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You may copy it, give it away or +re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included +with this eBook or online at www.gutenberg.org + + +Title: Documents Inédits sur Alfred de Musset + +Author: Maurice Clouard + +Release Date: September 16, 2010 [EBook #33738] + +Language: French + +Character set encoding: ISO-8859-1 + +*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DOCUMENTS INÉDITS +SUR ALFRED MUSSET *** + + + + +Produced by Mireille Harmelin, Hélène de Mink, and the +Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net +(This file was produced from images generously made +available by the Bibliothèque nationale de France +(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr) + + + + + + + Note de transcription: Les erreurs clairement introduites par le + typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été + conservée et n'a pas été harmonisée. + Certaines transcriptions des illustrations comportant un fac-similé + ont été ajoutées. + «Redgnauntley» est effectivement l'orthographe de la personne + principale de «LA QUITTANCE DU DIABLE», il ne s'agit pas d'une + erreur du typographe. + + + + + DOCUMENTS INÉDITS + + SUR + + ALFRED DE MUSSET + + + + +OUVRAGES DU MÊME AUTEUR + + +_Bibliographie des OEuvres d'Alfred de Musset_ et des ouvrages, +vignettes et gravures qui s'y rapportent. Lettre de Ch. de Lovenjoul +et portrait d'Alfred de Musset d'après la statue de Granet. Paris, +Rouquette, 1883. 1 vol. in-8º. + +_L'OEuvre de Champfleury_, dressé d'après ses propres notes et +complété par M. Clouard. Paris, L. Sapin, 1891. Brochure gr. in-8º. + +_Notes sur les dessins de Victor Hugo_, accompagnées de lettres +inédites et d'un dessin. Paris, A. Colin et Cie, 1898. Brochure in-8º. + + +EN PRÉPARATION + +_Histoire des OEuvres d'Alfred de Musset_, ornée de portraits et de +fac-similés en noir et en couleur. + +_Suite de huit vignettes et portraits_ gravés à l'eau-forte par L. +Charbonnel d'après Célestin Nanteuil, Théophile Gautier, Nadar et +Granet pour illustrer la Bibliographie des OEuvres d'Alfred de Musset. +Paris, 1883. + +Épreuves in-folio sur Japon, noir et sanguine; in-4º, sur Chine, en +noir; in-4º, sur vergé, en noir. + + + + + MAURICE CLOUARD + + DOCUMENTS INÉDITS + + SUR + + ALFRED DE MUSSET + + PARIS + + LIBRAIRIE A. ROUQUETTE + + 69-73, Passage de Choiseul, 69-73 + + 1900 + + + + + TIRAGE + + A TROIS CENT CINQUANTE EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS A LA PRESSE, + + Savoir: + + 310 sur papier vergé, de 1 à 310. + + 40 sur papier de Hollande, de I à XL. + + No 50 + + + + + LES PORTRAITS + + DE + + ALFRED DE MUSSET + + + + +LES PORTRAITS + + +Il est une petite pièce de vers, écrite en 1854, qu'on chercherait en +vain dans les dix volumes de ses _OEuvres complètes_ et que nous +citons page 205 de ce livre, dans laquelle Alfred de Musset fait +lui-même la critique des portraits qui le représentent. Plusieurs sont +omis, des meilleurs. Cependant, elles ne sont pas aussi nombreuses +qu'on pourrait le croire, les reproductions des traits de l'auteur des +_Nuits_. Je ne parle ni des caricatures ni des charges, non plus que +de ses portraits quand il était enfant, figures qui n'ont d'autre +mérite que celui de la curiosité ou de la rareté. Tous les portraits +d'Alfred de Musset se rapportent à quatre types, dessinés, peints ou +sculptés du vivant du poète par David d'Angers, Eugène Lami, Charles +Landelle et Gavarni; lesquels, après 1857, ont servi de modèles à +ceux, peintres ou sculpteurs, qui ont voulu le représenter. Je ferai +remarquer que ce sont les portraits les plus ressemblants qui sont les +moins connus. + + +VAN BRÉE + +1814. + +Portrait à l'huile, dont l'original est au musée Carnavalet. La soeur +du poète, Mme Lardin de Musset, en possède une copie exacte, cadre et +toile. + +Alfred de Musset a trois ans; c'est un bébé tout rose, avec de jolis +cheveux blonds qui tombent en boucles sur ses épaules. Dans la +clairière d'un bois, il est assis sur une grosse pierre, au bord d'un +ruisseau, les pieds dans l'eau, retenant avec ses mains, le long de sa +poitrine, sa petite chemise qui glisse et le laisse presque nu. A ses +côtés est une grande épée «pour se défendre contre les grenouilles» +qui le regardent curieusement. + +Gravé à l'eau-forte par Lalauze, en 1891, et joint à l'édition du +conte d'Alfred de Musset _La Mouche_, publiée à la librairie Ferroud. +(1 vol. in-8º.) + + +DUFAUT + +1815. + +Portraits d'Alfred et de Paul de Musset, formant groupe; peinture à +l'huile représentant les deux frères à mi-corps; Alfred a une petite +robe rouge; ses cheveux blonds bouclés, tombent sur ses épaules. Il +appuie la tête contre la poitrine de son frère Paul, qui met la main +sur l'épaule d'Alfred, plus petit que lui. + +L'original est, comme celui du portrait précédent, au Musée +Carnavalet. Mme Lardin de Musset en a également fait exécuter une +copie exacte: «Je ne crois pas, dit M. Jules Cousin, dans +_l'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux_ du 28 février 1898, qu'il +ait été publié de reproduction gravée de ce double portrait; nous la +réservons pour le grand album des pièces les plus curieuses du Musée. +Mais j'en ai fait prendre un beau cliché photographique, dont tout +intéressé obtiendrait sans difficulté l'autorisation de faire tirer à +ses frais une épreuve.» Je ne connais pas non plus de reproduction +gravée; mais, comme M. Cousin, je suis possesseur d'un cliché +photographique dont quelques épreuves ont été données _meis et +amicis_. + + +ROEHN + +1828. + +_Le beau Grec_, portrait-charge d'Alfred de Musset au fusain et crayon +de couleur avec lavis. La tête seule du patient, émergeant d'un +faux-col et coiffée d'un fez rouge qui est posé sur des cheveux en +broussaille, est représentée de profil à gauche. + +En 1890, j'ai fait fac-similer cette caricature, par l'imprimerie +Lemercier, à Paris; il a été tiré trente épreuves in-4º sur Hollande, +puis la pierre a été effacée. + + +DEVÉRIA + +Vers 1830. + +Alfred de Musset en costume de page, portrait en pied lithographié, +exécuté probablement pour l'une des soirées travesties données par +Achille Devéria. + +I. PLANCHE REFUSÉE, in-4º.--Il n'existe, à ma connaissance, qu'une +seule épreuve de cette planche, appartenant à M. Gabriel Devéria. Dans +la campagne, dont des rochers forment le fond, le jeune page, la main +gauche appuyée sur la hanche, soutient de la main droite le bouffant +de sa manche. Il a les yeux baissés et regarde de côté; un poignard +pend à sa ceinture. + +Reproduit en phototypie dans le volume de Mme Arvède Barine sur Alfred +de Musset. (Hachette, 1893, in-12). + +II. PLANCHE PUBLIÉE, grand in-4º.--Lithographie de Fonrouge. Même +costume que ci-dessus, mais sans le poignard. Le décor est changé: +dans une salle, la main droite appuyée sur le dossier d'une chaise, la +main gauche sur la hanche, le page tourne légèrement la tête à gauche, +bien que le regard soit dirigé de face. C'est le portrait le plus +ressemblant d'Alfred de Musset jeune. La lithographie originale n'a +pas, que je sache, été reproduite. + + +DAVID D'ANGERS + +1831. + +Médaillon rond de 0m17 de diamètre, représentant Alfred de Musset à +l'âge de 23 ans: col nu, cheveux longs ramenés en avant; la figure, +vue de trois quarts, ne porte ni barbe ni moustache, mais seulement de +légers favoris; les yeux sont tournés à droite; sur le côté droit du +médaillon, est gravé le nom du poète; à gauche, on lit: «David, 1831.» + +L'original, en plâtre, appartient à Mme Lardin de Musset. Des +reproductions en bronze ont été et sont faites par la maison Thiébault +frères, à Paris. Alfred de Musset venait poser à l'atelier de David, +comme le témoigne cette lettre[1]: + + + «Paris, samedi soir. 1831. + + «Monsieur, + + «Je suis de service demain, pour presque toute la journée; c'est + ce qui me privera du plaisir de vous recevoir à mon atelier. + Lundi, le jury qui doit juger le concours pour la monnaie du Roy, + aura certainement terminé son opération vers midi; je me rendrai + de suite rue de Fleurus, et si vous pouvez disposer de quelques + instants, je vous y attendrai. Vous obligerez votre bien dévoué + serviteur. + + «DAVID.» + + [1] Publiée en 1893 dans la _Revue de l'Art français_, page 204. + Il s'agit de son service comme garde national. + +Le poète et le sculpteur restèrent en relations amicales. M. Henry +Jouin, dans son livre _David d'Angers et ses relations littéraires_ +(Plon, 1890. In-8º, p. 67), publie le billet suivant, écrit +probablement en 1832: + + «Mon cher David, je suis allé chez Micheli pour avoir de vos + médailles. Il demande une autorisation de vous pour cela. Soyez + assez bon pour m'envoyer deux mots de votre main, pour Micheli et + pour votre _Petit Cardillac des Enfants Rouges_; vous obligerez + votre dévoué de coeur.» + + «ALFD DE MUSSET.» + +Que signifie ce _Petit Cardillac des Enfants Rouges_? Je n'ai pu +trouver le sens de ce surnom et l'expliquer mieux que M. H. Jouin. En +janvier 1828, David d'Angers fut victime d'une tentative d'assassinat, +à trois pas de l'Abbaye, derrière Saint-Germain-des-Prés. La rue des +Enfants-Rouges allait de la rue Porte-Foin à celle des Quatre-Fils; +c'est aujourd'hui la rue des Archives. Quel rapport peut-il y avoir +entre Cardillac, l'orfèvre assassin des _Contes_ d'Hoffmann, et +l'assassin de David? la rue de l'Abbaye, où s'est passé le drame de +1828, et cette rue du Quartier du Temple? + +Le médaillon de David a été reproduit par la gravure: + +1º En 1876, eau-forte in-32 par Waltner, pour l'édition des _OEuvres_ +d'Alfred de Musset dans la collection dite Petite Bibliothèque +Charpentier. (Salon de 1876, no 4004). + +2º En 1877, eau-forte in-18 par Martinez, pour l'édition des _OEuvres_ +à la librairie Lemerre. (Salon de 1877, no 4165). + +3º En 1889, eau-forte in-8º par F. Courboin, publiée dans l'_Artiste_ +du 1er janvier 1890. + +4º En 1896, gravure in-8º sur bois par Florian, publiée comme +frontispice de _Les Nuits_, par Alfred de Musset. (Paris, Pelletan, +1896. 1 vol. in-8º). + +5º En 1898, pointe-sèche in-4º, gravée par Bracquemond d'après le +médaillon (la figure est renversée) et tirée à dix épreuves, +numérotées et signées par le graveur; après ce tirage restreint, le +cuivre a été verni et encadré. + +Voir l'ouvrage intitulé: _David d'Angers, sa vie, son oeuvre, par H. +Jouin_. (Paris, Plon, 1877, 2 vol. in-4º) et un article de Théophile +Gautier dans le _Moniteur Universel_ du 4 mai 1868. + + +CARICATURES PAR LUI-MÊME + +1833-1834. + +Pendant les quelques mois que dura l'entente cordiale de George Sand +et d'Alfred de Musset, à Paris comme à Venise, le poète fit plusieurs +fois sa propre charge. Ces caricatures, dessinées à la mine de plomb, +existent sur deux albums: celui de George Sand, qui appartient +aujourd'hui à M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, et celui +d'Alfred de Musset, qui est entre les mains de sa soeur, Mme Lardin de +Musset. + +1º Le poète chevelu, 1833 (Album de G. Sand). De face, à mi-jambe, les +deux mains dans ses poches; taille de guêpe serrée dans une redingote +boutonnée; tête piriforme, de chaque côté de laquelle se relèvent les +boucles enroulées d'une luxuriante chevelure. Il a été fait une +reproduction lithographique in-8º, tirée à 25 exemplaires qui ont été +joints au tirage à part de notre article intitulé: «Quelques oeuvres +inédites ou peu connues d'Alfred de Musset», publié dans la _Revue +d'Histoire littéraire de la France_ du 15 janvier 1898. + +2º Alfred de Musset et George Sand, décembre 1833 (Album d'A. de +Musset). En buste, de face, coiffures et costumes plus ou moins +vénitiens. Non reproduit. + +3º «Ballade», 1834. (Album de G. Sand). En pied, vu de dos, canne à la +main droite. Au fond, à droite, église et son clocher, que surmonte la +lune, «comme un point sur un i». Imite le dessin d'un enfant. Dessiné +sur papier jaune, non reproduit. + +4º «Don Juan allant emprunter dix sous, pour payer son idéale et +enfoncer Byron». 1834. (Album de G. Sand). En buste, de profil à +droite, fumant un énorme cigare. Long nez et cheveux lissés, légers +favoris. Non reproduit. + + +THÉOPHILE GAUTIER + +1835. + +Portrait-charge en pied d'Alfred de Musset et d'Honoré de Balzac, +gravé sur bois par Géniole, d'après un dessin de Théophile Gautier, +publié dans le _Mercure de France_ du 15 juillet 1835. + +Les deux écrivains sont l'un près de l'autre. A gauche, Alfred de +Musset, vu de dos, les jambes écartées, la taille serrée dans sa +redingote, et coiffé d'un chapeau haut de forme, lance en l'air la +fumée de sa cigarette. A droite, Balzac, vu de profil, au ventre +proéminent, tient de ses deux mains, derrière son dos, sa fameuse +canne et son chapeau. + +Une réduction de ces deux portraits a été publiée dans _La Vie +Moderne_ des 26 juillet et 9 août 1879. + +En 1883, la vignette du _Mercure de France_ a été fac-similée à +l'eau-forte par Louis Charbonnel. Il a été fait un tirage ordinaire +sur Hollande in-4º et un tirage de luxe à 26 épreuves en noir et 15 +épreuves en sanguine sur Japon 1/2 colombier. (Imprimerie Lemercier.) + +Le livre de M. Adolphe Jullien, _Le Romantisme et l'Éditeur Eugène +Renduel_ (Paris, Charpentier et Fasquelle, 1897. 1 vol. in-12) donne +page 55 un nouveau fac-similé agrandi de cette vignette, et le _Mois +Littéraire_ de juin 1899, en publie page 697 une réduction. + +En 1883, j'ai retrouvé un fragment du dessin original de Théophile +Gautier, dessin qui semble avoir été coupé en quatre morceaux. Sur +celui que je possède, il reste Alfred de Musset, vu depuis le milieu +environ de la basque de son habit; c'est un dessin à la sépia et au +lavis. Louis Charbonnel l'a fac-similé à l'eau-forte et il en a été +tiré par l'imprimerie Lemercier 41 épreuves en bistre sur Japon 1/2 +colombier. + + +ROGER DE BEAUVOIR + +Vers 1835. + +Portrait-charge dessiné à la plume: Alfred de Musset en pied, vu de +dos, brandit d'une main sa canne et de l'autre sa cigarette. Reproduit +ci-contre. + + +CARICATURE PAR LUI-MÊME + +Vers 1838. + +Portrait-charge à mi-jambe, dessiné sur l'album de Mme Caroline +Jaubert. Le poète s'est représenté de profil à droite, tête énorme, +presque toute en nez; jabot de dentelle. + +L'album où se trouvait ce dessin fut perdu à Paris, dans une voiture, +par une personne à laquelle Mme Jaubert l'avait confié. Mais il +existait de cette charge une épreuve photographique _unique_, tirée +par un ami de la Marraine, qui l'avait joint à l'exemplaire des +_OEuvres_ de son filleul; c'est l'original actuel, dont il m'a été +permis de prendre un cliché photographique. + +Pour assurer la conservation de ce dessin, j'en ai fait faire un +fac-similé sur zinc, dont il n'a été tiré que quelques épreuves, +données à des amis. + +[Illustration: Alfred de Musset, portrait-charge dessiné à la plume +par Roger de Beauvoir.] + + +EUGÈNE LAMI + +1841. + +Portrait en pied, dessiné au trait, en sanguine, et dont la tête seule +est ombrée. Signé: «E. L. 1841.» Le poète est représenté de profil à +gauche, la tête nue; de la main droite, il tient son chapeau appuyé +sur sa cuisse; le bras gauche est replié derrière le dos, et dans la +main gauche sont des gants. Il est vêtu d'un frac déboutonné, à collet +de velours; pantalon rayé, cravate montante, toute la barbe. La tête +seule est terminée. + +Le dessin original appartient à la Comédie-Française, à laquelle M. +Alexandre Dumas fils en a fait don. H.: 0.180--L.: 0.065. + +La pose, trop affectée, n'est pas celle d'Alfred de Musset, m'ont dit +plusieurs personnes qui ont connu le poète. + +Ce dessin a été reproduit: 1º En fac-similé à l'eau-forte, par +Legenisel: A. En 1874, de la grandeur de l'original. (Salon de 1874, +no 3502).--B. En 1876, format in-32, pour être joint à un volume +des _OEuvres_ d'Alfred de Musset dans la Petite Bibliothèque +Charpentier.--C. En 1878, format in-12, tiré à très petit nombre et +non mis dans le commerce. + +2º Gravé sur bois, in-8º, en noir, dans l'_Univers Illustré_ du 4 mars +1882. + +3º Par des procédés divers, in-12 et in-32, dans la _Revue +Encyclopédique_ du 14 novembre 1896, le _Magasin littéraire_ du 1er +décembre 1896, les _Annales politiques et littéraires_ du 6 décembre +1896. + + +CARICATURE PAR LUI-MÊME + +1842. + +Tête de profil, au nez démesuré, dessinée à la mine de plomb par +Alfred de Musset, sur son album, à Lorey. Les cheveux longs tombent à +plat autour de la tête; front aplati, menton rentrant, moustache +tombante, col montant. + +En 1876, il a été fait une reproduction à l'eau-forte, réduite de +moitié environ, par les soins de l'éditeur Charpentier; cette charge +devait être jointe à l'un des volumes des _OEuvres_ dans la Petite +Bibliothèque Charpentier; mais il fut décidé que l'édition ne +donnerait que des portraits _sérieux_, et le cuivre, après avoir été +tiré à 75 exemplaires sur papier vergé in-18, fut effacé. Aucun +exemplaire n'a été mis dans le commerce. + + +BIARD + +(Sans date). + +Quel est ce portrait et où se trouve-t-il? C'est ce qu'il m'a été +impossible de savoir. La fille du peintre, Mme la baronne Double, n'a +pu, malgré son bon vouloir, me fournir aucun renseignement. + +Toutefois, Mme veuve Martelet, qui s'appelait Adèle Colin lorsqu'elle +était gouvernante d'Alfred de Musset, m'a fait voir une petite +photographie, format carte de visite, faite chez Pexme, 20, +Chaussée-d'Antin, à Paris, photographie toute jaunie et déjà un peu +effacée, que son maître lui avait donnée certain soir, vers 1844 ou +1845, en lui disant que c'était la reproduction d'un portrait qu'un +peintre venait de faire de lui. Alfred de Musset est représenté en +pied, de trois quarts à droite, la main gauche enfoncée dans la poche +de son pantalon, le bras droit appuyé sur le fût d'une colonne; +redingote dont le seul bouton du haut est boutonné, pantalon uni. Le +poète n'a pas le ruban de la Légion d'honneur, ce qui prouve que ce +portrait est antérieur au 30 avril 1845.--Serait-ce une photographie +du portrait de Biard? Alfred de Musset n'a pas prononcé le nom du +peintre en remettant la photographie à Mlle Colin, qui ne connaît pas +le portrait de Biard. + +En 1877, la librairie Charpentier joignait à l'un des volumes de +l'édition in-32 des _OEuvres_ d'Alfred de Musset, un portrait gravé à +l'eau-forte par Monziès «d'après une photographie prise d'après +nature». Suivant les renseignements qui m'ont été fournis parla +famille de Musset, Alfred de Musset n'a jamais été directement +photographié. La tête du portrait de Monziès ressemble à celle de la +photographie de Pexme. Une reproduction en phototypie de la +photographie de Pexme, est publiée dans _Dix Ans chez Alfred de +Musset_, par Mme Martelet, née Adèle Colin. (Paris, Chamuel, 1899. 1 +vol. in-12). + + +RIFFAUT + +1845. + +Portrait à mi-corps, dessiné et gravé à la manière noire par A. +Riffaut, publié dans l'_Artiste_ du 18 janvier 1846. C'est un +médaillon ovale, placé dans un encadrement rectangulaire, représentant +Alfred de Musset presque de face, jusqu'à la hauteur des genoux. La +tête, de trois quarts à droite, est découverte; cheveux longs, toute +la barbe; le bras gauche est replié et le pouce gauche enfoncé dans la +poche du gilet; le bras droit pend le long du corps, et de la main +droite le poète tient une canne. Pantalon uni, décoration. + +La pose est raide et ni la ligure ni le regard n'ont d'expression. + + +MADEMOISELLE MARIE MOULIN + +1848. + +Miniature peinte par Mlle Marie Moulin, cousine d'Alfred de Musset et +figurant au Salon de 1848 (no 3411. Trois miniatures: Alfred de +Musset, Paul de Musset et Mme M***.) C'est un portrait de face, à +mi-corps, barbe légèrement taillée, frac déboutonné, gilet à fleurs +très ouvert, tête découverte, cravate montante. L'original appartient +à Mme Lardin de Musset. + +Reproductions: 1º Photographie 18x24 exécutée par la maison Bingham, +50, rue de La Rochefoucauld, à Paris, pour la famille de Musset, et +non mise dans le commerce. + +2º Gravure à l'eau-forte par Burney, faite en 1887 pour l'édition des +_Nouvelles_ d'Alfred de Musset publiées en 1 vol. in-8º à la librairie +Conquet. (Imp. Chardon.) + + +EUGÈNE GIRAUD + +(Sans date). + +Portrait-charge, dessiné et peint à l'aquarelle, représentant Alfred +de Musset en pied, avec une très grosse tête sur un tout petit corps. +L'original faisait partie de la collection de M. de Nieuwerkerke, et +on a pu le voir quai Malaquais, à l'Exposition des Maîtres Français de +la Caricature, qui fut faite à l'École des Beaux-Arts au mois d'avril +1888 (no 440 du catalogue). Actuellement, cette collection est en +Italie: M. de Nieuwerkerke est mort, ses héritiers habitent près de +Lucques, en Toscane, et il est à craindre que toute cette réunion des +charges de nos meilleurs écrivains, ne soit perdue pour la France. + +Ce portrait d'Alfred de Musset n'a pas été reproduit. L'_Illustration_ +du 5 mai 1888 donne ceux d'A. Houssaye et d'A. Dumas. + + +TRICHON ET C. F. + +1853. + +Portraits d'Alfred de Musset et de Berryer, «les deux derniers +Académiciens», gravés sur bois par Trichon, d'après C. F. (Faxardo?) +et publiés à mi-page dans le _Musée des Familles_ de novembre 1853, +tome XXI, page 61. + +Alfred de Musset, de trois quarts, est à gauche; Berryer est de face, +à droite. Le poète est représenté jusqu'au dessous de la ceinture, le +bras droit tombant, le gauche légèrement replié; il est vêtu d'une +redingote ouverte, cravate montante, cheveux longs, toute la barbe. La +note suivante accompagne les portraits: + + «L'image de M. de Musset, nommé en même temps que M. Berryer et + reçu l'année dernière, on se souvient avec quel succès, était + digne d'accompagner sur la même page celle du grand orateur auprès + duquel il va s'asseoir. Ces deux derniers Académiciens seront + certainement deux des premiers sur les bancs des Quarante.» + + +PROSPER MÉRIMÉE + +Vers 1853. + +Tête de profil, dessinée à la plume par P. Mérimée, pendant une séance +de l'Académie Française et donnant un Alfred de Musset plus vieilli +que nature... ou endormi. + +L'original de ce portrait appartient à M. le Vicomte de Spoelberch de +Lovenjoul, qui, en 1891, a bien voulu m'autoriser à le l'aire +fac-similer sur pierre et tirer à quelques épreuves sur vergé in-4º +(Imprimerie Lemercier), dont aucune n'a été mise dans le commerce. + + +LANDELLE + +1854. + +Portrait dessiné au pastel, en 1854, par Charles Landelle et exposé au +Salon de 1855 (no 5480). + +Alfred de Musset est de profil, en buste, tête nue, les yeux tournés à +droite; il porte toute sa barbe, les cheveux rejetés en arrière sur +le col; cravate montante, faisant plusieurs tours. Il est vêtu d'une +redingote boutonnée, ornée du ruban de la Légion d'honneur. + +C'est le portrait le plus connu et le plus répandu. Mme Lardin de +Musset, à laquelle je m'étais adressé pour savoir quel était le +véritable original, m'écrivit le 17 octobre 1882: «L'original du +portrait de Landelle est le beau pastel qui est chez Madame Lardin de +Musset. L'aquarelle de la Comédie-Française en est la copie faite par +Pollet[2]. Le portrait à l'huile du Musée de Versailles est une copie +du pastel, faite par Landelle lui-même, mais moins bonne que le +pastel.» Alfred de Musset avait cependant posé pour cette +reproduction: + + + _Monsieur Alfred de Musset_, + + Rue du Monthabor, 6. + + «Mardi 10 octobre 1854. + + «Mon cher monsieur de Musset, + + «Je viens réclamer de votre obligeance une séance pour terminer le + portrait _peint_ que je dois donner au Théâtre-Français. + + «Si vous voulez bien me fixer _d'avance_ le jour dont vous pourrez + disposer la semaine prochaine, je m'arrangerai pour n'avoir pas + modèle. + + «Veuillez de nouveau croire à mes témoignages de sympathie et + d'affection. + + «C. LANDELLE.» + + «Vous seriez bien gentil de venir déjeuner dimanche matin à 11 h. + à l'atelier et de m'amener Arago, si vous le trouvez sur votre + chemin. + + «Réponse S. V. P.» + + [2] Exposée au Salon de 1859, no 2491. + +Nombreuses en sont les reproductions, mais toutes ne sont pas +heureuses ni ressemblantes, par suite d'un défaut au nez, défaut causé +par une ombre sur le pastel, qui est généralement traduite par une +bosse dans les reproductions. + +1º Photographie remontée sur bristol in-4º, exécutée par la maison +Bertsch et Arnaud, en 1854, d'après le pastel original. + +2º Photographie format carte de visite, tirée, en 1854, par la maison +Bingham, sur le pastel original, pour la famille de Musset, et non +mise dans le commerce. + +3º Gravure in-32 sur acier par Gervais, (Imprimerie Chardon), faite +d'après le portrait de Landelle, figure renversée, publiée dans la +_Biographie d'A. de Musset par E. de Mirecourt_. (Paris, Roret, 1854, +1 vol. in-32). + +4º Gravure in-4º sur bois par A. Greppi, publiée dans le _Triboulet et +Diogène_ du 13 mai 1857. Très mauvaise exécution; on y remarque ce +changement que le bas du buste est drapé dans un manteau. + +5º Gravure in-4 sur acier par Pollet; médaillon ovale de H.: 0.150, +L.: 0.105, publié dans l'_Artiste_ du 3 janvier 1858, exposé au Salon +de 1859 (no 3638). (Imprimerie Drouart). Bonne reproduction, à +laquelle M. Taxile Delord consacre une étude dans le _Magasin de +Librairie_ du 10 mai 1859. + +6º Gravure in-8º sur acier par Daguin, avec encadrement rectangulaire, +faite en 1865 et exposée au Salon de 1866 (no 3119). H.: 0.178. L.: +0.112. + +7º Gravure in-4º sur acier par Léopold Flameng: médaillon ovale, +entouré d'un cartouche rectangulaire et de branches de laurier. +Publiée primitivement à la librairie Charpentier, dans l'édition in-4º +des _OEuvres_ d'Alfred de Musset, dite de souscription; puis jointe à +toutes les éditions in-4º et in-8º des _OEuvres_, comportant les +figures de Bida.--Il existe des épreuves d'artiste, avant la lettre, +ne donnant que le médaillon, sans aucun encadrement.--Exposée au Salon +de 1867 (no 2610). + +8º Gravure in-8º sur acier par Adrien Nargeot, publiée dans la _Revue +du XIXe siècle_ du 1er mai 1866. Médaillon ovale, porté par un socle, +avec encadrement rectangulaire, sur fond haché. H.: 0.128. L.: 0.088. + +9º Photographie in-32, faite par Colin en 1867, pour l'édition des +_OEuvres_ d'Alfred de Musset en 10 vol. in-32, ornée de la +reproduction photographique des dessins de Bida. + +10º Gravure sur acier, exécutée en 1867 par Goutière: médaillon ovale, +fermé par un cordon de perles, dans un encadrement rectangulaire +quadrillé, avec ornements. H.: 0.088. L.: 0.065. Sans nom d'imprimeur +ni d'éditeur. Tirage in-folio sur Chine monté avant lettre, in-4º sur +blanc avant lettre, et in-8º sur vélin avec lettre (Salon de 1867, no +2621). + +C'EST, D'APRÈS LA DÉCLARATION MÊME DE Mme LARDIN DE MUSSET, LE +PORTRAIT LE PLUS RESSEMBLANT DE SON FRÈRE ALFRED. L'artiste a su +reconnaître que, sur le pastel original, la tache qui se voit au nez +est une ombre portée de l'arcade sourcillière et non pas l'effet d'une +protubérance. Tout le travail de gravure est d'une très grande +finesse. + +11º Gravure in-32 sur acier par Goutière, avec fac-similé de la +signature d'Alfred de Musset. Publié en tête du tome I des _Poésies_ +d'Alfred de Musset. (Charpentier, 1867,2 vol. in-32). + +Une contrefaçon de ce portrait a été publiée à Bruxelles, avec +fac-similé de la signature au bas du médaillon; on y a joint le +fac-similé de la première strophe autographe de la _Ballade à la +Lune_. Épreuves en noir et en sanguine, très mauvaise exécution. + +12º Gravure à l'eau-forte par Mongin, faite en 1876 pour l'édition des +_OEuvres_ d'Alfred de Musset à la librairie Lemerre. (10 vol. in-18). + +13º Gravure à l'eau-forte par Le Rat, d'après le portrait de Landelle, +avec des modifications dans le costume, publiée en 1876 dans l'édition +des _OEuvres_ à la librairie Lemerre. + +14º Gravure in-32 à l'eau-forte par Flameng, publiée en 1876 dans les +_OEuvres_, collection de la Petite Bibliothèque Charpentier. + +15º Gravure à l'eau-forte par Hanriot, figure renversée. Tirage sur +Hollande in-4º et in-8º, sans nom d'imprimeur ni d'éditeur. + +16º Gravure à l'eau-forte et pointe-sèche par Lessore, figure +renversée. Éditée en 1878, à la librairie Rouquette. Imp. de Vve +Cadart. Épreuves sur Hollande in-4º et in-8º. + +17º En 1879, M. Mazerolle, dans son plafond de la salle de la +Comédie-Française, a représenté Alfred de Musset dans un de ses +groupes; la tête est faite d'après le portrait de Landelle; le poète, +drapé dans son manteau, est placé aux côtés d'Alexandre Dumas. + +L'_Illustration_ du 2 août 1879 donne une gravure de ce plafond. + +En 1882, M. Raphaël Breynat a gravé sur bois une reproduction de ce +plafond pour le livre _Paris_ (Librairie Rothschild). (Salon de 1882, +no 5211). + +18º _Programme de la représentation extraordinaire, donnée au Palais +du Trocadéro, le dimanche 9 mai 1880._ (Imp. Motteroz, 4 pages in-4º). +Parmi les ornements lithographies du titre, se trouve une reproduction +du médaillon de Landelle. + +19º Gravure in-32 sur bois, sans signature et d'une très mauvaise +exécution, publiée dans _Alfred de Musset et Edgar Quinet enfants, par +V. Tinayre_. (Paris, Keva, 1881, 1 vol. in-32). + +20º Gravure in-8º sur acier, sans encadrement, par Adrien Nargeot, +publiée dans _Souvenirs poétiques de l'École Romantique, par Ed. +Fournier_. (Paris, Laplace, 1880, 1 vol. in-8). + +21º Gravure in-8 sur bois par Thiriat, publiée dans la _Lecture +Rétrospective_ du 5 juillet 1890. + +22º Gravure sur cuivre, à la pointe-sèche, par Adrien Nargeot, +exécutée en octobre 1891 et destinée primitivement à orner l'édition +du conte _La Mouche_, par Alfred de Musset, publiée à la librairie +Ferroud. M. Lalauze ayant gravé toutes les vignettes du volume, fit +une nouvelle planche du portrait qui fut donnée dans le livre à la +place de celle de M. Nargeot.--Finement gravé. + +23º Gravure à l'eau-forte par Lalauze, publiée dans _La Mouche_, par +Alfred de Musset. (Paris, Ferroud, 1891, 1 vol. in-8º. Imp. Wittmann). + +24º Dans le médaillon rond, renfermant le double portrait de George +Sand et d'Alfred de Musset, gravé à l'eau-forte par Abot, qui orne le +titre de l'édition de _La Confession d'un enfant du siècle_, publiée +en 1891 chez Quantin, 1 vol. in-8º; le buste du poète est la +reproduction à peu près exacte du portrait de Landelle, ce qui est un +anachronisme, _la Confession_ étant de 1835 et le portrait, de 1854. + +25º Je possède une épreuve in-4º sur Japon, sans date et sans nom +d'imprimeur ni d'éditeur, d'un portrait d'Alfred de Musset, gravé à la +pointe-sèche par Loys Delteil. Musset est représenté à mi-corps, +presque de face, le bras droit replié et la main passée dans +l'ouverture de sa redingote; le bras gauche pend le long du corps. La +tête est inspirée par le portrait de Landelle. + +26º Le _Programme de la soirée du 7 Octobre 1896_, donnée à la +Comédie-Française en l'honneur de LL. MM. le Czar et la Czarine +(Stern, graveur, 1 f. in-4º), présente parmi son ornementation une +reproduction du médaillon de Landelle. + +27º Enfin, dans le commerce, on trouve des reproductions +photographiques de ce portrait, trop noires en général, format +carte-album et carte de visite, éditées par la maison Charles Jacotin. + +Il existe encore d'autres reproductions du pastel de Landelle, dans +des revues et des journaux illustrés, un entre autres, in-8º, gravée +sur bois par Collette, dont il m'a été impossible de retrouver la +provenance; j'en ai rencontré jusque sur des titres de morceaux de +musique. Tous ces portraits pèchent en général par leur exécution et +ne sont, pour le plus grand nombre, que des _clichages_ n'offrant +aucun intérêt artistique. + + +GAVARNI + +1854. + +Portrait en pied, in-4º, lithographie par Gavarni, et publié dans la +série des _Contemporains illustres_. (Imp. Lemercier). + +Musset est presque de face, les yeux tournés à droite, cheveux longs, +toute la barbe. De la main droite, il tient une canne, le bout en +avant; le bras gauche, appuyé sur la hanche, est recouvert par un +vaste manteau qui, enveloppant les épaules et le buste, descend +jusqu'aux genoux. Paysage au fond.--H: 0.345; L: 0.222. Trait +rectangulaire, cintré dans la marge supérieure; sous le portrait, +fac-similé de la signature. + +Le reproche qu'on peut adresser à ce portrait, est de représenter un +Alfred de Musset plus vieilli qu'il n'était en réalité. + +1º Reproduction partielle du buste seul, figure renversée, sans le +manteau, gravée sur bois et publiée dans le _Monde illustré_ du 9 mai +1857 et dans l'_Almanach des célébrités contemporaines_. (1 vol. +in-8º, p. 26). + +2º Fac-similé de la lithographie originale gravé sur bois par Pistho, +publiée dans l'_Illustration_ du 16 mai 1857. + +3º Gravure sur bois in-12, non signée, représentant Alfred de Musset à +mi-corps, publiée comme frontispice de l'_Almanach de la littérature, +du théâtre et des beaux-arts_ pour 1858, par J. Janin. (Paris, +Pagnerre. 1 vol. in-12 carré). + +4º Lithographie in-4º, semblable à l'original et probablement tirée +sur la même pierre, publiée dans le _Panthéon des Illustrations +françaises au XIXe siècle, par Victor Frond_. (Paris, Abel Pilon, +1865-1873. 17 vol. in-folio.) + +5º Gravure à l'eau-forte par Boilvin, ne donnant que le haut du buste, +exécutée en 1876, pour l'édition des _OEuvres_ à la librairie Lemerre. + +6º Réduction in-32, gravée à l'eau-forte par A. Leroy, en 1876, pour +l'édition des _OEuvres_ dans la Petite Bibliothèque Charpentier. + +7º Reproduction du buste seul, gravé sur bois, dans _El Libéral_ +(Madrid) du 11 novembre 1898 pour accompagner une Notice sur A. de +Musset, par Tello Tellez. + +Voir: _Gavarni, l'homme et l'oeuvre, par E. et J. de Goncourt_. +(Paris, Plon, 1873. 1 vol. in-8º, pages 153 et 401.)--_L'OEuvre de +Gavarni, par Armelhaut et Bocher_ (Paris, Librairie des Bibliophiles, +1873. 1 vol. in-8º, p. 13). + + +NADAR + +1857. + +Portrait-charge in-32, gravé sur bois par Diolot, d'après un dessin de +Nadar, publié dans la 1re livraison des _Binettes Contemporaines, par +Joseph Citrouillard_, (Commerson). (Paris, Havard, 1857. 2 vol. +in-32). + +Musset, orné d'une énorme tête sur un tout petit corps, et vu de +profil, se promène, en costume d'académicien, devant les lions de +l'Institut. Une main dans sa poche, tenant de l'autre son chapeau +derrière son dos, il roule de gros yeux et semble désespéré d'avoir un +nez aussi phénoménal que celui dont on l'a doté. + +La tête de ce portrait se trouve lithographiée sous le no 13 du +_Panthéon Nadar_. (Prime du Figaro. 1 feuille in-plano grand aigle). + +En 1883, M. Louis Charbonnel a gravé en fac-similé à l'eau-forte le +bois de Nadar; les quelques épreuves tirées à l'imprimerie Lemercier +n'ont pas été mises dans le commerce. + + +BARRE + +_Le tombeau d'Alfred de Musset._ + +1859. + +Buste en marbre blanc, sculpté par Auguste Barre et placé sur le +tombeau d'Alfred de Musset, au cimetière du Père-Lachaise, à Paris. + +Des reproductions de ce buste, également en marbre, se trouvent chez +Mme Lardin de Musset et à l'Académie Française. + +On trouve dans le commerce des photographies 18×24 du Tombeau et par +conséquent du buste. En outre, buste et tombeau ont été gravés: + +1º Sur bois, dans l'_Illustration_ du 4 mai 1861. + +2º A l'eau-forte, par Abot, en 1877, format in-32, pour l'édition des +_OEuvres_ dans la Petite Bibliothèque Charpentier. + +Auguste Barre était un ami d'Alfred de Musset, qui s'était plusieurs +fois essayé chez lui en l'art du statuaire. Certain jour que le poète +devait l'aller voir, un événement inattendu l'en ayant empêché, il lui +envoya ce billet: + + + «Mon cher ami, + + «Je vous écris de chez Mlle Rachel, qui me garde à dîner. Ainsi, + ne m'attendez donc pas ce soir. A bientôt. + + «A vous, + + «ALFd Mt.» + + «J'ai ébauché une belle petite chatte. J'ai employé d'abord un + couperet de cuisine, puis mes mains, puis vos petits bâtons. J'ai + tout lieu de croire que ce sera admirable, mais dans ce moment-ci, + mon idéal a encore un torticolis et une fluxion. Venez donc voir + ça.» + +C'est sans doute à cause de cette intimité que Paul de Musset +s'adressa à M. Barre pour le buste qui devait orner le tombeau de son +frère. Ce tombeau, qui se trouve au cimetière du Père-Lachaise, à +Paris, est construit sur les plans donnés par l'architecte Anatole +Jal, dans la grande avenue qui mène à la chapelle centrale; il est +élevé sur un emplacement concédé par l'État, aux frais de la famille +de Musset et de l'éditeur Charpentier: + + + «_A Monsieur le Préfet de la Seine._ + + «Paris, 8 juin 1857. + + «Monsieur le Préfet, + + «Alfred de Musset, dont la mort prématurée cause en ce moment une + émotion si profonde, est né à Paris. Comme la plupart des grands + poètes, il ne laisse point de fortune. Dans une élégie touchante, + que tout le monde connaît, il a exprimé le voeu suivant: + + Mes chers amis, quand je mourrai, + Plantez un saule au cimetière; + J'aime son feuillage éploré, + La pâleur m'en est douce et chère, + Et son ombre sera légère + A la terre où je dormirai. + + «Afin de pouvoir répondre au désir formulé dans ces vers, je + prends la liberté de m'adresser à vous, Monsieur le Préfet, pour + obtenir la concession gratuite au Cimetière de l'Est, d'un terrain + de cinq ou six mètres carrés, espace rigoureusement nécessaire à + l'érection d'un tombeau modeste, orné d'un buste en marbre, offert + par le statuaire Barre, et accompagné d'un saule pleureur. + + «Le poète si justement regretté n'est pas seulement une des + gloires de la France; il est aussi un enfant de Paris, et j'ose + espérer que sa ville natale voudra bien accorder à l'un des + esprits les plus aimables et les plus aimés qu'elle ait produit, + une dernière demeure digne de lui. + + «Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma haute + considération. + + «PAUL DE MUSSET.» + + «Je recommande à la bienveillance de Monsieur le Préfet de la + Seine la demande de M. Paul de Musset; que le voeu exprimé d'une + manière si poétique et si touchante, par son frère, soit rempli. + La Ville de Paris doit un tombeau à un poète né dans ses murs et + dont la mémoire ne finira jamais. + + «P. MÉRIMÉE.» + + «Je me joins bien cordialement à mon confrère M. Mérimée. + + «EMPIS.» + + «Le saule que demande ce jeune et charmant poète, aura des + pèlerins; à présent, ceux qui l'ont aimé, et toujours, ceux qui + sauront aimer et lire la poésie impérissable.--Puisse la Ville de + Paris planter et renouveler perpétuellement cet arbre mélancolique + sur sa tombe. + + «ALFRED DE VIGNY.» + + «Je me joins à mes confrères dans le voeu qu'ils expriment en + faveur d'un des rares poètes dont le nom survivra. + + «SAINTE-BEUVE, + de l'Académie Française.» + +Mais M. le baron Haussmann, préfet de la Seine, n'était pas partisan +de ce projet et trouva mille prétextes pour en ajourner l'examen. Paul +de Musset, dans le but d'obtenir la concession nécessaire au tombeau, +fit agir d'autres influences: + + + «_A Monsieur Alfred Arago._ + + «Mon cher Alfred, + + «On me fait observer que M. Delmas ayant promis à Jal que la + pétition déjà lancée serait classée parmi celles que l'Empereur + doit lire et non parmi celles dont on lui rend compte, il serait + convenable, avant de tenter une autre démarche, d'attendre le + résultat de celle-là. Il n'y a pas de raison pour que ce résultat + ne soit pas favorable. Je ne demande qu'un appui dans + l'accomplissement d'un devoir pieux, et je me sens très fort sur + ce terrain. Le Conseil Municipal a été pressenti: tous les membres + à qui on en a parlé, ont été d'avis que le rapport fût présenté. + M. Husson a fait ce rapport et l'a porté à la signature: M. le + Préfet a refusé de le signer. Il n'y a pas d'autre obstacle. + + «Pendant ce temps-là, Charpentier me proposait d'ouvrir une + souscription pour l'achat du terrain, disant que les frais en + seraient couverts en quelques jours. Je ne l'ai pas voulu, pour + l'honneur de la Ville de Paris, car il ne faut pas se dissimuler + que tout cela est de l'histoire, et qu'on lira le récit de ces + détails dans cinq cents ans. + + «Dites toujours au Prince Impérial[3] combien je suis touché de + l'intérêt qu'il prend à cette affaire et des paroles chaleureuses + qu'il vous a fait entendre. Malgré la démarche dont je dois, par + convenance, attendre le résultat, un mot de lui au Préfet ne peut + pas nuire. + + «A bientôt, mon cher Alfred, et tout à vous. + + «PAUL DE MUSSET. + + «Vendredi, 27 novembre 1857.» + + [3] A cette époque, le Prince Impérial était encore Joseph + Napoléon, nommé par décret du 18 décembre 1852, confirmé le 23 + par un sénatus-consulte. + +La parcelle de terrain fut enfin obtenue... par achat et le tombeau +aussitôt érigé. + +L'exhumation eut lieu le 23 mars 1858. + + + «_A Monsieur le Sénateur, Préfet de la Seine._ + + «Paris, le 12 mai 1858. + + «Monsieur le Préfet, + + «J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien autoriser le + remboursement de la somme qui doit me revenir sur le prix d'un + terrain de deux mètres au cimetière de l'Est, acquis + conditionnellement le 3 mai 1857, pour la sépulture de + Louis-Charles-Alfred de Musset, mon frère, décédé le 2 du même + mois; ce terrain étant devenu libre par suite de l'exhumation + faite le 23 mars 1858 et de la réinhumation dans un terrain de + trois mètres 38 c., acquis le 29 décembre 1857, sous le numéro + 936. Ci-joint le certificat de M. le Conservateur du cimetière de + l'Est. + + «Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma haute + considération. + + «PAUL DE MUSSET. + + «Rue des Pyramides, 8.» + +M. Paget, dans l'_Illustration_ du 4 mai 1861, décrit ainsi le +tombeau: + + «Le monument dont nous donnons ici la figure, a 2m de large sur + 2m20 de haut. La partie supérieure, forme médaillon placé dans le + fronton, porte la tête de Minerve, symbole de l'Institut. + Au-dessous du piédouche qui supporte le buste en marbre d'Alfred + de Musset, tel qu'il était peu de temps avant sa mort, on a + sculpté la lyre, la plume, avec une palme et une branche de + laurier, attributs du poète illustre. Dans un cartel placé sous + ces attributs, sont gravés six vers, extraits d'une élégie + touchante que tout le monde connaît; elle est intitulée _Lucie_: + + Mes chers amis, quand je mourrai, + Plantez un saule au cimetière; + J'aime son feuillage éploré, + La pâleur m'en est douce et chère, + Et son ombre sera légère + A la terre où je dormirai. + + «...Enfin, sur les deux cippes parallèles, sont gravés: d'un côté, + quatre titres d'oeuvres en vers: _Namouna_, _Rolla_, _Mardoche_, + _Les Nuits_; de l'autre, trois titres d'ouvrages en prose: _Un + Caprice_, _Lorenzaccio_, _Frédéric et Bernerette_.» + +Un saule pleureur est placé près du tombeau qu'il recouvre de ses +branches; mais le pauvre arbre a bien peu de terre et il faut le +remplacer souvent, ce à quoi veilla d'abord le frère et veille +aujourd'hui la soeur du poète. Fréquemment, des mains amies vont y +déposer des fleurs et tous les ans, le 2 mai, une manifestation a +lieu, organisée par des jeunes gens enthousiastes et des admirateurs +de l'auteur des _Nuits_. + +Le 9 mai 1880, une représentation extraordinaire fut donnée au Palais +du Trocadéro, organisée par MM. Grippa de Winter, Buchelbry, Raymond +Bonnial, le comité des fêtes du Quartier-Latin, l'école de M. Talbot +et les délégations des Facultés de Bruxelles, Lille, Liège, etc..., +sous la présidence d'honneur de M. Paul de Musset. Une quête fut +faite par Mmes Sarah Bernhardt, Leslino, Hess, Schriwanech, etc..., +dont le produit devait être affecté à l'embellissement de la tombe +d'Alfred de Musset, quête contre laquelle protesta Paul de Musset par +cette lettre adressée au _Figaro_: + + + «_A Monsieur le Rédacteur du_ Figaro. + + «Le 10 mai 1880. + + «Monsieur le Rédacteur, + + «L'état de ma santé ne m'a pas permis d'assister hier, 9 mai, à la + représentation extraordinaire qui a eu lieu dans la salle du + Trocadéro, en l'honneur d'Alfred de Musset. Mais je viens + d'apprendre qu'une quête, organisée par des dames, a été faite, + malgré ma défense, dont le produit est destiné à l'embellissement + de la tombe d'Alfred de Musset. + + «Je proteste contre cette étrange prétention d'_embellir_ la tombe + de mon frère. Cette tombe est connue de toute la terre par la + photographie; elle n'a besoin d'aucun embellissement, et je ne + permettrai à personne d'y porter les mains. + + «Si le saule pleureur a été gelé, le jardinier du cimetière le + remplacera; il est payé pour cela. Que ces dames portent des + couronnes et des fleurs tant qu'elles voudront, elles ne seront + pas les seules. Mais l'entretien du tombeau n'appartient qu'à la + famille du poète. + + «Je vous serai très obligé, monsieur le Rédacteur, si vous voulez + bien prêter à ma protestation le secours de votre grande + publicité. + + «Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération la plus + distinguée. + + «PAUL DE MUSSET.» + +A l'occasion de cette fête, on moula le buste d'A. de Musset, dû au +ciseau de Barre, et ce buste fut couronné au cours de la +représentation; moule et buste sont depuis lors chez Mme Lardin de +Musset. Un programme, orné d'une vignette lithographiée par H. Dillon, +fut imprimé. + +Le _Petit Journal_ du 2 novembre 1891 donne une petite vignette du +tombeau, qu'accompagne un article descriptif. + +A propos de la manifestation du 3 mai 1892, M. Paul Ferrier composa +une pièce de vers «Sur la tombe d'Alfred de Musset»: + + Portez des fleurs au cimetière, + Les fleurs du printemps que j'aimai + Les lilas à la grappe altière + Et les pâles roses de mai; + Venez avec une prière + Sur la tombe où je dormirai. + ........................... + +que publièrent le _Gaulois_ du 8 mai 1892 et la _Semaine Politique et +Littéraire_ du 6 novembre de la même année. + + +MEZZARA + +1865. + +Buste en marbre, sculpté par Mezzara en 1865 et dont la physionomie +semble inspirée principalement par le portrait de Landelle. Alfred de +Musset est représenté de trois quarts à gauche, le col découvert, la +cravate retombant au milieu de la poitrine, les épaules drapées dans +un manteau. Sur le socle, on lit: «Alfred de Musset, né à Paris le 11 +décembre 1810, mort le 2 mai 1857.» + + «_A Monsieur Alfred Arago._ + + «20 avril 1865. + + «Mon cher Alfred, + + «Le buste de Mezzara est terminé. Je le trouve vraiement très + ressemblant. On a dit à l'auteur qu'on lui enverrait l'Inspecteur + des Beaux-Arts. Tâchez donc que ce soit vous, car un autre n'ayant + pas connu mon frère ne pourrait point juger de la ressemblance, + qui est une chose très importante. + + «Je voudrais bien que ce buste fût mis dans le foyer de la + Comédie-Française. Il y serait bien à sa place. M. Mezzara m'a + l'air d'un homme très modeste, sans protections, comme beaucoup de + gens de talent. Il ne semble pas que ce soit une raison de + l'abandonner. Tâchez de faire quelque chose pour lui. + + «Tout à vous, + + «PAUL DE MUSSET.» + + «_A Monsieur Alfred Arago._ + + «10 février 1868. + + «Mon cher Alfred, + + «J'ai revu pour la dernière fois le buste de mon frère dans + l'atelier de M. Mezzara et je l'ai trouvé parfait. Ma soeur et + moi, nous avons presqu'été scandalisés de ne plus trouver une + seule observation à faire à l'auteur sur la ressemblance. M. + Mezzara a réellement beaucoup de talent. Il pense avec raison que + le foyer de la Comédie Française sera pour lui la meilleure des + expositions. Je suis aussi pressé que lui de voir ce beau buste + dans les rangs des Corneille et des Molière. Faites écrire à + l'artiste de vous l'envoyer. Édouard Thierry l'attend. + + «Je vous serre la main bien cordialement et suis tout à vous. + + «PAUL DE MUSSET.» + +Le buste est placé dans la galerie du Foyer public au théâtre de la +Comédie-Française: «Musset, le poète aimé qui revit dans l'oeuvre de +Mezzara, dit M. René Delorme, reçoit chaque jour de pieuses visites. +Souvent, des groupes s'arrêtent pour le contempler; aucune physionomie +ne reste indifférente alors: les unes s'assombrissent, les autres +s'éclairent, double hommage de regret et d'admiration[4].» + + [4] _Le Musée de la Comédie-Française._ Paris, Ollendorff, 1878. + 1 vol. in-8, p. 46. + +Quatre reproductions: 1º Gravure à l'eau-forte in-32 par A. Lamotte, +faite en 1876 pour l'édition des _OEuvres_ dans la Petite Bibliothèque +Charpentier. + +2º Gravure à l'eau-forte par Monziès, en 1877, pour l'édition in-18 +des _OEuvres_ à la librairie Lemerre. + +3º Peinture sur émail faite en 1881 par Mme Rosine Mezzara. + +4º Glyptographie in-4º, publiée en tête du tome I de l'édition +populaire illustrée des _OEuvres_ à la librairie Charpentier, 1889. (5 +vol. in-4º). + + +EUGÈNE LAMI + +1879. + +Dans le portrait d'Alfred de Musset peint en 1879 par M. Eugène Lami, +le poète est représenté à mi-corps, de trois quarts, la figure à +droite. Il est appuyé sur la tablette d'une cheminée et de la main +gauche tient un livre à demi fermé. + +Gravé à l'eau-forte par Waltner, pour l'édition in-32 des _OEuvres_ +dans la Petite Bibliothèque Charpentier. + + +PIERRE GRANET + +1882. + +Statue en pied, exécutée en 1882 par Pierre Granet, et figurant au +Salon de la même année. Alfred de Musset est représenté de face; de la +main gauche, il tient son chapeau appuyé sur la cuisse; son bras droit +est replié, et, dans la main droite, il tient un stick et des gants; +un long manteau, tombant de l'épaule droite, lui couvre une partie du +dos. + +Cette statue a été inspirée pour la pose et l'attitude par les +portraits en pied d'Eugène Lami et de Gavarni; pour la figure, +beaucoup par celui de Mlle Marie Moulin et un peu par celui de +Landelle. Elle était primitivement destinée au concours ouvert par la +Ville de Paris pour l'ornementation des façades de l'Hôtel de Ville; +mais, par suite de circonstances indépendantes de sa volonté, M. +Granet n'ayant pu prendre part à ce concours, il présenta son oeuvre à +Mme Lardin de Musset qui l'accepta et, à son tour, proposa à la +Société des Gens de lettres de dresser cette statue sur l'une des +places publiques de Paris; mais, comme on le verra plus loin, ce +projet échoua. Aujourd'hui, cette statue est au Louvre. + +Une reproduction a été gravée à l'eau-forte à la fin de l'année 1882 +par Louis Charbonnel, pour servir de frontispice à ma _Bibliographie +des OEuvres d'Alfred de Musset_ (Rouquette, 1883, gr. in-8º). Voir +dans le _Salon de 1882_ édité chez Baschet, (1 vol. in-4º, p. 253), le +jugement porté par M. Philippe Burty sur cette statue. Une contrefaçon +en phototypie, un peu réduite, de l'eau-forte de Charbonnel, est +publiée dans _A Selection from the Poetry and comedies of Alf. de +Musset_, edited by Oscar Kuhns. (Boston, 1895, in-8º). + + +IDRAC + +1883. + +Statue en pied, exécutée en 1883 par M. J.-M.-A. Idrac et placée dans +l'une des niches de la façade de l'Hôtel de Ville de Paris, côté du +quai, pavillon de droite, 1er étage. + +Alfred de Musset est de face: la main gauche, glissée dans la poche de +son pantalon, soulève le pan de sa redingote; la main droite émerge en +avant, sortant des plis du manteau, qui, tombant de l'épaule, recouvre +le bras droit qui le soutient. + +Une reproduction par M. D. Cauconnier se trouve page 145 de l'ouvrage +intitulé: _Les Statues de l'Hôtel de Ville, par Georges Veyrat_. +(Paris, ancienne librairie Quantin, 1892, 1 vol. gr. in-8º.)--_L'Art_ +du 1er octobre 1892 donne également le dessin de cette statue. + + +FALGUIÈRE et MERCIÉ + +_Monument d'Alfred de Musset._ + +Il y a vingt-deux ans que l'on parle, si je ne me trompe, d'élever une +statue à Alfred de Musset, et je crois que ce fut M. Félix Platel qui, +le premier, en eut l'idée; il écrivait dans le _Figaro_ du 27 juin +1877: + + «....Un autre poète français, Ponsard, que j'ai beaucoup connu, a + déjà sa statue. Musset ne l'a pas, quoique bien plus grand. C'est + que Musset est parisien, et seule, la province élève des statues à + ses compatriotes.... Pour le poète immortel, coupez dans la + carrière une belle tranche de marbre. Musset! C'est toi et moi, ô + lecteur! C'est l'homme fait d'âme et de chair, que vous aimez, + avez aimé ou aimerez, ô lectrice! C'est notre jeunesse!--IGNOTUS». + +Trois ans plus tard, le 9 décembre 1880, dans le même journal, Émile +Zola revient sur cette idée, alors qu'il était question d'ériger une +statue à Balzac: + + «....O Paris ingrat! s'il te faut des gloires littéraires, où est + la statue de Musset, ce grand poète du siècle, le plus humain et + le plus vivant? où est celle de Théophile Gautier, cet artiste + parfait...?» + +Mais ce n'étaient encore que propos d'atelier ou de salon et c'est +seulement en 1887 qu'on tenta réellement de mettre ce projet à +exécution. M. Marquet de Vasselot, auteur de la statue de Lamartine +qui se dresse à Passy, offrit de sculpter gratuitement une statue à +Alfred de Musset. Un comité se forma, présidé par Arsène +Houssaye[5].--D'autre part, Mme Lardin de Musset s'entendait avec la +Société des Gens de Lettres et lui soumettait une maquette par Pierre +Granet, exécutée depuis 1882. Mais la Société, occupée de la statue de +La Fontaine, n'eut pas le temps ou ne voulut pas s'occuper de celle +d'Alfred de Musset[6]. + + [5] Voir: Le _Figaro_, 12 mars 1887, Suppl. Art. par George + Herbert.--Le _Gil Blas_, 19 avril 1887, art. par F. Xau. + + [6] Voir: L'_Écho_ de Paris, 13 avril 1887.--La _Petite Presse_, + 17 avril 1887, etc. + +En 1888, cette même Société des Gens de Lettres, sur la proposition de +M. Philibert Audebrant, décidait qu'un Congrès littéraire +international serait ouvert à Paris en 1889, qui devait coïncider avec +le centenaire de 1789 et l'Exposition Universelle, et que trois +statues seraient érigées à Balzac, A. de Musset et V. Hugo, mais cette +décision resta toujours à l'état de voeu. + +Pendant que ces divers projets s'élaboraient sans aboutir, un riche +Américain, M. Osiris, agissait: il mettait à la disposition du Conseil +municipal de Paris la somme nécessaire à l'érection d'un monument; MM. +Falguière et Mercié, de l'Institut, seraient chargés de son exécution: +M. Mercié, de la statue elle-même, M. Falguière, du piédestal et des +allégories qui l'orneront. _La Cocarde_, du 27 février 1889, le décrit +ainsi: + + «....Ce monument se compose d'un piédestal sur lequel est placée + la statue du poète; une figure allégorique, représentant la + Jeunesse, dépose des fleurs à ses pieds. MM. Falguière, Mercié et + Osiris ont demandé, pour y édifier leur oeuvre, le terre-plein + situé devant la Comédie-Française.» + +Le Conseil Municipal préférait voir la statue de Musset s'élever sur +le square situé devant l'église Saint-Augustin. + +La même année 1889 voit se former un nouveau comité ayant pour but +d'ériger par souscription une statue à Alfred de Musset[7]. Cette +affiche fut placardée un peu partout: + + + SOUSCRIPTION + + _ouverte par la Jeunesse de France + pour élever une statue à_ + + ALFRED DE MUSSET + + Camarades, + + On parle depuis longtemps d'élever une statue à Alfred de Musset. + L'heure nous semble venue de passer de la parole à l'action. C'est + à nous, les jeunes, qu'il appartient de prendre l'initiative d'un + monument à celui qui est et restera le poète des jeunes. + + Camarades, + + Vous entendrez notre appel, et bientôt, grâce à vous, Paris verra + se dresser sur l'une de ses places, l'image impérissable d'Alfred + de Musset. + + LE COMITÉ. + + [7] Voir: Le _Gaulois_, 24 avril 1889.--Paris, 11 juillet.--Le + _Public_, Le _Voltaire_, 18 juillet.--Le _Parisien_, 25 + septembre, etc. + +Une longue liste de noms suivait. Le comité se subdivisait: 1º En +comité d'initiative: MM. Frédéric Giraud et Auguste Renucci, +secrétaires.--2º En comité d'honneur: M. Émile Augier, président. MM. +J. Claretie, F. Coppée, A. Dumas, L. Halévy, Ed. Pailleron, Ch. Buloz, +H. Fouquier, A. Houssaye, J. Richepin, F. Sarcey, E. Zola, Delaunay, +Got, G. Charpentier, etc. Les souscriptions étaient reçues à la +librairie Lemerre.--Mais 912 francs seulement furent recueillis, qui +suffirent à peine à solder les frais de publicité. + +Il ne restait plus que le monument Falguière-Mercié. Plusieurs +maquettes furent successivement modelées. + + 1891. Le _Gaulois_, 13 avril.--«....Musset est représenté assis, + les yeux fixés sur un livre. Devant lui, passe une figure + allégorique, la Muse de la Poésie, effeuillant des fleurs dans + l'espace. L'ensemble est imposant et d'une grâce empreinte de + mélancolie. Le monument aura environ 7m 50 de hauteur. Les deux + grands sculpteurs espèrent que leur oeuvre sera achevée vers le + mois de juillet.» + + 1892. Le _Temps_, 26 février.--«....On verra dans la partie + inférieure, une Muse, foulant d'un pied léger le soubassement, se + tourner au passage vers le poète; du bras droit, elle tiendra une + lyre appuyée contre sa poitrine; elle déposera de la main gauche + une palme aux pieds du chantre des _Nuits_, que M. Mercié + représentera assis, les jambes croisées, sur une roche, et le bras + appuyé sur son genou, le menton dans sa main, méditant.» + +Dans une lettre que publie l'_Événement_ du 18 août 1892, M. Osiris +déclare que le monument est presque terminé, et cependant les mois et +les années se passent sans qu'Alfred de Musset ait sa statue. La cause +de ce retard? La raison donnée est que MM. Mercié et Falguière +attendent que le Conseil municipal leur désigne l'emplacement, pour +savoir quelles proportions ils doivent donner à leur monument. De son +côté, le Conseil municipal déclare attendre que MM. Falguière et +Mercié aient terminé leur oeuvre avec ses dimensions pour désigner +l'emplacement. Le _Gaulois_ du 29 octobre 1896 s'étonne à bon droit +d'un pareil retard, alors que depuis plus de deux ans la maquette est +acceptée par le Conseil municipal, et, sans résultat du reste, demande +des explications. Le plus ennuyé est M. Osiris, qui, sur la somme de +quarante mille francs à laquelle la Commission des Beaux-Arts a évalué +le prix du Monument, en a versé dix mille et voudrait remettre le +surplus aux mains du Conseil municipal. + +A la fin de l'année 1897, M. Falguière se retire de l'association: + + «....Il a considéré, d'accord avec son ami Mercié, que ce serait + trop de deux auteurs pour une oeuvre qui ne saurait être de + dimensions très grandes. Et comme M. Mercié était chargé de la + figure principale, il a été convenu que le même artiste + s'occuperait également des motifs accessoires....» + +Telle est l'explication que donne le _Figaro_ du 10 octobre 1897. Je +crois que l'ennui causé par tous ces retards est la véritable raison +de la retraite de M. Falguière. Et, à mon humble avis, il se passera +bien du temps encore, avant que nous ne voyions la statue d'Alfred de +Musset se dresser à Paris, sur une place publique; cependant, +l'Exposition universelle de 1900 présente une excellente occasion +d'inaugurer ce monument. + +M. Antonin Mercié reste donc seul chargé de l'exécution. Le _Figaro_ +du 17 janvier 1898 donne la description de la maquette du dernier +projet: + + «....Mercié nous a montré une cire représentant Alfred de Musset + assis sur un banc, un livre à la main, un manteau tombant de ses + épaules, le regard perdu dans un rêve. Ingres n'eût pas mieux + dessiné l'élégant poète dandy, que Mercié nous a rendu vivant: + «C'est tout. Peut-être encore sur le piédestal, un bas-relief + donnant quelques scènes des proverbes. Cela dépendra de l'ampleur + du monument, c'est-à-dire de la place que va me désigner le + Conseil.» + +place du Théâtre-Français, qui fait face à la rue Saint-Honoré, et sur +lequel donne l'entrée des artistes de la Comédie Française; on le +débarrassera des édicules qui l'encombrent. Il avait également été +question d'ériger la statue d'Alfred de Musset, place de la Sorbonne, +au milieu de la jeunesse des Écoles; ce projet semble abandonné. + +Quant à la _physionomie_ elle-même de la statue, M. Mercié l'a +composée d'après les portraits exécutés du vivant d'Alfred de Musset +et les données que lui fournirent diverses personnes, parents et amis, +ayant connu le poète. Mme Lardin de Musset a remis au sculpteur des +vêtements portés par l'auteur de _Un Caprice_ et est même venue poser +pour les yeux et le haut de la figure qu'elle a semblables à ceux de +son frère. + + +PORTRAITS DIVERS + +I.--Portrait-charge dessiné par Alfred de Musset sur l'album de son +ami Alfred Tattet. Mme Tattet avait bien voulu me faire voir ce +portrait; mais aujourd'hui cette dame est morte et j'ignore lequel de +ses héritiers le possède actuellement. + +II.--Un matin de l'année 1882, le graveur Louis Charbonnel m'apporta +un portrait peint à l'huile sur une toile collée sur carton fort; il +prétendait que c'était Alfred de Musset par Eugène Delacroix: le poète +était représenté en buste, de face et vêtu d'une chemise de femme. Je +ne pouvais discuter avec lui l'authenticité du Delacroix, car il avait +sous ce rapport beaucoup plus de connaissances que moi; mais, ce que +je pus lui affirmer, c'est que son tableau me semblait une affreuse +croûte et que ce n'était sûrement pas Alfred de Musset. Charbonnel +n'en voulut pas moins graver à l'eau-forte ce portrait, le réduisant à +peu près au quart, et me donna le cuivre. Cet ami est mort en 1884 et +je ne sais ce qu'est devenu l'original; quant au cuivre j'en ai, cette +même année 1884, fait tirer 25 épreuves à l'imprimerie Lemercier et +l'ai mis au tond d'un de mes tiroirs où il est encore. + +III.--Une vignette de Bertall, gravée sur bois par Le Blanc: «Panthéon +du Diable à Paris: la poésie, la philosophie, la littérature», publiée +dans le _Diable à Paris_, (Hetzel, 1845, 2 vol. in-4º, tome II, page +336), renferme un petit portrait-charge d'Alfred de Musset. + +IV.--On prétend qu'Alfred de Musset aurait, sans le savoir, été pris +comme modèle pour cette gravure de modes: «L'Homme du Monde, par +Humann, 83, rue Neuve-des-Petits-Champs», lithographie in-4º par +Gavarni, publiée dans: _Le Voyageur_, journal de l'office aqw +universel, place de la Bourse, 27. 1847;--_La Mode_, 15 décembre 1847. +Puis isolément avec cette légende: «L'Homme du Monde au foyer de +l'Opéra, par Humann.» (Imp. Lemercier.)--Je ne connais aucune preuve à +l'appui de ce dire. + +V.--Vignette sur bois non signée, publiée dans le _Livre des 400 +auteurs_. (Paris, Bureau du Magasin des Familles, 1850, 1 vol. in-4º, +page 8): «Pourquoi Alfred de Musset résiste-t-il avec tant de froideur +à la Muse, que pour lui échapper il lui laisse aux mains son manteau +de poète.» La vignette représente la scène de Joseph et la femme de +Putiphar. + +VI.--Dans l'_Album des portraits comiques_, contenant plus de 100 +sujets variés, (Paris, Bureau du Magasin des Familles, s. d., in-8º +oblong), on trouve page 11, un portrait-charge d'Alfred de Musset en +berger, qui n'est autre que le portrait d'Arsène Houssaye. + +VII.--La Comédie des comédiennes, no 2. «C'est une belle chose que +l'Amour, n'est-ce pas, poète? C'est Dieu qui a fait l'Amour!--Oui, +mais c'est le diable qui a fait la femme». Lithographie in-4º par +Cisneros d'après Talin, (Imp. Bertauts), publiée dans l'_Artiste_ du +16 décembre 1855. Ce sont, dit-on, Alfred de Musset et Rachel. + +VIII.--Portrait d'Alfred de Musset, tableau par M. Eugène Carrière. +Salon de 1878 (no 412). + +IX.--En 1881, le libraire et marchand d'estampes Fabré vendait un +portrait in-8º, gravé au vernis mou, signé: «Ch. Senties» et portant à +côté de ce nom le fac-similé de la signature d'Alfred de Musset. +J'ignore quel personnage M. Ch. Senties a voulu représenter; mais, +quel qu'il soit, ce n'est pas un portrait d'Alfred de Musset. + +X.--Buste en plâtre, par Zacharie Rimbez. Salon de 1885 (no 4139). + +XI.--«Trinité Poétique: Alfred de Musset, Victor Hugo, Lamartine.» +Tableau par Guillaume Dubuffe. Salon de 1888 (no 887). + +XII.--«Collection Prunaire, no 43. Alfred de Musset». Portrait in-8º +colorié, gravé sur bois par A. Prunaire, d'après le dessin de E. +Loevy, (Picard et Kaan, éditeurs à Paris. Imp. de Ch. Unsinger), avec, +au verso, une notice par H. Mossier. Image donnée en récompense dans +les écoles. + +XIII.--Caricature in-32, gravée au trait par Malatesta, à propos de +_Lorenzaccio_: + + Publiez mes secrets, défigurez mon drame, + Mais épargnez du moins l'interview à mon âme. + +publiée dans l'_Illustration_ du 30 janvier 1897. + + + + + ALFRED DE MUSSET + + ET + + GEORGE SAND + + +Cette étude a paru primitivement dans la _Revue de Paris_ du 15 août +1896. Depuis lors, les lettres de George Sand à Alfred de Musset et à +Sainte-Beuve ont été publiées. Des fragments assez étendus, mais +toutefois peu corrects quant au texte, des lettres d'Alfred de Musset +à George Sand, ainsi que beaucoup d'autres documents, ont également +été mis au jour. Cela a nécessité quelques remaniements dans cet +article. + +Je réponds en même temps à des objections qui m'ont été faites et +rectifie certaines erreurs de ma relation. Enfin, la façon peu +courtoise dont une personne qui avait eu momentanément entre les mains +le dossier réuni par moi, n'a pas hésité à le communiquer, à mon insu, +à d'autres personnes, me permet de parler aujourd'hui de choses que +j'avais cru devoir taire jusque-là. + +Une dame russe, Mme Wladimir Karenine, vient de publier un ouvrage +d'érudition intitulé: _George Sand, sa vie et ses oeuvres_ (Paris, +Ollendorff, 1899; 2 vol. in-8º) dans lequel on trouve l'analyse de +tout ce qui a été écrit sur les «amants de Venise», ainsi que quantité +de documents inédits. Je ne puis en donner le détail, mais j'engage le +lecteur à consulter cette étude qui est la plus complète et «la plus +près de la vérité» de celles qui ont été écrites sur la question +Sand-Musset. Je n'ai pas l'honneur de connaître Mme Karenine, mais je +la prie de vouloir bien recevoir ici tous mes remerciements pour la +bonne opinion qu'elle veut bien avoir de moi. + + M. C. + + Juillet 1899. + + + + +ALFRED DE MUSSET ET GEORGE SAND + + +La _Véritable histoire de «Elle et Lui»_ récemment publiée par M. le +vicomte de Spoelberch de Lovenjoul[8], a rouvert de la façon la plus +curieuse, entre Alfred de Musset et George Sand, un débat qui ne sera +pas décidément clos, ni l'équitable jugement prononcé, avant la mise +en plein jour des lettres échangées par ces amants illustres[9]. La +réputation du célèbre _Chercheur_ n'est plus à faire et nous nous +garderons de dire le bien que nous en pensons. Nous ne voulons, à +notre tour, que joindre au dossier commun quelques pièces +authentiques. La «véritable histoire» de cette liaison, apparemment, +ce n'est pas _Elle et Lui_, ce n'est pas davantage _Lui et Elle_--et +nous ne disons rien de _Lui_, qui fut l'oeuvre d'une personne +étrangère au débat, et l'exercice de rancunes particulières:--on ne +saurait préparer avec trop de soin le difficile triomphe de la vérité. + + [8] _Comospolis_, revue internationale des 1er mai et 1er juin + 1896. L'ouvrage a reparu très augmenté, à la librairie + Calmann-Lévy. 1897. 1 vol. in-12. + + [9] Les _Lettres de George Sand à Alfred de Musset et à + Sainte-Beuve_ ont été publiées à la librairie Calmann-Lévy. 1897. + 1 vol. in-12. + +Mais, d'abord, adressons l'hommage de notre plus respectueuse +gratitude à Mme Lardin de Musset, la soeur de «Lui»; à Mme Lina Sand, +la veuve du fils d'«Elle», qui ont mis généreusement à notre +disposition tous les documents qu'elles possèdent. Il nous faut +remercier aussi M. Alexandre Tattet, qui nous a communiqué les lettres +adressées à son frère. + + * * * * * + +Alfred de Musset et George Sand se virent pour la première fois au +mois d'avril ou de mai 1833. Écrivant l'un et l'autre à la _Revue des +Deux-Mondes_, ils avaient naturellement l'occasion de se rencontrer; +des amis communs, Sainte-Beuve surtout, firent le reste. Relations de +courtoisie littéraire, d'abord: Alfred de Musset envoyait des vers à +George Sand, _Après la lecture d'Indiana_, datés du 24 juin 1833[10], +puis des fragments de son poème _Rolla_ qu'il écrivait en ce moment. +Peu à peu leur intimité devint plus grande et George Sand adresse à +Musset un exemplaire de _Lelia_ portant ces dédicaces: + +Tome I: «A Monsieur mon gamin d'Alfred, George.» + +Tome II: «A Monsieur le vicomte Alfred de Musset, hommage respectueux +de son dévoué serviteur, George Sand.» + +Envoi auquel Musset répond: «Éprouver de la joie à la lecture d'une +belle chose, faite par un autre, est le privilège d'une ancienne +amitié. Je n'ai pas ces droits auprès de vous, madame; il faut +cependant que je vous dise que c'est là ce qui m'est arrivé en lisant +_Lélia_...» + + [10] Cette poésie ne se trouve pas dans les OEuvres d'Alfred de + Musset, mais Paul de Musset l'a publiée dans la _Revue des + Deux-Mondes_ du 1er novembre 1878. + +[Illustration: George Sand, portrait-charge dessiné au crayon +par Alfred de Musset.] + +Dans des stances burlesques fort connues, le _Songe du Reviewer ou +Buloz consterné_, Musset chante les rédacteurs de la _Revue des +Deux-Mondes_: + + George Sand est abbesse + Dans un pays lointain; + Fontaney sert la messe + A Saint Thomas d'Aquin; + Fournier, aux inodores, + Présente le papier, + Et quatre métaphores + Ont étouffé Barbier. + + Cette nuit, Lacordaire + A tué de Vigny; + Lherminier veut se faire + Grotesque à Franconi; + Planche est gendarme en Chine; + Magnin vend de l'onguent; + Le monde est en ruine: + Bonnaire est sans argent!!![11] + + [11] Je cite ces deux dernières strophes, dont le texte publié + jusqu'à ce jour, est fort incorrect. + +Dans une autre pièce de vers, demeurée inédite, Alfred décrit +familièrement les soirées de son amie: + + George est dans sa chambrette, + Entre deux pots de fleurs, + Fumant sa cigarette, + Les yeux baignés de pleurs. + + Buloz, assis par terre, + Lui fait de doux serments; + Solange, par derrière, + Gribouille ses romans. + + Planté comme une borne, + Boucoiran[12] tout crotté + Contemple d'un oeil morne + Musset tout débraillé. + + Dans le plus grand silence + Paul se versant du thé + Écoute l'éloquence + De Menard tout crotté. + + Planche, saoul de la veille, + Est assis dans un coin + Et se cure l'oreille + Avec le plus grand soin. + + La mère Lacouture[13] + Accroupie au foyer + Renverse une friture + Et casse un saladier. + + De colère pieuse, + Gueroult tout palpitant + Se plaint d'une dent creuse + Et des vices du temps. + + Pâle et mélancolique + D'un air mystérieux + Papet[14] pris de colique + Demande où sont les lieux. + + [12] Précepteur de Maurice Sand. + + [13] Femme de ménage de George Sand. + + [14] Gustave Papet, ami de George Sand. + +Débraillé ou non, Musset dessine sur un album la charge des habitués +de la maison, Rollinat, Gueroult, Mérimée, Dumas «charpentant un +viol», Sainte-Beuve, qu'il appelle le «bedeau du temple de Gnide», +Buloz, et, après beaucoup d'autres, lui-même, en «ballade à la lune», +en «Don Juan allant emprunter dix sous», en «poète chevelu»[15], et, +pour se faire pardonner ses caricatures, essaye un portrait plus +sérieux de Lelia: + + «Mon cher George, + + «Vos beaux yeux noirs que j'ai outragés hier m'ont trotté dans la + tête ce matin. Je vous envoyé cette ébauche, toute laide qu'elle + est, par curiosité, pour voir si vos amis la reconnaîtront et si + vous la reconnaîtrez vous-même. + + «Good night.--I am gloomy to-day. + + «ALFD DE MUSSET.» + + [15] Cet album de dessins d'Alfred de Musset, renferme huit + portraits de George Sand. M. A. Brisson a donné dans le _Temps_ + du 4 novembre 1896 la description détaillée de plusieurs de ces + pages, qui sont en bonnes mains.--Maurice Sand a également + caricaturé les amis de sa mère; ses charges de A. Gueroult, + Buloz, Ch. Didier, etc., ont beaucoup de rapport avec celles + qu'en avait fait Alfred de Musset. George Sand a fait aussi + plusieurs caricatures de ses habitués.--A la même époque, le + poète s'est encore rendu coupable de certaine _Revue Romantique_, + absolument inconnue, «généralement attribuée à M. de + Chateaubriand», et que George Sand a consignée pages 79 et 80 de + son journal intime, _Sketches and Hints_. + +A la fin du mois d'août, ils sont amants[16]. Leur vie, durant cette +période, est semblable à celle des peuples heureux et n'a pas +d'histoire. Il suffit, à la rigueur, de lire ce qui est publié de la +correspondance de George Sand et de Sainte-Beuve, dans le tome I des +_Portraits contemporains_, édition de 1888, et ce que Paul de Musset +raconte dans la _Biographie_ de son frère. On devine le reste. On nous +permettra de ne pas les suivre avant leur voyage en Italie. + + [16] Voir un fragment de lettre de George Sand à Sainte-Beuve, + publié par celui-ci dans les _Portraits contemporains_, nouvelle + édition. Paris, 1869, in-12, tome I, page 516. + + +I + +VOYAGE EN ITALIE + +Le 12 décembre 1833, dans la soirée, Paul de Musset conduisit les deux +voyageurs jusqu'à la malle-poste. Ils s'arrêtèrent à Lyon, où ils +rencontrèrent Stendhal; à Avignon, Marseille[17], Gênes, et le 28 se +trouvaient à Florence. Ce fut probablement pendant le court séjour +qu'ils y firent qu'Alfred de Musset entreprit des recherches sur +quelques-uns de ses ancêtres[18] et trouva ce fragment du livre XV des +_Chroniques Florentines_ qui lui fournit le sujet de _Lorenzaccio_. + + [17] Dans la _Correspondance_ de George Sand, tome I, pages 256 + et 258, deux lettres d'elle sont publiées, écrites de cette ville + et datées, l'une du 18, l'autre du 20 décembre. + + [18] Guillaume de Musset, seigneur de la Rousselière, du Prai, du + Lude, d'Ozouer-le-Breuil et de la Courtoisie, avait épousé le 9 + novembre 1580, demoiselle Cassandre d'Epeigney, fille de Jean + d'Epeigney et de Cassandre de Salviati, dont l'aïeul, Bernard de + Salviati avait quitté Florence, appelé en France par Catherine de + Médicis, sa parente. + +De cette ville, les dates précises nous sont fournies par le passeport +d'Alfred de Musset: + + _Firenze, 28 Dic. 1833. Visto alla Legazione d'Austria per + Venezia._ + + _Firenze, 28 Dic. 1833. Visto buono per Bologna et Venezia.--G. + Molinari._ + + _Visto, buono per Bologna--Dellaca, 29 dicembre 1833._ + + _Bologna, 29 Dic. 1833. Per la continuazione del suo viaggio via + di Ferrara._ + + _Francolino. 30 Dic. 1833. Visto sortire._ + + _Rovigo, 30 Dic. 1833. Buono per Padova._ + + _Vu au Consulat de France à Venise. Bon pour séjour. Venise, te 19 + janvier 1834.--Le consul de France: Silvestre de Sacy._ + +Les divers incidents du voyage, qui, du reste, n'ont rien de +particulier, sont racontés par George Sand dans son _Histoire de ma +vie_, et par Paul de Musset dans la _Biographie_ de son frère. Alfred +de Musset en a même consigné quelques épisodes sur un petit carnet de +voyage, dessins faits à la hâte, mais qui représentent bien ce qu'ils +veulent peindre: ce sont d'abord un vieux monsieur et une vieille +dame, types de provinciaux probablement aperçus à travers les vitres +d'une portière de diligence. Plus loin, un marchand de bibelots offre +sa pacotille à nos deux voyageurs dont un troisième dessin nous donne +les portraits. Ce sont ensuite la douane de Gênes, et, sur le bateau, +la rencontre d'un voyageur trop bavard. Puis vient Stendhal, à +Pont-Saint-Esprit: «Il fut là d'une gaieté folle, dit George Sand, se +grisa raisonnablement, et dansant autour de la table avec ses grosses +bottes fourrées»[19] fit l'admiration de la servante d'auberge. Voici +maintenant George Sand se masquant le bas de la figure avec son +éventail; un autre portrait de Stendhal; une tête de vieillard avec +cette légende: «Il dottor Rebizzo»; et enfin, la dernière scène de la +traversée: l'auteur, affalé sur le bord du bateau, paye son tribut à +la mer, tandis que sa compagne fume gaillardement une cigarette: «Homo +sum et nihil humani a me alienum puto»[20]. A cela vient se joindre un +autre dessin, sur une feuille séparée, représentant «Il signor +Mocenigo.» + + [19] _Histoire de ma vie_, 5e partie, chapitre 3. + + [20] Mme Arvède Barine, dans son livre sur Alfred de Musset, + avait déjà mentionné cet album, qu'il ne faut pas confondre avec + celui ayant appartenu à George Sand. + +A Gênes, George Sand avait senti les premières atteintes des fièvres +du pays; son état ne fit que s'aggraver dans la suite du voyage, elle +arriva malade à Venise. + +Les deux amants s'installèrent sur le quai des Esclavons, à l'hôtel +Danieli, que tenait il signor Mocenigo. Jadis, lord Byron avait habité +un palais sur le Grand Canal: «_Aveva tutto il palazzo, lord Byron_», +leur dit leur hôte. Ce souvenir du poète anglais est demeuré si vivace +chez Alfred de Musset, que huit ans plus tard, on le retrouve dans son +_Histoire d'un merle blanc_[21]: «J'irai à Venise et je louerai sur +les bords du Grand Canal, au milieu de cette cité féerique, le beau +palais Mocenigo, qui coûte quatre livres dix sous par jour: là, je +m'inspirerai de tous les souvenirs que l'auteur de _Lara_ doit y avoir +laissés». + + [21] _Scènes de la vie privée et publique des Animaux._ Paris, + Hetzel, 1842. T. II, p. 362. + +Les premiers temps de leur séjour furent calmes; malgré son état +maladif, George Sand accompagnait Musset, qui, tout en visitant la +ville, prenait des notes sur les usages, sur les dénominations des +lieux: nous avons de lui plusieurs pages d'adresses, de recettes +culinaires, mots du dialecte vénitien, courtes notices sur des +familles ou des noms célèbres à Venise, inscriptions copiées sur les +monuments, tout cela pêle-mêle, au hasard des rencontres. Nous voyons +là qu'ensemble ils visitèrent Chioggia, déjeunèrent au restaurant du +Sauvage, à Venise, et se promenèrent dans les jardins de Saint Blaise, +à la Zuecca: + + A Saint Blaise, à la Zuecca, + Vous étiez, vous étiez bien aise, + A Saint Blaise; + A Saint Blaise, à la Zuecca, + Nous étions bien là!....[22] + + [22] Publié dans les _Nouvelles Poésies_, avec la date de: + Venise, 3 février 1834. + +C'est probablement pendant l'une de ces promenades qu'Alfred de Musset +recueillit cette chanson italienne, retrouvée dans ses papiers, que +l'on peut rapprocher de la _Serenata_ du Dr Pagello, dont George Sand +cite une version non signée dans sa _Deuxième lettre d'un voyageur_ et +que M. le vicomte de Spoelberch a publiée en entier[23]: + + LE FOU + + Lascia, lascia, il cimitero + Siedi tosto a me d'accanto. + Tra la la! Quel loco e nero! + Vieni, vieni, io t'amo tanto! + Amor mio, vieni con me! + Povero me! + + Oh! perche quel caro viso + Mi nascondi entro una fossa. + Tra la la! Voglio il tuo riso, + E mi mostri 'sol quel ossa? + Amor mio, vieni con me! + Povero me! + + Ecco l'sole e dormi ognora! + Sorgi su! senti l'amante! + Tra la la! Che si t'adora, + Che si strugge a te davante! + Amor mio, vieni con me + Povero me! + + Eri bella, ora sei brutta, + Fredda resti ai bacci miei! + Tra la la! Se mia sei tutta! + Che mi fa che morta sei! + Amor mio, vieni con me! + Povero me! + +_Traduction:_ + + Quitte, quitte le cimetière--Assieds-toi vite auprès de moi--Tra + la la! Ce lieu est noir--Viens, viens, je t'aime tant!--Mon amour, + viens avec moi!--Pauvre moi! + + Oh! pourquoi ce cher visage--Se cache-t-il dans une tombe?--Tra la + la! je voudrais ton sourire!--Pourquoi ne me montrer que tes + os?--Mon amour, viens avec moi!--Pauvre moi! + + Voici le soleil, et tu dors toujours!--Allons, lève-toi, entends + le bien aimé!--Tra la la! qui tellement t'adore--Qui fait tant + d'efforts pour aller au-devant de toi--Mon amour, viens avec + moi!--Pauvre moi! + + Tu étais belle! A présent tu es laide!--Tu restes froide à mes + baisers!--Tra la la! Puisque tu es toute à moi--Que m'importe que + tu sois morte?--Mon amour, viens avec moi!--Pauvre moi! + + [23] _Véritable Histoire de Elle et Lui._ Paris, C. Lévy, 1897, 1 + vol. in-12, p. 36.--Cette Serenata avait déjà été imprimée dans + le _Corriere della Sera_ (Milan) du 29-30 janvier 1881; dans + _Racconti, Scene, Bozzetti_, etc... di Luigia Codemo, Trevise, + Zopelli, 1882. 2 vol. in-12. Tome I, p. 153; etc. + +Mais bientôt George Sand dut garder la chambre et son ami continua +seul ses excursions. + +Alfred de Musset avait écrit plusieurs fois à sa mère depuis son +départ: de Marseille, de Gênes, de Florence, puis de Venise. Les +premières lettres parvinrent à leur adresse[24]; mais vers la fin de +janvier, les nouvelles cessèrent brusquement. Mme de Musset s'en +plaignit à son fils: + + + «Paris, ce jeudi, 13 février 1834. + + «Il m'est impossible, mon cher enfant, de me rendre compte des + motifs que tu peux avoir pour me laisser si longtemps sans + nouvelles, après la promesse que tu m'avais faite de m'éviter au + moins ce chagrin là. Tu connais ma facilité malheureuse à + m'inquiéter; si tu lui laisses un libre cours, je ne puis pas + prévoir où elle me conduira. Ces jours derniers, Hermine[25] était + malade, elle a pris un rhume en sortant d'un bal chez Mme + Hennequin, qui nous avait invitées. Je veillais près d'elle et + passais de longues nuits, que l'incertitude de ta position, de ta + santé, rendaient bien tristes. Le matin, j'avais une fièvre + nerveuse, la tête me tournait, il me semblait que j'allais devenir + folle; je pleurais, je marchais à grands pas dans ma chambre, + cherchais quel moyen je pourrais imaginer pour me procurer de tes + nouvelles. Enfin, j'ai supplié Paul[26], après plusieurs jours de + cet état intolérable, d'aller voir Buloz et de savoir de lui si + quelqu'un des amis de Mme Sand avait eu de ses nouvelles. + Heureusement Buloz avait reçu une lettre de toi, datée du 27 + janvier; Paul m'a calmé le sang en me rapportant cette nouvelle. + Je ne suis plus malade, mais je suis bien triste; car il faut que + tu aies des raisons pour me laisser dans une pareille inquiétude, + si tu n'es pas malade, ce que cette lettre à Buloz ne prouve + nullement, puisque je ne l'ai pas lue; au moins, tu es ennuyé, + lui-même l'a dit à Paul; tu ne te plais plus à Venise, peut-être + en es-tu parti; je t'écris à tout hasard; ma lettre ne te + parviendra probablement pas, mais c'est le moindre de mes soucis. + Je me soulage en t'écrivant; il me semble au moins, pendant que je + promène ma plume sur ce papier, que tu m'entends et que tu vas te + hâter de soulager mon ennui en m'écrivant bien vite. Fais-le, mon + bon fils, si cette lettre arrive jusqu'à toi et surmonte la + paresse ou le malaise qui t'en a empêché depuis six semaines, car + il y a réellement tout ce temps que je n'ai reçu un mot de toi. La + dernière [lettre], qui m'a fait tant de plaisir, est datée du 6 + janvier; je l'ai relue bien des fois, mais maintenant je ne puis + plus la relire, elle me fait mal, car cette phrase par laquelle tu + la termines: «Ne crains pas, ma chère mère, il t'en coûtera des + ports de lettres...» etc.: n'y a-t-il pas dans cette assurance de + quoi faire naître les plus vives inquiétudes? Car, qui peut te + détourner d'une si bonne et si chère résolution, que des accidents + graves ou un état d'abattement causé par la maladie? Je sens, mon + cher enfant, que si rien de tout cela n'existe, je vais l'ennuyer + par mes doléances; mais figure toi un peu ce que c'est que d'être + à trois cents lieues de son fils chéri, et de ne savoir à quels + saints se vouer pour savoir s'il existe ou s'il est mort, + assassiné, noyé, que sais-je? Il y a de quoi en perdre l'esprit et + c'est ce que je fais. + + «Nous avons passé un triste carnaval.... (Détails sur les bals où + elle était invitée avec sa fille.) + + «Je ne sais pas si tu as reçu les deux lettres que je t'ai + adressées à Venise? La première était adressée poste restante, à + Venise; la seconde, quai des Esclavons ou bureau restant. Mais + j'avais mis sur l'adresse _Monsieur de Musset_ sans le prénom + d'_Alfred_; je crains que si tu l'as été chercher on ne te l'ait + pas donnée. Enfin je me persuade que tu n'as pas reçu mes lettres, + puisque tu n'as répondu à aucune. Celle-ci sera-t-elle plus + heureuse? Cela est fort douteux. Fais réclamer les autres si on ne + te les a pas encore données. Il faudrait y aller toi-même, car on + ne les donne pas à d'autres qu'à la personne même à laquelle elles + sont adressées. + + «Mais cela est du bavardage, tu le sais aussi bien que moi. + + «Je te quitte en t'embrassant bien tendrement; ton frère et ta + soeur en font autant, mais personne au monde ne t'aime comme + + «Ta mère.» + + [24] Ces lettres, qui étaient entre les mains de Paul de Musset, + ont disparu, et ne se sont pas retrouvées parmi les papiers + laissés par Mme Paul de Musset. + + [25] La soeur d'Alfred de Musset. + + [26] Le frère aîné d'Alfred. + +Ce n'était ni la paresse ni la maladie qui empêchaient Alfred de +Musset de donner de ses nouvelles; il écrivait régulièrement et +confiait ses lettres à un gondolier, nommé Francesco, pour les porter +à la poste avec l'argent nécessaire à leur affranchissement: mais +Francesco dépensait l'argent au cabaret et jetait la lettre à l'eau. + + +II + +A VENISE + +Il y avait un peu plus d'un mois que les deux amants étaient à Venise, +quand éclata la crise terrible dont s'est ressentie leur vie entière: +fatigué au physique et au moral par le voyage, affaibli par le climat, +ennuyé de cette compagne toujours malade qui lui faisait si triste +figure, Alfred de Musset devint nerveux, irritable, s'emportant à la +moindre contradiction, au moindre obstacle; George Sand, que la fièvre +rendait non moins irascible et maussade, reçut mal ses observations ou +ses doléances: de là ces querelles qui firent de leur chambre d'hôtel +un enfer. Ce ne fut pas leur faute, il ne faut les accuser ni l'un ni +l'autre: le milieu seul fut coupable. Et puis, sans vouloir en +convenir avec eux-mêmes, ils commençaient malgré eux à sentir que leur +beau rêve était irréalisable et que l'amour idéal ne se trouvait pas +sur terre. C'est alors qu'Alfred de Musset fut à son tour atteint par +la fièvre; et dans l'état d'excitation où il vivait, le mal ne fit pas +chez lui de lents progrès comme chez George Sand: il l'abattit d'un +seul coup. George Sand éperdue, ne sachant où donner de la tête, manda +par une lettre pressante[27] un jeune médecin, qui, peu de temps +auparavant, l'avait soignée pour une migraine, le docteur Pierre +Pagello: + + «...E mi pregava di accorrer subito, e, se lo credessi opportuno, + di condur meco un altro medico, per consultare, trattandosi d'un + uomo di grande ingegno poetico e di un individuo che cio che di + meglio amava sulla terra. Accorsi subito e mi associai al dottor + Zuanon, valentissimo giovane e collega, assistente all'ospitale + dei S.S. Giovanni e Paolo. Abbiamo diagnosticata la malattia per + febbre tifoidea nervosa.....»[28]. + + «...Elle me priait de venir aussitôt, et, si je le jugeais + opportun, d'amener avec moi un autre médecin pour une + consultation; il s'agissait d'un homme d'un grand génie poëtique, + d'une personne qui était ce qu'elle aimait le mieux sur la terre. + J'accourus de suite et m'adjoignis le docteur Zuanon, jeune homme + fort remarquable et mon collègue, assistant à l'hôpital des Saints + Jean et Paul. Nous avons diagnostiqué la maladie: une fièvre + typhoïde nerveuse....» + + [27] Cette lettre a été publiée par M. le vicomte de Spoelberch + de Lovenjoul (_Cosmopolis_). Le docteur Cabanes a écrit dans la + _Revue Hebdomadaire_ une très curieuse étude sur les relations de + George Sand, Pagello et Alfred de Musset; son récit diffère + quelque peu du nôtre dans les détails, mais le fond de l'histoire + est le même. + + [28] Extrait d'une lettre du Dr Pagello, publiée dans le + _Corriere della sera_, de Milan, du 29-30 janvier 1881. + +Pagello vint et remplaça avantageusement un vieux médecin qui, nous ne +savons comment, se trouvait au chevet de Musset, dès le début de sa +maladie, le docteur Rebizzo[29]. + + [29] M. Raffaello Barbiera, dans l'_Illustrazione Italiana_ du 15 + novembre 1896, répond à cette allégation: «_La Revue de Paris_ e + altre reviste scambiano il Rebizzo con un decrepito, tremebundo + chirurgo, che s'era provato invano, a Venezzia, ad aprir la vena + di Alfredo de Musset malato di febbre cerebrale. Quel tremante + salassatore era, invece, un provero avanzo della Republica + Veneta, certo Santini, piu che ottuagenario.» Je me suis appuyé + pour donner ce nom de Rebizzo sur le dessin de l'album d'Alfred + de Musset représentant un vieillard, une lancette entre les + lèvres, la tête recouverte d'une perruque à longs cheveux et qui + prononce ces paroles: «Non v'e arteria!». Sous le dessin, ce nom, + écrit par Paul de Musset: «Il dottor Rebizzo.» + +Pagello ordonna des compresses d'eau glacée et une potion calmante: + + _Aq. ceras nigr_ [Greek: x] _ij_ + _Laud. liquid. Sydn. gutt_ _XX_ + _Aq. coob. laur. ceras, gutt_ _XV_ + + _Dr PAGELLO._ + +Autrement dit: + + Eau de cerises noires 1 once, 2 gros. + Laudanum liquide de Sydenham 20 gouttes. + Eau distillée de laurier cerise 15 gouttes. + +[Illustration: Fac-similé de l'Ordonnance du docteur Pagello.] + +Pendant plus de huit jours, le poète fut soigné avec un admirable +dévouement par George Sand et Pagello qui ne quittèrent pas son +chevet: + + «....Par instants les sons de leurs voix me paraissaient faibles + et lointains; par instants ils résonnaient dans ma tête avec un + bruit insupportable. Je sentais des bouffées de froid monter du + fond de mon lit, une vapeur glacée, comme il en sort d'une cave ou + d'un tombeau, me pénétrer jusqu'à la moelle des os. Je conçus la + pensée d'appeler, mais je ne l'essayai même pas, tant il y avait + loin du siège de ma pensée aux organes qui auraient dû l'exprimer. + A l'idée qu'on pouvait me croire mort et m'enterrer avec ce reste + de vie réfugié dans mon cerveau, j'eus peur, et il me fut + impossible d'en donner aucun signe. Par bonheur, une main, je ne + sais laquelle, ôta de mon front une compresse d'eau froide que + j'avais depuis plusieurs jours et je sentis un peu de chaleur. + J'entendis mes deux gardiens se consulter sur mon état, ils + n'espéraient plus me sauver.......»[30]. + + [30] Relation de ce qui s'est passé à Venise, par Paul de Musset, + manuscrit inédit.--Voir un peu plus loin. + +«Le 5 février, George Sand écrivait à Boucoiran: «...Je viens +d'annoncer à Buloz l'état d'Alfred, qui est fort alarmant ce +soir......» Et le 8, au même: «.....La maladie suit son cours sans de +trop mauvais symptômes, mais non pas sans symptômes alarmants...... +Heureusement j'ai trouvé enfin un jeune médecin excellent, qui ne le +quitte ni jour ni nuit et qui lui administre des remèdes d'un très bon +effet...... Gardez toujours un silence absolu sur la maladie d'Alfred +et recommandez le même silence à Buloz......» + +A des crises nerveuses d'une violence extrême, succédait cette +léthargie qui ressemblait à la mort. Le neuvième ou le dixième jour, +Musset, comme s'il sortait d'un rêve, ouvrit les yeux en poussant un +léger cri, et reconnut les deux personnes présentes: «.....J'essayai +alors de tourner ma tête sur l'oreiller et elle tourna. Pagello +s'approcha de moi, me tâta le poulx et dit: «Il va mieux; s'il +continue ainsi, il est sauvé.....»[31]. Musset était hors de danger, +en effet, mais il s'en fallait de beaucoup qu'il fût guéri: dans une +lettre adressée à George Sand, datée du 4 avril 1834, il dit que cette +crise a duré dix-huit jours. + + [31] Extrait de la même relation de Paul de Musset. + +Ici nous sommes obligé de toucher un point délicat: pendant cette +période aiguë de sa maladie, Alfred de Musset a-t-il réellement vu ou +s'est-il imaginé voir George Sand entre les bras de Pagello? + +Dans une relation datée de décembre 1852, écrite entièrement de sa +main, Paul de Musset déclare que son frère lui a toujours dit l'avoir +_vue_, pendant qu'il était étendu sur son lit de douleur, mais sans +pouvoir préciser le moment: «En face de moi, je voyais une femme +assise sur les genoux d'un homme, elle avait la tête renversée en +arrière..... Je vis les deux personnes s'embrasser.» Et plus loin: «Le +soir même ou le lendemain, Pagello s'apprêtait à sortir, lorsque +George Sand lui dit de rester et lui offrit de prendre le thé avec +elle..... En les regardant prendre leur thé, je m'aperçus qu'ils +buvaient l'un après l'autre dans la même tasse.» Mais c'est Paul qui a +écrit cela et non Alfred, et pas une ligne d'Alfred ne fait allusion à +ce fait; il reproche bien des choses à sa maîtresse, mais jamais cela. + +Il ne nous paraît guère possible d'admettre que George Sand, épuisée +par les veilles, malade elle-même, se soit donnée à un autre homme +sous les yeux de celui qu'elle soignait avec un dévouement sans +bornes. Toute sa vie, elle a protesté contre cela; elle s'est +défendue, non pas d'avoir été la maîtresse de Pagello, mais de l'être +devenue dans les circonstances que voilà.--Je parle du fait matériel +et non de la _déclaration_ adressée par elle à Pagello et signalée par +le docteur Cabanès. Le meilleur moyen de détruire cette légende, ne +serait-il pas de publier la correspondance des deux amants? Mais une +correspondance complète, et non des lettres tronquées comme celles qui +circulent sous main. + +D'autre part, madame Tattet, lorsqu'elle me fit l'honneur de me +recevoir, m'a déclaré que son mari lui avait toujours dit que c'était +lui, Alfred Tattet, qui s'était aperçu de l'intimité existant entre G. +Sand et le docteur, ce dont il avait averti Alfred de Musset déjà +convalescent. Musset, qui n'avait jamais eu la moindre _Vision_ au +sens où l'entend son frère, entra dans une rage folle à cette +nouvelle; il voulut se lever pour tuer G. Sand et Pagello; Tattet +parvint à le calmer, et il se contenta de provoquer Pagello en duel. +C'est à cela que G. Sand fait évidemment allusion dans la lettre +qu'elle adressa le 24 août 1838 à Alfred Tattet: «...Je trouvais +légitime que vous me préférassiez votre ami; et, après tout, vous me +rendiez un plus grand service que de me garder le secret, car vous +l'empêchiez de se battre et je n'eusse pas voulu payer votre silence +au prix de la moindre goutte de son sang....» Enfin, G. Sand parvint à +illusionner Alfred de Musset et à lui persuader que Tattet avait mal +vu. Cela ne vous semble-t-il pas plus vraisemblable que le récit +alambiqué de Paul de Musset? + +Cette même relation de Paul de Musset parle aussi d'une querelle +survenue pendant la convalescence d'Alfred. Une nuit, Alfred surprit +George écrivant sur ses genoux; il voulut savoir ce qu'elle disait +dans cette lettre et à qui elle l'adressait. George Sand refusa toute +explication et plutôt que de lui remettre son papier, elle le lança +par la fenêtre. Alfred de Musset fut convaincu par cela seul qu'elle +écrivait à Pagello pour lui donner un rendez-vous.--Nous parlons +toujours d'après Paul de Musset. + +Dans une note jointe à une lettre d'Alfred de Musset, datée du 30 +avril 1834, George Sand affirme qu'elle donnait simplement des +nouvelles d'Alfred à Pagello et qu'elle ne voulut pas lui faire voir +le billet parce qu'elle y parlait de folie: «Plus tard, _elle_ +consentit, à Paris, «_à lui_ remettre cette fameuse lettre»; car, +Alfred de Musset parti, elle descendit aussitôt dans la rue où elle la +retrouva. + +Or, il y a, dans les papiers d'Alfred de Musset, une _Canzonetta nuova +supra l'Elisire d'Amore_, qui répond en tous points à la pièce décrite +par George Sand dans la note citée plus haut: c'est une sorte de +placard de quatre pages, imprimé à Venise, sur mauvais papier, et qui +se vendait quelques sous dans la rue. Au dos de cette romance, on lit +cette phrase écrite, au crayon, par George Sand: «_Egli e stato molto +male questa notte, poveretto! credeva si vedere fantasmi intorno al +suo letto, e gridava sempre: Son matto_, je deviens fou. _Temo molto +per la sua ragione. Bisogna sapere dal gondoliere se non ha bevuto +vino di Cipro, nella gondola, ieri. Se forse ubri....._» C'est-à-dire: +«Il s'est trouvé très mal cette nuit, le pauvre! Il croyait voir des +fantômes autour de son lit et criait sans cesse: _Je suis fou, je +deviens fou._ Je crains beaucoup pour sa raison. Il faut savoir du +gondolier s'il n'a pas bu du vin de Chypre, en gondole, hier. Si +peut-être il était gris.....» George Sand ajoute: «La phrase devait +probablement se terminer ainsi: _S'il n'était que gris, cela ne serait +pas si inquiétant._ Il éprouvait un insurmontable besoin de relever +ses forces par des excitants, et deux ou trois fois, malgré toutes les +précautions, il réussit à boire en s'échappant, sous prétexte de +promenade en gondole. Chaque fois, il eut des crises épouvantables, et +il ne fallait pas en parler au médecin devant lui, car il s'emportait +sérieusement contre ces révélations.» + +On était alors aux premiers jours de mars; un secours inattendu arriva +aux malheureux voyageurs. M. Alfred Tattet visitait l'Italie, en +compagnie d'une personne dont le nom fut célèbre au théâtre[32]; il +fit un détour pour venir voir à Venise son ami Alfred de Musset, qu'il +croyait en bonne santé. Il le trouva revenant à la vie; lui aussi se +fit garde-malade et ils furent trois au lieu de deux: + +«...J'ai tâché pendant mon séjour à Venise, écrivait-il à +Sainte-Beuve, de procurer quelques distractions à Madame Dudevant, qui +n'en pouvait plus; la maladie d'Alfred l'avait beaucoup fatiguée. Je +ne les ai quittés que lorsqu'il m'a été bien prouvé que l'un était +tout à fait hors de danger et que l'autre était entièrement remise de +ses longues veilles.....»[33]. + + [32] Je n'avais pas cru devoir donner le nom de Mlle Dejazet par + égard pour Mme Tattet. M. Mariéton ayant trouvé ce nom dans _mes_ + notes s'est empressé de le publier. + + [33] Cette lettre, datée de Florence, 17 mars 1834, a été publiée + par M. le Vicomte de Spoelberch de Lovenjoul (_Cosmopolis_). + +Un billet de George Sand vient confirmer cette lettre: + + + «_A Monsieur Alfred Tattet, hôtel de l'Europe._ + + «Alfred ne va pas mal; nous irons au spectacle si vous voulez. + Mais guérissez-vous de votre rhume et soignez-vous. + + «Tout à vous. + + «GEORGE.» + +Dès qu'il avait pu le faire, Alfred de Musset avait écrit à sa mère +pour lui dire son état et lui annoncer son retour: «Je vous +apporterai un corps malade, une âme abattue, un coeur en sang, mais +qui vous aime encore.»[34]. + + [34] _Biographie_, p. 129. + +Voici la réponse de Mme de Musset: + + + «Paris, 17 mars 1834. + + «Oh! mon pauvre fils! mon pauvre fils! Quel fatal voyage tu as + fait là! Et quelle affreuse maladie! Ta lettre m'a bouleversée; + j'en, suis restée trois heures sans pouvoir parler. D'après le + traitement qu'on t'a fait subir, ton frère conclut que tu as eu + une fièvre cérébrale. Pour moi, je me perds dans les conjectures + les plus sinistres pour deviner quelle complication de maladies a + pu l'assaillir, toi si sain, si fort jusque-là, et qui n'as jamais + fait sous mes yeux ce qu'on peut appeler une maladie. Je suis + persuadée que le malsain climat dans lequel vous êtes allés vous + fixer a contribué à ton malheur. Venise est inhabitable une grande + partie de l'année; je voudrais à tout prix t'en savoir dehors. Il + ne faut pas cependant que tu te mettes en route pour la France + avant que ta pauvre santé soit consolidée; tu n'aurais pas la + force de supporter le voyage et une rechute serait plus dangereuse + encore. Mais si tu t'en sens la force, tâche d'aller passer ta + convalescence loin de Venise, elle en sera plus courte et plus + sûre. J'ai une bien grande reconnaissance pour Madame Sand et pour + tous les soins qu'elle t'a donnés. Que serais-tu devenu sans elle? + C'est affreux à penser. J'étais, lorsque j'ai reçu ta lettre, dans + une inquiétude impossible à exprimer. J'avais été jeudi chez + Buloz, qui venait de recevoir une lettre de Madame Sand; il ne + voulait pas me la montrer et il feignait de l'avoir perdue. Il + avait imprudemment lâché le mot d'indisposition: Alfred a une + indisposition! Il n'en fallait pas tant pour me faire deviner la + vérité, l'horrible vérité; et je suis sortie de chez lui plus + morte que vive. + + «Je n'ai pas besoin de te dire, mon bien cher enfant, que tout ce + que tu désires de changements dans notre appartement sera fait de + suite...... (Description des modifications à opérer)...... Si ce + projet te convient, écris-le moi, je le ferai exécuter avant ton + retour, pour t'éviter l'ennui des ouvriers, autrement, nous + attendrons ton retour et je me bornerai à faire ce que tu me + demandes. + + «Je te supplie de m'écrire lettres sur lettres, mon cher enfant; + tu comprends combien cela m'est nécessaire en ce moment. Je suis + si malheureuse, si tourmentée! Ton frère et ta soeur sont bien + inquiets aussi. J'ai appris avec plaisir que M. Tattet est avec + vous; ce te sera une distraction agréable: un ami est bien + précieux à trois cents lieues de tous les siens. + + «Nous nous portons tous bien, à l'inquiétude près, qui est un mal + insupportable pour moi. Je t'embrasse, mon cher fils, de toute mon + âme et t'aime plus que ma vie. + + «Ta mère + + «EDMÉE.» + + «Tu ne m'as pas donné d'adresse positive et pas dit si tu as reçu + une seule de mes lettres; de sorte que je crains toujours qu'elles + ne te soient pas parvenues.» + +Le timbre d'arrivée à Venise porte la date du 25 mars. A cette époque, +Alfred de Musset était donc suffisamment rétabli pour sortir et aller +lui-même chercher ses lettres à la poste. + +D'autre part, George Sand écrivait à Alfred Tattet, qui lui demandait +des nouvelles: + + «Votre lettre me fait beaucoup plaisir, mon cher monsieur Alfred, + et je suis charmée que vous me fournissiez l'occasion de deux + choses. D'abord de vous dire qu'Alfred, sauf un peu moins de force + dans les jambes et de gaieté dans l'esprit, est presque aussi bien + portant que dans l'état naturel. Ensuite de vous remercier de + l'amitié que vous m'avez témoignée et des moments agréables que + vous m'avez fait passer en dépit de toutes mes peines. Je vous + dois les seules heures de gaieté et d'expansion que j'aie goûtées + dans le cours de ce mois si malheureux et si accablant. Vous en + retrouverez de meilleures dans votre vie; quant à moi, Dieu sait + si j'en rencontrerai jamais de supportables. Je suis toujours dans + l'incertitude où vous m'avez vue, et j'ignore absolument si ma + vieille barque ira échouer en Chine, ou à toute autre morgue, + _questo non importa_, comme dirait notre ami Pagello, et je vous + engage à vous en soucier fort peu. Gardez-moi seulement un bon + souvenir du peu de temps que nous avons passé à bavarder au coin + de mon feu, dans les loges de la Fenice et sur les ponts de + _Venezia la Bella_, comme vous dites si élégamment. Si quelqu'un + vous demande ce que vous pensez de la féroce Lélia, répondez + seulement qu'elle ne vit pas de l'eau des mers et du sang des + hommes, en quoi elle est très inférieure à Han d'Islande; dites + qu'elle vit de poulet bouilli, qu'elle porte des pantoufles le + matin et qu'elle fume des cigarettes de Maryland. Souvenez-vous + tout seul de l'avoir vue souffrir et de l'avoir entendue se + plaindre, comme une personne naturelle.--Vous m'avez dit que cet + instant de confiance et de sincérité était l'effet du hasard et du + désoeuvrement. Je n'en sais rien, mais je sais que je n'ai pas eu + l'idée de m'en repentir, et qu'après avoir parlé avec franchise + pour répondre à vos questions, j'ai été touchée de l'intérêt avec + lequel vous m'avez écoutée. Il y a certainement un point par + lequel nous nous comprenons: c'est l'affection et le dévouement + que nous avons pour la même personne. Qu'elle soit heureuse, c'est + tout ce que je désire désormais. Vous êtes sûr de pouvoir + contribuer à son bonheur, et moi, j'en doute pour ma part. C'est + en quoi nous différons et c'est en quoi je vous envie. Mais je + sais que les hommes de cette trempe ont un avenir et une + providence. Il retrouvera en lui-même plus qu'il ne perdra en moi; + il trouvera la fortune et la gloire, moi je chercherai Dieu et la + solitude. + + «En attendant, nous partons pour Paris dans huit ou dix jours, et + nous n'aurons pas, par conséquent, le plaisir de vous avoir pour + compagnon de voyage. Alfred s'en afflige beaucoup, et moi, je le + regrette réellement. Nous aurions été tranquilles et _allegri_ + avec vous, au lieu que nous allons être inquiets et tristes. Nous + ne savons pas encore à quoi nous forcera l'état de sa santé + physique et morale. Il croit désirer beaucoup que nous ne nous + séparions pas et il me témoigne beaucoup d'affection. Mais il y a + bien des jours où il a aussi peu de foi en son désir que moi en ma + puissance, et alors, je suis près de lui entre deux écueils: celui + d'être trop aimée et de lui être dangereuse sous un rapport, et + celui de ne pas l'être assez, sous un autre rapport, pour suffire + à son bonheur. La raison et le courage me disent donc qu'il faut + que je m'en aille à Constantinople, à Calcutta ou à tous les + diables. Si quelque jour il vous parle de moi et qu'il m'accuse + d'avoir eu trop de force ou d'orgueil, dites-lui que le hasard + vous a amené auprès de son lit dans un temps où il avait la tête + encore faible, et qu'alors, n'étant séparé des secrets de notre + coeur que par un paravent, vous avez entendu et compris bien des + souffrances auxquelles vous avez compati. Dites-lui que vous avez + vu la vieille femme répandre sur ses tisons deux ou trois larmes + silencieuses, que son orgueil n'a pas pu cacher. Dites-lui qu'au + milieu des rires que votre compassion ou votre bienveillance + cherchait à exciter en elle, un cri de douleur s'est échappé une + ou deux fois du fond de son âme pour appeler la mort. + + «Mais je vous ennuye avec mes bavardages, et peut-être vous aussi, + vous pensez que, par habitude, j'écris des phrases sur mon + chagrin. Cette crainte là est ce qui me donne ordinairement de la + force et une apparence de dédain. Je sais que je suis entachée de + la désignation de _femme de lettres_, et, plutôt que d'avoir l'air + de consommer ma marchandise littéraire par économie dans la vie + réelle, je tâche de dépenser et de soulager mon coeur dans les + fictions de mes romans; mais il m'en reste encore trop, et je n'ai + pas le droit de le montrer sans qu'on en rie. C'est pourquoi je le + cache; c'est pourquoi je me consume et mourrai seule, comme j'ai + vécu. C'est pourquoi j'espère qu'il y a un Dieu qui me voit et qui + me sait, car nul homme ne m'a comprise, et Dieu ne peut pas avoir + mis en moi un feu si intense pour ne produire qu'un peu de + cendres. + + «Ensuite, il y a des gens qui prennent tout au sérieux, même la + Mort, et qui vous disent: «Cela ne peut pas être vrai, on ne peut + pas plaisanter et souffrir, on ne peut pas mourir sans frayeur, on + ne peut pas déjeuner la veille de son enterrement.» Heureux ceux + qui parlent ainsi. Ils ne meurent qu'une fois et ne perdent pas le + temps de vivre à faire sur eux-mêmes l'éternel travail de + renoncement, ce qui est, après tout, la plus stupide et la plus + douloureuse des opérations. + + «A propos d'opérations, _l'illustrissimo professore Pagello_ vous + adresse mille compliments et amitiés. Je lui ai traduit + servilement le passage sombre et mystérieux de votre lettre où il + est question de lui et de mademoiselle Antonietta, sans y ajouter + le moindre point d'interrogation, sans chercher à soulever le + voile qui recouvre peut-être un abîme d'iniquités. Le docteur + Pagello a souri, rougi, pâli; les veines colossales de son front + se sont gonflées, il a fumé trois pipes; ensuite, il a été voir + jouer un opéra nouveau de Mercadante, à la Fenice; puis il est + revenu, et, après avoir pris quinze tasses de thé, il a poussé un + grand soupir, et il a prononcé ce mot mémorable que je vous + transmets aveuglément pour que vous l'appliquiez à telle question + qu'il vous plaira: _Forse!_ + + «Ensuite, je lui ai dit que vous pensiez beaucoup de bien de lui, + et il m'a répondu qu'il en pensait au moins autant de vous, que + vous lui plaisiez _immensamente_ et qu'il était bien fâché que + vous ne vous fussiez pas cassé une jambe à Venise, parce qu'il + aurait eu le plaisir de vous la remettre et de vous voir plus + longtemps. J'ai trouvé que son amitié allait trop loin, mais j'ai + partagé son regret de vous avoir si tôt perdu. + + «Je n'écris pas à Sainte-Beuve parce que je ne me sens pas le + courage de parler davantage de mes chagrins, et qu'il m'est + impossible de feindre avec lui une autre disposition que celle où + je suis. Mais si vous lui écrivez, remerciez-le pour moi de + l'intérêt qu'il nous porte. Sainte-Beuve est l'homme que j'estime + le plus; son âme a quelque chose d'angélique et son caractère est + naïf et obstiné comme celui d'un enfant. Dites-lui que je l'aime + bien; je ne sais pas si je le verrai à Paris; je ne sais pas si je + le reverrai jamais. + + «Ni vous non plus, mon cher; mais pensez à moi quelquefois, et + tâchez d'en penser un peu de bien avec ceux qui n'en penseront pas + trop de mal. Je ne vous dis rien de la part d'Alfred, je crois + qu'il vous écrira de son côté. Amusez-vous bien, courez, admirez + et surtout ne tombez pas malade. + + T. à v. + + «GEORGE SAND.» + + 22 mars [1834]. + + «Écrivez-moi à Paris, quai Malaquais, 19, si vous avez quelque + chose à me dire.» + + +III + +RETOUR D'ITALIE + +Le 22 mars 1834, il était donc décidé que George Sand et Alfred de +Musset revenaient ensemble à Paris; mais le 28, tout était changé: les +troisième, quatrième et cinquième chapitres de la dernière partie de +la _Confession d'un Enfant du siècle_ donnent une idée de ce qui a dû +se passer durant ces quelques jours. Musset, apparemment, crut faire +acte de grandeur d'âme et de générosité en partant seul, laissant +George Sand en compagnie de Pagello. + +Avant de le quitter, ses «deux grands amis» remirent au voyageur un +petit portefeuille portant ces deux dédicaces autographes[35]. Sur la +première page: + + A son bon camarade, frère et ami Alfred + Sa maîtresse George + Venise 28 mars 1834. + +sur la dernière: + + _Pietro Pagello + Raccomanda + Mr Alfred de Musset + A Pietro Pirzio + Ingegnesi + A Vincenzo Stefanelli + A Mr J. R. Aggiunta._ + + [35] Ce carnet a soixante-douze feuillets. Sur le premier, envoi + de George Sand. Les feuillets 3 à 12 portent des notes + manuscrites d'Alfred de Musset: maximes, extraits de divers + auteurs: Sénèque, Pindare, Marc-Aurèle, Homère, Byron, etc...; + d'autres encore, français, anglais, italiens. + + Les feuillets 2, 15 à 48, 57 à 71 sont restés blancs. + + Les feuillets 13, 14, 49 à 56 sont arrachés. Sur les fragments qui + en restent, on distingue des traces d'écriture au crayon. + + Sur le feuillet 72 et dernier, envoi de Pagello, écrit en sens + inverse des autres pages. C'est de ce carnet qu'il s'agit dans la + lettre d'Alfred de Musset à George Sand, datée du 15 juin 1834. + +[Illustration: Fac-similé de la Dédicace écrite par George Sand +sur le carnet d'Alfred de Musset.] + +[Illustration: Fac-similé de la Dédicace écrite par Pierre Pagello +sur le carnet d'Alfred de Musset.] + +Alfred de Musset quitta Venise dans la journée ou dans la soirée du 29 +mars 1834; son passeport nous fournit encore des indications précises: + + _Venezia, 28 marzo 1834. Dir Gen. di Poli. Buono per Milano._ + + _Vu au Consulat de France à Venise. Bon pour se rendre à Paris. + Venise, 29 mars 1834. Le Consul de France: Silvestre de Sacy._ + + _Visto al Comando. Arona, 1 aprile 1834._ + + _Vu au Pont Saint Maurice, le 3 avril 1834, allant en France._ + + _Vu à Genève, le 5 avril 1834. Bon pour Paris._ + + _Vu à Bellegarde, le 6 avril 1834._ + +Il était accompagné par une sorte de domestique, nommé Antonio, que +George Sand avait chargé de veiller sur son maître pendant le voyage +et qui devait la tenir au courant des incidents de la route. Elle-même +reconduisit Musset jusqu'à Mestre, dit-elle dans son _Histoire de ma +vie_,--jusqu'à Vicence, d'après une lettre d'elle à Boucoiran[36]. + + [36] Datée du 6 avril 1834, et publiée dans sa _Correspondance_, + tome I, p. 265.--D'après une lettre qu'elle écrivit le 15 avril + 1834 à Musset lui-même, c'est le lendemain de son départ qu'elle + est allée à Vicence, pour savoir comment il avait passé sa + première nuit de voyage. + +Il lui écrivit de Padoue et de Genève: + + «Monsieur Pagello, Dr médecin + Pharmacie Ancilla, C. Sn Luca + + _Pour remettre à Madame Sand._ Venise. + + [Genève], vendredi, 4 avril [1834]. + + «Mon George chéri, je suis à Genève. Je suis parti de Milan sans + avoir trouvé de lettre de toi à la poste. Peut-être m'avais-tu + écrit; mais j'avais retenu mes places tout de suite en arrivant, + et le hasard a voulu que le courrier de Venise, qui arrive + toujours deux heures avant le départ de la diligence de Genève, + s'est trouvé en retard cette fois. Je t'en prie, si tu m'as écrit + à Milan, écris au directeur de la poste de me faire passer ta + lettre à Paris. Je la veux, n'eût-elle que deux lignes. Écris-moi + à Paris..... Quand tu passeras le Simplon pense à moi, George. + C'était la première fois que les spectacles éternels des Alpes se + levaient devant moi dans leur force et dans leur calme. J'étais + seul dans le cabriolet; je ne sais comment rendre ce que j'ai + éprouvé: il me semblait que ces géants me parlaient de toutes les + grandeurs sorties de la main de Dieu: «Je ne suis qu'un enfant, me + suis-je écrié, mais j'ai deux grands amis, et ils sont + heureux!....» + +Elle, de son côté, lui adressa une lettre à Milan. + +Je ne parlerai pas de l'existence à Venise de George Sand et de +Pagello, après le départ d'Alfred de Musset. La publication, par M. le +Dr Cabanès, dans la _Revue Hebdomadaire_ des 1er août et 15 octobre +1896, de longs fragments du journal intime de P. Pagello et autres +documents; les révélations de M. R. Barbiera dans l'_Illustrazione +Italiana_, de Milan, des 15, 22 et 29 novembre 1896, joints au livre +de Mme L. Codemo, que nous citons ci-dessus, permettent de retrouver, +presque jour par jour, les détails de leur vie privée. Suivons donc le +poète dans son voyage. + +Le 12 avril, Alfred de Musset arriva à Paris (le 10, dit Paul dans la +_Biographie_), exténué au physique et au moral. Il s'enferma dans sa +chambre, et, pendant plus d'un mois, ne voulut voir personne: + + «....Je fus saisi d'une souffrance inattendue, raconte-t-il plus + tard dans son _Poète déchu_[37]; il me semblait que toutes mes + idées tombaient comme des feuilles sèches, tandis que je ne sais + quel sentiment inconnu, horriblement triste et tendre, s'élevait + dans mon âme. Dès que je vis que je ne pouvais lutter, je + m'abandonnai à la douleur, en désespéré... La douleur se calma + peu à peu, les larmes tarirent, les insomnies cessèrent, je connus + et j'aimai la mélancolie...» + + [37] En 1839.--Paul de Musset en cite des fragments dans la + _Biographie_. + +Ce qui entretenait encore le poète en ce malheureux état, c'était la +correspondance établie entre _lui_ et _elle_: n'étant plus en contact, +ils renouvelaient leur rêve et poétisaient jusqu'à leurs querelles +passées: + + _Alfred de Musset à George Sand._ + + «Paris, 19 avril 1834.--..... Je regardais l'autre soir cette table + où nous avons lu ensemble Goetz de Berlichingen. Je me souviens du + moment où j'ai posé le livre sur la table, après le dernier cri du + héros mourant: Liberté! Liberté! Tu étais beaucoup pour moi, ma + pauvre amie, plus que tu ne croyais et que je ne croyais moi-même. + Tu es donc dans les Alpes? N'est-ce pas que c'est beau? Il n'y a + que cela au monde. Je pense avec plaisir que tu es dans les Alpes. + Je voudrais qu'elles pussent te répondre; elles te raconteraient + peut-être ce que je leur ai dit....» + + _George Sand à Alfred de Musset_[38]. + + «Venise, 29 avril.--..... Ta lettre est triste, mon ange, mais elle + est bonne et affectueuse pour moi. Oh! quelle que soit la + disposition de ton esprit, je trouverai toujours ton coeur, + n'est-ce pas, mon bon petit?....» + + [38] Publiée dans la _Revue de Paris_ du 1er novembre 1896, + lettre 4. + + _Alfred de Musset à George Sand._ + + «Paris, 30 avril--..... Ce n'est donc pas un rêve, mon enfant + chéri? Cette amitié qui survit à l'amour, dont le monde se moque + tant, dont je me suis tant moqué moi-même, cette amitié-là existe! + C'est donc vrai, tu me le dis et je le crois, je le sens, _tu + m'aimes!_.....» + +Dans son journal intime, _Sketches and Hints_, George Sand consigne +sous le titre de «_Venise_» une sorte de poème du désespoir: «O +Venise, pourquoi es-tu si belle et pourquoi m'es-tu si chère, à moi +qui ne dois plus aimer et qui vais mourir?» + +En outre des lettres qu'ils s'adressaient tous les trois ou quatre +jours, George Sand lui envoyait ses _Lettres d'un Voyageur_: la +première, le 29 avril; la deuxième, dans les premiers jours de juin, +par l'entremise de Buloz: + + «.....Buloz, écrit le 15 juin Alfred de Musset à George Sand, + vient de m'apporter la lettre que tu lui as envoyée pour la + _Revue_. Il me l'a lue en ânonnant, jusqu'à ce que, impatienté des + coups d'épingles que sa lourde déclamation me donnait dans le + coeur, je lui ai arraché le papier des mains, pour le finir à + haute voix. Maintenant le voilà parti, et le coeur me bat si fort + qu'il faut que je t'écrive ce que j'éprouve.....» + +Puis, le 17 juin, «la seconde moitié du second volume de _Jacques_,» +avec mission de la lire et d'y faire les coupures qu'il jugerait +nécessaires[39]. C'est Musset qui s'occupait à Paris des affaires de +George Sand, restée à Venise, voyait ses fournisseurs, s'entendait +pour elle avec Buloz, et lui faisait expédier par ses éditeurs les +sommes dont ils lui étaient redevables; il était aidé en cela par +Boucoiran. + + [39] En tête de l'exemplaire de _Jacques_ que possédait Alfred de + Musset, se trouve cet envoi autographe: «_George à Alfred_». + +D'autre part, il mandait ceci, dès le 30 avril, à son amie: «J'ai bien +envie d'écrire notre histoire; il me semble que cela me guérirait et +m'élèverait le coeur. Je voudrais te bâtir un autel, fût-ce avec mes +os; mais j'attendrai ta permission formelle».--Et le 12 mai, George +Sand lui répondait: «Il m'est impossible de parler de moi dans un +livre, dans la disposition d'esprit où je suis; pour toi, fais ce que +tu voudras, romans, sonnets, poèmes; parle de moi comme tu +l'entendras, je me livre à toi les yeux bandés».--Ce projet, on le +sait, est devenu la _Confession d'un enfant du siècle_. On a donc eu +tort de prétendre que George Sand avait imaginé _Elle et Lui_ pour +répliquer à cette confession[40]. Non seulement elle était prévenue +des intentions d'Alfred de Musset, mais elle l'autorisait à écrire. +Bien plus, la rupture définitive s'étant consommée dans les premiers +jours de mars 1835, et la _Revue des Deux-Mondes_ publiant dès le 15 +septembre le deuxième chapitre de la première partie de la +_Confession_, celle-ci fut commencée probablement avant cette rupture. + + [40] L'exemplaire de la _Confession d'un enfant du siècle_ + appartenant à George Sand, porte cette dédicace manuscrite: «_A + George Sand.--Alfd Mt._». + + Au verso de la couverture de _Leone Leoni_, par G. Sand (Paris, + Bonnaire et Magen, 1835. 1 vol. in-8) se trouve cette annonce de + librairie: + + «Pour paraître prochainement: + + «AU-DELA DU RHIN, par Lherminier, professeur au Collège de France. + 2 vol. in-8. + + «LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, par Alfred de Musset. 2 vol. + in-8. + + «SERVITUDE ET GRANDEUR MILITAIRES, par Alfred de Vigny. 1 vol. + in-8. + + «LA SECONDE CONSULTATION DU DOCTEUR NOIR, par le même. 1 vol. + in-8. + + «UN NOUVEAU ROMAN, par George Sand. 2 vol. in-8. + + «GRANGENEUVE, par H. Delatouche. 2 vol. in-8.» + +Pagello, emporté dans le même tourbillon, écrivait des lettres, lui +aussi; mais il n'osait pas encore s'adresser directement à Alfred de +Musset: il s'en prenait à son ami Tattet. Voici la première de ces +lettres que nous avons retrouvées: + + «7 giugno 1834, Venezia. + + «Mio caro amico, + + «Mi sono affrettato di eseguire la vostra commissione, son + assicurato che le due casse di bottiglie sono già sulla strada + della Francia.--Se niente arrivasse al contrario, scrivetemi, e vi + serviro.--Madame G. vi saluta cordialmente, sta bene e si diverte + abbastanza per questo poco che puo offrire Venezia in confronto di + Parigi.--Addio, buon amico. La nostra amicizia di un giorno sembra + quella di due anni: forse ci vedremo a Parigi.--Non vi so dire ne + il quando ne il come, so che ci rivedremo.--Si vedete Alfred de + Musset, bacciatelo per me. + + «Addio, addio, vostro sincero + + «PIETRO PAGELLO.» + + _Traduction._ + + «Venise, 7 juin 1834. + + «Mon cher ami, + + «Je me suis hâté de faire votre commission, et je me suis assuré + que les deux caisses de bouteilles sont déjà sur la route de + France.--S'il n'arrivait rien, au contraire, écrivez-moi, et je + vous servirai.--Madame G. [George] vous salue cordialement; elle + va bien de santé et se divertit suffisamment, pour le peu qu'offre + Venise en comparaison de Paris.--Adieu, bon ami; notre amitié d'un + jour semble celle de deux années; peut-être nous verrons-nous à + Paris.--Je ne sais vous dire ni quand ni comment, je sais que nous + nous reverrons.--Si vous voyez Alfred de Musset, embrassez-le pour + moi. + + «Adieu, adieu, votre sincère + + «PIERRE PAGELLO.» + + * * * * * + +Pendant que s'échangeaient toutes ces lettres, on s'occupait d'Alfred +de Musset et de George Sand, à Paris, beaucoup plus qu'ils ne +l'auraient désiré. Buloz, et surtout Boucoiran, tenaient George Sand +au courant de ce qui se disait, bien qu'elle le leur défendît. Cela +devint tel, qu'elle crut devoir mettre sa mère elle-même en garde +contre tous ces racontars: + + «_A madame Dupin, à Paris._ + + «Venise, 5 juin 1834. + + «Ma chère maman, il y a bien longtemps que je veux répondre à + votre bonne lettre. J'ai été malade, j'ai voyagé, j'ai eu du + chagrin et des inquiétudes très graves, mais enfin, je suis bien + portante et tranquille. Vous avez peut-être entendu dire que mon + compagnon de voyage, après avoir fait une maladie mortelle à + Venise, a été forcé, par l'état de sa poitrine, de quitter l'air + de l'Italie et de retourner en France. Je suis restée ici pour + achever mon travail et jouir encore quelque temps du séjour de ce + beau pays.....»