_,
-_peigne_ (tranches peigne)[683], etc. L'habitude, la pratique et aussi
-le sens de la phrase aideront à débrouiller ces confusions[684].
-
-2º En revanche, typographiquement et théoriquement, la suppression de la
-lettre finale toute seule est condamnée comme inutile: «les abréviations
-d'une lettre ne sont pas acceptées» (LECLERC, _loc. cit._, p. 158); et
-cela se conçoit, puisque cette lettre finale est remplacée par un point,
-c'est-à-dire par un signe occupant une place équivalente à celle de la
-lettre enlevée. Ainsi on n'écrira pas, ou plutôt on ne devrait pas
-écrire, _pag._ pour _page_, mais _p._; _tom._ pour _tome_, mais _t._;
-_librair.-édit._ pour _libraire-éditeur_, mais _libr.-édit._ Cependant,
-on rencontre fréquemment des abréviations de ce genre; il en est même
-qui sont incontestablement admises, comme _loc. cit._, pour _loco
-citato_, au lieu de _l. cit._ ou _l. c._ C'est que ces simples lettres:
-_l._ (pour _loco_), _p._ (pour _page_), _t._ (pour _tome_), etc.,
-semblant insuffisantes et incompréhensibles, on a jugé utile d'en
-laisser plusieurs devant elles, de moins écourter le mot, et, comme on
-ne doit régulièrement s'arrêter qu'après une consonne (_loc._, pag.,
-tom., etc.), seule, la voyelle finale s'est trouvée retranchée.
-
-3º On ne devrait jamais terminer une abréviation après une voyelle; mais
-comment, par exemple, abréger distinctement les mots _blanc_ et _bleu_?
-Certains libraires n'hésitent donc pas à se servir, dans leurs
-catalogues, de l'abréviation _bla._, pour _blanc_, _blanche_; à écrire
-_chi._, pour _chine_, etc. La règle, mais règle fréquemment inobservée
-sans risque d'ambiguïté ni de confusion, c'est «d'exprimer, dans toute
-abréviation, la ou les consonnes qui appartiennent à la première syllabe
-non énoncée» (DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._, p. 93); par conséquent,
-d'écrire: _arch._ pour _archives_, _bibl._ ou _biblioth._ pour
-_bibliothèque_, _bull._ pour _bulletin_, _dict._ ou _dictionn._ pour
-_dictionnaire_, _fasc._ pour _fascicule_, _hist._ pour _histoire_; et
-non: _arc._, _bib._, _bul._, _diction._, _fas._, _his._ Cependant, on
-rencontre couramment _let._ (au lieu de _lettr._) pour _lettres_, _lig._
-(au lieu de _lign._) pour _lignes_, _œuv._ (au lieu de _œuvr._) pour
-_œuvres_, etc., etc.
-
-4º Encore en règle générale et sans qu'il y ait là un principe absolu,
-il vaut mieux, dans une locution, un titre d'ouvrage, etc., qu'on veut
-abréger, faire supporter l'abréviation au substantif. (Cf. LECLERC,
-_loc. cit._, p. 156.) Ainsi on écrira: _Classific. décimale_ plutôt que
-_Classification décim._ La raison de cette règle, c'est que, toujours
-d'une façon générale, l'abréviation du substantif se saisit mieux que
-celle de l'adjectif: _Prescript. trentenaire_, par exemple, est plus
-clair que _Prescription trenten._ Cependant, on écrira: _Miscellanées
-bibliogr._, de préférence à _Miscell. bibliographiques_. L'essentiel est
-d'épargner au lecteur toute hésitation et toute peine, et de se faire
-promptement et parfaitement comprendre.
-
-5º Enfin, et contrairement aux procédés suivis dans les anciens
-manuscrits et les premiers livres, il convient, dans les textes
-ordinaires, d'user des abréviations le moins possible. Elles nuisent
-presque toujours au bon aspect typographique. Ce n'est que dans les
-notes et dans les ouvrages spéciaux: dictionnaires, grammaires,
-catalogues, annuaires, manuels, guides, vade-mecum, etc., qu'elles
-peuvent être employées avec plus ou moins de réserve, et sont couramment
-admises.
-
- A., a., an., _A._, _a._, _an._ an, année; _anno_ (lat.). Voir
- _Locutions latines_.
- a., az. azuré, s. (f. a.: fers azurés).
- _A. C._, _an. Chr._ _anno Christi_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- à comp. à compartiments.
- _A. D._, _an. Dom._, _an. dni._ _anno Domini_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- _ad verb._ _ad verbum_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- à. fr. à froid.
- _Amst._ _Amstelodami_ (lat.): à Amsterdam.
- an., ann. année; annuel, le.
- anast., anastat. anastatique (livre, planche,
- reproduction, etc.,
- anastatique[685]).
- anc. ancien, ne.
- ang., angl. anglais, e (r. angl.: reliure
- anglaise).
- anon. anonyme.
- ant. antique; antiqué, e. (tr. ant.:
- tranches antiquées[686]).
- _Antverp._ _Antverpiæ_ (lat.): à Anvers.
- _ap._ _apud_ (lat.). Voir _Loc. lat._
- app. appendice.
- aquar. aquarelle, s.
- art. article.
- _art._ _articulus_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- atl. atlantique; atlas (f. atl.:
- format atlantique).
- _Aug. Vind._ _Augustæ Vindelicorum_ (lat.):
- à Augsbourg.
- aut. auteur.
- aut., autog. autographe; autographié, e.
- av. la let. avant la lettre.
- av. let. avec lettre.
- av. rem. avec remarque.
- az., a. azuré, s. (f. az.: fers azurés).
-
- b. basane; bois (gr. s. b.: gravures
- sur bois).
- bas., b. basane.
- bas. gran. basane granitée.
- bibl., bibliogr., bibliograph. bibliographe; bibliographie, ique.
- bibl., biblioph. bibliophile; bibliophilie.
- bibl., biblioth. bibliothèque.
- bl. bleu, e.
- bla. blanc, che.
- blas. blason.
- Br., br., Brad., brad. Bradel, bradel (cart. brad.:
- cartonnage bradel).
- br. brun, e.
- br., bro. broché, e.
- br., broch. brochure.
- bull. bulletin.
-
- C., c., Ch., ch., Chi., chi. Chine, chine.
- c. chiffré (ffc.: feuillets chiffrés);
- coins; cuir.
- c.-à-d. c'est-à-dire.
- cap., _cap._ capitale; _capitulum_ (lat.):
- chapitre. Voir _Loc. lat._
- car., caract. caractère, s.
- car. elz., goth., caractères elzeviriens,
- ital., micr., gothiques, italiques,
- rom., r. et n. microscopiques, romains, rouges
- et noirs.
- cart. carton; cartonnage; cartonné, e.
- cart. Brad. ou brad. cartonnage bradel.
- cart. n. r. cartonné non rogné.
- catal. catalogue.
- c. d. R. cuir de Russie.
- c. et ferm. coins et fermoirs.
- cf., cfr. conférer: «comparer, faire
- collation, en parlant de textes»
- (Littré.)
- _c. f._ _cum figuris_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- ch. chant.
- ch., chagr. chagrin.
- ch., chap. chapitre.
- Chi., chi., Ch., ch., C., c. Chine, chine.
- chiff., c. chiffré, e.
- ch.-l. chef-lieu.
- _Ch. M._, _ch. m._ _charta magna_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- chrom., chromolith. chromolithographie.
- citr. citron.
- col. colorié, e.
- col., colon. colonne, s.
- comp. compartiments; composé, e.
- comp., compl., cp., cplt. complet, ète.
- coul. couleur.
- couv. couverture.
- couv. impr. couverture imprimée.
- couv. fact. couverture factice.
- cp., cplt., comp., compl. complet, ète.
-
- D. dom, don (D. Calmet: dom Calmet).
- d. date (s. d.: sans date); de;
- demi; doré; doublé, e.
- d.-b. demi-basane.
- d.-ch. demi-chagrin.
- d. d. t. doublé de tabis.
- déd. dédicace.
- déd. aut. dédicace autographe.
- déd. impr. dédicace imprimée.
- déd. man. ou manus. dédicace manuscrite.
- _del._ _delineavit_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- dent.; dent. int. dentelle; dentelle intérieure.
- dern. dernier, ère.
- des. dessin, s.
- div., Don, Dons division, s.
- D.-M. docteur-médecin.
- D.-M. P. docteur-médecin de la
- Faculté de Paris.
- d.-m. demi-maroquin.
- Dº, dº dito (de l'ital. _detto_):
- déjà dit, énoncé précédemment.
- dor. s. t., d. s. t. doré sur tranches.
- doub. double; doublé, e.
- Dr, Dr docteur.
- dr. droite.
- d.-r., d.-rel., demi-rel. demi-reliure.
- dupl. duplicata.
- d.-v. demi-veau.
-
- éb. ébarbé, e.
- éc. écaille.
- éd., édit. éditeur, édition.
- e.-f. eau-forte, eaux-fortes.
- elz. elzevier; elzevierien, ne.
- encadr. encadrement, s.
- enl. enluminé, e.
- entr. entrelacs.
- env. d'aut. envoi d'auteur.
- _eod. loc._ _eodem loco_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- _epist._ _epistola, æ_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- épr. épreuve, s.
- est. estampe; estampé, e.
- etc., &c.; etc., &c. _et cætera_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- &., & et.
- ex., p. ex. exemple; par exemple.
- ex.; exempl. exemplaire, s.
- _excus._ _excusum_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- extr. extrait.
- _ex typ._ _ex typographia_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
-
- f. fascicule; fauve (v. f.: veau
- fauve); fers; feuille ou
- feuillet; filets; format;
- franc, s.
- f. fers.
- f. a.; f. à. fr.; fers azurés; fers à froid;
- f. d.; fers dorés;
- p. f. petits fers.
- f. feuille ou feuillet.
- ff. feuilles ou feuillets;--Digeste
- (droit romain).
- ff. chif., ffc. feuillets chiffrés.
- ff. nchif., ffnc. feuillets non chiffrés.
- fnc. feuillet non chiffré.
- f., fil. filet, s.
- f. comp., fil. à comp. filets à compartiments.
- f. comp., fil. comp. filets composés.
- f. d., fil. dor. filets dorés.
- f. d. s. l. p.,
- fil. dor. s. l. pl. filets dorés sur les plats.
- f., form. format.
- f. atl., f. obl. format atlantique, format oblong.
- fact. factice (couv. fact.: couverture
- factice).
- fasc., f. fascicule, s.
- ferm. fermoirs.
- feuil. feuillage; feuille, s.;
- feuillet, s.
- ff., ffc., ffnc., fnc., etc. Voir ci-dessus: f.: feuille ou
- feuillet, etc.
- fig. figure, s.
- figg. figures.
- fig. col. figures coloriées.
- fig. s. b. figures sur bois.
- fil., f. filet, s.
- fil. à comp., fil. comp.,
- fil. dor., etc. Voir ci-dessus: f., fil.:
- filet, s; etc.
- fil, filigr. filigrane.
- fl. d. l. fleurs de lis.
- fº, fol. folio.
- fºs, ffºs, ff. folios.
- fº, in-fol. in-folio.
- form., f. format.
- form. atl., obl. Voir ci-dessus: f., form.:
- format, etc.
- fr., f. franc, s.
- fr., à fr. froid, à froid.
- front. gr. frontispice gravé.
- fx. tit. faux titre.
-
- g. gauche.
- gauf., gf. gaufré, e.
- gén. général, e.
- gf., gauf. gaufré, e.
- goth. gothique.
- gr. grand, e; granit ou granité, e;
- gravé, e; gravure, s; grec.
- gran., gr. granit ou granité, e.
- grav., gr. gravure, s.
- grav. en b., gr. s. b. gravures en bois, gravures sur
- bois.
- gr. marg. grandes marges.
- gr. p., gr. pap. grand papier.
- H., h., Holl., holl. Hollande, hollande.
- hebd. hebdomadaire.
- héliogr. héliogravure, s.
-
- _i._, _i. e._ _id est_ (lat.). Voir _Loc. lat._
- _ib._, _ibid._ _ibidem_ (lat.). Voir _Loc. lat._
- _id._ _idem_ (lat.). Voir _Loc. lat._
- ill., illustr. illustrations; illustré, e.
- imp., impr. imprimé, e; imprimerie; imprimeur.
- impr.-édit. imprimeur-éditeur.
- impr.-libr. imprimeur-libraire.
- Impr. nat. Imprimerie nationale.
- in-fº in-folio.
- in-pl. in-plano.
- in-4º ou 4º,
- ou mieux[687] in-4 in-quarto ou in-quatre.
- in-8º ou 8º, ou mieux in-8 in-octavo ou in-huit.
- in-12 ou 12º; in-16 ou 16º; in-douze, in-seize, in-dix-huit,
- in-18 ou 18º; in-24 ou 24º; in-vingt-quatre, etc.
- etc.
- inc., incis. incisé, e: entaillé, gravé
- (couv. cuir incis.: couverture
- cuir incisé).
- inc., incompl. incomplet, ète.
- inc., incun. incunable.
- _inf._ _infra_ (lat.). Voir _Loc. lat._
- _init._ _initium_ (lat.). Voir _Loc. lat._
- init. grav. initiales gravées.
- int. intérieur, e.
- _inv._ _invenit_ (lat.). Voir _Loc. lat._
- ital. italique, s; italien, ne.
-
- J., j., Jap., jap. Japon, japon.
- j. jaune.
- j., jas., jasp.[688] jaspé, e.
- jans. janséniste.
- l., _l._ lavé; lilas; _loco_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- l., let. lettre, s.
- l., lig. ligne, s.
- lat. latin, e.
- _laud._ _laudatus, i_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- La Val., Laval. La Vallière, Lavallière.
- _l. c._, _loc. cit._ _loco citato_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- let., lettr. lettre, s.
- lib., libr. libraire, librairie.
- libr.-édit. libraire-éditeur.
- _lib._ _liber_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- lig., l. ligne, s.
- lim., limin. liminaire, s (feuillets).
- _Lips._ _Lipsiæ_ (lat.): à Leipzig.
- lith., lithog. lithographie; lithographié, e.
- liv, livr. livre, s; livraison, s.
- _l. l._, _loc. laud._ _loco laudato_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- loc. locution.
- _loc. cit._, _l. c._ _loco citato_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- _loc. laud._, _l. l._ _loco laudato_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- _Lugd._ _Lugduni_ (lat.): à Lyon.
- _Lugd. Bat._, _Lugd. B._ _Lugduni Batavorum_ (lat.):
- à Leyde.
-
- m., mar. maroquin.
- m. ant. maroquin antique.
- m. bl. maroquin bleu.
- m. bla. maroquin blanc.
- m. citr. maroquin citron.
- m. du L. maroquin du Levant.
- m. d. d. m. maroquin doublé de maroquin.
- m. d. d. t. maroquin doublé de tabis.
- m. j. maroquin jaune.
- m. jans. maroquin janséniste.
- m. l. maroquin lilas.
- m. n. maroquin noir.
- m. o., m. ol. maroquin olive.
- m. pl. maroquin plein.
- m. r. maroquin rouge.
- m. v. maroquin vert.
- m. viol. maroquin violet.
- m., mouill. mouillures (m. et p.: mouillures
- et piqûres).
- marb., marbr. marbré, e. (tr. marbr.: tranches
- marbrées).
- marg. marges (gr. marg.: grandes
- marges).
- Md. marchand.
- Me. maître (Me X..., notaire).
- méd. médium (pap. méd.: papier médium
- ou moyen[689].)
- mens. mensuel, le.
- micr. microscopique.
- mil. milieu.
- min. miniature.
- minusc. minuscule.
- monogr. monogramme, monographie.
- mos. mosaïque.
- mouill., m. mouillures.
- mouill. et piq. mouillures et piqûres.
- (et même m. et p.)
- moy. moyen, ne.
- mq., mqq. manque, manquent.
- Ms., ms. manuscrit (substantif singulier),
- et manuscrit, e (adjectif
- singulier).
- Mss, mss[690], MMs, mms. manuscrits (substantif pluriel),
- et manuscrits, es (adjectif
- pluriel).
-
- N. Nom inconnu ou qu'on ne veut pas
- désigner. (Ex.: Madame X...,
- Madame ***, Monsieur Un Tel,
- Monsieur N...).
- n. nerfs; noir, e; nom; non; note.
- N., n.; _N., n._ note, _nota_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- N. B.; N. B. _nota bene_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- N. C. notable commerçant.
- N.-D. Notre-Dame.
- _N. L._, _n. l._ _non licet_ ou _non liquet_
- (lat.). Voir _Loc. lat._
- n. ms., n. mss, not. mss note manuscrite, notes
- manuscrites.
- Nº, Nºs, num. numéro, s.
- nouv. édit. nouvelle édition.
- n. r., n. rog. non rogné.
- N.-S. J.-C. Notre-Seigneur Jésus-Christ.
- NN. SS. Nos Seigneurs.
- n. st. nouveau style. Voir la note
- à st.: style.
- _N. V._, _n. v._ _ne varietur_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
-
- o., ol. olive (couleur).
- obl. oblong.
- œuv.; œuv. compl. œuvres; œuvres complètes.
- ol., o. olive (couleur).
- _op. cit._ _Opere citato_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- orig. original, e.
- orn. orné, e; ornement.
- ouv., ouvr. ouvrage.
-
- P. Paris. (Ex.: P., s. d., in-8:
- Paris, sans date, in-huit).
- P., PP. Père, Pères de l'Église.
- R. P. révérend père.
- S.-P. le Saint-Père (le pape).
- p. page; papier; peau; peigne
- (tr. p.: tranches peigne[691]);
- petit, e.
- pp. pages; petit papier.
- p., pap.;--p. p., pp. papier;--petit papier.
- pap. ch., p. de C. papier de Chine.
- pap. holl., p. de H. papier de Hollande.
- pap. jap., p. du J. papier du Japon.
- pap. méd., p. méd. papier médium ou moyen[692].
- pap. moy, p. moy. papier moyen.
- pap. v., p. v. papier vergé.
- pap. vél., p. vél. papier vélin.
- pap. Wh., p. Wh. papier Whatman.
- par., paragr. paragraphe.
- parch. parchemin, parcheminé, e.
- part. partie, s.
- _pass._ _passim_ (lat.). Voir _Loc. lat._
- p. de tr. peau de truie.
- perc., percal. percaline.
- pet., p. petit, e.
- pet. f., p. f. petits fers.
- pet. form. petit format.
- pet. pap., p. p., pp. petit papier.
- p. ex. par exemple.
- _pinx._ _pinxit_ (lat.). Voir _Loc. lat._
- piq. de v. piqûres de vers.
- pl. plats; planches; plein, e.
- pl. enl. planches enluminées.
- plaq. plaquette.
- point. pointillé.
- portr., ptr., ptrs portrait, s.
- PP. Pères (de l'Église).
- pp. pages; petit papier.
- princ., ppal. principal.
- ps. psaume.
- ps., pseud. pseudonyme.
- P.-S., P. S. post-scriptum, postscriptum.
-
- Q., quest. question.
- qq. quelques.
- qqf. quelquefois.
- qq. mouill. quelques mouillures.
- _Q. S._, _q. s._ _quæ supra_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
-
- R. révérend (R. P., RR. PP.:
- révérend père, révérends pères).
- R., rép. réponse.
- r. reliure; rogné, e; rouge.
- rac. racine (v. rac.: veau racine).
- récl. réclame, s.
- rég., régl. réglé, e.
- rel., r. relié, e; reliure.
- rel. anc. reliure ancienne.
- rel. angl. reliure anglaise.
- rel. brad. reliure bradel.
- rel. en ch. reliure en chagrin.
- rel. jans. reliure janséniste.
- rel. p. de tr. reliure en peau de truie.
- rel. pl. reliure pleine.
- rel. s. n. reliure sur nerfs.
- rem. remarque.
- rép. réponse; réparé, e.
- reprod. reproduction.
- r. et n. rouge et noir.
- rº recto.
- rog., n. rog., n. r. rogné, e; non rogné, e.
- rom. romain.
-
- S., SS; St, Sts; Ste, Stes saint, s; sainte, es.
- s. sans; siècle; supérieur, e (tr. s.:
- tranche supérieure); sur.
- s., sig., sign. signature, s; signé, e; signet, s.
- s., suiv., ss. suivant, s; e, es. (a. 1884 et ss.:
- années 1884 et suivantes).
- s. a. sans année (de publication)
- (synon. de s. d.).
- sc. scène.
- _sc._, _sculps._ _sculpsit_ (lat.). Voir _Loc. lat._
- s. d. sans date.
- sect. section.
- _seq._ _sequens_, _sequentes_, _sequentia_
- (lat.) Voir _Loc. lat._
- sig., sign., s. signature, s; signé, e; signet, s.
- s. l. sans lieu (sans indication de lieu
- de publication).
- s. l. n. a. sans lieu ni année.
- s. l. n. d. sans lieu ni date.
- s. l. n. d. n. typ. (ou n. t.) sans indication de lieu, ni de
- date, ni de typographe.
- s. l. n. d. n. typ. ni libr. sans indication de lieu, ni de
- date, ni de typographe, ni de
- libraire.
- s. l. n. n. sans lieu ni nom (d'imprimeur).
- s. l. n. typ. (ou n. t.) sans lieu ni typographe.
- s. m. sans millésime.
- s. n. d'aut. sans nom d'auteur.
- s. n. d'impr. sans nom d'imprimeur.
- _sq._, _sqq._ _sequens_, _sequentes_,
- _sequentia_ (lat.). Voir
- _Loc. Lat._
- Sr. sieur (le).
- _SS._, _ss._ _Suprascriptus_ (lat.). Voir
- _Loc. lat._
- St, Sts; S., SS.; Ste, Stes saint, s; sainte, s.
- st. style (v. st.: vieux style;
- n. st.: nouveau style[693]).
- s. t. sans titre; sans nom de
- typographe.
- s. tit., s. t. sans titre.
- s. typ., s. t. sans (nom de) typographe.
- suiv., ss., s. suivant, s; e, es.
- sup., supér., s. supérieur, e.
- _sup._ _supra_ (lat.). Voir _Loc. lat._
- supp., suppl. supplément.
- _s. v._, _s. verbo_, _s. voce_ _sub verbo_, _sub voce_ (lat.).
- Voir _Loc. lat._
- S. V. P., s. v. p. s'il vous plaît.
- syn., synon. synonyme.
-
- t. tabis; tête; titre; tome;
- typographe.
- t., tit. titre.
- tab. table; tableau.
- T. C. F., TT. CC. FF. Très Cher Frère, Très Chers
- Frères.
- t. d.; t. j. tête dorée; tête jaspée.
- tit. cour. titre courant.
- tit. gr. titre gravé.
- tit. r. et n. titre rouge et noir.
- tr. tranche, s; truie (p. de tr.:
- peau de truie).
- tr. ant. tranches antiquées[694].
- tr. cis. tranches ciselées.
- tr. dor., tr. d. tranches dorées.
- tr. j. tranches jaspées.
- tr. marb. tranches marbrées.
- tr. p. tranches peigne[695].
- tr. r. tranches rouges.
- tr. s. d. tranche supérieure dorée.
- trad. traduit.
- trad., traduct. traducteur, traduction.
- T. S. V. P. tournez (la page), s'il vous
- plaît.
- typ., typogr., t. typographe, typographie.
-
- V.[696], v., voy. Voir, voyez.
- v. veau; vélin; vergé, e; vers
- (poésie); vert, e; vieux;
- volume.
- v. ant. veau antique.
- v. bl. veau bleu.
- v. br. veau brun.
- v. éc. veau écaille.
- v. est. veau estampé.
- v. f. veau fauve.
- v. f. ant. veau fauve antique.
- v. fil. veau (avec) filets.
- v. gr. veau granit ou granité.
- v. jas., v. j. veau jaspé.
- v. marb., v. m. veau marbré.
- v. pl. veau plein.
- v. porph., v. p. veau porphyre.
- v. rac. veau racine.
- v. t. veau tacheté.
- v. v. veau vert.
- v. viol. veau violet.
- vél., v. vélin.
- vél. de H. vélin de Hollande.
- _Venet._ _Venetiæ_ (lat.): à Venise.
- vers. verset.
- vign. vignette, s.
- vº verso.
- vol., v. volume, s.
- voy., V.[697], v. voyez.
- v. s. vieux style. Voir la note à st.:
- style.
- Vve. veuve.
-
- Wh. Whatman (papier).
-
- X Inconnu, anonyme. Voir
- ci-dessus: N.
-
-
-EXEMPLES:
-
-1 vol. in-8, 4 ff. n. ch., 185 pp., rel. m. d. L., dent. int., f. d. s.
-l. pl., tr. s. d.
-
-Lire: 1 volume in-huit, 4 feuillets non chiffrés, 185 pages, relié en
-maroquin du Levant, dentelle intérieure, filets dorés sur les plats,
-tranche supérieure dorée.
-
-
-1 vol. in-18, d. r. ch., t. jas., n. r., qq. m.
-
-Lire: 1 volume in-18, demi-reliure chagrin, tête jaspée, non rogné,
-quelques mouillures.
-
-
-_N. B._ Les millésimes s'abrègent quelquefois par la suppression du
-premier chiffre de gauche, le chiffre des mille: 825, pour 1825;
-843-847, pour 1843 à 1847.
-
-
-
-
-II.--LOCUTIONS LATINES
-
-
-
- _a ... ad_ de ... à. Ex.: _a_ p. 20 _ad_ 28: de la
- page 20 à la page 28.
-
- _absque_ sans.
-
- _absque nota_,
- _absque ulla nota_ sans indication, sans aucune indication
- (sans nom de ville d'imprimeur, ni
- d'éditeur). Ex.: _absque ulla nota,
- sed Parisiis, Guido Mercator, circa
- 1493._ (Cf. _sine_.)
-
- _ad calcem_ au bas de la page (_calx, calcis_,
- talon).
-
- _addendum_, _addenda_ à ajouter.
-
- _ad extremum_ au bout, à l'extrémité. (Cf. _ad calcem_,
- _in fine._)
-
- _ad libitum_ à volonté, au choix.
-
- _ad litteram_ à la lettre, mot pour mot, fidèlement.
- Ex.: Traduction _ad litteram_. (Cf. _ad
- verbum_.)
-
- _ad usum_ à l'usage (_ad usum Delphini_, à l'usage
- du Dauphin: à propos des livres
- expurgés).
-
- _ad verbum_ (_ad verb._) au mot, à l'article. Ex.: Voir Littré,
- _Dictionn._, _ad verb._ Dire:--Voir
- Littré, _Dictionnaire_, au mot Dire.
- (Cf. _sub verbo_ et _sub voce_.)
- _Ad verbum_ a aussi le sens de _ad
- litteram_, mot pour mot, littéralement.
-
- _ædes_, _ædis_; _in
- ædibus_; _ex ædibus_ maison; dans la maison, l'imprimerie de;
- de la maison, l'imprimerie de.
-
- _alias_ autrement, autrement dit. Ex.: Henri
- Beyle, _alias_ Stendhal. (Cf. _seu_,
- _vel_, _vulgo_.)
-
- _anno_ (_A._, _a._) année, dans l'année.
-
- _anno Christi_ (_A. C._,
- _an. Chr._) en l'an du Christ.
-
- _anno Domini_ (_A. D._,
- _an. Dom._, _an. dni._) en l'an du Seigneur.
-
- _apud_ (_ap._) chez, dans. Ex.: Voir Montaigne _ap._
- Littré, _Dictionn._ art. Père:--Voir
- Montaigne dans Littré, _Dictionnaire_,
- article Père.
-
- _articulus_ (_art._) article.
-
- _collatis passim
- articulis_ çà et là dans les articles réunis[698].
-
- _cætera desunt_, _cætera
- desiderantur_ le reste manque, est désiré. (Formule qui
- se met parfois au bas d'un ouvrage
- inachevé.)
-
- _capitulum_ (_cap._) chapitre.
-
- _charta magna_ (_Ch. M._,
- _ch. m._) grand papier.
-
- _circa_ autour de, environ.
-
- _corrigendum_,
- _corrigenda_ à corriger. (Erreur ou erreurs à
- corriger.--_Corrigenda_ s'emploie
- quelquefois comme synonyme d'_errata_.)
-
- _cum figuris_ (_c. f._) avec figures, vignettes.
-
-
- _deleatur_ (∂) à effacer, à enlever. (Terme et signe de
- typographie.)
-
- _delineavit_ (_del._) a dessiné; dessiné par... (Marque du
- dessinateur.)
-
-
- _eodem loco_ (_eod. loc._) au même endroit.
-
- _epistola, æ_ (_epist._) épître, s; lettre, s.
-
- _erratum, errata_ erreur, erreurs. On donne le nom
- d'_errata_ à la liste des fautes
- commises dans le texte d'un ouvrage
- imprimé, suivies de leurs
- corrections[699].
-
- _et cætera_ (etc., _&c._;
- etc., &c.) et le reste, et les autres.
-
- _ex_ de, du.
-
- _ex ædibus_ Voir _ædes_.
-
- _excusum_ (_excus._) imprimé.
-
- _ex dono_ du don de... (donné par l'auteur ou par
- l'éditeur, etc.).
-
- _ex libris_ des livres, d'entre les livres
- (c'est-à-dire volume faisant partie des
- livres de... de la bibliothèque de...;
- volume appartenant à...).
-
- _ex meis_ (sous-ent.
- _libris_) de mes livres, des miens (c'est-à-dire
- volume de ma bibliothèque).
-
- _ex officina_ de l'atelier, de l'imprimerie de...
-
- _ex typographia_ (_ex
- typ._) de l'imprimerie de...
-
-
- _ibidem_ (_ib._, _ibid._) là même, dans le même endroit.
-
- _idem_ (_id._) le même, la même.
-
- _id est_ (_i._, _i. e._) c'est, c'est-à-dire, c.-à-d.
-
- _impressum_ imprimé.
-
- _in_ dans. Ex.: Cité in _Géogr. univ._ de
- Reclus:--Cité dans la _Géographie
- universelle_ de Reclus.
-
- _in ædibus_ Voir _ædes_.
-
- _in extenso_ en entier.
-
- _in fine_ à la fin. Ex.: Voir tel ouvrage ou tel
- chapitre _in fine_, à la fin. (Cf.
- _ad calcem_, _ad extremum_.)
-
- _infra_ (_inf._) (opposé
- de _supra_) plus bas, ci-dessous.
-
- _in globo_ en masse, en entier.
-
- _initium_ (_init._) commencement. Ex.: Voir tel ouvrage ou
- tel chapitre _init._, au commencement.
-
- _in memoriam_ à la mémoire de, en souvenir de.
-
- _invenit_ (_inv._) a inventé; inventé par...
-
-
- _laudatus_ (_laud._) loué, cité.
-
- _supra laudati omnes._ tous les ouvrages loués (cités)
- ci-dessus.
-
- _liber_ (_lib._) livre.
-
- _loco citato_ (_loc.
- cit._, _l. c._) dans l'endroit ou l'ouvrage cité
- précédemment.
-
- _loco laudato_ (_loc.
- laud._, _l. l._) dans l'endroit ou l'ouvrage loué (cité)
- précédemment.
-
-
- _memento_ souviens-toi. Livre, cahier ou registre
- sur lequel on écrit ce dont on veut
- se souvenir.
-
-
- _ne varietur_ (_N. V._,
- _n. v._). afin qu'il n'y soit rien changé. (Édition
- _ne varietur_: édition définitive.)
-
- _non licet_ (_N. L._,
- _n. l._). ce n'est pas permis.
-
- _non liquet_ (_N. L._,
- _n. l._). ce n'est pas clair.
-
- _nota_, _nota bene_ (_N._,
- _n._; _N. B._; _N._,
- _n._; _N. B._). notez, notez bien, remarquez bien.
-
-
- _opere citato_ (_op. cit._) dans l'ouvrage cité précédemment.
-
-
- _passim_ (_pass._) çà et là, en divers endroits.
-
- _pinxit_ (_pinx._) a peint; peint par... (Marque du
- peintre.)
-
- _prope_ près, à peu près, presque.
-
-
-
- _quæ supra_ (_Q. S._,
- _q. s._). les choses (dites ou indiquées)
- ci-dessus, les ouvrages mentionnés
- ci-dessus.
-
-
- _sculpsit_ (_sc._,
- _sculps._) a taillé, a gravé, gravé par... (Marque
- du graveur.)
-
- _sequens_, _sequentes_,
- _sequentia_ (_seq._,
- _sq._, _sqq._) suivant, e; suivants, antes; la suite.
-
- _seu_ ou, ou bien, autrement dit. Ex.: Henri
- Beyle, _seu_ Stendhal. (Cf. _alias_,
- _sive_, _vel_, _vulgo_.)
-
- _sic_ ainsi, c'est ainsi. Ex.: Boullier,
- Traitté (_sic_) de la certitude morale.
-
- _sine_ sans. (Cf. _absque_.)
-
- _sine menda_ sans faute.
-
- _sine nota_ sans indication (de ville, d'imprimeur,
- etc.).
-
- _sive_ ou, ou bien. Ex.: Henri Beyle, _sive_
- Stendhal. (Cf. _alias_, _seu_, _vel_,
- _vulgo_.)
-
- _sub_ sous, dans, à.
-
- _sub verbo_ (_s. v._,
- _s. verbo_, _verbo_) au mot, à l'article. Ex.: Voir Littré,
- _verbo_ Dire; voir Larousse, _s. voce_
- Écrire:--Voir Littré au mot Dire; voir
- Larousse à l'article Écrire. (Cf. _ad
- verbum_ et _sub voce_.)
-
- _sub voce_ (_s. v._,
- _s. voce_, _voce_) même sens que _sub verbo_ et _ad verbum_.
-
- _supra_ (_sup._) (opposé
- d'_infra_) plus haut, ci-dessus.
-
- _suprascriptus_ (_SS_,
- _ss_) écrit plus haut, ci-dessus; susdit.
-
- _ut supra_ comme ci-dessus.
-
- _vade-mecum_ (littéralement: va avec moi). «Se dit
- surtout d'un livre portatif destiné à
- rappeler en peu de mots les notions
- principales d'une science, d'un art,
- etc.» (Littré.) On dit aussi qq. fois
- _veni-mecum_ (viens avec moi).
-
- _vel_ ou, ou bien. Ex.: Henri Beyle, _vel_
- Stendhal. (Cf. _alias_, _seu_, _sive_,
- _vulgo_.)
-
- _verbo_, _voce_ même sens que _sub verbo_, _sub voce_,
- _ad verbum_.
-
- _vulgo_ généralement, très souvent, d'ordinaire.
- Ex.: Henri Beyle, _vulgo_ Stendhal,
- c.-à-d. généralement désigné sous le
- nom de Stendhal. (Cf. _alias_, _seu_,
- _sive_, _vel_.)
-
-
-ADVERBES NUMÉRAUX.
-
- 1º Primo. Une fois Semel.
- 2º Secundo. 2 -- Bis.
- 3º Tertio. 3 -- Ter.
- 4º Quarto. 4 -- Quater.
- 5º Quinto. 5 -- Quinquies
- 6º Sexto. 6 -- Sexies.
- 7º Septimo. 7 -- Septies.
- 8º Octavo. 8 -- Octies.
- 9º Nono. 9 -- Novies.
- 10º Decimo. 10 -- Decies.
- 11º Undecimo. 11 -- Undecies.
- 12º Duodecimo. 12 -- Duodecies.
- 13º Tertiodecimo. 13 -- Tredecies.
- 14º Quartodecimo. 14 -- Quaterdecies.
- 15º Quintodecimo. 15 -- Quindecies.
- 16º Sextodecimo. 16 -- Sedecies.
- 17º Septimodecimo. 17 -- Septiesdecies.
- 18º Octavodecimo ou Duodevicesimo. 18 -- Duodevicies.
- 19º Nonodecimo ou Undevicesimo. 19 -- Undevicies.
- 20º Vicesimo ou Vigesimo. 20 -- Vicies.
- 21º Vicesimo primo. 21 -- Vicies semel,
- ou semel et vicies.
- 22º Vicesimo altero. 22 -- Bis et vicies.
- 23º Vicesimo tertio. 23 -- Ter et vicies.
- 30º Tricesimo ou Trigesimo. 30 -- Tricies.
- 40º Quadragesimo. 40 -- Quadragies.
- 50º Quinquagesimo. 50 -- Quinquagies.
- 60º Sexagesimo. 60 -- Sexagies.
- 70º Septuagesimo. 70 -- Septuagies.
- 80º Octogesimo. 80 -- Octogies.
- 90º Nonagesimo. 90 -- Nonagies.
- 100º Centesimo. 100 -- Centies.
- 200º Ducentesimo. 200 -- Ducenties.
- 300º Trecentesimo. 300 -- Trecenties.
- 400º Quadringentesimo. 400 -- Quadringenties.
- 500º Quingentesimo. 500 -- Quingenties.
- 600º Sexcentesimo. 600 -- Sexcenties.
- 1000º Millesimo. 1000 -- Millies.
-
-
-
-
-III.--TERMES GÉOGRAPHIQUES LATINS[700]
-
-
-Outre les termes géographiques qu'on rencontre le plus fréquemment dans
-les catalogues de librairie, tels que les noms de contrées, de
-capitales, etc., on trouvera dans la liste suivante les noms de la
-plupart des localités où l'imprimerie a été introduite dès ses débuts ou
-peu après, c'est-à-dire dès la seconde moitié du XVe siècle ou au
-commencement du XVIe.
-
- _Abbatis Villa_, _Abbavilla_ Abbeville.
- _Aduaticorum Oppidum_,
- _Atuatica_, _Namou_,
- _Namureum_, _Namurum_. Namur.
- _Æmona_. Voir _Labacum_[701] Laybach (Autriche).
- _Æsis_, _Æsium_, _Essium_ Jesi (Italie, près d'Ancône).
- _Agendicum_, _Senones_ Sens.
- _Agenno_, _Agennum_ Agen.
- _Agrippina_. Voir _Colonia_ Cologne.
- _Aichstadium_, _Eustadium_ Eichstædt (Bavière).
- _Alata Castra_, _Castra
- Puellarum_, _Edinum_,
- _Edenburgum_ Édimbourg.
- _Albani_ (_Villa Sancti_),
- _Verulamium_. St-Albans (Angleterre).
- _Albia_, _Albiga_ Albi (Tarn).
- _Albia_ Alby ou Albie (Haute-Savoie).
- _Albiorum_, _Witteberga_ Wittenberg (Saxe).
- _Aldenarda_, _Aldenardum_ Oudenarde ou Audenarde (Belgique).
- _Alenconium_, _Alentio_ Alençon.
- _Alostum_ Alost (Belgique).
- _Alta Villa_ Eltville ou Elfeld (Allemagne, près
- de Mayence).
- _Alvernia_, _Arvernia_ l'Auvergne.
- _Ambianum_ Amiens.
- _Ambivaritum_. Voir _Antverpia_ Anvers.
- _Amstelodamum_ Amsterdam.
- _Ancone_, _Ancona_ Ancône.
- _Andegava_, _Andegavum_ Angers.
- _Andemantunum_, _Lingonæ_ Langres.
- _Angolstadium_, _Ingolstadium_ Ingolstadt (Bavière).
- _Annecium_, _Annesiacum_ Annecy.
- _Annonæum_, _Annoniacum_ Annonay.
- _Antverpia_, _Handoverpia_,
- _Ambivaritum_ Anvers (Antwerpen).
- _Aquæ_, _Badena_ Baden (Duché de Bade).
- _Aquæ Bonæ_ Bonn (Suisse); Eaux-Bonnes
- (Basses-Pyrénées); etc.
- _Aquæ Sextiæ_ Aix (Provence).
- _Aquila in Vestinis_, _Aquilia_ Aquila (Italie, Abruzzes).
- _Aquileja_ Aglar ou Aquileja (Frioul).
- _Aquincum_, _Buda_ Bude ou Ofen.
- _Aquisgranum_ Aix-la-Chapelle (Aachen).
- _Aquitania_ l'Aquitaine. (Partie S.-O. de la
- France, depuis l'Auvergne et la
- Saintonge jusqu'aux Pyrénées.)
- _Arelas_ Arles.
- _Arenacum_ Arnheim (Hollande).
- _Argentoratum_ Strasbourg.
- _Armorica_ (du celte _Ar Mor_,
- près de la mer) l'Armorique, la Bretagne.
- _Artaunum_. Voir _Herbipolis_ Wurtzbourg (Bavière).
- _Arverna_, _Claromontium_ Clermond-Ferrand.
- _Asculum Picenum_ Ascoli Piceno (Italie, près
- d'Ancône).
- _Atrebatæ_ Arras.
- _Atuatica_. Voir _Aduaticorum
- oppidum_ Namur.
- _Audomarapolis_, _Audomarum_ Saint-Omer.
- _Augusta Ausciorum_, _Auxorum_ Auch.
- _Augusta Nemetum_,
- _Noviomagus_, _Spira_ Spire (Bavière).
- _Augusta Prætoria_ Aoste (Italie, Piémont).
- _Augusta Suessonum_, _Suessonæ_ Soissons.
- _Augusta Taurinorum_, _Taurinum_ Turin.
- _Augusta Tiberii_ Ratisbonne (Bavière).
- _Augusta Trevirorum_ Trèves (Prusse rhénane).
- _Augusta Veromanduorum_.
- Voir _Quintinopolis_ Saint-Quentin.
- _Augusta Vindelicorum_ Augsbourg (Bavière).
- _Augustobona, Trecæ_ Troyes (Champagne).
- _Augustodunum_ Autun.
- _Augustomagus_, _Civitas
- Silvancetum_ Senlis.
- _Aurelia_, _Aurelianum_ Orléans.
- _Autissiodorum_ Auxerre.
- _Auxorum_. Voir _Augusta
- Ausciorum_ Auch.
- _Alvaricum_, _Bituricæ_ Bourges.
- _Avenio_ Avignon.
-
- _Bacodurum_, _Passavia_,
- _Patavia_ Passau (Bavière).
- _Badena_. Voir _Aquæ_ Baden (Duché de Bade).
- _Bagaudarum Castrum_,
- _Monasterium Fossatense_ Saint-Maur-des-Fossés.
- _Bajocæ_, _Bagias_ Bayeux.
- _Bajonna_ (_Baya ona_, bonne
- baie en basque), _Lapurdum_ Bayonne.
- _Bamberga_ Bamberg (Bavière).
- _Bancona_, _Oppenhemium_ Oppenheim (Allemagne).
- _Barcino_, _Barchino_ Barcelone.
- _Barcum_ Barco (Italie, près de Brescia).
- _Barium_ Bari (Italie).
- _Barium Ducis_, _Barro-Ducum_ Bar-le-Duc.
- _Baruthum_ Bayreuth (Bavière).
- _Basilca_ Bâle.
- _Batavia_ la Hollande.
- _Bellovacum_ Beauvais.
- _Belna_ Beaune (Côte-d'Or).
- _Bergomum_, _Pergamus_,
- _Pergamum_ Bergame (Italie).
- _Berna_ Berne.
- _Berolinum_ Berlin.
- _Berona in Ergovia_,
- _Monasterium Beronense_ Berone, Beromunster (Suisse).
- _Bipontium_ Deux-Ponts ou Zweybrücken (Bavière).
- _Bisuntium_. Voir _Vesontio_ Besançon.
- _Biterræ_ Béziers.
- _Bituricæ_. Voir _Avaricum_ Bourges.
- _Blesæ_ Blois.
- _Bonna_ Bonn (Prusse).
- _Bononia_ Bologne (Italie).
- _Bononia_, _Bononia in
- Francia_, _Gessoriacum_ Boulogne-sur-Mer.
- _Barbetomagus_, Voir _Vormatia_ Worms.
- _Briocense oppidum_, _Briocæ_ Saint-Brieuc.
- _Briovera_, _Oppidum Sancti
- Laudi_ Saint-Lô.
- _Brixia_ Brescia.
- _Brugæ_ Bruges.
- _Brunna_ Brünn (Autriche).
- _Bruxella_, _Bruxelæ_ Bruxelles.
- _Buda_. Voir _Aquincum_ Bude ou Ofen.
- _Burdigala_ Bordeaux.
- _Burgdorfium_ Burgdorf ou Berthoud (Suisse) et
- Burgdorf (Hanovre).
- _Burgi_, _Burgum_ Burgos.
- _Burgundia_ la Bourgogne.
- _Buscoduca_, _Buscum Ducis_ Bois-le-Duc (Hollande).
- _Byzantium_ Byzance, Constantinople.
-
- _Cabelia_ Chablis (Yonne).
- _Cadomum_ Caen.
- _Cadurcum_ Cahors.
- _Cæsaraugusta_ Saragosse.
- _Cæsarodunum_. Voir _Turoni_ Tours (Indre-et-Loire).
- _Cajeta_ Gaëte.
- _Cale_, _Portus Calensis_ Porto ou Oporto (Portugal).
- _Caledonia_, _Scotia_ l'Écosse (anc. Calédonie).
- _Caletum_ Calais.
- _Calium_, _Callis_ Cagli (Italie, près d'Ancône).
- _Calmontium Bassiniæ_,
- _Calvus Mons_ Chaumont-en-Bassigny.
- _Camberiacum_ Chambéry.
- _Camboricum_, _Cantabriga_ Cambridge.
- _Cameracum_ Cambrai.
- _Cantabriga_. Voir _Camboricum_ Cambridge.
- _Cantuaria_ Canterbury.
- _Carentonum_ Charenton.
- _Carcaso_ Carcassonne.
- _Carnutum_ Chartres.
- _Carodunum_. Voir _Cracovia_ Cracovie.
- _Carololesium_ Charleroy.
- _Casale Majus_ Casal Maggiore (Italie, Milanais).
- _Casale Sancti Evasii_ Casale Monferrato (Italie, Piémont).
- _Casinus Mons_, _Cassinensis
- Mons_ Mont-Cassin.
- _Cassella_ Cassel.
- _Castellodunum_ Châteaudun.
- _Castra Puellarum_. Voir _Alata
- Castra_ Édimbourg.
- _Catalaunum_ Châlons-sur-Marne.
- _Cenomanum_ Le Mans.
- _Cistercium_ Cîteaux.
- _Claromontium_. Voir _Arverna_ Clermont-Ferrand.
- _Cliniacum_, _Cluniacum_ Cluny.
- _Collis_ Colle (Italie, Toscane).
- _Colonia_, _Agrippina_,
- _Colonia Agrippina_ Cologne.
- _Compendium_ Compiègne.
- _Complutum_ Alcala de Henarès (Espagne).
- _Comum_ Côme.
- _Conimbrica_ Coïmbre (Portugal).
- _Consentia_, _Cosentia_ Cosenza (Italie, Calabre).
- _Constantia_, _Valeria_ Constance.
- _Constantia_ Coutances.
- _Corabilium_, _Corbonium ad
- Sequanam_ Corbeil.
- _Corbeja vetus_, _Corbeia_ Corbie (Somme).
- _Corbonium ad Sequanam_. Voir
- _Corabilium_ Corbeil.
- _Corduba_ Cordoue.
- _Coriosopitum_ Quimper.
- _Cosentia_. Voir _Consentia_ Cosenza (Italie, Calabre).
- _Cracovia_, _Carodunum_ Cracovie.
- _Cremona_ Crémone (Italie, Milanais).
- _Culenburgum_ Culembourg ou Kuilenbourg
- (Hollande).
- _Cutna_. Voir _Kuttenberga_ Kuttenberg (Bohême).
-
- _Dariorigum_, _Dartoritum_,
- _Venetia_. Vannes.
- _Darmstadium_ Darmstadt.
- _Dartoritum_. Voir _Dariorigum_ Vannes.
- _Daventria_ Deventer (Hollande).
- _Delfi_ Delft (Hollande).
- _Deodatum_ Saint-Dié.
- _Dionantum_, _Dinandum_ Dinant (Belgique).
- _Divio_, _Diviodunum_ Dijon.
- _Divodurum_, _Mediomatrica_,
- _Metæ_, _Metis_, _Mettis_ Metz.
- _Dola Sequanorum_, _Dolum_ Dôle (Jura).
- _Dordracum_ Dordrecht (Hollande).
- _Dresda_ Dresde.
- _Duacum_ Douai.
- _Dublinum_ Dublin.
- _Dusseldorpium_ Dusseldorf.
-
- _Eboracum_ York.
- _Ebroica_, _Ebroicum_ Évreux.
- _Edenburgum_, _Edinum_. Voir
- _Alata Castra_ Édimbourg.
- _Einsilda_ Einsiedeln (Suisse).
- _Emda_, _Embda_ Emden (Hanovre).
- _Engolisma_ Angoulême.
- _Erfordia_ Erfurt (Saxe).
- _Eridanium_ «Nom de lieu d'impression supposé,
- que l'on trouve sur un grand
- nombre de livres italiens... et
- qui, sur la plupart, doit être
- traduit par _Milan_.»
- (P. Deschamps, _loc. cit._,
- col. 464 et 1434.)
- _Eslinga_. Voir _Ezelinga_ Esslingen (Wurtemberg).
- _Essium_. Voir _Æsis_ Jesi (Italie, près d'Ancône).
- _Eustadium_, Voir _Aichstadium_ Eichstædt (Bavière).
- _Ezelinga_, _Eslinga_ Esslingen (Wurtemberg).
-
- _Fæsulæ_ Fiesole (Italie, Toscane).
- _Fanum Sancti Nicolai a Portu_ Saint-Nicolas-du-Port
- (Meurthe-et-Moselle).
- _Ferrara_, _Ferraria_ Ferrare.
- _Fivizanum_ Fivizano (Italie, Toscane).
- _Flavium Aurgitanum_, _Giennum_ Jaen (Espagne, Andalousie).
- _Flesinga_ Flessingue (Hollande).
- _Florentia_ Florence.
- _Forum Livii_, _Forolivium_ Forli (Italie, près de Ravenne).
- _Fossatense Monasterium_. Voir
- _Bagaudarum Castrum_ Saint-Maur-des-Fossés.
- _Franciscopolis_, _Portus
- Gratiæ_ Le Havre.
- _Francofurtum ad Mœnum_ Francfort-sur-le-Mein.
- _Francofurtum ad Oderam_ Francfort-sur-l'Oder.
- _Franckera_, _Franchera_ Franecker ou Francker (Hollande).
- _Fraxinum_. Voir _Frisinga_ Freising (Bavière).
- _Friburgum_ Fribourg (Allemagne et Suisse).
- _Frisinga_, _Fraxinum_,
- _Fruxinum_ Freising (Bavière).
- _Fulginium_ Foligno (Italie).
-
- _Gallia_ la Gaule, la France.
- _Ganda_, _Gandavum_ Gand.
- _Garactum_ Guéret.
- _Geneva_, _Genava_, _Genua_ Genève.
- _Genua_ Gênes (et quelquefois Genève.
- --Gênes, en ital. _Genova_).
- _Germania_ la Germanie, l'Allemagne.
- _Gessoriacum_. Voir _Bononia_ Boulogne-sur-Mer.
- _Giennum_. Voir _Flavium
- Aurgitanum_ Jaen (Espagne, Andalousie).
- _Glascovia_, _Glascua_ Glascow.
- _Goettinga_, _Gottinga_ Goettingue (Hanovre).
- _Gouda_, _Tergum_ Gouda ou ter Gouw (Hollande).
- _Gradiscia_ Gradisca (Illyrie).
- _Gratianopolis_ Grenoble.
-
- _Hafnia_ Copenhague.
- _Haga Comitis_ La Haye, Haag ou S'Gravenhaag.
- _Hagenoa_ Haguenau.
- _Hala_ Halle (Allemagne).
- _Hamburgum_, _Marionis_ Hambourg.
- _Handoverpia_ Voir _Antverpia_ Anvers.
- _Hannovera_ Hanovre.
- _Harlemum_ Harlem (Hollande).
- _Heidelberga_ (Mont des
- myrtilles). Heidelberg.
- _Helvetia_ l'Helvétie, la Suisse.
- _Herbipolis_, _Artaunum_,
- _Wirceburgum_ Wurtzbourg (Bavière).
- _Hesdinium_ Hesdin (Pas-de-Calais).
- _Hibernia_ l'Irlande.
- _Hispalis_ Séville.
- _Hispania_ l'Espagne.
- _Holmia_ Stockholm.
- _Hungaria_, _Ungaria_ la Hongrie.
-
- _Ilerda_ Lérida (Espagne, Catalogne).
- _Ingolstadium_. Voir
- _Angolstadium_ Ingolstadt (Bavière).
- _Insula_ Lille.
- _Ipra_ Ypres (Belgique).
-
- _Kuttenberga_, _Cutna_ Kuttenberg (Bohême).
-
- _Labacum_, _Æmona_ Laybach (Autriche).
- _Langobardia_ la Lombardie.
- _Lantenacum_ Lantenac (Côtes-du-Nord).
- _Lantriguerum_. Voir _Trecora_ Tréguier (Côtes-du-Nord).
- _Lapurdum_. Voir _Bajona_ Bayonne.
- _Laudi_ (_Oppidum Sancti_).
- Voir _Briovera_ Saint-Lô.
- _Laudunum_, _Lugdunum Clavatum_ Laon.
- _Lauginga_, _Lavinga_ Lavingen (Bavière).
- _Leida_. Voir _Lugdunum
- Batavorum_ Leyde (Hollande).
- _Lemovicum_ Limoges.
- _Leodicum_, _Leudicum_ Liège.
- _Leopolis_ Lemberg, Leopol, ou Lwów (Autriche).
- _Leudicum_. Voir _Leodicum_ Liège.
- _Lexovium_ Lisieux.
- _Limonum_, _Pictavia_ Poitiers.
- _Lingonæ_. Voir _Andemantunum_ Langres.
- _Lipsia_ Leipzig.
- _Londinium_, _Londinum_ Londres.
- _Longa Villa_ Longeville (Meuse).
- _Lotharingia_ la Lorraine.
- _Lovania_, _Lovanium_ Louvain.
- _Lubeca_ Lübeck.
- _Luca_ Lucques.
- _Lucerna_ Lucerne.
- _Luciliburgum_, _Luciburgum_ Luxembourg.
- _Lugdunum_ Lyon.
- _Lugdunum Batavorum_. _Leida_ Leyde (Hollande).
- _Lugdunum Clavatum_. Voir
- _Laudunum_ Laon.
- _Luneburgium_, _Lunæburgum_ Lunebourg (Hollande).
- _Lusitania_ le Portugal.
- _Lutetia_. (Cf. _Parisius_.) Lutèce (Paris).
-
- _Maceriæ_, _Maceria_ Mézières.
- _Madritum_ Madrid.
- _Magdeburgum_ Magdebourg.
- _Maguntia_. Voir _Mogontiacum_ Mayence.
- _Mantua_ Mantoue.
- _Marionis_. Voir _Hamburgum_ Hambourg.
- _Marpurgum_ Marbourg (Hesse-Cassel).
- _Marsiburgum_, _Marsipolis_ Mersebourg (Saxe).
- _Massilia_ Marseille.
- _Matisco_ Mâcon.
- _Mechlinia_ Malines.
- _Mediolanium_, _Mediolanum_,
- _Santonum_ Saintes.
- _Mediolanum_ Milan.
- _Mediomatrica_. Voir _Divodurum_ Metz.
- _Meldorum Civitas_, _Meldi_ Meaux.
- _Melodunum_ Melun.
- _Memminga_ Memmingen (Bavière).
- _Mercurii Curtis_ Mirecourt.
- _Messana_ Messine.
- _Metæ_, _Metis_, _Mettia_.
- Voir _Divodurum_ Metz.
- _Misna_ Meissen (Saxe).
- _Modicia_ Monza (Italie, Lombardie).
- _Mogontiacum_, _Moguntiacum_,
- _Moguntiacus_, _Moguntia_,
- _Maguntia_ ou _Magontia_ Mayence. («Cette ville est à jamais
- célèbre par la découverte de la
- typographie et par le nom de
- Gutenberg.» (P. Deschamps, _loc.
- cit._, col. 850).
- _Molinæ_ Moulins.
