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+The Project Gutenberg EBook of Documents Inédits sur Alfred de Musset, by
+Maurice Clouard
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Documents Inédits sur Alfred de Musset
+
+Author: Maurice Clouard
+
+Release Date: September 16, 2010 [EBook #33738]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DOCUMENTS INÉDITS
+SUR ALFRED MUSSET ***
+
+
+
+
+Produced by Mireille Harmelin, Hélène de Mink, and the
+Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net
+(This file was produced from images generously made
+available by the Bibliothèque nationale de France
+(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
+
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+
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+
+ Note de transcription: Les erreurs clairement introduites par le
+ typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été
+ conservée et n'a pas été harmonisée.
+ Certaines transcriptions des illustrations comportant un fac-similé
+ ont été ajoutées.
+ «Redgnauntley» est effectivement l'orthographe de la personne
+ principale de «LA QUITTANCE DU DIABLE», il ne s'agit pas d'une
+ erreur du typographe.
+
+
+
+
+ DOCUMENTS INÉDITS
+
+ SUR
+
+ ALFRED DE MUSSET
+
+
+
+
+OUVRAGES DU MÊME AUTEUR
+
+
+_Bibliographie des OEuvres d'Alfred de Musset_ et des ouvrages,
+vignettes et gravures qui s'y rapportent. Lettre de Ch. de Lovenjoul
+et portrait d'Alfred de Musset d'après la statue de Granet. Paris,
+Rouquette, 1883. 1 vol. in-8º.
+
+_L'OEuvre de Champfleury_, dressé d'après ses propres notes et
+complété par M. Clouard. Paris, L. Sapin, 1891. Brochure gr. in-8º.
+
+_Notes sur les dessins de Victor Hugo_, accompagnées de lettres
+inédites et d'un dessin. Paris, A. Colin et Cie, 1898. Brochure in-8º.
+
+
+EN PRÉPARATION
+
+_Histoire des OEuvres d'Alfred de Musset_, ornée de portraits et de
+fac-similés en noir et en couleur.
+
+_Suite de huit vignettes et portraits_ gravés à l'eau-forte par L.
+Charbonnel d'après Célestin Nanteuil, Théophile Gautier, Nadar et
+Granet pour illustrer la Bibliographie des OEuvres d'Alfred de Musset.
+Paris, 1883.
+
+Épreuves in-folio sur Japon, noir et sanguine; in-4º, sur Chine, en
+noir; in-4º, sur vergé, en noir.
+
+
+
+
+ MAURICE CLOUARD
+
+ DOCUMENTS INÉDITS
+
+ SUR
+
+ ALFRED DE MUSSET
+
+ PARIS
+
+ LIBRAIRIE A. ROUQUETTE
+
+ 69-73, Passage de Choiseul, 69-73
+
+ 1900
+
+
+
+
+ TIRAGE
+
+ A TROIS CENT CINQUANTE EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS A LA PRESSE,
+
+ Savoir:
+
+ 310 sur papier vergé, de 1 à 310.
+
+ 40 sur papier de Hollande, de I à XL.
+
+ No 50
+
+
+
+
+ LES PORTRAITS
+
+ DE
+
+ ALFRED DE MUSSET
+
+
+
+
+LES PORTRAITS
+
+
+Il est une petite pièce de vers, écrite en 1854, qu'on chercherait en
+vain dans les dix volumes de ses _OEuvres complètes_ et que nous
+citons page 205 de ce livre, dans laquelle Alfred de Musset fait
+lui-même la critique des portraits qui le représentent. Plusieurs sont
+omis, des meilleurs. Cependant, elles ne sont pas aussi nombreuses
+qu'on pourrait le croire, les reproductions des traits de l'auteur des
+_Nuits_. Je ne parle ni des caricatures ni des charges, non plus que
+de ses portraits quand il était enfant, figures qui n'ont d'autre
+mérite que celui de la curiosité ou de la rareté. Tous les portraits
+d'Alfred de Musset se rapportent à quatre types, dessinés, peints ou
+sculptés du vivant du poète par David d'Angers, Eugène Lami, Charles
+Landelle et Gavarni; lesquels, après 1857, ont servi de modèles à
+ceux, peintres ou sculpteurs, qui ont voulu le représenter. Je ferai
+remarquer que ce sont les portraits les plus ressemblants qui sont les
+moins connus.
+
+
+VAN BRÉE
+
+1814.
+
+Portrait à l'huile, dont l'original est au musée Carnavalet. La soeur
+du poète, Mme Lardin de Musset, en possède une copie exacte, cadre et
+toile.
+
+Alfred de Musset a trois ans; c'est un bébé tout rose, avec de jolis
+cheveux blonds qui tombent en boucles sur ses épaules. Dans la
+clairière d'un bois, il est assis sur une grosse pierre, au bord d'un
+ruisseau, les pieds dans l'eau, retenant avec ses mains, le long de sa
+poitrine, sa petite chemise qui glisse et le laisse presque nu. A ses
+côtés est une grande épée «pour se défendre contre les grenouilles»
+qui le regardent curieusement.
+
+Gravé à l'eau-forte par Lalauze, en 1891, et joint à l'édition du
+conte d'Alfred de Musset _La Mouche_, publiée à la librairie Ferroud.
+(1 vol. in-8º.)
+
+
+DUFAUT
+
+1815.
+
+Portraits d'Alfred et de Paul de Musset, formant groupe; peinture à
+l'huile représentant les deux frères à mi-corps; Alfred a une petite
+robe rouge; ses cheveux blonds bouclés, tombent sur ses épaules. Il
+appuie la tête contre la poitrine de son frère Paul, qui met la main
+sur l'épaule d'Alfred, plus petit que lui.
+
+L'original est, comme celui du portrait précédent, au Musée
+Carnavalet. Mme Lardin de Musset en a également fait exécuter une
+copie exacte: «Je ne crois pas, dit M. Jules Cousin, dans
+_l'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux_ du 28 février 1898, qu'il
+ait été publié de reproduction gravée de ce double portrait; nous la
+réservons pour le grand album des pièces les plus curieuses du Musée.
+Mais j'en ai fait prendre un beau cliché photographique, dont tout
+intéressé obtiendrait sans difficulté l'autorisation de faire tirer à
+ses frais une épreuve.» Je ne connais pas non plus de reproduction
+gravée; mais, comme M. Cousin, je suis possesseur d'un cliché
+photographique dont quelques épreuves ont été données _meis et
+amicis_.
+
+
+ROEHN
+
+1828.
+
+_Le beau Grec_, portrait-charge d'Alfred de Musset au fusain et crayon
+de couleur avec lavis. La tête seule du patient, émergeant d'un
+faux-col et coiffée d'un fez rouge qui est posé sur des cheveux en
+broussaille, est représentée de profil à gauche.
+
+En 1890, j'ai fait fac-similer cette caricature, par l'imprimerie
+Lemercier, à Paris; il a été tiré trente épreuves in-4º sur Hollande,
+puis la pierre a été effacée.
+
+
+DEVÉRIA
+
+Vers 1830.
+
+Alfred de Musset en costume de page, portrait en pied lithographié,
+exécuté probablement pour l'une des soirées travesties données par
+Achille Devéria.
+
+I. PLANCHE REFUSÉE, in-4º.--Il n'existe, à ma connaissance, qu'une
+seule épreuve de cette planche, appartenant à M. Gabriel Devéria. Dans
+la campagne, dont des rochers forment le fond, le jeune page, la main
+gauche appuyée sur la hanche, soutient de la main droite le bouffant
+de sa manche. Il a les yeux baissés et regarde de côté; un poignard
+pend à sa ceinture.
+
+Reproduit en phototypie dans le volume de Mme Arvède Barine sur Alfred
+de Musset. (Hachette, 1893, in-12).
+
+II. PLANCHE PUBLIÉE, grand in-4º.--Lithographie de Fonrouge. Même
+costume que ci-dessus, mais sans le poignard. Le décor est changé:
+dans une salle, la main droite appuyée sur le dossier d'une chaise, la
+main gauche sur la hanche, le page tourne légèrement la tête à gauche,
+bien que le regard soit dirigé de face. C'est le portrait le plus
+ressemblant d'Alfred de Musset jeune. La lithographie originale n'a
+pas, que je sache, été reproduite.
+
+
+DAVID D'ANGERS
+
+1831.
+
+Médaillon rond de 0m17 de diamètre, représentant Alfred de Musset à
+l'âge de 23 ans: col nu, cheveux longs ramenés en avant; la figure,
+vue de trois quarts, ne porte ni barbe ni moustache, mais seulement de
+légers favoris; les yeux sont tournés à droite; sur le côté droit du
+médaillon, est gravé le nom du poète; à gauche, on lit: «David, 1831.»
+
+L'original, en plâtre, appartient à Mme Lardin de Musset. Des
+reproductions en bronze ont été et sont faites par la maison Thiébault
+frères, à Paris. Alfred de Musset venait poser à l'atelier de David,
+comme le témoigne cette lettre[1]:
+
+
+ «Paris, samedi soir. 1831.
+
+ «Monsieur,
+
+ «Je suis de service demain, pour presque toute la journée; c'est
+ ce qui me privera du plaisir de vous recevoir à mon atelier.
+ Lundi, le jury qui doit juger le concours pour la monnaie du Roy,
+ aura certainement terminé son opération vers midi; je me rendrai
+ de suite rue de Fleurus, et si vous pouvez disposer de quelques
+ instants, je vous y attendrai. Vous obligerez votre bien dévoué
+ serviteur.
+
+ «DAVID.»
+
+ [1] Publiée en 1893 dans la _Revue de l'Art français_, page 204.
+ Il s'agit de son service comme garde national.
+
+Le poète et le sculpteur restèrent en relations amicales. M. Henry
+Jouin, dans son livre _David d'Angers et ses relations littéraires_
+(Plon, 1890. In-8º, p. 67), publie le billet suivant, écrit
+probablement en 1832:
+
+ «Mon cher David, je suis allé chez Micheli pour avoir de vos
+ médailles. Il demande une autorisation de vous pour cela. Soyez
+ assez bon pour m'envoyer deux mots de votre main, pour Micheli et
+ pour votre _Petit Cardillac des Enfants Rouges_; vous obligerez
+ votre dévoué de coeur.»
+
+ «ALFD DE MUSSET.»
+
+Que signifie ce _Petit Cardillac des Enfants Rouges_? Je n'ai pu
+trouver le sens de ce surnom et l'expliquer mieux que M. H. Jouin. En
+janvier 1828, David d'Angers fut victime d'une tentative d'assassinat,
+à trois pas de l'Abbaye, derrière Saint-Germain-des-Prés. La rue des
+Enfants-Rouges allait de la rue Porte-Foin à celle des Quatre-Fils;
+c'est aujourd'hui la rue des Archives. Quel rapport peut-il y avoir
+entre Cardillac, l'orfèvre assassin des _Contes_ d'Hoffmann, et
+l'assassin de David? la rue de l'Abbaye, où s'est passé le drame de
+1828, et cette rue du Quartier du Temple?
+
+Le médaillon de David a été reproduit par la gravure:
+
+1º En 1876, eau-forte in-32 par Waltner, pour l'édition des _OEuvres_
+d'Alfred de Musset dans la collection dite Petite Bibliothèque
+Charpentier. (Salon de 1876, no 4004).
+
+2º En 1877, eau-forte in-18 par Martinez, pour l'édition des _OEuvres_
+à la librairie Lemerre. (Salon de 1877, no 4165).
+
+3º En 1889, eau-forte in-8º par F. Courboin, publiée dans l'_Artiste_
+du 1er janvier 1890.
+
+4º En 1896, gravure in-8º sur bois par Florian, publiée comme
+frontispice de _Les Nuits_, par Alfred de Musset. (Paris, Pelletan,
+1896. 1 vol. in-8º).
+
+5º En 1898, pointe-sèche in-4º, gravée par Bracquemond d'après le
+médaillon (la figure est renversée) et tirée à dix épreuves,
+numérotées et signées par le graveur; après ce tirage restreint, le
+cuivre a été verni et encadré.
+
+Voir l'ouvrage intitulé: _David d'Angers, sa vie, son oeuvre, par H.
+Jouin_. (Paris, Plon, 1877, 2 vol. in-4º) et un article de Théophile
+Gautier dans le _Moniteur Universel_ du 4 mai 1868.
+
+
+CARICATURES PAR LUI-MÊME
+
+1833-1834.
+
+Pendant les quelques mois que dura l'entente cordiale de George Sand
+et d'Alfred de Musset, à Paris comme à Venise, le poète fit plusieurs
+fois sa propre charge. Ces caricatures, dessinées à la mine de plomb,
+existent sur deux albums: celui de George Sand, qui appartient
+aujourd'hui à M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, et celui
+d'Alfred de Musset, qui est entre les mains de sa soeur, Mme Lardin de
+Musset.
+
+1º Le poète chevelu, 1833 (Album de G. Sand). De face, à mi-jambe, les
+deux mains dans ses poches; taille de guêpe serrée dans une redingote
+boutonnée; tête piriforme, de chaque côté de laquelle se relèvent les
+boucles enroulées d'une luxuriante chevelure. Il a été fait une
+reproduction lithographique in-8º, tirée à 25 exemplaires qui ont été
+joints au tirage à part de notre article intitulé: «Quelques oeuvres
+inédites ou peu connues d'Alfred de Musset», publié dans la _Revue
+d'Histoire littéraire de la France_ du 15 janvier 1898.
+
+2º Alfred de Musset et George Sand, décembre 1833 (Album d'A. de
+Musset). En buste, de face, coiffures et costumes plus ou moins
+vénitiens. Non reproduit.
+
+3º «Ballade», 1834. (Album de G. Sand). En pied, vu de dos, canne à la
+main droite. Au fond, à droite, église et son clocher, que surmonte la
+lune, «comme un point sur un i». Imite le dessin d'un enfant. Dessiné
+sur papier jaune, non reproduit.
+
+4º «Don Juan allant emprunter dix sous, pour payer son idéale et
+enfoncer Byron». 1834. (Album de G. Sand). En buste, de profil à
+droite, fumant un énorme cigare. Long nez et cheveux lissés, légers
+favoris. Non reproduit.
+
+
+THÉOPHILE GAUTIER
+
+1835.
+
+Portrait-charge en pied d'Alfred de Musset et d'Honoré de Balzac,
+gravé sur bois par Géniole, d'après un dessin de Théophile Gautier,
+publié dans le _Mercure de France_ du 15 juillet 1835.
+
+Les deux écrivains sont l'un près de l'autre. A gauche, Alfred de
+Musset, vu de dos, les jambes écartées, la taille serrée dans sa
+redingote, et coiffé d'un chapeau haut de forme, lance en l'air la
+fumée de sa cigarette. A droite, Balzac, vu de profil, au ventre
+proéminent, tient de ses deux mains, derrière son dos, sa fameuse
+canne et son chapeau.
+
+Une réduction de ces deux portraits a été publiée dans _La Vie
+Moderne_ des 26 juillet et 9 août 1879.
+
+En 1883, la vignette du _Mercure de France_ a été fac-similée à
+l'eau-forte par Louis Charbonnel. Il a été fait un tirage ordinaire
+sur Hollande in-4º et un tirage de luxe à 26 épreuves en noir et 15
+épreuves en sanguine sur Japon 1/2 colombier. (Imprimerie Lemercier.)
+
+Le livre de M. Adolphe Jullien, _Le Romantisme et l'Éditeur Eugène
+Renduel_ (Paris, Charpentier et Fasquelle, 1897. 1 vol. in-12) donne
+page 55 un nouveau fac-similé agrandi de cette vignette, et le _Mois
+Littéraire_ de juin 1899, en publie page 697 une réduction.
+
+En 1883, j'ai retrouvé un fragment du dessin original de Théophile
+Gautier, dessin qui semble avoir été coupé en quatre morceaux. Sur
+celui que je possède, il reste Alfred de Musset, vu depuis le milieu
+environ de la basque de son habit; c'est un dessin à la sépia et au
+lavis. Louis Charbonnel l'a fac-similé à l'eau-forte et il en a été
+tiré par l'imprimerie Lemercier 41 épreuves en bistre sur Japon 1/2
+colombier.
+
+
+ROGER DE BEAUVOIR
+
+Vers 1835.
+
+Portrait-charge dessiné à la plume: Alfred de Musset en pied, vu de
+dos, brandit d'une main sa canne et de l'autre sa cigarette. Reproduit
+ci-contre.
+
+
+CARICATURE PAR LUI-MÊME
+
+Vers 1838.
+
+Portrait-charge à mi-jambe, dessiné sur l'album de Mme Caroline
+Jaubert. Le poète s'est représenté de profil à droite, tête énorme,
+presque toute en nez; jabot de dentelle.
+
+L'album où se trouvait ce dessin fut perdu à Paris, dans une voiture,
+par une personne à laquelle Mme Jaubert l'avait confié. Mais il
+existait de cette charge une épreuve photographique _unique_, tirée
+par un ami de la Marraine, qui l'avait joint à l'exemplaire des
+_OEuvres_ de son filleul; c'est l'original actuel, dont il m'a été
+permis de prendre un cliché photographique.
+
+Pour assurer la conservation de ce dessin, j'en ai fait faire un
+fac-similé sur zinc, dont il n'a été tiré que quelques épreuves,
+données à des amis.
+
+[Illustration: Alfred de Musset, portrait-charge dessiné à la plume
+par Roger de Beauvoir.]
+
+
+EUGÈNE LAMI
+
+1841.
+
+Portrait en pied, dessiné au trait, en sanguine, et dont la tête seule
+est ombrée. Signé: «E. L. 1841.» Le poète est représenté de profil à
+gauche, la tête nue; de la main droite, il tient son chapeau appuyé
+sur sa cuisse; le bras gauche est replié derrière le dos, et dans la
+main gauche sont des gants. Il est vêtu d'un frac déboutonné, à collet
+de velours; pantalon rayé, cravate montante, toute la barbe. La tête
+seule est terminée.
+
+Le dessin original appartient à la Comédie-Française, à laquelle M.
+Alexandre Dumas fils en a fait don. H.: 0.180--L.: 0.065.
+
+La pose, trop affectée, n'est pas celle d'Alfred de Musset, m'ont dit
+plusieurs personnes qui ont connu le poète.
+
+Ce dessin a été reproduit: 1º En fac-similé à l'eau-forte, par
+Legenisel: A. En 1874, de la grandeur de l'original. (Salon de 1874,
+no 3502).--B. En 1876, format in-32, pour être joint à un volume
+des _OEuvres_ d'Alfred de Musset dans la Petite Bibliothèque
+Charpentier.--C. En 1878, format in-12, tiré à très petit nombre et
+non mis dans le commerce.
+
+2º Gravé sur bois, in-8º, en noir, dans l'_Univers Illustré_ du 4 mars
+1882.
+
+3º Par des procédés divers, in-12 et in-32, dans la _Revue
+Encyclopédique_ du 14 novembre 1896, le _Magasin littéraire_ du 1er
+décembre 1896, les _Annales politiques et littéraires_ du 6 décembre
+1896.
+
+
+CARICATURE PAR LUI-MÊME
+
+1842.
+
+Tête de profil, au nez démesuré, dessinée à la mine de plomb par
+Alfred de Musset, sur son album, à Lorey. Les cheveux longs tombent à
+plat autour de la tête; front aplati, menton rentrant, moustache
+tombante, col montant.
+
+En 1876, il a été fait une reproduction à l'eau-forte, réduite de
+moitié environ, par les soins de l'éditeur Charpentier; cette charge
+devait être jointe à l'un des volumes des _OEuvres_ dans la Petite
+Bibliothèque Charpentier; mais il fut décidé que l'édition ne
+donnerait que des portraits _sérieux_, et le cuivre, après avoir été
+tiré à 75 exemplaires sur papier vergé in-18, fut effacé. Aucun
+exemplaire n'a été mis dans le commerce.
+
+
+BIARD
+
+(Sans date).
+
+Quel est ce portrait et où se trouve-t-il? C'est ce qu'il m'a été
+impossible de savoir. La fille du peintre, Mme la baronne Double, n'a
+pu, malgré son bon vouloir, me fournir aucun renseignement.
+
+Toutefois, Mme veuve Martelet, qui s'appelait Adèle Colin lorsqu'elle
+était gouvernante d'Alfred de Musset, m'a fait voir une petite
+photographie, format carte de visite, faite chez Pexme, 20,
+Chaussée-d'Antin, à Paris, photographie toute jaunie et déjà un peu
+effacée, que son maître lui avait donnée certain soir, vers 1844 ou
+1845, en lui disant que c'était la reproduction d'un portrait qu'un
+peintre venait de faire de lui. Alfred de Musset est représenté en
+pied, de trois quarts à droite, la main gauche enfoncée dans la poche
+de son pantalon, le bras droit appuyé sur le fût d'une colonne;
+redingote dont le seul bouton du haut est boutonné, pantalon uni. Le
+poète n'a pas le ruban de la Légion d'honneur, ce qui prouve que ce
+portrait est antérieur au 30 avril 1845.--Serait-ce une photographie
+du portrait de Biard? Alfred de Musset n'a pas prononcé le nom du
+peintre en remettant la photographie à Mlle Colin, qui ne connaît pas
+le portrait de Biard.
+
+En 1877, la librairie Charpentier joignait à l'un des volumes de
+l'édition in-32 des _OEuvres_ d'Alfred de Musset, un portrait gravé à
+l'eau-forte par Monziès «d'après une photographie prise d'après
+nature». Suivant les renseignements qui m'ont été fournis parla
+famille de Musset, Alfred de Musset n'a jamais été directement
+photographié. La tête du portrait de Monziès ressemble à celle de la
+photographie de Pexme. Une reproduction en phototypie de la
+photographie de Pexme, est publiée dans _Dix Ans chez Alfred de
+Musset_, par Mme Martelet, née Adèle Colin. (Paris, Chamuel, 1899. 1
+vol. in-12).
+
+
+RIFFAUT
+
+1845.
+
+Portrait à mi-corps, dessiné et gravé à la manière noire par A.
+Riffaut, publié dans l'_Artiste_ du 18 janvier 1846. C'est un
+médaillon ovale, placé dans un encadrement rectangulaire, représentant
+Alfred de Musset presque de face, jusqu'à la hauteur des genoux. La
+tête, de trois quarts à droite, est découverte; cheveux longs, toute
+la barbe; le bras gauche est replié et le pouce gauche enfoncé dans la
+poche du gilet; le bras droit pend le long du corps, et de la main
+droite le poète tient une canne. Pantalon uni, décoration.
+
+La pose est raide et ni la ligure ni le regard n'ont d'expression.
+
+
+MADEMOISELLE MARIE MOULIN
+
+1848.
+
+Miniature peinte par Mlle Marie Moulin, cousine d'Alfred de Musset et
+figurant au Salon de 1848 (no 3411. Trois miniatures: Alfred de
+Musset, Paul de Musset et Mme M***.) C'est un portrait de face, à
+mi-corps, barbe légèrement taillée, frac déboutonné, gilet à fleurs
+très ouvert, tête découverte, cravate montante. L'original appartient
+à Mme Lardin de Musset.
+
+Reproductions: 1º Photographie 18x24 exécutée par la maison Bingham,
+50, rue de La Rochefoucauld, à Paris, pour la famille de Musset, et
+non mise dans le commerce.
+
+2º Gravure à l'eau-forte par Burney, faite en 1887 pour l'édition des
+_Nouvelles_ d'Alfred de Musset publiées en 1 vol. in-8º à la librairie
+Conquet. (Imp. Chardon.)
+
+
+EUGÈNE GIRAUD
+
+(Sans date).
+
+Portrait-charge, dessiné et peint à l'aquarelle, représentant Alfred
+de Musset en pied, avec une très grosse tête sur un tout petit corps.
+L'original faisait partie de la collection de M. de Nieuwerkerke, et
+on a pu le voir quai Malaquais, à l'Exposition des Maîtres Français de
+la Caricature, qui fut faite à l'École des Beaux-Arts au mois d'avril
+1888 (no 440 du catalogue). Actuellement, cette collection est en
+Italie: M. de Nieuwerkerke est mort, ses héritiers habitent près de
+Lucques, en Toscane, et il est à craindre que toute cette réunion des
+charges de nos meilleurs écrivains, ne soit perdue pour la France.
+
+Ce portrait d'Alfred de Musset n'a pas été reproduit. L'_Illustration_
+du 5 mai 1888 donne ceux d'A. Houssaye et d'A. Dumas.
+
+
+TRICHON ET C. F.
+
+1853.
+
+Portraits d'Alfred de Musset et de Berryer, «les deux derniers
+Académiciens», gravés sur bois par Trichon, d'après C. F. (Faxardo?)
+et publiés à mi-page dans le _Musée des Familles_ de novembre 1853,
+tome XXI, page 61.
+
+Alfred de Musset, de trois quarts, est à gauche; Berryer est de face,
+à droite. Le poète est représenté jusqu'au dessous de la ceinture, le
+bras droit tombant, le gauche légèrement replié; il est vêtu d'une
+redingote ouverte, cravate montante, cheveux longs, toute la barbe. La
+note suivante accompagne les portraits:
+
+ «L'image de M. de Musset, nommé en même temps que M. Berryer et
+ reçu l'année dernière, on se souvient avec quel succès, était
+ digne d'accompagner sur la même page celle du grand orateur auprès
+ duquel il va s'asseoir. Ces deux derniers Académiciens seront
+ certainement deux des premiers sur les bancs des Quarante.»
+
+
+PROSPER MÉRIMÉE
+
+Vers 1853.
+
+Tête de profil, dessinée à la plume par P. Mérimée, pendant une séance
+de l'Académie Française et donnant un Alfred de Musset plus vieilli
+que nature... ou endormi.
+
+L'original de ce portrait appartient à M. le Vicomte de Spoelberch de
+Lovenjoul, qui, en 1891, a bien voulu m'autoriser à le l'aire
+fac-similer sur pierre et tirer à quelques épreuves sur vergé in-4º
+(Imprimerie Lemercier), dont aucune n'a été mise dans le commerce.
+
+
+LANDELLE
+
+1854.
+
+Portrait dessiné au pastel, en 1854, par Charles Landelle et exposé au
+Salon de 1855 (no 5480).
+
+Alfred de Musset est de profil, en buste, tête nue, les yeux tournés à
+droite; il porte toute sa barbe, les cheveux rejetés en arrière sur
+le col; cravate montante, faisant plusieurs tours. Il est vêtu d'une
+redingote boutonnée, ornée du ruban de la Légion d'honneur.
+
+C'est le portrait le plus connu et le plus répandu. Mme Lardin de
+Musset, à laquelle je m'étais adressé pour savoir quel était le
+véritable original, m'écrivit le 17 octobre 1882: «L'original du
+portrait de Landelle est le beau pastel qui est chez Madame Lardin de
+Musset. L'aquarelle de la Comédie-Française en est la copie faite par
+Pollet[2]. Le portrait à l'huile du Musée de Versailles est une copie
+du pastel, faite par Landelle lui-même, mais moins bonne que le
+pastel.» Alfred de Musset avait cependant posé pour cette
+reproduction:
+
+
+ _Monsieur Alfred de Musset_,
+
+ Rue du Monthabor, 6.
+
+ «Mardi 10 octobre 1854.
+
+ «Mon cher monsieur de Musset,
+
+ «Je viens réclamer de votre obligeance une séance pour terminer le
+ portrait _peint_ que je dois donner au Théâtre-Français.
+
+ «Si vous voulez bien me fixer _d'avance_ le jour dont vous pourrez
+ disposer la semaine prochaine, je m'arrangerai pour n'avoir pas
+ modèle.
+
+ «Veuillez de nouveau croire à mes témoignages de sympathie et
+ d'affection.
+
+ «C. LANDELLE.»
+
+ «Vous seriez bien gentil de venir déjeuner dimanche matin à 11 h.
+ à l'atelier et de m'amener Arago, si vous le trouvez sur votre
+ chemin.
+
+ «Réponse S. V. P.»
+
+ [2] Exposée au Salon de 1859, no 2491.
+
+Nombreuses en sont les reproductions, mais toutes ne sont pas
+heureuses ni ressemblantes, par suite d'un défaut au nez, défaut causé
+par une ombre sur le pastel, qui est généralement traduite par une
+bosse dans les reproductions.
+
+1º Photographie remontée sur bristol in-4º, exécutée par la maison
+Bertsch et Arnaud, en 1854, d'après le pastel original.
+
+2º Photographie format carte de visite, tirée, en 1854, par la maison
+Bingham, sur le pastel original, pour la famille de Musset, et non
+mise dans le commerce.
+
+3º Gravure in-32 sur acier par Gervais, (Imprimerie Chardon), faite
+d'après le portrait de Landelle, figure renversée, publiée dans la
+_Biographie d'A. de Musset par E. de Mirecourt_. (Paris, Roret, 1854,
+1 vol. in-32).
+
+4º Gravure in-4º sur bois par A. Greppi, publiée dans le _Triboulet et
+Diogène_ du 13 mai 1857. Très mauvaise exécution; on y remarque ce
+changement que le bas du buste est drapé dans un manteau.
+
+5º Gravure in-4 sur acier par Pollet; médaillon ovale de H.: 0.150,
+L.: 0.105, publié dans l'_Artiste_ du 3 janvier 1858, exposé au Salon
+de 1859 (no 3638). (Imprimerie Drouart). Bonne reproduction, à
+laquelle M. Taxile Delord consacre une étude dans le _Magasin de
+Librairie_ du 10 mai 1859.
+
+6º Gravure in-8º sur acier par Daguin, avec encadrement rectangulaire,
+faite en 1865 et exposée au Salon de 1866 (no 3119). H.: 0.178. L.:
+0.112.
+
+7º Gravure in-4º sur acier par Léopold Flameng: médaillon ovale,
+entouré d'un cartouche rectangulaire et de branches de laurier.
+Publiée primitivement à la librairie Charpentier, dans l'édition in-4º
+des _OEuvres_ d'Alfred de Musset, dite de souscription; puis jointe à
+toutes les éditions in-4º et in-8º des _OEuvres_, comportant les
+figures de Bida.--Il existe des épreuves d'artiste, avant la lettre,
+ne donnant que le médaillon, sans aucun encadrement.--Exposée au Salon
+de 1867 (no 2610).
+
+8º Gravure in-8º sur acier par Adrien Nargeot, publiée dans la _Revue
+du XIXe siècle_ du 1er mai 1866. Médaillon ovale, porté par un socle,
+avec encadrement rectangulaire, sur fond haché. H.: 0.128. L.: 0.088.
+
+9º Photographie in-32, faite par Colin en 1867, pour l'édition des
+_OEuvres_ d'Alfred de Musset en 10 vol. in-32, ornée de la
+reproduction photographique des dessins de Bida.
+
+10º Gravure sur acier, exécutée en 1867 par Goutière: médaillon ovale,
+fermé par un cordon de perles, dans un encadrement rectangulaire
+quadrillé, avec ornements. H.: 0.088. L.: 0.065. Sans nom d'imprimeur
+ni d'éditeur. Tirage in-folio sur Chine monté avant lettre, in-4º sur
+blanc avant lettre, et in-8º sur vélin avec lettre (Salon de 1867, no
+2621).
+
+C'EST, D'APRÈS LA DÉCLARATION MÊME DE Mme LARDIN DE MUSSET, LE
+PORTRAIT LE PLUS RESSEMBLANT DE SON FRÈRE ALFRED. L'artiste a su
+reconnaître que, sur le pastel original, la tache qui se voit au nez
+est une ombre portée de l'arcade sourcillière et non pas l'effet d'une
+protubérance. Tout le travail de gravure est d'une très grande
+finesse.
+
+11º Gravure in-32 sur acier par Goutière, avec fac-similé de la
+signature d'Alfred de Musset. Publié en tête du tome I des _Poésies_
+d'Alfred de Musset. (Charpentier, 1867,2 vol. in-32).
+
+Une contrefaçon de ce portrait a été publiée à Bruxelles, avec
+fac-similé de la signature au bas du médaillon; on y a joint le
+fac-similé de la première strophe autographe de la _Ballade à la
+Lune_. Épreuves en noir et en sanguine, très mauvaise exécution.
+
+12º Gravure à l'eau-forte par Mongin, faite en 1876 pour l'édition des
+_OEuvres_ d'Alfred de Musset à la librairie Lemerre. (10 vol. in-18).
+
+13º Gravure à l'eau-forte par Le Rat, d'après le portrait de Landelle,
+avec des modifications dans le costume, publiée en 1876 dans l'édition
+des _OEuvres_ à la librairie Lemerre.
+
+14º Gravure in-32 à l'eau-forte par Flameng, publiée en 1876 dans les
+_OEuvres_, collection de la Petite Bibliothèque Charpentier.
+
+15º Gravure à l'eau-forte par Hanriot, figure renversée. Tirage sur
+Hollande in-4º et in-8º, sans nom d'imprimeur ni d'éditeur.
+
+16º Gravure à l'eau-forte et pointe-sèche par Lessore, figure
+renversée. Éditée en 1878, à la librairie Rouquette. Imp. de Vve
+Cadart. Épreuves sur Hollande in-4º et in-8º.
+
+17º En 1879, M. Mazerolle, dans son plafond de la salle de la
+Comédie-Française, a représenté Alfred de Musset dans un de ses
+groupes; la tête est faite d'après le portrait de Landelle; le poète,
+drapé dans son manteau, est placé aux côtés d'Alexandre Dumas.
+
+L'_Illustration_ du 2 août 1879 donne une gravure de ce plafond.
+
+En 1882, M. Raphaël Breynat a gravé sur bois une reproduction de ce
+plafond pour le livre _Paris_ (Librairie Rothschild). (Salon de 1882,
+no 5211).
+
+18º _Programme de la représentation extraordinaire, donnée au Palais
+du Trocadéro, le dimanche 9 mai 1880._ (Imp. Motteroz, 4 pages in-4º).
+Parmi les ornements lithographies du titre, se trouve une reproduction
+du médaillon de Landelle.
+
+19º Gravure in-32 sur bois, sans signature et d'une très mauvaise
+exécution, publiée dans _Alfred de Musset et Edgar Quinet enfants, par
+V. Tinayre_. (Paris, Keva, 1881, 1 vol. in-32).
+
+20º Gravure in-8º sur acier, sans encadrement, par Adrien Nargeot,
+publiée dans _Souvenirs poétiques de l'École Romantique, par Ed.
+Fournier_. (Paris, Laplace, 1880, 1 vol. in-8).
+
+21º Gravure in-8 sur bois par Thiriat, publiée dans la _Lecture
+Rétrospective_ du 5 juillet 1890.
+
+22º Gravure sur cuivre, à la pointe-sèche, par Adrien Nargeot,
+exécutée en octobre 1891 et destinée primitivement à orner l'édition
+du conte _La Mouche_, par Alfred de Musset, publiée à la librairie
+Ferroud. M. Lalauze ayant gravé toutes les vignettes du volume, fit
+une nouvelle planche du portrait qui fut donnée dans le livre à la
+place de celle de M. Nargeot.--Finement gravé.
+
+23º Gravure à l'eau-forte par Lalauze, publiée dans _La Mouche_, par
+Alfred de Musset. (Paris, Ferroud, 1891, 1 vol. in-8º. Imp. Wittmann).
+
+24º Dans le médaillon rond, renfermant le double portrait de George
+Sand et d'Alfred de Musset, gravé à l'eau-forte par Abot, qui orne le
+titre de l'édition de _La Confession d'un enfant du siècle_, publiée
+en 1891 chez Quantin, 1 vol. in-8º; le buste du poète est la
+reproduction à peu près exacte du portrait de Landelle, ce qui est un
+anachronisme, _la Confession_ étant de 1835 et le portrait, de 1854.
+
+25º Je possède une épreuve in-4º sur Japon, sans date et sans nom
+d'imprimeur ni d'éditeur, d'un portrait d'Alfred de Musset, gravé à la
+pointe-sèche par Loys Delteil. Musset est représenté à mi-corps,
+presque de face, le bras droit replié et la main passée dans
+l'ouverture de sa redingote; le bras gauche pend le long du corps. La
+tête est inspirée par le portrait de Landelle.
+
+26º Le _Programme de la soirée du 7 Octobre 1896_, donnée à la
+Comédie-Française en l'honneur de LL. MM. le Czar et la Czarine
+(Stern, graveur, 1 f. in-4º), présente parmi son ornementation une
+reproduction du médaillon de Landelle.
+
+27º Enfin, dans le commerce, on trouve des reproductions
+photographiques de ce portrait, trop noires en général, format
+carte-album et carte de visite, éditées par la maison Charles Jacotin.
+
+Il existe encore d'autres reproductions du pastel de Landelle, dans
+des revues et des journaux illustrés, un entre autres, in-8º, gravée
+sur bois par Collette, dont il m'a été impossible de retrouver la
+provenance; j'en ai rencontré jusque sur des titres de morceaux de
+musique. Tous ces portraits pèchent en général par leur exécution et
+ne sont, pour le plus grand nombre, que des _clichages_ n'offrant
+aucun intérêt artistique.
+
+
+GAVARNI
+
+1854.
+
+Portrait en pied, in-4º, lithographie par Gavarni, et publié dans la
+série des _Contemporains illustres_. (Imp. Lemercier).
+
+Musset est presque de face, les yeux tournés à droite, cheveux longs,
+toute la barbe. De la main droite, il tient une canne, le bout en
+avant; le bras gauche, appuyé sur la hanche, est recouvert par un
+vaste manteau qui, enveloppant les épaules et le buste, descend
+jusqu'aux genoux. Paysage au fond.--H: 0.345; L: 0.222. Trait
+rectangulaire, cintré dans la marge supérieure; sous le portrait,
+fac-similé de la signature.
+
+Le reproche qu'on peut adresser à ce portrait, est de représenter un
+Alfred de Musset plus vieilli qu'il n'était en réalité.
+
+1º Reproduction partielle du buste seul, figure renversée, sans le
+manteau, gravée sur bois et publiée dans le _Monde illustré_ du 9 mai
+1857 et dans l'_Almanach des célébrités contemporaines_. (1 vol.
+in-8º, p. 26).
+
+2º Fac-similé de la lithographie originale gravé sur bois par Pistho,
+publiée dans l'_Illustration_ du 16 mai 1857.
+
+3º Gravure sur bois in-12, non signée, représentant Alfred de Musset à
+mi-corps, publiée comme frontispice de l'_Almanach de la littérature,
+du théâtre et des beaux-arts_ pour 1858, par J. Janin. (Paris,
+Pagnerre. 1 vol. in-12 carré).
+
+4º Lithographie in-4º, semblable à l'original et probablement tirée
+sur la même pierre, publiée dans le _Panthéon des Illustrations
+françaises au XIXe siècle, par Victor Frond_. (Paris, Abel Pilon,
+1865-1873. 17 vol. in-folio.)
+
+5º Gravure à l'eau-forte par Boilvin, ne donnant que le haut du buste,
+exécutée en 1876, pour l'édition des _OEuvres_ à la librairie Lemerre.
+
+6º Réduction in-32, gravée à l'eau-forte par A. Leroy, en 1876, pour
+l'édition des _OEuvres_ dans la Petite Bibliothèque Charpentier.
+
+7º Reproduction du buste seul, gravé sur bois, dans _El Libéral_
+(Madrid) du 11 novembre 1898 pour accompagner une Notice sur A. de
+Musset, par Tello Tellez.
+
+Voir: _Gavarni, l'homme et l'oeuvre, par E. et J. de Goncourt_.
+(Paris, Plon, 1873. 1 vol. in-8º, pages 153 et 401.)--_L'OEuvre de
+Gavarni, par Armelhaut et Bocher_ (Paris, Librairie des Bibliophiles,
+1873. 1 vol. in-8º, p. 13).
+
+
+NADAR
+
+1857.
+
+Portrait-charge in-32, gravé sur bois par Diolot, d'après un dessin de
+Nadar, publié dans la 1re livraison des _Binettes Contemporaines, par
+Joseph Citrouillard_, (Commerson). (Paris, Havard, 1857. 2 vol.
+in-32).
+
+Musset, orné d'une énorme tête sur un tout petit corps, et vu de
+profil, se promène, en costume d'académicien, devant les lions de
+l'Institut. Une main dans sa poche, tenant de l'autre son chapeau
+derrière son dos, il roule de gros yeux et semble désespéré d'avoir un
+nez aussi phénoménal que celui dont on l'a doté.
+
+La tête de ce portrait se trouve lithographiée sous le no 13 du
+_Panthéon Nadar_. (Prime du Figaro. 1 feuille in-plano grand aigle).
+
+En 1883, M. Louis Charbonnel a gravé en fac-similé à l'eau-forte le
+bois de Nadar; les quelques épreuves tirées à l'imprimerie Lemercier
+n'ont pas été mises dans le commerce.
+
+
+BARRE
+
+_Le tombeau d'Alfred de Musset._
+
+1859.
+
+Buste en marbre blanc, sculpté par Auguste Barre et placé sur le
+tombeau d'Alfred de Musset, au cimetière du Père-Lachaise, à Paris.
+
+Des reproductions de ce buste, également en marbre, se trouvent chez
+Mme Lardin de Musset et à l'Académie Française.
+
+On trouve dans le commerce des photographies 18×24 du Tombeau et par
+conséquent du buste. En outre, buste et tombeau ont été gravés:
+
+1º Sur bois, dans l'_Illustration_ du 4 mai 1861.
+
+2º A l'eau-forte, par Abot, en 1877, format in-32, pour l'édition des
+_OEuvres_ dans la Petite Bibliothèque Charpentier.
+
+Auguste Barre était un ami d'Alfred de Musset, qui s'était plusieurs
+fois essayé chez lui en l'art du statuaire. Certain jour que le poète
+devait l'aller voir, un événement inattendu l'en ayant empêché, il lui
+envoya ce billet:
+
+
+ «Mon cher ami,
+
+ «Je vous écris de chez Mlle Rachel, qui me garde à dîner. Ainsi,
+ ne m'attendez donc pas ce soir. A bientôt.
+
+ «A vous,
+
+ «ALFd Mt.»
+
+ «J'ai ébauché une belle petite chatte. J'ai employé d'abord un
+ couperet de cuisine, puis mes mains, puis vos petits bâtons. J'ai
+ tout lieu de croire que ce sera admirable, mais dans ce moment-ci,
+ mon idéal a encore un torticolis et une fluxion. Venez donc voir
+ ça.»
+
+C'est sans doute à cause de cette intimité que Paul de Musset
+s'adressa à M. Barre pour le buste qui devait orner le tombeau de son
+frère. Ce tombeau, qui se trouve au cimetière du Père-Lachaise, à
+Paris, est construit sur les plans donnés par l'architecte Anatole
+Jal, dans la grande avenue qui mène à la chapelle centrale; il est
+élevé sur un emplacement concédé par l'État, aux frais de la famille
+de Musset et de l'éditeur Charpentier:
+
+
+ «_A Monsieur le Préfet de la Seine._
+
+ «Paris, 8 juin 1857.
+
+ «Monsieur le Préfet,
+
+ «Alfred de Musset, dont la mort prématurée cause en ce moment une
+ émotion si profonde, est né à Paris. Comme la plupart des grands
+ poètes, il ne laisse point de fortune. Dans une élégie touchante,
+ que tout le monde connaît, il a exprimé le voeu suivant:
+
+ Mes chers amis, quand je mourrai,
+ Plantez un saule au cimetière;
+ J'aime son feuillage éploré,
+ La pâleur m'en est douce et chère,
+ Et son ombre sera légère
+ A la terre où je dormirai.
+
+ «Afin de pouvoir répondre au désir formulé dans ces vers, je
+ prends la liberté de m'adresser à vous, Monsieur le Préfet, pour
+ obtenir la concession gratuite au Cimetière de l'Est, d'un terrain
+ de cinq ou six mètres carrés, espace rigoureusement nécessaire à
+ l'érection d'un tombeau modeste, orné d'un buste en marbre, offert
+ par le statuaire Barre, et accompagné d'un saule pleureur.
+
+ «Le poète si justement regretté n'est pas seulement une des
+ gloires de la France; il est aussi un enfant de Paris, et j'ose
+ espérer que sa ville natale voudra bien accorder à l'un des
+ esprits les plus aimables et les plus aimés qu'elle ait produit,
+ une dernière demeure digne de lui.
+
+ «Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma haute
+ considération.
+
+ «PAUL DE MUSSET.»
+
+ «Je recommande à la bienveillance de Monsieur le Préfet de la
+ Seine la demande de M. Paul de Musset; que le voeu exprimé d'une
+ manière si poétique et si touchante, par son frère, soit rempli.
+ La Ville de Paris doit un tombeau à un poète né dans ses murs et
+ dont la mémoire ne finira jamais.
+
+ «P. MÉRIMÉE.»
+
+ «Je me joins bien cordialement à mon confrère M. Mérimée.
+
+ «EMPIS.»
+
+ «Le saule que demande ce jeune et charmant poète, aura des
+ pèlerins; à présent, ceux qui l'ont aimé, et toujours, ceux qui
+ sauront aimer et lire la poésie impérissable.--Puisse la Ville de
+ Paris planter et renouveler perpétuellement cet arbre mélancolique
+ sur sa tombe.
+
+ «ALFRED DE VIGNY.»
+
+ «Je me joins à mes confrères dans le voeu qu'ils expriment en
+ faveur d'un des rares poètes dont le nom survivra.
+
+ «SAINTE-BEUVE,
+ de l'Académie Française.»
+
+Mais M. le baron Haussmann, préfet de la Seine, n'était pas partisan
+de ce projet et trouva mille prétextes pour en ajourner l'examen. Paul
+de Musset, dans le but d'obtenir la concession nécessaire au tombeau,
+fit agir d'autres influences:
+
+
+ «_A Monsieur Alfred Arago._
+
+ «Mon cher Alfred,
+
+ «On me fait observer que M. Delmas ayant promis à Jal que la
+ pétition déjà lancée serait classée parmi celles que l'Empereur
+ doit lire et non parmi celles dont on lui rend compte, il serait
+ convenable, avant de tenter une autre démarche, d'attendre le
+ résultat de celle-là. Il n'y a pas de raison pour que ce résultat
+ ne soit pas favorable. Je ne demande qu'un appui dans
+ l'accomplissement d'un devoir pieux, et je me sens très fort sur
+ ce terrain. Le Conseil Municipal a été pressenti: tous les membres
+ à qui on en a parlé, ont été d'avis que le rapport fût présenté.
+ M. Husson a fait ce rapport et l'a porté à la signature: M. le
+ Préfet a refusé de le signer. Il n'y a pas d'autre obstacle.
+
+ «Pendant ce temps-là, Charpentier me proposait d'ouvrir une
+ souscription pour l'achat du terrain, disant que les frais en
+ seraient couverts en quelques jours. Je ne l'ai pas voulu, pour
+ l'honneur de la Ville de Paris, car il ne faut pas se dissimuler
+ que tout cela est de l'histoire, et qu'on lira le récit de ces
+ détails dans cinq cents ans.
+
+ «Dites toujours au Prince Impérial[3] combien je suis touché de
+ l'intérêt qu'il prend à cette affaire et des paroles chaleureuses
+ qu'il vous a fait entendre. Malgré la démarche dont je dois, par
+ convenance, attendre le résultat, un mot de lui au Préfet ne peut
+ pas nuire.
+
+ «A bientôt, mon cher Alfred, et tout à vous.
+
+ «PAUL DE MUSSET.
+
+ «Vendredi, 27 novembre 1857.»
+
+ [3] A cette époque, le Prince Impérial était encore Joseph
+ Napoléon, nommé par décret du 18 décembre 1852, confirmé le 23
+ par un sénatus-consulte.
+
+La parcelle de terrain fut enfin obtenue... par achat et le tombeau
+aussitôt érigé.
+
+L'exhumation eut lieu le 23 mars 1858.
+
+
+ «_A Monsieur le Sénateur, Préfet de la Seine._
+
+ «Paris, le 12 mai 1858.
+
+ «Monsieur le Préfet,
+
+ «J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien autoriser le
+ remboursement de la somme qui doit me revenir sur le prix d'un
+ terrain de deux mètres au cimetière de l'Est, acquis
+ conditionnellement le 3 mai 1857, pour la sépulture de
+ Louis-Charles-Alfred de Musset, mon frère, décédé le 2 du même
+ mois; ce terrain étant devenu libre par suite de l'exhumation
+ faite le 23 mars 1858 et de la réinhumation dans un terrain de
+ trois mètres 38 c., acquis le 29 décembre 1857, sous le numéro
+ 936. Ci-joint le certificat de M. le Conservateur du cimetière de
+ l'Est.
+
+ «Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma haute
+ considération.
+
+ «PAUL DE MUSSET.
+
+ «Rue des Pyramides, 8.»
+
+M. Paget, dans l'_Illustration_ du 4 mai 1861, décrit ainsi le
+tombeau:
+
+ «Le monument dont nous donnons ici la figure, a 2m de large sur
+ 2m20 de haut. La partie supérieure, forme médaillon placé dans le
+ fronton, porte la tête de Minerve, symbole de l'Institut.
+ Au-dessous du piédouche qui supporte le buste en marbre d'Alfred
+ de Musset, tel qu'il était peu de temps avant sa mort, on a
+ sculpté la lyre, la plume, avec une palme et une branche de
+ laurier, attributs du poète illustre. Dans un cartel placé sous
+ ces attributs, sont gravés six vers, extraits d'une élégie
+ touchante que tout le monde connaît; elle est intitulée _Lucie_:
+
+ Mes chers amis, quand je mourrai,
+ Plantez un saule au cimetière;
+ J'aime son feuillage éploré,
+ La pâleur m'en est douce et chère,
+ Et son ombre sera légère
+ A la terre où je dormirai.
+
+ «...Enfin, sur les deux cippes parallèles, sont gravés: d'un côté,
+ quatre titres d'oeuvres en vers: _Namouna_, _Rolla_, _Mardoche_,
+ _Les Nuits_; de l'autre, trois titres d'ouvrages en prose: _Un
+ Caprice_, _Lorenzaccio_, _Frédéric et Bernerette_.»
+
+Un saule pleureur est placé près du tombeau qu'il recouvre de ses
+branches; mais le pauvre arbre a bien peu de terre et il faut le
+remplacer souvent, ce à quoi veilla d'abord le frère et veille
+aujourd'hui la soeur du poète. Fréquemment, des mains amies vont y
+déposer des fleurs et tous les ans, le 2 mai, une manifestation a
+lieu, organisée par des jeunes gens enthousiastes et des admirateurs
+de l'auteur des _Nuits_.
+
+Le 9 mai 1880, une représentation extraordinaire fut donnée au Palais
+du Trocadéro, organisée par MM. Grippa de Winter, Buchelbry, Raymond
+Bonnial, le comité des fêtes du Quartier-Latin, l'école de M. Talbot
+et les délégations des Facultés de Bruxelles, Lille, Liège, etc...,
+sous la présidence d'honneur de M. Paul de Musset. Une quête fut
+faite par Mmes Sarah Bernhardt, Leslino, Hess, Schriwanech, etc...,
+dont le produit devait être affecté à l'embellissement de la tombe
+d'Alfred de Musset, quête contre laquelle protesta Paul de Musset par
+cette lettre adressée au _Figaro_:
+
+
+ «_A Monsieur le Rédacteur du_ Figaro.
+
+ «Le 10 mai 1880.
+
+ «Monsieur le Rédacteur,
+
+ «L'état de ma santé ne m'a pas permis d'assister hier, 9 mai, à la
+ représentation extraordinaire qui a eu lieu dans la salle du
+ Trocadéro, en l'honneur d'Alfred de Musset. Mais je viens
+ d'apprendre qu'une quête, organisée par des dames, a été faite,
+ malgré ma défense, dont le produit est destiné à l'embellissement
+ de la tombe d'Alfred de Musset.
+
+ «Je proteste contre cette étrange prétention d'_embellir_ la tombe
+ de mon frère. Cette tombe est connue de toute la terre par la
+ photographie; elle n'a besoin d'aucun embellissement, et je ne
+ permettrai à personne d'y porter les mains.
+
+ «Si le saule pleureur a été gelé, le jardinier du cimetière le
+ remplacera; il est payé pour cela. Que ces dames portent des
+ couronnes et des fleurs tant qu'elles voudront, elles ne seront
+ pas les seules. Mais l'entretien du tombeau n'appartient qu'à la
+ famille du poète.
+
+ «Je vous serai très obligé, monsieur le Rédacteur, si vous voulez
+ bien prêter à ma protestation le secours de votre grande
+ publicité.
+
+ «Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération la plus
+ distinguée.
+
+ «PAUL DE MUSSET.»
+
+A l'occasion de cette fête, on moula le buste d'A. de Musset, dû au
+ciseau de Barre, et ce buste fut couronné au cours de la
+représentation; moule et buste sont depuis lors chez Mme Lardin de
+Musset. Un programme, orné d'une vignette lithographiée par H. Dillon,
+fut imprimé.
+
+Le _Petit Journal_ du 2 novembre 1891 donne une petite vignette du
+tombeau, qu'accompagne un article descriptif.
+
+A propos de la manifestation du 3 mai 1892, M. Paul Ferrier composa
+une pièce de vers «Sur la tombe d'Alfred de Musset»:
+
+ Portez des fleurs au cimetière,
+ Les fleurs du printemps que j'aimai
+ Les lilas à la grappe altière
+ Et les pâles roses de mai;
+ Venez avec une prière
+ Sur la tombe où je dormirai.
+ ...........................
+
+que publièrent le _Gaulois_ du 8 mai 1892 et la _Semaine Politique et
+Littéraire_ du 6 novembre de la même année.
+
+
+MEZZARA
+
+1865.
+
+Buste en marbre, sculpté par Mezzara en 1865 et dont la physionomie
+semble inspirée principalement par le portrait de Landelle. Alfred de
+Musset est représenté de trois quarts à gauche, le col découvert, la
+cravate retombant au milieu de la poitrine, les épaules drapées dans
+un manteau. Sur le socle, on lit: «Alfred de Musset, né à Paris le 11
+décembre 1810, mort le 2 mai 1857.»
+
+ «_A Monsieur Alfred Arago._
+
+ «20 avril 1865.
+
+ «Mon cher Alfred,
+
+ «Le buste de Mezzara est terminé. Je le trouve vraiement très
+ ressemblant. On a dit à l'auteur qu'on lui enverrait l'Inspecteur
+ des Beaux-Arts. Tâchez donc que ce soit vous, car un autre n'ayant
+ pas connu mon frère ne pourrait point juger de la ressemblance,
+ qui est une chose très importante.
+
+ «Je voudrais bien que ce buste fût mis dans le foyer de la
+ Comédie-Française. Il y serait bien à sa place. M. Mezzara m'a
+ l'air d'un homme très modeste, sans protections, comme beaucoup de
+ gens de talent. Il ne semble pas que ce soit une raison de
+ l'abandonner. Tâchez de faire quelque chose pour lui.
+
+ «Tout à vous,
+
+ «PAUL DE MUSSET.»
+
+ «_A Monsieur Alfred Arago._
+
+ «10 février 1868.
+
+ «Mon cher Alfred,
+
+ «J'ai revu pour la dernière fois le buste de mon frère dans
+ l'atelier de M. Mezzara et je l'ai trouvé parfait. Ma soeur et
+ moi, nous avons presqu'été scandalisés de ne plus trouver une
+ seule observation à faire à l'auteur sur la ressemblance. M.
+ Mezzara a réellement beaucoup de talent. Il pense avec raison que
+ le foyer de la Comédie Française sera pour lui la meilleure des
+ expositions. Je suis aussi pressé que lui de voir ce beau buste
+ dans les rangs des Corneille et des Molière. Faites écrire à
+ l'artiste de vous l'envoyer. Édouard Thierry l'attend.
+
+ «Je vous serre la main bien cordialement et suis tout à vous.
+
+ «PAUL DE MUSSET.»
+
+Le buste est placé dans la galerie du Foyer public au théâtre de la
+Comédie-Française: «Musset, le poète aimé qui revit dans l'oeuvre de
+Mezzara, dit M. René Delorme, reçoit chaque jour de pieuses visites.
+Souvent, des groupes s'arrêtent pour le contempler; aucune physionomie
+ne reste indifférente alors: les unes s'assombrissent, les autres
+s'éclairent, double hommage de regret et d'admiration[4].»
+
+ [4] _Le Musée de la Comédie-Française._ Paris, Ollendorff, 1878.
+ 1 vol. in-8, p. 46.
+
+Quatre reproductions: 1º Gravure à l'eau-forte in-32 par A. Lamotte,
+faite en 1876 pour l'édition des _OEuvres_ dans la Petite Bibliothèque
+Charpentier.
+
+2º Gravure à l'eau-forte par Monziès, en 1877, pour l'édition in-18
+des _OEuvres_ à la librairie Lemerre.
+
+3º Peinture sur émail faite en 1881 par Mme Rosine Mezzara.
+
+4º Glyptographie in-4º, publiée en tête du tome I de l'édition
+populaire illustrée des _OEuvres_ à la librairie Charpentier, 1889. (5
+vol. in-4º).
+
+
+EUGÈNE LAMI
+
+1879.
+
+Dans le portrait d'Alfred de Musset peint en 1879 par M. Eugène Lami,
+le poète est représenté à mi-corps, de trois quarts, la figure à
+droite. Il est appuyé sur la tablette d'une cheminée et de la main
+gauche tient un livre à demi fermé.
+
+Gravé à l'eau-forte par Waltner, pour l'édition in-32 des _OEuvres_
+dans la Petite Bibliothèque Charpentier.
+
+
+PIERRE GRANET
+
+1882.
+
+Statue en pied, exécutée en 1882 par Pierre Granet, et figurant au
+Salon de la même année. Alfred de Musset est représenté de face; de la
+main gauche, il tient son chapeau appuyé sur la cuisse; son bras droit
+est replié, et, dans la main droite, il tient un stick et des gants;
+un long manteau, tombant de l'épaule droite, lui couvre une partie du
+dos.
+
+Cette statue a été inspirée pour la pose et l'attitude par les
+portraits en pied d'Eugène Lami et de Gavarni; pour la figure,
+beaucoup par celui de Mlle Marie Moulin et un peu par celui de
+Landelle. Elle était primitivement destinée au concours ouvert par la
+Ville de Paris pour l'ornementation des façades de l'Hôtel de Ville;
+mais, par suite de circonstances indépendantes de sa volonté, M.
+Granet n'ayant pu prendre part à ce concours, il présenta son oeuvre à
+Mme Lardin de Musset qui l'accepta et, à son tour, proposa à la
+Société des Gens de lettres de dresser cette statue sur l'une des
+places publiques de Paris; mais, comme on le verra plus loin, ce
+projet échoua. Aujourd'hui, cette statue est au Louvre.
+
+Une reproduction a été gravée à l'eau-forte à la fin de l'année 1882
+par Louis Charbonnel, pour servir de frontispice à ma _Bibliographie
+des OEuvres d'Alfred de Musset_ (Rouquette, 1883, gr. in-8º). Voir
+dans le _Salon de 1882_ édité chez Baschet, (1 vol. in-4º, p. 253), le
+jugement porté par M. Philippe Burty sur cette statue. Une contrefaçon
+en phototypie, un peu réduite, de l'eau-forte de Charbonnel, est
+publiée dans _A Selection from the Poetry and comedies of Alf. de
+Musset_, edited by Oscar Kuhns. (Boston, 1895, in-8º).
+
+
+IDRAC
+
+1883.
+
+Statue en pied, exécutée en 1883 par M. J.-M.-A. Idrac et placée dans
+l'une des niches de la façade de l'Hôtel de Ville de Paris, côté du
+quai, pavillon de droite, 1er étage.
+
+Alfred de Musset est de face: la main gauche, glissée dans la poche de
+son pantalon, soulève le pan de sa redingote; la main droite émerge en
+avant, sortant des plis du manteau, qui, tombant de l'épaule, recouvre
+le bras droit qui le soutient.
+
+Une reproduction par M. D. Cauconnier se trouve page 145 de l'ouvrage
+intitulé: _Les Statues de l'Hôtel de Ville, par Georges Veyrat_.
+(Paris, ancienne librairie Quantin, 1892, 1 vol. gr. in-8º.)--_L'Art_
+du 1er octobre 1892 donne également le dessin de cette statue.
+
+
+FALGUIÈRE et MERCIÉ
+
+_Monument d'Alfred de Musset._
+
+Il y a vingt-deux ans que l'on parle, si je ne me trompe, d'élever une
+statue à Alfred de Musset, et je crois que ce fut M. Félix Platel qui,
+le premier, en eut l'idée; il écrivait dans le _Figaro_ du 27 juin
+1877:
+
+ «....Un autre poète français, Ponsard, que j'ai beaucoup connu, a
+ déjà sa statue. Musset ne l'a pas, quoique bien plus grand. C'est
+ que Musset est parisien, et seule, la province élève des statues à
+ ses compatriotes.... Pour le poète immortel, coupez dans la
+ carrière une belle tranche de marbre. Musset! C'est toi et moi, ô
+ lecteur! C'est l'homme fait d'âme et de chair, que vous aimez,
+ avez aimé ou aimerez, ô lectrice! C'est notre jeunesse!--IGNOTUS».
+
+Trois ans plus tard, le 9 décembre 1880, dans le même journal, Émile
+Zola revient sur cette idée, alors qu'il était question d'ériger une
+statue à Balzac:
+
+ «....O Paris ingrat! s'il te faut des gloires littéraires, où est
+ la statue de Musset, ce grand poète du siècle, le plus humain et
+ le plus vivant? où est celle de Théophile Gautier, cet artiste
+ parfait...?»
+
+Mais ce n'étaient encore que propos d'atelier ou de salon et c'est
+seulement en 1887 qu'on tenta réellement de mettre ce projet à
+exécution. M. Marquet de Vasselot, auteur de la statue de Lamartine
+qui se dresse à Passy, offrit de sculpter gratuitement une statue à
+Alfred de Musset. Un comité se forma, présidé par Arsène
+Houssaye[5].--D'autre part, Mme Lardin de Musset s'entendait avec la
+Société des Gens de Lettres et lui soumettait une maquette par Pierre
+Granet, exécutée depuis 1882. Mais la Société, occupée de la statue de
+La Fontaine, n'eut pas le temps ou ne voulut pas s'occuper de celle
+d'Alfred de Musset[6].
+
+ [5] Voir: Le _Figaro_, 12 mars 1887, Suppl. Art. par George
+ Herbert.--Le _Gil Blas_, 19 avril 1887, art. par F. Xau.
+
+ [6] Voir: L'_Écho_ de Paris, 13 avril 1887.--La _Petite Presse_,
+ 17 avril 1887, etc.
+
+En 1888, cette même Société des Gens de Lettres, sur la proposition de
+M. Philibert Audebrant, décidait qu'un Congrès littéraire
+international serait ouvert à Paris en 1889, qui devait coïncider avec
+le centenaire de 1789 et l'Exposition Universelle, et que trois
+statues seraient érigées à Balzac, A. de Musset et V. Hugo, mais cette
+décision resta toujours à l'état de voeu.
+
+Pendant que ces divers projets s'élaboraient sans aboutir, un riche
+Américain, M. Osiris, agissait: il mettait à la disposition du Conseil
+municipal de Paris la somme nécessaire à l'érection d'un monument; MM.
+Falguière et Mercié, de l'Institut, seraient chargés de son exécution:
+M. Mercié, de la statue elle-même, M. Falguière, du piédestal et des
+allégories qui l'orneront. _La Cocarde_, du 27 février 1889, le décrit
+ainsi:
+
+ «....Ce monument se compose d'un piédestal sur lequel est placée
+ la statue du poète; une figure allégorique, représentant la
+ Jeunesse, dépose des fleurs à ses pieds. MM. Falguière, Mercié et
+ Osiris ont demandé, pour y édifier leur oeuvre, le terre-plein
+ situé devant la Comédie-Française.»
+
+Le Conseil Municipal préférait voir la statue de Musset s'élever sur
+le square situé devant l'église Saint-Augustin.
+
+La même année 1889 voit se former un nouveau comité ayant pour but
+d'ériger par souscription une statue à Alfred de Musset[7]. Cette
+affiche fut placardée un peu partout:
+
+
+ SOUSCRIPTION
+
+ _ouverte par la Jeunesse de France
+ pour élever une statue à_
+
+ ALFRED DE MUSSET
+
+ Camarades,
+
+ On parle depuis longtemps d'élever une statue à Alfred de Musset.
+ L'heure nous semble venue de passer de la parole à l'action. C'est
+ à nous, les jeunes, qu'il appartient de prendre l'initiative d'un
+ monument à celui qui est et restera le poète des jeunes.
+
+ Camarades,
+
+ Vous entendrez notre appel, et bientôt, grâce à vous, Paris verra
+ se dresser sur l'une de ses places, l'image impérissable d'Alfred
+ de Musset.
+
+ LE COMITÉ.
+
+ [7] Voir: Le _Gaulois_, 24 avril 1889.--Paris, 11 juillet.--Le
+ _Public_, Le _Voltaire_, 18 juillet.--Le _Parisien_, 25
+ septembre, etc.
+
+Une longue liste de noms suivait. Le comité se subdivisait: 1º En
+comité d'initiative: MM. Frédéric Giraud et Auguste Renucci,
+secrétaires.--2º En comité d'honneur: M. Émile Augier, président. MM.
+J. Claretie, F. Coppée, A. Dumas, L. Halévy, Ed. Pailleron, Ch. Buloz,
+H. Fouquier, A. Houssaye, J. Richepin, F. Sarcey, E. Zola, Delaunay,
+Got, G. Charpentier, etc. Les souscriptions étaient reçues à la
+librairie Lemerre.--Mais 912 francs seulement furent recueillis, qui
+suffirent à peine à solder les frais de publicité.
+
+Il ne restait plus que le monument Falguière-Mercié. Plusieurs
+maquettes furent successivement modelées.
+
+ 1891. Le _Gaulois_, 13 avril.--«....Musset est représenté assis,
+ les yeux fixés sur un livre. Devant lui, passe une figure
+ allégorique, la Muse de la Poésie, effeuillant des fleurs dans
+ l'espace. L'ensemble est imposant et d'une grâce empreinte de
+ mélancolie. Le monument aura environ 7m 50 de hauteur. Les deux
+ grands sculpteurs espèrent que leur oeuvre sera achevée vers le
+ mois de juillet.»
+
+ 1892. Le _Temps_, 26 février.--«....On verra dans la partie
+ inférieure, une Muse, foulant d'un pied léger le soubassement, se
+ tourner au passage vers le poète; du bras droit, elle tiendra une
+ lyre appuyée contre sa poitrine; elle déposera de la main gauche
+ une palme aux pieds du chantre des _Nuits_, que M. Mercié
+ représentera assis, les jambes croisées, sur une roche, et le bras
+ appuyé sur son genou, le menton dans sa main, méditant.»
+
+Dans une lettre que publie l'_Événement_ du 18 août 1892, M. Osiris
+déclare que le monument est presque terminé, et cependant les mois et
+les années se passent sans qu'Alfred de Musset ait sa statue. La cause
+de ce retard? La raison donnée est que MM. Mercié et Falguière
+attendent que le Conseil municipal leur désigne l'emplacement, pour
+savoir quelles proportions ils doivent donner à leur monument. De son
+côté, le Conseil municipal déclare attendre que MM. Falguière et
+Mercié aient terminé leur oeuvre avec ses dimensions pour désigner
+l'emplacement. Le _Gaulois_ du 29 octobre 1896 s'étonne à bon droit
+d'un pareil retard, alors que depuis plus de deux ans la maquette est
+acceptée par le Conseil municipal, et, sans résultat du reste, demande
+des explications. Le plus ennuyé est M. Osiris, qui, sur la somme de
+quarante mille francs à laquelle la Commission des Beaux-Arts a évalué
+le prix du Monument, en a versé dix mille et voudrait remettre le
+surplus aux mains du Conseil municipal.
+
+A la fin de l'année 1897, M. Falguière se retire de l'association:
+
+ «....Il a considéré, d'accord avec son ami Mercié, que ce serait
+ trop de deux auteurs pour une oeuvre qui ne saurait être de
+ dimensions très grandes. Et comme M. Mercié était chargé de la
+ figure principale, il a été convenu que le même artiste
+ s'occuperait également des motifs accessoires....»
+
+Telle est l'explication que donne le _Figaro_ du 10 octobre 1897. Je
+crois que l'ennui causé par tous ces retards est la véritable raison
+de la retraite de M. Falguière. Et, à mon humble avis, il se passera
+bien du temps encore, avant que nous ne voyions la statue d'Alfred de
+Musset se dresser à Paris, sur une place publique; cependant,
+l'Exposition universelle de 1900 présente une excellente occasion
+d'inaugurer ce monument.
+
+M. Antonin Mercié reste donc seul chargé de l'exécution. Le _Figaro_
+du 17 janvier 1898 donne la description de la maquette du dernier
+projet:
+
+ «....Mercié nous a montré une cire représentant Alfred de Musset
+ assis sur un banc, un livre à la main, un manteau tombant de ses
+ épaules, le regard perdu dans un rêve. Ingres n'eût pas mieux
+ dessiné l'élégant poète dandy, que Mercié nous a rendu vivant:
+ «C'est tout. Peut-être encore sur le piédestal, un bas-relief
+ donnant quelques scènes des proverbes. Cela dépendra de l'ampleur
+ du monument, c'est-à-dire de la place que va me désigner le
+ Conseil.»
+
+place du Théâtre-Français, qui fait face à la rue Saint-Honoré, et sur
+lequel donne l'entrée des artistes de la Comédie Française; on le
+débarrassera des édicules qui l'encombrent. Il avait également été
+question d'ériger la statue d'Alfred de Musset, place de la Sorbonne,
+au milieu de la jeunesse des Écoles; ce projet semble abandonné.
+
+Quant à la _physionomie_ elle-même de la statue, M. Mercié l'a
+composée d'après les portraits exécutés du vivant d'Alfred de Musset
+et les données que lui fournirent diverses personnes, parents et amis,
+ayant connu le poète. Mme Lardin de Musset a remis au sculpteur des
+vêtements portés par l'auteur de _Un Caprice_ et est même venue poser
+pour les yeux et le haut de la figure qu'elle a semblables à ceux de
+son frère.
+
+
+PORTRAITS DIVERS
+
+I.--Portrait-charge dessiné par Alfred de Musset sur l'album de son
+ami Alfred Tattet. Mme Tattet avait bien voulu me faire voir ce
+portrait; mais aujourd'hui cette dame est morte et j'ignore lequel de
+ses héritiers le possède actuellement.
+
+II.--Un matin de l'année 1882, le graveur Louis Charbonnel m'apporta
+un portrait peint à l'huile sur une toile collée sur carton fort; il
+prétendait que c'était Alfred de Musset par Eugène Delacroix: le poète
+était représenté en buste, de face et vêtu d'une chemise de femme. Je
+ne pouvais discuter avec lui l'authenticité du Delacroix, car il avait
+sous ce rapport beaucoup plus de connaissances que moi; mais, ce que
+je pus lui affirmer, c'est que son tableau me semblait une affreuse
+croûte et que ce n'était sûrement pas Alfred de Musset. Charbonnel
+n'en voulut pas moins graver à l'eau-forte ce portrait, le réduisant à
+peu près au quart, et me donna le cuivre. Cet ami est mort en 1884 et
+je ne sais ce qu'est devenu l'original; quant au cuivre j'en ai, cette
+même année 1884, fait tirer 25 épreuves à l'imprimerie Lemercier et
+l'ai mis au tond d'un de mes tiroirs où il est encore.
+
+III.--Une vignette de Bertall, gravée sur bois par Le Blanc: «Panthéon
+du Diable à Paris: la poésie, la philosophie, la littérature», publiée
+dans le _Diable à Paris_, (Hetzel, 1845, 2 vol. in-4º, tome II, page
+336), renferme un petit portrait-charge d'Alfred de Musset.
+
+IV.--On prétend qu'Alfred de Musset aurait, sans le savoir, été pris
+comme modèle pour cette gravure de modes: «L'Homme du Monde, par
+Humann, 83, rue Neuve-des-Petits-Champs», lithographie in-4º par
+Gavarni, publiée dans: _Le Voyageur_, journal de l'office aqw
+universel, place de la Bourse, 27. 1847;--_La Mode_, 15 décembre 1847.
+Puis isolément avec cette légende: «L'Homme du Monde au foyer de
+l'Opéra, par Humann.» (Imp. Lemercier.)--Je ne connais aucune preuve à
+l'appui de ce dire.
+
+V.--Vignette sur bois non signée, publiée dans le _Livre des 400
+auteurs_. (Paris, Bureau du Magasin des Familles, 1850, 1 vol. in-4º,
+page 8): «Pourquoi Alfred de Musset résiste-t-il avec tant de froideur
+à la Muse, que pour lui échapper il lui laisse aux mains son manteau
+de poète.» La vignette représente la scène de Joseph et la femme de
+Putiphar.
+
+VI.--Dans l'_Album des portraits comiques_, contenant plus de 100
+sujets variés, (Paris, Bureau du Magasin des Familles, s. d., in-8º
+oblong), on trouve page 11, un portrait-charge d'Alfred de Musset en
+berger, qui n'est autre que le portrait d'Arsène Houssaye.
+
+VII.--La Comédie des comédiennes, no 2. «C'est une belle chose que
+l'Amour, n'est-ce pas, poète? C'est Dieu qui a fait l'Amour!--Oui,
+mais c'est le diable qui a fait la femme». Lithographie in-4º par
+Cisneros d'après Talin, (Imp. Bertauts), publiée dans l'_Artiste_ du
+16 décembre 1855. Ce sont, dit-on, Alfred de Musset et Rachel.
+
+VIII.--Portrait d'Alfred de Musset, tableau par M. Eugène Carrière.
+Salon de 1878 (no 412).
+
+IX.--En 1881, le libraire et marchand d'estampes Fabré vendait un
+portrait in-8º, gravé au vernis mou, signé: «Ch. Senties» et portant à
+côté de ce nom le fac-similé de la signature d'Alfred de Musset.
+J'ignore quel personnage M. Ch. Senties a voulu représenter; mais,
+quel qu'il soit, ce n'est pas un portrait d'Alfred de Musset.
+
+X.--Buste en plâtre, par Zacharie Rimbez. Salon de 1885 (no 4139).
+
+XI.--«Trinité Poétique: Alfred de Musset, Victor Hugo, Lamartine.»
+Tableau par Guillaume Dubuffe. Salon de 1888 (no 887).
+
+XII.--«Collection Prunaire, no 43. Alfred de Musset». Portrait in-8º
+colorié, gravé sur bois par A. Prunaire, d'après le dessin de E.
+Loevy, (Picard et Kaan, éditeurs à Paris. Imp. de Ch. Unsinger), avec,
+au verso, une notice par H. Mossier. Image donnée en récompense dans
+les écoles.
+
+XIII.--Caricature in-32, gravée au trait par Malatesta, à propos de
+_Lorenzaccio_:
+
+ Publiez mes secrets, défigurez mon drame,
+ Mais épargnez du moins l'interview à mon âme.
+
+publiée dans l'_Illustration_ du 30 janvier 1897.
+
+
+
+
+ ALFRED DE MUSSET
+
+ ET
+
+ GEORGE SAND
+
+
+Cette étude a paru primitivement dans la _Revue de Paris_ du 15 août
+1896. Depuis lors, les lettres de George Sand à Alfred de Musset et à
+Sainte-Beuve ont été publiées. Des fragments assez étendus, mais
+toutefois peu corrects quant au texte, des lettres d'Alfred de Musset
+à George Sand, ainsi que beaucoup d'autres documents, ont également
+été mis au jour. Cela a nécessité quelques remaniements dans cet
+article.
+
+Je réponds en même temps à des objections qui m'ont été faites et
+rectifie certaines erreurs de ma relation. Enfin, la façon peu
+courtoise dont une personne qui avait eu momentanément entre les mains
+le dossier réuni par moi, n'a pas hésité à le communiquer, à mon insu,
+à d'autres personnes, me permet de parler aujourd'hui de choses que
+j'avais cru devoir taire jusque-là.
+
+Une dame russe, Mme Wladimir Karenine, vient de publier un ouvrage
+d'érudition intitulé: _George Sand, sa vie et ses oeuvres_ (Paris,
+Ollendorff, 1899; 2 vol. in-8º) dans lequel on trouve l'analyse de
+tout ce qui a été écrit sur les «amants de Venise», ainsi que quantité
+de documents inédits. Je ne puis en donner le détail, mais j'engage le
+lecteur à consulter cette étude qui est la plus complète et «la plus
+près de la vérité» de celles qui ont été écrites sur la question
+Sand-Musset. Je n'ai pas l'honneur de connaître Mme Karenine, mais je
+la prie de vouloir bien recevoir ici tous mes remerciements pour la
+bonne opinion qu'elle veut bien avoir de moi.
+
+ M. C.
+
+ Juillet 1899.
+
+
+
+
+ALFRED DE MUSSET ET GEORGE SAND
+
+
+La _Véritable histoire de «Elle et Lui»_ récemment publiée par M. le
+vicomte de Spoelberch de Lovenjoul[8], a rouvert de la façon la plus
+curieuse, entre Alfred de Musset et George Sand, un débat qui ne sera
+pas décidément clos, ni l'équitable jugement prononcé, avant la mise
+en plein jour des lettres échangées par ces amants illustres[9]. La
+réputation du célèbre _Chercheur_ n'est plus à faire et nous nous
+garderons de dire le bien que nous en pensons. Nous ne voulons, à
+notre tour, que joindre au dossier commun quelques pièces
+authentiques. La «véritable histoire» de cette liaison, apparemment,
+ce n'est pas _Elle et Lui_, ce n'est pas davantage _Lui et Elle_--et
+nous ne disons rien de _Lui_, qui fut l'oeuvre d'une personne
+étrangère au débat, et l'exercice de rancunes particulières:--on ne
+saurait préparer avec trop de soin le difficile triomphe de la vérité.
+
+ [8] _Comospolis_, revue internationale des 1er mai et 1er juin
+ 1896. L'ouvrage a reparu très augmenté, à la librairie
+ Calmann-Lévy. 1897. 1 vol. in-12.
+
+ [9] Les _Lettres de George Sand à Alfred de Musset et à
+ Sainte-Beuve_ ont été publiées à la librairie Calmann-Lévy. 1897.
+ 1 vol. in-12.
+
+Mais, d'abord, adressons l'hommage de notre plus respectueuse
+gratitude à Mme Lardin de Musset, la soeur de «Lui»; à Mme Lina Sand,
+la veuve du fils d'«Elle», qui ont mis généreusement à notre
+disposition tous les documents qu'elles possèdent. Il nous faut
+remercier aussi M. Alexandre Tattet, qui nous a communiqué les lettres
+adressées à son frère.
+
+ * * * * *
+
+Alfred de Musset et George Sand se virent pour la première fois au
+mois d'avril ou de mai 1833. Écrivant l'un et l'autre à la _Revue des
+Deux-Mondes_, ils avaient naturellement l'occasion de se rencontrer;
+des amis communs, Sainte-Beuve surtout, firent le reste. Relations de
+courtoisie littéraire, d'abord: Alfred de Musset envoyait des vers à
+George Sand, _Après la lecture d'Indiana_, datés du 24 juin 1833[10],
+puis des fragments de son poème _Rolla_ qu'il écrivait en ce moment.
+Peu à peu leur intimité devint plus grande et George Sand adresse à
+Musset un exemplaire de _Lelia_ portant ces dédicaces:
+
+Tome I: «A Monsieur mon gamin d'Alfred, George.»
+
+Tome II: «A Monsieur le vicomte Alfred de Musset, hommage respectueux
+de son dévoué serviteur, George Sand.»
+
+Envoi auquel Musset répond: «Éprouver de la joie à la lecture d'une
+belle chose, faite par un autre, est le privilège d'une ancienne
+amitié. Je n'ai pas ces droits auprès de vous, madame; il faut
+cependant que je vous dise que c'est là ce qui m'est arrivé en lisant
+_Lélia_...»
+
+ [10] Cette poésie ne se trouve pas dans les OEuvres d'Alfred de
+ Musset, mais Paul de Musset l'a publiée dans la _Revue des
+ Deux-Mondes_ du 1er novembre 1878.
+
+[Illustration: George Sand, portrait-charge dessiné au crayon
+par Alfred de Musset.]
+
+Dans des stances burlesques fort connues, le _Songe du Reviewer ou
+Buloz consterné_, Musset chante les rédacteurs de la _Revue des
+Deux-Mondes_:
+
+ George Sand est abbesse
+ Dans un pays lointain;
+ Fontaney sert la messe
+ A Saint Thomas d'Aquin;
+ Fournier, aux inodores,
+ Présente le papier,
+ Et quatre métaphores
+ Ont étouffé Barbier.
+
+ Cette nuit, Lacordaire
+ A tué de Vigny;
+ Lherminier veut se faire
+ Grotesque à Franconi;
+ Planche est gendarme en Chine;
+ Magnin vend de l'onguent;
+ Le monde est en ruine:
+ Bonnaire est sans argent!!![11]
+
+ [11] Je cite ces deux dernières strophes, dont le texte publié
+ jusqu'à ce jour, est fort incorrect.
+
+Dans une autre pièce de vers, demeurée inédite, Alfred décrit
+familièrement les soirées de son amie:
+
+ George est dans sa chambrette,
+ Entre deux pots de fleurs,
+ Fumant sa cigarette,
+ Les yeux baignés de pleurs.
+
+ Buloz, assis par terre,
+ Lui fait de doux serments;
+ Solange, par derrière,
+ Gribouille ses romans.
+
+ Planté comme une borne,
+ Boucoiran[12] tout crotté
+ Contemple d'un oeil morne
+ Musset tout débraillé.
+
+ Dans le plus grand silence
+ Paul se versant du thé
+ Écoute l'éloquence
+ De Menard tout crotté.
+
+ Planche, saoul de la veille,
+ Est assis dans un coin
+ Et se cure l'oreille
+ Avec le plus grand soin.
+
+ La mère Lacouture[13]
+ Accroupie au foyer
+ Renverse une friture
+ Et casse un saladier.
+
+ De colère pieuse,
+ Gueroult tout palpitant
+ Se plaint d'une dent creuse
+ Et des vices du temps.
+
+ Pâle et mélancolique
+ D'un air mystérieux
+ Papet[14] pris de colique
+ Demande où sont les lieux.
+
+ [12] Précepteur de Maurice Sand.
+
+ [13] Femme de ménage de George Sand.
+
+ [14] Gustave Papet, ami de George Sand.
+
+Débraillé ou non, Musset dessine sur un album la charge des habitués
+de la maison, Rollinat, Gueroult, Mérimée, Dumas «charpentant un
+viol», Sainte-Beuve, qu'il appelle le «bedeau du temple de Gnide»,
+Buloz, et, après beaucoup d'autres, lui-même, en «ballade à la lune»,
+en «Don Juan allant emprunter dix sous», en «poète chevelu»[15], et,
+pour se faire pardonner ses caricatures, essaye un portrait plus
+sérieux de Lelia:
+
+ «Mon cher George,
+
+ «Vos beaux yeux noirs que j'ai outragés hier m'ont trotté dans la
+ tête ce matin. Je vous envoyé cette ébauche, toute laide qu'elle
+ est, par curiosité, pour voir si vos amis la reconnaîtront et si
+ vous la reconnaîtrez vous-même.
+
+ «Good night.--I am gloomy to-day.
+
+ «ALFD DE MUSSET.»
+
+ [15] Cet album de dessins d'Alfred de Musset, renferme huit
+ portraits de George Sand. M. A. Brisson a donné dans le _Temps_
+ du 4 novembre 1896 la description détaillée de plusieurs de ces
+ pages, qui sont en bonnes mains.--Maurice Sand a également
+ caricaturé les amis de sa mère; ses charges de A. Gueroult,
+ Buloz, Ch. Didier, etc., ont beaucoup de rapport avec celles
+ qu'en avait fait Alfred de Musset. George Sand a fait aussi
+ plusieurs caricatures de ses habitués.--A la même époque, le
+ poète s'est encore rendu coupable de certaine _Revue Romantique_,
+ absolument inconnue, «généralement attribuée à M. de
+ Chateaubriand», et que George Sand a consignée pages 79 et 80 de
+ son journal intime, _Sketches and Hints_.
+
+A la fin du mois d'août, ils sont amants[16]. Leur vie, durant cette
+période, est semblable à celle des peuples heureux et n'a pas
+d'histoire. Il suffit, à la rigueur, de lire ce qui est publié de la
+correspondance de George Sand et de Sainte-Beuve, dans le tome I des
+_Portraits contemporains_, édition de 1888, et ce que Paul de Musset
+raconte dans la _Biographie_ de son frère. On devine le reste. On nous
+permettra de ne pas les suivre avant leur voyage en Italie.
+
+ [16] Voir un fragment de lettre de George Sand à Sainte-Beuve,
+ publié par celui-ci dans les _Portraits contemporains_, nouvelle
+ édition. Paris, 1869, in-12, tome I, page 516.
+
+
+I
+
+VOYAGE EN ITALIE
+
+Le 12 décembre 1833, dans la soirée, Paul de Musset conduisit les deux
+voyageurs jusqu'à la malle-poste. Ils s'arrêtèrent à Lyon, où ils
+rencontrèrent Stendhal; à Avignon, Marseille[17], Gênes, et le 28 se
+trouvaient à Florence. Ce fut probablement pendant le court séjour
+qu'ils y firent qu'Alfred de Musset entreprit des recherches sur
+quelques-uns de ses ancêtres[18] et trouva ce fragment du livre XV des
+_Chroniques Florentines_ qui lui fournit le sujet de _Lorenzaccio_.
+
+ [17] Dans la _Correspondance_ de George Sand, tome I, pages 256
+ et 258, deux lettres d'elle sont publiées, écrites de cette ville
+ et datées, l'une du 18, l'autre du 20 décembre.
+
+ [18] Guillaume de Musset, seigneur de la Rousselière, du Prai, du
+ Lude, d'Ozouer-le-Breuil et de la Courtoisie, avait épousé le 9
+ novembre 1580, demoiselle Cassandre d'Epeigney, fille de Jean
+ d'Epeigney et de Cassandre de Salviati, dont l'aïeul, Bernard de
+ Salviati avait quitté Florence, appelé en France par Catherine de
+ Médicis, sa parente.
+
+De cette ville, les dates précises nous sont fournies par le passeport
+d'Alfred de Musset:
+
+ _Firenze, 28 Dic. 1833. Visto alla Legazione d'Austria per
+ Venezia._
+
+ _Firenze, 28 Dic. 1833. Visto buono per Bologna et Venezia.--G.
+ Molinari._
+
+ _Visto, buono per Bologna--Dellaca, 29 dicembre 1833._
+
+ _Bologna, 29 Dic. 1833. Per la continuazione del suo viaggio via
+ di Ferrara._
+
+ _Francolino. 30 Dic. 1833. Visto sortire._
+
+ _Rovigo, 30 Dic. 1833. Buono per Padova._
+
+ _Vu au Consulat de France à Venise. Bon pour séjour. Venise, te 19
+ janvier 1834.--Le consul de France: Silvestre de Sacy._
+
+Les divers incidents du voyage, qui, du reste, n'ont rien de
+particulier, sont racontés par George Sand dans son _Histoire de ma
+vie_, et par Paul de Musset dans la _Biographie_ de son frère. Alfred
+de Musset en a même consigné quelques épisodes sur un petit carnet de
+voyage, dessins faits à la hâte, mais qui représentent bien ce qu'ils
+veulent peindre: ce sont d'abord un vieux monsieur et une vieille
+dame, types de provinciaux probablement aperçus à travers les vitres
+d'une portière de diligence. Plus loin, un marchand de bibelots offre
+sa pacotille à nos deux voyageurs dont un troisième dessin nous donne
+les portraits. Ce sont ensuite la douane de Gênes, et, sur le bateau,
+la rencontre d'un voyageur trop bavard. Puis vient Stendhal, à
+Pont-Saint-Esprit: «Il fut là d'une gaieté folle, dit George Sand, se
+grisa raisonnablement, et dansant autour de la table avec ses grosses
+bottes fourrées»[19] fit l'admiration de la servante d'auberge. Voici
+maintenant George Sand se masquant le bas de la figure avec son
+éventail; un autre portrait de Stendhal; une tête de vieillard avec
+cette légende: «Il dottor Rebizzo»; et enfin, la dernière scène de la
+traversée: l'auteur, affalé sur le bord du bateau, paye son tribut à
+la mer, tandis que sa compagne fume gaillardement une cigarette: «Homo
+sum et nihil humani a me alienum puto»[20]. A cela vient se joindre un
+autre dessin, sur une feuille séparée, représentant «Il signor
+Mocenigo.»
+
+ [19] _Histoire de ma vie_, 5e partie, chapitre 3.
+
+ [20] Mme Arvède Barine, dans son livre sur Alfred de Musset,
+ avait déjà mentionné cet album, qu'il ne faut pas confondre avec
+ celui ayant appartenu à George Sand.
+
+A Gênes, George Sand avait senti les premières atteintes des fièvres
+du pays; son état ne fit que s'aggraver dans la suite du voyage, elle
+arriva malade à Venise.
+
+Les deux amants s'installèrent sur le quai des Esclavons, à l'hôtel
+Danieli, que tenait il signor Mocenigo. Jadis, lord Byron avait habité
+un palais sur le Grand Canal: «_Aveva tutto il palazzo, lord Byron_»,
+leur dit leur hôte. Ce souvenir du poète anglais est demeuré si vivace
+chez Alfred de Musset, que huit ans plus tard, on le retrouve dans son
+_Histoire d'un merle blanc_[21]: «J'irai à Venise et je louerai sur
+les bords du Grand Canal, au milieu de cette cité féerique, le beau
+palais Mocenigo, qui coûte quatre livres dix sous par jour: là, je
+m'inspirerai de tous les souvenirs que l'auteur de _Lara_ doit y avoir
+laissés».
+
+ [21] _Scènes de la vie privée et publique des Animaux._ Paris,
+ Hetzel, 1842. T. II, p. 362.
+
+Les premiers temps de leur séjour furent calmes; malgré son état
+maladif, George Sand accompagnait Musset, qui, tout en visitant la
+ville, prenait des notes sur les usages, sur les dénominations des
+lieux: nous avons de lui plusieurs pages d'adresses, de recettes
+culinaires, mots du dialecte vénitien, courtes notices sur des
+familles ou des noms célèbres à Venise, inscriptions copiées sur les
+monuments, tout cela pêle-mêle, au hasard des rencontres. Nous voyons
+là qu'ensemble ils visitèrent Chioggia, déjeunèrent au restaurant du
+Sauvage, à Venise, et se promenèrent dans les jardins de Saint Blaise,
+à la Zuecca:
+
+ A Saint Blaise, à la Zuecca,
+ Vous étiez, vous étiez bien aise,
+ A Saint Blaise;
+ A Saint Blaise, à la Zuecca,
+ Nous étions bien là!....[22]
+
+ [22] Publié dans les _Nouvelles Poésies_, avec la date de:
+ Venise, 3 février 1834.
+
+C'est probablement pendant l'une de ces promenades qu'Alfred de Musset
+recueillit cette chanson italienne, retrouvée dans ses papiers, que
+l'on peut rapprocher de la _Serenata_ du Dr Pagello, dont George Sand
+cite une version non signée dans sa _Deuxième lettre d'un voyageur_ et
+que M. le vicomte de Spoelberch a publiée en entier[23]:
+
+ LE FOU
+
+ Lascia, lascia, il cimitero
+ Siedi tosto a me d'accanto.
+ Tra la la! Quel loco e nero!
+ Vieni, vieni, io t'amo tanto!
+ Amor mio, vieni con me!
+ Povero me!
+
+ Oh! perche quel caro viso
+ Mi nascondi entro una fossa.
+ Tra la la! Voglio il tuo riso,
+ E mi mostri 'sol quel ossa?
+ Amor mio, vieni con me!
+ Povero me!
+
+ Ecco l'sole e dormi ognora!
+ Sorgi su! senti l'amante!
+ Tra la la! Che si t'adora,
+ Che si strugge a te davante!
+ Amor mio, vieni con me
+ Povero me!
+
+ Eri bella, ora sei brutta,
+ Fredda resti ai bacci miei!
+ Tra la la! Se mia sei tutta!
+ Che mi fa che morta sei!
+ Amor mio, vieni con me!
+ Povero me!
+
+_Traduction:_
+
+ Quitte, quitte le cimetière--Assieds-toi vite auprès de moi--Tra
+ la la! Ce lieu est noir--Viens, viens, je t'aime tant!--Mon amour,
+ viens avec moi!--Pauvre moi!
+
+ Oh! pourquoi ce cher visage--Se cache-t-il dans une tombe?--Tra la
+ la! je voudrais ton sourire!--Pourquoi ne me montrer que tes
+ os?--Mon amour, viens avec moi!--Pauvre moi!
+
+ Voici le soleil, et tu dors toujours!--Allons, lève-toi, entends
+ le bien aimé!--Tra la la! qui tellement t'adore--Qui fait tant
+ d'efforts pour aller au-devant de toi--Mon amour, viens avec
+ moi!--Pauvre moi!
+
+ Tu étais belle! A présent tu es laide!--Tu restes froide à mes
+ baisers!--Tra la la! Puisque tu es toute à moi--Que m'importe que
+ tu sois morte?--Mon amour, viens avec moi!--Pauvre moi!
+
+ [23] _Véritable Histoire de Elle et Lui._ Paris, C. Lévy, 1897, 1
+ vol. in-12, p. 36.--Cette Serenata avait déjà été imprimée dans
+ le _Corriere della Sera_ (Milan) du 29-30 janvier 1881; dans
+ _Racconti, Scene, Bozzetti_, etc... di Luigia Codemo, Trevise,
+ Zopelli, 1882. 2 vol. in-12. Tome I, p. 153; etc.
+
+Mais bientôt George Sand dut garder la chambre et son ami continua
+seul ses excursions.
+
+Alfred de Musset avait écrit plusieurs fois à sa mère depuis son
+départ: de Marseille, de Gênes, de Florence, puis de Venise. Les
+premières lettres parvinrent à leur adresse[24]; mais vers la fin de
+janvier, les nouvelles cessèrent brusquement. Mme de Musset s'en
+plaignit à son fils:
+
+
+ «Paris, ce jeudi, 13 février 1834.
+
+ «Il m'est impossible, mon cher enfant, de me rendre compte des
+ motifs que tu peux avoir pour me laisser si longtemps sans
+ nouvelles, après la promesse que tu m'avais faite de m'éviter au
+ moins ce chagrin là. Tu connais ma facilité malheureuse à
+ m'inquiéter; si tu lui laisses un libre cours, je ne puis pas
+ prévoir où elle me conduira. Ces jours derniers, Hermine[25] était
+ malade, elle a pris un rhume en sortant d'un bal chez Mme
+ Hennequin, qui nous avait invitées. Je veillais près d'elle et
+ passais de longues nuits, que l'incertitude de ta position, de ta
+ santé, rendaient bien tristes. Le matin, j'avais une fièvre
+ nerveuse, la tête me tournait, il me semblait que j'allais devenir
+ folle; je pleurais, je marchais à grands pas dans ma chambre,
+ cherchais quel moyen je pourrais imaginer pour me procurer de tes
+ nouvelles. Enfin, j'ai supplié Paul[26], après plusieurs jours de
+ cet état intolérable, d'aller voir Buloz et de savoir de lui si
+ quelqu'un des amis de Mme Sand avait eu de ses nouvelles.
+ Heureusement Buloz avait reçu une lettre de toi, datée du 27
+ janvier; Paul m'a calmé le sang en me rapportant cette nouvelle.
+ Je ne suis plus malade, mais je suis bien triste; car il faut que
+ tu aies des raisons pour me laisser dans une pareille inquiétude,
+ si tu n'es pas malade, ce que cette lettre à Buloz ne prouve
+ nullement, puisque je ne l'ai pas lue; au moins, tu es ennuyé,
+ lui-même l'a dit à Paul; tu ne te plais plus à Venise, peut-être
+ en es-tu parti; je t'écris à tout hasard; ma lettre ne te
+ parviendra probablement pas, mais c'est le moindre de mes soucis.
+ Je me soulage en t'écrivant; il me semble au moins, pendant que je
+ promène ma plume sur ce papier, que tu m'entends et que tu vas te
+ hâter de soulager mon ennui en m'écrivant bien vite. Fais-le, mon
+ bon fils, si cette lettre arrive jusqu'à toi et surmonte la
+ paresse ou le malaise qui t'en a empêché depuis six semaines, car
+ il y a réellement tout ce temps que je n'ai reçu un mot de toi. La
+ dernière [lettre], qui m'a fait tant de plaisir, est datée du 6
+ janvier; je l'ai relue bien des fois, mais maintenant je ne puis
+ plus la relire, elle me fait mal, car cette phrase par laquelle tu
+ la termines: «Ne crains pas, ma chère mère, il t'en coûtera des
+ ports de lettres...» etc.: n'y a-t-il pas dans cette assurance de
+ quoi faire naître les plus vives inquiétudes? Car, qui peut te
+ détourner d'une si bonne et si chère résolution, que des accidents
+ graves ou un état d'abattement causé par la maladie? Je sens, mon
+ cher enfant, que si rien de tout cela n'existe, je vais l'ennuyer
+ par mes doléances; mais figure toi un peu ce que c'est que d'être
+ à trois cents lieues de son fils chéri, et de ne savoir à quels
+ saints se vouer pour savoir s'il existe ou s'il est mort,
+ assassiné, noyé, que sais-je? Il y a de quoi en perdre l'esprit et
+ c'est ce que je fais.
+
+ «Nous avons passé un triste carnaval.... (Détails sur les bals où
+ elle était invitée avec sa fille.)
+
+ «Je ne sais pas si tu as reçu les deux lettres que je t'ai
+ adressées à Venise? La première était adressée poste restante, à
+ Venise; la seconde, quai des Esclavons ou bureau restant. Mais
+ j'avais mis sur l'adresse _Monsieur de Musset_ sans le prénom
+ d'_Alfred_; je crains que si tu l'as été chercher on ne te l'ait
+ pas donnée. Enfin je me persuade que tu n'as pas reçu mes lettres,
+ puisque tu n'as répondu à aucune. Celle-ci sera-t-elle plus
+ heureuse? Cela est fort douteux. Fais réclamer les autres si on ne
+ te les a pas encore données. Il faudrait y aller toi-même, car on
+ ne les donne pas à d'autres qu'à la personne même à laquelle elles
+ sont adressées.
+
+ «Mais cela est du bavardage, tu le sais aussi bien que moi.
+
+ «Je te quitte en t'embrassant bien tendrement; ton frère et ta
+ soeur en font autant, mais personne au monde ne t'aime comme
+
+ «Ta mère.»
+
+ [24] Ces lettres, qui étaient entre les mains de Paul de Musset,
+ ont disparu, et ne se sont pas retrouvées parmi les papiers
+ laissés par Mme Paul de Musset.
+
+ [25] La soeur d'Alfred de Musset.
+
+ [26] Le frère aîné d'Alfred.
+
+Ce n'était ni la paresse ni la maladie qui empêchaient Alfred de
+Musset de donner de ses nouvelles; il écrivait régulièrement et
+confiait ses lettres à un gondolier, nommé Francesco, pour les porter
+à la poste avec l'argent nécessaire à leur affranchissement: mais
+Francesco dépensait l'argent au cabaret et jetait la lettre à l'eau.
+
+
+II
+
+A VENISE
+
+Il y avait un peu plus d'un mois que les deux amants étaient à Venise,
+quand éclata la crise terrible dont s'est ressentie leur vie entière:
+fatigué au physique et au moral par le voyage, affaibli par le climat,
+ennuyé de cette compagne toujours malade qui lui faisait si triste
+figure, Alfred de Musset devint nerveux, irritable, s'emportant à la
+moindre contradiction, au moindre obstacle; George Sand, que la fièvre
+rendait non moins irascible et maussade, reçut mal ses observations ou
+ses doléances: de là ces querelles qui firent de leur chambre d'hôtel
+un enfer. Ce ne fut pas leur faute, il ne faut les accuser ni l'un ni
+l'autre: le milieu seul fut coupable. Et puis, sans vouloir en
+convenir avec eux-mêmes, ils commençaient malgré eux à sentir que leur
+beau rêve était irréalisable et que l'amour idéal ne se trouvait pas
+sur terre. C'est alors qu'Alfred de Musset fut à son tour atteint par
+la fièvre; et dans l'état d'excitation où il vivait, le mal ne fit pas
+chez lui de lents progrès comme chez George Sand: il l'abattit d'un
+seul coup. George Sand éperdue, ne sachant où donner de la tête, manda
+par une lettre pressante[27] un jeune médecin, qui, peu de temps
+auparavant, l'avait soignée pour une migraine, le docteur Pierre
+Pagello:
+
+ «...E mi pregava di accorrer subito, e, se lo credessi opportuno,
+ di condur meco un altro medico, per consultare, trattandosi d'un
+ uomo di grande ingegno poetico e di un individuo che cio che di
+ meglio amava sulla terra. Accorsi subito e mi associai al dottor
+ Zuanon, valentissimo giovane e collega, assistente all'ospitale
+ dei S.S. Giovanni e Paolo. Abbiamo diagnosticata la malattia per
+ febbre tifoidea nervosa.....»[28].
+
+ «...Elle me priait de venir aussitôt, et, si je le jugeais
+ opportun, d'amener avec moi un autre médecin pour une
+ consultation; il s'agissait d'un homme d'un grand génie poëtique,
+ d'une personne qui était ce qu'elle aimait le mieux sur la terre.
+ J'accourus de suite et m'adjoignis le docteur Zuanon, jeune homme
+ fort remarquable et mon collègue, assistant à l'hôpital des Saints
+ Jean et Paul. Nous avons diagnostiqué la maladie: une fièvre
+ typhoïde nerveuse....»
+
+ [27] Cette lettre a été publiée par M. le vicomte de Spoelberch
+ de Lovenjoul (_Cosmopolis_). Le docteur Cabanes a écrit dans la
+ _Revue Hebdomadaire_ une très curieuse étude sur les relations de
+ George Sand, Pagello et Alfred de Musset; son récit diffère
+ quelque peu du nôtre dans les détails, mais le fond de l'histoire
+ est le même.
+
+ [28] Extrait d'une lettre du Dr Pagello, publiée dans le
+ _Corriere della sera_, de Milan, du 29-30 janvier 1881.
+
+Pagello vint et remplaça avantageusement un vieux médecin qui, nous ne
+savons comment, se trouvait au chevet de Musset, dès le début de sa
+maladie, le docteur Rebizzo[29].
+
+ [29] M. Raffaello Barbiera, dans l'_Illustrazione Italiana_ du 15
+ novembre 1896, répond à cette allégation: «_La Revue de Paris_ e
+ altre reviste scambiano il Rebizzo con un decrepito, tremebundo
+ chirurgo, che s'era provato invano, a Venezzia, ad aprir la vena
+ di Alfredo de Musset malato di febbre cerebrale. Quel tremante
+ salassatore era, invece, un provero avanzo della Republica
+ Veneta, certo Santini, piu che ottuagenario.» Je me suis appuyé
+ pour donner ce nom de Rebizzo sur le dessin de l'album d'Alfred
+ de Musset représentant un vieillard, une lancette entre les
+ lèvres, la tête recouverte d'une perruque à longs cheveux et qui
+ prononce ces paroles: «Non v'e arteria!». Sous le dessin, ce nom,
+ écrit par Paul de Musset: «Il dottor Rebizzo.»
+
+Pagello ordonna des compresses d'eau glacée et une potion calmante:
+
+ _Aq. ceras nigr_ [Greek: x] _ij_
+ _Laud. liquid. Sydn. gutt_ _XX_
+ _Aq. coob. laur. ceras, gutt_ _XV_
+
+ _Dr PAGELLO._
+
+Autrement dit:
+
+ Eau de cerises noires 1 once, 2 gros.
+ Laudanum liquide de Sydenham 20 gouttes.
+ Eau distillée de laurier cerise 15 gouttes.
+
+[Illustration: Fac-similé de l'Ordonnance du docteur Pagello.]
+
+Pendant plus de huit jours, le poète fut soigné avec un admirable
+dévouement par George Sand et Pagello qui ne quittèrent pas son
+chevet:
+
+ «....Par instants les sons de leurs voix me paraissaient faibles
+ et lointains; par instants ils résonnaient dans ma tête avec un
+ bruit insupportable. Je sentais des bouffées de froid monter du
+ fond de mon lit, une vapeur glacée, comme il en sort d'une cave ou
+ d'un tombeau, me pénétrer jusqu'à la moelle des os. Je conçus la
+ pensée d'appeler, mais je ne l'essayai même pas, tant il y avait
+ loin du siège de ma pensée aux organes qui auraient dû l'exprimer.
+ A l'idée qu'on pouvait me croire mort et m'enterrer avec ce reste
+ de vie réfugié dans mon cerveau, j'eus peur, et il me fut
+ impossible d'en donner aucun signe. Par bonheur, une main, je ne
+ sais laquelle, ôta de mon front une compresse d'eau froide que
+ j'avais depuis plusieurs jours et je sentis un peu de chaleur.
+ J'entendis mes deux gardiens se consulter sur mon état, ils
+ n'espéraient plus me sauver.......»[30].
+
+ [30] Relation de ce qui s'est passé à Venise, par Paul de Musset,
+ manuscrit inédit.--Voir un peu plus loin.
+
+«Le 5 février, George Sand écrivait à Boucoiran: «...Je viens
+d'annoncer à Buloz l'état d'Alfred, qui est fort alarmant ce
+soir......» Et le 8, au même: «.....La maladie suit son cours sans de
+trop mauvais symptômes, mais non pas sans symptômes alarmants......
+Heureusement j'ai trouvé enfin un jeune médecin excellent, qui ne le
+quitte ni jour ni nuit et qui lui administre des remèdes d'un très bon
+effet...... Gardez toujours un silence absolu sur la maladie d'Alfred
+et recommandez le même silence à Buloz......»
+
+A des crises nerveuses d'une violence extrême, succédait cette
+léthargie qui ressemblait à la mort. Le neuvième ou le dixième jour,
+Musset, comme s'il sortait d'un rêve, ouvrit les yeux en poussant un
+léger cri, et reconnut les deux personnes présentes: «.....J'essayai
+alors de tourner ma tête sur l'oreiller et elle tourna. Pagello
+s'approcha de moi, me tâta le poulx et dit: «Il va mieux; s'il
+continue ainsi, il est sauvé.....»[31]. Musset était hors de danger,
+en effet, mais il s'en fallait de beaucoup qu'il fût guéri: dans une
+lettre adressée à George Sand, datée du 4 avril 1834, il dit que cette
+crise a duré dix-huit jours.
+
+ [31] Extrait de la même relation de Paul de Musset.
+
+Ici nous sommes obligé de toucher un point délicat: pendant cette
+période aiguë de sa maladie, Alfred de Musset a-t-il réellement vu ou
+s'est-il imaginé voir George Sand entre les bras de Pagello?
+
+Dans une relation datée de décembre 1852, écrite entièrement de sa
+main, Paul de Musset déclare que son frère lui a toujours dit l'avoir
+_vue_, pendant qu'il était étendu sur son lit de douleur, mais sans
+pouvoir préciser le moment: «En face de moi, je voyais une femme
+assise sur les genoux d'un homme, elle avait la tête renversée en
+arrière..... Je vis les deux personnes s'embrasser.» Et plus loin: «Le
+soir même ou le lendemain, Pagello s'apprêtait à sortir, lorsque
+George Sand lui dit de rester et lui offrit de prendre le thé avec
+elle..... En les regardant prendre leur thé, je m'aperçus qu'ils
+buvaient l'un après l'autre dans la même tasse.» Mais c'est Paul qui a
+écrit cela et non Alfred, et pas une ligne d'Alfred ne fait allusion à
+ce fait; il reproche bien des choses à sa maîtresse, mais jamais cela.
+
+Il ne nous paraît guère possible d'admettre que George Sand, épuisée
+par les veilles, malade elle-même, se soit donnée à un autre homme
+sous les yeux de celui qu'elle soignait avec un dévouement sans
+bornes. Toute sa vie, elle a protesté contre cela; elle s'est
+défendue, non pas d'avoir été la maîtresse de Pagello, mais de l'être
+devenue dans les circonstances que voilà.--Je parle du fait matériel
+et non de la _déclaration_ adressée par elle à Pagello et signalée par
+le docteur Cabanès. Le meilleur moyen de détruire cette légende, ne
+serait-il pas de publier la correspondance des deux amants? Mais une
+correspondance complète, et non des lettres tronquées comme celles qui
+circulent sous main.
+
+D'autre part, madame Tattet, lorsqu'elle me fit l'honneur de me
+recevoir, m'a déclaré que son mari lui avait toujours dit que c'était
+lui, Alfred Tattet, qui s'était aperçu de l'intimité existant entre G.
+Sand et le docteur, ce dont il avait averti Alfred de Musset déjà
+convalescent. Musset, qui n'avait jamais eu la moindre _Vision_ au
+sens où l'entend son frère, entra dans une rage folle à cette
+nouvelle; il voulut se lever pour tuer G. Sand et Pagello; Tattet
+parvint à le calmer, et il se contenta de provoquer Pagello en duel.
+C'est à cela que G. Sand fait évidemment allusion dans la lettre
+qu'elle adressa le 24 août 1838 à Alfred Tattet: «...Je trouvais
+légitime que vous me préférassiez votre ami; et, après tout, vous me
+rendiez un plus grand service que de me garder le secret, car vous
+l'empêchiez de se battre et je n'eusse pas voulu payer votre silence
+au prix de la moindre goutte de son sang....» Enfin, G. Sand parvint à
+illusionner Alfred de Musset et à lui persuader que Tattet avait mal
+vu. Cela ne vous semble-t-il pas plus vraisemblable que le récit
+alambiqué de Paul de Musset?
+
+Cette même relation de Paul de Musset parle aussi d'une querelle
+survenue pendant la convalescence d'Alfred. Une nuit, Alfred surprit
+George écrivant sur ses genoux; il voulut savoir ce qu'elle disait
+dans cette lettre et à qui elle l'adressait. George Sand refusa toute
+explication et plutôt que de lui remettre son papier, elle le lança
+par la fenêtre. Alfred de Musset fut convaincu par cela seul qu'elle
+écrivait à Pagello pour lui donner un rendez-vous.--Nous parlons
+toujours d'après Paul de Musset.
+
+Dans une note jointe à une lettre d'Alfred de Musset, datée du 30
+avril 1834, George Sand affirme qu'elle donnait simplement des
+nouvelles d'Alfred à Pagello et qu'elle ne voulut pas lui faire voir
+le billet parce qu'elle y parlait de folie: «Plus tard, _elle_
+consentit, à Paris, «_à lui_ remettre cette fameuse lettre»; car,
+Alfred de Musset parti, elle descendit aussitôt dans la rue où elle la
+retrouva.
+
+Or, il y a, dans les papiers d'Alfred de Musset, une _Canzonetta nuova
+supra l'Elisire d'Amore_, qui répond en tous points à la pièce décrite
+par George Sand dans la note citée plus haut: c'est une sorte de
+placard de quatre pages, imprimé à Venise, sur mauvais papier, et qui
+se vendait quelques sous dans la rue. Au dos de cette romance, on lit
+cette phrase écrite, au crayon, par George Sand: «_Egli e stato molto
+male questa notte, poveretto! credeva si vedere fantasmi intorno al
+suo letto, e gridava sempre: Son matto_, je deviens fou. _Temo molto
+per la sua ragione. Bisogna sapere dal gondoliere se non ha bevuto
+vino di Cipro, nella gondola, ieri. Se forse ubri....._» C'est-à-dire:
+«Il s'est trouvé très mal cette nuit, le pauvre! Il croyait voir des
+fantômes autour de son lit et criait sans cesse: _Je suis fou, je
+deviens fou._ Je crains beaucoup pour sa raison. Il faut savoir du
+gondolier s'il n'a pas bu du vin de Chypre, en gondole, hier. Si
+peut-être il était gris.....» George Sand ajoute: «La phrase devait
+probablement se terminer ainsi: _S'il n'était que gris, cela ne serait
+pas si inquiétant._ Il éprouvait un insurmontable besoin de relever
+ses forces par des excitants, et deux ou trois fois, malgré toutes les
+précautions, il réussit à boire en s'échappant, sous prétexte de
+promenade en gondole. Chaque fois, il eut des crises épouvantables, et
+il ne fallait pas en parler au médecin devant lui, car il s'emportait
+sérieusement contre ces révélations.»
+
+On était alors aux premiers jours de mars; un secours inattendu arriva
+aux malheureux voyageurs. M. Alfred Tattet visitait l'Italie, en
+compagnie d'une personne dont le nom fut célèbre au théâtre[32]; il
+fit un détour pour venir voir à Venise son ami Alfred de Musset, qu'il
+croyait en bonne santé. Il le trouva revenant à la vie; lui aussi se
+fit garde-malade et ils furent trois au lieu de deux:
+
+«...J'ai tâché pendant mon séjour à Venise, écrivait-il à
+Sainte-Beuve, de procurer quelques distractions à Madame Dudevant, qui
+n'en pouvait plus; la maladie d'Alfred l'avait beaucoup fatiguée. Je
+ne les ai quittés que lorsqu'il m'a été bien prouvé que l'un était
+tout à fait hors de danger et que l'autre était entièrement remise de
+ses longues veilles.....»[33].
+
+ [32] Je n'avais pas cru devoir donner le nom de Mlle Dejazet par
+ égard pour Mme Tattet. M. Mariéton ayant trouvé ce nom dans _mes_
+ notes s'est empressé de le publier.
+
+ [33] Cette lettre, datée de Florence, 17 mars 1834, a été publiée
+ par M. le Vicomte de Spoelberch de Lovenjoul (_Cosmopolis_).
+
+Un billet de George Sand vient confirmer cette lettre:
+
+
+ «_A Monsieur Alfred Tattet, hôtel de l'Europe._
+
+ «Alfred ne va pas mal; nous irons au spectacle si vous voulez.
+ Mais guérissez-vous de votre rhume et soignez-vous.
+
+ «Tout à vous.
+
+ «GEORGE.»
+
+Dès qu'il avait pu le faire, Alfred de Musset avait écrit à sa mère
+pour lui dire son état et lui annoncer son retour: «Je vous
+apporterai un corps malade, une âme abattue, un coeur en sang, mais
+qui vous aime encore.»[34].
+
+ [34] _Biographie_, p. 129.
+
+Voici la réponse de Mme de Musset:
+
+
+ «Paris, 17 mars 1834.
+
+ «Oh! mon pauvre fils! mon pauvre fils! Quel fatal voyage tu as
+ fait là! Et quelle affreuse maladie! Ta lettre m'a bouleversée;
+ j'en, suis restée trois heures sans pouvoir parler. D'après le
+ traitement qu'on t'a fait subir, ton frère conclut que tu as eu
+ une fièvre cérébrale. Pour moi, je me perds dans les conjectures
+ les plus sinistres pour deviner quelle complication de maladies a
+ pu l'assaillir, toi si sain, si fort jusque-là, et qui n'as jamais
+ fait sous mes yeux ce qu'on peut appeler une maladie. Je suis
+ persuadée que le malsain climat dans lequel vous êtes allés vous
+ fixer a contribué à ton malheur. Venise est inhabitable une grande
+ partie de l'année; je voudrais à tout prix t'en savoir dehors. Il
+ ne faut pas cependant que tu te mettes en route pour la France
+ avant que ta pauvre santé soit consolidée; tu n'aurais pas la
+ force de supporter le voyage et une rechute serait plus dangereuse
+ encore. Mais si tu t'en sens la force, tâche d'aller passer ta
+ convalescence loin de Venise, elle en sera plus courte et plus
+ sûre. J'ai une bien grande reconnaissance pour Madame Sand et pour
+ tous les soins qu'elle t'a donnés. Que serais-tu devenu sans elle?
+ C'est affreux à penser. J'étais, lorsque j'ai reçu ta lettre, dans
+ une inquiétude impossible à exprimer. J'avais été jeudi chez
+ Buloz, qui venait de recevoir une lettre de Madame Sand; il ne
+ voulait pas me la montrer et il feignait de l'avoir perdue. Il
+ avait imprudemment lâché le mot d'indisposition: Alfred a une
+ indisposition! Il n'en fallait pas tant pour me faire deviner la
+ vérité, l'horrible vérité; et je suis sortie de chez lui plus
+ morte que vive.
+
+ «Je n'ai pas besoin de te dire, mon bien cher enfant, que tout ce
+ que tu désires de changements dans notre appartement sera fait de
+ suite...... (Description des modifications à opérer)...... Si ce
+ projet te convient, écris-le moi, je le ferai exécuter avant ton
+ retour, pour t'éviter l'ennui des ouvriers, autrement, nous
+ attendrons ton retour et je me bornerai à faire ce que tu me
+ demandes.
+
+ «Je te supplie de m'écrire lettres sur lettres, mon cher enfant;
+ tu comprends combien cela m'est nécessaire en ce moment. Je suis
+ si malheureuse, si tourmentée! Ton frère et ta soeur sont bien
+ inquiets aussi. J'ai appris avec plaisir que M. Tattet est avec
+ vous; ce te sera une distraction agréable: un ami est bien
+ précieux à trois cents lieues de tous les siens.
+
+ «Nous nous portons tous bien, à l'inquiétude près, qui est un mal
+ insupportable pour moi. Je t'embrasse, mon cher fils, de toute mon
+ âme et t'aime plus que ma vie.
+
+ «Ta mère
+
+ «EDMÉE.»
+
+ «Tu ne m'as pas donné d'adresse positive et pas dit si tu as reçu
+ une seule de mes lettres; de sorte que je crains toujours qu'elles
+ ne te soient pas parvenues.»
+
+Le timbre d'arrivée à Venise porte la date du 25 mars. A cette époque,
+Alfred de Musset était donc suffisamment rétabli pour sortir et aller
+lui-même chercher ses lettres à la poste.
+
+D'autre part, George Sand écrivait à Alfred Tattet, qui lui demandait
+des nouvelles:
+
+ «Votre lettre me fait beaucoup plaisir, mon cher monsieur Alfred,
+ et je suis charmée que vous me fournissiez l'occasion de deux
+ choses. D'abord de vous dire qu'Alfred, sauf un peu moins de force
+ dans les jambes et de gaieté dans l'esprit, est presque aussi bien
+ portant que dans l'état naturel. Ensuite de vous remercier de
+ l'amitié que vous m'avez témoignée et des moments agréables que
+ vous m'avez fait passer en dépit de toutes mes peines. Je vous
+ dois les seules heures de gaieté et d'expansion que j'aie goûtées
+ dans le cours de ce mois si malheureux et si accablant. Vous en
+ retrouverez de meilleures dans votre vie; quant à moi, Dieu sait
+ si j'en rencontrerai jamais de supportables. Je suis toujours dans
+ l'incertitude où vous m'avez vue, et j'ignore absolument si ma
+ vieille barque ira échouer en Chine, ou à toute autre morgue,
+ _questo non importa_, comme dirait notre ami Pagello, et je vous
+ engage à vous en soucier fort peu. Gardez-moi seulement un bon
+ souvenir du peu de temps que nous avons passé à bavarder au coin
+ de mon feu, dans les loges de la Fenice et sur les ponts de
+ _Venezia la Bella_, comme vous dites si élégamment. Si quelqu'un
+ vous demande ce que vous pensez de la féroce Lélia, répondez
+ seulement qu'elle ne vit pas de l'eau des mers et du sang des
+ hommes, en quoi elle est très inférieure à Han d'Islande; dites
+ qu'elle vit de poulet bouilli, qu'elle porte des pantoufles le
+ matin et qu'elle fume des cigarettes de Maryland. Souvenez-vous
+ tout seul de l'avoir vue souffrir et de l'avoir entendue se
+ plaindre, comme une personne naturelle.--Vous m'avez dit que cet
+ instant de confiance et de sincérité était l'effet du hasard et du
+ désoeuvrement. Je n'en sais rien, mais je sais que je n'ai pas eu
+ l'idée de m'en repentir, et qu'après avoir parlé avec franchise
+ pour répondre à vos questions, j'ai été touchée de l'intérêt avec
+ lequel vous m'avez écoutée. Il y a certainement un point par
+ lequel nous nous comprenons: c'est l'affection et le dévouement
+ que nous avons pour la même personne. Qu'elle soit heureuse, c'est
+ tout ce que je désire désormais. Vous êtes sûr de pouvoir
+ contribuer à son bonheur, et moi, j'en doute pour ma part. C'est
+ en quoi nous différons et c'est en quoi je vous envie. Mais je
+ sais que les hommes de cette trempe ont un avenir et une
+ providence. Il retrouvera en lui-même plus qu'il ne perdra en moi;
+ il trouvera la fortune et la gloire, moi je chercherai Dieu et la
+ solitude.
+
+ «En attendant, nous partons pour Paris dans huit ou dix jours, et
+ nous n'aurons pas, par conséquent, le plaisir de vous avoir pour
+ compagnon de voyage. Alfred s'en afflige beaucoup, et moi, je le
+ regrette réellement. Nous aurions été tranquilles et _allegri_
+ avec vous, au lieu que nous allons être inquiets et tristes. Nous
+ ne savons pas encore à quoi nous forcera l'état de sa santé
+ physique et morale. Il croit désirer beaucoup que nous ne nous
+ séparions pas et il me témoigne beaucoup d'affection. Mais il y a
+ bien des jours où il a aussi peu de foi en son désir que moi en ma
+ puissance, et alors, je suis près de lui entre deux écueils: celui
+ d'être trop aimée et de lui être dangereuse sous un rapport, et
+ celui de ne pas l'être assez, sous un autre rapport, pour suffire
+ à son bonheur. La raison et le courage me disent donc qu'il faut
+ que je m'en aille à Constantinople, à Calcutta ou à tous les
+ diables. Si quelque jour il vous parle de moi et qu'il m'accuse
+ d'avoir eu trop de force ou d'orgueil, dites-lui que le hasard
+ vous a amené auprès de son lit dans un temps où il avait la tête
+ encore faible, et qu'alors, n'étant séparé des secrets de notre
+ coeur que par un paravent, vous avez entendu et compris bien des
+ souffrances auxquelles vous avez compati. Dites-lui que vous avez
+ vu la vieille femme répandre sur ses tisons deux ou trois larmes
+ silencieuses, que son orgueil n'a pas pu cacher. Dites-lui qu'au
+ milieu des rires que votre compassion ou votre bienveillance
+ cherchait à exciter en elle, un cri de douleur s'est échappé une
+ ou deux fois du fond de son âme pour appeler la mort.
+
+ «Mais je vous ennuye avec mes bavardages, et peut-être vous aussi,
+ vous pensez que, par habitude, j'écris des phrases sur mon
+ chagrin. Cette crainte là est ce qui me donne ordinairement de la
+ force et une apparence de dédain. Je sais que je suis entachée de
+ la désignation de _femme de lettres_, et, plutôt que d'avoir l'air
+ de consommer ma marchandise littéraire par économie dans la vie
+ réelle, je tâche de dépenser et de soulager mon coeur dans les
+ fictions de mes romans; mais il m'en reste encore trop, et je n'ai
+ pas le droit de le montrer sans qu'on en rie. C'est pourquoi je le
+ cache; c'est pourquoi je me consume et mourrai seule, comme j'ai
+ vécu. C'est pourquoi j'espère qu'il y a un Dieu qui me voit et qui
+ me sait, car nul homme ne m'a comprise, et Dieu ne peut pas avoir
+ mis en moi un feu si intense pour ne produire qu'un peu de
+ cendres.
+
+ «Ensuite, il y a des gens qui prennent tout au sérieux, même la
+ Mort, et qui vous disent: «Cela ne peut pas être vrai, on ne peut
+ pas plaisanter et souffrir, on ne peut pas mourir sans frayeur, on
+ ne peut pas déjeuner la veille de son enterrement.» Heureux ceux
+ qui parlent ainsi. Ils ne meurent qu'une fois et ne perdent pas le
+ temps de vivre à faire sur eux-mêmes l'éternel travail de
+ renoncement, ce qui est, après tout, la plus stupide et la plus
+ douloureuse des opérations.
+
+ «A propos d'opérations, _l'illustrissimo professore Pagello_ vous
+ adresse mille compliments et amitiés. Je lui ai traduit
+ servilement le passage sombre et mystérieux de votre lettre où il
+ est question de lui et de mademoiselle Antonietta, sans y ajouter
+ le moindre point d'interrogation, sans chercher à soulever le
+ voile qui recouvre peut-être un abîme d'iniquités. Le docteur
+ Pagello a souri, rougi, pâli; les veines colossales de son front
+ se sont gonflées, il a fumé trois pipes; ensuite, il a été voir
+ jouer un opéra nouveau de Mercadante, à la Fenice; puis il est
+ revenu, et, après avoir pris quinze tasses de thé, il a poussé un
+ grand soupir, et il a prononcé ce mot mémorable que je vous
+ transmets aveuglément pour que vous l'appliquiez à telle question
+ qu'il vous plaira: _Forse!_
+
+ «Ensuite, je lui ai dit que vous pensiez beaucoup de bien de lui,
+ et il m'a répondu qu'il en pensait au moins autant de vous, que
+ vous lui plaisiez _immensamente_ et qu'il était bien fâché que
+ vous ne vous fussiez pas cassé une jambe à Venise, parce qu'il
+ aurait eu le plaisir de vous la remettre et de vous voir plus
+ longtemps. J'ai trouvé que son amitié allait trop loin, mais j'ai
+ partagé son regret de vous avoir si tôt perdu.
+
+ «Je n'écris pas à Sainte-Beuve parce que je ne me sens pas le
+ courage de parler davantage de mes chagrins, et qu'il m'est
+ impossible de feindre avec lui une autre disposition que celle où
+ je suis. Mais si vous lui écrivez, remerciez-le pour moi de
+ l'intérêt qu'il nous porte. Sainte-Beuve est l'homme que j'estime
+ le plus; son âme a quelque chose d'angélique et son caractère est
+ naïf et obstiné comme celui d'un enfant. Dites-lui que je l'aime
+ bien; je ne sais pas si je le verrai à Paris; je ne sais pas si je
+ le reverrai jamais.
+
+ «Ni vous non plus, mon cher; mais pensez à moi quelquefois, et
+ tâchez d'en penser un peu de bien avec ceux qui n'en penseront pas
+ trop de mal. Je ne vous dis rien de la part d'Alfred, je crois
+ qu'il vous écrira de son côté. Amusez-vous bien, courez, admirez
+ et surtout ne tombez pas malade.
+
+ T. à v.
+
+ «GEORGE SAND.»
+
+ 22 mars [1834].
+
+ «Écrivez-moi à Paris, quai Malaquais, 19, si vous avez quelque
+ chose à me dire.»
+
+
+III
+
+RETOUR D'ITALIE
+
+Le 22 mars 1834, il était donc décidé que George Sand et Alfred de
+Musset revenaient ensemble à Paris; mais le 28, tout était changé: les
+troisième, quatrième et cinquième chapitres de la dernière partie de
+la _Confession d'un Enfant du siècle_ donnent une idée de ce qui a dû
+se passer durant ces quelques jours. Musset, apparemment, crut faire
+acte de grandeur d'âme et de générosité en partant seul, laissant
+George Sand en compagnie de Pagello.
+
+Avant de le quitter, ses «deux grands amis» remirent au voyageur un
+petit portefeuille portant ces deux dédicaces autographes[35]. Sur la
+première page:
+
+ A son bon camarade, frère et ami Alfred
+ Sa maîtresse George
+ Venise 28 mars 1834.
+
+sur la dernière:
+
+ _Pietro Pagello
+ Raccomanda
+ Mr Alfred de Musset
+ A Pietro Pirzio
+ Ingegnesi
+ A Vincenzo Stefanelli
+ A Mr J. R. Aggiunta._
+
+ [35] Ce carnet a soixante-douze feuillets. Sur le premier, envoi
+ de George Sand. Les feuillets 3 à 12 portent des notes
+ manuscrites d'Alfred de Musset: maximes, extraits de divers
+ auteurs: Sénèque, Pindare, Marc-Aurèle, Homère, Byron, etc...;
+ d'autres encore, français, anglais, italiens.
+
+ Les feuillets 2, 15 à 48, 57 à 71 sont restés blancs.
+
+ Les feuillets 13, 14, 49 à 56 sont arrachés. Sur les fragments qui
+ en restent, on distingue des traces d'écriture au crayon.
+
+ Sur le feuillet 72 et dernier, envoi de Pagello, écrit en sens
+ inverse des autres pages. C'est de ce carnet qu'il s'agit dans la
+ lettre d'Alfred de Musset à George Sand, datée du 15 juin 1834.
+
+[Illustration: Fac-similé de la Dédicace écrite par George Sand
+sur le carnet d'Alfred de Musset.]
+
+[Illustration: Fac-similé de la Dédicace écrite par Pierre Pagello
+sur le carnet d'Alfred de Musset.]
+
+Alfred de Musset quitta Venise dans la journée ou dans la soirée du 29
+mars 1834; son passeport nous fournit encore des indications précises:
+
+ _Venezia, 28 marzo 1834. Dir Gen. di Poli. Buono per Milano._
+
+ _Vu au Consulat de France à Venise. Bon pour se rendre à Paris.
+ Venise, 29 mars 1834. Le Consul de France: Silvestre de Sacy._
+
+ _Visto al Comando. Arona, 1 aprile 1834._
+
+ _Vu au Pont Saint Maurice, le 3 avril 1834, allant en France._
+
+ _Vu à Genève, le 5 avril 1834. Bon pour Paris._
+
+ _Vu à Bellegarde, le 6 avril 1834._
+
+Il était accompagné par une sorte de domestique, nommé Antonio, que
+George Sand avait chargé de veiller sur son maître pendant le voyage
+et qui devait la tenir au courant des incidents de la route. Elle-même
+reconduisit Musset jusqu'à Mestre, dit-elle dans son _Histoire de ma
+vie_,--jusqu'à Vicence, d'après une lettre d'elle à Boucoiran[36].
+
+ [36] Datée du 6 avril 1834, et publiée dans sa _Correspondance_,
+ tome I, p. 265.--D'après une lettre qu'elle écrivit le 15 avril
+ 1834 à Musset lui-même, c'est le lendemain de son départ qu'elle
+ est allée à Vicence, pour savoir comment il avait passé sa
+ première nuit de voyage.
+
+Il lui écrivit de Padoue et de Genève:
+
+ «Monsieur Pagello, Dr médecin
+ Pharmacie Ancilla, C. Sn Luca
+
+ _Pour remettre à Madame Sand._ Venise.
+
+ [Genève], vendredi, 4 avril [1834].
+
+ «Mon George chéri, je suis à Genève. Je suis parti de Milan sans
+ avoir trouvé de lettre de toi à la poste. Peut-être m'avais-tu
+ écrit; mais j'avais retenu mes places tout de suite en arrivant,
+ et le hasard a voulu que le courrier de Venise, qui arrive
+ toujours deux heures avant le départ de la diligence de Genève,
+ s'est trouvé en retard cette fois. Je t'en prie, si tu m'as écrit
+ à Milan, écris au directeur de la poste de me faire passer ta
+ lettre à Paris. Je la veux, n'eût-elle que deux lignes. Écris-moi
+ à Paris..... Quand tu passeras le Simplon pense à moi, George.
+ C'était la première fois que les spectacles éternels des Alpes se
+ levaient devant moi dans leur force et dans leur calme. J'étais
+ seul dans le cabriolet; je ne sais comment rendre ce que j'ai
+ éprouvé: il me semblait que ces géants me parlaient de toutes les
+ grandeurs sorties de la main de Dieu: «Je ne suis qu'un enfant, me
+ suis-je écrié, mais j'ai deux grands amis, et ils sont
+ heureux!....»
+
+Elle, de son côté, lui adressa une lettre à Milan.
+
+Je ne parlerai pas de l'existence à Venise de George Sand et de
+Pagello, après le départ d'Alfred de Musset. La publication, par M. le
+Dr Cabanès, dans la _Revue Hebdomadaire_ des 1er août et 15 octobre
+1896, de longs fragments du journal intime de P. Pagello et autres
+documents; les révélations de M. R. Barbiera dans l'_Illustrazione
+Italiana_, de Milan, des 15, 22 et 29 novembre 1896, joints au livre
+de Mme L. Codemo, que nous citons ci-dessus, permettent de retrouver,
+presque jour par jour, les détails de leur vie privée. Suivons donc le
+poète dans son voyage.
+
+Le 12 avril, Alfred de Musset arriva à Paris (le 10, dit Paul dans la
+_Biographie_), exténué au physique et au moral. Il s'enferma dans sa
+chambre, et, pendant plus d'un mois, ne voulut voir personne:
+
+ «....Je fus saisi d'une souffrance inattendue, raconte-t-il plus
+ tard dans son _Poète déchu_[37]; il me semblait que toutes mes
+ idées tombaient comme des feuilles sèches, tandis que je ne sais
+ quel sentiment inconnu, horriblement triste et tendre, s'élevait
+ dans mon âme. Dès que je vis que je ne pouvais lutter, je
+ m'abandonnai à la douleur, en désespéré... La douleur se calma
+ peu à peu, les larmes tarirent, les insomnies cessèrent, je connus
+ et j'aimai la mélancolie...»
+
+ [37] En 1839.--Paul de Musset en cite des fragments dans la
+ _Biographie_.
+
+Ce qui entretenait encore le poète en ce malheureux état, c'était la
+correspondance établie entre _lui_ et _elle_: n'étant plus en contact,
+ils renouvelaient leur rêve et poétisaient jusqu'à leurs querelles
+passées:
+
+ _Alfred de Musset à George Sand._
+
+ «Paris, 19 avril 1834.--..... Je regardais l'autre soir cette table
+ où nous avons lu ensemble Goetz de Berlichingen. Je me souviens du
+ moment où j'ai posé le livre sur la table, après le dernier cri du
+ héros mourant: Liberté! Liberté! Tu étais beaucoup pour moi, ma
+ pauvre amie, plus que tu ne croyais et que je ne croyais moi-même.
+ Tu es donc dans les Alpes? N'est-ce pas que c'est beau? Il n'y a
+ que cela au monde. Je pense avec plaisir que tu es dans les Alpes.
+ Je voudrais qu'elles pussent te répondre; elles te raconteraient
+ peut-être ce que je leur ai dit....»
+
+ _George Sand à Alfred de Musset_[38].
+
+ «Venise, 29 avril.--..... Ta lettre est triste, mon ange, mais elle
+ est bonne et affectueuse pour moi. Oh! quelle que soit la
+ disposition de ton esprit, je trouverai toujours ton coeur,
+ n'est-ce pas, mon bon petit?....»
+
+ [38] Publiée dans la _Revue de Paris_ du 1er novembre 1896,
+ lettre 4.
+
+ _Alfred de Musset à George Sand._
+
+ «Paris, 30 avril--..... Ce n'est donc pas un rêve, mon enfant
+ chéri? Cette amitié qui survit à l'amour, dont le monde se moque
+ tant, dont je me suis tant moqué moi-même, cette amitié-là existe!
+ C'est donc vrai, tu me le dis et je le crois, je le sens, _tu
+ m'aimes!_.....»
+
+Dans son journal intime, _Sketches and Hints_, George Sand consigne
+sous le titre de «_Venise_» une sorte de poème du désespoir: «O
+Venise, pourquoi es-tu si belle et pourquoi m'es-tu si chère, à moi
+qui ne dois plus aimer et qui vais mourir?»
+
+En outre des lettres qu'ils s'adressaient tous les trois ou quatre
+jours, George Sand lui envoyait ses _Lettres d'un Voyageur_: la
+première, le 29 avril; la deuxième, dans les premiers jours de juin,
+par l'entremise de Buloz:
+
+ «.....Buloz, écrit le 15 juin Alfred de Musset à George Sand,
+ vient de m'apporter la lettre que tu lui as envoyée pour la
+ _Revue_. Il me l'a lue en ânonnant, jusqu'à ce que, impatienté des
+ coups d'épingles que sa lourde déclamation me donnait dans le
+ coeur, je lui ai arraché le papier des mains, pour le finir à
+ haute voix. Maintenant le voilà parti, et le coeur me bat si fort
+ qu'il faut que je t'écrive ce que j'éprouve.....»
+
+Puis, le 17 juin, «la seconde moitié du second volume de _Jacques_,»
+avec mission de la lire et d'y faire les coupures qu'il jugerait
+nécessaires[39]. C'est Musset qui s'occupait à Paris des affaires de
+George Sand, restée à Venise, voyait ses fournisseurs, s'entendait
+pour elle avec Buloz, et lui faisait expédier par ses éditeurs les
+sommes dont ils lui étaient redevables; il était aidé en cela par
+Boucoiran.
+
+ [39] En tête de l'exemplaire de _Jacques_ que possédait Alfred de
+ Musset, se trouve cet envoi autographe: «_George à Alfred_».
+
+D'autre part, il mandait ceci, dès le 30 avril, à son amie: «J'ai bien
+envie d'écrire notre histoire; il me semble que cela me guérirait et
+m'élèverait le coeur. Je voudrais te bâtir un autel, fût-ce avec mes
+os; mais j'attendrai ta permission formelle».--Et le 12 mai, George
+Sand lui répondait: «Il m'est impossible de parler de moi dans un
+livre, dans la disposition d'esprit où je suis; pour toi, fais ce que
+tu voudras, romans, sonnets, poèmes; parle de moi comme tu
+l'entendras, je me livre à toi les yeux bandés».--Ce projet, on le
+sait, est devenu la _Confession d'un enfant du siècle_. On a donc eu
+tort de prétendre que George Sand avait imaginé _Elle et Lui_ pour
+répliquer à cette confession[40]. Non seulement elle était prévenue
+des intentions d'Alfred de Musset, mais elle l'autorisait à écrire.
+Bien plus, la rupture définitive s'étant consommée dans les premiers
+jours de mars 1835, et la _Revue des Deux-Mondes_ publiant dès le 15
+septembre le deuxième chapitre de la première partie de la
+_Confession_, celle-ci fut commencée probablement avant cette rupture.
+
+ [40] L'exemplaire de la _Confession d'un enfant du siècle_
+ appartenant à George Sand, porte cette dédicace manuscrite: «_A
+ George Sand.--Alfd Mt._».
+
+ Au verso de la couverture de _Leone Leoni_, par G. Sand (Paris,
+ Bonnaire et Magen, 1835. 1 vol. in-8) se trouve cette annonce de
+ librairie:
+
+ «Pour paraître prochainement:
+
+ «AU-DELA DU RHIN, par Lherminier, professeur au Collège de France.
+ 2 vol. in-8.
+
+ «LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, par Alfred de Musset. 2 vol.
+ in-8.
+
+ «SERVITUDE ET GRANDEUR MILITAIRES, par Alfred de Vigny. 1 vol.
+ in-8.
+
+ «LA SECONDE CONSULTATION DU DOCTEUR NOIR, par le même. 1 vol.
+ in-8.
+
+ «UN NOUVEAU ROMAN, par George Sand. 2 vol. in-8.
+
+ «GRANGENEUVE, par H. Delatouche. 2 vol. in-8.»
+
+Pagello, emporté dans le même tourbillon, écrivait des lettres, lui
+aussi; mais il n'osait pas encore s'adresser directement à Alfred de
+Musset: il s'en prenait à son ami Tattet. Voici la première de ces
+lettres que nous avons retrouvées:
+
+ «7 giugno 1834, Venezia.
+
+ «Mio caro amico,
+
+ «Mi sono affrettato di eseguire la vostra commissione, son
+ assicurato che le due casse di bottiglie sono già sulla strada
+ della Francia.--Se niente arrivasse al contrario, scrivetemi, e vi
+ serviro.--Madame G. vi saluta cordialmente, sta bene e si diverte
+ abbastanza per questo poco che puo offrire Venezia in confronto di
+ Parigi.--Addio, buon amico. La nostra amicizia di un giorno sembra
+ quella di due anni: forse ci vedremo a Parigi.--Non vi so dire ne
+ il quando ne il come, so che ci rivedremo.--Si vedete Alfred de
+ Musset, bacciatelo per me.
+
+ «Addio, addio, vostro sincero
+
+ «PIETRO PAGELLO.»
+
+ _Traduction._
+
+ «Venise, 7 juin 1834.
+
+ «Mon cher ami,
+
+ «Je me suis hâté de faire votre commission, et je me suis assuré
+ que les deux caisses de bouteilles sont déjà sur la route de
+ France.--S'il n'arrivait rien, au contraire, écrivez-moi, et je
+ vous servirai.--Madame G. [George] vous salue cordialement; elle
+ va bien de santé et se divertit suffisamment, pour le peu qu'offre
+ Venise en comparaison de Paris.--Adieu, bon ami; notre amitié d'un
+ jour semble celle de deux années; peut-être nous verrons-nous à
+ Paris.--Je ne sais vous dire ni quand ni comment, je sais que nous
+ nous reverrons.--Si vous voyez Alfred de Musset, embrassez-le pour
+ moi.
+
+ «Adieu, adieu, votre sincère
+
+ «PIERRE PAGELLO.»
+
+ * * * * *
+
+Pendant que s'échangeaient toutes ces lettres, on s'occupait d'Alfred
+de Musset et de George Sand, à Paris, beaucoup plus qu'ils ne
+l'auraient désiré. Buloz, et surtout Boucoiran, tenaient George Sand
+au courant de ce qui se disait, bien qu'elle le leur défendît. Cela
+devint tel, qu'elle crut devoir mettre sa mère elle-même en garde
+contre tous ces racontars:
+
+ «_A madame Dupin, à Paris._
+
+ «Venise, 5 juin 1834.
+
+ «Ma chère maman, il y a bien longtemps que je veux répondre à
+ votre bonne lettre. J'ai été malade, j'ai voyagé, j'ai eu du
+ chagrin et des inquiétudes très graves, mais enfin, je suis bien
+ portante et tranquille. Vous avez peut-être entendu dire que mon
+ compagnon de voyage, après avoir fait une maladie mortelle à
+ Venise, a été forcé, par l'état de sa poitrine, de quitter l'air
+ de l'Italie et de retourner en France. Je suis restée ici pour
+ achever mon travail et jouir encore quelque temps du séjour de ce
+ beau pays.....»[41]
+
+ [41] Lettre inédite.
+
+Le brusque retour du poète sans sa compagne avait prêté à des récits
+fort éloignés de la vérité: ne sachant rien, on inventait. Les
+premières semaines, confiné dans sa solitude volontaire, Musset ignora
+ce qui se disait; mais dès sa rentrée dans le monde, ces méchants
+propos parvinrent à ses oreilles. Ce fut Buloz qui, sans le savoir,
+éveilla ses soupçons. Alfred de Musset donna le démenti le plus formel
+à tous ces mensonges et défendit énergiquement George Sand. Mais les
+insinuations malveillantes de Gustave Planche avaient fait leur
+chemin; malgré ses efforts, Musset ne put imposer silence aux
+calomniateurs. De leur côté, les amis de George Sand avaient jasé à
+tort et à travers, et quand on sut qu'elle allait revenir avec le
+troisième complice, ce fut un véritable scandale.
+
+Le 15 juin, Pagello avait écrit directement à Alfred de Musset. Sa
+lettre, dont Mme A. Barine avait publié un fragment[42], a été citée
+en entier par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul[43]. Le 11
+juillet, Alfred de Musset lui répondait:
+
+ «Al mio caro P. Pagello,
+
+ «Mon cher, vous êtes bien gentil de m'avoir un peu écrit; je dis
+ un peu, car ce n'est guère; mais si petit que soit le morceau de
+ papier qui me parle de votre amitié, en quel moment de ma vie ne
+ sera-t-il pas bien reçu? Il n'en est peut-être pas de même de vos
+ recommandations sur le vin de champagne, et je n'ose avouer au
+ grand salviatico Pietro, combien était fondé le juste remords qui
+ m'a saisi à cet article de votre lettre. Mais je vous promets que
+ jamais, jamais, je ne boirai plus de cette maudite boisson--sans
+ me faire les plus grands reproches.
+
+ «George me mande que vous hésitez à venir ici avec elle; il faut
+ venir, mon ami, ou ne pas la laisser partir. Trois cents lieues
+ sont trop longues pour une femme seule.....
+
+ «ALFd DE Mt.»
+
+ [42] _Alfred de Musset_, par A. Barine. Paris, Hachette, 1893. 1
+ vol. in-12, p. 73.
+
+ [43] _Véritable histoire_, etc...., p. 39.
+
+Un mois plus tard, le 19 juillet 1834, George Sand écrivant à
+Boucoiran, pour lui annoncer son retour, lui disait:
+
+ «.....J'en ai fini avec les passions; la dernière est celle qui
+ m'a fait le plus de mal, mais c'est la seule dont je ne me repente
+ pas, car il n'y a eu dans mes chagrins ni de ma faute ni de celle
+ d'autrui. Vous dites que vous ne l'approuviez pas, mon ami! Il y a
+ des choses entre deux amants dont eux seuls au monde peuvent être
+ juges!....»
+
+Elle ne prévoyait pas alors les orages futurs.