[41] + + [41] Lettre inédite. + +Le brusque retour du poète sans sa compagne avait prêté à des récits +fort éloignés de la vérité: ne sachant rien, on inventait. Les +premières semaines, confiné dans sa solitude volontaire, Musset ignora +ce qui se disait; mais dès sa rentrée dans le monde, ces méchants +propos parvinrent à ses oreilles. Ce fut Buloz qui, sans le savoir, +éveilla ses soupçons. Alfred de Musset donna le démenti le plus formel +à tous ces mensonges et défendit énergiquement George Sand. Mais les +insinuations malveillantes de Gustave Planche avaient fait leur +chemin; malgré ses efforts, Musset ne put imposer silence aux +calomniateurs. De leur côté, les amis de George Sand avaient jasé à +tort et à travers, et quand on sut qu'elle allait revenir avec le +troisième complice, ce fut un véritable scandale. + +Le 15 juin, Pagello avait écrit directement à Alfred de Musset. Sa +lettre, dont Mme A. Barine avait publié un fragment[42], a été citée +en entier par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul[43]. Le 11 +juillet, Alfred de Musset lui répondait: + + «Al mio caro P. Pagello, + + «Mon cher, vous êtes bien gentil de m'avoir un peu écrit; je dis + un peu, car ce n'est guère; mais si petit que soit le morceau de + papier qui me parle de votre amitié, en quel moment de ma vie ne + sera-t-il pas bien reçu? Il n'en est peut-être pas de même de vos + recommandations sur le vin de champagne, et je n'ose avouer au + grand salviatico Pietro, combien était fondé le juste remords qui + m'a saisi à cet article de votre lettre. Mais je vous promets que + jamais, jamais, je ne boirai plus de cette maudite boisson--sans + me faire les plus grands reproches. + + «George me mande que vous hésitez à venir ici avec elle; il faut + venir, mon ami, ou ne pas la laisser partir. Trois cents lieues + sont trop longues pour une femme seule..... + + «ALFd DE Mt.» + + [42] _Alfred de Musset_, par A. Barine. Paris, Hachette, 1893. 1 + vol. in-12, p. 73. + + [43] _Véritable histoire_, etc...., p. 39. + +Un mois plus tard, le 19 juillet 1834, George Sand écrivant à +Boucoiran, pour lui annoncer son retour, lui disait: + + «.....J'en ai fini avec les passions; la dernière est celle qui + m'a fait le plus de mal, mais c'est la seule dont je ne me repente + pas, car il n'y a eu dans mes chagrins ni de ma faute ni de celle + d'autrui. Vous dites que vous ne l'approuviez pas, mon ami! Il y a + des choses entre deux amants dont eux seuls au monde peuvent être + juges!....» + +Elle ne prévoyait pas alors les orages futurs. + + +IV + +VOYAGE DE MUSSET A BADE + +George Sand, à son tour, avait quitté Venise; le 29 juillet, elle +était à Milan, puis elle traversait la Suisse; elle arrivait à Paris +vers le 10 août--avec Pagello.--Alfred de Musset, qu'elle avait +prévenu depuis longtemps, l'attendait, et leur premier soin fut +de se revoir. C'est par le livre de Mme Arvède Barine[44] qu'il +faut connaître cette période de leur existence: brouilles et +raccommodements se succèdent sans interruption, compliqués par la +présence de Pagello, devenu jaloux. Ajoutez à cela que tout le bruit +fait autour d'eux déchire brutalement le bandeau qui les aveuglait: +ils comprennent combien leur situation est fausse et ridicule. + + [44] L'auteur a consacré un long chapitre aux relations d'Alfred + de Musset et de George Sand. Des documents précis, habilement + groupés, des extraits de lettres, en font un ensemble + psychologique des plus attrayants. + +Après un de ces orages, Alfred de Musset, n'y pouvant plus tenir, +envoie ce billet à George Sand: «Je vais mettre une seconde fois la +mer et la montagne entre nous; si Dieu le permet, je reverrai ma mère, +mais je ne reverrai jamais la France». + +Quelques jours plus tard, nouvelle lettre dans laquelle il la remercie +de lui accorder un rendez-vous: «...Quant à ma résolution de partir, +n'en parlons pas, elle est irrévocable. Je l'ai prise hier soir en me +couchant. Ce matin, j'ai ouvert ma fenêtre et j'ai regardé le soleil; +lui-même, du haut des sphères célestes, il n'aurait rien vu qui put la +changer. Quoique tu m'aies connu enfant, crois aujourd'hui que je suis +homme; je ne m'abuse sur rien, je ne crains, ni n'espère rien.....» + +En même temps, il écrivait à Buloz: + + «Lundi, 18 [août 1834.] + + «Mon ami, ma mère me donne de quoi aller aux Pyrénées, et je vais + partir. Dites-moi si vous croyez pouvoir, quand je serai là-bas, + m'envoyer quelqu'argent. J'y vais pour travailler; je vous + donnerai d'abord les vers que je vous ai promis, vous aurez + ensuite et bientôt mon roman. Je m'engagerai, si vous voulez, à un + dédit pour une époque que vous fixerez, et à laquelle vous + recevrez le manuscrit entier, à moins de maladie grave, auquel + cas, tout vous sera fidèlement rendu. Répondez-moi un mot ou venez + me voir si vous avez le temps. Mais tout de suite, car je ne serai + pas ici vendredi. + + «T. à v. «ALFd DE MUSSET.» + +Il devait aller à Toulouse voir son oncle, M. Desherbiers, alors +sous-préfet à Lavaur; de là aux Pyrénées, puis à Cadix. En +conséquence de quoi, il partit pour..... Bade. Nous avons de nouveau +recours au passeport: + + _Vu au Ministère des Affaires Étrangères. Paris, 20 août 1834. + + Vu pour Francfort et les bords du Rhin. Paris, 20 août 1834. + Préfecture de Police. + + Vu à la Légation de Bade. Paris, 21 août 1834. + + Vu à la Légation des Villes Libres d'Allemagne. Paris, 21 août + 1834. + + Vu pour les eaux de Bade. Strasbourg, 28 août 1834. + + Baden, 30 august 1834. (Signature illisible)._ + +D'autre part, George Sand s'était réfugiée à Nohant; elle y était déjà +installée le 31 août, seule, ayant eu la sagesse de laisser Pagello à +Paris. Mais ses idées de suicide l'avaient reprise, et, à cette date, +elle écrivait à Boucoiran: «.....Je lui dois (à Pagello) la vie +d'Alfred et la mienne. Pour ce qui est de la mienne, je sais bien +l'usage que je vais en faire; quant à celle d'Alfred, rien ne peut la +payer.....»[45]. Et elle lui donne des instructions en conséquence. + + [45] Fragment inédit d'une lettre publiée dans la + _Correspondance_, tome I, p. 279-281. + +Cependant, entre Nohant et Bade recommença une nouvelle correspondance +encore plus passionnée que celle échangée entre Paris et Venise[46]; +et, pendant ce temps-là, Pagello, resté seul à Paris, inconnu, se +lamentait de son isolement et écrivait à Alfred Tattet: + + + «Parigi, 6 settembre 1834. + + «Mio caro Alfredo, + + «Il vostro povero amico e a Parigi.--Ho domandato di voi alla + vostra casa, mi fu detto che siete alla campagna. Se avessi tempo, + sarei venuto a darvi un bacio, ma come sono qui per poco ve lo + mando in questo foglio. Non so quanti giorni ancora restero a + Parigi.--Voi sapete che io son obbligato di obbedire alla mia + piccola borsa, e questa mi comanda digia la partenza.--Addio.--Se + potro vedervi a Parigi, saro fortunato; se non potro, mandatemi un + bacio anche voi in un pezzetto di carta, Hôtel d'Orléans, no 17, + rue des Petits-Augustins.--Addio, mio buono, mio sincero amico, + addio. + + «Vo affmo amico «PIETRO PAGELLO.» + + _Traduction._ + + «Paris, 6 septembre 1834. + + «Mon cher Alfred, + + «Votre pauvre ami est à Paris.--Je suis allé chez vous demander de + vos nouvelles; on m'a dit que vous étiez à la campagne. Si j'avais + eu le temps, je serais allé vous embrasser, mais comme je suis ici + pour peu, je vous embrasse par cette feuille. Je ne sais combien + de jours encore je resterai à Paris; vous savez que je suis obligé + d'obéir à ma petite bourse et celle-ci me commande déjà le + départ.--Adieu.--Si je puis vous voir à Paris, je serai heureux; + si je ne puis, envoyez-moi un baiser, vous aussi, sur un petit + bout de papier, Hôtel d'Orléans, no 17, rue des + Petits-Augustins.--Adieu, mon bon, mon sincère ami, adieu. + + «Votre très affectionné + + «Pierre _Pagello_.» + + [46] L'une des lettres de Musset à George Sand a été publiée dans + l'_Homme Libre_ du 14 avril 1877 et dans le _Figaro_ du 28 avril + 1882. + +Alfred de Musset, dans _Une bonne fortune_, raconte un des incidents +de son séjour à Bade[47]. Après un mois de promenades et de +distractions variées, entremêlées de travail, Alfred de Musset songea +au retour; son amour, qu'il pensait calmer par l'absence, n'avait fait +que s'exalter. Le 10 octobre, il passe à Strasbourg, et dès son +arrivée à Paris, le 13, il écrit à George Sand, encore à Nohant: «Mon +amour, me voilà ici; tu m'as écrit une lettre bien triste, mon pauvre +ange, et j'arrive bien triste aussi. Tu veux bien que nous nous +voyions! Et moi, si je veux!....» Quelques jours après, George Sand +venait le rejoindre. + + [47] On trouvera d'autres détails dans: 1º _Alfred de Musset à + Bade_ par Émile Krantz. Extrait des Annales de l'Est. Nancy, + Imprimerie Berger-Levrault et Cie, 1888. In-8º.--2º _Kleine + beiträge zur Wurdigung Alfred de Musset_ (Poésies Nouvelles), von + Dr Moritz Werner. Berlin, C. Vogt, 1896. In-8º.--De l'enquête à + laquelle s'est livré le Dr Werner, il semble résulter qu'Alfred + de Musset voyageait en compagnie d'un monsieur Roussel: + «.....Voici ce que j'ai trouvé, m'écrit le Dr Werner, dans le + recueil des listes des étrangers que je m'étais fait envoyer de + Bade. Dans la liste du dimanche 31 août, qui indique les + étrangers arrivés de la veille, il y a à l'hôtel «Zahringer + Hoff»: M. de Musset _et_ M. Roussel, de Paris». (Je souligne cet + _et_ parce qu'il ne se trouve que dans le cas où les étrangers se + sont fait inscrire ensemble). Le jour suivant, 1er septembre, + étrangers arrivés le 31 août, on trouve chez M. le secrétaire + Mesmer: «M. le vicomte de Musset», et dans la rubrique spéciale + qui contient les changements de logis: «M. Roussel, de Paris», + qui a changé de logis en passant lui aussi chez Mesmer. Vous + voyez qu'à prendre ces indications au pied de la lettre, il y + aurait eu deux Musset à Bade. Mais ce ne sera qu'une faute + d'impression ou bien de rubrication, de sorte que la 2e fois + Musset devrait se trouver lui aussi parmi les changements de + logis et non parmi les récemment arrivés.....» + +Pagello n'était pas encore parti; mais ce double retour le décida bien +vite à reprendre le chemin de Venise, non sans avoir adressé une +lettre d'adieu à son ami Alfred Tattet, en lui recommandant le +silence: + + «Monsieur Alfred Tattet, + rue Grange Batelière, no 13, Paris. + + «Parigi, 23 ottobre 1834. + + «Mio buon amico, + + «Prima di partire, vi mando un bacio ancora. Vi congiuro di non + dar parola giammai del mio amore con la George.--Non voglio + vendette.--Parto colla sicurezza d'aver agito in homo + onesto.--Questo mi fa dimenticare la mia sofferenza e la mia + poverta.--Addio, mio angelo.--Vi scrivero da Venezia. Addio, + addio. + + «PIETRO PAGELLO». + + _Traduction_. + + «Paris, 23 octobre 1834. + + «Mon bon ami, + + «Avant de partir je vous envoye encore un baiser. Je vous conjure + de ne souffler jamais mot de mon amour avec la George.--Je ne + veux pas de vengeances[48].--Je pars avec la certitude d'avoir agi + en honnête homme.--Ceci me fait oublier ma souffrance et ma + pauvreté.--Adieu, mon ange.--Je vous écrirai de Venise.--Adieu, + adieu. + + «PIERRE PAGELLO.» + + [48] De plusieurs lettres de George Sand, il ressort qu'au moment + où elle est devenue la maîtresse de Pagello, «il s'est trouvé + dans sa vie à lui, de ses liens mal rompus avec d'anciennes + maîtresses, des situations ridicules et désagréables»; au moment + de la quitter, il semble craindre de voir se renouveler ces + ennuis. + + +V + +A PARIS + +Alfred Tattet avait dissuadé Alfred de Musset de revoir George Sand; +d'où brouille entre les deux amis: Musset convenait bien, en son for +intérieur, qu'il avait tort, mais il ne voulait pas qu'on le lui dît. +George Sand, ne connaissant pas encore les raisons invoquées par +Tattet, voulut dissiper ce nuage: + + «Mardi, 28 octobre 1834. + + «Mon cher Tattet, + + «J'apprends que j'ai été la cause indirecte et très involontaire + d'un différend entre vous et Alfred. Je serais bien fâchée de + savoir deux vieux amis désunis par rapport à moi. J'espère bien + que cela ne sera pas. + + «Dans tous les cas, je vous prie de venir me voir; après l'intérêt + que vous m'avez témoigné, j'ai lieu d'être surprise et affligée de + votre oubli. Je désire causer avec vous et vous attends à votre + premier retour à Paris. Toujours quai Malaquais, 19. + + «GEORGE SAND.» + + «Quand vous serez ici[49], écrivez-moi un mot, je vous donnerai + rendez-vous, car je suis souvent dehors ou enfermée.» + + [49] Alfred Tattet avait un domicile à Paris, 15 (et non 13), rue + Grange-Batelière, mais il habitait le plus souvent une grande + propriété qu'il possédait à Bury, près Margency, dans la vallée + de Montmorency. + +Mais à peine les deux amants se sont-ils revus qu'ils ne peuvent plus +eux-mêmes s'entendre: + + _George Sand à Alfred de Musset._ + + «N'ai-je pas prévu que tu souffrirais de ce passé qui t'exaltait + comme un beau poème, tant que je me refusais à toi, et qui ne te + paraît plus qu'un cauchemar, à présent que tu me ressaisis?» + + _Alfred de Musset à George Sand._ + + «Ne penses pas au passé! Non, non! Ne compare pas! Ne réfléchis + pas! Je t'aime comme on n'a jamais aimé!» + +Les crises se succèdent avec rapidité: ils s'adorent le matin et se +disent des injures le soir, pour retomber le lendemain dans les bras +l'un de l'autre. C'est la phase de leurs amours la plus tourmentée, la +plus poignante: à la lecture de ce qui a été publié de leurs lettres, +on se demande comment ils n'y ont pas laissé tous deux leur raison. + +Alfred de Musset a la fièvre, et George Sand veut prendre un +déguisement pour venir le soigner chez sa mère: «Si je peux me lever, +je t'irai voir», lui répond-il. + +Le 8 novembre, Alfred de Musset provoque en duel Gustave Planche qui a +mal parlé de George Sand; Planche lui fait des excuses, et le 12 +novembre, Alfred de Musset écrit à Alfred Tattet: + + «Mon cher ami, + + «Tout est fini.--Si par hasard on vous faisait quelques questions + (comme il est possible qu'on vous soupçonne de m'avoir parlé); si + enfin peut-être, on allait vous voir pour vous demander à + vous-même si vous ne m'avez pas vu, répondez purement que non, que + vous ne m'avez pas vu et soyez sûr que notre secret commun est + bien gardé de ma part.--J'irai vous voir bientôt. + + «A vous de coeur. + + «ALFRED DE MUSSET.» + +Puis il va dans la Côte-d'Or, à Montbard, chez l'un de ses parents. +Quelques jours après le «pauvre vieux lierre» est revenu où il +s'attache. + +Le 25 novembre, George Sand écrit à Sainte-Beuve que Musset ne veut +plus la voir[50]; son exaltation touche à la folie: la rupture paraît +complète. Le 15 décembre, George Sand est à Nohant, d'où elle écrit à +Boucoiran: «Si Alfred vous fait demander de mes nouvelles, dites que +vous ne savez rien de moi, que je ne vous ai pas écrit. Recommandez à +Buloz de dire la même chose.....» Et le 13 janvier 1835, elle adresse +cette lettre à Alfred Tattet: + + «Monsieur, + + «Il y a des opérations qui sont fort bien faites et qui font + honneur à l'habileté du chirurgien, mais qui n'empêchent pas la + maladie de revenir. En raison de cette possibilité, Alfred est + redevenu mon amant; comme je présume qu'il sera bien aise de vous + voir chez moi, je vous engage à venir dîner avec nous au premier + jour de liberté que vous aurez. Puisse l'oubli que je fais de mon + offense ramener l'amitié entre nous. + + «Adieu, mon cher Tattet. + + «Tout à vous. «GEORGE SAND». + + [50] Lettre publiée par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, + ainsi que celle d'Alfred de Musset au même (_Cosmopolis_ puis + _Véritable Histoire_, etc...). + +Combien le ton de ce billet diffère de celui du 28 octobre 1834! C'est +que Musset avait parlé et raconté à George Sand, dans un moment +d'expansion, que son ami Tattet avait fait de son mieux pour empêcher +leur rapprochement: de là, colère de la maîtresse contre le gêneur, +et, charmée de prendre sa revanche, elle tient à le lui faire savoir. +Six jours plus tard, Liszt reçoit les confidences de George Sand: + + «.....Je vais partir pour essayer de rompre une passion bien + sérieuse pour moi et bien terrible. Je doute que cela me serve à + quelque chose, car chaque nouveau jour de cette passion m'apprend + à douter de mon libre arbitre..... Je compte sur vous aussi pour + me rendre cette justice, qu'aux jours de ma plus grande douleur, + je n'ai point accusé l'auteur de mes souffrances. Je vous l'ai + dit, moi seule suis coupable et porte la peine d'une faute + immense. En fuyant un pardon trop humiliant, je fais preuve de + faiblesse et non de force.....»[51]. + + [51] Cette lettre, datée du 19 janvier 1835, est publiée dans: + _Briefe hervorragender Zeitgenassen an Frantz Liszt...., + herausgegeben von La Marra_. Leipzig, Breitkopf und Härtel, 1895. + 2 vol. in-8º. Tome I, p. 9. + +Peu après se produit un incident qui remet Pagello en scène et sur +lequel nous n'avons pas de renseignement antérieur à cette lettre +écrite par George Sand à Alfred Tattet: + + «14 février 1835. + + «Monsieur, + + «J'ai une affaire indispensable à terminer avec vous. Il s'agit + d'une affaire d'argent dans laquelle je suis compromise d'honneur + aux yeux de Pierre Pagello. J'ai besoin d'une attestation de vous + et vous êtes trop galant homme pour me la refuser. Je sais que + vous m'êtes extrêmement hostile, et j'ai peu sujet de vous bénir. + Mais soyez sûr que j'ai trop le sentiment des convenances, pour + vous en faire des reproches, et que jamais aucune vengeance de ma + part ne cherchera à vous atteindre. Ayez donc, monsieur, la bonté + de recevoir chez vous quatre tableaux qui appartiennent à Pierre + Pagello et que je m'étais chargé de vendre. Voyant qu'il avait + besoin d'argent, et sachant, par l'avis d'un expert, que les + tableaux ne valaient rien, je lui en donnai la somme de deux mille + francs, et j'y ajoutai le procédé de lui cacher le secours que + [je] lui apportais. Je lui remis mille francs en argent et le tins + quitte d'une somme plus forte qu'il me devait. Je crus devoir ces + ménagements à sa position fâcheuse et délicate à Paris. + Aujourd'hui, Pierre Pagello, averti par un de mes amis, me fait un + grand crime de cette action et pense que je l'ai faite à dessein + de la divulguer et d'avilir son nom; d'abord, en racontant + l'histoire telle qu'elle est, je n'ai point sujet de l'avilir; + ensuite, je ne l'ai racontée qu'à Alfred, qui vous l'a redite, à + vous seul. Voulez-vous avoir la bonté, monsieur, de rendre + témoignage de ma discrétion, lorsque vous écrirez à Pierre + Pagello? + + «En second lieu, cette personne insinue que je pourrais bien + m'être défaite des tableaux à mon avantage, afin de me donner en + même temps les gants d'une générosité singulière. Elle ajoute que, + s'ils sont entre mes mains, _en effet_, elle espère que vous + voudrez bien les recevoir, afin de les lui renvoyer ou de les lui + faire vendre. Je fais porter les tableaux chez vous; voulez-vous + bien en accuser réception à Pierre Pagello? J'espère que oui. Vous + avez pensé que le sentiment d'équité vous forçait à vous faire le + bourreau d'une âme criminelle. Je ne savais pas que vous eussiez + l'âme aussi austère et le bras aussi ferme. J'en souffre, mais je + vous en estime d'autant plus, monsieur, et à cause de cela, je + pense que vous me laverez de l'accusation de friponnerie, car si + votre amour de la vérité vous a commandé de me nuire, il doit vous + commander de me réhabiliter sous les rapports par où je le mérite. + + «Veuillez m'honorer d'un mot de réponse. J'ai l'honneur de vous + saluer. + + «GEORGE SAND.» + +Monsieur Just Pagello, parlant au nom de son père, a déclaré au Dr +Cabanès: «Que ces toiles, sans être des Raphaël, étaient loin d'être +des oeuvres médiocres. Elles étaient signées du peintre Ortesiti, un +maître»[52]. J'ignore quelle était la valeur de ces peintures, mais +précieuses ou non, le Dr Pagello me semble en avoir fait peu de cas, +car, trois ans plus tard, George Sand répondait le 24 août 1838 à +Alfred Tattet, qui lui demandait ce qu'il fallait faire de ce dépôt: + + «.....Je ne pense pas qu'il y ait lieu de vous occuper de ces + tableaux; votre maison est assez vaste pour que vous les laissiez + relégués dans un coin de cave ou de grenier. Je n'ai pas eu plus + de relations que vous avec Pagello, depuis le triste temps vers + lequel vous reportez mes souvenirs, et j'aime à penser qu'après + ces orages, ses idées sont devenues justes et élevées, comme son + âme l'était dans le calme. Nous sommes tous ainsi plus ou moins; + la colère et la haine sont des maladies qui nous tueraient, si la + Providence ne les avait faites de courte durée. Je ne suis pas + plus qu'une autre à l'abri de ces passions.....» + + [52] _Revue Hebdomadaire_, 24 octobre 1896, p. 618. + +Et à la mort d'Alfred Tattet, en novembre 1856, ces tableaux, m'a dit +une personne de sa famille, furent retrouvés dans le grenier où ils +avaient été mis en 1835 et où peut-être ils sont encore. + +Cependant Alfred de Musset et George Sand sont tous deux moralement à +bout de forces; ils ne peuvent plus se voir sans se quereller et n'ont +pas le courage de se quitter. Ils se rencontrent, ils s'écrivent +encore, mais le dénouement est proche: + + «.....Il me semble comprendre à ta lettre, répond Musset à un + billet de G. Sand, que nous ne nous verrons plus avant ton départ + et le mien. Je pars lundi; ma place est retenue dans la + malle-poste de Strasbourg[53]; les derniers mots de ton billet ont + l'air d'un adieu et un mot de notre dernière conversation m'a + presqu'ôté le courage de t'en dire un autre. Je suis étonné qu'il + reste dans mon coeur de la place pour une souffrance nouvelle. + Qu'il en soit ce qui plaît à Dieu.....» + + [53] Si Alfred de Musset est parti, ce qui est peu probable, il + est retourné à Montbard, dans la Côte-d'Or. C'est alors qu'il + aurait visité la maison de Buffon et écrit sur un panneau de la + boiserie les vers qu'on lui attribue.--Voir à ce sujet la + plaquette intitulée: _Le Centenaire de Buffon. Troyes, + Mongolfier. 1889._ In-8º. + +C'est George Sand qui se reprend la première; le 6 mars, elle écrit à +Boucoiran: «Aidez-moi à partir aujourd'hui». Et le lendemain, Musset +venant au rendez-vous, trouve la maison vide: + + + «_A Monsieur Boucoiran, Passage Choiseul, 28._ + + «Monsieur, + + «Je sors de chez Madame Sand et on m'apprend qu'elle est à Nohant. + Ayez la bonté de me dire si cette nouvelle est vraie. Comme vous + avez vu Madame Sand ce matin, vous avez pu savoir quelles étaient + ses intentions, et si elle ne devait partir que demain, vous + pourriez peut-être me dire si vous croyez qu'elle ait quelques + raisons pour désirer de ne point me voir avant son départ. Je n'ai + pas besoin d'ajouter, que dans le cas où cela serait, je + respecterais ses volontés. + + «ALFRED DE MUSSET». + +Cette fois, c'était fini et bien fini. Ce fut une détente, un +soulagement: + + _George Sand à Boucoiran_[54]. + + «9 mars 1835. + + «Je suis très calme, j'ai fait ce que je devais faire; la seule + chose qui me tourmente, c'est la santé d'Alfred». + + [54] Publié par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul + (_Cosmopolis_ puis dans _Véritable Histoire_, etc...). + +Pendant un mois environ, elle fut en proie à une sorte de maladie de +langueur, puis le calme vint réellement, et bientôt l'indifférence. + +Chez Alfred de Musset, au contraire, l'apaisement parut se faire tout +de suite, mais ce n'était qu'une apparence trompeuse. + + J'ai vu le temps où ma jeunesse + Sur mes lèvres était sans cesse + Prête à chanter comme un oiseau; + Mais j'ai souffert un dur martyre, + Et le moins que j'en pourrais dire, + Si je l'essayais sur ma lyre, + La briserait comme un roseau.[55] + + [55] _La Nuit de Mai_, écrite en mai 1835.--On prétend que + _toutes les Nuits_ sont adressées à George Sand. Tel n'est pas + mon avis. Ce n'est pas elle l'inconnue de la _Nuit d'Octobre_ à + laquelle il dit: «Honte à toi qui la première, etc...» Ce n'est + pas elle l'innommée de la _Lettre à Lamartine_. Je crois qu'il + faut remonter au moins à l'année 1828 pour la retrouver. Ce ne + serait qu'un _Souvenir_, évoqué non par une rencontre, comme + celui de 1841, mais cette fois par une mort.--Mme Wladimir + Karenine donne son nom: Madame de Groiselliez (T. II, p. 28). + +Le 21 juillet, il écrivait à son fidèle ami: + + «_Monsieur Alfred Tattet, à Baden, poste restante._ + + «Votre lettre, mon cher Alfred, est arrivée comme je n'étais pas à + Paris, ce qui fait que ma réponse est en retard de quelques jours. + Pour répondre d'abord à votre question sur ce qui regarde + Madame.... (Affaire personnelle à Alfred Tattet).... je crois que + ce que je peux vous dire de mieux, c'est qu'il y a tantôt huit ou + neuf mois, j'étais où vous êtes, aussi triste que vous, logé + peut-être dans la chambre où vous êtes, passant la journée à + maudire le plus beau, le plus bleu ciel du monde et toutes les + verdures possibles. Je dessinais de mémoire le portrait de mon + infidèle; je vivais d'ennuis, de cigares et de pertes à la + roulette. Je croyais que c'en était fait de moi pour toujours, que + je n'en reviendrais jamais. Hélas! Hélas! Comme j'en suis revenu! + comme les cheveux m'ont repoussé sur la tête, le courage dans le + ventre, l'indifférence dans le coeur, par dessus le marché! Hélas! + A mon retour, je me portais on ne peut mieux; et si je vous disais + que le bon temps, c'est peut-être celui où l'on est chauve, désolé + et pleurant! Vous en viendrez là, mon ami. Je vous plains + aujourd'hui bien sincèrement, parce que vous souffrez. Quand vous + serez guéri, vous n'en serez pas fâché, soyez-en sûr. Tout ce qui + fait vivre est bon et sain. Je vous promets de vous tenir au + courant de tout ce que je pourrai savoir.... + + «Je travaille à force. Combien de temps comptez-vous rester à + Bade? Adieu. Je suis à vous. + + «ALFRED DE MUSSET.» + +Hélas! Non, Alfred de Musset «n'en était pas revenu». Quelque chose +s'était brisé en lui, laissant une plaie qui saigna jusqu'à sa mort. + + +VI + +APRÈS + +Après leur rupture, Alfred de Musset avait continué d'écrire à George +Sand, à des intervalles plus ou moins longs; une correspondance d'un +nouveau genre, toute amicale, s'était établie entre eux: + + _George Sand à Alfred de Musset._ + + «Avec les gens qu'on n'aime ni n'estime, on peut avoir des + exigences et ne pas se donner la peine de les motiver. De moi à + toi, il n'en sera jamais ainsi et je ne te demanderai jamais rien + sans savoir de toi-même à quel point tu approuves ma demande.» + + [1836] + +Lorsqu'au mois de janvier 1836 la _Confession d'un Enfant du Siècle_ +parut en librairie, George Sand fit part à Mme d'Agoult de ses +impressions: + + «....Je vous dirai que cette _Confession d'un Enfant du Siècle_ + m'a beaucoup émue en effet. Les détails d'une intimité malheureuse + y sont si fidèlement rapportés depuis la première heure jusqu'à la + dernière, depuis la _soeur de charité_ jusqu'à l'_orgueilleuse + insensée_, que je me suis mise à pleurer comme une bête, en + fermant le livre. Puis j'ai écrit quelques lignes à l'auteur pour + lui dire je ne sais quoi: que je l'avais beaucoup aimé, que je lui + avais tout pardonné et que je ne voulais jamais le revoir... Je + sens toujours pour lui, je vous l'avouerai bien, une profonde + tendresse de mère au fond du coeur; il m'est impossible d'entendre + dire du mal de lui sans colère, et c'est pourquoi quelques-uns de + mes amis s'imaginent que je ne suis pas bien guérie....»[56] + + [56] Fragment inédit d'une lettre datée de La Châtre, 25 mai + 1836, publiée dans la _Correspondance_ de G. Sand (Paris, C. + Lévy, in-12, T. I, p. 365), lequel a été publié postérieurement + par M. Rocheblave dans la _Revue de Paris_ du 15 décembre 1894, + p. 812. + +Pendant l'hiver de 1837, George Sand vint passer quelques jours à +Paris; ils se retrouvent et ont «six heures d'intimité fraternelle, +après lesquelles il ne faudra jamais se mettre à douter l'un de +l'autre, fût-on dix ans sans se voir et sans s'écrire.» + +«Tu peux disposer de moi comme d'un ami, et compter que je ferai avec +joie tout ce qui te sera agréable», répond-elle le 19 avril 1838 à +Alfred de Musset qui lui avait recommandé quelqu'un. + +La même année ou l'année suivante, Alfred de Musset impose silence à +Alfred Tattet qui avait raconté divers incidents du voyage à Venise: + + «J'apprends, mon cher Alfred, que vous avez manqué plusieurs fois + à la parole que vous m'aviez donnée de garder le silence sur tout + ce qui s'est passé en Italie. Cela m'a fait beaucoup de peine, + d'abord pour vous, qui manquez à votre promesse, et ensuite pour + moi, qui ai cru, pendant plus de quatre ans, avoir un véritable + ami. + + «T. à v. + + «ALFD DE MUSSET.» + +En 1839, Alfred de Musset écrit _Le Poète Déchu_, sorte +d'autobiographie inédite, qui ne fut pas terminée et dont le manuscrit +a été presqu'entièrement détruit par son frère Paul (il n'en subsiste +plus guère que les divers fragments publiés dans la _Biographie_). +Alfred de Musset y dépeint ainsi son état moral, après sa rupture avec +George Sand: + + «....J'étais si sûr de moi, que je crus d'abord n'éprouver ni + regret ni douleur. Je m'éloignai fièrement. Mais à peine eus-je + regardé autour de moi, que je vis un désert.... Je rompis avec + toutes mes habitudes, je m'enfermai dans ma chambre, j'y passai + quatre mois à pleurer sans cesse, ne voyant personne.... Plus + tranquille, je jetai les yeux sur tout ce que j'avais quitté; au + premier livre qui me tomba sous la main, je m'aperçus que tout + avait changé: rien du passé n'existait plus, ou du moins, ne se + ressemblait. Un monde nouveau m'apparaissait comme si je fusse né + de la veille.... Je compris alors ce que c'est que l'expérience, + et je vis que la douleur apprend la vérité....»[57] + + [57] Publié dans la _Biographie_ d'Alfred de Musset par Paul de + Musset (Charpentier, 1877. 1 vol. in-12, p. 133). J'ai rectifié + le texte sur l'autographe.--Un autre fragment est déjà cité + ci-dessus. + +M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, dans son livre, cite les +lettres qu'«Elle» et «Lui» échangèrent en 1840 à propos de leur +correspondance passée.--Moi-même ai déjà raconté dans une lettre +publiée par _l'Intermédiaire des chercheurs et curieux_ du 20 novembre +1892, comment M. Jules Grévy, pour Alfred de Musset, et M. F. +Rollinat, pour George Sand, furent chargés, en vue d'un échange, de +reconnaître les paquets de lettres confiés pour le moment à Gustave +Papet (qui les tenait de Mme Ursule Josse, et j'ajouterai qu'ils +passèrent ensuite par les mains de MM. Alexandre Manceau, Ludre +Gabillaud, et enfin Émile Aucante, détenteur actuel) et comment +l'affaire n'aboutit pas. + +Dans les premiers jours de 1841, nouvelle rencontre des deux anciens +amants, qui inspire à Alfred de Musset son _Souvenir_[58]. + + [58] Publié dans la _Revue des Deux-Mondes_ du 15 février 1841. + M. Maxime Du Camp, dans ses _Souvenirs Littéraires_ (Hachette, + 1882-1883, 2 vol. in-8, T. II, p. 358) fait un récit différent de + celui de Paul de Musset. + +Au commencement de l'année 1844, Paul de Musset visite l'Italie et son +frère lui rappelle l'ancien amour dans les stances qu'il lui +dédie[59]: + + Toits superbes, froids monuments, + Linceul d'or sur des ossements, + Ci-gît Venise! + Là, mon pauvre coeur est resté! + S'il doit m'en être rapporté, + Dieu le conduise! + Mon pauvre coeur, l'as-tu trouvé, + Sur le chemin, sous un pavé, + Au fond d'un verre? + Ou dans ce grand palais Nani + Dont tant de soleils ont jauni + La noble pierre[60] + + . . . . . . . . . . . . . . + L'as-tu trouvé tout en lambeaux + Sur la rive où sont les tombeaux? + Il y doit être. + Je ne sais qui l'y cherchera + Mais je crois bien qu'on ne pourra + L'y reconnaître. + + [59] A mon frère revenant d'Italie, _Revue des Deux-Mondes_, 1er + avril 1844. + + [60] On peut rapprocher de ces vers, ce passage du 1er chapitre + de _Léone Léoni_ de George Sand: + + «...Nous étions tous deux seuls dans une des salles de l'ancien + palais Nasi, situé sur le quai des Esclavons et converti + aujourd'hui en auberge, la meilleure de Venise. Etc...»--Alfred de + Musset écrit «palais Nani». + +En 1854, George Sand, pour repousser les attaques de la _Biographie_ +de Mirecourt, adresse une lettre au journal _Le Mousquetaire_[61]: + + «...Je ne défendrai pas M. de Musset des offenses que vous lui + faites. Il est de force à se défendre lui-même, et il ne s'agit + que de moi pour le moment. C'est pourquoi je me borne à vous dire + que je n'ai jamais confié à personne ce que vous croyez savoir de + sa conduite à mon égard, et que, par conséquent, vous avez été + induit en erreur par quelqu'un qui a inventé ces faits. Vous dites + qu'après le Voyage en Italie, je n'ai jamais revu M. de Musset. + Vous vous trompez, je l'ai beaucoup revu et je ne l'ai jamais revu + sans lui serrer la main....» + + [61] Insérée dans le numéro du 15 février 1854. + +Jusqu'à la mort d'Alfred de Musset, survenue comme on sait, le 3 mai +1857, les deux anciens amants restèrent plutôt amis qu'ennemis. Il n'y +eut jamais de guerre ouverte, ils se défendirent même réciproquement +dans plusieurs circonstances et nous avons donné la preuve que plus +d'une fois l'un approuva ce que l'autre avait écrit sur tous deux. +Ils se sont querellés, ils se sont disputés, d'accord! Mais leurs +différends sont restés entre eux et aucune accusation directe n'a été +formulée par eux-mêmes. Ce sont des amis maladroits et indiscrets, des +ennemis sournois qui, pour les exciter l'un contre l'autre, +dénaturaient les paroles de nos deux héros, qu'il faut rendre +responsables de tout le bruit qui se fit dans les salons et dans la +presse. + + +VII + +DEUX LIVRES + +Donc, malgré la correction de leurs relations, vingt mois après la +mort d'Alfred de Musset, le 15 janvier 1859, George Sand commençait +dans la _Revue des Deux-Mondes_ la publication de _Elle et Lui_. Il +nous est impossible de trouver le pourquoi de ce livre. + +Ce n'est pas une réponse à la _Confession d'un Enfant du Siècle_; nous +avons donné la preuve que George Sand tenait ce récit pour vrai. +Alors, pourquoi ce silence de vingt années, si la _Confession_ était +une accusation mensongère? Pourquoi surtout n'avoir parlé que +lorsqu'Alfred de Musset n'était plus là pour se défendre?--Ce n'est +pas non plus une attaque directe contre Alfred de Musset, car George +Sand se donnerait à elle-même un démenti et renierait toute sa +conduite depuis 1835. + +Est-ce le besoin de faire parler d'elle? Non, car par ses romans et +son rôle politique en 1848, elle était parvenue à la célébrité.--Le +besoin d'argent doit aussi être écarté, car, à cette époque, sa +fortune la mettait au-dessus des nécessités de la vie. + +Je ne vois qu'une raison plausible: c'est que George Sand, obsédée +des instances de ceux qui menaient campagne contre Alfred de Musset, +n'eut pas la volonté nécessaire pour leur résister plus longtemps et +finit, pour se débarrasser d'eux, par dire ce qu'ils voulaient lui +faire dire, et cela, sans bien se rendre compte des conséquences. + +_Elle et Lui_ parut, d'abord dans la _Revue des Deux-Mondes_, puis en +volume. Grand tapage au profit de Buloz, mais scandale énorme et qui +retomba sur l'auteur. Quelques amis de George Sand, qui détestaient +Alfred de Musset et avaient toujours essayé de lui nuire, furent seuls +à approuver, avec les ennemis personnels du poète; le blâme fut +général, et il suffit de lire les journaux de l'époque pour s'en +assurer. + +M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul nous raconte même dans +_Cosmopolis_ (p. 763), puis dans sa _Véritable histoire d'Elle et Lui_ +(p. 185) que lorsqu'en 1861, il fut demandé à l'Académie Française de +décerner un prix à George Sand, la publication d'_Elle et Lui_ fut un +des griefs invoqués pour refuser ce prix. + +Paul de Musset prit, comme il le devait, la défense d'Alfred, et +redemanda, sans succès du reste, les lettres de son frère. Alors, sans +rien dire à personne[62], il envoya _Lui et Elle_ au _Magasin de +Librairie_, dirigé par Charpentier, l'éditeur d'Alfred[63]; ce fut par +cette revue que Mme de Musset mère apprit l'existence d'une réponse: + + _«A Monsieur Paul de Musset._ + + «Dimanche, 10 avril 1859. + + «Si tu avais pris, mon cher Paul, la peine de m'écrire pour me + donner tes raisons, comme tu l'as fait dans ta lettre d'hier, je + n'aurais pas été si vivement impressionnée de cette nouvelle + inattendue, et je m'y serais probablement rendue, comme je le fais + aujourd'hui. Puisque la chose est faite, et sans remède, je m'y + soumets, tout en regrettant amèrement de n'en avoir rien su + d'avance. Je trouve ta première partie brillante de style, + d'intérêt et d'esprit; on ne dira toujours pas de ceci que c'est + ennuyeux, comme on l'a dit de l'autre. Les portraits sont de main + de maître et d'une ressemblance vivante. + + «Mais j'en reviens à mes inquiétudes. Je crois que tu te fais une + foule d'ennemis irréconciliables. Tous ces personnages existent + encore; sous leurs sobriquets, ils ne pourront manquer de se + reconnaître. D'ailleurs, la dame les y aidera. C'est là vraiment la + plus forte objection que j'ai toujours eue pour cette publication + qui, dans ma prévision, t'attirera une foule de désagréments. Si ce + n'était cette crainte, je ne pourrais m'empêcher d'être électrisée + par des pages si belles et si bien écrites. Il y en a plusieurs + d'étonnantes; mais si j'avais été consultée, je t'aurais engagé à + ne pas oublier la scène étrange qui s'est passée entre elle et moi + à l'occasion du départ pour l'Italie. + + «Je t'ai raconté cent fois, qu'avant de partir, ton frère m'avait + demandé mon consentement à ce triste voyage, et que je l'avais + obstinément refusé; enfin, voyant mon désespoir, il s'était jeté à + mes genoux en me disant: «Ne pleure pas, ma mère. Si l'un de nous + deux doit pleurer, ce ne sera pas toi.» Ce sont ses propres + paroles. Tu comprends que je ne les ai jamais oubliées; il s'en + alla, après m'avoir rassurée, et déclara à la dame qu'il ne pouvait + partir, qu'il ne pouvait affliger sa mère. Le bon fils! Que fit + cette femme? A neuf heures du soir, elle prit un fiacre et se fit + conduire à ma porte. On vint m'avertir que quelqu'un me demandait + en bas; je descendis, suivie d'un domestique et n'y comprenant + rien. Je montai dans cette voiture, voyant une femme seule. C'était + elle. Alors elle employa toute l'éloquence dont elle était + maîtresse à me décider à lui confier mon fils, me répétant qu'elle + l'aimerait comme une mère, qu'elle le soignerait mieux que moi. Que + sais-je? La sirène m'arracha mon consentement. Je lui cédai, tout + en larmes et à contre coeur, car _il avait une mère prudente_, bien + qu'elle ait osé dire le contraire dans _Elle et Lui_. + + «Cette scène a son prix et je suis fâchée qu'elle ne se trouve pas + dans ton récit véridique. Vois si tu peux l'introduire en parlant + des regrets qu'il laissa derrière lui dans sa famille. + + «Adieu, mon cher fils. Je suis peinée de t'avoir affligé par ma + lettre. Le sort en est jeté, nous verrons ce que l'avenir nous + garde. + + «Je t'embrasse et t'aime tendrement. + + «EDMÉE». + + [62] Depuis la publication de cette étude, une lettre de Paul de + Musset au compositeur Ed. Garnier, du 2 novembre 1859, est + parvenue à notre connaissance, dans laquelle il lui dit: «... + J'ai des engagements pris qu'il serait trop long de vous + expliquer, des travaux considérables à faire, et, entre autres, + une biographie aussi complète que possible d'un poète aimé, que + des harpies déchirent, et dont il faut que je prépare une défense + écrasante pour en finir...» + + [63] _Lui et Elle_ est publié dans les livraisons des 10, 25 + avril et 10 mai 1859, et parut en volume à la fin de la même + année, avec la date de 1860. + +Certes, Paul de Musset eut raison de répondre; nous blâmons seulement +la manière dont il le fit. On ne riposte pas à un pamphlet par un +autre pamphlet; on ne réfute pas des faits dénaturés dans un sens en +les dénaturant dans le sens contraire. Selon nous, le mieux eût été +d'opposer des documents certains à ces histoires plus ou moins +travesties; de publier, en un mot, la correspondance même des deux +amants,--nous en revenons toujours là.--Paul de Musset pouvait le +faire. George Sand, ayant les originaux, se croyait à l'abri de cette +réplique: elle ignorait qu'Alfred de Musset, aussitôt après leur +rupture définitive, avait confié ses lettres à Mme Caroline Jaubert, +et que celle-ci en avait pris la copie exacte[64]. + + [64] C'est du moins ce qu'affirme Paul de Musset dans une note + manuscrite. + +J'ai retrouvé, parmi les papiers laissés par Paul de Musset, cette +_clef_ des personnages de _Lui et Elle_, écrite par l'auteur lui-même: + + Olympe de B*** George Sand. + Édouard de Falconey Alfred de Musset. + Diogène Gustave Planche. + Jean Cazeau Jules Sandeau. + Pierre Paul de Musset. + L'éditeur Buloz. + Caliban Boucoiran. + Hercule Laurens. + Le comte Meretti [En blanc]. + Le docteur Palmerillo Le Dr Pagello. + Édouard Verdier Alfred Tattet. + Hans Flocken L'abbé Liszt. + +_Lui et Elle_ ne fit qu'augmenter le tapage: deux camps se formèrent +et l'encre coula à flots. Nous ne prétendons pas écrire l'histoire de +cette guerre; nous ne voulons plus que citer deux lettres inédites, la +première et la dernière en date, de celles que Paul de Musset +recueillit en cette occasion et dont il forma tout un dossier. + + _Mme Augustine Brohan à Paul de Musset._ + + «Avenue de Saint-Cloud, 28 mai 1859. + + «Je viens de lire _Lui et Elle_, puis _Elle et Lui_. Cela, + Monsieur, vous sera sans doute fort indifférent d'avoir mon avis; + mais votre esprit généreux comprendra que j'aie voulu vous le + donner. + + «Si vous vous souvenez de mon nom, vous vous souviendrez aussi que, + pendant de longues années, notre grand poète, votre frère, + m'appelait son _amie_, et ami, véritablement je l'étais. + Simplement, sans que cela fût la suite ou le commencement d'un + autre voyage du coeur, il lui avait plu de se plaindre à moi de ces + horribles souffrances qui avaient aigri et changé sa nature + première, parce qu'il avait compris quelle sympathie il y avait + dans mon âme pour sa pauvre âme brisée. Souvent, il m'a dit que + s'il y avait un remède pour le sauver de cette incurable maladie + qui le minait, c'est moi qui le saurais trouver. Mais, hélas! quels + que fussent mes efforts, le besoin d'oublier le replongeait dans + les étourdissements qu'il recherchait. D'ailleurs, là où votre + affection échouait, il n'y avait plus de remède. + + «Quand la mort, cruelle pour nous qui le perdions, est venue le + délivrer, le seul regret qu'on peut raisonnablement avoir était de + ne plus rien pouvoir pour lui; qui donc aurait pu jamais supposer + qu'on eût à le venger? Il n'est pas besoin de vous dire quel + dégoût (il n'est pas besoin non plus d'être femme pour l'éprouver,) + quel dégoût, dis-je, prend à la gorge en lisant ce pamphlet d'_Elle + et Lui_!... + + «Assurément, mon intention n'est point de faire de grandes phrases, + mais comment parler posément de cette audacieuse calomnie, qui a + tenté de ternir la mémoire illustre d'un génie et d'un coeur comme + celui que nous pleurons! + + «Je ne voulais, Monsieur, que vous dire bonnement que votre réponse + a déchargé ma colère, dont j'étouffais. Je voulais vous remercier + d'avoir remis dans mon coeur, fidèle au souvenir, les mots, les + idées, les _airs ressemblants_ du cher mort. Vous m'avez donné de + profondes joies, et je vous devais de vous en dire ma + reconnaissance. + + «Alfred de Musset, vous l'avez bien voulu dire vous-même, + appartient à la jeunesse, à ce qui souffre, à ce qui aime, et j'ai + été jeune en son temps. J'ai souffert,--qui n'a pas souffert?--et + j'aime un bel enfant qui est le mien, à qui j'apprends à épeler + dans ces belles poésies sorties du coeur du poète et qui devaient + le protéger contre tous, quand encore on n'aurait pas eu l'honneur + d'être aimée de lui. + + «Recevez, Monsieur, mes compliments les meilleurs et les plus + empressés sur la noble façon dont vous avez rempli la tâche que + tout esprit honnête voudrait avoir à remplir. + + «BROHAN». + +Si véhémente que puisse paraître cette lettre, aujourd'hui que les +esprits sont calmés, elle n'égale pas en violence les articles de _La +Correspondance littéraire_, du _Journal des Débats_, de la _Revue +Contemporaine_, etc. + + _Philarète Chasles à Madame Chodzko._ + + «29 avril 1861. + + «Vous devinez avec la grâce et la sûreté de coup d'oeil les plus + charmantes, chère Madame, tout ce qui peut m'être cher et + précieux. Il n'y a pas d'être plus noblement doué ni que je vénère + plus que Madame Dudevant. C'est le premier écrivain de cette + époque, et si Dieu lui avait donné un peu plus de faiblesse, + c'est-à-dire un peu plus d'amour, et, avec ce don, un peu plus + d'indulgence (l'amour n'est que pardon), elle ne serait peut-être + pas un peintre aussi incomparable. Elle n'aurait pas non plus + commis les deux seules erreurs graves de sa vie, de parler de ses + ancêtres féminins dans ses Mémoires et d'Alfred de Musset dans son + livre. Deux malheurs que l'honnête homme a pu se permettre, mais + que _la femme_, si elle eût été plus terriblement femme, n'aurait + pas admises, alors même que le vilain monstre pécuniaire et + corrupteur qui lui a soufflé ces crimes contre la délicatesse + d'âme, l'eût encore plus violemment entraînée à les commettre. + + «Mais il faut accepter ce que Dieu nous donne, la cerise avec son + poison et l'ananas avec son ivresse et le soleil de l'Inde avec la + fièvre. Il y a chez George Sand un génie de peinture, une grandeur + de sentiment, une largeur chaude de style artistique, rares chez + les génies les plus rares, qui, mêlés à une probité et à une + équité superbes, en font un des plus beaux honneurs de notre + France actuelle. + + «Je serai très heureux qu'elle veuille bien agréer mon humble + hommage et je vous remercie bien cordialement d'une entremise qui + me rend, certes, notre grand homme plus favorable.... + + «Mille tendres et respectueux remerciements. + + «PHILARÈTE CHASLES». + + * * * * * + +Aujourd'hui, toutes ces haines sont mortes; le poète est couché selon +ses voeux sous le saule qu'il a lui-même demandé: + + Mes chers amis, quand je mourrai, + Plantez un saule au cimetière; + J'aime son feuillage éploré, + La pâleur m'en est douce et chère, + Et son ombre sera légère + A la terre où je dormirai. + +Tandis que là-bas, sous le grand cyprès, la Bonne Dame de Nohant +repose auprès de son fils et de son petit-fils. Alors, pourquoi la +soeur du poète ne veut-elle pas laisser dire toute la vérité et, comme +la famille de George Sand, autoriser la publication des lettres, pour +dissiper toute équivoque? Ni l'un ni l'autre des amants n'a rien à y +perdre, tous deux ont beaucoup à y gagner. + + + + +INDEX BIBLIOGRAPHIQUE + + + + +INDEX BIBLIOGRAPHIQUE + + +1833 + +20 et 25 juin.--Le Temps. Critique de _Un Spectacle dans un Fauteuil_, +par A. G. (2 articles). + +11 juillet.--Journal des Débats. Critique de _Valentine_, par C. R. +(Cuvillier-Fleury). + +28 juillet.--Journal des Débats. Critique de _Un Spectacle dans un +Fauteuil_ et des _Contes d'Espagne et d'Italie_, par J. S. + +LÉLIA, PAR GEORGE SAND. Paris, Dupuis et Tenré, 1833. 2 vol. in-8. + +7 août.--Bagatelle. Critique de _Lélia_, par Lottin de Laval. + +9 août.--L'Europe littéraire. Les Bas-Bleus, par Capo de Feuillide. + +Réimprimé dans: CHRONIQUES DU CAFÉ DE PARIS, 1er LIV., LE JEUNE +HOMME. Paris, U. Canel et A. Guyot, 1833. 2 vol. in-8. Tome II, p. +283. + +15 août.--Revue des Deux-Mondes. Critique de _Lélia_, par G. Planche. + +22 août.--L'Europe littéraire. Critique de _Lélia_, par Capo de +Feuillide. + +24 août.--Le Figaro. Il ou Elle. (Sur le duel Planche-De Feuillide). + +30 août.--L'Écho de la Jeune France, p. 216. Le Duel de G. Planche et +C. de Feuillide. + +1er septembre.--Le Petit Poucet. Le Duel de G. Planche et de C. de +Feuillide. + +1er septembre.--Journal des Débats. Critique de _Lélia_, par C. R. +(Cuvillier-Fleury). + +29 septembre.--Le National. Critique de _Lélia_, par Sainte-Beuve. + +4 novembre.--Journal des Débats. Sur G. Sand, à propos d'_Indiana_, +par J. J. (J. Janin). + +29 novembre.--Journal des Débats. G. Sand et les _Heures du Soir_, par +J. J. (J. Janin). + + +1834 + +9 janvier.--L'Europe littéraire. G. Sand et J. Sandeau, par A. Luchet. + +24 mars.--Journal des Débats. G. Sand à propos de _Valentine_, par J. +J. (J. Janin). + +15 mai.--Revue des Deux-Mondes. 1re Lettre d'un Voyageur, par G. Sand. + +15 juillet.--Revue des Deux-Mondes. 2e Lettre d'un Voyageur, par G. +Sand. + +15 septembre.--Revue des Deux-Mondes. 3e Lettre d'un Voyageur, par G. +Sand. + +1er octobre.--Journal des Femmes. Critique de _Un Spectacle dans un +Fauteuil_, par Mme Cl. Robert. + +1er octobre.--Revue des Deux-Mondes. Critique de _Jacques_, par G. +Planche. + +15 octobre.--Revue des Deux-Mondes. 4e Lettre d'un Voyageur, par G. +Sand. + + +1835 + +1er janvier.--Revue des Deux-Mondes. Une bonne fortune, par Alfred de +Musset. + +15 janvier.--Revue des Deux-Mondes. 5e Lettre d'un Voyageur, par G. +Sand. + +15 juin.--Revue des Deux-Mondes. La Nuit de Mai, par Alfred de Musset. + +15 juillet.--Le Mercure de France. Quelques gens de Lettres dans leur +intérieur, par Une Contemporaine. (Mme Ida Saint-Elme). + +15 septembre.--Revue des Deux-Mondes. Fragment de la _Confession d'un +Enfant du siècle_, par Alfred de Musset. + +1er décembre.--Revue des Deux-Mondes. La Nuit de Décembre, par Alf. de +Musset. + + +1836 + +LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, PAR ALFRED DE MUSSET. Paris, +Bonnaire, 1836. 2 vol. in-8. + +7 février.--Revue de Paris, p. 53.--Critique de _La Confession_, par +B. Z. + +15 février.--Revue des Deux-Mondes. Critique de _La Confession_, par +Sainte-Beuve. + +21 février.--Chronique de Paris. Critique de _La Confession_, par C. +A. (Chaudesaigues). + +24 février.--La Quotidienne. Critique de _La Confession_ et +comparaison avec _Lélia_, par Th. Muret. + +1er mars.--Revue des Deux-Mondes. Lettre à Lamartine, par Alfred de +Musset. + +10 mars.--Petit Courrier des Dames. Critique et Extrait de _La +Confession_, non signé. + +10 mars.--Le Voleur. Critique de _La Confession_, par H. C. + +15 mars.--Le Mercure de France. Critique de _La Confession_, par S.-H. +Berthoud. + +15 juin.--L'Écho de la Jeune France. Critique de _La Confession_, non +signé. + +1er juillet.--Revue des Deux-Mondes. Portrait de G. Sand, gravé sur +acier par Calamatta, d'après Eugène Delacroix. + +15 août.--Revue des Deux-Mondes. La Nuit d'Août, par Alfred de Musset. + +CRITIQUES ET PORTRAITS LITTÉRAIRES, PAR SAINTE-BEUVE. Paris, Renduel, +1832-1836. 3 vol. in-8.--Tome II, p. 283. Les _Nuits_, la _Confession_ +et les _Lettres d'un Voyageur_. + +10 octobre.--Petit Courrier des Dames. Note et Extrait de _La Nuit +d'Août_. + + +1837 + +LETTRES SUR LES ÉCRIVAINS FRANÇAIS, PAR VAN ENGELGOM (Jules Lecomte). +Bruxelles, 1837. 1 vol. in-12.--p. 35. Pourquoi, au théâtre, Alfred de +Musset fuyait à la vue de G. Sand. + +10 mars.--La Fronde. Critique de _La Confession_, non signé. + +5 juin.--Le Voleur. Lettre de G. Sand au vicomte S. de +Larochefoucault. + +LETTRES D'UN VOYAGEUR, PAR G. SAND. Paris, Bonnaire, 1837. 2 vol. +in-8. + +30 juillet.--Revue de Paris, p. 314. Critique des _Lettres d'un +Voyageur_. + + +1839 + +LE POÈTE DÉCHU, PAR ALFRED DE MUSSET. OEuvre inédite. + + +1840 + +LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, PAR ALFRED DE MUSSET. Paris, +Charpentier, 1840. 1 vol. in-12. + +26 juillet.--Revue de Paris, p. 289. G. Sand et ses _Lettres d'un +voyageur_. + + +1841 + +LES ÉCRIVAINS MODERNES DE LA FRANCE, PAR CHAUDESAIGUES. Paris. +Gosselin, 1841. 1 vol. in-12.--p. 88. Analyse de _La Confession_. +(Reproduction, avec quelques changements de l'article de la _Chronique +de Paris_ du 21 février 1836). + +15 février.--Revue des Deux-Mondes. Souvenir, poésie, par Alfred de +Musset. + + +1844 + +1er avril.--Revue des Deux-Mondes. A mon frère revenant d'Italie, +stances, par Alfred de Musset.--Le Constitutionnel du 6 avril en +publie un extrait. + + +1846 + +18 janvier.--L'Artiste. Alfred de Musset, G. Sand et le Voyage en +Italie; les _Nuits_, par H. Vermot. Extrait d'une des _Lettres d'un +Voyageur_, par G. Sand. + + +1847 + +21 février.--L'Artiste, p. 249. Jugement de G. Sand sur Alfred de +Musset, par Aug. Desplaces. + + +1848 + +21-24 juin.--Le Petit-Fils du Père Duchêne. A propos du pamphlet: +_Amours et intrigues de G. Sand_ (par Brault, in-8). + + +1850 + +1er juillet.--L'Artiste. Parallèle du talent d'Alfred de Musset et de +celui de G. Sand. + + +1853 + +PORTRAITS A LA PLUME, PAR CLÉMENT DE RIS. Paris, Didier, 1853. 1 vol. +in-12. p. 30. Critique de _La Confession_. + + +1854 + +ALFRED DE MUSSET, PAR EUGÈNE DE MIRECOURT. Paris, Roret, 1854. 1 vol. +in-32. + +GEORGE SAND, PAR EUGÈNE DE MIRECOURT. Paris, Roret, 1854. 1 vol. +in-32. + +15 février.--Le Mousquetaire. Lettre de G. Sand à E. de Mirecourt, à +propos de sa _Biographie_.--E. de Mirecourt répond par une lettre +insérée dans le numéro du 17 février et toute une polémique s'engage +et se continue jusqu'au 2 mars. + +12 mars.--Le Mousquetaire. Critique de _La Confession_, par A. Dumas. + +HISTOIRE DE MA VIE, PAR G. SAND. Paris, Lecou, 1854-1855. 20 vol. +in-8.--Tome XVII, p. 219-233. Le Voyage en Italie. + + +1857 + +10 mai.--La Gazette de Paris. Sur _La Confession_, par Ph. Audebrand. + +13 mai.--Triboulet et Diogène. Alfred de Musset, G. Sand et _La +Confession_, par Ch. de Lavarenne. + +9 juin.--Les Contemporains. Comment écrivaient Alfred de Musset et G. +Sand, par Mirecourt. + + +1858 + +3 juillet.--L'Artiste. Alfred de Musset et G. Sand, par L. Ratisbonne. + + +1859 + +ELLE ET LUI, PAR GEORGE SAND. Revue des Deux-Mondes, 15 janvier, 1er +et 15 février, 15 mars. + +ELLE ET LUI, PAR GEORGE SAND. Paris, Hachette, 1859. 1 vol. in-12. + +LUI ET ELLE, PAR PAUL DE MUSSET. Magasin de Librairie, 10 et 25 avril, +10 mai. + +LUI, PAR Mme LOUISE COLET. Le Messager de Paris, du 23 août au 16 +septembre (22 feuilletons). + +3 mars.--Journal des Débats. Critique de _Elle et Lui_, par +Prévost-Paradol. + +5 avril.--La Correspondance Littéraire. Critique de _Elle et Lui_, par +Ludovic Lalanne. + +11 avril.--La Mode. Critique de _Elle et Lui_, par U. Guttinguer. + +15 avril.--Revue Anecdotique. Sur _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, clef +des personnages. + +20 avril et 5 mai.--La Correspondance Littéraire. Critique de _Lui et +Elle_, par Lud. Lalanne. + +1er mai.--Revue Anecdotique. Rectification de la clef de _Elle et +Lui_. + +21 mai.--L'Illustration. Critique de _Elle et Lui_. + +24 mai.--Le Siècle. Critique de _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, par +Delord. + +5 juin.--Le Quart d'heure. Lettre à Paul de Musset, par A. Louvet. + +7 juin.--La Gazette de France. Critique de _Elle et Lui_. + +15 juin.--Le Pays. Critique de _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, par +Barbey d'Aurevilly. + +25 juillet.--Le Correspondant. Critique de _Elle et Lui, Lui et Elle_, +par A. de Pontmartin. + +15 août.--Revue contemporaine. Confessions de Deux Enfants du Siècle, +par H. Babou. + +18 août.--Revue de l'Instruction publique. Critique de _Elle et Lui_, +par A. Claveau. + +15 octobre.--Revue des Deux-Mondes. Préface de _Jean de La Roche_, par +G. Sand. + +1er novembre.--Revue Anecdotique. A propos de _Lui_, extrait du +_Causeur_. + +25 novembre.--La Correspondance Littéraire. La préface de _Jean de La +Roche_ et Alfred de Musset. + +27 novembre.--Journal des Débats. Critique de _Lui_, par +Cuvillier-Fleury. + +10 décembre.--Magasin de Librairie. Critique de _Lui_, par T. Delord. + +L'ANNÉE LITTÉRAIRE ET DRAMATIQUE, PAR VAPEREAU. ANNÉE 1859. Paris, +Hachette. 1 vol. in-12.--p. 63. A propos d'_Elle et Lui_.--p. 91. Sur +_Lui et Elle_.--p. 94. Sur _Lui_. + + +1860 + +LUI ET ELLE, par Paul de Musset. Paris, Charpentier, 1860. 1 vol. +in-12. + +Lui, PAR Mme LOUISE COLET. Paris, Bourdilliat, 1860. 1 vol. in-12. + +EUX, DRAME CONTEMPORAIN, PAR MOI (A. Doinet). Caen, Legost-Clerisse, +1860. 1 vol. in-12. + +EUX ET ELLES, par M. de Lescure. Paris, Poulet-Malassis et De Broise, +1860. 1 vol. in-12. + +1er janvier.--Revue Anecdotique. Note sur _Eux_, pseudonyme de +l'auteur. + +Janvier.--Bentley's quarterly review. Étude sur G. Sand. + +25 janvier.--La Correspondance Littéraire. Critique de _Lui et Elle_, +par Lud. Lalanne. + +14 février.--Le Gaulois. Les Amours d'un poète, idylle en 4 colonnes +par A. Delatouche. + +19 février.--Le Gaulois. Note relative aux Amours d'un Poète. + +JEAN DE LA ROCHE, PAR GEORGE SAND. Paris, Hachette, 1860. 1 vol. +in-12. + +1er mars.--Revue Anecdotique. Stances sur _Lui_, par Andréa P. + +25 mars.--La Correspondance Littéraire. A propos des vers d'Andréa P. + +1er avril.--Revue Anecdotique. Note sur le livre de M. de Lescure. + +L'ANNÉE LITTÉRAIRE ET DRAMATIQUE, PAR VAPEREAU. 3e ANNÉE. 1860. Paris, +Hachette. 1 vol. in-12.--p. 145. Des clefs de roman, à propos de _Jean +de La Roche_. + + +1861 + +1er mars.--Revue Anecdotique, p. 97. _Elle et Lui_, pastiche en vers, +par Th. de Banville. + +1er octobre.--Revue Anecdotique. Clef des personnages de _Lui_. + + +1862 + +ALFRED DE MUSSET, PAR ADOLPHE PERREAU. Paris, Poulet-Malassis, 1862. 1 +vol. in-12.--p. 21 à 40. Alfred de Musset et G. Sand, les _Nuits_, +etc... + +L'ITALIE DES ITALIENS, PAR Mme LOUISE COLET. Paris, Dentu, 1862. 4 +vol. in-12. Tome I. p. 248. + + +1863 + +LES MORTS VONT VITE, PAR ALEXANDRE DUMAS. Paris, M. Lévy, 1863. 2 vol. +in-12.--T. II, p. 109, 135, 165. Sur _La Confession_, etc. + + +1864 + +15 mars.--Nouvelle Revue de Paris. Critique de _Elle et Lui_. + +ALFRED DE MUSSET DEVANT LA JEUNESSE, PAR LISSAGARAY. Paris, Cournol, +1864. Brochure in-8º. p. 15. Sur _La Confession_, etc... + +19 mars.--La Petite Revue. Réfutation de la conférence de M. +Lissagaray, par Pincebourde. + +8 mai.--Le Temps. Réfutation de la conférence de M. Lissagaray, par H. +de Lagardie. + + +1865 + +LES POÉSIES D'ALFRED DE MUSSET, PAR CH. BIGOT, conférence. Nevers, +tous les libraires, 1865. Brochure in-8.--p. 7. Alfred de Musset et G. +Sand, désespoir du poète trahi. + +Juin.--Revue Moderne. Deux Sonnets sur _Chatterton_ d'Alfred de Vigny, +par Alfred de Musset et G. Sand, et lettre de L. Ratisbonne. + +Reproduit dans: La Petite Revue, 17 juin 1865.--Gazette Anecdotique, +28 février 1877.--Les Annales, 18 décembre 1887.--J'ai trouvé dans les +papiers d'Alfred de Musset une lettre de Paul de Musset à Louis +Ratisbonne; celui-ci, en sa qualité de directeur de la _Revue Moderne_ +avait communiqué au frère du poète le texte des deux sonnets avant +leur publication. + +Dans cette lettre, datée du 9 mai 1865, publiée par nous dans la +_Revue d'Histoire Littéraire_ du 15 janvier 1898, Paul de Musset nie +l'authenticité des deux sonnets. D'autre part, M. Georges Jubin met au +jour dans la _Revue Bleue_ du 3 avril 1897 des documents qui +établissent que George Sand n'a pas composé l'un de ces sonnets et +qu'Alfred de Musset est l'auteur de tous deux. Voir p. 208. + +ALFRED DE MUSSET, SES POÉSIES. LECTURE FAITE A AMIENS le 8 avril 1865, +(par A. Th.) Amiens, Imprimerie de Jeunet, 1865. Brochure in-8, p. 15 +à 36. + + +1866 + +1er avril.--Revue du XIXe siècle. La Littérature de 1830. + +OEUVRES D'ALFRED DE MUSSET. Édition dédiée aux amis du poète, avec une +Notice biographique par son frère. Paris, Charpentier, 1865-1866. 10 +vol. in-4.--Tome X, p. 19 à 27. Le Voyage en Italie, les _Nuits_, la +_Confession_.--p. 32-33. Sur le _Poète Déchu_, le _Souvenir_. + +1er décembre.--Revue du XIXe siècle. Alfred de Musset et G. Sand, +d'après Pierre Leroux. + + +1868 + +3 octobre.--L'Illustration, p. 211. Les Correspondances de G. Sand +avec Michel de Bourges, M. de La Rounat et Alfred de Musset. + + +1869 + +PORTRAITS CONTEMPORAINS, PAR SAINTE-BEUVE. Nouvelle édition. Paris, C. +Lévy, 1869. 5 vol. in-12.--Tome I, p. 516. Lettres de George Sand à +Sainte-Beuve. + +UNE GRANDE VICTIME DE L'ESPRIT DE SON TEMPS, ALFRED DE MUSSET, PAR +LUCIEN DEGRON. Caen, Domin, 1869. Brochure in-8, p. 30. + + +1872 + +19 octobre.--La Renaissance littéraire et artistique. Des livres +écrits sur Alfred de Musset et George Sand, d'après Champfleury. + + +1873 + +LES COULISSES DU PASSÉ, PAR PAUL FOUCHER. Paris, Dentu, 1873. 1 vol. +in-12.--p. 282. Le désespoir d'Alfred de Musset.--p. 371. Alfred de +Musset et G. Sand dans les _Portraits_ de Sainte-Beuve. + +11 mars.--Le Corsaire. Sonnet à G. Sand: «Telle de l'Angelus», par +Alfred de Musset. + +Reproduit dans: Le Constitutionnel, 12 janvier 1881.--Le Figaro, 15 +janvier 1881.--Le Gaulois, 19 août 1896, etc. + + +1875 + +ALFRED DE MUSSET, PAR H. SECRETAN. Lausanne, Imprimerie +Howard-Delisle, 1875. 1 vol. in-8º.--p. 68. G. Sand et Alfred de +Musset, fragments de trois lettres de G. Sand à Sainte-Beuve. + + +1876 + +31 mars.--Gazette Anecdotique. Critique de _Lui_, par G. d'Heylli. + +6 avril.--La Vie Littéraire. Alfred de Musset, G. Sand et Mme Colet, +par Maxime Rude. + +LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, PAR ALFRED DE MUSSET, orné de 1 +portrait et 1 vignette à l'eau-forte. Paris, Charpentier, 1876. 1 vol. +in-32. + +ROMANCIERS CONTEMPORAINS, PAR MARIUS TOPIN. Paris, Charpentier, 1876. +1 vol. in-12.--p. 31. Sur _Lui et Elle_, _Elle et Lui_. + + +1877 + +BIOGRAPHIE D'ALFRED DE MUSSET, PAR PAUL DE MUSSET. Paris, Charpentier, +1877. 1 vol. in-12. Voir p. 118, 125 à 132, 139, 144 et 260. + +Février.--La Patrie. Sur les sonnets à Alfred de Vigny, par Ed. +Fournier. + +25 février.--Le Courrier littéraire, p. 364. Critique de _La +Confession_; G. Sand et Musset, par Coriolis. + +CATULLE ET ALFRED DE MUSSET, PAR EUGÈNE ROSTAND. Discours de réception +à l'Académie de Marseille, prononcé le 4 février 1877. Paris, Hachette +et Cie, 1877. Brochure in-8º.--Voir p. 11, 12, 13, 19 à 29. + +14 avril.--L'Homme libre. Lettre d'Alfred de Musset à G. Sand et +stances à G. Sand: «Porte ta vie...» par Alfred de Musset. + +Stances reproduites dans: Le Figaro, 28 avril 1882.--Les Annales +politiques et littéraires, 19 avril 1891.--L'Observateur français, 21 +avril 1891.--Le Courrier de Londres et de l'Europe, 26 avril +1891.--Gazette anecdotique, 15 mai 1891.--Le Figaro, 9 mai 1892.--Le +Jour, 11 mai 1892.--Simple Revue, 1er juillet 1894.--Pages d'art et de +sciences (Bruxelles), décembre 1894.--Saint-Raphaël-Revue, 28 juin +1896.--Le Courrier australien (Sidney), 3 octobre 1896.--Le Petit +Temps, 31 octobre 1896.--Le Précurseur (Anvers), 31 octobre 1896.--La +Revue de Paris, 1er novembre 1896.--Journal des Débats, 1er novembre +1896.--Fanfulla (Rome), 3-4 novembre 1896.--Il Resto del Carlino +(Bologne), 5 novembre 1896, etc. + +ALFRED DE MUSSET, VON PAUL LINDAU. Berlin, A. Hoffmann, 1877. 1 vol. +in-8º.--p. 118 et suiv. Alfred de Musset et G. Sand, les _Lettres d'un +Voyageur_, _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, _Lui_, etc... + + +1878 + +1er mars.--Revue des Deux-Mondes, p. 17. Allusions au Voyage en Italie +fait par G. Sand dans _Leone Leoni_. + +15 mars.--Revue des Deux-Mondes. Sur _Elle et Lui_, par +d'Haussonville. + +CATALOGUE DE LETTRES AUTOGRAPHES, comprenant les correspondances de +Ph. Chasles, G. Planche et Sauvage. Vente rue des Bons-Enfants le 28 +juin 1878. Paris, Charavay, 1878. Brochure in-8º.--Nos 141 et 142. +Lettres d'Alfred de Musset à G. Planche et réponse de celui-ci, 8 et +10 novembre 1834. (Provocation en duel à propos de G. Sand et +excuses). + +Septembre-octobre.--The North American review. Alfred de Musset et G. +Sand, par T. S. Perry. + +LUI ET ELLE, PAR PAUL DE MUSSET, avec deux dessins de Rochegrosse. +Paris, Charpentier, 1878. 1 vol. in-32. + +1er novembre.--Revue des Deux-Mondes. Après la lecture d'_Indiana_, +stances, par Alfred de Musset. + + +1879 + +7 février.--Revue du XIXe siècle. A propos de l'édition in-32 de _Lui +et Elle_, par Ch. Bigot. + +SAINTE-BEUVE ET SES INCONNUES, PAR A. PONS. Paris, Ollendorff, 1879. +1 vol. in-12.--p. 115 à 121. Alfred de Musset, G. Sand, leur +correspondance, extraits, etc... + +ALFRED DE MUSSET. SPOWIEDZ' DZIECIECIA WIEKU przklad L. Kaczynskiej. +Warszawa. Nakladem Radakcyl Przegladu Tygodniowego. 1879. 2 vol. +in-16. Traduction de _La Confession d'un Enfant du Siècle_. + + +1880 + +UN AMOUR DE MUSSET, PAR AUGUSTE MARIN, comédie en 1 acte, en vers. +Paris, Dentu, 1880. 1 vol. in-12.--Les deux personnages de cette +pièce, représentée pour la première fois à Marseille, sur le théâtre +du Gymnase, le 13 janvier 1880, sont G. Sand et Alfred de Musset. Elle +a été réimprimée en 1895 sous le titre de: «Un amour de Poète». + +THE POET AND THE MUSE, BEING A VERSION OF ALFRED DE MUSSET: La Nuit de +mai, la Nuit d'août and la Nuit d'octobre, with an Introduction by +Walter Herries Pollock. London, Richard Bentley son, 1880. 1 vol. +in-12. + +ALFRED DE MUSSET. LA CONFESION DE UN HIJO DEL SIGLO. Traduccion de R. +G. Madrid. Imprenta de la Gaceta Universal, 1880. 1 vol. in-12. + +5 juin.--L'Illustration, p. 358. Sur la Correspondance de G. Sand avec +Alfred de Musset. + +Septembre.--Temple Bar magazine (Londres). Alfred de Musset, non +signé. + + +1881 + +15 janvier.--Gazette Anecdotique. Note relative à la Correspondance de +G. Sand et d'Alfred de Musset. + +29-30 janvier.--El Corriere della Sera (Milan). La Sand e il dottor +Pagello. (Lettre du Dr Pagello, Serenata à G. Sand.) + +1er février.--The Fortnightly review (Londres). Tennyson et Alfred de +Musset, par A.-C. Swinburne.--p. 137 et suiv. G. Sand, la +_Confession_, etc... + +14 mars.--Le Figaro. George Sand et Pagello, par D***. Traduction de +la lettre de Pagello publiée dans le Corriere della Sera. + +1er avril.--La Revue Bordelaise. Un mot sur Alfred de Musset et G. +Sand. + +1er mai.--L'Illustrazione Italiana (Milan). Le Dr Pagello et G. Sand à +Venise. + +15 juin.--Revue des Deux-Mondes, p. 789. Sur G. Sand, _Elle et Lui_, +_Lui et Elle_, par E. Montégut. + +DOCUMENTS LITTÉRAIRES, PAR ÉMILE ZOLA. Paris, Charpentier, 1881. 1 +vol. in-12.--p. 101, 207, 224, 276. + +22 octobre.--Le Parlement. Note inédite de Paul de Musset sur _Elle et +Lui_. + + +1882 + +26 avril.--Le Figaro. Lettre de G. Sand où il s'agit d'Alfred de +Musset. + +25 juillet.--L'Intermédiaire des Chercheurs. Clef partielle de _Elle +et Lui_. + +15 août.--Revue des Deux-Mondes. Critique de _Elle et Lui_, _Lui et +Elle_, _Lui_, par Maxime Du Camp. + +31 août.--Gazette Anecdotique, p. 97. Alfred de Musset et G. Sand, +d'après Maxime Du Camp. + +LUIGIA CODEMO. RACCONTI, SCENE, BOZZETTI, PRODUZIONI DRAMATICHE. +Treviso, coi typi di L. Zopelli editore. 1882. 2 vol. in-12 carré.--T. +I, p. 153 à 188: Sandiana. (G. Sand et Alfred de Musset à Venise, +fragments du Journal de Pagello, Lettre de G. Sand à Pagello, Pagello +à Paris, Serenata à G. Sand, sur _Lui et Elle_, etc...) + +3 septembre.--Le Figaro. Stances à G. Sand: «Te voilà revenu», par +Alfred de Musset, article par Racot. (Extrait des _Souvenirs_ de +Maxime Du Camp). + +Stances reproduites dans: La Gazette de France, +1882.--Saint-Raphaël-Revue, 28 juin 1896.--La Revue de Paris, 1er +novembre 1896. + +19-20 septembre.--La République Française. G. Sand et sa +correspondance, par A. Leroy. + +14 octobre.--Le Figaro. Lettre de G. Sand à Mirecourt (déjà publiée +dans le Mousquetaire, 1854). + +LAS NOCHES DE ALFREDO DE MUSSET, versio castellana en verso per +Guillermo Belmonte. Madrid, 1882. 1 vol. in-32. + +CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND, 1812-1876. Paris, C. Lévy, 1882. 6 vol. +in-12.--Voir principalement les tomes II et III. + +SOUVENIRS LITTÉRAIRES, PAR MAXIME DU CAMP. Paris, Hachette, 1882-1883. +2 vol. in-8º.--Voir tome II, p. 339 et suiv., 348, 360. + + +1883 + +25 février.--L'Intermédiaire des Chercheurs. Sur la clef de _Elle et +Lui_. + +28 février.--Gazette Anecdotique, p. 112. M. Grévy et l'échange des +lettres, d'après Le Gaulois. + +15 avril.--La Gazette Anecdotique, p. 209. G. Sand, Sandeau et Alfred +de Musset, d'après Barbey d'Aurevilly. + +4 mai.--Le Gaulois. Sur _Elle et Lui_, _Lui et Elle_. + +10 mai.--L'Intermédiaire des Chercheurs. Serenata à G. Sand, par P. +Pagello. + +15 mai.--Revue des Deux-Mondes, p. 435. Les Portraits d'Alfred de +Musset et de G. Sand à l'Exposition des Portraits du Siècle. + +15 octobre.--Revue des Deux-Mondes, p. 855. Chopin, Alfred de Musset +et G. Sand, d'après Liszt. + + +1884 + +29 février.--Gazette Anecdotique, p. 105. Des papiers intimes de +George Sand remis à M. Alexandre Dumas fils. + +15 mai.--Gazette Anecdotique, p. 275--Note sur Jules Sandeau et _Elle +et Lui_. + +VOLUPTÉ, PAR SAINTE-BEUVE. 11e édition. Paris, Charpentier, 1885. 1 +vol. in-12, p. 399. Lettre de George Sand à Sainte-Beuve. + +LES CONFESSIONS, PAR ARSÈNE HOUSSAYE. Paris, Dentu, 1885. 4 vol. in-8º +(voir année 1891).--Tome I, p. 271 à 283.--Tome II, p. 1 à 37. + + +1886 + +CATALOGUE D'UNE COLLECTION D'AUTOGRAPHES, vente du 29 janvier 1886, +Hôtel Drouot. Paris, Étienne Charavay. Brochure in-8º.--No 10. +Quatrain à Gustave Planche, par Alfred de Musset, autographe et texte +imprimé. + +Reproduit dans: L'Événement, 28 janvier 1886.--Le Temps, 28 janvier +1886.--La France, 31 janvier 1886.--Paris, 30 janvier 1886.--Revue de +France, 9 avril 1892.--Le Magasin Littéraire, mars 1895, p. 99. + +CATALOGUE DE LETTRES AUTOGRAPHES. Vente du 10 mai 1886, Hôtel Drouot. +Paris, Eugène Charavay. Brochure in-8º.--No 226. Lettre de G. Sand à +Pagello et analyse de cette lettre. + +30 juin.--Gazette Anecdotique, p. 272. Analyse de la Lettre de G. Sand +à Pagello. (Catalogue du 10 mai 1886). + + +1887 + +LES ÉDITIONS ORIGINALES DES ROMANTIQUES, PAR L. DEROME. Paris, +Rouveyre, 1887. 2 vol. in-8.--Tome I, p. 63-64. + +3 mai (21 avril).--Rouskya Kourier (Moscou). Alfred de Musset et G. +Sand. + +Octobre.--Les Annales de l'Est, no 4.--Alfred de Musset à Bade, par E. +Krantz, lettres inédites. + + +1888 + +ALFRED DE MUSSET A BADE, PAR ÉMILE KRANTZ, avec lettres inédites. +Extrait des Annales de l'Est. Nancy, imprimerie Berger-Levrault, +1888.--Brochure in-8º. + +3 mars.--Gil Blas. G. Sand et Alfred de Musset, par A. Silvestre. + +15 juillet.--La Revue de Paris et Saint-Pétersbourg. Alfred de Musset +et G. Sand en Italie, par A. Houssaye. + + +1889 + +27 avril.--Le Figaro. G. Sand, Alfred de Musset et Mme de Belgiojoso, +par A. Houssaye. + +10 juin.--La Revue de Paris et Saint-Pétersbourg. Dialogue des morts +et des vivants, par Alceste. + + +1891 + +LES CONFESSIONS, PAR ARSÈNE HOUSSAYE. Tomes V et VI. Paris, Dentu, +1891. 2 vol. in-8º.--Tome V, p. 168. + +19 avril.--Les Annales Politiques et Littéraires. Alfred de Musset et +G. Sand, d'après M. A. Brisson. + +LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, PAR ALFRED DE MUSSET. Dix +compositions de Jazet gravées à l'eau-forte par Abot. Paris, ancienne +maison Quantin, May et Motteroz, 1891. 1 vol. in-4º. + + +1892 + +ÉTUDES ET RÉCITS SUR ALFRED DE MUSSET, PAR Mme DE JANZÉ. Paris, Plon, +1892. 1 vol. in-12.--p. 26 à 43. G. Sand et Alfred de Musset. + +6 mars.--Le Soir (Bruxelles). Sur la correspondance d'Alfred de Musset +et de G. Sand. + +5 mai.--La Dépêche (Toulouse). Les Femmes d'Alfred de Musset, par +Pierre et Paul. + +12 septembre.--The Morning Post (Londres). Alfred de Musset et G. +Sand, d'après Maxime Du Camp. + +15 octobre.--Revue Bleue. Alfred de Musset et G. Sand, par E. Grenier, +avec extraits de leurs lettres. + +20 novembre.--L'Intermédiaire des Chercheurs. La Correspondance +Sand-Musset, par le Dr Cabanès. + +THE CONFESSION OF A CHILD OF THE CENTURY, BY ALFRED DE MUSSET. +Translated by Kendall Warren. Chicago. C. H. Sergel and Co. 1892. 1 +vol. in-12. + +21 novembre.--L'Éclair. La Correspondance de G. Sand et d'Alfred de +Musset. + +22 novembre.--The Morning Post (Londres). Sur la correspondance +Sand-Musset. + +25 novembre.--L'Estafette. A propos de l'article du Dr Cabanès dans +l'Intermédiaire. + +25 novembre.--La Gironde (Bordeaux). Note sur la correspondance +Sand-Musset. + +26 novembre.--Le Voltaire. Sur les traces perdues de la +Correspondance. + +30 novembre.--Gazette Anecdotique, p. 360. Sur la publication de la +Correspondance. + +8 décembre.--L'Indépendance Belge (Bruxelles). L'Affaire de la +Correspondance Sand-Musset, d'après le Dr Cabanès. + +15 avril 1892 à 15 janvier 1893.--Université catholique. Les +_Confessions_ de Saint Augustin, J.-J. Rousseau et Alfred de Musset, +par C. Douais (8 art.). + + +1893 + +2 janvier.--Le Gaulois. Sur la correspondance Sand-Musset, par H. +Lapauze. + +5 janvier.--El Correo (Madrid). La Correspondance Sand-Musset. + +6 février.--L'Univers. Critique du cours de M. Benoist. + +8 février.--Courrier de l'Ain. Sur le cours de M. Benoist, réponse à +l'Univers, par F. A. + +15 et 22 février.--Le Figaro. La Correspondance de G. Sand et de +Sainte-Beuve, par le Vte de Spoelberch de Lovenjoul. + +18 février.--L'Écho de Paris. Influence de G. Sand sur Alfred de +Musset, par Armand Silvestre. + +23 février.--L'Événement. Les Amours de G. Sand. + +Mars.--The Nineteenth Century (Londres).--p. 529. Alfred de Musset et +G. Sand, par L. Katscher. + +ALFRED DE MUSSET, PAR Mme ARVÈDE BARINE. Paris, Hachette, 1893. 1 vol. +in-12.--p. 57 à 90. Alfred de Musset et G. Sand, extraits de leur +correspondance.--p. 94 et 134. + +7 mai.--Le Gaulois. Les amoureux célèbres: Musset, Sand, Mme de +Belgiojoso. + +29 mai.--The Oriental Advertiser (Constantinople). Les Amoureux +célèbres, G. Sand, Mme de Belgiojoso et Alfred de Musset. La +Correspondance d'Alfred de Musset et de G. Sand. + +3 juin.--Le Gaulois. Des romans à clef, par P. Roche. + +15 juin.--Le Monde Thermal. Alfred de Musset et G. Sand, d'après Mme +Barine, par Saint-Herem. + +24 juin.--Le Siècle. Deux ancêtres. G. Sand et Alfred de Musset, par +Charley. + +26 juin.--Gazette de France. G. Sand et Alfred de Musset, d'après Mme +Barine, par E. Biré. + +15 juillet.--Le Téléphone. G. Sand et Alfred de Musset d'après Mme +Barine, par E. Trolliet. + +21 juillet.--Le Temps. Critique du livre de Mme Barine, par A. +Bossert. + +23 août.--Le Moniteur Universel. G. Sand, Alfred de Musset et Pagello, +d'après Mme Barine, par R. Doumic. + +21 septembre.--Le Gaulois. Alfred de Musset et G. Sand, d'après Mme +Barine, par A. Filon. + +31 décembre.--Le Figaro. Sur les portraits de G. Sand dessinés par +Alfred de Musset. + + +1894 + +11 et 12 février.--Le Gaulois. Sur la correspondance Sand-Musset. + +14 février.--La Liberté. Ce qui subsiste de la correspondance +Sand-Musset. + +17 février.--Paris. A propos des Sonnets à Alfred de Vigny, de G. Sand +et Alfred de Musset. + +17 février.--The Irish Times (Dublin). Critique de la conférence de M. +Guilgault sur G. Sand et la _Nuit de Mai_. + +15 mars.--Le Soir. Déclaration de Mme Lardin de Musset. + +21 mars.--Étoile Belge (Bruxelles). Sur la correspondance Sand-Musset. + +LES LUNDIS D'UN CHERCHEUR, PAR LE Vte DE SPOELBERCH DE LOVENJOUL. +Paris, C. Lévy, 1894. 1 vol. in-12.--p. 149 à 180. Les lettres +inédites de G. Sand. + +17 août.--Le Gaulois. Quand publiera-t-on la correspondance +Sand-Musset? + +ALFRED DE MUSSET AF SVEN SODERMANN. Stockolm, 1894. 1 vol. in-8º.--p. +98. A. de Musset, G. Sand. Voyage en Italie, les _Nuits_, _Lettres +d'un voyageur_, _Elle et Lui_, _Lui et Elle_, etc.--p. 112. Stances à +G. Sand: «Te voilà revenu». + +2 décembre.--Courrier de l'Aisne (Laon). Alfred de Musset et G. Sand +en Italie, par A. Houssaye. + +15 décembre.--La Revue de Paris. Une amitié romanesque, G. Sand et Mme +d'Agoult, par S. Rocheblave, avec lettres inédites. + +ALFRED DE MUSSET, PAR A. CLAVEAU. Paris, Lecène et Oudin, 1894. 1 vol. +in-8º--p. 37 à 52. La Crise, G. Sand, les _Nuits_. + + +1895 + +12 janvier.--Le Gaulois. Sur la correspondance Sand-Musset, sa +publication par H. Lapauze. + +1er mai.--La Nouvelle Revue. Deux lettres inédites de G. Sand à +Sainte-Beuve, par Ch. de Loménie. + +30 juin.--Gazette Anecdotique, p. 112. Déclaration de Mme Lardin de +Musset sur les lettres. + +ANONYME. UN AMOUR DE POÈTE, un acte, en vers. Collection de +l'Impressario. Br. in-16. + +Cette pièce, qui a, dit-on, pour auteurs MM. Léon d'Agenais et Roger +Dubled, est la réimpression textuelle, sans le plus petit changement, +de celle publiée en 1880 sous le titre de _Un Amour de Musset_, par +Auguste Marin. Elle est à deux personnages, G. Sand et Alfred de +Musset, et a été représentée en janvier 1896 au Théâtre Mondain de la +Cité d'Antin. + + +1896 + +ALFRED DE MUSSET. LES NUITS ET SOUVENIR. Un portrait d'après David +d'Angers et 17 vignettes d'après A. Gérardin. Paris, Pelletan, 1896. 1 +vol. in-8º. + +24 janvier.--Le Siècle. Critique de _Un Amour de poète_, pièce en 1 +acte. + +23 février.--Journal des Débats. Critique de l'étude de M. Sven +Sodermann sur Musset (1894). + +15 avril.--Le Gaulois. Des romans à clef, _Elle et Lui_, _Lui et +Elle_. + +19 avril.--L'Estafette. Projet de M. Rocheblave de publier la +correspondance Sand-Musset. + +1er mai et 1er juin. Cosmopolis. La véritable histoire d'Elle et Lui, +par M. le Vicomte de Spoelberch de Lovenjoul (2 articles)[65]. + + [65] L'édition de cette Revue, publiée à Londres, a donné lieu, + dans la presse anglaise, à un certain nombre d'articles qui ne + sont pas tous parvenus à ma connaissance. Réimprimée en volume. + +7 mai.--The Dundee Advertiser (Dundée). Critique de l'article de M. de +Spoelberch de Lovenjoul. + +12 mai.--The Yorkshire Post (Leeds). La véritable histoire d'Elle et +Lui, d'après M. de Spoelberch de Lovenjoul. + +15 mai.--Revue des Revues. Note sur l'article de M. de Spoelberch de +Lovenjoul. + +21 mai.--Horse Guards Gazette. Note sur l'article de M. de Spoelberch +de Lovenjoul. + +25 mai.--Paris. Sur _Elle et Lui_. A propos de l'article de M. de +Spoelberch de Lovenjoul. + +30 mai.--Le Gaulois. Critique de l'article de M. de Spoelberch de +Lovenjoul, par A. Galdemar. + +1er juin.--La Gironde (Bordeaux). Analyse de l'article de M. de +Spoelberch de Lovenjoul et extraits. + +3 juin.--Le Radical (Marseille). Analyse de l'article de M. de +Spoelberch de Lovenjoul, avec 5 lettres. + +4 juin.--Courrier de l'Aisne (Laon). Analyse de l'article de M. de +Spoelberch de Lovenjoul, avec 2 lettres. + +6 juin.--L'Écho du Nord (Lille). Analyse et extrait de la lettre de G. +Sand à Pagello. + +13 juin.--Revue Encyclopédique, p. 420. Les lettres d'Alfred de Musset +et de G. Sand, d'après l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul. + +13 juin.--The Saturday Review. Sur la 2e partie de l'article de M. de +Spoelberch de Lovenjoul. + +15 juin.--The Daily Free Press (Aberdeen). Elle et Lui, d'après M. de +Spoelberch de Lovenjoul. + +20 juin.--The Spectator (Londres), p. 879. Critique de l'article de M. +de Spoelberch de Lovenjoul. + +10 mai à 28 juin.--Saint-Raphaël Revue. Alfred de Musset, par Jean +Morin (8 art.). Voir les nos des 17 mai, 21 et 28 juin. + +8 juillet.--Journal de Genève. Chronique parisienne, d'après M. de +Spoelberch de Lovenjoul. + +15 juillet.--Revue d'histoire littéraire de la France. Critique de +l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul. + +15 juillet.--La Vie contemporaine, p. 139. Les amantes lyriques, par +E. Besnus. + +19 juillet.--Le Monde artiste, p. 454. Critique de l'article de M. de +Spoelberch de Lovenjoul et extraits. + +19 juillet.--Neue freie Presse (Vienne). Sie und Er, Elle et Lui, par +W. + +1er août.--Revue Hebdomadaire. Un roman vécu à trois personnages: +Alfred de Musset, G. Sand et le Dr Pagello, par le Dr Cabanès. + +1er août.--Paris. Alfred de Musset, G. Sand et l'Autre, par Caribert. + +2 août.--L'Événement. Des Lettres, Alfred de Musset et G. Sand, par +Maxime Rude. + +2 août.--Le Voltaire. Histoire d'amour, par Raoul Deberd. + +5 août.--Gil Blas. Alfred de Musset et G. Sand, par Gabriel Seguy. + +5 août.--Journal des Débats. Critique de l'article du Dr Cabanès. + +6 août.--Le Gaulois. Les Femmes de Musset, par H. Lapauze. + +Reproduit: Écho de la Semaine, 16 août. + +9 août.--L'Éclair. Elle, Lui et l'Autre, d'après le Dr Cabanès. + +9-10 août.--Le Précurseur (Anvers). Alfred de Musset et G. Sand, +extrait de Paris. + +11 août.--Paris. Les petits papiers, par Caribert. + +13 août.--Journal des Débats. Sur Alfred de Musset, à propos de +l'article du Dr Cabanès, par Ed. Rod. + +14 août.--Le Gaulois. Alfred de Musset et G. Sand, lettres inédites, +d'après M. Clouard, par H. Lapauze. + +15 août.--Revue de Paris, p. 709. Alfred de Musset et G. Sand, notes +et documents inédits, par M. Clouard. + +15 août.--Journal de Rouen, supplément. Sur Alfred de Musset, par Ed. +Rod, extrait du Journal des Débats. + +15 août.--The Daily Telegraph (Londres). Note sur l'article de M. +Clouard. + +16 août.--Le Progrès de la Côte-d'Or (Dijon). Pagello et G. Sand, par +Jacques de la Beaune. + +16 août.--Annales politiques et littéraires. A propos des récents +articles sur Alfred de Musset et G. Sand. + +17 août.--Le Journal. Viols de tombes, par Jean Richepin. + +17 août.--Journal des Débats. Critique de l'article de M. Clouard. + +19 août.--Le Précurseur (Anvers). Sur Alfred de Musset, extrait du +Journal des Débats. + +19 août.--Journal de Rouen. Note sur l'article de M. Clouard. + +19 août.--Le Patriote (Le Mans). Vieux Cancans, par Eug. Lautier. + +19 août.--La République Libérale (Arras). Deux critiques sur l'article +de M. Clouard, l'une par P. Lebeau, l'autre tirée du Journal des +Débats. + +20 août.--L'Événement. Liaisons et Passions, par P. Pascal. + +20 août.--Rotterdamsche Courant (Rotterdam). Note sur l'article de M. +Clouard. + +21 août.--Écho de l'Indre (La Châtre). Lettre parisienne, par Andhré +Bouché. + +22 août.--Le Gaulois. Sur Alfred de Musset, G. Sand et Pagello, par +Solidor. + +22 août.--La Jeune Belgique (Bruxelles). Note sur l'article de M. +Clouard. + +22 août.--Le Voltaire. Déshabillage, par E. C. + +24 août.--Le Gaulois. Comment travaillait G. Sand, par Silvio. + +25 août.--Stamboul (Constantinople). Alfred de Musset et G. Sand, +d'après M. Clouard, par Régis Delboeuf. + +25 août.--Le Procope. Note concernant les récents articles. + +25-26 août.--Giornale di Sicilia (Palerme). Réflexions à propos d'une +lettre de G. Sand à Alfred Tattet dans la Revue de Paris. + +27 août.--Le Patriote (Le Mans). Alfred de Musset et G. Sand d'après +M. Clouard, par Berthelot. + +Reproduit: La Gironde (Bordeaux), 27 août. + +28 août.--Le Charivari. N'écrivez jamais, par H. Second. + +Reproduit: La France, 4 septembre; Le Patriote Landais +(Mont-de-Marsan), 9 septembre. + +28 août.--Le Figaro. Un roman d'amour, par P. Bourget. + +29 août.--Journal de Rouen. Alfred de Musset et G. Sand, par P. +Bourget, extrait du Figaro. + +29 août.--The Levant Herald (Constantinople). Note sur l'article de M. +Clouard. + +29 août.--L'Écho de Paris. G. Sand et Alfred de Musset, par H. Bauer. + +30 août.--Le Gaulois. Alfred de Musset et G. Sand, à propos de +l'article de M. Brisson. + +31 août.--Le Gaulois.--Ce qui sort des tombes, par R. Doumic. + +1er septembre.--La Revue de Paris. Erratum concernant l'article de M. +Clouard. + +1er septembre.--Revue des Revues. Critique de l'article de M. Clouard. + +2 septembre.--L'Événement. Lettres d'amour, par Baude de Maurceley. + +ALFRED DE MUSSET ET GEORGE SAND, PAR MAURICE CLOUARD. Extrait de la +Revue de Paris du 15 août 1896. Paris, Imprimerie Chaix. Brochure +in-8º, ornée de deux portraits de G. Sand dessinés par Alfred de +Musset, du fac-similé de l'Ordonnance du Dr Pagello, et suivie d'un +Index Bibliographique. + +4 septembre.--Écho de l'Indre (La Châtre). De la critique, par Andhré +Bouché. + +5 septembre.--Revue Encyclopédique, p. 619. Note sur G. Sand, Alfred +de Musset et Sainte-Beuve. + +5 septembre.--Le Gaulois. La Correspondance Sand-Musset; Lettres de +Mmes d'Albert-Lake, Lina Sand et Lardin de Musset. + +6 septembre.--Le Monde Élégant (Nice). Une vieille histoire, par +Froufou. + +6 septembre.--La Loire Républicaine (Saint-Étienne). Amours de G. Sand +et d'Alfred de Musset, coupable divulgation. + +7 septembre.--La Presse. Lettres dangereuses, par Ch. Formentin. + +9 septembre.--L'Éclair. Le Coucher de la morte, par G. Jollivet. + +10 septembre.--L'Abeille de Fontainebleau. Critique de _Alfred de +Musset et G. Sand_ de M. Clouard, par Maurice Bourges. + +10 septembre.--Lyon Républicain, supplément. Feuilles volantes, par +Raoul Cinoh. + +11 septembre.--Il Don Chisciotte (Rome). Un altro amore di G. Sand, +par G. P. Cavalcanti. + +11 septembre.--Le Temps. Alfred de Musset et G. Sand, à propos de +Chopin, par C. Bellaigue. + +12 septembre.--La Vie parisienne, p. 357. Notes sur les récentes +publications. + +12 septembre.--Courrier d'Italie (Rome). G. Sand d'après le Don +Chisciotte. + +13 septembre.--Le Courrier (Fourmies). Lettre de Mme Lardin de Musset +à propos de la Correspondance. + +13 septembre.--Il Don Chisciotte (Rome). Le plus sérieux des trois, +par Febea (Mme Olga Ossani Lodi). + +13 septembre.--Journal de Rouen, supplément. A propos des récents +articles. + +14 septembre.--Le Voltaire. Lettres de femme, par Bernard Kahler. + +15 septembre.--Review of Reviews (Londres). Critique de l'article de +M. Clouard. + +15 septembre.--Nouvelle Revue Internationale. Alfred de Musset et G. +Sand, d'après P. Bourget. + +16 septembre.--La Lanterne. Choses d'outre-tombe, par Jean Ajalbert. + +27 septembre.--Le Réveil (Saint-Girons, Ariège). Chronique: Alfred de +Musset et G. Sand, par J. Francoeur. + +27 septembre.--Journal d'Alsace (Strasbourg). Alfred de Musset et G. +Sand, d'après les articles récents. + +3 octobre.--Courrier Australien (Sydney). Le démêlé +Sand-Musset-Pagello, non signé. + +5 octobre.--La Gazette de France. Petits ménages romantiques, par Ch. +Maurras. + +15 octobre.--Revue d'histoire littéraire de la France. L'histoire +d'Elle et Lui, d'après MM. de Spoelberch, Cabanes et Clouard. + +16 octobre.--Le Gaulois. Histoire véridique des amants de Venise, I, +par P. Mariéton. + +17 octobre.--Le Gaulois. Histoire véridique des amants de Venise. II, +par P. Mariéton. + +19 octobre.--Gil Blas. Elle et Lui, d'après P. Mariéton, par L. +Lacour. + +19 octobre.--Le Gaulois. La Correspondance Sand-Musset: chez le comte +Alexandre de Musset, par J. Gubert. + +19 octobre.--Le Petit Méridional (Montpellier). Sur la non publication +de la correspondance Sand-Musset. + +20 octobre.--Le Figaro. G. Sand à Venise, par E. + +20 octobre.--Journal des Débats. Amours de gens de Lettres, par R. +Doumic. + +20 octobre.--L'Écho de Paris. La Vie de G. Sand et du Dr Pagello à +Venise, III, par P. Mariéton. + +21 octobre.--L'Écho de Paris. G. Sand, Alfred de Musset et Pagello, +IV, par P. Mariéton. + +21 octobre.--L'Éclaireur (Nice). Amours des Gens de Lettres, extrait +du Journal des Débats. + +21 octobre.--L'Événement. Le médecin Pagello ou l'amant malgré lui, +par H. Leyret. + +21 octobre.--Gil Blas. Eux trois, par Santillane. + +21 octobre.--Le Gaulois. Fleurs fanées--Les amants de Venise. (2 +articles). + +22 octobre.--L'Écho de Paris. Examen littéraire, par Graindorge:--Mot +d'Alfred de Musset sur G. Sand d'après Sainte-Beuve. (2 articles). + +22 octobre.--L'Événement. Amours de G. Sand et d'Alfred de Musset, par +Gina Saxebey. + +22 octobre.--Le Soleil. La Correspondance d'Alfred de Musset et de G. +Sand, par C. Canivet.--Alfred de Musset, G. Sand, etc., par H. +Duvernois. (2 articles). + +22 octobre.--La Dépêche (Toulouse). Alfred de Musset et G. Sand, par +Noll. + +23 octobre.--Courrier de l'Aisne (Laon). Alfred de Musset, Sand et +Pagello, d'après P. Mariéton, non signé. + +23 octobre.--Le Gaulois. Les Trois, d'après le Dr Cabanès, par Ch. +Demailly. + +23 octobre.--Patriote de Normandie (Rouen). Correspondance d'hommes +célèbres, résumé de l'article du Soleil. + +24 octobre.--Revue hebdomadaire, p. 609.--Une Visite au Dr Pagello: la +Déclaration de George Sand au Dr Pagello, par le Dr Cabanès. + +24 octobre.--L'Éclair. Amours de G. Sand et du Dr Pagello, d'après le +Dr Cabanès. + +24 octobre.--L'Événement. Les amours de G. Sand, par Ferville. + +24 octobre.--Le Figaro. Interdiction lancée par la famille Sand.--G. +Sand et Pagello, d'après le Dr Cabanès. (2 articles). + +24 octobre.--Franche-Comté (Besançon). Interdiction de la famille Sand +à la Revue Hebdomadaire. + +24 octobre.--Le Journal. Affaire Sand-Pagello, interdiction de Mme +Clesinger. + +Reproduit: La Libre Parole, 24 octobre.--La Paix, 24 octobre.--Le +Figaro, 25 octobre. + +24 octobre.--Le Rappel. Les Correspondances d'Hommes célèbres, par H. +Fouquier. + +24 octobre.--Le Gaulois. Sand, Musset, Pagello, stances par Brandy and +Soda. Un procès sensationnel, affaire Sand-Pagello, par Tout-Paris. (2 +articles). + +24 octobre.--Le Monde Illustré, p. 263. Des récentes publications sur +Alfred de Musset et G. Sand, par P. Veron. + +24 octobre.--Revue Politique et Littéraire, p. 540. _Journal_ de +Pagello, par Jean Louis. + +24 octobre.--Le Soleil. Musset, Sand et Pagello, par C. Canivet. + +24 octobre.--Le Temps. Le récit du Dr Pagello au Dr Cabanès; la +_Déclaration_ de G. Sand à Pagello. + +24 octobre.--La Vie Parisienne. Ne va-t-on pas bientôt finir avec les +amours littéraires? + +25 octobre.--L'Éclair. Elle et Eux, la _Déclaration_ de G. Sand à +Pagello, non signé. + +25 octobre.--Journal de Bruxelles, supplément. Correspondances et +Révélations, par Ch. Canivet, extrait du Soleil. + +25 octobre.--Le Gaulois. Le véritable propriétaire des lettres de G. +Sand. + +25 octobre.--La Gironde (Bordeaux). Encore eux, n. s. + +25 octobre.--Gil Blas. Cantique des Cantiques, par Santillane. + +25 octobre.--Journal de Rouen, supplément. Un procès sensationnel. + +25 octobre.--Journal des Débats. Correspondance d'Écrivains, par André +Hallys.--G. Sand, Pagello et le Dr Cabanès, non signé (2 articles). + +25 octobre.--La Lanterne.--G. Sand et le Dr Pagello. + +25 octobre.--La Patrie.--Autour d'une lettre.--La propriété des +lettres. (2 articles). + +25 octobre.--La Presse. Amoureuse, par Ch. Formentin. + +25 octobre.--Lyon Républicain, supplément (Lyon). Contre Pagello. + +25 octobre.--La République Française. Roman d'outre-tombe, par Ad. +Brisson. + +25 octobre.--Le Temps. Les amours de G. Sand, par A. B.--Vieux +papiers, par G. Deschamps. (2 articles). + +25 octobre.--Lyon Républicain (Lyon). Note sur l'interdiction de la +famille Sand. + +25-26 octobre.--Les Ardennes (Charleville). Eux et Elles, d'après le +Dr Cabanès, la _Déclaration_ de G. Sand. + +26 octobre.--Le Figaro. Cruautés de l'information, dialogue, par A. +Capus. + +26 octobre.--L'Éclaireur (Nice). Le roman à trois, d'après le Dr +Cabanès. + +26 octobre.--Le Petit Niçois (Nice). Contre M. Mariéton et ses +révélations. + +26 octobre.--Le Gaulois. Les lettres de G. Sand à Alfred de Musset +seront publiées, déclaration de M. Aucante, par M. Hutin. + +26 octobre.--Gil Blas Mode. Alfred de Musset et G. Sand, par Babiole. + +26 octobre.--La Liberté. Les amours de G. Sand et d'Alfred de Musset, +par Arnolphe. + +26 octobre.--La Paix. Indiscrétions littéraires, par Édouard Beaufils. + +26 octobre.--Le Soir. Après le festin, par Alex. Hepp. + +26 octobre.--Le Soir (Bruxelles). Les révélations du Dr Cabanes, par +Piccolo. + +26 octobre.--Le Stéphanois (Saint-Étienne). Critique et analyse de +l'article du Dr Cabanès. + +26 octobre.--La Presse. L'affaire Sand-Musset, par H. Duvernois. (2 +articles). + +26 octobre.--Gazette de France. Vieux papiers et vieilles flammes, par +G. M.--Publication des Lettres. + +26 octobre.--Frankfurter Zeitung (Francfort). George Sand und Dr +Pagello in der Revue Hebdomadaire. + +27 octobre.--Le Figaro. Confessions et Correspondances, par G. +Larroumet.--La déclaration de Mme Lardin de Musset au Temps. + +27 octobre.--L'Événement. Note sur l'opposition de Mme Lardin de +Musset. + +27 octobre.--Le Siècle. Le roman de Venise, les lettres et +l'opposition de Mme Lardin de Musset, par Léo Marchès. + +27 octobre.--La Dépêche (Toulouse). Paul Mariéton, profil, par Nick. + +27 octobre.--Le Journal. Elle, Lui et l'Autre, par Ém. +Bergerat.--Menus propos, par V. de Cottens. (2 articles). + +27 octobre.--Le Temps. Pourquoi la famille de Musset s'oppose à la +publication des lettres, déclaration de Mme Lardin de Musset. + +27 octobre.--Les Ardennes (Charleville). Elle et Lui, la déclaration +de M. Aucante. + +27 octobre.--Le Précurseur (Anvers). Les amours de G. Sand, d'après Le +Temps. + +27 octobre.--La Liberté. G. Sand et ses amis, révélations et vieux +papiers, par P. P. + +27 octobre.--Berliner Tageblatt (Berlin). Alfred de Musset und G. +Sand, die Korrespondenz. + +28 octobre.--Le Charivari. Contre les révélations du Dr Pagello, sur +G. Sand. + +28 octobre.--Le Courrier du Centre (Limoges). Alfred de Musset et G. +Sand, par Clément-Janin. + +28 octobre.--L'Écho de Paris. G. Sand et Alfred de Musset; +l'opposition de Mme Lardin de Musset. + +28 octobre.--L'Événement. Les Héritiers des grands écrivains, par +Henri Leyret. + +28 octobre.--Berliner Börsen Courier (Berlin). G. Sand et Alfred de +Musset, les nouvelles révélations de la Revue Hebdomadaire. + +28 octobre.--Gil Blas. La Lionne de l'hiver, par Ch. Martel. + +28 octobre.--Journal des Débats. A propos de la Correspondance +Sand-Musset par Maurice Spronck. + +28 octobre.--La Paix. Elle et Lui, dialogue, par A. Cerons. + +28 octobre.--Paris. Papiers posthumes, par C. de Sainte-Croix.-Lettre +de Mme Lardin de Musset. + +28 octobre.--Le Peuple (Lyon). Contre la publication des documents sur +G. Sand et Pagello. + +28-29 octobre.--Il Secolo (Milan). Note sur l'interdiction de Mme +Lardin de Musset. + +29 octobre.--Les Ardennes (Charleville). Elle et Lui, la lettre de Mme +Lardin de Musset au Temps. + +29 octobre.--Le Charivari. Vilenie du scandale actuel. + +29 octobre.--El Correo (Madrid). George Sand y Alfredo de Musset, par +X. + +29 octobre.--Le Gaulois. Annonce de la publication des Lettres de G. +Sand à Alfred de Musset.--Lettres de G. Sand au _Mousquetaire_ à +l'occasion de la Biographie de Mirecourt, en 1854. + +29 octobre.--La Gazette de France. La Correspondance d'Alfred de +Musset et de G. Sand; déclaration de Mme Lardin de Musset. + +29 octobre.--Gil Blas. Lettres et Mémoires, par Montjoyeux.--G. Sand +et le féminisme, par Ch. Bardin. + +29 octobre.--Le Journal. La Séductrice, par Gustave Geoffroy. + +29 octobre.--La Liberté. Contre le scandale du jour, par Fabrice +Carré. + +29 octobre.--Le Petit Vauclusien (Avignon). Alfred de Musset et G. +Sand, non signé. + +29 octobre.--La Presse. Lettres de morts, par Marcel de Barre. + +29 octobre.--Le Progrès Artistique. Annonce de la publication des +lettres de G. Sand à Alfred de Musset. + +29 octobre.--Le Radical (Marseille). Contre les publications récentes. + +30 octobre.--Le Charivari. Note sur le refus de Mme Lardin de Musset. + +30 octobre.--Le Rappel. Nouvelles révélations, par P. Desachy. + +30 octobre.--Le Télégramme (Toulouse). Amours d'écrivains, par A. +Alexandre, suivi d'une Lettre du Dr Cabanès relative à M. P. Mariéton. + +31 octobre.--Don Juan. Laissez donc dormir ces secrets, par +Machecoul.--Amours littéraires, stances, par Des Esquintes. (2 +articles). + +31 octobre.--L'Événement. G. Sand dépeinte par Alfred de Musset dans +son _Histoire d'un Merle Blanc_. + +31 octobre.--Le Gaulois. Les vraies lettres de G. Sand à A. de Musset, +analyse et extraits, par H. Lapauze. + +31 octobre.--L'Illustration. Les révélations du Dr Pagello sur G. +Sand. + +31 octobre.--Le Journal. Les amants de Venise, extrait du Soleil.--La +question Sand-Musset-Pagello, réponse par P. Mariéton.--Analyse et +extraits des lettres de G. Sand à Alfred de Musset. (3 articles). + +31 octobre.--Le Matin. Note sur les lettres de G. Sand à Alfred de +Musset. + +31 octobre.--Le Monde Illustré, couverture. Vignette satirique par +Guillaume. + +31 octobre.--La Petite République. Déballage posthume, par Mercutio. + +31 octobre.--Le Petit Temps. Lettre de G. Sand à Musset, 29 avril +1834.--Trois poèmes de Alfred de Musset à G. Sand. + +31 octobre.--Le Précurseur (Anvers). Lettre de G. Sand à Alfred de +Musset, 29 avril 1834.--Stances d'Alfred de Musset à G. Sand: «Porte +ta vie». + +31 octobre.--Le Démocrate (Saint-Brieuc). La _Potinite_ aiguë (sur +Sand et Musset), par Eddey. + +31 octobre.--Neue Zücher Zeitung (Zurich). G. Sand et Alfred de +Musset, révélations du Dr Cabanès sur le Dr Pagello. + +31 octobre.--La Semaine Littéraire (Genève). Sur les indiscrétions +Sand-Pagello. + +31 octobre.--Revue Encyclopédique, p. 762. Alfred de Musset, G. Sand +et le Dr Pagello. + +31 octobre.--Le Soleil. Les amants de Venise, par Ch. Maurras. + +31 octobre.--L'Univers Illustré. Elle et Lui, la tranquillité des +morts, par Richard O'Monroy. + +31 octobre.--La Vigie Algérienne (Alger). G. Sand et le Dr Pagello, +par Pierre Batail. + +1er novembre.--La Revue de Paris, p. 1. Lettre de G. Sand à M. Émile +Aucante, du 10 mars 1864.--p. 5. Dix-huit lettres de George Sand à +Alfred de Musset.--p. 49. Cinq petits poèmes à G. Sand par Alfred de +Musset: 1º «Te voilà revenu» publié en 1882.--2º «Puisque votre +moulin», inédit.--3º «Toi qui me l'as appris», inédit.--4º «Il +faudra bien t'y faire», inédit.--5º «Porte ta vie», publié en 1877. + +Reproduit, stances: «Toi qui me l'appris»:--Le Petit Temps, 31 octobre +1896.--Journal des Débats, 1er novembre 1896.--Fanfulla (Rome), 3-4 +novembre 1896.--Il resto del Carlino (Bologne), 5 novembre +1896.--Journal de Maurice, 8 février 1897, etc... + +Reproduit, stances: «Il faudra bien t'y faire». Le Petit Temps, 31 +octobre 1896.--Journal des Débats, 1er novembre 1896.--Fanfulla +(Rome), 3-4 novembre 1896.--Il resto del Carlino (Bologne), 5 novembre +1896.--Journal de Maurice, 8 février 1897, etc. + +1er novembre.--L'Écho de Paris. Les héritiers, par E. Lepelletier. + +1er novembre.--Journal des Débats. Analyse et extraits des Lettres de +G. Sand à Alfred de Musset, et trois poèmes à G. Sand par Alfred de +Musset. + +1er novembre.--Le Matin. Note sur Alfred de Musset et G. Sand, par +Cornély. + +1er novembre.--Le Peuple (Lyon). Déballage posthume, par Mercutio. + +1er novembre.--La Revue Idéaliste, p. 159. La légende de G. Sand, +discussion des articles de MM. de Spoelberch de Lovenjoul et Clouard, +par S. Rocheblave. + +1er novembre.--Revue des Revues. A propos de l'article du Dr Cabanès. + +1er novembre.--De Amsterdammer Weekblad voor Nederland (Amsterdam). +George Sand en Dr Pagello, par V. L. + +1er novembre.--Le Progrès National. George Sand cuisinière à Venise. + +1er novembre.--La Chronique Médicale, p. 641. Une visite au Dr +Pagello, par le Dr Cabanès; traduction de la lettre de G. Sand à +Pagello; deux fac-similés de l'écriture du Dr Pagello, dans le texte; +un portrait hors texte du Dr Pagello, gravé sur bois. + +1er novembre.--La Semaine. Contre les publications récentes. + +1er novembre.--Le Gaulois. Approbation du refus de Mme Lardin de +Musset. + +2 novembre.--Le Figaro. La défense de George Sand: extraits des +lettres de G. Sand à M. Regnault, la correspondance Sand-Musset et Mme +Lardin de Musset, par M. Amic. + +2 novembre.--La Petite Gironde (Bordeaux). Analyse et extraits des +lettres de G. Sand à Alfred de Musset.--Contre les récentes +publications. (2 articles). + +2 novembre.--Magdeburgische Zeitung (Magdebourg). Die Briefe von +George Sand. + +2 novembre.--Le Journal.--Un coeur simple, par Marcel Prévost. + +2 novembre.--Le Petit Parisien. Elle et Lui, par Valensol. + +2 novembre.--Der Zeitgeist (Berlin). Alfred de Musset, G. Sand et le +Dr Pagello. + +2-3 novembre.--Indépendance Belge (Bruxelles). La correspondance de G. +Sand avec Alfred de Musset. + +2-3 novembre.--Charivari. Interview de Mme Maria Feliga, sur G. Sand, +extrait du Gil Blas. + +3 novembre.--Gil Blas. Sur l'article de M. Amic au Figaro. + +3 novembre.--Journal des Débats. Critique de l'article de M. Amic. + +3 novembre.--Heraldo de Madrid. Papeles viejos, non signé. + +3 novembre.--Le Précurseur (Anvers). Extraits des Lettres de G. Sand à +Alfred de Musset. + +3 novembre.--Le Sémaphore (Marseille). Déclaration de M. le Cte +Alexandre de Musset, d'après le Gaulois. + +3-4 novembre.--Fanfulla (Rome). Giorgio Sand e Alfredo de Musset. +Extraits des lettres et poésies publiées par la Revue de Paris. + +4 novembre.--Le Gaulois. Réminiscence d'une lettre de G. Sand dans _On +ne badine pas avec l'amour_. + +Reproduit dans: L'Événement, 5 novembre 1896.--Journal de Vichy, 8 +novembre 1896.--Revue Encyclopédique, 21 novembre 1896.--Le Stéphanois +(St-Étienne), 6 novembre 1896.--Écho de la Semaine, 31 janvier +1897.--Le Journal, 20 février 1897.--L'Intermédiaire des Chercheurs, +10 mars 1897. + +4 novembre.--Gil Blas. Juges en Jugement, par Ch. Martel. + +4 novembre.--L'Événement. Note sur l'article du Temps relatif à M. de +Spoelberch de Lovenjoul. + +4 novembre.--La Liberté. Les lettres de Alfred de Musset à G. Sand +chez M. de Spoelberch de Lovenjoul. + +4 novembre.--La Médecine Moderne. Musset, Sand et le Dr Pagello, par +F. H. + +4 novembre.--Le Télégramme (Toulouse). A propos des Nécrophores, par +Émile Delbousquet. + +4 novembre.--Le Temps. Une visite au Vte de Spoelberch de Lovenjoul: +l'album des dessins de Musset, G. Sand et son mari, par Ad. Brisson. + +4 novembre.--Courrier de l'Ain (Bourg). Les publications posthumes, +par J. R. + +5 novembre.--Gil Blas. Les lettres d'Alfred de Musset à G. Sand chez +le Vte de Spoelberch de Lovenjoul. + +5 novembre.--Bordeaux-Journal (Bordeaux). G. Sand et J. Sandeau, +Alfred de Musset et l'absinthe, par Alceste. + +5 novembre.--Rheinisch Westfalische Zeitung (Essen). Der Korrespondenz +von George Sand mit Alfred de Musset. + +5 novembre.--Lyon Républicain, suppl. (Lyon). Les lettres de G. Sand à +Alfred de Musset, analyse et extraits, 1, par H. Lapauze. + +5 novembre.--Le Soir. Lettres posthumes, par Lorenzi de Bradi. + +5 novembre.--Le Soir (Bruxelles). Fleur de Scandale, par Van de Wiele. + +5 novembre.--Le Soleil. Le scandale Sand-Musset, par A. Claveau. + +5 novembre.--Le Temps. La littérature dans la passion de G. Sand et +d'Alfred de Musset; réminiscences dans _On ne badine pas avec +l'amour_. + +24 octobre-5 novembre.--Novoïe Wremya (Pétersbourg). Les amours +d'Alfred de Musset, de G. Sand et du Dr Pagello. + +5 novembre.--Il resto del Carlino (Bologne). Trois poèmes à G. Sand, +par Alfred de Musset. + +6 novembre.--L'Événement. La bonne dame, par Ludovic Hamilo. + +6 novembre.--Fanfulla (Rome). Critique de l'article de M. Amic dans le +Figaro. + +6 novembre.--Frankfurter Zeitung (Francfort). Die Briefe der G. Sand +an Alfred de Musset. + +6 novembre.--Le Gaulois. Note sur le prêt d'argent fait par G. Sand à +Alfred de Musset. + +6 novembre.--Berliner Tageblatt (Berlin). Briefe der G. Sand an Alfred +de Musset. + +6 novembre.--Hannoverschers Tageblatt (Hanovre). Erinnerungen an +George Sand. + +(?) novembre.--Königsburger Hartungsche Zeitung (Koenigsberg). Alfred +de Musset und G. Sand, der Korrespondenz. + +6 novembre.--Le Journal. Les amants de Venise (avec extraits de leurs +lettres), par M. Clémenceau. + +25 octobre-6 novembre.--Novoïe Wremya (Pétersbourg). Note sur +l'article de M. Amic dans le Figaro. + +6 novembre.--Le Soir. Documents sur G. Sand et Alfred de Musset chez +M. de Spoelberch de Lovenjoul. + +6 novembre. La Tribuna (Rome). G. Sand et Alfred de Musset, par +Rastignac. + +7 novembre.--Charivari. Elle et Lui, dialogue par Rigolet. + +7 novembre.--Il resto del Carlino (Bologne). Les lettres de G. Sand à +Alfred de Musset, réminiscences dans _On ne badine pas avec l'amour_. + +7 novembre.--Le Moniteur Universel. La correspondance de G. Sand et +d'Alfred de Musset, par M. Trolliet. + +7 novembre.--La Vie Parisienne. De quelques amours célèbres et de la +façon de les exprimer, par M.--Les lettres de G. Sand à Alfred de +Musset dans la Revue de Paris, par A. A. (2 articles.) + +7-8 novembre.--Giornale di Sicilia (Palerme). Extraits des lettres de +G. Sand à Alfred de Musset, traduction. + +8 novembre.--La Chronique Illustrée, p. 36. Indiscrétions des +révélations actuelles.--p. 42. Le Don Juan de G. Sand (_Lélia_) et +celui de Musset (_Namouna_). + +8 novembre.--Elbinger Zeitung (Elbing, Prusse). Die Liebesbriefe der +G. Sand. + +8 novembre.--Fanfulla (Rome). Sur un prêt d'argent fait par G. Sand à +Alfred de Musset. + +8 novembre.--Général Anzeiger (Hambourg). Alfred de Musset, G. Sand et +Sainte-Beuve. + +8 novembre.--La Illustracion Española y Americana (Madrid). Alfred de +Musset, G. Sand et les révélations du Dr Pagello. + +8 novembre.--La Nouvelle Mode. Alfred de Musset, G. Sand et le Dr +Pagello, par Actéon. + +8 novembre.--Lyon Républicain, supplément (Lyon). Les lettres de G. +Sand à Alfred de Musset, analyse et extraits, 2 et fin, par H. +Lapauze. + +9 novembre.--L'Écho de Paris. L'ombre d'Elle et l'ombre de Lui, par F. +Vanderem. + +9 novembre. Express (Liège). Contre les publications actuelles. + +9 novembre.--Express (Lyon). A propos des révélations sur G. Sand et +le Dr Pagello. + +9 novembre.--Kieler Zeitung (Kiel). Das Liebesverhaltnitz zwischen +Alfred de Musset und der G. Sand. + +9 novembre.--La Petite Gironde (Bordeaux). Causerie Bordelaise, par +Argus (sur G. Sand, A. de Sèze, Alfred de Musset, etc... d'après le +Vte de Spoelberch de Lovenjoul). + +9 novembre.--Le Républicain (Orléans). Extraits des lettres de G. Sand +à Alfred de Musset. + +9 novembre.--The St.-James-Gazette (Londres). G. Sand, Alfred de +Musset and Dr Pagello. + +9 novembre.--La Tribuna (Rome). Alfred de Musset, G. Sand et le Dr +Pagello. + +9-10 novembre.--Corriere della Sera (Milan). Le lettere di Giorgio +Sand ad Alfredo di Musset. + +10 novembre.--Le Figaro. Lettre de Mme Lardin de Musset demandant la +restitution des autographes des lettres d'Alfred de Musset. + +10 novembre.--The Globe (Londres). An old romance revived. + +10 novembre.--Stamboul (Constantinople). Sur la publication des +lettres de G. Sand à Alfred de Musset et des poésies d'Alfred de +Musset à G. Sand. + +11 novembre.--L'Éclair. Lettre de Mme Lardin de Musset au Figaro. + +11 novembre.--Journal pour Tous. Le voyage d'Alfred de Musset et de G. +Sand en Italie, extrait de la _Biographie_ par Paul de Musset. + +11 novembre.--Le Petit Marseillais (Marseille). Le plus heureux des +trois, les lettres de G. Sand à Alfred de Musset, par A. Theuriet. + +11-12 novembre.--Giornale di Sicilia (Palerme). Intermezzi mondani: +Rileggendo, par Iobi. + +12 novembre.--Le Réveil (Villeneuve-sur-Lot). Déceptions causées par +les révélations actuelles. + +12 novembre.--Pester Lloyd (Budapest). Alfred de Musset und G. Sand, +par Ferdinand Borosthauh. + +12-13 novembre.--Giornale di Sicilia (Palerme). Note sur un prêt +d'argent fait par G. Sand à Alfred de Musset. + +13 novembre.--Fanfulla (Rome). Traduction de la lettre de Mme Lardin +de Musset au Figaro. + +13 novembre.--Paris. Vivisection posthume, par H. Céard. + +13 novembre.--La Tribune (Laon). Déshabillage posthume, par Mme +Gaspard, avec extraits des lettres de G. Sand. + +14 novembre.--Angers-Théâtre (Angers). Note sur la lettre de Mme +Lardin de Musset au Figaro. + +14 novembre.--Le Gaulois. Alfred de Musset dans les lettres de G. Sand +à Sainte-Beuve, par H. Lapauze. + +14 novembre.--The New Saturday. (Londres). Elle et Lui, histoire des +amants de Venise. + +14 novembre.--Le Progrès médical, p. 391. Les médecins amants: +Pagello, Rebizzo, Alfred de Musset et G. Sand, par M. Baudouin. + +14 novembre.--The Publisher Circular (Londres). Sur l'article de M. +Brisson et la lettre de Mme Lardin de Musset. + +14 novembre.--Revue Encyclopédique. Les prochaines révélations de +Pagello, 1 portrait et 1 fac-similé d'autographe du Dr Pagello, 1 +portrait d'Alfred de Musset et 3 portraits de G. Sand. + +14 novembre.--L'Univers illustré. Sur Alfred de Musset et G. Sand, par +Richard O'Monroy. + +15 novembre.--La Revue de Paris, p. 276-301. Dix-sept lettres de +George Sand à Sainte-Beuve (dont plusieurs relatives à Alfred de +Musset). 1re partie. + +15 novembre.--Le Courrier Français. Variations sur les amants de +Venise, triolets par R. Ponchon. + +15 novembre.--L'Écho de la Semaine, p. 106. Correspondance d'Alfred de +Musset et de G. Sand, par E. Trolliet. + +15 novembre.--L'Écho du Mexique (Mexico). Mot de Alfred de Musset sur +G. Sand. + +15 novembre.--Gazette Anecdotique, p. 641. G. Sand et Alfred de +Musset, par G. d'Heilly. + +15 novembre.--L'Illustrazione Italiana (Milan), p. 327. Il romanzo +Sand-Musset-Pagello, I, par Raffaello Barbiera, avec 2 portraits en +phototypie du Dr Pagello. + +15 novembre.--Lyon républicain, supplément (Lyon). Suite du déballage +des petits papiers, par Jumelles. + +15 novembre.--La Liberté. Alfred de Musset et G. Sand dans les lettres +de G. Sand à Sainte-Beuve. + +15 novembre.--Revue des Revues, p. 376-386. Extraits des lettres de G. +Sand à Alfred de Musset. + +15 novembre.--Le Tam-Tam. Les Vide-Cuvettes, par Achille Lefranc. + +15 novembre.--Le Temps. Alfred de Musset dans les lettres de G. Sand à +Sainte-Beuve. + +15 novembre.--Théâtre illustré (Angers). Note sur la lettre de Mme +Lardin de Musset au Figaro. + +15 novembre.--Le Soir. Note sur le démêlé Sand-Musset, par B. de +Lomagne. + +15-16 novembre.--Journal Égyptien (Le Caire). Trois petits poèmes à G. +Sand par Alfred de Musset. + +16 novembre.--Le Gaulois. Testament littéraire de G. Sand, sa lettre à +A. Dumas fils. + +16 novembre.--Gil Blas. L'Amour qui cause, par L. Lacour.--Encore +Elle, les lettres de G. Sand à Sainte-Beuve, par Santillane. (2 +articles.) + +16 novembre.--La Gironde (Bordeaux). Alfred de Musset dans les lettres +de G. Sand à Sainte-Beuve. + +16 novembre.--Le Journal. Les exhumations Sand-Musset-Hugo, par A. +Silvestre. + +16 novembre.--Journal des Débats. Alfred de Musset dans les lettres de +G. Sand à Sainte-Beuve. + +16 novembre.--La Liberté. Sur les publications actuelles: Musset, +Sand, Sainte-Beuve, Hugo. + +16 novembre.--Le Temps. Note sur des négociations qui auraient été +engagées par la Revue des Deux-Mondes avec la famille de Musset. + +17 novembre.--Gil Blas. Féminités, par Colombine. + +18 novembre.--L'Avenir de la Vienne (Poitiers). Fleurs fanées, par +Émile Chasles. + +19 novembre.--Le Journal. Lettres d'amour, par F. Coppée. + +19 novembre.--Le Temps. Mozart, G. Sand et Alfred de Musset, à propos +de Don Juan, par J. Claretie. + +20 novembre.--The St.-James Budget (Londres). G. Sand, Alfred de +Musset and Dr Pagello. + +20 novembre.--Le Républicain Orléanais (Orléans). Alfred de Musset +dans les lettres de G. Sand à Sainte-Beuve. + +21 novembre.--Le Voltaire. Petits papiers, par V. de Cottens. + +21 novembre.--La Revue Parisienne. Les révélations de G. Sand dans ses +lettres à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve. + +21 novembre.--Neue Bürger Zeitung (Neustadt). Die Liebesbriefe der +George Sand an Alfred de Musset. + +22 novembre.--Journal de Rouen (Rouen). Les révélations de G. Sand +dans ses lettres à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve. + +22 novembre.--Journal de Marseille (Marseille). A propos des +révélations sur G. Sand et sur Alfred de Musset, le livre de M. +Rostand, publié en 1877, I, non signé. + +22 novembre.--L'Illustrazione Italiana (Milan), p. 346. Il romanzo +Sand-Musset-Pagello, II, par Raffaello Barbiera. + +23 novembre.--Argonaut (San Francisco). A Literary scandal, by Dorsey. + +23-24 novembre.--Journal de Marseille (Marseille). A propos des +révélations sur G. Sand et sur Alfred de Musset, etc..., II et fin. + +24 novembre.--Le Temps. A propos de _Lorenzaccio_, Alfred de Musset et +G. Sand à Venise, par A. Aderer. + +24 novembre.--Le Journal. De la critique actuelle, rêve et réalité, +par E. Zola. + +18-25 novembre.--Le Tout-Biarritz (Biarritz). Mémoires et +correspondances, par Valmy Baysse. + +25 novembre.--Le Figaro. Les lettres de G. Sand à Alfred de Musset et +à Sainte-Beuve, par F. Lemaitre. + +25 novembre.--Le Gaulois. La Conception de l'amour chez Alfred de +Musset; Alfred de Musset et G. Sand, à propos de _Lorenzaccio_. + +25 novembre.--Le Siècle. Sainte-Beuve, G. Sand et Alfred de Musset par +Leo Marchès. + +13-25 novembre.--Novoïe Wremya (Pétersbourg). Alfred de Musset et G. +Sand, extraits des lettres. + +25-26 novembre.--Giornale di Sicilia (Palerme). Poésie du Dr Pagello à +une dame: «Mentre la folla spia.» + +26 novembre.--Le National. Tombes ouvertes, n. signé. + +26 novembre.--Le Siècle de Lyon (Lyon). Sainte-Beuve, Alfred de Musset +et les lettres de G. Sand. + +27 novembre.--The Pall Mall Gazette (Londres). The romance of G. Sand +revived. + +27 novembre.--Gil Blas. Alfred de Musset et G. Sand à propos des +poètes à l'Odéon, par Ch. Martel, et des Mémoires de Got, par M. +Guillemot. (2 articles.) + +28 novembre.--La Petite République. La Vérité, par H. Brissac. + +28 novembre.--L'Art et la Mode, p. 896. G. Sand et Alfred de Musset. + +28 novembre.--The Queen (Londres). Sur la lettre de G. Sand à +Alexandre Dumas fils. + +28 novembre.--The Publisher Circular (Londres). Sur les lettres de G. +Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve. + +28 novembre.--Le Moniteur Universel. Sur les correspondances de V. +Hugo, Sainte-Beuve, Alfred de Musset et G. Sand, par L. Barracaud. + +28 novembre.--Le Courrier des États-Unis (New-York). Sur la lettre de +Mme Lardin de Musset au Figaro. + +28-29 novembre.--La Meuse (Liège). Anecdote sur G. Sand. + +29 novembre.--L'Événement. Note sur la publication des Lettres +d'amour. + +29 novembre.--Les Annales politiques et littéraires, p. 339. Le talent +d'Alfred de Musset (_Les Nuits_), par E. Faguet. + +29 novembre.--Le Radical (Marseille). La Vérité, par H. Brissac. + +29 novembre.--L'Illustrazione Italiana (Milan), p. 362. Il romanzo +Sand-Musset-Pagello, III et fin, par Raffaello Barbiera. + +30 novembre.--Le Gaulois. Souvenirs de la crise de Venise dans _On ne +badine pas avec l'amour_, par A. Galdemar. + +30 novembre.--The Freemans Journal (Dublin). Alfred de Musset et G. +Sand, Mérimée et Sainte-Beuve, Correspondances. + +22-30 novembre.--Nouvelle Revue Internationale, p. 733. Les amours de +G. Sand et d'Alfred de Musset, par H. de Beautiran. + +1er décembre.--Revue des Revues. Critique de la correspondance de G. +Sand et de Sainte-Beuve. + +1er décembre.--La Revue de Paris, p. 559. Lettres de G. Sand à +Sainte-Beuve, II et fin. + +1er décembre.--The Siam Free Press (Bangkok). Alfred de Musset et G. +Sand. + +1er décembre.--Revue d'art dramatique, p. 107. Alfred de Musset et G. +Sand dans _On ne badine pas avec l'amour_, par R. Sparck. + +1er décembre.--Revue illustrée, p. 372. Les révélations actuelles sur +Musset et G. Sand, par C. Legrand. + +1er décembre.--La Época (Madrid). Arte y vida, por Zeda. + +1er décembre.--Mercure de France, p. 556. Alfred de Musset, G. Sand et +le Dr Pagello. + +1er décembre.--Le Magasin littéraire, p. 455-456. Les lettres de G. +Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve. Portraits d'Alfred de +Musset d'après E. Lami et de G. Sand d'après E. Delacroix. + +2 décembre.--Le Temps. Sur la 2e partie des Lettres de G. Sand à +Sainte-Beuve. + +3 décembre.--L'Éclair. Notes sur la correspondance +Sand-Musset-Sainte-Beuve. + +3 décembre.--Gil-Blas. Le scandale Sand-Musset, à propos du _Livre +d'Amour_ de Sainte-Beuve. + +3 décembre.--La Paix. Droit au silence, par J. Merac.--G. Sand et les +révélations de M. Marieton. (2 articles.) + +4-5 décembre.--Giornale di Sicilia (Palerme). G. Sand et d'Alfred de +Musset, par Iobi. + +5 décembre.--Le Figaro. Mademoiselle Byron, par J. Aicard. + +5 décembre.--Heraldo de Madrid (Madrid). Note sur la correspondance de +G. Sand et d'Alfred de Musset à propos de la 1re représentation de +_Lorenzaccio_. + +5 décembre.--La Patrie (Montréal). Le club des silencieux, par M. +Guillemot. + +5 décembre.--The Publisher Circular (Londres). Chez M. de Spoelberch +de Lovenjoul: les dessins de Alfred de Musset sur l'album de G. Sand. + +6 décembre.--Les Annales politiques et littéraires, p. 360. G. Sand et +le Voyage en Italie, à propos de _Lorenzaccio_, par G. Geoffroy. + +6 décembre.--World (New-York). Comments on the newly published +letters of G. Sand to Alfred de Musset, by Mrs Anna de Koven. + +7 décembre.--Mail and Express (New-York). Alfred de Musset and G. Sand +by R. H. Stoddard. + +7 décembre.--La Patrie (Montréal). Réponse à M. H. Garneau, par +Françoise. + +9 décembre.--La Dépêche (Toulouse). De la gloire: différence de la +douleur chez Alfred de Musset et chez Chopin, trahis tous deux par G. +Sand, par A. Silvestre. + +9 décembre.--Le Libéral (Cambrai). Sur le discrédit occasionné par la +publication des petits papiers, par H. Gibout. + +9 décembre.--Taegliche Rundschau (Berlin). Note sur les révélations de +la Revue hebdomadaire. + +10 décembre.--Le Correspondant, p. 831. La littérature indiscrète, par +H. Chantavoine. + +10 décembre.--The English Mail (Francfort-Mein). The romance of G. +Sand revived. + +12 décembre.--La Revue hebdomadaire, p. 251. Les lettres d'Alfred de +Musset à G. Sand, une lettre inconnue, par O. Uzanne. + +12 décembre.--The Evening Post (New-York). L'actualité d'Alfred de +Musset. + +12 décembre.--Torch. (Londres). Note sur Alfred de Musset et G. Sand. + +13 décembre.--Le Journal illustré. Musset-Sand-Pagello, les Chercheurs +et M. J. Lemaitre, par Alf. Barbou. + +13-14 décembre.--Het Vaderland (La Haye). Les révélations sur Alfred +de Musset et G. Sand. + +14 décembre.--Le Charivari. N'est-ce pas bientôt fini? + +14 décembre.--Journal de Rouen. Le Dr Pagello défendu par le Marquis +Paulucci di Calboli. + +14 décembre.--Journal des Débats.--Le Dr Pagello défendu par le +Marquis Paulucci di Calboli. + +15 décembre.--Le Charivari. Fragments de deux lettres de G. Sand sur +Alfred de Musset. + +15 décembre.--L'Événement. Le Dr Pagello défendu par le Marquis +Paulucci di Calboli. + +15 décembre.--La Nouvelle Revue, p. 852. Sur les exhumations +actuelles, par E. Ledrain. + +15 décembre.--La Petite Gironde (Bordeaux). Pour Pagello, par P. B. + +15 décembre.--Revue des Revues, p. 570. Pagello poète, par R. Paulucci +di Calboli, avec un portrait du Dr Pagello.--G. Sand intime, ses +lettres à l'abbé Rochet. (2 articles.) + +15 décembre.--Review of Reviews (Londres). Les lettres de G. Sand à +Alfred de Musset. + +15 décembre.--La Quinzaine, p. 542. L'envers des Grands Hommes, par +Gabriel Aubray. + +15 décembre.--Simple Revue, p. 369. Alfred de Musset et G. Sand, par +G. Wernert. + +16 décembre.--Le Figaro. Les premières amours de Musset et de G. Sand, +avec extraits de leurs lettres, par P. Mariéton.--Jugement de +Lamartine et de Renan sur la liaison de G. Sand avec Alfred de Musset. +(2 articles.) + +16 décembre.--Journal de Maurice (Port-Louis, île Maurice). Romans +d'outre-tombe, par Ad. Brisson. + +17 décembre.--L'Événement. Lui, toujours; Elle, toujours, par Le +Sphinx. (V. Brunières.) + +17 décembre.--Le Figaro. Le marquis Paulucci et le Dr Pagello.--Note +sur l'article de O. Uzanne.--Note sur le jeu des petits papiers. + +17 décembre.--Le Temps. Encore l'affaire Sand-Musset, extrait des +Lettres d'Alfred de Musset à G. Sand. + +18 décembre.--The Daily Chronicle (Londres). Sur les femmes d'Alfred +de Musset. + +18 décembre.--The Levant Herald (Constantinople). Le Dr Pagello et le +marquis Paulucci di Calboli. + +18 décembre.--The Morning (Londres). Note relative au livre de M. +Mariéton. + +18 décembre.--Le Petit Champenois (Chaumont). Les révélations de M. +Mariéton sur Alfred de Musset et G. Sand, par P. C. + +18 décembre.--La Petite République. Psychologie de Concierges: nouveau +livre de M. Mariéton, extraits des lettres d'Alfred de Musset à G. +Sand, par Louis Marle. + +19 décembre.--Le Clairon (Londres). Renouvellement du scandale +Sand-Musset. + +19 décembre.--L'Écho du public. Demande de renseignements. + +19 décembre.--Le Gaulois. Projets de nouveaux noms pour les galeries +du Palais-Royal. + +19 décembre.--Journal des Débats. Les révélations sur Alfred de Musset +et G. Sand, à propos du livre de M. Mariéton. + +19 décembre.--La Patrie (Montréal). Alfred de Musset et G. Sand, +d'après les lettres de G. Sand, par Godfroid Langlois. + +20 décembre.--La France (Santiago). La querelle Sand-Musset et Mme +Lardin de Musset, par J. Bernard. + +20 décembre.--Le Jour. Sur les Amants de Venise, de P. Mariéton, par +Jean Babillard. + +20 décembre.--Le Ménestrel. Le Don Juan d'Alfred de Musset et celui de +G. Sand, par J. Tiersot. + +21 décembre.--La France. Alfred de Musset et G. Sand, le _Soir_ de G. +Sand, par E. Blavet. + +Reproduit: Le Nord, 21 décembre. + +21 décembre.--Stampa (Turin). Il cuore di Giorgio Sand: De Musset, +Pagello e l'abate Rochet. + +21 décembre.--Le Stephanois (Saint-Étienne). Alfred de Musset, G. Sand +et M. Mariéton, par Ignotus. + +22 décembre.--Le Journal. Le désespoir de Lélia, extrait du Journal +intime de G. Sand, par P. Mariéton. + +23 décembre.--L'Éclair. Note relative au livre de M. Mariéton. + +23 décembre.