- _Monachium_ Munich.
- _Monasterium_ Moutier, Moustiers, Montiers,
- Münster, etc.
- _Monasterium Fossatense_. Voir
- _Bagaudarum Castrum_ Saint-Maur-des-Fossés.
- _Mons Albanus_ Montauban.
- _Mons Argi_, _Mons Arginus_ Montargis.
- _Mons Biligardus_ Montbéliard.
- _Mons Brisonis_ Montbrison.
- _Mons Pessulanus_, _Mons
- Pessulus_, _Mons Puellarum_ Montpellier.
- _Mons Vici_, _Mons Regalis_ Mondovi (Italie, Piémont).
- _Montes_, _Montes Hannoniæ_ Mons (en flam. Bergen).
- _Murcia_ Murcie (Espagne).
- _Mussipons_, _Mussipontum_ Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle).
- _Mutina_ Modène.
-
- _Namnetus portus_, _Namnetum_ Nantes.
- _Namon_, _Namurcum_, _Namurum_.
- Voir _Aduaticorum Oppidum_ Namur.
- _Nancejum_ Nancy.
- _Narbo Martius_, _Narbona_ Narbonne.
- _Neapolis_ Naples.
- _Nemausus_ Nîmes.
- _Neustria_, _Normannia_ la Neustrie, la Normandie.
- _Nicolai a Portu_ (_Fanum
- Sancti_) Saint-Nicolas-du-Port
- (Meurthe-et-Moselle).
- _Niortum in Pictonibus_ Niort.
- _Nonantula_ Nonandola (Italie, près de Modène).
- _Nordovicum_ Norwich (Angleterre).
- _Norimberga_ Nuremberg.
- _Normannia_. Voir _Neustria_ la Normandie (anc. Neustrie).
- _Noviodunum_ Nevers.
- _Noviomagus_ Neufchâteau (Vosges).
- _Noviomagus_ Nimègue (Hollande).
- _Noviomagus_. Voir _Augusta
- Nemetum_ Spire.
- _Noviomagus Veromamduorum_ Noyon.
-
- _Ocellodurum_ Zamora (Espagne).
- _Œnipons_, _Œnipontum_ Inspruck.
- _Offenburgum_ Offenbourg (Allemagne, Bade).
- _Olisipo_, _Ulyssipo_ Lisbonne.
- _Olmutium_, _Olomucium_ Olmutz (Moravie).
- _Oppenhemium_. Voir _Bancona_ Oppenheim (Allemagne, Darmstadt).
- _Oriens_ Lorient.
- _Oxonia_, _Oxonium_ Oxford.
-
- _Palum_, _Palenza_ Pau.
- _Pampalona_ Pampelune.
- _Panormus_ Palerme.
- _Papia_. Voir _Ticinum_ Pavie.
- _Parisius_, _Parisis_. Cf.
- _Lutetia_ Paris (anc. Lutèce).
- _Passavia_, _Patavia_. Voir
- _Bacodurum_ Passau (Bavière).
- _Patavium_, _Patavia_ Padoue.
- _Pergamus_, _Pergamum_. Voir
- _Bergomum_ Bergame.
- _Perpenianum_ Perpignan.
- _Perusia_ Pérouse (Italie).
- _Petricordium_ Périgueux.
- _Petropolis_ Saint-Pétersbourg.
- _Phorca_, _Phorcenum_ Pforzheim (Allemagne, Bade).
- _Pictavia_. Voir _Limonum_ Poitiers.
- _Pilona_, _Pilsna_ Pilsen (Bohême).
- _Pinarolium_ Pignerol (Italie, Piémont).
- _Pinciacum_ Poissy (Seine-et-Oise).
- _Pinczovia_ Pinczow (Pologne, palat. de
- Cracovie).
- _Pintia_, _Valdoletum_ Valladolid.
- _Pisæ_ Pise.
- _Pisaurum_ Pesaro (Italie, près d'Ancône).
- _Piscia_ Pescia (Italie, Toscane).
- _Placentia_ Plaisance (Italie, près de Milan).
- _Plevisacium_ Pieve di Sacco (Italie, Vénétie).
- _Pollianum Rus_ Pogliano (Italie, près de Vérone).
- _Portesium_ Portesio (Italie, près de Brescia).
- _Portus Calensis_. Voir _Cale_ Porto ou Oporto (Portugal).
- _Portus Gratiæ_. Voir
- _Franciscopolis_ Le Havre.
- _Portus Regius_ Port-Royal (des Champs).
- _Portus Santonum_. Voir
- _Rupella_ La Rochelle.
- _Portus Venetus_. Voir _Venetia_ Venise.
- _Posnania_, _Posna_ Posen.
- _Posonium_ Presbourg (Hongrie).
- _Praga_ Prague.
- _Promontorium_ Promentour ou Promenthoux (Suisse).
- _Provinum_ Provins.
-
- _Quedlinburgum_ Quedlinbourg (Saxe).
- _Quintinopolis_, _Augusta
- Veromanduorum_ Saint-Quentin.
-
- _Ravenna_ Ravenne.
- _Redones_ Rennes.
- _Regiomontium Borussiæ_ Kœnigsberg.
- _Regium Lepidi_ Reggio d'Emilia (Italie, près de
- Modène).
- _Remorum Civitas_, _Remis_ Reims.
- _Rhætia_ le Tyrol, les Grisons (anc. Rhétie).
- _Rhaugia_ Raguse (Dalmatie).
- _Ricolocus_ Richelieu (Indre-et-Loire).
- _Ricomagus_ Riom.
- _Roma_ Rome.
- _Rostochium_ Rostock (Allemagne, Mecklembourg).
- _Rotena Urbs_. Voir _Segodunum_ Rodez.
- _Roterodamum_ Rotterdam.
- _Roto_ Redon.
- _Rotomagus_ Rouen.
- _Ruotlinga_ Reutlingen (Wurtemberg)
- _Rupella_. Voir _Portus
- Santonum_ La Rochelle.
- _Rupes Fortis_ Rochefort.
-
- _Sabate_, _Savona_ Savone (Italie, Piémont).
- _Salernum_ Salerne.
- _Salinis_, _Salinæ_ Salins (Jura).
- _Salmantica_ Salamanque.
- _Salmurium_ Saumur.
- _Sarisberia_, _Sarus_ Salisbury.
- _Savilianum_ Savigliano (Italie, Piémont).
- _Savona_. Voir _Sabate_ Savone (Italie, Piémont).
- _Scandia_, _Scandinavia_ la Scandinavie (Suède, Norwège).
- _Scandianum_ Scandiano (Italie, près de Modène).
- _Schiedamum_, _Sciedammæ_ Schiedam (Hollande).
- _Schoonhovia_ Schoenhoven (Hollande).
- _Scotia_. Voir _Caledonia_ l'Écosse (anc. Calédonie).
- _Sedanum_ Sedan.
- _Segobriga_ Segorbe (Espagne, prov. de Valence).
- _Segodunum_, _Rotena Urbs_ Rodez.
- _Sena Julia_, _Senæ_ Sienne (Italie, Toscane).
- _Senone_s. Voir _Agendicum_ Sens.
- _Sequana_ la Seine.
- _Silvanectum Civitas_. Voir
- _Augustomagus_ Senlis.
- _Slesvicum_ Schleswig (Allemagne).
- _Sora_, _Soria_ Soria (Espagne, Vieille-Castille).
- _Spinalium_ Épinal.
- _Spira_. Voir _Augusta Nemetum_ Spire (Bavière).
- _Stutgardia_ Stuttgard.
- _Sublacense Cœnobium_,
- _Subiacum_ Subiaco (Italie centrale).
- _Suessonæ_. Voir _Augusta
- Suessonum_ Soissons.
- _Suevia_ la Souabe (Wurtemberg, Bavière,
- etc.).
-
- _Tarraco_ Tarragone (Espagne, Catalogne).
- _Tarvisium_ Trévise (Italie, Vénétie).
- _Taurinum_. Voir _Augusta
- Taurinorum_ Turin.
- _Telo Martius_, _Telonis Portus_ Toulon.
- _Tergeste_ Trieste.
- _Tholosa_. Voir _Tolosa
- Tectosagum_ Toulouse.
- _Thorunium_ Thorn (Allemagne).
- _Tibur_ Tivoli (Italie centrale, près de
- Rome).
- _Ticinum_, _Papia_ Pavie.
- _Tigurum_ Zurich.
- _Toletum_ Tolède.
- _Tolosa_ Tolosa (Espagne).
- _Tolosa_, _Tolosa Tectosagum_,
- _Tholosa_ Toulouse.
- _Tornacum Nerviorum_ Tournai.
- _Tornomagensis Vicus_ Tournon (Ardèche).
- _Trajectum_, _Trajectus Mosæ_
- ou _ad Mosam_, _Trajectum
- Superius_ Maestricht.
- _Trajectum Inferius_,
- _Trajectum Rheni_ ou _ad
- Rhenum_, _Ultrajectum_ Utrecht.
- _Treba_, _Trevium_ Trevi (Italie, près de Spolète).
- _Trecæ_. Voir _Augustobona_ Troyes.
- _Trecora_, _Lantriguerum_ Tréguier (Côtes-du-Nord).
- _Trevirorum Augusta_. Voir
- _Augusta Trevirorum_ Trèves (Prusse rhénane).
- _Trevium_. Voir _Treba_ Trevi (Italie, près de Spolète).
- _Trevoltium_ Trévoux.
- _Tridentum_ Trente (Tyrol).
- _Tubinga_ Tubingen (Wurtemberg).
- _Tullum_ Toul.
- _Turoni_, _Cæsarodunum_ Tours.
- _Tusculanum_, _Tusculanum Lacus
- Benaci_ Toscolano (Italie, près de Brescia).
- _Tutela_ Tulle.
-
- _Ulma_ Ulm.
- _Ultrajectum_. Voir _Trajectum
- Inferius_ Utrecht.
- _Ulyssipo_. Voir _Olisipo_ Lisbonne.
- _Ungaria_. Voir _Hungaria_ la Hongrie.
- _Upsalia_ Upsal.
- _Uraniburgus_ Uranibourg (Suède).
- _Urbinum_ Urbino (Italie, près d'Ancône).
- _Ursius (Sanctus)_ Sant'Orso (Italie, près de Vicence).
- _Utinum_ Udine (Italie, Vénétie).
-
- _Valdoletum_. Voir _Pintia_ Valladolid.
- _Valentia_ Valence (France et Espagne).
- _Valeria_. Voir _Constantia_ Constance.
- _Vallis Guidonis_ Laval.
- _Varsavia_ Varsovie.
- _Vasconia_ la Gascogne.
- _Venetia_, _Portus Venetus_ Venise.
- _Venetia_. Voir _Dariorigum_ Vannes.
- _Vercellæ_ Verceil (Italie, Piémont).
- _Verodunum_. Voir _Virodunum_ Verdun (Meuse).
- _Verona_ Vérone.
- _Versaliæ_ Versailles.
- _Verulamium_. Voir _Albani_
- (_Villa Sancti_) Saint-Albans (Angleterre).
- _Vesolum_ Vesoul.
- _Vesontio_, _Bisuntium_ Besançon.
- _Vicentia_ Vicence (Italie, Vénétie).
- _Victriacum_, _Victoriacum
- Francisci_ Vitry-le-François.
- _Vienna_ Vienne (France).
- _Vigornia_ Worcester.
- _Vinaria_ Weimar.
- _Vindobona_ Vienne (Autriche).
- _Virodunum_, _Verodunum_ Verdun (Meuse).
- _Viterbium_ Viterbe (Italie centrale).
- _Vormatia_, _Borbetomagus_ Worms.
- _Vratislavia_ Breslau.
-
- _Westmonasterium_ Westminster.
- _Wirceburgum_. Voir _Herbipolis_ Wurtzbourg (Bavière).
- _Witteberga_. Voir _Albiorum_ Wittenberg (Saxe).
-
- _Zutphania_ Zutphen (Hollande).
- _Zwolla_ Zwolle (Hollande).
-
-
-
-
-IV.--CHIFFRES ROMAINS
-
-
- CHIFFRES ROMAINS VALEUR
-
- I. 1
- II. 2
- III. 3
- IIII ou IV. 4
- V. 5
- VI. 6
- VII. 7
- VIII. 8
- VIIII, VIV ou IX. 9
- X. 10
- XI. 11
- XII. 12
- XIII. 13
- XIV. 14
- XV. 15
- XVI. 16
- XVII. 17
- XVIII. 18
- XIX. 19
- XX. 20
- XXI. 21
- XXII. 22
- XXIII. 23
- XXIV. 24
- XXV. 25
- XXVI. 26
- XXVII. 27
- XXVIII. 28
- XXIX. 29
- XXX. 30
- XXXX ou XL. 40
- XLI. 41
- XLII. 42
- L. 50
- LI. 51
- LX. 60
- LXX. 70
- LXXX ou XXC. 80
- LXXXX ou XC. 90
- XCI. 91
- XCII. 92
- XCVIII. 98
- XCIX ou IC. 99
- C. 100
- CI. 101
- CII. 102
- CL. 150
- CC. 200
- CCL. 250
- CCC. 300
- CCCC ou CD. 400
-
- D } 500
- IƆ ou Iↄ. }
-
- DL. } 550
- IƆL ou Iↄl. }
-
- DC. } 600
- IƆC ou Iↄc. }
-
- DCC. } 700
- IƆCC ou Iↄcc. }
-
- DCCC. } 800
- IƆCCC ou Iↄccc. }
-
- DCCCC. } 900
- IƆCCCC ou Iↄcccc. }
-
- M. } 1 000
- CIƆ ou cIↄ. }
- ∞. }
- [X couché]. }
-
- MM. } 2 000
- CIƆCIƆ ou cIↄcIↄ. }
- IICIƆ ou IIcIↄ. }
- ∞∞. }
-
- MMM. } 3 000
- CIƆCIƆCIƆ. }
- IIICIƆ. }
- ∞∞∞. }
-
- IƆƆ ou Iↄↄ. } 5 000
- V∞. }
- V̅. }
-
- IƆƆ∞. } 6 000
- VI∞. }
- V̅M. }
-
- CCIƆƆ ou ccIↄↄ. } 10 000
- ƆMC. }
- IMI. }
- X∞. }
- XM. }
-
- XX∞. 20 000
-
- XXX∞. 30 000
-
- IƆƆƆ ou Iↄↄↄ. } 50 000
- L∞. }
- L̅. }
-
- LX∞. } 60 000
- L̅X̅. }
-
- CCCIƆƆƆ ou cccIↄↄↄ. } 100 000
- C∞. }
- CM. }
-
- CC∞. } 200 000
- CCM. }
-
- M̅. 1 000 000
- M̅M̅. 2 000 000
-
-Les principes originels de la numération romaine paraissent être les
-suivants[702]:
-
-Les doigts de la main sont le symbole des premiers chiffres, I, II, III
-et IIII; le V représente le pouce et l'index écartés. Deux V unis par la
-pointe (X) firent dix. Les lettres C et M, initiales majuscules de
-_centum_ et de _mille_, valurent cent et mille, et eurent souvent pour
-formes, la première: [C carré], la seconde ↀ ou CIƆ. Le signe [C carré]
-(cent), coupé par moitié dans sa hauteur, donne deux L, ou deux fois
-cinquante; CIƆ donne, comme moitié de droite, IƆ ou D, qui représente
-cinq cents. On peut aussi considérer ce D comme l'initiale majuscule de
-_dimidium_, moitié (moitié de _mille_).
-
-Dans cette numération, sept lettres suffisent, par leur adjonction et
-leur position, pour exprimer tous les nombres:
-
- I = 1; V = 5; X= 10; L = 50;
- C = 100; D = 500; M = 1000.
-
-Encore peut-on considérer, ainsi que nous venons de le voir, X comme
-formé de deux V unis par la pointe, et D comme la combinaison de l'I et
-du C retourné.
-
-D'une façon générale, on procède par addition et par soustraction. Une
-lettre de valeur moindre, placée _à la droite_ d'une autre lettre,
-augmente la valeur de celle-ci de la valeur qu'elle a elle-même; et,
-inversement, une lettre de valeur moindre, placée _à la gauche_ d'une
-autre lettre, diminue d'autant celle-ci. Ainsi VI = 5 + 1 = 6; et, au
-contraire, IV = 5 − 1 = 4; LX = 50 + 10 = 60; XL = 50 − 10 = 40. Un
-nombre plus compliqué, 1695, par exemple, étant composé de 1000 + 600
-[500 + 100] + 100 − 5, s'écrira: MDCVC.
-
-Mais il faut observer que ce mode de numération additif et soustractif
-comporte, à mesure que les chiffres s'ajoutent les uns aux autres et que
-les nombres s'élèvent, de fréquentes exceptions. Ainsi XM qui, selon la
-règle précédente, devrait signifier M − X, c'est-à-dire 990, signifie X
-multiplié par M, soit 10000. CM, au lieu de signifier M − C (900),
-signifie C multiplié par M (100 000). Un autre principe, principe
-multiplicatif, est donc introduit à partir des mille dans ce système de
-numération. «Pour les nombres supérieurs, dit M. Paul Tannery[703], les
-Romains _n'avaient pas de système régulier_; le plus souvent, dans les
-manuscrits latins, le nombre des mille est écrit comme un nombre
-d'unités simples, mais soit surmonté d'un trait horizontal, soit suivi
-de la lettre M (abréviation de _millia_). Ainsi, dans Pline, DCCCXC.M.D,
-pour 890 500. D'autre part, un nombre encadré par un trait horizontal
-au-dessus, et deux traits verticaux à droite et à gauche, exprime des
-_centena millia_. Ainsi, encore dans Pline[704], |L̅X̅X̅X̅V̅I̅I̅I̅| XC.M doit se
-lire 8 890 000. Il y a là introduction de principes multiplicatifs et
-élévatoires étrangers au système répétitif, additif et soustractif
-originaire.»
-
-Il arrive assez fréquemment qu'on compose les chiffres romains en bas de
-casse (c'est-à-dire en lettres minuscules); dans ce cas, si l'unité
-finale est un i déjà précédé d'un autre i, on emploie, pour cette
-finale, au lieu de l'i voyelle, l'i consonne, aujourd'hui nommé j.
-Exemples:
-
- i. 1
- ij. 2
- iij. 3
- iv. 4
- v. 5
- vi. 6
- vij. 7
- viij. 8
- xi. 11
- xij. 12
- xiij. 13
- Etc., etc.
-
-Au lieu de bas de casse ordinaires (romains), on emploie parfois des bas
-de casse italiques, et l'on se sert, comme dans l'ancienne langue, de
-l'_u_ à la place du _v_: on nomme ces chiffres romains italiques
-_chiffres financiers_[705]. Exemples: _iu_: 4;--_u_: 5;--_ui_:
-6;--_uij_: 7;--_uiij_: 8;--etc.
-
-L'usage d'exprimer la date de publication d'un livre en chiffres romains
-remonte à l'origine de l'imprimerie[706]; mais si le mode d'emploi et la
-valeur attributive des chiffres arabes ont des règles immuables et
-certaines, il n'en est pas de même des chiffres romains, surtout maniés
-et combinés par les anciens imprimeurs. Non seulement ceux-ci remplacent
-fréquemment le D (500) par ses éléments IƆ, et l'M (1000)
-(originairement ↀ) par CIƆ; mais ils substituent volontiers à l'I un
-simple accent: 'Ɔ pour IƆ; C'Ɔ pour CIƆ; dans leurs combinaisons de
-chiffres, ils se servent de la multiplication tout autant que de
-l'addition et de la soustraction; et ils font si bien qu'on leur a très
-justement reproché de ne suivre «d'autre règle que leur caprice»[707],
-et qu'«on serait tenté de penser que leur but était de se rendre
-inintelligibles»[708]. Ce sont très souvent, en effet, des énigmes
-qu'ils vous proposent[709], et que les bibliographes les plus experts ne
-parviennent pas à déchiffrer sans peine.
-
-Voici quelques exemples de ces bizarres et embarrassants millésimes:
-
- M CCCC 7z (1000 + 400 + 70 + 2) 1472
- M CCCC iiij XX VIII (1000 + 400 + [4×20=] 80 + 8) 1488
- M iiii c iiii XX viij (1000 + [4×100=] 400 + [4×20=] 80 + 8) 1488
- M IIIIc IIIIxx XIII = 1493
- M iiij D (1000 + 500 − 4) 1496
- M iij D ou M III D 1497
- M CCCC XC VIII ou M CCCC IIC 1498
- M cccc iCi (1000 + 400 + [100 − 1 + 1 =] 100) 1500
- M CDC II (1000 + [500 − 100 + 100 =] 500 + 2) 1502
- M 'Ɔ VIII 1508
- M D XL IIX 1548
- CIƆ IƆ XXC 1580
- ∞ D XXC IIX 1588
- CIƆ IƆ XXC IIX 1588
- C'Ɔ 'Ɔ XC VI 1596
- CIƆ IƆ CX 1610
- cIↄ Iↄc Lxxv 1675
- CIƆ IƆ CCL 1750
-
-Il résulte de ce qui précède que les chiffres romains, à cause de leurs
-complications, de leur multiplicité, de la place relativement longue
-qu'ils exigent le plus souvent pour former un nombre, et aussi et
-surtout des continuelles chances d'erreur qu'ils présentent, doivent
-être employés le moins possible, et seulement pour les nombres peu
-élevés, et qu'il est nécessaire, lorsqu'on reproduit une date inscrite
-en romain, d'en donner la traduction entre parenthèses en chiffres
-arabes. «La numération romaine, dit Lemare[710], est si pénible, si
-embarrassante, si éloignée de la perfection de celle des Arabes, qui est
-devenue la nôtre, qu'il faut la laisser aux Trissotins et déterreurs de
-médailles et faiseurs d'inscriptions.»
-
-
-
-
-V.--SIGNES TYPOGRAPHIQUES
-
-
--- Tiret ou _moins_.
-
- Le tiret, appelé _moins_ dans les imprimeries, n'était originairement
- qu'un signe de mathématiques opposé au _plus_ +. Il remplit en
- typographie différentes fonctions, dont la principale est de marquer,
- dans les conversations écrites, le changement d'interlocuteur, et de
- dispenser ainsi de répéter les expressions: _dit-il_, _répondit-il_,
- _reprit-il_, etc. C'est Marmontel, assure-t-on, qui a fait le premier
- un emploi fréquent du tiret dans les dialogues.
-
- Le tiret sert aussi à éviter, dans les tables et nomenclatures, la
- répétition des mots sous lesquels on le place, ou l'emploi des termes
- _idem_ ou _dito_--il s'emploie également pour séparer les matières
- dans les sommaires ou dans certains textes;--placé après une virgule,
- un point-virgule ou un point, il renforce, pour ainsi dire, ce signe
- de ponctuation et accentue le changement de sens, la transition
- d'idées;--enfin, très souvent maintenant, il remplace la parenthèse.
- Ces deux derniers modes d'emploi nous viennent des typographes
- anglais. (Cf. TH. LEFEVRE, _loc. cit._, t. I, pp. 49-50; et
- DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._, pp. 30-31.)
-
-
-- Trait d'union ou _division_.
-
- Par une singulière fortune, le trait d'union porte en typographie le
- nom, à première vue contradictoire, de _division_. C'est que ce petit
- signe servant à la fois, selon les règles grammaticales aussi bien que
- typographiques, à unir certains mots et à indiquer en fin de ligne les
- coupures des mots par syllabes, on n'a envisagé, en grammaire, que le
- premier rôle, d'où le nom de _trait d'union_, et, en typographie, que
- le second, d'où le nom de _division_.
-
- Sans relater tous les cas grammaticaux où l'on fait usage du trait
- d'union, nous remarquerons qu'on l'emploie en français: 1º entre les
- prénoms ou les initiales des prénoms d'une même personne: Jean-Jacques
- Rousseau; le jurisconsulte Jean-Baptiste-Victor Proudhon, et
- l'économiste socialiste Proudhon (P.-J.); les bibliographes
- Jacques-Charles Brunet, Techener (Jacques-Joseph), J.-M. Quérard,
- Renouard (A.-A.), etc.;--2º entre les noms du mari et de la femme, les
- noms propres composés, etc.: Bussy-Rabutin, Royer-Collard,
- Garnier-Pagès, etc.;--3º entre les mots désignant une ville, un
- département, une rue, une place, etc.[711]: Pont-à-Mousson
- (Meurthe-et-Moselle), Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), rue du
- Pré-aux-Clercs, rue Pierre-Charron, place Victor-Hugo, avenue
- Louis-Blanc. Mais cette règle n'est pas applicable aux prénoms
- étrangers ni à leurs initiales, ni, en général, d'après certaines
- _marches_ d'imprimerie, aux expressions géographiques ou
- topographiques non françaises, et l'on écrit sans trait d'union: Ebert
- (Friedrich Adolf), bibliographe allemand; John S. Billings,
- bibliographe américain; E. F. Taylor et Tedder (H. R.), bibliographes
- anglais; etc.[712];--et Civita Vecchia, New York, Oil City, Vera Cruz,
- San Francisco, San José del Morro, Santo Domingo, São Paulo, etc. (Cf.
- LECLERC, _loc. cit._, p. 136; RECLUS, _Géogr. univ._, index
- alphabétiques à la fin des volumes; etc.) Il est bien entendu que si
- les noms de Pierre Charron, Victor Hugo, Louis Blanc, au lieu de
- désigner une rue, une place, etc., s'appliquent à ces écrivains
- eux-mêmes, ils ne prennent pas de trait d'union.
-
- Contrairement à un usage assez répandu, on ne met pas de traits
- d'union entre les noms propres composés d'un nom et d'un surnom:
- Julien l'Apostat, Jean sans Peur, Louis le Grand, etc.; à moins que
- ces noms ne désignent un monument, une rue, une place, etc.: la tour
- de Jean-sans-Peur, le lycée et la rue Louis-le-Grand, etc.
-
- On emploie encore le trait d'union entre les mots exprimant des
- nombres inférieurs à cent: dix-sept, dix-huit, soixante-dix-neuf, deux
- cent quatre-vingt-quinze, etc.; excepté entre les noms de nombre unis
- par la conjonction _et_: vingt et un, soixante et onze, etc.
-
- Placé entre deux chiffres ou nombres, le trait d'union tient lieu de
- la préposition _à_ ou de la conjonction _et_: pp. 12-19 (c'est-à-dire
- de la page 12 à la page 19 inclusivement); années 1862-69 (de l'année
- 1862 à l'année 1869 inclusivement); pp. 8-9 (pages 8 et 9); années
- 1896-97 (1896 et 1897). (Cf. LECLERC, _loc. cit._, pp. 149-150.)
-
- Ajoutons, à propos de la _division_ typographique, qu'on s'est jadis
- quelquefois servi d'un double trait (=) pour indiquer les coupures de
- mot en fin de ligue.
-
-
-« » Guillemets.
-
- On place entre guillemets les citations, les dialogues, les locutions
- que l'on ne veut pas mettre en italique, mais sur lesquelles on désire
- néanmoins appeler l'attention, etc. «Nous ne saurions trop protester,
- en passant, contre l'introduction des informes guillemets anglais
- consistant en virgules retournées et apostrophes (“ ”): c'est
- simplement affreux, surtout dans les gros caractères. Nombre d'idées
- anglaises, qu'il est de bon genre d'adopter, sont dans ce cas.»
- (LECLERC, _loc. cit._, p. 148.) La protestation est des plus
- justifiées. Comme nous l'avons noté, dès la préface de ce livre, et
- avec attestation à l'appui, «rien ne réussit mieux en France que ce
- qui n'est pas français».
-
-
-( ) Parenthèses.
-
-[ ] Crochets.
-
- Les parenthèses servent à enfermer, au milieu d'une phrase, «les mots
- formant un sens distinct et séparé, les incidences qui peuvent être
- supprimées sans nuire au sens général, les dates, renvois, sources
- diverses, indications, explications, réflexions, etc., les mots et
- phrases venant en sous-titre.» (LECLERC, _loc. cit._, p. 145.)
-
- Les crochets s'emploient pour enclore une restitution de texte; pour
- enfermer, au début d'un article, soit une note, soit une introduction
- de plus ou moins d'étendue et généralement composée en caractère
- différent; soit encore pour placer une intercalation dans une autre
- déjà mise entre parenthèses. On emploie aussi un crochet dans la
- composition des vers pour rattacher le mot ou la fraction de mot
- excédant la justification.
-
-
-... Points suspensifs.
-
- Voir Astérisque.
-
-
-(?) Point d'interrogation entre parenthèses.
-
- Placé après un mot ou une phrase, ce point d'interrogation indique que
- ce mot est douteux, que cette phrase suggère une incertitude dans
- l'esprit de l'auteur, comme s'il s'interrogeait et se demandait:
- Est-ce bien cela?
-
-
-(!) Point d'exclamation entre parenthèses.
-
- Indique une chose bizarre, déraisonnable ou grotesque, digne de
- provoquer l'étonnement, le rire ou la moquerie.
-
-
-§ § Paragraphe.
-
- Signe abréviatif des parties d'un chapitre, d'un article, d'un titre,
- etc.: Chap. XV, § 5.
-
-
-* * Astérisque.
-
- L'astérisque (petit astre, petite étoile), qui, dans les anciens
- manuscrits, servait à indiquer quelque défectuosité dans le texte,
- s'emploie aujourd'hui comme _appel de note_ ou désignation
- conventionnelle, pour séparer les deux parties d'un verset. Il
- s'emploie aussi, au nombre de trois, comme abréviation d'un nom
- propre: Le comte de M***; Arouet de V***. Au lieu de trois
- astérisques, on peut en mettre autant qu'il y a de lettres supprimées:
- Arouet de Voltaire, par exemple, s'écrirait: Arouet de V*******. Dans
- ce dernier cas, on remplace souvent maintenant les astérisques par des
- points placés en pied de ligne: Arouet de V........ Il va sans dire
- qu'ici le dernier point--point final de la phrase--est en plus et ne
- compte pas. Lorsqu'on veut indiquer une suppression dans un texte,
- dans un titre de livre, etc., on se sert également de ces points, dits
- _points de suspension_ ou _points suspensifs_. Quelle que soit
- l'étendue de la suppression, trois points suffisent pour l'indiquer,
- ainsi que nous l'avons dit[713]; mais, ici comme tout à l'heure, la
- ponctuation exigée par le sens de la phrase s'ajoute et n'entre pas en
- compte.
-
- Les astérisques, disposés en triangle (⁂) à la fin d'un paragraphe, au
- milieu d'une ligne de blanc, tiennent lieu de filet de séparation ou
- de _cabochon_ (petit fleuron, figurine ou vignette, qu'on emploie en
- typographie, surtout dans la composition des journaux, pour les
- séparations de texte et les en-tête d'alinéas). Si cette fin de
- paragraphe tombe au bas de la page ou de la colonne, la ligne de
- blanc, c'est-à-dire les astérisques ou le cabochon, est mieux placée
- en tête de la page ou de la colonne suivantes. (Cf. LECLERC, _loc.
- cit._, p. 151.)
-
-
-† Croix.
-
- La croix, appelée aussi _poignard_ ou _obélisque_ et anciennement
- _obèle_ (ὀβελός, broche, épieu), s'emploie dans les livres d'église et
- dans les dictionnaires avec une valeur conventionnelle. Dans une
- biographie, placé devant un millésime, ce signe indique que le décès
- du personnage a eu lieu à cette date. La croix sert aussi (servait
- surtout) de renvoi à des notes marginales. Dans les ouvrages de
- géographie, elle sert à indiquer un évêché, tandis que l'archevêché a
- pour signe ☨.
-
-
-¶ Pied-de-mouche.
-
- S'employait autrefois, ainsi que la croix et l'astérisque, pour
- marquer un renvoi, comme _appel de note_. Servait aussi à signaler
- dans un texte des passages spéciaux, à indiquer des séparations et à
- accentuer, en quelque sorte, certains alinéas.
-
-
-℣ Verset.
-
-℟ Répons.
-
- Ces deux signes sont employés dans les livres d'église (paroissiens,
- missels, bréviaires, etc.) pour indiquer, le premier, les _versets_ de
- l'Écriture sainte qui se disent ou se chantent aux offices, et forment
- leçons ou chapitres; et l'autre, les paroles (_réponses_ ou _répons_),
- ordinairement tirées aussi de l'Écriture sainte, qui se disent ou se
- chantent après les leçons ou chapitres. (Cf. LITTRÉ, _Dictionn._)
-
-
-&, _&_ Et (conjonction).
-
-
-☞ Index.
-
- C'est-à-dire: Voyez, remarquez.
-
-
-| ou || / ou // Trait ou double trait vertical ou oblique.
-
- Dans la copie d'un texte imprimé et particulièrement d'un titre, ces
- traits servent à indiquer les divisions des lignes, les fins de
- lignes. (Voir _supra_, chap. VIII, pp. 249-252.)
-
- Dans certains incunables, les traits obliques / ou // remplacent les
- virgules et les alinéas. (Voir _Encyclop. britannica_, t. III, p. 653,
- col. 2.)
-
-
-[¶]
-
- Dans les incunables, ce signe indique des alinéas qu'on désire
- caractériser, des phrases qu'on veut détacher du texte davantage. Le
- signe typographique actuel [C carré], employé dans la correction des
- épreuves et indiquant l'alinéa ordinaire, en est dérivé. (Voir
- _supra_, chap. VIII, p. 250, 2e ligne du bas.)
-
-
-
-
-VI.--BIBLIOGRAPHIE
-
-
-Nous aurions voulu faire suivre chacun de nos chapitres d'un index
-bibliographique relatif à la question spéciale traitée dans ce chapitre
-(_Amour des livres et de la lecture_, _Papier_, _Format_, _Impression_,
-etc.); mais la plupart des ouvrages de bibliographie et de bibliotechnie
-embrassant un ensemble de questions, et non pas uniquement une
-spécialité, il aurait fallu réindiquer les mêmes sources et nous répéter
-presque invariablement dans chacune de ces «bibliographies». Aussi
-avons-nous jugé à la fois plus rationnel et plus simple de les réunir
-toutes en une seule, comprenant la liste, non certes de tous les
-ouvrages traitant de ce sujet si complexe, la bibliographie[714], mais
-du moins des principaux et de tous ceux où nous avons puisé et où les
-lecteurs pourront fructueusement recourir à leur tour[715]. Les
-références indiquées dans les notes de nos divers chapitres pourraient
-du reste, à la rigueur, tenir lieu respectivement de «bibliographies
-spéciales».
-
-Sans doute les ouvrages portés sur cette liste sont de valeur parfois
-fort différente. A côté d'œuvres très consciencieusement élaborées et
-d'une réelle et profonde érudition, on trouvera des traités tout à fait
-élémentaires ou même des volumes insuffisamment documentés, rédigés sans
-préparation ni soin; mais, nous souvenant qu'«il n'est pas de mauvais
-livre d'où l'on ne puisse tirer quelque chose d'utile[716]», nous
-n'avons pas cru devoir exclure ces _scriptores minores_, puisque nous
-les avions consultés, voire utilisés.
-
-Afin de ne pas démesurément compliquer cette nomenclature, et de donner
-cependant quelque idée de l'importance matérielle de ces sources, nous
-n'avons mentionné le nombre de pages que pour les volumes, les
-plaquettes plutôt, n'excédant pas 100 pages.
-
-
-ACHARD (C.-F.), _Cours élémentaire de bibliographie_. Marseille,
-1806-1807. 3 vol. in-8.
-
- L'auteur déclare avoir mis son ouvrage «à la portée des élèves des
- lycées et des écoles secondaires». D'après la _Grande Encyclopédie_
- (art. Bibliographie, t. VI, p. 605), c'est le premier essai
- d'introduction de la bibliographie dans l'enseignement.
-
-
-ADELINE (JULES), _Lexique des termes d'art_. (Bibliothèque de
-l'enseignement des beaux-arts). Paris, Quentin, s. d. In-8.
-
-
-AIMÉ-MARTIN (L.), _Plan d'une bibliothèque universelle; Études des
-livres qui peuvent servir à l'histoire philosophique et littéraire du
-genre humain,--suivi du Catalogue des chefs-d'œuvre de toutes les
-langues et des ouvrages originaux de tous les peuples_. (Introduction au
-Panthéon littéraire.) Paris, Desrez, 1837. In-8.
-
-
-ALKAN (aîné), _les Livres et leurs ennemis_. Paris, Techener, 1883.
-In-8. 16 pp. (Extrait du _Bulletin du bibliophile_, mai 1883.)
-
-
-_Annales littéraires_, publication collective des bibliophiles
-contemporains. Paris, imprimerie Quantin. In-8.
-
- Ouvrage publié par les membres de l'«Académie des beaux livres»
- (fondée et présidée par OCTAVE UZANNE), et non mis dans le commerce.
- Commencée en 1890, cette publication, qui comprend 5 volumes, a cessé
- en 1894.
-
-
-_Annuaire du bibliophile, du bibliothécaire et de l'archiviste_, publié
-par LOUIS LACOUR. Paris, Meugnot, 1860-61-62-63. 4 vol. in-18.
-
-
-BACKER (LOUIS DE).
-
- Voir ROUVEYRE (ÉDOUARD) et UZANNE (OCTAVE).
-
-
-BARBIER (ANT.-ALEX.), _Dictionnaire des ouvrages anonymes_..., suite de
-la seconde édition des _Supercheries littéraires dévoilées_, par J.-M.
-QUÉRARD. Paris, Daffis, 1872-1879. 4 vol. in-8.
-
-
-BERALDI (HENRI), _la Reliure du XIXe siècle_. Paris, Conquet, 1894-1897.
-4 vol. in-4.
-
-
-Id. _Voyage d'un livre à travers la Bibliothèque nationale._ Paris,
-Masson, 1893. In-4. 45 pp. (Publié originairement dans _la Nature_,
-1893, 2e semestre, pp. 35, 65, 134, 247.)
-
- Monographie succincte des diverses opérations par lesquelles passe un
- livre depuis son entrée à la Bibliothèque nationale jusqu'à sa mise en
- lecture.
-
-
-_Bibliographe moderne (le)_, Courrier international des archives et des
-bibliothèques, publié sous la direction de M. Henri Stein.
-Bimensuel[717]. (Fondé en 1897.)
-
-
-_Bibliographie de la France_, Journal général de l'Imprimerie et de la
-Librairie. Hebdomadaire. (Fondé en 1811.)
-
-
-BLADES (WILLIAM), _les Livres et leurs ennemis_. Trad. de l'anglais.
-Paris, Claudin, 1883. In-8.
-
-
-BLANC (CHARLES), _Grammaire des arts décoratifs_. Nouv. édit. Paris,
-Laurens, s. d. (Principalement la Reliure, pp. 336-363.)
-
-
-BLANCHEMAIN (PROSPER).
-
- Voir ROUVEYRE (ÉDOUARD) et UZANNE (OCTAVE).
-
-
-BLANCHON (H.-L.-ALPH.), _l'Art et la Pratique en reliure_. (Bibliothèque
-des professions industrielles, commerciales, agricoles et libérales).
-Paris, Hetzel, s. d. In-18.
-
-
-BLONDEL (SPIRE), _l'Art intime et le Goût en France_ (Grammaire de la
-Curiosité). Paris, Rouveyre et Blond, 1884. In-4. (Principalement le
-chap. XXVI, les Reliures, pp. 317-332.)
-
-
-BOLLIOUD-MERMET, _De la bibliomanie_. La Haye, s. n. d'édit., 1765.
-In-8. (Publié s. n. d'aut.--Une nouvelle édit. de cet opuscule de 111
-pp. a paru en 1865 chez Jouaust avec notice de PAUL CHÉRON.)
-
-
-Id. _Essai sur la lecture_. Amsterdam et Lyon, Duplain, 1765. In-8. (s.
-n. d'aut.)
-
-
-BONNANGE (FERDINAND), _Projet d'un catalogue universel des productions
-intellectuelles_. Mémoire sur les moyens à employer pour dresser
-rapidement des catalogues exacts et complets des richesses renfermées
-dans les bibliothèques, etc. Paris, Gauthier-Villars, 1874. In-8. 39 pp.
-
-
-BONNARDOT (A.), _Essai sur l'art de restaurer les estampes et les
-livres, ou Traité sur les meilleurs procédés pour blanchir, détacher,
-décolorier, réparer et conserver les estampes, livres et dessins_. 2e
-édit. Paris, Castel. 1858. In-8. (La 1re édit. est de 1846.)
-
-
-Id. _De la réparation des vieilles reliures, Complément de l'Essai sur
-l'art de restaurer les estampes et les livres, suivi d'une Dissertation
-sur les moyens d'obtenir des duplicata de manuscrits._ Paris, Castel,
-1858. In-8. 73 pp.
-
-
-BOSQUET (ÉM.), _Barêmes ou Devis de travaux de reliure (établis au moyen
-de 48 tableaux)_. Paris, chez l'auteur, 1892. In-4.
-
-
-Id. _La Reliure, études d'un praticien sur l'histoire et la technologie
-de l'art du relieur-doreur_. Paris, Lahure, 1894. In-8.
-
-
-Id. _Traité théorique et pratique de l'art du relieur..._ Paris, Baudry,
-1890. In-8.
-
-
-BOUCHOT (HENRI), _le Livre_, l'illustration, la reliure. Étude
-historique sommaire. (Bibliothèque de l'enseignement des beaux-arts).
-Paris, Quantin, s. d. In-8.
-
- C'est surtout au «livre illustré» que cette étude est consacrée.
-
-
-Id. _Les Reliures d'art à la Bibliothèque nationale_. Paris, Rouveyre,
-1888. In-8.
-
-
-BOULARD (M.-S.), _Traité élémentaire de bibliographie_. Paris, Boulard,
-an XIII (1804). In-8.
-
-
-BOURQUELOT (FÉLIX).
-
- Voir QUÉRARD.
-
-
-BOUTMY (EUGÈNE), _Dictionnaire de l'argot des typographes_. Paris,
-Marpon et Flammarion, 1883. In-18.
-
-
-BRUN (M.-A.), _Manuel pratique et abrégé de la typographie française_.
-Paris, Didot, 1825. Petit in-12.
-
- Dans ce volume, qui comprend 233 pp., aucun mot n'a été divisé à la
- fin des lignes; malgré cela, l'espacement en est très régulier. Pour
- arriver facilement à ce résultat, qu'on a qualifié de «véritable tour
- de force typographique» (LECLERC, _loc. cit._, p. 116), il suffit que
- l'auteur vienne en aide au compositeur, et ajoute ou supprime, selon
- la circonstance, quelques mots du texte.
-
-
-BRUNEL (GEORGES), _le Livre à travers les âges_, numéro unique résumant
-l'histoire du Livre depuis les origines de l'écriture, publié sous la
-direction de CHARLES MENDEL par GEORGES BRUNEL (avec divers
-collaborateurs). Paris, Mendel, 1894. In-4. 51 pp.
-
-
-BRUNET (GUSTAVE), _Dictionnaire de bibliologie catholique, présentant un
-exposé des principaux objets de la science des livres_. (Encyclopédie
-Migne.) Paris, Migne, 1860. Grand in-8.
-
-
-Id. _Études sur la reliure des livres et sur les collections de
-bibliophiles célèbres_. Bordeaux, Vve Moquet, 1891. In-8.
-
-
-Id. _Fantaisies bibliographiques_. Paris, Jules Gay, 1864. In-16.
-
-
-  _Etc., etc._
-
- Voir BRUNET (JACQUES-CHARLES), QUÉRARD, et ROUVEYRE.
-
-
-BRUNET (JACQUES-CHARLES), _Manuel du libraire et de l'amateur de
-livres_. Paris, Didot, 1860-65. 6 vol. in-8; auxquels font suite: t.
-VII, Dictionnaire de géographie ancienne et moderne à l'usage du
-libraire et de l'amateur de livres... par UN BIBLIOPHILE (PIERRE
-DESCHAMPS), 1870;--t. VIII et IX, Supplément, par PIERRE DESCHAMPS et
-GUSTAVE BRUNET, 1878.
-
- Voir _Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_.
-
-
-_Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_, revue mensuelle fondée
-en 1834, par CH. NODIER, JÉRÔME PICHON, PAUL LACROIX, G. PEIGNOT, J.-C.
-BRUNET, etc. Paris, Techener.
-
-
-BURY (RICHARD DE), _Philobiblion, excellent traité sur l'amour des
-livres_. Trad. par HIPPOLYTE COCHERIS. Paris, Aubry, 1856. In-16.
-
-
-CHAILLOT (P.).
-
- Voir LIBRAIRE (UN).
-
-
-CHARPENTIER (PAUL), _le Papier_ (tome X de l'_Encyclopédie chimique_,
-publiée sous la direction de M. FREMY). Paris, Dunod, 1890. In-8.
-
-
-CHASSANT (L.-ALPH.), _Dictionnaire des abréviations latines et
-françaises usitées dans les inscriptions lapidaires et métalliques, les
-manuscrits et les chartes du moyen âge_, 3e édit. Paris, Aubry. 1866.
-In-18.
-
-
-CHEVILLIER (ANDRÉ), _l'Origine de l'imprimerie de Paris_, dissertation
-historique et critique. Paris, Jean de Laulne, 1694. In-4.
-
-
-CHRISTIAN (A.), directeur de l'Imprimerie nationale, _Origines de
-l'imprimerie en France_. Conférences faites les 25 juillet et 17 août
-1900. Paris, Imprimerie nationale, 1900. In-4.
-
- Très intéressante étude, composée en beaux caractères anciens, et
- ornée de nombreuses planches reproduisant des pages de manuscrits et
- d'incunables, d'anciennes gravures, des premières marques
- d'imprimeurs, etc.: «pages superbes, tirées en _types nationaux_,» a
- dit M. LÉON BOURGEOIS (p. XV).
-
-
-CLARETIE (JULES), _Causerie sur ma bibliothèque_, in _Annales
-littéraires_, publication collective des bibliophiles contemporains,
-1890, pp. 5-30. Paris, imprimerie Quantin, 1890. In-8.
-
-
-_Classification décimale_, Tables générales abrégées. Bruxelles, Office
-international de bibliographie, 1897. In-8. 73 pp.
-
-
-CLAUDIN (ANATOLE), _Histoire de l'imprimerie en France au XVe et au XVIe
-siècle_. Paris, Imprimerie nationale, 1900. T. I et II. (En cours de
-publication.)
-
- Voir, du même auteur, des monographies sur l'origine de l'imprimerie à
- Paris, à Toulouse, Albi, Bordeaux, Limoges, Auch, Saint-Lô, etc.
-
-
-COCHERIS (HIPPOLYTE).
-
- Voir BURY (RICHARD DE).
-
-
-CONSTANTIN (L.-A.), _Bibliothéconomie, ou Nouveau Manuel complet pour
-l'arrangement, la conservation et l'administration des bibliothèques_
-(Manuels Roret). Nouv. édit. Paris, Roret, 1841. In-18.
-
- La 1re édition est de 1839. Petzholdt a traité très durement ce
- manuel. De son côté, GRAESEL déclare (_loc. cit._, pp. 23 et 24)
- qu'«il n'a pas, en effet, au point de vue scientifique, d'importance
- véritable»; mais il ajoute aussitôt, avec plus d'indulgence,
- c'est-à-dire d'équité, qu'«aujourd'hui encore, ce petit livre offre
- aux commençants, pour lesquels il a du reste été écrit, des
- renseignements utiles». MOURAVIT estime avec raison (_loc. cit._, p.
- 330) que c'est «un des meilleurs traités technologiques du genre».
- Constantin n'est qu'un des prénoms de l'auteur: il s'appelait Hesse
- (Léopold-Auguste-Constantin).
-
-
-_Courrier des bibliothèques et des amateurs de livres_. Mensuel. Paris,
-Welter. (Fondé en 1901.)
-
-
-COUSIN (JULES), _De l'organisation et de l'administration des
-bibliothèques publiques et privées, Manuel théorique et pratique du
-bibliothécaire_. Paris, Pedone-Lauriel, 1882. In-8.
-
- Bon ouvrage, mis à profit par tous les bibliographes.
-
-
-CRAPELET (G.-A.), _Études pratiques et littéraires sur la typographie_,
-t. I. Paris, Crapelet, 1837. In-8. (Le t. I a seul paru.)
-
- «Cet ouvrage, que tout imprimeur doit étudier, fut malheureusement
- interrompu par la mort de l'auteur, typographe instruit et passionné
- pour son art.» (A.-F. DIDOT, _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t.
- XXVI, col. 740, n. 3.) Ce tome I traite principalement des correcteurs
- et de la correction typographique.
-
-
-DARCHE (JEAN), _Essai sur la lecture, ou Traité complet des livres et de
-tout ce qui les concerne_. Paris, Bureau des _Annales de la Sainteté au
-XIXe siècle_, 1870. In-16.
-
-
-DARUTY DE GRANDPRÉ (marquis), _Vade-Mecum du bibliothécaire, ou Règles
-pratiques pour la rédaction des catalogues et le classement des
-volumes_, suivies d'une instruction raisonnée sur le format des livres.
-Paris, Paul et fils et Guillemin, 1897. In-8. 64 pp.
-
-
-DAUPELEY-GOUVERNEUR (G.), _le Compositeur et le Correcteur typographes_.
-Paris, Rouvier et Logeat, 1880. In-16.
-
- Imprimeur et ancien correcteur d'imprimerie, l'auteur de ce manuel a
- mis dans son livre le résultat de sa longue pratique et de son
- expérience. Malgré plusieurs principes posés par lui, et contestables,
- ou même définitivement repoussés, c'est un des bons ouvrages que nous
- ayons sur la typographie. Voir notamment la seconde partie consacrée à
- la _Correction_: Ponctuation, Emploi des majuscules, etc.
-
-
-DELALAIN (P.), _Inventaires des marques d'imprimeurs et de libraires de
-la collection du Cercle de la librairie_. Paris, Cercle de la librairie,
-1886-1888.
-
-
-DELISLE (LÉOPOLD), _les Bibliothèques publiques aux États-Unis_, ou
-_Decimal Classification and Relative Index for libraries, by Melvil
-Dewey_.--In _Journal des Savants_, 1896, pp. 155-170.
-
- Un des meilleurs articles qu'on ait écrits sur et contre la
- classification décimale. La première partie de cet article a seule
- paru.
-
-
-Id. _Instructions élémentaires et techniques pour la mise et le maintien
-en ordre des livres d'une bibliothèque_. Lille, Danel, 1890. In-8. 76
-pp.
-
-
-Id. _Introduction au Catalogue général des livres imprimés de la
-Bibliothèque nationale_. Paris, Imprimerie nationale, 1897. T. I, pp. I
-à LXXXII.
-
-
-Id. _Note sur les catalogues de la Bibliothèque nationale_. Lille,
-Danel, 1889. In-8. 15 pp.
-
-
-DELON (C.), _Histoire d'un livre_ (Bibliothèque des écoles et des
-familles), 6e édit. Paris, Hachette, 1898. In-8.
-
- Résumé des diverses opérations relatives à la fabrication du Livre.
- Ouvrage élémentaire, mais rempli de détails intéressants et
- agréablement présentés.
-
-
-DENIS (FERDINAND), _Histoire de l'ornementation des manuscrits_. Paris,
-Curmer, 1857. In-4.
-
-
-DENIS (FERDINAND), P. PINÇON, et DE MARTONNE, _Nouveau Manuel de
-bibliographie universelle_ (Manuels Roret). Paris, Roret, 1857. 3 vol.
-in-18, ou 1 vol. in-8.
-
-
-DEROME (L.), _le Luxe des livres_. Paris, Rouveyre, 1879. In-12.
-
-
-DESCHAMPS (PIERRE).
-
- Voir BRUNET (JACQUES-CHARLES).
-
-
-DESORMES (E.), _Notions de typographie à l'usage des écoles
-professionnelles_. Paris, École professionnelle Gutenberg, 1888. In-8.
-
-
-DIDEROT, _Lettre adressée à un magistrat sur le commerce de la
-librairie_, in _Œuvres complètes_, t. XVII, pp. 7-75. Paris, Garnier,
-1876. 20 vol. in-8.
-
-
-DIDOT (AMBROISE-FIRMIN), _l'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à
-l'Exposition universelle_ (de Londres) _de 1851_. Rapport du XVIIe
-jury... Seconde édition, avec quelques additions. Paris, Imprimerie
-impériale, 1854. In-8. 142 pp.
-
-
-Id. _Typographie_, in _Encyclopédie moderne_, t. XXVI, col. 557 à 922.
-
- C'est surtout à l'histoire de la typographie (en France et à Paris
- principalement) qu'est consacré cet article détaillé et très
- important, qui a été publié à part sous le titre d'_Essai sur la
- typographie_. Paris, Didot, 1855. In-8.
-
-
-DUPONT (PAUL), _Histoire de l'imprimerie_. Paris, Dupont, 1854. 2 vol.
-in-8.
-
-
-EGGER (ÉMILE), _Histoire du livre depuis ses origines jusqu'à nos
-jours_, 5e édit. Paris, Hetzel, s. d. In-12. (La 1re édit. est de 1880.)
-
-
-_Encyclopædia britannica (the), a Dictionary of arts, sciences, and
-general literature._--Ninth edit. Edinburgh, Adam and Charles Black,
-1875-1889. 24 vol. et un vol. index.
-
- Voir spécialement les articles: Bibliography, par E. F. TAYLOR, t.
- III, pp. 651-663; Libraries (Bibliothèques), par H. R. TEDDER et E. C.
- THOMAS, t. XIV, pp. 509-551; etc.
-
-
-_Encyclopédie moderne, Dictionnaire abrégé des sciences, des lettres,
-des arts, de l'industrie, de l'agriculture et du commerce_, nouv.
-édit..., publiée par MM. FIRMIN DIDOT frères, sous la direction de M.
-LÉON RENIER. Paris, Didot, 1851. Avec le Complément: 44 vol. in-8 à 2
-col.
-
- Voir notamment les articles: Papier (16 col.), par P.-N. DIDOT
- Stéréotypie (Complément: 5 col.), par STARK; Typographie (environ 400
- col.), par A.-F. DIDOT; etc.
-
-
-EUDEL (PAUL), _le Truquage_, les contrefaçons dévoilées. Paris, Dentu,
-1887. In-12.
-
- Voir le chapitre relatif aux Livres et Reliures, pp. 260-277.
-
-
-FAUCOU (LUCIEN), _Mémoire sur les vexations qu'exercent les libraires et
-imprimeurs de Paris_, publié d'après l'imprimé de 1725... Paris,
-_Moniteur du bibliophile_, 1879. Petit in-4.
-
-
-FERTIAULT (F.), _les Amoureux du livre_ (sonnets d'un bibliophile,
-etc.). Paris, Claudin, 1877. In-8.
-
-
-Id. _Drames et Cancans du livre_. (Nouvelles et anecdotes.) Paris,
-Lemerre, 1900. In-18.
-
-
-Id. _Les Légendes du livre_. Paris, Lemerre, 1886. In-8.
-
- Ce dernier volume est, comme _les Amoureux du livre_, un recueil de
- sonnets, accompagnés d'intéressantes notes historiques et littéraires,
- consacrés à la louange des livres et des bibliophiles.
-
-
-FONTAINE DE RESBECQ (A. DE), _Voyages littéraires sur les quais de
-Paris_. 2e édit. suivie de _Mélanges tirés de quelques bouquins de la
-boîte à quatre sols_. Paris, Furne, 1864. In-16.
-
-
-FORMEY (JEAN-LOUIS-SAMUEL), _Conseils pour former une bibliothèque peu
-nombreuse mais choisie_. Nouv. édit. Berlin, Haude et Spener, 1756.
-Petit in-8. (Publié s. n. d'aut.)
-
- «Bon livre, qui indique les bons livres,» dit une note manuscrite
- anonyme, relevée sur la garde de mon exemplaire (d'occasion).
-
-
-FOURNIER (ÉDOUARD), _l'Art de la reliure en France aux derniers
-siècles_. Paris, Gay, 1864. In-12.
-
- Voir LACROIX (PAUL) (Bibliophile JACOB).