+
+
+IV
+
+VOYAGE DE MUSSET A BADE
+
+George Sand, à son tour, avait quitté Venise; le 29 juillet, elle
+était à Milan, puis elle traversait la Suisse; elle arrivait à Paris
+vers le 10 août--avec Pagello.--Alfred de Musset, qu'elle avait
+prévenu depuis longtemps, l'attendait, et leur premier soin fut
+de se revoir. C'est par le livre de Mme Arvède Barine[44] qu'il
+faut connaître cette période de leur existence: brouilles et
+raccommodements se succèdent sans interruption, compliqués par la
+présence de Pagello, devenu jaloux. Ajoutez à cela que tout le bruit
+fait autour d'eux déchire brutalement le bandeau qui les aveuglait:
+ils comprennent combien leur situation est fausse et ridicule.
+
+ [44] L'auteur a consacré un long chapitre aux relations d'Alfred
+ de Musset et de George Sand. Des documents précis, habilement
+ groupés, des extraits de lettres, en font un ensemble
+ psychologique des plus attrayants.
+
+Après un de ces orages, Alfred de Musset, n'y pouvant plus tenir,
+envoie ce billet à George Sand: «Je vais mettre une seconde fois la
+mer et la montagne entre nous; si Dieu le permet, je reverrai ma mère,
+mais je ne reverrai jamais la France».
+
+Quelques jours plus tard, nouvelle lettre dans laquelle il la remercie
+de lui accorder un rendez-vous: «...Quant à ma résolution de partir,
+n'en parlons pas, elle est irrévocable. Je l'ai prise hier soir en me
+couchant. Ce matin, j'ai ouvert ma fenêtre et j'ai regardé le soleil;
+lui-même, du haut des sphères célestes, il n'aurait rien vu qui put la
+changer. Quoique tu m'aies connu enfant, crois aujourd'hui que je suis
+homme; je ne m'abuse sur rien, je ne crains, ni n'espère rien.....»
+
+En même temps, il écrivait à Buloz:
+
+ «Lundi, 18 [août 1834.]
+
+ «Mon ami, ma mère me donne de quoi aller aux Pyrénées, et je vais
+ partir. Dites-moi si vous croyez pouvoir, quand je serai là-bas,
+ m'envoyer quelqu'argent. J'y vais pour travailler; je vous
+ donnerai d'abord les vers que je vous ai promis, vous aurez
+ ensuite et bientôt mon roman. Je m'engagerai, si vous voulez, à un
+ dédit pour une époque que vous fixerez, et à laquelle vous
+ recevrez le manuscrit entier, à moins de maladie grave, auquel
+ cas, tout vous sera fidèlement rendu. Répondez-moi un mot ou venez
+ me voir si vous avez le temps. Mais tout de suite, car je ne serai
+ pas ici vendredi.
+
+ «T. à v. «ALFd DE MUSSET.»
+
+Il devait aller à Toulouse voir son oncle, M. Desherbiers, alors
+sous-préfet à Lavaur; de là aux Pyrénées, puis à Cadix. En
+conséquence de quoi, il partit pour..... Bade. Nous avons de nouveau
+recours au passeport:
+
+ _Vu au Ministère des Affaires Étrangères. Paris, 20 août 1834.
+
+ Vu pour Francfort et les bords du Rhin. Paris, 20 août 1834.
+ Préfecture de Police.
+
+ Vu à la Légation de Bade. Paris, 21 août 1834.
+
+ Vu à la Légation des Villes Libres d'Allemagne. Paris, 21 août
+ 1834.
+
+ Vu pour les eaux de Bade. Strasbourg, 28 août 1834.
+
+ Baden, 30 august 1834. (Signature illisible)._
+
+D'autre part, George Sand s'était réfugiée à Nohant; elle y était déjà
+installée le 31 août, seule, ayant eu la sagesse de laisser Pagello à
+Paris. Mais ses idées de suicide l'avaient reprise, et, à cette date,
+elle écrivait à Boucoiran: «.....Je lui dois (à Pagello) la vie
+d'Alfred et la mienne. Pour ce qui est de la mienne, je sais bien
+l'usage que je vais en faire; quant à celle d'Alfred, rien ne peut la
+payer.....»[45]. Et elle lui donne des instructions en conséquence.
+
+ [45] Fragment inédit d'une lettre publiée dans la
+ _Correspondance_, tome I, p. 279-281.
+
+Cependant, entre Nohant et Bade recommença une nouvelle correspondance
+encore plus passionnée que celle échangée entre Paris et Venise[46];
+et, pendant ce temps-là, Pagello, resté seul à Paris, inconnu, se
+lamentait de son isolement et écrivait à Alfred Tattet:
+
+
+ «Parigi, 6 settembre 1834.
+
+ «Mio caro Alfredo,
+
+ «Il vostro povero amico e a Parigi.--Ho domandato di voi alla
+ vostra casa, mi fu detto che siete alla campagna. Se avessi tempo,
+ sarei venuto a darvi un bacio, ma come sono qui per poco ve lo
+ mando in questo foglio. Non so quanti giorni ancora restero a
+ Parigi.--Voi sapete che io son obbligato di obbedire alla mia
+ piccola borsa, e questa mi comanda digia la partenza.--Addio.--Se
+ potro vedervi a Parigi, saro fortunato; se non potro, mandatemi un
+ bacio anche voi in un pezzetto di carta, Hôtel d'Orléans, no 17,
+ rue des Petits-Augustins.--Addio, mio buono, mio sincero amico,
+ addio.
+
+ «Vo affmo amico «PIETRO PAGELLO.»
+
+ _Traduction._
+
+ «Paris, 6 septembre 1834.
+
+ «Mon cher Alfred,
+
+ «Votre pauvre ami est à Paris.--Je suis allé chez vous demander de
+ vos nouvelles; on m'a dit que vous étiez à la campagne. Si j'avais
+ eu le temps, je serais allé vous embrasser, mais comme je suis ici
+ pour peu, je vous embrasse par cette feuille. Je ne sais combien
+ de jours encore je resterai à Paris; vous savez que je suis obligé
+ d'obéir à ma petite bourse et celle-ci me commande déjà le
+ départ.--Adieu.--Si je puis vous voir à Paris, je serai heureux;
+ si je ne puis, envoyez-moi un baiser, vous aussi, sur un petit
+ bout de papier, Hôtel d'Orléans, no 17, rue des
+ Petits-Augustins.--Adieu, mon bon, mon sincère ami, adieu.
+
+ «Votre très affectionné
+
+ «Pierre _Pagello_.»
+
+ [46] L'une des lettres de Musset à George Sand a été publiée dans
+ l'_Homme Libre_ du 14 avril 1877 et dans le _Figaro_ du 28 avril
+ 1882.
+
+Alfred de Musset, dans _Une bonne fortune_, raconte un des incidents
+de son séjour à Bade[47]. Après un mois de promenades et de
+distractions variées, entremêlées de travail, Alfred de Musset songea
+au retour; son amour, qu'il pensait calmer par l'absence, n'avait fait
+que s'exalter. Le 10 octobre, il passe à Strasbourg, et dès son
+arrivée à Paris, le 13, il écrit à George Sand, encore à Nohant: «Mon
+amour, me voilà ici; tu m'as écrit une lettre bien triste, mon pauvre
+ange, et j'arrive bien triste aussi. Tu veux bien que nous nous
+voyions! Et moi, si je veux!....» Quelques jours après, George Sand
+venait le rejoindre.
+
+ [47] On trouvera d'autres détails dans: 1º _Alfred de Musset à
+ Bade_ par Émile Krantz. Extrait des Annales de l'Est. Nancy,
+ Imprimerie Berger-Levrault et Cie, 1888. In-8º.--2º _Kleine
+ beiträge zur Wurdigung Alfred de Musset_ (Poésies Nouvelles), von
+ Dr Moritz Werner. Berlin, C. Vogt, 1896. In-8º.--De l'enquête à
+ laquelle s'est livré le Dr Werner, il semble résulter qu'Alfred
+ de Musset voyageait en compagnie d'un monsieur Roussel:
+ «.....Voici ce que j'ai trouvé, m'écrit le Dr Werner, dans le
+ recueil des listes des étrangers que je m'étais fait envoyer de
+ Bade. Dans la liste du dimanche 31 août, qui indique les
+ étrangers arrivés de la veille, il y a à l'hôtel «Zahringer
+ Hoff»: M. de Musset _et_ M. Roussel, de Paris». (Je souligne cet
+ _et_ parce qu'il ne se trouve que dans le cas où les étrangers se
+ sont fait inscrire ensemble). Le jour suivant, 1er septembre,
+ étrangers arrivés le 31 août, on trouve chez M. le secrétaire
+ Mesmer: «M. le vicomte de Musset», et dans la rubrique spéciale
+ qui contient les changements de logis: «M. Roussel, de Paris»,
+ qui a changé de logis en passant lui aussi chez Mesmer. Vous
+ voyez qu'à prendre ces indications au pied de la lettre, il y
+ aurait eu deux Musset à Bade. Mais ce ne sera qu'une faute
+ d'impression ou bien de rubrication, de sorte que la 2e fois
+ Musset devrait se trouver lui aussi parmi les changements de
+ logis et non parmi les récemment arrivés.....»
+
+Pagello n'était pas encore parti; mais ce double retour le décida bien
+vite à reprendre le chemin de Venise, non sans avoir adressé une
+lettre d'adieu à son ami Alfred Tattet, en lui recommandant le
+silence:
+
+ «Monsieur Alfred Tattet,
+ rue Grange Batelière, no 13, Paris.
+
+ «Parigi, 23 ottobre 1834.
+
+ «Mio buon amico,
+
+ «Prima di partire, vi mando un bacio ancora. Vi congiuro di non
+ dar parola giammai del mio amore con la George.--Non voglio
+ vendette.--Parto colla sicurezza d'aver agito in homo
+ onesto.--Questo mi fa dimenticare la mia sofferenza e la mia
+ poverta.--Addio, mio angelo.--Vi scrivero da Venezia. Addio,
+ addio.
+
+ «PIETRO PAGELLO».
+
+ _Traduction_.
+
+ «Paris, 23 octobre 1834.
+
+ «Mon bon ami,
+
+ «Avant de partir je vous envoye encore un baiser. Je vous conjure
+ de ne souffler jamais mot de mon amour avec la George.--Je ne
+ veux pas de vengeances[48].--Je pars avec la certitude d'avoir agi
+ en honnête homme.--Ceci me fait oublier ma souffrance et ma
+ pauvreté.--Adieu, mon ange.--Je vous écrirai de Venise.--Adieu,
+ adieu.
+
+ «PIERRE PAGELLO.»
+
+ [48] De plusieurs lettres de George Sand, il ressort qu'au moment
+ où elle est devenue la maîtresse de Pagello, «il s'est trouvé
+ dans sa vie à lui, de ses liens mal rompus avec d'anciennes
+ maîtresses, des situations ridicules et désagréables»; au moment
+ de la quitter, il semble craindre de voir se renouveler ces
+ ennuis.
+
+
+V
+
+A PARIS
+
+Alfred Tattet avait dissuadé Alfred de Musset de revoir George Sand;
+d'où brouille entre les deux amis: Musset convenait bien, en son for
+intérieur, qu'il avait tort, mais il ne voulait pas qu'on le lui dît.
+George Sand, ne connaissant pas encore les raisons invoquées par
+Tattet, voulut dissiper ce nuage:
+
+ «Mardi, 28 octobre 1834.
+
+ «Mon cher Tattet,
+
+ «J'apprends que j'ai été la cause indirecte et très involontaire
+ d'un différend entre vous et Alfred. Je serais bien fâchée de
+ savoir deux vieux amis désunis par rapport à moi. J'espère bien
+ que cela ne sera pas.
+
+ «Dans tous les cas, je vous prie de venir me voir; après l'intérêt
+ que vous m'avez témoigné, j'ai lieu d'être surprise et affligée de
+ votre oubli. Je désire causer avec vous et vous attends à votre
+ premier retour à Paris. Toujours quai Malaquais, 19.
+
+ «GEORGE SAND.»
+
+ «Quand vous serez ici[49], écrivez-moi un mot, je vous donnerai
+ rendez-vous, car je suis souvent dehors ou enfermée.»
+
+ [49] Alfred Tattet avait un domicile à Paris, 15 (et non 13), rue
+ Grange-Batelière, mais il habitait le plus souvent une grande
+ propriété qu'il possédait à Bury, près Margency, dans la vallée
+ de Montmorency.
+
+Mais à peine les deux amants se sont-ils revus qu'ils ne peuvent plus
+eux-mêmes s'entendre:
+
+ _George Sand à Alfred de Musset._
+
+ «N'ai-je pas prévu que tu souffrirais de ce passé qui t'exaltait
+ comme un beau poème, tant que je me refusais à toi, et qui ne te
+ paraît plus qu'un cauchemar, à présent que tu me ressaisis?»
+
+ _Alfred de Musset à George Sand._
+
+ «Ne penses pas au passé! Non, non! Ne compare pas! Ne réfléchis
+ pas! Je t'aime comme on n'a jamais aimé!»
+
+Les crises se succèdent avec rapidité: ils s'adorent le matin et se
+disent des injures le soir, pour retomber le lendemain dans les bras
+l'un de l'autre. C'est la phase de leurs amours la plus tourmentée, la
+plus poignante: à la lecture de ce qui a été publié de leurs lettres,
+on se demande comment ils n'y ont pas laissé tous deux leur raison.
+
+Alfred de Musset a la fièvre, et George Sand veut prendre un
+déguisement pour venir le soigner chez sa mère: «Si je peux me lever,
+je t'irai voir», lui répond-il.
+
+Le 8 novembre, Alfred de Musset provoque en duel Gustave Planche qui a
+mal parlé de George Sand; Planche lui fait des excuses, et le 12
+novembre, Alfred de Musset écrit à Alfred Tattet:
+
+ «Mon cher ami,
+
+ «Tout est fini.--Si par hasard on vous faisait quelques questions
+ (comme il est possible qu'on vous soupçonne de m'avoir parlé); si
+ enfin peut-être, on allait vous voir pour vous demander à
+ vous-même si vous ne m'avez pas vu, répondez purement que non, que
+ vous ne m'avez pas vu et soyez sûr que notre secret commun est
+ bien gardé de ma part.--J'irai vous voir bientôt.
+
+ «A vous de coeur.
+
+ «ALFRED DE MUSSET.»
+
+Puis il va dans la Côte-d'Or, à Montbard, chez l'un de ses parents.
+Quelques jours après le «pauvre vieux lierre» est revenu où il
+s'attache.
+
+Le 25 novembre, George Sand écrit à Sainte-Beuve que Musset ne veut
+plus la voir[50]; son exaltation touche à la folie: la rupture paraît
+complète. Le 15 décembre, George Sand est à Nohant, d'où elle écrit à
+Boucoiran: «Si Alfred vous fait demander de mes nouvelles, dites que
+vous ne savez rien de moi, que je ne vous ai pas écrit. Recommandez à
+Buloz de dire la même chose.....» Et le 13 janvier 1835, elle adresse
+cette lettre à Alfred Tattet:
+
+ «Monsieur,
+
+ «Il y a des opérations qui sont fort bien faites et qui font
+ honneur à l'habileté du chirurgien, mais qui n'empêchent pas la
+ maladie de revenir. En raison de cette possibilité, Alfred est
+ redevenu mon amant; comme je présume qu'il sera bien aise de vous
+ voir chez moi, je vous engage à venir dîner avec nous au premier
+ jour de liberté que vous aurez. Puisse l'oubli que je fais de mon
+ offense ramener l'amitié entre nous.
+
+ «Adieu, mon cher Tattet.
+
+ «Tout à vous. «GEORGE SAND».
+
+ [50] Lettre publiée par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul,
+ ainsi que celle d'Alfred de Musset au même (_Cosmopolis_ puis
+ _Véritable Histoire_, etc...).
+
+Combien le ton de ce billet diffère de celui du 28 octobre 1834! C'est
+que Musset avait parlé et raconté à George Sand, dans un moment
+d'expansion, que son ami Tattet avait fait de son mieux pour empêcher
+leur rapprochement: de là, colère de la maîtresse contre le gêneur,
+et, charmée de prendre sa revanche, elle tient à le lui faire savoir.
+Six jours plus tard, Liszt reçoit les confidences de George Sand:
+
+ «.....Je vais partir pour essayer de rompre une passion bien
+ sérieuse pour moi et bien terrible. Je doute que cela me serve à
+ quelque chose, car chaque nouveau jour de cette passion m'apprend
+ à douter de mon libre arbitre..... Je compte sur vous aussi pour
+ me rendre cette justice, qu'aux jours de ma plus grande douleur,
+ je n'ai point accusé l'auteur de mes souffrances. Je vous l'ai
+ dit, moi seule suis coupable et porte la peine d'une faute
+ immense. En fuyant un pardon trop humiliant, je fais preuve de
+ faiblesse et non de force.....»[51].
+
+ [51] Cette lettre, datée du 19 janvier 1835, est publiée dans:
+ _Briefe hervorragender Zeitgenassen an Frantz Liszt....,
+ herausgegeben von La Marra_. Leipzig, Breitkopf und Härtel, 1895.
+ 2 vol. in-8º. Tome I, p. 9.
+
+Peu après se produit un incident qui remet Pagello en scène et sur
+lequel nous n'avons pas de renseignement antérieur à cette lettre
+écrite par George Sand à Alfred Tattet:
+
+ «14 février 1835.
+
+ «Monsieur,
+
+ «J'ai une affaire indispensable à terminer avec vous. Il s'agit
+ d'une affaire d'argent dans laquelle je suis compromise d'honneur
+ aux yeux de Pierre Pagello. J'ai besoin d'une attestation de vous
+ et vous êtes trop galant homme pour me la refuser. Je sais que
+ vous m'êtes extrêmement hostile, et j'ai peu sujet de vous bénir.
+ Mais soyez sûr que j'ai trop le sentiment des convenances, pour
+ vous en faire des reproches, et que jamais aucune vengeance de ma
+ part ne cherchera à vous atteindre. Ayez donc, monsieur, la bonté
+ de recevoir chez vous quatre tableaux qui appartiennent à Pierre
+ Pagello et que je m'étais chargé de vendre. Voyant qu'il avait
+ besoin d'argent, et sachant, par l'avis d'un expert, que les
+ tableaux ne valaient rien, je lui en donnai la somme de deux mille
+ francs, et j'y ajoutai le procédé de lui cacher le secours que
+ [je] lui apportais. Je lui remis mille francs en argent et le tins
+ quitte d'une somme plus forte qu'il me devait. Je crus devoir ces
+ ménagements à sa position fâcheuse et délicate à Paris.
+ Aujourd'hui, Pierre Pagello, averti par un de mes amis, me fait un
+ grand crime de cette action et pense que je l'ai faite à dessein
+ de la divulguer et d'avilir son nom; d'abord, en racontant
+ l'histoire telle qu'elle est, je n'ai point sujet de l'avilir;
+ ensuite, je ne l'ai racontée qu'à Alfred, qui vous l'a redite, à
+ vous seul. Voulez-vous avoir la bonté, monsieur, de rendre
+ témoignage de ma discrétion, lorsque vous écrirez à Pierre
+ Pagello?
+
+ «En second lieu, cette personne insinue que je pourrais bien
+ m'être défaite des tableaux à mon avantage, afin de me donner en
+ même temps les gants d'une générosité singulière. Elle ajoute que,
+ s'ils sont entre mes mains, _en effet_, elle espère que vous
+ voudrez bien les recevoir, afin de les lui renvoyer ou de les lui
+ faire vendre. Je fais porter les tableaux chez vous; voulez-vous
+ bien en accuser réception à Pierre Pagello? J'espère que oui. Vous
+ avez pensé que le sentiment d'équité vous forçait à vous faire le
+ bourreau d'une âme criminelle. Je ne savais pas que vous eussiez
+ l'âme aussi austère et le bras aussi ferme. J'en souffre, mais je
+ vous en estime d'autant plus, monsieur, et à cause de cela, je
+ pense que vous me laverez de l'accusation de friponnerie, car si
+ votre amour de la vérité vous a commandé de me nuire, il doit vous
+ commander de me réhabiliter sous les rapports par où je le mérite.
+
+ «Veuillez m'honorer d'un mot de réponse. J'ai l'honneur de vous
+ saluer.
+
+ «GEORGE SAND.»
+
+Monsieur Just Pagello, parlant au nom de son père, a déclaré au Dr
+Cabanès: «Que ces toiles, sans être des Raphaël, étaient loin d'être
+des oeuvres médiocres. Elles étaient signées du peintre Ortesiti, un
+maître»[52]. J'ignore quelle était la valeur de ces peintures, mais
+précieuses ou non, le Dr Pagello me semble en avoir fait peu de cas,
+car, trois ans plus tard, George Sand répondait le 24 août 1838 à
+Alfred Tattet, qui lui demandait ce qu'il fallait faire de ce dépôt:
+
+ «.....Je ne pense pas qu'il y ait lieu de vous occuper de ces
+ tableaux; votre maison est assez vaste pour que vous les laissiez
+ relégués dans un coin de cave ou de grenier. Je n'ai pas eu plus
+ de relations que vous avec Pagello, depuis le triste temps vers
+ lequel vous reportez mes souvenirs, et j'aime à penser qu'après
+ ces orages, ses idées sont devenues justes et élevées, comme son
+ âme l'était dans le calme. Nous sommes tous ainsi plus ou moins;
+ la colère et la haine sont des maladies qui nous tueraient, si la
+ Providence ne les avait faites de courte durée. Je ne suis pas
+ plus qu'une autre à l'abri de ces passions.....»
+
+ [52] _Revue Hebdomadaire_, 24 octobre 1896, p. 618.
+
+Et à la mort d'Alfred Tattet, en novembre 1856, ces tableaux, m'a dit
+une personne de sa famille, furent retrouvés dans le grenier où ils
+avaient été mis en 1835 et où peut-être ils sont encore.
+
+Cependant Alfred de Musset et George Sand sont tous deux moralement à
+bout de forces; ils ne peuvent plus se voir sans se quereller et n'ont
+pas le courage de se quitter. Ils se rencontrent, ils s'écrivent
+encore, mais le dénouement est proche:
+
+ «.....Il me semble comprendre à ta lettre, répond Musset à un
+ billet de G. Sand, que nous ne nous verrons plus avant ton départ
+ et le mien. Je pars lundi; ma place est retenue dans la
+ malle-poste de Strasbourg[53]; les derniers mots de ton billet ont
+ l'air d'un adieu et un mot de notre dernière conversation m'a
+ presqu'ôté le courage de t'en dire un autre. Je suis étonné qu'il
+ reste dans mon coeur de la place pour une souffrance nouvelle.
+ Qu'il en soit ce qui plaît à Dieu.....»
+
+ [53] Si Alfred de Musset est parti, ce qui est peu probable, il
+ est retourné à Montbard, dans la Côte-d'Or. C'est alors qu'il
+ aurait visité la maison de Buffon et écrit sur un panneau de la
+ boiserie les vers qu'on lui attribue.--Voir à ce sujet la
+ plaquette intitulée: _Le Centenaire de Buffon. Troyes,
+ Mongolfier. 1889._ In-8º.
+
+C'est George Sand qui se reprend la première; le 6 mars, elle écrit à
+Boucoiran: «Aidez-moi à partir aujourd'hui». Et le lendemain, Musset
+venant au rendez-vous, trouve la maison vide:
+
+
+ «_A Monsieur Boucoiran, Passage Choiseul, 28._
+
+ «Monsieur,
+
+ «Je sors de chez Madame Sand et on m'apprend qu'elle est à Nohant.
+ Ayez la bonté de me dire si cette nouvelle est vraie. Comme vous
+ avez vu Madame Sand ce matin, vous avez pu savoir quelles étaient
+ ses intentions, et si elle ne devait partir que demain, vous
+ pourriez peut-être me dire si vous croyez qu'elle ait quelques
+ raisons pour désirer de ne point me voir avant son départ. Je n'ai
+ pas besoin d'ajouter, que dans le cas où cela serait, je
+ respecterais ses volontés.
+
+ «ALFRED DE MUSSET».
+
+Cette fois, c'était fini et bien fini. Ce fut une détente, un
+soulagement:
+
+ _George Sand à Boucoiran_[54].
+
+ «9 mars 1835.
+
+ «Je suis très calme, j'ai fait ce que je devais faire; la seule
+ chose qui me tourmente, c'est la santé d'Alfred».
+
+ [54] Publié par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul
+ (_Cosmopolis_ puis dans _Véritable Histoire_, etc...).
+
+Pendant un mois environ, elle fut en proie à une sorte de maladie de
+langueur, puis le calme vint réellement, et bientôt l'indifférence.
+
+Chez Alfred de Musset, au contraire, l'apaisement parut se faire tout
+de suite, mais ce n'était qu'une apparence trompeuse.
+
+ J'ai vu le temps où ma jeunesse
+ Sur mes lèvres était sans cesse
+ Prête à chanter comme un oiseau;
+ Mais j'ai souffert un dur martyre,
+ Et le moins que j'en pourrais dire,
+ Si je l'essayais sur ma lyre,
+ La briserait comme un roseau.[55]
+
+ [55] _La Nuit de Mai_, écrite en mai 1835.--On prétend que
+ _toutes les Nuits_ sont adressées à George Sand. Tel n'est pas
+ mon avis. Ce n'est pas elle l'inconnue de la _Nuit d'Octobre_ à
+ laquelle il dit: «Honte à toi qui la première, etc...» Ce n'est
+ pas elle l'innommée de la _Lettre à Lamartine_. Je crois qu'il
+ faut remonter au moins à l'année 1828 pour la retrouver. Ce ne
+ serait qu'un _Souvenir_, évoqué non par une rencontre, comme
+ celui de 1841, mais cette fois par une mort.--Mme Wladimir
+ Karenine donne son nom: Madame de Groiselliez (T. II, p. 28).
+
+Le 21 juillet, il écrivait à son fidèle ami:
+
+ «_Monsieur Alfred Tattet, à Baden, poste restante._
+
+ «Votre lettre, mon cher Alfred, est arrivée comme je n'étais pas à
+ Paris, ce qui fait que ma réponse est en retard de quelques jours.
+ Pour répondre d'abord à votre question sur ce qui regarde
+ Madame.... (Affaire personnelle à Alfred Tattet).... je crois que
+ ce que je peux vous dire de mieux, c'est qu'il y a tantôt huit ou
+ neuf mois, j'étais où vous êtes, aussi triste que vous, logé
+ peut-être dans la chambre où vous êtes, passant la journée à
+ maudire le plus beau, le plus bleu ciel du monde et toutes les
+ verdures possibles. Je dessinais de mémoire le portrait de mon
+ infidèle; je vivais d'ennuis, de cigares et de pertes à la
+ roulette. Je croyais que c'en était fait de moi pour toujours, que
+ je n'en reviendrais jamais. Hélas! Hélas! Comme j'en suis revenu!
+ comme les cheveux m'ont repoussé sur la tête, le courage dans le
+ ventre, l'indifférence dans le coeur, par dessus le marché! Hélas!
+ A mon retour, je me portais on ne peut mieux; et si je vous disais
+ que le bon temps, c'est peut-être celui où l'on est chauve, désolé
+ et pleurant! Vous en viendrez là, mon ami. Je vous plains
+ aujourd'hui bien sincèrement, parce que vous souffrez. Quand vous
+ serez guéri, vous n'en serez pas fâché, soyez-en sûr. Tout ce qui
+ fait vivre est bon et sain. Je vous promets de vous tenir au
+ courant de tout ce que je pourrai savoir....
+
+ «Je travaille à force. Combien de temps comptez-vous rester à
+ Bade? Adieu. Je suis à vous.
+
+ «ALFRED DE MUSSET.»
+
+Hélas! Non, Alfred de Musset «n'en était pas revenu». Quelque chose
+s'était brisé en lui, laissant une plaie qui saigna jusqu'à sa mort.
+
+
+VI
+
+APRÈS
+
+Après leur rupture, Alfred de Musset avait continué d'écrire à George
+Sand, à des intervalles plus ou moins longs; une correspondance d'un
+nouveau genre, toute amicale, s'était établie entre eux:
+
+ _George Sand à Alfred de Musset._
+
+ «Avec les gens qu'on n'aime ni n'estime, on peut avoir des
+ exigences et ne pas se donner la peine de les motiver. De moi à
+ toi, il n'en sera jamais ainsi et je ne te demanderai jamais rien
+ sans savoir de toi-même à quel point tu approuves ma demande.»
+
+ [1836]
+
+Lorsqu'au mois de janvier 1836 la _Confession d'un Enfant du Siècle_
+parut en librairie, George Sand fit part à Mme d'Agoult de ses
+impressions:
+
+ «....Je vous dirai que cette _Confession d'un Enfant du Siècle_
+ m'a beaucoup émue en effet. Les détails d'une intimité malheureuse
+ y sont si fidèlement rapportés depuis la première heure jusqu'à la
+ dernière, depuis la _soeur de charité_ jusqu'à l'_orgueilleuse
+ insensée_, que je me suis mise à pleurer comme une bête, en
+ fermant le livre. Puis j'ai écrit quelques lignes à l'auteur pour
+ lui dire je ne sais quoi: que je l'avais beaucoup aimé, que je lui
+ avais tout pardonné et que je ne voulais jamais le revoir... Je
+ sens toujours pour lui, je vous l'avouerai bien, une profonde
+ tendresse de mère au fond du coeur; il m'est impossible d'entendre
+ dire du mal de lui sans colère, et c'est pourquoi quelques-uns de
+ mes amis s'imaginent que je ne suis pas bien guérie....»[56]
+
+ [56] Fragment inédit d'une lettre datée de La Châtre, 25 mai
+ 1836, publiée dans la _Correspondance_ de G. Sand (Paris, C.
+ Lévy, in-12, T. I, p. 365), lequel a été publié postérieurement
+ par M. Rocheblave dans la _Revue de Paris_ du 15 décembre 1894,
+ p. 812.
+
+Pendant l'hiver de 1837, George Sand vint passer quelques jours à
+Paris; ils se retrouvent et ont «six heures d'intimité fraternelle,
+après lesquelles il ne faudra jamais se mettre à douter l'un de
+l'autre, fût-on dix ans sans se voir et sans s'écrire.»
+
+«Tu peux disposer de moi comme d'un ami, et compter que je ferai avec
+joie tout ce qui te sera agréable», répond-elle le 19 avril 1838 à
+Alfred de Musset qui lui avait recommandé quelqu'un.
+
+La même année ou l'année suivante, Alfred de Musset impose silence à
+Alfred Tattet qui avait raconté divers incidents du voyage à Venise:
+
+ «J'apprends, mon cher Alfred, que vous avez manqué plusieurs fois
+ à la parole que vous m'aviez donnée de garder le silence sur tout
+ ce qui s'est passé en Italie. Cela m'a fait beaucoup de peine,
+ d'abord pour vous, qui manquez à votre promesse, et ensuite pour
+ moi, qui ai cru, pendant plus de quatre ans, avoir un véritable
+ ami.
+
+ «T. à v.
+
+ «ALFD DE MUSSET.»
+
+En 1839, Alfred de Musset écrit _Le Poète Déchu_, sorte
+d'autobiographie inédite, qui ne fut pas terminée et dont le manuscrit
+a été presqu'entièrement détruit par son frère Paul (il n'en subsiste
+plus guère que les divers fragments publiés dans la _Biographie_).
+Alfred de Musset y dépeint ainsi son état moral, après sa rupture avec
+George Sand:
+
+ «....J'étais si sûr de moi, que je crus d'abord n'éprouver ni
+ regret ni douleur. Je m'éloignai fièrement. Mais à peine eus-je
+ regardé autour de moi, que je vis un désert.... Je rompis avec
+ toutes mes habitudes, je m'enfermai dans ma chambre, j'y passai
+ quatre mois à pleurer sans cesse, ne voyant personne.... Plus
+ tranquille, je jetai les yeux sur tout ce que j'avais quitté; au
+ premier livre qui me tomba sous la main, je m'aperçus que tout
+ avait changé: rien du passé n'existait plus, ou du moins, ne se
+ ressemblait. Un monde nouveau m'apparaissait comme si je fusse né
+ de la veille.... Je compris alors ce que c'est que l'expérience,
+ et je vis que la douleur apprend la vérité....»[57]
+
+ [57] Publié dans la _Biographie_ d'Alfred de Musset par Paul de
+ Musset (Charpentier, 1877. 1 vol. in-12, p. 133). J'ai rectifié
+ le texte sur l'autographe.--Un autre fragment est déjà cité
+ ci-dessus.
+
+M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, dans son livre, cite les
+lettres qu'«Elle» et «Lui» échangèrent en 1840 à propos de leur
+correspondance passée.--Moi-même ai déjà raconté dans une lettre
+publiée par _l'Intermédiaire des chercheurs et curieux_ du 20 novembre
+1892, comment M. Jules Grévy, pour Alfred de Musset, et M. F.
+Rollinat, pour George Sand, furent chargés, en vue d'un échange, de
+reconnaître les paquets de lettres confiés pour le moment à Gustave
+Papet (qui les tenait de Mme Ursule Josse, et j'ajouterai qu'ils
+passèrent ensuite par les mains de MM. Alexandre Manceau, Ludre
+Gabillaud, et enfin Émile Aucante, détenteur actuel) et comment
+l'affaire n'aboutit pas.
+
+Dans les premiers jours de 1841, nouvelle rencontre des deux anciens
+amants, qui inspire à Alfred de Musset son _Souvenir_[58].
+
+ [58] Publié dans la _Revue des Deux-Mondes_ du 15 février 1841.
+ M. Maxime Du Camp, dans ses _Souvenirs Littéraires_ (Hachette,
+ 1882-1883, 2 vol. in-8, T. II, p. 358) fait un récit différent de
+ celui de Paul de Musset.
+
+Au commencement de l'année 1844, Paul de Musset visite l'Italie et son
+frère lui rappelle l'ancien amour dans les stances qu'il lui
+dédie[59]:
+
+ Toits superbes, froids monuments,
+ Linceul d'or sur des ossements,
+ Ci-gît Venise!
+ Là, mon pauvre coeur est resté!
+ S'il doit m'en être rapporté,
+ Dieu le conduise!
+ Mon pauvre coeur, l'as-tu trouvé,
+ Sur le chemin, sous un pavé,
+ Au fond d'un verre?
+ Ou dans ce grand palais Nani
+ Dont tant de soleils ont jauni
+ La noble pierre[60]
+
+ . . . . . . . . . . . . . .
+ L'as-tu trouvé tout en lambeaux
+ Sur la rive où sont les tombeaux?
+ Il y doit être.
+ Je ne sais qui l'y cherchera
+ Mais je crois bien qu'on ne pourra
+ L'y reconnaître.
+
+ [59] A mon frère revenant d'Italie, _Revue des Deux-Mondes_, 1er
+ avril 1844.
+
+ [60] On peut rapprocher de ces vers, ce passage du 1er chapitre
+ de _Léone Léoni_ de George Sand:
+
+ «...Nous étions tous deux seuls dans une des salles de l'ancien
+ palais Nasi, situé sur le quai des Esclavons et converti
+ aujourd'hui en auberge, la meilleure de Venise. Etc...»--Alfred de
+ Musset écrit «palais Nani».
+
+En 1854, George Sand, pour repousser les attaques de la _Biographie_
+de Mirecourt, adresse une lettre au journal _Le Mousquetaire_[61]:
+
+ «...Je ne défendrai pas M. de Musset des offenses que vous lui
+ faites. Il est de force à se défendre lui-même, et il ne s'agit
+ que de moi pour le moment. C'est pourquoi je me borne à vous dire
+ que je n'ai jamais confié à personne ce que vous croyez savoir de
+ sa conduite à mon égard, et que, par conséquent, vous avez été
+ induit en erreur par quelqu'un qui a inventé ces faits. Vous dites
+ qu'après le Voyage en Italie, je n'ai jamais revu M. de Musset.
+ Vous vous trompez, je l'ai beaucoup revu et je ne l'ai jamais revu
+ sans lui serrer la main....»
+
+ [61] Insérée dans le numéro du 15 février 1854.
+
+Jusqu'à la mort d'Alfred de Musset, survenue comme on sait, le 3 mai
+1857, les deux anciens amants restèrent plutôt amis qu'ennemis. Il n'y
+eut jamais de guerre ouverte, ils se défendirent même réciproquement
+dans plusieurs circonstances et nous avons donné la preuve que plus
+d'une fois l'un approuva ce que l'autre avait écrit sur tous deux.
+Ils se sont querellés, ils se sont disputés, d'accord! Mais leurs
+différends sont restés entre eux et aucune accusation directe n'a été
+formulée par eux-mêmes. Ce sont des amis maladroits et indiscrets, des
+ennemis sournois qui, pour les exciter l'un contre l'autre,
+dénaturaient les paroles de nos deux héros, qu'il faut rendre
+responsables de tout le bruit qui se fit dans les salons et dans la
+presse.
+
+
+VII
+
+DEUX LIVRES
+
+Donc, malgré la correction de leurs relations, vingt mois après la
+mort d'Alfred de Musset, le 15 janvier 1859, George Sand commençait
+dans la _Revue des Deux-Mondes_ la publication de _Elle et Lui_. Il
+nous est impossible de trouver le pourquoi de ce livre.
+
+Ce n'est pas une réponse à la _Confession d'un Enfant du Siècle_; nous
+avons donné la preuve que George Sand tenait ce récit pour vrai.
+Alors, pourquoi ce silence de vingt années, si la _Confession_ était
+une accusation mensongère? Pourquoi surtout n'avoir parlé que
+lorsqu'Alfred de Musset n'était plus là pour se défendre?--Ce n'est
+pas non plus une attaque directe contre Alfred de Musset, car George
+Sand se donnerait à elle-même un démenti et renierait toute sa
+conduite depuis 1835.
+
+Est-ce le besoin de faire parler d'elle? Non, car par ses romans et
+son rôle politique en 1848, elle était parvenue à la célébrité.--Le
+besoin d'argent doit aussi être écarté, car, à cette époque, sa
+fortune la mettait au-dessus des nécessités de la vie.
+
+Je ne vois qu'une raison plausible: c'est que George Sand, obsédée
+des instances de ceux qui menaient campagne contre Alfred de Musset,
+n'eut pas la volonté nécessaire pour leur résister plus longtemps et
+finit, pour se débarrasser d'eux, par dire ce qu'ils voulaient lui
+faire dire, et cela, sans bien se rendre compte des conséquences.
+
+_Elle et Lui_ parut, d'abord dans la _Revue des Deux-Mondes_, puis en
+volume. Grand tapage au profit de Buloz, mais scandale énorme et qui
+retomba sur l'auteur. Quelques amis de George Sand, qui détestaient
+Alfred de Musset et avaient toujours essayé de lui nuire, furent seuls
+à approuver, avec les ennemis personnels du poète; le blâme fut
+général, et il suffit de lire les journaux de l'époque pour s'en
+assurer.
+
+M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul nous raconte même dans
+_Cosmopolis_ (p. 763), puis dans sa _Véritable histoire d'Elle et Lui_
+(p. 185) que lorsqu'en 1861, il fut demandé à l'Académie Française de
+décerner un prix à George Sand, la publication d'_Elle et Lui_ fut un
+des griefs invoqués pour refuser ce prix.
+
+Paul de Musset prit, comme il le devait, la défense d'Alfred, et
+redemanda, sans succès du reste, les lettres de son frère. Alors, sans
+rien dire à personne[62], il envoya _Lui et Elle_ au _Magasin de
+Librairie_, dirigé par Charpentier, l'éditeur d'Alfred[63]; ce fut par
+cette revue que Mme de Musset mère apprit l'existence d'une réponse:
+
+ _«A Monsieur Paul de Musset._
+
+ «Dimanche, 10 avril 1859.
+
+ «Si tu avais pris, mon cher Paul, la peine de m'écrire pour me
+ donner tes raisons, comme tu l'as fait dans ta lettre d'hier, je
+ n'aurais pas été si vivement impressionnée de cette nouvelle
+ inattendue, et je m'y serais probablement rendue, comme je le fais
+ aujourd'hui. Puisque la chose est faite, et sans remède, je m'y
+ soumets, tout en regrettant amèrement de n'en avoir rien su
+ d'avance. Je trouve ta première partie brillante de style,
+ d'intérêt et d'esprit; on ne dira toujours pas de ceci que c'est
+ ennuyeux, comme on l'a dit de l'autre. Les portraits sont de main
+ de maître et d'une ressemblance vivante.
+
+ «Mais j'en reviens à mes inquiétudes. Je crois que tu te fais une
+ foule d'ennemis irréconciliables. Tous ces personnages existent
+ encore; sous leurs sobriquets, ils ne pourront manquer de se
+ reconnaître. D'ailleurs, la dame les y aidera. C'est là vraiment la
+ plus forte objection que j'ai toujours eue pour cette publication
+ qui, dans ma prévision, t'attirera une foule de désagréments. Si ce
+ n'était cette crainte, je ne pourrais m'empêcher d'être électrisée
+ par des pages si belles et si bien écrites. Il y en a plusieurs
+ d'étonnantes; mais si j'avais été consultée, je t'aurais engagé à
+ ne pas oublier la scène étrange qui s'est passée entre elle et moi
+ à l'occasion du départ pour l'Italie.
+
+ «Je t'ai raconté cent fois, qu'avant de partir, ton frère m'avait
+ demandé mon consentement à ce triste voyage, et que je l'avais
+ obstinément refusé; enfin, voyant mon désespoir, il s'était jeté à
+ mes genoux en me disant: «Ne pleure pas, ma mère. Si l'un de nous
+ deux doit pleurer, ce ne sera pas toi.» Ce sont ses propres
+ paroles. Tu comprends que je ne les ai jamais oubliées; il s'en
+ alla, après m'avoir rassurée, et déclara à la dame qu'il ne pouvait
+ partir, qu'il ne pouvait affliger sa mère. Le bon fils! Que fit
+ cette femme? A neuf heures du soir, elle prit un fiacre et se fit
+ conduire à ma porte. On vint m'avertir que quelqu'un me demandait
+ en bas; je descendis, suivie d'un domestique et n'y comprenant
+ rien. Je montai dans cette voiture, voyant une femme seule. C'était
+ elle. Alors elle employa toute l'éloquence dont elle était
+ maîtresse à me décider à lui confier mon fils, me répétant qu'elle
+ l'aimerait comme une mère, qu'elle le soignerait mieux que moi. Que
+ sais-je? La sirène m'arracha mon consentement. Je lui cédai, tout
+ en larmes et à contre coeur, car _il avait une mère prudente_, bien
+ qu'elle ait osé dire le contraire dans _Elle et Lui_.
+
+ «Cette scène a son prix et je suis fâchée qu'elle ne se trouve pas
+ dans ton récit véridique. Vois si tu peux l'introduire en parlant
+ des regrets qu'il laissa derrière lui dans sa famille.
+
+ «Adieu, mon cher fils. Je suis peinée de t'avoir affligé par ma
+ lettre. Le sort en est jeté, nous verrons ce que l'avenir nous
+ garde.
+
+ «Je t'embrasse et t'aime tendrement.
+
+ «EDMÉE».
+
+ [62] Depuis la publication de cette étude, une lettre de Paul de
+ Musset au compositeur Ed. Garnier, du 2 novembre 1859, est
+ parvenue à notre connaissance, dans laquelle il lui dit: «...
+ J'ai des engagements pris qu'il serait trop long de vous
+ expliquer, des travaux considérables à faire, et, entre autres,
+ une biographie aussi complète que possible d'un poète aimé, que
+ des harpies déchirent, et dont il faut que je prépare une défense
+ écrasante pour en finir...»
+
+ [63] _Lui et Elle_ est publié dans les livraisons des 10, 25
+ avril et 10 mai 1859, et parut en volume à la fin de la même
+ année, avec la date de 1860.
+
+Certes, Paul de Musset eut raison de répondre; nous blâmons seulement
+la manière dont il le fit. On ne riposte pas à un pamphlet par un
+autre pamphlet; on ne réfute pas des faits dénaturés dans un sens en
+les dénaturant dans le sens contraire. Selon nous, le mieux eût été
+d'opposer des documents certains à ces histoires plus ou moins
+travesties; de publier, en un mot, la correspondance même des deux
+amants,--nous en revenons toujours là.--Paul de Musset pouvait le
+faire. George Sand, ayant les originaux, se croyait à l'abri de cette
+réplique: elle ignorait qu'Alfred de Musset, aussitôt après leur
+rupture définitive, avait confié ses lettres à Mme Caroline Jaubert,
+et que celle-ci en avait pris la copie exacte[64].
+
+ [64] C'est du moins ce qu'affirme Paul de Musset dans une note
+ manuscrite.
+
+J'ai retrouvé, parmi les papiers laissés par Paul de Musset, cette
+_clef_ des personnages de _Lui et Elle_, écrite par l'auteur lui-même:
+
+ Olympe de B*** George Sand.
+ Édouard de Falconey Alfred de Musset.
+ Diogène Gustave Planche.
+ Jean Cazeau Jules Sandeau.
+ Pierre Paul de Musset.
+ L'éditeur Buloz.
+ Caliban Boucoiran.
+ Hercule Laurens.
+ Le comte Meretti [En blanc].
+ Le docteur Palmerillo Le Dr Pagello.
+ Édouard Verdier Alfred Tattet.
+ Hans Flocken L'abbé Liszt.
+
+_Lui et Elle_ ne fit qu'augmenter le tapage: deux camps se formèrent
+et l'encre coula à flots. Nous ne prétendons pas écrire l'histoire de
+cette guerre; nous ne voulons plus que citer deux lettres inédites, la
+première et la dernière en date, de celles que Paul de Musset
+recueillit en cette occasion et dont il forma tout un dossier.
+
+ _Mme Augustine Brohan à Paul de Musset._
+
+ «Avenue de Saint-Cloud, 28 mai 1859.
+
+ «Je viens de lire _Lui et Elle_, puis _Elle et Lui_. Cela,
+ Monsieur, vous sera sans doute fort indifférent d'avoir mon avis;
+ mais votre esprit généreux comprendra que j'aie voulu vous le
+ donner.
+
+ «Si vous vous souvenez de mon nom, vous vous souviendrez aussi que,
+ pendant de longues années, notre grand poète, votre frère,
+ m'appelait son _amie_, et ami, véritablement je l'étais.
+ Simplement, sans que cela fût la suite ou le commencement d'un
+ autre voyage du coeur, il lui avait plu de se plaindre à moi de ces
+ horribles souffrances qui avaient aigri et changé sa nature
+ première, parce qu'il avait compris quelle sympathie il y avait
+ dans mon âme pour sa pauvre âme brisée. Souvent, il m'a dit que
+ s'il y avait un remède pour le sauver de cette incurable maladie
+ qui le minait, c'est moi qui le saurais trouver. Mais, hélas! quels
+ que fussent mes efforts, le besoin d'oublier le replongeait dans
+ les étourdissements qu'il recherchait. D'ailleurs, là où votre
+ affection échouait, il n'y avait plus de remède.
+
+ «Quand la mort, cruelle pour nous qui le perdions, est venue le
+ délivrer, le seul regret qu'on peut raisonnablement avoir était de
+ ne plus rien pouvoir pour lui; qui donc aurait pu jamais supposer
+ qu'on eût à le venger? Il n'est pas besoin de vous dire quel
+ dégoût (il n'est pas besoin non plus d'être femme pour l'éprouver,)
+ quel dégoût, dis-je, prend à la gorge en lisant ce pamphlet d'_Elle
+ et Lui_!...
+
+ «Assurément, mon intention n'est point de faire de grandes phrases,
+ mais comment parler posément de cette audacieuse calomnie, qui a
+ tenté de ternir la mémoire illustre d'un génie et d'un coeur comme
+ celui que nous pleurons!
+
+ «Je ne voulais, Monsieur, que vous dire bonnement que votre réponse
+ a déchargé ma colère, dont j'étouffais. Je voulais vous remercier
+ d'avoir remis dans mon coeur, fidèle au souvenir, les mots, les
+ idées, les _airs ressemblants_ du cher mort. Vous m'avez donné de
+ profondes joies, et je vous devais de vous en dire ma
+ reconnaissance.
+
+ «Alfred de Musset, vous l'avez bien voulu dire vous-même,
+ appartient à la jeunesse, à ce qui souffre, à ce qui aime, et j'ai
+ été jeune en son temps. J'ai souffert,--qui n'a pas souffert?--et
+ j'aime un bel enfant qui est le mien, à qui j'apprends à épeler
+ dans ces belles poésies sorties du coeur du poète et qui devaient
+ le protéger contre tous, quand encore on n'aurait pas eu l'honneur
+ d'être aimée de lui.
+
+ «Recevez, Monsieur, mes compliments les meilleurs et les plus
+ empressés sur la noble façon dont vous avez rempli la tâche que
+ tout esprit honnête voudrait avoir à remplir.
+
+ «BROHAN».
+
+Si véhémente que puisse paraître cette lettre, aujourd'hui que les
+esprits sont calmés, elle n'égale pas en violence les articles de _La
+Correspondance littéraire_, du _Journal des Débats_, de la _Revue
+Contemporaine_, etc.
+
+ _Philarète Chasles à Madame Chodzko._
+
+ «29 avril 1861.
+
+ «Vous devinez avec la grâce et la sûreté de coup d'oeil les plus
+ charmantes, chère Madame, tout ce qui peut m'être cher et
+ précieux. Il n'y a pas d'être plus noblement doué ni que je vénère
+ plus que Madame Dudevant. C'est le premier écrivain de cette
+ époque, et si Dieu lui avait donné un peu plus de faiblesse,
+ c'est-à-dire un peu plus d'amour, et, avec ce don, un peu plus
+ d'indulgence (l'amour n'est que pardon), elle ne serait peut-être
+ pas un peintre aussi incomparable. Elle n'aurait pas non plus
+ commis les deux seules erreurs graves de sa vie, de parler de ses
+ ancêtres féminins dans ses Mémoires et d'Alfred de Musset dans son
+ livre. Deux malheurs que l'honnête homme a pu se permettre, mais
+ que _la femme_, si elle eût été plus terriblement femme, n'aurait
+ pas admises, alors même que le vilain monstre pécuniaire et
+ corrupteur qui lui a soufflé ces crimes contre la délicatesse
+ d'âme, l'eût encore plus violemment entraînée à les commettre.
+
+ «Mais il faut accepter ce que Dieu nous donne, la cerise avec son
+ poison et l'ananas avec son ivresse et le soleil de l'Inde avec la
+ fièvre. Il y a chez George Sand un génie de peinture, une grandeur
+ de sentiment, une largeur chaude de style artistique, rares chez
+ les génies les plus rares, qui, mêlés à une probité et à une
+ équité superbes, en font un des plus beaux honneurs de notre
+ France actuelle.
+
+ «Je serai très heureux qu'elle veuille bien agréer mon humble
+ hommage et je vous remercie bien cordialement d'une entremise qui
+ me rend, certes, notre grand homme plus favorable....
+
+ «Mille tendres et respectueux remerciements.
+
+ «PHILARÈTE CHASLES».
+
+ * * * * *
+
+Aujourd'hui, toutes ces haines sont mortes; le poète est couché selon
+ses voeux sous le saule qu'il a lui-même demandé:
+
+ Mes chers amis, quand je mourrai,
+ Plantez un saule au cimetière;
+ J'aime son feuillage éploré,
+ La pâleur m'en est douce et chère,
+ Et son ombre sera légère
+ A la terre où je dormirai.
+
+Tandis que là-bas, sous le grand cyprès, la Bonne Dame de Nohant
+repose auprès de son fils et de son petit-fils. Alors, pourquoi la
+soeur du poète ne veut-elle pas laisser dire toute la vérité et, comme
+la famille de George Sand, autoriser la publication des lettres, pour
+dissiper toute équivoque? Ni l'un ni l'autre des amants n'a rien à y
+perdre, tous deux ont beaucoup à y gagner.
+
+
+
+
+INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
+
+
+
+
+INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
+
+
+1833
+
+20 et 25 juin.--Le Temps. Critique de _Un Spectacle dans un Fauteuil_,
+par A. G. (2 articles).
+
+11 juillet.--Journal des Débats. Critique de _Valentine_, par C. R.
+(Cuvillier-Fleury).
+
+28 juillet.--Journal des Débats. Critique de _Un Spectacle dans un
+Fauteuil_ et des _Contes d'Espagne et d'Italie_, par J. S.
+
+LÉLIA, PAR GEORGE SAND. Paris, Dupuis et Tenré, 1833. 2 vol. in-8.
+
+7 août.--Bagatelle. Critique de _Lélia_, par Lottin de Laval.
+
+9 août.--L'Europe littéraire. Les Bas-Bleus, par Capo de Feuillide.
+
+Réimprimé dans: CHRONIQUES DU CAFÉ DE PARIS, 1er LIV., LE JEUNE
+HOMME. Paris, U. Canel et A. Guyot, 1833. 2 vol. in-8. Tome II, p.
+283.
+
+15 août.--Revue des Deux-Mondes. Critique de _Lélia_, par G. Planche.
+
+22 août.--L'Europe littéraire. Critique de _Lélia_, par Capo de
+Feuillide.
+
+24 août.--Le Figaro. Il ou Elle. (Sur le duel Planche-De Feuillide).
+
+30 août.--L'Écho de la Jeune France, p. 216. Le Duel de G. Planche et
+C. de Feuillide.
+
+1er septembre.--Le Petit Poucet. Le Duel de G. Planche et de C. de
+Feuillide.
+
+1er septembre.--Journal des Débats. Critique de _Lélia_, par C. R.
+(Cuvillier-Fleury).
+
+29 septembre.--Le National. Critique de _Lélia_, par Sainte-Beuve.
+
+4 novembre.--Journal des Débats. Sur G. Sand, à propos d'_Indiana_,
+par J. J. (J. Janin).
+
+29 novembre.--Journal des Débats. G. Sand et les _Heures du Soir_, par
+J. J. (J. Janin).
+
+
+1834
+
+9 janvier.--L'Europe littéraire. G. Sand et J. Sandeau, par A. Luchet.
+
+24 mars.--Journal des Débats. G. Sand à propos de _Valentine_, par J.
+J. (J. Janin).
+
+15 mai.--Revue des Deux-Mondes. 1re Lettre d'un Voyageur, par G. Sand.
+
+15 juillet.--Revue des Deux-Mondes. 2e Lettre d'un Voyageur, par G.
+Sand.
+
+15 septembre.--Revue des Deux-Mondes. 3e Lettre d'un Voyageur, par G.
+Sand.
+
+1er octobre.--Journal des Femmes. Critique de _Un Spectacle dans un
+Fauteuil_, par Mme Cl. Robert.
+
+1er octobre.--Revue des Deux-Mondes. Critique de _Jacques_, par G.
+Planche.
+
+15 octobre.--Revue des Deux-Mondes. 4e Lettre d'un Voyageur, par G.
+Sand.
+
+
+1835
+
+1er janvier.--Revue des Deux-Mondes. Une bonne fortune, par Alfred de
+Musset.
+
+15 janvier.--Revue des Deux-Mondes. 5e Lettre d'un Voyageur, par G.
+Sand.
+
+15 juin.--Revue des Deux-Mondes. La Nuit de Mai, par Alfred de Musset.
+
+15 juillet.--Le Mercure de France. Quelques gens de Lettres dans leur
+intérieur, par Une Contemporaine. (Mme Ida Saint-Elme).
+
+15 septembre.--Revue des Deux-Mondes. Fragment de la _Confession d'un
+Enfant du siècle_, par Alfred de Musset.
+
+1er décembre.--Revue des Deux-Mondes. La Nuit de Décembre, par Alf. de
+Musset.
+
+
+1836
+
+LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, PAR ALFRED DE MUSSET. Paris,
+Bonnaire, 1836. 2 vol. in-8.
+
+7 février.--Revue de Paris, p. 53.--Critique de _La Confession_, par
+B. Z.
+
+15 février.--Revue des Deux-Mondes. Critique de _La Confession_, par
+Sainte-Beuve.
+
+21 février.--Chronique de Paris. Critique de _La Confession_, par C.
+A. (Chaudesaigues).
+
+24 février.--La Quotidienne. Critique de _La Confession_ et
+comparaison avec _Lélia_, par Th. Muret.
+
+1er mars.--Revue des Deux-Mondes. Lettre à Lamartine, par Alfred de
+Musset.
+
+10 mars.--Petit Courrier des Dames. Critique et Extrait de _La
+Confession_, non signé.
+
+10 mars.--Le Voleur. Critique de _La Confession_, par H. C.
+
+15 mars.--Le Mercure de France. Critique de _La Confession_, par S.-H.
+Berthoud.
+
+15 juin.--L'Écho de la Jeune France. Critique de _La Confession_, non
+signé.
+
+1er juillet.--Revue des Deux-Mondes. Portrait de G. Sand, gravé sur
+acier par Calamatta, d'après Eugène Delacroix.
+
+15 août.--Revue des Deux-Mondes. La Nuit d'Août, par Alfred de Musset.
+
+CRITIQUES ET PORTRAITS LITTÉRAIRES, PAR SAINTE-BEUVE. Paris, Renduel,
+1832-1836. 3 vol. in-8.--Tome II, p. 283. Les _Nuits_, la _Confession_
+et les _Lettres d'un Voyageur_.
+
+10 octobre.--Petit Courrier des Dames. Note et Extrait de _La Nuit
+d'Août_.
+
+
+1837
+
+LETTRES SUR LES ÉCRIVAINS FRANÇAIS, PAR VAN ENGELGOM (Jules Lecomte).
+Bruxelles, 1837. 1 vol. in-12.--p. 35. Pourquoi, au théâtre, Alfred de
+Musset fuyait à la vue de G. Sand.
+
+10 mars.--La Fronde. Critique de _La Confession_, non signé.
+
+5 juin.--Le Voleur. Lettre de G. Sand au vicomte S. de
+Larochefoucault.
+
+LETTRES D'UN VOYAGEUR, PAR G. SAND. Paris, Bonnaire, 1837. 2 vol.
+in-8.
+
+30 juillet.--Revue de Paris, p. 314. Critique des _Lettres d'un
+Voyageur_.
+
+
+1839
+
+LE POÈTE DÉCHU, PAR ALFRED DE MUSSET. OEuvre inédite.
+
+
+1840
+
+LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, PAR ALFRED DE MUSSET. Paris,
+Charpentier, 1840. 1 vol. in-12.
+
+26 juillet.--Revue de Paris, p. 289. G. Sand et ses _Lettres d'un
+voyageur_.
+
+
+1841
+
+LES ÉCRIVAINS MODERNES DE LA FRANCE, PAR CHAUDESAIGUES. Paris.
+Gosselin, 1841. 1 vol. in-12.--p. 88. Analyse de _La Confession_.
+(Reproduction, avec quelques changements de l'article de la _Chronique
+de Paris_ du 21 février 1836).
+
+15 février.--Revue des Deux-Mondes. Souvenir, poésie, par Alfred de
+Musset.
+
+
+1844
+
+1er avril.--Revue des Deux-Mondes. A mon frère revenant d'Italie,
+stances, par Alfred de Musset.--Le Constitutionnel du 6 avril en
+publie un extrait.
+
+
+1846
+
+18 janvier.--L'Artiste. Alfred de Musset, G. Sand et le Voyage en
+Italie; les _Nuits_, par H. Vermot. Extrait d'une des _Lettres d'un
+Voyageur_, par G. Sand.
+
+
+1847
+
+21 février.--L'Artiste, p. 249. Jugement de G. Sand sur Alfred de
+Musset, par Aug. Desplaces.
+
+
+1848
+
+21-24 juin.--Le Petit-Fils du Père Duchêne. A propos du pamphlet:
+_Amours et intrigues de G. Sand_ (par Brault, in-8).
+
+
+1850
+
+1er juillet.--L'Artiste. Parallèle du talent d'Alfred de Musset et de
+celui de G. Sand.
+
+
+1853
+
+PORTRAITS A LA PLUME, PAR CLÉMENT DE RIS. Paris, Didier, 1853. 1 vol.
+in-12. p. 30. Critique de _La Confession_.
+
+
+1854
+
+ALFRED DE MUSSET, PAR EUGÈNE DE MIRECOURT. Paris, Roret, 1854. 1 vol.
+in-32.
+
+GEORGE SAND, PAR EUGÈNE DE MIRECOURT. Paris, Roret, 1854. 1 vol.
+in-32.
+
+15 février.--Le Mousquetaire. Lettre de G. Sand à E. de Mirecourt, à
+propos de sa _Biographie_.--E. de Mirecourt répond par une lettre
+insérée dans le numéro du 17 février et toute une polémique s'engage
+et se continue jusqu'au 2 mars.
+
+12 mars.--Le Mousquetaire. Critique de _La Confession_, par A. Dumas.
+
+HISTOIRE DE MA VIE, PAR G. SAND. Paris, Lecou, 1854-1855. 20 vol.
+in-8.--Tome XVII, p. 219-233. Le Voyage en Italie.
+
+
+1857
+
+10 mai.--La Gazette de Paris. Sur _La Confession_, par Ph. Audebrand.
+
+13 mai.--Triboulet et Diogène. Alfred de Musset, G. Sand et _La
+Confession_, par Ch. de Lavarenne.
+
+9 juin.--Les Contemporains. Comment écrivaient Alfred de Musset et G.
+Sand, par Mirecourt.
+
+
+1858
+
+3 juillet.--L'Artiste. Alfred de Musset et G. Sand, par L. Ratisbonne.
+
+
+1859
+
+ELLE ET LUI, PAR GEORGE SAND. Revue des Deux-Mondes, 15 janvier, 1er
+et 15 février, 15 mars.
+
+ELLE ET LUI, PAR GEORGE SAND. Paris, Hachette, 1859. 1 vol. in-12.
+
+LUI ET ELLE, PAR PAUL DE MUSSET. Magasin de Librairie, 10 et 25 avril,
+10 mai.
+
+LUI, PAR Mme LOUISE COLET. Le Messager de Paris, du 23 août au 16
+septembre (22 feuilletons).
+
+3 mars.--Journal des Débats. Critique de _Elle et Lui_, par
+Prévost-Paradol.
+
+5 avril.--La Correspondance Littéraire. Critique de _Elle et Lui_, par
+Ludovic Lalanne.
+
+11 avril.--La Mode. Critique de _Elle et Lui_, par U. Guttinguer.
+
+15 avril.--Revue Anecdotique. Sur _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, clef
+des personnages.
+
+20 avril et 5 mai.--La Correspondance Littéraire. Critique de _Lui et
+Elle_, par Lud. Lalanne.
+
+1er mai.--Revue Anecdotique. Rectification de la clef de _Elle et
+Lui_.
+
+21 mai.--L'Illustration. Critique de _Elle et Lui_.
+
+24 mai.--Le Siècle. Critique de _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, par
+Delord.
+
+5 juin.--Le Quart d'heure. Lettre à Paul de Musset, par A. Louvet.
+
+7 juin.--La Gazette de France. Critique de _Elle et Lui_.
+
+15 juin.--Le Pays. Critique de _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, par
+Barbey d'Aurevilly.
+
+25 juillet.--Le Correspondant. Critique de _Elle et Lui, Lui et Elle_,
+par A. de Pontmartin.
+
+15 août.--Revue contemporaine. Confessions de Deux Enfants du Siècle,
+par H. Babou.
+
+18 août.--Revue de l'Instruction publique. Critique de _Elle et Lui_,
+par A. Claveau.
+
+15 octobre.--Revue des Deux-Mondes. Préface de _Jean de La Roche_, par
+G. Sand.
+
+1er novembre.--Revue Anecdotique. A propos de _Lui_, extrait du
+_Causeur_.
+
+25 novembre.--La Correspondance Littéraire. La préface de _Jean de La
+Roche_ et Alfred de Musset.
+
+27 novembre.--Journal des Débats. Critique de _Lui_, par
+Cuvillier-Fleury.
+
+10 décembre.--Magasin de Librairie. Critique de _Lui_, par T. Delord.
+
+L'ANNÉE LITTÉRAIRE ET DRAMATIQUE, PAR VAPEREAU. ANNÉE 1859. Paris,
+Hachette. 1 vol. in-12.--p. 63. A propos d'_Elle et Lui_.--p. 91. Sur
+_Lui et Elle_.--p. 94. Sur _Lui_.
+
+
+1860
+
+LUI ET ELLE, par Paul de Musset. Paris, Charpentier, 1860. 1 vol.
+in-12.
+
+Lui, PAR Mme LOUISE COLET. Paris, Bourdilliat, 1860. 1 vol. in-12.
+
+EUX, DRAME CONTEMPORAIN, PAR MOI (A. Doinet). Caen, Legost-Clerisse,
+1860. 1 vol. in-12.
+
+EUX ET ELLES, par M. de Lescure. Paris, Poulet-Malassis et De Broise,
+1860. 1 vol. in-12.
+
+1er janvier.--Revue Anecdotique. Note sur _Eux_, pseudonyme de
+l'auteur.
+
+Janvier.--Bentley's quarterly review. Étude sur G. Sand.
+
+25 janvier.--La Correspondance Littéraire. Critique de _Lui et Elle_,
+par Lud. Lalanne.
+
+14 février.--Le Gaulois. Les Amours d'un poète, idylle en 4 colonnes
+par A. Delatouche.
+
+19 février.--Le Gaulois. Note relative aux Amours d'un Poète.
+
+JEAN DE LA ROCHE, PAR GEORGE SAND. Paris, Hachette, 1860. 1 vol.
+in-12.
+
+1er mars.--Revue Anecdotique. Stances sur _Lui_, par Andréa P.
+
+25 mars.--La Correspondance Littéraire. A propos des vers d'Andréa P.
+
+1er avril.--Revue Anecdotique. Note sur le livre de M. de Lescure.
+
+L'ANNÉE LITTÉRAIRE ET DRAMATIQUE, PAR VAPEREAU. 3e ANNÉE. 1860. Paris,
+Hachette. 1 vol. in-12.--p. 145. Des clefs de roman, à propos de _Jean
+de La Roche_.
+
+
+1861
+
+1er mars.--Revue Anecdotique, p. 97. _Elle et Lui_, pastiche en vers,
+par Th. de Banville.
+
+1er octobre.--Revue Anecdotique. Clef des personnages de _Lui_.
+
+
+1862
+
+ALFRED DE MUSSET, PAR ADOLPHE PERREAU. Paris, Poulet-Malassis, 1862. 1
+vol. in-12.--p. 21 à 40. Alfred de Musset et G. Sand, les _Nuits_,
+etc...
+
+L'ITALIE DES ITALIENS, PAR Mme LOUISE COLET. Paris, Dentu, 1862. 4
+vol. in-12. Tome I. p. 248.
+
+
+1863
+
+LES MORTS VONT VITE, PAR ALEXANDRE DUMAS. Paris, M. Lévy, 1863. 2 vol.
+in-12.--T. II, p. 109, 135, 165. Sur _La Confession_, etc.
+
+
+1864
+
+15 mars.--Nouvelle Revue de Paris. Critique de _Elle et Lui_.
+
+ALFRED DE MUSSET DEVANT LA JEUNESSE, PAR LISSAGARAY. Paris, Cournol,
+1864. Brochure in-8º. p. 15. Sur _La Confession_, etc...
+
+19 mars.--La Petite Revue. Réfutation de la conférence de M.
+Lissagaray, par Pincebourde.
+
+8 mai.--Le Temps. Réfutation de la conférence de M. Lissagaray, par H.
+de Lagardie.
+
+
+1865
+
+LES POÉSIES D'ALFRED DE MUSSET, PAR CH. BIGOT, conférence. Nevers,
+tous les libraires, 1865. Brochure in-8.--p. 7. Alfred de Musset et G.
+Sand, désespoir du poète trahi.
+
+Juin.--Revue Moderne. Deux Sonnets sur _Chatterton_ d'Alfred de Vigny,
+par Alfred de Musset et G. Sand, et lettre de L. Ratisbonne.
+
+Reproduit dans: La Petite Revue, 17 juin 1865.--Gazette Anecdotique,
+28 février 1877.--Les Annales, 18 décembre 1887.--J'ai trouvé dans les
+papiers d'Alfred de Musset une lettre de Paul de Musset à Louis
+Ratisbonne; celui-ci, en sa qualité de directeur de la _Revue Moderne_
+avait communiqué au frère du poète le texte des deux sonnets avant
+leur publication.
+
+Dans cette lettre, datée du 9 mai 1865, publiée par nous dans la
+_Revue d'Histoire Littéraire_ du 15 janvier 1898, Paul de Musset nie
+l'authenticité des deux sonnets. D'autre part, M. Georges Jubin met au
+jour dans la _Revue Bleue_ du 3 avril 1897 des documents qui
+établissent que George Sand n'a pas composé l'un de ces sonnets et
+qu'Alfred de Musset est l'auteur de tous deux. Voir p. 208.
+
+ALFRED DE MUSSET, SES POÉSIES. LECTURE FAITE A AMIENS le 8 avril 1865,
+(par A. Th.) Amiens, Imprimerie de Jeunet, 1865. Brochure in-8, p. 15
+à 36.
+
+
+1866
+
+1er avril.--Revue du XIXe siècle. La Littérature de 1830.
+
+OEUVRES D'ALFRED DE MUSSET. Édition dédiée aux amis du poète, avec une
+Notice biographique par son frère. Paris, Charpentier, 1865-1866. 10
+vol. in-4.--Tome X, p. 19 à 27. Le Voyage en Italie, les _Nuits_, la
+_Confession_.--p. 32-33. Sur le _Poète Déchu_, le _Souvenir_.
+
+1er décembre.--Revue du XIXe siècle. Alfred de Musset et G. Sand,
+d'après Pierre Leroux.
+
+
+1868
+
+3 octobre.--L'Illustration, p. 211. Les Correspondances de G. Sand
+avec Michel de Bourges, M. de La Rounat et Alfred de Musset.
+
+
+1869
+
+PORTRAITS CONTEMPORAINS, PAR SAINTE-BEUVE. Nouvelle édition. Paris, C.
+Lévy, 1869. 5 vol. in-12.--Tome I, p. 516. Lettres de George Sand à
+Sainte-Beuve.
+
+UNE GRANDE VICTIME DE L'ESPRIT DE SON TEMPS, ALFRED DE MUSSET, PAR
+LUCIEN DEGRON. Caen, Domin, 1869. Brochure in-8, p. 30.
+
+
+1872
+
+19 octobre.--La Renaissance littéraire et artistique. Des livres
+écrits sur Alfred de Musset et George Sand, d'après Champfleury.
+
+
+1873
+
+LES COULISSES DU PASSÉ, PAR PAUL FOUCHER. Paris, Dentu, 1873. 1 vol.
+in-12.--p. 282. Le désespoir d'Alfred de Musset.--p. 371. Alfred de
+Musset et G. Sand dans les _Portraits_ de Sainte-Beuve.
+
+11 mars.--Le Corsaire. Sonnet à G. Sand: «Telle de l'Angelus», par
+Alfred de Musset.
+
+Reproduit dans: Le Constitutionnel, 12 janvier 1881.--Le Figaro, 15
+janvier 1881.--Le Gaulois, 19 août 1896, etc.
+
+
+1875
+
+ALFRED DE MUSSET, PAR H. SECRETAN. Lausanne, Imprimerie
+Howard-Delisle, 1875. 1 vol. in-8º.--p. 68. G. Sand et Alfred de
+Musset, fragments de trois lettres de G. Sand à Sainte-Beuve.
+
+
+1876
+
+31 mars.--Gazette Anecdotique. Critique de _Lui_, par G. d'Heylli.
+
+6 avril.--La Vie Littéraire. Alfred de Musset, G. Sand et Mme Colet,
+par Maxime Rude.
+
+LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, PAR ALFRED DE MUSSET, orné de 1
+portrait et 1 vignette à l'eau-forte. Paris, Charpentier, 1876. 1 vol.
+in-32.
+
+ROMANCIERS CONTEMPORAINS, PAR MARIUS TOPIN. Paris, Charpentier, 1876.
+1 vol. in-12.--p. 31. Sur _Lui et Elle_, _Elle et Lui_.
+
+
+1877
+
+BIOGRAPHIE D'ALFRED DE MUSSET, PAR PAUL DE MUSSET. Paris, Charpentier,
+1877. 1 vol. in-12. Voir p. 118, 125 à 132, 139, 144 et 260.
+
+Février.--La Patrie. Sur les sonnets à Alfred de Vigny, par Ed.
+Fournier.
+
+25 février.--Le Courrier littéraire, p. 364. Critique de _La
+Confession_; G. Sand et Musset, par Coriolis.
+
+CATULLE ET ALFRED DE MUSSET, PAR EUGÈNE ROSTAND. Discours de réception
+à l'Académie de Marseille, prononcé le 4 février 1877. Paris, Hachette
+et Cie, 1877. Brochure in-8º.--Voir p. 11, 12, 13, 19 à 29.
+
+14 avril.--L'Homme libre. Lettre d'Alfred de Musset à G. Sand et
+stances à G. Sand: «Porte ta vie...» par Alfred de Musset.
+
+Stances reproduites dans: Le Figaro, 28 avril 1882.--Les Annales
+politiques et littéraires, 19 avril 1891.--L'Observateur français, 21
+avril 1891.--Le Courrier de Londres et de l'Europe, 26 avril
+1891.--Gazette anecdotique, 15 mai 1891.--Le Figaro, 9 mai 1892.--Le
+Jour, 11 mai 1892.--Simple Revue, 1er juillet 1894.--Pages d'art et de
+sciences (Bruxelles), décembre 1894.--Saint-Raphaël-Revue, 28 juin
+1896.--Le Courrier australien (Sidney), 3 octobre 1896.--Le Petit
+Temps, 31 octobre 1896.--Le Précurseur (Anvers), 31 octobre 1896.--La
+Revue de Paris, 1er novembre 1896.--Journal des Débats, 1er novembre
+1896.--Fanfulla (Rome), 3-4 novembre 1896.--Il Resto del Carlino
+(Bologne), 5 novembre 1896, etc.
+
+ALFRED DE MUSSET, VON PAUL LINDAU. Berlin, A. Hoffmann, 1877. 1 vol.
+in-8º.--p. 118 et suiv. Alfred de Musset et G. Sand, les _Lettres d'un
+Voyageur_, _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, _Lui_, etc...
+
+
+1878
+
+1er mars.--Revue des Deux-Mondes, p. 17. Allusions au Voyage en Italie
+fait par G. Sand dans _Leone Leoni_.
+
+15 mars.--Revue des Deux-Mondes. Sur _Elle et Lui_, par
+d'Haussonville.
+
+CATALOGUE DE LETTRES AUTOGRAPHES, comprenant les correspondances de
+Ph. Chasles, G. Planche et Sauvage. Vente rue des Bons-Enfants le 28
+juin 1878. Paris, Charavay, 1878. Brochure in-8º.--Nos 141 et 142.
+Lettres d'Alfred de Musset à G. Planche et réponse de celui-ci, 8 et
+10 novembre 1834. (Provocation en duel à propos de G. Sand et
+excuses).
+
+Septembre-octobre.--The North American review. Alfred de Musset et G.
+Sand, par T. S. Perry.
+
+LUI ET ELLE, PAR PAUL DE MUSSET, avec deux dessins de Rochegrosse.
+Paris, Charpentier, 1878. 1 vol. in-32.
+
+1er novembre.--Revue des Deux-Mondes. Après la lecture d'_Indiana_,
+stances, par Alfred de Musset.
+
+
+1879
+
+7 février.--Revue du XIXe siècle. A propos de l'édition in-32 de _Lui
+et Elle_, par Ch. Bigot.
+
+SAINTE-BEUVE ET SES INCONNUES, PAR A. PONS. Paris, Ollendorff, 1879.
+1 vol. in-12.--p. 115 à 121. Alfred de Musset, G. Sand, leur
+correspondance, extraits, etc...
+
+ALFRED DE MUSSET. SPOWIEDZ' DZIECIECIA WIEKU przklad L. Kaczynskiej.
+Warszawa. Nakladem Radakcyl Przegladu Tygodniowego. 1879. 2 vol.
+in-16. Traduction de _La Confession d'un Enfant du Siècle_.
+
+
+1880
+
+UN AMOUR DE MUSSET, PAR AUGUSTE MARIN, comédie en 1 acte, en vers.
+Paris, Dentu, 1880. 1 vol. in-12.--Les deux personnages de cette
+pièce, représentée pour la première fois à Marseille, sur le théâtre
+du Gymnase, le 13 janvier 1880, sont G. Sand et Alfred de Musset. Elle
+a été réimprimée en 1895 sous le titre de: «Un amour de Poète».
+
+THE POET AND THE MUSE, BEING A VERSION OF ALFRED DE MUSSET: La Nuit de
+mai, la Nuit d'août and la Nuit d'octobre, with an Introduction by
+Walter Herries Pollock. London, Richard Bentley son, 1880. 1 vol.
+in-12.
+
+ALFRED DE MUSSET. LA CONFESION DE UN HIJO DEL SIGLO. Traduccion de R.
+G. Madrid. Imprenta de la Gaceta Universal, 1880. 1 vol. in-12.
+
+5 juin.--L'Illustration, p. 358. Sur la Correspondance de G. Sand avec
+Alfred de Musset.
+
+Septembre.--Temple Bar magazine (Londres). Alfred de Musset, non
+signé.
+
+
+1881
+
+15 janvier.--Gazette Anecdotique. Note relative à la Correspondance de
+G. Sand et d'Alfred de Musset.
+
+29-30 janvier.--El Corriere della Sera (Milan). La Sand e il dottor
+Pagello. (Lettre du Dr Pagello, Serenata à G. Sand.)
+
+1er février.--The Fortnightly review (Londres). Tennyson et Alfred de
+Musset, par A.-C. Swinburne.--p. 137 et suiv. G. Sand, la
+_Confession_, etc...
+
+14 mars.--Le Figaro. George Sand et Pagello, par D***. Traduction de
+la lettre de Pagello publiée dans le Corriere della Sera.
+
+1er avril.--La Revue Bordelaise. Un mot sur Alfred de Musset et G.
+Sand.
+
+1er mai.--L'Illustrazione Italiana (Milan). Le Dr Pagello et G. Sand à
+Venise.
+
+15 juin.--Revue des Deux-Mondes, p. 789. Sur G. Sand, _Elle et Lui_,
+_Lui et Elle_, par E. Montégut.
+
+DOCUMENTS LITTÉRAIRES, PAR ÉMILE ZOLA. Paris, Charpentier, 1881. 1
+vol. in-12.--p. 101, 207, 224, 276.
+
+22 octobre.--Le Parlement. Note inédite de Paul de Musset sur _Elle et
+Lui_.
+
+
+1882
+
+26 avril.--Le Figaro. Lettre de G. Sand où il s'agit d'Alfred de
+Musset.
+
+25 juillet.--L'Intermédiaire des Chercheurs. Clef partielle de _Elle
+et Lui_.
+
+15 août.--Revue des Deux-Mondes. Critique de _Elle et Lui_, _Lui et
+Elle_, _Lui_, par Maxime Du Camp.
+
+31 août.--Gazette Anecdotique, p. 97. Alfred de Musset et G. Sand,
+d'après Maxime Du Camp.
+
+LUIGIA CODEMO. RACCONTI, SCENE, BOZZETTI, PRODUZIONI DRAMATICHE.
+Treviso, coi typi di L. Zopelli editore. 1882. 2 vol. in-12 carré.--T.
+I, p. 153 à 188: Sandiana. (G. Sand et Alfred de Musset à Venise,
+fragments du Journal de Pagello, Lettre de G. Sand à Pagello, Pagello
+à Paris, Serenata à G. Sand, sur _Lui et Elle_, etc...)
+
+3 septembre.--Le Figaro. Stances à G. Sand: «Te voilà revenu», par
+Alfred de Musset, article par Racot. (Extrait des _Souvenirs_ de
+Maxime Du Camp).
+
+Stances reproduites dans: La Gazette de France,
+1882.--Saint-Raphaël-Revue, 28 juin 1896.--La Revue de Paris, 1er
+novembre 1896.
+
+19-20 septembre.--La République Française. G. Sand et sa
+correspondance, par A. Leroy.
+
+14 octobre.--Le Figaro. Lettre de G. Sand à Mirecourt (déjà publiée
+dans le Mousquetaire, 1854).
+
+LAS NOCHES DE ALFREDO DE MUSSET, versio castellana en verso per
+Guillermo Belmonte. Madrid, 1882. 1 vol. in-32.
+
+CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND, 1812-1876. Paris, C. Lévy, 1882. 6 vol.
+in-12.--Voir principalement les tomes II et III.
+
+SOUVENIRS LITTÉRAIRES, PAR MAXIME DU CAMP. Paris, Hachette, 1882-1883.
+2 vol. in-8º.--Voir tome II, p. 339 et suiv., 348, 360.
+
+
+1883
+
+25 février.--L'Intermédiaire des Chercheurs. Sur la clef de _Elle et
+Lui_.
+
+28 février.--Gazette Anecdotique, p. 112. M. Grévy et l'échange des
+lettres, d'après Le Gaulois.
+
+15 avril.--La Gazette Anecdotique, p. 209. G. Sand, Sandeau et Alfred
+de Musset, d'après Barbey d'Aurevilly.
+
+4 mai.--Le Gaulois. Sur _Elle et Lui_, _Lui et Elle_.
+
+10 mai.--L'Intermédiaire des Chercheurs. Serenata à G. Sand, par P.
+Pagello.
+
+15 mai.--Revue des Deux-Mondes, p. 435. Les Portraits d'Alfred de
+Musset et de G. Sand à l'Exposition des Portraits du Siècle.
+
+15 octobre.--Revue des Deux-Mondes, p. 855. Chopin, Alfred de Musset
+et G. Sand, d'après Liszt.
+
+
+1884
+
+29 février.--Gazette Anecdotique, p. 105. Des papiers intimes de
+George Sand remis à M. Alexandre Dumas fils.
+
+15 mai.--Gazette Anecdotique, p. 275--Note sur Jules Sandeau et _Elle
+et Lui_.
+
+VOLUPTÉ, PAR SAINTE-BEUVE. 11e édition. Paris, Charpentier, 1885. 1
+vol. in-12, p. 399. Lettre de George Sand à Sainte-Beuve.
+
+LES CONFESSIONS, PAR ARSÈNE HOUSSAYE. Paris, Dentu, 1885. 4 vol. in-8º
+(voir année 1891).--Tome I, p. 271 à 283.--Tome II, p. 1 à 37.
+
+
+1886
+
+CATALOGUE D'UNE COLLECTION D'AUTOGRAPHES, vente du 29 janvier 1886,
+Hôtel Drouot. Paris, Étienne Charavay. Brochure in-8º.--No 10.
+Quatrain à Gustave Planche, par Alfred de Musset, autographe et texte
+imprimé.
+
+Reproduit dans: L'Événement, 28 janvier 1886.--Le Temps, 28 janvier
+1886.--La France, 31 janvier 1886.--Paris, 30 janvier 1886.--Revue de
+France, 9 avril 1892.--Le Magasin Littéraire, mars 1895, p. 99.
+
+CATALOGUE DE LETTRES AUTOGRAPHES. Vente du 10 mai 1886, Hôtel Drouot.
+Paris, Eugène Charavay. Brochure in-8º.--No 226. Lettre de G. Sand à
+Pagello et analyse de cette lettre.
+
+30 juin.--Gazette Anecdotique, p. 272. Analyse de la Lettre de G. Sand
+à Pagello. (Catalogue du 10 mai 1886).
+
+
+1887
+
+LES ÉDITIONS ORIGINALES DES ROMANTIQUES, PAR L. DEROME. Paris,
+Rouveyre, 1887. 2 vol. in-8.--Tome I, p. 63-64.
+
+3 mai (21 avril).--Rouskya Kourier (Moscou). Alfred de Musset et G.
+Sand.
+
+Octobre.--Les Annales de l'Est, no 4.--Alfred de Musset à Bade, par E.
+Krantz, lettres inédites.
+
+
+1888
+
+ALFRED DE MUSSET A BADE, PAR ÉMILE KRANTZ, avec lettres inédites.
+Extrait des Annales de l'Est. Nancy, imprimerie Berger-Levrault,
+1888.--Brochure in-8º.
+
+3 mars.--Gil Blas. G. Sand et Alfred de Musset, par A. Silvestre.
+
+15 juillet.--La Revue de Paris et Saint-Pétersbourg. Alfred de Musset
+et G. Sand en Italie, par A. Houssaye.
+
+
+1889
+
+27 avril.--Le Figaro. G. Sand, Alfred de Musset et Mme de Belgiojoso,
+par A. Houssaye.
+
+10 juin.--La Revue de Paris et Saint-Pétersbourg. Dialogue des morts
+et des vivants, par Alceste.
+
+
+1891
+
+LES CONFESSIONS, PAR ARSÈNE HOUSSAYE. Tomes V et VI. Paris, Dentu,
+1891. 2 vol. in-8º.--Tome V, p. 168.
+
+19 avril.--Les Annales Politiques et Littéraires. Alfred de Musset et
+G. Sand, d'après M. A. Brisson.
+
+LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, PAR ALFRED DE MUSSET. Dix
+compositions de Jazet gravées à l'eau-forte par Abot. Paris, ancienne
+maison Quantin, May et Motteroz, 1891. 1 vol. in-4º.
+
+
+1892
+
+ÉTUDES ET RÉCITS SUR ALFRED DE MUSSET, PAR Mme DE JANZÉ. Paris, Plon,
+1892. 1 vol. in-12.--p. 26 à 43. G. Sand et Alfred de Musset.
+
+6 mars.--Le Soir (Bruxelles). Sur la correspondance d'Alfred de Musset
+et de G. Sand.
+
+5 mai.--La Dépêche (Toulouse). Les Femmes d'Alfred de Musset, par
+Pierre et Paul.
+
+12 septembre.--The Morning Post (Londres). Alfred de Musset et G.
+Sand, d'après Maxime Du Camp.
+
+15 octobre.--Revue Bleue. Alfred de Musset et G. Sand, par E. Grenier,
+avec extraits de leurs lettres.
+
+20 novembre.--L'Intermédiaire des Chercheurs. La Correspondance
+Sand-Musset, par le Dr Cabanès.
+
+THE CONFESSION OF A CHILD OF THE CENTURY, BY ALFRED DE MUSSET.
+Translated by Kendall Warren. Chicago. C. H. Sergel and Co. 1892. 1
+vol. in-12.
+
+21 novembre.--L'Éclair. La Correspondance de G. Sand et d'Alfred de
+Musset.
+
+22 novembre.--The Morning Post (Londres). Sur la correspondance
+Sand-Musset.
+
+25 novembre.--L'Estafette. A propos de l'article du Dr Cabanès dans
+l'Intermédiaire.
+
+25 novembre.--La Gironde (Bordeaux). Note sur la correspondance
+Sand-Musset.
+
+26 novembre.--Le Voltaire. Sur les traces perdues de la
+Correspondance.
+
+30 novembre.--Gazette Anecdotique, p. 360. Sur la publication de la
+Correspondance.
+
+8 décembre.--L'Indépendance Belge (Bruxelles). L'Affaire de la
+Correspondance Sand-Musset, d'après le Dr Cabanès.
+
+15 avril 1892 à 15 janvier 1893.--Université catholique. Les
+_Confessions_ de Saint Augustin, J.-J. Rousseau et Alfred de Musset,
+par C. Douais (8 art.).
+
+
+1893
+
+2 janvier.--Le Gaulois. Sur la correspondance Sand-Musset, par H.
+Lapauze.
+
+5 janvier.--El Correo (Madrid). La Correspondance Sand-Musset.
+
+6 février.--L'Univers. Critique du cours de M. Benoist.
+
+8 février.--Courrier de l'Ain. Sur le cours de M. Benoist, réponse à
+l'Univers, par F. A.
+
+15 et 22 février.--Le Figaro. La Correspondance de G. Sand et de
+Sainte-Beuve, par le Vte de Spoelberch de Lovenjoul.
+
+18 février.--L'Écho de Paris. Influence de G. Sand sur Alfred de
+Musset, par Armand Silvestre.
+
+23 février.--L'Événement. Les Amours de G. Sand.
+
+Mars.--The Nineteenth Century (Londres).--p. 529. Alfred de Musset et
+G. Sand, par L. Katscher.
+
+ALFRED DE MUSSET, PAR Mme ARVÈDE BARINE. Paris, Hachette, 1893. 1 vol.
+in-12.--p. 57 à 90. Alfred de Musset et G. Sand, extraits de leur
+correspondance.--p. 94 et 134.
+
+7 mai.--Le Gaulois. Les amoureux célèbres: Musset, Sand, Mme de
+Belgiojoso.
+
+29 mai.--The Oriental Advertiser (Constantinople). Les Amoureux
+célèbres, G. Sand, Mme de Belgiojoso et Alfred de Musset. La
+Correspondance d'Alfred de Musset et de G. Sand.
+
+3 juin.--Le Gaulois. Des romans à clef, par P. Roche.
+
+15 juin.--Le Monde Thermal. Alfred de Musset et G. Sand, d'après Mme
+Barine, par Saint-Herem.
+
+24 juin.--Le Siècle. Deux ancêtres. G. Sand et Alfred de Musset, par
+Charley.
+
+26 juin.--Gazette de France. G. Sand et Alfred de Musset, d'après Mme
+Barine, par E. Biré.
+
+15 juillet.--Le Téléphone. G. Sand et Alfred de Musset d'après Mme
+Barine, par E. Trolliet.
+
+21 juillet.--Le Temps. Critique du livre de Mme Barine, par A.
+Bossert.
+
+23 août.--Le Moniteur Universel. G. Sand, Alfred de Musset et Pagello,
+d'après Mme Barine, par R. Doumic.
+
+21 septembre.--Le Gaulois. Alfred de Musset et G. Sand, d'après Mme
+Barine, par A. Filon.
+
+31 décembre.--Le Figaro. Sur les portraits de G. Sand dessinés par
+Alfred de Musset.
+
+
+1894
+
+11 et 12 février.--Le Gaulois. Sur la correspondance Sand-Musset.
+
+14 février.--La Liberté. Ce qui subsiste de la correspondance
+Sand-Musset.
+
+17 février.--Paris. A propos des Sonnets à Alfred de Vigny, de G. Sand
+et Alfred de Musset.
+
+17 février.--The Irish Times (Dublin). Critique de la conférence de M.
+Guilgault sur G. Sand et la _Nuit de Mai_.
+
+15 mars.--Le Soir. Déclaration de Mme Lardin de Musset.
+
+21 mars.--Étoile Belge (Bruxelles). Sur la correspondance Sand-Musset.
+
+LES LUNDIS D'UN CHERCHEUR, PAR LE Vte DE SPOELBERCH DE LOVENJOUL.
+Paris, C. Lévy, 1894. 1 vol. in-12.--p. 149 à 180. Les lettres
+inédites de G. Sand.
+
+17 août.--Le Gaulois. Quand publiera-t-on la correspondance
+Sand-Musset?
+
+ALFRED DE MUSSET AF SVEN SODERMANN. Stockolm, 1894. 1 vol. in-8º.--p.
+98. A. de Musset, G. Sand. Voyage en Italie, les _Nuits_, _Lettres
+d'un voyageur_, _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, etc.--p. 112. Stances à
+G. Sand: «Te voilà revenu».
+
+2 décembre.--Courrier de l'Aisne (Laon). Alfred de Musset et G. Sand
+en Italie, par A. Houssaye.
+
+15 décembre.--La Revue de Paris. Une amitié romanesque, G. Sand et Mme
+d'Agoult, par S. Rocheblave, avec lettres inédites.
+
+ALFRED DE MUSSET, PAR A. CLAVEAU. Paris, Lecène et Oudin, 1894. 1 vol.
+in-8º--p. 37 à 52. La Crise, G. Sand, les _Nuits_.
+
+
+1895
+
+12 janvier.--Le Gaulois. Sur la correspondance Sand-Musset, sa
+publication par H. Lapauze.
+
+1er mai.--La Nouvelle Revue. Deux lettres inédites de G. Sand à
+Sainte-Beuve, par Ch. de Loménie.
+
+30 juin.--Gazette Anecdotique, p. 112. Déclaration de Mme Lardin de
+Musset sur les lettres.
+
+ANONYME. UN AMOUR DE POÈTE, un acte, en vers. Collection de
+l'Impressario. Br. in-16.
+
+Cette pièce, qui a, dit-on, pour auteurs MM. Léon d'Agenais et Roger
+Dubled, est la réimpression textuelle, sans le plus petit changement,
+de celle publiée en 1880 sous le titre de _Un Amour de Musset_, par
+Auguste Marin. Elle est à deux personnages, G. Sand et Alfred de
+Musset, et a été représentée en janvier 1896 au Théâtre Mondain de la
+Cité d'Antin.
+
+
+1896
+
+ALFRED DE MUSSET. LES NUITS ET SOUVENIR. Un portrait d'après David
+d'Angers et 17 vignettes d'après A. Gérardin. Paris, Pelletan, 1896. 1
+vol. in-8º.
+
+24 janvier.--Le Siècle. Critique de _Un Amour de poète_, pièce en 1
+acte.
+
+23 février.--Journal des Débats. Critique de l'étude de M. Sven
+Sodermann sur Musset (1894).
+
+15 avril.--Le Gaulois. Des romans à clef, _Elle et Lui_, _Lui et
+Elle_.
+
+19 avril.--L'Estafette. Projet de M. Rocheblave de publier la
+correspondance Sand-Musset.
+
+1er mai et 1er juin. Cosmopolis. La véritable histoire d'Elle et Lui,
+par M. le Vicomte de Spoelberch de Lovenjoul (2 articles)[65].
+
+ [65] L'édition de cette Revue, publiée à Londres, a donné lieu,
+ dans la presse anglaise, à un certain nombre d'articles qui ne
+ sont pas tous parvenus à ma connaissance. Réimprimée en volume.
+
+7 mai.--The Dundee Advertiser (Dundée). Critique de l'article de M. de
+Spoelberch de Lovenjoul.
+
+12 mai.--The Yorkshire Post (Leeds). La véritable histoire d'Elle et
+Lui, d'après M. de Spoelberch de Lovenjoul.
+
+15 mai.--Revue des Revues. Note sur l'article de M. de Spoelberch de
+Lovenjoul.
+
+21 mai.--Horse Guards Gazette. Note sur l'article de M. de Spoelberch
+de Lovenjoul.
+
+25 mai.--Paris. Sur _Elle et Lui_. A propos de l'article de M. de
+Spoelberch de Lovenjoul.
+
+30 mai.--Le Gaulois. Critique de l'article de M. de Spoelberch de
+Lovenjoul, par A. Galdemar.
+
+1er juin.--La Gironde (Bordeaux). Analyse de l'article de M. de
+Spoelberch de Lovenjoul et extraits.
+
+3 juin.--Le Radical (Marseille). Analyse de l'article de M. de
+Spoelberch de Lovenjoul, avec 5 lettres.
+
+4 juin.--Courrier de l'Aisne (Laon). Analyse de l'article de M. de
+Spoelberch de Lovenjoul, avec 2 lettres.
+
+6 juin.--L'Écho du Nord (Lille). Analyse et extrait de la lettre de G.
+Sand à Pagello.
+
+13 juin.--Revue Encyclopédique, p. 420. Les lettres d'Alfred de Musset
+et de G. Sand, d'après l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul.
+
+13 juin.--The Saturday Review. Sur la 2e partie de l'article de M. de
+Spoelberch de Lovenjoul.
+
+15 juin.--The Daily Free Press (Aberdeen). Elle et Lui, d'après M. de
+Spoelberch de Lovenjoul.
+
+20 juin.--The Spectator (Londres), p. 879. Critique de l'article de M.
+de Spoelberch de Lovenjoul.
+
+10 mai à 28 juin.--Saint-Raphaël Revue. Alfred de Musset, par Jean
+Morin (8 art.). Voir les nos des 17 mai, 21 et 28 juin.
+
+8 juillet.--Journal de Genève. Chronique parisienne, d'après M. de
+Spoelberch de Lovenjoul.
+
+15 juillet.--Revue d'histoire littéraire de la France. Critique de
+l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul.
+
+15 juillet.--La Vie contemporaine, p. 139. Les amantes lyriques, par
+E. Besnus.
+
+19 juillet.--Le Monde artiste, p. 454. Critique de l'article de M. de
+Spoelberch de Lovenjoul et extraits.
+
+19 juillet.--Neue freie Presse (Vienne). Sie und Er, Elle et Lui, par
+W.
+
+1er août.--Revue Hebdomadaire. Un roman vécu à trois personnages:
+Alfred de Musset, G. Sand et le Dr Pagello, par le Dr Cabanès.
+
+1er août.--Paris. Alfred de Musset, G. Sand et l'Autre, par Caribert.
+
+2 août.--L'Événement. Des Lettres, Alfred de Musset et G. Sand, par
+Maxime Rude.
+
+2 août.--Le Voltaire. Histoire d'amour, par Raoul Deberd.
+
+5 août.--Gil Blas. Alfred de Musset et G. Sand, par Gabriel Seguy.
+
+5 août.--Journal des Débats. Critique de l'article du Dr Cabanès.
+
+6 août.--Le Gaulois. Les Femmes de Musset, par H. Lapauze.
+
+Reproduit: Écho de la Semaine, 16 août.
+
+9 août.--L'Éclair. Elle, Lui et l'Autre, d'après le Dr Cabanès.
+
+9-10 août.--Le Précurseur (Anvers). Alfred de Musset et G. Sand,
+extrait de Paris.
+
+11 août.--Paris. Les petits papiers, par Caribert.
+
+13 août.--Journal des Débats. Sur Alfred de Musset, à propos de
+l'article du Dr Cabanès, par Ed. Rod.
+
+14 août.--Le Gaulois. Alfred de Musset et G. Sand, lettres inédites,
+d'après M. Clouard, par H. Lapauze.
+
+15 août.--Revue de Paris, p. 709. Alfred de Musset et G. Sand, notes
+et documents inédits, par M. Clouard.
+
+15 août.--Journal de Rouen, supplément. Sur Alfred de Musset, par Ed.
+Rod, extrait du Journal des Débats.
+
+15 août.--The Daily Telegraph (Londres). Note sur l'article de M.
+Clouard.
+
+16 août.--Le Progrès de la Côte-d'Or (Dijon). Pagello et G. Sand, par
+Jacques de la Beaune.
+
+16 août.--Annales politiques et littéraires. A propos des récents
+articles sur Alfred de Musset et G. Sand.
+
+17 août.--Le Journal. Viols de tombes, par Jean Richepin.
+
+17 août.--Journal des Débats. Critique de l'article de M. Clouard.
+
+19 août.--Le Précurseur (Anvers). Sur Alfred de Musset, extrait du
+Journal des Débats.
+
+19 août.--Journal de Rouen. Note sur l'article de M. Clouard.
+
+19 août.--Le Patriote (Le Mans). Vieux Cancans, par Eug. Lautier.
+
+19 août.--La République Libérale (Arras). Deux critiques sur l'article
+de M. Clouard, l'une par P. Lebeau, l'autre tirée du Journal des
+Débats.
+
+20 août.--L'Événement. Liaisons et Passions, par P. Pascal.
+
+20 août.--Rotterdamsche Courant (Rotterdam). Note sur l'article de M.
+Clouard.
+
+21 août.--Écho de l'Indre (La Châtre). Lettre parisienne, par Andhré
+Bouché.
+
+22 août.--Le Gaulois. Sur Alfred de Musset, G. Sand et Pagello, par
+Solidor.
+
+22 août.--La Jeune Belgique (Bruxelles). Note sur l'article de M.
+Clouard.
+
+22 août.--Le Voltaire. Déshabillage, par E. C.
+
+24 août.--Le Gaulois. Comment travaillait G. Sand, par Silvio.
+
+25 août.--Stamboul (Constantinople). Alfred de Musset et G. Sand,
+d'après M. Clouard, par Régis Delboeuf.
+
+25 août.--Le Procope. Note concernant les récents articles.
+
+25-26 août.--Giornale di Sicilia (Palerme). Réflexions à propos d'une
+lettre de G. Sand à Alfred Tattet dans la Revue de Paris.
+
+27 août.--Le Patriote (Le Mans). Alfred de Musset et G. Sand d'après
+M. Clouard, par Berthelot.
+
+Reproduit: La Gironde (Bordeaux), 27 août.
+
+28 août.--Le Charivari. N'écrivez jamais, par H. Second.
+
+Reproduit: La France, 4 septembre; Le Patriote Landais
+(Mont-de-Marsan), 9 septembre.
+
+28 août.--Le Figaro. Un roman d'amour, par P. Bourget.
+
+29 août.--Journal de Rouen. Alfred de Musset et G. Sand, par P.
+Bourget, extrait du Figaro.
+
+29 août.--The Levant Herald (Constantinople). Note sur l'article de M.
+Clouard.
+
+29 août.--L'Écho de Paris. G. Sand et Alfred de Musset, par H. Bauer.
+
+30 août.--Le Gaulois. Alfred de Musset et G. Sand, à propos de
+l'article de M. Brisson.
+
+31 août.--Le Gaulois.--Ce qui sort des tombes, par R. Doumic.
+
+1er septembre.--La Revue de Paris. Erratum concernant l'article de M.
+Clouard.
+
+1er septembre.--Revue des Revues. Critique de l'article de M. Clouard.
+
+2 septembre.--L'Événement. Lettres d'amour, par Baude de Maurceley.
+
+ALFRED DE MUSSET ET GEORGE SAND, PAR MAURICE CLOUARD. Extrait de la
+Revue de Paris du 15 août 1896. Paris, Imprimerie Chaix. Brochure
+in-8º, ornée de deux portraits de G. Sand dessinés par Alfred de
+Musset, du fac-similé de l'Ordonnance du Dr Pagello, et suivie d'un
+Index Bibliographique.
+
+4 septembre.--Écho de l'Indre (La Châtre). De la critique, par Andhré
+Bouché.
+
+5 septembre.--Revue Encyclopédique, p. 619. Note sur G. Sand, Alfred
+de Musset et Sainte-Beuve.
+
+5 septembre.--Le Gaulois. La Correspondance Sand-Musset; Lettres de
+Mmes d'Albert-Lake, Lina Sand et Lardin de Musset.
+
+6 septembre.--Le Monde Élégant (Nice). Une vieille histoire, par
+Froufou.
+
+6 septembre.--La Loire Républicaine (Saint-Étienne). Amours de G. Sand
+et d'Alfred de Musset, coupable divulgation.
+
+7 septembre.--La Presse. Lettres dangereuses, par Ch. Formentin.
+
+9 septembre.--L'Éclair. Le Coucher de la morte, par G. Jollivet.
+
+10 septembre.--L'Abeille de Fontainebleau. Critique de _Alfred de
+Musset et G. Sand_ de M. Clouard, par Maurice Bourges.
+
+10 septembre.--Lyon Républicain, supplément. Feuilles volantes, par
+Raoul Cinoh.
+
+11 septembre.--Il Don Chisciotte (Rome). Un altro amore di G. Sand,
+par G. P. Cavalcanti.
+
+11 septembre.--Le Temps. Alfred de Musset et G. Sand, à propos de
+Chopin, par C. Bellaigue.
+
+12 septembre.--La Vie parisienne, p. 357. Notes sur les récentes
+publications.
+
+12 septembre.--Courrier d'Italie (Rome). G. Sand d'après le Don
+Chisciotte.
+
+13 septembre.--Le Courrier (Fourmies). Lettre de Mme Lardin de Musset
+à propos de la Correspondance.
+
+13 septembre.--Il Don Chisciotte (Rome). Le plus sérieux des trois,
+par Febea (Mme Olga Ossani Lodi).
+
+13 septembre.--Journal de Rouen, supplément. A propos des récents
+articles.
+
+14 septembre.--Le Voltaire. Lettres de femme, par Bernard Kahler.
+
+15 septembre.--Review of Reviews (Londres). Critique de l'article de
+M. Clouard.
+
+15 septembre.--Nouvelle Revue Internationale. Alfred de Musset et G.
+Sand, d'après P. Bourget.
+
+16 septembre.--La Lanterne. Choses d'outre-tombe, par Jean Ajalbert.
+
+27 septembre.--Le Réveil (Saint-Girons, Ariège). Chronique: Alfred de
+Musset et G. Sand, par J. Francoeur.
+
+27 septembre.--Journal d'Alsace (Strasbourg). Alfred de Musset et G.
+Sand, d'après les articles récents.
+
+3 octobre.--Courrier Australien (Sydney). Le démêlé
+Sand-Musset-Pagello, non signé.
+
+5 octobre.--La Gazette de France. Petits ménages romantiques, par Ch.
+Maurras.
+
+15 octobre.--Revue d'histoire littéraire de la France. L'histoire
+d'Elle et Lui, d'après MM. de Spoelberch, Cabanes et Clouard.
+
+16 octobre.--Le Gaulois. Histoire véridique des amants de Venise, I,
+par P. Mariéton.
+
+17 octobre.--Le Gaulois. Histoire véridique des amants de Venise. II,
+par P. Mariéton.
+
+19 octobre.--Gil Blas. Elle et Lui, d'après P. Mariéton, par L.
+Lacour.
+
+19 octobre.--Le Gaulois. La Correspondance Sand-Musset: chez le comte
+Alexandre de Musset, par J. Gubert.
+
+19 octobre.--Le Petit Méridional (Montpellier). Sur la non publication
+de la correspondance Sand-Musset.
+
+20 octobre.--Le Figaro. G. Sand à Venise, par E.
+
+20 octobre.--Journal des Débats. Amours de gens de Lettres, par R.
+Doumic.
+
+20 octobre.--L'Écho de Paris. La Vie de G. Sand et du Dr Pagello à
+Venise, III, par P. Mariéton.
+
+21 octobre.--L'Écho de Paris. G. Sand, Alfred de Musset et Pagello,
+IV, par P. Mariéton.
+
+21 octobre.--L'Éclaireur (Nice). Amours des Gens de Lettres, extrait
+du Journal des Débats.
+
+21 octobre.--L'Événement. Le médecin Pagello ou l'amant malgré lui,
+par H. Leyret.
+
+21 octobre.--Gil Blas. Eux trois, par Santillane.
+
+21 octobre.--Le Gaulois. Fleurs fanées--Les amants de Venise. (2
+articles).
+
+22 octobre.--L'Écho de Paris. Examen littéraire, par Graindorge:--Mot
+d'Alfred de Musset sur G. Sand d'après Sainte-Beuve. (2 articles).
+
+22 octobre.--L'Événement. Amours de G. Sand et d'Alfred de Musset, par
+Gina Saxebey.
+
+22 octobre.--Le Soleil. La Correspondance d'Alfred de Musset et de G.
+Sand, par C. Canivet.--Alfred de Musset, G. Sand, etc., par H.
+Duvernois. (2 articles).
+
+22 octobre.--La Dépêche (Toulouse). Alfred de Musset et G. Sand, par
+Noll.
+
+23 octobre.--Courrier de l'Aisne (Laon). Alfred de Musset, Sand et
+Pagello, d'après P. Mariéton, non signé.
+
+23 octobre.--Le Gaulois. Les Trois, d'après le Dr Cabanès, par Ch.
+Demailly.
+
+23 octobre.--Patriote de Normandie (Rouen). Correspondance d'hommes
+célèbres, résumé de l'article du Soleil.
+
+24 octobre.--Revue hebdomadaire, p. 609.--Une Visite au Dr Pagello: la
+Déclaration de George Sand au Dr Pagello, par le Dr Cabanès.
+
+24 octobre.--L'Éclair. Amours de G. Sand et du Dr Pagello, d'après le
+Dr Cabanès.
+
+24 octobre.--L'Événement. Les amours de G. Sand, par Ferville.
+
+24 octobre.--Le Figaro. Interdiction lancée par la famille Sand.--G.
+Sand et Pagello, d'après le Dr Cabanès. (2 articles).
+
+24 octobre.--Franche-Comté (Besançon). Interdiction de la famille Sand
+à la Revue Hebdomadaire.
+
+24 octobre.--Le Journal. Affaire Sand-Pagello, interdiction de Mme
+Clesinger.
+
+Reproduit: La Libre Parole, 24 octobre.--La Paix, 24 octobre.--Le
+Figaro, 25 octobre.
+
+24 octobre.--Le Rappel. Les Correspondances d'Hommes célèbres, par H.
+Fouquier.
+
+24 octobre.--Le Gaulois. Sand, Musset, Pagello, stances par Brandy and
+Soda. Un procès sensationnel, affaire Sand-Pagello, par Tout-Paris. (2
+articles).
+
+24 octobre.--Le Monde Illustré, p. 263. Des récentes publications sur
+Alfred de Musset et G. Sand, par P. Veron.
+
+24 octobre.--Revue Politique et Littéraire, p. 540. _Journal_ de
+Pagello, par Jean Louis.
+
+24 octobre.--Le Soleil. Musset, Sand et Pagello, par C. Canivet.
+
+24 octobre.--Le Temps. Le récit du Dr Pagello au Dr Cabanès; la
+_Déclaration_ de G. Sand à Pagello.
+
+24 octobre.--La Vie Parisienne. Ne va-t-on pas bientôt finir avec les
+amours littéraires?
+
+25 octobre.--L'Éclair. Elle et Eux, la _Déclaration_ de G. Sand à
+Pagello, non signé.
+
+25 octobre.--Journal de Bruxelles, supplément. Correspondances et
+Révélations, par Ch. Canivet, extrait du Soleil.
+
+25 octobre.--Le Gaulois. Le véritable propriétaire des lettres de G.
+Sand.
+
+25 octobre.--La Gironde (Bordeaux). Encore eux, n. s.
+
+25 octobre.--Gil Blas. Cantique des Cantiques, par Santillane.
+
+25 octobre.--Journal de Rouen, supplément. Un procès sensationnel.
+
+25 octobre.--Journal des Débats. Correspondance d'Écrivains, par André
+Hallys.--G. Sand, Pagello et le Dr Cabanès, non signé (2 articles).
+
+25 octobre.--La Lanterne.--G. Sand et le Dr Pagello.
+
+25 octobre.--La Patrie.--Autour d'une lettre.--La propriété des
+lettres. (2 articles).
+
+25 octobre.--La Presse. Amoureuse, par Ch. Formentin.
+
+25 octobre.--Lyon Républicain, supplément (Lyon). Contre Pagello.
+
+25 octobre.--La République Française. Roman d'outre-tombe, par Ad.
+Brisson.
+
+25 octobre.--Le Temps. Les amours de G. Sand, par A. B.--Vieux
+papiers, par G. Deschamps. (2 articles).
+
+25 octobre.--Lyon Républicain (Lyon). Note sur l'interdiction de la
+famille Sand.
+
+25-26 octobre.--Les Ardennes (Charleville). Eux et Elles, d'après le
+Dr Cabanès, la _Déclaration_ de G. Sand.
+
+26 octobre.--Le Figaro. Cruautés de l'information, dialogue, par A.
+Capus.
+
+26 octobre.--L'Éclaireur (Nice). Le roman à trois, d'après le Dr
+Cabanès.
+
+26 octobre.--Le Petit Niçois (Nice). Contre M. Mariéton et ses
+révélations.
+
+26 octobre.--Le Gaulois. Les lettres de G. Sand à Alfred de Musset
+seront publiées, déclaration de M. Aucante, par M. Hutin.
+
+26 octobre.--Gil Blas Mode. Alfred de Musset et G. Sand, par Babiole.
+
+26 octobre.--La Liberté. Les amours de G. Sand et d'Alfred de Musset,
+par Arnolphe.
+
+26 octobre.--La Paix. Indiscrétions littéraires, par Édouard Beaufils.
+
+26 octobre.--Le Soir. Après le festin, par Alex. Hepp.
+
+26 octobre.--Le Soir (Bruxelles). Les révélations du Dr Cabanes, par
+Piccolo.
+
+26 octobre.--Le Stéphanois (Saint-Étienne). Critique et analyse de
+l'article du Dr Cabanès.
+
+26 octobre.--La Presse. L'affaire Sand-Musset, par H. Duvernois. (2
+articles).
+
+26 octobre.--Gazette de France. Vieux papiers et vieilles flammes, par
+G. M.--Publication des Lettres.
+
+26 octobre.--Frankfurter Zeitung (Francfort). George Sand und Dr
+Pagello in der Revue Hebdomadaire.
+
+27 octobre.--Le Figaro. Confessions et Correspondances, par G.
+Larroumet.--La déclaration de Mme Lardin de Musset au Temps.
+
+27 octobre.--L'Événement. Note sur l'opposition de Mme Lardin de
+Musset.
+
+27 octobre.--Le Siècle. Le roman de Venise, les lettres et
+l'opposition de Mme Lardin de Musset, par Léo Marchès.
+
+27 octobre.--La Dépêche (Toulouse). Paul Mariéton, profil, par Nick.
+
+27 octobre.--Le Journal. Elle, Lui et l'Autre, par Ém.
+Bergerat.--Menus propos, par V. de Cottens. (2 articles).
+
+27 octobre.--Le Temps. Pourquoi la famille de Musset s'oppose à la
+publication des lettres, déclaration de Mme Lardin de Musset.
+
+27 octobre.--Les Ardennes (Charleville). Elle et Lui, la déclaration
+de M. Aucante.
+
+27 octobre.--Le Précurseur (Anvers). Les amours de G. Sand, d'après Le
+Temps.
+
+27 octobre.--La Liberté. G. Sand et ses amis, révélations et vieux
+papiers, par P. P.
+
+27 octobre.--Berliner Tageblatt (Berlin). Alfred de Musset und G.
+Sand, die Korrespondenz.
+
+28 octobre.--Le Charivari. Contre les révélations du Dr Pagello, sur
+G. Sand.
+
+28 octobre.--Le Courrier du Centre (Limoges). Alfred de Musset et G.
+Sand, par Clément-Janin.
+
+28 octobre.--L'Écho de Paris. G. Sand et Alfred de Musset;
+l'opposition de Mme Lardin de Musset.
+
+28 octobre.--L'Événement. Les Héritiers des grands écrivains, par
+Henri Leyret.
+
+28 octobre.--Berliner Börsen Courier (Berlin). G. Sand et Alfred de
+Musset, les nouvelles révélations de la Revue Hebdomadaire.
+
+28 octobre.--Gil Blas. La Lionne de l'hiver, par Ch. Martel.
+
+28 octobre.--Journal des Débats. A propos de la Correspondance
+Sand-Musset par Maurice Spronck.
+
+28 octobre.--La Paix. Elle et Lui, dialogue, par A. Cerons.
+
+28 octobre.--Paris. Papiers posthumes, par C. de Sainte-Croix.-Lettre
+de Mme Lardin de Musset.
+
+28 octobre.--Le Peuple (Lyon). Contre la publication des documents sur
+G. Sand et Pagello.
+
+28-29 octobre.--Il Secolo (Milan). Note sur l'interdiction de Mme
+Lardin de Musset.
+
+29 octobre.--Les Ardennes (Charleville). Elle et Lui, la lettre de Mme
+Lardin de Musset au Temps.
+
+29 octobre.--Le Charivari. Vilenie du scandale actuel.
+
+29 octobre.--El Correo (Madrid). George Sand y Alfredo de Musset, par
+X.
+
+29 octobre.--Le Gaulois. Annonce de la publication des Lettres de G.
+Sand à Alfred de Musset.--Lettres de G. Sand au _Mousquetaire_ à
+l'occasion de la Biographie de Mirecourt, en 1854.
+
+29 octobre.--La Gazette de France. La Correspondance d'Alfred de
+Musset et de G. Sand; déclaration de Mme Lardin de Musset.
+
+29 octobre.--Gil Blas. Lettres et Mémoires, par Montjoyeux.--G. Sand
+et le féminisme, par Ch. Bardin.
+
+29 octobre.--Le Journal. La Séductrice, par Gustave Geoffroy.
+
+29 octobre.--La Liberté. Contre le scandale du jour, par Fabrice
+Carré.
+
+29 octobre.--Le Petit Vauclusien (Avignon). Alfred de Musset et G.
+Sand, non signé.
+
+29 octobre.--La Presse. Lettres de morts, par Marcel de Barre.
+
+29 octobre.--Le Progrès Artistique. Annonce de la publication des
+lettres de G. Sand à Alfred de Musset.
+
+29 octobre.--Le Radical (Marseille). Contre les publications récentes.
+
+30 octobre.--Le Charivari. Note sur le refus de Mme Lardin de Musset.
+
+30 octobre.--Le Rappel. Nouvelles révélations, par P. Desachy.
+
+30 octobre.--Le Télégramme (Toulouse). Amours d'écrivains, par A.
+Alexandre, suivi d'une Lettre du Dr Cabanès relative à M. P. Mariéton.
+
+31 octobre.--Don Juan. Laissez donc dormir ces secrets, par
+Machecoul.--Amours littéraires, stances, par Des Esquintes. (2
+articles).
+
+31 octobre.--L'Événement. G. Sand dépeinte par Alfred de Musset dans
+son _Histoire d'un Merle Blanc_.
+
+31 octobre.--Le Gaulois. Les vraies lettres de G. Sand à A. de Musset,
+analyse et extraits, par H. Lapauze.
+
+31 octobre.--L'Illustration. Les révélations du Dr Pagello sur G.
+Sand.
+
+31 octobre.--Le Journal. Les amants de Venise, extrait du Soleil.--La
+question Sand-Musset-Pagello, réponse par P. Mariéton.--Analyse et
+extraits des lettres de G. Sand à Alfred de Musset. (3 articles).
+
+31 octobre.--Le Matin. Note sur les lettres de G. Sand à Alfred de
+Musset.
+
+31 octobre.--Le Monde Illustré, couverture. Vignette satirique par
+Guillaume.
+
+31 octobre.--La Petite République. Déballage posthume, par Mercutio.
+
+31 octobre.--Le Petit Temps. Lettre de G. Sand à Musset, 29 avril
+1834.--Trois poèmes de Alfred de Musset à G. Sand.
+
+31 octobre.--Le Précurseur (Anvers). Lettre de G. Sand à Alfred de
+Musset, 29 avril 1834.--Stances d'Alfred de Musset à G. Sand: «Porte
+ta vie».
+
+31 octobre.--Le Démocrate (Saint-Brieuc). La _Potinite_ aiguë (sur
+Sand et Musset), par Eddey.
+
+31 octobre.--Neue Zücher Zeitung (Zurich). G. Sand et Alfred de
+Musset, révélations du Dr Cabanès sur le Dr Pagello.
+
+31 octobre.--La Semaine Littéraire (Genève). Sur les indiscrétions
+Sand-Pagello.
+
+31 octobre.--Revue Encyclopédique, p. 762. Alfred de Musset, G. Sand
+et le Dr Pagello.
+
+31 octobre.--Le Soleil. Les amants de Venise, par Ch. Maurras.
+
+31 octobre.--L'Univers Illustré. Elle et Lui, la tranquillité des
+morts, par Richard O'Monroy.
+
+31 octobre.--La Vigie Algérienne (Alger). G. Sand et le Dr Pagello,
+par Pierre Batail.
+
+1er novembre.--La Revue de Paris, p. 1. Lettre de G. Sand à M. Émile
+Aucante, du 10 mars 1864.--p. 5. Dix-huit lettres de George Sand à
+Alfred de Musset.--p. 49. Cinq petits poèmes à G. Sand par Alfred de
+Musset: 1º «Te voilà revenu» publié en 1882.--2º «Puisque votre
+moulin», inédit.--3º «Toi qui me l'as appris», inédit.--4º «Il
+faudra bien t'y faire», inédit.--5º «Porte ta vie», publié en 1877.
+
+Reproduit, stances: «Toi qui me l'appris»:--Le Petit Temps, 31 octobre
+1896.--Journal des Débats, 1er novembre 1896.--Fanfulla (Rome), 3-4
+novembre 1896.--Il resto del Carlino (Bologne), 5 novembre
+1896.--Journal de Maurice, 8 février 1897, etc...
+
+Reproduit, stances: «Il faudra bien t'y faire». Le Petit Temps, 31
+octobre 1896.--Journal des Débats, 1er novembre 1896.--Fanfulla
+(Rome), 3-4 novembre 1896.--Il resto del Carlino (Bologne), 5 novembre
+1896.--Journal de Maurice, 8 février 1897, etc.
+
+1er novembre.--L'Écho de Paris. Les héritiers, par E. Lepelletier.
+
+1er novembre.--Journal des Débats. Analyse et extraits des Lettres de
+G. Sand à Alfred de Musset, et trois poèmes à G. Sand par Alfred de
+Musset.
+
+1er novembre.--Le Matin. Note sur Alfred de Musset et G. Sand, par
+Cornély.
+
+1er novembre.--Le Peuple (Lyon). Déballage posthume, par Mercutio.
+
+1er novembre.--La Revue Idéaliste, p. 159. La légende de G. Sand,
+discussion des articles de MM. de Spoelberch de Lovenjoul et Clouard,
+par S. Rocheblave.
+
+1er novembre.--Revue des Revues. A propos de l'article du Dr Cabanès.
+
+1er novembre.--De Amsterdammer Weekblad voor Nederland (Amsterdam).
+George Sand en Dr Pagello, par V. L.
+
+1er novembre.--Le Progrès National. George Sand cuisinière à Venise.
+
+1er novembre.--La Chronique Médicale, p. 641. Une visite au Dr
+Pagello, par le Dr Cabanès; traduction de la lettre de G. Sand à
+Pagello; deux fac-similés de l'écriture du Dr Pagello, dans le texte;
+un portrait hors texte du Dr Pagello, gravé sur bois.
+
+1er novembre.--La Semaine. Contre les publications récentes.
+
+1er novembre.--Le Gaulois. Approbation du refus de Mme Lardin de
+Musset.
+
+2 novembre.--Le Figaro. La défense de George Sand: extraits des
+lettres de G. Sand à M. Regnault, la correspondance Sand-Musset et Mme
+Lardin de Musset, par M. Amic.
+
+2 novembre.--La Petite Gironde (Bordeaux). Analyse et extraits des
+lettres de G. Sand à Alfred de Musset.--Contre les récentes
+publications. (2 articles).
+
+2 novembre.--Magdeburgische Zeitung (Magdebourg). Die Briefe von
+George Sand.
+
+2 novembre.--Le Journal.--Un coeur simple, par Marcel Prévost.
+
+2 novembre.--Le Petit Parisien. Elle et Lui, par Valensol.
+
+2 novembre.--Der Zeitgeist (Berlin). Alfred de Musset, G. Sand et le
+Dr Pagello.
+
+2-3 novembre.--Indépendance Belge (Bruxelles). La correspondance de G.
+Sand avec Alfred de Musset.
+
+2-3 novembre.--Charivari. Interview de Mme Maria Feliga, sur G. Sand,
+extrait du Gil Blas.
+
+3 novembre.--Gil Blas. Sur l'article de M. Amic au Figaro.
+
+3 novembre.--Journal des Débats. Critique de l'article de M. Amic.
+
+3 novembre.--Heraldo de Madrid. Papeles viejos, non signé.
+
+3 novembre.--Le Précurseur (Anvers). Extraits des Lettres de G. Sand à
+Alfred de Musset.
+
+3 novembre.--Le Sémaphore (Marseille). Déclaration de M. le Cte
+Alexandre de Musset, d'après le Gaulois.
+
+3-4 novembre.--Fanfulla (Rome). Giorgio Sand e Alfredo de Musset.
+Extraits des lettres et poésies publiées par la Revue de Paris.
+
+4 novembre.--Le Gaulois. Réminiscence d'une lettre de G. Sand dans _On
+ne badine pas avec l'amour_.
+
+Reproduit dans: L'Événement, 5 novembre 1896.--Journal de Vichy, 8
+novembre 1896.--Revue Encyclopédique, 21 novembre 1896.--Le Stéphanois
+(St-Étienne), 6 novembre 1896.--Écho de la Semaine, 31 janvier
+1897.--Le Journal, 20 février 1897.--L'Intermédiaire des Chercheurs,
+10 mars 1897.
+
+4 novembre.--Gil Blas. Juges en Jugement, par Ch. Martel.
+
+4 novembre.--L'Événement. Note sur l'article du Temps relatif à M. de
+Spoelberch de Lovenjoul.
+
+4 novembre.--La Liberté. Les lettres de Alfred de Musset à G. Sand
+chez M. de Spoelberch de Lovenjoul.
+
+4 novembre.--La Médecine Moderne. Musset, Sand et le Dr Pagello, par
+F. H.
+
+4 novembre.--Le Télégramme (Toulouse). A propos des Nécrophores, par
+Émile Delbousquet.
+
+4 novembre.--Le Temps. Une visite au Vte de Spoelberch de Lovenjoul:
+l'album des dessins de Musset, G. Sand et son mari, par Ad. Brisson.
+
+4 novembre.--Courrier de l'Ain (Bourg). Les publications posthumes,
+par J. R.
+
+5 novembre.--Gil Blas. Les lettres d'Alfred de Musset à G. Sand chez
+le Vte de Spoelberch de Lovenjoul.
+
+5 novembre.--Bordeaux-Journal (Bordeaux). G. Sand et J. Sandeau,
+Alfred de Musset et l'absinthe, par Alceste.
+
+5 novembre.--Rheinisch Westfalische Zeitung (Essen). Der Korrespondenz
+von George Sand mit Alfred de Musset.
+
+5 novembre.--Lyon Républicain, suppl. (Lyon). Les lettres de G. Sand à
+Alfred de Musset, analyse et extraits, 1, par H. Lapauze.
+
+5 novembre.--Le Soir. Lettres posthumes, par Lorenzi de Bradi.
+
+5 novembre.--Le Soir (Bruxelles). Fleur de Scandale, par Van de Wiele.
+
+5 novembre.--Le Soleil. Le scandale Sand-Musset, par A. Claveau.
+
+5 novembre.--Le Temps. La littérature dans la passion de G. Sand et
+d'Alfred de Musset; réminiscences dans _On ne badine pas avec
+l'amour_.
+
+24 octobre-5 novembre.--Novoïe Wremya (Pétersbourg). Les amours
+d'Alfred de Musset, de G. Sand et du Dr Pagello.
+
+5 novembre.--Il resto del Carlino (Bologne). Trois poèmes à G. Sand,
+par Alfred de Musset.
+
+6 novembre.--L'Événement. La bonne dame, par Ludovic Hamilo.
+
+6 novembre.--Fanfulla (Rome). Critique de l'article de M. Amic dans le
+Figaro.
+
+6 novembre.--Frankfurter Zeitung (Francfort). Die Briefe der G. Sand
+an Alfred de Musset.
+
+6 novembre.--Le Gaulois. Note sur le prêt d'argent fait par G. Sand à
+Alfred de Musset.
+
+6 novembre.--Berliner Tageblatt (Berlin). Briefe der G. Sand an Alfred
+de Musset.
+
+6 novembre.--Hannoverschers Tageblatt (Hanovre). Erinnerungen an
+George Sand.
+
+(?) novembre.--Königsburger Hartungsche Zeitung (Koenigsberg). Alfred
+de Musset und G. Sand, der Korrespondenz.
+
+6 novembre.--Le Journal. Les amants de Venise (avec extraits de leurs
+lettres), par M. Clémenceau.
+
+25 octobre-6 novembre.--Novoïe Wremya (Pétersbourg). Note sur
+l'article de M. Amic dans le Figaro.
+
+6 novembre.--Le Soir. Documents sur G. Sand et Alfred de Musset chez
+M. de Spoelberch de Lovenjoul.
+
+6 novembre. La Tribuna (Rome). G. Sand et Alfred de Musset, par
+Rastignac.
+
+7 novembre.--Charivari. Elle et Lui, dialogue par Rigolet.
+
+7 novembre.--Il resto del Carlino (Bologne). Les lettres de G. Sand à
+Alfred de Musset, réminiscences dans _On ne badine pas avec l'amour_.
+
+7 novembre.--Le Moniteur Universel. La correspondance de G. Sand et
+d'Alfred de Musset, par M. Trolliet.
+
+7 novembre.--La Vie Parisienne. De quelques amours célèbres et de la
+façon de les exprimer, par M.--Les lettres de G. Sand à Alfred de
+Musset dans la Revue de Paris, par A. A. (2 articles.)
+
+7-8 novembre.--Giornale di Sicilia (Palerme). Extraits des lettres de
+G. Sand à Alfred de Musset, traduction.
+
+8 novembre.--La Chronique Illustrée, p. 36. Indiscrétions des
+révélations actuelles.--p. 42. Le Don Juan de G. Sand (_Lélia_) et
+celui de Musset (_Namouna_).
+
+8 novembre.--Elbinger Zeitung (Elbing, Prusse). Die Liebesbriefe der
+G. Sand.
+
+8 novembre.--Fanfulla (Rome). Sur un prêt d'argent fait par G. Sand à
+Alfred de Musset.
+
+8 novembre.--Général Anzeiger (Hambourg). Alfred de Musset, G. Sand et
+Sainte-Beuve.
+
+8 novembre.--La Illustracion Española y Americana (Madrid). Alfred de
+Musset, G. Sand et les révélations du Dr Pagello.
+
+8 novembre.--La Nouvelle Mode. Alfred de Musset, G. Sand et le Dr
+Pagello, par Actéon.
+
+8 novembre.--Lyon Républicain, supplément (Lyon). Les lettres de G.
+Sand à Alfred de Musset, analyse et extraits, 2 et fin, par H.
+Lapauze.
+
+9 novembre.--L'Écho de Paris. L'ombre d'Elle et l'ombre de Lui, par F.
+Vanderem.
+
+9 novembre. Express (Liège). Contre les publications actuelles.
+
+9 novembre.--Express (Lyon). A propos des révélations sur G. Sand et
+le Dr Pagello.
+
+9 novembre.--Kieler Zeitung (Kiel). Das Liebesverhaltnitz zwischen
+Alfred de Musset und der G. Sand.
+
+9 novembre.--La Petite Gironde (Bordeaux). Causerie Bordelaise, par
+Argus (sur G. Sand, A. de Sèze, Alfred de Musset, etc... d'après le
+Vte de Spoelberch de Lovenjoul).
+
+9 novembre.--Le Républicain (Orléans). Extraits des lettres de G. Sand
+à Alfred de Musset.
+
+9 novembre.--The St.-James-Gazette (Londres). G. Sand, Alfred de
+Musset and Dr Pagello.
+
+9 novembre.--La Tribuna (Rome). Alfred de Musset, G. Sand et le Dr
+Pagello.
+
+9-10 novembre.--Corriere della Sera (Milan). Le lettere di Giorgio
+Sand ad Alfredo di Musset.
+
+10 novembre.--Le Figaro. Lettre de Mme Lardin de Musset demandant la
+restitution des autographes des lettres d'Alfred de Musset.
+
+10 novembre.--The Globe (Londres). An old romance revived.
+
+10 novembre.--Stamboul (Constantinople). Sur la publication des
+lettres de G. Sand à Alfred de Musset et des poésies d'Alfred de
+Musset à G. Sand.
+
+11 novembre.--L'Éclair. Lettre de Mme Lardin de Musset au Figaro.
+
+11 novembre.--Journal pour Tous. Le voyage d'Alfred de Musset et de G.
+Sand en Italie, extrait de la _Biographie_ par Paul de Musset.
+
+11 novembre.--Le Petit Marseillais (Marseille). Le plus heureux des
+trois, les lettres de G. Sand à Alfred de Musset, par A. Theuriet.
+
+11-12 novembre.--Giornale di Sicilia (Palerme). Intermezzi mondani:
+Rileggendo, par Iobi.
+
+12 novembre.--Le Réveil (Villeneuve-sur-Lot). Déceptions causées par
+les révélations actuelles.
+
+12 novembre.--Pester Lloyd (Budapest). Alfred de Musset und G. Sand,
+par Ferdinand Borosthauh.
+
+12-13 novembre.--Giornale di Sicilia (Palerme). Note sur un prêt
+d'argent fait par G. Sand à Alfred de Musset.
+
+13 novembre.--Fanfulla (Rome). Traduction de la lettre de Mme Lardin
+de Musset au Figaro.
+
+13 novembre.--Paris. Vivisection posthume, par H. Céard.
+
+13 novembre.--La Tribune (Laon). Déshabillage posthume, par Mme
+Gaspard, avec extraits des lettres de G. Sand.
+
+14 novembre.--Angers-Théâtre (Angers). Note sur la lettre de Mme
+Lardin de Musset au Figaro.
+
+14 novembre.--Le Gaulois. Alfred de Musset dans les lettres de G. Sand
+à Sainte-Beuve, par H. Lapauze.
+
+14 novembre.--The New Saturday. (Londres). Elle et Lui, histoire des
+amants de Venise.
+
+14 novembre.--Le Progrès médical, p. 391. Les médecins amants:
+Pagello, Rebizzo, Alfred de Musset et G. Sand, par M. Baudouin.
+
+14 novembre.--The Publisher Circular (Londres). Sur l'article de M.
+Brisson et la lettre de Mme Lardin de Musset.
+
+14 novembre.--Revue Encyclopédique. Les prochaines révélations de
+Pagello, 1 portrait et 1 fac-similé d'autographe du Dr Pagello, 1
+portrait d'Alfred de Musset et 3 portraits de G. Sand.
+
+14 novembre.--L'Univers illustré. Sur Alfred de Musset et G. Sand, par
+Richard O'Monroy.
+
+15 novembre.--La Revue de Paris, p. 276-301. Dix-sept lettres de
+George Sand à Sainte-Beuve (dont plusieurs relatives à Alfred de
+Musset). 1re partie.
+
+15 novembre.--Le Courrier Français. Variations sur les amants de
+Venise, triolets par R. Ponchon.
+
+15 novembre.--L'Écho de la Semaine, p. 106. Correspondance d'Alfred de
+Musset et de G. Sand, par E. Trolliet.
+
+15 novembre.--L'Écho du Mexique (Mexico). Mot de Alfred de Musset sur
+G. Sand.
+
+15 novembre.--Gazette Anecdotique, p. 641. G. Sand et Alfred de
+Musset, par G. d'Heilly.
+
+15 novembre.--L'Illustrazione Italiana (Milan), p. 327. Il romanzo
+Sand-Musset-Pagello, I, par Raffaello Barbiera, avec 2 portraits en
+phototypie du Dr Pagello.
+
+15 novembre.--Lyon républicain, supplément (Lyon). Suite du déballage
+des petits papiers, par Jumelles.
+
+15 novembre.--La Liberté. Alfred de Musset et G. Sand dans les lettres
+de G. Sand à Sainte-Beuve.
+
+15 novembre.--Revue des Revues, p. 376-386. Extraits des lettres de G.
+Sand à Alfred de Musset.
+
+15 novembre.--Le Tam-Tam. Les Vide-Cuvettes, par Achille Lefranc.
+
+15 novembre.--Le Temps. Alfred de Musset dans les lettres de G. Sand à
+Sainte-Beuve.
+
+15 novembre.--Théâtre illustré (Angers). Note sur la lettre de Mme
+Lardin de Musset au Figaro.
+
+15 novembre.--Le Soir. Note sur le démêlé Sand-Musset, par B. de
+Lomagne.
+
+15-16 novembre.--Journal Égyptien (Le Caire). Trois petits poèmes à G.
+Sand par Alfred de Musset.
+
+16 novembre.--Le Gaulois. Testament littéraire de G. Sand, sa lettre à
+A. Dumas fils.
+
+16 novembre.--Gil Blas. L'Amour qui cause, par L. Lacour.--Encore
+Elle, les lettres de G. Sand à Sainte-Beuve, par Santillane. (2
+articles.)
+
+16 novembre.--La Gironde (Bordeaux). Alfred de Musset dans les lettres
+de G. Sand à Sainte-Beuve.
+
+16 novembre.--Le Journal. Les exhumations Sand-Musset-Hugo, par A.
+Silvestre.
+
+16 novembre.--Journal des Débats. Alfred de Musset dans les lettres de
+G. Sand à Sainte-Beuve.
+
+16 novembre.--La Liberté. Sur les publications actuelles: Musset,
+Sand, Sainte-Beuve, Hugo.
+
+16 novembre.--Le Temps. Note sur des négociations qui auraient été
+engagées par la Revue des Deux-Mondes avec la famille de Musset.
+
+17 novembre.--Gil Blas. Féminités, par Colombine.
+
+18 novembre.--L'Avenir de la Vienne (Poitiers). Fleurs fanées, par
+Émile Chasles.
+
+19 novembre.--Le Journal. Lettres d'amour, par F. Coppée.
+
+19 novembre.--Le Temps. Mozart, G. Sand et Alfred de Musset, à propos
+de Don Juan, par J. Claretie.
+
+20 novembre.--The St.-James Budget (Londres). G. Sand, Alfred de
+Musset and Dr Pagello.
+
+20 novembre.--Le Républicain Orléanais (Orléans). Alfred de Musset
+dans les lettres de G. Sand à Sainte-Beuve.
+
+21 novembre.--Le Voltaire. Petits papiers, par V. de Cottens.
+
+21 novembre.--La Revue Parisienne. Les révélations de G. Sand dans ses
+lettres à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.
+
+21 novembre.--Neue Bürger Zeitung (Neustadt). Die Liebesbriefe der
+George Sand an Alfred de Musset.
+
+22 novembre.--Journal de Rouen (Rouen). Les révélations de G. Sand
+dans ses lettres à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.
+
+22 novembre.--Journal de Marseille (Marseille). A propos des
+révélations sur G. Sand et sur Alfred de Musset, le livre de M.
+Rostand, publié en 1877, I, non signé.
+
+22 novembre.--L'Illustrazione Italiana (Milan), p. 346. Il romanzo
+Sand-Musset-Pagello, II, par Raffaello Barbiera.
+
+23 novembre.--Argonaut (San Francisco). A Literary scandal, by Dorsey.
+
+23-24 novembre.--Journal de Marseille (Marseille). A propos des
+révélations sur G. Sand et sur Alfred de Musset, etc..., II et fin.
+
+24 novembre.--Le Temps. A propos de _Lorenzaccio_, Alfred de Musset et
+G. Sand à Venise, par A. Aderer.
+
+24 novembre.--Le Journal. De la critique actuelle, rêve et réalité,
+par E. Zola.
+
+18-25 novembre.--Le Tout-Biarritz (Biarritz). Mémoires et
+correspondances, par Valmy Baysse.
+
+25 novembre.--Le Figaro. Les lettres de G. Sand à Alfred de Musset et
+à Sainte-Beuve, par F. Lemaitre.
+
+25 novembre.--Le Gaulois. La Conception de l'amour chez Alfred de
+Musset; Alfred de Musset et G. Sand, à propos de _Lorenzaccio_.
+
+25 novembre.--Le Siècle. Sainte-Beuve, G. Sand et Alfred de Musset par
+Leo Marchès.
+
+13-25 novembre.--Novoïe Wremya (Pétersbourg). Alfred de Musset et G.
+Sand, extraits des lettres.
+
+25-26 novembre.--Giornale di Sicilia (Palerme). Poésie du Dr Pagello à
+une dame: «Mentre la folla spia.»
+
+26 novembre.--Le National. Tombes ouvertes, n. signé.
+
+26 novembre.--Le Siècle de Lyon (Lyon). Sainte-Beuve, Alfred de Musset
+et les lettres de G. Sand.
+
+27 novembre.--The Pall Mall Gazette (Londres). The romance of G. Sand
+revived.
+
+27 novembre.--Gil Blas. Alfred de Musset et G. Sand à propos des
+poètes à l'Odéon, par Ch. Martel, et des Mémoires de Got, par M.
+Guillemot. (2 articles.)
+
+28 novembre.--La Petite République. La Vérité, par H. Brissac.
+
+28 novembre.--L'Art et la Mode, p. 896. G. Sand et Alfred de Musset.
+
+28 novembre.--The Queen (Londres). Sur la lettre de G. Sand à
+Alexandre Dumas fils.
+
+28 novembre.--The Publisher Circular (Londres). Sur les lettres de G.
+Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.
+
+28 novembre.--Le Moniteur Universel. Sur les correspondances de V.
+Hugo, Sainte-Beuve, Alfred de Musset et G. Sand, par L. Barracaud.
+
+28 novembre.--Le Courrier des États-Unis (New-York). Sur la lettre de
+Mme Lardin de Musset au Figaro.
+
+28-29 novembre.--La Meuse (Liège). Anecdote sur G. Sand.
+
+29 novembre.--L'Événement. Note sur la publication des Lettres
+d'amour.
+
+29 novembre.--Les Annales politiques et littéraires, p. 339. Le talent
+d'Alfred de Musset (_Les Nuits_), par E. Faguet.
+
+29 novembre.--Le Radical (Marseille). La Vérité, par H. Brissac.
+
+29 novembre.--L'Illustrazione Italiana (Milan), p. 362. Il romanzo
+Sand-Musset-Pagello, III et fin, par Raffaello Barbiera.
+
+30 novembre.--Le Gaulois. Souvenirs de la crise de Venise dans _On ne
+badine pas avec l'amour_, par A. Galdemar.
+
+30 novembre.--The Freemans Journal (Dublin). Alfred de Musset et G.
+Sand, Mérimée et Sainte-Beuve, Correspondances.
+
+22-30 novembre.--Nouvelle Revue Internationale, p. 733. Les amours de
+G. Sand et d'Alfred de Musset, par H. de Beautiran.
+
+1er décembre.--Revue des Revues. Critique de la correspondance de G.
+Sand et de Sainte-Beuve.
+
+1er décembre.--La Revue de Paris, p. 559. Lettres de G. Sand à
+Sainte-Beuve, II et fin.
+
+1er décembre.--The Siam Free Press (Bangkok). Alfred de Musset et G.
+Sand.
+
+1er décembre.--Revue d'art dramatique, p. 107. Alfred de Musset et G.
+Sand dans _On ne badine pas avec l'amour_, par R. Sparck.
+
+1er décembre.--Revue illustrée, p. 372. Les révélations actuelles sur
+Musset et G. Sand, par C. Legrand.
+
+1er décembre.--La Época (Madrid). Arte y vida, por Zeda.
+
+1er décembre.--Mercure de France, p. 556. Alfred de Musset, G. Sand et
+le Dr Pagello.
+
+1er décembre.--Le Magasin littéraire, p. 455-456. Les lettres de G.
+Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve. Portraits d'Alfred de
+Musset d'après E. Lami et de G. Sand d'après E. Delacroix.
+
+2 décembre.--Le Temps. Sur la 2e partie des Lettres de G. Sand à
+Sainte-Beuve.
+
+3 décembre.--L'Éclair. Notes sur la correspondance
+Sand-Musset-Sainte-Beuve.
+
+3 décembre.--Gil-Blas. Le scandale Sand-Musset, à propos du _Livre
+d'Amour_ de Sainte-Beuve.
+
+3 décembre.--La Paix. Droit au silence, par J. Merac.--G. Sand et les
+révélations de M. Marieton. (2 articles.)
+
+4-5 décembre.--Giornale di Sicilia (Palerme). G. Sand et d'Alfred de
+Musset, par Iobi.
+
+5 décembre.--Le Figaro. Mademoiselle Byron, par J. Aicard.
+
+5 décembre.--Heraldo de Madrid (Madrid). Note sur la correspondance de
+G. Sand et d'Alfred de Musset à propos de la 1re représentation de
+_Lorenzaccio_.
+
+5 décembre.--La Patrie (Montréal). Le club des silencieux, par M.
+Guillemot.
+
+5 décembre.--The Publisher Circular (Londres). Chez M. de Spoelberch
+de Lovenjoul: les dessins de Alfred de Musset sur l'album de G. Sand.
+
+6 décembre.--Les Annales politiques et littéraires, p. 360. G. Sand et
+le Voyage en Italie, à propos de _Lorenzaccio_, par G. Geoffroy.
+
+6 décembre.--World (New-York). Comments on the newly published
+letters of G. Sand to Alfred de Musset, by Mrs Anna de Koven.
+
+7 décembre.--Mail and Express (New-York). Alfred de Musset and G. Sand
+by R. H. Stoddard.
+
+7 décembre.--La Patrie (Montréal). Réponse à M. H. Garneau, par
+Françoise.
+
+9 décembre.--La Dépêche (Toulouse). De la gloire: différence de la
+douleur chez Alfred de Musset et chez Chopin, trahis tous deux par G.
+Sand, par A. Silvestre.
+
+9 décembre.--Le Libéral (Cambrai). Sur le discrédit occasionné par la
+publication des petits papiers, par H. Gibout.
+
+9 décembre.--Taegliche Rundschau (Berlin). Note sur les révélations de
+la Revue hebdomadaire.
+
+10 décembre.--Le Correspondant, p. 831. La littérature indiscrète, par
+H. Chantavoine.
+
+10 décembre.--The English Mail (Francfort-Mein). The romance of G.
+Sand revived.
+
+12 décembre.--La Revue hebdomadaire, p. 251. Les lettres d'Alfred de
+Musset à G. Sand, une lettre inconnue, par O. Uzanne.
+
+12 décembre.--The Evening Post (New-York). L'actualité d'Alfred de
+Musset.
+
+12 décembre.--Torch. (Londres). Note sur Alfred de Musset et G. Sand.
+
+13 décembre.--Le Journal illustré. Musset-Sand-Pagello, les Chercheurs
+et M. J. Lemaitre, par Alf. Barbou.