--Le Figaro. Sur le livre de M. Mariéton.--Sur la _Nuit de +Venise_ à la Bodinière. (2 articles.) + +23 décembre.--Le Temps. G. Sand et Alfred de Musset: extraits du +Journal intime de G. Sand, deux lettres d'Alfred de Musset à G. Sand, +par P. Mariéton. + +24 décembre.--L'Écho de Paris. Annonce du livre de M. Mariéton. + +24 décembre.--La Presse. Les Amants de Venise, par Jane de La Vaudère. + +25 décembre.--La Chronique littéraire (Nyon, Suisse), p. 2. G. Sand et +Alfred de Musset, par P. Clarensac. + +26 décembre.--L'Illustration. Grande revue de Shalon, passée par G. +Sand et Alfred de Musset, texte et dessins par Henriot. + +26 décembre.--The Academy (Londres), p. 597. Les lettres d'Alfred de +Musset à G. Sand. + +28 décembre.--Gil Blas. Citation d'une lettre de G. Sand à Alfred de +Musset, par L. Lacour. + +29 décembre.--Journal de Maurice (Port-Louis, île Maurice). Note sur +F. Mallefille, à propos de l'affaire Sand-Musset, par Vetivert. + +30 décembre.--La Réforme (Bruxelles). Lui et Elle, par Frantz Delba, +avec deux portraits. + +31 décembre.--Le Figaro. Annonce de la publication du livre de M. +Mariéton. + +31 décembre.--Gil Blas. G. Sand et Alfred de Musset dans la Revue de +la Bodinière. + +31 décembre.--La Province Artistique (Orange, près Vaucluse). Alfred +de Musset et G. Sand, le livre de M. Mariéton. + + +1897 + +UNE HISTOIRE D'AMOUR. G. Sand et Alfred de Musset, documents inédits, +lettres d'Alfred de Musset, par Paul Mariéton. Paris, G. Havard fils. +1897. 1 vol. in-12. + +1er janvier.--L'Écho de Paris. Nohant, par A. + +2 janvier.--L'Art et la Mode. Note humoristique sur la correspondance +Sand-Musset. + +2 janvier.--La Vie Parisienne, p. 1, 9, 10. Théâtre des Trétaux, texte +et dessins par Sahib. + +2 janvier.--L'Écho de Paris. Critique de _Une Histoire d'amour_, par +H. Bauer. + +2 janvier.--Le Progrès médical, p. 12. Les Médecins amants, II, par +Marcel Baudouin. + +3 janvier.--L'Écho de Genève (Genève). Anecdote: un dîner chez G. +Sand, par J. Troubat. + +5 janvier.--Le Figaro. Note sur la _Véritable Histoire d'Elle et Lui_ +du Vte de Spoelberch de Lovenjoul. + +7 janvier.--Le Charivari. Démolition des statues, vignette non signée. + +8 janvier.--Le Gaulois. Annonce du livre de M. Mariéton. + +9 janvier.--The London Illustrated Strand (Londres). Alfred de Musset +et G. Sand. + +9 janvier.--Le Rappel. Elle et Lui, Lui et Elle, par H. Fouquier. + +9 janvier.--L'Illustration. Critique du livre de M. Mariéton. + +12 janvier.--Gil Blas. Ce que G. Sand voulait être pour Alfred de +Musset, par Colombine. + +12 janvier.--L'Écho de Paris. Note sur le livre de M. Mariéton. + +14 janvier.--La Libre Parole. Note sur le livre de M. Mariéton. + +15 janvier.--Revue des Deux-Mondes, p. 450. Alfred de Musset et G. +Sand, par R. Doumic. + +17 janvier.--Gil Blas. Un Genre, par P. Veber. + +17 janvier.--Le Voltaire. Petit dialogue des morts, par M. Leblond. + +22 janvier.--Le Figaro. Alfred de Musset et G. Sand, à propos de +Mérimée, par Larroumet. + +27 janvier.--The Daily Chronicle (Londres). L'affaire +Sand-Musset-Pagello, publications de la Revue de Paris. + +30 janvier.--L'Illustration, p. 25. Portrait chargé d'Alfred de +Musset, par Malatesta. + +THE YELLOW BOOK AN ILLUSTRATED QUARTERLY. Volume XII, January. 1897. +John Lane, the Bodley Head London and New-York. 1 vol. in-8º +carré.--p. 15 à 38. She and He, by Henry James. + +1er février.--Cosmopolis. T. V, page 417. Lettres de G. Sand à son +mari, M. C. Dudevant. + +1er février.--The Free Review (Londres), p. 513. Jugement sur l'état +mental de Alfred de Musset et de G. Sand, par W. M. G. + +1er février.--Le Journal. Du procès intenté à M. Mariéton. + +1er février.--Le National. Quelques mots sur la correspondance +Sand-Musset. + +1er février.--Revue des Revues. Ce que M. Doumic dit d'Alfred de +Musset et de G. Sand dans la Revue des Deux-Mondes. + +2 février.--Journal des Débats. A propos des lettres de G. Sand à son +mari. + +2 février.--Le Voltaire. Lettres d'amour, par Raoul Deberdt. + +2 février.--Le Figaro. Note sur la publication des lettres de G. Sand +à son mari. + +2 février.--Le Précurseur (Anvers). G. Sand et son mari; voyage de G. +Sand avec Alfred de Musset en Italie. + +5 février.--L'Événement. Note sur la publication des lettres de G. +Sand à son mari. + +6 février.--La Semaine littéraire (Genève). Extraits des lettres de G. +Sand à son mari. + +7 février.--The Weekly Sun (Londres). George Sand and Alfred de +Musset, by T. P. + +8 février.--Journal de Maurice (Port-Louis, île Maurice). Cinq petits +poèmes à G. Sand, par Alfred de Musset. + +8 février.--La Semaine littéraire (Genève). Sur les lettres de G. Sand +à son mari. + +10 février.--La Gironde (Bordeaux). Critique du livre de M. Mariéton, +par G. Roturier. + +13 février.--The Queen (Londres). Ce que M. H. James dit de Alfred de +Musset et de G. Sand dans _The Yellow Book_.--Sur les lettres de G. +Sand à son mari. (2 articles.) + +_Interdiction d'Une Nuit de Venise, pièce de M. Mongerolle[66]._ Avant +le procès, les débats, jugement. Le Journal, 13 février.--L'Événement, +Le Gaulois, Gil Blas, Le Journal, La Libre Parole, La Liberté, Le +Soleil, 14 février.--L'Écho de Paris, L'Éclair, Journal des Débats, La +Libre Parole, The New-York Herald (Paris), Le Soleil, Le Temps, The +Daily Telegraph (Londres), La Presse, 15 février.--Konigsberger +Hartungsche Zeitung (Koenigsberg), 16 février.--L'Express (Mulhouse), +18 février.--Neue Badischelandes Zeitung (Manheim), Le Rappel, Levant +Herald (Constantinople), 19 février.--La Presse, L'Illustration, 20 +février.--The Referee (Londres), 21 février.--Fanfulla (Rome), 25 +février.--La Liberté, 2 mars.--Gil Blas, Le Journal, Journal des +Débats, 3 mars.--L'Éclair, L'Intransigeant, La Petite République, Le +Temps, 4 mars. + + [66] UNE NUIT DE VENISE, fantaisie en 1 acte, en vers, par M. J. + Mongerolle, devait être représentée le 13 février 1897 sur le + Théâtre Mondain, de la cité d'Antin, à Paris, avec cette + distribution: + + La Muse Mlle Augustine LERICHE. + Beppa (George Sand) CAUMONT. + Le Poète (Alfred de Musset). M. Paul FRANCK. + Le Docteur (le Dr Pagello) P. GARBAGNI. + + Les invités trouvèrent la salle occupée par la police. Mais malgré + cette interdiction et le procès qui s'en suivit, cette pièce fut + représentée le 24 mars 1897, sous le titre de _Le Druide_, au même + théâtre. Je ne crois pas qu'elle ait été imprimée, il ne doit + exister que le programme de la représentation. + +The Morning (Londres), 5 mars.--La Tribuna (Rome), 7 mars.--The +Daily News (Londres), 14 mars.--Gil Blas, Journal des Débats, Le +Temps, Le Soir, Le Gaulois, Le Figaro, La Loi, The Daily Telegraph +(Londres), 17 mars.--La Petite République, L'Écho de Paris, Le +Moniteur Universel, Saint-James Gazette (Londres), The Musical +Courrier (Londres), 18 mars.--Novoie Wremya (Pétersbourg), 12-24 +mars.--The New-York Times (New-York), 27 mars. + +14 février.--Le Salut Public (Lyon).--Critique du livre de M. +Mariéton. + +14 février.--Petit Journal pour Rire, 5e série, no 7. Encore Alfred de +Musset et G. Sand. + +15 février.--Nouvelle Revue Européenne, p. 158. Critique du livre de +M. Mariéton, par H. Buffenoir. + +DOCTEUR CABANÈS. LE CABINET SECRET DE L'HISTOIRE. 2e série. Paris. +Librairie de A. Charles et aux Bureaux de la Chronique Médicale, 1897. +1 vol. in-12 carré.--p. 275 à 332. Un roman vécu à trois personnages, +avec 4 portraits et 1 page de fac-similés d'autographes. + +16 février.--Gil Blas. Aux familles Sand et de Musset, par Le Facteur. + +16 février.--Le National. Messieurs, la famille! par G. Jubin. + +Reproduit: L'Indépendant de l'Est (Bar-le-Duc), 18 février. + +16 février.--Journal de Rouen. Alfred de Musset et G. Sand, à propos +de l'interdiction d'_Une Nuit de Venise_. + +17 février.--Le Charivari. Réflexions sur l'interdiction d'_Une Nuit +de Venise_, par P. Véron. + +17 février.--Le Progrès de la Côte-d'Or (Dijon). Au seuil d'un siècle, +par R. Des Varennes. + +19 février.--L'Événement. L'affaire Sand-Musset, à propos du livre de +M. Mariéton et de l'interdiction d'_Une Nuit de Venise_. + +20 février.--Le Figaro. Lettre par A. Daudet. + +_Procès intenté à M. Mariéton par la famille Sand_. Avant le procès, +les débats, jugement: Le Figaro, Le Gaulois, Gil Blas, Le Journal, +Journal des Débats, La Presse, Le Soleil, Le Temps, Gazette des +Tribunaux, The Standard (Londres), 20 février.--Le Moniteur Universel, +21 février.--Gazette des Tribunaux, La Liberté, 26 février.--Le Petit +Moniteur, The Manchester Guardian (Manchester), 27 février.--La Paix, +28 février.--Gazette des Tribunaux, Le Droit, Le Soir, Le Petit Temps, +Gil Blas, Journal des Débats, Le Gaulois, Le Progrès de la Somme +(Amiens), 12 mars.--L'Écho de Paris, La Loi, Journal des Débats, 13 +mars.--Franckfurter Zeitung (Francfort), 14 mars.--Revue des Grands +Procès contemporains, avril, p. 191. + +20 février.--The National Observer (Londres). Analyse de l'article de +_The Yellow Book_. + +22 février.--Le Journal. Elle, Lui, Nous, par A. Hepp. + +22 février.--La Libre Parole. Réclame pour le livre de M. Mariéton. + +22-23 février.--Journal de Marseille. Lettres d'amour, à propos du +procès Mariéton, d'après Le Figaro. + +25 février.--Le Journal. Annonce du livre de M. de Spoelberch de +Lovenjoul. + +Vte DE SPOELBERCH DE LOVENJOUL. LA VÉRITABLE HISTOIRE DE ELLE ET LUI, +notes et documents. Paris, Calmann Lévy, 1897. 1 vol. in-12. + +_Critiques du livre de M. de Spoelberch de Lovenjoul_: The Daily +Chronicle (Londres), 1er mars.--La République Française, 2 +mars.--Journal de Bruxelles, 3 mars.--L'Univers Illustré, +l'Illustration, 6 mars.--L'Indépendance Belge, supplément, +(Bruxelles), 7 mars.--Le Jour, 8 mars.--La Presse, 9 mars.--Le +Moniteur Universel, 10 mars.--Théâtre Illustré (Angers), Atheneum +(Londres), The Academy (Londres), Revue Encyclopédique, 13 +mars.--Mémorial de la librairie française, 18 mars.--Le Monde +illustré, 20 mars.--L'Événement, The New-York Herald, Revue +Britannique, 22 mars.--La Paix, 31 mars.--Le Constitutionnel, Le +Figaro illustré, p. XV, Revue Suisse (Lausanne), Revue Générale +(Bruxelles), 1er avril.--Franckfurter Zeitung (Franckfort), 4 +avril.--Bulletin de l'Office de Publicité (Bruxelles), 6 avril.--The +Publisher circular (Londres), 10 avril.--L'Art Moderne (Bruxelles), 25 +avril. Revue critique d'histoire et de littérature, p. 337, 26 avril. + +25 février.--L'Ère nouvelle (Tarbes). Les Morts qu'on tue, par De +Lomné. + +27 février.--La Jeune Belgique (Bruxelles), p. 79. Analyse de la +conférence de M. R. Cantel sur Alfred de Musset et G. Sand. + +28 février.--Le Cri de Paris. Note sur le livre de M. Mariéton. + +1er mars.--La Nouvelle Revue. Critique du livre de M. Mariéton, par +Rodocanachi. + +1er mars.--The Nineteenth Century (Londres), p. 428. The limits of +biography, by Ch. Whibbey. + +8 mars.--La Petite Gironde (Bordeaux). Sur les lettres de G. Sand à +Chopin. + +10 mars.--La Gironde (Bordeaux). Critique du livre de M. Mariéton, par +G. Routurier. + +10 mars.--Le Courrier de l'Aisne (Laon). Sur les lettres de G. Sand à +Chopin. + +12 mars.--Le Moniteur universel. Critique du livre de M. Mariéton, par +L. Barracaud. + +12 mars.--Le Gaulois. La Potinière des Trépassés, par J. Montet. + +15 mars.--Journal des Débats. Note sur les livres de MM. de Spoelberch +de Lovenjoul et P. Mariéton. + +15 mars.--Nouvelle Revue Internationale, p. 313. La bonne dame de +Nohant, par Édouard Achard. + +17 mars.--Gil Blas. G. Sand et M. Grévy, échange de la correspondance +d'Alfred de Musset, par Santillane. + +25 mars.--Le Journal. Sur la représentation de _Le Druide (Une Nuit de +Venise)_, de M. Mongerolle. + +26 mars.--Le Réformiste. Critique du livre de M. Mariéton. + +31 mars.--Gazette Anecdotique, p. 189. Sur l'article du Dr Cabanès, +réimprimé dans son _Cabinet secret_, etc. + +1er avril.--Nouvelle Revue Européenne. Article par M. H. Buffenoir. + +1er avril.--Nouvelle Revue Internationale. L'affaire de Elle et Lui +d'après MM. de Spoelberch de Lovenjoul, Cabanès, Clouard et Mariéton. + +2 avril.--Le Rappel. La 1re représentation de _Le Druide (Une Nuit de +Venise)_, par P. Desachy. + +13 avril.--La Presse. Lettres posthumes, l'opinion de G. Sand, par M. +de Bare. + +14 avril.--La France. Opinion de G. Sand sur les lettres posthumes, +fac-similé d'une lettre de G. Sand. + +15 avril.--Nouvelle Revue Internationale, p. 427. Les Briseurs +d'idole, par Séverine.--p. 430. Fac-similé d'une lettre de G. Sand +relative aux publications posthumes. + +15 avril.--Revue Universitaire, p. 406. Critique du livre de M. +Mariéton et Note sur le livre de M. de Spoelberch de Lovenjoul. + +LES LETTRES DE G. SAND ET D'ALFRED DE MUSSET. PLAIDOIRIE DE Me G. +BEURDELEY, défenseur de MM. P. Mariéton et Havard fils. Extrait de la +Revue des Grands Procès contemporains. Paris, A. Chevalier-Marescq, +1897. Br. in-8º. + +Mai.--The Bookman (New-York). Note sur le livre de M. de Spoelberch de +Lovenjoul. + +3 mai.--L'Écho de Paris. Que deviendront les originaux des lettres de +G. Sand? + +15 mai.--La Revue de Paris, p. 312. La fin d'une légende, par S. +Rocheblave, avec Extraits du Journal de G. Sand et des lettres +d'Alfred de Musset et de G. Sand. + +15 mai.--Journal des Débats. Sur l'article de M. Rocheblave dans la +Revue de Paris. + +15 mai.--La Nouvelle Revue, p. 288. L'amour et la mort: Alfred de +Musset après sa rupture avec G. Sand, par Louis Proal. + +19 mai.--Le Petit Temps. Analyse de l'article de M. Rocheblave. + +20 mai.--Le Figaro. Critique du livre de M. de Spoelberch de +Lovenjoul. + +21 mai.--La République du Var (Toulon). G. Sand et Alfred de Musset, +d'après M. Rocheblave. + +21 mai.--L'Éclair. Note sur le débat, par P. Arène. + +29 mai.--The Publisher Circular (Londres). Critique du livre de M. de +Spoelberch de Lovenjoul. + +31 mai.--Gazette de France. Critique des Livres de MM. de Spoelberch +de Lovenjoul et P. Mariéton. + +31 mai-1er juin.--Journal de Marseille. Critique de l'article de M. +Rocheblave. + +1er juin.--La Gironde (Bordeaux). Critique du livre de M. de +Spoelberch de Lovenjoul. + +1er juin.--Corriere di Napoli (Naples). Critique de la Conférence de +M. R. Marvasi. + +HUGUES LAPAIRE ET FIRMIN ROZ. LA BONNE DAME DE NOHANT, avec le +portrait de G. Sand par Th. Couture. Paris, Société des Publications, +F. Laur, 1897. 1 vol. in-12. + +6 juin.--Le Rappel. Le droit de citation, par André Balz. + +11 juin.--Journal des Débats. Critique de _La Bonne Dame de Nohant_. + +19 juin.--La Jeune Belgique (Bruxelles). Critique du livre de M. de +Spoelberch de Lovenjoul et note sur l'article de M. Clouard, par +Robert Cantel. + +GEORGE SAND. LETTRES A ALFRED DE MUSSET ET A SAINTE-BEUVE. Paris, +Calmann-Lévy, 1897. 1 vol. in-12. + +22 juin.--La République Française. Écrivassières et Épistolières, par +Ad. Brisson. + +24 juin.--Le Gaulois. Opinion sur le docteur Pagello par ses +concitoyens. + +25 juin.--Journal du Cher (Bourges). Critique de _La Bonne Dame de +Nohant_. + +26 juin.--Le Gaulois. Note sur la publication en volume des lettres de +G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve. + +26 juin.--Le Journal. Note sur la publication en volume des lettres de +G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve. + +27 juin.--L'Éclaireur (Nice). Le Dr Pagello et ses concitoyens. + +30 juin.--Journal de Genève (Genève). Sur la publication en volume des +lettres de G. Sand à Alfred de Musset et Sainte-Beuve, et sur la +Préface de M. Rocheblave. + +3 juillet.--The Atheneum (Londres). Note sur les livres de MM. de +Spoelberch de Lovenjoul et P. Mariéton. + +3 juillet.--La Patrie. Sur la publication en volume des lettres de G. +Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve. + +4 juillet.--Le Courrier du Soir. Note sur ceux qui peuvent lire la +correspondance de G. Sand avec Alfred de Musset. + +4 juillet.--The New-York Herald. Sur la publication en volume des +lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve. + +7 juillet.--Le Courrier du Soir. Sur le Dr Pagello et G. Sand, par P. +Baragnon. + +7 juillet.--La Epoca (Madrid). Un drama de Amor (M. Rocheblave), par +Zeda. + +7 juillet.--L'Éclair. Le plus heureux des trois, par E. Ledrain. + +10 juillet.--L'Univers Illustré, p. 442. La publication en volume des +lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve; MM. +Rocheblave et de Spoelberch de Lovenjoul, par H. Rabusson. + +15 juillet.--La Revue de Paris, couverture. Note sur les lettres de G. +Sand à Sainte-Beuve. + +25 juillet.--L'Indépendance Belge, supplément. (Bruxelles). Sur ce que +MM. de Spoelberch de Lovenjoul et Rocheblave disent des amours de G. +Sand et de Alfred de Musset. + +PORTRAITS INTIMES, PAR ADOLPHE BRISSON. 3e série. Paris, A. Colin, +1897. 1 vol. in-12.--p. 79 et 89. + +9 août.--Franckfurter Zeitung (Francfort). Les Lettres de G. Sand à +Alfred de Musset et à Sainte-Beuve. Sur les articles de MM. Mariéton, +de Spoelberch de Lovenjoul, Clouard, Cabanès et Rocheblave. + +13 août.--Berliner Börsen Zeitung (Berlin). Les Lettres de G. Sand à +Alfred de Musset et à Sainte-Beuve; sur les études de Mme A. Barine, +et de MM. Mariéton, de Spoelberch de Lovenjoul, Clouard, Cabanes et +Rocheblave. + +15 août.--Bulletin du Bibliophile. Critique du livre de M. de +Spoelberch de Lovenjoul. + +25 août.--L'Express (Brest). Des documents que possède M. de +Spoelberch de Lovenjoul, par Jean Bernard. + +1er septembre.--Revue des Deux-Mondes, couverture. Appréciation sur +les lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve. + +7 septembre.--Le Gaulois. Lettres de G. Sand, E. Süe, V. Hugo, G. de +Nerval sur les publications posthumes, par H. Lapauze. + +15 septembre.--La Revue Idéaliste, p. 339. G. Sand et Alfred de Musset +d'après plusieurs livres récents, par E. Trolliet. + +15 septembre.--Nouvelle Revue Européenne, p. 730. Critique des lettres +de G. Sand à Alfred de Musset et de la Préface de M. Rocheblave. + +19 septembre.--Neue freie Press (Vienne). Er und Sie, und der Andere. + +19 septembre.--Le Messager de Paris. Critique des Lettres de G. Sand à +Alfred de Musset et à Sainte-Beuve, par J. Guillemot. + +30 septembre.--Berliner Zeitung (Berlin). Neue Briefe der George Sand +(d'après la Nouvelle Revue). + +1er octobre.--L'Express (Brest). Ce que le Dr Cabanès dit d'Alfred de +Musset et de G. Sand dans son _Cabinet secret de l'histoire_. + +5 octobre.--Hufvudsbladet (Helsingfors, Russie). Herr Julien +Leclercq's forelasning, par A. + +7 octobre.--Courrier de Haïphong. Les collections de M. de Spoelberch +de Lovenjoul, l'album de dessins d'Alfred de Musset, par Jean Bernard. + +25 septembre-9 octobre.--Novoie Wremya (Pétersbourg). Critique des +Lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve, sur M. +Rocheblave. + +16-17 octobre.--Le Gaulois, supplément. Ce que Mlle Colin dit de G. +Sand. + +30 octobre.--Le Figaro. Ce que Brichanteau pense des amoureux de +Venise, par J. Claretie. + +RENÉ DOUMIC. ÉTUDES SUR LA LITTÉRATURE FRANÇAISE. 2e série. Paris, +Perrin et Cie, 1898. 1 vol. in-12.--p. 149. Amours Romantiques. + +1er novembre.--Gil Blas. Le Règne du Potin, par P. Weber. + +8 novembre.--L'Événement. Le retour à G. Sand, critique de _La Bonne +Dame de Nohant_, par E. Des Essarts. + +Reproduit dans: Le Moniteur du Puy-de-Dôme (Clermont), 19 +novembre.--Nouvelle Chronique Parisienne, 25 novembre. + +28 novembre.--Gazette de France. Ce que M. Doumic dit d'Alfred de +Musset et de G. Sand. + +7 décembre.--La Libre Parole. Réminiscences des amours d'Alfred de +Musset et de G. Sand, par E. Drumont. + +9 décembre.--Le Figaro. Note sur la conférence de M. Doumic, relative +à Alfred de Musset, à G. Sand et au Dr Pagello. + + +1898 + +2 janvier.--La Presse. Souvenir des polémiques de 1896-1897. + +10 janvier.--Le Gaulois. Qu'est devenue la copie de la correspondance +de G. Sand et d'Alfred de Musset faite par Mme C. Jaubert? + +17 janvier.--Gil Blas. Note concernant M. Mariéton. + +20 janvier.--Études religieuses, p. 245. Ce que M. Doumic dit de la +correspondance Sand-Musset. + +3 février.--Le National. Tout s'arrange, par H. Céard. + +26 février.--L'Événement. Un Grand amoureux, par H. de Weindel. + +26 février.--Le Gaulois. La fin d'un roman, par Tout Paris. + +26 février.--Gil Blas. L'Autre, par Santillane. + +26 février.--Le Journal. La Gloire d'aimer, par A. Hepp. + +26 février.--Le National. Notes quotidiennes, par Emmanuel François. + +Reproduit dans: La Réforme, 27 février. + +27 février.--La Liberté. Soliloques, par Pierre Valdagne. + +28 février.--Le XIXe Siècle. Chronique: Mort du Dr Pagello, par P. +Ginisty. + +1er mars.--L'Écho de Paris. Chronique, par Colomba. + +1er mars.--Le Petit Provençal (Marseille). Pagello et G. Sand, par +Clovis Hugues. + +1er mars.--Le Radical. Le beau Pagello, par Jean de Montmartre. + +1er mars.--La Réforme (Bruxelles). Le Dr Pagello, par Milio, avec +portrait. + +2 mars.--La France (Bordeaux). Le Dr Pagello et G. Sand, par Clovis +Hugues. + +2 mars.--Le Matin. L'amour des illustres, non signé. + +2 mars.--Le Messin (Metz). Mort du Dr Pagello et extraits des lettres +de G. Sand. + +2 mars.--La Petite Gironde (Bordeaux).--Causerie, par Simplice. + +3 mars.--La Fronde. Ménage d'artiste, par Marcelle Tinayre. + +3 mars.--La Lanterne. G. Sand et le Dr Pagello, non signé. + +3 mars.--Le Nouvelliste (Bordeaux). Le Dr Pagello, par Jacques +Curieux. + +5 mars.--L'Illustration, p. 178. A propos de la mort du Dr Pagello, +par Rastignac. + +5 mars.--Revue Hebdomadaire, p. 134. Le plus sage des trois, par F. +Sarcey. + +Reproduit: L'Indépendance Belge (Bruxelles), 13 mars. + +9 mars.--The Evening Transcript (Boston). Alfred de Musset, G. Sand et +Sainte-Beuve, d'après M. Doumic. + +10 mars.--Le Jour. Oraison funèbre, par Ed. Deschaume. + +11 mars.--Fremdenblatt (Vienne). Pietro Pagello in seinen Beziehungen, +für Henry Perl. + +12 mars.--Saint-James Gazette (Londres). A propos de la mort du Dr +Pagello. + +ESSAIS DE CRITIQUE DRAMATIQUE, PAR ANTOINE BENOIST. Paris, Hachette, +1898. 1 vol. in-12.--Alfred de Musset, G. Sand, leur théâtre, etc... +passim de p. 1 à 131. + +15 mars.--Revue des Revues, p. 620. Grand-Mère et petite-fille, par +Raoul Deberdt. + +16 mars.--Le Siècle. Notes sur les amants de Venise à propos de Mme +Desbordes-Valmore. + +XXIV MARZO MDCCCXCVIII. PIETRO PAGELLO. TRIGESIMO DELLA MORTE. +Belluno, premiata tipografica Cavessago, 1898. In-8 de 1 couverture et +32 pages avec portrait gravé sur bois.--Recueil d'éloges du Dr Pagello +par Luigi Zacchi, Vittorio Fontana, Feliciano Vinanti, avec des +lettres et des poésies du Dr Pietro Pagello. + +28 mars.--Le Temps. Note sur le livre de M. Benoist. + +2 avril.--Revue Hebdomadaire, p. 102. L'Autre, par F. Chevassu. + +15 mai.--La Fronde. Les Chacals, par Marcelle Tinayre. + +21 mai.--La Fronde. Ce qu'on doit faire des lettres d'amour, par May +Armand Blanc. + +Juin.--Deutsche Revue (Stuttgart), p. 290. G. Sand, Alfred de Musset +und Dr Pagello, persönliche Erinnerungen. + +5-6 juin.--Il Pongolo Parlamentare (Naples). Conferenza Marvasi. + +7 juin.--Il Don Chisciotte (Rome). Conferenza Roberto Marvasi. + +15 juin.--L'Amateur d'autographes. Sur ce qui est publié de la +Correspondance de G. Sand et d'Alfred de Musset. + +21 juin.--Le Rappel. Souvenir sur les bois de Verrières. + +23 juin.--Journal des Débats. Une Statue au Dr Pagello. + +24 juin.--L'Écho de Paris. Sur la Statue du Dr Pagello. + +24 juin.--La Liberté. La Statue du Dr Pagello, par P. Valdagne. + +24 juin.--Le Petit Rouennais (Rouen). La Statue du Dr Pagello. + +24 juin.--La Petite Gironde (Bordeaux). L'Amant, par P.B. + +24 juin.--L'Est Républicain (Nancy). La Statue du Dr Pagello. + +27 juin.--Gil Blas. Le Dr Pagello et sa statue. + +30 juin.--La Dépêche Algérienne (Alger). Un Méconnu, P. Pagello, par +H. Darsigny. + +2 juillet.--Le Gaulois. Amours de Grands Hommes, par P. Costard. + +27 août.--La Gazette Médicale, p. 420. Les Amants de Venise. + +Octobre.--The Atlantic Monthly (Londres), p. 569. The Correspondance +of G. Sand, by Irving Babbitt. + +Novembre.--Minerva (Rome). La Corrispondenza di G. Sand, d'après The +Atlantic Monthly. + +3 novembre.--Le Soleil. Un Professionnel, par F. Sainclair. + +11 novembre.--Le Soleil. La Critique à côté, par F. Sainclair. + +AUGUSTE MAILLOUX. UNE FILLE D'ALFRED DE MUSSET ET DE GEORGE SAND. +Nantes, imprimerie R. Guist'hau, 1898. Brochure in-12. + +C'est une bien vieille histoire que celle de la Fille d'Alfred de +Musset. Le 14 avril 1882, l'_Événement_ publiait un article de +Aurélien Scholl, intitulé «Une fille d'Alfred de Musset.» (On ne +donnait pas le nom de la mère). L'_Écho Rochelais_ le reproduisit le +19 avril 1882, et il fit ensuite le tour de la presse. Au mois +d'octobre de la même année, le _Bulletin de la Société historique de +la Saintonge_ publiait, p. 399, une réponse à M. Scholl, par A. L. +Cette étude a fait l'objet d'un tirage à part à 50 exemplaires. (Pons, +impr. de Noël Texier, in-8, de 10 p.), qui porte le nom de l'auteur, +M. A. Létélié.--M. Létélié établit, avec preuves à l'appui, que la +jeune fille décédée le 8 mai 1875 sous le nom de Onda Tessum, à +Saint-Maurice de Saintonge, commune de La Leu, près La Rochelle, +s'appelait Marie-Joséphine Menard, fille légitime de Charles Menard, +tisserand, et de Jeanne Jamin; qu'elle était née à Saint-Macaire +(Maine-et-Loire), le 17 septembre 1854, où habitait sa famille, et que +la personne qui l'accompagnait était Mme veuve Coras, alors âgée de 64 +ans, qui avait en quelque sorte adopté Marie-Joséphine à l'âge de 8 +ans et l'avait élevée. + +Le supplément du _Figaro_ du 13 janvier 1883, ayant de nouveau inséré +l'article de A. Scholl, Mme Lardin de Musset, soeur du poète, protesta +par une lettre publiée dans le supplément du _Figaro_ du 17 janvier +1883. + +Le _Gaulois_ des 4 et 5 décembre 1896, ressuscita la légende de la +fille d'Alfred de Musset, et ce fut cette fois Mme Martelet, née Adèle +Colin, la fidèle gouvernante, qui protesta dans l'_Éclair_ du 7 +décembre, m'attribuant l'enquête faite par M. Létélié, alors que je +n'avais fait qu'en rapporter le résultat. + +Aujourd'hui, M. Mailloux résume les divers articles écrits à ce sujet, +et pour réfutation, se borne à reproduire les pièces mises au jour par +M. Létélié. + +18 novembre.--Le Temps. Une fille de G. Sand et d'Alfred de Musset, +par F. Sarcey. + +26 novembre.--Le Gaulois. La propriété des lettres, par Esseytte. + +29 novembre.--Le Phare de la Loire (Nantes). Une fille d'Alfred de +Musset et de G. Sand, non signé. + +15 décembre.--Le Petit Bleu de Paris. Lettres d'amour, par G. Vanor. + +F. DE ROBERTO. UNA PAGINA DELLA STORIA DELL'AMORE. Milano, Fratelli +Treves, editori. 1898. 1 vol. in-12. + + +1899 + +19 janvier.--L'Éclair. Encore Alfred de Musset, G. Sand et le Dr +Pagello, par E. Bergerat. + +12 février.--Le Journal. Annonce de _Lui, Elle et l'Autre_, ballet de +Mascagni. + +Mars.--The Glasgow Herald (Glasgow). Annonce d'un ballet de Mascagni. + +12-13 mars.--Corriere della Sera (Milan). Anche Giorgio Sand? + +16 avril.--The Sunday Sun (Londres). Memories of George Sand by +Richard Davey. 1er article.--23 avril, 2e article. + +9 mai.--La Métropole (Anvers). Divulgations et Confessions +littéraires, par D. + +1er juin.--Nouvelle Revue Internationale. G. Sand et Alfred de Musset, +par Mme C. Berton.--Reproduit dans la Petite Revue internationale, 28 +mai-4 juin, p. 641. + +18 juin.--La Fronde. Une Fille de G. Sand et d'Alfred de Musset, le +livre de M. Mailloux. + +20 juin.--Gil Blas. La rupture de G. Sand et d'Alfred de Musset, +d'après Mme C. Berton. + +WLADIMIR KARENINE. GEORGE SAND, SA VIE ET SES OEUVRES. 1804-1876. +Tomes I et II. Paris, Ollendorff, 1899. 2 vol. in-8.--Tome I, pages +46, 434, 443.--Tome II, p. 1 à 160. + +Critiques du livre de Mme Karénine: La Revue de Paris, 1er juillet, +couverture.--The Morning Leader (Londres), 1er juillet.--La Liberté, 9 +juillet.--Le Temps, 15-16 juillet.--Le Soleil, 27 juillet.--L'Éclair, +8 août.--La Gazette de France, 21 août.--Le Temps, 28 août.--La +Lanterne, 5 septembre, etc... + +15 juillet.--Revue des Deux-Mondes, p. 441. G. Sand avant 1840, par R. +Doumic. + +18 juillet.--La Fronde. Les belles amies d'Alfred de Musset, par Mary +Summer. + +17 août.--Le Soleil. Amours d'artistes, par A. Claveau. + +19 août.--Le Gaulois. La vie de G. Sand d'après Mme Karénine. + +26 août.--Le Précurseur (Anvers). La vie de G. Sand, par J. Caze. + +28 août.--Le Journal. Réponse à Mme Karénine sur G. Sand, Alfred de +Musset et Pagello. + +1er septembre.--Le Théâtre. Phototypie par A. Bucquet: la scène +d'Alfred de Musset et G. Sand dans la _Revue Rétrospective_ du cercle +de l'Union Artistique[67]. + + [67] _La Revue Rétrospective_, en 3 actes et 6 tableaux, précédée + d'un prologue, par le marquis Philippe de Massa. Représentée à + Paris sur le théâtre du Cercle de l'Union artistique, les 11 et + 12 juin 1899. Paris, Cerf, 1899. 1 vol. in-12 orné d'un portrait. + +10 septembre.--Le Gaulois. Extrait d'une lettre d'Alfred Tattet à +Félix Arvers. + +14 octobre.--Le Temps. Une chaumière et un coeur, par A. Brisson. + +15 octobre.--Le Républicain de La Fère (Aisne). Note sur un souvenir +donné par Alfred de Musset à G. Sand, par Léon Bernard. + +25 novembre.--Revue Encyclopédique. G. Sand et Alfred de Musset +d'après Mesdames Berton et Arnould-Plessy. + +11 décembre.--Le Gaulois. La Dame de Venise, par Tout-Paris. + +19 décembre.--L'Écho de Paris. Chronique, par Colomba. + + + + +QUELQUES OEUVRES INÉDITES + +OU PEU CONNUES + +D'ALFRED DE MUSSET + + + + +QUELQUES OEUVRES INÉDITES + +OU PEU CONNUES + +D'ALFRED DE MUSSET + + +Lorsque la Revue Bleue analysa naguère[68], comme étant d'Alfred de +Musset, _Denise_, une nouvelle de son frère Paul[69], un journal a +demandé s'il ne serait pas possible de dresser une sorte de liste des +oeuvres inédites de l'auteur des _Nuits_. Cela me paraît difficile, +car ces oeuvres sont par elles-mêmes d'une nature très complexe. + + [68] Livraison du 26 juin 1897. + + [69] Publiée dans la _Revue de Paris_ du 2 mai 1841, où elle est + signée: «Paul de Musset» et reproduite dans la _Revue + pittoresque_ de mai 1845, avec la signature d'Alfred. + +Des pièces de vers comme la _Chanson pour la fête de sa mère_, les +_Stances à Mlle Z._, sont des souvenirs intimes, restés dans la +famille du poète, reliques sacrées qui, par un sentiment facile à +comprendre, sont pieusement conservées dans les archives familiales +d'où elles ne doivent pas sortir. + +D'autres, adressées à des jeunes filles, à des jeunes femmes surtout, +poèmes d'amour qui sont demeurés un secret entre celui qui les a +écrits et celles qui les ont reçus, sont si soigneusement cachées, +quand elles n'ont pas été détruites, qu'il est impossible de les +retrouver. Et dans les quelques occasions où le hasard ou une +indiscrétion les a fait connaître, donner même des initiales serait +compromettre inutilement des réputations jusqu'ici sans tache. + +Quant aux essais, aux ébauches de ce que j'appellerai les oeuvres de +travail, aux débris de toutes sortes qui ont été retrouvés dans les +papiers du poète, où commencer, où finir? Paul de Musset en donne un +certain nombre dans la BIOGRAPHIE[70] de son frère: + + _La Prêtresse de Diane,_ fragment d'élégie. + + _Agnès,_ fragment de poème dramatique, dont une «ballade» est + encore inédite. + + _Stances à Ninon:_ «Avec tout votre esprit...» + + _La Nuit de Juin,_ quatre vers: + + Muse, quand le blé pousse, il faut être joyeux. + Regarde ces coteaux, et leur blonde parure! + Quelle douce clarté dans l'immense nature! + Tout ce qui vit ce soir, doit se sentir heureux... + + [70] _Biographie d'Alfred de Musset_, par Paul de Musset. Paris, + Charpentier, 1877. 1 vol. in-12. + +Des Fragments du _Poëte Déchu,_ sorte d'autobiographie, qui, avec «Le +Poète et le Prosateur», publié dans les _OEuvres Posthumes_, +constituent à peu près tout ce qui reste du manuscrit de l'oeuvre, +laissé inachevé par Alfred et lacéré par Paul. + +Des stances _A la soeur Marcelline_, incomplètes, mais données en +entier dans le FIGARO du 14 mai 1887. + +_L'Exercice de nos facultés_, fragment en prose. + +_A trente ans_, fragment en prose. + +_Judith et Allori_, fragment dramatique, en vers. + +Un _Sonnet à sa Marraine_: «Qu'un sot me calomnie...» + +Des _Stances à Mme Ristori_. + +Une _Chanson:_ «Hélas! Hélas!...» + +_Le petit moinillon_, stances à Mlle E. d'A. + +Un _Quatrain à Mlle Melesville_, écrit au bas d'un dessin de M. +Chenavard, représentant la première rencontre de Petrarque et de +Laure, dessin où les deux figures du poète et de sa maîtresse avaient +quelque ressemblance avec les traits d'Alfred de Musset et de Mlle +Melesville. Il avait été question d'un mariage entre les deux jeunes +gens. + +A ces fragments, il faut joindre les poésies publiées par les soins de +Paul: + +_Le 3 mai 1814_, stances. MAGASIN DE LIBRAIRIE, 10 décembre 1859. + +_Après la lecture d'Indiana_, poésie. REVUE DES DEUX-MONDES, 1er +novembre 1878. + +_Variante en vers de: On ne badine pas avec l'amour_, acte I. REVUE +NATIONALE, 1er novembre 1861. + +Sauf quelques exceptions que nous indiquons plus loin, les fragments +demeurés inconnus n'offrent qu'un intérêt secondaire, par suite de +leur peu d'étendue ou de l'impossibilité de les rattacher à quelque +chose. Bien plus, parmi ces exceptions, se trouvent des satires, des +facéties sur le personnage ou l'événement du jour, charges d'atelier +ou de salon, faites entre amis, pour passer le temps, «en riant et +sans malice ni aversion contre personne», comme Alfred de Musset le +déclare lui-même au bas de l'une d'elles, mais qui, connues du grand +public, pourraient quelquefois être mal interprétées. Celles qui ne +peuvent éveiller aucune idée malveillante ont été publiées: + +_L'Anglaise en Diligence_, dans l'ART du 18 février 1883. + +Les premières strophes des _Stances burlesques à George Sand_, dans la +REVUE DE PARIS du 15 août 1896. + +Des fragments de la _Réponse à Ulric Guttinguer_, en vers, dans la +GAZETTE ANECDOTIQUE du 30 juin 1891. + +_Le Songe du Reviewer_ ou _Buloz consterné_ dans le COURRIER DE PARIS +du 19 mai 1857, la PETITE REVUE du 15 juillet 1865, et L'INTERMÉDIAIRE +DES CHERCHEURS du 10 octobre 1891. + +_A une Muse_ ou _Une Valseuse dans le Cénacle romantique_, en partie +dans le FIGARO du 4 novembre 1855, et en entier dans le tome I de la +CURIOSITÉ LITTÉRAIRE. (Paris, Liseux, 1880. In-12). + +Le _Voyage à Pontchartrain_, dans une brochure de M. Lorin: UNE +EXCURSION A PONTCHARTRAIN. Rambouillet, 1890. In-8º. C'est un récit +humoristique, adressé à Charles Nodier, qui répondit à l'auteur par +ces stances célèbres, composées sur le même rythme: + + J'ai lu ta vive odyssée + Cadencée, etc... + +Ajoutez à cela que Mme Lardin de Musset, faisant un nouveau choix +après son frère Paul, a publié encore quelques-unes de ces reliques: + +_Valentin_, qui n'est autre que l'avant-propos de la nouvelle _Les +deux Maîtresses_, dans le GAULOIS du 22 août 1896. + +Le _Roman par lettres_, dont plusieurs passages se retrouvent dans +FANTASIO, dans le GAULOIS des 17, 18, 19 et 20 juillet 1896[71]. + + [71] La donnée du roman de George Sand, _Le Secrétaire intime_, + écrit en 1834, offre de très grands points de ressemblance avec + cette oeuvre d'Alfred de Musset. On retrouve même chez G. Sand le + nom de Spark. + +Des poésies adressées _A George Sand_, dans la REVUE DE PARIS du 1er +novembre 1896. + +Restent enfin les communications faites par des tiers, amis ou +collectionneurs, qui nous fournissent une nouvelle moisson: + +Variantes de _La Coupe et les Lèvres_.--L'ÉVÉNEMENT, 29 novembre 1881. + + Moi, je n'ai jamais fait à la nature humaine..., etc... + +_Autres Variantes_ du même poème, le VOLTAIRE, 17 mai 1887, que voici, +d'après le manuscrit, le texte publié étant peu correct: + + Poésie! Harmonie! Amour! Larmes célestes, + Que les douleurs de l'homme arrachèrent aux yeux + Du vengeur immortel qui les chassa des cieux, + Si vous versez parfois, poisons doux et funestes, + Le baume de l'oubli sur mes cuisants regrets, + Quels trésors ignorés doit recéler une âme + Dont le ciel a puisé l'essence à votre flamme? + Camp où les feux sacrés ne s'éteignent jamais? + Dieu donna la beauté, dont le regard attire + A ces êtres divins qu'il créa d'un sourire, + Leur fit un front de vierge et de longs yeux voilés + Et leur dit en partant: «Allez et consolez!» + Mais eux-mêmes souvent, du feu qui les habite, + On les voit ici-bas se plaindre et s'étonner, + Ne pouvant contenir le rayon qui s'agite, + Et qui, venu du Ciel, y voudrait retourner. + + [ACTE I, SCÈNE 2]. + +_Ex Dono_ à un astronome. BIBLIOGRAPHIE ROMANTIQUE, par Charles +Asselineau. 2e édit. Paris, Rouquette, 1874. In-8º. + +Un _Fragment en Vers_ qui est le début de l'article, en prose, Un Mot +sur l'art moderne (publié dans les _Mélanges de Littérature_). ÉCHO DE +LA SEMAINE, 24 mai 1896: + + Pourquoi la Poésie est-elle morte en France? + On dit que le public vit dans l'indifférence, + Que le siècle est distrait, que tout meurt aujourd'hui; + Bonaparte, à Wagram, était distrait, je pense, + Il avait cependant son Ossian avec lui..., etc... + +_Stances à Buloz._ La REVUE DE PARIS ET SAINT-PÉTERSBOURG, 15 décembre +1887: + + Buloz, ma dernière heure est-elle donc venue? + Dois-je enfin vous compter parmi mes ennemis? + N'est-il donc rien d'humain au fond d'une revue + Et toute charité vous est-elle inconnue, + Vous qui disiez jadis être de mes amis, + De demander les vers que je vous ai promis?..... + +_Quatrain à Gustave Planche._ L'ÉVÉNEMENT, 28 janvier 1886. + +_Crayonné sous les Arbres de Louveciennes_, poésie. LA REVUE DE PARIS +ET SAINT-PÉTERSBOURG, 25 décembre 1890: + + Pour ouïr les antiques + Dans mes délires rustiques, + Je vais tout droit devant moi... + +_Madrigal à Augustine Brohan._ LE NAIN JAUNE, 7 octobre 1877, souvent +réimprimé. + +_A Pépa_, stances. SOUVENIRS DE Mme JAUBERT. Paris, Hetzel, 1881. 1 +vol. in-12. + +_Le Comte d'Essex_, plan de tragédie. L'ÉVÉNEMENT, 21 novembre 1885. + +_Alliance de la prose et de la poésie._ LE VOLTAIRE, 23 avril 1887. + + Alliance de la prose et de la poésie, qui n'est autre chose que + celle de la prose et de la versification. Entre les deux limites + qui les séparent, un seul esprit français a trouvé une route, + celui dont Molière disait: «Le bonhomme vivra plus que nous». + C'est la seule fois que Molière se soit trompé; mais le bonhomme + allait son chemin, ne se souciant ni de la prose ni de la + versification; il était le maître et lorsqu'il s'endormait sous + les arbres de Versailles, ses gros souliers pleins d'herbes + fleuries, il revenait d'un rêve dans un certain sentier où + personne après lui ne passera jamais. + +[Illustration: Le Comte d'Essex, fac-similé de la 4e page du +manuscrit d'Alfred de Musset. + + (transcription) + + (acte 4) + + (chez la reine) + + La reine, ses femmes. + + La Comtesse D'Essex vient implorer la grace de son mari. + Froideur d'Elysabeth--elle la repousse. celle-ci part + desesperée-- + + La reine fait demander Cécil; elle veut travailler avec lui, + son esprit distrait la reporte toujours vers le Comte; elle + songe à la Bague qu'elle lui a donné, et compte sur ce + dernier moyen-- + + (chez Essex) + + La Comtesse se désespère-- + + Raleigh arriva; il lui propose la grâce de son mari si elle + veut le trahir; refus en colère de la Comtesse. Raleigh sort + furieux-- + + (jugement du Comte) + + Il est condamné à mort--......] + +L'ALMANACH DU JOUR DE L'AN, petit messager de Paris pour 1846, publié +par J. Hetzel, est un volume in-32, presqu'introuvable aujourd'hui, +qui, à la suite des _Vers inscrits dans la cellule no 14_ de la maison +d'arrêt de la Garde Nationale (OEuvres Posthumes) donne ce _Quatrain_ +inédit: + + Dans cette petite chapelle + L'ennui ne vient qu'aux ennuyeux. + Pense un instant et pars joyeux, + Ta maîtresse en sera plus belle. + +On peut encore se procurer facilement: + +_Un Rêve_, ballade, insérée dans LE PROVINCIAL DE DIJON du 31 août +1828, et réimprimée à la librairie Rouquette. (Paris, 1875. In-8º.) + +Les _Variantes de Venise_, écrites pour être mises en musique par +Gounod. Choudens, éditeur à Paris. + +_L'Habit Vert_, proverbe par Alfred de Musset et Émile Augier, qui a +plusieurs éditions à la librairie Michel ou Calmann Lévy et fait +partie du THÉÂTRE d'Émile Augier. C'est cette pièce que le +CONSTITUTIONNEL et la REVUE DES DEUX-MONDES annonçaient en 1846 sous +le titre de _La Montre_. + +Les vers écrits _Au bas d'un portrait d'Augustine Brohan_, dans le +DÉCAMÉRON DRAMATIQUE, no 5, chez l'éditeur Heugel et qui nous semblent +si jolis que nous ne craignons pas de les citer:[72] + + J'ai vu ton sourire et tes larmes, + J'ai vu ton coeur triste et joyeux, + Qui des deux a le plus de charmes? + Dis-moi ce que j'aime le mieux: + Les perles de ta bouche ou celles de tes yeux? + + [72] Ces vers ont été publiés pour la première fois dans le + _Journal des Femmes_, du 5 novembre 1850. + +Comme cela rentre bien dans «ce bon souvenir d'une amitié qui vaut +bien des amours»! + +Le PANTHÉON DES ILLUSTRATIONS FRANÇAISES AU XIXe SIÈCLE, par Victor +Frond, donne, comme fac-similé d'autographe, ce fragment: + + Froide, maigre, légère, une main palpitante + Voltigeait sur la table où roulait des flots d'or. + Entrons, murmurait-on! Tuons-le, puisqu'il dort! + Le vieillard chévrotait dans sa robe sanglante: + C'est mon pain quotidien, mon travail, ma sueur. + Le toscin répondait: la ville est au pillage! + Les enfants de la mort lui fouillent dans le coeur! + Les mères, tout en sang, couraient sur le rivage + Appelant leurs enfants qui flottaient sur les eaux. + +La _Quenouille de Barberine_, comédie en deux actes, contient des +passages et des scènes que l'on ne retrouve pas dans _Barberine_, +comédie en trois actes. Cette première version de la même pièce se +trouve dans toutes les éditions des COMÉDIES ET PROVERBES antérieures +à 1852, et la seconde version dans toutes les éditions postérieures. + +Le _Chant des Amis_, cantate, paroles de M. Alfred de Musset, musique +d'Ambroise Thomas, exécutée à Lille le 21 juin 1852, éditée +primitivement chez Gérard, a été réimprimée chez Brandus et se trouve +chez les marchands de musique. + +Et même, si l'on veut se donner la peine de chercher un peu, il n'est +pas très difficile de mettre la main sur la _Dissertation Latine_ qui +remporta le 2e prix au Concours général de 1827: «Quæniam sint +judiciorum motiva? An cuncta ad unum possint reduci?» dont le texte +est imprimé in-extenso dans les ANNALES DES CONCOURS GÉNÉRAUX. +_Philosophie. Paris, Hachette, 1828. 1 vol. in-8º_, ainsi que sur les +articles de critique au TEMPS, omis dans les oeuvres, parce que Paul +de Musset ne sut pas retrouver ces numéros du journal, qui existent +cependant à la Bibliothèque de l'Arsenal et ailleurs: + +_Exposition du Luxembourg au profit des blessés_, 2e partie, 1er +janvier 1831. + + _Revue Fantastique_, 2e article, 1er février 1831. + -- 5e article, 21 février 1831. + -- 6e article, 28 février 1831. + -- 13e article, 18 avril 1831. + -- 18e article, 30 mai 1831. + +Quant à _Alceste_, tragédie qu'Alfred de Musset avait l'intention +d'écrire pour Mlle Rachel, elle n'a dû exister qu'à l'état de projet, +car Paul de Musset déclare que lui-même n'en a jamais connu que le +titre. + +Comme on le voit, il y aurait matière à former un volume des plus +curieux et d'un réel intérêt, avec ces oeuvres inédites, surtout si +l'on y ajoute les pièces sur lesquelles je vais essayer de donner +quelques renseignements, n'ayant point qualité pour en publier le +texte. + +Mais avant d'aller plus loin, j'indiquerai les pièces apocryphes: + +La _Satire contre l'Académie_ qui a paru dans la REVUE ANECDOTIQUE des +1er et 15 juin 1857 n'est pas d'Alfred de Musset, mais de Mme Louise +Colet. Le 24 juin 1857, Paul de Musset adressa à ce sujet une lettre +de protestation au directeur de la GAZETTE DE PARIS, qui l'inséra dans +le numéro du 28 juin. La meilleure preuve que je puisse fournir à +l'appui de mon dire, est que le manuscrit trouvé dans les papiers du +poète était en entier de la main de cette dame.--Le sonnet _Promenade +au Jardin des Plantes_ donné par le MONDE ILLUSTRÉ du 9 mai 1857 et +le fragment d'une _Comédie en prose_ se passant rue Saint-Honoré, +dans l'ÉVÉNEMENT du 29 novembre 1881, sont du même auteur.--La +_Branche de Myrthe_ (GRAND JOURNAL, 23 septembre 1866) n'a jamais +existé dans LA PSYCHÉ de 1826.--La _Jeune Tarentine_ (REVUE +RÉTROSPECTIVE, 1er mai 1891) est de Sainte-Beuve.--Le quatrain +d'_Envoi de Denise_ (l'ÉVÉNEMENT, 25 octobre 1878) est de Aurélien +Scholl.--_Sur la mort d'un parapluie_, poésie, datée du 5 mars 1849 et +dans laquelle il parle de ses collègues de l'Académie Française, où il +ne fut reçu qu'en 1852, publiée dans l'ILLUSTRATION du 20 décembre ses +collègues de l'Académie Française, où il ne fut reçu 1873, fait plus +que me sembler être composée par le signataire de l'article, Philibert +Audebrand.--Nous avons dit plus haut quel est l'auteur du conte +_Denise_ de la REVUE BLEUE. Pour la _Critique de Notre-Dame de Paris_ +dans le TEMPS des 31 mai et 17 juillet 1831[73], le _Paysage Matinal_, +sonnet, du VOLEUR du 25 août 1876, et les stances _Ce qu'il me faut_, +du NOUVEAU PARNASSE SATIRIQUE (Bruxelles, 1881, in-8º), j'ignore quels +en sont les auteurs, mais ce n'est certes pas Alfred de Musset. + + [73] Voir: _Alfred de Musset et ses prétendues attaques contre + Victor Hugo_, par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul. + Paris, Rouveyre, 1878. Br. in-18. + +Je citerai enfin comme une simple curiosité six _Poésies +Médianimiques_ que M. L. Vavasseur, directeur de la Revue Spirite, a +publiées en 1867 dans une plaquette in-18, intitulée: ÉCHOS POÉTIQUES +D'OUTRE-TOMBE et une autre pièce du même genre dont M. le Vicomte de +Spoelberch de Lovenjoul donne le texte dans son HISTOIRE DES OEUVRES +DE TH. GAUTIER (Charpentier, 1887. 2 vol. in-8º, II, p. 311).--LE +FIGARO du 17 janvier 1899 donne encore le texte d'une nouvelle poésie +médianimique, empruntée au livre de M. Diguet: LES VERS DE L'ESPRIT, +RECUEIL DE COMMUNICATIONS TYPTOLOGIQUES. + + +I + +LA NUIT + +Alfred de Musset, lorsqu'il était au collège Henri IV, avait été +présenté par son condisciple Paul Foucher, dans sa famille, et ce fut +ainsi que vers 1822, il fit connaissance de Victor Hugo, qui venait +voir sa fiancée, soeur de son ami. Quelques années se passèrent, et +lorsqu'un nouveau _Cénacle_ se forma chez M. et Mme Victor Hugo, pour +remplacer l'ancien cercle littéraire de la _Muse française_, Alfred de +Musset fut l'un des premiers appelés avec Sainte-Beuve, Émile et +Antoni Deschamps, Ulric Guttinguer, Louis Boulanger, etc... On lisait +force vers, on causait, on discutait; on faisait de longues promenades +les soirs d'été, et c'est au lendemain d'une de ces conférences +littéraires que le futur poète, qui n'avait encore rien produit, +cheminant seul sous les arbres du bois de Boulogne, composa sa +première ballade, _La Nuit_: + + Quand la lune blanche + S'accroche à la branche + Pour voir + Si quelque feu rouge + Dans l'horizon bouge + Le soir, + + Fol qui dit un conte, + Car minuit qui compte + Le temps, + Passe avec le Prince + Des sabbats, qui grince + Des dents... + +C'était en 1827 ou 1828, et hormis la chanson pour la fête de sa mère +(16 novembre 1824) et quelques vers adressés en octobre 1826, à une +jeune fille de son âge, Alfred de Musset n'avait encore écrit que ses +devoirs de collège. + + +II + +L'ANGLAIS MANGEUR D'OPIUM + +L'ANGLAIS MANGEUR D'OPIUM, _traduit de l'anglais par A. D. M._ Tel est +le titre de ce petit volume de 221 pages, publié à la librairie Mame +et Delaunay-Vallée, en 1828. «Traduit» est certainement exagéré. +L'Anglais mangeur d'Opium d'Alfred de Musset n'est ni une traduction +ni une imitation, mais une paraphrase du roman anglais de Thomas de +Quincey: CONFESSION OF AN ENGLISH OPIUM EATER. D'un trait de plume, le +«traducteur» supprime les digressions longues et oiseuses, les +qualificatifs répétés, les lourdes discussions qui veulent être +pédantes et ne sont qu'ennuyeuses. Là où l'auteur anglais remplit +trois pages d'une description, Alfred de Musset poétise et nous rend +plus palpable, en trois lignes, le même tableau. + +Ce sont bien les mêmes faits, les mêmes idées, la même confession, +mais Alfred de Musset n'en a pris que l'essence, et, tout en suivant +la donnée du récit, l'a transposé dans son style à lui, en y ajoutant +quelques impressions personnelles. En comparant les deux textes, +anglais et français[74], je dirai sommairement que Musset a supprimé +dans l'ouvrage anglais, en totalité ou peut s'en faut: la notice, les +pages 11 à 15, 28 à 30, 55 à 57, 64, 65, 70, 72, 73, 75, 79 à 87, 96, +100, 102, 105, 109, 113, 117, 119, 135 à 144, 149 à 152, 165, 170, +180 à 183 et 187 à 206, sans compter les fragments de phrases +retranchés ailleurs; par contre, sont ajoutées, dans le texte +français, les pages 133 à 163, sauf la description de la chaumière (p. +136), de la chambre (p. 139) et l'histoire des deux tasses de thé (p. +140-141); le bal, le rendez-vous, l'histoire d'Anna, le duel, sont de +son invention, ainsi que la leçon d'anatomie, qui occupe les pages 209 +à 216. Cette «leçon d'anatomie» a son importance, non seulement parce +qu'elle est entièrement due à la plume d'Alfred de Musset, mais +surtout parce qu'elle est le miroir fidèle des impressions qu'il +éprouva, lorsque, pendant l'année scolaire 1827-1828, il suivit, à +l'École de Médecine, les cours d'anatomie descriptive de M. le docteur +Berard[75]; c'est une page de l'histoire de sa vie: + + «La première fois que j'entrai dans les salles de l'École de + Médecine, je me souviens encore de l'effet que la vue des cadavres + produisit sur moi. Nous étions deux ou trois écoliers ensemble, + qui revenions d'une classe de philosophie où l'on nous avait dit + beaucoup de belles choses que nous croyions probablement avoir + comprises. Nous arrivons. Il y avait sur la table un grand cadavre + étendu dans un drap blanc; on n'en voyait que les pieds, et, à + côté, sur la table, un bras écorché qui nageait dans du sang + caillé. Je ne sais pourquoi une idée risible qui me vint à + l'esprit, me fit tressaillir en ce moment. Je me disais tout bas: + «Voilà un bras qui a l'air de demander l'aumône.» Et en effet, la + main pendante avait assez cette singulière expression. + + [74] Alfred de Musset a fait sa traduction sur la 3e édition + anglaise, publiée à Londres chez Taylor et Hessey, en 1823, 1 + vol. in-18 de IV-206 pages. + + [75] La soeur du poète possède encore sa carte d'étudiant en + médecine. + +«Le professeur n'arrivait pas, et cependant j'attendais avec +impatience que ce drap qui me cachait le cadavre fût soulevé. Cet +instant vint enfin: je croyais voir quelque chose de beaucoup plus +horrible. La leçon commença: je riais de mes camarades que le mal de +coeur prenait. Mais lorsque le scalpel vint à entrer dans la chair et +que le sang noir, qui coulait lentement sur la poitrine ouverte, +commença à exhaler une épouvantable odeur, je m'enfuis à toutes +jambes. Que le caractère de l'homme est bizarre! Il va dans les +cimetières arracher les cadavres aux vers et aux corbeaux; une odeur +dangereuse et dégoûtante l'avertit de laisser en paix les morts. Mais +la soif de connaître l'anime, et il emporte sous son manteau la tête +d'une femme ou le corps d'un enfant: Vouliez-vous que le mal de mer +arrêtât de pareils hommes et leur ordonnât de s'en tenir au continent, +lorsqu'ils voyaient s'élever en rêve, derrière l'Atlantique, les +montagnes d'or de la Colombie? + +«Cependant, rentré chez moi, je voulus manger; cela me fut impossible; +j'ai même pris tout à fait en horreur le premier plat qu'on me servit +et il m'a été impossible d'en manger depuis. Ces impressions, reçues +dans ma jeunesse, donnèrent lieu à un rêve que j'avais assez +fréquemment. + +«Il me semblait que j'étais couché et que je m'éveillais dans la nuit. +En posant la main à terre pour relever mon oreiller, je sentais +quelque chose de froid qui cédait lorsque j'appuyais dessus. Alors, je +me penchais hors de mon lit, et je regardais: c'était un cadavre +étendu à côté de moi. Cependant, je n'en étais ni effrayé ni même +étonné. Je le prenais dans mes bras, et je l'emportais dans la chambre +voisine en me disant: «Il va être là couché par terre; il est +impossible qu'il rentre si j'ôte la clef de ma chambre.» + +«Et là-dessus, je me rendormais. Quelques moments après, j'étais +encore réveillé; c'était par le bruit de ma porte qu'on ouvrait; et +cette idée qu'on ouvrait ma porte, quoique j'en eusse pris la clef sur +moi, me faisait un mal horrible. Alors, je voyais entrer le même +cadavre, que tout à l'heure j'avais trouvé par terre. Sa démarche +était singulière: on aurait dit un homme à qui l'on aurait ôté tous +ses os, sans lui ôter ses muscles, et qui, essayant de se soutenir sur +ses membres pliants et lâches, tomberait à chaque pas. Pourtant, il +arrivait à moi sans parler et se couchait sur moi. C'était alors une +sensation effroyable, un cauchemar dont rien ne saurait approcher; +car, outre le poids de sa masse informe et dégoûtante, je sentais une +odeur pestilentielle découler des baisers dont il me couvrait. Alors, +je me levais tout à coup sur mon séant, en agitant les bras, ce qui +dissipait l'apparition. Un autre rêve lui succédait. + +«Il me semblait que j'étais assis dans la même chambre, au coin de mon +feu, et que je lisais devant une petite table où il n'y avait qu'une +lumière; une glace était devant moi au-dessus de la cheminée; et, +tout en lisant, comme je levais de temps en temps la tête, +j'apercevais dans cette glace le cadavre qui me poursuivait, lisant +par dessus mon épaule dans le livre que je tenais à la main. Or, il +faut savoir que ce cadavre était celui d'un homme de soixante ans +environ, qui avait une barbe grise, rude et longue, et des cheveux de +même couleur qui lui tombaient sur les épaules. Je sentais ces poils +dégoûtants m'effleurer le cou et le visage. + +«Qu'on juge de la terreur que doit inspirer une vision pareille! Je +restais immobile dans la position où je me trouvais, n'osant pas +tourner la page, et les yeux fixés dans la glace sur la terrible +apparition. Une sueur froide coulait sur tout mon corps; cet état +durait bien longtemps, et l'immobile fantôme ne se dérangeait pas. +Cependant, j'entendais comme tout à l'heure la porte s'ouvrir, et je +voyais derrière moi (dans la glace encore), entrer une procession +sinistre: c'étaient des squelettes horribles, portant d'une main leur +tête et de l'autre de longs cierges qui, au lieu d'un feu rouge et +tremblant, jetaient une lumière terne et bleuâtre, comme celle des +rayons de la lune. Ils se promenaient en rond dans la chambre, qui, de +très chaude qu'elle était auparavant, devenait glacée, et quelques-uns +venaient se baisser au foyer noir et triste, en réchauffant leurs +mains longues et livides, et en se tournant vers moi pour me dire: «Il +fait bien froid!» + +On retrouve une partie de ce cauchemar dans la ballade _Un Rêve_ et +dans la 18e _Revue Fantastique_; enfin Alfred de Musset se montre +encore visionnaire dans la _Nuit de Décembre_. + +_L'Anglais mangeur d'Opium_ a été réimprimé dans le MONITEUR DU +BIBLIOPHILE en 1878, de façon à former un volume grand in-8º, avec +titre spécial; il est précédé d'une Notice par Arthur Heulhard. + + +III + +LA QUITTANCE DU DIABLE + +_La Quittance du Diable_, pièce en trois tableaux, en prose, écrite +dans le courant de l'année 1830, est le premier essai dramatique +d'Alfred de Musset. L'idée primitive lui a été fournie par un épisode +du roman de Walter Scott, REDGAUNTLET, intercalé sous le titre de: +«Histoire racontée par Willie le Vagabond». Quelques passages sont +même la traduction littérale du texte anglais; mais, comme pour +_L'Anglais mangeur d'opium_, Musset a transfiguré la narration de son +modèle et y a ajouté beaucoup du sien: le personnage de Johny, celui +de Miss Eveline et ses amours avec Sténie, sont de son invention. + +Cette pièce, présentée et reçue au théâtre des Nouveautés de la place +de la Bourse, ne fut cependant pas représentée; toutefois, il y eut un +commencement d'exécution, car sur la première page du manuscrit, se +trouve cette distribution des rôles, écrite de la main du Directeur, +M. Bossange: + + Le Laird de Redgnauntley, M. Casaneuve. + + Johny, braconnier Bouffé. + + Sténie, jeune fermier Mme Albert. + + Miss Eveline, nièce du Laird. Miller. + + Gertrude, sa gouvernante Florval. + + Écuyers, Piqueurs, Varlets.--La scène est en Écosse. + +Mais pendant que le chef d'orchestre du théâtre, M. Beaucourt, +composait la musique des vers, éclata la révolution de Juillet, et +c'est probablement ce qui empêcha cette tentative d'aboutir. + +Devant une interdiction aussi impérieuse qu'inattendue, de la part de +Mme H. Lardin de Musset, de donner les moindres indications sur cette +pièce, interdiction devant laquelle je m'incline sans vouloir même en +rechercher la validité, je renvoie le lecteur aux pages 95-96 de la +BIOGRAPHIE d'Alfred de Musset, par Paul de Musset. + +Je dirai seulement qu'au 1er tableau, qui renferme une ballade et une +chanson en vers, nous assistons à une scène d'amour entre Miss +Eveline et Sténie, scène que le laird de Redgnauntley interrompt +brusquement en arrivant avec ses piqueurs et ses chiens; on lui amène +un braconnier, Johny, pris en flagrant délit de chasse. Johny et le +laird sont deux compères, associés par un pacte avec le diable; et le +braconnier vient réclamer à son seigneur l'exécution de certaines +promesses. Au lieu de l'écouter, le laird lance sur lui ses chiens et +le fait chasser comme une bête fauve. Grâce à son pouvoir magique, +Johny échappe à ceux qui le poursuivent; il revient vers Sténie, qui +pleure; le laird lui a demandé son fermage, qu'il a déjà payé au +défunt maître, qui, mort subitement, n'a pas eu le temps de lui signer +sa quittance. Pour se venger, Johny dit à Sténie: Eh bien, viens avec +moi, je vais te faire délivrer le reçu qui t'est dû.--Au 2e tableau, +nous sommes dans un cimetière, à minuit, et prenons part au sabbat. +Après bien des tentations auxquelles résiste Sténie, Sir Robert, le +laird défunt, lui donne enfin sa quittance, et dès que le pauvre +garçon tient le précieux papier, il s'enfuit, transi de peur, +accompagné de Johny. Cette scène comporte une chanson en vers.--Au 3e +tableau, tout en prose, nous sommes dans une salle du château de +Redgnauntley. Le laird vient de signifier à sa nièce qu'elle va +épouser le vieux chevalier Landshaw, que cela lui plaise ou non, quand +survient Johny, qui apporte la quittance de Sténie. Le laird reconnaît +immédiatement par quel moyen Johny se l'est procurée; il entre en +fureur et veut tuer son acolyte; mais lui, homme de précaution, est +armé, et, de plus, avant d'entrer, a mis le feu au château. Et pendant +que Miss Eveline et Sténie, prévenus, s'enfuient loin des tours +incendiées, le château s'écroule dans les flammes, ensevelissant sous +ses ruines le laird et le braconnier. + +Voici la ballade que chante Sténie au premier tableau: + + --Beau fiancé, lui dit la dame, + Rattache-moi mes blonds cheveux, + Fais m'en deux tresses et sept noeuds. + Beau fiancé, je suis ta femme; + Emporte-moi dans ton mantel + Jusqu'au foyer de ton chatel. + + --Hélas! mon amante chérie, + Toute parée en argent fin, + Qui devait m'épouser demain + Dans l'église Sainte-Marie! + Elle m'attendra jusqu'au soir + Dans la grand'salle du manoir. + + --Qu'elle t'attende et qu'elle sache + Que ses yeux noirs ne verront plus + Tes varlets aux brillants écus, + Ton casque d'or au blanc panache. + Ton épouse, beau damoiseau, + C'est la pâle Fleur du Lys d'eau! + +Mais si la pièce d'Alfred de Musset n'a pas été jouée, le théâtre de +l'Opéra-Comique a donné le 31 décembre 1833 la première représentation +de _Le Revenant_, opéra fantastique en deux actes, paroles de M. +Albert de Calvimont, musique de Gomis (Paris, Barba, 1834. In-8º), +dont le sujet est pris à la même source et l'intrigue presque +identique[76]. Albert de Calvimont remonte au point de départ de la +légende: nous assistons à la mort de Sir Robert, qui rend l'âme au +moment où il va signer la quittance de Sténie; Miss Eveline est +devenue Sara, la filleule de Sir Robert, et Johny le braconnier est +remplacé par le fantôme du sommelier Dugald, qui agit sous les ordres +de l'ombre de Sir Arundel, aïeul de Sir Robert. Par suite, la chasse à +l'homme est supprimée; même scène d'évocation et du sabbat dans les +tombeaux; Sténie obtient sa quittance. Mais le dénouement se modifie: +Sir John, le laird actuel, qui aime aussi Sara, obéissant à un +commandement de l'ombre de Sir Arundel: «Mon fils, sois meilleur que +ton père!» revient au bien, et, étouffant son amour qui n'est pas +partagé, unit Sténie et Sara. + + [76] On trouvera des comptes-rendus de cette pièce dans: _Journal + des Débats_, 6 janvier 1834. _Le Moniteur Universel_, 6 et 13 + janvier 1834. _Revue des Théâtres_, 12 janvier et 6 février 1834. + _Le Journal des Femmes_, 8 février 1834. _L'Artiste_, 12 janvier + 1834, etc... + + +IV + +ALFRED DE MUSSET CRITIQUE + +Le 14 janvier 1831, Alfred de Musset écrivait à Alfred Tattet: +«.....Je passe ma vie avec une demi-douzaine de peintres; quels bons +garçons, que les artistes, quand ils ne sont pas du même genre que +vous! Je rends compte des petits théâtres, toujours au _Temps_, je +rimaille par boutade......» + +Malgré toutes mes recherches, il m'a été impossible de retrouver ces +critiques. A cette époque, aucun article n'était signé dans le _Temps_ +et de l'origine du journal à la date de la lettre d'Alfred de Musset, +j'ai relevé deux cent trente-six chroniques théâtrales. Combien Alfred +de Musset en a-t-il écrit dans ce nombre? Je l'ignore. Son premier +article _connu_, se trouve dans le numéro du 27 octobre 1830 +(Exposition du Luxembourg, 1re partie). Or dans les numéros des 29 +novembre, 6, 13 et 27 décembre, on rencontre quatre articles portant +cette rubrique: «Revue des Théâtres secondaires». Peut-être n'est-ce +qu'une simple coïncidence, mais dans sa lettre, Alfred de Musset parle +de «petits théâtres», et ces quatre revues sont publiées le lundi, +comme les Revues Fantastiques, qui, elles non plus, ne sont pas +signées. + +Et cette collaboration anonyme ne s'est pas bornée au journal _Le +Temps_. _L'Europe Littéraire_, dont la première période, sous la +direction de Victor Bohain et Alphonse Royer, va du 1er mars au 9 août +1833, dans son SUPPLÉMENT AU PROSPECTUS, publie cette lettre: + + «A Messieurs les Directeurs de l'_Europe Littéraire_. + + «Messieurs, + + «Je serai très heureux de pouvoir entrer pour quelque chose dans + la rédaction de votre nouveau journal. En acceptant la proposition + que vous avez bien voulu m'en faire, je vous remercie d'avoir + associé mon nom à une entreprise pour le succès de laquelle tous + les hommes de bon sens doivent faire des voeux, et tous les + artistes des efforts. + + «Agréez, messieurs, l'expression des sentiments les plus + distingués de votre bien dévoué serviteur. + + «ALFRED DE MUSSET.» + + «Paris, 23 novembre 1832.» + +Bien qu'il n'y ait aucun article signé de lui dans ce journal, son nom +figure dans la liste de ses rédacteurs. + +J'ai la conviction qu'Alfred de Musset a collaboré sous le voile de +l'anonyme, à quelque périodique. Ce qui me confirme dans cette idée, +c'est que j'ai vu dans ses papiers: + +1º Un _Compte-rendu du Gustave III_, opéra en 5 actes de Scribe, +musique d'Auber, représenté à l'Académie royale de musique le 27 +février 1833, qui, à de certaines maculatures, semble être passé par +les mains d'un compositeur d'imprimerie. + +2º Des notes préparées pour une rédaction sur le _Procès d'Émile de La +Roncière_, qui fut jugé en juillet 1835. + +3º D'autres notes sur la _Guirlande de Julie_, offerte à Mlle de +Rambouillet, Julie Lucine d'Angennes, par le marquis de Montausier, +qui semblent se rapporter à un exemplaire de l'édition illustrée +publiée en 1818, chez Didot jeune. + +Depuis la publication de ces lignes (15 janvier 1898), j'ai retrouvé +le _Compte-rendu de Gustave III_, et le voici, tel qu'il est imprimé +sans signature dans la REVUE DES DEUX-MONDES du 15 mars 1833, tome I, +page 682. + + «14 mars 1833. + + «Il n'y a d'important dans les nouvelles théâtrales de la + quinzaine, que _Gustave III_. Quelle drôle de chose, que de rendre + compte d'un opéra! Un opéra nouveau est une si drôle de chose par + lui-même! + + «Autrefois, dans une académie royale de musique, on se serait + imaginé qu'on allait entendre de la musique. Quant à moi, je ne + suis point musicien, je puis le dire comme M. de Maistre, j'en + atteste le ciel et tous ceux qui m'ont entendu jouer du piano. + Mais je crois qu'en vérité, je n'en ai pas besoin cette fois-ci. + Ce qu'il y a de plus joli dans _Gustave_, en fait de musique et de + poëme, c'est un galop. + + «Oui, un galop! Il n'y a que cela dans la pièce. Vous croyez + peut-être que j'en veux dire du mal. Point du tout: la pièce est + admirable, car le galop est divin. Et comment aurait-on pu amener + le galop sans la pièce? Comment la pièce aurait-elle fini sans le + galop? Vous voyez bien que cela se tient. Remarquez, je vous prie, + comme ce galop est amené: + + «Vous savez que Gustave III a été assassiné par un de ses amis, + nommé Ankastroëm, par la raison qu'il lui avait fait perdre son + argent, en changeant la valeur des papiers publics. C'est une + raison comme une autre, et qui vaut bien celle pour laquelle M. + Levasseur tire un coup de pistolet à M. Adolphe Nourrit, le seul + crime de M. Nourrit étant, à ma connaissance, de chanter une + ariette ou deux à Mlle Falcon. Ankastroëm était donc à couteau + tiré depuis un an ou deux avec son bon roi; M. Levasseur est très + bien avec M. Nourrit; c'est son favori, son confident intime. Le + premier acte s'ouvre là-dessus. + + «Je comprends que le caractère de Gustave est très bien compris + par le costumier. Sa redingote verte est admirable. Nonchalamment + couché sur un sopha, le sage monarque se fait jouer un ballet, + pour se délasser des soins de son empire; mais, dussé-je passer + pour un maniaque et un ignorant, je ne saurais approuver les roses + pompons de couleur écarlate, qu'il porte à ses souliers. + + «Au second acte, nous sommes chez la sorcière. Quelle sorcière? + dites-vous. C'est ce que j'allais vous demander. Mais qu'il vous + suffise d'apprendre que le roi est déguisé en matelot. Le costume + va à ravir au jeune page, mademoiselle Dorus. La sorcière prédit + au roi qu'il sera assassiné: _amen dico vobis._ Et comme + Jésus-Christ, Gustave reçoit de son futur meurtrier, la poignée de + main de Judas. + + «Au troisième acte, nous sommes en plein vent. La décoration est + superbe. Ankastroëm trouve sa femme en rendez-vous avec son + maître, et, comme le mari de Molière, il se charge de la + reconduire voilée. Il paraît, d'après ce que j'ai entendu dire, + que ce mari, qui ne reconnaît pas sa femme, et qui lui offre + galamment le bras pour la ramener à la ville, est d'un effet très + dramatique. Voilà comme tout change avec le temps. + + «Au quatrième acte, Ankastroëm, qui a reconnu sa femme, chante + dans ses appartements, avec un petit nombre d'amis. + + «Au cinquième acte, voilà où j'en voulais venir, on danse le + galop. Ceux qui n'ont pas vu ce galop, ne savent rien des choses + de ce monde. Jamais l'éclat des bougies, le bruit d'une fête, le + parfum des fleurs, la musique, la folie et la beauté, n'ont fait + une heure de plaisir comparable à celle-là. Jamais les masques + agaçants, les costumes bizarrement accouplés, les dominos et les + grotesques n'ont fait ondoyer leurs mille couleurs avec plus de + grâce et d'esprit sous l'éclatante lueur des lustres. Jamais un + collégien lisant les _Mille et Une Nuits_, n'a vu passer dans ses + rêves du soir une fantasmagorie plus voluptueuse et plus + enivrante. L'ensemble en est éblouissant; l'analyse en est + amusante. Si c'est là ce qu'on appelle l'art du théâtre, son but + est rempli. La réalité est vaincue, et la magie n'ira pas plus + loin. + + «Et je vous le demande, que nous importe le reste? Que nous + importe à nous qui venons nous accouder sur un balcon deux heures + après dîner, que l'art soit en décadence, que la vraie musique + fasse bâiller, que les poèmes de nos opéras dorment debout? Que + nous importe que les bouffes aient perdu la vogue, que l'admirable + talent de Rubini s'épuise en difficultés et danse sur la corde + comme l'archet de Paganini? Que nous importe qu'on en soit venu, + pour attirer le foule, jusqu'à faire de nos opéras des concerts, + et de nos concerts, des opéras; qu'on nous donne un acte de l'un, + un acte de l'autre, qu'on mutile Don Juan (Don Juan!); qu'on n'ait + plus ni le sens commun ni l'envie de l'avoir, qu'avaient du moins + nos pères; que les principes soient à tous les diables et madame + Malibran en Angleterre? Il nous reste un galop, et, du moment + qu'on danse, qu'importe sur quel air? J'aime autant mes yeux que + mes oreilles. + + «Vous croyez peut-être que c'est par fantaisie que l'opéra est à + la mode? Pas du tout. Il y a une raison à tout ce qui se fait sous + la lune, et la Providence sait pourquoi un siècle porte des habits + carrés plutôt qu'un autre. C'est l'éternelle sagesse elle-même qui + a mis le moyen-âge en pantalon collant, et pas un atome de poudre + à la Richelieu n'est tombé impunément sur la nuque de la régence. + Avez-vous été au Gymnase depuis peu? aux Variétés? à la + Porte-Saint-Martin? Êtes-vous convaincu qu'on y bâille? Je ne vous + demande pas si vous êtes allé aux Français, car il paraît qu'à la + lueur de certaines lampes mal entretenues d'une huile épaisse, il + se joue chaque jour sous une voûte déserte au coin du + Palais-Royal, une certaine quantité de drames ignorés. Mais pour + tout dire en un mot, êtes-vous allé hier, irez-vous demain + ailleurs qu'à l'Opéra? Là est le siècle tout entier. Que nos + musiciens apprennent à jouer des contre-danses; qu'ils songent à + entourer ce divin spectacle de languissantes mélodies, de molles + sérénades; à ce prix, on veut encore de leurs efforts; que nos + poètes sachent amener une fête, une orgie; qu'ils placent à propos + dans leur cadre douze légères folies armées de leurs grelots; + qu'on y assassine un roi ou deux, si vous y tenez, mais que nous + ayons des bals à la cour et des galops. + + «A propos de galop, voilà le carnaval qui se meurt. C'est + aujourd'hui la mi-carême, bien qu'il n'y ait plus de carême. N'y + a-t-il pas eu quelque part des criailleries contre notre carnaval + de cette année? Il appartient à un pédant ennuyé de vivre, + d'injurier des mascarades. A qui diable une mascarade a-t-elle + jamais fait tort de sa vie? On se plaint que les jeunes gens + aillent aux Variétés; je demande où l'on veut qu'ils aillent. Le + faubourg Saint-Germain n'a pas donné un bal; il ne s'y prend pas + une glace, il ne s'y attèle pas quatre chevaux par jour. La + Chaussée-d'Antin bâille fort aussi, quoiqu'on y attèle beaucoup et + qu'on y mange de même. Pourquoi le jour du bal de l'Opéra, lorsque + le directeur a voulu faire une tentative hardie et nouvelle, + personne n'y a-t-il répondu? Pourquoi ce jour-là comme les autres, + pas une femme du monde n'a-t-elle osé prendre le masque? Je ne dis + pas le domino; ce vieil et insipide oripeau se promène depuis + longtemps dans le désert. Mais on nous parle des moeurs de la + Régence; en quoi les nôtres valent-elles mieux? + + «Lorsque la Reine de France, déguisée en marchande de violettes, + venait avec sa cour à l'Opéra, l'esprit pouvait entrer dans les + plaisirs de la soirée, et il sortait de ces lèvres de carton rose + d'autres choses que les hurlements de l'ivresse et les saletés du + cabaret. Vous appelez ces moeurs infâmes; vous repoussez les + femmes dans leurs ménages, et vous entourez d'une grille de fer le + berceau de leurs filles. Cela est sage, très juste, très décent. + Mais un jeune homme ne se marie pas à vingt ans, et tous les ans + le mardi gras vient à son heure, qu'on veuille ou non de lui. + Accorderez-vous à la jeunesse qu'elle ait des sens, des besoins de + plaisir, parfois même des jours de folie? Où voulez-vous qu'elle + les passe? C'est un Anglais silencieux qui glisse sous une table + inondée de _porter_, sans proférer une plainte, et qui s'éteint + dans l'eau-de-vie avec le papier embrasé qui la brûle. Il faut aux + Français des voitures pleines de masques, des torches, des + théâtres ouverts, des gendarmes et du vin chaud. Tant pis pour le + siècle où les cabarets sont pleins et où les salons sont vides. + Donnez la terre aux Saint-Simoniens, à chacun une pioche et un + bonnet de coton. Otez à l'or sa valeur, au plaisir son attrait; + faites de la société un champ de blé de la Beauce, où pas un épi + ne dépasse l'autre. Vous n'aurez plus alors de _jeunesse dorée_, + ni de longchamp sur le boulevard Italien. Mais tant que vous + voulez vivre dans un pays libre, où chacun peut faire ce qu'il + entend, où l'or est en cours, où le plaisir est à bon marché, ne + vous étonnez pas que les jeunes gens aillent en masque; et vous, + législateur prudent et circonspect, qui prêchez la morale + publique, souvenez-vous de Caton l'Ancien, qui félicitait un jeune + homme en le voyant sortir d'un lieu de débauche.» + + +V + +LES DERNIERS MOMENTS DE FRANÇOIS Ier + +On ne connaît des _Derniers moments de François Ier_, drame en vers, +que le fragment qui a été publié dans le KEEPSAKE FRANÇAIS. _2e Année. +1831. Chez Giraldon Bovinet, 1 vol. in-8º_, qui fut mis en vente +vers la fin de l'année 1830. + +Pour quelle raison Alfred de Musset ne termina-t-il pas ce drame ou +détruisit-il ce qu'il en avait écrit (car le manuscrit n'a jamais été +vu)? Peut-être la connaissance d'un drame analogue, pour le sujet +comme pour la forme, la _Mort de François Ier_ par Félix Arvers[77]. +Au mois de janvier 1850, M. Charpentier imprimant un nouveau volume +d'oeuvres d'Alfred de Musset, lui avait transmis le voeu exprimé par +bien des personnes, de voir adjoindre à ce livre des poésies inédites +jusqu'à ce jour. En ce qui concerne ce drame, l'auteur se borna à lui +répondre: «J'ai beau faire, je ne puis pas corriger ces _Derniers +Moments de François Ier_; il y a dix-neuf ans que c'est au +rancart»[78]. + + [77] Voir: FÉLIX ARVERS, par Charles Glinel. 2e édition. Reims, + Michaud. Paris, Rouquette, 1897. 1 vol. in-8º. + + [78] _OEuvres Posthumes_, in-12, p. 241. + +Alfred de Musset et Félix Arvers se connaissaient; ils avaient des +amis communs, Paul Foucher, Alfred Tattet; tous deux se trouvèrent +plus d'une fois côte à côte à la table de Ulric Guttinguer, rue de +Courcelles, dans cette maison des Lilas, rendue célèbre par la fête +printanière donnée en l'honneur de M. et Mme Victor Hugo. Ils se +rencontraient aux soirées de l'Arsenal, chez Charles Nodier, dont ils +étaient les hôtes assidus; ils adressaient même des vers à la fille +du maître de ce logis, car l'_innommée_ du fameux sonnet: + + «Mon âme a son secret, ma vie a son mystère» + +et l'héroïne des Stances: + + «Madame, il est heureux, celui dont la pensée» + +ne sont qu'une même personne, mademoiselle Marie Nodier, qui devint +madame Ménessier. De plus, le 1er janvier 1830, Arvers avait fait ses +débuts dans le notariat comme clerc chez Me Guyet-Desfontaines, ami de +la famille de Musset; en sa qualité de poète, le jeune basochien avait +ses entrées au salon. + +«_La Mort de François Ier_, drame en 3 actes, en vers, dédié à mon ami +Roger de Beauvoir» par Félix Arvers, porte la date de juin 1831, dans +le recueil où il a été publié[79]. On y trouve certaines similitudes +avec le drame d'Alfred de Musset; ce passage de la scène 3 du IIIe +acte, se rapproche beaucoup du début du dialogue entre François Ier et +son Fol: + + FRANÇOIS Ier + + . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . + S'il est vrai que souvent ma raison égarée, + Aux pompes de Satan, jadis se soit livrée, + N'ai-je rien fait aussi qui puisse retenir + Le bras de Jésus-Christ levé pour me punir? + Fils aîné de l'Église, ardent à sa querelle, + J'ai défendu sa gloire et combattu pour elle. + Que me reproche-t-on? N'ai-je pas résisté + A ce torrent du schisme et de l'impiété? + N'ai-je pas su, malgré des efforts sacrilèges, + Remettre le Saint-Père en tous ses privilèges? + Et savez-vous un roi qui fut meilleur soutien + Du Saint Nom de Jésus et du monde chrétien?....... + + [79] MES HEURES PERDUES par Félix Arvers. Paris, Fournier, 1833. + 1 vol. in-8º, p. 156 à 293. + +Cela se poursuit dans la réplique de Féron, et, quelques vers plus +loin, la ressemblance est encore plus grande: + + FRANÇOIS Ier + + ........ Ah! ce n'est pas la mort qui m'épouvante! + L'Espagnol me connaît, de reste, et je me vante + Que dans toute l'Europe il n'est pas chevalier + Plus âpre à la besogne et plus franc de collier. + Pourquoi, dans les combats, n'ai-je perdu la vie? + Je serais si bien mort aux plaines de Pavie, + Au bruit des instruments de guerre et des clairons, + Entouré de mes preux chevaliers et barons! + Mon armure eût servi de linceul militaire + Et mes soldats pleurant m'auraient mis dans la terre + Humide encor du sang que ma main eût versé, + Comme ils ont fait Bayard, quand il a trépassé. + +Et dans Alfred de Musset: + + LE ROI + + Dieu du saint Évangile! O Dieu, j'ai fait pourtant + Brûler par Bonneval tout un bourg protestant! + Dans un pourpoint de fer, certes, je fus à l'aise; + Maintenant, je suis mort, ma cuirasse me pèse! + O mon cousin Bayard! Il mourut tout poudreux, + Les reins tout fracassés!..... Il était bien heureux! + (_Délirant_) Oh! parmi les tournois, les écharpes dorées, + Les vieux barons de fer, les femmes adorées! + O soleil d'Italie! O mon beau Milanais! + Où trouver pour mourir, tes champs, si je renais? + Mourir la dague au poing, mourir le casque en tête, + Des éclairs que l'acier croise dans la tempête! + En bas d'un palefroi saillir contre un sol dur, + Et tomber sur le dos, sous un beau ciel d'azur! + Hardi, mes preux sans peur, ma vaillante noblesse! + Hardi, mes lansquenets, dans la mêlée épaisse! + Hardi!--C'est d'Alençon sur la colline assis! + C'est Chabanne et ses gens, de poussière noircis! + Bien combattu, Dunois! Comme il court, comme il vole! + Je te fais duc et pair, Dunois, sur ma parole! + Trivulce! A Marignan et tant d'autres endroits, + Mes féaux serviteurs, on vous a vus tous trois! + Marignan laissa-t-il entre vos cicatrices + De quoi, sur votre coeur, écrire vos services? + Quelle bataille, amis! Elle dura deux jours! + Un soir vint..... puis un autre..... on se battait toujours; + Et de faim ni de soif, nul ne sentait l'envie. + Deux jours!..... nul ne songea qu'à sa mort ou sa vie; + Et les bataillons noirs se heurtaient dans la nuit, + Et fatigués du bruit, n'entendaient plus de bruit. + On se battait!--Quand vint un matin le silence, + Comme, tout étonné, je restais sur ma lance, + La Tremouille arriva, qui me dit: «Ils sont morts!». + Et je vis, en effet, que l'on comptait les corps. + +Dans les _Derniers moments de François Ier_, Féron faisant le compte +des maris outragés, qui ont voulu tirer vengeance du roi François, +sans y réussir comme lui, émet des idées qu'on retrouve dans les +scènes 3, 4 et 5 du 1er acte de _La Mort de François Ier_. + +Malgré ces ressemblances, ces deux drames n'ont pas été copiés l'un +sur l'autre, et celui de Musset a une priorité d'au moins une année +sur celui d'Arvers. + +Il existe deux autres drames célèbres sur les amours de François Ier, +qui ont été plus d'une fois comparés avec les deux pièces dont je +viens de parler: + +_Le Roi s'amuse_, drame en cinq actes, en vers, par Victor Hugo, +représenté pour la 1re fois au Théâtre Français le 22 novembre 1832 et +pour la seconde fois le 22 mars 1882. + +Et _Ango_, drame en cinq actes et six tableaux, avec épilogue, en +prose, par Auguste Luchet et Félix Pyat, représenté pour la première +fois sur le théâtre de l'Ambigu le 29 juin 1835. + +Enfin, M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul nous apprend dans ses +LUNDIS D'UN CHERCHEUR (C. Lévy, 1894. 1 vol. in-12, p. 8-9), que +Théophile Gautier avait songé à composer un drame sur le même sujet. + +_Les Derniers moments de François Ier_ ont été réimprimés avec plus ou +moins d'exactitude dans le KEEPSAKE FRANÇAIS de 1832, le KEEPSAKE +FRANÇAIS DE 1833, le MONDE DRAMATIQUE du 16 juillet 1835, et, sous le +titre d'_Ango_, dans l'ARTISTE du 15 juillet 1850. D'autres revues en +ont publié des fragments. + + +VI + + PERDICAN + +_Perdican_ est un fragment de drame lyrique, composé peu de temps +avant _On ne badine pas avec l'amour_. Une seule scène est écrite. + +Perdican, fils d'Evrard, pleure la mort de son père, tué dans un +récent combat; un chevalier vient essayer d'enlever à son inaction le +fils de son ancien compagnon d'armes. Perdican résiste; d'autres +chevaliers surviennent: + + Crois-tu que nous soyons comme le vent d'automne, + Qui vient sécher tes pleurs jusque sur ce tombeau + Et pour qui ta douleur n'est qu'une goutte d'eau? + Les hommes, mon enfant, ne consolent personne; + L'herbe que nous voulons arracher de ce lieu, + C'est ton oisiveté! Ta douleur est à Dieu! + Laisse là s'élargir cette sainte blessure + Que les noirs séraphins t'ont faite au fond du coeur; + Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur! + Montre la tienne au monde, et prends-la pour armure... + +Mais malgré tous leurs discours, Perdican reste indécis. + +Plusieurs vers de _Perdican_ se retrouvent dans la _Nuit de Mai_. + + +VII + +CONFESSION D'UN ENFANT DE L'AUTRE SIÈCLE + +Cette _Confession d'un Enfant de l'autre Siècle_, composée en mai +1842, n'a, malgré son titre, aucun rapport avec la _Confession d'un +Enfant du Siècle_. C'est une sorte de préface, dans laquelle Alfred de +Musset s'excuse presque de faire encore des vers, et demande +l'indulgence de ses amis: + + . . . . . . . . . . . . . + Mil huit cent vingt! Nous éclosions + Dans les mélanges poétiques + . . . . . . . . . . . . . + Puis dix ans nous nous reposions + Au sein des drames romantiques. + Venaient après?... je ne sais plus, + Sinon que c'était du plus tendre, + Du coeur brisé, des sens émus, + Et beaucoup de voeux superflus. + Dix nouveaux ans encor de fièvre! + Arthur[80] paraît, le malheureux, + Déplorablement vertueux, + Triste réveil d'un charmant rêve! + Est-ce la fin? Hélas! Hélas! + Voilà que viennent des _Lilas_![81] + C'est l'amitié qui les fait naître, + Le temps d'éclore et de paraître, + De parfumer une fenêtre, + Et tout est dit de cette fois! + + [80] _Arthur_, roman, par U. Guttinguer. Paris, Renduel, 1837. 1 + vol. in-8º. + + [81] _Les Lilas de Courcelles_, poésies, par U. Guttinguer. + Saint-Germain, Imp. de Beau, 1842. 1 vol. in-8º. + +Mais comme ils sont négligés, ces vers, mal présentés, + + Avec des trous à leur chemise; + +grande est leur sottise de paraître en pareil accoutrement devant +leurs amis et maîtres; cependant, on leur pardonnera en faveur de leur +bonne intention et du grand âge de leur auteur. + +Ce petit poème est adressé à Monsieur ou à Madame Alfred Tattet. +Peut-être est-ce la _lettre_ qui accompagnait l'envoi d'un volume de +poésie. + + +VIII + +LES FRÈRES VAN BUCH + +_Les Frères Van Buch_, légende allemande, tel est le titre d'une +nouvelle en prose publiée dans le CONSTITUTIONNEL du 27 juillet 1844 +et précédée d'une _Lettre_ au Directeur. + +Dans une petite ville des bords du Rhin, habite le vieil orfèvre +Hermann; sa fille Wilhelmine revient ce jour même du couvent, et, dès +leur première rencontre avec deux jeunes graveurs, voisins et hôtes +assidus de son père, Henri et Tristan Van Buch, inspire un violent +amour aux deux frères. Les jeunes hommes se cachent leur mutuelle +passion, mais leurs rêves les trahissent, et dans l'impossibilité où +ils sont d'épouser la même jeune fille, ils décident de s'en rapporter +à son choix: «Ma fille, leur répond l'orfèvre, vous a vus tous deux; +elle chérira Tristan comme un époux et Henri comme un frère.» Henri +s'efface devant l'heureux élu, mais bientôt il se sent incapable de +tenir son serment. Un jour qu'ils chassent, il s'en ouvre à son frère +et le supplie d'attendre qu'il soit mort pour épouser Wilhelmine; +devant un si grand désespoir, Tristan offre à Henri de lui céder ses +droits: «Que je l'épouse! s'écria l'autre. Me transmettrez-vous son +amour en me transmettant vos droits? Il faut cependant que l'un de +nous en meure! ajouta-t-il d'une voix sombre. Sa main tremblait et +battait contre son couteau de chasse.--Oui, répondit Tristan.» Et la +lutte s'engage. Bientôt tous deux sont mortellement frappés; Tristan +tombe à terre, mais Henri reste debout, vacillant et immobile: «Du +fond de la vallée, dans le crépuscule, une forme vague sembla tout à +coup se détacher et s'avancer vers eux. Elle montait lentement la +colline et, à mesure qu'elle approchait, les fils reconnaissaient +leur mère. Au moment où le spectre parut, entièrement visible et +reconnaissable, celui qui était debout, par un suprême effort, quitta +la place où il était cloué, et alla se jeter dans les bras de celui +qui gisait à terre. Ainsi tous deux, couverts de larmes et de sang, +expirèrent dans un dernier embrassement.» + +_Les Frères Van Buch_ ont été réimprimés dans le supplément du FIGARO +du 29 août 1875. En 1878, un admirateur d'Alfred de Musset a fait +composer et tirer cette nouvelle à huit exemplaires, pour lui et ses +amis, 19 pages in-4º sur papier vergé. + +_Lous dus frays bessous, per Jasmin_, balado dediato a moussu De +Salvandy (Agen, Imprimerie Noubel, 1847. In-8º de 32 pages) semblent +imités de cette nouvelle d'Alfred de Musset. + + +IX + +EN LISANT LE JOURNAL + +Le mariage de la reine Isabelle d'Espagne avec son cousin Don François +d'Assises et celui de sa soeur Doña Fernanda avec le duc de +Montpensier, célébrés ensemble le 10 octobre 1846, et conclus contre +le gré de l'Angleterre, avaient amené des représentations très vives +de la part du cabinet anglais. Au mois de novembre de la même année, +l'annexion de Cracovie, ville libre, aux États Autrichiens, par suite +d'entente entre les trois puissances qui s'étaient partagé la +Pologne--la Russie, la Prusse et l'Autriche--donnèrent lieu à des +remontrances de la France pour cette violation des traités de 1815, +remontrances qui ne furent pas écoutées. Des bruits de guerre +coururent; aussi, à l'ouverture de la session parlementaire de 1847, +une discussion très vive eut lieu à la Chambre entre M. Guizot et M. +Thiers. Les journaux de l'opposition accusèrent le ministère de +reculer et de ne pas oser soutenir l'honneur du drapeau français. +C'est la lecture d'un de ces articles qui inspira ces stances à Alfred +de Musset, l'une de ses rares pièces politiques, qui débutent ainsi: + + J'aurais voulu, même en tremblant, + Même étourdi par ton tonnerre, + J'aurais voulu suivre sur terre, + César, ton éperon sanglant. + +Un ami d'Alfred de Musset m'a communiqué le manuscrit d'une autre +pièce du même genre, intitulée _La Lanterne magique_, écrite vers +1830, dans laquelle il passe en revue la double face des choses de ce +monde. + + +X + +SUR MES PORTRAITS + +Je ne crois pas commettre une indiscrétion en donnant en entier cette +poésie satirique, dont L'INTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX du 15 +juillet 1891 a publié les sept premiers vers: + + Nadar, dans un profil croqué, + M'a manqué, + Landelle m'a fait endormi, + A demi; + Biard m'a produit éveillé, + A moitié; + Le seul Giraud, d'un trait rapide, + Intrépide, + Par amour de la vérité, + M'a fait stupide. + Que pourra pondre dans ce nid + Gavarni? + +La lithographie de Gavarni fut exécutée en 1854, ce qui nous donne la +date du morceau. Tous ces portraits ont été gravés à l'exception de +deux: celui de Giraud, charge à l'aquarelle que l'on a pu voir en 1888 +à l'Exposition des Maîtres français de la Caricature, et celui de +Biard, que, malgré le bon vouloir de la fille du peintre, la +spirituelle Étincelle, il m'a été impossible de retrouver. + + +XI + +NAPOLÉON + + «Napoléon, ton nom est un cri dans l'histoire.... + +Ce sonnet est encore une pièce politique, écrite en 1856 et qui semble +avoir été inspirée au poète par la vue d'une peinture ou d'une +sculpture représentant un soldat blessé, étendu aux pieds d'une +Victoire. + +Un autre fragment de huit vers, sans date, adressé également à +Napoléon, subsiste aussi, qui commence par ces mots: «Oh! d'ennemis +sans foi....» + + * * * * * + +Je noterai encore quelques _brouillons_ se rattachant à des pièces +publiées et qui présentent des variantes avec le texte imprimé, pour +_Les Marrons du Feu_ (deux fragments), _Le Saule_ (deux), _La Coupe et +les Lèvres_ (quatre, dont l'un porte le titre de _Brandel_, et qui ne +sont pas les mêmes que les deux fragments indiqués ci-dessus); _Rolla_ +(un); quelques phrases inédites de la _Confession d'un Enfant du +Siècle_, dont un passage est publié dans le supplément du FIGARO du 14 +mai 1887; cinq plans ou divisions de scènes différents pour +_Lorenzaccio_[82]; deux projets d'un nouveau dénoûment du +_Chandelier_, faits en 1850, lors de l'interdiction de la pièce; un +commencement d'étude en prose _Sur Léopardi_, qui est publié en vers +et terminé sous le titre de _Après une lecture_; un sonnet _Au Rhin_; +un fragment de poème dramatique en trois chants, _L'Oubli des +Injures_, dont plusieurs passages se retrouvent dans _La Coupe et les +Lèvres_; un autre fragment en vers, qui est un dialogue entre _Rolla +et le Grand-prêtre_, sans titre; une première version du _Sonnet au +Lecteur_ de 1850; d'autres fragments inédits des stances _Sur la +Paresse_, de la chanson _Les Filles de Cadix_, de _Louison_, de +_Carmosine_, de _Faustine_ et du _Songe d'Auguste_. + + [82] L'édition in-4º, des OEuvres d'Alfred de Musset publiée à la + Librairie Lemerre, de 1884 à 1895, est la première qui donne un + texte de _Lorenzaccio_ conforme au manuscrit. De nombreux + passages sont ajoutés, entre autres, toute la fin de la quatrième + scène de l'acte IV, demeurée jusqu'alors inédite. + +Il ne subsiste après cela, parmi les manuscrits d'Alfred de Musset, +que des ébauches (les _Deux Magnétismes_; deux _Lettres à Buloz_, +inachevées, l'une sur les réformes théâtrales, l'autre sur les +«voleurs de noms»; cette seconde lettre est le dernier morceau en +prose sorti de la plume d'Alfred de Musset. _Un Thé_; une _Comédie +sous le règne de Louis XV_, sans titre; _A Mme ***_, sur le suicide; +_Adolphe_, etc...); des essais de tournures de phrases, des fragments +de poésies où le sens finit au milieu d'un vers inachevé, où les vers +s'arrêtent avant le sens (_Sur Grévedon_, _A Mme Ristori_, _Conte en +vers_ se passant en Limagne, _A Willa_, _A un jeune peintre_, etc...); +des lignes de prose qui n'ont ni commencement ni fin (_Sur la Guerre +d'Orient_, _Sur la Visite de la Reine d'Angleterre_, etc...), débris +qui ne peuvent figurer dans les oeuvres de l'écrivain. + + * * * * * + +Il ne me reste plus à parler maintenant que de certaines oeuvres que +l'on attribue à Alfred de Musset, sans donner la preuve certaine qu'il +en est l'auteur: «Alfred de Musset n'a jamais employé de secrétaire, +dit Paul de Musset. Toute publication posthume dont on ne pourra pas +produire l'autographe, sera évidemment apocryphe et mensongère.» +(BIOGRAPHIE, p. 371). Il faut s'entendre sur ce mot autographe: Paul +de Musset désigne non seulement ceux écrits en entier par Alfred, mais +aussi ceux écrits sous sa dictée, après 1842, par Mlle Colin, alors +qu'il était malade et dans l'impossibilité de tenir une plume, +lesquels sont revus par lui et _corrigés de sa main_; le plus +important de ces «seconds autographes» est celui de _Carmosine_. + +Tel est le cas des pièces qui suivent: où est l'autographe? + +1º _Chanson de Sténio_, intercalée dans la première édition de LÉLIA +par George Sand. (Dupuy et Tenré, 1833. 2 vol. in-8º. Tome II, p. +208.) + +2º _Quatrain à H. de Latouche_, composé en 1833, à propos des +polémiques sur George Sand. LA REVUE DES FAMILLES, 1er mars 1892. + +3º _Deux Sonnets à Alfred de Vigny_, l'un par George Sand, l'autre par +Alfred de Musset, envoyés à l'auteur de _Chatterton_ au lendemain de +la représentation de cette pièce. REVUE MODERNE, juin 1865. + +Avant de les publier dans la Revue, M. Louis Ratisbonne avait soumis +ces deux sonnets à l'appréciation de Paul de Musset, qui lui fit cette +réponse: + + + «Monsieur et cher confrère, + + «En pensant aux deux sonnets que vous avez eu l'obligeance de me + communiquer, j'ai conçu des doutes sérieux sur leur authenticité. + A moins de preuves du contraire, je ne puis croire qu'ils soient + de mon frère. Le mot _race bovine_, que contient l'un des deux, et + plusieurs autres expressions de colère ou de mépris appliquées aux + critiques du drame de _Chatterton_, me semblent un peu trop forts + en crudité. On n'a pas tant de ressentiment pour des critiques + adressées à un autre. Je croirais volontiers que M. de Vigny a pu + faire ces deux sonnets dans un moment d'irritation, et s'amuser + ensuite à supposer qu'il les avait reçus de personnes qui, sans + doute, lui avaient fait des compliments sur la pièce qu'on + représentait alors avec succès à la Comédie Française. Je vous + engage donc à ne pas publier sous le nom de mon frère celui que M. + de Vigny lui a attribué, à moins que vous n'en retrouviez + l'autographe, car cet autographe doit exister si le sonnet a été + envoyé. Quant à l'autre sonnet, attribué à une personne qui n'a + jamais fait de vers, son caractère évidemment pseudonyme est une + preuve à l'appui de mon opinion que tous deux sont de l'auteur de + _Chatterton_. Je ne vois que la découverte des autographes qui + puisse me faire revenir de cette opinion. Si vous les retrouvez, + soyez assez bon pour m'en donner avis; mais s'il n'existe dans les + papiers de M. de Vigny que la copie écrite de sa main, dont vous + m'avez donné lecture, il sera prudent de ne les considérer que + comme des documents incertains. + + «Agréez, Monsieur et cher confrère, l'assurance de mes sentiments + distingués. + + «9 mai 1865. + + «P. DE MUSSET.» + +Malgré cette lettre, la publication fut faite et M. L. Rastibonne eut +raison, car M. Georges Jubin, dans la _Revue bleue_ du 3 avril 1897, a +publié des documents, dont une lettre d'Alfred de Musset à Buloz, qui +ne laissent plus aucun doute sur l'authenticité de ces deux sonnets, +dont Alfred de Musset est l'auteur. + +4º _Sur les Auteurs de mon temps_, strophes burlesques dont voici la +dernière: + + Lassailly + A failli + Vendre un livre. + Il n'eût tenu qu'à Renduel + Que cet homme immortel, + Eût enfin de quoi vivre.[83] + + [83] Publié dans: _Les Soupeurs de mon temps, par Roger de + Beauvoir._ Paris, Faure, 1868. 1 vol. in-12, p. + 135.--_L'Illustration_, 19 septembre 1868. + +L'autographe que je possède est écrit par Roger de Beauvoir, qui est +_pourtraicturé_ dans la troisième strophe: + + De Beauvoir + Bel à voir + Nous amuse + Lorsqu'il a bien dîné + Il nous prie à déjeuné + On y va, l'on s'abuse. + +Les autres écrivains dépeints sont Henri Blaze, d'Anglemont, +Sainte-Beuve, Capo de Feuillide, Paul de Musset et Paul Foucher. + +Ce genre de plaisanterie était très en vogue parmi les habitués du +salon de George Sand. M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, dans +sa VÉRITABLE HISTOIRE D'ELLE ET LUI (C. Lévy, 1897. 1 vol. in-12, p. +8), publie une _Complainte sur le Duel_ de Gustave Planche et de Capo +de Feuillide, que l'on attribua à la collaboration d'Alfred de Vigny +et de Brizeux, mais dont l'héroïne connaissait le véritable auteur (ce +n'est pas à nous de soulever le voile). _Lui_ écrivit à cette époque +une _Revue Romantique_; _Elle_, le 23 novembre 1834, une _Complainte +sur la mort de François Luneau_. Nous indiquons d'autre part les +_charges_ faites à l'atelier d'Achille Devéria par Alfred de Musset, +qui écrivit aussi une parodie des _Mémoires d'Outre-Tombe_ de +Chateaubriand; et peut-être a-t-il aidé Mme Augustine Brohan à +confectionner son «beau couplet de la vierge en patache». + +5º _Rêves d'Hiver._ Janvier 1838. Tel est le titre d'un manuscrit +passé en vente chez Laverdet le 10 avril 1855. J'ignore ce qu'il est +et qui le possède aujourd'hui. + +6º _Quatrain Italien_, inscrit sur l'album de M. le comte Dousse +d'Armanon. L'ARTISTE, 29 septembre 1844: + + La rosa e un vago fiore + Come la giornata, + Presto che nasce e muore + E non ritorna piu + +Cette petite pièce est citée dans un article de M. Guénot-Lecointe sur +la manie des albums; il l'accompagne de cette réflexion: «Au lieu de +ces quatre lignes italiennes qui ne sont même pas des vers, pourquoi +M. Alfred de Musset n'a-t-il pas écrit une strophe des Contes +d'Espagne?» + +La même revue, dans sa livraison du 21 novembre 1844, donne encore une +_Prière inscrite sur l'album des moines du Carmel_. + +7º _Stances à Henri Cantel_. REVUE DE FRANCE, 1er mars 1881. + +8º Un ami inconnu, qui me permettra de le remercier ici, me faisait +parvenir, naguère, ce sonnet, dont il attribue la paternité à l'auteur +de la Ballade à la Lune: + + LUNA + + Ce soir, la Lune est ronde, et sa tête fantasque + Comme un domino, passe entre les peupliers. + --Peste! la folle nuit! et vous avez, beau masque, + Choisi là, sur ma foi, d'étranges cavaliers. + + Quoi, jusqu'au noir clocher, qui, coiffé de son casque, + Semble prêt à vous suivre! Et, parmi les halliers, + L'âpre Éole intrigué, qui suspend sa bourrasque + Pour ne pas déranger vos projets singuliers! + + Partez donc, o Luna! Le ciel clair et sans voiles + A pour vous rallumé ses claustrales étoiles... + Et moi, qu'a su charnier votre air leste et fringant, + + Voyant vos doigts si blancs rayer la toile verte + De mes rideaux, je dis: «Sur ma fenêtre ouverte, + «Ma mie, n'auriez-vous pas laissé choir votre gant?» + +9º _Quatrain à une dame_, en lui envoyant des bonbons lors de sa +grossesse. L'ÉVÉNEMENT, 25 décembre 1876. + +10º _Quatrain à une vieille coquette_. L'ESTAFETTE, 24 juin 1892. + +11º _A une Espagnole_, stances improvisées sur un rythme de Victor +Hugo. LE VOLEUR, 2 mai 1873. + +12º _Stances à Buffon_, écrites sur un panneau de son cabinet de +travail, à Montbard. LE CENTENAIRE DE BUFFON, Troyes, Montgolfier. +1889. Br. in-8º, page 68. + +13º _Déclamation_.--_A miss Anna X***_, deux poésies, dans la GRANDE +REVUE DE PARIS ET SAINT-PÉTERSBOURG, 25 juillet 1890. + +14º Pour les vers inscrits _Sur l'Album du château de Clisson_, +pendant un voyage qu'Alfred de Musset fit dans la Loire-Inférieure, il +se récuse lui-même dans une lettre qu'il adressa d'Angers à Mme Alfred +Tattet: + + «...Quant aux vers du livre de Clisson, on m'en a parlé plusieurs + fois et je les tiens pour admirables, mais je n'ai pas l'honneur + d'en être le père; il paraît qu'en mettant mon nom au bas, on a + voulu du moins m'en faire le parrain. Je n'ai jamais été par là, + et quand cet enfant-là m'est né, j'étais probablement bien loin. + Ma Muse aura accouché pendant mon absence, c'est pour le moins un + cas rédhibitoire. J'ai déjà assez mis au monde de mauvais + garnements pour ne pas vouloir d'intrus dans la famille....»[84] + + [84] Cette lettre est publiée en partie dans LE FIGARO du 6 avril + 1883, et en entier dans la GAZETTE ANECDOTIQUE du 30 juin 1885. + +Est-ce que certaine conférencière célèbre, qui jadis incarna Lucretia +del Fede, ne connaît pas le véritable auteur? Je suis allé souvent à +Clisson et je me suis procuré le fameux livre; mais les pages où se +trouvaient les soi-disant vers d'Alfred de Musset ont été arrachées +par quelque visiteur peu délicat. On voit encore des vers ou des +lignes de prose, signés Victor Hugo, Lamartine, George Sand, mais +malheureusement pour l'authenticité de ces autographes, aucun de ceux +dont je connais l'écriture de leur pseudo-auteur, n'a été écrit par +son signataire. + + * * * * * + +Avant de mettre fin à cette longue énumération que le lecteur doit +trouver bien ardue, il me faut encore indiquer quelques pièces +données comme inédites, et qui ne sont en réalité que des +réimpressions d'oeuvres publiées: + +1º L'_Épigraphe_ placée en tête du tome II de LÉLIA par George Sand +(Dupuy et Tenré, 1833. 2 vol. in-8º).--Le _Fragment_ donné page 190 de +LES DEUX SOEURS, par Mme Aglaé de Corday (Louviers, Achaintre, 1838. 1 +vol. in-8º), ne sont que deux strophes de _Namouna_. + +2º La _Nouvelle_ en prose que publie la GAZETTE DE LA NOBLESSE du 16 +octobre 1856, est un extrait du _Voyage où il vous plaira_, par +Hetzel. + +3º La couverture de la 87e livraison des FRANÇAIS PEINTS PAR EUX-MÊMES +(Curmer, 1840, in-4º), donne comme inédits 18 vers, que reproduit LE +NATIONAL de Bruxelles du 26 mars 1880, lesquels sont les 18 premiers +vers des _Secrètes pensées de Rafaël_. + +4º LE DIOGÈNE du 19 octobre 1856 annonce des _Stances à Mme Dorval_, +mais rectifie son erreur dans le numéro du 9 novembre; ce sont les +stances _A la Malibran_. + +5º Le journal LE PLAISIR A PARIS du 26 juin 1889 publie «Le Navire», +fragment du _Retour_, et l'«Ennui», fragment des _Stances_: «Je +méditais courbé». + + * * * * * + +Il reste une question que j'aurais voulu aborder, celle de la +_Correspondance_ d'Alfred de Musset, mais cela m'entraînerait en des +détails bibliographiques bien longs[85]. Les trente-cinq lettres mises +à la fin du volume des OEUVRES POSTHUMES, ne donnent qu'un bien faible +aperçu de ce qu'elle est. + + [85] C'est pour la même raison que j'omets les _Variantes_ + qu'offrent entre eux les divers textes imprimés. + +Par les publications faites en 1896 à propos d'_Elle et Lui_, on +connaît des fragments des lettres qu'Alfred de Musset écrivait à +George Sand; d'autres, adressées à Buloz, Alfred Tattet, Pierre +Pagello, Alfred Arago, Boucoiran, Mme de Belgiojoso, Mme Augustine +Brohan, David d'Angers, Maxime Du Camp, Alexandre Dumas, Sainte-Beuve, +Mme Olympe Chodzko, Albéric Second, Alfred de Vigny, Mme de Girardin, +Arsène Houssaye, Eugène Renduel, Mme Levrault, Frantz Liszt, Émile +Péhant, etc..., ont été publiées dans des journaux, des revues ou des +livres; nous en avons découvert _cent dix_, imprimées en entier ou peu +s'en faut, dans ces conditions, sans compter les lettres ou fragments +de lettres d'Alfred de Musset à George Sand, ainsi que celles dont +tout ou partie est, pour la première fois, publié dans le présent +volume; et l'on peut tenir pour certain qu'il en existe un plus grand +nombre. Mais combien curieuses sont celles qui demeurent encore +inconnues parmi les noms cités plus haut et celles qu'il envoya à son +frère Paul, à ses éditeurs, aux interprètes de ses comédies, à divers +membres de sa famille, aux directeurs des revues où il a écrit, à +Émile Augier, Ulric Guttinguer, Théophile Gautier, au comte d'Alton, à +Désiré Nisard, Ambroise Thomas, Auguste Barre, Mlle Rachel, même à sa +gouvernante, Mlle Colin (dont la REVUE DE PARIS ET SAINT-PÉTERSBOURG +et les ANNALES LITTÉRAIRES ont publié les mémoires)[86], et à beaucoup +d'autres, dont je ne puis dire les noms. + + [86] Réimprimés sous le titre de: _Dix ans chez Alfred de + Musset_, par Mme Martellet, née A. Colin. Paris, Chamuel, 1899. 1 + vol. in-12. + +J'omets avec intention la correspondance.... amoureuse, trop intime +pour être publiée, et qui ne sera jamais connue; car, avec un tact que +je ne puis qu'approuver, lors de la mort du poète, toutes les lettres +de femmes qui furent trouvées dans ses tiroirs, furent restituées sans +échange à celles qui les avaient écrites. Toutefois, le mystérieux +paquet déposé à la Bibliothèque Nationale, pour être ouvert et publié +en 1910, renferme, si je ne me trompe, l'une de ces correspondances; +ce n'est pas celle de George Sand, comme on l'a prétendu; celle-ci, +pensons-nous, est adressée _A une belle inconnue_: + + Si vous croyez que je vais dire + Qui j'ose aimer, + Je ne saurais, pour un empire, + Vous la nommer. + +Les lettres à sa Marraine sont aussi peu connues que les autres, car +les textes que Mme Jaubert a intercalés dans ses SOUVENIRS (Hetzel, +1881, 1 vol. in-12) et ceux donnés par Paul de Musset, sont, sauf +quelques rares exceptions, absolument altérés et défigurés. J'ai pu en +vérifier la majeure partie sur les autographes originaux et j'ai +constaté qu'ici une lettre avait servi à en faire deux; que là, deux +ou trois lettres étaient fondues en une seule; ailleurs, les phrases +sont interposées, et très souvent les dates supprimées ou changées. +N'eût-il pas mieux valu rien plutôt que cela! Que de jolies choses +cependant elles renferment, et que de récits j'y ai lus, semblables à +_Un souper chez Mlle Rachel_, qui n'est que l'une d'elles, dont on a +supprimé le commencement et la fin![87]. + + [87] Voir ci-après la Notice bibliographique sur la Correspondance + d'Alfred de Musset. + +Comment conclure, si ce n'est en exprimant le désir de voir un jour +joindre aux oeuvres du poète, toutes ces pages inédites, toutes ces +lettres surtout, qui révèleront un Musset inconnu? + + * * * * * + +LES ANNALES POLITIQUES ET LITTÉRAIRES du 19 septembre 1897 commencent +la publication de _Denise_, cette nouvelle dont je parle au début de +cet article, en laissant planer, par un Avertissement, un doute sur le +véritable auteur. Il suffit, pour éviter toute équivoque, de se +reporter à la REVUE DE PARIS du 2 mai 1841; on y trouvera, page 5, +_Denise_, avec la signature de Paul, son seul et véritable auteur. +Cela a été révélé par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul dans +une lettre publiée par le JOURNAL DES DÉBATS du 1er juillet 1897. Le +même journal donnait le lendemain une autre note rectificative (qui +émanait de moi) dans laquelle je disais que le fait d'attribuer à +Alfred ce qui venait de Paul, n'était pas unique, et je faisais +allusion à une lettre envoyée par Alfred de Musset à un de ses +éditeurs pour se plaindre de cela. Voici cette lettre: + + «Monsieur Charpentier, 19, rue de Lille. + + «Lundi, 30 septembre [1850]. + + «Mon cher ami, + + «Je vous envoye le catalogue de l'_Assemblée_, où vous trouverez + quatre ou cinq romans de mon frère, annoncés sous mon nom. Vous + m'avez dit que vous vous chargeriez de demander la rectification. + J'aimerais mieux en effet que vous me rendissiez ce service, + attendu qu'il est délicat pour moi de parler de mon frère. + + «D'ailleurs, votre position, étant _mon éditeur_, vous donne, il + me semble, toute espèce de droit. Car c'est, au bout du compte, + une sotte tromperie qui est toujours préjudiciable: le public peut + nous croire complices. + + «Si vous voulez bien vous en charger, tenez-moi au courant, parce + que, si on ne rectifie pas l'erreur, il faudra écrire dans + d'autres journaux. + + «Tout à vous. + + «ALFRED DE MUSSET.» + +Ce catalogue est annoncé dans le numéro de l'ASSEMBLÉE NATIONALE du 26 +juillet 1850, et paraît pour la première fois dans le numéro du 28 +juillet; il est fréquemment reproduit, notamment dans le numéro du 21 +septembre. En ce qui concerne les deux frères, l'annonce est ainsi +faite: + + «Le Bracelet, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8º. + + Samuel, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8º. + + Tête et Coeur, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8º. + + Les Amours de Planoche et de Mme de Laguette, par Paul de Musset. + 2 vol. in-8º. + + Lauzun, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8º.» + +Dans ce numéro, qui est probablement celui qui accompagnait la lettre, +le catalogue occupe toute la troisième page et la moitié de la +quatrième. Toutefois, si M. Charpentier a demandé une rectification, +il ne fut pas tenu compte de sa demande, car le catalogue continue à +paraître avec ses inexactitudes; je l'ai retrouvé tel jusque dans le +numéro du 7 décembre 1850. + + + + +NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE + +SUR LA + +CORRESPONDANCE + +DE + +ALFRED DE MUSSET + + + + +NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE + +SUR LA + +CORRESPONDANCE + +DE + +ALFRED DE MUSSET + + +La correspondance d'Alfred de Musset, à côté des détails biographiques +qu'elle renferme et de sa valeur littéraire, offre ceci de +particulier, que le poète se laisse voir tel qu'il était dans la vie +intime: obéissant à l'impression du moment, il écrit sans affectation, +sans pose, mettant son coeur et son esprit à nu. Le jour où ses +lettres seront connues, bien des jugements portés sur lui devront être +réformés. + +Malheureusement, ce n'est pas dans le recueil de ses oeuvres complètes +qu'il faut aller chercher cette correspondance. Les trente-cinq +lettres publiées par les soins de son frère Paul, en 1866, à la fin du +tome X de l'édition dite de souscription (OEuvres posthumes), ne +donnent qu'une bien faible idée de ce que sont les autres et n'en +représentent qu'une partie bien minime. + +Cependant, beaucoup d'autres lettres de notre poète existent éparses +dans des journaux, des revues ou des livres. Voici, avec l'indication +du recueil dans lequel je les ai trouvées imprimées pour la première +fois, celles qui sont parvenues à ma connaissance. + + ARAGO (Alfred). + +1.--Sans date: «J'ai connu un jeune peintre, qui avait une demoiselle +de compagnie». _Le Monde Illustré_, 27 septembre 1862. Fragment. + + AUGIER (Émile). + +2.--Lundi, 1848: «Vous allez me trouver, mon cher Augier, une bien +ridicule créature». _Le Gaulois_, 7 août 1893. Je n'ai pu vérifier si, +comme on me l'a dit, c'est cette lettre qui est donnée en fac-similé +d'autographe dans l'_Album de l'Exposition d'art dramatique à Vienne, +en 1892. Paris, 1894. In-folio._ + + BELGIOJOSO (Mme la princesse Christine Trivulce de). + +3.--S. D. (1836): «Je ne crois pas, princesse, toute fausse modestie à +part». _Inventaire des Autographes de M. Fillon. Séries V à VIII. +Étienne Charavay, 1878. In-8º_, page 148, fragment. + + BELMONT (Marquis Alfred de). + +4.--Madame la vicomtesse de Janzé nous apprend dans ses _Études et +Récits_ (Plon, 1891, in-12, p. 217) que M. de Belmont «essaya à +plusieurs reprises d'enrôler son ami Alfred de Musset dans la +poursuite du surnaturel, mais il ne put le persuader. Ils avaient eu +entre eux une correspondance suivie que M. de Belmont brûla peu de +temps avant sa mort», survenue en 1857. + + BLANC (Edmond). + +5.--4 novembre 1838. «Monsieur le Secrétaire-Général, lorsque vous +m'avez fait l'honneur de me recevoir». _La Nouvelle Revue_, 15 janvier +1899. + + BONNAIRE (Félix), éditeur. + +6.--S. D. (1837 ou 1838). «Mon cher ami, voilà mes épreuves». +_Bibliographie des OEuvres d'Alfred de Musset par M. Clouard. +Rouquette, 1883. In-8º_, p. XII. + + BOUCOIRAN (Jules). + +7.--7 mars 1835. «Monsieur, je sors de chez madame Sand et on +m'apprend qu'elle est à Nohant». _La Revue de Paris_, 15 août 1896. + + BROHAN (Mme Augustine). + +8.--15 mars 1849. Des Haricots. «O ma chère Brohan, je suis dans les +fers». _Le Parlement_, 6 avril 1883. _Annuaire des Amis des Livres, +11e année. 1890. In-8º_, p. 94. + +9.--S. D. «Il ne m'est pas possible, ma chère Brohan, de dîner chez +vous». _Catalogue de la bibliothèque de feu M. Yver, 2e partie. Paris, +E. Paul et L. Huart, 1893. In-8º_, no 740. Ne manque que le +post-scriptum. + +10.--S. D. «Ma chère Brohan, vous avez été deux fois aimable». +_Catalogue d'autographes, vente hôtel Drouot le 13 juin 1890. Paris, +Gabriel Charavay. In-8º,_ No 94, fragment. + +11.--S. D. «Ma chère Brohan, je vous écris à tout hasard». _Alfred de +Musset par Eugène de Mirecourt. Havard, 1854. In-32._ Fragment en +fac-similé d'autographe. _Le Gaulois_, 18 août 1896. + + BULOZ (François), directeur de la _Revue des Deux-Mondes_. + +12.--Lundi, 18 (août 1834). «Mon ami, ma mère me donne de quoi aller +aux Pyrenées». _La Revue de Paris_, 15 août 1896. + +13.--(Février ou mars) 1835. «Mon cher Buloz, ayez la bonté de prier +Mme Dudevant, lorsque vous la verrez». _Revue Bleue_, 3 avril 1897. + +14.--S. D. «Mon cher Buloz, si vous voulez me rendre le service de +faire donner 200 francs». _Catalogue de la Collection Dentu. +Autographes, tome II, 3e fascicule. 1888. In-8º_, p. 223. + +15.--S. D. «Mercredi. O mon ami, réfléchissez avant de répondre à +cette simple parole». _Catalogue d'autographes, vente le 8 décembre +1891, hôtel Drouot. Paris, Étienne Charavay. In-8º._ No 117. Fragment. + +16.--S. D. «Lundi, 28. Voilà, mon cher monsieur, la pièce dont je vous +ai parlé. Les uns voudraient que je la fisse siffler». _Bulletin de la +maison Étienne Charavay, no 286. Avril-mai 1898. In-8_, no 42096. +Fragment. + + CANTEL (Henri). + +17.--23 novembre 1848. «Monsieur, par le plus singulier des hasards, +il m'a été donné d'apprécier votre charmant talent». _La Revue de +France_, 1er mars 1881. A tenir pour douteuse jusqu'à production de +l'original. + + CARJAT (Étienne). + +18.--Simple billet répondant à une demande d'autorisation de publier +un portrait-charge dans le _Diogène_: «Monsieur, la gaieté des gens +d'esprit ne m'a jamais fait peur; faites de moi ce qu'il vous +plaira.--Alfred de Musset». _Polichinelle à Paris_, 22 janvier 1857. + + CHARPENTIER (Gervais), éditeur. + +19.--30 septembre 1850. «Mon cher ami, je vous envoyé le catalogue de +l'«Assemblée» où vous trouverez quatre ou cinq romans de mon frère». +_Les Héritiers d'Alfred de Musset contre M. Charpentier. Mémoire pour_ +_M Charpentier. Paris, 1867, In-8º_, p. 17.--_Revue d'Histoire +littéraire de la France_, 15 janvier 1898. + +20.--27 juin 1851. «Mon cher ami, Hetzel a fait proposer hier par +Berrurier de vous remettre». _Les Héritiers d'Alfred de Musset contre +M. Charpentier. Mémoire pour M. Charpentier. Paris, 1867. In-8º_, p. +16. + +21.--19 février 1857. «Mon cher Charpentier, j'ai réfléchi depuis que +je vous ai vu...» _Dix ans chez Alfred de Musset, par Mme Martellet. +Paris, Chamuel, 1899. 1 vol. in-12_, page 98. + + CLÉSINGER, statuaire. + +22.--16 avril 1851. «Mon cher Clésinger, je suis allé pour vous voir +ce matin à Madrid». _Catalogue des Autographes de M. A. Bovet, vente +19-21 juin 1884. Paris, Étienne Charavay. In-4º,_ no 910, en +fac-similé. + + COLIN (Adèle), devenue Mme Martellet, gouvernante + d'Alfred de Musset. + +23.--16 août 1847. «Je n'aurais pas cru que vous puissiez vous +éloigner ainsi de moi...» _Dix ans chez Alfred de Musset, par Mme +Martellet. Paris, Chamuel, 1899. 1 vol. in-12_, page 16 et en +fac-similé. + +24.--S. D. «Je n'ai pas fermé l'oeil; j'ai les premières attaques de +mes délires».--_Revue de Paris et Saint-Pétersbourg_, décembre 1887, +p. 43. + +Mme Martellet prépare en ce moment une deuxième édition de ses +souvenirs, où se trouveront certainement d'autres lettres. + + DAVID D'ANGERS, statuaire. + +25.--Samedi soir, 1831. «Monsieur, je suis de service demain pour +presque toute la journée». _Revue de l'Art Français_, 1893, p. 204. + +26.--1832? «Mon cher David, je suis allé chez Micheli pour avoir de +vos médailles». _David d'Angers et ses relations littéraires +par Henri Jouin, Plon, 1890. In-8º_, p. 67. + + DIRECTEUR DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE. + +27.--Août 1848. Lettre relative au prix De Maillé Latour-Landry, +décerné à Alfred de Musset dans la séance du 17 août. _Le Moniteur +Universel_, 25 août 1848. + + DIRECTEUR DU CONSTITUTIONNEl. + +28.--Juillet 1844. «Monsieur, on a beaucoup parlé de chroniques, de +légendes et de ballades». Sert de préface à la nouvelle «Les frères +Van-Buch». _Le Constitutionnel_, 27 juillet 1844. + + DIRECTEURS DE L'EUROPE LITTÉRAIRE. + +29.--23 novembre 1832. «Messieurs, je serai très heureux de pouvoir +entrer pour quelque chose dans la rédaction de votre nouveau journal». +_Supplément au Prospectus de l'Europe Littéraire, 1832. In-8º_, p. +7.--_Revue d'Histoire littéraire de la France_, 15 janvier 1898. + + DIRECTEUR DU NATIONAL. + +30.--Janvier 1849. «Monsieur, j'apprends que le journal «l'Événement» +à propos des élections de l'Académie». _Le National_, 13 janvier 1849. + + DIRECTEUR DE LA PATRIE. + +31.--Juin 1848. «Je lis dans votre journal qu'on avait annoncé par +erreur que j'étais destitué de la place de Bibliothécaire». _La +Patrie_, 20 juin 1848.--_La Presse_, 20 juin 1848. Souvent réimprimée. + + DUC D'ORLÉANS. + +32.--1838. «Monseigneur, les journaux annoncent que M. Vatout, +bibliothécaire de Sa Majesté, est chargé». _Catalogue des autographes +de M. Charles Keissner, 12 mars 1889. Gabriel Charavay. In-8º_, no +126, fragment.--_La Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899, fragment. + + DU CAMP (Maxime). + +33.--1840. «Monsieur, je suis bien en retard envers vous.» _Souvenirs +littéraires par Maxime Du Camp. Hachette, 1882. In-8º._ Tome I, p. +153. + + DUMAS père (Alexandre). + +34.--16 juin 1848. «Mon cher Dumas, je viens de lire «La France +Nouvelle» et j'irai vous serrer la main». _La France Nouvelle_, 21 +juin 1848. + + FORTOUL (Hippolyte), ministre de l'Instruction + publique. + +35.--27 août 1856. «Monsieur le ministre, je ne puis assez remercier +Votre Excellence des paroles de bonté». _Bibliographie des OEuvres +d'Alfred de Musset, par M. Clouard. Rouquette, 1883. In-8º_, p. XVI. + + FOUCHER (Paul). + +36.--Le Mans, 19 octobre 1827. «Je reviens, mon cher ami, jeudi +prochain». _L'Amateur d'Autographes_, 1er janvier 1867. + + GIRARDIN (Mme Émile de), née Delphine Gay. + +37.--7 janvier 1835. Fragment d'une lettre dans le _Catalogue +d'Autographes, vente le 24 février 1892, hôtel Drouot. Paris, Gabriel +Charavay. In-8º_, no 140. + +38.--Jeudi, 8 (juin 1848). «Il est vrai, madame, que je ne suis pas +conservé en qualité de conservateur». _Études et Récits sur Alfred de +Musset, par Mme de Janzé. Plon, 1891. In-12_, p. 93. + + GRENIER (Édouard). + +39.--Lettre envoyée par Alfred de Musset au printemps de 1843 et +détruite accidentellement pendant la Commune en 1871. Voir à ce sujet +la _Revue Bleue_ des 3 septembre et 15 octobre 1892, p. 301 et 492. + + GUTTINGUER (Ulric). + +40.--1832. Honfleur, fragment d'une lettre: «Je n'ai jamais tenté de +faire une hymne à mon Dieu». _L'Événement_, 12 juin 1885. + + HOUSSAYE (Arsène). + +Quatre lettres publiées dans: _Les Confessions, par Arsène Houssaye. +Dentu, 1885-1897. 6 vol. in-8º._ + +41.--1842. Billet en réponse à une invitation: «Vous me faites, mon +cher maître, honneur et plaisir». Tome I, planche de fac-similé XVII. + +42.--1851. «Je ne prétends pas être joué quatre fois par semaine». +Tome I, planche de fac-similé XVII. + +43.--1851. «Mon cher ami, j'ai reçu les deux billets». Tome III, p. +253, et précédemment dans le _Figaro_, 2 novembre 1882. + +44.--1853? «Mon cher ami, je vous avais parlé de Mme Brohan». Tome V, +planche de fac-similé III. + + JANIN (Jules). + +45.--(Décembre 1838). «Monsieur, je vous ai cherché hier soir au +Théâtre Français». _L'Événement_, 28 janvier 1886. Souvent réimprimée, +traduite en allemand dans _Frankfurter Zeitung_, 17 janvier 1890. + + JAUBERT (Mme Caroline), la «Marraine». + +J'ai pu vérifier sur les originaux le texte de moitié environ des +lettres adressées à «la Marraine» et publiées soit dans les _Souvenirs +de Mme Jaubert, Hetzel, 1881. 1 vol. in-12_, soit dans les _OEuvres +posthumes d'Alfred de Musset. Charpentier, 1867. 1 vol. in-12_[88]. +Dans cette moitié vérifiée, j'ai constaté qu'à côté de quelques +lettres imprimées sans changement, le plus grand nombre offre des +retouches ou des suppressions considérables. J'en conclus que celles +non vérifiées sont dans les mêmes conditions: aussi vais-je donner mes +indications pour tout ce qui est publié[89]. + + [88] Quelques-unes de ces dernières lettres avaient été publiées + antérieurement dans la _Revue Nationale et Étrangère_ du 1er + avril 1866. + + [89] Les lettres dont je n'ai pas retrouvé les autographes sont + précédées d'une astérisque (*). + +46.--1er avril 1836. «Belle Madame, style Musset, je suis enfermé de +nouveau». _Le Clairon_, 27 novembre 1881. Textuel. + +A.--(Mai ou juin 1836). «Vous avez eu grand tort, Madame, de n'être +pas venue ce soir au Théâtre Français». _OEuvres posthumes_, p. 203. +Dix lignes et un dessin supprimés à la fin. (Mlle Plessy dans le +_Barbier de Séville_). + +B.--27 février 1837. «Madame, voici le fait: La Princesse m'écrit +qu'elle ne peut me bâtir un sujet». _OEuvres posthumes_, p. 204. +Post-scriptum de cinq lignes supprimé. + +47*.--28 juin 1837. «Madame, comme votre départ m'avait un peu vexé». +_Souvenirs_, p. 165. + +48.--17 octobre 1837. «Le bruit court que madame Jaubert revient à +Paris». _Souvenirs_, p. 139. Textuel. + +49.--(1837). «Marraine, le fieux est déconfit». _Souvenirs_, p. 191. +Deux mots changés sans importance.--_Le Temps_, 12 janvier 1881. + +50.--27 octobre 1837. «Madame, vous avez trouvé le vrai nom du +sentiment qui nous unit». _Souvenirs_, p. 160. Textuel, sauf le mot +«Marraine» mis plusieurs fois à la place de «Amie». + +C.--(15 décembre 1838). «Madame, mon arrangement de loge a manqué ce +soir». _OEuvres posthumes_, p. 205. Une phrase changée. + +D.--17 décembre 1838. «Vous vous trompez, ma chère marraine, en +croyant que c'était sur vous que je comptais». _OEuvres posthumes_, p. +206. Plusieurs phrases supprimées ou changées. + +E.