-
-
-FOURNIER (H.), _Traité de la typographie_. Paris, H. Fournier, 1825.
-In-8.--3e édit., Tours, Mame, 1870. In-8.
-
-
-FOURNIER LE JEUNE [PIERRE-SIMON], _Manuel typographique utile aux gens
-de lettres, et à ceux qui exercent les différentes parties de l'art de
-l'imprimerie_. Paris, Barbou, 1764-1766. 2 vol. pet. in-8.
-
- Cet ouvrage (cf. l'Avertissement, t. I, p. XXIV) devait se composer de
- quatre volumes. Le premier traite de la gravure des caractères et de
- leur fonte, ainsi que de la police des lettres; le second donne de
- nombreux spécimens de caractères typographiques. La mort de l'auteur,
- survenue en 1768, l'a empêché de compléter son œuvre, de retracer,
- ainsi qu'il se l'était promis, l'histoire de l'imprimerie et des
- principaux imprimeurs. Tel qu'il est resté, cet intéressant ouvrage,
- édité avec goût et artistement, «est plutôt, selon le mot de A.-F.
- DIDOT (_Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI, col. 848), le
- manuel du fondeur en caractères que celui de l'imprimeur».
-
-
-FRANKLIN (ALFRED), _les Anciennes Bibliothèques de Paris, Églises,
-Monastères, Collèges_, etc. Paris. Imprimerie nationale, 1867-1873. 3
-vol. in-4.
-
-
-FREY (A.), _Manuel nouveau de typographie..._ (Manuels Roret). Paris,
-Roret, 1835. 2 parties en 1 vol. in-18.--Nouv. édit. en 1857.
-
- «Livre estimable, fait avec une conscience d'auteur que l'on rencontre
- trop rarement dans la collection des _Manuels_. On reconnaît, ce qui
- n'est pas moins rare, que l'auteur possède à fond la matière qu'il
- traite.» (CRAPELET, _loc. cit._, p. 245, note.) Ouvrage estimable, en
- effet, mais qui date et n'est plus au courant de la question. Il a été
- remplacé, dans la collection des Manuels Roret, par l'excellent petit
- livre de M. ÉMILE LECLERC.
-
-
-GAUSSERON (B.-H.), _Bouquiniana, notes et notules d'un bibliologue_.
-Paris, Daragon, 1901. In-18.
-
-
-GRAESEL (Dr ARNIM), _Manuel de bibliothéconomie_. Traduction de JULES
-LAUDE. Paris, Welter, 1897. In-8.
-
- Le manuel de Graesel est choisi comme texte allemand à traduire dans
- les examens des candidats aux fonctions de bibliothécaire
- universitaire. «On ne pouvait mieux faire, dit M. MAIRE (_loc. cit._,
- p. 37), son livre étant jusqu'à présent le meilleur traité de
- bibliothéconomie.» Sans rien contredire à cet éloge, nous émettrons
- cependant le regret de ne pas trouver dans l'ouvrage de Graesel plus
- d'exemples, plus de spécimens et de modèles. Si intéressante qu'elle
- est, la lecture de ce très consciencieux et savant manuel, qui a été
- fort bien traduit et complété par M. Jules Laude, produit parfois le
- même effet que celle d'un traité de grammaire qui serait dépourvu
- d'exemples et ne contiendrait que l'énoncé des règles et leur
- développement.
-
- Voir PETZHOLDT.
-
-
-GRAND-CARTERET (JOHN), _Vieux Papiers, Vieilles Images. Cartons d'un
-collectionneur_. Paris, Le Vasseur, 1896. In-8.
-
-
-_Grande Encyclopédie (la)_, inventaire raisonné des sciences, des
-lettres et des arts, par une Société de savants et de gens de lettres.
-Paris, Lamirault, s. d. In-4. Ouvrage en cours de publication et presque
-terminé (29 vol. parus: lettres A à S). Le 1er vol. est de 1889.
-
- Voir tous les articles qui se rapportent au Livre: Bibliographie (par
- E.-D. GRAND, t. VI, pp. 598-641, très bon article); Bibliomanie,
- Bibliophilie, Bibliothèque (par A. MOLINIER, CHARLES LUCAS, etc., t.
- VI, pp. 647-682); Écriture, Imprimerie, Livre, Reliure, etc. Voir
- notamment, à la fin de chacun de ces articles, les bibliographies qui
- s'y rapportent et qui sont dressées avec grand soin et très
- abondantes.
-
-
-GRUEL (LÉON), _Manuel historique et bibliographique de l'amateur de
-reliures_. Paris, Gruel et Engelmann, 1887. In-4.
-
-
-GUYOT-DAUBÈS, _l'Art de classer les notes et de garder le fruit de ses
-lectures et de ses travaux. Comment on organise son bureau, sa
-bibliothèque_. Nouv. édit. Paris, P. Guyot, s. d. In-18.
-
-
-HANOTAUX (GABRIEL), _la Seine et les Quais, promenades d'un
-bibliophile_. Paris, Daragon, 1901. In-18. 96 pp.
-
-
-_Instruction générale relative au service des Bibliothèques
-universitaires_, du 4 mai 1878. _Ap. ROBERT, Recueil de lois concernant
-les bibliothèques publiques_, pp. 115-138; ou _ap. MAIRE, Manuel
-pratique du bibliothécaire_, pp. 427-449.
-
-
-_Intermédiaire des chercheurs et curieux (l')_. Actuellement
-hebdomadaire, et publié sous la direction de M. GEORGES MONTORGUEIL.
-(Fondé en 1864.)
-
- Voir, pour les articles relatifs au Livre, la table générale des
- matières et les tables des derniers volumes de ce très intéressant
- recueil, bien connu et hautement apprécié par tous les liseurs et
- travailleurs.
-
-
-_Intermédiaire des imprimeurs (l')_ (à Lyon). Mensuel. (Fondé en 1886.)
-
-
-JANIN (JULES), _l'Amour des livres_. Paris. J. Miard, 1866. In-12. 61
-pp.
-
- «Petit livre fort joli et bien écrit, mais dont le principal mérite
- est d'être rare.» (J. LE PETIT, _loc. cit._, p. 40.) Cet opuscule, qui
- n'a été tiré qu'à 204 exemplaires, est, en effet, comme l'ouvrage
- suivant d'ailleurs, très superficiel et d'une exactitude parfois peu
- rigoureuse.
-
-
-Id. _Le Livre_. Paris, Plon, 1870. In-8.
-
-
-JANNET (PIERRE).
-
- Voir QUÉRARD.
-
-
-JORDELL (D.).
-
- Voir LORENZ.
-
-
-JULIA DE FONTENELLE [JEAN-SÉBASTIEN-EUGÈNE] ET POISSON (P.), _Nouveau
-Manuel complet du marchand papetier et du régleur_ (Manuels Roret).
-Nouv. édit. Paris, Roret, 1854. In-18.
-
-
-LACOUR (LOUIS).
-
- Voir _Annuaire du bibliophile_.
-
-
-LACROIX (PAUL) (Bibliophile JACOB), _les Amateurs de vieux livres_.
-Paris, Rouveyre, 1880. In-8. 60 pp.
-
- Cette plaquette se compose de courtes monographies sur «les
- bouquinistes, les étalagistes, les épiciers, les bibliomanes, les
- bibliophiles et les bouquineurs». Ces esquisses, trop rapides pour
- être suffisamment accentuées et travaillées, figurent en tête d'un
- volume, paru antérieurement, du même auteur, et intitulé _Ma
- République_ (Paris, Delahays, s. d. In-16). _Ma République_ n'est
- autre chose qu'une fantaisie bibliographique, le récit d'une
- romanesque aventure qui se passe peu après la chute de Robespierre, et
- a pour point de départ la disparition d'un magnifique exemplaire de
- _la République_ de Jean Bodin, 6e édition, in-8, publiée à Paris en
- 1580.
-
-
-Id. _Curiosités de l'histoire des arts_. Notices sur le parchemin et le
-papier... Origines de l'imprimerie, la reliure... (Bibliothèque de
-poche.) Paris, Delahays, 1858. In-18.
-
- Ces notices se retrouvent, plus ou moins modifiées et complétées, dans
- les ouvrages suivants du même auteur, intéressants surtout par leurs
- illustrations:
-
- _Les Arts au moyen âge et à l'époque de la Renaissance_, 7e édit.
- Paris, Didot, 1880. In-4.
-
- _XVIIe siècle, Lettres, Sciences et Arts_. Paris, Didot, 1882. In-4.
-
- _XVIIIe siècle, Lettres, Sciences et Arts_. 2e édit. Paris, Didot,
- 1878. In-4.
-
- Voir LOUISY (P.).
-
-
-LACROIX (PAUL) (Bibliophile JACOB), _Mélanges bibliographiques_. Paris,
-Librairie des biblioph., 1871. In-12.
-
-
-LACROIX (PAUL) (Bibliophile JACOB), ÉDOUARD FOURNIER et FERNAND SERÉ,
-_Histoire de l'imprimerie et des arts et professions qui se rattachent à
-la typographie_: calligraphie, enluminure, parcheminerie, librairie,
-gravure sur bois et sur métal, fonderie, papeterie et reliure; ...
-Paris, Delahays, s. d. In-4.
-
- Voir _Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_.
-
-
-LALANNE (LUDOVIC), _Curiosités bibliographiques_. (Bibliothèque de
-poche.) Paris, Delahays, 1857. In-16. La 1re édit. est de 1846.
-
- Vol. de 440 pp. rempli de détails des plus intéressants sur l'histoire
- du livre. MOURAVIT (_loc. cit._, p. 390) reproche à l'auteur «d'avoir
- emprunté tout le fond de son ouvrage» aux _Recherches sur les
- bibliothèques anciennes et modernes_, de PETIT-RADEL, reproche exagéré
- et immérité.
-
-
-LAROUSSE, _Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle_. Paris,
-Larousse, 1866 et suiv. 17 vol. in-4 (y compris deux suppléments).
-
- Voir les articles Bibliographie, Bibliothèque, Catalogue (très bon
- art., 32 col.), Elzévir (14 col.), Papier, Reliure, etc.
-
-
-LECLERC (ÉMILE), _Nouveau Manuel complet de typographie_. Préface de M.
-PAUL BLUYSEN (Manuels Roret). Paris, Encyclopédie Roret, Mulo, 1897.
-In-18. Le faux titre et la couverture diffèrent du titre et portent
-seulement: _Encyclopédie-Roret, Typographie_.
-
- Très bon petit volume, qui, dans ses 568 pages et avec ses 110
- illustrations, renferme tout ce qui intéresse l'impression du livre
- (caractères, composition, épreuves, papier, clichage, etc., etc.). Il
- a malheureusement le défaut de tous les manuels Roret: il est de
- format trop exigu, ce qui nuit aux illustrations (reproductions
- d'anciens textes ou d'anciennes vignettes, types de lettres, spécimens
- de machines, etc.), qui auraient besoin de plus de surface.
-
-
-LECOY DE LA MARCHE (A.), _les Manuscrits de la Miniature_ (Bibliothèque
-de l'enseignement des beaux-arts). Paris, Quantin, s. d. In-8.
-
-
-LEFEVRE (THÉOTISTE), _Guide pratique du compositeur d'imprimerie_.
-Paris, Didot, 1855-1872. 2 vol. in-8.
-
- C'est le guide en quelque sorte classique du typographe. Quoique
- vieilli en bien des parties, il est encore précieux à consulter, voire
- indispensable.
-
-
-LE GALLOIS, _Traité des plus belles bibliothèques de l'Europe, des
-premiers livres qui ont été faits, de l'invention de l'imprimerie_, etc.
-Paris, Estienne Michallet, 1680. In-12.--Nouv. édit. en 1685.
-
- «Cet ouvrage n'est, pour ainsi dire, qu'une traduction abrégée du
- Traité de Lomeier.» (PEIGNOT, _Répertoire bibliogr._, p. 34.)
-
-
-LENORMAND (SÉB.), _Nouveau Manuel complet du relieur en tous genres_.
-Nouv. édit. entièrement refondue et considérablement augmentée par M.
-MAIGNE (Manuels Roret). Paris, Roret, 1890. In-18.
-
-
-LE PETIT (JULES), _l'Art d'aimer les livres et de les connaître_.
-Lettres à un jeune bibliophile. Paris, chez l'auteur, 1884. In-8.
-
- Ouvrage qui traite surtout du livre de luxe, des éditions rares et de
- la reliure artistique.
-
-
-LESNÉ, _la Reliure_, poème didactique en six chants. Paris, Lesné, 1820.
-In-8.
-
- Les notes, très nombreuses, qui accompagnent ce poème, forment un
- véritable traité théorique et critique de reliure. «Il est
- regrettable, dit MOURAVIT (_loc. cit._, p. 229), que l'auteur se soit
- montré si prosaïque en chantant un art plein de poésie et si bien
- fait, par ses merveilleuses ressources, pour glorifier les productions
- du génie. Du moins, si c'est un détestable _poème_, c'est un ouvrage
- plein de sages conseils, de judicieuses remarques, de préceptes
- heureux, et que, très certainement, on consultera toujours avec
- fruit.» Lesné a dédié son poème à son fils, et, entre autres
- excellentes exhortations, voici ce qu'il lui dit (p. 1): «Fais
- toujours bien pour le seul plaisir de bien faire. Pénètre-toi bien que
- l'état le plus simple devient un art dans la main de celui qui
- l'exerce avec distinction, et que l'art le plus sublime n'est plus
- qu'un vil métier pour celui qui travaille avec routine, et dans la
- seule vue de pourvoir à son existence.»
-
-
-LIBRAIRE (UN), _Manuel du libraire, du bibliothécaire et de l'homme de
-lettres_. Paris, Emler frères, 1828. Petit in-18.
-
- Cet ouvrage a pour auteur P. GHAILLOT jeune, impr.-libr. à Avignon,
- chez qui il a été imprimé. Voir QUÉRARD, _Supercheries littéraires_,
- t. II, col. 781; et BARBIER, _Dictionn. des ouvrages anonymes_, t.
- III, col. 49.
-
-
-_Livre du bibliophile (le)_, (s. n. d'aut.--Ouvrage attribué à M.
-ALPHONSE LEMERRE). Paris, Lemerre, 1874. Petit in-12. 49 pp.
-
-
-LOMEIER (JOHANN), _De Bibliothecis Liber singularis_. Zutphaniæ
-(Zutphen), 1669. In-8.
-
-
-LORENZ (OTTO) et JORDELL (D.), _Catalogue général de la librairie
-française depuis 1840_. Paris, Lorenz et Per Lamm, 1867-96. 13 vol.
-in-8.
-
- Le tome XIV est en cours de publication (1901). A partir du tome XII,
- le titre porte la mention: «Continuation de l'ouvrage d'OTTO LORENZ...
- Rédigé par D. JORDELL».
-
-
-LOUANDRE (CHARLES).
-
- Voir QUÉRARD.
-
-
-LOUISY (P.), _le Livre et les Arts qui s'y rattachent..._ (Collection de
-«l'Ancienne France»). Paris, Didot, 1894. In-8.
-
- Les illustrations (au nombre de 222) de ce volume et très souvent le
- texte sont empruntés au grand ouvrage de PAUL LACROIX (Bibliophile
- JACOB) sur _le Moyen âge et la Renaissance, le XVIIe _et_ le XVIIIe
- siècle_.
-
-
-LUBBOCK (SIR JOHN), _le Bonheur de vivre_. Trad. sur la 20e édit.
-anglaise. Paris, Alcan, 1891. In-18.
-
- Voir chap. III et IV, pp. 52-89: La lecture et le choix des livres.
-
-
-_Magasin pittoresque (le)_. Actuellement semi-mensuel et publié sous la
-direction de M. CHARLES FORMENTIN. (Fondé en 1833.)
-
- Voir, pour les articles relatifs au Livre, la table générale des
- matières et les tables des derniers volumes. Voir notamment _les
- Ennemis des livres_, articles non signés parus en 1873, 1875, 1876 et
- 1878. (Ne pas confondre cette série d'articles avec le livre de
- MULSANT (ÉTIENNE) [UN BIBLIOPHILE], qui porte le même titre.)
-
-
-MAIGNE.
-
- Voir LENORMAND (SÉB.).
-
-
-MAIRE (ALBERT), _Manuel pratique du bibliothécaire_. Paris. Picard et
-fils, 1896. In-8.
-
- Bon ouvrage, qui, bien que concernant spécialement les bibliothèques
- universitaires, sera lu et consulté avec grand intérêt par tous ceux
- qui s'occupent des éléments et de la condition du Livre. Il contient
- notamment un très utile lexique de tous les termes usités en
- bibliographie. Moins savant, mais moins aride que l'ouvrage de
- Graesel, le manuel de Maire est un des meilleurs traités de
- bibliotechnie que nous possédions en France.
-
-
-MARTONNE (DE). [GUILLAUME-FRANÇOIS DE MARTONNE.]
-
- Voir DENIS (FERDINAND).
-
-
-MAURY (ALFRED).
-
- Voir QUÉRARD.
-
-
-_Mémorial de la librairie française_, Revue hebdomadaire des livres...
-Paris, H. Le Soudier. (Fondée en 1895.)
-
- Outre sa revue des livres, ce périodique contient, particulièrement
- sous le titre d'«Échos et Nouvelles», de très utiles renseignements
- sur tout ce qui touche l'imprimerie et la librairie.
-
-
-MENDEL (CHARLES).
-
- Voir BRUNEL (GEORGES).
-
-
-MICHEL (MARIUS), _la Reliure française, commerciale et industrielle,
-depuis l'invention de l'imprimerie jusqu'à nos jours_. Paris, Morgand et
-Fatout, 1881. In-4.
-
-
-MOURAVIT (GUSTAVE), _le Livre et la Petite Bibliothèque d'amateur_,
-Essai de critique, d'histoire et de philosophie morale sur l'amour des
-livres. Paris, Aubry, s. d. (1870). In-16.
-
- Nous avons dit, à différentes reprises (voir p. 23 et _passim_), tout
- le bien que nous pensons de l'ouvrage de Mouravit, qui n'a qu'un tort,
- celui d'avoir été tiré à un nombre très restreint d'exemplaires (200
- d'après Lorenz) et d'être aujourd'hui devenu très rare et très cher.
- M. JULES LE PETIT apprécie comme nous avec grands éloges le volume de
- Mouravit, où il a trouvé, «en dehors d'un style de maître, des aperçus
- délicieux et des réflexions remplies de bon sens sur les livres et sur
- les bibliophiles». (_loc. cit._, p. 37.)
-
-
-MULSANT (ÉTIENNE) [UN BIBLIOPHILE], _les Ennemis des livres_, Lyon, H.
-Georg, 1879. Petit in-8. 64 pp.
-
-
-MUNIER (J.-B.), _Nouveau Guide illustré de l'imprimerie, de la librairie
-et de la papeterie_. Paris, Marpon et Flammarion, s. d. In-18. 64 pp.
-chiff.
-
-
-NAMUR (P.), _Manuel du bibliothécaire_. Bruxelles, Tircher, 1834. In-8.
-
-
-_Nature (la), Revue des sciences et de leurs application_. Hebdomadaire.
-Actuellement publiée sous la direction de M. HENRI DE PARVILLE. (Fondée
-en 1873.)
-
- Pour les articles relatifs au Livre, voir les tables semestrielles des
- matières.
-
-
-NAUDÉ (GABRIEL), _Advis pour dresser une bibliothèque, présenté à
-Monseigneur le Président de Mesme_. Réimprimé sur la deuxième édition
-(Paris, 1644). Paris, Liseux, 1876. Petit in-12.--La 1re édit. est de
-1627.
-
-
-NODIER (CHARLES), _l'Amateur de livres_, in _les Français peints par
-eux-mêmes_, t. II, pp. 81-86. Paris, Delahays, s. d.
-
-
-Id. _Le Bibliomane_, in le journal _le Voleur_, 20 novembre 1842, pp.
-441-444.
-
-
-Id. _Mélanges tirés d'une petite bibliothèque, ou Variétés littéraires
-et philosophiques_. Paris, Crapelet, 1829. In-8.
-
- «Après le plaisir de posséder des livres, il n'y en a guère de plus
- doux que celui d'en parler,» déclare l'auteur en tête de sa préface.
-
- Voir _Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_.
-
-
-ŒTTINGER (ÉDOUARD MARIE), _Bibliographie biographique universelle_,
-Dictionnaire des ouvrages relatifs à l'histoire de la vie publique et
-privée des personnages célèbres... Paris, Lacroix et Daffis, 1866. 2
-vol. in-8.
-
-
-PARENT (aîné), _Essai sur la bibliographie et sur les talens _(sic)_ du
-bibliothécaire_. Paris, Imprim. chrétienne et chez l'auteur, an IX.
-In-8. 54 pp.
-
- «Cet opuscule, d'un style boursouflé et déclamatoire, est plein d'une
- érudition curieuse à force d'être naïvement étalée.» (MOURAVIT, _loc.
- cit._, p. 345.)
-
-
-Id. _Dictionnaire raisonné de bibliologie_. Vesoul et Paris, 1802-1804.
-3 vol. in-8.
-
-
-Id. _Essai de curiosités bibliographiques_. Paris, Renouard, 1804. In-8.
-
-
-Id. _Essai historique et archéologique sur la reliure des livres et sur
-l'état de la librairie chez les anciens_. Dijon, Lagier (et Paris,
-Renouard), 1834. In-8. 84 pp.
-
-
-Id. _Manuel bibliographique, ou Essai sur les bibliothèques anciennes et
-modernes et sur la connaissances des livres, des formats, des éditions_.
-Paris, s. n. d'édit., 1800. In-8. (Le titre porte seulement les
-initiales G. P.).
-
-
-Id. _Manuel du bibliophile, ou Traité du choix des livres_. Dijon,
-Lagier (et Paris, Renouard), 1823. 2 vol. in-8.
-
- «... Ouvrage qui devrait être connu de tous ceux qui se vouent à la
- culture intellectuelle (car il a été écrit surtout pour ceux-là)... ce
- judicieux _Traité du choix des livres_, un peu arriéré aujourd'hui
- dans sa partie purement bibliographique, mais plein de sages conseils
- et des meilleurs principes...». (MOURAVIT, _loc. cit._, p. 109.)
-
- «M. Peignot est un des savants qui ont le mieux mérité de la science
- bibliographique.» (RENOUARD, _Catalogue d'un amateur_, t. IV, p. 214.)
-
-
-PEIGNOT (GABRIEL), _Répertoire bibliographique universel, contenant la
-notice raisonnée des bibliographies spéciales_. Paris, Renouard, 1812.
-In-8.
-
-
-Id. _Traité du choix des livres_. Paris, Renouard (et Dijon, Lagier).
-1817. In-8. (Cet ouvrage est la 1re édition du _Manuel du bibliophile,
-ou Traité du choix des livres_, du même auteur.)
-
-  _Etc., etc._
-
- Voir _Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_.
-
-
-PELLECHET (M.), _Catalogue général des incunables des bibliothèques de
-France_. Paris, Picard et fils, 1897. In-8, t. I.
-
- Ouvrage en cours de publication, «chef-d'œuvre de la nouvelle école
- bibliographique», a dit M. L. DELISLE (_Catalogue général des livr.
- impr. de la Biblioth. nation._, Introduction, t. I, p. LXXVI).
-
-
-PETIT-RADEL (LOUIS-CHARLES-FRANÇOIS), _Recherches sur les bibliothèques
-anciennes et modernes jusqu'à la fondation de la bibliothèque Mazarine
-et sur les causes qui ont favorisé l'accroissement successif du nombre
-des livres_. Paris, Rey et Gravier, 1819. In-8.
-
-
-PÉTRARQUE, _De l'abondance des livres et de la réputation des
-écrivains_. Trad. du latin par VICTOR DEVELAY. Paris, Librairie des
-bibliophiles, 1883. In-32 carré. 44 pp.
-
-
-PETZHOLDT (Dr JULIUS), _Katechismus der Bibliothekenlehre. Anleitung zur
-Einrichtung und Verwaltung von Bibliotheken_. Leipzig, 1856. Une refonte
-de cet important ouvrage a été faite par le Dr ARNIM GRAESEL, et a paru
-à Leipzig, chez Weber, 1890. In-8.
-
-
-PICHON (JÉRÔME).
-
- Voir _Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_.
-
-
-PINÇON (P.).
-
- Voir DENIS (FERDINAND).
-
-
-POISSON (P.).
-
- Voir JULIA DE FONTENELLE.
-
-
-_Polybiblion_, revue bibliographique universelle. Mensuelle. (Fondée en
-1868.)
-
-
-PSAUME, _Dictionnaire bibliographique, ou Nouveau Manuel du libraire et
-de l'amateur de livres_. Paris, Ponthieu, 1824. 2 vol. in-8.
-
- Voir surtout, dans cet ouvrage (signé seulement de l'initiale P...),
- l'intéressant «Essai élémentaire sur la bibliographie», qui en forme
- l'introduction (t. I, pp. 9-264).
-
-
-QUENTIN-BAUCHART (ERNEST), _les Femmes bibliophiles de France_ (XVIe,
-XVIIe et XVIIIe siècles). Paris, D. Morgand, 1886. 2 vol. in-8.
-
-
-QUÉRARD (JEAN-MARIE), _la France littéraire, ou Dictionnaire
-bibliographique des savants, historiens et gens de lettres de la France,
-ainsi que des littérateurs étrangers qui ont écrit en français, plus
-particulièrement pendant les XVIIIe et XIXe siècles_. Paris, Didot,
-1827-1842. 10 vol. in-8. (Supplément: t. XI et XII, 1854-1864.)
-
-
-Id. _La Littérature française contemporaine (1827-1849)_. Paris, Daguin,
-1847-1857. 6 vol. in-8.
-
- Cet ouvrage fait suite au précédent. A partir du tome II, le nom de
- QUÉRARD est remplacé par ceux de CHARLES LOUANDRE et FÉLIX BOURQUELOT,
- puis par ceux de FÉLIX BOURQUELOT et ALFRED MAURY; sur le tome VI, le
- nom de FÉLIX BOURQUELOT figure seul.
-
-
-Id. _Les Supercheries littéraires dévoilées_. 2e édit., publiée par MM.
-GUSTAVE BRUNET et PIERRE JANNET. Paris, Daffis, 1869-70. 3 vol. in-8.
-
- Voir BARBIER (ANT.-ALEX.).
-
-
-_Règles typographiques adoptées dans les publications de la librairie
-Hachette et Cie_. Notice destinée aux auteurs et aux imprimeurs. Paris,
-Hachette. 1889. In-16. 66 pp.
-
- Très bon petit manuel, plein de renseignements utiles et d'excellents
- conseils pour tous ceux qui impriment ou font imprimer.
-
-
-_Reliure (la)_, Organe et propriété du syndicat patronal des relieurs,
-brocheurs, cartonneurs, doreurs, etc. Revue mensuelle. (Fondée en 1891.)
-
-
-RENOUARD (ANT.-AUG.), _Catalogue de la bibliothèque d'un amateur_.
-Paris, Ant.-Aug. Renouard, 1819. 4 vol. in-8.
-
-
-_Revue biblio-iconographique_. Mensuelle. Publiée sous la direction de
-MM. PIERRE DAUZE et D'EYLAC. (Fondée en 1894.)
-
-
-_Revue des bibliothèques_. Mensuelle. Publiée sous la direction de MM.
-ÉMILE CHATELAIN et LÉON DOREZ. (Fondée en 1891.)
-
-
-RICHARD (JULES), _l'Art de former une bibliothèque_. Paris, Rouveyre et
-Blond, 1883. In-8.
-
-
-RICHOU (GABRIEL), _Traité de l'administration des bibliothèques
-publiques_. Paris, Paul Dupont, 1885. In-8.
-
-
-RIS-PAQUOT, _Guide pratique du restaurateur-amateur de tableaux,
-gravures, reliures et livres_. Paris, Laurens, 1890. In-8.
-
-
-ROBERT (ULYSSE), _Recueil des lois, décrets, ordonnances, arrêtés
-concernant les bibliothèques publiques_. Paris, Champion, 1883. In-8.
-
-
-ROUVEYRE (ÉDOUARD), _Connaissances nécessaires à un bibliophile_. 3e
-édit. Paris, Rouveyre et Blond, 1883. 2 vol. in-8 écu. 5e édit. Paris,
-Rouveyre, s. d. (1899). 10 vol. in-8 carré.
-
- Pour nos références aux deux volumes ou aux deux premiers volumes de
- cet ouvrage, le chiffre de l'édition a été indiqué en note, à la suite
- du titre.
-
-
-ROUVEYRE (ÉDOUARD) et UZANNE (OCTAVE), _Miscellanées bibliographiques_,
-avec la collaboration de MM. LOUIS DE BACKER, PROSPER BLANCHEMAIN,
-GUSTAVE BRUNET, etc. 3 vol. ou parties. Paris, Rouveyre, 1878, 1879,
-1880. Le nom de M. Uzanne ne figure pas à côté de celui de M. Rouveyre
-sur le titre des tomes II et III.
-
-
-SAINTE-BEUVE, _A propos des bibliothèques populaires_: discours prononcé
-au Sénat le 25 juin 1867 (in _Premiers Lundis_, t. III, pp. 205-238). Et
-toutes les œuvres, _passim_.
-
-
-SERÉ (FERNAND).
-
- Voir LACROIX (PAUL) (Bibliophile JACOB).
-
-
-SILVESTRE (LOUIS-CATHERINE), _Marques typographiques, ou Recueil des
-monogrammes, chiffres, enseignes, emblèmes, devises, rébus et fleurons
-des libraires et imprimeurs qui ont exercé en France depuis
-l'introduction de l'imprimerie, en 1470, jusqu'à la fin du XVIe
-siècle..._ Paris, Potier, impr. Maulde et Renou, 1853-1865. 15
-livraisons. In-8.
-
-
-SOBOLSTCHIKOFF (BASILE), _Principes pour l'organisation et la
-conservation des grandes bibliothèques_. Paris, Vve Jules Renouard,
-1859. In-12. 72 pp.
-
-
-SOREL (CHARLES), _De la connaissance des bons livres, ou Examen de
-plusieurs auteurs_. Amsterdam, Henry et Théodore Boom, 1672. Petit
-in-12. (Publié s. n. d'aut.).
-
- «Curieux livre, trop peu connu et trop peu cité,» dit MOURAVIT (_loc.
- cit._, pp. 42 et 58). On y lit (chap. 1, p. 43) cette excellente
- maxime, toujours vraie, toujours de circonstance et intéressante à
- rappeler: «Sçachons que de se vendre bien, ce ne fut jamais la marque
- infaillible de la bonté d'un livre».
-
-
-STEIN (HENRI), _Manuel de bibliographie générale_. Paris, Picard et
-fils, 1897. In-8.
-
- Voir particulièrement pp. 1 à 42: Bibliographies universelles.
-
-
-TASSIS (AUGUSTE), _Guide du correcteur, ou Complément des grammaires et
-des lexiques_. 8e édit. Paris, Didot, s. d. In-18.
-
- Bon petit manuel du correcteur typographe (124 pp.). L'auteur a
- malheureusement mis à la fin de son livre trois listes alphabétiques
- ou lexiques,--au lieu de n'en faire qu'une,--ce qui complique et gêne
- les recherches.
-
-
-TECHENER (JACQUES-JOSEPH), _Histoire de la bibliophilie, Recherches sur
-les bibliothèques des plus célèbres amateurs, Armorial des
-bibliophiles_. Paris, Techener, 1861-1864. 10 liv. in-fol. avec pl.
-
-
-TENANT DE LATOUR, _Mémoires d'un bibliophile_. Paris. Dentu, 1861.
-In-18.
-
-
-UZANNE (OCTAVE), _Bouquinistes et Bouquineurs_. Physiologie des quais de
-Paris, du Pont-Royal au Pont Sully. Paris, May, 1893. In-8.
-
-
-Id. _Caprices d'un bibliophile_. Paris, Rouveyre, 1878. In-8.
-
-
-Id. _Le Livre_, revue mensuelle du monde littéraire. Paris, Quantin,
-1880-1889. In-8.
-
-
-Id. _Nos amis les livres_. Causeries sur la littérature curieuse et la
-librairie. Paris, Quantin, 1886. In-18.
-
- Recueil d'articles parus originairement dans la revue le Livre.
-
-
-Id. _La Reliure moderne, artistique et fantaisiste_. Paris, Rouveyre,
-1887. In-8.
-
-
-Id. _Les Zigzags d'un curieux_. Causeries sur l'art des livres, etc.
-Paris, Quantin, 1888. In-18.
-
- Recueil d'articles parus originairement dans la revue _le Livre_.
-
-  _Etc., etc._
-
- Voir _Annales littéraires_, et ROUVEYRE.
-
-
-VACHON (MARIUS), les Arts et les Industries du papier en France,
-1871-1894. Paris, May et Motteroz, s. d. In-4.
-
-
-VALLÉE (LÉON), _Bibliographie des bibliographies_. Première partie:
-Catalogue des bibliographies générales et particulières par ordre
-alphabétique d'auteurs, avec indication complète du titre, des lieu et
-date de publication, du format, etc.--Seconde partie: Répertoire des
-mêmes bibliographies par ordre alphabétique de matières. Paris, Terquem,
-1883. In-8.
-
-
-VITU (AUGUSTE), _Petite Histoire de la typographie_. Paris, Delagrave,
-1886. In-8.
-
- Ouvrage élémentaire.
-
-
-WERDET (EDMOND), _De la librairie française; son passé, son présent, son
-avenir, avec des notices biographiques sur les libraires-éditeurs les
-plus distingués depuis 1789_. Paris, Dentu, 1860. In-18.
-
-
-Id. _Histoire du livre en France depuis les temps les plus reculés
-jusqu'en 1789_. Paris, Dentu, 1861-1862. 4 parties en 5 vol. in-18. (La
-3e partie forme 2 vol.).
-
-
-YVE-PLESSIS (R.), _Petit Essai de biblio-thérapeutique, ou l'Art de
-soigner et restaurer les livres vieux ou malades_. Paris, Daragon, 1900.
-In-18. 95 pp.
-
-
-
-
-INDEX ALPHABÉTIQUE
-
-
-A
-
-Abréviations dans les incunables: 70-71; procédés d'abréviation des mots
-et principales abréviations bibliogr.: 381-400.
-
-ACHARD (C.-F.): 439.
-
-ADELINE (J.): 439.
-
-ADÉLAÏDE (Mme), fille de Louis XV: 139.
-
-Adresse (typ.), synon. de souscription et de colophon: 70.
-
-Adresse (catalogues et classific.): 222-223.
-
-Aigle, grand aigle (pap.): 53.
-
-AIMÉ-MARTIN (L.): 248, 289, 439.
-
-ALBERT (PAUL): 172.
-
-ALDE (les): 3, 71, 106, 133.
-
-Aldéhyde formique: 325.
-
-ALDE MANUCE dit L'ANCIEN: 86, 87, 100, 255.
-
-Aldines (typ.), lettres --, synon. de lettres italiques et de lettres
-vénitiennes: 86, 100.
-
-ALEMBERT (D'): 289.
-
-ALEXANDRE, helléniste: 243.
-
-ALFIERI: 376.
-
-ALKAN (aîné): 198, 318, 325, 326, 336, 353, 354, 439.
-
-Allongées (typ.), lettres --: 102, 103.
-
-ALMELOVEEN (J.): 113.
-
-Alsaciennes (typ.), lettres --: 102, 103.
-
-AMBROISE (saint): 250.
-
-Ambroisienne (l'), bibliothèque de Milan: 195.
-
-AMEILHON: 289.
-
-ANACRÉON: 383.
-
-Anastatique (mode de reproduction des livres, des estampes, etc.): 108,
-385.
-
-Anglaise, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102, 103.
-
-Anglaise, reliure --: 145.
-
-_Annales littéraires_: 439, 444, 462.
-
-ANNE DE BRETAGNE: 353.
-
-_Annuaire du bibliophile_: 218, 330, 335, 346, 440, 451.
-
-_Annuaire Hachette_: 173.
-
-_Anobium_, insecte bibliophage: 321, 322, 324.
-
-Antiquariat: VIII.
-
-Antiques (typ.), lettres --: 102, 103.
-
-Antiqué sur tranches (rel.): 127, 385, 398.
-
-Appel de note (typ.): 435, 436.
-
-Approche (typ.): 97.
-
-Appui-livre: 213.
-
-ARGENSON (marquis D'): 21.
-
-ARISTOTE: 288.
-
-ARNAULD D'ANDILLY: 236.
-
-Arraphique, reliure --: 150.
-
-ASKEW (ANTOINE): 134.
-
-ASSELINEAU (CHARLES): 24, 123.
-
-Assemblage (des feuilles d'impression): 79.
-
-Astérisque (typ.): 435-436.
-
-Atlantique, format --: 73.
-
-Atlas, format --: 73.
-
-AUGUSTIN (saint): 20, 340.
-
-Augustin: voir Saint-augustin (typ.).
-
-AULU-GELLE: 6.
-
-AUMALE (duc D'): 38.
-
-
-B
-
-BACKER (LOUIS DE): 440, 461.
-
-BACON (chancelier): 288.
-
-BÆDEKER: 173.
-
-BAGFORD (JOHN): 343.
-
-BAILLET (ADRIEN): 86.
-
-BALDERMUS: 108.
-
-BALZAC (H. DE): 89, 189.
-
-BARATOUX (docteur): 316.
-
-BARBIER (ANT.-ALEX.): 170; curieux procédé qu'il emploie pour déménager
-la bibliothèque du Conseil d'État: 203; 440, 454, 459.
-
-BARROW (ISAAC): 16.
-
-Basane (rel.): 130, 160.
-
-Bas de casse (typ.): 104.
-
-Bâtarde, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102, 103.
-
-BATHIS: 31.
-
-BAUDOUIN (MARCEL): 304, 315.
-
-BAUZONNET: 133.
-
-BEAUMARCHAIS: 236.
-
-BEAUREGARD (docteur HENRI): 322, 323.
-
-BEECHER STOWE (Mrs.): 159.
-
-BÉGON (M.): 31.
-
-Belle page (typ.): 115.
-
-BELLOT DES MINIÈRES: 159.
-
-BENOÎT (saint): 8.
-
-BENTHAM (J.): 289.
-
-BERALDI (H.): 209, 366, 440.
-
-BERARDI (G.): 179.
-
-BERNARDIN DE SAINT-PIERRE: voir SAINT-PIERRE (BERNARDIN DE).
-
-BERNIS (cardinal DE): 14.
-
-BESSARION (cardinal): 10, 24.
-
-BEYLE (HENRI) (STENDHAL): 402, 405, 406.
-
-Bibelots (typ.): 53.
-
-Biblioclastes, massacreurs de livres: 342-346.
-
-_Bibliographe moderne (le)_: 440.
-
-Bibliographie, nombre total des ouvrages de --: 438; principaux ouvrages
-de --: 170, 438-463.
-
-_Bibliographie de la France_, journal général de l'Imprimerie et de la
-Librairie: 440.
-
-_Bibliographie scientifique (la)_, bulletin trimestriel: 315.
-
-BIBLIOPHILE (UN): voir DESCHAMPS (PIERRE) et MULSANT (ÉTIENNE).
-
-Bibliophilie, origine de ce mot, ce qu'il signifie: 23-24.
-
-Bibliothécaires, Congrès international des -- (1900): 302, 323.
-
-Bibliothèque, différentes acceptions de ce mot: 8; conditions d'une
-bonne installation pour une --: 193 et suiv.; -- est comme «un capital
-dont les intérêts seraient perçus par l'intelligence»: 193; nettoyage et
-aérage des --: 318 et suiv.; -- tournantes: 207; chutes mortelles dans
-les --: 206; timbrage des volumes dans les bibliothèques publiques: 230.
-
-Bibliothèque nationale: 209, 214, 230, 235, 242, 247, 249, 263;
-classement des livres: 290-291, 353; voyage d'un livre à travers la --:
-440, 446.
-
-Bibliothèque Sainte-Geneviève: 230.
-
-Bibliothèque de la Sorbonne, classement des livres: 292-294.
-
-Bibliothèque de la ville de Paris (musée Carnavalet), classement des
-livres: 295-297.
-
-Bibliothèque de l'administration des postes et des télégraphes,
-classement des livres: 300-301.
-
-Bibliothèque de Florence (la Laurentienne): 192, 205; -- de Leyde: 192;
--- de la cathédrale d'Hereford: 192; -- de Milan (l'Ambroisienne): 195.
-
-Bibliothèques universitaires: 223, 230.
-
-Bilboquets (typ.): 53.
-
-BILLINGS: 433.
-
-Bimensuel, bisannuel; signification de ces mots: 440.
-
-BLADES (W.): 321, 322, 323, 338, 343, 346, 347, 441.
-
-BLANC (CHARLES): 20, 123, 127, 128, 139, 141, 159, 441.
-
-BLANC (LOUIS): 170, 171, 433.
-
-Blanc, livres en blanc: 158.
-
-BLANCHEMAIN (P.): 441, 461.
-
-Blanches (typ.), lettres --: 102, 103.
-
-Blanchiment du papier: 43, 62.
-
-BLANCHON (H.-L.-ALPH.): 131, 133, 138, 142, 146, 150, 395, 441.
-
-Blatte, insecte bibliophage: 322.
-
-BLONDEL (SPIRE): 133, 441.
-
-BLUYSEN (P.): 452.
-
-Bobine (pap.): 52.
-
-BODIN (JEAN): 451.
-
-BODONI: 106.
-
-BOERHAAVE: 15.
-
-BOILEAU: 26.
-
-BOISLISLE (A. DE): 171, 172.
-
-BOISSONADE: 376.
-
-BOIVIN: 14.
-
-BOLLIOUD-MERMET: 6, 91, 441.
-
-BONAVENTURE DES PERIERS: XI, 133.
-
-BONNANGE (F.): 222, 226, 286, 441.
-
-BONNARDOT: 330, 441.
-
-BOSQUET (ÉMILE): 76, 134, 148, 442.
-
-BOSSUET: 4, 141.
-
-BOUANT: 41, 327, 329, 333.
-
-BOUCHOT (HENRI): 30, 43, 70, 86, 87, 99, 121, 134, 142, 191, 192, 442.
-
-Bouclées (typ.), lettres --: 102, 103.
-
-BOUILLIAU ou BOUILLIAUD (Ismaël): 258.
-
-BOUILLET (Dictionnaire de --): 47.
-
-BOULARD (ANTOINE-MARIE-HENRI): 188.
-
-BOULARD (MARTIN-SYLVESTRE): 188, 373, 374, 442.
-
-BOULLIER: 405.
-
-Bouquiner, plaisir de --: 181-184.
-
-Bouquiniste et étalagiste, portrait du --: 183; leurs livres trop tassés
-et serrés dans leurs boîtes ou sur leurs tablettes: 359.
-
-BOURDILLIAT: 90.
-
-BOURLET DE VAUXCELLES: 135.
-
-BOURGEOIS (LÉON): 444.
-
-BOURGET (PAUL): 172.
-
-BOURQUELOT (F.): 442, 459.
-
-BOUTMY (E.): 53, 442.
-
-BOUTOILLE (A.): 136.
-
-Brachygraphie: 381.
-
-BRADEL, relieur: 144.
-
-Bradel, reliure ou cartonnage --: 124, 143, 144.
-
-BRANTÔME: 159.
-
-BRÉBEUF: 106.
-
-BREHMER: 147, 148.
-
-BRISSON (AD.): 179.
-
-Bristol (pap. et cart.): 58.
-
-Brochure (bibl.), synon. de pièce ou plaquette: 66-67.
-
-Brochure (rel.), couture des livres brochés: 120, 145.
-
-BROUARDEL (docteur): 371, 372.
-
-BRUN (M.-A.): 442.
-
-BRUNEL (G.): 442, 443, 456.
-
-BRUNET (GUSTAVE): 30, 31, 32, 232, 258, 346, 375, 376, 443, 459, 461.
-
-BRUNET (JACQUES-CHARLES): XII, 72, 170, 219, 225, 249, 250, 254; son
-système de classification bibliographique: 258-284; 286, 287, 289, 290,
-292, 300, 302, 376, 408, 431, 433, 443, 446.
-
-BRUNETIÈRE (F.): 25, 172.
-
-BUFFON: 179, 345.
-
-_Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire_: 24, 439, 443, 452, 457,
-458, 459.
-
-BURCHARD: 313.
-
-BURE (MM. DE): 25, 182, 258.
-
-BURTY (PH.): 138.
-
-BURY (RICHARD DE): 9, 185, 349, 350; extrait de son ouvrage le
-_Philobiblion_, sur le respect dû aux livres: 361-365; 443.
-
-BUSSY-RABUTIN: 433.
-
-BYRON (lord): 111.
-
-
-C
-
-Cabinets de lecture, dangers qu'ils présentent: 29, 373.
-
-Cabochon (typ.): 436.
-
-Cadrat (typ.): 79.
-
-Cadratin (typ.): 79.
-
-CALMET (dom): 387.
-
-CAMPBELL (lord): 171.
-
-CAMUS: 289.
-
-Cancrelat, insecte bibliophage: 322.
-
-CAPÉ: 134.
-
-Capillaires (typ.), lettres --: 102.
-
-Caractères d'imprimerie: 95 et suiv.; force en points ou force de corps
-et anciens noms des caractères: 98 et 101; caractères de fantaisie: 102
-et 103. Voir Lettres.
-
-CARDAN (J.): 167.
-
-CARLYLE: 170.
-
-Carnavalet, musée --; bibliothèque de la ville de Paris, son classement:
-295-297.
-
-Carré (pap.): 53, 77.
-
-Carton, fabrication et différentes espèces de --: 57-58.
-
-Carton (typ.), synon. d'encart: 80-81.
-
-Cartonnage (rel.): 142-145.
-
-Casse (typ.): 104.
-
-CASTELLANUS: 242.
-
-Cassetin (typ.): 104.
-
-Catalogues de bibliothèques, différentes sortes de --: 220; --
-alphabétique ou onomastique: 220, 253, 285; -- méthodique, systématique
-ou idéologique: 220, 224, 253, 254, 285; -- topographique ou
-_Lokal-Katalog_: 220; -- chronologique: 220; -- géographique: 220.
-
-Catalogues de la librairie d'occasion, exagération de certains prix:
-184-185.
-
-_Catenati_, livres enchaînés: 192.
-
-CATHERINE DE MÉDICIS: 353.
-
-CATRIN (docteur): 29.
-
-Cavalier (pap.): 53, 77.
-
-CAZAL (docteur DU): 29.
-
-CAZIN: 50.
-
-Cellulose au bisulfite (pap.): 46.
-
-Chagrin (rel.): 130, 131.
-
-CHAILLOT (P.) (UN LIBRAIRE): 111, 443, 454.
-
-CHAMBOLLE: 134.
-
-CHAMFORT: 15.
-
-CHAMPFLEURY: 241.
-
-Charge (pap.): 47, 63.
-
-CHARLES, duc de Bourgogne: 431.
-
-CHARLES-QUINT: 349.
-
-CHARLES IX: 39.
-
-CHARLET: 140.
-
-Charnière (rel.): 128, 146.
-
-CHARPENTIER (GERVAIS): 88.
-
-CHARPENTIER (PAUL): 40, 43, 46, 47, 48, 52, 56, 58, 443.
-
-Charpentier, format --: 88, 90, 214.
-
-CHARTIER (ALAIN): 228, 229.
-
-CHASSANT (L.-ALPH.): 381, 444.
-
-Chasses d'un livre (rel.): 128.
-
-CHATEAUBRIAND: 239.
-
-CHATELAIN (ÉMILE): 228, 460.
-
-CHÉNIER (ANDRÉ): 33, 34, 160.
-
-CHÉRON (PAUL): 441.
-
-CHESNEAU (NICOLAS): 71.
-
-CHEVILLIER: 26, 27, 444.
-
-CHEVIN (abbé): 408.
-
-CHICHEREAU: 144.
-
-Chiffres romains: 426 et suiv.; -- financiers: 429; inconvénients des
-chiffres romains: 431.
-
-Chine, papier de --: voir Papier.
-
-Chlore (eau de Javel), son action sur le papier: 332, 333, 335.
-
-CHRISTIAN (A.): 444.
-
-CHRISTIANUS LIBERIUS GERMANUS, pseud. de SALDEN: 23.
-
-Chutes mortelles dans les bibliothèques: 206.
-
-Cicéro (typ.), caractère d'impr.: 98, 101.
-
-CICÉRON: 6, 7, 10, 71, 192, 339.
-
-Cimelien (bibl.): 209.
-
-Civilité (typ.), caractères de --: 102, 103.
-
-CLARETIE (J.): 21, 51, 138, 171, 444.
-
-Classement des livres: 209-218; -- horizontal, par rangs de taille et
-ordre alphabétique: 210 et suiv.; -- vertical: 216-217; -- _ad libitum_,
-mettre aux premières places les plus beaux livres ou les livres
-préférés: 217-218.
-
-Classification de Brunet: 258-284; -- diverses, 288-303; -- décimale:
-303-316, 444.
-
-Classiques (typ.), lettres --: 102, 103.
-
-CLAUDIN (A.): 142, 185, 444.
-
-CLAVIER: 383.
-
-CLEMENS (CLAUDIUS) ou CLÉMENT (CLAUDE): 186, 257.
-
-Clichage et cliché (typ.): 67, 107-109.
-
-Cloche (pap.): 53.
-
-COCHERIS (H.): 9, 185, 350, 365, 443, 444.
-
-Coiffe (rel.): 129.
-
-COLBERT: 1.
-
-COLERIDGE: 366.
-
-COLINES (SIMON DE): 72.
-
-Collage ou encollage du papier: 47, 48, 331.
-
-Colle, différentes espèces de --: 151; -- de farine attire les vers:
-322, 324.
-
-Collectionneurs, hommes heureux: 189; -- de portraits et de
-frontispices, mutilateurs de livres: 342-343.
-
-COLLETET (G.): 34, 35.
-
-COLLIGNON (ALBERT): 25.
-
-Colombier (pap.): 53, 77, 78.
-
-Colophon (typ.): 70.
-
-Comète (rel.): 129.
-
-Compartiments (rel.): 130.
-
-COMTE (AUGUSTE): 289.
-
-CONDORCET: 34, 35.
-
-CONFUCIUS: 15.
-
-CONSTANTIN (L.-A.): XI, 32, 35, 88, 203, 211, 220, 239, 253, 258, 302,
-303, 444-445.
-
-Contagion des maladies par les livres: 29.
-
-Coquille (pap.): 53.
-
-CORNEILLE (PIERRE): 159, 176, 236.
-
-CORNEILLE (THOMAS): 236.
-
-CORNELY (J.): 179.
-
-Corps (typ.), -- des caractères: 95, 96, 98.
-
-Correction des épreuves (typ.): 110-113.
-
-_Correspondance historique et archéologique_: 314.
-
-CORROZET (GILLES): 72.
-
-_Cosmos_, revue des sciences: 63.
-
-COSTE: 289.
-
-Cote (classific.): 227, 231.
-
-Coulée, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102.
-
-Coupe-papier: voir Couteau à papier.
-
-Courant, titre -- (typ.): 113-114.
-
-COURIER (P.-L.): 17, 376, 383.
-
-Couronne, double couronne (pap.): 53, 77, 92.
-
-_Courrier de la librairie_: 18.
-
-_Courrier des bibliothèques_: 60, 213, 445.
-
-COUSIN (JEAN): 3.
-
-COUSIN (JULES): 31, 74, 197, 198, 223, 235, 245, 254, 272, 329, 330,
-332, 334, 335, 330, 430, 445.
-
-Cousoir (rel.): 145.
-
-Couteau à papier ou Coupe-papier: les épingles à cheveux, coupe-papier
-habituel de la femme: 352; comment se servir du couteau à papier:
-354-359; le meilleur des couteaux à papier: 355-356.
-
-Couture (rel.): 145 et suiv.; -- de brochure: 120, 145; -- de reliure:
-120, 145; -- à l'échelle: 130; -- sur nerfs: 146; -- à point arrière:
-146, 147; -- à point devant: 146, 147; -- métallique: 149. Machines à
-coudre les livres: 130, 147-148.
-
-Couverte (pap.): 44.
-
-Couvertures des livres brochés, ne pas les supprimer à la reliure: 158;
-de quelle époque datent les couvertures illustrées: 158.
-
-CRAMOISY, imprimeur: 71.
-
-Cran (typ.), -- des caractères: 97.
-
-CRAPELET (G.-A.): 87, 105, 106, 107, 109, 110, 111, 112, 113, 445, 449.
-
-Crochets (typ.): 434.
-
-Croix (typ.): 436.
-
-Cuir de Russie (rel.): 131, 338, 368, 369.
-
-Cursive, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102.
-
-CUVILLIER-FLEURY: 219.
-
-CUZIN: 134.
-
-
-D
-
-DACIER (Mme): 236.
-
-DAFFRY DE LA MONNOIE: 159.
-
-DAGUESSEAU: 14.
-
-DALEMBERT ou D'ALEMBERT: 345.
-
-DANTE: 174, 347.
-
-DARBLAY: 52.
-
-DARCHE (J.): 6, 25, 39, 361, 370, 445.
-
-DARUTY DE GRANDPRÉ: 78, 80, 81, 445.
-
-DAUDET (ALPHONSE): 68, 174, 227, 229.
-
-DAUNOU: 172.
-
-DAUPELEY-GOUVERNEUR (G.): 2, 71, 74, 98, 102, 234, 384, 432, 438, 445.
-
-DAUZE (PIERRE): 60, 61, 460.
-
-_de, du, d'_; noms propres précédés de la particule nobiliaire, comment
-les écrire: 233; la particule _de_ ne se place jamais seule devant le
-nom, ne pas écrire de Montmorency, de Biron, etc.: 234.
-
-DEBRAUX (ÉMILE): 144.
-
-DEFAUCONPRET: 243.
-
-Défets (bibl. et rel.): 162.
-
-DELALAIN (P.): 72, 446.
-
-Déliés (typ.): 97.
-
-DELILLE: 137.
-
-DELISLE (LÉOPOLD): 60, 66, 67, 72, 158, 223, 235, 237, 238, 239, 242,
-245, 253, 260, 286, 290, 297, 304, 314, 438, 446, 458.
-
-DELON (CH.): 40, 43, 46, 104, 446.
-
-DELORD (TAXILE): 171.
-
-DELORME, relieur: 149.
-
-Déménagement: «un homme de lettres ne devrait jamais déménager»: 203;
-curieux procédé de déménagement d'une bibliothèque: 203.
-
-Demi-reliure: 124, 130, 143; -- amateur: 143.
-
-DENIS (FERDINAND): 343, 446, 455, 459.
-
-Dentelle (rel.): 132, 388, 400.
-
-DENYAU (J.): 31.
-
-Départ (terme de librairie): 68.
-
-Départ, titre de -- (typ.): 114, 116.
-
-DEROME (L.): 170, 183, 446.
-
-DEROME, relieur: voir ROME (DE).
-
-DEROUSSENT: 346.
-
-DES BARREAUX (JACQUES): 233.
-
-DESCAVES (LUCIEN): 344.
-
-DESCHAMPS (PIERRE) (UN BIBLIOPHILE): 258, 408, 414, 418, 443, 446.
-
-DESCHANEL (ÉMILE): 172.
-
-Désinfection des livres et des papiers: 29.
-
-DESORMES (E.): 2, 52, 81, 98, 238, 381, 446.
-
-DES PERIERS (BONAVENTURE): XI, 133.
-
-DESTUTT DE TRACY: 174.
-
-_Deutéronome_: 365.
-
-DEWEY (MELVIL): X, 219, 303, 304, 314, 315, 316, 446.
-
-Diamant ou sans pareille (typ.), caractère d'impr.: 98.
-
-DIBDIN: 347.
-
-_Dictionary-Catalogue_: 303.
-
-Dictionnaires; on ne saurait trop en avoir: 170.
-
-_Dictionnaire de la Conversation_: 135, 169.
-
-DIDEROT: 13, 288, 345, 447.