+
+13-14 décembre.--Het Vaderland (La Haye). Les révélations sur Alfred
+de Musset et G. Sand.
+
+14 décembre.--Le Charivari. N'est-ce pas bientôt fini?
+
+14 décembre.--Journal de Rouen. Le Dr Pagello défendu par le Marquis
+Paulucci di Calboli.
+
+14 décembre.--Journal des Débats.--Le Dr Pagello défendu par le
+Marquis Paulucci di Calboli.
+
+15 décembre.--Le Charivari. Fragments de deux lettres de G. Sand sur
+Alfred de Musset.
+
+15 décembre.--L'Événement. Le Dr Pagello défendu par le Marquis
+Paulucci di Calboli.
+
+15 décembre.--La Nouvelle Revue, p. 852. Sur les exhumations
+actuelles, par E. Ledrain.
+
+15 décembre.--La Petite Gironde (Bordeaux). Pour Pagello, par P. B.
+
+15 décembre.--Revue des Revues, p. 570. Pagello poète, par R. Paulucci
+di Calboli, avec un portrait du Dr Pagello.--G. Sand intime, ses
+lettres à l'abbé Rochet. (2 articles.)
+
+15 décembre.--Review of Reviews (Londres). Les lettres de G. Sand à
+Alfred de Musset.
+
+15 décembre.--La Quinzaine, p. 542. L'envers des Grands Hommes, par
+Gabriel Aubray.
+
+15 décembre.--Simple Revue, p. 369. Alfred de Musset et G. Sand, par
+G. Wernert.
+
+16 décembre.--Le Figaro. Les premières amours de Musset et de G. Sand,
+avec extraits de leurs lettres, par P. Mariéton.--Jugement de
+Lamartine et de Renan sur la liaison de G. Sand avec Alfred de Musset.
+(2 articles.)
+
+16 décembre.--Journal de Maurice (Port-Louis, île Maurice). Romans
+d'outre-tombe, par Ad. Brisson.
+
+17 décembre.--L'Événement. Lui, toujours; Elle, toujours, par Le
+Sphinx. (V. Brunières.)
+
+17 décembre.--Le Figaro. Le marquis Paulucci et le Dr Pagello.--Note
+sur l'article de O. Uzanne.--Note sur le jeu des petits papiers.
+
+17 décembre.--Le Temps. Encore l'affaire Sand-Musset, extrait des
+Lettres d'Alfred de Musset à G. Sand.
+
+18 décembre.--The Daily Chronicle (Londres). Sur les femmes d'Alfred
+de Musset.
+
+18 décembre.--The Levant Herald (Constantinople). Le Dr Pagello et le
+marquis Paulucci di Calboli.
+
+18 décembre.--The Morning (Londres). Note relative au livre de M.
+Mariéton.
+
+18 décembre.--Le Petit Champenois (Chaumont). Les révélations de M.
+Mariéton sur Alfred de Musset et G. Sand, par P. C.
+
+18 décembre.--La Petite République. Psychologie de Concierges: nouveau
+livre de M. Mariéton, extraits des lettres d'Alfred de Musset à G.
+Sand, par Louis Marle.
+
+19 décembre.--Le Clairon (Londres). Renouvellement du scandale
+Sand-Musset.
+
+19 décembre.--L'Écho du public. Demande de renseignements.
+
+19 décembre.--Le Gaulois. Projets de nouveaux noms pour les galeries
+du Palais-Royal.
+
+19 décembre.--Journal des Débats. Les révélations sur Alfred de Musset
+et G. Sand, à propos du livre de M. Mariéton.
+
+19 décembre.--La Patrie (Montréal). Alfred de Musset et G. Sand,
+d'après les lettres de G. Sand, par Godfroid Langlois.
+
+20 décembre.--La France (Santiago). La querelle Sand-Musset et Mme
+Lardin de Musset, par J. Bernard.
+
+20 décembre.--Le Jour. Sur les Amants de Venise, de P. Mariéton, par
+Jean Babillard.
+
+20 décembre.--Le Ménestrel. Le Don Juan d'Alfred de Musset et celui de
+G. Sand, par J. Tiersot.
+
+21 décembre.--La France. Alfred de Musset et G. Sand, le _Soir_ de G.
+Sand, par E. Blavet.
+
+Reproduit: Le Nord, 21 décembre.
+
+21 décembre.--Stampa (Turin). Il cuore di Giorgio Sand: De Musset,
+Pagello e l'abate Rochet.
+
+21 décembre.--Le Stephanois (Saint-Étienne). Alfred de Musset, G. Sand
+et M. Mariéton, par Ignotus.
+
+22 décembre.--Le Journal. Le désespoir de Lélia, extrait du Journal
+intime de G. Sand, par P. Mariéton.
+
+23 décembre.--L'Éclair. Note relative au livre de M. Mariéton.
+
+23 décembre.--Le Figaro. Sur le livre de M. Mariéton.--Sur la _Nuit de
+Venise_ à la Bodinière. (2 articles.)
+
+23 décembre.--Le Temps. G. Sand et Alfred de Musset: extraits du
+Journal intime de G. Sand, deux lettres d'Alfred de Musset à G. Sand,
+par P. Mariéton.
+
+24 décembre.--L'Écho de Paris. Annonce du livre de M. Mariéton.
+
+24 décembre.--La Presse. Les Amants de Venise, par Jane de La Vaudère.
+
+25 décembre.--La Chronique littéraire (Nyon, Suisse), p. 2. G. Sand et
+Alfred de Musset, par P. Clarensac.
+
+26 décembre.--L'Illustration. Grande revue de Shalon, passée par G.
+Sand et Alfred de Musset, texte et dessins par Henriot.
+
+26 décembre.--The Academy (Londres), p. 597. Les lettres d'Alfred de
+Musset à G. Sand.
+
+28 décembre.--Gil Blas. Citation d'une lettre de G. Sand à Alfred de
+Musset, par L. Lacour.
+
+29 décembre.--Journal de Maurice (Port-Louis, île Maurice). Note sur
+F. Mallefille, à propos de l'affaire Sand-Musset, par Vetivert.
+
+30 décembre.--La Réforme (Bruxelles). Lui et Elle, par Frantz Delba,
+avec deux portraits.
+
+31 décembre.--Le Figaro. Annonce de la publication du livre de M.
+Mariéton.
+
+31 décembre.--Gil Blas. G. Sand et Alfred de Musset dans la Revue de
+la Bodinière.
+
+31 décembre.--La Province Artistique (Orange, près Vaucluse). Alfred
+de Musset et G. Sand, le livre de M. Mariéton.
+
+
+1897
+
+UNE HISTOIRE D'AMOUR. G. Sand et Alfred de Musset, documents inédits,
+lettres d'Alfred de Musset, par Paul Mariéton. Paris, G. Havard fils.
+1897. 1 vol. in-12.
+
+1er janvier.--L'Écho de Paris. Nohant, par A.
+
+2 janvier.--L'Art et la Mode. Note humoristique sur la correspondance
+Sand-Musset.
+
+2 janvier.--La Vie Parisienne, p. 1, 9, 10. Théâtre des Trétaux, texte
+et dessins par Sahib.
+
+2 janvier.--L'Écho de Paris. Critique de _Une Histoire d'amour_, par
+H. Bauer.
+
+2 janvier.--Le Progrès médical, p. 12. Les Médecins amants, II, par
+Marcel Baudouin.
+
+3 janvier.--L'Écho de Genève (Genève). Anecdote: un dîner chez G.
+Sand, par J. Troubat.
+
+5 janvier.--Le Figaro. Note sur la _Véritable Histoire d'Elle et Lui_
+du Vte de Spoelberch de Lovenjoul.
+
+7 janvier.--Le Charivari. Démolition des statues, vignette non signée.
+
+8 janvier.--Le Gaulois. Annonce du livre de M. Mariéton.
+
+9 janvier.--The London Illustrated Strand (Londres). Alfred de Musset
+et G. Sand.
+
+9 janvier.--Le Rappel. Elle et Lui, Lui et Elle, par H. Fouquier.
+
+9 janvier.--L'Illustration. Critique du livre de M. Mariéton.
+
+12 janvier.--Gil Blas. Ce que G. Sand voulait être pour Alfred de
+Musset, par Colombine.
+
+12 janvier.--L'Écho de Paris. Note sur le livre de M. Mariéton.
+
+14 janvier.--La Libre Parole. Note sur le livre de M. Mariéton.
+
+15 janvier.--Revue des Deux-Mondes, p. 450. Alfred de Musset et G.
+Sand, par R. Doumic.
+
+17 janvier.--Gil Blas. Un Genre, par P. Veber.
+
+17 janvier.--Le Voltaire. Petit dialogue des morts, par M. Leblond.
+
+22 janvier.--Le Figaro. Alfred de Musset et G. Sand, à propos de
+Mérimée, par Larroumet.
+
+27 janvier.--The Daily Chronicle (Londres). L'affaire
+Sand-Musset-Pagello, publications de la Revue de Paris.
+
+30 janvier.--L'Illustration, p. 25. Portrait chargé d'Alfred de
+Musset, par Malatesta.
+
+THE YELLOW BOOK AN ILLUSTRATED QUARTERLY. Volume XII, January. 1897.
+John Lane, the Bodley Head London and New-York. 1 vol. in-8º
+carré.--p. 15 à 38. She and He, by Henry James.
+
+1er février.--Cosmopolis. T. V, page 417. Lettres de G. Sand à son
+mari, M. C. Dudevant.
+
+1er février.--The Free Review (Londres), p. 513. Jugement sur l'état
+mental de Alfred de Musset et de G. Sand, par W. M. G.
+
+1er février.--Le Journal. Du procès intenté à M. Mariéton.
+
+1er février.--Le National. Quelques mots sur la correspondance
+Sand-Musset.
+
+1er février.--Revue des Revues. Ce que M. Doumic dit d'Alfred de
+Musset et de G. Sand dans la Revue des Deux-Mondes.
+
+2 février.--Journal des Débats. A propos des lettres de G. Sand à son
+mari.
+
+2 février.--Le Voltaire. Lettres d'amour, par Raoul Deberdt.
+
+2 février.--Le Figaro. Note sur la publication des lettres de G. Sand
+à son mari.
+
+2 février.--Le Précurseur (Anvers). G. Sand et son mari; voyage de G.
+Sand avec Alfred de Musset en Italie.
+
+5 février.--L'Événement. Note sur la publication des lettres de G.
+Sand à son mari.
+
+6 février.--La Semaine littéraire (Genève). Extraits des lettres de G.
+Sand à son mari.
+
+7 février.--The Weekly Sun (Londres). George Sand and Alfred de
+Musset, by T. P.
+
+8 février.--Journal de Maurice (Port-Louis, île Maurice). Cinq petits
+poèmes à G. Sand, par Alfred de Musset.
+
+8 février.--La Semaine littéraire (Genève). Sur les lettres de G. Sand
+à son mari.
+
+10 février.--La Gironde (Bordeaux). Critique du livre de M. Mariéton,
+par G. Roturier.
+
+13 février.--The Queen (Londres). Ce que M. H. James dit de Alfred de
+Musset et de G. Sand dans _The Yellow Book_.--Sur les lettres de G.
+Sand à son mari. (2 articles.)
+
+_Interdiction d'Une Nuit de Venise, pièce de M. Mongerolle[66]._ Avant
+le procès, les débats, jugement. Le Journal, 13 février.--L'Événement,
+Le Gaulois, Gil Blas, Le Journal, La Libre Parole, La Liberté, Le
+Soleil, 14 février.--L'Écho de Paris, L'Éclair, Journal des Débats, La
+Libre Parole, The New-York Herald (Paris), Le Soleil, Le Temps, The
+Daily Telegraph (Londres), La Presse, 15 février.--Konigsberger
+Hartungsche Zeitung (Koenigsberg), 16 février.--L'Express (Mulhouse),
+18 février.--Neue Badischelandes Zeitung (Manheim), Le Rappel, Levant
+Herald (Constantinople), 19 février.--La Presse, L'Illustration, 20
+février.--The Referee (Londres), 21 février.--Fanfulla (Rome), 25
+février.--La Liberté, 2 mars.--Gil Blas, Le Journal, Journal des
+Débats, 3 mars.--L'Éclair, L'Intransigeant, La Petite République, Le
+Temps, 4 mars.
+
+ [66] UNE NUIT DE VENISE, fantaisie en 1 acte, en vers, par M. J.
+ Mongerolle, devait être représentée le 13 février 1897 sur le
+ Théâtre Mondain, de la cité d'Antin, à Paris, avec cette
+ distribution:
+
+ La Muse Mlle Augustine LERICHE.
+ Beppa (George Sand) CAUMONT.
+ Le Poète (Alfred de Musset). M. Paul FRANCK.
+ Le Docteur (le Dr Pagello) P. GARBAGNI.
+
+ Les invités trouvèrent la salle occupée par la police. Mais malgré
+ cette interdiction et le procès qui s'en suivit, cette pièce fut
+ représentée le 24 mars 1897, sous le titre de _Le Druide_, au même
+ théâtre. Je ne crois pas qu'elle ait été imprimée, il ne doit
+ exister que le programme de la représentation.
+
+The Morning (Londres), 5 mars.--La Tribuna (Rome), 7 mars.--The
+Daily News (Londres), 14 mars.--Gil Blas, Journal des Débats, Le
+Temps, Le Soir, Le Gaulois, Le Figaro, La Loi, The Daily Telegraph
+(Londres), 17 mars.--La Petite République, L'Écho de Paris, Le
+Moniteur Universel, Saint-James Gazette (Londres), The Musical
+Courrier (Londres), 18 mars.--Novoie Wremya (Pétersbourg), 12-24
+mars.--The New-York Times (New-York), 27 mars.
+
+14 février.--Le Salut Public (Lyon).--Critique du livre de M.
+Mariéton.
+
+14 février.--Petit Journal pour Rire, 5e série, no 7. Encore Alfred de
+Musset et G. Sand.
+
+15 février.--Nouvelle Revue Européenne, p. 158. Critique du livre de
+M. Mariéton, par H. Buffenoir.
+
+DOCTEUR CABANÈS. LE CABINET SECRET DE L'HISTOIRE. 2e série. Paris.
+Librairie de A. Charles et aux Bureaux de la Chronique Médicale, 1897.
+1 vol. in-12 carré.--p. 275 à 332. Un roman vécu à trois personnages,
+avec 4 portraits et 1 page de fac-similés d'autographes.
+
+16 février.--Gil Blas. Aux familles Sand et de Musset, par Le Facteur.
+
+16 février.--Le National. Messieurs, la famille! par G. Jubin.
+
+Reproduit: L'Indépendant de l'Est (Bar-le-Duc), 18 février.
+
+16 février.--Journal de Rouen. Alfred de Musset et G. Sand, à propos
+de l'interdiction d'_Une Nuit de Venise_.
+
+17 février.--Le Charivari. Réflexions sur l'interdiction d'_Une Nuit
+de Venise_, par P. Véron.
+
+17 février.--Le Progrès de la Côte-d'Or (Dijon). Au seuil d'un siècle,
+par R. Des Varennes.
+
+19 février.--L'Événement. L'affaire Sand-Musset, à propos du livre de
+M. Mariéton et de l'interdiction d'_Une Nuit de Venise_.
+
+20 février.--Le Figaro. Lettre par A. Daudet.
+
+_Procès intenté à M. Mariéton par la famille Sand_. Avant le procès,
+les débats, jugement: Le Figaro, Le Gaulois, Gil Blas, Le Journal,
+Journal des Débats, La Presse, Le Soleil, Le Temps, Gazette des
+Tribunaux, The Standard (Londres), 20 février.--Le Moniteur Universel,
+21 février.--Gazette des Tribunaux, La Liberté, 26 février.--Le Petit
+Moniteur, The Manchester Guardian (Manchester), 27 février.--La Paix,
+28 février.--Gazette des Tribunaux, Le Droit, Le Soir, Le Petit Temps,
+Gil Blas, Journal des Débats, Le Gaulois, Le Progrès de la Somme
+(Amiens), 12 mars.--L'Écho de Paris, La Loi, Journal des Débats, 13
+mars.--Franckfurter Zeitung (Francfort), 14 mars.--Revue des Grands
+Procès contemporains, avril, p. 191.
+
+20 février.--The National Observer (Londres). Analyse de l'article de
+_The Yellow Book_.
+
+22 février.--Le Journal. Elle, Lui, Nous, par A. Hepp.
+
+22 février.--La Libre Parole. Réclame pour le livre de M. Mariéton.
+
+22-23 février.--Journal de Marseille. Lettres d'amour, à propos du
+procès Mariéton, d'après Le Figaro.
+
+25 février.--Le Journal. Annonce du livre de M. de Spoelberch de
+Lovenjoul.
+
+Vte DE SPOELBERCH DE LOVENJOUL. LA VÉRITABLE HISTOIRE DE ELLE ET LUI,
+notes et documents. Paris, Calmann Lévy, 1897. 1 vol. in-12.
+
+_Critiques du livre de M. de Spoelberch de Lovenjoul_: The Daily
+Chronicle (Londres), 1er mars.--La République Française, 2
+mars.--Journal de Bruxelles, 3 mars.--L'Univers Illustré,
+l'Illustration, 6 mars.--L'Indépendance Belge, supplément,
+(Bruxelles), 7 mars.--Le Jour, 8 mars.--La Presse, 9 mars.--Le
+Moniteur Universel, 10 mars.--Théâtre Illustré (Angers), Atheneum
+(Londres), The Academy (Londres), Revue Encyclopédique, 13
+mars.--Mémorial de la librairie française, 18 mars.--Le Monde
+illustré, 20 mars.--L'Événement, The New-York Herald, Revue
+Britannique, 22 mars.--La Paix, 31 mars.--Le Constitutionnel, Le
+Figaro illustré, p. XV, Revue Suisse (Lausanne), Revue Générale
+(Bruxelles), 1er avril.--Franckfurter Zeitung (Franckfort), 4
+avril.--Bulletin de l'Office de Publicité (Bruxelles), 6 avril.--The
+Publisher circular (Londres), 10 avril.--L'Art Moderne (Bruxelles), 25
+avril. Revue critique d'histoire et de littérature, p. 337, 26 avril.
+
+25 février.--L'Ère nouvelle (Tarbes). Les Morts qu'on tue, par De
+Lomné.
+
+27 février.--La Jeune Belgique (Bruxelles), p. 79. Analyse de la
+conférence de M. R. Cantel sur Alfred de Musset et G. Sand.
+
+28 février.--Le Cri de Paris. Note sur le livre de M. Mariéton.
+
+1er mars.--La Nouvelle Revue. Critique du livre de M. Mariéton, par
+Rodocanachi.
+
+1er mars.--The Nineteenth Century (Londres), p. 428. The limits of
+biography, by Ch. Whibbey.
+
+8 mars.--La Petite Gironde (Bordeaux). Sur les lettres de G. Sand à
+Chopin.
+
+10 mars.--La Gironde (Bordeaux). Critique du livre de M. Mariéton, par
+G. Routurier.
+
+10 mars.--Le Courrier de l'Aisne (Laon). Sur les lettres de G. Sand à
+Chopin.
+
+12 mars.--Le Moniteur universel. Critique du livre de M. Mariéton, par
+L. Barracaud.
+
+12 mars.--Le Gaulois. La Potinière des Trépassés, par J. Montet.
+
+15 mars.--Journal des Débats. Note sur les livres de MM. de Spoelberch
+de Lovenjoul et P. Mariéton.
+
+15 mars.--Nouvelle Revue Internationale, p. 313. La bonne dame de
+Nohant, par Édouard Achard.
+
+17 mars.--Gil Blas. G. Sand et M. Grévy, échange de la correspondance
+d'Alfred de Musset, par Santillane.
+
+25 mars.--Le Journal. Sur la représentation de _Le Druide (Une Nuit de
+Venise)_, de M. Mongerolle.
+
+26 mars.--Le Réformiste. Critique du livre de M. Mariéton.
+
+31 mars.--Gazette Anecdotique, p. 189. Sur l'article du Dr Cabanès,
+réimprimé dans son _Cabinet secret_, etc.
+
+1er avril.--Nouvelle Revue Européenne. Article par M. H. Buffenoir.
+
+1er avril.--Nouvelle Revue Internationale. L'affaire de Elle et Lui
+d'après MM. de Spoelberch de Lovenjoul, Cabanès, Clouard et Mariéton.
+
+2 avril.--Le Rappel. La 1re représentation de _Le Druide (Une Nuit de
+Venise)_, par P. Desachy.
+
+13 avril.--La Presse. Lettres posthumes, l'opinion de G. Sand, par M.
+de Bare.
+
+14 avril.--La France. Opinion de G. Sand sur les lettres posthumes,
+fac-similé d'une lettre de G. Sand.
+
+15 avril.--Nouvelle Revue Internationale, p. 427. Les Briseurs
+d'idole, par Séverine.--p. 430. Fac-similé d'une lettre de G. Sand
+relative aux publications posthumes.
+
+15 avril.--Revue Universitaire, p. 406. Critique du livre de M.
+Mariéton et Note sur le livre de M. de Spoelberch de Lovenjoul.
+
+LES LETTRES DE G. SAND ET D'ALFRED DE MUSSET. PLAIDOIRIE DE Me G.
+BEURDELEY, défenseur de MM. P. Mariéton et Havard fils. Extrait de la
+Revue des Grands Procès contemporains. Paris, A. Chevalier-Marescq,
+1897. Br. in-8º.
+
+Mai.--The Bookman (New-York). Note sur le livre de M. de Spoelberch de
+Lovenjoul.
+
+3 mai.--L'Écho de Paris. Que deviendront les originaux des lettres de
+G. Sand?
+
+15 mai.--La Revue de Paris, p. 312. La fin d'une légende, par S.
+Rocheblave, avec Extraits du Journal de G. Sand et des lettres
+d'Alfred de Musset et de G. Sand.
+
+15 mai.--Journal des Débats. Sur l'article de M. Rocheblave dans la
+Revue de Paris.
+
+15 mai.--La Nouvelle Revue, p. 288. L'amour et la mort: Alfred de
+Musset après sa rupture avec G. Sand, par Louis Proal.
+
+19 mai.--Le Petit Temps. Analyse de l'article de M. Rocheblave.
+
+20 mai.--Le Figaro. Critique du livre de M. de Spoelberch de
+Lovenjoul.
+
+21 mai.--La République du Var (Toulon). G. Sand et Alfred de Musset,
+d'après M. Rocheblave.
+
+21 mai.--L'Éclair. Note sur le débat, par P. Arène.
+
+29 mai.--The Publisher Circular (Londres). Critique du livre de M. de
+Spoelberch de Lovenjoul.
+
+31 mai.--Gazette de France. Critique des Livres de MM. de Spoelberch
+de Lovenjoul et P. Mariéton.
+
+31 mai-1er juin.--Journal de Marseille. Critique de l'article de M.
+Rocheblave.
+
+1er juin.--La Gironde (Bordeaux). Critique du livre de M. de
+Spoelberch de Lovenjoul.
+
+1er juin.--Corriere di Napoli (Naples). Critique de la Conférence de
+M. R. Marvasi.
+
+HUGUES LAPAIRE ET FIRMIN ROZ. LA BONNE DAME DE NOHANT, avec le
+portrait de G. Sand par Th. Couture. Paris, Société des Publications,
+F. Laur, 1897. 1 vol. in-12.
+
+6 juin.--Le Rappel. Le droit de citation, par André Balz.
+
+11 juin.--Journal des Débats. Critique de _La Bonne Dame de Nohant_.
+
+19 juin.--La Jeune Belgique (Bruxelles). Critique du livre de M. de
+Spoelberch de Lovenjoul et note sur l'article de M. Clouard, par
+Robert Cantel.
+
+GEORGE SAND. LETTRES A ALFRED DE MUSSET ET A SAINTE-BEUVE. Paris,
+Calmann-Lévy, 1897. 1 vol. in-12.
+
+22 juin.--La République Française. Écrivassières et Épistolières, par
+Ad. Brisson.
+
+24 juin.--Le Gaulois. Opinion sur le docteur Pagello par ses
+concitoyens.
+
+25 juin.--Journal du Cher (Bourges). Critique de _La Bonne Dame de
+Nohant_.
+
+26 juin.--Le Gaulois. Note sur la publication en volume des lettres de
+G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.
+
+26 juin.--Le Journal. Note sur la publication en volume des lettres de
+G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.
+
+27 juin.--L'Éclaireur (Nice). Le Dr Pagello et ses concitoyens.
+
+30 juin.--Journal de Genève (Genève). Sur la publication en volume des
+lettres de G. Sand à Alfred de Musset et Sainte-Beuve, et sur la
+Préface de M. Rocheblave.
+
+3 juillet.--The Atheneum (Londres). Note sur les livres de MM. de
+Spoelberch de Lovenjoul et P. Mariéton.
+
+3 juillet.--La Patrie. Sur la publication en volume des lettres de G.
+Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.
+
+4 juillet.--Le Courrier du Soir. Note sur ceux qui peuvent lire la
+correspondance de G. Sand avec Alfred de Musset.
+
+4 juillet.--The New-York Herald. Sur la publication en volume des
+lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.
+
+7 juillet.--Le Courrier du Soir. Sur le Dr Pagello et G. Sand, par P.
+Baragnon.
+
+7 juillet.--La Epoca (Madrid). Un drama de Amor (M. Rocheblave), par
+Zeda.
+
+7 juillet.--L'Éclair. Le plus heureux des trois, par E. Ledrain.
+
+10 juillet.--L'Univers Illustré, p. 442. La publication en volume des
+lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve; MM.
+Rocheblave et de Spoelberch de Lovenjoul, par H. Rabusson.
+
+15 juillet.--La Revue de Paris, couverture. Note sur les lettres de G.
+Sand à Sainte-Beuve.
+
+25 juillet.--L'Indépendance Belge, supplément. (Bruxelles). Sur ce que
+MM. de Spoelberch de Lovenjoul et Rocheblave disent des amours de G.
+Sand et de Alfred de Musset.
+
+PORTRAITS INTIMES, PAR ADOLPHE BRISSON. 3e série. Paris, A. Colin,
+1897. 1 vol. in-12.--p. 79 et 89.
+
+9 août.--Franckfurter Zeitung (Francfort). Les Lettres de G. Sand à
+Alfred de Musset et à Sainte-Beuve. Sur les articles de MM. Mariéton,
+de Spoelberch de Lovenjoul, Clouard, Cabanès et Rocheblave.
+
+13 août.--Berliner Börsen Zeitung (Berlin). Les Lettres de G. Sand à
+Alfred de Musset et à Sainte-Beuve; sur les études de Mme A. Barine,
+et de MM. Mariéton, de Spoelberch de Lovenjoul, Clouard, Cabanes et
+Rocheblave.
+
+15 août.--Bulletin du Bibliophile. Critique du livre de M. de
+Spoelberch de Lovenjoul.
+
+25 août.--L'Express (Brest). Des documents que possède M. de
+Spoelberch de Lovenjoul, par Jean Bernard.
+
+1er septembre.--Revue des Deux-Mondes, couverture. Appréciation sur
+les lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.
+
+7 septembre.--Le Gaulois. Lettres de G. Sand, E. Süe, V. Hugo, G. de
+Nerval sur les publications posthumes, par H. Lapauze.
+
+15 septembre.--La Revue Idéaliste, p. 339. G. Sand et Alfred de Musset
+d'après plusieurs livres récents, par E. Trolliet.
+
+15 septembre.--Nouvelle Revue Européenne, p. 730. Critique des lettres
+de G. Sand à Alfred de Musset et de la Préface de M. Rocheblave.
+
+19 septembre.--Neue freie Press (Vienne). Er und Sie, und der Andere.
+
+19 septembre.--Le Messager de Paris. Critique des Lettres de G. Sand à
+Alfred de Musset et à Sainte-Beuve, par J. Guillemot.
+
+30 septembre.--Berliner Zeitung (Berlin). Neue Briefe der George Sand
+(d'après la Nouvelle Revue).
+
+1er octobre.--L'Express (Brest). Ce que le Dr Cabanès dit d'Alfred de
+Musset et de G. Sand dans son _Cabinet secret de l'histoire_.
+
+5 octobre.--Hufvudsbladet (Helsingfors, Russie). Herr Julien
+Leclercq's forelasning, par A.
+
+7 octobre.--Courrier de Haïphong. Les collections de M. de Spoelberch
+de Lovenjoul, l'album de dessins d'Alfred de Musset, par Jean Bernard.
+
+25 septembre-9 octobre.--Novoie Wremya (Pétersbourg). Critique des
+Lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve, sur M.
+Rocheblave.
+
+16-17 octobre.--Le Gaulois, supplément. Ce que Mlle Colin dit de G.
+Sand.
+
+30 octobre.--Le Figaro. Ce que Brichanteau pense des amoureux de
+Venise, par J. Claretie.
+
+RENÉ DOUMIC. ÉTUDES SUR LA LITTÉRATURE FRANÇAISE. 2e série. Paris,
+Perrin et Cie, 1898. 1 vol. in-12.--p. 149. Amours Romantiques.
+
+1er novembre.--Gil Blas. Le Règne du Potin, par P. Weber.
+
+8 novembre.--L'Événement. Le retour à G. Sand, critique de _La Bonne
+Dame de Nohant_, par E. Des Essarts.
+
+Reproduit dans: Le Moniteur du Puy-de-Dôme (Clermont), 19
+novembre.--Nouvelle Chronique Parisienne, 25 novembre.
+
+28 novembre.--Gazette de France. Ce que M. Doumic dit d'Alfred de
+Musset et de G. Sand.
+
+7 décembre.--La Libre Parole. Réminiscences des amours d'Alfred de
+Musset et de G. Sand, par E. Drumont.
+
+9 décembre.--Le Figaro. Note sur la conférence de M. Doumic, relative
+à Alfred de Musset, à G. Sand et au Dr Pagello.
+
+
+1898
+
+2 janvier.--La Presse. Souvenir des polémiques de 1896-1897.
+
+10 janvier.--Le Gaulois. Qu'est devenue la copie de la correspondance
+de G. Sand et d'Alfred de Musset faite par Mme C. Jaubert?
+
+17 janvier.--Gil Blas. Note concernant M. Mariéton.
+
+20 janvier.--Études religieuses, p. 245. Ce que M. Doumic dit de la
+correspondance Sand-Musset.
+
+3 février.--Le National. Tout s'arrange, par H. Céard.
+
+26 février.--L'Événement. Un Grand amoureux, par H. de Weindel.
+
+26 février.--Le Gaulois. La fin d'un roman, par Tout Paris.
+
+26 février.--Gil Blas. L'Autre, par Santillane.
+
+26 février.--Le Journal. La Gloire d'aimer, par A. Hepp.
+
+26 février.--Le National. Notes quotidiennes, par Emmanuel François.
+
+Reproduit dans: La Réforme, 27 février.
+
+27 février.--La Liberté. Soliloques, par Pierre Valdagne.
+
+28 février.--Le XIXe Siècle. Chronique: Mort du Dr Pagello, par P.
+Ginisty.
+
+1er mars.--L'Écho de Paris. Chronique, par Colomba.
+
+1er mars.--Le Petit Provençal (Marseille). Pagello et G. Sand, par
+Clovis Hugues.
+
+1er mars.--Le Radical. Le beau Pagello, par Jean de Montmartre.
+
+1er mars.--La Réforme (Bruxelles). Le Dr Pagello, par Milio, avec
+portrait.
+
+2 mars.--La France (Bordeaux). Le Dr Pagello et G. Sand, par Clovis
+Hugues.
+
+2 mars.--Le Matin. L'amour des illustres, non signé.
+
+2 mars.--Le Messin (Metz). Mort du Dr Pagello et extraits des lettres
+de G. Sand.
+
+2 mars.--La Petite Gironde (Bordeaux).--Causerie, par Simplice.
+
+3 mars.--La Fronde. Ménage d'artiste, par Marcelle Tinayre.
+
+3 mars.--La Lanterne. G. Sand et le Dr Pagello, non signé.
+
+3 mars.--Le Nouvelliste (Bordeaux). Le Dr Pagello, par Jacques
+Curieux.
+
+5 mars.--L'Illustration, p. 178. A propos de la mort du Dr Pagello,
+par Rastignac.
+
+5 mars.--Revue Hebdomadaire, p. 134. Le plus sage des trois, par F.
+Sarcey.
+
+Reproduit: L'Indépendance Belge (Bruxelles), 13 mars.
+
+9 mars.--The Evening Transcript (Boston). Alfred de Musset, G. Sand et
+Sainte-Beuve, d'après M. Doumic.
+
+10 mars.--Le Jour. Oraison funèbre, par Ed. Deschaume.
+
+11 mars.--Fremdenblatt (Vienne). Pietro Pagello in seinen Beziehungen,
+für Henry Perl.
+
+12 mars.--Saint-James Gazette (Londres). A propos de la mort du Dr
+Pagello.
+
+ESSAIS DE CRITIQUE DRAMATIQUE, PAR ANTOINE BENOIST. Paris, Hachette,
+1898. 1 vol. in-12.--Alfred de Musset, G. Sand, leur théâtre, etc...
+passim de p. 1 à 131.
+
+15 mars.--Revue des Revues, p. 620. Grand-Mère et petite-fille, par
+Raoul Deberdt.
+
+16 mars.--Le Siècle. Notes sur les amants de Venise à propos de Mme
+Desbordes-Valmore.
+
+XXIV MARZO MDCCCXCVIII. PIETRO PAGELLO. TRIGESIMO DELLA MORTE.
+Belluno, premiata tipografica Cavessago, 1898. In-8 de 1 couverture et
+32 pages avec portrait gravé sur bois.--Recueil d'éloges du Dr Pagello
+par Luigi Zacchi, Vittorio Fontana, Feliciano Vinanti, avec des
+lettres et des poésies du Dr Pietro Pagello.
+
+28 mars.--Le Temps. Note sur le livre de M. Benoist.
+
+2 avril.--Revue Hebdomadaire, p. 102. L'Autre, par F. Chevassu.
+
+15 mai.--La Fronde. Les Chacals, par Marcelle Tinayre.
+
+21 mai.--La Fronde. Ce qu'on doit faire des lettres d'amour, par May
+Armand Blanc.
+
+Juin.--Deutsche Revue (Stuttgart), p. 290. G. Sand, Alfred de Musset
+und Dr Pagello, persönliche Erinnerungen.
+
+5-6 juin.--Il Pongolo Parlamentare (Naples). Conferenza Marvasi.
+
+7 juin.--Il Don Chisciotte (Rome). Conferenza Roberto Marvasi.
+
+15 juin.--L'Amateur d'autographes. Sur ce qui est publié de la
+Correspondance de G. Sand et d'Alfred de Musset.
+
+21 juin.--Le Rappel. Souvenir sur les bois de Verrières.
+
+23 juin.--Journal des Débats. Une Statue au Dr Pagello.
+
+24 juin.--L'Écho de Paris. Sur la Statue du Dr Pagello.
+
+24 juin.--La Liberté. La Statue du Dr Pagello, par P. Valdagne.
+
+24 juin.--Le Petit Rouennais (Rouen). La Statue du Dr Pagello.
+
+24 juin.--La Petite Gironde (Bordeaux). L'Amant, par P.B.
+
+24 juin.--L'Est Républicain (Nancy). La Statue du Dr Pagello.
+
+27 juin.--Gil Blas. Le Dr Pagello et sa statue.
+
+30 juin.--La Dépêche Algérienne (Alger). Un Méconnu, P. Pagello, par
+H. Darsigny.
+
+2 juillet.--Le Gaulois. Amours de Grands Hommes, par P. Costard.
+
+27 août.--La Gazette Médicale, p. 420. Les Amants de Venise.
+
+Octobre.--The Atlantic Monthly (Londres), p. 569. The Correspondance
+of G. Sand, by Irving Babbitt.
+
+Novembre.--Minerva (Rome). La Corrispondenza di G. Sand, d'après The
+Atlantic Monthly.
+
+3 novembre.--Le Soleil. Un Professionnel, par F. Sainclair.
+
+11 novembre.--Le Soleil. La Critique à côté, par F. Sainclair.
+
+AUGUSTE MAILLOUX. UNE FILLE D'ALFRED DE MUSSET ET DE GEORGE SAND.
+Nantes, imprimerie R. Guist'hau, 1898. Brochure in-12.
+
+C'est une bien vieille histoire que celle de la Fille d'Alfred de
+Musset. Le 14 avril 1882, l'_Événement_ publiait un article de
+Aurélien Scholl, intitulé «Une fille d'Alfred de Musset.» (On ne
+donnait pas le nom de la mère). L'_Écho Rochelais_ le reproduisit le
+19 avril 1882, et il fit ensuite le tour de la presse. Au mois
+d'octobre de la même année, le _Bulletin de la Société historique de
+la Saintonge_ publiait, p. 399, une réponse à M. Scholl, par A. L.
+Cette étude a fait l'objet d'un tirage à part à 50 exemplaires. (Pons,
+impr. de Noël Texier, in-8, de 10 p.), qui porte le nom de l'auteur,
+M. A. Létélié.--M. Létélié établit, avec preuves à l'appui, que la
+jeune fille décédée le 8 mai 1875 sous le nom de Onda Tessum, à
+Saint-Maurice de Saintonge, commune de La Leu, près La Rochelle,
+s'appelait Marie-Joséphine Menard, fille légitime de Charles Menard,
+tisserand, et de Jeanne Jamin; qu'elle était née à Saint-Macaire
+(Maine-et-Loire), le 17 septembre 1854, où habitait sa famille, et que
+la personne qui l'accompagnait était Mme veuve Coras, alors âgée de 64
+ans, qui avait en quelque sorte adopté Marie-Joséphine à l'âge de 8
+ans et l'avait élevée.
+
+Le supplément du _Figaro_ du 13 janvier 1883, ayant de nouveau inséré
+l'article de A. Scholl, Mme Lardin de Musset, soeur du poète, protesta
+par une lettre publiée dans le supplément du _Figaro_ du 17 janvier
+1883.
+
+Le _Gaulois_ des 4 et 5 décembre 1896, ressuscita la légende de la
+fille d'Alfred de Musset, et ce fut cette fois Mme Martelet, née Adèle
+Colin, la fidèle gouvernante, qui protesta dans l'_Éclair_ du 7
+décembre, m'attribuant l'enquête faite par M. Létélié, alors que je
+n'avais fait qu'en rapporter le résultat.
+
+Aujourd'hui, M. Mailloux résume les divers articles écrits à ce sujet,
+et pour réfutation, se borne à reproduire les pièces mises au jour par
+M. Létélié.
+
+18 novembre.--Le Temps. Une fille de G. Sand et d'Alfred de Musset,
+par F. Sarcey.
+
+26 novembre.--Le Gaulois. La propriété des lettres, par Esseytte.
+
+29 novembre.--Le Phare de la Loire (Nantes). Une fille d'Alfred de
+Musset et de G. Sand, non signé.
+
+15 décembre.--Le Petit Bleu de Paris. Lettres d'amour, par G. Vanor.
+
+F. DE ROBERTO. UNA PAGINA DELLA STORIA DELL'AMORE. Milano, Fratelli
+Treves, editori. 1898. 1 vol. in-12.
+
+
+1899
+
+19 janvier.--L'Éclair. Encore Alfred de Musset, G. Sand et le Dr
+Pagello, par E. Bergerat.
+
+12 février.--Le Journal. Annonce de _Lui, Elle et l'Autre_, ballet de
+Mascagni.
+
+Mars.--The Glasgow Herald (Glasgow). Annonce d'un ballet de Mascagni.
+
+12-13 mars.--Corriere della Sera (Milan). Anche Giorgio Sand?
+
+16 avril.--The Sunday Sun (Londres). Memories of George Sand by
+Richard Davey. 1er article.--23 avril, 2e article.
+
+9 mai.--La Métropole (Anvers). Divulgations et Confessions
+littéraires, par D.
+
+1er juin.--Nouvelle Revue Internationale. G. Sand et Alfred de Musset,
+par Mme C. Berton.--Reproduit dans la Petite Revue internationale, 28
+mai-4 juin, p. 641.
+
+18 juin.--La Fronde. Une Fille de G. Sand et d'Alfred de Musset, le
+livre de M. Mailloux.
+
+20 juin.--Gil Blas. La rupture de G. Sand et d'Alfred de Musset,
+d'après Mme C. Berton.
+
+WLADIMIR KARENINE. GEORGE SAND, SA VIE ET SES OEUVRES. 1804-1876.
+Tomes I et II. Paris, Ollendorff, 1899. 2 vol. in-8.--Tome I, pages
+46, 434, 443.--Tome II, p. 1 à 160.
+
+Critiques du livre de Mme Karénine: La Revue de Paris, 1er juillet,
+couverture.--The Morning Leader (Londres), 1er juillet.--La Liberté, 9
+juillet.--Le Temps, 15-16 juillet.--Le Soleil, 27 juillet.--L'Éclair,
+8 août.--La Gazette de France, 21 août.--Le Temps, 28 août.--La
+Lanterne, 5 septembre, etc...
+
+15 juillet.--Revue des Deux-Mondes, p. 441. G. Sand avant 1840, par R.
+Doumic.
+
+18 juillet.--La Fronde. Les belles amies d'Alfred de Musset, par Mary
+Summer.
+
+17 août.--Le Soleil. Amours d'artistes, par A. Claveau.
+
+19 août.--Le Gaulois. La vie de G. Sand d'après Mme Karénine.
+
+26 août.--Le Précurseur (Anvers). La vie de G. Sand, par J. Caze.
+
+28 août.--Le Journal. Réponse à Mme Karénine sur G. Sand, Alfred de
+Musset et Pagello.
+
+1er septembre.--Le Théâtre. Phototypie par A. Bucquet: la scène
+d'Alfred de Musset et G. Sand dans la _Revue Rétrospective_ du cercle
+de l'Union Artistique[67].
+
+ [67] _La Revue Rétrospective_, en 3 actes et 6 tableaux, précédée
+ d'un prologue, par le marquis Philippe de Massa. Représentée à
+ Paris sur le théâtre du Cercle de l'Union artistique, les 11 et
+ 12 juin 1899. Paris, Cerf, 1899. 1 vol. in-12 orné d'un portrait.
+
+10 septembre.--Le Gaulois. Extrait d'une lettre d'Alfred Tattet à
+Félix Arvers.
+
+14 octobre.--Le Temps. Une chaumière et un coeur, par A. Brisson.
+
+15 octobre.--Le Républicain de La Fère (Aisne). Note sur un souvenir
+donné par Alfred de Musset à G. Sand, par Léon Bernard.
+
+25 novembre.--Revue Encyclopédique. G. Sand et Alfred de Musset
+d'après Mesdames Berton et Arnould-Plessy.
+
+11 décembre.--Le Gaulois. La Dame de Venise, par Tout-Paris.
+
+19 décembre.--L'Écho de Paris. Chronique, par Colomba.
+
+
+
+
+QUELQUES OEUVRES INÉDITES
+
+OU PEU CONNUES
+
+D'ALFRED DE MUSSET
+
+
+
+
+QUELQUES OEUVRES INÉDITES
+
+OU PEU CONNUES
+
+D'ALFRED DE MUSSET
+
+
+Lorsque la Revue Bleue analysa naguère[68], comme étant d'Alfred de
+Musset, _Denise_, une nouvelle de son frère Paul[69], un journal a
+demandé s'il ne serait pas possible de dresser une sorte de liste des
+oeuvres inédites de l'auteur des _Nuits_. Cela me paraît difficile,
+car ces oeuvres sont par elles-mêmes d'une nature très complexe.
+
+ [68] Livraison du 26 juin 1897.
+
+ [69] Publiée dans la _Revue de Paris_ du 2 mai 1841, où elle est
+ signée: «Paul de Musset» et reproduite dans la _Revue
+ pittoresque_ de mai 1845, avec la signature d'Alfred.
+
+Des pièces de vers comme la _Chanson pour la fête de sa mère_, les
+_Stances à Mlle Z._, sont des souvenirs intimes, restés dans la
+famille du poète, reliques sacrées qui, par un sentiment facile à
+comprendre, sont pieusement conservées dans les archives familiales
+d'où elles ne doivent pas sortir.
+
+D'autres, adressées à des jeunes filles, à des jeunes femmes surtout,
+poèmes d'amour qui sont demeurés un secret entre celui qui les a
+écrits et celles qui les ont reçus, sont si soigneusement cachées,
+quand elles n'ont pas été détruites, qu'il est impossible de les
+retrouver. Et dans les quelques occasions où le hasard ou une
+indiscrétion les a fait connaître, donner même des initiales serait
+compromettre inutilement des réputations jusqu'ici sans tache.
+
+Quant aux essais, aux ébauches de ce que j'appellerai les oeuvres de
+travail, aux débris de toutes sortes qui ont été retrouvés dans les
+papiers du poète, où commencer, où finir? Paul de Musset en donne un
+certain nombre dans la BIOGRAPHIE[70] de son frère:
+
+ _La Prêtresse de Diane,_ fragment d'élégie.
+
+ _Agnès,_ fragment de poème dramatique, dont une «ballade» est
+ encore inédite.
+
+ _Stances à Ninon:_ «Avec tout votre esprit...»
+
+ _La Nuit de Juin,_ quatre vers:
+
+ Muse, quand le blé pousse, il faut être joyeux.
+ Regarde ces coteaux, et leur blonde parure!
+ Quelle douce clarté dans l'immense nature!
+ Tout ce qui vit ce soir, doit se sentir heureux...
+
+ [70] _Biographie d'Alfred de Musset_, par Paul de Musset. Paris,
+ Charpentier, 1877. 1 vol. in-12.
+
+Des Fragments du _Poëte Déchu,_ sorte d'autobiographie, qui, avec «Le
+Poète et le Prosateur», publié dans les _OEuvres Posthumes_,
+constituent à peu près tout ce qui reste du manuscrit de l'oeuvre,
+laissé inachevé par Alfred et lacéré par Paul.
+
+Des stances _A la soeur Marcelline_, incomplètes, mais données en
+entier dans le FIGARO du 14 mai 1887.
+
+_L'Exercice de nos facultés_, fragment en prose.
+
+_A trente ans_, fragment en prose.
+
+_Judith et Allori_, fragment dramatique, en vers.
+
+Un _Sonnet à sa Marraine_: «Qu'un sot me calomnie...»
+
+Des _Stances à Mme Ristori_.
+
+Une _Chanson:_ «Hélas! Hélas!...»
+
+_Le petit moinillon_, stances à Mlle E. d'A.
+
+Un _Quatrain à Mlle Melesville_, écrit au bas d'un dessin de M.
+Chenavard, représentant la première rencontre de Petrarque et de
+Laure, dessin où les deux figures du poète et de sa maîtresse avaient
+quelque ressemblance avec les traits d'Alfred de Musset et de Mlle
+Melesville. Il avait été question d'un mariage entre les deux jeunes
+gens.
+
+A ces fragments, il faut joindre les poésies publiées par les soins de
+Paul:
+
+_Le 3 mai 1814_, stances. MAGASIN DE LIBRAIRIE, 10 décembre 1859.
+
+_Après la lecture d'Indiana_, poésie. REVUE DES DEUX-MONDES, 1er
+novembre 1878.
+
+_Variante en vers de: On ne badine pas avec l'amour_, acte I. REVUE
+NATIONALE, 1er novembre 1861.
+
+Sauf quelques exceptions que nous indiquons plus loin, les fragments
+demeurés inconnus n'offrent qu'un intérêt secondaire, par suite de
+leur peu d'étendue ou de l'impossibilité de les rattacher à quelque
+chose. Bien plus, parmi ces exceptions, se trouvent des satires, des
+facéties sur le personnage ou l'événement du jour, charges d'atelier
+ou de salon, faites entre amis, pour passer le temps, «en riant et
+sans malice ni aversion contre personne», comme Alfred de Musset le
+déclare lui-même au bas de l'une d'elles, mais qui, connues du grand
+public, pourraient quelquefois être mal interprétées. Celles qui ne
+peuvent éveiller aucune idée malveillante ont été publiées:
+
+_L'Anglaise en Diligence_, dans l'ART du 18 février 1883.
+
+Les premières strophes des _Stances burlesques à George Sand_, dans la
+REVUE DE PARIS du 15 août 1896.
+
+Des fragments de la _Réponse à Ulric Guttinguer_, en vers, dans la
+GAZETTE ANECDOTIQUE du 30 juin 1891.
+
+_Le Songe du Reviewer_ ou _Buloz consterné_ dans le COURRIER DE PARIS
+du 19 mai 1857, la PETITE REVUE du 15 juillet 1865, et L'INTERMÉDIAIRE
+DES CHERCHEURS du 10 octobre 1891.
+
+_A une Muse_ ou _Une Valseuse dans le Cénacle romantique_, en partie
+dans le FIGARO du 4 novembre 1855, et en entier dans le tome I de la
+CURIOSITÉ LITTÉRAIRE. (Paris, Liseux, 1880. In-12).
+
+Le _Voyage à Pontchartrain_, dans une brochure de M. Lorin: UNE
+EXCURSION A PONTCHARTRAIN. Rambouillet, 1890. In-8º. C'est un récit
+humoristique, adressé à Charles Nodier, qui répondit à l'auteur par
+ces stances célèbres, composées sur le même rythme:
+
+ J'ai lu ta vive odyssée
+ Cadencée, etc...
+
+Ajoutez à cela que Mme Lardin de Musset, faisant un nouveau choix
+après son frère Paul, a publié encore quelques-unes de ces reliques:
+
+_Valentin_, qui n'est autre que l'avant-propos de la nouvelle _Les
+deux Maîtresses_, dans le GAULOIS du 22 août 1896.
+
+Le _Roman par lettres_, dont plusieurs passages se retrouvent dans
+FANTASIO, dans le GAULOIS des 17, 18, 19 et 20 juillet 1896[71].
+
+ [71] La donnée du roman de George Sand, _Le Secrétaire intime_,
+ écrit en 1834, offre de très grands points de ressemblance avec
+ cette oeuvre d'Alfred de Musset. On retrouve même chez G. Sand le
+ nom de Spark.
+
+Des poésies adressées _A George Sand_, dans la REVUE DE PARIS du 1er
+novembre 1896.
+
+Restent enfin les communications faites par des tiers, amis ou
+collectionneurs, qui nous fournissent une nouvelle moisson:
+
+Variantes de _La Coupe et les Lèvres_.--L'ÉVÉNEMENT, 29 novembre 1881.
+
+ Moi, je n'ai jamais fait à la nature humaine..., etc...
+
+_Autres Variantes_ du même poème, le VOLTAIRE, 17 mai 1887, que voici,
+d'après le manuscrit, le texte publié étant peu correct:
+
+ Poésie! Harmonie! Amour! Larmes célestes,
+ Que les douleurs de l'homme arrachèrent aux yeux
+ Du vengeur immortel qui les chassa des cieux,
+ Si vous versez parfois, poisons doux et funestes,
+ Le baume de l'oubli sur mes cuisants regrets,
+ Quels trésors ignorés doit recéler une âme
+ Dont le ciel a puisé l'essence à votre flamme?
+ Camp où les feux sacrés ne s'éteignent jamais?
+ Dieu donna la beauté, dont le regard attire
+ A ces êtres divins qu'il créa d'un sourire,
+ Leur fit un front de vierge et de longs yeux voilés
+ Et leur dit en partant: «Allez et consolez!»
+ Mais eux-mêmes souvent, du feu qui les habite,
+ On les voit ici-bas se plaindre et s'étonner,
+ Ne pouvant contenir le rayon qui s'agite,
+ Et qui, venu du Ciel, y voudrait retourner.
+
+ [ACTE I, SCÈNE 2].
+
+_Ex Dono_ à un astronome. BIBLIOGRAPHIE ROMANTIQUE, par Charles
+Asselineau. 2e édit. Paris, Rouquette, 1874. In-8º.
+
+Un _Fragment en Vers_ qui est le début de l'article, en prose, Un Mot
+sur l'art moderne (publié dans les _Mélanges de Littérature_). ÉCHO DE
+LA SEMAINE, 24 mai 1896:
+
+ Pourquoi la Poésie est-elle morte en France?
+ On dit que le public vit dans l'indifférence,
+ Que le siècle est distrait, que tout meurt aujourd'hui;
+ Bonaparte, à Wagram, était distrait, je pense,
+ Il avait cependant son Ossian avec lui..., etc...
+
+_Stances à Buloz._ La REVUE DE PARIS ET SAINT-PÉTERSBOURG, 15 décembre
+1887:
+
+ Buloz, ma dernière heure est-elle donc venue?
+ Dois-je enfin vous compter parmi mes ennemis?
+ N'est-il donc rien d'humain au fond d'une revue
+ Et toute charité vous est-elle inconnue,
+ Vous qui disiez jadis être de mes amis,
+ De demander les vers que je vous ai promis?.....
+
+_Quatrain à Gustave Planche._ L'ÉVÉNEMENT, 28 janvier 1886.
+
+_Crayonné sous les Arbres de Louveciennes_, poésie. LA REVUE DE PARIS
+ET SAINT-PÉTERSBOURG, 25 décembre 1890:
+
+ Pour ouïr les antiques
+ Dans mes délires rustiques,
+ Je vais tout droit devant moi...
+
+_Madrigal à Augustine Brohan._ LE NAIN JAUNE, 7 octobre 1877, souvent
+réimprimé.
+
+_A Pépa_, stances. SOUVENIRS DE Mme JAUBERT. Paris, Hetzel, 1881. 1
+vol. in-12.
+
+_Le Comte d'Essex_, plan de tragédie. L'ÉVÉNEMENT, 21 novembre 1885.
+
+_Alliance de la prose et de la poésie._ LE VOLTAIRE, 23 avril 1887.
+
+ Alliance de la prose et de la poésie, qui n'est autre chose que
+ celle de la prose et de la versification. Entre les deux limites
+ qui les séparent, un seul esprit français a trouvé une route,
+ celui dont Molière disait: «Le bonhomme vivra plus que nous».
+ C'est la seule fois que Molière se soit trompé; mais le bonhomme
+ allait son chemin, ne se souciant ni de la prose ni de la
+ versification; il était le maître et lorsqu'il s'endormait sous
+ les arbres de Versailles, ses gros souliers pleins d'herbes
+ fleuries, il revenait d'un rêve dans un certain sentier où
+ personne après lui ne passera jamais.
+
+[Illustration: Le Comte d'Essex, fac-similé de la 4e page du
+manuscrit d'Alfred de Musset.
+
+ (transcription)
+
+ (acte 4)
+
+ (chez la reine)
+
+ La reine, ses femmes.
+
+ La Comtesse D'Essex vient implorer la grace de son mari.
+ Froideur d'Elysabeth--elle la repousse. celle-ci part
+ desesperée--
+
+ La reine fait demander Cécil; elle veut travailler avec lui,
+ son esprit distrait la reporte toujours vers le Comte; elle
+ songe à la Bague qu'elle lui a donné, et compte sur ce
+ dernier moyen--
+
+ (chez Essex)
+
+ La Comtesse se désespère--
+
+ Raleigh arriva; il lui propose la grâce de son mari si elle
+ veut le trahir; refus en colère de la Comtesse. Raleigh sort
+ furieux--
+
+ (jugement du Comte)
+
+ Il est condamné à mort--......]
+
+L'ALMANACH DU JOUR DE L'AN, petit messager de Paris pour 1846, publié
+par J. Hetzel, est un volume in-32, presqu'introuvable aujourd'hui,
+qui, à la suite des _Vers inscrits dans la cellule no 14_ de la maison
+d'arrêt de la Garde Nationale (OEuvres Posthumes) donne ce _Quatrain_
+inédit:
+
+ Dans cette petite chapelle
+ L'ennui ne vient qu'aux ennuyeux.
+ Pense un instant et pars joyeux,
+ Ta maîtresse en sera plus belle.
+
+On peut encore se procurer facilement:
+
+_Un Rêve_, ballade, insérée dans LE PROVINCIAL DE DIJON du 31 août
+1828, et réimprimée à la librairie Rouquette. (Paris, 1875. In-8º.)
+
+Les _Variantes de Venise_, écrites pour être mises en musique par
+Gounod. Choudens, éditeur à Paris.
+
+_L'Habit Vert_, proverbe par Alfred de Musset et Émile Augier, qui a
+plusieurs éditions à la librairie Michel ou Calmann Lévy et fait
+partie du THÉÂTRE d'Émile Augier. C'est cette pièce que le
+CONSTITUTIONNEL et la REVUE DES DEUX-MONDES annonçaient en 1846 sous
+le titre de _La Montre_.
+
+Les vers écrits _Au bas d'un portrait d'Augustine Brohan_, dans le
+DÉCAMÉRON DRAMATIQUE, no 5, chez l'éditeur Heugel et qui nous semblent
+si jolis que nous ne craignons pas de les citer:[72]
+
+ J'ai vu ton sourire et tes larmes,
+ J'ai vu ton coeur triste et joyeux,
+ Qui des deux a le plus de charmes?
+ Dis-moi ce que j'aime le mieux:
+ Les perles de ta bouche ou celles de tes yeux?
+
+ [72] Ces vers ont été publiés pour la première fois dans le
+ _Journal des Femmes_, du 5 novembre 1850.
+
+Comme cela rentre bien dans «ce bon souvenir d'une amitié qui vaut
+bien des amours»!
+
+Le PANTHÉON DES ILLUSTRATIONS FRANÇAISES AU XIXe SIÈCLE, par Victor
+Frond, donne, comme fac-similé d'autographe, ce fragment:
+
+ Froide, maigre, légère, une main palpitante
+ Voltigeait sur la table où roulait des flots d'or.
+ Entrons, murmurait-on! Tuons-le, puisqu'il dort!
+ Le vieillard chévrotait dans sa robe sanglante:
+ C'est mon pain quotidien, mon travail, ma sueur.
+ Le toscin répondait: la ville est au pillage!
+ Les enfants de la mort lui fouillent dans le coeur!
+ Les mères, tout en sang, couraient sur le rivage
+ Appelant leurs enfants qui flottaient sur les eaux.
+
+La _Quenouille de Barberine_, comédie en deux actes, contient des
+passages et des scènes que l'on ne retrouve pas dans _Barberine_,
+comédie en trois actes. Cette première version de la même pièce se
+trouve dans toutes les éditions des COMÉDIES ET PROVERBES antérieures
+à 1852, et la seconde version dans toutes les éditions postérieures.
+
+Le _Chant des Amis_, cantate, paroles de M. Alfred de Musset, musique
+d'Ambroise Thomas, exécutée à Lille le 21 juin 1852, éditée
+primitivement chez Gérard, a été réimprimée chez Brandus et se trouve
+chez les marchands de musique.
+
+Et même, si l'on veut se donner la peine de chercher un peu, il n'est
+pas très difficile de mettre la main sur la _Dissertation Latine_ qui
+remporta le 2e prix au Concours général de 1827: «Quæniam sint
+judiciorum motiva? An cuncta ad unum possint reduci?» dont le texte
+est imprimé in-extenso dans les ANNALES DES CONCOURS GÉNÉRAUX.
+_Philosophie. Paris, Hachette, 1828. 1 vol. in-8º_, ainsi que sur les
+articles de critique au TEMPS, omis dans les oeuvres, parce que Paul
+de Musset ne sut pas retrouver ces numéros du journal, qui existent
+cependant à la Bibliothèque de l'Arsenal et ailleurs:
+
+_Exposition du Luxembourg au profit des blessés_, 2e partie, 1er
+janvier 1831.
+
+ _Revue Fantastique_, 2e article, 1er février 1831.
+ -- 5e article, 21 février 1831.
+ -- 6e article, 28 février 1831.
+ -- 13e article, 18 avril 1831.
+ -- 18e article, 30 mai 1831.
+
+Quant à _Alceste_, tragédie qu'Alfred de Musset avait l'intention
+d'écrire pour Mlle Rachel, elle n'a dû exister qu'à l'état de projet,
+car Paul de Musset déclare que lui-même n'en a jamais connu que le
+titre.
+
+Comme on le voit, il y aurait matière à former un volume des plus
+curieux et d'un réel intérêt, avec ces oeuvres inédites, surtout si
+l'on y ajoute les pièces sur lesquelles je vais essayer de donner
+quelques renseignements, n'ayant point qualité pour en publier le
+texte.
+
+Mais avant d'aller plus loin, j'indiquerai les pièces apocryphes:
+
+La _Satire contre l'Académie_ qui a paru dans la REVUE ANECDOTIQUE des
+1er et 15 juin 1857 n'est pas d'Alfred de Musset, mais de Mme Louise
+Colet. Le 24 juin 1857, Paul de Musset adressa à ce sujet une lettre
+de protestation au directeur de la GAZETTE DE PARIS, qui l'inséra dans
+le numéro du 28 juin. La meilleure preuve que je puisse fournir à
+l'appui de mon dire, est que le manuscrit trouvé dans les papiers du
+poète était en entier de la main de cette dame.--Le sonnet _Promenade
+au Jardin des Plantes_ donné par le MONDE ILLUSTRÉ du 9 mai 1857 et
+le fragment d'une _Comédie en prose_ se passant rue Saint-Honoré,
+dans l'ÉVÉNEMENT du 29 novembre 1881, sont du même auteur.--La
+_Branche de Myrthe_ (GRAND JOURNAL, 23 septembre 1866) n'a jamais
+existé dans LA PSYCHÉ de 1826.--La _Jeune Tarentine_ (REVUE
+RÉTROSPECTIVE, 1er mai 1891) est de Sainte-Beuve.--Le quatrain
+d'_Envoi de Denise_ (l'ÉVÉNEMENT, 25 octobre 1878) est de Aurélien
+Scholl.--_Sur la mort d'un parapluie_, poésie, datée du 5 mars 1849 et
+dans laquelle il parle de ses collègues de l'Académie Française, où il
+ne fut reçu qu'en 1852, publiée dans l'ILLUSTRATION du 20 décembre ses
+collègues de l'Académie Française, où il ne fut reçu 1873, fait plus
+que me sembler être composée par le signataire de l'article, Philibert
+Audebrand.--Nous avons dit plus haut quel est l'auteur du conte
+_Denise_ de la REVUE BLEUE. Pour la _Critique de Notre-Dame de Paris_
+dans le TEMPS des 31 mai et 17 juillet 1831[73], le _Paysage Matinal_,
+sonnet, du VOLEUR du 25 août 1876, et les stances _Ce qu'il me faut_,
+du NOUVEAU PARNASSE SATIRIQUE (Bruxelles, 1881, in-8º), j'ignore quels
+en sont les auteurs, mais ce n'est certes pas Alfred de Musset.
+
+ [73] Voir: _Alfred de Musset et ses prétendues attaques contre
+ Victor Hugo_, par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul.
+ Paris, Rouveyre, 1878. Br. in-18.
+
+Je citerai enfin comme une simple curiosité six _Poésies
+Médianimiques_ que M. L. Vavasseur, directeur de la Revue Spirite, a
+publiées en 1867 dans une plaquette in-18, intitulée: ÉCHOS POÉTIQUES
+D'OUTRE-TOMBE et une autre pièce du même genre dont M. le Vicomte de
+Spoelberch de Lovenjoul donne le texte dans son HISTOIRE DES OEUVRES
+DE TH. GAUTIER (Charpentier, 1887. 2 vol. in-8º, II, p. 311).--LE
+FIGARO du 17 janvier 1899 donne encore le texte d'une nouvelle poésie
+médianimique, empruntée au livre de M. Diguet: LES VERS DE L'ESPRIT,
+RECUEIL DE COMMUNICATIONS TYPTOLOGIQUES.
+
+
+I
+
+LA NUIT
+
+Alfred de Musset, lorsqu'il était au collège Henri IV, avait été
+présenté par son condisciple Paul Foucher, dans sa famille, et ce fut
+ainsi que vers 1822, il fit connaissance de Victor Hugo, qui venait
+voir sa fiancée, soeur de son ami. Quelques années se passèrent, et
+lorsqu'un nouveau _Cénacle_ se forma chez M. et Mme Victor Hugo, pour
+remplacer l'ancien cercle littéraire de la _Muse française_, Alfred de
+Musset fut l'un des premiers appelés avec Sainte-Beuve, Émile et
+Antoni Deschamps, Ulric Guttinguer, Louis Boulanger, etc... On lisait
+force vers, on causait, on discutait; on faisait de longues promenades
+les soirs d'été, et c'est au lendemain d'une de ces conférences
+littéraires que le futur poète, qui n'avait encore rien produit,
+cheminant seul sous les arbres du bois de Boulogne, composa sa
+première ballade, _La Nuit_:
+
+ Quand la lune blanche
+ S'accroche à la branche
+ Pour voir
+ Si quelque feu rouge
+ Dans l'horizon bouge
+ Le soir,
+
+ Fol qui dit un conte,
+ Car minuit qui compte
+ Le temps,
+ Passe avec le Prince
+ Des sabbats, qui grince
+ Des dents...
+
+C'était en 1827 ou 1828, et hormis la chanson pour la fête de sa mère
+(16 novembre 1824) et quelques vers adressés en octobre 1826, à une
+jeune fille de son âge, Alfred de Musset n'avait encore écrit que ses
+devoirs de collège.
+
+
+II
+
+L'ANGLAIS MANGEUR D'OPIUM
+
+L'ANGLAIS MANGEUR D'OPIUM, _traduit de l'anglais par A. D. M._ Tel est
+le titre de ce petit volume de 221 pages, publié à la librairie Mame
+et Delaunay-Vallée, en 1828. «Traduit» est certainement exagéré.
+L'Anglais mangeur d'Opium d'Alfred de Musset n'est ni une traduction
+ni une imitation, mais une paraphrase du roman anglais de Thomas de
+Quincey: CONFESSION OF AN ENGLISH OPIUM EATER. D'un trait de plume, le
+«traducteur» supprime les digressions longues et oiseuses, les
+qualificatifs répétés, les lourdes discussions qui veulent être
+pédantes et ne sont qu'ennuyeuses. Là où l'auteur anglais remplit
+trois pages d'une description, Alfred de Musset poétise et nous rend
+plus palpable, en trois lignes, le même tableau.
+
+Ce sont bien les mêmes faits, les mêmes idées, la même confession,
+mais Alfred de Musset n'en a pris que l'essence, et, tout en suivant
+la donnée du récit, l'a transposé dans son style à lui, en y ajoutant
+quelques impressions personnelles. En comparant les deux textes,
+anglais et français[74], je dirai sommairement que Musset a supprimé
+dans l'ouvrage anglais, en totalité ou peut s'en faut: la notice, les
+pages 11 à 15, 28 à 30, 55 à 57, 64, 65, 70, 72, 73, 75, 79 à 87, 96,
+100, 102, 105, 109, 113, 117, 119, 135 à 144, 149 à 152, 165, 170,
+180 à 183 et 187 à 206, sans compter les fragments de phrases
+retranchés ailleurs; par contre, sont ajoutées, dans le texte
+français, les pages 133 à 163, sauf la description de la chaumière (p.
+136), de la chambre (p. 139) et l'histoire des deux tasses de thé (p.
+140-141); le bal, le rendez-vous, l'histoire d'Anna, le duel, sont de
+son invention, ainsi que la leçon d'anatomie, qui occupe les pages 209
+à 216. Cette «leçon d'anatomie» a son importance, non seulement parce
+qu'elle est entièrement due à la plume d'Alfred de Musset, mais
+surtout parce qu'elle est le miroir fidèle des impressions qu'il
+éprouva, lorsque, pendant l'année scolaire 1827-1828, il suivit, à
+l'École de Médecine, les cours d'anatomie descriptive de M. le docteur
+Berard[75]; c'est une page de l'histoire de sa vie:
+
+ «La première fois que j'entrai dans les salles de l'École de
+ Médecine, je me souviens encore de l'effet que la vue des cadavres
+ produisit sur moi. Nous étions deux ou trois écoliers ensemble,
+ qui revenions d'une classe de philosophie où l'on nous avait dit
+ beaucoup de belles choses que nous croyions probablement avoir
+ comprises. Nous arrivons. Il y avait sur la table un grand cadavre
+ étendu dans un drap blanc; on n'en voyait que les pieds, et, à
+ côté, sur la table, un bras écorché qui nageait dans du sang
+ caillé. Je ne sais pourquoi une idée risible qui me vint à
+ l'esprit, me fit tressaillir en ce moment. Je me disais tout bas:
+ «Voilà un bras qui a l'air de demander l'aumône.» Et en effet, la
+ main pendante avait assez cette singulière expression.
+
+ [74] Alfred de Musset a fait sa traduction sur la 3e édition
+ anglaise, publiée à Londres chez Taylor et Hessey, en 1823, 1
+ vol. in-18 de IV-206 pages.
+
+ [75] La soeur du poète possède encore sa carte d'étudiant en
+ médecine.
+
+«Le professeur n'arrivait pas, et cependant j'attendais avec
+impatience que ce drap qui me cachait le cadavre fût soulevé. Cet
+instant vint enfin: je croyais voir quelque chose de beaucoup plus
+horrible. La leçon commença: je riais de mes camarades que le mal de
+coeur prenait. Mais lorsque le scalpel vint à entrer dans la chair et
+que le sang noir, qui coulait lentement sur la poitrine ouverte,
+commença à exhaler une épouvantable odeur, je m'enfuis à toutes
+jambes. Que le caractère de l'homme est bizarre! Il va dans les
+cimetières arracher les cadavres aux vers et aux corbeaux; une odeur
+dangereuse et dégoûtante l'avertit de laisser en paix les morts. Mais
+la soif de connaître l'anime, et il emporte sous son manteau la tête
+d'une femme ou le corps d'un enfant: Vouliez-vous que le mal de mer
+arrêtât de pareils hommes et leur ordonnât de s'en tenir au continent,
+lorsqu'ils voyaient s'élever en rêve, derrière l'Atlantique, les
+montagnes d'or de la Colombie?
+
+«Cependant, rentré chez moi, je voulus manger; cela me fut impossible;
+j'ai même pris tout à fait en horreur le premier plat qu'on me servit
+et il m'a été impossible d'en manger depuis. Ces impressions, reçues
+dans ma jeunesse, donnèrent lieu à un rêve que j'avais assez
+fréquemment.
+
+«Il me semblait que j'étais couché et que je m'éveillais dans la nuit.
+En posant la main à terre pour relever mon oreiller, je sentais
+quelque chose de froid qui cédait lorsque j'appuyais dessus. Alors, je
+me penchais hors de mon lit, et je regardais: c'était un cadavre
+étendu à côté de moi. Cependant, je n'en étais ni effrayé ni même
+étonné. Je le prenais dans mes bras, et je l'emportais dans la chambre
+voisine en me disant: «Il va être là couché par terre; il est
+impossible qu'il rentre si j'ôte la clef de ma chambre.»
+
+«Et là-dessus, je me rendormais. Quelques moments après, j'étais
+encore réveillé; c'était par le bruit de ma porte qu'on ouvrait; et
+cette idée qu'on ouvrait ma porte, quoique j'en eusse pris la clef sur
+moi, me faisait un mal horrible. Alors, je voyais entrer le même
+cadavre, que tout à l'heure j'avais trouvé par terre. Sa démarche
+était singulière: on aurait dit un homme à qui l'on aurait ôté tous
+ses os, sans lui ôter ses muscles, et qui, essayant de se soutenir sur
+ses membres pliants et lâches, tomberait à chaque pas. Pourtant, il
+arrivait à moi sans parler et se couchait sur moi. C'était alors une
+sensation effroyable, un cauchemar dont rien ne saurait approcher;
+car, outre le poids de sa masse informe et dégoûtante, je sentais une
+odeur pestilentielle découler des baisers dont il me couvrait. Alors,
+je me levais tout à coup sur mon séant, en agitant les bras, ce qui
+dissipait l'apparition. Un autre rêve lui succédait.
+
+«Il me semblait que j'étais assis dans la même chambre, au coin de mon
+feu, et que je lisais devant une petite table où il n'y avait qu'une
+lumière; une glace était devant moi au-dessus de la cheminée; et,
+tout en lisant, comme je levais de temps en temps la tête,
+j'apercevais dans cette glace le cadavre qui me poursuivait, lisant
+par dessus mon épaule dans le livre que je tenais à la main. Or, il
+faut savoir que ce cadavre était celui d'un homme de soixante ans
+environ, qui avait une barbe grise, rude et longue, et des cheveux de
+même couleur qui lui tombaient sur les épaules. Je sentais ces poils
+dégoûtants m'effleurer le cou et le visage.
+
+«Qu'on juge de la terreur que doit inspirer une vision pareille! Je
+restais immobile dans la position où je me trouvais, n'osant pas
+tourner la page, et les yeux fixés dans la glace sur la terrible
+apparition. Une sueur froide coulait sur tout mon corps; cet état
+durait bien longtemps, et l'immobile fantôme ne se dérangeait pas.
+Cependant, j'entendais comme tout à l'heure la porte s'ouvrir, et je
+voyais derrière moi (dans la glace encore), entrer une procession
+sinistre: c'étaient des squelettes horribles, portant d'une main leur
+tête et de l'autre de longs cierges qui, au lieu d'un feu rouge et
+tremblant, jetaient une lumière terne et bleuâtre, comme celle des
+rayons de la lune. Ils se promenaient en rond dans la chambre, qui, de
+très chaude qu'elle était auparavant, devenait glacée, et quelques-uns
+venaient se baisser au foyer noir et triste, en réchauffant leurs
+mains longues et livides, et en se tournant vers moi pour me dire: «Il
+fait bien froid!»
+
+On retrouve une partie de ce cauchemar dans la ballade _Un Rêve_ et
+dans la 18e _Revue Fantastique_; enfin Alfred de Musset se montre
+encore visionnaire dans la _Nuit de Décembre_.
+
+_L'Anglais mangeur d'Opium_ a été réimprimé dans le MONITEUR DU
+BIBLIOPHILE en 1878, de façon à former un volume grand in-8º, avec
+titre spécial; il est précédé d'une Notice par Arthur Heulhard.
+
+
+III
+
+LA QUITTANCE DU DIABLE
+
+_La Quittance du Diable_, pièce en trois tableaux, en prose, écrite
+dans le courant de l'année 1830, est le premier essai dramatique
+d'Alfred de Musset. L'idée primitive lui a été fournie par un épisode
+du roman de Walter Scott, REDGAUNTLET, intercalé sous le titre de:
+«Histoire racontée par Willie le Vagabond». Quelques passages sont
+même la traduction littérale du texte anglais; mais, comme pour
+_L'Anglais mangeur d'opium_, Musset a transfiguré la narration de son
+modèle et y a ajouté beaucoup du sien: le personnage de Johny, celui
+de Miss Eveline et ses amours avec Sténie, sont de son invention.
+
+Cette pièce, présentée et reçue au théâtre des Nouveautés de la place
+de la Bourse, ne fut cependant pas représentée; toutefois, il y eut un
+commencement d'exécution, car sur la première page du manuscrit, se
+trouve cette distribution des rôles, écrite de la main du Directeur,
+M. Bossange:
+
+ Le Laird de Redgnauntley, M. Casaneuve.
+
+ Johny, braconnier Bouffé.
+
+ Sténie, jeune fermier Mme Albert.
+
+ Miss Eveline, nièce du Laird. Miller.
+
+ Gertrude, sa gouvernante Florval.
+
+ Écuyers, Piqueurs, Varlets.--La scène est en Écosse.
+
+Mais pendant que le chef d'orchestre du théâtre, M. Beaucourt,
+composait la musique des vers, éclata la révolution de Juillet, et
+c'est probablement ce qui empêcha cette tentative d'aboutir.
+
+Devant une interdiction aussi impérieuse qu'inattendue, de la part de
+Mme H. Lardin de Musset, de donner les moindres indications sur cette
+pièce, interdiction devant laquelle je m'incline sans vouloir même en
+rechercher la validité, je renvoie le lecteur aux pages 95-96 de la
+BIOGRAPHIE d'Alfred de Musset, par Paul de Musset.
+
+Je dirai seulement qu'au 1er tableau, qui renferme une ballade et une
+chanson en vers, nous assistons à une scène d'amour entre Miss
+Eveline et Sténie, scène que le laird de Redgnauntley interrompt
+brusquement en arrivant avec ses piqueurs et ses chiens; on lui amène
+un braconnier, Johny, pris en flagrant délit de chasse. Johny et le
+laird sont deux compères, associés par un pacte avec le diable; et le
+braconnier vient réclamer à son seigneur l'exécution de certaines
+promesses. Au lieu de l'écouter, le laird lance sur lui ses chiens et
+le fait chasser comme une bête fauve. Grâce à son pouvoir magique,
+Johny échappe à ceux qui le poursuivent; il revient vers Sténie, qui
+pleure; le laird lui a demandé son fermage, qu'il a déjà payé au
+défunt maître, qui, mort subitement, n'a pas eu le temps de lui signer
+sa quittance. Pour se venger, Johny dit à Sténie: Eh bien, viens avec
+moi, je vais te faire délivrer le reçu qui t'est dû.--Au 2e tableau,
+nous sommes dans un cimetière, à minuit, et prenons part au sabbat.
+Après bien des tentations auxquelles résiste Sténie, Sir Robert, le
+laird défunt, lui donne enfin sa quittance, et dès que le pauvre
+garçon tient le précieux papier, il s'enfuit, transi de peur,
+accompagné de Johny. Cette scène comporte une chanson en vers.--Au 3e
+tableau, tout en prose, nous sommes dans une salle du château de
+Redgnauntley. Le laird vient de signifier à sa nièce qu'elle va
+épouser le vieux chevalier Landshaw, que cela lui plaise ou non, quand
+survient Johny, qui apporte la quittance de Sténie. Le laird reconnaît
+immédiatement par quel moyen Johny se l'est procurée; il entre en
+fureur et veut tuer son acolyte; mais lui, homme de précaution, est
+armé, et, de plus, avant d'entrer, a mis le feu au château. Et pendant
+que Miss Eveline et Sténie, prévenus, s'enfuient loin des tours
+incendiées, le château s'écroule dans les flammes, ensevelissant sous
+ses ruines le laird et le braconnier.
+
+Voici la ballade que chante Sténie au premier tableau:
+
+ --Beau fiancé, lui dit la dame,
+ Rattache-moi mes blonds cheveux,
+ Fais m'en deux tresses et sept noeuds.
+ Beau fiancé, je suis ta femme;
+ Emporte-moi dans ton mantel
+ Jusqu'au foyer de ton chatel.
+
+ --Hélas! mon amante chérie,
+ Toute parée en argent fin,
+ Qui devait m'épouser demain
+ Dans l'église Sainte-Marie!
+ Elle m'attendra jusqu'au soir
+ Dans la grand'salle du manoir.
+
+ --Qu'elle t'attende et qu'elle sache
+ Que ses yeux noirs ne verront plus
+ Tes varlets aux brillants écus,
+ Ton casque d'or au blanc panache.
+ Ton épouse, beau damoiseau,
+ C'est la pâle Fleur du Lys d'eau!
+
+Mais si la pièce d'Alfred de Musset n'a pas été jouée, le théâtre de
+l'Opéra-Comique a donné le 31 décembre 1833 la première représentation
+de _Le Revenant_, opéra fantastique en deux actes, paroles de M.
+Albert de Calvimont, musique de Gomis (Paris, Barba, 1834. In-8º),
+dont le sujet est pris à la même source et l'intrigue presque
+identique[76]. Albert de Calvimont remonte au point de départ de la
+légende: nous assistons à la mort de Sir Robert, qui rend l'âme au
+moment où il va signer la quittance de Sténie; Miss Eveline est
+devenue Sara, la filleule de Sir Robert, et Johny le braconnier est
+remplacé par le fantôme du sommelier Dugald, qui agit sous les ordres
+de l'ombre de Sir Arundel, aïeul de Sir Robert. Par suite, la chasse à
+l'homme est supprimée; même scène d'évocation et du sabbat dans les
+tombeaux; Sténie obtient sa quittance. Mais le dénouement se modifie:
+Sir John, le laird actuel, qui aime aussi Sara, obéissant à un
+commandement de l'ombre de Sir Arundel: «Mon fils, sois meilleur que
+ton père!» revient au bien, et, étouffant son amour qui n'est pas
+partagé, unit Sténie et Sara.
+
+ [76] On trouvera des comptes-rendus de cette pièce dans: _Journal
+ des Débats_, 6 janvier 1834. _Le Moniteur Universel_, 6 et 13
+ janvier 1834. _Revue des Théâtres_, 12 janvier et 6 février 1834.
+ _Le Journal des Femmes_, 8 février 1834. _L'Artiste_, 12 janvier
+ 1834, etc...
+
+
+IV
+
+ALFRED DE MUSSET CRITIQUE
+
+Le 14 janvier 1831, Alfred de Musset écrivait à Alfred Tattet:
+«.....Je passe ma vie avec une demi-douzaine de peintres; quels bons
+garçons, que les artistes, quand ils ne sont pas du même genre que
+vous! Je rends compte des petits théâtres, toujours au _Temps_, je
+rimaille par boutade......»
+
+Malgré toutes mes recherches, il m'a été impossible de retrouver ces
+critiques. A cette époque, aucun article n'était signé dans le _Temps_
+et de l'origine du journal à la date de la lettre d'Alfred de Musset,
+j'ai relevé deux cent trente-six chroniques théâtrales. Combien Alfred
+de Musset en a-t-il écrit dans ce nombre? Je l'ignore. Son premier
+article _connu_, se trouve dans le numéro du 27 octobre 1830
+(Exposition du Luxembourg, 1re partie). Or dans les numéros des 29
+novembre, 6, 13 et 27 décembre, on rencontre quatre articles portant
+cette rubrique: «Revue des Théâtres secondaires». Peut-être n'est-ce
+qu'une simple coïncidence, mais dans sa lettre, Alfred de Musset parle
+de «petits théâtres», et ces quatre revues sont publiées le lundi,
+comme les Revues Fantastiques, qui, elles non plus, ne sont pas
+signées.
+
+Et cette collaboration anonyme ne s'est pas bornée au journal _Le
+Temps_. _L'Europe Littéraire_, dont la première période, sous la
+direction de Victor Bohain et Alphonse Royer, va du 1er mars au 9 août
+1833, dans son SUPPLÉMENT AU PROSPECTUS, publie cette lettre:
+
+ «A Messieurs les Directeurs de l'_Europe Littéraire_.
+
+ «Messieurs,
+
+ «Je serai très heureux de pouvoir entrer pour quelque chose dans
+ la rédaction de votre nouveau journal. En acceptant la proposition
+ que vous avez bien voulu m'en faire, je vous remercie d'avoir
+ associé mon nom à une entreprise pour le succès de laquelle tous
+ les hommes de bon sens doivent faire des voeux, et tous les
+ artistes des efforts.
+
+ «Agréez, messieurs, l'expression des sentiments les plus
+ distingués de votre bien dévoué serviteur.
+
+ «ALFRED DE MUSSET.»
+
+ «Paris, 23 novembre 1832.»
+
+Bien qu'il n'y ait aucun article signé de lui dans ce journal, son nom
+figure dans la liste de ses rédacteurs.
+
+J'ai la conviction qu'Alfred de Musset a collaboré sous le voile de
+l'anonyme, à quelque périodique. Ce qui me confirme dans cette idée,
+c'est que j'ai vu dans ses papiers:
+
+1º Un _Compte-rendu du Gustave III_, opéra en 5 actes de Scribe,
+musique d'Auber, représenté à l'Académie royale de musique le 27
+février 1833, qui, à de certaines maculatures, semble être passé par
+les mains d'un compositeur d'imprimerie.
+
+2º Des notes préparées pour une rédaction sur le _Procès d'Émile de La
+Roncière_, qui fut jugé en juillet 1835.
+
+3º D'autres notes sur la _Guirlande de Julie_, offerte à Mlle de
+Rambouillet, Julie Lucine d'Angennes, par le marquis de Montausier,
+qui semblent se rapporter à un exemplaire de l'édition illustrée
+publiée en 1818, chez Didot jeune.
+
+Depuis la publication de ces lignes (15 janvier 1898), j'ai retrouvé
+le _Compte-rendu de Gustave III_, et le voici, tel qu'il est imprimé
+sans signature dans la REVUE DES DEUX-MONDES du 15 mars 1833, tome I,
+page 682.
+
+ «14 mars 1833.
+
+ «Il n'y a d'important dans les nouvelles théâtrales de la
+ quinzaine, que _Gustave III_. Quelle drôle de chose, que de rendre
+ compte d'un opéra! Un opéra nouveau est une si drôle de chose par
+ lui-même!
+
+ «Autrefois, dans une académie royale de musique, on se serait
+ imaginé qu'on allait entendre de la musique. Quant à moi, je ne
+ suis point musicien, je puis le dire comme M. de Maistre, j'en
+ atteste le ciel et tous ceux qui m'ont entendu jouer du piano.
+ Mais je crois qu'en vérité, je n'en ai pas besoin cette fois-ci.
+ Ce qu'il y a de plus joli dans _Gustave_, en fait de musique et de
+ poëme, c'est un galop.
+
+ «Oui, un galop! Il n'y a que cela dans la pièce. Vous croyez
+ peut-être que j'en veux dire du mal. Point du tout: la pièce est
+ admirable, car le galop est divin. Et comment aurait-on pu amener
+ le galop sans la pièce? Comment la pièce aurait-elle fini sans le
+ galop? Vous voyez bien que cela se tient. Remarquez, je vous prie,
+ comme ce galop est amené:
+
+ «Vous savez que Gustave III a été assassiné par un de ses amis,
+ nommé Ankastroëm, par la raison qu'il lui avait fait perdre son
+ argent, en changeant la valeur des papiers publics. C'est une
+ raison comme une autre, et qui vaut bien celle pour laquelle M.
+ Levasseur tire un coup de pistolet à M. Adolphe Nourrit, le seul
+ crime de M. Nourrit étant, à ma connaissance, de chanter une
+ ariette ou deux à Mlle Falcon. Ankastroëm était donc à couteau
+ tiré depuis un an ou deux avec son bon roi; M. Levasseur est très
+ bien avec M. Nourrit; c'est son favori, son confident intime. Le
+ premier acte s'ouvre là-dessus.
+
+ «Je comprends que le caractère de Gustave est très bien compris
+ par le costumier. Sa redingote verte est admirable. Nonchalamment
+ couché sur un sopha, le sage monarque se fait jouer un ballet,
+ pour se délasser des soins de son empire; mais, dussé-je passer
+ pour un maniaque et un ignorant, je ne saurais approuver les roses
+ pompons de couleur écarlate, qu'il porte à ses souliers.
+
+ «Au second acte, nous sommes chez la sorcière. Quelle sorcière?
+ dites-vous. C'est ce que j'allais vous demander. Mais qu'il vous
+ suffise d'apprendre que le roi est déguisé en matelot. Le costume
+ va à ravir au jeune page, mademoiselle Dorus. La sorcière prédit
+ au roi qu'il sera assassiné: _amen dico vobis._ Et comme
+ Jésus-Christ, Gustave reçoit de son futur meurtrier, la poignée de
+ main de Judas.
+
+ «Au troisième acte, nous sommes en plein vent. La décoration est
+ superbe. Ankastroëm trouve sa femme en rendez-vous avec son
+ maître, et, comme le mari de Molière, il se charge de la
+ reconduire voilée. Il paraît, d'après ce que j'ai entendu dire,
+ que ce mari, qui ne reconnaît pas sa femme, et qui lui offre
+ galamment le bras pour la ramener à la ville, est d'un effet très
+ dramatique. Voilà comme tout change avec le temps.
+
+ «Au quatrième acte, Ankastroëm, qui a reconnu sa femme, chante
+ dans ses appartements, avec un petit nombre d'amis.
+
+ «Au cinquième acte, voilà où j'en voulais venir, on danse le
+ galop. Ceux qui n'ont pas vu ce galop, ne savent rien des choses
+ de ce monde. Jamais l'éclat des bougies, le bruit d'une fête, le
+ parfum des fleurs, la musique, la folie et la beauté, n'ont fait
+ une heure de plaisir comparable à celle-là. Jamais les masques
+ agaçants, les costumes bizarrement accouplés, les dominos et les
+ grotesques n'ont fait ondoyer leurs mille couleurs avec plus de
+ grâce et d'esprit sous l'éclatante lueur des lustres. Jamais un
+ collégien lisant les _Mille et Une Nuits_, n'a vu passer dans ses
+ rêves du soir une fantasmagorie plus voluptueuse et plus
+ enivrante. L'ensemble en est éblouissant; l'analyse en est
+ amusante. Si c'est là ce qu'on appelle l'art du théâtre, son but
+ est rempli. La réalité est vaincue, et la magie n'ira pas plus
+ loin.
+
+ «Et je vous le demande, que nous importe le reste? Que nous
+ importe à nous qui venons nous accouder sur un balcon deux heures
+ après dîner, que l'art soit en décadence, que la vraie musique
+ fasse bâiller, que les poèmes de nos opéras dorment debout? Que
+ nous importe que les bouffes aient perdu la vogue, que l'admirable
+ talent de Rubini s'épuise en difficultés et danse sur la corde
+ comme l'archet de Paganini? Que nous importe qu'on en soit venu,
+ pour attirer le foule, jusqu'à faire de nos opéras des concerts,
+ et de nos concerts, des opéras; qu'on nous donne un acte de l'un,
+ un acte de l'autre, qu'on mutile Don Juan (Don Juan!); qu'on n'ait
+ plus ni le sens commun ni l'envie de l'avoir, qu'avaient du moins
+ nos pères; que les principes soient à tous les diables et madame
+ Malibran en Angleterre? Il nous reste un galop, et, du moment
+ qu'on danse, qu'importe sur quel air? J'aime autant mes yeux que
+ mes oreilles.
+
+ «Vous croyez peut-être que c'est par fantaisie que l'opéra est à
+ la mode? Pas du tout. Il y a une raison à tout ce qui se fait sous
+ la lune, et la Providence sait pourquoi un siècle porte des habits
+ carrés plutôt qu'un autre. C'est l'éternelle sagesse elle-même qui
+ a mis le moyen-âge en pantalon collant, et pas un atome de poudre
+ à la Richelieu n'est tombé impunément sur la nuque de la régence.
+ Avez-vous été au Gymnase depuis peu? aux Variétés? à la
+ Porte-Saint-Martin? Êtes-vous convaincu qu'on y bâille? Je ne vous
+ demande pas si vous êtes allé aux Français, car il paraît qu'à la
+ lueur de certaines lampes mal entretenues d'une huile épaisse, il
+ se joue chaque jour sous une voûte déserte au coin du
+ Palais-Royal, une certaine quantité de drames ignorés. Mais pour
+ tout dire en un mot, êtes-vous allé hier, irez-vous demain
+ ailleurs qu'à l'Opéra? Là est le siècle tout entier. Que nos
+ musiciens apprennent à jouer des contre-danses; qu'ils songent à
+ entourer ce divin spectacle de languissantes mélodies, de molles
+ sérénades; à ce prix, on veut encore de leurs efforts; que nos
+ poètes sachent amener une fête, une orgie; qu'ils placent à propos
+ dans leur cadre douze légères folies armées de leurs grelots;
+ qu'on y assassine un roi ou deux, si vous y tenez, mais que nous
+ ayons des bals à la cour et des galops.
+
+ «A propos de galop, voilà le carnaval qui se meurt. C'est
+ aujourd'hui la mi-carême, bien qu'il n'y ait plus de carême. N'y
+ a-t-il pas eu quelque part des criailleries contre notre carnaval
+ de cette année? Il appartient à un pédant ennuyé de vivre,
+ d'injurier des mascarades. A qui diable une mascarade a-t-elle
+ jamais fait tort de sa vie? On se plaint que les jeunes gens
+ aillent aux Variétés; je demande où l'on veut qu'ils aillent. Le
+ faubourg Saint-Germain n'a pas donné un bal; il ne s'y prend pas
+ une glace, il ne s'y attèle pas quatre chevaux par jour. La
+ Chaussée-d'Antin bâille fort aussi, quoiqu'on y attèle beaucoup et
+ qu'on y mange de même. Pourquoi le jour du bal de l'Opéra, lorsque
+ le directeur a voulu faire une tentative hardie et nouvelle,
+ personne n'y a-t-il répondu? Pourquoi ce jour-là comme les autres,
+ pas une femme du monde n'a-t-elle osé prendre le masque? Je ne dis
+ pas le domino; ce vieil et insipide oripeau se promène depuis
+ longtemps dans le désert. Mais on nous parle des moeurs de la
+ Régence; en quoi les nôtres valent-elles mieux?
+
+ «Lorsque la Reine de France, déguisée en marchande de violettes,
+ venait avec sa cour à l'Opéra, l'esprit pouvait entrer dans les
+ plaisirs de la soirée, et il sortait de ces lèvres de carton rose
+ d'autres choses que les hurlements de l'ivresse et les saletés du
+ cabaret. Vous appelez ces moeurs infâmes; vous repoussez les
+ femmes dans leurs ménages, et vous entourez d'une grille de fer le
+ berceau de leurs filles. Cela est sage, très juste, très décent.
+ Mais un jeune homme ne se marie pas à vingt ans, et tous les ans
+ le mardi gras vient à son heure, qu'on veuille ou non de lui.
+ Accorderez-vous à la jeunesse qu'elle ait des sens, des besoins de
+ plaisir, parfois même des jours de folie? Où voulez-vous qu'elle
+ les passe? C'est un Anglais silencieux qui glisse sous une table
+ inondée de _porter_, sans proférer une plainte, et qui s'éteint
+ dans l'eau-de-vie avec le papier embrasé qui la brûle. Il faut aux
+ Français des voitures pleines de masques, des torches, des
+ théâtres ouverts, des gendarmes et du vin chaud. Tant pis pour le
+ siècle où les cabarets sont pleins et où les salons sont vides.
+ Donnez la terre aux Saint-Simoniens, à chacun une pioche et un
+ bonnet de coton. Otez à l'or sa valeur, au plaisir son attrait;
+ faites de la société un champ de blé de la Beauce, où pas un épi
+ ne dépasse l'autre. Vous n'aurez plus alors de _jeunesse dorée_,
+ ni de longchamp sur le boulevard Italien. Mais tant que vous
+ voulez vivre dans un pays libre, où chacun peut faire ce qu'il
+ entend, où l'or est en cours, où le plaisir est à bon marché, ne
+ vous étonnez pas que les jeunes gens aillent en masque; et vous,
+ législateur prudent et circonspect, qui prêchez la morale
+ publique, souvenez-vous de Caton l'Ancien, qui félicitait un jeune
+ homme en le voyant sortir d'un lieu de débauche.»
+
+
+V
+
+LES DERNIERS MOMENTS DE FRANÇOIS Ier
+
+On ne connaît des _Derniers moments de François Ier_, drame en vers,
+que le fragment qui a été publié dans le KEEPSAKE FRANÇAIS. _2e Année.
+1831. Chez Giraldon Bovinet, 1 vol. in-8º_, qui fut mis en vente
+vers la fin de l'année 1830.
+
+Pour quelle raison Alfred de Musset ne termina-t-il pas ce drame ou
+détruisit-il ce qu'il en avait écrit (car le manuscrit n'a jamais été
+vu)? Peut-être la connaissance d'un drame analogue, pour le sujet
+comme pour la forme, la _Mort de François Ier_ par Félix Arvers[77].
+Au mois de janvier 1850, M. Charpentier imprimant un nouveau volume
+d'oeuvres d'Alfred de Musset, lui avait transmis le voeu exprimé par
+bien des personnes, de voir adjoindre à ce livre des poésies inédites
+jusqu'à ce jour. En ce qui concerne ce drame, l'auteur se borna à lui
+répondre: «J'ai beau faire, je ne puis pas corriger ces _Derniers
+Moments de François Ier_; il y a dix-neuf ans que c'est au
+rancart»[78].
+
+ [77] Voir: FÉLIX ARVERS, par Charles Glinel. 2e édition. Reims,
+ Michaud. Paris, Rouquette, 1897. 1 vol. in-8º.
+
+ [78] _OEuvres Posthumes_, in-12, p. 241.
+
+Alfred de Musset et Félix Arvers se connaissaient; ils avaient des
+amis communs, Paul Foucher, Alfred Tattet; tous deux se trouvèrent
+plus d'une fois côte à côte à la table de Ulric Guttinguer, rue de
+Courcelles, dans cette maison des Lilas, rendue célèbre par la fête
+printanière donnée en l'honneur de M. et Mme Victor Hugo. Ils se
+rencontraient aux soirées de l'Arsenal, chez Charles Nodier, dont ils
+étaient les hôtes assidus; ils adressaient même des vers à la fille
+du maître de ce logis, car l'_innommée_ du fameux sonnet:
+
+ «Mon âme a son secret, ma vie a son mystère»
+
+et l'héroïne des Stances:
+
+ «Madame, il est heureux, celui dont la pensée»
+
+ne sont qu'une même personne, mademoiselle Marie Nodier, qui devint
+madame Ménessier. De plus, le 1er janvier 1830, Arvers avait fait ses
+débuts dans le notariat comme clerc chez Me Guyet-Desfontaines, ami de
+la famille de Musset; en sa qualité de poète, le jeune basochien avait
+ses entrées au salon.
+
+«_La Mort de François Ier_, drame en 3 actes, en vers, dédié à mon ami
+Roger de Beauvoir» par Félix Arvers, porte la date de juin 1831, dans
+le recueil où il a été publié[79]. On y trouve certaines similitudes
+avec le drame d'Alfred de Musset; ce passage de la scène 3 du IIIe
+acte, se rapproche beaucoup du début du dialogue entre François Ier et
+son Fol:
+
+ FRANÇOIS Ier
+
+ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
+ S'il est vrai que souvent ma raison égarée,
+ Aux pompes de Satan, jadis se soit livrée,
+ N'ai-je rien fait aussi qui puisse retenir
+ Le bras de Jésus-Christ levé pour me punir?
+ Fils aîné de l'Église, ardent à sa querelle,
+ J'ai défendu sa gloire et combattu pour elle.
+ Que me reproche-t-on? N'ai-je pas résisté
+ A ce torrent du schisme et de l'impiété?
+ N'ai-je pas su, malgré des efforts sacrilèges,
+ Remettre le Saint-Père en tous ses privilèges?
+ Et savez-vous un roi qui fut meilleur soutien
+ Du Saint Nom de Jésus et du monde chrétien?.......
+
+ [79] MES HEURES PERDUES par Félix Arvers. Paris, Fournier, 1833.
+ 1 vol. in-8º, p. 156 à 293.
+
+Cela se poursuit dans la réplique de Féron, et, quelques vers plus
+loin, la ressemblance est encore plus grande:
+
+ FRANÇOIS Ier
+
+ ........ Ah! ce n'est pas la mort qui m'épouvante!
+ L'Espagnol me connaît, de reste, et je me vante
+ Que dans toute l'Europe il n'est pas chevalier
+ Plus âpre à la besogne et plus franc de collier.
+ Pourquoi, dans les combats, n'ai-je perdu la vie?
+ Je serais si bien mort aux plaines de Pavie,
+ Au bruit des instruments de guerre et des clairons,
+ Entouré de mes preux chevaliers et barons!
+ Mon armure eût servi de linceul militaire
+ Et mes soldats pleurant m'auraient mis dans la terre
+ Humide encor du sang que ma main eût versé,
+ Comme ils ont fait Bayard, quand il a trépassé.
+
+Et dans Alfred de Musset:
+
+ LE ROI
+
+ Dieu du saint Évangile! O Dieu, j'ai fait pourtant
+ Brûler par Bonneval tout un bourg protestant!
+ Dans un pourpoint de fer, certes, je fus à l'aise;
+ Maintenant, je suis mort, ma cuirasse me pèse!
+ O mon cousin Bayard! Il mourut tout poudreux,
+ Les reins tout fracassés!..... Il était bien heureux!
+ (_Délirant_) Oh! parmi les tournois, les écharpes dorées,
+ Les vieux barons de fer, les femmes adorées!
+ O soleil d'Italie! O mon beau Milanais!
+ Où trouver pour mourir, tes champs, si je renais?
+ Mourir la dague au poing, mourir le casque en tête,
+ Des éclairs que l'acier croise dans la tempête!
+ En bas d'un palefroi saillir contre un sol dur,
+ Et tomber sur le dos, sous un beau ciel d'azur!
+ Hardi, mes preux sans peur, ma vaillante noblesse!
+ Hardi, mes lansquenets, dans la mêlée épaisse!
+ Hardi!--C'est d'Alençon sur la colline assis!
+ C'est Chabanne et ses gens, de poussière noircis!
+ Bien combattu, Dunois! Comme il court, comme il vole!
+ Je te fais duc et pair, Dunois, sur ma parole!
+ Trivulce! A Marignan et tant d'autres endroits,
+ Mes féaux serviteurs, on vous a vus tous trois!
+ Marignan laissa-t-il entre vos cicatrices
+ De quoi, sur votre coeur, écrire vos services?
+ Quelle bataille, amis! Elle dura deux jours!
+ Un soir vint..... puis un autre..... on se battait toujours;
+ Et de faim ni de soif, nul ne sentait l'envie.
+ Deux jours!..... nul ne songea qu'à sa mort ou sa vie;
+ Et les bataillons noirs se heurtaient dans la nuit,
+ Et fatigués du bruit, n'entendaient plus de bruit.
+ On se battait!--Quand vint un matin le silence,
+ Comme, tout étonné, je restais sur ma lance,
+ La Tremouille arriva, qui me dit: «Ils sont morts!».
+ Et je vis, en effet, que l'on comptait les corps.
+
+Dans les _Derniers moments de François Ier_, Féron faisant le compte
+des maris outragés, qui ont voulu tirer vengeance du roi François,
+sans y réussir comme lui, émet des idées qu'on retrouve dans les
+scènes 3, 4 et 5 du 1er acte de _La Mort de François Ier_.
+
+Malgré ces ressemblances, ces deux drames n'ont pas été copiés l'un
+sur l'autre, et celui de Musset a une priorité d'au moins une année
+sur celui d'Arvers.
+
+Il existe deux autres drames célèbres sur les amours de François Ier,
+qui ont été plus d'une fois comparés avec les deux pièces dont je
+viens de parler:
+
+_Le Roi s'amuse_, drame en cinq actes, en vers, par Victor Hugo,
+représenté pour la 1re fois au Théâtre Français le 22 novembre 1832 et
+pour la seconde fois le 22 mars 1882.
+
+Et _Ango_, drame en cinq actes et six tableaux, avec épilogue, en
+prose, par Auguste Luchet et Félix Pyat, représenté pour la première
+fois sur le théâtre de l'Ambigu le 29 juin 1835.
+
+Enfin, M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul nous apprend dans ses
+LUNDIS D'UN CHERCHEUR (C. Lévy, 1894. 1 vol. in-12, p. 8-9), que
+Théophile Gautier avait songé à composer un drame sur le même sujet.
+
+_Les Derniers moments de François Ier_ ont été réimprimés avec plus ou
+moins d'exactitude dans le KEEPSAKE FRANÇAIS de 1832, le KEEPSAKE
+FRANÇAIS DE 1833, le MONDE DRAMATIQUE du 16 juillet 1835, et, sous le
+titre d'_Ango_, dans l'ARTISTE du 15 juillet 1850. D'autres revues en
+ont publié des fragments.
+
+
+VI
+
+ PERDICAN
+
+_Perdican_ est un fragment de drame lyrique, composé peu de temps
+avant _On ne badine pas avec l'amour_. Une seule scène est écrite.
+
+Perdican, fils d'Evrard, pleure la mort de son père, tué dans un
+récent combat; un chevalier vient essayer d'enlever à son inaction le
+fils de son ancien compagnon d'armes. Perdican résiste; d'autres
+chevaliers surviennent:
+
+ Crois-tu que nous soyons comme le vent d'automne,
+ Qui vient sécher tes pleurs jusque sur ce tombeau
+ Et pour qui ta douleur n'est qu'une goutte d'eau?
+ Les hommes, mon enfant, ne consolent personne;
+ L'herbe que nous voulons arracher de ce lieu,
+ C'est ton oisiveté! Ta douleur est à Dieu!
+ Laisse là s'élargir cette sainte blessure
+ Que les noirs séraphins t'ont faite au fond du coeur;
+ Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur!
+ Montre la tienne au monde, et prends-la pour armure...
+
+Mais malgré tous leurs discours, Perdican reste indécis.
+
+Plusieurs vers de _Perdican_ se retrouvent dans la _Nuit de Mai_.
+
+
+VII
+
+CONFESSION D'UN ENFANT DE L'AUTRE SIÈCLE
+
+Cette _Confession d'un Enfant de l'autre Siècle_, composée en mai
+1842, n'a, malgré son titre, aucun rapport avec la _Confession d'un
+Enfant du Siècle_. C'est une sorte de préface, dans laquelle Alfred de
+Musset s'excuse presque de faire encore des vers, et demande
+l'indulgence de ses amis:
+
+ . . . . . . . . . . . . .
+ Mil huit cent vingt! Nous éclosions
+ Dans les mélanges poétiques
+ . . . . . . . . . . . . .
+ Puis dix ans nous nous reposions
+ Au sein des drames romantiques.
+ Venaient après?... je ne sais plus,
+ Sinon que c'était du plus tendre,
+ Du coeur brisé, des sens émus,
+ Et beaucoup de voeux superflus.
+ Dix nouveaux ans encor de fièvre!
+ Arthur[80] paraît, le malheureux,
+ Déplorablement vertueux,
+ Triste réveil d'un charmant rêve!
+ Est-ce la fin? Hélas! Hélas!
+ Voilà que viennent des _Lilas_![81]
+ C'est l'amitié qui les fait naître,
+ Le temps d'éclore et de paraître,
+ De parfumer une fenêtre,
+ Et tout est dit de cette fois!
+
+ [80] _Arthur_, roman, par U. Guttinguer. Paris, Renduel, 1837. 1
+ vol. in-8º.
+
+ [81] _Les Lilas de Courcelles_, poésies, par U. Guttinguer.
+ Saint-Germain, Imp. de Beau, 1842. 1 vol. in-8º.
+
+Mais comme ils sont négligés, ces vers, mal présentés,
+
+ Avec des trous à leur chemise;
+
+grande est leur sottise de paraître en pareil accoutrement devant
+leurs amis et maîtres; cependant, on leur pardonnera en faveur de leur
+bonne intention et du grand âge de leur auteur.
+
+Ce petit poème est adressé à Monsieur ou à Madame Alfred Tattet.
+Peut-être est-ce la _lettre_ qui accompagnait l'envoi d'un volume de
+poésie.
+
+
+VIII
+
+LES FRÈRES VAN BUCH
+
+_Les Frères Van Buch_, légende allemande, tel est le titre d'une
+nouvelle en prose publiée dans le CONSTITUTIONNEL du 27 juillet 1844
+et précédée d'une _Lettre_ au Directeur.
+
+Dans une petite ville des bords du Rhin, habite le vieil orfèvre
+Hermann; sa fille Wilhelmine revient ce jour même du couvent, et, dès
+leur première rencontre avec deux jeunes graveurs, voisins et hôtes
+assidus de son père, Henri et Tristan Van Buch, inspire un violent
+amour aux deux frères. Les jeunes hommes se cachent leur mutuelle
+passion, mais leurs rêves les trahissent, et dans l'impossibilité où
+ils sont d'épouser la même jeune fille, ils décident de s'en rapporter
+à son choix: «Ma fille, leur répond l'orfèvre, vous a vus tous deux;
+elle chérira Tristan comme un époux et Henri comme un frère.» Henri
+s'efface devant l'heureux élu, mais bientôt il se sent incapable de
+tenir son serment. Un jour qu'ils chassent, il s'en ouvre à son frère
+et le supplie d'attendre qu'il soit mort pour épouser Wilhelmine;
+devant un si grand désespoir, Tristan offre à Henri de lui céder ses
+droits: «Que je l'épouse! s'écria l'autre. Me transmettrez-vous son
+amour en me transmettant vos droits? Il faut cependant que l'un de
+nous en meure! ajouta-t-il d'une voix sombre. Sa main tremblait et
+battait contre son couteau de chasse.--Oui, répondit Tristan.» Et la
+lutte s'engage. Bientôt tous deux sont mortellement frappés; Tristan
+tombe à terre, mais Henri reste debout, vacillant et immobile: «Du
+fond de la vallée, dans le crépuscule, une forme vague sembla tout à
+coup se détacher et s'avancer vers eux. Elle montait lentement la
+colline et, à mesure qu'elle approchait, les fils reconnaissaient
+leur mère. Au moment où le spectre parut, entièrement visible et
+reconnaissable, celui qui était debout, par un suprême effort, quitta
+la place où il était cloué, et alla se jeter dans les bras de celui
+qui gisait à terre. Ainsi tous deux, couverts de larmes et de sang,
+expirèrent dans un dernier embrassement.»
+
+_Les Frères Van Buch_ ont été réimprimés dans le supplément du FIGARO
+du 29 août 1875. En 1878, un admirateur d'Alfred de Musset a fait
+composer et tirer cette nouvelle à huit exemplaires, pour lui et ses
+amis, 19 pages in-4º sur papier vergé.
+
+_Lous dus frays bessous, per Jasmin_, balado dediato a moussu De
+Salvandy (Agen, Imprimerie Noubel, 1847. In-8º de 32 pages) semblent
+imités de cette nouvelle d'Alfred de Musset.
+
+
+IX
+
+EN LISANT LE JOURNAL
+
+Le mariage de la reine Isabelle d'Espagne avec son cousin Don François
+d'Assises et celui de sa soeur Doña Fernanda avec le duc de
+Montpensier, célébrés ensemble le 10 octobre 1846, et conclus contre
+le gré de l'Angleterre, avaient amené des représentations très vives
+de la part du cabinet anglais. Au mois de novembre de la même année,
+l'annexion de Cracovie, ville libre, aux États Autrichiens, par suite
+d'entente entre les trois puissances qui s'étaient partagé la
+Pologne--la Russie, la Prusse et l'Autriche--donnèrent lieu à des
+remontrances de la France pour cette violation des traités de 1815,
+remontrances qui ne furent pas écoutées. Des bruits de guerre
+coururent; aussi, à l'ouverture de la session parlementaire de 1847,
+une discussion très vive eut lieu à la Chambre entre M. Guizot et M.
+Thiers. Les journaux de l'opposition accusèrent le ministère de
+reculer et de ne pas oser soutenir l'honneur du drapeau français.
+C'est la lecture d'un de ces articles qui inspira ces stances à Alfred
+de Musset, l'une de ses rares pièces politiques, qui débutent ainsi:
+
+ J'aurais voulu, même en tremblant,
+ Même étourdi par ton tonnerre,
+ J'aurais voulu suivre sur terre,
+ César, ton éperon sanglant.
+
+Un ami d'Alfred de Musset m'a communiqué le manuscrit d'une autre
+pièce du même genre, intitulée _La Lanterne magique_, écrite vers
+1830, dans laquelle il passe en revue la double face des choses de ce
+monde.
+
+
+X
+
+SUR MES PORTRAITS
+
+Je ne crois pas commettre une indiscrétion en donnant en entier cette
+poésie satirique, dont L'INTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX du 15
+juillet 1891 a publié les sept premiers vers:
+
+ Nadar, dans un profil croqué,
+ M'a manqué,
+ Landelle m'a fait endormi,
+ A demi;
+ Biard m'a produit éveillé,
+ A moitié;
+ Le seul Giraud, d'un trait rapide,
+ Intrépide,
+ Par amour de la vérité,
+ M'a fait stupide.
+ Que pourra pondre dans ce nid
+ Gavarni?
+
+La lithographie de Gavarni fut exécutée en 1854, ce qui nous donne la
+date du morceau. Tous ces portraits ont été gravés à l'exception de
+deux: celui de Giraud, charge à l'aquarelle que l'on a pu voir en 1888
+à l'Exposition des Maîtres français de la Caricature, et celui de
+Biard, que, malgré le bon vouloir de la fille du peintre, la
+spirituelle Étincelle, il m'a été impossible de retrouver.
+
+
+XI
+
+NAPOLÉON
+
+ «Napoléon, ton nom est un cri dans l'histoire....
+
+Ce sonnet est encore une pièce politique, écrite en 1856 et qui semble
+avoir été inspirée au poète par la vue d'une peinture ou d'une
+sculpture représentant un soldat blessé, étendu aux pieds d'une
+Victoire.
+
+Un autre fragment de huit vers, sans date, adressé également à
+Napoléon, subsiste aussi, qui commence par ces mots: «Oh! d'ennemis
+sans foi....»
+
+ * * * * *
+
+Je noterai encore quelques _brouillons_ se rattachant à des pièces
+publiées et qui présentent des variantes avec le texte imprimé, pour
+_Les Marrons du Feu_ (deux fragments), _Le Saule_ (deux), _La Coupe et
+les Lèvres_ (quatre, dont l'un porte le titre de _Brandel_, et qui ne
+sont pas les mêmes que les deux fragments indiqués ci-dessus); _Rolla_
+(un); quelques phrases inédites de la _Confession d'un Enfant du
+Siècle_, dont un passage est publié dans le supplément du FIGARO du 14
+mai 1887; cinq plans ou divisions de scènes différents pour
+_Lorenzaccio_[82]; deux projets d'un nouveau dénoûment du
+_Chandelier_, faits en 1850, lors de l'interdiction de la pièce; un
+commencement d'étude en prose _Sur Léopardi_, qui est publié en vers
+et terminé sous le titre de _Après une lecture_; un sonnet _Au Rhin_;
+un fragment de poème dramatique en trois chants, _L'Oubli des
+Injures_, dont plusieurs passages se retrouvent dans _La Coupe et les
+Lèvres_; un autre fragment en vers, qui est un dialogue entre _Rolla
+et le Grand-prêtre_, sans titre; une première version du _Sonnet au
+Lecteur_ de 1850; d'autres fragments inédits des stances _Sur la
+Paresse_, de la chanson _Les Filles de Cadix_, de _Louison_, de
+_Carmosine_, de _Faustine_ et du _Songe d'Auguste_.
+
+ [82] L'édition in-4º, des OEuvres d'Alfred de Musset publiée à la
+ Librairie Lemerre, de 1884 à 1895, est la première qui donne un
+ texte de _Lorenzaccio_ conforme au manuscrit. De nombreux
+ passages sont ajoutés, entre autres, toute la fin de la quatrième
+ scène de l'acte IV, demeurée jusqu'alors inédite.
+
+Il ne subsiste après cela, parmi les manuscrits d'Alfred de Musset,
+que des ébauches (les _Deux Magnétismes_; deux _Lettres à Buloz_,
+inachevées, l'une sur les réformes théâtrales, l'autre sur les
+«voleurs de noms»; cette seconde lettre est le dernier morceau en
+prose sorti de la plume d'Alfred de Musset. _Un Thé_; une _Comédie
+sous le règne de Louis XV_, sans titre; _A Mme ***_, sur le suicide;
+_Adolphe_, etc...); des essais de tournures de phrases, des fragments
+de poésies où le sens finit au milieu d'un vers inachevé, où les vers
+s'arrêtent avant le sens (_Sur Grévedon_, _A Mme Ristori_, _Conte en
+vers_ se passant en Limagne, _A Willa_, _A un jeune peintre_, etc...);
+des lignes de prose qui n'ont ni commencement ni fin (_Sur la Guerre
+d'Orient_, _Sur la Visite de la Reine d'Angleterre_, etc...), débris
+qui ne peuvent figurer dans les oeuvres de l'écrivain.
+
+ * * * * *
+
+Il ne me reste plus à parler maintenant que de certaines oeuvres que
+l'on attribue à Alfred de Musset, sans donner la preuve certaine qu'il
+en est l'auteur: «Alfred de Musset n'a jamais employé de secrétaire,
+dit Paul de Musset. Toute publication posthume dont on ne pourra pas
+produire l'autographe, sera évidemment apocryphe et mensongère.»
+(BIOGRAPHIE, p. 371). Il faut s'entendre sur ce mot autographe: Paul
+de Musset désigne non seulement ceux écrits en entier par Alfred, mais
+aussi ceux écrits sous sa dictée, après 1842, par Mlle Colin, alors
+qu'il était malade et dans l'impossibilité de tenir une plume,
+lesquels sont revus par lui et _corrigés de sa main_; le plus
+important de ces «seconds autographes» est celui de _Carmosine_.
+
+Tel est le cas des pièces qui suivent: où est l'autographe?
+
+1º _Chanson de Sténio_, intercalée dans la première édition de LÉLIA
+par George Sand. (Dupuy et Tenré, 1833. 2 vol. in-8º. Tome II, p.
+208.)
+
+2º _Quatrain à H. de Latouche_, composé en 1833, à propos des
+polémiques sur George Sand. LA REVUE DES FAMILLES, 1er mars 1892.
+
+3º _Deux Sonnets à Alfred de Vigny_, l'un par George Sand, l'autre par
+Alfred de Musset, envoyés à l'auteur de _Chatterton_ au lendemain de
+la représentation de cette pièce. REVUE MODERNE, juin 1865.
+
+Avant de les publier dans la Revue, M. Louis Ratisbonne avait soumis
+ces deux sonnets à l'appréciation de Paul de Musset, qui lui fit cette
+réponse:
+
+
+ «Monsieur et cher confrère,
+
+ «En pensant aux deux sonnets que vous avez eu l'obligeance de me
+ communiquer, j'ai conçu des doutes sérieux sur leur authenticité.
+ A moins de preuves du contraire, je ne puis croire qu'ils soient
+ de mon frère. Le mot _race bovine_, que contient l'un des deux, et
+ plusieurs autres expressions de colère ou de mépris appliquées aux
+ critiques du drame de _Chatterton_, me semblent un peu trop forts
+ en crudité. On n'a pas tant de ressentiment pour des critiques
+ adressées à un autre. Je croirais volontiers que M. de Vigny a pu
+ faire ces deux sonnets dans un moment d'irritation, et s'amuser
+ ensuite à supposer qu'il les avait reçus de personnes qui, sans
+ doute, lui avaient fait des compliments sur la pièce qu'on
+ représentait alors avec succès à la Comédie Française. Je vous
+ engage donc à ne pas publier sous le nom de mon frère celui que M.
+ de Vigny lui a attribué, à moins que vous n'en retrouviez
+ l'autographe, car cet autographe doit exister si le sonnet a été
+ envoyé. Quant à l'autre sonnet, attribué à une personne qui n'a
+ jamais fait de vers, son caractère évidemment pseudonyme est une
+ preuve à l'appui de mon opinion que tous deux sont de l'auteur de
+ _Chatterton_. Je ne vois que la découverte des autographes qui
+ puisse me faire revenir de cette opinion. Si vous les retrouvez,
+ soyez assez bon pour m'en donner avis; mais s'il n'existe dans les
+ papiers de M. de Vigny que la copie écrite de sa main, dont vous
+ m'avez donné lecture, il sera prudent de ne les considérer que
+ comme des documents incertains.
+
+ «Agréez, Monsieur et cher confrère, l'assurance de mes sentiments
+ distingués.
+
+ «9 mai 1865.
+
+ «P. DE MUSSET.»
+
+Malgré cette lettre, la publication fut faite et M. L. Rastibonne eut
+raison, car M. Georges Jubin, dans la _Revue bleue_ du 3 avril 1897, a
+publié des documents, dont une lettre d'Alfred de Musset à Buloz, qui
+ne laissent plus aucun doute sur l'authenticité de ces deux sonnets,
+dont Alfred de Musset est l'auteur.
+
+4º _Sur les Auteurs de mon temps_, strophes burlesques dont voici la
+dernière:
+
+ Lassailly
+ A failli
+ Vendre un livre.
+ Il n'eût tenu qu'à Renduel
+ Que cet homme immortel,
+ Eût enfin de quoi vivre.[83]
+
+ [83] Publié dans: _Les Soupeurs de mon temps, par Roger de
+ Beauvoir._ Paris, Faure, 1868. 1 vol. in-12, p.
+ 135.--_L'Illustration_, 19 septembre 1868.
+
+L'autographe que je possède est écrit par Roger de Beauvoir, qui est
+_pourtraicturé_ dans la troisième strophe:
+
+ De Beauvoir
+ Bel à voir
+ Nous amuse
+ Lorsqu'il a bien dîné
+ Il nous prie à déjeuné
+ On y va, l'on s'abuse.
+
+Les autres écrivains dépeints sont Henri Blaze, d'Anglemont,
+Sainte-Beuve, Capo de Feuillide, Paul de Musset et Paul Foucher.
+
+Ce genre de plaisanterie était très en vogue parmi les habitués du
+salon de George Sand. M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, dans
+sa VÉRITABLE HISTOIRE D'ELLE ET LUI (C. Lévy, 1897. 1 vol. in-12, p.
+8), publie une _Complainte sur le Duel_ de Gustave Planche et de Capo
+de Feuillide, que l'on attribua à la collaboration d'Alfred de Vigny
+et de Brizeux, mais dont l'héroïne connaissait le véritable auteur (ce
+n'est pas à nous de soulever le voile). _Lui_ écrivit à cette époque
+une _Revue Romantique_; _Elle_, le 23 novembre 1834, une _Complainte
+sur la mort de François Luneau_. Nous indiquons d'autre part les
+_charges_ faites à l'atelier d'Achille Devéria par Alfred de Musset,
+qui écrivit aussi une parodie des _Mémoires d'Outre-Tombe_ de
+Chateaubriand; et peut-être a-t-il aidé Mme Augustine Brohan à
+confectionner son «beau couplet de la vierge en patache».
+
+5º _Rêves d'Hiver._ Janvier 1838. Tel est le titre d'un manuscrit
+passé en vente chez Laverdet le 10 avril 1855. J'ignore ce qu'il est
+et qui le possède aujourd'hui.
+
+6º _Quatrain Italien_, inscrit sur l'album de M. le comte Dousse
+d'Armanon. L'ARTISTE, 29 septembre 1844:
+
+ La rosa e un vago fiore
+ Come la giornata,
+ Presto che nasce e muore
+ E non ritorna piu
+
+Cette petite pièce est citée dans un article de M. Guénot-Lecointe sur
+la manie des albums; il l'accompagne de cette réflexion: «Au lieu de
+ces quatre lignes italiennes qui ne sont même pas des vers, pourquoi
+M. Alfred de Musset n'a-t-il pas écrit une strophe des Contes
+d'Espagne?»
+
+La même revue, dans sa livraison du 21 novembre 1844, donne encore une
+_Prière inscrite sur l'album des moines du Carmel_.
+
+7º _Stances à Henri Cantel_. REVUE DE FRANCE, 1er mars 1881.
+
+8º Un ami inconnu, qui me permettra de le remercier ici, me faisait
+parvenir, naguère, ce sonnet, dont il attribue la paternité à l'auteur
+de la Ballade à la Lune:
+
+ LUNA
+
+ Ce soir, la Lune est ronde, et sa tête fantasque
+ Comme un domino, passe entre les peupliers.
+ --Peste! la folle nuit! et vous avez, beau masque,
+ Choisi là, sur ma foi, d'étranges cavaliers.
+
+ Quoi, jusqu'au noir clocher, qui, coiffé de son casque,
+ Semble prêt à vous suivre! Et, parmi les halliers,
+ L'âpre Éole intrigué, qui suspend sa bourrasque
+ Pour ne pas déranger vos projets singuliers!
+
+ Partez donc, o Luna! Le ciel clair et sans voiles
+ A pour vous rallumé ses claustrales étoiles...
+ Et moi, qu'a su charnier votre air leste et fringant,
+
+ Voyant vos doigts si blancs rayer la toile verte
+ De mes rideaux, je dis: «Sur ma fenêtre ouverte,
+ «Ma mie, n'auriez-vous pas laissé choir votre gant?»
+
+9º _Quatrain à une dame_, en lui envoyant des bonbons lors de sa
+grossesse. L'ÉVÉNEMENT, 25 décembre 1876.
+
+10º _Quatrain à une vieille coquette_. L'ESTAFETTE, 24 juin 1892.
+
+11º _A une Espagnole_, stances improvisées sur un rythme de Victor
+Hugo. LE VOLEUR, 2 mai 1873.
+
+12º _Stances à Buffon_, écrites sur un panneau de son cabinet de
+travail, à Montbard. LE CENTENAIRE DE BUFFON, Troyes, Montgolfier.
+1889. Br. in-8º, page 68.
+
+13º _Déclamation_.--_A miss Anna X***_, deux poésies, dans la GRANDE
+REVUE DE PARIS ET SAINT-PÉTERSBOURG, 25 juillet 1890.
+
+14º Pour les vers inscrits _Sur l'Album du château de Clisson_,
+pendant un voyage qu'Alfred de Musset fit dans la Loire-Inférieure, il
+se récuse lui-même dans une lettre qu'il adressa d'Angers à Mme Alfred
+Tattet:
+
+ «...Quant aux vers du livre de Clisson, on m'en a parlé plusieurs
+ fois et je les tiens pour admirables, mais je n'ai pas l'honneur
+ d'en être le père; il paraît qu'en mettant mon nom au bas, on a
+ voulu du moins m'en faire le parrain. Je n'ai jamais été par là,
+ et quand cet enfant-là m'est né, j'étais probablement bien loin.
+ Ma Muse aura accouché pendant mon absence, c'est pour le moins un
+ cas rédhibitoire. J'ai déjà assez mis au monde de mauvais
+ garnements pour ne pas vouloir d'intrus dans la famille....»[84]
+
+ [84] Cette lettre est publiée en partie dans LE FIGARO du 6 avril
+ 1883, et en entier dans la GAZETTE ANECDOTIQUE du 30 juin 1885.
+
+Est-ce que certaine conférencière célèbre, qui jadis incarna Lucretia
+del Fede, ne connaît pas le véritable auteur? Je suis allé souvent à
+Clisson et je me suis procuré le fameux livre; mais les pages où se
+trouvaient les soi-disant vers d'Alfred de Musset ont été arrachées
+par quelque visiteur peu délicat. On voit encore des vers ou des
+lignes de prose, signés Victor Hugo, Lamartine, George Sand, mais
+malheureusement pour l'authenticité de ces autographes, aucun de ceux
+dont je connais l'écriture de leur pseudo-auteur, n'a été écrit par
+son signataire.
+
+ * * * * *
+
+Avant de mettre fin à cette longue énumération que le lecteur doit
+trouver bien ardue, il me faut encore indiquer quelques pièces
+données comme inédites, et qui ne sont en réalité que des
+réimpressions d'oeuvres publiées:
+
+1º L'_Épigraphe_ placée en tête du tome II de LÉLIA par George Sand
+(Dupuy et Tenré, 1833. 2 vol. in-8º).--Le _Fragment_ donné page 190 de
+LES DEUX SOEURS, par Mme Aglaé de Corday (Louviers, Achaintre, 1838. 1
+vol. in-8º), ne sont que deux strophes de _Namouna_.
+
+2º La _Nouvelle_ en prose que publie la GAZETTE DE LA NOBLESSE du 16
+octobre 1856, est un extrait du _Voyage où il vous plaira_, par
+Hetzel.
+
+3º La couverture de la 87e livraison des FRANÇAIS PEINTS PAR EUX-MÊMES
+(Curmer, 1840, in-4º), donne comme inédits 18 vers, que reproduit LE
+NATIONAL de Bruxelles du 26 mars 1880, lesquels sont les 18 premiers
+vers des _Secrètes pensées de Rafaël_.
+
+4º LE DIOGÈNE du 19 octobre 1856 annonce des _Stances à Mme Dorval_,
+mais rectifie son erreur dans le numéro du 9 novembre; ce sont les
+stances _A la Malibran_.
+
+5º Le journal LE PLAISIR A PARIS du 26 juin 1889 publie «Le Navire»,
+fragment du _Retour_, et l'«Ennui», fragment des _Stances_: «Je
+méditais courbé».
+
+ * * * * *
+
+Il reste une question que j'aurais voulu aborder, celle de la
+_Correspondance_ d'Alfred de Musset, mais cela m'entraînerait en des
+détails bibliographiques bien longs[85]. Les trente-cinq lettres mises
+à la fin du volume des OEUVRES POSTHUMES, ne donnent qu'un bien faible
+aperçu de ce qu'elle est.
+
+ [85] C'est pour la même raison que j'omets les _Variantes_
+ qu'offrent entre eux les divers textes imprimés.
+
+Par les publications faites en 1896 à propos d'_Elle et Lui_, on
+connaît des fragments des lettres qu'Alfred de Musset écrivait à
+George Sand; d'autres, adressées à Buloz, Alfred Tattet, Pierre
+Pagello, Alfred Arago, Boucoiran, Mme de Belgiojoso, Mme Augustine
+Brohan, David d'Angers, Maxime Du Camp, Alexandre Dumas, Sainte-Beuve,
+Mme Olympe Chodzko, Albéric Second, Alfred de Vigny, Mme de Girardin,
+Arsène Houssaye, Eugène Renduel, Mme Levrault, Frantz Liszt, Émile
+Péhant, etc..., ont été publiées dans des journaux, des revues ou des
+livres; nous en avons découvert _cent dix_, imprimées en entier ou peu
+s'en faut, dans ces conditions, sans compter les lettres ou fragments
+de lettres d'Alfred de Musset à George Sand, ainsi que celles dont
+tout ou partie est, pour la première fois, publié dans le présent
+volume; et l'on peut tenir pour certain qu'il en existe un plus grand
+nombre. Mais combien curieuses sont celles qui demeurent encore
+inconnues parmi les noms cités plus haut et celles qu'il envoya à son
+frère Paul, à ses éditeurs, aux interprètes de ses comédies, à divers
+membres de sa famille, aux directeurs des revues où il a écrit, à
+Émile Augier, Ulric Guttinguer, Théophile Gautier, au comte d'Alton, à
+Désiré Nisard, Ambroise Thomas, Auguste Barre, Mlle Rachel, même à sa
+gouvernante, Mlle Colin (dont la REVUE DE PARIS ET SAINT-PÉTERSBOURG
+et les ANNALES LITTÉRAIRES ont publié les mémoires)[86], et à beaucoup
+d'autres, dont je ne puis dire les noms.
+
+ [86] Réimprimés sous le titre de: _Dix ans chez Alfred de
+ Musset_, par Mme Martellet, née A. Colin. Paris, Chamuel, 1899. 1
+ vol. in-12.
+
+J'omets avec intention la correspondance.... amoureuse, trop intime
+pour être publiée, et qui ne sera jamais connue; car, avec un tact que
+je ne puis qu'approuver, lors de la mort du poète, toutes les lettres
+de femmes qui furent trouvées dans ses tiroirs, furent restituées sans
+échange à celles qui les avaient écrites. Toutefois, le mystérieux
+paquet déposé à la Bibliothèque Nationale, pour être ouvert et publié
+en 1910, renferme, si je ne me trompe, l'une de ces correspondances;
+ce n'est pas celle de George Sand, comme on l'a prétendu; celle-ci,
+pensons-nous, est adressée _A une belle inconnue_:
+
+ Si vous croyez que je vais dire
+ Qui j'ose aimer,
+ Je ne saurais, pour un empire,
+ Vous la nommer.
+
+Les lettres à sa Marraine sont aussi peu connues que les autres, car
+les textes que Mme Jaubert a intercalés dans ses SOUVENIRS (Hetzel,
+1881, 1 vol. in-12) et ceux donnés par Paul de Musset, sont, sauf
+quelques rares exceptions, absolument altérés et défigurés. J'ai pu en
+vérifier la majeure partie sur les autographes originaux et j'ai
+constaté qu'ici une lettre avait servi à en faire deux; que là, deux
+ou trois lettres étaient fondues en une seule; ailleurs, les phrases
+sont interposées, et très souvent les dates supprimées ou changées.
+N'eût-il pas mieux valu rien plutôt que cela! Que de jolies choses
+cependant elles renferment, et que de récits j'y ai lus, semblables à
+_Un souper chez Mlle Rachel_, qui n'est que l'une d'elles, dont on a
+supprimé le commencement et la fin![87].
+
+ [87] Voir ci-après la Notice bibliographique sur la Correspondance
+ d'Alfred de Musset.
+
+Comment conclure, si ce n'est en exprimant le désir de voir un jour
+joindre aux oeuvres du poète, toutes ces pages inédites, toutes ces
+lettres surtout, qui révèleront un Musset inconnu?
+
+ * * * * *
+
+LES ANNALES POLITIQUES ET LITTÉRAIRES du 19 septembre 1897 commencent
+la publication de _Denise_, cette nouvelle dont je parle au début de
+cet article, en laissant planer, par un Avertissement, un doute sur le
+véritable auteur. Il suffit, pour éviter toute équivoque, de se
+reporter à la REVUE DE PARIS du 2 mai 1841; on y trouvera, page 5,
+_Denise_, avec la signature de Paul, son seul et véritable auteur.
+Cela a été révélé par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul dans
+une lettre publiée par le JOURNAL DES DÉBATS du 1er juillet 1897. Le
+même journal donnait le lendemain une autre note rectificative (qui
+émanait de moi) dans laquelle je disais que le fait d'attribuer à
+Alfred ce qui venait de Paul, n'était pas unique, et je faisais
+allusion à une lettre envoyée par Alfred de Musset à un de ses
+éditeurs pour se plaindre de cela. Voici cette lettre:
+
+ «Monsieur Charpentier, 19, rue de Lille.
+
+ «Lundi, 30 septembre [1850].
+
+ «Mon cher ami,
+
+ «Je vous envoye le catalogue de l'_Assemblée_, où vous trouverez
+ quatre ou cinq romans de mon frère, annoncés sous mon nom. Vous
+ m'avez dit que vous vous chargeriez de demander la rectification.
+ J'aimerais mieux en effet que vous me rendissiez ce service,
+ attendu qu'il est délicat pour moi de parler de mon frère.
+
+ «D'ailleurs, votre position, étant _mon éditeur_, vous donne, il
+ me semble, toute espèce de droit. Car c'est, au bout du compte,
+ une sotte tromperie qui est toujours préjudiciable: le public peut
+ nous croire complices.
+
+ «Si vous voulez bien vous en charger, tenez-moi au courant, parce
+ que, si on ne rectifie pas l'erreur, il faudra écrire dans
+ d'autres journaux.
+
+ «Tout à vous.
+
+ «ALFRED DE MUSSET.»
+
+Ce catalogue est annoncé dans le numéro de l'ASSEMBLÉE NATIONALE du 26
+juillet 1850, et paraît pour la première fois dans le numéro du 28
+juillet; il est fréquemment reproduit, notamment dans le numéro du 21
+septembre. En ce qui concerne les deux frères, l'annonce est ainsi
+faite:
+
+ «Le Bracelet, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8º.
+
+ Samuel, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8º.
+
+ Tête et Coeur, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8º.
+
+ Les Amours de Planoche et de Mme de Laguette, par Paul de Musset.
+ 2 vol. in-8º.
+
+ Lauzun, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8º.»
+
+Dans ce numéro, qui est probablement celui qui accompagnait la lettre,
+le catalogue occupe toute la troisième page et la moitié de la
+quatrième. Toutefois, si M. Charpentier a demandé une rectification,
+il ne fut pas tenu compte de sa demande, car le catalogue continue à
+paraître avec ses inexactitudes; je l'ai retrouvé tel jusque dans le
+numéro du 7 décembre 1850.
+
+
+
+
+NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
+
+SUR LA
+
+CORRESPONDANCE
+
+DE
+
+ALFRED DE MUSSET
+
+
+
+
+NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
+
+SUR LA
+
+CORRESPONDANCE
+
+DE
+
+ALFRED DE MUSSET
+
+
+La correspondance d'Alfred de Musset, à côté des détails biographiques
+qu'elle renferme et de sa valeur littéraire, offre ceci de
+particulier, que le poète se laisse voir tel qu'il était dans la vie
+intime: obéissant à l'impression du moment, il écrit sans affectation,
+sans pose, mettant son coeur et son esprit à nu. Le jour où ses
+lettres seront connues, bien des jugements portés sur lui devront être
+réformés.
+
+Malheureusement, ce n'est pas dans le recueil de ses oeuvres complètes
+qu'il faut aller chercher cette correspondance. Les trente-cinq
+lettres publiées par les soins de son frère Paul, en 1866, à la fin du
+tome X de l'édition dite de souscription (OEuvres posthumes), ne
+donnent qu'une bien faible idée de ce que sont les autres et n'en
+représentent qu'une partie bien minime.
+
+Cependant, beaucoup d'autres lettres de notre poète existent éparses
+dans des journaux, des revues ou des livres. Voici, avec l'indication
+du recueil dans lequel je les ai trouvées imprimées pour la première
+fois, celles qui sont parvenues à ma connaissance.
+
+ ARAGO (Alfred).
+
+1.--Sans date: «J'ai connu un jeune peintre, qui avait une demoiselle
+de compagnie». _Le Monde Illustré_, 27 septembre 1862. Fragment.
+
+ AUGIER (Émile).
+
+2.--Lundi, 1848: «Vous allez me trouver, mon cher Augier, une bien
+ridicule créature». _Le Gaulois_, 7 août 1893. Je n'ai pu vérifier si,
+comme on me l'a dit, c'est cette lettre qui est donnée en fac-similé
+d'autographe dans l'_Album de l'Exposition d'art dramatique à Vienne,
+en 1892. Paris, 1894. In-folio._
+
+ BELGIOJOSO (Mme la princesse Christine Trivulce de).
+
+3.--S. D. (1836): «Je ne crois pas, princesse, toute fausse modestie à
+part». _Inventaire des Autographes de M. Fillon. Séries V à VIII.
+Étienne Charavay, 1878. In-8º_, page 148, fragment.
+
+ BELMONT (Marquis Alfred de).
+
+4.--Madame la vicomtesse de Janzé nous apprend dans ses _Études et
+Récits_ (Plon, 1891, in-12, p. 217) que M. de Belmont «essaya à
+plusieurs reprises d'enrôler son ami Alfred de Musset dans la
+poursuite du surnaturel, mais il ne put le persuader. Ils avaient eu
+entre eux une correspondance suivie que M. de Belmont brûla peu de
+temps avant sa mort», survenue en 1857.
+
+ BLANC (Edmond).
+
+5.--4 novembre 1838. «Monsieur le Secrétaire-Général, lorsque vous
+m'avez fait l'honneur de me recevoir». _La Nouvelle Revue_, 15 janvier
+1899.
+
+ BONNAIRE (Félix), éditeur.
+
+6.--S. D. (1837 ou 1838). «Mon cher ami, voilà mes épreuves».
+_Bibliographie des OEuvres d'Alfred de Musset par M. Clouard.
+Rouquette, 1883. In-8º_, p. XII.
+
+ BOUCOIRAN (Jules).
+
+7.--7 mars 1835. «Monsieur, je sors de chez madame Sand et on
+m'apprend qu'elle est à Nohant». _La Revue de Paris_, 15 août 1896.
+
+ BROHAN (Mme Augustine).
+
+8.--15 mars 1849. Des Haricots. «O ma chère Brohan, je suis dans les
+fers». _Le Parlement_, 6 avril 1883. _Annuaire des Amis des Livres,
+11e année. 1890. In-8º_, p. 94.
+
+9.--S. D. «Il ne m'est pas possible, ma chère Brohan, de dîner chez
+vous». _Catalogue de la bibliothèque de feu M. Yver, 2e partie. Paris,
+E. Paul et L. Huart, 1893. In-8º_, no 740. Ne manque que le
+post-scriptum.
+
+10.--S. D. «Ma chère Brohan, vous avez été deux fois aimable».
+_Catalogue d'autographes, vente hôtel Drouot le 13 juin 1890. Paris,
+Gabriel Charavay. In-8º,_ No 94, fragment.
+
+11.--S. D. «Ma chère Brohan, je vous écris à tout hasard». _Alfred de
+Musset par Eugène de Mirecourt. Havard, 1854. In-32._ Fragment en
+fac-similé d'autographe. _Le Gaulois_, 18 août 1896.
+
+ BULOZ (François), directeur de la _Revue des Deux-Mondes_.
+
+12.--Lundi, 18 (août 1834). «Mon ami, ma mère me donne de quoi aller
+aux Pyrenées». _La Revue de Paris_, 15 août 1896.
+
+13.--(Février ou mars) 1835. «Mon cher Buloz, ayez la bonté de prier
+Mme Dudevant, lorsque vous la verrez». _Revue Bleue_, 3 avril 1897.
+
+14.--S. D. «Mon cher Buloz, si vous voulez me rendre le service de
+faire donner 200 francs». _Catalogue de la Collection Dentu.
+Autographes, tome II, 3e fascicule. 1888. In-8º_, p. 223.
+
+15.--S. D. «Mercredi. O mon ami, réfléchissez avant de répondre à
+cette simple parole». _Catalogue d'autographes, vente le 8 décembre
+1891, hôtel Drouot. Paris, Étienne Charavay. In-8º._ No 117. Fragment.
+
+16.--S. D. «Lundi, 28. Voilà, mon cher monsieur, la pièce dont je vous
+ai parlé. Les uns voudraient que je la fisse siffler». _Bulletin de la
+maison Étienne Charavay, no 286. Avril-mai 1898. In-8_, no 42096.
+Fragment.
+
+ CANTEL (Henri).
+
+17.--23 novembre 1848. «Monsieur, par le plus singulier des hasards,
+il m'a été donné d'apprécier votre charmant talent». _La Revue de
+France_, 1er mars 1881. A tenir pour douteuse jusqu'à production de
+l'original.
+
+ CARJAT (Étienne).
+
+18.--Simple billet répondant à une demande d'autorisation de publier
+un portrait-charge dans le _Diogène_: «Monsieur, la gaieté des gens
+d'esprit ne m'a jamais fait peur; faites de moi ce qu'il vous
+plaira.--Alfred de Musset». _Polichinelle à Paris_, 22 janvier 1857.
+
+ CHARPENTIER (Gervais), éditeur.
+
+19.--30 septembre 1850. «Mon cher ami, je vous envoyé le catalogue de
+l'«Assemblée» où vous trouverez quatre ou cinq romans de mon frère».
+_Les Héritiers d'Alfred de Musset contre M. Charpentier. Mémoire pour_
+_M Charpentier. Paris, 1867, In-8º_, p. 17.--_Revue d'Histoire
+littéraire de la France_, 15 janvier 1898.
+
+20.--27 juin 1851. «Mon cher ami, Hetzel a fait proposer hier par
+Berrurier de vous remettre». _Les Héritiers d'Alfred de Musset contre
+M. Charpentier. Mémoire pour M. Charpentier. Paris, 1867. In-8º_, p.
+16.
+
+21.--19 février 1857. «Mon cher Charpentier, j'ai réfléchi depuis que
+je vous ai vu...» _Dix ans chez Alfred de Musset, par Mme Martellet.
+Paris, Chamuel, 1899. 1 vol. in-12_, page 98.
+
+ CLÉSINGER, statuaire.
+
+22.--16 avril 1851. «Mon cher Clésinger, je suis allé pour vous voir
+ce matin à Madrid». _Catalogue des Autographes de M. A. Bovet, vente
+19-21 juin 1884. Paris, Étienne Charavay. In-4º,_ no 910, en
+fac-similé.
+
+ COLIN (Adèle), devenue Mme Martellet, gouvernante
+ d'Alfred de Musset.
+
+23.--16 août 1847. «Je n'aurais pas cru que vous puissiez vous
+éloigner ainsi de moi...» _Dix ans chez Alfred de Musset, par Mme
+Martellet. Paris, Chamuel, 1899. 1 vol. in-12_, page 16 et en
+fac-similé.
+
+24.--S. D. «Je n'ai pas fermé l'oeil; j'ai les premières attaques de
+mes délires».--_Revue de Paris et Saint-Pétersbourg_, décembre 1887,
+p. 43.
+
+Mme Martellet prépare en ce moment une deuxième édition de ses
+souvenirs, où se trouveront certainement d'autres lettres.
+
+ DAVID D'ANGERS, statuaire.
+
+25.--Samedi soir, 1831. «Monsieur, je suis de service demain pour
+presque toute la journée». _Revue de l'Art Français_, 1893, p. 204.
+
+26.--1832? «Mon cher David, je suis allé chez Micheli pour avoir de
+vos médailles». _David d'Angers et ses relations littéraires
+par Henri Jouin, Plon, 1890. In-8º_, p. 67.
+
+ DIRECTEUR DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE.
+
+27.--Août 1848. Lettre relative au prix De Maillé Latour-Landry,
+décerné à Alfred de Musset dans la séance du 17 août. _Le Moniteur
+Universel_, 25 août 1848.
+
+ DIRECTEUR DU CONSTITUTIONNEl.
+
+28.--Juillet 1844. «Monsieur, on a beaucoup parlé de chroniques, de
+légendes et de ballades». Sert de préface à la nouvelle «Les frères
+Van-Buch». _Le Constitutionnel_, 27 juillet 1844.
+
+ DIRECTEURS DE L'EUROPE LITTÉRAIRE.
+
+29.--23 novembre 1832. «Messieurs, je serai très heureux de pouvoir
+entrer pour quelque chose dans la rédaction de votre nouveau journal».
+_Supplément au Prospectus de l'Europe Littéraire, 1832. In-8º_, p.
+7.--_Revue d'Histoire littéraire de la France_, 15 janvier 1898.
+
+ DIRECTEUR DU NATIONAL.
+
+30.--Janvier 1849. «Monsieur, j'apprends que le journal «l'Événement»
+à propos des élections de l'Académie». _Le National_, 13 janvier 1849.