--(27 mars 1839). Lettre publiée dans la première édition des +_OEuvres posthumes_ (_Charpentier, 1860. In-12_, p. 101), sous le +titre de: _Un souper chez Mlle Rachel_, et dont le texte est +complètement remanié par Paul de Musset. Comme terme de comparaison, +en voici le début, auquel ressemble toute la suite: + + MANUSCRIt TEXTE IMPRIMÉ + + «J'avais perdu l'adresse «Merci d'abord, madame + exacte d'Angerville; je viens et chère marraine, pour la + de la retrouver trop tard. lettre que vous me communiquez + Merci d'abord de la lettre de de l'aimable _Paolita_. + _Paolita_. Elle est bien gentille, Cette lettre est bien remarquable + mais moins que vous, qui ne et bien gentille; mais + manquez jamais une occasion que dirais-je de vous qui ne + d'envoyer un moment de joie manquez jamais une occasion + à ceux qui vous aiment? Vous d'envoyer un peu de joie à + êtes la seule créature humaine, ceux qui vous aiment? Vous + mâle ou femelle, que êtes la seule créature humaine + je connaisse faite ainsi. Un que je connaisse faite + bienfait n'est jamais perdu: ainsi. Un bienfait n'est jamais + en réponse à votre lettre de perdu. En réponse à votre + Desdémone, je veux vous lettre de Desdémone, je veux + servir un souper chez mademoiselle vous servir un souper chez + Rachel, qui vous Mlle Rachel, qui vous amusera, + amusera peut-être, si nous si nous sommes toujours + sommes toujours du même du même avis, et si + avis. Ma petite scène sera vous partagez encore mon + pour vous _seule_, d'abord admiration pour cette sublime + parce que la noble enfant fille. Ma petite scène + déteste les indiscrétions et sera pour vous seule, d'abord + ensuite parce que, depuis parce que la noble enfant + que je vais quelquefois chez déteste les indiscrétions et + elle, on a fait tant de can-cans, ensuite parce qu'on a fait, + de bavardages et de depuis que je vais quelquefois + niaiseries, que j'ai pris le chez elle, tant de sots + parti de ne pas seulement propos et de bavardages, + dire que je l'avais vue au que j'ai pris le parti de ne + Français. On avait joué pas même dire que je l'ai vue + _Tancrède_, etc...» au Théâtre Français. On avait + joué _Tancrède_, etc...» + +[Illustration: Tombeau d'un homme qui est allé à l'Opéra-Comique, +croquis à la plume par Alfred de Musset. + + (transcription) + et alors--l'infortuné est rentré chez lui + et a fumé un grand nombre de cigarettes. + + Priez pour lui. + + Je vous serre la main en désespéré.] + +Dans le dialogue entre Rachel et sa mère, puis entre la tragédienne et +l'auteur, il n'y a pas une seule phrase qui n'ait subi quelque +changement, soit par retranchement, soit par addition. La fin manque +dans l'original et Paul de Musset l'a remplacée par une phrase de sa +façon[90]. + + [90] Le Catalogue de la Bibliothèque de M. Paul Eudel, 1re + partie, vente du 12 au 14 mai 1898, Paris, Em. Paul et fils, + 1898, in-8º, no 243, renferme une curieuse notice sur le + manuscrit et donne p. 105 le fac-similé des huit premières + lignes. + +51*.--Lundi, nuit (1839?). «Ma chère marraine, je suis allé deux fois +chez vous aujourd'hui». _Souvenirs_, p. 183. + +52*.--Mardi (1839). «Je vous avais écrit une lettre qui commençait +ainsi». _Souvenirs_, p. 185. + +53.--Mercredi soir (1839?). «J'ai profondément réfléchi et j'ai +découvert que ce n'était pas la peine». _Souvenirs_, p. 194. Textuel. + +54*.--S. D. (1839?). «Votre conseil était bon, chère marraine; venant +de vous, il devait l'être». _Souvenirs_, p. 187. + +F.--(Fin mars 1840). «Comment allez-vous, ma chère marraine, et que +faites-vous?» _OEuvres posthumes_, p. 208. Textuel. + +G.--Jeudi soir (juin 1840). «Voilà comme vous êtes, vous autres +femmes». _OEuvres posthumes_, p. 211. Nombreuses coupures; plus de la +moitié de la lettre est supprimée. + +H.--31 juillet 1840. «Si vous savez pourquoi vous répondez vite et +bien». _OEuvres posthumes_, p. 213. Nombreuses coupures et un dessin +supprimé. (Tombeau d'un homme qui est allé à l'Opéra-Comique). + +55.--9 octobre 1840. «Vous êtes à la campagne, vous, je suis à Paris, +moi.» _Souvenirs_, p. 202. Quelques mots changés.--_Illustration_, 22 +mai 1880. + +56.--19 octobre 1840. «Encore une raison qui fait que je vous réponds +tard». _Souvenirs_, p. 203. Seulement les vingt premières lignes de +cette lettre, qui a huit pages et est ornée d'un dessin. (Rachel me +lance un coup d'oeil à la Hermione). + +57*.--Lundi matin (janvier 1841?).--«Madame, je rentre de ma garde, +et, à propos d'une baliverne». _Souvenirs_, p. 220. + +I.--13 avril 1841. «Je ne puis aller ce soir chez vous, ma chère +marraine». _OEuvres posthumes_, p. 222. Textuel. + +58.--(Juin 1841?). «Ai-je besoin de vous dire, ma petite et blonde +marraine, qu'une note de vous». Cette lettre est publiée dans les +_Souvenirs_, p. 218, comme étant une lettre complète; mais sur une +copie écrite par Paul de Musset, en outre des nombreuses variantes, +cela ne formerait que la seconde partie d'une autre lettre, du 28 +octobre 1844, que l'on, trouvera p. 204 des mêmes _Souvenirs_ (no 64). + +59.--(2 avril 1842). «Madame, si un atome de moi vivait encore». +_Souvenirs_, p. 108. Textuel. + +60*.--(Juin ou juillet 1842?). «Eh bien, madame, vous ne vouliez pas +le croire». _Souvenirs_, p. 196. + +J.--Mardi, 26 (juillet 1842). «J'ai grogné tout mon saoul, mais je ne +veux pas écrire». _OEuvres posthumes_, p. 167. Nombreux changements, +plusieurs suppressions. + +61*.--Lundi (octobre 1842). «Il faut que je vous aime terriblement, +madame». _Souvenirs_, p. 212. + +62*.--Vendredi (octobre 1842). «Ainsi Uranie n'a pas lu la Revue». +_Souvenirs_, p. 209. + +63*.--(Novembre 1842?). «Voilà mon frère qui me dit:--Aujourd'hui +vendredi». _Souvenirs_, p. 215. + +K.--23 novembre (1842). «Je remercie d'abord la plus petite de toutes, +de n'avoir pas oublié son ancienne coutume». _OEuvres posthumes_, p. +225. Nombreuses coupures. + +[Illustration: _Alfred de Musset et Rachel_, croquis à la plume par +Alfred de Musset.] + +64*.--Vendredi, 28 (octobre 1844). «Ce qui fait qu'on n'a pas répondu +plus tôt à sa marraine, c'est que le fieux». _Souvenirs_, p. 204. Voir +no 58. + +65.--(1851). Billet. _Souvenirs_, p. 224. + +66*.--S. D. «Est-ce que nous sommes brouillés aussi, marraine». +_Souvenirs_, p. 207. + +67*.--S. D. Dimanche. «Je ne suis pas content, marraine, je suis +ennuyé et dérangé». _Souvenirs_, p. 217. + +68*. S. D. «Madame, il vous est arrivé certainement très souvent de +souffler dans un ballon sec». _Souvenirs_, p. 194. _Le Temps_, 12 +janvier 1881. + +69*.--S. D. «J'ai besoin d'un renseignement musical que ma soeur me +dit ne pas pouvoir me donner». _Souvenirs_, p. 176. + +70*.--S. D. «Mon grand-père avait fait un jour acquisition de deux +petits boeufs d'airain». _Souvenirs_, p. 180. Une phrase changée. + +71.--S. D. «Voulez-vous, madame, être assez bonne pour me renvoyer les +romances de M. Cervini». _Inventaire des Autographes Fillon. Séries V +à VIII. Étienne Charavay, 1878. In-8º_, p. 147. + + LEVRAULT (Mme), banquier, à Strasbourg. + +Trois lettres publiées dans les _Annales de l'Est_, no 4, octobre +1887. + +72. Bade, 18 septembre 1834. «Madame, vous avez peut-être déjà reçu du +directeur de la _Revue des Deux-Mondes_ un mot d'avis». + +73.--Bade, septembre 1834. «Madame, j'ai écrit à Paris pour qu'on me +fasse passer quelqu'argent». + +74.--Strasbourg, octobre 1834. «Madame, je pars à l'instant et je ne +puis vous remercier moi-même». + + LISZT (Frantz). + +Deux lettres publiées dans _Études et Récits sur Alfred de Musset, +par Mme la vicomtesse de Janzé. Plon, 1871. 1 vol. in-12._ + +75.--20 juin 1836. «Votre lettre, mon ami, m'a fait double plaisir», +p. 20. + +76.--Novembre 1836. «Je voulais aller vous voir aujourd'hui, mon cher +Liszt», p. 192. + + MARETTE (Monsieur), à Paris. + +77.--31 mars 1840. Billet par lequel il le prie de remettre ses +appointements au porteur. _Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899. + + MÉRIMÉE (Prosper). + +78.--1832. «Au moment de terminer mes épreuves, j'ai oublié de vous +demander une autorisation». _Revue rétrospective_, 1er mai 1891. + + MONTALIVET (le Comte de). + +79.--23 octobre 1838. «Monsieur le Comte, permettez-moi de vous +témoigner la vive reconnaissance». _Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899. + + MUSSET (Mme Edmée de), sa mère. + +80.--14 septembre 1848. «Je ne pouvais, ma chère mère, recevoir une +meilleure nouvelle». _Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899, fragment. + + MUSSET (Paul de), son frère. + +81.--1er décembre 1842. «Je te remercie de tout mon coeur, mon cher +ami, de la bonne lettre que tu m'écris». _Biographie d'Alfred de +Musset par Paul de Musset. Charpentier, 1877. In-12_, p. 283. Deux +coupures. + + PÉHANT (Émile), à Nantes. + +82.--29 novembre 1854. «Monsieur, je n'avais point oublié votre nom, +mais je ne savais pas que vous habitiez Nantes.» _Jeanne la Flamme, +par Émile Péhant. Hachette, 1872. In-12_, p. IX. + + RENDUEL (Eugène), éditeur. + +Deux lettres, publiées dans _Le Romantisme et l'éditeur Renduel_, _par +Adolphe Jullien_. _Charpentier, 1897_, 1 vol. in-12. + +83.--9 septembre 1832. «Monsieur, je voudrais bien que vous +m'écrivissiez franchement», p. 172. + +84.--Lundi, 1832. «Voilà qui s'appelle agir d'une façon aimable», p. +174. + + SAINTE-BEUVE. + +85.--(1829). «Je ne vais pas vous voir, mon ami, c'est que je ne le +puis». _Indépendance belge_, 23 mai 1880.--_Revue hebdomadaire_, 1er +août 1896. + +86.--9 septembre 1829. «Voilà un f... temps pour la chasse, mon ami». +_Catalogue de la librairie Detaille_, 1er mai 1887. _Le Pays_, 3 +février 1888. _Le Constitutionnel_, 9 février 1888. Longs fragments. + +87.--27 avril 1834. «J'ai à vous remercier, mon cher Sainte-Beuve, de +l'intérêt». _Cosmopolis_, mai 1896, p. 435. + +88.--(Novembre 1834). «Je vous suis bien reconnaissant, mon cher ami, +de l'intérêt». _Cosmopolis_, mai 1896, p. 435. + + SAND (Mme George). + +Les lettres écrites par George Sand à Alfred de Musset sont publiées +dans la _Revue de Paris_ du 1er novembre 1896, puis réunies à celles +adressées à Sainte-Beuve, à la librairie C. Lévy, 1897. 1 vol. in-12. +Celles d'Alfred de Musset à George Sand paraîtront assurément quelque +jour; où et quand, je l'ignore. En attendant cette publication, on en +trouvera de nombreux extraits dans: + +1º _Revue politique et littéraire_ (Revue Bleue), 15 octobre 1892. +George Sand et Alfred de Musset, par E. Grenier. + +2º _Alfred de Musset par Mme Arvède Barine. Paris, Hachette, 1892._ 1 +vol. in-12. + +3º _Cosmopolis_, revue internationale, 1er mai et 1er juin 1896. La +Véritable Histoire de «Elle et Lui», par M. le vicomte de Spoelberch +de Lovenjoul. Ces deux articles, réunis en volume et considérablement +augmentés, ont été publiés à la librairie Calmann Lévy, 1897. 1 vol. +in-12. + +4º _Revue Hebdomadaire_, 1er août 1896. Un roman vécu à trois +personnages, par le docteur Cabanès. Joint à la 2e Série de _Le +Cabinet secret de l'histoire_, du même auteur. Librairie A. Charles, +1897. 1 vol. in-8º, orné des portraits de G. Sand et du docteur +Pagello, et de fac-similés d'écriture. + +5º _La Revue de Paris_, 15 août 1896. Alfred de Musset et George Sand, +par M. Clouard. Publié séparément et augmenté. Imprimerie Chaix, 1896. +Br. in-8º avec deux portraits de G. Sand, dessinés par Alfred de +Musset et un fac-similé, suivi d'un Index bibliographique. Cette +notice, jointe au présent volume, renferme de nouveaux documents +inconnus jusqu'à ce jour, pris sur les originaux. + +J'omets avec intention un livre signé Paul Mariéton. Les textes cités +dans cet ouvrage sont, d'une façon générale, absolument inexacts: la +_copie_ qui servit à M. Mariéton a été écrite par moi, et lui a été +communiquée à mon insu, malgré les promesses faites, par la personne à +laquelle je l'avais confiée. Cette copie a été prise sur celle +_arrangée_ par George Sand, qui est fort incomplète et présente de +grandes différences de texte avec une autre copie qu'on m'affirme +avoir été prise sur les originaux. + +Je n'entrerai pas ici dans le détail de tous ces extraits et me +bornerai à indiquer seulement ce qui est complet. + +89.--Août 1834. «Je t'envoie ce dernier adieu, ma bien aimée». +_L'Homme Libre_, 14 avril 1877. Très long fragment. + +A.--GEORGE SAND. 19 avril 1838. «Mon cher Alfred, j'ai reçu ta lettre +la veille de mon départ de Nohant». _Véritable Histoire de «Elle et +Lui», etc..._, _1897_, p. 130. + +B.--GEORGE SAND. 30 avril 1840. «Elle (la correspondance) est à +Nohant, dans un coffre dont j'ai les clefs ici». _Cosmopolis_, mai +1896, p. 445. + +C.--GEORGE SAND. Vendredi (mai 1840). «Les lettres sont arrivées. Si +vous voulez venir». _Cosmopolis_, mai 1896, p. 445. + + SCHOZKO (Mme Olympe). + +90.--S. D. «Madame, mon ami Alfred Tattet dîne aujourd'hui avec la M.» +_Gazette de Paris_, 12 juillet 1857. Les noms propres sont supprimés. + +91.--Février 1836. «Pichrocholine, avez-vous bien dormi?» _Gil Blas_, +26 mai 1880. _L'Événement_, 8 décembre 1897. + + SECOND (Albéric). + +92.--14 septembre 1848. «Monsieur, les apparences, je le vois, sont +trompeuses, car votre sous-préfecture». _La Comédie Parisienne_, 10 +mai 1857. + + TATTET (Alfred). + +93.--12 novembre 1834. «Tout est fini. Si par hasard on vous faisait +quelques questions». _La Revue de Paris_, 15 août 1896. + +94.--20 juillet 1835. «Votre lettre, mon cher Alfred, est arrivée +comme je n'étais pas à Paris». _La Revue de Paris_, 15 août 1896. Deux +coupures, relatives à une affaire personnelle à M. A. Tattet. + +95.--(1838). «J'apprends, mon cher Alfred, que vous avez manqué +plusieurs fois». _La Revue de Paris_, 15 août 1896. + +96.--Vendredi, 17 (août 1838). «Tout ce que je puis vous dire, mon +cher Alfred». _Le Figaro_, 6 avril 1883. Fragment. + +97.--14 mai 1844. «Mon cher ami, je viens d'avoir une fluxion de +poitrine». _Le Figaro_, 6 avril 1883. Fragments. + +98.--Mirecourt, 18 mai 1845. «Votre lettre est bien aimable, mon cher +Alfred». _Le Figaro_, 6 avril 1883 et _La France_, 7 avril 1883. +Fragments. + +99.--20 août (1845). «Ecce iterum Crispinus. Me voilà à Paris, mon +cher Alfred». _La France_, 7 avril 1883. Fragment. + +A.--17 octobre 1845. «Mon cher Alfred, parmi les raisons qui m'ont +empêché d'aller vous retrouver». Le texte publié dans les _OEuvres +Posthumes_ d'Alfred de Musset, p. 234, offre de nombreux changements +avec l'original; le _Figaro_, du 6 avril 1883, donne tout le début +correctement. + +100.--Jeudi, 15 (1848). «Mon cher ami, je trouve ce matin le nom de +votre oncle». _Le Figaro_, 6 avril 1883. Fragment. + + TATTET (Madame Caroline). + +101.--Angers, 6 octobre (1848?) «Madame, je reçois votre très aimable +lettre au retour de plusieurs endroits». _Le Figaro_, 6 avril 1883 et +_La France_, 7 avril 1883. Fragments.--En entier dans la _Gazette +Anecdotique_ du 30 juin 1885, qui l'emprunte au précédent numéro des +_Annales Politiques et Littéraires_. + + VIGNY (Alfred de). + +102.--Mercredi, 20 (octobre 1829). Fragment d'une lettre par laquelle +il lui demande un billet pour la première représentation +d'Othello.--_Revue des Autographes, no 176. Avril, 1895. Paris, Gab. +Charavay_, no 186. + +Quatre lettres publiées dans _Études et Récits sur Alfred de Musset_, +_par Mme la vicomtesse de Janzé_. _Plon, 1891. 1 vol. in-12._ + +103.--17 décembre (1829). «Mon cher monsieur, puis-je espérer que +vous voudrez bien venir entendre», p. 70. + +104.--(19 décembre 1829). «Que vous êtes bon d'être venu», p. 71. + +105.--Mercredi (1831). «Je suis comme ces femmes enceintes qui croient +toujours», p. 71. + +106.--S. D. Fragment: «Une troupe d'oiseaux de passage», p. 73. + +107.--6 août 1832. Il le remercie d'une soirée qu'il lui a fait passer +chez ses cousines. _Catalogue de lettres autographes. Vente le 15 +novembre 1899, hôtel Drouot. Paris, Noël Charavay, 1899. In-8_, no +116. Fragment. + + DESTINATAIRES INCONNUS. + +108.--S. D. «Madame, j'ai une faveur à vous demander pour un de mes +amis». _L'Autographe_, 15 février 1865. + +109.--29 août 1854. «Monsieur, il m'est absolument impossible de rien +comprendre à l'erreur singulière». _Miscellanées Bibliographiques. +Rouveyre, 1878. In-8º_, p. 90. + +110.--S. D. Billet à une dame: «Je suis tout à vos ordres, madame, +mais vous les donnez de telle façon, que vous me permettrez de +remercier avant d'obéir.--Alfred de Musset». _Catalogue de lettres +autographes, vente Hôtel Drouot, le 27 novembre 1888. Paris, Ét. +Charavay. In-8º_, no 128. + +111.--Sous le numéro 1195 des _Nouvelles acquisitions françaises_, est +déposé à la Bibliothèque Nationale, à Paris, un paquet cacheté +renfermant une correspondance, qui ne devra être ouvert et le contenu +publié qu'en 1910.--Voir p. 214. + + * * * * * + +D'autres lettres d'Alfred de Musset doivent encore avoir été +imprimées. Puissent de plus habiles chercheurs les découvrir et les +ajouter à cette nomenclature assurément incomplète. + + +NOTE + +Le MUSÉE FRANÇAIS de mars 1858, publie, page 5, le texte de ce billet +d'Alfred de Musset à Béranger: + + «Je vous aime, d'abord parce que vous vous appelez Béranger; je + vous aime aussi et beaucoup, parce que vous avez fait le _Voyage + imaginaire_, le voyage de Grèce; j'aime tant les Grecs. + + «ALFRED DE MUSSET.» + +Ceci a dû être écrit en 1828, mais il faudrait retrouver l'original +avant que de l'admettre comme authentique. + + + + + ALFRED DE MUSSET + + BIBLIOTHÉCAIRE DU MINISTÈRE + + ET + + LAURÉAT DE L'ACADÉMIE + + + + +ALFRED DE MUSSET + +BIBLIOTHÉCAIRE DU MINISTÈRE + +ET + +LAURÉAT DE L'ACADÉMIE + + +I + +En 1838, Alfred de Musset, déjà célèbre comme poète et écrivain +dramatique, après les _Contes d'Espagne et d'Italie_, et les trois +volumes d'_Un Spectacle dans un Fauteuil_, venait de publier ses +contes et ses nouvelles, dans la _Revue des Deux-Mondes_, montrant +ainsi une nouvelle face de son talent. Mais cela donnait plus de +gloire que de profit: ce que lui rapportaient ses écrits, et la rente +qu'il tenait de sa famille assuraient certainement sa vie matérielle; +mais l'auteur de _Frédéric et Bernerette_ n'eût pas été mécontent de +trouver un emploi qui lui laissât la faculté de travailler à sa guise, +et dont les émoluments lui eussent permis de satisfaire toutes ses +fantaisies. + +Cet emploi vint s'offrir de lui-même: Sa Majesté Louis-Philippe, +voulant améliorer les divers services des Bibliothèques de la Maison +du Roi, chargea M. Vatout, son bibliothécaire et secrétaire +particulier, de les réorganiser[91]. Bien qu'il dût connaître M. +Vatout, qui remplissait ces fonctions de secrétaire depuis de longues +années et qu'il n'était pas sans avoir rencontré à Neuilly, Alfred de +Musset préféra s'adresser à son ancien condisciple, le duc d'Orléans, +dont la haute protection ne pouvait lui faire défaut: + +--Les journaux annoncent, écrivait-il au duc, que M. Vatout est chargé +de la réorganisation des Bibliothèques de la Maison du Roi: «J'ose +recourir à la bonté de Votre Altesse et la supplier de me recommander +à M. Vatout. J'espère en cette occasion que Votre Altesse Royale me +pardonnera de l'importuner et qu'elle ne voudra bien voir dans les +demandes que je lui adresse qu'un désir de cultiver, grâce aux bontés +de Votre Altesse, des goûts qui ont dirigé toutes mes études et +auxquels ma position ne me permet pas de me livrer entièrement[92]». + + [91] Le _Moniteur Universel_ du 15 septembre 1839 consacre une + notice à M. Vatout. Lors de son admission à l'Académie française, + _Le National_, dans son numéro du 7 janvier 1848, publia sur le + nouvel immortel les lignes suivantes qui ne sont pas signées: + «Monsieur Vatout, directeur des bâtiments civils a été élu + aujourd'hui par l'Académie française en remplacement de M. + Ballanche..... qu'a donc fait M. Vatout? Il faut bien l'oser + écrire enfin! Il a fait deux chansons très gaies, l'une de gaieté + de corps de garde, l'autre d'une gaieté de moine: _L'Écu de + France_ et _Le maire d'Eu_! C'est avec ces deux calembourgs qu'on + s'assied aujourd'hui dans le fauteuil de Bossuet.... On assure + que ces agréables ordures ont fait les délices de la cour, à ce + point, qu'un personnage dont la voix a coutume de compter, a + déclaré qu'il tiendrait pour _ses ennemis personnels_ tous ceux + qui refuseraient leurs voix à M. Vatout. L'Académie, dans sa + fière indépendance, se l'est tenu pour dit: elle a ouvert ses + portes à l'auteur du _Maire d'Eu_ protégé par _L'Ecu de + France_.....» + + [92] L'original de cette lettre figure au _Catalogue des + Autographes de M. Charles Keisner, vente hôtel Drouot, 12 mars + 1899, G. Charavay, in-8º_, no 126, qui en cite un fragment. + +Le duc d'Orléans avait à coeur de réparer l'accueil déplorable fait +par son père au sonnet _Au Roi, après l'attentat de Meunier_; aussi, +la réponse ne se fit point attendre, et dans une lettre en date du 22 +octobre 1838, M. de Montalivet, en même temps que ses félicitations, +adressait à Alfred de Musset copie de l'arrêté suivant: + + «_Ministère de l'Intérieur._ + + «ARRÊTÉ: + + «Nous, pair de France, ministre secrétaire d'État au département + de l'Intérieur, + + «Avons arrêté et arrêtons ce qui suit: + + «_Article Ier._--M. Alfred de Musset est nommé Conservateur de la + Bibliothèque du Ministère de l'Intérieur, de la collection des + médailles et du dépôt des ouvrages publiés à Paris et dans les + départements. + + «_Art. II._--M. Alfred de Musset jouira en la dite qualité et à + partir du 1er novembre prochain, d'un traitement annuel de trois + mille francs, qui sera imputé sur le crédit du chapitre 1er du + budget de notre ministère. + + «_Art. III._--Le Secrétaire Général du Ministère et le chef de + division de comptabilité générale, sont chargés, chacun en ce qui + le concerne, de l'exécution du présent arrêté. + + «Fait à Paris, le 19 octobre 1838. + + «MONTALIVET». + +La lettre du Ministre était accompagnée d'une lettre de son Secrétaire +Général: + + «Paris, 22 octobre 1838. + + «Monsieur, + + «Je ne puis laisser partir la lettre de M. de Montalivet, qui vous + annonce votre nomination de Conservateur de la Bibliothèque du + Ministère de l'Intérieur, sans y joindre un témoignage de la + satisfaction que cette décision m'a fait éprouver. Quand vous + viendrez au Ministère, je vous prie de prendre la peine de passer + à mon cabinet. Je désirerais causer avec vous de différentes + choses relatives à vos nouvelles fonctions. + + «Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée. + + «EDMOND BLANC». + + «A monsieur Alfred de Musset.» + +Alfred de Musset s'empressa d'adresser ses remerciements au Ministre: + + «Paris, 23 octobre 1838. + + «Monsieur le Comte, + + «Permettez-moi de vous témoigner la vive reconnaissance dont me + remplit la lettre pleine de grâce et de bonté par laquelle vous + voulez bien me prévenir de la décision que vous venez de prendre à + mon égard. Je ne puis répondre à la faveur dont vous m'honorez + qu'en vous suppliant de croire que je m'estimerai heureux si mes + services peuvent être de quelqu'utilité. + + «Veuillez aussi être persuadé, Monsieur le Comte, que si mon + travail et mes efforts peuvent jamais me conduire à quelque + succès, je n'oublierai en aucune circonstance que c'est à vous que + je le devrai. + + «Je suis avec le plus profond respect, Monsieur le Comte, votre + très humble et très dévoué serviteur. + + «ALFRED DE MUSSET». + +Cette nomination fit quelque peu crier, parce que c'était encore un +rédacteur de la _Revue des Deux-Mondes_, déjà très favorisée, qui en +était le bénéficiaire: + + «UNE FEUILLE LITTÉRAIRE TRANSFORMÉE EN FEUILLE DES BÉNÉFICES. + + «Voici la liste des grâces accordées aux rédacteurs de la _Revue + des Deux-Mondes_: + + M. Buloz, nommé commissaire royal près le Théâtre Français. + + M. Loeve-Weimars, nommé secrétaire d'ambassade. + + M. Lerminier, nommé maître des requêtes. + + M. Edgard Quinet, nommé professeur de littérature étrangère à la + Faculté des Lettres de Rennes. + + M. Gustave Planche, nommé professeur de littérature anglaise à la + Faculté des Lettres de Bordeaux. + + M. Marmier, nommé professeur à la Faculté de Montpellier. + + M. Alfred de Musset, nommé Bibliothécaire du Ministère de + l'Intérieur. + + M. Henri Blaze, attaché à l'ambassade de Danemarck. + + On ne dit pas ce qu'a obtenu le portier de l'établissement». + +Telles sont les réflexions émises par le _Charivari_ du 17 octobre +1838. Mais on était unanime à trouver juste que l'auteur du poème sur +la _Naissance du Comte de Paris_ reçût une récompense, lui qui, admis +dans l'intimité du Duc d'Orléans, s'était jusqu'à ce jour tenu à +l'écart et n'avait pas profité de l'amitié que lui portait le fils du +Roi, non plus que des relations de sa famille avec celle du +Prince[93], pour se faire donner quelque sinécure largement rétribuée. + + [93] Un cousin d'Alfred de Musset, de la branche des Musset-Signac, + M. Adolphe-Louis de Musset, avait longtemps administré les + propriétés que la famille d'Orléans possédait à La Ferté-Vidame et + à Dreux. Ce fut la Révolution de 1848 qui le délogea de sa charge. + Paul de Musset parle de lui dans la _Biographie_ d'Alfred, in-12, + p. 180. + +Peu de jours après sa nomination, Alfred de Musset eut une première +entrevue avec M. Edmond Blanc, et, n'ayant pas reçu les indications +qui lui avaient été promises, il lui écrivait de nouveau: + + «4 novembre 1838. + + «Monsieur le Secrétaire Général, + + «Lorsque vous m'avez fait l'honneur de me recevoir, vous avez eu + la bonté de me dire que je recevrais de votre part quelques + indications relatives à la bibliothèque du ministère. C'est à + partir du 1er novembre que mes fonctions devaient commencer. La + crainte que vos nombreuses occupations ne me fassent oublier, et + l'ignorance où je suis du lieu même où je dois me présenter, me + font prendre la liberté de vous rappeler la promesse que vous avez + bien voulu me faire. + + «J'ai l'honneur d'être, Monsieur, avec la plus haute + considération, + + «Votre très humble et très dévoué serviteur, + + «ALFRED DE MUSSET. + + «59, rue de Grenelle-Saint-Germain». + +Une seconde entrevue eut vraisemblablement le résultat désiré et +Alfred de Musset y reçut les instructions complémentaires qu'il +demandait, car il entra bientôt en fonctions; il est juste de dire +qu'elles lui laissaient de si grands loisirs, qu'au ministère même, +bien des personnes ne se doutaient pas qu'il y eût un bibliothécaire. +C'était à ce point qu'Alfred de Musset ne venait pas toujours chercher +lui-même ses appointements comme le témoigne ce billet que je copie +parmi deux ou trois autres analogues[94]. + + [94] _Catalogue d'une collection d'autographes, vente hôtel + Drouot, le 30 mai 1896. Paris, Et. Charavay. In-8º_, no 85. + + «_Monsieur Marette, au Ministère de l'Intérieur._ + + «Je serai obligé à Monsieur Marette s'il veut avoir la + complaisance de remettre au porteur de cette lettre mes + appointements du mois de mars. + + «Son très humble serviteur, + + «ALFRED DE MUSSET». + + «31 mars 1840». + +J'ajouterai que cette légende subsiste encore aujourd'hui dans les +bureaux du ministère de l'intérieur, qu'un jour, un des amis du poète +l'ayant rencontré à la porte du ministère et lui ayant demandé: «Que +faites-vous là?» Musset aurait répondu: «Je suis venu voir si ma +bibliothèque existait réellement». + +Personne, du reste, ne lui adressait le moindre reproche et je n'ai +trouvé que l'_Artiste_ qui, dans sa livraison du 27 mars 1842, ait +essayé une légère protestation.... en faveur de Paul de Musset: + + «.....A vrai dire, et tout en applaudissant de grand coeur à cette + mesure, qui nous semble très juste et très digne, nous concevrions + plutôt que cette place eût été donnée au frère de l'auteur de la + _Confession d'un Enfant du Siècle_, à M. Paul de Musset, qui a + fait tant d'ingénieuses et spirituelles esquisses de la + _Fronderie_ et qui a donné la preuve au moins d'une réelle et + intelligente érudition historique.--VAUVE DES ROYS.» + + * * * * * + +En 1845, Alfred de Musset fut nommé Chevalier de l'Ordre Royal de la +Légion d'Honneur: + + «Paris, ce 30 avril 1845. + + «Monsieur, + + «J'ai l'honneur de vous informer que, par une Ordonnance signée le + 24 courant, le Roi vous a nommé Chevalier de l'Ordre Royal de la + Légion d'Honneur. + + «Je me félicite, Monsieur, d'avoir à vous transmettre ce + témoignage de la bienveillance de Sa Majesté et de l'estime + qu'elle fait de vos travaux. + + «Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération la plus + distinguée. + + «_Le Ministre de l'Instruction publique_, + + «SALVANDY. + + «A Monsieur Alfred de Musset, homme de lettres». + +Et le 1er mai paraissait cet entrefilet au _Moniteur Universel_ (p. +1144), car l'insertion des nominations dans l'ordre de la Légion +d'Honneur ne devint obligatoire qu'à dater du 19 juillet 1845. + + «MM. de Balzac, Frédéric Soulié et Alfred de Musset viennent + d'être nommés membres de la Légion d'Honneur». + +Dans son Courrier de Paris, l'_Illustration_ du 3 mai 1845 commente +ainsi cette triple nomination: + + «.....On annonce que le gouvernement vient de donner la croix + d'honneur à MM. de Balzac, Alfred de Musset et Frédéric Soulié. Un + journal félicite le Ministère, qui, spontanément et sans y être + sollicité par MM. de Balzac, Musset et Soulié, a fait cette + galanterie aux trois écrivains, bouquet de fête du 1er juillet. + Assurément, MM. Musset, Soulié et Balzac ont plus d'esprit et de + talent qu'il n'en faut pour se passer d'une croix et d'un ruban, + mais puisqu'ils ne l'ont pas demandée et qu'on la leur donne, ils + n'ont rien à se reprocher. Ce sont de ces petits cadeaux qui ne + font plus guère de tort à personne et qui entretiennent l'amitié. + Peut-être est-ce un acte de contrition que fait le gouvernement + pour tant de croix attachées sur tant de poitrines équivoques? + Peut-être aussi commence-t-on à reconnaître que le plus sûr moyen + d'honorer la croix d'honneur, après tant de croix jetées à la + faveur aveugle et à la vanité mendiante, et de décorer les hommes + qui la méritent véritablement, consisterait à la donner à ceux qui + ne la demandent pas.....» + + * * * * * + +Le 24 février 1848, éclata la Révolution qui renversa Louis-Philippe, +et le lendemain entrait en fonctions un gouvernement provisoire +composé de MM. Alphonse de Lamartine, Adrien Crémieux, Marie, +Garnier-Pagès, Dupont (de l'Eure), Ledru-Rollin et Arago. + +Le 20 avril 1848, le _Moniteur Universel_ publiait un premier décret +réglementant la bibliothèque du Ministère de l'Intérieur. + +Le 5 mai, paraissait au même _Moniteur Universel_, un nouveau décret: + + «_Au nom du Peuple Français,_ + + «Le Gouvernement Provisoire, + + «Considérant que la réorganisation générale des services publics + doit entraîner de nombreuses réformes et suppressions + d'emplois;.................................................. + + «Décrète ce qui suit: + + «_Article I._--Les fonctionnaires et employés qui, du 25 février + au 25 juillet de la présente année, auront été réformés, pour + cause de suppression d'emploi, de réorganisation ou par toute + autre mesure administrative qui n'aurait pas le caractère de + révocation ou de destitution, pourront obtenir pension s'ils + réunissent vingt ans de services, dont quinze ans au moins + entièrement accomplis dans la partie active ou vingt-cinq ans + indistinctement accomplis dans la partie active ou sédentaire. + + «Cette pension sera calculée pour chaque année de service civil à + raison d'un soixantième du traitement moyen des quatre dernières + années d'exercice. En aucun cas, elle ne devra excéder le maximum + de la pension de retraite affectée à chaque emploi. + + «_Art. II._--Ceux des fonctionnaires et employés réformés qui ne + comporteront pas la durée de service exigée par l'article + précédent, obtiendront une indemnité temporaire réglée dans les + proportions fixées par le dit article et dont la jouissance sera + limitée à un temps égal à celui de la durée de leur service dans + le ministère ou l'administration où se terminera leur activité. + + «_Art. III._-- + + «Fait à Paris, le 2 mai 1848, en Conseil de Gouvernement. + + «_Les Membres du Gouvernement Provisoire:_ + + «DUPONT (de l'Eure), ARAGO, FLOCON, + LAMARTINE, ALBERT CRÉMIEUX, + GARNIER-PAGÈS, ARMAND MARRAST, + MARIE, LOUIS BLANC, LEDRU-ROLLIN. + + «Pour copie conforme: + «_Le Chef du Secrétariat,_ + «B. SAINT-HILAIRE». + +Trois jours plus tard, étaient signés ces deux arrêtés, qu'on évita +soigneusement de publier[95]: + + «RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. + + «Paris, 5 mai 1848. + + «Au nom du Peuple, + + «Le Ministre de l'Intérieur arrête: + + «Le citoyen Alfred de Musset, bibliothécaire au Ministère de + l'Intérieur, est révoqué de ses fonctions. + + «LEDRU-ROLLIN». + + + «RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. + + «Paris, 5 mai 1848. + + «Au nom du Peuple, + + «Le Ministre de l'Intérieur arrête: + + «Le citoyen Marie Augier est nommé aux fonctions de bibliothécaire + au Ministère de l'Intérieur; il jouira d'un traitement de 3,000 + francs à partir du 1er mai courant. + + «LEDRU-ROLLIN». + + [95] Archives du Ministère de l'Intérieur. + +On voit, par ces textes, que le citoyen ministre appelait les choses +par leur nom et aimait les situations nettes[96]. Mais était-ce bien +Ledru-Rollin le véritable auteur de cette révocation? Il est permis +d'en douter. Nul n'ignore que le ministre de l'Intérieur avait pour +conseiller intime l'héroïne de Venise qui, subitement éprise des +théories socialistes, venait de se lancer dans la politique et +stupéfiait ses concitoyens par les principes qu'elle émettait dans les +_Bulletins de la République_. Ce simple rapprochement de noms suffit, +ce me semble, pour indiquer la part de responsabilité qui incombe à +chacun. Et, même en admettant que George Sand n'eût pas demandé la +destitution de Musset, qu'elle ait simplement laissé faire +Ledru-Rollin qui la signa pour lui complaire, elle eut un tort +immense, car il y allait de son honneur d'empêcher cet acte, pour ne +pas être accusée de basse vengeance, et si elle ne le pouvait, elle +eût au moins dû protester publiquement, afin d'éviter tout soupçon. + + [96] Voir: _Études et Récits sur Alfred de Musset_, par Mme la + Vicomtesse de Janzé. Paris, Plon, 1891. 1 vol. in-12, p. 92. On y + trouvera le texte d'une lettre d'Alfred de Musset à Mme E. de + Girardin, dans laquelle il la prie de garder le silence sur cette + destitution.--Lettre de Maxime Du Camp dans le _Figaro_ du 25 + septembre 1882. + +L'arrêt qui le frappait fut notifié à Alfred de Musset par cette +lettre qui ne lui parvint que dans les premiers jours du mois de juin, +M. Recurt, docteur-médecin, étant Ministre de l'Intérieur, M. +Ledru-Rollin ayant été révoqué le 11 mai 1848[97]: + + «Citoyen, + + «J'ai le regret de vous annoncer que par un arrêté du 5 mai + courant, le Ministre vous a admis à faire valoir vos droits à la + retraite. + + «Salut et Fraternité. + + «Paris, 8 mai 1848. + + «_Le Secrétaire général_, + «CARTERET». + + [97] Inséré au _Moniteur Universel_ du 13 mai 1848. + +Malgré les précautions prises en haut lieu, cette inqualifiable mise à +pied ne tarda pas à être connue, et les journaux, à la seule exception +de ceux payés par le gouvernement, se rangèrent du côté d'Alfred de +Musset: + + LES SALTIMBANQUES, _no 2, juin 1848_.--«Une brutale destitution + vient de frapper Alfred de Musset; on l'a traité comme un homme + vulgaire; il est vrai que tous les hommes sont égaux devant + l'ordonnance du médecin». + + LA PROVIDENCE, _12 juin 1848_.--«M. Alfred de Musset, + bibliothécaire au Ministère de l'Intérieur, vient d'être révoqué + de ses fonctions. Si nos informations sont exactes, cette nouvelle + lui aurait été signifiée de la façon la plus inattendue et la plus + blessante. Il est impossible de contenir la douleur que de pareils + actes inspirent. La destitution de M. Lebrun et de M. Mignet était + déjà un fait déplorable; celle de M. de Musset est un attentat + envers la littérature française et elle ne peut le laisser passer + sans protester..... On a donné pour successeur à M. Mignet un + monsieur Des Reeys, dont le nom n'était connu de personne; le + remplaçant du poète de _Rolla_ et de _Un Spectacle dans un + Fauteuil_ est un monsieur Marie Augier, qui n'a rien de commun + avec l'auteur de _La Ciguë_ et de l'_Aventurière_. Qu'est-ce que + M. Marie Augier?» + +Dans son numéro du 13 juin, _La Providence_ revient encore sur la +destitution d'Alfred de Musset et reproche à M. Flocon d'ôter une +sinécure à un écrivain distingué pour la donner à un homme obscur: +«Ah! si M. de Musset, au lieu d'écrire ses charmants proverbes, avait +seulement fait des bandes pour _La Réforme_!» + +L'_Artiste_, du 15 juin, paraphrasant les formules officielles, +annonce qu'en vertu du décret: «Ote-toi de là que je m'y mette, un +grand citoyen, rédacteur de _La Réforme_, est autorisé à prendre les +trois mille francs que touchait M. Alfred de Musset». + +Le _Charivari_, du 15 juin, sous le titre de: «Une destitution +anti-littéraire», constate que les hommes du nouveau gouvernement +mettent à bas tous ceux qui ont un renom, pour les remplacer par des +gens obscurs, leurs créatures. + + PAMPHLET QUOTIDIEN ILLUSTRÉ, _15 juin_.--«M. Alfred de Musset + persistait, malgré le décret du gouvernement provisoire qui + supprime les titres de noblesse, à conserver son nom patronymique + en se parant de l'infâme particule. La place de ce factieux de + lettres a été accordée à un écrivain aussi remarquable par l'éclat + de son talent que par la persistance de ses opinions + démocratiques..... Il est vrai que M. Alfred de Musset avait eu le + tort d'écrire des chefs-d'oeuvre; M. Augier (Marie) n'a aucun tort + de ce genre à se reprocher: il appartient à _La Réforme_». + +Mais la dernière phrase de l'article de _La Providence_ du 12 juin +avait vexé M. Marie Augier, qui adressa cette lettre au directeur: + + «_Au citoyen Rédacteur de_ La Providence, + + «Citoyen Rédacteur, + + «Si l'on en croit l'article que vous publiez ce matin, je suis + nommé bibliothécaire du Ministère de l'Intérieur, aux lieu et + place de M. Alfred de Musset. + + «Je n'ai nullement connaissance de cette nomination; je ne l'ai + point sollicitée, et, n'étant point nommé, je n'ai rien à refuser. + + «Vous demandez ce _que_ c'est que M. Marie Augier? + + «Dans une république, citoyen, non seulement on peut, mais on doit + demander aux hommes _qui_ ils sont. C'est seulement sous une + monarchie qu'on demande ce _que_ ils sont. + + «J'aurais passé sous silence votre article de ce matin, mais je me + devais à moi-même, je devais à mes amis, de déclarer + qu'aujourd'hui, plus que jamais, ma véritable place est au milieu + d'eux, en restant ce _que_ je suis, ce _que_ j'ai été, + _journaliste_, pour défendre la République contre ses ennemis de + la veille et du lendemain. + + «MARIE AUGIER, + «Rédacteur de _La Réforme_». + +Et cependant l'arrêté de M. Ledru-Rollin existe, qui nomme M. Marie +Augier bibliothécaire? + +Mais la plus énergique, la plus chaleureuse protestation fut celle +d'Alexandre Dumas, dans son journal _La France Nouvelle_, du 16 juin +1848: + + «Il y a des choses que nous ne laisserons jamais passer dans + l'ombre sans aller à elles et sans les traîner au grand jour de la + place publique... + + «Alfred de Musset, l'auteur des _Romances espagnoles_, du + _Spectacle dans un Fauteuil_, de cinq ou six romans, de dix + nouvelles adorables qui sont dans toutes les mémoires, de vingt + proverbes charmants qui sont sur toutes les tables, Alfred de + Musset vient d'être révoqué de ses fonctions de bibliothécaire au + Ministère de l'Intérieur. Qui a permis cet inqualifiable renvoi? + Est-ce vous, M. Recurt? Oui. Mais qui êtes-vous donc pour toucher + à un nom comme celui que nous venons de prononcer? D'où + venez-vous, si vous ne le connaissez pas? De quel droit, vous qui + êtes obligé, pour ajouter un titre à votre nom, de vous appeler + républicain de la veille, de quel droit venez-vous, fort de la + position que vous avez escamotée, reprendre à un homme de génie la + position qu'il a conquise? + + «...Comment, voilà un écrivain qui a doté notre langue d'une + admirable poésie; voilà un poète qui est le frère de Lamartine, de + Hugo et de Byron; voilà un romancier qui est le rival de l'abbé + Prévost, de Balzac, de George Sand; voilà un auteur dramatique + qui, avec un seul acte, a fait gagner à la Comédie-Française plus + d'argent que vous ne lui en donnez, vous, en six mois; voilà, + enfin, un de ces penseurs qui n'a pas une seule fois sacrifié la + dignité de l'art aux ambitions de fortune et de position; voilà un + génie qui n'a demandé à Dieu et aux hommes que la liberté de vivre + et de penser à son aise; qui n'a jamais été ni d'un club + politique, ni d'une coterie littéraire; et il se trouve un + ministre qui passe, et qui, en passant, lui prend, pour y mettre + qui donc? la place qui lui assurait cette liberté qu'il demandait, + et qui n'était pas même l'_aurea mediocritas_ d'Horace. Oh! c'est + pitié qu'il y ait tant de places en France, que nos républicains + en ont tous; qu'ils en ont pour eux, pour leurs frères, pour leurs + fils, pour leurs neveux, pour leur coiffeur, pour leur valet de + chambre, pour leurs usuriers; et qu'il se trouve un poète, Alfred + de Musset, à qui la République vienne prendre sa place. Ils ne + savent donc pas, les hommes qui font de pareilles choses, qu'ils + n'avaient qu'un moyen de transmettre leurs noms à l'avenir, + c'était de faire juste le contraire de ce qu'ils font. Ils ne + savent donc pas qu'il y a une royauté que ni émeute, ni barricade, + ni révolution, ni république ne changeront, c'est la royauté de la + pensée du génie.....» + +Alexandre Dumas termine en faisant un appel à Lamartine, poète et +législateur; mais, hélas! M. de Lamartine était beaucoup trop occupé +de lui-même pour prêter la moindre attention aux autres, surtout +lorsque ces autres ne pouvaient lui être d'aucune utilité pour le +maintenir dans sa situation politique. + +A la lecture de ces lignes, Alfred de Musset s'empressa de remercier +leur auteur par une lettre que la _France Nouvelle_ inséra dans son +numéro du 21 juin: + + «Vendredi, 16 juin 1848. + + «Mon cher Dumas, + + «Je viens de lire la _France Nouvelle_ et j'irai vous serrer la + main. Mais il faut que je vous remercie à l'instant même de la + vive émotion que je ressens. Vous me rendez fier, mon ami, et vous + me donnez le droit de l'être, lorsqu'un homme tel que vous daigne + écraser une petite maladresse sous de si belles, si braves et si + nobles paroles. + + «Une autre impression encore m'a été au coeur, c'est notre vieille + amitié toujours jeune, et ce sentiment plein de force et de + dignité qui fait qu'ayant dans les mains l'arme la plus puissante + et la plus redoutable, si vous tirez l'épée pour attaquer, c'est + en même temps pour défendre. + + «A vous de coeur + + «ALFRED DE MUSSET». + +De son côté, la _Patrie_ du 16 juin prenait violemment à partie M. +Recurt: + + «.....Ce grand ministre peut bien laisser autour de lui se + dorloter dans les directions et dans les bureaux, des employés + supérieurs très connus pour le mal qu'ils n'ont cessé de répandre + dans les Beaux-Arts. Mais un poëte, un pauvre diable, qui n'a que + du talent et du génie, deux misères! un fou qui est resté attaché + à sa vocation comme à sa chaîne! Ah! fi! c'était à faire rougir la + gent administrative. Et M. Recurt a rayé d'un trait de plume le + nom de M. de Musset. Il y a longtemps que les sarcasmes de + Molière, à l'endroit des médecins, tourmentaient M. le docteur + Recurt; il se venge sur M. Alfred de Musset. Le pauvre + homme!.....» + +Si peu sensible qu'ils eussent l'épiderme, les hauts personnages du +Ministère de l'Intérieur finirent par se sentir désagréablement +chatouillés par toutes les choses désobligeantes qui leur étaient +dites, et M. Dieudonné, chef de cabinet de M. Recurt, écrivit au +directeur de la _Patrie_: + + «Paris, 17 juin 1848. + + «Citoyen Rédacteur, + + «Dans un article très long, mais fort peu bienveillant, vous + annoncez que le citoyen Recurt, ministre de l'intérieur, a révoqué + de ses fonctions de bibliothécaire du ministère de l'intérieur le + citoyen Alfred de Musset. + + «La seule réponse qu'on puisse faire à cet article est que le + citoyen Recurt, ministre de l'intérieur, n'a pas plus révoqué le + citoyen Musset qu'il n'a pourvu à son remplacement. + + «Je vous prie, citoyen Rédacteur, de bien vouloir insérer cette + lettre dans la _Patrie_ de ce soir. + + «Salut et fraternité. + + «DIEUDONNÉ». + +Cette lettre fut publiée dans la _Patrie_ du 18 juin, et le 20 juin, +le même journal donnait la réponse d'Alfred de Musset: + + «Monsieur, + + «Je lis dans votre journal qu'on avait annoncé par erreur + que j'étais destitué de la place de bibliothécaire, et que le + ministre a fait démentir ce bruit. Voici, à ce sujet, la lettre + que j'ai reçue un mois après sa date: + + (_Suit la lettre de M. Carteret du 8 mai 1848_). + + «Cette lettre, vous le voyez, est aussi claire que laconique. + Quant aux droits à la retraite, pour en avoir, il faudrait que + j'eusse été nommé bibliothécaire à l'âge où j'apprenais à lire. + Veuillez croire, Monsieur, que je n'aurais jamais songé à + entretenir le public d'une chose de si peu d'importance, si je + n'étais pas profondément touché des marques d'intérêt et de + bienveillance que j'ai reçues de la presse en cette occasion. + + «Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma parfaite + considération. + + «ALFRED DE MUSSET». + +Ces deux lettres firent le tour de la presse, accompagnées des marques +non équivoques du mépris qu'inspirait la conduite de ceux qui, par un +misérable jeu de mots, voulaient égarer l'opinion [98]. Quant à +liquider la pension de retraite d'Alfred de Musset, en vertu de +l'article 2 du décret du 2 mai 1848, il n'en fut jamais question. + + [98] Voir: _Charivari_, 16 juin. Le _Commerce_, 18 et 20 juin. + Les _Saltimbanques_, 18 juin. La _Presse_, 19 et 30 juin. Le + _Pamphlet quotidien_, 21 juin. La _Providence_, 21 juin. Le + _National_, 21 juin. _Nouvelles du jour_, 22 juin. Le _Petit-fils + du Père Duchesne_, 21-24 juin. _Artiste_, 1er juillet. Le _Mois_, + 16 juillet 1848.--La _Comédie parisienne_, journal d'Albéric + Second, dans sa livraison du 10 mai 1857, p. 292; publie deux + lettres: l'une d'Alfred de Musset, l'autre d'Albéric Second, + relatives à cette destitution. Dans le tome II de ses + _Confessions_ (Dentu, 1885. In-8º, p. 342), Arsène Houssaye + revient sur ce sujet. + + LE PAMPHLET QUOTIDIEN ILLUSTRÉ, _20 juin 1848_.--«...Subterfuge + odieux, escobarderie ridicule! mensonge trois fois stupide! Non, + ce n'est pas M. Recurt qui a révoqué le noble esprit! C'est + monseigneur Ledru-Rollin, ex-pacha de l'intérieur: Ah! vous + espériez donner le change à la presse! Ah! vous vouliez nous + _flouer_ la vérité comme vous nous avez floué la république! Comme + vous vous êtes partagé les ministères! Intelligences abruties par + le pouvoir et la popularité, vous vous attaquez aux poëtes + maintenant, c'est-à-dire à quelque chose de plus inoffensif qu'un + enfant, de plus faible qu'une femme, de plus sacré qu'un prêtre. + Platon chassait les poëtes de la République, mais il ne les + condamnait pas au dénuement; il les reconduisait à la frontière au + son des doubles flûtes et des cymbales d'airain; il couronnait + leurs têtes de fleurs comme l'agneau des sacrifices, et les disait + fils des dieux. Vous, _vous flanquez à la porte_, brutalement, + mesquinement, stupidement! Voilà bien les profanateurs, et quels + profanateurs! les écrivains des fameux _Bulletins_ de la + république... Que dira l'avenir, quand on écrira: Lamartine était + tout puissant, Alfred de Musset ne fut rien, pas même + bibliothécaire...» + +La _Liberté_ du 22 juin ayant publié l'entrefilet suivant: + + «M. Alfred de Musset n'a point, comme on l'avait cru, été révoqué + de ses fonctions de bibliothécaire du ministère de l'intérieur.» + +Le _Pamphlet quotidien_ du 23 juin releva vertement cette récidive de +mensonge, ajoutant: «Nous tenons de bonne source que la Société des +Gens de Lettres doit protester publiquement contre l'affront fait aux +lettres dans la personne de M. Alfred de Musset».--Dans le _Gamin de +Paris_ du 21-24 juin, Fouyon plaide la cause d'Alfred de Musset et +demande qu'on nous laisse nos poètes: «On dit que les savants n'aiment +quelquefois pas les poètes; mais tu ne peux donner ce motif-là, +toi».--Alexandre Dumas attaque de nouveau M. Recurt dans la _France +Nouvelle_ du 24 juin.--Il n'est pas jusqu'au _Diogène Sans Culotte_ +(22-25 juin) qui ne fasse entendre sa voix. + +Voici donc la bibliothèque du Ministère de l'Intérieur sans titulaire, +Alfred de Musset ayant été destitué, et M. Marie Augier n'ayant pas +accepté sa nomination. Malgré mes recherches, il m'a été impossible de +savoir quel avait été le successeur immédiat d'Alfred de Musset et à +quelle époque remontait sa nomination. Le _Moniteur Universel_ du 7 +juillet publie un arrêté du président du Conseil des ministres (E. +Cavaignac), pris sur la proposition du ministre de l'intérieur +(Senart), portant organisation du personnel du ministère de +l'intérieur, dont un bibliothécaire archiviste, aux appointements de +4,000 fr. Mais il n'y a pas trace d'une nomination quelconque. + +Le _Corsaire_ du 24 août dit: «Voilà quelques jours, une ordonnance +vient de se glisser dans les colonnes du _Moniteur_, qui nomme M. +Édouard Charton aux fonctions précitées». Il doit y avoir erreur, par +suite de similitude de nom: le _Moniteur_ du 10 août donne un arrêté +qui nomme M. Édouard Carteron bibliothécaire du Ministère des Affaires +étrangères. On ne trouve pas, aux archives du Ministère de +l'Intérieur, trace d'arrêté de nomination de M. Édouard Charton. Il +est vrai que d'avril à décembre 1848, le classement des pièces +présente plusieurs lacunes, ce qui n'a rien d'étonnant, vu le nombre +de ministres, secrétaires et chefs de cabinet, qui se sont succédé en +quelques mois. + +Ce qu'il y a de certain, c'est qu'à la date du 1er janvier 1849, +l'emploi de bibliothécaire du Ministère de l'Intérieur était occupé +par M. Niel, antérieurement chef de bureau au même ministère. Mais à +quelle date précise a-t-il pris possession de ces fonctions, c'est ce +qu'il n'a pas été possible de vérifier, l'arrêté de sa nomination ne +se trouvant pas aux archives. + + +II + +L'Académie Française, blessée par les procédés des citoyens +Ledru-Rollin et Recurt, et autant pour dédommager un peu le poète de +la brutale destitution qui l'avait frappé, que pour protester contre +les actes des hommes au pouvoir, résolut d'attribuer un prix à Alfred +de Musset. Le choix porta sur la fondation de M. le comte de Maillé +Latour-Landry[99]; l'intention était bonne, mais son application donna +lieu à de fâcheuses interprétations; l'Académie n'eut pas le courage +de dire qu'elle voulait réparer une injustice, et les termes dont elle +se servit pour déguiser son offrande ne pouvaient être plus mal +choisis. + + [99] Le _Moniteur Universel_ du 13 octobre 1839 donne le texte du + testament de M. le comte de Maillé, qui crée ce prix: «Art. 5. + Mon intention est de faire une fondation utile à la littérature + et aux beaux-arts, en secourant les jeunes auteurs ou artistes + pauvres. Malfilâtre, Gilbert, Escousse, Moreau et de jeunes + artistes dont le sort a été analogue, sont les exemples frappants + de beaux talents à leur printemps que la misère a empêchés de + porter leurs fruits. Un secours, peut-être modique, eût suffi à + les préserver et eût valu peut-être des chefs-d'oeuvre. Je lègue + à l'Académie Française et à l'Académie royale des Beaux-Arts une + somme de 30,000 francs pour la formation d'un secours à accorder + chaque année, au choix de chacune de ces Académies + alternativement, à un jeune écrivain ou artiste, pauvre, dont le + talent, déjà remarquable, paraîtra mériter d'être encouragé à + poursuivre sa carrière dans les lettres ou les beaux-arts». + +Alfred de Musset fut proclamé lauréat dans la séance du 17 août 1848 +(voir le _Moniteur Universel_ du 18 août). Aussitôt qu'il en fut +averti, le poète, ne connaissant pas les qualificatifs qui +accompagnaient ce prix, écrivit une lettre de remerciement au +Directeur de l'Académie, lettre que nous retrouverons plus loin. Mais +quand, après la séance publique, il sut les motifs allégués, devenu +fort perplexe, il demanda conseil à son frère Paul: + + «Mon cher ami, + + «En voilà une tuile désagréable! J'étais averti que l'Académie me + décernait un prix, mais je ne savais pas en quels termes. On vient + de me les dire et je les trouve blessants. Il y a vingt ans que + j'écris; j'en ai tout à l'heure trente-huit, et on m'apprend que + je suis un jeune homme qui mérite d'être encouragé à poursuivre sa + carrière. Quand la critique me fait de ces compliments-là, je les + méprise; mais de la part de l'Académie, c'est plus grave. Il m'en + coûterait de paraître orgueilleux ou susceptible, et cependant, + puis-je à mon âge me laisser traiter d'écolier? Que faire? J'ai + besoin d'avoir ton avis là-dessus. Attends-moi ce soir avant de te + coucher ou laisse la clef à ta porte. Il faut que nous causions + ensemble[100]. + + «Jeudi soir [17 août 1848]. + + «ALFRED DE MUSSET.» + + [100] Publié: _OEuvres posthumes d'Alfred de Musset. Paris, + Charpentier, 1867. 1 vol. in-12_, p. 237. + +Il fut décidé qu'Alfred de Musset, prenant un moyen terme, accepterait +le prix, mais ne le conserverait pas. Le _National_ du 19 août tourna +tant soit peu en ridicule Messieurs de l'Académie: + + «Nous admirons fort l'Académie d'avoir su découvrir que M. Alfred + de Musset, après dix-huit ans de succès, était un talent _déjà_ + remarquable et méritait d'être encouragé à poursuivre sa carrière + dans les lettres. Cela prouve un discernement profond. Nous + admirons cette condescendance de vouloir bien encourager un + talent consacré par l'estime du public, depuis ses débuts qui + datent de 1830; nous admirons cette complaisance à reconnaître que + ce talent commence à donner des _espérances_, lorsque tout le + monde, excepté les académiciens qui ne lisent rien, sait par coeur + ses poésies; lorsqu'il n'y a pas de jour où les affiches des + théâtres n'annoncent ses pièces, que les académiciens ne + connaissent point, parce qu'ils se gardent bien d'aller au + spectacle et de se tenir au courant de la littérature dramatique; + lorsque le Théâtre de la République doit à M. Alfred de Musset ses + merveilleuses recettes: encourager ce talent à poursuivre sa + carrière, c'est trop de bonté.....» + +Le _Charivari_ du 19 août accentue la note et espère que «M. de Musset +ne peut pas être complice de cet acte», lui qui perd un traitement de +trois mille francs, et dont les pièces sont les seules qui fassent +recette au Théâtre Français. Non, l'Académie a manqué de dignité pour +elle et pour le poète; si elle veut à toute force servir M. de Musset, +pourquoi ne lui donnerait-elle pas le fauteuil laissé vide par la mort +de Chateaubriand: «Voilà comment l'Académie se fût honorée en honorant +le poète; mais ce prix Maillé Latour-Landry, fi donc! jamais je ne +pourrai oublier le sourire et l'ironie de M. Villemain en proclamant +la décision de l'Académie». + +Le _Bien Public_ du 21 août insère une note sur cette attribution. + +A la suite de sa conférence avec son frère, Alfred de Musset avait +adressé une lettre au _National_, qui la publia dans son numéro du 21 +août, avec ce commentaire[101]: + + «Nous recevons de M. Alfred de Musset, une lettre qui ne nous + étonne pas de la part d'un poëte homme de coeur. Nos lecteurs, qui + sont au courant des termes du programme des prix décernés en 1848 + par l'Académie Française, apprécieront le sentiment de modestie + et de générosité qui a dicté cette lettre, et l'Académie elle-même + ne peut manquer d'approuver la destination donnée par M. Alfred de + Musset au prix d'encouragement qu'elle lui a décerné.» + + «Au citoyen rédacteur du journal le _National_. + + «Paris, ce 20 août 1848. + + «Monsieur, + + «L'Académie Française m'a fait l'honneur, dans sa dernière séance, + de me donner le prix fondé comme encouragement par M. le comte de + Maillé de Latour-Landry. Ce secours, accordé pour un an, consiste + en une somme de treize cents et quelques francs, intérêts d'un + capital de 30.000 fr. légué par le testateur et placé en rentes + sur l'État. + + «Voulez-vous être assez bon, monsieur, pour ajouter cette somme à + celles que vous avez déjà reçues en faveur des victimes des + événements de juin 1848? Je m'empresserai de la verser entre vos + mains aussitôt qu'elle me sera parvenue. + + «Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma parfaite + considération. + + «ALFRED DE MUSSET.» + + [101] Publié: _Mélanges de littérature et de critique, par Alfred + de Musset. Paris, Charpentier, 1867. 1 vol. in-12_, p. 274. + +Le _Corsaire_ du 23 août approuve cette lettre. + +Mais dans sa séance du jeudi 24 août 1848, l'Académie Française décida +que la _Note_ suivante serait adressée au _Moniteur Universel_, qui +l'inséra dans son numéro du 25 août: + + «Une lettre publiée dans plusieurs journaux et signée de M. Alfred + de Musset, ferait penser que l'Académie Française avait légèrement + attribué à cet écrivain distingué, le prix fondé par M. Maillé + Latour-Landry. La seule réponse à faire, c'est que l'Académie n'a + pris cette décision qu'après s'être assuré que M. Alfred de Musset + connaissait le caractère de ce prix et qu'il l'accepterait; et, en + effet, il a remercié l'Académie par la lettre suivante: + + «Monsieur le Directeur, + + «J'ai reçu avec reconnaissance la faveur dont on a bien voulu + m'honorer. + + «Permettez-moi de vous prier de faire agréer tous mes + remerciements à l'Académie. + + «Veuillez, Monsieur le Directeur, recevoir l'assurance de ma + parfaite considération. + + «ALFRED DE MUSSET.» + + «L'Académie décide que la présente note sera transmise au + _Moniteur_ avec prière de la publier. + + «Certifié conforme: + + «_Le Secrétaire perpétuel de l'Académie Française._ + + «VILLEMAIN.» + +Le _National_, où Paul de Musset venait d'entrer comme rédacteur, +répondit le 27 août à Messieurs de l'Académie: + + «L'Académie Française paraît s'être émue de la destination + patriotique donnée par M. Alfred de Musset au prix fondé par M. de + Maillé Latour-Landry. Une note publiée dans le _Moniteur_ d'hier + et signée de M. Villemain, affirme que M. Alfred de Musset, en + acceptant ce prix, en connaissait le _caractère_, et cette note + est accompagnée de la lettre de remerciement et d'acceptation du + poëte. Si le but de cette réclamation officielle de l'Académie est + de répondre aux réflexions du _National_ et de plusieurs autres + journaux sur les termes du programme de la séance du 17 août, + l'Académie eût mieux fait de garder le silence. Car nous savons et + nous répétons que, si M. de Musset avait été averti du _caractère_ + de ce prix, il n'a connu le _texte_ blessant du programme que le + jour de la séance publique. Ni la lettre d'acceptation, ni la note + de M. Villemain ne détruisent l'exactitude de cette assertion. + Mais si l'Académie Française trouve mauvais que M. Alfred de + Musset ait donné le montant du prix qui lui est décerné aux + victimes des événements de juin 1848, nous regrettons que la note + de M. Villemain ne s'exprime pas plus nettement sur ce point. Nous + aurions été bien aises d'être édifiés sur les sentiments de + l'Académie et le motif de son blâme.» + +M. Taxile Delord, dans le _Spectateur Républicain_ du 27 août, après +avoir résumé les arguments des deux parties, leur donne tort à toutes +deux: à l'Académie qui, comme protestation, eût dû admettre Alfred de +Musset dans son sein au lieu de lui jeter une aumône; au poëte, en +changeant la destination primitive du prix Maillé Latour-Landry, au +lieu de le refuser. + +Puis, le silence se fit. Le 28 octobre 1848, Alfred de Musset toucha +le montant de son prix, et on trouve dans le _National_ du 16 novembre +cette note qui met fin au débat: + + «Nous avons reçu de monsieur Alfred de Musset la somme de treize + cents francs que nous avons versée entre les mains de M. le Maire + du 2e arrondissement, pour être distribuée aux blessés des + journées de Juin 1848». + + +III + +Pendant que ces faits se passaient à l'Académie Française, la Société +des Gens de Lettres ne restait pas inactive. A son instigation, dans +la séance de l'Assemblée Nationale du 11 juillet, le ministre de +l'Intérieur, M. Senart, proposait un arrêté demandant l'ouverture d'un +crédit de 500.000 francs, pour être réparti entre les divers théâtres +de Paris, dont 105.000 francs pour le Théâtre de la République +(Comédie Française). + +Le 13 juillet, était nommée une commission de cinq membres, chargée +d'étudier le dossier: MM. Victor Hugo, Félix Pyat, Étienne Arago, Léon +de Malleville et Evariste Bavoux. + +Le 17 juillet, lecture en séance publique, à l'Assemblée Nationale, +par le citoyen Victor Hugo, de son rapport sur les subventions à +accorder aux théâtres et d'un projet de décret portant à 680.000 +francs le crédit ouvert au Ministre de l'Intérieur. + +Le 24 juillet, l'Assemblée Nationale adopte un décret en vertu duquel +un crédit extraordinaire de 680.000 fr. est ouvert au Ministre de +l'Intérieur, pour être répartis entre les divers théâtres de Paris, y +compris le théâtre de la Nation (Opéra); sur ce crédit, une somme de +5.000 francs sera prélevée pour une inspection générale des théâtres. +La répartition sera faite de quinzaine en quinzaine, par cinquièmes +égaux, pour être terminée le 1er octobre. Deux tiers seront affectés +au paiement des artistes et employés, l'autre tiers attribué aux +directeurs. + +Dans la même séance, l'Assemblée adopte un autre décret en vertu +duquel un crédit de 200.000 francs est ouvert au Ministre de +l'Intérieur pour encouragement aux Beaux-Arts, et un crédit de 100.000 +francs au Ministre de l'Instruction Publique pour encouragement aux +Belles-Lettres[102]. + + [102] Voir: _Moniteur Universel_, 12, 18, 25 juillet et 2 + août.--_Le National_, 14 juillet.--_Bulletin des Lois_, 25 + juillet 1848. + +La commission du Ministère de l'Instruction publique (M. de +Vaulabelle, ministre), se composait de MM. Albert de Luynes, Charles +de Rémusat, Hauréau, Littré, L. Dupaty, Prosper Mérimée et P. Génin. + +Le 14 septembre 1848, Alfred de Musset écrivait à sa mère, en ce +moment chez sa fille à Angers: + + «.....Le ministre de l'intérieur vient de réparer, un peu et + jusqu'à un certain point, de la manière la plus aimable, la + sottise de l'Académie. Les auteurs dramatiques, joués depuis + février, étaient compris dans les fonds d'indemnité donnés aux + théâtres. Cela n'a rien que de fort honorable. Il était reconnu + que les théâtres avaient moins gagné à cause de la Révolution. Par + conséquent, les auteurs devaient y avoir perdu. On a donc envoyé à + chacun une petite somme; mon nom a été mis en tête pour mille + francs. Ce n'est pas le Pérou, mais enfin, les pauvres gens, tu + sais de quoi ils vivent, et les autres n'ont guère eu que moitié! + Le Directeur des Beaux-Arts m'a annoncé cela avec les compliments + les plus flatteurs de la part du Ministre. Tu penses bien que + cette fois, j'ai accepté: non, ce n'est point comme à l'Académie! + Qui pourrait en être vexé?..... + + «Ton fils qui t'aime. + + «ALFRED DE MUSSET.» + +Ce fut donc cette unique somme de mille francs qui fut remise à Alfred +de Musset, pour l'indemniser de sa destitution par M. Ledru-Rollin. +L'Académie Française répara sa maladresse un peu plus tard, en +admettant le poète au nombre de ses membres, le 12 février 1852 (la +réception officielle n'eut lieu que le 27 mai). Mais la réparation ne +fut complète que le 18 mars 1853, jour où le _Moniteur Universel_ +publia ces lignes: + + «Par arrêté en date du 15 mars, Monsieur le Ministre de + l'Instruction Publique et des Cultes a nommé monsieur Alfred de + Musset, membre de l'Académie Française, bibliothécaire du + Ministère de l'Instruction publique.» + +Et ce fut le Ministre de l'Instruction publique lui-même, M. Hippolyte +Fortoul, qui, dès 1834, avait été le collaborateur d'Alfred de Musset +à la _Revue des Deux-Mondes_[103], et tenait le poète en haute estime, +qui le voulut prévenir de sa nomination[104]: + + «Paris, le 18 mars 1853. + + «Mon cher monsieur, + + «J'ai le plaisir de vous annoncer que je viens de vous nommer + bibliothécaire du Ministère de l'Instruction publique, aux + appointements de 3.000 francs. Ces fonctions que vous n'avez point + sollicitées, mais que je désirais depuis longtemps vous confier, + ont été rendues vacantes par un mouvement qui ne dérange aucune + position acquise. Je m'estime infiniment heureux d'avoir pu + réparer une partie des torts que vous ont faits nos discordes, + aujourd'hui oubliées. Je regrette seulement d'avoir si peu de + chose à offrir à un des hommes dont le talent honore le plus la + littérature de notre temps. + + «Veuillez croire à tous mes sentiments dévoués. + + «H. FORTOUL.» + + [103] C'est monsieur Fortoul qui, dans la _Revue des Deux-Mondes_ + du 1er septembre 1833, rend compte de la seconde livraison d'_Un + Spectacle dans un fauteuil_ d'Alfred de Musset. + + [104] Cette lettre est publiée presque textuellement dans la + _Biographie d'Alfred de Musset par Paul de Musset. Charpentier. + 1877. 1 vol. in-12_, page 322. + +Alfred de Musset remplissait encore ces fonctions lors de sa mort. + + + + + TABLE DES MATIÈRES + + Pages + + Les Portraits d'Alfred de Musset 1 + + Alfred de Musset et George Sand 43 + + Index bibliographique 101 + + Quelques OEuvres inédites ou peu connues d'Alfred + de Musset 173 + + Notice bibliographique sur la Correspondance d'Alfred + de Musset 221 + + Alfred de Musset bibliothécaire du Ministère et lauréat + de l'Académie 243 + + + + + TABLE DES ILLUSTRATIONS + + Pages + + 1. _Alfred de Musset_, portrait-charge dessiné à la plume + par Roger de Beauvoir 8 + + 2. _George Sand_, portrait-charge dessiné au crayon + par Alfred de Musset 45 + + L'original de ce dessin appartient à Mme veuve Martellet + et a précédemment été publié par elle dans son livre + intitulé: _Dix ans chez Alfred de Musset._ + + 3. Fac-similé de l'_Ordonnance_ du docteur Pagello 55 + + 4. Fac-similé de la _Dédicace_ écrite par George Sand + sur le carnet d'Alfred de Musset 66 + + 5. Fac-similé de la _Dédicace_ écrite par Pierre Pagello + sur le carnet d'Alfred de Musset 66 + + 6. _Le Comte d'Essex_, fac-similé de la 4e page du + manuscrit d'Alfred de Musset 178 + + 7. _Tombeau d'un homme_ qui est allé à l'Opéra-Comique, + croquis à la plume par Alfred de Musset 231 + + 8. _Alfred de Musset et Rachel_, croquis à la plume par + Alfred de Musset 232 + + + + +CHATEAUDUN + +IMPRIMERIE DE LA SOCIÉTÉ TYPOGRAPHIQUE + + + + + +End of the Project Gutenberg EBook of Documents Inédits sur Alfred de Musset, by +Maurice Clouard + +*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DOCUMENTS INÉDITS +SUR ALFRED MUSSET *** + +***** This file should be named 33738-8.txt or 33738-8.zip ***** +This and all associated files of various formats will be found in: + http://www.gutenberg.org/3/3/7/3/33738/ + +Produced by Mireille Harmelin, Hélène de Mink, and the +Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net +(This file was produced from images generously made +available by the Bibliothèque nationale de France +(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr) + + +Updated editions will replace the previous one--the old editions +will be renamed. + +Creating the works from public domain print editions means that no +one owns a United States copyright in these works, so the Foundation +(and you!) can copy and distribute it in the United States without +permission and without paying copyright royalties. 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Email contact links and up to date contact +information can be found at the Foundation's web site and official +page at http://pglaf.org + +For additional contact information: + Dr. Gregory B. Newby + Chief Executive and Director + gbnewby@pglaf.org + + +Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg +Literary Archive Foundation + +Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide +spread public support and donations to carry out its mission of +increasing the number of public domain and licensed works that can be +freely distributed in machine readable form accessible by the widest +array of equipment including outdated equipment. Many small donations +($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt +status with the IRS. + +The Foundation is committed to complying with the laws regulating +charities and charitable donations in all 50 states of the United +States. 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Thus, we do not necessarily +keep eBooks in compliance with any particular paper edition. + + +Most people start at our Web site which has the main PG search facility: + + http://www.gutenberg.org + +This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, +including how to make donations to the Project Gutenberg Literary +Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to +subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. diff --git a/33738-8.zip b/33738-8.zip Binary files differnew file mode 100644 index 0000000..80df1b1 --- /dev/null +++ b/33738-8.zip diff --git a/33738-h.zip b/33738-h.zip Binary files differnew file mode 100644 index 0000000..cdd9ce5 --- /dev/null +++ b/33738-h.zip diff --git a/33738-h/33738-h.htm b/33738-h/33738-h.htm new file mode 100644 index 0000000..8cd5166 --- /dev/null +++ b/33738-h/33738-h.htm @@ -0,0 +1,12448 @@ + <!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Strict//EN" + "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-strict.dtd"> + <html xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" xml:lang="fr"> + <head> + <meta http-equiv="Content-Type" + content="text/html;charset=iso-8859-1" /> + <meta http-equiv="Content-Style-Type" content="text/css" /> + <title> + The Project Gutenberg's eBook of Documents Inédits sur Alfred de Musset, by Maurice Clouard</title> + <style type="text/css"> + + p { margin-top: .75em; + text-align: justify; + margin-bottom: .75em; + } + + h1,h2,h3,h4,h5 { + text-align: center; /* all headings centered */ + clear: both; + } + hr { width: 33%; + margin-top: 2em; + margin-bottom: 2em; + margin-left: auto; + margin-right: auto; + clear: both; + } + + hr.c5 {width: 5%; margin-top: 1em; margin-bottom: 1em;} + hr.c15 {width: 15%; margin-top: 2em; margin-bottom: 2em;} + + body{margin-left: 12%; + margin-right: 12%; + } + + .t { text-align: center; line-height: 1.5em; font-size: 150%; margin-top: 2em; } + .c { text-align: center; line-height: 1.5em; } + .s { text-align: center; font-size: smaller; margin-bottom: 1em;} + + .blockquot {margin-left: 5%; margin-right: 5%; font-size: 90%;} + + .pagenum { /* uncomment the next line for invisible page numbers */ + /* visibility: hidden; */ + position: absolute; + left: 94%; + font-size: 10px; + font-variant: normal; + font-style: normal; + text-align: right; + background-color: #FFFACD; + border: 1px solid; + padding: 0.3em; + } /* page numbers */ + + .footnotes {border: dashed 1px; background-color: #F0FFFF} + .footnote {margin-left: 15%; margin-right: 15%; font-size: 0.9em;} + .footnote .label {position: absolute; right: 84%; text-align: right;} + .fnanchor {vertical-align: super; font-size: .6em; text-decoration: none; + font-style: normal;} + + .invisible {visibility: hidden} + + .box {margin: auto; + text-align: center; + border: 1px solid; + padding: 1em; + background-color: #F0FFFF; + width: 25em;} + + sup {font-size: 0.7em;} + + table {margin-left: auto; margin-right: auto;} + + .center {text-align: center;} + .smcap {font-variant: small-caps; font-size: 90%;} + + .figcenter {margin: auto; text-align: center;} + + .p2 {margin-top: 2em;} + .p4 {margin-top: 4em;} + .p6 {margin-top: 6em;} + + .i1 {margin-left: 1em;} + .i2 {margin-left: 2em;} + .i3 {margin-left: 3em;} + .i4 {margin-left: 4em;} + .i6 {margin-left: 6em;} + + .font90 {font-size: 90%;} + .left {text-align: left;} + .left5 {margin-left: 5%;} + .left30 {margin-left: 30%;} + .left55 {margin-left: 55%;} + .right {text-align: right;} + +</style> +</head> +<body> + + +<pre> + +The Project Gutenberg EBook of Documents Inédits sur Alfred de Musset, by +Maurice Clouard + +This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with +almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or +re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included +with this eBook or online at www.gutenberg.org + + +Title: Documents Inédits sur Alfred de Musset + +Author: Maurice Clouard + +Release Date: September 16, 2010 [EBook #33738] + +Language: French + +Character set encoding: ISO-8859-1 + +*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DOCUMENTS INÉDITS +SUR ALFRED MUSSET *** + + + + +Produced by Mireille Harmelin, Hélène de Mink, and the +Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net +(This file was produced from images generously made +available by the Bibliothèque nationale de France +(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr) + + + + + + +</pre> + + +<div class="box"> +<p>Note de transcription: Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées. +L'orthographe d'origine a été conservée et n'a pas été harmonisée.<br /> +Les numéros des pages blanches n'ont pas été repris dans ce livre électronique.</p> + +<p>«Redgnauntley» est effectivement l'orthographe de la personne principale de +«LA QUITTANCE DU DIABLE», il ne s'agit pas d'une erreur du typographe.</p></div> + +<p><span class="pagenum invisible"><a name="Page_I" id="Page_I">I</a></span></p> + +<h3 class="p6">DOCUMENTS INÉDITS</h3> + +<h5>SUR</h5> + +<h2>ALFRED DE MUSSET</h2> + +<p class="p6"><span class="pagenum invisible"><a name="Page_II" id="Page_II">II</a></span></p> + +<h4>OUVRAGES DU MÊME AUTEUR</h4> + +<hr class="c5" /> + +<p><i>Bibliographie des Œuvres d'Alfred de Musset</i> et des +ouvrages, vignettes et gravures qui s'y rapportent. Lettre de +Ch. de Lovenjoul et portrait d'Alfred de Musset d'après la +statue de Granet. Paris, Rouquette, 1883. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.</p> + +<p><i>L'Œuvre de Champfleury</i>, dressé d'après ses propres +notes et complété par M. Clouard. Paris, L. Sapin, 1891. +Brochure gr. in-8<sup>o</sup>.</p> + +<p><i>Notes sur les dessins de Victor Hugo</i>, accompagnées de +lettres inédites et d'un dessin. Paris, A. Colin et C<sup>ie</sup>, 1898. +Brochure in-8<sup>o</sup>.</p> + +<h4 class="p2">EN PRÉPARATION</h4> + +<p><i>Histoire des Œuvres d'Alfred de Musset</i>, ornée de portraits +et de fac-similés en noir et en couleur.</p> + +<hr class="c5" /> + +<p><i>Suite de huit vignettes et portraits</i> gravés à l'eau-forte par +L. Charbonnel d'après Célestin Nanteuil, Théophile Gautier, +Nadar et Granet pour illustrer la Bibliographie des Œuvres +d'Alfred de Musset. Paris, 1883.</p> + +<p>Épreuves in-folio sur Japon, noir et sanguine; in-4<sup>o</sup>, sur +Chine, en noir; in-4<sup>o</sup>, sur vergé, en noir.</p> + +<p class="p4"><span class="pagenum invisible"><a name="Page_III" id="Page_III">III</a></span></p> + +<h4>MAURICE CLOUARD</h4> + +<h2>DOCUMENTS INÉDITS</h2> + +<h5>SUR</h5> + +<h1>ALFRED DE MUSSET</h1> + +<div class="figcenter"><img src="images/003_s.jpg" width="200" height="162" +alt="logo" title="" /></div> +<p class="center"><a href="images/003_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<p class="c">PARIS</p> + +<p class="s">LIBRAIRIE A. ROUQUETTE</p> + +<p class="s">69-73, Passage de Choiseul, 69-73</p> + +<hr class="c5" /> +<p class="c">1900</p> + +<p class="p4"><span class="pagenum invisible"><a name="Page_IV" id="Page_IV">IV</a></span></p> + +<p class="c">TIRAGE</p> + +<p class="c"><span class="smcap">A TROIS CENT CINQUANTE EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS A LA PRESSE,</span></p> + +<p class="p2 s">Savoir:</p> + +<table border="0" cellpadding="3" cellspacing="0" summary="edition"> +<tr> + <td>310 sur papier vergé, de</td> + <td align="right">1 à 310.</td> +</tr> +<tr> + <td> 40 sur papier de Hollande, de</td> + <td align="right">I à XL.</td> +</tr> +</table> + +<p class="c">N<sup>o</sup> 50</p> + +<p class="p4"><span class="pagenum invisible"><a name="Page_V" id="Page_V">V</a></span></p> + +<p class="t">LES PORTRAITS</p> + +<p class="s">DE</p> + +<p class="t"><b>ALFRED DE MUSSET</b></p> + +<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_1" id="Page_1">1</a></span></p> + +<div class="figcenter"><img src="images/006_s.jpg" width="600" height="167" +alt="chap portraits" title="" /></div> +<p class="center"><a href="images/006_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<h2 class="p2">LES PORTRAITS</h2> + +<p class="p2">Il est une petite pièce de vers, écrite en 1854, qu'on +chercherait en vain dans les dix volumes de ses <i>Œuvres +complètes</i> et que nous citons page 205 de ce livre, dans +laquelle Alfred de Musset fait lui-même la critique +des portraits qui le représentent. Plusieurs sont omis, +des meilleurs. Cependant, elles ne sont pas aussi nombreuses +qu'on pourrait le croire, les reproductions des +traits de l'auteur des <i>Nuits</i>. Je ne parle ni des caricatures +ni des charges, non plus que de ses portraits quand il +était enfant, figures qui n'ont d'autre mérite que celui +de la curiosité ou de la rareté. Tous les portraits d'Alfred +de Musset se rapportent à quatre types, dessinés, peints +ou sculptés du vivant du poète par David d'Angers, +Eugène Lami, Charles Landelle et Gavarni; lesquels, +après 1857, ont servi de modèles à ceux, peintres ou +sculpteurs, qui ont voulu le représenter. Je ferai remarquer +que ce sont les portraits les plus ressemblants qui +sont les moins connus.</p> + +<p class="p2"><span class="pagenum"><a name="Page_2" id="Page_2">2</a></span></p> +<p class="c"><b>VAN BRÉE</b></p> + +<p class="s">1814.</p> + +<p>Portrait à l'huile, dont l'original est au musée Carnavalet. +La sœur du poète, M<sup>me</sup> Lardin de Musset, en possède +une copie exacte, cadre et toile.</p> + +<p>Alfred de Musset a trois ans; c'est un bébé tout rose, +avec de jolis cheveux blonds qui tombent en boucles sur +ses épaules. Dans la clairière d'un bois, il est assis sur +une grosse pierre, au bord d'un ruisseau, les pieds dans +l'eau, retenant avec ses mains, le long de sa poitrine, sa +petite chemise qui glisse et le laisse presque nu. A ses +côtés est une grande épée «pour se défendre contre les +grenouilles» qui le regardent curieusement.</p> + +<p>Gravé à l'eau-forte par Lalauze, en 1891, et joint à +l'édition du conte d'Alfred de Musset <i>La Mouche</i>, publiée +à la librairie Ferroud. (1 vol. in-8<sup>o</sup>.)</p> + +<p class="p2 c"><b>DUFAUT</b></p> + +<p class="s">1815.</p> + +<p>Portraits d'Alfred et de Paul de Musset, formant +groupe; peinture à l'huile représentant les deux frères à +mi-corps; Alfred a une petite robe rouge; ses cheveux +blonds bouclés, tombent sur ses épaules. Il appuie la +tête contre la poitrine de son frère Paul, qui met la main +sur l'épaule d'Alfred, plus petit que lui.</p> + +<p>L'original est, comme celui du portrait précédent, au +Musée Carnavalet. M<sup>me</sup> Lardin de Musset en a également +fait exécuter une copie exacte: «Je ne crois pas, +dit M. Jules Cousin, dans <i>l'Intermédiaire des Chercheurs +et Curieux</i> du 28 février 1898, qu'il ait été publié de +reproduction gravée de ce double portrait; nous la +réservons pour le grand album des pièces les plus +curieuses du Musée. Mais j'en ai fait prendre un beau <span class="pagenum"><a name="Page_3" id="Page_3">3</a></span> +cliché photographique, dont tout intéressé obtiendrait +sans difficulté l'autorisation de faire tirer à ses frais +une épreuve.» Je ne connais pas non plus de reproduction +gravée; mais, comme M. Cousin, je suis possesseur +d'un cliché photographique dont quelques épreuves +ont été données <i>meis et amicis</i>.</p> + +<p class="p2 c"><b>ROEHN</b></p> + +<p class="s">1828.</p> + +<p><i>Le beau Grec</i>, portrait-charge d'Alfred de Musset au +fusain et crayon de couleur avec lavis. La tête seule du +patient, émergeant d'un faux-col et coiffée d'un fez rouge +qui est posé sur des cheveux en broussaille, est représentée +de profil à gauche.</p> + +<p>En 1890, j'ai fait fac-similer cette caricature, par +l'imprimerie Lemercier, à Paris; il a été tiré trente +épreuves in-4<sup>o</sup> sur Hollande, puis la pierre a été effacée.</p> + +<p class="p2 c"><b>DEVÉRIA</b></p> + +<p class="s">Vers 1830.</p> + +<p>Alfred de Musset en costume de page, portrait en pied +lithographié, exécuté probablement pour l'une des soirées +travesties données par Achille Devéria.</p> + +<p>I. <span class="smcap">Planche refusée</span>, in-4<sup>o</sup>.—Il n'existe, à ma connaissance, +qu'une seule épreuve de cette planche, appartenant +à M. Gabriel Devéria. Dans la campagne, dont +des rochers forment le fond, le jeune page, la main +gauche appuyée sur la hanche, soutient de la main +droite le bouffant de sa manche. Il a les yeux baissés et +regarde de côté; un poignard pend à sa ceinture.</p> + +<p>Reproduit en phototypie dans le volume de M<sup>me</sup> Arvède +Barine sur Alfred de Musset. (Hachette, 1893, in-12).</p> + +<p>II. <span class="smcap">Planche publiée</span>, grand in-4<sup>o</sup>.—Lithographie de <span class="pagenum"><a name="Page_4" id="Page_4">4</a></span> +Fonrouge. Même costume que ci-dessus, mais sans le +poignard. Le décor est changé: dans une salle, la main +droite appuyée sur le dossier d'une chaise, la main +gauche sur la hanche, le page tourne légèrement la tête à +gauche, bien que le regard soit dirigé de face. +C'est le portrait le plus ressemblant d'Alfred de Musset +jeune. La lithographie originale n'a pas, que je sache, +été reproduite.</p> + +<p class="p2 c"><b>DAVID D'ANGERS</b></p> + +<p class="s">1831.</p> + +<p>Médaillon rond de 0<sup>m</sup>17 de diamètre, représentant +Alfred de Musset à l'âge de 23 ans: col nu, cheveux longs +ramenés en avant; la figure, vue de trois quarts, ne porte +ni barbe ni moustache, mais seulement de légers favoris; +les yeux sont tournés à droite; sur le côté droit du médaillon, +est gravé le nom du poète; à gauche, on lit: +«David, 1831.»</p> + +<p>L'original, en plâtre, appartient à M<sup>me</sup> Lardin de +Musset. Des reproductions en bronze ont été et sont +faites par la maison Thiébault frères, à Paris. +Alfred de Musset venait poser à l'atelier de David, +comme le témoigne cette lettre<a name="FNanchor_1" id="FNanchor_1" href="#Footnote_1" class="fnanchor">[1]</a>:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="right">«Paris, samedi soir. 1831.</p> + +<p class="left5">«Monsieur,</p> + +<p>«Je suis de service demain, pour presque toute la journée; +c'est ce qui me privera du plaisir de vous recevoir à mon +atelier. Lundi, le jury qui doit juger le concours pour la +monnaie du Roy, aura certainement terminé son opération +vers midi; je me rendrai de suite rue de Fleurus, et si vous +<span class="pagenum"><a name="Page_5" id="Page_5">5</a></span> pouvez disposer de quelques instants, je vous y attendrai. +Vous obligerez votre bien dévoué serviteur.</p> + +<p class="right">«<span class="smcap">David.</span>»</p> +</div> + +<p>Le poète et le sculpteur restèrent en relations amicales. +M. Henry Jouin, dans son livre <i>David d'Angers et ses +relations littéraires</i> (Plon, 1890. In-8<sup>o</sup>, p. 67), publie le +billet suivant, écrit probablement en 1832:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«Mon cher David, je suis allé chez Micheli pour avoir de +vos médailles. Il demande une autorisation de vous pour +cela. Soyez assez bon pour m'envoyer deux mots de votre +main, pour Micheli et pour votre <i>Petit Cardillac des Enfants +Rouges</i>; vous obligerez votre dévoué de cœur.»</p> + +<p class="right">«<span class="smcap">Alf<sup>d</sup> de Musset.</span>»</p></div> + +<p>Que signifie ce <i>Petit Cardillac des Enfants Rouges</i>? Je +n'ai pu trouver le sens de ce surnom et l'expliquer mieux +que M. H. Jouin. En janvier 1828, David d'Angers fut victime +d'une tentative d'assassinat, à trois pas de l'Abbaye, +derrière Saint-Germain-des-Prés. La rue des Enfants-Rouges +allait de la rue Porte-Foin à celle des Quatre-Fils; +c'est aujourd'hui la rue des Archives. Quel rapport +peut-il y avoir entre Cardillac, l'orfèvre assassin des +<i>Contes</i> d'Hoffmann, et l'assassin de David? la rue de +l'Abbaye, où s'est passé le drame de 1828, et cette rue du +Quartier du Temple?</p> + +<p>Le médaillon de David a été reproduit par la gravure:</p> + +<p>1<sup>o</sup> En 1876, eau-forte in-32 par Waltner, pour l'édition +des <i>Œuvres</i> d'Alfred de Musset dans la collection dite +Petite Bibliothèque Charpentier. (Salon de 1876, n<sup>o</sup> 4004).</p> + +<p>2<sup>o</sup> En 1877, eau-forte in-18 par Martinez, pour l'édition +des <i>Œuvres</i> à la librairie Lemerre. (Salon de 1877, n<sup>o</sup> 4165).</p> + +<p>3<sup>o</sup> En 1889, eau-forte in-8<sup>o</sup> par F. Courboin, publiée +dans l'<i>Artiste</i> du 1<sup>er</sup> janvier 1890.</p> + +<p>4<sup>o</sup> En 1896, gravure in-8<sup>o</sup> sur bois par Florian, publiée <span class="pagenum"><a name="Page_6" id="Page_6">6</a></span> +comme frontispice de <i>Les Nuits</i>, par Alfred de Musset. +(Paris, Pelletan, 1896. 1 vol. in-8<sup>o</sup>).</p> + +<p>5<sup>o</sup> En 1898, pointe-sèche in-4<sup>o</sup>, gravée par Bracquemond +d'après le médaillon (la figure est renversée) et tirée à +dix épreuves, numérotées et signées par le graveur; après +ce tirage restreint, le cuivre a été verni et encadré.</p> + +<p>Voir l'ouvrage intitulé: <i>David d'Angers, sa vie, son +œuvre, par H. Jouin</i>. (Paris, Plon, 1877, 2 vol. in-4<sup>o</sup>) et un +article de Théophile Gautier dans le <i>Moniteur Universel</i> +du 4 mai 1868.</p> + +<p class="p2 c"><b>CARICATURES PAR LUI-MÊME</b></p> + +<p class="s">1833-1834.</p> + +<p>Pendant les quelques mois que dura l'entente cordiale +de George Sand et d'Alfred de Musset, à Paris comme à +Venise, le poète fit plusieurs fois sa propre charge. Ces +caricatures, dessinées à la mine de plomb, existent sur +deux albums: celui de George Sand, qui appartient +aujourd'hui à M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, +et celui d'Alfred de Musset, qui est entre les mains de sa +sœur, M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p> + +<p>1<sup>o</sup> Le poète chevelu, 1833 (Album de G. Sand). De +face, à mi-jambe, les deux mains dans ses poches; taille +de guêpe serrée dans une redingote boutonnée; tête piriforme, +de chaque côté de laquelle se relèvent les boucles +enroulées d'une luxuriante chevelure. Il a été fait une +reproduction lithographique in-8<sup>o</sup>, tirée à 25 exemplaires +qui ont été joints au tirage à part de notre article intitulé: +«Quelques œuvres inédites ou peu connues +d'Alfred de Musset», publié dans la <i>Revue d'Histoire +littéraire de la France</i> du 15 janvier 1898.</p> + +<p>2<sup>o</sup> Alfred de Musset et George Sand, décembre 1833 +(Album d'A. de Musset). En buste, de face, coiffures et +costumes plus ou moins vénitiens. Non reproduit.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_7" id="Page_7">7</a></span> 3<sup>o</sup> «Ballade», 1834. (Album de G. Sand). En pied, vu +de dos, canne à la main droite. Au fond, à droite, église +et son clocher, que surmonte la lune, «comme un point +sur un i». Imite le dessin d'un enfant. Dessiné sur +papier jaune, non reproduit.</p> + +<p>4<sup>o</sup> «Don Juan allant emprunter dix sous, pour payer +son idéale et enfoncer Byron». 1834. (Album de G. Sand). +En buste, de profil à droite, fumant un énorme cigare. +Long nez et cheveux lissés, légers favoris. Non reproduit.</p> + +<p class="p2 c"><b>THÉOPHILE GAUTIER</b></p> + +<p class="s">1835.</p> + +<p>Portrait-charge en pied d'Alfred de Musset et d'Honoré +de Balzac, gravé sur bois par Géniole, d'après un dessin +de Théophile Gautier, publié dans le <i>Mercure de France</i> +du 15 juillet 1835.</p> + +<p>Les deux écrivains sont l'un près de l'autre. A gauche, +Alfred de Musset, vu de dos, les jambes écartées, la +taille serrée dans sa redingote, et coiffé d'un chapeau +haut de forme, lance en l'air la fumée de sa cigarette. +A droite, Balzac, vu de profil, au ventre proéminent, +tient de ses deux mains, derrière son dos, sa fameuse +canne et son chapeau.</p> + +<p>Une réduction de ces deux portraits a été publiée +dans <i>La Vie Moderne</i> des 26 juillet et 9 août 1879.</p> + +<p>En 1883, la vignette du <i>Mercure de France</i> a été fac-similée +à l'eau-forte par Louis Charbonnel. Il a été fait +un tirage ordinaire sur Hollande in-4<sup>o</sup> et un tirage de +luxe à 26 épreuves en noir et 15 épreuves en sanguine +sur Japon 1/2 colombier. (Imprimerie Lemercier.)</p> + +<p>Le livre de M. Adolphe Jullien, <i>Le Romantisme et +l'Éditeur Eugène Renduel</i> (Paris, Charpentier et Fasquelle, +1897. 1 vol. in-12) donne page 55 un nouveau fac-similé <span class="pagenum"><a name="Page_8" id="Page_8">8</a></span> +vignette, et le <i>Mois Littéraire</i> de +juin 1899, en publie page 697 une réduction.</p> + +<p>En 1883, j'ai retrouvé un fragment du dessin original +de Théophile Gautier, dessin qui semble avoir été coupé +en quatre morceaux. Sur celui que je possède, il reste +Alfred de Musset, vu depuis le milieu environ de la +basque de son habit; c'est un dessin à la sépia et au +lavis. Louis Charbonnel l'a fac-similé à l'eau-forte et il +en a été tiré par l'imprimerie Lemercier 41 épreuves +en bistre sur Japon 1/2 colombier.</p> + +<p class="p2 c"><b>ROGER DE BEAUVOIR</b></p> + +<p class="s">Vers 1835.</p> + +<p>Portrait-charge dessiné à la plume: Alfred de Musset +en pied, vu de dos, brandit d'une main sa canne et de +l'autre sa cigarette. Reproduit ci-contre.</p> + +<p class="p2 c"><b>CARICATURE PAR LUI-MÊME</b></p> + +<p class="s">Vers 1838.</p> + +<p>Portrait-charge à mi-jambe, dessiné sur l'album de +M<sup>me</sup> Caroline Jaubert. Le poète s'est représenté de profil +à droite, tête énorme, presque toute en nez; jabot de +dentelle.</p> + +<p>L'album où se trouvait ce dessin fut perdu à Paris, +dans une voiture, par une personne à laquelle M<sup>me</sup> Jaubert +l'avait confié. Mais il existait de cette charge une +épreuve photographique <i>unique</i>, tirée par un ami de la +Marraine, qui l'avait joint à l'exemplaire des <i>Œuvres</i> de +son filleul; c'est l'original actuel, dont il m'a été permis +de prendre un cliché photographique.</p> + +<p>Pour assurer la conservation de ce dessin, j'en ai fait +faire un fac-similé sur zinc, dont il n'a été tiré que quelques +épreuves, données à des amis.</p> + +<div class="figcenter"><img src="images/014_s.jpg" width="200" height="287" +alt="Musset caricature" title="" /></div> + +<p class="center"><a href="images/014_b.jpg">Agrandissement</a></p> +<p><span class="pagenum"><a name="Page_9" id="Page_9">9</a></span></p> + +<p class="p2 c"><b>EUGÈNE LAMI</b></p> + +<p class="s">1841.</p> + +<p>Portrait en pied, dessiné au trait, en sanguine, et dont +la tête seule est ombrée. Signé: «E. L. 1841.» Le poète +est représenté de profil à gauche, la tête nue; de la +main droite, il tient son chapeau appuyé sur sa cuisse; +le bras gauche est replié derrière le dos, et dans la main +gauche sont des gants. Il est vêtu d'un frac déboutonné, +à collet de velours; pantalon rayé, cravate montante, +toute la barbe. La tête seule est terminée.</p> + +<p>Le dessin original appartient à la Comédie-Française, +à laquelle M. Alexandre Dumas fils en a fait don. +H.: 0.180—L.: 0.065.</p> + +<p>La pose, trop affectée, n'est pas celle d'Alfred de Musset, +m'ont dit plusieurs personnes qui ont connu le poète.</p> + +<p>Ce dessin a été reproduit: 1<sup>o</sup> En fac-similé à l'eau-forte, +par Legenisel: A. En 1874, de la grandeur de l'original. +(Salon de 1874, n<sup>o</sup> 3502).—B. En 1876, format +in-32, pour être joint à un volume des <i>Œuvres</i> d'Alfred +de Musset dans la Petite Bibliothèque +Charpentier.—C. En 1878, format in-12, tiré à très petit nombre et non +mis dans le commerce.</p> + +<p>2<sup>o</sup> Gravé sur bois, in-8<sup>o</sup>, en noir, dans l'<i>Univers Illustré</i> +du 4 mars 1882.</p> + +<p>3<sup>o</sup> Par des procédés divers, in-12 et in-32, dans la +<i>Revue Encyclopédique</i> du 14 novembre 1896, le <i>Magasin +littéraire</i> du 1<sup>er</sup> décembre 1896, les <i>Annales politiques et +littéraires</i> du 6 décembre 1896.</p> + +<p class="p2 c"><b>CARICATURE PAR LUI-MÊME</b></p> + +<p class="s">1842.</p> + +<p>Tête de profil, au nez démesuré, dessinée à la mine de +plomb par Alfred de Musset, sur son album, à Lorey. <span class="pagenum"><a name="Page_10" id="Page_10">10</a></span> +Les cheveux longs tombent à plat autour de la tête; +front aplati, menton rentrant, moustache tombante, +col montant.</p> + +<p>En 1876, il a été fait une reproduction à l'eau-forte, +réduite de moitié environ, par les soins de l'éditeur +Charpentier; cette charge devait être jointe à l'un des +volumes des <i>Œuvres</i> dans la Petite Bibliothèque Charpentier; +mais il fut décidé que l'édition ne donnerait +que des portraits <i>sérieux</i>, et le cuivre, après avoir été +tiré à 75 exemplaires sur papier vergé in-18, fut effacé. +Aucun exemplaire n'a été mis dans le commerce.</p> + +<p class="p2 c"><b>BIARD</b></p> + +<p class="s">(Sans date).</p> + +<p>Quel est ce portrait et où se trouve-t-il? C'est ce qu'il +m'a été impossible de savoir. La fille du peintre, M<sup>me</sup> la +baronne Double, n'a pu, malgré son bon vouloir, me +fournir aucun renseignement.</p> + +<p>Toutefois, M<sup>me</sup> veuve Martelet, qui s'appelait Adèle +Colin lorsqu'elle était gouvernante d'Alfred de Musset, +m'a fait voir une petite photographie, format carte de +visite, faite chez Pexme, 20, Chaussée-d'Antin, à Paris, +photographie toute jaunie et déjà un peu effacée, que +son maître lui avait donnée certain soir, vers 1844 ou +1845, en lui disant que c'était la reproduction d'un portrait +qu'un peintre venait de faire de lui. Alfred de Musset +est représenté en pied, de trois quarts à droite, la main +gauche enfoncée dans la poche de son pantalon, le bras +droit appuyé sur le fût d'une colonne; redingote dont le +seul bouton du haut est boutonné, pantalon uni. Le +poète n'a pas le ruban de la Légion d'honneur, ce qui +prouve que ce portrait est antérieur au 30 avril 1845.—Serait-ce +une photographie du portrait de Biard? Alfred +de Musset n'a pas prononcé le nom du peintre en remettant <span class="pagenum"><a name="Page_11" id="Page_11">11</a></span> +la photographie à M<sup>lle</sup> Colin, qui ne connaît pas le +portrait de Biard.</p> + +<p>En 1877, la librairie Charpentier joignait à l'un des +volumes de l'édition in-32 des <i>Œuvres</i> d'Alfred de Musset, +un portrait gravé à l'eau-forte par Monziès «d'après une +photographie prise d'après nature». Suivant les renseignements +qui m'ont été fournis parla famille de Musset, +Alfred de Musset n'a jamais été directement photographié. +La tête du portrait de Monziès ressemble à celle de +la photographie de Pexme. Une reproduction en phototypie +de la photographie de Pexme, est publiée dans <i>Dix +Ans chez Alfred de Musset</i>, par M<sup>me</sup> Martelet, née Adèle +Colin. (Paris, Chamuel, 1899. 1 vol. in-12).</p> + +<p class="p2 c"><b>RIFFAUT</b></p> + +<p class="s">1845.</p> + +<p>Portrait à mi-corps, dessiné et gravé à la manière noire +par A. Riffaut, publié dans l'<i>Artiste</i> du 18 janvier 1846. +C'est un médaillon ovale, placé dans un encadrement +rectangulaire, représentant Alfred de Musset presque de +face, jusqu'à la hauteur des genoux. La tête, de trois +quarts à droite, est découverte; cheveux longs, toute +la barbe; le bras gauche est replié et le pouce gauche +enfoncé dans la poche du gilet; le bras droit pend le +long du corps, et de la main droite le poète tient une +canne. Pantalon uni, décoration.</p> + +<p>La pose est raide et ni la ligure ni le regard n'ont +d'expression.</p> + +<p class="p2 c"><b>MADEMOISELLE MARIE MOULIN</b></p> + +<p class="s">1848.</p> + +<p>Miniature peinte par M<sup>lle</sup> Marie Moulin, cousine +d'Alfred de Musset et figurant au Salon de 1848 (n<sup>o</sup> 3411. +Trois miniatures: Alfred de Musset, Paul de Musset <span class="pagenum"><a name="Page_12" id="Page_12">12</a></span> +et M<sup>me</sup> M***.) C'est un portrait de face, à mi-corps, barbe +légèrement taillée, frac déboutonné, gilet à fleurs très +ouvert, tête découverte, cravate montante. L'original +appartient à M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p> + +<p>Reproductions: 1<sup>o</sup> Photographie 18x24 exécutée par +la maison Bingham, 50, rue de La Rochefoucauld, à +Paris, pour la famille de Musset, et non mise dans le +commerce.</p> + +<p>2<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte par Burney, faite en 1887 pour +l'édition des <i>Nouvelles</i> d'Alfred de Musset publiées en +1 vol. in-8<sup>o</sup> à la librairie Conquet. (Imp. Chardon.)</p> + +<p class="p2 c"><b>EUGÈNE GIRAUD</b></p> + +<p class="s">(Sans date).</p> + +<p>Portrait-charge, dessiné et peint à l'aquarelle, représentant +Alfred de Musset en pied, avec une très grosse +tête sur un tout petit corps. L'original faisait partie de +la collection de M. de Nieuwerkerke, et on a pu le voir +quai Malaquais, à l'Exposition des Maîtres Français de +la Caricature, qui fut faite à l'École des Beaux-Arts au +mois d'avril 1888 (n<sup>o</sup> 440 du catalogue). Actuellement, +cette collection est en Italie: M. de Nieuwerkerke est +mort, ses héritiers habitent près de Lucques, en Toscane, +et il est à craindre que toute cette réunion des +charges de nos meilleurs écrivains, ne soit perdue pour +la France.</p> + +<p>Ce portrait d'Alfred de Musset n'a pas été reproduit. +L'<i>Illustration</i> du 5 mai 1888 donne ceux d'A. Houssaye +et d'A. Dumas.</p> + +<p class="p2 c"><b>TRICHON <span class="smcap">et</span> C. F.</b></p> + +<p class="s">1853.</p> + +<p>Portraits d'Alfred de Musset et de Berryer, «les deux +derniers Académiciens», gravés sur bois par Trichon, <span class="pagenum"><a name="Page_13" id="Page_13">13</a></span> +d'après C. F. (Faxardo?) et publiés à mi-page dans le +<i>Musée des Familles</i> de novembre 1853, tome <span class="smcap">XXI</span>, +page 61.</p> + +<p>Alfred de Musset, de trois quarts, est à gauche; Berryer +est de face, à droite. Le poète est représenté jusqu'au +dessous de la ceinture, le bras droit tombant, le gauche +légèrement replié; il est vêtu d'une redingote ouverte, +cravate montante, cheveux longs, toute la barbe. La +note suivante accompagne les portraits:</p> + +<div class="blockquot"> +«L'image de M. de Musset, nommé en même temps que +M. Berryer et reçu l'année dernière, on se souvient avec +quel succès, était digne d'accompagner sur la même page +celle du grand orateur auprès duquel il va s'asseoir. Ces +deux derniers Académiciens seront certainement deux des +premiers sur les bancs des Quarante.» +</div> + +<p class="p2 c"><b>PROSPER MÉRIMÉE</b></p> + +<p class="s">Vers 1853.</p> + +<p>Tête de profil, dessinée à la plume par P. Mérimée, +pendant une séance de l'Académie Française et donnant +un Alfred de Musset plus vieilli que nature... ou endormi.</p> + +<p>L'original de ce portrait appartient à M. le Vicomte +de Spoelberch de Lovenjoul, qui, en 1891, a bien voulu +m'autoriser à le l'aire fac-similer sur pierre et tirer à +quelques épreuves sur vergé in-4<sup>o</sup> (Imprimerie Lemercier), +dont aucune n'a été mise dans le commerce.</p> + +<p class="p2 c"><b>LANDELLE</b></p> + +<p class="s">1854.</p> + +<p>Portrait dessiné au pastel, en 1854, par Charles Landelle +et exposé au Salon de 1855 (n<sup>o</sup> 5480).</p> + +<p>Alfred de Musset est de profil, en buste, tête nue, les +yeux tournés à droite; il porte toute sa barbe, les cheveux <span class="pagenum"><a name="Page_14" id="Page_14">14</a></span> +rejetés en arrière sur le col; cravate montante, faisant +plusieurs tours. Il est vêtu d'une redingote boutonnée, +ornée du ruban de la Légion d'honneur.</p> + +<p>C'est le portrait le plus connu et le plus répandu. M<sup>me</sup> +Lardin de Musset, à laquelle je m'étais adressé pour +savoir quel était le véritable original, m'écrivit le +17 octobre 1882: «L'original du portrait de Landelle est +le beau pastel qui est chez Madame Lardin de Musset. +L'aquarelle de la Comédie-Française en est la copie +faite par Pollet<a name="FNanchor_2" id="FNanchor_2" href="#Footnote_2" class="fnanchor">[2]</a>. Le portrait à l'huile du Musée de +Versailles est une copie du pastel, faite par Landelle +lui-même, mais moins bonne que le pastel.» Alfred +de Musset avait cependant posé pour cette reproduction:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center"><i>Monsieur Alfred de Musset</i><br /> +Rue du Monthabor, 6.</p> + +<p class="right">«Mardi 10 octobre 1854.</p> + +<p class="left5">«Mon cher monsieur de Musset,</p> + +<p>«Je viens réclamer de votre obligeance une séance pour +terminer le portrait <i>peint</i> que je dois donner au Théâtre-Français.</p> + +<p>«Si vous voulez bien me fixer <i>d'avance</i> le jour dont vous +pourrez disposer la semaine prochaine, je m'arrangerai pour +n'avoir pas modèle.</p> + +<p>«Veuillez de nouveau croire à mes témoignages de sympathie +et d'affection.</p> + +<p class="right">«<span class="smcap">C. Landelle.</span>»</p> + +<p>«Vous seriez bien gentil de venir déjeuner dimanche +matin à 11 h. à l'atelier et de m'amener Arago, si vous le +trouvez sur votre chemin.</p> + +<p>«Réponse S. V. P.»</p></div> + +<p>Nombreuses en sont les reproductions, mais toutes ne +sont pas heureuses ni ressemblantes, par suite d'un +défaut au nez, défaut causé par une ombre sur le pastel, <span class="pagenum"><a name="Page_15" id="Page_15">15</a></span> +qui est généralement traduite par une bosse dans les +reproductions.</p> + +<p>1<sup>o</sup> Photographie remontée sur bristol in-4<sup>o</sup>, exécutée +par la maison Bertsch et Arnaud, en 1854, d'après le +pastel original.</p> + +<p>2<sup>o</sup> Photographie format carte de visite, tirée, en 1854, +par la maison Bingham, sur le pastel original, pour la +famille de Musset, et non mise dans le commerce.</p> + +<p>3<sup>o</sup> Gravure in-32 sur acier par Gervais, (Imprimerie +Chardon), faite d'après le portrait de Landelle, figure +renversée, publiée dans la <i>Biographie d'A. de Musset par +E. de Mirecourt</i>. (Paris, Roret, 1854, 1 vol. in-32).</p> + +<p>4<sup>o</sup> Gravure in-4<sup>o</sup> sur bois par A. Greppi, publiée dans +le <i>Triboulet et Diogène</i> du 13 mai 1857. Très mauvaise +exécution; on y remarque ce changement que le bas du +buste est drapé dans un manteau.</p> + +<p>5<sup>o</sup> Gravure in-4 sur acier par Pollet; médaillon ovale +de H.: 0.150, L.: 0.105, publié dans l'<i>Artiste</i> du 3 janvier +1858, exposé au Salon de 1859 (n<sup>o</sup> 3638). (Imprimerie +Drouart). Bonne reproduction, à laquelle M. Taxile +Delord consacre une étude dans le <i>Magasin de Librairie</i> +du 10 mai 1859.</p> + +<p>6<sup>o</sup> Gravure in-8<sup>o</sup> sur acier par Daguin, avec encadrement +rectangulaire, faite en 1865 et exposée au Salon +de 1866 (n<sup>o</sup> 3119). H.: 0.178. L.: 0.112.</p> + +<p>7<sup>o</sup> Gravure in-4<sup>o</sup> sur acier par Léopold Flameng: +médaillon ovale, entouré d'un cartouche rectangulaire +et de branches de laurier. Publiée primitivement à la +librairie Charpentier, dans l'édition in-4<sup>o</sup> des <i>Œuvres</i> +d'Alfred de Musset, dite de souscription; puis jointe à +toutes les éditions in-4<sup>o</sup> et in-8<sup>o</sup> des <i>Œuvres</i>, comportant +les figures de Bida.—Il existe des épreuves d'artiste, +avant la lettre, ne donnant que le médaillon, sans aucun +encadrement.—Exposée au Salon de 1867 (n<sup>o</sup> 2610).</p> + +<p>8<sup>o</sup> Gravure in-8<sup>o</sup> sur acier par Adrien Nargeot, publiée <span class="pagenum"><a name="Page_16" id="Page_16">16</a></span> +dans la <i>Revue du XIX<sup>e</sup> siècle</i> du 1<sup>er</sup> mai 1866. Médaillon +ovale, porté par un socle, avec encadrement rectangulaire, +sur fond haché. H.: 0.128. L.: 0.088.</p> + +<p>9<sup>o</sup> Photographie in-32, faite par Colin en 1867, pour +l'édition des <i>Œuvres</i> d'Alfred de Musset en 10 vol. +in-32, ornée de la reproduction photographique des +dessins de Bida.</p> + +<p>10<sup>o</sup> Gravure sur acier, exécutée en 1867 par Goutière: +médaillon ovale, fermé par un cordon de perles, dans +un encadrement rectangulaire quadrillé, avec ornements. +H.: 0.088. L.: 0.065. Sans nom d'imprimeur ni d'éditeur. +Tirage in-folio sur Chine monté avant lettre, in-4<sup>o</sup> +sur blanc avant lettre, et in-8<sup>o</sup> sur vélin avec lettre (Salon +de 1867, n<sup>o</sup> 2621).</p> + +<p><span class="smcap">C'est, d'après la déclaration même de M</span><sup>me</sup><span class="smcap"> Lardin +de Musset, le portrait le plus ressemblant de son +frère Alfred.</span> L'artiste a su reconnaître que, sur le pastel +original, la tache qui se voit au nez est une ombre portée de +l'arcade sourcillière et non pas l'effet d'une protubérance. +Tout le travail de gravure est d'une très grande finesse.</p> + +<p>11<sup>o</sup> Gravure in-32 sur acier par Goutière, avec fac-similé +de la signature d'Alfred de Musset. Publié en tête +du tome I des <i>Poésies</i> d'Alfred de Musset. (Charpentier, +1867,2 vol. in-32).</p> + +<p>Une contrefaçon de ce portrait a été publiée à Bruxelles, +avec fac-similé de la signature au bas du médaillon; on +y a joint le fac-similé de la première strophe autographe +de la <i>Ballade à la Lune</i>. Épreuves en noir et en +sanguine, très mauvaise exécution.</p> + +<p>12<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte par Mongin, faite en 1876 +pour l'édition des <i>Œuvres</i> d'Alfred de Musset à la librairie +Lemerre. (10 vol. in-18).</p> + +<p>13<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte par Le Rat, d'après le portrait de +Landelle, avec des modifications dans le costume, publiée +en 1876 dans l'édition des <i>Œuvres</i> à la librairie Lemerre.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_17" id="Page_17">17</a></span> 14<sup>o</sup> Gravure in-32 à l'eau-forte par Flameng, publiée +en 1876 dans les <i>Œuvres</i>, collection de la Petite Bibliothèque +Charpentier.</p> + +<p>15<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte par Hanriot, figure renversée. +Tirage sur Hollande in-4<sup>o</sup> et in-8<sup>o</sup>, sans nom d'imprimeur +ni d'éditeur.</p> + +<p>16<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte et pointe-sèche par Lessore, +figure renversée. Éditée en 1878, à la librairie Rouquette. +Imp. de V<sup>ve</sup> Cadart. Épreuves sur Hollande in-4<sup>o</sup> et in-8<sup>o</sup>.</p> + +<p>17<sup>o</sup> En 1879, M. Mazerolle, dans son plafond de la salle +de la Comédie-Française, a représenté Alfred de Musset +dans un de ses groupes; la tête est faite d'après le portrait +de Landelle; le poète, drapé dans son manteau, est +placé aux côtés d'Alexandre Dumas.</p> + +<p>L'<i>Illustration</i> du 2 août 1879 donne une gravure de ce +plafond.</p> + +<p>En 1882, M. Raphaël Breynat a gravé sur bois une +reproduction de ce plafond pour le livre <i>Paris</i> (Librairie +Rothschild). (Salon de 1882, n<sup>o</sup> 5211).</p> + +<p>18<sup>o</sup> <i>Programme de la représentation extraordinaire, +donnée au Palais du Trocadéro, le dimanche 9 mai 1880.</i> +(Imp. Motteroz, 4 pages in-4<sup>o</sup>). Parmi les ornements +lithographies du titre, se trouve une reproduction du +médaillon de Landelle.</p> + +<p>19<sup>o</sup> Gravure in-32 sur bois, sans signature et d'une +très mauvaise exécution, publiée dans <i>Alfred de Musset +et Edgar Quinet enfants, par V. Tinayre</i>. (Paris, Keva, +1881, 1 vol. in-32).</p> + +<p>20<sup>o</sup> Gravure in-8<sup>o</sup> sur acier, sans encadrement, par +Adrien Nargeot, publiée dans <i>Souvenirs poétiques de +l'École Romantique, par Ed. Fournier</i>. (Paris, Laplace, +1880, 1 vol. in-8).</p> + +<p>21<sup>o</sup> Gravure in-8 sur bois par Thiriat, publiée dans la +<i>Lecture Rétrospective</i> du 5 juillet 1890.</p> + +<p>22<sup>o</sup> Gravure sur cuivre, à la pointe-sèche, par Adrien <span class="pagenum"><a name="Page_18" id="Page_18">18</a></span> +Nargeot, exécutée en octobre 1891 et destinée primitivement +à orner l'édition du conte <i>La Mouche</i>, par Alfred +de Musset, publiée à la librairie Ferroud. M. Lalauze +ayant gravé toutes les vignettes du volume, fit une nouvelle +planche du portrait qui fut donnée dans le livre à +la place de celle de M. Nargeot.—Finement gravé.</p> + +<p>23<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte par Lalauze, publiée dans +<i>La Mouche</i>, par Alfred de Musset. (Paris, Ferroud, +1891, 1 vol. in-8<sup>o</sup>. Imp. Wittmann).</p> + +<p>24<sup>o</sup> Dans le médaillon rond, renfermant le double +portrait de George Sand et d'Alfred de Musset, gravé à +l'eau-forte par Abot, qui orne le titre de l'édition de <i>La +Confession d'un enfant du siècle</i>, publiée en 1891 chez +Quantin, 1 vol. in-8<sup>o</sup>; le buste du poète est la reproduction +à peu près exacte du portrait de Landelle, ce qui est un +anachronisme, <i>la Confession</i> étant de 1835 et le portrait, +de 1854.</p> + +<p>25<sup>o</sup> Je possède une épreuve in-4<sup>o</sup> sur Japon, sans date +et sans nom d'imprimeur ni d'éditeur, d'un portrait +d'Alfred de Musset, gravé à la pointe-sèche par Loys Delteil. +Musset est représenté à mi-corps, presque de face, +le bras droit replié et la main passée dans l'ouverture +de sa redingote; le bras gauche pend le long du corps. +La tête est inspirée par le portrait de Landelle.</p> + +<p>26<sup>o</sup> Le <i>Programme de la soirée du 7 Octobre 1896</i>, +donnée à la Comédie-Française en l'honneur de LL. +MM. le Czar et la Czarine (Stern, graveur, 1 f. in-4<sup>o</sup>), +présente parmi son ornementation une reproduction +du médaillon de Landelle.</p> + +<p>27<sup>o</sup> Enfin, dans le commerce, on trouve des reproductions +photographiques de ce portrait, trop noires en +général, format carte-album et carte de visite, éditées +par la maison Charles Jacotin.</p> + +<p>Il existe encore d'autres reproductions du pastel de +Landelle, dans des revues et des journaux illustrés, un <span class="pagenum"><a name="Page_19" id="Page_19">19</a></span> +entre autres, in-8<sup>o</sup>, gravée sur bois par Collette, dont il +m'a été impossible de retrouver la provenance; j'en ai +rencontré jusque sur des titres de morceaux de musique. +Tous ces portraits pèchent en général par leur exécution +et ne sont, pour le plus grand nombre, que des <i>clichages</i> +n'offrant aucun intérêt artistique.</p> + +<p class="p2 c"><b>GAVARNI</b></p> + +<p class="s">1854.</p> + +<p>Portrait en pied, in-4<sup>o</sup>, lithographie par Gavarni, et +publié dans la série des <i>Contemporains illustres</i>. (Imp. +Lemercier).</p> + +<p>Musset est presque de face, les yeux tournés à droite, +cheveux longs, toute la barbe. De la main droite, il tient +une canne, le bout en avant; le bras gauche, appuyé sur +la hanche, est recouvert par un vaste manteau qui, +enveloppant les épaules et le buste, descend jusqu'aux +genoux. Paysage au fond.—H: 0.345; L: 0.222. Trait +rectangulaire, cintré dans la marge supérieure; sous le +portrait, fac-similé de la signature.</p> + +<p>Le reproche qu'on peut adresser à ce portrait, est de +représenter un Alfred de Musset plus vieilli qu'il n'était +en réalité.</p> + +<p>1<sup>o</sup> Reproduction partielle du buste seul, figure renversée, +sans le manteau, gravée sur bois et publiée dans +le <i>Monde illustré</i> du 9 mai 1857 et dans l'<i>Almanach des +célébrités contemporaines</i>. (1 vol. in-8<sup>o</sup>, p. 26).</p> + +<p>2<sup>o</sup> Fac-similé de la lithographie originale gravé sur +bois par Pistho, publiée dans l'<i>Illustration</i> du 16 mai 1857.</p> + +<p>3<sup>o</sup> Gravure sur bois in-12, non signée, représentant +Alfred de Musset à mi-corps, publiée comme frontispice +de l'<i>Almanach de la littérature, du théâtre et des beaux-arts</i> +pour 1858, par J. Janin. (Paris, Pagnerre. 1 vol. +in-12 carré).</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_20" id="Page_20">20</a></span> +4<sup>o</sup> Lithographie in-4<sup>o</sup>, semblable à l'original et probablement +tirée sur la même pierre, publiée dans le <i>Panthéon +des Illustrations françaises au XIX<sup>e</sup> siècle, par Victor +Frond</i>. (Paris, Abel Pilon, 1865-1873. 17 vol. in-folio.)</p> + +<p>5<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte par Boilvin, ne donnant que +le haut du buste, exécutée en 1876, pour l'édition des +<i>Œuvres</i> à la librairie Lemerre.</p> + +<p>6<sup>o</sup> Réduction in-32, gravée à l'eau-forte par A. Leroy, +en 1876, pour l'édition des <i>Œuvres</i> dans la Petite Bibliothèque +Charpentier.</p> + +<p>7<sup>o</sup> Reproduction du buste seul, gravé sur bois, dans +<i>El Libéral</i> (Madrid) du 11 novembre 1898 pour accompagner +une Notice sur A. de Musset, par Tello Tellez.</p> + +<p>Voir: <i>Gavarni, l'homme et l'œuvre, par E. et J. de +Goncourt</i>. (Paris, Plon, 1873. 1 vol. in-8<sup>o</sup>, pages 153 et 401.)—<i>L'Œuvre +de Gavarni, par Armelhaut et Bocher</i> (Paris, +Librairie des Bibliophiles, 1873. 1 vol. in-8<sup>o</sup>, p. 13).</p> + +<p class="p2 c"><b>NADAR</b></p> + +<p class="s">1857.</p> + +<p>Portrait-charge in-32, gravé sur bois par Diolot, +d'après un dessin de Nadar, publié dans la 1<sup>re</sup> livraison +des <i>Binettes Contemporaines, par Joseph Citrouillard</i>, +(Commerson). (Paris, Havard, 1857. 2 vol. in-32).</p> + +<p>Musset, orné d'une énorme tête sur un tout petit corps, +et vu de profil, se promène, en costume d'académicien, +devant les lions de l'Institut. Une main dans sa poche, +tenant de l'autre son chapeau derrière son dos, il roule +de gros yeux et semble désespéré d'avoir un nez aussi +phénoménal que celui dont on l'a doté.</p> + +<p>La tête de ce portrait se trouve lithographiée sous le +n<sup>o</sup> 13 du <i>Panthéon Nadar</i>. (Prime du Figaro. 1 feuille +in-plano grand aigle).</p> + +<p>En 1883, M. Louis Charbonnel a gravé en fac-similé à <span class="pagenum"><a name="Page_21" id="Page_21">21</a></span> +l'eau-forte le bois de Nadar; les quelques épreuves tirées +à l'imprimerie Lemercier n'ont pas été mises dans le +commerce.</p> + +<p class="p2 c"><b>BARRE</b><br /> +<i>Le tombeau d'Alfred de Musset.</i><br /> +<span class="s">1859.</span></p> + +<p>Buste en marbre blanc, sculpté par Auguste Barre et +placé sur le tombeau d'Alfred de Musset, au cimetière +du Père-Lachaise, à Paris.</p> + +<p>Des reproductions de ce buste, également en marbre, +se trouvent chez M<sup>me</sup> Lardin de Musset et à l'Académie +Française.</p> + +<p>On trouve dans le commerce des photographies 18×24 +du Tombeau et par conséquent du buste. En outre, buste +et tombeau ont été gravés:</p> + +<p>1<sup>o</sup> Sur bois, dans l'<i>Illustration</i> du 4 mai 1861.</p> + +<p>2<sup>o</sup> A l'eau-forte, par Abot, en 1877, format in-32, pour +l'édition des <i>Œuvres</i> dans la Petite Bibliothèque Charpentier.</p> + +<p>Auguste Barre était un ami d'Alfred de Musset, qui +s'était plusieurs fois essayé chez lui en l'art du statuaire. +Certain jour que le poète devait l'aller voir, un événement +inattendu l'en ayant empêché, il lui envoya ce +billet:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="left5">«Mon cher ami,</p> + +<p>«Je vous écris de chez M<sup>lle</sup> Rachel, qui me garde à dîner. +Ainsi, ne m'attendez donc pas ce soir. A bientôt.</p> + +<p class="left5">«A vous,</p> + +<p class="right">«<span class="smcap">Alf<sup>d</sup> M<sup>t</sup>.</span>»</p> + +<p>«J'ai ébauché une belle petite chatte. J'ai employé d'abord +un couperet de cuisine, puis mes mains, puis vos petits +bâtons. J'ai tout lieu de croire que ce sera admirable, mais +dans ce moment-ci, mon idéal a encore un torticolis et une +fluxion. Venez donc voir ça.»</p> +</div> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_22" id="Page_22">22</a></span> C'est sans doute à cause de cette intimité que Paul de +Musset s'adressa à M. Barre pour le buste qui devait +orner le tombeau de son frère. Ce tombeau, qui se +trouve au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, est construit +sur les plans donnés par l'architecte Anatole Jal, +dans la grande avenue qui mène à la chapelle centrale; +il est élevé sur un emplacement concédé par +l'État, aux frais de la famille de Musset et de l'éditeur +Charpentier:</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="center">«<i>A Monsieur le Préfet de la Seine.</i></p> + +<p class="right">«Paris, 8 juin 1857.</p> + +<p class="left5">«Monsieur le Préfet,</p> + +<p>«Alfred de Musset, dont la mort prématurée cause en ce +moment une émotion si profonde, est né à Paris. Comme la +plupart des grands poètes, il ne laisse point de fortune. +Dans une élégie touchante, que tout le monde connaît, il a +exprimé le vœu suivant:</p> + +<p class="left30"> +Mes chers amis, quand je mourrai,<br /> +Plantez un saule au cimetière;<br /> +J'aime son feuillage éploré,<br /> +La pâleur m'en est douce et chère,<br /> +Et son ombre sera légère<br /> +A la terre où je dormirai.</p> + +<p>«Afin de pouvoir répondre au désir formulé dans ces vers, +je prends la liberté de m'adresser à vous, Monsieur le Préfet, +pour obtenir la concession gratuite au Cimetière de l'Est, +d'un terrain de cinq ou six mètres carrés, espace rigoureusement +nécessaire à l'érection d'un tombeau modeste, orné +d'un buste en marbre, offert par le statuaire Barre, et accompagné +d'un saule pleureur.</p> + +<p>«Le poète si justement regretté n'est pas seulement une +des gloires de la France; il est aussi un enfant de Paris, et +j'ose espérer que sa ville natale voudra bien accorder à l'un +des esprits les plus aimables et les plus aimés qu'elle ait +produit, une dernière demeure digne de lui.</p> + +<p>«Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma +haute considération.</p> + +<p class="right">«<span class="smcap">Paul de Musset.</span>»</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_23" id="Page_23">23</a></span> «Je recommande à la bienveillance de Monsieur le Préfet +de la Seine la demande de M. Paul de Musset; que le vœu +exprimé d'une manière si poétique et si touchante, par son +frère, soit rempli. La Ville de Paris doit un tombeau à un +poète né dans ses murs et dont la mémoire ne finira jamais.</p> + +<p class="right">«<span class="smcap">P. Mérimée.</span>»</p> + +<p>«Je me joins bien cordialement à mon confrère M. Mérimée.</p> + +<p class="right">«<span class="smcap">Empis.</span>»</p> + +<p>«Le saule que demande ce jeune et charmant poète, aura +des pèlerins; à présent, ceux qui l'ont aimé, et toujours, ceux +qui sauront aimer et lire la poésie impérissable.—Puisse +la Ville de Paris planter et renouveler perpétuellement cet +arbre mélancolique sur sa tombe.</p> + +<p><span class="smcap">«Alfred de Vigny.</span>»</p> + +<p>«Je me joins à mes confrères dans le vœu qu'ils expriment +en faveur d'un des rares poètes dont le nom survivra.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">Sainte-Beuve</span>,<br /> +de l'Académie Française.»</p></div> + +<p>Mais M. le baron Haussmann, préfet de la Seine, +n'était pas partisan de ce projet et trouva mille prétextes +pour en ajourner l'examen. Paul de Musset, dans +le but d'obtenir la concession nécessaire au tombeau, fit +agir d'autres influences:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center"><i>«A Monsieur Alfred Arago.</i></p> + +<p class="left5">«Mon cher Alfred,</p> + +<p>«On me fait observer que M. Delmas ayant promis à Jal +que la pétition déjà lancée serait classée parmi celles que +l'Empereur doit lire et non parmi celles dont on lui rend +compte, il serait convenable, avant de tenter une autre démarche, +d'attendre le résultat de celle-là. Il n'y a pas de raison +pour que ce résultat ne soit pas favorable. Je ne demande +qu'un appui dans l'accomplissement d'un devoir pieux, et +je me sens très fort sur ce terrain. Le Conseil Municipal a +été pressenti: tous les membres à qui on en a parlé, ont été +d'avis que le rapport fût présenté. M. Husson a fait ce rapport <span class="pagenum"><a name="Page_24" id="Page_24">24</a></span> +et l'a porté à la signature: M. le Préfet a refusé de le +signer. Il n'y a pas d'autre obstacle.</p> + +<p>«Pendant ce temps-là, Charpentier me proposait d'ouvrir +une souscription pour l'achat du terrain, disant que les frais +en seraient couverts en quelques jours. Je ne l'ai pas voulu, +pour l'honneur de la Ville de Paris, car il ne faut pas se +dissimuler que tout cela est de l'histoire, et qu'on lira le +récit de ces détails dans cinq cents ans.</p> + +<p>«Dites toujours au Prince Impérial<a name="FNanchor_3" id="FNanchor_3" href="#Footnote_3" class="fnanchor">[3]</a> combien je suis +touché de l'intérêt qu'il prend à cette affaire et des paroles +chaleureuses qu'il vous a fait entendre. Malgré la démarche +dont je dois, par convenance, attendre le résultat, un mot +de lui au Préfet ne peut pas nuire.</p> + +<p>«A bientôt, mon cher Alfred, et tout à vous.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">Paul de Musset.</span></p> + +<p class="left5">«Vendredi, 27 novembre 1857.»</p></div> + +<p>La parcelle de terrain fut enfin obtenue... par achat et +le tombeau aussitôt érigé.</p> + +<p>L'exhumation eut lieu le 23 mars 1858.</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="center">«<i>A Monsieur le Sénateur, Préfet de la Seine.</i></p> + +<p class="right">«Paris, le 12 mai 1858.