-
-DIDOT (les): 3, 50, 96, 108, 169, 178, 448.
-
-DIDOT (AMBROISE-FIRMIN): 43, 72, 96, 106, 140, 403, 445, 447, 448, 449.
-
-Didot (Firmin): 50, 108, 177, 281, 431, 447.
-
-DIDOT (PIERRE): 111, 180.
-
-DIODORE DE SICILE: 4.
-
-DIOGÈNE: 166.
-
-Division ou trait d'union (typ.): 432-434.
-
-Doigt, ne pas humecter son doigt pour tourner les feuillets: 371-373.
-
-DOLET (ÉTIENNE): 71.
-
-DOMPMARTIN (abbé DE): 346.
-
-DOREZ (LÉON): 228, 460.
-
-Dos d'un livre (rel.): 125; -- plein, -- brisé: 125.
-
-DOSNE (Mlle): 353.
-
-Double-canon (typ.), caractère d'impr.: 98.
-
-DOUDAN (X.): 24, 89.
-
-DOUMIC (RENÉ): 172.
-
-Dragontines, lettres --: 102.
-
-Drap de lit, format --: 75.
-
-DROUET (Mme): 138.
-
-DRUSIUS: 86.
-
-DU BELLAY (JOACHIM): 233.
-
-DUCANGE: 71, 170.
-
-DUCHESNE (ANDRÉ): 242.
-
-DULAURE: 225, 226, 285, 286, 299, 376.
-
-DUMAS (ALEXANDRE) fils: 236.
-
-DUMAS (ALEXANDRE) père: 236.
-
-DU MOUSTIER: 35, 36.
-
-DUPONT (PAUL): 447.
-
-DUQUET (ALFRED): 171.
-
-DURET (THÉODORE): 171.
-
-DU RIEU: 324.
-
-DURUY (V.): 170.
-
-DU SEUIL: 133, 346.
-
-DUTERTRE: 323.
-
-DUVERGIER DE HAURANNE: 340.
-
-
-E
-
-Eau de Javel: voir Chlore.
-
-Ébarber (rel.), -- un livre: 127.
-
-EBERT (F. A.): 206, 433.
-
-_Écclésiaste (l')_: 166.
-
-_Éclair (l')_: 29.
-
-Écrasées (typ.), genre de lettres: 102.
-
-Écriture; pour les travaux bibliographiques, l'écriture droite est
-préférable à l'écriture penchée: 230.
-
-Écu (pap.): 53, 77.
-
-Éditeurs: 109, 110.
-
-Édition, définition de ce terme: 67, 68; -- définitive ou _ne varietur_:
-70, 404; -- originale: 70; -- princeps: 70.
-
-EGGER (É): 447.
-
-Égyptienne (typ.), genre de lettres: 102, 103.
-
-EISEN: 3.
-
-ELZEVIER ou ELZEVIR (les), imprimeurs: 3, 71, 106, 179.
-
-Elzevier, elzevir, ou elzevierien (typ.), caractères --: 95, 99, 100,
-101; certains lecteurs n'aiment pas ce caractère: 178.
-
-Elzeviers ou elzevirs (livres): 50, 87, 126.
-
-Emboîtage (rel.): 143.
-
-Empattement (typ.): 97.
-
-Empreintes (typ.): 107.
-
-Emprunteurs de livres, leur incurie: 33-36.
-
-Encart (typ.), synon. de carton: 80-81.
-
-Encollage ou collage du papier: 47, 48, 331.
-
-Encre d'imprimerie: 105.
-
-_Encyclopædia britannica_: X, XI, XII, 85, 116, 235, 437, 447.
-
-_Encyclopédie moderne (l')_: 169, 403, 445, 447, 449.
-
-Endosser (rel.), -- un livre: 127.
-
-ENGEL: 148.
-
-Entre-nerfs (rel.): 130.
-
-Épreuves (typ.), correction des --: 110-113.
-
-Équarrissage des livres: 340-342.
-
-ÉRASME: 370.
-
-_Erratum, errata_: 112, 402, 403.
-
-Escargot (papier de couleur): 395.
-
-_Estafette (l')_, journal: 169.
-
-Estampé, e (rel.), livre, couverture --: 132.
-
-ESTIENNE (les): 3, 106.
-
-ESTIENNE (HENRI): 109, 242.
-
-ESTIENNE (ROBERT): 72, 112, 113.
-
-Espace, s. f. (typ.): 79.
-
-EUDEL (P.): 351, 448.
-
-EVE (les), relieurs: 133, 142.
-
-_Événement (l')_: 29.
-
-_Ex-dono_: 232, 403.
-
-Exemplaire, définition de ce mot: 67.
-
-_Ex-libris_: 30, 225, 230, 232, 403.
-
-_Explicit_ (typ.): 70.
-
-EYLAC (D'): 460.
-
-
-F
-
-FABRE (FERDINAND): 20.
-
-Factices, recueils --: 153.
-
-FAGUET (ÉMILE): 47, 172.
-
-FALCONET (CAMILLE): 344, 345.
-
-FALGONET (ÉTIENNE): 344, 345.
-
-FALLIÈRES: 231.
-
-Fanfare, reliure à la --: 142.
-
-FAUCOU (LUCIEN): 448.
-
-FAURIEL: 172.
-
-Fausse page (typ.): 115.
-
-Fausses marges (typ. et rel.): 156; doit-on les faire couper par le
-relieur: 156, 157.
-
-Faux titre (typ.): 115.
-
-Femmes, considérées par beaucoup de bibliophiles comme ennemies des
-livres: 349-354.
-
-FÉNELON: 13, 236.
-
-FERNAND-LAFARGUE: 248.
-
-Fers (rel.): 132.
-
-FERTIAULT (F.): 24, 32, 166, 167, 188, 206, 344, 448.
-
-Feuille (pap. et format), différents modes de pliage des --: 72-73;
-assemblage des --: 79.
-
-Feuillet (pap. et format), définition de ce mot: 72-73.
-
-Feuilleton (typ.): 80.
-
-FIAUX (LOUIS): 171.
-
-Fiches ou cartes (catalogues et classific.): 221 et suiv.; -- Bonnange:
-226, 286; pour les fiches, une écriture droite est préférable à
-l'écriture penchée: 230; -- complète ou principale: 239-244, 253; -- de
-rappel ou de renvoi: 240-244; -- vedette: 221, 253, 313; -- conformes
-aux règles de la classification décimale: 312-314.
-
-Filigrane (pap.): 44.
-
-Filigranées (typ.), lettres --: 102.
-
-Financiers (typ.), chiffres --: 429.
-
-Firme (d'éditeur): 71, 115.
-
-FLAMMARION (CAMILLE): 136.
-
-Flan (typ.): 107.
-
-Flotre (pap.): 45.
-
-Folio ou numéro des pages: 78, 113; pourquoi les folios ne doivent pas
-être mis au bas des pages: 114; faut-il folioter toutes les pages: 115,
-116.
-
-Folio, in-folio: voir Format.
-
-FONTAINE DE RESBECQ: 25, 182, 288, 448.
-
-Force de corps (typ.): 96, 98.
-
-Format, tableau des principaux formats des papiers: 53; -- des livres:
-65 et suiv.; tableau des principaux formats des livres: 77; format
-in-plano, atlas ou atlantique: 73, 91, 210, 391; -- in-folio: 73; --
-in-folio et in-quatre, formats les plus employés pour les premiers
-livres, les incunables: 85-86; 91, 210, 218, 391; -- in-quarto ou
-in-quatre: 73, 76, 85, 86, 87, 91, 163, 211, 218, 391; -- in-octavo ou
-in-huit: 74, 76; jadis en grande vogue: 86-88, 89, 92, 124, 163, 211,
-215, 218, 391; -- in-douze: 74, 86, 92, 124, 211, 391; -- in-seize: 74,
-92, 124, 391; -- in-dix-huit: 74, 76, 87, 88, 89, 90, 92, 124, 163, 211,
-218, 391; -- in-vingt-quatre: 74, 87, 391; -- in-trente-deux: 74, 76,
-90, 163, 218; -- drap de lit: 75; -- Charpentier: 88, 90, 214; --
-oblong: 93, 126; -- carré: 93; -- triangulaire: 93. Classement des
-livres d'après leurs formats: 209 et suiv.
-
-FORMENTIN (CH.): 455.
-
-FORMEY: 167, 448.
-
-FORTIA D'URBAN (marquis): 289.
-
-Fouets, fouettage, fouetter un livre (rel.): 128.
-
-FOURNEL (VICTOR): 344.
-
-FOURNIER (ÉDOUARD): 34, 134, 142, 191, 448, 452.
-
-FOURNIER (H.): 448.
-
-FOURNIER LE JEUNE ou FOURNIER (PIERRE-SIMON): 96, 106, 448-449.
-
-FOURNIER (traducteur du _Vicaire de Wakefield_): 16.
-
-FOX: 137.
-
-Français, «ne lisent jamais les livres qu'on leur donne»: 26; s'engouent
-de tout ce qui vient de l'étranger: XI, 434.
-
-France, «la vraie mère de la bibliographie»: XI.
-
-FRANCE (ANATOLE): 172.
-
-FRANÇOIS Ier: 110.
-
-FRANKLIN (ALFRED): 136, 449.
-
-FREMY: 40, 443.
-
-FREUND (docteur G.): 170, 408.
-
-FREY (A.): 449.
-
-Frisquette (pap. et typ.): 44.
-
-FROISSART: 348.
-
-Frontispice (typ.): 69, 115-116.
-
-FULLER (TH.): 45.
-
-FUMAGALLI (G.): 314.
-
-FUNCK-BRENTANO (F.): 314.
-
-FURETIÈRE: 187.
-
-FUST: 103.
-
-FUSTEL DE COULANGES: 170.
-
-
-G
-
-GAIL: 383.
-
-Gaillarde (typ.), caractère d'impr.: 98, 101.
-
-GALIOT DU PRÉ: 72.
-
-GARAMOND (CLAUDE): 99.
-
-Gardes d'un livre (rel.): 129.
-
-GARNIER (JEAN): 258.
-
-GARNIER-PAGÈS: 171, 433.
-
-Garniture (typ.): 79.
-
-Gaufré, e (rel.), livre ou couverture --: 132.
-
-GAULTIER (LÉONARD): 346.
-
-GAUSSERON (B.-H.): 6, 16, 351, 449.
-
-GAUTIER (THÉOPHILE): 4, 19, 159, 160.
-
-GAYET DE SANSALE: 136.
-
-Gaz d'éclairage, son action sur la couleur des papiers: 62, 339; sur la
-reliure des livres: 338.
-
-GERING (ULRICH): 72.
-
-GESNER (CONRAD): 255, 256.
-
-GHÈLE (JEHAN): 72.
-
-GIBBON: 16.
-
-GIRARD (abbé): 289.
-
-GIRARDIN (ÉMILE DE): 344.
-
-GLADSTONE: 208.
-
-GODEFROY (DENIS): 242.
-
-GODEFROY (FRÉDÉRIC): 170.
-
-GOETHE: 24.
-
-GOLDSMITH: 16.
-
-GOMEZ DE LA CORTINA (J.): 31.
-
-Gothique, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102, 103.
-
-GOTHOFREDUS (DENIS GODEFROY): 242.
-
-Gouttière d'un livre (rel.): 127, 128.
-
-GRAESEL (docteur ARNIM): X, 83, 126, 144, 145, 153, 193, 202, 206, 209,
-211, 221, 231, 235, 241, 242, 245, 246, 249, 302, 314, 315, 318, 321,
-322, 323, 324, 325, 326, 338, 366, 445, 449, 455, 458, 485.
-
-GRAND (E.-D.): 72, 235, 242, 245, 254, 259, 368, 438, 450.
-
-GRAND-CARTERET (J.): 450.
-
-_Grande Encyclopédie_: 72, 108, 169, 191, 231, 235, 242, 245, 248, 256,
-239, 260, 289, 366, 428, 438, 439, 450.
-
-GRANDLIEU (PH. DE) (LÉON LAVEDAN): 369.
-
-GRANJON (NICOLAS): 102.
-
-GRANVELLE (cardinal DE): 349.
-
-GRAVELOT: 3.
-
-GRAY: 16.
-
-Grecquage (rel.): 129, 130, 146-147, 150.
-
-GRÉGOIRE XIII, pape: 398.
-
-GRÉGOIRE DE TOURS: 8.
-
-GRIFFING (H.): 117.
-
-GRIMM: 345.
-
-Grises (typ.), lettres --: 102.
-
-GROLIER ou quelquefois GROLLIER: 1, 30, 31, 36, 37, 133, 141.
-
-Gros-canon (typ.), caractère d'impr.: 98.
-
-Gros-parangon (typ.), caractère d'impr.: 98.
-
-Gros-romain (typ.), caractère d'impr.: 98, 101.
-
-Gros-texte (typ.), caractère d'impr.: 98, 101.
-
-Grosse-nonpareille (typ.), caractère d'impr.: 98.
-
-Grosse-sanspareille (typ.), caractère d'impr.: 98.
-
-GRUEL (LÉON): 134, 450.
-
-GRYPHE (les), imprimeurs: 72.
-
-GRYPHE (SÉBASTIEN): 86.
-
-GUÉRARD (EDMOND), pseud. de Victor Fournel: 344.
-
-GUILBERT DE PIXÉRÉCOURT: 34.
-
-Guillemets (typ.): 434.
-
-GUIOT-MARCHAND: 72.
-
-GUIZOT: 349.
-
-GUTENBERG: 103, 418.
-
-GUYOT-DAUBÈS: 173, 201, 202, 212, 216, 217, 344, 450.
-
-
-H
-
-HACHETTE, _Annuaire --_: 173.
-
-HACHETTE, _Règles typographiques adoptées dans les publications de la
-librairie --_: 1, 74, 234, 238, 393, 460.
-
-_Halle aux cuirs (la)_, journal: 134.
-
-HANOTAUX (GABRIEL): 25, 181, 450.
-
-HATZFELD (Dictionnaire de --): 8, 47, 336.
-
-HEBER (RICHARD): 32.
-
-HENNET (LÉON): 288.
-
-HENRI II, roi d'Angleterre: 250.
-
-HENRI III, roi de France: 342-343.
-
-HERBOUVILLE (M. D'): 217.
-
-HERDER: 193.
-
-HÉRODOTE: 30.
-
-HIPPOCRATE: 15, 196.
-
-HOEFER: 345.
-
-HOFFMANN: 244.
-
-HOMÈRE: 140.
-
-HORACE: 6, 11, 20, 91, 121, 174.
-
-HOUDETOT (comte D'): 233.
-
-HOUSSAYE (HENRY): 171.
-
-HUET, évêque d'Avranches: 1, 32; «de tous les hommes celui qui a
-peut-être le plus lu»: 376.
-
-HUGO (VICTOR): 107, 138, 159, 433.
-
-Humidité, la grande ennemie des livres: 198; taches d'--: 329-330.
-
-HUNTER (JOHN): 135.
-
-_Hygiène moderne (l')_: 369.
-
-
-I
-
-IBARRA: 106.
-
-_Illustration (l')_: 42, 173.
-
-Imposition (typ.): 75, 78, 80.
-
-Impression des livres: 95-117.
-
-Imprimerie: «la théorie de l'imprimerie ne devrait être ignorée d'aucun
-de ceux à qui l'usage des livres est familier»: 96; --, invention «plus
-divine qu'humaine»: 106; --, «le plus grand événement de l'histoire»:
-107; détails techniques sur l'--: 95-117.
-
-Imprimerie nationale, à quoi l'on reconnaît les impressions faites par
-elle: 99, 444.
-
-Imprimeurs, anciens --, leurs marques: 71-72; anciens règlements des --:
-110.
-
-_Incipit_ (typ.): 69, 70.
-
-Incunables: 69-72; 85, 437.
-
-_Indépendance de l'Est (l')_: 372.
-
-Index alphabétique, «accessoire obligé de toute bonne édition»: 171;
-projet (en Angleterre) de priver de ses droits d'auteur tout écrivain
-qui publierait un livre sans index: 172.
-
-Insectes bibliophages: 320 et suiv.
-
-_Intermédiaire des chercheurs et des curieux (l')_: 31, 34, 35, 50, 61,
-134, 135, 137, 142, 144, 158, 173, 427, 450.
-
-_Intermédiaire des imprimeurs (l')_: 59, 450.
-
-Italiennes (typ.), lettres --: 102-103.
-
-Italique (typ.), genre de caractères: 2, 86, 95, 100, 101.
-
-
-J
-
-JACOB (Bibliophile): voir LACROIX (PAUL).
-
-JACOB (LOUIS): 258.
-
-JACQUEZ (ERNEST): 300.
-
-JAL: 133, 172, 345.
-
-JAMET LE JEUNE: 345, 376.
-
-JANIN (JULES): 6, 18, 34, 36, 38, 186, 187, 451.
-
-JANNET (PIERRE): 451, 459.
-
-JANNET-PICARD (Collection --): 38, 179.
-
-Janséniste, reliure --: 141-142.
-
-Japon, papier du --: voir Papier.
-
-Jasper (rel.): 127.
-
-JATTEFAUX: 104.
-
-JENSON (NICOLAS): 102.
-
-Jensoniennes (typ.), lettres --: 102, 103.
-
-Jésus, petit jésus, grand jésus (pap.): 53, 77.
-
-JOANNE (PAUL): 173.
-
-JOHANNEAU (ÉLOI): 376.
-
-JONQUIÈRE (amiral): 51.
-
-JORDELL (D.): 451, 454.
-
-JOUAUST: 39, 90, 100, 178-179.
-
-JOUBERT: 17.
-
-_Journal des savants_: 304, 314.
-
-Journaux, lecture des --: 4.
-
-JULIA DE FONTENELLE (JEAN-SÉBASTIEN-EUGÈNE): 451, 459.
-
-JUSTE LIPSE: voir LIPSE (JUSTE).
-
-Justification (typ.): 28, 89.
-
-
-K
-
-KERVER, THIELMAN --: 72.
-
-KLETT (HAROLD): 365, 366, 370, 371, 373.
-
-KLOCK (C.): 106.
-
-
-L
-
-Labeur (typ.): 53, 78, 105.
-
-LABORDE (comte DE): 133
-
-LABOULAYE (CH.): 40, 56.
-
-LABOULAYE (É.): 18.
-
-LA BRIÈRE (LÉON DE): 28.
-
-LA BRUYÈRE: 176, 233, 369.
-
-LACORDAIRE: 168.
-
-LACOUR (LOUIS): 440, 451.
-
-LACROIX DU MAINE: 256.
-
-LACROIX (PAUL) [Bibliophile JACOB]: 38, 133, 139, 157, 180, 183, 191,
-248, 339, 340, 341, 352, 448, 451, 455, 461.
-
-LACURNE DE SAINTE-PALAYE: 345.
-
-LAFARGUE (FERNAND): 248.
-
-LA FIZELIÈRE (A. DE): 156, 157.
-
-LA FONTAINE: 91, 174, 175, 177, 213, 233, 326.
-
-LA HARPE: 188.
-
-LALANDE: 376.
-
-LALANNE (LUDOVIC): 9, 10, 11, 30, 38, 45, 57, 71, 86, 87, 88, 102, 103,
-134, 137, 191, 192, 403, 452, 485.
-
-LAMARTINE: 139, 344.
-
-LAMENNAIS: 288.
-
-LA MONNOYE: 376.
-
-LA MOTHE-LE VAYER: 170.
-
-LANCELOT: 288.
-
-LANDRIOT (Mgr): 24.
-
-LANGLÈS: 30.
-
-LANGLOIS (CH.-V.): 314.
-
-LANSON (G.): 69, 172.
-
-LARCHER: 30.
-
-LA ROCHEFOUCAULD (duc DE): 176, 233, 431.
-
-LAROUSSE: 40, 41, 47, 57, 108, 113, 141, 146, 169, 239, 240, 289, 329,
-405, 431, 440, 452.
-
-Larron (rel.): 157-158.
-
-LA SABLIÈRE (Mme DE): 234.
-
-LASCARIS: 113.
-
-Latines (typ.), lettres --: 102, 103.
-
-LATOUCHE (HENRI DE): 111.
-
-LAUDE (JULES): 449.
-
-Laurentienne (la), bibliothèque de Florence: 192, 205.
-
-Laurentinum: 167.
-
-LAURIN (MARC): 31.
-
-LA VALLIÈRE (duc DE): 1.
-
-LA VALLIÈRE (Mlle DE): 141.
-
-_Lavallière_ ou _La Vallière_, couleur -- (rel.): 141, 392.
-
-LAVEDAN (LÉON): 369.
-
-LAVISSE: 170.
-
-_le_ ou _la_, noms propres précédés de cet article, comment les écrire:
-233.
-
-LÉAUTÉ: 42.
-
-LEBEUF (abbé): 340.
-
-LEBRETON: 52.
-
-LEBRUN-PINDARE: 376.
-
-LECLERC (ÉMILE): 2, 40, 42, 46, 52, 74, 80, 81, 86, 91, 92, 96, 97, 98,
-102, 104, 106, 107, 234, 238, 381, 383, 384, 393, 403, 429, 433, 434,
-436, 442, 449, 452.
-
-LECLERC (SÉBASTIEN): 3.
-
-LE CLERC (VICTOR): 172, 233.
-
-LECOQ (JEAN): 71.
-
-LECOY DE LA MARCHE: 9, 102, 103, 131, 453.
-
-Lecture, amour des livres et de la lecture: 1-36; -- au lit, à table:
-366, 367, 369, 370; l'heure la plus favorable pour la --: 370; ne pas
-lire des heures entières sans interruption: 370. Voir Livre.
-
-LEFEVRE (THÉOTISTE): 78, 81, 98, 105, 381, 432, 453.
-
-LEFÈVRE, libraire-éditeur: 90.
-
-LEFRANC DE POMPIGNAN: 377.
-
-LE GALLOIS: X, 453.
-
-LE GASCON, relieur: 133.
-
-LEGOUVÉ (E.): 24.
-
-LE MAIRE (JEAN): 233.
-
-LEMAÎTRE (JULES): 172.
-
-LEMARE: 431.
-
-LEMERRE (ALPHONSE), auteur du _Livre du bibliophile_: 55, 157, 454.
-
-LENAIN DE TILLEMONT: 236.
-
-LE NOIR (PHILIPPE): 72.
-
-LENORMAND (SÉB.): 126, 131, 146, 147, 150, 453.
-
-LÉON X, Pape: 87.
-
-LE PETIT (JULES): 134, 153, 154, 186, 187, 188, 451, 453, 456.
-
-_Lepisma_, insecte bibliophage: 323.
-
-LEROY (EDMOND): 137.
-
-LE SAGE: 16, 232.
-
-LESCARBOT (MARC): 251.
-
-LESNÉ: 123, 144, 146, 147, 149, 151, 154, 155, 454.
-
-LETELLIER ou LE TELLIER: 1.
-
-LETRONNE: 376.
-
-Lettres (les Belles-Lettres), Sainte-Beuve écrivant ce mot avec une L
-majuscule: 19; «un homme de lettres ne devrait jamais déménager»: 203;
-amour des --: voir Lecture et Livre.
-
-Lettres ou caractères (typ.): 95 et suiv.; -- basses: 96, 97; --
-courtes: 97; -- longues: 96; -- longues hautes: 97; -- longues basses:
-97; -- allongées: 102, 103; -- alsaciennes: 102, 103; -- antiques: 102,
-103; -- blanches: 102, 103; -- blanches ombrées: 102; 103; -- bouclées:
-102, 103; -- capillaires: 102; -- élastiques: 102, 103; -- écrasées:
-102; -- égyptiennes: 102, 103; -- grises: 102; -- italiennes: 102, 103;
--- jensoniennes: 102, 103; -- latines: 102, 103; -- maigres: 102, 103;
--- normandes: 102, 103; -- onciales: 102; -- supérieures: 104; --
-tourneures ou tournures: 102; -- filigranées: 102; -- dragontines ou
-saxonnes: 102, 103; -- de forme: 103; -- de somme: 103. caractères
-elzevier, italique, romain: voir ces mots.
-
-LEU (THOMAS DE): 346.
-
-LEVALLOIS (JULES): 172.
-
-Librairie: 109; -- d'occasion: 180-185.
-
-_Library Journal (the)_: 366, 368.
-
-LIBRI (G.): 18.
-
-Ligne (typ.), -- de pied: 78; -- de queue: 78; -- de tête: 78.
-
-Lingot (typ.): 79.
-
-LIPSE (JUSTE): 86.
-
-LISEUX (ISIDORE): 136.
-
-LITTRÉ (ÉMILE): V, 8, 45, 47, 65, 66, 69, 71, 72, 89, 104, 116, 141,
-158, 169, 234, 268, 336, 387, 401, 402, 405, 406, 437, 438, 440.
-
-Livre, amour des livres et de la lecture: 1-36, 189; le livre et le
-journal: 4; la vraie lecture, c'est celle du livre: 4; le livre et les
-sports: 5; amour des livres et des Lettres dans l'antiquité, au moyen
-âge et de nos jours, ce qu'on a dit de plus remarquable à ce sujet:
-6-26; «l'univers n'est gouverné que par des livres»: 15; «rien de plus
-beau qu'un beau livre»: 17, 27; «les livres, les seuls amis que le temps
-ne nous enlève pas»: 24; on ne lit bien un livre que s'il vous
-appartient: 28; livres de cabinets de lecture, véhicules de maladies
-contagieuses: 29, 371-373; faut-il prêter ses livres: 30-36; livres
-anciens, incunables: 69-72, 85, 437; il n'existe aucun livre sans faute:
-111; faut-il faire relier les --: 119 et suiv.; -- sont des amis qu'il
-faut pouvoir traiter familièrement: 121; un relieur ne doit jamais dire
-d'un livre: «C'est un bouquin»: 155; achat des --: 165-189; «leur
-multitude dissipe l'esprit»: 166; livres de référence: 156, 168; -- en
-blanc: 158; -- de chevet: 173 et suiv.; -- brochés: 180; comment ils
-étaient rangés autrefois dans les bibliothèques: 191 et suiv.;
-l'humidité, la grande ennemie des livres: 198; un livre est un être
-vivant: 199, 317; -- doit être placé dans une bibliothèque de manière à
-n'être jamais cherché, mais simplement pris: 218; -- ont besoin d'air:
-317; avec quoi les essuyer: 318; les ennemis des livres: insectes,
-souris, rats, poussière, humidité, soleil, gaz, collectionneurs,
-emprunteurs, femmes, etc.: 321-326, 336-354; nettoyage et réparation des
---: 327-336; équarrissage des --: 340-342; comment couper les feuillets
-d'un livre broché: 354-359; la meilleure manière de retirer un livre
-rangé avec d'autres sur un rayon de bibliothèque: 359-360; par où et
-comment tenir un livre: 360; un bon livre est un ami: 361; respect dû
-aux livres: 361-365; précautions à prendre dans le maniement et pour la
-conservation des livres: 365-373; doit-on les annoter (notes
-manuscrites): 373-377; apothéose des livres: 377; «se vendre bien ne fut
-jamais la marque infaillible de la bonté d'un livre»: 461; etc.
-
-LOEW: 325.
-
-LOMEIER (J.): 453, 454.
-
-LORENZ (OTTO): 23, 170, 301, 353, 451, 454, 456.
-
-LOUANDRE (CH.): 177, 454, 459.
-
-LOUIS (saint): 238, 369.
-
-LOUIS XII: 39, 107.
-
-LOUIS XIII: 197.
-
-LOUIS XIV: 12, 18.
-
-LOUIS XV: 139.
-
-LOUISY (P.): 106, 110, 180, 191, 452, 454.
-
-LUBBOCK (J.): 16, 455.
-
-LUC (saint): 9, 365.
-
-LUCAS (CH.): 450.
-
-LUCIEN DE SAMOSATE: 6, 8.
-
-Lumière solaire, -- du gaz, -- électrique; leur action sur la couleur
-des papiers: 337-339.
-
-
-M
-
-MABUN (JEAN): 257.
-
-MAC-LAURIN ou MACLAURIN: 235, 288.
-
-Maculatures (pap. et typ.): 40, 41.
-
-_Magasin pittoresque (le)_: 40, 56, 147, 173, 248, 323, 326, 330, 333,
-343, 349, 353, 356, 455.
-
-MAIGNE: 126, 131, 146, 147, 150, 453, 455.
-
-Main (pap.): 52.
-
-MAÏOLI. (THOMAS): 30, 36, 133.
-
-MAIRE (ALBERT): 40, 52, 56, 67, 84, 104, 105, 131, 132, 144, 149, 156,
-192, 200, 201, 202, 210, 220, 223, 224, 230, 234, 238, 245, 248, 249,
-253, 254, 257, 258, 259, 260, 292, 295, 318, 321, 325, 376, 393, 449,
-450, 455, 485.
-
-MAISTRE (J. DE): 17, 233.
-
-MALHERBE: 33, 144, 176.
-
-MANQUEST: 52.
-
-Manuscrit, s; abréviation de ce mot: 393.
-
-MARAT: 139.
-
-MARCHAND (PROSPER): 258.
-
-Marche (typ.): 1-2.
-
-Marges des livres: 149; leur importance: 154, 155; fausses marges: 156,
-157.
-
-MARMONTEL: 432.
-
-Maroquin (rel.): 131.
-
-Marque d'eau (pap.): 44.
-
-Marques des anciens imprimeurs: 71-72.
-
-MARTIN (GABRIEL): 258.
-
-MARTIN (HENRI), archiviste paléographe: 236.
-
-MARTIN (HENRI), historien: 159, 170, 171, 236-237.
-
-MARTIN (HENRI), professeur: 237.
-
-MARTIN (LOUIS-AIMÉ): 248.
-
-MARTINI: 148.
-
-MARTONNE (G.-F. DE): 446, 455.
-
-MASPÉRO: 170.
-
-MASSOL: 289.
-
-MAURY (ALFRED): 455, 459.
-
-MAZADE (CH. DE): 171.
-
-MÉLANCHTHON (SCHWARZERD): 242, 243.
-
-Membrures (rel.): 128.
-
-_Mémorial de la librairie française_: 42, 49, 58, 63, 323, 339, 353,
-455.
-
-MÉNAGE (GILLES): 5, 111.
-
-MENDEL (CH.): 442, 456.
-
-MÉRAY (ANTONY): 24, 330, 331, 332, 335.
-
-MERCIER (SÉBASTIEN): 121, 124.
-
-MÉRIMÉE: 89.
-
-MESME (Président DE): 456.
-
-MEUNIER DE QUERLON: 33.
-
-MICHAULT (PIERRE): 430.
-
-MICHEL (MARIUS): 134, 456.
-
-MICHELET, historien: 113, 170, 171.
-
-Mignonne (typ.), caractère d'impr.: 98, 101.
-
-Millésime (d'un volume): 113.
-
-MILTON: 16.
-
-Ministre, papier --: 53.
-
-MIQUEL (P.): 325.
-
-MIRABEAU: 376.
-
-Moins ou tiret (typ.): 432.
-
-MOÏSE: 9, 365.
-
-MOLIÈRE: 91, 174, 177, 236.
-
-MOLINIER (A.): 260, 450.
-
-MONMERQUÉ: 170.
-
-MONTAIGLON (M. DE): 251.
-
-MONTAIGNE: 7, 11, 28, 141, 174, 178, 188, 343, 402.
-
-MONTAIGU (ÉMILE): 172.
-
-MONTALTE (LOUIS DE), pseud. de Pascal: 241.
-
-MONTEIL (ALEXIS): 170.
-
-MONTESQUIEU: 5, 13, 14, 236.
-
-MONTORGUEIL (GEORGES): 450.
-
-MORANTE (marquis DE): 206.
-
-MOREAU, dessinateur et graveur: 3.
-
-MOREAU (GEORGES): 2.
-
-MOREL (J.), imprimeur: 86.
-
-MORELLET: 376.
-
-Mors d'un livre (rel.): 128, 146.
-
-MORTET (V.): 46.
-
-Mot d'ordre (classific.): 222, 225, 232.
-
-MOUCHY (duchesse DE): 353.
-
-Mouillures (taches d'humidité): 329, 330.
-
-MOURAVIT (G.): X, 6, 22, 23, 27, 28, 30, 43, 91, 92, 123, 134, 137, 138,
-143, 167, 168, 176, 186, 187, 206, 259, 261, 263, 353, 377, 445, 452,
-454, 456, 457, 458, 461, 485.
-
-Moyenne de fonte (typ.), caractère d'impr.: 98.
-
-MULSANT (E.) (UN BIBLIOPHILE): 321, 353, 455, 456.
-
-MUNIER (J.-B.): 52, 456.
-
-MURRAY: 111.
-
-_Musée des familles_: 121.
-
-MUSSET (ALFRED DE): 135, 374.
-
-MUSURUS: 113.
-
-
-N
-
-NAIGEON: 376.
-
-NAMUR (P.): 198, 231, 283, 289, 429, 430, 431, 456.
-
-NAPOLÉON 1er: 138, 140.
-
-NAPOLÉON III: 138.
-
-_Nature (la)_: 40, 42, 46, 47, 50, 51, 56, 59, 117, 338, 440, 456.
-
-NAUDÉ (GABRIEL): XII, 122, 174, 193, 194, 196, 197, 257, 456.
-
-NAUMANN: 324.
-
-NÉE DE LA ROCHELLE: 258.
-
-Nerfs ou nervures (rel.): 120, 129, 146.
-
-Nettoyage des bibliothèques et des livres: 318 et suiv.
-
-_Ne varietur_, édition --: 70, 404.
-
-NIVEL: 71.
-
-NOAILLES (vicomtesse DE): 353.
-
-Nobiliaire, particule --: voir _de, du, d'_.
-
-NODIER (CHARLES): 26, 34, 326, 376, 457.
-
-Nonpareille (typ.), caractère d'impr.: 98, 101.
-
-Normandes (typ.), lettres --: 102, 103.
-
-Note, appel de --: 435, 436.
-
-Notes tironiennes: 71, 381.
-
-Numération romaine: 427-431.
-
-
-O
-
-Obèle, obélisque (typ.): 436.
-
-_Obit_ (typ.): 97.
-
-Occasion, librairie et livres d'--: 180-185.
-
-ŒCOLAMPADE (HAUSSCHEIN): 242, 243.
-
-_Œcophora_, insecte bibliophage: 321, 322.
-
-Œil (typ.), -- des caractères: 96.
-
-ŒTTINGER (ÉD. M.): 457.
-
-Oiseau, reliure à l'--: 142.
-
-Onciale (typ.), lettre --: 102.
-
-Onglet (typ. et rel.): 81, 151.
-
-OSYMANDIAS: 4.
-
-OVIDE: 11, 339.
-
-
-P
-
-PADELOUP, relieur: 133.
-
-Page, nombre de pages des feuilles selon les formats: 72-74, 82; belle
--- (typ.): 115; fausse -- (typ.): 115.
-
-Paléotype, synon. d'incunable: 69.
-
-Palestine (typ.), caractère d'impr.: 98.
-
-Paon, queue de paon (papier de couleur): 395.
-
-Papier, élément essentiel et fondamental du livre: 37; son origine,
-anciens procédés de fabrication: 39 et suiv.; procédés modernes, grande
-consommation actuelle: 40 et suiv.; -- à la forme: 43 et suiv.;
-blanchiment du --: 43; papier à la machine, papier de bois: 43 et suiv.;
-mauvaise qualité de la plupart des -- modernes: 43, 60; couleur de -- la
-moins fatigante pour les yeux: 50-51; «Ménagez vos yeux»: 50-52;
-funestes effets des impressions sur -- rouge ou rose: 51-52; dimensions
-et modes d'emploi des principales sortes de papiers: grand aigle,
-colombier, soleil, jésus, raisin, double couronne, cavalier, carré,
-coquille, écu, couronne, tellière ou ministre, pot ou écolier, cloche:
-53, 77, 78; altération de la couleur des --: 58 et suiv., 338-339;
-moyens de reconnaître la qualité des --: 59-63; papiers dangereux, leur
-désinfection: 29, 325, 372; -- brouillard (buvard): 47, 48; -- bulle:
-57; -- buvard: 47; -- Canson: 55; -- de Chine: 38, 39, 55, 60, 152; --
-collé, non collé, demi-colle: 47, 48, 331; -- couché: 48, 49; -- glacé,
-inconvénients des papiers trop glacés: 49; -- gris (buvard): 48; -- de
-Hollande: 39, 54, 152; -- indien d'Oxford: 57; -- du Japon: 39, 56, 60;
-comment couper le papier du Japon: 359; -- joseph: 57; -- parchemin ou
-parchemin végétal: 56; -- pelure: 56; -- porcelaine: 57; -- serpente:
-56; -- de soie: 57; -- végétal ou à calquer: 57; -- vélin: 39, 55, 131;
--- vergé: 38, 54; -- Whatman: 38, 39, 55.
-
-Papyrus: 39.
-
-Paragraphe (typ.): 435.
-
-Parchemin: 56, 131.
-
-PARENT (aîné): 289, 457.
-
-Parenthèses (typ.): 434.
-
-Paris, mieux pourvu en grandes bibliothèques que toute autre ville du
-monde: XII; bibliothèque de la ville de Paris (musée Carnavalet),
-classement des livres: 295-297.
-
-PARIS (GASTON): 172.
-
-PARIS (PAULIN): 172.
-
-Parisienne (typ.), caractère d'impr.: 98.
-
-PARVILLE (HENRI DE): 456.
-
-PASCAL: 25, 141, 177, 179, 229, 241.
-
-PATIN (GUI): 12.
-
-PAULMY (marquis DE): 1, 21, 247, 376.
-
-Peigne (pap. et rel.), papier --, tranches --: 395.
-
-PEIGNOT (G.): 6, 11, 31, 85, 87, 168, 200, 289, 318, 319, 320, 321, 453,
-457-458.
-
-PELLECHET (Mlle MARIE): 72, 323, 353, 458.
-
-PELLET (MARCELLIN): 134.
-
-PELLISSIER (GEORGES): 172.
-
-Perle (typ.), caractère d'impr.: 98.
-
-Petit-canon (typ.), caractère d'impr.: 98.
-
-PETIT DE JULLEVILLE: 172.
-
-Petit-parangon (typ.), caractère d'impr.: 98.
-
-PETIT-RADEL: 402, 452, 458, 485.
-
-Petit-romain (typ.), caractère d'impr.: 93, 101.
-
-Petit-texte (typ.), caractère d'impr.: 98.
-
-PETITOT: 170.
-
-PÉTRARQUE: 10, 86, 192, 458.
-
-PETZHOLDT: X, 192, 193, 221, 444, 449, 458.
-
-Philosophie (typ.), caractère d'impr.: 98, 101.
-
-PICHON (J.): 459.
-
-Pièce, synon. de brochure (plaquette): 66, 67.
-
-Pièce ou étiquette (rel.): 160.
-
-Pied-de-mouche (typ.): 436.
-
-PIGOUCHET (PHILIPPE): 72.
-
-PINÇON (P.): 446, 459.
-
-Pipe (rel.): 129.
-
-Piqûres (taches d'humidité): 329, 330.
-
-PLANCHE, helléniste: 243.
-
-PLANTIN: 3, 71, 106, 179.
-
-Plaquette, définition de ce mot: 66, 67.
-
-Plats (rel.): 125; -- de bois: 125, 322.
-
-Pleins (typ.), -- d'une lettre: 97.
-
-PLESSIS (YVE): voir YVE-PLESSIS.
-
-PLINE L'ANCIEN: 6, 428, 429, 439.
-
-PLINE LE JEUNE: 6, 7, 167, 174, 439.
-
-PLUMIER, botaniste: 31.
-
-PLUTARQUE: 6, 7, 8, 11.
-
-Poignard (typ.): 436.
-
-Point d'exclamation entre parenthèses (!): 435.
-
-Point d'interrogation entre parenthèses (?): 435.
-
-Points suspensifs (...): 229, 435, 436.
-
-Point typographique: 95, 96, 101.
-
-POISSON (P.): 401, 459.
-
-Police (typ.), -- d'un caractère: 104, 105.
-
-_Polybiblion_: 301, 459.
-
-POMPADOUR (marquise DE): 353.
-
-PONSARD: 19.
-
-Pontuseaux (pap.): 44, 54.
-
-POREL: 352.
-
-Porse (pap.): 45.
-
-Pot (pap.): 53.
-
-Pousser un titre (rel.): 130, 159.
-
-PRAET (van): 234-235.
-
-_Pratique médicale (la)_: 316.
-
-PRIEUR: 259, 264.
-
-Primes offertes pour achats de livres: 185.
-
-PSAUME: 459.
-
-PUTEANUS (GUILLAUME DUPUIS): 86.
-
-
-Q
-
-QUENTIN-BAUCHART (ERNEST): 353, 459.
-
-QUÉRARD (J.-M.): 170, 240, 433, 440, 442, 443, 451, 454, 455, 459.
-
-QUERCETANUS (ANDRÉ DUCHESNE): 242.
-
-Queue (rel.), -- d'un livre: 127.
-
-Queue (typ.), -- d'une lettre: 97.
-
-Queue de paon (papier de couleur): 395.
-
-QUILLET, «roi des équarrisseurs de livres»: 341-342.
-
-QUINET (EDGAR): 171.
-
-
-R
-
-RABELAIS: 30, 31, 159, 174.
-
-RACINE: 67, 91, 159, 177, 286, 375.
-
-RAFFET: 140.
-
-RAGUSE (duchesse DE): 353.
-
-Raisin (pap.): 53, 77.
-
-Rame (pap.): 52.
-
-RANDON DE BOISSET: 31.
-
-RATMAN (MARY): 135.
-
-RAUCONET: 113.
-
-Ravet, insecte bibliophage: 322.
-
-Rayons ou tablettes; rayonnage, base du mobilier dans toute
-bibliothèque: 200 et suiv.; rayonnage fixe, -- mobile, -- à
-crémaillères, -- à clavettes: 202 et suiv.
-
-Réclame (typ.): 69, 79.
-
-RECLUS (ÉLISÉE): 172, 403, 433.
-
-Recueils factices: 153.
-
-Référence, livres de --: 156, 168.
-
-Registre (typ.): 69.
-
-Registre d'entrée (classific.): 211, 223, 224, 285.
-
-REGNAULT (ÉLIAS): 171.
-
-REGNAULT (PIERRE): 250.
-
-REGNIER (ADOLPHE): 176.
-
-REGNIER (MATHURIN): 91, 174.
-
-Relieurs, leur tendance à trop rogner les livres: 154-155, 346-347; un
-relieur ne doit jamais dire d'un livre: «C'est un bouquin»: 155; où
-trouver de bons --: 164.
-
-Reliure: 119-164; faut-il faire relier les livres: 119-120; couture de
-la --: 120 et suiv.; reliure ou cartonnage bradel: 124, 143, 144;
-reliure et demi-reliure: 124 et suiv.; -- pleine: 130-132; -- en cuir de
-Russie: 131, 338, 368, 369; -- en toile: 132; -- à la salamandre: 133;
--- d'art: 132, 133; -- en peau humaine: 134 et suiv.; -- à musique: 138;
--- uniforme: 139; -- janséniste: 141-142; -- à la fanfare: 142; -- à
-l'oiseau: 142; -- à l'S barré: 142; -- anglaise: 145; -- sans couture ou
-arraphique: 150. Ne pas faire relier les livres récemment imprimés:
-151-152. Conseils pratiques pour la --: 151-164. Tarif de reliures: 163.
-
-_Reliure (la)_, revue mensuelle: 162, 460.
-
-RENAN (E.): 170, 172.
-
-_Renart (Roman de)_: 9.
-
-RENAUDOT: 12.
-
-RENEL: 46, 47.
-
-RENIER (LÉON): 447.
-
-RENOUARD (A.-A.): 176, 433, 458, 460.
-
-Réparation des livres: 327 et suiv.
-
-Répons (℟.): 436.
-
-Réserve (de la Bibliothèque nationale): 209, 249.
-
-RESTIF DE LA BRETONNE: 203.
-
-RETZ (cardinal DE): 177.
-
-_Revue biblio-iconographique_: 40, 60, 61, 63, 460.
-
-_Revue des bibliothèques_: 40, 46, 228, 460.
-
-_Revue des Deux Mondes_: 18.
-
-_Revue internationale des bibliothèques_: 314.
-
-_Revue scientifique_: 29, 49, 304, 306, 315.
-
-_Revue universelle_ (précédemment _-- encyclopédique_): 2, 135, 136,
-137, 138, 169, 173, 373.
-
-RHENANUS, historien: 113.
-
-RICH (ANTHONY): 172.
-
-RICHARD (JULES): 22, 34, 38, 109, 112, 123, 139, 152, 160, 175, 176,
-186, 199, 219, 221, 318, 319, 376, 460.
-
-RICHELIEU (cardinal): 340.
-
-RICHET (CHARLES): 304, 315.
-
-RICHOU (G.): 460.
-
-RIGAULT (H.): 22.
-
-RIGAULT, imprimeur: 71.
-
-RIS-PAQUOT: 329, 331, 460.
-
-RIVE (abbé): 136.
-
-Rubricateur: 71.
-
-ROBERT (LOUIS): 43.
-
-ROBERT (ULYSSE): 450, 460.
-
-ROCCA (ANGE): 111, 112.
-
-ROD (ÉDOUARD): 172.
-
-ROLLIN: 27.
-
-Romain (typ.), genre de caractères: 95, 99, 100, 101, 116.
-
-ROME (DE), relieur: 133, 135, 142; sa tendance à trop rogner les livres:
-347, 348.
-
-Rondage: 231.
-
-Ronde, genre de caractères d'impr. et d'écriture: 102, 103.
-
-RONSARD: 11.
-
-ROTHSCHILD (M. DE): 251.
-
-ROUSSEAU (J.-J.): 178, 179, 288, 433.
-
-ROUSSEL: 159.
-
-ROUSSET (commandant): 171.
-
-ROUVEYRE (ÉD.): 25, 34, 70, 75, 85, 126, 156, 157, 202, 208, 219, 272,
-318, 334, 340, 371, 393, 440, 441, 443, 460, 461, 462.
-
-ROVER: 206.
-
-ROYER-COLLARD: 168, 433.
-
-
-S
-
-S barré, reliure à l'--: 142.
-
-SACY (SILVESTRE DE), son article «mémorable» sur sa bibliothèque, adieux
-à ses livres: 25-26; 182.
-
-SADE (marquis DE): 136.
-
-Saint, e, comment écrire les noms propres dans lesquels figure ce mot
-(saint Paul, Saint-Simon, église Saint-Pierre, etc.): 238.
-
-Saint-augustin (typ.), caractère d'impr.: 98, 101.
-
-SAINT-FOIX (G.-F. DE): 239.
-
-SAINT-MAUR (Bénédictins de): 172, 339.
-
-SAINT-PIERRE (BERNARDIN DE): 16, 239, 248.
-
-SAINT-SIMON, historien: 171, 177, 179.
-
-SAINT-VICTOR (J.-M. BINS DE): 239.
-
-SAINTE-BEUVE: 12, 14, 16, 17, 19, 25, 26, 168, 172, 174, 239, 376, 461.
-
-Salamandre, reliure à la --: 133.
-
-SALDEN: 23.
-
-SALOMON: 9, 12.
-
-SAND (GEORGE): 241, 242.
-
-SARCEY (FRANCISQUE): 117, 169.
-
-SAUVAGE (ED.): 306, 309, 310, 311, 312.
-
-Savigny (Christofle de): 256.
-
-SAVOT (LOUIS): 197.
-
-Saxonnes, lettres --: 103.
-
-SCALIGER: 36, 86, 167.
-
-SCHOEFFER: 103.
-
-SCHOELCHER (VICTOR): 31.
-
-SCHWARZERD (OU SCHWARTZERDE): 242.
-
-SCOTT (WALTER): 16, 160.
-
-Sédanaise (typ.), caractère d'impr.: 98.
-
-SÉGUIER (chancelier): 18.
-
-SÉNÈQUE LE PHILOSOPHE: 6, 7, 165, 166, 174.
-
-SERÉ (FERNAND): 191, 452, 461.
-
-Serpentante, méthode de classement des livres: 211.
-
-SÉVIGNÉ (Mme DE): 12, 13, 28, 176, 179, 233, 234, 236.
-
-SHAKESPEARE: 174.
-
-SHEPHERD J. FRANZ: 117.
-
-SIEYÈS: 174.
-
-Sigles (abréviat.): 70, 71, 381.
-
-Signature (typ.): 69, 75, 78-79, 81. Tableau des signatures dans les
-principaux formats: 82.
-
-Signet (rel.): 129.
-
-SILVESTRE (L.-C.): 72, 461.
-
-SMYTH: 148.
-
-SOBOLSTCHIKOFF (B.): 461.
-
-Soleil, son action sur la couleur des reliures: 337; -- des papiers:
-339.
-
-Soleil ou petit colombier (pap.): 53.
-
-SOPHIE (Mme), fille de Louis XV: 139.
-
-SOPHOCLE: 10.
-
-Sorbonne, bibliothèque de la --, classement des livres: 292-294.
-
-SOREL (ALBERT): 171.
-
-SOREL (CHARLES): 461.
-
-SOUBISE: 1.
-
-Souscription ou _explicit_ (typ.): 70.
-
-Souscription (bibl.), se méfier des ouvrages publiés par --: 185.
-
-SPON: 12.
-
-STAENDER (docteur): 206.
-
-STAPFER (PAUL): 41, 172.
-
-STARK: 108, 448.
-
-STEIN (HENRI): 314, 440, 461.
-
-STEPHANUS (HENRI ESTIENNE): 242.
-
-Stéréotypie: 107, 108.
-
-STERN (DANIEL): 171.
-
-STERNE: 135.
-
-Stromates, recueils factices: 346.
-
-Style, vieux style, nouveau style (chronologie): 398.
-
-SUARD: 135.
-
-SUE (EUGÈNE): 136.
-
-Suscription ou _incipit_ (typ.): 69.
-
-SYDENHAM: 15.
-
-
-T
-
-Table alphabétique: voir Index.
-
-Table des matières, de l'avis des plus compétents bibliographes, doit
-être placée en tête du livre: 485.
-
-Tablettes (de bibliothèque): voir Rayons.
-
-Taches sur les feuillets des livres, moyens de les enlever: 328-336.
-
-TACITE: 339.
-
-TAINE (HIPPOLYTE): 171, 172.
-
-Talus (typ.), -- des caractères: 96.
-
-TALLEMANT DES RÉAUX: 35, 36.
-
-TALLEYRAND (M. DE), sa bibliothèque: 215-216.
-
-TANNERY (J.): 47.
-
-TANNERY (PAUL): 428.
-
-TASSIS (A.): 2, 234, 238, 462.
-
-TAYLOR (E. F.), bibliographe anglais: XI, 433, 447.
-
-TECHENER (J.-J.): 433, 462.
-
-TEDDER (H. R.), bibliographe anglais: XII, 433, 447.
-
-Tellière (pap.): 53.
-
-Témoins (rel.): 157.
-
-TEMPORAL (JEHAN): 72.
-
-_Temps (le)_: 2, 352.
-
-TENANT DE LATOUR: 189, 216, 217, 462.
-
-Tête d'un livre (rel.): 127; doit toujours être rognée: 156-157.
-
-TEXIER (EDMOND): 122-123.
-
-THÉOPHRASTE: 350.
-
-THIELMAN KERVER: 72.
-
-THIERRY (AUGUSTIN): 170.
-
-THIERS: 138, 154, 170.
-
-THOMAS (E. C.), bibliographe anglais: XII, 447.
-
-THOU (MM. DE): 1, 38, 232, 258, 348, 376.
-
-THOUVENIN, relieur: 133, 142.
-
-THUREAU-DANGIN: 171.
-
-Timbrage des volumes dans les bibliothèques publiques: 230.
-
-Tirage (libr.), définition de ce mot: 67.
-
-Tirage (typ.): 107, 108.
-
-Tiret ou moins (typ.): 432.
-
-TIRO (TULLIUS): 71.
-
-Tironiennes, notes --: 71, 381.
-
-TISSANDIER (GASTON): 332, 334.
-
-TITE-LIVE: 339.
-
-Titre des livres: 113-116; -- courant (typ.): 113-114; -- de départ
-(typ.): 114, 116; -- à pousser (rel.) 130, 159-160; grand titre ou
-frontispice (typ.): 69, 115-116; faux titre (typ.): 114, 115.
-
-Tome, définition de ce mot: 66.
-
-TORY (GEOFFROY): 72.
-
-Tourniquet (papier de couleur): 395.
-
-Train (rel.): 152.
-
-Trait d'union ou division (typ.): 238, 248, 432-434.
-
-Tranche, tranches d'un livre (rel.): 127.
-
-Tranche-file (rel.): 128.
-
-TRAUTZ-BAUZONNET: 133, 134.
-
-TRILLAT: 325.
-
-Triple-canon (typ.), caractère d'impr.: 98.
-
-Trismégiste (typ.), caractère d'impr.: 98.
-
-Tuberculose, sa propagation par les livres: 29, 371-373.
-
-
-U
-
-Université de France (Sorbonne), classement des livres: 292-294.
-
-URBAIN (V.): 42.
-
-UZANNE (O.): 5, 7, 32, 33, 34, 134, 145, 351, 352, 439, 440, 441, 461,
-462.
-
-
-V
-
-VACHON (MARIUS): 462.
-
-VALÈRE-MAXIME: 350.
-
-VALINCOUR: 26.
-
-VALLÉE (LÉON): 463.
-
-VAN PRAET: 234-235.
-
-VARRON: 6.
-
-VASCOSAN: 72.
-
-VAULABELLE (A. DE): 171.
-
-VAUVENARGUES: 14.
-
-Vedette (catalogues et classific.), fiche --: 221, 253.
-
-Vélin (pap.): 39, 55, 131.
-
-Vénitiennes (typ.), lettres --: 100.
-
-VÉRARD: 72, 249.
-
-Vergeures (pap.): 44, 54.
-
-VERNET (H.): 140.
-
-VERRUE (comtesse DE): 353.
-
-Vers et insectes bibliophages: 320 et suiv.
-
-Verset (℣.): 436.
-
-VEYDT (L.): 135.
-
-VIAN: 234.
-
-VICTOIRE (Mme), fille de Louis XV: 139.
-
-VIGNEUL-MARVILLE: 38.
-
-VIGNY (ALFRED DE): 168.
-
-VILLEMAIN: 21.
-
-VILLOTTE (LOUIS DE): 108.
-
-VINET (A.): 24.
-
-VIRGILE: 11.
-
-VITRUVE: 196, 197.
-
-VITU (A.): 463.
-
-VIVONNE (duc DE): 12.
-
-VOSTRE (SIMON): 72.
-
-VOLTAIRE: 12, 14, 15, 20, 41, 167, 168, 174, 178, 236, 240, 241, 242,
-288, 376, 377, 435.
-
-Volume, définition de ce mot: 66.
-
-
-W
-
-WECHEL: 71.
-
-WERDET (EDMOND): 88, 463.
-
-Whatman, papier --: voir Papier.
-
-WIESNER: 338, 339.
-
-
-Y
-
-YVE-PLESSIS (R.): 35, 325, 326, 463.
-
-
-Z
-
-ZÉNON LE STOÏCIEN: 15.
-
-ZOLA (ÉMILE): 68.
-
-
-
-
-NOTES
-
-
- [1] G. MOURAVIT, _le Livre_, p. 370.
-
- [2] LE GALLOIS, auteur d'un _Traité des plus belles bibliothèques de
- l'Europe_ (Paris, Michallet, 1680).
-
- [3] Rien ne réussit mieux en France que ce qui n'est pas français: on
- l'a dit souvent et depuis longtemps: «Les François ont toujours eu
- cela de bon (entre autres mauvaises graces) de prester plus
- voulentiers audience et faveur aux estrangers qu'aux leurs propres».
- (BONAVENTURE DES PERIERS, _Nouvelles Récréations_, Nouv. 88, p. 222.
- Paris, Delahays, 1858.)