+
+ DIRECTEUR DE LA PATRIE.
+
+31.--Juin 1848. «Je lis dans votre journal qu'on avait annoncé par
+erreur que j'étais destitué de la place de Bibliothécaire». _La
+Patrie_, 20 juin 1848.--_La Presse_, 20 juin 1848. Souvent réimprimée.
+
+ DUC D'ORLÉANS.
+
+32.--1838. «Monseigneur, les journaux annoncent que M. Vatout,
+bibliothécaire de Sa Majesté, est chargé». _Catalogue des autographes
+de M. Charles Keissner, 12 mars 1889. Gabriel Charavay. In-8º_, no
+126, fragment.--_La Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899, fragment.
+
+ DU CAMP (Maxime).
+
+33.--1840. «Monsieur, je suis bien en retard envers vous.» _Souvenirs
+littéraires par Maxime Du Camp. Hachette, 1882. In-8º._ Tome I, p.
+153.
+
+ DUMAS père (Alexandre).
+
+34.--16 juin 1848. «Mon cher Dumas, je viens de lire «La France
+Nouvelle» et j'irai vous serrer la main». _La France Nouvelle_, 21
+juin 1848.
+
+ FORTOUL (Hippolyte), ministre de l'Instruction
+ publique.
+
+35.--27 août 1856. «Monsieur le ministre, je ne puis assez remercier
+Votre Excellence des paroles de bonté». _Bibliographie des OEuvres
+d'Alfred de Musset, par M. Clouard. Rouquette, 1883. In-8º_, p. XVI.
+
+ FOUCHER (Paul).
+
+36.--Le Mans, 19 octobre 1827. «Je reviens, mon cher ami, jeudi
+prochain». _L'Amateur d'Autographes_, 1er janvier 1867.
+
+ GIRARDIN (Mme Émile de), née Delphine Gay.
+
+37.--7 janvier 1835. Fragment d'une lettre dans le _Catalogue
+d'Autographes, vente le 24 février 1892, hôtel Drouot. Paris, Gabriel
+Charavay. In-8º_, no 140.
+
+38.--Jeudi, 8 (juin 1848). «Il est vrai, madame, que je ne suis pas
+conservé en qualité de conservateur». _Études et Récits sur Alfred de
+Musset, par Mme de Janzé. Plon, 1891. In-12_, p. 93.
+
+ GRENIER (Édouard).
+
+39.--Lettre envoyée par Alfred de Musset au printemps de 1843 et
+détruite accidentellement pendant la Commune en 1871. Voir à ce sujet
+la _Revue Bleue_ des 3 septembre et 15 octobre 1892, p. 301 et 492.
+
+ GUTTINGUER (Ulric).
+
+40.--1832. Honfleur, fragment d'une lettre: «Je n'ai jamais tenté de
+faire une hymne à mon Dieu». _L'Événement_, 12 juin 1885.
+
+ HOUSSAYE (Arsène).
+
+Quatre lettres publiées dans: _Les Confessions, par Arsène Houssaye.
+Dentu, 1885-1897. 6 vol. in-8º._
+
+41.--1842. Billet en réponse à une invitation: «Vous me faites, mon
+cher maître, honneur et plaisir». Tome I, planche de fac-similé XVII.
+
+42.--1851. «Je ne prétends pas être joué quatre fois par semaine».
+Tome I, planche de fac-similé XVII.
+
+43.--1851. «Mon cher ami, j'ai reçu les deux billets». Tome III, p.
+253, et précédemment dans le _Figaro_, 2 novembre 1882.
+
+44.--1853? «Mon cher ami, je vous avais parlé de Mme Brohan». Tome V,
+planche de fac-similé III.
+
+ JANIN (Jules).
+
+45.--(Décembre 1838). «Monsieur, je vous ai cherché hier soir au
+Théâtre Français». _L'Événement_, 28 janvier 1886. Souvent réimprimée,
+traduite en allemand dans _Frankfurter Zeitung_, 17 janvier 1890.
+
+ JAUBERT (Mme Caroline), la «Marraine».
+
+J'ai pu vérifier sur les originaux le texte de moitié environ des
+lettres adressées à «la Marraine» et publiées soit dans les _Souvenirs
+de Mme Jaubert, Hetzel, 1881. 1 vol. in-12_, soit dans les _OEuvres
+posthumes d'Alfred de Musset. Charpentier, 1867. 1 vol. in-12_[88].
+Dans cette moitié vérifiée, j'ai constaté qu'à côté de quelques
+lettres imprimées sans changement, le plus grand nombre offre des
+retouches ou des suppressions considérables. J'en conclus que celles
+non vérifiées sont dans les mêmes conditions: aussi vais-je donner mes
+indications pour tout ce qui est publié[89].
+
+ [88] Quelques-unes de ces dernières lettres avaient été publiées
+ antérieurement dans la _Revue Nationale et Étrangère_ du 1er
+ avril 1866.
+
+ [89] Les lettres dont je n'ai pas retrouvé les autographes sont
+ précédées d'une astérisque (*).
+
+46.--1er avril 1836. «Belle Madame, style Musset, je suis enfermé de
+nouveau». _Le Clairon_, 27 novembre 1881. Textuel.
+
+A.--(Mai ou juin 1836). «Vous avez eu grand tort, Madame, de n'être
+pas venue ce soir au Théâtre Français». _OEuvres posthumes_, p. 203.
+Dix lignes et un dessin supprimés à la fin. (Mlle Plessy dans le
+_Barbier de Séville_).
+
+B.--27 février 1837. «Madame, voici le fait: La Princesse m'écrit
+qu'elle ne peut me bâtir un sujet». _OEuvres posthumes_, p. 204.
+Post-scriptum de cinq lignes supprimé.
+
+47*.--28 juin 1837. «Madame, comme votre départ m'avait un peu vexé».
+_Souvenirs_, p. 165.
+
+48.--17 octobre 1837. «Le bruit court que madame Jaubert revient à
+Paris». _Souvenirs_, p. 139. Textuel.
+
+49.--(1837). «Marraine, le fieux est déconfit». _Souvenirs_, p. 191.
+Deux mots changés sans importance.--_Le Temps_, 12 janvier 1881.
+
+50.--27 octobre 1837. «Madame, vous avez trouvé le vrai nom du
+sentiment qui nous unit». _Souvenirs_, p. 160. Textuel, sauf le mot
+«Marraine» mis plusieurs fois à la place de «Amie».
+
+C.--(15 décembre 1838). «Madame, mon arrangement de loge a manqué ce
+soir». _OEuvres posthumes_, p. 205. Une phrase changée.
+
+D.--17 décembre 1838. «Vous vous trompez, ma chère marraine, en
+croyant que c'était sur vous que je comptais». _OEuvres posthumes_, p.
+206. Plusieurs phrases supprimées ou changées.
+
+E.--(27 mars 1839). Lettre publiée dans la première édition des
+_OEuvres posthumes_ (_Charpentier, 1860. In-12_, p. 101), sous le
+titre de: _Un souper chez Mlle Rachel_, et dont le texte est
+complètement remanié par Paul de Musset. Comme terme de comparaison,
+en voici le début, auquel ressemble toute la suite:
+
+ MANUSCRIt TEXTE IMPRIMÉ
+
+ «J'avais perdu l'adresse «Merci d'abord, madame
+ exacte d'Angerville; je viens et chère marraine, pour la
+ de la retrouver trop tard. lettre que vous me communiquez
+ Merci d'abord de la lettre de de l'aimable _Paolita_.
+ _Paolita_. Elle est bien gentille, Cette lettre est bien remarquable
+ mais moins que vous, qui ne et bien gentille; mais
+ manquez jamais une occasion que dirais-je de vous qui ne
+ d'envoyer un moment de joie manquez jamais une occasion
+ à ceux qui vous aiment? Vous d'envoyer un peu de joie à
+ êtes la seule créature humaine, ceux qui vous aiment? Vous
+ mâle ou femelle, que êtes la seule créature humaine
+ je connaisse faite ainsi. Un que je connaisse faite
+ bienfait n'est jamais perdu: ainsi. Un bienfait n'est jamais
+ en réponse à votre lettre de perdu. En réponse à votre
+ Desdémone, je veux vous lettre de Desdémone, je veux
+ servir un souper chez mademoiselle vous servir un souper chez
+ Rachel, qui vous Mlle Rachel, qui vous amusera,
+ amusera peut-être, si nous si nous sommes toujours
+ sommes toujours du même du même avis, et si
+ avis. Ma petite scène sera vous partagez encore mon
+ pour vous _seule_, d'abord admiration pour cette sublime
+ parce que la noble enfant fille. Ma petite scène
+ déteste les indiscrétions et sera pour vous seule, d'abord
+ ensuite parce que, depuis parce que la noble enfant
+ que je vais quelquefois chez déteste les indiscrétions et
+ elle, on a fait tant de can-cans, ensuite parce qu'on a fait,
+ de bavardages et de depuis que je vais quelquefois
+ niaiseries, que j'ai pris le chez elle, tant de sots
+ parti de ne pas seulement propos et de bavardages,
+ dire que je l'avais vue au que j'ai pris le parti de ne
+ Français. On avait joué pas même dire que je l'ai vue
+ _Tancrède_, etc...» au Théâtre Français. On avait
+ joué _Tancrède_, etc...»
+
+[Illustration: Tombeau d'un homme qui est allé à l'Opéra-Comique,
+croquis à la plume par Alfred de Musset.
+
+ (transcription)
+ et alors--l'infortuné est rentré chez lui
+ et a fumé un grand nombre de cigarettes.
+
+ Priez pour lui.
+
+ Je vous serre la main en désespéré.]
+
+Dans le dialogue entre Rachel et sa mère, puis entre la tragédienne et
+l'auteur, il n'y a pas une seule phrase qui n'ait subi quelque
+changement, soit par retranchement, soit par addition. La fin manque
+dans l'original et Paul de Musset l'a remplacée par une phrase de sa
+façon[90].
+
+ [90] Le Catalogue de la Bibliothèque de M. Paul Eudel, 1re
+ partie, vente du 12 au 14 mai 1898, Paris, Em. Paul et fils,
+ 1898, in-8º, no 243, renferme une curieuse notice sur le
+ manuscrit et donne p. 105 le fac-similé des huit premières
+ lignes.
+
+51*.--Lundi, nuit (1839?). «Ma chère marraine, je suis allé deux fois
+chez vous aujourd'hui». _Souvenirs_, p. 183.
+
+52*.--Mardi (1839). «Je vous avais écrit une lettre qui commençait
+ainsi». _Souvenirs_, p. 185.
+
+53.--Mercredi soir (1839?). «J'ai profondément réfléchi et j'ai
+découvert que ce n'était pas la peine». _Souvenirs_, p. 194. Textuel.
+
+54*.--S. D. (1839?). «Votre conseil était bon, chère marraine; venant
+de vous, il devait l'être». _Souvenirs_, p. 187.
+
+F.--(Fin mars 1840). «Comment allez-vous, ma chère marraine, et que
+faites-vous?» _OEuvres posthumes_, p. 208. Textuel.
+
+G.--Jeudi soir (juin 1840). «Voilà comme vous êtes, vous autres
+femmes». _OEuvres posthumes_, p. 211. Nombreuses coupures; plus de la
+moitié de la lettre est supprimée.
+
+H.--31 juillet 1840. «Si vous savez pourquoi vous répondez vite et
+bien». _OEuvres posthumes_, p. 213. Nombreuses coupures et un dessin
+supprimé. (Tombeau d'un homme qui est allé à l'Opéra-Comique).
+
+55.--9 octobre 1840. «Vous êtes à la campagne, vous, je suis à Paris,
+moi.» _Souvenirs_, p. 202. Quelques mots changés.--_Illustration_, 22
+mai 1880.
+
+56.--19 octobre 1840. «Encore une raison qui fait que je vous réponds
+tard». _Souvenirs_, p. 203. Seulement les vingt premières lignes de
+cette lettre, qui a huit pages et est ornée d'un dessin. (Rachel me
+lance un coup d'oeil à la Hermione).
+
+57*.--Lundi matin (janvier 1841?).--«Madame, je rentre de ma garde,
+et, à propos d'une baliverne». _Souvenirs_, p. 220.
+
+I.--13 avril 1841. «Je ne puis aller ce soir chez vous, ma chère
+marraine». _OEuvres posthumes_, p. 222. Textuel.
+
+58.--(Juin 1841?). «Ai-je besoin de vous dire, ma petite et blonde
+marraine, qu'une note de vous». Cette lettre est publiée dans les
+_Souvenirs_, p. 218, comme étant une lettre complète; mais sur une
+copie écrite par Paul de Musset, en outre des nombreuses variantes,
+cela ne formerait que la seconde partie d'une autre lettre, du 28
+octobre 1844, que l'on, trouvera p. 204 des mêmes _Souvenirs_ (no 64).
+
+59.--(2 avril 1842). «Madame, si un atome de moi vivait encore».
+_Souvenirs_, p. 108. Textuel.
+
+60*.--(Juin ou juillet 1842?). «Eh bien, madame, vous ne vouliez pas
+le croire». _Souvenirs_, p. 196.
+
+J.--Mardi, 26 (juillet 1842). «J'ai grogné tout mon saoul, mais je ne
+veux pas écrire». _OEuvres posthumes_, p. 167. Nombreux changements,
+plusieurs suppressions.
+
+61*.--Lundi (octobre 1842). «Il faut que je vous aime terriblement,
+madame». _Souvenirs_, p. 212.
+
+62*.--Vendredi (octobre 1842). «Ainsi Uranie n'a pas lu la Revue».
+_Souvenirs_, p. 209.
+
+63*.--(Novembre 1842?). «Voilà mon frère qui me dit:--Aujourd'hui
+vendredi». _Souvenirs_, p. 215.
+
+K.--23 novembre (1842). «Je remercie d'abord la plus petite de toutes,
+de n'avoir pas oublié son ancienne coutume». _OEuvres posthumes_, p.
+225. Nombreuses coupures.
+
+[Illustration: _Alfred de Musset et Rachel_, croquis à la plume par
+Alfred de Musset.]
+
+64*.--Vendredi, 28 (octobre 1844). «Ce qui fait qu'on n'a pas répondu
+plus tôt à sa marraine, c'est que le fieux». _Souvenirs_, p. 204. Voir
+no 58.
+
+65.--(1851). Billet. _Souvenirs_, p. 224.
+
+66*.--S. D. «Est-ce que nous sommes brouillés aussi, marraine».
+_Souvenirs_, p. 207.
+
+67*.--S. D. Dimanche. «Je ne suis pas content, marraine, je suis
+ennuyé et dérangé». _Souvenirs_, p. 217.
+
+68*. S. D. «Madame, il vous est arrivé certainement très souvent de
+souffler dans un ballon sec». _Souvenirs_, p. 194. _Le Temps_, 12
+janvier 1881.
+
+69*.--S. D. «J'ai besoin d'un renseignement musical que ma soeur me
+dit ne pas pouvoir me donner». _Souvenirs_, p. 176.
+
+70*.--S. D. «Mon grand-père avait fait un jour acquisition de deux
+petits boeufs d'airain». _Souvenirs_, p. 180. Une phrase changée.
+
+71.--S. D. «Voulez-vous, madame, être assez bonne pour me renvoyer les
+romances de M. Cervini». _Inventaire des Autographes Fillon. Séries V
+à VIII. Étienne Charavay, 1878. In-8º_, p. 147.
+
+ LEVRAULT (Mme), banquier, à Strasbourg.
+
+Trois lettres publiées dans les _Annales de l'Est_, no 4, octobre
+1887.
+
+72. Bade, 18 septembre 1834. «Madame, vous avez peut-être déjà reçu du
+directeur de la _Revue des Deux-Mondes_ un mot d'avis».
+
+73.--Bade, septembre 1834. «Madame, j'ai écrit à Paris pour qu'on me
+fasse passer quelqu'argent».
+
+74.--Strasbourg, octobre 1834. «Madame, je pars à l'instant et je ne
+puis vous remercier moi-même».
+
+ LISZT (Frantz).
+
+Deux lettres publiées dans _Études et Récits sur Alfred de Musset,
+par Mme la vicomtesse de Janzé. Plon, 1871. 1 vol. in-12._
+
+75.--20 juin 1836. «Votre lettre, mon ami, m'a fait double plaisir»,
+p. 20.
+
+76.--Novembre 1836. «Je voulais aller vous voir aujourd'hui, mon cher
+Liszt», p. 192.
+
+ MARETTE (Monsieur), à Paris.
+
+77.--31 mars 1840. Billet par lequel il le prie de remettre ses
+appointements au porteur. _Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899.
+
+ MÉRIMÉE (Prosper).
+
+78.--1832. «Au moment de terminer mes épreuves, j'ai oublié de vous
+demander une autorisation». _Revue rétrospective_, 1er mai 1891.
+
+ MONTALIVET (le Comte de).
+
+79.--23 octobre 1838. «Monsieur le Comte, permettez-moi de vous
+témoigner la vive reconnaissance». _Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899.
+
+ MUSSET (Mme Edmée de), sa mère.
+
+80.--14 septembre 1848. «Je ne pouvais, ma chère mère, recevoir une
+meilleure nouvelle». _Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899, fragment.
+
+ MUSSET (Paul de), son frère.
+
+81.--1er décembre 1842. «Je te remercie de tout mon coeur, mon cher
+ami, de la bonne lettre que tu m'écris». _Biographie d'Alfred de
+Musset par Paul de Musset. Charpentier, 1877. In-12_, p. 283. Deux
+coupures.
+
+ PÉHANT (Émile), à Nantes.
+
+82.--29 novembre 1854. «Monsieur, je n'avais point oublié votre nom,
+mais je ne savais pas que vous habitiez Nantes.» _Jeanne la Flamme,
+par Émile Péhant. Hachette, 1872. In-12_, p. IX.
+
+ RENDUEL (Eugène), éditeur.
+
+Deux lettres, publiées dans _Le Romantisme et l'éditeur Renduel_, _par
+Adolphe Jullien_. _Charpentier, 1897_, 1 vol. in-12.
+
+83.--9 septembre 1832. «Monsieur, je voudrais bien que vous
+m'écrivissiez franchement», p. 172.
+
+84.--Lundi, 1832. «Voilà qui s'appelle agir d'une façon aimable», p.
+174.
+
+ SAINTE-BEUVE.
+
+85.--(1829). «Je ne vais pas vous voir, mon ami, c'est que je ne le
+puis». _Indépendance belge_, 23 mai 1880.--_Revue hebdomadaire_, 1er
+août 1896.
+
+86.--9 septembre 1829. «Voilà un f... temps pour la chasse, mon ami».
+_Catalogue de la librairie Detaille_, 1er mai 1887. _Le Pays_, 3
+février 1888. _Le Constitutionnel_, 9 février 1888. Longs fragments.
+
+87.--27 avril 1834. «J'ai à vous remercier, mon cher Sainte-Beuve, de
+l'intérêt». _Cosmopolis_, mai 1896, p. 435.
+
+88.--(Novembre 1834). «Je vous suis bien reconnaissant, mon cher ami,
+de l'intérêt». _Cosmopolis_, mai 1896, p. 435.
+
+ SAND (Mme George).
+
+Les lettres écrites par George Sand à Alfred de Musset sont publiées
+dans la _Revue de Paris_ du 1er novembre 1896, puis réunies à celles
+adressées à Sainte-Beuve, à la librairie C. Lévy, 1897. 1 vol. in-12.
+Celles d'Alfred de Musset à George Sand paraîtront assurément quelque
+jour; où et quand, je l'ignore. En attendant cette publication, on en
+trouvera de nombreux extraits dans:
+
+1º _Revue politique et littéraire_ (Revue Bleue), 15 octobre 1892.
+George Sand et Alfred de Musset, par E. Grenier.
+
+2º _Alfred de Musset par Mme Arvède Barine. Paris, Hachette, 1892._ 1
+vol. in-12.
+
+3º _Cosmopolis_, revue internationale, 1er mai et 1er juin 1896. La
+Véritable Histoire de «Elle et Lui», par M. le vicomte de Spoelberch
+de Lovenjoul. Ces deux articles, réunis en volume et considérablement
+augmentés, ont été publiés à la librairie Calmann Lévy, 1897. 1 vol.
+in-12.
+
+4º _Revue Hebdomadaire_, 1er août 1896. Un roman vécu à trois
+personnages, par le docteur Cabanès. Joint à la 2e Série de _Le
+Cabinet secret de l'histoire_, du même auteur. Librairie A. Charles,
+1897. 1 vol. in-8º, orné des portraits de G. Sand et du docteur
+Pagello, et de fac-similés d'écriture.
+
+5º _La Revue de Paris_, 15 août 1896. Alfred de Musset et George Sand,
+par M. Clouard. Publié séparément et augmenté. Imprimerie Chaix, 1896.
+Br. in-8º avec deux portraits de G. Sand, dessinés par Alfred de
+Musset et un fac-similé, suivi d'un Index bibliographique. Cette
+notice, jointe au présent volume, renferme de nouveaux documents
+inconnus jusqu'à ce jour, pris sur les originaux.
+
+J'omets avec intention un livre signé Paul Mariéton. Les textes cités
+dans cet ouvrage sont, d'une façon générale, absolument inexacts: la
+_copie_ qui servit à M. Mariéton a été écrite par moi, et lui a été
+communiquée à mon insu, malgré les promesses faites, par la personne à
+laquelle je l'avais confiée. Cette copie a été prise sur celle
+_arrangée_ par George Sand, qui est fort incomplète et présente de
+grandes différences de texte avec une autre copie qu'on m'affirme
+avoir été prise sur les originaux.
+
+Je n'entrerai pas ici dans le détail de tous ces extraits et me
+bornerai à indiquer seulement ce qui est complet.
+
+89.--Août 1834. «Je t'envoie ce dernier adieu, ma bien aimée».
+_L'Homme Libre_, 14 avril 1877. Très long fragment.
+
+A.--GEORGE SAND. 19 avril 1838. «Mon cher Alfred, j'ai reçu ta lettre
+la veille de mon départ de Nohant». _Véritable Histoire de «Elle et
+Lui», etc..._, _1897_, p. 130.
+
+B.--GEORGE SAND. 30 avril 1840. «Elle (la correspondance) est à
+Nohant, dans un coffre dont j'ai les clefs ici». _Cosmopolis_, mai
+1896, p. 445.
+
+C.--GEORGE SAND. Vendredi (mai 1840). «Les lettres sont arrivées. Si
+vous voulez venir». _Cosmopolis_, mai 1896, p. 445.
+
+ SCHOZKO (Mme Olympe).
+
+90.--S. D. «Madame, mon ami Alfred Tattet dîne aujourd'hui avec la M.»
+_Gazette de Paris_, 12 juillet 1857. Les noms propres sont supprimés.
+
+91.--Février 1836. «Pichrocholine, avez-vous bien dormi?» _Gil Blas_,
+26 mai 1880. _L'Événement_, 8 décembre 1897.
+
+ SECOND (Albéric).
+
+92.--14 septembre 1848. «Monsieur, les apparences, je le vois, sont
+trompeuses, car votre sous-préfecture». _La Comédie Parisienne_, 10
+mai 1857.
+
+ TATTET (Alfred).
+
+93.--12 novembre 1834. «Tout est fini. Si par hasard on vous faisait
+quelques questions». _La Revue de Paris_, 15 août 1896.
+
+94.--20 juillet 1835. «Votre lettre, mon cher Alfred, est arrivée
+comme je n'étais pas à Paris». _La Revue de Paris_, 15 août 1896. Deux
+coupures, relatives à une affaire personnelle à M. A. Tattet.
+
+95.--(1838). «J'apprends, mon cher Alfred, que vous avez manqué
+plusieurs fois». _La Revue de Paris_, 15 août 1896.
+
+96.--Vendredi, 17 (août 1838). «Tout ce que je puis vous dire, mon
+cher Alfred». _Le Figaro_, 6 avril 1883. Fragment.
+
+97.--14 mai 1844. «Mon cher ami, je viens d'avoir une fluxion de
+poitrine». _Le Figaro_, 6 avril 1883. Fragments.
+
+98.--Mirecourt, 18 mai 1845. «Votre lettre est bien aimable, mon cher
+Alfred». _Le Figaro_, 6 avril 1883 et _La France_, 7 avril 1883.
+Fragments.
+
+99.--20 août (1845). «Ecce iterum Crispinus. Me voilà à Paris, mon
+cher Alfred». _La France_, 7 avril 1883. Fragment.
+
+A.--17 octobre 1845. «Mon cher Alfred, parmi les raisons qui m'ont
+empêché d'aller vous retrouver». Le texte publié dans les _OEuvres
+Posthumes_ d'Alfred de Musset, p. 234, offre de nombreux changements
+avec l'original; le _Figaro_, du 6 avril 1883, donne tout le début
+correctement.
+
+100.--Jeudi, 15 (1848). «Mon cher ami, je trouve ce matin le nom de
+votre oncle». _Le Figaro_, 6 avril 1883. Fragment.
+
+ TATTET (Madame Caroline).
+
+101.--Angers, 6 octobre (1848?) «Madame, je reçois votre très aimable
+lettre au retour de plusieurs endroits». _Le Figaro_, 6 avril 1883 et
+_La France_, 7 avril 1883. Fragments.--En entier dans la _Gazette
+Anecdotique_ du 30 juin 1885, qui l'emprunte au précédent numéro des
+_Annales Politiques et Littéraires_.
+
+ VIGNY (Alfred de).
+
+102.--Mercredi, 20 (octobre 1829). Fragment d'une lettre par laquelle
+il lui demande un billet pour la première représentation
+d'Othello.--_Revue des Autographes, no 176. Avril, 1895. Paris, Gab.
+Charavay_, no 186.
+
+Quatre lettres publiées dans _Études et Récits sur Alfred de Musset_,
+_par Mme la vicomtesse de Janzé_. _Plon, 1891. 1 vol. in-12._
+
+103.--17 décembre (1829). «Mon cher monsieur, puis-je espérer que
+vous voudrez bien venir entendre», p. 70.
+
+104.--(19 décembre 1829). «Que vous êtes bon d'être venu», p. 71.
+
+105.--Mercredi (1831). «Je suis comme ces femmes enceintes qui croient
+toujours», p. 71.
+
+106.--S. D. Fragment: «Une troupe d'oiseaux de passage», p. 73.
+
+107.--6 août 1832. Il le remercie d'une soirée qu'il lui a fait passer
+chez ses cousines. _Catalogue de lettres autographes. Vente le 15
+novembre 1899, hôtel Drouot. Paris, Noël Charavay, 1899. In-8_, no
+116. Fragment.
+
+ DESTINATAIRES INCONNUS.
+
+108.--S. D. «Madame, j'ai une faveur à vous demander pour un de mes
+amis». _L'Autographe_, 15 février 1865.
+
+109.--29 août 1854. «Monsieur, il m'est absolument impossible de rien
+comprendre à l'erreur singulière». _Miscellanées Bibliographiques.
+Rouveyre, 1878. In-8º_, p. 90.
+
+110.--S. D. Billet à une dame: «Je suis tout à vos ordres, madame,
+mais vous les donnez de telle façon, que vous me permettrez de
+remercier avant d'obéir.--Alfred de Musset». _Catalogue de lettres
+autographes, vente Hôtel Drouot, le 27 novembre 1888. Paris, Ét.
+Charavay. In-8º_, no 128.
+
+111.--Sous le numéro 1195 des _Nouvelles acquisitions françaises_, est
+déposé à la Bibliothèque Nationale, à Paris, un paquet cacheté
+renfermant une correspondance, qui ne devra être ouvert et le contenu
+publié qu'en 1910.--Voir p. 214.
+
+ * * * * *
+
+D'autres lettres d'Alfred de Musset doivent encore avoir été
+imprimées. Puissent de plus habiles chercheurs les découvrir et les
+ajouter à cette nomenclature assurément incomplète.
+
+
+NOTE
+
+Le MUSÉE FRANÇAIS de mars 1858, publie, page 5, le texte de ce billet
+d'Alfred de Musset à Béranger:
+
+ «Je vous aime, d'abord parce que vous vous appelez Béranger; je
+ vous aime aussi et beaucoup, parce que vous avez fait le _Voyage
+ imaginaire_, le voyage de Grèce; j'aime tant les Grecs.
+
+ «ALFRED DE MUSSET.»
+
+Ceci a dû être écrit en 1828, mais il faudrait retrouver l'original
+avant que de l'admettre comme authentique.
+
+
+
+
+ ALFRED DE MUSSET
+
+ BIBLIOTHÉCAIRE DU MINISTÈRE
+
+ ET
+
+ LAURÉAT DE L'ACADÉMIE
+
+
+
+
+ALFRED DE MUSSET
+
+BIBLIOTHÉCAIRE DU MINISTÈRE
+
+ET
+
+LAURÉAT DE L'ACADÉMIE
+
+
+I
+
+En 1838, Alfred de Musset, déjà célèbre comme poète et écrivain
+dramatique, après les _Contes d'Espagne et d'Italie_, et les trois
+volumes d'_Un Spectacle dans un Fauteuil_, venait de publier ses
+contes et ses nouvelles, dans la _Revue des Deux-Mondes_, montrant
+ainsi une nouvelle face de son talent. Mais cela donnait plus de
+gloire que de profit: ce que lui rapportaient ses écrits, et la rente
+qu'il tenait de sa famille assuraient certainement sa vie matérielle;
+mais l'auteur de _Frédéric et Bernerette_ n'eût pas été mécontent de
+trouver un emploi qui lui laissât la faculté de travailler à sa guise,
+et dont les émoluments lui eussent permis de satisfaire toutes ses
+fantaisies.
+
+Cet emploi vint s'offrir de lui-même: Sa Majesté Louis-Philippe,
+voulant améliorer les divers services des Bibliothèques de la Maison
+du Roi, chargea M. Vatout, son bibliothécaire et secrétaire
+particulier, de les réorganiser[91]. Bien qu'il dût connaître M.
+Vatout, qui remplissait ces fonctions de secrétaire depuis de longues
+années et qu'il n'était pas sans avoir rencontré à Neuilly, Alfred de
+Musset préféra s'adresser à son ancien condisciple, le duc d'Orléans,
+dont la haute protection ne pouvait lui faire défaut:
+
+--Les journaux annoncent, écrivait-il au duc, que M. Vatout est chargé
+de la réorganisation des Bibliothèques de la Maison du Roi: «J'ose
+recourir à la bonté de Votre Altesse et la supplier de me recommander
+à M. Vatout. J'espère en cette occasion que Votre Altesse Royale me
+pardonnera de l'importuner et qu'elle ne voudra bien voir dans les
+demandes que je lui adresse qu'un désir de cultiver, grâce aux bontés
+de Votre Altesse, des goûts qui ont dirigé toutes mes études et
+auxquels ma position ne me permet pas de me livrer entièrement[92]».
+
+ [91] Le _Moniteur Universel_ du 15 septembre 1839 consacre une
+ notice à M. Vatout. Lors de son admission à l'Académie française,
+ _Le National_, dans son numéro du 7 janvier 1848, publia sur le
+ nouvel immortel les lignes suivantes qui ne sont pas signées:
+ «Monsieur Vatout, directeur des bâtiments civils a été élu
+ aujourd'hui par l'Académie française en remplacement de M.
+ Ballanche..... qu'a donc fait M. Vatout? Il faut bien l'oser
+ écrire enfin! Il a fait deux chansons très gaies, l'une de gaieté
+ de corps de garde, l'autre d'une gaieté de moine: _L'Écu de
+ France_ et _Le maire d'Eu_! C'est avec ces deux calembourgs qu'on
+ s'assied aujourd'hui dans le fauteuil de Bossuet.... On assure
+ que ces agréables ordures ont fait les délices de la cour, à ce
+ point, qu'un personnage dont la voix a coutume de compter, a
+ déclaré qu'il tiendrait pour _ses ennemis personnels_ tous ceux
+ qui refuseraient leurs voix à M. Vatout. L'Académie, dans sa
+ fière indépendance, se l'est tenu pour dit: elle a ouvert ses
+ portes à l'auteur du _Maire d'Eu_ protégé par _L'Ecu de
+ France_.....»
+
+ [92] L'original de cette lettre figure au _Catalogue des
+ Autographes de M. Charles Keisner, vente hôtel Drouot, 12 mars
+ 1899, G. Charavay, in-8º_, no 126, qui en cite un fragment.
+
+Le duc d'Orléans avait à coeur de réparer l'accueil déplorable fait
+par son père au sonnet _Au Roi, après l'attentat de Meunier_; aussi,
+la réponse ne se fit point attendre, et dans une lettre en date du 22
+octobre 1838, M. de Montalivet, en même temps que ses félicitations,
+adressait à Alfred de Musset copie de l'arrêté suivant:
+
+ «_Ministère de l'Intérieur._
+
+ «ARRÊTÉ:
+
+ «Nous, pair de France, ministre secrétaire d'État au département
+ de l'Intérieur,
+
+ «Avons arrêté et arrêtons ce qui suit:
+
+ «_Article Ier._--M. Alfred de Musset est nommé Conservateur de la
+ Bibliothèque du Ministère de l'Intérieur, de la collection des
+ médailles et du dépôt des ouvrages publiés à Paris et dans les
+ départements.
+
+ «_Art. II._--M. Alfred de Musset jouira en la dite qualité et à
+ partir du 1er novembre prochain, d'un traitement annuel de trois
+ mille francs, qui sera imputé sur le crédit du chapitre 1er du
+ budget de notre ministère.
+
+ «_Art. III._--Le Secrétaire Général du Ministère et le chef de
+ division de comptabilité générale, sont chargés, chacun en ce qui
+ le concerne, de l'exécution du présent arrêté.
+
+ «Fait à Paris, le 19 octobre 1838.
+
+ «MONTALIVET».
+
+La lettre du Ministre était accompagnée d'une lettre de son Secrétaire
+Général:
+
+ «Paris, 22 octobre 1838.
+
+ «Monsieur,
+
+ «Je ne puis laisser partir la lettre de M. de Montalivet, qui vous
+ annonce votre nomination de Conservateur de la Bibliothèque du
+ Ministère de l'Intérieur, sans y joindre un témoignage de la
+ satisfaction que cette décision m'a fait éprouver. Quand vous
+ viendrez au Ministère, je vous prie de prendre la peine de passer
+ à mon cabinet. Je désirerais causer avec vous de différentes
+ choses relatives à vos nouvelles fonctions.
+
+ «Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.
+
+ «EDMOND BLANC».
+
+ «A monsieur Alfred de Musset.»
+
+Alfred de Musset s'empressa d'adresser ses remerciements au Ministre:
+
+ «Paris, 23 octobre 1838.
+
+ «Monsieur le Comte,
+
+ «Permettez-moi de vous témoigner la vive reconnaissance dont me
+ remplit la lettre pleine de grâce et de bonté par laquelle vous
+ voulez bien me prévenir de la décision que vous venez de prendre à
+ mon égard. Je ne puis répondre à la faveur dont vous m'honorez
+ qu'en vous suppliant de croire que je m'estimerai heureux si mes
+ services peuvent être de quelqu'utilité.
+
+ «Veuillez aussi être persuadé, Monsieur le Comte, que si mon
+ travail et mes efforts peuvent jamais me conduire à quelque
+ succès, je n'oublierai en aucune circonstance que c'est à vous que
+ je le devrai.
+
+ «Je suis avec le plus profond respect, Monsieur le Comte, votre
+ très humble et très dévoué serviteur.
+
+ «ALFRED DE MUSSET».
+
+Cette nomination fit quelque peu crier, parce que c'était encore un
+rédacteur de la _Revue des Deux-Mondes_, déjà très favorisée, qui en
+était le bénéficiaire:
+
+ «UNE FEUILLE LITTÉRAIRE TRANSFORMÉE EN FEUILLE DES BÉNÉFICES.
+
+ «Voici la liste des grâces accordées aux rédacteurs de la _Revue
+ des Deux-Mondes_:
+
+ M. Buloz, nommé commissaire royal près le Théâtre Français.
+
+ M. Loeve-Weimars, nommé secrétaire d'ambassade.
+
+ M. Lerminier, nommé maître des requêtes.
+
+ M. Edgard Quinet, nommé professeur de littérature étrangère à la
+ Faculté des Lettres de Rennes.
+
+ M. Gustave Planche, nommé professeur de littérature anglaise à la
+ Faculté des Lettres de Bordeaux.
+
+ M. Marmier, nommé professeur à la Faculté de Montpellier.
+
+ M. Alfred de Musset, nommé Bibliothécaire du Ministère de
+ l'Intérieur.
+
+ M. Henri Blaze, attaché à l'ambassade de Danemarck.
+
+ On ne dit pas ce qu'a obtenu le portier de l'établissement».
+
+Telles sont les réflexions émises par le _Charivari_ du 17 octobre
+1838. Mais on était unanime à trouver juste que l'auteur du poème sur
+la _Naissance du Comte de Paris_ reçût une récompense, lui qui, admis
+dans l'intimité du Duc d'Orléans, s'était jusqu'à ce jour tenu à
+l'écart et n'avait pas profité de l'amitié que lui portait le fils du
+Roi, non plus que des relations de sa famille avec celle du
+Prince[93], pour se faire donner quelque sinécure largement rétribuée.
+
+ [93] Un cousin d'Alfred de Musset, de la branche des Musset-Signac,
+ M. Adolphe-Louis de Musset, avait longtemps administré les
+ propriétés que la famille d'Orléans possédait à La Ferté-Vidame et
+ à Dreux. Ce fut la Révolution de 1848 qui le délogea de sa charge.
+ Paul de Musset parle de lui dans la _Biographie_ d'Alfred, in-12,
+ p. 180.
+
+Peu de jours après sa nomination, Alfred de Musset eut une première
+entrevue avec M. Edmond Blanc, et, n'ayant pas reçu les indications
+qui lui avaient été promises, il lui écrivait de nouveau:
+
+ «4 novembre 1838.
+
+ «Monsieur le Secrétaire Général,
+
+ «Lorsque vous m'avez fait l'honneur de me recevoir, vous avez eu
+ la bonté de me dire que je recevrais de votre part quelques
+ indications relatives à la bibliothèque du ministère. C'est à
+ partir du 1er novembre que mes fonctions devaient commencer. La
+ crainte que vos nombreuses occupations ne me fassent oublier, et
+ l'ignorance où je suis du lieu même où je dois me présenter, me
+ font prendre la liberté de vous rappeler la promesse que vous avez
+ bien voulu me faire.
+
+ «J'ai l'honneur d'être, Monsieur, avec la plus haute
+ considération,
+
+ «Votre très humble et très dévoué serviteur,
+
+ «ALFRED DE MUSSET.
+
+ «59, rue de Grenelle-Saint-Germain».
+
+Une seconde entrevue eut vraisemblablement le résultat désiré et
+Alfred de Musset y reçut les instructions complémentaires qu'il
+demandait, car il entra bientôt en fonctions; il est juste de dire
+qu'elles lui laissaient de si grands loisirs, qu'au ministère même,
+bien des personnes ne se doutaient pas qu'il y eût un bibliothécaire.
+C'était à ce point qu'Alfred de Musset ne venait pas toujours chercher
+lui-même ses appointements comme le témoigne ce billet que je copie
+parmi deux ou trois autres analogues[94].
+
+ [94] _Catalogue d'une collection d'autographes, vente hôtel
+ Drouot, le 30 mai 1896. Paris, Et. Charavay. In-8º_, no 85.
+
+ «_Monsieur Marette, au Ministère de l'Intérieur._
+
+ «Je serai obligé à Monsieur Marette s'il veut avoir la
+ complaisance de remettre au porteur de cette lettre mes
+ appointements du mois de mars.
+
+ «Son très humble serviteur,
+
+ «ALFRED DE MUSSET».
+
+ «31 mars 1840».
+
+J'ajouterai que cette légende subsiste encore aujourd'hui dans les
+bureaux du ministère de l'intérieur, qu'un jour, un des amis du poète
+l'ayant rencontré à la porte du ministère et lui ayant demandé: «Que
+faites-vous là?» Musset aurait répondu: «Je suis venu voir si ma
+bibliothèque existait réellement».
+
+Personne, du reste, ne lui adressait le moindre reproche et je n'ai
+trouvé que l'_Artiste_ qui, dans sa livraison du 27 mars 1842, ait
+essayé une légère protestation.... en faveur de Paul de Musset:
+
+ «.....A vrai dire, et tout en applaudissant de grand coeur à cette
+ mesure, qui nous semble très juste et très digne, nous concevrions
+ plutôt que cette place eût été donnée au frère de l'auteur de la
+ _Confession d'un Enfant du Siècle_, à M. Paul de Musset, qui a
+ fait tant d'ingénieuses et spirituelles esquisses de la
+ _Fronderie_ et qui a donné la preuve au moins d'une réelle et
+ intelligente érudition historique.--VAUVE DES ROYS.»
+
+ * * * * *
+
+En 1845, Alfred de Musset fut nommé Chevalier de l'Ordre Royal de la
+Légion d'Honneur:
+
+ «Paris, ce 30 avril 1845.
+
+ «Monsieur,
+
+ «J'ai l'honneur de vous informer que, par une Ordonnance signée le
+ 24 courant, le Roi vous a nommé Chevalier de l'Ordre Royal de la
+ Légion d'Honneur.
+
+ «Je me félicite, Monsieur, d'avoir à vous transmettre ce
+ témoignage de la bienveillance de Sa Majesté et de l'estime
+ qu'elle fait de vos travaux.
+
+ «Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération la plus
+ distinguée.
+
+ «_Le Ministre de l'Instruction publique_,
+
+ «SALVANDY.
+
+ «A Monsieur Alfred de Musset, homme de lettres».
+
+Et le 1er mai paraissait cet entrefilet au _Moniteur Universel_ (p.
+1144), car l'insertion des nominations dans l'ordre de la Légion
+d'Honneur ne devint obligatoire qu'à dater du 19 juillet 1845.
+
+ «MM. de Balzac, Frédéric Soulié et Alfred de Musset viennent
+ d'être nommés membres de la Légion d'Honneur».
+
+Dans son Courrier de Paris, l'_Illustration_ du 3 mai 1845 commente
+ainsi cette triple nomination:
+
+ «.....On annonce que le gouvernement vient de donner la croix
+ d'honneur à MM. de Balzac, Alfred de Musset et Frédéric Soulié. Un
+ journal félicite le Ministère, qui, spontanément et sans y être
+ sollicité par MM. de Balzac, Musset et Soulié, a fait cette
+ galanterie aux trois écrivains, bouquet de fête du 1er juillet.
+ Assurément, MM. Musset, Soulié et Balzac ont plus d'esprit et de
+ talent qu'il n'en faut pour se passer d'une croix et d'un ruban,
+ mais puisqu'ils ne l'ont pas demandée et qu'on la leur donne, ils
+ n'ont rien à se reprocher. Ce sont de ces petits cadeaux qui ne
+ font plus guère de tort à personne et qui entretiennent l'amitié.
+ Peut-être est-ce un acte de contrition que fait le gouvernement
+ pour tant de croix attachées sur tant de poitrines équivoques?
+ Peut-être aussi commence-t-on à reconnaître que le plus sûr moyen
+ d'honorer la croix d'honneur, après tant de croix jetées à la
+ faveur aveugle et à la vanité mendiante, et de décorer les hommes
+ qui la méritent véritablement, consisterait à la donner à ceux qui
+ ne la demandent pas.....»
+
+ * * * * *
+
+Le 24 février 1848, éclata la Révolution qui renversa Louis-Philippe,
+et le lendemain entrait en fonctions un gouvernement provisoire
+composé de MM. Alphonse de Lamartine, Adrien Crémieux, Marie,
+Garnier-Pagès, Dupont (de l'Eure), Ledru-Rollin et Arago.
+
+Le 20 avril 1848, le _Moniteur Universel_ publiait un premier décret
+réglementant la bibliothèque du Ministère de l'Intérieur.
+
+Le 5 mai, paraissait au même _Moniteur Universel_, un nouveau décret:
+
+ «_Au nom du Peuple Français,_
+
+ «Le Gouvernement Provisoire,
+
+ «Considérant que la réorganisation générale des services publics
+ doit entraîner de nombreuses réformes et suppressions
+ d'emplois;..................................................
+
+ «Décrète ce qui suit:
+
+ «_Article I._--Les fonctionnaires et employés qui, du 25 février
+ au 25 juillet de la présente année, auront été réformés, pour
+ cause de suppression d'emploi, de réorganisation ou par toute
+ autre mesure administrative qui n'aurait pas le caractère de
+ révocation ou de destitution, pourront obtenir pension s'ils
+ réunissent vingt ans de services, dont quinze ans au moins
+ entièrement accomplis dans la partie active ou vingt-cinq ans
+ indistinctement accomplis dans la partie active ou sédentaire.
+
+ «Cette pension sera calculée pour chaque année de service civil à
+ raison d'un soixantième du traitement moyen des quatre dernières
+ années d'exercice. En aucun cas, elle ne devra excéder le maximum
+ de la pension de retraite affectée à chaque emploi.
+
+ «_Art. II._--Ceux des fonctionnaires et employés réformés qui ne
+ comporteront pas la durée de service exigée par l'article
+ précédent, obtiendront une indemnité temporaire réglée dans les
+ proportions fixées par le dit article et dont la jouissance sera
+ limitée à un temps égal à celui de la durée de leur service dans
+ le ministère ou l'administration où se terminera leur activité.
+
+ «_Art. III._--
+
+ «Fait à Paris, le 2 mai 1848, en Conseil de Gouvernement.
+
+ «_Les Membres du Gouvernement Provisoire:_
+
+ «DUPONT (de l'Eure), ARAGO, FLOCON,
+ LAMARTINE, ALBERT CRÉMIEUX,
+ GARNIER-PAGÈS, ARMAND MARRAST,
+ MARIE, LOUIS BLANC, LEDRU-ROLLIN.
+
+ «Pour copie conforme:
+ «_Le Chef du Secrétariat,_
+ «B. SAINT-HILAIRE».
+
+Trois jours plus tard, étaient signés ces deux arrêtés, qu'on évita
+soigneusement de publier[95]:
+
+ «RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.
+
+ «Paris, 5 mai 1848.
+
+ «Au nom du Peuple,
+
+ «Le Ministre de l'Intérieur arrête:
+
+ «Le citoyen Alfred de Musset, bibliothécaire au Ministère de
+ l'Intérieur, est révoqué de ses fonctions.
+
+ «LEDRU-ROLLIN».
+
+
+ «RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.
+
+ «Paris, 5 mai 1848.
+
+ «Au nom du Peuple,
+
+ «Le Ministre de l'Intérieur arrête:
+
+ «Le citoyen Marie Augier est nommé aux fonctions de bibliothécaire
+ au Ministère de l'Intérieur; il jouira d'un traitement de 3,000
+ francs à partir du 1er mai courant.
+
+ «LEDRU-ROLLIN».
+
+ [95] Archives du Ministère de l'Intérieur.
+
+On voit, par ces textes, que le citoyen ministre appelait les choses
+par leur nom et aimait les situations nettes[96]. Mais était-ce bien
+Ledru-Rollin le véritable auteur de cette révocation? Il est permis
+d'en douter. Nul n'ignore que le ministre de l'Intérieur avait pour
+conseiller intime l'héroïne de Venise qui, subitement éprise des
+théories socialistes, venait de se lancer dans la politique et
+stupéfiait ses concitoyens par les principes qu'elle émettait dans les
+_Bulletins de la République_. Ce simple rapprochement de noms suffit,
+ce me semble, pour indiquer la part de responsabilité qui incombe à
+chacun. Et, même en admettant que George Sand n'eût pas demandé la
+destitution de Musset, qu'elle ait simplement laissé faire
+Ledru-Rollin qui la signa pour lui complaire, elle eut un tort
+immense, car il y allait de son honneur d'empêcher cet acte, pour ne
+pas être accusée de basse vengeance, et si elle ne le pouvait, elle
+eût au moins dû protester publiquement, afin d'éviter tout soupçon.
+
+ [96] Voir: _Études et Récits sur Alfred de Musset_, par Mme la
+ Vicomtesse de Janzé. Paris, Plon, 1891. 1 vol. in-12, p. 92. On y
+ trouvera le texte d'une lettre d'Alfred de Musset à Mme E. de
+ Girardin, dans laquelle il la prie de garder le silence sur cette
+ destitution.--Lettre de Maxime Du Camp dans le _Figaro_ du 25
+ septembre 1882.
+
+L'arrêt qui le frappait fut notifié à Alfred de Musset par cette
+lettre qui ne lui parvint que dans les premiers jours du mois de juin,
+M. Recurt, docteur-médecin, étant Ministre de l'Intérieur, M.
+Ledru-Rollin ayant été révoqué le 11 mai 1848[97]:
+
+ «Citoyen,
+
+ «J'ai le regret de vous annoncer que par un arrêté du 5 mai
+ courant, le Ministre vous a admis à faire valoir vos droits à la
+ retraite.
+
+ «Salut et Fraternité.
+
+ «Paris, 8 mai 1848.
+
+ «_Le Secrétaire général_,
+ «CARTERET».
+
+ [97] Inséré au _Moniteur Universel_ du 13 mai 1848.
+
+Malgré les précautions prises en haut lieu, cette inqualifiable mise à
+pied ne tarda pas à être connue, et les journaux, à la seule exception
+de ceux payés par le gouvernement, se rangèrent du côté d'Alfred de
+Musset:
+
+ LES SALTIMBANQUES, _no 2, juin 1848_.--«Une brutale destitution
+ vient de frapper Alfred de Musset; on l'a traité comme un homme
+ vulgaire; il est vrai que tous les hommes sont égaux devant
+ l'ordonnance du médecin».
+
+ LA PROVIDENCE, _12 juin 1848_.--«M. Alfred de Musset,
+ bibliothécaire au Ministère de l'Intérieur, vient d'être révoqué
+ de ses fonctions. Si nos informations sont exactes, cette nouvelle
+ lui aurait été signifiée de la façon la plus inattendue et la plus
+ blessante. Il est impossible de contenir la douleur que de pareils
+ actes inspirent. La destitution de M. Lebrun et de M. Mignet était
+ déjà un fait déplorable; celle de M. de Musset est un attentat
+ envers la littérature française et elle ne peut le laisser passer
+ sans protester..... On a donné pour successeur à M. Mignet un
+ monsieur Des Reeys, dont le nom n'était connu de personne; le
+ remplaçant du poète de _Rolla_ et de _Un Spectacle dans un
+ Fauteuil_ est un monsieur Marie Augier, qui n'a rien de commun
+ avec l'auteur de _La Ciguë_ et de l'_Aventurière_. Qu'est-ce que
+ M. Marie Augier?»
+
+Dans son numéro du 13 juin, _La Providence_ revient encore sur la
+destitution d'Alfred de Musset et reproche à M. Flocon d'ôter une
+sinécure à un écrivain distingué pour la donner à un homme obscur:
+«Ah! si M. de Musset, au lieu d'écrire ses charmants proverbes, avait
+seulement fait des bandes pour _La Réforme_!»
+
+L'_Artiste_, du 15 juin, paraphrasant les formules officielles,
+annonce qu'en vertu du décret: «Ote-toi de là que je m'y mette, un
+grand citoyen, rédacteur de _La Réforme_, est autorisé à prendre les
+trois mille francs que touchait M. Alfred de Musset».
+
+Le _Charivari_, du 15 juin, sous le titre de: «Une destitution
+anti-littéraire», constate que les hommes du nouveau gouvernement
+mettent à bas tous ceux qui ont un renom, pour les remplacer par des
+gens obscurs, leurs créatures.
+
+ PAMPHLET QUOTIDIEN ILLUSTRÉ, _15 juin_.--«M. Alfred de Musset
+ persistait, malgré le décret du gouvernement provisoire qui
+ supprime les titres de noblesse, à conserver son nom patronymique
+ en se parant de l'infâme particule. La place de ce factieux de
+ lettres a été accordée à un écrivain aussi remarquable par l'éclat
+ de son talent que par la persistance de ses opinions
+ démocratiques..... Il est vrai que M. Alfred de Musset avait eu le
+ tort d'écrire des chefs-d'oeuvre; M. Augier (Marie) n'a aucun tort
+ de ce genre à se reprocher: il appartient à _La Réforme_».
+
+Mais la dernière phrase de l'article de _La Providence_ du 12 juin
+avait vexé M. Marie Augier, qui adressa cette lettre au directeur:
+
+ «_Au citoyen Rédacteur de_ La Providence,
+
+ «Citoyen Rédacteur,
+
+ «Si l'on en croit l'article que vous publiez ce matin, je suis
+ nommé bibliothécaire du Ministère de l'Intérieur, aux lieu et
+ place de M. Alfred de Musset.
+
+ «Je n'ai nullement connaissance de cette nomination; je ne l'ai
+ point sollicitée, et, n'étant point nommé, je n'ai rien à refuser.
+
+ «Vous demandez ce _que_ c'est que M. Marie Augier?
+
+ «Dans une république, citoyen, non seulement on peut, mais on doit
+ demander aux hommes _qui_ ils sont. C'est seulement sous une
+ monarchie qu'on demande ce _que_ ils sont.
+
+ «J'aurais passé sous silence votre article de ce matin, mais je me
+ devais à moi-même, je devais à mes amis, de déclarer
+ qu'aujourd'hui, plus que jamais, ma véritable place est au milieu
+ d'eux, en restant ce _que_ je suis, ce _que_ j'ai été,
+ _journaliste_, pour défendre la République contre ses ennemis de
+ la veille et du lendemain.
+
+ «MARIE AUGIER,
+ «Rédacteur de _La Réforme_».
+
+Et cependant l'arrêté de M. Ledru-Rollin existe, qui nomme M. Marie
+Augier bibliothécaire?
+
+Mais la plus énergique, la plus chaleureuse protestation fut celle
+d'Alexandre Dumas, dans son journal _La France Nouvelle_, du 16 juin
+1848:
+
+ «Il y a des choses que nous ne laisserons jamais passer dans
+ l'ombre sans aller à elles et sans les traîner au grand jour de la
+ place publique...
+
+ «Alfred de Musset, l'auteur des _Romances espagnoles_, du
+ _Spectacle dans un Fauteuil_, de cinq ou six romans, de dix
+ nouvelles adorables qui sont dans toutes les mémoires, de vingt
+ proverbes charmants qui sont sur toutes les tables, Alfred de
+ Musset vient d'être révoqué de ses fonctions de bibliothécaire au
+ Ministère de l'Intérieur. Qui a permis cet inqualifiable renvoi?
+ Est-ce vous, M. Recurt? Oui. Mais qui êtes-vous donc pour toucher
+ à un nom comme celui que nous venons de prononcer? D'où
+ venez-vous, si vous ne le connaissez pas? De quel droit, vous qui
+ êtes obligé, pour ajouter un titre à votre nom, de vous appeler
+ républicain de la veille, de quel droit venez-vous, fort de la
+ position que vous avez escamotée, reprendre à un homme de génie la
+ position qu'il a conquise?
+
+ «...Comment, voilà un écrivain qui a doté notre langue d'une
+ admirable poésie; voilà un poète qui est le frère de Lamartine, de
+ Hugo et de Byron; voilà un romancier qui est le rival de l'abbé
+ Prévost, de Balzac, de George Sand; voilà un auteur dramatique
+ qui, avec un seul acte, a fait gagner à la Comédie-Française plus
+ d'argent que vous ne lui en donnez, vous, en six mois; voilà,
+ enfin, un de ces penseurs qui n'a pas une seule fois sacrifié la
+ dignité de l'art aux ambitions de fortune et de position; voilà un
+ génie qui n'a demandé à Dieu et aux hommes que la liberté de vivre
+ et de penser à son aise; qui n'a jamais été ni d'un club
+ politique, ni d'une coterie littéraire; et il se trouve un
+ ministre qui passe, et qui, en passant, lui prend, pour y mettre
+ qui donc? la place qui lui assurait cette liberté qu'il demandait,
+ et qui n'était pas même l'_aurea mediocritas_ d'Horace. Oh! c'est
+ pitié qu'il y ait tant de places en France, que nos républicains
+ en ont tous; qu'ils en ont pour eux, pour leurs frères, pour leurs
+ fils, pour leurs neveux, pour leur coiffeur, pour leur valet de
+ chambre, pour leurs usuriers; et qu'il se trouve un poète, Alfred
+ de Musset, à qui la République vienne prendre sa place. Ils ne
+ savent donc pas, les hommes qui font de pareilles choses, qu'ils
+ n'avaient qu'un moyen de transmettre leurs noms à l'avenir,
+ c'était de faire juste le contraire de ce qu'ils font. Ils ne
+ savent donc pas qu'il y a une royauté que ni émeute, ni barricade,
+ ni révolution, ni république ne changeront, c'est la royauté de la
+ pensée du génie.....»
+
+Alexandre Dumas termine en faisant un appel à Lamartine, poète et
+législateur; mais, hélas! M. de Lamartine était beaucoup trop occupé
+de lui-même pour prêter la moindre attention aux autres, surtout
+lorsque ces autres ne pouvaient lui être d'aucune utilité pour le
+maintenir dans sa situation politique.
+
+A la lecture de ces lignes, Alfred de Musset s'empressa de remercier
+leur auteur par une lettre que la _France Nouvelle_ inséra dans son
+numéro du 21 juin:
+
+ «Vendredi, 16 juin 1848.
+
+ «Mon cher Dumas,
+
+ «Je viens de lire la _France Nouvelle_ et j'irai vous serrer la
+ main. Mais il faut que je vous remercie à l'instant même de la
+ vive émotion que je ressens. Vous me rendez fier, mon ami, et vous
+ me donnez le droit de l'être, lorsqu'un homme tel que vous daigne
+ écraser une petite maladresse sous de si belles, si braves et si
+ nobles paroles.
+
+ «Une autre impression encore m'a été au coeur, c'est notre vieille
+ amitié toujours jeune, et ce sentiment plein de force et de
+ dignité qui fait qu'ayant dans les mains l'arme la plus puissante
+ et la plus redoutable, si vous tirez l'épée pour attaquer, c'est
+ en même temps pour défendre.
+
+ «A vous de coeur
+
+ «ALFRED DE MUSSET».
+
+De son côté, la _Patrie_ du 16 juin prenait violemment à partie M.
+Recurt:
+
+ «.....Ce grand ministre peut bien laisser autour de lui se
+ dorloter dans les directions et dans les bureaux, des employés
+ supérieurs très connus pour le mal qu'ils n'ont cessé de répandre
+ dans les Beaux-Arts. Mais un poëte, un pauvre diable, qui n'a que
+ du talent et du génie, deux misères! un fou qui est resté attaché
+ à sa vocation comme à sa chaîne! Ah! fi! c'était à faire rougir la
+ gent administrative. Et M. Recurt a rayé d'un trait de plume le
+ nom de M. de Musset. Il y a longtemps que les sarcasmes de
+ Molière, à l'endroit des médecins, tourmentaient M. le docteur
+ Recurt; il se venge sur M. Alfred de Musset. Le pauvre
+ homme!.....»
+
+Si peu sensible qu'ils eussent l'épiderme, les hauts personnages du
+Ministère de l'Intérieur finirent par se sentir désagréablement
+chatouillés par toutes les choses désobligeantes qui leur étaient
+dites, et M. Dieudonné, chef de cabinet de M. Recurt, écrivit au
+directeur de la _Patrie_:
+
+ «Paris, 17 juin 1848.
+
+ «Citoyen Rédacteur,
+
+ «Dans un article très long, mais fort peu bienveillant, vous
+ annoncez que le citoyen Recurt, ministre de l'intérieur, a révoqué
+ de ses fonctions de bibliothécaire du ministère de l'intérieur le
+ citoyen Alfred de Musset.
+
+ «La seule réponse qu'on puisse faire à cet article est que le
+ citoyen Recurt, ministre de l'intérieur, n'a pas plus révoqué le
+ citoyen Musset qu'il n'a pourvu à son remplacement.
+
+ «Je vous prie, citoyen Rédacteur, de bien vouloir insérer cette
+ lettre dans la _Patrie_ de ce soir.
+
+ «Salut et fraternité.
+
+ «DIEUDONNÉ».
+
+Cette lettre fut publiée dans la _Patrie_ du 18 juin, et le 20 juin,
+le même journal donnait la réponse d'Alfred de Musset:
+
+ «Monsieur,
+
+ «Je lis dans votre journal qu'on avait annoncé par erreur
+ que j'étais destitué de la place de bibliothécaire, et que le
+ ministre a fait démentir ce bruit. Voici, à ce sujet, la lettre
+ que j'ai reçue un mois après sa date:
+
+ (_Suit la lettre de M. Carteret du 8 mai 1848_).
+
+ «Cette lettre, vous le voyez, est aussi claire que laconique.
+ Quant aux droits à la retraite, pour en avoir, il faudrait que
+ j'eusse été nommé bibliothécaire à l'âge où j'apprenais à lire.
+ Veuillez croire, Monsieur, que je n'aurais jamais songé à
+ entretenir le public d'une chose de si peu d'importance, si je
+ n'étais pas profondément touché des marques d'intérêt et de
+ bienveillance que j'ai reçues de la presse en cette occasion.
+
+ «Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma parfaite
+ considération.
+
+ «ALFRED DE MUSSET».
+
+Ces deux lettres firent le tour de la presse, accompagnées des marques
+non équivoques du mépris qu'inspirait la conduite de ceux qui, par un
+misérable jeu de mots, voulaient égarer l'opinion [98]. Quant à
+liquider la pension de retraite d'Alfred de Musset, en vertu de
+l'article 2 du décret du 2 mai 1848, il n'en fut jamais question.
+
+ [98] Voir: _Charivari_, 16 juin. Le _Commerce_, 18 et 20 juin.
+ Les _Saltimbanques_, 18 juin. La _Presse_, 19 et 30 juin. Le
+ _Pamphlet quotidien_, 21 juin. La _Providence_, 21 juin. Le
+ _National_, 21 juin. _Nouvelles du jour_, 22 juin. Le _Petit-fils
+ du Père Duchesne_, 21-24 juin. _Artiste_, 1er juillet. Le _Mois_,
+ 16 juillet 1848.--La _Comédie parisienne_, journal d'Albéric
+ Second, dans sa livraison du 10 mai 1857, p. 292; publie deux
+ lettres: l'une d'Alfred de Musset, l'autre d'Albéric Second,
+ relatives à cette destitution. Dans le tome II de ses
+ _Confessions_ (Dentu, 1885. In-8º, p. 342), Arsène Houssaye
+ revient sur ce sujet.
+
+ LE PAMPHLET QUOTIDIEN ILLUSTRÉ, _20 juin 1848_.--«...Subterfuge
+ odieux, escobarderie ridicule! mensonge trois fois stupide! Non,
+ ce n'est pas M. Recurt qui a révoqué le noble esprit! C'est
+ monseigneur Ledru-Rollin, ex-pacha de l'intérieur: Ah! vous
+ espériez donner le change à la presse! Ah! vous vouliez nous
+ _flouer_ la vérité comme vous nous avez floué la république! Comme
+ vous vous êtes partagé les ministères! Intelligences abruties par
+ le pouvoir et la popularité, vous vous attaquez aux poëtes
+ maintenant, c'est-à-dire à quelque chose de plus inoffensif qu'un
+ enfant, de plus faible qu'une femme, de plus sacré qu'un prêtre.
+ Platon chassait les poëtes de la République, mais il ne les
+ condamnait pas au dénuement; il les reconduisait à la frontière au
+ son des doubles flûtes et des cymbales d'airain; il couronnait
+ leurs têtes de fleurs comme l'agneau des sacrifices, et les disait
+ fils des dieux. Vous, _vous flanquez à la porte_, brutalement,
+ mesquinement, stupidement! Voilà bien les profanateurs, et quels
+ profanateurs! les écrivains des fameux _Bulletins_ de la
+ république... Que dira l'avenir, quand on écrira: Lamartine était
+ tout puissant, Alfred de Musset ne fut rien, pas même
+ bibliothécaire...»
+
+La _Liberté_ du 22 juin ayant publié l'entrefilet suivant:
+
+ «M. Alfred de Musset n'a point, comme on l'avait cru, été révoqué
+ de ses fonctions de bibliothécaire du ministère de l'intérieur.»
+
+Le _Pamphlet quotidien_ du 23 juin releva vertement cette récidive de
+mensonge, ajoutant: «Nous tenons de bonne source que la Société des
+Gens de Lettres doit protester publiquement contre l'affront fait aux
+lettres dans la personne de M. Alfred de Musset».--Dans le _Gamin de
+Paris_ du 21-24 juin, Fouyon plaide la cause d'Alfred de Musset et
+demande qu'on nous laisse nos poètes: «On dit que les savants n'aiment
+quelquefois pas les poètes; mais tu ne peux donner ce motif-là,
+toi».--Alexandre Dumas attaque de nouveau M. Recurt dans la _France
+Nouvelle_ du 24 juin.--Il n'est pas jusqu'au _Diogène Sans Culotte_
+(22-25 juin) qui ne fasse entendre sa voix.
+
+Voici donc la bibliothèque du Ministère de l'Intérieur sans titulaire,
+Alfred de Musset ayant été destitué, et M. Marie Augier n'ayant pas
+accepté sa nomination. Malgré mes recherches, il m'a été impossible de
+savoir quel avait été le successeur immédiat d'Alfred de Musset et à
+quelle époque remontait sa nomination. Le _Moniteur Universel_ du 7
+juillet publie un arrêté du président du Conseil des ministres (E.
+Cavaignac), pris sur la proposition du ministre de l'intérieur
+(Senart), portant organisation du personnel du ministère de
+l'intérieur, dont un bibliothécaire archiviste, aux appointements de
+4,000 fr. Mais il n'y a pas trace d'une nomination quelconque.
+
+Le _Corsaire_ du 24 août dit: «Voilà quelques jours, une ordonnance
+vient de se glisser dans les colonnes du _Moniteur_, qui nomme M.
+Édouard Charton aux fonctions précitées». Il doit y avoir erreur, par
+suite de similitude de nom: le _Moniteur_ du 10 août donne un arrêté
+qui nomme M. Édouard Carteron bibliothécaire du Ministère des Affaires
+étrangères. On ne trouve pas, aux archives du Ministère de
+l'Intérieur, trace d'arrêté de nomination de M. Édouard Charton. Il
+est vrai que d'avril à décembre 1848, le classement des pièces
+présente plusieurs lacunes, ce qui n'a rien d'étonnant, vu le nombre
+de ministres, secrétaires et chefs de cabinet, qui se sont succédé en
+quelques mois.
+
+Ce qu'il y a de certain, c'est qu'à la date du 1er janvier 1849,
+l'emploi de bibliothécaire du Ministère de l'Intérieur était occupé
+par M. Niel, antérieurement chef de bureau au même ministère. Mais à
+quelle date précise a-t-il pris possession de ces fonctions, c'est ce
+qu'il n'a pas été possible de vérifier, l'arrêté de sa nomination ne
+se trouvant pas aux archives.
+
+
+II
+
+L'Académie Française, blessée par les procédés des citoyens
+Ledru-Rollin et Recurt, et autant pour dédommager un peu le poète de
+la brutale destitution qui l'avait frappé, que pour protester contre
+les actes des hommes au pouvoir, résolut d'attribuer un prix à Alfred
+de Musset. Le choix porta sur la fondation de M. le comte de Maillé
+Latour-Landry[99]; l'intention était bonne, mais son application donna
+lieu à de fâcheuses interprétations; l'Académie n'eut pas le courage
+de dire qu'elle voulait réparer une injustice, et les termes dont elle
+se servit pour déguiser son offrande ne pouvaient être plus mal
+choisis.
+
+ [99] Le _Moniteur Universel_ du 13 octobre 1839 donne le texte du
+ testament de M. le comte de Maillé, qui crée ce prix: «Art. 5.
+ Mon intention est de faire une fondation utile à la littérature
+ et aux beaux-arts, en secourant les jeunes auteurs ou artistes
+ pauvres. Malfilâtre, Gilbert, Escousse, Moreau et de jeunes
+ artistes dont le sort a été analogue, sont les exemples frappants
+ de beaux talents à leur printemps que la misère a empêchés de
+ porter leurs fruits. Un secours, peut-être modique, eût suffi à
+ les préserver et eût valu peut-être des chefs-d'oeuvre. Je lègue
+ à l'Académie Française et à l'Académie royale des Beaux-Arts une
+ somme de 30,000 francs pour la formation d'un secours à accorder
+ chaque année, au choix de chacune de ces Académies
+ alternativement, à un jeune écrivain ou artiste, pauvre, dont le
+ talent, déjà remarquable, paraîtra mériter d'être encouragé à
+ poursuivre sa carrière dans les lettres ou les beaux-arts».
+
+Alfred de Musset fut proclamé lauréat dans la séance du 17 août 1848
+(voir le _Moniteur Universel_ du 18 août). Aussitôt qu'il en fut
+averti, le poète, ne connaissant pas les qualificatifs qui
+accompagnaient ce prix, écrivit une lettre de remerciement au
+Directeur de l'Académie, lettre que nous retrouverons plus loin. Mais
+quand, après la séance publique, il sut les motifs allégués, devenu
+fort perplexe, il demanda conseil à son frère Paul:
+
+ «Mon cher ami,
+
+ «En voilà une tuile désagréable! J'étais averti que l'Académie me
+ décernait un prix, mais je ne savais pas en quels termes. On vient
+ de me les dire et je les trouve blessants. Il y a vingt ans que
+ j'écris; j'en ai tout à l'heure trente-huit, et on m'apprend que
+ je suis un jeune homme qui mérite d'être encouragé à poursuivre sa
+ carrière. Quand la critique me fait de ces compliments-là, je les
+ méprise; mais de la part de l'Académie, c'est plus grave. Il m'en
+ coûterait de paraître orgueilleux ou susceptible, et cependant,
+ puis-je à mon âge me laisser traiter d'écolier? Que faire? J'ai
+ besoin d'avoir ton avis là-dessus. Attends-moi ce soir avant de te
+ coucher ou laisse la clef à ta porte. Il faut que nous causions
+ ensemble[100].
+
+ «Jeudi soir [17 août 1848].
+
+ «ALFRED DE MUSSET.»
+
+ [100] Publié: _OEuvres posthumes d'Alfred de Musset. Paris,
+ Charpentier, 1867. 1 vol. in-12_, p. 237.
+
+Il fut décidé qu'Alfred de Musset, prenant un moyen terme, accepterait
+le prix, mais ne le conserverait pas. Le _National_ du 19 août tourna
+tant soit peu en ridicule Messieurs de l'Académie:
+
+ «Nous admirons fort l'Académie d'avoir su découvrir que M. Alfred
+ de Musset, après dix-huit ans de succès, était un talent _déjà_
+ remarquable et méritait d'être encouragé à poursuivre sa carrière
+ dans les lettres. Cela prouve un discernement profond. Nous
+ admirons cette condescendance de vouloir bien encourager un
+ talent consacré par l'estime du public, depuis ses débuts qui
+ datent de 1830; nous admirons cette complaisance à reconnaître que
+ ce talent commence à donner des _espérances_, lorsque tout le
+ monde, excepté les académiciens qui ne lisent rien, sait par coeur
+ ses poésies; lorsqu'il n'y a pas de jour où les affiches des
+ théâtres n'annoncent ses pièces, que les académiciens ne
+ connaissent point, parce qu'ils se gardent bien d'aller au
+ spectacle et de se tenir au courant de la littérature dramatique;
+ lorsque le Théâtre de la République doit à M. Alfred de Musset ses
+ merveilleuses recettes: encourager ce talent à poursuivre sa
+ carrière, c'est trop de bonté.....»
+
+Le _Charivari_ du 19 août accentue la note et espère que «M. de Musset
+ne peut pas être complice de cet acte», lui qui perd un traitement de
+trois mille francs, et dont les pièces sont les seules qui fassent
+recette au Théâtre Français. Non, l'Académie a manqué de dignité pour
+elle et pour le poète; si elle veut à toute force servir M. de Musset,
+pourquoi ne lui donnerait-elle pas le fauteuil laissé vide par la mort
+de Chateaubriand: «Voilà comment l'Académie se fût honorée en honorant
+le poète; mais ce prix Maillé Latour-Landry, fi donc! jamais je ne
+pourrai oublier le sourire et l'ironie de M. Villemain en proclamant
+la décision de l'Académie».
+
+Le _Bien Public_ du 21 août insère une note sur cette attribution.
+
+A la suite de sa conférence avec son frère, Alfred de Musset avait
+adressé une lettre au _National_, qui la publia dans son numéro du 21
+août, avec ce commentaire[101]:
+
+ «Nous recevons de M. Alfred de Musset, une lettre qui ne nous
+ étonne pas de la part d'un poëte homme de coeur. Nos lecteurs, qui
+ sont au courant des termes du programme des prix décernés en 1848
+ par l'Académie Française, apprécieront le sentiment de modestie
+ et de générosité qui a dicté cette lettre, et l'Académie elle-même
+ ne peut manquer d'approuver la destination donnée par M. Alfred de
+ Musset au prix d'encouragement qu'elle lui a décerné.»
+
+ «Au citoyen rédacteur du journal le _National_.
+
+ «Paris, ce 20 août 1848.
+
+ «Monsieur,
+
+ «L'Académie Française m'a fait l'honneur, dans sa dernière séance,
+ de me donner le prix fondé comme encouragement par M. le comte de
+ Maillé de Latour-Landry. Ce secours, accordé pour un an, consiste
+ en une somme de treize cents et quelques francs, intérêts d'un
+ capital de 30.000 fr. légué par le testateur et placé en rentes
+ sur l'État.
+
+ «Voulez-vous être assez bon, monsieur, pour ajouter cette somme à
+ celles que vous avez déjà reçues en faveur des victimes des
+ événements de juin 1848? Je m'empresserai de la verser entre vos
+ mains aussitôt qu'elle me sera parvenue.
+
+ «Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma parfaite
+ considération.
+
+ «ALFRED DE MUSSET.»
+
+ [101] Publié: _Mélanges de littérature et de critique, par Alfred
+ de Musset. Paris, Charpentier, 1867. 1 vol. in-12_, p. 274.
+
+Le _Corsaire_ du 23 août approuve cette lettre.
+
+Mais dans sa séance du jeudi 24 août 1848, l'Académie Française décida
+que la _Note_ suivante serait adressée au _Moniteur Universel_, qui
+l'inséra dans son numéro du 25 août:
+
+ «Une lettre publiée dans plusieurs journaux et signée de M. Alfred
+ de Musset, ferait penser que l'Académie Française avait légèrement
+ attribué à cet écrivain distingué, le prix fondé par M. Maillé
+ Latour-Landry. La seule réponse à faire, c'est que l'Académie n'a
+ pris cette décision qu'après s'être assuré que M. Alfred de Musset
+ connaissait le caractère de ce prix et qu'il l'accepterait; et, en
+ effet, il a remercié l'Académie par la lettre suivante:
+
+ «Monsieur le Directeur,
+
+ «J'ai reçu avec reconnaissance la faveur dont on a bien voulu
+ m'honorer.
+
+ «Permettez-moi de vous prier de faire agréer tous mes
+ remerciements à l'Académie.
+
+ «Veuillez, Monsieur le Directeur, recevoir l'assurance de ma
+ parfaite considération.
+
+ «ALFRED DE MUSSET.»
+
+ «L'Académie décide que la présente note sera transmise au
+ _Moniteur_ avec prière de la publier.
+
+ «Certifié conforme:
+
+ «_Le Secrétaire perpétuel de l'Académie Française._
+
+ «VILLEMAIN.»
+
+Le _National_, où Paul de Musset venait d'entrer comme rédacteur,
+répondit le 27 août à Messieurs de l'Académie:
+
+ «L'Académie Française paraît s'être émue de la destination
+ patriotique donnée par M. Alfred de Musset au prix fondé par M. de
+ Maillé Latour-Landry. Une note publiée dans le _Moniteur_ d'hier
+ et signée de M. Villemain, affirme que M. Alfred de Musset, en
+ acceptant ce prix, en connaissait le _caractère_, et cette note
+ est accompagnée de la lettre de remerciement et d'acceptation du
+ poëte. Si le but de cette réclamation officielle de l'Académie est
+ de répondre aux réflexions du _National_ et de plusieurs autres
+ journaux sur les termes du programme de la séance du 17 août,
+ l'Académie eût mieux fait de garder le silence. Car nous savons et
+ nous répétons que, si M. de Musset avait été averti du _caractère_
+ de ce prix, il n'a connu le _texte_ blessant du programme que le
+ jour de la séance publique. Ni la lettre d'acceptation, ni la note
+ de M. Villemain ne détruisent l'exactitude de cette assertion.
+ Mais si l'Académie Française trouve mauvais que M. Alfred de
+ Musset ait donné le montant du prix qui lui est décerné aux
+ victimes des événements de juin 1848, nous regrettons que la note
+ de M. Villemain ne s'exprime pas plus nettement sur ce point. Nous
+ aurions été bien aises d'être édifiés sur les sentiments de
+ l'Académie et le motif de son blâme.»
+
+M. Taxile Delord, dans le _Spectateur Républicain_ du 27 août, après
+avoir résumé les arguments des deux parties, leur donne tort à toutes
+deux: à l'Académie qui, comme protestation, eût dû admettre Alfred de
+Musset dans son sein au lieu de lui jeter une aumône; au poëte, en
+changeant la destination primitive du prix Maillé Latour-Landry, au
+lieu de le refuser.
+
+Puis, le silence se fit. Le 28 octobre 1848, Alfred de Musset toucha
+le montant de son prix, et on trouve dans le _National_ du 16 novembre
+cette note qui met fin au débat:
+
+ «Nous avons reçu de monsieur Alfred de Musset la somme de treize
+ cents francs que nous avons versée entre les mains de M. le Maire
+ du 2e arrondissement, pour être distribuée aux blessés des
+ journées de Juin 1848».
+
+
+III
+
+Pendant que ces faits se passaient à l'Académie Française, la Société
+des Gens de Lettres ne restait pas inactive. A son instigation, dans
+la séance de l'Assemblée Nationale du 11 juillet, le ministre de
+l'Intérieur, M. Senart, proposait un arrêté demandant l'ouverture d'un
+crédit de 500.000 francs, pour être réparti entre les divers théâtres
+de Paris, dont 105.000 francs pour le Théâtre de la République
+(Comédie Française).
+
+Le 13 juillet, était nommée une commission de cinq membres, chargée
+d'étudier le dossier: MM. Victor Hugo, Félix Pyat, Étienne Arago, Léon
+de Malleville et Evariste Bavoux.
+
+Le 17 juillet, lecture en séance publique, à l'Assemblée Nationale,
+par le citoyen Victor Hugo, de son rapport sur les subventions à
+accorder aux théâtres et d'un projet de décret portant à 680.000
+francs le crédit ouvert au Ministre de l'Intérieur.
+
+Le 24 juillet, l'Assemblée Nationale adopte un décret en vertu duquel
+un crédit extraordinaire de 680.000 fr. est ouvert au Ministre de
+l'Intérieur, pour être répartis entre les divers théâtres de Paris, y
+compris le théâtre de la Nation (Opéra); sur ce crédit, une somme de
+5.000 francs sera prélevée pour une inspection générale des théâtres.
+La répartition sera faite de quinzaine en quinzaine, par cinquièmes
+égaux, pour être terminée le 1er octobre. Deux tiers seront affectés
+au paiement des artistes et employés, l'autre tiers attribué aux
+directeurs.
+
+Dans la même séance, l'Assemblée adopte un autre décret en vertu
+duquel un crédit de 200.000 francs est ouvert au Ministre de
+l'Intérieur pour encouragement aux Beaux-Arts, et un crédit de 100.000
+francs au Ministre de l'Instruction Publique pour encouragement aux
+Belles-Lettres[102].
+
+ [102] Voir: _Moniteur Universel_, 12, 18, 25 juillet et 2
+ août.--_Le National_, 14 juillet.--_Bulletin des Lois_, 25
+ juillet 1848.
+
+La commission du Ministère de l'Instruction publique (M. de
+Vaulabelle, ministre), se composait de MM. Albert de Luynes, Charles
+de Rémusat, Hauréau, Littré, L. Dupaty, Prosper Mérimée et P. Génin.
+
+Le 14 septembre 1848, Alfred de Musset écrivait à sa mère, en ce
+moment chez sa fille à Angers:
+
+ «.....Le ministre de l'intérieur vient de réparer, un peu et
+ jusqu'à un certain point, de la manière la plus aimable, la
+ sottise de l'Académie. Les auteurs dramatiques, joués depuis
+ février, étaient compris dans les fonds d'indemnité donnés aux
+ théâtres. Cela n'a rien que de fort honorable. Il était reconnu
+ que les théâtres avaient moins gagné à cause de la Révolution. Par
+ conséquent, les auteurs devaient y avoir perdu. On a donc envoyé à
+ chacun une petite somme; mon nom a été mis en tête pour mille
+ francs. Ce n'est pas le Pérou, mais enfin, les pauvres gens, tu
+ sais de quoi ils vivent, et les autres n'ont guère eu que moitié!
+ Le Directeur des Beaux-Arts m'a annoncé cela avec les compliments
+ les plus flatteurs de la part du Ministre. Tu penses bien que
+ cette fois, j'ai accepté: non, ce n'est point comme à l'Académie!
+ Qui pourrait en être vexé?.....
+
+ «Ton fils qui t'aime.
+
+ «ALFRED DE MUSSET.»
+
+Ce fut donc cette unique somme de mille francs qui fut remise à Alfred
+de Musset, pour l'indemniser de sa destitution par M. Ledru-Rollin.
+L'Académie Française répara sa maladresse un peu plus tard, en
+admettant le poète au nombre de ses membres, le 12 février 1852 (la
+réception officielle n'eut lieu que le 27 mai). Mais la réparation ne
+fut complète que le 18 mars 1853, jour où le _Moniteur Universel_
+publia ces lignes:
+
+ «Par arrêté en date du 15 mars, Monsieur le Ministre de
+ l'Instruction Publique et des Cultes a nommé monsieur Alfred de
+ Musset, membre de l'Académie Française, bibliothécaire du
+ Ministère de l'Instruction publique.»
+
+Et ce fut le Ministre de l'Instruction publique lui-même, M. Hippolyte
+Fortoul, qui, dès 1834, avait été le collaborateur d'Alfred de Musset
+à la _Revue des Deux-Mondes_[103], et tenait le poète en haute estime,
+qui le voulut prévenir de sa nomination[104]:
+
+ «Paris, le 18 mars 1853.
+
+ «Mon cher monsieur,
+
+ «J'ai le plaisir de vous annoncer que je viens de vous nommer
+ bibliothécaire du Ministère de l'Instruction publique, aux
+ appointements de 3.000 francs. Ces fonctions que vous n'avez point
+ sollicitées, mais que je désirais depuis longtemps vous confier,
+ ont été rendues vacantes par un mouvement qui ne dérange aucune
+ position acquise. Je m'estime infiniment heureux d'avoir pu
+ réparer une partie des torts que vous ont faits nos discordes,
+ aujourd'hui oubliées. Je regrette seulement d'avoir si peu de
+ chose à offrir à un des hommes dont le talent honore le plus la
+ littérature de notre temps.
+
+ «Veuillez croire à tous mes sentiments dévoués.
+
+ «H. FORTOUL.»
+
+ [103] C'est monsieur Fortoul qui, dans la _Revue des Deux-Mondes_
+ du 1er septembre 1833, rend compte de la seconde livraison d'_Un
+ Spectacle dans un fauteuil_ d'Alfred de Musset.
+
+ [104] Cette lettre est publiée presque textuellement dans la
+ _Biographie d'Alfred de Musset par Paul de Musset. Charpentier.
+ 1877. 1 vol. in-12_, page 322.
+
+Alfred de Musset remplissait encore ces fonctions lors de sa mort.
+
+
+
+
+ TABLE DES MATIÈRES
+
+ Pages
+
+ Les Portraits d'Alfred de Musset 1
+
+ Alfred de Musset et George Sand 43
+
+ Index bibliographique 101
+
+ Quelques OEuvres inédites ou peu connues d'Alfred
+ de Musset 173
+
+ Notice bibliographique sur la Correspondance d'Alfred
+ de Musset 221
+
+ Alfred de Musset bibliothécaire du Ministère et lauréat
+ de l'Académie 243
+
+
+
+
+ TABLE DES ILLUSTRATIONS
+
+ Pages
+
+ 1. _Alfred de Musset_, portrait-charge dessiné à la plume
+ par Roger de Beauvoir 8
+
+ 2. _George Sand_, portrait-charge dessiné au crayon
+ par Alfred de Musset 45
+
+ L'original de ce dessin appartient à Mme veuve Martellet
+ et a précédemment été publié par elle dans son livre
+ intitulé: _Dix ans chez Alfred de Musset._
+
+ 3. Fac-similé de l'_Ordonnance_ du docteur Pagello 55
+
+ 4. Fac-similé de la _Dédicace_ écrite par George Sand
+ sur le carnet d'Alfred de Musset 66
+
+ 5. Fac-similé de la _Dédicace_ écrite par Pierre Pagello
+ sur le carnet d'Alfred de Musset 66
+
+ 6. _Le Comte d'Essex_, fac-similé de la 4e page du
+ manuscrit d'Alfred de Musset 178
+
+ 7. _Tombeau d'un homme_ qui est allé à l'Opéra-Comique,
+ croquis à la plume par Alfred de Musset 231
+
+ 8. _Alfred de Musset et Rachel_, croquis à la plume par
+ Alfred de Musset 232
+
+
+
+
+CHATEAUDUN
+
+IMPRIMERIE DE LA SOCIÉTÉ TYPOGRAPHIQUE
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Documents Inédits sur Alfred de Musset, by
+Maurice Clouard
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DOCUMENTS INÉDITS
+SUR ALFRED MUSSET ***
+
+***** This file should be named 33738-8.txt or 33738-8.zip *****
+This and all associated files of various formats will be found in:
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+Produced by Mireille Harmelin, Hélène de Mink, and the
+Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net
+(This file was produced from images generously made
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+(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
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+redistribution.
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+things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
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+Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
+and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
+works. See paragraph 1.E below.
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+or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
+Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the
+collection are in the public domain in the United States. If an
+individual work is in the public domain in the United States and you are
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+are removed. Of course, we hope that you will support the Project
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+
+1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
+electronic work, or any part of this electronic work, without
+prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with
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+Gutenberg-tm License.
+
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+compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any
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+posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org),
+you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a
+copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon
+request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other
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+License as specified in paragraph 1.E.1.
+
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+performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works
+unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9.
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+access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided
+that
+
+- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from
+ the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method
+ you already use to calculate your applicable taxes. The fee is
+ owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he
+ has agreed to donate royalties under this paragraph to the
+ Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments
+ must be paid within 60 days following each date on which you
+ prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
+ returns. Royalty payments should be clearly marked as such and
+ sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
+ address specified in Section 4, "Information about donations to
+ the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."
+
+- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
+ you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
+ does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
+ License. You must require such a user to return or
+ destroy all copies of the works possessed in a physical medium
+ and discontinue all use of and all access to other copies of
+ Project Gutenberg-tm works.
+
+- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any
+ money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
+ electronic work is discovered and reported to you within 90 days
+ of receipt of the work.
+
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+ distribution of Project Gutenberg-tm works.
+
+1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
+electronic work or group of works on different terms than are set
+forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
+both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
+Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the
+Foundation as set forth in Section 3 below.
+
+1.F.
+
+1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
+effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
+public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
+collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
+works, and the medium on which they may be stored, may contain
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+Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
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+LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
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+TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
+LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
+INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
+DAMAGE.
+
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+defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
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+your written explanation. The person or entity that provided you with
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+refund. If you received the work electronically, the person or entity
+providing it to you may choose to give you a second opportunity to
+receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy
+is also defective, you may demand a refund in writing without further
+opportunities to fix the problem.
+
+1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
+in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
+WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
+WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
+
+1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied
+warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
+If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
+law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
+interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
+the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any
+provision of this agreement shall not void the remaining provisions.
+
+1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
+trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
+providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
+with this agreement, and any volunteers associated with the production,
+promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
+harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
+that arise directly or indirectly from any of the following which you do
+or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
+work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
+Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
+
+
+Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
+number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
+http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
+permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
+
+The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
+Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
+throughout numerous locations. Its business office is located at
+809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
+business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
+information can be found at the Foundation's web site and official
+page at http://pglaf.org
+
+For additional contact information:
+ Dr. Gregory B. Newby
+ Chief Executive and Director
+ gbnewby@pglaf.org
+
+
+Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation
+
+Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
+spread public support and donations to carry out its mission of
+increasing the number of public domain and licensed works that can be
+freely distributed in machine readable form accessible by the widest
+array of equipment including outdated equipment. Many small donations
+($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
+status with the IRS.
+
+The Foundation is committed to complying with the laws regulating
+charities and charitable donations in all 50 states of the United
+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
+considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
+with these requirements. We do not solicit donations in locations
+where we have not received written confirmation of compliance. To
+SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
+particular state visit http://pglaf.org
+
+While we cannot and do not solicit contributions from states where we
+have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
+against accepting unsolicited donations from donors in such states who
+approach us with offers to donate.
+
+International donations are gratefully accepted, but we cannot make
+any statements concerning tax treatment of donations received from
+outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
+
+Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
+methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
+ways including checks, online payments and credit card donations.
+To donate, please visit: http://pglaf.org/donate
+
+
+Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
+works.
+
+Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
+concept of a library of electronic works that could be freely shared
+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
+Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
+
+
+Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
+editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
+unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
+keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
+
+
+Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
+
+ http://www.gutenberg.org
+
+This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
+including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
+Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
+subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
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+ The Project Gutenberg's eBook of Documents Inédits sur Alfred de Musset, by Maurice Clouard</title>
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+<pre>
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+The Project Gutenberg EBook of Documents Inédits sur Alfred de Musset, by
+Maurice Clouard
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+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
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+Title: Documents Inédits sur Alfred de Musset
+
+Author: Maurice Clouard
+
+Release Date: September 16, 2010 [EBook #33738]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DOCUMENTS INÉDITS
+SUR ALFRED MUSSET ***
+
+
+
+
+Produced by Mireille Harmelin, Hélène de Mink, and the
+Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net
+(This file was produced from images generously made
+available by the Bibliothèque nationale de France
+(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
+
+
+
+
+
+
+</pre>
+
+
+<div class="box">
+<p>Note de transcription: Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées.
+L'orthographe d'origine a été conservée et n'a pas été harmonisée.<br />
+Les numéros des pages blanches n'ont pas été repris dans ce livre électronique.</p>
+
+<p>«Redgnauntley» est effectivement l'orthographe de la personne principale de
+«LA QUITTANCE DU DIABLE», il ne s'agit pas d'une erreur du typographe.</p></div>
+
+<p><span class="pagenum invisible"><a name="Page_I" id="Page_I">I</a></span></p>
+
+<h3 class="p6">DOCUMENTS INÉDITS</h3>
+
+<h5>SUR</h5>
+
+<h2>ALFRED DE MUSSET</h2>
+
+<p class="p6"><span class="pagenum invisible"><a name="Page_II" id="Page_II">II</a></span></p>
+
+<h4>OUVRAGES DU MÊME AUTEUR</h4>
+
+<hr class="c5" />
+
+<p><i>Bibliographie des &OElig;uvres d'Alfred de Musset</i> et des
+ouvrages, vignettes et gravures qui s'y rapportent. Lettre de
+Ch. de Lovenjoul et portrait d'Alfred de Musset d'après la
+statue de Granet. Paris, Rouquette, 1883. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p><i>L'&OElig;uvre de Champfleury</i>, dressé d'après ses propres
+notes et complété par M. Clouard. Paris, L. Sapin, 1891.
+Brochure gr. in-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p><i>Notes sur les dessins de Victor Hugo</i>, accompagnées de
+lettres inédites et d'un dessin. Paris, A. Colin et C<sup>ie</sup>, 1898.
+Brochure in-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<h4 class="p2">EN PRÉPARATION</h4>
+
+<p><i>Histoire des &OElig;uvres d'Alfred de Musset</i>, ornée de portraits
+et de fac-similés en noir et en couleur.</p>
+
+<hr class="c5" />
+
+<p><i>Suite de huit vignettes et portraits</i> gravés à l'eau-forte par
+L. Charbonnel d'après Célestin Nanteuil, Théophile Gautier,
+Nadar et Granet pour illustrer la Bibliographie des &OElig;uvres
+d'Alfred de Musset. Paris, 1883.</p>
+
+<p>Épreuves in-folio sur Japon, noir et sanguine; in-4<sup>o</sup>, sur
+Chine, en noir; in-4<sup>o</sup>, sur vergé, en noir.</p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum invisible"><a name="Page_III" id="Page_III">III</a></span></p>
+
+<h4>MAURICE CLOUARD</h4>
+
+<h2>DOCUMENTS INÉDITS</h2>
+
+<h5>SUR</h5>
+
+<h1>ALFRED DE MUSSET</h1>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/003_s.jpg" width="200" height="162"
+alt="logo" title="" /></div>
+<p class="center"><a href="images/003_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<p class="c">PARIS</p>
+
+<p class="s">LIBRAIRIE A. ROUQUETTE</p>
+
+<p class="s">69-73, Passage de Choiseul, 69-73</p>
+
+<hr class="c5" />
+<p class="c">1900</p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum invisible"><a name="Page_IV" id="Page_IV">IV</a></span></p>
+
+<p class="c">TIRAGE</p>
+
+<p class="c"><span class="smcap">A TROIS CENT CINQUANTE EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS A LA PRESSE,</span></p>
+
+<p class="p2 s">Savoir:</p>
+
+<table border="0" cellpadding="3" cellspacing="0" summary="edition">
+<tr>
+ <td>310 sur papier vergé, de</td>
+ <td align="right">1 à 310.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>&nbsp; 40 sur papier de Hollande, de</td>
+ <td align="right">I à XL.</td>
+</tr>
+</table>
+
+<p class="c">N<sup>o</sup> 50</p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum invisible"><a name="Page_V" id="Page_V">V</a></span></p>
+
+<p class="t">LES PORTRAITS</p>
+
+<p class="s">DE</p>
+
+<p class="t"><b>ALFRED DE MUSSET</b></p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_1" id="Page_1">1</a></span></p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/006_s.jpg" width="600" height="167"
+alt="chap portraits" title="" /></div>
+<p class="center"><a href="images/006_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<h2 class="p2">LES PORTRAITS</h2>
+
+<p class="p2">Il est une petite pièce de vers, écrite en 1854, qu'on
+chercherait en vain dans les dix volumes de ses <i>&OElig;uvres
+complètes</i> et que nous citons page 205 de ce livre, dans
+laquelle Alfred de Musset fait lui-même la critique
+des portraits qui le représentent. Plusieurs sont omis,
+des meilleurs. Cependant, elles ne sont pas aussi nombreuses
+qu'on pourrait le croire, les reproductions des
+traits de l'auteur des <i>Nuits</i>. Je ne parle ni des caricatures
+ni des charges, non plus que de ses portraits quand il
+était enfant, figures qui n'ont d'autre mérite que celui
+de la curiosité ou de la rareté. Tous les portraits d'Alfred
+de Musset se rapportent à quatre types, dessinés, peints
+ou sculptés du vivant du poète par David d'Angers,
+Eugène Lami, Charles Landelle et Gavarni; lesquels,
+après 1857, ont servi de modèles à ceux, peintres ou
+sculpteurs, qui ont voulu le représenter. Je ferai remarquer
+que ce sont les portraits les plus ressemblants qui
+sont les moins connus.</p>
+
+<p class="p2"><span class="pagenum"><a name="Page_2" id="Page_2">2</a></span></p>
+<p class="c"><b>VAN BRÉE</b></p>
+
+<p class="s">1814.</p>
+
+<p>Portrait à l'huile, dont l'original est au musée Carnavalet.
+La s&oelig;ur du poète, M<sup>me</sup> Lardin de Musset, en possède
+une copie exacte, cadre et toile.</p>
+
+<p>Alfred de Musset a trois ans; c'est un bébé tout rose,
+avec de jolis cheveux blonds qui tombent en boucles sur
+ses épaules. Dans la clairière d'un bois, il est assis sur
+une grosse pierre, au bord d'un ruisseau, les pieds dans
+l'eau, retenant avec ses mains, le long de sa poitrine, sa
+petite chemise qui glisse et le laisse presque nu. A ses
+côtés est une grande épée «pour se défendre contre les
+grenouilles» qui le regardent curieusement.</p>
+
+<p>Gravé à l'eau-forte par Lalauze, en 1891, et joint à
+l'édition du conte d'Alfred de Musset <i>La Mouche</i>, publiée
+à la librairie Ferroud. (1 vol. in-8<sup>o</sup>.)</p>
+
+<p class="p2 c"><b>DUFAUT</b></p>
+
+<p class="s">1815.</p>
+
+<p>Portraits d'Alfred et de Paul de Musset, formant
+groupe; peinture à l'huile représentant les deux frères à
+mi-corps; Alfred a une petite robe rouge; ses cheveux
+blonds bouclés, tombent sur ses épaules. Il appuie la
+tête contre la poitrine de son frère Paul, qui met la main
+sur l'épaule d'Alfred, plus petit que lui.</p>
+
+<p>L'original est, comme celui du portrait précédent, au
+Musée Carnavalet. M<sup>me</sup> Lardin de Musset en a également
+fait exécuter une copie exacte: «Je ne crois pas,
+dit M. Jules Cousin, dans <i>l'Intermédiaire des Chercheurs
+et Curieux</i> du 28 février 1898, qu'il ait été publié de
+reproduction gravée de ce double portrait; nous la
+réservons pour le grand album des pièces les plus
+curieuses du Musée. Mais j'en ai fait prendre un beau <span class="pagenum"><a name="Page_3" id="Page_3">3</a></span>
+cliché photographique, dont tout intéressé obtiendrait
+sans difficulté l'autorisation de faire tirer à ses frais
+une épreuve.» Je ne connais pas non plus de reproduction
+gravée; mais, comme M. Cousin, je suis possesseur
+d'un cliché photographique dont quelques épreuves
+ont été données <i>meis et amicis</i>.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>ROEHN</b></p>
+
+<p class="s">1828.</p>
+
+<p><i>Le beau Grec</i>, portrait-charge d'Alfred de Musset au
+fusain et crayon de couleur avec lavis. La tête seule du
+patient, émergeant d'un faux-col et coiffée d'un fez rouge
+qui est posé sur des cheveux en broussaille, est représentée
+de profil à gauche.</p>
+
+<p>En 1890, j'ai fait fac-similer cette caricature, par
+l'imprimerie Lemercier, à Paris; il a été tiré trente
+épreuves in-4<sup>o</sup> sur Hollande, puis la pierre a été effacée.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>DEVÉRIA</b></p>
+
+<p class="s">Vers 1830.</p>
+
+<p>Alfred de Musset en costume de page, portrait en pied
+lithographié, exécuté probablement pour l'une des soirées
+travesties données par Achille Devéria.</p>
+
+<p>I. <span class="smcap">Planche refusée</span>, in-4<sup>o</sup>.&mdash;Il n'existe, à ma connaissance,
+qu'une seule épreuve de cette planche, appartenant
+à M. Gabriel Devéria. Dans la campagne, dont
+des rochers forment le fond, le jeune page, la main
+gauche appuyée sur la hanche, soutient de la main
+droite le bouffant de sa manche. Il a les yeux baissés et
+regarde de côté; un poignard pend à sa ceinture.</p>
+
+<p>Reproduit en phototypie dans le volume de M<sup>me</sup> Arvède
+Barine sur Alfred de Musset. (Hachette, 1893, in-12).</p>
+
+<p>II. <span class="smcap">Planche publiée</span>, grand in-4<sup>o</sup>.&mdash;Lithographie de <span class="pagenum"><a name="Page_4" id="Page_4">4</a></span>
+Fonrouge. Même costume que ci-dessus, mais sans le
+poignard. Le décor est changé: dans une salle, la main
+droite appuyée sur le dossier d'une chaise, la main
+gauche sur la hanche, le page tourne légèrement la tête à
+gauche, bien que le regard soit dirigé de face.
+C'est le portrait le plus ressemblant d'Alfred de Musset
+jeune. La lithographie originale n'a pas, que je sache,
+été reproduite.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>DAVID D'ANGERS</b></p>
+
+<p class="s">1831.</p>
+
+<p>Médaillon rond de 0<sup>m</sup>17 de diamètre, représentant
+Alfred de Musset à l'âge de 23 ans: col nu, cheveux longs
+ramenés en avant; la figure, vue de trois quarts, ne porte
+ni barbe ni moustache, mais seulement de légers favoris;
+les yeux sont tournés à droite; sur le côté droit du médaillon,
+est gravé le nom du poète; à gauche, on lit:
+«David, 1831.»</p>
+
+<p>L'original, en plâtre, appartient à M<sup>me</sup> Lardin de
+Musset. Des reproductions en bronze ont été et sont
+faites par la maison Thiébault frères, à Paris.
+Alfred de Musset venait poser à l'atelier de David,
+comme le témoigne cette lettre<a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" href="#Footnote_1" class="fnanchor">[1]</a>:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="right">«Paris, samedi soir.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 1831.</p>
+
+<p class="left5">«Monsieur,</p>
+
+<p>«Je suis de service demain, pour presque toute la journée;
+c'est ce qui me privera du plaisir de vous recevoir à mon
+atelier. Lundi, le jury qui doit juger le concours pour la
+monnaie du Roy, aura certainement terminé son opération
+vers midi; je me rendrai de suite rue de Fleurus, et si vous
+<span class="pagenum"><a name="Page_5" id="Page_5">5</a></span> pouvez disposer de quelques instants, je vous y attendrai.
+Vous obligerez votre bien dévoué serviteur.</p>
+
+<p class="right">«<span class="smcap">David.</span>»</p>
+</div>
+
+<p>Le poète et le sculpteur restèrent en relations amicales.
+M. Henry Jouin, dans son livre <i>David d'Angers et ses
+relations littéraires</i> (Plon, 1890. In-8<sup>o</sup>, p. 67), publie le
+billet suivant, écrit probablement en 1832:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«Mon cher David, je suis allé chez Micheli pour avoir de
+vos médailles. Il demande une autorisation de vous pour
+cela. Soyez assez bon pour m'envoyer deux mots de votre
+main, pour Micheli et pour votre <i>Petit Cardillac des Enfants
+Rouges</i>; vous obligerez votre dévoué de c&oelig;ur.»</p>
+
+<p class="right">«<span class="smcap">Alf<sup>d</sup> de Musset.</span>»</p></div>
+
+<p>Que signifie ce <i>Petit Cardillac des Enfants Rouges</i>? Je
+n'ai pu trouver le sens de ce surnom et l'expliquer mieux
+que M. H. Jouin. En janvier 1828, David d'Angers fut victime
+d'une tentative d'assassinat, à trois pas de l'Abbaye,
+derrière Saint-Germain-des-Prés. La rue des Enfants-Rouges
+allait de la rue Porte-Foin à celle des Quatre-Fils;
+c'est aujourd'hui la rue des Archives. Quel rapport
+peut-il y avoir entre Cardillac, l'orfèvre assassin des
+<i>Contes</i> d'Hoffmann, et l'assassin de David? la rue de
+l'Abbaye, où s'est passé le drame de 1828, et cette rue du
+Quartier du Temple?</p>
+
+<p>Le médaillon de David a été reproduit par la gravure:</p>
+
+<p>1<sup>o</sup> En 1876, eau-forte in-32 par Waltner, pour l'édition
+des <i>&OElig;uvres</i> d'Alfred de Musset dans la collection dite
+Petite Bibliothèque Charpentier. (Salon de 1876, n<sup>o</sup> 4004).</p>
+
+<p>2<sup>o</sup> En 1877, eau-forte in-18 par Martinez, pour l'édition
+des <i>&OElig;uvres</i> à la librairie Lemerre. (Salon de 1877, n<sup>o</sup> 4165).</p>
+
+<p>3<sup>o</sup> En 1889, eau-forte in-8<sup>o</sup> par F. Courboin, publiée
+dans l'<i>Artiste</i> du 1<sup>er</sup> janvier 1890.</p>
+
+<p>4<sup>o</sup> En 1896, gravure in-8<sup>o</sup> sur bois par Florian, publiée <span class="pagenum"><a name="Page_6" id="Page_6">6</a></span>
+comme frontispice de <i>Les Nuits</i>, par Alfred de Musset.
+(Paris, Pelletan, 1896. 1 vol. in-8<sup>o</sup>).</p>
+
+<p>5<sup>o</sup> En 1898, pointe-sèche in-4<sup>o</sup>, gravée par Bracquemond
+d'après le médaillon (la figure est renversée) et tirée à
+dix épreuves, numérotées et signées par le graveur; après
+ce tirage restreint, le cuivre a été verni et encadré.</p>
+
+<p>Voir l'ouvrage intitulé: <i>David d'Angers, sa vie, son
+&oelig;uvre, par H. Jouin</i>. (Paris, Plon, 1877, 2 vol. in-4<sup>o</sup>) et un
+article de Théophile Gautier dans le <i>Moniteur Universel</i>
+du 4 mai 1868.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>CARICATURES PAR LUI-MÊME</b></p>
+
+<p class="s">1833-1834.</p>
+
+<p>Pendant les quelques mois que dura l'entente cordiale
+de George Sand et d'Alfred de Musset, à Paris comme à
+Venise, le poète fit plusieurs fois sa propre charge. Ces
+caricatures, dessinées à la mine de plomb, existent sur
+deux albums: celui de George Sand, qui appartient
+aujourd'hui à M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul,
+et celui d'Alfred de Musset, qui est entre les mains de sa
+s&oelig;ur, M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p>
+
+<p>1<sup>o</sup> Le poète chevelu, 1833 (Album de G. Sand). De
+face, à mi-jambe, les deux mains dans ses poches; taille
+de guêpe serrée dans une redingote boutonnée; tête piriforme,
+de chaque côté de laquelle se relèvent les boucles
+enroulées d'une luxuriante chevelure. Il a été fait une
+reproduction lithographique in-8<sup>o</sup>, tirée à 25 exemplaires
+qui ont été joints au tirage à part de notre article intitulé:
+«Quelques &oelig;uvres inédites ou peu connues
+d'Alfred de Musset», publié dans la <i>Revue d'Histoire
+littéraire de la France</i> du 15 janvier 1898.</p>
+
+<p>2<sup>o</sup> Alfred de Musset et George Sand, décembre 1833
+(Album d'A. de Musset). En buste, de face, coiffures et
+costumes plus ou moins vénitiens. Non reproduit.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_7" id="Page_7">7</a></span> 3<sup>o</sup> «Ballade», 1834. (Album de G. Sand). En pied, vu
+de dos, canne à la main droite. Au fond, à droite, église
+et son clocher, que surmonte la lune, «comme un point
+sur un i». Imite le dessin d'un enfant. Dessiné sur
+papier jaune, non reproduit.</p>
+
+<p>4<sup>o</sup> «Don Juan allant emprunter dix sous, pour payer
+son idéale et enfoncer Byron». 1834. (Album de G. Sand).
+En buste, de profil à droite, fumant un énorme cigare.
+Long nez et cheveux lissés, légers favoris. Non reproduit.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>THÉOPHILE GAUTIER</b></p>
+
+<p class="s">1835.</p>
+
+<p>Portrait-charge en pied d'Alfred de Musset et d'Honoré
+de Balzac, gravé sur bois par Géniole, d'après un dessin
+de Théophile Gautier, publié dans le <i>Mercure de France</i>
+du 15 juillet 1835.</p>
+
+<p>Les deux écrivains sont l'un près de l'autre. A gauche,
+Alfred de Musset, vu de dos, les jambes écartées, la
+taille serrée dans sa redingote, et coiffé d'un chapeau
+haut de forme, lance en l'air la fumée de sa cigarette.
+A droite, Balzac, vu de profil, au ventre proéminent,
+tient de ses deux mains, derrière son dos, sa fameuse
+canne et son chapeau.</p>
+
+<p>Une réduction de ces deux portraits a été publiée
+dans <i>La Vie Moderne</i> des 26 juillet et 9 août 1879.</p>
+
+<p>En 1883, la vignette du <i>Mercure de France</i> a été fac-similée
+à l'eau-forte par Louis Charbonnel. Il a été fait
+un tirage ordinaire sur Hollande in-4<sup>o</sup> et un tirage de
+luxe à 26 épreuves en noir et 15 épreuves en sanguine
+sur Japon 1/2 colombier. (Imprimerie Lemercier.)</p>
+
+<p>Le livre de M. Adolphe Jullien, <i>Le Romantisme et
+l'Éditeur Eugène Renduel</i> (Paris, Charpentier et Fasquelle,
+1897. 1 vol. in-12) donne page 55 un nouveau fac-similé <span class="pagenum"><a name="Page_8" id="Page_8">8</a></span>
+vignette, et le <i>Mois Littéraire</i> de
+juin 1899, en publie page 697 une réduction.</p>
+
+<p>En 1883, j'ai retrouvé un fragment du dessin original
+de Théophile Gautier, dessin qui semble avoir été coupé
+en quatre morceaux. Sur celui que je possède, il reste
+Alfred de Musset, vu depuis le milieu environ de la
+basque de son habit; c'est un dessin à la sépia et au
+lavis. Louis Charbonnel l'a fac-similé à l'eau-forte et il
+en a été tiré par l'imprimerie Lemercier 41 épreuves
+en bistre sur Japon 1/2 colombier.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>ROGER DE BEAUVOIR</b></p>
+
+<p class="s">Vers 1835.</p>
+
+<p>Portrait-charge dessiné à la plume: Alfred de Musset
+en pied, vu de dos, brandit d'une main sa canne et de
+l'autre sa cigarette. Reproduit ci-contre.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>CARICATURE PAR LUI-MÊME</b></p>
+
+<p class="s">Vers 1838.</p>
+
+<p>Portrait-charge à mi-jambe, dessiné sur l'album de
+M<sup>me</sup> Caroline Jaubert. Le poète s'est représenté de profil
+à droite, tête énorme, presque toute en nez; jabot de
+dentelle.</p>
+
+<p>L'album où se trouvait ce dessin fut perdu à Paris,
+dans une voiture, par une personne à laquelle M<sup>me</sup> Jaubert
+l'avait confié. Mais il existait de cette charge une
+épreuve photographique <i>unique</i>, tirée par un ami de la
+Marraine, qui l'avait joint à l'exemplaire des <i>&OElig;uvres</i> de
+son filleul; c'est l'original actuel, dont il m'a été permis
+de prendre un cliché photographique.</p>
+
+<p>Pour assurer la conservation de ce dessin, j'en ai fait
+faire un fac-similé sur zinc, dont il n'a été tiré que quelques
+épreuves, données à des amis.</p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/014_s.jpg" width="200" height="287"
+alt="Musset caricature" title="" /></div>
+
+<p class="center"><a href="images/014_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_9" id="Page_9">9</a></span></p>
+
+<p class="p2 c"><b>EUGÈNE LAMI</b></p>
+
+<p class="s">1841.</p>
+
+<p>Portrait en pied, dessiné au trait, en sanguine, et dont
+la tête seule est ombrée. Signé: «E. L. 1841.» Le poète
+est représenté de profil à gauche, la tête nue; de la
+main droite, il tient son chapeau appuyé sur sa cuisse;
+le bras gauche est replié derrière le dos, et dans la main
+gauche sont des gants. Il est vêtu d'un frac déboutonné,
+à collet de velours; pantalon rayé, cravate montante,
+toute la barbe. La tête seule est terminée.</p>
+
+<p>Le dessin original appartient à la Comédie-Française,
+à laquelle M. Alexandre Dumas fils en a fait don.
+H.: 0.180&mdash;L.: 0.065.</p>
+
+<p>La pose, trop affectée, n'est pas celle d'Alfred de Musset,
+m'ont dit plusieurs personnes qui ont connu le poète.</p>
+
+<p>Ce dessin a été reproduit: 1<sup>o</sup> En fac-similé à l'eau-forte,
+par Legenisel: A. En 1874, de la grandeur de l'original.
+(Salon de 1874, n<sup>o</sup> 3502).&mdash;B. En 1876, format
+in-32, pour être joint à un volume des <i>&OElig;uvres</i> d'Alfred
+de Musset dans la Petite Bibliothèque
+Charpentier.&mdash;C. En 1878, format in-12, tiré à très petit nombre et non
+mis dans le commerce.</p>
+
+<p>2<sup>o</sup> Gravé sur bois, in-8<sup>o</sup>, en noir, dans l'<i>Univers Illustré</i>
+du 4 mars 1882.</p>
+
+<p>3<sup>o</sup> Par des procédés divers, in-12 et in-32, dans la
+<i>Revue Encyclopédique</i> du 14 novembre 1896, le <i>Magasin
+littéraire</i> du 1<sup>er</sup> décembre 1896, les <i>Annales politiques et
+littéraires</i> du 6 décembre 1896.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>CARICATURE PAR LUI-MÊME</b></p>
+
+<p class="s">1842.</p>
+
+<p>Tête de profil, au nez démesuré, dessinée à la mine de
+plomb par Alfred de Musset, sur son album, à Lorey. <span class="pagenum"><a name="Page_10" id="Page_10">10</a></span>
+Les cheveux longs tombent à plat autour de la tête;
+front aplati, menton rentrant, moustache tombante,
+col montant.</p>
+
+<p>En 1876, il a été fait une reproduction à l'eau-forte,
+réduite de moitié environ, par les soins de l'éditeur
+Charpentier; cette charge devait être jointe à l'un des
+volumes des <i>&OElig;uvres</i> dans la Petite Bibliothèque Charpentier;
+mais il fut décidé que l'édition ne donnerait
+que des portraits <i>sérieux</i>, et le cuivre, après avoir été
+tiré à 75 exemplaires sur papier vergé in-18, fut effacé.
+Aucun exemplaire n'a été mis dans le commerce.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>BIARD</b></p>
+
+<p class="s">(Sans date).</p>
+
+<p>Quel est ce portrait et où se trouve-t-il? C'est ce qu'il
+m'a été impossible de savoir. La fille du peintre, M<sup>me</sup> la
+baronne Double, n'a pu, malgré son bon vouloir, me
+fournir aucun renseignement.</p>
+
+<p>Toutefois, M<sup>me</sup> veuve Martelet, qui s'appelait Adèle
+Colin lorsqu'elle était gouvernante d'Alfred de Musset,
+m'a fait voir une petite photographie, format carte de
+visite, faite chez Pexme, 20, Chaussée-d'Antin, à Paris,
+photographie toute jaunie et déjà un peu effacée, que
+son maître lui avait donnée certain soir, vers 1844 ou
+1845, en lui disant que c'était la reproduction d'un portrait
+qu'un peintre venait de faire de lui. Alfred de Musset
+est représenté en pied, de trois quarts à droite, la main
+gauche enfoncée dans la poche de son pantalon, le bras
+droit appuyé sur le fût d'une colonne; redingote dont le
+seul bouton du haut est boutonné, pantalon uni. Le
+poète n'a pas le ruban de la Légion d'honneur, ce qui
+prouve que ce portrait est antérieur au 30 avril 1845.&mdash;Serait-ce
+une photographie du portrait de Biard? Alfred
+de Musset n'a pas prononcé le nom du peintre en remettant <span class="pagenum"><a name="Page_11" id="Page_11">11</a></span>
+la photographie à M<sup>lle</sup> Colin, qui ne connaît pas le
+portrait de Biard.</p>
+
+<p>En 1877, la librairie Charpentier joignait à l'un des
+volumes de l'édition in-32 des <i>&OElig;uvres</i> d'Alfred de Musset,
+un portrait gravé à l'eau-forte par Monziès «d'après une
+photographie prise d'après nature». Suivant les renseignements
+qui m'ont été fournis parla famille de Musset,
+Alfred de Musset n'a jamais été directement photographié.
+La tête du portrait de Monziès ressemble à celle de
+la photographie de Pexme. Une reproduction en phototypie
+de la photographie de Pexme, est publiée dans <i>Dix
+Ans chez Alfred de Musset</i>, par M<sup>me</sup> Martelet, née Adèle
+Colin. (Paris, Chamuel, 1899. 1 vol. in-12).</p>
+
+<p class="p2 c"><b>RIFFAUT</b></p>
+
+<p class="s">1845.</p>
+
+<p>Portrait à mi-corps, dessiné et gravé à la manière noire
+par A. Riffaut, publié dans l'<i>Artiste</i> du 18 janvier 1846.
+C'est un médaillon ovale, placé dans un encadrement
+rectangulaire, représentant Alfred de Musset presque de
+face, jusqu'à la hauteur des genoux. La tête, de trois
+quarts à droite, est découverte; cheveux longs, toute
+la barbe; le bras gauche est replié et le pouce gauche
+enfoncé dans la poche du gilet; le bras droit pend le
+long du corps, et de la main droite le poète tient une
+canne. Pantalon uni, décoration.</p>
+
+<p>La pose est raide et ni la ligure ni le regard n'ont
+d'expression.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>MADEMOISELLE MARIE MOULIN</b></p>
+
+<p class="s">1848.</p>
+
+<p>Miniature peinte par M<sup>lle</sup> Marie Moulin, cousine
+d'Alfred de Musset et figurant au Salon de 1848 (n<sup>o</sup> 3411.
+Trois miniatures: Alfred de Musset, Paul de Musset <span class="pagenum"><a name="Page_12" id="Page_12">12</a></span>
+et M<sup>me</sup> M***.) C'est un portrait de face, à mi-corps, barbe
+légèrement taillée, frac déboutonné, gilet à fleurs très
+ouvert, tête découverte, cravate montante. L'original
+appartient à M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p>
+
+<p>Reproductions: 1<sup>o</sup> Photographie 18x24 exécutée par
+la maison Bingham, 50, rue de La Rochefoucauld, à
+Paris, pour la famille de Musset, et non mise dans le
+commerce.</p>
+
+<p>2<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte par Burney, faite en 1887 pour
+l'édition des <i>Nouvelles</i> d'Alfred de Musset publiées en
+1 vol. in-8<sup>o</sup> à la librairie Conquet. (Imp. Chardon.)</p>
+
+<p class="p2 c"><b>EUGÈNE GIRAUD</b></p>
+
+<p class="s">(Sans date).</p>
+
+<p>Portrait-charge, dessiné et peint à l'aquarelle, représentant
+Alfred de Musset en pied, avec une très grosse
+tête sur un tout petit corps. L'original faisait partie de
+la collection de M. de Nieuwerkerke, et on a pu le voir
+quai Malaquais, à l'Exposition des Maîtres Français de
+la Caricature, qui fut faite à l'École des Beaux-Arts au
+mois d'avril 1888 (n<sup>o</sup> 440 du catalogue). Actuellement,
+cette collection est en Italie: M. de Nieuwerkerke est
+mort, ses héritiers habitent près de Lucques, en Toscane,
+et il est à craindre que toute cette réunion des
+charges de nos meilleurs écrivains, ne soit perdue pour
+la France.</p>
+
+<p>Ce portrait d'Alfred de Musset n'a pas été reproduit.
+L'<i>Illustration</i> du 5 mai 1888 donne ceux d'A. Houssaye
+et d'A. Dumas.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>TRICHON <span class="smcap">et</span> C. F.</b></p>
+
+<p class="s">1853.</p>
+
+<p>Portraits d'Alfred de Musset et de Berryer, «les deux
+derniers Académiciens», gravés sur bois par Trichon, <span class="pagenum"><a name="Page_13" id="Page_13">13</a></span>
+d'après C. F. (Faxardo?) et publiés à mi-page dans le
+<i>Musée des Familles</i> de novembre 1853, tome <span class="smcap">XXI</span>,
+page 61.</p>
+
+<p>Alfred de Musset, de trois quarts, est à gauche; Berryer
+est de face, à droite. Le poète est représenté jusqu'au
+dessous de la ceinture, le bras droit tombant, le gauche
+légèrement replié; il est vêtu d'une redingote ouverte,
+cravate montante, cheveux longs, toute la barbe. La
+note suivante accompagne les portraits:</p>
+
+<div class="blockquot">
+«L'image de M. de Musset, nommé en même temps que
+M. Berryer et reçu l'année dernière, on se souvient avec
+quel succès, était digne d'accompagner sur la même page
+celle du grand orateur auprès duquel il va s'asseoir. Ces
+deux derniers Académiciens seront certainement deux des
+premiers sur les bancs des Quarante.»
+</div>
+
+<p class="p2 c"><b>PROSPER MÉRIMÉE</b></p>
+
+<p class="s">Vers 1853.</p>
+
+<p>Tête de profil, dessinée à la plume par P. Mérimée,
+pendant une séance de l'Académie Française et donnant
+un Alfred de Musset plus vieilli que nature... ou endormi.</p>
+
+<p>L'original de ce portrait appartient à M. le Vicomte
+de Spoelberch de Lovenjoul, qui, en 1891, a bien voulu
+m'autoriser à le l'aire fac-similer sur pierre et tirer à
+quelques épreuves sur vergé in-4<sup>o</sup> (Imprimerie Lemercier),
+dont aucune n'a été mise dans le commerce.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>LANDELLE</b></p>
+
+<p class="s">1854.</p>
+
+<p>Portrait dessiné au pastel, en 1854, par Charles Landelle
+et exposé au Salon de 1855 (n<sup>o</sup> 5480).</p>
+
+<p>Alfred de Musset est de profil, en buste, tête nue, les
+yeux tournés à droite; il porte toute sa barbe, les cheveux <span class="pagenum"><a name="Page_14" id="Page_14">14</a></span>
+rejetés en arrière sur le col; cravate montante, faisant
+plusieurs tours. Il est vêtu d'une redingote boutonnée,
+ornée du ruban de la Légion d'honneur.</p>
+
+<p>C'est le portrait le plus connu et le plus répandu. M<sup>me</sup>
+Lardin de Musset, à laquelle je m'étais adressé pour
+savoir quel était le véritable original, m'écrivit le
+17 octobre 1882: «L'original du portrait de Landelle est
+le beau pastel qui est chez Madame Lardin de Musset.
+L'aquarelle de la Comédie-Française en est la copie
+faite par Pollet<a name="FNanchor_2" id="FNanchor_2" href="#Footnote_2" class="fnanchor">[2]</a>. Le portrait à l'huile du Musée de
+Versailles est une copie du pastel, faite par Landelle
+lui-même, mais moins bonne que le pastel.» Alfred
+de Musset avait cependant posé pour cette reproduction:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center"><i>Monsieur Alfred de Musset</i><br />
+Rue du Monthabor, 6.</p>
+
+<p class="right">«Mardi 10 octobre 1854.</p>
+
+<p class="left5">«Mon cher monsieur de Musset,</p>
+
+<p>«Je viens réclamer de votre obligeance une séance pour
+terminer le portrait <i>peint</i> que je dois donner au Théâtre-Français.</p>
+
+<p>«Si vous voulez bien me fixer <i>d'avance</i> le jour dont vous
+pourrez disposer la semaine prochaine, je m'arrangerai pour
+n'avoir pas modèle.</p>
+
+<p>«Veuillez de nouveau croire à mes témoignages de sympathie
+et d'affection.</p>
+
+<p class="right">«<span class="smcap">C. Landelle.</span>»</p>
+
+<p>«Vous seriez bien gentil de venir déjeuner dimanche
+matin à 11 h. à l'atelier et de m'amener Arago, si vous le
+trouvez sur votre chemin.</p>
+
+<p>«Réponse S. V. P.»</p></div>
+
+<p>Nombreuses en sont les reproductions, mais toutes ne
+sont pas heureuses ni ressemblantes, par suite d'un
+défaut au nez, défaut causé par une ombre sur le pastel, <span class="pagenum"><a name="Page_15" id="Page_15">15</a></span>
+qui est généralement traduite par une bosse dans les
+reproductions.</p>
+
+<p>1<sup>o</sup> Photographie remontée sur bristol in-4<sup>o</sup>, exécutée
+par la maison Bertsch et Arnaud, en 1854, d'après le
+pastel original.</p>
+
+<p>2<sup>o</sup> Photographie format carte de visite, tirée, en 1854,
+par la maison Bingham, sur le pastel original, pour la
+famille de Musset, et non mise dans le commerce.</p>
+
+<p>3<sup>o</sup> Gravure in-32 sur acier par Gervais, (Imprimerie
+Chardon), faite d'après le portrait de Landelle, figure
+renversée, publiée dans la <i>Biographie d'A. de Musset par
+E. de Mirecourt</i>. (Paris, Roret, 1854, 1 vol. in-32).</p>
+
+<p>4<sup>o</sup> Gravure in-4<sup>o</sup> sur bois par A. Greppi, publiée dans
+le <i>Triboulet et Diogène</i> du 13 mai 1857. Très mauvaise
+exécution; on y remarque ce changement que le bas du
+buste est drapé dans un manteau.</p>
+
+<p>5<sup>o</sup> Gravure in-4 sur acier par Pollet; médaillon ovale
+de H.: 0.150, L.: 0.105, publié dans l'<i>Artiste</i> du 3 janvier
+1858, exposé au Salon de 1859 (n<sup>o</sup> 3638). (Imprimerie
+Drouart). Bonne reproduction, à laquelle M. Taxile
+Delord consacre une étude dans le <i>Magasin de Librairie</i>
+du 10 mai 1859.</p>
+
+<p>6<sup>o</sup> Gravure in-8<sup>o</sup> sur acier par Daguin, avec encadrement
+rectangulaire, faite en 1865 et exposée au Salon
+de 1866 (n<sup>o</sup> 3119). H.: 0.178. L.: 0.112.</p>
+
+<p>7<sup>o</sup> Gravure in-4<sup>o</sup> sur acier par Léopold Flameng:
+médaillon ovale, entouré d'un cartouche rectangulaire
+et de branches de laurier. Publiée primitivement à la
+librairie Charpentier, dans l'édition in-4<sup>o</sup> des <i>&OElig;uvres</i>
+d'Alfred de Musset, dite de souscription; puis jointe à
+toutes les éditions in-4<sup>o</sup> et in-8<sup>o</sup> des <i>&OElig;uvres</i>, comportant
+les figures de Bida.&mdash;Il existe des épreuves d'artiste,
+avant la lettre, ne donnant que le médaillon, sans aucun
+encadrement.&mdash;Exposée au Salon de 1867 (n<sup>o</sup> 2610).</p>
+
+<p>8<sup>o</sup> Gravure in-8<sup>o</sup> sur acier par Adrien Nargeot, publiée <span class="pagenum"><a name="Page_16" id="Page_16">16</a></span>
+dans la <i>Revue du XIX<sup>e</sup> siècle</i> du 1<sup>er</sup> mai 1866. Médaillon
+ovale, porté par un socle, avec encadrement rectangulaire,
+sur fond haché. H.: 0.128. L.: 0.088.</p>
+
+<p>9<sup>o</sup> Photographie in-32, faite par Colin en 1867, pour
+l'édition des <i>&OElig;uvres</i> d'Alfred de Musset en 10 vol.
+in-32, ornée de la reproduction photographique des
+dessins de Bida.</p>
+
+<p>10<sup>o</sup> Gravure sur acier, exécutée en 1867 par Goutière:
+médaillon ovale, fermé par un cordon de perles, dans
+un encadrement rectangulaire quadrillé, avec ornements.
+H.: 0.088. L.: 0.065. Sans nom d'imprimeur ni d'éditeur.
+Tirage in-folio sur Chine monté avant lettre, in-4<sup>o</sup>
+sur blanc avant lettre, et in-8<sup>o</sup> sur vélin avec lettre (Salon
+de 1867, n<sup>o</sup> 2621).</p>
+
+<p><span class="smcap">C'est, d'après la déclaration même de M</span><sup>me</sup><span class="smcap"> Lardin
+de Musset, le portrait le plus ressemblant de son
+frère Alfred.</span> L'artiste a su reconnaître que, sur le pastel
+original, la tache qui se voit au nez est une ombre portée de
+l'arcade sourcillière et non pas l'effet d'une protubérance.
+Tout le travail de gravure est d'une très grande finesse.</p>
+
+<p>11<sup>o</sup> Gravure in-32 sur acier par Goutière, avec fac-similé
+de la signature d'Alfred de Musset. Publié en tête
+du tome I des <i>Poésies</i> d'Alfred de Musset. (Charpentier,
+1867,2 vol. in-32).</p>
+
+<p>Une contrefaçon de ce portrait a été publiée à Bruxelles,
+avec fac-similé de la signature au bas du médaillon; on
+y a joint le fac-similé de la première strophe autographe
+de la <i>Ballade à la Lune</i>. Épreuves en noir et en
+sanguine, très mauvaise exécution.</p>
+
+<p>12<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte par Mongin, faite en 1876
+pour l'édition des <i>&OElig;uvres</i> d'Alfred de Musset à la librairie
+Lemerre. (10 vol. in-18).</p>
+
+<p>13<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte par Le Rat, d'après le portrait de
+Landelle, avec des modifications dans le costume, publiée
+en 1876 dans l'édition des <i>&OElig;uvres</i> à la librairie Lemerre.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_17" id="Page_17">17</a></span> 14<sup>o</sup> Gravure in-32 à l'eau-forte par Flameng, publiée
+en 1876 dans les <i>&OElig;uvres</i>, collection de la Petite Bibliothèque
+Charpentier.</p>
+
+<p>15<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte par Hanriot, figure renversée.
+Tirage sur Hollande in-4<sup>o</sup> et in-8<sup>o</sup>, sans nom d'imprimeur
+ni d'éditeur.</p>
+
+<p>16<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte et pointe-sèche par Lessore,
+figure renversée. Éditée en 1878, à la librairie Rouquette.
+Imp. de V<sup>ve</sup> Cadart. Épreuves sur Hollande in-4<sup>o</sup> et in-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p>17<sup>o</sup> En 1879, M. Mazerolle, dans son plafond de la salle
+de la Comédie-Française, a représenté Alfred de Musset
+dans un de ses groupes; la tête est faite d'après le portrait
+de Landelle; le poète, drapé dans son manteau, est
+placé aux côtés d'Alexandre Dumas.</p>
+
+<p>L'<i>Illustration</i> du 2 août 1879 donne une gravure de ce
+plafond.</p>
+
+<p>En 1882, M. Raphaël Breynat a gravé sur bois une
+reproduction de ce plafond pour le livre <i>Paris</i> (Librairie
+Rothschild). (Salon de 1882, n<sup>o</sup> 5211).</p>
+
+<p>18<sup>o</sup> <i>Programme de la représentation extraordinaire,
+donnée au Palais du Trocadéro, le dimanche 9 mai 1880.</i>
+(Imp. Motteroz, 4 pages in-4<sup>o</sup>). Parmi les ornements
+lithographies du titre, se trouve une reproduction du
+médaillon de Landelle.</p>
+
+<p>19<sup>o</sup> Gravure in-32 sur bois, sans signature et d'une
+très mauvaise exécution, publiée dans <i>Alfred de Musset
+et Edgar Quinet enfants, par V. Tinayre</i>. (Paris, Keva,
+1881, 1 vol. in-32).</p>
+
+<p>20<sup>o</sup> Gravure in-8<sup>o</sup> sur acier, sans encadrement, par
+Adrien Nargeot, publiée dans <i>Souvenirs poétiques de
+l'École Romantique, par Ed. Fournier</i>. (Paris, Laplace,
+1880, 1 vol. in-8).</p>
+
+<p>21<sup>o</sup> Gravure in-8 sur bois par Thiriat, publiée dans la
+<i>Lecture Rétrospective</i> du 5 juillet 1890.</p>
+
+<p>22<sup>o</sup> Gravure sur cuivre, à la pointe-sèche, par Adrien <span class="pagenum"><a name="Page_18" id="Page_18">18</a></span>
+Nargeot, exécutée en octobre 1891 et destinée primitivement
+à orner l'édition du conte <i>La Mouche</i>, par Alfred
+de Musset, publiée à la librairie Ferroud. M. Lalauze
+ayant gravé toutes les vignettes du volume, fit une nouvelle
+planche du portrait qui fut donnée dans le livre à
+la place de celle de M. Nargeot.&mdash;Finement gravé.</p>
+
+<p>23<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte par Lalauze, publiée dans
+<i>La Mouche</i>, par Alfred de Musset. (Paris, Ferroud,
+1891, 1 vol. in-8<sup>o</sup>. Imp. Wittmann).</p>
+
+<p>24<sup>o</sup> Dans le médaillon rond, renfermant le double
+portrait de George Sand et d'Alfred de Musset, gravé à
+l'eau-forte par Abot, qui orne le titre de l'édition de <i>La
+Confession d'un enfant du siècle</i>, publiée en 1891 chez
+Quantin, 1 vol. in-8<sup>o</sup>; le buste du poète est la reproduction
+à peu près exacte du portrait de Landelle, ce qui est un
+anachronisme, <i>la Confession</i> étant de 1835 et le portrait,
+de 1854.</p>
+
+<p>25<sup>o</sup> Je possède une épreuve in-4<sup>o</sup> sur Japon, sans date
+et sans nom d'imprimeur ni d'éditeur, d'un portrait
+d'Alfred de Musset, gravé à la pointe-sèche par Loys Delteil.
+Musset est représenté à mi-corps, presque de face,
+le bras droit replié et la main passée dans l'ouverture
+de sa redingote; le bras gauche pend le long du corps.
+La tête est inspirée par le portrait de Landelle.</p>
+
+<p>26<sup>o</sup> Le <i>Programme de la soirée du 7 Octobre 1896</i>,
+donnée à la Comédie-Française en l'honneur de LL.
+MM. le Czar et la Czarine (Stern, graveur, 1 f. in-4<sup>o</sup>),
+présente parmi son ornementation une reproduction
+du médaillon de Landelle.</p>
+
+<p>27<sup>o</sup> Enfin, dans le commerce, on trouve des reproductions
+photographiques de ce portrait, trop noires en
+général, format carte-album et carte de visite, éditées
+par la maison Charles Jacotin.</p>
+
+<p>Il existe encore d'autres reproductions du pastel de
+Landelle, dans des revues et des journaux illustrés, un <span class="pagenum"><a name="Page_19" id="Page_19">19</a></span>
+entre autres, in-8<sup>o</sup>, gravée sur bois par Collette, dont il
+m'a été impossible de retrouver la provenance; j'en ai
+rencontré jusque sur des titres de morceaux de musique.
+Tous ces portraits pèchent en général par leur exécution
+et ne sont, pour le plus grand nombre, que des <i>clichages</i>
+n'offrant aucun intérêt artistique.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>GAVARNI</b></p>
+
+<p class="s">1854.</p>
+
+<p>Portrait en pied, in-4<sup>o</sup>, lithographie par Gavarni, et
+publié dans la série des <i>Contemporains illustres</i>. (Imp.
+Lemercier).</p>
+
+<p>Musset est presque de face, les yeux tournés à droite,
+cheveux longs, toute la barbe. De la main droite, il tient
+une canne, le bout en avant; le bras gauche, appuyé sur
+la hanche, est recouvert par un vaste manteau qui,
+enveloppant les épaules et le buste, descend jusqu'aux
+genoux. Paysage au fond.&mdash;H: 0.345; L: 0.222. Trait
+rectangulaire, cintré dans la marge supérieure; sous le
+portrait, fac-similé de la signature.</p>
+
+<p>Le reproche qu'on peut adresser à ce portrait, est de
+représenter un Alfred de Musset plus vieilli qu'il n'était
+en réalité.</p>
+
+<p>1<sup>o</sup> Reproduction partielle du buste seul, figure renversée,
+sans le manteau, gravée sur bois et publiée dans
+le <i>Monde illustré</i> du 9 mai 1857 et dans l'<i>Almanach des
+célébrités contemporaines</i>. (1 vol. in-8<sup>o</sup>, p. 26).</p>
+
+<p>2<sup>o</sup> Fac-similé de la lithographie originale gravé sur
+bois par Pistho, publiée dans l'<i>Illustration</i> du 16 mai 1857.</p>
+
+<p>3<sup>o</sup> Gravure sur bois in-12, non signée, représentant
+Alfred de Musset à mi-corps, publiée comme frontispice
+de l'<i>Almanach de la littérature, du théâtre et des beaux-arts</i>
+pour 1858, par J. Janin. (Paris, Pagnerre. 1 vol.
+in-12 carré).</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_20" id="Page_20">20</a></span>
+4<sup>o</sup> Lithographie in-4<sup>o</sup>, semblable à l'original et probablement
+tirée sur la même pierre, publiée dans le <i>Panthéon
+des Illustrations françaises au XIX<sup>e</sup> siècle, par Victor
+Frond</i>. (Paris, Abel Pilon, 1865-1873. 17 vol. in-folio.)</p>
+
+<p>5<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte par Boilvin, ne donnant que
+le haut du buste, exécutée en 1876, pour l'édition des
+<i>&OElig;uvres</i> à la librairie Lemerre.</p>
+
+<p>6<sup>o</sup> Réduction in-32, gravée à l'eau-forte par A. Leroy,
+en 1876, pour l'édition des <i>&OElig;uvres</i> dans la Petite Bibliothèque
+Charpentier.</p>
+
+<p>7<sup>o</sup> Reproduction du buste seul, gravé sur bois, dans
+<i>El Libéral</i> (Madrid) du 11 novembre 1898 pour accompagner
+une Notice sur A. de Musset, par Tello Tellez.</p>
+
+<p>Voir: <i>Gavarni, l'homme et l'&oelig;uvre, par E. et J. de
+Goncourt</i>. (Paris, Plon, 1873. 1 vol. in-8<sup>o</sup>, pages 153 et 401.)&mdash;<i>L'&OElig;uvre
+de Gavarni, par Armelhaut et Bocher</i> (Paris,
+Librairie des Bibliophiles, 1873. 1 vol. in-8<sup>o</sup>, p. 13).</p>
+
+<p class="p2 c"><b>NADAR</b></p>
+
+<p class="s">1857.</p>
+
+<p>Portrait-charge in-32, gravé sur bois par Diolot,
+d'après un dessin de Nadar, publié dans la 1<sup>re</sup> livraison
+des <i>Binettes Contemporaines, par Joseph Citrouillard</i>,
+(Commerson). (Paris, Havard, 1857. 2 vol. in-32).</p>
+
+<p>Musset, orné d'une énorme tête sur un tout petit corps,
+et vu de profil, se promène, en costume d'académicien,
+devant les lions de l'Institut. Une main dans sa poche,
+tenant de l'autre son chapeau derrière son dos, il roule
+de gros yeux et semble désespéré d'avoir un nez aussi
+phénoménal que celui dont on l'a doté.</p>
+
+<p>La tête de ce portrait se trouve lithographiée sous le
+n<sup>o</sup> 13 du <i>Panthéon Nadar</i>. (Prime du Figaro. 1 feuille
+in-plano grand aigle).</p>
+
+<p>En 1883, M. Louis Charbonnel a gravé en fac-similé à <span class="pagenum"><a name="Page_21" id="Page_21">21</a></span>
+l'eau-forte le bois de Nadar; les quelques épreuves tirées
+à l'imprimerie Lemercier n'ont pas été mises dans le
+commerce.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>BARRE</b><br />
+<i>Le tombeau d'Alfred de Musset.</i><br />
+<span class="s">1859.</span></p>
+
+<p>Buste en marbre blanc, sculpté par Auguste Barre et
+placé sur le tombeau d'Alfred de Musset, au cimetière
+du Père-Lachaise, à Paris.</p>
+
+<p>Des reproductions de ce buste, également en marbre,
+se trouvent chez M<sup>me</sup> Lardin de Musset et à l'Académie
+Française.</p>
+
+<p>On trouve dans le commerce des photographies 18×24
+du Tombeau et par conséquent du buste. En outre, buste
+et tombeau ont été gravés:</p>
+
+<p>1<sup>o</sup> Sur bois, dans l'<i>Illustration</i> du 4 mai 1861.</p>
+
+<p>2<sup>o</sup> A l'eau-forte, par Abot, en 1877, format in-32, pour
+l'édition des <i>&OElig;uvres</i> dans la Petite Bibliothèque Charpentier.</p>
+
+<p>Auguste Barre était un ami d'Alfred de Musset, qui
+s'était plusieurs fois essayé chez lui en l'art du statuaire.
+Certain jour que le poète devait l'aller voir, un événement
+inattendu l'en ayant empêché, il lui envoya ce
+billet:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="left5">«Mon cher ami,</p>
+
+<p>«Je vous écris de chez M<sup>lle</sup> Rachel, qui me garde à dîner.
+Ainsi, ne m'attendez donc pas ce soir. A bientôt.</p>
+
+<p class="left5">«A vous,</p>
+
+<p class="right">«<span class="smcap">Alf<sup>d</sup> M<sup>t</sup>.</span>»</p>
+
+<p>«J'ai ébauché une belle petite chatte. J'ai employé d'abord
+un couperet de cuisine, puis mes mains, puis vos petits
+bâtons. J'ai tout lieu de croire que ce sera admirable, mais
+dans ce moment-ci, mon idéal a encore un torticolis et une
+fluxion. Venez donc voir ça.»</p>
+</div>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_22" id="Page_22">22</a></span> C'est sans doute à cause de cette intimité que Paul de
+Musset s'adressa à M. Barre pour le buste qui devait
+orner le tombeau de son frère. Ce tombeau, qui se
+trouve au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, est construit
+sur les plans donnés par l'architecte Anatole Jal,
+dans la grande avenue qui mène à la chapelle centrale;
+il est élevé sur un emplacement concédé par
+l'État, aux frais de la famille de Musset et de l'éditeur
+Charpentier:</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="center">«<i>A Monsieur le Préfet de la Seine.</i></p>
+
+<p class="right">«Paris, 8 juin 1857.</p>
+
+<p class="left5">«Monsieur le Préfet,</p>
+
+<p>«Alfred de Musset, dont la mort prématurée cause en ce
+moment une émotion si profonde, est né à Paris. Comme la
+plupart des grands poètes, il ne laisse point de fortune.
+Dans une élégie touchante, que tout le monde connaît, il a
+exprimé le v&oelig;u suivant:</p>
+
+<p class="left30">
+Mes chers amis, quand je mourrai,<br />
+Plantez un saule au cimetière;<br />
+J'aime son feuillage éploré,<br />
+La pâleur m'en est douce et chère,<br />
+Et son ombre sera légère<br />
+A la terre où je dormirai.</p>
+
+<p>«Afin de pouvoir répondre au désir formulé dans ces vers,
+je prends la liberté de m'adresser à vous, Monsieur le Préfet,
+pour obtenir la concession gratuite au Cimetière de l'Est,
+d'un terrain de cinq ou six mètres carrés, espace rigoureusement
+nécessaire à l'érection d'un tombeau modeste, orné
+d'un buste en marbre, offert par le statuaire Barre, et accompagné
+d'un saule pleureur.</p>
+
+<p>«Le poète si justement regretté n'est pas seulement une
+des gloires de la France; il est aussi un enfant de Paris, et
+j'ose espérer que sa ville natale voudra bien accorder à l'un
+des esprits les plus aimables et les plus aimés qu'elle ait
+produit, une dernière demeure digne de lui.</p>
+
+<p>«Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma
+haute considération.</p>
+
+<p class="right">«<span class="smcap">Paul de Musset.</span>»</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_23" id="Page_23">23</a></span> «Je recommande à la bienveillance de Monsieur le Préfet
+de la Seine la demande de M. Paul de Musset; que le v&oelig;u
+exprimé d'une manière si poétique et si touchante, par son
+frère, soit rempli. La Ville de Paris doit un tombeau à un
+poète né dans ses murs et dont la mémoire ne finira jamais.</p>
+
+<p class="right">«<span class="smcap">P. Mérimée.</span>»</p>
+
+<p>«Je me joins bien cordialement à mon confrère M. Mérimée.</p>
+
+<p class="right">«<span class="smcap">Empis.</span>»</p>
+
+<p>«Le saule que demande ce jeune et charmant poète, aura
+des pèlerins; à présent, ceux qui l'ont aimé, et toujours, ceux
+qui sauront aimer et lire la poésie impérissable.&mdash;Puisse
+la Ville de Paris planter et renouveler perpétuellement cet
+arbre mélancolique sur sa tombe.</p>
+
+<p><span class="smcap">«Alfred de Vigny.</span>»</p>
+
+<p>«Je me joins à mes confrères dans le v&oelig;u qu'ils expriment
+en faveur d'un des rares poètes dont le nom survivra.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">Sainte-Beuve</span>,<br />
+de l'Académie Française.»</p></div>
+
+<p>Mais M. le baron Haussmann, préfet de la Seine,
+n'était pas partisan de ce projet et trouva mille prétextes
+pour en ajourner l'examen. Paul de Musset, dans
+le but d'obtenir la concession nécessaire au tombeau, fit
+agir d'autres influences:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center"><i>«A Monsieur Alfred Arago.</i></p>
+
+<p class="left5">«Mon cher Alfred,</p>
+
+<p>«On me fait observer que M. Delmas ayant promis à Jal
+que la pétition déjà lancée serait classée parmi celles que
+l'Empereur doit lire et non parmi celles dont on lui rend
+compte, il serait convenable, avant de tenter une autre démarche,
+d'attendre le résultat de celle-là. Il n'y a pas de raison
+pour que ce résultat ne soit pas favorable. Je ne demande
+qu'un appui dans l'accomplissement d'un devoir pieux, et
+je me sens très fort sur ce terrain. Le Conseil Municipal a
+été pressenti: tous les membres à qui on en a parlé, ont été
+d'avis que le rapport fût présenté. M. Husson a fait ce rapport <span class="pagenum"><a name="Page_24" id="Page_24">24</a></span>
+et l'a porté à la signature: M. le Préfet a refusé de le
+signer. Il n'y a pas d'autre obstacle.</p>
+
+<p>«Pendant ce temps-là, Charpentier me proposait d'ouvrir
+une souscription pour l'achat du terrain, disant que les frais
+en seraient couverts en quelques jours. Je ne l'ai pas voulu,
+pour l'honneur de la Ville de Paris, car il ne faut pas se
+dissimuler que tout cela est de l'histoire, et qu'on lira le
+récit de ces détails dans cinq cents ans.</p>
+
+<p>«Dites toujours au Prince Impérial<a name="FNanchor_3" id="FNanchor_3" href="#Footnote_3" class="fnanchor">[3]</a> combien je suis
+touché de l'intérêt qu'il prend à cette affaire et des paroles
+chaleureuses qu'il vous a fait entendre. Malgré la démarche
+dont je dois, par convenance, attendre le résultat, un mot
+de lui au Préfet ne peut pas nuire.</p>
+
+<p>«A bientôt, mon cher Alfred, et tout à vous.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">Paul de Musset.</span></p>
+
+<p class="left5">«Vendredi, 27 novembre 1857.»</p></div>
+
+<p>La parcelle de terrain fut enfin obtenue... par achat et
+le tombeau aussitôt érigé.</p>
+
+<p>L'exhumation eut lieu le 23 mars 1858.</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="center">«<i>A Monsieur le Sénateur, Préfet de la Seine.</i></p>
+
+<p class="right">«Paris, le 12 mai 1858.</p>
+
+<p class="left5">«Monsieur le Préfet,</p>
+
+<p>«J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien autoriser le
+remboursement de la somme qui doit me revenir sur le
+prix d'un terrain de deux mètres au cimetière de l'Est, acquis
+conditionnellement le 3 mai 1857, pour la sépulture de Louis-Charles-Alfred
+de Musset, mon frère, décédé le 2 du même
+mois; ce terrain étant devenu libre par suite de l'exhumation
+faite le 23 mars 1858 et de la réinhumation dans un terrain
+de trois mètres 38 c., acquis le 29 décembre 1857, sous le
+numéro 936. Ci-joint le certificat de M. le Conservateur du
+cimetière de l'Est.</p>
+
+<p>«Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma
+haute considération.</p>
+
+<p><span class="right smcap">Paul de Musset.</span><br />
+<span class="left5">«Rue des Pyramides, 8.»</span></p></div>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_25" id="Page_25">25</a></span> M. Paget, dans l'<i>Illustration</i> du 4 mai 1861, décrit
+ainsi le tombeau:</p>
+
+<p class="blockquot">
+«Le monument dont nous donnons ici la figure, a 2<small>m</small> de
+large sur 2<small>m</small>20 de haut. La partie supérieure, forme médaillon
+placé dans le fronton, porte la tête de Minerve, symbole
+de l'Institut. Au-dessous du piédouche qui supporte le buste
+en marbre d'Alfred de Musset, tel qu'il était peu de temps
+avant sa mort, on a sculpté la lyre, la plume, avec une
+palme et une branche de laurier, attributs du poète illustre.