</p> + +<p class="left5">«Monsieur le Préfet,</p> + +<p>«J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien autoriser le +remboursement de la somme qui doit me revenir sur le +prix d'un terrain de deux mètres au cimetière de l'Est, acquis +conditionnellement le 3 mai 1857, pour la sépulture de Louis-Charles-Alfred +de Musset, mon frère, décédé le 2 du même +mois; ce terrain étant devenu libre par suite de l'exhumation +faite le 23 mars 1858 et de la réinhumation dans un terrain +de trois mètres 38 c., acquis le 29 décembre 1857, sous le +numéro 936. Ci-joint le certificat de M. le Conservateur du +cimetière de l'Est.</p> + +<p>«Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma +haute considération.</p> + +<p><span class="right smcap">Paul de Musset.</span><br /> +<span class="left5">«Rue des Pyramides, 8.»</span></p></div> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_25" id="Page_25">25</a></span> M. Paget, dans l'<i>Illustration</i> du 4 mai 1861, décrit +ainsi le tombeau:</p> + +<p class="blockquot"> +«Le monument dont nous donnons ici la figure, a 2<small>m</small> de +large sur 2<small>m</small>20 de haut. La partie supérieure, forme médaillon +placé dans le fronton, porte la tête de Minerve, symbole +de l'Institut. Au-dessous du piédouche qui supporte le buste +en marbre d'Alfred de Musset, tel qu'il était peu de temps +avant sa mort, on a sculpté la lyre, la plume, avec une +palme et une branche de laurier, attributs du poète illustre. +Dans un cartel placé sous ces attributs, sont gravés six vers, +extraits d'une élégie touchante que tout le monde connaît; +elle est intitulée <i>Lucie</i>:</p> + +<p class="left30">Mes chers amis, quand je mourrai,<br /> +Plantez un saule au cimetière;<br /> +J'aime son feuillage éploré,<br /> +La pâleur m'en est douce et chère,<br /> +Et son ombre sera légère<br /> +A la terre où je dormirai.</p> + +<p>«...Enfin, sur les deux cippes parallèles, sont gravés: d'un +côté, quatre titres d'œuvres en vers: <i>Namouna</i>, <i>Rolla</i>, +<i>Mardoche</i>, <i>Les Nuits</i>; de l'autre, trois titres d'ouvrages en +prose: <i>Un Caprice</i>, <i>Lorenzaccio</i>, <i>Frédéric et Bernerette</i>.»</p> + +<p>Un saule pleureur est placé près du tombeau qu'il +recouvre de ses branches; mais le pauvre arbre a bien +peu de terre et il faut le remplacer souvent, ce à quoi +veilla d'abord le frère et veille aujourd'hui la sœur du +poète. Fréquemment, des mains amies vont y déposer +des fleurs et tous les ans, le 2 mai, une manifestation a +lieu, organisée par des jeunes gens enthousiastes et des +admirateurs de l'auteur des <i>Nuits</i>.</p> + +<p>Le 9 mai 1880, une représentation extraordinaire fut +donnée au Palais du Trocadéro, organisée par MM. +Grippa de Winter, Buchelbry, Raymond Bonnial, le +comité des fêtes du Quartier-Latin, l'école de M. Talbot +et les délégations des Facultés de Bruxelles, Lille, Liège, +etc..., sous la présidence d'honneur de M. Paul de <span class="pagenum"><a name="Page_26" id="Page_26">26</a></span> +Musset. Une quête fut faite par M<sup>mes</sup> Sarah Bernhardt, +Leslino, Hess, Schriwanech, etc..., dont le produit devait +être affecté à l'embellissement de la tombe d'Alfred de +Musset, quête contre laquelle protesta Paul de Musset +par cette lettre adressée au <i>Figaro</i>:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center">«<i>A Monsieur le Rédacteur du</i> Figaro.</p> + +<p class="right">«Le 10 mai 1880.</p> + +<p class="left5">«Monsieur le Rédacteur,</p> + +<p>«L'état de ma santé ne m'a pas permis d'assister hier, +9 mai, à la représentation extraordinaire qui a eu lieu dans +la salle du Trocadéro, en l'honneur d'Alfred de Musset. Mais +je viens d'apprendre qu'une quête, organisée par des dames, +a été faite, malgré ma défense, dont le produit est destiné +à l'embellissement de la tombe d'Alfred de Musset.</p> + +<p>«Je proteste contre cette étrange prétention d'<i>embellir</i> +la tombe de mon frère. Cette tombe est connue de toute la +terre par la photographie; elle n'a besoin d'aucun embellissement, +et je ne permettrai à personne d'y porter les mains.</p> + +<p>«Si le saule pleureur a été gelé, le jardinier du cimetière +le remplacera; il est payé pour cela. Que ces dames portent +des couronnes et des fleurs tant qu'elles voudront, elles ne +seront pas les seules. Mais l'entretien du tombeau n'appartient +qu'à la famille du poète.</p> + +<p>«Je vous serai très obligé, monsieur le Rédacteur, si vous +voulez bien prêter à ma protestation le secours de votre +grande publicité.</p> + +<p>«Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération la +plus distinguée.</p> + +<p class="right">«<span class="smcap">Paul de Musset.</span>»</p></div> + +<p>A l'occasion de cette fête, on moula le buste d'A. de +Musset, dû au ciseau de Barre, et ce buste fut couronné +au cours de la représentation; moule et buste sont +depuis lors chez M<sup>me</sup> Lardin de Musset. Un programme, +orné d'une vignette lithographiée par H. Dillon, fut +imprimé.</p> + +<p>Le <i>Petit Journal</i> du 2 novembre 1891 donne une petite <span class="pagenum"><a name="Page_27" id="Page_27">27</a></span> +vignette du tombeau, qu'accompagne un article descriptif.</p> + +<p>A propos de la manifestation du 3 mai 1892, M. Paul +Ferrier composa une pièce de vers «Sur la tombe +d'Alfred de Musset»:</p> + +<p class="left30 font90">Portez des fleurs au cimetière,<br /> +Les fleurs du printemps que j'aimai<br /> +Les lilas à la grappe altière<br /> +Et les pâles roses de mai;<br /> +Venez avec une prière<br /> +Sur la tombe où je dormirai.<br /> +<b>. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .</b></p> + +<p>que publièrent le <i>Gaulois</i> du 8 mai 1892 et la <i>Semaine +Politique et Littéraire</i> du 6 novembre de la même +année.</p> + +<p class="p2 c"><b>MEZZARA</b></p> + +<p class="s">1865.</p> + +<p>Buste en marbre, sculpté par Mezzara en 1865 et dont +la physionomie semble inspirée principalement par le +portrait de Landelle. Alfred de Musset est représenté de +trois quarts à gauche, le col découvert, la cravate retombant +au milieu de la poitrine, les épaules drapées dans +un manteau. Sur le socle, on lit: «Alfred de Musset, né +à Paris le 11 décembre 1810, mort le 2 mai 1857.»</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="center">«<i>A Monsieur Alfred Arago.</i></p> + +<p class="right">«20 avril 1865.</p> + +<p class="left5">«Mon cher Alfred,</p> + +<p>«Le buste de Mezzara est terminé. Je le trouve vraiement +très ressemblant. On a dit à l'auteur qu'on lui enverrait +l'Inspecteur des Beaux-Arts. Tâchez donc que ce soit vous, +car un autre n'ayant pas connu mon frère ne pourrait point +juger de la ressemblance, qui est une chose très importante.</p> + +<p>«Je voudrais bien que ce buste fût mis dans le foyer de +la Comédie-Française. Il y serait bien à sa place. M. Mezzara +<span class="pagenum"><a name="Page_28" id="Page_28">28</a></span> +m'a l'air d'un homme très modeste, sans protections, comme +beaucoup de gens de talent. Il ne semble pas que ce soit une +raison de l'abandonner. Tâchez de faire quelque chose pour +lui.</p> + +<p class="left5">«Tout à vous,<br /> +<span class="right smcap">«Paul de Musset.</span>»</p> + +<p class="p2 center">«<i>A Monsieur Alfred Arago.</i></p> +<p class="right">«10 février 1868.</p> +<p class="left5">«Mon cher Alfred,</p> + +<p>«J'ai revu pour la dernière fois le buste de mon frère +dans l'atelier de M. Mezzara et je l'ai trouvé parfait. Ma sœur +et moi, nous avons presqu'été scandalisés de ne plus trouver +une seule observation à faire à l'auteur sur la ressemblance. +M. Mezzara a réellement beaucoup de talent. Il pense avec +raison que le foyer de la Comédie Française sera pour lui la +meilleure des expositions. Je suis aussi pressé que lui de +voir ce beau buste dans les rangs des Corneille et des +Molière. Faites écrire à l'artiste de vous l'envoyer. Édouard +Thierry l'attend.</p> + +<p>«Je vous serre la main bien cordialement et suis tout à +vous.</p> + +<p class="right">«<span class="smcap">Paul de Musset.</span>»</p></div> + +<p>Le buste est placé dans la galerie du Foyer public au +théâtre de la Comédie-Française: «Musset, le poète +aimé qui revit dans l'œuvre de Mezzara, dit M. René +Delorme, reçoit chaque jour de pieuses visites. Souvent, +des groupes s'arrêtent pour le contempler; aucune +physionomie ne reste indifférente alors: les unes +s'assombrissent, les autres s'éclairent, double hommage +de regret et d'admiration<a name="FNanchor_4" id="FNanchor_4" href="#Footnote_4" class="fnanchor">[4]</a>.»</p> + +<p>Quatre reproductions: 1<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte in-32 +par A. Lamotte, faite en 1876 pour l'édition des <i>Œuvres</i> +dans la Petite Bibliothèque Charpentier.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_29" id="Page_29">29</a></span> +2<sup>o</sup> Gravure à l'eau-forte par Monziès, en 1877, pour +l'édition in-18 des <i>Œuvres</i> à la librairie Lemerre.</p> + +<p>3<sup>o</sup> Peinture sur émail faite en 1881 par M<sup>me</sup> Rosine +Mezzara.</p> + +<p>4<sup>o</sup> Glyptographie in-4<sup>o</sup>, publiée en tête du tome I de +l'édition populaire illustrée des <i>Œuvres</i> à la librairie +Charpentier, 1889. (5 vol. in-4<sup>o</sup>).</p> + +<p class="p2 c"><b>EUGÈNE LAMI</b></p> + +<p class="s">1879.</p> + +<p>Dans le portrait d'Alfred de Musset peint en 1879 par +M. Eugène Lami, le poète est représenté à mi-corps, +de trois quarts, la figure à droite. Il est appuyé sur la +tablette d'une cheminée et de la main gauche tient un +livre à demi fermé.</p> + +<p>Gravé à l'eau-forte par Waltner, pour l'édition in-32 +des <i>Œuvres</i> dans la Petite Bibliothèque Charpentier.</p> + +<p class="p2 c"><b>PIERRE GRANET</b></p> + +<p class="s">1882.</p> + +<p>Statue en pied, exécutée en 1882 par Pierre Granet, et +figurant au Salon de la même année. Alfred de Musset est +représenté de face; de la main gauche, il tient son chapeau +appuyé sur la cuisse; son bras droit est replié, et, +dans la main droite, il tient un stick et des gants; un +long manteau, tombant de l'épaule droite, lui couvre +une partie du dos.</p> + +<p>Cette statue a été inspirée pour la pose et l'attitude +par les portraits en pied d'Eugène Lami et de Gavarni; +pour la figure, beaucoup par celui de M<sup>lle</sup> Marie Moulin +et un peu par celui de Landelle. Elle était primitivement +destinée au concours ouvert par la Ville de Paris pour +l'ornementation des façades de l'Hôtel de Ville; mais, par <span class="pagenum"><a name="Page_30" id="Page_30">30</a></span> +suite de circonstances indépendantes de sa volonté, +M. Granet n'ayant pu prendre part à ce concours, il +présenta son œuvre à M<sup>me</sup> Lardin de Musset qui l'accepta +et, à son tour, proposa à la Société des Gens de lettres +de dresser cette statue sur l'une des places publiques de +Paris; mais, comme on le verra plus loin, ce projet +échoua. Aujourd'hui, cette statue est au Louvre.</p> + +<p>Une reproduction a été gravée à l'eau-forte à la fin de +l'année 1882 par Louis Charbonnel, pour servir de frontispice +à ma <i>Bibliographie des Œuvres d'Alfred de Musset</i> +(Rouquette, 1883, gr. in-8<sup>o</sup>). Voir dans le <i>Salon de 1882</i> +édité chez Baschet, (1 vol. in-4<sup>o</sup>, p. 253), le jugement porté +par M. Philippe Burty sur cette statue. Une contrefaçon +en phototypie, un peu réduite, de l'eau-forte de Charbonnel, +est publiée dans <i>A Selection from the Poetry and +comedies of Alf. de Musset</i>, edited by Oscar Kuhns. +(Boston, 1895, in-8<sup>o</sup>).</p> + +<p class="p2 c"><b>IDRAC</b></p> + +<p class="s">1883.</p> + +<p>Statue en pied, exécutée en 1883 par M. J.-M.-A. Idrac +et placée dans l'une des niches de la façade de l'Hôtel de +Ville de Paris, côté du quai, pavillon de droite, +1<sup>er</sup> étage.</p> + +<p>Alfred de Musset est de face: la main gauche, glissée +dans la poche de son pantalon, soulève le pan de sa +redingote; la main droite émerge en avant, sortant des +plis du manteau, qui, tombant de l'épaule, recouvre le +bras droit qui le soutient.</p> + +<p>Une reproduction par M. D. Cauconnier se trouve +page 145 de l'ouvrage intitulé: <i>Les Statues de l'Hôtel de +Ville, par Georges Veyrat</i>. (Paris, ancienne librairie +Quantin, 1892, 1 vol. gr. in-8<sup>o</sup>.)—<i>L'Art</i> du 1<sup>er</sup> octobre +1892 donne également le dessin de cette statue.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_31" id="Page_31">31</a></span></p> +<p class="p2 c"><b>FALGUIÈRE <span class="smcap">et</span> MERCIÉ</b><br /> +<i>Monument d'Alfred de Musset.</i></p> + +<p>Il y a vingt-deux ans que l'on parle, si je ne me +trompe, d'élever une statue à Alfred de Musset, et je +crois que ce fut M. Félix Platel qui, le premier, en eut +l'idée; il écrivait dans le <i>Figaro</i> du 27 juin 1877:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«....Un autre poète français, Ponsard, que j'ai beaucoup +connu, a déjà sa statue. Musset ne l'a pas, quoique bien +plus grand. C'est que Musset est parisien, et seule, la province +élève des statues à ses compatriotes.... Pour le poète +immortel, coupez dans la carrière une belle tranche de +marbre. Musset! C'est toi et moi, ô lecteur! C'est l'homme +fait d'âme et de chair, que vous aimez, avez aimé ou aimerez, +ô lectrice! C'est notre jeunesse!—<span class="smcap">Ignotus</span>».</p> +</div> + +<p>Trois ans plus tard, le 9 décembre 1880, dans le même +journal, Émile Zola revient sur cette idée, alors qu'il +était question d'ériger une statue à Balzac:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«....O Paris ingrat! s'il te faut des gloires littéraires, où +est la statue de Musset, ce grand poète du siècle, le plus +humain et le plus vivant? où est celle de Théophile Gautier, +cet artiste parfait...?»</p></div> + +<p>Mais ce n'étaient encore que propos d'atelier ou de +salon et c'est seulement en 1887 qu'on tenta réellement +de mettre ce projet à exécution. M. Marquet de Vasselot, +auteur de la statue de Lamartine qui se dresse à Passy, +offrit de sculpter gratuitement une statue à Alfred de +Musset. Un comité se forma, présidé par Arsène Houssaye<a name="FNanchor_5" id="FNanchor_5" href="#Footnote_5" class="fnanchor">[5]</a>.—D'autre +part, M<sup>me</sup> Lardin de Musset s'entendait +avec la Société des Gens de Lettres et lui soumettait +une maquette par Pierre Granet, exécutée depuis 1882. +Mais la Société, occupée de la statue de La Fontaine, <span class="pagenum"><a name="Page_32" id="Page_32">32</a></span> +n'eut pas le temps ou ne voulut pas s'occuper de celle +d'Alfred de Musset<a name="FNanchor_6" id="FNanchor_6" href="#Footnote_6" class="fnanchor">[6]</a>.</p> + +<p>En 1888, cette même Société des Gens de Lettres, sur +la proposition de M. Philibert Audebrant, décidait qu'un +Congrès littéraire international serait ouvert à Paris +en 1889, qui devait coïncider avec le centenaire de 1789 +et l'Exposition Universelle, et que trois statues seraient +érigées à Balzac, A. de Musset et V. Hugo, mais cette +décision resta toujours à l'état de vœu.</p> + +<p>Pendant que ces divers projets s'élaboraient sans +aboutir, un riche Américain, M. Osiris, agissait: il +mettait à la disposition du Conseil municipal de Paris +la somme nécessaire à l'érection d'un monument; +MM. Falguière et Mercié, de l'Institut, seraient chargés +de son exécution: M. Mercié, de la statue elle-même, +M. Falguière, du piédestal et des allégories qui l'orneront. +<i>La Cocarde</i>, du 27 février 1889, le décrit ainsi:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«....Ce monument se compose d'un piédestal sur lequel +est placée la statue du poète; une figure allégorique, +représentant la Jeunesse, dépose des fleurs à ses pieds. +MM. Falguière, Mercié et Osiris ont demandé, pour y +édifier leur œuvre, le terre-plein situé devant la Comédie-Française.»</p> +</div> + +<p>Le Conseil Municipal préférait voir la statue de +Musset s'élever sur le square situé devant l'église Saint-Augustin.</p> + +<p>La même année 1889 voit se former un nouveau +comité ayant pour but d'ériger par souscription une +statue à Alfred de Musset<a name="FNanchor_7" id="FNanchor_7" href="#Footnote_7" class="fnanchor">[7]</a>. Cette affiche fut placardée +un peu partout:</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_33" id="Page_33">33</a></span></p> +<div class="blockquot"> + +<p class="p2 c">SOUSCRIPTION<br /> +<i>ouverte par la Jeunesse de France<br /> +pour élever une statue à</i><br /> +ALFRED DE MUSSET</p> + +<p class="left5">Camarades,</p> + +<p>On parle depuis longtemps d'élever une statue à Alfred de +Musset. L'heure nous semble venue de passer de la parole à +l'action. C'est à nous, les jeunes, qu'il appartient de prendre +l'initiative d'un monument à celui qui est et restera le poète +des jeunes.</p> + +<p class="left5">Camarades,</p> + +<p>Vous entendrez notre appel, et bientôt, grâce à vous, Paris +verra se dresser sur l'une de ses places, l'image impérissable +d'Alfred de Musset.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">Le Comité.</span></p></div> + +<p>Une longue liste de noms suivait. Le comité se subdivisait: +1<sup>o</sup> En comité d'initiative: MM. Frédéric Giraud +et Auguste Renucci, secrétaires.—2<sup>o</sup> En comité d'honneur: +M. Émile Augier, président. MM. J. Claretie, +F. Coppée, A. Dumas, L. Halévy, Ed. Pailleron, Ch. +Buloz, H. Fouquier, A. Houssaye, J. Richepin, F. Sarcey, +E. Zola, Delaunay, Got, G. Charpentier, etc. Les souscriptions +étaient reçues à la librairie Lemerre.—Mais +912 francs seulement furent recueillis, qui suffirent à +peine à solder les frais de publicité.</p> + +<p>Il ne restait plus que le monument Falguière-Mercié. +Plusieurs maquettes furent successivement modelées.</p> + +<div class="blockquot"> +<p>1891. Le <i>Gaulois</i>, 13 avril.—«....Musset est représenté +assis, les yeux fixés sur un livre. Devant lui, passe une figure +allégorique, la Muse de la Poésie, effeuillant des fleurs dans +l'espace. L'ensemble est imposant et d'une grâce empreinte +de mélancolie. Le monument aura environ 7<sup>m</sup> 50 de hauteur. +Les deux grands sculpteurs espèrent que leur œuvre sera +achevée vers le mois de juillet.»</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_34" id="Page_34">34</a></span> 1892. Le <i>Temps</i>, 26 février.—«....On verra dans la partie +inférieure, une Muse, foulant d'un pied léger le soubassement, +se tourner au passage vers le poète; du bras droit, +elle tiendra une lyre appuyée contre sa poitrine; elle déposera +de la main gauche une palme aux pieds du chantre des +<i>Nuits</i>, que M. Mercié représentera assis, les jambes croisées, +sur une roche, et le bras appuyé sur son genou, le menton +dans sa main, méditant.»</p> +</div> + +<p>Dans une lettre que publie l'<i>Événement</i> du 18 août 1892, +M. Osiris déclare que le monument est presque terminé, +et cependant les mois et les années se passent sans +qu'Alfred de Musset ait sa statue. La cause de ce retard? +La raison donnée est que MM. Mercié et Falguière +attendent que le Conseil municipal leur désigne l'emplacement, +pour savoir quelles proportions ils doivent +donner à leur monument. De son côté, le Conseil +municipal déclare attendre que MM. Falguière et Mercié +aient terminé leur œuvre avec ses dimensions pour +désigner l'emplacement. Le <i>Gaulois</i> du 29 octobre 1896 +s'étonne à bon droit d'un pareil retard, alors que depuis +plus de deux ans la maquette est acceptée par le Conseil +municipal, et, sans résultat du reste, demande des +explications. Le plus ennuyé est M. Osiris, qui, sur la +somme de quarante mille francs à laquelle la Commission +des Beaux-Arts a évalué le prix du Monument, en a +versé dix mille et voudrait remettre le surplus aux +mains du Conseil municipal.</p> + +<p>A la fin de l'année 1897, M. Falguière se retire de +l'association:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«....Il a considéré, d'accord avec son ami Mercié, que ce +serait trop de deux auteurs pour une œuvre qui ne saurait +être de dimensions très grandes. Et comme M. Mercié était +chargé de la figure principale, il a été convenu que le même +artiste s'occuperait également des motifs accessoires....»</p></div> + +<p>Telle est l'explication que donne le <i>Figaro</i> du +10 octobre 1897. Je crois que l'ennui causé par tous ces +<span class="pagenum"><a name="Page_35" id="Page_35">35</a></span> +retards est la véritable raison de la retraite de M. Falguière. +Et, à mon humble avis, il se passera bien du +temps encore, avant que nous ne voyions la statue +d'Alfred de Musset se dresser à Paris, sur une place +publique; cependant, l'Exposition universelle de 1900 +présente une excellente occasion d'inaugurer ce monument.</p> + +<p>M. Antonin Mercié reste donc seul chargé de l'exécution. +Le <i>Figaro</i> du 17 janvier 1898 donne la description +de la maquette du dernier projet:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«....Mercié nous a montré une cire représentant Alfred +de Musset assis sur un banc, un livre à la main, un manteau +tombant de ses épaules, le regard perdu dans un rêve. +Ingres n'eût pas mieux dessiné l'élégant poète dandy, que +Mercié nous a rendu vivant: «C'est tout. Peut-être encore +sur le piédestal, un bas-relief donnant quelques scènes des +proverbes. Cela dépendra de l'ampleur du monument, +c'est-à-dire de la place que va me désigner le Conseil.»</p></div> + +<p>L'emplacement désigné sera probablement le petit +terre-plein de la place du Théâtre-Français, qui fait face +à la rue Saint-Honoré, et sur lequel donne l'entrée des +artistes de la Comédie Française; on le débarrassera +des édicules qui l'encombrent. Il avait également été +question d'ériger la statue d'Alfred de Musset, place de la +Sorbonne, au milieu de la jeunesse des Écoles; ce projet +semble abandonné.</p> + +<p>Quant à la <i>physionomie</i> elle-même de la statue, +M. Mercié l'a composée d'après les portraits exécutés +du vivant d'Alfred de Musset et les données que lui +fournirent diverses personnes, parents et amis, ayant +connu le poète. M<sup>me</sup> Lardin de Musset a remis au +sculpteur des vêtements portés par l'auteur de <i>Un Caprice</i> +et est même venue poser pour les yeux et le haut de la +figure qu'elle a semblables à ceux de son frère.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_36" id="Page_36">36</a></span></p> +<p class="p2 c"><b>PORTRAITS DIVERS</b></p> + +<p>I.—Portrait-charge dessiné par Alfred de Musset sur +l'album de son ami Alfred Tattet. M<sup>me</sup> Tattet avait bien +voulu me faire voir ce portrait; mais aujourd'hui cette +dame est morte et j'ignore lequel de ses héritiers le +possède actuellement.</p> + +<p>II.—Un matin de l'année 1882, le graveur Louis +Charbonnel m'apporta un portrait peint à l'huile sur +une toile collée sur carton fort; il prétendait que c'était +Alfred de Musset par Eugène Delacroix: le poète +était représenté en buste, de face et vêtu d'une chemise +de femme. Je ne pouvais discuter avec lui l'authenticité +du Delacroix, car il avait sous ce rapport beaucoup plus +de connaissances que moi; mais, ce que je pus lui affirmer, +c'est que son tableau me semblait une affreuse +croûte et que ce n'était sûrement pas Alfred de Musset. +Charbonnel n'en voulut pas moins graver à l'eau-forte ce +portrait, le réduisant à peu près au quart, et me donna +le cuivre. Cet ami est mort en 1884 et je ne sais ce qu'est +devenu l'original; quant au cuivre j'en ai, cette même +année 1884, fait tirer 25 épreuves à l'imprimerie Lemercier +et l'ai mis au tond d'un de mes tiroirs où il est +encore.</p> + +<p>III.—Une vignette de Bertall, gravée sur bois par Le +Blanc: «Panthéon du Diable à Paris: la poésie, la +philosophie, la littérature», publiée dans le <i>Diable à +Paris</i>, (Hetzel, 1845, 2 vol. in-4<sup>o</sup>, tome II, page 336), +renferme un petit portrait-charge d'Alfred de Musset.</p> + +<p>IV.—On prétend qu'Alfred de Musset aurait, sans le +savoir, été pris comme modèle pour cette gravure de +modes: «L'Homme du Monde, par Humann, 83, +rue Neuve-des-Petits-Champs», lithographie in-4<sup>o</sup> par +Gavarni, publiée dans: <i>Le Voyageur</i>, journal de l'office +<span class="pagenum"><a name="Page_37" id="Page_37">37</a></span> universel, place de la Bourse, 27. 1847;—<i>La Mode</i>, +15 décembre 1847. Puis isolément avec cette légende: +«L'Homme du Monde au foyer de l'Opéra, par +Humann.» (Imp. Lemercier.)—Je ne connais aucune +preuve à l'appui de ce dire.</p> + +<p>V.—Vignette sur bois non signée, publiée dans le +<i>Livre des 400 auteurs</i>. (Paris, Bureau du Magasin des +Familles, 1850, 1 vol. in-4<sup>o</sup>, page 8): «Pourquoi Alfred de +Musset résiste-t-il avec tant de froideur à la Muse, que +pour lui échapper il lui laisse aux mains son manteau +de poète.» La vignette représente la scène de Joseph et +la femme de Putiphar.</p> + +<p>VI.—Dans l'<i>Album des portraits comiques</i>, contenant +plus de 100 sujets variés, (Paris, Bureau du Magasin des +Familles, s. d., in-8<sup>o</sup> oblong), on trouve page 11, un +portrait-charge d'Alfred de Musset en berger, qui n'est +autre que le portrait d'Arsène Houssaye.</p> + +<p>VII.—La Comédie des comédiennes, n<sup>o</sup> 2. «C'est une +belle chose que l'Amour, n'est-ce pas, poète? C'est +Dieu qui a fait l'Amour!—Oui, mais c'est le diable +qui a fait la femme». Lithographie in-4<sup>o</sup> par Cisneros +d'après Talin, (Imp. Bertauts), publiée dans l'<i>Artiste</i> du +16 décembre 1855. Ce sont, dit-on, Alfred de Musset et +Rachel.</p> + +<p>VIII.—Portrait d'Alfred de Musset, tableau par +M. Eugène Carrière. Salon de 1878 (n<sup>o</sup> 412).</p> + +<p>IX.—En 1881, le libraire et marchand d'estampes +Fabré vendait un portrait in-8<sup>o</sup>, gravé au vernis mou, +signé: «Ch. Senties» et portant à côté de ce nom le +fac-similé de la signature d'Alfred de Musset. J'ignore +quel personnage M. Ch. Senties a voulu représenter; +mais, quel qu'il soit, ce n'est pas un portrait d'Alfred de +Musset.</p> + +<p>X.—Buste en plâtre, par Zacharie Rimbez. Salon +de 1885 (n<sup>o</sup> 4139).</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_38" id="Page_38">38</a></span> +XI.—«Trinité Poétique: Alfred de Musset, Victor +Hugo, Lamartine.» Tableau par Guillaume Dubuffe. +Salon de 1888 (n<sup>o</sup> 887).</p> + +<p>XII.—«Collection Prunaire, n<sup>o</sup> 43. Alfred de Musset». +Portrait in-8<sup>o</sup> colorié, gravé sur bois par A. Prunaire, +d'après le dessin de E. Loevy, (Picard et Kaan, éditeurs +à Paris. Imp. de Ch. Unsinger), avec, au verso, une +notice par H. Mossier. Image donnée en récompense +dans les écoles.</p> + +<p>XIII.—Caricature in-32, gravée au trait par Malatesta, +à propos de <i>Lorenzaccio</i>:</p> + +<p class="left30 font90">Publiez mes secrets, défigurez mon drame,<br /> +Mais épargnez du moins l'interview à mon âme.</p> + +<p>publiée dans l'<i>Illustration</i> du 30 janvier 1897.</p> + +<div class="figcenter"><img src="images/044_s.jpg" width="200" height="125" +alt="end chap portraits" title="" /></div> + +<p class="center"><a href="images/044_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_39" id="Page_39">39</a></span></p> +<p class="c"><b>ALFRED DE MUSSET</b></p> + +<p class="s"><b>ET</b></p> + +<p class="c"><b>GEORGE SAND</b></p> + +<p class="p4"><span class="pagenum invisible"><a name="Page_40" id="Page_40">40</a></span></p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_41" id="Page_41">41</a></span> Cette étude a paru primitivement dans la <i>Revue de +Paris</i> du 15 août 1896. Depuis lors, les lettres de George +Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve ont été publiées. +Des fragments assez étendus, mais toutefois peu +corrects quant au texte, des lettres d'Alfred de Musset à +George Sand, ainsi que beaucoup d'autres documents, +ont également été mis au jour. Cela a nécessité quelques +remaniements dans cet article.</p> + +<p>Je réponds en même temps à des objections qui m'ont +été faites et rectifie certaines erreurs de ma relation. +Enfin, la façon peu courtoise dont une personne qui avait +eu momentanément entre les mains le dossier réuni +par moi, n'a pas hésité à le communiquer, à mon insu, à +d'autres personnes, me permet de parler aujourd'hui de +choses que j'avais cru devoir taire jusque-là.</p> + +<p>Une dame russe, M<sup>me</sup> Wladimir Karenine, vient de +publier un ouvrage d'érudition intitulé: <i>George Sand, +sa vie et ses œuvres</i> (Paris, Ollendorff, 1899; 2 vol. in-8<sup>o</sup>) +dans lequel on trouve l'analyse de tout ce qui a été écrit +sur les «amants de Venise», ainsi que quantité de documents +inédits. Je ne puis en donner le détail, mais j'engage +le lecteur à consulter cette étude qui est la plus +complète et «la plus près de la vérité» de celles qui ont +été écrites sur la question Sand-Musset. Je n'ai pas l'honneur +de connaître M<sup>me</sup> Karenine, mais je la prie de vouloir +bien recevoir ici tous mes remerciements pour la +bonne opinion qu'elle veut bien avoir de moi.</p> + +<p class="right">M. C.</p> + +<p class="left5">Juillet 1899.</p> + +<p><span class="pagenum invisible"><a name="Page_42" id="Page_42">42</a></span></p> + +<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_43" id="Page_43">43</a></span></p> + +<div class="figcenter"><img src="images/006_s.jpg" width="600" height="167" +alt="chap2" title="" /></div> + +<p class="center"><a href="images/006_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<h2 class="p2">ALFRED DE MUSSET ET GEORGE SAND</h2> + +<hr class="c5" /> + +<p>La <i>Véritable histoire de «Elle et Lui»</i> récemment +publiée par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul<a name="FNanchor_8" id="FNanchor_8" href="#Footnote_8" class="fnanchor">[8]</a>, +a rouvert de la façon la plus curieuse, entre Alfred de +Musset et George Sand, un débat qui ne sera pas décidément +clos, ni l'équitable jugement prononcé, avant la +mise en plein jour des lettres échangées par ces amants +illustres<a name="FNanchor_9" id="FNanchor_9" href="#Footnote_9" class="fnanchor">[9]</a>. La réputation du célèbre <i>Chercheur</i> n'est +plus à faire et nous nous garderons de dire le bien que +nous en pensons. Nous ne voulons, à notre tour, que +joindre au dossier commun quelques pièces authentiques. +La «véritable histoire» de cette liaison, apparemment, +ce n'est pas <i>Elle et Lui</i>, ce n'est pas davantage +<i>Lui et Elle</i>—et nous ne disons rien de <i>Lui</i>, qui fut +l'œuvre d'une personne étrangère au débat, et l'exercice +<span class="pagenum"><a name="Page_44" id="Page_44">44</a></span> de rancunes particulières:—on ne saurait préparer +avec trop de soin le difficile triomphe de la vérité.</p> + +<p>Mais, d'abord, adressons l'hommage de notre plus +respectueuse gratitude à M<sup>me</sup> Lardin de Musset, la sœur +de «Lui»; à M<sup>me</sup> Lina Sand, la veuve du fils d'«Elle», +qui ont mis généreusement à notre disposition tous les +documents qu'elles possèdent. Il nous faut remercier +aussi M. Alexandre Tattet, qui nous a communiqué les +lettres adressées à son frère.</p> + +<p class="center">*<br /> +* *</p> + +<p>Alfred de Musset et George Sand se virent pour la +première fois au mois d'avril ou de mai 1833. Écrivant +l'un et l'autre à la <i>Revue des Deux-Mondes</i>, ils avaient +naturellement l'occasion de se rencontrer; des amis +communs, Sainte-Beuve surtout, firent le reste. Relations +de courtoisie littéraire, d'abord: Alfred de Musset +envoyait des vers à George Sand, <i>Après la lecture d'Indiana</i>, +datés du 24 juin 1833<a name="FNanchor_10" id="FNanchor_10" href="#Footnote_10" class="fnanchor">[10]</a>, puis des fragments de +son poème <i>Rolla</i> qu'il écrivait en ce moment. Peu à peu +leur intimité devint plus grande et George Sand adresse +à Musset un exemplaire de <i>Lelia</i> portant ces dédicaces:</p> + +<p>Tome I: «A Monsieur mon gamin d'Alfred, George.»</p> + +<p>Tome II: «A Monsieur le vicomte Alfred de Musset, +hommage respectueux de son dévoué serviteur, George +Sand.»</p> + +<p>Envoi auquel Musset répond: «Éprouver de la joie à +la lecture d'une belle chose, faite par un autre, est le +privilège d'une ancienne amitié. Je n'ai pas ces droits +auprès de vous, madame; il faut cependant que je vous +dise que c'est là ce qui m'est arrivé en lisant <i>Lélia</i>...»</p> + +<div class="figcenter"><img src="images/051_s.jpg" width="400" height="505" +alt="George Sand" title="" /></div> + +<p class="center"><a href="images/051_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_45" id="Page_45">45</a></span> Dans des stances burlesques fort connues, le <i>Songe du +Reviewer ou Buloz consterné</i>, Musset chante les rédacteurs +de la <i>Revue des Deux-Mondes</i>:</p> + +<p class="left30 font90">George Sand est abbesse<br /> +Dans un pays lointain;<br /> +Fontaney sert la messe<br /> +A Saint Thomas d'Aquin;<br /> +Fournier, aux inodores,<br /> +Présente le papier,<br /> +Et quatre métaphores<br /> +Ont étouffé Barbier.</p> + +<p class="left30 font90">Cette nuit, Lacordaire<br /> +A tué de Vigny;<br /> +Lherminier veut se faire<br /> +Grotesque à Franconi;<br /> +Planche est gendarme en Chine;<br /> +Magnin vend de l'onguent;<br /> +Le monde est en ruine:<br /> +Bonnaire est sans argent!!!<a name="FNanchor_11" id="FNanchor_11" href="#Footnote_11" class="fnanchor">[11]</a></p> + +<p>Dans une autre pièce de vers, demeurée inédite, +Alfred décrit familièrement les soirées de son amie:</p> + +<div class="left30 font90"> +<p>George est dans sa chambrette,<br /> +Entre deux pots de fleurs,<br /> +Fumant sa cigarette,<br /> +Les yeux baignés de pleurs.</p> + +<p>Buloz, assis par terre,<br /> +Lui fait de doux serments;<br /> +Solange, par derrière,<br /> +Gribouille ses romans.</p> + +<p>Planté comme une borne,<br /> +Boucoiran<a name="FNanchor_12" id="FNanchor_12" href="#Footnote_12" class="fnanchor">[12]</a> tout crotté<br /> +Contemple d'un œil morne<br /> +Musset tout débraillé.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_46" id="Page_46">46</a></span> Dans le plus grand silence<br /> +Paul se versant du thé<br /> +Écoute l'éloquence<br /> +De Menard tout crotté.</p> + +<p>Planche, saoul de la veille,<br /> +Est assis dans un coin<br /> +Et se cure l'oreille<br /> +Avec le plus grand soin.</p> + +<p>La mère Lacouture<a name="FNanchor_13" id="FNanchor_13" href="#Footnote_13" class="fnanchor">[13]</a><br /> +Accroupie au foyer<br /> +Renverse une friture<br /> +Et casse un saladier.</p> + +<p>De colère pieuse,<br /> +Gueroult tout palpitant<br /> +Se plaint d'une dent creuse<br /> +Et des vices du temps.</p> + +<p>Pâle et mélancolique<br /> +D'un air mystérieux<br /> +Papet<a name="FNanchor_14" id="FNanchor_14" href="#Footnote_14" class="fnanchor">[14]</a> pris de colique<br /> +Demande où sont les lieux.</p></div> + +<p>Débraillé ou non, Musset dessine sur un album la +charge des habitués de la maison, Rollinat, Gueroult, +Mérimée, Dumas «charpentant un viol», Sainte-Beuve, +qu'il appelle le «bedeau du temple de Gnide», Buloz, +et, après beaucoup d'autres, lui-même, en «ballade à la +lune», en «Don Juan allant emprunter dix sous», en +«poète chevelu»<a name="FNanchor_15" id="FNanchor_15" href="#Footnote_15" class="fnanchor">[15]</a>, et, pour se faire pardonner ses +caricatures, essaye un portrait plus sérieux de Lelia:</p> + +<div class="blockquot"> +<p><span class="pagenum"><a name="Page_47" id="Page_47">47</a></span></p> +<p class="left5">«Mon cher George,</p> + +<p>«Vos beaux yeux noirs que j'ai outragés hier m'ont trotté +dans la tête ce matin. Je vous envoyé cette ébauche, toute +laide qu'elle est, par curiosité, pour voir si vos amis la +reconnaîtront et si vous la reconnaîtrez vous-même.</p> + +<p>«Good night.—I am gloomy to-day.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Alf<sup>d</sup> de Musset.»</span></p></div> + +<p>A la fin du mois d'août, ils sont amants<a name="FNanchor_16" id="FNanchor_16" href="#Footnote_16" class="fnanchor">[16]</a>. Leur vie, +durant cette période, est semblable à celle des peuples +heureux et n'a pas d'histoire. Il suffit, à la rigueur, de +lire ce qui est publié de la correspondance de George +Sand et de Sainte-Beuve, dans le tome I des <i>Portraits +contemporains</i>, édition de 1888, et ce que Paul de Musset +raconte dans la <i>Biographie</i> de son frère. On devine le +reste. On nous permettra de ne pas les suivre avant leur +voyage en Italie.</p> + +<p class="c p2"><b>I</b></p> + +<p class="c">VOYAGE EN ITALIE</p> + +<p>Le 12 décembre 1833, dans la soirée, Paul de Musset +conduisit les deux voyageurs jusqu'à la malle-poste. Ils +s'arrêtèrent à Lyon, où ils rencontrèrent Stendhal; à +Avignon, Marseille<a name="FNanchor_17" id="FNanchor_17" href="#Footnote_17" class="fnanchor">[17]</a>, Gênes, et le 28 se trouvaient +à Florence. Ce fut probablement pendant le court séjour +qu'ils y firent qu'Alfred de Musset entreprit des recherches +<span class="pagenum"><a name="Page_48" id="Page_48">48</a></span> sur quelques-uns de ses ancêtres<a name="FNanchor_18" id="FNanchor_18" href="#Footnote_18" class="fnanchor">[18]</a> et trouva +ce fragment du livre XV des <i>Chroniques Florentines</i> qui +lui fournit le sujet de <i>Lorenzaccio</i>.</p> + +<p>De cette ville, les dates précises nous sont fournies par +le passeport d'Alfred de Musset:</p> + +<div class="blockquot"> +<p><i>Firenze, 28 Dic. 1833. Visto alla Legazione d'Austria per +Venezia.</i></p> + +<p><i>Firenze, 28 Dic. 1833. Visto buono per Bologna et Venezia.—G. +Molinari.</i></p> + +<p><i>Visto, buono per Bologna—Dellaca, 29 dicembre 1833.</i></p> + +<p><i>Bologna, 29 Dic. 1833. Per la continuazione del suo viaggio +via di Ferrara.</i></p> + +<p><i>Francolino. 30 Dic. 1833. Visto sortire.</i></p> + +<p><i>Rovigo, 30 Dic. 1833. Buono per Padova.</i></p> + +<p><i>Vu au Consulat de France à Venise. Bon pour séjour. Venise, +te 19 janvier 1834.—Le consul de France: Silvestre de Sacy.</i></p> +</div> + +<p>Les divers incidents du voyage, qui, du reste, n'ont +rien de particulier, sont racontés par George Sand dans +son <i>Histoire de ma vie</i>, et par Paul de Musset dans la +<i>Biographie</i> de son frère. Alfred de Musset en a même +consigné quelques épisodes sur un petit carnet de voyage, +dessins faits à la hâte, mais qui représentent bien ce +qu'ils veulent peindre: ce sont d'abord un vieux monsieur +et une vieille dame, types de provinciaux probablement +aperçus à travers les vitres d'une portière de +diligence. Plus loin, un marchand de bibelots offre sa +pacotille à nos deux voyageurs dont un troisième dessin +nous donne les portraits. Ce sont ensuite la douane +de Gênes, et, sur le bateau, la rencontre d'un voyageur +trop bavard. Puis vient Stendhal, à Pont-Saint-Esprit: +«Il fut là d'une gaieté folle, dit George Sand, se grisa +<span class="pagenum"><a name="Page_49" id="Page_49">49</a></span> raisonnablement, et dansant autour de la table avec +ses grosses bottes fourrées»<a name="FNanchor_19" id="FNanchor_19" href="#Footnote_19" class="fnanchor">[19]</a> fit l'admiration de la +servante d'auberge. Voici maintenant George Sand se +masquant le bas de la figure avec son éventail; un autre +portrait de Stendhal; une tête de vieillard avec cette +légende: «Il dottor Rebizzo»; et enfin, la dernière +scène de la traversée: l'auteur, affalé sur le bord du +bateau, paye son tribut à la mer, tandis que sa compagne +fume gaillardement une cigarette: «Homo sum +et nihil humani a me alienum puto»<a name="FNanchor_20" id="FNanchor_20" href="#Footnote_20" class="fnanchor">[20]</a>. A cela vient +se joindre un autre dessin, sur une feuille séparée, représentant +«Il signor Mocenigo.»</p> + +<p>A Gênes, George Sand avait senti les premières +atteintes des fièvres du pays; son état ne fit que s'aggraver +dans la suite du voyage, elle arriva malade à Venise.</p> + +<p>Les deux amants s'installèrent sur le quai des Esclavons, +à l'hôtel Danieli, que tenait il signor Mocenigo. +Jadis, lord Byron avait habité un palais sur le Grand +Canal: «<i>Aveva tutto il palazzo, lord Byron</i>», leur dit +leur hôte. Ce souvenir du poète anglais est demeuré si +vivace chez Alfred de Musset, que huit ans plus tard, on +le retrouve dans son <i>Histoire d'un merle blanc</i><a name="FNanchor_21" id="FNanchor_21" href="#Footnote_21" class="fnanchor">[21]</a>: +«J'irai à Venise et je louerai sur les bords du Grand +Canal, au milieu de cette cité féerique, le beau palais +Mocenigo, qui coûte quatre livres dix sous par jour: +là, je m'inspirerai de tous les souvenirs que l'auteur +de <i>Lara</i> doit y avoir laissés».</p> + +<p>Les premiers temps de leur séjour furent calmes; +malgré son état maladif, George Sand accompagnait +Musset, qui, tout en visitant la ville, prenait des notes +<span class="pagenum"><a name="Page_50" id="Page_50">50</a></span> sur les usages, sur les dénominations des lieux: nous +avons de lui plusieurs pages d'adresses, de recettes culinaires, +mots du dialecte vénitien, courtes notices sur des +familles ou des noms célèbres à Venise, inscriptions +copiées sur les monuments, tout cela pêle-mêle, au hasard +des rencontres. Nous voyons là qu'ensemble ils visitèrent +Chioggia, déjeunèrent au restaurant du Sauvage, à +Venise, et se promenèrent dans les jardins de Saint Blaise, +à la Zuecca:</p> + +<p class="left30 font90"> +A Saint Blaise, à la Zuecca,<br /> +Vous étiez, vous étiez bien aise,<br /> +<span class="i2">A Saint Blaise;</span><br /> +A Saint Blaise, à la Zuecca,<br /> +Nous étions bien là!....<a name="FNanchor_22" id="FNanchor_22" href="#Footnote_22" class="fnanchor">[22]</a></p> + +<p>C'est probablement pendant l'une de ces promenades +qu'Alfred de Musset recueillit cette chanson italienne, +retrouvée dans ses papiers, que l'on peut rapprocher de +la <i>Serenata</i> du D<sup>r</sup> Pagello, dont George Sand cite une +version non signée dans sa <i>Deuxième lettre d'un voyageur</i> +et que M. le vicomte de Spoelberch a publiée en entier<a name="FNanchor_23" id="FNanchor_23" href="#Footnote_23" class="fnanchor">[23]</a>:</p> + +<p class="left30 font90"><span class="i4 smcap">Le Fou</span></p> + +<div class="left30 font90"> +<p>Lascia, lascia, il cimitero<br /> +Siedi tosto a me d'accanto.<br /> +Tra la la! Quel loco e nero!<br /> +Vieni, vieni, io t'amo tanto!<br /> +Amor mio, vieni con me!<br /> +<span class="i2">Povero me!</span></p> + +<p>Oh! perche quel caro viso<br /> +Mi nascondi entro una fossa.<br /> +Tra la la! Voglio il tuo riso,<br /> +E mi mostri 'sol quel ossa?<br /> +Amor mio, vieni con me!<br /> +<span class="i2">Povero me!</span></p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_51" id="Page_51">51</a></span></p> + +<p>Ecco l'sole e dormi ognora!<br /> +Sorgi su! senti l'amante!<br /> +Tra la la! Che si t'adora,<br /> +Che si strugge a te davante!<br /> +Amor mio, vieni con me<br /> +<span class="i2">Povero me!</span></p> + +<p>Eri bella, ora sei brutta,<br /> +Fredda resti ai bacci miei!<br /> +Tra la la! Se mia sei tutta!<br /> +Che mi fa che morta sei!<br /> +Amor mio, vieni con me!<br /> +<span class="i2">Povero me!</span></p></div> + +<p class="p2 center"><i>Traduction:</i></p> + +<div class="blockquot"> +<p>Quitte, quitte le cimetière—Assieds-toi vite auprès +de moi—Tra la la! Ce lieu est noir—Viens, viens, je +t'aime tant!—Mon amour, viens avec moi!—Pauvre +moi!</p> + +<p>Oh! pourquoi ce cher visage—Se cache-t-il dans une +tombe?—Tra la la! je voudrais ton sourire!—Pourquoi +ne me montrer que tes os?—Mon amour, viens +avec moi!—Pauvre moi!</p> + +<p>Voici le soleil, et tu dors toujours!—Allons, lève-toi, +entends le bien aimé!—Tra la la! qui tellement t'adore—Qui +fait tant d'efforts pour aller au-devant de toi—Mon +amour, viens avec moi!—Pauvre moi!</p> + +<p>Tu étais belle! A présent tu es laide!—Tu restes froide +à mes baisers!—Tra la la! Puisque tu es toute à moi—Que +m'importe que tu sois morte?—Mon amour, +viens avec moi!—Pauvre moi!</p></div> + +<p>Mais bientôt George Sand dut garder la chambre et +son ami continua seul ses excursions.</p> + +<p>Alfred de Musset avait écrit plusieurs fois à sa mère +depuis son départ: de Marseille, de Gênes, de Florence, +puis de Venise. Les premières lettres parvinrent à leur +<span class="pagenum"><a name="Page_52" id="Page_52">52</a></span> adresse<a name="FNanchor_24" id="FNanchor_24" href="#Footnote_24" class="fnanchor">[24]</a>; mais vers la fin de janvier, les nouvelles +cessèrent brusquement. M<sup>me</sup> de Musset s'en plaignit à +son fils:</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="right">«Paris, ce jeudi, 13 février 1834.</p> + +<p>«Il m'est impossible, mon cher enfant, de me rendre +compte des motifs que tu peux avoir pour me laisser si +longtemps sans nouvelles, après la promesse que tu m'avais +faite de m'éviter au moins ce chagrin là. Tu connais ma +facilité malheureuse à m'inquiéter; si tu lui laisses un libre +cours, je ne puis pas prévoir où elle me conduira. Ces jours +derniers, Hermine<a name="FNanchor_25" id="FNanchor_25" href="#Footnote_25" class="fnanchor">[25]</a> était malade, elle a pris un rhume en +sortant d'un bal chez M<sup>me</sup> Hennequin, qui nous avait invitées. +Je veillais près d'elle et passais de longues nuits, que l'incertitude +de ta position, de ta santé, rendaient bien tristes. Le +matin, j'avais une fièvre nerveuse, la tête me tournait, il me +semblait que j'allais devenir folle; je pleurais, je marchais à +grands pas dans ma chambre, cherchais quel moyen je pourrais +imaginer pour me procurer de tes nouvelles. Enfin, +j'ai supplié Paul<a name="FNanchor_26" id="FNanchor_26" href="#Footnote_26" class="fnanchor">[26]</a>, après plusieurs jours de cet état intolérable, +d'aller voir Buloz et de savoir de lui si quelqu'un +des amis de M<sup>me</sup> Sand avait eu de ses nouvelles. Heureusement +Buloz avait reçu une lettre de toi, datée du 27 janvier; +Paul m'a calmé le sang en me rapportant cette nouvelle. Je +ne suis plus malade, mais je suis bien triste; car il faut que +tu aies des raisons pour me laisser dans une pareille inquiétude, +si tu n'es pas malade, ce que cette lettre à Buloz ne +prouve nullement, puisque je ne l'ai pas lue; au moins, tu +es ennuyé, lui-même l'a dit à Paul; tu ne te plais plus à +Venise, peut-être en es-tu parti; je t'écris à tout hasard; ma +lettre ne te parviendra probablement pas, mais c'est le +moindre de mes soucis. Je me soulage en t'écrivant; il me +semble au moins, pendant que je promène ma plume sur ce +papier, que tu m'entends et que tu vas te hâter de soulager mon +ennui en m'écrivant bien vite. Fais-le, mon bon fils, si cette +lettre arrive jusqu'à toi et surmonte la paresse ou le malaise +<span class="pagenum"><a name="Page_53" id="Page_53">53</a></span> qui t'en a empêché depuis six semaines, car il y a réellement +tout ce temps que je n'ai reçu un mot de toi. La dernière +[lettre], qui m'a fait tant de plaisir, est datée du 6 janvier; +je l'ai relue bien des fois, mais maintenant je ne puis plus la +relire, elle me fait mal, car cette phrase par laquelle tu la +termines: «Ne crains pas, ma chère mère, il t'en coûtera des +ports de lettres...» etc.: n'y a-t-il pas dans cette assurance +de quoi faire naître les plus vives inquiétudes? Car, qui +peut te détourner d'une si bonne et si chère résolution, que +des accidents graves ou un état d'abattement causé par la +maladie? Je sens, mon cher enfant, que si rien de tout cela +n'existe, je vais l'ennuyer par mes doléances; mais figure +toi un peu ce que c'est que d'être à trois cents lieues de son +fils chéri, et de ne savoir à quels saints se vouer pour savoir +s'il existe ou s'il est mort, assassiné, noyé, que sais-je? Il y +a de quoi en perdre l'esprit et c'est ce que je fais.</p> + +<p>«Nous avons passé un triste carnaval.... (Détails sur les +bals où elle était invitée avec sa fille.)</p> + +<p>«Je ne sais pas si tu as reçu les deux lettres que je t'ai +adressées à Venise? La première était adressée poste restante, +à Venise; la seconde, quai des Esclavons ou bureau +restant. Mais j'avais mis sur l'adresse <i>Monsieur de Musset</i> +sans le prénom d'<i>Alfred</i>; je crains que si tu l'as été chercher +on ne te l'ait pas donnée. Enfin je me persuade que tu n'as +pas reçu mes lettres, puisque tu n'as répondu à aucune. +Celle-ci sera-t-elle plus heureuse? Cela est fort douteux. +Fais réclamer les autres si on ne te les a pas encore données. +Il faudrait y aller toi-même, car on ne les donne pas à d'autres +qu'à la personne même à laquelle elles sont adressées.</p> + +<p>«Mais cela est du bavardage, tu le sais aussi bien que moi.</p> + +<p>«Je te quitte en t'embrassant bien tendrement; ton frère +et ta sœur en font autant, mais personne au monde ne t'aime +comme</p> + +<p class="right">«Ta mère.»</p></div> + +<p>Ce n'était ni la paresse ni la maladie qui empêchaient +Alfred de Musset de donner de ses nouvelles; il écrivait +régulièrement et confiait ses lettres à un gondolier, +nommé Francesco, pour les porter à la poste avec l'argent +nécessaire à leur affranchissement: mais Francesco +dépensait l'argent au cabaret et jetait la lettre à l'eau.</p> + +<p class="p2"><span class="pagenum"><a name="Page_54" id="Page_54">54</a></span></p> +<p class="c"><b>II</b></p> + +<p class="c">A VENISE</p> + +<p>Il y avait un peu plus d'un mois que les deux amants +étaient à Venise, quand éclata la crise terrible dont s'est +ressentie leur vie entière: fatigué au physique et au +moral par le voyage, affaibli par le climat, ennuyé de cette +compagne toujours malade qui lui faisait si triste figure, +Alfred de Musset devint nerveux, irritable, s'emportant +à la moindre contradiction, au moindre obstacle; George +Sand, que la fièvre rendait non moins irascible et maussade, +reçut mal ses observations ou ses doléances: de là +ces querelles qui firent de leur chambre d'hôtel un enfer. +Ce ne fut pas leur faute, il ne faut les accuser ni l'un ni +l'autre: le milieu seul fut coupable. Et puis, sans vouloir +en convenir avec eux-mêmes, ils commençaient malgré +eux à sentir que leur beau rêve était irréalisable et que +l'amour idéal ne se trouvait pas sur terre. C'est alors +qu'Alfred de Musset fut à son tour atteint par la +fièvre; et dans l'état d'excitation où il vivait, le mal ne +fit pas chez lui de lents progrès comme chez George +Sand: il l'abattit d'un seul coup. George Sand éperdue, +ne sachant où donner de la tête, manda par une lettre +pressante<a name="FNanchor_27" id="FNanchor_27" href="#Footnote_27" class="fnanchor">[27]</a> un jeune médecin, qui, peu de temps auparavant, +l'avait soignée pour une migraine, le docteur +Pierre Pagello:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«...E mi pregava di accorrer subito, e, se lo credessi +opportuno, di condur meco un altro medico, per consultare, +<span class="pagenum"><a name="Page_55" id="Page_55">55</a></span> trattandosi d'un uomo di grande ingegno poetico e di un +individuo che cio che di meglio amava sulla terra. Accorsi +subito e mi associai al dottor Zuanon, valentissimo giovane e +collega, assistente all'ospitale dei S.S. Giovanni e Paolo. +Abbiamo diagnosticata la malattia per febbre tifoidea nervosa.....»<a name="FNanchor_28" id="FNanchor_28" href="#Footnote_28" class="fnanchor">[28]</a>.</p> + +<p>«...Elle me priait de venir aussitôt, et, si je le jugeais +opportun, d'amener avec moi un autre médecin pour une +consultation; il s'agissait d'un homme d'un grand génie +poëtique, d'une personne qui était ce qu'elle aimait le mieux +sur la terre. J'accourus de suite et m'adjoignis le docteur +Zuanon, jeune homme fort remarquable et mon collègue, +assistant à l'hôpital des Saints Jean et Paul. Nous avons diagnostiqué +la maladie: une fièvre typhoïde nerveuse....»</p></div> + +<p>Pagello vint et remplaça avantageusement un vieux +médecin qui, nous ne savons comment, se trouvait au +chevet de Musset, dès le début de sa maladie, le docteur +Rebizzo<a name="FNanchor_29" id="FNanchor_29" href="#Footnote_29" class="fnanchor">[29]</a>.</p> + +<p>Pagello ordonna des compresses d'eau glacée et une +potion calmante:</p> + +<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="ordonnance"> +<colgroup span="2"> +<col width="200" align="left"></col> +<col align="right"></col> +</colgroup> +<tr> + <td><i>Aq. ceras nigr</i></td> + <td>ξ <i>ij</i></td> +</tr> +<tr> + <td><i>Laud. liquid. Sydn. gutt</i></td> + <td><i>XX</i></td> +</tr> +<tr> +<td><i>Aq. coob. laur. ceras, gutt</i></td> +<td><i>XV</i></td> +</tr> +</table> + +<p class="left55"><i>D<sup>r</sup>PAGELLO.</i></p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_56" id="Page_56">56</a></span> +Autrement dit:</p> + +<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="trad ord"> +<colgroup span="2"> +<col width="215" align="left"></col> +<col align="right"></col> +</colgroup> +<tr> + <td>Eau de cerises noires</td> + <td>1 once, 2 gros.</td> +</tr> +<tr> + <td>Laudanum liquide de Sydenham</td> + <td>20 gouttes.</td> +</tr> +<tr> + <td>Eau distillée de laurier cerise</td> + <td>15 gouttes.</td> +</tr> +</table> + +<div class="figcenter"><img src="images/062_s.jpg" width="300" height="357" +alt="Ordonnance du Dr Pagello" title="" /></div> + +<p class="center"><span class="caption">Ordonnance du Dr Pagello</span><br /> +<a href="images/062_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<p>Pendant plus de huit jours, le poète fut soigné avec +un admirable dévouement par George Sand et Pagello +qui ne quittèrent pas son chevet:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«....Par instants les sons de leurs voix me paraissaient +faibles et lointains; par instants ils résonnaient dans ma +tête avec un bruit insupportable. Je sentais des bouffées de +froid monter du fond de mon lit, une vapeur glacée, comme +il en sort d'une cave ou d'un tombeau, me pénétrer jusqu'à +la moelle des os. Je conçus la pensée d'appeler, mais je ne +l'essayai même pas, tant il y avait loin du siège de ma pensée +aux organes qui auraient dû l'exprimer. A l'idée qu'on pouvait +me croire mort et m'enterrer avec ce reste de vie réfugié +dans mon cerveau, j'eus peur, et il me fut impossible d'en +donner aucun signe. Par bonheur, une main, je ne sais +laquelle, ôta de mon front une compresse d'eau froide que +j'avais depuis plusieurs jours et je sentis un peu de chaleur. +J'entendis mes deux gardiens se consulter sur mon état, ils +n'espéraient plus me sauver.......»<a name="FNanchor_30" id="FNanchor_30" href="#Footnote_30" class="fnanchor">[30]</a>.</p> +</div> + +<p>«Le 5 février, George Sand écrivait à Boucoiran: «...Je +viens d'annoncer à Buloz l'état d'Alfred, qui est fort +alarmant ce soir......» Et le 8, au même: «.....La +maladie suit son cours sans de trop mauvais symptômes, +mais non pas sans symptômes alarmants...... +Heureusement j'ai trouvé enfin un jeune médecin +excellent, qui ne le quitte ni jour ni nuit et qui lui +administre des remèdes d'un très bon effet...... Gardez +toujours un silence absolu sur la maladie d'Alfred +et recommandez le même silence à Buloz......»</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_57" id="Page_57">57</a></span> A des crises nerveuses d'une violence extrême, succédait +cette léthargie qui ressemblait à la mort. Le neuvième +ou le dixième jour, Musset, comme s'il sortait +d'un rêve, ouvrit les yeux en poussant un léger cri, et +reconnut les deux personnes présentes: «.....J'essayai +alors de tourner ma tête sur l'oreiller et elle tourna. +Pagello s'approcha de moi, me tâta le poulx et dit: «Il +va mieux; s'il continue ainsi, il est sauvé.....»<a name="FNanchor_31" id="FNanchor_31" href="#Footnote_31" class="fnanchor">[31]</a>. +Musset était hors de danger, en effet, mais il s'en fallait +de beaucoup qu'il fût guéri: dans une lettre adressée +à George Sand, datée du 4 avril 1834, il dit que cette +crise a duré dix-huit jours.</p> + +<p>Ici nous sommes obligé de toucher un point délicat: +pendant cette période aiguë de sa maladie, Alfred de +Musset a-t-il réellement vu ou s'est-il imaginé voir +George Sand entre les bras de Pagello?</p> + +<p>Dans une relation datée de décembre 1852, écrite entièrement +de sa main, Paul de Musset déclare que son +frère lui a toujours dit l'avoir <i>vue</i>, pendant qu'il était +étendu sur son lit de douleur, mais sans pouvoir préciser +le moment: «En face de moi, je voyais une femme +assise sur les genoux d'un homme, elle avait la tête +renversée en arrière..... Je vis les deux personnes s'embrasser.» +Et plus loin: «Le soir même ou le lendemain, +Pagello s'apprêtait à sortir, lorsque George Sand +lui dit de rester et lui offrit de prendre le thé avec +elle..... En les regardant prendre leur thé, je m'aperçus +qu'ils buvaient l'un après l'autre dans la même tasse.» +Mais c'est Paul qui a écrit cela et non Alfred, et pas une +ligne d'Alfred ne fait allusion à ce fait; il reproche bien +des choses à sa maîtresse, mais jamais cela.</p> + +<p>Il ne nous paraît guère possible d'admettre que George +Sand, épuisée par les veilles, malade elle-même, se soit +<span class="pagenum"><a name="Page_58" id="Page_58">58</a></span> donnée à un autre homme sous les yeux de celui qu'elle +soignait avec un dévouement sans bornes. Toute sa vie, +elle a protesté contre cela; elle s'est défendue, non pas +d'avoir été la maîtresse de Pagello, mais de l'être devenue +dans les circonstances que voilà.—Je parle du fait +matériel et non de la <i>déclaration</i> adressée par elle à +Pagello et signalée par le docteur Cabanès. Le meilleur +moyen de détruire cette légende, ne serait-il pas de +publier la correspondance des deux amants? Mais une +correspondance complète, et non des lettres tronquées +comme celles qui circulent sous main.</p> + +<p>D'autre part, madame Tattet, lorsqu'elle me fit l'honneur +de me recevoir, m'a déclaré que son mari lui avait +toujours dit que c'était lui, Alfred Tattet, qui s'était +aperçu de l'intimité existant entre G. Sand et le docteur, +ce dont il avait averti Alfred de Musset déjà convalescent. +Musset, qui n'avait jamais eu la moindre <i>Vision</i> au +sens où l'entend son frère, entra dans une rage folle +à cette nouvelle; il voulut se lever pour tuer G. Sand +et Pagello; Tattet parvint à le calmer, et il se contenta +de provoquer Pagello en duel. C'est à cela que G. Sand +fait évidemment allusion dans la lettre qu'elle adressa +le 24 août 1838 à Alfred Tattet: «...Je trouvais légitime +que vous me préférassiez votre ami; et, après tout, +vous me rendiez un plus grand service que de me garder +le secret, car vous l'empêchiez de se battre et je n'eusse +pas voulu payer votre silence au prix de la moindre +goutte de son sang....» Enfin, G. Sand parvint à illusionner +Alfred de Musset et à lui persuader que Tattet +avait mal vu. Cela ne vous semble-t-il pas plus vraisemblable +que le récit alambiqué de Paul de Musset?</p> + +<p>Cette même relation de Paul de Musset parle aussi d'une +querelle survenue pendant la convalescence d'Alfred. +Une nuit, Alfred surprit George écrivant sur ses genoux; +il voulut savoir ce qu'elle disait dans cette lettre et à qui +<span class="pagenum"><a name="Page_59" id="Page_59">59</a></span> elle l'adressait. George Sand refusa toute explication +et plutôt que de lui remettre son papier, elle le lança +par la fenêtre. Alfred de Musset fut convaincu par cela +seul qu'elle écrivait à Pagello pour lui donner un rendez-vous.—Nous +parlons toujours d'après Paul de Musset.</p> + +<p>Dans une note jointe à une lettre d'Alfred de Musset, +datée du 30 avril 1834, George Sand affirme qu'elle +donnait simplement des nouvelles d'Alfred à Pagello et +qu'elle ne voulut pas lui faire voir le billet parce qu'elle +y parlait de folie: «Plus tard, <i>elle</i> consentit, à Paris, +«<i>à lui</i> remettre cette fameuse lettre»; car, Alfred de +Musset parti, elle descendit aussitôt dans la rue où elle +la retrouva.</p> + +<p>Or, il y a, dans les papiers d'Alfred de Musset, une +<i>Canzonetta nuova supra l'Elisire d'Amore</i>, qui répond en +tous points à la pièce décrite par George Sand dans +la note citée plus haut: c'est une sorte de placard de +quatre pages, imprimé à Venise, sur mauvais papier, +et qui se vendait quelques sous dans la rue. Au dos de +cette romance, on lit cette phrase écrite, au crayon, par +George Sand: «<i>Egli e stato molto male questa notte, +poveretto! credeva si vedere fantasmi intorno al suo +letto, e gridava sempre: Son matto</i>, je deviens fou. <i>Temo +molto per la sua ragione. Bisogna sapere dal gondoliere +se non ha bevuto vino di Cipro, nella gondola, ieri. Se +forse ubri.....</i>» C'est-à-dire: «Il s'est trouvé très mal +cette nuit, le pauvre! Il croyait voir des fantômes autour +de son lit et criait sans cesse: <i>Je suis fou, je deviens fou.</i> +Je crains beaucoup pour sa raison. Il faut savoir du gondolier +s'il n'a pas bu du vin de Chypre, en gondole, hier. +Si peut-être il était gris.....» George Sand ajoute: «La +phrase devait probablement se terminer ainsi: <i>S'il +n'était que gris, cela ne serait pas si inquiétant.</i> Il éprouvait +un insurmontable besoin de relever ses forces par +des excitants, et deux ou trois fois, malgré toutes les +<span class="pagenum"><a name="Page_60" id="Page_60">60</a></span> précautions, il réussit à boire en s'échappant, sous prétexte +de promenade en gondole. Chaque fois, il eut des +crises épouvantables, et il ne fallait pas en parler au +médecin devant lui, car il s'emportait sérieusement +contre ces révélations.»</p> + +<p>On était alors aux premiers jours de mars; un secours +inattendu arriva aux malheureux voyageurs. M. Alfred +Tattet visitait l'Italie, en compagnie d'une personne dont +le nom fut célèbre au théâtre<a name="FNanchor_32" id="FNanchor_32" href="#Footnote_32" class="fnanchor">[32]</a>; il fit un détour pour +venir voir à Venise son ami Alfred de Musset, qu'il +croyait en bonne santé. Il le trouva revenant à la vie; +lui aussi se fit garde-malade et ils furent trois au lieu de +deux:</p> + +<p>«...J'ai tâché pendant mon séjour à Venise, écrivait-il +à Sainte-Beuve, de procurer quelques distractions +à Madame Dudevant, qui n'en pouvait plus; la maladie +d'Alfred l'avait beaucoup fatiguée. Je ne les ai quittés +que lorsqu'il m'a été bien prouvé que l'un était tout à +fait hors de danger et que l'autre était entièrement +remise de ses longues veilles.....»<a name="FNanchor_33" id="FNanchor_33" href="#Footnote_33" class="fnanchor">[33]</a>.</p> + +<p>Un billet de George Sand vient confirmer cette lettre:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center">«<i>A Monsieur Alfred Tattet, hôtel de l'Europe.</i></p> + +<p>«Alfred ne va pas mal; nous irons au spectacle si vous +voulez. Mais guérissez-vous de votre rhume et soignez-vous.</p> + +<p class="left5">«Tout à vous.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«George.»</span></p></div> + +<p>Dès qu'il avait pu le faire, Alfred de Musset avait écrit +à sa mère pour lui dire son état et lui annoncer son +<span class="pagenum"><a name="Page_61" id="Page_61">61</a></span> retour: «Je vous apporterai un corps malade, une +âme abattue, un cœur en sang, mais qui vous aime +encore.»<a name="FNanchor_34" id="FNanchor_34" href="#Footnote_34" class="fnanchor">[34]</a>.</p> + +<p>Voici la réponse de M<sup>me</sup> de Musset:</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="right">«Paris, 17 mars 1834.</p> + +<p>«Oh! mon pauvre fils! mon pauvre fils! Quel fatal voyage +tu as fait là! Et quelle affreuse maladie! Ta lettre m'a bouleversée; +j'en, suis restée trois heures sans pouvoir parler. +D'après le traitement qu'on t'a fait subir, ton frère conclut +que tu as eu une fièvre cérébrale. Pour moi, je me perds dans +les conjectures les plus sinistres pour deviner quelle complication +de maladies a pu l'assaillir, toi si sain, si fort jusque-là, +et qui n'as jamais fait sous mes yeux ce qu'on peut appeler +une maladie. Je suis persuadée que le malsain climat +dans lequel vous êtes allés vous fixer a contribué à ton +malheur. Venise est inhabitable une grande partie de l'année; +je voudrais à tout prix t'en savoir dehors. Il ne faut pas +cependant que tu te mettes en route pour la France avant +que ta pauvre santé soit consolidée; tu n'aurais pas la force +de supporter le voyage et une rechute serait plus dangereuse +encore. Mais si tu t'en sens la force, tâche d'aller passer +ta convalescence loin de Venise, elle en sera plus courte et +plus sûre. J'ai une bien grande reconnaissance pour Madame +Sand et pour tous les soins qu'elle t'a donnés. Que serais-tu +devenu sans elle? C'est affreux à penser. J'étais, lorsque j'ai +reçu ta lettre, dans une inquiétude impossible à exprimer. +J'avais été jeudi chez Buloz, qui venait de recevoir une +lettre de Madame Sand; il ne voulait pas me la montrer et +il feignait de l'avoir perdue. Il avait imprudemment lâché le +mot d'indisposition: Alfred a une indisposition! Il n'en fallait +pas tant pour me faire deviner la vérité, l'horrible vérité; +et je suis sortie de chez lui plus morte que vive.</p> + +<p>«Je n'ai pas besoin de te dire, mon bien cher enfant, que +tout ce que tu désires de changements dans notre appartement +sera fait de suite...... (Description des modifications +à opérer)...... Si ce projet te convient, écris-le moi, je le ferai +exécuter avant ton retour, pour t'éviter l'ennui des ouvriers, +<span class="pagenum"><a name="Page_62" id="Page_62">62</a></span> autrement, nous attendrons ton retour et je me bornerai +à faire ce que tu me demandes.</p> + +<p>«Je te supplie de m'écrire lettres sur lettres, mon cher enfant; +tu comprends combien cela m'est nécessaire en ce moment. +Je suis si malheureuse, si tourmentée! Ton frère et ta +sœur sont bien inquiets aussi. J'ai appris avec plaisir que +M. Tattet est avec vous; ce te sera une distraction agréable: +un ami est bien précieux à trois cents lieues de tous les +siens.</p> + +<p>«Nous nous portons tous bien, à l'inquiétude près, qui +est un mal insupportable pour moi. Je t'embrasse, mon cher +fils, de toute mon âme et t'aime plus que ma vie.</p> + +<p class="left5">«Ta mère</p> + +<p class="right">«<span class="smcap">Edmée»</span>.</p> + +<p>«Tu ne m'as pas donné d'adresse positive et pas dit si tu as +reçu une seule de mes lettres; de sorte que je crains toujours +qu'elles ne te soient pas parvenues.»</p></div> + +<p>Le timbre d'arrivée à Venise porte la date du 25 mars. +A cette époque, Alfred de Musset était donc suffisamment +rétabli pour sortir et aller lui-même chercher ses lettres +à la poste.</p> + +<p>D'autre part, George Sand écrivait à Alfred Tattet, qui +lui demandait des nouvelles:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«Votre lettre me fait beaucoup plaisir, mon cher monsieur +Alfred, et je suis charmée que vous me fournissiez l'occasion +de deux choses. D'abord de vous dire qu'Alfred, sauf un peu +moins de force dans les jambes et de gaieté dans l'esprit, +est presque aussi bien portant que dans l'état naturel. Ensuite +de vous remercier de l'amitié que vous m'avez témoignée +et des moments agréables que vous m'avez fait passer en +dépit de toutes mes peines. Je vous dois les seules heures de +gaieté et d'expansion que j'aie goûtées dans le cours de ce +mois si malheureux et si accablant. Vous en retrouverez de +meilleures dans votre vie; quant à moi, Dieu sait si j'en rencontrerai +jamais de supportables. Je suis toujours dans l'incertitude +où vous m'avez vue, et j'ignore absolument si ma +vieille barque ira échouer en Chine, ou à toute autre morgue, +<span class="pagenum"><a name="Page_63" id="Page_63">63</a></span> <i>questo non importa</i>, comme dirait notre ami Pagello, et je +vous engage à vous en soucier fort peu. Gardez-moi seulement +un bon souvenir du peu de temps que nous avons +passé à bavarder au coin de mon feu, dans les loges de la +Fenice et sur les ponts de <i>Venezia la Bella</i>, comme vous +dites si élégamment. Si quelqu'un vous demande ce que vous +pensez de la féroce Lélia, répondez seulement qu'elle ne vit +pas de l'eau des mers et du sang des hommes, en quoi elle +est très inférieure à Han d'Islande; dites qu'elle vit de +poulet bouilli, qu'elle porte des pantoufles le matin et qu'elle +fume des cigarettes de Maryland. Souvenez-vous tout seul +de l'avoir vue souffrir et de l'avoir entendue se plaindre, +comme une personne naturelle.—Vous m'avez dit que cet +instant de confiance et de sincérité était l'effet du hasard et +du désœuvrement. Je n'en sais rien, mais je sais que je n'ai +pas eu l'idée de m'en repentir, et qu'après avoir parlé avec +franchise pour répondre à vos questions, j'ai été touchée de +l'intérêt avec lequel vous m'avez écoutée. Il y a certainement +un point par lequel nous nous comprenons: c'est +l'affection et le dévouement que nous avons pour la même +personne. Qu'elle soit heureuse, c'est tout ce que je désire +désormais. Vous êtes sûr de pouvoir contribuer à son bonheur, +et moi, j'en doute pour ma part. C'est en quoi nous +différons et c'est en quoi je vous envie. Mais je sais que les +hommes de cette trempe ont un avenir et une providence. +Il retrouvera en lui-même plus qu'il ne perdra en moi; +il trouvera la fortune et la gloire, moi je chercherai Dieu +et la solitude.</p> + +<p>«En attendant, nous partons pour Paris dans huit ou dix +jours, et nous n'aurons pas, par conséquent, le plaisir de +vous avoir pour compagnon de voyage. Alfred s'en afflige +beaucoup, et moi, je le regrette réellement. Nous aurions été +tranquilles et <i>allegri</i> avec vous, au lieu que nous allons être +inquiets et tristes. Nous ne savons pas encore à quoi nous +forcera l'état de sa santé physique et morale. Il croit désirer +beaucoup que nous ne nous séparions pas et il me témoigne +beaucoup d'affection. Mais il y a bien des jours où il a +aussi peu de foi en son désir que moi en ma puissance, +et alors, je suis près de lui entre deux écueils: celui d'être +trop aimée et de lui être dangereuse sous un rapport, et celui +de ne pas l'être assez, sous un autre rapport, pour suffire +à son bonheur. La raison et le courage me disent donc qu'il +<span class="pagenum"><a name="Page_64" id="Page_64">64</a></span> faut que je m'en aille à Constantinople, à Calcutta ou à tous +les diables. Si quelque jour il vous parle de moi et qu'il +m'accuse d'avoir eu trop de force ou d'orgueil, dites-lui que +le hasard vous a amené auprès de son lit dans un temps où +il avait la tête encore faible, et qu'alors, n'étant séparé des +secrets de notre cœur que par un paravent, vous avez entendu +et compris bien des souffrances auxquelles vous avez +compati. Dites-lui que vous avez vu la vieille femme répandre +sur ses tisons deux ou trois larmes silencieuses, que son +orgueil n'a pas pu cacher. Dites-lui qu'au milieu des rires +que votre compassion ou votre bienveillance cherchait à +exciter en elle, un cri de douleur s'est échappé une ou deux +fois du fond de son âme pour appeler la mort.</p> + +<p>«Mais je vous ennuye avec mes bavardages, et peut-être +vous aussi, vous pensez que, par habitude, j'écris des +phrases sur mon chagrin. Cette crainte là est ce qui me +donne ordinairement de la force et une apparence de dédain. +Je sais que je suis entachée de la désignation de <i>femme de +lettres</i>, et, plutôt que d'avoir l'air de consommer ma marchandise +littéraire par économie dans la vie réelle, je tâche +de dépenser et de soulager mon cœur dans les fictions de +mes romans; mais il m'en reste encore trop, et je n'ai pas +le droit de le montrer sans qu'on en rie. C'est pourquoi je le +cache; c'est pourquoi je me consume et mourrai seule, +comme j'ai vécu. C'est pourquoi j'espère qu'il y a un Dieu +qui me voit et qui me sait, car nul homme ne m'a comprise, +et Dieu ne peut pas avoir mis en moi un feu si intense pour +ne produire qu'un peu de cendres.</p> + +<p>«Ensuite, il y a des gens qui prennent tout au sérieux, +même la Mort, et qui vous disent: «Cela ne peut pas être vrai, +on ne peut pas plaisanter et souffrir, on ne peut pas mourir +sans frayeur, on ne peut pas déjeuner la veille de son enterrement.» +Heureux ceux qui parlent ainsi. Ils ne meurent +qu'une fois et ne perdent pas le temps de vivre à faire sur +eux-mêmes l'éternel travail de renoncement, ce qui est, +après tout, la plus stupide et la plus douloureuse des opérations.</p> + +<p>«A propos d'opérations, <i>l'illustrissimo professore Pagello</i> +vous adresse mille compliments et amitiés. Je lui ai traduit +servilement le passage sombre et mystérieux de votre lettre +où il est question de lui et de mademoiselle Antonietta, sans +<span class="pagenum"><a name="Page_65" id="Page_65">65</a></span> y ajouter le moindre point d'interrogation, sans chercher à +soulever le voile qui recouvre peut-être un abîme d'iniquités. +Le docteur Pagello a souri, rougi, pâli; les veines colossales +de son front se sont gonflées, il a fumé trois pipes; ensuite, +il a été voir jouer un opéra nouveau de Mercadante, à la +Fenice; puis il est revenu, et, après avoir pris quinze tasses +de thé, il a poussé un grand soupir, et il a prononcé ce +mot mémorable que je vous transmets aveuglément pour +que vous l'appliquiez à telle question qu'il vous plaira: +<i>Forse!</i></p> + +<p>«Ensuite, je lui ai dit que vous pensiez beaucoup de bien +de lui, et il m'a répondu qu'il en pensait au moins autant de +vous, que vous lui plaisiez <i>immensamente</i> et qu'il était bien +fâché que vous ne vous fussiez pas cassé une jambe à Venise, +parce qu'il aurait eu le plaisir de vous la remettre et +de vous voir plus longtemps. J'ai trouvé que son amitié +allait trop loin, mais j'ai partagé son regret de vous avoir si +tôt perdu.</p> + +<p>«Je n'écris pas à Sainte-Beuve parce que je ne me sens +pas le courage de parler davantage de mes chagrins, et qu'il +m'est impossible de feindre avec lui une autre disposition +que celle où je suis. Mais si vous lui écrivez, remerciez-le +pour moi de l'intérêt qu'il nous porte. Sainte-Beuve est +l'homme que j'estime le plus; son âme a quelque chose +d'angélique et son caractère est naïf et obstiné comme +celui d'un enfant. Dites-lui que je l'aime bien; je ne sais +pas si je le verrai à Paris; je ne sais pas si je le reverrai +jamais.</p> + +<p>«Ni vous non plus, mon cher; mais pensez à moi quelquefois, +et tâchez d'en penser un peu de bien avec ceux qui +n'en penseront pas trop de mal. Je ne vous dis rien de +la part d'Alfred, je crois qu'il vous écrira de son côté. +Amusez-vous bien, courez, admirez et surtout ne tombez pas +malade.</p> + +<p class="right">T. à v.<br /> +<span class="smcap">«George Sand»</span>.</p> + +<p>22 mars [1834].</p> + +<p>«Écrivez-moi à Paris, quai Malaquais, 19, si vous avez +quelque chose à me dire.»</p></div> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_66" id="Page_66">66</a></span></p> + +<p class="p2 c"><b>III</b></p> + +<p class="c">RETOUR D'ITALIE</p> + +<p>Le 22 mars 1834, il était donc décidé que George Sand +et Alfred de Musset revenaient ensemble à Paris; mais +le 28, tout était changé: les troisième, quatrième et cinquième +chapitres de la dernière partie de la <i>Confession +d'un Enfant du siècle</i> donnent une idée de ce qui a dû +se passer durant ces quelques jours. Musset, apparemment, +crut faire acte de grandeur d'âme et de générosité +en partant seul, laissant George Sand en compagnie de +Pagello.</p> + +<p>Avant de le quitter, ses «deux grands amis» remirent +au voyageur un petit portefeuille portant ces deux dédicaces +autographes<a name="FNanchor_35" id="FNanchor_35" href="#Footnote_35" class="fnanchor">[35]</a>. +Sur la première page:</p> + +<p class="left30">A son bon camarade, frère et ami Alfred<br /> +<span class="i4">Sa maîtresse George</span></p> + +<p class="left5">Venise 28 mars 1834.</p> + +<p>sur la dernière:</p> + +<p class="left30"><span class="i4"><i>Pietro Pagello</i></span><br /> +<span class="i6"><i>Raccomanda</i></span><br /> +<span class="i2"><i>M<sup>r</sup> Alfred de Musset</i></span><br /> +<i>A Pietro Pirzio</i> <span class="i4"><i>Ingegnesi</i></span><br /> +<i>A Vincenzo Stefanelli<br /> +A M<sup>r</sup> J. R. Aggiunta.</i></p> + +<div class="figcenter"><img src="images/075_s.jpg" width="400" height="357" +alt="dédicace1" title="" /> +</div> + +<p class="center"><a href="images/075_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<div class="figcenter"><img src="images/076_s.jpg" width="400" height="475" +alt="dédicdace2" title="" /></div> + +<p class="center"><a href="images/076_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_67" id="Page_67">67</a></span> +Alfred de Musset quitta Venise dans la journée ou +dans la soirée du 29 mars 1834; son passeport nous +fournit encore des indications précises:</p> + +<div class="blockquot"> +<p><i>Venezia, 28 marzo 1834. Dir Gen. di Poli. Buono per Milano.</i></p> + +<p><i>Vu au Consulat de France à Venise. Bon pour se rendre à +Paris. Venise, 29 mars 1834. Le Consul de France: Silvestre de +Sacy.</i></p> + +<p><i>Visto al Comando. Arona, 1 aprile 1834.</i></p> + +<p><i>Vu au Pont Saint Maurice, le 3 avril 1834, allant en France.</i></p> + +<p><i>Vu à Genève, le 5 avril 1834. Bon pour Paris.</i></p> + +<p><i>Vu à Bellegarde, le 6 avril 1834.</i></p></div> + +<p>Il était accompagné par une sorte de domestique, +nommé Antonio, que George Sand avait chargé de +veiller sur son maître pendant le voyage et qui devait la +tenir au courant des incidents de la route. Elle-même +reconduisit Musset jusqu'à Mestre, dit-elle dans son <i>Histoire +de ma vie</i>,—jusqu'à Vicence, d'après une lettre +d'elle à Boucoiran<a name="FNanchor_36" id="FNanchor_36" href="#Footnote_36" class="fnanchor">[36]</a>.</p> + +<p>Il lui écrivit de Padoue et de Genève:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="right">«Monsieur Pagello, D<sup>r</sup> médecin<br /> +Pharmacie Ancilla, C. S<sup>n</sup> Luca</p> + +<p class="right"><i>Pour remettre à Madame Sand.</i> Venise.</p> + +<p class="right">[Genève], vendredi, 4 avril [1834].</p> + +<p>«Mon George chéri, je suis à Genève. Je suis parti de +Milan sans avoir trouvé de lettre de toi à la poste. Peut-être +m'avais-tu écrit; mais j'avais retenu mes places tout de +suite en arrivant, et le hasard a voulu que le courrier de +Venise, qui arrive toujours deux heures avant le départ de +la diligence de Genève, s'est trouvé en retard cette fois. Je +<span class="pagenum"><a name="Page_68" id="Page_68">68</a></span> t'en prie, si tu m'as écrit à Milan, écris au directeur de la +poste de me faire passer ta lettre à Paris. Je la veux, +n'eût-elle que deux lignes. Écris-moi à Paris..... Quand tu +passeras le Simplon pense à moi, George. C'était la première +fois que les spectacles éternels des Alpes se levaient devant +moi dans leur force et dans leur calme. J'étais seul dans le +cabriolet; je ne sais comment rendre ce que j'ai éprouvé: il +me semblait que ces géants me parlaient de toutes les grandeurs +sorties de la main de Dieu: «Je ne suis qu'un enfant, +me suis-je écrié, mais j'ai deux grands amis, et ils sont +heureux!....»</p></div> + +<p>Elle, de son côté, lui adressa une lettre à Milan.</p> + +<p>Je ne parlerai pas de l'existence à Venise de George +Sand et de Pagello, après le départ d'Alfred de Musset. +La publication, par M. le D<sup>r</sup> Cabanès, dans la <i>Revue +Hebdomadaire</i> des 1<sup>er</sup> août et 15 octobre 1896, de longs +fragments du journal intime de P. Pagello et autres +documents; les révélations de M. R. Barbiera dans +l'<i>Illustrazione Italiana</i>, de Milan, des 15, 22 et 29 novembre +1896, joints au livre de M<sup>me</sup> L. Codemo, que nous +citons ci-dessus, permettent de retrouver, presque jour +par jour, les détails de leur vie privée. Suivons donc le +poète dans son voyage.</p> + +<p>Le 12 avril, Alfred de Musset arriva à Paris (le 10, dit +Paul dans la <i>Biographie</i>), exténué au physique et au +moral. Il s'enferma dans sa chambre, et, pendant plus +d'un mois, ne voulut voir personne:</p> + +<p class="blockquot">«....Je fus saisi d'une souffrance inattendue, raconte-t-il +plus tard dans son <i>Poète déchu</i><a name="FNanchor_37" id="FNanchor_37" href="#Footnote_37" class="fnanchor">[37]</a>; +il me semblait que toutes +mes idées tombaient comme des feuilles sèches, tandis que +je ne sais quel sentiment inconnu, horriblement triste et +tendre, s'élevait dans mon âme. Dès que je vis que je ne +pouvais lutter, je m'abandonnai à la douleur, en désespéré... +<span class="pagenum"><a name="Page_69" id="Page_69">69</a></span> +La douleur se calma peu à peu, les larmes tarirent, les +insomnies cessèrent, je connus et j'aimai la mélancolie...»</p> + +<p>Ce qui entretenait encore le poète en ce malheureux +état, c'était la correspondance établie entre <i>lui</i> et <i>elle</i>: +n'étant plus en contact, ils renouvelaient leur rêve et +poétisaient jusqu'à leurs querelles passées:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center"><i>Alfred de Musset à George Sand.</i></p> + +<p>«Paris, 19 avril 1834.—.....Je regardais l'autre soir cette +table où nous avons lu ensemble Goetz de Berlichingen. Je +me souviens du moment où j'ai posé le livre sur la table, +après le dernier cri du héros mourant: Liberté! Liberté! +Tu étais beaucoup pour moi, ma pauvre amie, plus que tu +ne croyais et que je ne croyais moi-même. Tu es donc dans +les Alpes? N'est-ce pas que c'est beau? Il n'y a que cela +au monde. Je pense avec plaisir que tu es dans les Alpes. Je +voudrais qu'elles pussent te répondre; elles te raconteraient +peut-être ce que je leur ai dit....»</p> + +<p class="center"><i>George Sand à Alfred de Musset</i><a name="FNanchor_38" id="FNanchor_38" href="#Footnote_38" class="fnanchor">[38]</a>.</p> + +<p>«Venise, 29 avril.—.....Ta lettre est triste, mon ange, +mais elle est bonne et affectueuse pour moi. Oh! quelle que +soit la disposition de ton esprit, je trouverai toujours ton +cœur, n'est-ce pas, mon bon petit?....»</p> + +<p class="center"><i>Alfred de Musset à George Sand.</i></p> + +<p>«Paris, 30 avril—.....Ce n'est donc pas un rêve, mon +enfant chéri? Cette amitié qui survit à l'amour, dont le +monde se moque tant, dont je me suis tant moqué moi-même, +cette amitié-là existe! C'est donc vrai, tu me le dis et +je le crois, je le sens, <i>tu m'aimes!</i>.....»</p></div> + +<p>Dans son journal intime, <i>Sketches and Hints</i>, George +Sand consigne sous le titre de «<i>Venise</i>» une sorte de +poème du désespoir: «O Venise, pourquoi es-tu si belle +<span class="pagenum"><a name="Page_70" id="Page_70">70</a></span> et pourquoi m'es-tu si chère, à moi qui ne dois plus +aimer et qui vais mourir?»</p> + +<p>En outre des lettres qu'ils s'adressaient tous les trois ou +quatre jours, George Sand lui envoyait ses <i>Lettres d'un +Voyageur</i>: la première, le 29 avril; la deuxième, dans +les premiers jours de juin, par l'entremise de Buloz:</p> + +<p class="blockquote">«....Buloz, écrit le 15 juin Alfred de Musset à George +Sand, vient de m'apporter la lettre que tu lui as envoyée +pour la <i>Revue</i>. Il me l'a lue en ânonnant, jusqu'à ce que, +impatienté des coups d'épingles que sa lourde déclamation +me donnait dans le cœur, je lui ai arraché le papier des +mains, pour le finir à haute voix. Maintenant le voilà parti, +et le cœur me bat si fort qu'il faut que je t'écrive ce que +j'éprouve.....»</p> + +<p>Puis, le 17 juin, «la seconde moitié du second volume +de <i>Jacques</i>,» avec mission de la lire et d'y faire les coupures +qu'il jugerait nécessaires<a name="FNanchor_39" id="FNanchor_39" href="#Footnote_39" class="fnanchor">[39]</a>. C'est Musset qui s'occupait +à Paris des affaires de George Sand, restée à +Venise, voyait ses fournisseurs, s'entendait pour elle +avec Buloz, et lui faisait expédier par ses éditeurs les +sommes dont ils lui étaient redevables; il était aidé en +cela par Boucoiran.</p> + +<p>D'autre part, il mandait ceci, dès le 30 avril, à son +amie: «J'ai bien envie d'écrire notre histoire; il me +semble que cela me guérirait et m'élèverait le cœur. Je +voudrais te bâtir un autel, fût-ce avec mes os; mais +j'attendrai ta permission formelle».—Et le 12 mai, +George Sand lui répondait: «Il m'est impossible de +parler de moi dans un livre, dans la disposition d'esprit +où je suis; pour toi, fais ce que tu voudras, romans, sonnets, +poèmes; parle de moi comme tu l'entendras, je me +livre à toi les yeux bandés».—Ce projet, on le sait, est +<span class="pagenum"><a name="Page_71" id="Page_71">71</a></span> devenu la <i>Confession d'un enfant du siècle</i>. On a donc eu +tort de prétendre que George Sand avait imaginé <i>Elle et +Lui</i> pour répliquer à cette confession<a name="FNanchor_40" id="FNanchor_40" href="#Footnote_40" class="fnanchor">[40]</a>. Non seulement +elle était prévenue des intentions d'Alfred de Musset, +mais elle l'autorisait à écrire. Bien plus, la rupture définitive +s'étant consommée dans les premiers jours de +mars 1835, et la <i>Revue des Deux-Mondes</i> publiant dès le +15 septembre le deuxième chapitre de la première partie +de la <i>Confession</i>, celle-ci fut commencée probablement +avant cette rupture.</p> + +<p>Pagello, emporté dans le même tourbillon, écrivait des +lettres, lui aussi; mais il n'osait pas encore s'adresser +directement à Alfred de Musset: il s'en prenait à son ami +Tattet. Voici la première de ces lettres que nous avons +retrouvées:</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="right">7 giugno 1834, Venezia.</p> + +<p class="left5">«Mio caro amico,</p> + +<p>«Mi sono affrettato di eseguire la vostra commissione, son +assicurato che le due casse di bottiglie sono già sulla strada +della Francia.—Se niente arrivasse al contrario, scrivetemi, +e vi serviro.—Madame G. vi saluta cordialmente, +sta bene e si diverte abbastanza per questo poco che puo +offrire Venezia in confronto di Parigi.—Addio, buon amico. +La nostra amicizia di un giorno sembra quella di due anni: +forse ci vedremo a Parigi.—Non vi so dire ne il quando ne +<span class="pagenum"><a name="Page_72" id="Page_72">72</a></span> il come, so che ci rivedremo.—Si vedete Alfred de Musset, +bacciatelo per me.</p> + +<p>«Addio, addio, vostro sincero</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Pietro Pagello.»</span></p> + +<p class="center"><i>Traduction.</i></p> + +<p class="right">«Venise, 7 juin 1834.</p> + +<p class="left5">«Mon cher ami,</p> + +<p>«Je me suis hâté de faire votre commission, et je me suis +assuré que les deux caisses de bouteilles sont déjà sur la route +de France.—S'il n'arrivait rien, au contraire, écrivez-moi, +et je vous servirai.—Madame G. [George] vous salue cordialement; +elle va bien de santé et se divertit suffisamment, +pour le peu qu'offre Venise en comparaison de Paris.—Adieu, +bon ami; notre amitié d'un jour semble celle de deux +années; peut-être nous verrons-nous à Paris.—Je ne sais +vous dire ni quand ni comment, je sais que nous nous reverrons.—Si +vous voyez Alfred de Musset, embrassez-le pour +moi.</p> + +<p>«Adieu, adieu, votre sincère</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Pierre Pagello.»</span></p></div> + +<p class="p2">Pendant que s'échangeaient toutes ces lettres, on s'occupait +d'Alfred de Musset et de George Sand, à Paris, +beaucoup plus qu'ils ne l'auraient désiré. Buloz, et surtout +Boucoiran, tenaient George Sand au courant de ce +qui se disait, bien qu'elle le leur défendît. Cela devint tel, +qu'elle crut devoir mettre sa mère elle-même en garde +contre tous ces racontars:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center">«<i>A madame Dupin, à Paris.</i></p> + +<p class="right">«Venise, 5 juin 1834.</p> + +<p>«Ma chère maman, il y a bien longtemps que je veux +répondre à votre bonne lettre. J'ai été malade, j'ai voyagé, +j'ai eu du chagrin et des inquiétudes très graves, mais enfin, +je suis bien portante et tranquille. Vous avez peut-être +<span class="pagenum"><a name="Page_73" id="Page_73">73</a></span> entendu dire que mon compagnon de voyage, après avoir +fait une maladie mortelle à Venise, a été forcé, par l'état de +sa poitrine, de quitter l'air de l'Italie et de retourner en +France. Je suis restée ici pour achever mon travail et jouir +encore quelque temps du séjour de ce beau pays.....»<a name="FNanchor_41" id="FNanchor_41" href="#Footnote_41" class="fnanchor">[41]</a></p></div> + +<p>Le brusque retour du poète sans sa compagne avait +prêté à des récits fort éloignés de la vérité: ne sachant +rien, on inventait. Les premières semaines, confiné dans +sa solitude volontaire, Musset ignora ce qui se disait; +mais dès sa rentrée dans le monde, ces méchants propos +parvinrent à ses oreilles. Ce fut Buloz qui, sans le savoir, +éveilla ses soupçons. Alfred de Musset donna le démenti +le plus formel à tous ces mensonges et défendit énergiquement +George Sand. Mais les insinuations malveillantes +de Gustave Planche avaient fait leur chemin; +malgré ses efforts, Musset ne put imposer silence aux +calomniateurs. De leur côté, les amis de George Sand +avaient jasé à tort et à travers, et quand on sut qu'elle +allait revenir avec le troisième complice, ce fut un véritable +scandale.</p> + +<p>Le 15 juin, Pagello avait écrit directement à Alfred de +Musset. Sa lettre, dont M<sup>me</sup> A. Barine avait publié un +fragment<a name="FNanchor_42" id="FNanchor_42" href="#Footnote_42" class="fnanchor">[42]</a>, a été citée en entier par M. le vicomte de +Spoelberch de Lovenjoul<a name="FNanchor_43" id="FNanchor_43" href="#Footnote_43" class="fnanchor">[43]</a>. Le 11 juillet, Alfred de Musset +lui répondait:</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="left5">«Al mio caro P. Pagello,</p> + +<p>«Mon cher, vous êtes bien gentil de m'avoir un peu écrit; +je dis un peu, car ce n'est guère; mais si petit que soit le +morceau de papier qui me parle de votre amitié, en quel +moment de ma vie ne sera-t-il pas bien reçu? Il n'en est peut-être +pas de même de vos recommandations sur le vin de +champagne, et je n'ose avouer au grand salviatico Pietro, +<span class="pagenum"><a name="Page_74" id="Page_74">74</a></span> +combien était fondé le juste remords qui m'a saisi à cet +article de votre lettre. Mais je vous promets que jamais, +jamais, je ne boirai plus de cette maudite boisson—sans +me faire les plus grands reproches.</p> + +<p>«George me mande que vous hésitez à venir ici avec elle; +il faut venir, mon ami, ou ne pas la laisser partir. Trois +cents lieues sont trop longues pour une femme seule.....</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Alf<sup>d</sup> de M<sup>t</sup>»</span></p></div> + +<p>Un mois plus tard, le 19 juillet 1834, George Sand écrivant +à Boucoiran, pour lui annoncer son retour, lui +disait:</p> + +<p class="blockquot">«.....J'en ai fini avec les passions; la dernière est celle +qui m'a fait le plus de mal, mais c'est la seule dont je ne me +repente pas, car il n'y a eu dans mes chagrins ni de ma faute +ni de celle d'autrui. Vous dites que vous ne l'approuviez +pas, mon ami! Il y a des choses entre deux amants dont eux +seuls au monde peuvent être juges!....»</p> + +<p>Elle ne prévoyait pas alors les orages futurs.</p> + +<p class="p2 c"><b>IV</b></p> + +<p class="c">VOYAGE DE MUSSET A BADE</p> + +<p>George Sand, à son tour, avait quitté Venise; le 29 +juillet, elle était à Milan, puis elle traversait la Suisse; +elle arrivait à Paris vers le 10 août—avec Pagello.—Alfred +de Musset, qu'elle avait prévenu depuis longtemps, +l'attendait, et leur premier soin fut de se revoir. C'est par +le livre de M<sup>me</sup> Arvède Barine<a name="FNanchor_44" id="FNanchor_44" href="#Footnote_44" class="fnanchor">[44]</a> qu'il faut connaître +cette période de leur existence: brouilles et raccommodements +<span class="pagenum"><a name="Page_75" id="Page_75">75</a></span> se succèdent sans interruption, compliqués par +la présence de Pagello, devenu jaloux. Ajoutez à cela que +tout le bruit fait autour d'eux déchire brutalement le +bandeau qui les aveuglait: ils comprennent combien +leur situation est fausse et ridicule.</p> + +<p>Après un de ces orages, Alfred de Musset, n'y pouvant +plus tenir, envoie ce billet à George Sand: «Je vais +mettre une seconde fois la mer et la montagne entre +nous; si Dieu le permet, je reverrai ma mère, mais je +ne reverrai jamais la France».</p> + +<p>Quelques jours plus tard, nouvelle lettre dans laquelle +il la remercie de lui accorder un rendez-vous: «...Quant +à ma résolution de partir, n'en parlons pas, elle est +irrévocable. Je l'ai prise hier soir en me couchant. Ce +matin, j'ai ouvert ma fenêtre et j'ai regardé le soleil; +lui-même, du haut des sphères célestes, il n'aurait rien +vu qui put la changer. Quoique tu m'aies connu +enfant, crois aujourd'hui que je suis homme; je ne +m'abuse sur rien, je ne crains, ni n'espère rien.....»</p> + +<p>En même temps, il écrivait à Buloz:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="right">«Lundi, 18 [août 1834.]</p> + +<p>«Mon ami, ma mère me donne de quoi aller aux Pyrénées, +et je vais partir. Dites-moi si vous croyez pouvoir, +quand je serai là-bas, m'envoyer quelqu'argent. J'y vais pour +travailler; je vous donnerai d'abord les vers que je vous ai +promis, vous aurez ensuite et bientôt mon roman. Je m'engagerai, +si vous voulez, à un dédit pour une époque que +vous fixerez, et à laquelle vous recevrez le manuscrit entier, +à moins de maladie grave, auquel cas, tout vous sera fidèlement +rendu. Répondez-moi un mot ou venez me voir si vous +avez le temps. Mais tout de suite, car je ne serai pas ici +vendredi.</p> + +<p class="left55">«T. à v. <span class="i6 smcap">«Alf</span><sup>d</sup> <span class="smcap">de Musset.»</span></p></div> + +<p>Il devait aller à Toulouse voir son oncle, M. Desherbiers, +alors sous-préfet à Lavaur; de là aux Pyrénées, +<span class="pagenum"><a name="Page_76" id="Page_76">76</a></span> puis à Cadix. En conséquence de quoi, il partit pour..... +Bade. Nous avons de nouveau recours au passeport:</p> + +<div class="blockquot"> +<p><i>Vu au Ministère des Affaires Étrangères. Paris, 20 août 1834.</i></p> + +<p><i>Vu pour Francfort et les bords du Rhin. Paris, 20 août 1834. +Préfecture de Police.</i></p> + +<p><i>Vu à la Légation de Bade. Paris, 21 août 1834.</i></p> + +<p><i>Vu à la Légation des Villes Libres d'Allemagne. Paris, 21 +août 1834.</i></p> + +<p><i>Vu pour les eaux de Bade. Strasbourg, 28 août 1834.</i></p> + +<p><i>Baden, 30 august 1834. (Signature illisible).</i></p></div> + +<p>D'autre part, George Sand s'était réfugiée à Nohant; +elle y était déjà installée le 31 août, seule, ayant eu la +sagesse de laisser Pagello à Paris. Mais ses idées de suicide +l'avaient reprise, et, à cette date, elle écrivait à Boucoiran: +«.....Je lui dois (à Pagello) la vie d'Alfred et +la mienne. Pour ce qui est de la mienne, je sais bien +l'usage que je vais en faire; quant à celle d'Alfred, rien +ne peut la payer.....»<a name="FNanchor_45" id="FNanchor_45" href="#Footnote_45" class="fnanchor">[45]</a>. Et elle lui donne des instructions +en conséquence.</p> + +<p>Cependant, entre Nohant et Bade recommença une +nouvelle correspondance encore plus passionnée que +celle échangée entre Paris et Venise<a name="FNanchor_46" id="FNanchor_46" href="#Footnote_46" class="fnanchor">[46]</a>; et, pendant ce +temps-là, Pagello, resté seul à Paris, inconnu, se lamentait +de son isolement et écrivait à Alfred Tattet:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="right">«Parigi, 6 settembre 1834.</p> + +<p class="left5">«Mio caro Alfredo,</p> + +<p>«Il vostro povero amico e a Parigi.—Ho domandato di +voi alla vostra casa, mi fu detto che siete alla campagna. Se +avessi tempo, sarei venuto a darvi un bacio, ma come sono +qui per poco ve lo mando in questo foglio. Non so quanti +<span class="pagenum"><a name="Page_77" id="Page_77">77</a></span> giorni ancora restero a Parigi.—Voi sapete che io son obbligato +di obbedire alla mia piccola borsa, e questa mi comanda +digia la partenza.—Addio.—Se potro vedervi a Parigi, +saro fortunato; se non potro, mandatemi un bacio anche +voi in un pezzetto di carta, Hôtel d'Orléans, n<sup>o</sup> 17, rue des +Petits-Augustins.—Addio, mio buono, mio sincero amico, +addio.</p></div> + +<p class="left55">«V<sup>o</sup> aff<sup>mo</sup> amico <span class="i6 smcap">«Pietro Pagello»</span></p> + +<div class="blockquot"> +<p class="p2 center"><i>Traduction.</i></p> + +<p class="right">«Paris, 6 septembre 1834.</p> + +<p class="left5">«Mon cher Alfred,</p> + +<p>«Votre pauvre ami est à Paris.—Je suis allé chez vous +demander de vos nouvelles; on m'a dit que vous étiez à la +campagne. Si j'avais eu le temps, je serais allé vous embrasser, +mais comme je suis ici pour peu, je vous embrasse par +cette feuille. Je ne sais combien de jours encore je resterai +à Paris; vous savez que je suis obligé d'obéir à ma petite +bourse et celle-ci me commande déjà le départ.—Adieu.—Si +je puis vous voir à Paris, je serai heureux; si je ne +puis, envoyez-moi un baiser, vous aussi, sur un petit bout +de papier, Hôtel d'Orléans, n<sup>o</sup> 17, rue des Petits-Augustins.—Adieu, +mon bon, mon sincère ami, adieu.</p> + +<p>«Votre très affectionné</p> + +<p class="right">«Pierre <i>Pagello</i>.»</p></div> + +<p>Alfred de Musset, dans <i>Une bonne fortune</i>, raconte un +des incidents de son séjour à Bade<a name="FNanchor_47" id="FNanchor_47" href="#Footnote_47" class="fnanchor">[47]</a>. Après un mois de +promenades et de distractions variées, entremêlées de +<span class="pagenum"><a name="Page_78" id="Page_78">78</a></span> travail, Alfred de Musset songea au retour; son amour, +qu'il pensait calmer par l'absence, n'avait fait que +s'exalter. Le 10 octobre, il passe à Strasbourg, et dès son +arrivée à Paris, le 13, il écrit à George Sand, encore à +Nohant: «Mon amour, me voilà ici; tu m'as écrit une +lettre bien triste, mon pauvre ange, et j'arrive bien +triste aussi. Tu veux bien que nous nous voyions! Et +moi, si je veux!....» Quelques jours après, George Sand +venait le rejoindre.</p> + +<p>Pagello n'était pas encore parti; mais ce double retour +le décida bien vite à reprendre le chemin de Venise, non +sans avoir adressé une lettre d'adieu à son ami Alfred +Tattet, en lui recommandant le silence:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center">«Monsieur Alfred Tattet,<br /> +<span class="i2">rue Grange Batelière, n<sup>o</sup> 13, Paris.</span></p> + +<p class="right">«Parigi, 23 ottobre 1834.</p> + +<p class="left5">«Mio buon amico,</p> + +<p>«Prima di partire, vi mando un bacio ancora. Vi congiuro +di non dar parola giammai del mio amore con la George.—Non +voglio vendette.—Parto colla sicurezza d'aver agito in +homo onesto.—Questo mi fa dimenticare la mia sofferenza +e la mia poverta.—Addio, mio angelo.—Vi scrivero da +Venezia. Addio, addio.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Pietro Pagello</span>».</p> + +<p class="center p2"><i>Traduction</i>.</p> + +<p class="right">«Paris, 23 octobre 1834.</p> + +<p class="left5">«Mon bon ami,</p> + +<p>«Avant de partir je vous envoye encore un baiser. Je +vous conjure de ne souffler jamais mot de mon amour avec +<span class="pagenum"><a name="Page_79" id="Page_79">79</a></span> la George.—Je ne veux pas de vengeances<a name="FNanchor_48" id="FNanchor_48" href="#Footnote_48" class="fnanchor">[48]</a>.—Je pars +avec la certitude d'avoir agi en honnête homme.—Ceci me +fait oublier ma souffrance et ma pauvreté.—Adieu, mon +ange.—Je vous écrirai de Venise.—Adieu, adieu.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Pierre Pagello.»</span></p></div> + +<p class="p2 c"><b>V</b></p> + +<p class="c">A PARIS</p> + +<p>Alfred Tattet avait dissuadé Alfred de Musset de revoir +George Sand; d'où brouille entre les deux amis: Musset +convenait bien, en son for intérieur, qu'il avait tort, +mais il ne voulait pas qu'on le lui dît. George Sand, ne +connaissant pas encore les raisons invoquées par Tattet, +voulut dissiper ce nuage:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="right">«Mardi, 28 octobre 1834.</p> + +<p class="left5">«Mon cher Tattet,</p> + +<p>«J'apprends que j'ai été la cause indirecte et très involontaire +d'un différend entre vous et Alfred. Je serais bien +fâchée de savoir deux vieux amis désunis par rapport à moi. +J'espère bien que cela ne sera pas.</p> + +<p>«Dans tous les cas, je vous prie de venir me voir; après +l'intérêt que vous m'avez témoigné, j'ai lieu d'être surprise +et affligée de votre oubli. Je désire causer avec vous et vous +attends à votre premier retour à Paris. Toujours quai Malaquais, +19.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«George Sand.»</span></p> + +<p>«Quand vous serez ici<a name="FNanchor_49" id="FNanchor_49" href="#Footnote_49" class="fnanchor">[49]</a>, +écrivez-moi un mot, je vous +donnerai rendez-vous, car je suis souvent dehors ou +enfermée.»</p></div> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_80" id="Page_80">80</a></span> +Mais à peine les deux amants se sont-ils revus qu'ils +ne peuvent plus eux-mêmes s'entendre:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center"><i>George Sand à Alfred de Musset.</i></p> + +<p>«N'ai-je pas prévu que tu souffrirais de ce passé qui +t'exaltait comme un beau poème, tant que je me refusais à +toi, et qui ne te paraît plus qu'un cauchemar, à présent que +tu me ressaisis?»</p> + +<p class="center"><i>Alfred de Musset à George Sand.</i></p> + +<p>«Ne penses pas au passé! Non, non! Ne compare pas! +Ne réfléchis pas! Je t'aime comme on n'a jamais aimé!»</p></div> + +<p>Les crises se succèdent avec rapidité: ils s'adorent le +matin et se disent des injures le soir, pour retomber le +lendemain dans les bras l'un de l'autre. C'est la phase +de leurs amours la plus tourmentée, la plus poignante: +à la lecture de ce qui a été publié de leurs lettres, on se +demande comment ils n'y ont pas laissé tous deux leur +raison.</p> + +<p>Alfred de Musset a la fièvre, et George Sand veut prendre +un déguisement pour venir le soigner chez sa mère: +«Si je peux me lever, je t'irai voir», lui répond-il.</p> + +<p>Le 8 novembre, Alfred de Musset provoque en duel +Gustave Planche qui a mal parlé de George Sand; +Planche lui fait des excuses, et le 12 novembre, Alfred +de Musset écrit à Alfred Tattet:</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="left5">«Mon cher ami,</p> + +<p>«Tout est fini.—Si par hasard on vous faisait quelques +questions (comme il est possible qu'on vous soupçonne de +m'avoir parlé); si enfin peut-être, on allait vous voir pour +vous demander à vous-même si vous ne m'avez pas vu, +répondez purement que non, que vous ne m'avez pas vu et +soyez sûr que notre secret commun est bien gardé de ma +part.—J'irai vous voir bientôt.</p> + +<p class="left55">«A vous de cœur. <span class="i6 smcap">«Alfred de Musset.»</span></p></div> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_81" id="Page_81">81</a></span> +Puis il va dans la Côte-d'Or, à Montbard, chez l'un de +ses parents. Quelques jours après le «pauvre vieux +lierre» est revenu où il s'attache.</p> + +<p>Le 25 novembre, George Sand écrit à Sainte-Beuve que +Musset ne veut plus la voir<a name="FNanchor_50" id="FNanchor_50" href="#Footnote_50" class="fnanchor">[50]</a>; son exaltation touche à +la folie: la rupture paraît complète. Le 15 décembre, +George Sand est à Nohant, d'où elle écrit à Boucoiran: +«Si Alfred vous fait demander de mes nouvelles, dites +que vous ne savez rien de moi, que je ne vous ai pas +écrit. Recommandez à Buloz de dire la même +chose.....» Et le 13 janvier 1835, elle adresse cette +lettre à Alfred Tattet:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="left5">«Monsieur,</p> + +<p>«Il y a des opérations qui sont fort bien faites et qui font +honneur à l'habileté du chirurgien, mais qui n'empêchent pas +la maladie de revenir. En raison de cette possibilité, Alfred est +redevenu mon amant; comme je présume qu'il sera bien aise +de vous voir chez moi, je vous engage à venir dîner avec nous +au premier jour de liberté que vous aurez. Puisse l'oubli +que je fais de mon offense ramener l'amitié entre nous.</p> + +<p>«Adieu, mon cher Tattet.</p> + +<p class="left55">«Tout à vous. <span class="i6 smcap">«George Sand».</span></p></div> + +<p>Combien le ton de ce billet diffère de celui du 28 octobre +1834! C'est que Musset avait parlé et raconté à +George Sand, dans un moment d'expansion, que son ami +Tattet avait fait de son mieux pour empêcher leur rapprochement: +de là, colère de la maîtresse contre le +gêneur, et, charmée de prendre sa revanche, elle tient à +le lui faire savoir. Six jours plus tard, Liszt reçoit les +confidences de George Sand:</p> + +<p class="blockquot"> +«.....Je vais partir pour essayer de rompre une passion +bien sérieuse pour moi et bien terrible. Je doute que cela +<span class="pagenum"><a name="Page_82" id="Page_82">82</a></span> me serve à quelque chose, car chaque nouveau jour de cette +passion m'apprend à douter de mon libre arbitre..... Je +compte sur vous aussi pour me rendre cette justice, qu'aux +jours de ma plus grande douleur, je n'ai point accusé l'auteur +de mes souffrances. Je vous l'ai dit, moi seule suis coupable +et porte la peine d'une faute immense. En fuyant un +pardon trop humiliant, je fais preuve de faiblesse et non de +force.....»<a name="FNanchor_51" id="FNanchor_51" href="#Footnote_51" class="fnanchor">[51]</a>.</p> + +<p>Peu après se produit un incident qui remet Pagello en +scène et sur lequel nous n'avons pas de renseignement +antérieur à cette lettre écrite par George Sand à Alfred +Tattet:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="right">«14 février 1835.</p> + +<p class="left5">«Monsieur,</p> + +<p>«J'ai une affaire indispensable à terminer avec vous. Il +s'agit d'une affaire d'argent dans laquelle je suis compromise +d'honneur aux yeux de Pierre Pagello. J'ai besoin d'une +attestation de vous et vous êtes trop galant homme pour +me la refuser. Je sais que vous m'êtes extrêmement hostile, +et j'ai peu sujet de vous bénir. Mais soyez sûr que j'ai trop +le sentiment des convenances, pour vous en faire des reproches, +et que jamais aucune vengeance de ma part ne cherchera +à vous atteindre. Ayez donc, monsieur, la bonté de +recevoir chez vous quatre tableaux qui appartiennent à Pierre +Pagello et que je m'étais chargé de vendre. Voyant qu'il avait +besoin d'argent, et sachant, par l'avis d'un expert, que les +tableaux ne valaient rien, je lui en donnai la somme de deux +mille francs, et j'y ajoutai le procédé de lui cacher le secours +que [je] lui apportais. Je lui remis mille francs en argent +et le tins quitte d'une somme plus forte qu'il me devait. Je +crus devoir ces ménagements à sa position fâcheuse et délicate +à Paris. Aujourd'hui, Pierre Pagello, averti par un de +mes amis, me fait un grand crime de cette action et pense +que je l'ai faite à dessein de la divulguer et d'avilir son nom; +d'abord, en racontant l'histoire telle qu'elle est, je n'ai point +<span class="pagenum"><a name="Page_83" id="Page_83">83</a></span> sujet de l'avilir; ensuite, je ne l'ai racontée qu'à Alfred, qui +vous l'a redite, à vous seul. Voulez-vous avoir la bonté, +monsieur, de rendre témoignage de ma discrétion, lorsque +vous écrirez à Pierre Pagello?</p> + +<p>«En second lieu, cette personne insinue que je pourrais +bien m'être défaite des tableaux à mon avantage, afin de me +donner en même temps les gants d'une générosité singulière. +Elle ajoute que, s'ils sont entre mes mains, <i>en effet</i>, elle +espère que vous voudrez bien les recevoir, afin de les lui +renvoyer ou de les lui faire vendre. Je fais porter les tableaux +chez vous; voulez-vous bien en accuser réception à +Pierre Pagello? J'espère que oui. Vous avez pensé que le +sentiment d'équité vous forçait à vous faire le bourreau +d'une âme criminelle. Je ne savais pas que vous eussiez +l'âme aussi austère et le bras aussi ferme. J'en souffre, +mais je vous en estime d'autant plus, monsieur, et à cause +de cela, je pense que vous me laverez de l'accusation de friponnerie, +car si votre amour de la vérité vous a commandé +de me nuire, il doit vous commander de me réhabiliter sous +les rapports par où je le mérite.</p> + +<p>«Veuillez m'honorer d'un mot de réponse. J'ai l'honneur +de vous saluer.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«George Sand.»</span></p></div> + +<p>Monsieur Just Pagello, parlant au nom de son père, a +déclaré au D<sup>r</sup> Cabanès: «Que ces toiles, sans être des +Raphaël, étaient loin d'être des œuvres médiocres. Elles +étaient signées du peintre Ortesiti, un maître»<a name="FNanchor_52" id="FNanchor_52" href="#Footnote_52" class="fnanchor">[52]</a>. +J'ignore quelle était la valeur de ces peintures, mais précieuses +ou non, le D<sup>r</sup> Pagello me semble en avoir fait +peu de cas, car, trois ans plus tard, George Sand répondait +le 24 août 1838 à Alfred Tattet, qui lui demandait ce +qu'il fallait faire de ce dépôt:</p> + +<p class="blockquot"> +«.....Je ne pense pas qu'il y ait lieu de vous occuper de +ces tableaux; votre maison est assez vaste pour que vous les +laissiez relégués dans un coin de cave ou de grenier. Je n'ai +pas eu plus de relations que vous avec Pagello, depuis le +<span class="pagenum"><a name="Page_84" id="Page_84">84</a></span> triste temps vers lequel vous reportez mes souvenirs, et +j'aime à penser qu'après ces orages, ses idées sont devenues +justes et élevées, comme son âme l'était dans le calme. +Nous sommes tous ainsi plus ou moins; la colère et la haine +sont des maladies qui nous tueraient, si la Providence ne les +avait faites de courte durée. Je ne suis pas plus qu'une +autre à l'abri de ces passions.....»</p> + +<p>Et à la mort d'Alfred Tattet, en novembre 1856, ces tableaux, +m'a dit une personne de sa famille, furent retrouvés +dans le grenier où ils avaient été mis en 1835 et où +peut-être ils sont encore.</p> + +<p>Cependant Alfred de Musset et George Sand sont tous +deux moralement à bout de forces; ils ne peuvent plus +se voir sans se quereller et n'ont pas le courage de se +quitter. Ils se rencontrent, ils s'écrivent encore, mais le +dénouement est proche:</p> + +<p class="blockquot"> +«.....Il me semble comprendre à ta lettre, répond Musset +à un billet de G. Sand, que nous ne nous verrons plus +avant ton départ et le mien. Je pars lundi; ma place est +retenue dans la malle-poste de Strasbourg<a name="FNanchor_53" id="FNanchor_53" href="#Footnote_53" class="fnanchor">[53]</a>; +les derniers mots de ton billet ont l'air d'un adieu et un mot de notre +dernière conversation m'a presqu'ôté le courage de t'en dire +un autre. Je suis étonné qu'il reste dans mon cœur de la +place pour une souffrance nouvelle. Qu'il en soit ce qui plaît +à Dieu.....»</p> + +<p>C'est George Sand qui se reprend la première; le 6 +mars, elle écrit à Boucoiran: «Aidez-moi à partir aujourd'hui». +Et le lendemain, Musset venant au rendez-vous, +trouve la maison vide: +<span class="pagenum"><a name="Page_85" id="Page_85">85</a></span></p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center"><i>«A Monsieur Boucoiran, Passage Choiseul, 28.</i></p> + +<p class="left5">«Monsieur,</p> + +<p>«Je sors de chez Madame Sand et on m'apprend qu'elle +est à Nohant. Ayez la bonté de me dire si cette nouvelle est +vraie. Comme vous avez vu Madame Sand ce matin, vous +avez pu savoir quelles étaient ses intentions, et si elle ne +devait partir que demain, vous pourriez peut-être me dire si +vous croyez qu'elle ait quelques raisons pour désirer de ne +point me voir avant son départ. Je n'ai pas besoin d'ajouter, +que dans le cas où cela serait, je respecterais ses volontés.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset</span>».</p></div> + +<p>Cette fois, c'était fini et bien fini. Ce fut une détente, +un soulagement:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center"><i>George Sand à Boucoiran</i><a name="FNanchor_54" id="FNanchor_54" href="#Footnote_54" class="fnanchor">[54]</a>.</p> + +<p class="left5">«9 mars 1835.</p> + +<p>«Je suis très calme, j'ai fait ce que je devais faire; la seule +chose qui me tourmente, c'est la santé d'Alfred».</p></div> + +<p>Pendant un mois environ, elle fut en proie à une sorte +de maladie de langueur, puis le calme vint réellement, +et bientôt l'indifférence.</p> + +<p>Chez Alfred de Musset, au contraire, l'apaisement +parut se faire tout de suite, mais ce n'était qu'une +apparence trompeuse.</p> + +<p class="left30 font90">J'ai vu le temps où ma jeunesse<br /> +Sur mes lèvres était sans cesse<br /> +Prête à chanter comme un oiseau;<br /> +Mais j'ai souffert un dur martyre,<br /> +Et le moins que j'en pourrais dire,<br /> +Si je l'essayais sur ma lyre,<br /> +La briserait comme un roseau.<a name="FNanchor_55" id="FNanchor_55" href="#Footnote_55" class="fnanchor">[55]</a></p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_86" id="Page_86">86</a></span> +Le 21 juillet, il écrivait à son fidèle ami:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center"><i>«Monsieur Alfred Tattet, à Baden, poste restante.</i></p> + +<p>«Votre lettre, mon cher Alfred, est arrivée comme je +n'étais pas à Paris, ce qui fait que ma réponse est en retard +de quelques jours. Pour répondre d'abord à votre question +sur ce qui regarde Madame.... (Affaire personnelle à Alfred +Tattet).... je crois que ce que je peux vous dire de mieux, +c'est qu'il y a tantôt huit ou neuf mois, j'étais où vous êtes, +aussi triste que vous, logé peut-être dans la chambre où +vous êtes, passant la journée à maudire le plus beau, le plus +bleu ciel du monde et toutes les verdures possibles. Je +dessinais de mémoire le portrait de mon infidèle; je vivais +d'ennuis, de cigares et de pertes à la roulette. Je croyais que +c'en était fait de moi pour toujours, que je n'en reviendrais +jamais. Hélas! Hélas! Comme j'en suis revenu! comme les +cheveux m'ont repoussé sur la tête, le courage dans le +ventre, l'indifférence dans le cœur, par dessus le marché! +Hélas! A mon retour, je me portais on ne peut mieux; et si +je vous disais que le bon temps, c'est peut-être celui où l'on +est chauve, désolé et pleurant! Vous en viendrez là, mon +ami. Je vous plains aujourd'hui bien sincèrement, parce que +vous souffrez. Quand vous serez guéri, vous n'en serez pas +fâché, soyez-en sûr. Tout ce qui fait vivre est bon et sain. +Je vous promets de vous tenir au courant de tout ce que +je pourrai savoir....</p> + +<p>«Je travaille à force. Combien de temps comptez-vous +rester à Bade? Adieu. Je suis à vous.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset.»</span></p></div> + +<p>Hélas! Non, Alfred de Musset «n'en était pas revenu». +Quelque chose s'était brisé en lui, laissant une plaie qui +saigna jusqu'à sa mort.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_87" id="Page_87">87</a></span></p> +<p class="p2 c"><b>VI</b></p> + +<p class="c">APRÈS</p> + +<p>Après leur rupture, Alfred de Musset avait continué +d'écrire à George Sand, à des intervalles plus ou moins +longs; une correspondance d'un nouveau genre, toute +amicale, s'était établie entre eux:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center"><i>George Sand à Alfred de Musset.</i></p> + +<p>«Avec les gens qu'on n'aime ni n'estime, on peut avoir des +exigences et ne pas se donner la peine de les motiver. De moi +à toi, il n'en sera jamais ainsi et je ne te demanderai jamais +rien sans savoir de toi-même à quel point tu approuves ma +demande.»</p> + +<p class="right">[1836]</p></div> + +<p>Lorsqu'au mois de janvier 1836 la <i>Confession d'un +Enfant du Siècle</i> parut en librairie, George Sand fit +part à M<sup>me</sup> d'Agoult de ses impressions:</p> + +<p class="blockquot"> +«....Je vous dirai que cette <i>Confession d'un Enfant du +Siècle</i> m'a beaucoup émue en effet. Les détails d'une intimité +malheureuse y sont si fidèlement rapportés depuis la première +heure jusqu'à la dernière, depuis la <i>sœur de charité</i> jusqu'à +l'<i>orgueilleuse insensée</i>, que je me suis mise à pleurer comme +une bête, en fermant le livre. Puis j'ai écrit quelques lignes à +l'auteur pour lui dire je ne sais quoi: que je l'avais beaucoup +aimé, que je lui avais tout pardonné et que je ne voulais +jamais le revoir... Je sens toujours pour lui, je vous l'avouerai +bien, une profonde tendresse de mère au fond du cœur; +il m'est impossible d'entendre dire du mal de lui sans colère, +et c'est pourquoi quelques-uns de mes amis s'imaginent que +je ne suis pas bien guérie....»<a name="FNanchor_56" id="FNanchor_56" href="#Footnote_56" class="fnanchor">[56]</a></p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_88" id="Page_88">88</a></span> +Pendant l'hiver de 1837, George Sand vint passer +quelques jours à Paris; ils se retrouvent et ont «six +heures d'intimité fraternelle, après lesquelles il ne +faudra jamais se mettre à douter l'un de l'autre, fût-on +dix ans sans se voir et sans s'écrire.»</p> + +<p>«Tu peux disposer de moi comme d'un ami, et compter +que je ferai avec joie tout ce qui te sera agréable», +répond-elle le 19 avril 1838 à Alfred de Musset qui +lui avait recommandé quelqu'un.</p> + +<p>La même année ou l'année suivante, Alfred de Musset +impose silence à Alfred Tattet qui avait raconté divers +incidents du voyage à Venise:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«J'apprends, mon cher Alfred, que vous avez manqué +plusieurs fois à la parole que vous m'aviez donnée de garder +le silence sur tout ce qui s'est passé en Italie. Cela m'a fait +beaucoup de peine, d'abord pour vous, qui manquez à votre +promesse, et ensuite pour moi, qui ai cru, pendant plus de +quatre ans, avoir un véritable ami.</p> + +<p class="left55">«T. à v. <span class="i6 smcap">«Alf<sup>d</sup> de Musset.»</span></p></div> + +<p>En 1839, Alfred de Musset écrit <i>Le Poète Déchu</i>, sorte +d'autobiographie inédite, qui ne fut pas terminée et +dont le manuscrit a été presqu'entièrement détruit par +son frère Paul (il n'en subsiste plus guère que les divers +fragments publiés dans la <i>Biographie</i>). Alfred de Musset +y dépeint ainsi son état moral, après sa rupture avec +George Sand:</p> + +<p class="blockquot"> +«....J'étais si sûr de moi, que je crus d'abord n'éprouver +ni regret ni douleur. Je m'éloignai fièrement. Mais à peine +eus-je regardé autour de moi, que je vis un désert.... Je +rompis avec toutes mes habitudes, je m'enfermai dans ma +chambre, j'y passai quatre mois à pleurer sans cesse, ne +voyant personne.... Plus tranquille, je jetai les yeux sur +tout ce que j'avais quitté; au premier livre qui me tomba +sous la main, je m'aperçus que tout avait changé: rien du +<span class="pagenum"><a name="Page_89" id="Page_89">89</a></span> passé n'existait plus, ou du moins, ne se ressemblait. Un +monde nouveau m'apparaissait comme si je fusse né de la +veille.... Je compris alors ce que c'est que l'expérience, et +je vis que la douleur apprend la vérité....»<a name="FNanchor_57" id="FNanchor_57" href="#Footnote_57" class="fnanchor">[57]</a></p> + +<p>M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, dans son +livre, cite les lettres qu'«Elle» et «Lui» échangèrent +en 1840 à propos de leur correspondance passée.—Moi-même +ai déjà raconté dans une lettre publiée par +<i>l'Intermédiaire des chercheurs et curieux</i> du 20 novembre +1892, comment M. Jules Grévy, pour Alfred de Musset, +et M. F. Rollinat, pour George Sand, furent chargés, en +vue d'un échange, de reconnaître les paquets de lettres +confiés pour le moment à Gustave Papet (qui les tenait +de M<sup>me</sup> Ursule Josse, et j'ajouterai qu'ils passèrent +ensuite par les mains de MM. Alexandre Manceau, +Ludre Gabillaud, et enfin Émile Aucante, détenteur +actuel) et comment l'affaire n'aboutit pas.</p> + +<p>Dans les premiers jours de 1841, nouvelle rencontre +des deux anciens amants, qui inspire à Alfred de Musset +son <i>Souvenir</i><a name="FNanchor_58" id="FNanchor_58" href="#Footnote_58" class="fnanchor">[58]</a>.</p> + +<p>Au commencement de l'année 1844, Paul de Musset +visite l'Italie et son frère lui rappelle l'ancien amour +dans les stances qu'il lui dédie<a name="FNanchor_59" id="FNanchor_59" href="#Footnote_59" class="fnanchor">[59]</a>:</p> + +<div class="left30 font90"> +<p>Toits superbes, froids monuments,<br /> +Linceul d'or sur des ossements,<br /> +<span class="i4">Ci-gît Venise!</span><br /> +Là, mon pauvre cœur est resté!<br /> +S'il doit m'en être rapporté,<br /> +<span class="i4">Dieu le conduise!</span></p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_90" id="Page_90">90</a></span> +Mon pauvre cœur, l'as-tu trouvé,<br /> +Sur le chemin, sous un pavé,<br /> +<span class="i4">Au fond d'un verre?</span><br /> +Ou dans ce grand palais Nani<br /> +Dont tant de soleils ont jauni<br /> +<span class="i4">La noble pierre<a name="FNanchor_60" id="FNanchor_60" href="#Footnote_60" class="fnanchor">[60]</a></span></p> + +<p><b>. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </b><br /> +L'as-tu trouvé tout en lambeaux<br /> +Sur la rive où sont les tombeaux?<br /> +<span class="i4">Il y doit être.</span><br /> +Je ne sais qui l'y cherchera<br /> +Mais je crois bien qu'on ne pourra<br /> +<span class="i4">L'y reconnaître.</span></p></div> + +<p>En 1854, George Sand, pour repousser les attaques de +la <i>Biographie</i> de Mirecourt, adresse une lettre au journal +<i>Le Mousquetaire</i><a name="FNanchor_61" id="FNanchor_61" href="#Footnote_61" class="fnanchor">[61]</a>:</p> + +<p class="blockquot"> +«...Je ne défendrai pas M. de Musset des offenses que +vous lui faites. Il est de force à se défendre lui-même, et il ne +s'agit que de moi pour le moment. C'est pourquoi je me +borne à vous dire que je n'ai jamais confié à personne ce +que vous croyez savoir de sa conduite à mon égard, et que, +par conséquent, vous avez été induit en erreur par quelqu'un +qui a inventé ces faits. Vous dites qu'après le Voyage en +Italie, je n'ai jamais revu M. de Musset. Vous vous trompez, +je l'ai beaucoup revu et je ne l'ai jamais revu sans lui serrer +la main....»