-
- [4] «France must be regarded as the real mother of bibliography... The
- labours of French bibliographers, especially after Naudé, converted
- a study, more or less desultory, into a science and a systematic
- pursuit.» (E. F. TAYLOR, _Encyclop. britannica_, art. Bibliography,
- t. III, p. 651, col. 2.) «La France doit être considérée comme la
- vraie mère de la bibliographie... Les travaux des bibliographes
- français, surtout après Naudé, ont converti une étude plus ou moins
- décousue en une science et un travail systématiques.»--Cf. aussi
- CONSTANTIN, _Bibliothéconomie_, p. 6.--«Paris is much better
- provided than London or any other city in the world with great
- public libraries.» (H. R. TEDDER et E. C. THOMAS, _Encyclop.
- britannica_, art. Libraries [Bibliothèques], t. XIV, p. 525, col.
- 2.) «Paris est bien mieux pourvu que Londres ou que toute autre
- ville du monde en grandes bibliothèques publiques.»--Et, de l'aveu
- des Allemands eux-mêmes, parmi tous les systèmes de classification
- qu'on possède, le moins imparfait est encore le nôtre, celui de
- Brunet.
-
- [5] GABRIEL NAUDÉ, _Advis pour dresser une bibliothèque_, p. xv.
-
- [6] Selon les _Règles typographiques de la librairie Hachette_ (pp. 1,
- 22 et 50), nous écrivons «CHAPITRE I», comme on écrit «CHAPITRE II,
- III, IV,» etc., et non «CHAPITRE PREMIER», forme employée par la
- plupart des imprimeurs. Autant que possible, nous suivrons
- d'ailleurs, dans le cours du présent livre, la _marche_
- (c'est-à-dire l'ensemble des règles typographiques) de la librairie
- Hachette, qui est aussi la marche adoptée par l'imprimerie Lahure.
- Quantité de ces règles sont non seulement très minutieuses, mais
- aussi très variables et sujettes à caution et à discussions. Sans
- parler de la ponctuation, l'emploi des lettres majuscules et des
- caractères italiques donne lieu notamment à des incertitudes et des
- tâtonnements continuels. Écrira-t-on: Ministère de l'Intérieur, ou
- Ministère de l'intérieur, ou ministère de l'Intérieur, ou ministère
- de l'intérieur? Bibliothèque Nationale, ou Bibliothèque nationale,
- ou bibliothèque nationale? L'architecture du Moyen Age, ou du moyen
- âge? De même, à quels mots mettra-t-on des majuscules dans: le
- _Traité des études_ de Rollin, _la Nouvelle Héloïse_ de Rousseau,
- _les Précieuses ridicules_ de Molière, _De l'esprit des lois_ de
- Montesquieu? Les titres des livres, journaux, etc., devant toujours
- être composés en italique (caractères penchés) lorsque le texte est
- en romain (caractères droits, analogues à ceux-ci), nous avons le
- choix entre: Je lis le _Temps_, Je lis _le Temps_, et Je lis _Le
- Temps_. Cette dernière marche, très justifiable, puisqu'elle
- reproduit le titre exact du journal, est suivie par de bonnes
- imprimeries et d'excellentes publications, comme la _Revue
- universelle_, que dirige avec tant de compétence et de goût M.
- Georges Moreau. La seconde marche: Je lis _le Temps_, conserve
- l'italique au titre entier, mais met une minuscule à l'article, ce
- titre se trouvant compris dans le texte, et la majuscule à l'article
- n'étant de règle qu'au début de la phrase. C'est la marche que nous
- adoptons, tout en reconnaissant que la précédente est tout aussi
- défendable et satisfaisante. Quant à la première: Je lis le _Temps_,
- elle a encore des partisans; ils considèrent ici l'article, non
- comme appartenant au titre du journal, mais «comme partie intégrante
- de la phrase, et il est évident alors qu'il faut l'exprimer comme
- elle, c'est-à-dire en romain,» selon le conseil de
- DAUPELEY-GOUVERNEUR, dans son manuel _le Compositeur et le
- Correcteur typographes_, p. 119. Au début d'un ouvrage concernant
- «le Livre», ces courtes observations typographiques ne paraîtront
- sans doute pas inopportunes. (Outre les deux sources citées
- ci-dessus, voir sur ces questions: AUGUSTE TASSIS, _Guide du
- correcteur, passim_;--ÉMILE LECLERC, _Typographie_ (Manuels Roret),
- chap. V, pp. 111-198;--E. DESORMES, _Notions de typographie à
- l'usage des écoles professionnelles_: Lecture des épreuves, pp.
- 280-321;--etc.)
-
- [7] Osymandias. Cf. DIODORE DE SICILE, _Biblioth. histor._, I, 49; et
- BOSSUET, _Discours sur l'hist. univers._, III, 3. Dans le texte de
- Diodore, il y a simplement ἰατρεῖον, officine médicinale.
-
- [8] Et combien de livres sont «journaux» en ce point! Mais ici la
- rapidité et la négligence ne sont pas essentielles à l'œuvre, elles
- ne proviennent que du fait de l'auteur; tandis que le journal,
- pressé par l'actualité, aiguillonné par la concurrence, est tenu de
- se hâter avant tout.
-
- [9] THÉOPHILE GAUTIER, _Mademoiselle de Maupin_, préface, p. 34.
- (Paris, Charpentier, 1866.)
-
- [10] «Aimer à lire, c'est faire un échange des heures d'ennui que l'on
- doit avoir en sa vie contre des heures délicieuses.» (MONTESQUIEU,
- _Pensées diverses_, Variétés.--_Œuv. compl._, t. II, p. 431. Paris,
- Hachette, 1866. 3 vol. in-18.)
-
- [11] Le mot est de Gilles Ménage. Cf. OCTAVE UZANNE, _Du prêt des
- livres_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I. p. 35.
-
- [12] Cf. BOLLIOUD-MERMET, _Essai sur la lecture_ et _De la
- bibliomanie_;--GABRIEL PEIGNOT, _Œuv._, _passim_, et notamment
- _Manuel du biblioph._, Discours prélimin.;--JULES JANIN, _l'Amour
- des livres_ (plaq. de 61 pp.) et _le Livre_;--JEAN DARCHE, _Essai
- sur la lecture_;--MOURAVIT, _le Livre_;--B.-H. GAUSSERON,
- _Bouquiniana, notes et notules d'un bibliologue_, ouvrage destiné à
- «tous les amants du livre, curieux des opinions et des impressions
- de ceux qui l'ont aimé avant eux» (p. 6), où l'auteur a réuni, comme
- nous allons le faire, un grand nombre de maximes et pensées sur les
- livres et la lecture. M. Gausseron a glané de préférence parmi les
- écrivains anglais.--Etc., etc.
-
- [13] «Hæc studia adolescentiam alunt, senectutem oblectant, secundas
- res ornant, adversis perfugium ac solatium præbent, delectant domi,
- non impediunt foris, pernoctant nobiscum, peregrinantur,
- rusticantur.» (CICÉRON, _Pro Archia_, VII.) C'est encore Cicéron qui
- a dit (_Ad Famil._ [_Varroni_], IX, 4): «Si hortum in bibliotheca
- habes, deerit nihil.» M. OCTAVE UZANNE (_Nos amis les livres_, p.
- 268) a délicatement commenté cette sentence: «Seigneur, s'écriait un
- ancien, accordez-moi une maison pleine de livres, un jardin plein de
- fleurs!» Il semble que dans cette prière soit contenue toute la
- quintessence de la sagesse humaine: les fleurs et les livres
- masquent les tristesses de cette vie, et nous font aller en
- souriant, l'œil égayé, l'esprit bienheuré, jusqu'au jour de la
- grande échéance définitive, au vrai quart d'heure de Rabelais.»
-
- [14] SÉNÈQUE, _Lettres à Lucilius_, 82.--Pour abréger, je m'abstiens
- de citer le texte original, mais en maintenant l'indication de la
- source, qui permet de s'y référer sans difficulté.
-
- [15] ID., _De la tranquillité de l'âme_, III. Cf. aussi _De la
- brièveté de la vie_, XIV et XV, etc.
-
- [16] _Lettres_, I, 13.
-
- [17] PLINE LE JEUNE, _Lettres_, III, 5.
-
- [18] MONTAIGNE, _Essais_, II, 2; t. II, p. 109. (Paris, Charpentier,
- 1862.)
-
- [19] PLUTARQUE, _Vie de Coriolan_. Voir aussi les _Œuv. morales_,
- _pass._
-
- [20] § XVII.
-
- [21] _Histoire ecclésiastique des Francs_, préface.
-
- [22] Le mot _bibliothèque_ (de βιβλίον, livre, et θήκη, lieu de dépôt)
- s'emploie dans quatre acceptions différentes. Il signifie: 1º un
- édifice ou une salle servant à contenir une collection de livres: la
- bibliothèque Sainte-Geneviève; cet écrivain vit enfermé dans sa
- bibliothèque; 2º les tablettes ou le meuble garni de tablettes sur
- lesquelles les livres sont rangés: une bibliothèque en chêne; 3º une
- collection de livres: posséder une nombreuse bibliothèque; 4º une
- série d'ouvrages ayant un caractère commun: la _Bibliothèque bleue_,
- la _Bibliothèque des voyages_. Au lieu de bibliothèque, on disait
- autrefois _librairie_: la librairie du roi Charles V. (LITTRÉ et
- HATZFELD, _Dictionn._)
-
- [23] Cf. LALANNE, _Curiosités bibliogr._, pp. 29 et suiv., 150 et
- suiv., 186 et _pass._; LECOY DE LA MARCHE, _les Manuscrits et la
- Miniature_, p. 90; etc.--Lalanne ajoute (p. 32) que, dans beaucoup
- de couvents, cette règle de la copie des manuscrits «n'était guère
- mieux observée que les vœux de pauvreté, de chasteté et
- d'obéissance».
-
- [24] Vers 39.
-
- [25] M. Hippolyte Cocheris en a donné une excellente édition avec
- traduction. (Paris, Aubry, 1856. In-16.)
-
- [26] LALANNE, _loc. cit._, p. 186.
-
- [27] _Philobiblion_, chap. I, pp. 16-17.
-
- [28] _Loc. cit._, chap. III, p. 28.
-
- [29] _Loc. cit._, chap. XVII, p. 143 et _pass._--Cf. _infra_, chap.
- IX, pp. 364-365.
-
- [30] LALANNE, _loc. cit._, pp. 226-227.
-
- [31] Voir PEIGNOT, _Manuel du biblioph._, t. I, pp. XXXI et suiv.;
- LALANNE, _loc. cit._, pp. 191 et suiv.
-
- [32] _Poésies pour Hélène_, X, _Élégie_. (_Œuv. chois._, p. 64. Paris,
- Garnier, 1841. In-18.)
-
- [33] MONTAIGNE, _Essais_, III, 3; t. III, pp. 360-367. (Paris,
- Charpentier, 1862.)
-
- [34] _Ibid._, pp. 365-366.
-
- [35] Cf. VOLTAIRE, _Siècle de Louis XIV_, chap. XXVI. (_Œuv. compl._,
- t. II, p. 446. Paris, édit. du _Siècle_, 1867-1870. 8 vol. in-4.)
-
- [36] GUI PATIN, _Lettres choisies_, lettre VIII, p. 27. (Paris, Jean
- Petit, 1688.) Littérairement, Gui Patin devrait se placer avant
- l'avènement de Louis XIV. «Gui Patin se croyait sorti du XVIe
- siècle, et il ne l'était qu'à demi,» dit fort bien SAINTE-BEUVE.
- (_Caus. du lundi_, 3e édit., t. VIII, p. 97.)
-
- [37] Lettre du 14 décembre 1689. (_Lettres de Mme de Sévigné_, t. VI,
- p. 58. Paris, Didot, 1867. 6 vol. in-18.)
-
- [38] Lettre du 15 juin 1689.
-
- [39] Lettre du 17 juillet 1689.
-
- [40] Lettre du 23 septembre 1671.
-
- [41] Lettre du 15 janvier 1690.
-
- [42] Lettre du 16 novembre 1689.
-
- [43] _Les Aventures de Pyrrhus_. (_Œuv. compl._, t. IX, p. 463. Paris,
- Garnier, 1876. 20 vol. in-8.)
-
- [44] Liv. II, p. 28. (Paris, Dezobry, s. d.)
-
- [45] _Pensées diverses_, Portrait. (_Œuv. compl._, t. II, pp. 419-420.
- Paris, Hachette, 1866. 3 vol. in-18.)
-
- [46] MONTESQUIEU, _Discours sur les motifs qui doivent nous encourager
- aux sciences_. (_Œuv. compl._, t. II, p. 402.)
-
- [47] _Pensées diverses_, Portrait. (_Œuv. compl._, t. II, p. 424.)
-
- [48] Cf. SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. III, p. 411.
-
- [49] _Réflexions et Maximes_, p. 276. (Paris, Didot, 1858. In-18.)
-
- [50] Lettre de décembre 1744. (_Œuv. compl._, t. VII, p. 651. Paris,
- édit. du _Siècle_, 1867-1870.)
-
- [51] Lettre au cardinal de Bernis, 18 janvier 1764.
-
- [52] _Dictionn. philos._, art. Livres.
-
- [53] _L'Homme aux quarante écus_, chap. X.
-
- [54] _Dialogue XXIV._ (_Œuv. chois._, t. I, p. 184. Paris, Biblioth.
- nation., 1866, 3 vol. in-16.) Cf. la réponse de l'oracle à Zénon le
- Stoïcien sur le meilleur genre de vie et la règle capitale de
- conduite à adopter: «Converse avec les morts» (avec les livres).
-
- [55] _Paul et Virginie_, pp. 93-94. (Paris, Didot, 1859, In-18.)
-
- [56] _Ap._ LUBBOCK, _le Bonheur de vivre_, trad., p. 54. (Paris,
- Alcan, 1891.)
-
- [57] WALTER SCOTT, notice sur Le Sage, _ap._ SAINTE-BEUVE, _Caus. du
- lundi_, t. dernier (sans numéro), table, p. 28.
-
- [58] _Vic. de Wakef._, trad. Fournier, chap. XX, p. 144. (Paris, M.
- Lévy, 1869.) Et, un siècle avant Goldsmith et Gray, MILTON disait,
- «en un latin superbe» (B.-H. GAUSSERON, _loc. cit._, p. 46):
-
- Et totum rapiunt me, mea vita, libri.
-
- [59] Cf. SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. VIII, p. 436.
-
- [60] Comme écrivain, P.-L. Courier (1772-1825) appartient bien au XIXe
- siècle, mais la lettre d'où est extrait cet éloge des livres et de
- la «relecture» est datée du 10 septembre 1793. Voir P.-L. COURIER,
- _Œuv._, p. 425. (Paris, Didot, 1865. In-18.)
-
- [61] _Pensées_, CCXI, t. II, p. 146. (Paris, Didier, 1861. 2 vol.
- in-8.)
-
- [62] _Ibid._, CCVIII, t. II, p. 145. Cf. aussi pp. 133, 136 et _pass._
-
- [63] _Soirées de Saint-Pétersbourg_, t. I, p. 11. (Lyon, Pélagaud,
- 1870, 10e édit.)
-
- [64] Dans le chap. VI, _De l'achat des livres_, nous examinerons cette
- question: De la quantité de volumes que doit posséder une
- bibliothèque particulière.
-
- [65] _Courrier de la librairie_, mai 1858. Cf. aussi _l'Amour des
- livres_, du même écrivain, pp. 35 et 59: «O mes livres! mon juste
- orgueil! ma fête suprême! Oraison funèbre qui ne saurait périr!»
- Etc. C'est dans ce petit livre que je trouve (p. 54) l'anecdote
- suivante: «M. le chancelier Séguier causait avec le roi [Louis XIV]
- dans sa chambre. On parlait de la vénalité des juges. «Monsieur le
- chancelier, disait le roi, à quel prix vendriez-vous la
- justice?--Oh! Sire, à aucun prix!... Pour un beau livre, je ne dis
- pas!»
-
- [66] _De l'éducation qu'on se donne à soi-même_, in _Revue des Cours
- littér._, t. III, 24 mars 1866, pp. 281-288. Voir aussi d'ÉD.
- LABOULAYE une conférence sur les _Bibliothèques populaires_, _loc.
- cit._, 30 décembre 1865, pp. 83-88; et in _Revue des Deux Mondes_,
- 1er septembre 1859, pp. 212-224, un très intéressant article sur _la
- Manie des livres, à propos d'un catalogue_ (le catalogue de la
- bibliothèque du trop fameux «collectionneur» G. Libri).
-
- [67] _Poésies_, t. I, préface, p. 7. (Paris, Lemerre, 1890.) Cf.
- PONSARD, _l'Honneur et l'Argent_, III, VI:
-
- L'art, ce consolateur des misères humaines!
-
- [68] Remarquons en passant que Sainte-Beuve a soin d'écrire Lettres
- (dans le sens de connaissances que procure l'étude des livres) avec
- une majuscule: homme de Lettres, gens de Lettres, la république des
- Lettres, les Belles-Lettres, etc. (Cf. _Caus. du lundi_, 3e édit.,
- t. VI, pp. 463 et 474; t. VIII, p. 112; etc., etc.)
-
- [69] _Caus. du lundi_, t. XV, p. 362.
-
- [70] Tome III, pp. 54-55.
-
- [71] Ils font partie de l'_Épître à Horace_ (1772). (VOLTAIRE, _Œuv.
- compl._, t. VI, p. 575. Paris, édit. du _Siècle_, 1867-1870.)
-
- [72] Page 410. (Paris, Lemerre, 1889.)
-
- [73] _Grammaire des arts décoratifs_, p. 336. (Paris, Laurens, s. d.)
-
- [74] Cette même sentence se rencontre sous la plume d'un autre
- historien, critique et polygraphe, M. JULES CLARETIE, et avec les
- légitimes restrictions suivantes: «_Dis-moi ce que tu lis, et je te
- dirai qui tu es._ L'axiome peut être vrai pour un particulier qui
- choisit selon ses goûts, pour un amateur qui se compose une
- bibliothèque comme on composerait un bouquet... mais la vérité n'est
- plus stricte lorsqu'il s'agit d'un homme de lettres, tenu à tout
- garder, après avoir tout lu.» (_Causerie sur ma bibliothèque_, in
- _Annales littéraires des bibliophiles contemporains_, 1890, p. 5.)
- C'est dans la même _Causerie_ (p. 21) que se trouve cette très belle
- profession de foi, que je me reprocherais de passer sous silence:
- «J'aime les Lettres, je les aime uniquement, profondément,
- passionnément, et je les aime par-dessus tout. Je les aime sous
- toutes leurs formes, avec toutes leurs luttes, toutes leurs
- rancœurs, tous leurs déboires. Elles consolent même des tristesses
- qu'elles font naître, comme cette lance d'Achille qui guérissait les
- blessures qu'elle pouvait faire. «La littérature mène à tout, disait
- Villemain, à la condition qu'on en sorte.» Quel paradoxe! La
- littérature peut ne mener à rien, mais elle rendra heureux jusqu'à
- la fin celui qui l'adore, à la condition qu'il n'en sorte jamais.»
-
- [75] Ou le marquis d'Argenson? Dans ses _Mémoires_ (t. V, p.
- 255.--Paris, P. Jannet, 1857-1858), il s'attribue la même
- proposition de la même plaisante devise: _Multi vocati, pauci
- lecti_.
-
- [76] _Ap._ MOURAVIT, _le Livre_, pp. 170-172.
-
- [77] _L'Art de former une biblioth._, pp. 152-153.
-
- [78] Paris, Aug. Aubry, s. d.--LORENZ (_Catalogue général_, t. VI, p.
- 309) donne 1870 comme date de publication, et ajoute que ce livre
- n'a été tiré qu'à 200 exemplaires. C'est ce qui en explique le peu
- de diffusion et la rareté.
-
- [79] Pages 3-4.
-
- [80] _Loc. cit._, pp. 403-404.
-
- [81] _Ibid._, pp. 341-342.
-
- [82] _Ibid._, p. 362.
-
- [83] Cardinal Bessarion, Lettre au doge et au sénat de Venise
- (1468).--Cf. _supra_, p. 10.
-
- [84] _Bulletin du bibliophile_, 17e sér., p. 323.
-
- [85] _Ibid._, pp. 356-357.
-
- [86] Parmi les écrivains modernes qui ont le mieux célébré le livre et
- l'amour de la lecture, il nous faudrait citer encore: GOETHE,
- _Entretiens avec Eckermann_;--ALEXANDRE VINET, _Études sur la
- littérature française_, etc., et X. DOUDAN, _Mélanges et Lettres_,
- etc. (deux noms peu connus, mais chers à tous les amis des
- Lettres);--CHARLES ASSELINEAU, dont l'opuscule _le Paradis des Gens
- de Lettres_ contient un vrai chant de triomphe du livre;--ERNEST
- LEGOUVÉ, _l'Art de la lecture_ et _la Lecture en action_;--Mgr
- LANDRIOT, _Conférences sur l'étude des Belles-Lettres_,
- etc.;--ANTONY MÉRAY, _les Diverses Façons d'aimer les livres_ (in
- _Annuaire du bibliophile_, 1861, pp. 142-157);--FRANÇOIS FERTIAULT,
- _les Amoureux du livre_, sonnets d'un bibliophile; _les Légendes du
- livre_ (autre recueil de sonnets); _Drames et Cancans du livre_,
- anecdotes bibliographiques, dont le meilleur chapitre est intitulé:
- Comment j'aime mes livres;--GABRIEL HANOTAUX, _la Seine et les
- Quais, promenades d'un bibliophile_;--ALBERT COLLIGNON, _la Vie
- littéraire_, notes et réflexions d'un lecteur;--etc.
-
- [87] Et tant de fois altérée et faussée, car cette admirable page a eu
- le sort des _Provinciales_ et des _Pensées_ de Pascal, «qu'on
- tronque toujours quand on le cite», selon la piquante réflexion de
- M. FERDINAND BRUNETIÈRE (_Histoire et Littérature_, t. I, p. 314).
- Comme exemples de ces inexactitudes et déformations, cf. FONTAINE DE
- RESBECQ, _Voyage litt. sur les quais de la Seine_, p.
- 134;--ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 3e
- édit., t. II, pp. 163-164;--etc. Le pieux JEAN DARCHE a fait mieux:
- il s'est approprié le texte, l'a démarqué et rebaptisé, puis l'a
- terminé en sermon: «Mais, ô mon Dieu! rien n'est stable en ce monde!
- et ce sera bien ma faute si... Amen!» (_Essai sur la lecture_, pp.
- 374-375.)--Cet article de SILVESTRE DE SACY a paru dans le _Journal
- des Débats_ du 25 octobre 1853, et il fait partie des _Variétés
- littéraires, morales et historiques_ de cet écrivain (Paris,
- Didier-Perrin, 1884; 2 vol. in-12; 5e édit.: la 1re édit. est de
- 1858), t. I, pp. 242-255. «L'article mémorable... chef-d'œuvre de M.
- de Sacy, a été celui du mardi 25 octobre 1853, sur le _Catalogue de
- la bibliothèque de feu J.-J. de Bure_.» (SAINTE-BEUVE, _Caus. du
- lundi_, t. XIV, p. 191.)
-
- [88] Cf. le mot du sage Valincour (1653-1730), à qui Boileau a dédié
- sa satire XI, sur _l'Honneur_. Ayant perdu sa bibliothèque, détruite
- par un incendie, Trousset de Valincour répondait à ses amis qui le
- plaignaient: «Je n'aurais guère profité de mes livres, si je n'avais
- appris d'eux à m'en passer». (Cf. CHARLES NODIER, _Mélanges tirés
- d'une petite bibliothèque_, Préface, p. III; et SAINTE-BEUVE, _Caus.
- du Lundi_, t. XII, p. 465.)
-
- [89] CHEVILLIER, _Origine de l'imprimerie de Paris_, p. 60.
-
- [90] _Loc. cit._, pp. 158-159.
-
- [91] MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 162-163.
-
- [92] Dans son récit _la Nouvelle Ecbatane_, in _Bagatelles_, par le
- Comité de la Société des Gens de Lettres, p. 302. (Paris, Dentu,
- 1892.)
-
- [93] Cf. les journaux de février 1896, principalement _l'Événement_ du
- 19, et _l'Éclair_ du 23 février. Cf. aussi la _Revue scientifique_
- du 4 février 1899, pp. 153-154, les _Papiers dangereux_ et leur
- désinfection. Voici un extrait de ce dernier article: «Le _Bulletin
- mensuel de l'Œuvre des enfants tuberculeux_ nous apprend que la
- Caisse d'épargne de Bruxelles vient d'installer un service pour la
- désinfection des livrets et autres papiers qui affluent dans
- l'établissement. Tous les documents sont exposés maintenant pendant
- quelques heures aux vapeurs de l'aldéhyde formique... Mais il est un
- danger de contamination beaucoup plus grand encore, et dont le
- public ne semble pas s'émouvoir: c'est celui que présentent les
- livres des bibliothèques publiques ou des cabinets de lecture. Tel
- roman populaire, tel bouquin à succès passe par mille ou quinze
- cents paires de mains, avant d'être absolument trop crasseux ou trop
- fripé pour être hors d'usage. Dans ce nombre de lecteurs, il y a des
- convalescents, des malades, des tuberculeux. Or le papier est un
- excellent véhicule à microbes, et un livre, passant de main en main,
- peut apporter dans une famille un choix très complet de maladies
- transmissibles, depuis la rougeole, la scarlatine et la variole,
- jusqu'au choléra asiatique et la peste, en passant par le typhus, le
- croup et la diphtérie, la coqueluche, la gale, le charbon, les
- septicémies, les affections puerpérales et la tuberculose
- pulmonaire. Il y a là des mesures à prendre d'urgence, et nous nous
- étonnons que les services compétents n'y aient pas encore songé,
- d'autant plus que le remède est d'application facile, comme le
- prouve l'expérience de la Caisse d'épargne de Bruxelles.» Nous
- reparlerons, dans le chapitre IX, de l'emploi de l'aldéhyde formique
- (p. 325), et des risques de propagation de la tuberculose par les
- livres (pp. 371-373).
-
- [94] Larcher, qui travaillait alors à sa traduction d'Hérodote, reçut
- un jour un ouvrage des plus rares, et précieux pour ses études, que
- Langlès venait d'acquérir et qu'il s'empressait de lui communiquer.
- Se retournant vers le porteur du message et lui rendant le livre
- avec humeur: «Remportez cet ouvrage, dit le docte bibliomane:
- apprenez que je n'ai pas l'habitude de travailler avec «des livres
- qui ne sont pas ma propriété». (MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 125-126.)
-
- [95] Cf. LALANNE, _loc. cit._, p. 286.
-
- [96] _Le Livre_, p. 264.
-
- [97] GUSTAVE BRUNET, _Fantaisies bibliogr._, p. 293, donne: _Ingratis
- servare nephas_.
-
- [98] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879, col 402.
-
- [99] Cf. GUSTAVE BRUMET, _loc. cit._, pp. 271 et 296. De même, M. J.
- Gomez de la Cortina, dont plusieurs volumes se trouvent à la
- bibliothèque universitaire de Douai, faisait graver sur le plat de
- ses livres, au-dessus de ses armoiries: _J. Gomez de la Cortina et
- amicorum_, et au-dessous: _Fallitur hora legendo_. (Cf. JULES
- COUSIN, _De l'organisation... des biblioth._, p. 160, n. 1.) Et
- Jacques Denyau, bibliophile angevin: _Sum Jacobi Denyau et amicorum,
- non omnium_. (_Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879,
- col. 390.)
-
- [100] Cf. PEIGNOT, _Dictionn. raisonné de bibliol._, t. II, p. 361.
- C'est en l'honneur de Michel Bégon et en souvenir du bon accueil
- qu'avait reçu de lui le botaniste Plumier que celui-ci donna le nom
- de _bégonia_ à un genre de plantes d'Amérique.
-
- [101] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879, col. 401.
-
- [102] Cf. GUSTAVE BRUNET, _Dictionn. de bibliol._, col. 519.
-
- [103] UZANNE, _Du prêt des livres_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I.
- p. 37.
-
- [104] _Loc. cit._, p. 71.
-
- [105] FERTIAULT, _Drames et Cancans du livre_, p. 264.
-
- [106] _Du prêt des livres_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I, pp.
- 35-40.
-
- [107] UZANNE, _loc. cit._, pp. 38-39.
-
- [108] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 août 1893, col. 127.
-
- [109] L'épithète est de M. OCTAVE UZANNE, _loc. cit._, p. 36.
-
- [110] Cf. UZANNE, _ibid._;--JULES RICHARD, _l'Art de former une
- biblioth._, p. 41;--ÉDOUARD FOURNIER, _l'Esprit des autres_, p. 295
- (5e édit.);--_Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879,
- col. 401;--etc.
-
- [111] Voir, entre autres, pour cette attribution à Condorcet: JULES
- JANIN, _l'Amour des livres_, pp. 60-61;--ROUVEYRE, _Connaissances
- nécessaires à un biblioph._, 3e édit., t. I, p. 92;--YVE-PLESSIS,
- _Petit Essai de biblio-thérapeutique_, p. 20;--etc. Sur la paternité
- de Colletet, voir l'_Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 et 25
- février 1878, col. 65 et 122. A part une épître _A un jeune Polonais
- exilé en Sibérie_, Condorcet, qui s'est surtout occupé de science et
- de politique, n'a jamais écrit de vers.
-
- [112] «Un volume une fois sorti de l'intérieur d'une bibliothèque est
- exposé à toutes les chances, sinon de perte, du moins de dégradation
- et d'avarie, de la part des maladroits, des négligents et des
- malpropres; il ne rentre ordinairement qu'à la volonté de
- l'emprunteur, qui le garde pendant des années et souvent même tout à
- fait, parce que le principe que _garder un livre n'est pas un vol_
- est malheureusement adopté par beaucoup de personnes.» (CONSTANTIN,
- _Bibliothéconomie_, p. 68.)
-
- [113] TALLEMANT DES RÉAUX, _Historiettes_, Du Moustier, t. III. p.
- 139. (Paris, Techener, 1862. 6 vol. in-18.)
-
- [114] _Ap._ JULES JANIN, _loc. cit._, pp. 59-60.
-
- [115] _Loc. cit._, p. 61.
-
- [116] P. L. JACOB (Paul Lacroix), _Mélanges bibliogr._, p. 5.
-
- [117] _Mélanges d'histoire et de littérature_, _ap._ LALANNE,
- _Curiosités bibliogr._, pp. 302-303.
-
- [118] Cf. JULES RICHARD, _l'Art de former une biblioth._, p. 30; etc.
-
- [119] Page 13.
-
- [120] Page 37.
-
- [121] _Catalogue de la librairie A. Lemerre_, 1899, pp. 20-21.
-
- [122] J. DARCHE, _Essai sur la lecture_, p. 15. Comme nous le verrons
- plus loin (p. 106), un autre roi de France, Louis XII, usait de la
- même hyperbole en parlant de l'imprimerie, d'origine «plus divine
- qu'humaine», elle aussi.
-
- [123] Et cette fabrication ou plutôt ces essais de fabrication
- multiples remontent assez loin, puisqu'«on voit au British Museum un
- livre écrit en langue hollandaise et publié en 1772, imprimé sur 72
- sortes de papiers provenant d'autant de matières différentes». (CH.
- LABOULAYE, _Dictionn. des arts et manufactures_, art. Papier.)
-
- [124] _Magasin pittoresque_, avril 1860, p. 135.
-
- [125] Cf. PAUL CHARPENTIER, _le Papier_ (t. X de l'_Encyclopédie
- chimique_ publiée sous la direction de M. Fremy), _passim_;--DELON,
- _Histoire d'un livre_, pp. 105 et suiv.;--MAIRE, _Manuel prat. du
- biblioth._, pp. 371 et suiv.;--ÉMILE LECLERC, _Typographie_ (Manuels
- Roret), pp. 542 et suiv.;--LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Papier,
- t. XII et 2e supplément;--CH. LABOULAYE, _loc. cit._;--etc.; et
- _passim_, _le Magasin pittoresque_, _la Nature_, la _Revue des
- bibliothèques_, la _Revue biblio-iconographique_, etc.--«La science
- a découvert de belles et grandes choses, et elle en a inventé aussi
- de bien jolies; entre autres, la fabrication rapide du papier à très
- bon marché. Elle l'extrait aujourd'hui du bois et de la paille;
- demain, elle le tirera de la houille; elle trouvera bientôt un moyen
- de le façonner avec la terre où pourriront nos corps. C'est sur
- cette ordure qu'on vous imprime, et voilà une fameuse leçon pour
- l'orgueil de nos constructeurs de monuments! Ces feuilles faites
- avec rien se décomposent en quelques années, se tachent, s'usent, se
- déchirent, redeviennent poussière et cendre et rentrent avec avidité
- dans le néant dont elles n'auraient jamais dû sortir.» (PAUL
- STAPFER, _Quatre Consolations aux auteurs_, in _Bibliothèque
- universelle_. Lausanne, janvier 1901, p. 111.) Cf. aussi VOLTAIRE,
- _la Guerre civile de Genève_, poème héroïque, chant IV:
-
- Tout ce fatras fut du chanvre en son temps;
- Linge il devint par l'art des tisserands,
- Puis en lambeaux des pilons le pressèrent;
- Il fut papier: cent cerveaux à l'envers
- De visions à l'envi le chargèrent;
- Puis on le brûle, il vole dans les airs,
- Il est fumée, aussi bien que la gloire.
- De nos travaux, voilà quelle est l'histoire;
- Tout est fumée, et tout nous fait sentir
- Ce grand néant qui doit nous engloutir.
-
- [126] En termes d'imprimerie, on appelle aussi _maculatures_ (du lat.
- _maculare_, tacher) les feuilles de papier qui ont reçu un excédent
- d'encre et qu'on a mises au rebut pour servir de sous-main ou
- d'enveloppe.--LAROUSSE (_Grand Dictionn._, art. Papier, 2e
- supplément, p. 1671) dit qu'en Angleterre et en Amérique on
- recueille les vieux papiers «beaucoup plus soigneusement qu'en
- France», et qu'après un lessivage au sel de soude et autres
- opérations, on en fabrique un papier «d'excellente qualité».
-
- [127] BOUANT, _Dictionn. des sciences usuelles_, art. Papier.
-
- [128] LECLERC, _loc. cit._, p. 546. Voir aussi _la Nature_, 27 mars
- 1897, p. 270: «Dans un volume de l'«Encyclopédie Léauté», _les
- Succédanés du papier_, M. V. Urbain, répétiteur à l'École centrale,
- montre avec quelle intensité on défriche pour se procurer la pâte à
- papier. «Pendant le cours de l'année 1895, dit-il, on a constaté que
- la France et l'Angleterre avaient manufacturé plus de 400 000 tonnes
- de pâte chimique, avec des bois importés de Suède et de Norvège. Ce
- chiffre doit attirer l'attention des économistes, car il représente
- le rendement en cellulose de pins ou de sapins, âgés de trente ans
- au moins. Un pin de trente-cinq à quarante ans de belle venue ne
- cube pas plus de 1 mètre cube. Lorsqu'il aura été ébranché, écorcé,
- etc., il ne pourra donc former plus de 150 kilogrammes de pâte
- mécanique, propre à la papeterie. Il en résulte qu'un journal à
- grand tirage absorbe, à lui tout seul, une centaine d'arbres par
- numéro, en attribuant à son papier moitié de pâte de bois chimique
- et moitié de pâte de bois mécanique. Dans un demi-siècle, si l'on
- n'y prenait garde, toutes les forêts d'Europe seraient fauchées et
- imprimées à fond; le bocage serait sans aucun mystère et les
- rossignols de muraille seraient le dernier souvenir de leur poétique
- espèce. Au point de vue statistique, la consommation du papier, dans
- le monde entier, a atteint, en 1895, 1 500 000 000 de kilogrammes.
- Le chiffon est devenu une rareté, et il faut recourir à la paille, à
- l'alfa, à l'aloès et à l'ortie.»
-
- Un article de _l'Illustration_, analysé dans le _Mémorial de la
- librairie française_ (22 novembre 1900, p. 622), prétend, au
- contraire, que cette disparition des forêts et leur transformation
- totale en papier n'est nullement à redouter. «Les forêts du Canada,
- lit-on dans cet article, sont avec celles de la Sibérie les plus
- vastes du monde. On les trouve partout, du Pacifique à l'Atlantique,
- et, se renouvelant tous les vingt ans, elles sont pour ainsi dire
- inépuisables. Une des régions de la province de Québec peut, à elle
- seule, fournir plus de 500 000 tonnes de papier par an et cela
- pendant un temps indéfini.»
-
- C'est être vraiment trop optimiste, et l'opinion précédente nous
- semble plus juste. D'abord il faut plus de vingt ans à une forêt
- pour se renouveler et se reconstituer; ensuite la bouteille
- inépuisable est tout aussi chimérique que le mouvement perpétuel.
-
- [129] «... Les feuillets sortis de leurs presses (des anciens
- imprimeurs) se montrent tout brillants de jeunesse, à côté de nos
- impressions ternes, à demi éclipsées sur les pages jaunies de nos
- livres nés d'hier.» (MOURAVIT, _le Livre_, p. 191.)
-
- [130] Cf. A.-F. DIDOT, _l'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à
- l'Exposit. univers. de 1851_, p. 86.
-
- [131] Cf. P. CHARPENTIER, _loc. cit._, _passim_;--HENRI BOUCHOT, _le
- Livre_, chap. VII, pp. 253 et suiv.;--DELON, _loc. cit._, pp. 106 et
- suiv.;--etc.
-
- [132] _Frisquette_ est aussi un terme d'imprimerie désignant le
- châssis qui, au moment du tirage, s'applique sur les marges du
- papier pour les maintenir d'aplomb et les empêcher de se maculer.
-
- [133] Le mot «_flotre_ est une altération de _feutre_». (LITTRÉ,
- _Dictionn._, art. Flotre.)
-
- [134] LALANNE, _loc. cit._, p. 108.
-
- [135] Cf. P. CHARPENTIER, _loc. cit._, _passim_;--LECLERC, _loc.
- cit._, pp. 544 et suiv.;--DELON, _loc. cit._, pp. 114 et
- suiv.;--RENEL, _la Fabrication actuelle du papier_, in _la Nature_,
- 18 janvier et 15 février 1890, pp. 99-103 et 167-170;--V. MORTET,
- _le Papier_, et _le Papier au moyen âge_, in _Revue des
- bibliothèques_, 1891, pp. 195-207, et 1892, pp. 349-350;--etc.
-
- [136] BOUILLET, _Dictionn. universel des sciences..._ Nouvelle édit.,
- refondue sous la direction de MM. J. Tannery et É. Faguet, art.
- Papier.
-
- [137] Cf. RENEL, _loc. cit._, in _la Nature_, 18 janvier 1890, p. 102.
- Voir aussi P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 112.
-
- [138] On fait souvent de papier _brouillard_ le synonyme absolu de
- papier _buvard_ (cf. LITTRÉ, HATZFELD, LAROUSSE, _Dictionn._). On
- désigne cependant plus particulièrement sous le nom de papier
- _brouillard_ un papier non collé mais calandré, d'ordinaire plus
- mince et plus léger que le papier _buvard_ habituel, et d'ordinaire
- aussi de couleur brune, jaunâtre ou grise, qui s'emploie en
- pharmacie et thérapeutique (pansements), et sert en outre tout
- spécialement à confectionner les papillotes. Une sorte de papier
- buvard et de papier à filtrer a reçu, en raison de sa couleur, le
- nom de _papier gris_.
-
- [139] P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 173.
-
- [140] Glacé après l'opération dont il va être question, après le
- _couchage_.
-
- [141] Voir sur le _papier couché_ le _Mémorial de la librairie
- française_, 26 juillet 1900, p. 420.
-
- [142] Nº du 3 juin 1899, p. 696.
-
- [143] Pas toujours: voyez les elzeviers. (A. C.)
-
- [144] Cf. _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 décembre 1898, col.
- 808-809.
-
- [145] _La Nature_, 13 décembre 1890, p. 30.
-
- [146] «Les reflets verts étant facilement supportés par les yeux, on
- conseille aux hommes d'étude de les préférer à tout autre (tentures,
- rideaux, abat-jour verts), par suite emploi du papier vert pour
- écrire, comme a l'habitude de le faire l'un de nos écrivains les
- plus féconds, M. Claretie, de l'Académie française. Ce papier a
- cependant un inconvénient, c'est de faire paraître l'écriture
- rougeâtre et peu distincte quand on a à se relire. Les papiers
- _jaunes_ font admirablement ressortir l'écriture et ont des reflets
- plus doux que ceux du papier blanc. Plusieurs mathématiciens,
- notamment l'amiral Jonquière, font usage de papier jaune, lorsqu'ils
- ont à effectuer des calculs longs et compliqués. Les autres
- couleurs: bleu, rouge, violet, ne donnent pas de bons résultats.»
- (_La Nature_, 13 décembre 1890. p. 30.)
-
- [147] Ces chiffres ne sont pas toujours rigoureusement fixes, et
- présentent parfois, dans la réalité, de légères différences en plus
- ou en moins, comme on peut s'en convaincre en consultant: P.
- CHARPENTIER, _loc. cit._, pp. 259-260;--DESORMES, _Notions de
- typogr._, p. 499;--LECLERC, _loc. cit._, p. 286;--MUNIER, _Nouveau
- guide illustré de l'imprimerie..._, p. 10;--MAIRE, _loc. cit._, p.
- 375, où se trouve un «Tableau des dimensions et des poids des
- papiers de France établis avant le système décimal en pouces et en
- lignes»;--etc. M. Manquest, de la maison Darblay, a bien voulu me
- fournir aussi d'utiles renseignements sur les dimensions et les
- modes d'emploi des papiers. J'ai eu recours également, pour tout ce
- qui touche le _papier_, le _format_ et l'_impression_, à la
- compétence de M. Lebreton, chef du service des impressions de la
- librairie Flammarion.--Pour exprimer les dimensions des papiers, il
- est d'usage de mentionner le plus petit nombre le premier; ex.:
- Raisin = 0,50 × 0,65 (et non 0,65 × 0,50).
-
- [148] On a conservé l'habitude d'écrire _Whatman_ avec une majuscule.
-
- [149] Un autre papier, employé spécialement pour le dessin, est le
- papier _Canson_: c'est un beau papier fort et lisse, qui se fabrique
- à Annonay.
-
- [150] Et aussi à sa légèreté. (A. C.)
-
- [151] _Le Livre du bibliophile_, pp. 32-33. (Paris, Lemerre, 1874.)
-
- [152] Sur la fabrication du papier du Japon, voir CH. LABOULAYE,
- _Dictionn. des arts et manufactures_, art. Papier;--_le Magasin
- pittor._, avril 1877, pp. 114 et 122;--_la Nature_, 5 octobre 1889,
- p. 291;--P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 249;--MAIRE, _loc. cit._,
- p. 373.
-
- [153] Sur le parchemin ordinaire et proprement dit, voir _infra_,
- chap. V, p. 131.
-
- [154] LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Papier, t. XII, p. 150, col.
- 3.--Ajoutons qu'on se sert actuellement en Angleterre d'un papier
- également très mince, analogue au papier pelure, mais suffisamment
- opaque pour supporter l'impression. Il est connu sous le nom de
- _papier indien_, et sort de la papeterie de l'Université d'Oxford (à
- Wolvercote, près d'Oxford). Par son peu d'épaisseur, son extrême
- ténuité, ce papier convient particulièrement aux livres dont on a
- besoin de réduire le plus possible la masse et le poids (volumes
- contenant un très grand nombre de pages et qu'on ne peut scinder;
- dictionnaires de poche, guides de voyage, aide-mémoire, vade-mecum,
- etc.). Le papier indien d'Oxford, qu'on cherche en ce moment à
- propager en France, est malheureusement d'un prix assez élevé.
-
- [155] LECLERC, _loc. cit._, p. 551.
-
- [156] P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 307.
-
- [157] ID., _ibid._
-
- [158] ID., _loc. cit._, p. 308.
-
- [159] Numéro du 12 juillet 1900, p. 398. Voir aussi numéro du 29
- novembre 1900, p. 633.
-
- [160] In _la Nature_, 29 décembre 1894, p. 74.
-
- [161] C'est à peu près ce qu'a dit l'éminent administrateur de notre
- Bibliothèque nationale, M. LÉOPOLD DELISLE, dans son discours
- d'ouverture du Congrès international des Bibliothécaires, tenu à
- Paris en 1900: «C'est par milliers qu'il faut compter les volumes
- modernes que la mauvaise qualité du papier a voués fatalement à une
- mise hors d'usage dans un avenir plus ou moins rapproché.»
- (_Courrier des bibliothèques_, 28 février 1901, p. 52.)
-
- [162] _Revue biblio-iconographique_, in _Intermédiaire des cherch. et
- cur._, 15 février 1900, col. 275-278. On a proposé aussi, dans une
- intention analogue, de demander aux ministères et établissements
- publics de ne comprendre sur leurs listes d'achat que les ouvrages
- tirés sur bon papier et convenablement édités.
-
- [163] _Cosmos_, Revue des sciences et de leurs applications, 15
- septembre 1900, p. 320; et _Revue biblio-iconographique_, avril
- 1901, pp. 206-207.--Le _Mémorial de la librairie française_, 29 août
- 1901, p. 492, indique le procédé suivant pour distinguer du papier
- confectionné à la machine le papier fabriqué à la main: «Découper
- des rondelles de six à huit centimètres dans le papier à essayer et
- faire ensuite flotter ces rondelles sur l'eau d'une cuvette: le
- papier à la machine s'enroulera de deux côtés dans la direction du
- centre de la rondelle, tandis que les rondelles du papier à la main
- se relèveront en forme de bords d'assiette.»
-
- [164] LITTRÉ, _Dictionn._, art. Format.
-
- [165] _Dictionn._, art. Tome.
-
- [166] Cf. L. DELISLE, _Instructions élémentaires et techniques pour la
- mise et le maintien en ordre des livres d'une bibliothèque_, p. 14.
-
- [167] L. DELISLE, _loc. cit._, p. 14, n. 1.
-
- [168] _Loc. cit._, p. 297.
-
- [169] Voir sur ce mot _infra_, pp. 107-109
-
- [170] Cf. _Catalogue de la librairie Hachette_, Littérature générale,
- février 1901, p. 41: «_Histoire de la littérature française..._, 5e
- édition... (_Vingt-cinquième mille_)..., par M. G. Lanson...»
-
- [171] Bien que nous ne nous occupions pas des livres rares et des
- curiosités de bibliophiles, quelques renseignements sommaires sur
- les incunables ne paraîtront sans doute pas ici superflus.
-
- On appelle _incunables_ (du latin _incunabulum_, berceau), ou
- encore, mais plus rarement, _paléotypes_ (παλαιός, ancien, et τύπος,
- modèle, type), les livres imprimés depuis l'origine de l'imprimerie
- (1450 environ) jusqu'en l'an 1500 inclusivement.
-
- Les incunables ont pour caractères distinctifs:
-
- 1º L'épaisseur, l'inégalité et la teinte jaunâtre du papier.
-
- 2º L'irrégularité et la grossièreté des caractères typographiques,
- très frappantes notamment dans les types romains sortis des presses
- italiennes; mais ces défauts ne subsistèrent pas longtemps et les
- caractères acquirent bientôt un degré de perfection qui n'a pas été
- surpassé.
-
- 3º L'absence de signes de ponctuation.
-
- 4º L'absence de _signatures_, de _réclames_ (voir _infra_, pp. 70 et
- 78-79, la signification de ces mots), de pagination, et, dans les
- plus anciens incunables, de _registre_, c'est-à-dire de la table
- indicatrice des cahiers composant l'ouvrage: ces cahiers étaient
- indiqués par les premiers mots de leur première page.
-
- 5º L'absence de titre séparé ou frontispice (Frontispice: «Titre
- orné de figures gravées ou imprimées»). [LITTRÉ.] (Voir _infra_, pp.
- 115-116.): le titre, ou plutôt le sujet du livre, se trouvait énoncé
- au début du texte, dans ce qu'on nomme la _suscription_ ou
- l'_incipit_; c'est par ce dernier mot, ou par son équivalent: _Cy
- commence..._ que commençait le plus souvent le texte.
-
- 6º L'absence du nom de l'imprimeur, du lieu et de la date de
- l'impression: ces indications ne tardèrent pas à figurer à la
- dernière page des volumes dans un paragraphe final appelé
- _souscription_ ou _explicit_ (qui signifie finit, se termine, est
- déroulé; sous-entendu le mot volume, et par allusion aux anciens
- manuscrits, qui avaient la forme de rouleaux: c'est par ce mot
- _explicit_ ou _Cy finist..._ que ce dernier paragraphe commençait
- d'ordinaire), opposé à _suscription_ et à _incipit_; la souscription
- porte aussi les noms d'_adresse_ et de _colophon_ (κολοφών,
- achèvement). M. BOUCHOT (_le Livre_, pp. 33, 36, 56, 103) et après
- lui M. ROUVEYRE (_Connaissances nécessaires à un biblioph._, 5e
- édit., t. II, p. 204) emploient aussi dans ce sens le mot
- _signature_, qui, en bibliographie, désigne spécialement les lettres
- ou chiffres placés en pied de la première page de chaque feuille, et
- peut, par conséquent, prêter ainsi à confusion.
-
- 7º La quantité d'abréviations: un _z_ pour la conjonction _et_; une
- sorte de 3 ou de 9 pour la particule latine _cum_ ou la particule
- française _con_, et pour la finale de certains mots: _neqʒ_,
- _neque_; _quibʒ_, _quibus_; _no9_, nous; _vo9_, vous; etc.; le _q_
- avec la partie inférieure traversée par un trait en forme de croix
- pour signifier _quam_ ou _quod_; la fréquente suppression de
- certaines lettres: _bōs_ pour bons, _presēt_ ou même _pr̅s̅t_ pour
- présent, _leq̄l_ pour lequel, _Dn̄s_ pour _Dominus_, etc. Ces modes
- d'abréviation provenaient des manuscrits, où ils étaient en nombre
- bien plus considérable encore. Une partie des syllabes, parfois
- toutes les lettres d'un mot, sauf la première, étaient supprimées.
- Ainsi, dans un manuscrit connu sous le nom de _Virgile d'Asper_,
- qu'on date du XIe siècle et actuellement à la Bibliothèque
- nationale, le texte est écrit de telle sorte qu'il faut, pour le
- lire, le connaître par cœur. Le premier vers des _Bucoliques_ y est
- représenté sous cette forme:
-
- Tityre, t. p. r. s. t. f.
-
- pour:
-
- Tityre, tu patulæ recubans sub tegmine fagi.
-
- Ces abréviations, où une ou deux lettres initiales servent à
- exprimer un mot entier, portent le nom de _sigles_ (de _siglæ_,
- contracté de _singulæ_: _singulæ litteræ_. Les sigles étaient très
- fréquemment usités non seulement dans les manuscrits, mais dans les
- inscriptions lapidaires, sur les médailles, etc. Quant aux _notes
- tironiennes_, ce sont aussi de simples lettres, initiales ou
- médianes, employées pour figurer des mots entiers et abréger
- l'écriture. Ce nom vient de Tullius Tiro, affranchi de Cicéron, qui
- perfectionna ce système de sténographie. (Cf. LALANNE, _Curiosités
- bibliogr._, pp. 46 et suiv.).
-
- 8º La rareté des alinéas et des chapitres.
-
- 9º L'absence de lettres capitales au commencement des chapitres ou
- divisions: dans les premiers temps, les imprimeurs laissaient en
- blanc la place de ces grandes lettres, qui étaient mises à la main
- par des calligraphes et _rubricateurs_ (_rubricare, rubrum facere_
- [Ducange], peindre en rouge; de _rubrica_, rubrique, sanguine, craie
- rouge, etc.).
-
- 10º Des traits obliques au lieu de points sur les _i_.--Etc.
-
- Les anciens imprimeurs avaient tous des _marques_ typographiques,
- allégoriques le plus souvent, dont ils ornaient les titres et
- frontispices de leurs livres. Beaucoup d'éditeurs d'aujourd'hui ont
- des marques analogues, monogrammes ou vignettes, qu'ils placent
- au-dessus de leur _firme_ (de l'angl. _firm_ [du bas-latin _firma_,
- convention], maison de commerce, raison sociale.
- DAUPELEY-GOUVERNEUR, in _le Compositeur et le Correcteur
- typographes_, p. 180, écrit à tort «le firme»; ce mot est du
- féminin: cf. LITTRÉ, _Dictionn._, Supplément), c'est-à-dire du nom
- et de l'adresse de leur maison.
-
- Il n'est pas inutile non plus de connaître les principales de ces
- marques des anciens imprimeurs:
-
- Les Alde Manuce avaient pour marque une _Ancre_, autour de laquelle
- était enroulé un dauphin;
-
- Les Elzevier, un _Arbre_ ou une _Minerve_;
-
- Rigault avait pour emblème un _Arrosoir_;
-
- Wechel, un _Caducée_;
-
- Nicolas Chesneau, un _Chêne_;
-
- Nivel et Cramoisy, une _Cigogne_;
-
- Les Plantin, un _Compas_;
-
- Lean Lecoq, un _Coq_;
-
- Etienne Dolet, une _Doloire_ (sorte de hachette);
-
- Antoine Vérard, un _Écusson_ fleurdelisé supporté par deux anges;
-
- Simon de Colines, des _Lapins_;
-
- Simon Vostre, deux _Léopards_ à tête de lévrier;
-
- Jehan Ghèle, des _Lévriers_;
-
- Thielman Kerver, deux _Licornes_;
-
- Galiot du Pré, une _Galée_ ou _Galère_;
-
- Les Gryphe, un _Griffon_;
-
- Philippe Le Noir, trois _Nègres_;
-
- Robert Estienne, un _Olivier_;
-
- Guiot Marchant, une _Portée de plain-chant_ et _deux Mains
- entrelacées_;
-
- Geoffroy Tory, un _Pot cassé_;
-
- Vascosan, une _Presse typographique_;
-
- Gilles Corrozet, une _Rose dans un Cœur_;
-
- Philippe Pigouchet, deux _Sauvages_ (homme et femme);
-
- Ulrich Gering, un _Soleil_;
-
- Jehan Temporal, le _Temps_ armé de sa faux;
-
- Etc., etc.
-
- (Cf. SILVESTRE, _Marques typographiques..._;--P. DELALAIN,
- _Inventaire des marques d'imprimeurs et de libraires_;--BRUNET,
- _Manuel du libr._, principalement t. V, col. 1569 et suiv.;--A.-F.
- DIDOT, _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI, col. 736 et
- suiv.;--E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI,
- pp. 598 et suiv.;--etc. Voir surtout le grand ouvrage de Mlle
- PELLECHET, «chef-d'œuvre de la nouvelle école bibliographique», a
- dit M. L. DELISLE (_Catalogue général des livr. imprim. de la
- Biblioth. nation._, Introduction, t. I, p. LXXVI), _Catalogue
- général des incunables des bibliothèques de France_, dont le tome I
- a paru chez A. Picard en 1897.
-
- [172] On appelle _feuillet_ «chaque partie d'une feuille de papier
- formant deux pages», recto et verso (Littré). La feuille, par
- conséquent et comme on va le voir, donne toujours un nombre de pages
- double du chiffre indicatif du format.
-
- [173] Voir sur ces termes _supra_, p. 44.
-
- [174] «Lorsque _in-4_, _in-8_, _in-12_, etc., sont abrégés, on ne les
- fait pas suivre d'un º supérieur.» (_Règles typographiques..._
- _Hachette_, p. 51.) «L'usage moderne, que nous adoptons, préfère
- supprimer l'º dans _in-4_ et _in-8_.» (DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc.
- cit._, p. 101.) Voir aussi LECLERC, _Typographie_, p. 162.
-
- [175] L'in-24 est un format «assez incertain et qu'on peut confondre
- avec l'in-32. Pour le déterminer sûrement, il faut voir si la
- _signature_ se trouve à la page 49 ou à la page 65.» (J. COUSIN,
- _loc. cit._, p. 97.) Si elle se trouve à la page 49 (48 + 1), le
- format est in-24; à la page 65 (64 + 1), il est in-32.