+Dans un cartel placé sous ces attributs, sont gravés six vers,
+extraits d'une élégie touchante que tout le monde connaît;
+elle est intitulée <i>Lucie</i>:</p>
+
+<p class="left30">Mes chers amis, quand je mourrai,<br />
+Plantez un saule au cimetière;<br />
+J'aime son feuillage éploré,<br />
+La pâleur m'en est douce et chère,<br />
+Et son ombre sera légère<br />
+A la terre où je dormirai.</p>
+
+<p>«...Enfin, sur les deux cippes parallèles, sont gravés: d'un
+côté, quatre titres d'&oelig;uvres en vers: <i>Namouna</i>, <i>Rolla</i>,
+<i>Mardoche</i>, <i>Les Nuits</i>; de l'autre, trois titres d'ouvrages en
+prose: <i>Un Caprice</i>, <i>Lorenzaccio</i>, <i>Frédéric et Bernerette</i>.»</p>
+
+<p>Un saule pleureur est placé près du tombeau qu'il
+recouvre de ses branches; mais le pauvre arbre a bien
+peu de terre et il faut le remplacer souvent, ce à quoi
+veilla d'abord le frère et veille aujourd'hui la s&oelig;ur du
+poète. Fréquemment, des mains amies vont y déposer
+des fleurs et tous les ans, le 2 mai, une manifestation a
+lieu, organisée par des jeunes gens enthousiastes et des
+admirateurs de l'auteur des <i>Nuits</i>.</p>
+
+<p>Le 9 mai 1880, une représentation extraordinaire fut
+donnée au Palais du Trocadéro, organisée par MM.
+Grippa de Winter, Buchelbry, Raymond Bonnial, le
+comité des fêtes du Quartier-Latin, l'école de M. Talbot
+et les délégations des Facultés de Bruxelles, Lille, Liège,
+etc..., sous la présidence d'honneur de M. Paul de <span class="pagenum"><a name="Page_26" id="Page_26">26</a></span>
+Musset. Une quête fut faite par M<sup>mes</sup> Sarah Bernhardt,
+Leslino, Hess, Schriwanech, etc..., dont le produit devait
+être affecté à l'embellissement de la tombe d'Alfred de
+Musset, quête contre laquelle protesta Paul de Musset
+par cette lettre adressée au <i>Figaro</i>:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center">«<i>A Monsieur le Rédacteur du</i> Figaro.</p>
+
+<p class="right">«Le 10 mai 1880.</p>
+
+<p class="left5">«Monsieur le Rédacteur,</p>
+
+<p>«L'état de ma santé ne m'a pas permis d'assister hier,
+9 mai, à la représentation extraordinaire qui a eu lieu dans
+la salle du Trocadéro, en l'honneur d'Alfred de Musset. Mais
+je viens d'apprendre qu'une quête, organisée par des dames,
+a été faite, malgré ma défense, dont le produit est destiné
+à l'embellissement de la tombe d'Alfred de Musset.</p>
+
+<p>«Je proteste contre cette étrange prétention d'<i>embellir</i>
+la tombe de mon frère. Cette tombe est connue de toute la
+terre par la photographie; elle n'a besoin d'aucun embellissement,
+et je ne permettrai à personne d'y porter les mains.</p>
+
+<p>«Si le saule pleureur a été gelé, le jardinier du cimetière
+le remplacera; il est payé pour cela. Que ces dames portent
+des couronnes et des fleurs tant qu'elles voudront, elles ne
+seront pas les seules. Mais l'entretien du tombeau n'appartient
+qu'à la famille du poète.</p>
+
+<p>«Je vous serai très obligé, monsieur le Rédacteur, si vous
+voulez bien prêter à ma protestation le secours de votre
+grande publicité.</p>
+
+<p>«Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération la
+plus distinguée.</p>
+
+<p class="right">«<span class="smcap">Paul de Musset.</span>»</p></div>
+
+<p>A l'occasion de cette fête, on moula le buste d'A. de
+Musset, dû au ciseau de Barre, et ce buste fut couronné
+au cours de la représentation; moule et buste sont
+depuis lors chez M<sup>me</sup> Lardin de Musset. Un programme,
+orné d'une vignette lithographiée par H. Dillon, fut
+imprimé.</p>
+
+<p>Le <i>Petit Journal</i> du 2 novembre 1891 donne une petite <span class="pagenum"><a name="Page_27" id="Page_27">27</a></span>
+vignette du tombeau, qu'accompagne un article descriptif.</p>
+
+<p>A propos de la manifestation du 3 mai 1892, M. Paul
+Ferrier composa une pièce de vers «Sur la tombe
+d'Alfred de Musset»:</p>
+
+<p class="left30 font90">Portez des fleurs au cimetière,<br />
+Les fleurs du printemps que j'aimai<br />
+Les lilas à la grappe altière<br />
+Et les pâles roses de mai;<br />
+Venez avec une prière<br />
+Sur la tombe où je dormirai.<br />
+<b>. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .</b></p>
+
+<p>que publièrent le <i>Gaulois</i> du 8 mai 1892 et la <i>Semaine
+Politique et Littéraire</i> du 6 novembre de la même
+année.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>MEZZARA</b></p>
+
+<p class="s">1865.</p>
+
+<p>Buste en marbre, sculpté par Mezzara en 1865 et dont
+la physionomie semble inspirée principalement par le
+portrait de Landelle. Alfred de Musset est représenté de
+trois quarts à gauche, le col découvert, la cravate retombant
+au milieu de la poitrine, les épaules drapées dans
+un manteau. Sur le socle, on lit: «Alfred de Musset, né
+à Paris le 11 décembre 1810, mort le 2 mai 1857.»</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="center">«<i>A Monsieur Alfred Arago.</i></p>
+
+<p class="right">«20 avril 1865.</p>
+
+<p class="left5">«Mon cher Alfred,</p>
+
+<p>«Le buste de Mezzara est terminé. Je le trouve vraiement
+très ressemblant. On a dit à l'auteur qu'on lui enverrait
+l'Inspecteur des Beaux-Arts. Tâchez donc que ce soit vous,
+car un autre n'ayant pas connu mon frère ne pourrait point
+juger de la ressemblance, qui est une chose très importante.</p>
+
+<p>«Je voudrais bien que ce buste fût mis dans le foyer de
+la Comédie-Française. Il y serait bien à sa place. M. Mezzara
+<span class="pagenum"><a name="Page_28" id="Page_28">28</a></span>
+m'a l'air d'un homme très modeste, sans protections, comme
+beaucoup de gens de talent. Il ne semble pas que ce soit une
+raison de l'abandonner. Tâchez de faire quelque chose pour
+lui.</p>
+
+<p class="left5">«Tout à vous,<br />
+<span class="right smcap">«Paul de Musset.</span>»</p>
+
+<p class="p2 center">«<i>A Monsieur Alfred Arago.</i></p>
+<p class="right">«10 février 1868.</p>
+<p class="left5">«Mon cher Alfred,</p>
+
+<p>«J'ai revu pour la dernière fois le buste de mon frère
+dans l'atelier de M. Mezzara et je l'ai trouvé parfait. Ma s&oelig;ur
+et moi, nous avons presqu'été scandalisés de ne plus trouver
+une seule observation à faire à l'auteur sur la ressemblance.
+M. Mezzara a réellement beaucoup de talent. Il pense avec
+raison que le foyer de la Comédie Française sera pour lui la
+meilleure des expositions. Je suis aussi pressé que lui de
+voir ce beau buste dans les rangs des Corneille et des
+Molière. Faites écrire à l'artiste de vous l'envoyer. Édouard
+Thierry l'attend.</p>
+
+<p>«Je vous serre la main bien cordialement et suis tout à
+vous.</p>
+
+<p class="right">«<span class="smcap">Paul de Musset.</span>»</p></div>
+
+<p>Le buste est placé dans la galerie du Foyer public au
+théâtre de la Comédie-Française: «Musset, le poète
+aimé qui revit dans l'&oelig;uvre de Mezzara, dit M. René
+Delorme, reçoit chaque jour de pieuses visites. Souvent,
+des groupes s'arrêtent pour le contempler; aucune
+physionomie ne reste indifférente alors: les unes
+s'assombrissent, les autres s'éclairent, double hommage
+de regret et d'admiration<a name="FNanchor_4" id="FNanchor_4" href="#Footnote_4" class="fnanchor">[4]</a>.»</p>
+
+<p>Quatre reproductions: 1<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte in-32
+par A. Lamotte, faite en 1876 pour l'édition des <i>&OElig;uvres</i>
+dans la Petite Bibliothèque Charpentier.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_29" id="Page_29">29</a></span>
+2<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte par Monziès, en 1877, pour
+l'édition in-18 des <i>&OElig;uvres</i> à la librairie Lemerre.</p>
+
+<p>3<sup>o</sup> Peinture sur émail faite en 1881 par M<sup>me</sup> Rosine
+Mezzara.</p>
+
+<p>4<sup>o</sup> Glyptographie in-4<sup>o</sup>, publiée en tête du tome I de
+l'édition populaire illustrée des <i>&OElig;uvres</i> à la librairie
+Charpentier, 1889. (5 vol. in-4<sup>o</sup>).</p>
+
+<p class="p2 c"><b>EUGÈNE LAMI</b></p>
+
+<p class="s">1879.</p>
+
+<p>Dans le portrait d'Alfred de Musset peint en 1879 par
+M. Eugène Lami, le poète est représenté à mi-corps,
+de trois quarts, la figure à droite. Il est appuyé sur la
+tablette d'une cheminée et de la main gauche tient un
+livre à demi fermé.</p>
+
+<p>Gravé à l'eau-forte par Waltner, pour l'édition in-32
+des <i>&OElig;uvres</i> dans la Petite Bibliothèque Charpentier.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>PIERRE GRANET</b></p>
+
+<p class="s">1882.</p>
+
+<p>Statue en pied, exécutée en 1882 par Pierre Granet, et
+figurant au Salon de la même année. Alfred de Musset est
+représenté de face; de la main gauche, il tient son chapeau
+appuyé sur la cuisse; son bras droit est replié, et,
+dans la main droite, il tient un stick et des gants; un
+long manteau, tombant de l'épaule droite, lui couvre
+une partie du dos.</p>
+
+<p>Cette statue a été inspirée pour la pose et l'attitude
+par les portraits en pied d'Eugène Lami et de Gavarni;
+pour la figure, beaucoup par celui de M<sup>lle</sup> Marie Moulin
+et un peu par celui de Landelle. Elle était primitivement
+destinée au concours ouvert par la Ville de Paris pour
+l'ornementation des façades de l'Hôtel de Ville; mais, par <span class="pagenum"><a name="Page_30" id="Page_30">30</a></span>
+suite de circonstances indépendantes de sa volonté,
+M. Granet n'ayant pu prendre part à ce concours, il
+présenta son &oelig;uvre à M<sup>me</sup> Lardin de Musset qui l'accepta
+et, à son tour, proposa à la Société des Gens de lettres
+de dresser cette statue sur l'une des places publiques de
+Paris; mais, comme on le verra plus loin, ce projet
+échoua. Aujourd'hui, cette statue est au Louvre.</p>
+
+<p>Une reproduction a été gravée à l'eau-forte à la fin de
+l'année 1882 par Louis Charbonnel, pour servir de frontispice
+à ma <i>Bibliographie des &OElig;uvres d'Alfred de Musset</i>
+(Rouquette, 1883, gr. in-8<sup>o</sup>). Voir dans le <i>Salon de 1882</i>
+édité chez Baschet, (1 vol. in-4<sup>o</sup>, p. 253), le jugement porté
+par M. Philippe Burty sur cette statue. Une contrefaçon
+en phototypie, un peu réduite, de l'eau-forte de Charbonnel,
+est publiée dans <i>A Selection from the Poetry and
+comedies of Alf. de Musset</i>, edited by Oscar Kuhns.
+(Boston, 1895, in-8<sup>o</sup>).</p>
+
+<p class="p2 c"><b>IDRAC</b></p>
+
+<p class="s">1883.</p>
+
+<p>Statue en pied, exécutée en 1883 par M. J.-M.-A. Idrac
+et placée dans l'une des niches de la façade de l'Hôtel de
+Ville de Paris, côté du quai, pavillon de droite,
+1<sup>er</sup> étage.</p>
+
+<p>Alfred de Musset est de face: la main gauche, glissée
+dans la poche de son pantalon, soulève le pan de sa
+redingote; la main droite émerge en avant, sortant des
+plis du manteau, qui, tombant de l'épaule, recouvre le
+bras droit qui le soutient.</p>
+
+<p>Une reproduction par M. D. Cauconnier se trouve
+page 145 de l'ouvrage intitulé: <i>Les Statues de l'Hôtel de
+Ville, par Georges Veyrat</i>. (Paris, ancienne librairie
+Quantin, 1892, 1 vol. gr. in-8<sup>o</sup>.)&mdash;<i>L'Art</i> du 1<sup>er</sup> octobre
+1892 donne également le dessin de cette statue.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_31" id="Page_31">31</a></span></p>
+<p class="p2 c"><b>FALGUIÈRE <span class="smcap">et</span> MERCIÉ</b><br />
+<i>Monument d'Alfred de Musset.</i></p>
+
+<p>Il y a vingt-deux ans que l'on parle, si je ne me
+trompe, d'élever une statue à Alfred de Musset, et je
+crois que ce fut M. Félix Platel qui, le premier, en eut
+l'idée; il écrivait dans le <i>Figaro</i> du 27 juin 1877:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«....Un autre poète français, Ponsard, que j'ai beaucoup
+connu, a déjà sa statue. Musset ne l'a pas, quoique bien
+plus grand. C'est que Musset est parisien, et seule, la province
+élève des statues à ses compatriotes.... Pour le poète
+immortel, coupez dans la carrière une belle tranche de
+marbre. Musset! C'est toi et moi, ô lecteur! C'est l'homme
+fait d'âme et de chair, que vous aimez, avez aimé ou aimerez,
+ô lectrice! C'est notre jeunesse!&mdash;<span class="smcap">Ignotus</span>».</p>
+</div>
+
+<p>Trois ans plus tard, le 9 décembre 1880, dans le même
+journal, Émile Zola revient sur cette idée, alors qu'il
+était question d'ériger une statue à Balzac:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«....O Paris ingrat! s'il te faut des gloires littéraires, où
+est la statue de Musset, ce grand poète du siècle, le plus
+humain et le plus vivant? où est celle de Théophile Gautier,
+cet artiste parfait...?»</p></div>
+
+<p>Mais ce n'étaient encore que propos d'atelier ou de
+salon et c'est seulement en 1887 qu'on tenta réellement
+de mettre ce projet à exécution. M. Marquet de Vasselot,
+auteur de la statue de Lamartine qui se dresse à Passy,
+offrit de sculpter gratuitement une statue à Alfred de
+Musset. Un comité se forma, présidé par Arsène Houssaye<a name="FNanchor_5" id="FNanchor_5" href="#Footnote_5" class="fnanchor">[5]</a>.&mdash;D'autre
+part, M<sup>me</sup> Lardin de Musset s'entendait
+avec la Société des Gens de Lettres et lui soumettait
+une maquette par Pierre Granet, exécutée depuis 1882.
+Mais la Société, occupée de la statue de La Fontaine, <span class="pagenum"><a name="Page_32" id="Page_32">32</a></span>
+n'eut pas le temps ou ne voulut pas s'occuper de celle
+d'Alfred de Musset<a name="FNanchor_6" id="FNanchor_6" href="#Footnote_6" class="fnanchor">[6]</a>.</p>
+
+<p>En 1888, cette même Société des Gens de Lettres, sur
+la proposition de M. Philibert Audebrant, décidait qu'un
+Congrès littéraire international serait ouvert à Paris
+en 1889, qui devait coïncider avec le centenaire de 1789
+et l'Exposition Universelle, et que trois statues seraient
+érigées à Balzac, A. de Musset et V. Hugo, mais cette
+décision resta toujours à l'état de v&oelig;u.</p>
+
+<p>Pendant que ces divers projets s'élaboraient sans
+aboutir, un riche Américain, M. Osiris, agissait: il
+mettait à la disposition du Conseil municipal de Paris
+la somme nécessaire à l'érection d'un monument;
+MM. Falguière et Mercié, de l'Institut, seraient chargés
+de son exécution: M. Mercié, de la statue elle-même,
+M. Falguière, du piédestal et des allégories qui l'orneront.
+<i>La Cocarde</i>, du 27 février 1889, le décrit ainsi:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«....Ce monument se compose d'un piédestal sur lequel
+est placée la statue du poète; une figure allégorique,
+représentant la Jeunesse, dépose des fleurs à ses pieds.
+MM. Falguière, Mercié et Osiris ont demandé, pour y
+édifier leur &oelig;uvre, le terre-plein situé devant la Comédie-Française.»</p>
+</div>
+
+<p>Le Conseil Municipal préférait voir la statue de
+Musset s'élever sur le square situé devant l'église Saint-Augustin.</p>
+
+<p>La même année 1889 voit se former un nouveau
+comité ayant pour but d'ériger par souscription une
+statue à Alfred de Musset<a name="FNanchor_7" id="FNanchor_7" href="#Footnote_7" class="fnanchor">[7]</a>. Cette affiche fut placardée
+un peu partout:</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_33" id="Page_33">33</a></span></p>
+<div class="blockquot">
+
+<p class="p2 c">SOUSCRIPTION<br />
+<i>ouverte par la Jeunesse de France<br />
+pour élever une statue à</i><br />
+ALFRED DE MUSSET</p>
+
+<p class="left5">Camarades,</p>
+
+<p>On parle depuis longtemps d'élever une statue à Alfred de
+Musset. L'heure nous semble venue de passer de la parole à
+l'action. C'est à nous, les jeunes, qu'il appartient de prendre
+l'initiative d'un monument à celui qui est et restera le poète
+des jeunes.</p>
+
+<p class="left5">Camarades,</p>
+
+<p>Vous entendrez notre appel, et bientôt, grâce à vous, Paris
+verra se dresser sur l'une de ses places, l'image impérissable
+d'Alfred de Musset.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">Le Comité.</span></p></div>
+
+<p>Une longue liste de noms suivait. Le comité se subdivisait:
+1<sup>o</sup> En comité d'initiative: MM. Frédéric Giraud
+et Auguste Renucci, secrétaires.&mdash;2<sup>o</sup> En comité d'honneur:
+M. Émile Augier, président. MM. J. Claretie,
+F. Coppée, A. Dumas, L. Halévy, Ed. Pailleron, Ch.
+Buloz, H. Fouquier, A. Houssaye, J. Richepin, F. Sarcey,
+E. Zola, Delaunay, Got, G. Charpentier, etc. Les souscriptions
+étaient reçues à la librairie Lemerre.&mdash;Mais
+912 francs seulement furent recueillis, qui suffirent à
+peine à solder les frais de publicité.</p>
+
+<p>Il ne restait plus que le monument Falguière-Mercié.
+Plusieurs maquettes furent successivement modelées.</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>1891. Le <i>Gaulois</i>, 13 avril.&mdash;«....Musset est représenté
+assis, les yeux fixés sur un livre. Devant lui, passe une figure
+allégorique, la Muse de la Poésie, effeuillant des fleurs dans
+l'espace. L'ensemble est imposant et d'une grâce empreinte
+de mélancolie. Le monument aura environ 7<sup>m</sup> 50 de hauteur.
+Les deux grands sculpteurs espèrent que leur &oelig;uvre sera
+achevée vers le mois de juillet.»</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_34" id="Page_34">34</a></span> 1892. Le <i>Temps</i>, 26 février.&mdash;«....On verra dans la partie
+inférieure, une Muse, foulant d'un pied léger le soubassement,
+se tourner au passage vers le poète; du bras droit,
+elle tiendra une lyre appuyée contre sa poitrine; elle déposera
+de la main gauche une palme aux pieds du chantre des
+<i>Nuits</i>, que M. Mercié représentera assis, les jambes croisées,
+sur une roche, et le bras appuyé sur son genou, le menton
+dans sa main, méditant.»</p>
+</div>
+
+<p>Dans une lettre que publie l'<i>Événement</i> du 18 août 1892,
+M. Osiris déclare que le monument est presque terminé,
+et cependant les mois et les années se passent sans
+qu'Alfred de Musset ait sa statue. La cause de ce retard?
+La raison donnée est que MM. Mercié et Falguière
+attendent que le Conseil municipal leur désigne l'emplacement,
+pour savoir quelles proportions ils doivent
+donner à leur monument. De son côté, le Conseil
+municipal déclare attendre que MM. Falguière et Mercié
+aient terminé leur &oelig;uvre avec ses dimensions pour
+désigner l'emplacement. Le <i>Gaulois</i> du 29 octobre 1896
+s'étonne à bon droit d'un pareil retard, alors que depuis
+plus de deux ans la maquette est acceptée par le Conseil
+municipal, et, sans résultat du reste, demande des
+explications. Le plus ennuyé est M. Osiris, qui, sur la
+somme de quarante mille francs à laquelle la Commission
+des Beaux-Arts a évalué le prix du Monument, en a
+versé dix mille et voudrait remettre le surplus aux
+mains du Conseil municipal.</p>
+
+<p>A la fin de l'année 1897, M. Falguière se retire de
+l'association:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«....Il a considéré, d'accord avec son ami Mercié, que ce
+serait trop de deux auteurs pour une &oelig;uvre qui ne saurait
+être de dimensions très grandes. Et comme M. Mercié était
+chargé de la figure principale, il a été convenu que le même
+artiste s'occuperait également des motifs accessoires....»</p></div>
+
+<p>Telle est l'explication que donne le <i>Figaro</i> du
+10 octobre 1897. Je crois que l'ennui causé par tous ces
+<span class="pagenum"><a name="Page_35" id="Page_35">35</a></span>
+retards est la véritable raison de la retraite de M. Falguière.
+Et, à mon humble avis, il se passera bien du
+temps encore, avant que nous ne voyions la statue
+d'Alfred de Musset se dresser à Paris, sur une place
+publique; cependant, l'Exposition universelle de 1900
+présente une excellente occasion d'inaugurer ce monument.</p>
+
+<p>M. Antonin Mercié reste donc seul chargé de l'exécution.
+Le <i>Figaro</i> du 17 janvier 1898 donne la description
+de la maquette du dernier projet:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«....Mercié nous a montré une cire représentant Alfred
+de Musset assis sur un banc, un livre à la main, un manteau
+tombant de ses épaules, le regard perdu dans un rêve.
+Ingres n'eût pas mieux dessiné l'élégant poète dandy, que
+Mercié nous a rendu vivant: «C'est tout. Peut-être encore
+sur le piédestal, un bas-relief donnant quelques scènes des
+proverbes. Cela dépendra de l'ampleur du monument,
+c'est-à-dire de la place que va me désigner le Conseil.»</p></div>
+
+<p>L'emplacement désigné sera probablement le petit
+terre-plein de la place du Théâtre-Français, qui fait face
+à la rue Saint-Honoré, et sur lequel donne l'entrée des
+artistes de la Comédie Française; on le débarrassera
+des édicules qui l'encombrent. Il avait également été
+question d'ériger la statue d'Alfred de Musset, place de la
+Sorbonne, au milieu de la jeunesse des Écoles; ce projet
+semble abandonné.</p>
+
+<p>Quant à la <i>physionomie</i> elle-même de la statue,
+M. Mercié l'a composée d'après les portraits exécutés
+du vivant d'Alfred de Musset et les données que lui
+fournirent diverses personnes, parents et amis, ayant
+connu le poète. M<sup>me</sup> Lardin de Musset a remis au
+sculpteur des vêtements portés par l'auteur de <i>Un Caprice</i>
+et est même venue poser pour les yeux et le haut de la
+figure qu'elle a semblables à ceux de son frère.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_36" id="Page_36">36</a></span></p>
+<p class="p2 c"><b>PORTRAITS DIVERS</b></p>
+
+<p>I.&mdash;Portrait-charge dessiné par Alfred de Musset sur
+l'album de son ami Alfred Tattet. M<sup>me</sup> Tattet avait bien
+voulu me faire voir ce portrait; mais aujourd'hui cette
+dame est morte et j'ignore lequel de ses héritiers le
+possède actuellement.</p>
+
+<p>II.&mdash;Un matin de l'année 1882, le graveur Louis
+Charbonnel m'apporta un portrait peint à l'huile sur
+une toile collée sur carton fort; il prétendait que c'était
+Alfred de Musset par Eugène Delacroix: le poète
+était représenté en buste, de face et vêtu d'une chemise
+de femme. Je ne pouvais discuter avec lui l'authenticité
+du Delacroix, car il avait sous ce rapport beaucoup plus
+de connaissances que moi; mais, ce que je pus lui affirmer,
+c'est que son tableau me semblait une affreuse
+croûte et que ce n'était sûrement pas Alfred de Musset.
+Charbonnel n'en voulut pas moins graver à l'eau-forte ce
+portrait, le réduisant à peu près au quart, et me donna
+le cuivre. Cet ami est mort en 1884 et je ne sais ce qu'est
+devenu l'original; quant au cuivre j'en ai, cette même
+année 1884, fait tirer 25 épreuves à l'imprimerie Lemercier
+et l'ai mis au tond d'un de mes tiroirs où il est
+encore.</p>
+
+<p>III.&mdash;Une vignette de Bertall, gravée sur bois par Le
+Blanc: «Panthéon du Diable à Paris: la poésie, la
+philosophie, la littérature», publiée dans le <i>Diable à
+Paris</i>, (Hetzel, 1845, 2 vol. in-4<sup>o</sup>, tome II, page 336),
+renferme un petit portrait-charge d'Alfred de Musset.</p>
+
+<p>IV.&mdash;On prétend qu'Alfred de Musset aurait, sans le
+savoir, été pris comme modèle pour cette gravure de
+modes: «L'Homme du Monde, par Humann, 83,
+rue Neuve-des-Petits-Champs», lithographie in-4<sup>o</sup> par
+Gavarni, publiée dans: <i>Le Voyageur</i>, journal de l'office
+<span class="pagenum"><a name="Page_37" id="Page_37">37</a></span> universel, place de la Bourse, 27. 1847;&mdash;<i>La Mode</i>,
+15 décembre 1847. Puis isolément avec cette légende:
+«L'Homme du Monde au foyer de l'Opéra, par
+Humann.» (Imp. Lemercier.)&mdash;Je ne connais aucune
+preuve à l'appui de ce dire.</p>
+
+<p>V.&mdash;Vignette sur bois non signée, publiée dans le
+<i>Livre des 400 auteurs</i>. (Paris, Bureau du Magasin des
+Familles, 1850, 1 vol. in-4<sup>o</sup>, page 8): «Pourquoi Alfred de
+Musset résiste-t-il avec tant de froideur à la Muse, que
+pour lui échapper il lui laisse aux mains son manteau
+de poète.» La vignette représente la scène de Joseph et
+la femme de Putiphar.</p>
+
+<p>VI.&mdash;Dans l'<i>Album des portraits comiques</i>, contenant
+plus de 100 sujets variés, (Paris, Bureau du Magasin des
+Familles, s. d., in-8<sup>o</sup> oblong), on trouve page 11, un
+portrait-charge d'Alfred de Musset en berger, qui n'est
+autre que le portrait d'Arsène Houssaye.</p>
+
+<p>VII.&mdash;La Comédie des comédiennes, n<sup>o</sup> 2. «C'est une
+belle chose que l'Amour, n'est-ce pas, poète? C'est
+Dieu qui a fait l'Amour!&mdash;Oui, mais c'est le diable
+qui a fait la femme». Lithographie in-4<sup>o</sup> par Cisneros
+d'après Talin, (Imp. Bertauts), publiée dans l'<i>Artiste</i> du
+16 décembre 1855. Ce sont, dit-on, Alfred de Musset et
+Rachel.</p>
+
+<p>VIII.&mdash;Portrait d'Alfred de Musset, tableau par
+M. Eugène Carrière. Salon de 1878 (n<sup>o</sup> 412).</p>
+
+<p>IX.&mdash;En 1881, le libraire et marchand d'estampes
+Fabré vendait un portrait in-8<sup>o</sup>, gravé au vernis mou,
+signé: «Ch. Senties» et portant à côté de ce nom le
+fac-similé de la signature d'Alfred de Musset. J'ignore
+quel personnage M. Ch. Senties a voulu représenter;
+mais, quel qu'il soit, ce n'est pas un portrait d'Alfred de
+Musset.</p>
+
+<p>X.&mdash;Buste en plâtre, par Zacharie Rimbez. Salon
+de 1885 (n<sup>o</sup> 4139).</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_38" id="Page_38">38</a></span>
+XI.&mdash;«Trinité Poétique: Alfred de Musset, Victor
+Hugo, Lamartine.» Tableau par Guillaume Dubuffe.
+Salon de 1888 (n<sup>o</sup> 887).</p>
+
+<p>XII.&mdash;«Collection Prunaire, n<sup>o</sup> 43. Alfred de Musset».
+Portrait in-8<sup>o</sup> colorié, gravé sur bois par A. Prunaire,
+d'après le dessin de E. Loevy, (Picard et Kaan, éditeurs
+à Paris. Imp. de Ch. Unsinger), avec, au verso, une
+notice par H. Mossier. Image donnée en récompense
+dans les écoles.</p>
+
+<p>XIII.&mdash;Caricature in-32, gravée au trait par Malatesta,
+à propos de <i>Lorenzaccio</i>:</p>
+
+<p class="left30 font90">Publiez mes secrets, défigurez mon drame,<br />
+Mais épargnez du moins l'interview à mon âme.</p>
+
+<p>publiée dans l'<i>Illustration</i> du 30 janvier 1897.</p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/044_s.jpg" width="200" height="125"
+alt="end chap portraits" title="" /></div>
+
+<p class="center"><a href="images/044_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_39" id="Page_39">39</a></span></p>
+<p class="c"><b>ALFRED DE MUSSET</b></p>
+
+<p class="s"><b>ET</b></p>
+
+<p class="c"><b>GEORGE SAND</b></p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum invisible"><a name="Page_40" id="Page_40">40</a></span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_41" id="Page_41">41</a></span> Cette étude a paru primitivement dans la <i>Revue de
+Paris</i> du 15 août 1896. Depuis lors, les lettres de George
+Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve ont été publiées.
+Des fragments assez étendus, mais toutefois peu
+corrects quant au texte, des lettres d'Alfred de Musset à
+George Sand, ainsi que beaucoup d'autres documents,
+ont également été mis au jour. Cela a nécessité quelques
+remaniements dans cet article.</p>
+
+<p>Je réponds en même temps à des objections qui m'ont
+été faites et rectifie certaines erreurs de ma relation.
+Enfin, la façon peu courtoise dont une personne qui avait
+eu momentanément entre les mains le dossier réuni
+par moi, n'a pas hésité à le communiquer, à mon insu, à
+d'autres personnes, me permet de parler aujourd'hui de
+choses que j'avais cru devoir taire jusque-là.</p>
+
+<p>Une dame russe, M<sup>me</sup> Wladimir Karenine, vient de
+publier un ouvrage d'érudition intitulé: <i>George Sand,
+sa vie et ses &oelig;uvres</i> (Paris, Ollendorff, 1899; 2 vol. in-8<sup>o</sup>)
+dans lequel on trouve l'analyse de tout ce qui a été écrit
+sur les «amants de Venise», ainsi que quantité de documents
+inédits. Je ne puis en donner le détail, mais j'engage
+le lecteur à consulter cette étude qui est la plus
+complète et «la plus près de la vérité» de celles qui ont
+été écrites sur la question Sand-Musset. Je n'ai pas l'honneur
+de connaître M<sup>me</sup> Karenine, mais je la prie de vouloir
+bien recevoir ici tous mes remerciements pour la
+bonne opinion qu'elle veut bien avoir de moi.</p>
+
+<p class="right">M. C.</p>
+
+<p class="left5">Juillet 1899.</p>
+
+<p><span class="pagenum invisible"><a name="Page_42" id="Page_42">42</a></span></p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_43" id="Page_43">43</a></span></p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/006_s.jpg" width="600" height="167"
+alt="chap2" title="" /></div>
+
+<p class="center"><a href="images/006_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<h2 class="p2">ALFRED DE MUSSET ET GEORGE SAND</h2>
+
+<hr class="c5" />
+
+<p>La <i>Véritable histoire de «Elle et Lui»</i> récemment
+publiée par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul<a name="FNanchor_8" id="FNanchor_8" href="#Footnote_8" class="fnanchor">[8]</a>,
+a rouvert de la façon la plus curieuse, entre Alfred de
+Musset et George Sand, un débat qui ne sera pas décidément
+clos, ni l'équitable jugement prononcé, avant la
+mise en plein jour des lettres échangées par ces amants
+illustres<a name="FNanchor_9" id="FNanchor_9" href="#Footnote_9" class="fnanchor">[9]</a>. La réputation du célèbre <i>Chercheur</i> n'est
+plus à faire et nous nous garderons de dire le bien que
+nous en pensons. Nous ne voulons, à notre tour, que
+joindre au dossier commun quelques pièces authentiques.
+La «véritable histoire» de cette liaison, apparemment,
+ce n'est pas <i>Elle et Lui</i>, ce n'est pas davantage
+<i>Lui et Elle</i>&mdash;et nous ne disons rien de <i>Lui</i>, qui fut
+l'&oelig;uvre d'une personne étrangère au débat, et l'exercice
+<span class="pagenum"><a name="Page_44" id="Page_44">44</a></span> de rancunes particulières:&mdash;on ne saurait préparer
+avec trop de soin le difficile triomphe de la vérité.</p>
+
+<p>Mais, d'abord, adressons l'hommage de notre plus
+respectueuse gratitude à M<sup>me</sup> Lardin de Musset, la s&oelig;ur
+de «Lui»; à M<sup>me</sup> Lina Sand, la veuve du fils d'«Elle»,
+qui ont mis généreusement à notre disposition tous les
+documents qu'elles possèdent. Il nous faut remercier
+aussi M. Alexandre Tattet, qui nous a communiqué les
+lettres adressées à son frère.</p>
+
+<p class="center">*<br />
+*&nbsp;&nbsp;&nbsp;*</p>
+
+<p>Alfred de Musset et George Sand se virent pour la
+première fois au mois d'avril ou de mai 1833. Écrivant
+l'un et l'autre à la <i>Revue des Deux-Mondes</i>, ils avaient
+naturellement l'occasion de se rencontrer; des amis
+communs, Sainte-Beuve surtout, firent le reste. Relations
+de courtoisie littéraire, d'abord: Alfred de Musset
+envoyait des vers à George Sand, <i>Après la lecture d'Indiana</i>,
+datés du 24 juin 1833<a name="FNanchor_10" id="FNanchor_10" href="#Footnote_10" class="fnanchor">[10]</a>, puis des fragments de
+son poème <i>Rolla</i> qu'il écrivait en ce moment. Peu à peu
+leur intimité devint plus grande et George Sand adresse
+à Musset un exemplaire de <i>Lelia</i> portant ces dédicaces:</p>
+
+<p>Tome I: «A Monsieur mon gamin d'Alfred, George.»</p>
+
+<p>Tome II: «A Monsieur le vicomte Alfred de Musset,
+hommage respectueux de son dévoué serviteur, George
+Sand.»</p>
+
+<p>Envoi auquel Musset répond: «Éprouver de la joie à
+la lecture d'une belle chose, faite par un autre, est le
+privilège d'une ancienne amitié. Je n'ai pas ces droits
+auprès de vous, madame; il faut cependant que je vous
+dise que c'est là ce qui m'est arrivé en lisant <i>Lélia</i>...»</p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/051_s.jpg" width="400" height="505"
+alt="George Sand" title="" /></div>
+
+<p class="center"><a href="images/051_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_45" id="Page_45">45</a></span> Dans des stances burlesques fort connues, le <i>Songe du
+Reviewer ou Buloz consterné</i>, Musset chante les rédacteurs
+de la <i>Revue des Deux-Mondes</i>:</p>
+
+<p class="left30 font90">George Sand est abbesse<br />
+Dans un pays lointain;<br />
+Fontaney sert la messe<br />
+A Saint Thomas d'Aquin;<br />
+Fournier, aux inodores,<br />
+Présente le papier,<br />
+Et quatre métaphores<br />
+Ont étouffé Barbier.</p>
+
+<p class="left30 font90">Cette nuit, Lacordaire<br />
+A tué de Vigny;<br />
+Lherminier veut se faire<br />
+Grotesque à Franconi;<br />
+Planche est gendarme en Chine;<br />
+Magnin vend de l'onguent;<br />
+Le monde est en ruine:<br />
+Bonnaire est sans argent!!!<a name="FNanchor_11" id="FNanchor_11" href="#Footnote_11" class="fnanchor">[11]</a></p>
+
+<p>Dans une autre pièce de vers, demeurée inédite,
+Alfred décrit familièrement les soirées de son amie:</p>
+
+<div class="left30 font90">
+<p>George est dans sa chambrette,<br />
+Entre deux pots de fleurs,<br />
+Fumant sa cigarette,<br />
+Les yeux baignés de pleurs.</p>
+
+<p>Buloz, assis par terre,<br />
+Lui fait de doux serments;<br />
+Solange, par derrière,<br />
+Gribouille ses romans.</p>
+
+<p>Planté comme une borne,<br />
+Boucoiran<a name="FNanchor_12" id="FNanchor_12" href="#Footnote_12" class="fnanchor">[12]</a> tout crotté<br />
+Contemple d'un &oelig;il morne<br />
+Musset tout débraillé.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_46" id="Page_46">46</a></span> Dans le plus grand silence<br />
+Paul se versant du thé<br />
+Écoute l'éloquence<br />
+De Menard tout crotté.</p>
+
+<p>Planche, saoul de la veille,<br />
+Est assis dans un coin<br />
+Et se cure l'oreille<br />
+Avec le plus grand soin.</p>
+
+<p>La mère Lacouture<a name="FNanchor_13" id="FNanchor_13" href="#Footnote_13" class="fnanchor">[13]</a><br />
+Accroupie au foyer<br />
+Renverse une friture<br />
+Et casse un saladier.</p>
+
+<p>De colère pieuse,<br />
+Gueroult tout palpitant<br />
+Se plaint d'une dent creuse<br />
+Et des vices du temps.</p>
+
+<p>Pâle et mélancolique<br />
+D'un air mystérieux<br />
+Papet<a name="FNanchor_14" id="FNanchor_14" href="#Footnote_14" class="fnanchor">[14]</a> pris de colique<br />
+Demande où sont les lieux.</p></div>
+
+<p>Débraillé ou non, Musset dessine sur un album la
+charge des habitués de la maison, Rollinat, Gueroult,
+Mérimée, Dumas «charpentant un viol», Sainte-Beuve,
+qu'il appelle le «bedeau du temple de Gnide», Buloz,
+et, après beaucoup d'autres, lui-même, en «ballade à la
+lune», en «Don Juan allant emprunter dix sous», en
+«poète chevelu»<a name="FNanchor_15" id="FNanchor_15" href="#Footnote_15" class="fnanchor">[15]</a>, et, pour se faire pardonner ses
+caricatures, essaye un portrait plus sérieux de Lelia:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_47" id="Page_47">47</a></span></p>
+<p class="left5">«Mon cher George,</p>
+
+<p>«Vos beaux yeux noirs que j'ai outragés hier m'ont trotté
+dans la tête ce matin. Je vous envoyé cette ébauche, toute
+laide qu'elle est, par curiosité, pour voir si vos amis la
+reconnaîtront et si vous la reconnaîtrez vous-même.</p>
+
+<p>«Good night.&mdash;I am gloomy to-day.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Alf<sup>d</sup> de Musset.»</span></p></div>
+
+<p>A la fin du mois d'août, ils sont amants<a name="FNanchor_16" id="FNanchor_16" href="#Footnote_16" class="fnanchor">[16]</a>. Leur vie,
+durant cette période, est semblable à celle des peuples
+heureux et n'a pas d'histoire. Il suffit, à la rigueur, de
+lire ce qui est publié de la correspondance de George
+Sand et de Sainte-Beuve, dans le tome I des <i>Portraits
+contemporains</i>, édition de 1888, et ce que Paul de Musset
+raconte dans la <i>Biographie</i> de son frère. On devine le
+reste. On nous permettra de ne pas les suivre avant leur
+voyage en Italie.</p>
+
+<p class="c p2"><b>I</b></p>
+
+<p class="c">VOYAGE EN ITALIE</p>
+
+<p>Le 12 décembre 1833, dans la soirée, Paul de Musset
+conduisit les deux voyageurs jusqu'à la malle-poste. Ils
+s'arrêtèrent à Lyon, où ils rencontrèrent Stendhal; à
+Avignon, Marseille<a name="FNanchor_17" id="FNanchor_17" href="#Footnote_17" class="fnanchor">[17]</a>, Gênes, et le 28 se trouvaient
+à Florence. Ce fut probablement pendant le court séjour
+qu'ils y firent qu'Alfred de Musset entreprit des recherches
+<span class="pagenum"><a name="Page_48" id="Page_48">48</a></span> sur quelques-uns de ses ancêtres<a name="FNanchor_18" id="FNanchor_18" href="#Footnote_18" class="fnanchor">[18]</a> et trouva
+ce fragment du livre XV des <i>Chroniques Florentines</i> qui
+lui fournit le sujet de <i>Lorenzaccio</i>.</p>
+
+<p>De cette ville, les dates précises nous sont fournies par
+le passeport d'Alfred de Musset:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p><i>Firenze, 28 Dic. 1833. Visto alla Legazione d'Austria per
+Venezia.</i></p>
+
+<p><i>Firenze, 28 Dic. 1833. Visto buono per Bologna et Venezia.&mdash;G.
+Molinari.</i></p>
+
+<p><i>Visto, buono per Bologna&mdash;Dellaca, 29 dicembre 1833.</i></p>
+
+<p><i>Bologna, 29 Dic. 1833. Per la continuazione del suo viaggio
+via di Ferrara.</i></p>
+
+<p><i>Francolino. 30 Dic. 1833. Visto sortire.</i></p>
+
+<p><i>Rovigo, 30 Dic. 1833. Buono per Padova.</i></p>
+
+<p><i>Vu au Consulat de France à Venise. Bon pour séjour. Venise,
+te 19 janvier 1834.&mdash;Le consul de France: Silvestre de Sacy.</i></p>
+</div>
+
+<p>Les divers incidents du voyage, qui, du reste, n'ont
+rien de particulier, sont racontés par George Sand dans
+son <i>Histoire de ma vie</i>, et par Paul de Musset dans la
+<i>Biographie</i> de son frère. Alfred de Musset en a même
+consigné quelques épisodes sur un petit carnet de voyage,
+dessins faits à la hâte, mais qui représentent bien ce
+qu'ils veulent peindre: ce sont d'abord un vieux monsieur
+et une vieille dame, types de provinciaux probablement
+aperçus à travers les vitres d'une portière de
+diligence. Plus loin, un marchand de bibelots offre sa
+pacotille à nos deux voyageurs dont un troisième dessin
+nous donne les portraits. Ce sont ensuite la douane
+de Gênes, et, sur le bateau, la rencontre d'un voyageur
+trop bavard. Puis vient Stendhal, à Pont-Saint-Esprit:
+«Il fut là d'une gaieté folle, dit George Sand, se grisa
+<span class="pagenum"><a name="Page_49" id="Page_49">49</a></span> raisonnablement, et dansant autour de la table avec
+ses grosses bottes fourrées»<a name="FNanchor_19" id="FNanchor_19" href="#Footnote_19" class="fnanchor">[19]</a> fit l'admiration de la
+servante d'auberge. Voici maintenant George Sand se
+masquant le bas de la figure avec son éventail; un autre
+portrait de Stendhal; une tête de vieillard avec cette
+légende: «Il dottor Rebizzo»; et enfin, la dernière
+scène de la traversée: l'auteur, affalé sur le bord du
+bateau, paye son tribut à la mer, tandis que sa compagne
+fume gaillardement une cigarette: «Homo sum
+et nihil humani a me alienum puto»<a name="FNanchor_20" id="FNanchor_20" href="#Footnote_20" class="fnanchor">[20]</a>. A cela vient
+se joindre un autre dessin, sur une feuille séparée, représentant
+«Il signor Mocenigo.»</p>
+
+<p>A Gênes, George Sand avait senti les premières
+atteintes des fièvres du pays; son état ne fit que s'aggraver
+dans la suite du voyage, elle arriva malade à Venise.</p>
+
+<p>Les deux amants s'installèrent sur le quai des Esclavons,
+à l'hôtel Danieli, que tenait il signor Mocenigo.
+Jadis, lord Byron avait habité un palais sur le Grand
+Canal: «<i>Aveva tutto il palazzo, lord Byron</i>», leur dit
+leur hôte. Ce souvenir du poète anglais est demeuré si
+vivace chez Alfred de Musset, que huit ans plus tard, on
+le retrouve dans son <i>Histoire d'un merle blanc</i><a name="FNanchor_21" id="FNanchor_21" href="#Footnote_21" class="fnanchor">[21]</a>:
+«J'irai à Venise et je louerai sur les bords du Grand
+Canal, au milieu de cette cité féerique, le beau palais
+Mocenigo, qui coûte quatre livres dix sous par jour:
+là, je m'inspirerai de tous les souvenirs que l'auteur
+de <i>Lara</i> doit y avoir laissés».</p>
+
+<p>Les premiers temps de leur séjour furent calmes;
+malgré son état maladif, George Sand accompagnait
+Musset, qui, tout en visitant la ville, prenait des notes
+<span class="pagenum"><a name="Page_50" id="Page_50">50</a></span> sur les usages, sur les dénominations des lieux: nous
+avons de lui plusieurs pages d'adresses, de recettes culinaires,
+mots du dialecte vénitien, courtes notices sur des
+familles ou des noms célèbres à Venise, inscriptions
+copiées sur les monuments, tout cela pêle-mêle, au hasard
+des rencontres. Nous voyons là qu'ensemble ils visitèrent
+Chioggia, déjeunèrent au restaurant du Sauvage, à
+Venise, et se promenèrent dans les jardins de Saint Blaise,
+à la Zuecca:</p>
+
+<p class="left30 font90">
+A Saint Blaise, à la Zuecca,<br />
+Vous étiez, vous étiez bien aise,<br />
+<span class="i2">A Saint Blaise;</span><br />
+A Saint Blaise, à la Zuecca,<br />
+Nous étions bien là!....<a name="FNanchor_22" id="FNanchor_22" href="#Footnote_22" class="fnanchor">[22]</a></p>
+
+<p>C'est probablement pendant l'une de ces promenades
+qu'Alfred de Musset recueillit cette chanson italienne,
+retrouvée dans ses papiers, que l'on peut rapprocher de
+la <i>Serenata</i> du D<sup>r</sup> Pagello, dont George Sand cite une
+version non signée dans sa <i>Deuxième lettre d'un voyageur</i>
+et que M. le vicomte de Spoelberch a publiée en entier<a name="FNanchor_23" id="FNanchor_23" href="#Footnote_23" class="fnanchor">[23]</a>:</p>
+
+<p class="left30 font90"><span class="i4 smcap">Le Fou</span></p>
+
+<div class="left30 font90">
+<p>Lascia, lascia, il cimitero<br />
+Siedi tosto a me d'accanto.<br />
+Tra la la! Quel loco e nero!<br />
+Vieni, vieni, io t'amo tanto!<br />
+Amor mio, vieni con me!<br />
+<span class="i2">Povero me!</span></p>
+
+<p>Oh! perche quel caro viso<br />
+Mi nascondi entro una fossa.<br />
+Tra la la! Voglio il tuo riso,<br />
+E mi mostri 'sol quel ossa?<br />
+Amor mio, vieni con me!<br />
+<span class="i2">Povero me!</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_51" id="Page_51">51</a></span></p>
+
+<p>Ecco l'sole e dormi ognora!<br />
+Sorgi su! senti l'amante!<br />
+Tra la la! Che si t'adora,<br />
+Che si strugge a te davante!<br />
+Amor mio, vieni con me<br />
+<span class="i2">Povero me!</span></p>
+
+<p>Eri bella, ora sei brutta,<br />
+Fredda resti ai bacci miei!<br />
+Tra la la! Se mia sei tutta!<br />
+Che mi fa che morta sei!<br />
+Amor mio, vieni con me!<br />
+<span class="i2">Povero me!</span></p></div>
+
+<p class="p2 center"><i>Traduction:</i></p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>Quitte, quitte le cimetière&mdash;Assieds-toi vite auprès
+de moi&mdash;Tra la la! Ce lieu est noir&mdash;Viens, viens, je
+t'aime tant!&mdash;Mon amour, viens avec moi!&mdash;Pauvre
+moi!</p>
+
+<p>Oh! pourquoi ce cher visage&mdash;Se cache-t-il dans une
+tombe?&mdash;Tra la la! je voudrais ton sourire!&mdash;Pourquoi
+ne me montrer que tes os?&mdash;Mon amour, viens
+avec moi!&mdash;Pauvre moi!</p>
+
+<p>Voici le soleil, et tu dors toujours!&mdash;Allons, lève-toi,
+entends le bien aimé!&mdash;Tra la la! qui tellement t'adore&mdash;Qui
+fait tant d'efforts pour aller au-devant de toi&mdash;Mon
+amour, viens avec moi!&mdash;Pauvre moi!</p>
+
+<p>Tu étais belle! A présent tu es laide!&mdash;Tu restes froide
+à mes baisers!&mdash;Tra la la! Puisque tu es toute à moi&mdash;Que
+m'importe que tu sois morte?&mdash;Mon amour,
+viens avec moi!&mdash;Pauvre moi!</p></div>
+
+<p>Mais bientôt George Sand dut garder la chambre et
+son ami continua seul ses excursions.</p>
+
+<p>Alfred de Musset avait écrit plusieurs fois à sa mère
+depuis son départ: de Marseille, de Gênes, de Florence,
+puis de Venise. Les premières lettres parvinrent à leur
+<span class="pagenum"><a name="Page_52" id="Page_52">52</a></span> adresse<a name="FNanchor_24" id="FNanchor_24" href="#Footnote_24" class="fnanchor">[24]</a>; mais vers la fin de janvier, les nouvelles
+cessèrent brusquement. M<sup>me</sup> de Musset s'en plaignit à
+son fils:</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="right">«Paris, ce jeudi, 13 février 1834.</p>
+
+<p>«Il m'est impossible, mon cher enfant, de me rendre
+compte des motifs que tu peux avoir pour me laisser si
+longtemps sans nouvelles, après la promesse que tu m'avais
+faite de m'éviter au moins ce chagrin là. Tu connais ma
+facilité malheureuse à m'inquiéter; si tu lui laisses un libre
+cours, je ne puis pas prévoir où elle me conduira. Ces jours
+derniers, Hermine<a name="FNanchor_25" id="FNanchor_25" href="#Footnote_25" class="fnanchor">[25]</a> était malade, elle a pris un rhume en
+sortant d'un bal chez M<sup>me</sup> Hennequin, qui nous avait invitées.
+Je veillais près d'elle et passais de longues nuits, que l'incertitude
+de ta position, de ta santé, rendaient bien tristes. Le
+matin, j'avais une fièvre nerveuse, la tête me tournait, il me
+semblait que j'allais devenir folle; je pleurais, je marchais à
+grands pas dans ma chambre, cherchais quel moyen je pourrais
+imaginer pour me procurer de tes nouvelles. Enfin,
+j'ai supplié Paul<a name="FNanchor_26" id="FNanchor_26" href="#Footnote_26" class="fnanchor">[26]</a>, après plusieurs jours de cet état intolérable,
+d'aller voir Buloz et de savoir de lui si quelqu'un
+des amis de M<sup>me</sup> Sand avait eu de ses nouvelles. Heureusement
+Buloz avait reçu une lettre de toi, datée du 27 janvier;
+Paul m'a calmé le sang en me rapportant cette nouvelle. Je
+ne suis plus malade, mais je suis bien triste; car il faut que
+tu aies des raisons pour me laisser dans une pareille inquiétude,
+si tu n'es pas malade, ce que cette lettre à Buloz ne
+prouve nullement, puisque je ne l'ai pas lue; au moins, tu
+es ennuyé, lui-même l'a dit à Paul; tu ne te plais plus à
+Venise, peut-être en es-tu parti; je t'écris à tout hasard; ma
+lettre ne te parviendra probablement pas, mais c'est le
+moindre de mes soucis. Je me soulage en t'écrivant; il me
+semble au moins, pendant que je promène ma plume sur ce
+papier, que tu m'entends et que tu vas te hâter de soulager mon
+ennui en m'écrivant bien vite. Fais-le, mon bon fils, si cette
+lettre arrive jusqu'à toi et surmonte la paresse ou le malaise
+<span class="pagenum"><a name="Page_53" id="Page_53">53</a></span> qui t'en a empêché depuis six semaines, car il y a réellement
+tout ce temps que je n'ai reçu un mot de toi. La dernière
+[lettre], qui m'a fait tant de plaisir, est datée du 6 janvier;
+je l'ai relue bien des fois, mais maintenant je ne puis plus la
+relire, elle me fait mal, car cette phrase par laquelle tu la
+termines: «Ne crains pas, ma chère mère, il t'en coûtera des
+ports de lettres...» etc.: n'y a-t-il pas dans cette assurance
+de quoi faire naître les plus vives inquiétudes? Car, qui
+peut te détourner d'une si bonne et si chère résolution, que
+des accidents graves ou un état d'abattement causé par la
+maladie? Je sens, mon cher enfant, que si rien de tout cela
+n'existe, je vais l'ennuyer par mes doléances; mais figure
+toi un peu ce que c'est que d'être à trois cents lieues de son
+fils chéri, et de ne savoir à quels saints se vouer pour savoir
+s'il existe ou s'il est mort, assassiné, noyé, que sais-je? Il y
+a de quoi en perdre l'esprit et c'est ce que je fais.</p>
+
+<p>«Nous avons passé un triste carnaval.... (Détails sur les
+bals où elle était invitée avec sa fille.)</p>
+
+<p>«Je ne sais pas si tu as reçu les deux lettres que je t'ai
+adressées à Venise? La première était adressée poste restante,
+à Venise; la seconde, quai des Esclavons ou bureau
+restant. Mais j'avais mis sur l'adresse <i>Monsieur de Musset</i>
+sans le prénom d'<i>Alfred</i>; je crains que si tu l'as été chercher
+on ne te l'ait pas donnée. Enfin je me persuade que tu n'as
+pas reçu mes lettres, puisque tu n'as répondu à aucune.
+Celle-ci sera-t-elle plus heureuse? Cela est fort douteux.
+Fais réclamer les autres si on ne te les a pas encore données.
+Il faudrait y aller toi-même, car on ne les donne pas à d'autres
+qu'à la personne même à laquelle elles sont adressées.</p>
+
+<p>«Mais cela est du bavardage, tu le sais aussi bien que moi.</p>
+
+<p>«Je te quitte en t'embrassant bien tendrement; ton frère
+et ta s&oelig;ur en font autant, mais personne au monde ne t'aime
+comme</p>
+
+<p class="right">«Ta mère.»</p></div>
+
+<p>Ce n'était ni la paresse ni la maladie qui empêchaient
+Alfred de Musset de donner de ses nouvelles; il écrivait
+régulièrement et confiait ses lettres à un gondolier,
+nommé Francesco, pour les porter à la poste avec l'argent
+nécessaire à leur affranchissement: mais Francesco
+dépensait l'argent au cabaret et jetait la lettre à l'eau.</p>
+
+<p class="p2"><span class="pagenum"><a name="Page_54" id="Page_54">54</a></span></p>
+<p class="c"><b>II</b></p>
+
+<p class="c">A VENISE</p>
+
+<p>Il y avait un peu plus d'un mois que les deux amants
+étaient à Venise, quand éclata la crise terrible dont s'est
+ressentie leur vie entière: fatigué au physique et au
+moral par le voyage, affaibli par le climat, ennuyé de cette
+compagne toujours malade qui lui faisait si triste figure,
+Alfred de Musset devint nerveux, irritable, s'emportant
+à la moindre contradiction, au moindre obstacle; George
+Sand, que la fièvre rendait non moins irascible et maussade,
+reçut mal ses observations ou ses doléances: de là
+ces querelles qui firent de leur chambre d'hôtel un enfer.
+Ce ne fut pas leur faute, il ne faut les accuser ni l'un ni
+l'autre: le milieu seul fut coupable. Et puis, sans vouloir
+en convenir avec eux-mêmes, ils commençaient malgré
+eux à sentir que leur beau rêve était irréalisable et que
+l'amour idéal ne se trouvait pas sur terre. C'est alors
+qu'Alfred de Musset fut à son tour atteint par la
+fièvre; et dans l'état d'excitation où il vivait, le mal ne
+fit pas chez lui de lents progrès comme chez George
+Sand: il l'abattit d'un seul coup. George Sand éperdue,
+ne sachant où donner de la tête, manda par une lettre
+pressante<a name="FNanchor_27" id="FNanchor_27" href="#Footnote_27" class="fnanchor">[27]</a> un jeune médecin, qui, peu de temps auparavant,
+l'avait soignée pour une migraine, le docteur
+Pierre Pagello:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«...E mi pregava di accorrer subito, e, se lo credessi
+opportuno, di condur meco un altro medico, per consultare,
+<span class="pagenum"><a name="Page_55" id="Page_55">55</a></span> trattandosi d'un uomo di grande ingegno poetico e di un
+individuo che cio che di meglio amava sulla terra. Accorsi
+subito e mi associai al dottor Zuanon, valentissimo giovane e
+collega, assistente all'ospitale dei S.S. Giovanni e Paolo.
+Abbiamo diagnosticata la malattia per febbre tifoidea nervosa.....»<a name="FNanchor_28" id="FNanchor_28" href="#Footnote_28" class="fnanchor">[28]</a>.</p>
+
+<p>«...Elle me priait de venir aussitôt, et, si je le jugeais
+opportun, d'amener avec moi un autre médecin pour une
+consultation; il s'agissait d'un homme d'un grand génie
+poëtique, d'une personne qui était ce qu'elle aimait le mieux
+sur la terre. J'accourus de suite et m'adjoignis le docteur
+Zuanon, jeune homme fort remarquable et mon collègue,
+assistant à l'hôpital des Saints Jean et Paul. Nous avons diagnostiqué
+la maladie: une fièvre typhoïde nerveuse....»</p></div>
+
+<p>Pagello vint et remplaça avantageusement un vieux
+médecin qui, nous ne savons comment, se trouvait au
+chevet de Musset, dès le début de sa maladie, le docteur
+Rebizzo<a name="FNanchor_29" id="FNanchor_29" href="#Footnote_29" class="fnanchor">[29]</a>.</p>
+
+<p>Pagello ordonna des compresses d'eau glacée et une
+potion calmante:</p>
+
+<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="ordonnance">
+<colgroup span="2">
+<col width="200" align="left"></col>
+<col align="right"></col>
+</colgroup>
+<tr>
+ <td><i>Aq. ceras nigr</i></td>
+ <td>&#958; <i>ij</i></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td><i>Laud. liquid. Sydn. gutt</i></td>
+ <td><i>XX</i></td>
+</tr>
+<tr>
+<td><i>Aq. coob. laur. ceras, gutt</i></td>
+<td><i>XV</i></td>
+</tr>
+</table>
+
+<p class="left55"><i>D<sup>r</sup>PAGELLO.</i></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_56" id="Page_56">56</a></span>
+Autrement dit:</p>
+
+<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="trad ord">
+<colgroup span="2">
+<col width="215" align="left"></col>
+<col align="right"></col>
+</colgroup>
+<tr>
+ <td>Eau de cerises noires</td>
+ <td>1 once, 2 gros.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Laudanum liquide de Sydenham</td>
+ <td>20 gouttes.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Eau distillée de laurier cerise</td>
+ <td>15 gouttes.</td>
+</tr>
+</table>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/062_s.jpg" width="300" height="357"
+alt="Ordonnance du Dr Pagello" title="" /></div>
+
+<p class="center"><span class="caption">Ordonnance du Dr Pagello</span><br />
+<a href="images/062_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<p>Pendant plus de huit jours, le poète fut soigné avec
+un admirable dévouement par George Sand et Pagello
+qui ne quittèrent pas son chevet:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«....Par instants les sons de leurs voix me paraissaient
+faibles et lointains; par instants ils résonnaient dans ma
+tête avec un bruit insupportable. Je sentais des bouffées de
+froid monter du fond de mon lit, une vapeur glacée, comme
+il en sort d'une cave ou d'un tombeau, me pénétrer jusqu'à
+la moelle des os. Je conçus la pensée d'appeler, mais je ne
+l'essayai même pas, tant il y avait loin du siège de ma pensée
+aux organes qui auraient dû l'exprimer. A l'idée qu'on pouvait
+me croire mort et m'enterrer avec ce reste de vie réfugié
+dans mon cerveau, j'eus peur, et il me fut impossible d'en
+donner aucun signe. Par bonheur, une main, je ne sais
+laquelle, ôta de mon front une compresse d'eau froide que
+j'avais depuis plusieurs jours et je sentis un peu de chaleur.
+J'entendis mes deux gardiens se consulter sur mon état, ils
+n'espéraient plus me sauver.......»<a name="FNanchor_30" id="FNanchor_30" href="#Footnote_30" class="fnanchor">[30]</a>.</p>
+</div>
+
+<p>«Le 5 février, George Sand écrivait à Boucoiran: «...Je
+viens d'annoncer à Buloz l'état d'Alfred, qui est fort
+alarmant ce soir......» Et le 8, au même: «.....La
+maladie suit son cours sans de trop mauvais symptômes,
+mais non pas sans symptômes alarmants......
+Heureusement j'ai trouvé enfin un jeune médecin
+excellent, qui ne le quitte ni jour ni nuit et qui lui
+administre des remèdes d'un très bon effet...... Gardez
+toujours un silence absolu sur la maladie d'Alfred
+et recommandez le même silence à Buloz......»</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_57" id="Page_57">57</a></span> A des crises nerveuses d'une violence extrême, succédait
+cette léthargie qui ressemblait à la mort. Le neuvième
+ou le dixième jour, Musset, comme s'il sortait
+d'un rêve, ouvrit les yeux en poussant un léger cri, et
+reconnut les deux personnes présentes: «.....J'essayai
+alors de tourner ma tête sur l'oreiller et elle tourna.
+Pagello s'approcha de moi, me tâta le poulx et dit: «Il
+va mieux; s'il continue ainsi, il est sauvé.....»<a name="FNanchor_31" id="FNanchor_31" href="#Footnote_31" class="fnanchor">[31]</a>.
+Musset était hors de danger, en effet, mais il s'en fallait
+de beaucoup qu'il fût guéri: dans une lettre adressée
+à George Sand, datée du 4 avril 1834, il dit que cette
+crise a duré dix-huit jours.</p>
+
+<p>Ici nous sommes obligé de toucher un point délicat:
+pendant cette période aiguë de sa maladie, Alfred de
+Musset a-t-il réellement vu ou s'est-il imaginé voir
+George Sand entre les bras de Pagello?</p>
+
+<p>Dans une relation datée de décembre 1852, écrite entièrement
+de sa main, Paul de Musset déclare que son
+frère lui a toujours dit l'avoir <i>vue</i>, pendant qu'il était
+étendu sur son lit de douleur, mais sans pouvoir préciser
+le moment: «En face de moi, je voyais une femme
+assise sur les genoux d'un homme, elle avait la tête
+renversée en arrière..... Je vis les deux personnes s'embrasser.»
+Et plus loin: «Le soir même ou le lendemain,
+Pagello s'apprêtait à sortir, lorsque George Sand
+lui dit de rester et lui offrit de prendre le thé avec
+elle..... En les regardant prendre leur thé, je m'aperçus
+qu'ils buvaient l'un après l'autre dans la même tasse.»
+Mais c'est Paul qui a écrit cela et non Alfred, et pas une
+ligne d'Alfred ne fait allusion à ce fait; il reproche bien
+des choses à sa maîtresse, mais jamais cela.</p>
+
+<p>Il ne nous paraît guère possible d'admettre que George
+Sand, épuisée par les veilles, malade elle-même, se soit
+<span class="pagenum"><a name="Page_58" id="Page_58">58</a></span> donnée à un autre homme sous les yeux de celui qu'elle
+soignait avec un dévouement sans bornes. Toute sa vie,
+elle a protesté contre cela; elle s'est défendue, non pas
+d'avoir été la maîtresse de Pagello, mais de l'être devenue
+dans les circonstances que voilà.&mdash;Je parle du fait
+matériel et non de la <i>déclaration</i> adressée par elle à
+Pagello et signalée par le docteur Cabanès. Le meilleur
+moyen de détruire cette légende, ne serait-il pas de
+publier la correspondance des deux amants? Mais une
+correspondance complète, et non des lettres tronquées
+comme celles qui circulent sous main.</p>
+
+<p>D'autre part, madame Tattet, lorsqu'elle me fit l'honneur
+de me recevoir, m'a déclaré que son mari lui avait
+toujours dit que c'était lui, Alfred Tattet, qui s'était
+aperçu de l'intimité existant entre G. Sand et le docteur,
+ce dont il avait averti Alfred de Musset déjà convalescent.
+Musset, qui n'avait jamais eu la moindre <i>Vision</i> au
+sens où l'entend son frère, entra dans une rage folle
+à cette nouvelle; il voulut se lever pour tuer G. Sand
+et Pagello; Tattet parvint à le calmer, et il se contenta
+de provoquer Pagello en duel. C'est à cela que G. Sand
+fait évidemment allusion dans la lettre qu'elle adressa
+le 24 août 1838 à Alfred Tattet: «...Je trouvais légitime
+que vous me préférassiez votre ami; et, après tout,
+vous me rendiez un plus grand service que de me garder
+le secret, car vous l'empêchiez de se battre et je n'eusse
+pas voulu payer votre silence au prix de la moindre
+goutte de son sang....» Enfin, G. Sand parvint à illusionner
+Alfred de Musset et à lui persuader que Tattet
+avait mal vu. Cela ne vous semble-t-il pas plus vraisemblable
+que le récit alambiqué de Paul de Musset?</p>
+
+<p>Cette même relation de Paul de Musset parle aussi d'une
+querelle survenue pendant la convalescence d'Alfred.
+Une nuit, Alfred surprit George écrivant sur ses genoux;
+il voulut savoir ce qu'elle disait dans cette lettre et à qui
+<span class="pagenum"><a name="Page_59" id="Page_59">59</a></span> elle l'adressait. George Sand refusa toute explication
+et plutôt que de lui remettre son papier, elle le lança
+par la fenêtre. Alfred de Musset fut convaincu par cela
+seul qu'elle écrivait à Pagello pour lui donner un rendez-vous.&mdash;Nous
+parlons toujours d'après Paul de Musset.</p>
+
+<p>Dans une note jointe à une lettre d'Alfred de Musset,
+datée du 30 avril 1834, George Sand affirme qu'elle
+donnait simplement des nouvelles d'Alfred à Pagello et
+qu'elle ne voulut pas lui faire voir le billet parce qu'elle
+y parlait de folie: «Plus tard, <i>elle</i> consentit, à Paris,
+«<i>à lui</i> remettre cette fameuse lettre»; car, Alfred de
+Musset parti, elle descendit aussitôt dans la rue où elle
+la retrouva.</p>
+
+<p>Or, il y a, dans les papiers d'Alfred de Musset, une
+<i>Canzonetta nuova supra l'Elisire d'Amore</i>, qui répond en
+tous points à la pièce décrite par George Sand dans
+la note citée plus haut: c'est une sorte de placard de
+quatre pages, imprimé à Venise, sur mauvais papier,
+et qui se vendait quelques sous dans la rue. Au dos de
+cette romance, on lit cette phrase écrite, au crayon, par
+George Sand: «<i>Egli e stato molto male questa notte,
+poveretto! credeva si vedere fantasmi intorno al suo
+letto, e gridava sempre: Son matto</i>, je deviens fou. <i>Temo
+molto per la sua ragione. Bisogna sapere dal gondoliere
+se non ha bevuto vino di Cipro, nella gondola, ieri. Se
+forse ubri.....</i>» C'est-à-dire: «Il s'est trouvé très mal
+cette nuit, le pauvre! Il croyait voir des fantômes autour
+de son lit et criait sans cesse: <i>Je suis fou, je deviens fou.</i>
+Je crains beaucoup pour sa raison. Il faut savoir du gondolier
+s'il n'a pas bu du vin de Chypre, en gondole, hier.
+Si peut-être il était gris.....» George Sand ajoute: «La
+phrase devait probablement se terminer ainsi: <i>S'il
+n'était que gris, cela ne serait pas si inquiétant.</i> Il éprouvait
+un insurmontable besoin de relever ses forces par
+des excitants, et deux ou trois fois, malgré toutes les
+<span class="pagenum"><a name="Page_60" id="Page_60">60</a></span> précautions, il réussit à boire en s'échappant, sous prétexte
+de promenade en gondole. Chaque fois, il eut des
+crises épouvantables, et il ne fallait pas en parler au
+médecin devant lui, car il s'emportait sérieusement
+contre ces révélations.»</p>
+
+<p>On était alors aux premiers jours de mars; un secours
+inattendu arriva aux malheureux voyageurs. M. Alfred
+Tattet visitait l'Italie, en compagnie d'une personne dont
+le nom fut célèbre au théâtre<a name="FNanchor_32" id="FNanchor_32" href="#Footnote_32" class="fnanchor">[32]</a>; il fit un détour pour
+venir voir à Venise son ami Alfred de Musset, qu'il
+croyait en bonne santé. Il le trouva revenant à la vie;
+lui aussi se fit garde-malade et ils furent trois au lieu de
+deux:</p>
+
+<p>«...J'ai tâché pendant mon séjour à Venise, écrivait-il
+à Sainte-Beuve, de procurer quelques distractions
+à Madame Dudevant, qui n'en pouvait plus; la maladie
+d'Alfred l'avait beaucoup fatiguée. Je ne les ai quittés
+que lorsqu'il m'a été bien prouvé que l'un était tout à
+fait hors de danger et que l'autre était entièrement
+remise de ses longues veilles.....»<a name="FNanchor_33" id="FNanchor_33" href="#Footnote_33" class="fnanchor">[33]</a>.</p>
+
+<p>Un billet de George Sand vient confirmer cette lettre:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center">«<i>A Monsieur Alfred Tattet, hôtel de l'Europe.</i></p>
+
+<p>«Alfred ne va pas mal; nous irons au spectacle si vous
+voulez. Mais guérissez-vous de votre rhume et soignez-vous.</p>
+
+<p class="left5">«Tout à vous.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«George.»</span></p></div>
+
+<p>Dès qu'il avait pu le faire, Alfred de Musset avait écrit
+à sa mère pour lui dire son état et lui annoncer son
+<span class="pagenum"><a name="Page_61" id="Page_61">61</a></span> retour: «Je vous apporterai un corps malade, une
+âme abattue, un c&oelig;ur en sang, mais qui vous aime
+encore.»<a name="FNanchor_34" id="FNanchor_34" href="#Footnote_34" class="fnanchor">[34]</a>.</p>
+
+<p>Voici la réponse de M<sup>me</sup> de Musset:</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="right">«Paris, 17 mars 1834.</p>
+
+<p>«Oh! mon pauvre fils! mon pauvre fils! Quel fatal voyage
+tu as fait là! Et quelle affreuse maladie! Ta lettre m'a bouleversée;
+j'en, suis restée trois heures sans pouvoir parler.
+D'après le traitement qu'on t'a fait subir, ton frère conclut
+que tu as eu une fièvre cérébrale. Pour moi, je me perds dans
+les conjectures les plus sinistres pour deviner quelle complication
+de maladies a pu l'assaillir, toi si sain, si fort jusque-là,
+et qui n'as jamais fait sous mes yeux ce qu'on peut appeler
+une maladie. Je suis persuadée que le malsain climat
+dans lequel vous êtes allés vous fixer a contribué à ton
+malheur. Venise est inhabitable une grande partie de l'année;
+je voudrais à tout prix t'en savoir dehors. Il ne faut pas
+cependant que tu te mettes en route pour la France avant
+que ta pauvre santé soit consolidée; tu n'aurais pas la force
+de supporter le voyage et une rechute serait plus dangereuse
+encore. Mais si tu t'en sens la force, tâche d'aller passer
+ta convalescence loin de Venise, elle en sera plus courte et
+plus sûre. J'ai une bien grande reconnaissance pour Madame
+Sand et pour tous les soins qu'elle t'a donnés. Que serais-tu
+devenu sans elle? C'est affreux à penser. J'étais, lorsque j'ai
+reçu ta lettre, dans une inquiétude impossible à exprimer.
+J'avais été jeudi chez Buloz, qui venait de recevoir une
+lettre de Madame Sand; il ne voulait pas me la montrer et
+il feignait de l'avoir perdue. Il avait imprudemment lâché le
+mot d'indisposition: Alfred a une indisposition! Il n'en fallait
+pas tant pour me faire deviner la vérité, l'horrible vérité;
+et je suis sortie de chez lui plus morte que vive.</p>
+
+<p>«Je n'ai pas besoin de te dire, mon bien cher enfant, que
+tout ce que tu désires de changements dans notre appartement
+sera fait de suite...... (Description des modifications
+à opérer)...... Si ce projet te convient, écris-le moi, je le ferai
+exécuter avant ton retour, pour t'éviter l'ennui des ouvriers,
+<span class="pagenum"><a name="Page_62" id="Page_62">62</a></span> autrement, nous attendrons ton retour et je me bornerai
+à faire ce que tu me demandes.</p>
+
+<p>«Je te supplie de m'écrire lettres sur lettres, mon cher enfant;
+tu comprends combien cela m'est nécessaire en ce moment.
+Je suis si malheureuse, si tourmentée! Ton frère et ta
+s&oelig;ur sont bien inquiets aussi. J'ai appris avec plaisir que
+M. Tattet est avec vous; ce te sera une distraction agréable:
+un ami est bien précieux à trois cents lieues de tous les
+siens.</p>
+
+<p>«Nous nous portons tous bien, à l'inquiétude près, qui
+est un mal insupportable pour moi. Je t'embrasse, mon cher
+fils, de toute mon âme et t'aime plus que ma vie.</p>
+
+<p class="left5">«Ta mère</p>
+
+<p class="right">«<span class="smcap">Edmée»</span>.</p>
+
+<p>«Tu ne m'as pas donné d'adresse positive et pas dit si tu as
+reçu une seule de mes lettres; de sorte que je crains toujours
+qu'elles ne te soient pas parvenues.»</p></div>
+
+<p>Le timbre d'arrivée à Venise porte la date du 25 mars.
+A cette époque, Alfred de Musset était donc suffisamment
+rétabli pour sortir et aller lui-même chercher ses lettres
+à la poste.</p>
+
+<p>D'autre part, George Sand écrivait à Alfred Tattet, qui
+lui demandait des nouvelles:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«Votre lettre me fait beaucoup plaisir, mon cher monsieur
+Alfred, et je suis charmée que vous me fournissiez l'occasion
+de deux choses. D'abord de vous dire qu'Alfred, sauf un peu
+moins de force dans les jambes et de gaieté dans l'esprit,
+est presque aussi bien portant que dans l'état naturel. Ensuite
+de vous remercier de l'amitié que vous m'avez témoignée
+et des moments agréables que vous m'avez fait passer en
+dépit de toutes mes peines. Je vous dois les seules heures de
+gaieté et d'expansion que j'aie goûtées dans le cours de ce
+mois si malheureux et si accablant. Vous en retrouverez de
+meilleures dans votre vie; quant à moi, Dieu sait si j'en rencontrerai
+jamais de supportables. Je suis toujours dans l'incertitude
+où vous m'avez vue, et j'ignore absolument si ma
+vieille barque ira échouer en Chine, ou à toute autre morgue,
+<span class="pagenum"><a name="Page_63" id="Page_63">63</a></span> <i>questo non importa</i>, comme dirait notre ami Pagello, et je
+vous engage à vous en soucier fort peu. Gardez-moi seulement
+un bon souvenir du peu de temps que nous avons
+passé à bavarder au coin de mon feu, dans les loges de la
+Fenice et sur les ponts de <i>Venezia la Bella</i>, comme vous
+dites si élégamment. Si quelqu'un vous demande ce que vous
+pensez de la féroce Lélia, répondez seulement qu'elle ne vit
+pas de l'eau des mers et du sang des hommes, en quoi elle
+est très inférieure à Han d'Islande; dites qu'elle vit de
+poulet bouilli, qu'elle porte des pantoufles le matin et qu'elle
+fume des cigarettes de Maryland. Souvenez-vous tout seul
+de l'avoir vue souffrir et de l'avoir entendue se plaindre,
+comme une personne naturelle.&mdash;Vous m'avez dit que cet
+instant de confiance et de sincérité était l'effet du hasard et
+du dés&oelig;uvrement. Je n'en sais rien, mais je sais que je n'ai
+pas eu l'idée de m'en repentir, et qu'après avoir parlé avec
+franchise pour répondre à vos questions, j'ai été touchée de
+l'intérêt avec lequel vous m'avez écoutée. Il y a certainement
+un point par lequel nous nous comprenons: c'est
+l'affection et le dévouement que nous avons pour la même
+personne. Qu'elle soit heureuse, c'est tout ce que je désire
+désormais. Vous êtes sûr de pouvoir contribuer à son bonheur,
+et moi, j'en doute pour ma part. C'est en quoi nous
+différons et c'est en quoi je vous envie. Mais je sais que les
+hommes de cette trempe ont un avenir et une providence.
+Il retrouvera en lui-même plus qu'il ne perdra en moi;
+il trouvera la fortune et la gloire, moi je chercherai Dieu
+et la solitude.</p>
+
+<p>«En attendant, nous partons pour Paris dans huit ou dix
+jours, et nous n'aurons pas, par conséquent, le plaisir de
+vous avoir pour compagnon de voyage. Alfred s'en afflige
+beaucoup, et moi, je le regrette réellement. Nous aurions été
+tranquilles et <i>allegri</i> avec vous, au lieu que nous allons être
+inquiets et tristes. Nous ne savons pas encore à quoi nous
+forcera l'état de sa santé physique et morale. Il croit désirer
+beaucoup que nous ne nous séparions pas et il me témoigne
+beaucoup d'affection. Mais il y a bien des jours où il a
+aussi peu de foi en son désir que moi en ma puissance,
+et alors, je suis près de lui entre deux écueils: celui d'être
+trop aimée et de lui être dangereuse sous un rapport, et celui
+de ne pas l'être assez, sous un autre rapport, pour suffire
+à son bonheur. La raison et le courage me disent donc qu'il
+<span class="pagenum"><a name="Page_64" id="Page_64">64</a></span> faut que je m'en aille à Constantinople, à Calcutta ou à tous
+les diables. Si quelque jour il vous parle de moi et qu'il
+m'accuse d'avoir eu trop de force ou d'orgueil, dites-lui que
+le hasard vous a amené auprès de son lit dans un temps où
+il avait la tête encore faible, et qu'alors, n'étant séparé des
+secrets de notre c&oelig;ur que par un paravent, vous avez entendu
+et compris bien des souffrances auxquelles vous avez
+compati. Dites-lui que vous avez vu la vieille femme répandre
+sur ses tisons deux ou trois larmes silencieuses, que son
+orgueil n'a pas pu cacher. Dites-lui qu'au milieu des rires
+que votre compassion ou votre bienveillance cherchait à
+exciter en elle, un cri de douleur s'est échappé une ou deux
+fois du fond de son âme pour appeler la mort.</p>
+
+<p>«Mais je vous ennuye avec mes bavardages, et peut-être
+vous aussi, vous pensez que, par habitude, j'écris des
+phrases sur mon chagrin. Cette crainte là est ce qui me
+donne ordinairement de la force et une apparence de dédain.
+Je sais que je suis entachée de la désignation de <i>femme de
+lettres</i>, et, plutôt que d'avoir l'air de consommer ma marchandise
+littéraire par économie dans la vie réelle, je tâche
+de dépenser et de soulager mon c&oelig;ur dans les fictions de
+mes romans; mais il m'en reste encore trop, et je n'ai pas
+le droit de le montrer sans qu'on en rie. C'est pourquoi je le
+cache; c'est pourquoi je me consume et mourrai seule,
+comme j'ai vécu. C'est pourquoi j'espère qu'il y a un Dieu
+qui me voit et qui me sait, car nul homme ne m'a comprise,
+et Dieu ne peut pas avoir mis en moi un feu si intense pour
+ne produire qu'un peu de cendres.</p>
+
+<p>«Ensuite, il y a des gens qui prennent tout au sérieux,
+même la Mort, et qui vous disent: «Cela ne peut pas être vrai,
+on ne peut pas plaisanter et souffrir, on ne peut pas mourir
+sans frayeur, on ne peut pas déjeuner la veille de son enterrement.»
+Heureux ceux qui parlent ainsi. Ils ne meurent
+qu'une fois et ne perdent pas le temps de vivre à faire sur
+eux-mêmes l'éternel travail de renoncement, ce qui est,
+après tout, la plus stupide et la plus douloureuse des opérations.</p>
+
+<p>«A propos d'opérations, <i>l'illustrissimo professore Pagello</i>
+vous adresse mille compliments et amitiés. Je lui ai traduit
+servilement le passage sombre et mystérieux de votre lettre
+où il est question de lui et de mademoiselle Antonietta, sans
+<span class="pagenum"><a name="Page_65" id="Page_65">65</a></span> y ajouter le moindre point d'interrogation, sans chercher à
+soulever le voile qui recouvre peut-être un abîme d'iniquités.
+Le docteur Pagello a souri, rougi, pâli; les veines colossales
+de son front se sont gonflées, il a fumé trois pipes; ensuite,
+il a été voir jouer un opéra nouveau de Mercadante, à la
+Fenice; puis il est revenu, et, après avoir pris quinze tasses
+de thé, il a poussé un grand soupir, et il a prononcé ce
+mot mémorable que je vous transmets aveuglément pour
+que vous l'appliquiez à telle question qu'il vous plaira:
+<i>Forse!</i></p>
+
+<p>«Ensuite, je lui ai dit que vous pensiez beaucoup de bien
+de lui, et il m'a répondu qu'il en pensait au moins autant de
+vous, que vous lui plaisiez <i>immensamente</i> et qu'il était bien
+fâché que vous ne vous fussiez pas cassé une jambe à Venise,
+parce qu'il aurait eu le plaisir de vous la remettre et
+de vous voir plus longtemps. J'ai trouvé que son amitié
+allait trop loin, mais j'ai partagé son regret de vous avoir si
+tôt perdu.</p>
+
+<p>«Je n'écris pas à Sainte-Beuve parce que je ne me sens
+pas le courage de parler davantage de mes chagrins, et qu'il
+m'est impossible de feindre avec lui une autre disposition
+que celle où je suis. Mais si vous lui écrivez, remerciez-le
+pour moi de l'intérêt qu'il nous porte. Sainte-Beuve est
+l'homme que j'estime le plus; son âme a quelque chose
+d'angélique et son caractère est naïf et obstiné comme
+celui d'un enfant. Dites-lui que je l'aime bien; je ne sais
+pas si je le verrai à Paris; je ne sais pas si je le reverrai
+jamais.</p>
+
+<p>«Ni vous non plus, mon cher; mais pensez à moi quelquefois,
+et tâchez d'en penser un peu de bien avec ceux qui
+n'en penseront pas trop de mal. Je ne vous dis rien de
+la part d'Alfred, je crois qu'il vous écrira de son côté.
+Amusez-vous bien, courez, admirez et surtout ne tombez pas
+malade.</p>
+
+<p class="right">T. à v.<br />
+<span class="smcap">«George Sand»</span>.</p>
+
+<p>22 mars [1834].</p>
+
+<p>«Écrivez-moi à Paris, quai Malaquais, 19, si vous avez
+quelque chose à me dire.»</p></div>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_66" id="Page_66">66</a></span></p>
+
+<p class="p2 c"><b>III</b></p>
+
+<p class="c">RETOUR D'ITALIE</p>
+
+<p>Le 22 mars 1834, il était donc décidé que George Sand
+et Alfred de Musset revenaient ensemble à Paris; mais
+le 28, tout était changé: les troisième, quatrième et cinquième
+chapitres de la dernière partie de la <i>Confession
+d'un Enfant du siècle</i> donnent une idée de ce qui a dû
+se passer durant ces quelques jours. Musset, apparemment,
+crut faire acte de grandeur d'âme et de générosité
+en partant seul, laissant George Sand en compagnie de
+Pagello.</p>
+
+<p>Avant de le quitter, ses «deux grands amis» remirent
+au voyageur un petit portefeuille portant ces deux dédicaces
+autographes<a name="FNanchor_35" id="FNanchor_35" href="#Footnote_35" class="fnanchor">[35]</a>.
+Sur la première page:</p>
+
+<p class="left30">A son bon camarade, frère et ami Alfred<br />
+<span class="i4">Sa maîtresse George</span></p>
+
+<p class="left5">Venise 28 mars 1834.</p>
+
+<p>sur la dernière:</p>
+
+<p class="left30"><span class="i4"><i>Pietro Pagello</i></span><br />
+<span class="i6"><i>Raccomanda</i></span><br />
+<span class="i2"><i>M<sup>r</sup> Alfred de Musset</i></span><br />
+<i>A Pietro Pirzio</i> <span class="i4"><i>Ingegnesi</i></span><br />
+<i>A Vincenzo Stefanelli<br />
+A M<sup>r</sup> J. R. Aggiunta.</i></p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/075_s.jpg" width="400" height="357"
+alt="dédicace1" title="" />
+</div>
+
+<p class="center"><a href="images/075_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/076_s.jpg" width="400" height="475"
+alt="dédicdace2" title="" /></div>
+
+<p class="center"><a href="images/076_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_67" id="Page_67">67</a></span>
+Alfred de Musset quitta Venise dans la journée ou
+dans la soirée du 29 mars 1834; son passeport nous
+fournit encore des indications précises:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p><i>Venezia, 28 marzo 1834. Dir Gen. di Poli. Buono per Milano.</i></p>
+
+<p><i>Vu au Consulat de France à Venise. Bon pour se rendre à
+Paris. Venise, 29 mars 1834. Le Consul de France: Silvestre de
+Sacy.</i></p>
+
+<p><i>Visto al Comando. Arona, 1 aprile 1834.</i></p>
+
+<p><i>Vu au Pont Saint Maurice, le 3 avril 1834, allant en France.</i></p>
+
+<p><i>Vu à Genève, le 5 avril 1834. Bon pour Paris.</i></p>
+
+<p><i>Vu à Bellegarde, le 6 avril 1834.</i></p></div>
+
+<p>Il était accompagné par une sorte de domestique,
+nommé Antonio, que George Sand avait chargé de
+veiller sur son maître pendant le voyage et qui devait la
+tenir au courant des incidents de la route. Elle-même
+reconduisit Musset jusqu'à Mestre, dit-elle dans son <i>Histoire
+de ma vie</i>,&mdash;jusqu'à Vicence, d'après une lettre
+d'elle à Boucoiran<a name="FNanchor_36" id="FNanchor_36" href="#Footnote_36" class="fnanchor">[36]</a>.</p>
+
+<p>Il lui écrivit de Padoue et de Genève:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="right">«Monsieur Pagello, D<sup>r</sup> médecin<br />
+Pharmacie Ancilla, C. S<sup>n</sup> Luca</p>
+
+<p class="right"><i>Pour remettre à Madame Sand.</i>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Venise.</p>
+
+<p class="right">[Genève], vendredi, 4 avril [1834].</p>
+
+<p>«Mon George chéri, je suis à Genève. Je suis parti de
+Milan sans avoir trouvé de lettre de toi à la poste. Peut-être
+m'avais-tu écrit; mais j'avais retenu mes places tout de
+suite en arrivant, et le hasard a voulu que le courrier de
+Venise, qui arrive toujours deux heures avant le départ de
+la diligence de Genève, s'est trouvé en retard cette fois. Je
+<span class="pagenum"><a name="Page_68" id="Page_68">68</a></span> t'en prie, si tu m'as écrit à Milan, écris au directeur de la
+poste de me faire passer ta lettre à Paris. Je la veux,
+n'eût-elle que deux lignes. Écris-moi à Paris..... Quand tu
+passeras le Simplon pense à moi, George. C'était la première
+fois que les spectacles éternels des Alpes se levaient devant
+moi dans leur force et dans leur calme. J'étais seul dans le
+cabriolet; je ne sais comment rendre ce que j'ai éprouvé: il
+me semblait que ces géants me parlaient de toutes les grandeurs
+sorties de la main de Dieu: «Je ne suis qu'un enfant,
+me suis-je écrié, mais j'ai deux grands amis, et ils sont
+heureux!....»</p></div>
+
+<p>Elle, de son côté, lui adressa une lettre à Milan.</p>
+
+<p>Je ne parlerai pas de l'existence à Venise de George
+Sand et de Pagello, après le départ d'Alfred de Musset.
+La publication, par M. le D<sup>r</sup> Cabanès, dans la <i>Revue
+Hebdomadaire</i> des 1<sup>er</sup> août et 15 octobre 1896, de longs
+fragments du journal intime de P. Pagello et autres
+documents; les révélations de M. R. Barbiera dans
+l'<i>Illustrazione Italiana</i>, de Milan, des 15, 22 et 29 novembre
+1896, joints au livre de M<sup>me</sup> L. Codemo, que nous
+citons ci-dessus, permettent de retrouver, presque jour
+par jour, les détails de leur vie privée. Suivons donc le
+poète dans son voyage.</p>
+
+<p>Le 12 avril, Alfred de Musset arriva à Paris (le 10, dit
+Paul dans la <i>Biographie</i>), exténué au physique et au
+moral. Il s'enferma dans sa chambre, et, pendant plus
+d'un mois, ne voulut voir personne:</p>
+
+<p class="blockquot">«....Je fus saisi d'une souffrance inattendue, raconte-t-il
+plus tard dans son <i>Poète déchu</i><a name="FNanchor_37" id="FNanchor_37" href="#Footnote_37" class="fnanchor">[37]</a>;
+il me semblait que toutes
+mes idées tombaient comme des feuilles sèches, tandis que
+je ne sais quel sentiment inconnu, horriblement triste et
+tendre, s'élevait dans mon âme. Dès que je vis que je ne
+pouvais lutter, je m'abandonnai à la douleur, en désespéré...
+<span class="pagenum"><a name="Page_69" id="Page_69">69</a></span>
+La douleur se calma peu à peu, les larmes tarirent, les
+insomnies cessèrent, je connus et j'aimai la mélancolie...»</p>
+
+<p>Ce qui entretenait encore le poète en ce malheureux
+état, c'était la correspondance établie entre <i>lui</i> et <i>elle</i>:
+n'étant plus en contact, ils renouvelaient leur rêve et
+poétisaient jusqu'à leurs querelles passées:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center"><i>Alfred de Musset à George Sand.</i></p>
+
+<p>«Paris, 19 avril 1834.&mdash;.....Je regardais l'autre soir cette
+table où nous avons lu ensemble Goetz de Berlichingen. Je
+me souviens du moment où j'ai posé le livre sur la table,
+après le dernier cri du héros mourant: Liberté! Liberté!
+Tu étais beaucoup pour moi, ma pauvre amie, plus que tu
+ne croyais et que je ne croyais moi-même. Tu es donc dans
+les Alpes? N'est-ce pas que c'est beau? Il n'y a que cela
+au monde. Je pense avec plaisir que tu es dans les Alpes. Je
+voudrais qu'elles pussent te répondre; elles te raconteraient
+peut-être ce que je leur ai dit....»</p>
+
+<p class="center"><i>George Sand à Alfred de Musset</i><a name="FNanchor_38" id="FNanchor_38" href="#Footnote_38" class="fnanchor">[38]</a>.</p>
+
+<p>«Venise, 29 avril.&mdash;.....Ta lettre est triste, mon ange,
+mais elle est bonne et affectueuse pour moi. Oh! quelle que
+soit la disposition de ton esprit, je trouverai toujours ton
+c&oelig;ur, n'est-ce pas, mon bon petit?....»</p>
+
+<p class="center"><i>Alfred de Musset à George Sand.</i></p>
+
+<p>«Paris, 30 avril&mdash;.....Ce n'est donc pas un rêve, mon
+enfant chéri? Cette amitié qui survit à l'amour, dont le
+monde se moque tant, dont je me suis tant moqué moi-même,
+cette amitié-là existe! C'est donc vrai, tu me le dis et
+je le crois, je le sens, <i>tu m'aimes!</i>.....»</p></div>
+
+<p>Dans son journal intime, <i>Sketches and Hints</i>, George
+Sand consigne sous le titre de «<i>Venise</i>» une sorte de
+poème du désespoir: «O Venise, pourquoi es-tu si belle
+<span class="pagenum"><a name="Page_70" id="Page_70">70</a></span> et pourquoi m'es-tu si chère, à moi qui ne dois plus
+aimer et qui vais mourir?»</p>
+
+<p>En outre des lettres qu'ils s'adressaient tous les trois ou
+quatre jours, George Sand lui envoyait ses <i>Lettres d'un
+Voyageur</i>: la première, le 29 avril; la deuxième, dans
+les premiers jours de juin, par l'entremise de Buloz:</p>
+
+<p class="blockquote">«....Buloz, écrit le 15 juin Alfred de Musset à George
+Sand, vient de m'apporter la lettre que tu lui as envoyée
+pour la <i>Revue</i>. Il me l'a lue en ânonnant, jusqu'à ce que,
+impatienté des coups d'épingles que sa lourde déclamation
+me donnait dans le c&oelig;ur, je lui ai arraché le papier des
+mains, pour le finir à haute voix. Maintenant le voilà parti,
+et le c&oelig;ur me bat si fort qu'il faut que je t'écrive ce que
+j'éprouve.....»</p>
+
+<p>Puis, le 17 juin, «la seconde moitié du second volume
+de <i>Jacques</i>,» avec mission de la lire et d'y faire les coupures
+qu'il jugerait nécessaires<a name="FNanchor_39" id="FNanchor_39" href="#Footnote_39" class="fnanchor">[39]</a>. C'est Musset qui s'occupait
+à Paris des affaires de George Sand, restée à
+Venise, voyait ses fournisseurs, s'entendait pour elle
+avec Buloz, et lui faisait expédier par ses éditeurs les
+sommes dont ils lui étaient redevables; il était aidé en
+cela par Boucoiran.</p>
+
+<p>D'autre part, il mandait ceci, dès le 30 avril, à son
+amie: «J'ai bien envie d'écrire notre histoire; il me
+semble que cela me guérirait et m'élèverait le c&oelig;ur. Je
+voudrais te bâtir un autel, fût-ce avec mes os; mais
+j'attendrai ta permission formelle».&mdash;Et le 12 mai,
+George Sand lui répondait: «Il m'est impossible de
+parler de moi dans un livre, dans la disposition d'esprit
+où je suis; pour toi, fais ce que tu voudras, romans, sonnets,
+poèmes; parle de moi comme tu l'entendras, je me
+livre à toi les yeux bandés».&mdash;Ce projet, on le sait, est
+<span class="pagenum"><a name="Page_71" id="Page_71">71</a></span> devenu la <i>Confession d'un enfant du siècle</i>. On a donc eu
+tort de prétendre que George Sand avait imaginé <i>Elle et
+Lui</i> pour répliquer à cette confession<a name="FNanchor_40" id="FNanchor_40" href="#Footnote_40" class="fnanchor">[40]</a>. Non seulement
+elle était prévenue des intentions d'Alfred de Musset,
+mais elle l'autorisait à écrire. Bien plus, la rupture définitive
+s'étant consommée dans les premiers jours de
+mars 1835, et la <i>Revue des Deux-Mondes</i> publiant dès le
+15 septembre le deuxième chapitre de la première partie
+de la <i>Confession</i>, celle-ci fut commencée probablement
+avant cette rupture.</p>
+
+<p>Pagello, emporté dans le même tourbillon, écrivait des
+lettres, lui aussi; mais il n'osait pas encore s'adresser
+directement à Alfred de Musset: il s'en prenait à son ami
+Tattet. Voici la première de ces lettres que nous avons
+retrouvées:</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="right">7 giugno 1834, Venezia.</p>
+
+<p class="left5">«Mio caro amico,</p>
+
+<p>«Mi sono affrettato di eseguire la vostra commissione, son
+assicurato che le due casse di bottiglie sono già sulla strada
+della Francia.&mdash;Se niente arrivasse al contrario, scrivetemi,
+e vi serviro.&mdash;Madame G. vi saluta cordialmente,
+sta bene e si diverte abbastanza per questo poco che puo
+offrire Venezia in confronto di Parigi.&mdash;Addio, buon amico.
+La nostra amicizia di un giorno sembra quella di due anni:
+forse ci vedremo a Parigi.&mdash;Non vi so dire ne il quando ne
+<span class="pagenum"><a name="Page_72" id="Page_72">72</a></span> il come, so che ci rivedremo.&mdash;Si vedete Alfred de Musset,
+bacciatelo per me.</p>
+
+<p>«Addio, addio, vostro sincero</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Pietro Pagello.»</span></p>
+
+<p class="center"><i>Traduction.</i></p>
+
+<p class="right">«Venise, 7 juin 1834.</p>
+
+<p class="left5">«Mon cher ami,</p>
+
+<p>«Je me suis hâté de faire votre commission, et je me suis
+assuré que les deux caisses de bouteilles sont déjà sur la route
+de France.&mdash;S'il n'arrivait rien, au contraire, écrivez-moi,
+et je vous servirai.&mdash;Madame G. [George] vous salue cordialement;
+elle va bien de santé et se divertit suffisamment,
+pour le peu qu'offre Venise en comparaison de Paris.&mdash;Adieu,
+bon ami; notre amitié d'un jour semble celle de deux
+années; peut-être nous verrons-nous à Paris.&mdash;Je ne sais
+vous dire ni quand ni comment, je sais que nous nous reverrons.&mdash;Si
+vous voyez Alfred de Musset, embrassez-le pour
+moi.</p>
+
+<p>«Adieu, adieu, votre sincère</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Pierre Pagello.»</span></p></div>
+
+<p class="p2">Pendant que s'échangeaient toutes ces lettres, on s'occupait
+d'Alfred de Musset et de George Sand, à Paris,
+beaucoup plus qu'ils ne l'auraient désiré. Buloz, et surtout
+Boucoiran, tenaient George Sand au courant de ce
+qui se disait, bien qu'elle le leur défendît. Cela devint tel,
+qu'elle crut devoir mettre sa mère elle-même en garde
+contre tous ces racontars:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center">«<i>A madame Dupin, à Paris.</i></p>
+
+<p class="right">«Venise, 5 juin 1834.</p>
+
+<p>«Ma chère maman, il y a bien longtemps que je veux
+répondre à votre bonne lettre. J'ai été malade, j'ai voyagé,
+j'ai eu du chagrin et des inquiétudes très graves, mais enfin,
+je suis bien portante et tranquille. Vous avez peut-être
+<span class="pagenum"><a name="Page_73" id="Page_73">73</a></span> entendu dire que mon compagnon de voyage, après avoir
+fait une maladie mortelle à Venise, a été forcé, par l'état de
+sa poitrine, de quitter l'air de l'Italie et de retourner en
+France. Je suis restée ici pour achever mon travail et jouir
+encore quelque temps du séjour de ce beau pays.....»<a name="FNanchor_41" id="FNanchor_41" href="#Footnote_41" class="fnanchor">[41]</a></p></div>
+
+<p>Le brusque retour du poète sans sa compagne avait
+prêté à des récits fort éloignés de la vérité: ne sachant
+rien, on inventait. Les premières semaines, confiné dans
+sa solitude volontaire, Musset ignora ce qui se disait;
+mais dès sa rentrée dans le monde, ces méchants propos
+parvinrent à ses oreilles. Ce fut Buloz qui, sans le savoir,
+éveilla ses soupçons. Alfred de Musset donna le démenti
+le plus formel à tous ces mensonges et défendit énergiquement
+George Sand. Mais les insinuations malveillantes
+de Gustave Planche avaient fait leur chemin;
+malgré ses efforts, Musset ne put imposer silence aux
+calomniateurs. De leur côté, les amis de George Sand
+avaient jasé à tort et à travers, et quand on sut qu'elle
+allait revenir avec le troisième complice, ce fut un véritable
+scandale.</p>
+
+<p>Le 15 juin, Pagello avait écrit directement à Alfred de
+Musset. Sa lettre, dont M<sup>me</sup> A. Barine avait publié un
+fragment<a name="FNanchor_42" id="FNanchor_42" href="#Footnote_42" class="fnanchor">[42]</a>, a été citée en entier par M. le vicomte de
+Spoelberch de Lovenjoul<a name="FNanchor_43" id="FNanchor_43" href="#Footnote_43" class="fnanchor">[43]</a>. Le 11 juillet, Alfred de Musset
+lui répondait:</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="left5">«Al mio caro P. Pagello,</p>
+
+<p>«Mon cher, vous êtes bien gentil de m'avoir un peu écrit;
+je dis un peu, car ce n'est guère; mais si petit que soit le
+morceau de papier qui me parle de votre amitié, en quel
+moment de ma vie ne sera-t-il pas bien reçu? Il n'en est peut-être
+pas de même de vos recommandations sur le vin de
+champagne, et je n'ose avouer au grand salviatico Pietro,
+<span class="pagenum"><a name="Page_74" id="Page_74">74</a></span>
+combien était fondé le juste remords qui m'a saisi à cet
+article de votre lettre. Mais je vous promets que jamais,
+jamais, je ne boirai plus de cette maudite boisson&mdash;sans
+me faire les plus grands reproches.</p>
+
+<p>«George me mande que vous hésitez à venir ici avec elle;
+il faut venir, mon ami, ou ne pas la laisser partir. Trois
+cents lieues sont trop longues pour une femme seule.....</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Alf<sup>d</sup> de M<sup>t</sup>»</span></p></div>
+
+<p>Un mois plus tard, le 19 juillet 1834, George Sand écrivant
+à Boucoiran, pour lui annoncer son retour, lui
+disait:</p>
+
+<p class="blockquot">«.....J'en ai fini avec les passions; la dernière est celle
+qui m'a fait le plus de mal, mais c'est la seule dont je ne me
+repente pas, car il n'y a eu dans mes chagrins ni de ma faute
+ni de celle d'autrui. Vous dites que vous ne l'approuviez
+pas, mon ami! Il y a des choses entre deux amants dont eux
+seuls au monde peuvent être juges!....»</p>
+
+<p>Elle ne prévoyait pas alors les orages futurs.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>IV</b></p>
+
+<p class="c">VOYAGE DE MUSSET A BADE</p>
+
+<p>George Sand, à son tour, avait quitté Venise; le 29
+juillet, elle était à Milan, puis elle traversait la Suisse;
+elle arrivait à Paris vers le 10 août&mdash;avec Pagello.&mdash;Alfred
+de Musset, qu'elle avait prévenu depuis longtemps,
+l'attendait, et leur premier soin fut de se revoir. C'est par
+le livre de M<sup>me</sup> Arvède Barine<a name="FNanchor_44" id="FNanchor_44" href="#Footnote_44" class="fnanchor">[44]</a> qu'il faut connaître
+cette période de leur existence: brouilles et raccommodements
+<span class="pagenum"><a name="Page_75" id="Page_75">75</a></span> se succèdent sans interruption, compliqués par
+la présence de Pagello, devenu jaloux. Ajoutez à cela que
+tout le bruit fait autour d'eux déchire brutalement le
+bandeau qui les aveuglait: ils comprennent combien
+leur situation est fausse et ridicule.</p>
+
+<p>Après un de ces orages, Alfred de Musset, n'y pouvant
+plus tenir, envoie ce billet à George Sand: «Je vais
+mettre une seconde fois la mer et la montagne entre
+nous; si Dieu le permet, je reverrai ma mère, mais je
+ne reverrai jamais la France».</p>
+
+<p>Quelques jours plus tard, nouvelle lettre dans laquelle
+il la remercie de lui accorder un rendez-vous: «...Quant
+à ma résolution de partir, n'en parlons pas, elle est
+irrévocable. Je l'ai prise hier soir en me couchant. Ce
+matin, j'ai ouvert ma fenêtre et j'ai regardé le soleil;
+lui-même, du haut des sphères célestes, il n'aurait rien
+vu qui put la changer. Quoique tu m'aies connu
+enfant, crois aujourd'hui que je suis homme; je ne
+m'abuse sur rien, je ne crains, ni n'espère rien.....»</p>
+
+<p>En même temps, il écrivait à Buloz:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="right">«Lundi, 18 [août 1834.]</p>
+
+<p>«Mon ami, ma mère me donne de quoi aller aux Pyrénées,
+et je vais partir. Dites-moi si vous croyez pouvoir,
+quand je serai là-bas, m'envoyer quelqu'argent. J'y vais pour
+travailler; je vous donnerai d'abord les vers que je vous ai
+promis, vous aurez ensuite et bientôt mon roman. Je m'engagerai,
+si vous voulez, à un dédit pour une époque que
+vous fixerez, et à laquelle vous recevrez le manuscrit entier,
+à moins de maladie grave, auquel cas, tout vous sera fidèlement
+rendu. Répondez-moi un mot ou venez me voir si vous
+avez le temps. Mais tout de suite, car je ne serai pas ici
+vendredi.</p>
+
+<p class="left55">«T. à v. <span class="i6 smcap">«Alf</span><sup>d</sup> <span class="smcap">de Musset.»</span></p></div>
+
+<p>Il devait aller à Toulouse voir son oncle, M. Desherbiers,
+alors sous-préfet à Lavaur; de là aux Pyrénées,
+<span class="pagenum"><a name="Page_76" id="Page_76">76</a></span> puis à Cadix. En conséquence de quoi, il partit pour.....
+Bade. Nous avons de nouveau recours au passeport:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p><i>Vu au Ministère des Affaires Étrangères. Paris, 20 août 1834.</i></p>
+
+<p><i>Vu pour Francfort et les bords du Rhin. Paris, 20 août 1834.
+Préfecture de Police.</i></p>
+
+<p><i>Vu à la Légation de Bade. Paris, 21 août 1834.</i></p>
+
+<p><i>Vu à la Légation des Villes Libres d'Allemagne. Paris, 21
+août 1834.</i></p>
+
+<p><i>Vu pour les eaux de Bade. Strasbourg, 28 août 1834.</i></p>
+
+<p><i>Baden, 30 august 1834. (Signature illisible).</i></p></div>
+
+<p>D'autre part, George Sand s'était réfugiée à Nohant;
+elle y était déjà installée le 31 août, seule, ayant eu la
+sagesse de laisser Pagello à Paris. Mais ses idées de suicide
+l'avaient reprise, et, à cette date, elle écrivait à Boucoiran:
+«.....Je lui dois (à Pagello) la vie d'Alfred et
+la mienne. Pour ce qui est de la mienne, je sais bien
+l'usage que je vais en faire; quant à celle d'Alfred, rien
+ne peut la payer.....»<a name="FNanchor_45" id="FNanchor_45" href="#Footnote_45" class="fnanchor">[45]</a>. Et elle lui donne des instructions
+en conséquence.</p>
+
+<p>Cependant, entre Nohant et Bade recommença une
+nouvelle correspondance encore plus passionnée que
+celle échangée entre Paris et Venise<a name="FNanchor_46" id="FNanchor_46" href="#Footnote_46" class="fnanchor">[46]</a>; et, pendant ce
+temps-là, Pagello, resté seul à Paris, inconnu, se lamentait
+de son isolement et écrivait à Alfred Tattet:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="right">«Parigi, 6 settembre 1834.</p>
+
+<p class="left5">«Mio caro Alfredo,</p>
+
+<p>«Il vostro povero amico e a Parigi.&mdash;Ho domandato di
+voi alla vostra casa, mi fu detto che siete alla campagna. Se
+avessi tempo, sarei venuto a darvi un bacio, ma come sono
+qui per poco ve lo mando in questo foglio. Non so quanti
+<span class="pagenum"><a name="Page_77" id="Page_77">77</a></span> giorni ancora restero a Parigi.&mdash;Voi sapete che io son obbligato
+di obbedire alla mia piccola borsa, e questa mi comanda
+digia la partenza.&mdash;Addio.&mdash;Se potro vedervi a Parigi,
+saro fortunato; se non potro, mandatemi un bacio anche
+voi in un pezzetto di carta, Hôtel d'Orléans, n<sup>o</sup> 17, rue des
+Petits-Augustins.&mdash;Addio, mio buono, mio sincero amico,
+addio.</p></div>
+
+<p class="left55">«V<sup>o</sup> aff<sup>mo</sup> amico <span class="i6 smcap">«Pietro Pagello»</span></p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="p2 center"><i>Traduction.</i></p>
+
+<p class="right">«Paris, 6 septembre 1834.</p>
+
+<p class="left5">«Mon cher Alfred,</p>
+
+<p>«Votre pauvre ami est à Paris.&mdash;Je suis allé chez vous
+demander de vos nouvelles; on m'a dit que vous étiez à la
+campagne. Si j'avais eu le temps, je serais allé vous embrasser,
+mais comme je suis ici pour peu, je vous embrasse par
+cette feuille. Je ne sais combien de jours encore je resterai
+à Paris; vous savez que je suis obligé d'obéir à ma petite
+bourse et celle-ci me commande déjà le départ.&mdash;Adieu.&mdash;Si
+je puis vous voir à Paris, je serai heureux; si je ne
+puis, envoyez-moi un baiser, vous aussi, sur un petit bout
+de papier, Hôtel d'Orléans, n<sup>o</sup> 17, rue des Petits-Augustins.&mdash;Adieu,
+mon bon, mon sincère ami, adieu.</p>
+
+<p>«Votre très affectionné</p>
+
+<p class="right">«Pierre <i>Pagello</i>.»</p></div>
+
+<p>Alfred de Musset, dans <i>Une bonne fortune</i>, raconte un
+des incidents de son séjour à Bade<a name="FNanchor_47" id="FNanchor_47" href="#Footnote_47" class="fnanchor">[47]</a>. Après un mois de
+promenades et de distractions variées, entremêlées de
+<span class="pagenum"><a name="Page_78" id="Page_78">78</a></span> travail, Alfred de Musset songea au retour; son amour,
+qu'il pensait calmer par l'absence, n'avait fait que
+s'exalter. Le 10 octobre, il passe à Strasbourg, et dès son
+arrivée à Paris, le 13, il écrit à George Sand, encore à
+Nohant: «Mon amour, me voilà ici; tu m'as écrit une
+lettre bien triste, mon pauvre ange, et j'arrive bien
+triste aussi. Tu veux bien que nous nous voyions! Et
+moi, si je veux!....» Quelques jours après, George Sand
+venait le rejoindre.</p>
+
+<p>Pagello n'était pas encore parti; mais ce double retour
+le décida bien vite à reprendre le chemin de Venise, non
+sans avoir adressé une lettre d'adieu à son ami Alfred
+Tattet, en lui recommandant le silence:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center">«Monsieur Alfred Tattet,<br />
+<span class="i2">rue Grange Batelière, n<sup>o</sup> 13, Paris.</span></p>
+
+<p class="right">«Parigi, 23 ottobre 1834.</p>
+
+<p class="left5">«Mio buon amico,</p>
+
+<p>«Prima di partire, vi mando un bacio ancora. Vi congiuro
+di non dar parola giammai del mio amore con la George.&mdash;Non
+voglio vendette.&mdash;Parto colla sicurezza d'aver agito in
+homo onesto.&mdash;Questo mi fa dimenticare la mia sofferenza
+e la mia poverta.&mdash;Addio, mio angelo.&mdash;Vi scrivero da
+Venezia. Addio, addio.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Pietro Pagello</span>».</p>
+
+<p class="center p2"><i>Traduction</i>.</p>
+
+<p class="right">«Paris, 23 octobre 1834.</p>
+
+<p class="left5">«Mon bon ami,</p>
+
+<p>«Avant de partir je vous envoye encore un baiser. Je
+vous conjure de ne souffler jamais mot de mon amour avec
+<span class="pagenum"><a name="Page_79" id="Page_79">79</a></span> la George.&mdash;Je ne veux pas de vengeances<a name="FNanchor_48" id="FNanchor_48" href="#Footnote_48" class="fnanchor">[48]</a>.&mdash;Je pars
+avec la certitude d'avoir agi en honnête homme.&mdash;Ceci me
+fait oublier ma souffrance et ma pauvreté.&mdash;Adieu, mon
+ange.&mdash;Je vous écrirai de Venise.&mdash;Adieu, adieu.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Pierre Pagello.»</span></p></div>
+
+<p class="p2 c"><b>V</b></p>
+
+<p class="c">A PARIS</p>
+
+<p>Alfred Tattet avait dissuadé Alfred de Musset de revoir
+George Sand; d'où brouille entre les deux amis: Musset
+convenait bien, en son for intérieur, qu'il avait tort,
+mais il ne voulait pas qu'on le lui dît. George Sand, ne
+connaissant pas encore les raisons invoquées par Tattet,
+voulut dissiper ce nuage:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="right">«Mardi, 28 octobre 1834.</p>
+
+<p class="left5">«Mon cher Tattet,</p>
+
+<p>«J'apprends que j'ai été la cause indirecte et très involontaire
+d'un différend entre vous et Alfred. Je serais bien
+fâchée de savoir deux vieux amis désunis par rapport à moi.
+J'espère bien que cela ne sera pas.</p>
+
+<p>«Dans tous les cas, je vous prie de venir me voir; après
+l'intérêt que vous m'avez témoigné, j'ai lieu d'être surprise
+et affligée de votre oubli. Je désire causer avec vous et vous
+attends à votre premier retour à Paris. Toujours quai Malaquais,
+19.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«George Sand.»</span></p>
+
+<p>«Quand vous serez ici<a name="FNanchor_49" id="FNanchor_49" href="#Footnote_49" class="fnanchor">[49]</a>,
+écrivez-moi un mot, je vous
+donnerai rendez-vous, car je suis souvent dehors ou
+enfermée.»</p></div>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_80" id="Page_80">80</a></span>
+Mais à peine les deux amants se sont-ils revus qu'ils
+ne peuvent plus eux-mêmes s'entendre:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center"><i>George Sand à Alfred de Musset.</i></p>
+
+<p>«N'ai-je pas prévu que tu souffrirais de ce passé qui
+t'exaltait comme un beau poème, tant que je me refusais à
+toi, et qui ne te paraît plus qu'un cauchemar, à présent que
+tu me ressaisis?»</p>
+
+<p class="center"><i>Alfred de Musset à George Sand.</i></p>
+
+<p>«Ne penses pas au passé! Non, non! Ne compare pas!
+Ne réfléchis pas! Je t'aime comme on n'a jamais aimé!»</p></div>
+
+<p>Les crises se succèdent avec rapidité: ils s'adorent le
+matin et se disent des injures le soir, pour retomber le
+lendemain dans les bras l'un de l'autre. C'est la phase
+de leurs amours la plus tourmentée, la plus poignante:
+à la lecture de ce qui a été publié de leurs lettres, on se
+demande comment ils n'y ont pas laissé tous deux leur
+raison.</p>
+
+<p>Alfred de Musset a la fièvre, et George Sand veut prendre
+un déguisement pour venir le soigner chez sa mère:
+«Si je peux me lever, je t'irai voir», lui répond-il.</p>
+
+<p>Le 8 novembre, Alfred de Musset provoque en duel
+Gustave Planche qui a mal parlé de George Sand;
+Planche lui fait des excuses, et le 12 novembre, Alfred
+de Musset écrit à Alfred Tattet:</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="left5">«Mon cher ami,</p>
+
+<p>«Tout est fini.&mdash;Si par hasard on vous faisait quelques
+questions (comme il est possible qu'on vous soupçonne de
+m'avoir parlé); si enfin peut-être, on allait vous voir pour
+vous demander à vous-même si vous ne m'avez pas vu,
+répondez purement que non, que vous ne m'avez pas vu et
+soyez sûr que notre secret commun est bien gardé de ma
+part.&mdash;J'irai vous voir bientôt.</p>
+
+<p class="left55">«A vous de c&oelig;ur. <span class="i6 smcap">«Alfred de Musset.»</span></p></div>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_81" id="Page_81">81</a></span>
+Puis il va dans la Côte-d'Or, à Montbard, chez l'un de
+ses parents. Quelques jours après le «pauvre vieux
+lierre» est revenu où il s'attache.</p>
+
+<p>Le 25 novembre, George Sand écrit à Sainte-Beuve que
+Musset ne veut plus la voir<a name="FNanchor_50" id="FNanchor_50" href="#Footnote_50" class="fnanchor">[50]</a>; son exaltation touche à
+la folie: la rupture paraît complète. Le 15 décembre,
+George Sand est à Nohant, d'où elle écrit à Boucoiran:
+«Si Alfred vous fait demander de mes nouvelles, dites
+que vous ne savez rien de moi, que je ne vous ai pas
+écrit. Recommandez à Buloz de dire la même
+chose.....» Et le 13 janvier 1835, elle adresse cette
+lettre à Alfred Tattet:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="left5">«Monsieur,</p>
+
+<p>«Il y a des opérations qui sont fort bien faites et qui font
+honneur à l'habileté du chirurgien, mais qui n'empêchent pas
+la maladie de revenir. En raison de cette possibilité, Alfred est
+redevenu mon amant; comme je présume qu'il sera bien aise
+de vous voir chez moi, je vous engage à venir dîner avec nous
+au premier jour de liberté que vous aurez. Puisse l'oubli
+que je fais de mon offense ramener l'amitié entre nous.</p>
+
+<p>«Adieu, mon cher Tattet.</p>
+
+<p class="left55">«Tout à vous. <span class="i6 smcap">«George Sand».</span></p></div>
+
+<p>Combien le ton de ce billet diffère de celui du 28 octobre
+1834! C'est que Musset avait parlé et raconté à
+George Sand, dans un moment d'expansion, que son ami
+Tattet avait fait de son mieux pour empêcher leur rapprochement:
+de là, colère de la maîtresse contre le
+gêneur, et, charmée de prendre sa revanche, elle tient à
+le lui faire savoir. Six jours plus tard, Liszt reçoit les
+confidences de George Sand:</p>
+
+<p class="blockquot">
+«.....Je vais partir pour essayer de rompre une passion
+bien sérieuse pour moi et bien terrible. Je doute que cela
+<span class="pagenum"><a name="Page_82" id="Page_82">82</a></span> me serve à quelque chose, car chaque nouveau jour de cette
+passion m'apprend à douter de mon libre arbitre..... Je
+compte sur vous aussi pour me rendre cette justice, qu'aux
+jours de ma plus grande douleur, je n'ai point accusé l'auteur
+de mes souffrances. Je vous l'ai dit, moi seule suis coupable
+et porte la peine d'une faute immense. En fuyant un
+pardon trop humiliant, je fais preuve de faiblesse et non de
+force.....»<a name="FNanchor_51" id="FNanchor_51" href="#Footnote_51" class="fnanchor">[51]</a>.</p>
+
+<p>Peu après se produit un incident qui remet Pagello en
+scène et sur lequel nous n'avons pas de renseignement
+antérieur à cette lettre écrite par George Sand à Alfred
+Tattet:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="right">«14 février 1835.</p>
+
+<p class="left5">«Monsieur,</p>
+
+<p>«J'ai une affaire indispensable à terminer avec vous. Il
+s'agit d'une affaire d'argent dans laquelle je suis compromise
+d'honneur aux yeux de Pierre Pagello. J'ai besoin d'une
+attestation de vous et vous êtes trop galant homme pour
+me la refuser. Je sais que vous m'êtes extrêmement hostile,
+et j'ai peu sujet de vous bénir. Mais soyez sûr que j'ai trop
+le sentiment des convenances, pour vous en faire des reproches,
+et que jamais aucune vengeance de ma part ne cherchera
+à vous atteindre. Ayez donc, monsieur, la bonté de
+recevoir chez vous quatre tableaux qui appartiennent à Pierre
+Pagello et que je m'étais chargé de vendre. Voyant qu'il avait
+besoin d'argent, et sachant, par l'avis d'un expert, que les
+tableaux ne valaient rien, je lui en donnai la somme de deux
+mille francs, et j'y ajoutai le procédé de lui cacher le secours
+que [je] lui apportais. Je lui remis mille francs en argent
+et le tins quitte d'une somme plus forte qu'il me devait. Je
+crus devoir ces ménagements à sa position fâcheuse et délicate
+à Paris. Aujourd'hui, Pierre Pagello, averti par un de
+mes amis, me fait un grand crime de cette action et pense
+que je l'ai faite à dessein de la divulguer et d'avilir son nom;
+d'abord, en racontant l'histoire telle qu'elle est, je n'ai point
+<span class="pagenum"><a name="Page_83" id="Page_83">83</a></span> sujet de l'avilir; ensuite, je ne l'ai racontée qu'à Alfred, qui
+vous l'a redite, à vous seul. Voulez-vous avoir la bonté,
+monsieur, de rendre témoignage de ma discrétion, lorsque
+vous écrirez à Pierre Pagello?</p>
+
+<p>«En second lieu, cette personne insinue que je pourrais
+bien m'être défaite des tableaux à mon avantage, afin de me
+donner en même temps les gants d'une générosité singulière.
+Elle ajoute que, s'ils sont entre mes mains, <i>en effet</i>, elle
+espère que vous voudrez bien les recevoir, afin de les lui
+renvoyer ou de les lui faire vendre. Je fais porter les tableaux
+chez vous; voulez-vous bien en accuser réception à
+Pierre Pagello? J'espère que oui. Vous avez pensé que le
+sentiment d'équité vous forçait à vous faire le bourreau
+d'une âme criminelle. Je ne savais pas que vous eussiez
+l'âme aussi austère et le bras aussi ferme. J'en souffre,
+mais je vous en estime d'autant plus, monsieur, et à cause
+de cela, je pense que vous me laverez de l'accusation de friponnerie,
+car si votre amour de la vérité vous a commandé
+de me nuire, il doit vous commander de me réhabiliter sous
+les rapports par où je le mérite.</p>
+
+<p>«Veuillez m'honorer d'un mot de réponse. J'ai l'honneur
+de vous saluer.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«George Sand.»</span></p></div>
+
+<p>Monsieur Just Pagello, parlant au nom de son père, a
+déclaré au D<sup>r</sup> Cabanès: «Que ces toiles, sans être des
+Raphaël, étaient loin d'être des &oelig;uvres médiocres. Elles
+étaient signées du peintre Ortesiti, un maître»<a name="FNanchor_52" id="FNanchor_52" href="#Footnote_52" class="fnanchor">[52]</a>.
+J'ignore quelle était la valeur de ces peintures, mais précieuses
+ou non, le D<sup>r</sup> Pagello me semble en avoir fait
+peu de cas, car, trois ans plus tard, George Sand répondait
+le 24 août 1838 à Alfred Tattet, qui lui demandait ce
+qu'il fallait faire de ce dépôt:</p>
+
+<p class="blockquot">
+«.....Je ne pense pas qu'il y ait lieu de vous occuper de
+ces tableaux; votre maison est assez vaste pour que vous les
+laissiez relégués dans un coin de cave ou de grenier. Je n'ai
+pas eu plus de relations que vous avec Pagello, depuis le
+<span class="pagenum"><a name="Page_84" id="Page_84">84</a></span> triste temps vers lequel vous reportez mes souvenirs, et
+j'aime à penser qu'après ces orages, ses idées sont devenues
+justes et élevées, comme son âme l'était dans le calme.
+Nous sommes tous ainsi plus ou moins; la colère et la haine
+sont des maladies qui nous tueraient, si la Providence ne les
+avait faites de courte durée. Je ne suis pas plus qu'une
+autre à l'abri de ces passions.....»</p>
+
+<p>Et à la mort d'Alfred Tattet, en novembre 1856, ces tableaux,
+m'a dit une personne de sa famille, furent retrouvés
+dans le grenier où ils avaient été mis en 1835 et où
+peut-être ils sont encore.</p>
+
+<p>Cependant Alfred de Musset et George Sand sont tous
+deux moralement à bout de forces; ils ne peuvent plus
+se voir sans se quereller et n'ont pas le courage de se
+quitter. Ils se rencontrent, ils s'écrivent encore, mais le
+dénouement est proche:</p>
+
+<p class="blockquot">
+«.....Il me semble comprendre à ta lettre, répond Musset
+à un billet de G. Sand, que nous ne nous verrons plus
+avant ton départ et le mien. Je pars lundi; ma place est
+retenue dans la malle-poste de Strasbourg<a name="FNanchor_53" id="FNanchor_53" href="#Footnote_53" class="fnanchor">[53]</a>;
+les derniers mots de ton billet ont l'air d'un adieu et un mot de notre
+dernière conversation m'a presqu'ôté le courage de t'en dire
+un autre. Je suis étonné qu'il reste dans mon c&oelig;ur de la
+place pour une souffrance nouvelle. Qu'il en soit ce qui plaît
+à Dieu.....»</p>
+
+<p>C'est George Sand qui se reprend la première; le 6
+mars, elle écrit à Boucoiran: «Aidez-moi à partir aujourd'hui».
+Et le lendemain, Musset venant au rendez-vous,
+trouve la maison vide:
+<span class="pagenum"><a name="Page_85" id="Page_85">85</a></span></p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center"><i>«A Monsieur Boucoiran, Passage Choiseul, 28.</i></p>
+
+<p class="left5">«Monsieur,</p>
+
+<p>«Je sors de chez Madame Sand et on m'apprend qu'elle
+est à Nohant. Ayez la bonté de me dire si cette nouvelle est
+vraie. Comme vous avez vu Madame Sand ce matin, vous
+avez pu savoir quelles étaient ses intentions, et si elle ne
+devait partir que demain, vous pourriez peut-être me dire si
+vous croyez qu'elle ait quelques raisons pour désirer de ne
+point me voir avant son départ. Je n'ai pas besoin d'ajouter,
+que dans le cas où cela serait, je respecterais ses volontés.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset</span>».</p></div>
+
+<p>Cette fois, c'était fini et bien fini. Ce fut une détente,
+un soulagement:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center"><i>George Sand à Boucoiran</i><a name="FNanchor_54" id="FNanchor_54" href="#Footnote_54" class="fnanchor">[54]</a>.</p>
+
+<p class="left5">«9 mars 1835.</p>
+
+<p>«Je suis très calme, j'ai fait ce que je devais faire; la seule
+chose qui me tourmente, c'est la santé d'Alfred».</p></div>
+
+<p>Pendant un mois environ, elle fut en proie à une sorte
+de maladie de langueur, puis le calme vint réellement,
+et bientôt l'indifférence.</p>
+
+<p>Chez Alfred de Musset, au contraire, l'apaisement
+parut se faire tout de suite, mais ce n'était qu'une
+apparence trompeuse.</p>
+
+<p class="left30 font90">J'ai vu le temps où ma jeunesse<br />
+Sur mes lèvres était sans cesse<br />
+Prête à chanter comme un oiseau;<br />
+Mais j'ai souffert un dur martyre,<br />
+Et le moins que j'en pourrais dire,<br />
+Si je l'essayais sur ma lyre,<br />
+La briserait comme un roseau.<a name="FNanchor_55" id="FNanchor_55" href="#Footnote_55" class="fnanchor">[55]</a></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_86" id="Page_86">86</a></span>
+Le 21 juillet, il écrivait à son fidèle ami:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center"><i>«Monsieur Alfred Tattet, à Baden, poste restante.</i></p>
+
+<p>«Votre lettre, mon cher Alfred, est arrivée comme je
+n'étais pas à Paris, ce qui fait que ma réponse est en retard
+de quelques jours. Pour répondre d'abord à votre question
+sur ce qui regarde Madame.... (Affaire personnelle à Alfred
+Tattet).... je crois que ce que je peux vous dire de mieux,
+c'est qu'il y a tantôt huit ou neuf mois, j'étais où vous êtes,
+aussi triste que vous, logé peut-être dans la chambre où
+vous êtes, passant la journée à maudire le plus beau, le plus
+bleu ciel du monde et toutes les verdures possibles. Je
+dessinais de mémoire le portrait de mon infidèle; je vivais
+d'ennuis, de cigares et de pertes à la roulette. Je croyais que
+c'en était fait de moi pour toujours, que je n'en reviendrais
+jamais. Hélas! Hélas! Comme j'en suis revenu! comme les
+cheveux m'ont repoussé sur la tête, le courage dans le
+ventre, l'indifférence dans le c&oelig;ur, par dessus le marché!
+Hélas! A mon retour, je me portais on ne peut mieux; et si
+je vous disais que le bon temps, c'est peut-être celui où l'on
+est chauve, désolé et pleurant! Vous en viendrez là, mon
+ami. Je vous plains aujourd'hui bien sincèrement, parce que
+vous souffrez. Quand vous serez guéri, vous n'en serez pas
+fâché, soyez-en sûr. Tout ce qui fait vivre est bon et sain.
+Je vous promets de vous tenir au courant de tout ce que
+je pourrai savoir....</p>
+
+<p>«Je travaille à force. Combien de temps comptez-vous
+rester à Bade? Adieu. Je suis à vous.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset.»</span></p></div>
+
+<p>Hélas! Non, Alfred de Musset «n'en était pas revenu».
+Quelque chose s'était brisé en lui, laissant une plaie qui
+saigna jusqu'à sa mort.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_87" id="Page_87">87</a></span></p>
+<p class="p2 c"><b>VI</b></p>
+
+<p class="c">APRÈS</p>
+
+<p>Après leur rupture, Alfred de Musset avait continué
+d'écrire à George Sand, à des intervalles plus ou moins
+longs; une correspondance d'un nouveau genre, toute
+amicale, s'était établie entre eux:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center"><i>George Sand à Alfred de Musset.</i></p>
+
+<p>«Avec les gens qu'on n'aime ni n'estime, on peut avoir des
+exigences et ne pas se donner la peine de les motiver. De moi
+à toi, il n'en sera jamais ainsi et je ne te demanderai jamais
+rien sans savoir de toi-même à quel point tu approuves ma
+demande.»</p>
+
+<p class="right">[1836]</p></div>
+
+<p>Lorsqu'au mois de janvier 1836 la <i>Confession d'un
+Enfant du Siècle</i> parut en librairie, George Sand fit
+part à M<sup>me</sup> d'Agoult de ses impressions:</p>
+
+<p class="blockquot">
+«....Je vous dirai que cette <i>Confession d'un Enfant du
+Siècle</i> m'a beaucoup émue en effet. Les détails d'une intimité
+malheureuse y sont si fidèlement rapportés depuis la première
+heure jusqu'à la dernière, depuis la <i>s&oelig;ur de charité</i> jusqu'à
+l'<i>orgueilleuse insensée</i>, que je me suis mise à pleurer comme
+une bête, en fermant le livre. Puis j'ai écrit quelques lignes à
+l'auteur pour lui dire je ne sais quoi: que je l'avais beaucoup
+aimé, que je lui avais tout pardonné et que je ne voulais
+jamais le revoir... Je sens toujours pour lui, je vous l'avouerai
+bien, une profonde tendresse de mère au fond du c&oelig;ur;
+il m'est impossible d'entendre dire du mal de lui sans colère,
+et c'est pourquoi quelques-uns de mes amis s'imaginent que
+je ne suis pas bien guérie....»<a name="FNanchor_56" id="FNanchor_56" href="#Footnote_56" class="fnanchor">[56]</a></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_88" id="Page_88">88</a></span>
+Pendant l'hiver de 1837, George Sand vint passer
+quelques jours à Paris; ils se retrouvent et ont «six
+heures d'intimité fraternelle, après lesquelles il ne
+faudra jamais se mettre à douter l'un de l'autre, fût-on
+dix ans sans se voir et sans s'écrire.»</p>
+
+<p>«Tu peux disposer de moi comme d'un ami, et compter
+que je ferai avec joie tout ce qui te sera agréable»,
+répond-elle le 19 avril 1838 à Alfred de Musset qui
+lui avait recommandé quelqu'un.</p>
+
+<p>La même année ou l'année suivante, Alfred de Musset
+impose silence à Alfred Tattet qui avait raconté divers
+incidents du voyage à Venise:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«J'apprends, mon cher Alfred, que vous avez manqué
+plusieurs fois à la parole que vous m'aviez donnée de garder
+le silence sur tout ce qui s'est passé en Italie. Cela m'a fait
+beaucoup de peine, d'abord pour vous, qui manquez à votre
+promesse, et ensuite pour moi, qui ai cru, pendant plus de
+quatre ans, avoir un véritable ami.</p>
+
+<p class="left55">«T. à v. <span class="i6 smcap">«Alf<sup>d</sup> de Musset.»</span></p></div>
+
+<p>En 1839, Alfred de Musset écrit <i>Le Poète Déchu</i>, sorte
+d'autobiographie inédite, qui ne fut pas terminée et
+dont le manuscrit a été presqu'entièrement détruit par
+son frère Paul (il n'en subsiste plus guère que les divers
+fragments publiés dans la <i>Biographie</i>). Alfred de Musset
+y dépeint ainsi son état moral, après sa rupture avec
+George Sand:</p>
+
+<p class="blockquot">
+«....J'étais si sûr de moi, que je crus d'abord n'éprouver
+ni regret ni douleur. Je m'éloignai fièrement. Mais à peine
+eus-je regardé autour de moi, que je vis un désert.... Je
+rompis avec toutes mes habitudes, je m'enfermai dans ma
+chambre, j'y passai quatre mois à pleurer sans cesse, ne
+voyant personne.... Plus tranquille, je jetai les yeux sur
+tout ce que j'avais quitté; au premier livre qui me tomba
+sous la main, je m'aperçus que tout avait changé: rien du
+<span class="pagenum"><a name="Page_89" id="Page_89">89</a></span> passé n'existait plus, ou du moins, ne se ressemblait. Un
+monde nouveau m'apparaissait comme si je fusse né de la
+veille.... Je compris alors ce que c'est que l'expérience, et
+je vis que la douleur apprend la vérité....»<a name="FNanchor_57" id="FNanchor_57" href="#Footnote_57" class="fnanchor">[57]</a></p>
+
+<p>M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, dans son
+livre, cite les lettres qu'«Elle» et «Lui» échangèrent
+en 1840 à propos de leur correspondance passée.&mdash;Moi-même
+ai déjà raconté dans une lettre publiée par
+<i>l'Intermédiaire des chercheurs et curieux</i> du 20 novembre
+1892, comment M. Jules Grévy, pour Alfred de Musset,
+et M. F. Rollinat, pour George Sand, furent chargés, en
+vue d'un échange, de reconnaître les paquets de lettres
+confiés pour le moment à Gustave Papet (qui les tenait
+de M<sup>me</sup> Ursule Josse, et j'ajouterai qu'ils passèrent
+ensuite par les mains de MM. Alexandre Manceau,
+Ludre Gabillaud, et enfin Émile Aucante, détenteur
+actuel) et comment l'affaire n'aboutit pas.</p>
+
+<p>Dans les premiers jours de 1841, nouvelle rencontre
+des deux anciens amants, qui inspire à Alfred de Musset
+son <i>Souvenir</i><a name="FNanchor_58" id="FNanchor_58" href="#Footnote_58" class="fnanchor">[58]</a>.</p>
+
+<p>Au commencement de l'année 1844, Paul de Musset
+visite l'Italie et son frère lui rappelle l'ancien amour
+dans les stances qu'il lui dédie<a name="FNanchor_59" id="FNanchor_59" href="#Footnote_59" class="fnanchor">[59]</a>:</p>
+
+<div class="left30 font90">
+<p>Toits superbes, froids monuments,<br />
+Linceul d'or sur des ossements,<br />
+<span class="i4">Ci-gît Venise!</span><br />
+Là, mon pauvre c&oelig;ur est resté!<br />
+S'il doit m'en être rapporté,<br />
+<span class="i4">Dieu le conduise!</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_90" id="Page_90">90</a></span>
+Mon pauvre c&oelig;ur, l'as-tu trouvé,<br />
+Sur le chemin, sous un pavé,<br />
+<span class="i4">Au fond d'un verre?</span><br />
+Ou dans ce grand palais Nani<br />
+Dont tant de soleils ont jauni<br />
+<span class="i4">La noble pierre<a name="FNanchor_60" id="FNanchor_60" href="#Footnote_60" class="fnanchor">[60]</a></span></p>
+
+<p><b>. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </b><br />
+L'as-tu trouvé tout en lambeaux<br />
+Sur la rive où sont les tombeaux?<br />
+<span class="i4">Il y doit être.</span><br />
+Je ne sais qui l'y cherchera<br />
+Mais je crois bien qu'on ne pourra<br />
+<span class="i4">L'y reconnaître.</span></p></div>
+
+<p>En 1854, George Sand, pour repousser les attaques de
+la <i>Biographie</i> de Mirecourt, adresse une lettre au journal
+<i>Le Mousquetaire</i><a name="FNanchor_61" id="FNanchor_61" href="#Footnote_61" class="fnanchor">[61]</a>:</p>
+
+<p class="blockquot">
+«...Je ne défendrai pas M. de Musset des offenses que
+vous lui faites. Il est de force à se défendre lui-même, et il ne
+s'agit que de moi pour le moment. C'est pourquoi je me
+borne à vous dire que je n'ai jamais confié à personne ce
+que vous croyez savoir de sa conduite à mon égard, et que,
+par conséquent, vous avez été induit en erreur par quelqu'un
+qui a inventé ces faits. Vous dites qu'après le Voyage en
+Italie, je n'ai jamais revu M. de Musset. Vous vous trompez,
+je l'ai beaucoup revu et je ne l'ai jamais revu sans lui serrer
+la main....»</p>
+
+<p>Jusqu'à la mort d'Alfred de Musset, survenue comme on
+sait, le 3 mai 1857, les deux anciens amants restèrent plutôt
+amis qu'ennemis. Il n'y eut jamais de guerre ouverte,
+ils se défendirent même réciproquement dans plusieurs
+circonstances et nous avons donné la preuve que plus
+<span class="pagenum"><a name="Page_91" id="Page_91">91</a></span>
+d'une fois l'un approuva ce que l'autre avait écrit sur
+tous deux. Ils se sont querellés, ils se sont disputés,
+d'accord! Mais leurs différends sont restés entre eux et
+aucune accusation directe n'a été formulée par eux-mêmes.
+Ce sont des amis maladroits et indiscrets, des
+ennemis sournois qui, pour les exciter l'un contre l'autre,
+dénaturaient les paroles de nos deux héros, qu'il faut
+rendre responsables de tout le bruit qui se fit dans les
+salons et dans la presse.</p>
+
+<p class="p2 c"><b>VII</b></p>
+
+<p class="c">DEUX LIVRES</p>
+
+<p>Donc, malgré la correction de leurs relations, vingt
+mois après la mort d'Alfred de Musset, le 15 janvier 1859,
+George Sand commençait dans la <i>Revue des Deux-Mondes</i>
+la publication de <i>Elle et Lui</i>. Il nous est impossible
+de trouver le pourquoi de ce livre.</p>
+
+<p>Ce n'est pas une réponse à la <i>Confession d'un Enfant
+du Siècle</i>; nous avons donné la preuve que George Sand
+tenait ce récit pour vrai. Alors, pourquoi ce silence de
+vingt années, si la <i>Confession</i> était une accusation mensongère?
+Pourquoi surtout n'avoir parlé que lorsqu'Alfred
+de Musset n'était plus là pour se défendre?&mdash;Ce
+n'est pas non plus une attaque directe contre Alfred
+de Musset, car George Sand se donnerait à elle-même un
+démenti et renierait toute sa conduite depuis 1835.</p>
+
+<p>Est-ce le besoin de faire parler d'elle? Non, car par
+ses romans et son rôle politique en 1848, elle était
+parvenue à la célébrité.&mdash;Le besoin d'argent doit aussi
+être écarté, car, à cette époque, sa fortune la mettait au-dessus
+des nécessités de la vie.</p>
+
+<p>Je ne vois qu'une raison plausible: c'est que George
+<span class="pagenum"><a name="Page_92" id="Page_92">92</a></span> Sand, obsédée des instances de ceux qui menaient campagne
+contre Alfred de Musset, n'eut pas la volonté
+nécessaire pour leur résister plus longtemps et finit,
+pour se débarrasser d'eux, par dire ce qu'ils voulaient
+lui faire dire, et cela, sans bien se rendre compte des
+conséquences.</p>
+
+<p><i>Elle et Lui</i> parut, d'abord dans la <i>Revue des Deux-Mondes</i>,
+puis en volume. Grand tapage au profit de
+Buloz, mais scandale énorme et qui retomba sur l'auteur.
+Quelques amis de George Sand, qui détestaient
+Alfred de Musset et avaient toujours essayé de lui nuire,
+furent seuls à approuver, avec les ennemis personnels
+du poète; le blâme fut général, et il suffit de lire les
+journaux de l'époque pour s'en assurer.</p>
+
+<p>M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul nous
+raconte même dans <i>Cosmopolis</i> (p. 763), puis dans sa
+<i>Véritable histoire d'Elle et Lui</i> (p. 185) que lorsqu'en 1861,
+il fut demandé à l'Académie Française de décerner un
+prix à George Sand, la publication d'<i>Elle et Lui</i> fut un
+des griefs invoqués pour refuser ce prix.</p>
+
+<p>Paul de Musset prit, comme il le devait, la défense
+d'Alfred, et redemanda, sans succès du reste, les lettres
+de son frère. Alors, sans rien dire à personne<a name="FNanchor_62" id="FNanchor_62" href="#Footnote_62" class="fnanchor">[62]</a>, il
+envoya <i>Lui et Elle</i> au <i>Magasin de Librairie</i>, dirigé par
+Charpentier, l'éditeur d'Alfred<a name="FNanchor_63" id="FNanchor_63" href="#Footnote_63" class="fnanchor">[63]</a>; ce fut par cette revue
+que M<sup>me</sup> de Musset mère apprit l'existence d'une
+réponse:
+<span class="pagenum"><a name="Page_93" id="Page_93">93</a></span></p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center"><i>«A Monsieur Paul de Musset.</i></p>
+
+<p class="right">«Dimanche, 10 avril 1859.</p>
+
+<p>«Si tu avais pris, mon cher Paul, la peine de m'écrire pour
+me donner tes raisons, comme tu l'as fait dans ta lettre
+d'hier, je n'aurais pas été si vivement impressionnée de cette
+nouvelle inattendue, et je m'y serais probablement rendue,
+comme je le fais aujourd'hui. Puisque la chose est faite, et
+sans remède, je m'y soumets, tout en regrettant amèrement
+de n'en avoir rien su d'avance. Je trouve ta première partie
+brillante de style, d'intérêt et d'esprit; on ne dira toujours
+pas de ceci que c'est ennuyeux, comme on l'a dit de l'autre.