</p> + +<p>Jusqu'à la mort d'Alfred de Musset, survenue comme on +sait, le 3 mai 1857, les deux anciens amants restèrent plutôt +amis qu'ennemis. Il n'y eut jamais de guerre ouverte, +ils se défendirent même réciproquement dans plusieurs +circonstances et nous avons donné la preuve que plus +<span class="pagenum"><a name="Page_91" id="Page_91">91</a></span> +d'une fois l'un approuva ce que l'autre avait écrit sur +tous deux. Ils se sont querellés, ils se sont disputés, +d'accord! Mais leurs différends sont restés entre eux et +aucune accusation directe n'a été formulée par eux-mêmes. +Ce sont des amis maladroits et indiscrets, des +ennemis sournois qui, pour les exciter l'un contre l'autre, +dénaturaient les paroles de nos deux héros, qu'il faut +rendre responsables de tout le bruit qui se fit dans les +salons et dans la presse.</p> + +<p class="p2 c"><b>VII</b></p> + +<p class="c">DEUX LIVRES</p> + +<p>Donc, malgré la correction de leurs relations, vingt +mois après la mort d'Alfred de Musset, le 15 janvier 1859, +George Sand commençait dans la <i>Revue des Deux-Mondes</i> +la publication de <i>Elle et Lui</i>. Il nous est impossible +de trouver le pourquoi de ce livre.</p> + +<p>Ce n'est pas une réponse à la <i>Confession d'un Enfant +du Siècle</i>; nous avons donné la preuve que George Sand +tenait ce récit pour vrai. Alors, pourquoi ce silence de +vingt années, si la <i>Confession</i> était une accusation mensongère? +Pourquoi surtout n'avoir parlé que lorsqu'Alfred +de Musset n'était plus là pour se défendre?—Ce +n'est pas non plus une attaque directe contre Alfred +de Musset, car George Sand se donnerait à elle-même un +démenti et renierait toute sa conduite depuis 1835.</p> + +<p>Est-ce le besoin de faire parler d'elle? Non, car par +ses romans et son rôle politique en 1848, elle était +parvenue à la célébrité.—Le besoin d'argent doit aussi +être écarté, car, à cette époque, sa fortune la mettait au-dessus +des nécessités de la vie.</p> + +<p>Je ne vois qu'une raison plausible: c'est que George +<span class="pagenum"><a name="Page_92" id="Page_92">92</a></span> Sand, obsédée des instances de ceux qui menaient campagne +contre Alfred de Musset, n'eut pas la volonté +nécessaire pour leur résister plus longtemps et finit, +pour se débarrasser d'eux, par dire ce qu'ils voulaient +lui faire dire, et cela, sans bien se rendre compte des +conséquences.</p> + +<p><i>Elle et Lui</i> parut, d'abord dans la <i>Revue des Deux-Mondes</i>, +puis en volume. Grand tapage au profit de +Buloz, mais scandale énorme et qui retomba sur l'auteur. +Quelques amis de George Sand, qui détestaient +Alfred de Musset et avaient toujours essayé de lui nuire, +furent seuls à approuver, avec les ennemis personnels +du poète; le blâme fut général, et il suffit de lire les +journaux de l'époque pour s'en assurer.</p> + +<p>M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul nous +raconte même dans <i>Cosmopolis</i> (p. 763), puis dans sa +<i>Véritable histoire d'Elle et Lui</i> (p. 185) que lorsqu'en 1861, +il fut demandé à l'Académie Française de décerner un +prix à George Sand, la publication d'<i>Elle et Lui</i> fut un +des griefs invoqués pour refuser ce prix.</p> + +<p>Paul de Musset prit, comme il le devait, la défense +d'Alfred, et redemanda, sans succès du reste, les lettres +de son frère. Alors, sans rien dire à personne<a name="FNanchor_62" id="FNanchor_62" href="#Footnote_62" class="fnanchor">[62]</a>, il +envoya <i>Lui et Elle</i> au <i>Magasin de Librairie</i>, dirigé par +Charpentier, l'éditeur d'Alfred<a name="FNanchor_63" id="FNanchor_63" href="#Footnote_63" class="fnanchor">[63]</a>; ce fut par cette revue +que M<sup>me</sup> de Musset mère apprit l'existence d'une +réponse: +<span class="pagenum"><a name="Page_93" id="Page_93">93</a></span></p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center"><i>«A Monsieur Paul de Musset.</i></p> + +<p class="right">«Dimanche, 10 avril 1859.</p> + +<p>«Si tu avais pris, mon cher Paul, la peine de m'écrire pour +me donner tes raisons, comme tu l'as fait dans ta lettre +d'hier, je n'aurais pas été si vivement impressionnée de cette +nouvelle inattendue, et je m'y serais probablement rendue, +comme je le fais aujourd'hui. Puisque la chose est faite, et +sans remède, je m'y soumets, tout en regrettant amèrement +de n'en avoir rien su d'avance. Je trouve ta première partie +brillante de style, d'intérêt et d'esprit; on ne dira toujours +pas de ceci que c'est ennuyeux, comme on l'a dit de l'autre. +Les portraits sont de main de maître et d'une ressemblance +vivante.</p> + +<p>«Mais j'en reviens à mes inquiétudes. Je crois que tu te +fais une foule d'ennemis irréconciliables. Tous ces personnages +existent encore; sous leurs sobriquets, ils ne pourront +manquer de se reconnaître. D'ailleurs, la dame les y aidera. +C'est là vraiment la plus forte objection que j'ai toujours eue +pour cette publication qui, dans ma prévision, t'attirera une +foule de désagréments. Si ce n'était cette crainte, je ne pourrais +m'empêcher d'être électrisée par des pages si belles et +si bien écrites. Il y en a plusieurs d'étonnantes; mais si +j'avais été consultée, je t'aurais engagé à ne pas oublier la +scène étrange qui s'est passée entre elle et moi à l'occasion +du départ pour l'Italie.</p> + +<p>«Je t'ai raconté cent fois, qu'avant de partir, ton frère +m'avait demandé mon consentement à ce triste voyage, et +que je l'avais obstinément refusé; enfin, voyant mon désespoir, +il s'était jeté à mes genoux en me disant: «Ne pleure +pas, ma mère. Si l'un de nous deux doit pleurer, ce ne sera +pas toi.» Ce sont ses propres paroles. Tu comprends que je +ne les ai jamais oubliées; il s'en alla, après m'avoir rassurée, +et déclara à la dame qu'il ne pouvait partir, qu'il ne pouvait +affliger sa mère. Le bon fils! Que fit cette femme? A neuf +heures du soir, elle prit un fiacre et se fit conduire à ma +porte. On vint m'avertir que quelqu'un me demandait +en bas; je descendis, suivie d'un domestique et n'y comprenant +rien. Je montai dans cette voiture, voyant une femme +seule. C'était elle. Alors elle employa toute l'éloquence dont +elle était maîtresse à me décider à lui confier mon fils, me +<span class="pagenum"><a name="Page_94" id="Page_94">94</a></span> répétant qu'elle l'aimerait comme une mère, qu'elle le soignerait +mieux que moi. Que sais-je? La sirène m'arracha +mon consentement. Je lui cédai, tout en larmes et à contre +cœur, car <i>il avait une mère prudente</i>, bien qu'elle ait osé dire +le contraire dans <i>Elle et Lui</i>.</p> + +<p>«Cette scène a son prix et je suis fâchée qu'elle ne se trouve +pas dans ton récit véridique. Vois si tu peux l'introduire en +parlant des regrets qu'il laissa derrière lui dans sa famille.</p> + +<p>«Adieu, mon cher fils. Je suis peinée de t'avoir affligé par +ma lettre. Le sort en est jeté, nous verrons ce que l'avenir +nous garde.</p> + +<p>«Je t'embrasse et t'aime tendrement.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Edmée».</span></p></div> + +<p>Certes, Paul de Musset eut raison de répondre; nous +blâmons seulement la manière dont il le fit. On ne +riposte pas à un pamphlet par un autre pamphlet; on +ne réfute pas des faits dénaturés dans un sens en les +dénaturant dans le sens contraire. Selon nous, le mieux +eût été d'opposer des documents certains à ces histoires +plus ou moins travesties; de publier, en un mot, la +correspondance même des deux amants,—nous en +revenons toujours là.—Paul de Musset pouvait le faire. +George Sand, ayant les originaux, se croyait à l'abri de +cette réplique: elle ignorait qu'Alfred de Musset, aussitôt +après leur rupture définitive, avait confié ses lettres à +M<sup>me</sup> Caroline Jaubert, et que celle-ci en avait pris la +copie exacte<a name="FNanchor_64" id="FNanchor_64" href="#Footnote_64" class="fnanchor">[64]</a>.</p> + +<p>J'ai retrouvé, parmi les papiers laissés par Paul de +Musset, cette <i>clef</i> des personnages de <i>Lui et Elle</i>, écrite +par l'auteur lui-même:</p> + +<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="clef"> +<colgroup span="2"> +<col width="240" align="left"></col> +<col align="left"></col> +</colgroup> +<tr> + <td>Olympe de B***</td> + <td>George Sand.</td> +</tr> +<tr> + <td>Édouard de Falconey</td> + <td>Alfred de Musset.</td> +</tr> +<tr> + <td>Diogène</td> + <td>Gustave Planche.</td> +</tr> +<tr> + <td>Jean Cazeau</td> + <td>Jules Sandeau.</td> +</tr> +<tr> + <td>Pierre</td> + <td>Paul de Musset. +<span class="pagenum"><a name="Page_95" id="Page_95">95</a></span></td> +</tr> +<tr> + <td>L'éditeur</td> + <td>Buloz.</td> +</tr> +<tr> + <td>Caliban </td> + <td>Boucoiran.</td> +</tr> +<tr> + <td>Hercule</td> + <td>Laurens.</td> +</tr> +<tr> + <td>Le comte Meretti</td> + <td>[En blanc].</td> +</tr> +<tr> + <td>Le docteur Palmerillo</td> + <td>Le D<sup>r</sup> Pagello</td> +</tr> +<tr> + <td>Édouard Verdier</td> + <td>Alfred Tattet.</td> +</tr> +<tr> + <td>Hans Flocken</td> + <td>L'abbé Liszt.</td> +</tr> +</table> + +<p><i>Lui et Elle</i> ne fit qu'augmenter le tapage: deux camps +se formèrent et l'encre coula à flots. Nous ne prétendons +pas écrire l'histoire de cette guerre; nous ne voulons +plus que citer deux lettres inédites, la première et la +dernière en date, de celles que Paul de Musset recueillit +en cette occasion et dont il forma tout un dossier.</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center"><i>M<sup>me</sup> Augustine Brohan à Paul de Musset.</i></p> + +<p class="right">«Avenue de Saint-Cloud, 28 mai 1859.</p> + +<p>«Je viens de lire <i>Lui et Elle</i>, puis <i>Elle et Lui</i>. Cela, Monsieur, +vous sera sans doute fort indifférent d'avoir mon avis; mais +votre esprit généreux comprendra que j'aie voulu vous le +donner.</p> + +<p>«Si vous vous souvenez de mon nom, vous vous souviendrez +aussi que, pendant de longues années, notre grand +poète, votre frère, m'appelait son <i>amie</i>, et ami, véritablement +je l'étais. Simplement, sans que cela fût la suite ou le +commencement d'un autre voyage du cœur, il lui avait plu +de se plaindre à moi de ces horribles souffrances qui avaient +aigri et changé sa nature première, parce qu'il avait compris +quelle sympathie il y avait dans mon âme pour sa pauvre +âme brisée. Souvent, il m'a dit que s'il y avait un remède +pour le sauver de cette incurable maladie qui le minait, +c'est moi qui le saurais trouver. Mais, hélas! quels que +fussent mes efforts, le besoin d'oublier le replongeait dans +les étourdissements qu'il recherchait. D'ailleurs, là où votre +affection échouait, il n'y avait plus de remède.</p> + +<p>«Quand la mort, cruelle pour nous qui le perdions, est +venue le délivrer, le seul regret qu'on peut raisonnablement +avoir était de ne plus rien pouvoir pour lui; qui donc aurait +pu jamais supposer qu'on eût à le venger? Il n'est pas besoin +<span class="pagenum"><a name="Page_96" id="Page_96">96</a></span> de vous dire quel dégoût (il n'est pas besoin non plus d'être +femme pour l'éprouver,) quel dégoût, dis-je, prend à la +gorge en lisant ce pamphlet d'<i>Elle et Lui</i>!...</p> + +<p>«Assurément, mon intention n'est point de faire de grandes +phrases, mais comment parler posément de cette audacieuse +calomnie, qui a tenté de ternir la mémoire illustre d'un +génie et d'un cœur comme celui que nous pleurons!</p> + +<p>«Je ne voulais, Monsieur, que vous dire bonnement que +votre réponse a déchargé ma colère, dont j'étouffais. Je +voulais vous remercier d'avoir remis dans mon cœur, fidèle +au souvenir, les mots, les idées, les <i>airs ressemblants</i> du cher +mort. Vous m'avez donné de profondes joies, et je vous +devais de vous en dire ma reconnaissance.</p> + +<p>«Alfred de Musset, vous l'avez bien voulu dire vous-même, +appartient à la jeunesse, à ce qui souffre, à ce qui +aime, et j'ai été jeune en son temps. J'ai souffert,—qui n'a +pas souffert?—et j'aime un bel enfant qui est le mien, à qui +j'apprends à épeler dans ces belles poésies sorties du cœur +du poète et qui devaient le protéger contre tous, quand +encore on n'aurait pas eu l'honneur d'être aimée de lui.</p> + +<p>«Recevez, Monsieur, mes compliments les meilleurs et les +plus empressés sur la noble façon dont vous avez rempli la +tâche que tout esprit honnête voudrait avoir à remplir.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Brohan».</span></p></div> + +<p>Si véhémente que puisse paraître cette lettre, aujourd'hui +que les esprits sont calmés, elle n'égale pas en +violence les articles de <i>La Correspondance littéraire</i>, du +<i>Journal des Débats</i>, de la <i>Revue Contemporaine</i>, etc.</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="center"><i>Philarète Chasles à Madame Chodzko.</i></p> + +<p class="right">«29 avril 1861.</p> + +<p>«Vous devinez avec la grâce et la sûreté de coup d'œil +les plus charmantes, chère Madame, tout ce qui peut m'être +cher et précieux. Il n'y a pas d'être plus noblement doué ni +que je vénère plus que Madame Dudevant. C'est le premier +écrivain de cette époque, et si Dieu lui avait donné un peu +plus de faiblesse, c'est-à-dire un peu plus d'amour, et, avec +<span class="pagenum"><a name="Page_97" id="Page_97">97</a></span> ce don, un peu plus d'indulgence (l'amour n'est que pardon), +elle ne serait peut-être pas un peintre aussi incomparable. +Elle n'aurait pas non plus commis les deux seules erreurs +graves de sa vie, de parler de ses ancêtres féminins dans ses +Mémoires et d'Alfred de Musset dans son livre. Deux malheurs +que l'honnête homme a pu se permettre, mais que <i>la +femme</i>, si elle eût été plus terriblement femme, n'aurait pas +admises, alors même que le vilain monstre pécuniaire et +corrupteur qui lui a soufflé ces crimes contre la délicatesse +d'âme, l'eût encore plus violemment entraînée à les commettre.</p> + +<p>«Mais il faut accepter ce que Dieu nous donne, la cerise +avec son poison et l'ananas avec son ivresse et le soleil de +l'Inde avec la fièvre. Il y a chez George Sand un génie de +peinture, une grandeur de sentiment, une largeur chaude de +style artistique, rares chez les génies les plus rares, qui, +mêlés à une probité et à une équité superbes, en font un +des plus beaux honneurs de notre France actuelle.</p> + +<p>«Je serai très heureux qu'elle veuille bien agréer mon +humble hommage et je vous remercie bien cordialement +d'une entremise qui me rend, certes, notre grand homme +plus favorable....</p> + +<p>«Mille tendres et respectueux remerciements.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Philarète Chasles».</span></p></div> + +<p class="center">*<br /> +* *</p> + +<p>Aujourd'hui, toutes ces haines sont mortes; le poète +est couché selon ses vœux sous le saule qu'il a lui-même +demandé:</p> + +<p class="left30">Mes chers amis, quand je mourrai,<br /> +Plantez un saule au cimetière;<br /> +J'aime son feuillage éploré,<br /> +La pâleur m'en est douce et chère,<br /> +Et son ombre sera légère<br /> +A la terre où je dormirai.</p> + +<p>Tandis que là-bas, sous le grand cyprès, la Bonne +Dame de Nohant repose auprès de son fils et de son +<span class="pagenum"><a name="Page_98" id="Page_98">98</a></span> petit-fils. Alors, pourquoi la sœur du poète ne veut-elle +10pas laisser dire toute la vérité et, comme la famille de +George Sand, autoriser la publication des lettres, pour +dissiper toute équivoque? Ni l'un ni l'autre des amants +n'a rien à y perdre, tous deux ont beaucoup à y gagner.</p> + +<div class="figcenter"><img src="images/108_s.jpg" width="200" height="149" +alt="end chap2" title="" /> +</div> + +<p class="center"><a href="images/108_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_99" id="Page_99">99</a></span></p> +<p class="c"><b>INDEX BIBLIOGRAPHIQUE</b></p> +<p><span class="pagenum invisible"><a name="Page_100" id="Page_100">100</a></span></p> + +<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_101" id="Page_101">101</a></span></p> + +<div class="figcenter"><img src="images/111_s.jpg" width="500" height="115" +alt="chap3" title="" /></div> + +<p class="center"><a href="images/111_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<h2 class="p4">INDEX BIBLIOGRAPHIQUE</h2> + +<p class="center p2">1833</p> + +<p>20 et 25 juin.—Le Temps. Critique de <i>Un Spectacle +dans un Fauteuil</i>, par A. G. (2 articles).</p> + +<p>11 juillet.—Journal des Débats. Critique de <i>Valentine</i>, +par C. R. (Cuvillier-Fleury).</p> + +<p>28 juillet.—Journal des Débats. Critique de <i>Un +Spectacle dans un Fauteuil</i> et des <i>Contes d'Espagne et +d'Italie</i>, par J. S.</p> + +<p><span class="smcap">Lélia, par George Sand.</span> Paris, Dupuis et Tenré, +1833. 2 vol. in-8.</p> + +<p>7 août.—Bagatelle. Critique de <i>Lélia</i>, par Lottin de +Laval.</p> + +<p>9 août.—L'Europe littéraire. Les Bas-Bleus, par Capo +de Feuillide.</p> + +<p>Réimprimé dans: <span class="smcap">Chroniques du Café de Paris, +1</span><sup>er</sup> liv., <span class="smcap">Le Jeune Homme.</span> Paris, U. Canel et A. Guyot, +1833. 2 vol. in-8. Tome II, p. 283.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_102" id="Page_102">102</a></span> +15 août.—Revue des Deux-Mondes. Critique de +<i>Lélia</i>, par G. Planche.</p> + +<p>22 août.—L'Europe littéraire. Critique de <i>Lélia</i>, par +Capo de Feuillide.</p> + +<p>24 août.—Le Figaro. Il ou Elle. (Sur le duel Planche-De +Feuillide).</p> + +<p>30 août.—L'Écho de la Jeune France, p. 216. Le +Duel de G. Planche et C. de Feuillide.</p> + +<p>1<sup>er</sup> septembre.—Le Petit Poucet. Le Duel de G. Planche +et de C. de Feuillide.</p> + +<p>1<sup>er</sup> septembre.—Journal des Débats. Critique de <i>Lélia</i>, +par C. R. (Cuvillier-Fleury).</p> + +<p>29 septembre.—Le National. Critique de <i>Lélia</i>, par +Sainte-Beuve.</p> + +<p>4 novembre.—Journal des Débats. Sur G. Sand, à +propos d'<i>Indiana</i>, par J. J. (J. Janin).</p> + +<p>29 novembre.—Journal des Débats. G. Sand et les +<i>Heures du Soir</i>, par J. J. (J. Janin).</p> + +<p class="center p2">1834</p> + +<p>9 janvier.—L'Europe littéraire. G. Sand et J. Sandeau, +par A. Luchet.</p> + +<p>24 mars.—Journal des Débats. G. Sand à propos +de <i>Valentine</i>, par J. J. (J. Janin).</p> + +<p>15 mai.—Revue des Deux-Mondes. 1<sup>re</sup> Lettre d'un +Voyageur, par G. Sand.</p> + +<p>15 juillet.—Revue des Deux-Mondes. 2<sup>e</sup> Lettre d'un +Voyageur, par G. Sand.</p> + +<p>15 septembre.—Revue des Deux-Mondes. 3<sup>e</sup> Lettre +d'un Voyageur, par G. Sand.</p> + +<p>1<sup>er</sup> octobre.—Journal des Femmes. Critique de <i>Un +Spectacle dans un Fauteuil</i>, par M<sup>me</sup> Cl. Robert.</p> + +<p>1<sup>er</sup> octobre.—Revue des Deux-Mondes. Critique de +<i>Jacques</i>, par G. Planche.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_103" id="Page_103">103</a></span> 15 octobre.—Revue des Deux-Mondes. 4<sup>e</sup> Lettre d'un +Voyageur, par G. Sand.</p> + +<p class="center p2">1835</p> + +<p>1<sup>er</sup> janvier.—Revue des Deux-Mondes. Une bonne +fortune, par Alfred de Musset.</p> + +<p>15 janvier.—Revue des Deux-Mondes. 5<sup>e</sup> Lettre d'un +Voyageur, par G. Sand.</p> + +<p>15 juin.—Revue des Deux-Mondes. La Nuit de Mai, +par Alfred de Musset.</p> + +<p>15 juillet.—Le Mercure de France. Quelques gens +de Lettres dans leur intérieur, par Une Contemporaine. +(M<sup>me</sup> Ida Saint-Elme).</p> + +<p>15 septembre.—Revue des Deux-Mondes. Fragment +de la <i>Confession d'un Enfant du siècle</i>, par Alfred de +Musset.</p> + +<p>1<sup>er</sup> décembre.—Revue des Deux-Mondes. La Nuit de +Décembre, par Alf. de Musset.</p> + +<p class="center p2">1836</p> + +<p><span class="smcap">La Confession d'un Enfant du Siècle, par Alfred +de Musset.</span> Paris, Bonnaire, 1836. 2 vol. in-8.</p> + +<p>7 février.—Revue de Paris, p. 53.—Critique de +<i>La Confession</i>, par B. Z.</p> + +<p>15 février.—Revue des Deux-Mondes. Critique de <i>La +Confession</i>, par Sainte-Beuve.</p> + +<p>21 février.—Chronique de Paris. Critique de <i>La +Confession</i>, par C. A. (Chaudesaigues).</p> + +<p>24 février.—La Quotidienne. Critique de <i>La Confession</i> +et comparaison avec <i>Lélia</i>, par Th. Muret.</p> + +<p>1<sup>er</sup> mars.—Revue des Deux-Mondes. Lettre à Lamartine, +par Alfred de Musset.</p> + +<p>10 mars.—Petit Courrier des Dames. Critique et +Extrait de <i>La Confession</i>, non signé.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_104" id="Page_104">104</a></span> +10 mars.—Le Voleur. Critique de <i>La Confession</i>, par +H. C.</p> + +<p>15 mars.—Le Mercure de France. Critique de <i>La +Confession</i>, par S.-H. Berthoud.</p> + +<p>15 juin.—L'Écho de la Jeune France. Critique de +<i>La Confession</i>, non signé.</p> + +<p>1<sup>er</sup> juillet.—Revue des Deux-Mondes. Portrait de +G. Sand, gravé sur acier par Calamatta, d'après Eugène +Delacroix.</p> + +<p>15 août.—Revue des Deux-Mondes. La Nuit d'Août, +par Alfred de Musset.</p> + +<p><span class="smcap">Critiques et Portraits Littéraires, par Sainte-Beuve.</span> +Paris, Renduel, 1832-1836. 3 vol. in-8.—Tome II, +p. 283. Les <i>Nuits</i>, la <i>Confession</i> et les <i>Lettres d'un Voyageur</i>.</p> + +<p>10 octobre.—Petit Courrier des Dames. Note et +Extrait de <i>La Nuit d'Août</i>.</p> + +<p class="center p2">1837</p> + +<p><span class="smcap">Lettres sur les Écrivains Français, par Van Engelgom</span> +(Jules Lecomte). Bruxelles, 1837. 1 vol. in-12.—p. +35. Pourquoi, au théâtre, Alfred de Musset fuyait +à la vue de G. Sand.</p> + +<p>10 mars.—La Fronde. Critique de <i>La Confession</i>, +non signé.</p> + +<p>5 juin.—Le Voleur. Lettre de G. Sand au vicomte S. +de Larochefoucault.</p> + +<p><span class="smcap">Lettres d'un Voyageur, par G. Sand.</span> Paris, Bonnaire, +1837. 2 vol. in-8.</p> + +<p>30 juillet.—Revue de Paris, p. 314. Critique des +<i>Lettres d'un Voyageur</i>.</p> + +<p class="center p2">1839</p> + +<p><span class="smcap">Le Poète déchu, par Alfred de Musset.</span> Œuvre +inédite.</p> + +<p class="p2"><span class="pagenum"><a name="Page_105" id="Page_105">105</a></span></p> +<p class="center">1840</p> + +<p><span class="smcap">La Confession d'un Enfant du Siècle, par Alfred +de Musset.</span> Paris, Charpentier, 1840. 1 vol. in-12.</p> + +<p>26 juillet.—Revue de Paris, p. 289. G. Sand et ses +<i>Lettres d'un voyageur</i>.</p> + +<p class="center p2">1841</p> + +<p><span class="smcap">Les Écrivains Modernes de la France, par Chaudesaigues.</span> +Paris. Gosselin, 1841. 1 vol. in-12.—p. 88. Analyse +de <i>La Confession</i>. (Reproduction, avec quelques +changements de l'article de la <i>Chronique de Paris</i> du 21 +février 1836).</p> + +<p>15 février.—Revue des Deux-Mondes. Souvenir, +poésie, par Alfred de Musset.</p> + +<p class="center p2">1844</p> + +<p>1<sup>er</sup> avril.—Revue des Deux-Mondes. A mon frère +revenant d'Italie, stances, par Alfred de Musset.—Le +Constitutionnel du 6 avril en publie un extrait.</p> + +<p class="center p2">1846</p> + +<p>18 janvier.—L'Artiste. Alfred de Musset, G. Sand et +le Voyage en Italie; les <i>Nuits</i>, par H. Vermot. Extrait +d'une des <i>Lettres d'un Voyageur</i>, par G. Sand.</p> + +<p class="center p2">1847</p> + +<p>21 février.—L'Artiste, p. 249. Jugement de G. Sand +sur Alfred de Musset, par Aug. Desplaces.</p> + +<p class="center p2">1848</p> + +<p>21-24 juin.—Le Petit-Fils du Père Duchêne. A propos +du pamphlet: <i>Amours et intrigues de G. Sand</i> (par +Brault, in-8).</p> + +<p class="center p2">1850</p> + +<p>1<sup>er</sup> juillet.—L'Artiste. Parallèle du talent d'Alfred de +Musset et de celui de G. Sand.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_106" id="Page_106">106</a></span></p> + +<p class="center p2">1853</p> + +<p><span class="smcap">Portraits a la Plume, par Clément de Ris.</span> Paris, +Didier, 1853. 1 vol. in-12. p. 30. Critique de <i>La Confession</i>.</p> + +<p class="center p2">1854</p> + +<p><span class="smcap">Alfred de Musset, par Eugène de Mirecourt.</span> Paris, +Roret, 1854. 1 vol. in-32.</p> + +<p><span class="smcap">George Sand, par Eugène de Mirecourt.</span> Paris, +Roret, 1854. 1 vol. in-32.</p> + +<p>15 février.—Le Mousquetaire. Lettre de G. Sand à +E. de Mirecourt, à propos de sa <i>Biographie</i>.—E. de +Mirecourt répond par une lettre insérée dans le numéro +du 17 février et toute une polémique s'engage et se continue +jusqu'au 2 mars.</p> + +<p>12 mars.—Le Mousquetaire. Critique de <i>La Confession</i>, +par A. Dumas.</p> + +<p><span class="smcap">Histoire de ma Vie, par G. Sand.</span> Paris, Lecou, 1854-1855. +20 vol. in-8.—Tome XVII, p. 219-233. Le Voyage +en Italie.</p> + +<p class="center p2">1857</p> + +<p>10 mai.—La Gazette de Paris. Sur <i>La Confession</i>, par +Ph. Audebrand.</p> + +<p>13 mai.—Triboulet et Diogène. Alfred de Musset, +G. Sand et <i>La Confession</i>, par Ch. de Lavarenne.</p> + +<p>9 juin.—Les Contemporains. Comment écrivaient +Alfred de Musset et G. Sand, par Mirecourt.</p> + +<p class="center p2">1858</p> + +<p>3 juillet.—L'Artiste. Alfred de Musset et G. Sand, +par L. Ratisbonne.</p> + +<p class="center p2">1859</p> + +<p><span class="smcap">Elle et Lui, par George Sand.</span> Revue des Deux-Mondes, +15 janvier, 1<sup>er</sup> et 15 février, 15 mars.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_107" id="Page_107">107</a></span> <span class="smcap">Elle et Lui, par George Sand.</span> Paris, Hachette, +1859. 1 vol. in-12.</p> + +<p><span class="smcap">Lui et Elle, par Paul de Musset.</span> Magasin de Librairie, +10 et 25 avril, 10 mai.</p> + +<p><span class="smcap">Lui, par</span> M<sup>me</sup> <span class="smcap">Louise Colet.</span> Le Messager de Paris, du 23 +août au 16 septembre (22 feuilletons).</p> + +<p>3 mars.—Journal des Débats. Critique de <i>Elle et Lui</i>, +par Prévost-Paradol.</p> + +<p>5 avril.—La Correspondance Littéraire. Critique de +<i>Elle et Lui</i>, par Ludovic Lalanne.</p> + +<p>11 avril.—La Mode. Critique de <i>Elle et Lui</i>, par U. +Guttinguer.</p> + +<p>15 avril.—Revue Anecdotique. Sur <i>Elle et Lui</i>, <i>Lui et +Elle</i>, clef des personnages.</p> + +<p>20 avril et 5 mai.—La Correspondance Littéraire. +Critique de <i>Lui et Elle</i>, par Lud. Lalanne.</p> + +<p>1<sup>er</sup> mai.—Revue Anecdotique. Rectification de la clef +de <i>Elle et Lui</i>.</p> + +<p>21 mai.—L'Illustration. Critique de <i>Elle et Lui</i>.</p> + +<p>24 mai.—Le Siècle. Critique de <i>Elle et Lui</i>, <i>Lui et +Elle</i>, par Delord.</p> + +<p>5 juin.—Le Quart d'heure. Lettre à Paul de Musset, +par A. Louvet.</p> + +<p>7 juin.—La Gazette de France. Critique de <i>Elle et +Lui</i>.</p> + +<p>15 juin.—Le Pays. Critique de <i>Elle et Lui</i>, <i>Lui et +Elle</i>, par Barbey d'Aurevilly.</p> + +<p>25 juillet.—Le Correspondant. Critique de <i>Elle et Lui, +Lui et Elle</i>, par A. de Pontmartin.</p> + +<p>15 août.—Revue contemporaine. Confessions de Deux +Enfants du Siècle, par H. Babou.</p> + +<p>18 août.—Revue de l'Instruction publique. Critique +de <i>Elle et Lui</i>, par A. Claveau.</p> + +<p>15 octobre.—Revue des Deux-Mondes. Préface de +<i>Jean de La Roche</i>, par G. Sand.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_108" id="Page_108">108</a></span> 1<sup>er</sup> novembre.—Revue Anecdotique. A propos de +<i>Lui</i>, extrait du <i>Causeur</i>.</p> + +<p>25 novembre.—La Correspondance Littéraire. La +préface de <i>Jean de La Roche</i> et Alfred de Musset.</p> + +<p>27 novembre.—Journal des Débats. Critique de <i>Lui</i>, +par Cuvillier-Fleury.</p> + +<p>10 décembre.—Magasin de Librairie. Critique de +<i>Lui</i>, par T. Delord.</p> + +<p><span class="smcap">L'Année Littéraire et Dramatique, par Vapereau. +Année 1859.</span> Paris, Hachette. 1 vol. in-12.—p. 63. A propos +d'<i>Elle et Lui</i>.—p. 91. Sur <i>Lui et Elle</i>.—p. 94. Sur <i>Lui</i>.</p> + +<p class="center p2">1860</p> + +<p><span class="smcap">Lui et Elle, par Paul de Musset.</span> Paris, Charpentier, +1860. 1 vol. in-12.</p> + +<p><span class="smcap">Lui, par</span> M<sup>me</sup> <span class="smcap">Louise Colet</span>. Paris, Bourdilliat, 1860. +1 vol. in-12.</p> + +<p><span class="smcap">Eux, drame contemporain, par Moi</span> (A. Doinet). Caen, +Legost-Clerisse, 1860. 1 vol. in-12.</p> + +<p><span class="smcap">Eux et Elles, par M. de Lescure.</span> Paris, Poulet-Malassis +et De Broise, 1860. 1 vol. in-12.</p> + +<p>1<sup>er</sup> janvier.—Revue Anecdotique. Note sur <i>Eux</i>, +pseudonyme de l'auteur.</p> + +<p>Janvier.—Bentley's quarterly review. Étude sur G. +Sand.</p> + +<p>25 janvier.—La Correspondance Littéraire. Critique +de <i>Lui et Elle</i>, par Lud. Lalanne.</p> + +<p>14 février.—Le Gaulois. Les Amours d'un poète, +idylle en 4 colonnes par A. Delatouche.</p> + +<p>19 février.—Le Gaulois. Note relative aux Amours +d'un Poète.</p> + +<p><span class="smcap">Jean de La Roche, par George Sand.</span> Paris, Hachette, +1860. 1 vol. in-12.</p> + +<p>1<sup>er</sup> mars.—Revue Anecdotique. Stances sur <i>Lui</i>, +par Andréa P.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_109" id="Page_109">109</a></span> +25 mars.—La Correspondance Littéraire. A propos +des vers d'Andréa P.</p> + +<p>1<sup>er</sup> avril.—Revue Anecdotique. Note sur le livre de +M. de Lescure.</p> + +<p><span class="smcap">L'Année Littéraire et Dramatique, par Vapereau. +3</span><sup>e</sup><span class="smcap"> année. 1860.</span> Paris, Hachette. 1 vol. in-12.—p. 145. +Des clefs de roman, à propos de <i>Jean de La Roche</i>.</p> + +<p class="center p2">1861</p> + +<p>1<sup>er</sup> mars.—Revue Anecdotique, p. 97. <i>Elle et Lui</i>, +pastiche en vers, par Th. de Banville.</p> + +<p>1<sup>er</sup> octobre.—Revue Anecdotique. Clef des personnages +de <i>Lui</i>.</p> + +<p class="center p2">1862</p> + +<p><span class="smcap">Alfred de Musset, par Adolphe Perreau.</span> Paris, +Poulet-Malassis, 1862. 1 vol. in-12.—p. 21 à 40. Alfred +de Musset et G. Sand, les <i>Nuits</i>, etc...</p> + +<p><span class="smcap">L'Italie des Italiens par</span> M<sup>me</sup> <span class="smcap">Louise Colet</span>. Paris, +Dentu, 1862. 4 vol. in-12. Tome I. p. 248.</p> + +<p class="center p2">1863</p> + +<p><span class="smcap">Les Morts vont vite, par Alexandre Dumas.</span> Paris, +M. Lévy, 1863. 2 vol. in-12.—T. II, p. 109, 135, 165. Sur +<i>La Confession</i>, etc.</p> + +<p class="center p2">1864</p> + +<p>15 mars.—Nouvelle Revue de Paris. Critique de +<i>Elle et Lui</i>.</p> + +<p><span class="smcap">Alfred de Musset devant la Jeunesse, par Lissagaray.</span> +Paris, Cournol, 1864. Brochure in-8<sup>o</sup>. p. 15. Sur <i>La +Confession</i>, etc...</p> + +<p>19 mars.—La Petite Revue. Réfutation de la conférence +de M. Lissagaray, par Pincebourde.</p> + +<p>8 mai.—Le Temps. Réfutation de la conférence de +M. Lissagaray, par H. de Lagardie.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_110" id="Page_110">110</a></span> 1865</p> + +<p><span class="smcap">Les Poésies d'Alfred de Musset, par Ch. Bigot</span>, +conférence. Nevers, tous les libraires, 1865. Brochure +in-8.—p. 7. Alfred de Musset et G. Sand, désespoir du +poète trahi.</p> + +<p>Juin.—Revue Moderne. Deux Sonnets sur <i>Chatterton</i> +d'Alfred de Vigny, par Alfred de Musset et G. Sand, et +lettre de L. Ratisbonne.</p> + +<p>Reproduit dans: La Petite Revue, 17 juin 1865.—Gazette +Anecdotique, 28 février 1877.—Les Annales, 18 +décembre 1887.—J'ai trouvé dans les papiers d'Alfred +de Musset une lettre de Paul de Musset à Louis Ratisbonne; +celui-ci, en sa qualité de directeur de la <i>Revue +Moderne</i> avait communiqué au frère du poète le texte des +deux sonnets avant leur publication.</p> + +<p>Dans cette lettre, datée du 9 mai 1865, publiée par +nous dans la <i>Revue d'Histoire Littéraire</i> du 15 janvier +1898, Paul de Musset nie l'authenticité des deux sonnets. +D'autre part, M. Georges Jubin met au jour dans la +<i>Revue Bleue</i> du 3 avril 1897 des documents qui établissent +que George Sand n'a pas composé l'un de ces +sonnets et qu'Alfred de Musset est l'auteur de tous deux. +Voir p. <a href="#Page_208">208</a>.</p> + +<p><span class="smcap">Alfred de Musset, ses poésies. Lecture faite a +Amiens</span> le 8 avril 1865, (par A. Th.) Amiens, Imprimerie +de Jeunet, 1865. Brochure in-8, p. 15 à 36.</p> + +<p class="center p2">1866</p> + +<p>1<sup>er</sup> avril.—Revue du XIX<sup>e</sup> siècle. La Littérature de 1830.</p> + +<p><span class="smcap">Œuvres d'Alfred de Musset.</span> Édition dédiée aux +amis du poète, avec une Notice biographique par son +frère. Paris, Charpentier, 1865-1866. 10 vol. in-4.—Tome +X, p. 19 à 27. Le Voyage en Italie, les <i>Nuits</i>, la +<i>Confession</i>.—p. 32-33. Sur le <i>Poète Déchu</i>, le <i>Souvenir</i>.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_111" id="Page_111">111</a></span> 1<sup>er</sup> décembre.—Revue du XIX<sup>e</sup> siècle. Alfred de Musset +et G. Sand, d'après Pierre Leroux.</p> + +<p class="center p2">1868</p> + +<p>3 octobre.—L'Illustration, p. 211. Les Correspondances +de G. Sand avec Michel de Bourges, M. de La +Rounat et Alfred de Musset.</p> + +<p class="center p2">1869</p> + +<p><span class="smcap">Portraits contemporains, par Sainte-Beuve.</span> Nouvelle +édition. Paris, C. Lévy, 1869. 5 vol. in-12.—Tome I, +p. 516. Lettres de George Sand à Sainte-Beuve.</p> + +<p><span class="smcap">Une grande Victime de l'esprit de son temps, +Alfred de Musset, par Lucien Degron.</span> Caen, Domin, +1869. Brochure in-8, p. 30.</p> + +<p class="center p2">1872</p> + +<p>19 octobre.—La Renaissance littéraire et artistique. +Des livres écrits sur Alfred de Musset et George Sand, +d'après Champfleury.</p> + +<p class="center p2">1873</p> + +<p><span class="smcap">Les Coulisses du Passé, par Paul Foucher.</span> Paris, +Dentu, 1873. 1 vol. in-12.—p. 282. Le désespoir d'Alfred +de Musset.—p. 371. Alfred de Musset et G. Sand dans +les <i>Portraits</i> de Sainte-Beuve.</p> + +<p>11 mars.—Le Corsaire. Sonnet à G. Sand: «Telle de +l'Angelus», par Alfred de Musset.</p> + +<p>Reproduit dans: Le Constitutionnel, 12 janvier 1881.—Le +Figaro, 15 janvier 1881.—Le Gaulois, 19 août 1896, etc.</p> + +<p class="center p2">1875</p> + +<p><span class="smcap">Alfred de Musset, par H. Secretan.</span> Lausanne, +Imprimerie Howard-Delisle, 1875. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.—p. +68. G. Sand et Alfred de Musset, fragments de trois lettres +de G. Sand à Sainte-Beuve.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_112" id="Page_112">112</a></span> 1876</p> + +<p>31 mars.—Gazette Anecdotique. Critique de <i>Lui</i>, +par G. d'Heylli.</p> + +<p>6 avril.—La Vie Littéraire. Alfred de Musset, G. Sand +et M<sup>me</sup> Colet, par Maxime Rude.</p> + +<p><span class="smcap">La Confession d'un Enfant du Siècle, par Alfred +de Musset</span>, orné de 1 portrait et 1 vignette à l'eau-forte. +Paris, Charpentier, 1876. 1 vol. in-32.</p> + +<p><span class="smcap">Romanciers contemporains, par Marius Topin.</span> Paris, +Charpentier, 1876. 1 vol. in-12.—p. 31. Sur <i>Lui et Elle</i>, +<i>Elle et Lui</i>.</p> + +<p class="center p2">1877</p> + +<p><span class="smcap">Biographie d'Alfred de Musset, par Paul de Musset.</span> +Paris, Charpentier, 1877. 1 vol. in-12. Voir p. 118, 125 à 132, 139, 144 et 260.</p> + +<p>Février.—La Patrie. Sur les sonnets à Alfred de +Vigny, par Ed. Fournier.</p> + +<p>25 février.—Le Courrier littéraire, p. 364. Critique de +<i>La Confession</i>; G. Sand et Musset, par Coriolis.</p> + +<p><span class="smcap">Catulle et Alfred de Musset, par Eugène Rostand.</span> +Discours de réception à l'Académie de Marseille, prononcé +le 4 février 1877. Paris, Hachette et C<sup>ie</sup>, 1877. +Brochure in-8<sup>o</sup>.—Voir p. 11, 12, 13, 19 à 29.</p> + +<p>14 avril.—L'Homme libre. Lettre d'Alfred de Musset à +G. Sand et stances à G. Sand: «Porte ta vie...» par +Alfred de Musset.</p> + +<p>Stances reproduites dans: Le Figaro, 28 avril 1882.—Les +Annales politiques et littéraires, 19 avril 1891.—L'Observateur +français, 21 avril 1891.—Le Courrier +de Londres et de l'Europe, 26 avril 1891.—Gazette +anecdotique, 15 mai 1891.—Le Figaro, 9 mai 1892.—Le +Jour, 11 mai 1892.—Simple Revue, 1<sup>er</sup> juillet 1894.—Pages +d'art et de sciences (Bruxelles), décembre +<span class="pagenum"><a name="Page_113" id="Page_113">113</a></span> 1894.—Saint-Raphaël-Revue, 28 juin 1896.—Le Courrier +australien (Sidney), 3 octobre 1896.—Le Petit +Temps, 31 octobre 1896.—Le Précurseur (Anvers), 31 +octobre 1896.—La Revue de Paris, 1<sup>er</sup> novembre 1896.—Journal +des Débats, 1<sup>er</sup> novembre 1896.—Fanfulla +(Rome), 3-4 novembre 1896.—Il Resto del Carlino +(Bologne), 5 novembre 1896, etc.</p> + +<p><span class="smcap">Alfred de Musset, von Paul Lindau.</span> Berlin, A. Hoffmann, +1877. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.—p. 118 et suiv. Alfred de +Musset et G. Sand, les <i>Lettres d'un Voyageur</i>, <i>Elle et Lui</i>, +<i>Lui et Elle</i>, <i>Lui</i>, etc...</p> + +<p class="center p2">1878</p> + +<p>1<sup>er</sup> mars.—Revue des Deux-Mondes, p. 17. Allusions +au Voyage en Italie fait par G. Sand dans <i>Leone Leoni</i>.</p> + +<p>15 mars.—Revue des Deux-Mondes. Sur <i>Elle et Lui</i>, +par d'Haussonville.</p> + +<p><span class="smcap">Catalogue de Lettres autographes</span>, comprenant les +correspondances de Ph. Chasles, G. Planche et Sauvage. +Vente rue des Bons-Enfants le 28 juin 1878. Paris, Charavay, +1878. Brochure in-8<sup>o</sup>.—N<sup>os</sup> 141 et 142. Lettres +d'Alfred de Musset à G. Planche et réponse de celui-ci, +8 et 10 novembre 1834. (Provocation en duel à propos +de G. Sand et excuses).</p> + +<p>Septembre-octobre.—The North American review. +Alfred de Musset et G. Sand, par T. S. Perry.</p> + +<p><span class="smcap">Lui et Elle, par Paul de Musset</span>, avec deux dessins +de Rochegrosse. Paris, Charpentier, 1878. 1 vol. in-32.</p> + +<p>1<sup>er</sup> novembre.—Revue des Deux-Mondes. Après la +lecture d'<i>Indiana</i>, stances, par Alfred de Musset.</p> + +<p class="center p2">1879</p> + +<p>7 février.—Revue du XIX<sup>e</sup> siècle. A propos de l'édition +in-32 de <i>Lui et Elle</i>, par Ch. Bigot.</p> + +<p><span class="smcap">Sainte-Beuve et ses inconnues, par A. Pons.</span> Paris, +<span class="pagenum"><a name="Page_114" id="Page_114">114</a></span> Ollendorff, 1879. 1 vol. in-12.—p. 115 à 121. Alfred +de Musset, G. Sand, leur correspondance, extraits, etc...</p> + +<p><span class="smcap">Alfred de Musset. Spowiedz' Dzieciecia Wieku</span> +przklad L. Kaczynskiej. Warszawa. Nakladem Radakcyl +Przegladu Tygodniowego. 1879. 2 vol. in-16. Traduction +de <i>La Confession d'un Enfant du Siècle</i>.</p> + +<p class="center p2">1880</p> + +<p><span class="smcap">Un Amour de Musset, par Auguste Marin</span>, comédie +en 1 acte, en vers. Paris, Dentu, 1880. 1 vol. in-12.—Les +deux personnages de cette pièce, représentée pour +la première fois à Marseille, sur le théâtre du Gymnase, +le 13 janvier 1880, sont G. Sand et Alfred de Musset. +Elle a été réimprimée en 1895 sous le titre de: «Un +amour de Poète».</p> + +<p><span class="smcap">The Poet and the Muse, being a Version of Alfred +de Musset</span>: La Nuit de mai, la Nuit d'août and la Nuit +d'octobre, with an Introduction by Walter Herries +Pollock. London, Richard Bentley son, 1880. 1 vol. +in-12.</p> + +<p><span class="smcap">Alfred de Musset. La Confesion de un Hijo del +Siglo.</span> Traduccion de R. G. Madrid. Imprenta de la +Gaceta Universal, 1880. 1 vol. in-12.</p> + +<p>5 juin.—L'Illustration, p. 358. Sur la Correspondance +de G. Sand avec Alfred de Musset.</p> + +<p>Septembre.—Temple Bar magazine (Londres). Alfred +de Musset, non signé.</p> + +<p class="center p2">1881</p> + +<p>15 janvier.—Gazette Anecdotique. Note relative à +la Correspondance de G. Sand et d'Alfred de Musset.</p> + +<p>29-30 janvier.—El Corriere della Sera (Milan). La +Sand e il dottor Pagello. (Lettre du D<sup>r</sup> Pagello, Serenata +à G. Sand.)</p> + +<p>1<sup>er</sup> février.—The Fortnightly review (Londres). Tennyson +<span class="pagenum"><a name="Page_115" id="Page_115">115</a></span> et Alfred de Musset, par A.-C. Swinburne.—p. 137 +et suiv. G. Sand, la <i>Confession</i>, etc...</p> + +<p>14 mars.—Le Figaro. George Sand et Pagello, par D***. +Traduction de la lettre de Pagello publiée dans le +Corriere della Sera.</p> + +<p>1<sup>er</sup> avril.—La Revue Bordelaise. Un mot sur Alfred +de Musset et G. Sand.</p> + +<p>1<sup>er</sup> mai.—L'Illustrazione Italiana (Milan). Le D<sup>r</sup> Pagello +et G. Sand à Venise.</p> + +<p>15 juin.—Revue des Deux-Mondes, p. 789. Sur G. +Sand, <i>Elle et Lui</i>, <i>Lui et Elle</i>, par E. Montégut.</p> + +<p><span class="smcap">Documents littéraires, par Émile Zola.</span> Paris, Charpentier, +1881. 1 vol. in-12.—p. 101, 207, 224, 276.</p> + +<p>22 octobre.—Le Parlement. Note inédite de Paul +de Musset sur <i>Elle et Lui</i>.</p> + +<p class="center p2">1882</p> + +<p>26 avril.—Le Figaro. Lettre de G. Sand où il s'agit +d'Alfred de Musset.</p> + +<p>25 juillet.—L'Intermédiaire des Chercheurs. Clef partielle +de <i>Elle et Lui</i>.</p> + +<p>15 août.—Revue des Deux-Mondes. Critique de <i>Elle +et Lui</i>, <i>Lui et Elle</i>, <i>Lui</i>, par Maxime Du Camp.</p> + +<p>31 août.—Gazette Anecdotique, p. 97. Alfred de Musset +et G. Sand, d'après Maxime Du Camp.</p> + +<p><span class="smcap">Luigia Codemo. Racconti, Scene, Bozzetti, Produzioni +dramatiche.</span> Treviso, coi typi di L. Zopelli editore. +1882. 2 vol. in-12 carré.—T. I, p. 153 à 188: Sandiana. +(G. Sand et Alfred de Musset à Venise, fragments du +Journal de Pagello, Lettre de G. Sand à Pagello, Pagello +à Paris, Serenata à G. Sand, sur <i>Lui et Elle</i>, etc...)</p> + +<p>3 septembre.—Le Figaro. Stances à G. Sand: «Te +voilà revenu», par Alfred de Musset, article par Racot. +(Extrait des <i>Souvenirs</i> de Maxime Du Camp).</p> + +<p>Stances reproduites dans: La Gazette de France, 1882.—Saint-Raphaël-Revue, +<span class="pagenum"><a name="Page_116" id="Page_116">116</a></span> 28 juin 1896.—La Revue de +Paris, 1<sup>er</sup> novembre 1896.</p> + +<p>19-20 septembre.—La République Française. G. Sand +et sa correspondance, par A. Leroy.</p> + +<p>14 octobre.—Le Figaro. Lettre de G. Sand à Mirecourt +(déjà publiée dans le Mousquetaire, 1854).</p> + +<p><span class="smcap">Las Noches de Alfredo de Musset</span>, versio castellana +en verso per Guillermo Belmonte. Madrid, 1882. 1 vol. +in-32.</p> + +<p><span class="smcap">Correspondance de George Sand</span>, 1812-1876. Paris, +C. Lévy, 1882. 6 vol. in-12.—Voir principalement les +tomes II et III.</p> + +<p><span class="smcap">Souvenirs Littéraires, par Maxime Du Camp.</span> Paris, +Hachette, 1882-1883. 2 vol. in-8<sup>o</sup>.—Voir tome II, p. 339 +et suiv., 348, 360.</p> + +<p class="center p2">1883</p> + +<p>25 février.—L'Intermédiaire des Chercheurs. Sur la +clef de <i>Elle et Lui</i>.</p> + +<p>28 février.—Gazette Anecdotique, p. 112. M. Grévy +et l'échange des lettres, d'après Le Gaulois.</p> + +<p>15 avril.—La Gazette Anecdotique, p. 209. G. Sand, +Sandeau et Alfred de Musset, d'après Barbey d'Aurevilly.</p> + +<p>4 mai.—Le Gaulois. Sur <i>Elle et Lui</i>, <i>Lui et Elle</i>.</p> + +<p>10 mai.—L'Intermédiaire des Chercheurs. Serenata +à G. Sand, par P. Pagello.</p> + +<p>15 mai.—Revue des Deux-Mondes, p. 435. Les Portraits +d'Alfred de Musset et de G. Sand à l'Exposition +des Portraits du Siècle.</p> + +<p>15 octobre.—Revue des Deux-Mondes, p. 855. Chopin, +Alfred de Musset et G. Sand, d'après Liszt.</p> + +<p class="center p2">1884</p> + +<p>29 février.—Gazette Anecdotique, p. 105. Des papiers +intimes de George Sand remis à M. Alexandre Dumas fils.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_117" id="Page_117">117</a></span> 15 mai.—Gazette Anecdotique, p. 275—Note sur +Jules Sandeau et <i>Elle et Lui</i>.</p> + +<p><span class="smcap">Volupté, par Sainte-Beuve.</span> 11<sup>e</sup> édition. Paris, Charpentier, +1885. 1 vol. in-12, p. 399. Lettre de George Sand +à Sainte-Beuve.</p> + +<p><span class="smcap">Les Confessions, par Arsène Houssaye.</span> Paris, Dentu, +1885. 4 vol. in-8<sup>o</sup> (voir année 1891).—Tome I, p. 271 à +283.—Tome II, p. 1 à 37.</p> + +<p class="center p2">1886</p> + +<p><span class="smcap">Catalogue d'une Collection d'autographes</span>, vente +du 29 janvier 1886, Hôtel Drouot. Paris, Étienne Charavay. +Brochure in-8<sup>o</sup>.—N<sup>o</sup> 10. Quatrain à Gustave +Planche, par Alfred de Musset, autographe et texte +imprimé.</p> + +<p>Reproduit dans: L'Événement, 28 janvier 1886.—Le +Temps, 28 janvier 1886.—La France, 31 janvier 1886.—Paris, +30 janvier 1886.—Revue de France, 9 avril 1892.—Le +Magasin Littéraire, mars 1895, p. 99.</p> + +<p><span class="smcap">Catalogue de Lettres autographes.</span> Vente du 10 mai +1886, Hôtel Drouot. Paris, Eugène Charavay. Brochure +in-8<sup>o</sup>.—N<sup>o</sup> 226. Lettre de G. Sand à Pagello et analyse +de cette lettre.</p> + +<p>30 juin.—Gazette Anecdotique, p. 272. Analyse de la +Lettre de G. Sand à Pagello. (Catalogue du 10 mai 1886).</p> + +<p class="center p2">1887</p> + +<p><span class="smcap">Les Éditions originales des Romantiques, par L. +Derome.</span> Paris, Rouveyre, 1887. 2 vol. in-8.—Tome I, +p. 63-64.</p> + +<p>3 mai (21 avril).—Rouskya Kourier (Moscou). Alfred +de Musset et G. Sand.</p> + +<p>Octobre.—Les Annales de l'Est, n<sup>o</sup> 4.—Alfred de +Musset à Bade, par E. Krantz, lettres inédites.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_118" id="Page_118">118</a></span> 1888</p> + +<p><span class="smcap">Alfred de Musset a Bade, par Émile Krantz</span>, avec +lettres inédites. Extrait des Annales de l'Est. Nancy, +imprimerie Berger-Levrault, 1888.—Brochure in-8<sup>o</sup>.</p> + +<p>3 mars.—Gil Blas. G. Sand et Alfred de Musset, par +A. Silvestre.</p> + +<p>15 juillet.—La Revue de Paris et Saint-Pétersbourg. +Alfred de Musset et G. Sand en Italie, par A. Houssaye.</p> + +<p class="center p2">1889</p> + +<p>27 avril.—Le Figaro. G. Sand, Alfred de Musset et +M<sup>me</sup> de Belgiojoso, par A. Houssaye.</p> + +<p>10 juin.—La Revue de Paris et Saint-Pétersbourg. +Dialogue des morts et des vivants, par Alceste.</p> + +<p class="center p2">1891</p> + +<p><span class="smcap">Les Confessions, par Arsène Houssaye.</span> Tomes V et +VI. Paris, Dentu, 1891. 2 vol. in-8<sup>o</sup>.—Tome V, p. 168.</p> + +<p>19 avril.—Les Annales Politiques et Littéraires. +Alfred de Musset et G. Sand, d'après M. A. Brisson.</p> + +<p><span class="smcap">La Confession d'un Enfant du siècle, par Alfred de +Musset.</span> Dix compositions de Jazet gravées à l'eau-forte +par Abot. Paris, ancienne maison Quantin, May et +Motteroz, 1891. 1 vol. in-4<sup>o</sup>.</p> + +<p class="center p2">1892</p> + +<p><span class="smcap">Études et Récits sur Alfred de Musset, par</span> M<sup>me</sup> <span class="smcap">de +Janzé</span>. Paris, Plon, 1892. 1 vol. in-12.—p. 26 à 43. G. +Sand et Alfred de Musset.</p> + +<p>6 mars.—Le Soir (Bruxelles). Sur la correspondance +d'Alfred de Musset et de G. Sand.</p> + +<p>5 mai.—La Dépêche (Toulouse). Les Femmes d'Alfred +de Musset, par Pierre et Paul.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_119" id="Page_119">119</a></span> 12 septembre.—The Morning Post (Londres). Alfred +de Musset et G. Sand, d'après Maxime Du Camp.</p> + +<p>15 octobre.—Revue Bleue. Alfred de Musset et G. +Sand, par E. Grenier, avec extraits de leurs lettres.</p> + +<p>20 novembre.—L'Intermédiaire des Chercheurs. La +Correspondance Sand-Musset, par le D<sup>r</sup> Cabanès.</p> + +<p><span class="smcap">The Confession of a Child of the Century, by +Alfred de Musset.</span> Translated by Kendall Warren. +Chicago. C. H. Sergel and C<sup>o</sup>. 1892. 1 vol. in-12.</p> + +<p>21 novembre.—L'Éclair. La Correspondance de G. +Sand et d'Alfred de Musset.</p> + +<p>22 novembre.—The Morning Post (Londres). Sur la +correspondance Sand-Musset.</p> + +<p>25 novembre.—L'Estafette. A propos de l'article du +D<sup>r</sup> Cabanès dans l'Intermédiaire.</p> + +<p>25 novembre.—La Gironde (Bordeaux). Note sur la +correspondance Sand-Musset.</p> + +<p>26 novembre.—Le Voltaire. Sur les traces perdues +de la Correspondance.</p> + +<p>30 novembre.—Gazette Anecdotique, p. 360. Sur +la publication de la Correspondance.</p> + +<p>8 décembre.—L'Indépendance Belge (Bruxelles). +L'Affaire de la Correspondance Sand-Musset, d'après le +D<sup>r</sup> Cabanès.</p> + +<p>15 avril 1892 à 15 janvier 1893.—Université catholique. +Les <i>Confessions</i> de Saint Augustin, J.-J. Rousseau +et Alfred de Musset, par C. Douais (8 art.).</p> + +<p class="center p2">1893</p> + +<p>2 janvier.—Le Gaulois. Sur la correspondance Sand-Musset, +par H. Lapauze.</p> + +<p>5 janvier.—El Correo (Madrid). La Correspondance +Sand-Musset.</p> + +<p>6 février.—L'Univers. Critique du cours de M. Benoist.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_120" id="Page_120">120</a></span> 8 février.—Courrier de l'Ain. Sur le cours de +M. Benoist, réponse à l'Univers, par F. A.</p> + +<p>15 et 22 février.—Le Figaro. La Correspondance de +G. Sand et de Sainte-Beuve, par le V<sup>te</sup> de Spoelberch de +Lovenjoul.</p> + +<p>18 février.—L'Écho de Paris. Influence de G. Sand +sur Alfred de Musset, par Armand Silvestre.</p> + +<p>23 février.—L'Événement. Les Amours de G. Sand.</p> + +<p>Mars.—The Nineteenth Century (Londres).—p. 529. +Alfred de Musset et G. Sand, par L. Katscher.</p> + +<p><span class="smcap">Alfred de Musset, par</span> M<sup>me</sup> <span class="smcap">Arvède Barine</span>. Paris, +Hachette, 1893. 1 vol. in-12.—p. 57 à 90. Alfred de +Musset et G. Sand, extraits de leur correspondance.—p. +94 et 134.</p> + +<p>7 mai.—Le Gaulois. Les amoureux célèbres: Musset, +Sand, M<sup>me</sup> de Belgiojoso.</p> + +<p>29 mai.—The Oriental Advertiser (Constantinople). +Les Amoureux célèbres, G. Sand, M<sup>me</sup> de Belgiojoso et +Alfred de Musset. La Correspondance d'Alfred de Musset +et de G. Sand.</p> + +<p>3 juin.—Le Gaulois. Des romans à clef, par P. Roche.</p> + +<p>15 juin.—Le Monde Thermal. Alfred de Musset et +G. Sand, d'après M<sup>me</sup> Barine, par Saint-Herem.</p> + +<p>24 juin.—Le Siècle. Deux ancêtres. G. Sand et +Alfred de Musset, par Charley.</p> + +<p>26 juin.—Gazette de France. G. Sand et Alfred +de Musset, d'après M<sup>me</sup> Barine, par E. Biré.</p> + +<p>15 juillet.—Le Téléphone. G. Sand et Alfred de +Musset d'après M<sup>me</sup> Barine, par E. Trolliet.</p> + +<p>21 juillet.—Le Temps. Critique du livre de M<sup>me</sup> +Barine, par A. Bossert.</p> + +<p>23 août.—Le Moniteur Universel. G. Sand, Alfred de +Musset et Pagello, d'après M<sup>me</sup> Barine, par R. Doumic.</p> + +<p>21 septembre.—Le Gaulois. Alfred de Musset et G. +Sand, d'après M<sup>me</sup> Barine, par A. Filon.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_121" id="Page_121">121</a></span> 31 décembre.—Le Figaro. Sur les portraits de G. +Sand dessinés par Alfred de Musset.</p> + +<p class="center p2">1894</p> + +<p>11 et 12 février.—Le Gaulois. Sur la correspondance +Sand-Musset.</p> + +<p>14 février.—La Liberté. Ce qui subsiste de la correspondance +Sand-Musset.</p> + +<p>17 février.—Paris. A propos des Sonnets à Alfred +de Vigny, de G. Sand et Alfred de Musset.</p> + +<p>17 février.—The Irish Times (Dublin). Critique de la +conférence de M. Guilgault sur G. Sand et la <i>Nuit de +Mai</i>.</p> + +<p>15 mars.—Le Soir. Déclaration de M<sup>me</sup> Lardin de +Musset.</p> + +<p>21 mars.—Étoile Belge (Bruxelles). Sur la correspondance +Sand-Musset.</p> + +<p><span class="smcap">Les Lundis d'un chercheur, par le</span> V<sup>te</sup> <span class="smcap">de Spoelberch +de Lovenjoul</span>. Paris, C. Lévy, 1894. 1 vol. in-12.—p. +149 à 180. Les lettres inédites de G. Sand.</p> + +<p>17 août.—Le Gaulois. Quand publiera-t-on la correspondance +Sand-Musset?</p> + +<p><span class="smcap">Alfred de Musset af Sven Sodermann.</span> Stockolm, +1894. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.—p. 98. A. de Musset, G. Sand. +Voyage en Italie, les <i>Nuits</i>, <i>Lettres d'un voyageur</i>, <i>Elle et +Lui</i>, <i>Lui et Elle</i>, etc.—p. 112. Stances à G. Sand: +«Te voilà revenu».</p> + +<p>2 décembre.—Courrier de l'Aisne (Laon). Alfred +de Musset et G. Sand en Italie, par A. Houssaye.</p> + +<p>15 décembre.—La Revue de Paris. Une amitié romanesque, +G. Sand et M<sup>me</sup> d'Agoult, par S. Rocheblave, +avec lettres inédites.</p> + +<p><span class="smcap">Alfred de Musset, par A. Claveau.</span> Paris, Lecène +et Oudin, 1894. 1 vol. in-8<sup>o</sup>—p. 37 à 52. La Crise, +G. Sand, les <i>Nuits</i>.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_122" id="Page_122">122</a></span></p> +<p class="center p2">1895</p> + +<p>12 janvier.—Le Gaulois. Sur la correspondance +Sand-Musset, sa publication par H. Lapauze.</p> + +<p>1<sup>er</sup> mai.—La Nouvelle Revue. Deux lettres inédites +de G. Sand à Sainte-Beuve, par Ch. de Loménie.</p> + +<p>30 juin.—Gazette Anecdotique, p. 112. Déclaration +de M<sup>me</sup> Lardin de Musset sur les lettres.</p> + +<p><span class="smcap">Anonyme</span>. <span class="smcap">Un Amour de poète</span>, un acte, en vers. +Collection de l'Impressario. Br. in-16.</p> + +<p>Cette pièce, qui a, dit-on, pour auteurs MM. Léon +d'Agenais et Roger Dubled, est la réimpression textuelle, +sans le plus petit changement, de celle publiée en 1880 +sous le titre de <i>Un Amour de Musset</i>, par Auguste Marin. +Elle est à deux personnages, G. Sand et Alfred de +Musset, et a été représentée en janvier 1896 au Théâtre +Mondain de la Cité d'Antin.</p> + +<p class="center p2">1896</p> + +<p><span class="smcap">Alfred de Musset</span>. <span class="smcap">Les Nuits et Souvenir</span>. Un portrait +d'après David d'Angers et 17 vignettes d'après A. Gérardin. +Paris, Pelletan, 1896. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.</p> + +<p>24 janvier.—Le Siècle. Critique de <i>Un Amour de +poète</i>, pièce en 1 acte.</p> + +<p>23 février.—Journal des Débats. Critique de +l'étude de M. Sven Sodermann sur Musset (1894).</p> + +<p>15 avril.—Le Gaulois. Des romans à clef, <i>Elle et +Lui</i>, <i>Lui et Elle</i>.</p> + +<p>19 avril.—L'Estafette. Projet de M. Rocheblave de +publier la correspondance Sand-Musset.</p> + +<p>1<sup>er</sup> mai et 1<sup>er</sup> juin. Cosmopolis. La véritable histoire +d'Elle et Lui, par M. le Vicomte de Spoelberch de +Lovenjoul (2 articles)<a name="FNanchor_65" id="FNanchor_65" href="#Footnote_65" class="fnanchor">[65]</a>.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_123" id="Page_123">123</a></span> 7 mai.—The Dundee Advertiser (Dundée). Critique +de l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>12 mai.—The Yorkshire Post (Leeds). La véritable +histoire d'Elle et Lui, d'après M. de Spoelberch de +Lovenjoul.</p> + +<p>15 mai.—Revue des Revues. Note sur l'article de +M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>21 mai.—Horse Guards Gazette. Note sur l'article +de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>25 mai.—Paris. Sur <i>Elle et Lui</i>. A propos de l'article +de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>30 mai.—Le Gaulois. Critique de l'article de M. de +Spoelberch de Lovenjoul, par A. Galdemar.</p> + +<p>1<sup>er</sup> juin.—La Gironde (Bordeaux). Analyse de l'article +de M. de Spoelberch de Lovenjoul et extraits.</p> + +<p>3 juin.—Le Radical (Marseille). Analyse de l'article +de M. de Spoelberch de Lovenjoul, avec 5 lettres.</p> + +<p>4 juin.—Courrier de l'Aisne (Laon). Analyse de +l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul, avec 2 lettres.</p> + +<p>6 juin.—L'Écho du Nord (Lille). Analyse et extrait de +la lettre de G. Sand à Pagello.</p> + +<p>13 juin.—Revue Encyclopédique, p. 420. Les +lettres d'Alfred de Musset et de G. Sand, d'après l'article +de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>13 juin.—The Saturday Review. Sur la 2<sup>e</sup> partie de +l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>15 juin.—The Daily Free Press (Aberdeen). Elle +et Lui, d'après M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>20 juin.—The Spectator (Londres), p. 879. Critique +de l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>10 mai à 28 juin.—Saint-Raphaël Revue. Alfred +de Musset, par Jean Morin (8 art.). Voir les n<sup>os</sup> des 17 +mai, 21 et 28 juin.</p> + +<p>8 juillet.—Journal de Genève. Chronique parisienne, +d'après M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_124" id="Page_124">124</a></span> 15 juillet.—Revue d'histoire littéraire de la France. +Critique de l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>15 juillet.—La Vie contemporaine, p. 139. Les +amantes lyriques, par E. Besnus.</p> + +<p>19 juillet.—Le Monde artiste, p. 454. Critique de +l'article de M. de Spoelberch de Lovenjoul et extraits.</p> + +<p>19 juillet.—Neue freie Presse (Vienne). Sie und Er, +Elle et Lui, par W.</p> + +<p>1<sup>er</sup> août.—Revue Hebdomadaire. Un roman vécu +à trois personnages: Alfred de Musset, G. Sand et le +D<sup>r</sup> Pagello, par le D<sup>r</sup> Cabanès.</p> + +<p>1<sup>e</sup>r août.—Paris. Alfred de Musset, G. Sand et +l'Autre, par Caribert.</p> + +<p>2 août.—L'Événement. Des Lettres, Alfred de +Musset et G. Sand, par Maxime Rude.</p> + +<p>2 août.—Le Voltaire. Histoire d'amour, par Raoul +Deberd.</p> + +<p>5 août.—Gil Blas. Alfred de Musset et G. Sand, par +Gabriel Seguy.</p> + +<p>5 août.—Journal des Débats. Critique de l'article +du D<sup>r</sup> Cabanès.</p> + +<p>6 août.—Le Gaulois. Les Femmes de Musset, par +H. Lapauze.</p> + +<p>Reproduit: Écho de la Semaine, 16 août.</p> + +<p>9 août.—L'Éclair. Elle, Lui et l'Autre, d'après le +D<sup>r</sup> Cabanès.</p> + +<p>9-10 août.—Le Précurseur (Anvers). Alfred de Musset +et G. Sand, extrait de Paris.</p> + +<p>11 août.—Paris. Les petits papiers, par Caribert.</p> + +<p>13 août.—Journal des Débats. Sur Alfred de Musset, +à propos de l'article du D<sup>r</sup> Cabanès, par Ed. Rod.</p> + +<p>14 août.—Le Gaulois. Alfred de Musset et G. Sand, +lettres inédites, d'après M. Clouard, par H. Lapauze.</p> + +<p>15 août.—Revue de Paris, p. 709. Alfred de Musset +et G. Sand, notes et documents inédits, par M. Clouard.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_125" id="Page_125">125</a></span> 15 août.—Journal de Rouen, supplément. Sur +Alfred de Musset, par Ed. Rod, extrait du Journal des +Débats.</p> + +<p>15 août.—The Daily Telegraph (Londres). Note sur +l'article de M. Clouard.</p> + +<p>16 août.—Le Progrès de la Côte-d'Or (Dijon). Pagello +et G. Sand, par Jacques de la Beaune.</p> + +<p>16 août.—Annales politiques et littéraires. A propos +des récents articles sur Alfred de Musset et G. Sand.</p> + +<p>17 août.—Le Journal. Viols de tombes, par Jean +Richepin.</p> + +<p>17 août.—Journal des Débats. Critique de l'article +de M. Clouard.</p> + +<p>19 août.—Le Précurseur (Anvers). Sur Alfred de +Musset, extrait du Journal des Débats.</p> + +<p>19 août.—Journal de Rouen. Note sur l'article +de M. Clouard.</p> + +<p>19 août.—Le Patriote (Le Mans). Vieux Cancans, par +Eug. Lautier.</p> + +<p>19 août.—La République Libérale (Arras). Deux +critiques sur l'article de M. Clouard, l'une par P. +Lebeau, l'autre tirée du Journal des Débats.</p> + +<p>20 août.—L'Événement. Liaisons et Passions, par +P. Pascal.</p> + +<p>20 août.—Rotterdamsche Courant (Rotterdam). +Note sur l'article de M. Clouard.</p> + +<p>21 août.—Écho de l'Indre (La Châtre). Lettre +parisienne, par Andhré Bouché.</p> + +<p>22 août.—Le Gaulois. Sur Alfred de Musset, G. +Sand et Pagello, par Solidor.</p> + +<p>22 août.—La Jeune Belgique (Bruxelles). Note sur +l'article de M. Clouard.</p> + +<p>22 août.—Le Voltaire. Déshabillage, par E. C.</p> + +<p>24 août.—Le Gaulois. Comment travaillait G. Sand, +par Silvio.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_126" id="Page_126">126</a></span> +25 août.—Stamboul (Constantinople). Alfred de +Musset et G. Sand, d'après M. Clouard, par Régis +Delbœuf.</p> + +<p>25 août.—Le Procope. Note concernant les récents +articles.</p> + +<p>25-26 août.—Giornale di Sicilia (Palerme). Réflexions +à propos d'une lettre de G. Sand à Alfred Tattet dans +la Revue de Paris.</p> + +<p>27 août.—Le Patriote (Le Mans). Alfred de Musset et +G. Sand d'après M. Clouard, par Berthelot.</p> + +<p>Reproduit: La Gironde (Bordeaux), 27 août.</p> + +<p>28 août.—Le Charivari. N'écrivez jamais, par H. +Second.</p> + +<p>Reproduit: La France, 4 septembre; Le Patriote Landais +(Mont-de-Marsan), 9 septembre.</p> + +<p>28 août.—Le Figaro. Un roman d'amour, par P. +Bourget.</p> + +<p>29 août.—Journal de Rouen. Alfred de Musset et +G. Sand, par P. Bourget, extrait du Figaro.</p> + +<p>29 août.—The Levant Herald (Constantinople). Note +sur l'article de M. Clouard.</p> + +<p>29 août.—L'Écho de Paris. G. Sand et Alfred de +Musset, par H. Bauer.</p> + +<p>30 août.—Le Gaulois. Alfred de Musset et G. Sand, +à propos de l'article de M. Brisson.</p> + +<p>31 août.—Le Gaulois.—Ce qui sort des tombes, par +R. Doumic.</p> + +<p>1<sup>er</sup> septembre.—La Revue de Paris. Erratum concernant +l'article de M. Clouard.</p> + +<p>1<sup>er</sup> septembre.—Revue des Revues. Critique de +l'article de M. Clouard.</p> + +<p>2 septembre.—L'Événement. Lettres d'amour, par +Baude de Maurceley.</p> + +<p><span class="smcap">Alfred de Musset et George Sand, par Maurice +Clouard.</span> Extrait de la Revue de Paris du 15 août 1896. +<span class="pagenum"><a name="Page_127" id="Page_127">127</a></span> Paris, Imprimerie Chaix. Brochure in-8<sup>o</sup>, ornée de deux +portraits de G. Sand dessinés par Alfred de Musset, du +fac-similé de l'Ordonnance du D<sup>r</sup> Pagello, et suivie d'un +Index Bibliographique.</p> + +<p>4 septembre.—Écho de l'Indre (La Châtre). De la +critique, par Andhré Bouché.</p> + +<p>5 septembre.—Revue Encyclopédique, p. 619. +Note sur G. Sand, Alfred de Musset et Sainte-Beuve.</p> + +<p>5 septembre.—Le Gaulois. La Correspondance Sand-Musset; +Lettres de M<sup>mes</sup> d'Albert-Lake, Lina Sand et +Lardin de Musset.</p> + +<p>6 septembre.—Le Monde Élégant (Nice). Une vieille +histoire, par Froufou.</p> + +<p>6 septembre.—La Loire Républicaine (Saint-Étienne). +Amours de G. Sand et d'Alfred de Musset, coupable +divulgation.</p> + +<p>7 septembre.—La Presse. Lettres dangereuses, par +Ch. Formentin.</p> + +<p>9 septembre.—L'Éclair. Le Coucher de la morte, +par G. Jollivet.</p> + +<p>10 septembre.—L'Abeille de Fontainebleau. Critique +de <i>Alfred de Musset et G. Sand</i> de M. Clouard, par Maurice +Bourges.</p> + +<p>10 septembre.—Lyon Républicain, supplément. +Feuilles volantes, par Raoul Cinoh.</p> + +<p>11 septembre.—Il Don Chisciotte (Rome). Un altro +amore di G. Sand, par G. P. Cavalcanti.</p> + +<p>11 septembre.—Le Temps. Alfred de Musset et G. +Sand, à propos de Chopin, par C. Bellaigue.</p> + +<p>12 septembre.—La Vie parisienne, p. 357. Notes sur +les récentes publications.</p> + +<p>12 septembre.—Courrier d'Italie (Rome). G. Sand +d'après le Don Chisciotte.</p> + +<p>13 septembre.—Le Courrier (Fourmies). Lettre de +M<sup>me</sup> Lardin de Musset à propos de la Correspondance.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_128" id="Page_128">128</a></span> +13 septembre.—Il Don Chisciotte (Rome). Le plus +sérieux des trois, par Febea (M<sup>me</sup> Olga Ossani Lodi).</p> + +<p>13 septembre.—Journal de Rouen, supplément. +A propos des récents articles.</p> + +<p>14 septembre.—Le Voltaire. Lettres de femme, par +Bernard Kahler.</p> + +<p>15 septembre.—Review of Reviews (Londres). +Critique de l'article de M. Clouard.</p> + +<p>15 septembre.—Nouvelle Revue Internationale. +Alfred de Musset et G. Sand, d'après P. Bourget.</p> + +<p>16 septembre.—La Lanterne. Choses d'outre-tombe, +par Jean Ajalbert.</p> + +<p>27 septembre.—Le Réveil (Saint-Girons, Ariège). +Chronique: Alfred de Musset et G. Sand, par J. Francœur.</p> + +<p>27 septembre.—Journal d'Alsace (Strasbourg). +Alfred de Musset et G. Sand, d'après les articles récents.</p> + +<p>3 octobre.—Courrier Australien (Sydney). Le +démêlé Sand-Musset-Pagello, non signé.</p> + +<p>5 octobre.—La Gazette de France. Petits ménages +romantiques, par Ch. Maurras.</p> + +<p>15 octobre.—Revue d'histoire littéraire de la +France. L'histoire d'Elle et Lui, d'après MM. de Spoelberch, +Cabanes et Clouard.</p> + +<p>16 octobre.—Le Gaulois. Histoire véridique des +amants de Venise, I, par P. Mariéton.</p> + +<p>17 octobre.—Le Gaulois. Histoire véridique des +amants de Venise. II, par P. Mariéton.</p> + +<p>19 octobre.—Gil Blas. Elle et Lui, d'après P. +Mariéton, par L. Lacour.</p> + +<p>19 octobre.—Le Gaulois. La Correspondance Sand-Musset: +chez le comte Alexandre de Musset, par +J. Gubert.</p> + +<p>19 octobre.—Le Petit Méridional (Montpellier). Sur +la non publication de la correspondance Sand-Musset.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_129" id="Page_129">129</a></span> +20 octobre.—Le Figaro. G. Sand à Venise, par E.</p> + +<p>20 octobre.—Journal des Débats. Amours de gens +de Lettres, par R. Doumic.</p> + +<p>20 octobre.—L'Écho de Paris. La Vie de G. Sand et +du D<sup>r</sup> Pagello à Venise, III, par P. Mariéton.</p> + +<p>21 octobre.—L'Écho de Paris. G. Sand, Alfred de +Musset et Pagello, IV, par P. Mariéton.</p> + +<p>21 octobre.—L'Éclaireur (Nice). Amours des Gens de +Lettres, extrait du Journal des Débats.</p> + +<p>21 octobre.—L'Événement. Le médecin Pagello ou +l'amant malgré lui, par H. Leyret.</p> + +<p>21 octobre.—Gil Blas. Eux trois, par Santillane.</p> + +<p>21 octobre.—Le Gaulois. Fleurs fanées—Les amants +de Venise. (2 articles).</p> + +<p>22 octobre.—L'Écho de Paris. Examen littéraire, par +Graindorge:—Mot d'Alfred de Musset sur G. Sand +d'après Sainte-Beuve. (2 articles).</p> + +<p>22 octobre.—L'Événement. Amours de G. Sand et +d'Alfred de Musset, par Gina Saxebey.</p> + +<p>22 octobre.—Le Soleil. La Correspondance d'Alfred +de Musset et de G. Sand, par C. Canivet.—Alfred de +Musset, G. Sand, etc., par H. Duvernois. (2 articles).</p> + +<p>22 octobre.—La Dépêche (Toulouse). Alfred de Musset +et G. Sand, par Noll.</p> + +<p>23 octobre.—Courrier de l'Aisne (Laon). Alfred de +Musset, Sand et Pagello, d'après P. Mariéton, non signé.</p> + +<p>23 octobre.—Le Gaulois. Les Trois, d'après le D<sup>r</sup> +Cabanès, par Ch. Demailly.</p> + +<p>23 octobre.—Patriote de Normandie (Rouen). Correspondance +d'hommes célèbres, résumé de l'article du Soleil.</p> + +<p>24 octobre.—Revue hebdomadaire, p. 609.—Une +Visite au D<sup>r</sup> Pagello: la Déclaration de George Sand +au D<sup>r</sup> Pagello, par le D<sup>r</sup> Cabanès.</p> + +<p>24 octobre.—L'Éclair. Amours de G. Sand et du D<sup>r</sup> +Pagello, d'après le D<sup>r</sup> Cabanès.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_130" id="Page_130">130</a></span> +24 octobre.—L'Événement. Les amours de G. Sand, +par Ferville.</p> + +<p>24 octobre.—Le Figaro. Interdiction lancée par la famille +Sand.—G. Sand et Pagello, d'après le D<sup>r</sup> Cabanès. +(2 articles).</p> + +<p>24 octobre.—Franche-Comté (Besançon). Interdiction +de la famille Sand à la Revue Hebdomadaire.</p> + +<p>24 octobre.—Le Journal. Affaire Sand-Pagello, interdiction +de M<sup>me</sup> Clesinger.</p> + +<p>Reproduit: La Libre Parole, 24 octobre.—La Paix, 24 +octobre.—Le Figaro, 25 octobre.</p> + +<p>24 octobre.—Le Rappel. Les Correspondances d'Hommes +célèbres, par H. Fouquier.</p> + +<p>24 octobre.—Le Gaulois. Sand, Musset, Pagello, +stances par Brandy and Soda. Un procès sensationnel, +affaire Sand-Pagello, par Tout-Paris. (2 articles).</p> + +<p>24 octobre.—Le Monde Illustré, p. 263. Des récentes +publications sur Alfred de Musset et G. Sand, par P. +Veron.</p> + +<p>24 octobre.—Revue Politique et Littéraire, p. 540. +<i>Journal</i> de Pagello, par Jean Louis.</p> + +<p>24 octobre.—Le Soleil. Musset, Sand et Pagello, par +C. Canivet.</p> + +<p>24 octobre.—Le Temps. Le récit du D<sup>r</sup> Pagello au D<sup>r</sup> +Cabanès; la <i>Déclaration</i> de G. Sand à Pagello.</p> + +<p>24 octobre.—La Vie Parisienne. Ne va-t-on pas bientôt +finir avec les amours littéraires?</p> + +<p>25 octobre.—L'Éclair. Elle et Eux, la <i>Déclaration</i> de +G. Sand à Pagello, non signé.</p> + +<p>25 octobre.—Journal de Bruxelles, supplément. Correspondances +et Révélations, par Ch. Canivet, extrait +du Soleil.</p> + +<p>25 octobre.—Le Gaulois. Le véritable propriétaire +des lettres de G. Sand.</p> + +<p>25 octobre.—La Gironde (Bordeaux). Encore eux, n. s.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_131" id="Page_131">131</a></span> 25 octobre.—Gil Blas. Cantique des Cantiques, par +Santillane.</p> + +<p>25 octobre.—Journal de Rouen, supplément. Un procès +sensationnel.</p> + +<p>25 octobre.—Journal des Débats. Correspondance +d'Écrivains, par André Hallys.—G. Sand, Pagello et +le D<sup>r</sup> Cabanès, non signé (2 articles).</p> + +<p>25 octobre.—La Lanterne.—G. Sand et le D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p>25 octobre.—La Patrie.—Autour d'une lettre.—La +propriété des lettres. (2 articles).</p> + +<p>25 octobre.—La Presse. Amoureuse, par Ch. Formentin.</p> + +<p>25 octobre.—Lyon Républicain, supplément (Lyon). +Contre Pagello.</p> + +<p>25 octobre.—La République Française. Roman +d'outre-tombe, par Ad. Brisson.</p> + +<p>25 octobre.—Le Temps. Les amours de G. Sand, par +A. B.—Vieux papiers, par G. Deschamps. (2 articles).</p> + +<p>25 octobre.—Lyon Républicain (Lyon). Note sur +l'interdiction de la famille Sand.</p> + +<p>25-26 octobre.—Les Ardennes (Charleville). Eux et +Elles, d'après le D<sup>r</sup> Cabanès, la <i>Déclaration</i> de G. Sand.</p> + +<p>26 octobre.—Le Figaro. Cruautés de l'information, +dialogue, par A. Capus.</p> + +<p>26 octobre.—L'Éclaireur (Nice). Le roman à trois, +d'après le D<sup>r</sup> Cabanès.</p> + +<p>26 octobre.—Le Petit Niçois (Nice). Contre M. Mariéton +et ses révélations.</p> + +<p>26 octobre.—Le Gaulois. Les lettres de G. Sand à +Alfred de Musset seront publiées, déclaration de M. Aucante, +par M. Hutin.</p> + +<p>26 octobre.—Gil Blas Mode. Alfred de Musset et G. +Sand, par Babiole.</p> + +<p>26 octobre.—La Liberté. Les amours de G. Sand et +d'Alfred de Musset, par Arnolphe.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_132" id="Page_132">132</a></span> 26 octobre.—La Paix. Indiscrétions littéraires, par +Édouard Beaufils.</p> + +<p>26 octobre.—Le Soir. Après le festin, par Alex. Hepp.</p> + +<p>26 octobre.—Le Soir (Bruxelles). Les révélations du +D<sup>r</sup> Cabanes, par Piccolo.</p> + +<p>26 octobre.—Le Stéphanois (Saint-Étienne). Critique +et analyse de l'article du D<sup>r</sup> Cabanès.</p> + +<p>26 octobre.—La Presse. L'affaire Sand-Musset, par +H. Duvernois. (2 articles).</p> + +<p>26 octobre.—Gazette de France. Vieux papiers et +vieilles flammes, par G. M.—Publication des Lettres.</p> + +<p>26 octobre.—Frankfurter Zeitung (Francfort). George +Sand und D<sup>r</sup> Pagello in der Revue Hebdomadaire.</p> + +<p>27 octobre.—Le Figaro. Confessions et Correspondances, +par G. Larroumet.—La déclaration de M<sup>me</sup> +Lardin de Musset au Temps.</p> + +<p>27 octobre.—L'Événement. Note sur l'opposition de +M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p> + +<p>27 octobre.—Le Siècle. Le roman de Venise, les lettres +et l'opposition de M<sup>me</sup> Lardin de Musset, par Léo +Marchès.</p> + +<p>27 octobre.—La Dépêche (Toulouse). Paul Mariéton, +profil, par Nick.</p> + +<p>27 octobre.—Le Journal. Elle, Lui et l'Autre, par +Ém. Bergerat.—Menus propos, par V. de Cottens. (2 +articles).</p> + +<p>27 octobre.—Le Temps. Pourquoi la famille de Musset +s'oppose à la publication des lettres, déclaration de M<sup>me</sup> +Lardin de Musset.</p> + +<p>27 octobre.—Les Ardennes (Charleville). Elle et Lui, +la déclaration de M. Aucante.</p> + +<p>27 octobre.—Le Précurseur (Anvers). Les amours de +G. Sand, d'après Le Temps.</p> + +<p>27 octobre.—La Liberté. G. Sand et ses amis, révélations +et vieux papiers, par P. P.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_133" id="Page_133">133</a></span> +27 octobre.—Berliner Tageblatt (Berlin). Alfred de +Musset und G. Sand, die Korrespondenz.</p> + +<p>28 octobre.—Le Charivari. Contre les révélations du +D<sup>r</sup> Pagello, sur G. Sand.</p> + +<p>28 octobre.—Le Courrier du Centre (Limoges). Alfred +de Musset et G. Sand, par Clément-Janin.</p> + +<p>28 octobre.—L'Écho de Paris. G. Sand et Alfred +de Musset; l'opposition de M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p> + +<p>28 octobre.—L'Événement. Les Héritiers des grands +écrivains, par Henri Leyret.</p> + +<p>28 octobre.—Berliner Börsen Courier (Berlin). G. Sand +et Alfred de Musset, les nouvelles révélations de la Revue +Hebdomadaire.</p> + +<p>28 octobre.—Gil Blas. La Lionne de l'hiver, par Ch. +Martel.</p> + +<p>28 octobre.—Journal des Débats. A propos de la +Correspondance Sand-Musset par Maurice Spronck.</p> + +<p>28 octobre.—La Paix. Elle et Lui, dialogue, par A. +Cerons.</p> + +<p>28 octobre.—Paris. Papiers posthumes, par C. de +Sainte-Croix.-Lettre de M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p> + +<p>28 octobre.—Le Peuple (Lyon). Contre la publication +des documents sur G. Sand et Pagello.</p> + +<p>28-29 octobre.—Il Secolo (Milan). Note sur l'interdiction +de M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p> + +<p>29 octobre.—Les Ardennes (Charleville). Elle et Lui, +la lettre de M<sup>me</sup> Lardin de Musset au Temps.</p> + +<p>29 octobre.—Le Charivari. Vilenie du scandale +actuel.</p> + +<p>29 octobre.—El Correo (Madrid). George Sand y +Alfredo de Musset, par X.</p> + +<p>29 octobre.—Le Gaulois. Annonce de la publication +des Lettres de G. Sand à Alfred de Musset.—Lettres de +G. Sand au <i>Mousquetaire</i> à l'occasion de la Biographie +de Mirecourt, en 1854.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_134" id="Page_134">134</a></span> +29 octobre.—La Gazette de France. La Correspondance +d'Alfred de Musset et de G. Sand; déclaration de +M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p> + +<p>29 octobre.—Gil Blas. Lettres et Mémoires, par +Montjoyeux.—G. Sand et le féminisme, par Ch. Bardin.</p> + +<p>29 octobre.—Le Journal. La Séductrice, par Gustave +Geoffroy.</p> + +<p>29 octobre.—La Liberté. Contre le scandale du jour, +par Fabrice Carré.</p> + +<p>29 octobre.—Le Petit Vauclusien (Avignon). Alfred +de Musset et G. Sand, non signé.</p> + +<p>29 octobre.—La Presse. Lettres de morts, par Marcel +de Barre.</p> + +<p>29 octobre.—Le Progrès Artistique. Annonce de la +publication des lettres de G. Sand à Alfred de Musset.</p> + +<p>29 octobre.—Le Radical (Marseille). Contre les publications +récentes.</p> + +<p>30 octobre.—Le Charivari. Note sur le refus de M<sup>me</sup> +Lardin de Musset.</p> + +<p>30 octobre.—Le Rappel. Nouvelles révélations, par +P. Desachy.</p> + +<p>30 octobre.—Le Télégramme (Toulouse). Amours +d'écrivains, par A. Alexandre, suivi d'une Lettre du D<sup>r</sup> +Cabanès relative à M. P. Mariéton.</p> + +<p>31 octobre.—Don Juan. Laissez donc dormir ces +secrets, par Machecoul.—Amours littéraires, stances, +par Des Esquintes. (2 articles).</p> + +<p>31 octobre.—L'Événement. G. Sand dépeinte par +Alfred de Musset dans son <i>Histoire d'un Merle Blanc</i>.</p> + +<p>31 octobre.—Le Gaulois. Les vraies lettres de G. +Sand à A. de Musset, analyse et extraits, par H. Lapauze.</p> + +<p>31 octobre.—L'Illustration. Les révélations du D<sup>r</sup> +Pagello sur G. Sand.</p> + +<p>31 octobre.—Le Journal. Les amants de Venise, +extrait du Soleil.—La question Sand-Musset-Pagello, +<span class="pagenum"><a name="Page_135" id="Page_135">135</a></span> réponse par P. Mariéton.—Analyse et extraits des +lettres de G. Sand à Alfred de Musset. (3 articles).</p> + +<p>31 octobre.—Le Matin. Note sur les lettres de G. +Sand à Alfred de Musset.</p> + +<p>31 octobre.—Le Monde Illustré, couverture. Vignette +satirique par Guillaume.</p> + +<p>31 octobre.—La Petite République. Déballage posthume, +par Mercutio.</p> + +<p>31 octobre.—Le Petit Temps. Lettre de G. Sand à +Musset, 29 avril 1834.—Trois poèmes de Alfred de +Musset à G. Sand.</p> + +<p>31 octobre.—Le Précurseur (Anvers). Lettre de G. +Sand à Alfred de Musset, 29 avril 1834.—Stances +d'Alfred de Musset à G. Sand: «Porte ta vie».</p> + +<p>31 octobre.—Le Démocrate (Saint-Brieuc). La <i>Potinite</i> +aiguë (sur Sand et Musset), par Eddey.</p> + +<p>31 octobre.—Neue Zücher Zeitung (Zurich). G. +Sand et Alfred de Musset, révélations du D<sup>r</sup> Cabanès +sur le D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p>31 octobre.—La Semaine Littéraire (Genève). Sur les +indiscrétions Sand-Pagello.</p> + +<p>31 octobre.—Revue Encyclopédique, p. 762. Alfred +de Musset, G. Sand et le D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p>31 octobre.—Le Soleil. Les amants de Venise, par +Ch. Maurras.</p> + +<p>31 octobre.—L'Univers Illustré. Elle et Lui, la tranquillité +des morts, par Richard O'Monroy.</p> + +<p>31 octobre.—La Vigie Algérienne (Alger). G. Sand +et le D<sup>r</sup> Pagello, par Pierre Batail.</p> + +<p>1<sup>er</sup> novembre.—La Revue de Paris, p. 1. Lettre de G. +Sand à M. Émile Aucante, du 10 mars 1864.—p. 5. Dix-huit +lettres de George Sand à Alfred de Musset.—p. 49. +Cinq petits poèmes à G. Sand par Alfred de Musset: +1<sup>o</sup> «Te voilà revenu» publié en 1882.—2<sup>o</sup> «Puisque votre +moulin», inédit.—3<sup>o</sup> «Toi qui me l'as appris», inédit. +<span class="pagenum"><a name="Page_136" id="Page_136">136</a></span>—4<sup>o</sup> +«Il faudra bien t'y faire», inédit.—5<sup>o</sup> «Porte ta +vie», publié en 1877.</p> + +<p>Reproduit, stances: «Toi qui me l'appris»:—Le +Petit Temps, 31 octobre 1896.—Journal des Débats, +1<sup>er</sup> novembre 1896.—Fanfulla (Rome), 3-4 novembre +1896.—Il resto del Carlino (Bologne), 5 novembre 1896.—Journal +de Maurice, 8 février 1897, etc...</p> + +<p>Reproduit, stances: «Il faudra bien t'y faire». Le +Petit Temps, 31 octobre 1896.—Journal des Débats, +1<sup>er</sup> novembre 1896.—Fanfulla (Rome), 3-4 novembre +1896.—Il resto del Carlino (Bologne), 5 novembre 1896.—Journal +de Maurice, 8 février 1897, etc.</p> + +<p>1<sup>er</sup> novembre.—L'Écho de Paris. Les héritiers, par +E. Lepelletier.</p> + +<p>1<sup>er</sup> novembre.—Journal des Débats. Analyse et +extraits des Lettres de G. Sand à Alfred de Musset, et +trois poèmes à G. Sand par Alfred de Musset.</p> + +<p>1<sup>er</sup> novembre.—Le Matin. Note sur Alfred de Musset +et G. Sand, par Cornély.</p> + +<p>1<sup>er</sup> novembre.—Le Peuple (Lyon). Déballage posthume, +par Mercutio.</p> + +<p>1<sup>er</sup> novembre.—La Revue Idéaliste, p. 159. La légende +de G. Sand, discussion des articles de MM. de Spoelberch +de Lovenjoul et Clouard, par S. Rocheblave.</p> + +<p>1<sup>er</sup> novembre.—Revue des Revues. A propos de +l'article du D<sup>r</sup> Cabanès.</p> + +<p>1<sup>er</sup> novembre.—De Amsterdammer Weekblad voor Nederland +(Amsterdam). George Sand en D<sup>r</sup> Pagello, par V. L.</p> + +<p>1<sup>er</sup> novembre.—Le Progrès National. George Sand +cuisinière à Venise.</p> + +<p>1<sup>er</sup> novembre.—La Chronique Médicale, p. 641. Une +visite au D<sup>r</sup> Pagello, par le D<sup>r</sup> Cabanès; traduction de la +lettre de G. Sand à Pagello; deux fac-similés de l'écriture +du D<sup>r</sup> Pagello, dans le texte; un portrait hors texte du +D<sup>r</sup> Pagello, gravé sur bois.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_137" id="Page_137">137</a></span> +1<sup>er</sup> novembre.—La Semaine. Contre les publications +récentes.</p> + +<p>1<sup>er</sup> novembre.—Le Gaulois. Approbation du refus de +M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p> + +<p>2 novembre.—Le Figaro. La défense de George Sand: +extraits des lettres de G. Sand à M. Regnault, la correspondance +Sand-Musset et M<sup>me</sup> Lardin de Musset, par +M. Amic.</p> + +<p>2 novembre.—La Petite Gironde (Bordeaux). Analyse +et extraits des lettres de G. Sand à Alfred de Musset.—Contre +les récentes publications. (2 articles).</p> + +<p>2 novembre.—Magdeburgische Zeitung (Magdebourg). +Die Briefe von George Sand.</p> + +<p>2 novembre.—Le Journal.—Un cœur simple, par +Marcel Prévost.</p> + +<p>2 novembre.—Le Petit Parisien. Elle et Lui, par Valensol.</p> + +<p>2 novembre.—Der Zeitgeist (Berlin). Alfred de Musset, +G. Sand et le D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p>2-3 novembre.—Indépendance Belge (Bruxelles). +La correspondance de G. Sand avec Alfred de Musset.</p> + +<p>2-3 novembre.—Charivari. Interview de M<sup>me</sup> Maria +Feliga, sur G. Sand, extrait du Gil Blas.</p> + +<p>3 novembre.—Gil Blas. Sur l'article de M. Amic au +Figaro.</p> + +<p>3 novembre.—Journal des Débats. Critique de l'article +de M. Amic.</p> + +<p>3 novembre.—Heraldo de Madrid. Papeles viejos, non +signé.</p> + +<p>3 novembre.—Le Précurseur (Anvers). Extraits des +Lettres de G. Sand à Alfred de Musset.</p> + +<p>3 novembre.—Le Sémaphore (Marseille). Déclaration +de M. le C<sup>te</sup> Alexandre de Musset, d'après le Gaulois.</p> + +<p>3-4 novembre.—Fanfulla (Rome). Giorgio Sand e +Alfredo de Musset. Extraits des lettres et poésies publiées +par la Revue de Paris.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_138" id="Page_138">138</a></span> +4 novembre.—Le Gaulois. Réminiscence d'une lettre +de G. Sand dans <i>On ne badine pas avec l'amour</i>.</p> + +<p>Reproduit dans: L'Événement, 5 novembre 1896.—Journal +de Vichy, 8 novembre 1896.—Revue Encyclopédique, +21 novembre 1896.—Le Stéphanois (S<sup>t</sup>-Étienne), +6 novembre 1896.—Écho de la Semaine, 31 +janvier 1897.—Le Journal, 20 février 1897.—L'Intermédiaire +des Chercheurs, 10 mars 1897.</p> + +<p>4 novembre.—Gil Blas. Juges en Jugement, par +Ch. Martel.</p> + +<p>4 novembre.—L'Événement. Note sur l'article du +Temps relatif à M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>4 novembre.—La Liberté. Les lettres de Alfred de +Musset à G. Sand chez M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>4 novembre.—La Médecine Moderne. Musset, Sand et +le D<sup>r</sup> Pagello, par F. H.</p> + +<p>4 novembre.—Le Télégramme (Toulouse). A propos +des Nécrophores, par Émile Delbousquet.</p> + +<p>4 novembre.—Le Temps. Une visite au V<sup>te</sup> de Spoelberch +de Lovenjoul: l'album des dessins de Musset, G. +Sand et son mari, par Ad. Brisson.</p> + +<p>4 novembre.—Courrier de l'Ain (Bourg). Les publications +posthumes, par J. R.</p> + +<p>5 novembre.—Gil Blas. Les lettres d'Alfred de Musset +à G. Sand chez le V<sup>te</sup> de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>5 novembre.—Bordeaux-Journal (Bordeaux). G. Sand +et J. Sandeau, Alfred de Musset et l'absinthe, par Alceste.</p> + +<p>5 novembre.—Rheinisch Westfalische Zeitung (Essen). +Der Korrespondenz von George Sand mit Alfred de +Musset.</p> + +<p>5 novembre.—Lyon Républicain, suppl. (Lyon). Les +lettres de G. Sand à Alfred de Musset, analyse et extraits, +1, par H. Lapauze.</p> + +<p>5 novembre.—Le Soir. Lettres posthumes, par Lorenzi +de Bradi.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_139" id="Page_139">139</a></span> +5 novembre.—Le Soir (Bruxelles). Fleur de Scandale, +par Van de Wiele.</p> + +<p>5 novembre.—Le Soleil. Le scandale Sand-Musset, +par A. Claveau.</p> + +<p>5 novembre.—Le Temps. La littérature dans la passion +de G. Sand et d'Alfred de Musset; réminiscences +dans <i>On ne badine pas avec l'amour</i>.</p> + +<p>24 octobre-5 novembre.—Novoïe Wremya (Pétersbourg). +Les amours d'Alfred de Musset, de G. Sand et +du D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p>5 novembre.—Il resto del Carlino (Bologne). Trois +poèmes à G. Sand, par Alfred de Musset.</p> + +<p>6 novembre.—L'Événement. La bonne dame, par +Ludovic Hamilo.</p> + +<p>6 novembre.—Fanfulla (Rome). Critique de l'article +de M. Amic dans le Figaro.</p> + +<p>6 novembre.—Frankfurter Zeitung (Francfort). Die +Briefe der G. Sand an Alfred de Musset.</p> + +<p>6 novembre.—Le Gaulois. Note sur le prêt d'argent +fait par G. Sand à Alfred de Musset.</p> + +<p>6 novembre.—Berliner Tageblatt (Berlin). Briefe der +G. Sand an Alfred de Musset.</p> + +<p>6 novembre.—Hannoverschers Tageblatt (Hanovre). +Erinnerungen an George Sand.</p> + +<p>(?) novembre.—Königsburger Hartungsche Zeitung +(Kœnigsberg). Alfred de Musset und G. Sand, der +Korrespondenz.</p> + +<p>6 novembre.—Le Journal. Les amants de Venise (avec +extraits de leurs lettres), par M. Clémenceau.</p> + +<p>25 octobre-6 novembre.—Novoïe Wremya (Pétersbourg). +Note sur l'article de M. Amic dans le Figaro.</p> + +<p>6 novembre.—Le Soir. Documents sur G. Sand et +Alfred de Musset chez M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>6 novembre. La Tribuna (Rome). G. Sand et Alfred de +Musset, par Rastignac.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_140" id="Page_140">140</a></span> +7 novembre.—Charivari. Elle et Lui, dialogue par +Rigolet.</p> + +<p>7 novembre.—Il resto del Carlino (Bologne). Les lettres +de G. Sand à Alfred de Musset, réminiscences dans <i>On ne +badine pas avec l'amour</i>.</p> + +<p>7 novembre.—Le Moniteur Universel. La correspondance +de G. Sand et d'Alfred de Musset, par M. Trolliet.</p> + +<p>7 novembre.—La Vie Parisienne. De quelques amours +célèbres et de la façon de les exprimer, par M.—Les +lettres de G. Sand à Alfred de Musset dans la Revue de +Paris, par A. A. (2 articles.)</p> + +<p>7-8 novembre.—Giornale di Sicilia (Palerme). Extraits +des lettres de G. Sand à Alfred de Musset, traduction.</p> + +<p>8 novembre.—La Chronique Illustrée, p. 36. Indiscrétions +des révélations actuelles.—p. 42. Le Don Juan +de G. Sand (<i>Lélia</i>) et celui de Musset (<i>Namouna</i>).</p> + +<p>8 novembre.—Elbinger Zeitung (Elbing, Prusse). Die +Liebesbriefe der G. Sand.</p> + +<p>8 novembre.—Fanfulla (Rome). Sur un prêt d'argent +fait par G. Sand à Alfred de Musset.</p> + +<p>8 novembre.—Général Anzeiger (Hambourg). Alfred +de Musset, G. Sand et Sainte-Beuve.</p> + +<p>8 novembre.—La Illustracion Española y Americana +(Madrid). Alfred de Musset, G. Sand et les révélations du +D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p>8 novembre.—La Nouvelle Mode. Alfred de Musset, +G. Sand et le D<sup>r</sup> Pagello, par Actéon.</p> + +<p>8 novembre.—Lyon Républicain, supplément +(Lyon). Les lettres de G. Sand à Alfred de Musset, +analyse et extraits, 2 et fin, par H. Lapauze.</p> + +<p>9 novembre.—L'Écho de Paris. L'ombre d'Elle et +l'ombre de Lui, par F. Vanderem.</p> + +<p>9 novembre. Express (Liège). Contre les publications +actuelles.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_141" id="Page_141">141</a></span> +9 novembre.—Express (Lyon). A propos des révélations +sur G. Sand et le D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p>9 novembre.—Kieler Zeitung (Kiel). Das Liebesverhaltnitz +zwischen Alfred de Musset und der G. Sand.</p> + +<p>9 novembre.—La Petite Gironde (Bordeaux). Causerie +Bordelaise, par Argus (sur G. Sand, A. de Sèze, Alfred de +Musset, etc... d'après le V<sup>te</sup> de Spoelberch de Lovenjoul).</p> + +<p>9 novembre.—Le Républicain (Orléans). Extraits des +lettres de G. Sand à Alfred de Musset.</p> + +<p>9 novembre.—The St.-James-Gazette (Londres). G. +Sand, Alfred de Musset and D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p>9 novembre.—La Tribuna (Rome). Alfred de Musset, +G. Sand et le D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p>9-10 novembre.—Corriere della Sera (Milan). Le +lettere di Giorgio Sand ad Alfredo di Musset.</p> + +<p>10 novembre.—Le Figaro. Lettre de M<sup>me</sup> Lardin de +Musset demandant la restitution des autographes des +lettres d'Alfred de Musset.</p> + +<p>10 novembre.—The Globe (Londres). An old romance +revived.</p> + +<p>10 novembre.—Stamboul (Constantinople). Sur la +publication des lettres de G. Sand à Alfred de Musset +et des poésies d'Alfred de Musset à G. Sand.</p> + +<p>11 novembre.—L'Éclair. Lettre de M<sup>me</sup> Lardin de +Musset au Figaro.</p> + +<p>11 novembre.—Journal pour Tous. Le voyage +d'Alfred de Musset et de G. Sand en Italie, extrait de +la <i>Biographie</i> par Paul de Musset.</p> + +<p>11 novembre.—Le Petit Marseillais (Marseille). Le +plus heureux des trois, les lettres de G. Sand à Alfred de +Musset, par A. Theuriet.</p> + +<p>11-12 novembre.—Giornale di Sicilia (Palerme). +Intermezzi mondani: Rileggendo, par Iobi.</p> + +<p>12 novembre.—Le Réveil (Villeneuve-sur-Lot). Déceptions +causées par les révélations actuelles.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_142" id="Page_142">142</a></span> +12 novembre.—Pester Lloyd (Budapest). Alfred +de Musset und G. Sand, par Ferdinand Borosthauh.</p> + +<p>12-13 novembre.—Giornale di Sicilia (Palerme). Note +sur un prêt d'argent fait par G. Sand à Alfred de Musset.</p> + +<p>13 novembre.—Fanfulla (Rome). Traduction de la +lettre de M<sup>me</sup> Lardin de Musset au Figaro.</p> + +<p>13 novembre.—Paris. Vivisection posthume, par H. +Céard.</p> + +<p>13 novembre.—La Tribune (Laon). Déshabillage posthume, +par M<sup>me</sup> Gaspard, avec extraits des lettres de G. +Sand.</p> + +<p>14 novembre.—Angers-Théâtre (Angers). Note sur +la lettre de M<sup>me</sup> Lardin de Musset au Figaro.</p> + +<p>14 novembre.—Le Gaulois. Alfred de Musset dans les +lettres de G. Sand à Sainte-Beuve, par H. Lapauze.</p> + +<p>14 novembre.—The New Saturday. (Londres). Elle et +Lui, histoire des amants de Venise.</p> + +<p>14 novembre.—Le Progrès médical, p. 391. Les médecins +amants: Pagello, Rebizzo, Alfred de Musset et G. +Sand, par M. Baudouin.</p> + +<p>14 novembre.—The Publisher Circular (Londres). Sur +l'article de M. Brisson et la lettre de M<sup>me</sup> Lardin de Musset.</p> + +<p>14 novembre.—Revue Encyclopédique. Les prochaines +révélations de Pagello, 1 portrait et 1 fac-similé +d'autographe du D<sup>r</sup> Pagello, 1 portrait d'Alfred de Musset +et 3 portraits de G. Sand.</p> + +<p>14 novembre.—L'Univers illustré. Sur Alfred de +Musset et G. Sand, par Richard O'Monroy.</p> + +<p>15 novembre.—La Revue de Paris, p. 276-301. Dix-sept +lettres de George Sand à Sainte-Beuve (dont plusieurs +relatives à Alfred de Musset). 1<sup>re</sup> partie.</p> + +<p>15 novembre.—Le Courrier Français. Variations sur +les amants de Venise, triolets par R. Ponchon.</p> + +<p>15 novembre.—L'Écho de la Semaine, p. 106. Correspondance +d'Alfred de Musset et de G. Sand, par E. Trolliet.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_143" id="Page_143">143</a></span> +15 novembre.—L'Écho du Mexique (Mexico). Mot de +Alfred de Musset sur G. Sand.</p> + +<p>15 novembre.—Gazette Anecdotique, p. 641. G. Sand +et Alfred de Musset, par G. d'Heilly.</p> + +<p>15 novembre.—L'Illustrazione Italiana (Milan), +p. 327. Il romanzo Sand-Musset-Pagello, I, par Raffaello +Barbiera, avec 2 portraits en phototypie du D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p>15 novembre.—Lyon républicain, supplément (Lyon). +Suite du déballage des petits papiers, par Jumelles.</p> + +<p>15 novembre.—La Liberté. Alfred de Musset et G. +Sand dans les lettres de G. Sand à Sainte-Beuve.</p> + +<p>15 novembre.—Revue des Revues, p. 376-386. Extraits +des lettres de G. Sand à Alfred de Musset.</p> + +<p>15 novembre.—Le Tam-Tam. Les Vide-Cuvettes, par +Achille Lefranc.</p> + +<p>15 novembre.—Le Temps. Alfred de Musset dans les +lettres de G. Sand à Sainte-Beuve.</p> + +<p>15 novembre.—Théâtre illustré (Angers). Note sur la +lettre de M<sup>me</sup> Lardin de Musset au Figaro.</p> + +<p>15 novembre.—Le Soir. Note sur le démêlé Sand-Musset, +par B. de Lomagne.</p> + +<p>15-16 novembre.—Journal Égyptien (Le Caire). Trois +petits poèmes à G. Sand par Alfred de Musset.</p> + +<p>16 novembre.—Le Gaulois. Testament littéraire de +G. Sand, sa lettre à A. Dumas fils.</p> + +<p>16 novembre.—Gil Blas. L'Amour qui cause, par L. +Lacour.—Encore Elle, les lettres de G. Sand à Sainte-Beuve, +par Santillane. (2 articles.)</p> + +<p>16 novembre.—La Gironde (Bordeaux). Alfred de +Musset dans les lettres de G. Sand à Sainte-Beuve.</p> + +<p>16 novembre.—Le Journal. Les exhumations Sand-Musset-Hugo, +par A. Silvestre.</p> + +<p>16 novembre.—Journal des Débats. Alfred de Musset +dans les lettres de G. Sand à Sainte-Beuve.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_144" id="Page_144">144</a></span> +16 novembre.—La Liberté. Sur les publications actuelles: +Musset, Sand, Sainte-Beuve, Hugo.</p> + +<p>16 novembre.—Le Temps. Note sur des négociations +qui auraient été engagées par la Revue des Deux-Mondes +avec la famille de Musset.</p> + +<p>17 novembre.—Gil Blas. Féminités, par Colombine.</p> + +<p>18 novembre.—L'Avenir de la Vienne (Poitiers). +Fleurs fanées, par Émile Chasles.</p> + +<p>19 novembre.—Le Journal. Lettres d'amour, par +F. Coppée.</p> + +<p>19 novembre.—Le Temps. Mozart, G. Sand et Alfred +de Musset, à propos de Don Juan, par J. Claretie.</p> + +<p>20 novembre.—The St.-James Budget (Londres). G. +Sand, Alfred de Musset and D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p>20 novembre.—Le Républicain Orléanais (Orléans). +Alfred de Musset dans les lettres de G. Sand à Sainte-Beuve.</p> + +<p>21 novembre.—Le Voltaire. Petits papiers, par V. de +Cottens.</p> + +<p>21 novembre.—La Revue Parisienne. Les révélations +de G. Sand dans ses lettres à Alfred de Musset et +à Sainte-Beuve.</p> + +<p>21 novembre.—Neue Bürger Zeitung (Neustadt). Die +Liebesbriefe der George Sand an Alfred de Musset.</p> + +<p>22 novembre.—Journal de Rouen (Rouen). Les +révélations de G. Sand dans ses lettres à Alfred de +Musset et à Sainte-Beuve.</p> + +<p>22 novembre.—Journal de Marseille (Marseille). A +propos des révélations sur G. Sand et sur Alfred de Musset, +le livre de M. Rostand, publié en 1877, I, non signé.</p> + +<p>22 novembre.—L'Illustrazione Italiana (Milan), p. 346. +Il romanzo Sand-Musset-Pagello, II, par Raffaello +Barbiera.</p> + +<p>23 novembre.—Argonaut (San Francisco). A Literary +scandal, by Dorsey.</p> + +<p>23-24 novembre.—Journal de Marseille (Marseille). +<span class="pagenum"><a name="Page_145" id="Page_145">145</a></span> A propos des révélations sur G. Sand et sur Alfred +de Musset, etc..., II et fin.</p> + +<p>24 novembre.—Le Temps. A propos de <i>Lorenzaccio</i>, +Alfred de Musset et G. Sand à Venise, par A. Aderer.</p> + +<p>24 novembre.—Le Journal. De la critique actuelle, +rêve et réalité, par E. Zola.</p> + +<p>18-25 novembre.—Le Tout-Biarritz (Biarritz). Mémoires +et correspondances, par Valmy Baysse.</p> + +<p>25 novembre.—Le Figaro. Les lettres de G. Sand à +Alfred de Musset et à Sainte-Beuve, par F. Lemaitre.</p> + +<p>25 novembre.—Le Gaulois. La Conception de l'amour +chez Alfred de Musset; Alfred de Musset et G. Sand, à +propos de <i>Lorenzaccio</i>.</p> + +<p>25 novembre.—Le Siècle. Sainte-Beuve, G. Sand et +Alfred de Musset par Leo Marchès.</p> + +<p>13-25 novembre.—Novoïe Wremya (Pétersbourg). +Alfred de Musset et G. Sand, extraits des lettres.</p> + +<p>25-26 novembre.—Giornale di Sicilia (Palerme). Poésie +du D<sup>r</sup> Pagello à une dame: «Mentre la folla spia.»</p> + +<p>26 novembre.—Le National. Tombes ouvertes, n. signé.</p> + +<p>26 novembre.—Le Siècle de Lyon (Lyon). Sainte-Beuve, +Alfred de Musset et les lettres de G. Sand.</p> + +<p>27 novembre.—The Pall Mall Gazette (Londres). The +romance of G. Sand revived.</p> + +<p>27 novembre.—Gil Blas. Alfred de Musset et G. Sand +à propos des poètes à l'Odéon, par Ch. Martel, et des +Mémoires de Got, par M. Guillemot. (2 articles.)</p> + +<p>28 novembre.—La Petite République. La Vérité, par +H. Brissac.</p> + +<p>28 novembre.—L'Art et la Mode, p. 896. G. Sand et +Alfred de Musset.</p> + +<p>28 novembre.—The Queen (Londres). Sur la lettre +de G. Sand à Alexandre Dumas fils.</p> + +<p>28 novembre.—The Publisher Circular (Londres). Sur +les lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_146" id="Page_146">146</a></span> +28 novembre.—Le Moniteur Universel. Sur les correspondances +de V. Hugo, Sainte-Beuve, Alfred de Musset +et G. Sand, par L. Barracaud.</p> + +<p>28 novembre.—Le Courrier des États-Unis (New-York). +Sur la lettre de M<sup>me</sup> Lardin de Musset au Figaro.</p> + +<p>28-29 novembre.—La Meuse (Liège). Anecdote sur G. +Sand.</p> + +<p>29 novembre.—L'Événement. Note sur la publication +des Lettres d'amour.</p> + +<p>29 novembre.—Les Annales politiques et littéraires, +p. 339. Le talent d'Alfred de Musset (<i>Les Nuits</i>), par E. +Faguet.</p> + +<p>29 novembre.—Le Radical (Marseille). La Vérité, par +H. Brissac.</p> + +<p>29 novembre.—L'Illustrazione Italiana (Milan), p. 362. +Il romanzo Sand-Musset-Pagello, III et fin, par Raffaello +Barbiera.</p> + +<p>30 novembre.—Le Gaulois. Souvenirs de la crise de +Venise dans <i>On ne badine pas avec l'amour</i>, par A. +Galdemar.</p> + +<p>30 novembre.—The Freemans Journal (Dublin). +Alfred de Musset et G. Sand, Mérimée et Sainte-Beuve, +Correspondances.</p> + +<p>22-30 novembre.—Nouvelle Revue Internationale, +p. 733. Les amours de G. Sand et d'Alfred de Musset, +par H. de Beautiran.</p> + +<p>1<sup>er</sup> décembre.—Revue des Revues. Critique de la correspondance +de G. Sand et de Sainte-Beuve.</p> + +<p>1<sup>er</sup> décembre.—La Revue de Paris, p. 559. Lettres de +G. Sand à Sainte-Beuve, II et fin.</p> + +<p>1<sup>er</sup> décembre.—The Siam Free Press (Bangkok). +Alfred de Musset et G. Sand.</p> + +<p>1<sup>er</sup> décembre.—Revue d'art dramatique, p. 107. +Alfred de Musset et G. Sand dans <i>On ne badine pas avec +l'amour</i>, par R. Sparck.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_147" id="Page_147">147</a></span> +1<sup>er</sup> décembre.—Revue illustrée, p. 372. Les révélations +actuelles sur Musset et G. Sand, par C. Legrand.</p> + +<p>1<sup>er</sup> décembre.—La Época (Madrid). Arte y vida, por +Zeda.</p> + +<p>1<sup>er</sup> décembre.—Mercure de France, p. 556. Alfred de +Musset, G. Sand et le D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p>1<sup>er</sup> décembre.—Le Magasin littéraire, p. 455-456. Les +lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve. +Portraits d'Alfred de Musset d'après E. Lami et de G. +Sand d'après E. Delacroix.</p> + +<p>2 décembre.—Le Temps. Sur la 2<sup>e</sup> partie des Lettres +de G. Sand à Sainte-Beuve.</p> + +<p>3 décembre.—L'Éclair. Notes sur la correspondance +Sand-Musset-Sainte-Beuve.</p> + +<p>3 décembre.—Gil-Blas. Le scandale Sand-Musset, à +propos du <i>Livre d'Amour</i> de Sainte-Beuve.</p> + +<p>3 décembre.—La Paix. Droit au silence, par J. +Merac.—G. Sand et les révélations de M. Marieton. +(2 articles.)</p> + +<p>4-5 décembre.—Giornale di Sicilia (Palerme). G. +Sand et d'Alfred de Musset, par Iobi.</p> + +<p>5 décembre.—Le Figaro. Mademoiselle Byron, par +J. Aicard.</p> + +<p>5 décembre.—Heraldo de Madrid (Madrid). Note sur +la correspondance de G. Sand et d'Alfred de Musset à +propos de la 1<sup>re</sup> représentation de <i>Lorenzaccio</i>.</p> + +<p>5 décembre.—La Patrie (Montréal). Le club des +silencieux, par M. Guillemot.</p> + +<p>5 décembre.—The Publisher Circular (Londres). +Chez M. de Spoelberch de Lovenjoul: les dessins de +Alfred de Musset sur l'album de G. Sand.</p> + +<p>6 décembre.—Les Annales politiques et littéraires, +p. 360. G. Sand et le Voyage en Italie, à propos de <i>Lorenzaccio</i>, +par G. Geoffroy.</p> + +<p>6 décembre.—World (New-York). Comments on the +<span class="pagenum"><a name="Page_148" id="Page_148">148</a></span> +newly published letters of G. Sand to Alfred de Musset, +by M<sup>rs</sup> Anna de Koven.</p> + +<p>7 décembre.—Mail and Express (New-York). Alfred +de Musset and G. Sand by R. H. Stoddard.</p> + +<p>7 décembre.—La Patrie (Montréal). Réponse à M. H. +Garneau, par Françoise.</p> + +<p>9 décembre.—La Dépêche (Toulouse). De la gloire: +différence de la douleur chez Alfred de Musset et chez +Chopin, trahis tous deux par G. Sand, par A. Silvestre.</p> + +<p>9 décembre.—Le Libéral (Cambrai). Sur le discrédit +occasionné par la publication des petits papiers, par +H. Gibout.</p> + +<p>9 décembre.—Taegliche Rundschau (Berlin). Note +sur les révélations de la Revue hebdomadaire.</p> + +<p>10 décembre.—Le Correspondant, p. 831. La littérature +indiscrète, par H. Chantavoine.</p> + +<p>10 décembre.—The English Mail (Francfort-Mein). +The romance of G. Sand revived.</p> + +<p>12 décembre.—La Revue hebdomadaire, p. 251. Les +lettres d'Alfred de Musset à G. Sand, une lettre inconnue, +par O. Uzanne.</p> + +<p>12 décembre.—The Evening Post (New-York). L'actualité +d'Alfred de Musset.</p> + +<p>12 décembre.—Torch. (Londres). Note sur Alfred +de Musset et G. Sand.</p> + +<p>13 décembre.—Le Journal illustré. Musset-Sand-Pagello, +les Chercheurs et M. J. Lemaitre, par Alf. +Barbou.</p> + +<p>13-14 décembre.—Het Vaderland (La Haye). Les +révélations sur Alfred de Musset et G. Sand.</p> + +<p>14 décembre.—Le Charivari. N'est-ce pas bientôt fini?</p> + +<p>14 décembre.—Journal de Rouen. Le D<sup>r</sup> Pagello +défendu par le Marquis Paulucci di Calboli.</p> + +<p>14 décembre.—Journal des Débats.—Le D<sup>r</sup> Pagello +défendu par le M<sup>is</sup> Paulucci di Calboli.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_149" id="Page_149">149</a></span> +15 décembre.—Le Charivari. Fragments de deux +lettres de G. Sand sur Alfred de Musset.</p> + +<p>15 décembre.—L'Événement. Le D<sup>r</sup> Pagello défendu +par le M<sup>is</sup> Paulucci di Calboli.</p> + +<p>15 décembre.—La Nouvelle Revue, p. 852. Sur les +exhumations actuelles, par E. Ledrain.</p> + +<p>15 décembre.—La Petite Gironde (Bordeaux). Pour +Pagello, par P. B.</p> + +<p>15 décembre.—Revue des Revues, p. 570. Pagello +poète, par R. Paulucci di Calboli, avec un portrait du +D<sup>r</sup> Pagello.—G. Sand intime, ses lettres à l'abbé Rochet. +(2 articles.)</p> + +<p>15 décembre.—Review of Reviews (Londres). Les +lettres de G. Sand à Alfred de Musset.</p> + +<p>15 décembre.—La Quinzaine, p. 542. L'envers des +Grands Hommes, par Gabriel Aubray.</p> + +<p>15 décembre.—Simple Revue, p. 369. Alfred de Musset +et G. Sand, par G. Wernert.</p> + +<p>16 décembre.—Le Figaro. Les premières amours de +Musset et de G. Sand, avec extraits de leurs lettres, par +P. Mariéton.—Jugement de Lamartine et de Renan sur +la liaison de G. Sand avec Alfred de Musset. (2 articles.)</p> + +<p>16 décembre.—Journal de Maurice (Port-Louis, île +Maurice). Romans d'outre-tombe, par Ad. Brisson.</p> + +<p>17 décembre.—L'Événement. Lui, toujours; Elle, +toujours, par Le Sphinx. (V. Brunières.)</p> + +<p>17 décembre.—Le Figaro. Le marquis Paulucci et +le D<sup>r</sup> Pagello.—Note sur l'article de O. Uzanne.—Note +sur le jeu des petits papiers.</p> + +<p>17 décembre.—Le Temps. Encore l'affaire Sand-Musset, +extrait des Lettres d'Alfred de Musset à G. Sand.</p> + +<p>18 décembre.—The Daily Chronicle (Londres). Sur +les femmes d'Alfred de Musset.</p> + +<p>18 décembre.—The Levant Herald (Constantinople). +Le D<sup>r</sup> Pagello et le marquis Paulucci di Calboli.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_150" id="Page_150">150</a></span> +18 décembre.—The Morning (Londres). Note relative +au livre de M. Mariéton.</p> + +<p>18 décembre.—Le Petit Champenois (Chaumont). +Les révélations de M. Mariéton sur Alfred de Musset et +G. Sand, par P. C.</p> + +<p>18 décembre.—La Petite République. Psychologie +de Concierges: nouveau livre de M. Mariéton, extraits +des lettres d'Alfred de Musset à G. Sand, par Louis Marle.</p> + +<p>19 décembre.—Le Clairon (Londres). Renouvellement +du scandale Sand-Musset.</p> + +<p>19 décembre.—L'Écho du public. Demande de renseignements.</p> + +<p>19 décembre.—Le Gaulois. Projets de nouveaux +noms pour les galeries du Palais-Royal.</p> + +<p>19 décembre.—Journal des Débats. Les révélations +sur Alfred de Musset et G. Sand, à propos du livre +de M. Mariéton.</p> + +<p>19 décembre.—La Patrie (Montréal). Alfred de +Musset et G. Sand, d'après les lettres de G. Sand, par +Godfroid Langlois.</p> + +<p>20 décembre.—La France (Santiago). La querelle +Sand-Musset et M<sup>me</sup> Lardin de Musset, par J. Bernard.</p> + +<p>20 décembre.—Le Jour. Sur les Amants de Venise, +de P. Mariéton, par Jean Babillard.</p> + +<p>20 décembre.—Le Ménestrel. Le Don Juan d'Alfred +de Musset et celui de G. Sand, par J. Tiersot.</p> + +<p>21 décembre.—La France. Alfred de Musset et G. +Sand, le <i>Soir</i> de G. Sand, par E. Blavet.</p> + +<p>Reproduit: Le Nord, 21 décembre.</p> + +<p>21 décembre.—Stampa (Turin). Il cuore di Giorgio +Sand: De Musset, Pagello e l'abate Rochet.</p> + +<p>21 décembre.—Le Stephanois (Saint-Étienne). Alfred +de Musset, G. Sand et M. Mariéton, par Ignotus.</p> + +<p>22 décembre.—Le Journal. Le désespoir de Lélia, +extrait du Journal intime de G. Sand, par P. Mariéton.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_151" id="Page_151">151</a></span> +23 décembre.—L'Éclair. Note relative au livre de +M. Mariéton.</p> + +<p>23 décembre.—Le Figaro. Sur le livre de M. Mariéton.—Sur +la <i>Nuit de Venise</i> à la Bodinière. (2 articles.)</p> + +<p>23 décembre.—Le Temps. G. Sand et Alfred de +Musset: extraits du Journal intime de G. Sand, deux +lettres d'Alfred de Musset à G. Sand, par P. Mariéton.</p> + +<p>24 décembre.—L'Écho de Paris. Annonce du livre +de M. Mariéton.</p> + +<p>24 décembre.—La Presse. Les Amants de Venise, par +Jane de La Vaudère.</p> + +<p>25 décembre.—La Chronique littéraire (Nyon, Suisse), +p. 2. G. Sand et Alfred de Musset, par P. Clarensac.</p> + +<p>26 décembre.—L'Illustration. Grande revue de Shalon, +passée par G. Sand et Alfred de Musset, texte et dessins +par Henriot.</p> + +<p>26 décembre.—The Academy (Londres), p. 597. Les +lettres d'Alfred de Musset à G. Sand.</p> + +<p>28 décembre.—Gil Blas. Citation d'une lettre de +G. Sand à Alfred de Musset, par L. Lacour.</p> + +<p>29 décembre.—Journal de Maurice (Port-Louis, +île Maurice). Note sur F. Mallefille, à propos de l'affaire +Sand-Musset, par Vetivert.</p> + +<p>30 décembre.—La Réforme (Bruxelles). Lui et Elle, +par Frantz Delba, avec deux portraits.</p> + +<p>31 décembre.—Le Figaro. Annonce de la publication +du livre de M. Mariéton.</p> + +<p>31 décembre.—Gil Blas. G. Sand et Alfred de Musset +dans la Revue de la Bodinière.</p> + +<p>31 décembre.—La Province Artistique (Orange, près +Vaucluse). Alfred de Musset et G. Sand, le livre de +M. Mariéton.</p> + +<p class="center p2">1897</p> + +<p><span class="smcap">Une Histoire d'amour.</span> G. Sand et Alfred de Musset, +<span class="pagenum"><a name="Page_152" id="Page_152">152</a></span> documents inédits, lettres d'Alfred de Musset, par Paul +Mariéton. Paris, G. Havard fils. 1897. 1 vol. in-12.</p> + +<p>1<sup>er</sup> janvier.—L'Écho de Paris. Nohant, par A.</p> + +<p>2 janvier.—L'Art et la Mode. Note humoristique sur +la correspondance Sand-Musset.</p> + +<p>2 janvier.—La Vie Parisienne, p. 1, 9, 10. Théâtre +des Trétaux, texte et dessins par Sahib.</p> + +<p>2 janvier.—L'Écho de Paris. Critique de <i>Une Histoire +d'amour</i>, par H. Bauer.</p> + +<p>2 janvier.—Le Progrès médical, p. 12. Les Médecins +amants, II, par Marcel Baudouin.</p> + +<p>3 janvier.—L'Écho de Genève (Genève). Anecdote: +un dîner chez G. Sand, par J. Troubat.</p> + +<p>5 janvier.—Le Figaro. Note sur la <i>Véritable Histoire +d'Elle et Lui</i> du V<sup>te</sup> de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>7 janvier.—Le Charivari. Démolition des statues, +vignette non signée.</p> + +<p>8 janvier.—Le Gaulois. Annonce du livre de M. Mariéton.</p> + +<p>9 janvier.—The London Illustrated Strand (Londres). +Alfred de Musset et G. Sand.</p> + +<p>9 janvier.—Le Rappel. Elle et Lui, Lui et Elle, par +H. Fouquier.</p> + +<p>9 janvier.—L'Illustration. Critique du livre de M. Mariéton.</p> + +<p>12 janvier.—Gil Blas. Ce que G. Sand voulait être +pour Alfred de Musset, par Colombine.</p> + +<p>12 janvier.—L'Écho de Paris. Note sur le livre de +M. Mariéton.</p> + +<p>14 janvier.—La Libre Parole. Note sur le livre de +M. Mariéton.</p> + +<p>15 janvier.—Revue des Deux-Mondes, p. 450. Alfred +de Musset et G. Sand, par R. Doumic.</p> + +<p>17 janvier.—Gil Blas. Un Genre, par P. Veber.</p> + +<p>17 janvier.—Le Voltaire. Petit dialogue des morts, +par M. Leblond.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_153" id="Page_153">153</a></span> +22 janvier.—Le Figaro. Alfred de Musset et G. Sand, +à propos de Mérimée, par Larroumet.</p> + +<p>27 janvier.—The Daily Chronicle (Londres). L'affaire +Sand-Musset-Pagello, publications de la Revue de Paris.</p> + +<p>30 janvier.—L'Illustration, p. 25. Portrait chargé +d'Alfred de Musset, par Malatesta.</p> + +<p><span class="smcap">The Yellow Book an illustrated Quarterly.</span> Volume +XII, January. 1897. John Lane, the Bodley Head +London and New-York. 1 vol. in-8<sup>o</sup> carré.—p. 15 à 38. +She and He, by Henry James.</p> + +<p>1<sup>er</sup> février.—Cosmopolis. T. V, page 417. Lettres de +G. Sand à son mari, M. C. Dudevant.</p> + +<p>1<sup>er</sup> février.—The Free Review (Londres), p. 513. Jugement +sur l'état mental de Alfred de Musset et de G. +Sand, par W. M. G.</p> + +<p>1<sup>er</sup> février.—Le Journal. Du procès intenté à M. Mariéton.</p> + +<p>1<sup>er</sup> février.—Le National. Quelques mots sur la correspondance +Sand-Musset.</p> + +<p>1<sup>er</sup> février.—Revue des Revues. Ce que M. Doumic dit +d'Alfred de Musset et de G. Sand dans la Revue des +Deux-Mondes.</p> + +<p>2 février.—Journal des Débats. A propos des lettres +de G. Sand à son mari.</p> + +<p>2 février.—Le Voltaire. Lettres d'amour, par Raoul +Deberdt.</p> + +<p>2 février.—Le Figaro. Note sur la publication des +lettres de G. Sand à son mari.</p> + +<p>2 février.—Le Précurseur (Anvers). G. Sand et son +mari; voyage de G. Sand avec Alfred de Musset en Italie.</p> + +<p>5 février.—L'Événement. Note sur la publication des +lettres de G. Sand à son mari.</p> + +<p>6 février.—La Semaine littéraire (Genève). Extraits +des lettres de G. Sand à son mari.</p> + +<p>7 février.—The Weekly Sun (Londres). George Sand +and Alfred de Musset, by T. P.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_154" id="Page_154">154</a></span> +8 février.—Journal de Maurice (Port-Louis, île Maurice). +Cinq petits poèmes à G. Sand, par Alfred de Musset.</p> + +<p>8 février.—La Semaine littéraire (Genève). Sur les +lettres de G. Sand à son mari.</p> + +<p>10 février.—La Gironde (Bordeaux). Critique du livre +de M. Mariéton, par G. Roturier.</p> + +<p>13 février.—The Queen (Londres). Ce que M. H. +James dit de Alfred de Musset et de G. Sand dans <i>The +Yellow Book</i>.—Sur les lettres de G. Sand à son mari. +(2 articles.)</p> + +<p><i>Interdiction d'Une Nuit de Venise, pièce de M. Mongerolle<a name="FNanchor_66" id="FNanchor_66" href="#Footnote_66" class="fnanchor">[66]</a>.</i> +Avant le procès, les débats, jugement. Le +Journal, 13 février.—L'Événement, Le Gaulois, Gil +Blas, Le Journal, La Libre Parole, La Liberté, Le Soleil, +14 février.—L'Écho de Paris, L'Éclair, Journal des +Débats, La Libre Parole, The New-York Herald (Paris), +Le Soleil, Le Temps, The Daily Telegraph (Londres), +La Presse, 15 février.—Konigsberger Hartungsche +Zeitung (Koenigsberg), 16 février.—L'Express (Mulhouse), +18 février.—Neue Badischelandes Zeitung (Manheim), +Le Rappel, Levant Herald (Constantinople), +19 février.—La Presse, L'Illustration, 20 février.—The +Referee (Londres), 21 février.—Fanfulla (Rome), +25 février.—La Liberté, 2 mars.—Gil Blas, Le +Journal, Journal des Débats, 3 mars.—L'Éclair, L'Intransigeant, +La Petite République, Le Temps, 4 mars.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_155" id="Page_155">155</a></span> +The Morning (Londres), 5 mars.—La Tribuna (Rome), +7 mars.—The Daily News (Londres), 14 mars.—Gil +Blas, Journal des Débats, Le Temps, Le Soir, Le Gaulois, +Le Figaro, La Loi, The Daily Telegraph (Londres), +17 mars.—La Petite République, L'Écho de Paris, Le +Moniteur Universel, Saint-James Gazette (Londres), +The Musical Courrier (Londres), 18 mars.—Novoie +Wremya (Pétersbourg), 12-24 mars.—The New-York +Times (New-York), 27 mars.</p> + +<p>14 février.—Le Salut Public (Lyon).—Critique du +livre de M. Mariéton.</p> + +<p>14 février.—Petit Journal pour Rire, 5<sup>e</sup> série, n<sup>o</sup> 7. +Encore Alfred de Musset et G. Sand.</p> + +<p>15 février.—Nouvelle Revue Européenne, p. 158. +Critique du livre de M. Mariéton, par H. Buffenoir.</p> + +<p><span class="smcap">Docteur Cabanès. Le Cabinet secret de l'Histoire.</span> +2<sup>e</sup> série. Paris. Librairie de A. Charles et aux Bureaux +de la Chronique Médicale, 1897. 1 vol. in-12 carré.—p. +275 à 332. Un roman vécu à trois personnages, avec +4 portraits et 1 page de fac-similés d'autographes.</p> + +<p>16 février.—Gil Blas. Aux familles Sand et de Musset, +par Le Facteur.</p> + +<p>16 février.—Le National. Messieurs, la famille! par +G. Jubin.</p> + +<p>Reproduit: L'Indépendant de l'Est (Bar-le-Duc), 18 février.</p> + +<p>16 février.—Journal de Rouen. Alfred de Musset et +G. Sand, à propos de l'interdiction d'<i>Une Nuit de Venise</i>.</p> + +<p>17 février.—Le Charivari. Réflexions sur l'interdiction +d'<i>Une Nuit de Venise</i>, par P. Véron.</p> + +<p>17 février.—Le Progrès de la Côte-d'Or (Dijon). Au +seuil d'un siècle, par R. Des Varennes.</p> + +<p>19 février.—L'Événement. L'affaire Sand-Musset, à +propos du livre de M. Mariéton et de l'interdiction d'<i>Une +Nuit de Venise</i>.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_156" id="Page_156">156</a></span> +20 février.—Le Figaro. Lettre par A. Daudet.</p> + +<p><i>Procès intenté à M. Mariéton par la famille Sand</i>. Avant +le procès, les débats, jugement: Le Figaro, Le Gaulois, +Gil Blas, Le Journal, Journal des Débats, La +Presse, Le Soleil, Le Temps, Gazette des Tribunaux, The +Standard (Londres), 20 février.—Le Moniteur Universel, +21 février.—Gazette des Tribunaux, La Liberté, +26 février.—Le Petit Moniteur, The Manchester +Guardian (Manchester), 27 février.—La Paix, 28 février.—Gazette +des Tribunaux, Le Droit, Le Soir, +Le Petit Temps, Gil Blas, Journal des Débats, Le +Gaulois, Le Progrès de la Somme (Amiens), 12 mars.—L'Écho +de Paris, La Loi, Journal des Débats, 13 mars.—Franckfurter +Zeitung (Francfort), 14 mars.—Revue +des Grands Procès contemporains, avril, p. 191.</p> + +<p>20 février.—The National Observer (Londres). Analyse +de l'article de <i>The Yellow Book</i>.</p> + +<p>22 février.—Le Journal. Elle, Lui, Nous, par A. Hepp.</p> + +<p>22 février.—La Libre Parole. Réclame pour le livre +de M. Mariéton.</p> + +<p>22-23 février.—Journal de Marseille. Lettres d'amour, +à propos du procès Mariéton, d'après Le Figaro.</p> + +<p>25 février.—Le Journal. Annonce du livre de M. de +Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>V<sup>te</sup> <span class="smcap">de Spoelberch de Lovenjoul</span>. <span class="smcap">La Véritable Histoire +de Elle et Lui</span>, notes et documents. Paris, Calmann +Lévy, 1897. 1 vol. in-12.</p> + +<p><i>Critiques du livre de M. de Spoelberch de Lovenjoul</i>: +The Daily Chronicle (Londres), 1<sup>er</sup> mars.—La République +Française, 2 mars.—Journal de Bruxelles, +3 mars.—L'Univers Illustré, l'Illustration, 6 mars.—L'Indépendance +Belge, supplément, (Bruxelles), 7 mars.—Le +Jour, 8 mars.—La Presse, 9 mars.—Le Moniteur +Universel, 10 mars.—Théâtre Illustré (Angers), +Atheneum (Londres), The Academy (Londres), Revue +<span class="pagenum"><a name="Page_157" id="Page_157">157</a></span> Encyclopédique, 13 mars.—Mémorial de la librairie +française, 18 mars.—Le Monde illustré, 20 mars.—L'Événement, +The New-York Herald, Revue Britannique, +22 mars.—La Paix, 31 mars.—Le Constitutionnel, +Le Figaro illustré, p. XV, Revue Suisse (Lausanne), +Revue Générale (Bruxelles), 1<sup>er</sup> avril.—Franckfurter Zeitung +(Franckfort), 4 avril.—Bulletin de l'Office de +Publicité (Bruxelles), 6 avril.—The Publisher circular +(Londres), 10 avril.—L'Art Moderne (Bruxelles), 25 avril. +Revue critique d'histoire et de littérature, p. 337, 26 avril.</p> + +<p>25 février.—L'Ère nouvelle (Tarbes). Les Morts qu'on +tue, par De Lomné.</p> + +<p>27 février.—La Jeune Belgique (Bruxelles), p. 79. +Analyse de la conférence de M. R. Cantel sur Alfred de +Musset et G. Sand.</p> + +<p>28 février.—Le Cri de Paris. Note sur le livre de +M. Mariéton.</p> + +<p>1<sup>er</sup> mars.—La Nouvelle Revue. Critique du livre de M. +Mariéton, par Rodocanachi.</p> + +<p>1<sup>er</sup> mars.—The Nineteenth Century (Londres), p. 428. +The limits of biography, by Ch. Whibbey.</p> + +<p>8 mars.—La Petite Gironde (Bordeaux). Sur les lettres +de G. Sand à Chopin.</p> + +<p>10 mars.—La Gironde (Bordeaux). Critique du livre +de M. Mariéton, par G. Routurier.</p> + +<p>10 mars.—Le Courrier de l'Aisne (Laon). Sur les +lettres de G. Sand à Chopin.</p> + +<p>12 mars.—Le Moniteur universel. Critique du livre +de M. Mariéton, par L. Barracaud.</p> + +<p>12 mars.—Le Gaulois. La Potinière des Trépassés, +par J. Montet.</p> + +<p>15 mars.—Journal des Débats. Note sur les livres de +MM. de Spoelberch de Lovenjoul et P. Mariéton.</p> + +<p>15 mars.—Nouvelle Revue Internationale, p. 313. La +bonne dame de Nohant, par Édouard Achard.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_158" id="Page_158">158</a></span> 17 mars.—Gil Blas. G. Sand et M. Grévy, échange +de la correspondance d'Alfred de Musset, par Santillane.</p> + +<p>25 mars.—Le Journal. Sur la représentation de <i>Le +Druide (Une Nuit de Venise)</i>, de M. Mongerolle.</p> + +<p>26 mars.—Le Réformiste. Critique du livre de M. +Mariéton.</p> + +<p>31 mars.—Gazette Anecdotique, p. 189. Sur l'article +du D<sup>r</sup> Cabanès, réimprimé dans son <i>Cabinet secret</i>, etc.</p> + +<p>1<sup>er</sup> avril.—Nouvelle Revue Européenne. Article par +M. H. Buffenoir.</p> + +<p>1<sup>er</sup> avril.—Nouvelle Revue Internationale. L'affaire +de Elle et Lui d'après MM. de Spoelberch de Lovenjoul, +Cabanès, Clouard et Mariéton.</p> + +<p>2 avril.—Le Rappel. La 1<sup>re</sup> représentation de <i>Le +Druide (Une Nuit de Venise)</i>, par P. Desachy.</p> + +<p>13 avril.—La Presse. Lettres posthumes, l'opinion de +G. Sand, par M. de Bare.</p> + +<p>14 avril.—La France. Opinion de G. Sand sur les lettres +posthumes, fac-similé d'une lettre de G. Sand.</p> + +<p>15 avril.—Nouvelle Revue Internationale, p. 427. Les +Briseurs d'idole, par Séverine.—p. 430. Fac-similé d'une +lettre de G. Sand relative aux publications posthumes.</p> + +<p>15 avril.—Revue Universitaire, p. 406. Critique du +livre de M. Mariéton et Note sur le livre de M. de Spoelberch +de Lovenjoul.</p> + +<p><span class="smcap">Les Lettres de G. Sand et d'Alfred de Musset</span>. +<span class="smcap">Plaidoirie de M</span><sup>e</sup> <span class="smcap">G. Beurdeley</span>, défenseur de MM. +P. Mariéton et Havard fils. Extrait de la Revue des +Grands Procès contemporains. Paris, A. Chevalier-Marescq, +1897. Br. in-8<sup>o</sup>.</p> + +<p>Mai.—The Bookman (New-York). Note sur le livre +de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>3 mai.—L'Écho de Paris. Que deviendront les originaux +des lettres de G. Sand?</p> + +<p>15 mai.—La Revue de Paris, p. 312. La fin d'une +<span class="pagenum"><a name="Page_159" id="Page_159">159</a></span> légende, par S. Rocheblave, avec Extraits du Journal de +G. Sand et des lettres d'Alfred de Musset et de G. Sand.</p> + +<p>15 mai.—Journal des Débats. Sur l'article de M. +Rocheblave dans la Revue de Paris.</p> + +<p>15 mai.—La Nouvelle Revue, p. 288. L'amour et la +mort: Alfred de Musset après sa rupture avec G. Sand, +par Louis Proal.</p> + +<p>19 mai.—Le Petit Temps. Analyse de l'article de M. +Rocheblave.</p> + +<p>20 mai.—Le Figaro. Critique du livre de M. de Spoelberch +de Lovenjoul.</p> + +<p>21 mai.—La République du Var (Toulon). G. Sand +et Alfred de Musset, d'après M. Rocheblave.</p> + +<p>21 mai.—L'Éclair. Note sur le débat, par P. Arène.</p> + +<p>29 mai.—The Publisher Circular (Londres). Critique +du livre de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>31 mai.—Gazette de France. Critique des Livres de +MM. de Spoelberch de Lovenjoul et P. Mariéton.</p> + +<p>31 mai-1<sup>er</sup> juin.—Journal de Marseille. Critique de +l'article de M. Rocheblave.</p> + +<p>1<sup>er</sup> juin.—La Gironde (Bordeaux). Critique du livre +de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>1<sup>e</sup>r juin.—Corriere di Napoli (Naples). Critique de la +Conférence de M. R. Marvasi.</p> + +<p><span class="smcap">Hugues Lapaire et Firmin Roz</span>. <span class="smcap">La Bonne Dame de +Nohant</span>, avec le portrait de G. Sand par Th. Couture. +Paris, Société des Publications, F. Laur, 1897. 1 vol. +in-12.</p> + +<p>6 juin.—Le Rappel. Le droit de citation, par André +Balz.</p> + +<p>11 juin.—Journal des Débats. Critique de <i>La Bonne +Dame de Nohant</i>.</p> + +<p>19 juin.—La Jeune Belgique (Bruxelles). Critique du +livre de M. de Spoelberch de Lovenjoul et note sur l'article +de M. Clouard, par Robert Cantel.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_160" id="Page_160">160</a></span> <span class="smcap">George Sand</span>. <span class="smcap">Lettres a Alfred de Musset et a +Sainte-Beuve</span>. Paris, Calmann-Lévy, 1897. 1 vol. in-12.</p> + +<p>22 juin.—La République Française. Écrivassières et +Épistolières, par Ad. Brisson.</p> + +<p>24 juin.—Le Gaulois. Opinion sur le docteur Pagello +par ses concitoyens.