-
- [176] Cela est si vrai que, depuis quelque temps, de fortes maisons
- d'édition, la maison Hachette, entre autres, ont imaginé d'employer,
- pour les ouvrages qu'elles font tirer à très grand nombre, des
- papiers d'un format particulier et de vastes dimensions, dit format
- _drap de lit_, dont chaque feuille peut contenir, par exemple, 96
- pages in-8 cavalier. Grâce à une _imposition_ spéciale (c'est-à-dire
- au rangement dans la forme ou châssis des pages composées et prêtes
- à être tirées, rangement effectué dans un ordre particulier, de
- façon qu'après l'impression et le pliage ces pages se suivent selon
- leurs numéros d'ordre), on n'a ensuite qu'à sectionner ces grandes
- feuilles _drap de lit_ et à procéder au pliage: on obtient pour
- chacune d'elles six feuilles in-8 (96 pages = 16[ = 8 × 2] × 6),
- portant toutes leur respective _signature_ et paraissant avoir
- toujours été séparées, indépendantes les unes des autres.
-
- [177] C'est ce que demande M. Édouard Rouveyre (voir _infra_, p. 85),
- et ce qui se fait sur les fiches dressées selon les règles de la
- classification décimale (voir chap. VIII, _De la classification_, p.
- 313).
-
- [178] _Barêmes ou Devis de travaux de reliure_, Annexe: Tableau des
- formats en usage dans la librairie française.--Ce tableau, où sont
- tracées les dimensions de la plupart des formats, offre un bon moyen
- de déterminer immédiatement le format d'un livre; il suffit
- d'appliquer les bords de ce livre sur les lignes délimitatrices du
- format qui s'y rapporte: le nom et les dimensions sont inscrits sous
- l'une de ces lignes. Je dois prévenir néanmoins que les chiffres
- donnés par M. Bosquet ne sont pas toujours théoriquement exacts.
-
- [179] Les chiffres de ce tableau sont obtenus de la manière suivante,
- qui est des plus simples. Il suffit de diviser les dimensions de la
- feuille de papier (dimensions qui sont inscrites respectivement en
- tête de chaque colonne) par le nombre des plis de cette feuille dans
- le format que l'on veut déterminer. Ainsi la feuille colombier ayant
- pour dimensions 0,63 × 0,90, et la feuille in-folio étant pliée en 2
- une seule fois, pour connaître la dimension du format _in-folio
- colombier_, on divisera par 2 le nombre 0,90, et l'on aura: 0,63 ×
- 0,45, ou, puisque, comme nous l'avons dit p. 52, il est de règle de
- placer le plus petit nombre le premier: 0,45 × 0,63. La feuille in-4
- étant pliée en 2 d'un côté et en 2 de l'autre (4 = 2 × 2), le format
- _in-4 colombier_ sera de (0,63 ÷ 2 et 0,90 ÷ 2) 0,315 × 0,45. La
- feuille in-8 étant pliée en 4 d'un côté et en 2 de l'autre (8 = 4 ×
- 2), le format _in-8 colombier_ sera de (0,90 ÷ 4 et 0,63 ÷ 2) 0,225
- × 0,315. La feuille in-12 étant pliée en 4 d'un côté et en 3 de
- l'autre (12 = 4 × 3), le format _in-12 colombier_ sera de (0,63 ÷ 4
- et 0,90 ÷ 3) 0,158 × 0,30. Si, par hypothèse, cette feuille in-12
- était pliée en 6 d'un côté et en 2 de l'autre, on calculerait de
- même ces nouvelles dimensions. La feuille in-18 étant pliée en 6
- d'un côté et en 3 de l'autre (18 = 6 × 3), on aura pour le format
- _in-18 jésus_ (0,70 ÷ 6 et 0,55 ÷ 3) 0,117 × 0,183; etc. Pour tout
- ce qui touche les différents modes de pliage des feuilles et le
- nombre de ces modes, ou, ce qui revient au même, les différentes
- dispositions des pages dans les châssis selon les formats,
- c'est-à-dire l'_imposition_, voir TH. LEFEVRE, _Guide pratique du
- Compositeur_, t. I, pp. 299-418, où se trouvent de nombreux tableaux
- graphiques d'impositions. Voir aussi DARUTY DE GRANDPRÉ, _Vade-mecum
- du biblioth... Instruction raisonnée sur le format des livres_, pp.
- 27-64.--Nous rappelons ce que nous avons dit p. 53 (Tableau des
- papiers) que le format actuel de la couronne servant aux _labeurs_
- (impressions de livres) est un peu plus grand (0,37 × 0,47) que
- celui de la couronne destinée aux cahiers et registres (0,36 ×
- 0,46).
-
- [180] Cf. LECLERC, _loc. cit._, p. 327.
-
- [181] Au début de l'imprimerie, l'_imposition_ était des plus simples,
- ou plutôt elle n'existait pas et ne pouvait exister, puisque, par
- suite des petites dimensions des presses, on ne pouvait tirer à la
- fois que deux pages in-folio. Les imprimeurs suivaient donc
- l'exemple des copistes; ils pliaient en deux un certain nombre de
- feuilles, 1, 2, 3, par exemple; la feuille 1 était formée des deux
- premières pages et des deux dernières (1, 2, 11 et 12); la feuille
- 2, composée des pages 3, 4, 9 et 10, entrait dans la feuille 1; et
- la feuille 3, comprenant les pages 5, 6, 7 et 8, entrait dans la
- feuille 2. Ce premier cahier portait pour signature, au bas, à
- droite, la lettre A; les cahiers suivants recevaient respectivement
- pour signatures les lettres B, C, D... En outre, afin d'éviter les
- confusions et de faciliter le placement des feuilles, les pages
- étaient, de deux en deux, marquées d'un numéro d'ordre en chiffres
- romains, placé à côté de la signature. Ainsi la 1re page du premier
- cahier portait Aj; la 3e page Aij; la 5e Aiij; la 7e Aiv. On avait
- de même pour le deuxième cahier: Bj, Bij, Biij, Biv, etc. Au lieu de
- chiffres romains, on a employé aussi les chiffres arabes: A, A2, A3,
- A4, etc. (Cf. LECLERC, _loc. cit._, p. 285; et DARUTY DE GRANDPRÉ,
- _loc. cit._, p. 25, n. 1.)
-
- [182] Certains _cartons_ ou _encarts_, plus longs que larges, «formant
- une bande relativement étroite», portent le nom de _feuilletons_.
- (DARUTY DE GRANDPRÉ, _loc. cit._, p. 20.) On donne encore le nom de
- _cartons_ à des feuillets supplémentaires d'impression qu'on est
- quelquefois obligé de faire, pour remplacer des pages d'un livre qui
- contiennent soit des erreurs qu'on veut réparer, soit des passages
- qu'on désire supprimer. Ces feuillets supplémentaires une fois tirés
- sont cousus ou collés à la place des pages enlevées. Un carton se
- compose toujours de quatre pages qui se tiennent. Mais on peut
- n'avoir besoin d'apporter des modifications que dans une seule page,
- de ne changer qu'une ligne ou qu'un mot: cette page réimprimée (et
- qui forme un feuillet naturellement, puisqu'elle comprend un recto
- et un verso), destinée à remplacer la page primitive, s'appelle
- _onglet_ (LECLERC, _loc. cit._, p. 110), du nom de la mince bande de
- papier cousue dans le volume et sur laquelle on la colle (cf.
- _infra_, chap. V, _De la reliure_, p. 151). Enfin on donne aussi le
- nom de _cartons_ aux cartes de détail placées dans les angles d'une
- grande carte géographique.
-
- [183] Pour plus de développements, voir TH. LEFEVRE, _loc. cit._, t.
- I, p. 433, et chap. IX, Plan des impositions, pp.
- 299-418;--DESORMES, _loc. cit._, pp. 45 et suiv.;--LECLERC, _loc,
- cit._, pp. 215 et suiv., et 329 et suiv.;--et DARUTY DE GRANDPRÉ,
- _loc. cit._, pp. 27-64. Rien que pour le format in-18, Lefevre
- indique treize modes différents d'imposition; Leclerc en donne sept:
- 1º en 1 cahier sans coupure; 2º en 1 cahier avec coupure en
- longueur; 3º en 1 cahier avec coupure en largeur; 4º en 2 cahiers,
- chacun sans coupure; 5º en 2 cahiers avec coupure et carton dedans;
- 6º en 3 cahiers, chacun sans coupure; 7º en 3 cahiers avec coupure
- et carton dedans.
-
- [184] On remarquera que les lettres J et U, qui anciennement se
- confondaient avec l'I et le V, ne figurent pas parmi les signatures.
-
- [185] Page 197.
-
- [186] _Instruction générale relat. au service des biblioth.
- universitaires ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 433.
-
- [187] ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 5e édit.,
- t. II, p. 52.
-
- [188] Voir _infra_, chap. VIII, p. 313.
-
- [189] «Au début de l'imprimerie, les formats employés étaient
- généralement l'in-folio et l'in-quarto, et certains auteurs ont
- supposé qu'aucun livre, avant 1480, n'avait été imprimé sous un
- format plus petit.» (Trad. de l'_Encyclop. Britannica_, t. III, p.
- 652, col. 1.) Néanmoins, PEIGNOT, dans son _Dictionnaire raisonné de
- bibliologie_, art. Format, mentionne des éditions des plus petits
- formats antérieures à 1480; mais on peut considérer ces «petits
- livres» comme des exceptions.
-
- [190] Cf. LALANNE, _Curiosités bibliogr._, p. 293.
-
- [191] ID., _Ibid._
-
- [192] BOUCHOT, _le Livre_, p. 110.
-
- [193] Cf. BOUCHOT, _ibid._;--LECLERC, _loc. cit._, p. 289. En 1513, le
- pape Léon X accorda à Alde Manuce un privilège analogue d'une durée
- de quinze ans, «... sous les peines d'excommunication et d'amende de
- cinq cents ducats d'or envers les contrefacteurs». (CRAPELET,
- _Études prat. et litt. sur la typographie_, t. I, pp. 65-66.)
-
- [194] _Loc. cit._, p. 170.
-
- [195] LALANNE, _loc. cit._, p. 293.
-
- [196] Tome II, p. 130.
-
- [197] _Loc. cit._, t. II, p. 421.
-
- [198] Constantin est moins exclusif. «Celui, écrit-il, qui veut se
- former une bibliothèque de quelques centaines de volumes seulement,
- fera bien de les prendre tous du même format. Une pareille
- collection d'une reliure de bon goût, et renfermée dans un corps de
- bibliothèque élégant, fait un très joli objet d'ameublement, et est
- d'un usage commode. Il n'est pas difficile de trouver dans la
- librairie un bon choix d'ouvrages de 300 à 800 volumes imprimés
- d'une manière uniforme, in-8, in-12 ou in-18.» (_Bibliothéconomie_,
- p. 48.)
-
- [199] _Loc. cit._, p. 294.
-
- [200] Cf. WERDET, _De la librairie française_, p. 177.
-
- [201] Voir sur ces termes _infra_, p. 107.
-
- [202] Nous rappelons ce que nous avons dit p. 76, que nous entendons
- toujours par in-18 l'in-18 jésus (0,117 × 0,183), et par in-8 l'in-8
- cavalier (0,155 × 0,23).
-
- [203] Cf. BOLLIOUD-MERMET, _De la bibliomanie_, pp. 48-49 (Paris,
- Jouaust, s. d.). Cette référence est indiquée par Mouravit, mais il
- est à noter que le texte de l'opuscule de Bollioud-Mermet, en cet
- endroit ou ailleurs, ne se rapproche que bien vaguement de la
- remarque de Mouravit sur le choix et la convenance des formats.
-
- [204] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 197.
-
- [205] Cf. _supra_, pp. 87 et suiv., les appréciations que nous avons
- citées à propos de l'in-8, et les motifs qui nous font préférer
- l'in-18.
-
- [206] LECLERC, _loc. cit._, p. 288.--Nous avons déjà noté plus haut
- (p. 76) que certains in-12, in-16 et in-18 ont les mêmes dimensions,
- et peuvent être considérés comme «synonymes». Inutile de faire
- observer que, dans les deux citations précédentes de Mouravit et de
- M. Leclerc, les formats mentionnés manquent de précision, qu'il eût
- été bon de dire de quel in-4, de quel in-8, in-12, in-16, etc., il
- s'agit, puisqu'un in-4 peut être plus petit qu'un in-8 (in-4 écu <
- in-8 colombier), un in-8 plus petit qu'un in-12, etc. (voir _supra_,
- p. 76 et le tableau de la page 77). Mais, encore une fois, l'usage
- est fréquent de désigner les formats par le nombre seul des plis de
- la feuille, sans faire connaître les dimensions de cette feuille, la
- _sorte_ de papier employée: jésus, raisin, colombier, etc., et de ne
- donner ainsi de ces formats qu'une idée approximative.
-
- [207] L'invention du point typographique est due à Pierre-Simon
- Fournier, _alias_ Fournier le Jeune (vers 1737); mais la mesure
- initiale dont s'était servi cet imprimeur et graveur était
- conventionnelle, partant sujette à discussions et à erreurs (cf.
- LECLERC, _Typographie_, pp. 40 et 42). Le «point Fournier» fut
- modifié en 1753 par F.-Ambroise Didot, qui prit pour base la mesure
- légale d'alors, le _pied de roi_, dont il divisa la ligne en six
- parties égales, en six points. Un caractère d'imprimerie ayant
- exactement pour longueur ces six points se nomme le _six_; s'il a un
- point de plus, c'est-à-dire sept points, le _sept_; huit points, le
- _huit_; etc. (Cf. A.-F. DIDOT, _Encyclop. moderne_, art.
- Typographie, t. XXVI, col. 846.)--C'est Fournier le Jeune qui a dit
- que «la théorie d'un art si utile (l'imprimerie) ne devrait être
- ignorée d'aucun de ceux à qui l'usage des livres est familier», et
- qu'«il serait à souhaiter que tout homme de lettres fût en état de
- juger sainement de la mécanique de ses productions.» (_Manuel
- typographique_, t. I. p. IX.)
-
- [208] LECLERC, _loc. cit._, p. 48.
-
- [209] ID., _ibid._, p. 46.
-
- [210] Cf. THÉOTISTE LEFEVRE, _Guide pratique du compositeur
- d'imprimerie_, t. I, p. 425;--DAUPELEY-GOUVERNEUR, _le Compositeur
- et le Correcteur typographes_, p. 5;--E. DESORMES, _Notions de
- typographie_, p. 500;--LECLERC, _loc. cit._, pp. 41-42. Les listes
- de concordance des anciens noms avec les nombres de points données
- par ces ouvrages offrent de fréquentes divergences.
-
- [211] Le texte du présent livre est imprimé en caractère romain Didot
- corps dix petit œil; les notes sont en romain Didot corps huit, les
- sommaires des chapitres en romain Didot corps sept, et la préface en
- romain Didot corps onze.
-
- [212] L'Imprimerie nationale a, elle, un indice spécial: ses _l_,
- dites _l barrées_, portent un imperceptible trait, une barre
- minuscule, au milieu de leur longueur (l l).
-
- [213] Cf. BOUCHOT, _le Livre_, p. 174.
-
- [214] Voir _supra_, p. 86.
-
- [215] En romain Didot. Remarquez que ce romain est plus petit d'œil
- que l'elzevier du corps correspondant.
-
- [216] Du nom de l'habile graveur et imprimeur français Nicolas Jenson,
- qui alla s'établir à Venise vers 1469. (Cf. LALANNE, _Curiosités
- bibliogr._, p. 84.)
-
- [217] Sur les _lettres grises_, cf. DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._,
- p. 68.
-
- [218] LECLERC, _loc. cit._, pp. 64.
-
- [219] ID., _ibid._
-
- [220] «... les formes arrondies de l'onciale (d'où est issue la lettre
- tournure).» (LECOY DE LA MARCHE, _les Manuscrits et la Miniature_,
- p. 153.) Notons encore qu'on nomme lettres _filigranées_ des
- initiales particulières de même aux anciens manuscrits, majuscules
- ornées de fioritures très déliées, d'une sorte de filigrane, «fil
- ténu, capricieusement enroulé et engendrant des espèces de graines
- ou de petites boules». (ID., _loc. cit._, pp. 154-156); lettres
- _dragontines_, appelées aussi _saxonnes_, d'autres initiales
- d'anciens manuscrits «terminées par des têtes et des queues de
- serpents, bordées de points, garnies, dans leurs massifs, de perles,
- d'entrelacs et de monstres enchevêtrés». (ID., _loc. cit._, p. 263.)
- Rappelons enfin que les caractères gothiques des premiers livres
- portent le nom de _lettres de forme_ et de _lettres de somme_,
- celles-ci moins anguleuses, moins hérissées de pointes que
- celles-là. C'est de _lettres de somme_ que se servirent Gutenberg,
- Fust et Schoeffer, les inventeurs de l'imprimerie. (Cf. LALANNE,
- _loc. cit._, p. 103.)
-
- [221] La casse française renferme 54 cassetins dans le bas de casse,
- et 98 dans le haut de casse. Des casses moins grandes, partant moins
- encombrantes, et d'un seul morceau, notamment la casse dite
- _parisienne_, sont actuellement en usage: on en a retranché les
- petites capitales, relativement peu employées, et qui sont placées à
- part.
-
- [222] Sur la casse, voir DELON, _Histoire d'un livre_, pp. 135 et
- suiv.;--MAIRE, _Manuel prat. du biblioth._, pp. 304 et
- suiv.;--LECLERC, _loc. cit._, pp. 70 et suiv.; etc. Je suis
- également redevable de nombreux renseignements typographiques à
- l'obligeance de M. Jattefaux, prote de l'imprimerie Lahure.
-
- [223] Voir cette liste complète dans TH. LEFEVRE, _loc. cit._, t. I,
- p. 430.
-
- [224] MAIRE, _loc. cit._, p. 353.
-
- [225] CRAPELET, _Études prat. et litt. sur la typographie_, p. 145.
-
- [226] Cf. LECLERC, _loc. cit._, pp. 531-532.
-
- [227] _L'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à l'Exposit.
- univers. de 1851_, p. 62.
-
- [228] _Ibid._
-
- [229] LOUISY, _le Livre_, p. 221. «Typographia, Deorum manus et munus,
- imo ipsa, cum mortuos in vitam revocet, omnino diva est.» (C. KLOCK,
- _ap._ CRAPELET, _loc. cit._, avant-propos, p. ij.) En tête de son
- _Manuel typogr._ (t. I, p. iv), FOURNIER LEJEUNE a inscrit--et
- modifié comme il suit--les vers bien connus de _la Pharsale_ de
- Brébeuf:
-
- C'est de Dieu que nous vient cet art ingénieux
- De peindre la parole et de parler aux yeux.
-
- Plus loin (t. I, p. vij) il dit que l'imprimerie est «regardée à
- juste titre comme un présent du ciel». CRAPELET, _loc. cit._, p. 2,
- écrit de même: «L'art typographique... cette admirable invention,
- qui était regardée comme l'œuvre de la Divinité même...». Et VICTOR
- HUGO, _Notre-Dame de Paris_, liv. V, chap. 2: «L'invention de
- l'imprimerie est le plus grand événement de l'histoire. C'est la
- révolution mère. C'est le mode d'expression de l'humanité qui se
- renouvelle totalement... Sous la forme imprimerie, la pensée est
- plus impérissable que jamais;» etc.
-
- [230] On se sert aussi, ou plutôt on s'est servi de plâtre, pour
- prendre ces empreintes. Ce qui a fait préférer au clichage au plâtre
- le clichage dit _au papier_ ou _au flan_, c'est la rapidité
- d'exécution et l'économie de ce dernier procédé; mais le plâtre
- avait l'avantage de donner des empreintes plus complètes et
- meilleures. (Cf. LECLERC, _loc. cit._, pp. 533-534.)
-
- [231] Théoriquement, le mot _clichage_ est synonyme de l'ancien mot
- _stéréotypie_: ils signifient tous les deux l'action de «créer,
- d'après une composition unique formée par l'assemblage des
- caractères mobiles, une ou plusieurs autres planches solides et
- identiques». (LECLERC, _loc. cit._, p. 533.) Mais _clichage_ est
- l'expression moderne, actuellement en usage, et désignant
- l'opération dont nous venons de parler, qui débute par la prise des
- empreintes au moyen de plâtre ou de _flans_. La _stéréotypie_
- (στερεός, solide; τύπος, type), s'applique plus particulièrement au
- procédé imaginé en partie par Firmin Didot vers la fin du XVIIIe
- siècle, et qui consistait en ceci: «Après avoir composé une page en
- caractères plus bas que ne le sont les caractères ordinaires, et
- fondus avec un alliage particulier, plus dur que les autres, on la
- renfermait dans un mandrin; puis, à l'aide d'un balancier, on
- l'enfonçait dans une plaque de plomb de même dimension, fondue et
- dressée avec soin. Cette opération donnait pour premier produit une
- matrice où la lettre est en creux; cette matrice, placée dans un
- mandrin et abattue au moyen d'un mouton sur de la matière en fusion,
- procurait un cliché saillant... sur lequel on pouvait tirer à dix,
- quinze ou vingt mille exemplaires sans qu'il y parût.» (LOUIS DE
- VILLOTTE, _De la stéréotypie_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I,
- pp. 9-10.) Cf. aussi l'article _Stéréotypie_ par STARK, in
- _Encyclop. moderne_, Complément, t. XII, col. 438-442. Les Didot
- utilisèrent leur invention en publiant une nombreuse collection de
- petits volumes à bon marché,--la collection «stéréotype»--contenant
- tous les chefs-d'œuvre des littératures classiques, qui obtint une
- très grande vogue, et peut se comparer à la collection de la petite
- «Bibliothèque nationale», commencée par l'imprimeur Dubuisson en
- 1863, et qui se continue encore. Seulement, le papier des
- «stéréotypes» de Didot, qui, au bout d'un siècle, est encore intact,
- est de beaucoup supérieur à celui des petits volumes de Dubuisson,
- déjà tout piqués et jaunis.
-
- Mentionnons encore, parmi les modes de reproduction typographique,
- le procédé dit _anastatique_ (ἀνάστασις, résurrection), applicable
- non seulement aux livres, mais aux gravures, planches, etc. Il
- consiste à transporter sur une plaque de métal le texte ou la
- gravure à reproduire; on encre ensuite cette plaque, et l'on procède
- au tirage. Ce transport, qui s'effectuait jadis par des moyens
- chimiques, imaginés en 1844 par M. Baldermus, de Berlin (cf.
- LAROUSSE, _Grand Dicionn._, et _Grande Encyclop._, art.
- Anastatique), s'opère actuellement à l'aide de la photographie.
- Relativement coûteux et peu expéditif, ce procédé ne convient que
- pour les tirages à petit nombre: on l'emploie, par exemple, pour
- remplacer les pages manquantes dans un ouvrage ancien, dans un livre
- de valeur, dont on possède un exemplaire complet.
-
- [232] L'épithète est de JULES RICHARD, _l'Art de former une
- bibliothèque_, p. 6: «On n'a jamais fait de plus vilaine librairie».
-
- [233] Relativement à l'influence du public sur la qualité des livres,
- voir CRAPELET, _loc. cit._, pp. 225-226: «Il n'est pas douteux que
- ceux qui ont les moyens d'acheter des livres, et qui ne considèrent
- que le bon marché dans leurs acquisitions, ne peuvent pas employer
- plus mal leur argent. Les libraires (éditeurs), entraînés par le
- goût du public, le servent à son gré, en épuisant toutes les
- combinaisons pour lui donner de la marchandise à bas prix, mais qui
- ne conserve pas la moindre valeur: car on n'a jamais bon marché d'un
- livre incorrect, altéré, tronqué, et imprimé sur du mauvais
- papier... Henri Estienne dit: «L'avarice, fléau plus redoutable à
- l'art typographique qu'à aucun autre: _Avaritia, malum in arte
- typographica magis quam in alia ulla formidandum_».
-
- [234] Anciennement même «chaque ouvrage avait un correcteur
- particulier. Les livres de religion étaient lus par des théologiens;
- les livres de droit par des jurisconsultes; l'astronomie, la
- médecine, par ceux qui possédaient ces sciences;» etc. (CRAPELET,
- _loc. cit._, p. 155.) D'après le règlement donné à l'imprimerie de
- Paris par François Ier, en 1539, et cité par le même bibliographe
- (p. 181), «si les maistres imprimeurs des livres en latin ne sont
- sçavans et suffisans pour corriger les livres qu'ils imprimeront,
- seront tenus avoir correcteurs suffisans, sur peine d'amende
- arbitraire; et seront tenus lesdicts correcteurs bien et
- soigneusement de corriger les livres, rendre leurs corrections aux
- heures accoutumées d'ancienneté, et en tout faire leur devoir...».
- Ces dispositions furent confirmées et maintenues par les successeurs
- de François Ier. Néanmoins, le règlement de 1649 reproche à
- l'imprimerie de Paris d'avoir beaucoup perdu de son ancien éclat, et
- impose aux libraires (éditeurs) l'obligation de prendre un
- certificat de correction pour certains livres. (Voir CRAPELET, _loc.
- cit._, pp. 181-182.) D'après le règlement de 1686, les imprimeurs
- devaient faire imprimer les livres «en beaux caractères, sur de bons
- papiers et bien corrects»; on exigeait même qu'ils ne pussent ouvrir
- boutique à moins d'être «congrus en langue latine et de savoir lire
- le grec». Quiconque était empêché de vaquer à la correction de ses
- ouvrages devait avoir des correcteurs capables; et, ajoute
- l'ordonnance de 1728, les feuilles mal corrigées par eux seraient
- réimprimées à leurs frais.» (LOUISY, _le Livre_, p. 234.)
-
- [235] Nous n'avons pas à nous occuper, dans cette étude consacrée à la
- connaissance, à l'usage et à l'amour du Livre, des rapports des
- auteurs avec les éditeurs et les imprimeurs. Nous ne faisons
- qu'effleurer ici, à propos de la netteté et de l'intégrité du texte,
- cette très intéressante et très complexe question: la correction des
- épreuves, qui a fait et fera toujours le tourment des écrivains, qui
- sera toujours leur «enfer»,--leur «paradis» étant de rêver à leur
- œuvre et de l'exécuter en imagination, et leur «purgatoire» de la
- coucher par écrit,--pour peu qu'ils aient la haine de l'à peu près,
- la passion de l'exactitude, de l'ordre et de la clarté. «Je me
- soucie moins que vous ne pourriez croire du succès de mes ouvrages,
- écrivait lord Byron à son imprimeur Murray, _mais la moindre faute
- de typographie me tue_... Corrigez donc si vous ne voulez me forcer
- à me couper la gorge.» (_Ap._ CRAPELET, _loc. cit._, p. 304.) Nous
- dirons seulement aux auteurs qu'une écriture bien lisible et soignée
- n'est pas toujours, comme on serait tenté de le croire, une garantie
- du bon travail de l'imprimeur: _au contraire_, paraît-il. Un
- manuscrit artistement calligraphié ou seulement d'une parfaite
- lisibilité exige moins d'attention de la part du compositeur, qui
- souvent alors compose «à vue de nez». Cette opinion est confirmée
- par l'auteur anonyme d'un petit _Manuel du libraire_, qui adresse,
- après Gilles Ménage, cet «Avis aux auteurs»: «Si vous voulez qu'il
- n'y ait point de fautes dans les ouvrages que vous ferez imprimer,
- ne donnez jamais de copies bien écrites, car alors on les donne à
- des apprentis, qui font mille fautes; au lieu que si elles sont
- difficiles à lire, ce sont [les bons ouvriers ou] les maîtres qui y
- travaillent eux-mêmes». (_Manuel du libraire, du biblioth. et de
- l'hom. de let._, par un libraire. Paris, Emler, 1828, p. 142. Cf.
- aussi CRAPELET, _loc. cit._, pp. 289-290.) Henri de Latouche,
- l'auteur de _Fragoletta_, partageait l'avis de Gilles Ménage, et il
- affirme également que «plus le manuscrit sera clair et lisible»,
- moins le compositeur y apportera d'attention. (Cf. CRAPELET,
- _ibid._) Ajoutons encore que, tout en traitant ces assertions de
- paradoxes, l'érudit imprimeur G.-A. Crapelet, un des écrivains qui
- ont le mieux connu tous les détails de la typographie et qui en ont
- le mieux parlé, les confirme et les appuie de sa haute autorité.
- «... La nécessité où se trouve l'ouvrier d'apporter une attention
- soutenue à la lecture des manuscrits de cette espèce (mal écrits et
- surchargés de ratures et de renvois) donne à sa composition un
- certain degré d'exactitude et de correction, quelquefois
- surprenant.» (_Loc. cit._, pp. 264 et 290.) Rappelons enfin, pour ne
- décourager personne, que la perfection, typographique ou autre,
- n'est pas de ce monde, et qu'_il n'existe aucun livre sans faute_,
- typographiquement parfait. «Un livre sans faute est une chimère...»
- (CRAPELET, _loc. cit._, p. 222.) _Typographica ars nimis est
- erroribus obnoxia._ (ANGE ROCCA, _ap._ CRAPELET, _loc. cit._, p.
- 221.) Ainsi le _Virgile_ in-folio, imprimé au Louvre par Pierre
- Didot en 1798, et qui, comme le _Racine_ de la même provenance, est
- réputé un des chefs-d'œuvre de la typographie, contient un j dont le
- point manque, s'est détaché à la pression. (Cf. A-F. DIDOT,
- _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI, col. 858-859.)
-
- [236] N'avoir pas de correcteurs, ou n'en employer que d'incapables, a
- été réputé _crime en matière d'imprimerie_ par le philologue
- italien, bibliothécaire du Vatican, Ange Rocca, mort en 1620. (Cf.
- CRAPELET, _loc. cit._, p. 176.)
-
- [237] _L'Art de former une biblioth._ pp. 81-82.
-
- [238] Crapelet observe que cette anecdote bien connue n'a pas grand
- fondement. «On rapporte, écrit-il, que Robert Estienne exposait des
- épreuves devant sa maison, voisine du Collège de Beauvais, et des
- Écoles du Droit Canon, situées rue Saint-Jean-de-Beauvais, et qu'il
- donnait une récompense aux écoliers qui y découvraient des fautes.
- Si ce moyen a été employé par Robert Estienne, il n'a pu lui sauver
- que des incorrections très légères, car ce savant imprimeur avait lu
- et relu ses épreuves avant de les exposer, et les écoliers n'étaient
- pas de force à découvrir des fautes graves après la lecture d'un
- homme aussi habile et aussi exercé dans ce genre de travail.
- D'ailleurs le fait en lui-même, qui n'est rapporté que comme un
- on-dit par Jans. Almeloveen, dans sa _Dissertatio de Vitis
- Stephanorum_, me paraît fort douteux, et pourrait bien n'être qu'une
- fiction pour enseigner qu'on ne saurait prendre trop de précautions
- pour assurer la correction des livres.» (CRAPELET, _loc. cit._, pp.
- 213-214.)
-
- [239] _Histoire de France_, t. IX, la Renaissance, chap. XI, p. 299
- (Paris, Marpon et Flammarion, 1879). Cf. aussi LAROUSSE, _loc.
- cit._, art. Estienne (Robert).
-
- [240] On appelle _titre courant_ le titre, soit de l'ouvrage, soit des
- chapitres, qui se trouve répété et «court», pour ainsi dire, au
- sommet des pages. On distingue encore, comme nous allons le voir
- (page suivante, note 241), trois autres espèces de titres: le _faux
- titre_, le _titre_ ou _grand titre_, et le _titre de départ_.
-
- [241] C'est cependant ce que font souvent les imprimeurs anglais: ils
- numérotent toutes les pages, excepté celles des _trois titres par
- lesquels tout livre débute généralement_: 1º _faux titre_ (la toute
- première page du livre: le titre, ordinairement abrégé, et sans nom
- d'auteur, est placé au milieu de cette page); 2º _titre_ proprement
- dit, ou _grand titre_ (titre complet, avec le nom de l'auteur, et,
- au bas de la page, le nom et l'adresse--la _firme_--de l'éditeur; le
- grand titre portait aussi autrefois le nom de _frontispice_: ce nom
- est aujourd'hui réservé aux titres ornés de vignettes ou
- d'encadrements, ou encore à la gravure placée en regard du
- titre--portrait de l'auteur, par exemple,--et dont le sujet se
- rapporte de près ou de loin à l'ouvrage); 3º _titre de départ_
- (placé en haut de la page: c'est sur cette page--la première, à vrai
- dire,--que commence le texte de l'ouvrage);--excepté ces feuillets
- de début, toutes les pages de l'intérieur du volume, les pages de
- titre d'article et les belles pages comme les autres, sont
- foliotées: voir _Encyclop. britannica_, t. III, p. 173 (let. B); t.
- VI, p. 756 (let. D); t. VII, p. 588 (let. E), etc. Ces belles pages
- n'ont pas de titre courant, et leur folio se trouve placé au sommet
- médial. L'effet de ce foliotage n'est nullement désagréable à l'œil.
-
- [242] F. SARCEY, _Gare à vos yeux!!_ préface, p. V. (Paris,
- Ollendorff, 1884).--«MM. H. Griffing et Shepherd J. Franz étudient
- depuis un certain temps l'influence que peuvent avoir, sur la
- facilité de la lecture, le format, le dessin des caractères
- d'imprimerie, l'intensité de la lumière, sa qualité, celle du
- papier, l'interlignage (c'est-à-dire l'espacement des lignes
- d'impression). Ils arrivent à cette conclusion que l'élément
- principal de la fatigue visuelle, ce sont les dimensions des
- caractères: il ne faudrait jamais employer des caractères de moins
- de 1 millimètre 1/2 de hauteur, et encore la fatigue augmente-t-elle
- avant même qu'on ait affaire à des lettres d'un format aussi réduit.
- Par rapport à ce côté de la question, l'éclairage n'est que tout à
- fait secondaire.» (_La Nature_, 23 juillet 1898, p. 126.)
-
- [243] A propos des formats, p. 90.
-
- [244] In _Musée des familles_, 1er mars 1896, p. 158.
-
- [245] _Ap._ BOUCHOT, _le Livre_, p. 297.
-
- [246] G. NAUDÉ, _loc. cit._, chap. V, p. 70. (Paris, Liseux, 1876.)
-
- [247] _Loc. cit._, chap. VIII, p. 98
-
- [248] ED. TEXIER, _ap._ MOURAVIT, _le Livre_, p. 220.
-
- [249] LESNÉ, _loc. cit._, p. 113.
-
- [250] _Ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, p. 209.
-
- [251] _Ibid._ C'est à peu près ce que dit aussi JULES RICHARD, _l'Art
- de former une biblioth._, p. 139: «Un bibliophile ne conserve pas
- les livres qu'on lit une fois, mais seulement ceux qu'on _relit_
- avec plaisir, et que, par conséquent, on _relie_ plus ou moins
- richement.»
-
- [252] CHARLES BLANC, _Grammaire des arts décoratifs_, la Reliure, p.
- 342.--Cf. _infra_, chap. IX, p. 322.
-
- [253] «Ce genre de reliure... permet au livre de se tenir ouvert sur
- une table ou sur un pupitre, parce qu'on a supprimé la résistance
- qu'oppose le dos de la couverture quand il adhère aux cahiers.»
- (ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, t. IV, p.
- 66.)
-
- [254] S. LENORMAND et MAIGNE, _Manuel du relieur_ (Manuels Roret), p.
- 64.--«... Ouvrir complètement le volume, et à plat, ce qui ne peut
- se faire avec les livres reliés.» (Dr GRAESEL, _Manuel de
- bibliothéconomie_, p. 373.) C'est en grande partie pour ce motif,
- afin que le livre puisse mieux s'ouvrir, que nous conseillons, pour
- les volumes inférieurs à l'in-8, le cartonnage bradel.
-
- [255] La largeur du format, voilà surtout ce qui, avec la flexibilité
- de la garniture du dos, permet au livre de s'ouvrir aisément et de
- rester de lui-même ouvert. Exemple: un volume oblong, un album.
- Prenez, au contraire, un livre de format étroit, comme les in-12
- elzevieriens (in-12 couronne: 0,09 × 0,157) de certaines collections
- modernes: relié, il est indispensable de tenir ce petit volume à la
- main pour qu'il demeure ouvert, et il a toujours tendance à se
- refermer de lui-même, comme mû par un ressort. C'est que, dans le
- premier cas, le cas de l'album, la feuille étant plus large pèse
- davantage sur son extrémité libre, retombe d'elle-même, et oppose
- ainsi un contrepoids supérieur à la résistance de la couture et du
- dos; dans le second cas, pour l'étroit petit elzevier, c'est cette
- résistance qui l'emporte. Remarquons aussi que plus le papier est
- fort et rigide, plus la résistance du dos est énergique. Le papier
- des anciens petits elzeviers était du papier de fil, souple et peu
- épais: aussi ces gracieux petits volumes sont-ils autrement
- maniables et «complaisants» que les prétendus elzeviers modernes à
- papiers rigides.
-
- [256] CHARLES BLANC, _loc. cit._, p. 337.
-
- [257] _Loc. cit._, p. 337.
-
- [258] Cf. BLANCHON, _l'Art et la Pratique en reliure_, p. 18.
-
- [259] Cf. BLANCHON, _loc. cit._, p. 17.
-
- [260] Cf. BLANCHON, _loc. cit._, p. 18; et S. LENORMAND et MAIGNE,
- _loc. cit._, p. 73.--Sur les reliures en cuir de Russie, cf.
- _infra_, chap. IX, pp. 368 et 369.
-
- [261] Sur la fabrication et l'emploi du parchemin, voir de curieux
- renseignements dans LECOY DE LA MARCHE, _les Manuscrits et la
- Miniature_, pp. 27-36. Voir aussi MAIRE, _Manuel prat. du
- biblioth._, pp. 377-378; et BLANCHON, _loc. cit._, p. 18.
-
- [262] Cf. _supra_, chap. II, p. 55.
-
- [263] Chap. II, p. 56.
-
- [264] Cf. MAIRE, _loc. cit._, p. 340.
-
- [265] «A Venise, à Florence... Voilà le vrai berceau de la reliure...
- Les plus beaux exemplaires des reliures de ce temps se trouvaient
- dans la bibliothèque du célèbre bibliophile italien Maoli (Maïoli),
- qui a dû vivre de 1510 à 1560...» (BLANCHON, _loc. cit._, p. 117.)
- «Au commencement du XVIe siècle, les Italiens trouvent une voie
- nouvelle sous l'influence des Aldes, qui avaient probablement joint
- à leur imprimerie un atelier de reliure. Venise fut alors pour
- l'Italie l'école de la reliure, et, pour la première fois, les
- motifs en plein or des Aldes servirent de remplissages dans les
- premières reliures à entrelacs... L'Italie donne alors le ton à
- l'Europe. Les reliures à la Salamandre de François Ier, conservées
- dans nos bibliothèques publiques, sont presque toutes dans le goût
- italien. Les Italiens furent donc nos initiateurs; mais on ne
- saurait méconnaître toutefois la grande part qu'ont eue, dans
- l'histoire de l'art et de la reliure en particulier, les artistes
- français de la Renaissance, notamment Nicolas Ève et son fils
- Clovis, célèbres libraires-relieurs de Henri III et de Henri IV.»
- (SPIRE BLONDEL, _l'Art intime et le Goût en France_, pp. 318-319.)
-
- [266] Déjà au XVIe siècle, malgré la vogue de Venise, BONAVENTURE DES
- PERIERS faisait dire à Mercure, au début de son _Cymbalum Mundi_ (p.
- 304. Paris, Delahays, 1858. Nouv. édit. avec des notes et une notice
- par P. L. JACOB, bibliophile [Paul Lacroix]): «Où est-ce que l'on
- relie le mieux? A Athènes (_id est_ en France, à Lyon, d'après le
- bibliophile JACOB, _ibid._), en Germanie, à Venise ou à Rome? Il me
- semble que c'est à Athènes.» C'est ce qui a permis au comte DE
- LABORDE d'avancer que «la Reliure est un art tout français». (_Le
- Palais Mazarin_, _ap._ P. L. JACOB, _Mélanges bibliogr._, p. 1.) «La
- _reliure d'art_ française occupe la première place en Europe, et, à
- l'appui de ce que nous avançons, nous pourrions citer les prix
- toujours plus hauts qu'atteignent, dans les ventes, non seulement
- les reliures anciennes, mais aussi les travaux modernes.» (BLANCHON,
- _loc. cit._, avant-propos, p. V.)
-
- [267] «C'est au célèbre bibliophile Jean Grollier (_sic_) que semble
- de droit appartenir l'honneur d'avoir créé la reliure française.»
- (P. L. JACOB, _Mélanges bibliogr._, p. 2.).
-
- [268] On écrit aussi Derome ou Deromme: l'orthographe donnée par JAL,
- _Dictionn._, pp. 1082-1084, est de Rome, les de Rome.
-
- [269] Outre les ouvrages déjà cités dans ce chapitre, voir sur
- l'historique de la reliure: ÉD. FOURNIER, _l'Art de la reliure en
- France aux derniers siècles_;--OCTAVE UZANNE, _la Reliure moderne
- artistique et fantaisiste_;--HENRI BOUCHOT, _les Reliures d'art à la
- Bibliothèque nationale_, _passim_;--JULES LE PETIT, _l'Art d'aimer
- les livres_, pp. 161-186;--LUDOVIC LALANNE, _Curiosités bibliogr._,
- pp. 282-291;--et les ouvrages de MM. LÉON GRUEL, ÉMILE BOSQUET,
- MARIUS MICHEL, etc.
-
- [270] La peau de morue a donné en reliure de très bons résultats.
- (Renseignement fourni par la maison de reliure Engel.)
-
- [271] Voir _Intermédiaire des cherch. et cur._, 30 nov. 1900, col.
- 917-918.
-
- [272] Journal _la Halle aux cuirs_, in _Intermédiaire des cherch. et
- cur._, 10 avril 1886, col. 202.--Mais les avis diffèrent, et le même
- _Intermédiaire_, dans son numéro du 30 décembre 1900, col. 1111,
- affirme, par la plume de M. MARCELLIN PELLET, que «la peau humaine
- n'est pas belle en reliure; il est très difficile, sinon impossible,
- de la dégraisser complètement».
-
- [273] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 233.--Un autre médecin anglais, le
- célèbre John Hunter (1728-1794), fit relier de même en peau humaine
- un traité sur les maladies de la peau. (_Dictionn. de la
- Conversation_, art. Reliure.)
-
- [274] _Revue encyclop._, 11 juin 1898, p. 542.
-
- [275] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 25 mai 1879, col. 295, et
- 10 juillet 1882, col. 396; et _Revue encyclop._, _loc. cit._
-
- [276] _Revue encyclop._, _loc. cit._
-
- [277] _Ibid._
-
- [278] _Revue encyclop._, _loc. cit._, p. 542; et ALFRED FRANKLIN, _les
- Anciennes Bibliothèques de Paris_, t. I, p. 297.
-
- [279] _Revue encyclop._, _loc. cit._
-
- [280] _Ibid._
-
- [281] _Revue encyclop._, _loc. cit._
-
- [282] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 octobre 1883, col.
- 585-586, et _Revue encyclopéd._, _loc. cit._
-
- [283] LALANNE, _loc. cit._, p. 288.
-
- [284] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 233.
-
- [285] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 402.
-
- [286] BLANCHON, _loc. cit._, p. 128. On lit dans la _Revue
- universelle_ (ex-_Revue encyclopédique_) du 13 avril 1901, p. 337:
- «Ce fut à Mme Drouet qu'il (Victor Hugo) donna _les Châtiments_
- reliés en maroquin pourpre, avec, sur le plat, enchâssée dans le
- cuir, une abeille du manteau impérial de Napoléon III, prise par M.
- Jules Claretie, lors du sac des Tuileries.»
-
- [287] _Ibid._
-
- [288] CHARLES BLANC, _loc. cit._, p. 348.
-
- [289] P. L. JACOB, _Mélanges bibliogr._, p. 19.
-
- [290] _Loc. cit._, pp. 68-69.
-
- [291] A.-F. DIDOT, _l'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à
- l'Exposit. univers. de 1851_, Rapport du XVIIe jury, pp. 72-73.
-
- [292] Pages 346 et 359.
-
- [293] Une des meilleures couleurs usitées en reliure est la couleur
- dite _Lavallière_ (ou _La Vallière_:--allusion à la robe de
- Carmélite de Mlle de la Vallière [cf. LITTRÉ, _Dictionn._,
- supplém.];--mais, dans cette acception, on écrit le plus souvent ce
- nom en un seul mot). C'est une couleur de gamme assez étendue,
- allant du brun clair au brun foncé.
-
- [294] BLANCHON, _loc. cit._, p. 123. «On donne ce nom (de _reliures
- jansénistes_) aux reliures qui n'ont aucun ornement extérieur, _pas
- même un simple filet_, et pas d'autre dorure que le titre du livre
- sur le dos,» dit M. A. CLAUDIN, _Intermédiaire des cherch. et cur._,
- 10 juin 1875, col. 348.
-
- [295] BOUCHOT, _le Livre_, pp. 284 et 286.
-
- [296] ÉD. FOURNIER, _l'Art de la reliure en France_, in _Intermédiaire
- des cherch. et cur._, 25 mars 1879, col. 190.
-
- [297] «Rien de plus commun que l'S barré dans les lettres, manuscrits
- et reliures, de 1560 environ à 1640. Il est possible qu'on en ait
- fait parfois un rébus (_fermesse_ [S fermé], c'est-à-dire
- _fermeté_), ou un monogramme; mais c'est la plupart du temps... une
- fioriture, un paraphe, et, sur les reliures ou les panneaux, un
- ornement.» (_Intermédiaire des cherch. et cur._, 25 avril 1881, col.
- 281; et 25 mai 1888, col. 297 et suiv.)
-
- [298] MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 241-242.
-
- [299] Ou plutôt il devrait y avoir, car cette règle ne s'observe plus
- toujours, et ces deux modes de reliure, cartonnage et emboîtage,
- finissent par se confondre.
-
- [300] MAIRE, _loc. cit._, pp. 296-297. D'autres font remonter
- l'existence et l'invention du relieur Bradel jusqu'à la seconde
- moitié du XVIIIe siècle. «Bradel avait, fin XVIIIe siècle, son
- atelier rue d'Écosse (Paris, Ve arrondissement), en une maison
- appartenant au collège Sainte-Barbe... Cet atelier fut ensuite
- occupé par Chichereau, aussi relieur, qui s'y trouvait encore en
- 1792.» (_Intermédiaire des cherch. et cur._, 22 juin 1901, col.
- 1073.)
-
- [301] GRAESEL, _loc. cit._, p. 373.
-
- [302] LESNÉ, _la Reliure_, notes, p. 131.
-
- [303] ÉMILE DEBRAUX, _Chansons complètes_, t. III, p. 61, les
- Relieurs. (Paris, s. n. d'édit., imprim. P. Baudoin, 1836, 3 vol.
- petit in-32.)
-
- [304] OCTAVE UZANNE, _la Reliure moderne, artistique et fantaisiste_,
- chapitre: Des cartonnages à la Bradel, p. 252.
-
- [305] «Un livre qui n'a pas été suffisamment battu s'ouvre facilement,
- bâille et devient ainsi un réceptacle à poussière et à vermine.»
- (GRAESEL, _loc. cit._, p. 374.)
-
- [306] Voir _supra_, p. 129.
-
- [307] Ne pas confondre le mot «charnière» ainsi employé avec la
- _charnière_--synonyme de _mors_--du plat des livres, dont il a été
- question ci-dessus, p. 128.
-
- [308] «La grecque..., méthode pernicieuse, qui gâte presque autant de
- livres qu'on en relie.» (LESNÉ, _loc. cit._, p. 113.) Cf. aussi
- LENORMAND et MAIGNE, _loc. cit._, p. 130; BLANCHON, _loc. cit._, p.
- 39; LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Reliure; etc.
-
- [309] Sur la couture _à point arrière_ et _à point devant_, cf.
- _Magasin pittoresque_, septembre 1874, p. 284.
-
- [310] Page 129.
-
- [311] _Loc. cit._, p. 130. Voir aussi LESNÉ, _loc. cit._, note 6 du
- chant I, p. 115, où les mêmes remarques se trouvent formulées à peu
- près dans les mêmes termes.
-
- [312] Non pas «malgré», mais conformément à ces recommandations. Cette
- tricherie est admise et pratiquée ostensiblement dans tous les
- ateliers de reliure. (A. C.)
-
- [313] Je regrette de ne pouvoir citer, parmi ces inventeurs, aucun nom
- français; mais, comme on l'a remarqué avant moi, nos
- mécaniciens-constructeurs semblent «se désintéresser de la
- fabrication des machines à l'usage des relieurs, et ne paraissent
- pas se rendre compte des besoins et des nombreux vides à combler...
- S'ils faisaient pour la reliure» ce qu'on a fait et ce qu'on fait
- journellement pour l'imprimerie, «nul doute que notre outillage
- tiendrait actuellement la première place, et que nos praticiens ne
- seraient pas forcés de demander à l'étranger ce qui leur est parfois
- indispensable.» (BOSQUET, _la Reliure_, p. 26, note 1.)
-
- [314] Renseignements fournis par la maison de reliure Engel.
-
- [315] MAIRE, _loc. cit._, p. 99, n. 1.
-
- [316] _Loc. cit._, notes, pp. 116 et 135.
-
- [317] LENORMAND et MAIGNE, _loc. cit._, p. 371. Cf. aussi BLANCHON,
- _loc. cit._, p. 43.
-
- [318] _Loc. cit._, p. 125.
-
- [319] Page 68.
-
- [320] GRAESEL (_loc. cit._, p. 363), estime que, «pour un train d'une
- importance moyenne, quinze jours, au maximum, sont largement
- suffisants». Cela dépend de ce qu'il faut entendre par «importance
- moyenne». En France, la plupart des relieurs trouveraient
- certainement ce délai insuffisant pour un train composé seulement de
- vingt ou trente volumes. Bien que s'appliquant en partie à des
- reliures de luxe, les considérations de M. JULES LE PETIT (_l'Art
- d'aimer les livres_, p. 182) me semblent plus justes: «En général,
- il faut que vous ayez la patience d'attendre au moins six mois à un
- an pour des reliures pleines en maroquin, bien faites, et au moins
- deux mois pour des demi-reliures. En voici la raison: les bons
- relieurs n'ont pas autant d'ouvriers que les relieurs de commerce...
- Ensuite ils commencent leurs reliures par séries d'un même genre,»
- etc.
-
- [321] Je rappelle qu'il n'est question ici que d'une bibliothèque
- particulière et fermée, ne servant qu'à une seule personne. Pour une
- bibliothèque publique, il est préférable, voire indispensable, que
- chaque tome soit relié séparément, afin d'éviter d'en immobiliser
- deux en même temps dans la même main.
-
- [322] J. LE PETIT, _loc. cit._, p. 185.
-
- [323] LESNÉ, _loc. cit._, chant IV, p. 59.
-
- [324] LESNÉ, _loc. cit._, notes du chant IV, p. 170.
-
- [325] ID., _ibid._, mêmes notes, p. 172.
-
- [326] C'est également le conseil donné par l'_Instruction générale
- relat. au service des biblioth. universitaires_: «N'admettre la
- rognure que pour les ouvrages usuels; interdire de rogner pour les
- autres, en les faisant seulement rogner et jasper en tête, pour les
- préserver de la poussière.» (_Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 445.)
-
- [327] _Ap._ ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 3e
- édit., t. I, p. 88.
-
- [328] Le bibliophile JACOB (Paul Lacroix), _ap._ ROUVEYRE, _loc.
- cit._, p. 87.
-
- [329] Page 37.
-
- [330] Préservés en queue et sur les marges extérieures, mais non en
- tête: la tête, comme nous l'avons dit il y a un instant, doit
- toujours être rognée, pour empêcher autant que possible l'intrusion
- de la poussière.
-
- [331] Lorsque ces excédents de marge ont été laissés par mégarde dans
- le cours d'un livre, par suite du pli accidentel d'un feuillet, ils
- portent le nom de _larrons_. Les relieurs sont tenus d'éviter les
- _larrons_, qui sont des défauts, tandis que les _témoins_, toujours
- laissés à dessein, sont un des détails des reliures artistiques.--On
- appelle aussi _larron_ en typographie tout «morceau de papier qui,
- se trouvant sur la feuille à imprimer, reçoit l'impression» (la
- prend en quelque sorte comme un voleur, un larron) «et laisse un
- blanc» (LITTRÉ); et encore tout «pli qui se trouve dans une feuille
- de papier mise sous la presse, et qui cause une défectuosité dans
- l'impression». (ID.)
-
- [332] Sur les couvertures imprimées des livres brochés, voir
- _l'Intermédiaire des chercheurs et curieux_, 1879 et 1886, _passim_.
- Au XVIe et au XVIIe siècle, les livres se vendaient presque toujours
- reliés; les rares livres non reliés s'appelaient livres _en blanc_.
- (Cf. L. DELISLE, _Catalogue général des livr. impr. de la Biblioth.
- nation._ Introduct., t. I, p. IV, n. 4.)
-
- [333] «Une attention à laquelle les bibliophiles sont sensibles, c'est
- que le prénom de l'écrivain ne soit pas séparé de son nom, lorsque
- la gloire ou la notoriété ont rendu le nom et le prénom
- inséparables. Un relieur qui mettrait sur le titre de _la Légende
- des siècles_: V. HUGO (au lieu de VICTOR HUGO), serait un barbare.»
- (CHARLES BLANC, _Grammaire des arts décoratifs_, p. 360.)
-
- [334] La peau servant à faire des _pièces_ a très peu d'épaisseur;
- c'est de la basane sciée: on sait que certaines peaux, et la basane
- est du nombre, se divisent, se scient aisément dans le sens de leur
- longueur.
-
- [335] «La règle est que les pièces ne doivent jamais être plus claires
- que le dos. Toutefois, quelques amateurs, et je suis de ceux-là,
- aiment une pièce verte ou rouge ou bleue sur un dos noir.» (JULES
- RICHARD, _loc. cit._, p. 60.) Le même bibliographe recommande (_loc.
- cit._, p. 62) de «ne pas oublier de faire toujours placer la date de
- l'édition en bas du dos de la reliure, sous le dernier nerf. Cela a
- tout à fait bon air,» ajoute-t-il. Il dit encore (_ibid._) qu'il
- convient de joindre aux volumes qu'on fait relier tout ce qui peut
- en augmenter le prix, par exemple, «un portrait de l'auteur, soit en
- gravure, soit en photographie; s'il se peut, un autographe; des
- suites de gravures faites pour d'autres éditions, soit avant la
- lettre, soit en divers états...» Mais ce sont là des conseils
- quelque peu en dehors de notre programme, et qui s'adressent plus
- aux fastueux et fantaisistes collectionneurs qu'aux dévoués mais
- modestes amis des livres et de l'étude.
-
- [336] Cf. chap. III, p. 76.
-
- [337] Supplément au nº 3 du journal _la Reliure_, «organe et propriété
- du syndicat patronal des relieurs, brocheurs, cartonneurs, doreurs
- sur cuir, doreurs sur tranches et marbreurs,» 7, rue Coëtlogon,
- Paris. Je donne ces chiffres, parce qu'ils émanent d'un journal qui
- fait autorité dans la question, d'un document quasi officiel; mais
- je ne dois pas dissimuler que ces prix sont de beaucoup majorés, et
- que les reliures auxquelles ils se rapportent, faites convenablement
- et chez de bons relieurs, coûtent environ 20 pour 100 moins cher. Il
- faut donc diminuer ces chiffres de cette somme, pour avoir le prix
- réel et acceptable.
-
- [338] Voir SÉNÈQUE, _De la tranquillité de l'âme_, IX, 9. (Pour
- abréger, je me dispense, ici et plus bas, de citer le texte latin.)