+Les portraits sont de main de maître et d'une ressemblance
+vivante.</p>
+
+<p>«Mais j'en reviens à mes inquiétudes. Je crois que tu te
+fais une foule d'ennemis irréconciliables. Tous ces personnages
+existent encore; sous leurs sobriquets, ils ne pourront
+manquer de se reconnaître. D'ailleurs, la dame les y aidera.
+C'est là vraiment la plus forte objection que j'ai toujours eue
+pour cette publication qui, dans ma prévision, t'attirera une
+foule de désagréments. Si ce n'était cette crainte, je ne pourrais
+m'empêcher d'être électrisée par des pages si belles et
+si bien écrites. Il y en a plusieurs d'étonnantes; mais si
+j'avais été consultée, je t'aurais engagé à ne pas oublier la
+scène étrange qui s'est passée entre elle et moi à l'occasion
+du départ pour l'Italie.</p>
+
+<p>«Je t'ai raconté cent fois, qu'avant de partir, ton frère
+m'avait demandé mon consentement à ce triste voyage, et
+que je l'avais obstinément refusé; enfin, voyant mon désespoir,
+il s'était jeté à mes genoux en me disant: «Ne pleure
+pas, ma mère. Si l'un de nous deux doit pleurer, ce ne sera
+pas toi.» Ce sont ses propres paroles. Tu comprends que je
+ne les ai jamais oubliées; il s'en alla, après m'avoir rassurée,
+et déclara à la dame qu'il ne pouvait partir, qu'il ne pouvait
+affliger sa mère. Le bon fils! Que fit cette femme? A neuf
+heures du soir, elle prit un fiacre et se fit conduire à ma
+porte. On vint m'avertir que quelqu'un me demandait
+en bas; je descendis, suivie d'un domestique et n'y comprenant
+rien. Je montai dans cette voiture, voyant une femme
+seule. C'était elle. Alors elle employa toute l'éloquence dont
+elle était maîtresse à me décider à lui confier mon fils, me
+<span class="pagenum"><a name="Page_94" id="Page_94">94</a></span> répétant qu'elle l'aimerait comme une mère, qu'elle le soignerait
+mieux que moi. Que sais-je? La sirène m'arracha
+mon consentement. Je lui cédai, tout en larmes et à contre
+c&oelig;ur, car <i>il avait une mère prudente</i>, bien qu'elle ait osé dire
+le contraire dans <i>Elle et Lui</i>.</p>
+
+<p>«Cette scène a son prix et je suis fâchée qu'elle ne se trouve
+pas dans ton récit véridique. Vois si tu peux l'introduire en
+parlant des regrets qu'il laissa derrière lui dans sa famille.</p>
+
+<p>«Adieu, mon cher fils. Je suis peinée de t'avoir affligé par
+ma lettre. Le sort en est jeté, nous verrons ce que l'avenir
+nous garde.</p>
+
+<p>«Je t'embrasse et t'aime tendrement.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Edmée».</span></p></div>
+
+<p>Certes, Paul de Musset eut raison de répondre; nous
+blâmons seulement la manière dont il le fit. On ne
+riposte pas à un pamphlet par un autre pamphlet; on
+ne réfute pas des faits dénaturés dans un sens en les
+dénaturant dans le sens contraire. Selon nous, le mieux
+eût été d'opposer des documents certains à ces histoires
+plus ou moins travesties; de publier, en un mot, la
+correspondance même des deux amants,&mdash;nous en
+revenons toujours là.&mdash;Paul de Musset pouvait le faire.
+George Sand, ayant les originaux, se croyait à l'abri de
+cette réplique: elle ignorait qu'Alfred de Musset, aussitôt
+après leur rupture définitive, avait confié ses lettres à
+M<sup>me</sup> Caroline Jaubert, et que celle-ci en avait pris la
+copie exacte<a name="FNanchor_64" id="FNanchor_64" href="#Footnote_64" class="fnanchor">[64]</a>.</p>
+
+<p>J'ai retrouvé, parmi les papiers laissés par Paul de
+Musset, cette <i>clef</i> des personnages de <i>Lui et Elle</i>, écrite
+par l'auteur lui-même:</p>
+
+<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="clef">
+<colgroup span="2">
+<col width="240" align="left"></col>
+<col align="left"></col>
+</colgroup>
+<tr>
+ <td>Olympe de B***</td>
+ <td>George Sand.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Édouard de Falconey</td>
+ <td>Alfred de Musset.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Diogène</td>
+ <td>Gustave Planche.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Jean Cazeau</td>
+ <td>Jules Sandeau.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Pierre</td>
+ <td>Paul de Musset.
+<span class="pagenum"><a name="Page_95" id="Page_95">95</a></span></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>L'éditeur</td>
+ <td>Buloz.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Caliban </td>
+ <td>Boucoiran.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Hercule</td>
+ <td>Laurens.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Le comte Meretti</td>
+ <td>[En blanc].</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Le docteur Palmerillo</td>
+ <td>Le D<sup>r</sup> Pagello</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Édouard Verdier</td>
+ <td>Alfred Tattet.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Hans Flocken</td>
+ <td>L'abbé Liszt.</td>
+</tr>
+</table>
+
+<p><i>Lui et Elle</i> ne fit qu'augmenter le tapage: deux camps
+se formèrent et l'encre coula à flots. Nous ne prétendons
+pas écrire l'histoire de cette guerre; nous ne voulons
+plus que citer deux lettres inédites, la première et la
+dernière en date, de celles que Paul de Musset recueillit
+en cette occasion et dont il forma tout un dossier.</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center"><i>M<sup>me</sup> Augustine Brohan à Paul de Musset.</i></p>
+
+<p class="right">«Avenue de Saint-Cloud, 28 mai 1859.</p>
+
+<p>«Je viens de lire <i>Lui et Elle</i>, puis <i>Elle et Lui</i>. Cela, Monsieur,
+vous sera sans doute fort indifférent d'avoir mon avis; mais
+votre esprit généreux comprendra que j'aie voulu vous le
+donner.</p>
+
+<p>«Si vous vous souvenez de mon nom, vous vous souviendrez
+aussi que, pendant de longues années, notre grand
+poète, votre frère, m'appelait son <i>amie</i>, et ami, véritablement
+je l'étais. Simplement, sans que cela fût la suite ou le
+commencement d'un autre voyage du c&oelig;ur, il lui avait plu
+de se plaindre à moi de ces horribles souffrances qui avaient
+aigri et changé sa nature première, parce qu'il avait compris
+quelle sympathie il y avait dans mon âme pour sa pauvre
+âme brisée. Souvent, il m'a dit que s'il y avait un remède
+pour le sauver de cette incurable maladie qui le minait,
+c'est moi qui le saurais trouver. Mais, hélas! quels que
+fussent mes efforts, le besoin d'oublier le replongeait dans
+les étourdissements qu'il recherchait. D'ailleurs, là où votre
+affection échouait, il n'y avait plus de remède.</p>
+
+<p>«Quand la mort, cruelle pour nous qui le perdions, est
+venue le délivrer, le seul regret qu'on peut raisonnablement
+avoir était de ne plus rien pouvoir pour lui; qui donc aurait
+pu jamais supposer qu'on eût à le venger? Il n'est pas besoin
+<span class="pagenum"><a name="Page_96" id="Page_96">96</a></span> de vous dire quel dégoût (il n'est pas besoin non plus d'être
+femme pour l'éprouver,) quel dégoût, dis-je, prend à la
+gorge en lisant ce pamphlet d'<i>Elle et Lui</i>!...</p>
+
+<p>«Assurément, mon intention n'est point de faire de grandes
+phrases, mais comment parler posément de cette audacieuse
+calomnie, qui a tenté de ternir la mémoire illustre d'un
+génie et d'un c&oelig;ur comme celui que nous pleurons!</p>
+
+<p>«Je ne voulais, Monsieur, que vous dire bonnement que
+votre réponse a déchargé ma colère, dont j'étouffais. Je
+voulais vous remercier d'avoir remis dans mon c&oelig;ur, fidèle
+au souvenir, les mots, les idées, les <i>airs ressemblants</i> du cher
+mort. Vous m'avez donné de profondes joies, et je vous
+devais de vous en dire ma reconnaissance.</p>
+
+<p>«Alfred de Musset, vous l'avez bien voulu dire vous-même,
+appartient à la jeunesse, à ce qui souffre, à ce qui
+aime, et j'ai été jeune en son temps. J'ai souffert,&mdash;qui n'a
+pas souffert?&mdash;et j'aime un bel enfant qui est le mien, à qui
+j'apprends à épeler dans ces belles poésies sorties du c&oelig;ur
+du poète et qui devaient le protéger contre tous, quand
+encore on n'aurait pas eu l'honneur d'être aimée de lui.</p>
+
+<p>«Recevez, Monsieur, mes compliments les meilleurs et les
+plus empressés sur la noble façon dont vous avez rempli la
+tâche que tout esprit honnête voudrait avoir à remplir.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Brohan».</span></p></div>
+
+<p>Si véhémente que puisse paraître cette lettre, aujourd'hui
+que les esprits sont calmés, elle n'égale pas en
+violence les articles de <i>La Correspondance littéraire</i>, du
+<i>Journal des Débats</i>, de la <i>Revue Contemporaine</i>, etc.</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="center"><i>Philarète Chasles à Madame Chodzko.</i></p>
+
+<p class="right">«29 avril 1861.</p>
+
+<p>«Vous devinez avec la grâce et la sûreté de coup d'&oelig;il
+les plus charmantes, chère Madame, tout ce qui peut m'être
+cher et précieux. Il n'y a pas d'être plus noblement doué ni
+que je vénère plus que Madame Dudevant. C'est le premier
+écrivain de cette époque, et si Dieu lui avait donné un peu
+plus de faiblesse, c'est-à-dire un peu plus d'amour, et, avec
+<span class="pagenum"><a name="Page_97" id="Page_97">97</a></span> ce don, un peu plus d'indulgence (l'amour n'est que pardon),
+elle ne serait peut-être pas un peintre aussi incomparable.
+Elle n'aurait pas non plus commis les deux seules erreurs
+graves de sa vie, de parler de ses ancêtres féminins dans ses
+Mémoires et d'Alfred de Musset dans son livre. Deux malheurs
+que l'honnête homme a pu se permettre, mais que <i>la
+femme</i>, si elle eût été plus terriblement femme, n'aurait pas
+admises, alors même que le vilain monstre pécuniaire et
+corrupteur qui lui a soufflé ces crimes contre la délicatesse
+d'âme, l'eût encore plus violemment entraînée à les commettre.</p>
+
+<p>«Mais il faut accepter ce que Dieu nous donne, la cerise
+avec son poison et l'ananas avec son ivresse et le soleil de
+l'Inde avec la fièvre. Il y a chez George Sand un génie de
+peinture, une grandeur de sentiment, une largeur chaude de
+style artistique, rares chez les génies les plus rares, qui,
+mêlés à une probité et à une équité superbes, en font un
+des plus beaux honneurs de notre France actuelle.</p>
+
+<p>«Je serai très heureux qu'elle veuille bien agréer mon
+humble hommage et je vous remercie bien cordialement
+d'une entremise qui me rend, certes, notre grand homme
+plus favorable....</p>
+
+<p>«Mille tendres et respectueux remerciements.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Philarète Chasles».</span></p></div>
+
+<p class="center">*<br />
+*&nbsp;&nbsp;&nbsp;*</p>
+
+<p>Aujourd'hui, toutes ces haines sont mortes; le poète
+est couché selon ses v&oelig;ux sous le saule qu'il a lui-même
+demandé:</p>
+
+<p class="left30">Mes chers amis, quand je mourrai,<br />
+Plantez un saule au cimetière;<br />
+J'aime son feuillage éploré,<br />
+La pâleur m'en est douce et chère,<br />
+Et son ombre sera légère<br />
+A la terre où je dormirai.</p>
+
+<p>Tandis que là-bas, sous le grand cyprès, la Bonne
+Dame de Nohant repose auprès de son fils et de son
+<span class="pagenum"><a name="Page_98" id="Page_98">98</a></span> petit-fils. Alors, pourquoi la s&oelig;ur du poète ne veut-elle
+10pas laisser dire toute la vérité et, comme la famille de
+George Sand, autoriser la publication des lettres, pour
+dissiper toute équivoque? Ni l'un ni l'autre des amants
+n'a rien à y perdre, tous deux ont beaucoup à y gagner.</p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/108_s.jpg" width="200" height="149"
+alt="end chap2" title="" />
+</div>
+
+<p class="center"><a href="images/108_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_99" id="Page_99">99</a></span></p>
+<p class="c"><b>INDEX BIBLIOGRAPHIQUE</b></p>
+<p><span class="pagenum invisible"><a name="Page_100" id="Page_100">100</a></span></p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_101" id="Page_101">101</a></span></p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/111_s.jpg" width="500" height="115"
+alt="chap3" title="" /></div>
+
+<p class="center"><a href="images/111_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<h2 class="p4">INDEX BIBLIOGRAPHIQUE</h2>
+
+<p class="center p2">1833</p>
+
+<p>20 et 25 juin.&mdash;Le Temps. Critique de <i>Un Spectacle
+dans un Fauteuil</i>, par A. G. (2 articles).</p>
+
+<p>11 juillet.&mdash;Journal des Débats. Critique de <i>Valentine</i>,
+par C. R. (Cuvillier-Fleury).</p>
+
+<p>28 juillet.&mdash;Journal des Débats. Critique de <i>Un
+Spectacle dans un Fauteuil</i> et des <i>Contes d'Espagne et
+d'Italie</i>, par J. S.</p>
+
+<p><span class="smcap">Lélia, par George Sand.</span> Paris, Dupuis et Tenré,
+1833. 2 vol. in-8.</p>
+
+<p>7 août.&mdash;Bagatelle. Critique de <i>Lélia</i>, par Lottin de
+Laval.</p>
+
+<p>9 août.&mdash;L'Europe littéraire. Les Bas-Bleus, par Capo
+de Feuillide.</p>
+
+<p>Réimprimé dans: <span class="smcap">Chroniques du Café de Paris,
+1</span><sup>er</sup> liv., <span class="smcap">Le Jeune Homme.</span> Paris, U. Canel et A. Guyot,
+1833. 2 vol. in-8. Tome II, p. 283.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_102" id="Page_102">102</a></span>
+15 août.&mdash;Revue des Deux-Mondes. Critique de
+<i>Lélia</i>, par G. Planche.</p>
+
+<p>22 août.&mdash;L'Europe littéraire. Critique de <i>Lélia</i>, par
+Capo de Feuillide.</p>
+
+<p>24 août.&mdash;Le Figaro. Il ou Elle. (Sur le duel Planche-De
+Feuillide).</p>
+
+<p>30 août.&mdash;L'Écho de la Jeune France, p. 216. Le
+Duel de G. Planche et C. de Feuillide.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> septembre.&mdash;Le Petit Poucet. Le Duel de G. Planche
+et de C. de Feuillide.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> septembre.&mdash;Journal des Débats. Critique de <i>Lélia</i>,
+par C. R. (Cuvillier-Fleury).</p>
+
+<p>29 septembre.&mdash;Le National. Critique de <i>Lélia</i>, par
+Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>4 novembre.&mdash;Journal des Débats. Sur G. Sand, à
+propos d'<i>Indiana</i>, par J. J. (J. Janin).</p>
+
+<p>29 novembre.&mdash;Journal des Débats. G. Sand et les
+<i>Heures du Soir</i>, par J. J. (J. Janin).</p>
+
+<p class="center p2">1834</p>
+
+<p>9 janvier.&mdash;L'Europe littéraire. G. Sand et J. Sandeau,
+par A. Luchet.</p>
+
+<p>24 mars.&mdash;Journal des Débats. G. Sand à propos
+de <i>Valentine</i>, par J. J. (J. Janin).</p>
+
+<p>15 mai.&mdash;Revue des Deux-Mondes. 1<sup>re</sup> Lettre d'un
+Voyageur, par G. Sand.</p>
+
+<p>15 juillet.&mdash;Revue des Deux-Mondes. 2<sup>e</sup> Lettre d'un
+Voyageur, par G. Sand.</p>
+
+<p>15 septembre.&mdash;Revue des Deux-Mondes. 3<sup>e</sup> Lettre
+d'un Voyageur, par G. Sand.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> octobre.&mdash;Journal des Femmes. Critique de <i>Un
+Spectacle dans un Fauteuil</i>, par M<sup>me</sup> Cl. Robert.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> octobre.&mdash;Revue des Deux-Mondes. Critique de
+<i>Jacques</i>, par G. Planche.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_103" id="Page_103">103</a></span> 15 octobre.&mdash;Revue des Deux-Mondes. 4<sup>e</sup> Lettre d'un
+Voyageur, par G. Sand.</p>
+
+<p class="center p2">1835</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> janvier.&mdash;Revue des Deux-Mondes. Une bonne
+fortune, par Alfred de Musset.</p>
+
+<p>15 janvier.&mdash;Revue des Deux-Mondes. 5<sup>e</sup> Lettre d'un
+Voyageur, par G. Sand.</p>
+
+<p>15 juin.&mdash;Revue des Deux-Mondes. La Nuit de Mai,
+par Alfred de Musset.</p>
+
+<p>15 juillet.&mdash;Le Mercure de France. Quelques gens
+de Lettres dans leur intérieur, par Une Contemporaine.
+(M<sup>me</sup> Ida Saint-Elme).</p>
+
+<p>15 septembre.&mdash;Revue des Deux-Mondes. Fragment
+de la <i>Confession d'un Enfant du siècle</i>, par Alfred de
+Musset.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> décembre.&mdash;Revue des Deux-Mondes. La Nuit de
+Décembre, par Alf. de Musset.</p>
+
+<p class="center p2">1836</p>
+
+<p><span class="smcap">La Confession d'un Enfant du Siècle, par Alfred
+de Musset.</span> Paris, Bonnaire, 1836. 2 vol. in-8.</p>
+
+<p>7 février.&mdash;Revue de Paris, p. 53.&mdash;Critique de
+<i>La Confession</i>, par B. Z.</p>
+
+<p>15 février.&mdash;Revue des Deux-Mondes. Critique de <i>La
+Confession</i>, par Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>21 février.&mdash;Chronique de Paris. Critique de <i>La
+Confession</i>, par C. A. (Chaudesaigues).</p>
+
+<p>24 février.&mdash;La Quotidienne. Critique de <i>La Confession</i>
+et comparaison avec <i>Lélia</i>, par Th. Muret.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> mars.&mdash;Revue des Deux-Mondes. Lettre à Lamartine,
+par Alfred de Musset.</p>
+
+<p>10 mars.&mdash;Petit Courrier des Dames. Critique et
+Extrait de <i>La Confession</i>, non signé.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_104" id="Page_104">104</a></span>
+10 mars.&mdash;Le Voleur. Critique de <i>La Confession</i>, par
+H. C.</p>
+
+<p>15 mars.&mdash;Le Mercure de France. Critique de <i>La
+Confession</i>, par S.-H. Berthoud.</p>
+
+<p>15 juin.&mdash;L'Écho de la Jeune France. Critique de
+<i>La Confession</i>, non signé.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> juillet.&mdash;Revue des Deux-Mondes. Portrait de
+G. Sand, gravé sur acier par Calamatta, d'après Eugène
+Delacroix.</p>
+
+<p>15 août.&mdash;Revue des Deux-Mondes. La Nuit d'Août,
+par Alfred de Musset.</p>
+
+<p><span class="smcap">Critiques et Portraits Littéraires, par Sainte-Beuve.</span>
+Paris, Renduel, 1832-1836. 3 vol. in-8.&mdash;Tome II,
+p. 283. Les <i>Nuits</i>, la <i>Confession</i> et les <i>Lettres d'un Voyageur</i>.</p>
+
+<p>10 octobre.&mdash;Petit Courrier des Dames. Note et
+Extrait de <i>La Nuit d'Août</i>.</p>
+
+<p class="center p2">1837</p>
+
+<p><span class="smcap">Lettres sur les Écrivains Français, par Van Engelgom</span>
+(Jules Lecomte). Bruxelles, 1837. 1 vol. in-12.&mdash;p.
+35. Pourquoi, au théâtre, Alfred de Musset fuyait
+à la vue de G. Sand.</p>
+
+<p>10 mars.&mdash;La Fronde. Critique de <i>La Confession</i>,
+non signé.</p>
+
+<p>5 juin.&mdash;Le Voleur. Lettre de G. Sand au vicomte S.
+de Larochefoucault.</p>
+
+<p><span class="smcap">Lettres d'un Voyageur, par G. Sand.</span> Paris, Bonnaire,
+1837. 2 vol. in-8.</p>
+
+<p>30 juillet.&mdash;Revue de Paris, p. 314. Critique des
+<i>Lettres d'un Voyageur</i>.</p>
+
+<p class="center p2">1839</p>
+
+<p><span class="smcap">Le Poète déchu, par Alfred de Musset.</span> &OElig;uvre
+inédite.</p>
+
+<p class="p2"><span class="pagenum"><a name="Page_105" id="Page_105">105</a></span></p>
+<p class="center">1840</p>
+
+<p><span class="smcap">La Confession d'un Enfant du Siècle, par Alfred
+de Musset.</span> Paris, Charpentier, 1840. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p>26 juillet.&mdash;Revue de Paris, p. 289. G. Sand et ses
+<i>Lettres d'un voyageur</i>.</p>
+
+<p class="center p2">1841</p>
+
+<p><span class="smcap">Les Écrivains Modernes de la France, par Chaudesaigues.</span>
+Paris. Gosselin, 1841. 1 vol. in-12.&mdash;p. 88. Analyse
+de <i>La Confession</i>. (Reproduction, avec quelques
+changements de l'article de la <i>Chronique de Paris</i> du 21
+février 1836).</p>
+
+<p>15 février.&mdash;Revue des Deux-Mondes. Souvenir,
+poésie, par Alfred de Musset.</p>
+
+<p class="center p2">1844</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> avril.&mdash;Revue des Deux-Mondes. A mon frère
+revenant d'Italie, stances, par Alfred de Musset.&mdash;Le
+Constitutionnel du 6 avril en publie un extrait.</p>
+
+<p class="center p2">1846</p>
+
+<p>18 janvier.&mdash;L'Artiste. Alfred de Musset, G. Sand et
+le Voyage en Italie; les <i>Nuits</i>, par H. Vermot. Extrait
+d'une des <i>Lettres d'un Voyageur</i>, par G. Sand.</p>
+
+<p class="center p2">1847</p>
+
+<p>21 février.&mdash;L'Artiste, p. 249. Jugement de G. Sand
+sur Alfred de Musset, par Aug. Desplaces.</p>
+
+<p class="center p2">1848</p>
+
+<p>21-24 juin.&mdash;Le Petit-Fils du Père Duchêne. A propos
+du pamphlet: <i>Amours et intrigues de G. Sand</i> (par
+Brault, in-8).</p>
+
+<p class="center p2">1850</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> juillet.&mdash;L'Artiste. Parallèle du talent d'Alfred de
+Musset et de celui de G. Sand.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_106" id="Page_106">106</a></span></p>
+
+<p class="center p2">1853</p>
+
+<p><span class="smcap">Portraits a la Plume, par Clément de Ris.</span> Paris,
+Didier, 1853. 1 vol. in-12. p. 30. Critique de <i>La Confession</i>.</p>
+
+<p class="center p2">1854</p>
+
+<p><span class="smcap">Alfred de Musset, par Eugène de Mirecourt.</span> Paris,
+Roret, 1854. 1 vol. in-32.</p>
+
+<p><span class="smcap">George Sand, par Eugène de Mirecourt.</span> Paris,
+Roret, 1854. 1 vol. in-32.</p>
+
+<p>15 février.&mdash;Le Mousquetaire. Lettre de G. Sand à
+E. de Mirecourt, à propos de sa <i>Biographie</i>.&mdash;E. de
+Mirecourt répond par une lettre insérée dans le numéro
+du 17 février et toute une polémique s'engage et se continue
+jusqu'au 2 mars.</p>
+
+<p>12 mars.&mdash;Le Mousquetaire. Critique de <i>La Confession</i>,
+par A. Dumas.</p>
+
+<p><span class="smcap">Histoire de ma Vie, par G. Sand.</span> Paris, Lecou, 1854-1855.
+20 vol. in-8.&mdash;Tome XVII, p. 219-233. Le Voyage
+en Italie.</p>
+
+<p class="center p2">1857</p>
+
+<p>10 mai.&mdash;La Gazette de Paris. Sur <i>La Confession</i>, par
+Ph. Audebrand.</p>
+
+<p>13 mai.&mdash;Triboulet et Diogène. Alfred de Musset,
+G. Sand et <i>La Confession</i>, par Ch. de Lavarenne.</p>
+
+<p>9 juin.&mdash;Les Contemporains. Comment écrivaient
+Alfred de Musset et G. Sand, par Mirecourt.</p>
+
+<p class="center p2">1858</p>
+
+<p>3 juillet.&mdash;L'Artiste. Alfred de Musset et G. Sand,
+par L. Ratisbonne.</p>
+
+<p class="center p2">1859</p>
+
+<p><span class="smcap">Elle et Lui, par George Sand.</span> Revue des Deux-Mondes,
+15 janvier, 1<sup>er</sup> et 15 février, 15 mars.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_107" id="Page_107">107</a></span> <span class="smcap">Elle et Lui, par George Sand.</span> Paris, Hachette,
+1859. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p><span class="smcap">Lui et Elle, par Paul de Musset.</span> Magasin de Librairie,
+10 et 25 avril, 10 mai.</p>
+
+<p><span class="smcap">Lui, par</span> M<sup>me</sup> <span class="smcap">Louise Colet.</span> Le Messager de Paris, du 23
+août au 16 septembre (22 feuilletons).</p>
+
+<p>3 mars.&mdash;Journal des Débats. Critique de <i>Elle et Lui</i>,
+par Prévost-Paradol.</p>
+
+<p>5 avril.&mdash;La Correspondance Littéraire. Critique de
+<i>Elle et Lui</i>, par Ludovic Lalanne.</p>
+
+<p>11 avril.&mdash;La Mode. Critique de <i>Elle et Lui</i>, par U.
+Guttinguer.</p>
+
+<p>15 avril.&mdash;Revue Anecdotique. Sur <i>Elle et Lui</i>, <i>Lui et
+Elle</i>, clef des personnages.</p>
+
+<p>20 avril et 5 mai.&mdash;La Correspondance Littéraire.
+Critique de <i>Lui et Elle</i>, par Lud. Lalanne.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> mai.&mdash;Revue Anecdotique. Rectification de la clef
+de <i>Elle et Lui</i>.</p>
+
+<p>21 mai.&mdash;L'Illustration. Critique de <i>Elle et Lui</i>.</p>
+
+<p>24 mai.&mdash;Le Siècle. Critique de <i>Elle et Lui</i>, <i>Lui et
+Elle</i>, par Delord.</p>
+
+<p>5 juin.&mdash;Le Quart d'heure. Lettre à Paul de Musset,
+par A. Louvet.</p>
+
+<p>7 juin.&mdash;La Gazette de France. Critique de <i>Elle et
+Lui</i>.</p>
+
+<p>15 juin.&mdash;Le Pays. Critique de <i>Elle et Lui</i>, <i>Lui et
+Elle</i>, par Barbey d'Aurevilly.</p>
+
+<p>25 juillet.&mdash;Le Correspondant. Critique de <i>Elle et Lui,
+Lui et Elle</i>, par A. de Pontmartin.</p>
+
+<p>15 août.&mdash;Revue contemporaine. Confessions de Deux
+Enfants du Siècle, par H. Babou.</p>
+
+<p>18 août.&mdash;Revue de l'Instruction publique. Critique
+de <i>Elle et Lui</i>, par A. Claveau.</p>
+
+<p>15 octobre.&mdash;Revue des Deux-Mondes. Préface de
+<i>Jean de La Roche</i>, par G. Sand.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_108" id="Page_108">108</a></span> 1<sup>er</sup> novembre.&mdash;Revue Anecdotique. A propos de
+<i>Lui</i>, extrait du <i>Causeur</i>.</p>
+
+<p>25 novembre.&mdash;La Correspondance Littéraire. La
+préface de <i>Jean de La Roche</i> et Alfred de Musset.</p>
+
+<p>27 novembre.&mdash;Journal des Débats. Critique de <i>Lui</i>,
+par Cuvillier-Fleury.</p>
+
+<p>10 décembre.&mdash;Magasin de Librairie. Critique de
+<i>Lui</i>, par T. Delord.</p>
+
+<p><span class="smcap">L'Année Littéraire et Dramatique, par Vapereau.
+Année 1859.</span> Paris, Hachette. 1 vol. in-12.&mdash;p. 63. A propos
+d'<i>Elle et Lui</i>.&mdash;p. 91. Sur <i>Lui et Elle</i>.&mdash;p. 94. Sur <i>Lui</i>.</p>
+
+<p class="center p2">1860</p>
+
+<p><span class="smcap">Lui et Elle, par Paul de Musset.</span> Paris, Charpentier,
+1860. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p><span class="smcap">Lui, par</span> M<sup>me</sup> <span class="smcap">Louise Colet</span>. Paris, Bourdilliat, 1860.
+1 vol. in-12.</p>
+
+<p><span class="smcap">Eux, drame contemporain, par Moi</span> (A. Doinet). Caen,
+Legost-Clerisse, 1860. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p><span class="smcap">Eux et Elles, par M. de Lescure.</span> Paris, Poulet-Malassis
+et De Broise, 1860. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> janvier.&mdash;Revue Anecdotique. Note sur <i>Eux</i>,
+pseudonyme de l'auteur.</p>
+
+<p>Janvier.&mdash;Bentley's quarterly review. Étude sur G.
+Sand.</p>
+
+<p>25 janvier.&mdash;La Correspondance Littéraire. Critique
+de <i>Lui et Elle</i>, par Lud. Lalanne.</p>
+
+<p>14 février.&mdash;Le Gaulois. Les Amours d'un poète,
+idylle en 4 colonnes par A. Delatouche.</p>
+
+<p>19 février.&mdash;Le Gaulois. Note relative aux Amours
+d'un Poète.</p>
+
+<p><span class="smcap">Jean de La Roche, par George Sand.</span> Paris, Hachette,
+1860. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> mars.&mdash;Revue Anecdotique. Stances sur <i>Lui</i>,
+par Andréa P.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_109" id="Page_109">109</a></span>
+25 mars.&mdash;La Correspondance Littéraire. A propos
+des vers d'Andréa P.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> avril.&mdash;Revue Anecdotique. Note sur le livre de
+M. de Lescure.</p>
+
+<p><span class="smcap">L'Année Littéraire et Dramatique, par Vapereau.
+3</span><sup>e</sup><span class="smcap"> année. 1860.</span> Paris, Hachette. 1 vol. in-12.&mdash;p. 145.
+Des clefs de roman, à propos de <i>Jean de La Roche</i>.</p>
+
+<p class="center p2">1861</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> mars.&mdash;Revue Anecdotique, p. 97. <i>Elle et Lui</i>,
+pastiche en vers, par Th. de Banville.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> octobre.&mdash;Revue Anecdotique. Clef des personnages
+de <i>Lui</i>.</p>
+
+<p class="center p2">1862</p>
+
+<p><span class="smcap">Alfred de Musset, par Adolphe Perreau.</span> Paris,
+Poulet-Malassis, 1862. 1 vol. in-12.&mdash;p. 21 à 40. Alfred
+de Musset et G. Sand, les <i>Nuits</i>, etc...</p>
+
+<p><span class="smcap">L'Italie des Italiens par</span> M<sup>me</sup> <span class="smcap">Louise Colet</span>. Paris,
+Dentu, 1862. 4 vol. in-12. Tome I. p. 248.</p>
+
+<p class="center p2">1863</p>
+
+<p><span class="smcap">Les Morts vont vite, par Alexandre Dumas.</span> Paris,
+M. Lévy, 1863. 2 vol. in-12.&mdash;T. II, p. 109, 135, 165. Sur
+<i>La Confession</i>, etc.</p>
+
+<p class="center p2">1864</p>
+
+<p>15 mars.&mdash;Nouvelle Revue de Paris. Critique de
+<i>Elle et Lui</i>.</p>
+
+<p><span class="smcap">Alfred de Musset devant la Jeunesse, par Lissagaray.</span>
+Paris, Cournol, 1864. Brochure in-8<sup>o</sup>. p. 15. Sur <i>La
+Confession</i>, etc...</p>
+
+<p>19 mars.&mdash;La Petite Revue. Réfutation de la conférence
+de M. Lissagaray, par Pincebourde.</p>
+
+<p>8 mai.&mdash;Le Temps. Réfutation de la conférence de
+M. Lissagaray, par H. de Lagardie.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_110" id="Page_110">110</a></span> 1865</p>
+
+<p><span class="smcap">Les Poésies d'Alfred de Musset, par Ch. Bigot</span>,
+conférence. Nevers, tous les libraires, 1865. Brochure
+in-8.&mdash;p. 7. Alfred de Musset et G. Sand, désespoir du
+poète trahi.</p>
+
+<p>Juin.&mdash;Revue Moderne. Deux Sonnets sur <i>Chatterton</i>
+d'Alfred de Vigny, par Alfred de Musset et G. Sand, et
+lettre de L. Ratisbonne.</p>
+
+<p>Reproduit dans: La Petite Revue, 17 juin 1865.&mdash;Gazette
+Anecdotique, 28 février 1877.&mdash;Les Annales, 18
+décembre 1887.&mdash;J'ai trouvé dans les papiers d'Alfred
+de Musset une lettre de Paul de Musset à Louis Ratisbonne;
+celui-ci, en sa qualité de directeur de la <i>Revue
+Moderne</i> avait communiqué au frère du poète le texte des
+deux sonnets avant leur publication.</p>
+
+<p>Dans cette lettre, datée du 9 mai 1865, publiée par
+nous dans la <i>Revue d'Histoire Littéraire</i> du 15 janvier
+1898, Paul de Musset nie l'authenticité des deux sonnets.
+D'autre part, M. Georges Jubin met au jour dans la
+<i>Revue Bleue</i> du 3 avril 1897 des documents qui établissent
+que George Sand n'a pas composé l'un de ces
+sonnets et qu'Alfred de Musset est l'auteur de tous deux.
+Voir p. <a href="#Page_208">208</a>.</p>
+
+<p><span class="smcap">Alfred de Musset, ses poésies. Lecture faite a
+Amiens</span> le 8 avril 1865, (par A. Th.) Amiens, Imprimerie
+de Jeunet, 1865. Brochure in-8, p. 15 à 36.</p>
+
+<p class="center p2">1866</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> avril.&mdash;Revue du XIX<sup>e</sup> siècle. La Littérature de 1830.</p>
+
+<p><span class="smcap">&OElig;uvres d'Alfred de Musset.</span> Édition dédiée aux
+amis du poète, avec une Notice biographique par son
+frère. Paris, Charpentier, 1865-1866. 10 vol. in-4.&mdash;Tome
+X, p. 19 à 27. Le Voyage en Italie, les <i>Nuits</i>, la
+<i>Confession</i>.&mdash;p. 32-33. Sur le <i>Poète Déchu</i>, le <i>Souvenir</i>.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_111" id="Page_111">111</a></span> 1<sup>er</sup> décembre.&mdash;Revue du XIX<sup>e</sup> siècle. Alfred de Musset
+et G. Sand, d'après Pierre Leroux.</p>
+
+<p class="center p2">1868</p>
+
+<p>3 octobre.&mdash;L'Illustration, p. 211. Les Correspondances
+de G. Sand avec Michel de Bourges, M. de La
+Rounat et Alfred de Musset.</p>
+
+<p class="center p2">1869</p>
+
+<p><span class="smcap">Portraits contemporains, par Sainte-Beuve.</span> Nouvelle
+édition. Paris, C. Lévy, 1869. 5 vol. in-12.&mdash;Tome I,
+p. 516. Lettres de George Sand à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p><span class="smcap">Une grande Victime de l'esprit de son temps,
+Alfred de Musset, par Lucien Degron.</span> Caen, Domin,
+1869. Brochure in-8, p. 30.</p>
+
+<p class="center p2">1872</p>
+
+<p>19 octobre.&mdash;La Renaissance littéraire et artistique.
+Des livres écrits sur Alfred de Musset et George Sand,
+d'après Champfleury.</p>
+
+<p class="center p2">1873</p>
+
+<p><span class="smcap">Les Coulisses du Passé, par Paul Foucher.</span> Paris,
+Dentu, 1873. 1 vol. in-12.&mdash;p. 282. Le désespoir d'Alfred
+de Musset.&mdash;p. 371. Alfred de Musset et G. Sand dans
+les <i>Portraits</i> de Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>11 mars.&mdash;Le Corsaire. Sonnet à G. Sand: «Telle de
+l'Angelus», par Alfred de Musset.</p>
+
+<p>Reproduit dans: Le Constitutionnel, 12 janvier 1881.&mdash;Le
+Figaro, 15 janvier 1881.&mdash;Le Gaulois, 19 août 1896, etc.</p>
+
+<p class="center p2">1875</p>
+
+<p><span class="smcap">Alfred de Musset, par H. Secretan.</span> Lausanne,
+Imprimerie Howard-Delisle, 1875. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.&mdash;p.
+68. G. Sand et Alfred de Musset, fragments de trois lettres
+de G. Sand à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_112" id="Page_112">112</a></span> 1876</p>
+
+<p>31 mars.&mdash;Gazette Anecdotique. Critique de <i>Lui</i>,
+par G. d'Heylli.</p>
+
+<p>6 avril.&mdash;La Vie Littéraire. Alfred de Musset, G. Sand
+et M<sup>me</sup> Colet, par Maxime Rude.</p>
+
+<p><span class="smcap">La Confession d'un Enfant du Siècle, par Alfred
+de Musset</span>, orné de 1 portrait et 1 vignette à l'eau-forte.
+Paris, Charpentier, 1876. 1 vol. in-32.</p>
+
+<p><span class="smcap">Romanciers contemporains, par Marius Topin.</span> Paris,
+Charpentier, 1876. 1 vol. in-12.&mdash;p. 31. Sur <i>Lui et Elle</i>,
+<i>Elle et Lui</i>.</p>
+
+<p class="center p2">1877</p>
+
+<p><span class="smcap">Biographie d'Alfred de Musset, par Paul de Musset.</span>
+Paris, Charpentier, 1877. 1 vol. in-12. Voir p. 118, 125 à 132, 139, 144 et 260.</p>
+
+<p>Février.&mdash;La Patrie. Sur les sonnets à Alfred de
+Vigny, par Ed. Fournier.</p>
+
+<p>25 février.&mdash;Le Courrier littéraire, p. 364. Critique de
+<i>La Confession</i>; G. Sand et Musset, par Coriolis.</p>
+
+<p><span class="smcap">Catulle et Alfred de Musset, par Eugène Rostand.</span>
+Discours de réception à l'Académie de Marseille, prononcé
+le 4 février 1877. Paris, Hachette et C<sup>ie</sup>, 1877.
+Brochure in-8<sup>o</sup>.&mdash;Voir p. 11, 12, 13, 19 à 29.</p>
+
+<p>14 avril.&mdash;L'Homme libre. Lettre d'Alfred de Musset à
+G. Sand et stances à G. Sand: «Porte ta vie...» par
+Alfred de Musset.</p>
+
+<p>Stances reproduites dans: Le Figaro, 28 avril 1882.&mdash;Les
+Annales politiques et littéraires, 19 avril 1891.&mdash;L'Observateur
+français, 21 avril 1891.&mdash;Le Courrier
+de Londres et de l'Europe, 26 avril 1891.&mdash;Gazette
+anecdotique, 15 mai 1891.&mdash;Le Figaro, 9 mai 1892.&mdash;Le
+Jour, 11 mai 1892.&mdash;Simple Revue, 1<sup>er</sup> juillet 1894.&mdash;Pages
+d'art et de sciences (Bruxelles), décembre
+<span class="pagenum"><a name="Page_113" id="Page_113">113</a></span> 1894.&mdash;Saint-Raphaël-Revue, 28 juin 1896.&mdash;Le Courrier
+australien (Sidney), 3 octobre 1896.&mdash;Le Petit
+Temps, 31 octobre 1896.&mdash;Le Précurseur (Anvers), 31
+octobre 1896.&mdash;La Revue de Paris, 1<sup>er</sup> novembre 1896.&mdash;Journal
+des Débats, 1<sup>er</sup> novembre 1896.&mdash;Fanfulla
+(Rome), 3-4 novembre 1896.&mdash;Il Resto del Carlino
+(Bologne), 5 novembre 1896, etc.</p>
+
+<p><span class="smcap">Alfred de Musset, von Paul Lindau.</span> Berlin, A. Hoffmann,
+1877. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.&mdash;p. 118 et suiv. Alfred de
+Musset et G. Sand, les <i>Lettres d'un Voyageur</i>, <i>Elle et Lui</i>,
+<i>Lui et Elle</i>, <i>Lui</i>, etc...</p>
+
+<p class="center p2">1878</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> mars.&mdash;Revue des Deux-Mondes, p. 17. Allusions
+au Voyage en Italie fait par G. Sand dans <i>Leone Leoni</i>.</p>
+
+<p>15 mars.&mdash;Revue des Deux-Mondes. Sur <i>Elle et Lui</i>,
+par d'Haussonville.</p>
+
+<p><span class="smcap">Catalogue de Lettres autographes</span>, comprenant les
+correspondances de Ph. Chasles, G. Planche et Sauvage.
+Vente rue des Bons-Enfants le 28 juin 1878. Paris, Charavay,
+1878. Brochure in-8<sup>o</sup>.&mdash;N<sup>os</sup> 141 et 142. Lettres
+d'Alfred de Musset à G. Planche et réponse de celui-ci,
+8 et 10 novembre 1834. (Provocation en duel à propos
+de G. Sand et excuses).</p>
+
+<p>Septembre-octobre.&mdash;The North American review.
+Alfred de Musset et G. Sand, par T. S. Perry.</p>
+
+<p><span class="smcap">Lui et Elle, par Paul de Musset</span>, avec deux dessins
+de Rochegrosse. Paris, Charpentier, 1878. 1 vol. in-32.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> novembre.&mdash;Revue des Deux-Mondes. Après la
+lecture d'<i>Indiana</i>, stances, par Alfred de Musset.</p>
+
+<p class="center p2">1879</p>
+
+<p>7 février.&mdash;Revue du XIX<sup>e</sup> siècle. A propos de l'édition
+in-32 de <i>Lui et Elle</i>, par Ch. Bigot.</p>
+
+<p><span class="smcap">Sainte-Beuve et ses inconnues, par A. Pons.</span> Paris,
+<span class="pagenum"><a name="Page_114" id="Page_114">114</a></span> Ollendorff, 1879. 1 vol. in-12.&mdash;p. 115 à 121. Alfred
+de Musset, G. Sand, leur correspondance, extraits, etc...</p>
+
+<p><span class="smcap">Alfred de Musset. Spowiedz' Dzieciecia Wieku</span>
+przklad L. Kaczynskiej. Warszawa. Nakladem Radakcyl
+Przegladu Tygodniowego. 1879. 2 vol. in-16. Traduction
+de <i>La Confession d'un Enfant du Siècle</i>.</p>
+
+<p class="center p2">1880</p>
+
+<p><span class="smcap">Un Amour de Musset, par Auguste Marin</span>, comédie
+en 1 acte, en vers. Paris, Dentu, 1880. 1 vol. in-12.&mdash;Les
+deux personnages de cette pièce, représentée pour
+la première fois à Marseille, sur le théâtre du Gymnase,
+le 13 janvier 1880, sont G. Sand et Alfred de Musset.
+Elle a été réimprimée en 1895 sous le titre de: «Un
+amour de Poète».</p>
+
+<p><span class="smcap">The Poet and the Muse, being a Version of Alfred
+de Musset</span>: La Nuit de mai, la Nuit d'août and la Nuit
+d'octobre, with an Introduction by Walter Herries
+Pollock. London, Richard Bentley son, 1880. 1 vol.
+in-12.</p>
+
+<p><span class="smcap">Alfred de Musset. La Confesion de un Hijo del
+Siglo.</span> Traduccion de R. G. Madrid. Imprenta de la
+Gaceta Universal, 1880. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p>5 juin.&mdash;L'Illustration, p. 358. Sur la Correspondance
+de G. Sand avec Alfred de Musset.</p>
+
+<p>Septembre.&mdash;Temple Bar magazine (Londres). Alfred
+de Musset, non signé.</p>
+
+<p class="center p2">1881</p>
+
+<p>15 janvier.&mdash;Gazette Anecdotique. Note relative à
+la Correspondance de G. Sand et d'Alfred de Musset.</p>
+
+<p>29-30 janvier.&mdash;El Corriere della Sera (Milan). La
+Sand e il dottor Pagello. (Lettre du D<sup>r</sup> Pagello, Serenata
+à G. Sand.)</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> février.&mdash;The Fortnightly review (Londres). Tennyson
+<span class="pagenum"><a name="Page_115" id="Page_115">115</a></span> et Alfred de Musset, par A.-C. Swinburne.&mdash;p. 137
+et suiv. G. Sand, la <i>Confession</i>, etc...</p>
+
+<p>14 mars.&mdash;Le Figaro. George Sand et Pagello, par D***.
+Traduction de la lettre de Pagello publiée dans le
+Corriere della Sera.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> avril.&mdash;La Revue Bordelaise. Un mot sur Alfred
+de Musset et G. Sand.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> mai.&mdash;L'Illustrazione Italiana (Milan). Le D<sup>r</sup> Pagello
+et G. Sand à Venise.</p>
+
+<p>15 juin.&mdash;Revue des Deux-Mondes, p. 789. Sur G.
+Sand, <i>Elle et Lui</i>, <i>Lui et Elle</i>, par E. Montégut.</p>
+
+<p><span class="smcap">Documents littéraires, par Émile Zola.</span> Paris, Charpentier,
+1881. 1 vol. in-12.&mdash;p. 101, 207, 224, 276.</p>
+
+<p>22 octobre.&mdash;Le Parlement. Note inédite de Paul
+de Musset sur <i>Elle et Lui</i>.</p>
+
+<p class="center p2">1882</p>
+
+<p>26 avril.&mdash;Le Figaro. Lettre de G. Sand où il s'agit
+d'Alfred de Musset.</p>
+
+<p>25 juillet.&mdash;L'Intermédiaire des Chercheurs. Clef partielle
+de <i>Elle et Lui</i>.</p>
+
+<p>15 août.&mdash;Revue des Deux-Mondes. Critique de <i>Elle
+et Lui</i>, <i>Lui et Elle</i>, <i>Lui</i>, par Maxime Du Camp.</p>
+
+<p>31 août.&mdash;Gazette Anecdotique, p. 97. Alfred de Musset
+et G. Sand, d'après Maxime Du Camp.</p>
+
+<p><span class="smcap">Luigia Codemo. Racconti, Scene, Bozzetti, Produzioni
+dramatiche.</span> Treviso, coi typi di L. Zopelli editore.
+1882. 2 vol. in-12 carré.&mdash;T. I, p. 153 à 188: Sandiana.
+(G. Sand et Alfred de Musset à Venise, fragments du
+Journal de Pagello, Lettre de G. Sand à Pagello, Pagello
+à Paris, Serenata à G. Sand, sur <i>Lui et Elle</i>, etc...)</p>
+
+<p>3 septembre.&mdash;Le Figaro. Stances à G. Sand: «Te
+voilà revenu», par Alfred de Musset, article par Racot.
+(Extrait des <i>Souvenirs</i> de Maxime Du Camp).</p>
+
+<p>Stances reproduites dans: La Gazette de France, 1882.&mdash;Saint-Raphaël-Revue,
+<span class="pagenum"><a name="Page_116" id="Page_116">116</a></span> 28 juin 1896.&mdash;La Revue de
+Paris, 1<sup>er</sup> novembre 1896.</p>
+
+<p>19-20 septembre.&mdash;La République Française. G. Sand
+et sa correspondance, par A. Leroy.</p>
+
+<p>14 octobre.&mdash;Le Figaro. Lettre de G. Sand à Mirecourt
+(déjà publiée dans le Mousquetaire, 1854).</p>
+
+<p><span class="smcap">Las Noches de Alfredo de Musset</span>, versio castellana
+en verso per Guillermo Belmonte. Madrid, 1882. 1 vol.
+in-32.</p>
+
+<p><span class="smcap">Correspondance de George Sand</span>, 1812-1876. Paris,
+C. Lévy, 1882. 6 vol. in-12.&mdash;Voir principalement les
+tomes II et III.</p>
+
+<p><span class="smcap">Souvenirs Littéraires, par Maxime Du Camp.</span> Paris,
+Hachette, 1882-1883. 2 vol. in-8<sup>o</sup>.&mdash;Voir tome II, p. 339
+et suiv., 348, 360.</p>
+
+<p class="center p2">1883</p>
+
+<p>25 février.&mdash;L'Intermédiaire des Chercheurs. Sur la
+clef de <i>Elle et Lui</i>.</p>
+
+<p>28 février.&mdash;Gazette Anecdotique, p. 112. M. Grévy
+et l'échange des lettres, d'après Le Gaulois.</p>
+
+<p>15 avril.&mdash;La Gazette Anecdotique, p. 209. G. Sand,
+Sandeau et Alfred de Musset, d'après Barbey d'Aurevilly.</p>
+
+<p>4 mai.&mdash;Le Gaulois. Sur <i>Elle et Lui</i>, <i>Lui et Elle</i>.</p>
+
+<p>10 mai.&mdash;L'Intermédiaire des Chercheurs. Serenata
+à G. Sand, par P. Pagello.</p>
+
+<p>15 mai.&mdash;Revue des Deux-Mondes, p. 435. Les Portraits
+d'Alfred de Musset et de G. Sand à l'Exposition
+des Portraits du Siècle.</p>
+
+<p>15 octobre.&mdash;Revue des Deux-Mondes, p. 855. Chopin,
+Alfred de Musset et G. Sand, d'après Liszt.</p>
+
+<p class="center p2">1884</p>
+
+<p>29 février.&mdash;Gazette Anecdotique, p. 105. Des papiers
+intimes de George Sand remis à M. Alexandre Dumas fils.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_117" id="Page_117">117</a></span> 15 mai.&mdash;Gazette Anecdotique, p. 275&mdash;Note sur
+Jules Sandeau et <i>Elle et Lui</i>.</p>
+
+<p><span class="smcap">Volupté, par Sainte-Beuve.</span> 11<sup>e</sup> édition. Paris, Charpentier,
+1885. 1 vol. in-12, p. 399. Lettre de George Sand
+à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p><span class="smcap">Les Confessions, par Arsène Houssaye.</span> Paris, Dentu,
+1885. 4 vol. in-8<sup>o</sup> (voir année 1891).&mdash;Tome I, p. 271 à
+283.&mdash;Tome II, p. 1 à 37.</p>
+
+<p class="center p2">1886</p>
+
+<p><span class="smcap">Catalogue d'une Collection d'autographes</span>, vente
+du 29 janvier 1886, Hôtel Drouot. Paris, Étienne Charavay.
+Brochure in-8<sup>o</sup>.&mdash;N<sup>o</sup> 10. Quatrain à Gustave
+Planche, par Alfred de Musset, autographe et texte
+imprimé.</p>
+
+<p>Reproduit dans: L'Événement, 28 janvier 1886.&mdash;Le
+Temps, 28 janvier 1886.&mdash;La France, 31 janvier 1886.&mdash;Paris,
+30 janvier 1886.&mdash;Revue de France, 9 avril 1892.&mdash;Le
+Magasin Littéraire, mars 1895, p. 99.</p>
+
+<p><span class="smcap">Catalogue de Lettres autographes.</span> Vente du 10 mai
+1886, Hôtel Drouot. Paris, Eugène Charavay. Brochure
+in-8<sup>o</sup>.&mdash;N<sup>o</sup> 226. Lettre de G. Sand à Pagello et analyse
+de cette lettre.</p>
+
+<p>30 juin.&mdash;Gazette Anecdotique, p. 272. Analyse de la
+Lettre de G. Sand à Pagello. (Catalogue du 10 mai 1886).</p>
+
+<p class="center p2">1887</p>
+
+<p><span class="smcap">Les Éditions originales des Romantiques, par L.
+Derome.</span> Paris, Rouveyre, 1887. 2 vol. in-8.&mdash;Tome I,
+p. 63-64.</p>
+
+<p>3 mai (21 avril).&mdash;Rouskya Kourier (Moscou). Alfred
+de Musset et G. Sand.</p>
+
+<p>Octobre.&mdash;Les Annales de l'Est, n<sup>o</sup> 4.&mdash;Alfred de
+Musset à Bade, par E. Krantz, lettres inédites.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_118" id="Page_118">118</a></span> 1888</p>
+
+<p><span class="smcap">Alfred de Musset a Bade, par Émile Krantz</span>, avec
+lettres inédites. Extrait des Annales de l'Est. Nancy,
+imprimerie Berger-Levrault, 1888.&mdash;Brochure in-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p>3 mars.&mdash;Gil Blas. G. Sand et Alfred de Musset, par
+A. Silvestre.</p>
+
+<p>15 juillet.&mdash;La Revue de Paris et Saint-Pétersbourg.
+Alfred de Musset et G. Sand en Italie, par A. Houssaye.</p>
+
+<p class="center p2">1889</p>
+
+<p>27 avril.&mdash;Le Figaro. G. Sand, Alfred de Musset et
+M<sup>me</sup> de Belgiojoso, par A. Houssaye.</p>
+
+<p>10 juin.&mdash;La Revue de Paris et Saint-Pétersbourg.
+Dialogue des morts et des vivants, par Alceste.</p>
+
+<p class="center p2">1891</p>
+
+<p><span class="smcap">Les Confessions, par Arsène Houssaye.</span> Tomes V et
+VI. Paris, Dentu, 1891. 2 vol. in-8<sup>o</sup>.&mdash;Tome V, p. 168.</p>
+
+<p>19 avril.&mdash;Les Annales Politiques et Littéraires.
+Alfred de Musset et G. Sand, d'après M. A. Brisson.</p>
+
+<p><span class="smcap">La Confession d'un Enfant du siècle, par Alfred de
+Musset.</span> Dix compositions de Jazet gravées à l'eau-forte
+par Abot. Paris, ancienne maison Quantin, May et
+Motteroz, 1891. 1 vol. in-4<sup>o</sup>.</p>
+
+<p class="center p2">1892</p>
+
+<p><span class="smcap">Études et Récits sur Alfred de Musset, par</span> M<sup>me</sup> <span class="smcap">de
+Janzé</span>. Paris, Plon, 1892. 1 vol. in-12.&mdash;p. 26 à 43. G.
+Sand et Alfred de Musset.</p>
+
+<p>6 mars.&mdash;Le Soir (Bruxelles). Sur la correspondance
+d'Alfred de Musset et de G. Sand.</p>
+
+<p>5 mai.&mdash;La Dépêche (Toulouse). Les Femmes d'Alfred
+de Musset, par Pierre et Paul.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_119" id="Page_119">119</a></span> 12 septembre.&mdash;The Morning Post (Londres). Alfred
+de Musset et G. Sand, d'après Maxime Du Camp.</p>
+
+<p>15 octobre.&mdash;Revue Bleue. Alfred de Musset et G.
+Sand, par E. Grenier, avec extraits de leurs lettres.</p>
+
+<p>20 novembre.&mdash;L'Intermédiaire des Chercheurs. La
+Correspondance Sand-Musset, par le D<sup>r</sup> Cabanès.</p>
+
+<p><span class="smcap">The Confession of a Child of the Century, by
+Alfred de Musset.</span> Translated by Kendall Warren.
+Chicago. C. H. Sergel and C<sup>o</sup>. 1892. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p>21 novembre.&mdash;L'Éclair. La Correspondance de G.
+Sand et d'Alfred de Musset.</p>
+
+<p>22 novembre.&mdash;The Morning Post (Londres). Sur la
+correspondance Sand-Musset.</p>
+
+<p>25 novembre.&mdash;L'Estafette. A propos de l'article du
+D<sup>r</sup> Cabanès dans l'Intermédiaire.</p>
+
+<p>25 novembre.&mdash;La Gironde (Bordeaux). Note sur la
+correspondance Sand-Musset.</p>
+
+<p>26 novembre.&mdash;Le Voltaire. Sur les traces perdues
+de la Correspondance.</p>
+
+<p>30 novembre.&mdash;Gazette Anecdotique, p. 360. Sur
+la publication de la Correspondance.</p>
+
+<p>8 décembre.&mdash;L'Indépendance Belge (Bruxelles).
+L'Affaire de la Correspondance Sand-Musset, d'après le
+D<sup>r</sup> Cabanès.</p>
+
+<p>15 avril 1892 à 15 janvier 1893.&mdash;Université catholique.
+Les <i>Confessions</i> de Saint Augustin, J.-J. Rousseau
+et Alfred de Musset, par C. Douais (8 art.).</p>
+
+<p class="center p2">1893</p>
+
+<p>2 janvier.&mdash;Le Gaulois. Sur la correspondance Sand-Musset,
+par H. Lapauze.</p>
+
+<p>5 janvier.&mdash;El Correo (Madrid). La Correspondance
+Sand-Musset.</p>
+
+<p>6 février.&mdash;L'Univers. Critique du cours de M. Benoist.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_120" id="Page_120">120</a></span> 8 février.&mdash;Courrier de l'Ain. Sur le cours de
+M. Benoist, réponse à l'Univers, par F. A.</p>
+
+<p>15 et 22 février.&mdash;Le Figaro. La Correspondance de
+G. Sand et de Sainte-Beuve, par le V<sup>te</sup> de Spoelberch de
+Lovenjoul.</p>
+
+<p>18 février.&mdash;L'Écho de Paris. Influence de G. Sand
+sur Alfred de Musset, par Armand Silvestre.</p>
+
+<p>23 février.&mdash;L'Événement. Les Amours de G. Sand.</p>
+
+<p>Mars.&mdash;The Nineteenth Century (Londres).&mdash;p. 529.
+Alfred de Musset et G. Sand, par L. Katscher.</p>
+
+<p><span class="smcap">Alfred de Musset, par</span> M<sup>me</sup> <span class="smcap">Arvède Barine</span>. Paris,
+Hachette, 1893. 1 vol. in-12.&mdash;p. 57 à 90. Alfred de
+Musset et G. Sand, extraits de leur correspondance.&mdash;p.
+94 et 134.</p>
+
+<p>7 mai.&mdash;Le Gaulois. Les amoureux célèbres: Musset,
+Sand, M<sup>me</sup> de Belgiojoso.</p>
+
+<p>29 mai.&mdash;The Oriental Advertiser (Constantinople).
+Les Amoureux célèbres, G. Sand, M<sup>me</sup> de Belgiojoso et
+Alfred de Musset. La Correspondance d'Alfred de Musset
+et de G. Sand.</p>
+
+<p>3 juin.&mdash;Le Gaulois. Des romans à clef, par P. Roche.</p>
+
+<p>15 juin.&mdash;Le Monde Thermal. Alfred de Musset et
+G. Sand, d'après M<sup>me</sup> Barine, par Saint-Herem.</p>
+
+<p>24 juin.&mdash;Le Siècle. Deux ancêtres. G. Sand et
+Alfred de Musset, par Charley.</p>
+
+<p>26 juin.&mdash;Gazette de France. G. Sand et Alfred
+de Musset, d'après M<sup>me</sup> Barine, par E. Biré.</p>
+
+<p>15 juillet.&mdash;Le Téléphone. G. Sand et Alfred de
+Musset d'après M<sup>me</sup> Barine, par E. Trolliet.</p>
+
+<p>21 juillet.&mdash;Le Temps. Critique du livre de M<sup>me</sup>
+Barine, par A. Bossert.</p>
+
+<p>23 août.&mdash;Le Moniteur Universel. G. Sand, Alfred de
+Musset et Pagello, d'après M<sup>me</sup> Barine, par R. Doumic.</p>
+
+<p>21 septembre.&mdash;Le Gaulois. Alfred de Musset et G.
+Sand, d'après M<sup>me</sup> Barine, par A. Filon.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_121" id="Page_121">121</a></span> 31 décembre.&mdash;Le Figaro. Sur les portraits de G.
+Sand dessinés par Alfred de Musset.</p>
+
+<p class="center p2">1894</p>
+
+<p>11 et 12 février.&mdash;Le Gaulois. Sur la correspondance
+Sand-Musset.</p>
+
+<p>14 février.&mdash;La Liberté. Ce qui subsiste de la correspondance
+Sand-Musset.</p>
+
+<p>17 février.&mdash;Paris. A propos des Sonnets à Alfred
+de Vigny, de G. Sand et Alfred de Musset.</p>
+
+<p>17 février.&mdash;The Irish Times (Dublin). Critique de la
+conférence de M. Guilgault sur G. Sand et la <i>Nuit de
+Mai</i>.</p>
+
+<p>15 mars.&mdash;Le Soir. Déclaration de M<sup>me</sup> Lardin de
+Musset.</p>
+
+<p>21 mars.&mdash;Étoile Belge (Bruxelles). Sur la correspondance
+Sand-Musset.</p>
+
+<p><span class="smcap">Les Lundis d'un chercheur, par le</span> V<sup>te</sup> <span class="smcap">de Spoelberch
+de Lovenjoul</span>. Paris, C. Lévy, 1894. 1 vol. in-12.&mdash;p.
+149 à 180. Les lettres inédites de G. Sand.</p>
+
+<p>17 août.&mdash;Le Gaulois. Quand publiera-t-on la correspondance
+Sand-Musset?</p>
+
+<p><span class="smcap">Alfred de Musset af Sven Sodermann.</span> Stockolm,
+1894. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.&mdash;p. 98. A. de Musset, G. Sand.
+Voyage en Italie, les <i>Nuits</i>, <i>Lettres d'un voyageur</i>, <i>Elle et
+Lui</i>, <i>Lui et Elle</i>, etc.&mdash;p. 112. Stances à G. Sand:
+«Te voilà revenu».</p>
+
+<p>2 décembre.&mdash;Courrier de l'Aisne (Laon). Alfred
+de Musset et G. Sand en Italie, par A. Houssaye.</p>
+
+<p>15 décembre.&mdash;La Revue de Paris. Une amitié romanesque,
+G. Sand et M<sup>me</sup> d'Agoult, par S. Rocheblave,
+avec lettres inédites.</p>
+
+<p><span class="smcap">Alfred de Musset, par A. Claveau.</span> Paris, Lecène
+et Oudin, 1894. 1 vol. in-8<sup>o</sup>&mdash;p. 37 à 52. La Crise,
+G. Sand, les <i>Nuits</i>.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_122" id="Page_122">122</a></span></p>
+<p class="center p2">1895</p>
+
+<p>12 janvier.&mdash;Le Gaulois. Sur la correspondance
+Sand-Musset, sa publication par H. Lapauze.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> mai.&mdash;La Nouvelle Revue. Deux lettres inédites
+de G. Sand à Sainte-Beuve, par Ch. de Loménie.</p>
+
+<p>30 juin.&mdash;Gazette Anecdotique, p. 112. Déclaration
+de M<sup>me</sup> Lardin de Musset sur les lettres.</p>
+
+<p><span class="smcap">Anonyme</span>. <span class="smcap">Un Amour de poète</span>, un acte, en vers.
+Collection de l'Impressario. Br. in-16.</p>
+
+<p>Cette pièce, qui a, dit-on, pour auteurs MM. Léon
+d'Agenais et Roger Dubled, est la réimpression textuelle,
+sans le plus petit changement, de celle publiée en 1880
+sous le titre de <i>Un Amour de Musset</i>, par Auguste Marin.
+Elle est à deux personnages, G. Sand et Alfred de
+Musset, et a été représentée en janvier 1896 au Théâtre
+Mondain de la Cité d'Antin.</p>
+
+<p class="center p2">1896</p>
+
+<p><span class="smcap">Alfred de Musset</span>. <span class="smcap">Les Nuits et Souvenir</span>. Un portrait
+d'après David d'Angers et 17 vignettes d'après A. Gérardin.
+Paris, Pelletan, 1896. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p>24 janvier.&mdash;Le Siècle. Critique de <i>Un Amour de
+poète</i>, pièce en 1 acte.</p>
+
+<p>23 février.&mdash;Journal des Débats. Critique de
+l'étude de M. Sven Sodermann sur Musset (1894).</p>
+
+<p>15 avril.&mdash;Le Gaulois. Des romans à clef, <i>Elle et
+Lui</i>, <i>Lui et Elle</i>.</p>
+
+<p>19 avril.&mdash;L'Estafette. Projet de M. Rocheblave de
+publier la correspondance Sand-Musset.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> mai et 1<sup>er</sup> juin. Cosmopolis. La véritable histoire
+d'Elle et Lui, par M. le Vicomte de Spoelberch de
+Lovenjoul (2 articles)<a name="FNanchor_65" id="FNanchor_65" href="#Footnote_65" class="fnanchor">[65]</a>.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_123" id="Page_123">123</a></span> 7 mai.&mdash;The Dundee Advertiser (Dundée). Critique
+de l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>12 mai.&mdash;The Yorkshire Post (Leeds). La véritable
+histoire d'Elle et Lui, d'après M. de Spoelberch de
+Lovenjoul.</p>
+
+<p>15 mai.&mdash;Revue des Revues. Note sur l'article de
+M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>21 mai.&mdash;Horse Guards Gazette. Note sur l'article
+de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>25 mai.&mdash;Paris. Sur <i>Elle et Lui</i>. A propos de l'article
+de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>30 mai.&mdash;Le Gaulois. Critique de l'article de M. de
+Spoelberch de Lovenjoul, par A. Galdemar.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> juin.&mdash;La Gironde (Bordeaux). Analyse de l'article
+de M. de Spoelberch de Lovenjoul et extraits.</p>
+
+<p>3 juin.&mdash;Le Radical (Marseille). Analyse de l'article
+de M. de Spoelberch de Lovenjoul, avec 5 lettres.</p>
+
+<p>4 juin.&mdash;Courrier de l'Aisne (Laon). Analyse de
+l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul, avec 2 lettres.</p>
+
+<p>6 juin.&mdash;L'Écho du Nord (Lille). Analyse et extrait de
+la lettre de G. Sand à Pagello.</p>
+
+<p>13 juin.&mdash;Revue Encyclopédique, p. 420. Les
+lettres d'Alfred de Musset et de G. Sand, d'après l'article
+de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>13 juin.&mdash;The Saturday Review. Sur la 2<sup>e</sup> partie de
+l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>15 juin.&mdash;The Daily Free Press (Aberdeen). Elle
+et Lui, d'après M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>20 juin.&mdash;The Spectator (Londres), p. 879. Critique
+de l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>10 mai à 28 juin.&mdash;Saint-Raphaël Revue. Alfred
+de Musset, par Jean Morin (8 art.). Voir les n<sup>os</sup> des 17
+mai, 21 et 28 juin.</p>
+
+<p>8 juillet.&mdash;Journal de Genève. Chronique parisienne,
+d'après M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_124" id="Page_124">124</a></span> 15 juillet.&mdash;Revue d'histoire littéraire de la France.
+Critique de l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>15 juillet.&mdash;La Vie contemporaine, p. 139. Les
+amantes lyriques, par E. Besnus.</p>
+
+<p>19 juillet.&mdash;Le Monde artiste, p. 454. Critique de
+l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul et extraits.</p>
+
+<p>19 juillet.&mdash;Neue freie Presse (Vienne). Sie und Er,
+Elle et Lui, par W.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> août.&mdash;Revue Hebdomadaire. Un roman vécu
+à trois personnages: Alfred de Musset, G. Sand et le
+D<sup>r</sup> Pagello, par le D<sup>r</sup> Cabanès.</p>
+
+<p>1<sup>e</sup>r août.&mdash;Paris. Alfred de Musset, G. Sand et
+l'Autre, par Caribert.</p>
+
+<p>2 août.&mdash;L'Événement. Des Lettres, Alfred de
+Musset et G. Sand, par Maxime Rude.</p>
+
+<p>2 août.&mdash;Le Voltaire. Histoire d'amour, par Raoul
+Deberd.</p>
+
+<p>5 août.&mdash;Gil Blas. Alfred de Musset et G. Sand, par
+Gabriel Seguy.</p>
+
+<p>5 août.&mdash;Journal des Débats. Critique de l'article
+du D<sup>r</sup> Cabanès.</p>
+
+<p>6 août.&mdash;Le Gaulois. Les Femmes de Musset, par
+H. Lapauze.</p>
+
+<p>Reproduit: Écho de la Semaine, 16 août.</p>
+
+<p>9 août.&mdash;L'Éclair. Elle, Lui et l'Autre, d'après le
+D<sup>r</sup> Cabanès.</p>
+
+<p>9-10 août.&mdash;Le Précurseur (Anvers). Alfred de Musset
+et G. Sand, extrait de Paris.</p>
+
+<p>11 août.&mdash;Paris. Les petits papiers, par Caribert.</p>
+
+<p>13 août.&mdash;Journal des Débats. Sur Alfred de Musset,
+à propos de l'article du D<sup>r</sup> Cabanès, par Ed. Rod.</p>
+
+<p>14 août.&mdash;Le Gaulois. Alfred de Musset et G. Sand,
+lettres inédites, d'après M. Clouard, par H. Lapauze.</p>
+
+<p>15 août.&mdash;Revue de Paris, p. 709. Alfred de Musset
+et G. Sand, notes et documents inédits, par M. Clouard.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_125" id="Page_125">125</a></span> 15 août.&mdash;Journal de Rouen, supplément. Sur
+Alfred de Musset, par Ed. Rod, extrait du Journal des
+Débats.</p>
+
+<p>15 août.&mdash;The Daily Telegraph (Londres). Note sur
+l'article de M. Clouard.</p>
+
+<p>16 août.&mdash;Le Progrès de la Côte-d'Or (Dijon). Pagello
+et G. Sand, par Jacques de la Beaune.</p>
+
+<p>16 août.&mdash;Annales politiques et littéraires. A propos
+des récents articles sur Alfred de Musset et G. Sand.</p>
+
+<p>17 août.&mdash;Le Journal. Viols de tombes, par Jean
+Richepin.</p>
+
+<p>17 août.&mdash;Journal des Débats. Critique de l'article
+de M. Clouard.</p>
+
+<p>19 août.&mdash;Le Précurseur (Anvers). Sur Alfred de
+Musset, extrait du Journal des Débats.</p>
+
+<p>19 août.&mdash;Journal de Rouen. Note sur l'article
+de M. Clouard.</p>
+
+<p>19 août.&mdash;Le Patriote (Le Mans). Vieux Cancans, par
+Eug. Lautier.</p>
+
+<p>19 août.&mdash;La République Libérale (Arras). Deux
+critiques sur l'article de M. Clouard, l'une par P.
+Lebeau, l'autre tirée du Journal des Débats.</p>
+
+<p>20 août.&mdash;L'Événement. Liaisons et Passions, par
+P. Pascal.</p>
+
+<p>20 août.&mdash;Rotterdamsche Courant (Rotterdam).
+Note sur l'article de M. Clouard.</p>
+
+<p>21 août.&mdash;Écho de l'Indre (La Châtre). Lettre
+parisienne, par Andhré Bouché.</p>
+
+<p>22 août.&mdash;Le Gaulois. Sur Alfred de Musset, G.
+Sand et Pagello, par Solidor.</p>
+
+<p>22 août.&mdash;La Jeune Belgique (Bruxelles). Note sur
+l'article de M. Clouard.</p>
+
+<p>22 août.&mdash;Le Voltaire. Déshabillage, par E. C.</p>
+
+<p>24 août.&mdash;Le Gaulois. Comment travaillait G. Sand,
+par Silvio.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_126" id="Page_126">126</a></span>
+25 août.&mdash;Stamboul (Constantinople). Alfred de
+Musset et G. Sand, d'après M. Clouard, par Régis
+Delb&oelig;uf.</p>
+
+<p>25 août.&mdash;Le Procope. Note concernant les récents
+articles.</p>
+
+<p>25-26 août.&mdash;Giornale di Sicilia (Palerme). Réflexions
+à propos d'une lettre de G. Sand à Alfred Tattet dans
+la Revue de Paris.</p>
+
+<p>27 août.&mdash;Le Patriote (Le Mans). Alfred de Musset et
+G. Sand d'après M. Clouard, par Berthelot.</p>
+
+<p>Reproduit: La Gironde (Bordeaux), 27 août.</p>
+
+<p>28 août.&mdash;Le Charivari. N'écrivez jamais, par H.
+Second.</p>
+
+<p>Reproduit: La France, 4 septembre; Le Patriote Landais
+(Mont-de-Marsan), 9 septembre.</p>
+
+<p>28 août.&mdash;Le Figaro. Un roman d'amour, par P.
+Bourget.</p>
+
+<p>29 août.&mdash;Journal de Rouen. Alfred de Musset et
+G. Sand, par P. Bourget, extrait du Figaro.</p>
+
+<p>29 août.&mdash;The Levant Herald (Constantinople). Note
+sur l'article de M. Clouard.</p>
+
+<p>29 août.&mdash;L'Écho de Paris. G. Sand et Alfred de
+Musset, par H. Bauer.</p>
+
+<p>30 août.&mdash;Le Gaulois. Alfred de Musset et G. Sand,
+à propos de l'article de M. Brisson.</p>
+
+<p>31 août.&mdash;Le Gaulois.&mdash;Ce qui sort des tombes, par
+R. Doumic.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> septembre.&mdash;La Revue de Paris. Erratum concernant
+l'article de M. Clouard.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> septembre.&mdash;Revue des Revues. Critique de
+l'article de M. Clouard.</p>
+
+<p>2 septembre.&mdash;L'Événement. Lettres d'amour, par
+Baude de Maurceley.</p>
+
+<p><span class="smcap">Alfred de Musset et George Sand, par Maurice
+Clouard.</span> Extrait de la Revue de Paris du 15 août 1896.
+<span class="pagenum"><a name="Page_127" id="Page_127">127</a></span> Paris, Imprimerie Chaix. Brochure in-8<sup>o</sup>, ornée de deux
+portraits de G. Sand dessinés par Alfred de Musset, du
+fac-similé de l'Ordonnance du D<sup>r</sup> Pagello, et suivie d'un
+Index Bibliographique.</p>
+
+<p>4 septembre.&mdash;Écho de l'Indre (La Châtre). De la
+critique, par Andhré Bouché.</p>
+
+<p>5 septembre.&mdash;Revue Encyclopédique, p. 619.
+Note sur G. Sand, Alfred de Musset et Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>5 septembre.&mdash;Le Gaulois. La Correspondance Sand-Musset;
+Lettres de M<sup>mes</sup> d'Albert-Lake, Lina Sand et
+Lardin de Musset.</p>
+
+<p>6 septembre.&mdash;Le Monde Élégant (Nice). Une vieille
+histoire, par Froufou.</p>
+
+<p>6 septembre.&mdash;La Loire Républicaine (Saint-Étienne).
+Amours de G. Sand et d'Alfred de Musset, coupable
+divulgation.</p>
+
+<p>7 septembre.&mdash;La Presse. Lettres dangereuses, par
+Ch. Formentin.</p>
+
+<p>9 septembre.&mdash;L'Éclair. Le Coucher de la morte,
+par G. Jollivet.</p>
+
+<p>10 septembre.&mdash;L'Abeille de Fontainebleau. Critique
+de <i>Alfred de Musset et G. Sand</i> de M. Clouard, par Maurice
+Bourges.</p>
+
+<p>10 septembre.&mdash;Lyon Républicain, supplément.
+Feuilles volantes, par Raoul Cinoh.</p>
+
+<p>11 septembre.&mdash;Il Don Chisciotte (Rome). Un altro
+amore di G. Sand, par G. P. Cavalcanti.</p>
+
+<p>11 septembre.&mdash;Le Temps. Alfred de Musset et G.
+Sand, à propos de Chopin, par C. Bellaigue.</p>
+
+<p>12 septembre.&mdash;La Vie parisienne, p. 357. Notes sur
+les récentes publications.</p>
+
+<p>12 septembre.&mdash;Courrier d'Italie (Rome). G. Sand
+d'après le Don Chisciotte.</p>
+
+<p>13 septembre.&mdash;Le Courrier (Fourmies). Lettre de
+M<sup>me</sup> Lardin de Musset à propos de la Correspondance.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_128" id="Page_128">128</a></span>
+13 septembre.&mdash;Il Don Chisciotte (Rome). Le plus
+sérieux des trois, par Febea (M<sup>me</sup> Olga Ossani Lodi).</p>
+
+<p>13 septembre.&mdash;Journal de Rouen, supplément.
+A propos des récents articles.</p>
+
+<p>14 septembre.&mdash;Le Voltaire. Lettres de femme, par
+Bernard Kahler.</p>
+
+<p>15 septembre.&mdash;Review of Reviews (Londres).
+Critique de l'article de M. Clouard.</p>
+
+<p>15 septembre.&mdash;Nouvelle Revue Internationale.
+Alfred de Musset et G. Sand, d'après P. Bourget.</p>
+
+<p>16 septembre.&mdash;La Lanterne. Choses d'outre-tombe,
+par Jean Ajalbert.</p>
+
+<p>27 septembre.&mdash;Le Réveil (Saint-Girons, Ariège).
+Chronique: Alfred de Musset et G. Sand, par J. Franc&oelig;ur.</p>
+
+<p>27 septembre.&mdash;Journal d'Alsace (Strasbourg).
+Alfred de Musset et G. Sand, d'après les articles récents.</p>
+
+<p>3 octobre.&mdash;Courrier Australien (Sydney). Le
+démêlé Sand-Musset-Pagello, non signé.</p>
+
+<p>5 octobre.&mdash;La Gazette de France. Petits ménages
+romantiques, par Ch. Maurras.</p>
+
+<p>15 octobre.&mdash;Revue d'histoire littéraire de la
+France. L'histoire d'Elle et Lui, d'après MM. de Spoelberch,
+Cabanes et Clouard.</p>
+
+<p>16 octobre.&mdash;Le Gaulois. Histoire véridique des
+amants de Venise, I, par P. Mariéton.</p>
+
+<p>17 octobre.&mdash;Le Gaulois. Histoire véridique des
+amants de Venise. II, par P. Mariéton.</p>
+
+<p>19 octobre.&mdash;Gil Blas. Elle et Lui, d'après P.
+Mariéton, par L. Lacour.</p>
+
+<p>19 octobre.&mdash;Le Gaulois. La Correspondance Sand-Musset:
+chez le comte Alexandre de Musset, par
+J. Gubert.</p>
+
+<p>19 octobre.&mdash;Le Petit Méridional (Montpellier). Sur
+la non publication de la correspondance Sand-Musset.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_129" id="Page_129">129</a></span>
+20 octobre.&mdash;Le Figaro. G. Sand à Venise, par E.</p>
+
+<p>20 octobre.&mdash;Journal des Débats. Amours de gens
+de Lettres, par R. Doumic.</p>
+
+<p>20 octobre.&mdash;L'Écho de Paris. La Vie de G. Sand et
+du D<sup>r</sup> Pagello à Venise, III, par P. Mariéton.</p>
+
+<p>21 octobre.&mdash;L'Écho de Paris. G. Sand, Alfred de
+Musset et Pagello, IV, par P. Mariéton.</p>
+
+<p>21 octobre.&mdash;L'Éclaireur (Nice). Amours des Gens de
+Lettres, extrait du Journal des Débats.</p>
+
+<p>21 octobre.&mdash;L'Événement. Le médecin Pagello ou
+l'amant malgré lui, par H. Leyret.</p>
+
+<p>21 octobre.&mdash;Gil Blas. Eux trois, par Santillane.</p>
+
+<p>21 octobre.&mdash;Le Gaulois. Fleurs fanées&mdash;Les amants
+de Venise. (2 articles).</p>
+
+<p>22 octobre.&mdash;L'Écho de Paris. Examen littéraire, par
+Graindorge:&mdash;Mot d'Alfred de Musset sur G. Sand
+d'après Sainte-Beuve. (2 articles).</p>
+
+<p>22 octobre.&mdash;L'Événement. Amours de G. Sand et
+d'Alfred de Musset, par Gina Saxebey.</p>
+
+<p>22 octobre.&mdash;Le Soleil. La Correspondance d'Alfred
+de Musset et de G. Sand, par C. Canivet.&mdash;Alfred de
+Musset, G. Sand, etc., par H. Duvernois. (2 articles).</p>
+
+<p>22 octobre.&mdash;La Dépêche (Toulouse). Alfred de Musset
+et G. Sand, par Noll.</p>
+
+<p>23 octobre.&mdash;Courrier de l'Aisne (Laon). Alfred de
+Musset, Sand et Pagello, d'après P. Mariéton, non signé.</p>
+
+<p>23 octobre.&mdash;Le Gaulois. Les Trois, d'après le D<sup>r</sup>
+Cabanès, par Ch. Demailly.</p>
+
+<p>23 octobre.&mdash;Patriote de Normandie (Rouen). Correspondance
+d'hommes célèbres, résumé de l'article du Soleil.</p>
+
+<p>24 octobre.&mdash;Revue hebdomadaire, p. 609.&mdash;Une
+Visite au D<sup>r</sup> Pagello: la Déclaration de George Sand
+au D<sup>r</sup> Pagello, par le D<sup>r</sup> Cabanès.</p>
+
+<p>24 octobre.&mdash;L'Éclair. Amours de G. Sand et du D<sup>r</sup>
+Pagello, d'après le D<sup>r</sup> Cabanès.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_130" id="Page_130">130</a></span>
+24 octobre.&mdash;L'Événement. Les amours de G. Sand,
+par Ferville.</p>
+
+<p>24 octobre.&mdash;Le Figaro. Interdiction lancée par la famille
+Sand.&mdash;G. Sand et Pagello, d'après le D<sup>r</sup> Cabanès.
+(2 articles).</p>
+
+<p>24 octobre.&mdash;Franche-Comté (Besançon). Interdiction
+de la famille Sand à la Revue Hebdomadaire.</p>
+
+<p>24 octobre.&mdash;Le Journal. Affaire Sand-Pagello, interdiction
+de M<sup>me</sup> Clesinger.</p>
+
+<p>Reproduit: La Libre Parole, 24 octobre.&mdash;La Paix, 24
+octobre.&mdash;Le Figaro, 25 octobre.</p>
+
+<p>24 octobre.&mdash;Le Rappel. Les Correspondances d'Hommes
+célèbres, par H. Fouquier.</p>
+
+<p>24 octobre.&mdash;Le Gaulois. Sand, Musset, Pagello,
+stances par Brandy and Soda. Un procès sensationnel,
+affaire Sand-Pagello, par Tout-Paris. (2 articles).</p>
+
+<p>24 octobre.&mdash;Le Monde Illustré, p. 263. Des récentes
+publications sur Alfred de Musset et G. Sand, par P.
+Veron.</p>
+
+<p>24 octobre.&mdash;Revue Politique et Littéraire, p. 540.
+<i>Journal</i> de Pagello, par Jean Louis.</p>
+
+<p>24 octobre.&mdash;Le Soleil. Musset, Sand et Pagello, par
+C. Canivet.</p>
+
+<p>24 octobre.&mdash;Le Temps. Le récit du D<sup>r</sup> Pagello au D<sup>r</sup>
+Cabanès; la <i>Déclaration</i> de G. Sand à Pagello.</p>
+
+<p>24 octobre.&mdash;La Vie Parisienne. Ne va-t-on pas bientôt
+finir avec les amours littéraires?</p>
+
+<p>25 octobre.&mdash;L'Éclair. Elle et Eux, la <i>Déclaration</i> de
+G. Sand à Pagello, non signé.</p>
+
+<p>25 octobre.&mdash;Journal de Bruxelles, supplément. Correspondances
+et Révélations, par Ch. Canivet, extrait
+du Soleil.</p>
+
+<p>25 octobre.&mdash;Le Gaulois. Le véritable propriétaire
+des lettres de G. Sand.</p>
+
+<p>25 octobre.&mdash;La Gironde (Bordeaux). Encore eux, n. s.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_131" id="Page_131">131</a></span> 25 octobre.&mdash;Gil Blas. Cantique des Cantiques, par
+Santillane.</p>
+
+<p>25 octobre.&mdash;Journal de Rouen, supplément. Un procès
+sensationnel.</p>
+
+<p>25 octobre.&mdash;Journal des Débats. Correspondance
+d'Écrivains, par André Hallys.&mdash;G. Sand, Pagello et
+le D<sup>r</sup> Cabanès, non signé (2 articles).</p>
+
+<p>25 octobre.&mdash;La Lanterne.&mdash;G. Sand et le D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p>25 octobre.&mdash;La Patrie.&mdash;Autour d'une lettre.&mdash;La
+propriété des lettres. (2 articles).</p>
+
+<p>25 octobre.&mdash;La Presse. Amoureuse, par Ch. Formentin.</p>
+
+<p>25 octobre.&mdash;Lyon Républicain, supplément (Lyon).
+Contre Pagello.</p>
+
+<p>25 octobre.&mdash;La République Française. Roman
+d'outre-tombe, par Ad. Brisson.</p>
+
+<p>25 octobre.&mdash;Le Temps. Les amours de G. Sand, par
+A. B.&mdash;Vieux papiers, par G. Deschamps. (2 articles).</p>
+
+<p>25 octobre.&mdash;Lyon Républicain (Lyon). Note sur
+l'interdiction de la famille Sand.</p>
+
+<p>25-26 octobre.&mdash;Les Ardennes (Charleville). Eux et
+Elles, d'après le D<sup>r</sup> Cabanès, la <i>Déclaration</i> de G. Sand.</p>
+
+<p>26 octobre.&mdash;Le Figaro. Cruautés de l'information,
+dialogue, par A. Capus.</p>
+
+<p>26 octobre.&mdash;L'Éclaireur (Nice). Le roman à trois,
+d'après le D<sup>r</sup> Cabanès.</p>
+
+<p>26 octobre.&mdash;Le Petit Niçois (Nice). Contre M. Mariéton
+et ses révélations.</p>
+
+<p>26 octobre.&mdash;Le Gaulois. Les lettres de G. Sand à
+Alfred de Musset seront publiées, déclaration de M. Aucante,
+par M. Hutin.</p>
+
+<p>26 octobre.&mdash;Gil Blas Mode. Alfred de Musset et G.
+Sand, par Babiole.</p>
+
+<p>26 octobre.&mdash;La Liberté. Les amours de G. Sand et
+d'Alfred de Musset, par Arnolphe.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_132" id="Page_132">132</a></span> 26 octobre.&mdash;La Paix. Indiscrétions littéraires, par
+Édouard Beaufils.</p>
+
+<p>26 octobre.&mdash;Le Soir. Après le festin, par Alex. Hepp.</p>
+
+<p>26 octobre.&mdash;Le Soir (Bruxelles). Les révélations du
+D<sup>r</sup> Cabanes, par Piccolo.</p>
+
+<p>26 octobre.&mdash;Le Stéphanois (Saint-Étienne). Critique
+et analyse de l'article du D<sup>r</sup> Cabanès.</p>
+
+<p>26 octobre.&mdash;La Presse. L'affaire Sand-Musset, par
+H. Duvernois. (2 articles).</p>
+
+<p>26 octobre.&mdash;Gazette de France. Vieux papiers et
+vieilles flammes, par G. M.&mdash;Publication des Lettres.</p>
+
+<p>26 octobre.&mdash;Frankfurter Zeitung (Francfort). George
+Sand und D<sup>r</sup> Pagello in der Revue Hebdomadaire.</p>
+
+<p>27 octobre.&mdash;Le Figaro. Confessions et Correspondances,
+par G. Larroumet.&mdash;La déclaration de M<sup>me</sup>
+Lardin de Musset au Temps.</p>
+
+<p>27 octobre.&mdash;L'Événement. Note sur l'opposition de
+M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p>
+
+<p>27 octobre.&mdash;Le Siècle. Le roman de Venise, les lettres
+et l'opposition de M<sup>me</sup> Lardin de Musset, par Léo
+Marchès.</p>
+
+<p>27 octobre.&mdash;La Dépêche (Toulouse). Paul Mariéton,
+profil, par Nick.</p>
+
+<p>27 octobre.&mdash;Le Journal. Elle, Lui et l'Autre, par
+Ém. Bergerat.&mdash;Menus propos, par V. de Cottens. (2
+articles).</p>
+
+<p>27 octobre.&mdash;Le Temps. Pourquoi la famille de Musset
+s'oppose à la publication des lettres, déclaration de M<sup>me</sup>
+Lardin de Musset.</p>
+
+<p>27 octobre.&mdash;Les Ardennes (Charleville). Elle et Lui,
+la déclaration de M. Aucante.</p>
+
+<p>27 octobre.&mdash;Le Précurseur (Anvers). Les amours de
+G. Sand, d'après Le Temps.</p>
+
+<p>27 octobre.&mdash;La Liberté. G. Sand et ses amis, révélations
+et vieux papiers, par P. P.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_133" id="Page_133">133</a></span>
+27 octobre.&mdash;Berliner Tageblatt (Berlin). Alfred de
+Musset und G. Sand, die Korrespondenz.</p>
+
+<p>28 octobre.&mdash;Le Charivari. Contre les révélations du
+D<sup>r</sup> Pagello, sur G. Sand.</p>
+
+<p>28 octobre.&mdash;Le Courrier du Centre (Limoges). Alfred
+de Musset et G. Sand, par Clément-Janin.</p>
+
+<p>28 octobre.&mdash;L'Écho de Paris. G. Sand et Alfred
+de Musset; l'opposition de M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p>
+
+<p>28 octobre.&mdash;L'Événement. Les Héritiers des grands
+écrivains, par Henri Leyret.</p>
+
+<p>28 octobre.&mdash;Berliner Börsen Courier (Berlin). G. Sand
+et Alfred de Musset, les nouvelles révélations de la Revue
+Hebdomadaire.</p>
+
+<p>28 octobre.&mdash;Gil Blas. La Lionne de l'hiver, par Ch.
+Martel.</p>
+
+<p>28 octobre.&mdash;Journal des Débats. A propos de la
+Correspondance Sand-Musset par Maurice Spronck.</p>
+
+<p>28 octobre.&mdash;La Paix. Elle et Lui, dialogue, par A.
+Cerons.</p>
+
+<p>28 octobre.&mdash;Paris. Papiers posthumes, par C. de
+Sainte-Croix.-Lettre de M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p>
+
+<p>28 octobre.&mdash;Le Peuple (Lyon). Contre la publication
+des documents sur G. Sand et Pagello.</p>
+
+<p>28-29 octobre.&mdash;Il Secolo (Milan). Note sur l'interdiction
+de M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p>
+
+<p>29 octobre.&mdash;Les Ardennes (Charleville). Elle et Lui,
+la lettre de M<sup>me</sup> Lardin de Musset au Temps.</p>
+
+<p>29 octobre.&mdash;Le Charivari. Vilenie du scandale
+actuel.</p>
+
+<p>29 octobre.&mdash;El Correo (Madrid). George Sand y
+Alfredo de Musset, par X.</p>
+
+<p>29 octobre.&mdash;Le Gaulois. Annonce de la publication
+des Lettres de G. Sand à Alfred de Musset.&mdash;Lettres de
+G. Sand au <i>Mousquetaire</i> à l'occasion de la Biographie
+de Mirecourt, en 1854.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_134" id="Page_134">134</a></span>
+29 octobre.&mdash;La Gazette de France. La Correspondance
+d'Alfred de Musset et de G. Sand; déclaration de
+M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p>
+
+<p>29 octobre.&mdash;Gil Blas. Lettres et Mémoires, par
+Montjoyeux.&mdash;G. Sand et le féminisme, par Ch. Bardin.</p>
+
+<p>29 octobre.&mdash;Le Journal. La Séductrice, par Gustave
+Geoffroy.</p>
+
+<p>29 octobre.&mdash;La Liberté. Contre le scandale du jour,
+par Fabrice Carré.</p>
+
+<p>29 octobre.&mdash;Le Petit Vauclusien (Avignon). Alfred
+de Musset et G. Sand, non signé.</p>
+
+<p>29 octobre.&mdash;La Presse. Lettres de morts, par Marcel
+de Barre.</p>
+
+<p>29 octobre.&mdash;Le Progrès Artistique. Annonce de la
+publication des lettres de G. Sand à Alfred de Musset.</p>
+
+<p>29 octobre.&mdash;Le Radical (Marseille). Contre les publications
+récentes.</p>
+
+<p>30 octobre.&mdash;Le Charivari. Note sur le refus de M<sup>me</sup>
+Lardin de Musset.</p>
+
+<p>30 octobre.&mdash;Le Rappel. Nouvelles révélations, par
+P. Desachy.</p>
+
+<p>30 octobre.&mdash;Le Télégramme (Toulouse). Amours
+d'écrivains, par A. Alexandre, suivi d'une Lettre du D<sup>r</sup>
+Cabanès relative à M. P. Mariéton.</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;Don Juan. Laissez donc dormir ces
+secrets, par Machecoul.&mdash;Amours littéraires, stances,
+par Des Esquintes. (2 articles).</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;L'Événement. G. Sand dépeinte par
+Alfred de Musset dans son <i>Histoire d'un Merle Blanc</i>.</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;Le Gaulois. Les vraies lettres de G.
+Sand à A. de Musset, analyse et extraits, par H. Lapauze.</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;L'Illustration. Les révélations du D<sup>r</sup>
+Pagello sur G. Sand.</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;Le Journal. Les amants de Venise,
+extrait du Soleil.&mdash;La question Sand-Musset-Pagello,
+<span class="pagenum"><a name="Page_135" id="Page_135">135</a></span> réponse par P. Mariéton.&mdash;Analyse et extraits des
+lettres de G. Sand à Alfred de Musset. (3 articles).</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;Le Matin. Note sur les lettres de G.
+Sand à Alfred de Musset.</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;Le Monde Illustré, couverture. Vignette
+satirique par Guillaume.</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;La Petite République. Déballage posthume,
+par Mercutio.</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;Le Petit Temps. Lettre de G. Sand à
+Musset, 29 avril 1834.&mdash;Trois poèmes de Alfred de
+Musset à G. Sand.</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;Le Précurseur (Anvers). Lettre de G.
+Sand à Alfred de Musset, 29 avril 1834.&mdash;Stances
+d'Alfred de Musset à G. Sand: «Porte ta vie».</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;Le Démocrate (Saint-Brieuc). La <i>Potinite</i>
+aiguë (sur Sand et Musset), par Eddey.</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;Neue Zücher Zeitung (Zurich). G.
+Sand et Alfred de Musset, révélations du D<sup>r</sup> Cabanès
+sur le D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;La Semaine Littéraire (Genève). Sur les
+indiscrétions Sand-Pagello.</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;Revue Encyclopédique, p. 762. Alfred
+de Musset, G. Sand et le D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;Le Soleil. Les amants de Venise, par
+Ch. Maurras.</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;L'Univers Illustré. Elle et Lui, la tranquillité
+des morts, par Richard O'Monroy.</p>
+
+<p>31 octobre.&mdash;La Vigie Algérienne (Alger). G. Sand
+et le D<sup>r</sup> Pagello, par Pierre Batail.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> novembre.&mdash;La Revue de Paris, p. 1. Lettre de G.
+Sand à M. Émile Aucante, du 10 mars 1864.&mdash;p. 5. Dix-huit
+lettres de George Sand à Alfred de Musset.&mdash;p. 49.
+Cinq petits poèmes à G. Sand par Alfred de Musset:
+1<sup>o</sup> «Te voilà revenu» publié en 1882.&mdash;2<sup>o</sup> «Puisque votre
+moulin», inédit.&mdash;3<sup>o</sup> «Toi qui me l'as appris», inédit.
+<span class="pagenum"><a name="Page_136" id="Page_136">136</a></span>&mdash;4<sup>o</sup>
+«Il faudra bien t'y faire», inédit.&mdash;5<sup>o</sup> «Porte ta
+vie», publié en 1877.</p>
+
+<p>Reproduit, stances: «Toi qui me l'appris»:&mdash;Le
+Petit Temps, 31 octobre 1896.&mdash;Journal des Débats,
+1<sup>er</sup> novembre 1896.&mdash;Fanfulla (Rome), 3-4 novembre
+1896.&mdash;Il resto del Carlino (Bologne), 5 novembre 1896.&mdash;Journal
+de Maurice, 8 février 1897, etc...</p>
+
+<p>Reproduit, stances: «Il faudra bien t'y faire». Le
+Petit Temps, 31 octobre 1896.&mdash;Journal des Débats,
+1<sup>er</sup> novembre 1896.&mdash;Fanfulla (Rome), 3-4 novembre
+1896.&mdash;Il resto del Carlino (Bologne), 5 novembre 1896.&mdash;Journal
+de Maurice, 8 février 1897, etc.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> novembre.&mdash;L'Écho de Paris. Les héritiers, par
+E. Lepelletier.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> novembre.&mdash;Journal des Débats. Analyse et
+extraits des Lettres de G. Sand à Alfred de Musset, et
+trois poèmes à G. Sand par Alfred de Musset.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> novembre.&mdash;Le Matin. Note sur Alfred de Musset
+et G. Sand, par Cornély.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> novembre.&mdash;Le Peuple (Lyon). Déballage posthume,
+par Mercutio.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> novembre.&mdash;La Revue Idéaliste, p. 159. La légende
+de G. Sand, discussion des articles de MM. de Spoelberch
+de Lovenjoul et Clouard, par S. Rocheblave.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> novembre.&mdash;Revue des Revues. A propos de
+l'article du D<sup>r</sup> Cabanès.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> novembre.&mdash;De Amsterdammer Weekblad voor Nederland
+(Amsterdam). George Sand en D<sup>r</sup> Pagello, par V. L.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> novembre.&mdash;Le Progrès National. George Sand
+cuisinière à Venise.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> novembre.&mdash;La Chronique Médicale, p. 641. Une
+visite au D<sup>r</sup> Pagello, par le D<sup>r</sup> Cabanès; traduction de la
+lettre de G. Sand à Pagello; deux fac-similés de l'écriture
+du D<sup>r</sup> Pagello, dans le texte; un portrait hors texte du
+D<sup>r</sup> Pagello, gravé sur bois.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_137" id="Page_137">137</a></span>
+1<sup>er</sup> novembre.&mdash;La Semaine. Contre les publications
+récentes.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> novembre.&mdash;Le Gaulois. Approbation du refus de
+M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p>
+
+<p>2 novembre.&mdash;Le Figaro. La défense de George Sand:
+extraits des lettres de G. Sand à M. Regnault, la correspondance
+Sand-Musset et M<sup>me</sup> Lardin de Musset, par
+M. Amic.</p>
+
+<p>2 novembre.&mdash;La Petite Gironde (Bordeaux). Analyse
+et extraits des lettres de G. Sand à Alfred de Musset.&mdash;Contre
+les récentes publications. (2 articles).</p>
+
+<p>2 novembre.&mdash;Magdeburgische Zeitung (Magdebourg).
+Die Briefe von George Sand.</p>
+
+<p>2 novembre.&mdash;Le Journal.&mdash;Un c&oelig;ur simple, par
+Marcel Prévost.</p>
+
+<p>2 novembre.&mdash;Le Petit Parisien. Elle et Lui, par Valensol.</p>
+
+<p>2 novembre.&mdash;Der Zeitgeist (Berlin). Alfred de Musset,
+G. Sand et le D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p>2-3 novembre.&mdash;Indépendance Belge (Bruxelles).
+La correspondance de G. Sand avec Alfred de Musset.</p>
+
+<p>2-3 novembre.&mdash;Charivari. Interview de M<sup>me</sup> Maria
+Feliga, sur G. Sand, extrait du Gil Blas.</p>
+
+<p>3 novembre.&mdash;Gil Blas. Sur l'article de M. Amic au
+Figaro.</p>
+
+<p>3 novembre.&mdash;Journal des Débats. Critique de l'article
+de M. Amic.</p>
+
+<p>3 novembre.&mdash;Heraldo de Madrid. Papeles viejos, non
+signé.</p>
+
+<p>3 novembre.&mdash;Le Précurseur (Anvers). Extraits des
+Lettres de G. Sand à Alfred de Musset.</p>
+
+<p>3 novembre.&mdash;Le Sémaphore (Marseille). Déclaration
+de M. le C<sup>te</sup> Alexandre de Musset, d'après le Gaulois.</p>
+
+<p>3-4 novembre.&mdash;Fanfulla (Rome). Giorgio Sand e
+Alfredo de Musset. Extraits des lettres et poésies publiées
+par la Revue de Paris.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_138" id="Page_138">138</a></span>
+4 novembre.&mdash;Le Gaulois. Réminiscence d'une lettre
+de G. Sand dans <i>On ne badine pas avec l'amour</i>.</p>
+
+<p>Reproduit dans: L'Événement, 5 novembre 1896.&mdash;Journal
+de Vichy, 8 novembre 1896.&mdash;Revue Encyclopédique,
+21 novembre 1896.&mdash;Le Stéphanois (S<sup>t</sup>-Étienne),
+6 novembre 1896.&mdash;Écho de la Semaine, 31
+janvier 1897.&mdash;Le Journal, 20 février 1897.&mdash;L'Intermédiaire
+des Chercheurs, 10 mars 1897.</p>
+
+<p>4 novembre.&mdash;Gil Blas. Juges en Jugement, par
+Ch. Martel.</p>
+
+<p>4 novembre.&mdash;L'Événement. Note sur l'article du
+Temps relatif à M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>4 novembre.&mdash;La Liberté. Les lettres de Alfred de
+Musset à G. Sand chez M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>4 novembre.&mdash;La Médecine Moderne. Musset, Sand et
+le D<sup>r</sup> Pagello, par F. H.</p>
+
+<p>4 novembre.&mdash;Le Télégramme (Toulouse). A propos
+des Nécrophores, par Émile Delbousquet.</p>
+
+<p>4 novembre.&mdash;Le Temps. Une visite au V<sup>te</sup> de Spoelberch
+de Lovenjoul: l'album des dessins de Musset, G.
+Sand et son mari, par Ad. Brisson.</p>
+
+<p>4 novembre.&mdash;Courrier de l'Ain (Bourg). Les publications
+posthumes, par J. R.</p>
+
+<p>5 novembre.&mdash;Gil Blas. Les lettres d'Alfred de Musset
+à G. Sand chez le V<sup>te</sup> de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>5 novembre.&mdash;Bordeaux-Journal (Bordeaux). G. Sand
+et J. Sandeau, Alfred de Musset et l'absinthe, par Alceste.</p>
+
+<p>5 novembre.&mdash;Rheinisch Westfalische Zeitung (Essen).
+Der Korrespondenz von George Sand mit Alfred de
+Musset.</p>
+
+<p>5 novembre.&mdash;Lyon Républicain, suppl. (Lyon). Les
+lettres de G. Sand à Alfred de Musset, analyse et extraits,
+1, par H. Lapauze.</p>
+
+<p>5 novembre.&mdash;Le Soir. Lettres posthumes, par Lorenzi
+de Bradi.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_139" id="Page_139">139</a></span>
+5 novembre.&mdash;Le Soir (Bruxelles). Fleur de Scandale,
+par Van de Wiele.</p>
+
+<p>5 novembre.&mdash;Le Soleil. Le scandale Sand-Musset,
+par A. Claveau.</p>
+
+<p>5 novembre.&mdash;Le Temps. La littérature dans la passion
+de G. Sand et d'Alfred de Musset; réminiscences
+dans <i>On ne badine pas avec l'amour</i>.</p>
+
+<p>24 octobre-5 novembre.&mdash;Novoïe Wremya (Pétersbourg).
+Les amours d'Alfred de Musset, de G. Sand et
+du D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p>5 novembre.&mdash;Il resto del Carlino (Bologne). Trois
+poèmes à G. Sand, par Alfred de Musset.</p>
+
+<p>6 novembre.&mdash;L'Événement. La bonne dame, par
+Ludovic Hamilo.</p>
+
+<p>6 novembre.&mdash;Fanfulla (Rome). Critique de l'article
+de M. Amic dans le Figaro.</p>
+
+<p>6 novembre.&mdash;Frankfurter Zeitung (Francfort). Die
+Briefe der G. Sand an Alfred de Musset.</p>
+
+<p>6 novembre.&mdash;Le Gaulois. Note sur le prêt d'argent
+fait par G. Sand à Alfred de Musset.</p>
+
+<p>6 novembre.&mdash;Berliner Tageblatt (Berlin). Briefe der
+G. Sand an Alfred de Musset.</p>
+
+<p>6 novembre.&mdash;Hannoverschers Tageblatt (Hanovre).
+Erinnerungen an George Sand.</p>
+
+<p>(?) novembre.&mdash;Königsburger Hartungsche Zeitung
+(K&oelig;nigsberg). Alfred de Musset und G. Sand, der
+Korrespondenz.</p>
+
+<p>6 novembre.&mdash;Le Journal. Les amants de Venise (avec
+extraits de leurs lettres), par M. Clémenceau.</p>
+
+<p>25 octobre-6 novembre.&mdash;Novoïe Wremya (Pétersbourg).
+Note sur l'article de M. Amic dans le Figaro.</p>
+
+<p>6 novembre.&mdash;Le Soir. Documents sur G. Sand et
+Alfred de Musset chez M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>6 novembre. La Tribuna (Rome). G. Sand et Alfred de
+Musset, par Rastignac.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_140" id="Page_140">140</a></span>
+7 novembre.&mdash;Charivari. Elle et Lui, dialogue par
+Rigolet.</p>
+
+<p>7 novembre.&mdash;Il resto del Carlino (Bologne). Les lettres
+de G. Sand à Alfred de Musset, réminiscences dans <i>On ne
+badine pas avec l'amour</i>.</p>
+
+<p>7 novembre.&mdash;Le Moniteur Universel. La correspondance
+de G. Sand et d'Alfred de Musset, par M. Trolliet.</p>
+
+<p>7 novembre.&mdash;La Vie Parisienne. De quelques amours
+célèbres et de la façon de les exprimer, par M.&mdash;Les
+lettres de G. Sand à Alfred de Musset dans la Revue de
+Paris, par A. A. (2 articles.)</p>
+
+<p>7-8 novembre.&mdash;Giornale di Sicilia (Palerme). Extraits
+des lettres de G. Sand à Alfred de Musset, traduction.</p>
+
+<p>8 novembre.&mdash;La Chronique Illustrée, p. 36. Indiscrétions
+des révélations actuelles.&mdash;p. 42. Le Don Juan
+de G. Sand (<i>Lélia</i>) et celui de Musset (<i>Namouna</i>).</p>
+
+<p>8 novembre.&mdash;Elbinger Zeitung (Elbing, Prusse). Die
+Liebesbriefe der G. Sand.</p>
+
+<p>8 novembre.&mdash;Fanfulla (Rome). Sur un prêt d'argent
+fait par G. Sand à Alfred de Musset.</p>
+
+<p>8 novembre.&mdash;Général Anzeiger (Hambourg). Alfred
+de Musset, G. Sand et Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>8 novembre.&mdash;La Illustracion Española y Americana
+(Madrid). Alfred de Musset, G. Sand et les révélations du
+D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p>8 novembre.&mdash;La Nouvelle Mode. Alfred de Musset,
+G. Sand et le D<sup>r</sup> Pagello, par Actéon.</p>
+
+<p>8 novembre.&mdash;Lyon Républicain, supplément
+(Lyon). Les lettres de G. Sand à Alfred de Musset,
+analyse et extraits, 2 et fin, par H. Lapauze.</p>
+
+<p>9 novembre.&mdash;L'Écho de Paris. L'ombre d'Elle et
+l'ombre de Lui, par F. Vanderem.</p>
+
+<p>9 novembre. Express (Liège). Contre les publications
+actuelles.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_141" id="Page_141">141</a></span>
+9 novembre.&mdash;Express (Lyon). A propos des révélations
+sur G. Sand et le D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p>9 novembre.&mdash;Kieler Zeitung (Kiel). Das Liebesverhaltnitz
+zwischen Alfred de Musset und der G. Sand.</p>
+
+<p>9 novembre.&mdash;La Petite Gironde (Bordeaux). Causerie
+Bordelaise, par Argus (sur G. Sand, A. de Sèze, Alfred de
+Musset, etc... d'après le V<sup>te</sup> de Spoelberch de Lovenjoul).</p>
+
+<p>9 novembre.&mdash;Le Républicain (Orléans). Extraits des
+lettres de G. Sand à Alfred de Musset.</p>
+
+<p>9 novembre.&mdash;The St.-James-Gazette (Londres). G.
+Sand, Alfred de Musset and D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p>9 novembre.&mdash;La Tribuna (Rome). Alfred de Musset,
+G. Sand et le D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p>9-10 novembre.&mdash;Corriere della Sera (Milan). Le
+lettere di Giorgio Sand ad Alfredo di Musset.</p>
+
+<p>10 novembre.&mdash;Le Figaro. Lettre de M<sup>me</sup> Lardin de
+Musset demandant la restitution des autographes des
+lettres d'Alfred de Musset.</p>
+
+<p>10 novembre.&mdash;The Globe (Londres). An old romance
+revived.</p>
+
+<p>10 novembre.&mdash;Stamboul (Constantinople). Sur la
+publication des lettres de G. Sand à Alfred de Musset
+et des poésies d'Alfred de Musset à G. Sand.</p>
+
+<p>11 novembre.&mdash;L'Éclair. Lettre de M<sup>me</sup> Lardin de
+Musset au Figaro.</p>
+
+<p>11 novembre.&mdash;Journal pour Tous. Le voyage
+d'Alfred de Musset et de G. Sand en Italie, extrait de
+la <i>Biographie</i> par Paul de Musset.</p>
+
+<p>11 novembre.&mdash;Le Petit Marseillais (Marseille). Le
+plus heureux des trois, les lettres de G. Sand à Alfred de
+Musset, par A. Theuriet.</p>
+
+<p>11-12 novembre.&mdash;Giornale di Sicilia (Palerme).
+Intermezzi mondani: Rileggendo, par Iobi.</p>
+
+<p>12 novembre.&mdash;Le Réveil (Villeneuve-sur-Lot). Déceptions
+causées par les révélations actuelles.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_142" id="Page_142">142</a></span>
+12 novembre.&mdash;Pester Lloyd (Budapest). Alfred
+de Musset und G. Sand, par Ferdinand Borosthauh.</p>
+
+<p>12-13 novembre.&mdash;Giornale di Sicilia (Palerme). Note
+sur un prêt d'argent fait par G. Sand à Alfred de Musset.</p>
+
+<p>13 novembre.&mdash;Fanfulla (Rome). Traduction de la
+lettre de M<sup>me</sup> Lardin de Musset au Figaro.</p>
+
+<p>13 novembre.&mdash;Paris. Vivisection posthume, par H.
+Céard.</p>
+
+<p>13 novembre.&mdash;La Tribune (Laon). Déshabillage posthume,
+par M<sup>me</sup> Gaspard, avec extraits des lettres de G.
+Sand.</p>
+
+<p>14 novembre.&mdash;Angers-Théâtre (Angers). Note sur
+la lettre de M<sup>me</sup> Lardin de Musset au Figaro.</p>
+
+<p>14 novembre.&mdash;Le Gaulois. Alfred de Musset dans les
+lettres de G. Sand à Sainte-Beuve, par H. Lapauze.</p>
+
+<p>14 novembre.&mdash;The New Saturday. (Londres). Elle et
+Lui, histoire des amants de Venise.</p>
+
+<p>14 novembre.&mdash;Le Progrès médical, p. 391. Les médecins
+amants: Pagello, Rebizzo, Alfred de Musset et G.
+Sand, par M. Baudouin.</p>
+
+<p>14 novembre.&mdash;The Publisher Circular (Londres). Sur
+l'article de M. Brisson et la lettre de M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p>
+
+<p>14 novembre.&mdash;Revue Encyclopédique. Les prochaines
+révélations de Pagello, 1 portrait et 1 fac-similé
+d'autographe du D<sup>r</sup> Pagello, 1 portrait d'Alfred de Musset
+et 3 portraits de G. Sand.</p>
+
+<p>14 novembre.&mdash;L'Univers illustré. Sur Alfred de
+Musset et G. Sand, par Richard O'Monroy.</p>
+
+<p>15 novembre.&mdash;La Revue de Paris, p. 276-301. Dix-sept
+lettres de George Sand à Sainte-Beuve (dont plusieurs
+relatives à Alfred de Musset). 1<sup>re</sup> partie.</p>
+
+<p>15 novembre.&mdash;Le Courrier Français. Variations sur
+les amants de Venise, triolets par R. Ponchon.</p>
+
+<p>15 novembre.&mdash;L'Écho de la Semaine, p. 106. Correspondance
+d'Alfred de Musset et de G. Sand, par E. Trolliet.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_143" id="Page_143">143</a></span>
+15 novembre.&mdash;L'Écho du Mexique (Mexico). Mot de
+Alfred de Musset sur G. Sand.</p>
+
+<p>15 novembre.&mdash;Gazette Anecdotique, p. 641. G. Sand
+et Alfred de Musset, par G. d'Heilly.</p>
+
+<p>15 novembre.&mdash;L'Illustrazione Italiana (Milan),
+p. 327. Il romanzo Sand-Musset-Pagello, I, par Raffaello
+Barbiera, avec 2 portraits en phototypie du D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p>15 novembre.&mdash;Lyon républicain, supplément (Lyon).
+Suite du déballage des petits papiers, par Jumelles.</p>
+
+<p>15 novembre.&mdash;La Liberté. Alfred de Musset et G.
+Sand dans les lettres de G. Sand à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>15 novembre.&mdash;Revue des Revues, p. 376-386. Extraits
+des lettres de G. Sand à Alfred de Musset.</p>
+
+<p>15 novembre.&mdash;Le Tam-Tam. Les Vide-Cuvettes, par
+Achille Lefranc.</p>
+
+<p>15 novembre.&mdash;Le Temps. Alfred de Musset dans les
+lettres de G. Sand à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>15 novembre.&mdash;Théâtre illustré (Angers). Note sur la
+lettre de M<sup>me</sup> Lardin de Musset au Figaro.</p>
+
+<p>15 novembre.&mdash;Le Soir. Note sur le démêlé Sand-Musset,
+par B. de Lomagne.</p>
+
+<p>15-16 novembre.&mdash;Journal Égyptien (Le Caire). Trois
+petits poèmes à G. Sand par Alfred de Musset.</p>
+
+<p>16 novembre.&mdash;Le Gaulois. Testament littéraire de
+G. Sand, sa lettre à A. Dumas fils.</p>
+
+<p>16 novembre.&mdash;Gil Blas. L'Amour qui cause, par L.
+Lacour.&mdash;Encore Elle, les lettres de G. Sand à Sainte-Beuve,
+par Santillane. (2 articles.)</p>
+
+<p>16 novembre.&mdash;La Gironde (Bordeaux). Alfred de
+Musset dans les lettres de G. Sand à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>16 novembre.&mdash;Le Journal. Les exhumations Sand-Musset-Hugo,
+par A. Silvestre.</p>
+
+<p>16 novembre.&mdash;Journal des Débats. Alfred de Musset
+dans les lettres de G. Sand à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_144" id="Page_144">144</a></span>
+16 novembre.&mdash;La Liberté. Sur les publications actuelles:
+Musset, Sand, Sainte-Beuve, Hugo.</p>
+
+<p>16 novembre.&mdash;Le Temps. Note sur des négociations
+qui auraient été engagées par la Revue des Deux-Mondes
+avec la famille de Musset.</p>
+
+<p>17 novembre.&mdash;Gil Blas. Féminités, par Colombine.</p>
+
+<p>18 novembre.&mdash;L'Avenir de la Vienne (Poitiers).
+Fleurs fanées, par Émile Chasles.</p>
+
+<p>19 novembre.&mdash;Le Journal. Lettres d'amour, par
+F. Coppée.</p>
+
+<p>19 novembre.&mdash;Le Temps. Mozart, G. Sand et Alfred
+de Musset, à propos de Don Juan, par J. Claretie.</p>
+
+<p>20 novembre.&mdash;The St.-James Budget (Londres). G.
+Sand, Alfred de Musset and D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p>20 novembre.&mdash;Le Républicain Orléanais (Orléans).
+Alfred de Musset dans les lettres de G. Sand à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>21 novembre.&mdash;Le Voltaire. Petits papiers, par V. de
+Cottens.</p>
+
+<p>21 novembre.&mdash;La Revue Parisienne. Les révélations
+de G. Sand dans ses lettres à Alfred de Musset et
+à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>21 novembre.&mdash;Neue Bürger Zeitung (Neustadt). Die
+Liebesbriefe der George Sand an Alfred de Musset.</p>
+
+<p>22 novembre.&mdash;Journal de Rouen (Rouen). Les
+révélations de G. Sand dans ses lettres à Alfred de
+Musset et à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>22 novembre.&mdash;Journal de Marseille (Marseille). A
+propos des révélations sur G. Sand et sur Alfred de Musset,
+le livre de M. Rostand, publié en 1877, I, non signé.</p>
+
+<p>22 novembre.&mdash;L'Illustrazione Italiana (Milan), p. 346.
+Il romanzo Sand-Musset-Pagello, II, par Raffaello
+Barbiera.</p>
+
+<p>23 novembre.&mdash;Argonaut (San Francisco). A Literary
+scandal, by Dorsey.</p>
+
+<p>23-24 novembre.&mdash;Journal de Marseille (Marseille).
+<span class="pagenum"><a name="Page_145" id="Page_145">145</a></span> A propos des révélations sur G. Sand et sur Alfred
+de Musset, etc..., II et fin.</p>
+
+<p>24 novembre.&mdash;Le Temps. A propos de <i>Lorenzaccio</i>,
+Alfred de Musset et G. Sand à Venise, par A. Aderer.</p>
+
+<p>24 novembre.&mdash;Le Journal. De la critique actuelle,
+rêve et réalité, par E. Zola.</p>
+
+<p>18-25 novembre.&mdash;Le Tout-Biarritz (Biarritz). Mémoires
+et correspondances, par Valmy Baysse.</p>
+
+<p>25 novembre.&mdash;Le Figaro. Les lettres de G. Sand à
+Alfred de Musset et à Sainte-Beuve, par F. Lemaitre.</p>
+
+<p>25 novembre.&mdash;Le Gaulois. La Conception de l'amour
+chez Alfred de Musset; Alfred de Musset et G. Sand, à
+propos de <i>Lorenzaccio</i>.</p>
+
+<p>25 novembre.&mdash;Le Siècle. Sainte-Beuve, G. Sand et
+Alfred de Musset par Leo Marchès.</p>
+
+<p>13-25 novembre.&mdash;Novoïe Wremya (Pétersbourg).
+Alfred de Musset et G. Sand, extraits des lettres.</p>
+
+<p>25-26 novembre.&mdash;Giornale di Sicilia (Palerme). Poésie
+du D<sup>r</sup> Pagello à une dame: «Mentre la folla spia.»</p>
+
+<p>26 novembre.&mdash;Le National. Tombes ouvertes, n. signé.</p>
+
+<p>26 novembre.&mdash;Le Siècle de Lyon (Lyon). Sainte-Beuve,
+Alfred de Musset et les lettres de G. Sand.</p>
+
+<p>27 novembre.&mdash;The Pall Mall Gazette (Londres). The
+romance of G. Sand revived.</p>
+
+<p>27 novembre.&mdash;Gil Blas. Alfred de Musset et G. Sand
+à propos des poètes à l'Odéon, par Ch. Martel, et des
+Mémoires de Got, par M. Guillemot. (2 articles.)</p>
+
+<p>28 novembre.&mdash;La Petite République. La Vérité, par
+H. Brissac.</p>
+
+<p>28 novembre.&mdash;L'Art et la Mode, p. 896. G. Sand et
+Alfred de Musset.</p>
+
+<p>28 novembre.&mdash;The Queen (Londres). Sur la lettre
+de G. Sand à Alexandre Dumas fils.</p>
+
+<p>28 novembre.&mdash;The Publisher Circular (Londres). Sur
+les lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_146" id="Page_146">146</a></span>
+28 novembre.&mdash;Le Moniteur Universel. Sur les correspondances
+de V. Hugo, Sainte-Beuve, Alfred de Musset
+et G. Sand, par L. Barracaud.</p>
+
+<p>28 novembre.&mdash;Le Courrier des États-Unis (New-York).
+Sur la lettre de M<sup>me</sup> Lardin de Musset au Figaro.</p>
+
+<p>28-29 novembre.&mdash;La Meuse (Liège). Anecdote sur G.
+Sand.</p>
+
+<p>29 novembre.&mdash;L'Événement. Note sur la publication
+des Lettres d'amour.</p>
+
+<p>29 novembre.&mdash;Les Annales politiques et littéraires,
+p. 339. Le talent d'Alfred de Musset (<i>Les Nuits</i>), par E.
+Faguet.</p>
+
+<p>29 novembre.&mdash;Le Radical (Marseille). La Vérité, par
+H. Brissac.</p>
+
+<p>29 novembre.&mdash;L'Illustrazione Italiana (Milan), p. 362.
+Il romanzo Sand-Musset-Pagello, III et fin, par Raffaello
+Barbiera.</p>
+
+<p>30 novembre.&mdash;Le Gaulois. Souvenirs de la crise de
+Venise dans <i>On ne badine pas avec l'amour</i>, par A.
+Galdemar.</p>
+
+<p>30 novembre.&mdash;The Freemans Journal (Dublin).
+Alfred de Musset et G. Sand, Mérimée et Sainte-Beuve,
+Correspondances.</p>
+
+<p>22-30 novembre.&mdash;Nouvelle Revue Internationale,
+p. 733. Les amours de G. Sand et d'Alfred de Musset,
+par H. de Beautiran.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> décembre.&mdash;Revue des Revues. Critique de la correspondance
+de G. Sand et de Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> décembre.&mdash;La Revue de Paris, p. 559. Lettres de
+G. Sand à Sainte-Beuve, II et fin.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> décembre.&mdash;The Siam Free Press (Bangkok).
+Alfred de Musset et G. Sand.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> décembre.&mdash;Revue d'art dramatique, p. 107.
+Alfred de Musset et G. Sand dans <i>On ne badine pas avec
+l'amour</i>, par R. Sparck.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_147" id="Page_147">147</a></span>
+1<sup>er</sup> décembre.&mdash;Revue illustrée, p. 372. Les révélations
+actuelles sur Musset et G. Sand, par C. Legrand.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> décembre.&mdash;La Época (Madrid). Arte y vida, por
+Zeda.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> décembre.&mdash;Mercure de France, p. 556. Alfred de
+Musset, G. Sand et le D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> décembre.&mdash;Le Magasin littéraire, p. 455-456. Les
+lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.
+Portraits d'Alfred de Musset d'après E. Lami et de G.
+Sand d'après E. Delacroix.</p>
+
+<p>2 décembre.&mdash;Le Temps. Sur la 2<sup>e</sup> partie des Lettres
+de G. Sand à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>3 décembre.&mdash;L'Éclair. Notes sur la correspondance
+Sand-Musset-Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>3 décembre.&mdash;Gil-Blas. Le scandale Sand-Musset, à
+propos du <i>Livre d'Amour</i> de Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>3 décembre.&mdash;La Paix. Droit au silence, par J.
+Merac.&mdash;G. Sand et les révélations de M. Marieton.
+(2 articles.)</p>
+
+<p>4-5 décembre.&mdash;Giornale di Sicilia (Palerme). G.
+Sand et d'Alfred de Musset, par Iobi.</p>
+
+<p>5 décembre.&mdash;Le Figaro. Mademoiselle Byron, par
+J. Aicard.</p>
+
+<p>5 décembre.&mdash;Heraldo de Madrid (Madrid). Note sur
+la correspondance de G. Sand et d'Alfred de Musset à
+propos de la 1<sup>re</sup> représentation de <i>Lorenzaccio</i>.</p>
+
+<p>5 décembre.&mdash;La Patrie (Montréal). Le club des
+silencieux, par M. Guillemot.</p>
+
+<p>5 décembre.&mdash;The Publisher Circular (Londres).
+Chez M. de Spoelberch de Lovenjoul: les dessins de
+Alfred de Musset sur l'album de G. Sand.</p>
+
+<p>6 décembre.&mdash;Les Annales politiques et littéraires,
+p. 360. G. Sand et le Voyage en Italie, à propos de <i>Lorenzaccio</i>,
+par G. Geoffroy.</p>
+
+<p>6 décembre.&mdash;World (New-York). Comments on the
+<span class="pagenum"><a name="Page_148" id="Page_148">148</a></span>
+newly published letters of G. Sand to Alfred de Musset,
+by M<sup>rs</sup> Anna de Koven.</p>
+
+<p>7 décembre.&mdash;Mail and Express (New-York). Alfred
+de Musset and G. Sand by R. H. Stoddard.</p>
+
+<p>7 décembre.&mdash;La Patrie (Montréal). Réponse à M. H.
+Garneau, par Françoise.</p>
+
+<p>9 décembre.&mdash;La Dépêche (Toulouse). De la gloire:
+différence de la douleur chez Alfred de Musset et chez
+Chopin, trahis tous deux par G. Sand, par A. Silvestre.</p>
+
+<p>9 décembre.&mdash;Le Libéral (Cambrai). Sur le discrédit
+occasionné par la publication des petits papiers, par
+H. Gibout.</p>
+
+<p>9 décembre.&mdash;Taegliche Rundschau (Berlin). Note
+sur les révélations de la Revue hebdomadaire.</p>
+
+<p>10 décembre.&mdash;Le Correspondant, p. 831. La littérature
+indiscrète, par H. Chantavoine.</p>
+
+<p>10 décembre.&mdash;The English Mail (Francfort-Mein).
+The romance of G. Sand revived.</p>
+
+<p>12 décembre.&mdash;La Revue hebdomadaire, p. 251. Les
+lettres d'Alfred de Musset à G. Sand, une lettre inconnue,
+par O. Uzanne.</p>
+
+<p>12 décembre.&mdash;The Evening Post (New-York). L'actualité
+d'Alfred de Musset.</p>
+
+<p>12 décembre.&mdash;Torch. (Londres). Note sur Alfred
+de Musset et G. Sand.</p>
+
+<p>13 décembre.&mdash;Le Journal illustré. Musset-Sand-Pagello,
+les Chercheurs et M. J. Lemaitre, par Alf.
+Barbou.</p>
+
+<p>13-14 décembre.&mdash;Het Vaderland (La Haye). Les
+révélations sur Alfred de Musset et G. Sand.</p>
+
+<p>14 décembre.&mdash;Le Charivari. N'est-ce pas bientôt fini?</p>
+
+<p>14 décembre.&mdash;Journal de Rouen. Le D<sup>r</sup> Pagello
+défendu par le Marquis Paulucci di Calboli.</p>
+
+<p>14 décembre.&mdash;Journal des Débats.&mdash;Le D<sup>r</sup> Pagello
+défendu par le M<sup>is</sup> Paulucci di Calboli.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_149" id="Page_149">149</a></span>
+15 décembre.&mdash;Le Charivari. Fragments de deux
+lettres de G. Sand sur Alfred de Musset.</p>
+
+<p>15 décembre.&mdash;L'Événement. Le D<sup>r</sup> Pagello défendu
+par le M<sup>is</sup> Paulucci di Calboli.</p>
+
+<p>15 décembre.&mdash;La Nouvelle Revue, p. 852. Sur les
+exhumations actuelles, par E. Ledrain.</p>
+
+<p>15 décembre.&mdash;La Petite Gironde (Bordeaux). Pour
+Pagello, par P. B.</p>
+
+<p>15 décembre.&mdash;Revue des Revues, p. 570. Pagello
+poète, par R. Paulucci di Calboli, avec un portrait du
+D<sup>r</sup> Pagello.&mdash;G. Sand intime, ses lettres à l'abbé Rochet.
+(2 articles.)</p>
+
+<p>15 décembre.&mdash;Review of Reviews (Londres). Les
+lettres de G. Sand à Alfred de Musset.</p>
+
+<p>15 décembre.&mdash;La Quinzaine, p. 542. L'envers des
+Grands Hommes, par Gabriel Aubray.</p>
+
+<p>15 décembre.&mdash;Simple Revue, p. 369. Alfred de Musset
+et G. Sand, par G. Wernert.</p>
+
+<p>16 décembre.&mdash;Le Figaro. Les premières amours de
+Musset et de G. Sand, avec extraits de leurs lettres, par
+P. Mariéton.&mdash;Jugement de Lamartine et de Renan sur
+la liaison de G. Sand avec Alfred de Musset. (2 articles.)</p>
+
+<p>16 décembre.&mdash;Journal de Maurice (Port-Louis, île
+Maurice). Romans d'outre-tombe, par Ad. Brisson.</p>
+
+<p>17 décembre.&mdash;L'Événement. Lui, toujours; Elle,
+toujours, par Le Sphinx. (V. Brunières.)</p>
+
+<p>17 décembre.&mdash;Le Figaro. Le marquis Paulucci et
+le D<sup>r</sup> Pagello.&mdash;Note sur l'article de O. Uzanne.&mdash;Note
+sur le jeu des petits papiers.</p>
+
+<p>17 décembre.&mdash;Le Temps. Encore l'affaire Sand-Musset,
+extrait des Lettres d'Alfred de Musset à G. Sand.</p>
+
+<p>18 décembre.&mdash;The Daily Chronicle (Londres). Sur
+les femmes d'Alfred de Musset.</p>
+
+<p>18 décembre.&mdash;The Levant Herald (Constantinople).
+Le D<sup>r</sup> Pagello et le marquis Paulucci di Calboli.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_150" id="Page_150">150</a></span>
+18 décembre.&mdash;The Morning (Londres). Note relative
+au livre de M. Mariéton.</p>
+
+<p>18 décembre.&mdash;Le Petit Champenois (Chaumont).
+Les révélations de M. Mariéton sur Alfred de Musset et
+G. Sand, par P. C.</p>
+
+<p>18 décembre.&mdash;La Petite République. Psychologie
+de Concierges: nouveau livre de M. Mariéton, extraits
+des lettres d'Alfred de Musset à G. Sand, par Louis Marle.</p>
+
+<p>19 décembre.&mdash;Le Clairon (Londres). Renouvellement
+du scandale Sand-Musset.</p>
+
+<p>19 décembre.&mdash;L'Écho du public. Demande de renseignements.</p>
+
+<p>19 décembre.&mdash;Le Gaulois. Projets de nouveaux
+noms pour les galeries du Palais-Royal.</p>
+
+<p>19 décembre.&mdash;Journal des Débats. Les révélations
+sur Alfred de Musset et G. Sand, à propos du livre
+de M. Mariéton.</p>
+
+<p>19 décembre.&mdash;La Patrie (Montréal). Alfred de
+Musset et G. Sand, d'après les lettres de G. Sand, par
+Godfroid Langlois.</p>
+
+<p>20 décembre.&mdash;La France (Santiago). La querelle
+Sand-Musset et M<sup>me</sup> Lardin de Musset, par J. Bernard.</p>
+
+<p>20 décembre.&mdash;Le Jour. Sur les Amants de Venise,
+de P. Mariéton, par Jean Babillard.</p>
+
+<p>20 décembre.&mdash;Le Ménestrel. Le Don Juan d'Alfred
+de Musset et celui de G. Sand, par J. Tiersot.</p>
+
+<p>21 décembre.&mdash;La France. Alfred de Musset et G.
+Sand, le <i>Soir</i> de G. Sand, par E. Blavet.</p>
+
+<p>Reproduit: Le Nord, 21 décembre.</p>
+
+<p>21 décembre.&mdash;Stampa (Turin). Il cuore di Giorgio
+Sand: De Musset, Pagello e l'abate Rochet.</p>
+
+<p>21 décembre.&mdash;Le Stephanois (Saint-Étienne). Alfred
+de Musset, G. Sand et M. Mariéton, par Ignotus.</p>
+
+<p>22 décembre.&mdash;Le Journal. Le désespoir de Lélia,
+extrait du Journal intime de G. Sand, par P. Mariéton.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_151" id="Page_151">151</a></span>
+23 décembre.&mdash;L'Éclair. Note relative au livre de
+M. Mariéton.</p>
+
+<p>23 décembre.&mdash;Le Figaro. Sur le livre de M. Mariéton.&mdash;Sur
+la <i>Nuit de Venise</i> à la Bodinière. (2 articles.)</p>
+
+<p>23 décembre.&mdash;Le Temps. G. Sand et Alfred de
+Musset: extraits du Journal intime de G. Sand, deux
+lettres d'Alfred de Musset à G. Sand, par P. Mariéton.</p>
+
+<p>24 décembre.&mdash;L'Écho de Paris. Annonce du livre
+de M. Mariéton.</p>
+
+<p>24 décembre.&mdash;La Presse. Les Amants de Venise, par
+Jane de La Vaudère.</p>
+
+<p>25 décembre.&mdash;La Chronique littéraire (Nyon, Suisse),
+p. 2. G. Sand et Alfred de Musset, par P. Clarensac.</p>
+
+<p>26 décembre.&mdash;L'Illustration. Grande revue de Shalon,
+passée par G. Sand et Alfred de Musset, texte et dessins
+par Henriot.</p>
+
+<p>26 décembre.&mdash;The Academy (Londres), p. 597. Les
+lettres d'Alfred de Musset à G. Sand.</p>
+
+<p>28 décembre.&mdash;Gil Blas. Citation d'une lettre de
+G. Sand à Alfred de Musset, par L. Lacour.</p>
+
+<p>29 décembre.&mdash;Journal de Maurice (Port-Louis,
+île Maurice). Note sur F. Mallefille, à propos de l'affaire
+Sand-Musset, par Vetivert.</p>
+
+<p>30 décembre.&mdash;La Réforme (Bruxelles). Lui et Elle,
+par Frantz Delba, avec deux portraits.</p>
+
+<p>31 décembre.&mdash;Le Figaro. Annonce de la publication
+du livre de M. Mariéton.</p>
+
+<p>31 décembre.&mdash;Gil Blas. G. Sand et Alfred de Musset
+dans la Revue de la Bodinière.</p>
+
+<p>31 décembre.&mdash;La Province Artistique (Orange, près
+Vaucluse). Alfred de Musset et G. Sand, le livre de
+M. Mariéton.</p>
+
+<p class="center p2">1897</p>
+
+<p><span class="smcap">Une Histoire d'amour.</span> G. Sand et Alfred de Musset,
+<span class="pagenum"><a name="Page_152" id="Page_152">152</a></span> documents inédits, lettres d'Alfred de Musset, par Paul
+Mariéton. Paris, G. Havard fils. 1897. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> janvier.&mdash;L'Écho de Paris. Nohant, par A.</p>
+
+<p>2 janvier.&mdash;L'Art et la Mode. Note humoristique sur
+la correspondance Sand-Musset.</p>
+
+<p>2 janvier.&mdash;La Vie Parisienne, p. 1, 9, 10. Théâtre
+des Trétaux, texte et dessins par Sahib.</p>
+
+<p>2 janvier.&mdash;L'Écho de Paris. Critique de <i>Une Histoire
+d'amour</i>, par H. Bauer.</p>
+
+<p>2 janvier.&mdash;Le Progrès médical, p. 12. Les Médecins
+amants, II, par Marcel Baudouin.</p>
+
+<p>3 janvier.&mdash;L'Écho de Genève (Genève). Anecdote:
+un dîner chez G. Sand, par J. Troubat.</p>
+
+<p>5 janvier.&mdash;Le Figaro. Note sur la <i>Véritable Histoire
+d'Elle et Lui</i> du V<sup>te</sup> de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>7 janvier.&mdash;Le Charivari. Démolition des statues,
+vignette non signée.</p>
+
+<p>8 janvier.&mdash;Le Gaulois. Annonce du livre de M. Mariéton.</p>
+
+<p>9 janvier.&mdash;The London Illustrated Strand (Londres).
+Alfred de Musset et G. Sand.</p>
+
+<p>9 janvier.&mdash;Le Rappel. Elle et Lui, Lui et Elle, par
+H. Fouquier.</p>
+
+<p>9 janvier.&mdash;L'Illustration. Critique du livre de M. Mariéton.</p>
+
+<p>12 janvier.&mdash;Gil Blas. Ce que G. Sand voulait être
+pour Alfred de Musset, par Colombine.</p>
+
+<p>12 janvier.&mdash;L'Écho de Paris. Note sur le livre de
+M. Mariéton.</p>
+
+<p>14 janvier.&mdash;La Libre Parole. Note sur le livre de
+M. Mariéton.</p>
+
+<p>15 janvier.&mdash;Revue des Deux-Mondes, p. 450. Alfred
+de Musset et G. Sand, par R. Doumic.</p>
+
+<p>17 janvier.&mdash;Gil Blas. Un Genre, par P. Veber.</p>
+
+<p>17 janvier.&mdash;Le Voltaire. Petit dialogue des morts,
+par M. Leblond.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_153" id="Page_153">153</a></span>
+22 janvier.&mdash;Le Figaro. Alfred de Musset et G. Sand,
+à propos de Mérimée, par Larroumet.</p>
+
+<p>27 janvier.&mdash;The Daily Chronicle (Londres). L'affaire
+Sand-Musset-Pagello, publications de la Revue de Paris.</p>
+
+<p>30 janvier.&mdash;L'Illustration, p. 25. Portrait chargé
+d'Alfred de Musset, par Malatesta.</p>
+
+<p><span class="smcap">The Yellow Book an illustrated Quarterly.</span> Volume
+XII, January. 1897. John Lane, the Bodley Head
+London and New-York. 1 vol. in-8<sup>o</sup> carré.&mdash;p. 15 à 38.
+She and He, by Henry James.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> février.&mdash;Cosmopolis. T. V, page 417. Lettres de
+G. Sand à son mari, M. C. Dudevant.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> février.&mdash;The Free Review (Londres), p. 513. Jugement
+sur l'état mental de Alfred de Musset et de G.
+Sand, par W. M. G.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> février.&mdash;Le Journal. Du procès intenté à M. Mariéton.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> février.&mdash;Le National. Quelques mots sur la correspondance
+Sand-Musset.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> février.&mdash;Revue des Revues. Ce que M. Doumic dit
+d'Alfred de Musset et de G. Sand dans la Revue des
+Deux-Mondes.</p>
+
+<p>2 février.&mdash;Journal des Débats. A propos des lettres
+de G. Sand à son mari.</p>
+
+<p>2 février.&mdash;Le Voltaire. Lettres d'amour, par Raoul
+Deberdt.</p>
+
+<p>2 février.&mdash;Le Figaro. Note sur la publication des
+lettres de G. Sand à son mari.</p>
+
+<p>2 février.&mdash;Le Précurseur (Anvers). G. Sand et son
+mari; voyage de G. Sand avec Alfred de Musset en Italie.</p>
+
+<p>5 février.&mdash;L'Événement. Note sur la publication des
+lettres de G. Sand à son mari.</p>
+
+<p>6 février.&mdash;La Semaine littéraire (Genève). Extraits
+des lettres de G. Sand à son mari.</p>
+
+<p>7 février.&mdash;The Weekly Sun (Londres). George Sand
+and Alfred de Musset, by T. P.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_154" id="Page_154">154</a></span>
+8 février.&mdash;Journal de Maurice (Port-Louis, île Maurice).
+Cinq petits poèmes à G. Sand, par Alfred de Musset.</p>
+
+<p>8 février.&mdash;La Semaine littéraire (Genève). Sur les
+lettres de G. Sand à son mari.</p>
+
+<p>10 février.&mdash;La Gironde (Bordeaux). Critique du livre
+de M. Mariéton, par G. Roturier.</p>
+
+<p>13 février.&mdash;The Queen (Londres). Ce que M. H.
+James dit de Alfred de Musset et de G. Sand dans <i>The
+Yellow Book</i>.&mdash;Sur les lettres de G. Sand à son mari.
+(2 articles.)</p>
+
+<p><i>Interdiction d'Une Nuit de Venise, pièce de M. Mongerolle<a name="FNanchor_66" id="FNanchor_66" href="#Footnote_66" class="fnanchor">[66]</a>.</i>
+Avant le procès, les débats, jugement. Le
+Journal, 13 février.&mdash;L'Événement, Le Gaulois, Gil
+Blas, Le Journal, La Libre Parole, La Liberté, Le Soleil,
+14 février.&mdash;L'Écho de Paris, L'Éclair, Journal des
+Débats, La Libre Parole, The New-York Herald (Paris),
+Le Soleil, Le Temps, The Daily Telegraph (Londres),
+La Presse, 15 février.&mdash;Konigsberger Hartungsche
+Zeitung (Koenigsberg), 16 février.&mdash;L'Express (Mulhouse),
+18 février.&mdash;Neue Badischelandes Zeitung (Manheim),
+Le Rappel, Levant Herald (Constantinople),
+19 février.&mdash;La Presse, L'Illustration, 20 février.&mdash;The
+Referee (Londres), 21 février.&mdash;Fanfulla (Rome),
+25 février.&mdash;La Liberté, 2 mars.&mdash;Gil Blas, Le
+Journal, Journal des Débats, 3 mars.&mdash;L'Éclair, L'Intransigeant,
+La Petite République, Le Temps, 4 mars.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_155" id="Page_155">155</a></span>
+The Morning (Londres), 5 mars.&mdash;La Tribuna (Rome),
+7 mars.&mdash;The Daily News (Londres), 14 mars.&mdash;Gil
+Blas, Journal des Débats, Le Temps, Le Soir, Le Gaulois,
+Le Figaro, La Loi, The Daily Telegraph (Londres),
+17 mars.&mdash;La Petite République, L'Écho de Paris, Le
+Moniteur Universel, Saint-James Gazette (Londres),
+The Musical Courrier (Londres), 18 mars.&mdash;Novoie
+Wremya (Pétersbourg), 12-24 mars.&mdash;The New-York
+Times (New-York), 27 mars.</p>
+
+<p>14 février.&mdash;Le Salut Public (Lyon).&mdash;Critique du
+livre de M. Mariéton.</p>
+
+<p>14 février.&mdash;Petit Journal pour Rire, 5<sup>e</sup> série, n<sup>o</sup> 7.
+Encore Alfred de Musset et G. Sand.</p>
+
+<p>15 février.&mdash;Nouvelle Revue Européenne, p. 158.
+Critique du livre de M. Mariéton, par H. Buffenoir.</p>
+
+<p><span class="smcap">Docteur Cabanès. Le Cabinet secret de l'Histoire.</span>
+2<sup>e</sup> série. Paris. Librairie de A. Charles et aux Bureaux
+de la Chronique Médicale, 1897. 1 vol. in-12 carré.&mdash;p.