</p> + +<p>25 juin.—Journal du Cher (Bourges). Critique de +<i>La Bonne Dame de Nohant</i>.</p> + +<p>26 juin.—Le Gaulois. Note sur la publication en volume +des lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.</p> + +<p>26 juin.—Le Journal. Note sur la publication en volume +des lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.</p> + +<p>27 juin.—L'Éclaireur (Nice). Le D<sup>r</sup> Pagello et ses +concitoyens.</p> + +<p>30 juin.—Journal de Genève (Genève). Sur la publication +en volume des lettres de G. Sand à Alfred de +Musset et Sainte-Beuve, et sur la Préface de M. Rocheblave.</p> + +<p>3 juillet.—The Atheneum (Londres). Note sur les +livres de MM. de Spoelberch de Lovenjoul et P. Mariéton.</p> + +<p>3 juillet.—La Patrie. Sur la publication en volume +des lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve.</p> + +<p>4 juillet.—Le Courrier du Soir. Note sur ceux qui +peuvent lire la correspondance de G. Sand avec Alfred +de Musset.</p> + +<p>4 juillet.—The New-York Herald. Sur la publication +en volume des lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à +Sainte-Beuve.</p> + +<p>7 juillet.—Le Courrier du Soir. Sur le D<sup>r</sup> Pagello et +G. Sand, par P. Baragnon.</p> + +<p>7 juillet.—La Epoca (Madrid). Un drama de Amor +(M. Rocheblave), par Zeda.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_161" id="Page_161">161</a></span> 7 juillet.—L'Éclair. Le plus heureux des trois, par +E. Ledrain.</p> + +<p>10 juillet.—L'Univers Illustré, p. 442. La publication +en volume des lettres de G. Sand à Alfred de Musset et à +Sainte-Beuve; MM. Rocheblave et de Spoelberch de Lovenjoul, +par H. Rabusson.</p> + +<p>15 juillet.—La Revue de Paris, couverture. Note sur +les lettres de G. Sand à Sainte-Beuve.</p> + +<p>25 juillet.—L'Indépendance Belge, supplément. +(Bruxelles). Sur ce que MM. de Spoelberch de Lovenjoul +et Rocheblave disent des amours de G. Sand et de Alfred +de Musset.</p> + +<p><span class="smcap">Portraits Intimes, par Adolphe Brisson.</span> 3<sup>e</sup> série. +Paris, A. Colin, 1897. 1 vol. in-12.—p. 79 et 89.</p> + +<p>9 août.—Franckfurter Zeitung (Francfort). Les Lettres +de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve. +Sur les articles de MM. Mariéton, de Spoelberch de Lovenjoul, +Clouard, Cabanès et Rocheblave.</p> + +<p>13 août.—Berliner Börsen Zeitung (Berlin). Les Lettres +de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve; sur les +études de M<sup>me</sup> A. Barine, et de MM. Mariéton, de Spoelberch +de Lovenjoul, Clouard, Cabanes et Rocheblave.</p> + +<p>15 août.—Bulletin du Bibliophile. Critique du livre +de M. de Spoelberch de Lovenjoul.</p> + +<p>25 août.—L'Express (Brest). Des documents que possède +M. de Spoelberch de Lovenjoul, par Jean Bernard.</p> + +<p>1<sup>er</sup> septembre.—Revue des Deux-Mondes, couverture. +Appréciation sur les lettres de G. Sand à Alfred de +Musset et à Sainte-Beuve.</p> + +<p>7 septembre.—Le Gaulois. Lettres de G. Sand, E. +Süe, V. Hugo, G. de Nerval sur les publications posthumes, +par H. Lapauze.</p> + +<p>15 septembre.—La Revue Idéaliste, p. 339. G. Sand +et Alfred de Musset d'après plusieurs livres récents, par +E. Trolliet.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_162" id="Page_162">162</a></span> 15 septembre.—Nouvelle Revue Européenne, p. 730. +Critique des lettres de G. Sand à Alfred de Musset et de +la Préface de M. Rocheblave.</p> + +<p>19 septembre.—Neue freie Press (Vienne). Er und +Sie, und der Andere.</p> + +<p>19 septembre.—Le Messager de Paris. Critique des Lettres +de G. Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve, +par J. Guillemot.</p> + +<p>30 septembre.—Berliner Zeitung (Berlin). Neue +Briefe der George Sand (d'après la Nouvelle Revue).</p> + +<p>1<sup>er</sup> octobre.—L'Express (Brest). Ce que le D<sup>r</sup> Cabanès +dit d'Alfred de Musset et de G. Sand dans son <i>Cabinet +secret de l'histoire</i>.</p> + +<p>5 octobre.—Hufvudsbladet (Helsingfors, Russie). +Herr Julien Leclercq's forelasning, par A.</p> + +<p>7 octobre.—Courrier de Haïphong. Les collections +de M. de Spoelberch de Lovenjoul, l'album de dessins +d'Alfred de Musset, par Jean Bernard.</p> + +<p>25 septembre-9 octobre.—Novoie Wremya (Pétersbourg). +Critique des Lettres de G. Sand à Alfred de +Musset et à Sainte-Beuve, sur M. Rocheblave.</p> + +<p>16-17 octobre.—Le Gaulois, supplément. Ce que M<sup>lle</sup> +Colin dit de G. Sand.</p> + +<p>30 octobre.—Le Figaro. Ce que Brichanteau pense +des amoureux de Venise, par J. Claretie.</p> + +<p><span class="smcap">René Doumic. Études sur la littérature Française.</span> +2<sup>e</sup> série. Paris, Perrin et C<sup>ie</sup>, 1898. 1 vol. in-12.—p. 149. +Amours Romantiques.</p> + +<p>1<sup>er</sup> novembre.—Gil Blas. Le Règne du Potin, par +P. Weber.</p> + +<p>8 novembre.—L'Événement. Le retour à G. Sand, critique +de <i>La Bonne Dame de Nohant</i>, par E. Des Essarts.</p> + +<p>Reproduit dans: Le Moniteur du Puy-de-Dôme (Clermont), +19 novembre.—Nouvelle Chronique Parisienne, +25 novembre.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_163" id="Page_163">163</a></span> +28 novembre.—Gazette de France. Ce que M. +Doumic dit d'Alfred de Musset et de G. Sand.</p> + +<p>7 décembre.—La Libre Parole. Réminiscences des +amours d'Alfred de Musset et de G. Sand, par E. Drumont.</p> + +<p>9 décembre.—Le Figaro. Note sur la conférence de +M. Doumic, relative à Alfred de Musset, à G. Sand et au +D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p class="center p2">1898</p> + +<p>2 janvier.—La Presse. Souvenir des polémiques de +1896-1897.</p> + +<p>10 janvier.—Le Gaulois. Qu'est devenue la copie de +la correspondance de G. Sand et d'Alfred de Musset faite +par M<sup>me</sup> C. Jaubert?</p> + +<p>17 janvier.—Gil Blas. Note concernant M. Mariéton.</p> + +<p>20 janvier.—Études religieuses, p. 245. Ce que +M. Doumic dit de la correspondance Sand-Musset.</p> + +<p>3 février.—Le National. Tout s'arrange, par H. +Céard.</p> + +<p>26 février.—L'Événement. Un Grand amoureux, par +H. de Weindel.</p> + +<p>26 février.—Le Gaulois. La fin d'un roman, par Tout +Paris.</p> + +<p>26 février.—Gil Blas. L'Autre, par Santillane.</p> + +<p>26 février.—Le Journal. La Gloire d'aimer, par A. +Hepp.</p> + +<p>26 février.—Le National. Notes quotidiennes, par +Emmanuel François.</p> + +<p>Reproduit dans: La Réforme, 27 février.</p> + +<p>27 février.—La Liberté. Soliloques, par Pierre Valdagne.</p> + +<p>28 février.—Le XIX<sup>e</sup> Siècle. Chronique: Mort du D<sup>r</sup> +Pagello, par P. Ginisty.</p> + +<p>1<sup>er</sup> mars.—L'Écho de Paris. Chronique, par Colomba.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_164" id="Page_164">164</a></span> 1<sup>er</sup> mars.—Le Petit Provençal (Marseille). Pagello et +G. Sand, par Clovis Hugues.</p> + +<p>1<sup>er</sup> mars.—Le Radical. Le beau Pagello, par Jean de +Montmartre.</p> + +<p>1<sup>er</sup> mars.—La Réforme (Bruxelles). Le D<sup>r</sup> Pagello, +par Milio, avec portrait.</p> + +<p>2 mars.—La France (Bordeaux). Le D<sup>r</sup> Pagello et G. +Sand, par Clovis Hugues.</p> + +<p>2 mars.—Le Matin. L'amour des illustres, non signé.</p> + +<p>2 mars.—Le Messin (Metz). Mort du D<sup>r</sup> Pagello et +extraits des lettres de G. Sand.</p> + +<p>2 mars.—La Petite Gironde (Bordeaux).—Causerie, +par Simplice.</p> + +<p>3 mars.—La Fronde. Ménage d'artiste, par Marcelle +Tinayre.</p> + +<p>3 mars.—La Lanterne. G. Sand et le D<sup>r</sup> Pagello, non +signé.</p> + +<p>3 mars.—Le Nouvelliste (Bordeaux). Le D<sup>r</sup> Pagello, +par Jacques Curieux.</p> + +<p>5 mars.—L'Illustration, p. 178. A propos de la mort +du D<sup>r</sup> Pagello, par Rastignac.</p> + +<p>5 mars.—Revue Hebdomadaire, p. 134. Le plus sage +des trois, par F. Sarcey.</p> + +<p>Reproduit: L'Indépendance Belge (Bruxelles), 13 mars.</p> + +<p>9 mars.—The Evening Transcript (Boston). Alfred +de Musset, G. Sand et Sainte-Beuve, d'après M. Doumic.</p> + +<p>10 mars.—Le Jour. Oraison funèbre, par Ed. Deschaume.</p> + +<p>11 mars.—Fremdenblatt (Vienne). Pietro Pagello in +seinen Beziehungen, für Henry Perl.</p> + +<p>12 mars.—Saint-James Gazette (Londres). A propos +de la mort du D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p><span class="smcap">Essais de Critique Dramatique, par Antoine Benoist.</span> +Paris, Hachette, 1898. 1 vol. in-12.—Alfred de Musset, +G. Sand, leur théâtre, etc... passim de p. 1 à 131.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_165" id="Page_165">165</a></span> +15 mars.—Revue des Revues, p. 620. Grand-Mère +et petite-fille, par Raoul Deberdt.</p> + +<p>16 mars.—Le Siècle. Notes sur les amants de Venise +à propos de M<sup>me</sup> Desbordes-Valmore.</p> + +<p><span class="smcap">xxiv Marzo mdcccxcviii. Pietro Pagello. Trigesimo +della morte.</span> Belluno, premiata tipografica Cavessago, +1898. In-8 de 1 couverture et 32 pages avec portrait gravé +sur bois.—Recueil d'éloges du D<sup>r</sup> Pagello par Luigi +Zacchi, Vittorio Fontana, Feliciano Vinanti, avec des +lettres et des poésies du D<sup>r</sup> Pietro Pagello.</p> + +<p>28 mars.—Le Temps. Note sur le livre de M. Benoist.</p> + +<p>2 avril.—Revue Hebdomadaire, p. 102. L'Autre, par +F. Chevassu.</p> + +<p>15 mai.—La Fronde. Les Chacals, par Marcelle +Tinayre.</p> + +<p>21 mai.—La Fronde. Ce qu'on doit faire des lettres +d'amour, par May Armand Blanc.</p> + +<p>Juin.—Deutsche Revue (Stuttgart), p. 290. G. Sand, +Alfred de Musset und D<sup>r</sup> Pagello, persönliche Erinnerungen.</p> + +<p>5-6 juin.—Il Pongolo Parlamentare (Naples). Conferenza +Marvasi.</p> + +<p>7 juin.—Il Don Chisciotte(Rome). Conferenza Roberto +Marvasi.</p> + +<p>15 juin.—L'Amateur d'autographes. Sur ce qui est +publié de la Correspondance de G. Sand et d'Alfred +de Musset.</p> + +<p>21 juin.—Le Rappel. Souvenir sur les bois de Verrières.</p> + +<p>23 juin.—Journal des Débats. Une Statue au D<sup>r</sup> +Pagello.</p> + +<p>24 juin.—L'Écho de Paris. Sur la Statue du D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p>24 juin.—La Liberté. La Statue du D<sup>r</sup> Pagello, par +P. Valdagne.</p> + +<p>24 juin.—Le Petit Rouennais (Rouen). La Statue du +D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_166" id="Page_166">166</a></span> +24 juin.—La Petite Gironde (Bordeaux). L'Amant, +par P.B.</p> + +<p>24 juin.—L'Est Républicain (Nancy). La Statue du +D<sup>r</sup> Pagello.</p> + +<p>27 juin.—Gil Blas. Le D<sup>r</sup> Pagello et sa statue.</p> + +<p>30 juin.—La Dépêche Algérienne (Alger). Un Méconnu, +P. Pagello, par H. Darsigny.</p> + +<p>2 juillet.—Le Gaulois. Amours de Grands Hommes, +par P. Costard.</p> + +<p>27 août.—La Gazette Médicale, p. 420. Les Amants +de Venise.</p> + +<p>Octobre.—The Atlantic Monthly (Londres), p. 569. +The Correspondance of G. Sand, by Irving Babbitt.</p> + +<p>Novembre.—Minerva (Rome). La Corrispondenza +di G. Sand, d'après The Atlantic Monthly.</p> + +<p>3 novembre.—Le Soleil. Un Professionnel, par F. +Sainclair.</p> + +<p>11 novembre.—Le Soleil. La Critique à côté, par F. +Sainclair.</p> + +<p><span class="smcap">Auguste Mailloux.</span> <span class="smcap">Une Fille d'Alfred de Musset +et de George Sand.</span> Nantes, imprimerie R. Guist'hau, +1898. Brochure in-12.</p> + +<p>C'est une bien vieille histoire que celle de la Fille +d'Alfred de Musset. Le 14 avril 1882, l'<i>Événement</i> publiait +un article de Aurélien Scholl, intitulé «Une fille d'Alfred +de Musset.» (On ne donnait pas le nom de la mère). +L'<i>Écho Rochelais</i> le reproduisit le 19 avril 1882, et il fit +ensuite le tour de la presse. Au mois d'octobre de la +même année, le <i>Bulletin de la Société historique de la +Saintonge</i> publiait, p. 399, une réponse à M. Scholl, par +A. L. Cette étude a fait l'objet d'un tirage à part à 50 +exemplaires. (Pons, impr. de Noël Texier, in-8, de 10 p.), +qui porte le nom de l'auteur, M. A. Létélié.—M. Létélié +établit, avec preuves à l'appui, que la jeune fille décédée +le 8 mai 1875 sous le nom de Onda Tessum, à Saint-Maurice +<span class="pagenum"><a name="Page_167" id="Page_167">167</a></span> +de Saintonge, commune de La Leu, près La +Rochelle, s'appelait Marie-Joséphine Menard, fille légitime +de Charles Menard, tisserand, et de Jeanne Jamin; +qu'elle était née à Saint-Macaire (Maine-et-Loire), le +17 septembre 1854, où habitait sa famille, et que la personne +qui l'accompagnait était M<sup>me</sup> veuve Coras, alors +âgée de 64 ans, qui avait en quelque sorte adopté Marie-Joséphine +à l'âge de 8 ans et l'avait élevée.</p> + +<p>Le supplément du <i>Figaro</i> du 13 janvier 1883, ayant de +nouveau inséré l'article de A. Scholl, M<sup>me</sup> Lardin de +Musset, sœur du poète, protesta par une lettre publiée +dans le supplément du <i>Figaro</i> du 17 janvier 1883.</p> + +<p>Le <i>Gaulois</i> des 4 et 5 décembre 1896, ressuscita la +légende de la fille d'Alfred de Musset, et ce fut cette fois +M<sup>me</sup> Martelet, née Adèle Colin, la fidèle gouvernante, +qui protesta dans l'<i>Éclair</i> du 7 décembre, m'attribuant +l'enquête faite par M. Létélié, alors que je n'avais fait +qu'en rapporter le résultat.</p> + +<p>Aujourd'hui, M. Mailloux résume les divers articles +écrits à ce sujet, et pour réfutation, se borne à reproduire +les pièces mises au jour par M. Létélié.</p> + +<p>18 novembre.—Le Temps. Une fille de G. Sand et +d'Alfred de Musset, par F. Sarcey.</p> + +<p>26 novembre.—Le Gaulois. La propriété des lettres, +par Esseytte.</p> + +<p>29 novembre.—Le Phare de la Loire (Nantes). Une +fille d'Alfred de Musset et de G. Sand, non signé.</p> + +<p>15 décembre.—Le Petit Bleu de Paris. Lettres d'amour, +par G. Vanor.</p> + +<p><span class="smcap">F. de Roberto. Una pagina della Storia dell'Amore.</span> +Milano, Fratelli Treves, editori. 1898. 1 vol. in-12.</p> + +<p class="center p2">1899</p> + +<p>19 janvier.—L'Éclair. Encore Alfred de Musset, G. +Sand et le D<sup>r</sup> Pagello, par E. Bergerat.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_168" id="Page_168">168</a></span> 12 février.—Le Journal. Annonce de <i>Lui, Elle et +l'Autre</i>, ballet de Mascagni.</p> + +<p>Mars.—The Glasgow Herald (Glasgow). Annonce d'un +ballet de Mascagni.</p> + +<p>12-13 mars.—Corriere della Sera (Milan). Anche +Giorgio Sand?</p> + +<p>16 avril.—The Sunday Sun (Londres). Memories of +George Sand by Richard Davey. 1<sup>er</sup> article.—23 avril, +2<sup>e</sup> article.</p> + +<p>9 mai.—La Métropole (Anvers). Divulgations et Confessions +littéraires, par D.</p> + +<p>1<sup>er</sup> juin.—Nouvelle Revue Internationale. G. Sand +et Alfred de Musset, par M<sup>me</sup> C. Berton.—Reproduit dans +la Petite Revue internationale, 28 mai-4 juin, p. 641.</p> + +<p>18 juin.—La Fronde. Une Fille de G. Sand et d'Alfred +de Musset, le livre de M. Mailloux.</p> + +<p>20 juin.—Gil Blas. La rupture de G. Sand et d'Alfred +de Musset, d'après M<sup>me</sup> C. Berton.</p> + +<p><span class="smcap">Wladimir Karenine. George Sand, sa vie et ses +œuvres.</span> 1804-1876. Tomes I et II. Paris, Ollendorff, +1899. 2 vol. in-8.—Tome I, pages 46, 434, 443.—Tome +II, p. 1 à 160.</p> + +<p>Critiques du livre de M<sup>me</sup> Karénine: La Revue de Paris, +1<sup>er</sup> juillet, couverture.—The Morning Leader (Londres), +1<sup>er</sup> juillet.—La Liberté, 9 juillet.—Le Temps, 15-16 +juillet.—Le Soleil, 27 juillet.—L'Éclair, 8 août.—La +Gazette de France, 21 août.—Le Temps, 28 août.—La +Lanterne, 5 septembre, etc...</p> + +<p>15 juillet.—Revue des Deux-Mondes, p. 441. G. Sand +avant 1840, par R. Doumic.</p> + +<p>18 juillet.—La Fronde. Les belles amies d'Alfred de +Musset, par Mary Summer.</p> + +<p>17 août.—Le Soleil. Amours d'artistes, par A. Claveau.</p> + +<p>19 août.—Le Gaulois. La vie de G. Sand d'après +M<sup>me</sup> Karénine.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_169" id="Page_169">169</a></span> 26 août.—Le Précurseur (Anvers). La vie de G. Sand, +par J. Caze.</p> + +<p>28 août.—Le Journal. Réponse à M<sup>me</sup> Karénine sur +G. Sand, Alfred de Musset et Pagello.</p> + +<p>1<sup>er</sup> septembre.—Le Théâtre. Phototypie par A. Bucquet: +la scène d'Alfred de Musset et G. Sand dans la +<i>Revue Rétrospective</i> du cercle de l'Union Artistique<a name="FNanchor_67" id="FNanchor_67" href="#Footnote_67" class="fnanchor">[67]</a>.</p> + +<p>10 septembre.—Le Gaulois. Extrait d'une lettre +d'Alfred Tattet à Félix Arvers.</p> + +<p>14 octobre.—Le Temps. Une chaumière et un cœur, +par A. Brisson.</p> + +<p>15 octobre.—Le Républicain de La Fère (Aisne). +Note sur un souvenir donné par Alfred de Musset à G. +Sand, par Léon Bernard.</p> + +<p>25 novembre.—Revue Encyclopédique. G. Sand et +Alfred de Musset d'après Mesdames Berton et Arnould-Plessy.</p> + +<p>11 décembre.—Le Gaulois. La Dame de Venise, par +Tout-Paris.</p> + +<p>19 décembre.—L'Écho de Paris. Chronique, par Colomba.</p> + +<div class="figcenter"><img src="images/179_s.jpg" width="220" height="109" +alt="end chap3" title="" /></div> + +<p class="center"><a href="images/179_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<p><span class="pagenum invisible"><a name="Page_170" id="Page_170">170</a></span></p> + +<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_171" id="Page_171">171</a></span></p> +<p class="c"><b>QUELQUES ŒUVRES INÉDITES</b></p> + +<p class="s"><b>OU PEU CONNUES</b></p> + +<p class="c"><b>D'ALFRED DE MUSSET</b></p> + +<p><span class="pagenum invisible"><a name="Page_172" id="Page_172">172</a></span></p> + +<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_173" id="Page_173">173</a></span></p> + +<div class="figcenter"><img src="images/111_s.jpg" width="500" height="115" +alt="start chap4" title="" /></div> + +<p class="center"><a href="images/111_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<h2>QUELQUES ŒUVRES INÉDITES</h2> + +<p class="c"><b>OU PEU CONNUES</b></p> + +<h2>D'ALFRED DE MUSSET</h2> + +<p class="p2">Lorsque la Revue Bleue analysa naguère<a name="FNanchor_68" id="FNanchor_68" href="#Footnote_68" class="fnanchor">[68]</a>, comme +étant d'Alfred de Musset, <i>Denise</i>, une nouvelle de son +frère Paul<a name="FNanchor_69" id="FNanchor_69" href="#Footnote_69" class="fnanchor">[69]</a>, un journal a demandé s'il ne serait pas +possible de dresser une sorte de liste des œuvres inédites +de l'auteur des <i>Nuits</i>. Cela me paraît difficile, car ces +œuvres sont par elles-mêmes d'une nature très complexe.</p> + +<p>Des pièces de vers comme la <i>Chanson pour la fête de +sa mère</i>, les <i>Stances à M<sup>lle</sup> Z.</i>, sont des souvenirs intimes, +restés dans la famille du poète, reliques sacrées qui, par +<span class="pagenum"><a name="Page_174" id="Page_174">174</a></span> un sentiment facile à comprendre, sont pieusement +conservées dans les archives familiales d'où elles ne doivent +pas sortir.</p> + +<p>D'autres, adressées à des jeunes filles, à des jeunes +femmes surtout, poèmes d'amour qui sont demeurés un +secret entre celui qui les a écrits et celles qui les ont +reçus, sont si soigneusement cachées, quand elles n'ont +pas été détruites, qu'il est impossible de les retrouver. +Et dans les quelques occasions où le hasard ou une indiscrétion +les a fait connaître, donner même des initiales +serait compromettre inutilement des réputations jusqu'ici +sans tache.</p> + +<p>Quant aux essais, aux ébauches de ce que j'appellerai +les œuvres de travail, aux débris de toutes sortes qui ont +été retrouvés dans les papiers du poète, où commencer, +où finir? Paul de Musset en donne un certain nombre +dans la <span class="smcap">Biographie</span><a name="FNanchor_70" id="FNanchor_70" href="#Footnote_70" class="fnanchor">[70]</a> de son frère:</p> + +<p><i>La Prêtresse de Diane,</i> fragment d'élégie.</p> + +<p><i>Agnès,</i> fragment de poème dramatique, dont une +«ballade» est encore inédite.</p> + +<p><i>Stances à Ninon:</i> «Avec tout votre esprit...»</p> + +<p><i>La Nuit de Juin,</i> quatre vers:</p> + +<p class="left30 font90">Muse, quand le blé pousse, il faut être joyeux.<br /> +Regarde ces coteaux, et leur blonde parure!<br /> +Quelle douce clarté dans l'immense nature!<br /> +Tout ce qui vit ce soir, doit se sentir heureux...</p> + +<p>Des Fragments du <i>Poëte Déchu,</i> sorte d'autobiographie, +qui, avec «Le Poète et le Prosateur», publié dans les +<i>Œuvres Posthumes</i>, constituent à peu près tout ce qui +reste du manuscrit de l'œuvre, laissé inachevé par Alfred +et lacéré par Paul.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_175" id="Page_175">175</a></span> Des stances <i>A la sœur Marcelline</i>, incomplètes, mais +données en entier dans le <span class="smcap">Figaro</span> du 14 mai 1887.</p> + +<p><i>L'Exercice de nos facultés</i>, fragment en prose.</p> + +<p><i>A trente ans</i>, fragment en prose.</p> + +<p><i>Judith et Allori</i>, fragment dramatique, en vers.</p> + +<p>Un <i>Sonnet à sa Marraine</i>: «Qu'un sot me calomnie...»</p> + +<p>Des <i>Stances à M<sup>me</sup> Ristori</i>.</p> + +<p>Une <i>Chanson:</i> «Hélas! Hélas!...»</p> + +<p><i>Le petit moinillon</i>, stances à M<sup>lle</sup> E. d'A.</p> + +<p>Un <i>Quatrain à M<sup>lle</sup> Melesville</i>, écrit au bas d'un dessin +de M. Chenavard, représentant la première rencontre +de Petrarque et de Laure, dessin où les deux figures du +poète et de sa maîtresse avaient quelque ressemblance +avec les traits d'Alfred de Musset et de M<sup>lle</sup> Melesville. Il +avait été question d'un mariage entre les deux jeunes +gens.</p> + +<p>A ces fragments, il faut joindre les poésies publiées +par les soins de Paul:</p> + +<p><i>Le 3 mai 1814</i>, stances. <span class="smcap">Magasin de Librairie</span>, 10 décembre +1859.</p> + +<p><i>Après la lecture d'Indiana</i>, poésie. <span class="smcap">Revue des Deux-Mondes</span>, +1<sup>er</sup> novembre 1878.</p> + +<p><i>Variante en vers de: On ne badine pas avec l'amour</i>, +acte I. <span class="smcap">Revue Nationale</span>, 1<sup>er</sup> novembre 1861.</p> + +<p>Sauf quelques exceptions que nous indiquons plus +loin, les fragments demeurés inconnus n'offrent qu'un +intérêt secondaire, par suite de leur peu d'étendue ou de +l'impossibilité de les rattacher à quelque chose. Bien +plus, parmi ces exceptions, se trouvent des satires, des +facéties sur le personnage ou l'événement du jour, charges +d'atelier ou de salon, faites entre amis, pour passer +le temps, «en riant et sans malice ni aversion contre +personne», comme Alfred de Musset le déclare lui-même +au bas de l'une d'elles, mais qui, connues du grand +public, pourraient quelquefois être mal interprétées.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_176" id="Page_176">176</a></span> +Celles qui ne peuvent éveiller aucune idée malveillante +ont été publiées:</p> + +<p><i>L'Anglaise en Diligence</i>, dans l'<span class="smcap">Art</span> du 18 février 1883.</p> + +<p>Les premières strophes des <i>Stances burlesques à George +Sand</i>, dans la <span class="smcap">Revue de Paris</span> du 15 août 1896.</p> + +<p>Des fragments de la <i>Réponse à Ulric Guttinguer</i>, en +vers, dans la <span class="smcap">Gazette Anecdotique</span> du 30 juin 1891.</p> + +<p><i>Le Songe du Reviewer</i> ou <i>Buloz consterné</i> dans le +<span class="smcap">Courrier de Paris</span> du 19 mai 1857, la <span class="smcap">Petite Revue</span> du 15 +juillet 1865, et <span class="smcap">l'Intermédiaire des Chercheurs</span> du 10 +octobre 1891.</p> + +<p><i>A une Muse</i> ou <i>Une Valseuse dans le Cénacle romantique</i>, +en partie dans le <span class="smcap">Figaro</span> du 4 novembre 1855, et +en entier dans le tome I de la <span class="smcap">Curiosité Littéraire</span>. +(Paris, Liseux, 1880. In-12).</p> + +<p>Le <i>Voyage à Pontchartrain</i>, dans une brochure de +M. Lorin: <span class="smcap">Une Excursion a Pontchartrain</span>. Rambouillet, +1890. In-8<sup>o</sup>. C'est un récit humoristique, adressé +à Charles Nodier, qui répondit à l'auteur par ces stances +célèbres, composées sur le même rythme:</p> + +<p class="left30">J'ai lu ta vive odyssée<br /> +<span class="i2">Cadencée, etc...</span></p> + +<p>Ajoutez à cela que M<sup>me</sup> Lardin de Musset, faisant un +nouveau choix après son frère Paul, a publié encore +quelques-unes de ces reliques:</p> + +<p><i>Valentin</i>, qui n'est autre que l'avant-propos de la nouvelle +<i>Les deux Maîtresses</i>, dans le <span class="smcap">Gaulois</span> du 22 août +1896.</p> + +<p>Le <i>Roman par lettres</i>, dont plusieurs passages se retrouvent +dans <span class="smcap">Fantasio</span>, dans le <span class="smcap">Gaulois</span> des 17, 18, 19 et +20 juillet 1896<a name="FNanchor_71" id="FNanchor_71" href="#Footnote_71" class="fnanchor">[71]</a>.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_177" id="Page_177">177</a></span> Des poésies adressées <i>A George Sand</i>, dans la <span class="smcap">Revue +de Paris</span> du 1<sup>er</sup> novembre 1896.</p> + +<p>Restent enfin les communications faites par des tiers, +amis ou collectionneurs, qui nous fournissent une nouvelle +moisson:</p> + +<p>Variantes de <i>La Coupe et les Lèvres</i>.—<span class="smcap">L'Événement</span>, +29 novembre 1881.</p> + +<p class="left30 font90">Moi, je n'ai jamais fait à la nature humaine..., etc...</p> + +<p><i>Autres Variantes</i> du même poème, le <span class="smcap">Voltaire</span>, 17 mai +1887, que voici, d'après le manuscrit, le texte publié +étant peu correct:</p> + +<p class="left30 font90"> +Poésie! Harmonie! Amour! Larmes célestes,<br /> +Que les douleurs de l'homme arrachèrent aux yeux<br /> +Du vengeur immortel qui les chassa des cieux,<br /> +Si vous versez parfois, poisons doux et funestes,<br /> +Le baume de l'oubli sur mes cuisants regrets,<br /> +Quels trésors ignorés doit recéler une âme<br /> +Dont le ciel a puisé l'essence à votre flamme?<br /> +Camp où les feux sacrés ne s'éteignent jamais?<br /> +<span class="i2">Dieu donna la beauté, dont le regard attire</span><br /> +A ces êtres divins qu'il créa d'un sourire,<br /> +Leur fit un front de vierge et de longs yeux voilés<br /> +Et leur dit en partant: «Allez et consolez!»<br /> +<span class="i2">Mais eux-mêmes souvent, du feu qui les habite,</span><br /> +On les voit ici-bas se plaindre et s'étonner,<br /> +Ne pouvant contenir le rayon qui s'agite,<br /> +Et qui, venu du Ciel, y voudrait retourner.</p> + +<p class="left55">[<span class="smcap">Acte I, scène 2</span>].</p> + +<p><i>Ex Dono</i> à un astronome. <span class="smcap">Bibliographie Romantique</span>, +par Charles Asselineau. 2<sup>e</sup> édit. Paris, Rouquette, 1874. +In-8<sup>o</sup>.</p> + +<p>Un <i>Fragment en Vers</i> qui est le début de l'article, +en prose, Un Mot sur l'art moderne (publié dans +les <i>Mélanges de Littérature</i>). <span class="smcap">Écho de la Semaine</span>, 24 +mai 1896: +<span class="pagenum"><a name="Page_178" id="Page_178">178</a></span></p> + +<p class="left30 font90"> +Pourquoi la Poésie est-elle morte en France?<br /> +On dit que le public vit dans l'indifférence,<br /> +Que le siècle est distrait, que tout meurt aujourd'hui;<br /> +Bonaparte, à Wagram, était distrait, je pense,<br /> +Il avait cependant son Ossian avec lui..., etc...</p> + +<p><i>Stances à Buloz.</i> La <span class="smcap">Revue de Paris et Saint-Pétersbourg</span>, +15 décembre 1887:</p> + +<p class="left30 font90"> +Buloz, ma dernière heure est-elle donc venue?<br /> +Dois-je enfin vous compter parmi mes ennemis?<br /> +N'est-il donc rien d'humain au fond d'une revue<br /> +Et toute charité vous est-elle inconnue,<br /> +Vous qui disiez jadis être de mes amis,<br /> +De demander les vers que je vous ai promis?.....</p> + +<p><i>Quatrain à Gustave Planche.</i> <span class="smcap">L'Événement</span>, 28 janvier +1886.</p> + +<p><i>Crayonné sous les Arbres de Louveciennes</i>, poésie. +<span class="smcap">La Revue de Paris et Saint-Pétersbourg</span>, 25 décembre +1890:</p> + +<p class="left30 font90"> +Pour ouïr les antiques<br /> +Dans mes délires rustiques,<br /> +Je vais tout droit devant moi...</p> + +<p><i>Madrigal à Augustine Brohan.</i> <span class="smcap">Le Nain Jaune</span>, 7 octobre +1877, souvent réimprimé.</p> + +<p><i>A Pépa</i>, stances. <span class="smcap">Souvenirs de</span> M<sup>me</sup> <span class="smcap">Jaubert</span>. Paris, +Hetzel, 1881. 1 vol. in-12.</p> + +<p><i>Le Comte d'Essex</i>, plan de tragédie. <span class="smcap">L'Événement</span>, 21 +novembre 1885.</p> + +<p><i>Alliance de la prose et de la poésie.</i> <span class="smcap">Le Voltaire</span>, 23 +avril 1887.</p> + +<p class="blockquot"> +Alliance de la prose et de la poésie, qui n'est autre chose +que celle de la prose et de la versification. Entre les deux +limites qui les séparent, un seul esprit français a trouvé une +route, celui dont Molière disait: «Le bonhomme vivra plus +que nous». C'est la seule fois que Molière se soit trompé; +mais le bonhomme allait son chemin, ne se souciant ni de la +<span class="pagenum"><a name="Page_179" id="Page_179">179</a></span> prose ni de la versification; il était le maître et lorsqu'il +s'endormait sous les arbres de Versailles, ses gros souliers +pleins d'herbes fleuries, il revenait d'un rêve dans un certain +sentier où personne après lui ne passera jamais.</p> + +<div class="figcenter"><img src="images/189_s.jpg" width="450" height="556" +alt="acte4" title="" /></div> + +<p class="center"><a href="images/189_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<p><span class="smcap">L'Almanach du Jour de l'An</span>, petit messager de Paris +pour 1846, publié par J. Hetzel, est un volume in-32, +presqu'introuvable aujourd'hui, qui, à la suite des <i>Vers +inscrits dans la cellule n<sup>o</sup> 14</i> de la maison d'arrêt de la +Garde Nationale (Œuvres Posthumes) donne ce <i>Quatrain</i> +inédit:</p> + +<p class="left30 font90"> +Dans cette petite chapelle<br /> +L'ennui ne vient qu'aux ennuyeux.<br /> +Pense un instant et pars joyeux,<br /> +Ta maîtresse en sera plus belle.</p> + +<p>On peut encore se procurer facilement:</p> + +<p><i>Un Rêve</i>, ballade, insérée dans <span class="smcap">Le Provincial de +Dijon</span> du 31 août 1828, et réimprimée à la librairie Rouquette. +(Paris, 1875. In-8<sup>o</sup>.)</p> + +<p>Les <i>Variantes de Venise</i>, écrites pour être mises en +musique par Gounod. Choudens, éditeur à Paris.</p> + +<p><i>L'Habit Vert</i>, proverbe par Alfred de Musset et Émile +Augier, qui a plusieurs éditions à la librairie Michel ou +Calmann Lévy et fait partie du <span class="smcap">Théâtre</span> d'Émile Augier. +C'est cette pièce que le <span class="smcap">Constitutionnel</span> et la <span class="smcap">Revue des +Deux-Mondes</span> annonçaient en 1846 sous le titre de <i>La +Montre</i>.</p> + +<p>Les vers écrits <i>Au bas d'un portrait d'Augustine Brohan</i>, +dans le <span class="smcap">Décaméron Dramatique</span>, n<sup>o</sup> 5, chez l'éditeur +Heugel et qui nous semblent si jolis que nous ne craignons +pas de les citer:<a name="FNanchor_72" id="FNanchor_72" href="#Footnote_72" class="fnanchor">[72]</a> +<span class="pagenum"><a name="Page_180" id="Page_180">180</a></span></p> + +<p class="left30 font90"> +<span class="i4">J'ai vu ton sourire et tes larmes,</span><br /> +<span class="i4">J'ai vu ton cœur triste et joyeux,</span><br /> +<span class="i4">Qui des deux a le plus de charmes?</span><br /> +<span class="i4">Dis-moi ce que j'aime le mieux:</span><br /> +Les perles de ta bouche ou celles de tes yeux?</p> + +<p>Comme cela rentre bien dans «ce bon souvenir d'une +amitié qui vaut bien des amours»!</p> + +<p>Le <span class="smcap">Panthéon des Illustrations Françaises au XIX</span><sup>e</sup> +<span class="smcap">siècle</span>, par Victor Frond, donne, comme fac-similé +d'autographe, ce fragment:</p> + +<p class="left30 font90"> +Froide, maigre, légère, une main palpitante<br /> +Voltigeait sur la table où roulait des flots d'or.<br /> +Entrons, murmurait-on! Tuons-le, puisqu'il dort!<br /> +Le vieillard chévrotait dans sa robe sanglante:<br /> +C'est mon pain quotidien, mon travail, ma sueur.<br /> +Le toscin répondait: la ville est au pillage!<br /> +Les enfants de la mort lui fouillent dans le cœur!<br /> +Les mères, tout en sang, couraient sur le rivage<br /> +Appelant leurs enfants qui flottaient sur les eaux.</p> + +<p>La <i>Quenouille de Barberine</i>, comédie en deux actes, +contient des passages et des scènes que l'on ne retrouve +pas dans <i>Barberine</i>, comédie en trois actes. Cette première +version de la même pièce se trouve dans toutes les éditions +des <span class="smcap">Comédies et Proverbes</span> antérieures à 1852, et +la seconde version dans toutes les éditions postérieures.</p> + +<p>Le <i>Chant des Amis</i>, cantate, paroles de M. Alfred de +Musset, musique d'Ambroise Thomas, exécutée à Lille +le 21 juin 1852, éditée primitivement chez Gérard, a été +réimprimée chez Brandus et se trouve chez les marchands +de musique.</p> + +<p>Et même, si l'on veut se donner la peine de chercher +un peu, il n'est pas très difficile de mettre la main sur +la <i>Dissertation Latine</i> qui remporta le 2<sup>e</sup> prix au Concours +général de 1827: «Quæniam sint judiciorum motiva? +An cuncta ad unum possint reduci?» dont le texte est +<span class="pagenum"><a name="Page_181" id="Page_181">181</a></span> mprimé in-extenso dans les <span class="smcap">Annales des Concours +Généraux</span>. <i>Philosophie. Paris, Hachette, 1828. 1 vol. in-8<sup>o</sup></i>, +ainsi que sur les articles de critique au <span class="smcap">Temps</span>, omis +dans les œuvres, parce que Paul de Musset ne sut pas +retrouver ces numéros du journal, qui existent cependant +à la Bibliothèque de l'Arsenal et ailleurs:</p> + +<p><i>Exposition du Luxembourg au profit des blessés</i>, 2<sup>e</sup> partie, +1<sup>er</sup> janvier 1831.</p> + +<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="revue"> +<colgroup span="3"> +<col width="150"></col> +<col align="right"></col> +<col align="left"></col> +</colgroup> +<tr> + <td align="left"><i>Revue Fantastique</i>,</td> + <td>2<sup>e</sup></td> + <td> article, 1er février 1831.</td> +</tr> + +<tr> + <td align="center">—</td> + <td>5<sup>e</sup></td> + <td> article, 21 février 1831.</td> +</tr> +<tr> + <td align="center">—</td> + <td>6<sup>e</sup></td> + <td> article, 28 février 1831.</td> +</tr> +<tr> + <td align="center">—</td> + <td>13<sup>e</sup></td> + <td> article, 18 avril 1831.</td> +</tr> +<tr> + <td align="center">—</td> + <td>18<sup>e</sup></td> + <td> article, 30 mai 1831.</td> +</tr> +</table> + +<p>Quant à <i>Alceste</i>, tragédie qu'Alfred de Musset avait +l'intention d'écrire pour M<sup>lle</sup> Rachel, elle n'a dû exister +qu'à l'état de projet, car Paul de Musset déclare que lui-même +n'en a jamais connu que le titre.</p> + +<p>Comme on le voit, il y aurait matière à former un +volume des plus curieux et d'un réel intérêt, avec +ces œuvres inédites, surtout si l'on y ajoute les pièces +sur lesquelles je vais essayer de donner quelques renseignements, +n'ayant point qualité pour en publier le +texte.</p> + +<p>Mais avant d'aller plus loin, j'indiquerai les pièces +apocryphes:</p> + +<p>La <i>Satire contre l'Académie</i> qui a paru dans la <span class="smcap">Revue +Anecdotique</span> des 1<sup>er</sup> et 15 juin 1857 n'est pas d'Alfred de +Musset, mais de M<sup>me</sup> Louise Colet. Le 24 juin 1857, Paul +de Musset adressa à ce sujet une lettre de protestation +au directeur de la <span class="smcap">Gazette de Paris</span>, qui l'inséra dans +le numéro du 28 juin. La meilleure preuve que je puisse +fournir à l'appui de mon dire, est que le manuscrit trouvé +dans les papiers du poète était en entier de la main de +cette dame.—Le sonnet <i>Promenade au Jardin des +Plantes</i> donné par le <span class="smcap">Monde Illustré</span> du 9 mai 1857 et +<span class="pagenum"><a name="Page_182" id="Page_182">182</a></span> le fragment d'une <i>Comédie en prose</i> se passant rue Saint-Honoré, +dans l'<span class="smcap">Événement</span> du 29 novembre 1881, sont +du même auteur.—La <i>Branche de Myrthe</i> (<span class="smcap">Grand +Journal</span>, 23 septembre 1866) n'a jamais existé dans <span class="smcap">La +Psyché</span> de 1826.—La <i>Jeune Tarentine</i> (<span class="smcap">Revue Rétrospective</span>, +1<sup>er</sup> mai 1891) est de Sainte-Beuve.—Le quatrain +d'<i>Envoi de Denise</i> (l'<span class="smcap">Événement</span>, 25 octobre 1878) +est de Aurélien Scholl.—<i>Sur la mort d'un parapluie</i>, +poésie, datée du 5 mars 1849 et dans laquelle il parle de +ses collègues de l'Académie Française, où il ne fut reçu +qu'en 1852, publiée dans l'<span class="smcap">Illustration</span> du 20 décembre +ses collègues de l'Académie Française, où il ne fut reçu +1873, fait plus que me sembler être composée par le +signataire de l'article, Philibert Audebrand.—Nous +avons dit plus haut quel est l'auteur du conte <i>Denise</i> de la +<span class="smcap">Revue Bleue</span>. Pour la <i>Critique de Notre-Dame de Paris</i> +dans le <span class="smcap">Temps</span> des 31 mai et 17 juillet 1831<a name="FNanchor_73" id="FNanchor_73" href="#Footnote_73" class="fnanchor">[73]</a>, le <i>Paysage +Matinal</i>, sonnet, du <span class="smcap">Voleur</span> du 25 août 1876, et les stances +<i>Ce qu'il me faut</i>, du <span class="smcap">Nouveau Parnasse satirique</span> +(Bruxelles, 1881, in-8<sup>o</sup>), j'ignore quels en sont les auteurs, +mais ce n'est certes pas Alfred de Musset.</p> + +<p>Je citerai enfin comme une simple curiosité six <i>Poésies +Médianimiques</i> que M. L. Vavasseur, directeur de la +Revue Spirite, a publiées en 1867 dans une plaquette +in-18, intitulée: <span class="smcap">Échos Poétiques d'Outre-Tombe</span> et +une autre pièce du même genre dont M. le Vicomte de +Spoelberch de Lovenjoul donne le texte dans son <span class="smcap">Histoire +des Œuvres de Th. Gautier</span> (Charpentier, 1887. +2 vol. in-8<sup>o</sup>, II, p. 311).—<span class="smcap">Le Figaro</span> du 17 janvier 1899 +donne encore le texte d'une nouvelle poésie médianimique, +empruntée au livre de M. Diguet: <span class="smcap">Les vers +de l'esprit, recueil de communications typtologiques</span>.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_183" id="Page_183">183</a></span></p> +<p class="center p2">I</p> + +<p class="center">LA NUIT</p> + +<p>Alfred de Musset, lorsqu'il était au collège Henri IV, +avait été présenté par son condisciple Paul Foucher, +dans sa famille, et ce fut ainsi que vers 1822, il fit connaissance +de Victor Hugo, qui venait voir sa fiancée, +sœur de son ami. Quelques années se passèrent, et lorsqu'un +nouveau <i>Cénacle</i> se forma chez M. et M<sup>me</sup> Victor +Hugo, pour remplacer l'ancien cercle littéraire de la +<i>Muse française</i>, Alfred de Musset fut l'un des premiers +appelés avec Sainte-Beuve, Émile et Antoni Deschamps, +Ulric Guttinguer, Louis Boulanger, etc... On lisait force +vers, on causait, on discutait; on faisait de longues +promenades les soirs d'été, et c'est au lendemain d'une +de ces conférences littéraires que le futur poète, qui +n'avait encore rien produit, cheminant seul sous les +arbres du bois de Boulogne, composa sa première +ballade, <i>La Nuit</i>:</p> + +<div class="left30 font90"> +<p>Quand la lune blanche<br /> +S'accroche à la branche<br /> +<span class="i2">Pour voir</span><br /> +Si quelque feu rouge<br /> +Dans l'horizon bouge<br /> +<span class="i2">Le soir,</span></p> + +<p>Fol qui dit un conte,<br /> +Car minuit qui compte<br /> +<span class="i2">Le temps,</span><br /> +Passe avec le Prince<br /> +Des sabbats, qui grince<br /> +<span class="i2">Des dents...</span></p></div> + +<p>C'était en 1827 ou 1828, et hormis la chanson pour la +fête de sa mère (16 novembre 1824) et quelques vers +<span class="pagenum"><a name="Page_184" id="Page_184">184</a></span> adressés en octobre 1826, à une jeune fille de son âge, +Alfred de Musset n'avait encore écrit que ses devoirs de +collège.</p> + +<p class="p2 center">II</p> + +<p class="s">L'ANGLAIS MANGEUR D'OPIUM</p> + +<p><span class="smcap">L'Anglais mangeur d'Opium</span>, <i>traduit de l'anglais par +A. D. M.</i> Tel est le titre de ce petit volume de 221 pages, +publié à la librairie Mame et Delaunay-Vallée, en 1828. +«Traduit» est certainement exagéré. L'Anglais mangeur +d'Opium d'Alfred de Musset n'est ni une traduction +ni une imitation, mais une paraphrase du roman anglais +de Thomas de Quincey: <span class="smcap">Confession of an English opium +eater</span>. D'un trait de plume, le «traducteur» supprime +les digressions longues et oiseuses, les qualificatifs répétés, +les lourdes discussions qui veulent être pédantes et +ne sont qu'ennuyeuses. Là où l'auteur anglais remplit +trois pages d'une description, Alfred de Musset poétise +et nous rend plus palpable, en trois lignes, le même +tableau.</p> + +<p>Ce sont bien les mêmes faits, les mêmes idées, la même +confession, mais Alfred de Musset n'en a pris que +l'essence, et, tout en suivant la donnée du récit, l'a transposé +dans son style à lui, en y ajoutant quelques impressions +personnelles. En comparant les deux textes, anglais +et français<a name="FNanchor_74" id="FNanchor_74" href="#Footnote_74" class="fnanchor">[74]</a>, je dirai sommairement que Musset a +supprimé dans l'ouvrage anglais, en totalité ou peut s'en +faut: la notice, les pages 11 à 15, 28 à 30, 55 à 57, 64, 65, +70, 72, 73, 75, 79 à 87, 96, 100, 102, 105, 109, 113, 117, 119, +<span class="pagenum"><a name="Page_185" id="Page_185">185</a></span> 135 à 144, 149 à 152, 165, 170, 180 à 183 et 187 à 206, sans +compter les fragments de phrases retranchés ailleurs; +par contre, sont ajoutées, dans le texte français, les pages +133 à 163, sauf la description de la chaumière (p. 136), +de la chambre (p. 139) et l'histoire des deux tasses de thé +(p. 140-141); le bal, le rendez-vous, l'histoire d'Anna, le +duel, sont de son invention, ainsi que la leçon d'anatomie, +qui occupe les pages 209 à 216. Cette «leçon +d'anatomie» a son importance, non seulement parce +qu'elle est entièrement due à la plume d'Alfred de +Musset, mais surtout parce qu'elle est le miroir fidèle des +impressions qu'il éprouva, lorsque, pendant l'année +scolaire 1827-1828, il suivit, à l'École de Médecine, les +cours d'anatomie descriptive de M. le docteur Berard<a name="FNanchor_75" id="FNanchor_75" href="#Footnote_75" class="fnanchor">[75]</a>; +c'est une page de l'histoire de sa vie:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«La première fois que j'entrai dans les salles de l'École +de Médecine, je me souviens encore de l'effet que la vue des +cadavres produisit sur moi. Nous étions deux ou trois écoliers +ensemble, qui revenions d'une classe de philosophie +où l'on nous avait dit beaucoup de belles choses que nous +croyions probablement avoir comprises. Nous arrivons. Il y +avait sur la table un grand cadavre étendu dans un drap +blanc; on n'en voyait que les pieds, et, à côté, sur la table, un +bras écorché qui nageait dans du sang caillé. Je ne sais +pourquoi une idée risible qui me vint à l'esprit, me fit tressaillir +en ce moment. Je me disais tout bas: «Voilà un bras +qui a l'air de demander l'aumône.» Et en effet, la main pendante +avait assez cette singulière expression.</p> + +<p>«Le professeur n'arrivait pas, et cependant j'attendais +avec impatience que ce drap qui me cachait le cadavre fût +soulevé. Cet instant vint enfin: je croyais voir quelque chose +de beaucoup plus horrible. La leçon commença: je riais de +mes camarades que le mal de cœur prenait. Mais lorsque +le scalpel vint à entrer dans la chair et que le sang noir, qui +coulait lentement sur la poitrine ouverte, commença à exhaler +une épouvantable odeur, je m'enfuis à toutes jambes. Que le +<span class="pagenum"><a name="Page_186" id="Page_186">186</a></span> caractère de l'homme est bizarre! Il va dans les cimetières +arracher les cadavres aux vers et aux corbeaux; une odeur +dangereuse et dégoûtante l'avertit de laisser en paix les morts. +Mais la soif de connaître l'anime, et il emporte sous son +manteau la tête d'une femme ou le corps d'un enfant: Vouliez-vous +que le mal de mer arrêtât de pareils hommes et +leur ordonnât de s'en tenir au continent, lorsqu'ils voyaient +s'élever en rêve, derrière l'Atlantique, les montagnes d'or de +la Colombie?</p> + +<p>«Cependant, rentré chez moi, je voulus manger; cela me +fut impossible; j'ai même pris tout à fait en horreur le premier +plat qu'on me servit et il m'a été impossible d'en manger +depuis. Ces impressions, reçues dans ma jeunesse, donnèrent +lieu à un rêve que j'avais assez fréquemment.</p> + +<p>«Il me semblait que j'étais couché et que je m'éveillais +dans la nuit. En posant la main à terre pour relever mon +oreiller, je sentais quelque chose de froid qui cédait lorsque +j'appuyais dessus. Alors, je me penchais hors de mon lit, +et je regardais: c'était un cadavre étendu à côté de moi. +Cependant, je n'en étais ni effrayé ni même étonné. Je le +prenais dans mes bras, et je l'emportais dans la chambre +voisine en me disant: «Il va être là couché par terre; il est +impossible qu'il rentre si j'ôte la clef de ma chambre.»</p> + +<p>«Et là-dessus, je me rendormais. Quelques moments après, +j'étais encore réveillé; c'était par le bruit de ma porte qu'on +ouvrait; et cette idée qu'on ouvrait ma porte, quoique j'en +eusse pris la clef sur moi, me faisait un mal horrible. Alors, +je voyais entrer le même cadavre, que tout à l'heure j'avais +trouvé par terre. Sa démarche était singulière: on aurait +dit un homme à qui l'on aurait ôté tous ses os, sans lui ôter +ses muscles, et qui, essayant de se soutenir sur ses membres +pliants et lâches, tomberait à chaque pas. Pourtant, il arrivait +à moi sans parler et se couchait sur moi. C'était alors +une sensation effroyable, un cauchemar dont rien ne saurait +approcher; car, outre le poids de sa masse informe et dégoûtante, +je sentais une odeur pestilentielle découler des baisers +dont il me couvrait. Alors, je me levais tout à coup sur mon +séant, en agitant les bras, ce qui dissipait l'apparition. Un +autre rêve lui succédait.</p> + +<p>«Il me semblait que j'étais assis dans la même chambre, +au coin de mon feu, et que je lisais devant une petite table +où il n'y avait qu'une lumière; une glace était devant moi +<span class="pagenum"><a name="Page_187" id="Page_187">187</a></span> au-dessus de la cheminée; et, tout en lisant, comme je levais +de temps en temps la tête, j'apercevais dans cette glace le +cadavre qui me poursuivait, lisant par dessus mon épaule +dans le livre que je tenais à la main. Or, il faut savoir que +ce cadavre était celui d'un homme de soixante ans environ, +qui avait une barbe grise, rude et longue, et des cheveux de +même couleur qui lui tombaient sur les épaules. Je sentais +ces poils dégoûtants m'effleurer le cou et le visage.</p> + +<p>«Qu'on juge de la terreur que doit inspirer une vision +pareille! Je restais immobile dans la position où je me trouvais, +n'osant pas tourner la page, et les yeux fixés dans la +glace sur la terrible apparition. Une sueur froide coulait +sur tout mon corps; cet état durait bien longtemps, et l'immobile +fantôme ne se dérangeait pas. Cependant, j'entendais +comme tout à l'heure la porte s'ouvrir, et je voyais +derrière moi (dans la glace encore), entrer une procession +sinistre: c'étaient des squelettes horribles, portant d'une +main leur tête et de l'autre de longs cierges qui, au lieu d'un +feu rouge et tremblant, jetaient une lumière terne et bleuâtre, +comme celle des rayons de la lune. Ils se promenaient en +rond dans la chambre, qui, de très chaude qu'elle était auparavant, +devenait glacée, et quelques-uns venaient se baisser +au foyer noir et triste, en réchauffant leurs mains longues et +livides, et en se tournant vers moi pour me dire: «Il fait bien +froid!»</p></div> + +<p>On retrouve une partie de ce cauchemar dans la ballade +<i>Un Rêve</i> et dans la 18<sup>e</sup> <i>Revue Fantastique</i>; enfin Alfred de +Musset se montre encore visionnaire dans la <i>Nuit de +Décembre</i>.</p> + +<p><i>L'Anglais mangeur d'Opium</i> a été réimprimé dans le +<span class="smcap">Moniteur du Bibliophile</span> en 1878, de façon à former un +volume grand in-8<sup>o</sup>, avec titre spécial; il est précédé +d'une Notice par Arthur Heulhard.</p> + +<p class="center p2">III</p> + +<p class="s">LA QUITTANCE DU DIABLE</p> + +<p><i>La Quittance du Diable</i>, pièce en trois tableaux, en +prose, écrite dans le courant de l'année 1830, est le premier +<span class="pagenum"><a name="Page_188" id="Page_188">188</a></span> essai dramatique d'Alfred de Musset. L'idée primitive +lui a été fournie par un épisode du roman de Walter +Scott, <span class="smcap">Redgauntlet</span>, intercalé sous le titre de: +«Histoire racontée par Willie le Vagabond». Quelques +passages sont même la traduction littérale du texte anglais; +mais, comme pour <i>L'Anglais mangeur d'opium</i>, +Musset a transfiguré la narration de son modèle et y a +ajouté beaucoup du sien: le personnage de Johny, celui +de Miss Eveline et ses amours avec Sténie, sont de son +invention.</p> + +<p>Cette pièce, présentée et reçue au théâtre des Nouveautés +de la place de la Bourse, ne fut cependant pas représentée; +toutefois, il y eut un commencement d'exécution, +car sur la première page du manuscrit, se trouve cette +distribution des rôles, écrite de la main du Directeur, +M. Bossange:</p> + +<div class="font90"> +<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="laird"> +<colgroup span="3"> +<col width="200" align="left"></col> +<col width="14" align="left"></col> +<col align="left"></col> +</colgroup> +<tr> + <td>Le Laird de Redgnauntley</td> + <td>M.</td> + <td>Casaneuve.</td> +</tr> +<tr> + <td>Johny, braconnier</td> + <td> </td> + <td>Bouffé.</td> +</tr> +<tr> + <td>Sténie, jeune fermier</td> + <td>M<sup>me</sup></td> + <td>Albert.</td> +</tr> +<tr> + <td>Miss Eveline, nièce du Laird.</td> + <td> </td> +<td>Miller.</td> +</tr> +<tr> + <td>Gertrude, sa gouvernante</td> + <td> </td> + <td>Florval.</td> +</tr> +</table> +<p class="center">Écuyers, Piqueurs, Varlets.—La scène est en Écosse.</p></div> + +<p>Mais pendant que le chef d'orchestre du théâtre, +M. Beaucourt, composait la musique des vers, éclata la +révolution de Juillet, et c'est probablement ce qui +empêcha cette tentative d'aboutir.</p> + +<p>Devant une interdiction aussi impérieuse qu'inattendue, +de la part de M<sup>me</sup> H. Lardin de Musset, de donner +les moindres indications sur cette pièce, interdiction +devant laquelle je m'incline sans vouloir même en +rechercher la validité, je renvoie le lecteur aux pages +95-96 de la <span class="smcap">Biographie</span> d'Alfred de Musset, par Paul de +Musset.</p> + +<p>Je dirai seulement qu'au 1<sup>er</sup> tableau, qui renferme +une ballade et une chanson en vers, nous assistons à une +<span class="pagenum"><a name="Page_189" id="Page_189">189</a></span> scène d'amour entre Miss Eveline et Sténie, scène que le +laird de Redgnauntley interrompt brusquement en arrivant +avec ses piqueurs et ses chiens; on lui amène un +braconnier, Johny, pris en flagrant délit de chasse. +Johny et le laird sont deux compères, associés par un +pacte avec le diable; et le braconnier vient réclamer à +son seigneur l'exécution de certaines promesses. Au lieu +de l'écouter, le laird lance sur lui ses chiens et le fait +chasser comme une bête fauve. Grâce à son pouvoir +magique, Johny échappe à ceux qui le poursuivent; il +revient vers Sténie, qui pleure; le laird lui a demandé +son fermage, qu'il a déjà payé au défunt maître, qui, +mort subitement, n'a pas eu le temps de lui signer sa +quittance. Pour se venger, Johny dit à Sténie: Eh bien, +viens avec moi, je vais te faire délivrer le reçu qui t'est +dû.—Au 2<sup>e</sup> tableau, nous sommes dans un cimetière, +à minuit, et prenons part au sabbat. Après bien +des tentations auxquelles résiste Sténie, Sir Robert, +le laird défunt, lui donne enfin sa quittance, et dès +que le pauvre garçon tient le précieux papier, il s'enfuit, +transi de peur, accompagné de Johny. Cette scène +comporte une chanson en vers.—Au 3<sup>e</sup> tableau, tout +en prose, nous sommes dans une salle du château de +Redgnauntley. Le laird vient de signifier à sa nièce +qu'elle va épouser le vieux chevalier Landshaw, que cela +lui plaise ou non, quand survient Johny, qui apporte la +quittance de Sténie. Le laird reconnaît immédiatement +par quel moyen Johny se l'est procurée; il entre en +fureur et veut tuer son acolyte; mais lui, homme de +précaution, est armé, et, de plus, avant d'entrer, a mis +le feu au château. Et pendant que Miss Eveline et Sténie, +prévenus, s'enfuient loin des tours incendiées, le château +s'écroule dans les flammes, ensevelissant sous ses +ruines le laird et le braconnier.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_190" id="Page_190">190</a></span> +Voici la ballade que chante Sténie au premier tableau:</p> + +<div class="left30 font90"> + +<p>—Beau fiancé, lui dit la dame,<br /> +Rattache-moi mes blonds cheveux,<br /> +Fais m'en deux tresses et sept nœuds.<br /> +Beau fiancé, je suis ta femme;<br /> +Emporte-moi dans ton mantel<br /> +Jusqu'au foyer de ton chatel.</p> + +<p>—Hélas! mon amante chérie,<br /> +Toute parée en argent fin,<br /> +Qui devait m'épouser demain<br /> +Dans l'église Sainte-Marie!<br /> +Elle m'attendra jusqu'au soir<br /> +Dans la grand'salle du manoir.</p> + +<p>—Qu'elle t'attende et qu'elle sache<br /> +Que ses yeux noirs ne verront plus<br /> +Tes varlets aux brillants écus,<br /> +Ton casque d'or au blanc panache.<br /> +Ton épouse, beau damoiseau,<br /> +C'est la pâle Fleur du Lys d'eau!</p></div> + +<p>Mais si la pièce d'Alfred de Musset n'a pas été jouée, +le théâtre de l'Opéra-Comique a donné le 31 décembre +1833 la première représentation de <i>Le Revenant</i>, opéra +fantastique en deux actes, paroles de M. Albert de Calvimont, +musique de Gomis (Paris, Barba, 1834. In-8<sup>o</sup>), +dont le sujet est pris à la même source et l'intrigue presque +identique<a name="FNanchor_76" id="FNanchor_76" href="#Footnote_76" class="fnanchor">[76]</a>. Albert de Calvimont remonte au point +de départ de la légende: nous assistons à la mort +de Sir Robert, qui rend l'âme au moment où il va signer +la quittance de Sténie; Miss Eveline est devenue Sara, +la filleule de Sir Robert, et Johny le braconnier est +remplacé par le fantôme du sommelier Dugald, qui agit +<span class="pagenum"><a name="Page_191" id="Page_191">191</a></span> sous les ordres de l'ombre de Sir Arundel, aïeul de Sir +Robert. Par suite, la chasse à l'homme est supprimée; +même scène d'évocation et du sabbat dans les tombeaux; +Sténie obtient sa quittance. Mais le dénouement se +modifie: Sir John, le laird actuel, qui aime aussi Sara, +obéissant à un commandement de l'ombre de Sir Arundel: +«Mon fils, sois meilleur que ton père!» revient au +bien, et, étouffant son amour qui n'est pas partagé, unit +Sténie et Sara.</p> + +<p class="p2 center">IV</p> + +<p class="s">ALFRED DE MUSSET CRITIQUE</p> + +<p>Le 14 janvier 1831, Alfred de Musset écrivait à Alfred +Tattet: «.....Je passe ma vie avec une demi-douzaine +de peintres; quels bons garçons, que les artistes, quand +ils ne sont pas du même genre que vous! Je rends +compte des petits théâtres, toujours au <i>Temps</i>, je +rimaille par boutade......»</p> + +<p>Malgré toutes mes recherches, il m'a été impossible +de retrouver ces critiques. A cette époque, aucun article +n'était signé dans le <i>Temps</i> et de l'origine du journal à +la date de la lettre d'Alfred de Musset, j'ai relevé deux cent +trente-six chroniques théâtrales. Combien Alfred de Musset +en a-t-il écrit dans ce nombre? Je l'ignore. Son premier +article <i>connu</i>, se trouve dans le numéro du 27 octobre +1830 (Exposition du Luxembourg, 1<sup>re</sup> partie). Or +dans les numéros des 29 novembre, 6, 13 et 27 décembre, +on rencontre quatre articles portant cette rubrique: +«Revue des Théâtres secondaires». Peut-être n'est-ce +qu'une simple coïncidence, mais dans sa lettre, Alfred +de Musset parle de «petits théâtres», et ces quatre +revues sont publiées le lundi, comme les Revues Fantastiques, +qui, elles non plus, ne sont pas signées.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_192" id="Page_192">192</a></span> +Et cette collaboration anonyme ne s'est pas bornée au +journal <i>Le Temps</i>. <i>L'Europe Littéraire</i>, dont la première +période, sous la direction de Victor Bohain et Alphonse +Royer, va du 1<sup>er</sup> mars au 9 août 1833, dans son <span class="smcap">Supplément +au Prospectus</span>, publie cette lettre:</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="center">«A Messieurs les Directeurs de l'<i>Europe Littéraire</i>.</p> + +<p class="left5">«Messieurs,</p> + +<p>«Je serai très heureux de pouvoir entrer pour quelque +chose dans la rédaction de votre nouveau journal. En acceptant +la proposition que vous avez bien voulu m'en faire, +je vous remercie d'avoir associé mon nom à une entreprise +pour le succès de laquelle tous les hommes de bon sens doivent +faire des vœux, et tous les artistes des efforts.</p> + +<p>«Agréez, messieurs, l'expression des sentiments les plus +distingués de votre bien dévoué serviteur.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset.</span>»</p> + +<p class="left5">«Paris, 23 novembre 1832.»</p></div> + +<p>Bien qu'il n'y ait aucun article signé de lui dans ce +journal, son nom figure dans la liste de ses rédacteurs.</p> + +<p>J'ai la conviction qu'Alfred de Musset a collaboré sous +le voile de l'anonyme, à quelque périodique. Ce qui me +confirme dans cette idée, c'est que j'ai vu dans ses papiers:</p> + +<p>1<sup>o</sup> Un <i>Compte-rendu du Gustave III</i>, opéra en 5 actes +de Scribe, musique d'Auber, représenté à l'Académie +royale de musique le 27 février 1833, qui, à de certaines +maculatures, semble être passé par les mains d'un compositeur +d'imprimerie.</p> + +<p>2<sup>o</sup> Des notes préparées pour une rédaction sur le <i>Procès +d'Émile de La Roncière</i>, qui fut jugé en juillet 1835.</p> + +<p>3<sup>o</sup> D'autres notes sur la <i>Guirlande de Julie</i>, offerte à +M<sup>lle</sup> de Rambouillet, Julie Lucine d'Angennes, par le +marquis de Montausier, qui semblent se rapporter à un +exemplaire de l'édition illustrée publiée en 1818, chez +Didot jeune.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_193" id="Page_193">193</a></span> Depuis la publication de ces lignes (15 janvier 1898), +j'ai retrouvé le <i>Compte-rendu de Gustave III</i>, et le voici, +tel qu'il est imprimé sans signature dans la <span class="smcap">Revue des +Deux-Mondes</span> du 15 mars 1833, tome I, page 682.</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="right">«14 mars 1833.</p> + +<p>«Il n'y a d'important dans les nouvelles théâtrales de la +quinzaine, que <i>Gustave III</i>. Quelle drôle de chose, que de +rendre compte d'un opéra! Un opéra nouveau est une si +drôle de chose par lui-même!</p> + +<p>«Autrefois, dans une académie royale de musique, on se +serait imaginé qu'on allait entendre de la musique. Quant à +moi, je ne suis point musicien, je puis le dire comme M. de +Maistre, j'en atteste le ciel et tous ceux qui m'ont entendu +jouer du piano. Mais je crois qu'en vérité, je n'en ai pas +besoin cette fois-ci. Ce qu'il y a de plus joli dans <i>Gustave</i>, +en fait de musique et de poëme, c'est un galop.</p> + +<p>«Oui, un galop! Il n'y a que cela dans la pièce. Vous +croyez peut-être que j'en veux dire du mal. Point du tout: +la pièce est admirable, car le galop est divin. Et comment +aurait-on pu amener le galop sans la pièce? Comment la +pièce aurait-elle fini sans le galop? Vous voyez bien que +cela se tient. Remarquez, je vous prie, comme ce galop est +amené:</p> + +<p>«Vous savez que Gustave III a été assassiné par un de +ses amis, nommé Ankastroëm, par la raison qu'il lui avait +fait perdre son argent, en changeant la valeur des papiers +publics. C'est une raison comme une autre, et qui vaut bien +celle pour laquelle M. Levasseur tire un coup de pistolet à +M. Adolphe Nourrit, le seul crime de M. Nourrit étant, à ma +connaissance, de chanter une ariette ou deux à M<sup>lle</sup> Falcon. +Ankastroëm était donc à couteau tiré depuis un an ou deux +avec son bon roi; M. Levasseur est très bien avec M. Nourrit; +c'est son favori, son confident intime. Le premier acte +s'ouvre là-dessus.</p> + +<p>«Je comprends que le caractère de Gustave est très bien +compris par le costumier. Sa redingote verte est admirable. +Nonchalamment couché sur un sopha, le sage monarque se +fait jouer un ballet, pour se délasser des soins de son empire; +<span class="pagenum"><a name="Page_194" id="Page_194">194</a></span> mais, dussé-je passer pour un maniaque et un ignorant, +je ne saurais approuver les roses pompons de couleur +écarlate, qu'il porte à ses souliers.</p> + +<p>«Au second acte, nous sommes chez la sorcière. Quelle +sorcière? dites-vous. C'est ce que j'allais vous demander. +Mais qu'il vous suffise d'apprendre que le roi est déguisé en +matelot. Le costume va à ravir au jeune page, mademoiselle +Dorus. La sorcière prédit au roi qu'il sera assassiné: <i>amen +dico vobis.</i> Et comme Jésus-Christ, Gustave reçoit de son +futur meurtrier, la poignée de main de Judas.</p> + +<p>«Au troisième acte, nous sommes en plein vent. La décoration +est superbe. Ankastroëm trouve sa femme en rendez-vous +avec son maître, et, comme le mari de Molière, il se +charge de la reconduire voilée. Il paraît, d'après ce que +j'ai entendu dire, que ce mari, qui ne reconnaît pas sa +femme, et qui lui offre galamment le bras pour la ramener à +la ville, est d'un effet très dramatique. Voilà comme tout +change avec le temps.</p> + +<p>«Au quatrième acte, Ankastroëm, qui a reconnu sa +femme, chante dans ses appartements, avec un petit nombre +d'amis.</p> + +<p>«Au cinquième acte, voilà où j'en voulais venir, on danse +le galop. Ceux qui n'ont pas vu ce galop, ne savent rien des +choses de ce monde. Jamais l'éclat des bougies, le bruit d'une +fête, le parfum des fleurs, la musique, la folie et la beauté, +n'ont fait une heure de plaisir comparable à celle-là. Jamais +les masques agaçants, les costumes bizarrement accouplés, +les dominos et les grotesques n'ont fait ondoyer leurs mille +couleurs avec plus de grâce et d'esprit sous l'éclatante lueur +des lustres. Jamais un collégien lisant les <i>Mille et Une Nuits</i>, +n'a vu passer dans ses rêves du soir une fantasmagorie +plus voluptueuse et plus enivrante. L'ensemble en est +éblouissant; l'analyse en est amusante. Si c'est là ce qu'on +appelle l'art du théâtre, son but est rempli. La réalité est +vaincue, et la magie n'ira pas plus loin.</p> + +<p>«Et je vous le demande, que nous importe le reste? Que +nous importe à nous qui venons nous accouder sur un balcon +deux heures après dîner, que l'art soit en décadence, +que la vraie musique fasse bâiller, que les poèmes de nos +opéras dorment debout? Que nous importe que les bouffes +aient perdu la vogue, que l'admirable talent de Rubini +<span class="pagenum"><a name="Page_195" id="Page_195">195</a></span> s'épuise en difficultés et danse sur la corde comme l'archet +de Paganini? Que nous importe qu'on en soit venu, pour +attirer le foule, jusqu'à faire de nos opéras des concerts, et +de nos concerts, des opéras; qu'on nous donne un acte de +l'un, un acte de l'autre, qu'on mutile Don Juan (Don Juan!); +qu'on n'ait plus ni le sens commun ni l'envie de l'avoir, +qu'avaient du moins nos pères; que les principes soient à +tous les diables et madame Malibran en Angleterre? Il nous +reste un galop, et, du moment qu'on danse, qu'importe sur +quel air? J'aime autant mes yeux que mes oreilles.</p> + +<p>«Vous croyez peut-être que c'est par fantaisie que l'opéra +est à la mode? Pas du tout. Il y a une raison à tout ce qui +se fait sous la lune, et la Providence sait pourquoi un siècle +porte des habits carrés plutôt qu'un autre. C'est l'éternelle +sagesse elle-même qui a mis le moyen-âge en pantalon collant, +et pas un atome de poudre à la Richelieu n'est tombé +impunément sur la nuque de la régence. Avez-vous été au +Gymnase depuis peu? aux Variétés? à la Porte-Saint-Martin? +Êtes-vous convaincu qu'on y bâille? Je ne vous demande +pas si vous êtes allé aux Français, car il paraît qu'à la lueur +de certaines lampes mal entretenues d'une huile épaisse, il +se joue chaque jour sous une voûte déserte au coin du Palais-Royal, +une certaine quantité de drames ignorés. Mais +pour tout dire en un mot, êtes-vous allé hier, irez-vous +demain ailleurs qu'à l'Opéra? Là est le siècle tout entier. +Que nos musiciens apprennent à jouer des contre-danses; +qu'ils songent à entourer ce divin spectacle de languissantes +mélodies, de molles sérénades; à ce prix, on veut +encore de leurs efforts; que nos poètes sachent amener une +fête, une orgie; qu'ils placent à propos dans leur cadre douze +légères folies armées de leurs grelots; qu'on y assassine un +roi ou deux, si vous y tenez, mais que nous ayons des bals +à la cour et des galops.</p> + +<p>«A propos de galop, voilà le carnaval qui se meurt. C'est +aujourd'hui la mi-carême, bien qu'il n'y ait plus de carême. +N'y a-t-il pas eu quelque part des criailleries contre notre carnaval +de cette année? Il appartient à un pédant ennuyé de +vivre, d'injurier des mascarades. A qui diable une mascarade +a-t-elle jamais fait tort de sa vie? On se plaint que les jeunes +gens aillent aux Variétés; je demande où l'on veut qu'ils +aillent. Le faubourg Saint-Germain n'a pas donné un bal; il ne +<span class="pagenum"><a name="Page_196" id="Page_196">196</a></span> s'y prend pas une glace, il ne s'y attèle pas quatre chevaux par +jour. La Chaussée-d'Antin bâille fort aussi, quoiqu'on y attèle +beaucoup et qu'on y mange de même. Pourquoi le jour du +bal de l'Opéra, lorsque le directeur a voulu faire une tentative +hardie et nouvelle, personne n'y a-t-il répondu? Pourquoi +ce jour-là comme les autres, pas une femme du monde +n'a-t-elle osé prendre le masque? Je ne dis pas le domino; +ce vieil et insipide oripeau se promène depuis longtemps +dans le désert. Mais on nous parle des mœurs de la Régence; +en quoi les nôtres valent-elles mieux?</p> + +<p>«Lorsque la Reine de France, déguisée en marchande de +violettes, venait avec sa cour à l'Opéra, l'esprit pouvait +entrer dans les plaisirs de la soirée, et il sortait de ces lèvres +de carton rose d'autres choses que les hurlements de +l'ivresse et les saletés du cabaret. Vous appelez ces mœurs +infâmes; vous repoussez les femmes dans leurs ménages, et +vous entourez d'une grille de fer le berceau de leurs filles. +Cela est sage, très juste, très décent. Mais un jeune homme +ne se marie pas à vingt ans, et tous les ans le mardi gras +vient à son heure, qu'on veuille ou non de lui. Accorderez-vous +à la jeunesse qu'elle ait des sens, des besoins de plaisir, +parfois même des jours de folie? Où voulez-vous qu'elle les +passe? C'est un Anglais silencieux qui glisse sous une table +inondée de <i>porter</i>, sans proférer une plainte, et qui s'éteint +dans l'eau-de-vie avec le papier embrasé qui la brûle. Il +faut aux Français des voitures pleines de masques, des +torches, des théâtres ouverts, des gendarmes et du vin +chaud. Tant pis pour le siècle où les cabarets sont pleins et +où les salons sont vides. Donnez la terre aux Saint-Simoniens, +à chacun une pioche et un bonnet de coton. Otez à +l'or sa valeur, au plaisir son attrait; faites de la société un +champ de blé de la Beauce, où pas un épi ne dépasse l'autre. +Vous n'aurez plus alors de <i>jeunesse dorée</i>, ni de longchamp +sur le boulevard Italien. Mais tant que vous voulez vivre +dans un pays libre, où chacun peut faire ce qu'il entend, où +l'or est en cours, où le plaisir est à bon marché, ne vous +étonnez pas que les jeunes gens aillent en masque; et vous, +législateur prudent et circonspect, qui prêchez la morale +publique, souvenez-vous de Caton l'Ancien, qui félicitait un +jeune homme en le voyant sortir d'un lieu de débauche.»</p></div> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_197" id="Page_197">197</a></span></p> +<p class="p2 center">V</p> + +<p class="s">LES DERNIERS MOMENTS DE FRANÇOIS I<sup>er</sup></p> + +<p>On ne connaît des <i>Derniers moments de François I<sup>er</sup></i>, +drame en vers, que le fragment qui a été publié dans le +<span class="smcap">Keepsake Français</span>. <i>2<sup>e</sup> Année. 1831. Chez Giraldon +Bovinet, 1 vol. in-8<sup>o</sup></i>, qui fut mis en vente vers la fin de +l'année 1830.</p> + +<p>Pour quelle raison Alfred de Musset ne termina-t-il +pas ce drame ou détruisit-il ce qu'il en avait écrit (car +le manuscrit n'a jamais été vu)? Peut-être la connaissance +d'un drame analogue, pour le sujet comme pour +la forme, la <i>Mort de François I<sup>er</sup></i> par Félix Arvers<a name="FNanchor_77" id="FNanchor_77" href="#Footnote_77" class="fnanchor">[77]</a>. +Au mois de janvier 1850, M. Charpentier imprimant un +nouveau volume d'œuvres d'Alfred de Musset, lui avait +transmis le vœu exprimé par bien des personnes, de +voir adjoindre à ce livre des poésies inédites jusqu'à +ce jour. En ce qui concerne ce drame, l'auteur se borna +à lui répondre: «J'ai beau faire, je ne puis pas corriger +ces <i>Derniers Moments de François I<sup>er</sup></i>; il y a dix-neuf +ans que c'est au rancart»<a name="FNanchor_78" id="FNanchor_78" href="#Footnote_78" class="fnanchor">[78]</a>.</p> + +<p>Alfred de Musset et Félix Arvers se connaissaient; ils +avaient des amis communs, Paul Foucher, Alfred Tattet; +tous deux se trouvèrent plus d'une fois côte à côte à la +table de Ulric Guttinguer, rue de Courcelles, dans cette +maison des Lilas, rendue célèbre par la fête printanière +donnée en l'honneur de M. et M<sup>me</sup> Victor Hugo. Ils se +rencontraient aux soirées de l'Arsenal, chez Charles +Nodier, dont ils étaient les hôtes assidus; ils adressaient +<span class="pagenum"><a name="Page_198" id="Page_198">198</a></span> même des vers à la fille du maître de ce logis, car l'<i>innommée</i> +du fameux sonnet:</p> + +<p class="left30 font90">«Mon âme a son secret, ma vie a son mystère»</p> + +<p>et l'héroïne des Stances:</p> + +<p class="left30 font90">«Madame, il est heureux, celui dont la pensée»</p> + +<p>ne sont qu'une même personne, mademoiselle Marie +Nodier, qui devint madame Ménessier. De plus, le 1<sup>er</sup> +janvier 1830, Arvers avait fait ses débuts dans le notariat +comme clerc chez M<sup>e</sup> Guyet-Desfontaines, ami de la +famille de Musset; en sa qualité de poète, le jeune basochien +avait ses entrées au salon.</p> + +<p>«<i>La Mort de François I<sup>er</sup></i>, drame en 3 actes, en vers, +dédié à mon ami Roger de Beauvoir» par Félix Arvers, +porte la date de juin 1831, dans le recueil où il a été +publié<a name="FNanchor_79" id="FNanchor_79" href="#Footnote_79" class="fnanchor">[79]</a>. On y trouve certaines similitudes avec le +drame d'Alfred de Musset; ce passage de la scène 3 du +III<sup>e</sup> acte, se rapproche beaucoup du début du dialogue +entre François I<sup>er</sup> et son Fol:</p> + +<div class="left30 font90"> +<p><span class="i4 smcap">FRANÇOIS I<sup>er</sup></span></p> + +<p><b>. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .</b><br /> +S'il est vrai que souvent ma raison égarée,<br /> +Aux pompes de Satan, jadis se soit livrée,<br /> +N'ai-je rien fait aussi qui puisse retenir<br /> +Le bras de Jésus-Christ levé pour me punir?<br /> +Fils aîné de l'Église, ardent à sa querelle,<br /> +J'ai défendu sa gloire et combattu pour elle.<br /> +Que me reproche-t-on? N'ai-je pas résisté<br /> +A ce torrent du schisme et de l'impiété?<br /> +N'ai-je pas su, malgré des efforts sacrilèges,<br /> +Remettre le Saint-Père en tous ses privilèges?<br /> +Et savez-vous un roi qui fut meilleur soutien<br /> +Du Saint Nom de Jésus et du monde chrétien?.......</p></div> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_199" id="Page_199">199</a></span> +Cela se poursuit dans la réplique de Féron, et, quelques +vers plus loin, la ressemblance est encore plus +grande:</p> + +<div class="left30 font90"> +<p><span class="i4 smcap">FRANÇOIS I<sup>er</sup></span></p> + +<p>........ Ah! ce n'est pas la mort qui m'épouvante!<br /> +L'Espagnol me connaît, de reste, et je me vante<br /> +Que dans toute l'Europe il n'est pas chevalier<br /> +Plus âpre à la besogne et plus franc de collier.<br /> +Pourquoi, dans les combats, n'ai-je perdu la vie?<br /> +Je serais si bien mort aux plaines de Pavie,<br /> +Au bruit des instruments de guerre et des clairons,<br /> +Entouré de mes preux chevaliers et barons!<br /> +Mon armure eût servi de linceul militaire<br /> +Et mes soldats pleurant m'auraient mis dans la terre<br /> +Humide encor du sang que ma main eût versé,<br /> +Comme ils ont fait Bayard, quand il a trépassé.</p></div> + +<p>Et dans Alfred de Musset:</p> + +<div class="left30 font90"> +<p><span class="i4 smcap">LE ROI</span></p> + +<p>Dieu du saint Évangile! O Dieu, j'ai fait pourtant<br /> +Brûler par Bonneval tout un bourg protestant!<br /> +Dans un pourpoint de fer, certes, je fus à l'aise;<br /> +Maintenant, je suis mort, ma cuirasse me pèse!<br /> +O mon cousin Bayard! Il mourut tout poudreux,<br /> +Les reins tout fracassés!..... Il était bien heureux!<br /> +(<i>Délirant</i>) Oh! parmi les tournois, les écharpes dorées,<br /> +Les vieux barons de fer, les femmes adorées!<br /> +O soleil d'Italie! O mon beau Milanais!<br /> +Où trouver pour mourir, tes champs, si je renais?<br /> +Mourir la dague au poing, mourir le casque en tête,<br /> +Des éclairs que l'acier croise dans la tempête!<br /> +En bas d'un palefroi saillir contre un sol dur,<br /> +Et tomber sur le dos, sous un beau ciel d'azur!<br /> +Hardi, mes preux sans peur, ma vaillante noblesse!<br /> +Hardi, mes lansquenets, dans la mêlée épaisse!<br /> +Hardi!—C'est d'Alençon sur la colline assis!<br /> +C'est Chabanne et ses gens, de poussière noircis!<br /> +Bien combattu, Dunois! Comme il court, comme il vole!<br /> +Je te fais duc et pair, Dunois, sur ma parole!<br /> +Trivulce! A Marignan et tant d'autres endroits,<br /> +Mes féaux serviteurs, on vous a vus tous trois!<br /> +<span class="pagenum"><a name="Page_200" id="Page_200">200</a></span> +Marignan laissa-t-il entre vos cicatrices<br /> +De quoi, sur votre cœur, écrire vos services?<br /> +Quelle bataille, amis! Elle dura deux jours!<br /> +Un soir vint..... puis un autre..... on se battait toujours;<br /> +Et de faim ni de soif, nul ne sentait l'envie.<br /> +Deux jours!..... nul ne songea qu'à sa mort ou sa vie;<br /> +Et les bataillons noirs se heurtaient dans la nuit,<br /> +Et fatigués du bruit, n'entendaient plus de bruit.<br /> +On se battait!—Quand vint un matin le silence,<br /> +Comme, tout étonné, je restais sur ma lance,<br /> +La Tremouille arriva, qui me dit: «Ils sont morts!».<br /> +Et je vis, en effet, que l'on comptait les corps.</p></div> + +<p>Dans les <i>Derniers moments de François I<sup>er</sup></i>, Féron faisant +le compte des maris outragés, qui ont voulu tirer +vengeance du roi François, sans y réussir comme lui, +émet des idées qu'on retrouve dans les scènes 3, 4 et 5 +du 1<sup>er</sup> acte de <i>La Mort de François I<sup>er</sup></i>.</p> + +<p>Malgré ces ressemblances, ces deux drames n'ont +pas été copiés l'un sur l'autre, et celui de Musset a une +priorité d'au moins une année sur celui d'Arvers.</p> + +<p>Il existe deux autres drames célèbres sur les amours +de François I<sup>er</sup>, qui ont été plus d'une fois comparés avec +les deux pièces dont je viens de parler:</p> + +<p><i>Le Roi s'amuse</i>, drame en cinq actes, en vers, par +Victor Hugo, représenté pour la 1<sup>re</sup> fois au Théâtre +Français le 22 novembre 1832 et pour la seconde fois le +22 mars 1882.</p> + +<p>Et <i>Ango</i>, drame en cinq actes et six tableaux, avec +épilogue, en prose, par Auguste Luchet et Félix Pyat, +représenté pour la première fois sur le théâtre de l'Ambigu +le 29 juin 1835.</p> + +<p>Enfin, M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul nous +apprend dans ses <span class="smcap">Lundis d'un chercheur</span> (C. Lévy, +1894. 1 vol. in-12, p. 8-9), que Théophile Gautier avait +songé à composer un drame sur le même sujet.</p> + +<p><i>Les Derniers moments de François I<sup>er</sup></i> ont été réimprimés +avec plus ou moins d'exactitude dans le <span class="smcap">Keepsake +<span class="pagenum"><a name="Page_201" id="Page_201">201</a></span> Français de 1832</span>, le <span class="smcap">Keepsake Français de 1833</span>, +le <span class="smcap">Monde Dramatique</span> du 16 juillet 1835, et, sous le +titre d'<i>Ango</i>, dans l'<span class="smcap">Artiste</span> du 15 juillet 1850. D'autres +revues en ont publié des fragments.</p> + +<p class="center p2">VI</p> + +<p class="s">PERDICAN</p> + +<p><i>Perdican</i> est un fragment de drame lyrique, composé +peu de temps avant <i>On ne badine pas avec l'amour</i>. Une +seule scène est écrite.</p> + +<p>Perdican, fils d'Evrard, pleure la mort de son père, +tué dans un récent combat; un chevalier vient essayer +d'enlever à son inaction le fils de son ancien compagnon +d'armes. Perdican résiste; d'autres chevaliers surviennent:</p> + +<p class="left30 font90"> +Crois-tu que nous soyons comme le vent d'automne,<br /> +Qui vient sécher tes pleurs jusque sur ce tombeau<br /> +Et pour qui ta douleur n'est qu'une goutte d'eau?<br /> +Les hommes, mon enfant, ne consolent personne;<br /> +L'herbe que nous voulons arracher de ce lieu,<br /> +C'est ton oisiveté! Ta douleur est à Dieu!<br /> +Laisse là s'élargir cette sainte blessure<br /> +Que les noirs séraphins t'ont faite au fond du cœur;<br /> +Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur!<br /> +Montre la tienne au monde, et prends-la pour armure...</p> + +<p>Mais malgré tous leurs discours, Perdican reste +indécis.</p> + +<p>Plusieurs vers de <i>Perdican</i> se retrouvent dans la <i>Nuit +de Mai</i>.</p> + +<p class="p2 center">VII</p> + +<p class="s">CONFESSION D'UN ENFANT DE L'AUTRE SIÈCLE</p> + +<p>Cette <i>Confession d'un Enfant de l'autre Siècle</i>, composée +en mai 1842, n'a, malgré son titre, aucun rapport avec +<span class="pagenum"><a name="Page_202" id="Page_202">202</a></span> la <i>Confession d'un Enfant du Siècle</i>. C'est une sorte de +préface, dans laquelle Alfred de Musset s'excuse presque +de faire encore des vers, et demande l'indulgence de ses +amis:</p> + +<p class="left30 font90"> +<b>. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .</b><br /> +Mil huit cent vingt! Nous éclosions<br /> +Dans les mélanges poétiques<br /> +<b>. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </b><br /> +Puis dix ans nous nous reposions<br /> +Au sein des drames romantiques.<br /> +Venaient après?... je ne sais plus,<br /> +Sinon que c'était du plus tendre,<br /> +Du cœur brisé, des sens émus,<br /> +Et beaucoup de vœux superflus.<br /> +Dix nouveaux ans encor de fièvre!<br /> +Arthur<a name="FNanchor_80" id="FNanchor_80" href="#Footnote_80" class="fnanchor">[80]</a> paraît, le malheureux,<br /> +Déplorablement vertueux,<br /> +Triste réveil d'un charmant rêve!<br /> +Est-ce la fin? Hélas! Hélas!<br /> +Voilà que viennent des <i>Lilas</i>!<a name="FNanchor_81" id="FNanchor_81" href="#Footnote_81" class="fnanchor">[81]</a><br /> +C'est l'amitié qui les fait naître,<br /> +Le temps d'éclore et de paraître,<br /> +De parfumer une fenêtre,<br /> +Et tout est dit de cette fois!</p> + +<p>Mais comme ils sont négligés, ces vers, mal présentés,</p> + +<p class="left30 font90">Avec des trous à leur chemise;</p> + +<p>grande est leur sottise de paraître en pareil accoutrement +devant leurs amis et maîtres; cependant, on leur pardonnera +en faveur de leur bonne intention et du grand +âge de leur auteur.</p> + +<p>Ce petit poème est adressé à Monsieur ou à Madame +Alfred Tattet. Peut-être est-ce la <i>lettre</i> qui accompagnait +l'envoi d'un volume de poésie.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_203" id="Page_203">203</a></span></p> +<p class="p2 center">VIII</p> + +<p class="s">LES FRÈRES VAN BUCH</p> + +<p><i>Les Frères Van Buch</i>, légende allemande, tel est le +titre d'une nouvelle en prose publiée dans le <span class="smcap">Constitutionnel</span> +du 27 juillet 1844 et précédée d'une <i>Lettre</i> au +Directeur.</p> + +<p>Dans une petite ville des bords du Rhin, habite le vieil +orfèvre Hermann; sa fille Wilhelmine revient ce jour +même du couvent, et, dès leur première rencontre avec +deux jeunes graveurs, voisins et hôtes assidus de son +père, Henri et Tristan Van Buch, inspire un violent +amour aux deux frères. Les jeunes hommes se cachent +leur mutuelle passion, mais leurs rêves les trahissent, et +dans l'impossibilité où ils sont d'épouser la même jeune +fille, ils décident de s'en rapporter à son choix: «Ma +fille, leur répond l'orfèvre, vous a vus tous deux; elle +chérira Tristan comme un époux et Henri comme un +frère.» Henri s'efface devant l'heureux élu, mais bientôt +il se sent incapable de tenir son serment. Un jour +qu'ils chassent, il s'en ouvre à son frère et le supplie +d'attendre qu'il soit mort pour épouser Wilhelmine; +devant un si grand désespoir, Tristan offre à Henri de +lui céder ses droits: «Que je l'épouse! s'écria l'autre. +Me transmettrez-vous son amour en me transmettant vos +droits? Il faut cependant que l'un de nous en meure! +ajouta-t-il d'une voix sombre. Sa main tremblait et +battait contre son couteau de chasse.—Oui, répondit +Tristan.» Et la lutte s'engage. Bientôt tous deux sont +mortellement frappés; Tristan tombe à terre, mais +Henri reste debout, vacillant et immobile: «Du fond de +la vallée, dans le crépuscule, une forme vague sembla +tout à coup se détacher et s'avancer vers eux. Elle +montait lentement la colline et, à mesure qu'elle approchait, +<span class="pagenum"><a name="Page_204" id="Page_204">204</a></span> les fils reconnaissaient leur mère. Au moment où +le spectre parut, entièrement visible et reconnaissable, +celui qui était debout, par un suprême effort, quitta la +place où il était cloué, et alla se jeter dans les bras de +celui qui gisait à terre. Ainsi tous deux, couverts de +larmes et de sang, expirèrent dans un dernier embrassement.»</p> + +<p><i>Les Frères Van Buch</i> ont été réimprimés dans le +supplément du <span class="smcap">Figaro</span> du 29 août 1875. En 1878, un +admirateur d'Alfred de Musset a fait composer et tirer +cette nouvelle à huit exemplaires, pour lui et ses amis, +19 pages in-4<sup>o</sup> sur papier vergé.</p> + +<p><i>Lous dus frays bessous, per Jasmin</i>, balado dediato a +moussu De Salvandy (Agen, Imprimerie Noubel, 1847. +In-8<sup>o</sup> de 32 pages) semblent imités de cette nouvelle +d'Alfred de Musset.</p> + +<p class="p2 center">IX</p> + +<p class="s">EN LISANT LE JOURNAL</p> + +<p>Le mariage de la reine Isabelle d'Espagne avec son +cousin Don François d'Assises et celui de sa sœur Doña +Fernanda avec le duc de Montpensier, célébrés ensemble +le 10 octobre 1846, et conclus contre le gré de l'Angleterre, +avaient amené des représentations très vives de la +part du cabinet anglais. Au mois de novembre de la +même année, l'annexion de Cracovie, ville libre, aux +États Autrichiens, par suite d'entente entre les trois +puissances qui s'étaient partagé la Pologne—la Russie, +la Prusse et l'Autriche—donnèrent lieu à des remontrances +de la France pour cette violation des traités +de 1815, remontrances qui ne furent pas écoutées. Des +bruits de guerre coururent; aussi, à l'ouverture de la +session parlementaire de 1847, une discussion très vive +<span class="pagenum"><a name="Page_205" id="Page_205">205</a></span> eut lieu à la Chambre entre M. Guizot et M. Thiers. Les +journaux de l'opposition accusèrent le ministère de +reculer et de ne pas oser soutenir l'honneur du drapeau +français. C'est la lecture d'un de ces articles qui inspira +ces stances à Alfred de Musset, l'une de ses rares pièces +politiques, qui débutent ainsi:</p> + +<p class="left30 font90"> +J'aurais voulu, même en tremblant,<br /> +Même étourdi par ton tonnerre,<br /> +J'aurais voulu suivre sur terre,<br /> +César, ton éperon sanglant.</p> + +<p>Un ami d'Alfred de Musset m'a communiqué le manuscrit +d'une autre pièce du même genre, intitulée <i>La Lanterne +magique</i>, écrite vers 1830, dans laquelle il passe en +revue la double face des choses de ce monde.</p> + +<p class="p2 center">X</p> + +<p class="s">SUR MES PORTRAITS</p> + +<p>Je ne crois pas commettre une indiscrétion en donnant +en entier cette poésie satirique, dont <span class="smcap">l'Intermédiaire +des Chercheurs et Curieux</span> du 15 juillet 1891 a publié +les sept premiers vers:</p> + +<p class="left30 font90"> +Nadar, dans un profil croqué,<br /> +<span class="i4">M'a manqué,</span><br /> +Landelle m'a fait endormi,<br /> +<span class="i4">A demi;</span><br /> +Biard m'a produit éveillé,<br /> +<span class="i4">A moitié;</span><br /> +Le seul Giraud, d'un trait rapide,<br /> +<span class="i4">Intrépide,</span><br /> +Par amour de la vérité,<br /> +<span class="i4">M'a fait stupide.</span><br /> +Que pourra pondre dans ce nid<br /> +<span class="i4">Gavarni?</span></p> + +<p>La lithographie de Gavarni fut exécutée en 1854, ce +qui nous donne la date du morceau. Tous ces portraits +<span class="pagenum"><a name="Page_206" id="Page_206">206</a></span> ont été gravés à l'exception de deux: celui de Giraud, +charge à l'aquarelle que l'on a pu voir en 1888 à l'Exposition +des Maîtres français de la Caricature, et celui de +Biard, que, malgré le bon vouloir de la fille du peintre, +la spirituelle Étincelle, il m'a été impossible de +retrouver.</p> + +<p class="p2 center">XI</p> + +<p class="s">NAPOLÉON</p> + +<p class="left30 font90">«Napoléon, ton nom est un cri dans l'histoire....</p> + +<p>Ce sonnet est encore une pièce politique, écrite en +1856 et qui semble avoir été inspirée au poète par la vue +d'une peinture ou d'une sculpture représentant un soldat +blessé, étendu aux pieds d'une Victoire.</p> + +<p>Un autre fragment de huit vers, sans date, adressé +également à Napoléon, subsiste aussi, qui commence +par ces mots: «Oh! d'ennemis sans foi....»</p> + +<p class="center">*<br /> +* *</p> + +<p>Je noterai encore quelques <i>brouillons</i> se rattachant à +des pièces publiées et qui présentent des variantes avec +le texte imprimé, pour <i>Les Marrons du Feu</i> (deux fragments), +<i>Le Saule</i> (deux), <i>La Coupe et les Lèvres</i> (quatre, +dont l'un porte le titre de <i>Brandel</i>, et qui ne sont pas +les mêmes que les deux fragments indiqués ci-dessus); +<i>Rolla</i> (un); quelques phrases inédites de la <i>Confession +d'un Enfant du Siècle</i>, dont un passage est publié dans le +supplément du <span class="smcap">Figaro</span> du 14 mai 1887; cinq plans ou +divisions de scènes différents pour <i>Lorenzaccio</i><a name="FNanchor_82" id="FNanchor_82" href="#Footnote_82" class="fnanchor">[82]</a>; +<span class="pagenum"><a name="Page_207" id="Page_207">207</a></span> deux projets d'un nouveau dénoûment du <i>Chandelier</i>, +faits en 1850, lors de l'interdiction de la pièce; un commencement +d'étude en prose <i>Sur Léopardi</i>, qui est +publié en vers et terminé sous le titre de <i>Après une +lecture</i>; un sonnet <i>Au Rhin</i>; un fragment de poème +dramatique en trois chants, <i>L'Oubli des Injures</i>, dont +plusieurs passages se retrouvent dans <i>La Coupe et les +Lèvres</i>; un autre fragment en vers, qui est un dialogue +entre <i>Rolla et le Grand-prêtre</i>, sans titre; une première +version du <i>Sonnet au Lecteur</i> de 1850; d'autres fragments +inédits des stances <i>Sur la Paresse</i>, de la chanson <i>Les +Filles de Cadix</i>, de <i>Louison</i>, de <i>Carmosine</i>, de <i>Faustine</i> +et du <i>Songe d'Auguste</i>.</p> + +<p>Il ne subsiste après cela, parmi les manuscrits d'Alfred +de Musset, que des ébauches (les <i>Deux Magnétismes</i>; +deux <i>Lettres à Buloz</i>, inachevées, l'une sur les réformes +théâtrales, l'autre sur les «voleurs de noms»; cette +seconde lettre est le dernier morceau en prose sorti de +la plume d'Alfred de Musset. <i>Un Thé</i>; une <i>Comédie sous +le règne de Louis XV</i>, sans titre; <i>A M<sup>me</sup> ***</i>, sur le suicide; +<i>Adolphe</i>, etc...); des essais de tournures de phrases, +des fragments de poésies où le sens finit au milieu d'un +vers inachevé, où les vers s'arrêtent avant le sens (<i>Sur +Grévedon</i>, <i>A M<sup>me</sup> Ristori</i>, <i>Conte en vers</i> se passant en Limagne, +<i>A Willa</i>, <i>A un jeune peintre</i>, etc...); des lignes de +prose qui n'ont ni commencement ni fin (<i>Sur la Guerre +d'Orient</i>, <i>Sur la Visite de la Reine d'Angleterre</i>, etc...), +débris qui ne peuvent figurer dans les œuvres de +l'écrivain.</p> + +<p class="center">*<br /> +* *</p> + +<p>Il ne me reste plus à parler maintenant que de certaines +œuvres que l'on attribue à Alfred de Musset, sans +donner la preuve certaine qu'il en est l'auteur: «Alfred +<span class="pagenum"><a name="Page_208" id="Page_208">208</a></span> de Musset n'a jamais employé de secrétaire, dit Paul +de Musset. Toute publication posthume dont on ne +pourra pas produire l'autographe, sera évidemment +apocryphe et mensongère.» (<span class="smcap">Biographie</span>, p. 371). Il +faut s'entendre sur ce mot autographe: Paul de Musset +désigne non seulement ceux écrits en entier par Alfred, +mais aussi ceux écrits sous sa dictée, après 1842, par +M<sup>lle</sup> Colin, alors qu'il était malade et dans l'impossibilité +de tenir une plume, lesquels sont revus par lui et +<i>corrigés de sa main</i>; le plus important de ces «seconds +autographes» est celui de <i>Carmosine</i>.</p> + +<p>Tel est le cas des pièces qui suivent: où est l'autographe?</p> + +<p>1<sup>o</sup> <i>Chanson de Sténio</i>, intercalée dans la première +édition de <span class="smcap">Lélia</span> par George Sand. (Dupuy et Tenré, +1833. 2 vol. in-8<sup>o</sup>. Tome II, p. 208.)</p> + +<p>2<sup>o</sup> <i>Quatrain à H. de Latouche</i>, composé en 1833, à +propos des polémiques sur George Sand. <span class="smcap">La Revue des +Familles</span>, 1<sup>e</sup>r mars 1892.</p> + +<p>3<sup>o</sup> <i>Deux Sonnets à Alfred de Vigny</i>, l'un par George +Sand, l'autre par Alfred de Musset, envoyés à l'auteur de +<i>Chatterton</i> au lendemain de la représentation de cette +pièce. <span class="smcap">Revue Moderne</span>, juin 1865.</p> + +<p>Avant de les publier dans la Revue, M. Louis Ratisbonne +avait soumis ces deux sonnets à l'appréciation de +Paul de Musset, qui lui fit cette réponse:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="left5">«Monsieur et cher confrère,</p> + +<p>«En pensant aux deux sonnets que vous avez eu l'obligeance +de me communiquer, j'ai conçu des doutes sérieux +sur leur authenticité. A moins de preuves du contraire, je +ne puis croire qu'ils soient de mon frère. Le mot <i>race bovine</i>, +que contient l'un des deux, et plusieurs autres expressions +de colère ou de mépris appliquées aux critiques du drame +de <i>Chatterton</i>, me semblent un peu trop forts en crudité. On +<span class="pagenum"><a name="Page_209" id="Page_209">209</a></span> +n'a pas tant de ressentiment pour des critiques adressées à +un autre. Je croirais volontiers que M. de Vigny a pu faire +ces deux sonnets dans un moment d'irritation, et s'amuser +ensuite à supposer qu'il les avait reçus de personnes qui, +sans doute, lui avaient fait des compliments sur la pièce +qu'on représentait alors avec succès à la Comédie Française. +Je vous engage donc à ne pas publier sous le nom de mon +frère celui que M. de Vigny lui a attribué, à moins que vous +n'en retrouviez l'autographe, car cet autographe doit exister +si le sonnet a été envoyé. Quant à l'autre sonnet, attribué à +une personne qui n'a jamais fait de vers, son caractère +évidemment pseudonyme est une preuve à l'appui de mon +opinion que tous deux sont de l'auteur de <i>Chatterton</i>. Je ne +vois que la découverte des autographes qui puisse me faire +revenir de cette opinion. Si vous les retrouvez, soyez assez +bon pour m'en donner avis; mais s'il n'existe dans les papiers +de M. de Vigny que la copie écrite de sa main, dont vous +m'avez donné lecture, il sera prudent de ne les considérer +que comme des documents incertains.</p> + +<p>«Agréez, Monsieur et cher confrère, l'assurance de mes +sentiments distingués.</p> + +<p class="left5">«9 mai 1865.</p> + +<p class="right">«<span class="smcap">P. de Musset.</span>»</p></div> + +<p>Malgré cette lettre, la publication fut faite et M. L. +Rastibonne eut raison, car M. Georges Jubin, dans la +<i>Revue bleue</i> du 3 avril 1897, a publié des documents, +dont une lettre d'Alfred de Musset à Buloz, qui ne laissent +plus aucun doute sur l'authenticité de ces deux sonnets, +dont Alfred de Musset est l'auteur.</p> + +<p>4<sup>o</sup> <i>Sur les Auteurs de mon temps</i>, strophes burlesques +dont voici la dernière:</p> + +<p class="left30 font90"> +<span class="i3">Lassailly</span><br /> +<span class="i3">A failli</span><br /> +<span class="i2">Vendre un livre.</span><br /> +Il n'eût tenu qu'à Renduel<br /> +Que cet homme immortel,<br /> +Eût enfin de quoi vivre.<a name="FNanchor_83" id="FNanchor_83" href="#Footnote_83" class="fnanchor">[83]</a></p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_210" id="Page_210">210</a></span> L'autographe que je possède est écrit par Roger de +Beauvoir, qui est <i>pourtraicturé</i> dans la troisième strophe:</p> + +<p class="left30 font90"> +<span class="i1">De Beauvoir</span><br /> +<span class="i2">Bel à voir</span><br /> +<span class="i1">Nous amuse</span><br /> +Lorsqu'il a bien dîné<br /> +Il nous prie à déjeuné<br /> +On y va, l'on s'abuse.</p> + +<p>Les autres écrivains dépeints sont Henri Blaze, d'Anglemont, +Sainte-Beuve, Capo de Feuillide, Paul de Musset +et Paul Foucher.</p> + +<p>Ce genre de plaisanterie était très en vogue parmi les +habitués du salon de George Sand. M. le vicomte de +Spoelberch de Lovenjoul, dans sa <span class="smcap">Véritable Histoire +d'Elle et Lui</span> (C. Lévy, 1897. 1 vol. in-12, p. 8), publie +une <i>Complainte sur le Duel</i> de Gustave Planche et de Capo +de Feuillide, que l'on attribua à la collaboration d'Alfred +de Vigny et de Brizeux, mais dont l'héroïne connaissait le +véritable auteur (ce n'est pas à nous de soulever le voile). +<i>Lui</i> écrivit à cette époque une <i>Revue Romantique</i>; <i>Elle</i>, +le 23 novembre 1834, une <i>Complainte sur la mort de +François Luneau</i>. Nous indiquons d'autre part les <i>charges</i> +faites à l'atelier d'Achille Devéria par Alfred de Musset, +qui écrivit aussi une parodie des <i>Mémoires d'Outre-Tombe</i> +de Chateaubriand; et peut-être a-t-il aidé +M<sup>me</sup> Augustine Brohan à confectionner son «beau couplet +de la vierge en patache».</p> + +<p>5<sup>o</sup> <i>Rêves d'Hiver.</i> Janvier 1838. Tel est le titre d'un +manuscrit passé en vente chez Laverdet le 10 avril 1855. +J'ignore ce qu'il est et qui le possède aujourd'hui.</p> + +<p>6<sup>o</sup> <i>Quatrain Italien</i>, inscrit sur l'album de M. le comte +Dousse d'Armanon. <span class="smcap">L'Artiste</span>, 29 septembre 1844:</p> + +<p class="left30 font90"> +La rosa e un vago fiore<br /> +<span class="i2">Come la giornata,</span><br /> +Presto che nasce e muore<br /> +<span class="i2">E non ritorna piu</span></p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_211" id="Page_211">211</a></span> Cette petite pièce est citée dans un article de M. Guénot-Lecointe +sur la manie des albums; il l'accompagne de +cette réflexion: «Au lieu de ces quatre lignes italiennes +qui ne sont même pas des vers, pourquoi M. Alfred +de Musset n'a-t-il pas écrit une strophe des Contes +d'Espagne?»</p> + +<p>La même revue, dans sa livraison du 21 novembre 1844, +donne encore une <i>Prière inscrite sur l'album des moines +du Carmel</i>.</p> + +<p>7<sup>o</sup> <i>Stances à Henri Cantel</i>. <span class="smcap">Revue de France</span>, 1<sup>er</sup> mars +1881.</p> + +<p>8<sup>o</sup> Un ami inconnu, qui me permettra de le remercier +ici, me faisait parvenir, naguère, ce sonnet, dont il +attribue la paternité à l'auteur de la Ballade à la Lune:</p> + +<div class="left30 font90"> +<p><span class="i6 smcap">Luna</span></p> + +<p>Ce soir, la Lune est ronde, et sa tête fantasque<br /> +Comme un domino, passe entre les peupliers.<br /> +—Peste! la folle nuit! et vous avez, beau masque,<br /> +Choisi là, sur ma foi, d'étranges cavaliers.</p> + +<p>Quoi, jusqu'au noir clocher, qui, coiffé de son casque,<br /> +Semble prêt à vous suivre! Et, parmi les halliers,<br /> +L'âpre Éole intrigué, qui suspend sa bourrasque<br /> +Pour ne pas déranger vos projets singuliers!</p> + +<p>Partez donc, o Luna! Le ciel clair et sans voiles<br /> +A pour vous rallumé ses claustrales étoiles...<br /> +Et moi, qu'a su charnier votre air leste et fringant,</p> + +<p>Voyant vos doigts si blancs rayer la toile verte<br /> +De mes rideaux, je dis: «Sur ma fenêtre ouverte,<br /> +«Ma mie, n'auriez-vous pas laissé choir votre gant?»</p></div> + +<p>9<sup>o</sup> <i>Quatrain à une dame</i>, en lui envoyant des bonbons +lors de sa grossesse. <span class="smcap">L'Événement</span>, 25 décembre 1876.</p> + +<p>10<sup>o</sup> <i>Quatrain à une vieille coquette</i>. <span class="smcap">L'Estafette</span>, 24 juin +1892.</p> + +<p>11<sup>o</sup> <i>A une Espagnole</i>, stances improvisées sur un +rythme de Victor Hugo. <span class="smcap">Le Voleur</span>, 2 mai 1873.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_212" id="Page_212">212</a></span> 12<sup>o</sup> <i>Stances à Buffon</i>, écrites sur un panneau de son +cabinet de travail, à Montbard. <span class="smcap">Le Centenaire de +Buffon</span>, Troyes, Montgolfier. 1889. Br. in-8<sup>o</sup>, page 68.</p> + +<p>13<sup>o</sup> <i>Déclamation</i>.—<i>A miss Anna X***</i>, deux poésies, +dans la <span class="smcap">Grande Revue de Paris et Saint-Pétersbourg</span>, +25 juillet 1890.</p> + +<p>14<sup>o</sup> Pour les vers inscrits <i>Sur l'Album du château de +Clisson</i>, pendant un voyage qu'Alfred de Musset fit dans +la Loire-Inférieure, il se récuse lui-même dans une lettre +qu'il adressa d'Angers à M<sup>me</sup> Alfred Tattet:</p> + +<p class="blockquot"> +«...Quant aux vers du livre de Clisson, on m'en a parlé +plusieurs fois et je les tiens pour admirables, mais je n'ai +pas l'honneur d'en être le père; il paraît qu'en mettant mon +nom au bas, on a voulu du moins m'en faire le parrain. Je +n'ai jamais été par là, et quand cet enfant-là m'est né, j'étais +probablement bien loin. Ma Muse aura accouché pendant +mon absence, c'est pour le moins un cas rédhibitoire. J'ai +déjà assez mis au monde de mauvais garnements pour ne +pas vouloir d'intrus dans la famille....»<a name="FNanchor_84" id="FNanchor_84" href="#Footnote_84" class="fnanchor">[84]</a></p> + +<p>Est-ce que certaine conférencière célèbre, qui jadis +incarna Lucretia del Fede, ne connaît pas le véritable +auteur? Je suis allé souvent à Clisson et je me suis procuré +le fameux livre; mais les pages où se trouvaient les soi-disant +vers d'Alfred de Musset ont été arrachées par quelque +visiteur peu délicat. On voit encore des vers ou des +lignes de prose, signés Victor Hugo, Lamartine, George +Sand, mais malheureusement pour l'authenticité de ces +autographes, aucun de ceux dont je connais l'écriture +de leur pseudo-auteur, n'a été écrit par son signataire.</p> + +<p class="center">*<br /> +* *</p> + +<p>Avant de mettre fin à cette longue énumération que le +lecteur doit trouver bien ardue, il me faut encore indiquer +<span class="pagenum"><a name="Page_213" id="Page_213">213</a></span> quelques pièces données comme inédites, et qui ne +sont en réalité que des réimpressions d'œuvres publiées:</p> + +<p>1<sup>o</sup> L'<i>Épigraphe</i> placée en tête du tome II de <span class="smcap">Lélia</span> par +George Sand (Dupuy et Tenré, 1833. 2 vol. in-8<sup>o</sup>).—Le +<i>Fragment</i> donné page 190 de <span class="smcap">Les Deux Sœurs</span>, par +M<sup>me</sup> Aglaé de Corday (Louviers, Achaintre, 1838. 1 vol. +in-8<sup>o</sup>), ne sont que deux strophes de <i>Namouna</i>.</p> + +<p>2<sup>o</sup> La <i>Nouvelle</i> en prose que publie la <span class="smcap">Gazette de la +Noblesse</span> du 16 octobre 1856, est un extrait du <i>Voyage +où il vous plaira</i>, par Hetzel.</p> + +<p>3<sup>o</sup> La couverture de la 87<sup>e</sup> livraison des <span class="smcap">Français +peints par eux-mêmes</span> (Curmer, 1840, in-4<sup>o</sup>), donne +comme inédits 18 vers, que reproduit <span class="smcap">Le National</span> de +Bruxelles du 26 mars 1880, lesquels sont les 18 premiers +vers des <i>Secrètes pensées de Rafaël</i>.</p> + +<p>4<sup>o</sup> <span class="smcap">Le Diogène</span> du 19 octobre 1856 annonce des <i>Stances +à M<sup>me</sup> Dorval</i>, mais rectifie son erreur dans le numéro +du 9 novembre; ce sont les stances <i>A la Malibran</i>.</p> + +<p>5<sup>o</sup> Le journal <span class="smcap">Le Plaisir a Paris</span> du 26 juin 1889 +publie «Le Navire», fragment du <i>Retour</i>, et l'«Ennui», +fragment des <i>Stances</i>: «Je méditais courbé».</p> + +<p class="center">*<br /> +* *</p> + +<p>Il reste une question que j'aurais voulu aborder, +celle de la <i>Correspondance</i> d'Alfred de Musset, mais cela +m'entraînerait en des détails bibliographiques bien +longs<a name="FNanchor_85" id="FNanchor_85" href="#Footnote_85" class="fnanchor">[85]</a>. Les trente-cinq lettres mises à la fin du volume +des <span class="smcap">Œuvres Posthumes</span>, ne donnent qu'un bien faible +aperçu de ce qu'elle est.</p> + +<p>Par les publications faites en 1896 à propos d'<i>Elle et +Lui</i>, on connaît des fragments des lettres qu'Alfred de +Musset écrivait à George Sand; d'autres, adressées à +<span class="pagenum"><a name="Page_214" id="Page_214">214</a></span> Buloz, Alfred Tattet, Pierre Pagello, Alfred Arago, +Boucoiran, M<sup>me</sup> de Belgiojoso, M<sup>me</sup> Augustine Brohan, +David d'Angers, Maxime Du Camp, Alexandre Dumas, +Sainte-Beuve, M<sup>me</sup> Olympe Chodzko, Albéric Second, +Alfred de Vigny, M<sup>me</sup> de Girardin, Arsène Houssaye, Eugène +Renduel, M<sup>me</sup> Levrault, Frantz Liszt, Émile Péhant, +etc..., ont été publiées dans des journaux, des revues ou +des livres; nous en avons découvert <i>cent dix</i>, imprimées +en entier ou peu s'en faut, dans ces conditions, sans +compter les lettres ou fragments de lettres d'Alfred de +Musset à George Sand, ainsi que celles dont tout ou partie +est, pour la première fois, publié dans le présent volume; +et l'on peut tenir pour certain qu'il en existe un plus +grand nombre. Mais combien curieuses sont celles qui +demeurent encore inconnues parmi les noms cités plus +haut et celles qu'il envoya à son frère Paul, à ses éditeurs, +aux interprètes de ses comédies, à divers membres de +sa famille, aux directeurs des revues où il a écrit, à +Émile Augier, Ulric Guttinguer, Théophile Gautier, au +comte d'Alton, à Désiré Nisard, Ambroise Thomas, +Auguste Barre, M<sup>lle</sup> Rachel, même à sa gouvernante, +M<sup>lle</sup> Colin (dont la <span class="smcap">Revue de Paris et Saint-Pétersbourg</span> +et les <span class="smcap">Annales Littéraires</span> ont publié les mémoires)<a name="FNanchor_86" id="FNanchor_86" href="#Footnote_86" class="fnanchor">[86]</a>, +et à beaucoup d'autres, dont je ne puis dire +les noms.</p> + +<p>J'omets avec intention la correspondance.... amoureuse, +trop intime pour être publiée, et qui ne sera jamais +connue; car, avec un tact que je ne puis qu'approuver, +lors de la mort du poète, toutes les lettres de femmes +qui furent trouvées dans ses tiroirs, furent restituées +sans échange à celles qui les avaient écrites. Toutefois, +le mystérieux paquet déposé à la Bibliothèque Nationale, +pour être ouvert et publié en 1910, renferme, si je ne me +<span class="pagenum"><a name="Page_215" id="Page_215">215</a></span> trompe, l'une de ces correspondances; ce n'est pas celle +de George Sand, comme on l'a prétendu; celle-ci, +pensons-nous, est adressée <i>A une belle inconnue</i>:</p> + +<p class="left30 font90"> +Si vous croyez que je vais dire<br /> +<span class="i2">Qui j'ose aimer,</span><br /> +Je ne saurais, pour un empire,<br /> +<span class="i2">Vous la nommer.</span></p> + +<p>Les lettres à sa Marraine sont aussi peu connues que +les autres, car les textes que M<sup>me</sup> Jaubert a intercalés +dans ses <span class="smcap">Souvenirs</span> (Hetzel, 1881, 1 vol. in-12) et ceux +donnés par Paul de Musset, sont, sauf quelques rares +exceptions, absolument altérés et défigurés. J'ai pu en +vérifier la majeure partie sur les autographes originaux +et j'ai constaté qu'ici une lettre avait servi à en faire +deux; que là, deux ou trois lettres étaient fondues en +une seule; ailleurs, les phrases sont interposées, et très +souvent les dates supprimées ou changées. N'eût-il pas +mieux valu rien plutôt que cela! Que de jolies choses +cependant elles renferment, et que de récits j'y ai lus, +semblables à <i>Un souper chez M<sup>lle</sup> Rachel</i>, qui n'est que +l'une d'elles, dont on a supprimé le commencement et +la fin!<a name="FNanchor_87" id="FNanchor_87" href="#Footnote_87" class="fnanchor">[87]</a>.</p> + +<p>Comment conclure, si ce n'est en exprimant le désir de +voir un jour joindre aux œuvres du poète, toutes ces +pages inédites, toutes ces lettres surtout, qui révèleront +un Musset inconnu?</p> + +<p class="center">*<br /> +* *</p> + +<p><span class="smcap">Les Annales Politiques et Littéraires</span> du 19 septembre +1897 commencent la publication de <i>Denise</i>, cette +nouvelle dont je parle au début de cet article, en laissant +planer, par un Avertissement, un doute sur le véritable +<span class="pagenum"><a name="Page_216" id="Page_216">216</a></span> auteur. Il suffit, pour éviter toute équivoque, de se +reporter à la <span class="smcap">Revue de Paris</span> du 2 mai 1841; on y trouvera, +page 5, <i>Denise</i>, avec la signature de Paul, son seul et véritable +auteur. Cela a été révélé par M. le vicomte de Spoelberch +de Lovenjoul dans une lettre publiée par le <span class="smcap">Journal +des Débats</span> du 1<sup>er</sup> juillet 1897. Le même journal donnait +le lendemain une autre note rectificative (qui émanait +de moi) dans laquelle je disais que le fait d'attribuer à +Alfred ce qui venait de Paul, n'était pas unique, et je +faisais allusion à une lettre envoyée par Alfred de Musset +à un de ses éditeurs pour se plaindre de cela. Voici +cette lettre:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center">«Monsieur Charpentier, 19, rue de Lille.</p> + +<p class="right">«Lundi, 30 septembre [1850].</p> + +<p class="left5">«Mon cher ami,</p> + +<p>«Je vous envoye le catalogue de l'<i>Assemblée</i>, où vous +trouverez quatre ou cinq romans de mon frère, annoncés +sous mon nom. Vous m'avez dit que vous vous chargeriez +de demander la rectification. J'aimerais mieux en effet que +vous me rendissiez ce service, attendu qu'il est délicat pour +moi de parler de mon frère.</p> + +<p>«D'ailleurs, votre position, étant <i>mon éditeur</i>, vous donne, +il me semble, toute espèce de droit. Car c'est, au bout du +compte, une sotte tromperie qui est toujours préjudiciable: +le public peut nous croire complices.</p> + +<p>«Si vous voulez bien vous en charger, tenez-moi au courant, +parce que, si on ne rectifie pas l'erreur, il faudra écrire +dans d'autres journaux.</p> + +<p class="left55">«Tout à vous. <span class="i4 smcap">«Alfred de Musset.»</span></p></div> + +<p>Ce catalogue est annoncé dans le numéro de l'<span class="smcap">Assemblée +Nationale</span> du 26 juillet 1850, et paraît pour la première +fois dans le numéro du 28 juillet; il est fréquemment +<span class="pagenum"><a name="Page_217" id="Page_217">217</a></span> reproduit, notamment dans le numéro du 21 +septembre. En ce qui concerne les deux frères, l'annonce +est ainsi faite:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«Le Bracelet, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.</p> + +<p>Samuel, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.</p> + +<p>Tête et Cœur, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.</p> + +<p>Les Amours de Planoche et de M<sup>me</sup> de Laguette, par +Paul de Musset. 2 vol. in-8<sup>o</sup>.</p> + +<p>Lauzun, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.»</p></div> + +<p>Dans ce numéro, qui est probablement celui qui +accompagnait la lettre, le catalogue occupe toute la troisième +page et la moitié de la quatrième. Toutefois, si +M. Charpentier a demandé une rectification, il ne fut +pas tenu compte de sa demande, car le catalogue continue +à paraître avec ses inexactitudes; je l'ai retrouvé +tel jusque dans le numéro du 7 décembre 1850.</p> + +<div class="figcenter"><img src="images/228_s.jpg" width="150" height="99" +alt="end chap4" title="" /></div> + +<p class="center"><a href="images/228_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<p><span class="pagenum invisible"><a name="Page_218" id="Page_218">218</a></span></p> + +<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_219" id="Page_219">219</a></span></p> + +<p class="c"><b>NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE</b></p> + +<p class="s"><b>SUR LA</b></p> + +<p class="c"><b>CORRESPONDANCE</b></p> + +<p class="s"><b>DE</b></p> + +<p class="c"><b>ALFRED DE MUSSET</b></p> +<p><span class="pagenum invisible"><a name="Page_220" id="Page_220">220</a></span></p> + +<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_221" id="Page_221">221</a></span></p> + +<div class="figcenter"><img src="images/111_s.jpg" width="500" height="115" +alt="chap5" title="" /></div> + +<p class="center"><a href="images/111_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<h2>NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE</h2> + +<p class="c"><b>SUR LA</b></p> + +<h2>CORRESPONDANCE</h2> + +<p class="center"><b>DE</b></p> + +<p class="c"><b>ALFRED DE MUSSET</b></p> + +<hr class="c5" /> + +<p class="p2">La correspondance d'Alfred de Musset, à côté des +détails biographiques qu'elle renferme et de sa valeur +littéraire, offre ceci de particulier, que le poète se laisse +voir tel qu'il était dans la vie intime: obéissant à l'impression +du moment, il écrit sans affectation, sans pose, +mettant son cœur et son esprit à nu. Le jour où ses +lettres seront connues, bien des jugements portés sur lui +devront être réformés.</p> + +<p>Malheureusement, ce n'est pas dans le recueil de ses +œuvres complètes qu'il faut aller chercher cette correspondance. +Les trente-cinq lettres publiées par les soins +de son frère Paul, en 1866, à la fin du tome X de l'édition +<span class="pagenum"><a name="Page_222" id="Page_222">222</a></span> dite de souscription (Œuvres posthumes), ne donnent +qu'une bien faible idée de ce que sont les autres et +n'en représentent qu'une partie bien minime.</p> + +<p>Cependant, beaucoup d'autres lettres de notre poète +existent éparses dans des journaux, des revues ou des +livres. Voici, avec l'indication du recueil dans lequel je +les ai trouvées imprimées pour la première fois, celles +qui sont parvenues à ma connaissance.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Arago</span> (Alfred).</p> + +<p>1.—Sans date: «J'ai connu un jeune peintre, qui +avait une demoiselle de compagnie». <i>Le Monde Illustré</i>, +27 septembre 1862. Fragment.</p> + +<p class="left5"> +<span class="smcap">Augier</span> (Émile).</p> + +<p>2.—Lundi, 1848: «Vous allez me trouver, mon cher +Augier, une bien ridicule créature». <i>Le Gaulois</i>, 7 août +1893. Je n'ai pu vérifier si, comme on me l'a dit, c'est +cette lettre qui est donnée en fac-similé d'autographe +dans l'<i>Album de l'Exposition d'art dramatique à Vienne, +en 1892. Paris, 1894. In-folio.</i></p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Belgiojoso</span> (M<sup>me</sup> la princesse Christine Trivulce +de).</p> + +<p>3.—S. D. (1836): «Je ne crois pas, princesse, toute +fausse modestie à part». <i>Inventaire des Autographes de +M. Fillon. Séries V à VIII. Étienne Charavay, 1878. In-8<sup>o</sup></i>, +page 148, fragment.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Belmont</span> (Marquis Alfred de).</p> + +<p>4.—Madame la vicomtesse de Janzé nous apprend +dans ses <i>Études et Récits</i> (Plon, 1891, in-12, p. 217) que +M. de Belmont «essaya à plusieurs reprises d'enrôler +son ami Alfred de Musset dans la poursuite du surnaturel, +mais il ne put le persuader. Ils avaient eu entre +<span class="pagenum"><a name="Page_223" id="Page_223">223</a></span> eux une correspondance suivie que M. de Belmont +brûla peu de temps avant sa mort», survenue en 1857.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Blanc</span> (Edmond).</p> + +<p>5.—4 novembre 1838. «Monsieur le Secrétaire-Général, +lorsque vous m'avez fait l'honneur de me recevoir». +<i>La Nouvelle Revue</i>, 15 janvier 1899.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Bonnaire</span> (Félix), éditeur.</p> + +<p>6.—S. D. (1837 ou 1838). «Mon cher ami, voilà mes +épreuves». <i>Bibliographie des Œuvres d'Alfred de Musset +par M. Clouard. Rouquette, 1883. In-8<sup>o</sup></i>, p. XII.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Boucoiran</span> (Jules).</p> + +<p>7.—7 mars 1835. «Monsieur, je sors de chez madame +Sand et on m'apprend qu'elle est à Nohant». <i>La Revue de +Paris</i>, 15 août 1896.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Brohan</span> (M<sup>me</sup> Augustine).</p> + +<p>8.—15 mars 1849. Des Haricots. «O ma chère Brohan, +je suis dans les fers». <i>Le Parlement</i>, 6 avril 1883. <i>Annuaire +des Amis des Livres, 11<sup>e</sup> année. 1890. In-8<sup>o</sup></i>, p. 94.</p> + +<p>9.—S. D. «Il ne m'est pas possible, ma chère Brohan, +de dîner chez vous». <i>Catalogue de la bibliothèque de feu +M. Yver, 2<sup>e</sup> partie. Paris, E. Paul et L. Huart, 1893. In-8<sup>o</sup></i>, +n<sup>o</sup> 740. Ne manque que le post-scriptum.</p> + +<p>10.—S. D. «Ma chère Brohan, vous avez été deux +fois aimable». <i>Catalogue d'autographes, vente hôtel +Drouot le 13 juin 1890. Paris, Gabriel Charavay. In-8<sup>o</sup>,</i> +N<sup>o</sup> 94, fragment.</p> + +<p>11.—S. D. «Ma chère Brohan, je vous écris à tout +hasard». <i>Alfred de Musset par Eugène de Mirecourt. Havard, +1854. In-32.</i> Fragment en fac-similé d'autographe. +<i>Le Gaulois</i>, 18 août 1896.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Buloz</span> (François), directeur de la <i>Revue des Deux-Mondes</i>.</p> + +<p>12.—Lundi, 18 (août 1834). «Mon ami, ma mère me +<span class="pagenum"><a name="Page_224" id="Page_224">224</a></span> donne de quoi aller aux Pyrenées». <i>La Revue de Paris</i>, +15 août 1896.</p> + +<p>13.—(Février ou mars) 1835. «Mon cher Buloz, ayez +la bonté de prier M<sup>me</sup> Dudevant, lorsque vous la verrez». +<i>Revue Bleue</i>, 3 avril 1897.</p> + +<p>14.—S. D. «Mon cher Buloz, si vous voulez me +rendre le service de faire donner 200 francs». <i>Catalogue +de la Collection Dentu. Autographes, tome II, 3<sup>e</sup> fascicule. +1888. In-8<sup>o</sup></i>, p. 223.</p> + +<p>15.—S. D. «Mercredi. O mon ami, réfléchissez avant +de répondre à cette simple parole». <i>Catalogue d'autographes, +vente le 8 décembre 1891, hôtel Drouot. Paris, +Étienne Charavay. In-8<sup>o</sup>.</i> N<sup>o</sup> 117. Fragment.</p> + +<p>16.—S. D. «Lundi, 28. Voilà, mon cher monsieur, la +pièce dont je vous ai parlé. Les uns voudraient que je la +fisse siffler». <i>Bulletin de la maison Étienne Charavay, +n<sup>o</sup> 286. Avril-mai 1898. In-8</i>, n<sup>o</sup> 42096. Fragment.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Cantel</span> (Henri).</p> + +<p>17.—23 novembre 1848. «Monsieur, par le plus singulier +des hasards, il m'a été donné d'apprécier votre +charmant talent». <i>La Revue de France</i>, 1<sup>er</sup> mars 1881. A +tenir pour douteuse jusqu'à production de l'original.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Carjat</span> (Étienne).</p> + +<p>18.—Simple billet répondant à une demande d'autorisation +de publier un portrait-charge dans le <i>Diogène</i>: +«Monsieur, la gaieté des gens d'esprit ne m'a jamais +fait peur; faites de moi ce qu'il vous plaira.—Alfred +de Musset». <i>Polichinelle à Paris</i>, 22 janvier 1857.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Charpentier</span> (Gervais), éditeur.</p> + +<p>19.—30 septembre 1850. «Mon cher ami, je vous envoyé +le catalogue de l'«Assemblée» où vous trouverez +quatre ou cinq romans de mon frère». <i>Les Héritiers +d'Alfred de Musset contre M. Charpentier. Mémoire pour</i> +<span class="pagenum"><a name="Page_225" id="Page_225">225</a></span> <i>M Charpentier. Paris, 1867, In-8<sup>o</sup></i>, p. 17.—<i>Revue d'Histoire +littéraire de la France</i>, 15 janvier 1898.</p> + +<p>20.—27 juin 1851. «Mon cher ami, Hetzel a fait proposer +hier par Berrurier de vous remettre». <i>Les Héritiers +d'Alfred de Musset contre M. Charpentier. Mémoire +pour M. Charpentier. Paris, 1867. In-8<sup>o</sup></i>, p. 16.</p> + +<p>21.—19 février 1857. «Mon cher Charpentier, j'ai +réfléchi depuis que je vous ai vu...» <i>Dix ans chez +Alfred de Musset, par M<sup>me</sup> Martellet. Paris, Chamuel, +1899. 1 vol. in-12</i>, page 98.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Clésinger</span>, statuaire.</p> + +<p>22.—16 avril 1851. «Mon cher Clésinger, je suis allé +pour vous voir ce matin à Madrid». <i>Catalogue des Autographes +de M. A. Bovet, vente 19-21 juin 1884. Paris, +Étienne Charavay. In-4<sup>o</sup>,</i> n<sup>o</sup> 910, en fac-similé.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Colin</span> (Adèle), devenue M<sup>me</sup> Martellet, gouvernante +d'Alfred de Musset.</p> + +<p>23.—16 août 1847. «Je n'aurais pas cru que vous +puissiez vous éloigner ainsi de moi...» <i>Dix ans chez +Alfred de Musset, par M<sup>me</sup> Martellet. Paris, Chamuel, +1899. 1 vol. in-12</i>, page 16 et en fac-similé.</p> + +<p>24.—S. D. «Je n'ai pas fermé l'œil; j'ai les premières +attaques de mes délires».—<i>Revue de Paris et +Saint-Pétersbourg</i>, décembre 1887, p. 43.</p> + +<p>M<sup>me</sup> Martellet prépare en ce moment une deuxième +édition de ses souvenirs, où se trouveront certainement +d'autres lettres.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">David d'Angers</span>, statuaire.</p> + +<p>25.—Samedi soir, 1831. «Monsieur, je suis de service +demain pour presque toute la journée». <i>Revue de l'Art +Français</i>, 1893, p. 204.</p> + +<p>26.—1832? «Mon cher David, je suis allé chez +Micheli pour avoir de vos médailles». <i>David d'Angers +<span class="pagenum"><a name="Page_226" id="Page_226">226</a></span> et ses relations littéraires par Henri Jouin, Plon, +1890. In-8<sup>o</sup></i>, p. 67.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Directeur de l'Académie Française.</span></p> + +<p>27.—Août 1848. Lettre relative au prix De Maillé +Latour-Landry, décerné à Alfred de Musset dans la +séance du 17 août. <i>Le Moniteur Universel</i>, 25 août 1848.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Directeur du Constitutionnel.</span></p> + +<p>28.—Juillet 1844. «Monsieur, on a beaucoup parlé +de chroniques, de légendes et de ballades». Sert de préface +à la nouvelle «Les frères Van-Buch». <i>Le Constitutionnel</i>, +27 juillet 1844.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Directeurs de l'Europe Littéraire.</span></p> + +<p>29.—23 novembre 1832. «Messieurs, je serai très +heureux de pouvoir entrer pour quelque chose dans la +rédaction de votre nouveau journal». <i>Supplément au +Prospectus de l'Europe Littéraire, 1832. In-8<sup>o</sup></i>, p. 7.—<i>Revue +d'Histoire littéraire de la France</i>, 15 janvier 1898.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Directeur du National.</span></p> + +<p>30.—Janvier 1849. «Monsieur, j'apprends que le journal +«l'Événement» à propos des élections de l'Académie». +<i>Le National</i>, 13 janvier 1849.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Directeur de la Patrie.</span></p> + +<p>31.—Juin 1848. «Je lis dans votre journal qu'on avait +annoncé par erreur que j'étais destitué de la place de +Bibliothécaire». <i>La Patrie</i>, 20 juin 1848.—<i>La Presse</i>, +20 juin 1848. Souvent réimprimée.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Duc d'Orléans.</span></p> + +<p>32.—1838. «Monseigneur, les journaux annoncent +que M. Vatout, bibliothécaire de Sa Majesté, est chargé». +<i>Catalogue des autographes de M. Charles Keissner, 12 +mars 1889. Gabriel Charavay. In-8<sup>o</sup></i>, n<sup>o</sup> 126, fragment.—<i>La +Nouvelle Revue</i>, 15 janvier 1899, fragment. +<span class="pagenum"><a name="Page_227" id="Page_227">227</a></span></p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Du Camp</span> (Maxime).</p> + +<p>33.—1840. «Monsieur, je suis bien en retard envers +vous.» <i>Souvenirs littéraires par Maxime Du Camp. +Hachette, 1882. In-8<sup>o</sup>.</i> Tome I, p. 153.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Dumas</span> père (Alexandre).</p> + +<p>34.—16 juin 1848. «Mon cher Dumas, je viens de +lire «La France Nouvelle» et j'irai vous serrer la main». +<i>La France Nouvelle</i>, 21 juin 1848.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Fortoul</span> (Hippolyte), ministre de l'Instruction +publique.</p> + +<p>35.