- «Avoir des livres sans les lire, c'est avoir des fruits en
- peinture,» disait Diogène. (_Ap._ FERTIAULT, _les Légendes du
- livre_, p. 156.)
-
- [339] Voir SÉNÈQUE, _Lettres à Lucilius_, lettre II. Cf.
- _l'Ecclésiaste_, XII, 12: «Ne recherchez rien davantage, mon fils.
- Il n'y a point de fin à multiplier les livres.»
-
- [340] PLINE LE JEUNE, _Epist._, VII, 9.
-
- [341] _Non legendos libros, sed lectitandos._ (_Epist._, II, 17.)
-
- [342] _Ap._ MOURAVIT, _le Livre_, p. 137.
-
- [343] _Ap._ FERTIAULT, _loc. cit._, p. 20.
-
- [344] Pages IX et 7.
-
- [345] VOLTAIRE, _Articles de journaux_, I, Conseils à un
- journaliste... (_Œuv. compl._, t. IV, p. 615. Paris, édit. du
- _Siècle_, 1867-1870.)
-
- [346] _Manuel du biblioph._, t. I, p. 11.
-
- [347] _Loc. cit._, p. 312.
-
- [348] _Ap._ SAINTE-BEUVE, _Nouveaux Lundis_, t. IV, p. 403. Cf. le mot
- de Royer-Collard à Alfred de Vigny: «Je ne lis plus, monsieur, je
- relis». (SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. XI, p. 524.)
-
- [349] En 1886, dans le journal _l'Estafette_: voir LAROUSSE, _Grand
- Dictionn._, 2e supplément, art. Larousse.
-
- [350] _Ap._ DEROME, _le Luxe des livres_, p. 59.
-
- [351] A. DE BOISLISLE, _Mémoires de Saint-Simon_, Avertissement, t. I,
- p. LXXI (Collect. des _Grands Écrivains de la France_).
-
- [352] A. DE BOISLISLE, _loc. cit._
-
- [353] Elle comprend actuellement (1901) 31 volumes et s'arrête au XVe
- siècle.
-
- [354] GUYOT-DAUBÈS, _l'Art de classer les notes..._, chap. X, pp.
- 108-109.
-
- [355] «... les bibliothèques ne pouvans mieux estre comparées qu'au
- pré de Sénèque où chaque animal trouve ce qui luy est propre: _Bos
- herbam, canis leporem, ciconia lacertum._» (GABRIEL NAUDÉ, _Advis
- pour dresser une biblioth._, chap. III, p. 24.)
-
- [356] Voir SAINTE-BEUVE, _Portraits littér._, t. II, p. 437.
-
- [357] _Loc. cit._, p. 120.
-
- [358] _Loc. cit._, p. 121.
-
- [359] Parmi ces réclamations, je rappellerai celle du bibliographe
- A.-A. Renouard, dans cette description de sa propre bibliothèque,
- qu'il a publiée sous le titre de _Catalogue de la bibliothèque d'un
- amateur_: «Il faudrait destiner nos imprimeries à l'emploi qui de
- tous me semble le plus utile et aussi le plus honorable, la
- fabrication très soignée d'éditions presque de luxe, quoique d'un
- prix à peu près ordinaire; de livres à l'usage de ceux qui, sans
- être curieux amateurs, ni possédés du démon de la bibliomanie,
- savent cependant très bien distinguer et préférer l'édition la plus
- nette et la plus élégante.» (RENOUARD, _ap._ MOURAVIT, _loc. cit._,
- p. 181.) Voilà un programme excellent en tous points:
- malheureusement, ce n'est qu'un programme.
-
- [360] «Jouaust était de la famille des grands éditeurs, hommes de goût
- et véritablement hommes de lettres par le soin qu'ils prennent de
- faire valoir les œuvres qu'ils publient, et de les présenter aux
- amateurs sous le séduisant aspect qu'assurent un papier de choix,
- des types élégants et bien lisibles, une correction impeccable,
- illustrées de gravures finement en harmonie avec le texte, et
- d'autant plus précieuses qu'elles sont moins encombrantes. Son nom
- sera cité dans l'histoire de son art à la suite des maîtres qui en
- ont fait la gloire à travers les âges.» (G. BERARDI, _l'Indépendance
- belge_, in _Ultima_, notes et chroniques, p. 9. Paris, imprim.
- Jouaust, 1891. In-18, 78 pp.)--«Pendant trente ans, il (Jouaust) a
- fait la joie des lettrés; il leur a donné de fins joyaux, que les
- amateurs du siècle prochain se disputeront avec passion...» (AD.
- BRISSON, _les Annales politiques et littér._, _ibid._, pp.
- 14-15.)--«Il (Jouaust) a été un lettré et un artiste avant d'être un
- commerçant. Il avait recueilli et il a su continuer parmi nous les
- traditions des Elzevir et des Plantin Moretus...» (J. CORNELY, _le
- Matin_, _ibid._, p. 18.)
-
- [361] Cette très intéressante collection est continuée par l'éditeur
- Ernest Flammarion, qui y a récemment ajouté _les Confessions_ de
- J.-J. Rousseau.
-
- [362] Sur la collection Jannet-Picard, voir _supra_, chap. II, p. 38.
-
- [363] Cf. LOUISY, _le Livre_, p. 270.
-
- [364] Voir _supra_, chap. II, p. 43.
-
- [365] Cf. _supra_, chap. V, p. 158.
-
- [366] M. GABRIEL HANOTAUX, dans l'avant-propos de son livre _la Seine
- et les quais, promenades d'un bibliophile_ (p. III), a très
- justement et joliment dit: «Paris est la seule ville du monde qui
- ait sa bibliothèque en plein air. Les boîtes des quais font partie
- de nos perspectives. Elles accompagnent les profils du Louvre et
- font un premier plan aux galeries et aux tours de Notre-Dame.»
-
- [367] P. L. JACOB (Paul Lacroix), _les Amateurs de vieux livres_, p.
- 56.
-
- [368] Paris, Furne, 1857 (et 1864). 1 vol. in-16.
-
- [369] _Loc. cit._, pp. 3-4. Glissons ici à ce propos cette touchante
- réflexion de S. DE SACY (_Variétés littér._, t. I, p. 250, Catalogue
- de la biblioth. de J.-J. de Bure): «Je deviendrais aveugle que
- j'aurais encore, je le crois, du plaisir à tenir dans mes mains un
- beau livre. Je sentirais du moins le velouté de sa reliure, et je
- m'imaginerais le voir. J'en ai tant vu!»
-
- [370] Voir dans _les Amateurs de vieux livres_, par P. L. JACOB, p.
- 34, un curieux portrait du marchand bouquiniste-étalagiste: «...
- L'_étalagiste_ est d'ordinaire Normand, comme le vendeur de salade;
- il connaît mieux le prix des pommes que celui des livres; il ne juge
- guère sa marchandise que d'après le premier venu qui la marchande;
- il surprend dans vos yeux l'envie qui vous émeut à la vue de ce
- livre, et il le taxe à proportion de cette envie, qu'il démêle dans
- un geste d'empressement, même dans une indifférence composée. Le
- seul _Manuel du libraire_ qu'il étudie, c'est la physionomie des
- acheteurs: l'un sourit, l'autre soupire, celui-ci fronce les
- sourcils, celui-là pince les lèvres; un cinquième, plus exercé,
- touchera vingt volumes avant de mettre la main sur le volume qu'il
- lorgne; tous enfin se trahissent d'une façon particulière, qui
- n'échappe pas à l'_étalagiste_, aussi fin, aussi astucieux qu'un
- diplomate du cabinet de Saint-James.»--En général, comme l'a
- remarqué L. DEROME (_le Luxe des livres_, p. 66), les livres anciens
- coûtent moins cher chez les libraires parisiens de la rive gauche
- que chez ceux de la rive droite, «qui ont une clientèle princière et
- la confiance des riches amateurs étrangers, tandis que les marchands
- de la rive gauche sont réduits à celle des savants et des lettrés,
- qui connaissent mieux la valeur des livres et ne peuvent se
- permettre certaines folies». Etc.
-
- [371] En revanche, il faut reconnaître qu'il y a de ces catalogues qui
- sont très bien faits et dignes d'intéresser tous les amateurs de
- livres, par exemple, les catalogues de la librairie ancienne A.
- Claudin, qui paraissent actuellement (1901, 14e année, neuvième
- série) tous les mois, sous le titre d'_Archives du bibliophile_.
-
- [372] Chap. III, pp. 27-30. (Trad. de H. Cocheris.)
-
- [373] _Musæi sive biblioth..._, Lugduni, 1635, in-4, lib. III, p. 468,
- _ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 65-66. Cf. _infra_, chap. VIII, p.
- 257.
-
- [374] _Loc. cit._, p. 139. Cf. _supra_, chap. V, p. 123.
-
- [375] L'appréciation est de M. JULES LE PETIT, _l'Art d'aimer les
- livres_, p. 40.
-
- [376] JULES JANIN, _loc. cit._, p. 14.--A propos des ouvrages
- nouveaux, JULES JANIN (_ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, p. 109) donne
- aussi ce conseil: «N'achetez que le livre dont vous avez fait la
- lecture cinq ou six semaines auparavant,»--c'est-à-dire le livre
- dont vous avez eu loisir de vérifier et éprouver la valeur. «En ce
- temps de réclame, combien ont pu expérimenter la sagesse de ces
- paroles!» ajoute Mouravit.
-
- [377] JULES JANIN, _loc. cit._, p. 15.
-
- [378] _Loc. cit._, p. 40.
-
- [379] _Loc. cit._, pp. 40-41.
-
- [380] _Essais_, III, 3: t. III, p. 366. (Paris, Charpentier, 1862.)
-
- [381] Il s'appelait Boulard (Antoine-Marie-Henri) (1754-1825). Il fut
- l'exécuteur testamentaire de La Harpe, et c'est par ses soins que
- fut publiée la partie du _Cours de littérature_ relative à la
- philosophie du XVIIIe siècle. Il ne faut pas le confondre avec son
- homonyme Boulard (Sylvestre), imprimeur, libraire et écrivain
- (1750-1819?), auteur d'un _Traité élémentaire de bibliographie_.
- (Paris, Boulard, 1804. In-8. 140 pp.)
-
- [382] «Une biographie ne lui en accorde que 280 000; mais un autre
- renseignement va jusqu'à notre chiffre de 600 000 (volumes). La
- différence est importante. Les deux documents sont-ils précis? On
- peut choisir.» (FERTIAULT, _Drames et Cancans du livre_, p. 107.)
-
- [383] Cf. _le Cousin Pons_, principalement chap. II, p. 11 (Paris,
- Michel Lévy, Librairie nouvelle, 1870): «... Il possédait son musée
- pour en jouir à toute heure, car les âmes créées pour admirer les
- grandes œuvres ont la faculté sublime des vrais amants; ils
- éprouvent autant de plaisir aujourd'hui qu'hier; ils ne se lassent
- jamais, et les chefs-d'œuvre sont, heureusement, toujours jeunes...
- Vous tous qui ne pouvez plus boire à ce que, dans tous les temps, on
- a nommé _la coupe du plaisir_, prenez à tâche de collectionner quoi
- que ce soit (on a collectionné des affiches!), et vous retrouverez
- le lingot du bonheur en petite monnaie.»
-
- [384] «J'aime mes livres comme je les aimais à vingt ans; je les aime
- peut-être même avec plus d'ardeur, car, tout bien considéré, je les
- connais mieux, et il n'arrive point, dans l'amour des livres, ce qui
- arrive, hélas! trop souvent dans l'autre amour, savoir que,
- lorsqu'on est parvenu à bien connaître l'objet de sa flamme, on est
- tenté de l'aimer un peu moins... Parmi les goûts si divers que la
- Providence a départis aux humains, l'amour des livres est celui qui,
- après avoir donné, pendant la prospérité, les plus grandes, les plus
- véritables jouissances, ménage, pour toutes les peines de la vie,
- les plus douces, les plus pures, les plus durables consolations.»
- (TENANT DE LATOUR, _Mémoires d'un biblioph._, pp. 250-252.)
-
- [385] Cf. LALANNE. _Curiosités bibliogr._, p. 146 ;--PAUL LACROIX, ÉD.
- FOURNIER et F. SERÉ, _Histoire de l'imprimerie_, p. 42;--BOUCHOT,
- _le Livre_, pp. 79, 258 et 268;--LOUISY, _le Livre_, p.
- 191;--_Grande Encyclop._, art. Bibliothèque, t. VI, p. 667, fig.
- 7;--etc.
-
- [386] Cf. BOUCHOT, _loc. cit._, p. 268.
-
- [387] A Leyde, comme le fait voir une gravure de 1610, les livres
- étaient rangés debout, mais avec le dos tourné vers le fond du rayon
- et la _gouttière_ ou tranche en avant: les titres étaient donc
- inscrits sur la tranche. (Cf. MAIRE, _Manuel prat. du biblioth._, p.
- 58.)
-
- [388] Cf. LALANNE, _loc. cit._, p. 284. C'était Pétrarque lui-même qui
- avait copié ces lettres de Cicéron et composé ce manuscrit.
-
- [389] GRAESEL, _Manuel de bibliothéconomie_, p. 11.
-
- [390] _Ap._ GRAESEL, _loc. cit._, p. 41.
-
- [391] _Ap._ GRAESEL, _loc. cit._, p. 384.
-
- [392] «... Sans cet ordre et disposition, tel amas de livres que ce
- peut estre, fust-il de cinquante mille volumes, ne mériteroit pas le
- nom de bibliothèque, non plus qu'une assemblée de trente mille
- hommes le nom d'armée, s'ils n'estoient rangez en divers quartiers
- sous la conduitte de leurs chefs et capitaines, ou une grande
- quantité de pierres et matériaux celui de palais ou maison, s'ils
- n'estoient mis et posez suivant qu'il est requis pour en faire un
- bastiment parfait et accomply.» Etc. (GABRIEL NAUDÉ, _Advis pour
- dresser une biblioth._, chap. VII, pp. 86-87.)
-
- [393] Ce que dit là Gabriel Naudé se trouve déjà dans VITRUVE, _De
- Architectura_, III, 2: «Cubicula et bibliothecæ ad orientem spectare
- debent; usus enim matutinum postulat lumen. Item in bibliothecis
- libri non putrescent; nam in his, quæ ad meridiem et occidentem
- spectant, a tineis et humore vitiantur, quod venti humidi
- advenientes procreant eas et alunt, infundentesque humidos spiritus
- pallore volumina corrumpunt.»
-
- [394] GABRIEL NAUDÉ, _Advis pour dresser une biblioth._, chap. VI, pp.
- 81-85.
-
- [395] «Pour ce qui est du nord, il a, lui, les bises sifflantes, les
- rigueurs persistantes de l'hiver, les brumes, qui donnent aussi
- l'humidité. Au contraire, l'orient apporte un air doux et
- fortifiant, pur, tiède et léger, suffisamment sec et tempéré par une
- suave fraîcheur: l'orient, c'est la vie en sa jeunesse; il donne la
- vigueur, égaie le cœur et rend à l'homme le travail agréable et
- facile. En même temps, cette exposition permettra de faire pénétrer
- souvent l'air à l'intérieur, et cet air, abondant et assez chaud,
- sans être brûlant comme celui du midi, sera toujours extrêmement
- avantageux à la conservation des livres.» (J. COUSIN, _De
- l'organisation des biblioth._, p. 6.)
-
- [396] NAMUR, _Manuel du biblioth._, p. 38.
-
- [397] ALKAN aîné, _les Livres et leurs ennemis_, p. 9.
-
- [398] _Loc. cit._, p. 144.
-
- [399] Voir _infra_, chap. IX, pp. 317 et 368.
-
- [400] _L'Art de former une biblioth._, p. 56.
-
- [401] «La base du mobilier dans toute bibliothèque est le rayonnage.»
- (MAIRE, _loc. cit._, p. 60.)
-
- [402] PEIGNOT y ajoute le cèdre, et écrit (_Manuel du biblioph._, t.
- II, p. 419): «Si l'on a une bibliothèque composée de livres
- précieux, il est à propos de prendre du bois de cèdre, ou au moins
- du chêne très sec et très sain, pour en faire le meuble et les
- tablettes destinées à recevoir les ouvrages. Le cèdre, par son
- odeur, le chêne, par sa dureté, sont plus propres à écarter les vers
- et autres insectes...»
-
- [403] M. MAIRE (_loc. cit._, p. 61) donne 1 mètre pour la longueur
- maximum de cette portée; M. GUYOT-DAUBÈS (_l'Art de classer les
- notes_, p. 88), 1 m. 50.
-
- [404] «Les rayons mobiles n'ont pour ainsi dire plus leur raison
- d'être dans une bibliothèque universitaire et même dans la plupart
- de nos bibliothèques de France, où les livres sont posés selon leur
- hauteur.» (MAIRE, _loc. cit._, pp. 61-62.) «Les rayons s'appuient,
- soit sur des crémaillères, ou, plus pratiquement et plus
- économiquement, sur des tasseaux fixés à demeure sur les montants.»
- (GUYOT-DAUBÈS, _loc. cit._, pp. 88-89.)
-
- [405] Le docteur GRAESEL (_loc. cit._, p. 131) déclare que «l'emploi
- des rayons mobiles a été reconnu comme préférable à celui des rayons
- fixes... Ils sont, en effet, infiniment plus commodes, la mobilité
- des tablettes permettant, suivant les besoins, de diminuer ou
- d'augmenter leur hauteur sans aucune difficulté.» M. ÉD. ROUVEYRE
- (_loc. cit._, 5e édit., t. I, p. 137) est d'avis qu'on doit «ne se
- servir de tablettes fixes qu'à la dernière extrémité... qu'il est
- toujours préférable d'adopter des tablettes mobiles».
-
- [406] «Un homme de lettres ne devrait jamais déménager, même pour être
- mieux,» déclare nettement RESTIF DE LA BRETONNE (_Monsieur Nicolas_,
- 5e époque, t. VIII, p. 15, note. Paris, Liseux, 1883). Il est
- certain qu'on ne profite bien de ses collections de livres et de
- notes qu'à la condition de parfaitement connaître leur place, et,
- par conséquent, de ne pas changer souvent cette place.--A propos de
- déménagements de livres, rappelons le curieux procédé imaginé par
- Antoine-Alexandre Barbier (1765-1825), bibliothécaire du Conseil
- d'État sous l'Empire. Ayant reçu l'ordre de l'Empereur d'enlever
- sans aucun retard les trente mille volumes de la bibliothèque du
- Conseil d'État et de les ranger dans un local peu éloigné, dont le
- rayonnage était déjà effectué, Barbier demanda cent vingt grenadiers
- «un peu intelligents», leur fit faire la chaîne, et, en deux jours,
- les trente mille volumes, passés de main en main tout le long de la
- chaîne, se trouvèrent transportés dans leur nouvelle résidence et
- remis exactement aux mêmes places qu'ils occupaient dans l'ancienne.
- (Cf. CONSTANTIN, _loc. cit._, p. 46.)
-
- [407] Il est même plus pratique et plus simple de percer ces trous,
- non dans les montants mêmes, mais le long de bandes de bois,
- analogues à celles des crémaillères, mais un peu plus épaisses, pour
- que les trous aient une profondeur suffisante (de 1 à 2
- centimètres), et qu'on adapte ensuite, comme précédemment, aux deux
- bords intérieurs de chaque montant.
-
- [408] GRAESEL, _loc. cit._, p. 134.
-
- [409] L'emploi des échelles et escabeaux présente de continuels
- inconvénients, voire de graves dangers, surtout lorsque les parquets
- sont cirés. Parmi les savants morts des chutes qu'ils ont faites
- dans leurs bibliothèques, on cite le célèbre bibliothécaire de
- Dresde F. A. Ebert (1791-1834) (cf. GRAESEL, _loc. cit._, p. 15); le
- marquis de Morante, bibliophile espagnol (1808-1868) (cf. FERTIAULT,
- _les Légendes du livre_, pp. 64 et 193); «le zélé Rover, mort à
- quatre-vingt-deux ans, d'une chute qu'il fit en prenant un de ces
- volumes au milieu desquels il passa sa vie dans la plus sauvage
- retraite» (MOURAVIT, _loc. cit._, p. 136, note 2); etc.
-
- [410] ROUVEYRE, _loc. cit._, 5e édit., t. I, pp. 134-136.
-
- [411] La _réserve_, c'est le nom qu'on donne, dans notre Bibliothèque
- nationale, à ces raretés et trésors bibliographiques. «La Réserve
- est le _trésor_ de la Bibliothèque [nationale]; elle abrite ses
- livres les plus précieux, et il y en a quatre-vingt mille.» (H.
- BERALDI, _Voyage d'un livre à travers la Biblioth. nation._, p. 42.)
- GRAESEL (_loc. cit._, pp. 51 et 182) appelle «les œuvres rarissimes,
- les _Cimelien_» (_sic_) (de κειμήλια, joyaux), «terme assez
- fréquemment employé dans les bibliothèques allemandes,» ajoute-t-il.
-
- [412] «_Formats atlantiques._--Les grands formats de certains atlas
- nécessitent une travée spéciale sous la forme d'un comptoir sur les
- rayons duquel ils seront placés horizontalement, dans l'intérêt de
- leur conservation.» (_Instruction générale relat. au service des
- biblioth. universitaires_, _ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 441.)
-
- [413] «On doit toujours placer les livres dans la même direction,
- c'est-à-dire en allant de gauche à droite, parce que c'est
- précisément dans ce sens que nous sommes accoutumés à lire.»
- (GRAESEL, _loc. cit._, pp. 303-304.) Quant à la _méthode
- serpentante_, préconisée par CONSTANTIN (_loc. cit._, p. 51), qui
- consiste à ranger les volumes du premier rayon de gauche à droite,
- ceux du second de droite à gauche, ceux du troisième de gauche à
- droite, etc., elle ne présente guère que des inconvénients, et,
- encore une fois, il est préférable de nous en tenir à cette règle:
- ranger toujours les livres dans le sens de la lecture, c'est-à-dire
- de gauche à droite.
-
- [414] Tel est aussi l'avis de GRAESEL (_loc. cit._, p. 129): «... les
- rayons du bas pour le grand format, ceux du milieu pour le moyen
- format, et ceux du haut pour le petit format.»
-
- [415] Voir pp. 214-215 et 223-224.
-
- [416] GUYOT-DAUBÈS, _l'Art de classer les notes_, pp. 92-93.
-
- [417] _Courrier des biblioth._, mars-avril 1901, p. 113.
-
- [418] Chap. III, pp. 84-85.
-
- [419] Théoriquement 183 millimètres (in-18 jésus).
-
- [420] Correspondant à nos quatre formats décrits p. 76.
-
- [421] Page 210.
-
- [422] Voir pp. 87-88.
-
- [423] TENANT DE LATOUR, _Mémoires d'un biblioph._, p. 36.
-
- [424] ID., _ibid._, pp. 35-36.
-
- [425] GUYOT-DAUBÈS, _loc. cit._, p. 100.
-
- [426] TENANT DE LATOUR, _loc. cit._, p. 35.
-
- [427] ID., _ibid._
-
- [428] _Annuaire du bibliophile_, 1862, p. 105; et _Miscellanées
- bibliographiques_, t. I., p. 11.
-
- [429] _Ap._ ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 3e
- édit., t. II, p. 161.
-
- [430] JULES RICHARD, _l'Art de former une biblioth._, p. 145.
-
- [431] CONSTANTIN, _Bibliothéconomie_, p. 117.
-
- [432] _Manuel prat. du biblioth._, p. 118.
-
- [433] Chose curieuse et qui démontre bien les progrès de la
- bibliothéconomie, le célèbre docteur Petzholdt, l'auteur du
- _Katechismus_ (publié en 1856), condamne irrévocablement les
- catalogues sur fiches, les déclare incommodes, difficiles à
- consulter, nullement pratiques; selon lui, les fiches ne doivent
- servir qu'à préparer le catalogue en volumes, le seul estimable et
- recommandable. (Cf. GRAESEL, _loc. cit._, p. 254.)
-
- [434] JULES RICHARD (_loc. cit._, p. 146) donne à ces boîtes le nom de
- _cabriolet_, probablement parce que certaines d'entre elles, pour
- faciliter le maniement des fiches, sont plus élevées à une extrémité
- qu'à l'autre et offrent ainsi quelque analogie avec un de ces
- véhicules surmonté de sa capote. Mais toutes les boîtes à fiches
- n'ont pas cet aspect, et la plupart sont de forme régulière.
-
- [435] Voir un modèle de ces fiches _infra_, p. 226.
-
- [436] Cf. BONNANGE, _Projet d'un catalogue universel..._, p. 11.
-
- [437] «Quand il s'agit de livres modernes, on peut omettre dans les
- adresses bibliographiques les noms des imprimeurs ou des libraires»
- [éditeurs]. (L. DELISLE, _Instructions élémentaires et techniques
- pour... une biblioth._, p. 20.)
-
- [438] Cf. L. DELISLE, _ibid._;--MAIRE, _loc. cit._, pp. 119 et
- suiv.;--J. COUSIN, _De l'organisation... des biblioth._, pp. 38 et
- suiv.;--etc. Il arrive fréquemment, dans les catalogues de
- librairie, par exemple, que l'indication du nombre de volumes et du
- format est placée avant l'adresse. L'ordre que nous indiquons a pour
- lui l'autorité des plus scrupuleux bibliographes et aussi la
- logique. Il procède de cette règle: inscrire d'abord sur la fiche
- les mentions qui figurent sur la page de titre de l'ouvrage: nom de
- l'auteur, titre et adresse; puis les mentions qui n'y figurent pas
- ou qui n'y figurent qu'accidentellement: nombre de volumes et de
- pages, format, état des volumes, etc.
-
- [439] Ou mieux encore, plusieurs, un pour chacune des catégories de
- formats adoptées pour le rangement de vos livres sur rayons. Par
- économie de place, nous avons adopté quatre catégories (voir
- _supra_, pp. 214-215). Les bibliothèques universitaires en ont
- trois, auxquelles correspondent trois registres ayant chacun leur
- numérotage spécial: par exemple, de 1 à 9999 pour les grands
- formats, de 10 000 à 29 999 pour les moyens formats, 30 000 et
- suivants pour les petits formats. (_Instruction générale relat. au
- service des biblioth. universitaires_, _ap._ MAIRE, _loc. cit._, p.
- 432.) Ainsi, dans ces bibliothèques, d'après le numéro d'entrée
- inscrit sur une fiche, on reconnaît instantanément le format du
- livre que représente cette fiche.
-
- [440] «L'écriture ronde, ou tout au moins un peu relevée, est
- recommandée dans l'inscription des cartes; elle est plus nette, plus
- lisible et tient moins de place.» (_Instruction générale relative au
- service des biblioth. universitaires_, _ap._ MAIRE, _loc. cit._, p.
- 437.)
-
- [441] _Loc. cit._, pp. 185-186.
-
- [442] Datée du 24 décembre 1884, signée de M. Fallières, alors
- ministre de l'Instruction publique, et adressée aux maires des
- communes de France.--Si l'on inscrit la cote dans le champ de
- l'empreinte apposée sur le titre, on peut, afin de rendre ce champ
- plus grand et d'avoir plus de place, se servir d'un timbre rond, de
- 3 à 4 centimètres de diamètre, pour cette première empreinte, et
- d'un timbre oblong d'environ 0,04 × 0,02, pour les empreintes
- suivantes (page intérieure conventionnelle et page finale)
- dépourvues d'inscriptions.
-
- [443] Cf. _Grande Encyclop._, art. Bibliothèque, t. VI, p. 661.
-
- [444] En haut du dos, et non au bas, comme le conseille NAMUR (_Manuel
- du biblioth._, p. 63). Il est évident qu'en collant les étiquettes
- au bas du dos des livres, elles ne suivent pas les ressauts produits
- par les différences de formats et se trouvent toutes alignées au
- même point, ce qui donne à leur ensemble un bien meilleur aspect.
- Mais il est à remarquer aussi qu'on peut être obligé, faute de
- place, de mettre les livres sur deux rangs: dans ce cas, les livres
- du premier rang, si petits qu'ils soient, cachent les étiquettes des
- livres du second rang; en outre, comme, en lisant un livre, on le
- tient d'ordinaire par la partie inférieure du dos, il y a grande
- chance, si l'étiquette se trouve sous les doigts, pour qu'elle se
- déchire ou se décolle rapidement.
-
- [445] Cf. GUSTAVE BRUNET, _Fantaisies bibliogr._, p. 168, note 1.
-
- [446] Remarquez ici la règle typographique qui veut que l'article
- simple prenne la majuscule quand il commence un nom de personne sans
- être précédé de la particule _de_: La Fontaine, La Bruyère, La
- Rochefoucauld, Victor Le Clerc; et la minuscule, lorsqu'il est
- précédé de cette particule: Jean de la Fontaine, le duc de la
- Rochefoucauld, Mme de la Sablière. (Cf. _Règles typographiques...
- Hachette_, pp. 43-44;--DAUPELEY-GOUVERNEUR, _le Compositeur et le
- Correcteur typographes_, pp. 272-276;--LECLERC, _Typographie_, p.
- 133;--etc.).
-
- [447] Nous signalerons, au sujet de la particule nobiliaire française
- et de la majuscule ou de la minuscule qu'elle doit prendre,
- d'intéressantes dissertations dans TASSIS, _Guide du correcteur_, 8e
- édit., pp. 31-32; et dans DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._, pp.
- 272-275. Nous rappellerons surtout l'ouvrage de VIAN, _la Particule
- nobiliaire_ (Paris, 1868. in-8; et Paris, Dentu, 1880, in-12), dont
- LITTRÉ, dans son _Dictionnaire_, art. Nobiliaire, cite l'extrait
- suivant, qu'on ne saurait trop recommander à l'attention des
- écrivains soucieux de l'exactitude et de la pureté du langage: «La
- particule _de_ ne se place jamais seule devant le nom; on signe,
- non: de Montmorency, de Biron, de Noailles, mais: Charles de
- Montmorency, duc de Biron, Paul de Noailles. En signant un billet à
- un ami ou un acte, on met sans _de_: Grammont, Richelieu, Mortemart.
- Quand on ne met pas le titre de noblesse ou le titre de monsieur ou
- monseigneur, on ne met pas non plus la particule _de_: j'ai
- rencontré le comte de Ségur, et non: j'ai rencontré de Ségur; mon
- cher Grignan, et non de Grignan, dit Mme de Sévigné. Il y a deux
- exceptions: on laisse le _de_, même sans prénom, qualification ou
- titre: 1º devant les noms d'une syllabe ou de deux avec un _e_ muet:
- de Thou a bien écrit; j'ai vu de Sèze;--2º devant les noms qui
- commencent par une voyelle ou une _h_ muette: l'_Armorial_ de
- d'Hozier; à moi d'Auvergne; le fils de d'Orléans.» (VIAN, _loc.
- cit._, p. 52.)
-
- [448] Cf. MAIRE, _loc. cit._, p. 129.
-
- [449] Les prénoms étrangers ou leurs initiales ne se joignent pas par
- des traits d'union. Van Praet (bibliographe), cité plus loin, était
- naturalisé Français.
-
- [450] En Angleterre et en Amérique, on écrit généralement en un mot
- Mackain, Maclaurin, etc., comme Mackenzie, Macdonald, Macaulay, etc.
- (Cf. _Encyclop. britannica_.)
-
- [451] Ainsi M. J. COUSIN (_loc. cit._, p. 44) écrit VAN MONS (avec un
- V majuscule) et place ce nom à la lettre V; et van AELBROECK et von
- SCHLEGEL (avec des v minuscules), qu'il place respectivement aux
- lettres A et S. Il écrit de même DE BRY (avec un D majuscule,
- pourquoi?), et classe ce nom à la lettre D, tandis que de Bris, de
- Bar, etc., se classent à BRIS (de), BAR (de), etc. M. E.-D. GRAND
- (_Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI, p. 615) est d'avis
- que «la particule néerlandaise _van_, analogue au _von_ allemand,
- doit être rejetée après le nom: par une anomalie singulière, elle
- est classée avant le nom, d'après les règles de la Bibliothèque
- nationale, qui porte, par exemple, [van Praet] à VAN PRAET, au lieu
- de PRAET (van)». A propos du classement alphabétique des noms
- d'auteurs, le docteur GRAESEL déclare très justement (_loc. cit._,
- p. 247): «C'est là une source de discussions infinies, et le nombre
- des cas douteux qui peuvent se présenter est tellement considérable
- qu'il nous serait impossible de les examiner tous, même
- superficiellement, sans donner à ce chapitre une étendue démesurée,
- et sans risquer de nous perdre dans des détails par trop minutieux».
-
- [452] _Loc. cit._, p. 24.
-
- [453] Plusieurs bibliographes n'hésiteraient pas à préférer ici
- l'ordre chronologique à l'ordre alphabétique.
-
- [454] _Instructions élémentaires et techniques pour la mise et le
- maintien en ordre des livres d'une bibliothèque_, p. 22. Cet
- opuscule, auquel nous avons déjà eu recours à plusieurs reprises,
- est un des meilleurs guides qu'on puisse consulter sur la question
- qui nous occupe, et nous le suivons ici presque mot à mot et pas à
- pas. Voir aussi l'_Instruction générale relative au service des
- bibliothèques universitaires_, du 4 mai 1878, _ap._ MAIRE, _loc.
- cit._, pp. 425-449.
-
- [455] L. DELISLE, _loc. cit._, p. 24. C'est à tort que M. MAIRE, _loc.
- cit._, p. 129, dit qu'«on peut adopter deux méthodes pour les noms
- de saints», et classer indifféremment saint Paul, par exemple, à
- PAUL (saint) ou à SAINT PAUL. En suivant ce dernier mode, certaines
- confusions pourraient se produire: saint Simon, apôtre, classé à
- SAINT SIMON, se confondrait (à part le trait d'union) avec
- SAINT-SIMON, historien; saint Victor, martyr, avec SAINT-VICTOR,
- littérateur et critique; saint Martin, évêque de Tours, avec
- SAINT-MARTIN, orientaliste; etc. Rappelons d'ailleurs ici ces deux
- règles typographiques: 1º «Les mots _saint_ et _sainte_ ne prennent
- ni majuscule ni trait d'union quand ils se rapportent aux
- personnages eux-mêmes;» 2º «Les noms composés qui désignent des
- pays, des villes, des rues, des églises, etc., prennent des traits
- d'union entre tous leurs mots». Ainsi on écrit: le martyre de saint
- Pierre, et l'église Saint-Pierre; le supplice de sainte Catherine,
- et les tours de Saint-Sulpice; les villes de Saint-Valery-sur-Somme
- et de Bar-le-Duc; l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, la rue
- Vieille-du-Temple, l'église Saint-Louis-des-Français, etc., etc.
- Seuls, et seulement d'après quelques _marches_ typographiques, les
- noms composés étrangers font exception: New York, San Francisco,
- Civita Vecchia, etc. (Cf. LECLERC, _loc. cit._, pp. 134, 136 et
- 149;--TASSIS, _loc. cit._, pp. 42-43;--DESORMES, _Notions de
- typographie_, p. 309;--_Règles typographiques... Hachette_, pp.
- 35-36;--etc.)
-
- [456] L. DELISLE, _loc. cit._, p. 25.
-
- [457] Nombre d'écrivains, considérant ici Bernardin, non comme nom de
- baptême, mais comme nom de famille, écrivent: BERNARDIN DE
- SAINT-PIERRE, et classent par conséquent ce nom à la lettre B: cf.
- SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. dernier, Table, art. Bernardin de
- Saint-Pierre;--LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Bernardin de
- Saint-Pierre;--etc.
-
- [458] Cf. CONSTANTIN, _loc. cit._, p. 125; et L. DELISLE, _loc. cit._,
- p. 31.
-
- [459] On en trouve la liste dans QUÉRARD, _Bibliographie
- Voltairienne_, et dans LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Pseudonyme.
-
- [460] _Loc. cit._, p. 237.
-
- [461] Son vrai nom littéraire: Voltaire, par exemple, et non Arouet;
- George Sand, et non Aurore Dupin ou baronne Dudevant; Champfleury,
- et non Fleury; etc. (A. C.)
-
- [462] Cf. E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI,
- p. 615, col. 2.--Voici ce que dit à ce propos M. LÉOPOLD DELISLE,
- administrateur de la Bibliothèque nationale (_loc. cit._, p. 23):
- «Autant que possible les noms des auteurs doivent être relevés
- suivant la forme que ces noms affectent dans la langue maternelle
- des auteurs. Ainsi les ouvrages d'André Duchesne, de Henri Estienne
- et de Denis Godefroy seront mis sous les rubriques DUCHESNE,
- ESTIENNE, GODEFROY, et non sous les rubriques QUERCETANUS,
- STEPHANUS, GOTHOFREDUS.» Nombre de bibliographes repoussent, et avec
- raison selon nous, ce système de transcription et de classification.
- «Il serait absurde et contraire à tous les usages de cataloguer les
- ouvrages de Melanchthon sous le nom inconnu de SCHWARZERD», écrit le
- docteur GRAESEL, _loc. cit._, pp. 239-240. Le plus rationnel et le
- plus simple encore une fois nous semble de toujours s'en tenir au
- _texte de la page du titre du livre_, quitte à ajouter entre
- crochets sur la fiche le vrai nom à la suite du faux nom: VOLTAIRE
- [François-Marie AROUET] ou [François-Marie AROUET DE]; MELANCHTHON
- [Philippe SCHWARZERD]; SAND (George) [Armandine-Lucile-Aurore DUPIN,
- baronne DUDEVANT]; etc.
-
- [463] Cf. E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._, _loc. cit._, t. VI, p. 617.
-
- [464] C'est le conseil donné par l'_Instruction générale relat. au
- service des biblioth. universitaires_ (_ap._ MAIRE, _loc. cit._, p.
- 438): «Si les auteurs d'ouvrages ayant pour titres: _Éléments
- d'anatomie_ et _Culture des bois_ sont inconnus, le premier de ces
- ouvrages sera catalogué à _Anatomie_, le second à _Bois_.»
-
- [465] L. DELISLE, _loc. cit._, pp. 25 et suiv., et _Introduction au
- catalogue génér..._, t. I, p. LXIX;--J. COUSIN, _loc. cit._, p.
- 42;--GRAESEL, _loc. cit._, p. 244. Cependant, un volume dont les
- premiers mots du titre seraient: _Département de la Seine. Ville de
- Paris. Direction des Travaux. Notes du Directeur à l'appui du budget
- de l'exercice 1872_, se classera de préférence à PARIS (Ville
- de);--_Ministère du Commerce. Lois et règlements sur..._ se classera
- à LOIS;--etc. (Cf. L. DELISLE, _Instructions élémentaires et
- techniques pour... une biblioth._, p. 25.)
-
- [466] GRAESEL, _loc. cit._, pp. 244 et 246.
-
- [467] Voir _supra_, p. 245.
-
- [468] A la Bibliothèque nationale, les auteurs désignés par leurs
- initiales sont toujours classés parmi les anonymes, à moins qu'on ne
- puisse les identifier; au Musée britannique, au contraire, les
- initiales sont classées dans l'ordre alphabétique.--En France, les
- prénoms de l'auteur (ou les initiales de ces prénoms) sont réunis
- par un tiret; au Musée britannique, les prénoms ne sont pas réunis
- par un tiret. (Cf. _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI, p.
- 614.) Par ce que nous avons dit il y a un instant sur les
- incertitudes que présentent parfois les initiales, on voit de quelle
- utilité est ce tiret ou trait d'union. Dans l'exemple donné
- ci-dessus: L.-E. J., nous sommes sûr, grâce au trait d'union entre L
- et E, que L.-E. sont les initiales des prénoms, et par conséquent J
- celle du nom de famille de l'auteur. Cette certitude disparaît si
- vous écrivez L. E. J. Le bibliophile Jacob (pseudonyme de Paul
- Lacroix) a signé un grand nombre de ses livres: P. L. JACOB,
- c'est-à-dire Paul Lacroix Jacob, sans trait d'union entre P et L,
- puisqu'on n'en met pas entre un prénom et un nom.
-
- [469] Cf. _Grande Encyclop._, _loc. cit._, t. VI, p. 614.
-
- [470] Cf. MAIRE, _loc. cit._, p. 151.
-
- [471] _Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 438.
-
- [472] Cf. GRAESEL, _loc. cit._, p. 264.
-
- [473] Pour l'explication des abréviations et des signes contenus dans
- ces exemples, voir à l'Appendice.
-
- [474] _Loc. cit._, Supplément, t. I, col. 292.
-
- [475] J.-CH. BRUNET, _loc. cit._, t. I, col. 1873.
-
- [476] _Loc. cit._, Supplément, t. I, col. 37.
-
- [477] _Loc. cit._, Supplément, t. II, col. 247.
-
- [478] _Loc. cit._, Supplément, t. I, col. 846.
-
- [479] _Loc. cit._, Supplément, t. I, col. 842.
-
- [480] C'est le conseil donné par CONSTANTIN (_loc. cit._, p. 99): «Le
- mieux est donc de les exécuter simultanément (les fiches, bulletins
- ou cartes des deux catalogues); ce qui est très aisé, en faisant une
- copie exacte des bulletins ou cartes», etc.; et par MAIRE (_loc.
- cit._, p. 163). Ajoutons cependant qu'il est inutile, pour le
- catalogue méthodique, de prendre copie des _fiches de renvoi_ du
- catalogue alphabétique: seules, les _fiches complètes_ ou _fiches
- principales_ doivent être identiquement libellées en deux
- exemplaires affectés aux deux catalogues. (Cf. L. DELISLE,
- _Instructions élémentaires et techniques pour... une biblioth._, p.
- 33.)
-
- [481] _Loc. cit._, p. 52.
-
- [482] Sur l'historique de la classification bibliographique, voir
- l'Introduction au t. VI (col. I à xxvj) du _Manuel du libraire_ de
- JACQUES-CHARLES BRUNET: c'est une étude succincte, mais très
- soigneusement faite. Voir aussi E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._,
- art. Bibliographie, t. VI, pp. 608 et suiv.;--MAIRE, _loc. cit._,
- pp. 182 et suiv.;--etc.
-
- [483] _Pandectarum sive partitionum universalium Conradi Gesneri libri
- XXI: Bibliothecæ universalis tom. II, totius philosophiæ et omnium
- bonarum artium atque studiorum locos communes et ordines universales
- simul et particulares complectens_ (Zurich, Froschover, 1548;
- in-fol., VI-375 ff.). Le dernier livre de l'ouvrage parut l'année
- suivante, sous ce titre: _Partitiones theologicæ, Pandectarum
- universalium Conradi Gesneri liber ultimus_ (Zurich, 1549; in-fol.,
- XXI-157 ff.). Le premier avait paru en 1545 sous le titre, comme on
- vient de le voir, de _Bibliotheca universalis_.
-
- [484] _Loc. cit._, t. VI, p. 609.
-
- [485] Cf. MAIRE, _loc. cit._, pp. 183 et 193.
-
- [486] _Advis pour dresser une biblioth._, chap. VII, p. 88.
-
- [487] _Loc. cit._, p. 89. La première édition de l'ouvrage de Naudé,
- _Advis pour dresser une bibliothèque_, est de 1627.
-
- [488] Cf. MAIRE, _loc. cit._, pp. 183 et 195. «La tentative faite par
- Louis Jacob (R. P. Ludovicus Jacob), pendant les années 1643 à 1646
- et 1651 à 1653, dit encore M. ALBERT MAIRE (_loc. cit._, p. 183), de
- donner la liste des livres parus en France, mérite d'être signalée,
- bien que ses relevés soient fort incomplets.»
-
- [489] On écrit aussi, mais moins exactement, Bouillaud.
-
- [490] Cf. CONSTANTIN, _loc. cit._, p. 127.
-
- [491] Il ne faut pas confondre, comme le font M. ALBERT MAIRE, _loc.
- cit._, p. 565 et _passim_, et nombre d'autres écrivains,
- JACQUES-CHARLES BRUNET, l'auteur dudit _Manuel_, né à Paris en 1780,
- mort en 1867, et PIERRE-GUSTAVE BRUNET, né à Bordeaux en 1807, mort
- en 1896, l'auteur du _Dictionnaire de bibliologie catholique_, de
- _la Reliure ancienne et moderne_, des _Fantaisies bibliographiques_,
- etc., et, en collaboration avec M. PIERRE DESCHAMPS, du _Supplément
- au Manuel du libraire_ de JACQUES-CHARLES BRUNET.
-
- [492] «Ce n'est ni à Gabriel Martin, ni à Prosper Marchand, ni à
- Garnier, ni à Bouillaud, que revient cet honneur (d'avoir créé un
- système bibliographique à peu près universellement adopté): l'_enfin
- Malherbe vint_ n'est pas plus vrai, absolument parlant, en
- bibliographie qu'en littérature.» (MOURAVIT, _le Livre_, p. 332.)
-
- [493] M. Prieur, bibliothécaire des Facultés à Besançon, a fait un
- relevé des critiques auxquelles prête la classification de Brunet;
- on en trouvera le résumé dans MAIRE, _loc. cit._, pp. 186-189.
-
- [494] «Cette classification, œuvre des maîtres, que nous appellerions
- volontiers la classification des hommes de bon sens, et que
- l'histoire, Dieu merci, nous permet d'appeler la _classification des
- bibliographes_.»... (MOURAVIT, _loc. cit._, p. 334.)--«Après tout,
- c'est encore la meilleure des classifications établies jusqu'ici.»
- (MAIRE, _loc. cit._, p. 190.) Néanmoins, M. Albert Maire,
- s'associant aux critiques exprimées par M. Prieur, pense avec lui,
- et non sans raison, «que le système de Brunet, quoique le meilleur
- encore, ne peut plus répondre actuellement à toutes les exigences du
- développement des sciences. Il demanderait un remaniement
- considérable à peu près dans toutes ses parties, mais surtout dans
- les sciences expérimentales, qui sont trop sommairement exposées.
- Hâtons-nous de dire toutefois que ces changements ne peuvent
- s'effectuer du jour au lendemain, mais devraient être consacrés par
- l'acceptation simultanée de tous ceux qui se servent de ce système.
- Dans un congrès seulement..., on pourrait établir et arrêter une
- nouvelle base de divisions ou proposer de réformer le système de
- Brunet, s'il est gardé.» (MAIRE, _ibid._)--«Le système français qui
- survécut aux innovations du XIXe siècle... est celui de Brunet, qui
- dérive directement de l'ancien mode de classement. Ce système est
- aussi celui qui fut le plus fréquemment appliqué dans les pays
- étrangers.» (E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t.
- VI, p. 611.)--«Depuis le moyen âge, la classification des sciences
- humaines a extrêmement varié: la plus usitée en France aujourd'hui,
- et, à vrai dire, la moins imparfaite, malgré quelques défauts de
- détails, est celle qui, créée par les libraires érudits du XVIIIe
- siècle, a été adoptée définitivement dans le _Manuel du libraire_ de
- Brunet; elle fait encore autorité aujourd'hui, et répond à peu près
- à tous les besoins; les subdivisions intérieures peuvent varier,
- mais l'ensemble est satisfaisant. Les progrès des sciences obligent
- d'ailleurs à créer sans cesse de nouveaux chapitres, principalement
- dans la médecine, et il serait puéril de considérer aujourd'hui
- l'histoire des États-Unis comme appartenant à l'histoire des
- colonies européennes; mais, moyennant quelques modifications de
- détail, ce cadre bibliographique a l'avantage très appréciable de
- pouvoir s'appliquer également à d'anciennes bibliothèques où
- dominent la théologie, la jurisprudence et l'histoire, et à des
- bibliothèques modernes où les sciences, la littérature et
- l'archéologie occupent une place prépondérante.» (A. MOLINIER,
- _Grande Encyclop._, art. Bibliothèque, t. VI, p.
- 661.)--L'_Instruction générale relative au service des bibliothèques
- universitaires_ du 4 mai 1878 porte que, dans ces bibliothèques, «la
- division adoptée pour le classement des matières sera conforme à
- celle du _Manuel du libraire_ de Brunet, comme étant la plus
- répandue». (_Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 438.)
-
- [495] Voir pp. 297-300.
-
- [496] Pages 303-316.
-
- [497] _Loc. cit._, pp. 314-317.
-
- [498] La bibliographie, que Mouravit, comme nous venons de le voir,
- place, sans doute par amour et respect pour cette science qu'il
- possédait si bien, dans un appendice spécial et comme occupant une
- grande division, la sixième, ne forme, à vrai dire, qu'une
- sous-subdivision de la cinquième classe, de l'HISTOIRE (VI.
- Paralipomènes historiques; 6. Bibliographie. Voir _infra_, pp.
- 283-284.) De même les polygraphes, au lieu de former une division
- spéciale, appartiennent à la subdivision VIII de la quatrième
- classe.
-
- [499] On pourrait de même, afin de faciliter la rédaction des fiches
- et de régulariser l'ensemble du système, numéroter, dans la
- cinquième classe (U), les deux dernières subdivisions à la suite des
- autres: VII. MÉLANGES ET DICTIONNAIRES ENCYCLOPÉDIQUES; VIII. NOTICE
- DES PRINCIPAUX JOURNAUX LITTÉRAIRES, SCIENTIFIQUES ET POLITIQUES,
- qui, dans le texte de Brunet, ne sont précédées d'aucun indice.
-
- [500] C.-à-d. Introduction à l'Histoire. Dans cette subdivision I
- figurent la Géographie et les Voyages (voir _infra_, p. 278).
-
- [501] C.-à-d. Appendice à l'Histoire. C'est dans cette subdivision VI
- que se trouve la Bibliographie (voir _infra_, pp. 283-284). «Les
- expressions prolégomènes et paralipomènes ne sont pas claires», dit
- très justement M. PRIEUR, _loc. cit._
-
- [502] Ces minuscules, J.-Ch. Brunet les exprime parfois en caractères
- romains, le plus souvent en italique. Il y aurait avantage à
- régulariser ces indices et à les mettre toujours et partout en
- romain: c'est ce que nous avons fait déjà et ce que nous
- continuerons de faire dans l'inscription des cotes.
-
- [503] Voir _infra_, pp. 280-281.
-
- [504] J.-CH. BRUNET, _loc. cit._, t. VI, col. XV.
-
- [505] Cette section 4 pourrait être placée avant la section 3. (Note
- de J.-CH. BRUNET.)
-
- [506] C'est-à-dire qui a rapport à la catéchèse: «Instruction orale
- sur les choses de l'Église, par demandes et par réponses» (d'où
- catéchisme). (LITTRÉ.)
-
- [507] C'est-à-dire qui a rapport à la parénèse: «Discours moral,
- exhortation.» (LITTRÉ.)
-
- [508] L'histoire du paganisme et celle des religions orientales
- forment un appendice à l'histoire des religions. (Note de J.-CH.
- BRUNET.)
-
- [509] Le texte de BRUNET (_Manuel du libr._, t. VI, col. xl) donne
- bien Signes, et non: lignes, comme l'indiquent ROUVEYRE, _loc.
- cit._, 3e édit., t. II, p. 30, et J. COUSIN, _loc. cit._, p. 69.
-
- [510] La distinction entre _Rhéteurs_ et _Orateurs_ est trop subtile,
- ces deux termes se confondent maintenant trop souvent, pour qu'une
- classification spéciale soit attribuée à chacun d'eux. (A. C.)
-
- [511] Puisqu'il y a ci-dessous deux astérisques devant Asie, trois
- devant Afrique, etc., il eût été logique d'en mettre un devant
- Europe. (A. C.)
-
- [512] Le texte de Brunet,--qui, malgré les mérites de
- l'imprimeur-éditeur Firmin Didot, est loin d'être aussi correct et
- aussi convenablement disposé qu'il le faudrait,--donne ici «Histoire
- belgique», et plus bas: «2*. Histoire Belgique».
-
- [513] Page 265, note 502.
-
- [514] Voir pp. 223-224.
-
- [515] Ces registres ou cahiers ne font pas double emploi avec les
- fiches du catalogue méthodique. D'abord, dans chaque section de ce
- catalogue, les fiches sont rangées d'après leur mot d'ordre,
- c'est-à-dire par ordre alphabétique, tandis que les ouvrages sont
- inscrits sur les registres ou cahiers des sections dans l'ordre où
- ils arrivent; en outre, les registres ou cahiers des sections du
- catalogue méthodique servent à fournir, pour chaque _ouvrage_
- nouvellement reçu, le numéro d'ordre à joindre à la cote, de même
- que le ou les registres d'entrée (un par format) fournissent, pour
- chaque nouveau _volume_, le numéro d'ordre du catalogue
- alphabétique; ces registres ou cahiers des sections sont, en
- d'autres termes, au catalogue méthodique ce que le ou les registres
- d'entrée sont au catalogue alphabétique. Enfin, dans une
- bibliothèque publique, les fiches des deux catalogues, renfermées
- dans leurs boîtes Bonnange, peuvent être laissées à la disposition
- des lecteurs, tandis que le ou les registres d'entrée et les
- registres ou cahiers des sections, documents administratifs, restent
- à portée de l'employé chargé du catalogage et lui permettent de ne
- pas interrompre son travail.
-
- [516] C'est aussi ce que dit M. LÉOPOLD DELISLE: «... Il conviendra de
- distribuer (ces cartes ou fiches) dans les différentes divisions,
- subdivisions et paragraphes d'un cadre bibliographique, plus ou
- moins détaillé, dont le _Manuel_ de Brunet fournit le modèle le plus
- souvent adopté en France. Ce modèle pourra toutefois être simplifié
- dans la plupart des cas. Quel que soit le cadre adopté, il est bon
- de ne pas pousser le classement méthodique jusqu'aux dernières
- ramifications...» (_Instructions élémentaires et techniques pour...
- une biblioth._, p. 33.)
-
- [517] _Loc. cit._, t. VI, col. XV.
-
- [518] Cf. NAMUR, _Manuel du biblioth._, p. 25.
-
- [519] Cf. LÉON HENNET, _le Régiment de la Calotte_, Préface, p. I.
- (Paris, Libr. des biblioph., 1886.)
-
- [520] Cf. _Cours de philosophie positive_, _passim_.
-
- [521] PARENT (aîné), _Essai sur la bibliographie et sur les talens du
- bibliothécaire_, pp. 46-50. (Paris, an IX. In-8.)
-
- [522] FORTIA D'URBAN (marquis de), _Nouveau Système de bibliographie
- alphabétique_, 2e édit., précédée par des considérations sur
- l'orthographe française... (Paris, 1822. In-12.)
-
- [523] JÉRÉMIE BENTHAM, _Essai sur la nomenclature et la classification
- des principales branches d'art et de science_. (Paris, 1828. In-8.)
- Cf. _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI, p. 612.
-
- [524] NAMUR, _Manuel du bibliothécaire_, pp. 57 et 243-270.
- (Bruxelles, 1834. In-8.)
-
- [525] AIMÉ-MARTIN, _Plan d'une bibliothèque universelle..._ suivi du
- _Catalogue des chefs-d'œuvre de toutes les langues_, pp. 538-543.
- (Paris, 1837. In-8.)
-
- [526] Cf. LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Catalogue.
-
- [527] _Note sur les catalogues de la bibliothèque nationale_, pp. 1-2.
- Il s'agit ici des _Imprimés_, de la _salle de travail_, accessible
- seulement aux personnes munies de cartes spéciales délivrées par le
- secrétariat de la Bibliothèque. Pour la _salle de lecture_, salle
- publique, dont les volumes sont distincts de ceux de la _salle de
- travail_, la Bibliothèque nationale emploie, comme nous l'avons dit
- (p. 260), la classification de Brunet, avec les indices respectifs
- A, E, I, O, U pour les cinq grandes classes: Théologie,
- Jurisprudence, Sciences et Arts, Belles-Lettres, Histoire.
-
- [528] Nous avons vu (p. 260) que «la division adoptée pour le
- classement des matières» dans les bibliothèques universitaires
- (autres que la Sorbonne) est celle de Brunet. Pour le cadre de
- classement de la Sorbonne, nous ne donnons non plus que les grandes
- lignes: voir le texte complet dans MAIRE, _loc. cit._, pp. 224-229.