+275 à 332. Un roman vécu à trois personnages, avec
+4 portraits et 1 page de fac-similés d'autographes.</p>
+
+<p>16 février.&mdash;Gil Blas. Aux familles Sand et de Musset,
+par Le Facteur.</p>
+
+<p>16 février.&mdash;Le National. Messieurs, la famille! par
+G. Jubin.</p>
+
+<p>Reproduit: L'Indépendant de l'Est (Bar-le-Duc), 18 février.</p>
+
+<p>16 février.&mdash;Journal de Rouen. Alfred de Musset et
+G. Sand, à propos de l'interdiction d'<i>Une Nuit de Venise</i>.</p>
+
+<p>17 février.&mdash;Le Charivari. Réflexions sur l'interdiction
+d'<i>Une Nuit de Venise</i>, par P. Véron.</p>
+
+<p>17 février.&mdash;Le Progrès de la Côte-d'Or (Dijon). Au
+seuil d'un siècle, par R. Des Varennes.</p>
+
+<p>19 février.&mdash;L'Événement. L'affaire Sand-Musset, à
+propos du livre de M. Mariéton et de l'interdiction d'<i>Une
+Nuit de Venise</i>.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_156" id="Page_156">156</a></span>
+20 février.&mdash;Le Figaro. Lettre par A. Daudet.</p>
+
+<p><i>Procès intenté à M. Mariéton par la famille Sand</i>. Avant
+le procès, les débats, jugement: Le Figaro, Le Gaulois,
+Gil Blas, Le Journal, Journal des Débats, La
+Presse, Le Soleil, Le Temps, Gazette des Tribunaux, The
+Standard (Londres), 20 février.&mdash;Le Moniteur Universel,
+21 février.&mdash;Gazette des Tribunaux, La Liberté,
+26 février.&mdash;Le Petit Moniteur, The Manchester
+Guardian (Manchester), 27 février.&mdash;La Paix, 28 février.&mdash;Gazette
+des Tribunaux, Le Droit, Le Soir,
+Le Petit Temps, Gil Blas, Journal des Débats, Le
+Gaulois, Le Progrès de la Somme (Amiens), 12 mars.&mdash;L'Écho
+de Paris, La Loi, Journal des Débats, 13 mars.&mdash;Franckfurter
+Zeitung (Francfort), 14 mars.&mdash;Revue
+des Grands Procès contemporains, avril, p. 191.</p>
+
+<p>20 février.&mdash;The National Observer (Londres). Analyse
+de l'article de <i>The Yellow Book</i>.</p>
+
+<p>22 février.&mdash;Le Journal. Elle, Lui, Nous, par A. Hepp.</p>
+
+<p>22 février.&mdash;La Libre Parole. Réclame pour le livre
+de M. Mariéton.</p>
+
+<p>22-23 février.&mdash;Journal de Marseille. Lettres d'amour,
+à propos du procès Mariéton, d'après Le Figaro.</p>
+
+<p>25 février.&mdash;Le Journal. Annonce du livre de M. de
+Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>V<sup>te</sup> <span class="smcap">de Spoelberch de Lovenjoul</span>. <span class="smcap">La Véritable Histoire
+de Elle et Lui</span>, notes et documents. Paris, Calmann
+Lévy, 1897. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p><i>Critiques du livre de M. de Spoelberch de Lovenjoul</i>:
+The Daily Chronicle (Londres), 1<sup>er</sup> mars.&mdash;La République
+Française, 2 mars.&mdash;Journal de Bruxelles,
+3 mars.&mdash;L'Univers Illustré, l'Illustration, 6 mars.&mdash;L'Indépendance
+Belge, supplément, (Bruxelles), 7 mars.&mdash;Le
+Jour, 8 mars.&mdash;La Presse, 9 mars.&mdash;Le Moniteur
+Universel, 10 mars.&mdash;Théâtre Illustré (Angers),
+Atheneum (Londres), The Academy (Londres), Revue
+<span class="pagenum"><a name="Page_157" id="Page_157">157</a></span> Encyclopédique, 13 mars.&mdash;Mémorial de la librairie
+française, 18 mars.&mdash;Le Monde illustré, 20 mars.&mdash;L'Événement,
+The New-York Herald, Revue Britannique,
+22 mars.&mdash;La Paix, 31 mars.&mdash;Le Constitutionnel,
+Le Figaro illustré, p. XV, Revue Suisse (Lausanne),
+Revue Générale (Bruxelles), 1<sup>er</sup> avril.&mdash;Franckfurter Zeitung
+(Franckfort), 4 avril.&mdash;Bulletin de l'Office de
+Publicité (Bruxelles), 6 avril.&mdash;The Publisher circular
+(Londres), 10 avril.&mdash;L'Art Moderne (Bruxelles), 25 avril.
+Revue critique d'histoire et de littérature, p. 337, 26 avril.</p>
+
+<p>25 février.&mdash;L'Ère nouvelle (Tarbes). Les Morts qu'on
+tue, par De Lomné.</p>
+
+<p>27 février.&mdash;La Jeune Belgique (Bruxelles), p. 79.
+Analyse de la conférence de M. R. Cantel sur Alfred de
+Musset et G. Sand.</p>
+
+<p>28 février.&mdash;Le Cri de Paris. Note sur le livre de
+M. Mariéton.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> mars.&mdash;La Nouvelle Revue. Critique du livre de M.
+Mariéton, par Rodocanachi.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> mars.&mdash;The Nineteenth Century (Londres), p. 428.
+The limits of biography, by Ch. Whibbey.</p>
+
+<p>8 mars.&mdash;La Petite Gironde (Bordeaux). Sur les lettres
+de G. Sand à Chopin.</p>
+
+<p>10 mars.&mdash;La Gironde (Bordeaux). Critique du livre
+de M. Mariéton, par G. Routurier.</p>
+
+<p>10 mars.&mdash;Le Courrier de l'Aisne (Laon). Sur les
+lettres de G. Sand à Chopin.</p>
+
+<p>12 mars.&mdash;Le Moniteur universel. Critique du livre
+de M. Mariéton, par L. Barracaud.</p>
+
+<p>12 mars.&mdash;Le Gaulois. La Potinière des Trépassés,
+par J. Montet.</p>
+
+<p>15 mars.&mdash;Journal des Débats. Note sur les livres de
+MM. de Spoelberch de Lovenjoul et P. Mariéton.</p>
+
+<p>15 mars.&mdash;Nouvelle Revue Internationale, p. 313. La
+bonne dame de Nohant, par Édouard Achard.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_158" id="Page_158">158</a></span> 17 mars.&mdash;Gil Blas. G. Sand et M. Grévy, échange
+de la correspondance d'Alfred de Musset, par Santillane.</p>
+
+<p>25 mars.&mdash;Le Journal. Sur la représentation de <i>Le
+Druide (Une Nuit de Venise)</i>, de M. Mongerolle.</p>
+
+<p>26 mars.&mdash;Le Réformiste. Critique du livre de M.
+Mariéton.</p>
+
+<p>31 mars.&mdash;Gazette Anecdotique, p. 189. Sur l'article
+du D<sup>r</sup> Cabanès, réimprimé dans son <i>Cabinet secret</i>, etc.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> avril.&mdash;Nouvelle Revue Européenne. Article par
+M. H. Buffenoir.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> avril.&mdash;Nouvelle Revue Internationale. L'affaire
+de Elle et Lui d'après MM. de Spoelberch de Lovenjoul,
+Cabanès, Clouard et Mariéton.</p>
+
+<p>2 avril.&mdash;Le Rappel. La 1<sup>re</sup> représentation de <i>Le
+Druide (Une Nuit de Venise)</i>, par P. Desachy.</p>
+
+<p>13 avril.&mdash;La Presse. Lettres posthumes, l'opinion de
+G. Sand, par M. de Bare.</p>
+
+<p>14 avril.&mdash;La France. Opinion de G. Sand sur les lettres
+posthumes, fac-similé d'une lettre de G. Sand.</p>
+
+<p>15 avril.&mdash;Nouvelle Revue Internationale, p. 427. Les
+Briseurs d'idole, par Séverine.&mdash;p. 430. Fac-similé d'une
+lettre de G. Sand relative aux publications posthumes.</p>
+
+<p>15 avril.&mdash;Revue Universitaire, p. 406. Critique du
+livre de M. Mariéton et Note sur le livre de M. de Spoelberch
+de Lovenjoul.</p>
+
+<p><span class="smcap">Les Lettres de G. Sand et d'Alfred de Musset</span>.
+<span class="smcap">Plaidoirie de M</span><sup>e</sup> <span class="smcap">G. Beurdeley</span>, défenseur de MM.
+P. Mariéton et Havard fils. Extrait de la Revue des
+Grands Procès contemporains. Paris, A. Chevalier-Marescq,
+1897. Br. in-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p>Mai.&mdash;The Bookman (New-York). Note sur le livre
+de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>3 mai.&mdash;L'Écho de Paris. Que deviendront les originaux
+des lettres de G. Sand?</p>
+
+<p>15 mai.&mdash;La Revue de Paris, p. 312. La fin d'une
+<span class="pagenum"><a name="Page_159" id="Page_159">159</a></span> légende, par S. Rocheblave, avec Extraits du Journal de
+G. Sand et des lettres d'Alfred de Musset et de G. Sand.</p>
+
+<p>15 mai.&mdash;Journal des Débats. Sur l'article de M.
+Rocheblave dans la Revue de Paris.</p>
+
+<p>15 mai.&mdash;La Nouvelle Revue, p. 288. L'amour et la
+mort: Alfred de Musset après sa rupture avec G. Sand,
+par Louis Proal.</p>
+
+<p>19 mai.&mdash;Le Petit Temps. Analyse de l'article de M.
+Rocheblave.</p>
+
+<p>20 mai.&mdash;Le Figaro. Critique du livre de M. de Spoelberch
+de Lovenjoul.</p>
+
+<p>21 mai.&mdash;La République du Var (Toulon). G. Sand
+et Alfred de Musset, d'après M. Rocheblave.</p>
+
+<p>21 mai.&mdash;L'Éclair. Note sur le débat, par P. Arène.</p>
+
+<p>29 mai.&mdash;The Publisher Circular (Londres). Critique
+du livre de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>31 mai.&mdash;Gazette de France. Critique des Livres de
+MM. de Spoelberch de Lovenjoul et P. Mariéton.</p>
+
+<p>31 mai-1<sup>er</sup> juin.&mdash;Journal de Marseille. Critique de
+l'article de M. Rocheblave.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> juin.&mdash;La Gironde (Bordeaux). Critique du livre
+de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>1<sup>e</sup>r juin.&mdash;Corriere di Napoli (Naples). Critique de la
+Conférence de M. R. Marvasi.</p>
+
+<p><span class="smcap">Hugues Lapaire et Firmin Roz</span>. <span class="smcap">La Bonne Dame de
+Nohant</span>, avec le portrait de G. Sand par Th. Couture.
+Paris, Société des Publications, F. Laur, 1897. 1 vol.
+in-12.</p>
+
+<p>6 juin.&mdash;Le Rappel. Le droit de citation, par André
+Balz.</p>
+
+<p>11 juin.&mdash;Journal des Débats. Critique de <i>La Bonne
+Dame de Nohant</i>.</p>
+
+<p>19 juin.&mdash;La Jeune Belgique (Bruxelles). Critique du
+livre de M. de Spoelberch de Lovenjoul et note sur l'article
+de M. Clouard, par Robert Cantel.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_160" id="Page_160">160</a></span> <span class="smcap">George Sand</span>. <span class="smcap">Lettres a Alfred de Musset et a
+Sainte-Beuve</span>. Paris, Calmann-Lévy, 1897. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p>22 juin.&mdash;La République Française. Écrivassières et
+Épistolières, par Ad. Brisson.</p>
+
+<p>24 juin.&mdash;Le Gaulois. Opinion sur le docteur Pagello
+par ses concitoyens.</p>
+
+<p>25 juin.&mdash;Journal du Cher (Bourges). Critique de
+<i>La Bonne Dame de Nohant</i>.</p>
+
+<p>26 juin.&mdash;Le Gaulois. Note sur la publication en volume
+des lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>26 juin.&mdash;Le Journal. Note sur la publication en volume
+des lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>27 juin.&mdash;L'Éclaireur (Nice). Le D<sup>r</sup> Pagello et ses
+concitoyens.</p>
+
+<p>30 juin.&mdash;Journal de Genève (Genève). Sur la publication
+en volume des lettres de G. Sand à Alfred de
+Musset et Sainte-Beuve, et sur la Préface de M. Rocheblave.</p>
+
+<p>3 juillet.&mdash;The Atheneum (Londres). Note sur les
+livres de MM. de Spoelberch de Lovenjoul et P. Mariéton.</p>
+
+<p>3 juillet.&mdash;La Patrie. Sur la publication en volume
+des lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>4 juillet.&mdash;Le Courrier du Soir. Note sur ceux qui
+peuvent lire la correspondance de G. Sand avec Alfred
+de Musset.</p>
+
+<p>4 juillet.&mdash;The New-York Herald. Sur la publication
+en volume des lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à
+Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>7 juillet.&mdash;Le Courrier du Soir. Sur le D<sup>r</sup> Pagello et
+G. Sand, par P. Baragnon.</p>
+
+<p>7 juillet.&mdash;La Epoca (Madrid). Un drama de Amor
+(M. Rocheblave), par Zeda.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_161" id="Page_161">161</a></span> 7 juillet.&mdash;L'Éclair. Le plus heureux des trois, par
+E. Ledrain.</p>
+
+<p>10 juillet.&mdash;L'Univers Illustré, p. 442. La publication
+en volume des lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à
+Sainte-Beuve; MM. Rocheblave et de Spoelberch de Lovenjoul,
+par H. Rabusson.</p>
+
+<p>15 juillet.&mdash;La Revue de Paris, couverture. Note sur
+les lettres de G. Sand à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>25 juillet.&mdash;L'Indépendance Belge, supplément.
+(Bruxelles). Sur ce que MM. de Spoelberch de Lovenjoul
+et Rocheblave disent des amours de G. Sand et de Alfred
+de Musset.</p>
+
+<p><span class="smcap">Portraits Intimes, par Adolphe Brisson.</span> 3<sup>e</sup> série.
+Paris, A. Colin, 1897. 1 vol. in-12.&mdash;p. 79 et 89.</p>
+
+<p>9 août.&mdash;Franckfurter Zeitung (Francfort). Les Lettres
+de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.
+Sur les articles de MM. Mariéton, de Spoelberch de Lovenjoul,
+Clouard, Cabanès et Rocheblave.</p>
+
+<p>13 août.&mdash;Berliner Börsen Zeitung (Berlin). Les Lettres
+de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve; sur les
+études de M<sup>me</sup> A. Barine, et de MM. Mariéton, de Spoelberch
+de Lovenjoul, Clouard, Cabanes et Rocheblave.</p>
+
+<p>15 août.&mdash;Bulletin du Bibliophile. Critique du livre
+de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p>
+
+<p>25 août.&mdash;L'Express (Brest). Des documents que possède
+M. de Spoelberch de Lovenjoul, par Jean Bernard.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> septembre.&mdash;Revue des Deux-Mondes, couverture.
+Appréciation sur les lettres de G. Sand à Alfred de
+Musset et à Sainte-Beuve.</p>
+
+<p>7 septembre.&mdash;Le Gaulois. Lettres de G. Sand, E.
+Süe, V. Hugo, G. de Nerval sur les publications posthumes,
+par H. Lapauze.</p>
+
+<p>15 septembre.&mdash;La Revue Idéaliste, p. 339. G. Sand
+et Alfred de Musset d'après plusieurs livres récents, par
+E. Trolliet.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_162" id="Page_162">162</a></span> 15 septembre.&mdash;Nouvelle Revue Européenne, p. 730.
+Critique des lettres de G. Sand à Alfred de Musset et de
+la Préface de M. Rocheblave.</p>
+
+<p>19 septembre.&mdash;Neue freie Press (Vienne). Er und
+Sie, und der Andere.</p>
+
+<p>19 septembre.&mdash;Le Messager de Paris. Critique des Lettres
+de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve,
+par J. Guillemot.</p>
+
+<p>30 septembre.&mdash;Berliner Zeitung (Berlin). Neue
+Briefe der George Sand (d'après la Nouvelle Revue).</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> octobre.&mdash;L'Express (Brest). Ce que le D<sup>r</sup> Cabanès
+dit d'Alfred de Musset et de G. Sand dans son <i>Cabinet
+secret de l'histoire</i>.</p>
+
+<p>5 octobre.&mdash;Hufvudsbladet (Helsingfors, Russie).
+Herr Julien Leclercq's forelasning, par A.</p>
+
+<p>7 octobre.&mdash;Courrier de Haïphong. Les collections
+de M. de Spoelberch de Lovenjoul, l'album de dessins
+d'Alfred de Musset, par Jean Bernard.</p>
+
+<p>25 septembre-9 octobre.&mdash;Novoie Wremya (Pétersbourg).
+Critique des Lettres de G. Sand à Alfred de
+Musset et à Sainte-Beuve, sur M. Rocheblave.</p>
+
+<p>16-17 octobre.&mdash;Le Gaulois, supplément. Ce que M<sup>lle</sup>
+Colin dit de G. Sand.</p>
+
+<p>30 octobre.&mdash;Le Figaro. Ce que Brichanteau pense
+des amoureux de Venise, par J. Claretie.</p>
+
+<p><span class="smcap">René Doumic. Études sur la littérature Française.</span>
+2<sup>e</sup> série. Paris, Perrin et C<sup>ie</sup>, 1898. 1 vol. in-12.&mdash;p. 149.
+Amours Romantiques.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> novembre.&mdash;Gil Blas. Le Règne du Potin, par
+P. Weber.</p>
+
+<p>8 novembre.&mdash;L'Événement. Le retour à G. Sand, critique
+de <i>La Bonne Dame de Nohant</i>, par E. Des Essarts.</p>
+
+<p>Reproduit dans: Le Moniteur du Puy-de-Dôme (Clermont),
+19 novembre.&mdash;Nouvelle Chronique Parisienne,
+25 novembre.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_163" id="Page_163">163</a></span>
+28 novembre.&mdash;Gazette de France. Ce que M.
+Doumic dit d'Alfred de Musset et de G. Sand.</p>
+
+<p>7 décembre.&mdash;La Libre Parole. Réminiscences des
+amours d'Alfred de Musset et de G. Sand, par E. Drumont.</p>
+
+<p>9 décembre.&mdash;Le Figaro. Note sur la conférence de
+M. Doumic, relative à Alfred de Musset, à G. Sand et au
+D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p class="center p2">1898</p>
+
+<p>2 janvier.&mdash;La Presse. Souvenir des polémiques de
+1896-1897.</p>
+
+<p>10 janvier.&mdash;Le Gaulois. Qu'est devenue la copie de
+la correspondance de G. Sand et d'Alfred de Musset faite
+par M<sup>me</sup> C. Jaubert?</p>
+
+<p>17 janvier.&mdash;Gil Blas. Note concernant M. Mariéton.</p>
+
+<p>20 janvier.&mdash;Études religieuses, p. 245. Ce que
+M. Doumic dit de la correspondance Sand-Musset.</p>
+
+<p>3 février.&mdash;Le National. Tout s'arrange, par H.
+Céard.</p>
+
+<p>26 février.&mdash;L'Événement. Un Grand amoureux, par
+H. de Weindel.</p>
+
+<p>26 février.&mdash;Le Gaulois. La fin d'un roman, par Tout
+Paris.</p>
+
+<p>26 février.&mdash;Gil Blas. L'Autre, par Santillane.</p>
+
+<p>26 février.&mdash;Le Journal. La Gloire d'aimer, par A.
+Hepp.</p>
+
+<p>26 février.&mdash;Le National. Notes quotidiennes, par
+Emmanuel François.</p>
+
+<p>Reproduit dans: La Réforme, 27 février.</p>
+
+<p>27 février.&mdash;La Liberté. Soliloques, par Pierre Valdagne.</p>
+
+<p>28 février.&mdash;Le XIX<sup>e</sup> Siècle. Chronique: Mort du D<sup>r</sup>
+Pagello, par P. Ginisty.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> mars.&mdash;L'Écho de Paris. Chronique, par Colomba.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_164" id="Page_164">164</a></span> 1<sup>er</sup> mars.&mdash;Le Petit Provençal (Marseille). Pagello et
+G. Sand, par Clovis Hugues.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> mars.&mdash;Le Radical. Le beau Pagello, par Jean de
+Montmartre.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> mars.&mdash;La Réforme (Bruxelles). Le D<sup>r</sup> Pagello,
+par Milio, avec portrait.</p>
+
+<p>2 mars.&mdash;La France (Bordeaux). Le D<sup>r</sup> Pagello et G.
+Sand, par Clovis Hugues.</p>
+
+<p>2 mars.&mdash;Le Matin. L'amour des illustres, non signé.</p>
+
+<p>2 mars.&mdash;Le Messin (Metz). Mort du D<sup>r</sup> Pagello et
+extraits des lettres de G. Sand.</p>
+
+<p>2 mars.&mdash;La Petite Gironde (Bordeaux).&mdash;Causerie,
+par Simplice.</p>
+
+<p>3 mars.&mdash;La Fronde. Ménage d'artiste, par Marcelle
+Tinayre.</p>
+
+<p>3 mars.&mdash;La Lanterne. G. Sand et le D<sup>r</sup> Pagello, non
+signé.</p>
+
+<p>3 mars.&mdash;Le Nouvelliste (Bordeaux). Le D<sup>r</sup> Pagello,
+par Jacques Curieux.</p>
+
+<p>5 mars.&mdash;L'Illustration, p. 178. A propos de la mort
+du D<sup>r</sup> Pagello, par Rastignac.</p>
+
+<p>5 mars.&mdash;Revue Hebdomadaire, p. 134. Le plus sage
+des trois, par F. Sarcey.</p>
+
+<p>Reproduit: L'Indépendance Belge (Bruxelles), 13 mars.</p>
+
+<p>9 mars.&mdash;The Evening Transcript (Boston). Alfred
+de Musset, G. Sand et Sainte-Beuve, d'après M. Doumic.</p>
+
+<p>10 mars.&mdash;Le Jour. Oraison funèbre, par Ed. Deschaume.</p>
+
+<p>11 mars.&mdash;Fremdenblatt (Vienne). Pietro Pagello in
+seinen Beziehungen, für Henry Perl.</p>
+
+<p>12 mars.&mdash;Saint-James Gazette (Londres). A propos
+de la mort du D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p><span class="smcap">Essais de Critique Dramatique, par Antoine Benoist.</span>
+Paris, Hachette, 1898. 1 vol. in-12.&mdash;Alfred de Musset,
+G. Sand, leur théâtre, etc... passim de p. 1 à 131.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_165" id="Page_165">165</a></span>
+15 mars.&mdash;Revue des Revues, p. 620. Grand-Mère
+et petite-fille, par Raoul Deberdt.</p>
+
+<p>16 mars.&mdash;Le Siècle. Notes sur les amants de Venise
+à propos de M<sup>me</sup> Desbordes-Valmore.</p>
+
+<p><span class="smcap">xxiv Marzo mdcccxcviii. Pietro Pagello. Trigesimo
+della morte.</span> Belluno, premiata tipografica Cavessago,
+1898. In-8 de 1 couverture et 32 pages avec portrait gravé
+sur bois.&mdash;Recueil d'éloges du D<sup>r</sup> Pagello par Luigi
+Zacchi, Vittorio Fontana, Feliciano Vinanti, avec des
+lettres et des poésies du D<sup>r</sup> Pietro Pagello.</p>
+
+<p>28 mars.&mdash;Le Temps. Note sur le livre de M. Benoist.</p>
+
+<p>2 avril.&mdash;Revue Hebdomadaire, p. 102. L'Autre, par
+F. Chevassu.</p>
+
+<p>15 mai.&mdash;La Fronde. Les Chacals, par Marcelle
+Tinayre.</p>
+
+<p>21 mai.&mdash;La Fronde. Ce qu'on doit faire des lettres
+d'amour, par May Armand Blanc.</p>
+
+<p>Juin.&mdash;Deutsche Revue (Stuttgart), p. 290. G. Sand,
+Alfred de Musset und D<sup>r</sup> Pagello, persönliche Erinnerungen.</p>
+
+<p>5-6 juin.&mdash;Il Pongolo Parlamentare (Naples). Conferenza
+Marvasi.</p>
+
+<p>7 juin.&mdash;Il Don Chisciotte(Rome). Conferenza Roberto
+Marvasi.</p>
+
+<p>15 juin.&mdash;L'Amateur d'autographes. Sur ce qui est
+publié de la Correspondance de G. Sand et d'Alfred
+de Musset.</p>
+
+<p>21 juin.&mdash;Le Rappel. Souvenir sur les bois de Verrières.</p>
+
+<p>23 juin.&mdash;Journal des Débats. Une Statue au D<sup>r</sup>
+Pagello.</p>
+
+<p>24 juin.&mdash;L'Écho de Paris. Sur la Statue du D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p>24 juin.&mdash;La Liberté. La Statue du D<sup>r</sup> Pagello, par
+P. Valdagne.</p>
+
+<p>24 juin.&mdash;Le Petit Rouennais (Rouen). La Statue du
+D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_166" id="Page_166">166</a></span>
+24 juin.&mdash;La Petite Gironde (Bordeaux). L'Amant,
+par P.B.</p>
+
+<p>24 juin.&mdash;L'Est Républicain (Nancy). La Statue du
+D<sup>r</sup> Pagello.</p>
+
+<p>27 juin.&mdash;Gil Blas. Le D<sup>r</sup> Pagello et sa statue.</p>
+
+<p>30 juin.&mdash;La Dépêche Algérienne (Alger). Un Méconnu,
+P. Pagello, par H. Darsigny.</p>
+
+<p>2 juillet.&mdash;Le Gaulois. Amours de Grands Hommes,
+par P. Costard.</p>
+
+<p>27 août.&mdash;La Gazette Médicale, p. 420. Les Amants
+de Venise.</p>
+
+<p>Octobre.&mdash;The Atlantic Monthly (Londres), p. 569.
+The Correspondance of G. Sand, by Irving Babbitt.</p>
+
+<p>Novembre.&mdash;Minerva (Rome). La Corrispondenza
+di G. Sand, d'après The Atlantic Monthly.</p>
+
+<p>3 novembre.&mdash;Le Soleil. Un Professionnel, par F.
+Sainclair.</p>
+
+<p>11 novembre.&mdash;Le Soleil. La Critique à côté, par F.
+Sainclair.</p>
+
+<p><span class="smcap">Auguste Mailloux.</span> <span class="smcap">Une Fille d'Alfred de Musset
+et de George Sand.</span> Nantes, imprimerie R. Guist'hau,
+1898. Brochure in-12.</p>
+
+<p>C'est une bien vieille histoire que celle de la Fille
+d'Alfred de Musset. Le 14 avril 1882, l'<i>Événement</i> publiait
+un article de Aurélien Scholl, intitulé «Une fille d'Alfred
+de Musset.» (On ne donnait pas le nom de la mère).
+L'<i>Écho Rochelais</i> le reproduisit le 19 avril 1882, et il fit
+ensuite le tour de la presse. Au mois d'octobre de la
+même année, le <i>Bulletin de la Société historique de la
+Saintonge</i> publiait, p. 399, une réponse à M. Scholl, par
+A. L. Cette étude a fait l'objet d'un tirage à part à 50
+exemplaires. (Pons, impr. de Noël Texier, in-8, de 10 p.),
+qui porte le nom de l'auteur, M. A. Létélié.&mdash;M. Létélié
+établit, avec preuves à l'appui, que la jeune fille décédée
+le 8 mai 1875 sous le nom de Onda Tessum, à Saint-Maurice
+<span class="pagenum"><a name="Page_167" id="Page_167">167</a></span>
+de Saintonge, commune de La Leu, près La
+Rochelle, s'appelait Marie-Joséphine Menard, fille légitime
+de Charles Menard, tisserand, et de Jeanne Jamin;
+qu'elle était née à Saint-Macaire (Maine-et-Loire), le
+17 septembre 1854, où habitait sa famille, et que la personne
+qui l'accompagnait était M<sup>me</sup> veuve Coras, alors
+âgée de 64 ans, qui avait en quelque sorte adopté Marie-Joséphine
+à l'âge de 8 ans et l'avait élevée.</p>
+
+<p>Le supplément du <i>Figaro</i> du 13 janvier 1883, ayant de
+nouveau inséré l'article de A. Scholl, M<sup>me</sup> Lardin de
+Musset, s&oelig;ur du poète, protesta par une lettre publiée
+dans le supplément du <i>Figaro</i> du 17 janvier 1883.</p>
+
+<p>Le <i>Gaulois</i> des 4 et 5 décembre 1896, ressuscita la
+légende de la fille d'Alfred de Musset, et ce fut cette fois
+M<sup>me</sup> Martelet, née Adèle Colin, la fidèle gouvernante,
+qui protesta dans l'<i>Éclair</i> du 7 décembre, m'attribuant
+l'enquête faite par M. Létélié, alors que je n'avais fait
+qu'en rapporter le résultat.</p>
+
+<p>Aujourd'hui, M. Mailloux résume les divers articles
+écrits à ce sujet, et pour réfutation, se borne à reproduire
+les pièces mises au jour par M. Létélié.</p>
+
+<p>18 novembre.&mdash;Le Temps. Une fille de G. Sand et
+d'Alfred de Musset, par F. Sarcey.</p>
+
+<p>26 novembre.&mdash;Le Gaulois. La propriété des lettres,
+par Esseytte.</p>
+
+<p>29 novembre.&mdash;Le Phare de la Loire (Nantes). Une
+fille d'Alfred de Musset et de G. Sand, non signé.</p>
+
+<p>15 décembre.&mdash;Le Petit Bleu de Paris. Lettres d'amour,
+par G. Vanor.</p>
+
+<p><span class="smcap">F. de Roberto. Una pagina della Storia dell'Amore.</span>
+Milano, Fratelli Treves, editori. 1898. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p class="center p2">1899</p>
+
+<p>19 janvier.&mdash;L'Éclair. Encore Alfred de Musset, G.
+Sand et le D<sup>r</sup> Pagello, par E. Bergerat.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_168" id="Page_168">168</a></span> 12 février.&mdash;Le Journal. Annonce de <i>Lui, Elle et
+l'Autre</i>, ballet de Mascagni.</p>
+
+<p>Mars.&mdash;The Glasgow Herald (Glasgow). Annonce d'un
+ballet de Mascagni.</p>
+
+<p>12-13 mars.&mdash;Corriere della Sera (Milan). Anche
+Giorgio Sand?</p>
+
+<p>16 avril.&mdash;The Sunday Sun (Londres). Memories of
+George Sand by Richard Davey. 1<sup>er</sup> article.&mdash;23 avril,
+2<sup>e</sup> article.</p>
+
+<p>9 mai.&mdash;La Métropole (Anvers). Divulgations et Confessions
+littéraires, par D.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> juin.&mdash;Nouvelle Revue Internationale. G. Sand
+et Alfred de Musset, par M<sup>me</sup> C. Berton.&mdash;Reproduit dans
+la Petite Revue internationale, 28 mai-4 juin, p. 641.</p>
+
+<p>18 juin.&mdash;La Fronde. Une Fille de G. Sand et d'Alfred
+de Musset, le livre de M. Mailloux.</p>
+
+<p>20 juin.&mdash;Gil Blas. La rupture de G. Sand et d'Alfred
+de Musset, d'après M<sup>me</sup> C. Berton.</p>
+
+<p><span class="smcap">Wladimir Karenine. George Sand, sa vie et ses
+&oelig;uvres.</span> 1804-1876. Tomes I et II. Paris, Ollendorff,
+1899. 2 vol. in-8.&mdash;Tome I, pages 46, 434, 443.&mdash;Tome
+II, p. 1 à 160.</p>
+
+<p>Critiques du livre de M<sup>me</sup> Karénine: La Revue de Paris,
+1<sup>er</sup> juillet, couverture.&mdash;The Morning Leader (Londres),
+1<sup>er</sup> juillet.&mdash;La Liberté, 9 juillet.&mdash;Le Temps, 15-16
+juillet.&mdash;Le Soleil, 27 juillet.&mdash;L'Éclair, 8 août.&mdash;La
+Gazette de France, 21 août.&mdash;Le Temps, 28 août.&mdash;La
+Lanterne, 5 septembre, etc...</p>
+
+<p>15 juillet.&mdash;Revue des Deux-Mondes, p. 441. G. Sand
+avant 1840, par R. Doumic.</p>
+
+<p>18 juillet.&mdash;La Fronde. Les belles amies d'Alfred de
+Musset, par Mary Summer.</p>
+
+<p>17 août.&mdash;Le Soleil. Amours d'artistes, par A. Claveau.</p>
+
+<p>19 août.&mdash;Le Gaulois. La vie de G. Sand d'après
+M<sup>me</sup> Karénine.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_169" id="Page_169">169</a></span> 26 août.&mdash;Le Précurseur (Anvers). La vie de G. Sand,
+par J. Caze.</p>
+
+<p>28 août.&mdash;Le Journal. Réponse à M<sup>me</sup> Karénine sur
+G. Sand, Alfred de Musset et Pagello.</p>
+
+<p>1<sup>er</sup> septembre.&mdash;Le Théâtre. Phototypie par A. Bucquet:
+la scène d'Alfred de Musset et G. Sand dans la
+<i>Revue Rétrospective</i> du cercle de l'Union Artistique<a name="FNanchor_67" id="FNanchor_67" href="#Footnote_67" class="fnanchor">[67]</a>.</p>
+
+<p>10 septembre.&mdash;Le Gaulois. Extrait d'une lettre
+d'Alfred Tattet à Félix Arvers.</p>
+
+<p>14 octobre.&mdash;Le Temps. Une chaumière et un c&oelig;ur,
+par A. Brisson.</p>
+
+<p>15 octobre.&mdash;Le Républicain de La Fère (Aisne).
+Note sur un souvenir donné par Alfred de Musset à G.
+Sand, par Léon Bernard.</p>
+
+<p>25 novembre.&mdash;Revue Encyclopédique. G. Sand et
+Alfred de Musset d'après Mesdames Berton et Arnould-Plessy.</p>
+
+<p>11 décembre.&mdash;Le Gaulois. La Dame de Venise, par
+Tout-Paris.</p>
+
+<p>19 décembre.&mdash;L'Écho de Paris. Chronique, par Colomba.</p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/179_s.jpg" width="220" height="109"
+alt="end chap3" title="" /></div>
+
+<p class="center"><a href="images/179_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<p><span class="pagenum invisible"><a name="Page_170" id="Page_170">170</a></span></p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_171" id="Page_171">171</a></span></p>
+<p class="c"><b>QUELQUES &OElig;UVRES INÉDITES</b></p>
+
+<p class="s"><b>OU PEU CONNUES</b></p>
+
+<p class="c"><b>D'ALFRED DE MUSSET</b></p>
+
+<p><span class="pagenum invisible"><a name="Page_172" id="Page_172">172</a></span></p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_173" id="Page_173">173</a></span></p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/111_s.jpg" width="500" height="115"
+alt="start chap4" title="" /></div>
+
+<p class="center"><a href="images/111_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<h2>QUELQUES &OElig;UVRES INÉDITES</h2>
+
+<p class="c"><b>OU PEU CONNUES</b></p>
+
+<h2>D'ALFRED DE MUSSET</h2>
+
+<p class="p2">Lorsque la Revue Bleue analysa naguère<a name="FNanchor_68" id="FNanchor_68" href="#Footnote_68" class="fnanchor">[68]</a>, comme
+étant d'Alfred de Musset, <i>Denise</i>, une nouvelle de son
+frère Paul<a name="FNanchor_69" id="FNanchor_69" href="#Footnote_69" class="fnanchor">[69]</a>, un journal a demandé s'il ne serait pas
+possible de dresser une sorte de liste des &oelig;uvres inédites
+de l'auteur des <i>Nuits</i>. Cela me paraît difficile, car ces
+&oelig;uvres sont par elles-mêmes d'une nature très complexe.</p>
+
+<p>Des pièces de vers comme la <i>Chanson pour la fête de
+sa mère</i>, les <i>Stances à M<sup>lle</sup> Z.</i>, sont des souvenirs intimes,
+restés dans la famille du poète, reliques sacrées qui, par
+<span class="pagenum"><a name="Page_174" id="Page_174">174</a></span> un sentiment facile à comprendre, sont pieusement
+conservées dans les archives familiales d'où elles ne doivent
+pas sortir.</p>
+
+<p>D'autres, adressées à des jeunes filles, à des jeunes
+femmes surtout, poèmes d'amour qui sont demeurés un
+secret entre celui qui les a écrits et celles qui les ont
+reçus, sont si soigneusement cachées, quand elles n'ont
+pas été détruites, qu'il est impossible de les retrouver.
+Et dans les quelques occasions où le hasard ou une indiscrétion
+les a fait connaître, donner même des initiales
+serait compromettre inutilement des réputations jusqu'ici
+sans tache.</p>
+
+<p>Quant aux essais, aux ébauches de ce que j'appellerai
+les &oelig;uvres de travail, aux débris de toutes sortes qui ont
+été retrouvés dans les papiers du poète, où commencer,
+où finir? Paul de Musset en donne un certain nombre
+dans la <span class="smcap">Biographie</span><a name="FNanchor_70" id="FNanchor_70" href="#Footnote_70" class="fnanchor">[70]</a> de son frère:</p>
+
+<p><i>La Prêtresse de Diane,</i> fragment d'élégie.</p>
+
+<p><i>Agnès,</i> fragment de poème dramatique, dont une
+«ballade» est encore inédite.</p>
+
+<p><i>Stances à Ninon:</i> «Avec tout votre esprit...»</p>
+
+<p><i>La Nuit de Juin,</i> quatre vers:</p>
+
+<p class="left30 font90">Muse, quand le blé pousse, il faut être joyeux.<br />
+Regarde ces coteaux, et leur blonde parure!<br />
+Quelle douce clarté dans l'immense nature!<br />
+Tout ce qui vit ce soir, doit se sentir heureux...</p>
+
+<p>Des Fragments du <i>Poëte Déchu,</i> sorte d'autobiographie,
+qui, avec «Le Poète et le Prosateur», publié dans les
+<i>&OElig;uvres Posthumes</i>, constituent à peu près tout ce qui
+reste du manuscrit de l'&oelig;uvre, laissé inachevé par Alfred
+et lacéré par Paul.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_175" id="Page_175">175</a></span> Des stances <i>A la s&oelig;ur Marcelline</i>, incomplètes, mais
+données en entier dans le <span class="smcap">Figaro</span> du 14 mai 1887.</p>
+
+<p><i>L'Exercice de nos facultés</i>, fragment en prose.</p>
+
+<p><i>A trente ans</i>, fragment en prose.</p>
+
+<p><i>Judith et Allori</i>, fragment dramatique, en vers.</p>
+
+<p>Un <i>Sonnet à sa Marraine</i>: «Qu'un sot me calomnie...»</p>
+
+<p>Des <i>Stances à M<sup>me</sup> Ristori</i>.</p>
+
+<p>Une <i>Chanson:</i> «Hélas! Hélas!...»</p>
+
+<p><i>Le petit moinillon</i>, stances à M<sup>lle</sup> E. d'A.</p>
+
+<p>Un <i>Quatrain à M<sup>lle</sup> Melesville</i>, écrit au bas d'un dessin
+de M. Chenavard, représentant la première rencontre
+de Petrarque et de Laure, dessin où les deux figures du
+poète et de sa maîtresse avaient quelque ressemblance
+avec les traits d'Alfred de Musset et de M<sup>lle</sup> Melesville. Il
+avait été question d'un mariage entre les deux jeunes
+gens.</p>
+
+<p>A ces fragments, il faut joindre les poésies publiées
+par les soins de Paul:</p>
+
+<p><i>Le 3 mai 1814</i>, stances. <span class="smcap">Magasin de Librairie</span>, 10 décembre
+1859.</p>
+
+<p><i>Après la lecture d'Indiana</i>, poésie. <span class="smcap">Revue des Deux-Mondes</span>,
+1<sup>er</sup> novembre 1878.</p>
+
+<p><i>Variante en vers de: On ne badine pas avec l'amour</i>,
+acte I. <span class="smcap">Revue Nationale</span>, 1<sup>er</sup> novembre 1861.</p>
+
+<p>Sauf quelques exceptions que nous indiquons plus
+loin, les fragments demeurés inconnus n'offrent qu'un
+intérêt secondaire, par suite de leur peu d'étendue ou de
+l'impossibilité de les rattacher à quelque chose. Bien
+plus, parmi ces exceptions, se trouvent des satires, des
+facéties sur le personnage ou l'événement du jour, charges
+d'atelier ou de salon, faites entre amis, pour passer
+le temps, «en riant et sans malice ni aversion contre
+personne», comme Alfred de Musset le déclare lui-même
+au bas de l'une d'elles, mais qui, connues du grand
+public, pourraient quelquefois être mal interprétées.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_176" id="Page_176">176</a></span>
+Celles qui ne peuvent éveiller aucune idée malveillante
+ont été publiées:</p>
+
+<p><i>L'Anglaise en Diligence</i>, dans l'<span class="smcap">Art</span> du 18 février 1883.</p>
+
+<p>Les premières strophes des <i>Stances burlesques à George
+Sand</i>, dans la <span class="smcap">Revue de Paris</span> du 15 août 1896.</p>
+
+<p>Des fragments de la <i>Réponse à Ulric Guttinguer</i>, en
+vers, dans la <span class="smcap">Gazette Anecdotique</span> du 30 juin 1891.</p>
+
+<p><i>Le Songe du Reviewer</i> ou <i>Buloz consterné</i> dans le
+<span class="smcap">Courrier de Paris</span> du 19 mai 1857, la <span class="smcap">Petite Revue</span> du 15
+juillet 1865, et <span class="smcap">l'Intermédiaire des Chercheurs</span> du 10
+octobre 1891.</p>
+
+<p><i>A une Muse</i> ou <i>Une Valseuse dans le Cénacle romantique</i>,
+en partie dans le <span class="smcap">Figaro</span> du 4 novembre 1855, et
+en entier dans le tome I de la <span class="smcap">Curiosité Littéraire</span>.
+(Paris, Liseux, 1880. In-12).</p>
+
+<p>Le <i>Voyage à Pontchartrain</i>, dans une brochure de
+M. Lorin: <span class="smcap">Une Excursion a Pontchartrain</span>. Rambouillet,
+1890. In-8<sup>o</sup>. C'est un récit humoristique, adressé
+à Charles Nodier, qui répondit à l'auteur par ces stances
+célèbres, composées sur le même rythme:</p>
+
+<p class="left30">J'ai lu ta vive odyssée<br />
+<span class="i2">Cadencée, etc...</span></p>
+
+<p>Ajoutez à cela que M<sup>me</sup> Lardin de Musset, faisant un
+nouveau choix après son frère Paul, a publié encore
+quelques-unes de ces reliques:</p>
+
+<p><i>Valentin</i>, qui n'est autre que l'avant-propos de la nouvelle
+<i>Les deux Maîtresses</i>, dans le <span class="smcap">Gaulois</span> du 22 août
+1896.</p>
+
+<p>Le <i>Roman par lettres</i>, dont plusieurs passages se retrouvent
+dans <span class="smcap">Fantasio</span>, dans le <span class="smcap">Gaulois</span> des 17, 18, 19 et
+20 juillet 1896<a name="FNanchor_71" id="FNanchor_71" href="#Footnote_71" class="fnanchor">[71]</a>.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_177" id="Page_177">177</a></span> Des poésies adressées <i>A George Sand</i>, dans la <span class="smcap">Revue
+de Paris</span> du 1<sup>er</sup> novembre 1896.</p>
+
+<p>Restent enfin les communications faites par des tiers,
+amis ou collectionneurs, qui nous fournissent une nouvelle
+moisson:</p>
+
+<p>Variantes de <i>La Coupe et les Lèvres</i>.&mdash;<span class="smcap">L'Événement</span>,
+29 novembre 1881.</p>
+
+<p class="left30 font90">Moi, je n'ai jamais fait à la nature humaine..., etc...</p>
+
+<p><i>Autres Variantes</i> du même poème, le <span class="smcap">Voltaire</span>, 17 mai
+1887, que voici, d'après le manuscrit, le texte publié
+étant peu correct:</p>
+
+<p class="left30 font90">
+Poésie! Harmonie! Amour! Larmes célestes,<br />
+Que les douleurs de l'homme arrachèrent aux yeux<br />
+Du vengeur immortel qui les chassa des cieux,<br />
+Si vous versez parfois, poisons doux et funestes,<br />
+Le baume de l'oubli sur mes cuisants regrets,<br />
+Quels trésors ignorés doit recéler une âme<br />
+Dont le ciel a puisé l'essence à votre flamme?<br />
+Camp où les feux sacrés ne s'éteignent jamais?<br />
+<span class="i2">Dieu donna la beauté, dont le regard attire</span><br />
+A ces êtres divins qu'il créa d'un sourire,<br />
+Leur fit un front de vierge et de longs yeux voilés<br />
+Et leur dit en partant: «Allez et consolez!»<br />
+<span class="i2">Mais eux-mêmes souvent, du feu qui les habite,</span><br />
+On les voit ici-bas se plaindre et s'étonner,<br />
+Ne pouvant contenir le rayon qui s'agite,<br />
+Et qui, venu du Ciel, y voudrait retourner.</p>
+
+<p class="left55">[<span class="smcap">Acte I, scène 2</span>].</p>
+
+<p><i>Ex Dono</i> à un astronome. <span class="smcap">Bibliographie Romantique</span>,
+par Charles Asselineau. 2<sup>e</sup> édit. Paris, Rouquette, 1874.
+In-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p>Un <i>Fragment en Vers</i> qui est le début de l'article,
+en prose, Un Mot sur l'art moderne (publié dans
+les <i>Mélanges de Littérature</i>). <span class="smcap">Écho de la Semaine</span>, 24
+mai 1896:
+<span class="pagenum"><a name="Page_178" id="Page_178">178</a></span></p>
+
+<p class="left30 font90">
+Pourquoi la Poésie est-elle morte en France?<br />
+On dit que le public vit dans l'indifférence,<br />
+Que le siècle est distrait, que tout meurt aujourd'hui;<br />
+Bonaparte, à Wagram, était distrait, je pense,<br />
+Il avait cependant son Ossian avec lui..., etc...</p>
+
+<p><i>Stances à Buloz.</i> La <span class="smcap">Revue de Paris et Saint-Pétersbourg</span>,
+15 décembre 1887:</p>
+
+<p class="left30 font90">
+Buloz, ma dernière heure est-elle donc venue?<br />
+Dois-je enfin vous compter parmi mes ennemis?<br />
+N'est-il donc rien d'humain au fond d'une revue<br />
+Et toute charité vous est-elle inconnue,<br />
+Vous qui disiez jadis être de mes amis,<br />
+De demander les vers que je vous ai promis?.....</p>
+
+<p><i>Quatrain à Gustave Planche.</i> <span class="smcap">L'Événement</span>, 28 janvier
+1886.</p>
+
+<p><i>Crayonné sous les Arbres de Louveciennes</i>, poésie.
+<span class="smcap">La Revue de Paris et Saint-Pétersbourg</span>, 25 décembre
+1890:</p>
+
+<p class="left30 font90">
+Pour ouïr les antiques<br />
+Dans mes délires rustiques,<br />
+Je vais tout droit devant moi...</p>
+
+<p><i>Madrigal à Augustine Brohan.</i> <span class="smcap">Le Nain Jaune</span>, 7 octobre
+1877, souvent réimprimé.</p>
+
+<p><i>A Pépa</i>, stances. <span class="smcap">Souvenirs de</span> M<sup>me</sup> <span class="smcap">Jaubert</span>. Paris,
+Hetzel, 1881. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p><i>Le Comte d'Essex</i>, plan de tragédie. <span class="smcap">L'Événement</span>, 21
+novembre 1885.</p>
+
+<p><i>Alliance de la prose et de la poésie.</i> <span class="smcap">Le Voltaire</span>, 23
+avril 1887.</p>
+
+<p class="blockquot">
+Alliance de la prose et de la poésie, qui n'est autre chose
+que celle de la prose et de la versification. Entre les deux
+limites qui les séparent, un seul esprit français a trouvé une
+route, celui dont Molière disait: «Le bonhomme vivra plus
+que nous». C'est la seule fois que Molière se soit trompé;
+mais le bonhomme allait son chemin, ne se souciant ni de la
+<span class="pagenum"><a name="Page_179" id="Page_179">179</a></span> prose ni de la versification; il était le maître et lorsqu'il
+s'endormait sous les arbres de Versailles, ses gros souliers
+pleins d'herbes fleuries, il revenait d'un rêve dans un certain
+sentier où personne après lui ne passera jamais.</p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/189_s.jpg" width="450" height="556"
+alt="acte4" title="" /></div>
+
+<p class="center"><a href="images/189_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<p><span class="smcap">L'Almanach du Jour de l'An</span>, petit messager de Paris
+pour 1846, publié par J. Hetzel, est un volume in-32,
+presqu'introuvable aujourd'hui, qui, à la suite des <i>Vers
+inscrits dans la cellule n<sup>o</sup> 14</i> de la maison d'arrêt de la
+Garde Nationale (&OElig;uvres Posthumes) donne ce <i>Quatrain</i>
+inédit:</p>
+
+<p class="left30 font90">
+Dans cette petite chapelle<br />
+L'ennui ne vient qu'aux ennuyeux.<br />
+Pense un instant et pars joyeux,<br />
+Ta maîtresse en sera plus belle.</p>
+
+<p>On peut encore se procurer facilement:</p>
+
+<p><i>Un Rêve</i>, ballade, insérée dans <span class="smcap">Le Provincial de
+Dijon</span> du 31 août 1828, et réimprimée à la librairie Rouquette.
+(Paris, 1875. In-8<sup>o</sup>.)</p>
+
+<p>Les <i>Variantes de Venise</i>, écrites pour être mises en
+musique par Gounod. Choudens, éditeur à Paris.</p>
+
+<p><i>L'Habit Vert</i>, proverbe par Alfred de Musset et Émile
+Augier, qui a plusieurs éditions à la librairie Michel ou
+Calmann Lévy et fait partie du <span class="smcap">Théâtre</span> d'Émile Augier.
+C'est cette pièce que le <span class="smcap">Constitutionnel</span> et la <span class="smcap">Revue des
+Deux-Mondes</span> annonçaient en 1846 sous le titre de <i>La
+Montre</i>.</p>
+
+<p>Les vers écrits <i>Au bas d'un portrait d'Augustine Brohan</i>,
+dans le <span class="smcap">Décaméron Dramatique</span>, n<sup>o</sup> 5, chez l'éditeur
+Heugel et qui nous semblent si jolis que nous ne craignons
+pas de les citer:<a name="FNanchor_72" id="FNanchor_72" href="#Footnote_72" class="fnanchor">[72]</a>
+<span class="pagenum"><a name="Page_180" id="Page_180">180</a></span></p>
+
+<p class="left30 font90">
+<span class="i4">J'ai vu ton sourire et tes larmes,</span><br />
+<span class="i4">J'ai vu ton c&oelig;ur triste et joyeux,</span><br />
+<span class="i4">Qui des deux a le plus de charmes?</span><br />
+<span class="i4">Dis-moi ce que j'aime le mieux:</span><br />
+Les perles de ta bouche ou celles de tes yeux?</p>
+
+<p>Comme cela rentre bien dans «ce bon souvenir d'une
+amitié qui vaut bien des amours»!</p>
+
+<p>Le <span class="smcap">Panthéon des Illustrations Françaises au XIX</span><sup>e</sup>
+<span class="smcap">siècle</span>, par Victor Frond, donne, comme fac-similé
+d'autographe, ce fragment:</p>
+
+<p class="left30 font90">
+Froide, maigre, légère, une main palpitante<br />
+Voltigeait sur la table où roulait des flots d'or.<br />
+Entrons, murmurait-on! Tuons-le, puisqu'il dort!<br />
+Le vieillard chévrotait dans sa robe sanglante:<br />
+C'est mon pain quotidien, mon travail, ma sueur.<br />
+Le toscin répondait: la ville est au pillage!<br />
+Les enfants de la mort lui fouillent dans le c&oelig;ur!<br />
+Les mères, tout en sang, couraient sur le rivage<br />
+Appelant leurs enfants qui flottaient sur les eaux.</p>
+
+<p>La <i>Quenouille de Barberine</i>, comédie en deux actes,
+contient des passages et des scènes que l'on ne retrouve
+pas dans <i>Barberine</i>, comédie en trois actes. Cette première
+version de la même pièce se trouve dans toutes les éditions
+des <span class="smcap">Comédies et Proverbes</span> antérieures à 1852, et
+la seconde version dans toutes les éditions postérieures.</p>
+
+<p>Le <i>Chant des Amis</i>, cantate, paroles de M. Alfred de
+Musset, musique d'Ambroise Thomas, exécutée à Lille
+le 21 juin 1852, éditée primitivement chez Gérard, a été
+réimprimée chez Brandus et se trouve chez les marchands
+de musique.</p>
+
+<p>Et même, si l'on veut se donner la peine de chercher
+un peu, il n'est pas très difficile de mettre la main sur
+la <i>Dissertation Latine</i> qui remporta le 2<sup>e</sup> prix au Concours
+général de 1827: «Quæniam sint judiciorum motiva?
+An cuncta ad unum possint reduci?» dont le texte est
+<span class="pagenum"><a name="Page_181" id="Page_181">181</a></span> mprimé in-extenso dans les <span class="smcap">Annales des Concours
+Généraux</span>. <i>Philosophie. Paris, Hachette, 1828. 1 vol. in-8<sup>o</sup></i>,
+ainsi que sur les articles de critique au <span class="smcap">Temps</span>, omis
+dans les &oelig;uvres, parce que Paul de Musset ne sut pas
+retrouver ces numéros du journal, qui existent cependant
+à la Bibliothèque de l'Arsenal et ailleurs:</p>
+
+<p><i>Exposition du Luxembourg au profit des blessés</i>, 2<sup>e</sup> partie,
+1<sup>er</sup> janvier 1831.</p>
+
+<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="revue">
+<colgroup span="3">
+<col width="150"></col>
+<col align="right"></col>
+<col align="left"></col>
+</colgroup>
+<tr>
+ <td align="left"><i>Revue Fantastique</i>,</td>
+ <td>2<sup>e</sup></td>
+ <td>&nbsp; article, 1er février 1831.</td>
+</tr>
+
+<tr>
+ <td align="center">&mdash;</td>
+ <td>5<sup>e</sup></td>
+ <td>&nbsp; article, 21 février 1831.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td align="center">&mdash;</td>
+ <td>6<sup>e</sup></td>
+ <td>&nbsp; article, 28 février 1831.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td align="center">&mdash;</td>
+ <td>13<sup>e</sup></td>
+ <td>&nbsp; article, 18 avril 1831.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td align="center">&mdash;</td>
+ <td>18<sup>e</sup></td>
+ <td>&nbsp; article, 30 mai 1831.</td>
+</tr>
+</table>
+
+<p>Quant à <i>Alceste</i>, tragédie qu'Alfred de Musset avait
+l'intention d'écrire pour M<sup>lle</sup> Rachel, elle n'a dû exister
+qu'à l'état de projet, car Paul de Musset déclare que lui-même
+n'en a jamais connu que le titre.</p>
+
+<p>Comme on le voit, il y aurait matière à former un
+volume des plus curieux et d'un réel intérêt, avec
+ces &oelig;uvres inédites, surtout si l'on y ajoute les pièces
+sur lesquelles je vais essayer de donner quelques renseignements,
+n'ayant point qualité pour en publier le
+texte.</p>
+
+<p>Mais avant d'aller plus loin, j'indiquerai les pièces
+apocryphes:</p>
+
+<p>La <i>Satire contre l'Académie</i> qui a paru dans la <span class="smcap">Revue
+Anecdotique</span> des 1<sup>er</sup> et 15 juin 1857 n'est pas d'Alfred de
+Musset, mais de M<sup>me</sup> Louise Colet. Le 24 juin 1857, Paul
+de Musset adressa à ce sujet une lettre de protestation
+au directeur de la <span class="smcap">Gazette de Paris</span>, qui l'inséra dans
+le numéro du 28 juin. La meilleure preuve que je puisse
+fournir à l'appui de mon dire, est que le manuscrit trouvé
+dans les papiers du poète était en entier de la main de
+cette dame.&mdash;Le sonnet <i>Promenade au Jardin des
+Plantes</i> donné par le <span class="smcap">Monde Illustré</span> du 9 mai 1857 et
+<span class="pagenum"><a name="Page_182" id="Page_182">182</a></span> le fragment d'une <i>Comédie en prose</i> se passant rue Saint-Honoré,
+dans l'<span class="smcap">Événement</span> du 29 novembre 1881, sont
+du même auteur.&mdash;La <i>Branche de Myrthe</i> (<span class="smcap">Grand
+Journal</span>, 23 septembre 1866) n'a jamais existé dans <span class="smcap">La
+Psyché</span> de 1826.&mdash;La <i>Jeune Tarentine</i> (<span class="smcap">Revue Rétrospective</span>,
+1<sup>er</sup> mai 1891) est de Sainte-Beuve.&mdash;Le quatrain
+d'<i>Envoi de Denise</i> (l'<span class="smcap">Événement</span>, 25 octobre 1878)
+est de Aurélien Scholl.&mdash;<i>Sur la mort d'un parapluie</i>,
+poésie, datée du 5 mars 1849 et dans laquelle il parle de
+ses collègues de l'Académie Française, où il ne fut reçu
+qu'en 1852, publiée dans l'<span class="smcap">Illustration</span> du 20 décembre
+ses collègues de l'Académie Française, où il ne fut reçu
+1873, fait plus que me sembler être composée par le
+signataire de l'article, Philibert Audebrand.&mdash;Nous
+avons dit plus haut quel est l'auteur du conte <i>Denise</i> de la
+<span class="smcap">Revue Bleue</span>. Pour la <i>Critique de Notre-Dame de Paris</i>
+dans le <span class="smcap">Temps</span> des 31 mai et 17 juillet 1831<a name="FNanchor_73" id="FNanchor_73" href="#Footnote_73" class="fnanchor">[73]</a>, le <i>Paysage
+Matinal</i>, sonnet, du <span class="smcap">Voleur</span> du 25 août 1876, et les stances
+<i>Ce qu'il me faut</i>, du <span class="smcap">Nouveau Parnasse satirique</span>
+(Bruxelles, 1881, in-8<sup>o</sup>), j'ignore quels en sont les auteurs,
+mais ce n'est certes pas Alfred de Musset.</p>
+
+<p>Je citerai enfin comme une simple curiosité six <i>Poésies
+Médianimiques</i> que M. L. Vavasseur, directeur de la
+Revue Spirite, a publiées en 1867 dans une plaquette
+in-18, intitulée: <span class="smcap">Échos Poétiques d'Outre-Tombe</span> et
+une autre pièce du même genre dont M. le Vicomte de
+Spoelberch de Lovenjoul donne le texte dans son <span class="smcap">Histoire
+des &OElig;uvres de Th. Gautier</span> (Charpentier, 1887.
+2 vol. in-8<sup>o</sup>, II, p. 311).&mdash;<span class="smcap">Le Figaro</span> du 17 janvier 1899
+donne encore le texte d'une nouvelle poésie médianimique,
+empruntée au livre de M. Diguet: <span class="smcap">Les vers
+de l'esprit, recueil de communications typtologiques</span>.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_183" id="Page_183">183</a></span></p>
+<p class="center p2">I</p>
+
+<p class="center">LA NUIT</p>
+
+<p>Alfred de Musset, lorsqu'il était au collège Henri IV,
+avait été présenté par son condisciple Paul Foucher,
+dans sa famille, et ce fut ainsi que vers 1822, il fit connaissance
+de Victor Hugo, qui venait voir sa fiancée,
+s&oelig;ur de son ami. Quelques années se passèrent, et lorsqu'un
+nouveau <i>Cénacle</i> se forma chez M. et M<sup>me</sup> Victor
+Hugo, pour remplacer l'ancien cercle littéraire de la
+<i>Muse française</i>, Alfred de Musset fut l'un des premiers
+appelés avec Sainte-Beuve, Émile et Antoni Deschamps,
+Ulric Guttinguer, Louis Boulanger, etc... On lisait force
+vers, on causait, on discutait; on faisait de longues
+promenades les soirs d'été, et c'est au lendemain d'une
+de ces conférences littéraires que le futur poète, qui
+n'avait encore rien produit, cheminant seul sous les
+arbres du bois de Boulogne, composa sa première
+ballade, <i>La Nuit</i>:</p>
+
+<div class="left30 font90">
+<p>Quand la lune blanche<br />
+S'accroche à la branche<br />
+<span class="i2">Pour voir</span><br />
+Si quelque feu rouge<br />
+Dans l'horizon bouge<br />
+<span class="i2">Le soir,</span></p>
+
+<p>Fol qui dit un conte,<br />
+Car minuit qui compte<br />
+<span class="i2">Le temps,</span><br />
+Passe avec le Prince<br />
+Des sabbats, qui grince<br />
+<span class="i2">Des dents...</span></p></div>
+
+<p>C'était en 1827 ou 1828, et hormis la chanson pour la
+fête de sa mère (16 novembre 1824) et quelques vers
+<span class="pagenum"><a name="Page_184" id="Page_184">184</a></span> adressés en octobre 1826, à une jeune fille de son âge,
+Alfred de Musset n'avait encore écrit que ses devoirs de
+collège.</p>
+
+<p class="p2 center">II</p>
+
+<p class="s">L'ANGLAIS MANGEUR D'OPIUM</p>
+
+<p><span class="smcap">L'Anglais mangeur d'Opium</span>, <i>traduit de l'anglais par
+A. D. M.</i> Tel est le titre de ce petit volume de 221 pages,
+publié à la librairie Mame et Delaunay-Vallée, en 1828.
+«Traduit» est certainement exagéré. L'Anglais mangeur
+d'Opium d'Alfred de Musset n'est ni une traduction
+ni une imitation, mais une paraphrase du roman anglais
+de Thomas de Quincey: <span class="smcap">Confession of an English opium
+eater</span>. D'un trait de plume, le «traducteur» supprime
+les digressions longues et oiseuses, les qualificatifs répétés,
+les lourdes discussions qui veulent être pédantes et
+ne sont qu'ennuyeuses. Là où l'auteur anglais remplit
+trois pages d'une description, Alfred de Musset poétise
+et nous rend plus palpable, en trois lignes, le même
+tableau.</p>
+
+<p>Ce sont bien les mêmes faits, les mêmes idées, la même
+confession, mais Alfred de Musset n'en a pris que
+l'essence, et, tout en suivant la donnée du récit, l'a transposé
+dans son style à lui, en y ajoutant quelques impressions
+personnelles. En comparant les deux textes, anglais
+et français<a name="FNanchor_74" id="FNanchor_74" href="#Footnote_74" class="fnanchor">[74]</a>, je dirai sommairement que Musset a
+supprimé dans l'ouvrage anglais, en totalité ou peut s'en
+faut: la notice, les pages 11 à 15, 28 à 30, 55 à 57, 64, 65,
+70, 72, 73, 75, 79 à 87, 96, 100, 102, 105, 109, 113, 117, 119,
+<span class="pagenum"><a name="Page_185" id="Page_185">185</a></span> 135 à 144, 149 à 152, 165, 170, 180 à 183 et 187 à 206, sans
+compter les fragments de phrases retranchés ailleurs;
+par contre, sont ajoutées, dans le texte français, les pages
+133 à 163, sauf la description de la chaumière (p. 136),
+de la chambre (p. 139) et l'histoire des deux tasses de thé
+(p. 140-141); le bal, le rendez-vous, l'histoire d'Anna, le
+duel, sont de son invention, ainsi que la leçon d'anatomie,
+qui occupe les pages 209 à 216. Cette «leçon
+d'anatomie» a son importance, non seulement parce
+qu'elle est entièrement due à la plume d'Alfred de
+Musset, mais surtout parce qu'elle est le miroir fidèle des
+impressions qu'il éprouva, lorsque, pendant l'année
+scolaire 1827-1828, il suivit, à l'École de Médecine, les
+cours d'anatomie descriptive de M. le docteur Berard<a name="FNanchor_75" id="FNanchor_75" href="#Footnote_75" class="fnanchor">[75]</a>;
+c'est une page de l'histoire de sa vie:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«La première fois que j'entrai dans les salles de l'École
+de Médecine, je me souviens encore de l'effet que la vue des
+cadavres produisit sur moi. Nous étions deux ou trois écoliers
+ensemble, qui revenions d'une classe de philosophie
+où l'on nous avait dit beaucoup de belles choses que nous
+croyions probablement avoir comprises. Nous arrivons. Il y
+avait sur la table un grand cadavre étendu dans un drap
+blanc; on n'en voyait que les pieds, et, à côté, sur la table, un
+bras écorché qui nageait dans du sang caillé. Je ne sais
+pourquoi une idée risible qui me vint à l'esprit, me fit tressaillir
+en ce moment. Je me disais tout bas: «Voilà un bras
+qui a l'air de demander l'aumône.» Et en effet, la main pendante
+avait assez cette singulière expression.</p>
+
+<p>«Le professeur n'arrivait pas, et cependant j'attendais
+avec impatience que ce drap qui me cachait le cadavre fût
+soulevé. Cet instant vint enfin: je croyais voir quelque chose
+de beaucoup plus horrible. La leçon commença: je riais de
+mes camarades que le mal de c&oelig;ur prenait. Mais lorsque
+le scalpel vint à entrer dans la chair et que le sang noir, qui
+coulait lentement sur la poitrine ouverte, commença à exhaler
+une épouvantable odeur, je m'enfuis à toutes jambes. Que le
+<span class="pagenum"><a name="Page_186" id="Page_186">186</a></span> caractère de l'homme est bizarre! Il va dans les cimetières
+arracher les cadavres aux vers et aux corbeaux; une odeur
+dangereuse et dégoûtante l'avertit de laisser en paix les morts.
+Mais la soif de connaître l'anime, et il emporte sous son
+manteau la tête d'une femme ou le corps d'un enfant: Vouliez-vous
+que le mal de mer arrêtât de pareils hommes et
+leur ordonnât de s'en tenir au continent, lorsqu'ils voyaient
+s'élever en rêve, derrière l'Atlantique, les montagnes d'or de
+la Colombie?</p>
+
+<p>«Cependant, rentré chez moi, je voulus manger; cela me
+fut impossible; j'ai même pris tout à fait en horreur le premier
+plat qu'on me servit et il m'a été impossible d'en manger
+depuis. Ces impressions, reçues dans ma jeunesse, donnèrent
+lieu à un rêve que j'avais assez fréquemment.</p>
+
+<p>«Il me semblait que j'étais couché et que je m'éveillais
+dans la nuit. En posant la main à terre pour relever mon
+oreiller, je sentais quelque chose de froid qui cédait lorsque
+j'appuyais dessus. Alors, je me penchais hors de mon lit,
+et je regardais: c'était un cadavre étendu à côté de moi.
+Cependant, je n'en étais ni effrayé ni même étonné. Je le
+prenais dans mes bras, et je l'emportais dans la chambre
+voisine en me disant: «Il va être là couché par terre; il est
+impossible qu'il rentre si j'ôte la clef de ma chambre.»</p>
+
+<p>«Et là-dessus, je me rendormais. Quelques moments après,
+j'étais encore réveillé; c'était par le bruit de ma porte qu'on
+ouvrait; et cette idée qu'on ouvrait ma porte, quoique j'en
+eusse pris la clef sur moi, me faisait un mal horrible. Alors,
+je voyais entrer le même cadavre, que tout à l'heure j'avais
+trouvé par terre. Sa démarche était singulière: on aurait
+dit un homme à qui l'on aurait ôté tous ses os, sans lui ôter
+ses muscles, et qui, essayant de se soutenir sur ses membres
+pliants et lâches, tomberait à chaque pas. Pourtant, il arrivait
+à moi sans parler et se couchait sur moi. C'était alors
+une sensation effroyable, un cauchemar dont rien ne saurait
+approcher; car, outre le poids de sa masse informe et dégoûtante,
+je sentais une odeur pestilentielle découler des baisers
+dont il me couvrait. Alors, je me levais tout à coup sur mon
+séant, en agitant les bras, ce qui dissipait l'apparition. Un
+autre rêve lui succédait.</p>
+
+<p>«Il me semblait que j'étais assis dans la même chambre,
+au coin de mon feu, et que je lisais devant une petite table
+où il n'y avait qu'une lumière; une glace était devant moi
+<span class="pagenum"><a name="Page_187" id="Page_187">187</a></span> au-dessus de la cheminée; et, tout en lisant, comme je levais
+de temps en temps la tête, j'apercevais dans cette glace le
+cadavre qui me poursuivait, lisant par dessus mon épaule
+dans le livre que je tenais à la main. Or, il faut savoir que
+ce cadavre était celui d'un homme de soixante ans environ,
+qui avait une barbe grise, rude et longue, et des cheveux de
+même couleur qui lui tombaient sur les épaules. Je sentais
+ces poils dégoûtants m'effleurer le cou et le visage.</p>
+
+<p>«Qu'on juge de la terreur que doit inspirer une vision
+pareille! Je restais immobile dans la position où je me trouvais,
+n'osant pas tourner la page, et les yeux fixés dans la
+glace sur la terrible apparition. Une sueur froide coulait
+sur tout mon corps; cet état durait bien longtemps, et l'immobile
+fantôme ne se dérangeait pas. Cependant, j'entendais
+comme tout à l'heure la porte s'ouvrir, et je voyais
+derrière moi (dans la glace encore), entrer une procession
+sinistre: c'étaient des squelettes horribles, portant d'une
+main leur tête et de l'autre de longs cierges qui, au lieu d'un
+feu rouge et tremblant, jetaient une lumière terne et bleuâtre,
+comme celle des rayons de la lune. Ils se promenaient en
+rond dans la chambre, qui, de très chaude qu'elle était auparavant,
+devenait glacée, et quelques-uns venaient se baisser
+au foyer noir et triste, en réchauffant leurs mains longues et
+livides, et en se tournant vers moi pour me dire: «Il fait bien
+froid!»</p></div>
+
+<p>On retrouve une partie de ce cauchemar dans la ballade
+<i>Un Rêve</i> et dans la 18<sup>e</sup> <i>Revue Fantastique</i>; enfin Alfred de
+Musset se montre encore visionnaire dans la <i>Nuit de
+Décembre</i>.</p>
+
+<p><i>L'Anglais mangeur d'Opium</i> a été réimprimé dans le
+<span class="smcap">Moniteur du Bibliophile</span> en 1878, de façon à former un
+volume grand in-8<sup>o</sup>, avec titre spécial; il est précédé
+d'une Notice par Arthur Heulhard.</p>
+
+<p class="center p2">III</p>
+
+<p class="s">LA QUITTANCE DU DIABLE</p>
+
+<p><i>La Quittance du Diable</i>, pièce en trois tableaux, en
+prose, écrite dans le courant de l'année 1830, est le premier
+<span class="pagenum"><a name="Page_188" id="Page_188">188</a></span> essai dramatique d'Alfred de Musset. L'idée primitive
+lui a été fournie par un épisode du roman de Walter
+Scott, <span class="smcap">Redgauntlet</span>, intercalé sous le titre de:
+«Histoire racontée par Willie le Vagabond». Quelques
+passages sont même la traduction littérale du texte anglais;
+mais, comme pour <i>L'Anglais mangeur d'opium</i>,
+Musset a transfiguré la narration de son modèle et y a
+ajouté beaucoup du sien: le personnage de Johny, celui
+de Miss Eveline et ses amours avec Sténie, sont de son
+invention.</p>
+
+<p>Cette pièce, présentée et reçue au théâtre des Nouveautés
+de la place de la Bourse, ne fut cependant pas représentée;
+toutefois, il y eut un commencement d'exécution,
+car sur la première page du manuscrit, se trouve cette
+distribution des rôles, écrite de la main du Directeur,
+M. Bossange:</p>
+
+<div class="font90">
+<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="laird">
+<colgroup span="3">
+<col width="200" align="left"></col>
+<col width="14" align="left"></col>
+<col align="left"></col>
+</colgroup>
+<tr>
+ <td>Le Laird de Redgnauntley</td>
+ <td>M.</td>
+ <td>Casaneuve.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Johny, braconnier</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Bouffé.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Sténie, jeune fermier</td>
+ <td>M<sup>me</sup></td>
+ <td>Albert.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Miss Eveline, nièce du Laird.</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+<td>Miller.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Gertrude, sa gouvernante</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>Florval.</td>
+</tr>
+</table>
+<p class="center">Écuyers, Piqueurs, Varlets.&mdash;La scène est en Écosse.</p></div>
+
+<p>Mais pendant que le chef d'orchestre du théâtre,
+M. Beaucourt, composait la musique des vers, éclata la
+révolution de Juillet, et c'est probablement ce qui
+empêcha cette tentative d'aboutir.</p>
+
+<p>Devant une interdiction aussi impérieuse qu'inattendue,
+de la part de M<sup>me</sup> H. Lardin de Musset, de donner
+les moindres indications sur cette pièce, interdiction
+devant laquelle je m'incline sans vouloir même en
+rechercher la validité, je renvoie le lecteur aux pages
+95-96 de la <span class="smcap">Biographie</span> d'Alfred de Musset, par Paul de
+Musset.</p>
+
+<p>Je dirai seulement qu'au 1<sup>er</sup> tableau, qui renferme
+une ballade et une chanson en vers, nous assistons à une
+<span class="pagenum"><a name="Page_189" id="Page_189">189</a></span> scène d'amour entre Miss Eveline et Sténie, scène que le
+laird de Redgnauntley interrompt brusquement en arrivant
+avec ses piqueurs et ses chiens; on lui amène un
+braconnier, Johny, pris en flagrant délit de chasse.
+Johny et le laird sont deux compères, associés par un
+pacte avec le diable; et le braconnier vient réclamer à
+son seigneur l'exécution de certaines promesses. Au lieu
+de l'écouter, le laird lance sur lui ses chiens et le fait
+chasser comme une bête fauve. Grâce à son pouvoir
+magique, Johny échappe à ceux qui le poursuivent; il
+revient vers Sténie, qui pleure; le laird lui a demandé
+son fermage, qu'il a déjà payé au défunt maître, qui,
+mort subitement, n'a pas eu le temps de lui signer sa
+quittance. Pour se venger, Johny dit à Sténie: Eh bien,
+viens avec moi, je vais te faire délivrer le reçu qui t'est
+dû.&mdash;Au 2<sup>e</sup> tableau, nous sommes dans un cimetière,
+à minuit, et prenons part au sabbat. Après bien
+des tentations auxquelles résiste Sténie, Sir Robert,
+le laird défunt, lui donne enfin sa quittance, et dès
+que le pauvre garçon tient le précieux papier, il s'enfuit,
+transi de peur, accompagné de Johny. Cette scène
+comporte une chanson en vers.&mdash;Au 3<sup>e</sup> tableau, tout
+en prose, nous sommes dans une salle du château de
+Redgnauntley. Le laird vient de signifier à sa nièce
+qu'elle va épouser le vieux chevalier Landshaw, que cela
+lui plaise ou non, quand survient Johny, qui apporte la
+quittance de Sténie. Le laird reconnaît immédiatement
+par quel moyen Johny se l'est procurée; il entre en
+fureur et veut tuer son acolyte; mais lui, homme de
+précaution, est armé, et, de plus, avant d'entrer, a mis
+le feu au château. Et pendant que Miss Eveline et Sténie,
+prévenus, s'enfuient loin des tours incendiées, le château
+s'écroule dans les flammes, ensevelissant sous ses
+ruines le laird et le braconnier.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_190" id="Page_190">190</a></span>
+Voici la ballade que chante Sténie au premier tableau:</p>
+
+<div class="left30 font90">
+
+<p>&mdash;Beau fiancé, lui dit la dame,<br />
+Rattache-moi mes blonds cheveux,<br />
+Fais m'en deux tresses et sept n&oelig;uds.<br />
+Beau fiancé, je suis ta femme;<br />
+Emporte-moi dans ton mantel<br />
+Jusqu'au foyer de ton chatel.</p>
+
+<p>&mdash;Hélas! mon amante chérie,<br />
+Toute parée en argent fin,<br />
+Qui devait m'épouser demain<br />
+Dans l'église Sainte-Marie!<br />
+Elle m'attendra jusqu'au soir<br />
+Dans la grand'salle du manoir.</p>
+
+<p>&mdash;Qu'elle t'attende et qu'elle sache<br />
+Que ses yeux noirs ne verront plus<br />
+Tes varlets aux brillants écus,<br />
+Ton casque d'or au blanc panache.<br />
+Ton épouse, beau damoiseau,<br />
+C'est la pâle Fleur du Lys d'eau!</p></div>
+
+<p>Mais si la pièce d'Alfred de Musset n'a pas été jouée,
+le théâtre de l'Opéra-Comique a donné le 31 décembre
+1833 la première représentation de <i>Le Revenant</i>, opéra
+fantastique en deux actes, paroles de M. Albert de Calvimont,
+musique de Gomis (Paris, Barba, 1834. In-8<sup>o</sup>),
+dont le sujet est pris à la même source et l'intrigue presque
+identique<a name="FNanchor_76" id="FNanchor_76" href="#Footnote_76" class="fnanchor">[76]</a>. Albert de Calvimont remonte au point
+de départ de la légende: nous assistons à la mort
+de Sir Robert, qui rend l'âme au moment où il va signer
+la quittance de Sténie; Miss Eveline est devenue Sara,
+la filleule de Sir Robert, et Johny le braconnier est
+remplacé par le fantôme du sommelier Dugald, qui agit
+<span class="pagenum"><a name="Page_191" id="Page_191">191</a></span> sous les ordres de l'ombre de Sir Arundel, aïeul de Sir
+Robert. Par suite, la chasse à l'homme est supprimée;
+même scène d'évocation et du sabbat dans les tombeaux;
+Sténie obtient sa quittance. Mais le dénouement se
+modifie: Sir John, le laird actuel, qui aime aussi Sara,
+obéissant à un commandement de l'ombre de Sir Arundel:
+«Mon fils, sois meilleur que ton père!» revient au
+bien, et, étouffant son amour qui n'est pas partagé, unit
+Sténie et Sara.</p>
+
+<p class="p2 center">IV</p>
+
+<p class="s">ALFRED DE MUSSET CRITIQUE</p>
+
+<p>Le 14 janvier 1831, Alfred de Musset écrivait à Alfred
+Tattet: «.....Je passe ma vie avec une demi-douzaine
+de peintres; quels bons garçons, que les artistes, quand
+ils ne sont pas du même genre que vous! Je rends
+compte des petits théâtres, toujours au <i>Temps</i>, je
+rimaille par boutade......»</p>
+
+<p>Malgré toutes mes recherches, il m'a été impossible
+de retrouver ces critiques. A cette époque, aucun article
+n'était signé dans le <i>Temps</i> et de l'origine du journal à
+la date de la lettre d'Alfred de Musset, j'ai relevé deux cent
+trente-six chroniques théâtrales. Combien Alfred de Musset
+en a-t-il écrit dans ce nombre? Je l'ignore. Son premier
+article <i>connu</i>, se trouve dans le numéro du 27 octobre
+1830 (Exposition du Luxembourg, 1<sup>re</sup> partie). Or
+dans les numéros des 29 novembre, 6, 13 et 27 décembre,
+on rencontre quatre articles portant cette rubrique:
+«Revue des Théâtres secondaires». Peut-être n'est-ce
+qu'une simple coïncidence, mais dans sa lettre, Alfred
+de Musset parle de «petits théâtres», et ces quatre
+revues sont publiées le lundi, comme les Revues Fantastiques,
+qui, elles non plus, ne sont pas signées.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_192" id="Page_192">192</a></span>
+Et cette collaboration anonyme ne s'est pas bornée au
+journal <i>Le Temps</i>. <i>L'Europe Littéraire</i>, dont la première
+période, sous la direction de Victor Bohain et Alphonse
+Royer, va du 1<sup>er</sup> mars au 9 août 1833, dans son <span class="smcap">Supplément
+au Prospectus</span>, publie cette lettre:</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="center">«A Messieurs les Directeurs de l'<i>Europe Littéraire</i>.</p>
+
+<p class="left5">«Messieurs,</p>
+
+<p>«Je serai très heureux de pouvoir entrer pour quelque
+chose dans la rédaction de votre nouveau journal. En acceptant
+la proposition que vous avez bien voulu m'en faire,
+je vous remercie d'avoir associé mon nom à une entreprise
+pour le succès de laquelle tous les hommes de bon sens doivent
+faire des v&oelig;ux, et tous les artistes des efforts.</p>
+
+<p>«Agréez, messieurs, l'expression des sentiments les plus
+distingués de votre bien dévoué serviteur.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset.</span>»</p>
+
+<p class="left5">«Paris, 23 novembre 1832.»</p></div>
+
+<p>Bien qu'il n'y ait aucun article signé de lui dans ce
+journal, son nom figure dans la liste de ses rédacteurs.</p>
+
+<p>J'ai la conviction qu'Alfred de Musset a collaboré sous
+le voile de l'anonyme, à quelque périodique. Ce qui me
+confirme dans cette idée, c'est que j'ai vu dans ses papiers:</p>
+
+<p>1<sup>o</sup> Un <i>Compte-rendu du Gustave III</i>, opéra en 5 actes
+de Scribe, musique d'Auber, représenté à l'Académie
+royale de musique le 27 février 1833, qui, à de certaines
+maculatures, semble être passé par les mains d'un compositeur
+d'imprimerie.</p>
+
+<p>2<sup>o</sup> Des notes préparées pour une rédaction sur le <i>Procès
+d'Émile de La Roncière</i>, qui fut jugé en juillet 1835.</p>
+
+<p>3<sup>o</sup> D'autres notes sur la <i>Guirlande de Julie</i>, offerte à
+M<sup>lle</sup> de Rambouillet, Julie Lucine d'Angennes, par le
+marquis de Montausier, qui semblent se rapporter à un
+exemplaire de l'édition illustrée publiée en 1818, chez
+Didot jeune.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_193" id="Page_193">193</a></span> Depuis la publication de ces lignes (15 janvier 1898),
+j'ai retrouvé le <i>Compte-rendu de Gustave III</i>, et le voici,
+tel qu'il est imprimé sans signature dans la <span class="smcap">Revue des
+Deux-Mondes</span> du 15 mars 1833, tome I, page 682.</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="right">«14 mars 1833.</p>
+
+<p>«Il n'y a d'important dans les nouvelles théâtrales de la
+quinzaine, que <i>Gustave III</i>. Quelle drôle de chose, que de
+rendre compte d'un opéra! Un opéra nouveau est une si
+drôle de chose par lui-même!</p>
+
+<p>«Autrefois, dans une académie royale de musique, on se
+serait imaginé qu'on allait entendre de la musique. Quant à
+moi, je ne suis point musicien, je puis le dire comme M. de
+Maistre, j'en atteste le ciel et tous ceux qui m'ont entendu
+jouer du piano. Mais je crois qu'en vérité, je n'en ai pas
+besoin cette fois-ci. Ce qu'il y a de plus joli dans <i>Gustave</i>,
+en fait de musique et de poëme, c'est un galop.</p>
+
+<p>«Oui, un galop! Il n'y a que cela dans la pièce. Vous
+croyez peut-être que j'en veux dire du mal. Point du tout:
+la pièce est admirable, car le galop est divin. Et comment
+aurait-on pu amener le galop sans la pièce? Comment la
+pièce aurait-elle fini sans le galop? Vous voyez bien que
+cela se tient. Remarquez, je vous prie, comme ce galop est
+amené:</p>
+
+<p>«Vous savez que Gustave III a été assassiné par un de
+ses amis, nommé Ankastroëm, par la raison qu'il lui avait
+fait perdre son argent, en changeant la valeur des papiers
+publics. C'est une raison comme une autre, et qui vaut bien
+celle pour laquelle M. Levasseur tire un coup de pistolet à
+M. Adolphe Nourrit, le seul crime de M. Nourrit étant, à ma
+connaissance, de chanter une ariette ou deux à M<sup>lle</sup> Falcon.
+Ankastroëm était donc à couteau tiré depuis un an ou deux
+avec son bon roi; M. Levasseur est très bien avec M. Nourrit;
+c'est son favori, son confident intime. Le premier acte
+s'ouvre là-dessus.</p>
+
+<p>«Je comprends que le caractère de Gustave est très bien
+compris par le costumier. Sa redingote verte est admirable.
+Nonchalamment couché sur un sopha, le sage monarque se
+fait jouer un ballet, pour se délasser des soins de son empire;
+<span class="pagenum"><a name="Page_194" id="Page_194">194</a></span> mais, dussé-je passer pour un maniaque et un ignorant,
+je ne saurais approuver les roses pompons de couleur
+écarlate, qu'il porte à ses souliers.</p>
+
+<p>«Au second acte, nous sommes chez la sorcière. Quelle
+sorcière? dites-vous. C'est ce que j'allais vous demander.
+Mais qu'il vous suffise d'apprendre que le roi est déguisé en
+matelot. Le costume va à ravir au jeune page, mademoiselle
+Dorus. La sorcière prédit au roi qu'il sera assassiné: <i>amen
+dico vobis.</i> Et comme Jésus-Christ, Gustave reçoit de son
+futur meurtrier, la poignée de main de Judas.</p>
+
+<p>«Au troisième acte, nous sommes en plein vent. La décoration
+est superbe. Ankastroëm trouve sa femme en rendez-vous
+avec son maître, et, comme le mari de Molière, il se
+charge de la reconduire voilée. Il paraît, d'après ce que
+j'ai entendu dire, que ce mari, qui ne reconnaît pas sa
+femme, et qui lui offre galamment le bras pour la ramener à
+la ville, est d'un effet très dramatique. Voilà comme tout
+change avec le temps.</p>
+
+<p>«Au quatrième acte, Ankastroëm, qui a reconnu sa
+femme, chante dans ses appartements, avec un petit nombre
+d'amis.</p>
+
+<p>«Au cinquième acte, voilà où j'en voulais venir, on danse
+le galop. Ceux qui n'ont pas vu ce galop, ne savent rien des
+choses de ce monde. Jamais l'éclat des bougies, le bruit d'une
+fête, le parfum des fleurs, la musique, la folie et la beauté,
+n'ont fait une heure de plaisir comparable à celle-là. Jamais
+les masques agaçants, les costumes bizarrement accouplés,
+les dominos et les grotesques n'ont fait ondoyer leurs mille
+couleurs avec plus de grâce et d'esprit sous l'éclatante lueur
+des lustres. Jamais un collégien lisant les <i>Mille et Une Nuits</i>,
+n'a vu passer dans ses rêves du soir une fantasmagorie
+plus voluptueuse et plus enivrante. L'ensemble en est
+éblouissant; l'analyse en est amusante. Si c'est là ce qu'on
+appelle l'art du théâtre, son but est rempli. La réalité est
+vaincue, et la magie n'ira pas plus loin.</p>
+
+<p>«Et je vous le demande, que nous importe le reste? Que
+nous importe à nous qui venons nous accouder sur un balcon
+deux heures après dîner, que l'art soit en décadence,
+que la vraie musique fasse bâiller, que les poèmes de nos
+opéras dorment debout? Que nous importe que les bouffes
+aient perdu la vogue, que l'admirable talent de Rubini
+<span class="pagenum"><a name="Page_195" id="Page_195">195</a></span> s'épuise en difficultés et danse sur la corde comme l'archet
+de Paganini? Que nous importe qu'on en soit venu, pour
+attirer le foule, jusqu'à faire de nos opéras des concerts, et
+de nos concerts, des opéras; qu'on nous donne un acte de
+l'un, un acte de l'autre, qu'on mutile Don Juan (Don Juan!);
+qu'on n'ait plus ni le sens commun ni l'envie de l'avoir,
+qu'avaient du moins nos pères; que les principes soient à
+tous les diables et madame Malibran en Angleterre? Il nous
+reste un galop, et, du moment qu'on danse, qu'importe sur
+quel air? J'aime autant mes yeux que mes oreilles.</p>
+
+<p>«Vous croyez peut-être que c'est par fantaisie que l'opéra
+est à la mode? Pas du tout. Il y a une raison à tout ce qui
+se fait sous la lune, et la Providence sait pourquoi un siècle
+porte des habits carrés plutôt qu'un autre. C'est l'éternelle
+sagesse elle-même qui a mis le moyen-âge en pantalon collant,
+et pas un atome de poudre à la Richelieu n'est tombé
+impunément sur la nuque de la régence. Avez-vous été au
+Gymnase depuis peu? aux Variétés? à la Porte-Saint-Martin?
+Êtes-vous convaincu qu'on y bâille? Je ne vous demande
+pas si vous êtes allé aux Français, car il paraît qu'à la lueur
+de certaines lampes mal entretenues d'une huile épaisse, il
+se joue chaque jour sous une voûte déserte au coin du Palais-Royal,
+une certaine quantité de drames ignorés. Mais
+pour tout dire en un mot, êtes-vous allé hier, irez-vous
+demain ailleurs qu'à l'Opéra? Là est le siècle tout entier.
+Que nos musiciens apprennent à jouer des contre-danses;
+qu'ils songent à entourer ce divin spectacle de languissantes
+mélodies, de molles sérénades; à ce prix, on veut
+encore de leurs efforts; que nos poètes sachent amener une
+fête, une orgie; qu'ils placent à propos dans leur cadre douze
+légères folies armées de leurs grelots; qu'on y assassine un
+roi ou deux, si vous y tenez, mais que nous ayons des bals
+à la cour et des galops.</p>
+
+<p>«A propos de galop, voilà le carnaval qui se meurt. C'est
+aujourd'hui la mi-carême, bien qu'il n'y ait plus de carême.
+N'y a-t-il pas eu quelque part des criailleries contre notre carnaval
+de cette année? Il appartient à un pédant ennuyé de
+vivre, d'injurier des mascarades. A qui diable une mascarade
+a-t-elle jamais fait tort de sa vie? On se plaint que les jeunes
+gens aillent aux Variétés; je demande où l'on veut qu'ils
+aillent. Le faubourg Saint-Germain n'a pas donné un bal; il ne
+<span class="pagenum"><a name="Page_196" id="Page_196">196</a></span> s'y prend pas une glace, il ne s'y attèle pas quatre chevaux par
+jour. La Chaussée-d'Antin bâille fort aussi, quoiqu'on y attèle
+beaucoup et qu'on y mange de même. Pourquoi le jour du
+bal de l'Opéra, lorsque le directeur a voulu faire une tentative
+hardie et nouvelle, personne n'y a-t-il répondu? Pourquoi
+ce jour-là comme les autres, pas une femme du monde
+n'a-t-elle osé prendre le masque? Je ne dis pas le domino;
+ce vieil et insipide oripeau se promène depuis longtemps
+dans le désert. Mais on nous parle des m&oelig;urs de la Régence;
+en quoi les nôtres valent-elles mieux?</p>
+
+<p>«Lorsque la Reine de France, déguisée en marchande de
+violettes, venait avec sa cour à l'Opéra, l'esprit pouvait
+entrer dans les plaisirs de la soirée, et il sortait de ces lèvres
+de carton rose d'autres choses que les hurlements de
+l'ivresse et les saletés du cabaret. Vous appelez ces m&oelig;urs
+infâmes; vous repoussez les femmes dans leurs ménages, et
+vous entourez d'une grille de fer le berceau de leurs filles.
+Cela est sage, très juste, très décent. Mais un jeune homme
+ne se marie pas à vingt ans, et tous les ans le mardi gras
+vient à son heure, qu'on veuille ou non de lui. Accorderez-vous
+à la jeunesse qu'elle ait des sens, des besoins de plaisir,
+parfois même des jours de folie? Où voulez-vous qu'elle les
+passe? C'est un Anglais silencieux qui glisse sous une table
+inondée de <i>porter</i>, sans proférer une plainte, et qui s'éteint
+dans l'eau-de-vie avec le papier embrasé qui la brûle. Il
+faut aux Français des voitures pleines de masques, des
+torches, des théâtres ouverts, des gendarmes et du vin
+chaud. Tant pis pour le siècle où les cabarets sont pleins et
+où les salons sont vides. Donnez la terre aux Saint-Simoniens,
+à chacun une pioche et un bonnet de coton. Otez à
+l'or sa valeur, au plaisir son attrait; faites de la société un
+champ de blé de la Beauce, où pas un épi ne dépasse l'autre.
+Vous n'aurez plus alors de <i>jeunesse dorée</i>, ni de longchamp
+sur le boulevard Italien. Mais tant que vous voulez vivre
+dans un pays libre, où chacun peut faire ce qu'il entend, où
+l'or est en cours, où le plaisir est à bon marché, ne vous
+étonnez pas que les jeunes gens aillent en masque; et vous,
+législateur prudent et circonspect, qui prêchez la morale
+publique, souvenez-vous de Caton l'Ancien, qui félicitait un
+jeune homme en le voyant sortir d'un lieu de débauche.»</p></div>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_197" id="Page_197">197</a></span></p>
+<p class="p2 center">V</p>
+
+<p class="s">LES DERNIERS MOMENTS DE FRANÇOIS I<sup>er</sup></p>
+
+<p>On ne connaît des <i>Derniers moments de François I<sup>er</sup></i>,
+drame en vers, que le fragment qui a été publié dans le
+<span class="smcap">Keepsake Français</span>. <i>2<sup>e</sup> Année. 1831. Chez Giraldon
+Bovinet, 1 vol. in-8<sup>o</sup></i>, qui fut mis en vente vers la fin de
+l'année 1830.</p>
+
+<p>Pour quelle raison Alfred de Musset ne termina-t-il
+pas ce drame ou détruisit-il ce qu'il en avait écrit (car
+le manuscrit n'a jamais été vu)? Peut-être la connaissance
+d'un drame analogue, pour le sujet comme pour
+la forme, la <i>Mort de François I<sup>er</sup></i> par Félix Arvers<a name="FNanchor_77" id="FNanchor_77" href="#Footnote_77" class="fnanchor">[77]</a>.
+Au mois de janvier 1850, M. Charpentier imprimant un
+nouveau volume d'&oelig;uvres d'Alfred de Musset, lui avait
+transmis le v&oelig;u exprimé par bien des personnes, de
+voir adjoindre à ce livre des poésies inédites jusqu'à
+ce jour. En ce qui concerne ce drame, l'auteur se borna
+à lui répondre: «J'ai beau faire, je ne puis pas corriger
+ces <i>Derniers Moments de François I<sup>er</sup></i>; il y a dix-neuf
+ans que c'est au rancart»<a name="FNanchor_78" id="FNanchor_78" href="#Footnote_78" class="fnanchor">[78]</a>.</p>
+
+<p>Alfred de Musset et Félix Arvers se connaissaient; ils
+avaient des amis communs, Paul Foucher, Alfred Tattet;
+tous deux se trouvèrent plus d'une fois côte à côte à la
+table de Ulric Guttinguer, rue de Courcelles, dans cette
+maison des Lilas, rendue célèbre par la fête printanière
+donnée en l'honneur de M. et M<sup>me</sup> Victor Hugo. Ils se
+rencontraient aux soirées de l'Arsenal, chez Charles
+Nodier, dont ils étaient les hôtes assidus; ils adressaient
+<span class="pagenum"><a name="Page_198" id="Page_198">198</a></span> même des vers à la fille du maître de ce logis, car l'<i>innommée</i>
+du fameux sonnet:</p>
+
+<p class="left30 font90">«Mon âme a son secret, ma vie a son mystère»</p>
+
+<p>et l'héroïne des Stances:</p>
+
+<p class="left30 font90">«Madame, il est heureux, celui dont la pensée»</p>
+
+<p>ne sont qu'une même personne, mademoiselle Marie
+Nodier, qui devint madame Ménessier. De plus, le 1<sup>er</sup>
+janvier 1830, Arvers avait fait ses débuts dans le notariat
+comme clerc chez M<sup>e</sup> Guyet-Desfontaines, ami de la
+famille de Musset; en sa qualité de poète, le jeune basochien
+avait ses entrées au salon.</p>
+
+<p>«<i>La Mort de François I<sup>er</sup></i>, drame en 3 actes, en vers,
+dédié à mon ami Roger de Beauvoir» par Félix Arvers,
+porte la date de juin 1831, dans le recueil où il a été
+publié<a name="FNanchor_79" id="FNanchor_79" href="#Footnote_79" class="fnanchor">[79]</a>. On y trouve certaines similitudes avec le
+drame d'Alfred de Musset; ce passage de la scène 3 du
+III<sup>e</sup> acte, se rapproche beaucoup du début du dialogue
+entre François I<sup>er</sup> et son Fol:</p>
+
+<div class="left30 font90">
+<p><span class="i4 smcap">FRANÇOIS I<sup>er</sup></span></p>
+
+<p><b>. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .</b><br />
+S'il est vrai que souvent ma raison égarée,<br />
+Aux pompes de Satan, jadis se soit livrée,<br />
+N'ai-je rien fait aussi qui puisse retenir<br />
+Le bras de Jésus-Christ levé pour me punir?<br />
+Fils aîné de l'Église, ardent à sa querelle,<br />
+J'ai défendu sa gloire et combattu pour elle.<br />
+Que me reproche-t-on? N'ai-je pas résisté<br />
+A ce torrent du schisme et de l'impiété?<br />
+N'ai-je pas su, malgré des efforts sacrilèges,<br />
+Remettre le Saint-Père en tous ses privilèges?<br />
+Et savez-vous un roi qui fut meilleur soutien<br />
+Du Saint Nom de Jésus et du monde chrétien?.......</p></div>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_199" id="Page_199">199</a></span>
+Cela se poursuit dans la réplique de Féron, et, quelques
+vers plus loin, la ressemblance est encore plus
+grande:</p>
+
+<div class="left30 font90">
+<p><span class="i4 smcap">FRANÇOIS I<sup>er</sup></span></p>
+
+<p>........ Ah! ce n'est pas la mort qui m'épouvante!<br />
+L'Espagnol me connaît, de reste, et je me vante<br />
+Que dans toute l'Europe il n'est pas chevalier<br />
+Plus âpre à la besogne et plus franc de collier.<br />
+Pourquoi, dans les combats, n'ai-je perdu la vie?<br />
+Je serais si bien mort aux plaines de Pavie,<br />
+Au bruit des instruments de guerre et des clairons,<br />
+Entouré de mes preux chevaliers et barons!<br />
+Mon armure eût servi de linceul militaire<br />
+Et mes soldats pleurant m'auraient mis dans la terre<br />
+Humide encor du sang que ma main eût versé,<br />
+Comme ils ont fait Bayard, quand il a trépassé.</p></div>
+
+<p>Et dans Alfred de Musset:</p>
+
+<div class="left30 font90">
+<p><span class="i4 smcap">LE ROI</span></p>
+
+<p>Dieu du saint Évangile! O Dieu, j'ai fait pourtant<br />
+Brûler par Bonneval tout un bourg protestant!<br />
+Dans un pourpoint de fer, certes, je fus à l'aise;<br />
+Maintenant, je suis mort, ma cuirasse me pèse!<br />
+O mon cousin Bayard! Il mourut tout poudreux,<br />
+Les reins tout fracassés!..... Il était bien heureux!<br />
+(<i>Délirant</i>) Oh! parmi les tournois, les écharpes dorées,<br />
+Les vieux barons de fer, les femmes adorées!<br />
+O soleil d'Italie! O mon beau Milanais!<br />
+Où trouver pour mourir, tes champs, si je renais?<br />
+Mourir la dague au poing, mourir le casque en tête,<br />
+Des éclairs que l'acier croise dans la tempête!<br />
+En bas d'un palefroi saillir contre un sol dur,<br />
+Et tomber sur le dos, sous un beau ciel d'azur!<br />
+Hardi, mes preux sans peur, ma vaillante noblesse!<br />
+Hardi, mes lansquenets, dans la mêlée épaisse!<br />
+Hardi!&mdash;C'est d'Alençon sur la colline assis!<br />
+C'est Chabanne et ses gens, de poussière noircis!<br />
+Bien combattu, Dunois! Comme il court, comme il vole!<br />
+Je te fais duc et pair, Dunois, sur ma parole!<br />
+Trivulce! A Marignan et tant d'autres endroits,<br />
+Mes féaux serviteurs, on vous a vus tous trois!<br />
+<span class="pagenum"><a name="Page_200" id="Page_200">200</a></span>
+Marignan laissa-t-il entre vos cicatrices<br />
+De quoi, sur votre c&oelig;ur, écrire vos services?<br />
+Quelle bataille, amis! Elle dura deux jours!<br />
+Un soir vint..... puis un autre..... on se battait toujours;<br />
+Et de faim ni de soif, nul ne sentait l'envie.<br />
+Deux jours!..... nul ne songea qu'à sa mort ou sa vie;<br />
+Et les bataillons noirs se heurtaient dans la nuit,<br />
+Et fatigués du bruit, n'entendaient plus de bruit.<br />
+On se battait!&mdash;Quand vint un matin le silence,<br />
+Comme, tout étonné, je restais sur ma lance,<br />
+La Tremouille arriva, qui me dit: «Ils sont morts!».<br />
+Et je vis, en effet, que l'on comptait les corps.</p></div>
+
+<p>Dans les <i>Derniers moments de François I<sup>er</sup></i>, Féron faisant
+le compte des maris outragés, qui ont voulu tirer
+vengeance du roi François, sans y réussir comme lui,
+émet des idées qu'on retrouve dans les scènes 3, 4 et 5
+du 1<sup>er</sup> acte de <i>La Mort de François I<sup>er</sup></i>.</p>
+
+<p>Malgré ces ressemblances, ces deux drames n'ont
+pas été copiés l'un sur l'autre, et celui de Musset a une
+priorité d'au moins une année sur celui d'Arvers.</p>
+
+<p>Il existe deux autres drames célèbres sur les amours
+de François I<sup>er</sup>, qui ont été plus d'une fois comparés avec
+les deux pièces dont je viens de parler:</p>
+
+<p><i>Le Roi s'amuse</i>, drame en cinq actes, en vers, par
+Victor Hugo, représenté pour la 1<sup>re</sup> fois au Théâtre
+Français le 22 novembre 1832 et pour la seconde fois le
+22 mars 1882.</p>
+
+<p>Et <i>Ango</i>, drame en cinq actes et six tableaux, avec
+épilogue, en prose, par Auguste Luchet et Félix Pyat,
+représenté pour la première fois sur le théâtre de l'Ambigu
+le 29 juin 1835.</p>
+
+<p>Enfin, M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul nous
+apprend dans ses <span class="smcap">Lundis d'un chercheur</span> (C. Lévy,
+1894. 1 vol. in-12, p. 8-9), que Théophile Gautier avait
+songé à composer un drame sur le même sujet.</p>
+
+<p><i>Les Derniers moments de François I<sup>er</sup></i> ont été réimprimés
+avec plus ou moins d'exactitude dans le <span class="smcap">Keepsake
+<span class="pagenum"><a name="Page_201" id="Page_201">201</a></span> Français de 1832</span>, le <span class="smcap">Keepsake Français de 1833</span>,
+le <span class="smcap">Monde Dramatique</span> du 16 juillet 1835, et, sous le
+titre d'<i>Ango</i>, dans l'<span class="smcap">Artiste</span> du 15 juillet 1850. D'autres
+revues en ont publié des fragments.</p>
+
+<p class="center p2">VI</p>
+
+<p class="s">PERDICAN</p>
+
+<p><i>Perdican</i> est un fragment de drame lyrique, composé
+peu de temps avant <i>On ne badine pas avec l'amour</i>. Une
+seule scène est écrite.</p>
+
+<p>Perdican, fils d'Evrard, pleure la mort de son père,
+tué dans un récent combat; un chevalier vient essayer
+d'enlever à son inaction le fils de son ancien compagnon
+d'armes. Perdican résiste; d'autres chevaliers surviennent:</p>
+
+<p class="left30 font90">
+Crois-tu que nous soyons comme le vent d'automne,<br />
+Qui vient sécher tes pleurs jusque sur ce tombeau<br />
+Et pour qui ta douleur n'est qu'une goutte d'eau?<br />
+Les hommes, mon enfant, ne consolent personne;<br />
+L'herbe que nous voulons arracher de ce lieu,<br />
+C'est ton oisiveté! Ta douleur est à Dieu!<br />
+Laisse là s'élargir cette sainte blessure<br />
+Que les noirs séraphins t'ont faite au fond du c&oelig;ur;<br />
+Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur!<br />
+Montre la tienne au monde, et prends-la pour armure...</p>
+
+<p>Mais malgré tous leurs discours, Perdican reste
+indécis.</p>
+
+<p>Plusieurs vers de <i>Perdican</i> se retrouvent dans la <i>Nuit
+de Mai</i>.</p>
+
+<p class="p2 center">VII</p>
+
+<p class="s">CONFESSION D'UN ENFANT DE L'AUTRE SIÈCLE</p>
+
+<p>Cette <i>Confession d'un Enfant de l'autre Siècle</i>, composée
+en mai 1842, n'a, malgré son titre, aucun rapport avec
+<span class="pagenum"><a name="Page_202" id="Page_202">202</a></span> la <i>Confession d'un Enfant du Siècle</i>. C'est une sorte de
+préface, dans laquelle Alfred de Musset s'excuse presque
+de faire encore des vers, et demande l'indulgence de ses
+amis:</p>
+
+<p class="left30 font90">
+<b>. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .</b><br />
+Mil huit cent vingt! Nous éclosions<br />
+Dans les mélanges poétiques<br />
+<b>. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </b><br />
+Puis dix ans nous nous reposions<br />
+Au sein des drames romantiques.<br />
+Venaient après?... je ne sais plus,<br />
+Sinon que c'était du plus tendre,<br />
+Du c&oelig;ur brisé, des sens émus,<br />
+Et beaucoup de v&oelig;ux superflus.<br />
+Dix nouveaux ans encor de fièvre!<br />
+Arthur<a name="FNanchor_80" id="FNanchor_80" href="#Footnote_80" class="fnanchor">[80]</a> paraît, le malheureux,<br />
+Déplorablement vertueux,<br />
+Triste réveil d'un charmant rêve!<br />
+Est-ce la fin? Hélas! Hélas!<br />
+Voilà que viennent des <i>Lilas</i>!<a name="FNanchor_81" id="FNanchor_81" href="#Footnote_81" class="fnanchor">[81]</a><br />
+C'est l'amitié qui les fait naître,<br />
+Le temps d'éclore et de paraître,<br />
+De parfumer une fenêtre,<br />
+Et tout est dit de cette fois!</p>
+
+<p>Mais comme ils sont négligés, ces vers, mal présentés,</p>
+
+<p class="left30 font90">Avec des trous à leur chemise;</p>
+
+<p>grande est leur sottise de paraître en pareil accoutrement
+devant leurs amis et maîtres; cependant, on leur pardonnera
+en faveur de leur bonne intention et du grand
+âge de leur auteur.</p>
+
+<p>Ce petit poème est adressé à Monsieur ou à Madame
+Alfred Tattet. Peut-être est-ce la <i>lettre</i> qui accompagnait
+l'envoi d'un volume de poésie.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_203" id="Page_203">203</a></span></p>
+<p class="p2 center">VIII</p>
+
+<p class="s">LES FRÈRES VAN BUCH</p>
+
+<p><i>Les Frères Van Buch</i>, légende allemande, tel est le
+titre d'une nouvelle en prose publiée dans le <span class="smcap">Constitutionnel</span>
+du 27 juillet 1844 et précédée d'une <i>Lettre</i> au
+Directeur.</p>
+
+<p>Dans une petite ville des bords du Rhin, habite le vieil
+orfèvre Hermann; sa fille Wilhelmine revient ce jour
+même du couvent, et, dès leur première rencontre avec
+deux jeunes graveurs, voisins et hôtes assidus de son
+père, Henri et Tristan Van Buch, inspire un violent
+amour aux deux frères. Les jeunes hommes se cachent
+leur mutuelle passion, mais leurs rêves les trahissent, et
+dans l'impossibilité où ils sont d'épouser la même jeune
+fille, ils décident de s'en rapporter à son choix: «Ma
+fille, leur répond l'orfèvre, vous a vus tous deux; elle
+chérira Tristan comme un époux et Henri comme un
+frère.» Henri s'efface devant l'heureux élu, mais bientôt
+il se sent incapable de tenir son serment. Un jour
+qu'ils chassent, il s'en ouvre à son frère et le supplie
+d'attendre qu'il soit mort pour épouser Wilhelmine;
+devant un si grand désespoir, Tristan offre à Henri de
+lui céder ses droits: «Que je l'épouse! s'écria l'autre.
+Me transmettrez-vous son amour en me transmettant vos
+droits? Il faut cependant que l'un de nous en meure!
+ajouta-t-il d'une voix sombre. Sa main tremblait et
+battait contre son couteau de chasse.&mdash;Oui, répondit
+Tristan.» Et la lutte s'engage. Bientôt tous deux sont
+mortellement frappés; Tristan tombe à terre, mais
+Henri reste debout, vacillant et immobile: «Du fond de
+la vallée, dans le crépuscule, une forme vague sembla
+tout à coup se détacher et s'avancer vers eux. Elle
+montait lentement la colline et, à mesure qu'elle approchait,
+<span class="pagenum"><a name="Page_204" id="Page_204">204</a></span> les fils reconnaissaient leur mère. Au moment où
+le spectre parut, entièrement visible et reconnaissable,
+celui qui était debout, par un suprême effort, quitta la
+place où il était cloué, et alla se jeter dans les bras de
+celui qui gisait à terre. Ainsi tous deux, couverts de
+larmes et de sang, expirèrent dans un dernier embrassement.»</p>
+
+<p><i>Les Frères Van Buch</i> ont été réimprimés dans le
+supplément du <span class="smcap">Figaro</span> du 29 août 1875. En 1878, un
+admirateur d'Alfred de Musset a fait composer et tirer
+cette nouvelle à huit exemplaires, pour lui et ses amis,
+19 pages in-4<sup>o</sup> sur papier vergé.</p>
+
+<p><i>Lous dus frays bessous, per Jasmin</i>, balado dediato a
+moussu De Salvandy (Agen, Imprimerie Noubel, 1847.
+In-8<sup>o</sup> de 32 pages) semblent imités de cette nouvelle
+d'Alfred de Musset.</p>
+
+<p class="p2 center">IX</p>
+
+<p class="s">EN LISANT LE JOURNAL</p>
+
+<p>Le mariage de la reine Isabelle d'Espagne avec son
+cousin Don François d'Assises et celui de sa s&oelig;ur Doña
+Fernanda avec le duc de Montpensier, célébrés ensemble
+le 10 octobre 1846, et conclus contre le gré de l'Angleterre,
+avaient amené des représentations très vives de la
+part du cabinet anglais. Au mois de novembre de la
+même année, l'annexion de Cracovie, ville libre, aux
+États Autrichiens, par suite d'entente entre les trois
+puissances qui s'étaient partagé la Pologne&mdash;la Russie,
+la Prusse et l'Autriche&mdash;donnèrent lieu à des remontrances
+de la France pour cette violation des traités
+de 1815, remontrances qui ne furent pas écoutées. Des
+bruits de guerre coururent; aussi, à l'ouverture de la
+session parlementaire de 1847, une discussion très vive
+<span class="pagenum"><a name="Page_205" id="Page_205">205</a></span> eut lieu à la Chambre entre M. Guizot et M. Thiers. Les
+journaux de l'opposition accusèrent le ministère de
+reculer et de ne pas oser soutenir l'honneur du drapeau
+français. C'est la lecture d'un de ces articles qui inspira
+ces stances à Alfred de Musset, l'une de ses rares pièces
+politiques, qui débutent ainsi:</p>
+
+<p class="left30 font90">
+J'aurais voulu, même en tremblant,<br />
+Même étourdi par ton tonnerre,<br />
+J'aurais voulu suivre sur terre,<br />
+César, ton éperon sanglant.</p>
+
+<p>Un ami d'Alfred de Musset m'a communiqué le manuscrit
+d'une autre pièce du même genre, intitulée <i>La Lanterne
+magique</i>, écrite vers 1830, dans laquelle il passe en
+revue la double face des choses de ce monde.</p>
+
+<p class="p2 center">X</p>
+
+<p class="s">SUR MES PORTRAITS</p>
+
+<p>Je ne crois pas commettre une indiscrétion en donnant
+en entier cette poésie satirique, dont <span class="smcap">l'Intermédiaire
+des Chercheurs et Curieux</span> du 15 juillet 1891 a publié
+les sept premiers vers:</p>
+
+<p class="left30 font90">
+Nadar, dans un profil croqué,<br />
+<span class="i4">M'a manqué,</span><br />
+Landelle m'a fait endormi,<br />
+<span class="i4">A demi;</span><br />
+Biard m'a produit éveillé,<br />
+<span class="i4">A moitié;</span><br />
+Le seul Giraud, d'un trait rapide,<br />
+<span class="i4">Intrépide,</span><br />
+Par amour de la vérité,<br />
+<span class="i4">M'a fait stupide.</span><br />
+Que pourra pondre dans ce nid<br />
+<span class="i4">Gavarni?</span></p>
+
+<p>La lithographie de Gavarni fut exécutée en 1854, ce
+qui nous donne la date du morceau. Tous ces portraits
+<span class="pagenum"><a name="Page_206" id="Page_206">206</a></span> ont été gravés à l'exception de deux: celui de Giraud,
+charge à l'aquarelle que l'on a pu voir en 1888 à l'Exposition
+des Maîtres français de la Caricature, et celui de
+Biard, que, malgré le bon vouloir de la fille du peintre,
+la spirituelle Étincelle, il m'a été impossible de
+retrouver.</p>
+
+<p class="p2 center">XI</p>
+
+<p class="s">NAPOLÉON</p>
+
+<p class="left30 font90">«Napoléon, ton nom est un cri dans l'histoire....</p>
+
+<p>Ce sonnet est encore une pièce politique, écrite en
+1856 et qui semble avoir été inspirée au poète par la vue
+d'une peinture ou d'une sculpture représentant un soldat
+blessé, étendu aux pieds d'une Victoire.</p>
+
+<p>Un autre fragment de huit vers, sans date, adressé
+également à Napoléon, subsiste aussi, qui commence
+par ces mots: «Oh! d'ennemis sans foi....»</p>
+
+<p class="center">*<br />
+*&nbsp;&nbsp;&nbsp;*</p>
+
+<p>Je noterai encore quelques <i>brouillons</i> se rattachant à
+des pièces publiées et qui présentent des variantes avec
+le texte imprimé, pour <i>Les Marrons du Feu</i> (deux fragments),
+<i>Le Saule</i> (deux), <i>La Coupe et les Lèvres</i> (quatre,
+dont l'un porte le titre de <i>Brandel</i>, et qui ne sont pas
+les mêmes que les deux fragments indiqués ci-dessus);
+<i>Rolla</i> (un); quelques phrases inédites de la <i>Confession
+d'un Enfant du Siècle</i>, dont un passage est publié dans le
+supplément du <span class="smcap">Figaro</span> du 14 mai 1887; cinq plans ou
+divisions de scènes différents pour <i>Lorenzaccio</i><a name="FNanchor_82" id="FNanchor_82" href="#Footnote_82" class="fnanchor">[82]</a>;
+<span class="pagenum"><a name="Page_207" id="Page_207">207</a></span> deux projets d'un nouveau dénoûment du <i>Chandelier</i>,
+faits en 1850, lors de l'interdiction de la pièce; un commencement
+d'étude en prose <i>Sur Léopardi</i>, qui est
+publié en vers et terminé sous le titre de <i>Après une
+lecture</i>; un sonnet <i>Au Rhin</i>; un fragment de poème
+dramatique en trois chants, <i>L'Oubli des Injures</i>, dont
+plusieurs passages se retrouvent dans <i>La Coupe et les
+Lèvres</i>; un autre fragment en vers, qui est un dialogue
+entre <i>Rolla et le Grand-prêtre</i>, sans titre; une première
+version du <i>Sonnet au Lecteur</i> de 1850; d'autres fragments
+inédits des stances <i>Sur la Paresse</i>, de la chanson <i>Les
+Filles de Cadix</i>, de <i>Louison</i>, de <i>Carmosine</i>, de <i>Faustine</i>
+et du <i>Songe d'Auguste</i>.</p>
+
+<p>Il ne subsiste après cela, parmi les manuscrits d'Alfred
+de Musset, que des ébauches (les <i>Deux Magnétismes</i>;
+deux <i>Lettres à Buloz</i>, inachevées, l'une sur les réformes
+théâtrales, l'autre sur les «voleurs de noms»; cette
+seconde lettre est le dernier morceau en prose sorti de
+la plume d'Alfred de Musset. <i>Un Thé</i>; une <i>Comédie sous
+le règne de Louis XV</i>, sans titre; <i>A M<sup>me</sup> ***</i>, sur le suicide;
+<i>Adolphe</i>, etc...); des essais de tournures de phrases,
+des fragments de poésies où le sens finit au milieu d'un
+vers inachevé, où les vers s'arrêtent avant le sens (<i>Sur
+Grévedon</i>, <i>A M<sup>me</sup> Ristori</i>, <i>Conte en vers</i> se passant en Limagne,
+<i>A Willa</i>, <i>A un jeune peintre</i>, etc...); des lignes de
+prose qui n'ont ni commencement ni fin (<i>Sur la Guerre
+d'Orient</i>, <i>Sur la Visite de la Reine d'Angleterre</i>, etc...),
+débris qui ne peuvent figurer dans les &oelig;uvres de
+l'écrivain.</p>
+
+<p class="center">*<br />
+*&nbsp;&nbsp;&nbsp;*</p>
+
+<p>Il ne me reste plus à parler maintenant que de certaines
+&oelig;uvres que l'on attribue à Alfred de Musset, sans
+donner la preuve certaine qu'il en est l'auteur: «Alfred
+<span class="pagenum"><a name="Page_208" id="Page_208">208</a></span> de Musset n'a jamais employé de secrétaire, dit Paul
+de Musset. Toute publication posthume dont on ne
+pourra pas produire l'autographe, sera évidemment
+apocryphe et mensongère.» (<span class="smcap">Biographie</span>, p. 371). Il
+faut s'entendre sur ce mot autographe: Paul de Musset
+désigne non seulement ceux écrits en entier par Alfred,
+mais aussi ceux écrits sous sa dictée, après 1842, par
+M<sup>lle</sup> Colin, alors qu'il était malade et dans l'impossibilité
+de tenir une plume, lesquels sont revus par lui et
+<i>corrigés de sa main</i>; le plus important de ces «seconds
+autographes» est celui de <i>Carmosine</i>.</p>
+
+<p>Tel est le cas des pièces qui suivent: où est l'autographe?</p>
+
+<p>1<sup>o</sup> <i>Chanson de Sténio</i>, intercalée dans la première
+édition de <span class="smcap">Lélia</span> par George Sand. (Dupuy et Tenré,
+1833. 2 vol. in-8<sup>o</sup>. Tome II, p. 208.)</p>
+
+<p>2<sup>o</sup> <i>Quatrain à H. de Latouche</i>, composé en 1833, à
+propos des polémiques sur George Sand. <span class="smcap">La Revue des
+Familles</span>, 1<sup>e</sup>r mars 1892.</p>
+
+<p>3<sup>o</sup> <i>Deux Sonnets à Alfred de Vigny</i>, l'un par George
+Sand, l'autre par Alfred de Musset, envoyés à l'auteur de
+<i>Chatterton</i> au lendemain de la représentation de cette
+pièce. <span class="smcap">Revue Moderne</span>, juin 1865.</p>
+
+<p>Avant de les publier dans la Revue, M. Louis Ratisbonne
+avait soumis ces deux sonnets à l'appréciation de
+Paul de Musset, qui lui fit cette réponse:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="left5">«Monsieur et cher confrère,</p>
+
+<p>«En pensant aux deux sonnets que vous avez eu l'obligeance
+de me communiquer, j'ai conçu des doutes sérieux
+sur leur authenticité. A moins de preuves du contraire, je
+ne puis croire qu'ils soient de mon frère. Le mot <i>race bovine</i>,
+que contient l'un des deux, et plusieurs autres expressions
+de colère ou de mépris appliquées aux critiques du drame
+de <i>Chatterton</i>, me semblent un peu trop forts en crudité. On
+<span class="pagenum"><a name="Page_209" id="Page_209">209</a></span>
+n'a pas tant de ressentiment pour des critiques adressées à
+un autre. Je croirais volontiers que M. de Vigny a pu faire
+ces deux sonnets dans un moment d'irritation, et s'amuser
+ensuite à supposer qu'il les avait reçus de personnes qui,
+sans doute, lui avaient fait des compliments sur la pièce
+qu'on représentait alors avec succès à la Comédie Française.
+Je vous engage donc à ne pas publier sous le nom de mon
+frère celui que M. de Vigny lui a attribué, à moins que vous
+n'en retrouviez l'autographe, car cet autographe doit exister
+si le sonnet a été envoyé. Quant à l'autre sonnet, attribué à
+une personne qui n'a jamais fait de vers, son caractère
+évidemment pseudonyme est une preuve à l'appui de mon
+opinion que tous deux sont de l'auteur de <i>Chatterton</i>. Je ne
+vois que la découverte des autographes qui puisse me faire
+revenir de cette opinion. Si vous les retrouvez, soyez assez
+bon pour m'en donner avis; mais s'il n'existe dans les papiers
+de M. de Vigny que la copie écrite de sa main, dont vous
+m'avez donné lecture, il sera prudent de ne les considérer
+que comme des documents incertains.</p>
+
+<p>«Agréez, Monsieur et cher confrère, l'assurance de mes
+sentiments distingués.</p>
+
+<p class="left5">«9 mai 1865.</p>
+
+<p class="right">«<span class="smcap">P. de Musset.</span>»</p></div>
+
+<p>Malgré cette lettre, la publication fut faite et M. L.
+Rastibonne eut raison, car M. Georges Jubin, dans la
+<i>Revue bleue</i> du 3 avril 1897, a publié des documents,
+dont une lettre d'Alfred de Musset à Buloz, qui ne laissent
+plus aucun doute sur l'authenticité de ces deux sonnets,
+dont Alfred de Musset est l'auteur.</p>
+
+<p>4<sup>o</sup> <i>Sur les Auteurs de mon temps</i>, strophes burlesques
+dont voici la dernière:</p>
+
+<p class="left30 font90">
+<span class="i3">Lassailly</span><br />
+<span class="i3">A failli</span><br />
+<span class="i2">Vendre un livre.</span><br />
+Il n'eût tenu qu'à Renduel<br />
+Que cet homme immortel,<br />
+Eût enfin de quoi vivre.<a name="FNanchor_83" id="FNanchor_83" href="#Footnote_83" class="fnanchor">[83]</a></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_210" id="Page_210">210</a></span> L'autographe que je possède est écrit par Roger de
+Beauvoir, qui est <i>pourtraicturé</i> dans la troisième strophe:</p>
+
+<p class="left30 font90">
+<span class="i1">De Beauvoir</span><br />
+<span class="i2">Bel à voir</span><br />
+<span class="i1">Nous amuse</span><br />
+Lorsqu'il a bien dîné<br />
+Il nous prie à déjeuné<br />
+On y va, l'on s'abuse.</p>
+
+<p>Les autres écrivains dépeints sont Henri Blaze, d'Anglemont,
+Sainte-Beuve, Capo de Feuillide, Paul de Musset
+et Paul Foucher.</p>
+
+<p>Ce genre de plaisanterie était très en vogue parmi les
+habitués du salon de George Sand. M. le vicomte de
+Spoelberch de Lovenjoul, dans sa <span class="smcap">Véritable Histoire
+d'Elle et Lui</span> (C. Lévy, 1897. 1 vol. in-12, p. 8), publie
+une <i>Complainte sur le Duel</i> de Gustave Planche et de Capo
+de Feuillide, que l'on attribua à la collaboration d'Alfred
+de Vigny et de Brizeux, mais dont l'héroïne connaissait le
+véritable auteur (ce n'est pas à nous de soulever le voile).
+<i>Lui</i> écrivit à cette époque une <i>Revue Romantique</i>; <i>Elle</i>,
+le 23 novembre 1834, une <i>Complainte sur la mort de
+François Luneau</i>. Nous indiquons d'autre part les <i>charges</i>
+faites à l'atelier d'Achille Devéria par Alfred de Musset,
+qui écrivit aussi une parodie des <i>Mémoires d'Outre-Tombe</i>
+de Chateaubriand; et peut-être a-t-il aidé
+M<sup>me</sup> Augustine Brohan à confectionner son «beau couplet
+de la vierge en patache».</p>
+
+<p>5<sup>o</sup> <i>Rêves d'Hiver.</i> Janvier 1838. Tel est le titre d'un
+manuscrit passé en vente chez Laverdet le 10 avril 1855.
+J'ignore ce qu'il est et qui le possède aujourd'hui.</p>
+
+<p>6<sup>o</sup> <i>Quatrain Italien</i>, inscrit sur l'album de M. le comte
+Dousse d'Armanon. <span class="smcap">L'Artiste</span>, 29 septembre 1844:</p>
+
+<p class="left30 font90">
+La rosa e un vago fiore<br />
+<span class="i2">Come la giornata,</span><br />
+Presto che nasce e muore<br />
+<span class="i2">E non ritorna piu</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_211" id="Page_211">211</a></span> Cette petite pièce est citée dans un article de M. Guénot-Lecointe
+sur la manie des albums; il l'accompagne de
+cette réflexion: «Au lieu de ces quatre lignes italiennes
+qui ne sont même pas des vers, pourquoi M. Alfred
+de Musset n'a-t-il pas écrit une strophe des Contes
+d'Espagne?»</p>
+
+<p>La même revue, dans sa livraison du 21 novembre 1844,
+donne encore une <i>Prière inscrite sur l'album des moines
+du Carmel</i>.</p>
+
+<p>7<sup>o</sup> <i>Stances à Henri Cantel</i>. <span class="smcap">Revue de France</span>, 1<sup>er</sup> mars
+1881.</p>
+
+<p>8<sup>o</sup> Un ami inconnu, qui me permettra de le remercier
+ici, me faisait parvenir, naguère, ce sonnet, dont il
+attribue la paternité à l'auteur de la Ballade à la Lune:</p>
+
+<div class="left30 font90">
+<p><span class="i6 smcap">Luna</span></p>
+
+<p>Ce soir, la Lune est ronde, et sa tête fantasque<br />
+Comme un domino, passe entre les peupliers.<br />
+&mdash;Peste! la folle nuit! et vous avez, beau masque,<br />
+Choisi là, sur ma foi, d'étranges cavaliers.</p>
+
+<p>Quoi, jusqu'au noir clocher, qui, coiffé de son casque,<br />
+Semble prêt à vous suivre! Et, parmi les halliers,<br />
+L'âpre Éole intrigué, qui suspend sa bourrasque<br />
+Pour ne pas déranger vos projets singuliers!</p>
+
+<p>Partez donc, o Luna! Le ciel clair et sans voiles<br />
+A pour vous rallumé ses claustrales étoiles...<br />
+Et moi, qu'a su charnier votre air leste et fringant,</p>
+
+<p>Voyant vos doigts si blancs rayer la toile verte<br />
+De mes rideaux, je dis: «Sur ma fenêtre ouverte,<br />
+«Ma mie, n'auriez-vous pas laissé choir votre gant?»</p></div>
+
+<p>9<sup>o</sup> <i>Quatrain à une dame</i>, en lui envoyant des bonbons
+lors de sa grossesse. <span class="smcap">L'Événement</span>, 25 décembre 1876.</p>
+
+<p>10<sup>o</sup> <i>Quatrain à une vieille coquette</i>. <span class="smcap">L'Estafette</span>, 24 juin
+1892.</p>
+
+<p>11<sup>o</sup> <i>A une Espagnole</i>, stances improvisées sur un
+rythme de Victor Hugo. <span class="smcap">Le Voleur</span>, 2 mai 1873.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_212" id="Page_212">212</a></span> 12<sup>o</sup> <i>Stances à Buffon</i>, écrites sur un panneau de son
+cabinet de travail, à Montbard. <span class="smcap">Le Centenaire de
+Buffon</span>, Troyes, Montgolfier. 1889. Br. in-8<sup>o</sup>, page 68.</p>
+
+<p>13<sup>o</sup> <i>Déclamation</i>.&mdash;<i>A miss Anna X***</i>, deux poésies,
+dans la <span class="smcap">Grande Revue de Paris et Saint-Pétersbourg</span>,
+25 juillet 1890.</p>
+
+<p>14<sup>o</sup> Pour les vers inscrits <i>Sur l'Album du château de
+Clisson</i>, pendant un voyage qu'Alfred de Musset fit dans
+la Loire-Inférieure, il se récuse lui-même dans une lettre
+qu'il adressa d'Angers à M<sup>me</sup> Alfred Tattet:</p>
+
+<p class="blockquot">
+«...Quant aux vers du livre de Clisson, on m'en a parlé
+plusieurs fois et je les tiens pour admirables, mais je n'ai
+pas l'honneur d'en être le père; il paraît qu'en mettant mon
+nom au bas, on a voulu du moins m'en faire le parrain. Je
+n'ai jamais été par là, et quand cet enfant-là m'est né, j'étais
+probablement bien loin. Ma Muse aura accouché pendant
+mon absence, c'est pour le moins un cas rédhibitoire. J'ai
+déjà assez mis au monde de mauvais garnements pour ne
+pas vouloir d'intrus dans la famille....»<a name="FNanchor_84" id="FNanchor_84" href="#Footnote_84" class="fnanchor">[84]</a></p>
+
+<p>Est-ce que certaine conférencière célèbre, qui jadis
+incarna Lucretia del Fede, ne connaît pas le véritable
+auteur? Je suis allé souvent à Clisson et je me suis procuré
+le fameux livre; mais les pages où se trouvaient les soi-disant
+vers d'Alfred de Musset ont été arrachées par quelque
+visiteur peu délicat. On voit encore des vers ou des
+lignes de prose, signés Victor Hugo, Lamartine, George
+Sand, mais malheureusement pour l'authenticité de ces
+autographes, aucun de ceux dont je connais l'écriture
+de leur pseudo-auteur, n'a été écrit par son signataire.</p>
+
+<p class="center">*<br />
+*&nbsp;&nbsp;&nbsp;*</p>
+
+<p>Avant de mettre fin à cette longue énumération que le
+lecteur doit trouver bien ardue, il me faut encore indiquer
+<span class="pagenum"><a name="Page_213" id="Page_213">213</a></span> quelques pièces données comme inédites, et qui ne
+sont en réalité que des réimpressions d'&oelig;uvres publiées:</p>
+
+<p>1<sup>o</sup> L'<i>Épigraphe</i> placée en tête du tome II de <span class="smcap">Lélia</span> par
+George Sand (Dupuy et Tenré, 1833. 2 vol. in-8<sup>o</sup>).&mdash;Le
+<i>Fragment</i> donné page 190 de <span class="smcap">Les Deux S&oelig;urs</span>, par
+M<sup>me</sup> Aglaé de Corday (Louviers, Achaintre, 1838. 1 vol.
+in-8<sup>o</sup>), ne sont que deux strophes de <i>Namouna</i>.</p>
+
+<p>2<sup>o</sup> La <i>Nouvelle</i> en prose que publie la <span class="smcap">Gazette de la
+Noblesse</span> du 16 octobre 1856, est un extrait du <i>Voyage
+où il vous plaira</i>, par Hetzel.</p>
+
+<p>3<sup>o</sup> La couverture de la 87<sup>e</sup> livraison des <span class="smcap">Français
+peints par eux-mêmes</span> (Curmer, 1840, in-4<sup>o</sup>), donne
+comme inédits 18 vers, que reproduit <span class="smcap">Le National</span> de
+Bruxelles du 26 mars 1880, lesquels sont les 18 premiers
+vers des <i>Secrètes pensées de Rafaël</i>.</p>
+
+<p>4<sup>o</sup> <span class="smcap">Le Diogène</span> du 19 octobre 1856 annonce des <i>Stances
+à M<sup>me</sup> Dorval</i>, mais rectifie son erreur dans le numéro
+du 9 novembre; ce sont les stances <i>A la Malibran</i>.</p>
+
+<p>5<sup>o</sup> Le journal <span class="smcap">Le Plaisir a Paris</span> du 26 juin 1889
+publie «Le Navire», fragment du <i>Retour</i>, et l'«Ennui»,
+fragment des <i>Stances</i>: «Je méditais courbé».</p>
+
+<p class="center">*<br />
+*&nbsp;&nbsp;&nbsp;*</p>
+
+<p>Il reste une question que j'aurais voulu aborder,
+celle de la <i>Correspondance</i> d'Alfred de Musset, mais cela
+m'entraînerait en des détails bibliographiques bien
+longs<a name="FNanchor_85" id="FNanchor_85" href="#Footnote_85" class="fnanchor">[85]</a>. Les trente-cinq lettres mises à la fin du volume
+des <span class="smcap">&OElig;uvres Posthumes</span>, ne donnent qu'un bien faible
+aperçu de ce qu'elle est.</p>
+
+<p>Par les publications faites en 1896 à propos d'<i>Elle et
+Lui</i>, on connaît des fragments des lettres qu'Alfred de
+Musset écrivait à George Sand; d'autres, adressées à
+<span class="pagenum"><a name="Page_214" id="Page_214">214</a></span> Buloz, Alfred Tattet, Pierre Pagello, Alfred Arago,
+Boucoiran, M<sup>me</sup> de Belgiojoso, M<sup>me</sup> Augustine Brohan,
+David d'Angers, Maxime Du Camp, Alexandre Dumas,
+Sainte-Beuve, M<sup>me</sup> Olympe Chodzko, Albéric Second,
+Alfred de Vigny, M<sup>me</sup> de Girardin, Arsène Houssaye, Eugène
+Renduel, M<sup>me</sup> Levrault, Frantz Liszt, Émile Péhant,
+etc..., ont été publiées dans des journaux, des revues ou
+des livres; nous en avons découvert <i>cent dix</i>, imprimées
+en entier ou peu s'en faut, dans ces conditions, sans
+compter les lettres ou fragments de lettres d'Alfred de
+Musset à George Sand, ainsi que celles dont tout ou partie
+est, pour la première fois, publié dans le présent volume;
+et l'on peut tenir pour certain qu'il en existe un plus
+grand nombre. Mais combien curieuses sont celles qui
+demeurent encore inconnues parmi les noms cités plus
+haut et celles qu'il envoya à son frère Paul, à ses éditeurs,
+aux interprètes de ses comédies, à divers membres de
+sa famille, aux directeurs des revues où il a écrit, à
+Émile Augier, Ulric Guttinguer, Théophile Gautier, au
+comte d'Alton, à Désiré Nisard, Ambroise Thomas,
+Auguste Barre, M<sup>lle</sup> Rachel, même à sa gouvernante,
+M<sup>lle</sup> Colin (dont la <span class="smcap">Revue de Paris et Saint-Pétersbourg</span>
+et les <span class="smcap">Annales Littéraires</span> ont publié les mémoires)<a name="FNanchor_86" id="FNanchor_86" href="#Footnote_86" class="fnanchor">[86]</a>,
+et à beaucoup d'autres, dont je ne puis dire
+les noms.</p>
+
+<p>J'omets avec intention la correspondance.... amoureuse,
+trop intime pour être publiée, et qui ne sera jamais
+connue; car, avec un tact que je ne puis qu'approuver,
+lors de la mort du poète, toutes les lettres de femmes
+qui furent trouvées dans ses tiroirs, furent restituées
+sans échange à celles qui les avaient écrites. Toutefois,
+le mystérieux paquet déposé à la Bibliothèque Nationale,
+pour être ouvert et publié en 1910, renferme, si je ne me
+<span class="pagenum"><a name="Page_215" id="Page_215">215</a></span> trompe, l'une de ces correspondances; ce n'est pas celle
+de George Sand, comme on l'a prétendu; celle-ci,
+pensons-nous, est adressée <i>A une belle inconnue</i>:</p>
+
+<p class="left30 font90">
+Si vous croyez que je vais dire<br />
+<span class="i2">Qui j'ose aimer,</span><br />
+Je ne saurais, pour un empire,<br />
+<span class="i2">Vous la nommer.</span></p>
+
+<p>Les lettres à sa Marraine sont aussi peu connues que
+les autres, car les textes que M<sup>me</sup> Jaubert a intercalés
+dans ses <span class="smcap">Souvenirs</span> (Hetzel, 1881, 1 vol. in-12) et ceux
+donnés par Paul de Musset, sont, sauf quelques rares
+exceptions, absolument altérés et défigurés. J'ai pu en
+vérifier la majeure partie sur les autographes originaux
+et j'ai constaté qu'ici une lettre avait servi à en faire
+deux; que là, deux ou trois lettres étaient fondues en
+une seule; ailleurs, les phrases sont interposées, et très
+souvent les dates supprimées ou changées. N'eût-il pas
+mieux valu rien plutôt que cela! Que de jolies choses
+cependant elles renferment, et que de récits j'y ai lus,
+semblables à <i>Un souper chez M<sup>lle</sup> Rachel</i>, qui n'est que
+l'une d'elles, dont on a supprimé le commencement et
+la fin!<a name="FNanchor_87" id="FNanchor_87" href="#Footnote_87" class="fnanchor">[87]</a>.</p>
+
+<p>Comment conclure, si ce n'est en exprimant le désir de
+voir un jour joindre aux &oelig;uvres du poète, toutes ces
+pages inédites, toutes ces lettres surtout, qui révèleront
+un Musset inconnu?</p>
+
+<p class="center">*<br />
+*&nbsp;&nbsp;&nbsp;*</p>
+
+<p><span class="smcap">Les Annales Politiques et Littéraires</span> du 19 septembre
+1897 commencent la publication de <i>Denise</i>, cette
+nouvelle dont je parle au début de cet article, en laissant
+planer, par un Avertissement, un doute sur le véritable
+<span class="pagenum"><a name="Page_216" id="Page_216">216</a></span> auteur. Il suffit, pour éviter toute équivoque, de se
+reporter à la <span class="smcap">Revue de Paris</span> du 2 mai 1841; on y trouvera,
+page 5, <i>Denise</i>, avec la signature de Paul, son seul et véritable
+auteur. Cela a été révélé par M. le vicomte de Spoelberch
+de Lovenjoul dans une lettre publiée par le <span class="smcap">Journal
+des Débats</span> du 1<sup>er</sup> juillet 1897. Le même journal donnait
+le lendemain une autre note rectificative (qui émanait
+de moi) dans laquelle je disais que le fait d'attribuer à
+Alfred ce qui venait de Paul, n'était pas unique, et je
+faisais allusion à une lettre envoyée par Alfred de Musset
+à un de ses éditeurs pour se plaindre de cela. Voici
+cette lettre:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center">«Monsieur Charpentier, 19, rue de Lille.</p>
+
+<p class="right">«Lundi, 30 septembre [1850].</p>
+
+<p class="left5">«Mon cher ami,</p>
+
+<p>«Je vous envoye le catalogue de l'<i>Assemblée</i>, où vous
+trouverez quatre ou cinq romans de mon frère, annoncés
+sous mon nom. Vous m'avez dit que vous vous chargeriez
+de demander la rectification. J'aimerais mieux en effet que
+vous me rendissiez ce service, attendu qu'il est délicat pour
+moi de parler de mon frère.</p>
+
+<p>«D'ailleurs, votre position, étant <i>mon éditeur</i>, vous donne,
+il me semble, toute espèce de droit. Car c'est, au bout du
+compte, une sotte tromperie qui est toujours préjudiciable:
+le public peut nous croire complices.</p>
+
+<p>«Si vous voulez bien vous en charger, tenez-moi au courant,
+parce que, si on ne rectifie pas l'erreur, il faudra écrire
+dans d'autres journaux.</p>
+
+<p class="left55">«Tout à vous. <span class="i4 smcap">«Alfred de Musset.»</span></p></div>
+
+<p>Ce catalogue est annoncé dans le numéro de l'<span class="smcap">Assemblée
+Nationale</span> du 26 juillet 1850, et paraît pour la première
+fois dans le numéro du 28 juillet; il est fréquemment
+<span class="pagenum"><a name="Page_217" id="Page_217">217</a></span> reproduit, notamment dans le numéro du 21
+septembre. En ce qui concerne les deux frères, l'annonce
+est ainsi faite:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«Le Bracelet, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p>Samuel, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p>Tête et C&oelig;ur, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p>Les Amours de Planoche et de M<sup>me</sup> de Laguette, par
+Paul de Musset. 2 vol. in-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p>Lauzun, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.»</p></div>
+
+<p>Dans ce numéro, qui est probablement celui qui
+accompagnait la lettre, le catalogue occupe toute la troisième
+page et la moitié de la quatrième. Toutefois, si
+M. Charpentier a demandé une rectification, il ne fut
+pas tenu compte de sa demande, car le catalogue continue
+à paraître avec ses inexactitudes; je l'ai retrouvé
+tel jusque dans le numéro du 7 décembre 1850.</p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/228_s.jpg" width="150" height="99"
+alt="end chap4" title="" /></div>
+
+<p class="center"><a href="images/228_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<p><span class="pagenum invisible"><a name="Page_218" id="Page_218">218</a></span></p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_219" id="Page_219">219</a></span></p>
+
+<p class="c"><b>NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE</b></p>
+
+<p class="s"><b>SUR LA</b></p>
+
+<p class="c"><b>CORRESPONDANCE</b></p>
+
+<p class="s"><b>DE</b></p>
+
+<p class="c"><b>ALFRED DE MUSSET</b></p>
+<p><span class="pagenum invisible"><a name="Page_220" id="Page_220">220</a></span></p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_221" id="Page_221">221</a></span></p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/111_s.jpg" width="500" height="115"
+alt="chap5" title="" /></div>
+
+<p class="center"><a href="images/111_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<h2>NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE</h2>
+
+<p class="c"><b>SUR LA</b></p>
+
+<h2>CORRESPONDANCE</h2>
+
+<p class="center"><b>DE</b></p>
+
+<p class="c"><b>ALFRED DE MUSSET</b></p>
+
+<hr class="c5" />
+
+<p class="p2">La correspondance d'Alfred de Musset, à côté des
+détails biographiques qu'elle renferme et de sa valeur
+littéraire, offre ceci de particulier, que le poète se laisse
+voir tel qu'il était dans la vie intime: obéissant à l'impression
+du moment, il écrit sans affectation, sans pose,
+mettant son c&oelig;ur et son esprit à nu. Le jour où ses
+lettres seront connues, bien des jugements portés sur lui
+devront être réformés.</p>
+
+<p>Malheureusement, ce n'est pas dans le recueil de ses
+&oelig;uvres complètes qu'il faut aller chercher cette correspondance.
+Les trente-cinq lettres publiées par les soins
+de son frère Paul, en 1866, à la fin du tome X de l'édition
+<span class="pagenum"><a name="Page_222" id="Page_222">222</a></span> dite de souscription (&OElig;uvres posthumes), ne donnent
+qu'une bien faible idée de ce que sont les autres et
+n'en représentent qu'une partie bien minime.</p>
+
+<p>Cependant, beaucoup d'autres lettres de notre poète
+existent éparses dans des journaux, des revues ou des
+livres. Voici, avec l'indication du recueil dans lequel je
+les ai trouvées imprimées pour la première fois, celles
+qui sont parvenues à ma connaissance.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Arago</span> (Alfred).</p>
+
+<p>1.&mdash;Sans date: «J'ai connu un jeune peintre, qui
+avait une demoiselle de compagnie». <i>Le Monde Illustré</i>,
+27 septembre 1862. Fragment.</p>
+
+<p class="left5">
+<span class="smcap">Augier</span> (Émile).</p>
+
+<p>2.&mdash;Lundi, 1848: «Vous allez me trouver, mon cher
+Augier, une bien ridicule créature». <i>Le Gaulois</i>, 7 août
+1893. Je n'ai pu vérifier si, comme on me l'a dit, c'est
+cette lettre qui est donnée en fac-similé d'autographe
+dans l'<i>Album de l'Exposition d'art dramatique à Vienne,
+en 1892. Paris, 1894. In-folio.</i></p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Belgiojoso</span> (M<sup>me</sup> la princesse Christine Trivulce
+de).</p>
+
+<p>3.&mdash;S. D. (1836): «Je ne crois pas, princesse, toute
+fausse modestie à part». <i>Inventaire des Autographes de
+M. Fillon. Séries V à VIII. Étienne Charavay, 1878. In-8<sup>o</sup></i>,
+page 148, fragment.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Belmont</span> (Marquis Alfred de).</p>
+
+<p>4.&mdash;Madame la vicomtesse de Janzé nous apprend
+dans ses <i>Études et Récits</i> (Plon, 1891, in-12, p. 217) que
+M. de Belmont «essaya à plusieurs reprises d'enrôler
+son ami Alfred de Musset dans la poursuite du surnaturel,
+mais il ne put le persuader. Ils avaient eu entre
+<span class="pagenum"><a name="Page_223" id="Page_223">223</a></span> eux une correspondance suivie que M. de Belmont
+brûla peu de temps avant sa mort», survenue en 1857.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Blanc</span> (Edmond).</p>
+
+<p>5.&mdash;4 novembre 1838. «Monsieur le Secrétaire-Général,
+lorsque vous m'avez fait l'honneur de me recevoir».
+<i>La Nouvelle Revue</i>, 15 janvier 1899.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Bonnaire</span> (Félix), éditeur.</p>
+
+<p>6.&mdash;S. D. (1837 ou 1838). «Mon cher ami, voilà mes
+épreuves». <i>Bibliographie des &OElig;uvres d'Alfred de Musset
+par M. Clouard. Rouquette, 1883. In-8<sup>o</sup></i>, p. XII.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Boucoiran</span> (Jules).</p>
+
+<p>7.&mdash;7 mars 1835. «Monsieur, je sors de chez madame
+Sand et on m'apprend qu'elle est à Nohant». <i>La Revue de
+Paris</i>, 15 août 1896.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Brohan</span> (M<sup>me</sup> Augustine).</p>
+
+<p>8.&mdash;15 mars 1849. Des Haricots. «O ma chère Brohan,
+je suis dans les fers». <i>Le Parlement</i>, 6 avril 1883. <i>Annuaire
+des Amis des Livres, 11<sup>e</sup> année. 1890. In-8<sup>o</sup></i>, p. 94.</p>
+
+<p>9.&mdash;S. D. «Il ne m'est pas possible, ma chère Brohan,
+de dîner chez vous». <i>Catalogue de la bibliothèque de feu
+M. Yver, 2<sup>e</sup> partie. Paris, E. Paul et L. Huart, 1893. In-8<sup>o</sup></i>,
+n<sup>o</sup> 740. Ne manque que le post-scriptum.</p>
+
+<p>10.&mdash;S. D. «Ma chère Brohan, vous avez été deux
+fois aimable». <i>Catalogue d'autographes, vente hôtel
+Drouot le 13 juin 1890. Paris, Gabriel Charavay. In-8<sup>o</sup>,</i>
+N<sup>o</sup> 94, fragment.</p>
+
+<p>11.&mdash;S. D. «Ma chère Brohan, je vous écris à tout
+hasard». <i>Alfred de Musset par Eugène de Mirecourt. Havard,
+1854. In-32.</i> Fragment en fac-similé d'autographe.