—27 août 1856. «Monsieur le ministre, je ne +puis assez remercier Votre Excellence des paroles de +bonté». <i>Bibliographie des Œuvres d'Alfred de Musset, +par M. Clouard. Rouquette, 1883. In-8<sup>o</sup></i>, p. XVI.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Foucher</span> (Paul).</p> + +<p>36.—Le Mans, 19 octobre 1827. «Je reviens, mon +cher ami, jeudi prochain». <i>L'Amateur d'Autographes</i>, +1<sup>er</sup> janvier 1867.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Girardin</span> (M<sup>me</sup> Émile de), née Delphine Gay.</p> + +<p>37.—7 janvier 1835. Fragment d'une lettre dans le +<i>Catalogue d'Autographes, vente le 24 février 1892, hôtel +Drouot. Paris, Gabriel Charavay. In-8<sup>o</sup></i>, n<sup>o</sup> 140.</p> + +<p>38.—Jeudi, 8 (juin 1848). «Il est vrai, madame, que +je ne suis pas conservé en qualité de conservateur». +<i>Études et Récits sur Alfred de Musset, par M<sup>me</sup> de Janzé. +Plon, 1891. In-12</i>, p. 93.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Grenier</span> (Édouard).</p> + +<p>39.—Lettre envoyée par Alfred de Musset au printemps +de 1843 et détruite accidentellement pendant la +Commune en 1871. Voir à ce sujet la <i>Revue Bleue</i> des +3 septembre et 15 octobre 1892, p. 301 et 492. +<span class="pagenum"><a name="Page_228" id="Page_228">228</a></span></p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Guttinguer</span> (Ulric).</p> + +<p>40.—1832. Honfleur, fragment d'une lettre: «Je n'ai +jamais tenté de faire une hymne à mon Dieu». <i>L'Événement</i>, +12 juin 1885.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Houssaye</span> (Arsène).</p> + +<p>Quatre lettres publiées dans: <i>Les Confessions, par +Arsène Houssaye. Dentu, 1885-1897. 6 vol. in-8<sup>o</sup>.</i></p> + +<p>41.—1842. Billet en réponse à une invitation: «Vous +me faites, mon cher maître, honneur et plaisir». Tome I, +planche de fac-similé XVII.</p> + +<p>42.—1851. «Je ne prétends pas être joué quatre fois +par semaine». Tome I, planche de fac-similé XVII.</p> + +<p>43.—1851. «Mon cher ami, j'ai reçu les deux billets». +Tome III, p. 253, et précédemment dans le +<i>Figaro</i>, 2 novembre 1882.</p> + +<p>44.—1853? «Mon cher ami, je vous avais parlé de +M<sup>me</sup> Brohan». Tome V, planche de fac-similé III.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Janin</span> (Jules).</p> + +<p>45.—(Décembre 1838). «Monsieur, je vous ai cherché +hier soir au Théâtre Français». <i>L'Événement</i>, 28 janvier +1886. Souvent réimprimée, traduite en allemand +dans <i>Frankfurter Zeitung</i>, 17 janvier 1890.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Jaubert</span> (M<sup>me</sup> Caroline), la «Marraine».</p> + +<p>J'ai pu vérifier sur les originaux le texte de moitié +environ des lettres adressées à «la Marraine» et publiées +soit dans les <i>Souvenirs de M<sup>me</sup> Jaubert, Hetzel, 1881. 1 vol. +in-12</i>, soit dans les <i>Œuvres posthumes d'Alfred de Musset. +Charpentier, 1867. 1 vol. in-12</i><a name="FNanchor_88" id="FNanchor_88" href="#Footnote_88" class="fnanchor">[88]</a>. Dans cette moitié +vérifiée, j'ai constaté qu'à côté de quelques lettres imprimées +sans changement, le plus grand nombre offre des +retouches ou des suppressions considérables. J'en conclus +<span class="pagenum"><a name="Page_229" id="Page_229">229</a></span> +que celles non vérifiées sont dans les mêmes conditions: +aussi vais-je donner mes indications pour tout ce +qui est publié<a name="FNanchor_89" id="FNanchor_89" href="#Footnote_89" class="fnanchor">[89]</a>.</p> + +<p>46.—1<sup>er</sup> avril 1836. «Belle Madame, style Musset, je +suis enfermé de nouveau». <i>Le Clairon</i>, 27 novembre +1881. Textuel.</p> + +<p>A.—(Mai ou juin 1836). «Vous avez eu grand tort, +Madame, de n'être pas venue ce soir au Théâtre Français». +<i>Œuvres posthumes</i>, p. 203. Dix lignes et un dessin supprimés +à la fin. (M<sup>lle</sup> Plessy dans le <i>Barbier de Séville</i>).</p> + +<p>B.—27 février 1837. «Madame, voici le fait: La Princesse +m'écrit qu'elle ne peut me bâtir un sujet». <i>Œuvres +posthumes</i>, p. 204. Post-scriptum de cinq lignes supprimé.</p> + +<p>47*.—28 juin 1837. «Madame, comme votre départ +m'avait un peu vexé». <i>Souvenirs</i>, p. 165.</p> + +<p>48.—17 octobre 1837. «Le bruit court que madame +Jaubert revient à Paris». <i>Souvenirs</i>, p. 139. Textuel.</p> + +<p>49.—(1837). «Marraine, le fieux est déconfit». +<i>Souvenirs</i>, p. 191. Deux mots changés sans importance.—<i>Le +Temps</i>, 12 janvier 1881.</p> + +<p>50.—27 octobre 1837. «Madame, vous avez trouvé le +vrai nom du sentiment qui nous unit». <i>Souvenirs</i>, +p. 160. Textuel, sauf le mot «Marraine» mis plusieurs +fois à la place de «Amie».</p> + +<p>C.—(15 décembre 1838). «Madame, mon arrangement +de loge a manqué ce soir». <i>Œuvres posthumes</i>, +p. 205. Une phrase changée.</p> + +<p>D.—17 décembre 1838. «Vous vous trompez, ma +chère marraine, en croyant que c'était sur vous que je +comptais». <i>Œuvres posthumes</i>, p. 206. Plusieurs phrases +supprimées ou changées.</p> + +<p>E.—(27 mars 1839). Lettre publiée dans la première +édition des <i>Œuvres posthumes</i> (<i>Charpentier, 1860. In-12</i>,</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_230" id="Page_230">230</a></span> +p. 101), sous le titre de: <i>Un souper chez M<sup>lle</sup> Rachel</i>, et +dont le texte est complètement remanié par Paul de +Musset. Comme terme de comparaison, en voici le début, +auquel ressemble toute la suite:</p> + +<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="comparaison"> +<colgroup span="3"> +<col align="left"></col> +<col align="center"></col> +<col align="left"></col> +</colgroup> +<tr> +<td><span class="smcap">Manuscrit</span><br /> + <br /> +«J'avais perdu l'adresse<br /> +exacte d'Angerville; je viens<br /> +de la retrouver trop tard.<br /> +Merci d'abord de la lettre de<br /> +<i>Paolita</i>. Elle est bien gentille,<br /> +mais moins que vous, qui ne<br /> +manquez jamais une occasion<br /> +d'envoyer un moment de joie<br /> +à ceux qui vous aiment? Vous<br /> +êtes la seule créature humaine,<br /> +mâle ou femelle, que<br /> +je connaisse faite ainsi. Un<br /> +bienfait n'est jamais perdu:<br /> +en réponse à votre lettre de<br /> +Desdémone, je veux vous<br /> +servir un souper chez mademoiselle<br /> +Rachel, qui vous<br /> +amusera peut-être, si nous <br /> +sommes toujours du même<br /> +avis. Ma petite scène sera<br /> +pour vous <i>seule</i>, d'abord<br /> +parce que la noble enfant<br /> +déteste les indiscrétions et<br /> +ensuite parce que, depuis<br /> +que je vais quelquefois chez<br /> +elle, on a fait tant de can-cans,<br /> +de bavardages et de<br /> +niaiseries, que j'ai pris le<br /> +parti de ne pas seulement<br /> +dire que je l'avais vue au<br /> +Français. On avait joué<br /> +<i>Tancrède</i>, etc...»<br /> + </td> +<td> </td> +<td><span class="smcap">Texte imprimé</span><br /> + <br /> +«Merci d'abord, madame<br /> +et chère marraine, pour la<br /> +lettre que vous me communiquez<br /> +de l'aimable <i>Paolita</i>.<br /> +Cette lettre est bien remarquable<br /> +et bien gentille; mais<br /> +que dirais-je de vous qui ne<br /> +manquez jamais une occasion<br /> +d'envoyer un peu de joie à<br /> +ceux qui vous aiment? Vous<br /> +êtes la seule créature humaine<br /> +que je connaisse faite<br /> +ainsi. Un bienfait n'est jamais<br /> +perdu. En réponse à votre<br /> +lettre de Desdémone, je veux<br /> +vous servir un souper chez<br /> +M<sup>lle</sup> Rachel, qui vous amusera,<br /> +si nous sommes toujours<br /> +du même avis, et si<br /> +vous partagez encore mon<br /> +admiration pour cette sublime<br /> +fille. Ma petite scène<br /> +sera pour vous seule, d'abord<br /> +parce que la noble enfant<br /> +déteste les indiscrétions et<br /> +ensuite parce qu'on a fait,<br /> +depuis que je vais quelquefois<br /> +chez elle, tant de sots<br /> +propos et de bavardages,<br /> +que j'ai pris le parti de ne<br /> +pas même dire que je l'ai vue<br /> +au Théâtre Français. On avait<br /> +joué <i>Tancrède</i>, etc...»</td> +</tr> +</table> + +<div class="figcenter"><img src="images/242_s.jpg" width="500" height="488" +alt="manuscrit" title="" /></div> + +<p class="center"><a href="images/242_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_231" id="Page_231">231</a></span> +Dans le dialogue entre Rachel et sa mère, puis entre la +tragédienne et l'auteur, il n'y a pas une seule phrase qui +n'ait subi quelque changement, soit par retranchement, +soit par addition. La fin manque dans l'original et Paul +de Musset l'a remplacée par une phrase de sa façon<a name="FNanchor_90" id="FNanchor_90" href="#Footnote_90" class="fnanchor">[90]</a>.</p> + +<p>51*.—Lundi, nuit (1839?). «Ma chère marraine, je +suis allé deux fois chez vous aujourd'hui». <i>Souvenirs</i>, +p. 183.</p> + +<p>52*.—Mardi (1839). «Je vous avais écrit une lettre +qui commençait ainsi». <i>Souvenirs</i>, p. 185.</p> + +<p>53.—Mercredi soir (1839?). «J'ai profondément +réfléchi et j'ai découvert que ce n'était pas la peine». +<i>Souvenirs</i>, p. 194. Textuel.</p> + +<p>54*.—S. D. (1839?). «Votre conseil était bon, chère +marraine; venant de vous, il devait l'être». <i>Souvenirs</i>, +p. 187.</p> + +<p>F.—(Fin mars 1840). «Comment allez-vous, ma +chère marraine, et que faites-vous?» <i>Œuvres posthumes</i>, +p. 208. Textuel.</p> + +<p>G.—Jeudi soir (juin 1840). «Voilà comme vous êtes, +vous autres femmes». <i>Œuvres posthumes</i>, p. 211. Nombreuses +coupures; plus de la moitié de la lettre est supprimée.</p> + +<p>H.—31 juillet 1840. «Si vous savez pourquoi vous +répondez vite et bien». <i>Œuvres posthumes</i>, p. 213. +Nombreuses coupures et un dessin supprimé. (Tombeau +d'un homme qui est allé à l'Opéra-Comique).</p> + +<p>55.—9 octobre 1840. «Vous êtes à la campagne, vous, +je suis à Paris, moi.» <i>Souvenirs</i>, p. 202. Quelques mots +changés.—<i>Illustration</i>, 22 mai 1880.</p> + +<p>56.—19 octobre 1840. «Encore une raison qui fait +<span class="pagenum"><a name="Page_232" id="Page_232">232</a></span> +que je vous réponds tard». <i>Souvenirs</i>, p. 203. Seulement +les vingt premières lignes de cette lettre, qui a huit +pages et est ornée d'un dessin. (Rachel me lance un +coup d'œil à la Hermione).</p> + +<p>57*.—Lundi matin (janvier 1841?).—«Madame, je +rentre de ma garde, et, à propos d'une baliverne». +<i>Souvenirs</i>, p. 220.</p> + +<p>I.—13 avril 1841. «Je ne puis aller ce soir chez vous, +ma chère marraine». <i>Œuvres posthumes</i>, p. 222. +Textuel.</p> + +<p>58.—(Juin 1841?). «Ai-je besoin de vous dire, ma +petite et blonde marraine, qu'une note de vous». Cette +lettre est publiée dans les <i>Souvenirs</i>, p. 218, comme étant +une lettre complète; mais sur une copie écrite par Paul +de Musset, en outre des nombreuses variantes, cela ne +formerait que la seconde partie d'une autre lettre, du +28 octobre 1844, que l'on, trouvera p. 204 des mêmes +<i>Souvenirs</i> (n<sup>o</sup> 64).</p> + +<p>59.—(2 avril 1842). «Madame, si un atome de moi +vivait encore». <i>Souvenirs</i>, p. 108. Textuel.</p> + +<p>60*.—(Juin ou juillet 1842?). «Eh bien, madame, +vous ne vouliez pas le croire». <i>Souvenirs</i>, p. 196.</p> + +<p>J.—Mardi, 26 (juillet 1842). «J'ai grogné tout mon +saoul, mais je ne veux pas écrire». <i>Œuvres posthumes</i>, +p. 167. Nombreux changements, plusieurs suppressions.</p> + +<p>61*.—Lundi (octobre 1842). «Il faut que je vous +aime terriblement, madame». <i>Souvenirs</i>, p. 212.</p> + +<p>62*.—Vendredi (octobre 1842). «Ainsi Uranie n'a pas +lu la Revue». <i>Souvenirs</i>, p. 209.</p> + +<p>63*.—(Novembre 1842?). «Voilà mon frère qui me +dit:—Aujourd'hui vendredi». <i>Souvenirs</i>, p. 215.</p> + +<p>K.—23 novembre (1842). «Je remercie d'abord la +plus petite de toutes, de n'avoir pas oublié son ancienne +coutume». <i>Œuvres posthumes</i>, p. 225. Nombreuses +coupures.</p> + +<div class="figcenter"><img src="images/245_s.jpg" width="350" height="239" +alt="théâtre" title="" /></div> + +<p class="center"><a href="images/245_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_233" id="Page_233">233</a></span> +64*.—Vendredi, 28 (octobre 1844). «Ce qui fait qu'on +n'a pas répondu plus tôt à sa marraine, c'est que le +fieux». <i>Souvenirs</i>, p. 204. Voir n<sup>o</sup> 58.</p> + +<p>65.—(1851). Billet. <i>Souvenirs</i>, p. 224.</p> + +<p>66*.—S. D. «Est-ce que nous sommes brouillés +aussi, marraine». <i>Souvenirs</i>, p. 207.</p> + +<p>67*.—S. D. Dimanche. «Je ne suis pas content, marraine, +je suis ennuyé et dérangé». <i>Souvenirs</i>, p. 217.</p> + +<p>68*. S. D. «Madame, il vous est arrivé certainement +très souvent de souffler dans un ballon sec». <i>Souvenirs</i>, +p. 194. <i>Le Temps</i>, 12 janvier 1881.</p> + +<p>69*.—S. D. «J'ai besoin d'un renseignement musical +que ma sœur me dit ne pas pouvoir me donner». <i>Souvenirs</i>, +p. 176.</p> + +<p>70*.—S. D. «Mon grand-père avait fait un jour acquisition +de deux petits bœufs d'airain». <i>Souvenirs</i>, p. 180. +Une phrase changée.</p> + +<p>71.—S. D. «Voulez-vous, madame, être assez bonne +pour me renvoyer les romances de M. Cervini». <i>Inventaire +des Autographes Fillon. Séries V à VIII. Étienne +Charavay, 1878. In-8<sup>o</sup></i>, p. 147.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Levrault</span> (M<sup>me</sup>), banquier, à Strasbourg.</p> + +<p>Trois lettres publiées dans les <i>Annales de l'Est</i>, n<sup>o</sup> 4, +octobre 1887.</p> + +<p>72. Bade, 18 septembre 1834. «Madame, vous avez +peut-être déjà reçu du directeur de la <i>Revue des Deux-Mondes</i> +un mot d'avis».</p> + +<p>73.—Bade, septembre 1834. «Madame, j'ai écrit à +Paris pour qu'on me fasse passer quelqu'argent».</p> + +<p>74.—Strasbourg, octobre 1834. «Madame, je pars à +l'instant et je ne puis vous remercier moi-même».</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Liszt</span> (Frantz).</p> + +<p>Deux lettres publiées dans <i>Études et Récits sur Alfred +<span class="pagenum"><a name="Page_234" id="Page_234">234</a></span> de Musset, par</i> M<sup>me</sup> <i>la vicomtesse de Janzé. Plon, 1871. +1 vol. in-12.</i></p> + +<p>75.—20 juin 1836. «Votre lettre, mon ami, m'a fait +double plaisir», p. 20.</p> + +<p>76.—Novembre 1836. «Je voulais aller vous voir +aujourd'hui, mon cher Liszt», p. 192.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Marette</span> (Monsieur), à Paris.</p> + +<p>77.—31 mars 1840. Billet par lequel il le prie de +remettre ses appointements au porteur. <i>Nouvelle Revue</i>, +15 janvier 1899.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Mérimée</span> (Prosper).</p> + +<p>78.—1832. «Au moment de terminer mes épreuves, +j'ai oublié de vous demander une autorisation». <i>Revue +rétrospective</i>, 1<sup>er</sup> mai 1891.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Montalivet</span> (le Comte de).</p> + +<p>79.—23 octobre 1838. «Monsieur le Comte, permettez-moi +de vous témoigner la vive reconnaissance». +<i>Nouvelle Revue</i>, 15 janvier 1899.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Musset</span> (M<sup>me</sup> Edmée de), sa mère.</p> + +<p>80.—14 septembre 1848. «Je ne pouvais, ma chère +mère, recevoir une meilleure nouvelle». <i>Nouvelle Revue</i>, +15 janvier 1899, fragment.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Musset</span> (Paul de), son frère.</p> + +<p>81.—1<sup>er</sup> décembre 1842. «Je te remercie de tout mon +cœur, mon cher ami, de la bonne lettre que tu m'écris». +<i>Biographie d'Alfred de Musset par Paul de Musset. Charpentier, +1877. In-12</i>, p. 283. Deux coupures.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Péhant</span> (Émile), à Nantes.</p> + +<p>82.—29 novembre 1854. «Monsieur, je n'avais point +oublié votre nom, mais je ne savais pas que vous habitiez +Nantes.» <i>Jeanne la Flamme, par Émile Péhant. +Hachette, 1872. In-12</i>, p. IX.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_235" id="Page_235">235</a></span></p> +<p class="left5"><span class="smcap">Renduel</span> (Eugène), éditeur.</p> + +<p>Deux lettres, publiées dans <i>Le Romantisme et l'éditeur +Renduel</i>, <i>par Adolphe Jullien</i>. <i>Charpentier, 1897</i>, 1 vol. +in-12.</p> + +<p>83.—9 septembre 1832. «Monsieur, je voudrais bien +que vous m'écrivissiez franchement», p. 172.</p> + +<p>84.—Lundi, 1832. «Voilà qui s'appelle agir d'une +façon aimable», p. 174.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Sainte-Beuve.</span></p> + +<p>85.—(1829). «Je ne vais pas vous voir, mon ami, +c'est que je ne le puis». <i>Indépendance belge</i>, 23 mai 1880.—<i>Revue +hebdomadaire</i>, 1<sup>er</sup> août 1896.</p> + +<p>86.—9 septembre 1829. «Voilà un f... temps pour +la chasse, mon ami». <i>Catalogue de la librairie Detaille</i>, +1<sup>er</sup> mai 1887. <i>Le Pays</i>, 3 février 1888. <i>Le Constitutionnel</i>, +9 février 1888. Longs fragments.</p> + +<p>87.—27 avril 1834. «J'ai à vous remercier, mon cher +Sainte-Beuve, de l'intérêt». <i>Cosmopolis</i>, mai 1896, +p. 435.</p> + +<p>88.—(Novembre 1834). «Je vous suis bien reconnaissant, +mon cher ami, de l'intérêt». <i>Cosmopolis</i>, mai 1896, +p. 435.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Sand</span> (M<sup>me</sup> George).</p> + +<p>Les lettres écrites par George Sand à Alfred de Musset +sont publiées dans la <i>Revue de Paris</i> du 1<sup>er</sup> novembre +1896, puis réunies à celles adressées à Sainte-Beuve, à la +librairie C. Lévy, 1897. 1 vol. in-12. Celles d'Alfred de +Musset à George Sand paraîtront assurément quelque +jour; où et quand, je l'ignore. En attendant cette publication, +on en trouvera de nombreux extraits dans:</p> + +<p>1<sup>o</sup> <i>Revue politique et littéraire</i> (Revue Bleue), 15 octobre +1892. George Sand et Alfred de Musset, par E. Grenier.</p> + +<p>2<sup>o</sup> <i>Alfred de Musset par M<sup>me</sup> Arvède Barine. Paris, +Hachette, 1892.</i> 1 vol. in-12.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_236" id="Page_236">236</a></span> 3<sup>o</sup> <i>Cosmopolis</i>, revue internationale, 1<sup>er</sup> mai et 1<sup>er</sup> juin +1896. La Véritable Histoire de «Elle et Lui», par M. le +vicomte de Spoelberch de Lovenjoul. Ces deux articles, +réunis en volume et considérablement augmentés, ont +été publiés à la librairie Calmann Lévy, 1897. 1 vol. +in-12.</p> + +<p>4<sup>o</sup> <i>Revue Hebdomadaire</i>, 1<sup>er</sup> août 1896. Un roman vécu +à trois personnages, par le docteur Cabanès. Joint à la +2<sup>e</sup> Série de <i>Le Cabinet secret de l'histoire</i>, du même +auteur. Librairie A. Charles, 1897. 1 vol. in-8<sup>o</sup>, orné des +portraits de G. Sand et du docteur Pagello, et de fac-similés +d'écriture.</p> + +<p>5<sup>o</sup> <i>La Revue de Paris</i>, 15 août 1896. Alfred de Musset +et George Sand, par M. Clouard. Publié séparément et +augmenté. Imprimerie Chaix, 1896. Br. in-8<sup>o</sup> avec deux +portraits de G. Sand, dessinés par Alfred de Musset et +un fac-similé, suivi d'un Index bibliographique. Cette +notice, jointe au présent volume, renferme de nouveaux +documents inconnus jusqu'à ce jour, pris sur les originaux.</p> + +<p>J'omets avec intention un livre signé Paul Mariéton. +Les textes cités dans cet ouvrage sont, d'une façon générale, +absolument inexacts: la <i>copie</i> qui servit à M. Mariéton +a été écrite par moi, et lui a été communiquée à +mon insu, malgré les promesses faites, par la personne à +laquelle je l'avais confiée. Cette copie a été prise sur +celle <i>arrangée</i> par George Sand, qui est fort incomplète +et présente de grandes différences de texte avec une autre +copie qu'on m'affirme avoir été prise sur les originaux.</p> + +<p>Je n'entrerai pas ici dans le détail de tous ces extraits +et me bornerai à indiquer seulement ce qui est complet.</p> + +<p>89.—Août 1834. «Je t'envoie ce dernier adieu, ma +bien aimée». <i>L'Homme Libre</i>, 14 avril 1877. Très long +fragment.</p> + +<p>A.—<span class="smcap">George Sand</span>. 19 avril 1838. «Mon cher Alfred, +<span class="pagenum"><a name="Page_237" id="Page_237">237</a></span> j'ai reçu ta lettre la veille de mon départ de Nohant». +<i>Véritable Histoire de «Elle et Lui», etc...</i>, <i>1897</i>, p. 130.</p> + +<p>B.—<span class="smcap">George Sand.</span> 30 avril 1840. «Elle (la correspondance) +est à Nohant, dans un coffre dont j'ai les clefs +ici». <i>Cosmopolis</i>, mai 1896, p. 445.</p> + +<p>C.—<span class="smcap">George Sand.</span> Vendredi (mai 1840). «Les lettres +sont arrivées. Si vous voulez venir». <i>Cosmopolis</i>, mai +1896, p. 445.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Schozko</span> (M<sup>me</sup> Olympe).</p> + +<p>90.—S. D. «Madame, mon ami Alfred Tattet dîne +aujourd'hui avec la M.» <i>Gazette de Paris</i>, 12 juillet 1857. +Les noms propres sont supprimés.</p> + +<p>91.—Février 1836. «Pichrocholine, avez-vous bien +dormi?» <i>Gil Blas</i>, 26 mai 1880. <i>L'Événement</i>, 8 décembre +1897.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Second</span> (Albéric).</p> + +<p>92.—14 septembre 1848. «Monsieur, les apparences, +je le vois, sont trompeuses, car votre sous-préfecture». +<i>La Comédie Parisienne</i>, 10 mai 1857.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Tattet</span> (Alfred).</p> + +<p>93.—12 novembre 1834. «Tout est fini. Si par +hasard on vous faisait quelques questions». <i>La Revue +de Paris</i>, 15 août 1896.</p> + +<p>94.—20 juillet 1835. «Votre lettre, mon cher Alfred, +est arrivée comme je n'étais pas à Paris». <i>La Revue de +Paris</i>, 15 août 1896. Deux coupures, relatives à une affaire +personnelle à M. A. Tattet.</p> + +<p>95.—(1838). «J'apprends, mon cher Alfred, que vous +avez manqué plusieurs fois». <i>La Revue de Paris</i>, 15 août +1896.</p> + +<p>96.—Vendredi, 17 (août 1838). «Tout ce que je +puis vous dire, mon cher Alfred». <i>Le Figaro</i>, 6 avril +1883. Fragment.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_238" id="Page_238">238</a></span> +97.—14 mai 1844. «Mon cher ami, je viens d'avoir +une fluxion de poitrine». <i>Le Figaro</i>, 6 avril 1883. +Fragments.</p> + +<p>98.—Mirecourt, 18 mai 1845. «Votre lettre est bien +aimable, mon cher Alfred». <i>Le Figaro</i>, 6 avril 1883 et +<i>La France</i>, 7 avril 1883. Fragments.</p> + +<p>99.—20 août (1845). «Ecce iterum Crispinus. Me +voilà à Paris, mon cher Alfred». <i>La France</i>, 7 avril 1883. +Fragment.</p> + +<p>A.—17 octobre 1845. «Mon cher Alfred, parmi les +raisons qui m'ont empêché d'aller vous retrouver». Le +texte publié dans les <i>Œuvres Posthumes</i> d'Alfred de +Musset, p. 234, offre de nombreux changements avec l'original; +le <i>Figaro</i>, du 6 avril 1883, donne tout le début +correctement.</p> + +<p>100.—Jeudi, 15 (1848). «Mon cher ami, je trouve ce +matin le nom de votre oncle». <i>Le Figaro</i>, 6 avril 1883. +Fragment.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Tattet</span> (Madame Caroline).</p> + +<p>101.—Angers, 6 octobre (1848?) «Madame, je reçois +votre très aimable lettre au retour de plusieurs endroits». +<i>Le Figaro</i>, 6 avril 1883 et <i>La France</i>, 7 avril 1883. Fragments.—En +entier dans la <i>Gazette Anecdotique</i> du +30 juin 1885, qui l'emprunte au précédent numéro des +<i>Annales Politiques et Littéraires</i>.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Vigny</span> (Alfred de).</p> + +<p>102.—Mercredi, 20 (octobre 1829). Fragment d'une +lettre par laquelle il lui demande un billet pour la première +représentation d'Othello.—<i>Revue des Autographes, +n<sup>o</sup> 176. Avril, 1895. Paris, Gab. Charavay</i>, n<sup>o</sup> 186.</p> + +<p>Quatre lettres publiées dans <i>Études et Récits sur Alfred +de Musset</i>, <i>par M<sup>me</sup> la vicomtesse de Janzé</i>. <i>Plon, 1891. +1 vol. in-12.</i></p> + +<p>103.—17 décembre (1829). «Mon cher monsieur, +<span class="pagenum"><a name="Page_239" id="Page_239">239</a></span> puis-je espérer que vous voudrez bien venir entendre», +p. 70.</p> + +<p>104.—(19 décembre 1829). «Que vous êtes bon d'être +venu», p. 71.</p> + +<p>105.—Mercredi (1831). «Je suis comme ces femmes +enceintes qui croient toujours», p. 71.</p> + +<p>106.—S. D. Fragment: «Une troupe d'oiseaux de +passage», p. 73.</p> + +<p>107.—6 août 1832. Il le remercie d'une soirée qu'il lui +a fait passer chez ses cousines. <i>Catalogue de lettres autographes. +Vente le 15 novembre 1899, hôtel Drouot. +Paris, Noël Charavay, 1899. In-8</i>, n<sup>o</sup> 116. Fragment.</p> + +<p class="left5"><span class="smcap">Destinataires inconnus.</span></p> + +<p>108.—S. D. «Madame, j'ai une faveur à vous demander +pour un de mes amis». <i>L'Autographe</i>, 15 février 1865.</p> + +<p>109.—29 août 1854. «Monsieur, il m'est absolument +impossible de rien comprendre à l'erreur singulière». +<i>Miscellanées Bibliographiques. Rouveyre, 1878. In-8<sup>o</sup></i>, +p. 90.</p> + +<p>110.—S. D. Billet à une dame: «Je suis tout à vos +ordres, madame, mais vous les donnez de telle façon, +que vous me permettrez de remercier avant d'obéir.—Alfred +de Musset». <i>Catalogue de lettres autographes, +vente Hôtel Drouot, le 27 novembre 1888. Paris, Ét. +Charavay. In-8<sup>o</sup></i>, n<sup>o</sup> 128.</p> + +<p>111.—Sous le numéro 1195 des <i>Nouvelles acquisitions +françaises</i>, est déposé à la Bibliothèque Nationale, à Paris, +un paquet cacheté renfermant une correspondance, qui +ne devra être ouvert et le contenu publié qu'en 1910.—Voir +p. <a href="#Page_214">214</a>.</p> + +<hr class="c5" /> + +<p>D'autres lettres d'Alfred de Musset doivent encore +avoir été imprimées. Puissent de plus habiles chercheurs +<span class="pagenum"><a name="Page_240" id="Page_240">240</a></span> les découvrir et les ajouter à cette nomenclature assurément +incomplète.</p> + +<p class="p2 c">NOTE</p> + +<p>Le <span class="smcap">Musée Français</span> de mars 1858, publie, page 5, le +texte de ce billet d'Alfred de Musset à Béranger:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«Je vous aime, d'abord parce que vous vous appelez +Béranger; je vous aime aussi et beaucoup, parce que vous +avez fait le <i>Voyage imaginaire</i>, le voyage de Grèce; j'aime +tant les Grecs.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset.»</span></p></div> + +<p>Ceci a dû être écrit en 1828, mais il faudrait retrouver +l'original avant que de l'admettre comme authentique.</p> + +<div class="figcenter"><img src="images/108_s.jpg" width="200" height="175" +alt="end chap5" title="" /></div> + +<p class="center"><a href="images/108_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_241" id="Page_241">241</a></span></p> + +<p class="c"><b>ALFRED DE MUSSET</b></p> + +<p class="s"><b>BIBLIOTHÉCAIRE DU MINISTÈRE</b></p> + +<p class="center"><small><b>ET</b></small></p> + +<p class="s"><b>LAURÉAT DE L'ACADÉMIE</b></p> + +<p><span class="pagenum invisible"><a name="Page_242" id="Page_242">242</a></span></p> + +<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_243" id="Page_243">243</a></span></p> + +<div class="figcenter"><img src="images/111_s.jpg" width="500" height="115" +alt="chap6" title="" /></div> + +<p class="center"><a href="images/111_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<h2>ALFRED DE MUSSET</h2> + +<p class="c"><b>BIBLIOTHÉCAIRE DU MINISTÈRE</b></p> + +<p class="center"><small><b>ET</b></small></p> + +<p class="c"><b>LAURÉAT DE L'ACADÉMIE</b></p> + +<hr class="c5" /> + +<p class="c">I</p> + +<p>En 1838, Alfred de Musset, déjà célèbre comme poète +et écrivain dramatique, après les <i>Contes d'Espagne et +d'Italie</i>, et les trois volumes d'<i>Un Spectacle dans un Fauteuil</i>, +venait de publier ses contes et ses nouvelles, dans +la <i>Revue des Deux-Mondes</i>, montrant ainsi une nouvelle +face de son talent. Mais cela donnait plus de gloire que +de profit: ce que lui rapportaient ses écrits, et la rente +qu'il tenait de sa famille assuraient certainement sa vie +matérielle; mais l'auteur de <i>Frédéric et Bernerette</i> n'eût +pas été mécontent de trouver un emploi qui lui laissât la +faculté de travailler à sa guise, et dont les émoluments +lui eussent permis de satisfaire toutes ses fantaisies.</p> + +<p>Cet emploi vint s'offrir de lui-même: Sa Majesté Louis-Philippe, +voulant améliorer les divers services des +Bibliothèques de la Maison du Roi, chargea M. Vatout, +<span class="pagenum"><a name="Page_244" id="Page_244">244</a></span> son bibliothécaire et secrétaire particulier, de les réorganiser<a name="FNanchor_91" id="FNanchor_91" href="#Footnote_91" class="fnanchor">[91]</a>. +Bien qu'il dût connaître M. Vatout, qui remplissait +ces fonctions de secrétaire depuis de longues +années et qu'il n'était pas sans avoir rencontré à Neuilly, +Alfred de Musset préféra s'adresser à son ancien condisciple, +le duc d'Orléans, dont la haute protection ne pouvait +lui faire défaut:</p> + +<p>—Les journaux annoncent, écrivait-il au duc, que +M. Vatout est chargé de la réorganisation des Bibliothèques +de la Maison du Roi: «J'ose recourir à la bonté de +Votre Altesse et la supplier de me recommander à +M. Vatout. J'espère en cette occasion que Votre Altesse +Royale me pardonnera de l'importuner et qu'elle ne +voudra bien voir dans les demandes que je lui adresse +qu'un désir de cultiver, grâce aux bontés de Votre +Altesse, des goûts qui ont dirigé toutes mes études et +auxquels ma position ne me permet pas de me livrer +entièrement<a name="FNanchor_92" id="FNanchor_92" href="#Footnote_92" class="fnanchor">[92]</a>».</p> + +<p>Le duc d'Orléans avait à cœur de réparer l'accueil +déplorable fait par son père au sonnet <i>Au Roi, après +l'attentat de Meunier</i>; aussi, la réponse ne se fit point +attendre, et dans une lettre en date du 22 octobre 1838, +<span class="pagenum"><a name="Page_245" id="Page_245">245</a></span> M. de Montalivet, en même temps que ses félicitations, +adressait à Alfred de Musset copie de l'arrêté suivant:</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="center">«<i>Ministère de l'Intérieur.</i></p> + +<p class="left5"><span class="smcap">«ARRÊTÉ:</span></p> + +<p>«Nous, pair de France, ministre secrétaire d'État au +département de l'Intérieur,</p> + +<p>«Avons arrêté et arrêtons ce qui suit:</p> + +<p>«<i>Article I<sup>er</sup>.</i>—M. Alfred de Musset est nommé Conservateur +de la Bibliothèque du Ministère de l'Intérieur, de la +collection des médailles et du dépôt des ouvrages publiés à +Paris et dans les départements.</p> + +<p>«<i>Art. II.</i>—M. Alfred de Musset jouira en la dite qualité +et à partir du 1<sup>er</sup> novembre prochain, d'un traitement annuel +de trois mille francs, qui sera imputé sur le crédit du chapitre +1<sup>er</sup> du budget de notre ministère.</p> + +<p>«<i>Art. III.</i>—Le Secrétaire Général du Ministère et le chef +de division de comptabilité générale, sont chargés, chacun +en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté.</p> + +<p>«Fait à Paris, le 19 octobre 1838.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Montalivet».</span></p></div> + +<p>La lettre du Ministre était accompagnée d'une lettre +de son Secrétaire Général:</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="right">«Paris, 22 octobre 1838.</p> + +<p class="left5">«Monsieur,</p> + +<p>«Je ne puis laisser partir la lettre de M. de Montalivet, +qui vous annonce votre nomination de Conservateur de la +Bibliothèque du Ministère de l'Intérieur, sans y joindre un +témoignage de la satisfaction que cette décision m'a fait +éprouver. Quand vous viendrez au Ministère, je vous prie de +prendre la peine de passer à mon cabinet. Je désirerais +causer avec vous de différentes choses relatives à vos nouvelles +fonctions.</p> + +<p>«Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Edmond Blanc</span>».</p> + +<p class="left5">«A monsieur Alfred de Musset.»</p></div> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_246" id="Page_246">246</a></span> +Alfred de Musset s'empressa d'adresser ses remerciements +au Ministre:</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="right">«Paris, 23 octobre 1838.</p> + +<p class="left5">«Monsieur le Comte,</p> + +<p>«Permettez-moi de vous témoigner la vive reconnaissance +dont me remplit la lettre pleine de grâce et de bonté par +laquelle vous voulez bien me prévenir de la décision que +vous venez de prendre à mon égard. Je ne puis répondre à +la faveur dont vous m'honorez qu'en vous suppliant de +croire que je m'estimerai heureux si mes services peuvent +être de quelqu'utilité.</p> + +<p>«Veuillez aussi être persuadé, Monsieur le Comte, que si +mon travail et mes efforts peuvent jamais me conduire à +quelque succès, je n'oublierai en aucune circonstance que +c'est à vous que je le devrai.</p> + +<p>«Je suis avec le plus profond respect, Monsieur le Comte, +votre très humble et très dévoué serviteur.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset</span>».</p></div> + +<p>Cette nomination fit quelque peu crier, parce que +c'était encore un rédacteur de la <i>Revue des Deux-Mondes</i>, +déjà très favorisée, qui en était le bénéficiaire:</p> + +<div class="blockquot"> +<p><span class="smcap">«Une feuille littéraire transformée en feuille des +bénéfices.</span></p> + +<p>«Voici la liste des grâces accordées aux rédacteurs de la +<i>Revue des Deux-Mondes</i>:</p> + +<p>M. Buloz, nommé commissaire royal près le Théâtre +Français.</p> + +<p>M. Loeve-Weimars, nommé secrétaire d'ambassade.</p> + +<p>M. Lerminier, nommé maître des requêtes.</p> + +<p>M. Edgard Quinet, nommé professeur de littérature étrangère +à la Faculté des Lettres de Rennes.</p> + +<p>M. Gustave Planche, nommé professeur de littérature +anglaise à la Faculté des Lettres de Bordeaux. +<span class="pagenum"><a name="Page_247" id="Page_247">247</a></span> M. Marmier, nommé professeur à la Faculté de Montpellier.</p> + +<p>M. Alfred de Musset, nommé Bibliothécaire du Ministère +de l'Intérieur.</p> + +<p>M. Henri Blaze, attaché à l'ambassade de Danemarck.</p> + +<p>On ne dit pas ce qu'a obtenu le portier de l'établissement».</p></div> + +<p>Telles sont les réflexions émises par le <i>Charivari</i> du +17 octobre 1838. Mais on était unanime à trouver juste +que l'auteur du poème sur la <i>Naissance du Comte de +Paris</i> reçût une récompense, lui qui, admis dans l'intimité +du Duc d'Orléans, s'était jusqu'à ce jour tenu à +l'écart et n'avait pas profité de l'amitié que lui portait le +fils du Roi, non plus que des relations de sa famille avec +celle du Prince<a name="FNanchor_93" id="FNanchor_93" href="#Footnote_93" class="fnanchor">[93]</a>, pour se faire donner quelque sinécure +largement rétribuée.</p> + +<p>Peu de jours après sa nomination, Alfred de Musset +eut une première entrevue avec M. Edmond Blanc, et, +n'ayant pas reçu les indications qui lui avaient été promises, +il lui écrivait de nouveau:</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="right">«4 novembre 1838.</p> + +<p class="left5">«Monsieur le Secrétaire Général,</p> + +<p>«Lorsque vous m'avez fait l'honneur de me recevoir, vous +avez eu la bonté de me dire que je recevrais de votre part +quelques indications relatives à la bibliothèque du ministère. +C'est à partir du 1<sup>er</sup> novembre que mes fonctions devaient +commencer. La crainte que vos nombreuses occupations ne +me fassent oublier, et l'ignorance où je suis du lieu même où +je dois me présenter, me font prendre la liberté de vous +rappeler la promesse que vous avez bien voulu me faire.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_248" id="Page_248">248</a></span> +«J'ai l'honneur d'être, Monsieur, avec la plus haute considération,</p> + +<p>«Votre très humble et très dévoué serviteur,</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset</span>.</p> + +<p class="left5">«59, rue de Grenelle-Saint-Germain».</p></div> + +<p>Une seconde entrevue eut vraisemblablement le +résultat désiré et Alfred de Musset y reçut les instructions +complémentaires qu'il demandait, car il entra +bientôt en fonctions; il est juste de dire qu'elles lui laissaient +de si grands loisirs, qu'au ministère même, bien +des personnes ne se doutaient pas qu'il y eût un bibliothécaire. +C'était à ce point qu'Alfred de Musset ne +venait pas toujours chercher lui-même ses appointements +comme le témoigne ce billet que je copie parmi deux +ou trois autres analogues<a name="FNanchor_94" id="FNanchor_94" href="#Footnote_94" class="fnanchor">[94]</a>.</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center">«<i>Monsieur Marette, au Ministère de l'Intérieur.</i></p> + +<p>«Je serai obligé à Monsieur Marette s'il veut avoir la +complaisance de remettre au porteur de cette lettre mes +appointements du mois de mars.</p> + +<p>«Son très humble serviteur,</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset</span>».</p> + +<p class="left5">«31 mars 1840».</p></div> + +<p>J'ajouterai que cette légende subsiste encore aujourd'hui +dans les bureaux du ministère de l'intérieur, qu'un +jour, un des amis du poète l'ayant rencontré à la porte +du ministère et lui ayant demandé: «Que faites-vous +là?» Musset aurait répondu: «Je suis venu voir si ma +bibliothèque existait réellement».</p> + +<p>Personne, du reste, ne lui adressait le moindre +reproche et je n'ai trouvé que l'<i>Artiste</i> qui, dans sa +<span class="pagenum"><a name="Page_249" id="Page_249">249</a></span> livraison du 27 mars 1842, ait essayé une légère protestation.... +en faveur de Paul de Musset:</p> + +<p class="blockquot"> +«.....A vrai dire, et tout en applaudissant de grand cœur à +cette mesure, qui nous semble très juste et très digne, nous +concevrions plutôt que cette place eût été donnée au frère +de l'auteur de la <i>Confession d'un Enfant du Siècle</i>, à M. Paul +de Musset, qui a fait tant d'ingénieuses et spirituelles +esquisses de la <i>Fronderie</i> et qui a donné la preuve au moins +d'une réelle et intelligente érudition historique.—<span class="smcap">Vauve +des Roys</span>.»</p> + +<p class="center">*<br /> +* *</p> + +<p>En 1845, Alfred de Musset fut nommé Chevalier de +l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur:</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="right">«Paris, ce 30 avril 1845.</p> + +<p class="left5">«Monsieur,</p> + +<p>«J'ai l'honneur de vous informer que, par une Ordonnance +signée le 24 courant, le Roi vous a nommé Chevalier +de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur.</p> + +<p>«Je me félicite, Monsieur, d'avoir à vous transmettre ce +témoignage de la bienveillance de Sa Majesté et de l'estime +qu'elle fait de vos travaux.</p> + +<p>«Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération la +plus distinguée.</p> + +<p class="right">«<i>Le Ministre de l'Instruction publique</i>,<br /> +«<span class="smcap">Salvandy</span>.</p> + +<p class="left5">«A Monsieur Alfred de Musset, homme de lettres».</p></div> + +<p>Et le 1<sup>er</sup> mai paraissait cet entrefilet au <i>Moniteur Universel</i> +(p. 1144), car l'insertion des nominations dans +l'ordre de la Légion d'Honneur ne devint obligatoire +qu'à dater du 19 juillet 1845.</p> + +<p class="blockquot"> +«MM. de Balzac, Frédéric Soulié et Alfred de Musset +viennent d'être nommés membres de la Légion d'Honneur».</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_250" id="Page_250">250</a></span> +Dans son Courrier de Paris, l'<i>Illustration</i> du 3 mai 1845 +commente ainsi cette triple nomination:</p> + +<p class="blockquot"> +«.....On annonce que le gouvernement vient de donner +la croix d'honneur à MM. de Balzac, Alfred de Musset et +Frédéric Soulié. Un journal félicite le Ministère, qui, spontanément +et sans y être sollicité par MM. de Balzac, Musset et +Soulié, a fait cette galanterie aux trois écrivains, bouquet de +fête du 1<sup>er</sup> juillet. Assurément, MM. Musset, Soulié et Balzac +ont plus d'esprit et de talent qu'il n'en faut pour se passer +d'une croix et d'un ruban, mais puisqu'ils ne l'ont pas demandée +et qu'on la leur donne, ils n'ont rien à se reprocher. Ce +sont de ces petits cadeaux qui ne font plus guère de tort à +personne et qui entretiennent l'amitié. Peut-être est-ce un +acte de contrition que fait le gouvernement pour tant de croix +attachées sur tant de poitrines équivoques? Peut-être aussi +commence-t-on à reconnaître que le plus sûr moyen d'honorer +la croix d'honneur, après tant de croix jetées à la faveur +aveugle et à la vanité mendiante, et de décorer les hommes +qui la méritent véritablement, consisterait à la donner à ceux +qui ne la demandent pas.....»</p> + +<p class="center">*<br /> +* *</p> + +<p>Le 24 février 1848, éclata la Révolution qui renversa +Louis-Philippe, et le lendemain entrait en fonctions un +gouvernement provisoire composé de MM. Alphonse de +Lamartine, Adrien Crémieux, Marie, Garnier-Pagès, +Dupont (de l'Eure), Ledru-Rollin et Arago.</p> + +<p>Le 20 avril 1848, le <i>Moniteur Universel</i> publiait un premier +décret réglementant la bibliothèque du Ministère de +l'Intérieur.</p> + +<p>Le 5 mai, paraissait au même <i>Moniteur Universel</i>, un +nouveau décret:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="center">«<i>Au nom du Peuple Français,</i></p> + +<p>«Le Gouvernement Provisoire,</p> + +<p>«Considérant que la réorganisation générale des services +<span class="pagenum"><a name="Page_251" id="Page_251">251</a></span> publics doit entraîner de nombreuses réformes et suppressions +d'emplois;..................................................</p> + +<p class="left5">«Décrète ce qui suit:</p> + +<p>«<i>Article I.</i>—Les fonctionnaires et employés qui, du +25 février au 25 juillet de la présente année, auront été réformés, +pour cause de suppression d'emploi, de réorganisation +ou par toute autre mesure administrative qui n'aurait pas le +caractère de révocation ou de destitution, pourront obtenir +pension s'ils réunissent vingt ans de services, dont quinze +ans au moins entièrement accomplis dans la partie active ou +vingt-cinq ans indistinctement accomplis dans la partie active +ou sédentaire.</p> + +<p>«Cette pension sera calculée pour chaque année de service +civil à raison d'un soixantième du traitement moyen des +quatre dernières années d'exercice. En aucun cas, elle ne +devra excéder le maximum de la pension de retraite affectée +à chaque emploi.</p> + +<p>«<i>Art. II.</i>—Ceux des fonctionnaires et employés réformés +qui ne comporteront pas la durée de service exigée par +l'article précédent, obtiendront une indemnité temporaire +réglée dans les proportions fixées par le dit article et dont la +jouissance sera limitée à un temps égal à celui de la durée +de leur service dans le ministère ou l'administration où se +terminera leur activité.</p> + +<p>«<i>Art. III.</i>—</p> + +<p>«Fait à Paris, le 2 mai 1848, en Conseil de Gouvernement.</p> + +<p class="left30">«<i>Les Membres du Gouvernement Provisoire:</i><br /> +«<span class="smcap">Dupont</span> (de l'Eure), <span class="smcap">Arago, Flocon,<br /> +Lamartine, Albert Crémieux,<br /> +Garnier-Pagès, Armand Marrast,<br /> +Marie, Louis Blanc, Ledru-Rollin.</span></p> + +<p class="right">«Pour copie conforme:<br /> +«<i>Le Chef du Secrétariat,</i><br /> +<span class="smcap">«B. Saint-Hilaire</span>».</p></div> + +<p>Trois jours plus tard, étaient signés ces deux arrêtés, +qu'on évita soigneusement de publier<a name="FNanchor_95" id="FNanchor_95" href="#Footnote_95" class="fnanchor">[95]</a>: +<span class="pagenum"><a name="Page_252" id="Page_252">252</a></span></p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="center"><span class="smcap">«RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.</span></p> + +<p class="right">«Paris, 5 mai 1848.</p> + +<p class="left5">«Au nom du Peuple,</p> + +<p>«Le Ministre de l'Intérieur arrête:</p> + +<p>«Le citoyen Alfred de Musset, bibliothécaire au Ministère +de l'Intérieur, est révoqué de ses fonctions.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Ledru-Rollin</span>».</p> + +<p class="center p2"><span class="smcap">«RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.</span></p> + +<p class="right">«Paris, 5 mai 1848.</p> + +<p class="left5">«Au nom du Peuple,</p> + +<p>«Le Ministre de l'Intérieur arrête:</p> + +<p>«Le citoyen Marie Augier est nommé aux fonctions de +bibliothécaire au Ministère de l'Intérieur; il jouira d'un traitement +de 3,000 francs à partir du 1<sup>er</sup> mai courant.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Ledru-Rollin</span>».</p></div> + +<p>On voit, par ces textes, que le citoyen ministre appelait +les choses par leur nom et aimait les situations +nettes<a name="FNanchor_96" id="FNanchor_96" href="#Footnote_96" class="fnanchor">[96]</a>. Mais était-ce bien Ledru-Rollin le véritable +auteur de cette révocation? Il est permis d'en douter. +Nul n'ignore que le ministre de l'Intérieur avait pour +conseiller intime l'héroïne de Venise qui, subitement +éprise des théories socialistes, venait de se lancer dans +la politique et stupéfiait ses concitoyens par les principes +qu'elle émettait dans les <i>Bulletins de la République</i>. Ce +simple rapprochement de noms suffit, ce me semble, +pour indiquer la part de responsabilité qui incombe à +chacun. Et, même en admettant que George Sand n'eût +pas demandé la destitution de Musset, qu'elle ait simplement +<span class="pagenum"><a name="Page_253" id="Page_253">253</a></span> laissé faire Ledru-Rollin qui la signa pour lui complaire, +elle eut un tort immense, car il y allait de son +honneur d'empêcher cet acte, pour ne pas être accusée +de basse vengeance, et si elle ne le pouvait, elle eût au +moins dû protester publiquement, afin d'éviter tout +soupçon.</p> + +<p>L'arrêt qui le frappait fut notifié à Alfred de Musset +par cette lettre qui ne lui parvint que dans les premiers +jours du mois de juin, M. Recurt, docteur-médecin, étant +Ministre de l'Intérieur, M. Ledru-Rollin ayant été révoqué +le 11 mai 1848<a name="FNanchor_97" id="FNanchor_97" href="#Footnote_97" class="fnanchor">[97]</a>:</p> + +<div class="blockquot"> +<p class="left5">«Citoyen,</p> + +<p>«J'ai le regret de vous annoncer que par un arrêté du +5 mai courant, le Ministre vous a admis à faire valoir vos +droits à la retraite.</p> + +<p>«Salut et Fraternité.</p> + +<p>«Paris, 8 mai 1848.</p> + +<p class="right">«<i>Le Secrétaire général</i>,<br /> +<span class="smcap">«Carteret</span>».</p></div> + +<p>Malgré les précautions prises en haut lieu, cette inqualifiable +mise à pied ne tarda pas à être connue, et les +journaux, à la seule exception de ceux payés par le +gouvernement, se rangèrent du côté d'Alfred de +Musset:</p> + +<div class="blockquot"> +<p><span class="smcap">Les Saltimbanques</span>, <i>n<sup>o</sup> 2, juin 1848</i>.—«Une brutale destitution +vient de frapper Alfred de Musset; on l'a traité comme +un homme vulgaire; il est vrai que tous les hommes sont +égaux devant l'ordonnance du médecin».</p> + +<p><span class="smcap">La Providence</span>, <i>12 juin 1848</i>.—«M. Alfred de Musset, +bibliothécaire au Ministère de l'Intérieur, vient d'être révoqué +de ses fonctions. Si nos informations sont exactes, cette nouvelle +lui aurait été signifiée de la façon la plus inattendue et +la plus blessante. Il est impossible de contenir la douleur +que de pareils actes inspirent. La destitution de M. Lebrun +et de M. Mignet était déjà un fait déplorable; celle de M. de +<span class="pagenum"><a name="Page_254" id="Page_254">254</a></span> Musset est un attentat envers la littérature française et elle +ne peut le laisser passer sans protester..... On a donné pour +successeur à M. Mignet un monsieur Des Reeys, dont le nom +n'était connu de personne; le remplaçant du poète de <i>Rolla</i> +et de <i>Un Spectacle dans un Fauteuil</i> est un monsieur Marie +Augier, qui n'a rien de commun avec l'auteur de <i>La Ciguë</i> et +de l'<i>Aventurière</i>. Qu'est-ce que M. Marie Augier?»</p></div> + +<p>Dans son numéro du 13 juin, <i>La Providence</i> revient +encore sur la destitution d'Alfred de Musset et reproche +à M. Flocon d'ôter une sinécure à un écrivain distingué +pour la donner à un homme obscur: «Ah! si M. de +Musset, au lieu d'écrire ses charmants proverbes, avait +seulement fait des bandes pour <i>La Réforme</i>!»</p> + +<p>L'<i>Artiste</i>, du 15 juin, paraphrasant les formules officielles, +annonce qu'en vertu du décret: «Ote-toi de là +que je m'y mette, un grand citoyen, rédacteur de <i>La +Réforme</i>, est autorisé à prendre les trois mille francs +que touchait M. Alfred de Musset».</p> + +<p>Le <i>Charivari</i>, du 15 juin, sous le titre de: «Une destitution +anti-littéraire», constate que les hommes du +nouveau gouvernement mettent à bas tous ceux qui ont +un renom, pour les remplacer par des gens obscurs, +leurs créatures.</p> + +<p class="blockquot"> +<span class="smcap">Pamphlet quotidien illustré</span>, <i>15 juin</i>.—«M. Alfred de +Musset persistait, malgré le décret du gouvernement provisoire +qui supprime les titres de noblesse, à conserver son +nom patronymique en se parant de l'infâme particule. La +place de ce factieux de lettres a été accordée à un écrivain +aussi remarquable par l'éclat de son talent que par la persistance +de ses opinions démocratiques..... Il est vrai que +M. Alfred de Musset avait eu le tort d'écrire des chefs-d'œuvre; +M. Augier (Marie) n'a aucun tort de ce genre à se +reprocher: il appartient à <i>La Réforme</i>».</p> + +<p>Mais la dernière phrase de l'article de <i>La Providence</i> +du 12 juin avait vexé M. Marie Augier, qui adressa cette +lettre au directeur: +<span class="pagenum"><a name="Page_255" id="Page_255">255</a></span></p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="center">«<i>Au citoyen Rédacteur de</i> La Providence,</p> + +<p class="left5">«Citoyen Rédacteur,</p> + +<p>«Si l'on en croit l'article que vous publiez ce matin, je +suis nommé bibliothécaire du Ministère de l'Intérieur, aux +lieu et place de M. Alfred de Musset.</p> + +<p>«Je n'ai nullement connaissance de cette nomination; je +ne l'ai point sollicitée, et, n'étant point nommé, je n'ai rien à +refuser.</p> + +<p>«Vous demandez ce <i>que</i> c'est que M. Marie Augier?</p> + +<p>«Dans une république, citoyen, non seulement on peut, +mais on doit demander aux hommes <i>qui</i> ils sont. C'est seulement +sous une monarchie qu'on demande ce <i>que</i> ils sont.</p> + +<p>«J'aurais passé sous silence votre article de ce matin, +mais je me devais à moi-même, je devais à mes amis, de +déclarer qu'aujourd'hui, plus que jamais, ma véritable place +est au milieu d'eux, en restant ce <i>que</i> je suis, ce <i>que</i> j'ai été, +<i>journaliste</i>, pour défendre la République contre ses ennemis +de la veille et du lendemain.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Marie Augier</span>,<br /> +«Rédacteur de <i>La Réforme</i>».</p></div> + +<p>Et cependant l'arrêté de M. Ledru-Rollin existe, qui +nomme M. Marie Augier bibliothécaire?</p> + +<p>Mais la plus énergique, la plus chaleureuse protestation +fut celle d'Alexandre Dumas, dans son journal <i>La +France Nouvelle</i>, du 16 juin 1848:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«Il y a des choses que nous ne laisserons jamais passer +dans l'ombre sans aller à elles et sans les traîner au grand +jour de la place publique...</p> + +<p>«Alfred de Musset, l'auteur des <i>Romances espagnoles</i>, du +<i>Spectacle dans un Fauteuil</i>, de cinq ou six romans, de dix +nouvelles adorables qui sont dans toutes les mémoires, de +vingt proverbes charmants qui sont sur toutes les tables, +Alfred de Musset vient d'être révoqué de ses fonctions de +bibliothécaire au Ministère de l'Intérieur. Qui a permis cet +inqualifiable renvoi? Est-ce vous, M. Recurt? Oui. Mais qui +êtes-vous donc pour toucher à un nom comme celui que +nous venons de prononcer? D'où venez-vous, si vous ne le +<span class="pagenum"><a name="Page_256" id="Page_256">256</a></span> connaissez pas? De quel droit, vous qui êtes obligé, pour +ajouter un titre à votre nom, de vous appeler républicain de +la veille, de quel droit venez-vous, fort de la position que +vous avez escamotée, reprendre à un homme de génie la +position qu'il a conquise?</p> + +<p>«...Comment, voilà un écrivain qui a doté notre langue +d'une admirable poésie; voilà un poète qui est le frère de +Lamartine, de Hugo et de Byron; voilà un romancier qui est +le rival de l'abbé Prévost, de Balzac, de George Sand; voilà +un auteur dramatique qui, avec un seul acte, a fait gagner à +la Comédie-Française plus d'argent que vous ne lui en donnez, +vous, en six mois; voilà, enfin, un de ces penseurs qui +n'a pas une seule fois sacrifié la dignité de l'art aux ambitions +de fortune et de position; voilà un génie qui n'a +demandé à Dieu et aux hommes que la liberté de vivre et +de penser à son aise; qui n'a jamais été ni d'un club politique, +ni d'une coterie littéraire; et il se trouve un ministre +qui passe, et qui, en passant, lui prend, pour y mettre qui +donc? la place qui lui assurait cette liberté qu'il demandait, +et qui n'était pas même l'<i>aurea mediocritas</i> d'Horace. Oh! +c'est pitié qu'il y ait tant de places en France, que nos républicains +en ont tous; qu'ils en ont pour eux, pour leurs +frères, pour leurs fils, pour leurs neveux, pour leur coiffeur, +pour leur valet de chambre, pour leurs usuriers; et qu'il se +trouve un poète, Alfred de Musset, à qui la République +vienne prendre sa place. Ils ne savent donc pas, les hommes +qui font de pareilles choses, qu'ils n'avaient qu'un moyen +de transmettre leurs noms à l'avenir, c'était de faire juste le +contraire de ce qu'ils font. Ils ne savent donc pas qu'il y a +une royauté que ni émeute, ni barricade, ni révolution, ni +république ne changeront, c'est la royauté de la pensée du +génie.....»</p></div> + +<p>Alexandre Dumas termine en faisant un appel à +Lamartine, poète et législateur; mais, hélas! M. de +Lamartine était beaucoup trop occupé de lui-même pour +prêter la moindre attention aux autres, surtout lorsque +ces autres ne pouvaient lui être d'aucune utilité pour le +maintenir dans sa situation politique.</p> + +<p>A la lecture de ces lignes, Alfred de Musset s'empressa +<span class="pagenum"><a name="Page_257" id="Page_257">257</a></span> de remercier leur auteur par une lettre que la <i>France +Nouvelle</i> inséra dans son numéro du 21 juin:</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="right">«Vendredi, 16 juin 1848.</p> + +<p class="left5">«Mon cher Dumas,</p> + +<p>«Je viens de lire la <i>France Nouvelle</i> et j'irai vous serrer la +main. Mais il faut que je vous remercie à l'instant même de +la vive émotion que je ressens. Vous me rendez fier, mon +ami, et vous me donnez le droit de l'être, lorsqu'un homme +tel que vous daigne écraser une petite maladresse sous de si +belles, si braves et si nobles paroles.</p> + +<p>«Une autre impression encore m'a été au cœur, c'est +notre vieille amitié toujours jeune, et ce sentiment plein de +force et de dignité qui fait qu'ayant dans les mains l'arme la +plus puissante et la plus redoutable, si vous tirez l'épée pour +attaquer, c'est en même temps pour défendre.</p> + +<p>«A vous de cœur</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset</span>».</p></div> + +<p>De son côté, la <i>Patrie</i> du 16 juin prenait violemment +à partie M. Recurt:</p> + +<p class="blockquot"> +«.....Ce grand ministre peut bien laisser autour de lui se +dorloter dans les directions et dans les bureaux, des employés +supérieurs très connus pour le mal qu'ils n'ont cessé de +répandre dans les Beaux-Arts. Mais un poëte, un pauvre +diable, qui n'a que du talent et du génie, deux misères! un +fou qui est resté attaché à sa vocation comme à sa chaîne! +Ah! fi! c'était à faire rougir la gent administrative. Et +M. Recurt a rayé d'un trait de plume le nom de M. de Musset. +Il y a longtemps que les sarcasmes de Molière, à l'endroit +des médecins, tourmentaient M. le docteur Recurt; il se +venge sur M. Alfred de Musset. Le pauvre homme!.....»</p> + +<p>Si peu sensible qu'ils eussent l'épiderme, les hauts +personnages du Ministère de l'Intérieur finirent par se +sentir désagréablement chatouillés par toutes les choses +désobligeantes qui leur étaient dites, et M. Dieudonné, +chef de cabinet de M. Recurt, écrivit au directeur de la +<i>Patrie</i>: +<span class="pagenum"><a name="Page_258" id="Page_258">258</a></span></p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="right">«Paris, 17 juin 1848.</p> + +<p class="left5">«Citoyen Rédacteur,</p> + +<p>«Dans un article très long, mais fort peu bienveillant, +vous annoncez que le citoyen Recurt, ministre de l'intérieur, +a révoqué de ses fonctions de bibliothécaire du ministère de +l'intérieur le citoyen Alfred de Musset.</p> + +<p>«La seule réponse qu'on puisse faire à cet article est que +le citoyen Recurt, ministre de l'intérieur, n'a pas plus révoqué +le citoyen Musset qu'il n'a pourvu à son remplacement.</p> + +<p>«Je vous prie, citoyen Rédacteur, de bien vouloir insérer +cette lettre dans la <i>Patrie</i> de ce soir.</p> + +<p>«Salut et fraternité.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Dieudonné</span>».</p></div> + +<p>Cette lettre fut publiée dans la <i>Patrie</i> du 18 juin, et le +20 juin, le même journal donnait la réponse d'Alfred de +Musset:</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="left5">«Monsieur,</p> + +<p>«Je lis dans votre journal qu'on avait annoncé par erreur +que j'étais destitué de la place de bibliothécaire, et que le +ministre a fait démentir ce bruit. Voici, à ce sujet, la lettre +que j'ai reçue un mois après sa date:</p> + +<p>(<i>Suit la lettre de M. Carteret du 8 mai 1848</i>).</p> + +<p>«Cette lettre, vous le voyez, est aussi claire que laconique. +Quant aux droits à la retraite, pour en avoir, il faudrait que +j'eusse été nommé bibliothécaire à l'âge où j'apprenais à lire. +Veuillez croire, Monsieur, que je n'aurais jamais songé à +entretenir le public d'une chose de si peu d'importance, si je +n'étais pas profondément touché des marques d'intérêt et de +bienveillance que j'ai reçues de la presse en cette occasion.</p> + +<p>«Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma parfaite +considération.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset</span>».</p></div> + +<p>Ces deux lettres firent le tour de la presse, accompagnées +des marques non équivoques du mépris qu'inspirait +la conduite de ceux qui, par un misérable jeu de +<span class="pagenum"><a name="Page_259" id="Page_259">259</a></span> mots, voulaient égarer l'opinion<a name="FNanchor_98" id="FNanchor_98" href="#Footnote_98" class="fnanchor">[98]</a>. Quant à liquider la +pension de retraite d'Alfred de Musset, en vertu de l'article +2 du décret du 2 mai 1848, il n'en fut jamais +question.</p> + +<div class="blockquot"> +<span class="smcap">Le Pamphlet quotidien illustré</span>, <i>20 juin 1848</i>.—«...Subterfuge +odieux, escobarderie ridicule! mensonge trois fois stupide! +Non, ce n'est pas M. Recurt qui a révoqué le noble esprit! +C'est monseigneur Ledru-Rollin, ex-pacha de l'intérieur: +Ah! vous espériez donner le change à la presse! Ah! vous +vouliez nous <i>flouer</i> la vérité comme vous nous avez floué la +république! Comme vous vous êtes partagé les ministères! +Intelligences abruties par le pouvoir et la popularité, vous +vous attaquez aux poëtes maintenant, c'est-à-dire à quelque +chose de plus inoffensif qu'un enfant, de plus faible qu'une +femme, de plus sacré qu'un prêtre. Platon chassait les poëtes +de la République, mais il ne les condamnait pas au dénuement; +il les reconduisait à la frontière au son des doubles +flûtes et des cymbales d'airain; il couronnait leurs têtes de +fleurs comme l'agneau des sacrifices, et les disait fils des +dieux. Vous, <i>vous flanquez à la porte</i>, brutalement, mesquinement, +stupidement! Voilà bien les profanateurs, et quels +profanateurs! les écrivains des fameux <i>Bulletins</i> de la république... +Que dira l'avenir, quand on écrira: Lamartine +était tout puissant, Alfred de Musset ne fut rien, pas même +bibliothécaire...» +</div> + +<p>La <i>Liberté</i> du 22 juin ayant publié l'entrefilet suivant:</p> + +<div class="blockquot"> +«M. Alfred de Musset n'a point, comme on l'avait cru, été +révoqué de ses fonctions de bibliothécaire du ministère de +l'intérieur.» +</div> + +<p>Le <i>Pamphlet quotidien</i> du 23 juin releva vertement +cette récidive de mensonge, ajoutant: «Nous tenons de +<span class="pagenum"><a name="Page_260" id="Page_260">260</a></span> bonne source que la Société des Gens de Lettres +doit protester publiquement contre l'affront fait aux +lettres dans la personne de M. Alfred de Musset».—Dans +le <i>Gamin de Paris</i> du 21-24 juin, Fouyon plaide la +cause d'Alfred de Musset et demande qu'on nous laisse +nos poètes: «On dit que les savants n'aiment quelquefois +pas les poètes; mais tu ne peux donner ce motif-là, +toi».—Alexandre Dumas attaque de nouveau +M. Recurt dans la <i>France Nouvelle</i> du 24 juin.—Il n'est +pas jusqu'au <i>Diogène Sans Culotte</i> (22-25 juin) qui ne +fasse entendre sa voix.</p> + +<p>Voici donc la bibliothèque du Ministère de l'Intérieur +sans titulaire, Alfred de Musset ayant été destitué, et +M. Marie Augier n'ayant pas accepté sa nomination. +Malgré mes recherches, il m'a été impossible de savoir +quel avait été le successeur immédiat d'Alfred de Musset +et à quelle époque remontait sa nomination. Le <i>Moniteur +Universel</i> du 7 juillet publie un arrêté du président du +Conseil des ministres (E. Cavaignac), pris sur la proposition +du ministre de l'intérieur (Senart), portant +organisation du personnel du ministère de l'intérieur, +dont un bibliothécaire archiviste, aux appointements +de 4,000 fr. Mais il n'y a pas trace d'une nomination quelconque.</p> + +<p>Le <i>Corsaire</i> du 24 août dit: «Voilà quelques jours, +une ordonnance vient de se glisser dans les colonnes du +<i>Moniteur</i>, qui nomme M. Édouard Charton aux fonctions +précitées». Il doit y avoir erreur, par suite de similitude +de nom: le <i>Moniteur</i> du 10 août donne un arrêté qui +nomme M. Édouard Carteron bibliothécaire du Ministère +des Affaires étrangères. On ne trouve pas, aux archives +du Ministère de l'Intérieur, trace d'arrêté de nomination +de M. Édouard Charton. Il est vrai que d'avril à +décembre 1848, le classement des pièces présente plusieurs +lacunes, ce qui n'a rien d'étonnant, vu le nombre +<span class="pagenum"><a name="Page_261" id="Page_261">261</a></span> de ministres, secrétaires et chefs de cabinet, qui se sont +succédé en quelques mois.</p> + +<p>Ce qu'il y a de certain, c'est qu'à la date du 1<sup>er</sup> janvier +1849, l'emploi de bibliothécaire du Ministère de l'Intérieur +était occupé par M. Niel, antérieurement chef de +bureau au même ministère. Mais à quelle date précise +a-t-il pris possession de ces fonctions, c'est ce qu'il n'a +pas été possible de vérifier, l'arrêté de sa nomination ne +se trouvant pas aux archives.</p> + +<p class="p2 center">II</p> + +<p>L'Académie Française, blessée par les procédés des +citoyens Ledru-Rollin et Recurt, et autant pour dédommager +un peu le poète de la brutale destitution qui +l'avait frappé, que pour protester contre les actes des +hommes au pouvoir, résolut d'attribuer un prix à Alfred +de Musset. Le choix porta sur la fondation de M. le +comte de Maillé Latour-Landry<a name="FNanchor_99" id="FNanchor_99" href="#Footnote_99" class="fnanchor">[99]</a>; l'intention était +bonne, mais son application donna lieu à de fâcheuses +interprétations; l'Académie n'eut pas le courage de dire +qu'elle voulait réparer une injustice, et les termes dont +elle se servit pour déguiser son offrande ne pouvaient +être plus mal choisis.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_262" id="Page_262">262</a></span> Alfred de Musset fut proclamé lauréat dans la séance +du 17 août 1848 (voir le <i>Moniteur Universel</i> du 18 août). +Aussitôt qu'il en fut averti, le poète, ne connaissant pas +les qualificatifs qui accompagnaient ce prix, écrivit une +lettre de remerciement au Directeur de l'Académie, lettre +que nous retrouverons plus loin. Mais quand, après la +séance publique, il sut les motifs allégués, devenu fort +perplexe, il demanda conseil à son frère Paul:</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="left5">«Mon cher ami,</p> + +<p>«En voilà une tuile désagréable! J'étais averti que l'Académie +me décernait un prix, mais je ne savais pas en quels +termes. On vient de me les dire et je les trouve blessants. Il +y a vingt ans que j'écris; j'en ai tout à l'heure trente-huit, et +on m'apprend que je suis un jeune homme qui mérite d'être +encouragé à poursuivre sa carrière. Quand la critique me +fait de ces compliments-là, je les méprise; mais de la part de +l'Académie, c'est plus grave. Il m'en coûterait de paraître +orgueilleux ou susceptible, et cependant, puis-je à mon âge +me laisser traiter d'écolier? Que faire? J'ai besoin d'avoir ton +avis là-dessus. Attends-moi ce soir avant de te coucher ou +laisse la clef à ta porte. Il faut que nous causions ensemble<a name="FNanchor_100" id="FNanchor_100" href="#Footnote_100" class="fnanchor">[100]</a>.</p> + +<p class="left5">«Jeudi soir [17 août 1848].</p> + +<p class="right">«<span class="smcap">Alfred de Musset.</span>»</p></div> + +<p>Il fut décidé qu'Alfred de Musset, prenant un moyen +terme, accepterait le prix, mais ne le conserverait pas. +Le <i>National</i> du 19 août tourna tant soit peu en ridicule +Messieurs de l'Académie:</p> + +<p class="blockquot"> +«Nous admirons fort l'Académie d'avoir su découvrir que +M. Alfred de Musset, après dix-huit ans de succès, était un +talent <i>déjà</i> remarquable et méritait d'être encouragé à poursuivre +sa carrière dans les lettres. Cela prouve un discernement +profond. Nous admirons cette condescendance de vouloir +<span class="pagenum"><a name="Page_263" id="Page_263">263</a></span> bien encourager un talent consacré par l'estime du public, +depuis ses débuts qui datent de 1830; nous admirons +cette complaisance à reconnaître que ce talent commence à +donner des <i>espérances</i>, lorsque tout le monde, excepté les +académiciens qui ne lisent rien, sait par cœur ses poésies; +lorsqu'il n'y a pas de jour où les affiches des théâtres n'annoncent +ses pièces, que les académiciens ne connaissent +point, parce qu'ils se gardent bien d'aller au spectacle et de +se tenir au courant de la littérature dramatique; lorsque le +Théâtre de la République doit à M. Alfred de Musset ses merveilleuses +recettes: encourager ce talent à poursuivre sa +carrière, c'est trop de bonté.....»</p> + +<p>Le <i>Charivari</i> du 19 août accentue la note et espère +que «M. de Musset ne peut pas être complice de cet +acte», lui qui perd un traitement de trois mille francs, +et dont les pièces sont les seules qui fassent recette au +Théâtre Français. Non, l'Académie a manqué de dignité +pour elle et pour le poète; si elle veut à toute force servir +M. de Musset, pourquoi ne lui donnerait-elle pas le +fauteuil laissé vide par la mort de Chateaubriand: +«Voilà comment l'Académie se fût honorée en honorant +le poète; mais ce prix Maillé Latour-Landry, fi donc! +jamais je ne pourrai oublier le sourire et l'ironie de +M. Villemain en proclamant la décision de l'Académie».</p> + +<p>Le <i>Bien Public</i> du 21 août insère une note sur cette +attribution.</p> + +<p>A la suite de sa conférence avec son frère, Alfred de +Musset avait adressé une lettre au <i>National</i>, qui la publia +dans son numéro du 21 août, avec ce commentaire<a name="FNanchor_101" id="FNanchor_101" href="#Footnote_101" class="fnanchor">[101]</a>:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«Nous recevons de M. Alfred de Musset, une lettre qui ne +nous étonne pas de la part d'un poëte homme de cœur. Nos +lecteurs, qui sont au courant des termes du programme des +prix décernés en 1848 par l'Académie Française, apprécieront +<span class="pagenum"><a name="Page_264" id="Page_264">264</a></span> le sentiment de modestie et de générosité qui a dicté +cette lettre, et l'Académie elle-même ne peut manquer d'approuver +la destination donnée par M. Alfred de Musset au +prix d'encouragement qu'elle lui a décerné.»</p> + +<p class="center">«Au citoyen rédacteur du journal le <i>National</i>.</p> + +<p class="right">«Paris, ce 20 août 1848.</p> + +<p class="left5">«Monsieur,</p> + +<p>«L'Académie Française m'a fait l'honneur, dans sa dernière +séance, de me donner le prix fondé comme encouragement +par M. le comte de Maillé de Latour-Landry. Ce +secours, accordé pour un an, consiste en une somme de +treize cents et quelques francs, intérêts d'un capital de +30.000 fr. légué par le testateur et placé en rentes sur l'État.</p> + +<p>«Voulez-vous être assez bon, monsieur, pour ajouter cette +somme à celles que vous avez déjà reçues en faveur des victimes +des événements de juin 1848? Je m'empresserai de la +verser entre vos mains aussitôt qu'elle me sera parvenue.</p> + +<p>«Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma parfaite +considération.</p> + +<p class="right">«<span class="smcap">Alfred de Musset</span>.»</p></div> + +<p>Le <i>Corsaire</i> du 23 août approuve cette lettre.</p> + +<p>Mais dans sa séance du jeudi 24 août 1848, l'Académie +Française décida que la <i>Note</i> suivante serait adressée au +<i>Moniteur Universel</i>, qui l'inséra dans son numéro du 25 +août:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«Une lettre publiée dans plusieurs journaux et signée de +M. Alfred de Musset, ferait penser que l'Académie Française +avait légèrement attribué à cet écrivain distingué, le prix +fondé par M. Maillé Latour-Landry. La seule réponse à +faire, c'est que l'Académie n'a pris cette décision qu'après +s'être assuré que M. Alfred de Musset connaissait le caractère +de ce prix et qu'il l'accepterait; et, en effet, il a remercié +l'Académie par la lettre suivante:</p> + +<p class="left5">«Monsieur le Directeur,</p> + +<p>«J'ai reçu avec reconnaissance la faveur dont on a bien +voulu m'honorer.</p> + +<p><span class="pagenum"><a name="Page_265" id="Page_265">265</a></span> «Permettez-moi de vous prier de faire agréer tous mes +remerciements à l'Académie.</p> + +<p>«Veuillez, Monsieur le Directeur, recevoir l'assurance de +ma parfaite considération.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset</span>.»</p> + +<p>«L'Académie décide que la présente note sera transmise +au <i>Moniteur</i> avec prière de la publier.</p> + +<p class="right">«Certifié conforme:<br /> +«<i>Le Secrétaire perpétuel de l'Académie Française.</i><br /> +<span class="smcap">«Villemain</span>.»</p></div> + +<p>Le <i>National</i>, où Paul de Musset venait d'entrer comme +rédacteur, répondit le 27 août à Messieurs de l'Académie:</p> + +<p class="blockquot"> +«L'Académie Française paraît s'être émue de la destination +patriotique donnée par M. Alfred de Musset au prix +fondé par M. de Maillé Latour-Landry. Une note publiée +dans le <i>Moniteur</i> d'hier et signée de M. Villemain, affirme +que M. Alfred de Musset, en acceptant ce prix, en connaissait +le <i>caractère</i>, et cette note est accompagnée de la lettre de +remerciement et d'acceptation du poëte. Si le but de cette +réclamation officielle de l'Académie est de répondre aux +réflexions du <i>National</i> et de plusieurs autres journaux sur +les termes du programme de la séance du 17 août, l'Académie +eût mieux fait de garder le silence. Car nous savons et +nous répétons que, si M. de Musset avait été averti du <i>caractère</i> +de ce prix, il n'a connu le <i>texte</i> blessant du programme +que le jour de la séance publique. Ni la lettre d'acceptation, +ni la note de M. Villemain ne détruisent l'exactitude de cette +assertion. Mais si l'Académie Française trouve mauvais que +M. Alfred de Musset ait donné le montant du prix qui lui est +décerné aux victimes des événements de juin 1848, nous +regrettons que la note de M. Villemain ne s'exprime pas plus +nettement sur ce point. Nous aurions été bien aises d'être +édifiés sur les sentiments de l'Académie et le motif de son +blâme.»</p> + +<p>M. Taxile Delord, dans le <i>Spectateur Républicain</i> du +27 août, après avoir résumé les arguments des deux parties, +leur donne tort à toutes deux: à l'Académie qui, +comme protestation, eût dû admettre Alfred de Musset +<span class="pagenum"><a name="Page_266" id="Page_266">266</a></span> dans son sein au lieu de lui jeter une aumône; au poëte, +en changeant la destination primitive du prix Maillé +Latour-Landry, au lieu de le refuser.</p> + +<p>Puis, le silence se fit. Le 28 octobre 1848, Alfred de +Musset toucha le montant de son prix, et on trouve dans +le <i>National</i> du 16 novembre cette note qui met fin au +débat:</p> + +<p class="blockquot"> +«Nous avons reçu de monsieur Alfred de Musset la +somme de treize cents francs que nous avons versée entre +les mains de M. le Maire du 2<sup>e</sup> arrondissement, pour être +distribuée aux blessés des journées de Juin 1848».</p> + +<p class="p2 center">III</p> + +<p>Pendant que ces faits se passaient à l'Académie Française, +la Société des Gens de Lettres ne restait pas inactive. +A son instigation, dans la séance de l'Assemblée +Nationale du 11 juillet, le ministre de l'Intérieur, +M. Senart, proposait un arrêté demandant l'ouverture +d'un crédit de 500.000 francs, pour être réparti entre les +divers théâtres de Paris, dont 105.000 francs pour le +Théâtre de la République (Comédie Française).</p> + +<p>Le 13 juillet, était nommée une commission de cinq +membres, chargée d'étudier le dossier: MM. Victor +Hugo, Félix Pyat, Étienne Arago, Léon de Malleville et +Evariste Bavoux.</p> + +<p>Le 17 juillet, lecture en séance publique, à l'Assemblée +Nationale, par le citoyen Victor Hugo, de son rapport +sur les subventions à accorder aux théâtres et d'un projet +de décret portant à 680.000 francs le crédit ouvert au +Ministre de l'Intérieur.</p> + +<p>Le 24 juillet, l'Assemblée Nationale adopte un décret +en vertu duquel un crédit extraordinaire de 680.000 fr. +<span class="pagenum"><a name="Page_267" id="Page_267">267</a></span> est ouvert au Ministre de l'Intérieur, pour être répartis +entre les divers théâtres de Paris, y compris le théâtre +de la Nation (Opéra); sur ce crédit, une somme de 5.000 +francs sera prélevée pour une inspection générale des +théâtres. La répartition sera faite de quinzaine en quinzaine, +par cinquièmes égaux, pour être terminée le 1<sup>e</sup>r +octobre. Deux tiers seront affectés au paiement des +artistes et employés, l'autre tiers attribué aux directeurs.</p> + +<p>Dans la même séance, l'Assemblée adopte un autre +décret en vertu duquel un crédit de 200.000 francs est +ouvert au Ministre de l'Intérieur pour encouragement +aux Beaux-Arts, et un crédit de 100.000 francs au Ministre +de l'Instruction Publique pour encouragement aux +Belles-Lettres<a name="FNanchor_102" id="FNanchor_102" href="#Footnote_102" class="fnanchor">[102]</a>.</p> + +<p>La commission du Ministère de l'Instruction publique +(M. de Vaulabelle, ministre), se composait de MM. Albert +de Luynes, Charles de Rémusat, Hauréau, Littré, L. Dupaty, +Prosper Mérimée et P. Génin.</p> + +<p>Le 14 septembre 1848, Alfred de Musset écrivait à sa +mère, en ce moment chez sa fille à Angers:</p> + +<div class="blockquot"> +<p>«.....Le ministre de l'intérieur vient de réparer, un peu +et jusqu'à un certain point, de la manière la plus aimable, la +sottise de l'Académie. Les auteurs dramatiques, joués depuis +février, étaient compris dans les fonds d'indemnité donnés +aux théâtres. Cela n'a rien que de fort honorable. Il était +reconnu que les théâtres avaient moins gagné à cause de la +Révolution. Par conséquent, les auteurs devaient y avoir +perdu. On a donc envoyé à chacun une petite somme; mon +nom a été mis en tête pour mille francs. Ce n'est pas le +Pérou, mais enfin, les pauvres gens, tu sais de quoi ils +vivent, et les autres n'ont guère eu que moitié! Le Directeur +des Beaux-Arts m'a annoncé cela avec les compliments les +plus flatteurs de la part du Ministre. Tu penses bien que +<span class="pagenum"><a name="Page_268" id="Page_268">268</a></span> cette fois, j'ai accepté: non, ce n'est point comme à l'Académie! +Qui pourrait en être vexé?.....</p> + +<p>«Ton fils qui t'aime.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«Alfred de Musset.</span>»</p></div> + +<p>Ce fut donc cette unique somme de mille francs qui +fut remise à Alfred de Musset, pour l'indemniser de sa +destitution par M. Ledru-Rollin. L'Académie Française +répara sa maladresse un peu plus tard, en admettant le +poète au nombre de ses membres, le 12 février 1852 (la +réception officielle n'eut lieu que le 27 mai). Mais la +réparation ne fut complète que le 18 mars 1853, jour où +le <i>Moniteur Universel</i> publia ces lignes:</p> + +<p class="blockquot"> +«Par arrêté en date du 15 mars, Monsieur le Ministre de +l'Instruction Publique et des Cultes a nommé monsieur +Alfred de Musset, membre de l'Académie Française, bibliothécaire +du Ministère de l'Instruction publique.»</p> + +<p>Et ce fut le Ministre de l'Instruction publique lui-même, +M. Hippolyte Fortoul, qui, dès 1834, avait été le +collaborateur d'Alfred de Musset à la <i>Revue des Deux-Mondes</i><a name="FNanchor_103" id="FNanchor_103" href="#Footnote_103" class="fnanchor">[103]</a>, +et tenait le poète en haute estime, qui le +voulut prévenir de sa nomination<a name="FNanchor_104" id="FNanchor_104" href="#Footnote_104" class="fnanchor">[104]</a>:</p> + +<div class="blockquot"> + +<p class="right">«Paris, le 18 mars 1853.</p> + +<p class="left5">«Mon cher monsieur,</p> + +<p>«J'ai le plaisir de vous annoncer que je viens de vous +nommer bibliothécaire du Ministère de l'Instruction publique, +aux appointements de 3.000 francs. Ces fonctions que +vous n'avez point sollicitées, mais que je désirais depuis +longtemps vous confier, ont été rendues vacantes par un +<span class="pagenum"><a name="Page_269" id="Page_269">269</a></span> mouvement qui ne dérange aucune position acquise. Je +m'estime infiniment heureux d'avoir pu réparer une partie +des torts que vous ont faits nos discordes, aujourd'hui oubliées. +Je regrette seulement d'avoir si peu de chose à offrir +à un des hommes dont le talent honore le plus la littérature +de notre temps.</p> + +<p>«Veuillez croire à tous mes sentiments dévoués.</p> + +<p class="right"><span class="smcap">«H. Fortoul.</span>»</p></div> + +<p>Alfred de Musset remplissait encore ces fonctions lors +de sa mort.</p> + +<div class="figcenter"><img src="images/282_s.jpg" width="250" height="163" +alt="end chap6" title="" /> +</div> + +<p class="center"><a href="images/282_b.jpg">Agrandissement</a></p> + +<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_270" id="Page_270">270</a></span></p> +<h2>TABLE DES MATIÈRES</h2> + +<hr class="c5" /> +<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="ToC"> +<colgroup span="2"> +<col align="left"></col> +<col align="right"></col> +</colgroup> +<tr> + <td class="left"> </td> + <td class="right">Pages</td> +</tr> +<tr> + <td class="left">Les Portraits d'Alfred de Musset</td> + <td class="right"><a href="#Page_1">1</a></td> +</tr> +<tr> + <td class="left">Alfred de Musset et George Sand</td> + <td class="right"><a href="#Page_43">43</a></td> +</tr> +<tr> + <td class="left">Index bibliographique</td> + <td class="right"><a href="#Page_101">101</a></td> +</tr> +<tr> + <td class="left">Quelques Œuvres inédites ou peu connues + d'Alfred de Musset</td> + <td class="right"><a href="#Page_173">173</a></td> +</tr> +<tr> + <td class="left">Notice bibliographique sur la Correspondance + d'Alfred de Musset</td> + <td class="right"><a href="#Page_221">221</a></td> +</tr> +<tr> + <td class="left">Alfred de Musset bibliothécaire du Ministère + et lauréat de l'Académie</td> + <td class="right"><a href="#Page_243">243</a></td> +</tr> +</table> + +<p class="p4"><span class="pagenum"><a name="Page_271" id="Page_271">271</a></span></p> +<h2>TABLE DES ILLUSTRATIONS</h2> + +<hr class="c5" /> + +<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary="table illus"> +<colgroup span="2"> +<col align="left"></col> +<col align="right"></col> +</colgroup> +<tr> + <td class="left"> </td> + <td class="right">Pages</td> +</tr> +<tr> + <td class="left">1. <i>Alfred de Musset</i>, portrait-charge dessiné à la plume<br /> + par Roger de Beauvoir</td> + <td class="right" valign="top"><a href="#Page_8">8</a></td> +</tr> +<tr> + <td class="left">2. <i>George Sand</i>, portrait-charge dessiné au crayon<br /> + par Alfred de Musset<br /> + <p class="font90">L'original de ce dessin appartient à M<sup>me</sup> veuve Martellet<br /> + <span class="i2">et a précédemment été publié par elle dans son livre</span><br /> + <span class="i2">intitulé: <i>Dix ans chez Alfred de Musset.</i></span></p></td> + <td class="right" valign="top"><a href="#Page_45">45</a></td> +</tr> +<tr> + <td class="left">3. Fac-similé de l'<i>Ordonnance</i> du docteur Pagello</td> + <td class="right"><a href="#Page_55">55</a></td> +</tr> +<tr> + <td class="left">4. Fac-similé de la <i>Dédicace</i> écrite par George Sand<br /> + sur le carnet d'Alfred de Musset</td> + <td class="right" valign="top"><a href="#Page_66">66</a></td> +</tr> +<tr> + <td class="left">5. Fac-similé de la <i>Dédicace</i> écrite par Pierre Pagello<br /> + sur le carnet d'Alfred de Musset</td> + <td class="right" valign="top"><a href="#Page_66">66</a></td> +</tr> +<tr> + <td class="left">6. <i>Le Comte d'Essex</i>, fac-similé de la 4<sup>e</sup> page du<br /> + manuscrit d'Alfred de Musset</td> + <td class="right" valign="top"><a href="#Page_178">178</a></td> +</tr> +<tr> + <td class="left">7. <i>Tombeau d'un homme</i> qui est allé à l'Opéra-Comique,<br /> + croquis à la plume par Alfred de Musset</td> + <td class="right" valign="top"><a href="#Page_231">231</a></td> +</tr> +<tr> + <td class="left">8. <i>Alfred de Musset et Rachel</i>, croquis à la plume par<br /> + Alfred de Musset</td> + <td class="right" valign="top"><a href="#Page_232">232</a></td> +</tr> +</table> + +<hr class="c15 p4" /> +<div class="footnotes"><h3>NOTES:</h3> +<div class="footnote"> + +<p><a name="Footnote_1" id="Footnote_1" href="#FNanchor_1"><span class="label">1</span></a> Publiée en 1893 dans la <i>Revue de l'Art français</i>, page 204. Il s'agit de son +service comme garde national.</p> + +<p><a name="Footnote_2" id="Footnote_2" href="#FNanchor_2"><span class="label">2</span></a> Exposée au Salon de 1859, n<sup>o</sup> 2491.</p> + +<p><a name="Footnote_3" id="Footnote_3" href="#FNanchor_3"><span class="label">3</span></a> A cette époque, le Prince Impérial était encore Joseph Napoléon, +nommé par décret du 18 décembre 1852, confirmé le 23 par un sénatus-consulte.</p> + +<p><a name="Footnote_4" id="Footnote_4" href="#FNanchor_4"><span class="label">4</span></a> <i>Le Musée de la Comédie-Française.</i> Paris, Ollendorff, 1878. 1 vol. in-8, +p. 46.</p> + +<p><a name="Footnote_5" id="Footnote_5" href="#FNanchor_5"><span class="label">5</span></a> Voir: Le <i>Figaro</i>, 12 mars 1887, Suppl. Art. par George Herbert.—Le <i>Gil +Blas</i>, 19 avril 1887, art. par F. Xau.</p> + +<p><a name="Footnote_6" id="Footnote_6" href="#FNanchor_6"><span class="label">6</span></a> Voir: L'<i>Écho</i> de Paris, 13 avril 1887.—La <i>Petite Presse</i>, 17 avril 1887, etc.</p> + +<p><a name="Footnote_7" id="Footnote_7" href="#FNanchor_7"><span class="label">7</span></a> Voir: Le <i>Gaulois</i>, 24 avril 1889.—Paris, 11 juillet.—Le <i>Public</i>, Le +<i>Voltaire</i>, 18 juillet.—Le <i>Parisien</i>, 25 septembre, etc.</p> + +<p><a name="Footnote_8" id="Footnote_8" href="#FNanchor_8"><span class="label">8</span></a> <i>Comospolis</i>, revue internationale des 1<sup>er</sup> mai et 1<sup>er</sup> juin 1896. L'ouvrage +a reparu très augmenté, à la librairie Calmann-Lévy. 1897. 1 vol. in-12.</p> + +<p><a name="Footnote_9" id="Footnote_9" href="#FNanchor_9"><span class="label">9</span></a> Les <i>Lettres de George Sand à Alfred de Musset et à Sainte-Beuve</i> ont été +publiées à la librairie Calmann-Lévy. 1897. 1 vol. in-12.</p> + +<p><a name="Footnote_10" id="Footnote_10" href="#FNanchor_10"><span class="label">10</span></a> Cette poésie ne se trouve pas dans les Œuvres d'Alfred de Musset, mais +Paul de Musset l'a publiée dans la <i>Revue des Deux-Mondes</i> du 1<sup>er</sup> novembre +1878.</p> + +<p><a name="Footnote_11" id="Footnote_11" href="#FNanchor_11"><span class="label">11</span></a> Je cite ces deux dernières strophes, dont le texte publié jusqu'à ce +jour, est fort incorrect.</p> + +<p><a name="Footnote_12" id="Footnote_12" href="#FNanchor_12"><span class="label">12</span></a> Précepteur de Maurice Sand.</p> + +<p><a name="Footnote_13" id="Footnote_13" href="#FNanchor_13"><span class="label">13</span></a> Femme de ménage de George Sand.</p> + +<p><a name="Footnote_14" id="Footnote_14" href="#FNanchor_14"><span class="label">14</span></a> Gustave Papet, ami de George Sand.</p> + +<p><a name="Footnote_15" id="Footnote_15" href="#FNanchor_15"><span class="label">15</span></a> Cet album de dessins d'Alfred de Musset, renferme huit portraits de +George Sand. M. A. Brisson a donné dans le <i>Temps</i> du 4 novembre 1896 la +description détaillée de plusieurs de ces pages, qui sont en bonnes mains.—Maurice +Sand a également caricaturé les amis de sa mère; ses charges de +A. Gueroult, Buloz, Ch. Didier, etc., ont beaucoup de rapport avec celles +qu'en avait fait Alfred de Musset. George Sand a fait aussi plusieurs caricatures +de ses habitués.—A la même époque, le poète s'est encore rendu +coupable de certaine <i>Revue Romantique</i>, absolument inconnue, «généralement +attribuée à M. de Chateaubriand», et que George Sand a consignée +pages 79 et 80 de son journal intime, <i>Sketches and Hints</i>.</p> + +<p><a name="Footnote_16" id="Footnote_16" href="#FNanchor_16"><span class="label">16</span></a> Voir un fragment de lettre de George Sand à Sainte-Beuve, publié par +celui-ci dans les <i>Portraits contemporains</i>, nouvelle édition. Paris, 1869, in-12, +tome I, page 516.</p> + +<p><a name="Footnote_17" id="Footnote_17" href="#FNanchor_17"><span class="label">17</span></a> Dans la <i>Correspondance</i> de George Sand, tome I, pages 256 et 258, deux +lettres d'elle sont publiées, écrites de cette ville et datées, l'une du 18, l'autre +du 20 décembre.</p> + +<p><a name="Footnote_18" id="Footnote_18" href="#FNanchor_18"><span class="label">18</span></a> Guillaume de Musset, seigneur de la Rousselière, du Prai, du Lude, +d'Ozouer-le-Breuil et de la Courtoisie, avait épousé le 9 novembre 1580, +demoiselle Cassandre d'Epeigney, fille de Jean d'Epeigney et de Cassandre +de Salviati, dont l'aïeul, Bernard de Salviati avait quitté Florence, appelé +en France par Catherine de Médicis, sa parente.</p> + +<p><a name="Footnote_19" id="Footnote_19" href="#FNanchor_19"><span class="label">19</span></a> <i>Histoire de ma vie</i>, 5<sup>e</sup> partie, chapitre 3.</p> + +<p><a name="Footnote_20" id="Footnote_20" href="#FNanchor_20"><span class="label">20</span></a> M<sup>me</sup> Arvède Barine, dans son livre sur Alfred de Musset, avait déjà +mentionné cet album, qu'il ne faut pas confondre avec celui ayant appartenu +à George Sand.</p> + +<p><a name="Footnote_21" id="Footnote_21" href="#FNanchor_21"><span class="label">21</span></a> <i>Scènes de la vie privée et publique des Animaux.</i> Paris, Hetzel, 1842. T. II, +p. 362.</p> + +<p><a name="Footnote_22" id="Footnote_22" href="#FNanchor_22"><span class="label">22</span></a> Publié dans les <i>Nouvelles Poésies</i>, avec la date de: Venise, 3 février 1834.</p> + +<p><a name="Footnote_23" id="Footnote_23" href="#FNanchor_23"><span class="label">23</span></a> <i>Véritable Histoire de Elle et Lui.</i> Paris, C. Lévy, 1897, 1 vol. in-12, p. 36.—Cette +Serenata avait déjà été imprimée dans le <i>Corriere della Sera</i> (Milan) +du 29-30 janvier 1881; dans <i>Racconti, Scene, Bozzetti</i>, etc... di Luigia Codemo, +Trevise, Zopelli, 1882. 2 vol. in-12. Tome I, p. 153; etc.</p> + +<p><a name="Footnote_24" id="Footnote_24" href="#FNanchor_24"><span class="label">24</span></a> Ces lettres, qui étaient entre les mains de Paul de Musset, ont disparu, +et ne se sont pas retrouvées parmi les papiers laissés par M<sup>me</sup> Paul de +Musset.</p> + +<p><a name="Footnote_25" id="Footnote_25" href="#FNanchor_25"><span class="label">25</span></a> La sœur d'Alfred de Musset.</p> + +<p><a name="Footnote_26" id="Footnote_26" href="#FNanchor_26"><span class="label">26</span></a> Le frère aîné d'Alfred.</p> + +<p><a name="Footnote_27" id="Footnote_27" href="#FNanchor_27"><span class="label">27</span></a> Cette lettre a été publiée par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul +(<i>Cosmopolis</i>). Le docteur Cabanes a écrit dans la <i>Revue Hebdomadaire</i> +une très curieuse étude sur les relations de George Sand, Pagello et Alfred +de Musset; son récit diffère quelque peu du nôtre dans les détails, mais le +fond de l'histoire est le même.</p> + +<p><a name="Footnote_28" id="Footnote_28" href="#FNanchor_28"><span class="label">28</span></a> Extrait d'une lettre du D<sup>r</sup> Pagello, publiée dans le <i>Corriere della sera</i>, +de Milan, du 29-30 janvier 1881.</p> + +<p><a name="Footnote_29" id="Footnote_29" href="#FNanchor_29"><span class="label">29</span></a> M. Raffaello Barbiera, dans l'<i>Illustrazione Italiana</i> du 15 novembre 1896, +répond à cette allégation: «<i>La Revue de Paris</i> e altre reviste scambiano il +Rebizzo con un decrepito, tremebundo chirurgo, che s'era provato invano, +a Venezzia, ad aprir la vena di Alfredo de Musset malato di febbre cerebrale. +Quel tremante salassatore era, invece, un provero avanzo della Republica +Veneta, certo Santini, piu che ottuagenario.» Je me suis appuyé pour donner +ce nom de Rebizzo sur le dessin de l'album d'Alfred de Musset représentant +un vieillard, une lancette entre les lèvres, la tête recouverte d'une perruque +à longs cheveux et qui prononce ces paroles: «Non v'e arteria!». Sous le +dessin, ce nom, écrit par Paul de Musset: «Il dottor Rebizzo.»</p> + +<p><a name="Footnote_30" id="Footnote_30" href="#FNanchor_30"><span class="label">30</span></a> Relation de ce qui s'est passé à Venise, par Paul de Musset, manuscrit +inédit.—Voir un peu plus loin.</p> + +<p><a name="Footnote_31" id="Footnote_31" href="#FNanchor_31"><span class="label">31</span></a> Extrait de la même relation de Paul de Musset.</p> + +<p><a name="Footnote_32" id="Footnote_32" href="#FNanchor_32"><span class="label">32</span></a> Je n'avais pas cru devoir donner le nom de M<sup>lle</sup> Dejazet par égard pour +M<sup>me</sup> Tattet. M. Mariéton ayant trouvé ce nom dans <i>mes</i> notes s'est empressé +de le publier.</p> + +<p><a name="Footnote_33" id="Footnote_33" href="#FNanchor_33"><span class="label">33</span></a> Cette lettre, datée de Florence, 17 mars 1834, a été publiée par M. le Vicomte +de Spoelberch de Lovenjoul (<i>Cosmopolis</i>).</p> + +<p><a name="Footnote_34" id="Footnote_34" href="#FNanchor_34"><span class="label">34</span></a> <i>Biographie</i>, p. 129.</p> + +<p><a name="Footnote_35" id="Footnote_35" href="#FNanchor_35"><span class="label">35</span></a> Ce carnet a soixante-douze feuillets. Sur le premier, envoi de George +Sand. Les feuillets 3 à 12 portent des notes manuscrites d'Alfred de Musset: +maximes, extraits de divers auteurs: Sénèque, Pindare, Marc-Aurèle, +Homère, Byron, etc...; d'autres encore, français, anglais, italiens.</p> + +<p>Les feuillets 2, 15 à 48, 57 à 71 sont restés blancs.</p> + +<p>Les feuillets 13, 14, 49 à 56 sont arrachés. Sur les fragments qui en restent, +on distingue des traces d'écriture au crayon.</p> + +<p>Sur le feuillet 72 et dernier, envoi de Pagello, écrit en sens inverse des +autres pages. C'est de ce carnet qu'il s'agit dans la lettre d'Alfred de Musset +à George Sand, datée du 15 juin 1834.</p> + +<p><a name="Footnote_36" id="Footnote_36" href="#FNanchor_36"><span class="label">36</span></a> Datée du 6 avril 1834, et publiée dans sa <i>Correspondance</i>, tome I, p. 265.—D'après +une lettre qu'elle écrivit le 15 avril 1834 à Musset lui-même, c'est +le lendemain de son départ qu'elle est allée à Vicence, pour savoir comment +il avait passé sa première nuit de voyage.</p> + +<p><a name="Footnote_37" id="Footnote_37" href="#FNanchor_37"><span class="label">37</span></a> En 1839.—Paul de Musset en cite des fragments dans la <i>Biographie</i>.</p> + +<p><a name="Footnote_38" id="Footnote_38" href="#FNanchor_38"><span class="label">38</span></a> Publiée dans la <i>Revue de Paris</i> du 1<sup>er</sup> novembre 1896, lettre 4.</p> + +<p><a name="Footnote_39" id="Footnote_39" href="#FNanchor_39"><span class="label">39</span></a> En tête de l'exemplaire de <i>Jacques</i> que possédait Alfred de Musset, se +trouve cet envoi autographe: «<i>George à Alfred</i>».</p> + +<p><a name="Footnote_40" id="Footnote_40" href="#FNanchor_40"><span class="label">40</span></a> L'exemplaire de la <i>Confession d'un enfant du siècle</i> appartenant à +George Sand, porte cette dédicace manuscrite: «<i>A George Sand.—Alf<sup>d</sup> M<sup>t</sup>.</i>».</p> + +<p>Au verso de la couverture de <i>Leone Leoni</i>, par G. Sand (Paris, Bonnaire et +Magen, 1835. 1 vol. in-8) se trouve cette annonce de librairie:</p> + +<p>«Pour paraître prochainement:</p> + +<p>«<span class="smcap">Au-dela du Rhin</span>, par Lherminier, professeur au Collège de France. +2 vol. in-8.</p> + +<p>«<span class="smcap">La Confession d'un Enfant du Siècle</span>, par Alfred de Musset. 2 vol. in-8.</p> + +<p>«<span class="smcap">Servitude et Grandeur Militaires</span>, par Alfred de Vigny. 1 vol. in-8.</p> + +<p>«<span class="smcap">La Seconde Consultation du docteur Noir</span>, par le même. 1 vol. in-8.</p> + +<p>«<span class="smcap">Un Nouveau Roman</span>, par George Sand. 2 vol. in-8.</p> + +<p>«<span class="smcap">Grangeneuve</span>, par H. Delatouche. 2 vol. in-8.»</p> + +<p><a name="Footnote_41" id="Footnote_41" href="#FNanchor_41"><span class="label">41</span></a> Lettre inédite.</p> + +<p><a name="Footnote_42" id="Footnote_42" href="#FNanchor_42"><span class="label">42</span></a> <i>Alfred de Musset</i>, par A. Barine. Paris, Hachette, 1893. 1 vol. in-12, p. 73.</p> + +<p><a name="Footnote_43" id="Footnote_43" href="#FNanchor_43"><span class="label">43</span></a> <i>Véritable histoire</i>, etc...., p. 39.</p> + +<p><a name="Footnote_44" id="Footnote_44" href="#FNanchor_44"><span class="label">44</span></a> L'auteur a consacré un long chapitre aux relations d'Alfred de Musset +et de George Sand. Des documents précis, habilement groupés, des extraits +de lettres, en font un ensemble psychologique des plus attrayants.</p> + +<p><a name="Footnote_45" id="Footnote_45" href="#FNanchor_45"><span class="label">45</span></a> Fragment inédit d'une lettre publiée dans la <i>Correspondance</i>, tome I, +p. 279-281.</p> + +<p><a name="Footnote_46" id="Footnote_46" href="#FNanchor_46"><span class="label">46</span></a> L'une des lettres de Musset à George Sand a été publiée dans l'<i>Homme +Libre</i> du 14 avril 1877 et dans le <i>Figaro</i> du 28 avril 1882.</p> + +<p><a name="Footnote_47" id="Footnote_47" href="#FNanchor_47"><span class="label">47</span></a> On trouvera d'autres détails dans: 1<sup>o</sup> <i>Alfred de Musset à Bade</i> par Émile +Krantz. Extrait des Annales de l'Est. Nancy, Imprimerie Berger-Levrault et +C<sup>ie</sup>, 1888. In-8<sup>o</sup>.—2<sup>o</sup> <i>Kleine beiträge zur Wurdigung Alfred de Musset</i> (Poésies +Nouvelles), von D<sup>r</sup> Moritz Werner. Berlin, C. Vogt, 1896. In-8<sup>o</sup>.—De l'enquête +à laquelle s'est livré le D<sup>r</sup> Werner, il semble résulter qu'Alfred de Musset +voyageait en compagnie d'un monsieur Roussel: «.....Voici ce que j'ai +trouvé, m'écrit le D<sup>r</sup> Werner, dans le recueil des listes des étrangers que +je m'étais fait envoyer de Bade. Dans la liste du dimanche 31 août, qui +indique les étrangers arrivés de la veille, il y a à l'hôtel «Zahringer Hoff»: +M. de Musset <i>et</i> M. Roussel, de Paris». (Je souligne cet <i>et</i> parce qu'il ne se +trouve que dans le cas où les étrangers se sont fait inscrire ensemble). Le +jour suivant, 1<sup>er</sup> septembre, étrangers arrivés le 31 août, on trouve chez M. +le secrétaire Mesmer: «M. le vicomte de Musset», et dans la rubrique +spéciale qui contient les changements de logis: «M. Roussel, de Paris», +qui a changé de logis en passant lui aussi chez Mesmer. Vous voyez qu'à +prendre ces indications au pied de la lettre, il y aurait eu deux Musset à +Bade. Mais ce ne sera qu'une faute d'impression ou bien de rubrication, +de sorte que la 2<sup>e</sup> fois Musset devrait se trouver lui aussi parmi les changements +de logis et non parmi les récemment arrivés.....»</p> + +<p><a name="Footnote_48" id="Footnote_48" href="#FNanchor_48"><span class="label">48</span></a> De plusieurs lettres de George Sand, il ressort qu'au moment où elle est +devenue la maîtresse de Pagello, «il s'est trouvé dans sa vie à lui, de ses +liens mal rompus avec d'anciennes maîtresses, des situations ridicules et +désagréables»; au moment de la quitter, il semble craindre de voir se renouveler +ces ennuis.</p> + +<p><a name="Footnote_49" id="Footnote_49" href="#FNanchor_49"><span class="label">49</span></a> Alfred Tattet avait un domicile à Paris, 15 (et non 13), rue Grange-Batelière, +mais il habitait le plus souvent une grande propriété qu'il possédait +à Bury, près Margency, dans la vallée de Montmorency.</p> + +<p><a name="Footnote_50" id="Footnote_50" href="#FNanchor_50"><span class="label">50</span></a> Lettre publiée par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, ainsi que +celle d'Alfred de Musset au même (<i>Cosmopolis</i> puis <i>Véritable Histoire</i>, etc...).</p> + +<p><a name="Footnote_51" id="Footnote_51" href="#FNanchor_51"><span class="label">51</span></a> Cette lettre, datée du 19 janvier 1835, est publiée dans: <i>Briefe hervorragender +Zeitgenassen an Frantz Liszt...., herausgegeben von La Marra</i>. Leipzig, +Breitkopf und Härtel, 1895. 2 vol. in-8<sup>o</sup>. Tome I, p. 9.</p> + +<p><a name="Footnote_52" id="Footnote_52" href="#FNanchor_52"><span class="label">52</span></a> <i>Revue Hebdomadaire</i>, 24 octobre 1896, p. 618.</p> + +<p><a name="Footnote_53" id="Footnote_53" href="#FNanchor_53"><span class="label">53</span></a> Si Alfred de Musset est parti, ce qui est peu probable, il est retourné à +Montbard, dans la Côte-d'Or. C'est alors qu'il aurait visité la maison de +Buffon et écrit sur un panneau de la boiserie les vers qu'on lui attribue.—Voir +à ce sujet la plaquette intitulée: <i>Le Centenaire de Buffon. Troyes, Mongolfier. +1889.</i> In-8<sup>o</sup>.</p> + +<p><a name="Footnote_54" id="Footnote_54" href="#FNanchor_54"><span class="label">54</span></a> Publié par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul (<i>Cosmopolis</i> puis +dans <i>Véritable Histoire</i>, etc...).</p> + +<p><a name="Footnote_55" id="Footnote_55" href="#FNanchor_55"><span class="label">55</span></a> <i>La Nuit de Mai</i>, écrite en mai 1835.—On prétend que <i>toutes les Nuits</i> +sont adressées à George Sand. Tel n'est pas mon avis. Ce n'est pas elle l'inconnue +de la <i>Nuit d'Octobre</i> à laquelle il dit: «Honte à toi qui la première, +etc...» Ce n'est pas elle l'innommée de la <i>Lettre à Lamartine</i>. Je crois qu'il +faut remonter au moins à l'année 1828 pour la retrouver. Ce ne serait qu'un +<i>Souvenir</i>, évoqué non par une rencontre, comme celui de 1841, mais cette +fois par une mort.—M<sup>me</sup> Wladimir Karenine donne son nom: Madame +de Groiselliez (T. II, p. 28).</p> + +<p><a name="Footnote_56" id="Footnote_56" href="#FNanchor_56"><span class="label">56</span></a> Fragment inédit d'une lettre datée de La Châtre, 25 mai 1836, publiée +dans la <i>Correspondance</i> de G. Sand (Paris, C. Lévy, in-12, T. I, p. 365), lequel +a été publié postérieurement par M. Rocheblave dans la <i>Revue de Paris</i> +du 15 décembre 1894, p. 812.</p> + +<p><a name="Footnote_57" id="Footnote_57" href="#FNanchor_57"><span class="label">57</span></a> Publié dans la <i>Biographie</i> d'Alfred de Musset par Paul de Musset +(Charpentier, 1877. 1 vol. in-12, p. 133). J'ai rectifié le texte sur l'autographe.—Un +autre fragment est déjà cité ci-dessus.</p> + +<p><a name="Footnote_58" id="Footnote_58" href="#FNanchor_58"><span class="label">58</span></a> Publié dans la <i>Revue des Deux-Mondes</i> du 15 février 1841. M. Maxime +Du Camp, dans ses <i>Souvenirs Littéraires</i> (Hachette, 1882-1883, 2 vol. in-8, T. II, +p. 358) fait un récit différent de celui de Paul de Musset.</p> + +<p><a name="Footnote_59" id="Footnote_59" href="#FNanchor_59"><span class="label">59</span></a> A mon frère revenant d'Italie, <i>Revue des Deux-Mondes</i>, 1<sup>er</sup> avril 1844.</p> + +<p><a name="Footnote_60" id="Footnote_60" href="#FNanchor_60"><span class="label">60</span></a> On peut rapprocher de ces vers, ce passage du 1<sup>er</sup> chapitre de <i>Léone +Léoni</i> de George Sand:</p> + +<p>«...Nous étions tous deux seuls dans une des salles de l'ancien palais +Nasi, situé sur le quai des Esclavons et converti aujourd'hui en auberge, +la meilleure de Venise. Etc...»—Alfred de Musset écrit «palais Nani».</p> + +<p><a name="Footnote_61" id="Footnote_61" href="#FNanchor_61"><span class="label">61</span></a> Insérée dans le numéro du 15 février 1854.</p> + +<p><a name="Footnote_62" id="Footnote_62" href="#FNanchor_62"><span class="label">62</span></a> Depuis la publication de cette étude, une lettre de Paul de Musset au +compositeur Ed. Garnier, du 2 novembre 1859, est parvenue à notre connaissance, +dans laquelle il lui dit: «...J'ai des engagements pris qu'il serait trop +long de vous expliquer, des travaux considérables à faire, et, entre autres, +une biographie aussi complète que possible d'un poète aimé, que des +harpies déchirent, et dont il faut que je prépare une défense écrasante pour +en finir...»</p> + +<p><a name="Footnote_63" id="Footnote_63" href="#FNanchor_63"><span class="label">63</span></a> <i>Lui et Elle</i> est publié dans les livraisons des 10, 25 avril et 10 mai 1859, +et parut en volume à la fin de la même année, avec la date de 1860.</p> + +<p><a name="Footnote_64" id="Footnote_64" href="#FNanchor_64"><span class="label">64</span></a> C'est du moins ce qu'affirme Paul de Musset dans une note manuscrite.</p> + +<p><a name="Footnote_65" id="Footnote_65" href="#FNanchor_65"><span class="label">65</span></a> L'édition de cette Revue, publiée à Londres, a donné lieu, dans la +presse anglaise, à un certain nombre d'articles qui ne sont pas tous parvenus +à ma connaissance. Réimprimée en volume.</p> + +<p><a name="Footnote_66" id="Footnote_66" href="#FNanchor_66"><span class="label">66</span></a> <span class="smcap">Une Nuit de Venise</span>, fantaisie en 1 acte, en vers, par M. J. Mongerolle, +devait être représentée le 13 février 1897 sur le Théâtre Mondain, de la +cité d'Antin, à Paris, avec cette distribution:</p> + +<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="5" summary="clef"> +<colgroup span="2"> +<col align="left"></col> +<col align="left"></col> +</colgroup> +<tr> + <td>La Muse</td> + <td> </td> + <td>M<sup>lle</sup> Augustine <span class="smcap">Leriche</span>.</td> +</tr> +<tr> + <td>Beppa (George Sand)</td> + <td> </td> + <td><span class="smcap i2">Caumont.</span></td> +</tr> +<tr> + <td>Le Poète (Alfred de Musset).</td> + <td> </td> + <td>M. Paul<span class="smcap"> Franck</span>.</td> +</tr> +<tr> + <td>Le Docteur (le D<sup>r</sup> Pagello)</td> + <td> </td> + <td valign="baseline"><span class="smcap i2">P. Garbagni.</span></td> +</tr> +</table> + +<p>Les invités trouvèrent la salle occupée par la police. Mais malgré cette +interdiction et le procès qui s'en suivit, cette pièce fut représentée le 24 mars +1897, sous le titre de <i>Le Druide</i>, au même théâtre. Je ne crois pas qu'elle ait +été imprimée, il ne doit exister que le programme de la représentation.</p> + +<p><a name="Footnote_67" id="Footnote_67" href="#FNanchor_67"><span class="label">67</span></a> <i>La Revue Rétrospective</i>, en 3 actes et 6 tableaux, précédée d'un prologue, +par le marquis Philippe de Massa. Représentée à Paris sur le théâtre du +Cercle de l'Union artistique, les 11 et 12 juin 1899. Paris, Cerf, 1899. 1 vol. +in-12 orné d'un portrait.</p> + +<p><a name="Footnote_68" id="Footnote_68" href="#FNanchor_68"><span class="label">68</span></a> Livraison du 26 juin 1897.</p> + +<p><a name="Footnote_69" id="Footnote_69" href="#FNanchor_69"><span class="label">69</span></a> Publiée dans la <i>Revue de Paris</i> du 2 mai 1841, où elle est signée: «Paul +de Musset» et reproduite dans la <i>Revue pittoresque</i> de mai 1845, avec la signature +d'Alfred.</p> + +<p><a name="Footnote_70" id="Footnote_70" href="#FNanchor_70"><span class="label">70</span></a> <i>Biographie d'Alfred de Musset</i>, par Paul de Musset. Paris, Charpentier, +1877. 1 vol. in-12.</p> + +<p><a name="Footnote_71" id="Footnote_71" href="#FNanchor_71"><span class="label">71</span></a> La donnée du roman de George Sand, <i>Le Secrétaire intime</i>, écrit en +1834, offre de très grands points de ressemblance avec cette œuvre d'Alfred +de Musset. On retrouve même chez G. Sand le nom de Spark.</p> + +<p><a name="Footnote_72" id="Footnote_72" href="#FNanchor_72"><span class="label">72</span></a> Ces vers ont été publiés pour la première fois dans le <i>Journal des +Femmes</i>, du 5 novembre 1850.</p> + +<p><a name="Footnote_73" id="Footnote_73" href="#FNanchor_73"><span class="label">73</span></a> Voir: <i>Alfred de Musset et ses prétendues attaques contre Victor Hugo</i>, par +M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul. Paris, Rouveyre, 1878. Br. in-18.</p> + +<p><a name="Footnote_74" id="Footnote_74" href="#FNanchor_74"><span class="label">74</span></a> Alfred de Musset a fait sa traduction sur la 3<sup>e</sup> édition anglaise, publiée +à Londres chez Taylor et Hessey, en 1823, 1 vol. in-18 de IV-206 pages.</p> + +<p><a name="Footnote_75" id="Footnote_75" href="#FNanchor_75"><span class="label">75</span></a> La sœur du poète possède encore sa carte d'étudiant en médecine.</p> + +<p><a name="Footnote_76" id="Footnote_76" href="#FNanchor_76"><span class="label">76</span></a> On trouvera des comptes-rendus de cette pièce dans: <i>Journal des Débats</i>, +6 janvier 1834. <i>Le Moniteur Universel</i>, 6 et 13 janvier 1834. <i>Revue des Théâtres</i>, +12 janvier et 6 février 1834. <i>Le Journal des Femmes</i>, 8 février 1834. <i>L'Artiste</i>, +12 janvier 1834, etc...</p> + +<p><a name="Footnote_77" id="Footnote_77" href="#FNanchor_77"><span class="label">77</span></a> Voir: <span class="smcap">Félix Arvers</span>, par Charles Glinel. 2<sup>e</sup> édition. Reims, Michaud. +Paris, Rouquette, 1897. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.</p> + +<p><a name="Footnote_78" id="Footnote_78" href="#FNanchor_78"><span class="label">78</span></a> <i>Œuvres Posthumes</i>, in-12, p. 241.</p> + +<p><a name="Footnote_79" id="Footnote_79" href="#FNanchor_79"><span class="label">79</span></a> <span class="smcap">Mes Heures Perdues</span> par Félix Arvers. Paris, Fournier, 1833. 1 vol. in-8<sup>o</sup>, +p. 156 à 293.</p> + +<p><a name="Footnote_80" id="Footnote_80" href="#FNanchor_80"><span class="label">80</span></a> <i>Arthur</i>, roman, par U. Guttinguer. Paris, Renduel, 1837. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.</p> + +<p><a name="Footnote_81" id="Footnote_81" href="#FNanchor_81"><span class="label">81</span></a> <i>Les Lilas de Courcelles</i>, poésies, par U. Guttinguer. Saint-Germain, Imp. +de Beau, 1842. 1 vol. in-8<sup>o</sup>.</p> + +<p><a name="Footnote_82" id="Footnote_82" href="#FNanchor_82"><span class="label">82</span></a> L'édition in-4<sup>o</sup>, des Œuvres d'Alfred de Musset publiée à la Librairie +Lemerre, de 1884 à 1895, est la première qui donne un texte de <i>Lorenzaccio</i> +conforme au manuscrit. De nombreux passages sont ajoutés, entre autres, +toute la fin de la quatrième scène de l'acte IV, demeurée jusqu'alors inédite.</p> + +<p><a name="Footnote_83" id="Footnote_83" href="#FNanchor_83"><span class="label">83</span></a> Publié dans: <i>Les Soupeurs de mon temps, par Roger de Beauvoir.</i> Paris, +Faure, 1868. 1 vol. in-12, p. 135.—<i>L'Illustration</i>, 19 septembre 1868.</p> + +<p><a name="Footnote_84" id="Footnote_84" href="#FNanchor_84"><span class="label">84</span></a> Cette lettre est publiée en partie dans <span class="smcap">Le Figaro</span> du 6 avril 1883, et +en entier dans la <span class="smcap">Gazette Anecdotique</span> du 30 juin 1885.</p> + +<p><a name="Footnote_85" id="Footnote_85" href="#FNanchor_85"><span class="label">85</span></a> C'est pour la même raison que j'omets les <i>Variantes</i> qu'offrent entre eux +les divers textes imprimés.</p> + +<p><a name="Footnote_86" id="Footnote_86" href="#FNanchor_86"><span class="label">86</span></a> Réimprimés sous le titre de: <i>Dix ans chez Alfred de Musset</i>, par M<sup>me</sup> Martellet, +née A. Colin. Paris, Chamuel, 1899. 1 vol. in-12.</p> + +<p><a name="Footnote_87" id="Footnote_87" href="#FNanchor_87"><span class="label">87</span></a> Voir ci-après (page <a href="#Page_230">230 de)</a> la Notice bibliographique sur la Correspondance d'Alfred +de Musset.</p> + +<p><a name="Footnote_88" id="Footnote_88" href="#FNanchor_88"><span class="label">88</span></a> Quelques-unes de ces dernières lettres avaient été publiées antérieurement +dans la <i>Revue Nationale et Étrangère</i> du 1<sup>er</sup> avril 1866.</p> + +<p><a name="Footnote_89" id="Footnote_89" href="#FNanchor_89"><span class="label">89</span></a> Les lettres dont je n'ai pas retrouvé les autographes sont précédées +d'une astérisque (*).</p> + +<p><a name="Footnote_90" id="Footnote_90" href="#FNanchor_90"><span class="label">90</span></a> Le Catalogue de la Bibliothèque de M. Paul Eudel, 1<sup>re</sup> partie, vente du +12 au 14 mai 1898, Paris, Em. Paul et fils, 1898, in-8<sup>o</sup>, n<sup>o</sup> 243, renferme une +curieuse notice sur le manuscrit et donne p. 105 le fac-similé des huit premières +lignes.</p> + +<p><a name="Footnote_91" id="Footnote_91" href="#FNanchor_91"><span class="label">91</span></a> Le <i>Moniteur Universel</i> du 15 septembre 1839 consacre une notice à +M. Vatout. Lors de son admission à l'Académie française, <i>Le National</i>, dans +son numéro du 7 janvier 1848, publia sur le nouvel immortel les lignes suivantes +qui ne sont pas signées: «Monsieur Vatout, directeur des bâtiments +civils a été élu aujourd'hui par l'Académie française en remplacement de +M. Ballanche..... qu'a donc fait M. Vatout? Il faut bien l'oser écrire enfin! +Il a fait deux chansons très gaies, l'une de gaieté de corps de garde, l'autre +d'une gaieté de moine: <i>L'Écu de France</i> et <i>Le maire d'Eu</i>! C'est avec ces +deux calembourgs qu'on s'assied aujourd'hui dans le fauteuil de Bossuet.... +On assure que ces agréables ordures ont fait les délices de la cour, +à ce point, qu'un personnage dont la voix a coutume de compter, a +déclaré qu'il tiendrait pour <i>ses ennemis personnels</i> tous ceux qui refuseraient +leurs voix à M. Vatout. L'Académie, dans sa fière indépendance, se +l'est tenu pour dit: elle a ouvert ses portes à l'auteur du <i>Maire d'Eu</i> protégé +par <i>L'Ecu de France</i>.....»</p> + +<p><a name="Footnote_92" id="Footnote_92" href="#FNanchor_92"><span class="label">92</span></a> L'original de cette lettre figure au <i>Catalogue des Autographes de +M. Charles Keisner, vente hôtel Drouot, 12 mars 1899, G. Charavay, in-8<sup>o</sup></i>, +n<sup>o</sup> 126, qui en cite un fragment.</p> + +<p><a name="Footnote_93" id="Footnote_93" href="#FNanchor_93"><span class="label">93</span></a> Un cousin d'Alfred de Musset, de la branche des Musset-Signac, +M. Adolphe-Louis de Musset, avait longtemps administré les propriétés que +la famille d'Orléans possédait à La Ferté-Vidame et à Dreux. Ce fut la +Révolution de 1848 qui le délogea de sa charge. Paul de Musset parle de lui +dans la <i>Biographie</i> d'Alfred, in-12, p. 180.</p> + +<p><a name="Footnote_94" id="Footnote_94" href="#FNanchor_94"><span class="label">94</span></a> <i>Catalogue d'une collection d'autographes, vente hôtel Drouot, le 30 mai +1896. Paris, Et. Charavay. In-8<sup>o</sup></i>, n<sup>o</sup> 85.</p> + +<p><a name="Footnote_95" id="Footnote_95" href="#FNanchor_95"><span class="label">95</span></a> Archives du Ministère de l'Intérieur.</p> + +<p><a name="Footnote_96" id="Footnote_96" href="#FNanchor_96"><span class="label">96</span></a> Voir: <i>Études et Récits sur Alfred de Musset</i>, par M<sup>me</sup> la Vicomtesse de +Janzé. Paris, Plon, 1891. 1 vol. in-12, p. 92. On y trouvera le texte d'une lettre +d'Alfred de Musset à M<sup>me</sup> E. de Girardin, dans laquelle il la prie de garder le +silence sur cette destitution.—Lettre de Maxime Du Camp dans le <i>Figaro</i> +du 25 septembre 1882.</p> + +<p><a name="Footnote_97" id="Footnote_97" href="#FNanchor_97"><span class="label">97</span></a> Inséré au <i>Moniteur Universel</i> du 13 mai 1848.</p> + +<p><a name="Footnote_98" id="Footnote_98" href="#FNanchor_98"><span class="label">98</span></a> Voir: <i>Charivari</i>, 16 juin. Le <i>Commerce</i>, 18 et 20 juin. Les <i>Saltimbanques</i>, +18 juin. La <i>Presse</i>, 19 et 30 juin. Le <i>Pamphlet quotidien</i>, 21 juin. La <i>Providence</i>, +21 juin. Le <i>National</i>, 21 juin. <i>Nouvelles du jour</i>, 22 juin. Le <i>Petit-fils du Père +Duchesne</i>, 21-24 juin. <i>Artiste</i>, 1<sup>er</sup> juillet. Le <i>Mois</i>, 16 juillet 1848.—La <i>Comédie +parisienne</i>, journal d'Albéric Second, dans sa livraison du 10 mai 1857, p. 292; +publie deux lettres: l'une d'Alfred de Musset, l'autre d'Albéric Second, relatives +à cette destitution. Dans le tome II de ses <i>Confessions</i> (Dentu, 1885. In-8<sup>o</sup>, +p. 342), Arsène Houssaye revient sur ce sujet.</p> + +<p><a name="Footnote_99" id="Footnote_99" href="#FNanchor_99"><span class="label">99</span></a> Le <i>Moniteur Universel</i> du 13 octobre 1839 donne le texte du testament de +M. le comte de Maillé, qui crée ce prix: «Art. 5. Mon intention est de +faire une fondation utile à la littérature et aux beaux-arts, en secourant les +jeunes auteurs ou artistes pauvres. Malfilâtre, Gilbert, Escousse, Moreau et +de jeunes artistes dont le sort a été analogue, sont les exemples frappants +de beaux talents à leur printemps que la misère a empêchés de porter +leurs fruits. Un secours, peut-être modique, eût suffi à les préserver et +eût valu peut-être des chefs-d'œuvre. Je lègue à l'Académie Française et +à l'Académie royale des Beaux-Arts une somme de 30,000 francs pour la formation +d'un secours à accorder chaque année, au choix de chacune de ces +Académies alternativement, à un jeune écrivain ou artiste, pauvre, dont +le talent, déjà remarquable, paraîtra mériter d'être encouragé à poursuivre +sa carrière dans les lettres ou les beaux-arts».</p> + +<p><a name="Footnote_100" id="Footnote_100" href="#FNanchor_100"><span class="label">100</span></a> Publié: <i>Œuvres posthumes d'Alfred de Musset. Paris, Charpentier, 1867. +1 vol. in-12</i>, p. 237.</p> + +<p><a name="Footnote_101" id="Footnote_101" href="#FNanchor_101"><span class="label">101</span></a> Publié: <i>Mélanges de littérature et de critique, par Alfred de Musset. +Paris, Charpentier, 1867. 1 vol. in-12</i>, p. 274.</p> + +<p><a name="Footnote_102" id="Footnote_102" href="#FNanchor_102"><span class="label">102</span></a> Voir: <i>Moniteur Universel</i>, 12, 18, 25 juillet et 2 août.—<i>Le National</i>, +14 juillet.—<i>Bulletin des Lois</i>, 25 juillet 1848.</p> + +<p><a name="Footnote_103" id="Footnote_103" href="#FNanchor_103"><span class="label">103</span></a> C'est monsieur Fortoul qui, dans la <i>Revue des Deux-Mondes</i> du 1<sup>er</sup> septembre +1833, rend compte de la seconde livraison d'<i>Un Spectacle dans un +fauteuil</i> d'Alfred de Musset.</p> + +<p><a name="Footnote_104" id="Footnote_104" href="#FNanchor_104"><span class="label">104</span></a> Cette lettre est publiée presque textuellement dans la <i>Biographie d'Alfred +de Musset par Paul de Musset. Charpentier. 1877. 1 vol. in-12</i>, page 322.</p> +</div> +</div> + +<p class="p4"><span class="pagenum invisible"><a name="Page_272" id="Page_272">272</a></span></p> +<p class="c">CHATEAUDUN<br /> +<small>IMPRIMERIE DE LA SOCIÉTÉ TYPOGRAPHIQUE</small></p> + +<hr class="c5" /> + + + + + + + + +<pre> + + + + + +End of the Project Gutenberg EBook of Documents Inédits sur Alfred de Musset, by +Maurice Clouard + +*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DOCUMENTS INÉDITS +SUR ALFRED MUSSET *** + +***** This file should be named 33738-h.htm or 33738-h.zip ***** +This and all associated files of various formats will be found in: + http://www.gutenberg.org/3/3/7/3/33738/ + +Produced by Mireille Harmelin, Hélène de Mink, and the +Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net +(This file was produced from images generously made +available by the Bibliothèque nationale de France +(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr) + + +Updated editions will replace the previous one--the old editions +will be renamed. + +Creating the works from public domain print editions means that no +one owns a United States copyright in these works, so the Foundation +(and you!) can copy and distribute it in the United States without +permission and without paying copyright royalties. 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It exists +because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from +people in all walks of life. + +Volunteers and financial support to provide volunteers with the +assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's +goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will +remain freely available for generations to come. In 2001, the Project +Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure +and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations. +To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation +and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4 +and the Foundation web page at http://www.pglaf.org. + + +Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive +Foundation + +The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit +501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the +state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal +Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification +number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at +http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg +Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent +permitted by U.S. federal laws and your state's laws. + +The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S. +Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered +throughout numerous locations. Its business office is located at +809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email +business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact +information can be found at the Foundation's web site and official +page at http://pglaf.org + +For additional contact information: + Dr. Gregory B. Newby + Chief Executive and Director + gbnewby@pglaf.org + + +Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg +Literary Archive Foundation + +Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide +spread public support and donations to carry out its mission of +increasing the number of public domain and licensed works that can be +freely distributed in machine readable form accessible by the widest +array of equipment including outdated equipment. Many small donations +($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt +status with the IRS. + +The Foundation is committed to complying with the laws regulating +charities and charitable donations in all 50 states of the United +States. 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Donations are accepted in a number of other +ways including checks, online payments and credit card donations. +To donate, please visit: http://pglaf.org/donate + + +Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic +works. + +Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm +concept of a library of electronic works that could be freely shared +with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project +Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support. + + +Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed +editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S. +unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily +keep eBooks in compliance with any particular paper edition. + + +Most people start at our Web site which has the main PG search facility: + + http://www.gutenberg.org + +This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, +including how to make donations to the Project Gutenberg Literary +Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to +subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. + + +</pre> + +</body> +</html> diff --git a/33738-h/images/003_b.jpg b/33738-h/images/003_b.jpg Binary files differnew file mode 100644 index 0000000..6cbf6cb --- /dev/null +++ b/33738-h/images/003_b.jpg diff --git a/33738-h/images/003_s.jpg b/33738-h/images/003_s.jpg Binary files differnew file mode 100644 index 0000000..3f3296b --- /dev/null +++ b/33738-h/images/003_s.jpg diff --git a/33738-h/images/006_b.jpg b/33738-h/images/006_b.jpg Binary files differnew file mode 100644 index 0000000..66d877e --- /dev/null +++ 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