-
- [529] Cf. MAIRE. _loc. cit._, pp. 235-246.
-
- [530] L. DELISLE, _Instructions élémentaires et techniques pour la
- mise et le maintien en ordre des livres d'une bibliothèque_, p. 7.
- Ainsi que nous l'avons dit plus haut (p. 260), c'est à ce système de
- classement de M. Léopold Delisle, ou bien à la classification
- décimale, que, pour une bibliothèque comme la nôtre, n'excédant pas
- quinze à vingt mille volumes, nous donnerions la préférence.
-
- [531] «Il faut bien se pénétrer de l'impossibilité de créer un système
- à la satisfaction de tout le monde; les habitudes, les prédilections
- pour certaines études, les opinions religieuses et politiques de
- chacun y demanderont toujours des changements et même une
- interversion complète de l'ensemble.» (CONSTANTIN, _loc. cit._, p.
- 163.)
-
- [532] _Loc. cit._, t. VI, col. xv-xvj.--Le _Congrès bibliographique_
- qui s'est réuni à Paris en 1878, à l'occasion de l'Exposition, avait
- émis le vœu qu'une réunion générale des bibliothécaires français eût
- lieu l'année suivante, afin de discuter, entre autres questions,
- celle de l'adoption d'un système bibliographique uniforme pour
- toutes les bibliothèques de France. Cette réunion n'a pas eu lieu,
- et ce projet, par conséquent, n'a pu être discuté. (Cf. GRAESEL,
- _loc. cit._, p. 432.) La même question d'uniformisation de système
- bibliographique est revenue, et sans plus de succès, devant le
- _Congrès international des bibliothécaires_, qui s'est tenu à Paris,
- en 1900, durant l'Exposition universelle.
-
- [533] Les Américains ne sont pas les inventeurs de ce mode de
- catalogage, qui se trouve signalé et expliqué, dès 1839, dans
- CONSTANTIN, _loc. cit._, p. 99: «... Classer méthodiquement tous les
- écrits sur un même sujet, et réunir ensuite ces catalogues spéciaux
- dans l'ordre alphabétique de la matière qu'ils renferment, sans
- établir ni classes, ni divisions, ni subdivisions; c'est-à-dire:
- Bible, non à Théologie, mais à la lettre B...; Code, non à
- Jurisprudence, mais à la lettre C...», etc.
-
- [534] L. DELISLE, _Journal des savants_, 1896, p. 160: Decimal
- Classification..., pp. 155-170.
-
- [535] Cf. MARCEL BAUDOUIN, _Revue scientifique_, 21 août 1897, pp.
- 235-239: La seconde conférence bibliographique internationale de
- Bruxelles en 1897; et CHARLES RICHET, _ibid._, 11 juin 1898, pp.
- 749-752: Le projet de la Société Royale de Londres et la
- classification décimale.
-
- [536] L'expression est de M. MARCEL BAUDOUIN, _Revue scientifique_, 30
- mai 1896, p. 681: La classification décimale et les sciences
- médicales, pp. 681-686.
-
- [537] Office international de bibliographie, publication nº 9,
- _Classification décimale_, Tables générales abrégées. (Bruxelles,
- 1897. In-8, 73 pp.)
-
- [538] Il est d'usage en typographie de mettre un point après un
- chiffre ou nombre servant d'indice et suivi d'un texte (note,
- énumération, etc.), d'écrire, par conséquent: 0. Ouvrages
- généraux;--1. Philosophie;... 10. Généralités, etc.; mais j'ai tenu
- à me conformer autant que possible et strictement au mode de
- rédaction et de disposition de l'Office international de Bruxelles:
- voir _Classific. décimale_, pp. 29 et suiv.
-
- [539] Omis dans le texte de l'Office international de Bruxelles, p.
- 30.
-
- [540] Le texte de l'Office international donne: religion naturelles
- (_sic_). Je me suis référé ici et plus loin à l'article de M. ED.
- SAUVAGE, _Revue scientifique_, 10 septembre 1898, pp. 325-331:
- Classification bibliographique décimale. Peut-être faut-il plutôt
- lire ici: Théologie _et_ religions naturelles.
-
- [541] Manque dans le texte de l'Office international, p. 30. Voir ED.
- SAUVAGE, _loc. cit._, p. 326.
-
- [542] _Classific. décimale_, p. 7.
-
- [543] Cf. _Classific. décimale_, p. 37; et ED. SAUVAGE, _loc. cit._,
- p. 327.
-
- [544] _Loc. cit._, p. 327.
-
- [545] Cf. ED. SAUVAGE, _loc. cit._, p. 327.
-
- [546] _Classific. décimale_, p. 18.
-
- [547] Cf. _Classific. décimale_, p. 19.
-
- [548] Voir _supra_, pp. 221-222 et 226.
-
- [549] Tels sont les chiffres qui figurent dans l'exemple donné par la
- _Classification décimale_ de l'Office international, p. 19: nous
- avons vu, dans notre tableau des formats, p. 77, que l'in-8 raisin a
- pour dimensions exactes: 0,162 × 0,25.
-
- [550] Cf. GRAESEL, _loc. cit._, pp. 467-468.
-
- [551] L. DELISLE, _Journal des savants_, mars 1896: Decimal
- Classification and Relative Index for libraries, by Melvil Dewey...
- Cet article est suivi de la mention: «La fin à un prochain cahier».
- Cette fin ne se trouve dans aucun des cahiers postérieurement parus.
-
- [552] F. FUNCK-BRENTANO, _Correspondance historique et archéologique_,
- 3e année, nº 26: L'Office international de bibliographie...
-
- [553] CH.-V. LANGLOIS, _Revue internationale des bibliothèques_, I,
- 1896: A propos de l'Institut international de bibliographie.
-
- [554] H. S. (HENRI STEIN), _Ibid._: La conférence bibliographique
- internationale de Bruxelles.
-
- [555] G. FUMAGALLI, bibliothécaire à l'Université de Naples, _la
- Conférence internationale de bibliographie de Bruxelles et le
- Répertoire bibliographique universel_. (Document autographié.)
-
- [556] _Loc. cit._, p. 156.
-
- [557] _Loc. cit._, p. 508.
-
- [558] Voir notamment _Revue scientifique_, 30 mai 1896 et 21 août
- 1897, art. de M. MARCEL BAUDOUIN;--11 juin 1898, art. de M. CHARLES
- RICHET;--10 septembre 1898, art. de M. ED. SAUVAGE.--Voir aussi _la
- Bibliographie scientifique_, bulletin trimestriel publié par
- l'Institut international de bibliographie scientifique (Première
- année: 1895). Rédacteur en chef: MARCEL BAUDOUIN.
-
- [559] Quoique la première édition, tout à fait rudimentaire, de
- l'ouvrage de M. MELVIL DEWEY date de 1876 (_A Classification and
- subject Index for cataloging and arranging the books and pamphlets
- of a library_.--Amherst, Massachusetts, 1876. In-8 de 44
- pp.--Réédité, modifié et complété en 1885, 1888, 1890 et 1894), la
- classification décimale n'a guère été connue en Europe qu'après
- 1890, et surtout depuis la Conférence de Bruxelles de septembre
- 1895.
-
- [560] Voir _la Pratique médicale_, journal des maladies des oreilles,
- du nez et du larynx, du 1er janvier au 15 juillet 1897.
-
- [561] _Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 445.
-
- [562] _Les Livres et leurs ennemis_, p. 9.
-
- [563] «Ou de toile», ajoute Graesel, _loc. cit._, p. 318. «...
- L'essuyage pratiqué au moyen de chiffons de laine ou de linge
- secoués à l'extérieur de la salle toutes les fois qu'il en sera
- besoin, et fréquemment blanchis,» dit la circulaire en question.
- (_Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 445.)
-
- [564] PEIGNOT, _Manuel du biblioph._, t. II, p. 424;--JULES RICHARD,
- _l'Art de former une biblioth._, p. 147;--ROUVEYRE, _Connaissances
- nécessaires à un biblioph._, 3e édit., t. I, p. 108.
-
- [565] _Loc. cit._, p. 147.--Par une singulière contradiction, Jules
- Richard, qui proscrit ici la laine et le drap, déclare (p. 56) qu'il
- ne blâmera pas les amateurs «si leurs rayons sont confortablement
- doublés de drap». Peignot, au moins, a fait amende honorable: voir
- _infra_, p. 320, note 567.
-
- [566] Voir la note suivante.
-
- [567] «Pour préserver une bibliothèque des vers et autres insectes, on
- connoît plusieurs moyens: le premier est celui dont nous avons déjà
- parlé, la qualité du bois dont le meuble est fait; le second est une
- grande propreté et surtout l'attention continuelle de garantir les
- livres de la poussière, parce que non seulement elle ternit les
- reliures et leur enlève leur fraîcheur, mais elle favorise le
- développement des insectes. Il faut battre les volumes au moins une
- fois l'an, et éviter d'employer aucune espèce de lainage dans la
- construction intérieure de la bibliothèque. J'ai eu tort de dire,
- dans un de mes ouvrages précédens, que l'on pouvoit garnir chaque
- rayon d'une bandelette de drap pour garantir de la poussière la
- tranche supérieure des livres. Le drap attire les insectes et leur
- sert de pâture.» (PEIGNOT, _Manuel du biblioph._, t. II, p. 424.)
-
- [568] Cf. BLADES, _les Livres et leurs ennemis_, pp. 77 et suiv.;--UN
- BIBLIOPHILE (E. MULSANT), _les Ennemis des livres_,
- _passim_;--MAIRE, _loc. cit._, pp. 93 et suiv.;--GRAESEL, _loc.
- cit._, pp. 319 et suiv.
-
- [569] _Ap._ BLADES, _loc. cit._, p. 77.
-
- [570] Cf. _supra_, chap. V, p. 125. «Les reliures en bois, si à la
- mode anciennement, offraient aux vers un excellent terrain de
- développement, et il est encore facile de constater dans les volumes
- qui nous sont parvenus ainsi reliés... les dégâts qu'ils y ont
- causés.» (GRAESEL, _loc. cit._, p. 319.)
-
- [571] _Loc. cit._, pp. 78 et suiv.
-
- [572] BLADES, _loc. cit._, p. 92, où il faut lire, _germanica_, au
- lieu de _germinica_. (Voir Dr HENRI BEAUREGARD, _Nos Bêtes, Animaux
- Nuisibles_, p. 32.)
-
- [573] Voir _Magasin pittor._, 1878, pp. 146 et suiv.: Les Ennemis des
- livres. (Série d'articles non signés.)
-
- [574] _Loc. cit._, p. 93.
-
- [575] _Loc. cit._, p. 35. Le lepisma est très dangereux pour les
- livres, m'assure-t-on, et d'autant plus dangereux qu'il résiste,
- paraît-il, aux plus énergiques insecticides.
-
- [576] _Loc. cit._, p. 321.
-
- [577] Actuellement (juillet 1901), trois prix, fondés durant le
- _Congrès international des bibliothécaires_, tenu à Paris en août
- 1900, sont proposés comme récompense des trois meilleurs mémoires
- relatifs à la destruction des insectes qui détériorent les livres.
- Deux de ces prix, l'un de 1000 francs, l'autre de 500, ont été
- institués par Mlle Marie Pellechet, bibliothécaire honoraire à la
- Bibliothèque nationale (décédée le 11 décembre 1900); le troisième,
- dit prix du Congrès des bibliothécaires, d'une valeur de 1000
- francs, provient d'un donateur anonyme. (Cf. _Mémorial de la
- librairie française_, 4 et 11 juillet 1901, pp. 395 et 412.)
-
- [578] GRAESEL, _loc. cit._, p. 320.
-
- [579] GRAESEL, _loc. cit._, p. 321.
-
- [580] R. YVE-PLESSIS, _Petit Essai de biblio-thérapeutique_, p. 11.
- Cf. aussi MAIRE, _loc. cit._, p. 91.
-
- [581] _Loc. cit._, p. 14.
-
- [582] ALKAN aîné, _les Livres et leurs ennemis_, p. 13.
-
- [583] R. YVE-PLESSIS, _loc. cit._, pp. 54-55.
-
- [584] Cf. GRAESEL, _loc. cit._, p. 322.
-
- [585] LA FONTAINE, _Fables_, III, 8.
-
- [586] In _Magasin pittor._, 1878, p. 148: Les Ennemis des livres.
-
- [587] BOUANT, _Dictionn. des connaiss. pratiques_, art. Taches.
-
- [588] La terre bolaire ordinaire ou bol d'Arménie est une ocre rouge
- qui s'extrait par le lavage de certains sables très abondants en
- Arménie et dans l'île de Lemnos. (Larousse, _Grand Dictionn._, art.
- Bol.) On sait que la principale propriété de l'argile sèche est
- d'absorber l'eau avec avidité. Diverses terres argileuses (les
- argiles _smectiques_), avides de matières grasses, sont employées au
- dégraissement des draps. (BOUANT, _Dictionn. des sciences usuelles_,
- art. Argile.) On pourrait les employer de même au dégraissement des
- papiers et des livres.
-
- [589] J. COUSIN, _De l'organisation... des biblioth..._, p. 165.
-
- [590] Cf. RIS-PAQUOT, _Guide pratique du restaurateur de tableaux...
- de livres_, p. 244.
-
- [591] Cf. J. COUSIN, _loc. cit._, pp. 165-166.
-
- [592] L'humidité, avons-nous dit dans le chap. VII, p. 198, est la
- grande ennemie des livres: voir à cet endroit les moyens de la
- combattre.
-
- [593] Cf. J. COUSIN, _loc. cit._, p. 167.
-
- [594] Cf. BONNARDOT, _Essai sur l'art de restaurer les estampes et les
- livres_, in _Magasin pittor._, 1877, p. 46. Voir aussi ANTONY MÉRAY,
- _Quelques moyens faciles de restaurer les vieux livres_, in
- _Annuaire du bibliophile_, 1862, pp. 79-92.
-
- [595] RIS-PAQUOT, _loc. cit._, p. 244.
-
- [596] ANTONY MÉRAY, _loc. cit._, pp. 84-85.
-
- [597] Cf. J. COUSIN, _loc. cit._, p. 167.
-
- [598] Cf. GASTON TISSANDIER, _Recettes et procédés utiles_, pp.
- 112-115.
-
- [599] ANTONY MÉRAY, _loc. cit._, p. 89.
-
- [600] ID., _ibid._
-
- [601] _Magasin pittor._, 1877, p. 46: Conseils pour la réparation des
- livres.
-
- [602] BOUANT, _loc. cit._, art. Taches.
-
- [603] Cf. G. TISSANDIER, _loc. cit._, p. 115; et J. COUSIN, _loc.
- cit._, p. 168.
-
- [604] J. COUSIN, _loc. cit._, p. 168.
-
- [605] ROUVEYRE, _loc. cit._, t. VIII, p. 161.
-
- [606] G. TISSANDIER, _la Science pratique_, p. 94.
-
- [607] J. COUSIN, _loc. cit._, p. 168.
-
- [608] _Annuaire du bibliophile_, 1862, p. 83.
-
- [609] C'est-à-dire jaunâtre.
-
- [610] J. COUSIN, _loc. cit._, p. 168.
-
- [611] _Loc. cit._, pp. 168-169.
-
- [612] Nous l'avons donné également: voir chap. V, p. 152.
-
- [613] Ou mieux _serpente_. Cf. LITTRÉ, HATZFELD, etc.
-
- [614] _Loc. cit._, p. 13.
-
- [615] Voir chap. V, p. 141.
-
- [616] Cf. les changements de couleur produits sur les papiers modernes
- par la lumière naturelle et la lumière artificielle, _supra_, chap.
- II, pp. 58 et suiv.
-
- [617] BLADES, _loc. cit._, p. 33. Cf. GRAESEL, _loc. cit._, pp. 40 et
- 60. Si le gaz d'éclairage attaque et détruit le cuir des reliures,
- il semble, d'après les expériences d'un savant allemand, M. Wiesner,
- avoir, à distance raisonnable, peu d'action sur la constitution et
- la blancheur du papier. Voir un résumé de ces expériences dans le
- journal _la Nature_, 1er octobre 1892, pp. 286-287: «... Il (M.
- Wiesner) avait précédemment observé que du papier à pâte de bois,
- exposé pendant quatre mois à 75 centimètres d'un bec de gaz de huit
- bougies, n'avait pas plus été décoloré qu'après deux heures
- d'exposition directe au soleil. Il a exposé ce même papier, le plus
- répandu pour les publications actuelles, dans une chambre éclairée
- au gaz et mal ventilée: après 5400 heures d'exposition, la
- température n'ayant pas dépassé 21 degrés centigrades, il reconnut,
- que les gaz non brûlés, seuls ou mélangés à de l'oxygène, n'avaient
- eu aucune action sur le papier... M. Wiesner conclut que l'éclairage
- au gaz peut être maintenu, sans danger de détérioration pour les
- livres, dans les bibliothèques. Il va sans dire que cette conclusion
- n'exclut pas l'emploi de la lumière électrique, qui, sans influer
- plus que le gaz sur l'état physique et la coloration du papier, a
- sur lui l'avantage de réduire dans une très forte proportion les
- risques d'incendie.» Voir aussi dans le _Mémorial de la librairie
- française_, 29 novembre 1900, p. 633, une note analogue à la
- précédente, et d'où il résulte également que, relativement à
- l'altération de la couleur des papiers: «La lumière solaire est la
- plus active, le gaz l'est moins, et la lumière électrique a peu
- d'influence, par suite de la moindre proportion de rayons chimiques
- qu'elle renferme ».
-
- [618] P. L. JACOB (Paul Lacroix), _les Amateurs de vieux livres_, p.
- 40.
-
- [619] _Ap._ ROUVEYRE, _loc. cit._, t. VIII, p. 86.
-
- [620] _Ibid._
-
- [621] _Le Commerce des livres anciens_, in _Miscellanées bibliogr._,
- t. II, pp. 75-76.
-
- [622] _Loc. cit._, p. 76.
-
- [623] _Ibid._, pp. 76-77.
-
- [624] La tradition accuse Henri III d'avoir découpé dans quantité de
- missels et manuscrits des miniatures et des lettres peintes «pour en
- orner de petites chapelles ou pour en former des reposoirs...
- Maintenant que ces livres vénérés sont réputés offrir, ce qu'ils
- offrent en effet, l'histoire de l'art au moyen âge et même durant la
- Renaissance, le mal apparaît dans ses vraies proportions et fait
- maudire les auteurs inconnus de ces détestables pilleries, comme on
- eût dit au temps de Montaigne. Plusieurs personnages de la cour (de
- pareils livres ne pouvaient appartenir qu'à des grands seigneurs)
- imitèrent, dit-on, Henri III; c'est ce qui explique bien souvent ces
- lacérations si douloureuses pour des yeux éclairés, alors que l'on
- essaye de reconstituer une histoire de l'art au moyen âge, dont ces
- splendides volumes sont, après tout, les uniques dépositaires.»
- (_Magasin pittor._, 1876, p. 27: Les Ennemis des livres.--Cf.
- FERDINAND DENIS, _Histoire de l'Ornementation des manuscrits_, p.
- 125. Paris, Curmer, 1857. In-4.)
-
- [625] W. BLADES, _loc. cit._, p. 112.
-
- [626] _Loc. cit._, p. 113.
-
- [627] «Lamartine, qui en arrachait les feuillets (de ses livres),
- lorsqu'il avait une citation à intercaler dans ses manuscrits.»
- (LUCIEN DESCAVES, _le Sort des livres_, in _le Livre à travers les
- âges_, p. 27.)
-
- [628] Victor Fournel est l'auteur, sous le pseudonyme d'Edmond
- Guérard, d'un _Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes_ (Paris,
- Didot, 1872; 2 vol. in-12), et c'est sans doute pour la confection
- de ce recueil qu'il massacra ainsi nombre de volumes de sa
- bibliothèque.
-
- [629] _L'Art de classer les notes_, p. 36.
-
- [630] GUYOT-DAUBÈS, _loc. cit._, p. 37.
-
- [631] Il me paraît très probable que ni le médecin Camille Falconet
- (1671-1762), ni le sculpteur Étienne Falconet (1716-1791), n'est
- coupable de ce barbare moyen de _quintessencier_ les livres, qu'on
- leur a confusément attribué à l'un et à l'autre. VICTOR FOURNEL
- (EDMOND GUÉRARD) raconte cette anecdote, précisément dans le
- _Dictionnaire_ (t. I, p. 147) dont nous venons de parler, mais il
- n'ajoute au nom de Falconet aucun prénom ni aucune épithète. Il
- indique comme référence Panckoucke; mais ce nom isolé est
- insuffisant pour nous renseigner. M. GUYOT-DAUBÈS (_loc. cit._, p.
- 37) accuse nettement, d'ailleurs sans preuve aucune ni indication de
- source, «le célèbre médecin Falconet». Pour M. FERTIAULT (_les
- Légendes du livre_, p. 200), le coupable serait Étienne Falconet,
- qui «se rappelait sans doute avec terreur les 45 000 volumes de son
- oncle Camille, le médecin. C'est Dalembert qui conte le fait»,
- ajoute M. Fertiault. D'abord, ainsi que JAL le démontre
- (_Dictionn._, art. Falconet), rien ne prouve les relations de
- parenté entre Étienne et Camille Falconet; tout porte à croire, au
- contraire, qu'ils n'appartenaient pas à la même famille. Ensuite, si
- Dalembert «conte le fait», il n'en nomme pas l'auteur. Voici le
- texte de DALEMBERT (_Encyclopédie_, t. II, p. 228, col. 2, art.
- Bibliomanie): «J'ai ouï dire à un des plus beaux esprits de ce
- siècle qu'il était parvenu à se faire, par un moyen assez singulier,
- une bibliothèque très choisie, assez nombreuse, et qui pourtant
- n'occupe pas beaucoup de place. S'il achette (_sic_), par exemple,
- un ouvrage en douze volumes où il n'y ait que six pages qui méritent
- d'être lues, il sépare ces six pages du reste, et jette l'ouvrage au
- feu. Cette manière de former une bibliothèque m'accommoderait
- assez,» conclut Dalembert. Le médecin Camille Falconet, qui était un
- très obligeant érudit, possédait une «immense bibliothèque (elle
- renfermait 45 000 volumes, dont 11 000 entrèrent à la Bibliothèque
- du roi...). Elle était au service de tout le monde... Sa méthode
- était d'écrire ses observations sur des cartes (fiches). Il en
- laisse au moins 90 000, dont la plupart doivent être très
- curieuses.» (GRIMM, _Corresp. litt._, février 1762, t. V, pp. 46-47.
- Paris, Garnier, 1878.) Voir aussi DIDEROT, _Œuvres compl._, t. XIII,
- p. 463, _Encyclop._, art. Biblioth., Paris, Garnier, 1876.--A notre
- connaissance, aucun contemporain de Camille Falconet ne fait de lui
- un massacreur de livres, un biblioclaste, _au contraire_. Ce sont
- sans doute ses 90 000 fiches, soigneusement confectionnées par lui
- et léguées à son ami Lacurne de Sainte-Palaye (Cf. HOEFER,
- _Biographie génér._, art. Falconet), qui ont fait croire qu'il
- s'agissait, non de résumés, de réflexions ou d'extraits copiés à la
- main, mais d'extraits réels, de pages lacérées et enlevées. Telle la
- singulière confusion qui attribue à Buffon l'habitude d'écrire non
- seulement en jabot de dentelle et manchettes brodées,--ce qui
- n'offre rien d'impossible ni de bien surprenant,--mais _sur_ ses
- manchettes amidonnées; plutôt que l'habitude d'écrire sur les marges
- ou _manchettes_ de son papier tout simplement.
-
- [632] GUSTAVE BRUNET, _Fantaisies bibliogr._, p. 253.
-
- [633] _Annuaire du bibliophile_, 1861, p. 215.
-
- [634] Chap. III, p. 34.
-
- [635] Chap. VIII, pp. 100-101.
-
- [636] _Loc. cit._, p. 105.
-
- [637] Sur la tendance qu'ont les relieurs à trop rogner les livres,
- cf. _supra_, chap. V. pp. 154 et suiv.
-
- [638] Voir _supra_, chap. I, pp. 30 et suiv.
-
- [639] «... Comment ignorer aujourd'hui que, de siècle en siècle, des
- milliers de pots de confiture ont été hermétiquement fermés aux
- dépens des documents historiques les plus secrets ou les plus
- importants? La correspondance du cardinal de Granvelle (l'heureux
- confident de Charles-Quint), qui ne compte pas moins de quatorze
- gros volumes publiés par ordre de Guizot, en aurait offert plus de
- vingt aux âges futurs, si les ménagères d'un antique château de la
- Franche-Comté n'avaient pas eu plus de sollicitude pour leurs pots
- de conserves que pour des souvenirs diplomatiques écrits sur vieux
- parchemin.» (_Magasin pittor._, 1875, p. 307: Les Ennemis des
- livres.)
-
- [640] Cf. in _Magasin pittor._, années 1873, 1875, 1876, 1878, cette
- suite d'articles anonymes humoristiques, auxquels je viens encore de
- faire un emprunt: Les Ennemis des Livres.
-
- [641] RICHARD DE BURY, _Philobiblion_, chap. IV, pp. 39-40, trad.
- Cocheris. Voici quelques versets de ce XXVe chapitre de
- _l'Ecclésiastique_:
-
- «Toute malice est légère au prix de la malice de la femme: qu'elle
- tombe en partage au pécheur.
-
- «La femme a été le principe du péché, et c'est par elle que nous
- mourons tous.
-
- «Ne donnez point à l'eau d'ouverture, quelque petite qu'elle soit,
- ni à une méchante femme la liberté de se produire au dehors.
-
- «Si vous ne l'avez comme sous votre main lorsqu'elle sort, elle vous
- couvrira de confusion à la vue de vos ennemis.»
-
- En revanche, le chapitre suivant (XXVIe) de _l'Ecclésiastique_ parle
- très élogieusement et en fort beaux termes de la femme vertueuse, et
- offre ainsi la contre-partie du XXVe:
-
- «La femme vertueuse est un excellent partage, c'est le partage de
- ceux qui craignent Dieu, et elle sera donnée à un homme pour ses
- bonnes actions.
-
- «Qu'ils soient ou riches ou pauvres, ils auront le cœur content, et
- la joie sera en tout temps sur leurs visages.»
-
- Etc., etc.
-
- [642] O. UZANNE, _Zigzag d'un curieux_: Les Femmes bibliophiles, p.
- 30.
-
- [643] P. EUDEL, _le Truquage_: Livres et Reliures, p. 275.
-
- [644] _Bouquiniana_, pp. 36 et 94.
-
- [645] Préface du catalogue de sa bibliothèque, in _le Temps_, 25
- février 1901.
-
- [646] _Ap._ UZANNE, _loc. cit._, p. 31.
-
- [647] _Magasin pittor._, 1875, p. 262, _loc. cit._
-
- [648] _Loc. cit._, p. 15.
-
- [649] Il n'y a en effet rien d'absolu ici-bas, et il convient de
- rappeler, comme correctif et exemples de femmes bibliophiles, les
- noms d'Anne de Bretagne, de Catherine de Médicis, de la marquise de
- Pompadour, de la comtesse de Verrue (la dame de Volupté), de la
- vicomtesse de Noailles, des duchesses de Raguse et de Mouchy, de
- Mlle Dosne, de Mlle Marie Pellechet surtout, à qui ses importants
- travaux sur les incunables ont valu le titre (qui n'avait été
- décerné à aucune femme avant elle) de bibliothécaire honoraire à la
- Bibliothèque nationale; etc. (Cf. MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 43-44;
- _Mémorial de la librairie française_, 4 juillet 1901, p. 395; et
- surtout ERNEST QUENTIN-BAUCHART, _les Femmes bibliophiles de
- France_, Paris, Morgand, 1886; 2 vol. in-8.)
-
- [650] D'après LORENZ, _Catalogue général_, cet ouvrage, qu'il ne faut
- pas confondre avec les articles anonymes publiés sous le même titre
- dans _le Magasin pittoresque_, a pour auteur Mulsant (Étienne).
-
- [651] ALKAN aîné, _loc. cit._, p. 15.
-
- [652] Pour aider au maintien de cette horizontalité, on peut glisser,
- sous la partie de droite du volume que l'on coupe, un livre moins
- épais que lui de moitié environ, livre qu'on fera ensuite passer
- sous la partie de gauche, lorsque celle-ci, au fur et à mesure de
- l'opération, diminuera d'épaisseur.
-
- [653] 1875, pp. 262-263.
-
- [654] Sauf, comme nous le disons plus loin, pour les volumes tirés sur
- papier du Japon. (A. C.)
-
- [655] _Essai sur la lecture_, p. 364.
-
- [656] Psaume XIV, 2.
-
- [657] _Deutér._, chap. XXXI, § IV, 26.
-
- [658] Allusion à ces mots: «On lui présenta le livre du prophète
- Isaïe, et, l'ayant ouvert, il trouva le lieu où ces paroles étaient
- écrites... Ayant fermé le livre, il le rendit au ministre et
- s'assit.» (_Évangile selon saint Luc_, chap. IV, § 11, 17 et 20.)
-
- [659] RICHARD DE BURY, _Philobiblion_, chap. XVII, pp. 143-148, trad.
- H. Cocheris.
-
- [660] GRAESEL, _loc. cit._, p. 407--A propos des livres des
- bibliothèques publiques et de leur malencontreux sort, on ne lira
- pas sans intérêt les réflexions suivantes de M. HENRI BERALDI
- (_Voyage d'un livre à travers la Biblioth. nation._, p. 28): ...
- «D'une façon générale, plaignons le livre mis en service public. On
- a décrit les ravages exercés sur les bibliothèques par les rats, les
- vers, les petites bêtes. Il faut, hélas! y joindre les désordres
- graves causés par ce gros microbe qui s'appelle l'homme, brutal,
- sans soin, et pas toujours très propre; désordres qui finissent par
- faire périr le livre d'une véritable cachexie de surmenage. Le
- _processus_ de cette redoutable affection est tel: décoloration du
- maroquin par exposition au grand jour, bris du dos, éraillure des
- nerfs, cassure des coins, salissure de la tranche de gouttière par
- les pouces; à l'intérieur, taches d'encre, plis et cassures du
- papier par un maniement sans égards; puis, sur les marges, aux
- passages les plus consultés, accumulation d'une noirâtre couche de
- crasse confluente; c'est la gangrène, précédant les accidents
- ultimes, les déchirures bientôt multiples que nulle chirurgie, nulle
- biblioplastie ne saurait réparer.»
-
- [661] Vol. XI, nº 4, avril 1886, pp. 117-118.
-
- [662] La traduction donnée par GRAESEL (_ibid._) est très incomplète.
- La _Grande Encyclopédie_ (art. Bibliophilie, t. VI, p. 644) en a
- publié une plus complète, mais qui n'est pas toujours exacte.
-
- [663] _Don't stand your books on the fore-edge._
-
- [664] Ce qui risque de casser ou de faire gauchir le dos.
-
- [665] Recommandation contestée.--Sur les reliures en cuir de Russie,
- voir _supra_, chap. V, p. 131, et chap. IX, p. 338.
-
- [666] _Grande Encyclop._, art. Bibliophilie, t. VI, p. 644.
-
- [667] Cité par PH. DE GRANDLIEU [LÉON LAVEDAN] in _le Figaro_ du 26
- août 1879, p. 1, col. 2. Je n'ai pas trouvé cette anecdote dans les
- historiens contemporains de saint Louis, notamment dans Joinville.
-
- [668] Numéro de septembre 1898, p. 191.
-
- [669] Pages 312-313.
-
- [670] _Ibid._
-
- [671] Cf. ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, t.
- III, p. 19.
-
- [672] Conférence faite à Nancy par M. BROUARDEL, doyen de la Faculté
- de médecine de Paris, sur les causes de la propagation de la
- tuberculose. (_L'Indépendance de l'Est_, 26 mars 1900.)
-
- [673] _Revue encyclop._, 14 juillet 1900 (l'Actualité), p. 110. Voir
- aussi ce que nous avons dit, chap. I, p. 29. à propos des cabinets
- de lecture.
-
- [674] Page 77.
-
- [675]
-
- Eh! depuis quand un livre est-il donc autre chose
- Que le rêve d'un jour qu'on raconte un instant;...
- Un ami qu'on aborde, avec lequel on cause,
- Moitié lui répondant, et moitié l'écoutant?
-
- (A. DE MUSSET, _Premières Poésies_: Namouna, I, 7, p. 335. Paris,
- Charpentier, 1861. In-18.)
-
- [676] _Fantaisies bibliogr._, p. 264.
-
- [677] SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. II, p. 170. Et cet homme qui
- passe pour avoir «le plus lu» et qui possédait, comme particulier,
- la plus vaste bibliothèque qu'on pût voir, savez-vous ce qu'il
- pensait des livres? «Il prétendait que tout ce qui fut jamais écrit
- depuis que le monde est monde pourrait tenir dans _neuf ou dix
- in-folio_, si chaque chose n'avait été dite qu'une seule fois. Il en
- exceptait les détails de l'histoire...» (ID., _ibid._)
-
- [678] GUSTAVE BRUNET, _loc. cit._, p. 251; voir aussi pp. 266-267. Sur
- les «annotations manuscrites sur les livres», cf. CHARLES NODIER,
- _Mélanges tirés d'une petite bibliothèque_, pp. 49-56; et MAIRE,
- _loc. cit._, p. 286.
-
- [679] JULES RICHARD, _loc. cit._, p. 31.
-
- [680]
-
- Sacrés ils sont, car personne n'y touche.
-
- (VOLTAIRE, _le Pauvre Diable_.--Œuv. compl., édit. du _Siècle_, t.
- VI, p. 601.)
-
- [681] MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 365-366.
-
- [682] La brachygraphie (de βραχὺς, bref et de γράφω, j'écris) est
- l'art d'écrire par abréviation. Voir, pour les sigles, notes
- tironiennes et autres systèmes brachygraphiques anciennement en
- usage, le _Dictionnaire des abréviations latines et françaises
- usitées dans les inscriptions lapidaires et métalliques, les
- manuscrits et les chartes de moyen-âge_, par L.-ALPH. CHASSANT,
- paléographe. Paris, Aug. Aubry, 3e édit., 1866, LII-170 pp. Pour les
- différentes abréviations modernes dont il est question ci-après,
- consulter les manuels de typographie de Lefevre, Desormes, Leclerc,
- etc.; et les traités spéciaux: grammaire, géographie, chimie,
- botanique, etc.
-
- [683] Voir sur ce mot _infra_, p. 395, note 691.
-
- [684] Comme exemple des erreurs et bévues auxquelles peuvent donner
- lieu les abréviations exagérées, on cite la mésaventure arrivée à
- l'helléniste Gail (1755-1829), lorsqu'il composa l'index
- bibliographique de son édition d'Anacréon. Rencontrant dans un
- catalogue l'annonce d'un exemplaire des _Odes_ de ce poète, suivie
- de la mention _e. bro._, au lieu de traduire cette mention, ainsi
- qu'il le fallait, par _exemplaire broché_, il la prit pour un nom de
- ville, et indiqua l'édition de cet exemplaire comme imprimée à
- _Ébro_. De là et d'autres bourdes pareilles, des lazzis sans nombre
- sur le malheureux savant. Les critiques d'outre-Rhin lui décochèrent
- l'épithète latine de _socors_, que de mauvais plaisants traduisirent
- par _sot corps_, et le terrible Paul-Louis de déclarer, dans une
- lettre à son futur beau-père, que Gail lui «paraît trop sot pour
- être ridicule». (Cf. _Curiosités littéraires_, p. 286, Paris,
- Paulin, 1845, petit in-8, s. n. d'aut.; et P.-L. COURIER, lettre à
- M. Clavier, datée de Rome, du 13 octobre 1810. _Œuvres_, p. 548.
- Paris, Didot, 1865; in-18.
-
- [685] Voir sur ce mode de reproduction des livres et des estampes
- _supra_ chap. IV, p. 108, note 231.
-
- [686] Voir sur ce mot chap. V, p. 127.
-
- [687] Cf. _supra_, p. 73, note 174.
-
- [688] Ainsi que nous l'avons dit ci-dessus (p. 383, 2º), cette forme
- d'abréviation, quand elle se rapporte à un mot masculin singulier,
- devrait être rejetée comme inutile: autant vaut écrire en toutes
- lettres _jaspé_ que _jasp._ D'autre part, l'abréviation _jas._
- «n'exprimant pas la consonne _p_, qui appartient à la syllabe non
- énoncée» (cf. p. 384, 3º), n'est pas régulière: resterait donc
- seulement comme abréviation possible de _jaspé_ la lettre _j_, qu'on
- peut avec grande raison considérer comme trop incertaine et vraiment
- insuffisante. C'est ce qui explique et ce qui justifie encore une
- fois (cf. p. 383, 2º) les abréviatifs _jasp._ ou _jas._ Cette
- remarque s'applique à plusieurs autres des abréviations ci-dessus:
- _lig._ pour _ligne_, _orn._ pour _orné_, _tit._ pour _titre_, etc.,
- etc.
-
- [689] Mentionné par ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un
- bibliophile_, 3e édit., t. I, p. 132; et 5e édit., t. II, p. 120.
-
- [690] Il est à remarquer que _ms._ (abréviation du substantif
- singulier manuscrit) se termine par un point, ainsi que toutes les
- autres abréviations qui, comme on le voit dans la présente liste,
- laissent le mot inachevé, brusquement interrompu; mais que _mss_
- (abréviation du substantif pluriel manuscrits), au contraire, n'est
- pas suivi de point: «au pluriel, _mss_, sans point final» (LECLERC,
- _loc. cit._, p. 156); «pluriel _mss_, sans point final» (_Règles
- typographiques... Hachette_, p. 50); cf. aussi MAIRE, _loc. cit._,
- p. 278. Voici la raison de cette règle: dans _ms._ (abréviation de
- manuscrit, au singulier) l'_s_ finale correspond à l'_s_ médiale du
- mot (manus) après laquelle la coupure a été faite: donc il faut
- mettre un point après cette lettre, comme après toute coupure de
- mot; dans _mss_ (abréviation de manuscrits, au pluriel), la seconde
- _s_, l'_s_ finale de l'abréviation, correspond à l'_s_ finale du
- mot: donc pas de point après cette lettre, puisqu'il n'y a pas là
- coupure de mot. L'abréviation du mot _portrait_, que nous verrons
- plus loin, rentre dans le même cas: _ptr._ (portrait, au singulier),
- _ptrs_ (sans point final, pour portraits, au pluriel). De même
- _saint_ et _saints_: _St_ et _Sts_ (sans point final). Manuscrit,
- adjectif, suit la même règle que manuscrit, substantif: _n. ms._,
- note manuscrite; _n. mss_ (sans point final), notes manuscrites.
-
- [691] C'est-à-dire tranches dont le dessin en couleur représente des
- dents de peigne: ce dessin est d'ailleurs effectué au moyen d'un
- peigne à dents de cuivre. Il y a aussi des papiers _peigne_; on les
- emploie surtout, ainsi que d'autres papiers de couleur dits
- _escargot_ ou _tourniquet_, _paon_ ou _queue de paon_, etc., comme
- feuillets de garde des livres. Voir sur la fabrication des papiers
- _peigne_, _escargot_, etc., BLANCHON, _l'Art et la Pratique en
- reliure_, pp. 73-79.
-
- [692] Voir la note relative à médium, _supra_, p. 393, note 689.
-
- [693] _Vieux style_ se dit, en chronologie, de la manière de compter
- les jours de l'année avant la réforme opérée par Grégoire XIII en
- 1582, et qui est encore suivie dans les pays de religion orthodoxe,
- notamment en Grèce et en Russie. On dit, par opposition, _nouveau
- style_, pour la façon de compter depuis cette époque. Le vieux style
- est actuellement (1901) en retard de treize jours sur le nouveau;
- ainsi le 1er janvier, dans le vieux style, est le 14 janvier dans le
- nouveau.
-
- [694] Voir sur ce mot chap. V, p. 127.
-
- [695] Voir sur ce mot p. 395, note 691.
-
- [696] L'abréviatif V. a l'inconvénient de se confondre avec le chiffre
- romain V.
-
- [697] Voir la note 696 de la page précédente.
-
- [698] Cf. PETIT-RADEL, _Recherches sur les biblioth._, pp. 184 et 185.
-
- [699] L'_errata_ se met ordinairement à la fin du volume, après la
- table. «Il serait sans doute plus convenablement en place au
- commencement, après le frontispice comme avertissement essentiel au
- lecteur; mais, à cause de leur effet, de prime abord jugé fâcheux,
- on préfère reporter--pour ne pas dire dissimuler--ces indications
- tout à l'extrémité du volume.» (LECLERC, _loc. cit._, pp. 255-256.)
- Sur les _errata_, voir LALANNE, _Curiosités bibliogr._, pp. 272-282;
- et A.-F. DIDOT, _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI. col.
- 675-676.
-
- [700] Voir le _Dictionnaire de géographie ancienne et moderne à
- l'usage du libraire et de l'amateur de livres_, par UN BIBLIOPHILE
- (PIERRE DESCHAMPS), supplément du _Manuel du libraire_ de BRUNET,
- œuvre d'une patiente et solide érudition, et d'une importance
- capitale pour la géographie bibliographique (796 pages in-8: 1592
- colonnes). Voir aussi le _Grand Dictionnaire de la langue
- latine..._, par le docteur G. FREUND, et le _Dictionnaire
- latin-français des noms propres de lieux_, par l'abbé CHEVIN (Paris,
- Retaux, s. d. In-18). Ce dernier ouvrage est insuffisamment
- documenté et très incomplet.
-
- [701] Le terme auquel il est renvoyé est généralement le plus
- important et le plus usité.
-
- [702] Cf. _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 octobre 1896, col.
- 463.
-
- [703] _Grande Encyclop._, art. Chiffres.
-
- [704] Il s'agit probablement de PLINE L'ANCIEN; cf. son _Histoire
- naturelle_, XXXIII, 47: «Non erat apud antiquos numerus ultra centum
- millia», etc.
-
- [705] Cf. LECLERC, _loc. cit._, p. 183.
-
- [706] Cf. NAMUR, _Manuel du biblioth._, p. 188.
-
- [707] J. COUSIN, _De l'organisation... des biblioth._, p. 104.
-
- [708] NAMUR, _loc. cit._
-
- [709] Et ces énigmes sont parfois, non pas en chiffres, mais en vers.
- En voici une qui termine le _Doctrinal du temps présent_, par Pierre
- Michault, secrétaire du duc Charles de Bourgogne; nous en
- reproduisons l'orthographe et la disposition:
-
- «Vn trepier et quatre croissans
- Par six croix auec sy nains faire
- Vous feront estre congnoissans
- Sans faillir de mon miliaire.
- Cy fine le doctrinal du temps present
- Imprime par Colard Mansion a Bruges.»
-
- Par un trépied, l'auteur entend une M; par quatre croissants, quatre
- C; par six croix, six X; et par six nains, six I. Ce qui donne: M
- CCCC XXXXXX IIIIII (1466). (Cf. NAMUR, _loc. cit._, pp. 192-193, et
- BRUNET, _Manuel du libr._, t. III, col. 1699.)
-
- [710] _Ap._ LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Chiffre, t. IV, p. 98,
- col. 4. Lemare cite à l'appui de ses critiques l'édition des
- _Maximes_ de La Rochefoucauld, de Firmin Didot, où les 504 maximes
- de ce recueil (plus trois suppléments: voir l'édition in-18, Paris,
- 1858) sont précédées chacune d'un numéro d'ordre exprimé en chiffres
- romains. On y lit des nombres comme ceux-ci: CCCC XXX VIII, CCCC LXX
- VII, CCCC LXXX VIII, etc. Ne vaudrait-il pas mieux écrire tout
- simplement: 438, 477, 488, etc., et ne pas obliger le lecteur à
- faire des calculs aussi fastidieux?
-
- [711] Cf. _supra_, p. 238, ce que nous avons dit des noms composés où
- entre le mot _saint_: Saint-Valery-sur-Somme, église Saint-Sulpice,
- etc.
-
- [712] Sur l'avantage qu'il y a à joindre les prénoms ou leurs
- initiales par un trait d'union, voir _supra_, p. 247, note 468 (p.
- 248).
-
- [713] Cf. _supra_, chap. VIII, p. 229.
-
- [714] «Le nombre total des ouvrages de bibliographie a été évalué à
- 20 000 par quelques bibliographes» (E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._,
- art. Bibliographie, t. VI, p. 608, col. 2.) La bibliothèque
- nationale en possède 14 601. (L. DELISLE, _Catalogue général des
- livr. impr. de la Biblioth. nation._, t. I, Introduction, p. L.)
-
- [715] En pareil cas, et selon le judicieux avis de LITTRÉ, «la chose
- nécessaire est, non pas d'être complet, ce qui est impossible, mais
- de fournir un fonds solide de renseignements sûrs». (_Ap._
- DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._, préface, p. xj.)
-
- [716] «Nullum esse librum tam malum, ut non aliqua parte prodesset.»
- (PLINE L'ANCIEN _ap._ PLINE LE JEUNE, _Epist._, lib. III, 5.)
-
- [717] C'est-à-dire paraissant tous les deux mois. Le _Grand
- Dictionnaire_ de LAROUSSE traduit abusivement l'adjectif _bimensuel_
- par «qui se reproduit ou paraît deux fois par mois». _Bimensuel_
- signifie qui se fait ou paraît _tous les deux mois_, par opposition
- à _semi-mensuel_, qui s'applique à ce qui se fait, qui paraît _deux
- fois par mois_. LITTRÉ, dans le supplément de son _Dictionnaire_,
- ajoute cette remarque: «C'est une erreur de prendre bimensuel pour
- exprimer deux fois par mois. Bisannuel signifie, non pas deux fois
- par an, mais qui se fait tous les deux ans, qui dure deux ans...»
- Bimensuel, qui correspond à bisannuel, ne doit donc pas signifier
- non plus deux fois par mois, mais qui se produit ou paraît tous les
- deux mois, qui dure deux mois.
-
- [718] Régulièrement, c'est en tête du livre que doit se placer la
- table des matières, de même que c'est en tête des chapitres que se
- place le sommaire, c'est-à-dire la table des matières afférente à
- chaque chapitre: tel est l'avis des plus compétents bibliographes,
- et telle est la méthode suivie par eux. Cf. PETIT-RADEL, _Recherches
- sur les bibliothèques_, p. V;--LALANNE, _Curiosités
- bibliographiques_, p. V;--MAIRE, _Manuel pratique du
- bibliothécaire_, p. IX;--GRAESEL, _Manuel de bibliothéconomie_, p.
- XV;--MOURAVIT, _le Livre_, p. XVII. «Voulant joindre, dit ce
- dernier, le précepte à l'exemple jusque dans les dispositions
- matérielles de notre livre, nous avons, suivant un antique usage,
- rétabli en tête de ce volume la table analytique des matières, qui
- renferme le dessein et le plan de l'auteur (toutes choses que le
- lecteur veut et doit tout d'abord connaître), tandis que nous avons
- rejeté à la fin la table alphabétique, à laquelle on ne recourt que
- pour les recherches.» Malgré ces excellentes raisons et ces
- autorités, nous avons cru devoir enfreindre cette règle: la préface,
- elle aussi,--son nom l'indique,--est faite pour être mise en tête du
- livre; la nôtre renferme précisément, comme on a pu le constater,
- l'exposé de notre «dessein» et le résumé de notre «plan», et il nous
- a semblé que, placée immédiatement à sa suite, notre table des
- matières disparaîtrait derrière elle et ferait avec elle en quelque
- sorte double emploi. Nous avons donc rejeté cette table où l'on est
- accoutumé maintenant de l'aller chercher, à la fin du volume, après
- l'index alphabétique.
-
-
-
-
-TABLE DES MATIÈRES[718]
-
-
- Préface VII
-
- Chapitre I. --L'AMOUR DES LIVRES ET DE LA LECTURE 1
-
- Le livre d'autrefois et le livre d'aujourd'hui.--Concurrence faite
- au livre par le journal;--par les sports.--Le livre, «la passion
- des honnêtes gens».--Résumé historique et succincte anthologie de
- l'amour des livres et de l'amour des Lettres.--Attraits extérieurs
- du livre: leur importance.--On ne lit bien qu'un livre qui vous
- appartient.--Dangers des livres empruntés.--Faut-il en prêter?
- --Opinions diverses sur les «prêteurs» et les «non-prêteurs».
- --«Garder un livre, ce n'est pas voler.»
-
- Chapitre II. --LE PAPIER 37
-
- Importance du papier: élément essentiel du livre.--Tirages à part
- effectués pour les bibliophiles.--Historique, fabrication et
- consommation du papier.--Papiers anciens et papiers modernes;--à la
- forme et à la mécanique.--Papier collé, non collé, demi-collé.
- --Papier glacé, satiné.--Papier couché.--Inconvénients et dangers
- des papiers trop glacés et des papiers à fond rouge: «Ménagez vos
- yeux!»--Papiers de luxe: vergé, hollande, Whatman, vélin, chine,
- japon, parchemin.--Papiers divers: serpente, pelure, joseph, etc.
- --Carton, bristol.--Mauvaise qualité de la plupart des papiers
- modernes.
-
- Chapitre III. --LE FORMAT 65
-
- Ce qu'on entend par _format_.--Ce que signifient les mots _tome_,
- _volume_, _exemplaire_, _tirage_, _édition_, _édition princeps_,
- _incunables_, etc.--Il serait préférable de désigner les formats
- par leurs dimensions métriques, et non plus par les termes
- archaïques: jésus, raisin, écu, etc., et in-octavo ou in-huit,
- in-douze, in-seize, etc.--Confusion des formats.--Dimensions
- métriques des principaux formats des livres.--Imposition.
- --_Signatures_ et _réclames_.--Tableau des signatures.--Formats
- de classement adoptés par les bibliothèques universitaires: grand,
- moyen, petit;--par la Bibliothèque nationale.--Formats des
- premiers livres.--Formats les plus appréciés par les lecteurs.
- --Le plus commode et le meilleur des formats.--Concordance des
- formats avec les matières traitées dans les livres.
-
- Chapitre IV. --L'IMPRESSION 95
-
- Méfiez-vous des livres imprimés en caractères trop fins.--Le
- _point_ d'imprimerie.--Caractères: _romain_, _elzevier_,
- _italique_.--Caractères de fantaisie: _allongée_, _alsacienne_,
- _antique_, _classique_, etc.--Casse.--Police des lettres.--Encre
- d'imprimerie.--Tirage: empreintes et clichés.--Plus de
- correcteurs.--Millésime.--Foliotage.--Inconvénient des lignes
- trop longues.--Encore une fois: «Gare à vos yeux!»
-
- Chapitre V. --LA RELIURE 119
-
- Faut-il faire relier les livres?--Avantages et inconvénients
- des livres reliés.--Opinion de Sébastien Mercier, de Gabriel
- Naudé, etc.--Vocabulaire technique de la reliure: _plats_,
- _dos_, _tranches_, _tête_, _queue_, _gouttière_, etc.--Couture:
- grecquage; machines à coudre les livres.--Reliure pleine: peaux
- et parchemin; reliures singulières; reliures uniformes;
- inconvénients des couleurs claires; reliures _à la janséniste_;
- _à la fanfare_; _à l'oiseau_; etc.--Demi-reliure.--Cartonnage
- bradel.--Cartonnage anglais.--Encore la couture: couture de la
- brochure; couture de la reliure; supériorité de la couture à la
- machine.--Couture métallique.--Reliure arraphique.--Colles
- diverses.--Conseils pratiques: ne pas faire relier de livres
- récemment imprimés;--choisir l'époque propice;--laisser au
- relieur un laps de temps raisonnable;--pas de recueils factices;
- --gare au rognage!--respecter les marges: _témoins_, _larrons_;
- --conserver les couvertures imprimées;--titres à pousser;
- --modèles à donner au relieur;--collationnez vos volumes.
- --Tarif de reliures.--Du choix d'un relieur.
-
- Chapitre VI. --DE L'ACHAT DES LIVRES 165
-
- Quels livres acheter?--L'embarras du choix.--Ils sont trop!
- --Avoir un petit nombre d'amis et beaucoup de relations.
- --Ouvrages de référence, base d'une bibliothèque.--Livres de
- chevet.--Ne vous prodiguez pas.--Collections modernes de nos
- grands écrivains.--La librairie «d'occasion».--Bouquinistes et
- étalagistes: le plaisir de bouquiner.--Catalogues de librairie.
- --Méfiez-vous des souscriptions.--N'achetez que ce que vous
- voulez lire.--Le bonheur des collectionneurs.
-
- Chapitre VII. --DE L'AMÉNAGEMENT D'UNE BIBLIOTHÈQUE ET DU
- RANGEMENT DES LIVRES 191
-
- Comment les livres étaient rangés autrefois.--Conditions d'une
- bonne installation pour une bibliothèque: exposition,
- emplacement, local, meubles, rayonnages, etc.--Rayonnages fixes,
- --mobiles;--à crémaillères,--à clavettes.--Nous manquons de
- place.--Bibliothèques tournantes.--Divers modes de rangement et
- de classement des livres: classement horizontal, de gauche à
- droite, par ordre alphabétique de noms d'auteur; appui-livre;
- --classement vertical, par ordre de matières;--classement _ad
- libitum_: les plus beaux livres ou les plus aimés sur le devant,
- par derrière les vilains ou les moins appréciés.
-
- Chapitre VIII.--DES CATALOGUES ET DE LA CLASSIFICATION
- BIBLIOGRAPHIQUE 219
-
- Différentes sortes de catalogues.--Catalogue alphabétique ou par
- noms d'auteurs.--Emploi des fiches.--_Ex-libris._--Timbrage et
- _rondage_ des volumes.--Détermination du _mot d'ordre_ et
- classement des fiches: nombreux cas douteux et principales
- difficultés.
-
- Catalogue méthodique ou systématique, c'est-à-dire par ordre de
- matières.--Classification de J.-Ch. Brunet.--Autres systèmes de
- classification bibliographique.--Classification décimale de
- M. Dewey.
-
- Chapitre IX.--DE L'USAGE ET DE L'ENTRETIEN DES LIVRES 317
-
- Nettoyage des bibliothèques.--Comment et avec quoi essuyer les
- livres?--Évitez l'emploi de la laine et du drap.--Insectes
- bibliophages: moyens de les détruire.
-
- Réparation des livres.--Feuillets déchirés ou décousus.--Taches:
- taches maigres, taches grasses.--Encollage du papier.
-
- Les ennemis des livres: souris, rats et chats; poussière et
- humidité; feu, soleil et gaz; épiciers et marchands de tabac;
- équarrisseurs de livres; collectionneurs de frontispices et de
- gravures; relieurs; emprunteurs, etc.--Femmes bibliophiles.
-
- Comment couper les feuillets d'un livre?--Le meilleur des
- coupe-papier.--Par où doit-on prendre un livre?--Comment le
- tenir?--Respect dû aux livres.--Code et hygiène des liseurs.
- --Faut-il lire au lit? en mangeant?--Quelle heure convient le
- mieux pour la lecture?--Dangers du doigt mouillé.--Faut-il
- annoter ses livres?--La meilleure preuve de l'affection qu'on
- a pour eux et pour les Lettres.
-
- APPENDICE
-
- I.--Abréviations 381
- II.--Locutions latines 401
- III.--Termes géographiques latins 408
- IV.--Chiffres romains 426
- V.--Signes typographiques 432
- VI.--Bibliographie 438
-
- Index alphabétique 465
-
- Table des matières 485
-
-
-45184.--Paris. Imprimerie LAHURE, 9, rue de Fleurus.
-
-
-
-
-
-
-End of the Project Gutenberg EBook of Une bibliothèque, by Albert Cim
-
-*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK UNE BIBLIOTHÈQUE ***
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-even without complying with the full terms of this agreement. See
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