+<i>Le Gaulois</i>, 18 août 1896.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Buloz</span> (François), directeur de la <i>Revue des Deux-Mondes</i>.</p>
+
+<p>12.&mdash;Lundi, 18 (août 1834). «Mon ami, ma mère me
+<span class="pagenum"><a name="Page_224" id="Page_224">224</a></span> donne de quoi aller aux Pyrenées». <i>La Revue de Paris</i>,
+15 août 1896.</p>
+
+<p>13.&mdash;(Février ou mars) 1835. «Mon cher Buloz, ayez
+la bonté de prier M<sup>me</sup> Dudevant, lorsque vous la verrez».
+<i>Revue Bleue</i>, 3 avril 1897.</p>
+
+<p>14.&mdash;S. D. «Mon cher Buloz, si vous voulez me
+rendre le service de faire donner 200 francs». <i>Catalogue
+de la Collection Dentu. Autographes, tome II, 3<sup>e</sup> fascicule.
+1888. In-8<sup>o</sup></i>, p. 223.</p>
+
+<p>15.&mdash;S. D. «Mercredi. O mon ami, réfléchissez avant
+de répondre à cette simple parole». <i>Catalogue d'autographes,
+vente le 8 décembre 1891, hôtel Drouot. Paris,
+Étienne Charavay. In-8<sup>o</sup>.</i> N<sup>o</sup> 117. Fragment.</p>
+
+<p>16.&mdash;S. D. «Lundi, 28. Voilà, mon cher monsieur, la
+pièce dont je vous ai parlé. Les uns voudraient que je la
+fisse siffler». <i>Bulletin de la maison Étienne Charavay,
+n<sup>o</sup> 286. Avril-mai 1898. In-8</i>, n<sup>o</sup> 42096. Fragment.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Cantel</span> (Henri).</p>
+
+<p>17.&mdash;23 novembre 1848. «Monsieur, par le plus singulier
+des hasards, il m'a été donné d'apprécier votre
+charmant talent». <i>La Revue de France</i>, 1<sup>er</sup> mars 1881. A
+tenir pour douteuse jusqu'à production de l'original.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Carjat</span> (Étienne).</p>
+
+<p>18.&mdash;Simple billet répondant à une demande d'autorisation
+de publier un portrait-charge dans le <i>Diogène</i>:
+«Monsieur, la gaieté des gens d'esprit ne m'a jamais
+fait peur; faites de moi ce qu'il vous plaira.&mdash;Alfred
+de Musset». <i>Polichinelle à Paris</i>, 22 janvier 1857.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Charpentier</span> (Gervais), éditeur.</p>
+
+<p>19.&mdash;30 septembre 1850. «Mon cher ami, je vous envoyé
+le catalogue de l'«Assemblée» où vous trouverez
+quatre ou cinq romans de mon frère». <i>Les Héritiers
+d'Alfred de Musset contre M. Charpentier. Mémoire pour</i>
+<span class="pagenum"><a name="Page_225" id="Page_225">225</a></span> <i>M Charpentier. Paris, 1867, In-8<sup>o</sup></i>, p. 17.&mdash;<i>Revue d'Histoire
+littéraire de la France</i>, 15 janvier 1898.</p>
+
+<p>20.&mdash;27 juin 1851. «Mon cher ami, Hetzel a fait proposer
+hier par Berrurier de vous remettre». <i>Les Héritiers
+d'Alfred de Musset contre M. Charpentier. Mémoire
+pour M. Charpentier. Paris, 1867. In-8<sup>o</sup></i>, p. 16.</p>
+
+<p>21.&mdash;19 février 1857. «Mon cher Charpentier, j'ai
+réfléchi depuis que je vous ai vu...» <i>Dix ans chez
+Alfred de Musset, par M<sup>me</sup> Martellet. Paris, Chamuel,
+1899. 1 vol. in-12</i>, page 98.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Clésinger</span>, statuaire.</p>
+
+<p>22.&mdash;16 avril 1851. «Mon cher Clésinger, je suis allé
+pour vous voir ce matin à Madrid». <i>Catalogue des Autographes
+de M. A. Bovet, vente 19-21 juin 1884. Paris,
+Étienne Charavay. In-4<sup>o</sup>,</i> n<sup>o</sup> 910, en fac-similé.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Colin</span> (Adèle), devenue M<sup>me</sup> Martellet, gouvernante
+d'Alfred de Musset.</p>
+
+<p>23.&mdash;16 août 1847. «Je n'aurais pas cru que vous
+puissiez vous éloigner ainsi de moi...» <i>Dix ans chez
+Alfred de Musset, par M<sup>me</sup> Martellet. Paris, Chamuel,
+1899. 1 vol. in-12</i>, page 16 et en fac-similé.</p>
+
+<p>24.&mdash;S. D. «Je n'ai pas fermé l'&oelig;il; j'ai les premières
+attaques de mes délires».&mdash;<i>Revue de Paris et
+Saint-Pétersbourg</i>, décembre 1887, p. 43.</p>
+
+<p>M<sup>me</sup> Martellet prépare en ce moment une deuxième
+édition de ses souvenirs, où se trouveront certainement
+d'autres lettres.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">David d'Angers</span>, statuaire.</p>
+
+<p>25.&mdash;Samedi soir, 1831. «Monsieur, je suis de service
+demain pour presque toute la journée». <i>Revue de l'Art
+Français</i>, 1893, p. 204.</p>
+
+<p>26.&mdash;1832? «Mon cher David, je suis allé chez
+Micheli pour avoir de vos médailles». <i>David d'Angers
+<span class="pagenum"><a name="Page_226" id="Page_226">226</a></span> et ses relations littéraires par Henri Jouin, Plon,
+1890. In-8<sup>o</sup></i>, p. 67.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Directeur de l'Académie Française.</span></p>
+
+<p>27.&mdash;Août 1848. Lettre relative au prix De Maillé
+Latour-Landry, décerné à Alfred de Musset dans la
+séance du 17 août. <i>Le Moniteur Universel</i>, 25 août 1848.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Directeur du Constitutionnel.</span></p>
+
+<p>28.&mdash;Juillet 1844. «Monsieur, on a beaucoup parlé
+de chroniques, de légendes et de ballades». Sert de préface
+à la nouvelle «Les frères Van-Buch». <i>Le Constitutionnel</i>,
+27 juillet 1844.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Directeurs de l'Europe Littéraire.</span></p>
+
+<p>29.&mdash;23 novembre 1832. «Messieurs, je serai très
+heureux de pouvoir entrer pour quelque chose dans la
+rédaction de votre nouveau journal». <i>Supplément au
+Prospectus de l'Europe Littéraire, 1832. In-8<sup>o</sup></i>, p. 7.&mdash;<i>Revue
+d'Histoire littéraire de la France</i>, 15 janvier 1898.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Directeur du National.</span></p>
+
+<p>30.&mdash;Janvier 1849. «Monsieur, j'apprends que le journal
+«l'Événement» à propos des élections de l'Académie».
+<i>Le National</i>, 13 janvier 1849.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Directeur de la Patrie.</span></p>
+
+<p>31.&mdash;Juin 1848. «Je lis dans votre journal qu'on avait
+annoncé par erreur que j'étais destitué de la place de
+Bibliothécaire». <i>La Patrie</i>, 20 juin 1848.&mdash;<i>La Presse</i>,
+20 juin 1848. Souvent réimprimée.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Duc d'Orléans.</span></p>
+
+<p>32.&mdash;1838. «Monseigneur, les journaux annoncent
+que M. Vatout, bibliothécaire de Sa Majesté, est chargé».
+<i>Catalogue des autographes de M. Charles Keissner, 12
+mars 1889. Gabriel Charavay. In-8<sup>o</sup></i>, n<sup>o</sup> 126, fragment.&mdash;<i>La
+Nouvelle Revue</i>, 15 janvier 1899, fragment.
+<span class="pagenum"><a name="Page_227" id="Page_227">227</a></span></p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Du Camp</span> (Maxime).</p>
+
+<p>33.&mdash;1840. «Monsieur, je suis bien en retard envers
+vous.» <i>Souvenirs littéraires par Maxime Du Camp.
+Hachette, 1882. In-8<sup>o</sup>.</i> Tome I, p. 153.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Dumas</span> père (Alexandre).</p>
+
+<p>34.&mdash;16 juin 1848. «Mon cher Dumas, je viens de
+lire «La France Nouvelle» et j'irai vous serrer la main».
+<i>La France Nouvelle</i>, 21 juin 1848.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Fortoul</span> (Hippolyte), ministre de l'Instruction
+publique.</p>
+
+<p>35.&mdash;27 août 1856. «Monsieur le ministre, je ne
+puis assez remercier Votre Excellence des paroles de
+bonté». <i>Bibliographie des &OElig;uvres d'Alfred de Musset,
+par M. Clouard. Rouquette, 1883. In-8<sup>o</sup></i>, p. XVI.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Foucher</span> (Paul).</p>
+
+<p>36.&mdash;Le Mans, 19 octobre 1827. «Je reviens, mon
+cher ami, jeudi prochain». <i>L'Amateur d'Autographes</i>,
+1<sup>er</sup> janvier 1867.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Girardin</span> (M<sup>me</sup> Émile de), née Delphine Gay.</p>
+
+<p>37.&mdash;7 janvier 1835. Fragment d'une lettre dans le
+<i>Catalogue d'Autographes, vente le 24 février 1892, hôtel
+Drouot. Paris, Gabriel Charavay. In-8<sup>o</sup></i>, n<sup>o</sup> 140.</p>
+
+<p>38.&mdash;Jeudi, 8 (juin 1848). «Il est vrai, madame, que
+je ne suis pas conservé en qualité de conservateur».
+<i>Études et Récits sur Alfred de Musset, par M<sup>me</sup> de Janzé.
+Plon, 1891. In-12</i>, p. 93.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Grenier</span> (Édouard).</p>
+
+<p>39.&mdash;Lettre envoyée par Alfred de Musset au printemps
+de 1843 et détruite accidentellement pendant la
+Commune en 1871. Voir à ce sujet la <i>Revue Bleue</i> des
+3 septembre et 15 octobre 1892, p. 301 et 492.
+<span class="pagenum"><a name="Page_228" id="Page_228">228</a></span></p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Guttinguer</span> (Ulric).</p>
+
+<p>40.&mdash;1832. Honfleur, fragment d'une lettre: «Je n'ai
+jamais tenté de faire une hymne à mon Dieu». <i>L'Événement</i>,
+12 juin 1885.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Houssaye</span> (Arsène).</p>
+
+<p>Quatre lettres publiées dans: <i>Les Confessions, par
+Arsène Houssaye. Dentu, 1885-1897. 6 vol. in-8<sup>o</sup>.</i></p>
+
+<p>41.&mdash;1842. Billet en réponse à une invitation: «Vous
+me faites, mon cher maître, honneur et plaisir». Tome I,
+planche de fac-similé XVII.</p>
+
+<p>42.&mdash;1851. «Je ne prétends pas être joué quatre fois
+par semaine». Tome I, planche de fac-similé XVII.</p>
+
+<p>43.&mdash;1851. «Mon cher ami, j'ai reçu les deux billets».
+Tome III, p. 253, et précédemment dans le
+<i>Figaro</i>, 2 novembre 1882.</p>
+
+<p>44.&mdash;1853? «Mon cher ami, je vous avais parlé de
+M<sup>me</sup> Brohan». Tome V, planche de fac-similé III.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Janin</span> (Jules).</p>
+
+<p>45.&mdash;(Décembre 1838). «Monsieur, je vous ai cherché
+hier soir au Théâtre Français». <i>L'Événement</i>, 28 janvier
+1886. Souvent réimprimée, traduite en allemand
+dans <i>Frankfurter Zeitung</i>, 17 janvier 1890.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Jaubert</span> (M<sup>me</sup> Caroline), la «Marraine».</p>
+
+<p>J'ai pu vérifier sur les originaux le texte de moitié
+environ des lettres adressées à «la Marraine» et publiées
+soit dans les <i>Souvenirs de M<sup>me</sup> Jaubert, Hetzel, 1881. 1 vol.
+in-12</i>, soit dans les <i>&OElig;uvres posthumes d'Alfred de Musset.
+Charpentier, 1867. 1 vol. in-12</i><a name="FNanchor_88" id="FNanchor_88" href="#Footnote_88" class="fnanchor">[88]</a>. Dans cette moitié
+vérifiée, j'ai constaté qu'à côté de quelques lettres imprimées
+sans changement, le plus grand nombre offre des
+retouches ou des suppressions considérables. J'en conclus
+<span class="pagenum"><a name="Page_229" id="Page_229">229</a></span>
+que celles non vérifiées sont dans les mêmes conditions:
+aussi vais-je donner mes indications pour tout ce
+qui est publié<a name="FNanchor_89" id="FNanchor_89" href="#Footnote_89" class="fnanchor">[89]</a>.</p>
+
+<p>46.&mdash;1<sup>er</sup> avril 1836. «Belle Madame, style Musset, je
+suis enfermé de nouveau». <i>Le Clairon</i>, 27 novembre
+1881. Textuel.</p>
+
+<p>A.&mdash;(Mai ou juin 1836). «Vous avez eu grand tort,
+Madame, de n'être pas venue ce soir au Théâtre Français».
+<i>&OElig;uvres posthumes</i>, p. 203. Dix lignes et un dessin supprimés
+à la fin. (M<sup>lle</sup> Plessy dans le <i>Barbier de Séville</i>).</p>
+
+<p>B.&mdash;27 février 1837. «Madame, voici le fait: La Princesse
+m'écrit qu'elle ne peut me bâtir un sujet». <i>&OElig;uvres
+posthumes</i>, p. 204. Post-scriptum de cinq lignes supprimé.</p>
+
+<p>47*.&mdash;28 juin 1837. «Madame, comme votre départ
+m'avait un peu vexé». <i>Souvenirs</i>, p. 165.</p>
+
+<p>48.&mdash;17 octobre 1837. «Le bruit court que madame
+Jaubert revient à Paris». <i>Souvenirs</i>, p. 139. Textuel.</p>
+
+<p>49.&mdash;(1837). «Marraine, le fieux est déconfit».
+<i>Souvenirs</i>, p. 191. Deux mots changés sans importance.&mdash;<i>Le
+Temps</i>, 12 janvier 1881.</p>
+
+<p>50.&mdash;27 octobre 1837. «Madame, vous avez trouvé le
+vrai nom du sentiment qui nous unit». <i>Souvenirs</i>,
+p. 160. Textuel, sauf le mot «Marraine» mis plusieurs
+fois à la place de «Amie».</p>
+
+<p>C.&mdash;(15 décembre 1838). «Madame, mon arrangement
+de loge a manqué ce soir». <i>&OElig;uvres posthumes</i>,
+p. 205. Une phrase changée.</p>
+
+<p>D.&mdash;17 décembre 1838. «Vous vous trompez, ma
+chère marraine, en croyant que c'était sur vous que je
+comptais». <i>&OElig;uvres posthumes</i>, p. 206. Plusieurs phrases
+supprimées ou changées.</p>
+
+<p>E.&mdash;(27 mars 1839). Lettre publiée dans la première
+édition des <i>&OElig;uvres posthumes</i> (<i>Charpentier, 1860. In-12</i>,</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_230" id="Page_230">230</a></span>
+p. 101), sous le titre de: <i>Un souper chez M<sup>lle</sup> Rachel</i>, et
+dont le texte est complètement remanié par Paul de
+Musset. Comme terme de comparaison, en voici le début,
+auquel ressemble toute la suite:</p>
+
+<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="comparaison">
+<colgroup span="3">
+<col align="left"></col>
+<col align="center"></col>
+<col align="left"></col>
+</colgroup>
+<tr>
+<td><span class="smcap">Manuscrit</span><br />
+&nbsp;<br />
+«J'avais perdu l'adresse<br />
+exacte d'Angerville; je viens<br />
+de la retrouver trop tard.<br />
+Merci d'abord de la lettre de<br />
+<i>Paolita</i>. Elle est bien gentille,<br />
+mais moins que vous, qui ne<br />
+manquez jamais une occasion<br />
+d'envoyer un moment de joie<br />
+à ceux qui vous aiment? Vous<br />
+êtes la seule créature humaine,<br />
+mâle ou femelle, que<br />
+je connaisse faite ainsi. Un<br />
+bienfait n'est jamais perdu:<br />
+en réponse à votre lettre de<br />
+Desdémone, je veux vous<br />
+servir un souper chez mademoiselle<br />
+Rachel, qui vous<br />
+amusera peut-être, si nous <br />
+sommes toujours du même<br />
+avis. Ma petite scène sera<br />
+pour vous <i>seule</i>, d'abord<br />
+parce que la noble enfant<br />
+déteste les indiscrétions et<br />
+ensuite parce que, depuis<br />
+que je vais quelquefois chez<br />
+elle, on a fait tant de can-cans,<br />
+de bavardages et de<br />
+niaiseries, que j'ai pris le<br />
+parti de ne pas seulement<br />
+dire que je l'avais vue au<br />
+Français. On avait joué<br />
+<i>Tancrède</i>, etc...»<br />
+&nbsp;</td>
+<td>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</td>
+<td><span class="smcap">Texte imprimé</span><br />
+&nbsp;<br />
+«Merci d'abord, madame<br />
+et chère marraine, pour la<br />
+lettre que vous me communiquez<br />
+de l'aimable <i>Paolita</i>.<br />
+Cette lettre est bien remarquable<br />
+et bien gentille; mais<br />
+que dirais-je de vous qui ne<br />
+manquez jamais une occasion<br />
+d'envoyer un peu de joie à<br />
+ceux qui vous aiment? Vous<br />
+êtes la seule créature humaine<br />
+que je connaisse faite<br />
+ainsi. Un bienfait n'est jamais<br />
+perdu. En réponse à votre<br />
+lettre de Desdémone, je veux<br />
+vous servir un souper chez<br />
+M<sup>lle</sup> Rachel, qui vous amusera,<br />
+si nous sommes toujours<br />
+du même avis, et si<br />
+vous partagez encore mon<br />
+admiration pour cette sublime<br />
+fille. Ma petite scène<br />
+sera pour vous seule, d'abord<br />
+parce que la noble enfant<br />
+déteste les indiscrétions et<br />
+ensuite parce qu'on a fait,<br />
+depuis que je vais quelquefois<br />
+chez elle, tant de sots<br />
+propos et de bavardages,<br />
+que j'ai pris le parti de ne<br />
+pas même dire que je l'ai vue<br />
+au Théâtre Français. On avait<br />
+joué <i>Tancrède</i>, etc...»</td>
+</tr>
+</table>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/242_s.jpg" width="500" height="488"
+alt="manuscrit" title="" /></div>
+
+<p class="center"><a href="images/242_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_231" id="Page_231">231</a></span>
+Dans le dialogue entre Rachel et sa mère, puis entre la
+tragédienne et l'auteur, il n'y a pas une seule phrase qui
+n'ait subi quelque changement, soit par retranchement,
+soit par addition. La fin manque dans l'original et Paul
+de Musset l'a remplacée par une phrase de sa façon<a name="FNanchor_90" id="FNanchor_90" href="#Footnote_90" class="fnanchor">[90]</a>.</p>
+
+<p>51*.&mdash;Lundi, nuit (1839?). «Ma chère marraine, je
+suis allé deux fois chez vous aujourd'hui». <i>Souvenirs</i>,
+p. 183.</p>
+
+<p>52*.&mdash;Mardi (1839). «Je vous avais écrit une lettre
+qui commençait ainsi». <i>Souvenirs</i>, p. 185.</p>
+
+<p>53.&mdash;Mercredi soir (1839?). «J'ai profondément
+réfléchi et j'ai découvert que ce n'était pas la peine».
+<i>Souvenirs</i>, p. 194. Textuel.</p>
+
+<p>54*.&mdash;S. D. (1839?). «Votre conseil était bon, chère
+marraine; venant de vous, il devait l'être». <i>Souvenirs</i>,
+p. 187.</p>
+
+<p>F.&mdash;(Fin mars 1840). «Comment allez-vous, ma
+chère marraine, et que faites-vous?» <i>&OElig;uvres posthumes</i>,
+p. 208. Textuel.</p>
+
+<p>G.&mdash;Jeudi soir (juin 1840). «Voilà comme vous êtes,
+vous autres femmes». <i>&OElig;uvres posthumes</i>, p. 211. Nombreuses
+coupures; plus de la moitié de la lettre est supprimée.</p>
+
+<p>H.&mdash;31 juillet 1840. «Si vous savez pourquoi vous
+répondez vite et bien». <i>&OElig;uvres posthumes</i>, p. 213.
+Nombreuses coupures et un dessin supprimé. (Tombeau
+d'un homme qui est allé à l'Opéra-Comique).</p>
+
+<p>55.&mdash;9 octobre 1840. «Vous êtes à la campagne, vous,
+je suis à Paris, moi.» <i>Souvenirs</i>, p. 202. Quelques mots
+changés.&mdash;<i>Illustration</i>, 22 mai 1880.</p>
+
+<p>56.&mdash;19 octobre 1840. «Encore une raison qui fait
+<span class="pagenum"><a name="Page_232" id="Page_232">232</a></span>
+que je vous réponds tard». <i>Souvenirs</i>, p. 203. Seulement
+les vingt premières lignes de cette lettre, qui a huit
+pages et est ornée d'un dessin. (Rachel me lance un
+coup d'&oelig;il à la Hermione).</p>
+
+<p>57*.&mdash;Lundi matin (janvier 1841?).&mdash;«Madame, je
+rentre de ma garde, et, à propos d'une baliverne».
+<i>Souvenirs</i>, p. 220.</p>
+
+<p>I.&mdash;13 avril 1841. «Je ne puis aller ce soir chez vous,
+ma chère marraine». <i>&OElig;uvres posthumes</i>, p. 222.
+Textuel.</p>
+
+<p>58.&mdash;(Juin 1841?). «Ai-je besoin de vous dire, ma
+petite et blonde marraine, qu'une note de vous». Cette
+lettre est publiée dans les <i>Souvenirs</i>, p. 218, comme étant
+une lettre complète; mais sur une copie écrite par Paul
+de Musset, en outre des nombreuses variantes, cela ne
+formerait que la seconde partie d'une autre lettre, du
+28 octobre 1844, que l'on, trouvera p. 204 des mêmes
+<i>Souvenirs</i> (n<sup>o</sup> 64).</p>
+
+<p>59.&mdash;(2 avril 1842). «Madame, si un atome de moi
+vivait encore». <i>Souvenirs</i>, p. 108. Textuel.</p>
+
+<p>60*.&mdash;(Juin ou juillet 1842?). «Eh bien, madame,
+vous ne vouliez pas le croire». <i>Souvenirs</i>, p. 196.</p>
+
+<p>J.&mdash;Mardi, 26 (juillet 1842). «J'ai grogné tout mon
+saoul, mais je ne veux pas écrire». <i>&OElig;uvres posthumes</i>,
+p. 167. Nombreux changements, plusieurs suppressions.</p>
+
+<p>61*.&mdash;Lundi (octobre 1842). «Il faut que je vous
+aime terriblement, madame». <i>Souvenirs</i>, p. 212.</p>
+
+<p>62*.&mdash;Vendredi (octobre 1842). «Ainsi Uranie n'a pas
+lu la Revue». <i>Souvenirs</i>, p. 209.</p>
+
+<p>63*.&mdash;(Novembre 1842?). «Voilà mon frère qui me
+dit:&mdash;Aujourd'hui vendredi». <i>Souvenirs</i>, p. 215.</p>
+
+<p>K.&mdash;23 novembre (1842). «Je remercie d'abord la
+plus petite de toutes, de n'avoir pas oublié son ancienne
+coutume». <i>&OElig;uvres posthumes</i>, p. 225. Nombreuses
+coupures.</p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/245_s.jpg" width="350" height="239"
+alt="théâtre" title="" /></div>
+
+<p class="center"><a href="images/245_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_233" id="Page_233">233</a></span>
+64*.&mdash;Vendredi, 28 (octobre 1844). «Ce qui fait qu'on
+n'a pas répondu plus tôt à sa marraine, c'est que le
+fieux». <i>Souvenirs</i>, p. 204. Voir n<sup>o</sup> 58.</p>
+
+<p>65.&mdash;(1851). Billet. <i>Souvenirs</i>, p. 224.</p>
+
+<p>66*.&mdash;S. D. «Est-ce que nous sommes brouillés
+aussi, marraine». <i>Souvenirs</i>, p. 207.</p>
+
+<p>67*.&mdash;S. D. Dimanche. «Je ne suis pas content, marraine,
+je suis ennuyé et dérangé». <i>Souvenirs</i>, p. 217.</p>
+
+<p>68*. S. D. «Madame, il vous est arrivé certainement
+très souvent de souffler dans un ballon sec». <i>Souvenirs</i>,
+p. 194. <i>Le Temps</i>, 12 janvier 1881.</p>
+
+<p>69*.&mdash;S. D. «J'ai besoin d'un renseignement musical
+que ma s&oelig;ur me dit ne pas pouvoir me donner». <i>Souvenirs</i>,
+p. 176.</p>
+
+<p>70*.&mdash;S. D. «Mon grand-père avait fait un jour acquisition
+de deux petits b&oelig;ufs d'airain». <i>Souvenirs</i>, p. 180.
+Une phrase changée.</p>
+
+<p>71.&mdash;S. D. «Voulez-vous, madame, être assez bonne
+pour me renvoyer les romances de M. Cervini». <i>Inventaire
+des Autographes Fillon. Séries V à VIII. Étienne
+Charavay, 1878. In-8<sup>o</sup></i>, p. 147.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Levrault</span> (M<sup>me</sup>), banquier, à Strasbourg.</p>
+
+<p>Trois lettres publiées dans les <i>Annales de l'Est</i>, n<sup>o</sup> 4,
+octobre 1887.</p>
+
+<p>72. Bade, 18 septembre 1834. «Madame, vous avez
+peut-être déjà reçu du directeur de la <i>Revue des Deux-Mondes</i>
+un mot d'avis».</p>
+
+<p>73.&mdash;Bade, septembre 1834. «Madame, j'ai écrit à
+Paris pour qu'on me fasse passer quelqu'argent».</p>
+
+<p>74.&mdash;Strasbourg, octobre 1834. «Madame, je pars à
+l'instant et je ne puis vous remercier moi-même».</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Liszt</span> (Frantz).</p>
+
+<p>Deux lettres publiées dans <i>Études et Récits sur Alfred
+<span class="pagenum"><a name="Page_234" id="Page_234">234</a></span> de Musset, par</i> M<sup>me</sup> <i>la vicomtesse de Janzé. Plon, 1871.
+1 vol. in-12.</i></p>
+
+<p>75.&mdash;20 juin 1836. «Votre lettre, mon ami, m'a fait
+double plaisir», p. 20.</p>
+
+<p>76.&mdash;Novembre 1836. «Je voulais aller vous voir
+aujourd'hui, mon cher Liszt», p. 192.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Marette</span> (Monsieur), à Paris.</p>
+
+<p>77.&mdash;31 mars 1840. Billet par lequel il le prie de
+remettre ses appointements au porteur. <i>Nouvelle Revue</i>,
+15 janvier 1899.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Mérimée</span> (Prosper).</p>
+
+<p>78.&mdash;1832. «Au moment de terminer mes épreuves,
+j'ai oublié de vous demander une autorisation». <i>Revue
+rétrospective</i>, 1<sup>er</sup> mai 1891.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Montalivet</span> (le Comte de).</p>
+
+<p>79.&mdash;23 octobre 1838. «Monsieur le Comte, permettez-moi
+de vous témoigner la vive reconnaissance».
+<i>Nouvelle Revue</i>, 15 janvier 1899.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Musset</span> (M<sup>me</sup> Edmée de), sa mère.</p>
+
+<p>80.&mdash;14 septembre 1848. «Je ne pouvais, ma chère
+mère, recevoir une meilleure nouvelle». <i>Nouvelle Revue</i>,
+15 janvier 1899, fragment.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Musset</span> (Paul de), son frère.</p>
+
+<p>81.&mdash;1<sup>er</sup> décembre 1842. «Je te remercie de tout mon
+c&oelig;ur, mon cher ami, de la bonne lettre que tu m'écris».
+<i>Biographie d'Alfred de Musset par Paul de Musset. Charpentier,
+1877. In-12</i>, p. 283. Deux coupures.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Péhant</span> (Émile), à Nantes.</p>
+
+<p>82.&mdash;29 novembre 1854. «Monsieur, je n'avais point
+oublié votre nom, mais je ne savais pas que vous habitiez
+Nantes.» <i>Jeanne la Flamme, par Émile Péhant.
+Hachette, 1872. In-12</i>, p. IX.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_235" id="Page_235">235</a></span></p>
+<p class="left5"><span class="smcap">Renduel</span> (Eugène), éditeur.</p>
+
+<p>Deux lettres, publiées dans <i>Le Romantisme et l'éditeur
+Renduel</i>, <i>par Adolphe Jullien</i>. <i>Charpentier, 1897</i>, 1 vol.
+in-12.</p>
+
+<p>83.&mdash;9 septembre 1832. «Monsieur, je voudrais bien
+que vous m'écrivissiez franchement», p. 172.</p>
+
+<p>84.&mdash;Lundi, 1832. «Voilà qui s'appelle agir d'une
+façon aimable», p. 174.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Sainte-Beuve.</span></p>
+
+<p>85.&mdash;(1829). «Je ne vais pas vous voir, mon ami,
+c'est que je ne le puis». <i>Indépendance belge</i>, 23 mai 1880.&mdash;<i>Revue
+hebdomadaire</i>, 1<sup>er</sup> août 1896.</p>
+
+<p>86.&mdash;9 septembre 1829. «Voilà un f... temps pour
+la chasse, mon ami». <i>Catalogue de la librairie Detaille</i>,
+1<sup>er</sup> mai 1887. <i>Le Pays</i>, 3 février 1888. <i>Le Constitutionnel</i>,
+9 février 1888. Longs fragments.</p>
+
+<p>87.&mdash;27 avril 1834. «J'ai à vous remercier, mon cher
+Sainte-Beuve, de l'intérêt». <i>Cosmopolis</i>, mai 1896,
+p. 435.</p>
+
+<p>88.&mdash;(Novembre 1834). «Je vous suis bien reconnaissant,
+mon cher ami, de l'intérêt». <i>Cosmopolis</i>, mai 1896,
+p. 435.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Sand</span> (M<sup>me</sup> George).</p>
+
+<p>Les lettres écrites par George Sand à Alfred de Musset
+sont publiées dans la <i>Revue de Paris</i> du 1<sup>er</sup> novembre
+1896, puis réunies à celles adressées à Sainte-Beuve, à la
+librairie C. Lévy, 1897. 1 vol. in-12. Celles d'Alfred de
+Musset à George Sand paraîtront assurément quelque
+jour; où et quand, je l'ignore. En attendant cette publication,
+on en trouvera de nombreux extraits dans:</p>
+
+<p>1<sup>o</sup> <i>Revue politique et littéraire</i> (Revue Bleue), 15 octobre
+1892. George Sand et Alfred de Musset, par E. Grenier.</p>
+
+<p>2<sup>o</sup> <i>Alfred de Musset par M<sup>me</sup> Arvède Barine. Paris,
+Hachette, 1892.</i> 1 vol. in-12.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_236" id="Page_236">236</a></span> 3<sup>o</sup> <i>Cosmopolis</i>, revue internationale, 1<sup>er</sup> mai et 1<sup>er</sup> juin
+1896. La Véritable Histoire de «Elle et Lui», par M. le
+vicomte de Spoelberch de Lovenjoul. Ces deux articles,
+réunis en volume et considérablement augmentés, ont
+été publiés à la librairie Calmann Lévy, 1897. 1 vol.
+in-12.</p>
+
+<p>4<sup>o</sup> <i>Revue Hebdomadaire</i>, 1<sup>er</sup> août 1896. Un roman vécu
+à trois personnages, par le docteur Cabanès. Joint à la
+2<sup>e</sup> Série de <i>Le Cabinet secret de l'histoire</i>, du même
+auteur. Librairie A. Charles, 1897. 1 vol. in-8<sup>o</sup>, orné des
+portraits de G. Sand et du docteur Pagello, et de fac-similés
+d'écriture.</p>
+
+<p>5<sup>o</sup> <i>La Revue de Paris</i>, 15 août 1896. Alfred de Musset
+et George Sand, par M. Clouard. Publié séparément et
+augmenté. Imprimerie Chaix, 1896. Br. in-8<sup>o</sup> avec deux
+portraits de G. Sand, dessinés par Alfred de Musset et
+un fac-similé, suivi d'un Index bibliographique. Cette
+notice, jointe au présent volume, renferme de nouveaux
+documents inconnus jusqu'à ce jour, pris sur les originaux.</p>
+
+<p>J'omets avec intention un livre signé Paul Mariéton.
+Les textes cités dans cet ouvrage sont, d'une façon générale,
+absolument inexacts: la <i>copie</i> qui servit à M. Mariéton
+a été écrite par moi, et lui a été communiquée à
+mon insu, malgré les promesses faites, par la personne à
+laquelle je l'avais confiée. Cette copie a été prise sur
+celle <i>arrangée</i> par George Sand, qui est fort incomplète
+et présente de grandes différences de texte avec une autre
+copie qu'on m'affirme avoir été prise sur les originaux.</p>
+
+<p>Je n'entrerai pas ici dans le détail de tous ces extraits
+et me bornerai à indiquer seulement ce qui est complet.</p>
+
+<p>89.&mdash;Août 1834. «Je t'envoie ce dernier adieu, ma
+bien aimée». <i>L'Homme Libre</i>, 14 avril 1877. Très long
+fragment.</p>
+
+<p>A.&mdash;<span class="smcap">George Sand</span>. 19 avril 1838. «Mon cher Alfred,
+<span class="pagenum"><a name="Page_237" id="Page_237">237</a></span> j'ai reçu ta lettre la veille de mon départ de Nohant».
+<i>Véritable Histoire de «Elle et Lui», etc...</i>, <i>1897</i>, p. 130.</p>
+
+<p>B.&mdash;<span class="smcap">George Sand.</span> 30 avril 1840. «Elle (la correspondance)
+est à Nohant, dans un coffre dont j'ai les clefs
+ici». <i>Cosmopolis</i>, mai 1896, p. 445.</p>
+
+<p>C.&mdash;<span class="smcap">George Sand.</span> Vendredi (mai 1840). «Les lettres
+sont arrivées. Si vous voulez venir». <i>Cosmopolis</i>, mai
+1896, p. 445.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Schozko</span> (M<sup>me</sup> Olympe).</p>
+
+<p>90.&mdash;S. D. «Madame, mon ami Alfred Tattet dîne
+aujourd'hui avec la M.» <i>Gazette de Paris</i>, 12 juillet 1857.
+Les noms propres sont supprimés.</p>
+
+<p>91.&mdash;Février 1836. «Pichrocholine, avez-vous bien
+dormi?» <i>Gil Blas</i>, 26 mai 1880. <i>L'Événement</i>, 8 décembre
+1897.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Second</span> (Albéric).</p>
+
+<p>92.&mdash;14 septembre 1848. «Monsieur, les apparences,
+je le vois, sont trompeuses, car votre sous-préfecture».
+<i>La Comédie Parisienne</i>, 10 mai 1857.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Tattet</span> (Alfred).</p>
+
+<p>93.&mdash;12 novembre 1834. «Tout est fini. Si par
+hasard on vous faisait quelques questions». <i>La Revue
+de Paris</i>, 15 août 1896.</p>
+
+<p>94.&mdash;20 juillet 1835. «Votre lettre, mon cher Alfred,
+est arrivée comme je n'étais pas à Paris». <i>La Revue de
+Paris</i>, 15 août 1896. Deux coupures, relatives à une affaire
+personnelle à M. A. Tattet.</p>
+
+<p>95.&mdash;(1838). «J'apprends, mon cher Alfred, que vous
+avez manqué plusieurs fois». <i>La Revue de Paris</i>, 15 août
+1896.</p>
+
+<p>96.&mdash;Vendredi, 17 (août 1838). «Tout ce que je
+puis vous dire, mon cher Alfred». <i>Le Figaro</i>, 6 avril
+1883. Fragment.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_238" id="Page_238">238</a></span>
+97.&mdash;14 mai 1844. «Mon cher ami, je viens d'avoir
+une fluxion de poitrine». <i>Le Figaro</i>, 6 avril 1883.
+Fragments.</p>
+
+<p>98.&mdash;Mirecourt, 18 mai 1845. «Votre lettre est bien
+aimable, mon cher Alfred». <i>Le Figaro</i>, 6 avril 1883 et
+<i>La France</i>, 7 avril 1883. Fragments.</p>
+
+<p>99.&mdash;20 août (1845). «Ecce iterum Crispinus. Me
+voilà à Paris, mon cher Alfred». <i>La France</i>, 7 avril 1883.
+Fragment.</p>
+
+<p>A.&mdash;17 octobre 1845. «Mon cher Alfred, parmi les
+raisons qui m'ont empêché d'aller vous retrouver». Le
+texte publié dans les <i>&OElig;uvres Posthumes</i> d'Alfred de
+Musset, p. 234, offre de nombreux changements avec l'original;
+le <i>Figaro</i>, du 6 avril 1883, donne tout le début
+correctement.</p>
+
+<p>100.&mdash;Jeudi, 15 (1848). «Mon cher ami, je trouve ce
+matin le nom de votre oncle». <i>Le Figaro</i>, 6 avril 1883.
+Fragment.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Tattet</span> (Madame Caroline).</p>
+
+<p>101.&mdash;Angers, 6 octobre (1848?) «Madame, je reçois
+votre très aimable lettre au retour de plusieurs endroits».
+<i>Le Figaro</i>, 6 avril 1883 et <i>La France</i>, 7 avril 1883. Fragments.&mdash;En
+entier dans la <i>Gazette Anecdotique</i> du
+30 juin 1885, qui l'emprunte au précédent numéro des
+<i>Annales Politiques et Littéraires</i>.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Vigny</span> (Alfred de).</p>
+
+<p>102.&mdash;Mercredi, 20 (octobre 1829). Fragment d'une
+lettre par laquelle il lui demande un billet pour la première
+représentation d'Othello.&mdash;<i>Revue des Autographes,
+n<sup>o</sup> 176. Avril, 1895. Paris, Gab. Charavay</i>, n<sup>o</sup> 186.</p>
+
+<p>Quatre lettres publiées dans <i>Études et Récits sur Alfred
+de Musset</i>, <i>par M<sup>me</sup> la vicomtesse de Janzé</i>. <i>Plon, 1891.
+1 vol. in-12.</i></p>
+
+<p>103.&mdash;17 décembre (1829). «Mon cher monsieur,
+<span class="pagenum"><a name="Page_239" id="Page_239">239</a></span> puis-je espérer que vous voudrez bien venir entendre»,
+p. 70.</p>
+
+<p>104.&mdash;(19 décembre 1829). «Que vous êtes bon d'être
+venu», p. 71.</p>
+
+<p>105.&mdash;Mercredi (1831). «Je suis comme ces femmes
+enceintes qui croient toujours», p. 71.</p>
+
+<p>106.&mdash;S. D. Fragment: «Une troupe d'oiseaux de
+passage», p. 73.</p>
+
+<p>107.&mdash;6 août 1832. Il le remercie d'une soirée qu'il lui
+a fait passer chez ses cousines. <i>Catalogue de lettres autographes.
+Vente le 15 novembre 1899, hôtel Drouot.
+Paris, Noël Charavay, 1899. In-8</i>, n<sup>o</sup> 116. Fragment.</p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">Destinataires inconnus.</span></p>
+
+<p>108.&mdash;S. D. «Madame, j'ai une faveur à vous demander
+pour un de mes amis». <i>L'Autographe</i>, 15 février 1865.</p>
+
+<p>109.&mdash;29 août 1854. «Monsieur, il m'est absolument
+impossible de rien comprendre à l'erreur singulière».
+<i>Miscellanées Bibliographiques. Rouveyre, 1878. In-8<sup>o</sup></i>,
+p. 90.</p>
+
+<p>110.&mdash;S. D. Billet à une dame: «Je suis tout à vos
+ordres, madame, mais vous les donnez de telle façon,
+que vous me permettrez de remercier avant d'obéir.&mdash;Alfred
+de Musset». <i>Catalogue de lettres autographes,
+vente Hôtel Drouot, le 27 novembre 1888. Paris, Ét.
+Charavay. In-8<sup>o</sup></i>, n<sup>o</sup> 128.</p>
+
+<p>111.&mdash;Sous le numéro 1195 des <i>Nouvelles acquisitions
+françaises</i>, est déposé à la Bibliothèque Nationale, à Paris,
+un paquet cacheté renfermant une correspondance, qui
+ne devra être ouvert et le contenu publié qu'en 1910.&mdash;Voir
+p. <a href="#Page_214">214</a>.</p>
+
+<hr class="c5" />
+
+<p>D'autres lettres d'Alfred de Musset doivent encore
+avoir été imprimées. Puissent de plus habiles chercheurs
+<span class="pagenum"><a name="Page_240" id="Page_240">240</a></span> les découvrir et les ajouter à cette nomenclature assurément
+incomplète.</p>
+
+<p class="p2 c">NOTE</p>
+
+<p>Le <span class="smcap">Musée Français</span> de mars 1858, publie, page 5, le
+texte de ce billet d'Alfred de Musset à Béranger:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«Je vous aime, d'abord parce que vous vous appelez
+Béranger; je vous aime aussi et beaucoup, parce que vous
+avez fait le <i>Voyage imaginaire</i>, le voyage de Grèce; j'aime
+tant les Grecs.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset.»</span></p></div>
+
+<p>Ceci a dû être écrit en 1828, mais il faudrait retrouver
+l'original avant que de l'admettre comme authentique.</p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/108_s.jpg" width="200" height="175"
+alt="end chap5" title="" /></div>
+
+<p class="center"><a href="images/108_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_241" id="Page_241">241</a></span></p>
+
+<p class="c"><b>ALFRED DE MUSSET</b></p>
+
+<p class="s"><b>BIBLIOTHÉCAIRE DU MINISTÈRE</b></p>
+
+<p class="center"><small><b>ET</b></small></p>
+
+<p class="s"><b>LAURÉAT DE L'ACADÉMIE</b></p>
+
+<p><span class="pagenum invisible"><a name="Page_242" id="Page_242">242</a></span></p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_243" id="Page_243">243</a></span></p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/111_s.jpg" width="500" height="115"
+alt="chap6" title="" /></div>
+
+<p class="center"><a href="images/111_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<h2>ALFRED DE MUSSET</h2>
+
+<p class="c"><b>BIBLIOTHÉCAIRE DU MINISTÈRE</b></p>
+
+<p class="center"><small><b>ET</b></small></p>
+
+<p class="c"><b>LAURÉAT DE L'ACADÉMIE</b></p>
+
+<hr class="c5" />
+
+<p class="c">I</p>
+
+<p>En 1838, Alfred de Musset, déjà célèbre comme poète
+et écrivain dramatique, après les <i>Contes d'Espagne et
+d'Italie</i>, et les trois volumes d'<i>Un Spectacle dans un Fauteuil</i>,
+venait de publier ses contes et ses nouvelles, dans
+la <i>Revue des Deux-Mondes</i>, montrant ainsi une nouvelle
+face de son talent. Mais cela donnait plus de gloire que
+de profit: ce que lui rapportaient ses écrits, et la rente
+qu'il tenait de sa famille assuraient certainement sa vie
+matérielle; mais l'auteur de <i>Frédéric et Bernerette</i> n'eût
+pas été mécontent de trouver un emploi qui lui laissât la
+faculté de travailler à sa guise, et dont les émoluments
+lui eussent permis de satisfaire toutes ses fantaisies.</p>
+
+<p>Cet emploi vint s'offrir de lui-même: Sa Majesté Louis-Philippe,
+voulant améliorer les divers services des
+Bibliothèques de la Maison du Roi, chargea M. Vatout,
+<span class="pagenum"><a name="Page_244" id="Page_244">244</a></span> son bibliothécaire et secrétaire particulier, de les réorganiser<a name="FNanchor_91" id="FNanchor_91" href="#Footnote_91" class="fnanchor">[91]</a>.
+Bien qu'il dût connaître M. Vatout, qui remplissait
+ces fonctions de secrétaire depuis de longues
+années et qu'il n'était pas sans avoir rencontré à Neuilly,
+Alfred de Musset préféra s'adresser à son ancien condisciple,
+le duc d'Orléans, dont la haute protection ne pouvait
+lui faire défaut:</p>
+
+<p>&mdash;Les journaux annoncent, écrivait-il au duc, que
+M. Vatout est chargé de la réorganisation des Bibliothèques
+de la Maison du Roi: «J'ose recourir à la bonté de
+Votre Altesse et la supplier de me recommander à
+M. Vatout. J'espère en cette occasion que Votre Altesse
+Royale me pardonnera de l'importuner et qu'elle ne
+voudra bien voir dans les demandes que je lui adresse
+qu'un désir de cultiver, grâce aux bontés de Votre
+Altesse, des goûts qui ont dirigé toutes mes études et
+auxquels ma position ne me permet pas de me livrer
+entièrement<a name="FNanchor_92" id="FNanchor_92" href="#Footnote_92" class="fnanchor">[92]</a>».</p>
+
+<p>Le duc d'Orléans avait à c&oelig;ur de réparer l'accueil
+déplorable fait par son père au sonnet <i>Au Roi, après
+l'attentat de Meunier</i>; aussi, la réponse ne se fit point
+attendre, et dans une lettre en date du 22 octobre 1838,
+<span class="pagenum"><a name="Page_245" id="Page_245">245</a></span> M. de Montalivet, en même temps que ses félicitations,
+adressait à Alfred de Musset copie de l'arrêté suivant:</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="center">«<i>Ministère de l'Intérieur.</i></p>
+
+<p class="left5"><span class="smcap">«ARRÊTÉ:</span></p>
+
+<p>«Nous, pair de France, ministre secrétaire d'État au
+département de l'Intérieur,</p>
+
+<p>«Avons arrêté et arrêtons ce qui suit:</p>
+
+<p>«<i>Article I<sup>er</sup>.</i>&mdash;M. Alfred de Musset est nommé Conservateur
+de la Bibliothèque du Ministère de l'Intérieur, de la
+collection des médailles et du dépôt des ouvrages publiés à
+Paris et dans les départements.</p>
+
+<p>«<i>Art. II.</i>&mdash;M. Alfred de Musset jouira en la dite qualité
+et à partir du 1<sup>er</sup> novembre prochain, d'un traitement annuel
+de trois mille francs, qui sera imputé sur le crédit du chapitre
+1<sup>er</sup> du budget de notre ministère.</p>
+
+<p>«<i>Art. III.</i>&mdash;Le Secrétaire Général du Ministère et le chef
+de division de comptabilité générale, sont chargés, chacun
+en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté.</p>
+
+<p>«Fait à Paris, le 19 octobre 1838.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Montalivet».</span></p></div>
+
+<p>La lettre du Ministre était accompagnée d'une lettre
+de son Secrétaire Général:</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="right">«Paris, 22 octobre 1838.</p>
+
+<p class="left5">«Monsieur,</p>
+
+<p>«Je ne puis laisser partir la lettre de M. de Montalivet,
+qui vous annonce votre nomination de Conservateur de la
+Bibliothèque du Ministère de l'Intérieur, sans y joindre un
+témoignage de la satisfaction que cette décision m'a fait
+éprouver. Quand vous viendrez au Ministère, je vous prie de
+prendre la peine de passer à mon cabinet. Je désirerais
+causer avec vous de différentes choses relatives à vos nouvelles
+fonctions.</p>
+
+<p>«Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Edmond Blanc</span>».</p>
+
+<p class="left5">«A monsieur Alfred de Musset.»</p></div>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_246" id="Page_246">246</a></span>
+Alfred de Musset s'empressa d'adresser ses remerciements
+au Ministre:</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="right">«Paris, 23 octobre 1838.</p>
+
+<p class="left5">«Monsieur le Comte,</p>
+
+<p>«Permettez-moi de vous témoigner la vive reconnaissance
+dont me remplit la lettre pleine de grâce et de bonté par
+laquelle vous voulez bien me prévenir de la décision que
+vous venez de prendre à mon égard. Je ne puis répondre à
+la faveur dont vous m'honorez qu'en vous suppliant de
+croire que je m'estimerai heureux si mes services peuvent
+être de quelqu'utilité.</p>
+
+<p>«Veuillez aussi être persuadé, Monsieur le Comte, que si
+mon travail et mes efforts peuvent jamais me conduire à
+quelque succès, je n'oublierai en aucune circonstance que
+c'est à vous que je le devrai.</p>
+
+<p>«Je suis avec le plus profond respect, Monsieur le Comte,
+votre très humble et très dévoué serviteur.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset</span>».</p></div>
+
+<p>Cette nomination fit quelque peu crier, parce que
+c'était encore un rédacteur de la <i>Revue des Deux-Mondes</i>,
+déjà très favorisée, qui en était le bénéficiaire:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p><span class="smcap">«Une feuille littéraire transformée en feuille des
+bénéfices.</span></p>
+
+<p>«Voici la liste des grâces accordées aux rédacteurs de la
+<i>Revue des Deux-Mondes</i>:</p>
+
+<p>M. Buloz, nommé commissaire royal près le Théâtre
+Français.</p>
+
+<p>M. Loeve-Weimars, nommé secrétaire d'ambassade.</p>
+
+<p>M. Lerminier, nommé maître des requêtes.</p>
+
+<p>M. Edgard Quinet, nommé professeur de littérature étrangère
+à la Faculté des Lettres de Rennes.</p>
+
+<p>M. Gustave Planche, nommé professeur de littérature
+anglaise à la Faculté des Lettres de Bordeaux.
+<span class="pagenum"><a name="Page_247" id="Page_247">247</a></span> M. Marmier, nommé professeur à la Faculté de Montpellier.</p>
+
+<p>M. Alfred de Musset, nommé Bibliothécaire du Ministère
+de l'Intérieur.</p>
+
+<p>M. Henri Blaze, attaché à l'ambassade de Danemarck.</p>
+
+<p>On ne dit pas ce qu'a obtenu le portier de l'établissement».</p></div>
+
+<p>Telles sont les réflexions émises par le <i>Charivari</i> du
+17 octobre 1838. Mais on était unanime à trouver juste
+que l'auteur du poème sur la <i>Naissance du Comte de
+Paris</i> reçût une récompense, lui qui, admis dans l'intimité
+du Duc d'Orléans, s'était jusqu'à ce jour tenu à
+l'écart et n'avait pas profité de l'amitié que lui portait le
+fils du Roi, non plus que des relations de sa famille avec
+celle du Prince<a name="FNanchor_93" id="FNanchor_93" href="#Footnote_93" class="fnanchor">[93]</a>, pour se faire donner quelque sinécure
+largement rétribuée.</p>
+
+<p>Peu de jours après sa nomination, Alfred de Musset
+eut une première entrevue avec M. Edmond Blanc, et,
+n'ayant pas reçu les indications qui lui avaient été promises,
+il lui écrivait de nouveau:</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="right">«4 novembre 1838.</p>
+
+<p class="left5">«Monsieur le Secrétaire Général,</p>
+
+<p>«Lorsque vous m'avez fait l'honneur de me recevoir, vous
+avez eu la bonté de me dire que je recevrais de votre part
+quelques indications relatives à la bibliothèque du ministère.
+C'est à partir du 1<sup>er</sup> novembre que mes fonctions devaient
+commencer. La crainte que vos nombreuses occupations ne
+me fassent oublier, et l'ignorance où je suis du lieu même où
+je dois me présenter, me font prendre la liberté de vous
+rappeler la promesse que vous avez bien voulu me faire.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_248" id="Page_248">248</a></span>
+«J'ai l'honneur d'être, Monsieur, avec la plus haute considération,</p>
+
+<p>«Votre très humble et très dévoué serviteur,</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset</span>.</p>
+
+<p class="left5">«59, rue de Grenelle-Saint-Germain».</p></div>
+
+<p>Une seconde entrevue eut vraisemblablement le
+résultat désiré et Alfred de Musset y reçut les instructions
+complémentaires qu'il demandait, car il entra
+bientôt en fonctions; il est juste de dire qu'elles lui laissaient
+de si grands loisirs, qu'au ministère même, bien
+des personnes ne se doutaient pas qu'il y eût un bibliothécaire.
+C'était à ce point qu'Alfred de Musset ne
+venait pas toujours chercher lui-même ses appointements
+comme le témoigne ce billet que je copie parmi deux
+ou trois autres analogues<a name="FNanchor_94" id="FNanchor_94" href="#Footnote_94" class="fnanchor">[94]</a>.</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center">«<i>Monsieur Marette, au Ministère de l'Intérieur.</i></p>
+
+<p>«Je serai obligé à Monsieur Marette s'il veut avoir la
+complaisance de remettre au porteur de cette lettre mes
+appointements du mois de mars.</p>
+
+<p>«Son très humble serviteur,</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset</span>».</p>
+
+<p class="left5">«31 mars 1840».</p></div>
+
+<p>J'ajouterai que cette légende subsiste encore aujourd'hui
+dans les bureaux du ministère de l'intérieur, qu'un
+jour, un des amis du poète l'ayant rencontré à la porte
+du ministère et lui ayant demandé: «Que faites-vous
+là?» Musset aurait répondu: «Je suis venu voir si ma
+bibliothèque existait réellement».</p>
+
+<p>Personne, du reste, ne lui adressait le moindre
+reproche et je n'ai trouvé que l'<i>Artiste</i> qui, dans sa
+<span class="pagenum"><a name="Page_249" id="Page_249">249</a></span> livraison du 27 mars 1842, ait essayé une légère protestation....
+en faveur de Paul de Musset:</p>
+
+<p class="blockquot">
+«.....A vrai dire, et tout en applaudissant de grand c&oelig;ur à
+cette mesure, qui nous semble très juste et très digne, nous
+concevrions plutôt que cette place eût été donnée au frère
+de l'auteur de la <i>Confession d'un Enfant du Siècle</i>, à M. Paul
+de Musset, qui a fait tant d'ingénieuses et spirituelles
+esquisses de la <i>Fronderie</i> et qui a donné la preuve au moins
+d'une réelle et intelligente érudition historique.&mdash;<span class="smcap">Vauve
+des Roys</span>.»</p>
+
+<p class="center">*<br />
+*&nbsp;&nbsp;&nbsp;*</p>
+
+<p>En 1845, Alfred de Musset fut nommé Chevalier de
+l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur:</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="right">«Paris, ce 30 avril 1845.</p>
+
+<p class="left5">«Monsieur,</p>
+
+<p>«J'ai l'honneur de vous informer que, par une Ordonnance
+signée le 24 courant, le Roi vous a nommé Chevalier
+de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur.</p>
+
+<p>«Je me félicite, Monsieur, d'avoir à vous transmettre ce
+témoignage de la bienveillance de Sa Majesté et de l'estime
+qu'elle fait de vos travaux.</p>
+
+<p>«Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération la
+plus distinguée.</p>
+
+<p class="right">«<i>Le Ministre de l'Instruction publique</i>,<br />
+«<span class="smcap">Salvandy</span>.</p>
+
+<p class="left5">«A Monsieur Alfred de Musset, homme de lettres».</p></div>
+
+<p>Et le 1<sup>er</sup> mai paraissait cet entrefilet au <i>Moniteur Universel</i>
+(p. 1144), car l'insertion des nominations dans
+l'ordre de la Légion d'Honneur ne devint obligatoire
+qu'à dater du 19 juillet 1845.</p>
+
+<p class="blockquot">
+«MM. de Balzac, Frédéric Soulié et Alfred de Musset
+viennent d'être nommés membres de la Légion d'Honneur».</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_250" id="Page_250">250</a></span>
+Dans son Courrier de Paris, l'<i>Illustration</i> du 3 mai 1845
+commente ainsi cette triple nomination:</p>
+
+<p class="blockquot">
+«.....On annonce que le gouvernement vient de donner
+la croix d'honneur à MM. de Balzac, Alfred de Musset et
+Frédéric Soulié. Un journal félicite le Ministère, qui, spontanément
+et sans y être sollicité par MM. de Balzac, Musset et
+Soulié, a fait cette galanterie aux trois écrivains, bouquet de
+fête du 1<sup>er</sup> juillet. Assurément, MM. Musset, Soulié et Balzac
+ont plus d'esprit et de talent qu'il n'en faut pour se passer
+d'une croix et d'un ruban, mais puisqu'ils ne l'ont pas demandée
+et qu'on la leur donne, ils n'ont rien à se reprocher. Ce
+sont de ces petits cadeaux qui ne font plus guère de tort à
+personne et qui entretiennent l'amitié. Peut-être est-ce un
+acte de contrition que fait le gouvernement pour tant de croix
+attachées sur tant de poitrines équivoques? Peut-être aussi
+commence-t-on à reconnaître que le plus sûr moyen d'honorer
+la croix d'honneur, après tant de croix jetées à la faveur
+aveugle et à la vanité mendiante, et de décorer les hommes
+qui la méritent véritablement, consisterait à la donner à ceux
+qui ne la demandent pas.....»</p>
+
+<p class="center">*<br />
+*&nbsp;&nbsp;&nbsp;*</p>
+
+<p>Le 24 février 1848, éclata la Révolution qui renversa
+Louis-Philippe, et le lendemain entrait en fonctions un
+gouvernement provisoire composé de MM. Alphonse de
+Lamartine, Adrien Crémieux, Marie, Garnier-Pagès,
+Dupont (de l'Eure), Ledru-Rollin et Arago.</p>
+
+<p>Le 20 avril 1848, le <i>Moniteur Universel</i> publiait un premier
+décret réglementant la bibliothèque du Ministère de
+l'Intérieur.</p>
+
+<p>Le 5 mai, paraissait au même <i>Moniteur Universel</i>, un
+nouveau décret:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="center">«<i>Au nom du Peuple Français,</i></p>
+
+<p>«Le Gouvernement Provisoire,</p>
+
+<p>«Considérant que la réorganisation générale des services
+<span class="pagenum"><a name="Page_251" id="Page_251">251</a></span> publics doit entraîner de nombreuses réformes et suppressions
+d'emplois;..................................................</p>
+
+<p class="left5">«Décrète ce qui suit:</p>
+
+<p>«<i>Article I.</i>&mdash;Les fonctionnaires et employés qui, du
+25 février au 25 juillet de la présente année, auront été réformés,
+pour cause de suppression d'emploi, de réorganisation
+ou par toute autre mesure administrative qui n'aurait pas le
+caractère de révocation ou de destitution, pourront obtenir
+pension s'ils réunissent vingt ans de services, dont quinze
+ans au moins entièrement accomplis dans la partie active ou
+vingt-cinq ans indistinctement accomplis dans la partie active
+ou sédentaire.</p>
+
+<p>«Cette pension sera calculée pour chaque année de service
+civil à raison d'un soixantième du traitement moyen des
+quatre dernières années d'exercice. En aucun cas, elle ne
+devra excéder le maximum de la pension de retraite affectée
+à chaque emploi.</p>
+
+<p>«<i>Art. II.</i>&mdash;Ceux des fonctionnaires et employés réformés
+qui ne comporteront pas la durée de service exigée par
+l'article précédent, obtiendront une indemnité temporaire
+réglée dans les proportions fixées par le dit article et dont la
+jouissance sera limitée à un temps égal à celui de la durée
+de leur service dans le ministère ou l'administration où se
+terminera leur activité.</p>
+
+<p>«<i>Art. III.</i>&mdash;</p>
+
+<p>«Fait à Paris, le 2 mai 1848, en Conseil de Gouvernement.</p>
+
+<p class="left30">«<i>Les Membres du Gouvernement Provisoire:</i><br />
+«<span class="smcap">Dupont</span> (de l'Eure), <span class="smcap">Arago, Flocon,<br />
+Lamartine, Albert Crémieux,<br />
+Garnier-Pagès, Armand Marrast,<br />
+Marie, Louis Blanc, Ledru-Rollin.</span></p>
+
+<p class="right">«Pour copie conforme:<br />
+«<i>Le Chef du Secrétariat,</i><br />
+<span class="smcap">«B. Saint-Hilaire</span>».</p></div>
+
+<p>Trois jours plus tard, étaient signés ces deux arrêtés,
+qu'on évita soigneusement de publier<a name="FNanchor_95" id="FNanchor_95" href="#Footnote_95" class="fnanchor">[95]</a>:
+<span class="pagenum"><a name="Page_252" id="Page_252">252</a></span></p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="center"><span class="smcap">«RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.</span></p>
+
+<p class="right">«Paris, 5 mai 1848.</p>
+
+<p class="left5">«Au nom du Peuple,</p>
+
+<p>«Le Ministre de l'Intérieur arrête:</p>
+
+<p>«Le citoyen Alfred de Musset, bibliothécaire au Ministère
+de l'Intérieur, est révoqué de ses fonctions.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Ledru-Rollin</span>».</p>
+
+<p class="center p2"><span class="smcap">«RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.</span></p>
+
+<p class="right">«Paris, 5 mai 1848.</p>
+
+<p class="left5">«Au nom du Peuple,</p>
+
+<p>«Le Ministre de l'Intérieur arrête:</p>
+
+<p>«Le citoyen Marie Augier est nommé aux fonctions de
+bibliothécaire au Ministère de l'Intérieur; il jouira d'un traitement
+de 3,000 francs à partir du 1<sup>er</sup> mai courant.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Ledru-Rollin</span>».</p></div>
+
+<p>On voit, par ces textes, que le citoyen ministre appelait
+les choses par leur nom et aimait les situations
+nettes<a name="FNanchor_96" id="FNanchor_96" href="#Footnote_96" class="fnanchor">[96]</a>. Mais était-ce bien Ledru-Rollin le véritable
+auteur de cette révocation? Il est permis d'en douter.
+Nul n'ignore que le ministre de l'Intérieur avait pour
+conseiller intime l'héroïne de Venise qui, subitement
+éprise des théories socialistes, venait de se lancer dans
+la politique et stupéfiait ses concitoyens par les principes
+qu'elle émettait dans les <i>Bulletins de la République</i>. Ce
+simple rapprochement de noms suffit, ce me semble,
+pour indiquer la part de responsabilité qui incombe à
+chacun. Et, même en admettant que George Sand n'eût
+pas demandé la destitution de Musset, qu'elle ait simplement
+<span class="pagenum"><a name="Page_253" id="Page_253">253</a></span> laissé faire Ledru-Rollin qui la signa pour lui complaire,
+elle eut un tort immense, car il y allait de son
+honneur d'empêcher cet acte, pour ne pas être accusée
+de basse vengeance, et si elle ne le pouvait, elle eût au
+moins dû protester publiquement, afin d'éviter tout
+soupçon.</p>
+
+<p>L'arrêt qui le frappait fut notifié à Alfred de Musset
+par cette lettre qui ne lui parvint que dans les premiers
+jours du mois de juin, M. Recurt, docteur-médecin, étant
+Ministre de l'Intérieur, M. Ledru-Rollin ayant été révoqué
+le 11 mai 1848<a name="FNanchor_97" id="FNanchor_97" href="#Footnote_97" class="fnanchor">[97]</a>:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p class="left5">«Citoyen,</p>
+
+<p>«J'ai le regret de vous annoncer que par un arrêté du
+5 mai courant, le Ministre vous a admis à faire valoir vos
+droits à la retraite.</p>
+
+<p>«Salut et Fraternité.</p>
+
+<p>«Paris, 8 mai 1848.</p>
+
+<p class="right">«<i>Le Secrétaire général</i>,<br />
+<span class="smcap">«Carteret</span>».</p></div>
+
+<p>Malgré les précautions prises en haut lieu, cette inqualifiable
+mise à pied ne tarda pas à être connue, et les
+journaux, à la seule exception de ceux payés par le
+gouvernement, se rangèrent du côté d'Alfred de
+Musset:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p><span class="smcap">Les Saltimbanques</span>, <i>n<sup>o</sup> 2, juin 1848</i>.&mdash;«Une brutale destitution
+vient de frapper Alfred de Musset; on l'a traité comme
+un homme vulgaire; il est vrai que tous les hommes sont
+égaux devant l'ordonnance du médecin».</p>
+
+<p><span class="smcap">La Providence</span>, <i>12 juin 1848</i>.&mdash;«M. Alfred de Musset,
+bibliothécaire au Ministère de l'Intérieur, vient d'être révoqué
+de ses fonctions. Si nos informations sont exactes, cette nouvelle
+lui aurait été signifiée de la façon la plus inattendue et
+la plus blessante. Il est impossible de contenir la douleur
+que de pareils actes inspirent. La destitution de M. Lebrun
+et de M. Mignet était déjà un fait déplorable; celle de M. de
+<span class="pagenum"><a name="Page_254" id="Page_254">254</a></span> Musset est un attentat envers la littérature française et elle
+ne peut le laisser passer sans protester..... On a donné pour
+successeur à M. Mignet un monsieur Des Reeys, dont le nom
+n'était connu de personne; le remplaçant du poète de <i>Rolla</i>
+et de <i>Un Spectacle dans un Fauteuil</i> est un monsieur Marie
+Augier, qui n'a rien de commun avec l'auteur de <i>La Ciguë</i> et
+de l'<i>Aventurière</i>. Qu'est-ce que M. Marie Augier?»</p></div>
+
+<p>Dans son numéro du 13 juin, <i>La Providence</i> revient
+encore sur la destitution d'Alfred de Musset et reproche
+à M. Flocon d'ôter une sinécure à un écrivain distingué
+pour la donner à un homme obscur: «Ah! si M. de
+Musset, au lieu d'écrire ses charmants proverbes, avait
+seulement fait des bandes pour <i>La Réforme</i>!»</p>
+
+<p>L'<i>Artiste</i>, du 15 juin, paraphrasant les formules officielles,
+annonce qu'en vertu du décret: «Ote-toi de là
+que je m'y mette, un grand citoyen, rédacteur de <i>La
+Réforme</i>, est autorisé à prendre les trois mille francs
+que touchait M. Alfred de Musset».</p>
+
+<p>Le <i>Charivari</i>, du 15 juin, sous le titre de: «Une destitution
+anti-littéraire», constate que les hommes du
+nouveau gouvernement mettent à bas tous ceux qui ont
+un renom, pour les remplacer par des gens obscurs,
+leurs créatures.</p>
+
+<p class="blockquot">
+<span class="smcap">Pamphlet quotidien illustré</span>, <i>15 juin</i>.&mdash;«M. Alfred de
+Musset persistait, malgré le décret du gouvernement provisoire
+qui supprime les titres de noblesse, à conserver son
+nom patronymique en se parant de l'infâme particule. La
+place de ce factieux de lettres a été accordée à un écrivain
+aussi remarquable par l'éclat de son talent que par la persistance
+de ses opinions démocratiques..... Il est vrai que
+M. Alfred de Musset avait eu le tort d'écrire des chefs-d'&oelig;uvre;
+M. Augier (Marie) n'a aucun tort de ce genre à se
+reprocher: il appartient à <i>La Réforme</i>».</p>
+
+<p>Mais la dernière phrase de l'article de <i>La Providence</i>
+du 12 juin avait vexé M. Marie Augier, qui adressa cette
+lettre au directeur:
+<span class="pagenum"><a name="Page_255" id="Page_255">255</a></span></p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="center">«<i>Au citoyen Rédacteur de</i> La Providence,</p>
+
+<p class="left5">«Citoyen Rédacteur,</p>
+
+<p>«Si l'on en croit l'article que vous publiez ce matin, je
+suis nommé bibliothécaire du Ministère de l'Intérieur, aux
+lieu et place de M. Alfred de Musset.</p>
+
+<p>«Je n'ai nullement connaissance de cette nomination; je
+ne l'ai point sollicitée, et, n'étant point nommé, je n'ai rien à
+refuser.</p>
+
+<p>«Vous demandez ce <i>que</i> c'est que M. Marie Augier?</p>
+
+<p>«Dans une république, citoyen, non seulement on peut,
+mais on doit demander aux hommes <i>qui</i> ils sont. C'est seulement
+sous une monarchie qu'on demande ce <i>que</i> ils sont.</p>
+
+<p>«J'aurais passé sous silence votre article de ce matin,
+mais je me devais à moi-même, je devais à mes amis, de
+déclarer qu'aujourd'hui, plus que jamais, ma véritable place
+est au milieu d'eux, en restant ce <i>que</i> je suis, ce <i>que</i> j'ai été,
+<i>journaliste</i>, pour défendre la République contre ses ennemis
+de la veille et du lendemain.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Marie Augier</span>,<br />
+«Rédacteur de <i>La Réforme</i>».</p></div>
+
+<p>Et cependant l'arrêté de M. Ledru-Rollin existe, qui
+nomme M. Marie Augier bibliothécaire?</p>
+
+<p>Mais la plus énergique, la plus chaleureuse protestation
+fut celle d'Alexandre Dumas, dans son journal <i>La
+France Nouvelle</i>, du 16 juin 1848:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«Il y a des choses que nous ne laisserons jamais passer
+dans l'ombre sans aller à elles et sans les traîner au grand
+jour de la place publique...</p>
+
+<p>«Alfred de Musset, l'auteur des <i>Romances espagnoles</i>, du
+<i>Spectacle dans un Fauteuil</i>, de cinq ou six romans, de dix
+nouvelles adorables qui sont dans toutes les mémoires, de
+vingt proverbes charmants qui sont sur toutes les tables,
+Alfred de Musset vient d'être révoqué de ses fonctions de
+bibliothécaire au Ministère de l'Intérieur. Qui a permis cet
+inqualifiable renvoi? Est-ce vous, M. Recurt? Oui. Mais qui
+êtes-vous donc pour toucher à un nom comme celui que
+nous venons de prononcer? D'où venez-vous, si vous ne le
+<span class="pagenum"><a name="Page_256" id="Page_256">256</a></span> connaissez pas? De quel droit, vous qui êtes obligé, pour
+ajouter un titre à votre nom, de vous appeler républicain de
+la veille, de quel droit venez-vous, fort de la position que
+vous avez escamotée, reprendre à un homme de génie la
+position qu'il a conquise?</p>
+
+<p>«...Comment, voilà un écrivain qui a doté notre langue
+d'une admirable poésie; voilà un poète qui est le frère de
+Lamartine, de Hugo et de Byron; voilà un romancier qui est
+le rival de l'abbé Prévost, de Balzac, de George Sand; voilà
+un auteur dramatique qui, avec un seul acte, a fait gagner à
+la Comédie-Française plus d'argent que vous ne lui en donnez,
+vous, en six mois; voilà, enfin, un de ces penseurs qui
+n'a pas une seule fois sacrifié la dignité de l'art aux ambitions
+de fortune et de position; voilà un génie qui n'a
+demandé à Dieu et aux hommes que la liberté de vivre et
+de penser à son aise; qui n'a jamais été ni d'un club politique,
+ni d'une coterie littéraire; et il se trouve un ministre
+qui passe, et qui, en passant, lui prend, pour y mettre qui
+donc? la place qui lui assurait cette liberté qu'il demandait,
+et qui n'était pas même l'<i>aurea mediocritas</i> d'Horace. Oh!
+c'est pitié qu'il y ait tant de places en France, que nos républicains
+en ont tous; qu'ils en ont pour eux, pour leurs
+frères, pour leurs fils, pour leurs neveux, pour leur coiffeur,
+pour leur valet de chambre, pour leurs usuriers; et qu'il se
+trouve un poète, Alfred de Musset, à qui la République
+vienne prendre sa place. Ils ne savent donc pas, les hommes
+qui font de pareilles choses, qu'ils n'avaient qu'un moyen
+de transmettre leurs noms à l'avenir, c'était de faire juste le
+contraire de ce qu'ils font. Ils ne savent donc pas qu'il y a
+une royauté que ni émeute, ni barricade, ni révolution, ni
+république ne changeront, c'est la royauté de la pensée du
+génie.....»</p></div>
+
+<p>Alexandre Dumas termine en faisant un appel à
+Lamartine, poète et législateur; mais, hélas! M. de
+Lamartine était beaucoup trop occupé de lui-même pour
+prêter la moindre attention aux autres, surtout lorsque
+ces autres ne pouvaient lui être d'aucune utilité pour le
+maintenir dans sa situation politique.</p>
+
+<p>A la lecture de ces lignes, Alfred de Musset s'empressa
+<span class="pagenum"><a name="Page_257" id="Page_257">257</a></span> de remercier leur auteur par une lettre que la <i>France
+Nouvelle</i> inséra dans son numéro du 21 juin:</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="right">«Vendredi, 16 juin 1848.</p>
+
+<p class="left5">«Mon cher Dumas,</p>
+
+<p>«Je viens de lire la <i>France Nouvelle</i> et j'irai vous serrer la
+main. Mais il faut que je vous remercie à l'instant même de
+la vive émotion que je ressens. Vous me rendez fier, mon
+ami, et vous me donnez le droit de l'être, lorsqu'un homme
+tel que vous daigne écraser une petite maladresse sous de si
+belles, si braves et si nobles paroles.</p>
+
+<p>«Une autre impression encore m'a été au c&oelig;ur, c'est
+notre vieille amitié toujours jeune, et ce sentiment plein de
+force et de dignité qui fait qu'ayant dans les mains l'arme la
+plus puissante et la plus redoutable, si vous tirez l'épée pour
+attaquer, c'est en même temps pour défendre.</p>
+
+<p>«A vous de c&oelig;ur</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset</span>».</p></div>
+
+<p>De son côté, la <i>Patrie</i> du 16 juin prenait violemment
+à partie M. Recurt:</p>
+
+<p class="blockquot">
+«.....Ce grand ministre peut bien laisser autour de lui se
+dorloter dans les directions et dans les bureaux, des employés
+supérieurs très connus pour le mal qu'ils n'ont cessé de
+répandre dans les Beaux-Arts. Mais un poëte, un pauvre
+diable, qui n'a que du talent et du génie, deux misères! un
+fou qui est resté attaché à sa vocation comme à sa chaîne!
+Ah! fi! c'était à faire rougir la gent administrative. Et
+M. Recurt a rayé d'un trait de plume le nom de M. de Musset.
+Il y a longtemps que les sarcasmes de Molière, à l'endroit
+des médecins, tourmentaient M. le docteur Recurt; il se
+venge sur M. Alfred de Musset. Le pauvre homme!.....»</p>
+
+<p>Si peu sensible qu'ils eussent l'épiderme, les hauts
+personnages du Ministère de l'Intérieur finirent par se
+sentir désagréablement chatouillés par toutes les choses
+désobligeantes qui leur étaient dites, et M. Dieudonné,
+chef de cabinet de M. Recurt, écrivit au directeur de la
+<i>Patrie</i>:
+<span class="pagenum"><a name="Page_258" id="Page_258">258</a></span></p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="right">«Paris, 17 juin 1848.</p>
+
+<p class="left5">«Citoyen Rédacteur,</p>
+
+<p>«Dans un article très long, mais fort peu bienveillant,
+vous annoncez que le citoyen Recurt, ministre de l'intérieur,
+a révoqué de ses fonctions de bibliothécaire du ministère de
+l'intérieur le citoyen Alfred de Musset.</p>
+
+<p>«La seule réponse qu'on puisse faire à cet article est que
+le citoyen Recurt, ministre de l'intérieur, n'a pas plus révoqué
+le citoyen Musset qu'il n'a pourvu à son remplacement.</p>
+
+<p>«Je vous prie, citoyen Rédacteur, de bien vouloir insérer
+cette lettre dans la <i>Patrie</i> de ce soir.</p>
+
+<p>«Salut et fraternité.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Dieudonné</span>».</p></div>
+
+<p>Cette lettre fut publiée dans la <i>Patrie</i> du 18 juin, et le
+20 juin, le même journal donnait la réponse d'Alfred de
+Musset:</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="left5">«Monsieur,</p>
+
+<p>«Je lis dans votre journal qu'on avait annoncé par erreur
+que j'étais destitué de la place de bibliothécaire, et que le
+ministre a fait démentir ce bruit. Voici, à ce sujet, la lettre
+que j'ai reçue un mois après sa date:</p>
+
+<p>(<i>Suit la lettre de M. Carteret du 8 mai 1848</i>).</p>
+
+<p>«Cette lettre, vous le voyez, est aussi claire que laconique.
+Quant aux droits à la retraite, pour en avoir, il faudrait que
+j'eusse été nommé bibliothécaire à l'âge où j'apprenais à lire.
+Veuillez croire, Monsieur, que je n'aurais jamais songé à
+entretenir le public d'une chose de si peu d'importance, si je
+n'étais pas profondément touché des marques d'intérêt et de
+bienveillance que j'ai reçues de la presse en cette occasion.</p>
+
+<p>«Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma parfaite
+considération.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset</span>».</p></div>
+
+<p>Ces deux lettres firent le tour de la presse, accompagnées
+des marques non équivoques du mépris qu'inspirait
+la conduite de ceux qui, par un misérable jeu de
+<span class="pagenum"><a name="Page_259" id="Page_259">259</a></span> mots, voulaient égarer l'opinion<a name="FNanchor_98" id="FNanchor_98" href="#Footnote_98" class="fnanchor">[98]</a>. Quant à liquider la
+pension de retraite d'Alfred de Musset, en vertu de l'article
+2 du décret du 2 mai 1848, il n'en fut jamais
+question.</p>
+
+<div class="blockquot">
+<span class="smcap">Le Pamphlet quotidien illustré</span>, <i>20 juin 1848</i>.&mdash;«...Subterfuge
+odieux, escobarderie ridicule! mensonge trois fois stupide!
+Non, ce n'est pas M. Recurt qui a révoqué le noble esprit!
+C'est monseigneur Ledru-Rollin, ex-pacha de l'intérieur:
+Ah! vous espériez donner le change à la presse! Ah! vous
+vouliez nous <i>flouer</i> la vérité comme vous nous avez floué la
+république! Comme vous vous êtes partagé les ministères!
+Intelligences abruties par le pouvoir et la popularité, vous
+vous attaquez aux poëtes maintenant, c'est-à-dire à quelque
+chose de plus inoffensif qu'un enfant, de plus faible qu'une
+femme, de plus sacré qu'un prêtre. Platon chassait les poëtes
+de la République, mais il ne les condamnait pas au dénuement;
+il les reconduisait à la frontière au son des doubles
+flûtes et des cymbales d'airain; il couronnait leurs têtes de
+fleurs comme l'agneau des sacrifices, et les disait fils des
+dieux. Vous, <i>vous flanquez à la porte</i>, brutalement, mesquinement,
+stupidement! Voilà bien les profanateurs, et quels
+profanateurs! les écrivains des fameux <i>Bulletins</i> de la république...
+Que dira l'avenir, quand on écrira: Lamartine
+était tout puissant, Alfred de Musset ne fut rien, pas même
+bibliothécaire...»
+</div>
+
+<p>La <i>Liberté</i> du 22 juin ayant publié l'entrefilet suivant:</p>
+
+<div class="blockquot">
+«M. Alfred de Musset n'a point, comme on l'avait cru, été
+révoqué de ses fonctions de bibliothécaire du ministère de
+l'intérieur.»
+</div>
+
+<p>Le <i>Pamphlet quotidien</i> du 23 juin releva vertement
+cette récidive de mensonge, ajoutant: «Nous tenons de
+<span class="pagenum"><a name="Page_260" id="Page_260">260</a></span> bonne source que la Société des Gens de Lettres
+doit protester publiquement contre l'affront fait aux
+lettres dans la personne de M. Alfred de Musset».&mdash;Dans
+le <i>Gamin de Paris</i> du 21-24 juin, Fouyon plaide la
+cause d'Alfred de Musset et demande qu'on nous laisse
+nos poètes: «On dit que les savants n'aiment quelquefois
+pas les poètes; mais tu ne peux donner ce motif-là,
+toi».&mdash;Alexandre Dumas attaque de nouveau
+M. Recurt dans la <i>France Nouvelle</i> du 24 juin.&mdash;Il n'est
+pas jusqu'au <i>Diogène Sans Culotte</i> (22-25 juin) qui ne
+fasse entendre sa voix.</p>
+
+<p>Voici donc la bibliothèque du Ministère de l'Intérieur
+sans titulaire, Alfred de Musset ayant été destitué, et
+M. Marie Augier n'ayant pas accepté sa nomination.
+Malgré mes recherches, il m'a été impossible de savoir
+quel avait été le successeur immédiat d'Alfred de Musset
+et à quelle époque remontait sa nomination. Le <i>Moniteur
+Universel</i> du 7 juillet publie un arrêté du président du
+Conseil des ministres (E. Cavaignac), pris sur la proposition
+du ministre de l'intérieur (Senart), portant
+organisation du personnel du ministère de l'intérieur,
+dont un bibliothécaire archiviste, aux appointements
+de 4,000 fr. Mais il n'y a pas trace d'une nomination quelconque.</p>
+
+<p>Le <i>Corsaire</i> du 24 août dit: «Voilà quelques jours,
+une ordonnance vient de se glisser dans les colonnes du
+<i>Moniteur</i>, qui nomme M. Édouard Charton aux fonctions
+précitées». Il doit y avoir erreur, par suite de similitude
+de nom: le <i>Moniteur</i> du 10 août donne un arrêté qui
+nomme M. Édouard Carteron bibliothécaire du Ministère
+des Affaires étrangères. On ne trouve pas, aux archives
+du Ministère de l'Intérieur, trace d'arrêté de nomination
+de M. Édouard Charton. Il est vrai que d'avril à
+décembre 1848, le classement des pièces présente plusieurs
+lacunes, ce qui n'a rien d'étonnant, vu le nombre
+<span class="pagenum"><a name="Page_261" id="Page_261">261</a></span> de ministres, secrétaires et chefs de cabinet, qui se sont
+succédé en quelques mois.</p>
+
+<p>Ce qu'il y a de certain, c'est qu'à la date du 1<sup>er</sup> janvier
+1849, l'emploi de bibliothécaire du Ministère de l'Intérieur
+était occupé par M. Niel, antérieurement chef de
+bureau au même ministère. Mais à quelle date précise
+a-t-il pris possession de ces fonctions, c'est ce qu'il n'a
+pas été possible de vérifier, l'arrêté de sa nomination ne
+se trouvant pas aux archives.</p>
+
+<p class="p2 center">II</p>
+
+<p>L'Académie Française, blessée par les procédés des
+citoyens Ledru-Rollin et Recurt, et autant pour dédommager
+un peu le poète de la brutale destitution qui
+l'avait frappé, que pour protester contre les actes des
+hommes au pouvoir, résolut d'attribuer un prix à Alfred
+de Musset. Le choix porta sur la fondation de M. le
+comte de Maillé Latour-Landry<a name="FNanchor_99" id="FNanchor_99" href="#Footnote_99" class="fnanchor">[99]</a>; l'intention était
+bonne, mais son application donna lieu à de fâcheuses
+interprétations; l'Académie n'eut pas le courage de dire
+qu'elle voulait réparer une injustice, et les termes dont
+elle se servit pour déguiser son offrande ne pouvaient
+être plus mal choisis.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_262" id="Page_262">262</a></span> Alfred de Musset fut proclamé lauréat dans la séance
+du 17 août 1848 (voir le <i>Moniteur Universel</i> du 18 août).
+Aussitôt qu'il en fut averti, le poète, ne connaissant pas
+les qualificatifs qui accompagnaient ce prix, écrivit une
+lettre de remerciement au Directeur de l'Académie, lettre
+que nous retrouverons plus loin. Mais quand, après la
+séance publique, il sut les motifs allégués, devenu fort
+perplexe, il demanda conseil à son frère Paul:</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="left5">«Mon cher ami,</p>
+
+<p>«En voilà une tuile désagréable! J'étais averti que l'Académie
+me décernait un prix, mais je ne savais pas en quels
+termes. On vient de me les dire et je les trouve blessants. Il
+y a vingt ans que j'écris; j'en ai tout à l'heure trente-huit, et
+on m'apprend que je suis un jeune homme qui mérite d'être
+encouragé à poursuivre sa carrière. Quand la critique me
+fait de ces compliments-là, je les méprise; mais de la part de
+l'Académie, c'est plus grave. Il m'en coûterait de paraître
+orgueilleux ou susceptible, et cependant, puis-je à mon âge
+me laisser traiter d'écolier? Que faire? J'ai besoin d'avoir ton
+avis là-dessus. Attends-moi ce soir avant de te coucher ou
+laisse la clef à ta porte. Il faut que nous causions ensemble<a name="FNanchor_100" id="FNanchor_100" href="#Footnote_100" class="fnanchor">[100]</a>.</p>
+
+<p class="left5">«Jeudi soir [17 août 1848].</p>
+
+<p class="right">«<span class="smcap">Alfred de Musset.</span>»</p></div>
+
+<p>Il fut décidé qu'Alfred de Musset, prenant un moyen
+terme, accepterait le prix, mais ne le conserverait pas.
+Le <i>National</i> du 19 août tourna tant soit peu en ridicule
+Messieurs de l'Académie:</p>
+
+<p class="blockquot">
+«Nous admirons fort l'Académie d'avoir su découvrir que
+M. Alfred de Musset, après dix-huit ans de succès, était un
+talent <i>déjà</i> remarquable et méritait d'être encouragé à poursuivre
+sa carrière dans les lettres. Cela prouve un discernement
+profond. Nous admirons cette condescendance de vouloir
+<span class="pagenum"><a name="Page_263" id="Page_263">263</a></span> bien encourager un talent consacré par l'estime du public,
+depuis ses débuts qui datent de 1830; nous admirons
+cette complaisance à reconnaître que ce talent commence à
+donner des <i>espérances</i>, lorsque tout le monde, excepté les
+académiciens qui ne lisent rien, sait par c&oelig;ur ses poésies;
+lorsqu'il n'y a pas de jour où les affiches des théâtres n'annoncent
+ses pièces, que les académiciens ne connaissent
+point, parce qu'ils se gardent bien d'aller au spectacle et de
+se tenir au courant de la littérature dramatique; lorsque le
+Théâtre de la République doit à M. Alfred de Musset ses merveilleuses
+recettes: encourager ce talent à poursuivre sa
+carrière, c'est trop de bonté.....»</p>
+
+<p>Le <i>Charivari</i> du 19 août accentue la note et espère
+que «M. de Musset ne peut pas être complice de cet
+acte», lui qui perd un traitement de trois mille francs,
+et dont les pièces sont les seules qui fassent recette au
+Théâtre Français. Non, l'Académie a manqué de dignité
+pour elle et pour le poète; si elle veut à toute force servir
+M. de Musset, pourquoi ne lui donnerait-elle pas le
+fauteuil laissé vide par la mort de Chateaubriand:
+«Voilà comment l'Académie se fût honorée en honorant
+le poète; mais ce prix Maillé Latour-Landry, fi donc!
+jamais je ne pourrai oublier le sourire et l'ironie de
+M. Villemain en proclamant la décision de l'Académie».</p>
+
+<p>Le <i>Bien Public</i> du 21 août insère une note sur cette
+attribution.</p>
+
+<p>A la suite de sa conférence avec son frère, Alfred de
+Musset avait adressé une lettre au <i>National</i>, qui la publia
+dans son numéro du 21 août, avec ce commentaire<a name="FNanchor_101" id="FNanchor_101" href="#Footnote_101" class="fnanchor">[101]</a>:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«Nous recevons de M. Alfred de Musset, une lettre qui ne
+nous étonne pas de la part d'un poëte homme de c&oelig;ur. Nos
+lecteurs, qui sont au courant des termes du programme des
+prix décernés en 1848 par l'Académie Française, apprécieront
+<span class="pagenum"><a name="Page_264" id="Page_264">264</a></span> le sentiment de modestie et de générosité qui a dicté
+cette lettre, et l'Académie elle-même ne peut manquer d'approuver
+la destination donnée par M. Alfred de Musset au
+prix d'encouragement qu'elle lui a décerné.»</p>
+
+<p class="center">«Au citoyen rédacteur du journal le <i>National</i>.</p>
+
+<p class="right">«Paris, ce 20 août 1848.</p>
+
+<p class="left5">«Monsieur,</p>
+
+<p>«L'Académie Française m'a fait l'honneur, dans sa dernière
+séance, de me donner le prix fondé comme encouragement
+par M. le comte de Maillé de Latour-Landry. Ce
+secours, accordé pour un an, consiste en une somme de
+treize cents et quelques francs, intérêts d'un capital de
+30.000 fr. légué par le testateur et placé en rentes sur l'État.</p>
+
+<p>«Voulez-vous être assez bon, monsieur, pour ajouter cette
+somme à celles que vous avez déjà reçues en faveur des victimes
+des événements de juin 1848? Je m'empresserai de la
+verser entre vos mains aussitôt qu'elle me sera parvenue.</p>
+
+<p>«Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma parfaite
+considération.</p>
+
+<p class="right">«<span class="smcap">Alfred de Musset</span>.»</p></div>
+
+<p>Le <i>Corsaire</i> du 23 août approuve cette lettre.</p>
+
+<p>Mais dans sa séance du jeudi 24 août 1848, l'Académie
+Française décida que la <i>Note</i> suivante serait adressée au
+<i>Moniteur Universel</i>, qui l'inséra dans son numéro du 25
+août:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«Une lettre publiée dans plusieurs journaux et signée de
+M. Alfred de Musset, ferait penser que l'Académie Française
+avait légèrement attribué à cet écrivain distingué, le prix
+fondé par M. Maillé Latour-Landry. La seule réponse à
+faire, c'est que l'Académie n'a pris cette décision qu'après
+s'être assuré que M. Alfred de Musset connaissait le caractère
+de ce prix et qu'il l'accepterait; et, en effet, il a remercié
+l'Académie par la lettre suivante:</p>
+
+<p class="left5">«Monsieur le Directeur,</p>
+
+<p>«J'ai reçu avec reconnaissance la faveur dont on a bien
+voulu m'honorer.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a name="Page_265" id="Page_265">265</a></span> «Permettez-moi de vous prier de faire agréer tous mes
+remerciements à l'Académie.</p>
+
+<p>«Veuillez, Monsieur le Directeur, recevoir l'assurance de
+ma parfaite considération.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset</span>.»</p>
+
+<p>«L'Académie décide que la présente note sera transmise
+au <i>Moniteur</i> avec prière de la publier.</p>
+
+<p class="right">«Certifié conforme:<br />
+«<i>Le Secrétaire perpétuel de l'Académie Française.</i><br />
+<span class="smcap">«Villemain</span>.»</p></div>
+
+<p>Le <i>National</i>, où Paul de Musset venait d'entrer comme
+rédacteur, répondit le 27 août à Messieurs de l'Académie:</p>
+
+<p class="blockquot">
+«L'Académie Française paraît s'être émue de la destination
+patriotique donnée par M. Alfred de Musset au prix
+fondé par M. de Maillé Latour-Landry. Une note publiée
+dans le <i>Moniteur</i> d'hier et signée de M. Villemain, affirme
+que M. Alfred de Musset, en acceptant ce prix, en connaissait
+le <i>caractère</i>, et cette note est accompagnée de la lettre de
+remerciement et d'acceptation du poëte. Si le but de cette
+réclamation officielle de l'Académie est de répondre aux
+réflexions du <i>National</i> et de plusieurs autres journaux sur
+les termes du programme de la séance du 17 août, l'Académie
+eût mieux fait de garder le silence. Car nous savons et
+nous répétons que, si M. de Musset avait été averti du <i>caractère</i>
+de ce prix, il n'a connu le <i>texte</i> blessant du programme
+que le jour de la séance publique. Ni la lettre d'acceptation,
+ni la note de M. Villemain ne détruisent l'exactitude de cette
+assertion. Mais si l'Académie Française trouve mauvais que
+M. Alfred de Musset ait donné le montant du prix qui lui est
+décerné aux victimes des événements de juin 1848, nous
+regrettons que la note de M. Villemain ne s'exprime pas plus
+nettement sur ce point. Nous aurions été bien aises d'être
+édifiés sur les sentiments de l'Académie et le motif de son
+blâme.»</p>
+
+<p>M. Taxile Delord, dans le <i>Spectateur Républicain</i> du
+27 août, après avoir résumé les arguments des deux parties,
+leur donne tort à toutes deux: à l'Académie qui,
+comme protestation, eût dû admettre Alfred de Musset
+<span class="pagenum"><a name="Page_266" id="Page_266">266</a></span> dans son sein au lieu de lui jeter une aumône; au poëte,
+en changeant la destination primitive du prix Maillé
+Latour-Landry, au lieu de le refuser.</p>
+
+<p>Puis, le silence se fit. Le 28 octobre 1848, Alfred de
+Musset toucha le montant de son prix, et on trouve dans
+le <i>National</i> du 16 novembre cette note qui met fin au
+débat:</p>
+
+<p class="blockquot">
+«Nous avons reçu de monsieur Alfred de Musset la
+somme de treize cents francs que nous avons versée entre
+les mains de M. le Maire du 2<sup>e</sup> arrondissement, pour être
+distribuée aux blessés des journées de Juin 1848».</p>
+
+<p class="p2 center">III</p>
+
+<p>Pendant que ces faits se passaient à l'Académie Française,
+la Société des Gens de Lettres ne restait pas inactive.
+A son instigation, dans la séance de l'Assemblée
+Nationale du 11 juillet, le ministre de l'Intérieur,
+M. Senart, proposait un arrêté demandant l'ouverture
+d'un crédit de 500.000 francs, pour être réparti entre les
+divers théâtres de Paris, dont 105.000 francs pour le
+Théâtre de la République (Comédie Française).</p>
+
+<p>Le 13 juillet, était nommée une commission de cinq
+membres, chargée d'étudier le dossier: MM. Victor
+Hugo, Félix Pyat, Étienne Arago, Léon de Malleville et
+Evariste Bavoux.</p>
+
+<p>Le 17 juillet, lecture en séance publique, à l'Assemblée
+Nationale, par le citoyen Victor Hugo, de son rapport
+sur les subventions à accorder aux théâtres et d'un projet
+de décret portant à 680.000 francs le crédit ouvert au
+Ministre de l'Intérieur.</p>
+
+<p>Le 24 juillet, l'Assemblée Nationale adopte un décret
+en vertu duquel un crédit extraordinaire de 680.000 fr.
+<span class="pagenum"><a name="Page_267" id="Page_267">267</a></span> est ouvert au Ministre de l'Intérieur, pour être répartis
+entre les divers théâtres de Paris, y compris le théâtre
+de la Nation (Opéra); sur ce crédit, une somme de 5.000
+francs sera prélevée pour une inspection générale des
+théâtres. La répartition sera faite de quinzaine en quinzaine,
+par cinquièmes égaux, pour être terminée le 1<sup>e</sup>r
+octobre. Deux tiers seront affectés au paiement des
+artistes et employés, l'autre tiers attribué aux directeurs.</p>
+
+<p>Dans la même séance, l'Assemblée adopte un autre
+décret en vertu duquel un crédit de 200.000 francs est
+ouvert au Ministre de l'Intérieur pour encouragement
+aux Beaux-Arts, et un crédit de 100.000 francs au Ministre
+de l'Instruction Publique pour encouragement aux
+Belles-Lettres<a name="FNanchor_102" id="FNanchor_102" href="#Footnote_102" class="fnanchor">[102]</a>.</p>
+
+<p>La commission du Ministère de l'Instruction publique
+(M. de Vaulabelle, ministre), se composait de MM. Albert
+de Luynes, Charles de Rémusat, Hauréau, Littré, L. Dupaty,
+Prosper Mérimée et P. Génin.</p>
+
+<p>Le 14 septembre 1848, Alfred de Musset écrivait à sa
+mère, en ce moment chez sa fille à Angers:</p>
+
+<div class="blockquot">
+<p>«.....Le ministre de l'intérieur vient de réparer, un peu
+et jusqu'à un certain point, de la manière la plus aimable, la
+sottise de l'Académie. Les auteurs dramatiques, joués depuis
+février, étaient compris dans les fonds d'indemnité donnés
+aux théâtres. Cela n'a rien que de fort honorable. Il était
+reconnu que les théâtres avaient moins gagné à cause de la
+Révolution. Par conséquent, les auteurs devaient y avoir
+perdu. On a donc envoyé à chacun une petite somme; mon
+nom a été mis en tête pour mille francs. Ce n'est pas le
+Pérou, mais enfin, les pauvres gens, tu sais de quoi ils
+vivent, et les autres n'ont guère eu que moitié! Le Directeur
+des Beaux-Arts m'a annoncé cela avec les compliments les
+plus flatteurs de la part du Ministre. Tu penses bien que
+<span class="pagenum"><a name="Page_268" id="Page_268">268</a></span> cette fois, j'ai accepté: non, ce n'est point comme à l'Académie!
+Qui pourrait en être vexé?.....</p>
+
+<p>«Ton fils qui t'aime.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset.</span>»</p></div>
+
+<p>Ce fut donc cette unique somme de mille francs qui
+fut remise à Alfred de Musset, pour l'indemniser de sa
+destitution par M. Ledru-Rollin. L'Académie Française
+répara sa maladresse un peu plus tard, en admettant le
+poète au nombre de ses membres, le 12 février 1852 (la
+réception officielle n'eut lieu que le 27 mai). Mais la
+réparation ne fut complète que le 18 mars 1853, jour où
+le <i>Moniteur Universel</i> publia ces lignes:</p>
+
+<p class="blockquot">
+«Par arrêté en date du 15 mars, Monsieur le Ministre de
+l'Instruction Publique et des Cultes a nommé monsieur
+Alfred de Musset, membre de l'Académie Française, bibliothécaire
+du Ministère de l'Instruction publique.»</p>
+
+<p>Et ce fut le Ministre de l'Instruction publique lui-même,
+M. Hippolyte Fortoul, qui, dès 1834, avait été le
+collaborateur d'Alfred de Musset à la <i>Revue des Deux-Mondes</i><a name="FNanchor_103" id="FNanchor_103" href="#Footnote_103" class="fnanchor">[103]</a>,
+et tenait le poète en haute estime, qui le
+voulut prévenir de sa nomination<a name="FNanchor_104" id="FNanchor_104" href="#Footnote_104" class="fnanchor">[104]</a>:</p>
+
+<div class="blockquot">
+
+<p class="right">«Paris, le 18 mars 1853.</p>
+
+<p class="left5">«Mon cher monsieur,</p>
+
+<p>«J'ai le plaisir de vous annoncer que je viens de vous
+nommer bibliothécaire du Ministère de l'Instruction publique,
+aux appointements de 3.000 francs. Ces fonctions que
+vous n'avez point sollicitées, mais que je désirais depuis
+longtemps vous confier, ont été rendues vacantes par un
+<span class="pagenum"><a name="Page_269" id="Page_269">269</a></span> mouvement qui ne dérange aucune position acquise. Je
+m'estime infiniment heureux d'avoir pu réparer une partie
+des torts que vous ont faits nos discordes, aujourd'hui oubliées.
+Je regrette seulement d'avoir si peu de chose à offrir
+à un des hommes dont le talent honore le plus la littérature
+de notre temps.</p>
+
+<p>«Veuillez croire à tous mes sentiments dévoués.</p>
+
+<p class="right"><span class="smcap">«H. Fortoul.</span>»</p></div>
+
+<p>Alfred de Musset remplissait encore ces fonctions lors
+de sa mort.</p>
+
+<div class="figcenter"><img src="images/282_s.jpg" width="250" height="163"
+alt="end chap6" title="" />
+</div>
+
+<p class="center"><a href="images/282_b.jpg">Agrandissement</a></p>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_270" id="Page_270">270</a></span></p>
+<h2>TABLE DES MATIÈRES</h2>
+
+<hr class="c5" />
+<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="ToC">
+<colgroup span="2">
+<col align="left"></col>
+<col align="right"></col>
+</colgroup>
+<tr>
+ <td class="left">&nbsp;</td>
+ <td class="right">Pages</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="left">Les Portraits d'Alfred de Musset</td>
+ <td class="right"><a href="#Page_1">1</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="left">Alfred de Musset et George Sand</td>
+ <td class="right"><a href="#Page_43">43</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="left">Index bibliographique</td>
+ <td class="right"><a href="#Page_101">101</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="left">Quelques &OElig;uvres inédites ou peu connues
+ d'Alfred de Musset</td>
+ <td class="right"><a href="#Page_173">173</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="left">Notice bibliographique sur la Correspondance
+ d'Alfred de Musset</td>
+ <td class="right"><a href="#Page_221">221</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="left">Alfred de Musset bibliothécaire du Ministère
+ et lauréat de l'Académie</td>
+ <td class="right"><a href="#Page_243">243</a></td>
+</tr>
+</table>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_271" id="Page_271">271</a></span></p>
+<h2>TABLE DES ILLUSTRATIONS</h2>
+
+<hr class="c5" />
+
+<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="table illus">
+<colgroup span="2">
+<col align="left"></col>
+<col align="right"></col>
+</colgroup>
+<tr>
+ <td class="left">&nbsp;</td>
+ <td class="right">Pages</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="left">1. <i>Alfred de Musset</i>, portrait-charge dessiné à la plume<br />
+ par Roger de Beauvoir</td>
+ <td class="right" valign="top"><a href="#Page_8">8</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="left">2. <i>George Sand</i>, portrait-charge dessiné au crayon<br />
+ par Alfred de Musset<br />
+ <p class="font90">L'original de ce dessin appartient à M<sup>me</sup> veuve Martellet<br />
+ <span class="i2">et a précédemment été publié par elle dans son livre</span><br />
+ <span class="i2">intitulé: <i>Dix ans chez Alfred de Musset.</i></span></p></td>
+ <td class="right" valign="top"><a href="#Page_45">45</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="left">3. Fac-similé de l'<i>Ordonnance</i> du docteur Pagello</td>
+ <td class="right"><a href="#Page_55">55</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="left">4. Fac-similé de la <i>Dédicace</i> écrite par George Sand<br />
+ sur le carnet d'Alfred de Musset</td>
+ <td class="right" valign="top"><a href="#Page_66">66</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="left">5. Fac-similé de la <i>Dédicace</i> écrite par Pierre Pagello<br />
+ sur le carnet d'Alfred de Musset</td>
+ <td class="right" valign="top"><a href="#Page_66">66</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="left">6. <i>Le Comte d'Essex</i>, fac-similé de la 4<sup>e</sup> page du<br />
+ manuscrit d'Alfred de Musset</td>
+ <td class="right" valign="top"><a href="#Page_178">178</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="left">7. <i>Tombeau d'un homme</i> qui est allé à l'Opéra-Comique,<br />
+ croquis à la plume par Alfred de Musset</td>
+ <td class="right" valign="top"><a href="#Page_231">231</a></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td class="left">8. <i>Alfred de Musset et Rachel</i>, croquis à la plume par<br />
+ Alfred de Musset</td>
+ <td class="right" valign="top"><a href="#Page_232">232</a></td>
+</tr>
+</table>
+
+<hr class="c15 p4" />
+<div class="footnotes"><h3>NOTES:</h3>
+<div class="footnote">
+
+<p><a name="Footnote_1" id="Footnote_1" href="#FNanchor_1"><span class="label">1</span></a> Publiée en 1893 dans la <i>Revue de l'Art français</i>, page 204. Il s'agit de son
+service comme garde national.</p>
+
+<p><a name="Footnote_2" id="Footnote_2" href="#FNanchor_2"><span class="label">2</span></a> Exposée au Salon de 1859, n<sup>o</sup> 2491.</p>
+
+<p><a name="Footnote_3" id="Footnote_3" href="#FNanchor_3"><span class="label">3</span></a> A cette époque, le Prince Impérial était encore Joseph Napoléon,
+nommé par décret du 18 décembre 1852, confirmé le 23 par un sénatus-consulte.</p>
+
+<p><a name="Footnote_4" id="Footnote_4" href="#FNanchor_4"><span class="label">4</span></a> <i>Le Musée de la Comédie-Française.</i> Paris, Ollendorff, 1878. 1 vol. in-8,
+p. 46.</p>
+
+<p><a name="Footnote_5" id="Footnote_5" href="#FNanchor_5"><span class="label">5</span></a> Voir: Le <i>Figaro</i>, 12 mars 1887, Suppl. Art. par George Herbert.&mdash;Le <i>Gil
+Blas</i>, 19 avril 1887, art. par F. Xau.</p>
+
+<p><a name="Footnote_6" id="Footnote_6" href="#FNanchor_6"><span class="label">6</span></a> Voir: L'<i>Écho</i> de Paris, 13 avril 1887.&mdash;La <i>Petite Presse</i>, 17 avril 1887, etc.</p>
+
+<p><a name="Footnote_7" id="Footnote_7" href="#FNanchor_7"><span class="label">7</span></a> Voir: Le <i>Gaulois</i>, 24 avril 1889.&mdash;Paris, 11 juillet.&mdash;Le <i>Public</i>, Le
+<i>Voltaire</i>, 18 juillet.&mdash;Le <i>Parisien</i>, 25 septembre, etc.</p>
+
+<p><a name="Footnote_8" id="Footnote_8" href="#FNanchor_8"><span class="label">8</span></a> <i>Comospolis</i>, revue internationale des 1<sup>er</sup> mai et 1<sup>er</sup> juin 1896. L'ouvrage
+a reparu très augmenté, à la librairie Calmann-Lévy. 1897. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p><a name="Footnote_9" id="Footnote_9" href="#FNanchor_9"><span class="label">9</span></a> Les <i>Lettres de George Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve</i> ont été
+publiées à la librairie Calmann-Lévy. 1897. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p><a name="Footnote_10" id="Footnote_10" href="#FNanchor_10"><span class="label">10</span></a> Cette poésie ne se trouve pas dans les &OElig;uvres d'Alfred de Musset, mais
+Paul de Musset l'a publiée dans la <i>Revue des Deux-Mondes</i> du 1<sup>er</sup> novembre
+1878.</p>
+
+<p><a name="Footnote_11" id="Footnote_11" href="#FNanchor_11"><span class="label">11</span></a> Je cite ces deux dernières strophes, dont le texte publié jusqu'à ce
+jour, est fort incorrect.</p>
+
+<p><a name="Footnote_12" id="Footnote_12" href="#FNanchor_12"><span class="label">12</span></a> Précepteur de Maurice Sand.</p>
+
+<p><a name="Footnote_13" id="Footnote_13" href="#FNanchor_13"><span class="label">13</span></a> Femme de ménage de George Sand.</p>
+
+<p><a name="Footnote_14" id="Footnote_14" href="#FNanchor_14"><span class="label">14</span></a> Gustave Papet, ami de George Sand.</p>
+
+<p><a name="Footnote_15" id="Footnote_15" href="#FNanchor_15"><span class="label">15</span></a> Cet album de dessins d'Alfred de Musset, renferme huit portraits de
+George Sand. M. A. Brisson a donné dans le <i>Temps</i> du 4 novembre 1896 la
+description détaillée de plusieurs de ces pages, qui sont en bonnes mains.&mdash;Maurice
+Sand a également caricaturé les amis de sa mère; ses charges de
+A. Gueroult, Buloz, Ch. Didier, etc., ont beaucoup de rapport avec celles
+qu'en avait fait Alfred de Musset. George Sand a fait aussi plusieurs caricatures
+de ses habitués.&mdash;A la même époque, le poète s'est encore rendu
+coupable de certaine <i>Revue Romantique</i>, absolument inconnue, «généralement
+attribuée à M. de Chateaubriand», et que George Sand a consignée
+pages 79 et 80 de son journal intime, <i>Sketches and Hints</i>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_16" id="Footnote_16" href="#FNanchor_16"><span class="label">16</span></a> Voir un fragment de lettre de George Sand à Sainte-Beuve, publié par
+celui-ci dans les <i>Portraits contemporains</i>, nouvelle édition. Paris, 1869, in-12,
+tome I, page 516.</p>
+
+<p><a name="Footnote_17" id="Footnote_17" href="#FNanchor_17"><span class="label">17</span></a> Dans la <i>Correspondance</i> de George Sand, tome I, pages 256 et 258, deux
+lettres d'elle sont publiées, écrites de cette ville et datées, l'une du 18, l'autre
+du 20 décembre.</p>
+
+<p><a name="Footnote_18" id="Footnote_18" href="#FNanchor_18"><span class="label">18</span></a> Guillaume de Musset, seigneur de la Rousselière, du Prai, du Lude,
+d'Ozouer-le-Breuil et de la Courtoisie, avait épousé le 9 novembre 1580,
+demoiselle Cassandre d'Epeigney, fille de Jean d'Epeigney et de Cassandre
+de Salviati, dont l'aïeul, Bernard de Salviati avait quitté Florence, appelé
+en France par Catherine de Médicis, sa parente.</p>
+
+<p><a name="Footnote_19" id="Footnote_19" href="#FNanchor_19"><span class="label">19</span></a> <i>Histoire de ma vie</i>, 5<sup>e</sup> partie, chapitre 3.</p>
+
+<p><a name="Footnote_20" id="Footnote_20" href="#FNanchor_20"><span class="label">20</span></a> M<sup>me</sup> Arvède Barine, dans son livre sur Alfred de Musset, avait déjà
+mentionné cet album, qu'il ne faut pas confondre avec celui ayant appartenu
+à George Sand.</p>
+
+<p><a name="Footnote_21" id="Footnote_21" href="#FNanchor_21"><span class="label">21</span></a> <i>Scènes de la vie privée et publique des Animaux.</i> Paris, Hetzel, 1842. T. II,
+p. 362.</p>
+
+<p><a name="Footnote_22" id="Footnote_22" href="#FNanchor_22"><span class="label">22</span></a> Publié dans les <i>Nouvelles Poésies</i>, avec la date de: Venise, 3 février 1834.</p>
+
+<p><a name="Footnote_23" id="Footnote_23" href="#FNanchor_23"><span class="label">23</span></a> <i>Véritable Histoire de Elle et Lui.</i> Paris, C. Lévy, 1897, 1 vol. in-12, p. 36.&mdash;Cette
+Serenata avait déjà été imprimée dans le <i>Corriere della Sera</i> (Milan)
+du 29-30 janvier 1881; dans <i>Racconti, Scene, Bozzetti</i>, etc... di Luigia Codemo,
+Trevise, Zopelli, 1882. 2 vol. in-12. Tome I, p. 153; etc.</p>
+
+<p><a name="Footnote_24" id="Footnote_24" href="#FNanchor_24"><span class="label">24</span></a> Ces lettres, qui étaient entre les mains de Paul de Musset, ont disparu,
+et ne se sont pas retrouvées parmi les papiers laissés par M<sup>me</sup> Paul de
+Musset.</p>
+
+<p><a name="Footnote_25" id="Footnote_25" href="#FNanchor_25"><span class="label">25</span></a> La s&oelig;ur d'Alfred de Musset.</p>
+
+<p><a name="Footnote_26" id="Footnote_26" href="#FNanchor_26"><span class="label">26</span></a> Le frère aîné d'Alfred.</p>
+
+<p><a name="Footnote_27" id="Footnote_27" href="#FNanchor_27"><span class="label">27</span></a> Cette lettre a été publiée par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul
+(<i>Cosmopolis</i>). Le docteur Cabanes a écrit dans la <i>Revue Hebdomadaire</i>
+une très curieuse étude sur les relations de George Sand, Pagello et Alfred
+de Musset; son récit diffère quelque peu du nôtre dans les détails, mais le
+fond de l'histoire est le même.</p>
+
+<p><a name="Footnote_28" id="Footnote_28" href="#FNanchor_28"><span class="label">28</span></a> Extrait d'une lettre du D<sup>r</sup> Pagello, publiée dans le <i>Corriere della sera</i>,
+de Milan, du 29-30 janvier 1881.</p>
+
+<p><a name="Footnote_29" id="Footnote_29" href="#FNanchor_29"><span class="label">29</span></a> M. Raffaello Barbiera, dans l'<i>Illustrazione Italiana</i> du 15 novembre 1896,
+répond à cette allégation: «<i>La Revue de Paris</i> e altre reviste scambiano il
+Rebizzo con un decrepito, tremebundo chirurgo, che s'era provato invano,
+a Venezzia, ad aprir la vena di Alfredo de Musset malato di febbre cerebrale.
+Quel tremante salassatore era, invece, un provero avanzo della Republica
+Veneta, certo Santini, piu che ottuagenario.» Je me suis appuyé pour donner
+ce nom de Rebizzo sur le dessin de l'album d'Alfred de Musset représentant
+un vieillard, une lancette entre les lèvres, la tête recouverte d'une perruque
+à longs cheveux et qui prononce ces paroles: «Non v'e arteria!». Sous le
+dessin, ce nom, écrit par Paul de Musset: «Il dottor Rebizzo.»</p>
+
+<p><a name="Footnote_30" id="Footnote_30" href="#FNanchor_30"><span class="label">30</span></a> Relation de ce qui s'est passé à Venise, par Paul de Musset, manuscrit
+inédit.&mdash;Voir un peu plus loin.</p>
+
+<p><a name="Footnote_31" id="Footnote_31" href="#FNanchor_31"><span class="label">31</span></a> Extrait de la même relation de Paul de Musset.</p>
+
+<p><a name="Footnote_32" id="Footnote_32" href="#FNanchor_32"><span class="label">32</span></a> Je n'avais pas cru devoir donner le nom de M<sup>lle</sup> Dejazet par égard pour
+M<sup>me</sup> Tattet. M. Mariéton ayant trouvé ce nom dans <i>mes</i> notes s'est empressé
+de le publier.</p>
+
+<p><a name="Footnote_33" id="Footnote_33" href="#FNanchor_33"><span class="label">33</span></a> Cette lettre, datée de Florence, 17 mars 1834, a été publiée par M. le Vicomte
+de Spoelberch de Lovenjoul (<i>Cosmopolis</i>).</p>
+
+<p><a name="Footnote_34" id="Footnote_34" href="#FNanchor_34"><span class="label">34</span></a> <i>Biographie</i>, p. 129.</p>
+
+<p><a name="Footnote_35" id="Footnote_35" href="#FNanchor_35"><span class="label">35</span></a> Ce carnet a soixante-douze feuillets. Sur le premier, envoi de George
+Sand. Les feuillets 3 à 12 portent des notes manuscrites d'Alfred de Musset:
+maximes, extraits de divers auteurs: Sénèque, Pindare, Marc-Aurèle,
+Homère, Byron, etc...; d'autres encore, français, anglais, italiens.</p>
+
+<p>Les feuillets 2, 15 à 48, 57 à 71 sont restés blancs.</p>
+
+<p>Les feuillets 13, 14, 49 à 56 sont arrachés. Sur les fragments qui en restent,
+on distingue des traces d'écriture au crayon.</p>
+
+<p>Sur le feuillet 72 et dernier, envoi de Pagello, écrit en sens inverse des
+autres pages. C'est de ce carnet qu'il s'agit dans la lettre d'Alfred de Musset
+à George Sand, datée du 15 juin 1834.</p>
+
+<p><a name="Footnote_36" id="Footnote_36" href="#FNanchor_36"><span class="label">36</span></a> Datée du 6 avril 1834, et publiée dans sa <i>Correspondance</i>, tome I, p. 265.&mdash;D'après
+une lettre qu'elle écrivit le 15 avril 1834 à Musset lui-même, c'est
+le lendemain de son départ qu'elle est allée à Vicence, pour savoir comment
+il avait passé sa première nuit de voyage.</p>
+
+<p><a name="Footnote_37" id="Footnote_37" href="#FNanchor_37"><span class="label">37</span></a> En 1839.&mdash;Paul de Musset en cite des fragments dans la <i>Biographie</i>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_38" id="Footnote_38" href="#FNanchor_38"><span class="label">38</span></a> Publiée dans la <i>Revue de Paris</i> du 1<sup>er</sup> novembre 1896, lettre 4.</p>
+
+<p><a name="Footnote_39" id="Footnote_39" href="#FNanchor_39"><span class="label">39</span></a> En tête de l'exemplaire de <i>Jacques</i> que possédait Alfred de Musset, se
+trouve cet envoi autographe: «<i>George à Alfred</i>».</p>
+
+<p><a name="Footnote_40" id="Footnote_40" href="#FNanchor_40"><span class="label">40</span></a> L'exemplaire de la <i>Confession d'un enfant du siècle</i> appartenant à
+George Sand, porte cette dédicace manuscrite: «<i>A George Sand.&mdash;Alf<sup>d</sup> M<sup>t</sup>.</i>».</p>
+
+<p>Au verso de la couverture de <i>Leone Leoni</i>, par G. Sand (Paris, Bonnaire et
+Magen, 1835. 1 vol. in-8) se trouve cette annonce de librairie:</p>
+
+<p>«Pour paraître prochainement:</p>
+
+<p>«<span class="smcap">Au-dela du Rhin</span>, par Lherminier, professeur au Collège de France.
+2 vol. in-8.</p>
+
+<p>«<span class="smcap">La Confession d'un Enfant du Siècle</span>, par Alfred de Musset. 2 vol. in-8.</p>
+
+<p>«<span class="smcap">Servitude et Grandeur Militaires</span>, par Alfred de Vigny. 1 vol. in-8.</p>
+
+<p>«<span class="smcap">La Seconde Consultation du docteur Noir</span>, par le même. 1 vol. in-8.</p>
+
+<p>«<span class="smcap">Un Nouveau Roman</span>, par George Sand. 2 vol. in-8.</p>
+
+<p>«<span class="smcap">Grangeneuve</span>, par H. Delatouche. 2 vol. in-8.»</p>
+
+<p><a name="Footnote_41" id="Footnote_41" href="#FNanchor_41"><span class="label">41</span></a> Lettre inédite.</p>
+
+<p><a name="Footnote_42" id="Footnote_42" href="#FNanchor_42"><span class="label">42</span></a> <i>Alfred de Musset</i>, par A. Barine. Paris, Hachette, 1893. 1 vol. in-12, p. 73.</p>
+
+<p><a name="Footnote_43" id="Footnote_43" href="#FNanchor_43"><span class="label">43</span></a> <i>Véritable histoire</i>, etc...., p. 39.</p>
+
+<p><a name="Footnote_44" id="Footnote_44" href="#FNanchor_44"><span class="label">44</span></a> L'auteur a consacré un long chapitre aux relations d'Alfred de Musset
+et de George Sand. Des documents précis, habilement groupés, des extraits
+de lettres, en font un ensemble psychologique des plus attrayants.</p>
+
+<p><a name="Footnote_45" id="Footnote_45" href="#FNanchor_45"><span class="label">45</span></a> Fragment inédit d'une lettre publiée dans la <i>Correspondance</i>, tome I,
+p. 279-281.</p>
+
+<p><a name="Footnote_46" id="Footnote_46" href="#FNanchor_46"><span class="label">46</span></a> L'une des lettres de Musset à George Sand a été publiée dans l'<i>Homme
+Libre</i> du 14 avril 1877 et dans le <i>Figaro</i> du 28 avril 1882.</p>
+
+<p><a name="Footnote_47" id="Footnote_47" href="#FNanchor_47"><span class="label">47</span></a> On trouvera d'autres détails dans: 1<sup>o</sup> <i>Alfred de Musset à Bade</i> par Émile
+Krantz. Extrait des Annales de l'Est. Nancy, Imprimerie Berger-Levrault et
+C<sup>ie</sup>, 1888. In-8<sup>o</sup>.&mdash;2<sup>o</sup> <i>Kleine beiträge zur Wurdigung Alfred de Musset</i> (Poésies
+Nouvelles), von D<sup>r</sup> Moritz Werner. Berlin, C. Vogt, 1896. In-8<sup>o</sup>.&mdash;De l'enquête
+à laquelle s'est livré le D<sup>r</sup> Werner, il semble résulter qu'Alfred de Musset
+voyageait en compagnie d'un monsieur Roussel: «.....Voici ce que j'ai
+trouvé, m'écrit le D<sup>r</sup> Werner, dans le recueil des listes des étrangers que
+je m'étais fait envoyer de Bade. Dans la liste du dimanche 31 août, qui
+indique les étrangers arrivés de la veille, il y a à l'hôtel «Zahringer Hoff»:
+M. de Musset <i>et</i> M. Roussel, de Paris». (Je souligne cet <i>et</i> parce qu'il ne se
+trouve que dans le cas où les étrangers se sont fait inscrire ensemble). Le
+jour suivant, 1<sup>er</sup> septembre, étrangers arrivés le 31 août, on trouve chez M.
+le secrétaire Mesmer: «M. le vicomte de Musset», et dans la rubrique
+spéciale qui contient les changements de logis: «M. Roussel, de Paris»,
+qui a changé de logis en passant lui aussi chez Mesmer. Vous voyez qu'à
+prendre ces indications au pied de la lettre, il y aurait eu deux Musset à
+Bade. Mais ce ne sera qu'une faute d'impression ou bien de rubrication,
+de sorte que la 2<sup>e</sup> fois Musset devrait se trouver lui aussi parmi les changements
+de logis et non parmi les récemment arrivés.....»</p>
+
+<p><a name="Footnote_48" id="Footnote_48" href="#FNanchor_48"><span class="label">48</span></a> De plusieurs lettres de George Sand, il ressort qu'au moment où elle est
+devenue la maîtresse de Pagello, «il s'est trouvé dans sa vie à lui, de ses
+liens mal rompus avec d'anciennes maîtresses, des situations ridicules et
+désagréables»; au moment de la quitter, il semble craindre de voir se renouveler
+ces ennuis.</p>
+
+<p><a name="Footnote_49" id="Footnote_49" href="#FNanchor_49"><span class="label">49</span></a> Alfred Tattet avait un domicile à Paris, 15 (et non 13), rue Grange-Batelière,
+mais il habitait le plus souvent une grande propriété qu'il possédait
+à Bury, près Margency, dans la vallée de Montmorency.</p>
+
+<p><a name="Footnote_50" id="Footnote_50" href="#FNanchor_50"><span class="label">50</span></a> Lettre publiée par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, ainsi que
+celle d'Alfred de Musset au même (<i>Cosmopolis</i> puis <i>Véritable Histoire</i>, etc...).</p>
+
+<p><a name="Footnote_51" id="Footnote_51" href="#FNanchor_51"><span class="label">51</span></a> Cette lettre, datée du 19 janvier 1835, est publiée dans: <i>Briefe hervorragender
+Zeitgenassen an Frantz Liszt...., herausgegeben von La Marra</i>. Leipzig,
+Breitkopf und Härtel, 1895. 2 vol. in-8<sup>o</sup>. Tome I, p. 9.</p>
+
+<p><a name="Footnote_52" id="Footnote_52" href="#FNanchor_52"><span class="label">52</span></a> <i>Revue Hebdomadaire</i>, 24 octobre 1896, p. 618.</p>
+
+<p><a name="Footnote_53" id="Footnote_53" href="#FNanchor_53"><span class="label">53</span></a> Si Alfred de Musset est parti, ce qui est peu probable, il est retourné à
+Montbard, dans la Côte-d'Or. C'est alors qu'il aurait visité la maison de
+Buffon et écrit sur un panneau de la boiserie les vers qu'on lui attribue.&mdash;Voir
+à ce sujet la plaquette intitulée: <i>Le Centenaire de Buffon. Troyes, Mongolfier.
+1889.</i> In-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_54" id="Footnote_54" href="#FNanchor_54"><span class="label">54</span></a> Publié par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul (<i>Cosmopolis</i> puis
+dans <i>Véritable Histoire</i>, etc...).</p>
+
+<p><a name="Footnote_55" id="Footnote_55" href="#FNanchor_55"><span class="label">55</span></a> <i>La Nuit de Mai</i>, écrite en mai 1835.&mdash;On prétend que <i>toutes les Nuits</i>
+sont adressées à George Sand. Tel n'est pas mon avis. Ce n'est pas elle l'inconnue
+de la <i>Nuit d'Octobre</i> à laquelle il dit: «Honte à toi qui la première,
+etc...» Ce n'est pas elle l'innommée de la <i>Lettre à Lamartine</i>. Je crois qu'il
+faut remonter au moins à l'année 1828 pour la retrouver. Ce ne serait qu'un
+<i>Souvenir</i>, évoqué non par une rencontre, comme celui de 1841, mais cette
+fois par une mort.&mdash;M<sup>me</sup> Wladimir Karenine donne son nom: Madame
+de Groiselliez (T. II, p. 28).</p>
+
+<p><a name="Footnote_56" id="Footnote_56" href="#FNanchor_56"><span class="label">56</span></a> Fragment inédit d'une lettre datée de La Châtre, 25 mai 1836, publiée
+dans la <i>Correspondance</i> de G. Sand (Paris, C. Lévy, in-12, T. I, p. 365), lequel
+a été publié postérieurement par M. Rocheblave dans la <i>Revue de Paris</i>
+du 15 décembre 1894, p. 812.</p>
+
+<p><a name="Footnote_57" id="Footnote_57" href="#FNanchor_57"><span class="label">57</span></a> Publié dans la <i>Biographie</i> d'Alfred de Musset par Paul de Musset
+(Charpentier, 1877. 1 vol. in-12, p. 133). J'ai rectifié le texte sur l'autographe.&mdash;Un
+autre fragment est déjà cité ci-dessus.</p>
+
+<p><a name="Footnote_58" id="Footnote_58" href="#FNanchor_58"><span class="label">58</span></a> Publié dans la <i>Revue des Deux-Mondes</i> du 15 février 1841. M. Maxime
+Du Camp, dans ses <i>Souvenirs Littéraires</i> (Hachette, 1882-1883, 2 vol. in-8, T. II,
+p. 358) fait un récit différent de celui de Paul de Musset.</p>
+
+<p><a name="Footnote_59" id="Footnote_59" href="#FNanchor_59"><span class="label">59</span></a> A mon frère revenant d'Italie, <i>Revue des Deux-Mondes</i>, 1<sup>er</sup> avril 1844.</p>
+
+<p><a name="Footnote_60" id="Footnote_60" href="#FNanchor_60"><span class="label">60</span></a> On peut rapprocher de ces vers, ce passage du 1<sup>er</sup> chapitre de <i>Léone
+Léoni</i> de George Sand:</p>
+
+<p>«...Nous étions tous deux seuls dans une des salles de l'ancien palais
+Nasi, situé sur le quai des Esclavons et converti aujourd'hui en auberge,
+la meilleure de Venise. Etc...»&mdash;Alfred de Musset écrit «palais Nani».</p>
+
+<p><a name="Footnote_61" id="Footnote_61" href="#FNanchor_61"><span class="label">61</span></a> Insérée dans le numéro du 15 février 1854.</p>
+
+<p><a name="Footnote_62" id="Footnote_62" href="#FNanchor_62"><span class="label">62</span></a> Depuis la publication de cette étude, une lettre de Paul de Musset au
+compositeur Ed. Garnier, du 2 novembre 1859, est parvenue à notre connaissance,
+dans laquelle il lui dit: «...J'ai des engagements pris qu'il serait trop
+long de vous expliquer, des travaux considérables à faire, et, entre autres,
+une biographie aussi complète que possible d'un poète aimé, que des
+harpies déchirent, et dont il faut que je prépare une défense écrasante pour
+en finir...»</p>
+
+<p><a name="Footnote_63" id="Footnote_63" href="#FNanchor_63"><span class="label">63</span></a> <i>Lui et Elle</i> est publié dans les livraisons des 10, 25 avril et 10 mai 1859,
+et parut en volume à la fin de la même année, avec la date de 1860.</p>
+
+<p><a name="Footnote_64" id="Footnote_64" href="#FNanchor_64"><span class="label">64</span></a> C'est du moins ce qu'affirme Paul de Musset dans une note manuscrite.</p>
+
+<p><a name="Footnote_65" id="Footnote_65" href="#FNanchor_65"><span class="label">65</span></a> L'édition de cette Revue, publiée à Londres, a donné lieu, dans la
+presse anglaise, à un certain nombre d'articles qui ne sont pas tous parvenus
+à ma connaissance. Réimprimée en volume.</p>
+
+<p><a name="Footnote_66" id="Footnote_66" href="#FNanchor_66"><span class="label">66</span></a> <span class="smcap">Une Nuit de Venise</span>, fantaisie en 1 acte, en vers, par M. J. Mongerolle,
+devait être représentée le 13 février 1897 sur le Théâtre Mondain, de la
+cité d'Antin, à Paris, avec cette distribution:</p>
+
+<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="5" summary="clef">
+<colgroup span="2">
+<col align="left"></col>
+<col align="left"></col>
+</colgroup>
+<tr>
+ <td>La Muse</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>M<sup>lle</sup> Augustine <span class="smcap">Leriche</span>.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Beppa (George Sand)</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td><span class="smcap i2">Caumont.</span></td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Le Poète (Alfred de Musset).</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td>M. &nbsp;&nbsp;Paul<span class="smcap"> Franck</span>.</td>
+</tr>
+<tr>
+ <td>Le Docteur (le D<sup>r</sup> Pagello)</td>
+ <td>&nbsp;</td>
+ <td valign="baseline"><span class="smcap i2">P. Garbagni.</span></td>
+</tr>
+</table>
+
+<p>Les invités trouvèrent la salle occupée par la police. Mais malgré cette
+interdiction et le procès qui s'en suivit, cette pièce fut représentée le 24 mars
+1897, sous le titre de <i>Le Druide</i>, au même théâtre. Je ne crois pas qu'elle ait
+été imprimée, il ne doit exister que le programme de la représentation.</p>
+
+<p><a name="Footnote_67" id="Footnote_67" href="#FNanchor_67"><span class="label">67</span></a> <i>La Revue Rétrospective</i>, en 3 actes et 6 tableaux, précédée d'un prologue,
+par le marquis Philippe de Massa. Représentée à Paris sur le théâtre du
+Cercle de l'Union artistique, les 11 et 12 juin 1899. Paris, Cerf, 1899. 1 vol.
+in-12 orné d'un portrait.</p>
+
+<p><a name="Footnote_68" id="Footnote_68" href="#FNanchor_68"><span class="label">68</span></a> Livraison du 26 juin 1897.</p>
+
+<p><a name="Footnote_69" id="Footnote_69" href="#FNanchor_69"><span class="label">69</span></a> Publiée dans la <i>Revue de Paris</i> du 2 mai 1841, où elle est signée: «Paul
+de Musset» et reproduite dans la <i>Revue pittoresque</i> de mai 1845, avec la signature
+d'Alfred.</p>
+
+<p><a name="Footnote_70" id="Footnote_70" href="#FNanchor_70"><span class="label">70</span></a> <i>Biographie d'Alfred de Musset</i>, par Paul de Musset. Paris, Charpentier,
+1877. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p><a name="Footnote_71" id="Footnote_71" href="#FNanchor_71"><span class="label">71</span></a> La donnée du roman de George Sand, <i>Le Secrétaire intime</i>, écrit en
+1834, offre de très grands points de ressemblance avec cette &oelig;uvre d'Alfred
+de Musset. On retrouve même chez G. Sand le nom de Spark.</p>
+
+<p><a name="Footnote_72" id="Footnote_72" href="#FNanchor_72"><span class="label">72</span></a> Ces vers ont été publiés pour la première fois dans le <i>Journal des
+Femmes</i>, du 5 novembre 1850.</p>
+
+<p><a name="Footnote_73" id="Footnote_73" href="#FNanchor_73"><span class="label">73</span></a> Voir: <i>Alfred de Musset et ses prétendues attaques contre Victor Hugo</i>, par
+M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul. Paris, Rouveyre, 1878. Br. in-18.</p>
+
+<p><a name="Footnote_74" id="Footnote_74" href="#FNanchor_74"><span class="label">74</span></a> Alfred de Musset a fait sa traduction sur la 3<sup>e</sup> édition anglaise, publiée
+à Londres chez Taylor et Hessey, en 1823, 1 vol. in-18 de IV-206 pages.</p>
+
+<p><a name="Footnote_75" id="Footnote_75" href="#FNanchor_75"><span class="label">75</span></a> La s&oelig;ur du poète possède encore sa carte d'étudiant en médecine.</p>
+
+<p><a name="Footnote_76" id="Footnote_76" href="#FNanchor_76"><span class="label">76</span></a> On trouvera des comptes-rendus de cette pièce dans: <i>Journal des Débats</i>,
+6 janvier 1834. <i>Le Moniteur Universel</i>, 6 et 13 janvier 1834. <i>Revue des Théâtres</i>,
+12 janvier et 6 février 1834. <i>Le Journal des Femmes</i>, 8 février 1834. <i>L'Artiste</i>,
+12 janvier 1834, etc...</p>
+
+<p><a name="Footnote_77" id="Footnote_77" href="#FNanchor_77"><span class="label">77</span></a> Voir: <span class="smcap">Félix Arvers</span>, par Charles Glinel. 2<sup>e</sup> édition. Reims, Michaud.
+Paris, Rouquette, 1897. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_78" id="Footnote_78" href="#FNanchor_78"><span class="label">78</span></a> <i>&OElig;uvres Posthumes</i>, in-12, p. 241.</p>
+
+<p><a name="Footnote_79" id="Footnote_79" href="#FNanchor_79"><span class="label">79</span></a> <span class="smcap">Mes Heures Perdues</span> par Félix Arvers. Paris, Fournier, 1833. 1 vol. in-8<sup>o</sup>,
+p. 156 à 293.</p>
+
+<p><a name="Footnote_80" id="Footnote_80" href="#FNanchor_80"><span class="label">80</span></a> <i>Arthur</i>, roman, par U. Guttinguer. Paris, Renduel, 1837. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_81" id="Footnote_81" href="#FNanchor_81"><span class="label">81</span></a> <i>Les Lilas de Courcelles</i>, poésies, par U. Guttinguer. Saint-Germain, Imp.
+de Beau, 1842. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p><a name="Footnote_82" id="Footnote_82" href="#FNanchor_82"><span class="label">82</span></a> L'édition in-4<sup>o</sup>, des &OElig;uvres d'Alfred de Musset publiée à la Librairie
+Lemerre, de 1884 à 1895, est la première qui donne un texte de <i>Lorenzaccio</i>
+conforme au manuscrit. De nombreux passages sont ajoutés, entre autres,
+toute la fin de la quatrième scène de l'acte IV, demeurée jusqu'alors inédite.</p>
+
+<p><a name="Footnote_83" id="Footnote_83" href="#FNanchor_83"><span class="label">83</span></a> Publié dans: <i>Les Soupeurs de mon temps, par Roger de Beauvoir.</i> Paris,
+Faure, 1868. 1 vol. in-12, p. 135.&mdash;<i>L'Illustration</i>, 19 septembre 1868.</p>
+
+<p><a name="Footnote_84" id="Footnote_84" href="#FNanchor_84"><span class="label">84</span></a> Cette lettre est publiée en partie dans <span class="smcap">Le Figaro</span> du 6 avril 1883, et
+en entier dans la <span class="smcap">Gazette Anecdotique</span> du 30 juin 1885.</p>
+
+<p><a name="Footnote_85" id="Footnote_85" href="#FNanchor_85"><span class="label">85</span></a> C'est pour la même raison que j'omets les <i>Variantes</i> qu'offrent entre eux
+les divers textes imprimés.</p>
+
+<p><a name="Footnote_86" id="Footnote_86" href="#FNanchor_86"><span class="label">86</span></a> Réimprimés sous le titre de: <i>Dix ans chez Alfred de Musset</i>, par M<sup>me</sup> Martellet,
+née A. Colin. Paris, Chamuel, 1899. 1 vol. in-12.</p>
+
+<p><a name="Footnote_87" id="Footnote_87" href="#FNanchor_87"><span class="label">87</span></a> Voir ci-après (page <a href="#Page_230">230 de)</a> la Notice bibliographique sur la Correspondance d'Alfred
+de Musset.</p>
+
+<p><a name="Footnote_88" id="Footnote_88" href="#FNanchor_88"><span class="label">88</span></a> Quelques-unes de ces dernières lettres avaient été publiées antérieurement
+dans la <i>Revue Nationale et Étrangère</i> du 1<sup>er</sup> avril 1866.</p>
+
+<p><a name="Footnote_89" id="Footnote_89" href="#FNanchor_89"><span class="label">89</span></a> Les lettres dont je n'ai pas retrouvé les autographes sont précédées
+d'une astérisque (*).</p>
+
+<p><a name="Footnote_90" id="Footnote_90" href="#FNanchor_90"><span class="label">90</span></a> Le Catalogue de la Bibliothèque de M. Paul Eudel, 1<sup>re</sup> partie, vente du
+12 au 14 mai 1898, Paris, Em. Paul et fils, 1898, in-8<sup>o</sup>, n<sup>o</sup> 243, renferme une
+curieuse notice sur le manuscrit et donne p. 105 le fac-similé des huit premières
+lignes.</p>
+
+<p><a name="Footnote_91" id="Footnote_91" href="#FNanchor_91"><span class="label">91</span></a> Le <i>Moniteur Universel</i> du 15 septembre 1839 consacre une notice à
+M. Vatout. Lors de son admission à l'Académie française, <i>Le National</i>, dans
+son numéro du 7 janvier 1848, publia sur le nouvel immortel les lignes suivantes
+qui ne sont pas signées: «Monsieur Vatout, directeur des bâtiments
+civils a été élu aujourd'hui par l'Académie française en remplacement de
+M. Ballanche..... qu'a donc fait M. Vatout? Il faut bien l'oser écrire enfin!
+Il a fait deux chansons très gaies, l'une de gaieté de corps de garde, l'autre
+d'une gaieté de moine: <i>L'Écu de France</i> et <i>Le maire d'Eu</i>! C'est avec ces
+deux calembourgs qu'on s'assied aujourd'hui dans le fauteuil de Bossuet....
+On assure que ces agréables ordures ont fait les délices de la cour,
+à ce point, qu'un personnage dont la voix a coutume de compter, a
+déclaré qu'il tiendrait pour <i>ses ennemis personnels</i> tous ceux qui refuseraient
+leurs voix à M. Vatout. L'Académie, dans sa fière indépendance, se
+l'est tenu pour dit: elle a ouvert ses portes à l'auteur du <i>Maire d'Eu</i> protégé
+par <i>L'Ecu de France</i>.....»</p>
+
+<p><a name="Footnote_92" id="Footnote_92" href="#FNanchor_92"><span class="label">92</span></a> L'original de cette lettre figure au <i>Catalogue des Autographes de
+M. Charles Keisner, vente hôtel Drouot, 12 mars 1899, G. Charavay, in-8<sup>o</sup></i>,
+n<sup>o</sup> 126, qui en cite un fragment.</p>
+
+<p><a name="Footnote_93" id="Footnote_93" href="#FNanchor_93"><span class="label">93</span></a> Un cousin d'Alfred de Musset, de la branche des Musset-Signac,
+M. Adolphe-Louis de Musset, avait longtemps administré les propriétés que
+la famille d'Orléans possédait à La Ferté-Vidame et à Dreux. Ce fut la
+Révolution de 1848 qui le délogea de sa charge. Paul de Musset parle de lui
+dans la <i>Biographie</i> d'Alfred, in-12, p. 180.</p>
+
+<p><a name="Footnote_94" id="Footnote_94" href="#FNanchor_94"><span class="label">94</span></a> <i>Catalogue d'une collection d'autographes, vente hôtel Drouot, le 30 mai
+1896. Paris, Et. Charavay. In-8<sup>o</sup></i>, n<sup>o</sup> 85.</p>
+
+<p><a name="Footnote_95" id="Footnote_95" href="#FNanchor_95"><span class="label">95</span></a> Archives du Ministère de l'Intérieur.</p>
+
+<p><a name="Footnote_96" id="Footnote_96" href="#FNanchor_96"><span class="label">96</span></a> Voir: <i>Études et Récits sur Alfred de Musset</i>, par M<sup>me</sup> la Vicomtesse de
+Janzé. Paris, Plon, 1891. 1 vol. in-12, p. 92. On y trouvera le texte d'une lettre
+d'Alfred de Musset à M<sup>me</sup> E. de Girardin, dans laquelle il la prie de garder le
+silence sur cette destitution.&mdash;Lettre de Maxime Du Camp dans le <i>Figaro</i>
+du 25 septembre 1882.</p>
+
+<p><a name="Footnote_97" id="Footnote_97" href="#FNanchor_97"><span class="label">97</span></a> Inséré au <i>Moniteur Universel</i> du 13 mai 1848.</p>
+
+<p><a name="Footnote_98" id="Footnote_98" href="#FNanchor_98"><span class="label">98</span></a> Voir: <i>Charivari</i>, 16 juin. Le <i>Commerce</i>, 18 et 20 juin. Les <i>Saltimbanques</i>,
+18 juin. La <i>Presse</i>, 19 et 30 juin. Le <i>Pamphlet quotidien</i>, 21 juin. La <i>Providence</i>,
+21 juin. Le <i>National</i>, 21 juin. <i>Nouvelles du jour</i>, 22 juin. Le <i>Petit-fils du Père
+Duchesne</i>, 21-24 juin. <i>Artiste</i>, 1<sup>er</sup> juillet. Le <i>Mois</i>, 16 juillet 1848.&mdash;La <i>Comédie
+parisienne</i>, journal d'Albéric Second, dans sa livraison du 10 mai 1857, p. 292;
+publie deux lettres: l'une d'Alfred de Musset, l'autre d'Albéric Second, relatives
+à cette destitution. Dans le tome II de ses <i>Confessions</i> (Dentu, 1885. In-8<sup>o</sup>,
+p. 342), Arsène Houssaye revient sur ce sujet.</p>
+
+<p><a name="Footnote_99" id="Footnote_99" href="#FNanchor_99"><span class="label">99</span></a> Le <i>Moniteur Universel</i> du 13 octobre 1839 donne le texte du testament de
+M. le comte de Maillé, qui crée ce prix: «Art. 5. Mon intention est de
+faire une fondation utile à la littérature et aux beaux-arts, en secourant les
+jeunes auteurs ou artistes pauvres. Malfilâtre, Gilbert, Escousse, Moreau et
+de jeunes artistes dont le sort a été analogue, sont les exemples frappants
+de beaux talents à leur printemps que la misère a empêchés de porter
+leurs fruits. Un secours, peut-être modique, eût suffi à les préserver et
+eût valu peut-être des chefs-d'&oelig;uvre. Je lègue à l'Académie Française et
+à l'Académie royale des Beaux-Arts une somme de 30,000 francs pour la formation
+d'un secours à accorder chaque année, au choix de chacune de ces
+Académies alternativement, à un jeune écrivain ou artiste, pauvre, dont
+le talent, déjà remarquable, paraîtra mériter d'être encouragé à poursuivre
+sa carrière dans les lettres ou les beaux-arts».</p>
+
+<p><a name="Footnote_100" id="Footnote_100" href="#FNanchor_100"><span class="label">100</span></a> Publié: <i>&OElig;uvres posthumes d'Alfred de Musset. Paris, Charpentier, 1867.
+1 vol. in-12</i>, p. 237.</p>
+
+<p><a name="Footnote_101" id="Footnote_101" href="#FNanchor_101"><span class="label">101</span></a> Publié: <i>Mélanges de littérature et de critique, par Alfred de Musset.
+Paris, Charpentier, 1867. 1 vol. in-12</i>, p. 274.</p>
+
+<p><a name="Footnote_102" id="Footnote_102" href="#FNanchor_102"><span class="label">102</span></a> Voir: <i>Moniteur Universel</i>, 12, 18, 25 juillet et 2 août.&mdash;<i>Le National</i>,
+14 juillet.&mdash;<i>Bulletin des Lois</i>, 25 juillet 1848.</p>
+
+<p><a name="Footnote_103" id="Footnote_103" href="#FNanchor_103"><span class="label">103</span></a> C'est monsieur Fortoul qui, dans la <i>Revue des Deux-Mondes</i> du 1<sup>er</sup> septembre
+1833, rend compte de la seconde livraison d'<i>Un Spectacle dans un
+fauteuil</i> d'Alfred de Musset.</p>
+
+<p><a name="Footnote_104" id="Footnote_104" href="#FNanchor_104"><span class="label">104</span></a> Cette lettre est publiée presque textuellement dans la <i>Biographie d'Alfred
+de Musset par Paul de Musset. Charpentier. 1877. 1 vol. in-12</i>, page 322.</p>
+</div>
+</div>
+
+<p class="p4"><span class="pagenum invisible"><a name="Page_272" id="Page_272">272</a></span></p>
+<p class="c">CHATEAUDUN<br />
+<small>IMPRIMERIE DE LA SOCIÉTÉ TYPOGRAPHIQUE</small></p>
+
+<hr class="c5" />
+
+
+
+
+
+
+
+
+<pre>
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Documents Inédits sur Alfred de Musset, by
+Maurice Clouard
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DOCUMENTS INÉDITS
+SUR ALFRED MUSSET ***
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+electronic work or group of works on different terms than are set
+forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
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+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
+number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
+http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
+permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
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+Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
+throughout numerous locations. Its business office is located at
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+business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
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+Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation
+
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+spread public support and donations to carry out its mission of
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+($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
+status with the IRS.
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+The Foundation is committed to complying with the laws regulating
+charities and charitable donations in all 50 states of the United
+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
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+with these requirements. We do not solicit donations in locations
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+particular state visit http://pglaf.org
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+approach us with offers to donate.
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+outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
+
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+
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+works.
+
+Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
+concept of a library of electronic works that could be freely shared
+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
+Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
+
+
+Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
+editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
+unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
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+This eBook, including all associated images, markup, improvements,
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+Project Gutenberg (https://www.gutenberg.org) public repository for
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